Skip to main content

Full text of "Paris et ses historiens aux 14e et 15e siècles; documents et écrits originaux recueillis et commentés par Le Roux de Lincy et L.M. Tisserand"

See other formats


/  .' 


HISTOMU:  GÉNÉRALE  DE  PARIS 

COlJ.KCTIO^i   l)K  DOCUMENTS 

FONDER 

AVKC  L'AlM'ItOIIATION  l)E  L'EMPEREUR 

PAR   M.  LK   BAHn^     H  A.  L  SSM  A  N  N  ,     SÉNATKOB 

nirr.r  or.  \.k  srink 
ET   PUBLIÉE  SOOS  LES  AUSPICES  DU  CONSEIL   MUNICIPAL 


PAKIS    ET    SES    HISTORIENS 

AUX  XIV  ET  XV  SIÈCLES 


TOUS  DROITS  RÉSERVÉS. 


f  r 


IIISTOIUK  (;knkiule  dk  pabis 


PARIS 

KT  SES   HISTOlilKNS 


AIX  XIV   ET  Xr  SIKCLKS 


DOCIIMKNTS    KT    KCBITS    (iKKilNVIX 


neCUEILLIS    KT    COMMKNTKS 


LK   HOl  X   l)K  LINCY 


COMSEIIVATEUB  HOÎinmiRK   DK   H   BIBLIOTIIKOI  K  liK   I.MR^K\*I. 


L.  M.  TISSEUAÎNI) 

!IECai!T«inE-AI\rHIVI8TE  MI  L\  rOUVISSIOM  DE>  TIKVtCX  niSTORK.'!  U  Xtl  Lt   VILU  DE  rt>l> 


Piirisiniiiiim 


PARIS 


IMPlUiVIKIUE   IMPERIALE 


M  DCCC  LXVII 


DC 
i:n5 


AVANT-PROPOS. 


Dans  la  préface  du  premier  volume  des  Hisloriem  de  France  [litrum  gal- 
licarum  et  francicarum  Scriptores^,  [nûAïé  an  lySS,  l'illustre  bénédictin  Dom 
liouquel,  succédant  aux  Pierre  Pithou,  aux  Du  Chesne,  aux  Du  Gange, 
aux  Mabillon,  rappelait  le  haut  patronage  accordé  à  cette  œuvre  nationale 
par  les  Colbert  et  les  d'Aguesseau ,  et  s'exprimait  en  ces  termes  :  «  Nous  en- 
«  treprenons  d'exécuter  un  projet  aussi  utile  en  soi  que  vaste  dans  ce  qu'il 
«renferme,  le  plus  important  qui  puisse  être  proposé  pour  la  gloire  de  nos 
«souverains  et  le  plus  intéressant  pour  notre  nation*''.?? 

L'Edilité  parisienne  s'est  inspirée  d'une  pensée  semblable,  le  jour  où 
elle  a  posé  les  bases  de  YHistoire  générale  de  Paris.  Dans  l'idée  synthétique 
qu'exprime  ce  titre  collectif  se  trouvaient  évidemment  compris,  en  pre- 
mière ligne,  les  anciens  chroniqueurs  parisiens (PflmieHsi'«m  rerum  Scriptores), 
ces  figures  encore  indécises  qu'on  aperçoit  vaguement  dans  les  lointaines 
perspectives  de  nos  annales,  et  auxquels  il  convient  de  donner  une  place 
parmi  ceux  qui  ont  bien  mérité  de  la  cité.  Oubliés  ou  inconnus  pour  la  plu- 
|)art,  ils  devaient  être,  tout  d'abord,  recherchés  et  remis  en  lumière.  La 
Ville,  dont  ils  se  sont  constitués  les  historiographes,  leur  rend  aujourd'hui, 
en  faisant  eiilror  leurs  ouvrages  dans  un  recueil  monumental,  la  justice 
qui  leur  était  due  et  l'hommage  auquel  ils  avaient  droit  de  prétendre. 

On  ne  soupçonne  généralement  pas  combien  est  considérable  le  nombre 
des  écrits  qui  intéressent,  h  divers  degrés,  l'histoire  de  la  capitale.  Parmi  les 
moins  connus  figurent  précisément  ceux  «jui  remontent  au  delà  des  deux  der- 
niers siècles,  et  qui  aboiulent  en  renseignements  des  plus  précieux.  Mœurs, 

"'  Recueil  des  Hisloriem  des  Gaulet  et  de  la  France,  t.  I.  préface,  p.  i. 


lot  I 

de  Pari» 

rvwmSiiiflmit.l 


VI  PARIS  ET  SES  HISTORIENS  AUX  XIV  ET  XV  SIECLES, 

coutumes,  traditions,  topographie,  statistique,  {jrands  manoirs  et  petites 
demeures ,  événements  considérables  et  menus  incidents  de  la  rue,  tout  y  est 
exposé  ou  indiqué,  et  cette  diversité  même  constitue  un  de  leurs  grands 
attraits.  Spectateurs  des  lieux  dont  ils  parlent  et  témoins  des  faits  qu'ils  ra- 
content, les  vieux  historiens  de  Paris  sont,  plus  |)arliculièrement,  descrip- 
teurs. Nous  les  voyons  parcourir  librement  ces  rues  dont  on  ne  donne  ailleurs 
que  la  nomenclature,  pénétrer  dans  ces  hôtels  dont  les  anciens  plans  ne 
montrent  que  les  contours,  en  dépeindre  minutieusement  l'intérieur  et  nous 
en  présenter  les  hôtes.  Dans  celte  course  à  travers  la  Ville,  ils  ne  s'arrêtent 
point  sur  le  seuil  des  boutiques  et  des  églises,  à  la  porte  des  collèges  et 
des  hospices,  devant  le  péristyle  des  «séjours??  et  des  palais;  ils  y  intro- 
duisent le  lecteur  et  lui  font  apercevoir  tout  un  monde  qui  travaille,  prie, 
enseigne,  souffre,  ou  s'ébat  joyeusement.  C'est  la  société  du  temps  prise  sur 
le  vif;  c'est  la  physionomie  d'une  époque  saisie  et  fixée  par  des  observateurs 
en  situation  de  bien  voir  et  en  mesure  de  bien  raconter.  Quand  on  soulève 
les  couches  de  poussière  qui  couvrent  ces  parchemins  séculaires,  on  re- 
trouve, comme  à  Pompéi,  un  âge  endormi,  mais  vivant,  une  génération  qui 
semble  muette,  mais  dont  la  voix  révèle  à  qui  l'écoute  attentivement  mille 
détails  pleins  d'intérêt. 

imporUDc»  Ces  documents,  si   éminemment  parisiens,  sont  les  pierres  mêmes  de 

éiendu.  l'édilice  qu'il  s'agit  d'élever;  aussi  M.  le  Sénateur  Préfet  de  la  Seine  a-t-il 
prescrit  de  les  recueillir  tous  sans  exception.  Livres  ou  manuscrits,  ouvrages 
complets  ou  simples  fragments,  éloges  ou  pamphlets,  riches  miniatures  ou 
dessins  plus  ou  moins  imparfaits,  plans  exacts  ou  vues  pittoresques,  tout  ce 
qui  peut  aider  à  reconstituer  les  aspects  successifs  de  la  capitale,  à  retracer 
tes  diverses  phases  de  son  existence,  à  la  faire  connaître  intimement  à  toutes 
les  époques  de  son  histoire,  doit  être  recherché,  découvert  et  classé  métho- 
diquement, pour  être  mis  au  jour  lorsque  le  moment  sera  venu.  Cette  im- 
mense investigation  a  connnencé;  elle  embrasse  les  grands  dépôts  littéraires 
et  artistiques,  les  archives,  les  bibliothèques  et  galeries  j)articulières,  ainsi 
que  les  collections  privées,  si  riches  eu  documents  de  tout  genre;  elle  ne  se 
borne  ni  à  Paris,  ni  même  à  la  France;  elle  s'étend  à  l'étranger,  avec  l'espoir 


et 

lencj 
lies  rpcfatrclics 


AVANT-PIUJPOS.  VII 

Fondé  d'y  retrouver  ce  qu  ont  pu  y  transporter  de  richesses  historiques  les 
guerres,  les  rëvolutions,  les  ventes,  les  héritages  et  autres  incidents  de  ia 
vie  des  peuples  et  des  individus.  Les  chercheurs  auxquels  est  confiée  la 
mission  de  scruter  les  trésors  d'art  et  d'histoire  que  la  science,  le  goût,  la 
curiosité  ont  entassés  sur  tous  les  points,  se  sont  donc  mis  en  relations 
suivies  avec  les  conservateurs  des  archives  et  des  hihliothèques,  ainsi  qu'avec 
les  savants  et  les  collectionneurs  dont  l'ohligcante  érudition  pouvait  enrichir 
V Histoire  générale  de  Paris.  Pour  écarter  les  obstacles  qui  pouvaient  entraver 
cette  recherche  niulli[)le,  LL.  Exe.  les  Ministres  des  affaires  étrangères  et  de 
rinstniclion  publique,  ainsi  que  les  représentants  de  l'Empereur  près  des 
grandes  Cours  de  l'Europe,  ont  été,  à  diverses  reprises,  priés  de  seconder 
les  vues  du  Premier  Magistrat  de  la  cité.  Grâce  à  ce  concours  de  bons 
ollices,  la  Commission  dos  Travaux  historiques  a  obtenu  communication  de 
manuscrits  précieux,  de  miniatures  inestimables,  de  livres  appartenant  aux 
premières  années  de  la  typographie  parisienne,  passés  depuis  longtemps  à 
l'état  de  raretés  bibliographiques,  et  presque  inconnus  des  bibliophiles. 
Parmi  ces  richesses,  les  unes  appartiennent  à  une  époque  encore  insuffisam- 
ment étudiée,  et  ont  été  mises  en  réserve  pour  être  plus  tard  libéralement 
communiquées  au  public;  les  autres,  qu'on  a  pu  immédiatement  utiliser, 
contribuent  dans  une  large  proj)ortion  à  l'éclat  du  présent  volume.  Nous 
citerons  notamment  deux  manuscrits  de  la  bibliothèque  royale  de  Bruxelles 
et  de  la  bibliothèque  Augusta  Palalina  de  Vienne,  une  miniature  apparte- 
nant au  riche  dépôt  de  la  couronne  à  la  Haye,  et  un  incunable,  exemplaire 
unique  conservé  à  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Grenoble. 

Des  recherches  faites  jusqu'ici  il  est  résulté  que  les  premiers  essais  d'his-  umh 
toire  parisienne  peuvent  être  classés  en  trois  catégories  assez  distinctes.  »'*r*4«*«*«"*' 
Antérieurement  au  xiv"  siècle,  on  rencontre  en  grand  nombre  des  mentions 
isolées,  des  passages  à  extraire,  dont  la  réunion  formera  des  excerpta  très- 
variés,  très-intéressants,  une  sorte  d'anthologie  historique  extrêmement 
curieuse.  Avec  le  xiv*  siècle  seulement  apparaissent  les  premiers  écrivains 
qui  aient  consacré  à  la  Ville  de  Paris  un  travail  de  quelque  étendue,  et 
présenté  leurs  idées  sous  la   forme  d'une  composition   régulière.  Chroni- 


vm  PARIS  ET  SES  HISTORIENS  AUX  XIV  ET  XV  SIECLES, 

queurs,  historiens,  descripteurs,  quel  que  soit  le  nom  qu'on  leur  donne,  ces 
écrivains  marquent  une  ëpoque  dislincle  et  constituent  un  âge  à  part.  Après 
eux  viennent  les  lettrés,  les  savants,  les  chercheurs,  dont  les  ouvrages, 
multipliés  par  l'imprimerie,  offrent  généralement  le  caractère  de  compila- 
tions érudites,  et  se  rattachent  ainsi  à  l'époque  moderne. 

La  période  intermédiaire,  que  les  éditeurs  se  sont  crus  en  mesure  d'em- 
brasser tout  d'abord,  est  celle  qui  promet  les  documents  les  moins  connus 
et  les  révélations  les  plus  piquantes.  Placée  entre  l'époque  des  fragments  ol 
celle  des  livres,  elle  offre,  comme  productions  caractéristiques,  des  traités, 
des  éloges,  des  récits,  àes  poëmes  descriptifs.  Dans  un  espace  d'environ  deux 
siècles  et  demi,  elle  nous  montre  une  série  d'écrivains  qui  ont  conçu  et 
exécuté  le  projet  de  faire  une  œuvre  plus  spécialement  j)arisienne.  Par  suite 
de  l'oubli  où  ces  auteurs  sont  restés  pendant  plusieurs  siècles,  ils  ont  con- 
servé jusqu'à  nos  jours  tout  le  charme  de  la  nouveauté.  Leurs  noms, 
presque  ignorés  aujourd'hui,  ont  eu  autrefois  leur  part  de  célébrité:  ils  ne 
peuvent  manquer  de  la  retrouver  avec  le  monument  qui  s'élève. 

Limii™ hisiorique.  Lc  volumc  que  publie  la  Ville  de  Paris,  et  qui  comprend  une  notable 
irfscni  ïohime.  partie  de  cette  intéressante  période,  a  son  point  de  départ  et  son  point  d'ar- 
rivée nettement  indiqués.  11  commence  avec  le  xiv*  siècle,  époque  de  la  plus 
grande  splendeur  des  manuscrits,  et  se  termine  avec  la  première  moitié  du 
xv",  la  veille  de  la  découverte  de  l'imprimerie.  Que  d'événemenL«  généraux 
entre  ces  deux  dates!  Mais  aussi  combien  de  faits  dune  importance  toute 
parisienne,  combien  de  particularités  relatives  à  notre  capitale,  et  que  ses 
annalistes  doivent  soigneusement  enregistrer!  Les  écrivains  du  temps  ont 
recueilli  quelques-unes  de  ces  miettes  de  l'histoire  de  Paris,  et  nous  les  re- 
cueillons à  notre  tour  dans  les  poudreux  in-folio  qui  les  recèlent.  Si  par  un 
hasard  inespéré,  que  nous  appelons  de  tous  nos  vœux,  quebjue  découverte 
importante  nous  obligeait  de  faire  remonter  un  peu  plus  haut  l'époque  à 
laquelle  apparaissent  les  premiers  historiens  de  Paris,  le  remaniement  de 
dates  qui  pourrait  en  résulter  serait  amplement  compensé  par  les  avantages 
que  nous  assurerait  une  telle  trouvaille.  Pour  une  rectiGcation  qui  s'imposerait 
à  nous,  il  y  aurait  à  coup  sûr  quelques  vérités  nouvelles  acquises  à  la  science. 


IJt.l. 


AVANT-PROPOS.  is 

Il  semble  que  les  premiers  dcgcripleurs  de  Paris  soient  l'expression  dune  u» 
situation  qui  ne  se  révèle  nettement,  comme  nous  l'avons  dit  plus  haut,  que 
vers  le  commencement  du  xiv"  siècle.  De  lMiilij)pe-Auguste  à  Philippe  le  Bel 
(ii8o-i3iA),  Paris,  lon{jlem[)s  immobile,  est  en  travail  de  formation. 
L'œuvre  lente  et  lahorieiiso,  comme  toutes  les  créations  du  moyen  âge, 
apparaît  enfin,  presque  complète,  à  l'avènement  de  Louis  le  Ilutin  :  la  Ville 
a  son  enceinte,  sa  forteresse  royale,  ses  quatre  grandes  voies  pavées,  ses 
halles,  son  Université,  son  Parlement  rendu  sédentaire.  Ce  nest  plus  une 
réunion  do  clos  sur  la  rive  gauche,  et  un  amas  de  bourgs  sur  la  rive  droite. 
avec  une  cathédrale  et  un  palais  dans  l'île  qui  sépare  ces  diverses  agglomé- 
rations. La  Ville  est  unifiée;  elle  devient  un  être  moral,  une  personnalité 
considérable,  et  dès  lors,  comme  à  point  nommé,  elle  trouve  des  historiens. 

Le  premier  en  date  est  Jean  de  Jandun,  dont  la  biographie,  à  peine  irj,f„é,nn, 
soupçonnée  jusqu'ici ,  est  entrée,  grâce  à  nos  investigations,  dans  le  domaine  ^f 
de  l'histoire.  Bien  (|u'il  ait  écrit  en  iSaS,  il  appartient,  par  ses  tendances 
politiques  et  religieuses,  à  l'époque  de  Pliilip[>e  le  Hei  plutôt  qu'au  règne 
peu  caractérisé  des  deux  successeurs  de  ce  souverain ,  et  il  manjue  ainsi  une 
période  distincte  dans  les  annales  parisiennes.  C'est  à  ce  moment,  en  effet, 
(jue  le  pouvoir  parlementaire  se  constitue,  que  les  collèges  se  fondent  et 
arrivent  à  former  un  ensemble  (^universitas).  La  Ville  voit  alors  s'élever  dans 
son  sein  deux  puissances  nouvelles  :  les  légistes  et  les  docteurs.  Bientôt  la  lutte 
éclate  entre  ces  représentants  de  l'Etat  et  de  l'Eglise;  elle  divise  l'Univer- 
sité, irrite  le  Parlement,  passionne  tous  les  esprits.  Paris  et  Avignon  sont  les 
i\o.u\  termes  de  la  polémique,  et  c'est  à  cette  polémi(jue  même  que  nous  de- 
vons le  premier  tableau  de  la  grandeur  parisienne  au  moyen  âge.  Le  livre 
de  Jean  de  Jandun  est,  dans  son  ensemble,  l'expression  exacte  de  la  situa- 
tion que  nous  venons  d'esquisser,  et,  dans  ses  détails,  le  résumé  un  peu 
louangeur  de  ce  que  le  siècle  précédent  avait  fait  pour  la  prospérité  de  la 
capitale. 

Le  commentaire  de  Haoul  de  Presles  est  moins  significatif:  on  n'y  trouve 
point  la  (race  des  agitations  qui  ensanglantèrent  la  Ville  pendant  la  captivité 


X  PARIS  ET  SES  HISTORIENS  AUX  XIV'  ET  XV  SIÈCLES, 

du  roi  Jean  et  la  re'gence  du  Dauphin  (i  356-i  364).  Peut-être  l'auteur  a-t-il 
voulu  de'tourner  les  regards  de  ces  scènes  affligeantes  :  il  remonte  le  cours 
des  âges,  parle  des  premiers  Francs,  de  la  Loi  Salique,  de  Charlemagne, 
de  l'Oriflamme,  comme  s'il  voulait  faire  oublier  les  tristesses  du  présent, 
en  mettant  sous  les  yeux  de  ses  contemporains  le  tableau  d'un  passé  glorieux. 
Néanmoins  il  est  de  son  temps  :  il  a  soin  de  constater,  par  une  description 
sommaire,  tout  ce  que  Paris  devait  au  gouvernement  réparateur  de  Charles  V 
(i 364-1 38o).  Le  roi  qui  fil  faire  de  trsi  beaux  maçonnages'",»  qui  bâtit 
l'hôtel  Saint-Paul,  qui  doubla  l'enceinte  de  sa  capitale  et  prépara,  par  l'ab- 
sorption définitive  des  derniers  bourgs  de  la  rive  droite,  la  prospérité  future 
de  cette  partie  de  la  Ville,  occupe,  dans  l'histoire  de  Paris,  une  place  aussi 
considérable  que  Philippe-Auguste,  saint  Louis  et  Philippe  le  Bel.  Raoul  de 
Presles,  son  clerc  et  son  familier,  nous  a  conservé  le  souvenir  de  ce  règne 
dans  un  hors-d'œuvre  de  dix  pages '^',  que  les  historiens  de  Paris  ont  long- 
temps négligé,  mais  dont  les  topographes  tirent  aujourd  hui  un  grand  profit '''. 

D«c„|,iio„,ieP.r«        Guillebert  de  Metz,  le  troisième  écrivain  compris  dans  ce  volume,  a  conçu 

par 

Guiii.wi d^ Met,,  plus  largement  son  sujet:  l'ouvrage  qu'il  nous  a  laissé  est,  tout  à  la  fois, 
une  reproduction  augmentée  du  commentaire  de  Raoul  de  Presles,  un  ré- 
sumé desDt'te  et  Crieries  des  xni*  et  xiv''  siècles,  un  tableau  de  Paris  d'après 
les  souvenirs  des  contemporains  et  les  impressions  propres  de  l'auteur.  Il  v 
a  donc  quelques  redites  dans  la  première  partie  de  ce  livre;  mais,  comme 
le  texte  ofl"re,  au  point  de  vue  historique  et  philologique,  des  additions  et  des 
variantes  de  quelque  importance,  on  n'a  point  hésité  k  le  reproduire  inté- 
gralement. La  seconde  moitié  est  entièrement  neuve  et  pleine   d'intérêt. 

<*>  Expression  de  Christine  de  Pisan  dans  le  lÀ-  ies  comptes  de  Pierre  Culdoê,  de  i36&  à  i368. 
vre  des  fais  et  bonnes  meurs  du  sage  roi  Charles  le  ont  ëlë  ainsi  réveil  aux  r^ards.  La  résulUts 
Quint,  ch.  xi. — Ces  trbeaux  maçonnages  «désignent  importants  de  cette  découverte  sont  consignés  dans 
sans  doute  les  travaux  de  construction  que  Charles  V  le  deuxième  volume  de  la  Topographie  historique  du 
fit  exécuter  au  Louvre,  et  que  les  fouilles  récem-  Vieux  Pari*,  qui  doit  paraître  prochainemenL 
nient  entreprises  sur  l'initiative  de  M.  le  Sénateur  '''  Le  commentaire  de  Raoul  de  Presles  se  rat- 
Préfet  de  la  Seine  ont  complètement  mis  à  décou-  tache  à  la  description  de  Rome  et  de  la  Jérusalem 
vert.  La  partie  du  quadrangle  ff  depuis  la  tour  de  céleste  dans  la  Cite'  de  Dieu. 

ifla  Chapelle  avec  la  tour  de  la  Fauconnerie <''  Feu  A.  Rerty  a  utilisé  plusieurs  indications 

d'une  des  tours  d"emprès  le  pont-levis  et  devant  de  Raoul  de  Presles.  (Voir  Topographie  lùttorique 

"le  pan  de  mur  ensuivant la  tour  qui  fait  le  du  Vieux  Paris,  r^on  du  I^u\Te  et  des  Tuileries, 

îTCoin  sur  Saine  devers  Paris,»  mentionnées  dans  I,  p.  ig.) 


tko-i-ikZh. 


AVANT-1»U0P0S.  M 

(l'est  l'époque  où  le  Paris  de  Charles  V  et  des  premières  anoëes  de  Charles  M 
est  dans  toute  sa  fraîcheur;  où  la  Ville  a  ses  grandes  voies  percées,  ses 
hôtels  seigneuriaux  construits,  ses  coUe'ges  et  la  plupart  de  ses  églises  à  l'état 
d'aclièvemenl'''.  Ace  moment  ont  lieu  des  cérémonies  d'apparat  et  des  réce|>- 
lions  princièrcs  ([ui  se  succèdent  pendant  un  quart  de  siècle;  les  grandes 
lorlunes  bourgeoises,  produites  par  tout  ce  déploiement  de  luxe,  se  forment 
ou  se  consolident;  d'opulentes  confréries  s'établissent  aux  Saint-Innocents, 
à  Sainl-Jacc|uos-la-Houclierie,  à  Saint-Jean-en-Grève,  et  les  petites  maisons 
darlisans,  dont  la  Tailh;  de  i3i3  constate  la  fréquence,  font  place  à  de 
grands  logis  en  ra|)port  avec  la  richesse  des  nouveaux  propriétaires.  Paris  se 
montre  donc  sous  un  tout  autre  asj)ecl  qu'à  l'époque  de  Jean  de  Janduu  : 
l'Université  y  est  encore  toute -puissante;  mais  l'Eglise,  déchirée  par  le 
schisme,  la  Royauté,  abaissée  par  la  démence,  n'y  sont  plus  entourées  du 
même  prestige.  L'aristocratie  se  ruine  par  ses  prodigalités,  et  la  bourgeoisie 
parisienne,  économe  jusque  dans  son  faste,  habile  jusque  dans  ses  excès, 
îispire  déjà  à  la  remplacer.  En  dehors  des  luttes  de  partis  dont  il  ne  dit  mot. 
le  livre  de  (luillebert  de  Metz  laisse  apercevoir  assez  clairement  l'état  de  la 
société  parisienne  au  commencement  du  w"  siècle,  et,  à  ce  titre,  il  constitue 
un  document  des  plus  précieux. 

Aux  ouvrages  de  Uaoul  de  Presles  et  de  (iuillebert  de  Metz  se  rattachent  * 
des  appendices  d'une  certaine  étendue,  destinés  à  compléter  le  tableau  ébauché 
par  ces  deux  descripteurs.  Malgré  le  développement  donné  aux  notices  biogra- 
phiques et  critiques,  et  la  large  proportion  dans  laquelle  les  textes  sont  an- 
notés, quelques  additions  spéciales  ont  paru  indispensables.  Les  deux  écri- 
vains, comme  la  plupart  des  vieux  auteurs,  gagnent  à  être  ainsi  accompa- 
gnés :  leur  narration,  toujours  attachante,  est  parfois  obscure  et  inégale; 
des  mentions  trop  sommaires  s  y  rencontrent  à  côté  de  détails  très-minutieux . 

'''  M.  Albert  l^enoir  (Staùsli'iue  vionumetilale ,  du-Giiet.  Bnrbctto.Jean-Tisun,  de  Fom,  deCItiin. 

fxplicalion  dos  planclios,  iiitrod.  p.  vu)  cite,  pomii  de  la  Tn-moillc.  etc.  (.îuilloliert  de  Mets  aioale  aiu 

les  frrnnili!s  cdiistriicliniis  des  \iv'  et  xv'  siècles.  <<<1ifia?s  civils  ci-dessus  énumérës  les  sotnptueuae» 

Saiiil-Sévei'in ,  les  Ci^lcstins,  les  (îraiids-Carines.  maisons  des  Jacques  Ducy,  des  Miles  Baillet.  des 

lesDoiiiinicnins.  lu  clui|iclle  du  Collège  de  licauvais .  (luillemin  Sanguin,  des  Digne  Rapoude.  des  Bu- 

le  couvent  des  BernnrdiDs.  le  cloître  des  (".armes-  reau  de  Danipmarlin .  et  autres  riches  demeures 

Billettes,  les  liAtels  de  Boui-gogne.  du  Chevalier-  que  Jean  de  Jandun  avait  uienlioiuxies eu  bloc 


4* 
1U>ml*,Pmèm 

it  Cmikbtfl  *t  Mrti. 


XI.  PARIS  ET  SES  HISTORIENS  AUX  XIV  ET  XV  SIECLES. 

et  l'ampleur  de  certaines  descriptions  fait  d'autant  mieux  ressortir  l'insuffi- 
sance des  renseignements  qui  les  précèdent  ou  qui  les  suivent. 

i.a  i.,.i  saiique.  Lg  premier  appendice  est  consacré  à  la  Loi  Salique ,  pour  laquelle  les  Pari- 

siens ont  toujours  montré  le  plus  vif  attachement,  et  qu'ilsconsidéraient,à  bon 
droit,  comme  le  principe  conservateur  de  la  monarchie.  Deux  monuments, 
un  trophée  et  une  inscription ,  consacraient,  dans  l'église  Notre-Dame,  le  sou- 
venir des  grandes  applications  de  cette  loi.  Les  reproduire,  c'était  commenter 
par  des  faits  le  texte  des  auteurs  qui,  dans  leur  description  de  Paris,  ont 
donné  place  au  célèbre  article  emprunté  à  l'antique  charte  des  Saliens. 

i,orifl.mme.  Avaut  de  devenir  l'étendard  de  la  France,  l'Oriflamme  était  la  bannière 

de  Saint-Denis.  En  temps  de  paix,  la  population  parisienne,  dans  ses  visites 
à  la  vieille  abbaye,  aimait  à  contempler  ce  palladium  de  l'indépendance 
nationale.  Lorsque  la  guerre  éclatait,  elle  assistait  avec  émotion  au  départ 
d'un  drapeau  qu'elle  considérait  comme  le  gage  assuré  de  la  protection  du 
saint  martyr;  et,  lorsque  le  succès  avait  couronné  ses  vœux,  elle  accourait 
encore  pour  saluer  ce  signe  sacré,  auquel  elle  attribuait  le  salut  de  la  patrie, 
La  levée,  le  retour  de  l'Oriflamme  étaient  donc  des  événemenUs  parisiens;  on 
leur  a  consacré  un  court  appendice  destiné  à  compléter  les  détails  que 
donnent  à  cet  égard  Raoul  de  Presles  et  Guillebert  de  Metz. 


CliAs^es  do  Noire-Dame. 


'■«  Une  troisième  addition  comprend  le  texte  même  d  une  pièce  originale, 

(|ui  nous  a  été  obligeamment  signalée  par  M.  Léopold  Delisle,  membre  de 
l'Institut  :  c'est  une  liste  des  châsses  de  Notre-Dame,  incomplètement  énu- 
mérées  par  Guillebert  de  Metz.  Ce  document  donne  une  idée  des  objets 
dart  et  de  dévotion  qui  remplissaient  alors  les  trésors  des  églises  parisiennes 
et  excitaient  au  plus  haut  point  la  piété  des  fidèles.  Un  autre  genre  d'intérêt 
s'attache  à  la  fabrication  de  ces  objets  :  elle  alimentait  l'une  des  grandes 
industries  de  Paris,  l'orfèvrerie,  si  florissante  aux  xiv'  et  xv"  siècles. 


Le  Dit  des  Trois  Morts  et  des  Trois  Vifs,  sculpté  au  portail  des  Saints-lnno- 
LaD^MH/ZL.    cents,  et  la  Dame  Macabre,  peinte  sur  les  murailles  du  cimetière  qui  entourait 


Le  Dit  des  Trois  Morts 

et 

des  Trois  Vi/s 


AVANT-PBOPOS,  un 

celte  (^'glise,  forment  la  matière  des  quatrième  et  cinquième  appendices.  Ce» 
«leux  lu{jubres  compositions,  contemporaines  de  Guillebert  de  Metz,  sont 
bien  l'expression  de  cette  triste  époque,  qui  vit  Paris  au  pouvoir  d'un  roi 
insensé,  d'une  reine  désordonnée,  de  deux  factions  implacables  et  d'un 
ennemi  triomphant.  Reproduites  par  la  typographie  parisienne  dès  les  pre- 
mières années  de  la  découverte  de  rim|)rimerie,  figures  et  inscriptions 
appartiennent  incontestablement  à  l'histoire  artistique  et  littéraire  de  la 
capitale.  C'est  à  ce  titre  que  lo  digne  successeur  des  VVechel  et  des  Estienne, 
M.  Ambroise  Firmin  Didot,  membre  du  conseil  municipal  et  possesseur 
d'une  collection  inestimable,  a  bien  voulu  mettre  à  notre  disposition  l'un 
des  rarissimes  exemplaires  des  vieilles  éditions  de  Guyol  Marchant. 

Les  deux  appendices  qui  suivent  sont  consacrés  à  la  Bourgeoisie  pari-  u 
sienne,  aux  Lettrés,  aux  Artistes  et  aux  Artisans,  mentionnés  par  Guillebert  •""'* 
de  Metz  dans  le  chapitre  final  de  son  ouvrage.  Ici  les  développements 
étaient  commandés  par  l'imjjorlance  du  sujet  et  par  l'intérêt  qui  s'attache 
uaturelloment  aux  rares  individualités  dont  les  anciens  auteurs  nous  ont 
conservé  les  noms.  Il  y  a  une  véritable  satisfaction  à  pouvoir  se  retracer 
ces  grandes  existences  bourgeoises,  presque  inconnues  aujourd'hui,  et  qui, 
de  leur  temps,  ont  occu[)é  une  j)lace  considérable  dans  le  monde  parisien. 
On  évoque  des  abîmes  du  passé  tout  le  Paris  des  xiv*  et  xv"  siècles,  lorsqu'on 
parvient  à  faire  revivre  ces  physionomies  de  grands  seigneurs,  de  gens 
d'église,  d'universitaires,  de  marchands  et  (rd'artificeulx  ouvriers,?'  qui  se 
dessinent  si  brillamment  sur  le  fond  triste  et  sombre  des  schismes  et  des 
guerres  intestines. 

Au  tableau  rapide  du  développement  de  la  bourgeoisie  parisienne  suc- 
cède la  biographie  des  riches  personnages  que  Guillebert  de  Metz  a  connus, 
et  (]ul  paraissent  avoir  été  les  Mécènes  des  écrivains  et  des  artistes  de  leur 
Icinps.  Viennent  ensuite  des  listes  de  Parisiens  notables,  aussi  complètes 
(piil  a  été  possible  de  les  dresser,  et  qui  permettent  au  lecteur  de  passer  en 
revue  les  métiers  et  corporations  de  la  cité  au  commencement  du  xv'  siècle. 
Tous  les  éléments  en  ont  été  puisés  aux  sources  mêmes  :  les  Rôles  de  la 
Taille,  les  Comptes  de  l'Hôtel,  de  l'Argenterie,  de  la  Prévôté,  des  Maisons 


M"' 

prêtèrent  serment 

h  Jcnii  sfln<i  Peur 

(nnill  i/ii8). 


XIV  PARIS  ET  SES  HISTORIENS  AUX  XIV  ET  XV  SIECLES. 

crAnjou,  d'Orléans  et  de  Bourgogne,  les  Preuves  de  Fe'libien,  de  Doni 
BouiHart,  et  autres  historiens  ou  monographes  de  même  importance,  ont 
fourni  les  noms  et  les  qualités  des  personnages.  Les  éditeurs  les  ont  rangés 
par  catégories,  afin  de  mettre  dans  ce  diflicile  travail  Tordre  sans  lequel  il 
ne  présenterait  point  d'utilité. 

Li...  Un   document  de  ce  genre,  authentique  et  complet  en  lui-même,  qui 

lie!!  Boiirjfcois  de  Paris  i  •  •  /  I 

n'exigeait,  pour  être  apprécié  à  sa  juste  valeur,  qu  une  reproduction  intégrale 
et  un  fac-similé ,  a  été  signalé  par  un  archéologue  bien  connu,  M.  Benjamin 
Fillon,  de  Fonlenay-Vendée,  et  obligeamment  communiqué  par  M.  (iuil- 
bault,  juge  honoraire  à  Saintes.  Les  excès  de  la  faction  Cabochienne  sont  bien 
connus;  néanmoins  ce  sanglant  épisode  des  révolutions  parisiennes  trouve 
un  commentaire  saisissant  dans  \m  sim|)le  r^île,  dressé  au  moment  même  où 
Guillebert  de  Metz  écrivait  sa  Description  de  Paris;  c'est  la  Liste  des  Uourfreoi» 
qui  prêtèrent,  au  mois  d'août  lÙiS,  serment  de  fidélité  h  Jean  sans  Peur.  Qjie  de 
rapprochements  viennent  à  l'esprit,  lorsqu'on  voit,  par  la  pensée,  ces  mar- 
chands ruinés,  éperdus,  défiler  devant  le  Bourguignon,  le  lendemain  de 
l'exécution  de  Capeluche,  au  nombre  de  plus  de  seize  cents,  précédés  du 
Prévôt  des  Marchands,  des  Kchevins,  de  tout  le  corps  de  Ville,  accompagnés 
même  du  clergé  de  Paris,  et  se  grouper  ainsi  autour  du  terrible  duc  pour 
former,  sous  la  croix  de  Saint-André,  la  ligue  des  hommes  d'ordre  contre 
les  pillards  et  les  assassins! 

Apciroph^  Des  considérations  de  même  nature  ont  engagé  les  éditeurs  de  ce  volume 

de  Christine  île  Pisan 

»u«p«ri.iens  .'j  y  placer  la  virulente  apostrophe  de  Christine  de  Pisan  aux  Parisiens, 
morceau  d'une  singulière  énergie,  composé  l'année  même  oii  Jeanne  d'Arc 
versait  son  sang  sous  les  murs  de  la  capitale  (i  699).  Lorsqu'on  voit  la  cou- 
rageuse veuve,  recluse  volontaire  au  monastère  de  Poissy  depuis  l'entrée 
des  Anglais  dans  la  capitale,  souhaiter  la  bienvenue  à  l'héroïne  d'Orléans, 
malgré  la  tyrannie  de  la  faction  dominante,  et  gourmaiider  les  modérés,  les 
bien  intentionnés,  qu'on  voit  toujours  gémir  et  laisser  faire,  on  aime  à  saluer 
en  même  temps  le  courage  civil  et  la  valeur  militaire,  si  bien  faits  pour  se 
comprendre.  Deux  femmes  de  cœur  s'efforçant  de  raffermir,  l'ime  par  l'épée. 


AVANT-PROPOS.  xt 

l'autre  par  la  plume,  le  sentiment  national  allaihli  par  vin{jt  années  «le 
{juerres  civiles,  c'est  un  grand  et  hean  spectacle  à  opposer  aux  (léfaillance» 
(le  cette  triste  époque. 

Ia'  niouvemenl  littéraire  et  artistique  des  xiv*  et  .w*  siècles,  indiqué 
seulement  par  (iuillebert  de  Metz,  exigeait,  pour  être  bien  compris,  des 
développements  d'une  certaine  étendue.  Paris  avait  alors  ses  théologiens,  ses 
docteurs,  sescanonistes,  ses  prédicateurs  et  ses  harangueurs  populaires,  or- 
ganes passionnés  des  partis  qui  divisaient  la  capitale  et  le  royaume.  Les  tra- 
ducteurs, les  poètes  y  recevaient  chez  de  riches  bourgeois  une  honorable 
et  féconde  hospitalité;  les  copistes,  les  enlumineurs,  aux  gages  des  grands 
.seigneurs  amis  de  toutes  les  magnifîcences,  multipliaient  les  livres  et  les 
miniatures,  tandis  que  les  trouvères,  les  jongleurs,  les  ménestrels,  dociles 
instruments  du  luxe  des  demeures  princières,  auxiliaires  empressés  des 
l'êtes  bourgeoises  et  des  ébats  du  menu  peuple,  aidaient  à  dérider  les  visages, 
trop  souvent  et  trop  justement  soucieux.  A  côté  de  ces  représentants  du  gai 
savoir,  fliiillebert  de  Metz  mentionne  de  graves  personnages,  les  astrologues 
et  les  médecins  qu'on  rencontre  partout,  à  la  cour,  chez  les  princes,  au 
milieu  des  rues  de  Paris,  et  qui  occupent  ainsi  une  place  importante  dans 
le  mouvement  général  de  cette  époque.  Enfin,  les  artistes  du  temps,  qua- 
lifiés modestement  d'crartificeulx  ouvriers,  r  figurent  avec  honneur  dans  cet 
intéressant  tableau.  L'orlevrerie  en  particulier,  art  parisien  par  excellence, 
jetait  alors  son  plus  vif  éclat;  les  produits  du  métier  s'entassaient  dans  les 
palais,  dans  les  églises,  sur  les  dressoirs  de  l'aristocratie,  et  contribuaient, 
comme  l'arcliitecture,  la  peinture  et  la  statuaire,  à  caractériser  le  goût  du 
temps.  Les  membres  de  cette  fameuse  corporation  appartenaient  aux  riches 
familles  de  la  bourgeoisie,  et  arrivaient  sans  peine  aux  plus  hautes  dignités 
municipales.  Pour  chaque  catégorie  du  monde  parisien,  (luillebert  de  Melz 
n'indique  que  les  sommités;  c'est  dans  la  liste  des  Bourgeois  de  Paris  qu'il 
faut  chercher  les  notabilités  de  second  ordre'"'. 


'"'  Le  XXIV*  volume  de  VHitloirf  lillèraire  de  un  travail  analogue  sur  les  beaux-arts  par  M.  Er- 
la  France,  (|ui  ronlicnt  le  savant  discours  de  feu  nest  Renan,  a  fourni  de  nombreuses  indications 
J.  V.  Le  Clerc  sur  Yélul  dos  letli-cs  au  xiv' siècle,  et        pour  les  sixième  et  septième  appendices. 


Im 

••I   UT*  H  If 


Essaia 
de 


flu  XVI*  si^cl**. 


XVI  PARIS  ET  SES  HISTORIENS  AUX  XIV  ET  XV  SIECLES. 

Deux  morceaux  d'une  nature  fort  diffe'rente  terminent  la  s«»rie  de  nos  ap- 
Kiaiisiique pari.ienne  pgndjces  ct  v  jettent  une  certaine  variété.  Des  chiffres  singuliers  énoncés  par 
Guillebert  de  Metz,  des  supputations  un  peu  hasardeuses  mises  en  avant  par 
d'autres  écrivains  de  la  même  époque,  ont  suggéré  l'idée  d'un  E$$ai  $ur  la 
statistique  parisienne  du  ai\'  au  x y l' siècle.  En  une  matière  si  ardue  et  avec  des 
renseignements  si  peu  précis,  on  s'est  tenu  dans  de  prudentes  généralités. 
Cependant  on  s'est  efforcé  d'amener  le  chiffre  de  la  population  et  de  la  con- 
sommation parisiennes  à  un  degré  suffisant  d'approximation,  seul  résultat 
sérieux  et  raisonnable  auquel  il  soit  jusqu'ici  possible  d'atteindre. 


I^es  Cintf  leUre$ 

Wtt  nom  de  Paris , 

arrosticlio  de  ihiH. 


Les  Cinq  lettres  du  nom  de  Paris  compilé  par  un  notable  clerc  normant  sont  un 
remarquable  échantillon  de  ces  jeux  d'esprit,  ou  plutôt  de  ces  jeux  de  mots, 
qui  avaient  alors  le  privilège  d'occuper  les  versificateurs  et  d'amuser  les  oisifs, 
mais  qui  devaient  mettre  à  la  torture  les  Saumaises  de  la  postérité.  Guille- 
bert de  Metz  a  copié  lui-même  le  morceau  que  nous  reproduisons,  et  il  en  a 
fait,  en  quelque  sorte,  la  préface  de  son  livre.  Cette  circonstance  nous  ame- 
nait naturellement  à  rechercher  les  origines  de  ce  genre  bizarre,  et  à  ratta- 
cher aux  compilations  analogues  le  singulier  dithyrambe  du  clerc  normand. 

Les  appendices,  destinés  à  compléter  le  tableau  esquissé  par  Guillebert 
de  Metz,  suivent  donc  pas  à  pas  le  texte  original.  Sérieux  ou  légers,  tristes 
ou  plaisants,  ils  ont,  à  défaut  d'autre  mérite,  celui  de  refléter  exactement 
l'époque  que  l'auteur  a  voulu  peindre,  et  d'aider  ainsi  le  lecteur  à  la  juger 
en  toute  connaissance  de  cause.  Développés  selon  cette  méthode  et  com- 
mentés par  d'autres  pièces  contemporaines,  les  vieux  textes  cessent  d'être  une 
lettre  morte.  L'horizon  historique  s'agrandit;  les  descriptions,  les  récits  ne 
sont  plus  limités  à  un  lieu,  à  une  époque  fixes;  l'âme  humaine,  qu'on  pou- 
vait croire  absente,  apparaît  aux  regards;  un  souffle  puissant  ravive  la  flamme 
qui  sommeillait  sous  la  cendre,  et  l'on  est  heureux  de  découvrir  des  idées. 
des  préjugés,  des  passions,  c'est-à-dire  l'homme  même,  là  où  l'on  pensait 
ne  rencontrer  que  des  détails  oiseux  et  d'insignifiantes  amplifications. 

poémc  dMcripiif         Trente  années  environ  séparent  l'œuvre  de  Guillebert  de  Metz  de  celle 
que  nous  a  laissée  le  poète  Astesan;  mais  il  semble  que,  dans  ce  court  inter- 


d'Astesan. 


AVANT-PROPOS.  ifii 

valle,  un  siècle  entier  ail  passe  sur  la  France.  Le  moyen  âge  n'est  pas  termine 
dans  l'ordre  politicjue,  et  Louis  XI  aura  beaucoup  à  lutter  encore  pour  ac- 
complir son  œuvre;  toutefois,  dans  le  domaine  des  lettres  et  des  arts,  le 
renouveau  commence  à  se  faire  sentir,  et  la  maison  d'Ork'ans  est  l'instru- 
ment le  plus  actif  de  cette  transformation.  Paris  apaisd,  contenu,  mécontent 
peut-ôtre,  vit  d'abord  en  deliors  du  mouvement.  Un  demi-siècle  de  guerres 
civiles  l'a  dévasté  et  appauvri;  il  panse  ses  plaies,  relève  son  industrie,  réta- 
blit son  commerce,  célèbre  par  des  fôtes  l'anniversaire  de  l'expulsion  des 
Anglais,  et  appelle  de  nouveau  cette  invasion  paisible  des  étrangers  riches 
ou  studieux  qui  ont  toujours  fait  la  fortune  de  la  Ville  et  la  gloire  de  lUni- 
versité.  Pendant  que  s'accomplit  cette  œuvre  de  restauration,  le  Roi  et  la 
Cour  sont  sur  les  bords  de  la  Loire  et  s'initient  aux  belles  choses  qui  leur 
viennent  des  pays  ultramontains.  De  leur  côté,  les  fils  de  Louis  d'Orléans 
et  de  Valentine  de  Milan  font  de  fréquents  voyages  au  delà  des  monts. 
amènent  avec  eux  des  versificateurs  en  avance  d'un  siècle  sur  les  lettrés 
français,  apportent  à  Paris  des  idées  nouvelles,  des  objets  d'art  inconnus 
aux  bons  bourgeois,  et  jettent  ainsi,  dans  la  vieille  cité  du  xv*  siècle,  les 
semences  d'un  nouvel  ordre  de  choses.  Le  poëme  d'Astesan,  c'est  le  Paris 
(\u  moyen  Age  vu  par  un  lettré  italien,  la  veille  de  la  Renaissance^'*. 

La  période  historique  que  le  présent  volume  embrasse  avait,  ainsi  qu'on 
l'a  dit  plus  haut,  son  terme  naturel  dans  la  découverte  de  rimj)rimerie,  et 
le  désir  d'arriver  jusqu'à  cette  date  a  contraint  les  éditeurs  de  donner  à  leur 
travail  des  proportions  un  [)eu  iiuisitées.  C'est  en  i46c)  qu  Ulrich  Ceriug 
installe  ses  presses  à  la  Sorbonne,  et  qu'au  demi-jour  du  manuscrit  succède 
la  pleine  lumière  du  livre.  La  Ville  ne  change  pas  immédiatement  d'aspect. 
et  les  premières  descriptions  de  Paris,  reproduites  par  l'industrie  nouvelle, 
sont  encore  des  éloges  ou  des  poèmes  en  latin.  Cependant  les  idées  se  modi- 
fient, le  point  de  vue  se  déplace  et  l'on  commence  à  voir  la  Ville  sous  un 

'■'  La  seconde  partie  de  l'ouvrage  d'Astesan  est  la  riguenr,  retrancher  ces  morceaux ,  dont  l'ëtendur 

ronsaciH^e  h  la  description  des  châteaux  et  n'sidences  n'est  pas  considérable  ;  mais  il  eût  fallu ,  pour  cela . 

lie  In  fninille  d'Orléans,  ainsi  qu'il  l'éniinDTalion  mutiler  mie  (vuvre  intéressante,  qui  ap|>artient. 

(les  objets  d'art  et  de  piété  existant  dans  les  villes  ilaiis  son  ens«>ml)le,  à  l'histoire  de  Paris,  et  qui  est 

de  France  que  le  poète  a  visitées.  On  aiu'ait  pu .  à  d'ailleurs  complètement  inédile. 


où  t'arr^l*  I*  mIb 


riaifrii 


xvm  PARIS  ET  SES  HISTORIENS  AUX  XIV*  ET  XV  SIÈCLES. 

autre  aspect.  Aussi  la  période  intermédiaire, telle  que  les  éditeurs  Pont  définie 
plus  haut,  comprend-elle  encore  ces  écrits  attardés,  derniers  représentants 
d'un  genre  qui  appartient  plus  particulièrement  à  l'époque  des  manuscrits 
et  qui  s'éteindra  avec  le  xvi*  siècle. 

nep.é«nuiio„.  Les  textes  qui  forment  le  fond  de  ce  volume  demandaient,  ainsi  que  nous 

ligiirées. 

lavons  déjà  fait  observer,  à  être  lus  comme  tous  les  vieux  écrits,  c'est- 
à-dire  avec  des  éclaircissements  et  des  représentations  figurées.  Ce  besoin 
d'élucidation  complète,  que  le  mot  latin  illmlrare  exj)rime  si  bien,  ne  sau- 
rait être  limité  aux  notes  et  aux  appendices  qui  s'adressent  à  l'intelligence 
et  à  la  réflexion.  L'œil  a  ses  exigences  comme  l'esprit,  et  c'est  ce  que  le 
moyen  âge  avait  admirablement  compris.  Les  anciens  enlumineurs,  inter- 
prètes du  sentiment  public,  sentaient  que,  si  le  grave  parchemin  veut  être 
égayé,  c'est  parce  que  les  lettres  déforme,  c'eslr-à-dire  exécutées  par  d'habiles 
copistes,  fussent-elles  employées  à  exprimer  les  pensées  du  plus  savant  clerc, 
ne  disent  pas,  ne  montrent  pas  tout  ce  que  le  lecteur  veut  connaître  et 
contempler  de  ses  yeux.  Aussi  imaginèrent-ils  les  lettre*  ornées,  les  vignettes, 
les  miniatures,  autant  pour  rendre  sensibles  des  idées  souvent  obscures  et 
subtiles,  que  pour  reposer  agréablement  le  regard  trop  longtemps  attaché 
sur  les  textes.  Cette  nécessité  est  bien  plus  impérieuse,  lors<{u'on  reproduit, 
de  nos  jours,  de  vieux  écrits  oubliés  pendant  des  siècles  et  tout  imprégnés 
des  idées,  des  préjugés,  des  passions  d'une  autre  époque.  Facilement  intel- 
ligibles pour  la  génération  contemporaine,  dont  ils  retraçaient  la  physio- 
nomie et  traduisaient  la  pensée  intime,  ces  anciens  documents  auraient  pu. 
dans  leur  nouveauté,  se  passer  de  toute  représentation  figurée;  mais  aujour- 
d'hui, en  présence  d'un  monde  nouveau,  après  qu'on  a  vu  s'effacer  les  der- 
nières traditions  qui  pouvaient  aider  encore  à  l'intelligence  des  vieux  auteurs, 
il  est  devenu  absolument  indispensable  de  ressusciter  le  passé  pour  les  yeux, 
avec  tous  les  moyens  que  fournissent  l'art  et  la  science,  comme  on  le  fait 
revivre  pour  l'esprit,  avec  toutes  les  ressources  de  l'érudition. 


Kécmiio  Dom  Bouquet  ne  s'était  pas  dissimulé  cette  nécessité,  bien  qu'il  fût  plus 

pièto.  rapproché  des  époques  où  vécurent  les  pères  de  notre  histoire.  Il  avait  eu 


d'ui 
iUuttration  cnm 


AVANT-PROPOS.  xn 

l'intontion  d'enrichir  son  recueil  de  tous  les  objets  d'art  et  d'antiquitë  qui 
couvraient  alors  le  sol  du  pays.  Dans  sa  pensée,  la  collection  des  HwlorietiK 
de  France  devait  être  un  panth(?on  et  un  niu8<5e  national  :  «Pour  orner  el 
«illustrer  l'ouvra^je  que  nous  entreprenons,  il  seroit  à  propos,  dit-il.  di- 
ff  donner  les  antiquités  françoises,  et  de  faire  graver  pour  cet  effet  les  mo- 
rnunients  qui  nous  en  restent.  On  tireroit  les  portraits  des  rois,  des  reines, 
rrdes  princes  du  sang  et  autres  grands  seigneurs,  des  églises  qu'ils  ont  hiUies. 
ffdes  monastères  qu'ils  ont  fondés,  de  leurs  tombeaux,  des  édifices  jiublics  cl 
«  des  vieux  livres  écrits  de  leur  tems.  Les  cabinets  des  curieux  nous  l'our- 
"  niroient  des  cachets,  des  sceaux,  des  pierres  gravées,  des  médailles,  etc.''U 
Ce  vaste  programme  a  séduit,  au  siècle  dernier,  un  archéologue  éminent 
et  un  curieux  célèbre  :  Montfaucon  et  Gaignières.  Tous  deux  ont  essayé  de  le 
remplir,  et  la  science  historique  doit  à  leurs  immenses  travaux  la  conservation 
de  documents  figurés  d'une  valeur  inappréciable'"^'.  De  nos  jours,  M.  Albert 
Lenoir,  riche  tout  à  la  fois  de  l'héritage  paternel  et  de  son  propre  fonds,  a 
voulu  aussi  réaliser,  mais  pour  Paris  seulement,  le  projet  que  Dom  Bouquet 
avait  conçu  pour  la  France  entière.  La  Statistique  monumentale  esl  le  résultai 
de  ses  longs  efforts.  Œuvre  largement  conçue,  mais  réduite,  par  un  fâcheux 
concours  de  circonstances,  rf  à  la  publication  presque  exclusive  des  productions 
ffde  l'architecture'^', fl  elle  a  dû  rester  en  deçà  des  nécessités  artistiques  si 
variées  auxquelles  Montfaucon  et  Gaignières  avaient  entrepris  de  pourvoir. 
En  effet,  quand  on  veut  faire  revivre  la  physionomie  des  vieux  âges,  avec 
les  mille  détails  qu'une  telle  résurrection  comporte,  les  monuments  ne  sont 
qii'uno  faible  partie  de  ce  vaste  ensemble.  Ce  genre  de  représentations,  tou- 
jours un  peu  froid,  laisse  en  dehors  la  vie  publique  et  privée  du  pays  ou  de 
la  cité,  c'est-à-dire  l'homme  même,  tel  que  les  miniatures  et  les  dessins 
de  l'époque  nous  le  représentent,  avec  ce  naïf  abandon  qui  est  le  caractère 
de  la  vérité.  Les  générations  passent;  les  monuments  restent,  il  semble,  pour 

'"  Hecimil  de*  Historiens  de-i  Gaule*  et  de   la  iconographiques  réunies  par  ce  célèbre  colleclion- 

FriiHce,  t.  I.  préfnro,  p.  xi  pl  \ii.  nour  sont  conservés  à  la  RibliollK\|ue  impériale  df 

'*'  Le*  Mnimmeiits  de  la  monarchie  françoi*e ,  par  Paris  et  à  la  bibliolh(-que  Bo<lléienne  d'Oxford. 
Dom  RemanI  dn  Montfaucon,  Paris,  1799-1733.  '''   Albert   I^jioir,   StatUtifu   wowiiwtiirtfe   if 

f)  vol.  in-folin.  contiennent  de  nombreux  dessins  Pari*,  explication  des  planches,  in-4*,  1867.  In- 

foiu'nis  par  (ïnijnières.  Les  débris  des  richesses  Irmluction.  p.  ix. 


malérielle. 


XX  PARIS  ET  SES  HISTORIENS  AUX  XIV  ET  XV  SIECLES, 

qui  les  voit  aujourd'hui,  encore  debout  au  milieu  des  villes  renouvelées, 
qu'ils  ont  toujours  abrité  les  mêmes  individus,  tandis  que,  à  leur  pied,  à 
l'ombre  de  leur  grande  masse,  les  populations  se  sont  agitées,  les  mœurs 
ont  changé  avec  les  idées  et  les  sentiments,  la  société  s'est  transformée  de 
siècle  en  siècle.  Cette  immobilité,  précieuse  pour  l'histoire  de  l'art  et  pour 
l'étude  de  la  topographie,  laisse  complètement  au  dépourvu  l'historien  et 
le  moraliste  :  il  leur  faut  aller  chercher  ailleurs  la  trace  de  l'homme,  c'est- 
à-dire  le  mouvement  et  la  vie.  Dom  Bouquet  la  dit  :  c'est  dans  les  «  vieux 
«livres,»  dans  les  rr cabinets  des  curieux, w  qu'on  trouve  le  moyen  d'inter- 
préter sûrement  les  anciens  textes  et  de  reconstituer  fidèlement  les  époques 
disparues. 

M,Hie dviiicaiion  L'exécutiou  matérielle,  telle  que  les  éditeurs  la  désiraient,  devait  être 
large,  complète,  comme  tous  les  grands  travaux  que  la  Ville  exécute  elle- 
même  ou  dont  elle  favorise  l'accomplissement.  Ce  vœu,  soumis  à  l'Adminis- 
tration  municipale,  a  reçu  d'elle  le  plus  favorable  accueil.  La  Commission 
des  Travaux  historiques,  digne  interprète  des  vues  du  Chef  éminent  de  l'Edi- 
lité  parisienne,  est  allée  au  delà  même  des  espérances  qu'on  avait  pu  conce- 
voir. Dans  sa  pensée,  comme  dans  celle  du  Conseil  municipal,  iu  Ville  de 
Paris,  publiant  sa  propre  histoire,  ne  doit  mettre  aucune  limite  au  beau  et 
au  bien. 

Des  dispositions  aussi  libérales  ont  conduit  à  adopter,  pour  le  présent 
volume,  un  système  d'illustrations  qui  pût  embrasser  toutes  les  manifesta- 
tions extérieures  de  la  pensée  artistique,  utiliser  toutes  les  ressources  du 
métier  et  produire  des  représentations  complètement  vivantes.  Au  point  de 
vue  de  l'art,  \a  fonne  et  la  couleur  ont  leurs  droits  aussi  bien  que  \efond  et  la 
ligne.  Or,  un  mode  de  reproduction  en  noir  les  méconnaît  involontairement , 
et  en  sacrifie  toujours  quelque  chose.  11  convient  donc  de  placer,  à  côté  des 
meilleurs  produits  de  la  gravure  sur  bois  et  sur  acier,  quelques-unes  de  ces 
planches  en  or  et  en  couleur,  telles  que  la  chromolithographie  les  donne, 
et  qui  constituent  de  véritables  merveilles  de  finesse  et  de  coloris,  lorsqu'elles 
sont  traitées  par  de  véritables  artistes. 

11  existe,  en  outre,  des  procédés  nouveaux,  encore  incomplets,  mais  dignes 


AVANT-PHOPOS.  »i 

de  fixer  rattenlion  et  de  concourir  à  l'éclat  des  grandes  publications  histo- 
riques. Ces  procédés,  dont  la  photograpliie  est  la  base,  ont  lait,  depuis  quel- 
ques années,  des  progrès  réels;  appliqués  à  des  ouvrages  comme  celui-ci, 
même  au  risque  de  certaines  défectuosités  passagères,  ils  doivent  nécessai- 
rement entrer  dans  une  voie  de  perfectionnement  continu  et  réaliser  un 
jour  les  promesses  qu'ils  contiennent  en  germe.  Il  était  digne  de  la  Ville 
de  Paris,  protectrice  naturelle  des  écrivains  et  des  artistes,  de  diriger,  en 
les  encourageant,  les  efforts  tentés  de  toutes  parts  pour  amener  les  divers 
procédés  liéliographiques  à  des  résultats  sérieusement  pratiques.  C'était 
assurer  la  fidélité  des  reproductions  figurées  dans  un  recueil  où  le  fac- 
similé  est  de  rigueur,  et  servir  l'art  et  l'industrie,  en  même  temps  qu'on 
s'efforçait  de  rendre  la  vie  et  le  mouvement  à  l'histoire, 

« 

Grâce  à  une  munificence  si  intelligente,  on  a  pu  employer  simultanément 
tous  les  modes  de  représentation  artistique.  Aussi  le  volume  qu'on  présente 
au  public  contient-il  des  spécimens  rares  et  curieux  des  genres  les  plus 
différents  :  les  vieux  portraits  de  la  galerie  parisienne  y  sont  largement 
encadrés,  et  les  vues  les  plus  anciennes  de  la  capitale  y  figurent,  avec  ce 
mélange  de  vérité  et  de  fantaisie  qui  était,  au  moyen  âge,  le  caractère  propre 
de  la  miniature.  Choisis,  autant  que  possible,  parmi  les  documents  gra- 
phiques contemporains  des  auteurs  qu'on  reproduit,  les  sujets  se  rattachent 
étroitement  aux  descriptions  et  aux  récits,  lorsqu'ils  ne  sont  pas  empruntés 
aux  textes  eux-mêmes  ;  ce  ne  sont  donc  point  des  images  destinées  à  diver- 
sifier l'aspect  du  livre,  mais  des  commentaires  pour  l'œil,  comme  les  notices, 
les  notes  et  les  appendices  sont  des  illustrations  pour  l'esprit. 

Parmi  ces  différentes  représentations,  les  fac-similé  de  miniatures  occu- 
pent le  premier  rang,  et  ils  le  doivent  autant  à  la  valeur  artistique  des 
sujets  originaux  qu'à  l'éclat  et  à  l'exactitude  des  reproductions.  Les  manus- 
crits qui  renferment  ces  trésors  sont  tous  d'origine  parisienne,  et  comptent 
parmi  les  plus  remarquables  spécimens  de  l'art  des  enlumineurs  au  moyen 
âge  :  il  suffit  de  nommer  la  Vie  de  Monseigneur  Saint  Denis  (iSyS),  la  tra- 
duction de  la  Cité  de  Dieu  (1878);  le  De'caméron  de  Boccace,  translaté  par 
(juy  d'Arezzo  et  Laurent  de  Premier-Fait  (1  /io5),  les  Cetit  Ballades  de  Chris- 


XXII  PARIS  ET  SES  HISTORIENS  AUX  XIV  ET  XV  SIÈCLES, 

tine  de  Pisan  (i4io),  et  le  célèbre  missel  de  Juvénal  des  Ursins  {itiaU- 
i/tSa),  cédé  par  M.  Ambroise  Firmin  Didot  à  la  Ville  de  Paris.  Toutes  ces 
miniatures  sont  encadrées  dans  le  texte  auquel  elles  appartiennent,  ou  avec 
lequel  elles  ont  un  rapport  naturel. 

Il  en  est  deux  cependant  qui  ne  correspondent  point  à  une  description 
ou  à  un  récit,  et  qui  se  présentent  au  lecteur  avec  une  simple  notice  expli- 
cative. La  première,  empruntée  au  manuscrit  de  Juvénal  des  L'rsins,  pré- 
sente, sur  le  premier  plan,  les  Bergers  recevant  la  nouvelle  de  la  naissance 
du  Christ;  la  seconde,  qui  est  égarée  dans  le  manuscrit  original  au  milieu 
d'une  sorte  d'histoire  universelle,  représente  le  siège  de  Jérusalem  par  les 
soldats  d'Anliochus  :  toutes  deux  cependant  donnent  une  vue  de  Paris  vers 
le  milieu  du  xv^  siècle.  En  les  reproduisant  Tune  et  l'autre  et  en  accom- 
pagnant cette  reproduction  d'une  notice  explicative,  les  éditeurs  ont  voulu 
donner  deux  remarquables  spécimens  de  l'art  parisien,  et  rendre  sensible 
la  manière  des  anciens  miniaturistes.  Au  moyen  âge,  la  fantaisie  a  d'abord 
régné  en  maîtresse;  puis  il  s'est  fait  une  sorte  de  compromis  entre  le  réel 
et  l'idéal,  et  la  vérité  de  temps,  de  lieu,  appréciée  de  mieux  en  mieux  à 
mesure  qu'on  approchait  de  l'époque  moderne,  a  fini  par  aboutira  celte  loi 
parfaitement  ralionelle  qui,  sous  le  nom  de  couleur  historique  et  locale, 
régit  aujourd'hui  toutes  les  manifestations  de  l'art. 

Les  miniatures  constituent  la  partie  la  plus  riche  des  illustrations  de  ce 
volume;  toutefois  il  est  d'autres  planches  moins  brillantes  qui  présentent, 
au  point  de  vue  historique,  le  même  degré  d'intérêt.  De  ce  nombre  sont  les 
portraits,  signatures,  armoiries  de  Parisiens  célèbres  aux  xiv*  et  xv*  siècles, 
des  vues  de  monuments  et  objets  d'art  de  la  même  époque,  des  fac-similé 
d'écritures  et  autres  documents  graphiques,  dont  l'ensemble  constitue  une 
sorte  de  musée  contemporain. 

v»«  ginénu  Deux  vues  générales  ou  plans  cavaliers  complètent  et  résument  le  tableau 

parisien  esquissé  par  les  auteurs  dont  les  ouvrages  sont  reproduits  dans  ce 
livre.  L'une  donne  ce  qu'on  appelait  «un  pourtraict?»  de  Paris  vers  la  fin  du 
xiv"  siècle,  et  s'applique,  dans  son  ensemble,  à  toute  la  période  historique 
que  le  volume  embrasse.  L'autre  montre  la  ville  de  Senlis  vers  i  SaS.  et  n'a 


Plans  cavaliers. 


AVANT-PHOPOS.  xnii 

été  dressée  que  pour  servir  de  pièce  à  l'appui  d'une  singulière  comparaison. 
Une  petite  ville  de  province,  mise,  dans  l'ardeur  d'une  discussion  scolastique 
entre  Jean  de  .landun  et  son  contradicteur,  presque  au  niveau  d'une  capitale, 
n'était-ce  pas  une  ënormité,  même  au  commencement  du  xiv*  siècle?  La 
représentation  des  deux  cites  rendra  la  disproportion  plus  manifeste,  et  per- 
mettra en  même  temps  d'expliquer  certains  passages  du  Traité  des  bttanges 
de  Paris.  Ces  deux  plans  cavaliers  sont  l'œuvre  patiente  et  savamment  éliidiëe 
de  M.  Henri  Legrand,  architecte-archéologue,  attaché  au  Service  des  Tra- 
vaux historiques,  qui  a  exposé  lui-même,  dans  une  notice  explicative,  l'éco- 
nomie générale  de  son  travail. 

Les  éditeurs  croient  s'être  acquittés  de  leur  tâche  avec  le  zèle  qu'on 
attendait  deux.  Toutefois,  leurs  efforts  eussent  été  insuffisants,  s'ils  n'avaient 
trouvé  dans  la  haute  approbation  de  la  Commission  des  Travaux  histo- 
riques de  la  Ville  un  puissant  encouragement,  et  dans  l'assistance  perma- 
nente de  la  Sous-Commission  un  secours  toujours  éclairé,  toujours  bien- 
veillant. Ils  ont  été  particulièrement  touchés  de  la  sollicitude  avec  laquelle 
la  Sous-Commission,  chargée  de  sauvegarder  tant  d'autres  intérêts,  a  suivi 
les  diverses  phases  de  l'entreprise  :  textes,  traductions,  notices,  illustrations, 
elle  a  tout  vu  de  près,  tout  examiné,  et  son  influence,  aussi  discrète  que  sa- 
lutaire, s'est  étendue  jusqu'aux  moindres  détails  de  l'ouvrage.  De  son  côté, 
le  Service  des  Travaux  historiques  n'a  rien  épargné  pour  seconder  les  in- 
tentions des  éditeurs  et  le  bon  vouloir  de  la  Sous-Commission;  depuis  le 
Chef  de  Section  jusqu'au  dernier  employé,  tous  ont  apporté  leur  contingent 
de  recherches,  de  transcriptions,  de  renseignements  sur  les  textes,  d'indi- 
cations techniques  pour  les  planches,  et  cette  action  multiple  n'a  pas  peu 
contribué  à  aplanir  les  dilllcultés  inséparables  d'une  telle  publication.  Un 
jeune  archiviste-paléographe,  M.  Bruel,  a,  de  plus,  donné  à  l'un  des  édi- 
teurs une  |)îul  do  collaboration  consciencieuse  pour  la  révision  des  textes 
et  la  première  préparation  des  traductions  et  des  notices. 

Au  dehors,  l'œuvre  a  excité  un  égal  intérêt:  des  savants,  dont  le  nom  fait 
autorité,  ont  bien  voulu  lire  quelques  épreuves  de  ce  volume  et  faire  pro- 
fiter les  éditeurs  de  leurs  judicieuses  observations.  Il  suffit  de  nommer,  parmi 


MorM  «ai  MilMm 


XXIV 


PARIS  ET  SES  HISTORIENS  AUX  XIV  ET  XV  SIÈCLES, 
les  membres  de  l'Institut,  MM.  Paulin  Paris,  L(?opolcl  Delisle;  à  l'Ecole  des 
Chartes,  MM.  J.  Quicherat,  Vallet  de  Viriville;  aux  Archives  de  l'Empire, 
MM.  Douet  d'Arcq,  Boutaric,  Meyer;  dans  les  bibliothèques,  MM.  Paul 
Lacroix,  H.  Cocheris,  J.  Cousin,  et  autres  bibliophiles,  dont  l'e'rudition  pari- 
sienne n'est  jamais  en  défaut.  A  la  Bibliothèque  impe'riale,  on  s'est  montré 
très-désireux  de  seconder  les  eiïorts  de  la  Ville  :  M.  l'Administrateur  général 
Directeur  et  MM.  les  Conservateurs  des  divers  départements  ont  donné  aux 
travailleurs  toutes  les  facilités  en  leur  pouvoir.  Les  représentations  figurées 
dont  le  volume  est  enrichi  eussent  été  impossibles  sans  un  tel  concours. 
Enfin,  les  éditeurs  sont  heureux  de  reconnaître  l'obligeant  empressement 
avec  lequel  MM.  ViolIet-le-Duc,  le  baron  F.  de  Guilhermy,  J.  Gailhabaud, 
Ed.  Fournier,  ont  bien  voulu  fournir  aussi  au  Service  des  Travaux  histo- 
riques des  indications,  des  dessins,  des  planches  même,  oiTres  gracieuses 
dont  on  a  tiré  grand  profit. 


inlerpréUtion 
«rlisliquo. 


Les  sujets  choisis  par  la  Sous-Commission  ont  trouvé  d'habiles  interprètes  : 
reproduits  directement  par  la  photographie  ou  traduits  par  le  crayon  de 
MM.  Ch.  Fichot  et  Van  Elven,  et  gravés  ensuite  par  les  procédés  héliogra- 
phiques de  MM.  Durand,  Le  Maire,  Drivet,  ils  présentent,  dans  la  catégorie 
des  planches  en  noir,  l'état  actuel  de  ce  genre  de  gravure,  soit  en  relief,  soit 
en  creux,  tandis  que  \es  fac-similé  de  miniatures  en  or  et  en  couleur,  exé"- 
cutés,  sous  l'habile  direction  de  MM.  Engelmann  et  Graf,  par  MM.  Schûitze, 
Faure,  Daumont,  Moreau,  Pralon,  Roobol,  marquent  le  point  le  plus  élevé 
auquel  soient  arrivées  jusqu'ici  les  reproductions  en  chromolithographie. 


Conclusino. 


Le  présent  volume,  dont  on  a  nettement  indiqué  les  limites,  est  appelé 
à  prendre  son  rang  dans  la  série  des  Historiens  de  Paris,  de  même  que  cette 
série  marque,  dès  à  présent,  sa  place  dans  la  collection  générale  fondée 
par  M.  le  Sénateur  Préfet  de  la  Seine.  Il  forme,  en  fait,  le  point  de  départ 
d'un  recueil  complet,  dont  les  nombreux  éléments  ne  pourront  être  réunis 
qu'après  de  longues  et  minutieuses  recherches.  C'est  donc,  pour  les  écrivains 
dont  la  Ville  a  bien  voulu  agréer  la  collaboration ,  un  devoir  de  placer,  à 
côté  de  leurs  remercîments,  une  requête  toute  spéciale  en  faveur  de  l'œuvre 


AVANT-PROPOS.  »t 

qu'ils  ont  l'honneur  d'itiau^jurer  :  «Il  nous  reste  maintenant,  /fcrivait  Dom 
?»  Bouquet  en  terminant  sa  prëlace,  à  prier  les  savants  de  nous  faire  part  de 
ff  leurs  lumières,  de  nous  aider  de  leurs  conseils,  et  de  nous  communiquer  ce 
rr qu'ils  auroient  de  particulier  concernant  notre  dessein;  c'est  ce  que  nous 
<T  attendons  de  leur  amour  pour  les  lettres  et  de  leur  zèle  pour  la  gloire  de 
"  la  nation  Françoise  '"'.  n 

Cet  appel,  que  le  monde  savant  a  si  bien  entendu  et  si  bien  compris  au 
siècle  dernier,  les  éditeurs  actuels  de  Paris  et  ses  Historiens  l'adressent  aujour- 
d'hui à  tous  avec  une  ëgale  confiance.  Si  déjà  l'on  a  pu  leur  venir  efficace- 
ment en  aide,  alors  que  leur  dessein  était  à  peine  connu  de  quelques-uns, 
ils  ont  lieu  d'espérer  un  plus  grand  nombre  d'utiles  renseignements,  de  pré- 
cieuses communications,  quand  leur  enlrej)rise  aura  éveillé  l'attention  de 
tous  ceux  qui  aiment  le  vieux  Paris  et  (|ui  suivent  avec  sympathie  le  cours 
de  ses  glorieuses  destinées.  L'antique  cité,  mère  commune  des  lettrés  et  des 
érudits,  patrie  adoptive  des  intelligences  de  tous  les  âges  et  de  toutes  les 
nations,  a  vu  allluer  et  se  succéder  dans  son  sein  des  générations  d'admi- 
rateurs et  d'amis.  N'est-il  pas  juste  que  cette  aima  mater  recueille,  en  quelque 
sorte,  les  bénéfices  d'une  renommée  et  d'une  hospitalité  séculaires,  aujour- 
d'hui qu'elle  se  propose  de  réunir,  comme  dans  une  même  galerie,  la  longue 
suite  de  tableaux  historiques  qui  lui  retraceront  ce  qu'elle  fut  autrefois?  Les 
savants  continuateurs  de  Dom  Bouquet  et  de  Dora  Clément,  avec  lesquels  le 
Service  des  Travaux  historiques  s'honore  d'être  en  relations,  les  chercheurs 
de  Paris,  de  la  province  et  de  l'étranger,  les  bibliophiles,  les  collectionneurs, 
—  qui  sont  tous  Parisiens  par  quebjue  côté,  —  se  feront  certainement  un 
devoir  d'apporter  de  plus  en  plus  à  un  pareil  travail  le  concours  de  leurs 
lumières  et  de  leurs  richesses.  Grâce  à  cette  combinaison  d'efforts  et  de 
bonnes  volontés,  dont  la  répul)li(|ue  des  lettres  olTre  dheureux  exemples, 
le  nionuuient  à  élever  sera  digne  de  la  Ville  qui  en  a  conçu  le  projet,  digne 
de  l'œuvre  qui  a  pour  titre  :  Histoire  générale  de  Paris. 
"'  Recueil  des  llUtorieiu  des  Gaulet  et  de  la  France,  L  I,  |>réface,  p.  xu. 


PARIS 


ET    SKS    HISTOIUKNS 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX 
DES  XIV  ET  XV'  SIÈCLES 


/ 


SOMMAIRE  DU  TEXTE. 


I. 

DEUX  ÉLOGES   DE  LA  VILLE  DE    PARIS  COMPOSÉS  EN   1323 

PAR  JEAN  DE  JANDUN  ET  UN  ANONYME  QUALIFIÉ  DE  DICTATEUR. 

NOTICB  BIOGRAPHIQUE  ET  CRITIQDE l\ 

Premier  éloge,  par  dn  Anonïme 99-a3 

|)Kll\rK.>IK  KLOGK,    PAR  JeAN  DE  JaNDUK 39-33 

I'kkmikhi!  paktib.  —  L'Université.  —  Les  facultés.  —  Les  coilëjjes 36-35 

DtvxièHK  PARTIS.  —  Les  églises.  —  Notre-Dame.  —  i>a  Sainte-Cha|)eile.  —  Le  Pa- 
lais. —  [>es  Halles.  —  Les  maisons  de  Paris.  —  Les  arti- 
sans. —  Le  caractère  des  Parisiens.  —  La  Seine.  —  Le» 
aliments  ou  les  vivres.  —  I^  olimat  de  Poris.  —  L'éloge  des 
rois  de  France 44-45 

ÏRoisiàng  PARTIS.  —  Les  inconséquences  du  Dictateur 64-65 

QoATRiàitK  PARTiB. —  Les  avantages  et  les  agréments  de  Senlis .        74-/5 

IL 

COMMKNTAIHK  DK  KAOIL  DE  PRESLES  CONTE.NAM   L.\h  DESCRIPTION  DE  PARIS 

SOUS  CHARLES  V. 

Notice  Bior.ntPinijuE  et  critique M.". 

Texte.  —  Prkmikrb  partib.  —  l\«%uiiié  des  anciennes  chroniques (lo 

DKViiitiB  rARTiK.  —  Description  de  Paris io8 

MUT.  —   I.  *• 


SIX  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


m. 

DESCRIPTION  DE  LA  VILLE  DE  PARIS  SOIS  CHARLES  VI, 
PAR  GUILLEBERT  DE  METZ. 

Notice  critique  et  biographique 119 

Texte.  —  PHBUiàHB  pabtib.  —  Résumé  de»  anciennes  chroniques i3i 

DgvtiàuK  PÂKTig.  —  Description  de  la  ville  de  Paris 

La  Ciié. 1 5« 

Le  Palais 1 58 

Les  PonU 160 

\jllniver$ité  ou  rive  gauche.  —  Kg-lises.  —  Monastères.  —  Colléjfes.  — 

Hues.  —  Places  j>ubliques 1 6& 

1^  Ville  ou  rive  droite.  —  ^ises.  —  Chapitres.  —  Collèges 1 83 

Le  cimetière  des  Innocents 1 93 

Les  hâlels  des  prélats,  des  seigneurs  et  des  bourgeois 1 9& 

L'hAtel  de  matlre  Jacques  Ducy,  Duchi  ou  Doiichi  (dit  Dnchié) 199 

Les  rues  de  la  Ville 901 

Les  murs  de  Paris 990 

Les  portes  de  la  rive  droite  et  la  banlieue su 

Les  portes  de  la  rive  gauche  et  la  banlieue aai 

Tableau  de  Paris  et  détails  statistiques «Sa 


IV. 

APPENDICES  AUX  DEUX  DESCRIPTIO>S  PRÉCÉDENTES. 

Notice  explicative aJo 

I.  —  LA  LOI  SALIQUE  CHEZ  LES  HISTORIENS  DE  PARIS ,4.3 

II.  —  L'ORIFLAMME ^57 

III.  —  LES  CHÂSSES  DE  NOTRE-DAME ,61 

IV.  —  LE  DIT  DES  TROIS  MORTS  ET  DES  TROIS  VIFS,  sculpté  au  |>oi-tail  de  IV^ise  des 

Saints-Innocents.  —  Notice «65 

Texte  et  planches.  (Reproduction  de  l'édition  princeps  de  Guyot  Mardianl. 

1 486.) ,^5 

V.  —  LA  DANSE  MACARRE  peinte  sur  les  murailles  des  Cliamiere.  —  Notice ^83 

Texte  et  planches.  (Reproduction  des  éditions  princeps  de  Guyot  Marchaiil. 

1485-1486.) 391 

VI.  —  LA  BOURGEOISIE  PARISIENNE  A  LA  FIN  DU  XIV  SIÈCLE  ET  AU  COMMEN- 
CEMENT DU  W.  —  Tableao  géhéral 819 

Bureau  de  Dakpmartin 3,5 

Digne  Rapondb 335 

GuiLLEMiN  Sanguin 34o 


SOMMAfllE  DL'  TEXTE.  xxu 

Jacques  Ducy,  Duchy  ou  Douchi  (dit  Ducaié) Zkj 

Miles  IUillet 3&9 

Liste  de»  notables  habitants  de  Paru  à  la  rm  du  xiv*  «ikLE  et  au  coiiHEficEanrr 

DU  XV' 353 

RÔLK    lies    BoLIlOEOIS   QOI   PRhèHEItT  SBRMKST   i  JbaH  tÀKê  PmOM  ,   DVC  ÙB  BoVH- 

GOGNB,  EN  AOÛT  iùi8.  ( Manmcrit  original.) Syi 

VII.   —  LKS  LETTRfe,  I.KS  ARTISTES  ET  LES  ARTISANS  DE  PARIS  A  LA  FIN  DU 

XIV  SIÈCLE  ET  AU  COMMENCEMENT  DU  XV'.  —  Tableau  Gi->itxi. 391 

1°  Leh  Théologiens  et  les  Canonistes.  (Gilles  Detichoin[)s.  —  L'abbt^du  Mont- 

Sainl-Michei.  —  L'évéque  du  Puy.) 397 

9*  Les  PKéDicATEURg  ET  les  Harangueurs.  (Geraon.  — Jacques  Le  Grand.  —  Le 

minisire  des  Malhurins.  —  Eustache  de  Pavilly,  etc.) ho% 

3°  Les  Traducteurs  et  les  Poètes.  (Laurent  de  Premierfail,  Christine  de 

Pisan ,  etc.  ) &  1 9 

à"  Apostrophe  de  Christine  de  Pisan  aux  Parisiens.  (Extrait  du  «très  bel  ditië« 

compose  par  elle,  en  1^99,  à  la  louange  de  Jeanne  d'Arc.) 4«o 

5°  Les  Trolvères,  les  Jongleurs  et  les  Ménestrels.  (Bacon,  le  prince  d'amours, 
le  llidologieii  allemand  qui  jouait  de  la  vielle,  Guillaume  Dencel  et  Perrin 
de  Sens,  Cresceques,  Cbynenudy,  etc.) 4«8 

6°  Les  Médecins,  les  Chirurgiens,  les  Astrologues.  (Thomas de  Pisan,  Thomas 

de  Sainl-Pierre ,  Gilles  Sous-le-Four,  Henri  de  Fontaines,  etc.) 438 

7°  Les  Ecrivains  et  les  Enlumineurs.  (Les  deux  Flainel,  Gobert,  Sicart,  Crespy, 

Guillemin,  Perrin,  etc.) 447 

8°  Les  Orfèvres  et  rartificeulx  Ouvriers,  h  (Herman,  Willoini,  Andry,  le  po- 
tier, etc.) 466 

Vin.  —  ESSAIS  DE  STATISTIQUE  PARISIENNE  DU  XIV  AU  XV  SIÈCLE 485 

Population 486 

Consommation 490 

IX.  —  LES  CINQ  LETTRES  DU  NOM  DE  PARIS  COMPILÉ  PAR  UN  NOTABLE  CLERC 

NORMAND.  —  Notice 497 

Texte  original  et  paraphrase 5o6-5o7 


V. 

PARIS  ET  LES  PRINCIPALES  VILLES  DE  FRANCE  SOUS  LE  RÈGNE  DE  CHARLES  VII, 

POÈME  DESCRIPTIF  D'ANTOINE  ASTESAN. 

Notice  biographique  et  critique 5iS 

Dédicaces S98-599 

Description  de  Paris.  (Les  pnts.  —  Les  palais.  —  La  Bastille.  —  Les  églises.  —  La  Sainte- 
Chapelle.  —  Les  reliques.  —  Notre-Dame.  —  Les  Cëlestins.  —  L'HAtel-Dieu.  —  L'Univer- 


XXXII  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

**• 

site.  —  Le  Parlement.  —  Les  artisans.  —  La  population.  —  Ijes  jeune*  filles.  —  Le  boii  de 

Vincennes.  —  Le  bourg  de  Saint-Denis.) 53o-.S3i 

L*  GUERBE  CONTRE  LES  AnGLAIS 55o-55l 

Le  cuâtead  de  Coucr  et  aitrbs  résidences  de  u  famille  n'Oniui» Sâi-553 

Les  grandes  villes  de  France  visitées  pab  le  porte.  (Lyon.  —  BooigM.  ^  Bioi*.  —  OH^«m. 

—  Tours.  —  Noyon.  —  Sentis.  —  Compiègne.  —  I.^on.  —  Soiaioos. —  Amiem.) .Î6&-S65 

VI. 

PARIS  SELON  LES  MINIATCRISTES  DU  XV«  SlàCLE. 

Notice  explicative .        . .  S8i 


vn. 

VUE   RESTITUÉE   DE   PARIS   EN   M  .  CGC  .  LXXX. 
ET  PLAN  CAVALIER  DE  SENL»S  A  LA  MÊME  ÉPOQlJE. 

Notices  explicatives Sgo 


SOMMAIRE  DES  PLANCHES. 


I. 

MINIATURES. 


1.  Le  Petit-Pont  de  Paris  au  xiv*  siècle.  {Fac-similé  d'une  minioUire  de  la  Vie  de  .Voiuei- 
gneitr  sninct  Deriyii,  manuscrit  du  temps.)  Présentation  du  livre  au  Roi  dans  la 
[lartie  supérieure  de  la  plaiidic &i 

a.  Raoul  be  Presles  offrant  à  Charles  V  la  traduction  de  la  Cité  de  Dêbv.  (Fae-timik 

du  premier  folio  de  l'exemplaire  original  présenté  au  Roi.) <j8 

3.  Martyre  et  ensevelissement  de  saint  Denis.  {Fac-similé  d'une  miniature  de  la  Vie  de 

Monseigneur  sainct  Denys.  ) 1 1  & 

It.  La  Maison  aux  Piliers,  la  Grève  et  la  Cité.  {Fac-similé  d'une  miniature  du  missel  de 

JuvénnI  des  Ursins,  Formant  lettre  ornée  de  l'oflice  de  la  Fête-Dieu  '"'.) 197 

5.  L'Oriflamme.  (Trois  types  authentiques  des  xiii*,  xiv*  et  xv'  siècles.) aSg 

6.  Laurent  de  Prehierfait  et  Antoine  d'Arezzo  traduisant  le  DécAM^RON  dans  la  maison  de 

Bureau  de  Dampmarlin.  {Fac-similé  d'une  miniature  d'un  manuscrit  du  xv*  siècle  '''.)  4i  4 

7.  Christine  de  Pisan  composant  ses  ouvrages.  (  Fac-similé  d'une  miniature  d'un  manuscrit 

du  .xv*  siècle  '''.) 4«7 

8.  L'int£rieur  de  la  Sainte-Chapelle  et  les  insignes  reliques  de  la  Passion.  {Facsimiie 

d'une  miniature  du  missel  de  Ju vénal  des  Ursins,  formant  lettre  ornée  de  l'ofTice  de» 
Saintes-Reliques  '''.) 587 

9.  Un  si^ge  au  xv'  siècle,  avec  une  vue  de  Paris  sur  le  second  plan.  {Fac-similé  d'une  mi- 

niature de  la  chronique  de  Jean  de  Courcy.) 589 

10.  Vue  partielle  de  Paris.  {Fac-similé  d'une  miniature  du  raisisel  de  Juvénal  des  Ursins, 

formant  lettre  ornée  de  l'ofTice  de  Noël  '*'.) 586 


'*'  En  haut  de  la  miniature  se  lisent  les  mots  euns  beauli  dii  et  que  je  lew  envoyé ,  Et  de  dillier  dietU 

suivants  :  Quod  ipsc.  In  festo  snnclis^imi  corporis. . .  que  j'ai  la  (prare.  Malt  snurr  soil  leur  paix.  Je  ne  «1- 

''*  La  miniature  se  trouve  encadrée  entre  deux  voye  Aux  lieautz  dit  ne  bons,  mes  Umtevoye. . . 
fiiHfiiienls  de  |)r»!face  :  Infnndre  nouielle  science. . .  '*'  En  haut  de  la  miniature  se  lisent  le*  mots  : 

et  :  Cy  commence  le  prologue. . .  Quod  ipse.  In  festo  reliquinrvm.  . 

'''  Le  texte  des  Cent  ballades  commence  avec  la  '*'  Au  bas  de  la  miniature  on  lit  :(OeMfiu) 

lettre  ornée  :  Aucunes  gens  me  prie  que  je  face  Au-  unigeniti  rrfulgencia  decorare. . , 


XXXIV 


i3<> 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OHIGIXALX. 

II. 
FAC-SIMILE  EN  COLLEIR. 

j .  Je*>  de  Janddx  (  Traité  de*  louange*  de  Paru).  Fae-timik  partiel  de  deos  folio»  de* 

nuscriU  de  Paris  et  de  Vienne **• 

a.  Gdillebbbi  de  Metz  (Traduction  du  Déeameron,  lran*criplion  du  livre  de  Sydrar).  Fae- 

simile  éublissant  Tidenlilë  de  l'ëcriture  des  Iroi»  manuscriU •  «6 

3.  Gdillebert  de  Metz  {De*cription  de  Pari*].  Fae-timile  du  premier  folio  recto  du  ma 

nuscrit  unique 

4.  GoiLLEBEBT  DE  Metz  (Description  de  Pari*).  Fae-timile  du  dernier  folio  ver»  du  ma- 

nuscrit unique •" 

5.  Antoine  Astesan  (Poème  detcriptif).  Fae-iimle  de  la  première  page  et  de  fécusson  du 

duc  Louis  d'0rl(?an8 *•' 

Ul. 
FAC-SIMILE  EM  NOIR. 

1.    ScBAU  BT  SIGBiTDBB  DE   DiGNB  RaPO<IDE,  HiaCBAIlD  R  M0KIOB  «B  PiBIB 3&0 

Q.  Rôle  de  la  liste  des  boirgeois  de  Pabis  qci  paArkun  sbuient  eitu  lbs  bairs  as  Jus 

SANS  Pedb,  au  mois  d'août  1/118  (recto  et  verso) 870 

3.  Fàc-simile  d'dn  ti  UBitis  écrit  par  Flaniel  le  jeune 46 1 

IV. 

GRAVURES  SIR  ROIS  OU  SUR  ACIER  ET  HÉLIOGRAVURES  SUR  CUIVRE 

HORS  TEXTE. 

1 .  Le  cuEr  de  saint  Louis.  (Reliquaire  de  la  Sainte-Chapelle.  ) A7 

a.  Le  Gband-Pont  de  Pabis  ad  xiv*  siicLs.  (Miniature  du  temps.) ...  S& 

3.  Plan  de  Sbnlis  ad  temps  de  Jean  de  Janodn.  (Dessin  et  restitution  de  M.  Henry  Legraod.)  7& 

It.  La  Commcnion  de  saint  Denis.  (Miniature  du  \i\'  siècle.) i56 

5.  Les  deux  bas-beliefs  des  sebgents  de  Bocvines  à  Saintb-Cathebine  do  Val-des-Ecoliebs, 

conservés  à  la  Basilique  de  Saint-Denis 1 90-1  gt 

(>.  Le  Fanal  dd  cimetière  des  Innocents  (d'après  un  dessin  original) igS 

7.  Les  Portes  de  Paris  ad  xv'  siècle.  (Restitution  de  A.  Bonnardot.  dessins  de  Cb.  Fichot.)  aai 

8.  Les  Portes  de  Paris  au  .xv*  siècle.  (Idem.) 99& 

9.  Les  Montjoies  sur  le  chemin  de  Paris  à  Saint-Denis  (d'après  les  planches  du  maréchal 

d'Uxeiies  et  la  Topogivphie  de  Zeilier  publiée  par  Gaspar  Merian.)   a3o 


SOMMAIHI-:  DES  PLANCHES.  xxxv 

I  u.  Statuk  dk  Digne  Raponde,  marchand  et  Bounr.EoiH  de  Paris  (d'aprèg  un  desttin  orignal  du 

monument  érigé  dans  la  Sainte-Chapelle  de  Dijon) 336 

11.  La  Tour  de  nouRCOGNE,  résidence  de  Jean  sans  Peur  à  Pabis  (1/^07).  (Dessin  de  Cli. 

Ficliot  et  lestitulioii  de  A.  Berty.) 343 

lù.  Jean  sans  Peur  donnant  audience  dans  une  chambre  de  la  Tour  de  Bourgogne.  (Miniature 

du  XV*  siècle  [liog].) 344 

I,'!.  Pierre  d'Ailly  et  Jean  (îkrson,  chanceliers  de  l'Université  (d'après  Len  vraU  portrait» 

et  vies  den  homme»  illustres  de  Tbevel) 4c»a 

16.  Le  duc  Louis  d'Orléans  recevant  de  Christine  de  Pisan  la  dédicace  de  l'épIthe  d'Othéa 

À  Hector.  (Miniature  du  xv'  siècle.) 4i8 

i5.  Saint-Julien-des-Ménestriers,  chapelle  patronale  des  ménestrels  de  Paris.  (Vue  restituée 

d'après  Millin.  ) 434 

i().   Portrait  de  Nicolas  Flamel.  (Ancienne  estampe  de  la  collection  Koth.) 453 

17.  Statue  de  Nicolas  Flamel  au  portail  de  l'église  Sainte-Geneviève-des-Ardents  (d'après 

lu  planciie  donnée  par  l'abbé  Villaiu  ) Idem. 

18.  L'Arcade  du  charnier  des  Innocents  et  le  Petit  Portail  de  Saint-Jacqdes-la-Boucherie  . 

PAR  Nicolas  Flamel  (d'après  les  planches  d'Arnauld  de  la  Chevallerie  et  de  l'ablK- 

Villain) 45,4 

19.  La  Châsse  de  Saint-Cermain-des-Prés,  exécutée  en  1^07  par  trois  orfèvres  parisiens 

(d'après  la  planche  de  Doni  Bouillart  et  la  restitution  de  M.  Viollet-Ie-Diic) 48;» 

•io.  Le  comte  d'Angoulême,  aïeul  de  François  I",  protecteur  du  poète  Astesan  (d'après  Les 

vrais  portraits  et  vies  des  hommes  illustres  de  Thevet) 5i8 

91.  I^E  duc  Charles  d'Orléans,  fils  aIné  de  Louis  et  de  Valbntine  de  Milan,  protecteur  du 

poète  Astesan  (d'après  une  miniature  du  temps  et  une  gravure  de  Gaucher) 5a4 

aa.  Le  tombeau  du  duc  Louis  d'Orléans  aux  Célestins  (d'après  un  dessin  original) 54i 


V. 

GR.4VURES  SUR  ROIS  ET  HÉLIOGRAVURES  SUR  CUIVRE  DANS  LE  TEXTE. 

1.  Parisibxsium  rervh  scriptobbs.  (Fleuron.) 1 

■)..  Statue  équestre  ou  trophée  érigé  ad  xiv*  sièclb  dans  l'église  Notre-Dame  db  Paris 

(d'après  la  Cosmographie  de  Thevet) s45 

3.  Le  dit  des  Trois  morts  et  des  Trois  vifs,  sculpté  au  portail  de  l'église  des  Saints-Inno- 

cents. [Fac-similc  de  l'édition  princeps  de  Guyot  Marchant.)  (Deux  sujets.) 377-479 

4.  La  Danse  Macabre  ,  peinte  sur  les  murailles  des  charniers  des  Saints-Innocents.  (Fac-similf 

des  éditions  princeps  de  Guyot  Marchant.)  (Vingt-quatre  sujets.) 493-3 16 

5.  La  Famille  des  Bureau.  (Armoiries,  jetons,  croix  des  Bureau,  etc.) 393-33i-33.S 

f>.  La  Famille  des  Sanguin.  (Armoiries.) 34o-347 

7.  La  Famille  des  Baillet.  (Armoiries.) 349 

8.  Une  des  maisons  de  Nicolas  Flamel,  rue  de  Montmorency  (d'après  la  planciie  donnée  par 

l'ubbé  Villain) 'i.">7 


xxxM  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

().  Un  Dressoir  âv  xv'sikcle.  (Restitutioa  de  M.  VioUet-le-Due.) A76 

1  o.  Pabis  sans  pair.  (Dicton  et  jeu  de  nioU  dei  anciens  biKtoriens  sur  le  nom  de  Pans.  ) . . . .  5io 

VI. 
GRANDE  GRAVURK  SUR  ACIER. 

Plan  cavalier  de  Paris  ek  i38o  (restitution  de  M.  Henn  l.effrand).  accompagnant  le  prneiil  voluiiw. 


DEUX  ÉLOGES 


[)K 


LA   VILLE   DE   PARIS 


COMPOSES  EN   1323 


l'Ail 


JEA^    DE   JANDUN 

ET   Ui\  ANOÎSYME  QUALIFIÉ  DE  DICTATEUR. 


HIST.  —   1. 


NOTICK. 


Losrlein  KIojjes  (U'  la  ville  de  Paris  doiil  nous  donnons  ici  le  texte,  traduit  pour  la  pre- 
mière l'ois  en  iran(;ais,  sont  intéressants  à  divers  litres.  Le  [dus  étendu  contient  sur  notre 
capitale  des  rensei{jnements  historiques  nombreux  et  importants.  Tous  deux  .sont  de  curieux 
modèles  du  sujet  et  du  style  de  ces  thèses  scolastiques  en  usajje  au  moyen  âge  parmi  les 
rt  suppôts  de  l'Université.»  L'ensemble  forme  une  discussion  dont  le  but  parait  être  d'établir 
la  |)réétninence  de  Paris  sur  Senlis,  en  d'autres  termes,  de  démontrer  l'evcellence  de  la  vie 
de  Paris  comparée  à  la  vie  de  province;  mais  on  v  découvre  de  nombreuses  allusions  à  des 
démêlés  polititpies  et  religieux,  ce  qui  donne  aux  deux  écrits,  témoins  et  échos  de  la  lutte, 
le  caractère  d'une  polémique  ardente  et  passionnée. 

Le  premier  de  ces  Eloges  est  très-court,  et  ne  renferme,  en  apparence,  »|ue  de  pom- 
peuses ijénéralités;  c'est  l'œuvre  d'un  anonyme  désigné  par  son  adversaire  sous  le  nom  de 
Dictateur,  ou  maître  dans  l'art  de  bien  dire'".  Le  .second,  (|ui  est  de  beaucoup  le  plus 
intéressant,  contient  une  indication  d'auteur  ou  de  copiste  :  à  la  fin  de  l'un  des  deux  .seuls 
manuscrits  qui  nous  en  ont  conservé  le  texte,  on  lit  ces  mots  :  Scripttu  complète  per  Joliannem 
de  Genduno.  Quand  nous  avons  fait  connaître  pour  la  première  fois,  en  i855,  les  deux 
Eloges  dont  il  s'agit,  nous  pensions  que  ces  mots  s'appli(|uaient  au  travail  matériel  de  la 
transcription.  Aussi  n'avons-nous  cru  pouvoir  désigner  l'auteur  de  l'opuscule  que  sous  le 
titre  de  l'Anontjmc  de  Senlis;  ce  (|ui  n'était  pas  très-exact  non  plus,  car  on  verra  plus  loin 
(jue  Jean  de  Jandun  n'a  fait  que  séjourner  j)eu  de  temps  à  Senlis,  et  qu'il  portait,  comme 
c'était  alors  l'usage,  le  nom  du  lieu  de  sa  naissance.  Ce  n'est  que  l'année  suivante,  quand 
nous  avons  publié,  de  concert  avec  l'érudit  et  regretté  M,  Tarannc.  dans  le  Bulletin  du 
Comité  de  la  Lnngtie,  de  f Histoire  et  des  Arts  de  la  France,  le  texte  latin  des  deux  Eloges,  (pie 
nous  avons  désigné  Jean  de  Jandun  comme  l'auteur  de  l'écrit  le  plus  important;  et  une 
étude  approfondie  du  sujet  a  confirmé  notre  appréciation.  Il  est  invraisemblable,  en  effet, 
(|u'un  homme  de  la  valeur  de  Jean  de  Jandun,  tout  occupe  d'enseignement  et  de  hautes 
discussions  philosophiques,  ait  eniployé  son  temps  à  copier  des  manuscrits.  De  plus,  on 
découvre  dans  l'éloge  de  Paris  de  si  nombreuses  ressemblances  d'idées  et  de  style  avec  les 
ouvrages  dont  il  est  l'auteur  avéré,  (ju'on  ne  peut  raisonnablement  lui  refuser  la  paternité 
de  celui-ci.  Enfin,  ce  qui  tend  à  établir  que  le  prétendu  tran.scripteur  est  l'écrivain  lui- 
même,  et  que  le  mot  scriptus  doit  s'entendre  de  la  composition  de  l'ouvrage,  c'est  que,  h  la 
suite  de  cette  mention,  se  trouve  une  prière  oij  le  »cr»))tor(dans  le  sens  latin)  demande  aux 

'''  Le  Dictateur  était  le  mntlre  de  rhétorique,  lié,  Diclamen,  Dilewr,  qui  bien  dit,  Dietaior.  (Glo*- 
l'hérilier  direct  du  riiéteiir  grec  et  latin.  Du  Gange  sariiim  média-  et  infimœ  Iniinilati* .  ëdit.  Henschel. 
donne  Inul  le  groupe  de  mois  :  Ditier.  Dictnrc.  Di-        \n-h'.  F.  Didol.  t.  II.  p.  S.'i-i.') 


hWci 


i  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

gens  de  bien  d'ajouter  à  son  œuvre  tout  ce  qui  lui  manque  pour  la  gloire  de  Dieu;  et  \m 

circonstances  où  il  se  trouvait  alors  expliquent  parfaitement  cette  pr.^aution  oratoire. 

On  ne  connaît  qu'imparfaitement  la  vie  de  Jean  de  Jandun;  le  lieu  de  sa  naissance  ■ 
même  été  l'objet  de  nombreuses  discussions  entre  les  savants.  Un  érudit  du  xvi*  siècle, 
Mathias  Flaccim,  surnommé  lllyricu»,  dans  un  ouvrage  publié  à  Bâlc  en  i556,  sous  le 
titre  de  Catalogw  testium  veritatis.  considère  Jean  de  Jandun  comme  étant  originaire  de 
Gand  :  assertion  que  reproduisirent  Wharlon  et  tous  les  critiques  après  luit".  A  cette  erreur, 
fondée  probablement  sur  l'ancienne  orthographe  du  nom  de  Jandun  {Geniunum,  ainsi  que 
portent  les  manuscrits),  Melchior  Goldasl,  autre  érudil  du  siècle  suivant,  répondit,  comme 
on  le  lui  a  reproché,  par  une  seconde  faute  de  lecture,  en  substituant  le  mot  PeruMmut  ï 
l'adjectif  Parisinus,  ce  qui  faisait  de  Jean  de  Jandun  un  étudiant  ou  un  docteur  de  Përouse. 
La  méprise  fut  d'autant  moins  remarquée  qu'il  s'agissait  d'un  écrivain  dont  le  nom  est 
constamment  associé  à  celui  de  Marsile  de  Padoue;  on  les  considéra  donc,  durant  un  cer- 
tain temps,  comme  italiens  tous  deux;  Pertuinut  devint  le  pendant  de  Patannut^ . 

11  était  résené  à  un  savant  français,  Casimir  Oudin,  ancien  religieux  prémonlré,  con- 
verti au  protestantisme,  de  fixer  définitivement  le  lieu  de  naissance  de  Jean  de  Jandun  : 
«C'est  un  village,  dit-il,  situé  en  Champagne,  à  égale  distance  de  Ilhétel  sur  l'Aisne  et  de 
«Mézières  sur  la  Meuse.  J'y  suis  allé  souvent,  dans  les  années  1607  el  i658,  pour  m'y 
«récréer,  lorsque  j'étais  élève  de  rhétorique  et  jirécepteur  du  fils  afné  d'une  dame  dont 
«le  château  et  les  terres  se  trouvaient  sur  le  territoire  de  Jandun  et  de  Modignis.  \illages 
«distants  d'une  lieue  environ  l'un  de  l'autre  ^^  Michel  Denis,  auteur  d'un  savant  ouvrage 
sur  les  manuscrits  de  la  Bibliothèque  Palatine  de  Vienne,  se  range  à  l'avis  de  Casimir  Oudin 
et  formule  sa  pensée  dans  les  termes  suivants  :  «Je  crois  que  le  collaborateur  de  Marsile 
«  de  Padoue  est  Jean  de  Jandun ,  qu'on  a  pris  pour  un  docteur  de  Pérouse  et  pour  un  ci- 
«toyen  de  Gand,  jusqu'à  ce  que  Oudin  prouvât  que  son  pays  natal  est  bien  le  bourg  de 
«Jandun,  entre  Rhétel  et  Mézières,  villes  de  Champagne  *'.»  Lin  chercheur  plus  moderne, 
l'abbé  Bouillot,  auteur  de  la  Biographie  ardeiinaite  ' ,  n'hésite  pas,  de  son  côté,  à  adopter 
l'opinion  de  Casimir  Oudin  et  de  Michel  Denis;  il  fait  naitre  Jean  de  Jandun  vers  l'an 
1  Q90,  dans  le  bourg  dont  cet  écrivain  a  toujours  porté  le  nom,  sur  les  confins  du  comté 
de  Champagne  et  du  duché  de  Lorraine,  au  diocèse  de  Reims'*'. 


1 


'''  Fabricius  y  met  un  peu  plus  de  conscience  : 
il  cite  toutes  les  variantes  du  nom  de  Jandun  :  c  Jo- 
rhannes  de  Gandavo,  sive  du  (landuno,  aliis  lieJan- 
rr  duno,  aliis  de  Gedmio;rt  mais  il  lombe  dans  la 
même  erreur  que  Goldast ,  en  plaçant  à  Pérouse  la 
chaire  de  noire  auteur  :  irPenisia."  Iheologiani  el 
rrphiiosopliiam  docuit.»  Celle  allimialiou  du  célèbre 
bibliographe  allemand  a  paru  sérieuse  à  quelques 
énidits  ;  toutefois  rien  ne  prouve  que  Jean  de  Jandun 
ait  quitte  Paris  ou  Senlis  avant  son  excommunica- 
tion, et,  d'autre  part,  tout  porte  à  croire  qu'un  doc- 
leur  frappé  par  l'Eglise  n'a  pu  être  chargé  d'ensei- 
gner In  théologie,  surtout  dans  une  ville  italienne. 


L'épithète  de  Perutimu  ne  lui  serait  donc  applicable 
en  aucun  cas. 

'  Du  Roullny  lui-même  est  tombé  iaat  œUe 
erreur  (//ù/.  l  nitertilatu  Pari».  L  IV,  p.  «o5). 

'*'  CommetUari»»  de  Seriptoribtu  Eteh$ir  anli^t 
(Lipsite,  179-1,  in-foi.).  t.  Ill,  col.  883. 

'*'  Codiees  manuseripli  tkeologiei  BiblioÛtecte  P»- 
latina  VindobonentU ,  t.  Il,  t'  partie,  eol.  16&8. 
xii,  fol.  196. 

''  Biogr. ardennaitt  ( Pari» ,  1 8.3o ,  iii-8*) ,  Il ,  ii«. 

'*>  Jandun  est  aujourd'hui  un  petit  bourg  do 
département  des  Ardennes .  arrondisaeincnt  de  Mé- 
zières, canton  de  Ligny-l'AblMye. 


ÉLOGES  DE  LA  VILLE  DE  PARIS.  5 

On  ne  peut  guiTo  savoir  comment  se  passa  l'enfance  de  notre  auteur,  et  par  quel  con-  s.jni«««^. 
cours  dc3  circonstances  il  vint  à  Paris.  li  en  fut  peut-éire  de  lui  comme  de  tant  d'autres 
élèves  de  rUniversit(5  :  l)oursier  de  quelque  coUéfje,  étudiant  besoijjneux,  puis  maître  es  art», 
et  enfin  docteur  de  l'une  des  quatre  facultés,  doclor  hirretatus,  comme  on  disait  alors,  il  put 
se  faire  promptement  une  de  ces  réputations  académiques  qui  décidaient  alors  de  l'avenir 
d'un  jeune  homme. 

Ce  qui  prouve  qu'il  avait  pris  ses  grades  de  bonne  heure  et  qu'il  était  en  possession  ^h«  rf>|4ai. 
d'une  précoce  renommée,  c'est  que  nous  le  trouvons  en  1 3 1 5 ,  c'est-à-dire  à  l'âge  de  vingt- 
cinq  ans,  maître  des  Arttens,  magister  Artislarum,  au  collège  de  Navarre,  alors  dans  tout 
l'éclat  de  sa  nouveauté*".  C'est  en  celle  qualité  qu'il  assista,  dans  la  salle  capitulaire  du 
collège,  à  une  réunion  générale  des  maîtres  et  des  élèves,  convoqués  pour  entendre  la 
lecture  du  règlement  de  la  nouvelle  maison  et  pour  en  jurer  l'observation  fidèle.  Après  le 
maître  de  théologie,  nommé  Alain  Gontier,  et  les  élèves  qui  suivaient  cet  enseignement, 
vint  le  maître  des  Artiens,  Jean  de  Jandun,  qualifié,  comme  ses  trente  disciples,  de  itw- 
dens  in  arlibus.  L'historien  du  collège  de  Navarre,  Jean  de  Launoy,  donne  les  noms  de  ce» 
trente  élèves.  La  division  de  grammaire,  ayant  à  sa  tête  Jean  Rotulct,  succéda  à  celle  des 
arts,  et  la  cérémonie  se  termina  par  la  prestation  de  serment  du  chapelain  et  des  adminis- 
trateurs du  nouveau  gymitnse^'-\ 

Aux  termes  de  la  charte  de  fondation  du  collège  de  Navarre,  le  maître  des  Artiens  devait  •«  L-ifi.. 
être  le  sujet  le  plus  distingué  de  la  faculté,  ce  qui  donne  la  mesure  du  talent  et  des  con- 
naissances de  Jean  de  Jandun'^'.  De  plus,  et  en  verlu  des  statuts  donnés  en  i3i5  par 
l'évèque  de  Meaux  et  l'abbé  de  Saint-Denis,  exécuteurs  testamentaires  de  la  reine  de 
Navarre,  il  devait  appartenir  par  sa  naissance  soit  à  la  Champagne,  dont  la  fondatrice  était 
de  son  vivant  comtesse  palatine,  soit  à  la  province  ecclésiastique  de  Sens'**.  Jean  de  Jandun 
réunissait,  sans  doute,  les  conditions  exigées,  nouvelle  preuve  de  son  origine  champenoise 
si  longtemps  méconnue. 

C'est  pendant  son  séjour  au  collège  de  Navarre  que  le  jeune  professeur,  qualifié  depéri- 
patélicien,  composa  les  ouvrages  auxquels  il  dut  sa  ré|)utation.  Oudin  en  donne  la  liste  :  ce 
sont  d'abord  des  Questions  sur  la  physique  d'Aristote,  puis  des  Commentaires  sur  les  xit  livret 
de  la  mélapliysi(]ue,  et  des  Questions  sur  les  trois  livres  de  l'àme,  du  même  philosophe,  enfin 
des  leçons  sur  les  Livres  du  ciel  et  du  monde,  suivies  d'un  examen  de  la  doctrine  d'Averroës 
sur  la  Substance  du  monde'^^K  Tous  ces  travaux,  (pii  étaient  sans  doute  le  produit  del'ensei- 

'>  La  fondation  du  roll(!{fe  de  Nnvnrro  |)ar  Jeanne,  rfloine  et  à  cours Et  ce  jurra  il  h  l'entrer,  et 

épuse  de  l'liilii)[>ole  Bol,  est  del'nnnée  i;5o/i.  rr promeltro  loyaulment,  et  aura  double  Iwurse.» 

'*>  Regii  Nfivnrrœ  Gymnasii  Parisiensis  historia  (Du  Boullay,  Hist.  Unkers.  Paris,  t.  IV,  p.  76.) 

...rt«f/o»r7o(m /.rtMm»Vi(Piirisiis.  i()8-!),t.I,p.38.  *'  ffMagislri.  provisor,  ca|)cllani  et  clerici 

''  ttl^e  maislie  qui  lira  aussi  illecques  aux  Ar-  irscliolares  laui  in  granunalira  cl  logica  quant  in 

ffciens  sera  pris  le  plus  convenable  de  sa  faculté,  rtheologia,  de  (erra  Campaniw,  qu*  fuit  dicUe  D. 

(fsans  acception  de  personne  ne  de  nation;  et  aussi  tRefjina'  fundalricis. . .  vel  de  provineia  Senoiiensi 

iricel  niaislre  face  continuel  résidance  ouecque  les  (rassuiuantur.-!  (///«/.  L'niveri.  Pari*.  I.  !\.p.  90.) 
tt  enfants,  pour  lire  leur  aordinaire  h  l'heure  cer-  '*>  Comment,  de  Script.  Eccl.antiq.l.Ml.  col  8&'i. 


6  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

gnemenl  philosophique  donné  au  collège  de  Navarre  par  Jean  de  Jandun,  lui  avaient  valu 
le  nom  de  philosophe  très-pénëlrant ,  philotophus  acutiuimu»,  qualification  que  lui  ont  con- 
servée ses  éditeurs  de  Venise  (i553).  Il  convient  d'v  ajouter  un  commentaire  d'un  autre 
ordre,  que  Casimir  Oudin  ne  mentionne  pas,  et  d'où  l'on  pourrait  inférer  que  notre  auteur 
enseigna  les  humanités  avant  de  professer  la  philosophie  :  il  s'agit  de  la  rhétorique  d'Ari»- 
tote,  «le  moins  commenté  de  ses  ouvrages,»  dit  V.  Le  Clerc,  et  qui  le  fut  par  le  maître 
des  Artiens  du  collège  de  Navarre*". 

saiiaisoi.  Jean  de  Jandun  dut  prohahlemcnt  à  la  renommée  qu'il  s'était  faite  par  ces  divers  tra- 

.Miir»iMoi>a,ioue.  vau\  la  connaïssancc  du  franciscain  Marsile  de  Padoue,  ancien  recteur  de  l'Université 
de  Paris,  qui  avait  étudié  le  droit  à  l'Université  d'Orléans,  et  dont  la  réputation  était  de- 
puis longtemps  établie  en  deçà  et  au  delà  des  monts  '^'.  L'enseignement  qu'on  donnait  à 
Orléans,  et  que  Bertrand  do  Got  ainsi  que  Jacques  d'Eusc,  devenus  plus  lard  papes  tous 
deux,  étaient  venus  y  chercher,  n'était  sans  doute  pas  favorable  aux  doctrine»  (|ue  Boni- 
face  Vlll  avait  cherché  si  opiniâtrement  à  faire  prévaloir  contre  Philippe  le  Bel.  Les 
légistes  de  la  couronne  s'étaient,  on  le  sait,  montrés  très-jaloux  des  prérogatives  de  leur 
maître;  et  ceux  d'Orléans,  en  particulier,  devaient  probablement  avoir  les  mêmes  ten- 
dances''; Quoi  qu'il  en  soit,  leur  élève  était  un  adversaire  décidé  de  la  souveraineté  tem- 
porelle des  papes,  et  il  ne  tarda  pas  à  faire  partager  ses  senliment.s  à  son  nouvel  ami.  Le 
résultat  de  leur  liaison  fut  la  composition  et  la  publication  d'un  livre  qui  parut  sous  le 
nom  de  Marsile  de  Padoue,  mais  que  l'opinion  publique  attribua  également  au  professeur 
du  collège  de  Navarre. 

umfcmni,-,i,hjmx.       Dans  Cet  ouvragc ,  intitulé  modestement  Z)f/(>n«9r;v>cu'*',  Manilede  Padoue  ne  se  bornait 

'''  Ce  commentaire  appartient  à  la  Bibliothèque  à  ce  qu'il  parait,  une  ■pUlude  toute  partieiiiière. 

royale  <le  Bruxelles.  (Ms.  n°  86.').  art.  5.)  Dès  1986.  Guilbame de MIcoo , évéque d'Amio». 

'"  Marsile  de  Padoue,  Mariiliu*  Palarinu*,  i\6  «lisait  d'eux  :  irAureiiaDenMaperitioRt  in  jurvqiuni 

à  Padoue  dans  la  seconde  moitié  du  xiii*  siècle.  "Parisicnses  et  iiiagis  inleiligentea.*  Pour  acquérir 

mort  à  Mrfnte-Malto en  i.3a8,  avait  élë,  en  i.3i-3.  ce  renom,  dil  \.  Le  Qcrc  (//««.  Ikt.  de  Ut  Frmtet, 

recteur  de  l'UniversiU'  de  Paris,  probaliiemenl  à  t.  XXIV, p. a5&).  «les profaMeun  d'OrlëaiM avaient 

l'époque  où  Jean  de  Jandun  étudiait  à  In  Faruilé  -dû  résister  aux  IiuIIm  d'Ilonorii»  III.  qui  inlenli- 

des  arts.  On  trouve  constamment  son  nom  acconi-  usaient  m  France  l'étude  du  droit  romain.  •  \.'tm\r 

pagné  de  la  mention  suivante,  diversement  ortho-  juridique  dOriéans.  très  -  protégée  par  Phiiip|i.- 

graphiée,  selon  les  auteurs:  de  Menamlrmo,  May-  le  Bel  qui  voulait  en  faire  un  iottrimieiil  de  n^- 

nandrino,  Maynardino.  (Voyez  Du  Boullay.  Hitl.  sistanre.   eut    pour   professeurs   Pierre   de  IWk- 

Mfiii'.  Paris,  t.  IV,  p.  20.5  et  suiv.;  C.  Oudin.  Com-  iktcIip.  Guillaume  de  Cuneo.  Hoger  le  Fort,  dil 

meni.  de  Script.  Eccl.  anl.  t.  III,  col.  883  et  suiv.)  Taillefer.  archevêque  de  Bourges,  les  cafdinaux 

Il  appartenait  à  l'ordre  des  franciscains  cl  partageait  Pierre  Deschamps,  Pierre  IWrtrandi.  etc.  Elle  n 

les  sentiments  des  Frairicelles  sur  la  fameuse  ques  compté  pour  éludianU  Reiichlin.   Pierre  de  l'I-:»- 

tion  qui  agiU  si  longtemps  le  monde  des  Ihéolo-  toile.  Théodore  de  Bèie,  Anne  Dubourg  et  autres 

giens  :  De  paupertate  Christi.  célébrités. 

'>  L'Université  d'Orléans,  fondée  en  i3o6,  et  '    Oudin  lui  donne  ce  Utre;  Du  Boullay  1.-  d.- 

qui  comprenait  d'abord   les  quatre   facultés,   se  signe  sous  le  nom  de  ZVe«0"«w /«<■".  I^csous-litiv 

voua  bientôt  à  l'enseignement  exclusif  du  droit .  est  moins  pacifique  :  Contre  la  juridiction  umtrpêtdH 

étude  pour  laquelle  les  habitants  du  pays  avaient ,  pontife  romain. 


ELOGES  DE  LA  VILLE  DE  PARIS.  7 

pas  à  soutenir  la  nullité  du  fameux  privilège  octroyé  aux  papes  par  Constantin,  privilège 
sur  l(;fpiel  reposait  la  doctrine  de  la  suprématie  temporelle  du  souverain  pontificat;  mai» 
encore  il  émettait  les  propositions  suivantes,  qui  furent  déclarées  fausses  et  hérétiques  par 
le  pape  Jean  XXII ,  adversaire  déclaré  des  Fratricelles  et  des  G«//ican«<"  : 

I.  Ni  le  pape,  ni  aucun  ministre  de  l'Evangile  n'a,  de  droit  divin,  de  pouvoir  dans  l'Etat 
(i«  politia);  mais  il  est  soumis,  sous  ce  rapport,  aux  magistrats,  c'est-à-dire  aux  princes. 

H.  Les  princes  seuls  ont  le  pouvoir  temporel  [jus  dominii),  et,  à  cet  égard,  ils  sont,  de 
droit  divin,  supérieurs  au  Pape  et  aux  clercs. 

III.  Les  évèques  et  les  prêtres  ne  peuvent  posséder  ni  le  principal  ni  de  grandes  richessej!. 

IV.  Les  Apôtres  ont  été  égaux  en  office  et  en  dignité,  et  il  en  est  de  même  de  leurs  suc- 
cesseurs. 

V.  Les  discussions  sur  la  religion  doivent  être  tranchées,  non  par  le  Pape,  mais  par  le 
Concile. 

VI.  Il  appartient  au  Concile,  et  non  au  Pape,  de  régler  les  rites  ecclésiastiques,  d'excom- 
munier les  princes  ou  le  peuple,  et  d'in.scrire  au  catalogue  des  saints  les  hommes  remar- 
quables par  leur  piété. 

Ces  six  propositions,  que  la  Cour  d'Avignon  trouvait  également  mal  sonnantes,  et  qu'elle 
put  ainsi  condamner  en  bloc,  ne  furent  pas  accueillies  de  la  même  manière  à  Paris.  La 
Sorbonne  distingua  entre  les  doctrines  purement  religieuses  et  celles  qui  concernaienl  le 
pouvoir  temporel,  potestas  gladii.  Du  BouUay  ajoute  que,  si  Marsile  de  Padoue  et  Jean  de 
Jandun  n'eussent  attaqué,  dans  leur  écrit,  que  cette  dernière  autorité,  ils  auraient  trouvé 
(le  noirdireux  défenseurs,  même  parmi  les  docteurs  orthodoxes  :  jdures  luibuièsent,  etiam 
calhohcos,  dcfemores. 

Aussi  la  Faculté  de  théologie  s'abstint-elle  de  blâmer  collectivement  les  six  propositions 
mises  à  l'index.  Elle  crut  devoir  en  extraire  quatre  autres  de  l'ouvrage  incriminé,  el  les 
condamna,  dit  encore  Du  Boullay,  pour  obéir  aux  ordres  de  Jean  XXII ,  universalis  Eccletia 
Moiimrhœ  jussis  ohsequens^-\  Voici  ces  propositions  : 

I.  Saint  Pierre  n'a  pas  plus  été  le  chef  do  l'Eglise  que  les  autres  Apôtres,  et  il  n'a  pas  eu 
une  autorité  plus  grande  que  la  leur.  Jésus-Christ  donc  n'a  pas  constitué  de  chef  et  de 
vicaire  pour  son  église. 

II.  Il  appartient  à  l'Empereur  de  corriger,  de  punir,  d'instituer  et  de  déposer  le  Pape, 
m.  Tout  ecclésiastique,  qu'il  soit  pape , archevêque  ou  simple  prêtre,  a  la  même  autorité 

et  la  même  juridiction,  selon  l'institution  du  Christ.  Si  donc  l'un  a  plus  d'autorité  que 


'■'  La  bulle  de  contlainnalion  que  citeiil  Oudiu 
et  Du  Boullay  couinieuce  par  ces  mots  :  Liceljtixta 
iloctriiinm  apostoli,  etc. 

'*'  La  Sorbonne  li<*sita  naturellement  à  condam- 
ner deux  anciens  di^jnitaires  de  l'Universilc^,  doul 
l'un  môme  avait  élé  recteur  quinze  ans  auparavant; 
V.  Le  Clerc  le  constate  en  ces  termes  :  tEn  t'^•i■J, 
t  le  Soint-Siég*  fulmina  un  lonjj  décret  contre  Mar- 


-silc  de  Padoue.  Jean  de  Jandun  et  les  autres  ad- 
■rversaires  du  pouvoir  absolu  de  Rome  :  la  Facilité 
-de  l)iëolo([ie  finit  encore  par  condamner  à  son  (oiir 
-des  banliesscs  prématurées,  ainsi  qu'une  rédac- 
-tion  française  des  doctrines  de  Marsile;  mais  cette 
-condamnation  ne  fut  point  s|>ontanée,  et  elle  se 
-fit  atlenilre  lonfrtemps.n  (Hittoirt  litlèrairt  dr  la 
t'rance,  t.  X\1V,  p.  34 1.) 


Poui-suilcs 

contre 

.Marsilf  de  Padoiio 


8  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

l'aulre,  c'est  que  l'Empereur  lui  en  a  accordé  davantage;  or  l'Empereur  peut  toujouw 

retirer  ce  qu'il  a  donné. 

iV.  Le  Pape  et  même  toute  l'église  réunie  ne  peuvent,  à  moins  que  l'Empereur  ne  le*  y 
autorise,  infligera  personne  une  punition  coartive,  lors  même  qu'elle  s'appliquerait  h  un 
scélérat,  destructeur  de  la  foi  et  ennemi  de  la  religion  calliolique. 

En  se  bornant  à  condamner  ces  quatre  propositions,  et  en  refusant  d'envelopper  dan»  la 
même  censure  les  théories  relatives  au  pouvoir  temporel  ainsi  qu'à  la  suprématie  pontificale, 
.  Jean  .le  j»n,i„„.  j^  gorbonnc  donuait  clairement  h  entendre  qu'elle  ne  partageait  pas  tous  les  sentimenU  de 
la  Cour  d'Avignon"'.  Cependant,  comme  son  attachement  à  la  foi  catholique  était  sincère, 
et  qu'elle  voulait  empêcher  les  doctrines  vraiment  hétérodoxes  de  se  répandre  dans  le 
royaume,  elle  prit,  ainsi  que  nous  l'apprend  encore  Du  Boullay,  des  mesures  énergiques 
pour  découvrir  l'auteur  d'une  certaine  traduction  française  du  Defmaor  faeu,  fait  presque 
sans  exemple  avant  Philippe  le  Bel,  dit  V.  Le  Clerc,  «qui  prouve  que  la  langue  vulgaire 
«  s'emparait  enfin  de  ces  controverses ,  et  qu'on  faisait  appel  à  l'opinion  de  tous  sur  des  choses 
«que  s'étaient  réservées  jusque-là  les  clercs  et  les  lettrés,  r,  Le  traducteur  pouvait  bien  être 
Jean  de  Jandun,  qu'on  voit  partout  associé  à  Marsile  de  Padoue,  el  qui  aurait  d'autant 
mieux  vulgarisé  les  doctrines  du  novateur  qu'il  les  connaissait  davantage  el  se  trouvait, 
par  sa  position ,  plus  en  mesure  de  les  répandre.  C'était  du  moins  re  que  prétendaient  ses 
ennemis,  et  il  faut  croire  qu'ils  avaient  grand  intérêt  à  le  charger  de  celte  compromellanle 
version,  puisqu'on  les  voit  renouveler  cette  accusation,  un  demi-siècle  après  la  publica- 
tion de  la  bulle  de  Jean  XXII.  En  effet,  dans  le  cours  de  l'année  i  876,  Jean  de  la  Chaleur. 
chancelier  de  Notre-Dame,  eut,  en  cette  qualité,  à  faire  une  instruction  sur  celle  intermi- 
nable affaire.  Le  Pape,  qui  était  alors  Grégoire  XI,  lui  avait  fait  dénoncer  ladite  traduction 
par  le  ministère  d'un  notaire  public,  en  rattribuanl  à  un  docteur  de  Soi4>onne  :  «Aussitôt. 
«dit  V.  Le  Clerc,  commence  une  enquête  .sur  l'auteur  de  celle  traduction,  bien  plus  dange- 
rs reuse  que  le  latin,  et  dont  un  théologien  de  Paris  est  accusé.  Tous  les  docteurs  jurent,  les 
«uns  après  les  autres,  qu'ils  en  sont  innocents,  qu'ils  n'ont  point  vu  le  livre,  qu'ils  ne  savent 
«pas  et'  n'ont  jamais  su  quel  en  est  l'auteur,  qu'ils  n'ont  de  soupçon,  à  cet  égard,  contre 
«personne.  Nicole  Oresme,  Jean  Golein,  le»  deux  laborieux  traducteurs,  quand  on  leur  parle  de 
«  Marsite  de  Padoue,  jurent  qu'il»  n'ont  point  traduit  Jean  de  Jandun;  maître  Richard  Barba,  encore 
vplus  habite,  fait  entendre  que  l'auteur  du  latin,  alors  en  Allema/pie,  jnurrait  bien  Faroir  traduit 
«/ui-m^mc'- .  n  II  y  a,  en  effet,  beaucoup  d'habileté  dans  ces  in.sinualions  et  ces  réticences. 

''  Les  réserves  qu'elle  fit  alors  sont  com|tléle-  rà  la  dernière,  qne  Jénu-Chrùl  n'n  point  donnée  i 

ment  d'accord  avec  son  enseignement  traditionnel.  if#oii  Eglise,  comme  le  clergé  de  France  l'a  déclaré 

Aux  xvn'et  xvni'  siècles,  elle  eût  peut-être  raënagé  utolennellemenl  en  168a.  Jean  XXII .  ajoute  Crevier. 

encore  davantage  Jean  de  Jandun  et  Marsile  de  Pa-  iropposoit  excès  i  excès  ;  il  s'attribuoil  le«  deux  poi»- 

doue.  "Qu'il  me  soit  permis,»  dit  Crevier,  après  «fsances;   il  se  constituoit  le  monarque  universel. 

avoir  cit^  les  propositions  condamnées ,  irde  distin-  «dans  le  temporel  comme  dan»  le  spirituel.  Par  là .  il 

ttguer  le  dernier  article  d'avec  les  pi-écédents,  et  irexcitoitlajusteindignationdesprinces.etildonnoit 

trd'insérer  ici  le  jugement  qu'en  a  porté  M.  l'abbé  iroccasion  à  des  esprits  lénu-raires  douUw  de  leur 

(T  Fleury  :  La  condamnation  de  cet  article ,  dit-il ,  tend  ircôlë ,  comme  il  outruil  du  sien.  »  (  Crevier.  Histoire 

KÙ  la  confusion  des  deux  puissances ,  la  spirituelle  et  de  l'Université  de  Pari»,  I.  Il,  p.  71.) 
tria  temporelle;  car  les  peines  coaclives  appartiennent  '''  Hi»l.  litt.  delà  France,  t.  XXIV,  p.  344. 


ÉLOGKS  DE  LA  VILLE  DE  PARIS.  9 

Selon  Oudin,  Jean  de  Jandun  avait  l'ail  plus  qu'une  simple  traduction  :  aux  lermet»  de 
l'interrogatoire  subi  à  Avignon,  le  ao  mai  iSqS,  par  François  de  Venise,  l'un  des  adhé- 
rents de  la  doctrine  nouvelle,  il  6la\l  de  notoriété  publique,  à  Paris,  que  Jean  de  Jandun 
et  Marsilc  de  Pudoue  avaient  employé  deux  mois  à  composer  leur  libelle  :  per  duon  même» 
compilaverunt  didum  libellum;  qu'ils  l'avaient  copié  ou  fait  copier  par  leurs  amis,  et  qu'ils 
lui  avaient  donné  la  plus  grande  publicité  possible.  On  conçoit  dès  lors  que  le  séjour  de 
Senlis  n'ait  plus  offert,  soit  à  Jean  de  Jandun,  soit  à  ses  amis,  une  sécurité  suflisante  :  il 
s'agissait,  en  effet,  non-seulement  d'une  peine  disciplinaire,  mais  bien  d'une  intervention 
du  bras  séculier  contre  les  fauteurs  et  pro[)agateurs  des  doctrines  condamnées  :  ut  vel  illos 
censura;  suce  mucrone  ferirel ,  veljudicis  secularis  gladio  feriendo»  denuntiaret,  disait  la  Faculté 
de  théologie,  eu  faisant  rechercher  les  traducteurs  du  Difensor paci» ^^K 


Ce  ne  fut  qu'en  1 33o ,  c'est-à-dire  trois  ans  après  la  publication  de  la  bulle  de  Jean  XXII , 
que  la  Sorbonne  prononça  son  arrêt.  On  pourrait  en  inférer  que  Jean  de  Jandun  ne  quitta 
pas  sa  retraite  avant  de  se  sentir  directement  menacé;  mais  il  résulte  de  l'interrogatoire 
de  François  de  Venise  qu'en  1828  il  était  déjà  parti  pour  l'Allemagne,  puisqu'un  des 
principaux  griefs  articulés  contre  ledit  François,  c'était  d'avoir  prêté  de  l'argent  aux  deux 
excommuniés,  au  moment  de  leur  départ,  fait  qu'il  avoua,  tout  en  le  rejetant  sur  d'autres 
personnes.  L'excommunication,  même  sans  peine  coactive,  avait  suffi  pour  chasser  de  Senlis 
le  complice  de  Marsile  de  Padoue. 


Lrtir 
pour  r 


On  comprend  un  peu  moins  pourquoi  il  s'était  rendu  dans  cette  ville  dès  i3a3,  car  la 
publication  du  Defensor  pacis  ne  date  que  de  i334.  Mais,  puisque  nous  en  sommes  réduits 
aux  conjectures,  il  n'y  a  pas  d'invraisemblance  à  supposer  que  Jean  de  Jandun,  dont  on 
soupçonnait  déjà  les  tendances,  et  qui  se  sentait  peut-être  surveillé  de  trop  près  à  Paris, 
soit  allé  chercher  à  Senlis  un  lieu  et  des  circonstances  plus  favorables  à  la  propagation  de 
ses  doctrines,  un  abri  contre  les  mesures  (ju'il  pouvait  redouter,  enfin  un  peu  plus  de 
calme  et  de  secret  pour  la  composition  du  livre  auquel  il  mettait  alors  la  dernière  main. 
Pourquoi  fit-il  choix  de  Senlis  plutôt  que  de  toute  autre  ville?  Il  y  a  de  ce  fait  plusieurs 
explications  au  moins  plausibles.  La  première  et  la  plus  naturelle,  c'est  que  le  palais 
épiscopal  de  Senlis  pouvait  être  considéré  à  bon  droit  comme  un  lieu  de  refuge  |)our  les 
universitaires  in([uiétés  ;  en  effet,  depuis  près  d'un  siècle,  la  charge  de  conservateur  apos- 


Sqoar 

ilr  Snu  àe  imnimm 

i  Sni<%. 


'''  V.  Le  Clerc  résume  ainsi  in  grande  querelle 
fies  doux  ijouvoii-s.  tlont  l'affaire  de  Jean  de  Jandun 
ne  fui  qu'un  incident  :  "i^a  première  fois,  l'attaque 
■«•fui  violente,  et  elle  le  panil  davnntog'e  encore, 
f  parce  qu'elle  al!ajtis(]u'h  l'insulle;  mais  on  ne  s'é- 
-tait  (•ependaiit  pas  encore  écavUS  des  longues  lia- 
-l)iUides  du  respect  pour  l'figlise;  dans  le  Pontife, 
-riiomme  seul,  l'ennemi  du  roi  Philippe  fut  mal- 
••Irailé...  !,a  niellée  confuse  des  dernières  années  fui 
"bien  plus  dangereuse...  Les  (écrits,  qu'on  peulregnr- 
-der,  avec  les  excommunications,  comme  les  armes 
"des  comballanls,  prennent,  h  leur  tour,  quand  le 


irschisme  éclate,  un  autre  caractère...  L'assaut  n'est 
^poinl  dirigé  contre  un  seul  pape;  c'est  le  pouvoir 
"pajjal  qui,  sous  les  divers  noms  d'Urbain  \  I  ou  de 
tCItîment  VII ,  de  Boniface  IX  ou  de  Benoit  XIII .  est 
"(lélri  par  les  divers  partis.  Ciuillnume  Okani,  Mi- 
n  chel  de  (^dsène .  Jean  de  Jandun ,  et  plus  tard  Gerson . 
"Clamanges ,  n'ont  jwint  les  mômes  doctrines;  mais, 
rcomme  ils  ont  toujours  un  pape  à  coml»attre.  leurs 
ff dissidences,  qui  paraissent  secondaires  parmi  de  si 
(^grands  ictérùts ,  se  perdent  dans  les  cris  unanimes 
ffde  haine  et  de  malédiction  que  Lullier  n'a  point 
rsurpassés.i  {Hitt.  litt.  dtlaFranct,  t.  XXIV,  p.  9.) 


nisT.  —  I. 


10  DOCUMENTS  ET  ECRITS  OIIICINAUX. 

tolique  des  priv litiges  de  l'Universilë  de  Paris  appartenait  aujt  .?v<>quesde  Scnli».  En  laSa, 
le  pape  Innocent  IV  avait  cru  devoir  conférer  ce  titre  à  Adam  de  Chanibly,  qui  ocfupail 
alors  le  siège  de  Senlis,  et  notifier  par  des  lettres  spéciales  sa  décision  à  tous  les  maîtres 
et  écoliers.  Les  termes  dans  les(|uels  le  Souverain  Pontife  investit  Adam  de  Chambly  de 
cette  mission  prolectrice  sont  des  plus  explicites  :  FratemiUtti  tute,  dit  Innocent  IV.  /m- 
apostolica  scripla,  mandamus  quatenus  magiilro»  et  tcholares  non  permitbu  ah  uUquibuM  inJebite 
tnolestari.  Et  non-seulement  le  Pape  ne  veut  pas  qu'on  maltraite  les  maîtres  ou  les  étu«lianl«. 
mais  il  défend  absolument  d'excommunier,  d'interdire  ou  m^me  de  8us|>pndre  des  hommes 
qui  s'appliquent  à  l'élude  si  attrayante  de  la  sagesse,  dantet  opérant  Mpienùœ  qiur  plurimwm 
nos  dekdat;  il  se  rapj)ellc  qu'il  a  été  étudiant  lui-même,  no*  aliquando  diKtplmi*  tcholatheU 
insudantes,  el  il  conq)te  sur  l'évéque  de  Senlis  pour  mettre  ses  chers  universitaires  à  l'abri 
de  toute  molestation'". 

Nous  ne  trouvons  pas  de  mention  particulière  pour  les  quatre  évoques  Robert  de  la 
Houssaye,  Robert  de  Cressonsart,  Gautier  de  Chambly  et  Pierre  Cailleu  ou  Quaillou.  qui 
se  succédèrent  sur  le  siège  épiscopal  de  Senlis  après  In  mort  d'Adam  de  Chambly;  mais  on 
constate  qu'en  i3o8  Gui  de  Plailly  a  pour  auxiliaires,  dans  son  oITire  de  conservateur,  les 
évéques  de  Meaux  et  de  Reauvais,  que  Clément  V  lui  avait  assori»'-*  par  la  bulle  Sane  Ji- 
lectorum'^^K  Dix  ans  plus  tard,  nous  retrouvons  l'évêque  de  Senlis,  Pierre  Rarrière,  investi 
seul  des  fonctions  de  conservateur;  c'est  à  lui  que  Jean  Wll  adresse  la  bulle  Aferlmm 
eorum,  dirigée,  dit  Du  Roullay,  contra  moletUitoret  inivenibiti*.  Le  Pontife,  plus  explicite 
encore  qu'Innocent  IV.  veut  qu'on  accorde  aide  et  faveur  aux  universitaires  inquiéti'>$.  o/h- 
portuni prœsidio favoris  assistere ;  et,  |>our  témoigner  toute  l'importance  qu'il  attache  à  celte 
question,  il  fait  suivre  cette  bulle  d'une  seconde,  qui  fut  publiée  à  quatre  mois  de  distance, 
et  qui  commence  par  les  mots  suivants  :  Se  profectum  illorum  ^'. 

Il  dut  donc  sembler  tout  naturel  au  |>rofesseur  du  collège  de  Navarre  d'aller  demander 
asile  et  protection  au  conservateur  des  privilèges  du  corps  enseignant;  et  tout  |>orte  à  croire 
(|ue  les  sympathies  de  Pierre  Rarrière  étaient  acquist^  de  préférence  aux  universitaires  dis-^ 
sidents,  puisque  nous  le  voyons,  en  iSag.  c'est-à-dire  deux  ans  après  la  condamnation  «le 
.Marsile  de  Padoue,  sommé  de  souscrire  à  la  bulle  Parisiente  siudium,  qui  restreignait  m-s 
pouvoirs  en  même  temps  que  les  privilèges  de  l'Université.  Les  deux  bulles  de  1 3 1 8  étaient 
surtout  dirigées  contre  les  ennemis  des  étudiants,  contra  moleslatore»;  celle  de  i.3a6.  au 
contraire,  a  pour  objet  de  réfréner  les  maîtres  cl  tVoliei-s  r|ui  abusent  de  leurs  privilèges. 
magistros  vel  scholares  abusores.  On  comprend  «pic  l'éx^que  de  Senlis  ait  attendu  quatre  ans 
avant  d'y  adhérer,  mais  on  s'explique  également  que  le  Pape  ait  cru  devoir  donner* un 
second  mandat  de  conservateur  à  Gille  de  Ponloise,  abbé  de  Saint-Denis,  et  que  l'abbé 
de  Sainte-Geneviève  ait  cité  le  prélat  retardataire  à  comparaître  devant  l'Lniversitè  as- 
semblée aux  Malhurins,  pour  y  prêter  le  serment  exigé.  Pierre  Rarrière  donna  probable- 
ment quelque  satisfaction  aux  exigences  du  Pape  et  des  universitaires,  car  le  titre  de  con- 
servateur ne  lui  fut  point  retiré.  Toutefois,  l'un  de  ses  successeurs.  Robert  de  Plaillv,  dut 
publier,  en  i34i,  la  bulle  Fréquenter  ex  inultorum,  dans  laquelle  Renott  XII  intimait  aux 

'"  Du  BoiiUay,  HistoriaUniversitalU  Paris.  1. 111,  •'  Hitt.  Unicert.  Pari*,  l.  IV,  p.  1 13. 

P-  aia.  »'   Hitl.  Unirer*.  Pari*,  t.  IV,  p.  i8o. 


ELOGES  DE  LA  VILLE  DE  PARIS. 


11 


conservateurs  des  privil(5ges  de  rUniversit/;  l'ordre  de  ne  pas  les  oulrc-passer  :  Ne  uterentur 
uhra  formam  in  ei.idem  contentam,  dit  le  Gnllta  cltrtutitinn. 

Jean  de  Jandun  connaissait  Irès-prohahliinient  les  dispositions  de  Pierre  Barrière;  il 
savait  qu'il  trouverait  à  Senlis,  indépendamment  de  la  protection  épiscopale.  l'appui  de» 
ordres  mendiants,  qui  y  étaient  fort  bien  représentés,  puisque  la  ville  possédait  alors  des 
Cordeliers,  des  Capucins  et  des  Carmes,  sans  compter  les  couvents  de  Franciscains  épars 
dans  le  diocèse.  11  pouvait,  en  outre,  espérer  que  le  concile  de  la  province  ecclésiastique  d*- 
Heinis,  dont  la  convocation  était  prochaine,  ne  répudierait  pas  complètement  les  doctrines 
de  Marsilc  de  Padoue.  Sous  ce  rapport,  ses  espérances  lurent  trompées;  le  concile  se  tint 
à  Senlis  même  ;  il  l'ut  présidé  par  l'archevêque  Guillaume  de  Trie ,  et  l'on  y  vit  siéger,  à  côté 
de  Pierre  Barrière,  Gérard  de  Courtonne,  évoque  de  Soissons,  Albert  de  Roye,  évêque  de 
Laon,  Jean  de  Marijjny,  évéque  de  Beauvais,  Pierre  de  Latilly,  évoque  deChâlons,  et  Fou- 
cault de  Rochechouart,  évoque  de  Noyon"'.  Les  doctrines  relatives  au  pouvoir  temporel 
ainsi  qu'à  la  pauvreté  du  Christ  n'y  trouvèrent  pas  de  défenseurs,  et  le  séjour  de  Senlis 
<levinl  dès  lors  aussi  dilTicile  pour  Jean  de  Jandun  que  l'était  déjà  celui  de  Paris.  Les 
théories  du  Defensor  pacis  étaient  censurées  partout,  excepté  en  Bavière;  les  conciles  pro- 
vinciaux d'Avignon,  de  Marciac,  de  Ruffec,  de  Toulouse,  avaient  adhéré  à  la  bulle  de 
Jean  XXII;  l'Université  seule  hésitait  encore,  mais  il  était  facile  de  voir  qu'elle  allait  être 
entraînée  dans  le  mouvement.  La  position  n'était  plus  tenable  pour  Jean  de  Jandun;  tous 
les  a])puis  lui  man(|uaient  h  la  fois;  la  royauté  elle-même,  qu'il  croyait  avoir  intéressée  à 
sa  cause,  semblait  l'abandonner  à  ses  ennemis.  Selon  toute  apparence,  il  quitta  Senlis 
peu  après  la  promulgation  des  décrets  du  concile,  et  l'évêque  Pierre  Barrière  dut  lui  mé- 
nager le  moyen  de  se  retirer  en  Allemagne,  seule  contrée  où  il  pût  encore  trouver  un  asile. 


Quoi  (pi'il  en  soit,  après  le  procès  de  François  de  Venise  et  l'arrêt  de  la  Sorbonne,  il 
n'est  plus  question  de  Jean  de  Jandun.  Retiré  on  Allemagne'- ,  sous  la  protection  de  Louis 
de  Bavière,  il  consacra  probablement  les  loisirs  de  l'exil  à  la  révision  des  traités  philoso- 
phiques qui  avaient  fait  sa  réputation  à  Paris,  et  à  la  composition  de  nouveaux  ouvrages. 
H  avait  dû  emporter  dans  sa  fuite  ses  manuscrits,  et  en  particulier  son  Eloge  de  Paris: 


ObmiU 


'''  Les  (l(?prcls  du  roncilo  do  Senlis  ne  font  pns 
mention  des  doctrines  relatives  au  pouvoir  teniporei 
et  à  la  pauvreté  du  Christ;  ils  sont  muets  également 
sur  la  |)crsniuic  de  Jonn  de  Jandun;  mais  nous  trou- 
vons dans  les  actes  du  concile  de  Marciac ,  qui  pré- 
céda de  ([uclques  semaines  seulement  celui  de  Senlis , 
mi  titre  spécialement  consacré  nttx  mesures  protec- 
trices h  prendre  en  faveur  de  ceux  qui  implorent  la 
pi"otecli()ii  du  cierge;  c'est  le  litre  \1  [De  confugien- 
libus  ad  Ecclesiam). 

''  Indi'pondaiimicnl  dos  raisons  particulières 
qu'avait  Jean  do  Jandun  pour  choisir  cette  retraite, 
il  existait  alors  des  motifs  généraux  assez  puissants 
pour  engager  les  universitaires  de  Paris  à  chercher, 
dans  l'occasion ,  un  refuge  au  delà  du  Ithin.  L'Al- 


lemagne était  une  des  quatre  nations  de  la  Facidié 
des  arts;  de  plus,  dit  V.  Le  Clerc,  «ries  deux  peu- 
ff  pies  s'étaient  depuis  longtemps  rapprochés.  Citcaux 
ffétait  en  comnumauté  de  prières  et  d'inlérét,*  avec 
fies  nombreux  monastères  germaniques.  Alt)ert  le 
(f  Grand  avait  professé  à  Paris.  Voici  maintenant 
ff  Henri  de  Hesse,  Albert  de  Prague,  Allnrlde  Ho- 
rcheuberg.  Marciled'highen.  l'Irich  il'Au(p<bourg. 
r  Henri  de  Minden,  qui  prennent  part  à  l'enseigix^ 
nroent  et  aux  dignités  de  nos  écoles.  Nos  docteurs. 
<th  leur  lour.  dans  leur  existence  (nniltlée.  comme 
rJcan  de  Jandun,  Gerson,  et  plus  tard  Itanms,  ont 
<t  recours  h  l'hospitalité  d'un  pays  qui  avait  prolité 
rde  leurs  leçons.»  (//«/.  lia.  de  la  France,  I.  XXI\  , 
p.  5i4.) 


12  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

c'est  sans  doute  pour  cette  raison  que,  depuis  plusieurs  siècles,  ce  dernier  écrit  fait  partie 
des  collections  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne,  ainsi  que  nous  le  dirons  plus  tard. 
Nous  avons  vainement  cherché  à  en  savoir  davantage  sur  le  séjour  de  Jean  de  Jandun  en 
Allemagne;  les  savants  les  plus  autorisés,  et  en  particulier  M.  le  Iwron  de  Mùnch-Belling- 
hausen,  conservateur  de  la  Bibliothèque  Augu»la-Paklina,  n'ont  pu,  malgré  tout  leur 
bon  vouloir,  nous  renseigner  plus  exactement.  S'il  faut  en  croire  le  témoignage  de  maître 
Richard  Barba,  que  nous  avons  déjà  cité,  l'ami  de  Marsile  de  Padoue  aurait  existé  encore 
en  1876,  c'est-à-dire  quarante-neuf  ans  après  son  départ  de  Paris;  il  cAt  été  alors  plus 
qu'octogénaire.  Ce  qui  paraît  assez  vraisemblable,  c'est  que  les  docteurs  de  Paris  n'avaient 
pas  conservé  de  relations  avec  lui,  et  qu'ils  le  supposaient  vivant  au  moment  de  l'interroga- 
toire que  leur  fit  subir  le  chancelier  de  Notre-Dame.  Correspondre  avec  un  excommunié  eût 
été,  à  celteépoque,  chosefort  compromettante,  et  les  confrères  deJean  de  Jandun  ne  purent 
ou  ne  voulurent  fournir  sur  son  compte  que  des  renseignements  de  date  très-ancienne. 


("irconslancps 
ilari 


Voici  maintenant  à  quelle  occasion  ont  été  écrits  les  deux  Eloges  dont  le  texte  va  suivre. 
lesquelles  ou; éic âriis  Jcan  de  Janduu  était  donc  retiré  à  Senlis,  lorsque,  le  3  juillet  i3a3,  ainsi  qu'il  nous 
oge».  l'apprend  lui-même  à  la  fin  de  son  ouvrage  '",  il  reçut  d'un  de  ses  amis  particuliers  une 
lettre  dans  laquelle  on  lui  disait,  en  employant  les  termes  de  l'école  :  «Avouex-le,  être  à 
«Paris,  c'est  exister  dans  le  sens  absolu  du  mot  (^timpliciUr);  être  ailleurs,  c'est  exister  acci- 
«dentellement,  à  certains  égards  (^tecundum  quid);n  ce  (|ui  signifie  en  langage  ordinaire  : 
fetre  à  Paris,  c'est  vivre;  être  ailleurs,  c'est  végéter  ^.  Jean  de  Jandun  crut  sans  doute  ou 
qu'on  le  raillait  dans  le  monde  universitaire  ou  qu'on  s'y  réjouissait  de  sa  disparition; 
aussi,  pour  braver  ses  détracteurs,  répliqua-t-il  en  employant  l'une  des  formes  usitées 
alors  pour  les  actes  publics  et  pour  les  notifications  aux  écoles  :  Noverint  unitmi...  ^. 
Sa  réponse  est  moins  une  lettre  qu'une  sorte  de  manifeste  tour  à  tour  agressif  et  circons- 
pect. 11  y  justifie  l'existence  d'un  honnête  homme  à  Senlis,  décrit  les  agréments  de  cette 
ville,  la  fertilité  du  territoire  environnant,  l'abondance  des  vins  qu'on  v  récolte  et  l'excel- 
lence du  pain  qu'on  y  fabrique.  Il  vante,  en  outre,  la  propreté  des  rues  pavées,  la  salu- 
brité de  la  température,  les  qualités  aimables  et  solides  des  habitants,  la  beauté  des  foréU 
voisines ,  etc. 

Un  certain  personnage,  ennemi  de  l'auteur,  eut  connaissance  de  cet  éloge,  composé 
peut-être  à  son  intention;  il  y  vit  une  bravade  ou  tout  au  moins  un  parallèle  injurieux 


"'  C'est  dans  la  quatrième  partie  de  l'Éloge  de 
Paris  que  se  trouve  l'Éloge  de  Senlis ,  prétexte  de 
toute  celte  polémique.  Régulièrement,  ce  morceau 
aurait  dû  être  placé  en  tète  du  manuscrit,  puisqu'il 
contient  la  formule  de  notification  et  l'exposé  des 
circonstances  qui  ont  engagé  l'auteur  h  prendre  la 
plume  ;  mais  il  est  probable  que  Jean  de  Jandun  n'a 
pas  voulu  fournir  de  nouvelles  armes  à  son  adver- 
saire, en  donnant  à  Senlis  la  place  d'honneur,  et 
qu'il  a  cru  devoir  rejeter  prudemment  l'éloge  de 
cette  ville  à  la  fin  de  son  ouvrage. 


'*'  Cette  pensée  a  été  souvent  exprimée  depuis  ; 
Gresaet  notamment  l'a  formulée  dans  ce  vers  bien 
connu  : 

Oo  ne  vit  qu'A  Pam,  et  l'on  légHe  ailknirt. 
(  t«  JMkaaI.  «d*  m .  Mte»  n.) 

'''  Elle  répond  h  une  des  anciennes  formules 
françaises  :  ifOn  fait  assavoir;  sachent  tous.-'  On 
trouve  également,  dans  le  /?«■.  du  Ordonn.  roy. 
dans  Du  Boullay,  etc.  :  irNoveril  universitas  vestra, 
<rNoveritis,  Notum  facimus,  Pateat  universis,  etc.» 


ELOGES  DE  LA  VILLE  DE  PARIS.  13 

pour  Paris;  aussi  dcrivil-il  sur  le  ton  laudatif  le  plus  exa(i[(^ré,  dans  un  style  obscur  et 
prétentieux,  un  panéjjyricpie  où  il  inetlait  Paris  incomparablement  au-dessus  de  toutes  le» 
autres  villes.  Il  reprochait  en  outre  à  Jean  de  Jandun  son  in(jratitudc  envers  cette  jiatrie 
commune  des  Français  et  des  étrangers,  le  persiflait  de  n'avoir  pas  compté  parmi  les  agré- 
ments de  Senlis  les  myriades  de  mouches,  les  grenouilles  avec  leurs  concerts  harmonieux,  et 
finissait  par  se  démas([uer  en  appelant  sur  la  tête  de  son  ennemi  les  foudres  de  la  vengeance 
divine. 

Celui-ci  crut  devoir  protester  contre  des  interprétations  qu'il  avait  peut-être  provoquées. 
11  eût  mis  sans  doute  moins  de  chaleur  dans  sa  réponse  si  les  menaces  dont  il  était  l'objet 
ne  lui  eussent  rappelé  l'animosité  de  ses  adversaires  et  les  périls  de  sa  situation.  A  une 
attaque  violente  il  répondit  en  usant  de  beaucoup  de  ménagements  envers  son  contradic- 
teur; mais  il  tint  à  lui  prouver  qu'on  pouvait,  sans  cesser  d'être  juste  à  l'égard  de  Senlis, 
faire  de  Paris  un  éloge  complet,  justifié  par  des  faits  positifs,  oii  l'on  ne  se  bornerait  pas 
«à  des  métaphores  pompeuses,  à  de  vagues  généralités  qui  ne  disent  rien  à  l'esprit. n  En 
conséquence,  il  composa  un  Traité,  qui  affecte  également  le  ton  du  panégyrique,  et  dont  le 
style  est  souvent  obscur  et  déclamatoire;  toutefois  c'est  une  œuvre  plus  sérieuse  el  mieux 
raisonnée  que  le  factum  passionné  du  Dictateur.  Nous  ignorons  quelle  impression  elle  pro- 
duisit sur  l'esprit  de  cet  irascible  personnage. 

Le  premier  des  deux  Eloges  a  pour  tout  mérite  d'avoir  provoqué  l'écrit  de  Jean  de  aui.» 

Jandun.  Nous  avons  dit  plus  haut  qu'il  ne  renferme  que  de  pompeuses  banalités,  et  n'a       î^m-r  Éi«g». 
d'autre  but  que  de  rendre  odieux  l'ancien  professeur  du  collège  de  Navarre  :  le  lecteur  en 
jugera. 

Quant  au  second  traité,  divisé  par  l'auteur  en  quatre  parties,  nous  allons  le  faire  con-     rmitaii  ftn 
naître  en  résumant  les  principaux  faits  qu'il  contient. 

Dans  la  première  partie,  chacune  des  quatre  Facultés,  dont  la  réunion  composait  l'Uni- 
versité de  Paris,  est  le  sujet  d'un  chapitre  séparé.  Celle  des  arts,  comme  la  plus  ancienne, 
occupe  le  premier  rang;  elle  était  établie,  depuis  longtemps  déjà ,  dans  la  rue  du  Fouarre '". 
L'auteur,  après  avoir  indiqué  les  études  auxquelles  on  s'y  livrait,  fait  l'éloge  des  sept  arts 
libéraux  et  des  diverses  parties  de  la  philosophie,  «qui  répand  ses  lumières  dans  toutes 
R  les  âmes  dignes  de  les  recevoir.  -> 

Au  second  rang  est  la  Faculté  de  théologie,  établie  dans  la  paisible  rue  de  Sorbonne, 
■«où  des  maîtres  pleins  de  vertu,  par  de  fréquents  exercices  de  lecture  et  de  dispute,  éclair- 
«cissent  les  écritures  de  l'Ancien  et  du  Nouveau  Testament,  et  s'efforcent,  par  de  fréquentes 
«prédications,  d'enraciner  dans  les  cœurs  ies  vérités  de  la  loi  divine,  n 


<''  Au  sujet  des  écoles  de  la  rue  du  Fouarre  et  Paris,  J.  V.  Le  Clerc,  mort  depuis  peu,  travail  qui 

de  leur  état  vers  la  fin  du  xiu'  siècle,  nous  signale-  fait  partie  du  tome  X\!  de  VHUloire  litténtirt  de  U 

rons,  entre  autres  docunienls.  le  remai-qualile  Ira-  France  et  qui  a  pour  litre  :  Siger  de  Braient  et  le* 

vail  du  savant  doyen  de  la  Kacuilé  des  lettres  de  école*  de  la  rue  du  Fouarre. 


<)■  Mmàkm  tUf- 


1/,  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

En  troisième  lieu,  l'auteur  nomme  la  Faculté  des  décrets  et  des  décrélales,  établie  dans  ia 
rue  du  Clos-Bruneau.  Cet  enseignement,  comme  il  le  remanjue,  était  fort  im|>ortant  pour 
l'administration  des  églises;  c'était,  en  effet,  un  cours  de  droit  ecclésiasti(|ue.  Le  droit  civil 
n'était  pas  enseigné  alors  à  Paris;  plus  d'un  siècle  après  cette  époque,  en  i/i5i,  le  poète 
Astesan,  dont  nous  publions  plus  loin  l'œuvre  encore  inédite,  nous  dit  que  les  Français, 
c'est-à-dire  les  habitants  de  l'Ile  de  France,  et  en  particulier  les  Parisiens,  ne  s'inquiétaient 
pas  du  droit  civil.  L'Université  fondée  à  Orléans  dès  i3o6,  et  confirmée  par  Philippe  le 
Bel  en  i3i9,  remplaçait  à  cet  égard  celle  de  Paris'". 

Vient  enfin  la  Faculté  de  médecine,  dont  l'auteur  n'indique  pas  le  siège,  et  qui  n'était 
pas  encore  fixée  rue  de  la  Bùcberie®.  Il  en  dit  peu  de  chose,  et  nous  peint  seulement  les 
médecins  allant  par  les  rues,  revêtus  d'habits  précieux  «et  la  léte  couverte  du  bonnet  doc- 
toral. ^  Il  ajoute  que  les  apothicaires  demeuraient  tous  sur  le  tri$-cHèbrt  Petit-Pont  ou  aux 
alentours,  et  qu'ils  avaient  soin  d'étaler  aux  regards  les  vases  qui  renfermaient  leurs  médi- 
caments. 

Déuiu  En  donnant  au  Petit-Pont  l'épithèle  de  très-célèbre,  Jean  de  Jandun  fait  sans  doute  allu- 

""  "  ''"'"''°"'  sion  à  une  époque  antérieure  à  celle  où  il  écrivait,  et  qui  nous  reporte  aux  premiers  temps 
de  l'Université  de  Paris,  c'est-à-dire  à  la  seconde  moitié  du  xn'  siècle.  II  résulte  de  certains 
vers  latins,  dont  un  sous-prieur  de  l'abbaye  de  Saint-Victor  à  Paris,  nommé  Godefroy,  est 
l'auteur,  qu'à  cette  époque  le  Petit-Pont  était  habité  principalement  par  les  élèves  et  les 
professeurs  d'une  des  sectes  de  philosophie  scolasliquc  (|ui  se  partageaient  l'école.  Godefroy 
donne,  au  sujet  de  la  construction  et  de  l'état  matériel  du  Petil-Ponl,  au  m*  siècle,  des 
détails  curieux,  signalés  par  l'abbé  Le  Beuf.  qui,  le  premier,  a  cité  ces  vers.  Il  nous  apprend 
que  les  disciples  d'un  nommé  Jean  avaient  fait  bâtir  ce  pont  à  leurs  dé|>ens,  qu'ils  y  po.s- 
sédaient  chacun  une  maison,  et  qu'on  les  appelait  Ut  Parri-Pontint.  Il  donne,  en  outre, 
sur  l'étal  matériel  de  ce  pont  des  détails  utiles  à  faire  connaître.  Voici  la  traduction  de  ces 
quatrains  :  <^De$  hommes  ont  construit  un  pont  de  leurs  propres  mains  et  ont  créé  un  pas-' 
«sage  commode  au-dessus  du  fleuve;  ils  y  ont  établi  des  maisons  pour  chacun  d'eux;  et 
R c'est  de  \k  qu'ils  ont  pris  le  nom  d'Imbitant*  dupant  [Parri-Pontin»),  Les  matériaux  n'en  sont 
«pas  moins  beaux  que  l'architecture;  le  dessous  du  pont  est  formé  de  piles  en  pierres  tail- 
r. lées,  et  cette  solide  structure  est  appuyée  sur  des  colonnes  fortes  comme  l'airain,  qui 
«défient  à  jamais  tous  les  chocs.  Le  dessus  du  pont  est  garni  de  pavés  bien  unis,  décoré 
«d'enseignes  d'or  et  d'argent  (dorées  et  argentées),  muni  des  deux  côtés  de  murs  assez 
«élevés  pour  que  la  foule  inexpérimentée  n'ait  pas  de  chute  à  redouter.  Mais  il  y  a  aussi 
«des  saillies  ou  ouvrages  extérieurs  [exedras),  au  moyen  desquels  on  peut  voir  leau  du 
«fleuve  et  en  sonder  la  profondeur  cachée.  Quelques-uns  viennent  se  livrer  aussi  en  cet 
«endroit  au  plaisir  de  ia  natation,  et  rafraîchir  leurs  membres  brAlés  par  les  artieurs  de 
«l'été.  Là  se  tient  une  école  de  docteurs  vénérables,  éminents  par  leur  science  et  leur.-- 

'■'  Voir  plus  loin  le  texte  du  poëme  d' Astesan.  sesl  installée  dans  celle  nir.  (Voir  le  curn-ux  opav- 

veis  21 3.  cule  publié  en  i866  par  M.  Achille  Cbëreau.  sous 

'>  C'est  seulement  au  milieu  du  xv'  siècle  que  ce  litre  :  \otiee  «iir  le$  anciennes  éeoh»  de  méJeeme 

lEcole  de  médecine,  jusque-là  sans  domicile  fixe.  de  la  ne  de  la  Bùekerie,  etc.  Paris  .  in-8*."i 


ÉLOGES  DE  LA  VILLE  DE  PARIS. 


15 


«mœurs,   qui  instruisent  les  populations  ifjnoranles.  ?leureux  le  peuple  qui  a  de  tel» 

r- maîtres  "".  » 


La  seconde  partie  de  cet  Éloge,  divis(5e  en  dix  chapitres,  est  la  plus  curieuse  pour  l'his- 
toire de  notre  capitale.  Dans  le  premier  chapitre,  l'auteur  parle  des  églises  en  général;  il  ne 
s'arrête  en  particulier  que  sur  Notre-Dame  et  la  Sainte-Chapelle,  qu'il  appelle  simplement 
la  Chapelle  royale.  Notre-Dame  est,  suivant  lui,  le  plus  grand ,  le  plus  imposant,  le  plus  mer- 
veilleux monument  qui  existe,  par  la  magnificence  et  la  hauteur  de  ses  tours,  par  cette  suit»* 
si  compli(juée  de  voûtes  latérales  inférieures  et  supérieures ,  ces  nombreuses  chapelles  si  bril- 
lantes placées  dans  tout  le  pourtour  de  l'église,  ce  crucifix  dont  les  bras  étendus  séparent  le 
chœur  de  la  nef;  ces  deux  grandes  roses,  opposées  l'une  à  l'autre,  parfaitement  semblables, 
(!t  dont  les  vitraux  brillaient  alors,  comme  encore  aujourd'hui,  de  couleurs  si  vives  et  de 
lij'ures  si  riches  et  si  variées.  La  Chapelle  royale,  dite  plus  tard  Sainte-Chapelle,  située  dans 
rintcricur  du  Palais,  se  fait  rcmarcjuer  par  sa  structure  solide,  par  le  fini  de  ses  pein- 
tures, ses  images  dorées,  la  transparence  de  ses  vitraux,  les  riches  ornements  de  ses  autels 
et  de  ses  châsses,  au  point  qu'en  y  entrant  «on  se  croit  ravi  au  ciel  et  introduit  dans  un»* 
«  des  plus  belles  chambres  du  paradis.  »  Mais  l'auteur  ne  dit  rien  des  objets  vénérés  pour 
lesquels  saint  Louis  avait  fait  construire  la  chapelle  du  Palais  :  nous  voulons  parler  des 
reliques,  dont  on  trouve  dans  le  poëme  d'Astesan  une  énumération  très-complète. 

Le  second  chapitre  contient  la  description  du  Palais  qui  était  alors  le  siège  de  la  royauté, 
et  oîi  se  tenait  le  Parlement,  rendu  sédentaire  à  Paris  depuis  i3o9  seulement.  L'auteur 
indique  dans  la  Grande  Salle  les  statues  des  rois  de  France,  et  la  table  de  marbre  «  dont  la 


DtmMiimt  fttm. 


'  '    DE  PARVI   PONTANIS. 

Quidam  poiilum  miinibcis  suis  cxtriixcriint, 
El  ppr  nquas  facilem  transitum  fccurunl, 
In  quo  sibi  singiill  doinos  statucrunt; 
Undc  poiitis  incole  iiouicii  accepcTuiit. 

Deceiis  est  matoria,  dcccns  est  figura; 
(]uhicoruiii  lapidum  sub  est  quadraturu; 
Stat  coUimpnis  ciicis  sulida  structura, 
Nallis  œotioiiibus  uniqiinm  ruitura. 

Paviincntis  dcsuper  opus  est  poliluni. 
Aureis  ar(;enteis  si|;riis  insigiilluin. 
Editis  Intei'ibus  iindiipic  niunituui, 
Ne  ruinaui  timcat  vul|;u8  irapeiituiii. 

Sed  et  habet  eiedras  per  quas  speculantur, 
Et  latcuteiii  fluinlnis  fuiidum  prrscrutaiitur. 
Alii  nalatibus  ipiuquc  delcdaiitur, 
Et  estivis  sulibus  usii  recrenntur. 

Venorandus  sedet  hic  ordo  seniorum 
Et  doctrine  gratia  prcniiiicns  et  iiioruin. 
Simpliccs  erudiunt  lurbas  pnpuluruiii. 
0  beatus  populus  talluiii  rccturuni  ! 

L'ai)!)!'  Lo  l\c\i{  (Dissci-talioiis  mir  rilistoirc  eccU- 
Kiastiiiue et  ciiile  de  Parig ,  etc.  l'tiris,  17/11,  in-ia, 
3  vol.  t.  H,  p.  qSi  :  Notice  des  différentes  secten  de 
Philosophes  qui  èloieiil  <)  Paris  au  xii'  siècle,  etc.) 


donne  les  vci^  que  nous  repix)duisons  ici.  après  les 
nvoir  collationiiés  sur  le  manuscrit  original  (Bi- 
bliothèque impériale,  fonds  Saint-Victor  91a.  olim 
1198).  M.  l'ahbé  Dufour  nous  a  signalé  cp  cu- 
rieux passage,  i'arnii  les  liisloiiens  nio<lernes  de 
Paris,  Dulaure  l'avait  connu  et  indique  d'après 
l'nbbd  Le  Reuf.  mais  sans  re|)roduire  les  vers  {His- 
toire de  Paris,  l.  11,  p.  i3i  de  l'édition  in-ia. 
Pari»,  t8a5).  Pendant  tout  le  xiu*  siècle,  le  Petit- 
Pont  est  resté  célèbre.  Après  les  diutes  successives 
survenues  en  1196,  iJoti,  laSo.  tjgO,  et  qui  en 
fuiiièreiit  les  maisons,  malgré  les  assurances  don- 
nées parGodefroy ,  les  pliilosoplies  Parvi-l'ontins  fu- 
rent remplacés  par  des  marrliaiids  de  tout  genre. 
Joinville .  qui  éirivail  quinze  aniiiVs  à  peu  près  avant 
Jean  de  Jandun ,  dit  en  priant  de  l'incendie  allu- 
mé par  les  Sairasiiis  citasses  de  Damielte  dans  le 
bazar  011  étaient  entass^ies  toutes  sortes  de  mar- 
chandises :  iT  il  advint  de  cette  chose  comme  si  qnel- 
Tipiiiii  demain  (dont  Dieu  le  ganle!^  mettait  le 
irfeu  au  Petit-Pont.  1  {OEuerts  de  JoiHrille , édit.  de 
M.  Nalalis  de  Wailly,  Pari».  1867.  in-8*.  p.  109.) 
—  lîuillebeit  de  Metz ,  que  nous  publions  plus  loin . 
donne  t^aleiiieut  une  description  du  Pelit-Pont. 


16  DOCUMENTS  ET  ÉCHITS  OHIGINALX. 

«surface  polie  est  illuminée  par  les  rayons  du  soleil  couchant.»  Là,  des  deux  côtés,  dit-il. 
sont  assis  sur  des  sièges  élevés  des  hommes  d'état,  maîtres  des  recjuétes  ou  notaires  du  Roi. 
La  position  occupée  dans  le  Palais  par  le  Parlement  est  désignée  avec  soin  :  dans  la  (iraml' 
Chambre,  dont  l'entrée  est  au  nord  du  Palais,  "-  siègent  ces  hommes  d'une  prudence  toujours 
«éveillée,  que  l'on  appelle  les  maîtres  du  Parlement,  occupés  sans  cesse  à  rendre  des  scn- 
«tenccs,  suivant  la  justice,  sans  acception  des  personnes,  et  toujours  incorruptibles.» 

Le  troisième  chapitre  est  consacré  aux  édifices  civils  :  l'auteur  ne  donne  de  détails  que 
sur  les  Halles,  qu'il  appelle  Aulœ  Campellorum  (les  Champeaux).  Il  est  ici  tout  à  fait  ori- 
ginal; c'est  le  seul  écrivain  d'une  date  reculée  qui  nous  transmette  des  détails  aimndantj. 
et  circonstanciés  sur  les  Halles,  lesquelles  ressemblaient  fort,  à  cette  époque,  à  ce  que  l'on 
nomme  de  nos  jours  un  bazar.  Il  s'excuse  d'abord  de  ne  pouvoir  décrire  tout  ce  qu'il  a  vu 
dans  les  bàlimenls  des  Halles  des  Champeaux  :  aux  salles  inférieures,  des  quantités  innom- 
brables de  draps  plus  beaux  les  uns  que  les  autres;  des  fourrures,  des  soieries,  des  étoffes 
faites  de  substances  étrangères ,  dont  il  ignore  le  nom  latin.  La  prtie  supérieure  de  l'édi- 
fice forme  une  immense  galerie,  où  sont  exposés  tous  les  objets  qui  servent  tant  à  l'ha- 
billement (|u'à  la  parure:  couronnes,  tresses,  bonnets,  peignes,  besicles  ou  miroirs,  cein- 
tures, boucles,  bourses,  gants,  colliers,  etc.  Ce  spectacle  merveilleux  méritait,  pour  #tre 
connu  et  apprécié,  d'iMre  vu  non  pas  une  ou  deux  fois,  mais  tous  les  jours,  sans  pouvoir 
jamais  lasser  la  patience  ou  satisfaire  pleinement  la  curiosité.  L'auteur  tennine  ce  cha- 
pitre par  quelques  mots  sur  les  hôtels  des  rois,  comtes,  ducs,  chevaliers,  barons  el 
prélats  :  ils  sont  si  vastes,  si  nombreux,  assure-t-il,  que,  sans  compter  les  autres  maison.^, 
ils  pourraient,  à  eux  seuls,  former  une  très-grande  ville 

Dans  le  quatrième  chapitre,  Jean  de  Jandun  parle  des  artistes  et  ouvriers  de  tout 
genre  qu'il  considère  comme  le  complément  indispensable  du  corps  |K>lilique,  doctrine 
des  plus  libérales,  qu'il  emprunte  d'ailleurs  à  Aristote.  Ils  sont  en  si  grand  nombre. 
dil-il,  qu'il  n'y  a  pas  deux  maisons  de  suite  qui  n'en  soient  peuplées.  Il  énumère  ensuite, 
sans  ordre  et  sans  donner  de  détails,  la  plupart  des  industries  alors  en  usage  :  le»  images 
peintes,  sculptées  ou  en  relief,  le  travail  des  selles  et  harnais,  des  épées,  lances,  arcs, 
flèches,  boucliers,  cuirasses,  casques  et  autres  amies.  Il  ajoute,  à  propos  des  boulangers, 
un  détail  d'autant  plus  curieux  qu'il  est  encore  exact  de  nos  jours  :  tant  à  cause  de  la  ma- 
nière dont  ils  travaillent,  dil-il,  que  du  grain  et  de  l'eau  qu'ils  emploient,  ils  savent  donner 
au  pain  une  ([ualilé  supérieure  et  une  délicatesse  que  l'on  chercherait  vainement  ailleurs. 
11  indique  encore  la  fabrication  des  vases  d'or  et  d'argent  qu'il  place  principalement  sur 
le  Grand-Pont,  où  l'on  entend,  dil-il,  retentir  les  marteaux  tombant  en  cadence  sur 
l'enclume.  Les  parcheminiers,  les  écrivains,  les  enlumineurs,  les  relieurs  tenninent  celte 
nomenclature  un  peu  sèche. 

Au  chapitre  cinquième,  l'auteur  essaye  de  dépeindre  le  caractère  moral  et  physique  des 
Parisiens.  Us  sont  généralement  modérés, dit-il,  mais,  s'ils  s'écartent  de  la  ligne  du  milieu, 
ils  deviennent  plutôt  irascibles  qu'apathiques;  ils  ont  de  l'affabilité,  et.  s'ils  pèchent  par 
excès,  ils  se  montrent  plutôt  calmes  et  froids  qu'insolents ">.  Les  Parisiens  et  la  plupart  des 
Français  sont  enjoués:  mais  ils  tombent  plutôt  dans  la  bouffonnerie  que  dans  la  rusticité. 

'•■''  Celle  apparenle  contradiction  n'-sulle  des  termes  mêmes  de  Jean  de  Jandun.  (Voir  a* part.  ch.  v.i 


KLOGES  DE  LA  VILLE  DE  PARIS.  17 

francs  et  ouverts,  ils  deviennent  quel(|uefois  vantards.  Ils  ne  .sont  ni  trop  grands,  ni  trop 
petits,  ni  trop  forts,  ni  trop  faibles,  également  capables  des  fonctions  civiles  et  des  fatigues 
de  la  guerre.  Les  femmes,  w malgré  les  rechercbes  de  leur  parure  et  les  beautés  ineffables 
"de  leur  visage,  sont  honnêtes.  Si  quelcpies-unes  se  sont  écartées  des  voies  de  la  sagesse, 
r  je  prie  Dieu  qu'il  les  y  ramène!  »  s'écrie  notre  auteur,  non  sans  une  légère  pointe  d'ironie. 

Au  sixième  chapitre,  Jean  de  Jandun  parle,  mais  trop  .succinctement,  de  la  Seine  et 
du  commerce  dont  ce  fleuve  était  depuis  longtemps  une  voie  importante.  Il  énumère  les 
principales  denrées  qui  faisaient  l'objet  de  la  navigation  :  les  vins,  le  blé,  le  foin,  l'avoine, 
le  sel,  lo  charbon  et  le  bois. 

Dans  le  septième  chapitre,  l'auteur  fait  mention  des  boissons  et  des  vivres;  mais  il  ne 
dit  à  cet  égard  que  d'insignifiantes  généralités.  Le  site  de  Paris,  ajoute-t-il,  cl  même  celui 
de  toute  la  France,  est  admirable  par  son  heureux  climat,  qui  est  tempéré  entre  l'excès  du 
chaud  et  du  froid.  Ce  climat  exerce  une  influence  bienfaisante  sur  l'esprit  des  habitants. 
Tel  est  le  fond  du  huitième  chapitre.  Le  neuvième  et  le  dixième  se  composent  d'un  résumé 
du  livre  en  forme  d'épilogue,  et  d'une  énuméralion,  en  forme  de  tableau,  des  titres  pom- 
peux que  l'auteur  donne  au  roi  de  France. 


La  troisième  partie  de  l'opuscule  est  employée  ii  réfuter  longuement,  et  avec  les  subtilités     Ti. 
de  l'école,  quelques  assertions  de  l'adversaire:  c'est  ce  que  l'auteur  appelle  les  inconséquence» 
renfermées  dans  le  discours  du  Dictateur. 


rr*rt. 


La  quatrième  n'est  que  l'Lloge  de  Senlis,  qui  a  donné  lieu  à  toute  cette  polémique  et     ontrito* 
qui  en  est  réellement  le  préambule. 


Le  style  de  Jean  de  Jandun  est  souvent  très-obscur  :  il  a  fallu  que  M.  Taranne,  qui  le    sitI».« 
premier  a  établi  le  texte  original,  eût  une  grande  connaissance  de  la  latinité  scolastique 
pour  éclaireir  maints  [)assages.  On  sait  qu'il  est  dillicile,  et  quelquefois  impossible,  de  dé- 
terminer le  sens  que  les  docteurs  du  xiv'  siècle  attriliuaient  à  tel  mot  latin,  qui  de  nos  jours 
n'est  plus  interprété  de  même  '".  Aussi  M.  Bruel ,  archiviste  paléographe .  chargé  de  préparer 


'■'  Voici  le  jugement,  un  peu  sévère,  porté  par 
V.  Le  Clerc  sur  la  valeur  littéraire  du  groupe 
d'honinies  auquel  appartient  Jean  de  Jandun  : 
rDans  leurs  œuvres  latines,  où  ils  se  servent  d'une 
"langue  qui  est  celle  de  leur  vie  tout  entière,  où 
cnous  recevons  immédiatement  l'impression  de  ce 
frqu'ils  ont  dû  penser  en  latin,  il  est  bien  rare 
"(pi'inie  page  moins  pédantesque,  moins  hérissée 
trde  citations  et  de  fonnules,  se  rapproche  assez 
«•des  exemples  de  composition  et  de  goût  laissés 
«•par  les  maîtres,  pour  nous  faire  comprendre  le 
"Succès  de  quelques  hommes  qui  eurent,  même 
iT comme  écrivains,  une  renonnnée  éclatante,  et 
"qu'on  ne  peut  plus  lire  aujourd'hui.  Le  crédit 
ttilont  ils  jouirent  alors  s"explique-l-il  mieux  par  In 


"Supériorité  morale,  par  le  caractère,  par  leur  rAli- 
"dans  l'histoire  de  leur  temps?  Nous  ne  le  croyons 
"pas  non  ]>lus;  il  nous  semble  qu'il  y  a  toujours 
"quelque  chose  à  regretter  dans  ces  penoonages 
"qui,  de  l'humble  obscurité  de  l'école,  se  sont 
"élevés  sur  la  sct'ne  du  monde.  Jean  de  Jandun. 
"Guillaume  Okam,  François  de  Mayrouis.  Jean 
"Buridan,  n'ont  jwinl  do  qualités  qui  égalent  l'em- 
"  portement  de  leurs  passions  Ihcologiques  ou  po- 
"litiqucs.  Même  au  temps  de  la  plus  grande  auto- 

"rité  des  docteurs  de  Paris ils  ont  pu  avoir 

"assez  de  mérite  |K)ur  sortir  de  la  foule,  mais  pas 
"assez  |M)ur  acquérir  une  rt'putalion  durable  dans 
"l'Église  ou  dans  l'Etat. i>  {Hi»l.  litt.  de  la  France, 
t.  \X1V.  p.  369.) 


\nleur  historique. 


Manuscrils 
ilc!>  deux  Eloges. 


MaïuiM-rit  <le  Paris. 


18  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX 

la  traduction  de  ce  latin  |)rélentieux,  entortillé  et  assez  barbare,  a-t-il  eu  à  lutter  contre 
des  difficultés  sans  nombre.  11  lui  a  été  recommandé  surtout  de  se  tenir  le  plus  près  pos- 
sible du  texte,  afin  de  laisser  si  cette  polémique,  conduite  d'après  les  habitudes  de  l'école, 
toute  son  emphase  et  toute  son  orifjinalité'*'. 

La  première  partie  de  cet  Élofje,  consacrée  à  l'Université  de  Paris,  est  écrite  dans  un 
langage  très-scolastique  et  remplie  d'indications  précieuses  sur  les  luttes,  les  idées  et  le 
style  de  ce  temps.  La  seconde  est  de  beaucoup  la  plus  importante  au  jwint  de  vue  où  nous 
nous  plaçons.  De  nombreux  renseignements  histori(|ues  relatifs  à  Paris  s'y  trouvent,  en 
effet,  principalement  dans  la  première  moitié.  La  quatrième  partie,  qui  contient  l'éloge  de 
Senlis,  renferme  quelques  détails  curieux,  par  exenqile,  le  pavage  des  rues  de  cette  ville  de 
l'ancien  V'alois,  ce  qui  n'était  pas  ordinaire  au  xiv'  siècle,  la  qualité  supérieure  du  pain 
qu'on  y  fabriquait,  et  aussi  la  fraîcheur  et  la  fécondité  des  campagnes  environnantes.  Si  ce 
n'est  pas  une  exagération  de  l'auteur,  qui  aurait  trouvé  là  matière  à  écrire  une  églogue 
en  prose  ou  à  railler  agréablement  ses  détracteurs,  ScnlLs  était  jKirvenu,  au  xiv*  siècle,  à 
un  degré  remarquable  de  propreté,  et  son  territoire  offrait  une  Ix-lle  rnltnre. 

On  ne  connaît  (|ue  deux  manuscrits  de  ces  opuscules,  l'un  à  la  Bibliothèque  im|>érial<> 
(le  Paris,  l'autre  à  In  Bil)liothè(|ue  impériale  de  Vienne.  Ijc  manuscrit  de  Paru  renferme 
seulement  l'écrit  le  plus  étendu,  et  ne  porte  aucun  nom  d'auteur;  celui  de  Vienne  con- 
tient l<3  texte  conq)lct  des  deux  KIoges,  avec  le  nom  de  Jean  de  Jandun.  Il  était  absolument 
nécessaire  de  l'étudier;  aussi  M.  le  Sénateur  Préfet  de  la  Seine  a-t-il  eu  recours  à  l'obli- 
geante entremise  de  LL.  Exe.  les  ministres  de  l'instruction  publique  et  des  affaires  étran- 
gères pour  obtenir  l'envoi  de  ce  manuscrit  à  l'Hôtel  de  Ville.  Aussitôt  que  S.  Exe.  l'am- 
bassadeur de  France  à  Vienne  eut  exprimé  le  désir  qu'il  était  chargé  de  transmettre. 
MM.  les  conservateurs  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne,  autorisés  par  le  ministre 
compétent,  mirent  le  plus  grand  empressement  à  y  satisfaire. 

Le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Paris  forme  un  volume  |>etit  in-&*'*',  com- 
posé de  cent  soixante  et  seize  feuillets  de  vélin.  Autrefois  relié  en  bois  couvert  de  vélin 
blanc,  il  a  été  revêtu  depuis  peu  d'une  demi-reliure  en  maroquin  rouge.  Il  secom|)oso  de 
|)lusieurs  traités  qui  ont  été  transcrits  dans  la  seconde  moitié  du  xiv*  siècle. 

Voici  la  liste  de  ces  ouvrages  : 
1.  Ltber  Pétri  Cellenti»  abbatis,  de  Panibtu  Sacre  Scripture. 


''>  Michel  Denis,  qui  avait  lu  i'Élogc  de  Paris, 
regrettait  que  cet  intéressant  ouvrage  n'eût  point 
encore  trouvé  d'éditeur  :  bLcs  hommes  de  lettres, 
f dit-il,  connaissent  parfuilement  les  œuvres  phi- 
■'losophiques  de  Jean  de  Jandun,  qui  sont  impri- 
frmées  depuis  longtemps.  Quant  b  son  Traité  des 
"louanges  de  Part* ,  pereonne  n'a  encore  eu  la 
it  pensée  de  le  mettre  au  jour.  Il  mériterait  d'être 
tr transcrit  ici  en  entier;  mais  cette  reproduction 


en 


'^n'entre  pas  dans  mon  plan.*  CepoidMit  il 
trouvait  le  style  trop  seolMtiqoe  et  la  phrase 
quelque  peu  boursoudée:  c'était,  à  ses  yeux,  iu»e 
œuvre  de  jeune  homme  :  Slylum  lamen  pkrati  stho- 
latticajueenililerturgiàMm.  (Codieesmamuer.  theolog. 
llibl.  Palat.  Vindob.  t.  II.  a*  part.  col.  l648,  «il. 
fol.  196.) 

''' Ce  fomiat.applicable  seulement  aux  |)archemins. 
ne  doit  pas  s'entendre  de  la  feuille  d'impression. 


ÉLOGES  DE  LA  VILLE  DE  PAULS.  19 

H.   Notule  et  flistinctiones  quedam  morales,  cum  quibmdam  vemibux,  fol.  89. 

in.    De  penitenlia ,  fol.  97. 

IV.   Lther  quidam  pcnileiiliaLi,  qui  corrcctor  vocatur  et  medicus,  fol.  1  06. 
V.    Glosa  brcvu  .super  ejmlolas,  fol.  lay. 

VI,  VII  et  VIII.  Sermo  in  die  Cène,  fol.  i65;  in  Epiphanin,  167;  in  Annunliatione  domi- 
tiica,  l'yo. 

IX.  Tractatus  de  laudibus  urbis  Parisiorum,  fol.  170.  Une  note  <?crite  au  xv*  siècle,  el 
placée  au  verso  du  dernier  folio,  désijjne  ainsi  cet  ouvrage:  Tractatus  de  laudibu»  Urbit 
urhium,  scilicet  Parisius. 

L'Klofje  de  Paris,  écrit  d'une  main  autre  que  celle  à  qui  l'on  doit  les  traités  précé- 
dents, commence  au  folio  170  r",  et  est  daté  de  i3a3.  Les  caractères  en  sont  fort  diffi- 
ciles à  décliiiïrer,  à  cause  des  abréviations  nombreuses  et  de  la  mauvaise  qualité  de  l'encre, 
[)rinci|)ak'nient  sur  les  feuillets  relatifs  à  Paris.  Au  bas  du  folio  1  r°,  on  lit  :  «Hic  liber  est 
«Sancti  Victoris  Parisiensis.  Quicunique  (mm  furatus  fuerit,  vel  celaverit,  vcl  titulum  i.stum 
«deleverit,  anatliema  sil.  Amen.  1  Au  bas  du  folio  i  70  r°  (où  commence  lElojje  df  Paris), 
on  trouve  ce  disti(jue  : 

Ilic  iil)er  est  Soncli  Victoris  Parisiensis. 
Iiiveiiiens  qiiis  ci  reildat  amore  Dci. 

Ce  manuscrit  [)rovienl  donc  de  l'abbaye  Saint- Victor  de  Paris.  Il  porte,  à  la  Biblio- 
thèque inqjériale,  le  n"  6/19  des  manuscrits  latins  qui  ont  appartenu  à  cette  communauté; 
sur  le  verso  du  folio  169,  dont  le  recto  est  resté  blanc,  on  lit  une  table  des  chapitres. 

Le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne,  qui  renferme  seul  l'écrit  du  Dicta-  ikanrhi  4> ik 
teur  anonyme,  est  un  volume  in-/i°  (voir  la  note  2  de  la  pa{;e  16),  aussi  sur  vélin,  com- 
posé de  plusieurs  parties,  toutes  écrites  vers  la  fin  du  xiv'  siècle.  Les  ouvrages  ou  extraits 
contenus  dans  ce  manuscrit  peuvent  se  ramener  aux  ([uatre  groupes  suivants  : 

I.  Quatre  traités  ou  discours  sur  différents  sujets  de  morale  et  de  religion  par  Albert 
de  Brescia.  Cette  première  partie  a  été  écrite  moitié  sur  papier,  moitié  sur  vélin,  par  un 
nonuné  Jacques  de  Balynin,  en  i383.  Fol.  100. 

II.  Sept  opuscules  concernant  la  théologie  et  les  matières  ecclésiastiques,  parmi  lesquels 
on  remarque  :  1°  Liber  de  orlu  et  vita  béate  Virginis  Marie,  et  de  injantia  Salvaloris.  et  dt- 
versi  tractatus  de  Assumptione  et  transitu  béate  et  gloriose  Virginis  Marie,  fol.  107;  a'  Provin- 
ciale curie  romane,  continens  omnes  provincias  el  omnes  subjectas  ecclesias  Summo  Pontijici  per 
totum  orbem  terrarum,  copiatum  anno  domini  m"""  ccc"'  xxn',  fol.  laa;  3°  Articuli  Pari- 
sius condempnati  pcr  dominum  Stephauum,  cpiscopum  Parisiensem,  de  consdio  magistrorum  théo- 
logie, anno  Domini  m"  ducentcsimo  h.x.xvi',  die  dominica,  qua  cantatur  Jérusalem;  fol.  lag. 

III.  Six  traités  de  médecine  ou  d'histoire  naturelle,  traduits  de  l'arabe  ou  du  grec  en 
latin,  fol.  i/i  1-189  ^°- 

IV.  Plusieurs  con-stitutions  des  papes  Clément  VI,  Benoît  XII  et  Jean  XXII,  sur  divers 
sujets,  fol.  190-195  v". 

Enfin,  le  Traité  de  l'Eloge  de  Paris  commence  au  folio  196. 

Pour  plus  de  détails  sur  les  divers  ouvrages  qui  compoM'iil   rt-  manuscrit,  on  jmîuI 

3. 


Travaux  aiilérieurs  : 
pulilication  actuelle. 


20  DOCUMKNTS  ET  ÉCKITS  OHIGINALX. 

consulter  Michel  Denis,  Codices  manutcripli llteologici  DMoUi.  Palat.  YinJoboneMtM.  Vintloboiue 

(Vienne),  1800,  t.  II,  a' partie,  col.  i63q. 

Ce  manuscrit,  coté  autrefois  R.  ai 38,  porte  aujourd'hui  le  n'  4753.  L'Elope  de  Pari> 
y  remplit  les  folios  196  à  at  1.  Grâce  ù  l'envoi  provoqué  par  M.  le  baron  Haussniann. 
nous  avons  pu  coliationncr  le  texte,  ajouter  en  manchettes  les  sommaires  placés  en  marge 
par  le  scribe,  et  (|ui,  pour  la  plupart,  sont  indéchiffrables  dans  le  manuscrit  de  Paris,  Nous 
nous  sommes  assurés  que  le  texte  a  été  transcrit  d'après  un  ori^pnal  autre  que  la  copie  de 
l'ancienne  Bibliotln-cpie  de  Saint-Victor  que  nous  avons  décrite  plus  haut;  car  il  contient  des 
additions  importantes.  C'est  seulement  dans  ce  manuscrit  qu'on  rencontre  les  mots  :  «  Per 
«Johannem  de  Genduno.  »  Le  fac-similé  ri-joint  reproduit  la  partie  du  folio  aog  r*  de  ce 
manuscrit,  contenant  Yexplicit  et  le  nom  de  l'auteur,  ainsi  quf  h-  haut  de  la  pajje  du  im.i- 
nuscrit  de  Paris  où  se  voit  le  tableau  synoptique  des  titres  du  roi  de  France  (fol.  1 7<J 

C'est  seulement  dans  le  manuscrit  de  Vienne  que  se  trouve  le  morceau  attribué  par  Jean 
de  Jandun  au  personnage  qu'il  qualifie  de  Dictateur.  Quoiqu'il  y  soit  placé  le  dernier,  nous 
avons  cru  devoir  intervertir  cet  ordre  et  mettre  en  première  lifjne  le  factum  qui  a  provoqué 
la  composition  de  l'autre.  Il  en  résulte  un  peu  moins  de  confusion  dans  cette  suite  de 
compositions  scolasliques,  où  la  réponse  ne  se  comprend  qu'apn'-s  .ivoir  été  précédée  de 
l'objection. 

Ces  curieux  opuscules  nous  avaient  été  signalés  vers  18&1;  c'est  un  ancien  élève  de 
l'Ecole  des  Chartes,  M.  Barbeu  du  Rocher,  qui,  après  en  avoir  pris  copie  à  Vienne,  nous  a 
fait  offre  de  sa  transcription.  Il  existe  une  analyse  de  cet  Éloge  dans  l'introduction  placée 
en  tête  de  la  Description  de  la  ville  de  Pari»  au  xv"  siiele,  par  GuiUebert  de  Metz,  dont  nous 
avons  donné  une  première  édition  en  i85.5  '".  Le  texte  latin  a  été  inséré  pour  la  première 
fois  en  i856,  dans  le  Bulletin  du  Comité  de  la  Lanfpie,  de  Tïliitoire  et  de*  Arta  de  la  France, 
publié  par  le  Ministère  de  l'Instruction  pul)li(|ue;  il  en  a  été  fait  à  très-petit  nombre  un 
tirage  à  part.  Quelques  notes  philologiques  avaient  été  mises  par  M.  Taranne  au  bas  des 
pages  de  la  première  édition;  nous  en  avons  ajouté  un  grand  nombre  qui  font  des  deux 
Eloges  une  publication  complètement  nouvelle.  Ces  annotations  ont  été  placées  tantât  au 
bas  du  texte  latin,  tantôt  au-dessous  de  la  traduction  française,  selon  qu'elles  offraient  le 
caractère  d'observations  philologiques  ou  d'éclaircissement.s  historiques  et  littéraires;  elles 
se  suivent  donc  du  recto  au  recto  et  du  verso  au  verso. 


'La  seconde  édition  de  cet  ouvrage,  précédée        breuscs  notes  historiques  et  Inpographiques .  fait 
d'une  notice  toute  nouvelle  et  accompagnée  de  nom-        partie  du  présent  volume. 


-  itM   iv-   JANDUN   -  TRAIT?  DES  L0UAUCK3  Dï  PARU.  - 


1 


M«i)u*cnt  d«  Paru  (Bibl.  intp.   ras.  Utina.    tooda  SMnvVictor,  n*  M9  ) 
PftC-aii&lU  htfliogrftpbiqua  do  fol.   t  Va  r*.   Prataiwa  mûitirf.  —  Voir  U  UaU  imprimé,  p.  6t. 


f| 


r 


.     <]u  fol    ftOt»  r*   PnwOn  MokkiA   —  V^r  I»  «wta 


p    ttt 


PREMIER    ÉLOGE. 


22 


DOCUMENTS  ET  ÉCIUTS  OHIGINUX. 


I. 

RECOMMENTATIO 
CIVITATIS    PARISIENSIS". 


Circuivi  teiian»,  cliinata  curicta  peiainbulans,  a  fiiiibiis  luslrans  solierler,  el 
inquirensquis,  ex  locis  habitabilibus.  in  spb'iidoreet  aniciiitalesui,  graduscompa- 
lationis  excedeiis,  tanla  polleret  pieeminenlia  ut  iocoruiii  ceteroruin  genus  sup- 
pellativum^*'  precelleret,  et  signis  ac  virtutibus  digne  Paradisi  nomine  ineruerit 
insigniii.  Et  ecce,  sub  quadani  niundi  tiansiens  dyamelro^',  valles  Iransrurrens 
at(|ue  montes,  in  quibus,  licel  innunjera  quasi  dclectabiiia  prima  facie  singulis 
niichi  sensibus  occuriissent,  figure  visui  cum  roloribus  variisel  innumeris,  auditui 
sonorum  discrimina,  ceteraque  gustui  et  uiphatui  ^  laudabilia,ad  locum  tandem, 
divino  nutu  declinnns,  ubi  me  veiud  in  luco  pascue  coliocavi,  natura  cogenle  sub 
demonstratione  potissima,  locum  michi  stationis  et  quietis  elcgi,  duni  in  ilio 
sanctitatis  solio,  virtus  omnis  amcnitatis,  jocunditatis  et  exceilentie,  omniumque 
dona  graliarum  et  virtulum  incomparabili  coj)ia  pollcrent;  meque  virtule  reno- 
valum  in  virum  alterum  transtulit  admiratio  tante  novitatis  ut,  que  prius  niichi 
objecta  fuerant,  nuilius  gradus  pulcritudinis  aut  amenitatis  digna  forent. 


In  quo  septem  artes  libérales  septcm  candelabra  ante  Deum  lucentia  continue 
representare  perpendi;  a  quibus  omue  scibile  suniit  exordium.  Hec  enirn  civita- 
tum  mater  mons  est,  vallis  est,  atque  |)lanities.  Ab  hoc  ctenim  nions  [eslj  quare . 
instar  Iriumphantislberusaleni,  Altissimi  sapientia  in  sanctis  montibusei>trundata. 


'  Daiis  le  manuscrit,  le  titre  est  place  à  la  lin 
du  texte  :  E  cake  udsumo ,  dit  Michel  Denis,  et  il 
ajoute,  pour  justifier  l'addition  de  cet  écrit  :  Oppor- 
tune hic  addita  hwc  recommentatio  ;  etl  eniin  illa  con- 
tra quant  Joh.  de  Jamluno  ciilamum  gtrinjcil.  (Cod. 
mon.  theol.  Bibl.  Palat.  Vindob.) 

•*'  Suppellalwum ,  par  allitération,  pour svperla- 
tivum.  Le  passage  suivant,  reproduit  par  d'Achery 
(Spicileg.  t.  X,  p.  ûa4),  d'après  le  Getta  cotuulum 
Andegav.  fixe  parfaitement  l'acception  du  mot  : 


/m  Aulùtiodorenm  urbe,  amUum  pnfriam  el  rimetu 
rtni  scPEHLiJiri  bajnùu  et  prtedi»  mtbwrhmm  poiti- 
debat.  Il  s'agit  d'un  coinle  de  Gâtinais. 

'''  Ce  mot.  que  nous  traduiaoo*  par  ligne  ou 
degré,  n'est  employé  ici  ni  dans  le  sens  étymolo- 
gique que  lui  donnent  Vitruve  et  Columelle,  ni 
dans  l'acception  que  lui  prête  le  code  Thëodosieo. 
Le  contexte  aide  à  l'intelligence  de  celte  expres- 
sion. 

'■  Forme  altérée  du  mot  olfactu*. 


ELOGE   DE  LA  CITE  DE  P.AHIS.  23 


I. 

ÉLOGE 
DE   LA   CITÉ   DE   PARIS. 


J'ai  fait  le  lour  du  rnon(ie,  |)arcourant  tous  les  climats,  les  ('étudiant  avec  soin  depuis  leurs 
points  extrêmes,  recherchant  quel  endroit,  parmi  les  lieux  habitahles,  surpassait  les  autres 
en  beauté,  en  afjr<5ment  avec  une  préc^minence  telle  qu'il  fiît  supérieur  aux  autres  séjours 
les  plus  remarquables,  et  qu'il  méritât  dignement,  par  sa  température  et  ses  autres  quali- 
tés, d'être  décoré  du  nom  de  Paradis.  Et  voici  que,  passant  sous  une  certaine  ligne  du  monde, 
marchant  ù  travers  les  montagnes  et  les  vallées,  où  des  spectacles  sans  nombre  et  pleins 
d'agréments  s'étaient  présentés  au  premier  regard  à  chacun  de  mes  sens  (à  mes  yeux,  des 
figures  revêtues  de  couleurs  variées  et  innombrables;  à  mes  oreilles,  des  mélodies;  à  mon 
goût,  à  mon  odorat,  des  sensations  agréables),  me  sentant  poussé  par  la  volonté  divine, 
j'ai  choisi  enfin,  pour  m'arrêler  et  me  reposer,  un  lieu  où  je  me  suis  établi  comme  dans  un 
pâturage'",  sous  l'impulsion  puissante  de  la  nature  qui  me  le  montrait;  tandis  que,  sur  ce 
trône  de  sainteté,  toute  amabilité,  toute  joie,  toute  supériorité,  tous  les  dons  des  grâces  et 
des  vertus  se  trouvaient  réunis  en  nombre  incomparable.  Dans  l'admiration  d'un  spectacle 
aussi  nouveau,  je  sentis  mes  forces  renaître;  je  devins  un  autre  homme,  au  point  que  le> 
conlrées  qui  s'étaient  d'abord  offertes  à  mes  yeux  ne  me  paraissaient  plus  dignes  d'aucun 
renom  de  beauté  ou  de  charme. 

J  ai  vu  dans  ce  lieu  les  sept  arts  libéraux,  représentant  les  sept  candélabres  qui  brûlent 
sans  cesse  devant  Dieu,  et  qui  sont  l'origine  de  tout  ce  (ju'on  peut  savoir'^'.  Cette  mère  des 
cités  est  à  la  fois  une  montagne,  une  vallée  et  une  plaine.  Elle  est  une  montagne,  parce 
que,  à  l'instar  de  la  triomphante  Jérusalem,  la  sagesse  du  Très-Haut  y  est  établie  sur  les 

''•  L'auteur,  à  qui  le  liuigage  biblique  est  fanii-  rrcnndelabronuiiaurooruin. — Etcamiolabraiiepteiii. 

lier,  emploie  fré(|uemment  des  expressions   cm-  ^seplem  ecclesifle  sunt. <<  Le»  sept  candëlabm  «le 

pruntces  aux  saintes  Ecritures.  Celle-ci  appartient  à  l'Apocalypse  ont  M  diversement  inlerpriHi^s  tinns  la 

un  des  psaumes  de  David  (  le  ■>  -i')  :  In  loco  pmcuie  ibi  symbolicpie  clirétienne  du  moyon  âge.  L'auteur  nim- 

me  collocnrit;  elle  rappelle  suilisanunent  les  babi-  nyme  de  l'Eloge  de  Paris  nous  donne  ici  un  exemple 

tudes  primitives  des  Israt'lites  et  de  tous  les  peuples  de  ces  sortes  d'interprt'l.ations.  M.  (îuéneltault .  dam 

pasteurs,  pour  lesquels  un  bon  pAturage  est  la  pre-  son  Dielionnuirc  icnnoffraphijue  de$  momtimtnlg  4e 

mi(>re  couilitiDU  de  stjour.  l'anùquitc  chrétienne  et  du  moyen  âge  (Paris.  l8à3, 

'*'  Allusion  aux  vei-seLs  i-j,  i!5,  90  du  livre  pre-  in-8*,  9  vol.),  au  mot  (landèlalnr ,  indique  queJ- 

mier  (11'  rA|)(u-alvpse  de  saint  Jean  :  ffEt  convei-sus  ques-uns  des  travaux  d'arch^iogie  relatifs  »  r»* 

ifvidi  srplciu  candelabni  nurea. — In  nie<lio  septeni  sujet. 


24  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX, 

per  tumorem  "  scientiaium  ceteris  eminentior.  Vallis  est  in  soileiiipni  Htudtuitiuiii 
quiète,  quos  non  aura  gravis  impetit,  vel  caumatis  *'aut  fii};oris  ausleritas  offendit 
per  excessum.  Planities  est  in  aspectu  scientilico ,  (|ue  toluni  orbeni  in  iclu  oculi 
comprehendit,  cujuslibet  interpositionisobstaculo  penitus  excluso;  tanlo  purius  et 
evidentius  quanto  intellectus  ipse  sensus  excedit  niatcriales.  Et,  ut  evidentius  utar 
contento  pro  continente,  hec  est  illa  nutrix  collegii  tan»  relebris  et  faniosi,  quod, 
veiud  alteruni  voluptatis  castissinie  l'aradisum,  sacris  plantariis  consituin,  agrum 
plénum,  cui  benedixit  Altissimus,  procul  dubio  dextera  Domini  coluit  et  plan- 
tavit.  Ad  quem  quidem  amenitatis  locum  pienius  irrigandum,  a  fonte  sapientie  in 
excelsis  habundanlcr  aque  vive  confluunt;  et  in  loco  confluentie  efliriunt  mare 
magnum,  a  quo  velud  per  diverses  aiveos  flumina  scientie  salutaris  ad  omnia 
mundi  ciimata  derivantur,  universamque  terrani  Christi  (idelium  inebriant  et 
fecundant. 

Cujus  felici  commercio,  regnum  Francie  pre  regnis  aliis  patet,  a  longuis  rétro 
temporibus,  evidenti  lumine,  tripbci  preeminentia  claruisse  que  tribus  personis  in 
Trinitale  Sancta  concurrentibus  attribuuntur,  potentia  scilicet,  sapientia  et  begni- 
gnitate  ;  et  per  hoc  in  se  babuisse  vestigium  Trinitatis  :  in  strenuitate  militum  po- 
tens,  in  clero  literarum  scientia  predito  sapiens,  et  in  ciementi  principum  begni- 
gnitate  begnignum''.  Quorum  medio  si  duo  destituantur  extrema  *',  concurrent, 
quoniam  potentia,  nisi  fuerit  sapientia  temperata,  in  presunq)tionem  prorumpit. 
se  ad  arrogantiam  extollendo;  begnignitas  insuper,  si  eadem  subfulta  non  fuerit, 
in  desolationem  dégénérât,  et  elFicitur  fatuitali  cognata.  Quapropler  utrique  sa- 
pientia est  nccessaria ,  sine  qua  neutra  illarum  virtutis  nonicn  obtinet  vcl  elTectum. 
Sapientia  vcro  nutritur  studio  literarum:  «juo,  quasi  fluvio  de  loco  deliciarum 
egresso,  non  solum  regnum  predictum  irrigatur  et  fecundatur,  perSpiritus  Sancti 
gratiam',  verum  et  Paradisus'*'  Ecclesie  generalis,  cujus  alveus  iila  civitas,  ymo 
civitatum  mater  et  domina  antedicta,  ex  eo  quod  générale  studium  ibidem  viguit, 
hactenus  noscitur  extitisse. 


<')  Frontin  parait  élre  le  premier  auteur  qui  oit 
employé  le  mot  tvmor  dans  le  sens  physique.  Le 
participe  lumorntvx  a  été  pris  depuis  dans  la  môme 
acception. 

''  Ce  mot  grec .  que  les  dictionnaires  classiques 
indiquent  comme  étant  d'une  latinité  douteuse,  a 
été  fort  usité  au  moyen  âge  :  après  L'Ipien .  on  cons- 
tate que  Arnould,  abbé  de  Bonvaux.  Florus. diacre 
lie  Lyon,  ainsi  que  les  auteurs  des  Vies  de  saint 
Gilbert  et  de  saint  Jacques  de  Tarantaise .  lont  em- 
ployé dans  le  sens  de  forte  chaleur. 

*''  M.   Henschel  cite  la  forme  Begninut  pour 


BenigHiu  dans  des  l^etlres  de  l'an  1 36i  ;  il  n«  donne 
pas  d'exemple  de  l'emploi  des  deux  g.  (  Voyez  Du 
Cange.  Gin*»,  mtd.  et  infm.  lat.  l.  I,  p.  638.) 

'-''  On  retrouve  dans  ce  moyen  (neAwn)  et  dam 
ces  extrêmes  (eitrema)  une  réminiscence  involon- 
taire des  trois  tennes  du  syllogisme. 

Le  mot  Paradisut,  employé  avec  une  alTecta- 
tion  marquée  dans  ce  paragraphe  ainsi  que  dans  les 
deux  préféflenis,  prépare  le  lecteur  à  la  singidière 
étymologic  qui  fait  le  fond  de  l'alinéa  suivant,  et 
qu'on  retrouve,  en  substance,  chez  la  plupart  des 
auteurs  de  ce  tem|>s. 


KLOGE  DE  LA  CITÉ  DE  PARIS.  25 

saintes  montajjnes'",  et  dépasse  les  autres  par  l'élévation  de  sa  science.  C'est  une  vallée, 
si  l'on  considère  le  calme  solennel  des  hommes  d'étude  qui  n'y  sont  ni  inquiétés  par  un  vent 
impétueux,  ni  exposés  aux  atteintes  excessives  du  chaud  et  du  froid.  C'est  une  plaine,  au 
point  do  vue  de  la  science,  car  on  y  emhrasse  d'un  coup  d'œil  le  monde  entier,  sans  l'in- 
terposition d'aucun  obstacle,  avec  d'autant  plus  de  clarté  et  d'évidence  que  l'intelligence 
dépasse  les  sens  matériels.  Et  pour  le  montrer  plus  manifestement,  en  citant  le  contenu 
pour  le  contenant,  c'est  la  nourrice  de  ce  collège  si  célèbre  et  si  connu '^'  qui,  comme  un 
autre  Paradis  de  très-chastes  délices,  semé  de  plants  sacrés,  semblable  à  un  champ  abon- 
dant, fertile,  béni  du  Très-Haut,  a  été  sans  aucun  doute  cultivé  et  planté  par  la  main  de 
Dieu.  Pour  arroser  plus  complètement  ce  lieu  de  délices,  des  eaux  vives  alïluent  abondam- 
ment de  la  source  de  la  sagesse  d'en  haut,  et  forment  au  confluent  une  grande  mer,  de 
la(pieile,  comme  par  dilTércnls  lits,  les  fleuves  d'une  science  salutaire  prennent  leur  cour» 
vers  tous  les  climats  du  monde,  où  ils  vont  enivrer  et  féconder  toute  la  terre  des  fidèles  du 
Christ. 

C'est  grâce  à  cet  heureux  commerce  que,  depuis  longtemps  dans  le  passé,  l'on  voit  le 
royaume  de  France  briller  au-dessus  des  autres  royaumes,  en  pleine  possession  de  la  triple 
supériorité  qui  est  attribuée  aux  trois  personnes  unies  dans  la  Sainte-Trinité,  savoir  :  la 
puissance,  la  sagesse  et  la  bonté.  Par  là,  il  porte  en  lui  l'image  de  la  Trinité  :  il  est  puis- 
sant par  la  valeur  de  ses  chevaliers,  sage  par  la  science  littéraire  de  son  clergé,  bon  par  la 
générosité  et  la  clémence  de  ses  princes"'.  Le  second  de  ces  attributs,  à  défaut  des  autres, 
les  réunirait  tous  deux,  car  la  puissance,  si  elle  n'est  tempérée  par  la  sagesse,  devient  de 
la  présomption,  en  s'élevant  à  l'arrogance;  et  la  bonté,  si  elle  n'est  clle-miîme  soutenue, 
dégénère  en  faiblesse  et  devient  voisine  de  la  sottise.  C'est  pourquoi  l'une  et  l'autre  ont 
pour  fondement  nécessaire  la  sagesse,  sans  laquelle  aucune  d'elles  n'a  ni  le  nom  ni  l'effet 
d'une  vertu.  La  sagesse  se  nourrit  de  l'étude  des  lettres,  qui,  ainsi  qu'un  fleuve  sorti  d'un 
lieu  de  délices,  arrose  et  féconde,  grâce  au  Saint-Esprit,  non-seulement  le  royaume  dont 
nous  parlons,  mais  encore  le  Paradis  de  l'Eglise  générale,  dont  celte  cité,  ou  plutôt  celte 
mère  et  maîtresse  des  cités,  est  connue  jusqu'ici  pour  avoir  été  le  berceau,  parce  que  l'en- 
semble des  études  y  a  toujours  été  en  honneur'*'. 


'"'  Il  est  évidemment  question  ici  de  iMoiil- 
(iiiirtrc  et  de  la  montagne  Sainle-Gdneviève,  que 
l'auteur  compare  aux  monts  de  Sion  et  du  fiol- 
gotha. 

'•'  Le  mot  collegium,  suivi  des  épitlièles  célèbre 
el/ttmosum,  [»arait  devoir  s'oppliijuer  à  la  Sor- 
boiiuo  fondée  vei-s  le  milieu  du  \ni'  siècle,  pour  de 
pauvres  étudiants  en  llii^ologie,  et  qui  ne  tarda 
pas  h  être  cond)lc'e  des  l'aveui-s  de  l'épiscopal,  ainsi 
que  des  encouragements  du  Saint-Sit'ge.  Le  Dicla- 
leur  appartenait  pcut-ôtre  h  celle  maison,  si  l'on 
en  juge  par  le  pompeux  éloge  qu'il  en  fait. 

'''  Ces  comparaisons,  qui  sont  dans  le  goAl  du 


lemp ,  nous  semblent  aujourd'hui  (étranges  et 
presque  téméraires.  Cependant  on  comprend  ces 
hardiesses  ihéologiques,  surtout  après  la  longue  luKe 
de  Philippe  le  Bel  et  de  iioniface  VIIL  L'auteur  pro- 
leste ici  contre  les  ftWIieuses  ini|)utatioDs  des  avocats 
de  la  Cour  de  Rome,  qui  avoient  fait  de  la  France 
un  assez  triste  tableau. 

<*'  Paris  et  ses  écoles  ont  rendu,  en  etTel.  les 
plus  grands  services  h  l'hglise.  Sans  |>arier  det 
papes  et  des  prélats  qu'ils  lui  ont  donnés,  mus 
citer  la  brillante  époque  de  saint  Bernard .  il  suffit 
de  rappeler  les  Ronaventure  et  les  Thomas  d'Aquin. 
(]ui  allèrent  porter  à  Rome  et  dans  le  monde  CD- 

•t 


26  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIfil.NAUX. 

Ad  cujus  siquideni  croationein  priinariam  loci,  sueque  siluationis  conlif^uratio- 
nem,  virtus  elementaris  vana  procul  dubio  fuisset,  nisi  tolius  armoiiie  celestis,  di 
vino  nutu  mediante,  concursus  intervenissel,  facieiis  in  re  nialeriaii  rem  celestem, 
a  Paradiso  parum  in  nomine,  et  si  non  re,  declinationeiii  dictam  Parisius.  0  mili- 
tantis  Ecclesie  civitas  admiianda,  quinyino  singuioruni  patria  tuli  refugii,  quis  te 
tali  titulo  nominis  insignivit,  ut  in  littera  vel  sillaba  discrepares  a  Paradisi  voca- 
bulo?Certe  non  tibi,  mater  amena,  sed  potius  inponenti'", cujus  lingua  fleumatis^ 
iniquo  pondère  turgens,  salis  expers,  munditie  tibi  nomen  pro  parte  cincopavit ''. 
Que  si  cum  epeiithesi  permutando  concurrereiil,  facile  Parisium  in  Paradisum 
converterent.  Cum  igitur  in  tuis  visceribus  habeas,  o  mater,  unde  tibi  inederi  po- 
teris,  barbarisme  precipere  digneris  super  premissis  permutandis,  cum  non  re, 
sed  solum  nomine  a  Paradiso  discrepes. 

Ofelix  vallisdeliciarum,  ad  quam  bona  cuncta  confluunta  mundi  finibus!  Docla 
legis  mistica  docens  et  predicans  tu,  quasi  vitis  fructiferans  suavitatem  odoris'*'; 
cujus  flores,  fruclus  bonoris  et  bonestatis;  pulcra  ut  luna,  elecla  ut  sol  '^'  ;  de  qua 
dici  poterit  et  merilo  :  tr Transite  ad  me  qui  concupiscitis  me'",  et  a  generationi- 
trbus  meis  adimplebimini.  Spiritus  enim  meus  super  mei  dulcis,  et  hereditas  mea 
«super  mel  et  favum.^  Quis  mente  captus  ponere  presumpsit  in  gradu  compa- 
rationis  aliarum,  cum  penitus  in  génère  discrepes,  que  potius  singulorum  ad  te 
veiud  matrem  confluentium  patria  (|uam  civitas  dici  mercris?  De  tuis  alumpnis 
esse  non  creditur,  quia  per  ingratiludinis  vitium  in  matrem  suam  committeret'^'. 
Quoniam,  et  si  feda  fores  prostibularia.  vel  ignominioso  quovis  nomine  fedata, 
quod  absit,  uteri  tui  germen,  sallem  si  legittimum  foret,  se  libi  opponere  non 
deberet;  quin  potius  ad  tui  nominis  defensionem  totis  viribus  aspirare. 


Modo  ita  est,  et  mundus  novil  universus  le  fore  mundam,  immaculatam  el 
tanquam  sine  ruga '*'.  De  qua  novies  commémorât  Ecclesia  0  admirative,  «fO  sa- 
pientia,Ticum  suis  sequentibus,  in  tantum  quod  qui  laudes  tibi  accumularc  nititur. 
solem  facibus  ignire  molitur  ad  luminis  incrementa.  ttinauo  de  tbrono  Domini. 

'•'  Sous-entendez  nomen.  I^  raol  mjtu  qui  suit  Du  Cangp.  édition    Heoscbel,  t.    VI,    p.    àyi.) 

rend  la  construction  barbare.  '•'  EcclentuOk.  c.  iiif ,  t.  a3  et  «qq. 

'*'  FleuiiM,   en   patois    picard  Jleume ,    dit    Du  ''  Can/w.  c.  vi,  v.  9. 

Gange;  c'est  une  forme  adoucie  du  latin  ou  plutôt  *'  Eeeksùutie.  e.  xxit.  v.  96. 

du  grec  ( (^Xéyiia).  P)  Cmmmttere .  employé  intransitivement , c'e*t-à- 


•''  Se  trouve  dans  Vegèce,  sous  la  forme  *yn-  dire  sans  complément,  dans  le  sens  Aeerimen 

copare;  on  le  rencontre  avec  lortliograplie  em-  mi/(«re.  (C<om.  de  Du  Gange,  suppl.  de Caqtentier, 

ployée   ici   dans  la    Vie   de   Henri   V.    roi  d'An-  t.  I,col.  ioA5.) 

ffleterre  (Elmliam),  chap.   \lviii,  p.   19.  (  Voyei  '''  Epitt.  ad  EjÀet.  c.  v,  v.  «7. 


laOGE  DE  LA  CITÉ  DE  l'AIilS.  27 

Quant  à  la  création  piiniilive  de  ce  lieu  et  à  la  confiijuration  de  son  site,  la  force  de» 
éléments  aurait  été  vaine,  si  le  concours  de  toute  la  céleste  harmonie  n'était  intervenu,  par 
l'action  de  la  volonté  divine,  pour  faire  d'une  chose  matérielle  une  chose  céleste,  ne  dif- 
férant que  fort  peu  du  Paradis  par  l'appellation,  puisqu'elle  n'en  diffère  pas  en  réalité,  Parié 
enfin,  nom  dérivé  du  mot  Paradis.  0  admirable  cité  de  l'Eglise  militante,  et  de  plus  patrie 
et  refuge  assuré  de  chacun,  quel  est  celui  qui  vous  a  décorée  d'un  nom  qui  ne  diffière  du 
mot  de  Paradis  que  par  une  lettre  ou  une  simple  syllabe?  Certes  ce  n'est  pas  à  vous,  douce 
mère,  c'est  à  celui  qui  vous  donna  ce  nom  qu'il  faut  reprocher  de  l'avoir  abrégé  en  partie, 
parce  que  sa  langue  trop  épaisse  et  trop  chargée  manquait  de  délicatesse  et  de  goût.  Si  ces 
lettres  étaient  modifiées  par  é[)cnthèse*",  on  changerait  facilement  Paris  en  Paradis.  Puisque 
vous  ave/,  ô  ma  mère,  au  fond  de  vous  même  de  quoi  guérir  ce  mal,  daignez  ordonner  à 
cette  langue  barbare  de  changer  les  lettres  dont  j'ai  parlé,  car  ce  n'est  pas  en  fait,  mai» 
seulement  par  le  nom,  que  vous  différez  du  Paradis. 

0  heureuse  vallée  de  délices  vers  laquelle  afiluent  tous  les  biens  des  extrémités  du 
monde  !  Vous  êtes  savante ,  puisque  vous  enseignez  et  proclamez  les  mystères  de  la  loi ,  comme 
une  vigne  qui  porte  pour  fruits  la  suavité  des  |)arfums.  Vos  fleurs  sont  des  fruits  d'honneur 
et  d'honnôlcté.  Vous  êtes  belle  comme  la  lune,  choisie  comme  le  soleil;  c'est  de  vous  que 
l'on  pourra  dire  avec  raison  :  «Venez  à  moi,  vous  tous  qui  soupirez  après  moi,  et  vous 
«userez  remplis  de  mes  générations.  Mon  esprit  est  plus  doux  que  le  suc  des  fleurs,  et  mon 
r  héritage  vaut  mieux  que  les  rayons  de  miel'-'.îi  Quel  est  riiomme  assez  dépourvu  de  bon 
sens  pour  vous  mettre  en  parallèle  avec  les  autres  villes,  vous  qui  différez  entièrement 
d'elles  par  le  genre,  et  qui  méritez  d'être  appelée  plutôt  la  patrie  que  la  cité  de  ceux  qui 
accourent  à  vous  comme  à  une  mère?  On  ne  supposera  jamais  qu'il  soit  un  de  vos  enfants, 
parce  ([u'il  commettrait  là  un  crime  d'ingratitude  envers  sa  mère.  En  effet ,  si  vous  étiez  une 
vile  courtisane  ou  une  femme  souillée  de  quelque  nom  infâme  (que  Dieu  nous  en  préserve!) 
ce  n'est  pas  au  fruit  de  vos  entrailles,  du  moins  s'il  était  légitime,  qu'il  conviendrait  de 
vous  en  faire  un  reproche  ;  mais  il  devrait  plutôt  concourir  de  toutes  ses  forces  à  la  défense 
de  votre  nom. 

Quoi  qu'il  arrive  pour  le  moment,  l'univers  entier  sait  (jue  vous  serez  toujours  pure,  sans 
tache  et,  pour  ainsi  dire,  sans  ride.  C'est  pour  vous  que  chaque  année  l'Église  fait  entendre 
neuf  fois  l'exclamation  admirative  0!"'  «0  science!»  et  la  suite.  Celui  qui  s'efforce 
d'accumuler  les  louanges  en  votre  honneur  ressemble  donc  à  l'homme  qui  prétendrait 
embraser  le  soleil  avec  des  flambeaux,  pour  augmenter  la  lumière  de  cet  astre.  Puissent, 

lier  la  science  qu'ils  avaient  recueillie  dans  les  écoles  <*'  A  partir  de  cet  endroit .  le  Ion  change  visible- 
do  Paris.  ment;  lëloge  fait  place  h  l'invective. 

'"'  Épentiièse,  (tternie  de  grammaire,  addition,  •''  1.68  grandes  antiennes  de  lAvent  commen- 

ff  insertion  d'une  lettre  ou  m<^nie  d'une  syllabe  au  mi-  cent  par  0,  et  sont  appelées  les  Olerie*.  Il  y  eo  • 

irliou  d'un  mot.i  (Liltré.)  Les  auteurs  latins  et  grecs  neuf  dans  le  ba'viaire  do  Paris,  sept  seulement  dans 

de  la  décadence  ont  fait  un  fréquent  usage  de  cette  le  bréviaire  romain.  On  les  chante  avant  et  apr^  le 

ligure,  qui  prAte,coninieon  le  voit,  au  ffl/ewiiour.  Les  Mngiiificiil.  C'est  une  sorte  de  dithyrambe  enl'hoo- 

beaux  esprits  du  moyen  âge  la  leui-  ont  empruntée.  neur  du  Messie. 


28  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX, 

juxta  Johaiinis  eulogium,  tonilrua  prodeant,  voces  et  fulgura  '",  et  de  cdcstis  ma- 
jestatis  preconio,  ad  terrendos  impios,  divine  salisfactionis  splendeat  gladius,  {;la- 
dius  divine  ullionis,  in  illum  qui  prefatuin  locum  benedictionis  et  gratie  Silvanecto 
compararc  velud  elTionsf-*  usurpavit;  qui  tantum  discrepat  a  Silvanecto  quantum 
Paradisus  a  silva  '. 

Si  Silvanectum  silve,  piata,  pascuc  et  cetera  circumstent  liujusmodi,  lus  potius 
locis  desertis  alestant  quam  in  [hujusmodi]  comniendationem  qualemcumque  re- 

ducentur;  nisi  silvam  sillogismis,  ranas  retlioribus,  prata 

Veteris  Novique  Testamenti  et  cetera litice'*'  se  coniparare 

présumât. 

Aliud  restât  memoria  dignum   quod,  in  comparatione  prefata,  locum  opti- 
neret  non  modicum,  ranarum  videlicet  copia  Silvanecti  vigcns  liinc  et  inde,  que 

multiplici  dissonnntia  per  tritonum  tonum et  cum  dyapente  tonuni  nec 

non  et  dyapason  cum  ditonot*',  per  arsim  cl  tliesim'"',  prêter  usuin  aliorum  mu- 
sicorum,  quasi  novo  mélodie  génère  recitando  fruuntur  :  que  dictam  civitateiii 
rcddunt  suo  judicio  commendabilem  forte.  Que  si  in  laudem  Silvanecti  recitata 
forent,  et  muscarum  collisioncm  inibi  confluentium  non  tacuisset,  mt^rito  fuisset 
admitlenda  commentatio.  De  preconiis  itaque  ncmorum,  cum  suis  unibris  delec- 
tabilibus,  ad  crines  et  cesariem  malris  prefatc  tam  preccise  tam<|uc  potcntis  ac 
decorem,  tanta  est  comparatio,  nisi  fallor,  quanta  caude  cque  fétide  regine  cri- 
nibus  aut  imperatricis.  Valeat  igitur  illa  aima  mater  Parisius,  amena  patria,  que 
parem  non  novit™  hactcnus  in  orbe,  nec  parificari  merctur  aut  mercbilur  in  sernia 
seculorum.  Amen. 


'■'  Apocal.  c.  XVI,  V.  18. 

''  Celte  expression ,  d'où  vient  évidemment  notre 
mot  effronté,  ne  se  trouve  que  dans  Vopiscus  et 
Alcimus  Avitus.  Le  moyen  âge  l'a  recueillie.  (  Voyer 
Du  Gange,  ddit.  HenscliH,  t.  III,  p.  1/1.) 

''  Jeu  de  mots  intraduisible  entre  Paritiu*  et 
Sikanectuiii ,  Paradisus  et  Sikn. 

'*'  Quoique  lenianuscritde  Vienne  n'indique  point 
ici  de  lacune,  ce  passage  est  évidemment  altéré;  il 
manque  un  mol  répondant  h  prata ,  de  même  que 
sillogisnm  et  rethoribu*  correspondent  h  tykam  et 
à  ranas.  Litice  semble  Aire  la  (in  d'un  adverbe. 

''  Il  ne  faudrait  pas  chercber  dans  ces  termes 
tecbniques  l'expression  seulement  d'accords  disgra- 


cieux IcU  que  peuvent  en  faire  entendre  les  gre- 
nouille. L'auteur,  par  plaisanterie,  a  accumule 
|>éle-m6le  le  triton,  le  tun  avec  la  quinte,  c'e«t-4- 
dire  la  sixte;  l'octave  avec  la  tierce,  c'est-à-dire  le 
dixii^me,  dissonances  et  conaonnance*.  pour  dire 
que  ceUe  nouvelle  esp^  de  musiciens,  dans  leurs 
accords  comme  dans  leur  mesure,  vont  au  hasard, 
sans  loi  ni  règle. 

*'  Arsi*,  temp  levé;  tketit,  temps  frappé. 

!''  Paris  sans  pair  :  «Cui  par  est  nihil  et  nibil 
-secundum."  Idée  qu'on  trouve  exprimée  sous  ces 
deux  formes  par  tous  les  auteurs  du  moyen  Age 
qui  ont  parlé  de  Paris.  (Voyei  S^ippl.  des  Antifùl. 
de  Paris,  de  Du  Breul,  iGSq,  p.  i.) 


ÉLOGE  DE  LA  CITÉ  DE  PARIS.  29 

du  trône  du  Scifjnour,  suivant  la  |)rophélie  de  Jean,  sortir  des  tonnerres,  des  voix  et  des 
éclairs!  Et  puissions-nous  voir,  à  la  gloire  de  la  cëlestc  majesté  et  h  la  terreur  des  impies, 
briller  le  glaive  du  châtiment  divin,  le  glaive  de  la  vengeance  divine,  sur  celui  qui  a  eu 
l'irnpudcnce  de  comparer  à  Sonlis  ce  lieu  de  bénédiction  et  de  grâce,  qui  diffère  autant  de 
Senlis  que  le  Paradis  d'une  forôt'". 

Si  Senlis  est  entouré  de  forôts,  de  prés,  de  pâturages  et  d'autres  lieux  de  ce  genre,  ce 
voisinage  atteste  plutôt  la  solitude  de  ce  pays  qu'il  ne  le  recommande  d'une  manière  quel- 
(•on{|ue;  à  moins  qu'on  ne  veuille  comparer  la  forêt  au  syllogisme,  les  grenouilles  aux 

rhéteurs,  les  prés de  l'Ancien  et  du  Nouveau  Testament,  etc.  . .  . 

(^Lacune  dans  le  texte.) 

Il  y  a  encore  une  chose  qui  mérite  une  place  remarquable  dans  le  parallèle  en  question, 
c'est  la  quantité  de  grenouilles  qui  vivent  çà  et  là  dans  Senlis,  et  qui,  par  leurs  nombreuses 
dissonances  sur  le  triton,  le  ton  avec  la  quinte,  l'octave  avec  la  tierce,  par  élévation  el 
abaissement,  contre  l'usage  des  autres  musiciens,  emploient,  pour  ainsi  parler,  un  nouveau 
genre  de  mélodie,  ce  qui  rend,  au  jugement  de  l'auteur,  cette  ville  fort  recommandable. 
S'il  avait  dit  tout  cela  à  la  louange  de  Senlis,  et  qu'il  n'eut  point  passé  sous  silence  la 
foule  des  mouches  qui  s'y  rassemblent,  on  aurait  dû  admettre  l'éloge  "'.  Quant  à  celui  des 
forêts  et  de  leurs  ombrages  agréables,  rapprochés  de  la  chevelure  et  de  la  beauté  d'une 
mère  si  grande  et  si  puissante,  c'est  la  même  comparaison,  si  je  ne  me  trompe,  que  celle 
des  crins  d'une  mauvaise  jument  avec  les  cheveux  d'une  reine  ou  d'une  impératrice.  Donr 
vie  et  prospérité  à  Paris,  à  celte  illustre  mère,  à  cette  douce  patrie,  qui,  jusqu'à  présent, 
n'a  point  connu  d'égale  dans  le  monde,  qui  mérite  et  méritera  de  n'en  avoir  jamais  dans  lo 
siècles  des  siècles.  Ainsi  soit-il. 


'■'  Sous  cette  discussion  futile  en  apparence,  où 
la  gravité  des  paroles  et  des  menaces  paraît  hors 
de  toute  proportion  avec  tes  intërt^ts  en  jeu,  il  se 
cache  manifestement,  ainsi  que  nous  l'avons  fait 
pressentir  dans  la  Notice,  un  dëbat  beaucoup  plus 
sérieux.  Circonstance  singulière,  et  que  le  lecteur 
ne  nuuKjuera  pas  de  remarquer,  c'est  que  le  seul 
endroit  des  deux  Eloges  qui  présente  une  lacune 
est  précisément  celui  oià  le  Dictateur  semble  avoii- 
voulu  se  démasquer.  Il  est  bien  permis  de  consi- 
dérer celte  lacune  comme  nue  suppression  faite 
après  coup. 

''  En  se  plaçant  dans  l'onlrc  d'idées  qu'indique 
la  noie  précédente,  ne  peut-on  pas  supposer  que 
Senlis,  où  s'était  réfugié,  saus  doute  avec  quelques 
amis,  le  défenseur  du  pouvoir  temporel,  repi"ésen- 
lait ,  aux  yeux  du  Dictateur,  les  doctrines  niâmes  qui 
avaient  amené  In  fuite  de  Jean  de  Jandun,  tandis 


que  Paris,  maintenu  par  la  Sorbonne  dans  les  .saines 
idées,  et  ayant  conservé  ses  docteurs  orthodoxes, 
personnitiait  les  vTais  principes?  L'hypoliièse  n'est 
pas  sans  vraisemblance,  quand  on  songe  aux  sin- 
gulières habitudes  de  style  dont  ces  deux  Éloges 
nous  donnent  de  si  fréquents  exemples,  et  qu'on  se 
demande  ce  que  jieuvent  *tre  ces  "grenouilles''  et 
ces  <r mouches"  qui  abondaient  alors  k  Senlis.  Le 
Dictateur,  qui  parlait  à  mots  couverts,  ëlait  sans 
doute  fort  bien  compris  par  ses  lecteurs ,  qui  savaient 
de  quelles  mouches  et  de  quelles  grenouilles  on  leor 
parlait.  L'explication  que  nous  hasardons  rend  peut- 
être  moins  étranges  le  ton  im|>éneux  du  DIrtaiew 
et  les  menaces  qu'il  accumule  sur  la  iHe  du  rtH'ugié 
de  Senlis.  L'éloge  de  Paris,  au  lieu  d'être,  comme 
il  l'est  aujounl'hui  pour  nous,  le  fond  même  de  la 
question,  n'était  alors,  selon  loule  apparence .  que 
VeJtèrieur  du  ilébat. 


>  ' 


DEUXIEME   ELOGE. 


32  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAIX. 


II. 

TRACTATLS 

DE    LAUDIBUS    PARISIUS. 


INCIPIT  PROLOGCS  171  TRACTATUM  DE  LAUDIBUS  PAIIMUS. 

proiogu,  Benedicla  sit  illa  divine  Providentie  ineffabilis  cternitas,  «jue  michi  digiiata  fuit 

illud  ordinare  propositum,  ni  Silvaneclcnsium  loconim  amenitalcs  pro  viribus 
conscriberem ,  et  eorum  preconia,  per  que  sui  crealoris  magnificentia  recognos- 
citur,  non  tacerem!  Ex  istorum  enim  prospectu,  utinan»  benivoloet  ad  intentionis 
mee  sinceritalem  directo,  quidam  vir  facundus,  queni  Deus  rustodiat  et  dirigat, 
motivum  sumpsisse  videtur  ad  illani  precelsam  et  gloriosissimam  turmam  virorum 
sublimium,  que  valleni  Parisiensem  bealilicat,  collaudandam.  Ego  autem  illorum 
laudes  et  honores  lanto  viscerosius  aiïecto  peruniversi  orbis  circuitum  proniulgari. 
quanto  sapientie  eorum  salutifera  dogmata,  quantum  in  ipsis  extitit,  me  phiioso- 
phicis  nolitiis  inslruxerunt. 

Verum  quia  vir  pretactus,  quem  Deus  custodiat  et  dirigat,  ad  enarrandam  gra- 
tiam  Parisius,  ad  cujus  descriptionem  non  sulFicerent  omnes  lingue,  nonnisi  ex 
quibusdani  universalibus  que  nicbil  cnovent  aut  modirum,  et  ex  aliquibus  simi-^ 
litudinibus  methaphoricisque,  elsi  aliquaiiter  obicclant  animum,  paucis  tamen  aut 
nullis  quietant  certitudinibus  intellectum;  et  rursus  ex  nonnullis  verbis  commu- 
nibus  aliunde  collectis  consliluil  suum  opus;  eaproptcr,  invocato  primitus  Dei 
auxilio,  ad  gloriam  magnificentie  regni  Francorum ,  cujus  principativum  locum, 
utpote  médium  ('',  vel  quasi,  tenet  urbs  inclita  Parisius,  proposui  aliqua  colligere 
per  que  virorum  sludiosorum,  quorum  generosos  animos  in  Parisiensi  studio  labor 
nutrit,  ex  ipsorum  propriis  operibus,  interne  dignitates  aliquaiiter  elucescent.  Et 
ut  copiosior  sit  iste  libellus,  reliquorum  bonorum  gênera  (juibus  illa  fccundissima 
parens  Parisius  urbes  supergredilur  universas,  prout  michi  Deus  concesserit ,  pro- 
paiabo. 

'*'  Le  mot  médium  a  élé  ajouté  par  le  manuscrit  pas  au  ceiitn-  du  royaume;  mais  le  jeune  mo- 
de Vienne.  On  ne  peut  guère  donner  à  celle  ex-  narque  avait  l'esprit  entreprenant,  et  Jean  de  Jan- 
pression  qu'un  sens  gi'ographique ,  avec  celte  dis-  dun.  qui  fait  de  lui  un  ma[piif)que  éloge  (p.  60-69 
tinction,  toutefois,  qu'il  s'agirait  alors  de  la  Gaule  et  6ii),  voulait  peut-être,  en  plaçant  habilement  le 
sous  Jules  César  ou  de  la  France  sous  Charie-  mot  médium ,  lui  suggérer  l'idée  de  reculer  les  fron- 
magne.  .4u  temps  de  Charles  le  Bel ,  Paris  n'était  tières  de  son  empire. 


TRAITE  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  33 


II. 

TRAITÉ 

DES    LOUANGES    DE    PARIS. 


ICI  COMMENCE  LE  PROLOGUE  I)U   TRAITE  DES  LOUANGES  DE  PARIS. 

Bénie  soit  l'ineffable  éternité  de  la  divine  Providence,  qui  a  daigné  in'inspirer  le  projet 
de  décrire,  suivant  mes  forces,  les  agréments  du  pays  de  Senlis,  et  de  faire  l'éloge  de  ces 
lieux  qui  révèlent  la  magnificence  de  leur  créateur'"!  C'est, en  effet,  la  lecture  de  cet  éloge 
(Dieu  veuille  qu'elle  ait  été  faite  avec  un  esprit  bienveillant,  sachant  reconnaître  la  sincé- 
rité de  mes  intentions!)  qui  semble  avoir  fourni  à  un  homme  éloquent  (que  Dieu  gard«* 
et  conduise!)  un  motif  pour  louer  cette  phalange  illustre  et  glorieuse  d'hommes  éminents 
qui  font  le  bonheur  do  la  vallée  de  Paris '^'.  Quant  à  moi,  j'ai  d'autant  plus  à  cœur  de  ré- 
pandre par  tout  l'univers  leurs  louanges  et  leurs  titres  de  gloire,  que  les  enseignements 
salutaires  de  leur  science  m'ont,  autant  qu'il  a  été  en  eux,  mieux  pourvu  de  connaissances 
philosophiques. 

Mais  puisque  la  personne  dont  j'ai  parlé  (que  Dieu  la  garde  et  la  conduise!)  n'a  employé, 
pour  retracer  les  agréments  de  Paris,  à  la  description  duquel  ne  suffiraient  pas  toutes  les 
langues  du  monde,  que  des  généralités  qui  ne  nous  touchent  que  peu  ou  point,  certains  rap- 
prochements et  certaines  métaphores  qui,  tout  en  récréant  quelque  peu  l'esprit,  ne  donnent  à 
l'inlclligenceni  une  certitude,  ni  un  repos  complet;  puisqu'il  a  composé  son  ouvrage  de  quel- 
(jues  lieux  communs  recueillis  chez  autrui  ,j'ai  cru  devoir,  de  mon  côté,  après  avoir  invoqué  le 
secours  de  Dieu,  et  pour  la  plus  grande  gloire  du  royaume  de  France,  où  l'illustre  ville  de  Paris 
tient  la  première  place,  en  occupant  à  peu  près  le  centre  du  pays,  entreprendre  de  recueillir 
(juclques  traits  qui  fassent  briller  quelque  peu,  par  leurs  œuvres  mêmes,  les  mérites  cachés  des 
hommes  d'étude  dont  le  travail  nourrit  les  généreuses  intelligences  dans  l'Université  de  Paris. 
Kt  pour  enrichir  ce  petit  livre,  je  ferai  connaître ,  autant  que  Dieu  me  le  permettra,  les  autres 
genres  de  biens  par  lesquels  Paris,  cette  mère  féconde,  surpasse  toutes  les  autres  villes. 

<"'  Au  début  de  ce  Iraild,  nous  croyons  devoir  '*'  L'auteur  ménage  en  npjMirence  le  Dictaient 

prt?venir  le  lecteur  dos  liahitudcs  de  style  qu'il  y  auquel  ilrëpond,et  les  nombreux  adversaires  qu"il 

l'cncoiilrcrn  ;  l'auleur  se  complaît  dans  l'imitation  a  laissés  h  Paris.  Il  a  soin  de  dire  que  toute  la 

des  tournures  et  dans  l'emploi  des  mots  de  la  lan-  science  uni versiUiire  n'a  |>as  ëroigré  avec  lui ,  et  que 

gue  tliéolo(ji(|ue  et  liturgique.  La  premii're  phrase  les  liommes  instniils  abondent  à  Paris.  Il  pousse 

de  son  ouvrage  est  calqui'e  sur  une  iènédictwii  (pi'on  nu^me  la  modestie  jusqu'à  se  dire  l'élève  de  ceui 

rt^cite  à  Vêpres.  qui  le  rappellent  si  durement  aux  convenances. 


3/,  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Ainplius,  quia  vir  ille,  fortassis  non  ex  sua  consideralione  propria,  sed  ex  in- 
competenli  relatione  quoiumdam,  michi  faiso,  nolo  dicere  mentiendo,  videtur 
imponere  quod  civitatem  Silvanectenseni  supra  faniosain  multitudincm  Parisien- 
sium  incolaruni  niagiiificare  presumpsi  (non  dico  quod  absit,  sed  quod  abest  et 
jibfuit  et  aberil  in  eternum),  idcirco  compulsus  suni  illius  opusculi  mei  verba 
propria  post  hujus  negocioli  coniplemenluna  subjungere,  eaque  ilii  diclatori  et 
ceteris  quibus  videre  placebil  offerre,  ut,  si  in  illis  verbis  clausulam  quamquain 
excessum  Silvanecti  supra  Parisius  innucnlem  prospexerit,  illam  micbi  per  ver- 
bonim  propriorum  scripturam  ostendat'".  Ego  autem  paraluni  me  cxhibeo,  sine 
cujusbbet  contradictionis  obslaculo,  eam  proi-sus  abraderc,  et  de  lapsu  qui,  si 
appareat,  ex  inadvertentia,  Deo  testante,  accidit,  penitere.  Si  vero  nichil  taie, 
sed  soluni  et  absolutum  veritatis  tesliraonium  de  Siivanecti  iaudibus  invenerit, 
rur  nie  cedit!'''? 

Adhuc  autem  |)ropono,  iilo  favente  cujus  inelTabilis  intuitus  cuncta  perlustrat, 
salis  patenter  concludere  quod,  in  carta  predicti  viri,  quatuor  de  gravioribus  incon- 
venientibus  sunt  inclusa.  Erunt  igitur  in  isto  tractatu  partes  quatuor  princi|)ale8, 
<[uarum  prima  erit  de  iaudibus  studii  Parisiensis;  sccunda,  de  quibusdam  ceteris 
Parisiensibus  eminentiis;  terlia,  de  inconvenientibus  predidi  dictatoris;  quarta,  de 
utililalil)iis  Silvanecti. 

PRIMA  PARS. 

CAPITULUM   PRIMUM. 

OK  LAUDK  STCDU  PARISIENSIS,  PRIMO  QLANTl'll  AD  FACULTATEM 
PHILOSOPHIE  SBU   ARTIUM  "). 

i-tRTioiLA  pnivt.  Iiicipiens  ita(|ue  a  génère  bonorum'**  honorabilitate  atque  dignilale  prioruin, 
inconZTnr  dico  quod  in  urbe  urbium  Parisius,  in  vico  vocalo  Slraminum.  non  solum  septem 
artes  libérales  exercitantur,  sed  et  totius  pliiiosojdiici  luininis  jocundissiina  clari- 
tas,  veritatis  sincère  dilTusis  radiis,  animas  sui  capares  illustrât.  Ibidem  quoque 
pbilosophici  nectaris  suavissima  fragrantia  tam  subtilis  diiïusionis  susceptivos  oi- 
factus  obleclat.  Quippe  divinorum  j)rincipiorum  inagnalia.  nature  sécréta,  aslro- 
lARTiciLA  iiv      logia,  mathcmatica,  virtuturaque  moralium  salubria  média  inibi  j>ropalanlur.  Ibi 

Do  ptitlosophi.1  .•  ,•  .....  i|.  1  'I'* 

i«iniinic.iiaii>n.      etcumi  coiilluunt  magistri  ydonei,  qui  non  solum  logices  .sed  et  totius  adinini- 

'''  Mirhel  Denis,  qui  avait  fait  une  «^tudepai-ticu-  "Iractatuni  adoniavit.  illa  insuper  ralione  motus, 

licre  des  deux  Éloges,  en  motive  ainsi  la  compo-  irquod aller vindicias  suas ronstiluil.  nonnisi  ex  qui- 

sition  :  trFecerat  id  noster  (Jean  de  Jandun),  et  trhu8daniuniversaiibu8,etr.-(^/N/.  nKiiiM«(rr)>(ifAm- 

itsuo  Sylyanecti  elogio  commoverat  tiniiii ,  ut  ail  Ing.  liibl.  Pnlal.  I  jWoA.  t.II.  i'part.rol.  i048.) 

ffncundum,  ad  concinnandas  Parisioruni  veluti  vin-  *'  t  Quia  me  ctrdiiT^  Joanii.  wni,  a3. 

tdicias,  quibus  caussabatur  noslruni  bujus  nrbis  ™  Seu  artium,  ajoulc  parle  ras.  de  \iennc. 

Tglori,T  quodani  modo  detraxisse.L't  igitur eioslen-  '"  lionorum,  indispensable   pur  le  sens,   est 

«ciernt  ncquaquam  ea  se  mente  fuisse,  praesentem  donné  seulement  par  le  ms.  de  Vienne. 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  35 

Do  plus,  comme  cet  homme,  non  sans  doute  d'après  un  examen  personnel  de  mon  ëcril, 
mais  sur  le  rapport  malveillant  de  quelques  individus,  me  veut  imputer  par  erreur,  je  ne  di» 
|)oinl  par  mensonge,  la  prétention  que  j'aurais  eue  de  cék'brer  la  ville  de  Senlis  et  de  la 
mettre  au-dessus  de  Paris,  cité  fameuse  par  la  multitude  de  ses  habitants  (je  ne  dis  point  : 
puisse  cela  n'être  pas!  mais  cela  n'est  pas,  n'a  pas  été  et  ne  sera  jamais),  j'ai  donc  été  porté 
à  ajouter  à  ce  petit  travail  les  termes  mêmes  de  mon  opuscule,  et  à  les  offrir  à  ce  Dictateur  cl 
à  tous  ceux  qui  voudront  voir  cet  écrit''',  afin  que,  s'ils  y  trouvent  une  expression  quel- 
conque d'où  résulte  une  certaine  prééminence  de  Senlis  sur  Paris,  ils  me  la  montrent  par 
le  témoignage  écrit  de  mes  propres  paroles.  Quant  à  moi,  je  me  tiens  prêt,  sans  opposer 
d'obstacle,  sans  faire  aucune  objection,  à  effacer  entièrement  ces  mots,  et  à  regretter  une 
faute  qui,  si  elle  se  rencontre,  est  arrivée.  Dieu  m'en  est  témoin,  par  inadvertance.  Que 
s'il  ne  trouve  rien  de  tel ,  mais  le  simple  et  exact  témoignage  de  la  vérité  sur  l'éloge  de 
Senlis,  pourquoi  m'attaqu{3-t-il  ? 

Je  me  propose  encore,  avec  la  grâce  do  celui  dont  l'ineffable  regard  embrasse  toutes 
choses,  de  montrer  que  dans  la  lettre  de  la  personne  susdite  se  trouvent  quatre  graves 
inconséquences.  Il  y  aura  donc,  dans  ce  traité,  quatre  parties  principales,  dont  la  première 
sera  l'éloge  de  l'Université  de  Paris;  la  deuxième  traitera  de  certaines  autres  supériorités 
de  Paris;  la  troisième,  des  inconsé<|uences  du  susdit  dictateur;  la  quatrième,  des  agré- 
ments de  Senlis. 

PREMIÈRE    PARTIE. 


CHAPITRE  PREMIER. 

DE   L'ÉLOGE  DE  L'ONIVERSITÉ  DE  PARIS,   ET,   EN   PREHIER   LIEU,   DE  L*   PACCLTÉ 


DE   PIIILOSOPIIIE  OlI  DES   ARTS. 


En  commençant  par  le  genre  de  biens  qui  est  le  premier  en  honneur  et  en  dignité,  je  S  i 

dis  que  dans  la  ville  des  villes,  à  Paris,  dans  la  rue  dite  du  Fouarre'*',  non-seulement  on  „ 
enseigne  les  sept  arts  libéraux,  mais  que,  de  plus,  la  clarté  très-agréable  de  toute  lumière 
philosophi(jue,  répandant  les  rayons  de  la  |)ure  vérité,  illumine  les  âmes  capables  de  la 
recevoir.  Là  aussi  l'odeur  la  plus  suave  du  nectar  philosophique  réjouit  l'odorat  apte  à  re- 
cueillir une  émanation  si  délicate.  Les  merveilles  des  principes  divins,  les  secrets  de  la 
nature,  l'astrologie,  les  maihématiqueset  les  ressources  salutaires  que  procurent  les  vertus 
morales  y  sont  dévoilés  aux  regards.  Là  se  réunissent  en  foule  de  savants  maîtres  qui  en- 


'''  Jean  de  Jandun  explique  parfailcment  pour-  core  anjounlliui;  elle  est  silutV  dans  le  rinquièow 

quoi  il  a  joint  l'Éloge  de  Paris  h  celui  de  Senlis,  et  arromlissenient .  quartier  Saint-Jacques,  rominence 

coinnicnl  il  a  eu  In  |)(Mist%  de  donner  îi  son  (cuvre  ii  In  rue  île  In  Bùrheric  et  linil  à  la  rue  Gtiamit.  On 

1(1  foririe  d'une  ciiculaiie.  peut  voir  i e  (|ui  a  été  dit  sur  le»  écoles  de  la  me 

*''  La  rue  du  Fouarre ,  où  se  tenaient  le»  cours  des  «lu  Fouaire  dans  l'article  de  M .  J.  V.  Le  Clerc ,  que 

deux  Farullt%  de  théologie  et  des  nrls,  existe  en-  nous  avons  signale  plus  haut. 


Dtli 


PAKTICILA    III 

[U'  pliilosophiii 

naluralibuA. 


l'AItTICiLA  n  . 
Il>'  philosophis 
inctaphisicis. 


l'AIITIClLA  \  . 
I)i'  pliilosopilis 
uuthcmattciK. 


3G  DOCUMENTS  ET  ÉCHITS  OHIGINAL'X. 

culative  partis  documenta  premittunt  <'>.  Ibi  siquidem  vigent  dodores  insignes 
qui  et  naturarum  inferiorum  celestiumque  virtutum  arcliana  exercilatc  mentis 
velocitate  percurrunt,  et  eo  ampliores  conditori  nature  gratias  agunt,  quanto  non 
solum  eam  ex  ea  parte  prospiciunt  que  publica  est,  sed  cum'*'  secreliora  ejus 
inlrarunt.  Adhuc  autem  ibidem  glorificantur  sapientes  excelsi  qui  de  principiis  a 
niotu  et  inagnitudine  separatisî»,  que  intelligentias  vocant,  utrunque  scrutantur 
occulta,  scientes  bcnc  quod  ratio  non  irapletur  manifestis;  major  enim  et  pul- 
chrior  ejus  pars  in  occultis  est'*'.  Amplius,  nonne  dogmatizatur  in  vice  philoso- 
phie infaliibilist^*'  et  incontradicibilis  doctrine  mathematice  certitude,  per  quam 
numerorum  et  figurarum,  lam  secundum  se  quam  per  célestes  magnitudines, 
sonos  armonicos  ac  visuaies  radios  contractorum ,  mirabilia  accidentia  indicantur'*'? 


rlRTICULA  Vl'. 

iîua-  <-st  adminiculalivu 

aitronomie 

cl  atlrologjp. 

l'AnTlCI  LA   «II*. 
Ite  plùlosophiii 


0  {doriosissime  Deus,  quantam  fecisti  humane  créature  tui  amoris  notitiani. 
cum  eidem  celestium  motuum  per  te  statutas  peryodos,  dislancia»  centrorum. 
magnitudines  orbium,  situs  polorum,  Signorum  virtutes  ac  Planetarum  dignitates 
innotescere  prebuisti!  Rursus  j)hilosophie  moralis  directio  gratiosa,  per  quam 
iinius  hominis  regimen  in  se  ipso  melioratur,  et  domestice  multitudinisdispensatio 
prospcratur,  totiusque  civilis  pluralitatis  optimus  ordo  distinguitur  ab  aliis,  et 
docetur  per  sua  convenientia  princij)ia  conservari.  Nonquid'''  ex  illo  sapicnlie 
salutaris  indeliciente  fluvio  hauritur,  ut  soiet? 


PIRTICUU  VIII  . 

la  qua  auctor 

se  excusât 

(le   iinn   ulleriori 

rommendatione 

philosnphoruni. 


Hec  itaque  pro  Facultatis  artium,  quin  mio  philoso|)hie,  laudibus  ad  presens 
collegisse  sufTicint'")  :  qui  enim  anq)liorem   tractatum  de  specialibus  hujus  agri 


'"'  Maîtres  qui  enseignent  les  ëlëments,  comme 
la  {[rammaire ,  la  rliélorique  et  toutes  les  connais- 
sances préparant  à  i'dtude  de  la  logique  et  des 
mitres  sciences. 

'*'  Ainsi  porte  le  texte  ;  il  semble  qu'il  faudrait 
plutôt  scdenim,  ou  W  etiam;  mais  l'auteur  a  voulu 
rappeler  la  phrase  de  Sénèque  :  "Equidem  tune 
^rnaturte  reruni  gratias  ago,  qiium  illam  non  ab 
'Iiac  parte  video,  qua»  publica  est,  sed  quum  se- 
«Tcretiora  ejus  intravi.i  tQuœiil.  nalur.  I,  pra;f.) 
Seulement  le  philosophe  chrétien  substitue  à  l'ex- 
|)ression  miturœ  rerum,  qui  rappelle  Lucrèce  et 
loute  l'école  d'Épicure,  les  mots  coniitori  nalurtr , 
qui  excluent  toute  idée  d'athéisme. 

'''  Par  ces  expressions,  il  faut  entendre  les  prin- 
cipes immobiles  et  iticletidm ,  c'est-îi-dire ,  abstrac- 
tion faite  du  mouvement  et  de  l'étendue. 

'''  Voici  la  phrase  entière,  telle  que  Sénèque  l'a 
écrite  :  ffQusedam  aperta  sunt,  qusedam  obscura; 


•'a\teria  que  seimu  compreliendiintur,  (pie  ineiiio- 
"ria;  obociira,  que  extra  liée  sunt.  Ratio  autetii 
rrnon  implelur  manifestis;  ninjor  ejus  pars  pui- 
-chriorque  in  occultis  est.»  (Senec.  Kpùt.  90.) 

*''  Leçon  du  manuicrit  de  Vienne,  préférable 
à  ineffabitit ,  du  manuscrit  de  Paris,  quoiqu'elle 
donne  un  sens  encore  très-prétenlieux.  1^  philoso- 
phie scolastique  était ,  en  eiïct ,  fort  loin  de  l'infail- 
libilité; l'expression  suivante  MroNlnii»n'^'/i« ,  appli- 
quée aux  mathématiques,  science  de  déduction  pure, 
est,  au  contraire,  de  la  plus  |>arfaitc  exactitude. 

'*>  M.  Cliaries  Jourdain .  qui  a  bien  \  oiilu  revoir 
les  épreuves  des  Deux  Éloges  et  nous  indicpier 
d'utiles  corrections,  pense  qu'il  faut  lire  eontracin- 
Inrum  ou  conlrectalorum ,  dans  le  sens  de  manier 
avec  soin,  étudier  attentivemenl. 

''>  Pour  numquid,  dans  le  sens  de  tumut. 

'*'  Sujieiat,  ms.  de  Vienne.  Le  manuscrit  de 
Paris  donne  tujiciant. 


s  3. 

Dm  fliiliiinhi 


Dn 


De  l'Mir 

4(  l'M»ral«git . 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  37 

soignent  non-seulement  la  logique,  mais  encore  toutes  les  connaissances  qui  préparent  aux 
sciences  plus  élevées.  Là  fleurissent  d'illustres  docteurs  qui  parcourent,  avec  la  rapidité 
d'un  esprit  exercé,  les  mystères  des  natures  inférieures  et  des  vertus  célestes,  cl  qui  se 
monlrenl  d'autant  plus  reconnaissants  envers  le  créateur  de  la  nature,  qu'ils  ne  la  regardent 
j)as  du  côté  où  elle  est  visible  à  tous,  mais  qu'ils  en  ont  pénétré  les  profondeurs  les  plus  s  i 

cachées.  Là  encore  se  voient  dans  leur  gloire  des  sages  éminents  qui  s'appliquent  à  l'étude 
des  principes,  abstraction  faite  du  mouvement  et  de  la  dimension,  que  l'on  appelle  intelli- 
gences, et  qui  en  sondent  les  profondeurs,  sachant  bien  que  l'évidence  n'est  pas  le  fait  de 
la  raison ,  mais  que  la  plus  belle  et  la  meilleure  part  de  celle-ci  reste  cachée.  Enfin  n'est-ce 
pas  dans  cette  rue  que  sont  démontrés  les  résultats  certains  d'une  philosophie  infaillible  et 
d'une  science  mathématique  incontestable,  qui  indique  les  merveilleuses  rencontres  des 
nombres  et  des  figures,  soit  considérés  en  eux-mêmes,  soit  appliqués  aux  grandeurs  cé- 
lestes, aux  sons  harmoniques  et  aux  rayons  visuels'". 

0  Dieu  très-glorieux ,  quelle  idée  vous  nous  avez  donnée  de  votre  amour  pour  les  hommes.  s  r, 

en  leur  fournissant  les  moyens  de  connaître  les  périodes  fixées  par  vous  aux  mouvements 
célestes,  les  dislances  des  centres,  la  grandeur  des  mondes,  la  situation  des  pôles,  les  vertus 
des  Signes'*,  l'ordre  et  les  rangs  des  Planètes!  Que  dire  ensuite  de  la  philosophie  morale, 
guide  aimable  à  l'aide  duquel  l'homme,  considéré  isolément,  se  perfectionne  dans  sa  con- 
duite, puis  introduit  une  heureuse  économie  dans  sa  nombreuse  famille,  et  distingue  enfin 
entre  tous  les  systèmes  le  régime  le  meilleur  pour  l'ensemble  des  citoyens,  en  même  temps 
qu'il  apprend  à  le  maintenir  par  les  principes  qui  lui  conviennent'"?  Ne  vient-on  pas, 
sqIou  la  coutume,  puiser  dans  ce  fleuve  inépuisable  de  salutaire  sagesse? 

Qu'il  nous  suffise,  pour  le  moment,  d'avoir  réuni  ces  traits  pour  l'éloge  de  la  Faculté  s  8 

des  arts  ou  de  philosophie'*'.  Celui  qui  désirerait  un  traité  plus  détaillé  sur  les  fruil.s         ''' 

'''  Ces  périphrases  servent  à  désigner  l'aslronr}-  rrques'y  donnaient  depuis  longtemps  les  controverses 

mie,  la  imisiqtifi  et  l'opliqiie.  "de  pnre  |(hilosopliie  avait  pivpart?  les  esprits  i 

'*'  I>"iuitcui'  vtuil  [)ail('r  ici  des  vertus  et  de  l'in-  iriine  liberlé  non  moins  grande  dans  les  questions 

(luence  que  l'on  attribuait  au  moyen  Age ,  et  même  irde  gouvernement.  Nous  savons  quelles  pens«^ 

!)eaii('oii|)  plus  lard,  niix  douze  Sij[rios  du  Zodiacpie.  rrhordies  on  y  recueillait  vers  l'an  iSoy,  aux  leçons 

I/aliiianucli  des  lirrjjors,  les  almanachs  de  Lit'ge,  irdu  philosophe  Sigcr  sur  la  |>olilique  d'Aristnte. 

de  Mathieu  Laenshorgli  el  autres  livres  populaires  irQuinze  ans  après,  on  y  allait  chercher  encore. 

du  nit^inn  goiirp,  donnent  à  cet  (^gard  les  plus  sin-  «ainsi  que  nous  l'apprend  Jean  de  Jandan.(/aiM/M 

guliiTS  n'nscignetnctils.  (V^oyez  lo  lonie  1"  d'un  eu-  «cours  de  philosophie  morale,  datu  un  feutt  iiifpm- 

ricux  ouvrage  intitulé  llinloirc  des  livres  populaires  rrsnhle  de  salutaire  sagesse,  les  pritieipes  du  pfifee- 

OM  de  la  lillérature  du  colportage,  par  C.  Nisard,etc.  ir  tionnement  de  soi-même,  de  l'économie  domestique  et 

Paris,  i8f)4,  a  vol.  in-iQ.)  rde  la  meilleure  administration  d'un  Etat.  Ceux  qui 

'''  Cet  enseignement  constituait  ce  qu'on  appel-  itprésidaienl  à  ce  libre  enst'ignenicnt .  attesté  par  les 

lerait  de  nos  jours  un  cours  d'économie  |)olitif|iie.  "auditeurs,  furent  ap|>clés.  dans  les  tem|>sde  Iroa- 

Voici  en  quels  lormes  V.  Le  Clerc  le  qualifie  :  ffl>es  tbles,  h  délibérer  sur  les  aiïaircs  de  leur  p>ys-* 

ffmali('rcsp»lili(pirs,  dèsqu'eilesfurenl  entrées  dans  {Hisl.  litt.  de  In  France,  t.  XXIV,  p.  960.) 
(rlesdiscussionsphiiosophiquesdelarueduFouarre,  '''  La  Faculté  des  arts  orcupe  le  premier  rang 

irne  tardèrent  pas  à  faire  quelque  bruit.  La  liberté  dans  l'écrit  de  Jean  de  Jandun ,  ainsi  que  dans  l'an- 


acr  im  |*iT«ii>tw. 


PARTICILA  PRIMA. 

De  niagistri^ 

se  II 

<liM-lorihu9  in  theologia. 


PAItTICLLA  I)  . 

De  lectoribufi 
Sfnlenciarum. 


PARTICtU  m  . 

De  cerUmint' 

iiitellf^luali  Icclnritrn 

théologie . 

in  qiiQ  e^emplirnl 

i|p  tribus  nolabilibiis 

f]nf^lioiiil»us. 


38  DOCLMENTS  ET  ÉCRITS  OHIGINALX. 

fertiiissimi  fructibus  cxpeleret,  sibi  ipsi  quodain  mo«lo  negarel,  juxUi  illud"    ; 
(t  Sibi  ipsi  negat  qui  quod  difliciie  est  petit,  -n 

CAPITLLUM    SECUNDUM. 

DE  LAl'DIBVS^')  THEOLOGOBl'M. 

In  vico  quietissimo  noininato  Sorbone<'>,  nec  non  in  religiusorum  duinibus 
valde  niuitis,  admirari  poteris  reverendissimos  patres  et  dominos  qui,  velut  cé- 
lestes et  divini  satrape,  ad  apices  buniane  perfectionis,  prout  intellectus  niagni- 
tudiiii  conjuiictus'*'  accipere  potest,  féliciter  subiimati,  sacralissimas  Neteris  et 
Novi  Testamenti  scripturas  ieclurarum  ac  disputationum  frequentibiis  exercitiis 
solemniter  élucidant,  ac  saluberrima  divine  iegis  oracula,  que  et  ipsi  per  sanc- 
toruni  operum  evidentiani  verificant  in  se  ipsis,  crebro  dévote  predirationis  elo- 
quio  in  cordibus  fideliuin  radicare  laborant.  0  inipersrrutabilis  divine  cunctipo- 
tentie  magnitude!  quot  et  quanti  lectores  Senlenliarinn'^''K  pro  luis  invisibilibus. 
per  ea  que  facta  sunt  visibilia'")  inspiciendis,  fatigantur  laboribus,  maceraniur  vigi- 
liis,etsollicitudinibusanxiantur!  Gentilium  n.imque  pbilnso|)liorum  nunc  obliqua'' 
roctificant,  iiunr  errores  exterminant;  nunc  veritates  ab  illis  naturali  lumine  per- 
scrutatas,  tanquam  ab  injustis  possessoribus ,  pro  catliolice  fidei  defensionc  susci- 
piunt,  prout  decet.  Licet  autem  omnes  isti  vcritatis  strenuissimi  professores  ad 
unicum  finem  potissimum,  ut]>ote  ad  summe  Trinilatis  noticiam  vel  aniorem. 
censeantur  intendere,  unum  tamen  fréquenter  contingit  eis,  quod  apud  simpli- 
ciores  admirationc  non  caret;  et  est  quod  de  eisdem  ronclusionibus  diversi  con- 
trarias opiniones  delTendunl'*'.  Nonquid'*'  enini  firmiter  asserunt  ipsorum  alicpii 
totani  honn'nis  subslantiam  unica  forma  subslantiali  multas  habente  virtutes  esse 
conlentam;  aiii  vero  ex  adverso  demonstrant  animam  sensitivam  et  intellectivam 
in  liomine  quidditativam'"  et  substanciali  diversitalc  distingui"  ?  Adhuc  aulcni 


'''  Senec.  rrin  proverbiis.  >!  1^  vers  doit  ilre 
ninsi  dispose:  irN^at  sibi  i|)se  qui  quod  diflicile 
(test  petit."  (Phèdre,  ëdil.  Barbou.  p.  a36.) 

<*'  Manuscrit  de  Vienne,  ;>rMOMÏ(. 

"')  Ibid.  Serbone. 

'*'  Expression  einployëe  par  Jean  de  Jandun, 
Qii(F»l.  in  metaphi/t.  lib.  II,  queest.  4. 

''  Les  Sentences  de  Pierre  Lombard ,  évêque  de 
Paris,  dont  la  lecture  était,  avec  celle  de  la  Bible, 
le  fond  de  l'enseignement  théolojjifjue  an  moyen  âge. 

*'  Saint  Paul  a  dit  [llehrœ.  \i.  3)  :  rUt  ex  vi- 
"sibilibus  visibilia  lièrent;')  et  lÉglise  chante  encore 
dans  l'une  des  Préfaces  du  Missel  romain  :  ff  Ut,  dum 
ffvisibililer  Deum  cognoscimus.  per  hune  in  invisibi- 
fflium  aniorem  rapiamur.i 

'''  Ce  latin  bizarre  présente  cependant  des  ex- 
pressions d'une  grande  originalité  :  on  a  vu  plus 


haut  irverificare  in  Mip«>  evideotiam  Morlomm 
iropenim  ;*  il  y  a  lira  de  remarquer  ici  le  ntot  obli- 
qua ,  distinct  de  errortê ,  et  appliqué  aux  dctni-vëriMi 
des  philosophes  païens. 

'  Il  suflit  de  rappeler  le  plus  grand  inoniimenl 
théologique  du  moyen  âge,  la  Somme  de  !>aiiil  Tho- 
mas, où  chaque  proposition  est  précMée  d'une  dé- 
monstration contraire. 

'*'  Comme  plus  haut,  pour  nwmqtiid  ou  nonne. 

'"'  Du  pronom  inteirogatir  quid?  la  terminologie 
scolastique.  dont  la  férondilé  est  proverbiale.  ii 
formé  le  substantif  quiddiuis,  essence  d'une  chose, 
et  l'adjectif  quiddilaiirut ,  essentiel. 

'"'  Il  y  a  là  une  allusion  aux  fameuses  discussions 
qu'a  soulevées  pendant  tout  le  moyen  âge  la  théo- 
rie d'Arislole  sur  l'âme,  et  (pii  ont  produit  un  si 
grand  nombre  de  commentaires. 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  39 

particuliers  de  cette  terre  si  fertile  se  les  refuserait,  si  je  puis  le  dire,  suivant  ce  mot 
connu  :  Demander  une  chose  difficile,  c'est  se  la  refuser  à  soi-mâme. 

CHAPITRE  II. 

i^LOGE  DES  TIléOLOGieXS. 

Dans  la  très-paisible  rue  nommée  de  Sorbonne'",  comme  aussi  dans  nombre  de  maisons  s  r 

religieuses,  on  peut  admirer  des  pères  vénérables,  des  seigneurs,  et,  pour  ainsi  dire,  des  """^^f** 
satrapes  célestes  et  divins,  parvenus  heureusement  au  faîte  de  la  perfection  humaine,  au- 
tant que  peut  le  faire  l'intelligence  unie  à  la  grandeur,  qui  élucident  solennellement  les 
textes  sacrés  de  l'Ancien  et  du  Nouveau  Testament,  par  des  exercices  fréquenU  de  lecture 
et  de  discussion''^',  et  qui,  par  leurs  éloquentes  prédications  souvent  renouvelées, s'efforcent 
d'enraciner  dans  les  cœurs  les  vérités  salutaires  de  la  loi  divine,  qu'ils  réalisent  en  eux- 
mêmes  par  leurs  saintes  œuvres.  0  grandeur  insondable  de  la  toute-puissance  divine! 
Combien  de  savants  lecteurs  des  Sentences,  voulant  examiner  les  choses  invisibles  à  la  lu-  s  i. 

mière  de  celles  que  vous  avez  rendues  visibles,  se  fatiguent  par  leurs  travaux,  maigrissent  ,„t„„  dîTvoiM^, 
dans  les  veilles,  et  sont  rongés  par  de  continuels  soucis!  Tantôt  ils  redressent  les  écarts 
des  philosophes  païens;  tantôt  ils  écrasent  leurs  erreurs;  tantôt  enfin  ils  revendiquent, 
comme  il  convient,  pour  la  défense  de  la  foi  catholique,  les  vérités  découvertes  par  les 
pîîïens,  grâce  à  la  lumière  naturelle,  et  qui  étaient,  pour  ainsi  parler,  entre  les  mains  de 
détenteurs  illégitimes'".  Cependant,  quoique  tous  ces  hommes,  qui  font  profession  de  re-  $3. 

chercher  ardemment  la  vérité,  passent  pour  tendre  à  une  fin  uni(|ue  et  supri?me,  savoir  "*  ""^^J^"'*''*^ 
la  connaissance  et  l'amour  de  la  souveraine  Trinité,  il  leur  arrive  souvent  (ce  qui  ne  ******"* *m'*' 
laisse  pas  d'étonner  les  gens  un  peu  simples)  de  soutenir  sur  les  mêmes  conclusions  des 
opinions  opposées.  N'en  voit-on  pas  quelques-uns  affirmer  que  toute  la  substance  de 
l'homme  est  contenue  dans  une  seule  forme  substantielle  ayant  plusieurs  vertus,  tandis 
que  d'autres  démontrent,  au  contraire,  que  l'àme  sensitive  et  l'âme  inlellectivc  constituent 
chacune  une  nature  particulière  dans  l'homme,  et  se  distinguent  par  une  diversité  d»- 

cienne  université.  Elle  se  considérait  comme  étant  joura,  le  couronnement  des  études  faites  k  la  Fa- 
la  l)nse  do  l'ensei|fnenipnl  public,  ol.  par  coiisé-  culte  des arLs. 

([uenl,  cuMiiiic  runiversitiî  eile-nii^me,  n'ayant  pris  '''  ffLes  disputes  des  tliéologiens.in  riVro  quietit- 

un  nom  particulier  qu'au  moment  où  les  trois  autres  rùssimo  nominato  Sorltonte,  comme  on  l'écrivait  en 

facultés  avaient  commencé  îi  se  constituer.  I,e  rec-  itiSa.*?,  n'étaient  pas  toujours arcompagnëes  de  ce 

leur  était  toujours  pris  dans  son  sein;  elle  «lisposait  '-calme  dont  leur  fait  iionneur  un  contemporain. « 

(lo  ([uatre  voix,  à  raison  des  (jiialre  luttions  dont  (Hisl.  lill.  de  la  France,  t.  \XIV,  p.  960.) 
elle  était  composée,  ce  qui  lui  assurait  la  majorité  '*'  Ces  deux  mois  résument  la  double  mélliode 

dans  toutes  les  réunions  {générales.  Elle  avait  le  pri-  de  renseignement  scolaslique  :  lecture  du  lexlc 

vilége  (lo  convoquer  tout  le  corps  ensciffnant,  de  avec  explication  ou  conunentaire;  questions  pro- 

surveillcr  le  parchemin,  c'est-à-dire  toute  la  librai-  |>osécs  sur  le  texte  et  provoquant  des  discussions. 

rie  (lu  temps,  le  Pré  aux  Clercs,  les  AUes  et  ébats  (Thurot,  De  l'organiêaùou  de  /'« 


d(»s  écoliers,  etc.  etc.  Le  nom  de  faculté  de  pbiloso-  l'Universilè  de  Paris,  rlr.  p.  73-75.) 
phie  que  lui  donne  Jean  de  Jandun  s'explique  par  '''  Tous  les  Pères  de  l'Eglise  grecque  et  latine 

la  prééminence  de  cet  enseijfuement  :  la  pbiloso-  ont  revendiqué  |»our  le  cbristianisnie   les  xérilés 

pliic  était  aloi-s,  comme  elle  l'est  encore  de  nos  morales  entrevues  par  les  philosophes  païens.  (Noy. 


40  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OniGINAUX. 

quidam  illoruru  conslanlcr  affîmiant  quod  siipposila  ejusdem  specialissime  speciei 
sibi  inviceni  comparata  alicujus  unilatis  ac  idcntitatis  realitati  subjecla  sunt  'i;  alii 
Yero  e  contrario  prorsus  hoc  neganl. 

Aniplius  illoruni  plurimi  omnes  polentias  animo  cognitivas  in  taiitiiin  asiruuiil 
osse  pure  passivas,  ul,  nec  in  se  nec  in  suis  objcclis  aul  subjoctis' ,  aliquid  agaiit; 
alii  vero  e  regione  non  minus  evidenter  convincert'  putant  ipsas,  sallem  suos  aclus 
secundos,  objectis  lerminanlibus  aut  disponenlibus,  eliccre  seu  producere  in  se 
ipsis'*'.  In  biis  igilur  et  similibus  viri  speculalivi,  terrcnaruin  cupiditatuni  caligi- 
nibus  non  subjecti,  intcllectualia  ccrtamina  pro  veritatis  invcntione  fréquentant. 
Unus  quidem  obicit,  alter  solvit;  unus  replicat,  alter  refellil.  El,  ut  unico  dicam 
sermonc,  quidquid  in  talium  pcrscrulatione  problematuin  unus  manu  jiotenti  vi- 
vificare  aut  fortilicare  iiitilur,  alter  brachio  cxcelso  interinicreaut  debilitarcconatur, 
salva  tanien  penitus  et  onmino  integralitcr  et  inviolabilitcr  articulorum  (Idei  sin- 
cera  confessionc.  Quid  autom  utilitatis  et  qualitcr  religioni  catholice  conférât 
taie  gimnasium  ^ ,  Deus  novil;  et  ab  ipsorum  sedulitatibus  potorit  hue  addiscere  qui 
ab  eis  hujuscemodi  proccssuram'^',  non  prolervie  sed  discipline  gratia,  lucis  et 
temporibus  congruis,  expetet  rationem. 


CAPITLLL'M  TERCILM. 


DE  FACULTATE  DECRETORLll  ET  DECBBTALIVM. 


PARTIClLi  PRtVl. 

I>''  ulilitatc  Facultatii 

«lecretorum 

in  «-ommuni. 


l'.tnTIClLA  11  . 

De  originï*  Farultalii 

decrelonim 

ft  decrelalium. 


In  vico  quem  nominant'**  Ciausum  Rrunelh',  decretorum  et  decretahuin  lectores 
proficui  in  multitudine  numerosa  sua  jura  pro|)onunt.  (Juorum  quanta  sit  regen- 
dis  ecclesiis  oportunitas,  hiis  diebus  bcne  perpendunt  illi  qui  capitulurum  et  ruria- 
ruiii  tractandis  et  disceptandis  negociis  sunt  intcnti.  Hadix  nanique  omnium  niar 
lorum,  humana  cupiditas,  qua  plerumque  homo,  inordinalo  utpote  unius  intenso 


'''  l^es  espèces  très- spéciales,  Vuiiité,  Yidrulilè, 
la  réalilé,  sont  autant  de  souvenirs  de  la  fameu^ie 
querelle  des  Réalistes  et  des  Nominaux  qui  durait 
depuis  près  de  trois  siècles.  Jean  de  Jandun  connais- 
sait évidemment  les  arguments  des  deux  |>artis; 
mais  il  évite  de  se  prononcer. 

'*'  Les  expressions  dont  se  sert  encore  la  philo- 
sophie contemporaine,  Vobjecti/et  le  subjectif,  sont 
empnmtées,  on  le  voit,  à  la  terminologie  scolas- 
tique. 

'''  Tous  ces  termes  appartiennent  à  la  philosophie 
autant  qu'à  la  théologie;  les  philosophes,  ainsi  que 
les  théologiens ,  comme  autrefois  les  sophistes .  dis- 
cutaient sur  toutes  les  matières  le  pour  et  le  contre. 
sic  et  twn,  et  ils  déployaient,  dans  ces  luttes  sté- 
riles ,  une  fécondité  de  langage  qui  aurait  dû  trou- 
ver un  meilleur  emploi. 


'*'  L'expression  ^miM«NiM,  employ<'e  ici  pour 
qualifier  l'exercice  de  gymtuuti^e  intellectuel  le  au- 
quel se  livraient  les  philosophe*  de  ce  temps .  rap- 
|>elle  le  root  non  moins  heureiu  par  lequel  un  illusUv 
écrivain,  récemment  enlevé  à  b  science,  a  désigné 
les  tournois  scolastiques  du  moyen  Age.  M.  \  ictor 
Cousin  les  considérait  comme  fune  puissante  es- 
crime qui  n'avait  pas  peu  contribué  à  fortifier  la 
raison  humaine. 

'*'  Il  .semble  impossible  de  lire  autre  chose  dans 
le  manuscrit  de  Paris.  La  construction  de  la  phrase 
exigerait  plutAt  un  mot  au  génitif  dé|)endant  de 
ratùmem ,  comme  procetiendi.  L'abréviation  du  ma- 
nuscrit de  Vienne  |)ermettrait,  à  la  rigueur,  de  lire 
processuum,  leçon  qui  serait  certainement  préfé- 
rable. 

^*'  Manuscrit  de  Vienne,  roaml. 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  4f 

substance?  Quelques-uns  assurent  que  les  sujets  d'une  même  espèce  Irès-distincle  parti- 
cipenl  à  une  m<?mc  essence  qui  existe  réellement,  qui  est  une  et  identique  à  elle-même 
chez  tous  ces  sujets  comparés  entre  eux;  d'autres  au  contraire  le  nient. 

Plusieurs  d'entre  eux  assurent  que  toutes  les  puissances  cognitives  de  l'âme  sont  telle- 
ment passives,  qu'elles  n'agissent  ni  en  elles-mêmes,  ni  dans  leurs  objet»  ou  sujets; 
d'autres,  au  contraire,  avec  non  moins  d'évidence,  pensent  convaincre  leurs  auditeurs  que 
du  moins  ces  puissances  créent  et  produisent  elles-mêmes  leurs  actes  indirects,  suivant  la 
détermination  ou  la  disposition  des  objets.  C'est  dans  ces  questions  et  d'autres  semblables 
que  des  hommes  spéculatifs,  dont  le  regard  n'est  pas  obscurci  par  le  nuage  des  passions 
terrestres,  livrent  des  combats  intellectuels  pour  la  découverte  de  la  vérité.  L'un  objecte, 
l'autre  résout  l'objection;  l'un  réplique,  l'autre  réfute.  Et,  pour  me  ré.sumer  en  quelques 
mots,  tout  ce  que,  dans  la  discussion  de  ces  problèmes,  l'un  s'efforce  d'animer  et  de  fortifier 
d'une  main  puissante,  l'autre,  le  bras  levé,  s'étudie  à  le  renverser  ou  à  l'ébranler,  sauf  à 
confesser  d'abord  pleinement  et  de  toute  manière  son  attachement  sincère  et  inviolable  k 
l'intégrité  dos  articles  de  foi"*.  Quelle  utilité,  quel  avantage  la  religion  catholique  lire-t-elle 
de  cet  exercice?  Dieu  le  sait,  et  ces  hommes  eux-mêmes  s'empresseront  de  le  faire  connaître 
à  celui  qui  demandera,  non  par  moquerie,  mais  pour  son  instruction,  dans  un  lieu  et  en 
un  temps  convenables,  la  raison  de  ce  mode  de  procéder'*'. 

CHAPITRE  liï. 

DE  LA  FACULTÉ  DES  DECnETS  ET  DES  DÉCRÉTALES. 

Dans  la  rue  qu'on  nomme  Clos-Bruneau  ''',  les  utiles  lecteurs  des  décrets  et  des  décrétales  $  i-. 

proposent  leurs  doctrines  devant  une  multitude  nombreuse  d'auditeurs.  L'importance  et 
l'à-propos  de  cette  étude,  pour  l'administration  des  églises,  peuvent  être  appréciés,  de  nos 
jours,  par  ceux  qui  ont  à  traiter  et  à  discuter  les  affaires  des  chapitres  et  des  cures.  La  s  ». 

cupidité  humaine,  racine  de  tous  les  maux,  qui  la  plupart  du  temps  s'attache  à  l'homme, 

lîullet . //^s^  del'clahlissement  du  christianisme ,  etc.).  (rlieu  de  s'inquiëler  du  surcroît  d'incertitudes  qu'il 
Tertullien  considère  les  aveux  de  Platon,  de  Gicëron  (rajoutait  à  tant  d'autres,  et  de  la  masse  de»  intér- 
êt des  slo'iciens,  comme  le  l(5inoi{piajje  d'une  âme  irprétalions  diverses  qui  continuaient  de  s'aocn- 
nalurellement  clirtSlienne  :  ttleslimonium  animaB  irmuler  autour  de  lui.»  {Hiil.  lill.  de  la  France, 
irnaliu-nliter  clirisliana».  i  t.  XXIV,  p.  '109.) 

<'  Les  disputes    ihtyogiques  étaient   toujours  '*'  La  rue  du  Clos-Bnineau ,  désignée  id,  est  la 

précédées  d'une  profession  de  foi.  (Dionys.  Cislerc.  même  qui  a  porté  jusqu'à  nos  jours  le  nom  de  nu 

Principinm  in  1°  Sentcnliar.  (°  9  r°,  1"  col.  Dar{jentré.  SainiJean-de-Bcauraix , nom  qu'elle  n  pris  vers  la  fin 

CoUect.judicior.  de novis enoribus,  1. 1 , 1  " part.  217.)  du  x\ *  siî-cle.  Le  (^los-Rnineau .  la  me  du  Founrre  et 

'*'  V.  Le  Clerc  a  relevé  ce  passage,  qui  est,  en  la  Maison  de  Sorbonne,  dont  il  est  parié  pnWdem- 

efTet,  frès-sifyiiilicntif  :  «Les  plus  habiles  rommen-  ment,  ont  été  les  l)erceaux  de  l'Université  de  Paris. 

ir Intours,  dit-il,  en  élaieiil  venus  à  se  dt'fier  d'une  II  ne  faut  pas  confondre  cette  rue  du  Uo*-linmeau 

cpliiiosopliie  qui,  désormais  réduite  h  combiner  avec  une  outre  du  même  nom  qiii  longeai!  un  ie- 

«des  mots  et   des   formules,   |)araissait  regarder  cond  Clot-lirunenu ,  en  censive  de  Saint-Cicrmain- 

(t toutes  les  conclusions  connue  indilTérentes .  pourvu  des-Prés,  et  n'a  été  ouverte  qu'au  wi'  siècle.  Elle  a 

(T qu'elle  eût  argumenté Le  péripnlélicien  qui  pris,  vers  le  milieu  du  siMe  suivant ,  le  nom  de  rue 

iffoisail  entendre  ces  plaintes,  Jean  de  Jandun.  eut  de  Condé,  qu'elle  porie  encore  aujourtl'hui. 


D*rMilitf 
laFMaM4M«ento 


Dt  rM<|ia> 
h  FmW  in  Utntt 


PAIITICI  LA  PHIMi. 
Do 

niiilicisia  rommuoi. 


PAIITICVLA  II 

De  npltmis  medicis. 


42  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

ainore,  corporaliter  afficitur  ad  se  ipsum,  ad  tanlam  fréquenter  perducit  iniqui- 
tateni  judiciura  rationis,  ut  liomo  id  quod  suiirn  non  est,  sed  alterius,  per  fraudis 
aut  violentie  nequitiam  sibi  usurpare  présumât.  Hinc  autem  oriRinantur  morlales 
discordie;  hinc  oriuntur  lites  verbales;  hinc  injurie  corporales  exsurgunt^».  Quod 
animadvertentes  viri  deniurgici'*',  populorum  regiminibus  intendentes,  ex  comniu- 
nibus  nature  juribus  per  convenientes  determinationes  arctatisC,  jura  legalia  «eu 
Icges  proprias  constituerunt;  per  quorum  observantiam  salutarem,  sponte  devi- 
tatis  aut  judicis  oflicio  decisis  litibus,  sub  pacis  et  quietis  jocunditate,  prout  hujus 
mundiW  procellosus  tumultus  admittit,  Deus  altissimus  adoratur  in  terris.  Hoc 
igitur,  in  quantum  miclii  ad  presens  apparet,  unum  est  ex  iliis  ad  que  venera- 
biles  decretorum  ac  decretaUum  professores  insudant. 

CAPITULUM  QUARTUM. 

DE  LAUDE  MEDICORCM. 

In  illa  consolationis  ac  remedioruni  génitrice  piissima,  medicinarum  magistri 
qui  ad  sanitatis  custodiani  et  egritudinum  curas,  nichil  ex  contingentibus  omit- 
tendo*^',  laborant,  quos  etiam  propter  necessitat<*m  ab  Altissimo  creatos^*'  Sapiens 
honorarc  prccepit,  in  plenitudine  tante  numerositalis  habundant,  ut  cis,  in  suis 
preciosis  liabitibus  et  capitibus  birretatis  ■"  incedentibus  per  vicos,  pro  sue  artis  fini- 
bus  capescendis,  facile  qui  ipsis  indiguerit  valeat  obviare.  0  quam  graciosi  sunl  iili 
optimi  medicorum  qui,  artem  magis  philosophice  proscqucntes,  suppositis  quibus- 
dam  philosophie'^)  phisicc  conditionibus  ultimalis,  pro  sanitate  et  omnino  bona  et 
paiera  hahitudine  servanda ,  canones"'  operandi  subordinant;  et  precognita ,  sublili- 
late  sollertie  aut continuitate  studii,  sensatis,  collectis  atque  collalis  indiciis,  morbo- 
ruin  principia,  per  efficaces,  expertas  et  proprias  remediorum  virtutes,  extirpant! 
Sic  enini,  ablato  ab  egrotantibus  ultimi  terrihilium  formidati  merore,  ad  salvan- 
dam  eani  que*'"'  in  ipso  vivere  dulcedinem  naturalem  vitalcque  solatium  resu- 


'''  Toute  cette  partie  est  indéchifTrable  dans  le 
manuscrit  de  Paris.  Les  caractères  en  sont  presque 
entièrement  effacés. 

'*'  Pour  demurg-ici  (Irjfiiovpyol).  Ce  mot  em- 
ployé par  Tite-Live,  ne  se  trouve  pas  dans  Du 
Gange,  sous  la  forme  demurgiciu. 

'''  Nous  avons  déjà  fait  reniaixjuer,  dans  ce  style 
bizarre  et  tourmente ,  plusieurs  expressions  singu- 
lièrement expressives  :  juribus  arclatis  nous  parait 
être  un  terme  énergique  et  original. 

'•'  Manuiicrit  de  Vienne  :  Hujutmodi. 

'*'  Le  sens  de  ce  membre  de  phrase  a  quelque 
chose  d'un  peu  vague  à  cause  de  lexpression  coii- 
tingentibus  ;  nous  l'avons  interprétée  dans  le  sens 
de  ces  occasions  favorables,  de  ces  crises  heureuses 


qu'un  médecin  hal>ile  ne  manque  pas  de  saisir. 

'*'  ir  Honora  medicimi  propter  neccssitatem  !  ete- 
irnim  illunicreavil  Altissinuis.  »  Eecltê.c.  \xxviii ,  v.i . 

'''  Du  sui>slantif  &irre<iiM ,  berrel,  barrette,  on 
a  fait  l'adjectif  verbal  bitrtMiu,  ooitSé,  et  le  mot 
birrettilio,  cérémonie  où  un  licencié  recevait  le 
bonnet  de  docteur. 

<*'  PkilctopUe,  ajouté  par  le  ms.  de  Vieime.  L'école 
d'Ionie  regardait,  en  effet,  l'étude  de  la  nature 
comme  une  partie  essentielle  de  la  philosophie. 

'**  Le  mot  canm  est  employé  ici  dans  le  sens  de  ri^ 
ecclésiastique,  et,  par  extension,  règle  en  général  : 
Canonet  dicimu*  régula*  quiu  SS.  Pâtre»  eontUluenmt. 
(DuCange,éd.  Henschel,  11,99,  ^'acception.) 

''*'  Sous-entendu  e*l. 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  4S 

en  lui  inspirant  la  passion  dcjsordonnr-e  d'une  chose  pour  en  jouir  seul,  conduit  fréquem- 
ment le  jugement  de  sa  raison  à  une  injustice  telle,  qu'il  prétend  s'emparer,  par  les  voie» 
perverses  de  la  fraude  et  de  la  violence,  de  ce  qui  n'est  pas  à  lui  et  de  ce  qui  appartient 
à  autrui.  C'est  là  l'origine  des  discordes  humaines,  la  source  des  di.scussions  verbale»,  la 
cause  des  injures  corporelles.  A  ce  spectacle,  des  magistrats  appliqués  au  gouvernement 
des  peuples,  restreignant  le  droit  naturel  dans  de  justes  bornes,  ont  établi  un  droit  légal, 
ou,  pour  employer  le  mot  propre,  des  lois.  Grâce  à  l'observation  salutaire  de  ces  lois,  qui 
évite  les  procès  ou  les  fait  trancher  par  le  juge,  au  milieu  de  la  joie,  de  la  paix  et  du 
calme,  autant  toutefois  que  le  comportent  les  agitations  orageuses  de  ce  monde,  le  Très- 
Haut  est  adoré  sur  la  terre.  Telle  est  donc,  autant  qu'il  m'apparait  pour  le  moment,  une 
des  fins  auxquelles  les  vénérables  professeurs  de  décrets  et  de  dccrétales  consacrent  leurs 
labours. 


CHAPITRE  IV. 

ÉLOGE  DES  HéuECINS. 

Dans  le  sein  de  cette  tendre  mère  '",  qui  a  des  consolations  pour  l'esprit  et  des  remède* 
pour  le  corps,  les  maîtres  de  la  médecine,  qui  travaillent  à  nous  conserver  la  santé  et  à 
nous  soigner  dans  nos  maladies,  sans  omettre  aucune  circonstance  favorable,  ces  hommes 
que  le  Sage  nous  a  ordonné  d'honorer  comme  étant  créés  par  le  Très-Haut  pour  nous 
secourir,  se  montrent  en  si  grand  nombre,  marchant  dans  les  rues  revêtus  d'habits  pré- 
cieux, la  tête  couverte  d'un  bonnet  doctoral,  lorsqu'ils  vont  remplir  les  fonctions  de  leur 
état,  qu'il  est  facile  à  ([uiconcpie  a  besoin  d'eux  de  les  y  rencontrer'*'.  Quelle  reconnaissance 
ne  doit-on  pas  à  ces  princes  de  la  médecine,  qui  étudient  les  principes  de  leur  art  plutôt 
selon  les  règles  de  la  philosophie,  en  y  mêlant  toutefois  quelques-unes  des  profondes  res- 
sources de  la  physique,  pour  conserver  la  santé,  l'entière  beauté  et  prestance  du  corps,  qui 
savent  mettre  en  sous-ordre  les  règles  ordinaires,  et  qui,  par  la  finesse  de  leur  sagacité 
ou  la  continuité  de  leurs  études,  connaissant  à  l'avance  les  principes  des  maladies,  grâce 
aux  symptômes  qti'ils  comprennent,  recueillent  et  comparent,  extirpent  les  maladies  par 
des  remèdes  efficaces,  éprouvés  et  appropriés'^'!  C'est  ainsi  que,  enlevant  aux  malades  les 


S  1* 


DaaoBalii 


Mnkm 


4rPkrit. 


'''  Il  s'agit  toujours  de  l'Université,  qui  comptait 
l'ëcole  de  niëdecine  au  nombre  de  ses  facultt^s. 

'*'  Le  porlrnil  que  Jean  de  Jaiulun  trace  des  mé- 
decins de  son  Icnips  est  peut-i^trc  un  peu  flatté,  du 
moins  au  point  de  vue  de  la  fortune  et  de  la  tenue.  I.e 
docteur  Achille  Chércau,  (|iii  a  beaucoup  étudié  les 
humbles  oriffines  île  la  Facullé,  lui  prèle  des  dehors 
i)eaur()up  plus  modestes.  itA  la  lin  du  xin' siècle, 
iT dit-il ,  la  Faculté  de  médecine  de  Paris  était  fondée; 
ffninis  où  alln-t-elle  s'abriter?  On  a  rlierclié  avec 
wamoiir  ce  pi-eniicr  lieu  dans  lequel  nos  j>ères  ont 
«commencé leurs  exercices,  et  on  le  chercherait  en- 
(rcore,  si  l'on  ne  se  fût  pas  convaincu  que  les  mattrcs 


(ren  médecine,  après  s'être  séparés  des  autres  éeolM 
irde  la  rue  du  Fouarre,  pauvres  et  dénués  de  toal 
•rsecours  public,  incapables  de  s'acheter  la  plus  pe- 
(rlite  bicoque,  avaient  pris  le  parti  de  vivre  au  jour 
frle  jour,  de  demander  aux  ^ises,  aux  abbayes,  un 
ir  petit  coin  oîi  ils  pussent  s'assembler...  Cet  état  de 
rrboses  a  duré  |)lus  de  deux  cents  ans.*  {Noiiet  «r 
les  (mcienne*  ècolet  de  mtètàmt  JekneJtk  Béekerit, 
p.  6.) 

'''  Cette  définition  de  la  mt'-derine  et  de  la  pra- 
tique nuklicalc  témoigne  d'un  jugeoMot  sain  et 
éclairé;  on  n'apprécierait  pas  mieux,  de  nos  joon, 
le  r61e  et  les  procédés  des  nëdacms. 

6. 


M  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX, 

mendum,  Deo  et  vere  operantibus,  gaudeut  se  esse  niinistros.  Apotliecarii  vero, 
qui  de  medicamiiiuin  maleriis  subseiviuntC,  et  aromaticarum  specieruiii  oblecta- 
menta  infinita  conficiunt,  super  illum  et  juxta  famosissiraum  vocatum  Parvuni 
Pontem,  atque  in  ceteris  plerisque  locis  patentibus,  suoruni  vasoruni,  in  quibus 
exquisita  claudunlur  inedicamina,  pulcritudines  non  occultant. 


SECUADA  PARS  PRINCIPALIS  HUJLS  TRACTATUS, 

IN  QDA  AGITL'R  DE  QUIBUSDAM  EXCELLENTIIS  PARISIl'S,  PRETER  STL'DIL'V  Et'*'cMVBBSIT\TKM  : 

ET  CGNTINET  NOVEm'^*  CAPITULA. 


PARTICDLl  Plim. 

De 
ecclesia  in  roniniuoi. 

PAHTICI  LA  11*. 


CAPITULUM  PRIMUM. 

DE  ECCLESUS  ET  PRECIPL'E  DE  ECCLESIA  <*'  B.  MARIE  ET  DE  CAPELLA  REGIA. 

In  illo  siquidem  christiane  professionis  saiuberrimo  sacrario,  domus  egregie 
Deo  consecrate  in  tanta  inultitudine  fundate  sunt,  quod  forsan  inulte,  de  putentio- 
ribus  cbristianitatis'^'  urbibus,  tanta  aularuin  Dei  numcrositate  non  gaudent.  Inter 
De  ecclesia  beaie  Mario  qygg  jUa  teiribilissima  ^''  gloriosissiine  Virginis  Dei  genitricis  Marie  ecclesia  non 
•d  diia»  tnrm.  iuiiucrito,  sicut  sol  inter  astra,  prefulget.  Et  quant  vis  nonnulli,  per  sui  arbitrii 
libertatera,  propler  ad  paucainspicere''''  faciliter,  enunciantcs,  dicunt  quarunidam 
aiiaruin  hujus  pulcriludinem  precellere,  puto  tamen,  salvis  ipsorum  reverenliis, 
quod,  si  ad  totum  et  ad  singula  ddigentius  altonderont,  cito  ab  bac  recédèrent 
opinione.  Ubi  eniin,  queso,  reperient  ipsi  duas  talis  magnificcntie  turres  perfec- 
tas,  sic  exccisas,  sic  latas,  sic  fortes,  tali  et  tain  mulliplici  décorum  varielate. 
circumamictas'^)?  Lbi,  queso,  reperient  voltarum  lateraliuin  et  secuiidum  sub  et 
supra  t'*  ordinem  tôt  membrorum  ?  Ubi,  queso,  reperient  tôt  circumstantium 
capellarum  iucidissimas  amenitates?  Amplius,  dicant  miclii  in  qua  ecclesiarum  vi- 
debo  tante  magniludinis  crucem,cujus  ununi  bracliium  cliorum  distinguit  a  navi. 
Demum  libenter  addiscerem  ubi  sunt  laies  duo  circuli''*",  sibi  invicem  secundum 


PARTICILA  m'. 
De  \olUs  ecclesie 

béate  iMarie. 
PAnriciLA  iv". 

De  capcllis. 
PAnTIClLA   ï". 
De  cruce  (empli, 
PARTICCLA  Vl*. 
De 
iluobus  circulis  vilrealis 
qui  vocantiir  0. 


'■'  Le  rôle  secondaire  des  pharmaciens  est  par- 
faitement indiqué  par  le  mot  subserrtunl. 

'*'  Manuscrit  de  Vienne,  «eu. 

'*'  Ainsi  portent  les  deux  manuscrits.  Cependant 
celle  partie  contient  dix  chapitres. 

'''  De  ecclesia,  ajouté  par  le  ms.  de  Vienne. 

''>  A  la  place  de  ce  mot  donné  |>ar  le  manuscrit 
de  Vienne,  le  manuscrit  de  Paris  porte  ex  cicitati- 
bus,  qui  ne  forme  pas  de  sens. 

'*'  Quœ  mole  sua  terrorem  incutlt  speclantibuM. 
(Du  Breul,  Antiq.  de  Paris,  p.  6.)  rLa  majesté 


r terrible  de  la  cathédrale  l'a  surtout  frapiié.*  {Hitl. 
Uu.  de  la  France,  I.  \\!V,  p.  609.) 

'''  Construction  liarbare,  faute  de  l'article  grec. 
pour  propterea  quodadpauca  itapicereposâunlfaciliUr. 

''*'  L'auteur  fait  allusion  au  texte  bien  connu  : 
rCircumdata  varictate,  circuoiamicta  varietalibus.* 

{Ps.  XLIT,  Y.   10,  l5.) 

'•'  Construction  dans  le  genre  de  la  précédente  ; 
tub  et  supra  sont  le  complément  de  secumiym. 

'"'  Les  roses  des  deux  portails  latéraux;  on  les 
appelle  vulgairement  encore  aujourd'hui  des  0. 


ituoni^fttt  ttgi tet  manifeûa libio  pfrntiqnrîttfttm^  manr 
titc  îrnirfuô-conùfio&^nmtanirf  inîtj  gtiinia  ppft:  Icc  mimaii^ 
ucm-artiiôTXOçnUôniùruxîcit  ixalee.ct  ^xnl:^fmpniui  puton^jn^r 
cutn  uûiô lViû(h  luîcantur  moxDmc  oincti  ficprtcnt iifit  lilrr 
qiinncumq;  totrkcquc  fur  mco  Cmptu  muan-tr  ère  'ï^;^^:^ 


i  U  Uorsiu 


Le  Petit  Pont  de  Pans  au  XIV"  Siècle 
.'âc-stMite  dune  a/mjùire  Je  U  Vie  de. Monseigneur  Saincl  Denis  MsdeU 3UoMq  Aip''.'biiAfSvmmtTM0,f«/4 


TRAITÉ  DES  LOUANfJES  DE  PARIS.  45 

iliiifjrins  et  les  terreurs  de  la  mort,  ils  se  font  une  joie  de  s'employer,  avec  l'aide  deDiea  et 
rinfluence  du  printemps'",  pour  conserver  aux  hommes  la  douceur  innée  de  vivre,  et  leur 
l'.iirc!  rclrouvor  les  consolations  do  l'existence.  Les  apothicaires,  qui  préparent  la  matière 
d(!s  médicaments  et  qui  fahri(|uont  d'infinies  variétés  d'épices  aromatiques,  habitent  sur  le 
très-célèbre  l*ctit-Pont  ou  aux  alentours'^',  ainsi  que  dans  la  plupart  des  autres  endroits 
fréquentés,  et  ils  étalent  avec  complaisance  de  beaux  vases  contenant  les  remèdes  les  plus 
recherchés  '^'. 


DEUXIÈME  PARTIE  PRINCIPALE  DE  CE  TRAITÉ, 

OUI  CONTIENT  NEUF  CHAPITIIES,  ET  DANS  LAQUELLE  IL  EST  QUESTION  DE  CERTAINES  SUPERIORITES 
DE  l'AniS,  EN   DEHORS   DES   ÉCOLES  OU  DE   L'UNIVERSITE. 


CHAPITRE  PREMIER. 

DES  EGLISES  ET  PRINCIPALEMENT  DE  NOTRE-DAME  ET  DE  LA  CHAPELLE  ROYALE. 

A  Paris,  sanctuaire  privilégié  de  la  religion  chrétienne,  de  beaux  édifices  consacrés  à  S  i". 

Dieu  ont  été  fondés  en  si  grand  nombre,  qu'il  n'y  a  probablement  pas  beaucoup  de  villes,         ""  "  *^ 
parmi  les  plus  puissantes  de  la  chrétienté,  qui  puissent  se  vanter  de  compter  autant  de 
maisons  de  Dieu.  Parmi  ces  palais,  l'imposante  église  de  la  très-glorieuse  Vierge  Marie,  $  «. 

mère  de  Dieu,  brille  au  premier  rang  et  à  juste  titre,  comme  le  soleil  au  milieu  des  autres  ""h 

astres.  Et,  bien  que  certaines  personnes,  par  la  liberté  de  leur  appréciation,  ne  pouvant  "*  "^ 
voir  facilement  que  peu  d'objets,  soutiennent  que  la  beauté  de  quelques  autres  égli.ses 
l'emporte  sur  celle-ci,  je  pense,  sauf  leur  respect,  que,  s'ils  l'examinaient  attentivement 
dans  l'ensemble  et  dans  les  détails,  ils  abandonneraient  bientôt  cette  opinion.  Oii  trouver, 
je  vous  le  demande,  deux  tours  d'une  telle  magnificence,  aussi  parfaites,  aussi  hautes, 
aussi  larges,  aussi  fortes,  enrichies  d'une  telle  variété,  d'une  telle  multiplicité  d'ornements? 
Où  rencontrer,  je  vous  prie,  une  suite  si  eompliqu(?e  de  voûtes  latérales  tant  inf(?rieures  que  |^  ^J^^ 
supérieures?  Où  trouver,  je  le  répète,  l'éclatante  splendeur  d'une  telle  ceinture  de  cba-  j^^ 

pelles?  Ce  n'est  pas  tout  :  dites-moi  dans  quelle  église  je  verrai  une  croix  d'une  pareille  ^ 

nàxé 

5  6 


grandeur'"',  dont  un  bras  sépare  le  chœur  de  la  nef?  Enfin  l'on  me  ferait  plaisir  de  me  dire   '•''•'"»»'' ""éiBii 


^•t  I'mi  I 


'''  Il  est  remarquable  de  voir  indi(juer  ici  celle  ilccins  (|ui  l'aynient  peut-être  guëri;  oussi  traduil-il 

iiitlueiice  du  renouveau  qiie  l'auleiu-,  malgré  son  es-  le  passage  :  0  quam  graeioti  $unt  illi  optimi  medie«- 

lime  pour  les  mddcciiis,  senilile  considërer  comme  rvm  ,  par  ces  mots  :  tOIi!  qu'il  faut  aimer  ces  bons 

étant  aussi  puissaiilo  que  leur  art.  rmt'dccins.i  il  trouve  le  pam'gyrique  des  apolhi- 

'''  Voir,  h  légard  du  Pelil-Pont,  ce  qui  en  est  caires  irphis  court  et  plus  simple.»  {Hi*t.  lia.  de  h 

dil  dans  la  notice  pincée  en  l6Ui  des  deux  Éloges.  France,  t.  XXIV.  p.  '17a.) 

'''  Le  savant  auteur  du  Discours  sur  l'étal  des  '*'  La  plu[)arl  des  liistoriens  de  l'aris  onl  \>»s»t 

lettres  au  .ni'  siMe  cite  ce  chapitre  comme  fort  sous  silence  ce  grand  cniri(i\  qui  sé|>«rail  le rbreur 

intéressant.  Il  y  voit  l'expression  d'une  certaine  ten-  de  Notro-Dame  de  la  nef  et  qui  fut  détruit,  proba- 

dresse  de  la  part  de  Jean  de  Jandun  pour  les  nié-  blemeni  en  1 G99 ,  lors  de  la  construction  du  maître 


PARTIGULA  TH. 
Dp  régit  capella. 


A6  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

rectain  lineam  opposite  situati,  quibus  propter  simililudincm  nomen  atUibuuiit 
quarte  vocalis;  intra  quos  minores  orbes  et  orbiculi  miro  artificio,  sic  quideiii 
circulariter,  sic  auteni  angulariter  ordinati,  circumdant  vitreas  rutilantes  preliosis 
coloribus  ac  figuris  picturarum  subtilissimis  venustatas.  Rêvera  puto  banc  eccle- 
siam  talis  attente  cernentibus  admirationis  causam  prcbere,  ut  vix  ex  ejus  inspec- 
tione  possit  anima  satiari. 

Sed  et  illa  formosissinia  capellarum,  capella  régis,  infra  menia  mansionis  régie 
decentissime  situata,  inlegerrimis  et  indissolubilibus  solidissiniorum  lapidum  gau- 
det  structuris.  Picturarum  colores  electissinii,  ymaginuni  deauratio  preciosa, 
vitrearum  circumquaque  rutilantium  décora  pervietas,  altarium  venustissima 
paramenta,sanctuariorum  virtutes  mirifice,  capsularuni <'>  figurationes  exlranee* 
genimis  adornatc  fuigentibus,  tantam  uticpie  illi  orationis  domui  largiuntur  de- 
coris  yperbolem,ut,  in  eani  subingrcdiens, quasi  raptus  ad  celuni,  »e  non  imme- 
rito  unam  de  Paradisi  polissimis  rarneris  pulet  intrare. 


4>ARTICI.'LA  Tlll  . 
De 

sanctÎA  que  6iint 

in 

ecclesiis 

mnltrialibuft. 


0  quam  salubres  in  illis  oratoriis  Deo  potentissimo  preces  fundunt,  cum  spi- 
ritalcs  et  interne  puritatcs  ipsorum  precantium  cor|)oralibiis  et  externis  oratorio- 
rum  munditiis  proportionaliter  correspondent! 

0  quam  placide  piissimo  Deo  in  illis  tabernaculis  laudes  canuntur,  cum  ipso- 
rum corda  canentium  sunt  amenis  tabernaculorum  picturis  analogice  virtutibus 
venustata  ! 

0  quam  acceptabilia  gloriosissimo  Deo  super  bec  altaria  holocausta  parantur, 
cum  ipsorum  sacrificantiiira  vita,  correspondentc  deaurationi  altarium  ciaritale. 
resplendet*^'! 


'*'  Captularum  ou  caytalarumfLe  rns.  de  Vienne 
porte  camlarum.  Ces  trois  mots  ont  été  a«ei  g^oé- 
raleraent  employés  les  uns  j>otir  les  autres  :  cejwn- 
(lant  capsula  signifie  particulièrement  reliquaire  ou 
ciboire,  caysala,  diminutif  de  eay$a,  coffret,  cas- 
sette, etcasula,  chasuble. 

<"'  Cette  expression  peut  s'entendre  ou  de  l'ori- 
gine ou  de  l'apparence  étrangère  des  ornements  et 
figurations  qui  décoraient  la  Sainte-Chapelle.  L'œu- 
vre de  Pierre  de  Montereau  étant  un  édifice  émi- 
nemment français  par  sou  architecture.  Jean  de 


Jamiun  fait  peui-^kre  allusion  aux  artiste»  floren- 
tins qui  avaient  été  employés  à  la  fabrication  des 
nombreuses  pièces  d'orfèvrerie  coin|)osant  les  reli- 
quaires dont  ce  meneilleux  sanctuaire  était  enrichi. 
Peut-^tre  làut-il  traduire  j^fwotMMe*  extnmee  pw- 
onumemU  ej-térieur* ,  en  opposition  avec  les  rifhwMn 
intérieures  des  rliAsscs. 

''  Dans  le  manuscrit  de  Vienne,  ces  exclama- 
tions 0  quam  salubret ,  etc.  0  quam  plaeidt ,  etc.  O 
quam  acceptabilia ,  etc.  sont  disposées  en  forme  de 
tableau .  de  la  manière  suivante  : 


0  quam 
salubrcii  in 
illis  oratoriis  Deo 
potentissimo  preces  funduntnr, 
cum  spiritales  et  inti>rne  puritatps 
ipsorum  precantium  corporalibus  et 
eiternis  oratoriorum  munditiis  proportio- 
naliter correspondent! 


0  qnam 
placide  piiuimo 
Deo  in  illis  (al>em«ciilii 
landes  canunt,  cum  ipso- 
rum corda  canentium  sunl 
amenis  tabernaculorum 
plctnris  analogice  vir- 
tatibos  TCDUstalal 


O  quam 
•eeepUbilia 
gliiiiaiiMinui  Deo  sa- 
per bec  allaria  boloeao- 
sta  parantur.  cum  ipaoraai 
sacri6cantinm  nia ,  cor 
deaurationi  altahom  e 
riUte.NsirieiKlet! 


Van  Klven  del. 


HKl.IQI  AIUK    KN    AlU,l-.Ni    immvI     lUl'OlSSK 

UlT  lECHEF  nr.  SAINT  LOI! I: 
.■xroulr  par  l'oHrvrr  G  JL..i>.'<'l  au  enmni'du  XlV'SircIe. 

K  i  \  1  «.rr  A  L^  5^;>rt  CHAi'Li.i.t: 


Or  b  dwfHW  njab. 


.<g1i< 


TRAITI^:  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  47 

où  je  pourrais  voir  deux  semblables  roses  se  faisanl  face  mutuellement  en  lipne  droite, 
roses  aux(|uelles  la  ressemblance  a  fait  donner  le  nom  de  la  quatrième  voyelle.  Au-dessous, 
des  roses  plus  petites,  des  rosaces  disposées  avec  un  art  merveilleux,  les  une»  en  cercles, 
les  autres  en  losanges,  entourent  des  vitraux  étincclants  embellis  de  couleurs  prt^cieuses 
et  de  figures  peintes  avec  la  plus  exquise  délicatesse.  En  vérité,  je  pense  que  cette  église 
offre  à  ceux  qui  la  regardent  attentivement  un  tel  sujet  d'admiration,  que  l'âme  a  peine 
il  se  rassasier  de  la  contempler. 

Mais  la  plus  belle  des  chapelles,  la  chapelle  du  Roi,  très-convenablement  placée  dans  s 

l'enceinte  delà  demeure  royale"',  se  fait  admirer  par  sa  très-forte  structure  et  par  l'indestruc- 
tible solidité  des  matériaux  dont  elle  est  formée.  Les  couleurs  très-choisies  de  ses  peintures, 
les  dorures  précieuses  de  ses  images,  la  pure  transparence  des  vitraux  qui  brillent  de  tous 
côtés,  les  riches  parements  de  ses  autels,  les  vertus  merveilleuses  de  ses  sanctuaires,  les  or- 
nements étrangers  de  ses  châsses  décorées  de  joyaux  éclatants,  donnent  à  cette  maison  de 
prière  un  tel  degré  do  beauté,  qu'en  y  entrant  on  se  croit  ravi  au  ciel ,  et  que  l'on  s'imagine 
avec  raison  être  introduit  dans  une  des  plus  belles  chambres  du  Paradis''^'. 

Oh!  qu'elles  sont  salutaires  les  prières  qui  montent  de  ces  sanctuaires  vers  le  Dieu  tout-  j  h 

puissant,  lorsque  la  pureté  intérieure  de  l'esprit  des  fidèles  répond  exactement  aux  orne- 
ments corporels  et  extérieurs  des  oratoires^*'! 

Oh!  qu'elles  sont  douces  les  louanges  du  Dieu  très-miséricordieux,  chantées  dans  ces 
tabernacles,  lorsque  les  cœurs  de  ceux  qui  les  chantent  sont  embellis  par  des  vertus  en 
harmonie  avec  les  belles  peintures  des  tabernacles! 

Oh!  qu'ils  sont  agréables  au  Dieu  très-glorieux  les  holocaustes  préparés  sur  ces  autels. 
lorsque  la  vie  des  sacrificateurs  brille  d'un  éclat  égal  à  l'or  des  autels! 

autel  ëlevé  pour  nccnni|ilir  le  vd'ii  fait  par  Louis  XIII,  s[ilnndi(le  reliquaire  pu  nrjfeul  (lor<*.  L'nuleur  ne  dit 

en  i638,  vœu  par  lo(juel  il  niellait  sou  royaume  ricu  de  cet  (Ivdnenient  qui  avait  ilù  ce[)eiirlant  avoir 

sous  la  protection  de  la  Vierjfe.  Le  Père  Du  Breul,  un  retentissement  immense, 
au  livre  I"  de  ses  y1»/(iy«i/c'»  rfePnrw,  est  le  seul  qui  '*'  M.  Ernest  Renan  cite  presque  tout  ce  cha- 

fasso  mention  de  ce  crucidx;  ce  qu'il  dit  en    fait  pitre  dans  son  Dltcoiirs  sur  l'étal  des  bemix-mU  am 

«■{jretler  la  dcsliuction  :  irLe  grand  crucitix  cpii  est  xiv'  siècle.  Sa  traduction  présente  quelqaes  Itères 

ff  au-dessus  de  la  ffraude  porte  du  cœur,  avec  la  variantes  de  sens,  notamment  en  ce  qui  concerne!» 

ffcroix,  n'est  (|uo  d'une  pièce  :  (pii  sont  deux  chefs-  détracteurs  de  Notre-Dame,  qu'il  qualifie  "d'cspn'lt 

"d'œuvre  de  taille  et  sculpture;'»  pajje  i3  de  l'édi-  détroits, »  tandis  que  l'auteur  ne  constate  qu'iuie 

lion  de  1611.  Nous  proposons  délire,  au  passage  simple  liberté  d'appréciation , /)#r  tni  arUlru /l'Wta- 

«lu  texte  latin,  au  lieu  de  ciijus  iwiif  hrnchium,  /fm.  Ouant^ '"Sainle-r.liapc-lîe,  que  Jean  deJandnn 

riy'us  QVODQVK  brachitim,  c'est-à-dire  chaque  bras.  trouve  très-convenablement  placée  dans  l'enceinte  da 

ce  (pii  ri>pon(l  mieux  à  la  li'op  courte  description  de  Palais,  M.  Renan  dit  qu'elle  vsemUe  se  eaàner  par 

Du  Ureul.  irmodestie  derrière  les  murs  de  la  demeure  royale. « 

'■'  La  Sainte-Chapelle,  commencée  en   ia45.  (Ilist.  iitt.  de  la  France,  l.  \\l\,  p.  Go^.) 
|)ar  Pierre  de  Montercan,  et  achevée  en  ia48,  était  ''  Il  y  a,  dans  le  texte  latin,  une  coosInielMO 

dans  tout  son  éclat  au  moment  où  écrivait  Jean  de  symétrique  marquée  par  les  ejspressionsfiiràato^r»- 

Jandun.  Dix-sept  ans  auparavant,  le  roi  Philip|)e  cnii/inm  et  wiis</i/i»«  oratorMrw»;  il  est  bien  diflîcile 

le  Bel  y  avait  fait  transporter  en  grande  |M>mpe  le  de  la  faire  ressortir  en  français,  à  cause  du  double 

chef  de  saint  Louis,  précieuse  dépouille  pour  la-  sens  du  mot  mundida,  qui  signifie  à  la  fois  parrt^ 

(|ui>lle  l'orfévTe  Guillaume  Juliani  avait  exécuté  un  et  ornement. 


48 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


PtBTICUU  PmMA. 
De 

fortitudine 

et  magnitudine 

ptlacii  régis. 

PARTICCLA  II*. 
De 

vinaginibus 

regum 
in  palaeio. 

PARTICl'LA  m*. 

D.- 
nit-nsa  marmorea. 


pauticili  If  . 
De 

tfommuoi  utilitate 
régis. 


PAITICDLA  V*. 
De 

magistris  requeaUruni 
rt  nntarii«. 


CAPITULUM  SECUNDL'M. 

DE  PALATIO  REGIS,  IN  QIO  EST  ALIQUID  DE  MAGISTBIS  PABLAME^TI  ET  RBQl'ESTARllI, 

ET  DE  KOTARUS. 

In  Hla  monarchie  Francorum  illustrissima  sede,  insigne  quoddam  regaiis  ma- 
gnificenlie  signuni,  gloriosissimum  palatium  construclum  est.  Cujiis  inexpugna- 
biles  mûri  sunt  ab  invicem  tante  capacitatis  aniplitudine  distantes,  ut  jmpulum 
continere  valeant  infinitum.  Pro  inclite  vero  recordationis  honore,  ydola  cuncto- 
rum  regum  Francie ,  qui  hactenus  precesserunt,  sunl  ibidem  adeo  perfecte  repre- 
sentationis  proprietate  formata,  ut  primitus  inspiciens  ipsa  fere  judicet  quasi  viva. 
Sed  et  marmorea  mensa,  sue  politissime  planitiei  uniformitate  rcfulgens,  sub  occi- 
dentalium  vitrearum  iuminc  fixa,  sic  tamon  quod  ad  oriens  rcspiciunt  convivan- 
tes,  tante  profecto  magnitudinis  existit,  quod,si  mensuram  ejus  absque  probatione 
proponerem,  timerem  niichi  non  credi, 

nia  siquidem  aula  regia  non  propter  obscenas  bcstiahum  vohiptatum  desidias 
decorata  est;  non  pro  fallacibus  atque  fictitiis  inanis  glorie  preconiis  conficta  est: 
non  propter  superbie  tyrannice  perniciosos  conventus  roborata  est;  sed  operosc, 
elTicaci  at([uc  totali  soUicitudini  monarchice  prudentie,  publiée  utilitati  incre- 
meiita  jugiter  iinperanlis,  propriissimc  coaptata.  Ktcnim  super  patentes  lateralium 
sedium  altitudincs  hujus  aule,  cunctis  fere  diebus,  insident  viri  politici'^,  quorum 
hii  quidem  magistri  requestarum,  illi  vero  régis  notarii,  ex  ofliciis  propriis  nomi- 
nantur;  a  quibus,  secundum  suos  ordines,  precepto  monarche  laborantibus  rem 
publicara  prosperari,  nunc  gratiarum  benigni  et  honesti  favores,  nunc  requeste, 
sinccri  juris  statera  librate,  fere  incessanter  émanant. 


l'AIITICl  LA    Vl. 
De 

inagislris 
Parlamentoriim . 


In  caméra  vero  spaciosa  et  speciosa'^*,  ad  quod  hostium,  in  boreali  palatii  muro 
construttum,  ingressum  prebet,  que  pro  negociorum  arduitatibus,  majoris  eget, 
tranquillitate  secreti,  sedent  pro  tribunalibus  oculaie  peritie  viri,  vocali  magistri 
Parlamcntorum;  a  quorum  infallibilibus  jurium  et  consuetudinum  prudcntiis. 
discussis  hinc  inde  cum  omni  maturitate  ac  mansuetudine  causis,  irrefragabilia 
progrediunlur  fulmina  scntentiarum,  per  quas  justis  et  innoxiis  hominibus  letitie 
tripudia,  partibus  et  niuneribus  prorsus  exclusis,  solo  Dei  et  juris  intuitu,  largiun- 
tur.  Iniqui  vero  et  impii,  juxta  sue  iniquitatis  mensuram,  aflUictione  et  roiseria 
saturantur. 


'■'  Ce  mot  marque  très-nettement  le  caractère 
politique  du  Parlement.  Dès  le  commencement  du 
XIV*  siècle ,  ce  grand  corps  nVtait  pas  seulement 
considéré  comme  une  réunion  de  magistrats  appelés 
exclusivement  à  rendre  la  justice  :  on  les  regardait 
comme  chargés  par  le  Roi  de  contribuer  à  la  pros- 


périté de  l'État  :  prtrcepto  monarehe  laborantUm*  rtm 
publicam  protperari. 

'*'  Nouvel  exemple  de  ces  jeux  de  mots  qui  ont 
été  légués  au  moyen  âge  par  la  décadence  latine  : 
l'auteur  n'a  pas  résisté  au  désir  de  rapprocher  *pe- 
ciota  de  tpnciota. 


•t 


imrà. 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  49 

CHAPITRE  H. 

DU  PALAIS  DU  ROI ,  OÙ  IL  EST  PARL^  DES  MaItRES  DU   PARLEMENT,  DES  MaItRES  DES  BBQOiîBS 

ET  DES  NOTAIRES  ROYAUX. 

Dans  ce  siéfje  Irès-illuslre  de  la  monarchie  française  a  été  ëlevé  un  splendide  palais,  f  , 

témoijjnagc  superbe  de  la  magnificence  royale.  Ses  murailles  inexpugnables  offrent  entre       '*''• 
elles  une  enceinte  assez  vaste  et  assez  étendue  pour  pouvoir  contenir  un  peuple  innom- 
brable. Par  honneur  pour  leur  glorieuse  mémoire,  les  statues  de  tous  les  rois  de  France,  |  , 
qui  jusqu'à  ce  jour  ont  occupé  le  trône,  sont  réunies  en  ce  lieu;  elles  sont  d'une  ressem- 
blance si  expressive,  qu'à  première  vue  on  les  croirait  vivantes.  La  table  de  marbre,  dont           (3 
la  surface  uniforme  offre  le  plus  brillant  poli,  est  placée  au  couchant,  sous  le  reflet  des  »•••'»**•*«■■*» 
vitraux,  en  sorte  que  les  convives'"  sont  tournés  vers  l'orient;  elle  est  d'une  telle  grandeur 
que,  si  j'en  citais  les  dimensions  sans  fournir  la  preuve  de  mon  (Ure,  je  craindrais  qu'on 
ne  me  crût  pas. 

Le  palais  du  roi  n'a  été  ni  décoré  pour  l'indolence  et  les  grossiers  plaisirs  des  sens,  ni  s  S. 

élevé  pour  flatter  la  vanité  fausse  et  trompeuse  d'une  vaine  gloire,  ni  fortifié  pour  abriter    "'î".'^*!^'"'' 
les  perfides  complots  d'une  orgueilleuse  tyrannie;  mais  il  a  été  merveilleusement  adapté  aux 
soins  actifs,  efficaces,  complets  de  la  prudence  de  nos  rois,  qui  cherchent  sans  cesse  par 
leurs  ordonnances  à  accroître  le  bien-être  public.  En  effet,  sur  les  sièges  élevés  qui  $5. 

s'offrent  des  deux  côtés  de  la  salle,  on  voit  s'asseoir  presque  tous  les  jours  des  hommes  **""**",?*   ''"' 
d'Etat,  que  l'on  nomme,  d'après  leurs  fonctions  propres,  les  uns  Maîtres  des  requêtes,  le»    *•■*■<■  «•}»»• 
autres  notaires  du  roi.  Tous,  suivant  leur  rang,  obéissant  aux  ordres  de  la  royauté,  tra- 
vaillent à  faire  prospérer  la  chose  publi(|ue;  c'est  d'eux  qu'émanent  pres(|ue  incessamment 
les  faveurs  bienveillantes  et  honorables  des  grâces;  c'est  par  eux  que  sont  présentées  les 
requêtes  pesées  avec  les  balances  de  l'équité  la  plus  sincère. 

Dans  une  vaste  et  belle  chambre,  à  laquelle  donne  accès  une  porte  spéciale,  pratiquée  S  6. 

dans  le  mur  septentrional  du  palais,  parce  que  les  affaires  difficiles  qui  s'y  traitent  exigent 
une  plus  grande  tranquillité  et  une  plus  com|)lète  retraite,  siègent  à  leur  tribunal  des 
hommes  d'une  habileté  toujours  éveillée,  que  l'on  nomme  les  Maîtres  du  Parlement'*'.  Leur 
infaillible  connaissance  du  droit  et  des  coutumes  leur  permet  de  discuter  les  causes  en  toute 
maturité  et  indulgence,  et  de  lancer  les  foudres  de  leurs  sentences  définitives,  qui  donnent 
des  transports  de  joie  aux  innocents  et  aux  justes,  parce  qu'elles  sont  rendues  sans  qu'on 
ait  égard  ni  aux  personnes  ni  aux  présents,  dans  la  contemplation  de  Dieu  seul  et  du 
droit.  Mais  les  méchants  et  les  impies,  dans  la  mesure  de  leur  iniquité,  sont  abreuvés 
d'amertume  et  de  malheur. 

i'>  OnilîiinitîtlaTuliltHleMurhiedanslesgrniutes  <*'  C'est  le  nom  qu'oo  donnait  alon  k  lom  les 

occnsions.  Le  Journal  d'un  bourifeoit  de  Parts  nous  conseillers  du  Parlement  de  Paris .  derc»  ou  laïques  ; 

apinond  que.  le  16  ddceinbie  i43i,  Henri  VI,  les prësidenU  ne  furent  clajjlis  qu'un  peu  plus  larJ. 

fraprès  son  sacre,  vint  nu  Pnllnys  disner,  luy  et  sa  sous  le  règne  de  Piiilip|>c  de  Valois. qui,  par  m»  or- 

ffcompiiij;nio,  et  disna  en  la  gi-nnt  salle,  à  la  Table  donnnnce  de  i3'i3,  créa  Iw  Iroù  pramien  dont  le 

irdc  Marbre,  "t  nom  soit  parvenu  jusqu'à  noua.  Il  Mnbie  rémHar 

1118T.  —  I.  7 


50 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


fABTICtLA   PniMA. 

De  colUcutis  in  Aula 

ùiinpéllonim 

generelilor. 


PASTICUU  11*. 
De 

contint»  JD  pariibus 
inferioribui. 


PARnCLLA  m  . 
De 

contentis 

in  superioribus 

partjbus. 


PABTlGLLi    IT  . 
De 

quadam 
suniniaria  lande 

Aularum 
r.umpt-llorum. 


CAPITULUM  TERTIUM. 

DE  AULIS  CAMPELLORLH  ET  DE  ALIIS  DOMIBLS  PAUISIIS. 

Ista  si  quidcni  jocunditatis  amcnissime  niansio  lct<d)uiida,  sub  incstiiiiabiliutn 
preciosoruin  gazopliilaciis  perinaximis,  cunctas  et  universas  jocaliuiii  species,  in 
domo  iule  Campellornm  vocata,  présentât.  Ibi  nainqiie,  si  facuitates  tibi  suppe- 
tuiit  et  voluntas,  cinere  poteris  omnia  gênera  ornanientoruni,  que  saj;acissinia  fac- 
tive  ralionis  industria,  ut  iacune  desideria  complcantur,  doproperat  excogilare. 
Istorum  autem  generum  singulas  velle  specialissimas  species  describere,  forsan  hoc 
opus  tante  prolixitatis  dispendio  prolongarct,  quod  et  in  lectoris  anima  generaret 
iastidium,  et  sui  actoris  ignaviam,  propter  impossibilia  sibi  querere"),  insinuaret. 
Hoc  tamen  prorsus  nolo  tacere  quod,  in  quibusdam  inferiorum  parlium  illius 
foralis  donius,  oITeruntur,  quasi  sub  innunieris  congeriebus  et  cumulis,  panni 
pulcri,  puirrioreset  pulcherrimi;  in  aliis  autem  forraturc'^'  décentes,  hee  quideni 
ex  aninialiuni  pellibus,  ilie  vero  e\  sindalis '''  constitute;  aiic  quoque  ex  ceteris 
delicalis  et  extrancis  materiebus  facte  sunt,  quarum  propria  nomina  latini  ydio- 
matis  niichi  fateor  esse  ignota.  In  superioribus  vero  ilbus  edis  pariibus,  que  ad 
moduni  unius  vici  mirabilis  longitudinis  ordinate  sunt,  pretenduntur  speciaba  par- 
ticularum  humani  corporis  paramenta;  pro  capite  quidem  corone,  séria  et  mitre; 
discriminalia  quoque  eburnoa  pro  ca|)inis;  spécula  pro  oculis^*);  cinguli  pro  ium- 
bis;  burse  pro  lateribus;  cyrothece  pro  manibus;  monilia  pro  pectorc;  ceteraque 
talia  de  quibus  nominum  latinorum  penuria,  magis  quam  visive  cognitionis  defec- 
tus,  me  tacere  conjpollit.  Sed,  ut  illa  politorum  corporum  rcfulgentia  rrebcrrima, 
quorum  secunduni  individua  numerus  infmitus  complemenlo  proFunde  et  dearti- 
culale  narrationis  obsistit,  saltim  in  aiiqua  superHciali  summa,  tangere  se  perniit- 
tant,  liceal  ila  proponere  :  In  illis  foralibus  locis,  procedenlium  visibus  lot  et  taies 
sponsalium  jocundilatum  ac  festivitatum  celebrium  varie  decorationes  arridenl,  ut, 
una  série  semiplene  prospecta,  impetus  desiderii  mox  festinet  ad  alteram,  et,  tota 
longitudine  pcrtransita,  insatialus  resumende  oblectationis  aiïeclus,  non  solum 
semel  neque  bis,  sed  quasi  infinicies,  ad  principium  refleclcndo,  si  ratio  sibi  cre- 
deret,  inspectiones  faceret  iterare. 


'''  Celte  leçon  est  celle  du  manuscrit  de  Vienne. 
Le  manuscrit  de  Paris,  h  peu  près  indt'cliiffrable 
en  cet  endroit .  semble  porter,  impoxsibilem  qutriihiin , 
ou  impossihilium  sibi  qutesitum;  ce  qui  revient  au 
niêiiie  pour  le  sens. 

**'  FoRRATDRi!.  ptlUtium  quo  vetùt  omatur,  tel 
eliam  id  quo  aliquidmunituretfardtur.  (Du  Caniie, 
1.  III,  p.  372,  éd.  Henschel.) 

'''  Étoffes  de  soie.  (Voyez  du  Gange,  Glos».  med. 
et  inf.  latin,  au  mot  Cendalum.) 


''  Spécula  pro  orulit.  Dan»  la  pn^iiinTe  ••diliun 
de  cet  éloge,  nous  avions  traduit  ces  mots  par 
bètielei  pour  le$  yeur;  mais  les  bësides,  d'une 
invention  moderne  en  i3as,  ne  devaient  pas  Hre 
encore  assez  répandues  pour  se  trouver  aux  Halles 
des  Champeaux.  Ces  roots,  au  milieu  d'une  énu- 
méralion  d'objets  de  toilette  et  de  luxe,  semblent 
devoir  (Ire  mieux  interprétés  dans  un  sens  analogue 
à  celui  des  expressions'  qui  les  précèdent  et  les 
suivent. 


TIUITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  51 

CHAPITHE  III. 

OKS  HALLES  DES  CIIAHPEAUX   ET  DES  AUTBES  MAISONS  DE  PARIS. 

Ce  joyeux  séjour  des  plus  agréables  divertissements  offre,  en  de  très-grandes  montres  s  i". 

pleines  de  trésors  inestimables,  toutes  les  espèces  les  plus  diverses  de  joyaux  réunis  dans  """^T^***"' 
la  maison  dite  les  Halles  des  Cltampenux.  Là,  si  vous  en  avez  le  désir  et  les  movens,  vous 
pourrez  acheter  tous  les  genres  d'ornements  que  l'industrie  la  plus  exercée,  l'esprit  le  plus 
inventif  se  bâtent  d'imaginer  pour  combler  tous  vos  désirs.  Vouloir  décrire,  dans  leur» 
détails,  toutes  les  spécialités  que  renferment  ces  genres,  ce  serait  allonger  cet  ouvrage  et 
lui  donner  une  longueur  telle,  qu'elle  ferait  naître  l'ennui  dans  l'âme  du  lecteur,  et  lui 
montrerait  combien  l'auteur  s'oublie  quand  il  cherche  des  choses  impossibles.  Je  ne  veux  $,. 

pas  toutefois  omettre  entièrement  de  dire  que,  dans  quelques  endroits  des  parties  infé-  j„  '*"** 
rieures  de  ce  marché,  et  pour  ainsi  dire  sous  des  amas,  des  monceaux  d'autres  marchan- 
dises, se  trouvent  des  draps  plus  beaux  les  uns  que  les  autres;  dans  d'autres,  de  superbes 
pelisses,  les  unes  faites  de  peaux  de  bêtes,  les  autres  d'étoffes  de  soie,  d'autres  enfin 
composées  de  matières  délicates  et  étrangères,  dont  j'avoue  ne  pas  connaître  les  noms 
latins.  Dans  la  partie  supérieure  de  l'édifice,  qui  forme  comme  une  rue  d'une  étonnante  s  3. 

longueur,  sont  exposés  tous  les  objets  qui  servent  à  parer  les  différentes  parties  du  corps  tnm^nimmnitimn, 
humain  :  pour  la  tête,  des  couronnes,  des  tresses,  des  bonnets;  des  peignes  d'ivoire  pour 
les  cheveux,  des  miroirs  pour  se  regarder,  des  ceintures  pour  les  reins,  des  bourses  pour 
suspendre  au  côté,  des  gants  pour  les  mains,  des  colliers  pour  la  poitrine,  et  autres  choses 
de  ce  genre,  que  je  ne  j)uis  citer,  plut«)t  à  cause  de  la  pénurie  des  mots  latins  que  faute 
de  les  avoir  bien  vues.  Mais,  pour  que  les  splendeurs  sans  nombre  de  ces  brillants  objets,  $  4. 

dont  les  variétés  et  le  nombre  infini  s'opposent  à  une  description  complète  et  détaillée,  *"  1, 
])ui.ssent  du  moins  être  effleurées  dans  un  ensemble  superficiel,  laissez-moi  vous  parler 
ainsi  :  Dans  ces  lieux  d'exposition ,  les  regards  des  promeneurs  voient  sourire  à  leurs  yeux 
tant  de  décorations  pour  les  divertissements  des  noces  et  pour  les  grandes  fêtes,  qu'après 
avoir  parcouru  à  demi  une  rangée  un  désir  impétueux  les  porte  vers  l'autre,  cl  qu'après 
avoir  traversé  toute  la  longueur  une  insatiable  ardeur  de  renouveler  ce  plaisir,  non  pas 
une  fois  ni  deux,  mais  comme  indéfiniment,  en  reprenant  au  commencement,  leur  ferait 
recommencer  l'excursion,  s'ils  voulaient  en  croire  leur  dé.sir"'. 

de  ce  que  dit  Jean  de  Jandun  que  les  notaires  du  Pamii  les  travaux  inodcmps,  nous  gignalerons  une 
lloi  et  les  maîtres  des  re(|U(Mes  étaient  désignes  aussi  notice  du  regrettable  M.  lîrûn,  mo;l  i  la  lin  de 
sous  ce  litre  de  maitres.  On  peut  consulter  sur  l'ori-  1 866.  Celle  notice  se  trouve  en  lète  du  lonie  I"  de* 
gine  et  Torganisalioii  |iriniitive  du  Parlement  de  Arles  du  Parlement ,  fuhVié»  par  onire  de  l'Empe- 
l'aris  les  ouvrages  suivants  :  i"  Hecherclies  sur  la  reur,  sousia  dirertionde  M.lcman|iiisdeLaBorde. 
France,  par  Etienne  Pasquier;  ^' De  l'origine  et  esta-  garde  général  des  Archives.  Nous  croyons  savoir,  en 
hlisscinnit  du  Parlement  et  autres  jiirisdiclionsrmjalles  outre,  que  le  savant  et  lalwrieux  auteur  de  l'ou- 
estans  dans  l'enclos  du  Palais  Royal  de  Paris,  par  vrage  intitulé  La  France  sous  Pkilippt  le  Bel  pré- 
Pierre  de  Miraulmont,  etc.  Paris,  i6i9,  in-8°:  jwre' un  grand  travail  sur  ce  sujet 
T  Treize  livres  des  Parlements  de  France,  etc.  par  ''  V.  I.e  Clere  cite  ce  chapitre  qu'il  considère 
B.  de  la  noclie-Kla>in.  Bortleaux,  1617,  in-folio.  comme  fort  curieux,  et  le  rapproche  des  passages 


PARTICULA  ï 

De 

domibus 

rommunibus. 


PARTICULA  Tl  . 
De 

riomibut  magnaliim. 


PARTICILA  PimA. 
D.: 

manuartifiribus 
in  conimuni. 


PARTICULA  II  . 

Vf 

pictoribus 

et  ymagînatoribus. 


PAITICULA  III*. 
De 

raetoribns  armonim. 


PARTICULA  IV  . 
De  factoribuavesliulii. 

PARTICULA  <*. 
Oi>  pantini  factnribus. 


52  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

De  domo  igitur  quam  vocanl  Halos  Campellorum  dicta  sunt  tanla.  Al  vero  si 
quis  omnem  ceterarum  domorum  Parisius  nunieruin  summare  vellet,  fortassis 
laboraret  in  irritum.paulo  minus  illo  qui  mullorum  undique  hyspidorum  capilum 
pilos,  aut  agri  magni  stipulas,  aut  ingentis  silve  folia  dinuinerare  temptaret.  Qua- 
îia  vero^''  et  quanta  faniosorum  divituni  liospitia!  Hec  quidem  regum,  coniitum, 
ducum,  milituin,  celerorumque  baroniini,  illa  vero  ecclesie  prelatorum;  ulicjue 
plurima  sunt,  magna  sunt  et  fortia,  pulcra  sunt  et  décora,  in  tantum  quod  ex  iilis 
solis,  si  ab  aliis  segregata  subsistèrent,  constitui  posset  civitas  admiranda. 

CAPITULUM  QUARTUM. 

DE  ARTIFICIBUS  MANUALIBl'S. 

.  Habitum  '^'  autem  est  hiis,  si  considerare  non  displicet,  de  manuartificibus  an- 
nectere.  Dicamus  igitur  quod  manuales  artifices,  sine  quibus  uitimata  poiitice 
communicationis'*'  integritas  non  completur,  in  illo  nccessitatum  copiosissimo  suj>- 
plemento,  tante  spissitudinis  vicinitate  compressi  sunt,  ut,  undique  pcrlustrantibus 
oculis,  vix  ipsorum  continencie  due  domus  contigue  videantur  expertes.  Et  ut  ine- 
narrabiles  per  singula  humanarum  artium  industrias,  sub  quoruradam  generum 
summa,  capitulare  temptemus,  fas  sit  ita  diccre  :  Hic  siquidem  reperies  cunctaruni 
ymaginum,  seu  scultura,  seu  pictura,  seu  elevalione  consistentium,  subtilissimos 
formatores.  Hic  videbis  bellicorum  instrumentorum ,  quinimo  singulorum  que  ne- 
cessaria  sunt  equitibus,sagacissimos  constructores;  sellas  enim  et  frena,  gladioset 
scuta,  lanceas  et  jacula,  arcus,  balistas'*',  malleos  et  sagittas,  loricas  et  platas'*', 
cucufas'"'  et  galeas;  et  breviter,  quecumque  liumano  coq)ori  pro  invasione  et  resis- 
tentia  conveniunt,  sic  habundant  in  illa  securitatis  tranquilissima  mansione,  ul  et 
hostium  ferocitates  perterrere  valeant,  et  incolarum  corda  fidelium,  divine  lameo 
potentie  munimento  posito  pro  oculis,  trepidare  non  sinant.  Hic  rursus  invenies 
indumentorum  atque  ornamentorum  curiosissimos  paratores. 

De  panis  autem  factoribus  lioc  interponere  non  pudet,  quod  vel  ipsi  mirabili 


'''  Le  manuscrit  de  Vienne  ajoute  ici  «iin(. 

'*'  Dans  le  sens  de  visum  est  ou  conveuien*  ett. 

'')  Ainsi  porte  le  texte.  11  semble  qu'il  faudrait 
plutôt  communionis. 

''  Balista  ,  appareil  h  lancer,  machina  jaeulatoria, 
dit  Du  Cang^.  Nous  le  traduisons  ici  ^marbaUtes, 
avec  i'autorilé  du  cëlèbre  lexicographe  qiii  cite  un 
compte  de  Barlbélemy  du  Dracb,  contemporain  de 
Jean  de  Jandun  (i  338) ,  où  il  est  fait  mention  d'une 
(tarbaleste  de  cor  et  d'if,  à  tour,  à  haussepié ,  à  bau- 
itdrier,  à  tailler.»  (T.  I,  p.  559, ëd.  Henschel.) 

'*'  Plata  ,  lame  métallique ,  dont  le  nom  s'est  con- 
servé jusqu'à  nos  jours  :  rrlta  nostri  appellabant 
rarmaturas  ex  laminis  ferreis  confectas,  cujusmodi 


irhabuisse  Sarniatas  scribit  Tacilus  <  (Du  Gange, 
t.  V,  p.  agA,  ëd.  Henschel.)  Christophe  Hartuock 
nous  apprend  :  «rPlalani  esse  joricam  qua  pectus 
itlogitur,  indcqiie  eos  qui  loricas  ronficiunl  platner 
capiiellari.»  Les  platner  allemands  avaient  autre- 
fois une  très-grande  rëputalimi. 

'*'  Cdcifa,  diminutif  de  aiphia,  coiiïiire  quel- 
conque, est  mentionné  dans  un  registre  du  Par- 
lement de  Paris.  B.  fol.  44,  parmi  les  arrêts  de 
l'année  197g.  Il  est  dit  dans  ce  document  que 
Jean  de  la  Chapelle,  ëcuyer,  et  ses  com|)lices  se 
rendront  à  un  lieu  indiqué,  m  ealigù...  in  tunieis, 
sine  zonit,  tint  capmeiit  et  sine  cneuJU.  Cucvfa  dé- 
signe dans  notre  texte  une  coifTure  militaire. 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  53 

J'on  ai  dit  assez  sur  la  maison  que  l'on  appelle  les  Ihilhis  de»  Champeaux.  Mais  qui  vou- 
drait compter  le  nombre  des  autres  maisons  de  Paris,  travaillerait  probablement  en  vain,  *** 
à  pou  près  comme  celui  qui  essayerait  de  compter  les  cheveux  de  plusieurs  t^tes  abondam- 
ment fournies,  ou  les  /ipis  d'une  vaste  moisson,  ou  les  feuilles  d'une  grande  forêt.  Que  s 6. 
de  grands  et  beaux  hôtels  de  riches  fameux!  Les  uns  sont  ceux  des  rois,  des  comtes,  des  •*"****•  r»^ 
ducs,  des  chevaliers  et  des  autres  barons;  les  autres  appartiennent  aux  prélats;  tous  sont 
nombreux,  grands,  bien  bâtis,  beaux  et  splendides,  au  point  qu'à  eux  seuls  et  séparés  de» 
autres  maisons  ils  pourraient  constituer  une  merveilleuse  cité'". 

CHAPITRE  IV. 

DES  ARTISANS  HANDEL8. 

11  nous  paraît  bon,  si  cet  examen  ne  vous  déplaît  pas,  d'ajouter  ici  quelques  remarques  $  ,«•. 

sur  les  artisans  manuels.  Disons  donc  que  les  artisans  manuels,  sans  lesquels  l'intégrité  '*"•»«'■" •"f'"*^ 
de  l'association  politique  n'est  pas  complète'^*,  au  milieu  de  cet  ensemble  si  abondant  de 
tous  les  éléments  nécessaires,  se  pressent  dans  un  voisinage  si  rapproché  et  en  un  tel 
nombre,  que  les  yeux,  en  parcourant  toutes  les  rues,  ne  peuvent  trouver  deux  maisons 
conliguës  qui  n'en  soient  plus  ou  moins  peuplées.  Et  afin  de  grouper  sous  quelques  chefs 
principaux  les  différents  genres  d'industries  qu'on  ne  peut  décrire  en  détail,  qu'il  nous 
soit  permis  de  parler  ainsi  :  A  Paris,  on  trouve  des  imagiers  très-habiles,  soit  en  sculpture,  j ,. 

soit  en  peinture,  soit  en  relief;  là  vous  verrez  d'ingénieux  constructeurs  d'instruments  de  **" . 

guerre  et  môme  de  tous  les  objets  nécessaires  aux  cavaliers  :  selles  et  freins,  épées  et  ï  3. 

boucliers,  lances  et  javelots,  arcs  et  arbalètes,  maillets  et  flèches,  cuirasses  et  lames  de  '"""' 

métal,  bonnets  de  fer  et  casques;  enfin,  pour  abréger,  toutes  les  armes  convenables  à 
l'attacpie  et  à  la  défense  se  trouvent  en  tel  nombre  dans  cette  tranquille  demeure  de  la 
sécurité,  qu'elles  peuvent  effrayer  l'esprit  farouche  des  ennemis,  et  qu'elles  bannissent 
toute  crainte  du  cœur  des  habitants  fidèles;  ce  qui  ne  les  empêche  pas  de  placer  devant 
leurs  yeux  le  rempart  de  la  puissance  divine"'.  Vous  y  trouverez  en  outre  des  hommes  qui  s  •,. 

fabricjuent  avec  un  très-grand  soin  des  vêtements  et  des  ornements. 

Quant  aux  boulangers,  il  n'est  pas  déplacé  de  dire  ici  qu'ils  sont  eux-mêmes  doués  i  s. 

analogues  de  Joinvillc  et  de  Guillcbert  de  Metz.  qu'aujourd'hui  d'Etat  possible  sans  l«ur  concours. 
{Hist.  litt.  de  la  France,  t.  XXIV,  p.  igS.)  M.  Eni.  •''  Les  industries  militaires  occupent  une  plac* 

Renan  le  cite l'jjalenienl,  et  en  traduit  la  plus  grande  relativement  considt'rable  dans  celle  ënumëralion 

partie,  comme  un  tt'moigiiajfe  de  la  splendeur  ar-  des  mt'tiers  parisiens.  Paris  éXsùi,  en  effet,  le  si^ge 

tistique  et  conmierciale  de  Paris  à  cette  époque.  principal  de  la  fabrication  des  armes  de  guerre. 

(Même  volume,  p.  (ho.)  Etienne  Roileau consacre  plusieurstilresde  son  litre 

'''  On  verra  dans  (îuillebert  de  Metz  l'indication  aux  heaumier»,  aux  mettrts  gaainitn  itfimriamx, 

et  la  description  de  quelques-uns  de  cesliôlels.  aux  marchands  défier  et  d'ackier,  matière  première 

'''  Cette  pens(<e  appartient  h  Aristote.  qui  la  foi^  de  l'armurerie.  On  peut  citer,  plus  lard,  les onloD- 

mule  ainsi  au  VP  livre ,  S  n  : . . .  wv  ivev  -aàhv  àiù-  nances  royales  de  l 'u  i  et  1 44 1  sur  les  etrtShtn, 

ruTovo/xeiCTOai.  Bien  que  les  ouvriers  n'occupassent,  celles  de  1467  sur  \c»  ffmrhÙMwrê ,  et  de  nombreux 

ni  on  Grèce  ni  au  moyen  Age,  la  place  (pie  leur  0  règlements  recueillis  jwir  De  l.amart>  pour  la  com- 

fiiito  l'industrie  moderne .  il  n'y  avait  pas  plus  alors  |)ogition  du  livre  M!  du  Traàè  de  la  polkt. 


PJtRTlCliLA  Tl  . 

D« 

farlorihuB  vaaorum. 


PARTIl'.DLl  TU  . 
De 

fiirlorihtis  lihroruni. 


54  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORKîINALX. 

arlis  pieiogativa  cuiictis  aliis  8ui  {;eneris  dotati  sunt,  aut  ipsoinini  matcrie,  ulpotc 
jjraiia  et  aqua,  in  tanlum  nieliores  sunl  ceteris,  ul,  ob  hoc,  panes  quos  faciunl 
quasi  incommensurabilem  suscipiant  bonitalis  et  delicationis  "*  excessum.  Melius 
auteni  est  si  bec  ambo  concurrant.  Insuper  nietallicoruni  vasorum,  precipiie  de 
auro  et  argenlo,  stanno  et  cupro,  figuralores'*  optimi  8upra  Pontem  vocatuni 
Magnum,  atque  in  ceteris",  prout  unicuiquesuppotit,  pluribus  locis,  maiieos  super 
incudes,  quasi  arnionice  concurrenlibus  ictibus.  faciunt  resonare.  Adhur  pcrga- 
nienarii,  scriptorcs,  illuminalores  atque  ligatores  librorum'*'  ad  ministerium  sa- 
picntic  tanto  studiosius  invigilant  sua  opéra  decorare,  quanlo  copiosins,  ab  ilia 
profundissiraa  scaturigine  cunctorum  bonorum,  scientiaruni  jocundissimi  fontes 
egrcdiuntur.  De  ceteris  autem  manuartiricum  inodis,  tum  qnare  sunt  salis  noli, 
tum  quare  prolixitatem  vereor,  non  eb'go  ultra  multiplicare  sermoncs. 


CAPITLLLM  QIINTLM. 


;(») 


ET  ACCIDe>Tli  CORPORIII. 


PAffTICILA  PIIHA 

D.- 

morilms 


QCOD  EST  DE  CONDICIOMBIS  POPILI   PARISIE>ISIS  QLOAD  NORES> 

Cum  ad  Parisienses  alumpnos,  per  niores  animaruni  et  accidenlia  corporuni 
describendos,  me  converterent,  visum  fuit  miclii  quod  mulli  viroruni ,  ab  antiqua 
pnpuii  PnriMemi».  seiiiinuni  propagatione  Parisius  genitorum,  tali  ulique  niansuctudinis  moderatione 
fruunlur,  quod,  ex  laudabili  consuetudine,  niediocriler  se  liabent  ad  irascenduni  : 
qui  vero  ipsoruni  déclinant  a  medio,  frequentius  per  iracundiam  quain  per  ire  pau- 
citatem  transgrediuntur.  Plcrique  etiam  eorum  "^'  videntur  deccnlis  aflabililatis  at- 
que urbnnitatis  spirituali  dulcedine  graliosi  :  qui  autem  ipsoruni  déclinant  a  medio 
inagis  se  ])lacidos  exliibcnl  qiiam  protervos.  Plurimi  quoquc  Parisiensium  et  ge- 
nciaiifer  Gallorum  sunt  excojienter  eutrapeli  :  (]ui  vero  déclinant  a  medio  plus 
in  boniolocliiam  quam  in  agroybexam^''  cadunt.  ob  defcclum  congrue  discipline: 
Adhuc  Parisiaci  populi  magna  quidem  pars  aperta  est  et  verax;  sed,  si  qui  ipso- 


'"'  Ce  mot  est  d'une  latinitt'  fort  iloulciise  :  on  ne 
le  trouve  que  dans  les  additions  de  Carpentier  et 
avec  le  sens  de  rœu. 

'*'  L'auieur  emploie  indistinctement  les  exppes- 
sionsfactor  cl  ffpiralor  qui  ne  se  confondent  point, 
même  dans  la  basse  latinité.  Arnobe  entend  le  molji- 
gurator  dans  le  sens  d'une  représentation  par  image  ; 
nous  le  traduisons  ici  par  ciseleur. 

'''  Le  mot  ewteris,  rapproché  de  pluribus,  avec 
lequel  il  fonne  un  véritable  pléonasme,  nous  avait 
suggéré  l'idée  dune  ellipse,  celle  de  pontibut.  Dans 
cette  hypothèse,  le  Grand  Pont  n'aurait  pas  été  le 
siège  unique  de  l'industrie  des  orfèvres  et  des  potiers  ; 
mais,  comme  Tauteur  ajoute  le  mot  locis,  tpii  im- 
plique une  dissémination  plus  grande  encore  des  ate- 
liers dont  il  s'agit ,  nous  n'avons  pas  cru  devoir  intro- 
duire cette  nuance  de  sens  dans  la  traduction. 


'*'  Tonte  l'induslne  émineninient  [«risienne  de 
\a  fabrication  des  livres,  comme  dit  Jean  de  Jandun , 
se  rattache  aux  quatre  mots  qu'il  emploie  ici  :  les 
pergamenarii ,  dont  la  nie  subsiste  encore;  les  serip- 
lurtt,  que  riniprimerie  a  remplacés;  les  iUumina- 
lore»,  qu'elle  ne  remplacera  jamais,  et  les  UgaUm», 
dont  les  travaux  passaient  ensuite  aux  mains  des 
orfèvres,  qui  en  faisaient  de  véritables  objets  d'art. 

'''  Le  manuscrit  de  Vienne  ajoute  ici  animarum, 
comme  dans  la  première  phrase  du  chapitre. 

'**  Eorum ,  ajouté  par  le  ms.  de  Menne. 

''*  L'auteur  emploie  ici  plusieurs  mots  grec», 
qu'il  latinise  :  EvrpaireXoi ,  enjoués  ;  ^fioXo- 
}(^lti.  bouffonnerie;  àjpotxit.  rusiicilé.  grossiè- 
reté. Ce  dernier  mot  a  été  singulièrement  défiguré 
par  le  copiste.  Peut-être  faudrait-il  lire  agroy- 
keyam. 


i.v.  (;i\.\Ni)  l'oM  l'i.  l'Aïus  Al  Mv- sn-xi.K 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  35 

d'une  supériorité  étonnante  dans  leur  art  sur  tous  les  autres  ouvriers  de  ce  genre,  ou  que 
les  matières  (|u'ils  emploient,  savoir  le  {jrain  et  l'eau,  sont  tellement  préférables  aux  aulrctt, 
que,  pour  celte  raison,  les  pains  (pi'ils  rabriquenl  acquièrent  un  degré  increvable  de 
honlé  et  de  délicatesse'".  Mieux  vaut  encore  (pie  ces  deux  qualités  .soient  réunies.  En  outre, 
d'excellents  ciseleurs  de  vases  de  métal,  principalement  d'or  et  d'argent,  d'étain  et  de 
cuivre,  se  trouvent  sur  le  Grand  Pont,  et  en  beaucoup  d'autres  endroits,  suivant  la  commo- 
dité de  chacun,  et  font  retentir  les  marteaux  sur  les  enclumes,  en  formant  comme  une 
cadence  harmonieuse.  Il  y  a  encore  les  parchcminiers,  les  écrivains,  les  enlumineurs  cl  les 
relieurs,  qui  travaillent  avec  d'autant  plus  d'ardeur  à  décorer  les  œuvres  de  la  scienc**  „ 
dont  ils  sont  les  serviteurs,  qu'ils  voient  couler  avec  plus  d'abondance  les  riantes  fontaines 
des  connaissances  humaines  jaillissant  de  cette  source  inépuisable  de  tous  les  biens.  Quant 
aux  autres  espèces  d'artisans  manuels,  soit  [>arcc  qu'ils  sont  assez  connus,  soit  parce  cjue 
je  crains  la  prolixité,  je  n'en  dirai  rien,  ne  voulant  pas  prolonger  ce  discours. 

CHAPITRE  V. 

DBS  CONDITIONS  DU  PEl'PLE  PARISIEN  QUANT  AD  MORAL  ET  AD  PHYSIQUE. 

En  me  disposant  à  décrire  le  caractère  moral  et  physique  des  enfants  de  Paris,  il  m'a 
semblé  que  beaucoup  de  ceux  qui  sont  nés  à  Paris,  d'une  ancienne  famille,  sont  doués 
d'une  telle  modération  cl  d'une  telle  douceur,  que,  par  une  louable  habitude,  ils  ont  peu 
de  penchant  à  se  mettre  en  colère;  mais  ceux  d'entre  eux  qui  s'écartent  de  la  droite  ligne 
pèchent  |)lulôt  par  enq)orleinent  que  par  apathie.  La  plupart  d'entre  eux  paraissent 
agréables  par  leur  charmante  allabililé,  leur  urbanité  et  la  douceur  de  leur  esprit;  mais 
ceux  d'entre  eux  qui  ne  se  maintiennent  pas  dans  un  juste-milieu  se  montrent  plutôt 
calmes  (ju'insolents'"^'.  La  plupart  des  Parisiens,  et  en  général  des  Français,  sont  remar- 
quablement enjoués;  mais,  s'ils  dévient  d'un  côté  ou  de  l'autre,  ils  tombent  plutôt  dans  la 
bouffonnerie  que  dans  la  rusticité,  par  défaut  d'éducation  convenable.  Le  peuple  de  Paris 


Dm 


se. 


Dm 


■Ml  lirm. 


'''  Les  lalmelierit  de  Paris  ont  toujours  eu  une 
{fronde  répiilalion  :  il  siidil  do  parcourir  les  ordon- 
iiniices  et  irjfleiiiciils  (|iii  les  coiicernenl  pour  se 
couvaincrc  de  l'iniportanco  que  l'aulorilt'  el  la  cor- 
poration cllc-niènie  allaehaient  à  la  bonne  qualité 
du  |)ain.  Le  Livre  des  Mèlicr»,  ilKticnno  Boileau 
[  \"  partie,  litre  1),  s'en  ex|)riuie  ainsi  :  irQuanl  li 
«Rois  a  donc!  à  son  nieslre  Panclicr  le  niesticr  de 
irtaleniftlier,  li  nieslre  Panelier  doit  venir  a  Pari»  el 
"•faire  asseinhler  louz  les  tal('iiipliers. . .  El  doit  cslire 
(f  XII  dos  plus  pi'i'udoim's  di'  iiicsliorde  laleniolier. . . 
''qui  niiex  sachent  connoistre  le  pain,  el  qui  plus 
"sadiPiit  du  ineslicr.  pour  ]<>  profil  à  ceus  qui  de- 
rrdaiis  la  vil((  seul.  El  doivonl  icfl  \ii  preudonies 
tfjurcr. ..  que  ou  ju(|ier  le  pain,  qu'il  nespargne- 
wronl  ne  paronl,  no  niiii.'  Ils  n'éparjjnairni  por- 
sonne,  en  eiïul,  dans  Iciii's  fn'qucntcs  excursions  : 


frQiiant  li  meslre  el  li  ]\ae  vont  paniii  la  vile. . .  il 
irprendrent  un  sei^nt  du  Clinslelet .  el  as  lenestm 
ff ou  il  Ireuvenl  le  pain  à  vendre. . .  rojyuardrnl  se  il 
iresl  soullisons  ou  non.'>  El  en  cas  d'insutlisiuice  dr 
poids  ou  de  qualité,  toute  la  foumt'e  ëtait  coofi»- 
<|ui^  :  "Li  nieslre.  li  jure,  ajoute  Élienne  Boilenu. 
(T feront  doner  por  Dieu  le  pain." 

'*'  Nous  avons  déjà  fait  remarquer  dans  la  NoUn* 
que  ces  deux  alllrnialions  saocenives  inipliqti<>nl 
une  certaine  contradiction,  h  moins  loutefoi»  que 
Jean  de  Jandun  ni'tablisso  ici  deux  catégories  de 
Porisiens  :  les  uns, gens  du  peuple,  qui  !i'eni|ior(enl 
quelquefois;  les  autres,  hommes  affables,  polis. 
bien  éievtis,  qui  ne  tombent  jamais  dans  cet  ci- 
rés. Les  expressions  latines  afiUUlts,  winilM. 
gpirilualù  (itilerdo  semblent  appuyer  cette  conjec- 
ture. 


PARTICVU  II. 

^cridentibus 
corjiorum  viroruni. 


PARTICIU  m. 

Dp 

mulieribus. 


56  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX, 

rum  lelinquunt  médium,  inveniuntur  jactaiitiores  itliquaiiter.  Ipsorum  autem  cor- 
pora  nec  despeclibilis  nanositatis  brevilale  vilcscunt,  neque  {;iganlee  moiis  one- 
rositale  pigrescunl.  Et  adliuc  ipsorum  mcmbra  nec  servilis,  ut,  verbi  gratia. 
Milonici,  roboris  brutescunt  ferocitate,  nec  nioliitiei  feminee  flexibilitate  flectun- 
tur;  sed  subinediocris  stature  formosa  procerositale '"'  formata  sunt,  tanto  nicbi- 
lominus,  prout  liberis  innatum  est,  munita  vigore  quantus  ad  civileni  vitam 
sulïicit,  et  quantus  ad  bellicas  re({uiritur  actiones. 

Hec  de  viris.  De  nmlieribus  autem  quid  référendum  "'?  Opinor  quod  uxores  et 
matrone  légitime,  non  obstantibus  curiosis  et  muitiphariis  indumentorum  suorum 
lasciviis,  et  non  obstantibus  suarum  pulchritudinibus  inelfabilibus  facierum,  ma- 
trimonii  leges  custodierunt('>,  et,  per  Dei  gratiam,  conservabunt  illesas.  Si  que 
vero  ipsarura,  per  variam  dolosc  Cyprigene.  corrigiam,  spisse  sapientis  intellectum 
furate  sunt^*',  rogo  Deum  piissimum,  qui  solus  potest  ex  immundo  mundum  fa- 
cere,  quatinus  ipsas  reducat  ad  statum  salutLs. 

CAPITULLM  SEXTUM. 

DE  FLLVIO  PAR1SIE:«SI,  VOCATO  ^OHnE  PROPRIO  SECA^A. 

Ad  illud  fecundissimuni  declivum  Parisius,  cui  ab  Excclso  concessum  fuisM 
videtur  terreni  vices  gerere  Paradisi,  fluvius  juste  faniosus,  Secana  vocatus,  acce- 
dit.  Gujus  magnitudinis  congrua  mediocritas,  suique  fluxus  non  proceilosi  sed 
tranquiili  velocitas  moderata,  ex  variis  mundi  partibus  opulentias  humanis  usibus 
oportunas  uberrime  subministrat.  Vina  elenim  Grecie,  Varnacie'*',  Rupelie,  Vas- 
conie,  Borgundie,  copiose  déportât.  Trilicum,  siliginem,  pisa,  fabas,  fenum,  ad- 
venam,  sai,  carbones  et  ligna  propinat  ad  plénum. 


'''  Manuscrit  de  Vienne  :  procerilate. 

'*'  Manuscrit  de  Vienne  :  re/eram. 

'''  Le  manuscrit  de  Paris  donne  custodiunt. 

'*'  Ce  passa^fe  pn^scnte  divers  sens  à  l'esprit; 
nous  avons  adopté  celui  qui  rend  le  mieux  raison 
des  deux  mots  les  plus  iin|K>rlanlii,  sapientis  et  in- 
tellectum, tout  en  se  rattachant  naturellement  au 
contexte.  Il  s'agit,  en  effet,  des  femmes  mariées, 
timtronœ legitiiiiœ ,ei  de  l'usajje qu'elles  ont  pu  faire, 
soit  avant,  soit  depuis  leur  mariage,  de  la  fameuse 
ceinture  de  Vénus.  Jean  de  Jandun  s'exprime,  à  cet 
égard,  avec  la  plus  grande  réserve,  quoiiju'on  fût 
de  son  temps  infiniment  moins  discret  au  fond  et 
dans  la  forme.  M.  Paulin  Paris  cite,  en  latin,  bien 
entendu,  un  proverbe  de  cette  époque  qui  traite 
les  Parisiennes  avec  la  dernière  irrévérence  : 

Parisius  iiali  non  posaunt  esse  beati. 

Non  saut  felices,  quia  maires  sont  meretrice*. 

Cette  grave  accusation  formulée,  selon  l'usage  du 


temps ,  dans  deux  vers  léonins  rimant  à  l'hémisticbe , 
se  trouve  consignée  sur  la  seconde  feuille  de  garde 
d'un  volume  in-folio  parvo  provenant  de  l'ancienne 
bibliothèque  de  Mazarin  et  |>ortant  à  la  Uibliotlièque 
impériale  (département  des  manuscrits)  le  n*  &«« 
du  fonds  français.  Rien  autrement  galant  était  l'au- 
teur anonyme  du  roman  de  la  Poire,  qui  s'exprime 
ainsi  sur  le  compte  des  Parisiennes  : 

. . .  VtÊ  puedet  M  Ua  dames, 

Ca  MOllaileari.eeioiides  jame*  [gtwtmm) 

De  iMrtM  csIm  qat  Mal  aies; 

Taot  ■ODteoartoiMtatMii<«i(taatéM), 

Tant  sont  vaillant  et  bien  apriaes 

Qu'en  nul  blasme  ne  sont  reprise*. 

(  Histoire  littéraire  de  la  France ,  tome  XXII . 
p.  874.) 

'''  Manuscrit  de  Vienne  :  Vermicie,  vins  de  Gre- 
nache, nommés  aussi  avec  les  vins  de  Grèce  par 
Eustache  Deschamps.  (  Voyez  Legrand  d'Aussy,  Vie 
privée  des  Français,  t.  III,  p.  A8.) 


0» 


s». 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PAIUS.  57 

est  en  grande  partie  franc  et  ouvert;  mais  ceux  qui  ne  demeurent  pas  dans  la  droite  voie 
peuvent  devenir  quelquefois  un  peu  trop  vantards.  La  taille  des  Parisiens  ne  descend  pas  s  i. 

jusqu'à  la  petitesse  méprisable  des  nains;  mais  aussi  leur  corps  ne  s'alanfjuit  point  sous       """^ 
le  poids  d'uni!  gigantesque  masse.  Leurs  membres  n'ont  ni  la  rudesse  brutale  et  scnile  '•***»™» 
d'un  athlète  comme  Milon,  ni  la  mollesse  et  l'élasticité  des  chairs  de  la  femme;  mais  ils 
sont  doués  d'une  stature  moyenne,  d'une  belle  prestance,  qualités  qui  n'en  sont  pas  moins 
acconq)agnécs,  comme  il  convient  à  des  hommes  libres,  de  la  vigueur  nécessaire  pour  la  vie 
civile  et  pour  les  fatigues  de  la  guerre"'. 

Voilà  pour  les  hommes.  Que  dire  maintenant  des  femmes?  J'aime  à  croire  que  les  épouM's 
et  les  mères  de  famille,  nonobstant  le  luxe  et  la  diversité  excessive  de  leurs  ajustements,  et 
malgré  les  beautés  ineffables  de  leur  visage  f'^',  conservent  les  lois  du  mariage,  et  que,  grâce 
à  Dieu,  elles  les  conserveront  hors  de  toute  atteinte.  Si  pourtant  quelques-unes  d'entre 
elles,  enchaînant  leurs  maris  à  la  ceinture  changeante  de  l'artificieuse  Cypris,  ont  surpris 
honteusement  la  religion  d'un  homme  sage,  je  prie  le  Dieu  très-miséricordieuv,  qui  seul 
|)(Mit  rendre  pur  ce  qui  ne  l'est  pas,  de  les  ramener  dans  la  voie  du  salut. 

CHAPITItE  VI. 

ou  FLEUVE  QCI  PASSE  À  PABIS   KT  QUE  L'ON  APPELLE  LA  SEIXg. 

Dans  ce  fertile  bassin  de  Paris,  qui  semble  avoir  reçu  du  Très-Haut  le  rôle  de  Paradis 
terrestre"',  un  fleuve  justement  célèbre,  nommé  la  Seine,  vient  se  répandre.  La  grandeur 
suilisantc  de  son  lit,  la  rapidité  modérée  de  son  cours  non  impétueux  mais  tranquille.  \ 
fournissent  en  abondance  les  richesses  de  toutes  les  parties  du  monde  nécessaires  au\ 
l)esoins  de  l'honinie.  La  Seine  y  apporte  en  grand  nombre  les  vins  de  la  Grèce,  de  Gre- 
nache, de  la  Rochelle,  de  Gascogne,  de  Rourgogne;  elle  amène  en  quantité  du  froment, 
du  seigle,  des  pois,  des  fèves,  du  foin,  de  l'avoine,  du  sel,  du  charbon  et  des  bois**'. 


''  Il  sernit  curieux  de  rechercher,  dons  les  divers 
iiuleui-s  (|ui  ont  t^crit  sur  Paris,  les  traits  fbiidamen- 
lau\  (lu  c.ii'acU're  parisien ,  et  de  constater  ainsi  que 
ce  type  s'est  perpétué  à  travers  les  siècles.  Un  pa- 
reil travail  excède  manifestement  les  proportions 
d'une  simple  note,  el  nous  ne  pouvons  ici  qu'en 
suggérer  lidée  au  lecteur. 

''  [.a  beauté  des  Parisiemies  a  toujours  été  pro- 
verbiale; cependant  on  leur  a  plus  d'une  fois  contesté 
ce  privilège.  Nous  citerons ,  entre  autres  pièces  du 
débat,  le  petit  livre  intitulé  :  Puellarum  Arenioneit- 
sium  advemus  Pan-lilsiaims  dcfornup  prestnntin  con- 
certatio  ,exL.  Claudii  Eiisis  rliriloiionihiis  (  Tliolosa; , 
i599,  in-li°). 

'"  On  retrouve  ici  le  jeu  de  mots  du  Dictnicur, 
Parisics,  Paradisus;  Jean  de  Jandun  l'aura  sans 
doute  reproduit  pour  ne  pas  être  accusé  une  se- 
conde fois  d'irrévérence  envers  la  grande  ville.  Celle 


(répentlièse»  se  rencontre  d'ailleurs  cheï  presque 
tous  les  auteurs  du  temps  :  Français  et  étrangers 
proclament  à  l'envi  que  Paris  est  un  Paradis.  En 
i^lili.  notamment.  RichanI  de  Bury,  ëvéqne  de 
Durham,  grand  chancelier  d'Angleterre,  et  grand 
amateur  de  livres,  s'écrie,  h  propos  des  trésors  de 
science  que  renfermaient  les  boutiques  des  vingl- 
buil  libraires  jurés  :  >-0h!  quel  torrent  de  joie  a 
ff  inondé  notre  cœur  toutes  les  fois  que  nous  avons 
irpu  visiter  Paris,  ce  Paradis  du  monde,  PmWmwm 
itmundi  Paritiiu.  n  (  liickardi  de  Bury,  epùe.  Damelm. 
Philobiblion ,  Helmsladii,  fjoZ.  el  Paris.  ëdïL  Co- 
clieris.  i856,  ch.  vin.) 

'*'  Ce»  inarrhandis<>s  ont  toujourit  fait  le  fond  du 
commerce  par  eau .  sur  la  Seine  el  ses  alUuenU.  Voir 
les  grandes  ordonnances  de  Chartes  VI  (  i  &  i  S  ) .  de 
Louis  XIV  (1679),  qui  ont  régie  w  n^oce,  et  le 
Traité  de  la  police,  t.  III. 

8 


58 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


l'AKTlClLA  CniMA. 
IV  Imno  situ  pArinius. 


CAPITULUM   SEPTIMUM. 

DE   CIB^RIIS  SEU   VICTLALIBt'S. 

Grande  siquideiii  lueuiu  fragile  dorsuin  pondus  opprimeret,  si  CMiicloruni  cibo- 
rum  species  niererentur  in  hoc  opère  loca  noniinibus  propriis  occupare  distincta. 
Omnes  enim  bestiarum  terre,  aque  et  aeris,  adhuc  auteni  piantarum,  fructuuni 
et  lejjuniinuin  differentias,  quorum  subsUncie  per  cpscsini  paralo  vel  optesim  " 
esui  conveniunl,  qnis  enarrabit?  Heor  autein  in  presenli  hoc  osse  suiliciens  quod 
onini  tenipore  lot  et  taies  nutrinientoruni  inaneries'^'  nniniunt  urbeni,  ut  excita- 
luni  i'anie,  in  sohriis  aut  in  delicatis  saporibus,  palatuni  suo  desiderio  non  frus- 
tretur.  Pretiuni  vero  vendilionis  et  einptionis  taliuni  sub  tali  rationis  inensura 
decurrit,  qualem  teniporis  ydoneitas  et  ineptitudo  perniittit.  Quod  enim  niirabile 
videtur,  non  nunquani  visum  est  hoc  accidere  quod,  quanto  majores  populorum 
turme  inibi  confluant,  tanto  victualium  exuberantior  copia  et  copiosior  exub«- 
rantia",  prêter'*  analogum  crementum  caristie'*',  prescntatur  ibidem. 

CAPITULUM  OCTAVUM'»'. 

DE  SITU   PARISItS  ET  TOTIUS  RALLIE  ,   H  QIO  EST  QLOUDAIl  CORRELARIl'It 

DE  REOIBLS  rRA^CIE. 

Mirabilis  in  suoruni  perfectione  donorum  divine  muniHccntie  plcnitudo,  que 
prêter  dicta  gcncra  bonorum,  quasi  liumani  corporis  fragilitatis  miserta  et  anime 
|)assibililati  compatiens ,  nodum  Parisiaci  territorii,  sed  et  totius  Gallie  piena^') 
fecunda  sub  tali  celestium  rorporum  collocavit  aspectu,  talosque  prebuit  eis  lu- 
minarium  influentias  radiorum,  ut  sui  habitatnres  strictura  non  rigeant  frigoris 


'''  Deux  mois  grecs  latinisés  |>ar  l'auU'iir. 

'*'  C'est  (le  ce  mot  (ju'est  dérivé  le  sulistantir 
français  manière. 

''  Ces  redondances  de  mots,  dans  lesquelles  !<■ 
(jualilicatif  du  |ircniier  sujet  devient  sujet  à  son 
lonr  et  est  qualifie  par  un  adjectif  fonné  du  subs- 
tantif précédemment  employé ,  constituent  un  ome- 
Mient  oratoire  fort  employé  par  les  rhéteurs  de  la 
l>asse  et  de  la  moyenne  latinité.  Les  Pères  de  l'Église 
iiont  pas  échappé,  sur  ce  point,  à  ta  contagion: 
saint  .Augustin,  notamment,  s'écrie  en  divers  en- 
droits des  Soliloque*  et  des  Coiifeuioni  :  "0  beala 
"' solitudo !  0  soia  heatitudo!  0  felix  a>ternitasl  0 
"œterna  félicitas!  etc.» 

'*'  Prœler  nous  a  paru  avoir  ici  le  sens  priva- 
tif. En  elTet,  si  on  le  traduisait  par  les  mots  en  de- 
hors de,  indépendamment  de,  l'éloge  que  l'auteur 
veut  donner  à  Paris  serait  beaucoup  moindre,  et 
l'on   ne  s'expliquerait  plus  l'admiration  qu'excite 


en  lui  le  fadle  approvisionnement  <ie  la  capitale. 

''  CiRiSTii,  cherté,  de  earere,  manquer;  on  le 
trouve  aooa  la  forme  earittia.  earittio,  eamtm, 
carieia ,  etc.  (Ehi  Cange.  édit.  Henschei.  t.  II. 
p.  179  el  i8«.) 

<*'  Tout  ce  chapitre,  qu'on  pourrait  intituler  le 
chapitre  de»  dliwtfi  et  rapprocher  de  la  fanieu8<> 
lliéoric  de  lioolMq[Dieu  {E*prit  de*  Iaù*,  liv.  \IV. 
XV,  XVI,  XVH),  est  un  résumé  de  la  doctrine 
d'Arislote.  Consulter  à  ce  sujet  la  traduction  de  In 
Politique  (liv.  IV  (7),  chap.  vi ,  étiit.  de  J.  fSarthé- 
lemy  Saint-Hilaire). 

^  Plana  ?  Les  deux  manuscrits  donnent  plena  ; 
mais  le  changement  de  la  voyelle  n'est  pas  sans 
exemple.  M.  Henschei  cite  une  charte  de  lilafi, 
dans  laquelle  est  employé  le  mol  piano,  qui  n'offre 
pas  un  sens  clair,  et  il  ajoute  :  f  nisi  legendum  sit 
'^pro  pleno.yi  i_Du  Cange.  édit.  Henschei.  t.  V. 
p.  •.91.) 


TFIAITK  DKS  L01A.\GES  Dh  l'AHIS. 


CIIAPITIIE  Vil. 

DES  ALIMENTS  BT  DES  VIVBES. 

Un  grand  poids  écraserait  certainement  mes  faibles  épaules,  si  tuules  tes  espèces  de 
mets  méritaient  d'occuper  sous  leurs  noms  propres  des  places  distinctes  dans  cet  ouvrage'". 
Qui  énumérera  en  effet  les  diverses  espèces  d'animaux  de  la  terre,  de  l'eau  et  de  l'air,  les 
variétés  de  plantes,  de  fruits  et  de  légumes,  qui,  bouillis  ou  rôtis,  conviennent  à  la  nour- 
riture de  l'homme?  Je  pense  qu'il  suflit  pour  le  moment  de  dire  que  celle  ville  est  munie 
en  tout  temps  de  provisions  si  variées  et  si  belles,  qu'un  palais  excité  par  la  faim  ne  sera 
jiunais  privé  de  se  satisfaire  avec  des  mets  simples  ou  recherchés.  Mais  le  prix  de  vente  et 
d'iichat  de  ces  denrées  subit  les  variations  de  taux  i|ue  commande  l'opportunité  ou  la  dilli- 
cullé  des  temps,  (le  qui  semble  merveilleux,  c'est  qu'il  est  arrivé  souvent  (|ue  plus  la  mul- 
titude afflue  à  Paris,  plus  on  y  apporte  un  nombre  exubérant,  une  exubérance  nombreuse 
de  vivres,  sans  qu'il  se  produise  une  augmentation  |)roportionnelle  du  prix  des  denrées '^^ 

CHAPITRE  Vm. 

DU  CLIMAT  DE   l'AllIS   ET  DK  TOUTE  LA   FIIANCE,   AVEC   l^   COROLLAIRE  SIR   LE>  HOIS 

DE   FIIANCE  '^  . 

Il  faut  admirer  dans  la  perfection  complète  de  ses  dons  hi  divine  munificence  qui, 
après  les  biens  dont  nous  avons  parlé,  prenant  en  pitié  la  fragilité  du  corps  de  l'homme  et 
compatissant  à  la  sensibilité  de  son  ànie,  a  placé  les  fertiles  plaines,  non-seulement  du  ter- 
ritoire parisien,  mais  encore  de  toute  la  France,  sous  un  tel  aspect  des  corps  célestes, 
et  leur  a  procuré  une  telle  influence  des  rayons  lumineux,  que  leurs  habitants  n'ont  pas  à 
souffrir  les  rigueurs  glacées  d'un  froid  excessif,  ni  à  craindre  que,  sous  l'action  d'une  cba- 


$  i". 

DrUkm" 


•''  Ce  rrgrnnd  poids i  n'a  pns  cITrayt!  un  antre 
historien  dp  Paris,  In  savant  cl  laborieux  Ue  I^i- 
inare.  L'énuniéralion  qu'il  donne ,  d'après  les  do- 
cuinciits  ori{jinaux,  des  cibaria  et  des  victualia  au 
xiv'  siècle,  remplit  deux  énormes  in-folios,  les 
tomes  11  et  111  du  Truite  de  la  police.  Chaque  variéti' 
de  viande,  de  poisson,  de  {jibier.  de  lëguines,  de 
fruits,  de  boissons  et  d'assaisonnements  ou  t'pices. 
y  (HTupe  un  article  distinct.  Vient  ensuite  la  rt'gle- 
inentation  de  toutes  ces  marchandises  au  double 
point  de  vue  de  riionm^lett'  des  transactions  coin- 
inerciales  et  du  facile  ap|)ort  des  provisions.  Tontes 
les  questions  eflleun'es  ici  pur  Jean  de  Jandun  y 
sont  examinées  en  détail  et  avec  les  plus  amples 
ilévelop|)ements.  Nous  ne  pouvons  cpie  renvoyer  le 
lecteur  à  ce  )[rand  ouvrage,  ainsi  qu'à  la  volumi- 
neuse collection  manuscrite  forntëe  par  l'auteur. 
Cette  collection,  qui  se  compose  de  deux  cents  vo- 
lumes in-folio,  a  été  récemment  disjwsëe  par  les 


soins  de  M.  I  administrolcur  général  de  ta  Biblio- 
thèque impériale  dans  l'ordre  des  douze  livres 
qu'avait  prévus  l'auteur. 

">  Ainsi  le  courant  commercial  était  déjà  établi  à 
Paris,  de  telle  sorte  qu'une  plus  grande  afHueocede 
population  provoquait  immédiatement  un  apport 
plus  considérable  de  denrées  alimentaires.  En  l'ab- 
sence de  documents  statistiques .  toujours  si  rares 
à  cette  époque,  on  éprouve  quelque  satisbelioo  i 
constater,  dès  le  commencement  du  xiv' siècle .  ce(l« 
application  toute  naturelle  de  la  loi  économique 
qui  ri-glc  le  rapport  entre  l'offre  et  la  demande 

''>  On  pourrait  s'étonner  de  voir  rétinies  dnii» 
le  même  chapiln^  deux  id(<<>»  d'un  ordre  *i  din<v 
rent  ;  mais .  comme  on  le  verra  plus  loin .  l'auleiir 
fait  dériver  la  pn^-minence  de  la  Krance.  ainsi 
que  les  hautes  destinées  de  ses  rois .  du  climat  Ae 
leur  capitale  et  de  l'Iieurwise  leui|ieralure  At  tout 


le  rovatmie. 


8. 


PARTICILA  II'. 

De  efTectibus 

bone  Gallirorum 

rompleiionis. 

PARTICL'U  m'. 

(Jiteest  correlsli^utn 

rei^ibuit  Fraiirie. 

PARTICCLA  IV', 
De 

(fuadani  objcrliorif . 

Oilacio 

n-sponsionis. 


60  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OHIGINAUX. 

excessivi,  nec  ah  ipsorurn  coiporibus,  segrejjanlis  apertuia  caioris,  sanguis  et  spi- 
ritus  latenter  exalent.  Horuni  etenim  primuin,  sua  aiitiperistasi  ■  calorein  nativum 
IbrtiOcans,  sanguiiiein  quoque  circa  cor  faciens  ebullire,  ad  impetum  tante  ira- 
cuiidie,  qiiiniino  feralis  ferocilatis,  inclinai,  ut  per  consilium  solerter  inquirere  et 
recto  judicio  providere  non  sinat  :  secundum  vcro,  infrigidatis  visceribus  nimie 
timiditatis  tremulenlia  subinducta,  formidolosis  superintendere  instigat  adinven- 
lionibus  cautelarum  '"'.  At  vero  qualitas  tertia  que  in  Gallia  procreatur,  sub  pro- 
porlionalis  commixtionis  beneGcio  médians  inter  ista,  ab  hoc  quidcm  extremorum 
virilem  principative  animositatis  vigorem ,  ah  illo  vero  divinativc  previsionis  ins*- 
tinctum  sihi  vendicat  per  naturam.  Ex  quibus  non  adulatione  scd  veritate  com- 
pulsus  hoc  elicio,  quod  iliustrissiniis  et  precellentissimis  Francie  regibus  inonar- 
chicuni  totius  orbis  doniinium,  salteni  ex  native  pronitatis  ad  meiius  jure,  debetur. 
Si  quis  auteni  michi  opposuerit  in  hac  parte,  quod  ego  illam  prerogalivam  de 
Gallicis  predico,  quant  summus  philosophorum  Aristoteies  suorum  Politicorum 
septinio'*'  affirniavil  de  Grecis,  huic  utique  objectioni,  si  et  prout  niichi  conces- 
serit  Deus,  cum  a  domino  rege  michi  impositum  fuerit,  respondere  sludebo. 

CAPITULUM  NONUM. 

IN  QUO,   PER   MODUM  EPILOGI ,   POMTL'R   QUEDAM  SLMMARIA   EXCLWATIO  PRO  PARISIIS. 

CIVITATE  INCLITA. 

Redeundo  ilaque  ad  propositum,  et  in  capitulo  parvo  recolligendo  preconia 
(jiiedani,  dicanuis  :  Glorielur  in  Domino,  et  a  cunclis  bone  vohintatis  hominibus 
glorificetur  locus  ille  healus  in  quo  vigent  et  pollenl  tôt  gênera  sapientum ,  a  quo- 
rum labiis,  velut  ab  excelsorum  niontiuin  lateralihus  aperturis,  per  totius  orbis 
circuitum  doctrine  sahihres,  tanquani  irriguorum  fluminum  indeficientes  Huxus, 


"'  Encore  un  mot  grec  latinise  par  Jean  de 
Jandun. 

'*'  Jean  de  Jandun  va  ici  plus  loin  quAristote. 
Le  Stagirite,  en  effet,  n'avait  parlé  que  des  peuples 
habitant  les  climats  froids  :  rà  év  toîs  yj/v^pott 
T&aots  éOvn  ;  il  leur  accordait  l)eaucoup  de  courage . 
tout  en  leur  déniant  l'intelligence  et  l'industrie  : 
Q^Jflo\t  (tèv  iall  -aÀrjptj.  havolts  i' évieéaTepi 
xai  Téxyijs.  Ce  qu'il  ajoute  sur  l'apathie  des  races 
asiatiques  dillère  entièrement  de  ce  que  notre  au- 
teur dit  ici  des  peuples  méridionaux;  il  leur  re- 
proche leur  mollesse,  leur  servilité,  et  nullement 
la  trop  facile  ébulUtion  de  leur  sang  :  éJdvfKt,  lUnep 
àpxàlieva.  kù  SovAevovri  SiarsAef.  [Politique, 
liv.  IV  (7),  ch.  VI,  édit.  Barthélémy  Saint-Hi- 
laire.  ) 

<"  Voici  le  passage  auquel  Jean  de  Jandun 
fait   allusion  :  rTo  rùv  tXXtjvùJv  yévot,  'Ansep 


rrfitaeiet  xsri  roùt  rànovt,  odran  ifi^oiv  fit- 
'Tipjei'  xai  7«p  Mvftov  xai  havorfrixàv  iali  • 
"SuVircp  iXeiOtpàv  rt  hartXtî  xal  ^iXriala  «o- 
fXrmàiuvov,  xai  ivvéïievov  ipx*""  ■aivram,  fi«â« 
Ttvyx^i'»»'  laroAiTeias  :  La  race  grecque,  qui. 
irtopographiquenient,  est  intermécliaire,  réunit 
T toutes  les  qualités  des  deux  autres,  tille  possède, 
trà  la  fois,  l'intelligence  et  le  courage.  Elle  sait,  en 
-même  tenq»,  garder  son  indépendance  et  fonner 
"de  bons  gouvernements,  capable,  «  eUe  était 
•réunie  en  un  teul  Etal ,  de  conquérir  l'univers. - 
(Politique,  édit.  Barthélémy  Saint- Hilaire,  loe. 
cil.)  Le  passage  que  nous  avons  souligné  établit, 
d'une  part,  les  tendances  monarchiques  d'Aristote 
ainsi  que  ses  prédilections  pour  la  domination 
macédonienne,  et,  d'autre  part,  l'application  que 
Jean  de  Jandun  en  fait  à  la  France  féodale  du 
XIV'  siècle. 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  61 

leur  dissolvante,  leurs  corps  dilatés  ne  laissent  échapper  insensiblement  leur  sang  et  leur» 
esprits.  L'un  des  deux  climats,  |)ar  la  réaction  qu'il  produit,  fortifiant  la  chaleur  native,  fait 
bouillir  le  san|;  autour  du  cœur,  et  pousse  les  hommes  à  un  tel  defjré  de  colère  et  même 
de  férocité  sauvage,  qu'il  ne  leur  laisse  pas  le  loisir  d'intcrro(jer  soigneusement  la  tagMw 
et  de  prévoir,  par  un  jugement  droit,  ce  qui  doit  arriver;  l'autre  insinue  dans  les  cœur* 
glacés  les  terreurs  d'une  excessive  timidité,  et  les  excite  à  se  protéger  par  les  inventions 
craintives  de  la  défiance.  Mais  le  troisième  climat,  qui  se  produit  en  France,  forme  l'inter- 
médiaire entre  ces  deux  extrêmes;  sous  le  bénéfice  d'un  mélange  proportionnel,  et  par 
un  bienfait  de  la  nature,  il  emprunte  pour  lui,  au  premier  de  ces  climats,  la  vigueur  virile 
d'une  ardeur  souveraine,  au  second,  l'instinct  d'une  sage  prévoyance.  Je  conclus  de  là, 
non  par  ilaltcrie,  mais  sous  l'impulsion  du  la  vérité,  que  le  gouvernement  monarchique  de 
tout  l'univers  appartient  aux  très- illustres  et  souverains  rois  de  France,  du  moins  par  le 
droit  d'une  impulsion  native  vers  ce  qui  est  mieux  '".  Si  l'on  m'objecte  sur  ce  point  que 
j'accorde  aux  Français  la  prérogative  que  le  prince  des  philosophes,  Aristote,  au  septième 
livre  de  sa  Politique,  avait  attribuée  aux  Grecs,  je  ne  répondrai  à  cette  objection,  si  Dieu 
le  permet,  que  quand  le  Roi,  notre  sire,  m'en  aura  fait  un  devoir '*'. 

CHAPITRE  IX. 

DANS  LEQUEL,   EN  FOnUE  D'éPILOGDE,  ON  TRODTB   DN  KÉSVUi  EXCLiMATIP 
POUR  L'ILLUSTRE  CIT^  DE  PARIS. 

Revenant  donc  à  notre  sujet,  et  résumant  dans  un  court  chapitre  «{uelques  motifs  d'éloge, 
nous  dirons  :  Qu'il  s'enorgueillisse  dans  le  Seigneur,  que  tous  les  hommes  de  bonne  volonté 
le  glorilicnl,  ce  lieu  fortuné  qui  voit  vivre  et  grandir  tant  d'espèces  de  sages,  des  lèvres 
desquels,  comme  du  liane  entr'ouvert  des  hautes  montagnes,  jaillissent  et  se  répandent  par 
tout  le  monde  de  salutaires  doctrines,  ainsi  que  les  flots  inépuisables  des  fleuves  bienfai- 


i  t. 

DntCrtt 


S  3. 


M4iPn 

Sk. 


'''  La  conclusion  n'est  pas  lrès-ri{jour<îusft ,  sur- 
tout fin  ce  qui  concerne  l'argument  tird  des  climats; 
ijuant  nu  droit  de  pri'ponddrance  nnivorsclle  quo 
in  France  possi^erail  m  vortu  «de  son  impulsion 
"native  vers  en  qui  est  mieux, i  c'est  une  tli(?orifi 
dont  les  applications  appartiennent  au  domaine  de 
la  polilicpio  propronionl  dite,  surtout  de  celle  qu'on 
appelle,  de  nos  jours,  In  politi(pie  d'intervention  ou 
de  conquôlo.  Jean  de  Janilun  la  conseille  ici  au 
jeune  roi  (ihorlos  le  lîel . 

''  On  peut  ôtre  ëtonni' ,  nu  premier  abord ,  de  voir 
Jean  de  Jnndun  attendre  la  permission  du  Roi  pour 
discuter  une  assertion  il'Aristote;  nmisil  ne  l'undrait 
pns,  à  notre  avis,  voir  dnns  ce  pnssajje  une  allusion 
aux  dilïih-entes  fortunes  qu'ont  (^prouvt'es,  pendant 
le  moyen  âge,  les  doctrines  de  ce  philosophe.  La 
c prérogative  1  concddt^e  aux  (îrecs,  ou  plutAt  aux 
Macëdonicns,   par   le   pivceplcur  d' .Alexandre  le 


Grand,  s'accordait  trop  bien  avec  les  théories  de 
Mnrsile  de  Padoue  sur  le  pouvoir  temporel  pour 
que  notre  auteur  ne  rap])liquât  pas  aux  Français. 
Cette  hcuéimnic  nouvelle ,  qu'il  enipninte  autant  aux 
traditions  du  souverain  Pontifical  qu'à  la  Potiliquf 
d'Aristote,  devait  être  fort  du  godt  du  nouveiau 
Roi,  lequel  était  alors,  depuis  un  an  seulement. 
Charles  IV,  dit  le  Rcl.  On  sait  que  le  jeune  monarque 
avait  pris  d'almrd  pour  modèles  Philippe  .\ugaste  et 
Philip|>c  le  Rel,  et  que  les  coninMOwoMQls  de  M» 
règne  promettaient  une  brillaDie  ëpoqoe.  JeM  de 
Jandun ,  brouillé  avec  l'Église ,  mal  avec  rL'niversit^, 
devait  naturellement  se  tourner  vers  le  trâoe;e(c'cit 
ainsi  que  s'explique  le  dithyrambe  monarchique  dn 
chapitre  X.  Quant  à  la  doclrine  d'Ariatote  sor  la 
ir prérogative^  royale,  il  la  réfutera.  dil-iL  quoid 
le  Roi  lui  en  aura  fait  un  devoir  rigoureux .  c'est- 
à-dire  jauais. 


62  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

eruinpunt!  Exullet  in  Domino,  et  a  cunctis  bone  voiuntatis  liuniinibus'*'  atloilaliir 
locus  ille  sanctus  cujus  incole  tôt,  tantis  et  talibus  orationuni  tabernaculis,  glo- 
riani  Salvatoris  adorant!  Letetur  in  Domino,  et  a  cunctis  bonc  voiuntatis  buminibus 
cuUaudctur  iocus  ille  fccundus  quem  fluminis  impctus  letiOcat,  non  quidem  hor- 
ribilis  et  procellosus,  sed  delectabiiis  et  tran(|uillus!  Gratuletur  in  Domino,  et  a 
cunctis  bonc  voiuntatis  bominibus  admiretur  locus  ille  propitius,  in  quo  tôt  divi- 
tiaruni  susceptacula  fundata  sunt,  ut  sue  per  se  sudicientie  intégrités  ipum  nullo 
bono  utili,  delectabili  vel  honesto  relinquat  orbatuni!  Et  in  bac  prosperilalis  |)le- 
nitudine  totali  banc  urbeni  urbium  custodiat  et  dirigat  Princeps  ille  suprcinus  qui 
unus,  infinité  virtutis  inimenso  vigore,  totum  dirigit  universum! 

CAPUT  DECIMLM. 

QUOD  EST  DK  BEGE  KRANCIE  ;   ET   EJLS  MODUS  SCRIBEFSDI  SIC   EST   DUERSIS  4B  AMIS.   l'ROPTER 
VENERANDAM   ET  ADMIR\>OAM  CELSITl  DINEM   REGIE   MUEST4TIS. 

Glorietur j 

Exultet 1  .    ,^ 

!..  /  in  Donniio,  et  a  cunctis  bone 

I^etetur i 


s 

s 


Glorifjcetur 

glorificetur  inclitissimu 

voiuntatis  bominibus )  atU.llatur  cbristianissimu 

collaudctur  serenissiinus 
admiretur  victoriosissinius 

Ihereditario  (*' 
.    fe''«''«""o 

(justissiino 
potentissirao 
/  studiosi.  etc. 

récrimine )  ^^  infidelium,  etc. 

ad  suam,  etc. 


subditi,  etc. 

Studiosi  viri  precipuo  sapientie  et  prudentie  clipeo,  pace  videlicet  ac  libertate, 
gaudent  se  esse  munitos. 

Ab  infidelium  nequitiis  deffenditur  populus  christianus. 

Ad  suam  potentissimam  sedem,  per  aptissimum  fluminis  cui-suin,  suas  opulen- 
cias  dirigunt  varie  nationes,  et  juste  commutationis  débita  lucra  reportant. 

î^J  Hominilms,  ajouté  par  le  ms.  de  Vienne.  *meliu8  esse  monslravi.  »  U  spectacle  des  agitations 

<"  Le  ms.  de  Vienne  ajoute  ici  une  note  impor-        qui  accompagnaient  chaque  élection  au  trône  du 

tante  :  <r  Quod  [alibi]  multipUciler  eiectiva  instilutione        Saint-Empire  aura  sans  doute  suggéré  cette  glose. 


THAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  63 

sants!  Qu'il  tressaille  dans  le  Seigneur,  et  que  tous  les  hommes  de  bonne  volonté  le 
c(5lèbrcnt,  ce  lieu  saint  dont  les  habitants  adorent  la  gloire  du  Sauveur  dans  un  si  grand 
nonihro  de  vastes  et  beanx  oratoires!  Qu'il  se  rt^jouissc  dans  le  Seigneur,  et  qu'il  soit  loué 
par  tous  les  hommes  de  bonne  volonté,  ce  lieu  fécond  embelli  par  le  cours  d'un  fleuve 
(jui  n'est  ni  eflrayanl  ni  impétueux,  mais  agréable  et  tranquille.  Qu'il  se  félicite  dans  le 
Seigneur,  et  qu'il  soit  admiré  par  tous  les  hommes  de  bonne  volonté,  ce  lieu  propice, 
dans  lequel  sont  les  réservoirs  de  toutes  les  richesses,  au  point  que  l'ensemble  de  ses  seule» 
ressources  ne  le  laisse  privé  d'aucun  bien  utile,  agréable  ou  honnête!  Que  dans  la  pléni- 
tude de  cette  prospérité  cette  ville  des  villes  soit  gardée  et  gouvernée  par  le  Prince  suprême, 
qui  seul,  par  l'immense  vigueur  d'un  mérite  infini,  dirige  tout  l'univers'"! 

CHAPITRE  X. 

DD  ROI  DB   FRANCE  (lA  MANIÈRE  D'ÉCRIRE  EST  ICI  OIFF^RENTE  DES  AUTRES,  À  CAUSE 
DE  LA  VÉNÉIIARLE  ET  ADMIRABLE  GRANDEUR  DE  LA  MAJESTÉ  ROYALe). 

Gloire \ 

Allégresse f    ,       ,    „  . 

)   dans  le  Seigneur,  et  que  tous 
Joie ( 

Glorification / 

glorifient  le  très-illustre. 


les  hommes  de  bonne  volonté. 


exaltent  le  Irès-chrélien , 

louent  le  sérénissime, 

\   admirent  le  très-victorieux, 

héréditaire, 

.  1,       •        I  très-heureux , 

monarque  des  Français,  sous  I  empire. .{ 

'   (rès-jusle, 

très-puissant,  etc. 

les  hommes  d'étude,  etc. 

,   contre  les  agressions,  etc. 

du(|U(;l < 

'   dans  cette  puissante  cite,  etc. 


soumis  volontairement,  etc. 

Les  hommes  d'étude  se  réjouissent  de  se  voir  couverts  du  solide  bouclier  de  la  sagess»*  et 
de  la  prudence,  c'est-à-dire  de  la  paix  et  de  la  liberté. 

Contre  les  agressions  des  infidèles  le  peuple  chrétien  est  protégé. 

Dans  cette  puissante  cité,  qui  est  leur  capitale,  les  diverses  nations,  par  le  courant  pro- 
pice du  fleuve,  apportent  leurs  richesses  et  remportent  le  gain  légitime  que  donnent  de 
justes  échanges. 

''   !.(•  "l'riiice  siiprôiiie,»  (|Uo  Jonii  do  Jninluii  noimullon,  |H)rtnnl  romtaiiiiuilinii  dps  KratrirHIrii.  Il 

fxnlln  ainsi,  veiinil  de  foniicr  nvec  Jean  XXil  un  ôlait  PxlrAnienirnt  iin|K)rlant  do  mnH-ner  Churies  IV 

projet  <le  croisndo.  cl  m  rapprociienienl  avait  dt'-  aux  idttei  |M)lili(|nos  de  sn  deiu  prédéeotMan; 

ln-riiiiii>  rrnivi<rsil)<  îi  sniisrriri>  h  In  l)nll(>  C.um  inirr  iiiissi  Jrnn  de  Jnndun  ne  hii  ménage  pwt  r(4ngr. 


64  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Subditi  volunlarii  vicinorum  suorum  non  oppriniuntur  injuriis,  nec  inipunila 
superbie  licentia  suis  vicinis  injuriantur  "'. 

Glorielur.  Istud  capitulum  de  rege'*'  rationabiliter  ordinaluni  est  jiost  iiliiiii 
epylogiim,  hoc  respectu  quare,  sicut  in  epylogo  recolliguntur  quasi  omnia  prius 
dicta,  sic  in  perfectione  Régis  continentur  omnia  bona  suorum  subditurum,  juxta 
illud  Aristotelis,  Ethicorum  libro  8°<"  :  «f  Non  enim  est  rex  qui  non  per  se  suITiciens 
(T  et  in  omnibus  bonis  superexcellens.  -n 

CAPITULUM  PIU.MUM  TERCIE  PARTIS. 

DE  OSTENSIONE  PRIMl  INCONVEMEMTIS  INCLtSI  Vi  DICTAMINE  CUljSDAli  DICTATORIS. 

Tertaptr.  Eb  que  ^*'  iu  presenti  capitulo  sum  dicturus  profecto  non  dicerem,  nisi  dilectio 

,,ut'oii'™cmquai'uor  vcii  timofem  vinceret  displicendi.  Verum  quia  secundum  Pliilosophum,  Elhico- 

.ommissa  in  dicumiiM!  ruoi  priuio,  (T  opoptct  ppo  salute  veritatis  etiam  lamiliaria  despicere '*' •« ,  dico,  m 

quantum  michi  apparet,  quod  m  verbis  linus  <lictatoris  qui   micni  se  opposuit, 

(|ualuor  de  niajoribus  inconveniontil)US  sunt  commissa. 

Primuin  incoiiveniens  est,  falsi  impos.sibilrs  as.sertio;  secundum,  honeslatis  mo- 
lalis  per  adulacionis  vilium  trausgressio;  tercium,  cujusdam  repujpiancie  seu  oppo- 
.sitionis  implicita  confessio;  (juartum,  Parisiensis  excellencie  intoierabilis  depressio. 
Primum  probo  sic  :  Quicumque  asserit  omne  scibile  sumere  exordium  a  septeni 
liberalibusartibus,  iile  asserit  faisum  et  impossibile.  Hoc  apparet,  quare  certum  est 
quod  Deus  et  intelligencie,  et  corpora  celestia,  et  quatuor  elementa,  lapides, 
metalla,  plante,  animalia,  rores,  pluvie,  nubes,  nives,  grandines,  fuigura,  toni- 
trua  et  coruscationes  sunt  quedam  scibilia,  et  tamcn  nullum  istonim  sumit  exor- 
dium a  septem  liberalibus  artibus.  Sed  dictator,  cum  quo  nunc  disputo.  dicil 
quod  omne  scibile  sumit  exordium  a  septem  liberalibus  artibus.  in  hiis  verbis: 
cr  In  quo  septem  artes  libérales  septem  candelabra  ante  Deum  lucentia  continue 
«rrepresehtare  perpendi,  a  quibus  omne  scibile  sumit  exordium.  Quare,  etc.*  •"  Sic 


r.ujus  ostensionin 
molivum  patiiil 
fi\  pmhrmio. 


'*'  Depuis  glorielur  jusqu'à  ces  derniers  mots 
vicinis  injuriantur,  toutes  les  parties  de  ce  tableau  se 
suivent  dans  le  manuscrit  sur  une  seule  bande  ho- 
rizontale. Les  quatre  derniers  alinéa  sont  disposes, 
comme  on  le  voit .  à  la  suite  d'une  accolade  placée 
après  le  mot  regimine,  et  semblent,  dans  l'intention 
de  l'auteur,  correspondre  aux  quatre  mots  enfer- 
més sous  les  accolades  précédentes  :  ir Glorielur. . . 
ffglorificetur  inclitissimus . . .  liereditario .  . .  stu- 
itdiosi...  etc. ;  exultet . . .  attollatur  christianissi- 
(tmus . .    feiicissimo . . .  ab  infidelium ,  etc.  i 

'*'  De  rcge ,  ajouté  par  le  ms.  de  Vienne. 

''>  Cap.  .\ii. 

'*)  Le  manuscrit  de  Paris  donne  ici ,  de  la  même 
écriture  que  le  texte  du  traité ,  une  note  qui  ne  se 


trouve  pas  dans  le  manuscrit  de  Vienne .  et  que  nous 
avons  cru  devoir  laisser  à  la  marge,  bien  que.  en 
réalité,  elle  constitue  le  litre  de  la  troisième  partie 
de  cet  écrit.  Le  respect  des  intentions  de  l'auleur 
nous  a  seul  empécbé  de  la  disposer  en  forme  d'in- 
titulé, comme  pour  les  trois  autres  parties. 

<*'  Aristote,  Moral,  lib.  I,  cap.  n.  p.  6,  d,  édit. 
Duval.  Nous  ne  citons  point  ici  le  texte  grec,  parce 
qu'il  est  conforme  à  la  version  latine. 

'•'  Cette  citation  est  au  di'-bul  de  lEIoge  de  la 
cité  de  Pari»,  p.  aa.  Le  mol  qtuire  qu'ajoute  Jean  de 
Jandun  ne  s'y  trouve  pas;  c'est  i'er^o  du  syllogisme 
que  notre  dialecticien  prèle  au  Dictateur,  bien  que 
celui-ci  ait  fait  une  simple  comparaison ,  sans  con- 
clure. Le  procédé  lui  a  paru  de  bonne  guerre. 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PAMIS.  65 

Soumis  volontairement,  ils  ne  sont  pas  opprimés  par  l'injustice  de  leurs  voisins,  el  il» 
no  leur  font  pas  non  plus  subir  impunément  les  caprices  de  leur  orpueil. 

Gloire,  etc.  Ce  chapitre  a  il6  disposé  suivant  l'ordre  des  idées,  après  l'Kpilojjue  '■,  par 
cette  raison  que,  de  tiahua  que  dans  l'Kpiloyue  est  réuni  tout  ce  qui  a  été  dit  aupara- 
vant, de  même  dans  la  perfection  du  Uoi  sont  contenus  tous  les  biens  de  ses  sujets,  suivant 
ce  mot  d'Aristol(!,  livre  VIII  des  Morales  :  Celui-là  n'est  pas  roi  qui  par  lui-même  n'e«l 
pas  suffisant  et  supérieur  en  tous  biens  "". 

CHAPITRE  PREMIER  DE  LA  TROISIÈME  PARTIE». 

Otf   L'ON   MONTIIE  LA   PnEMiÈRE  INCONSEQUENCE  nENFERMÉE  DANS  LE  PACTl'M  D'I  \  (.KllitIV    iilIKIKIH. 

Ce  que  je  vais  dire  dans  ce  présent   chapitre,  je  ne  le  dirais  certainement  pas  si 
l'amour  de  la  vérité  ne  triomphait  en  moi  de  la  crainte  de  déplaire.  Mais  puisque,  selon 
le  I'liiloso])he,  au  I"  livre  de  ses  Morales,  il  faut,  pour  le  salut  de  la  vérité,  dédai{;ner  ^mi» iM«M4fMH» 
même  ses  atfections  de  famille,  je  dis  qu'à  mon  sens,  dans  les  paroles  du  Dictateur  qui  ^m 

s'est  attaqué  à  moi,  quatre  inconséquences  principales  sont  à  signaler.  4'MnttaiafMkv 

La  première  est  l'assertion  d'une  fausseté  impossible;  la  deuxième  est  la  violation  de  <i mu «■miimin 
riionnêleté  morab^  par  le  vice  de  l'adulation;  la  troisième,  un  aveu  implicite  d'un  certain 
désaccord  et  d'une  certaine  opposition;  la  quatrième,  un  dénigrement  insoutenable  de  la 
supériorité  de  Paris.  Voici  ma  première  démonstration  :  Quiconque  allirmc  que  tout  ce  que 
l'on  peut  savoir  prend  son  origine  dans  les  sept  arts  libéraux,  celui-là  avance  une  chose  im- 
possible et  fausse.  Cela  est  évident,  car  il  est  certain  (|ue  Dieu  et  les  intelligences,  et  les 
corps  célestes,  et  les  quatre  éléments,  les  pierres,  les  métaux,  les  plantes,  les  animaux,  les 
rosées,  les  pluies,  les  nuages,  les  neiges,  les  grêles,  les  foudres,  les  tonnerres,  les  éclairs, 
sont  des  choses  qu'on  peut  savoir,  et  cependant  aucune  d'elles  ne  tire  son  origine  des  sept 
arts  libéraux.  Mais  le  Dictateur,  avec  qui  je  discute  en  ce  moment,  dit  que  tout  ce  qu'il  est 
possible  de  savoir  tire  son  origine  des  sept  arts  libéraux,  et  il  s'exprime  en  ces  termes  : 
^t  Dans  ce  lieu,  les  sept  arts  libéraux  figurent,  suivant  moi,  les  .sept  chandeliers  qui  brillent 
«continuellement  devant  Dieu,  et  dont  tout  ce  qu'on  peut  savoir  lire  son  origine.  Donc i 


L    nvJ.Ml.ML. 


''  Ce  que  rduleur  o|)|ielle  rplhfpic  est  le  ciia- 
pitre  IX,  qui  précède  le  tiihleou  ililhyrainbique  du 
chapitre  \. 

*'  l/nnnlnijie  que  rnuloiir  prétend  élal)lir  ici 
entre  l'épilogue ,  où  il  a  résumé  toul  son  livre,  el  la 
majesté  royale,  dans  laquelle  viennent  se  fondre 
tous  les  luériles.  toutes  les  (pialilés,  tous  les  biens 
lies  sujets,  est  Irès-contestahie  au  point  do  vue  de 
la  logique  el  du  simple  bon  sens.  Mais,  avec  lo  dé- 
(inilion  de  la  niyaulé,  telle  qu'il  l'o  prise  dans  Aris- 
tole.  avec  le  souvenir  encore  vivant  île  saint  I.,ouis, 
qui  avait  été  la  pcrsonnilicalion  de  la  justice  et  de 
la  religion  sur  le  Inine.  Jean  de  Jandun  a  raison 
de  soutenir  que  le  Uoi  doit  ôlre  la  plus  liaule  ex- 


pression de  toutes  les  vertus  sociales.  Ln  tel  idéal 
ne  pouvait  qu'ajouter  au  prestige  du  pouvoir  royal . 
surtout  h  une  épotpie  où  les  prétentions  de  la  cour 
de  Home  el  les  violences  des  l>arons  romproniH- 
laienl,  dans  une  ceiifline  mesure,  le  prinri|M>  d'au- 
torité. 

■''  Dans  celle  Iroisictiic  parlie  .  Jean  île  Jandun 
cesse  d'user  envers  son  odversaire  de  ménagenifiiLo 
au  moins  apparents,  comme  il  l'a  fait  au  dëbat  dp 
son  Trniir:  il  prend  m^me  trè»-réMiaiDent  I'oSeb- 
sivc;  on  sent  qu'il  vient  de  se  placer  tous  b  pro- 
teclion  du  Roi.  et  qu  il  compte  bien  n'Mre  pas 
sarrilié  aux  vengponces  «le  ses  enneini.». 


(i(;  |)OCLlME^TS  ET  ÉCBITS  OlilOINALV. 

palet  piiiiiuin  disconveniens.  Ampliiis,  nuiiKjuid  ipse  seplein  artes  liberuivs  suiit 
(|iiedani  scibilia,  cuin  de  ipsis  possint  aliqua  demonslran?  El  tamen  nuiius,  nisi 
piolerviendo  positionem  cnstodiens  '■,  dicerel  ipsas  cxordium  suroerc  a  se  ipsis. 

CAPITIJLUM  SECLNDUM, 

QtOD  EST  DP.  SECUNDO   IMCONVEMEVTI. 

^ull(;  probo  secundum  inconveniens.  Omnis  qui  rem  aliquaiii,  dalo  quod  vi- 
ciosa  esset,  prédicat  esse  delTeiidendam ,  per  adulationis  vitiuin  mores  honeslos 
traiisgredi  se  prétendit.  Haiic  stasim  ""  declaro  aiictoritate  Senece,  qui  sic  dicit  : 
(rSimiliter  reprehensibilis  est  niinia  iaudatio  sicut  inimoderata  viluperalio  :  illa 
(tenini  adulatioiie,  ista  vero  iiiali|Tiiitale  suspecta  est'^'.i'  (Juis  aulcm,  ex  nimietatc 
laudis,  posset  se  magis  reddere  adulatione  suspectum  quam  ille  qui  rem  aliquam, 
date  quod  vitiosa  esset,  deffondendam  esse  propoiiit.  Se<]  dicta ior  cum  <|Uo  dis- 
ituto  sic  agit.  Loquens  enini  de  inclitissima  urbe  Parisius,  dicit  bec  verba  :  r(Juo- 
ffiiiam,  si  feda  esses  prostibularia,  vel  ignoniinioso  quovis  nomine  fedata.  quod 
frab.sit,  ulerisW  lui  gernien  se  tibi  opponere  non  debcrct,  qniri  potius  ad  tui  uo- 
(rminis  delFensionem  lotis  viribus  aspirare.i" 

Hec  sunt  verba  ejus.  Ego  autem  respondeo  quod  nec  Parisius,  nec  rem  ali- 
(pjani,  nec  personam^,  si  feda  esset  prostibularia  et  ignominiosa,  sustinerc  debe- 
rem.  Qnid  auten»  sentio  de  Parisius"  patet  ex  dictis. 


'"'  Posilionem  autodire,  garder  sa  |)ogitJoii.  ex- 
pression slratt'giqtie  de  la  plus  jjrando  justesse,  et 
qui  fait  adtnimblenient  comprendre  ce  quVlnit  un 
exercice  d'argumentation  au  moyen  âge.  L'attaque 
et  la  défense  avaient  lieu  dans  tontes  les  règles,  et 
l'on  n'abandonnait  la  |M>sition  prise,  c'est-à-dire  le 
terrain  qu'on  avait  choisi,  la  thèse  philosophique 
(]u'on  s'était  donné  la  mission  de  soutenir  h  ou- 
trance, qu'au  moment  où  l'on  se  sentait  forcé  dans 
ses  dernière  i-eli-anchenieuLs.  Kncfin"  à  cet  instant 
suprême  restait-il  une  ressource  à  l'assiégé  :  il 
pouvait  l'ester  effrontément  sur  la  hrèclie ,  et  bra- 
ver {prolervire)  son  vainqueur. 

'*'  Dans  le  sens  de  ihesim.  Ainsi  porte  le  manus- 
rrit  de  Vienne.  Ceini  de  Paris  donne  tlalim,  qui  ne 
signifie  rien,  ou  j)eul-étre  tUicim,  forme  vicieuse 
du  vrai  mot. 

'''  Cette  phrase  de  Sénèque ,  vraisemblablement 
altérée,  ne  se  retrouve,  lexluellemenl  du  moins, 
dans  aucun  des  ouvrages  de  ce  philosophe  qui 
sont  parvenus  jusqu'à  nous.  On  en  rencontre,  il 
est  vrai,  les  éléments  assez  reconnaissables  dans 


plusieurs  paaiagM  de>  Éftlre»,  des  QaettioM  m- 
lurellet,  et  des  deux  traités  De  Ira,  De  Trait- 
quillitalt  animi.  (Voir,  k  ce  sujet,  ï Index  in  Si- 
netam  jàilotopkum,  puldié  par  M.  Boaillet,  dans 
la  savante  collection  ternaire .  Parts,  iSSs,  t.  V. 
9'  partie). 

'*'  Sic,  pour  Mleri.  On  ne  trouve  en  effet,  ni  dans 
la  bonne  latinité  ni  au  moyen  âge.  la  forme  irier. 
uteriâ. 

*'  .Ver  pertomam,  ajouté  par  le  manuscrit  de 
Vienne,  pral>ablcment  |>aroe  qu'on  a  compris  que 
l'épitliètt^  proilibulnria  ne  |>ouvait  s'applirpier  à 
une  chose,  mais  seulement  à  une  |>ersonne  n«lle, 
ou  tout  au  moins  i  une  personne  morale  comme 
Paris. 

'*'  l>e  lecteur  a  déjà  remarqué  que  le  mot  Pari- 
nus,  employé  partons  les  auteurs  du  moyen  âge. 
est  du  geni-e  neutre  et  complètement  indt-clinable. 
A  la  fin  de  ce  chapitre  et  dans  les  premières  lignes 
de  l'autre,  il  est  construit,  sous  la  même  forme, 
avec  tous  les  cas .  et  s'accorde  avec  le  comparatif 
copiotiut. 


TRAITÉ  F)KS  LOUANGES  DE  PARIS.  «:7 

Ainsi  se  montre  la  première  inconséquence.  Disons  plus  :  les  sept  arts  lib<!Taux  ne  sont-il» 
pas  eux-m(5mes  des  choses  à  savoir,  puisque  l'on  peut  faire  sur  eux  quelques  di^'monslra- 
lions"'?  El  cependant  personne,  à  moins  de  soutenir  sa  thèse  avec  effronterie'*,  n'oserait 
dire  qu'ils  (ircnl  leur  orifjine  d'eux-miî'mes. 

CHAPITRE  II, 

QUI  TRAITE  DE  LA  SECONDE  inCONsioUeKCE. 

Je  vais  établir  la  seconde  inconséquence.  Quiconque,  étant  donné  qu'une  chose  est 
vicieuse,  avance  qu'il  va  la  soutenir,  annonce  la  prétention  de  violer  l'honnêteté  des  rnœurs 
par  le  vice  de  l'adulation.  J'a|)puie  cette  thèse  sur  l'autorité  de  Sénèque,  qui  parle  ainsi  : 
«Aussi  répréhonsiblo  est  une  louanfje  excessive  qu'un  blâme  immodéré:  l'une  est  suspecte 
f  d'adulation,  l'autre  de  méchanceté."  Or,  qui  |)ourrait  se  rendre  plus  suspect  de  flatterie, 
par  l'excès  de  l'éloye,  que  celui  qui,  sachant  une  chose  vicieuse,  se  propose  de  la  défendre 
C'est  ce  que  fait  le  Dictateur  avec  lequel  je  discute.  En  parlant  de  l'illustre  ville  de  Paris, 
il  dit  ces  mots  :  «Car,  si  vous  étiez  une  vile  courtisane  ou  une  femme  souillée  de  (|uel(|u<- 
«nom  infâme  (que  Dieu  nous  en  préserve!),  ce  n'est  pas  au  fruit  de  vos  entrailles  qu'il 
«conviendrait  de  vous  en  faire  un  reproche;  mais  il  devrait  plutôt  concourir  de  toutes  ses 
«forces  à  la  défense  de  votre  nom.» 

Telles  sont  ses  paroles.  Quant  à  moi,  je  réponds  que  ni  l'ari.s,  ni  une  autre  ciiose,  m 
une  personne  quelcon(|ue,  n'aurait  droit  à  être  défendue  par  moi,  si  c'était  une  courtisane 
honteuse  et  souillée.  Quant  à  ce  que  je  pense  de  Paris,  cela  se  voit  à  mes  paroles. 


''  Ces  vaines  applications  des  textes  de  l'Écri- 
ture oux  choses  de  la  raison  et  de  1  expérience  ne 
pouvaient  avoir  d'outre  résultat  cjue  d'engendrer 
des  controverses  sans  fondement  et  sans  fin. 

*''  On  peut  signaler,  comme  exemple  de  ces 
thèses  soutenues  h  oulronce.  celle  que  Jean  de 
Jandun  défend  dans  son  livre  De  Anima  (quœst.  16. 
r  3si  v°.  Il'  col.  F.).  Il  s'agit,  corunio  pour  les  sept 
arts  libéraux,  d'une  faculté  ayont  son  principe  en 
elle-mt^nie.  Le  subtil  raisonneur  essaye  d'abord  de 
répondre  à  celte  question  :  irQuid  sit  immedialuni 
rrprincipium  scnsationis?»  Il  examine  ensuite,  à  ce 
sujet,  deux  opinions  qu'il  rejette  comme  contrnii-es 
à  la  doctrine  d'Aristote,  et  il  ajoute  :  rrK^  dico  ad 
j-pra^ens ,  sicut  alias  dixi ,  quod  necesse  est  in  anima 
ffsensitiva  esse  virluleni  nnturniem  per  se  aciivani 
(T scnsationis.  i'.tlnpc  polcst  vocari.sen«is -activus, 
rtpiod  |>robo.ad  |)riL-sens,  duabtis  rationibirs  princi- 
"  paliter,  ad  (|uaruni  priniam  suppono  quatuor  prin- 
ffcipin  manifesta  :  l'rimum  est  quwl  sensatio,  seu 
rf.seiiliic.  iiidigi'l  ali(pio  principio  effeclivo  |ior»e  et 


tt  iinmediato ,  etc.;  secunda  supiiosilio  est .  quod  iilud 
•rens  est  nobilius  «lio.  rujus  ofieriitio  propria  et  pa- 
ir se  est  nobilior  perfectissima  o|)erationeallerius.  etc.  : 
irlertia  supposilio  est  quo<l  elliccre  aliquid  est  sini- 
irpliciter  nobilius  quam  rocipere  illud  idem;  quarto 
irsuppositio  est  quod  s|)ecics  rei  seu  forme  sensibilb 
"non  est  simplicilrr  nobilior  quam  virtus anima- sen- 
"siliva;,  etc.  Et  |K)tesl  sic  syllogiz.iri  :  \  irtiis  prr)- 
"  \ma  animse  cognoscitive  est  res  simpiiriter  dignior 
irsed  accidente,  cpiod  potest  eaae  in  inanim«ti> 
(rpotentia  sensitiva  est  virtns  proftna  anime  rog- 
moscitivie,  ut  pianifestum  est.  et  ipsa  spedes  rei 
"sensibilis  est  accidcns .  quod  |K)lest  inveniri  io  reliac 
"inanimalis.  ut  manifeslum  est.  Quare.  etc.-  Celtr 
citation,  un  peu  longue  |toul-étre.  nom  a  paru  cu- 
rieuse à  plus  d'un  titre  :  elle  donne  d'alnini  unr 
haute  idée  du  talent  de  Jean  de  Jamlun  cninnH* 
<lialecticien;  puis  elle  fait  bien  comprendre  toute  la 
vérité  du  mot  qu'il  emploie  :  Pnlmiemdo  potilmmem 

etulodire ,  ganlcr  effronlénienl  sa  position phi- 

Innophiqne. 


68  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

GAPITULUM   TERTIUM. 

DE  TERCIO  l1ilC0<<IVK!«IB?iTI. 

.Osteiisis  (luobus  inconvenienlibus,  procède  ad  lercium.  Quicumque,  inlen- 
(leiis  laudare  Parisius,  pro  tali  accidente  Silvaiiectuin  vitupérât,  quod  niulto  co- 
piosius  Parisius  invenitur,  ille  in  suis  verbis  saltem  implicite  confiletur  opposila. 
Veibi  gralia,  in  simili,  si  quis  Platonem  nigerrimum  existenteni  pollicetur  sine 
omnis  vituperii  admixtione  laudare,  Socratem  vero,  qui  minus  niger  est,  ob  nigre- 
dinem  blasfeniat,  numquid  illo  sincère  Platonem  laudat?  Sed  dictator  cum  quo 
disputo  sicegit.  Nam  pro  muscarum  multitudine  et  ranarum,anlifrasice  poetizans, 
detrahit  Silvanecto  in  hiis  verbis  :  irUnum  tamen  restât  memoria  dignum,  quod 
cin  coniparatione  prefata  locum  obtineret  non  modicum,  ranarum  videlicet  copia 
tr  Silvanecli  vigens  hinc  inde.  n  Et  quibusdam  interpositis  dicit  sic  :  «  Que  si  in 
fflaudem  Silvanecli  recitata  forent,  et  muscarum  coltisionem  inibi  confluontium 
trnon  tacuisset,  nierito  fuisset  admittenda  commentatio. -^  Ecce  qualiter  iste  liomo, 
sub  (|uodam  tcnui  antifrasis  velamento,  innoxii  Siivanecti,  pro  ranarum  et  mus- 
carum multitudine,  nititur  imminuere  laudem. 

Ego  autem,  salva  pace,  respondeo  quod  et  musce,  et  pulices,  et  cetera  de 
putrefactis  exorla,  longe  numerosiusmultiplicantur  in  humecte  vallis  concavo,  ad 
({uod  fere  ex  nuUa  parte  omnino  libère  ventus  accedit,  quam  in  monte  mediocris 
altitudinis,  omnium  ventorum  flatibus  exposito  circumquaque.  Licet  ergo  vera- 
citcr  Parisius  omnino  nicbil  pariai  quod  ei  a  benivolo  et  sani  judicii  viro  debeat 
impropcrari,  si  tamen  illius  bominis  verba  esscnt  undique  vcracia.  palam  estquid 
sequeretur  ex  illis.  Visum  est  auleni  michi,  ut  causa  solacii  dicam,  quod  iste  dic-^ 
tator  se  ipsum  aliquo  modo  conformât  illi  securi  de  qua  Esopus  poeta  satis  jocosum 
conlixit  ttpologum^".  Erat  enim  sccuris  quedam  privala  manubrio,  ita  ut,  non 
habens  quo  teneretur,  nulli  audebat  secando  nocere.  Ipsa  vero  pro  ligno,  de  quo 
sibi  tentorium^*'  fieret,  rogavit  silvam.  Quo  per  ignaviam  silve  securi  concesso, 
voluit  omnes  nemoris  arbores  dilacerare.  Simili  quoque  modo,  cum  Parisiensem 
gloriam  nicbil  penitus  coinquinare  valeat,  iste  tamen  larga,  ne  dicam  prodiga, 
lingue  et  manus  licencia,  organum  blasfomie,  quantum  in  ipso  extitil,  minisiravit. 

Sed,  per  Dei  gratiam,  nullus  hominum  sic  desipiet,  ut  ita  tenui  et  exsulîla- 
bili!''  caligine  studeat  hujuscemodi  luminis  radios  offuscare;  nullusque  demen- 
tabitur  rabie  tanti  furoris,  ut  sic  imbecilli  jaculo^**  in  lam  solidis  meniis  attemplet 

'"'  Esopi  Fabul.  III,  f.  i3.  De  Secureet  \emore.  se  confondre  avec  le  substantif  lenlorium,  tente? 

'*'  Ainsi  portent  les  deux  manuscrits.  Ce  mol  est  ''  Littéralement  :  sur  lequel  il  suflit  de  souffler 

sans  doute  altëré ,  mais  il  doit  signifier  ici  un  moyen  |K>ur  le  dissiper. 

d'être  tenu,  un  manche.  Ne  pourrait-on  pas  lire  ,., telumque  imbeUe  sine  icto 

tenorium,  leçon  qui  aurait  l'avantage  de  ne  pas  CoDjicit (Tii^.  £wW.  lib.  Il,  t.  $ii.) 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  69 

CHAI'ITHE  in. 

Après  avoir  monlr(5  deux  incons(5quences,  j'arrive  à  ia  troisième.  Celui  qui,  voulant 
louer  Paris,  blîline  Scniis  pour  cette  circonstance  fortuite,  que  Paris  se  trouve  beaucoup 
plus  consi(I«5rable,  celui-là  fait  preuve,  dans  ses  paroles,  d'une  contradiction  au  moins  im- 
plicite. Par  exemple,  pour  prendre  un  cas  semblable,  si  l'on  promet  de  louer,  sans  aucun 
mélange  de  blâme,  Platon  comme  très-noir,  et  que  l'on  dénigre,  à  cause  de  sa  noirceur, 
Socratc  qui  est  moins  noir,  est-ce  avec  sincérité  que  l'on  fait  l'éloge  de  Platon?  Eh  bien, 
le  Dictateur  avec  lequel  je  discute  a  agi  ainsi;  car,  à  propos  des  mouches  et  des  grenouilles, 
faisant  de  la  poésie  ironique,  il  décrit  Senlis  en  ces  termes  :  r^Une  chose  digne  de  mémoire 
t« reste  à  dire,  <|ui  aurait  occupé,  dans  la  comparaison  précédente,  une  place  importante; 
«c'est  le  nombre  des  grenouilles  qui  existent  do  toutes  parts  à  Senlis. »»  Après  un  inter- 
valle, il  ajoute  :  «Si  c'était  là  un  éloge  pour  Senlis,  et  que  l'auteur  n'eût  point  passé  sous 
«silence  l'aflluence  énorme  des  mouches  qui  s'y  pressent,  on  aurait  dû,  h  bon  droit, 
«accepter  son  éloge.»  Voilà  comment  cet  homme,  sous  un  léger  voile  d'ironie,  s'efforce  de 
diminuer  le  mérite  d'une  ville  inoffensive,  à  cause  de  la  multitude  dos  grenouilles  et  des 
mouches. 

Quant  à  moi,  sans  entrer  en  guerre,  je  réponds  que  les  mouches,  les  puces,  et  les 
autres  insectes  nés  de  In  putréfaction,  se  multiplient  en  bien  plus  grand  nombre  dans  le 
creux  d'une  vallée  humide,  où  il  n'existe  pres(|uc  aucun  côté  par  lequel  lèvent  pénètn» 
«l'une  manière  tout  à  fait  libre,  que  sur  une  montagne  d'une  hauteur  moyenne,  exposée  de 
toutes  parts  au  souQle  du  vent'".  Bien  que  Paris,  en  réalité,  ne  produise  rien  qui  puisse  lui 
^trc  reproché  par  un  homme  bienveillant  et  d'un  jugement  sain,  si  cependant  les  paroles 
de  cet  homme  étaient  de  tout  point  vraies,  on  voit  bien  ce  qui  en  résulterait.  Mais  il  me 
paraît,  pour  le  dire  en  forme  de  consolation,  que  ce  Dictateur  ressemble,  en  quelque 
façon,  à  cette  cognée  sur  laquelle  le  poëtc  Esope  a  fait  un  apologue  assez  plaisant.  Il  était 
une  cognée  privée  de  manche,  de  sorte  que,  ne  donnant  aucune  prise  à  la  main,  elle  ne 
pouvait  rien  couper,  rien  blesser.  Elle  pria  la  forêt  de  lui  donner  du  bois  pour  se  faire 
un  manche.  L'imprévoyance  de  la  forc't  le  lui  ayant  accordé,  elle  voulut  se  mettre  à  mu- 
tiler tous  les  arbres.  De  même  cet  homme,  qui  ne  [)eut  ternir  d'aucune  manière  la  gloire 
de  Paris,  s'est  fait,  autant  qu'il  l'a  pu,  un  instrument  de  blasphème,  en  donnant  une 
licence  énorme,  pour  ne  pas  dire  excessive,  à  sa  langue  et  à  sa  plume. 

Mais,  grâce  à  Dieu,  il  ne  se  trouvera  pas  un  homme  assez  insensé  pour  vouloir  obs- 
curcir de  ce  brouillard  léger  et  éphémère  les  rayons  d'un  tel  astre;  personne  ne  voudra 
porter  l'excès  de  la  folie  assez  loin  pour  lancer  un  Irait  si  débile  sur  d'aussi  solides  mu- 

<')  Jean  de  Jonduii  rdpond  ici,  en  termes  un  peu  bien,  en  lisant  la  phrase  suivante,  qu'il  «t  loin  de 
vifs,  nux  porlides  insiniinlions  quo  lo  Dictateur  avait  (l(^lai)jiier  Paris,  et  qti'il  ne  fait  que  remlre  attaque 
glis$*Vs  daiiii  la  [H^roraison  do  son  œuvre.  On  sent        pour  attaque. 


70  DOCLMENTS  ET  ÉCRITS  OHIGINAUX. 

quodcuinque  vestigiuiu  pcrcussionis  inferre.  Si  quis  auteiii  a  me  quereret  qunliler 
Parisius  aut  quevis  alia  civitas,  villa  vel  caslrum,  pro  raiiis,  muscis  aut  piilicibus, 
non  nieretur  vituperari,  ([uerani  ah  eo  an  oninis  liomo  mereretur  aut  nullus  pro 
superfluitatum  triplicis  digestionis  emissione  culpari;  preserliin  qiiare  muitoruni 
testimonio  creditur  quod,  qiianto  honiines  ex  subtiiiuribus  et  delicalioribus  ciba- 
riis  nutriti  sunt,  tanto,  si  fas  essel  dicere,  fctidiores  et  borribiiiores  egesliones 
oniittnnt.  Cujus  roi  causarn  et  molivum  bene  novorunt  pbiluzofi  phisici'''.  qui  uv~ 
culta  iiaturaliuni'^'  accidentiuni  principia  studiose  pet-<|uirunt. 

CAPITL'LL'M    QLARTIM. 

UE  QLABTU  l>CO>VE.Mi;>TI. 

Ad  quarlum  inconveniens  ostendcndum  sic  procedo.  Suppoiio,secundurn  graiii- 
matioos.  immo  secundum  naturain  rei,  Ires  esse  gradus  coniparationis,  posili- 
vum.  comparativum  et  suppeiiativum:  verbi  gratis,  bonus,  mclior,  optimus. 
Nunc  arguo  :  Quicumque  dicit  Parisius  in  nullo  grndu  romparationis  esse  [)onen- 
dani,  concedit  eaiu  non  esse  bonam,  et  ex  ronsequenti  nec  nieliorem  ner  opli- 
iiiau).  Hoc  statiin  patet  ex  ypothesi,  quoniani  bonuni  s<dtim ''-  rundanienlab'ter 
est  in  uno,  utpote  in  positivo,  gradu  conq)ai'ationis.  Dicere  igitur  Parisius  bonain 
esse,  et  in  nullo  gradu  conq)arationis  existere,  implicite  rontradirnnt;  et  banc 
plicam  sic  explico'^\  si  tibi  placet  :  Si  enim  in  nullo  grndu  est.  non  igitur  in  posi- 
tivo; et  si  bona  est,  in  positivo  est.  Ergo  Parisius  est  in  gradu  positivo,  et  non 
est  in  gradu  positivo.  Pulchcriudusest  iste.  Sed  aurtorcum  quo  roliudo**  ronredit 
quod  Parisius  in  nullo  gradu  romparationis  ponenda  est,  in  islis  verbis  :  (rQuJK 
ff  mente  captus  te  ponere  presumpsit  in  gradu  ronqiarationis  aliarum.  runi  peni- 
«tus  in  génère  discrepos;  (jue  potins  singulorum,  ad  le  confluenlium  velut  m.ir- 
(ftrem,  patria  quam  rivitas  diri  mereris?- 

Hec  quidem  sunt  ejus  verba.  Al  forsan  dicet  ali<|uis  (juod  verba  liujus  sapientis 
non  sunt  ad  literam  capienda ,  prout  aspectu  primo  sonare  videntur,  sed  expo- 
nenda  sunt. ad  melius,  ut  ex  ipsis  veritas  intelligatur.  Hespondeo  :  Oum  doctorej* 
attonti  solemnium  **  sapientum  famosis  libris  et  autenticis  trartatibus  cxponendis 

'■'  Variantes  dorlhographe  qu'on  ne  peut  allri-  trois  expressions  implieiU,  plicam  et  explieo,  qui 

huer  qu'à  l'inadvcttance  du  copiste .  attendu  que  ont  la  ni^nie  racine. 

les  mêmes  mots  se  retrouvent  ailleurs  très-correcte-  <*'  Les  expressions  Imlut,  coUudo,  prt>u\eut  que 

ment  écrits.  Jean  de  Jandun ,  tout  en  ayant  recours  aux  subti- 

'*'  Le  mot  tmtwaliutn  est  ajoute  par  le  manuscrit  |it^  de  la  scolastique  [wur  confondre  son  adver- 

de  Vienne.  saire,  ne  considérait  cette  discussion  que  comme  un 

'''  Cette  forme  se  rencontre  assez  fréquemment  jeu.  En  effet,  si  le  DicUUew  n'avait  pas  «i  des 
pour  saltem.  Du  Gange  en  cite  plusieurs  exemples  motifs  cachés  pour  lui  chercher  noise,  tout  ce  dé- 
pris dans  le  code  Théodosien.  ainsi  que  dans  Mu-  |,at  nous  [tamttrait  une  véritable  plaisanterie, 
raton  et  les  hagiographes.  «i  Solemtiium .  expression  (jui  fait  image  quand 

•'  Il  y  a  évidemment  ici  un  jeu  de  mots  sur  les  on  l'applique  aux  sages  de  lantiquité. 


THAITIÎ.DES  LOUANGES  DK  l'AIlJS.  7i 

railles  ol  y  laisser  les  trafics  impuissantps  Ae  sew  coup.  Si  qucl(|u'iiri  me  dcniandait 
pourquoi  i'aris,  ou  toute  autre  cil*'!,  ville  ou  place  forte,  ne  ni(''rite  pas  dVHrc  blâmé  pour 
ses  {jrenoiiillcs,  ses  mouches  ou  ses  puces,  je  lui  demanderais  si  tout  homme,  quel  qu'il 
soit,  ne  mi'Titerail  pas  d'être  blâmé  pour  avoir  rendu  le  superflu  d'une  triple  digestion? 
Car,  s'il  faut  en  croire  le  témoignage  d'un  grand  nombre,  plus  les  hommes  se  sont  nourrix 
d'aliments  recherchés  et  délicats,  plus  les  matières  rejelées  sont,  s'il  est  permis  de  le  dire, 
fétides  et  repoussantes  "'.  La  cause  et  le  motif  en  sont  bien  connus  des  philosophes  phy- 
siciens, qui  étudient  avec  soin  les  principes  cachés  des  phénomènes  naturels. 


CHAPITHK  IV. 

DE  LA  QCATIUÈME  I.XCONSéQlENCE. 

J'arrive  ainsi  à  faire  voir  la  quatrième  inconséfjuence.  Je  suppcse,  suivant  ces  gram- 
mairiens, et  ce  qui  est  plus,  suivant  la  nature  des  choses,  qu'il  y  a  trois  degrés  de  compa- 
raison :  le  positif,  le  comparatif  et  le  superlatif;  par  exemple,  bon,  meilleur,  trèsrlwo. 
Maintenant  je  raisonne  :  Quicon(|ue  dit  que  Paris  ne  peut  être  placé  à  aucun  degré  de 
comparaison  accorde  qu'il  n'est  point  bon,  et  par  conséquent  ni  meilleur  ni  très-bon.  Cela 
ressort  immédiatement  de  l'hypothèse,  car  le  bien  est  nécessairement  dans  un  degré  de 
coniparaisoii,  par  exemple  dans  le  positif.  Dire  que  Paris  est  bon,  et  qu'il  n'est  dans  aucun 
degré  du  conq)araison,  cela  implitjuc  contradiction;  et,  avec  votre  permission,  je  débrouil- 
lerai cette  énigme,  car,  si  Paris  n'est  a  aucun  degré,  il  n'est  pas  dans  le  positif,  et  s'il  est 
bon,  il  est  dans  le  positif.  Donc  Paris  est  dans  le  positif  et  n'est  pas  dans  le  positif.  Voilà 
un  beau  jeu  d'esprit!  Eh  bien,  l'auteur  avec  qui  je  discute  accorde  que  Paris  ne  doit  «Hre 
placé  en  aucun  degré  de  comparaison,  et  il  s'exprime  ainsi  :  «Quel  homme  est  asse« 
«dépourvu  de  sens  pour  vous  mettre  en  comparaison  avec  les  autres  villes,  vous  qui  dif- 
«  ferez  entièrement  d'elles  par  le  genre,  vous  qui  méritez  plutôt  d'être  nommée  la  patrie 
«que  la  cité  de  ceux  que  l'on  voit  accourir  à  vous  comme  à  une  mère?»» 

Telles  sont  ses  expressions.  Mais  on  dira  peut-être  que  les  paroles  de  ce  sage  ne  doivent 
pas  être  prises  à  la  lettre,  suivant  le  sens  qu'elles  semblent  présenter  au  premier  aspect, 
mais  être  exposées  dans  la  meilleure  acception,  afin  que  la  vérité  qui  en  découle  soit  com- 
prise. Je  réponds  :  Lorsque  des  docteurs  studieux  travaillent  à  faire  connaître  les  livres 


'  '  Cette  comparaison  est  peu  (Inlleiise  pour  Pnris  ; 
Mifris  Jean  do  Jiindiin ,  ainsi  qno  nous  l'iivons  déjà 
fuit  ohsorver,  no  fuil  que  rc^pondre  aux  invectives 
«lu  Dictateur.  De  plus,  l'existence  paisible  qu'il 
menait  ù  Senlis  lui  faisait  sentir  plus  vivement  le 
contraste  de  la  vie  d'intrigue  et  ilr  dt'ifllion  qui 
•finit  celle  de  ses  ennemis  dans  l'Eplise  cl  dans  l'Uni- 
versité. Il  n'en  aimail  pas  moins  Paris .  comme  l'oi- 
mail,  h  quatre  siiVles  et  demi  de  distance,  un  autiv 
lialiitani  do  Senlis  ou  de  ses  environs,  un  aulit!  cen- 


seur de  la  corruption  {larisienne  :  f  Adieu,  Pmiâ, 
ville  de  houe  et  de  fumée, v  s't'criail  le  solitaire  d'Er- 
menonville, en  quittant  son  modeste  logis  de  la  rue 
PIAtrière,  sauf  à  y  revenir  avec  le  plus  grand  em- 
presscmonl .  après  quelques  annto  d'abaenee.  Jean 
de  Jandun.  s'il  avait  eu  la  liberté  de  le  iàira. 
aurait  ])arcillement  quitté  les  fontaines  et  les 
grands  bois  qui  le  cliomiaient  si  fort .  pour  te  nm- 
seau  de  la  rue  du  Fonarre  et  la  montée  dn  Clo»- 
Bnmeau. 


72  DOCUMENTS  ET  ÉCUITS  ORIGINAUX. 

insistunl,  utique  bene  decel  eos,  ex  observaiitla  j;ratitudiiiis  lioiieslale,  veiLis 
obscurisel  ambiguis  sententias  attiibucrcsaniores,  juxta  illud  ArislolelLs  a" sue'" 
Metbafisice'*'  :  «Non  solum  reddere  gratias  jiislum  est  illis  (juuruiii  opiiiionibus 
(raHquis  communicaverit,  sed  et  hiis  qui  supcriicialiler  aliriuid  euuntiaverunl.  i 
Beiiigiiis  quoque  judicibus,  cum  siinpliciuni  aul  niiscrabiliuu)  personaruui  accu- 
saliones  aut  dcflensiones  dijudicanl,  licilum  est,  cpykeye'''  virlutis  ofiicio,  ad 
quam  iiativus  huinane  coinpassioiiis  insliiiclus  inrbnat,  veiba  legis  dcmenler  iu- 
tcrprelari,  ul  docet  Aristoleles  Ethic.  B"'*':  irln  disputalivo  autcm  cerlamine,  rudis 
«utique  et  inbers  merito  judicarelur  oppoiiens '*',  qui  suum  respondeutcm ,  dura 
«disputai,  iiislrueret,  et  qui  omiiiuo  adversaiiti  non  adversaretur  omnino. n  Sed 
nunc  est  ita  quod  vir  illc '*'',  qui  me  secum  disputare  compulit,  nedum  nie  ins- 
truerc  et  verba  niea''^  dulciler  exponcre  non  elegil;  verum  per  falsam,  ne  dicani 
mendacem,  iniposluram  facti  quod  nunquam  mcditalus  ruoram,  Deo  teste,  nec  ex 
verborum  meoruni  signilicatis  bubelur,  niicbi  sine  jusla  causa  se  voluisse  insinuât 
adversari. 

Anqdius,  liccl  ex  cujusdani  consuetudinis  favore,  tolerabiie  videatur  vel  excusa- 
biie  quoquo  modo  quod  abquis  indeiiberate  lo(|uens,  et  rethoricis  ornatibus  non 
intcndens,  proférât  talc  verbum  :  «  Hoc  bonuni  sine  comparalione  melius  illo  bono,  <" 
id  est  incomprebensibili  exccssu  (sic  cxponuni  aiiqui):  (|uod  tamen  in  (am  solemni 
diclaniinc,  de  lam  arduo  negocio  et  sic  gloriose  niagnilicencie  stiio,  dicatur  bonum 
aliquod  in  nullo  comparationis  gradu  esse  ponendum,  quo  jure  aut  qua  virlute 
vel  liccntia  pcrmissum  sit.  non  est  penitus  nianifestum.  Quod  autem  fortassis,  pro 
dicli  ratione  vel  causa  interponitur,  Parisius  ejusdein  generis  cum  ceteris  non 
esse,  quare  magis  nonien  patrie  quam  civitatis  merelur,  miclii  utique  videtur  ess»» 
iiiirabile.  Nam  certum  est  quod  buinana  spocies  non  minori  dignitatis  et  nobili- 
latis  exccssu  vermibus  antefertur,  quam  Parisius  cuilibet  alteri  civitati.  Hoc  lamen 
non  obslante,  in  codera  naturali  et  iogico  ponuntur  génère  liorao  et  verrais;  et 
ipse  bomo  per  graduni  comparationis  ad  talia  referri  non  indignalur,  cura  di- 
catur et  sit  dignissima  creatura  creaturarum.  Amplius,  si  patria  nicbil  aliud  est 
nisi  quoddaiii  totum  ex  villis,  castris  et  civitatibus  congregatum.  niirum  est  quo- 
inodo  Parisius,  etiam  si  patria  essel,  quod  sinq)liciler  non  concedo,  excluderetur 
a  génère  civitatis,  nisi  quis,  ut  positionem  custodiat,  dicat  ipsura  totuni  extra 
genus  suarum  partium  contineri  :  quod  forsan  logicis  et  nietbapbisicis  non  videtur. 

'■'  Sue,  ajouté  par  le  ms.  de  Vienne.  table  de  l'auteur  une  des  gkMes  nombreuses  ajou- 

'*'  Cap.  I.  lées  aux  manuscrits. 

"'  Éirie/xsia,  douceur,  mansuétude.  '''  Merito  judicarelur  opponent,  mois  ajoalé»  [tar 

'*'  Arist.  Moral.  1.  V,  c.  xiv,  p.  7a,  c.  d.  La  ci-  le  ras.  de  Vienne, 
tation  qui  suit  immédiatement  n'est  pas  d'Aristote;  '*>  Ille,  ajouté  par  le  ms.  de  \icnne. 

Jean  de  Jandun  aura  confondu  avec  le  texte  véri-  ''  Mea.  Ms.  de  Vienne   Nedum  pour  non  iolum. 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  7S 

célèbres  et  les  traites  authentiques  des  sages  les  plus  respectables''',  il  leur  sied  toujoun, 
[)ar  un  devoir  d'honnêteté  et  de  reconnaissance,  de  découvrir,  sous  des  termes  obscurs  et 
ambijrus,  des  pensées  plus  raisonnables  qu'on  ne  le  croyait  d'abord,  suivant  ce  mol  d'Ana- 
tole, au  livre  11  de  sa  Métaphysique  :  «Non-seulement  il  est  juste  de  rendre  grâces  à  ccuj 
«dont  nous  ])énétrons  facilement  les  idées,  mais  encore  à  ceux  qui  ne  se  sont  exprimés  que 
«d'une  manière  insuffisante,  v  Des  juges  bienveillants,  lorsqu'ils  ont  à  décider  sur  l'accusa- 
tion ou  la  défense  de  personnes  simples  ou  malheureuses,  peuvent  obéir  au  devoir  de  la 
douceur,  à  laquelle  porte  l'instinct  de  la  compassion  naturelle  à  l'homme,  et  interpréter 
avec  indulgence  les  termes  de  la  loi,  comme  enseigne  Aristole,  Morales,  livre V  :  «Dans  une 
«lutte  oratoire,  novice  et  maladroit  serait  celui  qui  fournirait,  pendant  le  débat,  des  armes 
«à  son  adversaire,  et  qui,  attaqué  de  toutes  parts,  n'attaquerait  pas  aussi  de  toutes  parts 
«  l'assaillant.  »  Mais  il  arrive  maintenant  que  cet  homme ,  qui  m'a  forcé  de  discuter  avec 
lui,  non-seulement  n'a  pas  voulu  me  fournir  des  armes  et  exposer  avec  indulgence  mes 
paroles,  mais  encore  que,  par  la  supposition  fausse,  pour  ne  pas  dire  menteuse,  d'un 
fait  auquel  je  n'avais  jamais  songé,  Dieu  m'en  est  témoin,  et  qui  ne  se  trouve  pas  exprimé 
dans  mes  paroles,  il  insinue  sans  juste  motif  qu'il  a  voulu  être  en  oj)position  avec  moi. 

De  plus,  bien  que,  à  la  faveur  d'une  certaine  habitude,  il  paraisse  quelque  peu  tolë- 
rable  ou  excusable  d'écrire,  sans  y  avoir  réfléchi  et  sans  viser  aux  ornements  de  la  rhéto- 
rique, une  semblable  phrase  :  «Ce  bien  est  sans  comparaison  meilleur  que  ce  bien;»  c'est 
là  une  licence  incompréhensible  (suivant  l'opinion  de  quelques-uns).  Mais  que,  dans  un 
discours  si  solennel ,  sur  une  aff'aire  aussi  importante  et  dans  un  style  du  plus  grand  appa- 
rat, on  dise  qu'un  bien  ne  peut  être  placé  à  aucun  degré  de  comparaison,  de  quel  droit, 
par  quel  pouvoir  ou  quelle  licence  cola  est-il  permis,  c'est  ce  que  je  ne  vois  pas  bien. 
Quant  à  ce  qu'il  nous  oppose,  probablement  pour  raison  et  pour  motif  de  ses  paroles,  que 
Paris  n'est  pas  du  même  genre  que  les  autres  villes,  parce  qu'il  mérite  plutôt  le  nom  de 
patrie  que  celui  de  cité,  cela  me  semble  de  tous  points  étrange.  Car  il  est  certain  que  l'es- 
pèce humaine  ne  surpasse  pas  plus  en  dignité  et  en  noblesse  les  vers  de  terre,  que  Paris 
n'est  supérieur  à  toute  autre  cité.  Cela  n'empêche  pas  que  les  naturalistes  et  les  logiciens 
placent  dans  le  même  genre  l'homme  et  le  ver  de  terre;  et  l'homme  lui-même  ne  s'indigne 
point  d'être  rapproché,  par  le  degré  de  comparaison,  de  tels  animaux,  puisqu'on  rap|>elle 
et  qu'il  est  en  réalité  la  plus  noble  créature  des  créatures.  De  même,  si  une  patrie  n'est 
rien  autre  chose  qu'une  réunion  de  villes,  de  châteaux  et  de  cités,  comment  Paris,  quand 
même  ce  serait  une  patrie,  ce  que  je  n'admets  pas  absolument,  serait-il  exclu  du  genre 
des  cités,  à  moins  de  dire,  pour  soutenir  la  thèse,  que  le  tout  n'est  jias  du  même  genre 
que  les  parties,  ce  qui  n'est  pas,  j'imagine,  conforme  à  la  logique  cl  à  la  métaphysique. 


'*'  L'autour  plaide  ici  sa  propre  cause  et  relie  de  qu'il  lui  emprunte?  En  effet,  on  ne  retroim  |MH 
tous  les  commentateurs;  cepondant,  *>n  glosant  sur  toujours  texturllrment  dans  leurs  ou^-nigc*  le» 
Aristolr ,  n'aurail-il  pas  un  peu  abus«.'  de  la  maxime       pensdes  qu'il  attribue  aiu  phikMopim  i 


74  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Hec  igitur  que  michi,  exercitalionis  gratia  et  zelo  veritatis,  apparuertinl,  cuiii 
lali  maiisucludinis  (|uiete  et  persuasibiiis  rationis  coiitiiiciitia  suscipiuiilur  al)  iilo, 
ut,  nec  per  iracundiain  turbatus  verba  injurie,  detrectationis  aut  niaicdictionis 
eructet,  nec  per  inconlinentiam  aut  superbiam  portinax  vcl  obslinalus,  coloralioni- 
bus  (iclitiis  aut  itnpositionibus  falsis  sua  dicta  deiïendat! 


l'AIlTICtLA  PBItlA. 

In  qiia  tjingilur  occasin 

liujua  partit. 


PiBTICVLA  II*. 
De 

impugnatione 
cujusdam  dicti. 


PIRTICHU  m*. 

De 

rilïw  rirea 

SilvanectURl. 


QUARTA  PARS  ET  ULTIMA  OUJUS  TRACTATUS, 

UNICUM  HABENS  CAPITULLM  DE  UTILITATIBLS  LALOABILIBL'S   SILVA\ECTI. 

In  noniine  Dei  omuipotentis,  amen. 

Noveriut  universi  quod,  anno  Verbi  incarnati  iSaS^i'),  3*  die  Julii,  residenti 
michi  in  Siivancctensi  urbe,  unus  ex  speciaiibus  amicis  meis,  vir  ulique  magne 
probitatis  et  profundc  sapienlic,  inler  ceteras  suc  epistole  dausulas,  hune  ser- 
monem  conscripsit  :  k  Opinor  te  confiteri  quod  esse  Parisius  est  esse  simpliciter; 
tresse  alibi  est'^)  esse  non  nisi  secundum  quid.n  Et  quamvis  hune  sermonem  pos- 
sem  ratione  philosophica  faciliter  impugnare,  co  videlicet  quod  nullum  esse  acci- 
dentale  est  esse  simpliciter  absoiutc,  secundum  Aristotelem  7'  sue  Methafisiee'*'; 
esse  autem  Parisius  est  esse  accidentale,  eum  possit,  subjecto  suo  eodem  numéro 
rémanente,  corrumpi;  quia  lamen  sermo  predietus  in  quoddam  spéciale  preju- 
dicium  Silvanectensis  excellentie  verti  videtur,  visum  est  michi  bonum  ut  illi  di- 
lecto  meo  aliqua  conscriberem  de  este  in  Silvanecio;  quibus  inteiiectis  et  ad  e$»e 
Parisius  comparatis,  videat  ipse  in  quo  sensu  poteril  verbum  suum  verifieare 
decenter. 

Dixi  ergo  ei  sic  :  Esse  in  Silvanecto  est  existere  in  quodam  mcdio  circumfe- 
rentie  silvarum,  quarum  procere  ramoseque  arbores  non  tanta  sunt  ad  invieem 
spissitudine  dempsatc,  (|uin  liberum  volenli  per  ras  pro  dcductione  proccdere 
relinquant  incessum,  nec  inter  eas  tanta  existât  locorum  distancia.  quin  umbre 
moderamine,  prohibitis  per  comas  arborum  calefactivis  radiorum  solarium  re- 
flexibus,  réfrigèrent  ineedentem.  Verum  quia  humanam  sensualitatem,  in  trans- 
mutatione  gaudentem,  nicliil  oblectare  consuevit,  nisi  quod  aliqua  varietas  reficit, 
juxta  illud  Tullii  in  prohemio  veteris  Relhoriee  :  <rln  omnibus  rébus  similitudo  est 
(t mater  satietatisW;,  de  quo  Esopus  in  22°  apologo  :  «Omne  bonum  precium 
ffnimio  vilescit  in  usu'*';^  ea  propter  non  solum  grandes  arbores  circumferen- 
tiam  tenent,  sed  et  minime  et  médiocres.  In  minimis  quidem  suis  tcmporibus  fra- 


'''  Cette  date  est  en  chiffres  arabes  dans  les  deux 
manuscrits. 

'*'  EtI,  ajouté  par  le  ms.  de  Vienne. 

'''  Voyez  surtout  le  eh.  iv. 

'•'  Ces  mots  se  trouvent,  non  pas  dans  le  début 


de  la  Rhétorique  Ad  Herennium,  mais  au  livre  I"  de 
l'Invention ,  ch.  h  t . 

'''  Egopi  Fabulantm  lib.  H,  fab.  a,  De  Hanit 
petenùbu»  regem.  L'imprimé  porte  :  Omne  boni  jire- 
tium,  etc. 


t  ,  ' 


u:.^-V?V,-,-..     ■•,';•';; 


UitM 


«  4 


«.   < 


W/ ï    «    t > 


4  ..•;•«<•: 


■*A, 


«!(;l 


-t      .•■;'':«^-'irv^ 

•••••.*•.■■  ■•5::-.-:-.Ver-: 


*  ♦ 


i;  4 


^S*««: 


It^ 


r,%        M 


.%^^ 


iife 


L£GEIDE 


PLAM  OB  •BULia. 


A  iMn-Dw.caUdabii 


H.  L«gr«nd  ,  dnl , 


Hviisgr.  OurK&d. 


PLAN  DE  LA  VILLE  DE  SKNLIS. 


B  LSinl. 
C  I.  rmhoaii. 
DSPim. 

E  S'-Geanjèn. 

F  S.  AifBtn.  I 

G  S  lutin. ftniMai  in- 

H  l.  tteM.  pniM. 
I   S.  Toott.  ikh]! 
K  S.  iNrin.fritni 
L  8.ffiliia.iuliéiipMiM 
MLaOoriilita. 
N  UiCifgdBL 

0  LetCaiaxt 
P  LiOuny 

Q  TiHlkMenti.ilibQiL  \ 

»  Cbllil((tki^l.LMii| 

&  tilché 

«  HM-Dm. 

d  i"-hMk. 

«  Gmietla] 

y  landiliDi.  hiCkn|B  i 

ItlKbfe 

g  Inw. 
kùmmatnkHm    ! 

1  roBtuiBcniL 
k  hntkfm. 

l  FMéiOML  I 

MFtotiS  RMiMàPM- 
Sinii-linn. 

a  PMiiiInn. 

«  ta»  Mm. 


y  Brifm 
•   lièMi 


H.    Llar.nd,  r«il.  H.l.  %n-    T"....* 

VUE  RKSTITDSI  DE  LA  VILLE  DE  SEILIS  AO  HT'  SltCLK 


l'"r  7*- 


TRAfTl^:  DES  LOUANGES  DE  PAFUS.  75 

Puissent  ces  réflexions,  que  j'ai  développées  pour  m'excrccr'",  et  parce  que  j'aime  la 
vérité,  être  reçues  par  mon  adversaire  avec  une  telle  modération,  un  le!  calme  appuyé  sur 
la  force  persuasive  de  la  raison,  (pi'il  ne  vienne  point,  troublé  par  la  colère,  me  jeter  de» 
paroles  d'injure,  de  dénigreinenl  ou  de  malédiction;  qu'il  ne  s'obstine  point,  par  igno- 
rance ou  par  orgueil ,  à  défendre  ses  assertions  au  moyen  de  prétextes  mensongers  et  de 
suppositions  sans  motifs  ! 


$  I-. 

oèr*** 

kfMt    I  I  lu 
ttritHiitrit. 


IWMalNa 


QUATRIÈME  ET  DERMÈRE  PARTIE  DE  CE  TRAITÉ, 

QUI  N'A  QU'UN  SEUL  CHAPITRE,  SUR  LES  LOUABLES  AVANTAGES  DE  SENLIS^*'. 

Au  nom  du  Dieu  tout-puissant,  ainsi  soil-il. 

Je  fais  savoir  à  tous  que,  l'an  de  l'Incarnation  1 3^3,  le  3' jour  de  juillet,  moi,  résidant 
à  Senlis,  je  reçus  d'un  de  mes  amis  particuliers,  bomme  d'une  grande  probité  et  d'une 
science  profonde,  une  lettre  oiî,  entre  autres  choses,  il  me  tenait  le  discours  suivant  :  «Je 
«^ pense  que  vous  avouerez  qu'être  à  Paris,  c'est  être  dans  le  sens  absolu,  et  qu'être  ail- 
fleurs,  c'est  être  à  certains  égards  seulement,  n  J'aurais  pu  facilement  attaquer  ce  langage  s  i. 
par  une  raison  philosophique,  à  savoir  que  nul  être  accidentel  ne  constitue  un  être  simple 
et  absolu,  suivant  Arislole,  au  Vil*  livre  de  sa  Métaphysique;  or,  le  fait  d'être  à  Paris  cons- 
titue un  être  accidentel,  car  il  peut  changer,  le  sujet  demeurant  en  la  même  qualité; 
mais,  par  la  raison  que  ce  discours  peut  causer  un  certain  préjudice  particulier  à  l'excel- 
lente réputation  de  Senlis,  il  m'a  semblé  bon  d'écrire  à  mon  ami  quelques  réflexions  sur 
être  à  Senlis.  Je  désire  qu'il  les  comprenne,  qu'il  les  compare  à  être  à  Paris,  et  qu'il  voie 
lui-même  en  quel  sens  il  pourra  raisonnablement  rendre  vraies  ces  paroles. 

Je  lui  ai  donc  parlé  ainsi  :  Etre  à  Senlis,  c'est  vivre  au  milieu  d'un  cercle  de  forêts  dont  s  3. 

les  arbres  élevés  et  touffus  ne  sont  pas  tellement  serrés  les  uns  contre  les  autres  qu'ils  ne  ^ .  "p,  '^„f, 
laissent  un  passage  pour  la  promenade  à  celui  qui  veut  les  parcourir;  cependant  il  n'y  a 
pas  entre  eux  une  telle  dislance  qu'ils  ne  puissent,  interceptant  au  moyen  de  leurs  cimes 
chevelues  les  brûlants  reflets  des  rayons  du  soleil,  rafraîchir  par  leur  ombre  le  promeneur. 
Mais,  comme  la  délicatesse  humaine  se  réjouit  dans  le  changement,  et  que  rien  oe  peut 
la  charmer  si  ce  n'est  ce  qui  est  renouvelé  par  la  variété,  suivant  cette  parole  de  Cicëron 
au  début  de  YlnveiUion  :  «En  toutes  choses,  l'uniformité  est  mère  de  la  satiété;»  et  cette 
autre  d'Esope,  dans  son  xxn*  apologue  :  pTout  bien  précieux  perd  de  sa  valeur  par  un  trop 
«  fréquent  usage;  »  pour  cela,  il  y  a  non-seulement  de  grands  arbres  qui  occupent  ce  demi- 
cercle,  mais  il  y  en  a  aussi  de  très-petits  et  de  moyens.  Au  milieu  des  plus  petits  on  voit 

")  L'aveu  est  précieux  dons  la  bouche  d'un  dia-  têtu-  et  la  riposte  de  Jean  de  Jandun.  Nous  avon* 

leclicicn  de  profession.  dit.  daa»  la  Notice,  que  l'auteur  l'avait  placée  k  la 

'*'  Celle  qunliièinp  paille  esl.  on  n'nliUK  In  pro-  lin  do  l'Éloge  de  Poris.  probablement  pour  ne  pas 

mièrc,  puisqu'elle  a  provotjiK.'  i'ultuquu  du  Dicta-  exciter  de  nouvelles  n'criiiiiualions. 


76  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

gorum,  morarum.avellanarum,  pirorum  et  pomorum  odorifera  copia  prescntatur. 
In  mediocribus  vero,  quod  dulcius  est,  pliiloiiiciiarutn  ceterarumque  avicularuni 
et  avium  jocunda  lascivia,  quasi  phisicis  suarum  caiitilcnarum  expressa  conso- 
nanciis,  humanos  oblectant  auditus.  Hoc  igitur  est  uniim  esse. 


PARTICULA  IT  , 

D< 

ortis 

et  TÏridariis. 


l'AHTlClLA   V 
De 

folllibuti 
SilvBnerii, 


Aliud  vero  esse,  in  gloria  Silvanecti,  est  lioc  :  esse  in  ortis  irriguis,  floridis 
viridariis  ac  pomeriis  fructuosis  :  esse  in  pratis  iongis  latisque,  quibus  adoles- 
centis  herbe  delectabiiis  viror,  et  rulilantium  infra  eam  (lorum  décora  varietaD. 
picturam  prebent  hunianis  visibus  arridcntem  :  esse  insuper  secus  fontes  limpi- 
dissimos  ex  montium  iateribus  erumpentes,  quorum  clare  possunt  conspici,  licet 
iata,  sua  limpidissima  et  purissinia '')  pervietate,  profunda. 


PARTiciLA »!'.  Amplius,  esse  Silvanecti  est  esse  in  vineis  vinorum  Gallicanorum  pcrutili  mo- 

ïinei, ei gr.ni..      deraminc  copiosis.  Frumentorum  quoque  pro  albissimis  panibus,  ac  ceterorum 

granorum  que  natura  propter  honiinem  procreavit,  tanta,  per  Dei  gratiain,  copia 

suppetit,  quod  salis  est. 


PARTICtUTII  , 
De  domibuf . 


PAnTIClXA  Tlll  . 

De  caTpis. 


Hursus  esse  in  Silvanecto  est  esse  in  doniibus  egregiis  niuroruui  fortissimo- 
rum,  non  ex  fragili  plastro,  scd  ex  durissimis  iapidibus  et  pulcherrimis,  artiG- 
ciosa  sagacitate  constructis  :  in  quibus  etiam  ioca  profundissima ,  solidis  circum- 
data  petrarum  structuris,  sue  frigiditalis  intcnso  vigore,  in  estivis  teinporibus  vina 
sic  réfrigérant,  quod,  per  vitream  duricicm  frigus  alterative  penetrans,  aerem  con- 
tiguum  quasi  subito  dempsat  in  aquam,  et  bibentium  faucibus  et  stomacis  desi- 
deratam  refrigerii  voluptatera  largitur. 


PARTICULA  I*. 
Oe  pisribuii. 


PARTicBti  H*.  Adhuc  esse  in  Silvanecto  est  esse  in  monte  gratioso  mediocris  altitudinis,  ila 
ei  iminHii'."siiTanecu.  ut  et  paviuicHta  civitatîs  nulla  ferc  lutorum  turpitudine  maculata  sint,  sed  plana, 
pura  et  munda  per  totum  ;  et  mediocrium  venlorum  flatus  modesti,  neduni 
a  pravis  vaporibus,  si  quos  reperiant,  aerem  dépurent,  sed  et  redolentes  fumos 
ex  pianlis  neraorum  et  berbis  praforum  resolutos  adducant.  Ceterum  ad  inte- 
grandam  per  se  sufllcientiam  liujus  loci,  prêter  multiformes  animalium  volati- 
liuni  et  terrestrium  species,  quibus  Silvanectenses  incole  splendide  et  liberaliter 
nutriuntur,  tanta  et  ta  m  recens,  pinguis  et  bene  sapida,  utriusque  maneriei'*', 
piscium  copia  propinatur.  quod  diebus,  quibus  ceterarumcarniuni  usibus  convenit 
abstinere,  non  minori  commoditatc  reficitur  sobrictas  eorumdem,  quam  alibi  alie 
sagininose  pinguedines,  curiosis  salsarum  pungentium  acuminibus  permixte,  suf- 
ficere  valeant  faucibus  delicatis.  Que  plura?  Lactis  dulcissimi,  purissimi  butiri. 


PARTICl'LA  ïl  . 
De  lacliciiitit. 


'■'  El  purissima,  mots  ajoutés  par  le  manuscrit 
de  Vienne. 

''  Ces  mots  présentent  deux  sens  à  l'esprit  ; 


poisson  frais  et  sale,  poisson  de  mer  et  d'eau 
douce.  Comme  il  est  fort  difficile  de  préciser,  nous 
n'avons  donné  qu'une  interprétation  générale. 


THAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  77 

jiaraîlre,  suivant  les  saisons,  une  abondance  embaumée  de  fraises,  de  raùre»,  d'avelines, 
de  poires  et  de  pommes.  Sur  les  arbres  de  moyenne  élévation  (spectacle  plus  ajjréablc), 
prennent  leurs  joyeux  ébats  des  troupes  de  rossignols  cl  d'autres  oiseaux  et  oiselets,  qui 
ex[)riment  leur  joie  par  les  accords  musicaux  de  leurs  chansons,  réjouissant  ceux  qui  le» 
entourent.  C'est  là  une  manière  d'être. 

Une  autre  manière  d'être,  qui  fait  la  gloire  de  Senlis,  est  celle-ci  :  Être  dans  des  jardins  j  -,. 

arrosés  d'eaux  vives,  dans  des  vergers  fleuris,  dans  des  potagers  fertiles;  être  dans  de  vastes       ^"J^T*** 
prairies,  où  l'agréable  verdure  de  l'herbe  naissante  et  la  variété  charmante  des  fleurs 
qui  remaillent  de  leurs  couleurs  présentent  aux  yeux  de  l'homme  un  riant  tableau;  être  15. 

en  outre  au  bord  de  sources  très-limpides  qui  s'échappent  des  flancs  des  collines,  et  dont  "*"*■"'"' ''*'"*^ 
le  lit,  quelque  profond  qu'il  soit,  peut  être  aperçu,  grâce  à  leur  transparence  et  à  leur 
limpidité. 

Être  à  Senlis,  c'est  encore  être  dans  le  pays  des  vins  de  France  abondants  et  d'une  J  6. 

douceur  très-salutaire'".  Les  blés  aussi  qui  servent  à  fabriquer  des  pains  très-blancs,  et  les 
autres  céréales  que  la  nature  a  créées  pour  l'homme,  s'y  trouvent,  grâce  à  Dieu,  en  telle 
quantité  qu'elles  y  suffisent. 

Ktrc  à  Senlis,  c'est  encore  être  dans  de  belles  demeures  formées  des  murs  les  plus  forte,  s  7. 

non  d'un  fragile  plâtre'''),  mais  des  pierres  les  plus  dures  et  les  plus  belles ''',  disposées        «>"■•«" 
avec  une  industrieuse  habileté.  Dans  ces  maisons,  les  caves,  entourées  de  solides  construc-  $8. 

tions  de  pierres,  grâce  au  degré  de  leur  fraîcheur,  refroidissent  tellenient  les  vins  dans  la 
saison  d'été,  que  le  froid  les  pénètre  à  travers  la  dureté  du  verre,  condense  presque  aus- 
sitôt en  eau  l'air  environnant,  et  procure  ù  la  gorge  et  à  l'estomac  des  buveurs  ia  volupté 
désirée  du  rafraîchissement. 

Etre  à  Senlis,  c'est  encore  être  sur  une  gracieuse  colline  d'une  médiocre  élévation,  en  $„ 

sorte  que  les  pavés  de  la  ville  ne  sont  presque  point  souillés  des  taches  de  la  boue,  mais       '*''" 
sont  tout  i\  fait  unis,  propres  et  nets.  Le  souflle  modéré  de  vents  peu  violents  non-seu-  *••' 
lenient  purifie  l'air  des  vapeurs  malsaines,  s'il  y  en  avait,  mais  apporte  les  parfums  com- 
posés des  plantes  des  forêts  et  des  herbes  des  prés.  Au  reste,  pour  compléter  le  tableau  des  5  ,^ 
ressources  de  ce  lieu ,  à  part  les  multiples  espèces  d'animaux  volatiles  et  terrestres  dont  les        "■  »*" 
habitants  de  Senlis  se  nourrissent  largement  et  en  abondance,  il  y  a  une  telle  quantité  de 
poissons  frais,  succulents  et  de  bon  goût,  de  toutes  sortes,  que  les  jours  où  l'on  doit  faire 
abstinence  de  viande,  l'appétit  sobre  des  habitants  se  satisfait  aussi  facilement  que  pour- 
raient le  faire  ailleurs  des  estomacs  délicats  avec  des  viandes  grasses  mêlées  aux  excitations 
recherchées  des  sauces  piquantes.  Que  dire  de  plus?  Le  lait  le  plus  doux,  le  beurre  le  plus          1  n. 

'    On  ne  parle  phis  aujounibui  des  vins  de  vcillc's  :  Aslesan,  Sloa.  Knolielsdorf,  dont  nous  pu- 

Senlis.  l>lioii!i  les  poëmrs  dans  en  volume  et  dans  le  MÙ- 

'*'  L'emploi  du  plAlre  pour  ia  conslruclion  des  vanl.  consacrent  un  certain  nombre  de  ver»  à  la 

maisons  de   Paris   remonte   h   une  haute    anti-  description  des  procéda  d'extraction  H  de  nÙM  ca 

<piilt'.  Jenii  de  Jnndiiii  rite  ce  (jenrn  de  nin(«Viaux  œuvre  du  gyf*t. 

coninie  chose  comuiunc  et  de  peu  de  valeur.  AprtS*  "'  Les  carrières  des  eovirons  de  Senlù  ool  eo- 

lui,  ou  contraire ,  les  étrangers  s  en  sont  ^mer-  core  oujonnlluii  une  grande  rëpatalion. 


PUtTICVLAXn 

De 

populo 

SitvanMfniii. 


pARTicuu  xm, 

Que  ett  oratio 
pm   SiKfttiPflo, 


78  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OIUGINALX. 

caseorum  crassornni  cxuborantia  grandis  minoribiis  ac  mcdiocribiis  porsonis, 
exclusa  cerebroruiii  pcrturbatioiie  furiosa,  que  alios  pbiriinos  saisis  piiriyitivis 
gaudenlcs  quasi  inccssauler  exagital,  vite  (juiete  discipliuatam  solontiam ''  ol  sim- 
plicitatem  columbinam  largitur. 

Prêter  hec,  esse  Silvanecti  est  esse  et  convivere  populo  Gailicano,  pacifico, 
miti,  amicabili  et  fideli.  Et,  ut  uno  sermone  nniam,  uiiiversa  gênera  bonorum, 
que  Deus,  natura  et  ars  pro  humanis  usibus  et  coinmodilalibus  produxcrunt, 
exliiiarant,  per  Dei  gratiam,  Silvaneclum;  in  tantum  quod  celestis  patrie  pulcri- 
tiido  ol  paradisiace  jocunditatis  amenitas  per  eam  representari  videnlur. 

Hune  ita(|ue  locuni  amenuni,  divine  vcnerationi  specialibus  prerogativis  ac- 
conunodum ,  sub  prosperoruin  eventuuni  continuatis  successibus,  custodiat  et 
conservet  Deus  ipse  suprenius,  a  que  cuncta  bona  procedunt.  Amen. 


Ëxplicit  Iractatus  de  laudibus  urbis  urbiuin  Paiisius,  cujus  una  pars  est  de 
utililatibus  Silvanecti,  propinquitatis  ad  ipsain  Parisius  confinia  gratulantis;  scrip- 
tus  complète,  anno  Verbi  incarnati  iSqS',  6*  die  novembris,  per  Jobannem  de 
Genduno  '*'. 

Suscipe.  (jueso,  bénigne  Deus,  quodcumipie  libi  jus  gratianim  pro  liiie  isto  |)os- 
sum  solvere;  et  lac  ut  nullus  bec  inspiciens  delrabat  ipsi  ',  sed,  ad  compleiidum 
quidquid  déficit  ad  tuum  decus,  omnis  vir  bonus  corde  et  manu  cooperctur. 
Amen. 


'''  Celte  expression  semble  faire  allusion  k  ce 
vers  de  Plaute  :  rSolens  siini;  ea  esl  disciplina.* 
(Curcul.  I.  V.  99.) 

'*'  Les  quatre  derniers  mots  sont  donnes  par  le 
manuscrit  de  Vienne  seulement,  ainsi  que  nous 
lovons  dit  dans  la  .Notice  :  c est  la  signature  de 
l'auteur. 


''  Ipti  |iaratt  avoir  ici  un  sens  personnel,  à 
raison  du  mot  hee  qui  pn'cède  et  avec  le(|uel  il  ne 
peut  s'accorder  :  Jean  de  Jandun  souhaite  qu'on  ne 
le  calomnie  pas  à  cause  du  livre  qu'il  vient  d'ëcrire. 
Nous  n'avons  pas  cru  devoir  indiquer  dans  ta  Ira-' 
duction  celte  nuance,  qui  se  confond  d'ailleurs  avec 
le  sens  génén\. 


TRAITÉ  DES  LOUANGES  DE  PARIS.  79 

pur,  les  froinajfffs  yras  en  abondance  pour  les  fortunes  moyenne»  et  petites,  en  fournis- 
sant le  moyen  d'ëviter  celle  perturbation  furieuse  des  esprits  r|ui  afjite  sans  cesse  la  plu- 
part des  amateurs  des  mets  ëpictis,  donnent  aux  babilants  de  Scnlis  une  habitude  r«^glëe  de 
vie  tranquille  et  une  simplicité  de  colombe. 

En  outre,  être  à  Senlis,  c'est  exister  et  vivre  au  milieu  du  peuple  français,  paisible,  dout, 
aimable  cl  sûr.  Et,  pour  finir  en  un  mot,  tous  les  genres  de  biens  que  Dieu,  la  nature  et 
l'art  ont  produits  pour  les  usages  et  la  commodit(^  des  hommes,  se  trouvent,  grâce  à  Dieu. 
r(-unis  pour  l'agrément  de  Scnlis ,  au  point  que  la  beauté  de  la  céleste  patrie  et  la  dou- 
ceur de  la  joie  du  Paradis  sen)blent  représentées  par  cette  ville  '". 

Que  ce  lieu  agréable,  approjtrié  au  culte  divin  par  une  prérogative  spéciale,  soit,  après 
une  suite  non  interrompue  d'heureux  événements,  conservé  et  protégé  par  le  Dieu  suprême, 
de  qui  procèdent  tous  les  biens.  Ainsi  soit-il. 


s  11, 


S  IS. 


Ici  finit  le  traité  de  l'Éloge  de  Paris,  la  ville  des  villes,  éloge  dont  une  partie  est  con- 
sacrée à  célébrer  les  avantages  de  Scnlis,  cité  heureuse  d'être  si  rapprochée  de  Paris;  il 
a  été  achevé  l'an  de  l'Incarnation  i3q3,  le  û"  jour  de  novembre,  par  Jean  de  Jandun. 

Recevez,  je  vous  prie,  ô  Dieu  bon,  toutes  les  actions  de  grâces  que  je  vous  dois  pour  la 
fin  de  ce  travail,  et  faites  que  personne,  en  parcourant  cette  œuvre,  n'en  devienne  le 
détracteur,  mais  que  tout  honnête  homme  coopère  de  cœur  et  de  fait  è  compléter  ce  qui 
y  manque  pour  votre  gloire.  Ainsi  soit-il  '^'. 


'"'  Il  est  (liflicile  d'apprécier  aujoiinl'liiii  l'exacti- 
tude  du  tableau  que  notre  auteur  o  tracé  de  Senlis 
et  de  ses  environs ,  la  ville  ayant  été  coniplélement 
renouvelée  dans  le  cours  du  xv'  siècle.  Les  monu- 
ments restent;  mais  la  physionomie  intérieure  d'une 
ville,  l'aspect  de  la  canipajjne  environnante,  les 
mœurs,  les  habitudes ,  les  fortunes,  etc.  se  modi- 
fient avec  les  années.  Toutefois,  M.  Legrand,  ar- 
ciiitecle  à  Ikauvais  et  savant  archéologue,  a  pu 
i"estituer  un  plan  et  une  vue  cavalière  de  Scnlis, 
en  remontant  aussi  haut  que  possible.  Nous  don- 
nons ici  ces  deux  documents,  qui  sont  tout  à  fuit 


inédits  et  qui,  avec  le  plan  de  Paris  aux  \i\'  et 
xv'  siècles,  placé  en  t^le  de  ce  volume,  aideront  au 
parallèle  que  Jean  de  Jandun  et  le  Diclalew  ont 
cherché  h  établir. 

<''  Après  avoir  analys*-  cet  éloge  avec  beaucoup 
de  soin,  Michel  Denis  ajoute  :  AÀ  voilà  celte  de»- 
ircription  de  Paris,  l'une  des  plus  ancienim.  des 
Tplus  curieuses  et  des  plus  rares  :  En  ex  anli^nùêi- 
rtmis  Lulelùc  detcriptionibu*  curiotmn  sane  et  nuiê- 
vsimam.n  (CoHice*  mamueripti  Uuoiogiei  Bihiiolket» 
Vahuiiue  MiutobonentU ,  t.  II.  <i'  part.  col.  16&8. 
\\u,  fol.  196.) 


COMMENTAIHE 

AJOUTÉ 

l'AR   UAOLL  DK   P  H  ES  LES 

A  SA  TRADUCTION  DE  LA  CITÉ  DE  DIEU  (LIVRE  V.  CHMMTMK  XXV) 

ET  CONTENANT 

UNE  DESCHIPTIOIN 

DE    LA   VILLE    DE    PAULS 

sous  CHARLES  V. 

1371. 


NOTICE. 


Avant  de  prc'î.senler  l'analyse  du  commentaire  que  Raoul  de  Presles  eut  l'heureuse  id«^ 
d'ajouter  à  sa  traduction  du  livre  de  saint  Augustin,  nous  croyons  utile  de  faire  connaître, 
avec  (|ucl(|ue  détail,  la  famille,  la  vie,  les  fonctions  et  les  divers  ouvrages  de  cet  auteur, 
i|ui  compte  avec  raison  au  nombre  des  écrivains  remanjuables  du  xiv* siècle").  On  connaît 
l'nmour  du  roi  Charles  V  pour  les  lettres;  on  sait  que  ce  monarque  avait  réuni  au  Louvre 
une  l)ibliofliè(|ue  de  plus  de  mille  volumes,  chiffre  considérable  à  cette  époque,  qu'il  en- 
couragea de  toute  manière  les  travaux  littéraires  de  ses  sujets,  et  attira  dans  son  royaume 
plusieurs  savants  étrangers.  Haoul  de  Presles  eut  largement  part  aux  faveurs  répandues  par 
le  Roi  sur  les  lettrés;  les  ouvrages  rpi'il  nous  a  laissés  prouvent  (|u'il  en  était  des  plus  dignes. 


B*d«l  <■  Pi  ém. 


Voici  d'abord  ce  que  nous  savons  de  sa  famille'^'.  Le  premier  personnage  connu  pour  s* 
avoir  porté  ce  nom  est  Raoul  de  Presles'*',  sire  de  LizVi  jurisconsulte  et  avocat  du  roi 
Philippe  le  Bel,  puis  conseiller  au  Parlement,  en  i3i().  Avant  d'obtenir  ce  dernier  hon- 
neur, il  eut  à  passer  par  une  cruelle  épreuve  :  à  la  mort  de  Philippe  le  Bel,  il  fut  impliqué 
dans  l'accusation  portée  contre  Pierre  de  Latilly,  pair  et  chancelier  de  France,  soupçonné 
d'avoir  empoisonné  le  Roi,  qui  avait  succombé  à  une  maladie  lente  restée  inconnue  aux 
médecins,  et  d'avoir  fait  mourir  de  la  m<*nie  manière  Jean  de  Châteauvillain,  évéquc  de 
Clhàlons,  son  prédécesseur.  Raoul  de  Presles  fut  mis  en  prison  et  y  demeura  près  d'une 
année;  mais  ni  la  [)erte  de  .ses  biens  ni  les  tortures  ne  lui  arrachèrent  aucun  aveu  qui  pût 


'''  Les  (létnils  «|ui  vont  suivre  sur  la  vie  et  le* 
ouvrages  de  Uttoul de  Presles,  sont  extralLs .  en  partie, 
lies  i'ccIhmtIics  (|iio  lt>  snviiiil  l.nnrelot  n  |)ul)li('>es 
îtoiis  ce  lilri'  <laiis  l(!s  Mém.  de  l'Acud.  des  inscript, 
et  belles  lettres ,  t.  XIII,  lyio,  édit,  in-6". 

''  \.o  preiitipr  poiiil  mis  pu  liiniière  |»«r  Laii- 
celol  {  Mail,  de  l'Aoïd.  des  inscr.  I.  XIII.  p.  Ooy). 
c'est  que  le  nom  de  Rooul  de  Presles  n  appiirtonu  h 
plnsipiirs  ppi-soniin(fes  dislinrls.  conlrnirpriipiit  iui\ 
(issprtions  de  \a  (Iroix  du  Moine  qui  fiiisuil.  du  pèrp. 
de  ronde  et  du  neveu,  un  seul  et  niénie  individu. 

'''  Le  village  dont  In  fiuMille  |)orlnil  le  nom  est 
Preslps  sur  l'Aisnp,  qui  fortiip  «njounlliui  uup  com- 
muup  sous  |p  nom  dp  IWsles  ri  liovcs,  cnnlon  de 
Itrnisnp.  arrondissement  de  Soissons.  Le  Inisor  de 


l'église  renferme  un  reliquaire  form^  d'un  tube  eu 
cristal  de  roche,  soutenu  jwr  deux  pignons  en  ver- 
Mipil.  dans  le  style  fleuri  du  x\*  siède.  Cest  peal- 
(Hre  un  don  de  la  famille  de  Presles.  si  génévase 
envers  tes  églises  et  les  colites.  Le  village  de  Lixy. 
dont  Raoul  I"  était  sire,  est  sans  douli»  Lixy-siir- 
Ourcq.  chef- lieu  de  canton,  amMidisseiiMml  de 
Meaux  (Seine-et-Marne).  OMe  seigneurie  lui  avait 
«'le  doiuiée,  en  i3m.  |»nr  Jpnn  el  Enguermnd  dp 
Guines.  héritiers  d'Knguemind  IV,  sire  de  Couc}. 
en  ronsidémtion  de  s«>s  Unis  senires.  "bons  COB- 
rsaulx  et  rortoisies;*  il  est  dit,  dans  les  iettrrs  de 
donation,  que  cette  seigneurie  était  Mtuee  au  diocèse 
dp  Mpaux.  I  Mrmoim  de  l'Aernéèmi*  dtti 
1.  Mil.  p.  608.) 


II. 


84 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OHIGINAUX. 


donner  atleinle  à  son  innocence.  Enfin ,  au  mois  de  septembre  1 3 1 5,  sa  femme,  son  frère  el 
ses  amis  obtinrent,  de  Louis  le  Hutin,  une  lettre  d'absolution  qui  fut  ratifiée  par  Philippe  le 
Long,  en  i3i6.  On  ne  sait  s'il  recouvra  ses  biens  confis<]U('s  et  déjà  distribués  à  différentes 
personnes,  mais  il  paraît  certain  que  les  rois  I^uis  le  Hutin,  Philippe  le  Long  et  Charles 
le  Bel  le  comblèrent  de  dons  et  d'honneurs,  pour  réparer  l'injustice  qu'il  avait  soufferte' . 
Philippe  le  Long  l'anoblit  même,  lui  et  sa  postérité,  en  septembre  iSi^;  ce  qui  fut  sans 
elfet  pour  l'avenir,  puisque  Raoul  de  Presles  n'eut  point  d'enfants  de  sa  femme  Jeanne  de 
Chastcl,  darne  de  Monglat  :  c'est  du  moins  ce  qui  résulte  des  actes  qu'ils  ont  passés  par  de- 
vant notaire.  On  apprend  par  ces  mêmes  documents  qu'ils  ont  fait  de  nombreuses  donations 
aux  églises,  el  affranchi  les  hommes  et  les  femmes  «de  corps*»  de  leurs  terres.  Raoul  de 
Presles  avait  fondé,  en  1 3 1  3,  dans  l'Université  de  Paris,  un  collège  qui  porta  son  nom  jus- 
qu'à son  absorption  dans  le  collège  de  Louis  le  Grand,  en  1763.  Il  augmenta  plus  tard  les 
fonds  de  ce  collège  et  y  fonda  deux  chapelles  desservies  par  doux  chapelains,  avec  quinze 
bourses  pour  les  étudiants  du  diocèse  de  Soissons.  On  place  sa  mort  entre  i3a5  et  i33i. 
Sii  femme  lui  survécut  juscpi'en  133^  et  peut-être  just^u'en  i3/i6.  Ce  personnage,  juris- 
consulte sous  Philippe  le  Bel  et  les  fils  de  ce  monarque,  n'était  donc  point  ecclésiastique, 
quoiqu'il  soit  qualifié  de  clerieuê  dans  plusieurs  arrêts'^',  encore  moins  confesseur  de 
Charles  V,  ainsi  qu'on  s'est  plu  à  le  répéter  sans  critique;  il  ne  |>eut,  en  outre,  être  l'auteur 
des  ouvrages  qui  portent  son  nom,  puisque  ces  ouvrages  n'ont  été  publiées  qu'après  i36o. 


Kaoul  II. 


Raoul  de  Presles,  deuxième  du  nom,  sire  de  Lizy,  était  neveu  de  celui  dont  on  vient  de 
parler,  et  devint  son  héritier,  à  défaut  d'enfant.s  légitimes.  Dans  l'année  i33i,  il  fit,  en 
cette  qualité,  deux  transactions  avec  les  écoliers  en  faveur  desquels  son  oncle  avait  fondé 
des  bourses'*).  Accusé  d'avoir  contrefait  le  scci  de  la  veuve,  sa  tante,  il  fut  emprisonné, 
mais,  au  mois  de  mai  i3iSi6,  il  obtint  de  Philippe  VI  de  Valois  des  lettres  de  rémission, 
qui  sont  ainsi  motivées  :  «Attendu  qu'il  a  bien  servi  le  Roy  en  ses  guerres,  à  ses  propres 
«couz  et  despens,  pour  lesquiez  choses  il  a  (jrandement  mis  et  frayé  du  sien,  etc.»  Ces 
lettres  montrent  donc  que  Raoul  II  faisait  profession  des  armes,  et  qu'ainsi  on  ne  doit 
point  liïi  attribuer  la  traduction  de  la  Citi  de  Dieu  et  les  autres  traités  mis  sous  le  nom  de 
Raoul  de  Presles,  puisque  le  traducteur  nous  est  représenté  dans  les  manuscrits  du  temp, 
ainsi  que  l'a  remarqué  l'abbé  Le  Beuf,  «avec  une  tonsure  faite  comme  celle  des  cordeliers, 
«  une  robe  violette  et  une  fourrure,  »  c'est-à-dire  dans  le  costume  des  clercs  et  des  lettrés'*'. 


'''  (rLe  Roy,  ayant  attention  à  ses  services,  et 
(T considérant  qu'il  avoit  souffert  moult  île  peines, 
"griés,  el  de  damages  de  coqw  el  de  biens,  eaqueix 
cil  convenoit  bien  que  remède  fust  mis,  délivra  son 
"Corps  el  tous  ses  biens  pI  misl  n  nnanl  tout  ce  qui 
irnuroil  pu  avoir  esté  faicl contre  luy.i  (I)uCliesne, 
Preuves  de  l'hUl.  de  la  maison  de  Chatlillon ,  p.  907.) 
Néanmoins,  les  donataires  des  biens  confisqué), 
condamnés  à  restitution ,  eurent  l)eauconp  île  peine 
à  se  dessaisir,  et  demandèrent  des  dtfdoiniiia(jemenl$. 
I, "affaire  n'était  pas  terminée  à  la  mort  de  Pliilip])e 
le  Long;  M.  Lacabane  pense  niêiiie qu'elle  ne  put 


aboutir.  {Bihlioth.  de  l'Ecole  de*  ekarte»,  1" série, 
t.  m,  p.  19.) 

<*'  Personnes  de  condition  servile  dont  le  eorp* 
apprlonail  au  seigneur. 

''  Los  Olim  (I.  m  ,  9'  part.  é<lil.  Beiignot) con- 
tiennent plusieurs  de  ces  arrêts  ;  mais  on  y  trouve 
t^lenient  un  accord  de  1 3 1 7  qui  tranche  la  ques- 
tion. !>es  roniractants  sont,  d'un  rôt**,  la  commune 
de  Vailly.  de  l'autre,  magitler  Radulpkvt  de  l'raellit 
et  ejus  ujcor.  (  Voy.  p.  1 1 98.) 

">  Cf.  Du  Bouliay.  //.*/.  U„k.  Pari*,  t.  IV.  p.  168. 

"'  I.e  manuscrit  dont  parle  l'abbé  Le  Beuf  (  Mém. 


DESCIUPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  85 

Il  eut  des  enfants,  au  nombre  desquels  était  vraisemljlablernfnl,  dit  Lancelot,  Jeanne  de 
Prosles,  fille  de  Louis,  alias  Raoul,  sei{;neur  de  Lizy.  Jeanne  fut  maîtresse  de  Pliilip|ie  le 
Roii,  duc  do  Bour{jo[jne,  et  mère  d'Antoine,  bâtard  do  Bourjjofjne. 


Nous  arrivons  à  notre  auteur,  Raoul  III  de  Presles,  fils  de  Raoul  1",  mais  fils  illé- 
Ijitiinc'".  L'histoire  do  sa  naissance  se  trouve  dans  le  prt^'ambulc  dos  lettres  de  légitimation 
(jui  lui  furent  accordées  par  Charles  V,  au  mois  de  décembre  iS^S.  On  y  lit  que  son  père 
l'avait  eu  do  Marie  des  Portes,  autrement  des  Vertus,  lors(iu'il  était  en  prison  et  hors  d'étal 
de  vivre  avec  sa  femme  ^'^K  Cette  circonstance,  qui  n'implique  en  définitive  qu'un  défaut  de 
surveillance,  et  ne  fut  invoquée  plus  lard  que  pour  établir  la  filiation  naturelle  du  deman- 
deur, reporte  la  naissance  do  Raoul  III  aux  années  i  3  >  /i  ou  j  3  i  ô ,  époque  de  la  détention 
de  son  père.  Lorsqu'il  fut  on  âjje  do  choisir  un  élat,  il  embrassa  la  |)rofession  d'avocat  el 
y  acquit  bientôt  une  grande  réputation,  puisqu'il  devint  avocat  du  Roi,  c'est-à-dire  avocat 
fjénéral;  mais  ses  ouvrages  devaient  lui  faire  une  renommée  plus  durable. 


un. 


Le  savant  Lancelot  pense  (pie  le  livre  qui  lui  valut  l'honneur  d'<?lre  connu  parliculièr»'- 
nient  do  Charles  V  est  l'allégorie  latine  inliluléo  Mwia,  qu'il  dédia  à  ce  prince.  Il  placo 
vers  i3Gô  l'époque  où  cet  ouvrage  fut  composé;  Raoul  avait  alors  environ  cinquante  ans. 
ol  lui-même  se  nomme  tout  simplement  Raoul  de  Presles  le  jeune.  Charles  V  goâla  beau- 
coup son  esprit  et  ses  connai.ssances;  ayant  conçu  pour  lui  une  estime  particulière,  il  le 
chargea  de  faire,  entre  autres  ouvrages,  la  traduction  de  la  Cité  de  Dieu,  de  saint  Aufpistin. 
livre  que  le  monarque  alToclionnait.  Bien  que  Raoul  do  Presles  eût  consenti  difficilement,  à 
cause  de  son  âge  et  de  ses  travaux,  à  se  charger  d'une  tâche  au.ssi  lourde,  il  .s'en  acquitta 
en  moins  do  (juatre  années,  de  la  Tous.sainl  13^1  au  i"  septembre  iS^S,  ain.si  qu'on  le 
voit  à  la  fin  de  plusieurs  manuscrits  de  sa  traduction.  Charles  V,  pour  le  déterminer  à  ce 
travail,  lui  avait  assigné  d'abord  une  pension  de  quatre  cents  livres'*',  qui  fut  ensuite  portée 


Owk 


de  i'Acad.  des  inscript,  t.  XVIl,  p.  7^1)  ap|)arlient  ù 
In  l)il)liollii\[iie  Sniiite-fipiievi(''ve.  Celui  dp  In  Rihlio- 
llii^jiio  impérinle,  dont  nous  roprodiiisoiis  In  pre- 
mière pnge,  reprdseiile  Hnoiil  III  avec  un  vêtement 
(pii  pnniil  cxrliire  In  profession  niilitnii-e.  Lancelot 
dit  avoir  vu  Texemplaire,  aux  armes  de  liélliunc, 
n°  68.36,  6887,  (pii  passait  pour  avoir  été  offert  par 
railleur  nu  roi  Charles  V.  I^  niininliire  de  prdsen- 
talion  montre,  njoiite-t-il.  ir railleur  à  jjenoux,  nuë 
"teste,  snns  tonsure,  lialiilld  d'une  robe  noin>  par 
n  dessus  laquelle  en  est  une  autre  rouge ,  avec  un  ciia- 
itpeaii  de  même  couleur."  Dans  le  maniiscril  l.eTel- 
lier,  11°  67  I Q  .  Uaoïil  de  Presles  est  vêtu  l'en  homme 
ifdo  loix,  son  rhnpcron  sur  IVpaule  gauche,  replié 
fsiir  le  liras,  sn  lioiii-se  pendante  h  son  costé,  etc." 
Tout  ceci,  ajoute  Lancelot,  "scrt  à  nppuycr  ce  que 
«j'ai  dit,  que  Raoul  de  Presles  estoit  laïc.»  (Vcm. 
de  I'Acad.  des  inscript.  t.  XIII.  p.  655.) 


'*'  Lancelot  place  ici  un  certain  Raoul  de  Ptrtatu 
ou  Preaus,  dont  le  nom,  as.sez  commun  àceUe»-|io- 
que,  parait  être  le  même  que  celui  de  la  famille  de 
Presles;  ccpndant  les  Olim,  qui  le  qualident  de  »clerr 
irle  i-oy.t  l'apiiellent  Itadulphus  de  Perellù,  ce  qai 
impliquemit  une  autre  origine.  (T.  U,  p.  hhi,  11.) 

<*'  ffCuni  dilectiis  et  lidelLs  consiliarius  iiosicr 
ffmagisler  Rndul|iluisde  Pracllis  ,riliu8  cnndam  ni«- 
irgislri  Rndulplii  de  IVnellis.  pnedecessonim  n<Mitn>- 
rnim  consiliarii.  et  Mario*  de  Porta,  aliter  de  \ir- 
irlutibus,  excopula  prohibtta,  pnrdictn  patresnom 
(Tcarceribus  pra<dece8!iortuii  nooironim  exateaie, 
irnec  accessum  ad  iixorem  suaiii  haltère  paate  (fi* 
irpoRsenle),  fuerit  procrealos.»  (Rq[Hirp  du  Tr^. 
desi  charl.  cote  io5.  pièce  Lini.) 

'>  l.e  fait  est  consigne  dans  les  complet  de  Jean 
Lhuissier,  receveur  g^ëoM  des  aides:  'A  M*  Raoul 
*de  PracUes.  ad  vocal  et  conseiller  do  Roy,  par 


86  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

à  ia  somme  de  six  cents  livres,  à  prendre  sur  la  recette  de  la  terre  de  Vailly*".  En6n,  lorsque 
la  traduction  et  les  expositions  furent  achevées,  Charles  V  se  montra  tellement  satisfait  de 
ce  travail ,  qu'il  voulut  que  la  pension  de  six  cents  livres  fût  continuée  à  l'auteur  sa  vie 
durant.  Il  fit  plus  encore  :  il  lui  donna  la  char(;e  de  maître  des  requêtes,  en  iSyS, année 
oij  son  protégé  demanda  les  lettres  de  légitimation  dont  nous  avons  parlé. 

Si,  doiworoii  Paris.  Raoul  de  Presles  demeurait  rue  Neuve-Saint-Merry,  au  coin  d'une  ruelle  appelée  Etpau- 
larl  (probablement  Pierre-Aulard).  Ayant  acheté  dans  la  suite  une  maison  située  de  l'autre 
côté  de  ladite  ruelle,  en  face  de  celle  qu'il  habitait,  afin  d'y  faire  «  aucunes  estudes  spacieuses 
«  et  secrettes  pour  mettre  ses  livres  dont  il  a  plusieurs,  et  esconvient  qu'il  en  soit  grandement 
«garni,  tant  pour  nous  servir  en  translacions  et  expositions,  comme  en  autres  choses,  dont 
((nous  l'avons  chargé  et  chargeons  de  jour  en  jour,»  il  obtint  du  Roi  non -seulement  la 
permission  d'avoir  une  petite  galerie  au-dessus  de  ladite  ruelle,  pour  aller  d'une  maison  à 
l'autre,  mais  encore  remise  de  la  finance  qui  aurait  dû  être  payée  pour  cette  permission, 
«le  Roy  ayant  eu  considération  aux  bons  et  agréables  senices  qu'il  luy  a  faix  ou  tenqis 
((passé,  et  fait  continuellement  de  jour  en  jour  '*'.  v 

sos.krniir».oiiéc..        Q^j  jjg  connaîl  oas,  dune  manière  positive,  les  détails  de  la  vie  de  Raoul  de  Presles,  ù 

Miuion  '  _    *  _ 

loni il anriiiK'iéHiirit^.  partir  de  l'année  1376.  Cependant  il  est  une  circonstance  considérable  qui,  si  elle  pouvait 
Mro,  bien  établie,  se  placerait  précisément  vers  celte  époque,  et  ajouterait  un  certain  éclat 
à  la  mémoire  de  notre  auteur.  Selon  V.  Le  Clerc'*',  Raoul  de  Presles  aurait  été,  en  1876 
ou  1377,  député  par  Charles  V  vers  le  pape  Grégoire  XI,  pour  l'engager  à  prolonger  son 
séjour  à  Avignon,  et  il  aurait  joint  ses  efforts  à  ceux  du  duc  d'Anjou,  frère  du  Roi,  envoyé 
tout  exprès  de  Toulouse  avec  les  mêmes  instructions.  Le  savant  auteur  du  Discourt  tur  fitat 
des  lettres  au  xiv'  tiMe  donne  à  entendre  que  Raoul  assistait  à  la  fameuse  entrevue  où  le 
duc  adjura  solennellement  le  souverain  Pontife  de  ne  point  partir  pour  Rome,  ce  qui  fut 
absolument  sans  effet  sur  la  détermination  de  Grégoire  XI.  Celte  assertion,  contrairement 
aux  habitudes  bien  connues  de  l'auleur,  n'est  appuyée  par  aucun  témoignage,  el  Froissarl, 
auquel  il'renvoie,  ne  fait  nulle  mention  de  la  présence  de  Raoul  de  Presles"'.  Même  lacune 
dans  l'Histoire  des  Popes,  publiée  à  La  Haye,  en  1733,  par  Fr.  Rruys,  ainsi  que  dans  l'ou- 
vrage d'Etienne  Baluze  (  Vitœ  Paparum  Avenionensium).  Toutefois  on  trouve  dans  les  notes 


irniendement  donne  à  Paris,  le  98  octobre  tSyi, 
frpar  lequel  il  lui  ordonne,  ])onr  l'utilité  de  luy,  du 
I- royaume  et  de  toute  la  crestienneté .  de  translater 
ffdu  latin  en  françois  le  livre  de  saint  Augustin,  de 
irla  Cité  de  Dieu,  et,  pour  ce,  luy  a  donné  quatre 
"■mil  francs  d"or  par  chacun  an.  jusqu'à  ce  que  la 
'rdite  translation  soit  faite,  à  quatre  termes  par  cha- 
(f  cun  an.  » 

'''  Vailly,  Iwurg  situé  sur  la  rive  droite  de  l'Aisne, 
h  peu  de  distance  des  villages  de  Presles,  Cys  et 
Condé,  (jui  faisaient  partie  de  la  seigneurie  concédée 
h  Raoul  1";  c'est  aujourd'hui  un  chef-lieu  de  canton 
de  farrondissenient  de  Soissons  (Aisne). 


'''  Les  lettres  furent  donnëes  "ou  chastel  du  bois 
rde  V  incennesn  en  mai  1  Sya.  Lancelot ,  qui  les  cite, 
fait  renianpicr  cjue  Raoul  de  Prestes  devait  avoir 
un  certain  nombre  de  livres  pr«?cieux,  puisqu'il  lui 
fallait  des  irestudes  spacieuses  et  secrettes ■"  pour  les 
loger. 

'''  Hitloàt  Uaéraire  de  la  France,  t.  XXIV.  p.  96. 

'*'  Froissart  indique  d'abonl  les  motifs  qui  en- 
gagèrent Grégoire  XI  à  se  rendre  en  Italie  :  «O 
>rPa|>e  estoit  de  petite  complexion  et  maladif;  si 
(rsouffmit  plus  de  |)eine  que  nul  autre;  et  lui  estant 
nà  Avignon,  il  s'esloit  si  fort  enrpescbé  des  be- 
f  songnes  de  France,  et  tant  travaillé  du  Roy  et  de 


DESCRIPTION  DR  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  87 

de  ce  dernier  livre  un  passage  qui  jclte  quelque  jour  sur  la  question.  Après  avoir  pari/;  de 
l'ëlcction  de  Jacques  d'Euse,  qui  prit  le  nom  de  Jean  XXII,  Baluze  ajoute  :  «Jean,  comte 
«de  Forez,  et  Raoul  de  Presles  supplièrent  le  nouvel  élu  de  vouloir  bien  diff^-rer  la  cënS- 
«monie  de  son  couronnement,  et  de  la  fixer  à  un  jour  où  Philippe,  comte  de  Poitou,  qui 
«gouvernait  alors  les  royaumes  de  France  et  de  Navarre,  pourrait  comniodi-ment  v  assister. 
R  Le  pape  Jean,  ayant  égard  à  cette  demande,  diff(5ra  son  couronnement  de  quinze  jours'".  ^^ 
Or,  l'élection  de  Jean  XXII  ayant  eu  lieu  en  l'année  1 3  1 6 ,  le  personnage  qui  joignit  w«. 
instances  à  celles  du  comte  de  Forez  ne  peut  être  que  le  père  de  notre  auteur.  Kaoul  I" 
avait  été,  en  effet,  ainsi  que  nous  l'avons  dit  plus  haut,  absous  par  Louis  le  Hutin,  en  sep- 
tembre i3i5,  et  cette  absolution,  ratifiée  par  Philippe  le  Long,  fut  suivie  de  beaucoup  d'au- 
tres faveurs,  parmi  los(juclles  il  faut,  très-probablement,  compter  l'ambassade  d'Avignon^' . 
Ce  souvenir  scrail-il  resté  dans  l'esprit  de  V.  Le  Clerc,  et  aurait-il  amené  une  confusion 
entre  les  deux  personnages  ?  Nous  n'oserions  l'aflirmer,  mais  nous  inclinons  à  le  croire. 

Deux  raisons  importantes  militent  en  faveur  de  notre  o[)inion  :  et  d'abord,  à  l'époque 
du  départ  de  Grégoire  XI,  c'est-à-dire  en  1876  ou  1377,  Rao"' de  Presles  était  âgé. 
maladif  et  tout  occupé  de  travaux  littéraires;  est-ce  bien  un  tel  ambassadeur  qu'il  conve- 
nait d'envoyer  à  Avignon,  voyage  long  et  pénible  à  cette  époque?  Puis  il  existe  des  Irac^'s 
écrites  de  cette  mission  dij)lomaliqae,  et  il  paraît  en  résulter  qu'elle  fut  confiée,  non  pas 
à  notre  auteur,  mais  bien  à  Philippe  de  Maizières,  conseiller  du  roi  Charles  V  et  chanc(>- 
lier  (lu  royaume  de  Chypre.  L'abbé  Le  Beuf  a  trouvé,  dans  les  comptes  de  l'Hôtel  de  Ville 
d'Auxerre,  pour  l'an  1875,  un  article  ainsi  conçu  :  «Item,  pour  deux  poz  de  vin,  couverts 
«de  deux  pains,  donnés  et  présentés,  pour  et  au  nom  des  habitans,  à  Mons.  Philippe  de 
«Maizières,  chevalier,  maislre  d'hostel  de  M.  d'Anjo,  qui  passa  par  Auserre  au  mois  de 
«septembre  1375,  x  sols  iv  deniers;»  et  il  ajoute  :  «(ieci  doit  apparemment  se  rapporter 


cses  frères,  qu'à  peine  |)ouvoit  il  entendre  à  luy. 
ffSi  dit  h  sny  iiicsrnc  qu'il  les  l'Ioiijrncroit,  pourestrc 
(tniifiux  à  son  repos,  n  Après  avoir  raconte'  ensuite 
les  vains  efforts  du  duc  d'Anjou,  il  ajoute  :  irQuand 
"le  duc  vit  (|u"il  n'en  viendroit  point  à  chef  pour 
frraison  ne  belle  parole  qu'il  seust  dire  ne  montrer, 
f  si  prit  congd  du  Pape  et  luy  dit  nu  partir  :  Père 
vSainct ,  roiis  roux  en  tille:  en  un  pnïs  et  entre  ffetu 
(Toù  vous  estes  pclilcment  aijmé,  et  laissez  la  fontaine 
"de  foij  et  le  royaume  où  l'Eglise  a  plus  defoy  et 
tr d'excellence  qu'en  tout  Je  momie;  et  par  votre  faict 
«pourra  V Eglise  cheoir  en  grand' Iribulation ;  car,  te 
«vous  mourez  par  de  là  (ce  qui  est  bien  apparent, 
net  comme  voz  médecins  le  dient),  les  Rommains  (qui 
"Sont  mrrreilleu.r  et  traliistres)  seront  seigneurs  et 
ff  maistrcs  de  tous  les  cardinaux ,  et  feront  Pape  de  force 
"à  leur  voulante.  Nonobstant  toutes  ces  pnrolles  et 
rr plusieurs  autres  belles  et  sa{fes  raisons,  onr<pies 
(til  ne  voulut  arrester,  qu'il  ne  se  niisl  en  cbeniin.» 
(Ilist.  et  cronique  de  Messire  Jehan  Froissart,  vol.  II , 
cil.  xni.  p.  91,  ëdit.  de  Lyon,  i558,  in-folio.) 


'''  irPost  electionern,  cuni  Jobauucs,  coines  Fu- 
nrcsii,  et  Radulphns  de  Praellis  ei  supplicassent  uti 
ircoronotionis  suœ  solemnia  differre  vellet.  tlieaique 
itipsi  coronationi  pncligere.  in  qua  Philippus.  eo- 
ffuics  PicUiviensis,  qui  (uni  regeiiat  régna  Francic 
<ret  Navarroi,  ei  |)os$et  coniniode  interreate.  Jo- 
rr bannes  Papa  ca  solemnia,  in  graliani  ejas.  pn>- 
itrogavit  nsque  ad  dies  quinderini.i  (  Vil»  Papanm 
Avenionemium ,  auct.  Slcph.  Ikluzio.  t.  I.  col.  6I7. 
Parisiis,  1698,  in-à*.) 

<*'  C'est  également  l'opinion  de  Lancdot  :  aprè» 
avoir  dit  que  Raoul  I"  avait  été  charge,  dès  i3i6. 
frde  la  garde  des  bulles  et  aalm  lettres  immé» 
"du  Pape,  pour  des  dispenses  ei  priWh^ges  aceonfet 
rrà  nos  Rois,  et  du  soin  d'en  faire  expAlierde  no»- 
itvellcs,»  il  ajoute  que  -celle  gnnle  hii  fut  donn^ 
nh  Lyon,  au  voyage  que  Philippe  le  Long,  aion 
ir comte  de  Poitiers  et  n^n(  du  royaume,  y  fil 
"pour  presser  r^eclion  d'un  Pa|ie,  en  septraibrr 
«]3iC.>  {M^moire$derAc»d.émmicripi.L  XIII. 
p.  6t3.) 


88  DOCUMEiNTS  ET  ECRITS  ORIGI.NAL'X. 

«au  temps  où  Philippe  fut  envoyé  par  Charles  V  vers  le  pape  Grégoire  XI;  il  put  alors  passer 
«par  Auxerre,  et  on  lui  aura  présenté,  à  son  passage,  le  pain  et  le  vin,  selon  l'usage  qui  se 
«praliquoit  envers  les  personnes  d'un  certain  rang'".»  M.  Paulin  Paris,  qui  a  fait  de  celte 
question  une  étude  toute  particulière,  explique  fort  bien  comment  Philippe  de  Maizicres  a 
pu  être  chargé  d'une  pareille  mission  :  conseiller  du  roi  Charles  V,  fort  dévoué  au  culte  de 
la  Vierge  dont  il  avait  fait  agréer  une  nouvelle  fête  par  ce  même  pape  Grégoire  XI,  connu 
à  la  cour  d'Avignon  oii  il  s'était  déjà  rendu,  il  se  trouvait  tout  naturellement  désigné  pour 
ce  voyage,  surtout  si  on  lui  attribuait,  alors  comme  aujourd'hui,  la  composition  du  Somnium 
Vtridarii,  qui  contient  une  thèse  en  faveur  de  l'Immaculée  Conception.  Cet  ouvrage  ayant 
été  considéré,  par  Lancelot  et  par  l'abbé  Le  Beuf,  comme  l'un  des  travaux  de  Raoul  de 
Presles,  on  conq)rendrait  que  l'auteur  de  ce  pieux  traité  ait  été  envoyé  à  Avignon;  mais  la 
présomption  tombe  avec  l'attribution  du  livre. 

Resterait,  h  l'appui  de  l'opinion  émise  par  V.  Le  Clerc,  le  passage  d'Etienne  Pasquier 
où  il  est  dit  que  «Philippe  le  Long  depescha  à  Rome  maistrc  Raoul  de  Presles,  l'un  de  ses 
<xMaistres  des  recjuestes , n  pour  la  grosse  question  du  pouvoir  temporel  des  Rois''  ;  mais 
Lancelot  fait  observer  très-judicieusement  que  ce  prétendu  voyage  se  confond  avec  celui 
de  1  3 1 6  "',  date  qui  ne  peut  s'appliquer  qu'à  Raoul  I",  et  il  ajoute  que  la  qualité  de  Maître 
des  requêtes  n'appartenait  qu'à  Raoul  III.  Cette  nouvelle  confusion  expliquerait  encore  l'as- 
sociation d'idées  qui  a  pu  se  faire  dans  l'esprit  de  V.  Le  Clerc. 

Sa  mort.  Quoi  qu'il  en  soit,  la  date  de  la  mort  de  Raoul  de  Presles  est  certaine  :  d'abord  son  suc- 

cesseur immédiat,  comme  maître  des  re<|uétes,  Guy  Chrétien,  figure  en  cette  qualité  dans 
un  compte  de  i383;  puis  une  note  placée  à  la  lin  d'un  exemplaire  du  Muta  indique  po- 
sitivement, d'après  l'épilaphe  qui  .se  lisait  sur  la  tomlx*  de  Raoul  de  Presles,  dans  l'église  de 
Sainl-.Merry,  qu'il  décéda  la  veille  de  la  Saint-Martin  d'hiver,  en  l'année  i38a'*'. 

"'  Mém.  de  l'Aead.  des  iiueripî.  t.  XVII,  p.  5o5.  »  voyage  de  Rouie.»  {Mém.  de  V Académie  de*  iiu- 

M.  Paulin  Paris  a  citd  ce  passage  dons  ses  Nourelles  criplioni,  l.  XIII,  p.  6t3.) 

recherches  sur  k  véritable  auteur  du  Songe  du  Ver-  '*'  Voici  cette  noie,  qui  se  trouve  à  la  fin  du 

Ifier,  cl  il  y  trouve  un  argument  pour  dlabiir  que  le  nianusrril  latin  3-1.3.3  de  la  Biblioth<V|up  impMale: 

Sofflntum  FirtWariï  doit  être  attribué  à  Philippe  de  rlslr  Radul|)hu.s  de    Praellis   consiliarius  fuit    et 

Maizières,  plutôt  qu'à  Raoul  de  Presles.  {Mémoires  rtnagister  requeslanini  liospitionim  regum  Caroli 

de  l'Académie  des  inscriptions,  nouv.  coUect.  L  XV,  irQuinti  et  Caroli  VI".  Scripsit  auteni  Coni|>endiuni 

P-  391.)  (Tel  hune  libnun  quem  intitulavil  Musam.  Transtntit 

'*'  Le  traité  De  polestate  pontificali ,  composé  par  retiam  de  latine  in  ydioma  vnigai-e.  seu  gallirum. 

Baoul  m,  ne  peut  aider  h  établir  la  réalité  du  cBibliam  et  librum  Augiutini  De  cititate  Dei;  et 

voyage  à  Avignon  ;  l'auteur  y  soutient  des  doctrines  rdecessil  anno  m*  ccc  octogesimo  secundo  in  vigilia 

très-opposées  à  celles  de  la  Papuli' ,  ce  qui  eût  cer-  irsancli  Martini  hyemalis ,  proul  in  ejus  epilapliio  su- 

tainemenl  compromis  le  succès  de  la  négociation.  «rperejus  tumbam  in  ecclesia  Sancti  Mederici  Pari- 

(Voyez  Melchior  Goldast,  Monarchia,  t.  I,  p.  39.)  rsius  inca[K>lia  parorhiescrihilur.  Morabatur  autem 

'''  irC'estpeut-êtrecequiadonnélieiiàPas<piier,  «rin  vico  novo  Sancti  Mederici,  satis  prope  conum'"' 

irqui  avait  vu  le  compte  de  Raoul  de  Presles,  des  r versus  quadrivium  Templi.  Ejus  animam  hal>eat 

(tfrais  qu'il  avoit  faits  pour  la  ganle.  la  copie  et  irParadisus.  Vidi  ego  in  Computo  onlinario  baillivie 

«l'expédition  de  différentes  buUes,  d'imaginer  ce  rViromandie  de  anno    n'  ccc*  sepluagesimo  mi". 

<*>  C'est  par  nrrear  que  Lancelot  a  mis  comtntmu.  Il  dit  lui-mime  que  Raoul  demeurait  au  coin  de  la  raellu  Eipautart.  L'abbé 
Le  Beuf  a  remarqué  cette  faute.  HUt.  du  dioc.  de  Paru,  I,  36&. 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  89 

Lancflol  croit  ([uc  Raoul  de  Presles  était  laïque,  et  cela  pour  les  raisons  suivantes  :  il  n'a 
jamais  pris  la  qualilc;  de  clerc  dans  aucun  de  ses  ouvrages,  et  on  ne  la  lui  a  jamais  donnée 
dans  aucun  des  actes  qui  ont  été  cités  ci-dessus.  On  pourrait  en  outre,  selon  le  même  sa- 
vant, induire  d'un  passage  de  la  traduction  de  la  Cité  de  Dieu  que  Raoul  de  Presles  était 
marié,  parce  qu'il  semi)le  parler  du  mariage  comme  un  homme  qui  en  a  l'expërience"'. 
Toutefois  il  est  certain  (|u'il  n'a  pas  été  confesseur  de  Charles  V,  fonction  qu'on  avait  déjà 
attribuée  à  son  cousin;  on  connaît,  en  ell'et,  les  noms  des  confesseurs  de  ce  roi,  qui  sont 
tous  des  religieux  de  l'ordre  de  Saint-Dominique.  D'ailleurs,  s'il  eût  eu  ce  titre,  Raoul  de 
Presles  n'aurait  pas  négligé  de  le  prendre,  et  les  auteurs  de  son  temps  en  auraient  parlé. 

Quant  à  ses  écrits,  il  dit  lui-même,  dans  un  passage  de  la  dédicace  à  Charles  V,  qui 
précède  sa  traduction  de  la  Citil  de  Dieu,  avoir  composé  les  ouvrages  suivants  :  t'  le  Com~ 
jiendium  moral  de  lu  Chose  publique;  9°  le  livre  r[ui  s'aj)pelle  li  Muse;  3°  les  Chroniquet  en 
français,  contetnporisées  depuis  le  commencement  du  monde  jusques  au  temps  de  Tarquin  t  Orgueil- 
leux et  du  roi  Camhise;  h°  Quelques  epistles.  De  ces  ouvrages,  un  seul,  qui  faisait  probable- 
ment partie  des  Epistles,  est  parvenu  jus(|u'à  nous;  c'est  le  livre  qui  s'appelle  Muta  et  dont 
nous  parlerons  plus  loin. 

Raoul  de  Presles  était  déjà  vieux  lorsqu'il  reçut  de  Charles  V  l'ordre  de  traduire  la 
Bible  en  français;  toutefois  il  n'hésita  pas  à  accepter  cette  nouvelle  tâche,  comme  il  ledit 
lui-même  en  son  prologue  :  «Mon  très  rcdoubté  seigneur,  quand  vous  me  commandaslex 
«  à  translater  la  Bible  en  françois,  je  mis  en  délibération  lequel  étoit  le  plus  fort  à  moi  du 
«faire  ou  du  laisser  refuser;  car  je  considérai  la  grandeur  de  l'œuvre  et  mon  petit  moyen, 
«d'une  part,  et,  de  l'aulre,  je  considérai  rpi'il  n'étoil  rien  (|ue  je  vous  pusse  ni  dusse  refu- 
«ser.  Je  considérai  derechef  mon  âge  et  l'adverse  fortune  de  ma  maladie,  et  les  autres 
«œuvres  que  j'avois  faites,  n  De  ce  prologue  et  de  quelques  autres  détails  donnés  par  Raoul 
de  Presles  sur  sa  manière  de  traduire,  Lancelot  et  le  P.  Lelong  ont  conclu  qu'il  était  au- 
teur d'une  traduction  complète  des  Saintes  Ecritures.  La  Croix  du  Maine,  au  contraire, 
et  plusieurs  autres  écrivains,  ont  fait  honneur  de  celte  traduction  à  Nicolas  Oresme,  le  cé- 
lèbre professeur  du  collège  de  Navarre.  Pour  nous,  les  études  que  nous  avons  faites  sur  ce 
sujet,  il  y  a  déjà  de  longues  années,  nous  ont  donné  la  certitude  qu'on  ne  peut  lui  attribuer 
qu'une  traduction  de  la  Genèse,  du  Livre  de  Job  et  du  Nouveau  Testament'".  Son  grand 

ronpitulo  Rpcrpte  de  Vailly,  ([uod  isie  Ra(liil|ihu.s  radvÙMiiii'nt  soiivpiit  fl  aucunes  lois  sniis  \p  |,ii(  h 

clmlM'lint  11  reffc  Cnn>lo  V'°  prnsionein  de  vi'  I.  [wr  -roulpp  des  doux  mariez  ou  de  l'un  d'eux,  iiou»  en 

«annum  supra  dicta  terra  de  Vailly,  pro  vacando  rdirons  quelque  pou.»  (Ci'/e  de  Dit»,  In.  XV.  «- 

f  lil)priiis  trntisinliniii  incniornli  iibri  De  cintale  Dei,  posilioii  ou  couimenlaire  du  rlmpilre  xxxvi.i 
ffquciu  de  ejus  niaiidiilo  Irniisfereiulnin  in  (jallice  '*'   Un  possiage  «lu  prologue  ril«<  |»arle  I*.  LeltHig 

ffsusceperat.  Signe  A.  Releviegne  N.s  sendde  indiquer  que  Raoul  avoit  commence  à  Ira- 

''•   Voici  ce  passage  :  (tI)ii  ninl  ou  mnuvniselii'qui  diiire  les  Lirm  de$  fioi$,  on  tout  au  moins  qu'il 

iront  estd  ou  sont  en  mariage  entre  les  mariez .  s'au-  était  prt>s  de  le  taire .  puisqu'il  avait  arrMi^  «oo  plan 

ffcun»  y  en  a  euz,  nous  nous  en  taisons,  pour  ce  «le  Iruduclion  :  «Là  où  je  vermy.  dil-il.  qii'il  j  ara 

eque  nous  ne  croyons  pas  tout  ce  que  l'en  dit.  et  rre|)elilion  d'une  niosiiie  chow.  «ooanw  en  Pan- 

"si  n'y  trouvasmos  jiimnis  mai.  fors  les  communes  rli|)omenon  et  en  Esdras  le  aecoot.  et  affleon.  je 

rnialadit's  que  rliarun  scel  «pii  In  esté.  Mais  de  "ferai  n<srision. etc. o (AMa.  ir  fyfeaif.AaHMrr^. 

ffcures,  peine»,  soussys  et  courroux  de  niariagesqui  I.  XIII.  p.  656.) 

Birr.  —  I.  1 1 


1 


90  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

Age  et  les  maladies  dont  il  parle  l'auront  sans  doute  empêche  de  terminer  un  aussi  long 
travail,  ce  qui  est  à  regretter,  car  les  fragments  que  l'on  connaît  de  la  traduction  de  la 
Genèse  sont  d'un  style  très-remarquai)!('i".  Lancelot,  dans  se»  Mémoires  sur  Raoul  de 
Presles,  après  avoir  indiqué  la  traduction  do  la  Bible,  signale  encore  un  autre  ouvrage  du 
même  auteur  intitulé  le  Roi  paci/tjue,  mais  dont  le  manuscrit  ne  s'est  pas  retrouvé.  Il  cile 
lîgalement  une  traduction  abrégée  du  Songe  du  Vergier,  demandée  à  Kaoul  de  Presles  par 
le  roi  Charles  V'*'.  Quant  à  l'œuvre  originale,  elle  a  donné  lieu  à  une  discussion  qui  dur»- 
depuis  plus  de  deux  siècles  et  qui  n'a  pas  encore  dit  son  dernier  mol.  Savaron,  les  frères 
Sainte-Marthe  et  Naudé  ont  attribué  le  Somnium  \iridarii  à  Charles  de  Louviers;  d'autres 
critiques,  moins  autorisés,  en  ont  fait  honneur  soit  à  Nicolas  Oresme,  soit  à  Guillaume  de 
Dormans;  Lancelot  incline  à  croire  que  Haoul  de  Presles  a  fait  l'original  ainsi  que  la  tra- 
duction; enfin,  de  nos  jours,  M,  Paulin  Paris  a  composé  deux  savants  mémoires  pour  éta- 
blir que  le  véritable  auteur  du  livre  est  Philippe  de  Maizières'". 

Le  traité  intitulé  Musa,  dont  nous  allons  parler  avec  quelque  détail,  prce  qu'il  con- 
tient un  passage  relatif  à  l'histoire  de  Paris,  peut  être  regardé  comme  un  des  premiers  que 
Kaoul  do  Presles  ait  composés.  Il  a  été  rédigé  vraisemblablement  soit  dans  le  cours,  soit  à  la 
suite  des  ravages  exercés  en  France  par  les  Grandes  Compagnies,  c'est-à-dire  vers  i365 
ou  i366,  puisque  ces  bandes  d'aventuriers  furent  conduites  en  Espagne  par  Duguesclin 
en  i36.^. 

Anaiyw  Cet  ouvrage,  dit  lancelot,  est  une  fiction  assez  ingénieuse,  écrite  en  prose  mêlée  de 

ii,rf  iinhuio  n..»  ^♦^'■''  ^^  •'•^  fragments  de  vers,  {|ui  sont  pour  la  plupart  lires  des  poêles  anciens.  Dans  le 
dessein  de  découvrir  les  causes  et  les  remèdes  des  maux  de  toute  sorte  qui  affligent  son 
siècle,  l'auteur  s'adresse  à  toutes  les  puissances  de  la  terre  et  du  ciel,  aux  planètes,  aux 
étoiles,  aux  jurisconsultes,  aux  astrologues,  etc.;  il  a  recours  à  la  pyromancie,  à  l'hydro- 
mancic,  à  ce  qu'il  a|)pelle  ïart  spécuUiire,  c'est-à-dire  à  l'invocation  des  mânes  ou  génies,  etc. 
Ces  diverses  épreuves  nr>  lui  ayant  pas  réussi,  il  prend  le  parti  de  voyager  pour  consulter 
tous  les  oracles  connus.  C'est  ainsi  qu'après  avoir  parcouru  l'Italie  et  la  Grèce,  après  élrc 
même  descendu  aux  enfers,  il  arrive  à  Athènes,  oîi  Minerve**' se  présente  à  lui  pour  le  con- 

'"'  Voyeià  ce  sujet  ce  que  nous  avons  dit  p.  \\\i»  évidniiinicnt  de  Raoul  de  Presles.  car,  dans  le  iiia- 

el  suivantes  de  l'inlrodiirtioi)  au  volume  |>ublié  en  nusrrit  de  Snint-Viclor,  elle  commence  ainsi  :  "Au 

i8ûi  :  Les  Quatre  Livre*  de*  Roi*  traduits  etiJraH-  •cominoiideineiit  île  Ires  haut  et  excellent  priuce 

cm»  du  xu'  siècle,  pulilit's  par  Le  Roux  de  Lincy.  "Cbaries.  par  la  grâce  de  Dieu .  le  V*  roy  de  France 

i'aris.  Imprimerie  royale  (Collection  des  Documents  -<le  ce  nom ,  maisln-  Raoul  de  Praelles  translata  de 

inédits).  irlatin  en  françois  la  question  <|ui  enssuiti 

<*>  Dans  le  cataloguede la  rrlibrairie»  deCharlesV,  '"'  Mèm.derAead.desiiueript.  anc.collect.  t.  XII! . 

on  trouve,  dit  Lincelot,  après  le  Son/re  du  Vergier,  p.  660  et  suiv.;  nouv.  collect.  t.  XV.  p.  336,  339. 
"Un  autre  petit  livret  couvertde  soye  à  une  couver-  '*'  Le  |)ortrait;>Ay«iofo^^ije  de  la  déesse  y  est  fait 

If  ture  d'un  Gresillon ,  qui  traite  de  ceste  matière.  1  avec  un  tel  luxe  de  détails  et  une  telle  lil)erté  de  des- 

Ce  même  ouvTage  est  plu»  explicitement  désigné  cription ,  qu'on  doit  y  voir  une  nouvelle  preuve  de 

dans  le  catalogue  de  la  bibliothèipie  de  Charles  V  :  l'état  laïque  de  Raoul  de  Presles.  On  ne  s'explique- 

'■Un  autre  petit  livret  couvert  de  soye  h  unesereure  rail  ])as,  en  effet,  qu'un  ecclésiastique  eût  osé  offrir 

-d'un  Grislon ,  qui  traite  d'icelle  matière ,  escript  de  à  Charles  V  la  chaste  Pallas  dans  un  déshabillé  aussi 

f-  lettre  formée  en  françois ,  etc.  i  Cette  traduction  est  complet. 


DESCHIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V,  91 

(luire  à  rAr(5oj)a[;e.  11  y  voit  Tautcl  (lë(li<5  au  dieu  inconnu, ol,  pendant  qu'il  se  plaint  devoir 
l'objet  de  ses  désirs  encore  ajourn*^-,  un  homme  vénérable,  qu'il  reconnaîtra  plu»  lard  iwur 
^trc  saint  Denis,  lui  apparaît  et  lui  reproche  son  ignorance.  Ce  personnajje  l'inslniit  on  partit* 
des  mystères  de  notre  relijjion,  entre  autres,  de  celui  de  la  Trinité,  après  quoi  il  disparaît. 
Le  voyageur  se  remet  en  prières;  une  voix  se  fait  entendre  et  lui  donne  le  conseil  Huivant  : 
«Ketourno  à  Paris;  près  de  cette  ville,  va  au  mont  des  .Martyrs,  de  là  h  Tricfne»,  où  sont 
«dédiés  deux  autels.  Tu  y  trouveras,  avec  ses  compagnons,  celui  qui  a  élevé  cet  autel'',  el 
«tu  lui  adresseras  tes  vœux.  Il  mettra  lin  à  tes  peines  et  il  te  satisfera  sur  l'objet  de  te* 
«pensées.»  Alors,  ajoute  Raoul  de  Presles,  «rempli  de  joie,  me  croyant  au  comble  de  me» 
«vœux  et  délivré  de  tout  .souci,  je  regagne  ma  demeure  et  je  gravis  la  montagne  de 
«Mercure.» 

Mais  le  voyageur  est  assailli  tout  à  coup  par  un  violent  orage  accompagné  d'éclairs,  de 
pluie  et  de  gr<île.  11  déchire  .ses  vêlements,  répand  de  la  cendre  sur  sa  tête  et  prie  les  puis- 
sances de  la  nuit  de  l'arracher  à  la  mort.  «A  ces  mots,  s'écrie-t-il ,  j'aperçois  devant  moi, 
«à  mi-côte*''',  une  petite  basilique,  et  j'y  entre.  Dès  que  j'ai  vu  les  ossements  placés  dan.s 
«une  châsse  élevée,  et  lu  rin.scription,  je  reconnais  l'autel  de  saint  Denis  et  de  ses  compa- 
«  gnons,  le  lieu  où  ils  ont  consommé  leur  martyre  et  qu'ils  ont  consacré  par  leur  sang: 
«c'est  pour  cela  qu'il  a  perdu  le  nom  de  Mercure,  j)our  prendre  celui  de  .Mont-des-Mar- 
«tyrs.  Pénétré  d'une  joie  vive,  j'adresse  ma  prière  au  saint,  et  je  fonde  en  ce  lieu  un  feu 
«perpétuel,  afin  que  le  gardien  du  sanctuaire  veille  sur  une  flamme  éternelle,  image  des 
«  célestes  clartés.  Après  avoir  accom|)li  ces  cérémonies,  je  traverse  la  montagne,  je  descend» 
«l'autre  versant,  je  me  rends  à  Tricînes,  et,  à  mon  entrée  dans  le  bourg  de  Catulle'*, 
«j'aperçois  une  ancienne  basilique.  J'y  pénètre,  et,  en  la  visitant,  je  vois  trois  toml)eaux, 
«sur  lesquels  sont  placées  trois  statues.  Je  lis  les  épitaphes  des  saints  Denis,  Rustique  et 
«Éleuthère;  j'aj)prends  (jue  ce  sont  leurs  effigies,  que  leurs  corps  ont  été  autrefois  dépo.sés 
«en  ce  lieu,  mais  qu'ils  ont  été  depuis  transférés  au  grand  autel.  Persuadé  alors  que  j'ai 
«trouvé  les  dieux  que  je  cherchais,  je  me  rends  en  toute  hâte  au  grand  autel,  et.  après 
«en  avoir  aperçu  différents  autres,  je  monte  quelques  degrés;  l'éclat  de  l'or  et  des  pierre- 
«ries  frappe  mes  yeux,  et  je  me  jette  au  pied  de  l'autel  '*'.  » 


'''  L'auteur  confond  ici  saint  Denis  l'Aréopogile, 
prcniier  évêque  d'Athènes,  martyris*?  ver»  l'an  g5. 
avec  saint  Denis,  npfltre  de  Paris,  niartyrist^en  Q70, 
(jOlle  confusion  a  iHé  Ir^s-frt'ciuenlp  an  moyen  Age. 
pendant  la  Henaissanre,  et  ni^nie  jusqu'au  milieu 
du  xvn*  siècle.  (Voir  dans  la  liiblintliriiue  historique 
de  In  France,  du  P.  Loloiijf,  édit.  Fonlelle,  t.  V. 
table,  p.  933,  les  nombreux  ouvrages  que  celte 
question  a  fait  (Vloro.) 

'*'  Le  plan  de  Du  OiTcau,  dresst?  vers  i56o, 
inonirc  h  mi-côte  la  chapelle  noù  saint  Denys  fut 
ird(k;oM  avec  ses  rontpaijfiions.  1 

'''  Le  bourg  de  Catulle ,  Catolinnnn,  (mIiiIIit  rinis, 
n'est  autre  chose  (pic  la  ville  de  Saint-Denis;  Du 
Hreul  mentionne,  au  temps  de  Dagobert,  rIo  cha- 


|>elle  de  Catulle.  »  Quant  nu  mot  Trichur,  ({ui  ni  a- 
pliquc'  plus  loin ,  il  dc'signait  plus  |>artirulièrent«nl 
la  distance  com|)rise  entre  Saint-Denis  el  Paris. 
(  Voir  les  lleiunrques  île  Itonamy.  dam  le  l.  Wlll  d*» 
Mém.  de  l'Aead.  de*  itucripl.  anc.  collert.  p.  t88.) 
'*'  ir  Lares  répète,  ail.  et  pnipe  Latedam.  Marti- 
irnini  conscende  monleni .  Tririnas  pcf^g*  binis  dir- 
ffcalnm  ans.  Hic  runi  «icib  «rectomn  invmir*. 
"Hune  volo  supplici  adi.  Hir  lalxiri  liio  finem  im- 
iTiranet  el  menlis  indirabit  ronrcptuni. v  Tune  ptr- 
ffletus  quasi  polilus  voto  et  tocius  npen  labari» 
rrreplo lares,  et  velu!  tocius  ralamilatis oliiitas  \m- 
irleciam  |>ergo.  montenMpie  coDsceado  Ihicuiiiuu. 
<r Et  bec  dirons  in  ntontk  tÊteun  nedio  no- 
ir dicam  concernons  basiiicani  subintro.  l'tquo  om 


92  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Nous  avons  cru  devoir  traduire  et  rapporter  en  entier  ce  passage  de  la  Jfiue,  parce  qu'il 
nous  donne  une  idée  de  l'étal  oîi  étaient  les  églises  de  Saint-Denis  et  de  Montmartre  à  cette 
époque.  Il  y  est  en  outre  question  d'un  lieu  très-peu  connu ,  Trlcine».  Lancelot  pense  qu'il 
faut  entendre  par  là  Saint-Denis,  et  il  conjecture  que  Raoul  de  Presles  aurait  pu  fort  bien 
imaginer  ce  nom  Tricinœ  ou  Tricenœ  pour  exprimer  la  distance  de  Saint-Denis  à  Paris,  (|ui 
est  de  trente  stades,  comme  on  a,  dit-il,  nommé  Vinccnnes  (Fiee/ur),  parce  qu'il  est  éloigné 
de  vingt  stades  de  Paris,  «quod  vicenis  seu  viginti  stadiis  abessent  ab  urbe  Lutetia'*'. » 


Tplurima  in  sublime  capsa'"' conspexi  posita,  titu- 
f  lumque  perlegi ,  Dionisii  sociorumcpe  ejus  fuisse""' 
fragiiovi  arani,  inibiquo  consuniniasse  niarlirium''' 
"et  suo  venerahilein  sanguine  consocrasse  ItKuni ,  et 
Tob  hoc  Mercurii  sublato  uoniine  .Martinuii  iiiontcin 
faccepisse  nonien.  Tune  pro  nimio  fluctuansgaudio, 
iforatione  compicla,  iocuni  igné  dolo  |)erenipni,  ut 
tad  siniilitudinem  celestiuni  siderum  loc  i  rustos  pei^ 
"petua  invigilet  flamnia.  Quibus  rite  |>eractis .  mon- 
itteni  perlranseo,  descendo  coliem,  Tririnas  pergo. 
•^et  (latuluni  subintraiis  vicuni  vetuslani  roncerno 
Tbasilicam.  Hancadco.eteamperiustrans  très  video 
"tumulos  et  desu|)er  très  [lositas  statuas.  Tune  epi- 
ftaphia  lego,  Dionisii  scilicet,  Kustiri  ot  Elutherii, 
fret  eorum  esse  effigies,  inibique  quondani  fuisse 
r-coi'iiora  lunuilata,  sed  ad  niagnani  démuni  aram 
••translata  fuisse''*'.  Tune  privatos  invenissc  deos 
"sciens,  cita  via  ad  arani  decurm  magnam  ;  et  muila 
■rlustrans  altaria .  modicos  conscendens  gradus .  auri 
f  gemmanunque|)crcu98it  oculos  nitlor,  et  ad  altaris 
"provolutuspedes,  etc.>i(Bibl.imp.  iiis.  latin  3'ja3. 
fol.  i5  V*. — xiv* siècle.)  Voir,  à  cet  ^ard,  la  Topo- 
graphie historique  du  Vieux  Pari*  (  région  du  Louvre 
et  des  Tuileries),  t.  I,  p.  ig. 

'''  Le  savant  Bonaniy.  historiographe  de  la  ville 
de  Paris,  ne  s"est  pas  contcnlii des  explications  con- 
jecturales donndes  par  [.lancelot  :  fSi  des  lectures 
"plus  intéressantes,  dit-il,  ne  l'a  voient  pas  distrait 
(•sur  quelques-uns  de  nos  anciens  titres,  trop  coni- 
RUiuns  pour  avoir  pu  écbap|)er  à  ses  recherches,  il 
"auroit  changé  sa  conjecture  par  rap|>ort  h  la  ville 
cde  Saint-Denys,  et  n'auroit  pas  attribué  à  l'érudi- 
ftion  de  Raoul  de  Presles  l'invention  du  mot  Tri- 
«cinœ'Kri  Et,  pour  appuyer  siu"  des  titres  positifs 


rhypollièse  de  son  confrère,  Bonamy  cite  :  i*  une 
charte  de  Saint-I^andry,  reproduite  par  Du  Breul  ; 
a*  un  récit  attribué  à  un  chroniqueur  contem|>orain 
deCliarles  le  Ciiauve,  et  consigné  par  Mabillon  dans 
ses  Aela  SS.  ord.  S.  Ilenedieti;  3*  des  lettres  don- 
nées par  le  roi  Eudes,  en  89^,  et  imprimées  par 
Félibien  dans  les  Preuteê  de  son  Hitioire  de  Saint- 
Déni»;  It'  des  titres  de  Charles  le  Chauve,  du  roi 
Robert  et  du  jiape  Adrien  IV,  mentionnés  par  Du 
Breul  et  Doublet;  5"  enfin  les  prétendues  lettres  de 
Dagol>ert  !"  cpii  déterminent  les  limites  de  l'asile  de 
Saint-Denis.  Bonamy  donne  cette  dernière  autorité 
|)our  ce  qu'elle  |M>ut  valoir;  mais  il  insiste  sur  ta 
charte  de  Saint-l^iMiry,  où  il  est  dit  que,  "en  sui- 
"vant  le  grand  chemin  royal,  on  arrive  au  vivier  qui 
"■est  aupn-sdu  |)ontde  Tricinet,  par  où  l'on  retourne 
ff  à  la  fontaine  de  Sainl-Reuiy .  ■  ■  per  regalem  ttratam . 
"donee  reniatur  ad  rirarium  In  enpite  Trieiniponli*... 
ntuqne  ad  loevmfonti*  Saneti  Bemigii.^  (Du  Breul . 
Antiquitei  de  Pari*,  n.  ti^ii.)  Les  lettres  du  roi 
Eudes  ne  sont  pas  moins  explicites  :  ce  prince  con- 
cède h  l'abbaye  de  Saint-Denis  un  moulin,  voisin  du 
monastère,  sur  la  rivière  de  (^rou,  près  le  pont  de  ' 
Trieine*:  Coneedimu*  molettdinumjuxiamonaiterium , 
tuperjlurium  Chrodoldi,  tuperponUin  Trieina.  (Fé- 
libien, Histoire  de  Saint- Deiii* ,  Preuve*,  n°  101.  | 
Enfin,  après  avoir  renvoyé  le  lecteur  à  Ylliftoire  de 
Saint-Denii ,  |HirDom  Doublet(p.787,8a9  et  Soi). 
|K>ur  les  documents  émanés  de  Charles  le  Chauve, 
du  roi  Robert  et  du  |>a|)e  Adrien  IV,  où  il  est  fait 
mention  de  ce  même  pont  de  Trictnes,  Bonamy 
conclut  en  disant  que  irce  qu'il  a  rapporté  suffira 
f  pour  rendre  raison  du  nom  de  Trieine*,  que  Raoul 
"de  Presles  donnoit  à  l'abbaye  de  Saint-Denys,  et 


'*>  Le  texte  donne  claptum  ou  clapti:  Ce  maniucrit  e*t  en  ginénl  awex  batif;  ooe  nuin  •ncienne  l'«  corrigé  uioz  benreiue- 
ment  en  qiicl(|uc8  endroits;  mais  elle  s'est  trompée  dans  d'antres. 

"I  Texte  -.fore. 

'*'  Texte  :  martirum. 

'■''  Texte  ./ore. 

'''  Lancelot  a  écrit  en  eOet(tf«m.  dt  FAcaJ.  itt  iiutript.  t  XIII,  p.  6i3)  :  «Pour  Tricuua,  c'est  un  nom  particulier  à  Raonl  de 
«Presles.  Seroit-ceun  ancien  nom  qui  se  serait  perdu?  En  seroit-ceun  que  cet  auteur  aurait  imaginé?  Accoutumé  au  nom  de  Vin- 
«cennes. . .  auroit-il  cru  estre  en  droit ,  dans  un  ouvrage  où  il  affecte  une  érudition  très-étendue  et  une  latinité  très-recberebée , 
"■l'appeler  Saint-Denys  Triciniu,  ttc.T 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  9S 

Nous  n'analyserons  pas  la  fin  de  cet  ouvrage,  parce  que  les  détails  qu'on  y  trouve  sont 
<';tran|];crs  ù  l'Iiistoirc  de  Pans.  Saint  Denis  donne  encore  au  voyageur  de  sages  conseils;  naais 
celui-ci  les  oublie  aussitôt  après  <5tre  rentré  dans  ses  foyers,  parce  (ju'on  lui  a  fait  manger 
du  |)aiti  de  j»avot  et  hoire  de  l'eau  du  lleuve  Léthé;  c'est  ce  que  l'auteur  appelle  un  repas 
so|)liisli((uc,  cœita  sopliislica.  Ces  sortes  de  fictions  ou  de  songes  étaient,  du  reste,  un  cadre 
fort  usité  au  moyen  A(jc  :  le  Songe  du  Vergier,  le  Songe  du  Pèlerin,  le  Songe  d'Enfer,  le  Livre 
de  la  vision,  de  Christine  de  Pisan,  et  beaucoup  d'autres  compositions  du  même  genre,  ont 
été  imaginés  pour  rendre  possible  l'émission  de  certaines  idées  qu'il  cât  été  périlleux  de 
produire  sous  une  autre  forme. 

Avant  d'arriver  à  l'œuvre  principale  de  Raoul  de  Presles,  nous  devons  encore  mentionner 
son  Discours  sur  l'OriJlamme,  qui  n'a  été  imprimé  ni  dans  l'édition  d'Abbeville,  ni  dans  cclb- 
de  Paris.  Lancelot  pense  que  ce  discours  fut  écrit  vers  i36o,  à  l'occasion  de  la  guerre  que 
Charles  V  déclara  au  roi  d'Angleterre  et  au  prince  de  Galles,  et  il  donne  de  cette  opinion 
des  raisons  assez  plausibles'".  L'auteur  jugea  sans  doute  que  le  sujet  n'était  pas  suQisam- 
incnt  traité,  car  il  le  reprit  et  le  développa  dans  sa  préface  de  la  Cité  de  Dieu.  Dans  ce 
nouvel  essai,  il  s'attache,  dit  Lancelot,  à  commenter  le  passage  suivant  des  Macttabées,  qu'il 
a  pris  pour  texte  :  Accipe  sanctum  gladium,  munus  a  Deo,  quo  dejicies  adversarios  populi  nui  ; 
et  il  divise  son  discours  en  trois  propositions  :  «Premièrement,  que  tout  prince  chrestieo, 
«lequel  en  guerre  se  expose  en  péril  de  juste  mort,  pour  la  deffense  de  son  peuple  et  ven- 
«gence  des  péchiez,  doit  avoir  conficnce  principalement  en  Dieu;  secondement,  es  oraisons 
«et  prières  de  saiiicle  Eglise;  et  tiercement,  en  la  faveur  et  secours  des  amis  de  Dieu  et 
«benoisls  sains  du  Paradis.»  Le  Discours  sur  l'OriJlamme  ayant  été,  comme  le  Commentaire 
sur  Paris,  reproduit  presque  intégralement  par  Guillebcrt  de  Metz,  nous  rétablissons  en 
note  le  texte  original,  et  nous.y  ajoutons  tous  les  éclaircissements  que  la  critique  moderne 
a  pu  nous  fournir'^'. 

Lu  traduction  de  la  Cité  de  Dieu  est  l'ouvrage  le  plus  remarquable  de  Raoul  de  Presles, 
non-seulement  h  cause  de  l'importance  de  l'œuvre  reproduite,  mais  encore  en  raison  des 
commentaires  ou  des  expositions,  dans  les(juels  il  fait  preuve  d'une  grande  érudition  ft 
d'une  connaissance  très-étendue  de  nos  antiquités  nationales.  Le  manuscrit  que  nous  avons 
suivi,  comme  presque  tous  les  autres  manuscrits  que  nous  signalons  plus  loin,  est  précédé 
d'une  liste  des  écrivains  sacrés  et  profanes  que  Raoul  de  Presles  a  connus  et  cités;  ces 
écrivains  sont  au  nombre  de  cent  vingt-cinq.  Voici,  comme  preuve  de  l'érudition  qu'il  y 
(li'pioie,  les  noms,  par  ordre  alphabétique,  des  auteurs  grecs  et  latins  dont  il  invoque  le 
témoignage  :  Apulée,  Aristote,  Aulu-Gelle,  Caton,  Eutrope,  Florus,  Hippocrate,  Julius 
Celsus,  Justin,  Juvénal,  Lucain,  Lucrèce,  Macrobe,  Omere  (Homère),  Orace  (Horace), 
Orose,  Ovide,  Perse,  Plante,  Platon,  Pline, Salluste,Sénèque,Stace,  Suétone, Tbéophraste, 
Tullius  (Cicéron),  Valère-Maxime,  Virgile. 

iT  pour  coiivniiif  ro  (jue  cet  (Vrivnin  ne  l"a  pas  inventé .  ''  Mém.  de  l'Acad.  de*  iiueripl.  aoc.  coliert.  l.  Mil . 

(rpuisqu'on  le  connoissoit  longloiiips  avant  luy."  p.  698. 

(Mém.  de  l'Acad.  des  intcript.  t.  XVUI ,  anc.  coUect.  ''^  C'est  dans  le  Icxle  deGuiliebert  de  Mete  que  le 

p.  a88.)  lecteur  trouvera  les  variante*  et  les  < 


Mr  l'd 


Ta 


Commentftirp  imr  P»ri«. 


04  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OHIGINAUX. 

C'est  dans  son  commenlairc  sur  le  chapitre  xxv  du  livre  V,  chapitre  dans  lequel  saint 
Augustin  parie  des  prospérités  que  Dieu  a  accordée»  à  l'empereur  chrétien  Constantin, 
que  Raoul  de  Presles  s'est  occupé,  par  analogie,  de  l'origine  des  Français,  de  leur  établis- 
sement dans  les  Gaules,  de  la  fondation  et  de  l'agrandissement  de  Paris,  des  antiquités 
qu'on  y  signalait  de  son  temps,  ainsi  que  de  plusieurs  bourgs  et  villages  du  Parisis.  Les 
auteurs  qu'il  cite  sont,  pour  la  plupart,  ceux  qui  ont  écrit  depuis  le  t*  siècle  jusqu'à  son 
temps  :  ainsi  on  remarquera,  dans  le  passage  qui  concerne  Paris,  les  noms  de  Paul  Orose, 
auteur  du  v'  siècle;  de  Julius  Ceisus,  qui  a  fait,  au  vu*  siècle,  une  révision  des  CommenUiirfs 
de  Jules  César;  de  Hugues  de  Saint-Victor,  de  Hugues  de  Fleury,  de  Baldericus  ou  Baudry, 
évérpie  de  Dol,  de  Geolfroy  de  Monmouth.  qui  appartiennent  tous  au  xu' siècle;  de  Guil- 
lemius  Armoricanus,  ou  Guillaume  le  Breton,  et  de  Hélinand,  auteurs  du  xiii'  siècle;  enfin 
de  Bernardus  Guidonis,  qui  vivait  au  xw".  11  n'est  donc  pas  étonnant  qu'ayant  puisé  à  de 
pareilles  sources  Raoul  de  Presles  ail  accueilli  un  certain  nombre  de  récits  fabuleux;  nous 
les  indiquons  dans  l'analyse  qui  suit.  Nous  devons  mettre  aussi  le  lecteur  en  garde  contre 
les  élymologies  souvent  séduisantes,  mais  fort  peu  exactes,  données  par  notre  auteur;  on 
en  trouvera  de  singuliers  exemples  dans  le  cours  de  son  texte. 


V«k'iir 
de  ce  eommenlAÎn*. 


Ce  qui  fait  principalement  la  valeur  de  cette  exposition,  c'est  ce  que  Raoul  de  Presles 
nous  dit  d'après  ce  qu'il  voyait  lui-même  chaque  jour;  ce  sont  les  détails  vrais  et  précis 
qu'il  donne  sur  l'étal  de  différents  endroits  du  Paris  de  son  temps.  Toutefois  le  lecteur 
doit  remarquer  qu'il  n'a  plus  sous  les  yeux  un  ouvrage  descriptif,  comme  le  Traité  de* 
louanges  de  Paris,  composé  en  1 3a3;  il  n'est  même  point  question,  dans  le  commentaire  de 
Raoul  de  Presles,  d'un  seul  monument  de  Paris  au  point  de  vue  de  l'art.  L'auteur  regarde 
les  choses  d'une  manière  plus  générale,  et  s'occupe  surtout  de  retracer  les  accroissements 
successifs  de  la  Ville;  il  donne,  à  ce  sujet,  des  renseignements  topographiques  qui  ont  de 
l'importance,  et  il  ajoute  quelques  détails  de  mœurs  que  nous  signalerons  en  leur  lieu. 


An  romin''!ilnin'. 


La  première  partie  du  commentaire  de  Raoul  de  Presles  est  un  résumé  des  traditions 
fabuleuses  que  les  chroniqueurs  avaient  recueillies  sur  les  origines  de  la  nation  française, 
et  que  les  compilateurs  ont  senilemenl  reproduites,  jusqu'à  ce  que  Corrozet  et  Du  Breul 
en  aient  fait  justice.  Viennent  ensuite  des  détails  peu  historiques  sur  la  période  gallo- 
romaine,  et  ce  n'est  qu'après  de  longues  inutilités  que  l'auteur  arrive  à  donner  des  rensei- 
gnements positifs  sur  le  Paris  qu'il  habitait.  Le  Commentaire  devient  alors  des  plus  intéres- 
sants :  on  y  trouve  notamment  des  détails  fort  curieux  sur  certaines  rues  de  Paris  et  sur 
l'origine  des  noms  qu'elles  portaient  à  cette  époque.  La  viel  place  aux  poursiaux  était  ainsi 
appelée  «à  cause  du  marché  des  besles  qui  étoit  par  deçà  la  rue  aux  Bourdonnois. »  La 
Crois-du-Trioucr  prenait  son  nom  «des  bestes  que  l'on  y  Irioyt"  ;•'  le  carrefour  Guillori,  ou 
Guigne-Orille ,  était  l'endroit  «oîi  l'en  couppoit  les  oreilles.»  L'auteur  remarque  que  la  bou- 
cherie était  hors  de  la  Ville,  et  «c'esloit  raison,»  ajoute-t-il.  Auprès  «estoit  une  place  où 
«  l'en  gettoit  les  chiens  morts  ;  »  c'est  là ,  selon  lui ,  l'origine  de  la  ruelle  dite  la  Fosseaux-Chiens. 
La  Ville  fut  ensuite  fermée  jusqu'au  lieu  que  l'on  nomme  f ArchetSaint-Merry ,  dont  Raoul 


'"'  Mémoires  de  l'Académie  royale  des  inscriplions  et  btUet-leltres,  t.  XVIII,  p.  388-991. 


DESCHIPTIOiN  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  95 

(l(!  Preslcsdit  que  «il  appert  encore  le  coslé  d'une  porte,»  détail  d'autant  plu»  authentique 
(|uo  l'auteur,  comme  nous  l'avons  vu  précédemment,  demeurait  non  loin  de  là.  Cette  |K>rt« 
conduisait  à  la  rivière,  «au  lieu  que  l'en  dit  les  Planches  de  mi-bray,  ou  m-bra$,y>  ain»i 
nommé,  suivant  l'auteur,  parce  que  c'était  «la  moitié  du  bras  de  Saine.»  C'est  là  encore 
une  ctymolo[pe  contestable.  Los  boucheries  et  les  cimetières  se  faisaient  alors  hors  des  cité* 
«pour  les  (tpimaisies  et  les  corrupcions  eschicver. »  C'est  ainsi  que  le  cimetière  des  Inno- 
cents était  iiors  de  la  Ville.  L'auteur  nous  fait  ensuite  assister  à  la  création  du  marché  qui 
reçut  le  nom  de  Chumpeaux,  «parce  (|ue  c'estoient  touz  champs.»  Les  habitations  suivirent 
le  marché;  bientôt  on  fit  des  halles  «pour  vendre  toutes  manières  de  denrées;»  et  la  Ville 
s'étendit  jusqu'à  la  bastille  Saint-Denis,  (jui  en  formait  la  limite  au  temps  de  Charles  V, 
comme  le  dit  formellement  Raoul  de  Presles.  11  ajoute  comme  preuve  de  ce  fait  que, 
lorsque  l'église  de  Saint-Majjloirc  fut  transférée  au  lieu  où  elle  est  «à  présent»  (c'est-à-din- 
en  iSyi),  elle  était  dite  «près  de  Paris.» 

A  ces  détails  succède  une  digression  sur  le  château  des  Bégaux,  ou  Bagauie»,  à  Saint- 
Maur-des- Fossés,  et  sur  les  chrétiens  Amans  et  Ilélien  qui  y  furent  assiégés  et  pris  par  Maxi- 
mien  Hercule.  Puis  Raoul  de  Presles  nous  apprend  qu'au  temps  oiî  Jules  César  vint  à  Pari» 
il  y  avait  en  France  trois  espèces  de  gens,  les  Druides,  les  Chevaliers  et  le  peuple.  Il  nomni*- 
Ics  principaux  loiiq)les  des  Druides  :  Montmurlre ,  dit  alors  le  temple  de  Mercure,  Courl- 
Demanchc  (près  Pontoise)  et  Montjaout  (montajjne  près  de  Magny,  dans  le  Vexin  français). 
Raoul  de  Presles  répète  ici  ce  que  l'on  a  vu  dans  le  passage  de  la  Muse  rapporté  plus  haut. 
savoir  (pie  le  mont  de  Mercure  perdit  son  nom  après  le  supplice  de  saint  Denis  et  de  ses 
conipaj;nons,  et  prit  celui  de  Montmartre.  A  ce  propos,  il  parle  de  trois  églises  qui  au- 
raient été  fondées  à  Paris  par  saint  Denis  :  «la  première,  de  la  Trenité,  en  l'église  où  est 
«aouré  à  présent  saint  Bcnoist,  et  y  mist  moinncs;  la  seconde.  Saint  Estienne  des  Grieui, 
«qui  par  corrupcion  de  nom  est  appelée  Saint  Estienne  de  Grès,  et  y  fist  une  petite  chap- 
«  pelle  où  il  chantoil;  la  tierce,  Notre-Dame  des  Champs,  en  laquelc  église  il  demouroit, 
«et  y  fu  prins.  »  L'abbé  Le  Beuf  a  dit  ce  qu'il  fallait  croire  sur  la  prétendue  fondation  de 
ces  trois  églises  par  le  martyr  saint  Denis'". 

Raoul  (le  Presles  lemunc  par  un  extrait  de  Geoffroy  de  Monmouth,  dans  lequel  il  est  dit 
(ju'il  y  avait  en  France,  au  temps  d'Elie,  douze  pairs  qui  étaient  «pareulz  en  dignité.»  Il 
y  est  également  question,  au  temps  d'Isaïe  et  d'Osée,  d'un  prétendu  roi  de  France  nommé 
Aganipj)us,  qui  avait  épousé  la  fille  d'un  roi  d'Angleterre  nommé  Leyr'*',  et  qui  alla  réta- 
blir son  beau-père  en  son  royaume.  Raoul  de  Presles  conclut  de  tous  ces  témoignages  que 
«Paris  a  esté  f(mdé  merveilleusement  longtemps  avant  Valentinien.»  Tel  est,  autant  (jue 
nous  avons  pu  le  montrer  dans  une  rapide  analyse,  le  commentaire  de  Raoul  de  Presles 
sur  l'origine  des  Français  et  la  fondation  de  Paris. 


e 


Ce  commentaire  a  été  souvent  cité  par  les  historiens  de  notre  Ville;  quelques-uns  nuWu 
ne  se  sont  pas  fait  faute  de  se  l'approprier,  sans  dire  où  ils  le  prenaient.  C'est  ainsi  que  Guil- 
lebert  de  Melz  y  a  puisé  la  matière  des  onze  premiers  chapitres  de  sa  Description  de  Parié. 
en  se  contentant  d'y  faire  quebjues  additions  insignifiantes.  Pour  nous,  nous  n'avons  pas  cru 

'"'  Hitt.  de  lit  ville  et  de  toul  le  diocèse  de  Pari* .  '*'  Le  roi  Lear.  (Voir  plus  loin,  p.  t  lô,  b  oole 

1.  [,  p.  ato,  995,  99g.  explicative.) 


iMkèl 


MauuscriU 
He  U  CAté  d*  Dim. 


96  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

devoir  nous  contenter  du  texte  de  Raoul  de  Presles,  cité  ou  reproduit  généralement  d'après 
les  extraits  que  Lancelot  en  a  donnés  dans  ses  deux  mémoires  sur  la  vie  et  les  ouvrages  de 
cet  auteur;  nous  avons  tenu  à  remonter  aux  sources  mêmes.  Nous  avons  donc  consulté  les 
manuscrits  de  la  Cité  de  Dieu  que  possède  la  Bibliothèque  impériale;  et  nous  avons  pu  nous 
procurer  un  texte  plus  complet,  plus  exact,  quant  au  langage  employé  du  temps  de  Raoul 
de  Presles,  que  le  texte  donné  par  Guillebcrt  de  Metz.  Pour  faciliter  la  lecture,  nous  avons 
cru  devoir  reproduire  en  marge  les  titres  mis  à  chaque  chapitre  dans  ce  dernier  manuscrit. 

La  traduction  de  la  Cité  de  Dieu  a  obtenu  pendant  plusieurs  siècles  un  immense  succès. 
11  suffit,  pour  en  être  convaincu,  de  savoir  (|uc  les  manuscrits  s'en  multiplièrent  à  l'infini, 
et  l'on  en  conserve  aujourd'hui  un  assez  grand  nombre  d'exemplaires  dans  les  bibliothèques 
publiques  de  Paris,  de  province  ou  de  l'étranger,  et  même  aussi  dans  quelques  collections 
particulières.  Plusieurs  de  ces  manuscrits  ont  appartenu  soit  aux  princes  de  la  Maison  de 
France  dont  ils  portent  les  armoiries,  soit  aux  grands  seigneurs  du  xv*  siècle,  les  plus  amis 
des  arts  et  des  lettres'".  Le  Cabinet  des  manuscrits  de  la  Bibliothèque  impériale  possède 
quinze  de  ces  manuscrits,  dont  la  majeure  partie  est  sur  vélin  et  ornée  de  superbes  minia- 
tures. Le  plus  précieux  de  tous  est  celui  que  l'auteur  présenta  lui-même  à  Charles  V;  il 
faisait  partie  de  la  bibliothèque  du  Louvre.  Après  avoir  passé  en  Angleterre,  quand  le  duc 
de  Bedford  y  transporta  la  collection  formée  par  Charles  V  et  Charles  VI,  en  i43o,  ce  ma- 
nuscrit était,  au  xvui*  siècle,  la  propriété  de  Gaignières,  et  revint  à  la  Bibliothèque  royale 
en  1711,  avec  la  célèbre  collection  de  cet  amateur'''.  C'est  un  livre  magnifique,  du  vélin 
le  plus  choisi,  format  petit  in-folio,  divisé  en  deux  tomes,  relié  en  maroquin  rouge,  aux 
armes  de  Gaignières;  il  est  écrit  sur  deux  colonnes,  par  un  calligraphe  des  plus  habiles, 
et  orné  de  vingt-deux  miniatures  exécutées  par  deux  mains  très-différentes.  Celles  qui  sont 
en  camaïeux  sont  des  plus  remarquables;  on  en  peut  juger  par  \e  fac-similé  d'une  de  ce» 
miniatures  placée  au  commencement  du  tome  premier,  et  que  nous  donnons  ici  :  Raoul  de 
Presles  lui-même  y  est  représenté  offrant  son  livre  à  Charles  V. 


'•'  Vqici  un  exemple ,  entre  autres ,  du  prix  que  les 
princes  eux-nièiiies  attachaient  à  la  possession  d'une 
copie  de  la  Cité  de  Dieu.  tLc  duc  Louis  d'Orléans, 
(Tcet  ami  des  poêles ,  des  chroniqueurs,  des  Iraduc- 
tr leurs ,  qui  achetait  beaucoup  de  livres,  qui  en  fai- 
trsail  exécuter  avec  luxe  et  en  recevait  du  Roi,  ne 
ff dédaignait  pas  d'en  emprunter  :  en  1898,  il  fait 
f  payer  aux  écoliers  du  collège  de  Presles  dix  francs 
«pour  le  prest  et  louage  d'un  livre  enfrançoi»,  nomme 
trie  Livre  de  la  Citède  Dieu,  qu'ils presterent  aMon- 
vgeigneur  le  Duc,  pour  certain  temps,  pour  y  étudier 
itet  d'iceluy  faire  sa  volonté.  Il  n'empruntait  sans 
rdoute  cet  exemplaire  de  l'ouvrage  de  saint  Au- 
rrguslin,  traduit  par  Raoul  de  Presles,  que  pour  le 
tr faire  copier,  comme  plus  exact  que  les  autres.» 
(Hist.  litt.  de  la  France,  t.  XXIV,  p.  aoo.) 

'*'  François  Roger  de  Gaignières ,  gouverneur  des 
ville,  château  et  principauté  de  Joinville,  a  été  un 


des  collectionneurs  les  plus  intelligents  de  son  époque  ; 
il  était  né  en  i633  et  mourut  le  37  mars  1715.  Il 
avait  employé  son  temps  et  sa  fortune  à  réunir  une 
collection  considérable  de  peintures,  de  desuns, 
d'estampes,  et  principalement  «le  manuscrits  rela- 
tifs à  l'histoire  de  France.  Par  un  acte  notarié  du 
1 9  février  1711,  cette  collection  fut  cédée  au  Roi . 
moyennant  une  rente  viagère  de  4. 000  livres  et 
3/1,000  livres  argent  comptant,  dont  ao.ooo  livres 
payables  après  la  mort  de  (îaignières,  qui  fit  preuve 
d'un  grand  désintéressement,  car  les  richesses  ar- 
tistiques amassées  par  ses  soins  valaient  bien  davan- 
tage. (  Voyez ,  sur  Gaignières  et  sa  collection ,  l'ou- 
vTage  de  ^L  Hennin,  Les  manuscrits  de  l'histoire  de 
France,  catalogue  des  productions  de  la  sculpture,  de 
la  peinture  et  de  la  gravure,  relatives  à  l'histoire  de  la 
France  et  des  Français ,  Paris,  i856-i863,  in-8*, 
10  volumes,  1. 1",  p.  267.) 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  97 

Indépendamment  du  manuscrit  du  fonds  Gaijjnièrcs,  n*  1 879,  la  Bibliothèque  imiH^riale 
possède,  avons-nous  dit,  quatorze  manuscrits  delà  traduction  de  la  Cité  de  Dieu ,  par  Raoul 
de  Presies.  Kn  voici  l'énumi^ration,  à  lar[ucile  nous  avons  ajouté  quelques  détails  sur  le»  nluc 
remar(|ual)les  d'entre  ces  manuscrits.  Les  dix  premiers  ont  été  décrits  dans  les  deux  pre- 
miers volumes  de  l'ouvrarje  bien  connu  que  M.  l'aulin  Paris  a  publié  sous  ce  titre  :  Les 
Manuscritu  français  de  la  lhl/lwtliê(jue  du  fini,  leur  histoire  et  celte  des  textes  allemand»,  anfrltiiê, 
hollandais,  italiens,  esjmfrnols  de  la  même  collection ,  Paris,  1  836-1 848,  in-8%  7  volumes. 

1°  Ancien  fonds  français,  n°  17  [Olim,  6712).  Manuscrit  du  xv*  siècle,  divisé  en  deux 
tomes,  dont  le  premier  seulement  nous  est  parvenu,  orné  de  très-belles  miniatures;  il  a 
été  fait  pour  Louis  de  Bruges,  seigneur  de  la  Gnithuyse.  (Voyez  M.  P.  Paris.) 

•i°  Ihidem,  n™  1  8  et  1  9  [Olim,  6719'*  et  671a').  Manuscrit  in-folio,  à  deux  colonnes, 
de  la  dernière  moitié  du  xv*  siècle;  magni(i(|ue  exemplaire,  relié  en  maroquin  rouge,  aux 
armes  de  France ,  et  provenant  de  la  l)ibliothè(pic  de  Messire  Charles-Maurice  Le  Tellier, 
archevéquc-duc  de  Reims.  Ce  manuscrit  a  été  décrit  par  Lancelot,  dans  son  mémoire  sur 
Raoul  de  Preslcs. 

3°  N""  go  et  3  1  (O/j'm,  67 1 3  et  67 1  A).  Manuscrit  in-folio  à  deux  colonnes,  du  xv* siècle, 
relié  on  maroquin  rnugo,  aux  armes  de  France.  Acquis  pour  Pierre,  duc  de  Bourbon,  (p-and 
sénéchal,  et  mari  de  la  fille  de  Louis  XI,  Anne  de  Beaujcu,  ainsi  que  le  témoigne  une 
quittance  du  1"  mars  1^87,  jointe  au  premier  volume. 

4*  N°  aa  (0/i'm,    6716).  Fin  du  xv*  siècle.  Incomplet. 

5°  N"  aS  et  a4  (0/i'm,  6716*  et  6716').  Manuscrit  in-folio  h  deux  colonnes,  du  com- 
mencement du  xv* siècle,  suivant  M.  P.  Paris. 

6°  N"*  3  5  et  36  [Olim,  6715'*"  et  6715'-').  Manuscrit  in-folio  h  deux  colonnes, 
xv'  siècle. 

7°  N"  37  et  38  {^Olim,  6715  '  et  6715°).  Manuscrit  in-folio  à  deux  colonnes,  fin  du 
xiv' siècle,  suivant  M.  P.  Paris.  11  est  relié  en  maroquin  rouge,  aux  armes  de  Colbert  sur  les 
plats,  avec  ses  initiales  au  dos  du  volume  (J.  B.  C).  Ce  manuscrit  offre  de  belles  miniatures 
et  de  larges  encadrements,  sur  fond  d'or,  ainsi  que  des  initiales  alternativement  en  or  et  en 
couleur. 

8°  N"  170  et  171  [Olim,  6834  et  6835).  Manuscrit  in-folio  à  deux  colonnes,  xt* siècle, 
relié  en  maroquin  rouge,  aux  armes  de  France.  M.  P.  Paris  pense  que  ce  manuscrit  pourrait 
bien  être  celui  que  l'on  voit  décrit  dans  l'inventaire  de  Charles  V,  n"  1 98  de  l'édition  de  M.  Van 
Praet,  et  (|ne  Cilles  Mailet  avait,  en  i38(),  remis  au  duc  d'Anjou.  Ce  dernier  prince  l'aurait 
emporté  en  Italie,  et,  depuis,  la  Cité  de  Dieu  aurait  passé  dans  la  bibliothèque  des  Vi.sconli. 

9"  N"  17a  et  178  [Olim,  G836et6837).  Manuscrit  in-folio  à  deux  colonnes,  xVsii-cle, 
relié  en  maroquin  rouge,  aux  armes  de  Béthune  (ancienne  bibliothèque  Béthune).  M.  Paris 
a  fait  remarquer,  après  Lancelot,  la  fausseté  de  la  note  écrite  sur  la  première  feuille  de 
garde  des  deux  volumes.  Ce  n'est  pas  là  l'exemplaire  offert  à  Charles  V. 

1 0°  N°  1  7/1  (O/ùn,  6838).  Un  seul  volume  in-folio,  incomplet,  relié  en  maroquin  rouj^e. 
aux  armes  de  France.  M.  P.  Paris  a  retracé  les  nombreuses  vicissitudes  de  ce  volume. 

11°  N°  910  [Olim,  7370).  Manuscrit  in-4",  sur  papier,  xt*  siècle. 

1  3*  Fonds  français,  n°  637  1 .  Un  volume  in-folio,  à  deux  colonnes ,  sur  vélin ,  xit*  siècle. 
Provient  de  la  Saintc-Chapolle  de  Bourges. 

nisT.  —  I.  iS 


98  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

i3°  Ibidem,  n°  6079  [Olim,  S.  Fr.  15/49).  Vo'"™c  in-folio,  à  deux  cofonncs,  roMé  en 
veau  antique,  xiv'  siècle,  incomplet. 

tti'  Fonds  français,  n"  i5/ii  1  et  i54ia.  Manuscrit  in-folio  du  xv*  au  xvi*  siècle.  Le 
premier  volume  porte  cette  note  :  «Ex  bibliotheca  ross.  Coisliniana,  olim  Segueriana, 
tquam  Illust.  Henricus  du  Cambout,  dux  de  (ïoislin,  par  Francise,  cpiscopus  Metensi.s,  etc. 
«tmonasterio  S.  Germani  a  Pratis  legavit  anno  u.dcc.xxxii.  » 

La  bibliothèque  de  l'Arsenal  possède  trois  exemplaires  de  la  traduction  de  la  Cité  de  Dieu 
par  Raoul  de  Presles.  Nous  ne  citerons  que  le  manuscrit  coté  Th(''ol.  Fr.  35.  C'est  un  vo- 
lume in-folio  maximo,  relié  en  maroquin  noir;  il  est  en  vélin,  écrit  sur  deux  colonnes,  et 
paraît  être  du  xiv*  siècle.  Cet  exemplaire  a  appartenu  à  Gilbert,  comte  de  Monlpensier  et 
dauphin  d'Auvergne  de  i486  à  1^96  :  on  voit  la  signature  de  ce  personnage  sur  le  folio 
de  garde,  en  tétc  du  volume. 

La  bibliothèque  de  Sainte-Geneviève  possède  encore  un  manuscrit  de  l'ouvrage  de  Raoul 
de  Presles,  qui  mérite  d'être  signalé.  C'est  un  volume  grand  in-folio,  écrit  sur  vélin,  à  deux 
colonnes,  vers  le  milieu  du  xv'  siècle.  Il  est  orné  de  vingt-deux  miniatures,  cinq  grandes  et 
dix-sept  petites,  placées  au  commencement  de  chaque  livre.  Elles  sont  d'une  exécution  re- 
marquable, surtout  les  grandes,  (jue  l'artiste  a  divisées  en  plusieurs  compartiments.  Les 
pages  sur  lesquelles  se  trouvent  les  cinq  grandes  miniatures  sont  ornées  au.ssi  de  riches  bor- 
dures en  or  et  en  couleurs,  au  milieu  desquelles  on  lit,  répétée  deux  fois,  cette  devise  :  Vi 
Hativet^  m'a  brvl^.  La  même  devise  est  repétée  quelquefois  sur  les  bordures,  ù  mi-page, 
qui  accompagnent  les  petites  miniatures.  Ce  manuscrit  appartient  à  la  bibliothèque  Sainte- 
Geneviève  depuis  l'année  1717.  La  reliure,  en  peau  de  truie  avec  fermoirs  et  coins  de 
cuivre,  très-solide,  est  moderne,  ainsi  que  l'étui  en  chagrin  noir  qui  renfenne  ce  beau 
volume. 

ùiUoiis imprimik^  L'ouvrage  de  Raoul  de  Presles  a  été  imprimé  deux  fois  :  la  première,  dans  l'année  1 486, 
I» cw rff  nirv.  en  deux  volumes  in-folio  goth.  sur  deux  colonnes;  c'est  le  plus  ancien  livre  sorti  des  pressjes 
d'Abbeville;  la  seconde  fois,  en  1 53 1 ,  à  Paris,  chez  N.  Savetier,  in-folio  goth.  (Voir  Brunel, 
Manuel  du  libraire,  etc.  au  mot  Augustinus.)  Nous  avons  pris  soin  decollationner  notre  texte 
sur  ces  deux  éditions,  qui  se  trouvent  à  la  Bibliothèque  impériale;  sauf  deux  variantes  que 
nous  avons  indiquées,  le  texte  en  est  conforme  à  celui  des  anciens  manuscrits. 


v-Tç.':''^ 


n 


Wz 


in  lit 


'"Hl 


[5ômw^Sitëntpncr.  (CJïur 
lUelf  (|iir  Koj»  îr  ftatr.^f  Ka 
joui»  pwcUtô  vie  t)ùbU  fer 
lutteur  et  Ûnrt.cûUtiDÛmi 
)ur(r^  if  ûr  ipms  taur  aDir  einàû' 
met  ttpn  OTûtoo  W)tp  Ceijjnair.teeua 
Ituuà;  cCômc  pl_T>nf..wlm.3nih)tr.T3f 
rît  jftautee  quiôitt  i  ce  lûuT»  fwy)«rî 
^Tft  clpCre.mrttft  Uiiglf  ïDp  Cb  mictmn 
îtiou>  les  orfuuit>A?t  mtrrCœpioivtf '* 
îDtdlrapluftiuBhfatiUjuft.m.pîia 
|Mip(ldîTrnuftr  ciït}  cUf  (curiTiotitr 
2  foniDltou;  mtivô  ouiaiirijjjiî  t'f 
(Dnùf  q  cUf  iPffît^Outttrinftmôflc 
cWlt  Cblal(|pnRcnr  ^  ffô  6io  m  cUr 
p2cuuf.^t(tu9q'nf  itumt  nigiiiter  le 
Coleu  plamenirt  fàô  flmjiîlfUf  us  gtttr 
Id»  ctfo  11  np  (t  utnirl^Qifrqiir  im  Piê 
«fUtu:ttnnàgtnf(baivlutittS4Jrnvp 
mfôblfqunrU»})iu8niu;rv'|ttingifr 
m  pluôjpieiiièraïuilZEtom  lœottrur 
îrldrtrrgliA\(^inaltnffftJl3jluVj»nii 
tiuf(jamàf.é.aujîiidx,|J^faîpinmr 
met  c  la  îamne  k  la  fonïn  la  œu  Aita 
noiiouirpiolution  îeemttw.vf  II  la  îr 
ciaiîition  ce  lalwioite  tnmtr.^Duqô  nfe 
ÎPtou?  ;mîr  totnu»  îr  legliûr  pnutuif 
nccDlaûluut.ne  tiôtppua  ùhiultrmt 


a  «$ cipO» en Cnffliff ■îPdairi.etfnnmi  \%lxJj^ 

ftirr.  CÎJty  offonr  If»  luntg  ttftnomgs     ^  «i  nir»^^ 

•ttmcppdnpIrHUbqttrufia.iH.miUf    /c^TTv 
U)Uuiies.  *f  t  que  (tUu  mmt  (|a|frnne 
que  tom  icô  luuï»u<ut  leiw.i£|ètn)n' 
irnicM.mcrquejlcecputt  cniKtmtt 
le  tolni  .Cansfteehir.vîirit  alTauoir  la 
Itnoitrmjutr.iftaiatraitié  |our  en 
aumr  la  ocgiunOiincr  OicdU.  û  haïutr 
mtiuctripnfbnîcmmt  que  nuieâr*"  | 
Dm  ftrmirf.nrapni  ufnir  ûpftiuitinr 
©mmc  U  a  iiiit.r(Jâaï«  oeimne  tit 
en  ce  q  ue  au(t  aftmuf  lax^  pzouu" 
Ccs6\on.s  et  grttr  oué  qui  ne  puecut  jbj 
îr  bioitirgautr  utoieiiXufli  niouf  6 
auguûntAfeuequi  neufuleuttrgïtrùT 
îuTttnnentlfumf'Colai.^fnhu&uoir 
laituoite  mmtr.rt  la  viau-for  cu^ 
cnue.toneumci'.roHime  fou'tlœlr 
Initnp  Co  ut  il  eu  iu  cr  p  lufim  w  niam 
eirs.nio?  onidm'etirpianieûiptifv 
ctcoumupneî.i^iannnir  il  tiH^JÎ 
Cc8  linifô  qur  u  ûft.  vf  ontia  fauftum. 
OTontui  luauitipos  ;e  lr«*nbv  (Pte  u 
pluCaiiçauhiv.Uun».qui  ùiut  aCTe '"  | 
nottmiw-  <r't  aitrluur  nietfiufe  tr 
la  ate  cr  oiru.î(jjftjur  utb  cames  tout 
aulti  cmiinie  nionr.è.ielttu  leuà^c 
liftr.punr  que  aconipiifti  Ccntt  pr 
tentrnict  ix  la  oiuinitr.q  niUi  tr?au 
tiïDenangelifttseft  ccnn}uir  al  aigle, 
ptimllenient  niouf.é  au^iihn  àxx 
icc  îomi  »  œ  Icçùlif  i>  nutme  rpiut  î 
îDiteihrojuîpiir.ftrlauif  iiar  auCTi 
oôtue  laigie  ctT  irputrRor  iCouneuii 
ire  oifiaur  Uçpta^  ur.  qut  uir  biêtxnif  1 
or  ajuûcnf.tautr  a  auue  et  mjauV  xrk 
luim-  uani  iitr,  la  ti  o  li  leiir  et  tpaaiir 
oruie  _p  lôimp.»ft  ni  ap««  uie  êhu  a*  et 
omtimielr  ttnipkitu)n.tft-{uetoiitw 


i.jMBB»iii,ii>-vv5ZJ:;j..*jj 


RAOUL  DE  PRESLES  offrant  sa  traducUon  de  la  Cité  de  Dieu  au  ro:  Charies 
Ficsimik  de  Upt&mère  paae  du  Ms  de  k  BM  btfHf  tonds  Caaoténs.F  !Si 


DESCRIPTION 


DE 


LA  VILLE   DE   PARIS 

sous  CHAULES  V, 


PAR 


RAOLL  DE  I»Hi:SLi:s. 


(tHADL'CTION  DK  11   CITÉ  DE  DIEL  ,  LIVRE  V,  CHAPITRE  XXV.) 


lieriiardits  (imdonis'^\  en  son  calliaiogiie  que  i)  fist  des  papes,  des  emiiereui"»  et 
des  roys  de  France,  ou  xli"  chapitre  du  cathalo{jue  des  empereurs,  lequel  parie 
de  Gracien  lemj)crcur,  dit  que  ce  Gracien  fut  occis  des  Parisiens  a  Lyons  par 
ceuls  qui  estoient  soubs  le  gouvernement  dun  de  leurs  dux  appelle  Merohaudus, 
et  pour  ce  estoient  appelles  Merobaudi.  Et  par  ce  il  semble  que  ou  temps  de  Val- 
Iciilinioii  oust  ja  a  Paris  ducs  et  gouverneurs.  Et  pour  ce  que  nous  sommes  a 


'  '  Bemardus  Guidonis,  religieux  dominicain,  in- 
quisiteur delà  foi  h  Toulouse,  puis  évoque  de  Tuy, 
en  Gniicp.pl  de  I.wlt^'vc,  en  Longuedoc.  dtail  né  en 
i-jOo.  dans  le  Limousin.  Élu,  en  1817.  procureur 
{fi'iierni  de  son  ordre  h  la  cour  d'Avifjnon.  il  fui 
cliarjj»?  par  le  Pnpe  de  plusieurs  uj'gociation»  \w\i- 
liqiics  en  Italie  ri  en  Allein.ijjne,  ce  ([ui  pi-ouve  que, 
dans  In  cpieivlle  qui  divisait  nloi-s  Louis  de  llnvit>rp 
el  FrAlf'ric  d'Autriche,  il  avoit  pris  [wrli  pour  ce 
ilernior  (pie  soutennit  <<iier(ji(pieiuent  Jeiui  Wll. 
(iuidonis  étiiit  diinc  l'iKhersaliv  de  Jcnu  de  Jaiidun. 
Plusieurs  de  ses  nombreux  ouvrages  ont  été  publiiis 
pur  Uiiliize,  le  P.  Lal>l)e.  Fr.  Iloscpiel.  .Siiriiis,  (Jis- 
tel .  Doiu  Martèno .  les  ISolhiiidistes.  les  continuateurs 
del).  llouqucl.  etc.;  les  autres,  i-esles.i  léUitde  ma- 


nuscrit et  conservés  ou  couvent  des  frères  pr^beur* 
de  Toulouse ,  sont  ODJourd'hiii  dispenÀ  dans  plu- 
sieurs bibliothèques.  Ceux  qui  offrent  quelque  iolérêt 
historique  et  que  Raoul  de  Presies  a  dd  eonsalter 
sont:  une  Chronique  dt*  mmvtrmu  Fmtt^,  itfmù 
J.  C.  jusqu'en  tSSi  ;  une  Dettriplkm  de*  Gamlm  et 
origine  de  Im  mentrehiejraneoite  ;  une  Gàtmiogit  êm 
comte»  de  Ttmkme;  un  livn>  de  la  FtnJMim  il 
l'ordre  de  Grandtmmt;  un  Traite  tknmla^ifu  dtt 
roncHe»  gàtdnmx;  les  Kiit  de  mmU  FiUtnm,  de  mumt 
Tlioma»  tTAqm» ,  dm  ptpm  Oimnt  V  tt  Jetm  XXII , 
et  un  Traité  chronologique  dit  ctmtUmgitmwur.Snn 
Truite  de  la  paurrrtr  dt  J.  ('..  contre  le*  FmtrieiUtÊ  ne 
laisse  aucun  doute  »ur  \a  [tort  qu'il  prit  i  la  lullr 
dans  laquelle  succomba  Jean  de  Jamiun. 

i3. 


100  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

l'orine'''  des  François  et  du  temps  de  la  fondacion  de  Paris^^\  et  aussi  des  ducs  et 
roys  qui  premièrement  y  habitèrent,  nous  en  parlerons  un  pou,  selon  ce  que  nous 
en  avons  peu  veoir  et  sentir  par  les  croniqueurs  qui  ont  trailié  ceste  matière,  si 
comme  Helinant^^\  Bernardus  Guidonis,  Gnillermus  Annoricanus'^^^  maistrc  Hue  de 
Saint  Victor  ^'"^  et  ceii  qui  fist  la  division  du  monde  qui  se  commence  In  exordio 
rerum,  lequel  croniqua  comme  fist  Vincent  <'>,  et  dist  moult  de  choses  singulières 


'''  Orine,  origine. 

'*'  Les  six  premières  lignes  du  texte  de  Raoul  de 
Prestes  n'ont  pas  élé  reproduites  par  Guillebert  de 
Metz,  qui  commence  son  rëcit  aux  mois  imprimés 
en  italiques. 

<''  On  connaît  deux  ëcrivains,  presque  contem- 
porains, qui  ont  j)orté  le  nom  d'Hélinant.  Le  pre- 
mier, selon  M.  Barlbëleniy  Haurdau ,  a|)partenait  k 
l'ordre  de  Cîteaux  et  aurait  vécu  dans  le  xu'  siècle; 
il  serait  auteur  d'un  Commentaire  sur  l'Apocalifpte  et 
de  quelques  gloses  sur  \ Exode.  Le  second,  né  dans 
le  Beauvaisis  et  mort,  suivant  Dom  Brial,  après 
l'année  i  aag ,  fut  d'abord  poète  de  cour,  puis  moine 
à  l'abbaye  de  Froidmont.  On  connaît  de  lui  des  Vert 
sur  la  mort,  des  Sermons,  trois  opuscules  intitulés 
Flores  Helinandi,  et  une  Chronique,  insérée  par  Tes- 
sier  dans  ie  Bibliotheca  Cisterciensis.  Dom  Brial  con- 
sidère ce  dernier  ouwage  comme  dénué  de  tout 
intérêt;  il  supjwse,  d'après  le  catalogue  de  la  bi- 
bliolbèque  Cottonienne ,  qu'on  possède  en  Angleterre 
un  manuscrit  de  cette  chronique  plus  étendu  que 
celui  de  la  bibliothèque  Cistercienne.  (  Uist.  litt.  de  la 
France,  t.  XVIII,  p.  91.) 

'*'  Guillermus  Armoricnnus,  (îuiUaume  le  Bre- 
ton, chroniqueur  et  poète  célèbre,  naquit  en  Bre- 
tagne entre  les  années  1 1 65  et  1 1 70  ;  il  survécut 
au  roi  Louis  VIII,  mort  en  laaô.  Devenu  clerc  ou 
chapelain  de  Philippe-Auguste,  il  suivit  ce  prince 
dans  plusieius  de  ses  ex])édilions,  fut  envoyé  à 
Rome  pour  obtenir  la  dissolution  du  mariage  conclu 
avec  Ingeburge,  et  fit  l'éducation  d'un  (Ils  naturel 
du  roi.  Ses  ouvrages  sont  :  La  Pliilippide,  poème 
épique  de  plus  de  neuf  mille  vers,  composé  de  1 9 1 8 
à  193/1,  et  oij  sont  racontés  tous  les  événements 
importants  de  la  vie  de  Philippe  II;  Les  Gestes  de 
Philippe-Auguste,  chronique  en  prose  faisant  suite 
à  la  vie  de  ce  prince,  écrite  par  Rigord.  Ces  deux 
grandes  compositions ,  fort  remarquables  pour  leur 
époque,  ont  été  imprimées  dans  plusieurs  recueils 
historiques,  et  notamment  dans  le  Scriptores  rerum 
gallicarum. 


•''  Hue  de  Saint  Victor,  Hugues  de  Saint-Victor, 
moine  de  l'abbaye  de  ce  nom  à  Paris,  oii  il  mou- 
rut en  1 1  &  I ,  occupe  dans  l'histoire  littéraire  du 
xn*  siècle  un  rang  égal  à  celui  de  saint  Atisebne  et 
de  saint  Bernard.  U  doit  cette  gloire  autant  à  ses 
écrits  qu'à  l'éclat  de  son  enseignement.  Ses  ou- 
vrages, imprimés  successivement  à  Paris,  en  iSaC, 
i  Venise,  en  i588,  i  Mayence  et  è  Cologne,  en 
1617,  et  enfin  h  Rouen,  en  16&8,  sont  des  plas 
variés  :  In  nomenclature  qu'en  donne  Fabricius  (  Bibl. 
Itfl.  médite  et  injimœ  œtatii ,  t  III,  p.  3oo  et  seq.) 
occupe  plus  de  quatre  colonnes  ;  mais  M .  Bartbéiemy 
Hauréau  a  fait  oliserver  que  les  derniers  éditeurs, 
■'gens  d'un  faible  discernement,')  ont  entassé  pèle 
niéle  dans  ce  recueil,  sous  le  nom  de  Hugues  de 
Saint-Victor,  les  écrits  de  divers  autres  écrivains,  et 
notamment  ceux  de  Hugues  de  Fouilloi.  Sa  chro- 
nique, citée  par  Raoul  de  Presles,  parait  avoir  été 
continuée  par  Albéric  de  TroU-Fonlaines.  (Voyei 
Fabricius,  liibl.  med.  et  injim.  latin,  t.  II,  p.  3o9, 
et  YHist.  litt.  de  la  France,  t.  XII,  p.  67.)  Ce  der- 
nier recueil  classe  la  clut>nique  de  Hugues  de  Saint- 
Victor  parmi  les  ou\Tages  inédits. 

'*'  Vincent,  Vincent  de  licauvais,  savant  domini- 
cain français,  né  vers  1 190  et  mort  vers  1 964 ,  fiit 
honoré  de  l'estime  de  saint  Louis,  qui  l'encouragea 
dans  SCS  travaux.  Ses  ouvrages  sont  de  vastes  com- 
jiilations  pleines  de  science,  mais  dépourvues  d'o- 
riginalité; il  leur  a  donné  uniformément  le  nom  de 
Spéculum.  Le  Spéculum  historiale,  traduit  en  1  h^h 
par  Jean  du  Vignay  (Paris,  5  vol.  in-fol.),  est  on 
recueil  d'extraits  faits  chez  les  historiens  et  chroni- 
queurs; le  Spéculum  naturale  offre,  dit  Fabricius, 
trois  cent  cinquante  noms  d'auteurs  grecs ,  latins  el 
arabes;  le  Spéculum  doctrinale  traile  de  théologie ,  de 
philosophie  et  de  politique.  D'autres  ouvTages  lui 
sont  encore  attribués  ;  Daunou  en  a  donné  la  nomen- 
clature dans  le  t.  XVIII  de  l'Hist.  litt.  de  la  France. 
La  recherche  des  sources  du  Miroir  historial,  mise 
auconcoiu^en  1 836,  par  l'Académie  des  inscrip- 
tions, a  valu  un  prix  à  M.  Boutaric. 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  101 

et  ne  se  voult  nom  ruer  ('';  Hugo  Fhnacengis^'^\  et  Orote,  en  son  Ormestet",  et  plu- 
sieurs autres  (jui  cm  ont  parl/î  diversement  et  en  diverses  manières.  Le»  uns 
trcuvent  que,  après  la  destruction  de  Troyes,  Antenor  se  parti  avecqucs  xn  mill»* 
de  ses  gens  on  xxn  nefs,  et  vint  jusfjues  en  Pannonie,  qui  au  jour  duy  estappeil<-e 
Hongnerie  W.  La ,  es  Palus  ou  Mares  qui  se  appelloienl  Meotides,  ediflTicrent  une  cité, 
laquelc  ii  appelleront  Sicainbre,  la  ou  a  présent  a  une  cité  qui  est  appellée  Bude; 
et  y  demeurèrent  longuement  et  mullciplierent  en  grant  gent^. 

Or  avint  que  ou  temps  de  Valleiitinien,  unes  gens  que  len  appelloit  les  Allains, 
qui  estoient  venus  de  Saxonne '*\  se  rebellèrent  contre  les  Rommains;  les  quiex 


'''  Nous  ijjnorons  quel  est  ce  chroni(jueur  «qui 
ne  se  voult  noinnicm  cl  dont  Raoul  de  l'rcsles  lui- 
ruéuic  ne  coiiimissuil  piis  le  nom. 

'''  Ilufto  Floriucensiii ,  llii{jucs  de  Sainte-Marie, 
moine  de  Ficury,  mort  vers  1 1  ao ,  est  auteur  d'une 
(•lironi(|ii('  inlitiili'c  llisloria  ecelesiaslica  ,  qui  a  élé 
ini|ii'iiiiéo  à  Munsler  en  iG38,  ot  fait  jiurlie  du 
t.  IX  des  Scriptores  de  Pertz.  Son  traité  De  jiotentale 
rcjjali et  snccriUttnli (ligniUilc ,  piihlii-  par  Italuze  dans 
le  t.  IV  de  ses  MiscdUinen ,  est  une  apologie  très- 
vive  de  l'autorilt' des  rois,  et  fuit  ainsi  de  Hujfues 
de  Fieury  l'un  des  précurseui-s  de  Jean  de  Jandun. 

'"'  Paul  Orose,  historien  et  lh(?olojjien  latin,  né  a 
Tarragoneen  Kspagno,  vivait  dans  la  première  moi- 
tié du  v'siècleaprèsJ.  C.  11  fut  l'ami  de  suint  Augus- 
tin, de  saint  Ji'i'Aino,  et  fadvei-sairc  de  Pelage.  Son 
principal  ouvrage  est  l7/o»7«c«(rt,  vaste  compilation 
historique  en  sept  livres,  sans  valeur  réelle,  mais 
précieuse  conmie  monument  de  la  langue  et  de  la 
littérature  latines  au  \'  siècle.  Lu  donnée  de  celivi-e 
est  h  peu  près  la  môme  que  celle  du  De  civilale  Dei, 
et  l'on  s'e\pli(|ue  cette  ressemblance  en  se  rappelant 
que  Paul  Orose  reçut .  pour  la  composition  de  son 
œuvre,  les  conseils  de  saint  Augustin,  lui  pi-ésence 
des  malheurs  qui  accablaient  l'empire  romain  et  que 
les  païens  allrihuaieiit  à  l'abandon  des  Dieux  de  la 
|)alrie,  Orose  chcrclie, comme  son  mailre,  à  établir 
que  les  calamités  humaines  sont  de  tous  les  temps, 
et  (pi'on  n'rst  heureux  (pi'au  ciel;  celle  pensée  est 
le  seul  lien  (pii  unit  les  laits  historiques  entas.s<'s  par 
l'auteur.  L'œuvre  de  Paul  Orose,  ti-ès-goi^lée  au 
moyen  ilge.  a  été  souvent  imprinn'e  et  traduite.  F,es 
manuscrits  la  <lésignenl  sous  divers  tili-es  :  llisinria 
adversHx  Pniramntm  rnhimninit;  De  rliiMbus  et  mi- 
seruK  muniU  :  llormesta ,  Ormeslaou  Onniftn.  Selon 
certains  crilicpies,  celle  dernièiv  appellation  serait 
la  meilleuiv;  on  a  même  prélendu  qu'elle  uiuail 


été  formée  de  trois  mots  :  Or.  m.  Ula,  abrétialiom 
de  Orom  mundi  hisloria. 

'*'  Les  chroniqueurs  que  Rooul  de  Presles  prr>n(i 
pour  gnid(?s  font  suivre  h  Anténor  une  route  toute 
différente  de  celle  que  lui  assigne  Virgile,  inteqiriie 
des  traditions  qui  s'étaient  |>eq)étuées  jus<[u'à  lui. 
Selon  [Enéide,  le  prince  troyen  se  serait  embarqua 
après  la  prise  de  celte  ville,  et  aurait  abordé  sur  le 
rivage  des  Vénales.  Gagnant  alors  finlérieur  du  pajr*. 
il  aurait  fondé  une  ville  qui  porta  d'abord  son  nom, 
Antenoris  urbem,  et  qui  depuis  fut  apjiciëe  Pala- 
vium,  Padoue: 

Aotcnor  potuit,  mediii  elapnit  Acfaim, 
lllyrico*  prnetrare  sioui,  tique  ioUau  latq* 
Régna  l.iburnarum  et  rooleai  mpuut  Tinuri, 
L'nde  per  ora  DOTem  tuIo  cnm  murmare  roontii 
It  mare  proniptnm ,  el  ptUgo  premit  irTa  lonaiili. 
Hic  Umeii  ille  urliem  PaUri  KdeM|ae  loeani 
Teacrorum ,  ot  grnli  uomen  dedil,  tiiDMiaa  Siit 
TroU. 

(AmI.  likl.f.  itMif.) 

'*'  N'y  ourait-il  ps  là  imc  vague  réaiiiiiscenee 
des  émigrations  des  Kimris?  On  sait  que  ces  p«i- 
ples .  chassés  des  bords  du  Pont-Ku\in  par  les  in- 
vasions scytbiques.  fondirent  sur  l'illyrie.  puis  sur 
l'Italie,  et  |HMiétrèrent  ('gaiement  dans  les  Gauk». 
l'our  <pie  ce  récit  eût  quelque  vralsembiance.  il 
faudrait  supposer  que  la  petite  flotte  «FAntéMir 
entra  dans  la  mer  Noin-,  el  remonta  ensuite  le 
Danube  jus<pi'à  la  hauteur  de  Bude;  mai»  la  gi»- 
graphie  des  chroniqueurs  du  moyen  âge  ett  tmil 
aussi  en  défaut  que  leur  chronologie.  Noot  o'ca 
voutoius  |)our  preuve  qtie  les  Palus  Méotidet  (mer 
d'AzoH  qu'ils  placent  sur  les  liords  de  Flfleretca 
pleine  Pannonif 

<*'  l.<>s  Alain>  ti'ii.iiriii  de  Imiucoup plus  loin;ib 
erraient  a\ec  leurs  troupeaux  dans  tes  steppes  qui 


102  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

estoicnt  diz  Allains  dun  fleuve  qui  se  appelle  Lanus^",  aussi  comme  les  Ailemans 
sont  diz  dun  autre  fleuve  qui  est  appelle  LemannusM,  Et  comme  Vallcnlinien,  qui 
lors  estoit  empereur  veist  que  ii  ni  povoist  mettre  remède,  et  sceust  celles  {jens 
que  Antenoravoit  amenez,  et  qui  la  sestoient  logiés,  estre  fors,  puissans  et  liardiz, 
et  (|ui  autre  fois  avoient  résisté  contre  les  Hommains,  combien  que  il  fussent  lor 
leurs  tributaires,  il  leur  ofl"ri  a  relachier  leur  Ireu  par  x  ans,  mais  que  il  voul- 
sissent  mettre  ces  Allains  en  lobbeissance  des  Rommains.  Lesquelz  li  accordèrent 
et  le  firent.  El  pour  ce  orent  remission  par  les  x  ans  de  leur  truage  ■' .  Mais  les  x  ans 
passés  il  refusèrent  a  payer  le  treu;  et  pour  ce  les  Rommains  sappareillerent  pour 
leur  faire  guerre;  et  les  François  mistrent  paine  a  eulx  deflendre  et  resistei-,  et 
assemblèrent  ensemble  a  tel  dommage  toutes  voies  des  Francoys  que  a  pou  que  ilz 
ne  recurent  grant  perte,  si  comme  dit  Sigiberl  en  sa  cronique'*\ 

Autres  croniques  dient  quil  nattendirent  mie  Vallentinien,  mais  sen  partirent, 
et  vindrent  selon  le  Rin  en  Germanie.  Et  après  sen  vindrent  vers  Gambray  et 
vei-s  Tournay  et  les  prindrent;  et  de  la  en  France  et  la  conquirent. 


Du 


fmn 


De  ceste  matière  parle  maistre  Hue  de  Saint-Victor  qui  dit  que  aucuns  deulz 
furent  diz  François  dun  duc  appelle  Francio,  qui  estoit  i  bomme  très  puissant 
en  batailles. 

Il  y  a  autres  oppinions  plusieurs  sur  la  manière  de  venir  en  Hongrie  et  de  leur 
département  aussi,  et  quelz  cliemins  ilz  tindrent,  et  queles  terres  ilz  habitèrent.  El 
pour  ce  que,  si  comme  nous  avons  dit,  ceste  matière  chiet  en  m  poins  :  lun  de  la 
naissance  des  premiers  François ,  desquiex  descendirent  les  premiers  roys  de  France; 
le  secont  des  premiers  rois  francois,  et  comment  il  emprindrcnt  premièrement  a 
avoir  seignourie  et  en  quels  lieux,  et  le  tiers  quant  la  ville  de  Paris  fu  premiere- 


s'ëlendenl  entre  le  Volga  et  le  Tanau,  lorsque  les 
Huns  fondirent  sur  ce  |)eu|)lc  et  l'entraînèrent  avec 
eux.  Kn  moins  d'un  dciiii-siccle  le  vaste  empire  des 
Huns  comprit  tout  le  jwys  situe  entre  la  mer  Cas- 
pieiuie.  la  rive  droite  du  Danul>e  et  le  Rhin.  C'est 
ce  que  Raoul  de  Presles  appelle  la  Saxonne,  en  con- 
fondant les  Huns  avec  les  Alains. 

''1  Probablement  la  Lahn,  rivière  qui  naît  en 
Westphalie.  traverse  la  Hesse,  le  ducbë  de  Nassau, 
et  tond)e  dans  le  Rhin,  près  de  Niederlahnstein. 

**'  Ce  fleuve  Lemanniu  ne  peut  être  que  le  RhAne , 
qui  traverse,  comme  on  sait,  le  lac  de  Genève,  mais 
qui  n'est  allemand  qu'à  sa  source.  Quant  à  l'dty- 
nioiogie  donnée  par  Raoul  de  Presles  au  mot  Alle- 
wiffHS,  elle  est  des  plus  contestables;  alleman  signifie 
littéralement  :  tout  à  fait  honuue. 

'"'  Truage,  même  sens  que  treu,  tribut. 


'  Sigibert,  Sigebert  de  Gembloux ,  chroniqueur 
né  vers  io.3o.  dans  la  Relgique  wallonne,  mort  en 
1 1 1  '2 .  au  monastère  des  Réné<lictins  de  Gembloux . 
où  il  passa  la  plus  grande  partie  de  sa  vie,  prit  parti 
pour  l'empereur  Henri  IV  dans  la  lutte  cpie  ce  prince 
soutint  contre  Grégoire  VII.  Sa  Qrom'yi/c,  composée 
avec  soin  et  assez  purement  écrite  pour  l'époque,  a 
joui  d'un  grand  crédit  an  moyen  âge;  elle  s'étend 
de  l'année  38 1  h  1 1 1 1 .  Imprimée  à  Paris  en  1 5 1 3 
par  Heiu-i  Estienne.  et  h  Anvers  en  i6o8,  elle  a  été 
reproduite  par  M.  Uelhmann.  d'après  le  mannscrit 
autographe  de  l'auteur,  dans  le  t.  \'l  des  Scriplortt 
de  Pertz.  avec  les  chroniques  d'Anselme  de  Gem- 
bloux, de  Hugues  de  Saint-Victor,  de  Turpin,  de 
Olton  de  Frisingen.  d'Hélinant.  de  Guillaume  de 
Malmesbury ,  etc.  (  Voyez  également  \'Hisl.  litt.  de  la 
France,  t.  IX.) 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  103 

riKmt  c(li(Ti(5e,  qui  est  le  clicf  et  la  plus  princijmj  ville  du  royaume  de  France; 
nous  cri  dirons  aussi  comme  nous  avons  dit  de  Komme. 

Prins  et  retenu  pour  rcppetlé  ce  que  nous  avons  devant  dit  :  maistre  iiue  de 
Saint  Victor  en  sa  cronique,  et  celi  qui  fist  les  croniques  de  France  et  la  division 
du  monde  en  son  livre  (pii  sappclle  In  exordio  rerum,  racomptent  de  lorine  des 
Francoys  en  ceste  manière;  et  encores  celi  qui  fist  celle  cronique  In  exordio  rerum  dit 
(|iiil  (Ml  ,1  vehue  une  plus  parfaite  que  celle  de  Hue  de  Saint  Victor;  et  racomptent 
(jue  Francion,  fds  de  Hector,  qui  lu  filz  Priant,  et  Turcus  qui  fu  fdz  de  Troilu», 
qui  sernbliiMement  fu  filz  de  Priant,  roy  de  Troies,  apr/'S  la  destruction  dicelle 
ville  de  Troyes,  senfouirent  et  eschapperent  avec  très  grant  multitude  de  gens 
(larmes.  Et  aussi  s(^n  partirent  Helenus  i  adavineur'",  lequel  estoil  aussi  filz  de 
Priant,,  et  En(';e,  le  lilz  dAncliisos,  et  que  cel  Helenus  a  tout  nul  et  n'^  hommes  vinsl 
en  Grèce  et  y  fist  j)liisieurs  cliastiaux,  villes  et  cités,  et  y  dcujoura  li  et  sa  posté- 
rité; et  Enée  sen  vinst  en  Ytale  et  espousa  la  fille  du  roy  Latin,  et  desconfit  Tur- 
nus,  qui  estoit  roy  des  lUililiens.  Et  Francio  et  Turcus  se  divisèrent  en  n  parties, 
dont  les  uns  suyvirent  Francio,  et  les  autres  suivirent  Turcus;  et  firent  chascune 
partie  leur  duc,  cest  assavoir  les  uns  de  Francio  et  les  autres  de  Turcus'-'. 

Turcus  vint  en  Sace  et  y  demeura  et  habita,  et  pour  ce  sont  il  encores  dis  Turs 
de  Turcusf''.  Et  Francio  sen  vinst  en  Hongrie,  ou  il  ediflia  la  cité  de  Sicambre,  de 
cost('!  les  Palus  ou  Mares  Meotides  dont  nous  avons  parlé  dessus;  et  fu  ou  temps 
de  David.  Et  quant  il  y  ot  demeuré  environ  n  cens  et  .\xx  ans,  le  peuple  quil  a  voit 
amené  crut  par  lole  manière  que  il  ny  avoit  pas  assés  lieu  pour  eulz  habiter.  Si 
sen  parti  de  la  environ  xxn"  hommes  pour  quérir  lieu  convenable  ou  ils  peussent 
habiter;  passèrent  Germanie  et  le  Rin,  et  vindrent  jusques  sus  la  rivière  de  Saine; 
et  avisèrent  le  lieu  ou  a  présent  est  Paris.  Et  pour  ce  que  il  le  virent  bel  et  deli- 
lable,  gras  et  plantureux  et  bien  assis  pour  y  habiter,  il  firent  et  fondèrent  une 
cité,  laquele  ils  appcllerenl  Lutesse,  a  Inlo,  cest  à  dire  pour  la  gresse  du  pays.  Et 
fu  edidiée  celle  cité  ou  temps  de  Aniasie,roy  de  Juda,et  de  Jheroboam,  roydisrael, 
vui'^  et  XXX  ans  avant  lincarnacion  notre  Seigneur'*'.  Et  sap{)ellerent  Parisiens,  ou 


'''  Adttvineur,  devin. 

'''  Il  y  n  dans  tout  cwi  un  indinnpn  confus  drs 
fictions  |)0('li(jiies  mises  en  anivro  jwr  Viiifile  et  des 
traditions  ([u'nvniont  |)ii  laisser  le  souvenir  des  co- 
lonies plH'iiiriennes.  rliodiennes  et  phocdennes,  aux- 
(juelies  le  midi  de  la  (!aule  dut  sn  première  civili- 
sation. 

''  L'auteur  paroll  avoir  eu  un  vague  pressen- 
timent de  rorijfiiie  asiatique  des  Turcs.  On  ne 
connaissait  pas,  au  moyen  Age,  le  Turkeslnn  et 
ce  vaste  plateau  du  Thiliet  d'où  sont  descendues 
tant  de  iiii{rralions.  Pour  les  cbroniipieurs  d'alors. 
l'Asie  Mineure  était  loiile  l'Asie,  el,  grâce  it  Ho- 


mère ainsi  qu'à  Virgile,  dont  on  aceeptait  les  6b- 
tinns  sans  contrôle.  Troie  ^it  rcganUe  comiiie  le 
berceau  de  toutes  les  nations  cunSpéennet.  Quant 
aux  Francs,  on  ne  voulait  pas  les  oomidérar 
comme  apprlenant  aux  races  germaniques,  dont 
C(<sar,  Tacite,  Anunien  Marcellin,  etc.  ont  fait  un 
portrait  si  peu  flalt(<;  on  |)rëfl^it  se  raltaclMT  »u\ 
peuples  Iw'roïques  chantes  par  FëpopA"  grecque  et 
latine. 

'  (.a  date  qtie  Raoul  de  Proie*  aangne  è  «tta 
prétendue  fondation  et  aux  migratio(u  qui  l'au- 
roient  précwléc  rend  toute 
superflue. 


Du  nnm  de  Pan». 


104  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

pour  Paris  le  fils  Priant,  ou  de  Parisia  en  grec,  qui  vault  autant  comme  hardiesse 

en  latin. 

A  quoy  saccorde  Guillermus  Armoricanus  en  sa  cronique  quil  fist  de  Phelippe 

le  Hardi,  dit  autrement  Dieu  donné ('',  laquelle  est  appelléc  PhUipica^*\  quant  a 

ce  quil  se  nommèrent  Parisiens,  ou  il  dit  en  i  ver  que  les  Frans  qui  vindrent  a 

Lutesse  sappcllerent  Parisiens,  le  nom  signifioit  quil  estoient  hardis.  Et  sont  les 

vers  telz  : 

El  se  Parisios  dixerunt  nominc  Franci , 
Quod  sonat  audaces,  elc. 

Si  fait  il  quant  a  celle  première  venue  des  Troyens  a  Paris.  Car  il  recite  et  dit 
que  après  ce  que  il  orent  ediffié  celle  cité  de  Sicambre,  comme  il  feussent  en  mer- 
veilleuses grant  gent,  et  leur  duc  ou  chevetaine '' ,  appelle  Ybor,  avecques  xxii 
mille  de  gens  sen  vinst  quérir  païs  pour  habiter;  et  ala  tant  que  il  arriva  ou  lieu 
ou  a  présent  est  Paris;  et  pour  ce  que,  comme  dit  est,  le  pays  li  sembla  gras,  y 
ediffia  la  cité  de  Lutece,  qui  a  présent  est  appellée  Paris,  lequel  lappella  de  ce 
nom  Lutece  pour  la  cause  dessus  dicte ^*'.  Et  aussi  édifièrent  plusieurs  villes  pour 
habiter  a  lenviron  de  Paris,  que  ilz  appellerent  de  ce  nom;  si  comme  Rueil  en 
Parisi,  qui  fu  chastel  royal  et  chief  de  chaslellerie,  Cormeilles,  Louvres,  Roissi, 
qui  toutes  furent  nommées  en  Parisi,  et  Ville  Puriste^''  ;  toutes  les  queles  retreuvent 
encore  ce  nom.  La  demourerent  et  habitèrent  paisiblement,  jusques  a  ce  que  les 
autres  se  partyrent  de  Sycambre,  par  la  force  de  lempereur  Valentinien  qui  leur 
fist  guerre  pour  ce  que  ilz  ne  luy  vouloyent  payer  le  treuage  '*'.  Et  demourerent  ces 


"'  Ces  surnoms  n'ont  pas  ëlë  conserves  à  Phi- 
lippe Il ,  né  au  mois  d'août  (Augustus),  et  plus  parti- 
culièrement connu  sous  le  nom  de  Philippe-Auguste. 
Quant  à  l'épilhèle  de  Hardi,  elle  a  élé  donnée  plus 
tard  à  Philippe  ill,  fds  de  Saint-Louis. 

'*'  Philipica.  C'est  le  poënie  sur  Philippe -Au- 
guste, par  Guillaume  le  Breton,  que  l'auteur  a  déjà 
cité  au  commencement  de  son  récit.  Voici  les  vers 
dont  il  donne  plus  loin  un  fragment  altéré  : 

Et  se  Parisios  dixerunt  nomine  Grcco , 
Quod  sonat  eipositum  nostris  audaeia  verbi». 
PfluirnDM  liber  I. 
(Hatmim  iê  Frtmtt,  t.  XVII,  p.  m.) 

'''  Chevetaine,  capitaine. 

'*'  Raoul  de  Presles  oublie  de  dire  à  quelle 
langue  appartient  cette  élymologie.  Lutetia,  a  luto 
dicta,  ont  dit  les  historiens  venus  après  lui;  mais 
c'eût  été  faire  parler  latin  les  émigrants  des  (r  Ma- 
res Meolides.i  II  est  vrai  que  Guillaume  le  Bre- 
ton les  fait  parler  grec,  ce  qui  est  un  peu  plus 


vraisemblable  chez  des  peuples  d'origine  troyenne. 

'''  Ville  Paritie,  ou  riY/<r  Pari$iœ ,  villes  fondées 
par  les  Parisiens.  L'abbé  Le  Beuf  a  fait  remarquer 
l'exagération  de  tous  ces  détails.  irCe  n'est  point, 
n dit-il,  dans  les  ouvrages  fabuleux,  tels  que  ceux 
ffdont  s'est  seni  Raoul  de  Presles  sous  le  règne  du 
irroi  Charles  V,  qu'il  faut  chercher  l'antiquité  de 
«Louvre.  Cet  écrivain,  voulant  faire  parade  d'éru- 
ffdition  pour  le  temps  auquel  il  vivoit.  a  mis  dans 
(rune  de  ses  notes  sur  la  traduction  des  livres  de 
•rsaint  Augustin  de  la  Cité  de  Dieu,  au  chapitre  xxv, 
irque  Louvre  en  Parisis  est  l'un  de  ces  lieux  que  les 
rrSicambres  avec  Ybor,  leur  duc,  édiCèrent  en 
irméme  temps  que  Lulèce,  Cormeilles,  Roissy,  et 
iTCcla  huit  cent  trente  ans  avant  la  venue  de  J.  C. 
rCe  trait  est  bon  pour  ceux  qui  veulent  se  re- 
r paître  de  fables."  (Hitt.  du  diocèse  de  Paris,  t.  V, 
p.  468.) 

'*'  Treuage,  encore  une  autre  forme  dérivée  de 
treu,  tribut. 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  105 

gens  de  Ybor  a  Lulece  et  es  parties  denviron,  avant  que  les  autres  Francoys  y 
venisscnl  mil  ii°  un"  et  x  ans  ou  environ,  cest  assavoir  vni  cens  et  xxx  ans  avant 
lincarnacion  et  le  rcmenant*''  apr<''s  lincarnacion. 

f^a  manière  du  département  fu  (juc  il  se  partirent  soubz  le  gouvernement  de 
iir  dux;  cest  assavoir  Simo,  Gerehaudus  et  Marcomirus.  Simo  et  Gerehaudus  sen 
vindrent  en  Germanie,  sur  la  rivière  du  Hin,  et  suhjufjuerent  les  Allemans  et  les 
Turinjjues,  les  Belges,  les  Saxons  et  les  Lorrains,  prindrcnt  Coulongne  et  gasterent 
plusieurs  autres  villes,  et  demourerent  en  une  partie  dAlemaigne  qui  pour  eulz 
a  a  nom  encores  Franconia;  et  celle  cronique  nous  avons  vehue  et  leue,  et  est 
moult  notable  et  moult  singulier  ^^\ 

Aucunes  croninuos  dieiit  que  Simo,  Gercbaudus  et  Marcomirus  demourerent  •>"  »•■■*•<•  •v- 
en  Germanie  sans  passer  le  Hin;  et  que  la  mesmes  en  Germanie  fu  fait  Pliara- 
mundus,  (ils  de  Marcomirus,  roy  des  François;  et  que,  ajjr/'s  ce  que  Marcomirus  et 
Simo  furent  mors,  le  peuple  voult  avoir  roy  aussi  comme  les  autres  pays;  et  eslu- 
rent  a  roy  ce  Pliaramondus,  fds  de  Marcomirus,  lequel  fu  constitué  roy  en  Ger- 
manie, ou  temps  de  Honorius  lempereur,  ou  ix'  an  de  son  empire,  nu  cens  et 
XX  ans  après  la  nativité  de  Nostre  Seigneur,  et  régna  environ  xi  ans  sans  passer 
Germanie  t'''. 


Et  en  son  temps  fu  faite  la  loy  sali([ue,  dont  nous  avons  parlé  cv  dessus,  ou  Cy 
m"  livre  sur  lexposicion  du  xxi''  chapitre.  Et  ce  est  assés  croiable,  car  par  le  livre 


BB^vHW  W9  !■  IM 


'■'  Le  remenant,  le  reste,  du  latin  remanere. 

'*'  Il  n'y  n  plu»  h  discuter  aujourd'hui  l'identittS 
des  Francs  avec  les  Germains  occidentaux  que  Ta- 
cite appelle  Isliwone*.  Toutefois  on  doit,  dans  une 
certaine  mesure,  tenir  compte  d'une  tradition  rop- 
portéc  |)nr  Gri^goire  de  Tours ,  livre  il ,  eh.  ix ,  sui- 
vant laquelle  les  Francs  seraient  venus  de  Pannonie. 
Iknucnup  (riiypotli(''ses  plus  ou  moins  ingdniiuses 
ont  élé  billies  sur  ce  |>nssage;  mais  on  ne  peut  y 
voir  que  le  vague  et  lointain  souvenir  d'une  émi- 
gration leutoniquo.  diMioiichant  en  Allemagne  par  la 
vallée  du  Danube  et  la  fon^t  Hercynie.  Ce  qui  fait 
surtout  (lôlaut  Ji  Raoul  de  Presles,  c'est  la  chrono- 
logie et  la  science  ethnogra|)hique,  qu'on  ne  soup- 
çoiniail  pas  de  son  temps.  Les  Froncs  n'apparaissent 
sur  le  llliin  que  vers  l'an  9/11  do  notre  ère,  et,  loin 
d'être  une  nation  d'origine  grecque  ou  Iroycnne.  ils 
sont  un  mélniigc  de  peti|>ln(les  germniups  arrivi^es 
depuis  loiigtenqjs  des  hauts  plateaux  de  l'Asie  et 
désignées  sous  les  noms  de  Sicaïubre»,  Calte*.  An- 
griimrs,  Hamnve»,  Hattervare»,  Bmcthet,  U*ii>èlft, 
Tcnclèreit ,  Ampuivares ,  etc. 

IIIST.  —  I. 


'''  Toute  cette  généalogie  pssait  pour  incontes- 
table au  temps  de  Uooul  de  Presl<>s.  In  siWe  et 
demi  après  lui,  J.  Tritheiiii ,  abl)é  de  .S|>anheiin, 
près  de  Trêves,  puis  de  Saint-Jacques  de  Wurti- 
bourg,  la  reproduisit  avec  plus  de  détails  dans  too 
traité  De  origine  genti*  Franeorum ,  imprime  k  k 
suite  du  livre  intitulé  Compendnmt  stM  fcwwm» 
chronicoruin  de  origine gentù  et  rtgum  Fmeonam  ti 
Pippinum.  (  Mayence ,  1  .^  1 5 ,  et  Paris ,  1  ôSg .  in-M.  ) 
Tritheim  avait  pris  pour  guifie  le  chroniqueur  Hu- 
nebauld,  aticlor  nulliut  fidei,  dit  Fabriciu».  L'ou- 
vrage de  llunebaultl  a  pour  litre  :  liiÊtarimrmm  « 
hfUo  Trojann  utque  ad  Clodvm  Itmform  Uri  XVlIf. 
Tritheim  ajouta  douze  livres  à  cette  indigeste  com- 
pilation; il  avait  été.  dit  encore  Fabridos,  trotapé 
par  l'étiquette,  et  il  croyait,  en  se  faisant  le  eooli» 
nuateur  de  iiunebauld .  avoir  affaire  k  un  histo- 
rien sërieux  :  TritketHiMi ,  tfh»iii»  àKtfttê  tkak, 
et  tolidum  Fnmeonm  UêtorïogrtflmmlnÊtlmtmum 
dubitOM. . .  (  Bibl  med.  et  iit/ùm.  «Ml.  L  III .  p.  ivj.) 
Raoul  de  Presles  est  donc  excusable  d'avoir  eu  la 
même  confiance  no  siède  et  demi  plus  t6t. 


106 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


mesmes  de  celle  loy  salique,  il  appert  que  elle  fu  faite  en  Aleniaingne  par  un  des 
plus  {jrans,  si  comme  nous  lavons  mis  ou  lieu  dessus  dit<'>. 

Bu.ero„dr.«(;io.iio.  Aprés  régna  Claudio  son  fdz,  et  fu  ou  temps  de  Theodosius  le  secont.  Et  fu  le 
premier  roy  de  France  qui  passa  le  Rin  et  qui  transporta  dessa  le  Rin  le  roiaume 
des  François ,  qui  paravant  avoit  esté  en  Germanie  ;  et  conquisl  Cambray  et  Tournay . 

Après  li  vinst  Meroveus ,  après  la  nativité  Nostre  Seigneur  ini  cens  xlix  ans.  En 
son  temps  commença  la  renommée  des  Francoys  et  des  roys  de  France.  Et  fu  si 
vaillent  et  si  ])uissant  en  son  temps,  que  les  Francoys  furent  appelles  Merovei  pour 
sa  vaillance.  11  commença  a  régner  ou  temps  de  Theodosius  le  Josne,  ou  xxv*  an 
de  son  empire,  environ  un  cens  l  et  ans  après  lavenement  de  Nostre  Seigneur,  si 
comme  toutes  ces  choses  Bemardm  Guidonis  met  en  sa  cronique. 

Or  est  il  voir  que  quant  les  autres  François  qui  sestoient  parti/,  de  Sicambre 
sen  vindrent  a  Lutesse,  il  leur  vouldrent  faire  guerre;  mais  quant  il  sorent  que 
cestoient  ceulz  que  Ybor  y  avoit  amenés,  et  (jue  cestoit  tout  i  pueple,  il  sentre 
firent  grant  feste,  et  demourerent  ensemble  paisiblement,  soubs  i  roy  et  soubs 
une  seignourieW;  et  la  ville  qui  avoit  nom  Lulcce  il  appellerent  Paris,  disant  que 
cestoit  lait  nom  et  ort  que  Lutece  <'>. 

A  lopinion  qui  parle  de  Francio  et  de  Turcus  saccorde  Baldericus,  evesque  de 
Dol  (*',  en  sa  cronique  quil  fist  du  passage  doultre  mer,  ou  tiers  livre,  qui  dit  que 
les  Turs  tiennent  que  eulz  et  les  Francoys  sont  tous  i  peuple  et  partiz  dun 
pays  (•'■>,  et  dient  que  nulz  nest  digne  destre  chevalier  sil  nest  François  ou  Turc. 


De  Julius  CoMr. 


Encores  pour  demonstrer  lancienneté  de  Paris,  et  comment  elle  est  fondée  dan- 


'■'  Voir,  à  la  suite  du  livre  de  Guillebert  de  MeU , 
l'appendice  relatif  k  la  Loi  Salique. 

*'  Il  est  presque  inutile  de  faire  remarquer  que 
les  choses  ne  se  passèrent  pas  aussi  ir  paisiblement,  n 
Loin  d'accueillir  les  nouveaux  venus  comme  des 
frères ,  les  Parisiens  leur  résistèrent  énergiquement. 
Les  hostilités,  dit  un  historien  moderne,  se  con- 
centrèrent durant  plusieurs  années  autour  de  Paris  ; 
Glovis  avait  compris  l'importance  de  cette  ville,  et 
voulait  s'en  emparer  à  tout  prix.  Chaque  printemps 
ramenait  les  barbares  du  Soissonnais  dans  le  Pa- 
risis ,  et  la  belle  vallée  de  la  Seine  était  ravagée  sans 
relâche;  mais  les  Parisiens,  secourus  sans  doute 
par  les  cités  armoricaines ,  résistaient  aussi  opiniâ- 
trement aux  Francs  que  naguère  les  Arvemes  aux 
(îoths. 

'*'  Lait  nom  et  ort  (  ord) ,  nom  vilain  et  désagréable  ; 
allusion  à  la  racine  du  mot  Lutèce,  lutum,  boue, 
limon,  fange. 


'*'  Balderieu*,  Baudry,  chroniqueur  célèbre,  né 
vers  le  milieu  du  onzième  siècle,  à  Meung-sur-lx)ire. 
et  mort  en  1 1 3o ,  fut  d'abord  moine  de  IJourgueil , 
puis  évèque  de  Dol  en  Bretagne.  Il  a  lais.sé  une  vie 
«le  Robert  d'Arbrissel.  plusieurs  poèmes,  dans  l'un 
desquels  il  est  question  de  la  conquête  de  l'.Angle- 
terre  par  les  Normands,  et  une  histoire  de  la  pre- 
mière croisade ,  dont  le  titre  est  :  Hittoritr  Hiem- 
golijmilanœ  libri  quatuor.  \j;  fond  de  celte  chronique, 
qui  ne  comprend  que  quatre  années ,  est  emprunté 
à  Theudebode,  dont  l'ouvrage  fait  paKie  de  la 
collection  publiée  par  Du  Chesne.  Baudry  avait 
assisté  au  concile  de  ClermonI ,  oîi  fut  résolue  l'ex- 
pédition ;  c'est  pour  cette  raison  qu'il  s'en  est  fait 
le  narrateur.  Son  récit  se  trouve  dans  le  volumineux 
recueil  de  Bongars,  Getta  Dei  per  Franco»  (Hanau, 
1611,  t.  II),  ainsi  que  dans  le  troisième  volume 
des  HUlorievs  occidentaux  des  Croitadet. 

'*■  Dun  pays,  c'est-à-dire  d'un  même  pays. 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  107 

cienlé ,  il  se  treuve  au  Vl"  livre  (iaJulius  Celms  <"',  De  hello  (Jallico,  (lu(|U(;l  Julius CeMr 
list  |)arti(!,  que  quant  ce  Julius  vint  en  France;  dt;  par  les  HoniniainH,  Paris  t^sluil 
habitée  de  {^cns  grans  et  puissans,  qui  sappelloient  Pari-siens;  et  tenoient  la  ciU'* 
seulement,  lacjuele  estoit  si  forte  pour  ioi-s,  et  estoit  tellement  fermée  dyaue,  que 
li  niesnies  lesnioiiigne  que  len  iiy  pooil  passer;  or  est  tout  atterri  par  gravoyh, 
li(!ns  et  autres  ordures  que;  len  y  a  dc^puis  geté.  Il  fu  longuement  devant,  car  le» 
Parisiens,  qui  estoient  tout  environ  Paris  et  juscjues  a  Melun,  avoient  une  telc  cous- 
tume  que  lantost  comme  guerre  leur  sourdoit'-'  il  venoienl  tous  a  Paris  a  secours 
pour  estre  plus  fors,  et  ne  leur  chaloit  du  remenanl  '". 

Or  avint  (jue,  si  comme  il  faisoit  siège  devant  Paris,  et  que  tous  les  Parisiens  si 
estoient  retrais  et  vuidié  tout  le  remenant,  il  savisa  de  prendre  Melun,  et  le  prisl 
de  fait;  et  par  ce  fu  seigneur  de  la  rivière,  et  povoit  venir  assaillir  de  quelconque 
part  (piil  li  plaisoit.  Quant  il  ot  long  temps  esté  devant  sanz  riens  faire,  il  fist 
s*>mblant  (|uil  se  partisl  et  de  lever  son  siège,  et  scn  ala  droit  a  Ville  Juyve,  (|ui  a 
droit  parler  est  appellée  Ville  Julwe  pour  le  corps  saint  de  celle  sainte  qui  y  re- 
pose**'. Et  comme  i  appelle  Gamulogenus,  qui  estoit  de  Rouen,  auquel,  combien 
(juil  fust  ancien,  estoit  baillé  pour  sa  vaillance  tout  le  gouvernement  des  gens 
darmes,  leur  dist  que  ce  nestoit  que  faintise'*',  et  quil  se  gardassent  bien  <|uil 
ne  le  poursuivissent,  il  ne  le  vouldrent  croire,  mais  alerenl  après  et  lataindrent; 
et  tantost  ses  gens  quil  avoit  laissié  en  embuscbe  vindrent  et  les  enclorrent,  et  y 
ot  grant  desconfiture.  Et  ce  fu  la  cause  qui  pour  lors  les  fist  estre  tributaires  des 
lîommains,  car  oncques  homme  ni  entra  ne  ne  la  prist  par  force'''.  Dont  il  fist  le 
palais  de  Termes,  qui  esloit  ainsi  appelle  pour  ce  que  la  se  payoient  le  treliuz 


'■'  Julius  Celsiis,  critique  grec  du  va"  siècle ,  connu 
par  une  révision  des  Commenlntrcs  de  César,  qui  esl 
j(tinle  à  plusieui's  iiininiscril.s  des  Commenlnires.  (V  oy. 
Schneider,  Pelrarch.  Ilisl.  Jiilii  CrFsnris,  Leipzig, 
1827,  in-8°.)  C'est  pourquoi  Hnoul  de  Preslc^s  cite 
ici  les  Commentaires  de  Ci^sar  comme  faisant  partie 
de  l'ouvrage  de  Ceisus. 

'''  Soiiriloit ,  naissait,  arrivait. 

•''  El  ne  leur  chaloil  du  remenaut,  ils  ne  se  sou- 
cinieiit  point  du  i-esle.  Ile  là  lesulistniitif»ion-rAn/orr, 
qui  n  éli'  nhaiulomié  [)nur  In  forme  nonchalanct. 

*'  L'abbé  Le  Beuf  s'est  fort  exercé  sur  l'élymo- 
iogie  de  ce  nom  :  On  trouve,  dil-il,  écrit  en  fran- 
çais, Villfjuif,  Vilkjiiire  et  Villejuil ;  en  latin,  vllln 
Jud(Fa,  villa  Jude  et  villa  Julittw.  Quant  <i  lui,  il 
propose  villa  Gesedum  ou  ri7/rt  Josedum,  d'où  l'on 
aurait  fait  le  pays  de  Josais  ou  Josas,  le  mot  (le- 
xedum ,  ajoute-t-il ,  désignant,  dès  le  temps  de  Fro- 
donrd ,  une  pamissc  de  Paris.  L'élyniologie  de  Uaoul 
il<>  Presles,  moins  cherchée  ce|)endant  que  la  sienne. 


ne  lui  paraît  pas  acceptable,  attendu  que.  dès  le 
xiv'  siècle,  il  était  faux  que  le  corps  de  sainte  Ju- 
littc  ou  Julive  reposât  h  Villejuif.  Enfin  rabl>é  Le 
lieuf  repousse  égolemenl  l'hypothèse  qui  atlribuf 
aux  Juifs  le  nom  de  ce  village  :  irll  n'est  pas  certain . 
irdit-il,  que  les  Juifs  aient  demeuré  en  ce  lieu. 
irqu'ils  l'aient  presque  entièrement  acquis  par  \euv 
ir immenses  usures,  et  qu'il  y  en  eilt  (|ui  y  furent 
«brûlés."  {Ilisl.  du  dioeise  de  Paris,  t.  X.  p.  87. 
38,  39.) 

<*'  FttitUist ,  feinte ,  ruse  de  guerre. 

<''  Sur  cette  expédition  de  Jules  César,  ou  plulAl 
de  Labiemis.  et  sur  la  fondation  du  palais  de* 
Th<>nn»'s.  on  |)eut  consulter  l><imTous.<aint  du  Pl»- 
sis ,  Noutellt*  atmales  de  Paris,  tte.  p.  h  ;  Mtmmn» 
sur  les  muifùlîe  gMt-rvmaimm  4»  Péris ,  pvM.Jol- 
iois ,  1. 1",  p.  85  ;  Mnstiree  jvvmmm  ptr  étetn  eu- 
ranU  h  rAetMmtittmttr^^limuitMhê  ktUm,tlr. 
Paris.  18&3.  in-i*;  et  les  travoux  modernes  de 
MM.  de  Soulcy.  J.  Quicherat.  Creuly.  Boniier.  etc. 


Lintci'prctatioii  du  nom 
des  ni09  (le  Paris. 


108  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX, 

aus  ternies  qui  estoient  ordenés^.  Et  adont  les  gens  commencierent  a  ediflTier 
maisons  a  lenviron  de  ce  chastel  et  a  eulx  y  lojrier;  et  commença  celle  partie  lors 
a  estre  premièrement  habitée.  Nencores  ne  depuis  longtemps  ne  fu  lautre  partie 
de  Paris  devers  Saint  Denis,  la  quele  est  a  présent  la  plus  grant,  habitée.  Mais 
avoit  partout  forés  et  grans  bois,  et  y  faisoit  len  moût  domicides. 

Le  marchié  des  bestes  estoit  par  dessa  la  rue  aus  Bourdonnoys,  ou  lieu  que  len 
dit  le  siège  au  deschargeur'*';  et  encores  lappelle  len  la  viez  place  aus  poursiaux. 
Et  a  la  croys  du  Tyrouer*''  se  tryoient  les  bestes;  et  pour  ce,  a  proprement  parler, 
est  elle  appellée  la  Crois  du  Triouer  pour  les  bestes  que  len  trioyt^*'. 

Au  carrefor  Guillori  estoit  le  pillori  ou  len  couppoit  les  oreilles;  et  pour  ce,  a 
proprement  parler,  il  est  appelé  le  carrefour  Guigne  orille  W. 

Et  la  boucherie  estoit  ou  elle  est  a  présent,  comme  tout  hors  de  la  cité,  et  ces- 
toit  raison.  Et  emprés,  ou  est  Perrin  Gasselint*',  estoit  une  place  ou  len  gettoit  les 
chiens  mors,  qui  sappelloit  la  Fosse  aux  chiens;  et  encores  y  a  il  une  ruelle  qui  est 
ainsi  appellée  (^'. 


'■'  Cette  ëtymologie  plus  que  naïve  prouve  que 
Raoul  de  Presles,  comme  l'immense  majorité  de 
ses  contemporains,  ignorait  le  gi-cc.  On  sait  qu'il 
ëtait  passé  en  habitude  de  latiniser  ou  d'omeUre 
les  mots  de  cette  langue  intercalés  dans  les  auteurs  ; 
de  là  ce  proverbe  plus  ou  moins  authentique  : 
Grœcum  est,  non  legiiur. 

'''  La  rue  des  Déchargeurs  existe  encore  :  elle 
s'étend  de  la  rue  de  Rivoli  à  la  rue  de  la  Ferronnerie. 

'''  La  croix  du  Tyrouer,  Triouer  ou  Trahoir  se 
trouvait  h  l'angle  des  rues  Saint-Honoré  et  de 
l'Arbre-Sec,  à  peu  près  sur  l'emplacement  de  la  fon- 
taine actuelle. 

'*'  Variantes  des  éditions  imprimées  à  Abbeville 
en  1686,  à  Paris  en  i53i  :  «Et  a  la  crois  du  crioir 
ffcrioient  les  bestes;  et  pour  ce  est  elle  proprement 
(rappelée  la  croùc  du  crioir,  pour  les  bestes  que  l'on 
tiy  tuoit.»  Voyez  aussi  Topographie  du  Vieux  Pari», 
par  M.  A.  Berty,  1. 1",  p.  69,  où  sont  citées  les  di- 
verses manières  dont  ce  nom  a  été  ortliographié 
depuis  le  xiii* siècle;  l'auteur  adopte,  quant  à  l'éty- 
mologie,  la  première  opinion  de  Raoul  de  Presles. 

*'  Ce  carrefour  était  situé  au  coin  des  rues  de 
la  Vannerie  et  de  la  Coutellerie;  Sauvai  le  nomme 
carrefour  des  Recommandarenses.  La  rue  de  la  Cou- 
tellerie, qui  y  aboutissait ,  n'était  connue  au  xiu*  siècle 
que  sous  le  nom  de  Vieille  oreille,  Veteris  auris; 
c'est  ce  qui  résulte  notamment,  dit  Jaillot,  d'une 
transaction  de  l'année  1228,  entre  les  religieux  de 


Sainl-Maur  et  rabl)aye  de  Sainte-Geneviève.  Quant 
h  l'étymologie  donnée  par  Raoul  de  Presles  et  re- 
produite |>ar  l'auteur  des  Tablettes  parisienneë, 
Jaillot  ne  la  trouve  pas  fondée  :  «On  coupoit,  dit- 
iril,  les  oreilles  dans  les  carrefours,  aux  halles  et 
crantres  places  publiques;  celui-ci  pouvoit  être  un 
irlicu  patibulaire  de  la  justice  de  Saint-Eloi  ou  de 
irSaint-Maur;  mais  je  ne  vois  pas  que,  ni  dans  notre 
ir ancien  langage,  ni  dans  le  nouveau,  le  mot  gui- 
"gner  ail  jamais  signifié  couper.  Ce  carrefour  fut 
irensuite  nommé  Guillori.  l^c  rôle  de  la  taxe  de  >  3 1 .3 
irnous  apprend  qu'un  maréchal  appelé  Guillori  y 
irderacuroit;  on  trouve  aussi  un  fief  qui  porte  le 
<rméme  nom,  ce  qui  aura  sans  doute  engagé  h  le 
«donner  à  ce  carrefour.»  (Reckerehes  «w  la  tille  de 
Pari»,  quartier  do  la  Grève,  p.  i5.) 

'*'  I>a  rue  Perrin  Gasseiin  formait  la  continua- 
tion de  la  rue  du  Chevalier-du-Guet  et  aboutissait 
h  la  rue  Saint-Denis;  elle  a  disparu  par  suite  de 
l'ouverture  de  la  rue  de  Rivoli. 

'''  La  ruelle  dont  il  est  question  commençait  à 
la  me  des  Bourdonnais  et  se  prolongeait  jusqu'à  la 
rue  Tirechape,  dans  une  direction  à  peu  près  pa- 
rallèle à  la  rue  Sainl-Honoré.  Par  sa  situation  hors 
de  l'enceinte  de  Philippe- Auguste,  elle  servait  de 
voirie.  L'endroit  a  été  nommé  Marché  aux  pour- 
ceaux. Plate  aux  chaU  et  Fosse  aux  chiens.  Dès  le 
commencement  du  xiv*  siècle,  ce  n'était  plus  qu'une 
impasse.  Une  autre  Fosse  aux  chiens  existait  fort 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  109 

Depuis  fu  hal)itée  et  fermée  Paris  jusque»  au  lieu  que  leri  dit  a  larchnt  Saint 
Merry '',  ou  il  appert  encores  le  costé  dune  porte.  Et  la  fu  la  maison  Beniart  des 
Foss('is'^*,  ou  Guillaume  dOrenge  fu  logié  quant  il  desconGt  Ysoré,  qui  faisoit  siège 
devant  Paris*''. 

Geste  porte  aloit  tout  droit  sans  tourner  a  la  rivière,  au  lieu  que  Icn  dit  les 
Planches  de  mi  bray  ;  et  la  avoit  i  pont  de  fust  qui  sadressoit  droit  a  Saint  Denis 
de  la  Gliartre ,  et  de  la  tout  droit  parmi  la  cité  sadressoit  a  lautre  pont  que 
len  dit  Petit  Pont.  Et  estoit  ce  lieu  dit,  a  proprement  parler,  les  Planches  de  mi 


|)rèM  de  \h,  et  dans  des  conditions  semblables,  h 
l'extrémitti  des  rues  do  Itdthisy  et  des  Fossës-Sninl- 
Germain-rAiixeiTois.  (Voir  Jniilot,  quartiers  Sainte- 
Opportune,  p.  i5,  et  du  Louvre,  p.  vu.) 

'''  L'Archet  ou  porte  Saint-Merry  faisait  partie 
d'une  enceinte  de  Paris  antiîrieure  h  celle  de  Phi- 
lippc-Auijuste;  il  était  situé  nie  Saint-Martin,  |irès 
de  la  rue  Neuve-Saint-Merry.  Raoul  de  l'resles 
nous  apprend  qu'il  restait  encore  de  son  temps  le 
ircosté  d'une  porte,»  et  Jaillot  aflirme  que  iril  en 
irsubsisloit  encore  quelques  vestiges  auxv'  siècle.» 
Cette  entrée  de  Paris  produisait ,  h  titre  de  péage , 
un  certain  revenu  h  l'abbaye  de  Saint-Denis.  I/abbé 
Suger,  qui  administra  si  sagement  l(!  royaume  j)cn- 
dant  la  seconde  croisade,  sut,  selon  certains  au- 
teurs, tirer  cinquante  livres  [)ar  an  de  ce  péage, 
qui  n'en  |)roduisuit  annuellement  que  <louze. 

'''  L'nuteiu"  rappelle  ici  un  épisode  de  la  cbanson 
de  geste  de  (îuillmuue  d'Orange,  intitidéc  le  Mo- 
ntage Guillaume.  Bernard  <les  Fossés  est  ce  pauvi*e 
serf  h  cpii  le  vaillant  |)aladin  doimo  cent  sous  d'ar- 
gent pour  aller  en  ville  lui  acheter  des  vivres  : 

Berniini  s'en  vct  la  dctlons  en  la  cit, 
Vers  Petit  Pont  atorno  son  chemin. 
Chapons  ochata  et  ploviera  et  perdris, 
PbIii  hiili-tc,  Ac\  poivre,  del  comin; 
De  la  rhandoile  no  inist  pas  en  obli, 
Clox  de  giruRo  et  pomea  de  jardin , 
Fain  et  avaine  au  bon  deitner  de  pris,  etc. 

Ouatit  au  ir géant  Ysoré  desconlit  [wr Guillaume," 
on  croyait  voir  sa  tondw  sur  la  rive  gauche  de  la 
Seine,  près  de  la  barrière  d'Arcueil;  elle  portail 
le  nom  de  Tonil)e-Issoire.  C'est  ce  qui  nisulte  du 
passage  suivant  d'ini  abii'gé  en  prose  du  roman 
de  (iiiillaïuiie  d'Orange,  fait  au  xv*  siècle,  et  n»- 
produit  par  M.  Paulin  Paris,  qui  a  fait  du  Moniage 


Guillaume  l'objet  d'un  double  travail.  «On  y  voit, 
irdit  M.  Paris,  que  le  géant  se  tenait  en  an  lieu 
irqu'on  dit  Notre-Dame  des  Champ.»  Quand  le* 
assiégés,  revenus  de  leur  terreur,  sortirent  de  la 
ville  et  reconnurent  son  cada^Te,  ils  le  mesurèrent 
et  trouvèrent  que,  rrsans  la  teste,  il  pouvoit  bien 
(ravoir  .xv  pie<ls  de  longueur.  Si  puet  l'en  en«»r 
irveoir  le  lieu  ou  Guillaume  le  laissa  mort,  car  en 
«propre  y  onlonna  le  Roy  et  fist  faire  une  en- 
(fseigne,  etc.»  Sauvai  a  composé  sur  le  géant  Isoré 
et  sur  la  Toml)e-!ssoire  une  dissertation  qui  est 
malheureusement  resiée  incomplète ,  et  qui  n'a  {loinl 
encore  été  publi)>e.  L'abbë  Le  Beof  s'en  est  égale- 
ment occupé  dans  son  Histoirt  d»  iio^te  de  Pmû, 
1. 1",  p.  aSo,  aSi. 

'''  L'arrivée  du  géant  à  Paris  et  le  séjour  qu'y  lit 
Guillaume  d'Orange,  hôte  de  Bernard  des  F'ossé*. 
sont  racontés  tout  au  long  dans  le  Momage  Guil- 
laume que  nous  venons  de  citer,  et  dont  M.  Paulin 
Paris  donne  l'analyse  au  tome  VI  de  ses  ManuMcrit* 
français,  r  D'après  ce  passage ,  ajoute  M.  Paulin  Paris , 
«conféré  avec  les  anciennes  cartes  et  les  bons  histo- 
«  riens  de  Paris,  la  maison  de  Bernard  des  Fo«és 
«était  située  ht  la  sortie  de  la  rue  actuelle  de»  Éeri- 
n vains,  dans  la  rue  <fef  Arcm  <''.  Telle  était  l'opinion 
«consacrée  au  xv*  siècle;  mais  il  faut  convt-nir 
«qu'elle  s'accorde  assez  mal  avec  le  récit  |KN'lique 
«qui  fait  naturellement  venir  Gaillanmc  k  Paris 
Tpar  Orléans  et  par  Etampes  : 

TrvspaaM  AuMire  et  OrimM  «t  Ertaayw 
Truiquc*  Pari*  M  vait  «oqaM  altMjr». 

-De  ce  cAté  il  gagnait  la  rive  gauche  de  la  Seine, 
i-el  non  la  rive  droite  <*',  sur  laquelle  était  l'cniplaee- 
«meiit  de  V Archer  Saint-.Vnry.  Quoi  qu'il  en  soit. 
«Guillaume,  arrivant  le  soir  au  terme  de  son  voyage. 


"'  I,n  rue  ilr»  Ècneaina  et  la  rue  det  Arrù  n'existent  plus.  L'cndivit  indiqué  corrsipoaJ  M  paiat  Mtaé  i  rialMVMiiM  d« 
rue»  de  Hivoii  et  Saint-Martin. 

""'  Dans  le  nouveau  travail  que  M.  Paulin  Paris  a  publié  sur  le  MomUg*  GniUmim  {BêL  SlUr. 4t  U  fV«nM« ,  L  XXU ,  p.  &t7). 
il  ajoute  cotte  judicieuse  réflexion  :  «Guillaume  d'Orange,  arrivant  d'OrUaiM,  d«t  oaturrlleiiieol  M  prixalar  i  nm  fartai»  b 
«rive  gauche  de  la  Seine;  et  le  trouvère  ne  laisse  aucun  doute  sur  ec  point,  M  (iMant  d'abord  travwtsr U  pâlit pMt  è  iMaard. 
«luand  il  va  chercher  des  provisions.* 


110  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

bras,  car  cestoit  la  moitié  du  bras  de  Saine'";  et  qui  auroit  une  corde  et  ia  menast 
de  la  porte  Saint  Martin  jusques  a  la  rivière,  et  par  la  rivière  a  la  Juyerie'*'  droit 
au  petit  pont  de  pierre  abatu,  et  de  la  a  la  porte  Saint  Jacques,  elle  yroit  droit 
comme  une  lingne,  sanz  tourner  ne  ca  ne  la. 

Après  ien  fist  le  cimentiere  ou  lieu  ou  est  leglise  des  innocens,  qui  estoit  lors 
tout  hors  et  loing  de  la  ville,  si  comme  Ien  le  faisoit  anciennement;  car  Ien  faisoit 
et  les  boucheries  et  les  cimentieres  tout  hors  des  cités,  pour  les  punaisies  "-  et  pour 
les  corrupcions  eschiever. 

Prés  de  ce  cimentiere  Ien  commença  a  faire  le  marchié;  et  lappelloit  Ien 
Champiaux,  pour  ce  que  cestoient  touz  champs;  et  encoresa  ce  lieu  retenu  le  nom. 
Et  pour  raison  du  marchié  y  commencèrent  premièrement  les  gens  a  faire  loges  et 
petites  bordes  (*',  comme  firent  les  Bourguignons  quant  ils  vindrent  premièrement 
euBourgoingne  *'.  Et  puis  petit  a  petit  y  edifTierent  maisons;  et  y  Ost  Ien  haies  pour 
vendre  toutes  manières  de  denrées.  Et  ainsi  crut  la  ville  jusques  a  la  porte  Saint 
Denys;  et  la  fu  fermée  et  fu  abatue  la  vielle  muraille;  et  a  présent  sestent  la  ville 
jusques  a  la  bastille  Saint  Denis  ^•'. 


ira  bien  de  la  peine  à  pénétrer  dans  les  murs  de 
<r  Paris.  La  gaite  ou  sentinelle  du  roi  I<ouis  refuse  de 
(rie  reconnaître;  mais,  toucht'e  de  ses  sollicitations, 
•relie  ajoute,  pour  adoucir  l'expression  de  ses  refus  : 

Par  seul  itant  que  eitc*  erestieo , 
Et  que  vos  ai  parier  d«  Dca  del  ciel, 
Selonc  mon  sens  vous  verrai  cooseillir  : 
Ici  amont,  delès  cel  pin  plenier, 
A  un  fossé  qui  est  et  grand  et  viez; 
Uns  povres  boms  est  illec  bebergié . . . 
Or  soies  là  tros  qu'a  l'aube  eseUirier. 

it Guillaume  finit,  en  effet,  par  demander  et  ob- 
ff  tenir  l'hospilalitë  de  Beniard  des  Fosses.  Les  dé- 
tails de  la  réception  sont  comicpies  et  amusants.^ 
{Les  Manuscrits  françaù  de  la  Bibliothèque  du  Roi, 
t.  VI,  p.  i43  et  suiv.  —  Hisl.  Utl.  de  la  France, 
t.  XXil,  p.  5a7  et  suiv.) 

'■'  Cette  dtymologie  a  ét^  contestëe;  le  <rpont  de 
fust.i  ou  les  Planches  de  Mibrai,  devaient  peut-être 
leur  nom  à  im  territoire;  le  P.  Dubois  cite,  en 
effet  {Ilist.  eceles.  Paris,  t.  II,  p.  76),  un  diplôme 
de  Henri  I",  date  de  1089,  et  le  Gallia  ehristiana 
(t.  Vil,  col.  3 10)  mentionne  également  un  moulin 
en  Mibrai,  m  Malbraio,  que  Robert  Pisel  avait  donné 
au  prieuré  de  Saint-Martin-des-Ghamps.  René  Macé , 
moine  de  Vendôme,  dans  son  poëme  manuscrit  in- 
titulé Le  Bon  Prince,  donne  une  troisième  étymo- 
logie  que  Jaillot  reproduit  après  Marrier  {Monast. 
reg.  S.  Martini  de  Campis  hist.  Paris,  1687,  in-4°. 
p.  i6);  la  voici: 


L'BapMWV  viaol  ptr  la  CoataOerie 
JoMja'aa  eariiHir  iioiiiid<  U  Tumerie 
Où  fut  jadis  U  Planebc  de  Mibn|  ; 
Tel  nom  porloit  pour  1*  rtfM  et  le  èrmf 
GeUi  de  Seyne  eo  «ne  erenie  tnacbe, 
Entre  le  pont  que  l'on  pasoil  i  pioieh*, 
El  on  l'dloit  pour  être  eo  lArelé,  etc. 

Ije  mot  bray,  en  latin  du  moyen  âge  braium, 
signifie  boue ,  limon ,  fange ,  et  le  mot  braye,  partie 
de  rivière  resserrée  entre  deux  digues  (Du  Gange, 
édit.  Henschel,  t.  V,  p.  78).  Dans  ce  sens,  Mibrai 
signifierait  au  milieu  de  la  boue,  in  medio  braio. 

'*'  Juyerie,  nie  de  la  Juiverie. 

'''  Punaisies ,  mauvaises  odeurs ,  exhalaisons  mal- 
saines. 

'*'  Bordes ,  maisons  ou  fermes.  Ce  mot  est  encore 
usité  dans  le  centre  et  le  midi  de  la  Franc. 

'*'  Presque  tous  les  Burgondes  étaient  gens  de 
métier,  -ouvriers  en  charpente  ou  en  menuiserie.  - 
■lit  lin  historien  moderne.  On  s'explique  alors  qu'il» 
aient  facilement  construit  éloges  et  petites  bordes." 
On  verra  plus  loin  ce  que  Guillebert  de  Met*  fait 
de  ce  dernier  mot. 

'*'  La  porte  Saint-Denis ,  apfiartenanl  à  l'enceinte 
de  Philippe-Auguste ,  était  située  dans  l'axe  de  la  rue 
Saint-Denis,  à  jieu  près  à  égale  dislance  des  rues 
Mauconseil  et  du  Petit-Lion;  elle  touchait  à  l'im- 
passe des  Peintres.  La  me  Turbigo,  à  son  point 
d'intersection  avec  la  rue  Saint-Denis ,  en  marque 
aujourd'hui  l'emplacement. 


DESCRIPTION  DR  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  III 

Quil  soit  vray  il  appert,  car  quant  leglise  de  Saint  Ma{j!oirc,  la  quele  fu  pre- 
mièrement en  la  cité,  fu  transporté  ou  lieu  ou  elle  est  a  présent*'',  elle  fu  édifiée  au» 
champs;  et  se  treuve  encores  que  en  la  dacte  des  lettres  royaux  qui  furent  faitte« 
pour  lors,  avoit  et  a  escript  :  Donné  en  nostre  église  de  Saint  Magloire  de  les  Cham- 
piaux  prés  de  Paris  ^'^K 


Encores  se  treuve  il  en  la  vie  de  saint  Babolein  '*',  qui  ou  temps  de  Clodoveu» 
fonda  une  abaie  a  Saint  Mor,  (jui  lors  estoit  appelles  les  Fossés  '*>,  que  ou  temps  que 
.Iulius  César  fu  en  France  et  quil  lot  aussi  comme  toute  conquise,  il  sen  vint  de  ' 
Sens  a  Meleun,  et  de  la  vers  Paris  par  la  rivière  de  Sainne,  entra  en  la  rivière 
de  Marne  pour  aler  con((uerre  la  cité  de  Miaux;  et  arriva  ou  lieu  ou  est  legiise  de 
Saint  Mor  a  présent;  et  la  demoura  tout  liver,  ou  quel  temps  diver  les  anciens  se 
roposoient  ne  naloicnt  en  guerre  jusques  au  prinslenqis.  Il  si  loga  et  tout  son  ost, 
pendant  le([uel  temps,  pour  ce  (juil  vit  le  lieu  bel  et  la  place  forte,  tant  pour  la 
rivière  comme  pour  la  situacion  du  lieu,  il  y  fîst  faire  i  chastel  trop  merveilleuse- 
ment fort,  qui  se  fermoit  de  n  costés  de  la  rivière  de  Marne,  et  par  devers  Paris  de 
fors  murs  et  de  grans  fossés.  Et  fu  ce  cliastel  appelle  le  Chastel  de  Begaux,  pour 
une  manière  de  gens  aus  quiex  il  h^  bailla  a  garder,  les  quiex  estoient  appelles 
Regaux'*'. 

Ce  chastel  dura  jusques  au  temps  de  Maximien ,  appelle  Herculeius,  qui  fu  envoyé 


Um«i 


ta 

SaM(M«<fc»r« 


'*'  Lo  seconde  éjjlise  Snint-Ma(floirn  était  située 
Ji  t'exlniniitë  sud  de  la  rue  Salle-au-Conile,  enln- 
les  mes  Saint-Denis  et  Quincampoix ,  h  peu  de  dis- 
tance des  éjjlises  Saint-F.cu  et  du  Saint-Sépulcre. 
Le  couvent  qui  l'entourait  fut  occupé,  de  1 138  à 
1579,  par  des  religieux  de  l'ordre  de  Saint-Benoit , 
et,  h  partir  de  cette  dernière  époque,  par  (]cs  JUIfx 
pénilmtes.  L'église  et  le  couvent  de  Saint-Magloirc. 
suppritnt's  en  1790  et  vendus  le  6  vendémiaire 
au  V,  ont  fourni  le  terrain  nécessaire  à  l'ouverture 
de  rini])asse  Saint -Magloire  en  1807,  et  plus  n'- 
cemmcnt  au  percement  de  la  rue  de  Ratnbuteau  et 
du  boidevnrd  de  St-hastopol. 

'''  Sur  les  Halles  des  C.hampenux,  voir  le  Traité 
des  louanges  de  Paris,  ci-dessus,  p.  5o  et  5i. 

'''  La  vie  de  Saint-Babulein.  que  donnent  les 
Acta  Snnelorum  ,  t.  V,  p.  179,  ne  fait ,  bien  entendu , 
nulle  menlion  du  pn'lendu  st'jourde  Ct'sar  sur  l'eni- 
|)lacemcnt  de  Saint-Maur-des-Fossi!»,  et  de  son  ex- 
pédition tt|)our  aler  coiupieriv  la  cité  de  Miaux.-' 
(Vile  <|ue  mentionne  ici  Raoul  de  Presles  est  une 
biographie  anonyme  composée  au  xi'  siècle  par  un 
moine  de  l'nbbnye.  L'abbé  Ia^  Beuf  n  fait  olMH'rver, 
après  DU.  .Mabillon.  Bouquet.  Hivcl,  1.' P.  I.ecointc 


et  les  Bollandistes,  que  cet  auteur  'a  manqua  de 
-î critique,  lorsqu'il  a  voulu  parler  de  ce  qui  éloil 
irarrivë  sept  cents  ans  avant  lui.o 

'*'  Sur  l'abbaye  de  Saint-Maur-des-Foasës  et  le 
château  des  Inégaux  ou  Bagaudes,  voyex,  oatre  le 
curieux  article  de  l'abbë  Le  Beuf  (U  V,  p.  98,  de 
r//i'*/.  du  diocèse  de  Paris) .  les  Fie»  de  S.  Maw  et  de 
S.  Babolein,  publiées  parDuBreul.  p.  97.  et  p.  187 
du  Supplemenhm  antiquilalum  urbis  Parisiûctr,  eU. 
l'arisiis.  i6t^i.  in- 4'.  et  le  Gallia  ehristiana. 

''  "Qui  |)eut  croire,  dit  l'abtié  Le  Beuf,  que 
-c'est  Jules  (.'.éiar  qui  avoit  fait  faire  les  oa« 
irdont  il  est  parlé  ici .  et  qu'il  leur  donna  le  1 
"  de  Catirum  Hngaudamm ,  à  cauM  que  eem  an- 
-qucls  il  en  coulia  la  garde  s'appeMeat  BagaodeaT 
tTous  les  gens  versés  dans  la  lecture  des  aaoH 
-auteurs  conviennent  que  le  non  de  BagawlM  a'a 
-conunencé  ii  {Mirnistre  que  troia  ceob  MM  tftèt, 
-sçavoir  sous  l'empire  de  Diodëtien  tt 
-Ce  fut  le  nom  que  portèranl  akm  V 
-rautcs  de  miHxinlenIs,  prindpafeiMQt  de  { 
irnom  qui,  quoique  d'abord  ne  aignifiant  en  gioé- 
-rnl  qu'une  atacmbiée,  parla  suite  devint  odiea, 
ira  cause  que  cet  Bagavdca  k  méktient  de  pdhr. 


112  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

en  France  pour  mettre  a  mort  tous  crestiens  et  destruire  toutes  les  églises;  et  y  fu 
envoyé  par  Dioclecien  lemperere,  lequel  le  fist  corapaignon  de  son  royaume. 

Ce  Maximien  Herculeius,  quant  il  vint  en  France,  trouva  que  Amant  et  Helien, 
n  crestiens  qui  ne  vouloient  point  estre  subgés  ans  Rommains  ne  aourer  les  ydoles, 
pour  résister  a  Maximien  sestoient  mis  a  garant'''  en  ce  chastel,  acompaignés  de 
plusieurs  de  ces  Begaux.  La  vint  Maximien  et  fist  siège  devant  le  chastel  par  long 
temps;  et  finablement  le  prinst  et  mist  a  mort  tous  les  Begaux  et  autres  crestiens 
quil  pot  trouver;  et  arrasa  le  chastel  tellement  quil  ny  demeura  que  la  place 
vuide.  Des  Begaux  ainsi  occis  par  ce  Maximien,  et  de  Amant  et  Helien,  et  com- 
ment il  furent  vaincus  legieremenf^,  parle  Orose  ou  VU*  livre  de  son  Ormeste,  ou 
XXXI*  chapitre  '''. 


Dm 

gens  iiommet  Draides. 


Ëncores  est  il  assavoir  que  en  ce  temps  que  Julius  César  vint  devant  Paris,  et 
pour  conquerre  France,  elle  estoit  gouvernée  par  certaines  gens,  si  comme  dit 
Julius  Celsus  en  son  Vi'  livre.  Il  y  avoit  unes  gens  qui  estoient  appelles  Druydes,  et 
si  y  avoit  chevaliers,  etsy  y  estoit  le  peuple  duquel  len  ne  faisoit  point  de  conte, 
car  il  estoient  aussi  comme  serfs;  et  quant  il  se  veoient  grevés  ou  oppressés  par 
aucun,  il  se  rendoient  au  plus  fort. 

Les  Druydes  estoient  aussi  comme  les  souverains  evesques,  qui  gouvernoient  et 
temporel  et  esperituel,  apprenoient  aus  enfans  science  et  doctrine,  congnoissoient 
de  toutes  manières  de  causes  et  jugoient,  fussent  crimineles  ou  civiles,  personneles 
ou  réelles. 

Touz  les  ans  assembloit  tout  le  peuple  devant  eulz  a  certain  jour  en  une  mon- 
taingne  consacrée  a  Jupiter,  qui  a  présent  est  appellée  Montjaout  ('' ,  en  latin 
Mons  Jovis.  La  faisoient  droit  a  chascun;  et  sil  en  y  avoit  aucuns  qui  ne  voulsissent 
obéir  a  leurs  decrés  et  tenir  leurs  jugemens,  il  li  estoit  deffendu  a  sacrefier,  ne 
ne  recevoit  len  point  ses  sacrefices,  qui  estoit  une  très  grief  paine  a  celi  a  qui  il 


"de  voler,  en  sorte  qu'il  fut  donné  à  tous  ceux  qui 
nrefusoient  d'obéir  aux  empereurs. i  (Hist.  du  dioe. 
de  Paris,  t.  V,  p.  98. ) 

'■'  Settoietil  mit  a  garant,  s'étaient  retranchés. 

'*'  Legierement,  facilement  et  ici  complètement. 

'''  Raoul  de  Presles  indique  ici  la  source  très- 
peu  sûre  où  il  a  pris  les  détails  qui  précèdent,  et 
où  avait  également  puisé  l'auteur  anonyme  de  la 
vie  de  saint  Babolein.  Avant  Paul  Orose,  Aurelius 
Victor  et  Eutrope  avaient  parlé  de  l'expédition  de 
Maximien  Hercule,  mais,  ainsi  que  le  fait  observer 
l'abbé  Le  Beuf,  irsans  désigner  la  province  et  encore 
moins  le  canton.  1  L'historien  du  diocèse  de  Paris, 
fort  de  fautorité  des  savants  sur  lesquels  il  s'appuie, 


ne  croit  pas  qu'Amand  et  Élien  fussent  chrétiens, 
qu'ils  se  soient  retirés  à  Saint-Maur-les-Fossës,  et 
qu'ils  y  aient  subi  le  martyre.  "11  n'est  pas  besoin. 
"  ajoute-t-il ,  de  critiquer  davantage  l'auteur  d'une 
trl^nde  qui  a  voulu  deviner  les  faits  au  bout  de 
"Sept  cents  ans.»  {Hist.  dudioc.de  Paris,  i.\\  p.  99.) 
**'  Monijavoult ,  village  du  département  de  l'Oise , 
arrondissement  de  Beauvais,  canton  de  Chaumont 
en  Vexin.  est  situé  sur  un  point  culminant,  à  aoS 
mètres  d'altitude.  On  y  a  découvert  des  sépultures 
celtiques,  des  débris  de  sarcophages,  des  médailles, 
des  briques  et  autres  vestiges  des  époques  gauloise 
et  gallo-romaine.  Raoul  de  Presles  parait  donc  avoir 
été  bien  informé. 


DESCHIi'TlO.N  OK  l'AHIS  SOUS  CHARLES  V.  IIS 

estoil  (lofTondu.  Tous  le  fuyoienl,  ne  ne  parloient  point  a  li,  ne»*''  que  a  excom- 
mcnic'!;  cl  se  il  se  plainijnoient  daucun,  Ion  ne  ii  en  faisoil  point  de  droit. 

Ces  Druides  estoienl  (juilU^s  de  tous  Ireluiz,  de  touz  os''^'  et  de  toutes  chevau- 
ch(';es;  ne  il  naloient  en  bataille  pour  ({uelconque  neccessit<^' ;  et  si  estoient  franset 
quittes  de  toutes  prestacions  et  redevances  que  les  autres  paioient;  et  pour  celle 
cause  plusieurs  aloient  a  lescole  et  apprcnoienl. 

Entre  tous  les  autres  il  en  y  avoit  i  souverain  qui  avoit  puissance  sur  tous 
les  autres  Druydes;  et  quant  il  esloitmort,  len  eslisoit  le  plus  souflisanl  après;  et 
se  il  en  y  avoit  plusieurs  de  pareil  estât,  len  en  eslisoit  i  par  le  conseil  des  autres 
Druides;  et  aucunes  foys  se  combatoit  len  pour  avoir  celle  seignourie,  selon  ce 
(|uil  estoient  j)uissans. 

Lautre  manière  de  |jens  estoit  de  chevaliers;  et  ceulz  cy  nculendoient  a  riens 
(jue  ans  armes  et  a  faire  injure  a  leurs  voisins,  ou  rebouter <''  ceulz  (jui  leur  fai- 
soicnt  injures;  et  selon  ce  que  cliascun  estoit  plus  riches  et  plus  puissans,  il  estoit 
{jarni  de  {jens. 

Quant  il  se  esconvenoit'*'  armer,  il  esconvenoit  que  tous  les  jounes  hommes  se 
présentassent  ensemble;  et  se  il  en  y  avoit  aucun  qui  demourast  derrière,  ilz  le 
faisoicnt  mourir  de  très  cruelle  mort.  Il  ne  soufroient  que  leurs  enfans  veinssent 
devant  eulz  jusques  a  ce  que  il  fussent  en  cel  aage  que  ilz  se  peussent  armer; 
et  (lisoient  <|ue  cestoit  laide  chose  que  i  enfant  avant  son  aage  sapparust  devant 
son  père. 

Il  estoient  merveilleusement  enclins  aus  religions  de  leure  Diex  et  a  leurs  sa- 
crefices;  entre  les  quiex  ils  aouraient'*'  sur  toutes  les  autres  Mercure,  et  après 
\|)olin,  Mars,  Jupiter  et  Minerve.  Quant  ilz  estoient  tourmentés  daucunes  griefves 
maladies,  ou  en  grant  péril  de  leurs  corps  en  aucune  bataille,  il  sacretlioient  a 
leurs  Diex  houmies  vifs,  ou  eulz  mesmes  se  vouoient  a  sacrefier.  Car  leurs  Druydes 
leur  avoient  enseigné  que,  pour  racheter  la  vie  dun  homme,  len  devoit  donner 
aus  Diex  la  vie  dun  homme,  ou  autrement  il  tenoient  que  le  courroux  des  Diex 
nesloit  pas  soullisamment  apaisié.  Il  avoient  autres  sacrefices  communs  et  pu- 
bliques, cest  assavoir  (jue  il  faisoient  une  très  grant  ydole  ou  simulacre  dosiers, 
et  lomplissoient  de  honunes  vifs,  et  puis  boutoient  le  feu  dedens  et  les  ardoient; 
et  meltoient  dedens  communément  larrons  et  robeurs,  et  gens  convaincus  dau- 
cune  mauvaistié.  Et  disoient  (|ue  les  Diex  avoient  ces  sacrefices  très  agréables,  et 
en  estoient  les  Diex  plus  favourables  a  ceulz  qui  estoient  ainsi  condampnès.  Et 
quant  il  avoient  delTaute  de  telz  gens,  il  sacrellioient  par  tele  manière  les  inno- 
ccns.  Hz  fiiisoient  aussi  sacrefices  des  bestes  quilz  avoient  prinses. 

'''  Net  que,  non  plus  qiio.  '"'  RelxHiler,  repousser. 

'■'  0«  on  o«r,  oxpt'tlilious  militaires  d'inUWtgrf-  '*'  Eêtomnoil,  fonvoinit. 

nëral,  par  o|)|)osilion  nux  chevauchées  ou  (fticrres  '*'  Afmrmenir  ndorairnt. 
privdc». 

1II>T.   I.  |5 


\\à  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIf.INALX. 

Moult  de  choses  y  a  autres  que  dit  encore»  ce  Julius  Celsus,  lesquelz  nous 
laissons  pour  cause  de  brieft('''". 

Tant  y  a  que  le  principal  de  leurs  temples  estoit  ou  maintenant  est  Mont- 
martre, qui  estoit  lors  appelle  le  Temple  de  Mercure  pour  ce  que  son  temple  v 
estoit'-'.  Le  secont  estoit  le  temple  dApolin,  et  estoit  a  Court  démanche,  qui  se  dit 
(;n  latin  Curia  dominica,  et  est  oultre  Pontoise,  ou  lieu  que  len  dit  a  présent  la 
mer  dAutye  '*'.  Le  tiers  estoit  Montjaoust,  qui  estoit  consacré  a  Jupiter.  Et  en  tous 
ces  Hi  se  faisoient  sacrefiices  par  tele  manière,  que  quant  len  faisoit  sacrefice  a 
Court  démanche,  qui  est  ou  millieu,  len  veoit  des  n  autres  monlaignes  ce  sa- 
creffice'*'. 


De  Saint-Pcni». 


A  celle  montaingne  de  Mercure  fu  envoyé  par  Domician  Maxence  et  mené 
monseigneur  saint  Denis  et  ses  compaignons,  pour  sacreffier  a  Mercure  en  son 
temple  qui  la  estoit,  et  dont  il  appert  encore  la  vielle  muraille;  et  pour  ce  quil 
ne  le  voull  faire,  fu  ramené  li  et  ses  com|)aignons  jusque»  au  lieu  ou  est  sa  chap- 
pelle,  et  la  furent  tous  décollés.  Et  pour  celle  cause,  ce  mont,  qui  par  avant  avoit 
a  nom  le  Mont  de  Mercure,  pardi  son  nom  et  fu  appelle  le  Mont  des  Martirs;  et 
encores  est. 

Ce  monseigneur  saint  Denis  fonda  a  Paris  m  esglises  :  la  première,  de  la  Tre- 
nité,  est  leglise  ou  est  aouré  a  présent  saint  Benoisl,  et  y  mist  moinnes;  la  se- 
conde. Saint  Estienne  des  Grieux,  (|ui  par  corrupcion  de  nom  est  appellée  Saint 
Estienne  de  Grés,  et  y  fist  une  petite  chappelle  ou  il  chantoit;  la  tierce.  Notre 
Dame  des  Champs,  en  laquele  église  il  demouroit,  et  y  fu  prins**. 


'*'  Tous  les  détails  qui  pr^èdent  sont  pris  dans 
les  Commentairet  de  irce  Juliiis  OIsiis.»  liv.  VI. 

'"'  Voyez  sur  le  Mont  de  Mercure ,  devenu  Mont 
des  Martyrs ,  puis  Montmartre ,  la  notice  sur  Raoul 
de  Presles  et  le  passage  du  Miun  que  nous  avons 
cit^. 

'''  Court  démanche ,  aujounrhui  (lourdimanche , 
commune  du  canton  et  de  l'arrondissement  de  Pon- 
toise, département  de  Seine-et-Oise.  Ce  que  Raoul 
de  Presles  appelle  --la  mer  d'Autyo  est  probable- 
ment le  plateau  ou  plaine  élevée,  aquor,  qui  s'étend 
rie  Poiiloise  l\  Triel.  Celle  région  est  couverte  de 
grands  bois  qui  portent  encore  aujourd'hui  le  nom 
de  Hautil. 

'''  Les  trois  montagnes  que  Raoul  de  Presles  «lit 
avoir  été  le  siège  du  culte  druidique  sont  situées 
en  droite  ligne,  dans  la  direction  de  Paris  à  Rouen, 
lies  Gaulois  les  utilisèrent  peul-Atre  pour  organiser 
la  défense  du  pays,  en  y  allumant  ces  grands  feux 
qui  servaient  alors  de  signaux  télégraphiques. 


''  L'abbé  l^e  Beuf  relève  trèa-vmaMot  cesirois 
erreurs  de  Raoul  de  Presles  :  »II  ëtoit,  dit-il,  par- 
i-donnable  au  \iv'  siècle  de  croire,  comme  a  fait 
-Raoul  de  Presles,  en  son  commentaire  sur  S.  Au- 
"gustin  de  la  Cité  de  Dieu,  que  S.  Denis,  ayant  bâti 
l'en  ce  lieu  une  église,  y  mit  des  moines.  Comme 
"l'on  méprise  avec  raison  ces  traits  fabuleux,  je  ne 
-m'arrétoisqu'à  cequi  m'a  |>aru  digne  de  croyance." 
Voilà  pour  la  fondation  de  l'élis*-  S.iint-Renoil , 
qu'il  établit  ensuite  hi.storiquement.  Quant  h  Saint- 
Ktienne-des-Grèfl ,  tk  Gretùbtu  :  'Je  suis  bien  ëloi- 
tfgné,  dit-il.  d'en  remonter  l'origine  nu  siècle  de 
-S.  Denis,  puisque  ceux  qui  l'ont  cru  n'ont  étéfon- 
"dés  que  sur  l'usage  de  la  surnommer  des  Grès, 
-qu'ils  s'imaginoient  venir  du  latin  de  Grtrfix 
-(Grieux,  Grecs)  et  en  qui  ils  Irouvoient  un  rapjjort 
-évident  avec  S.  Denis  l'Aréopagite."  Suivent  de 
nombreux  litres  du  xin*  siècle  où  l'église  est  appe- 
lée Sancii  Slei>ham  de  CireMibus.  Enfin  Notre-Danie- 
des-Champs,  quoique  d'origine  fort  ancienne,  puis- 


çain  curûi  cclm  (knctr  troîtna  niiilicn  v5P 
vÂuc  qnnimcpiiuittr  îtuotr  Cqrlmit;?>^ 


■««fif  •••s>» 


S' Denis  se 

Ficsimiic  du 


bCiUn  id  icyende.au  lieu  de  sa  sépulture Lnscve;isseîr.eni gu  martyr 

dfe  ifa  Vie  de  Monseigneur  Saincl  Denis   Ms  *k  tblietMv  ka^Fhids  fsuxjti  rf^:  V53 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V.  115 

Et  ces  choses  avons  nous  dit  pour  nionstrer  lancienne  creacion  de  Paris. 

Mais  encores  pour  le  monstrer  plus  cleremetit,  Guillerrnm  Monumelen$ii'-'\  en  sa 
cronique  (jue  len  appelle  le  Brut,  dit  que  ou  temps  que  Brutus  se  parti  de  Grèce 
et  que  il  queroit  pays  j)our  habiter,  il  vinst  en  Aquitaine,  dont  Golfarius  estoitroy, 
qui  cstoit  Poitevin;  et  après  ce  quil  fu  desconOt  de  Brutus,  il  sen  vinst  en  Franc»- 
pour  querre  secours;  et  dit  que  lors  en  France avoit  xii  pers  qui  estoient  pareulz'*' 
eu  dijjnelé.  El  dit  que  ce  fu  ou  temps  de  Hely. 

Encores  dil  il  en  ce  mesmes  livre  que  il  y  ot  i  roy  en  France,  ou  temps  de  \sii\i" 
oL  dOsée  les  prophètes'^',  qui  ot  a  nom  Aganipus,  le(juel  otesposé'*'  la  (ille  dun  ro\ 
dEnyleterre  appelle  Leyr,  lequel  depuis  fu  bouté  hors  de  son  royaume  dEngle- 
terre;  et  vinst  a  secours  a  Aganipus,  qui  passa  en  Engleterre  et  a  force  darmes 
le  remist  en  son  royaume  '*'.  Par  quoy  len  peut  veoir  que  la  cité  de  Paris  fut  fon- 
dée merveilleusement  longtemps  avant  l'empereur  Vallentinien. 

Et  ces  choses  souffisenl  quant  a  ceste  partie,  et  pour  ce  nous  retournons  a  lex- 
j)osicion  du  texte. 


(jirelle  «si  citdc  dnns  un  docuiiient  du  viii*  siècle, 
ne  peut  Atie  considérée  comme  ayunl  été  bâlie  par 
saint  Denis.  C'était,  dit  Le  Beuf,  un  oratoire  jdacé, 
comme  celui  de  Saint-Mirliel.  au  milieu  des  vignes 
et  des  sé[)ultures  (jui  s'étendaient  sur  tout  le  ré- 
vère occidental  du  plateau  de  Sainte-Geneviève.  On 
l'avait  surnommée  de  Campis,  autant  pour  désigner 
sa  situation  cpie  pour  la  distinguer  de  l'église  ca- 
lliédralc.  {Ilist.  du  dioc.  de  Paris,  1. 1",  p.  a  i  o,  aa3, 
a3a.  —  Voir,  en  outre,  l'édit.  Cocheris,  1. 1",  p.  9t.) 
'''  Le  chroniqueur  <pie  Raoul  de  Presles  appelle 
iuiproprenienl  (liiillfimiix  est  (imifridiix on  Galfridim 
Monumelensis  ((leolFroy  de  Moutmontli),  né  vers 
1 100,  proliahliMuent  dans  la  ville  dont  il  portail  le 
nom,  et  mort  en  iif)'!;  il  l'ut  d'abord  bénédictin. 
puis  arcliidiacre  de  l'église  de  Montmouth  et  év^pie 
de  Sainl-Asapli.  Ses  onviages  ont  presfine  tous  le 
caractère  légeudaii-e.  Sou  Histoire  des  llrcluns,  dans 
laquelle  il  a  fait  entrer  les  pro|)liéties  de  Penchan- 
teur  Merlin  et  les  aventures  d'Arthur,  lui  valut,  dil- 
on,  le  surnom  de  (lalfridus  Arturus.  Cette  com|)i- 
lation  eut  im  iuunense  .succès  au  moyen  âge;  les 
nuuiuscrits  s'en  multiplièrent,  et  plus  tard  elle  ent 
de  nombivuses  éditions  imprimées.  On  cite  celles 
de  Paris  (i.')o8  et  i5i7).  de  lleidelbei-jf  (iSSy). 
deIx)ndi-e8(i7t8,i83o,  t844),  deHalle(i85a). 
La  rhmnicpie  de  rieoiïmx  de  Montiiioulh  est  la  mine 
d'où  Ware  a  lii-é  son  roman  du  Brut;  Unoul  de 
Pi-esles  la  désigne  même  sous  ce  nom.  C'est  égale- 


ment (I   cette  source  cpiont  puisi-  li-s  auteur»  de 
presque  tous  les  romans  <le  la  Table  ronde. 

'*>  Pareuk ,  ^atu ,  pareils. 

'^'  Il  est  facile  de  voir  que  toute  cette  riironologie 
est  fantastique  :  les  synchronismes  que  ttaoul  de 
Presles  cliei-clie  à  établir  d'après  Geoffroy  de  Mont- 
mouth ne  reposent  que  sur  des  légendes. 

'*'  Esponé,  é|)ou8é. 

'"'  I<eyr  ou  Lear,  roi  d'.^ngleterre.  avait  troi» 
elles,  Gonerille.  Ragau  et  Cordelia.  L.e«  ayant  in- 
terrogées afin  de  connollre  leur  amour  pour  lui .  il  fui 
si  salisfaitdela  répon.-*  flatteuse  des  deux  premières, 
qu'il  leur  promit  ses  ëlats  après  sa  mort  et  leur  en 
donna  la  moitié  en  les  mariant:  ses  gendre»,  impa- 
tients de  i-ectieillir  celte  sucres.sinn.  le  délrAnèrent. 
Ce  fut  le  mari  de  la  dernière.  Aganippiis.  qui  lavait 
éponstV  sans  dot.  <pii  vint  n'tablir  \jp\t  sur  son 
tJi^ne.  Ou  jK-ut  lire  l'histoire  du  roi  Leyr  et  de  ses 
trois  filles  dans  le  Roman  de  Brut,  par  Wace  {wn 
1697-9114).  Ce  roman,  aussi  bien  que  la  riiro- 
nique  de  Geoffroy  de  Monmoulh .  |taralt  avoir  M 
inconnu  à  Shakes|>eare  ;  au  moins  n'en  a-l-il  eu 
que  des  souvenirs  d'après  certains  oavragei 
|>opulaires  de  son  tenqw;  et  il  a  trouvé 
inspirations  poiu*  son  dranx*  dans  une 
ballade  publiée  par  Pévéque  Percy.  (Voir  le  Homam 
de  lirMi,  |tar  Waoe,  poëte  du  xn*  ùkie,  pahU  pw 
Le  Koux  de  IJncy.  Rouen.  1 836-38.  'm-9',  «  vol. 
t  I-.  p.  84.) 


iS. 


DESCRIPTION 


DE 


LA  VILLE    DE   PARIS 


sous  CllAlILKS  VI 


PAR    GUILLEBEllT    DE    METZ. 


1407  —  \à3à. 


NOTICE. 


(ionliîiircincnl  i'i  l'ordre  suivi  dans  les  deux  notices  précédentes,  nous  nous  propoaoof  t>rin>*mr>* 
d'analyser  tout  d'abord  l'ouvrage  de  (juiliebert  de  Metz;  puis  nous  chercherons  à  faire 
connaître  sa  personne,  sa  profession  et  les  circonstances  les  plus  saillantes  de  sa  vie.  La 
raison  de  ce  mode  de  procéder  est  des  plus  naturelles  :  l'écrivain,  ou  plutôt  le  «Iran»- 
cripvain,»  comme  il  se  désigne  lui-même,  n'est  guère  connu  que  par  ses  oeuvres;  et  sa 
hiograpliie,  tout  incomplète  qu'elle  soit  encore  aujourd'hui,  ne  peut  se  déduire  que  de  la 
lecture  (le  son  livre  et  de  l'examen  de  ses  autres  travaux. 

La  l)e»crij)twn  de  la  ville  de  Paria  est  divi.sée  en  trente  chapitres,  qui  ne  répondent  pas  (ou-  u<ii«4* 
jours  aux  titres  (|ue  l'auteur  leur  donne;  mais  cet  en.semble  est  composé  de  deux  parties  trè»- 
(iistinctes  (pi'il  est  important  de  signaler  :  i°  la  partie  enq)runtée  aux  chroniqueurs  de  toutes 
les  épo(|ues  antérieures  au  xv'  siècle,  et  .se  terminant  avec  le  dix-neuvième  chapitre;  a*  la 
partie  orijjinale  comprise  dans  les  dix  derniers  chapitres.  C'est  là  (|ue  Guillebert  expose 
l'état  de  la  \ille  de  Paris,  telle  (pi'il  l'avait  vue. 

Les  onze  premiers  chapitres  sont  la  copie  pres(|ue  textuelle  du  commentaire  ajouté  par 
Itaoul  de  Presles  au  chapitre  xxv  du  livre  V  de  sa  traduction  de  la  Cité  de  Iheu^'K  Guilleberl  .bcmuiIh  .hliu 
de  Metz  développe,  an  chapitre  v,  ce  cpi'a  dit  son  devancier  sur  la  loi  saliijue;  de  même,  à 
la  lin  dn  chapitre  \i,  dont  Haoïil  de  Presles  avait  traduit  les  principaux  détails  de  GeotTroy 
(le  Monmonth,  il  ajoute  un  fait  relatif  au  prétendu  roi  de  France,  Aganip|>us,  fait  qu'il  em- 
prunte au  même  chroniqueur.  Il  est  d'autant  plus  surprenant  que  notre  auteur  n'ait  pas  dit 
à  quelle  source  il  puisait  cette  partie  de  son  ouvrage,  (pie  plus  loin,  chapitres  xtii  et  xviii, 
il  déclare  naïvement  avoir  trouvé  tous  les  détails  (pi'il  donne  sur  la  suprématie  des  rois  de 
France  et  sur  l'oriflamme  dans  le  préambule  |)lacé  par  Raoul  de  Presles  en  léfe  de  sa  tra- 
duction du  livre  de  saint  Augustin. 

Depuis  le  cha|)itre  xii,  intitulé  Des  aticieii»  François,  ju.squ'au  chapitre  xvii  inclusivement , 
Guilleberl  a  pris  jmur  guides  difl'érentes  chroniques,  entre  le.squelles  il  cite  au  chapitre  un 
les  cél('-bres  (]hroniqu(>s  de  Saint-Denis.  A  la  fin  du  chapitre  xv,  con.<iacré  à  Chariemagnc. 
il  ajoute  le  singulier  détail  «pie  voici  :  In  compagnon  d'armes  du  grand  empereur,  charge 
(le  garder  la  marche  d'Angleterre,  entra  daii>i  ce  pa>«..  en  fît  la  rompièli-    ••t.  après  avoir 

''  Nous  UV0II8  pris  soin  de  relever  todics  les  variantes  el  de  les  indiquer  en  notes. 


120  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

relevé  le  nom  et  les  armoiries  des  ducs  et  chefs  vaincus,  il  en  présenta  le  rôle  à  Cliarlenia^jne. 
Ainsi  l'Angleterre  aurait  été,  suivant  Guillebert  de  Metz,  soumise  pour  la  première  fois  aux 
Français'".  Guillebert  ajoute  qu'il  emprunte  ce  fait  à  Guillautne  de  Laigny,  historiographe  trit- 
éprouvé^'^K  Peut-on  voir  dans  ce  récit  un  souvenir  bien  effacé  de  la  conquête  de  Guillaume, 
duc  de  Normandie,  et  dans  le  rôle  des  vaincus  dressé  pour  Charlcmagne  un  autre  souvenir 
du  fameux  doomsdny  boolc?  Quoi  qu'il  en  soit,  cette  addition  mérite  d'être  signalée,  sur- 
tout quand  on  se  rappelle  que  l'auteur  .s'exprimait  ainsi  à  une  époque  où  la  France  était 
occupée  presque  enti»;rement  par  les  Anglais. 

Le  chapitre  xix  ne  contient  <|u'une  liste  de,s  douze  pairs  de  France,  ecclésiasti(|ues  et  sécu- 
liers. Cette  liste  est  précédée  d'un  (|uatrain  en  forme  de  logogripfae,  compo.sé  avec  le  nom 
latin  complet  ou  abrégé  de  ces  douze  pairs.  Ces  logogriphes  français  ou  latins  passaient 
alors  pour  des  jeux  d'esprit  et  étaient  fort  en  vogue;  nous  en  avons  fait  remarquer  un 
premier  exemple  au  chapitre  x  de  la  seconde  partie  de  l'Eloge  de  Paris,  composé  par  Jean 
de  Jandun  (tableau  .synoj)liqno  des  vertus  attribuées  au  roi  de  France*);  on  en  trouvera 
un  second  spécimen  plus  complet  dans  un  de  nos  appendices  au  livre  de  Guillebert  de 
Metz  (»). 


Partie 
originale  cjc  Touvrage. 


Avec  le  chapitre  xx  commence  la  seconde  ]partie  de  la  Description  de  Pari»,  c'est  le 
côté  important  et  vraiment  original.  L'auteur  n'écrit  plus  d'après  le  témoignage  des  livres 
qu'il  avait  pu  consulter,  mais  il  dépeint  la  ville  de  Paris  telle  qu'elle  était,  et  surtout  telle 
qu'elle  avait  été  dans  les  premières  années  du  xv*  siècle,  en  1607  principalement;  c'est 
ainsi  qu'il  faut  expliquer  le  préand)ule  placé  en  tétc  de  la  deuxième  partie. 


A<i>er(génfniid«Piro.  Guillcbert  de  Metz  a  composé  cette  description  à  différentes  époques,  car  au  chapitre  un 
il  parle  de  l'année  1 4oo ,  w  où  la  ville  estoit  dans  sa  fleur;  v  et  plus  bas ,  à  propos  des  maisons 
du  pont  Notre-Dame,  il  dit  (pie  cinq  maisons  furent  commencées  en  i4aa,  «l'an  que  cette 
description  fut  faite,  n  Au  dernier  chapitre,  Guillebert  s'écrie  :  «Grant  chose  estoit  de  Paris, 
«quant...  les  roys  de  France,  de  Navarre  et  de  Cecille,  plusieurs  ducs,  contes,  prclas  et 
«autres  seigneurs  notables  frequentoient  illec  assiduelment. »  Il  ajoute  un  peu  plus  loin 
que  «l'enqiereur  de  Grèce,  l'empereur  de  Romme,  et  autres  roys  et  princes  des  diverses 
«parties  du  monde  souloienl  venir  solacier(  se  distraire)  à  Paris;»  et  enfin  que  plus  de  cent 
vingt  mille  personnes  à  cheval  assistèrent  au  couronnement  de  la  reine  Isabeau  de  Bavière. 


'"'  L'histoire  fabuleuse  de  Charlemagne  ne  parle 
que  très-brièvement  de  la  conquête  que  le  grand 
Eni|)ereiir  aurait  faite  de  rAiijflelprre  ;  pe|)endant 
cette  conquéle  est  indiqxw'e  dans  la  Chronique  de 
Turpin  et  dans  la  Chanson  de  Roland.  (  Voyex  l'im- 
portant ouvrage  de  M.  Gaston  Paris,  Histoire  poé- 
tique de  Charlemagne,  in-8°,  p.  ag.'J.) 

'*'  Nous  n'avons  pu,  malgré  de  minutieuses  re- 
cherches ,  découvrir  les  traces  de  ce  chroniqueur  : 
Oudin,  Fabriciiis.  Wliarton.  Du  Bouliay  n'en  font 
pas  mention;  La  Croix  du  Maine  cl  Du  Verdier  se 


taisent  également  ;  enfin .  parmi  les  cent  quatre-vingt 
onze  Guillaume  dont  les  noms  ont  ël^  recueillis  et 
classés  |>ar  Du  Cange  dans  son  Index  seu  nomenclator 
scriplonim  mediœ  et  infimœ  latinitatis,  il  n'est  nul- 
lement question  de  Guillaume  de  Laigny.  Inutile 
d'ajouter  que  les  Biographies,  dites  universelles, 
sont  muettes  sur  ce  point. 

'•'  Voir  p.  6a  et  63. 

'*'  Il  s'agit  des  r  cinq  lettres  du  nom  de  Paris  com- 
trpilé  par  ung  notable  clerc  normant,  l'an  de  grâce 
irmil  quatre  cens  dix  huit.D  (Voir  aux  ap()cadices.) 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI.  lîl 

Tout  celu  nous  reporte  aux  premières  années  du  rè(jne  de  Charles  VI,  de  i38o  à  i385  et 
même  auparavant.  I)'a|)rès  la  date  que  l'auteur  lui-même  a  fixée  au  titre  de  son  livre,  il 
écrivait  ce  chapitre  en  lUih;  par  conséquent  il  remontait  à  plus  d'un  demi-siècle  en 
arrifVc,  et  sans  doute  il  était  déjà  vieux.  Pour  comprendre  les  rejjrcts  qu'il  témoif'ne  sur  la 
splendeur  éteinte  de  la  (jrande  capitale,  il  faut  se  rapjx'ler  les  circonstances  au  milieu  des- 
quelles il  écrivait'".  En  \Mfi,  la  domination  anglaise,  étahlie  depuis  plus  de  vinjjt  an», 
avait  ruiné  la  France,  et  par  conséquent  appauvri  Paris;  la  population,  décimée  par  les 
massacres,  la  proscription,  la  peste,  était  divisée  en  deux  camps,  dont  le  plus  nombreux  se 
com[)osait  de  Bour{;uijjnons  joints  aux  Anglais'^'.  Ces  circonstances  étaient  nécessaires  à 


'■'  Ces  rpffrels  sont  [)liis  vivement  expriiiids  dans 
ffUMjj  Ixîiiu  i\iin''v  (jui  fut  fait  en  i^iig,  par  Chris- 
tine de  l'isan ,  à  la  lonange  de  Jeanne  d'Arc ,  et  que 
M.  Achillo  Jiil)inal  a  piihlii?  en  i838.  Celte  pièce 
reniai'(|uul)l(',  ddiil  nous  rcjji'oduisons  une  l)onne 
partie  en  appendice,  prouve  que  le  souvenir  de 
l'antique  prnspérili'  do  Paris  rnstail  au  cœur  de  tous 
ceux  qui  avoieiil  vu  le  n'-gnc  de  Charles  V  et  les 
coninicnccmeiils  de  celui  de  Charles  VI.  Christine 
de  Pisau  avait  aloi-s  h  peu  près  le  ini^ine  /\ffe  que 
Guilleherl  de  Metz;  d(!vouée  au  parli  du  dauphin, 
petit-(lls  de  son  bienfaiteur,  elle  traduil  nalurclle- 
meiil  sa  ponsdn  avec  plus  de  liberté'  (|ue  ne  pouvait 
le  faire  le  libraire  de  "  Monsieur  le  duc  Jean  de  Bour- 
"gogne.i 

Je  souloie 

Me  t«nir  Irislcmcnt  pm  cnjfp; 
Mais  or  cliaii(;nrni  mnn  langage 
De  |>liMir  en  chant,  quanl  recouvré 
Ay  Jiion  temps. . . . 
Bicu  IDO  part  avois  enduré. 

I.'nii  mil  c(xc  XXIX 
Rcprint  a  luire  li  soleil; 
Il  ramené  le  bon  temps  neaf 
Que  on  «voit  vcu  do  droit  oil 
Puis  longtemps,  dont  plusieurs  en  deuil 
OrcHt  vcsipii;  j"cn  stiis  de  ceulx; 
Mais  plus  do  rien  je  ne  me  deuil. 
Quant  orea  roy  ce  que  je  veulx. 

''  La  ruine  de  Paris  et  de  ses  environs  par  la 
domination  an(jlaise  est  un  fait  hors  de  doute,  au 
dire  m<5me  du  Ilour(feois  de  Piirig,  «pii  nous  a 
laissé  un  journal  des  dvt'nements  dont  il  a  élé  le  lé- 
moiu,  et  tpii  s'y  montre  partoul  InV-partisan  de 
Henri  \  1  t'I  du  dur  diî  lU'dford.  Kn  se  renfermant 
dans  les  anni'cs  indiquées  par  (luillcbcrt  de  Meli, 
on  peut  recueillir  de  nombreux  l('moi(jna(fes  de 
cette  triste  n'alitt'.  Le  a  juin  t  Wo  ,  le  Itour^fois  de 
Pari»  l'ont  les  lignes  suivantes  :  «^  Aussi  losl  que  les 
lîArminai  furent  départit,  les  Angloys.kon  gixf  ou 


T  mal  gré  de  leurs  cappilainet ,  pillèrent  toute  l'ab- 
r  baye  de  Saint  Mor  des  fouez ,  et  la  ville  si  au  n«t , 
cqu'il  n'y  laissèrent  pas  les  cullicres  au  pot  qu'ils 
"n'apportassent,  et  ceulx  de  davant  i  leur  entrée 
iravoient  bien  pillé,  et  les  darrains  encore  rien  n'y 
c laissèrent  :  quelle  pitié!»  Au  4  septembre  de  la 
m^mc  année,  il  nous  apprend  que  'pauvre*  gens 
rn'avoienl  ne  vin  ne  pitance,  ce  non  uog  pou  de 
itnoix  et  du  pain  et  de  l'eauë,  car  pour  ne  fèves  De 
'rmangeoient  point,  car  ils  coustoient  tropenarhapl. 
iret  plus  en  cuire;  et  pour  ce  se  appelissoit  moult 
(T Paris  de  gcns.n  Kn  juillet  t&3<i,  même  état  de 
choses  :  'On  avoit  grand  disette  de  vins  h  Paris,  et 
ffde  pain  par  cas  poreil...  Veei  là  comme  tout  en 
'alloil.  quant  toute  la  Une  fut  destniitte  des  ungs, 
des  autres  gasterent  Beausse  et  (ïastinois  et  tout 
'le  pays.»  Trois  ans  après,  en  i&3S,  la  banlieue 
de  Paris  est  mise  à  feu  et  h  sang  :  «Vers  la  fin 
■rd'aoust,  vint  grand  foison  d'Angioys;  ib  aasie- 
cgeretit  ceux  qui  dedans  Saint  Denis  estoient.  et 
'leur  osterent  la  rivière  qu'on  nomme  (]rout,  et  à 
«faire  leurs  logeys  despecerenl  les  maisons  de  Saint 
'Ouïn,  de  llaubcrvilliers.  de  la  Chappelle.  brief 
rde  tous  les  viltaiges  d'entour,  qui  n'y  demeura  ne 
irhuys,  ne  fenestre,  ne  traillis  de  fer.  ne  quelque 
ffchose  qu'on  pust  enqK>rter;  ne  n'y  demoara  au 
'champs ,  depuis  qu'ils  furent  logei ,  fèves,  ne pob, 
irne  quelque  autre  chose;  et  se  y  avoit  encore  des 
«biens  sur  terre,  mais  quelque  choae  n'y  de- 
'moura;  et  cop|)oient  les  > ignés  a  tout  le  grain,  et 
ralloient  piller  tous  les  villaiges  d'eulour  Saint 
'Denis.»  L'année  suivante,  le  parti  de  Charles  VII 
l'emporte;  les  Anglais  sont  obligés  de  fuir;  mais  ib 
ne  quittent  pas  le  pays  sans  le  dévaster  encore  : 
it  Le  mardy  des  Testes  de  Pasques .  écnl  le  Bovgtti» 
tide  Paru,  les  gouverneurs  de  Paris  firent  pwtir 
renviron  niynuit  bien  six  ou  huit  cents  Angiop 
r|)our  aler  bouler  le  feu  en  tous  les  |ieUs  vilUgas 
'et  grans  qui  sont  entre  Paris  et  Pontoise  sur  la 

«6 


1-2-2  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

rappeler  pour  pouvoir  apprécier  à  leur  juste  valeur  les  détails  que  Guilleberl  nous  a 
transmis. 

figiiK»  de  u  CM.  Le  chapitre  xx  est  consacré  aux  églises  qui  existaient  dans  la  Cité.  L'auteur  fait  une 
description  assez  détaillée  de  Notre-Dame  et  des  principales  curiosités  qu'on  y  voyait.  Dans 
le  cloître,  il  compte  trois  tribunaux  ecclésiastiques  :  celui  de  l'évéque,  celui  des  chanoines, 
celui  du  maitre  des  letlametU»,  fonction  importante  dont  nous  parlerons  plus  tard. 

i>»iai>,sainu>-ci<«i>eii<,       Il  meutionnuc,  BU  chapitre  xxi,  le  Palais,  la  Sainte-Chapelle  et  l'Hôtel-Dicu ,  et  nous 


lUld-Dieu 


apprend  que  la  fameuse  table  de  marbre  était  composée  de  neuf  pièces.  Il  ne  fait  qu'indi- 
quer les  marchands  établis  dans  le  Palais;  toutefois  il  cite  un  potier  d'étain ,  habile  ouvrier, 
tenant  des  rossignols  qui  chantaient  pendant  l'hiver.  Quelle  que  soit  l'explication  qu'il  faille 
donner  de  cette  merveille,  Guillebert  de  Metz  en  était  fort  épris,  car  il  revient  encore, 
dans  son  dernier  chapitre,  sur  l'ingénieux  artisan  auquel  on  la  devaiu 

Pools rtniM.  Bien  que  le  chapitre  xxii  ait  pour  titre  Det  Ponts,  notre  auteur  l'a  terminé  par  une 

énumération  des  rues  de  la  Cité.  Les  détails  qu'il  nous  donne  sur  les  quatre  ponts  existant 
à  cette  époque  sont  assez  courts,  mais  curieux.  A  propos  du  Grand  Pont  (aujourd'hui  le 
Pont-au-Change),  il  dit  que,  dans  l'année  i4oo,  quand  Paris  était  dans  sa  fleur,  il  y 
passait  tant  de  monde,  qu'on  y  voyait  toujours  un  blanc  moine  ou  un  blanc  citerai.  Astcsan, 
le  poète,  a  fait  la  même  observation ,  vers  i  A5o,  mais  il  dit  que  le  moine  était  ooir,  et,  au 
xvii*  siècle,  elle  a  été  appliquée  au  Pont-Neuf;  seulement  on  a  joint  au  cheval  et  au  moine 
une  femme  de  mauvaise  vie. 

CoiMpi.^iiM*  Le  commencement  du  chapitre  xxui  contient  l'énumération  des  collèges  dont  se  com- 

'  ™"  '    ""^    ■   posait  l'Université  de  Paris  et  des  é(^ises  qui  les  avoisinaient.  La  fin  est  consacrée  à  une 
nomenclature  des  rues  comprises  dans  cette  partie  de  la  Ville. 

ÉdiEcn  Dans  les  chapitres  xxiv  et  xxv,  Guillebert  parle  des  édises,  des  édifices  de  toute  sorte, 

silui^s  dan»  la  Ki«..  •       •        i  l        l  i  l        i      l-        ■  •       i> 

et  principalement  des  hôtels  et  des  habitations  particulières  qui  se  trouvaient  dans  la  partie 
basse  de  la  Ville,  c'est-à-dire  sur  la  rive  droite  de  la  Seine.  Ces  deux  chapitres  sont  remplis 
des  renseignements  les  plus  précieux  :  l'auteur  y  signale,  dans  l'église  collégiale  de  Sainte- 
Gatherine-du-Val-des-Ecoliers,  une  image  de  Bertrand  Duguesclin  dont  les  historiens  n'ont 
pas  parlé;  dans  l'église  des  Célestins,  deux  peintures  «de  souveraine  maîtrise,»)  la  pre- 
mière représentant  Notre-Dame,  la  seconde  le  Paradis  et  FEnfer.  Nous  n'avons  trouvé  nulle 
part  ailleurs  une  mention  quelconque  de  ces  objets  d'arL 

iT  rivière  de  Seine,  et  quant  ils  furent  à  Saint  Denis,  r  jours  guerroicr  leurs  voisins  sans  cause,  parquoy 

«ils  pillèrent  l'Abbaye,  et  vray  est  qu'en  l'Abbaye  rils  meurenllousniauvaisenient.it  On  pourrait  con- 

ff  aucuns  ne  prenoient  les  reliques  pour  l'argent  linuer  ces  cilalions;  elles  sufllsent  [wur  démontrer 

iravoir  qui  autour  estoit.n  Et  quelques  lignes  plus  que  la  bourgeoisie  parisienne  elle-même,  quoique 

loin,  pour racbeter probablement  l'aveu  de  ses  sym-  ralliée  en  grande  partie  à  la  cause  de  Henri  VF. 

pathics  antérieures,  le  Bourgeois  de  Paris  ajoute:  reconnaissait  le  dommage  immense  que  lui  avait 

irLes  Angloys,  de  leur  droite  nature,  veulent  tou-  causé  la  lutte  des  deux  dynasties. 


DESCF{IPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI. 


123 


Ce  qui  est  dit  au  sujet  de  l'éfjlise  et  du  cimetière  des  Innocents,  bien  que  déjà  connu, 
n'est  pas  sans  importance,  et  jette  un  nouveau  jour  sur  quelques  point»  controvers/'s.  Guil- 
iebert  mentionne  notamment  la  Danse  des  Morts,  qu'il  nomme  la  Danse Macahre ,  et  l'indique 
comme  t'itant  [Xiinte  sur  les  murs  du  cimeti^;re'''.  Il  parle  aussi  de  celte  tour  en  pierre 
surmonl(''e  d'une  imajje  de  Notre-Dame,  qui  se  trouvait  placée  au  milieu  du  cimetière,  et 
qui  servait  sans  doute  de  fanal.  Dans  plusieurs  autres  cimetières  de  la  France,  on  connaît  des 
monuments  du  môme  genre,  et  les  archéologues  les  ont  justement  désignés  sou«  le  nom  de 
lanternes  des  morts.  Guillebert  se  contente  de  signaler  celui-là,  construit,  dit-il,  par  un 
homme  qui  s'était  vanté ,  de  son  vivant,  «que  les  chiens  ne  pisseroient  point  sur  son  sé- 
pulchre.  » 


Dans  le  deuxième  volume  de  ses  Recherches  sur  les  Antiquités  de  la  ville  de  Paris,  Sauvai  a 
réuni  des  détails  nombreux  sur  la  majeure  partie  des  h6tels  énumérés  par  Guillebert  de 
Metz.  Il  en  est  cependant  quelques-uns  que  celui-ci  fait  connaître  pour  la  première  foi» 
et  (pii  appartenaient  à  de  riches  bourfjeois  de  Paris  :  l'hôtel  de  Difpie  Responde,  rue  de  la 
Vieille-Monnaie  ;  le  bel  hôtel  de  Bureau  de  Dampmartin ,  rue  de  la  Courroirie,  où  ce  génèrent 
citoyen  donnait  asile  à  un  écrivain  de  grande  autorité,  mahrcLMurentduPremierfait;vl  enfin, 
dans  la  rue  des  «Prouvelles,»  l'hôtel  de  Maître  Jacques  Duchié  ''•.  Guillebert  a  consacré  la 
majeure  partie  du  chapitre  xxv  à  la  description  de  cet  hôtel;  c'est  une  des  pages  les  plus 
curieuses  de  son  livre.  Il  n'oublie  rien  :  les  oiseaux  dans  la  cour,  les  devises  morales  qui 
couvraient  les  murs  de  la  salle  d'entrée,  les  instruments  de  musique,  les  jeux  de  toute  sorte. 
la  cliapellc,  le  cabinet  d'étude,  les  lits,  les  tables  sculptées,  les  tapis  qui  les  couvraient, 
les  fourrures,  les  armes  offensives  et  défensives,  les  salles  hautes,  jusqu'aux  (jiroucttes 
ornées  de  figures  dorées  qui  surmontaient  le  toit  de  la  maison.  Il  fait  un  grand  éloge  des 
qualités  physiques  et  morales  de  Maître  Duchié,  ainsi  que  de  l'obéissance  et  de  la  cour- 
toisie de  ses  nombreux  serviteurs.  Guillebert  de  Metz  avait  été,  sans  aucun  doute,  bien 
accueilli  dans  cette  maison  opulente;  il  y  avait  trouvé  un  hôte  généreux,  peut-^tre  même 
un  Mécène.  11  mentionne  encore  l'hôtel  de  Guitlemin  Hanguin,  rue  des  Bourdonnais,  comme 
un  «excellent  édifice,  où  il  a  de  sereures  autant  comme  il  a  de  jours  en  l'an;»  celui  de 
Mille  Baillet,  trésorier  du  Roi,  rue  de  la  Verrerie,  dans  lequel  il  y  avait  une  chapelle  où 
l'on  célébrait  l'olfice  divin  tous  les  jours,  des  salles,  chambres  et  études  au  rez-de-chauss^ 
pour  l'été,  aux  étages  supérieurs  pour  l'hiver.  On  y  comptait  autant  de  vitraux  qu'il  y  a  de 
jours  dans  l'année.  Guillebert  répète  ce  détail  en  plusieurs  endroits;  on  peut  douter  de 
son  exactitude. 


'■>  Galiriel  Poignot,  dnns  ses  Jlfcherckes  sur  les 
Danses  des  Morts,  etc.  Dijon-Paris,  1806,  in -8*, 
p.  77  ot  suiv.  a  donné  des  détails  rnricnx  sur  la 
Danse  Macabre.  M.  A.  Ronnordot  possible  un  (a- 
bleaii  des  plus  inlérossnnts,  représentant  le  ciiiie- 
tière  des  Innorenls.  I.'inipniianre  de  re  Injjubre 
sujet,  au  |)oint  de  vue  de  l'histoire  de  Paris,  nous 
a  déterminés  h  réunir,  en  appendice,  le»  texte» 


et  les  dessins  dont  parle  (laillobert  d«  Mrtt,  et  qù 
sont  de  ré|KM]ue  où  il  écrivait. 

(*)  Nous  avons  cru  devoir  consacrer  un  appen- 
dice k  ta  biographie  des  pefaouagM  importanla 
cités  par  Guillebert  de  Meti  et  contonporains  de  ce! 
(Vrivain.  I.e  tableau  qu'il  a  fait  de  Pans,  ver»  la  fin 
du  XIV*  siècle  et  au  eommeoeement  du  xv*,  n'en 
sera  «pie  plu»  complet 

16. 


Ruet  de  Pari» 
«iir  la  rive  ciroilr. 


13a 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Dans  le  chapitre  xxvi ,  i!  donne  la  liste  des  rues  de  Paris  situées  sur  la  rive  droite  de  la 
Seine,  et  termine  en  disant  que  le  nombre  de  toutes  les  voies  de  la  capitale  s'élève  à  quatre 
cent  et  dix.  Les  différentes  nomenclatures  qu'il  en  a  faites  ont  le  plus  grand  rapport  avec 
le  Dit  des  rues  de  Paris  de  Guillot  et  quelques  autres  pièces  du  même  genre  déjà  connues. 
Elles  offrent  cependant  un  avantage  qu'il  est  bon  de  signaler,  c'est  que  Guillebert  ajoute  le 
plus  souvent  au  nom  de  la  rue  l'indication  des  marchandises  qui  s'y  vendaient  et  du  corps 
d'état  qui  l'habitait. 


Porii',  Les  chapitres  xxviii  et  xxix  ne  renferment  pas  seulement,  comme  on  pourrait  le  croire 

'  """"""'  '"'■  d'après  le  titre,  des  détails  sur  les  portes  de  Paris;  on  y  trouve  encore  des  renseignements 
sur  les  endroits  remarquables  des  environs,  tels  que  Saint-Maur-des-Fossés,  Saint-Denis, 
Montmartre  et  plusieurs  autres. 


Notable*  habitants. 


Proressiotis 
et  îadustrin  curieuses, 


Scribes. 


Enfîn,  dans  le  chapitre  xxx  et  dernier,  Guillebert  de  Metz  a  entrepris  de  faire  connaître 
les  notables  habitants  de  Paris  :  tous  les  rangs  de  la  société  sont  tour  à  tour  passés  en 
revue,  depuis  les  rois  et  les  empereurs  qui  venaient  à  Paris  pour  se  distraire,  jusqu'aux 
mendiants  que  Guillebert  porte  au  nombre  formidable  de  quatre-vingt  mille.  Dans  cette 
énuméralion,  les  sciences,  les  arts,  les  lettres  ne  sont  pas  oubliés  :  des  noms  déjà  connus 
s'y  trouvent,  tels  que  ceux  de  Flamel,  de  Gerson  et  de  Christine  de  Pisan. 

Mais  ce  qui  n'est  pas  moins  curieux,  ce  sont  des  noms  de  savants,  de  musiciens,  de 
scribes,  d'artisans  de  toute  sorte,  dont  jusqu'ici  l'on  n'avait  pas  même  soupçonné  l'exi.stence 
à  cette  époque.  C'est  ainsi  qu'après  avoir  nommé  plusieurs  personnages  connus  alors,  soit 
dans  les  lettres,  soit  dans  les  arts,  soit  dans  le  commerce  et  la  riche  bourgeoisie,  il  en  signale 
plusieurs  autres  dont  il  faut  renoncer  à  trouver  la  moindre  trace  en  dehors  de  la  mention 
qu'il  en  fait;  par  exemple  :  le  théologien  Alemant,  qui  jouoit  sur  la  vielle;  Guillemin  Dan- 
cel  et  Perrin  de  Sens,  habiles  harpistes;  Cresceques,  joueur  de  rebec;  Chynenudy,  le  joueur 
de  cornemuse  et  de  flûte;  Bacon,  qui  accompagnait  sur  la  vielle  ses  «siphonies,  tragédies 
et  chansons.»  Ce  dernier  était  sans  doute  un  de  ces  jongleurs  dont  les  devanciers  ont, 
pendant  plusieurs  siècles,  récité  dans  les  châteaux,  dans  les  hôtels,  et  aussi  dans  les 
demeures  plus  humbles  des  bourgeois  et  des  gens  de  métiers,  les  fabliaux  et  les  romans 
de  chevalerie.  Guillebert  signale  encore  d'autres  artistes  ou  fabricants  habiles,  tels  que  : 
un  polisseur  de  diamants  du  nom  d'Herman,  un  orfèvre  appelé  Willelmus,  un  fabricant 
d'objets  en  cuivre  et  laiton  argentés  ou  dorés,  nommé  Andry,  et  enfin  ce  potier  d'étain  qui 
tenait  des  rossignols  chantant  en  hiver,  industrie  dont  nous  avons  déjà  parlé  et  qui  a  paru  si 
singulière  à  notre  auteur  qu'il  a  répété  deux  fois  ce  renseignement.  N'aurail-il  pas  voulu 
désigner  ainsi  un  marchand  de  jouets  d'enfanLs?  Nous  livrons  cette  conjecture  à  la  sagacité 
de  nos  lecteurs*". 

Après  avoir  parlé  de  Bacon,  signalé  plus  haut  comme  un  jongleur,  Guillebert  cite  les 


'"'  Nous  rappelons  ici  au  lecteur  qu'il  trouvera ,  k 
la  lin  de  la  Description  de  Paris,  des  détails  sur  les 


littérateurs,  artistes   et  artisans  mentionnés  par 
Guillebert  de  Metz. 


DESCHII>TI()N  DE  PARIS  SOUS  CIIAKLES  VI.  125 

scrihe»  les  plus  rcmarr|iiablcs  de  Paris  à  son  époque;  on  verra,  par  les  détaiJg  donnés  plu» 
loin,  que  son  opinion  à  cet  égard  est  des  plus  importantes,  puisque  lui-même  était  Irè»- 
habilc  en  cet  art.  Un  de  ceux  qu'il  a  nommés,  Flamel  l'ainé,  egcrivain  qui  faitoil  tant  (Tau- 
mosnt;  et  lt(ispitiilit(^ ,  est  bien  ronnu;  mais  (juiilebert  sifjnale  plusieurs  autres  scribes  contem- 
porains (|ui  étaient  fort  habiles  et  dont  l'existence  nous  est  ainsi  révélée  pour  la  première 
fois.  C'est  d'abord  Gobert,  qui  avait  composé  un  art  d'écrire  et  de  tailler  les  plumes,  traité 
(|ui  n'est  pas  parvenu  jusqu'à  nous;  ce  sont  ensuite  plusieurs  élèves  de  ce  Gobert,  qui 
tous  ont  eu  assez  de  talent  pour  que  les  princes  du  temps  se  soient  empressés  de  les  rete- 
nir à  leur  service.  Flamel  le  jeune  était  écrivain  du  duc  de  Berry;  Sicart,  du  roi  Richard  II 
d'Anjjieterro;  Guillcmin,  du  (;rand-ma{lrc  de  Hiiodes;  Cre»py,  de  Louis,  duc  d'Orléans; 
Perrin,  de  l'empereur  Sijjisniond.  Il  en  existait,  en  outre,  plusieurs  autres  que  notre  auteur 
n'a  pas  nommés,  et  parmi  lesquels  il  se  plaçait  probablement. 

On  trouve  encore  dans  ce  chapitre,  aussi  curieux  que  singulier,  quelques  détails  de  sta-  DMi>4t 
tisli([ue.  Nous  ne  pensons  pas  qu'il  faille  les  prendre  tous  ;\  la  lettre;  il  y  a  probablement 
beaucoup  d'exagération  dans  les  quatre  mille  tavernes  Je  vin  qui,  suivant  l'auteur,  existaient 
à  Paris.  On  doit  en  dire  autant  des  quatre-vingt  mille  mendiants  qu'il  signale,  aussi  bien  que 
des  cent  vingt  mille  personnes  à  cheval  qui  accompagnèrent  la  reine  Isabeau  de  Bavière  à  son 
entrée  dans  Paris,  et  qui  toutes  étaient  payées  par  cette  reine,  ajoute  Guillebert;  mais  il 
dit  encore  que  l'on  conq)lait  dans  Paris  «plus  de  soixante  mille  escripvains,»  ce  qui  vou- 
lait dire  scrilies,  enlumineurs,  et  pcut-(5lre  libraires.  Ce  nombre  a  été  également  trouvé 
excessif.  Cependant  (iuillebert,  par  la  profession  qu'il  exerçait,  devait  être  très  au  courant 
de  tout  ce  qui  concernait  la  librairie  de  son  temps.  Si  l'on  donne  au  nom  d'écrivains  l'in- 
terprétation que  nous  proposons,  nous  ne  pensons  pas  que  Guillebert  ait  beaucoup  exagéré. 
Les  documents  du  tenq)s  nous  signalent  la  ville  de  Paris  comme  étant  le  centre  intellcc- 
(uel  le  plus  consid('iable  de  l'Kurope  hi  cette  époque;  c'est  ce  qui  résulte  notamment  des 
curieux  détails  recueillis  sur  ce  point  par  le  savant  V.  Le  Clerc  dans  son  Discours  sur  l'état 
(les  lettres  en  France  au  xiv'  siècle  '". 

Avec  les  renseignements  qui  précèdent  et  quelques  autres  que  nous  avons  pu  recueillir, 
il  devient  possible  d'escpiisser  à  grands  traits  la  biographie  de  Guillebert  de  Metz.  Jusqu'au 
jour  où  sa  descriplion  de  Paris  a  été  signalée  aux  amateurs,  cet  écrivain  était  resté  inconnu. 
Kn  supposant  cpi'il  eiU  atteint  sa  soixante  et  dixième  année  quand  il  composa  son  livre, 
puis(ju'il  se  donne  comme  témoin  de  faits  déjà  fort  éloignés  de  l'époque  où  il  écrivait,  il 
devait  être  né  entre  i35o  et  i36o,  sans  doute  dans  la  ville  de  Metz,  dont  il  |M)rlait  le 
nom.  Cette  ville,  au  xiv'  siècle,  faisait  partie  du  gouvernement  des  Trois  Evéchés  (Metz. 
Toul  et  Verdun);  elle  relevait  alors  do  l'Empereur,  mais  elle  était  soumise  à  une  sorte 
d'aristocratie,  conqmsée  de  six  familles  avec  un  maître  Echevin,  un  conseil  des  Treize  el  un 
conseil  des  Prud'lionnnes;  révê([ue  de  Metz  avait  aussi  de  grandes  prérogatives.  Guillebert 
était  donc  allemand  d'origine. 


'"'  Tome  XXIV  de  V Histoire  lilléraire  de  la  l'rnncr. 


126  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Sa  vie»  Pari..  Au  xiv'  sièclc,  la  natioii  allemande,  l'une  des  quatre  dont  se  composait  la  Faculté  de» 

Arts,  était  nombreuse  à  l'Université  de  Paris;  Guillebert  y  vint,  comme  la  plupart  de  ses 
compatriotes,  et  tout  fait  supposer  qu'il  n'avait  alors  que  vingt  ou  vingt-cinq  ans,  car  il 
parle  d'événements  qui  se  sont  accomplis  sous  ses  yeux  en  l'an  i38o.  Ce  qui  permet  de 
voir  en  lui  un  élève  de  l'Université,  ce  sont  les  éloges  qu'il  ne  manque  pas  de  faire  des 
maîtres  qui  s'y  sont  rendus  célèbres  dans  la  première  moitié  du  xt*  siècle,  tels  que  Germm, 
Jacques  Legrand,  Pierre  d'AHly,  Pierre  Le  Roy,  Gilles  sou»  le  Four  et  plusieurs  autres;  c'est, 
de  plus,  la  variété  de  connaissances  dont  il  fait  preuve,  la  facilité,  l'élégance  relative  avec 
lesquelles  son  ouvrage  est  écrit.  Il  y  séjourna  pendant  longues  années  et  y  recueillit  les  notes 
qui  lui  ont  servi  à  composer  son  livre;  toutefois  il  avait  probablement  cessé  d'y  demeurer 
quand  il  écrivit  la  Description  de  la  Ville  de  Paris.  Une  circonstance  nous  engage  à  émettre 
cette  opinion,  c'est  que  les  cbapitres  xxiii  et  xxiv,  consacrés  à  l'énuraération  des  rues  de 
Paris,  contiennent  plusieurs  noms  estropiés,  ce  qui  autorise  h  croire  que  Guillebert  n'était 
pas  en  situation  de  contrôler  ses  dires,  et  qu'il  écrivait  de  mémoire  d'après  ses  notes  et 
ses  impressions  d'autrefois. 

iieaseignemonis  Qucl  que  soil  le  degré  de  vraisemblance  des  conjectures  qui  précèdent,  nous  n'en  étions 

»ur Guii°eb^'de Meii  P^^  Hioins  jusqu'ici  réduits  à  de  simples  inductions,  rapprochant  quelques  faits,  recueillant 

par  un  mmiBcnt  quelqucs  datcs  éparses  dans  la  Description  de  Paris,  lorsqu'un  de  nos  confrères,  bien  connu 

In bibiioibique  paj.  gçg  ouvrages  nombreux  et  son  érudition,  M.  Paul  Lacroix,  conservateur  de  la  biblio- 

ilelAniona).  *  " 

thèque  de  l'Arsenal,  nous  a  signalé  un  manuscrit  qui  jette  beaucoup  de  jour  sur  la  pro- 
fession exercée  par  notre  auteur.  C'est  un  volume  grand  in-folio ,  inscrit  au  Catalogue  de 
cette  bibliothèque  sous  le  numéro  B.  L.  F.  a63;  il  est  relié  en  maroquin  vert,  aux  armes 
du  marquis  de  Paulmy,  et  provient,  sans  nul  doute,  de  l'ancienne  bibliothèque  des  ducs 
de  Bourgogne.  Il  est  orné  de  cent  miniatures,  sur  lesquelles  nous  reviendrons  plus  loin, 
et  contient  la  première  traduction  du  Décaméron,  de  Boccace,  faite  en  iluli  par  un  poêle 
nommé  Laurent  de  Premierfait,  dont  parle  Guillebert  dans  sa  Description  de  Paris.  Au 
folio  II  v°  de  la  table  du  manuscrit  se  trouve  la  rubrique  suivante  :  Explicit  là  table  dd 

TRiNSCRIPVAlN   GciLLEBEIlT  DE  MeTZ,  BOSTE    DE  l'EsCD  DE  FrA.NCE  À  GrAMOKT. 

A  la  fin  du  manuscrit,  au  folio  3 96  r*,  on  lit  :  «Cy  fine  le  livre  appelle  Decameron, 
«ou  autrement  le  prince  Galeot  surnommé,  qui  contient  cent  nouvelles  racomptées  en  dix 
«jours  par  sept  femmes  et  trois jouvenceaulx,  lequel  livre  ja  pieça  compila  et  escripvi  Jehan 
«Bocace  de  Certalo  en  langaige  florentin,  et  qui  nagueres  a  esté  translaté  premièrement 
«en  latin  et  secondement  en  françois,  à  Paris,  à  l'ostel  de  noble,  sage  et  honneste  homme 
«Bureau  de  Dampmartin,  citoien  de  Paris,  escuier,  conseiller  de  très  puissant  et  très  noble 
«prince  Charles  VI'  de*  son  nom,  roy  de  France,  par  moy,  Laurent  de  Premierfait,  famil- 
«lier  du  dit  Bureau,  lesqueles  deux  translations,  par  trois  ans  faites,  furent  accomplies  le 
«quinziesme  jour  de  juing,  l'an  mil  quatre  cens  et  xvij.n  f^Collationné.v 

Cette  suscription  est  la  même  que  celle  d'un  autre  manuscrit  de  la  traduction  de  Boc- 
cace qui  est  conservé  à  la  Bibliothèque  impériale. 

Le  manuscrit  renferme  environ  cent  miniatures,  une  par  nouvelle;  elles  sont  divisées 
en  deux  compartiments,  ce  qui  fait  un  total  de  deux  cents  sujets  empruntés  aux  récits  du 
Décaméron.  On  y  remarque  deux  manières  différentes  :  l'une  qui  est  française,  l'autre  qui 


1^       ' 


I 


ô 


^1 


y 


,..,trad  par  LAURENT  Db  PHbMlLR  hAii 
pitpar  GUlLLF.BERT.r^  '."  ■  • 

' .'ornsscni  s\-  i'jb'sean'  fiLF  JtH5  J 


4-Le;  • 


«MMcn/  <èAitiMltrw  A^* 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOLS  CHARLES  VI.  «7 

csl  allemande.  Au  bas  des  miniatures  de  la  vinpl-sixi^-me  nouvelle  (f*  ii5  r'),  on  lit  ee* 
indications  donn/ics  probablement  à  l'artiste  allemand  chargii  de  peindre  les  miniatures, 
pour  lesfpielles  le  copiste  avait  r('!s<!rv('î  de  la  plafc  :  « .;.  mmi  en  ./,  wef,  ./.  man  en  ,;.  «rf 
v^Hlucnde  neuen  ./.  rivière.  —  ./.  man  end  ./.  vcvj dccn  neuen  dand  m  een  bedde  neuen  ./,  bad»- 
<f.cupe.n  Ce  cpji  veut  dire  :  «Un  homme  et  une  femme  se  tenant  près  d'une  rivière.  — 
Un  homme  et  une  femme  étant  couchés  ensemble  dans  un  lit;  auprès  un  baquet. «  Les 
miniatures  répondent  parfaitement  à  ces  indications.  On  trouve  encore  des  explications  du 
môme  genre  aux  miniatures  37,  a8  et  ag.  Les  deux  cinquièmes  environ  des  miniatures 
sont  allemandes,  notamment  les  douze  premières,  celles  des  nouvelles  at  à  a4  et  afi  à  3o, 
comme  aussi  Uk  à  5o  et  ôa  à  58.  Les  autres,  c'est-à-dire  environ  soixante,  nous  paraissent 
l'œuvre  d'un  artiste  français  et  des  plus  habiles.  Il  suffira  de  citer  les  miniatures  des  nou- 
velles i3  à  90,  5a  à  9a  et  (j4  à  100.  On  voit  que  l'artiste  français  a  terminé  le  manus- 
crit, tandis  que  le  miniaturiste  allemand  l'a  commencé. 

Que  pouvons-nous  conclure  des  renseignements  (pii  précèdent?  D'après  la  rubrique  du 
f°  h  v°,  il  nous  paraît  à  peu  près  certain  (|uc  Guillebert ,  auteur  de  la  Dencriplion  de  Parii, 
a  écrit  ce  manuscrit  du  Décaméron ,  et  qu'il  était  possesseur  ou  habitant  d'un  hôtel  ayant  pour 
enseigne  l'Kcu  de  France,  à  Gramont,  sans  doute  Grammont,  ville  de  la  Flandre  orientale. 
Lorsqu'il  a  transcrit  ce  beau  volume,  peut-ôtre  demeurait-il  lui-même  à  Paris;  peut-i'tn- 
était-il  l'hôte  de  Bureau  de  Darn[)marfin,  dont  il  nous  parle  avec  éloge.  Dans  cette  hypo- 
thèse, il  aurait  fait  ce  travail  d'après  l'original,  vraisemblablement  sous  la  direction  de 
l'auteur,  avec  lequel  il  serait  entré  en  relations  chez  Bureau  de  Dampmartin;  enfin  il  a 
soin  de  nous  prévenir  que  sa  copie  a  été  collationnée  ;  tout  porterait  à  croire  qu'il  a  exé- 
cuté cette  collation  avec  le  traducteur.  En  examinant  ce  beau  livre,  écrit  d'une  main  très- 
habile,  très-expérimentée,  orné  d'arabesques  ii  la  plume  et  d'une  extrême  élégance,  sans 
compter  les  miniatures  et  les  fleurons  en  or  et  en  couleurs,  nous  étions  porté  à  considérer 
Guillebert  de  Metz  comme  un  écrivain  de  profession,  partageant  sur  ce  point  l'opinion 
émise  par  M.  Paul  Lacroix.  Cependant  nous  avons  cru  devoir  interroger  .M.  Léopold  De- 
lisle,  membre  de  l'Institut,  et  l'un  des  collaboraleui-s  du  Service  historique  de  la  ville  de 
Paris;  nous  lui  devons  la  communication  suivante  : 

wKn  181  5,  l'adniinislralion  de  la  Bibliothèque  royale  remit  à  M.  Lammens,  délégué 
«du  roi  des  Pays-Bas  unis,  trois  exemplaires  du  livre  de  Sidrac.  L'un  d'eux  est  ainsi  dési- 
pgné  dans  une  note  écrite  de  la  main  «le  Méon  : 

v.Le  livre  de  Sydrac  ou  de  lu  fontaine  de  toutes  sciences;  le  Lucidaire,  1  volume  in -fol. 
Rxv'  siècle,  lettres  grises,  arabesques,  miniatures.  On  lit  à  la  fin  que  ces  deux  ouvrages 
«  ont  été  écrits  de  la  main  de  Guillebert  de  MeU ,  libraire  de  M.  le  duc  Jean  de  Bourgogne^^K  « 


'*'  Ces  trois  manuscrits  sont  in(li(]ut<s  dans  le  ca-  deux  seulement  dans  le  Catalogue  dm  mmmttrits  é» 

Iniojjue  tie  In  bil)liollièque  des  ducs  de  Bourgogne,  la  Bibliothèque  des  dmes  de  BtmrgDgm,  par  M.  Mar- 

dresst' en  1A77.  sons  lo  lilro  suivant:  Inrcnloire  dfs  clinl,  BruxplK's,  tbhi,  in-fol.  p.  «55.  Ni  l'on  ni 

meubles  de  Charlen  le  Téméraire,  etc.  (\n\ei  p.  ny  laiilre  «io  ces  deux  ouvrages  ne  donn«n(  l«  nom  de 

de  In  Uibliolhèque  protyimip-aphique ,  ou  librairie  des  lëcrivain  qne  Mëon  a  si(^alë  dans  la  note  repro- 

/î^(/Mroiy(>fm.  publiée  par  M.  Barrois,  Paris,  i83o,  duitc  plus  haut.  Noos  avons  cfaerehé  vaÏMinent  k> 

in-T,  n"  1576,  1577,  1578  )  Nous  en  retrouvons  nom  de  Guillebert  de  Mets,  soit  àmt  las  inven- 


128  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Le  renseignement  était  exact;  la  mention  relevée  par  Méon  nous  a  été  transmise  de  La 
Haye,  où  le  volume  qui  la  contient,  et  qui  est  relié  aux  armes  des  princes  d'Orange-Nassau, 
a  été  réintégré  en  18  ta"'.  Guillebert  de  Metz  était  donc  scribe  de  profession,  et  de  plus 
il  prenait  le  titre  de  libraire  du  duc  de  Bourgogne.  Le  temps  pendant  lequel  il  a  séjourné 
à  Paris,  et  qu'il  a  indiqué  lui-môme,  c'est-à-dire  de  1607  à  i434,  correspond  bien  à 
l'époque  oiî  Jean  sans  Peur  dominait  dans  la  capitale.  Après  1  &  1 9 ,  lorsque  le  duc  eut 
été  assassiné  sur  le  pont  de  Montcreau,  Guillebert  n'en  continua  pas  moins  de  résider  k 
Paris,  et  rien  ne  prouve  qu'il  y  ait  été  inquiété.  Les  détails  aussi  curieux  que  singuliers 
qu'il  donne  sur  les  savants,  les  universitaires  et  les  écrivains  en  prose  ou  en  vers,  les  scribes, 
les  enlumineurs,  les  artistes  en  tous  genres  qu'il  y  avait  connus,  acquièrent  ainsi  une  grande 
valeur,  puisque  le  «transcripvain»  parle  d'une  industrie  qui  lui  était  familière  et  de  per- 
sonnages au  milieu  desquels  il  vivait. 

ManuKrie  unique  Le  seul  manuscrit  connu  de  la  Description  de  Pari»  par  Guillebert  de  Metz  provient  de 

la  DnilipiiJ»  it  Pari,,  l'anciennc  bibliothèque  des  ducs  de  Bourgogne,  et  fait  partie  de  la  bibliothèque  royale  de 
Bruxelles,  où  il  est  inscrit  sous  le  n*  9663.  C'est  un  volume  in-folio,  en  vélin,  couvert 
d'une  reliure  moderne  en  veau,  avec  un  dos  de  maroquin  rouge.  Les  N  couronnés  qu'on  v 
remarquait  il  y  a  quelques  années  indiquaient  que  ce  volume  avait  été  relié  à  Paris,  sous 
le  règne  de  Napoléon  I",  pour  la  Bibliothèque  impériale,  où  il  a  été  repris  en  181  5. 
dette  reliure,  qui  rappelait  le  passage  du  manuscrit  en  France,  a  été  enlevée  depuis  i853, 
et  remplacée  par  un  dos  de  veau  fauve,  couvert  de  dorures,  parmi  lesquelles  figurent  les 
armoiries  de  la  Belgique. 


Ouvragt-^  conleiiU!) 
ce  manuscrit. 


Le  volume  contient  les  ouvrages  suivants  : 

,0  p  ^  r°.  —  Roman  d'Othea  et  de  la  Déesse  Prudence  (en  tête  une  assez  belle  minia- 
ture). 


taires  de  la  maison  des  ducs  de  Bourgogne,  publia 
par  Delabarre,  en  1729  (Mémoiret  pour  tenir  à 
l'Histoire  de  France  et  de  Bourgogne,  in-4°  ) ,  soit  dans 
quelques  autres  travaux  plus  récents;  nous  avons 
aussi  compulse  les  ouvrages  importants  publiés  par 
M.  le  marquis  de  La  Borde,  nolanmienl  sur  les  ar- 
chives de  la  maison  de  Bourgogne  (Les  duc*  de 
Bourgogne,  étudei  sur  le»  lettre»,  le»  art»,  etc.  pen- 
dant le  ly'  sikle,  etc.  Preuve»,  Paris,  iSig-iSoS, 
in-8°,  3  vol.),  sans  être  plus  heureux.  Nous  avons 
eu  recours  encore  à  l'extrême  obligeance  de  M.  de  La 
Borde,  que  nous  nous  sommes  empressé  de  con- 
sulter, et  qui  a  écrit  pour  nous  h  M.  Pincharl,  con- 
servateur des  Archives  à  Bnixelles,  savant  très-versé 
dans  la  connaissance  des  documents  de  tout  genre 
relatifs  aux  quatre  ducs  de  Bourgogne.  M.  Pinchart 
n'a  pas  rencontré  d'indication  se  rapportant  à  Guil- 
lebert de  Metz.  Il  est  vrai  que  le  titre  pris  par  ce 


aeribe  n'implique  pas  nécessairement  qu'il  ait  été 
altaché  à  la  maison  du  duc  Jean  sans  Peur;  peut- 
être  avait-il  seidemenl  vendu  des  manuscrits  à  ce 
prince  en  sa  qualité  d'écrivain  libraire.  Au  sujet  du 
mot  de  b-antcripeain ,  qui  se  trouve  dans  le  manus- 
crit de  la  bibliothè(|ue  de  l'Arsenal,  nous  ferons 
remarquer  que  ce  mot  n'est  pas  ordinaire;  c'est  la 
première  fois  que  nous  le  rencontrons  parmi  les  in- 
dications du  même  genre,  assez  fréquentes  dans  les 
manuscrits.  Guillebert  n'a-t-il  pas  voulu  dire  qu'il 
avait  été  le  premier  à  transcrire  sur  du  veiin  et  en 
belles  lettres  ornées  la  traduction  du  Dêeamèron  de 
Boccace,  faite  par Ijiurenl de Premierfail?Nous sou- 
mettons cetteopinion  à  nos  confrères  en  paléographie. 
'')  Grâce  à  l'obligeance  de  M.  Campbell ,  sous- 
bibliothécaire,  nous  avons  pu  recevoir  le  fac-similé 
photographique  de  cette  mention,  et  nous  le  don- 
nons avec  ïexplicit  du  manuscrit  de  l'Arsenal. 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI.  129 

•i"  F°  76  r".  —  Soncqiic,  des  quatre  Vertus,  avec  un  prologue  du  traducteur. 

3°  F°  97  r°.  —  Le»  Kpistros  du  Débat  sur  le  Hoiiiinaii  de  la  Rose  entre  notables  |)er- 
sonnes  Maistrc  Gautier  Col,  gênerai  conseiller  du  Roy,  rnaistre  Jean  Joliannes,  prevost  de 
l'Ile,  et  dauioiselle  Christine  de  Pisan. 

ti°  F"  1 10  r°.  —  Cy  commence  ung  traicté  de  parler  et  de  taire,  compilé  par  unj;  clerc 
degrant  auctorité,  à  Paris,  l'an  de  grâce  mil  un  c.  et  sept. 

5"  F°  1 1 6  r°.  —  Des  cin(|  lettres  du  nom  de  Paris  compilé  par  ung  notable  clerc  Nor- 
Miant;  l'an  de  grâce  mil  quatre  cens  dix  huit.  —  Il  s'agit  ici  d'un  éloge  de  Paris,  in.signifianl 
au  point  de  vue  historique;  il  est  composé  de  cinq  strophes  de  douze  vers  chacune,  qui  com- 
mencent tous  par  la  mCmic  lettre'". 

(»•  P  1 18  r°.  —  La  Description  de  la  ville  de  Paris  et  de  l'excellence  du  Royaume  de 
France,  transcript  cl  exfraict  de  pluseurs  aucteurs  par  Guillebert  de  Meta,  l'an  mil  iiii'  el 
XXXMll  (1  A.Vi). 


On  remarquera  les  deux  expressions  trés-signifîcatives  dont  se  sert  Guillebert  de  Metz  (.mnAnn,*^. 
dans  le  titre  même  qu'il  a  donné  à  son  œuvre  :  sa  Vescription  de  la  ville  de  Paris  a  été  *lran*- 
if.crij)le  el  exlrairle  de  j)luscurs  aucteurs,»  ce  qui  implique  un  double  travail  d'écriture  cl 
de  compilation.  Faut-il  maintenant  reconnaître  à  notre  auteur  un  troisième  mérite,  celui 
de  minialuristc?  lin  érudit  dont  le  nom  fait  autorité,  M.  Paul  Lacroix,  incline  à  le  croire, 
el  ce  qui  l'y  engagerait,  c'est  l'étonnante  similitude  de  style  que  présentent  la  miniature 
dont  le  roman  d'Othéa  est  orné  dans  le  manuscrit  de  Rruxelles'^'  et  les  miniatures  du  Dé- 
caméron  conservé  à  la  bibiiollièque  de  l'Arsenal.  Ces  deux  volumes  étant  autbentiquement 
l'ccuvre  calli{jrnphique  de  Guillebert  de  Melz,  il  faudrait  supposer  qu'on  a  eu  recours,  pour 
l'un  el  poin-  l'autre,  au  même  enlumineur,  si  l'on  ne  préfère,  comme  M.  Paul  Lacroix, 
attribuer  à  notre  auteur  les  miniatures  ainsi  que  le  texte. 


M.  A.  Bonnardot,  dans  le  Bulletin  de.  l'Alliance  des  Arts  (n"  de  décembre  i8A5  el    tnnm 
janvier  i84G),  a  le  premier  signalé  l'ouvrage  de  Guillebert  de  Metz,  et  en  a   donné 
quelques  fragments;  en  18/18,  il  a  réinq)rimé  son  travail  à  la  page  qo  d'un  opuscule  con- 
sacré à  Gilles  Corrozet,  le  premier  en  date  des  vrais  historiens  de  cette  ville.  En  i8d3. 
nous  avons  fait  transcrire,  à  Bruxelles,  la  Description  de  Paris,  et  nous  avons  collationné 


'"'  Nous  reproduisons,  en  appendice,  celte  pièce 
singulière,  et  nous  clierclions  à  (k'l)rouillcr  le  sens 
bizarre  qui  résulte  de  cet  accou|)lenient  de  mots 
coniniençiint  tous  pnr  la  môme  Icllro. 

'  Oi'lti-niininture,  pinci'e  a  In  première  pnge  du 
roman  d'Ollida,  ornc^e  d'une  bordure  h  fleurons 
d'or  el  de  couleurs .  est  remplie  presque  entièrement 
par  une  ligure  qui  reprt'sente  dmiir  Justice  tenant 
d'une  mniii  le  glaive  el  de  l'autre  le  liviv  de  la  Loi. 
Klle  est  assise  sur  une  chaise  Irès-lnqfo  ;  h  sa  gauche , 
Miêérlcorde ,  velue  d'un  miinteaii  d't'viVpie.  avec  la 
mitre  el  la  crosse,  se  penche  vers  elle  comme  pour 
riniploivr;  à  SA  droite,  un  clerc  couvert  d'une  rol)e 


bleue,  h  chausses  rouges,  ubis  sur  un  pliant,  érni 
avec  ntlenlion;  il  repréiente  Informatiom.  \^  chaise 
sur  laquelle  est  assise  iawie  Justice  se  trouve  au  mi- 
lieu d'une  arcade  en  marbre  blanc,  soutenue  par 
deux  colonnes  très-Ibères,  dont  la  l>ase  repo»e 
sur  un  socle  carré.  Sur  la  partie  de  gauche,  on  lit  : 
Cremew  de  Dim.  —  Loyml/.  —  Ctmml.  —  Pru- 
dence. Sur  celle  de  droite  :  Éftùlt.  —  Umrdrmttu. 
—  Renowmèe.  —  Diligence.  En  haut  de  la  minia- 
ture, sur  le  fronton  de  celle  arcade  en  marbre,  oa 
lit  au  milieu.  Hotmnir;  i  gauche .  ffaisaw  ;  à  dreite , 
Irn'c'.  ('.<>  travail,  qui  rsl  d'une  belle < 
a  été  fait  avec  beauro«ip  de  soin. 


BIST. —  I. 


130  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGI.NAl  \. 

cetlf  copie  sur  le  manuscrit  ori{jinal.  En  i855,  nous  l'avons  iMibli/u'.  a\«'c  un*"  introduc- 
tion, dans  la  Collection  des  pièce»  rare»  et  inAlitei,  (^dilée  par  !<•  lilirairt»  Aiilirv  :  <•»•  pt-iil  voiuni<> 
in-ia  a  él^  rapidement  épuisé. 

Publication  nciudic.  Gfâce  aux  démarches  que  M.  le  baron  Haussmann  a  provoquées  à  Hruxelles,  comme  il 
l'avait  fait  n  Vienne  pour  le  texte  de  Jean  de  Jandun,  le  manuscrit  de  l'ouvra^^e  de  (iuil- 
leberl  de  Metz  a  été  envoyé  à  l'Hôtel  de  Ville;  nous  avons  donc  pu  collalionner  de  nouveau 
le  texte,  et  donner  U's  fac-»imile  du  premier  et  du  dernier  feuillet  de  la  Ihtrriylion  tir 
Pari».  Si  l'on  compare  ces  feuillets  avec  le  manuscrit  de  la  traduction  de  Bocrace  (|ui  a|>- 
partient  à  la  bibliothèque  de  l'Arsenal,  ainsi  qu'avec  la  mention  si^rnaléepar  Méon.  double 
fac-similé  (|ue  nous  avons  également  fait  exécuter  afin  de  {lermettre  au  le<'leur  «l'en  ju^er 
lui-même,  on  incline  à  croire  (pie  les  trois  volumes  ont  été  écrits  jiar  la  même  main,  mais 
à  des  épctques  différentes.  Le  manuscrit  de  Bruxelles  serait  donc  l'œuvre  originale  <lc  Ciiil- 
lebert  de  Metz. 

Le  lecteur  reconnaitra  sans  peine  (|ue  la  pré.sente  édition  est  de  beaucoup  supérieure  à 
celle  de  i855.  Sans  parler  de  l'exécution  typographique  et  des  planches,  qui  ajoutent  un 
nouvel  attrait  à  la  |>ublication,  nous  croyons  pouvoir  dire  que  la  notice  a  été  complète- 
ment refondue,  les  notes  augmentées  dans  une  proportion  Irès-considérable,  et  la  topo- 
{.Taphie  du  vieux  Paris  indi(|uée  aussi  exactement  <|u'il  est  possible  de  le  faire  par  voie 
d'annotations.  Une  série  d'ap|)endices  complète  le  tableau  de  notre  capitale  au  commen- 
cement du  XV*  siècle,  tel  que  l'auteur  a  eu  l'intention  de  l'esquisser. 


n 


/^^ 


:/' 


^à 


rr--° 


'/ 


o/ 


M 


c^J 


Hntfi  ^Cft^£t  ncffnntr/du^LC  4(hzu  cèflt£  tfVo/S 

^M/fli^eCouni  fntotét^  ^fiffitvt^vt  ^ic^ 
dufttédbp  (Kfxmurti^  eiiXkmBil/£a  wt  éfeAj^vf 
JmtJ  nie  €^[f^ptfftt.0t^/U^^)tmcHrtrtn^X^f^ 


•'ac  simile  delal?paje  dune  Dascriplion  de  '-  ^'■"°  de  Pans. par  OUILLE-' 
Mi  de  là  Bihliothèijut  poyêk  cte  Bruxelles. N*95S9  fc' 


-imclilh  Cn|«(m4iu 


LA  DESCHIPÏION 


DE    LA    VILLE    DE    PARIS 


KT  DE  L'EXCELLENCE  DL   ROYAUME  DE  FRANCE, 


TRANSCRIPT  RT  EXTRAICT  DE  PLUSEURS  ALCTEVRS 


FAR  GUILLEBËRT  DK  MliiTZ. 


I.'AIS  MIL  lllr  ET  XXXIIII 


PREMIERE   PARTIE 


(I) 


1  '. 

Des  François  ^''  et  de  la  fuiidalioii  de  Paris,  et  aussi  des  ducs  et  roysqui  preniie- 
reinent  y  liabilerent,  deviserons  cy  ung  petit  •*',  selon  ce  que  nous  avons  pu  veoir 
el  sentir  par  les  chroniqueurs  qui  en  ont  parié  et  traitié  ceste  matière,  si  comme 
Helinanl'-'*,  Rernardns  Guidonis,  Guiliennus  Arinoricanus,  maistre  Hue  de  Saint 
Victor,  et  celui  (|ui  lisl  la  division  du  niorule  qui  se  commence  In  exordin  rerum, 
lequel  croniqua  comme  Vincent'"',  et  dit  moult  de  choses  singulières,  et  ne  se 
voult  nonnner;  Huguo  Floriacensis  et  Orose,  en  son  Onneste,  et  pluseui-s  autres 
(|ui  en  ont  parlé  diversement  et  en  diverses  manières.  Les  ungs  treuveni  que. 


'■'  Nous  avons  cru  dovoir  distiiifruer  ainsi  les 
deux  |H)iii(nis  de  rauivro  de  (iuilli<lHTl  de  Metz,  en 
|in^('n<iiil  louiclois  !<•  Iwlcur  qii»>  celle  division 
n'existe  pas  dans  le  manuscrit.  Il  importait,  en 
elFel.  que  In  n'priKlurlion  fût  iiil('|ri-nie.  el  d'autre 
|)art  il  couMMiuil  d'uvertir,  coruiuc  nous  l'avons  déjii 
tiiit  dans  la  notice,  que  les  détails  authentiques,  les 
r(Mis('i|rnpnu>nts  vriiitnent  ori|pMiuix  se  trouvent  dans 
la  seconde  moitié  de  i'uuvrn)re. 

'*'  Les  chilTres  placés  en  Itïte  di>s  chapitres  n'exis- 


tent |Mis  dans  le  nianuscriL  Nous  les  avons  ajouta 
|M)iir  ohtenir  une  ineiUeun  diviiiao  du  taie. 

''  (îuillebert  de  Mete  a  n^gNgë  les  six  preaùèras 
lignesduconunentairede  Raoul  de  Pirslm;  ilneoom- 
mence  (pi'ii  la  septième,  el  nu  milieu  d'osé pfcnae. 

'  \  annule  de  Riioid  de  Pn^^les  ;  -nooa  en  per- 
lerons un  |iou.  - 

'*'  Voir  le»  nole>  iijiuii.i-s  au  Icxle  «le  Rantil  d>> 
Prcsies. 

*'  Var.  "coninie  l'isl  Vincent.' 


132  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

après  la  destruction  de  Troyes,  Antenor  se  party  avec  douze  mille  de  ses  gens  et 
douze  nelz;  et  vint  jusques  en  Pannonie,  qui  au  jour  duy  est  appelée  Hongrie.  La, 
es  palus  ou  mares  qui  se  appeloient  Meotides,  edidierent  une  cité,  laquele  il  appel- 
lerent  Sicambre,  la  ou  est  a  présent  une  cité  appellée  Bude;  et  y  demourerent 
longuement  et  multiplièrent  en  grant  gent. 

Or  avint  que  ou  temps  de  Valentinien,  unes  gens  que  len  appeloit  les  Ailains, 
qui  estoient  venus  de  Saxonne,  se  rebellèrent  contre  les  Rommains;  lesquelx 
estoient  diz  Allains,  dun  fleuve  qui  se  appelle  Lanus;  aussi  comme  les  Allemans 
sont  diz  dun  autre  fleuve  qui  est  appelle  Lemannus.  Et  comme  Valentinien,  qui 
lors  estoit  empereur,  veist  que  il  ny  povoit  mettre  remède,  et  sceust  celles  gens 
que  Antenor  avoit  amenez,  et  qui  la  sestoient  logiez,  estre  fors,  puissans  et  hardis, 
et  autreflbis  avoienl  résisté  contre  les  Rommains,  combien  que  ilz  feussent  lors 
leurs  tributaires,  il  leur  olTry  a  relaschier  leur  treu  par  dix  ans,  mais  que  ilz  voul- 
sissent  mettre  ces  Allains  en  lobeissance  des  Rommains  ;  lesquelx  lui  accordèrent 
et  le  firent.  Et  pour  ce  orent  remission  par  dix  ans  de  leur  treuage  ;  mais,  les  dix 
ans  passez,  ilz  refusèrent  a  paier  le  treu.  Et  pour  ce  les  Ronnnains  sappareilie- 
rent  pour  leur  faire  guerre,  et  les  François  mistrent  paine  a  eulx  defl"endre  et 
résister,  et  assemblèrent  ensemble,  a  grant  dommage  toutesvoies  des  François  que 
a  pou  que  ilz  ne  recurent  grant  perte,  si  comme  Sigibert  en  sa  cronique  raconte^". 

Autres  croniques  dicnt  quil  nattendirent  mie  Valentinien,  mais  sen  partirent, 
et  vindrent  selon  le  Rin  en  Germanie.  Et  après  sen  vindrent  vers  Cambray  et  vers 
Tournay  et  les  prindrent  ;  et  de  la  en  France  et  la  conquirent. 

n. 

DU  NOM  FRA^iCOIS. 

De  ceste  matière  parle  Hue  de  Saint  Victor,  qui  dit  que  aucuns  deulx  furent 
diz  François  dun  duc  appelle  Francio,  qui  estoit  ung  homme  très  puissant  en 
batailles.  11  a  autres  oppinions  pluseurs  sur  la  manière  de  venir  en  Hongrie,  et  de 
leur  département  aussi,  et  quelx  chemins  ilz  tindrent,  et  queles  terres  ilz  habitè- 
rent. Et  pour  ce  que,  si  comme  nous  avons  dit,  ceste  matière  chiet  en  trois  poins  : 
l'un  de  la  naissance  des  premiers  François,  desquelx  descendirent  les  premiers 
roys  de  France;  le  second  des  premiers  rois  francois,  et  comment  ilz  emprindrent 
premièrement  a  avoir  seigneurie  et  en  quelx  lieux;  et  le  tiers  quant  la  ville  de 
Paris  fu  premièrement  édifiée,  qui  est  le  chief  et  la  plus  principal  ville  du  royaume 
de  France,  nous  en  dirons  aussi  comme  il  sensuit^*'. 

Prinset  retenu  pour  répété  ce  que  nous  avons  devant  dit,  maistre  Hue  de  Saint 
Victor  en  sa  cronique,  et  cellui  qui  fist  les  croniques  de  la  division  du  monde 
en  son  livre  qui  sappelle  In  exordio  rerum,  racontent  de  lorine  des  Francois  en 

'''  Variante  :  irsi  comme  dit  Sigibert  en  sa  cro-  '*'   Var.    irnous  en  dirons  aussi  comme   nous 

nique."  avons  dit  de  Romme.» 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHAULES  VI.  133 

ceste  manière.  Et  encorcs  celliii  qui  fist  celle  cronique  /n  exordio  rerum  dit  quil 
en  a  (le  lui''*  une  plus  parfaite  que  Hue  de  Saint  Victor;  et  raconte  que  Francio. 
(ilz  de  Hector,  (|ui  lu  lilz  de  Priant,  etTurcus,  qui  fu  fdz  de  Trodus,  qui  sembla- 
bicnient  lu  lil/  de  Priant,  roy  d<î  Troies,  apr*;»  la  destruction  dicelle  ville  deTroies, 
senluircnt  et  eschapperent  a  iv^'s  (jrant  multitude'*'  de  f»en8  darmcs.  El  aussi  «en 
partirent  Helenus,  ung  adevincur,  lequel  cstoit  aussi  fdz  de  Priant,  et  Enéc,  le  filz 
dAnchiscs,  et  que  cel  Helenus  a  tout  mille  deux  cens  hommes  vint  en  Grèce  et 
y  list  pluscurs  chasteaulx,  villes  et  citez,  et  y  demoura  lui  et  sa  postérité.  Et  Enée 
sen  vint  en  Ytalie  et  espousa  la  fille  du  roy  Latin,  et  desconfisl  Turnus,  qui  estoit 
roy  des  lUitilieiis.  Kt  Krancio  et  Turcus  se  devisèrent  en  deux  parties,  dont  les 
unys  suivirent  Francio,  les  autres  Turcus,  et  en  firent  chacune  partie  leur  duc  : 
ccst  assavoir  les  unjjs  de  Francio,  et  les  autres  de  Turcus.  Turcus  vint  en  Sciteou 
Sithe'*',  et  y  demoura  et  habita;  et  pour  ce  sont  ilz  diz<*'  Turs  de  Turcus;  et  Francio 
sen  vint  en  Hongrie,  ou  il  edidia  la  cité  de  Sicambre,  de  costé  les  Palus  ou  Mares 
Meotides,  dont  nous  avons  parlé  dessus,  et  fu  ou  temps  de  David.  Et  quant  il  y 
ot  demouré  environ  deux  cens  et  trente  ans,  le  peuple  quil  avoit  admené  crut 
par  tele  manière  qued  ny  avoit  pas  assez  lieu  pour  eulx  habiter.  Si  sen  partirent 
environ  vingt  deux  mil  hommes  pour  quérir  lieu  convenable  ou  ilz  peussent  habi- 
ter, passèrent  Germanie  et  le  Hin,  et  vindrent  jusques  sur  la  rivière  de  Sainne  et 
adviserent  le  lieu  ou  a  présent  est  Paris;  et  pour  ce  que  ilz  le  virent  bel  et  delic- 
table,  gras  et  plentiveux'''',  et  bien  assiz  pour  y  habiter,  ilz  firent  une  cité,  laquele 
ils  appelèrent  Lutesse,  a  luto,  cest  a  dire  pour  la  gresse  du  pays.  Et  fu  ediffiée 
celle  cité  ou  temps  de  Amasic,  roy  de  Juda,  et  de  Jéroboam,  roy  disrael,  huit  cent 
et  trente  ans  avant  lincarnation  Noslre  Seigneur.  Et  sappellerent  Parisiens,  ou 
pour  Paris  le  filz  Priant,  ou  de  parisia  en  grec'' ,  qui  vault  autant  comme  har- 
diesse en  latin. 


m. 

DU  NOM  DE  PARIS. 

Guillermus  Armoricanus  W  en  sa  cronique  quil  fist  de  Philippe  le  Hardy,  dit 
autrement  Dicudonné,  laquele  est  appellée  Phtlipica,  quant  a  ce  quilz  se  nona- 
nierent  Parisiens,  il  dit  en  ung  ver  que  les  Francs  qui  vindrent  à  Lutesse  sappel- 
lerent Parisiens,  lequel  nom  signifioit  quils  estoient  hardiz;  et  sont  les  vers  teli: 

Et  80  Parisios  dixerunt  nominc  Franci, 
Quod  sonat  audaces etc. 


'''  Var.  ffdil  quil  pu  a  veluie.» 

''•  Vnr.  (tavec  tr»'»  grant  multitude.* 

'''  Var.  irviulonSaco.» 

'*'  Var.  (Tsoul-il  cucorcs  dis.» 

''  Var.  rrplauturcux.i 


<"  Le  mot  grec,  amngrf  pour  la  cnmmotlil^  de 
l'ëtymoiogie,  est  «wfSflvvfo. 

<^'  Var.  l'A  quny  saeeorde  Guill«Tnuu  .Annori- 
eanus.*  construclioD  pioa  régulière  que  «Ue  de 
Guillebert  de  MeU. 


134  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGIIVAUX. 

Si  fait  il  quant  a  celle  première  venue  desTroyens  a  Paris,  car  il  recite  et  dit 
que,  après  ce  que  ilz  orent  ediffié  celle  cité  de  Sicambre,  comme  ils  faussent  creuz^'' 
a  merveillez  grans  gens,  ung  leur  duc  ou  chevetaine,  appelle  Ybor,  avec  vingt  et  un 
mille  de  gens,  sen  vint  quérir  pays  pour  habiter,  et  ala  tant  que  il  arriva  ou  lieu 
ou  a  présent  est  Paris.  Et  pour  ce  que,  comme  dit  est,  le  pays  lui  sembla  gras, 
edillia  la  cité  de  Lutece,  qui  a  présent  est  appellée  Paris;  lequel  de  son  nom  lap- 
pella  Lutece  pour  la  cause  dessus  dicte.  Et  aussi  edilTierent  pluscurs  villes  pour 
habiter  a  lenviron  de  Paris,  comme  appendances*^',  que  ilz  appelèrent  de  ce  nom; 
si  comme  Rueil  en  Parisi,  qui  fu  chaste!  royal  et  cliief  de  chastelerie  ;  Cormeilles, 
Louvres,  Roissi,  qui  toutes  furent  nommées  en  Parisie  et  villes  Parisi^*';  toutes 
lesqueles  retiennent'*'  encore  ce  nom.  La  deraourerent  et  habitèrent  paisiblement 
jusques  a  ce  que  les  autres  se  partirent  de  Sicambre,  par  la  force  de  lempereur 
Valentinien,  qui  leur  fist  guerre  pour  ce  que  ilz  ne  vouloient  paier  le  truage  aux 
Rommains  et  amcrent  mieulx  a  eulx  en  partir  que  dcmourer  soubz  le  treuage'^'. 

Et  demourerent  ces  gens  de  Ybor  a  Lutece  et  es  parties  denviron,  avant  que  les 
autres  François  y  venissent,  mil  deux  cent  quatre  vingt  et  dix  ans  ou  environ,  cest 
assavoir  huit  cent  et  trente  ans  avant  lincarnation  et  le  renienant  après  iincarna- 
tion.  La  manière  du  département  fu  que  ilz  se  partirent  soubz  le  gouvernement 
de  trois  ducz,  cest  assavoir  Simo,  Gcrebaudus  et  Marcouiirus;  sen  vindrent  en 
Germanie,  sur  la  rivière  du  Rin,  et  subjuguèrent  les  Alenians,  les  Turingues,  les 
Belges,  les  Saxons  et  les  Lorrains,  prindrent  Coulongne  et  gastcrent  piuseurs 
autres  villes,  et  demourerent  en  une  partie  dAlemaigne  qui  pour  eulx  a  nom 
encores  Franconia.  —  Et  celle  cronique  nous  avons  veue  et  leue,  et  est  moult 
notable  et  moult  singulière. 

IV. 

DES  PREMIERS  ROTS  DE  FRANCK. 

Aucunes  croniquesdienf  que  Simo,  Gerebaudus'*'  et  Marcomirus  dcmorcrent  en 
Germanie  sans  passer  le  Rin;  et  que  la  mesmes  en  Germanie  fu  fait  Pharamun- 
dus,  lllz  de  Marconiinis,  roy  des  François;  et  (|ue,  après  ce  que  Marcomirus  et  Simo 
furent  mors,  le  peuple  voull  avoir  roy  aussi  comme  les  autres  pays;  et  eslurent  a 
roy  ce  Pharamundus,  (iiz  de  Marcomirus,  lequel  fu  constitué  roi  en  Germanie,  ou 
temps  de  Honorius  lenq)ereur,  ou  neuvième  an  de  son  empire,  quatre  cent  et  vingt 
ans  après  la  nativité  de  Nostre  Seigneur,  et  régna  environ  onze  ans  sans  passer 
Germanie. 

'*'  Le  mot  Rcreuzn  a  élé  ajoute  par  Guillebert  a  fait   remarquer  l'exagératioD  de  tous  ces  dë- 

de  Metz.  tails. 

''  Les  mots  comme  appendancet  ne  se  trouvent  '''  Var.  «Telreuvent  encore  ce  nom.i 

pas  dans  Raoul  de  Presies.  '=  Ce  dernier  membre  de  phrase  a  été  ajouté 

'''   L'abbé  Le  Beuf.  dans  son  Histoire  du  dio-  par  Guillebert  de  Meti. 
cète  de  Paris,  t.  IV,  p.   .'168,  à  larticle  Louvre,  '*'  Le  texte  porte  Genebaudut. 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOLS  CHAHLES  VI. 


I  :{;, 


CY  PARLEBO!SS  DE  LA  LOI  SALIQUE '*'. 

Laquele  fu  dicte  Salica  Lex  pour  ce  que  les  gens  du  pays  estoient  noble  peuple, 
comme  il  appert,  car  ceulx  qui  firent  celle  loy  furent  ceulx  (jiii  firent  première- 
ment et  ordonnèrent  les  loix  de  France;  et  furent  a  ce  ordonnez  et  esicuz  des 
barons  de  France,  ou  de  ceulx  de  qui  les  François  descendirent  :  cest  assavoir 
(lue  fille  ne  succederoit  a  royaume  ne  autres  grans  scignories  aians  gouverne- 
ment d(;  la  chose  publicjuc,  afin  (luc  mieulx  et  plus  puissamment  feust  défendue 
la  chose  publique  par  les  mash's  (|ii('  par  les  femelles. 

A  ce  sacordenl  Thomas  Valcnsis  (!t  Franciscus  de  Moranis'*';  lequel  Francis- 
cus  soult  a  lobjection  que  len  pourroit  faire  des  filles  de  Saphat  '  dont  la  Bible 
parle  Numeromm  vi(resimo  seplimo^'^\  et  dit  que  royaume  nesl  pas  hérédité,  mais 
est  dignit('!,  regardant  toute  l'administration  de  la  chose  publique.  Geste  loy  re- 
commande Gellius  au  vingt  deuxième  livre  De  Nocltbus  altiris  («c)W,  disant  quele 


'"'  Raoul  (le  Pre8l(i8  est  beau(X)up  plus  bref  sur 
le  clia|)itre  de  la  Loi  Saiique  :  il  renvoie  à  ce  qu'il 
en  a  dit  au  \\i'  chapitre  du  III"  livre  de  sa  tradu(5- 
lioa  de  lu  CÀlè de  Dieu.  (Voir  aux  aj)p™<lices. ) 

'*'  Ces  deux  auteurs  ont  parlé  incidemment  de  la 
loi  sali(pie.  Le  premier  doit  Atre  Thomas  U  alleis  ou 
Thomas  di;  fîalles,  docteur  en  thiiologie  de  l'uni- 
versit(^  dOxford,  (jui  vivait  en  i.33o.  Il  a  écrit  plu- 
sieurs commentaires  sur  la  Bible.  (Voir  Fabricius, 
mu.  medii  ati,  etc.  t.  VI,  p.  a 65.)  Quonl  au  se- 
cond. François  de  Mayronis,  il  élait  Français,  né  à 
Barcelonnelte,  et  mourut  vers  1 3a5.  (Voir,  pour  le 
(îatalojfuc  de  ses  ouvrages,  (pii  sont  nondireux,  Fa- 
bricius, hc.  cil.  t.  Il ,  p.  1  (jS.)  Au  sujet  de  la  loi  sa- 
iique ,  nous  renvoyons  h  l'appendice ,  où  sont  réunies 
les  diverses  indications  relatives  h  cette  (picslion. 

''  Les  filles  de  Salphad,  (ils  d'Hepher,  r^qui  fut 
-lilsde  Galaad,  qui  fut  (ils  de  Mnchir,  qui  fut  (ils  de 
«rManassé,  qui  fut  (ils  de  Joseph. n  exposèrent  h 
Moïse,  au  monicnt  du  partagée  de  la  terre  de  Cha- 
nanii,  (pic  \mr  père  (Hait  mort  dans  le  désert,  sans 
avoir  eu  d'enfants  mi\les;  qu'il  n'avait  point  parti- 
cipé h  la  révolte  deCoré,  Dathan  etAbiron,  et  que 
son  nom  ne  devait  pas  disparaître  parce  (pie  Dieu 
ne  lui  avait  pas  donné  de  fils.  Moïse,  ne  voulant  pas 
lésondri"  lui-nii^me  la  (piestion.  en  irféra  au  Sei- 
{jnciu',  (pii  lui  répondit  :  trLes  (illes  de  Salphad  de- 
<r  mandent  une  chose  juste;  donne-leur  une  part  au 
■'milieu  des  terres  appartenant  aux  |)areiils  de  leur 
rpère,  et  dis  au  peuple  d'Israël  :  Lovsqu'un  Immme 
•xera  mori  tans  enfant  mule,  «oh  héritage  i>n.t.irrii  à 


tta  Jille.yi  (Nombres,  ch.  xivi,  ver»,  i-io.)  Lm 
adversaires  de  la  loi  saiique  ont  toujours  arguë  de 
ce  texte;  mais  François  de  Mayronis  leur  répondait, 
dès  le  xiii'  siècle,  comme  le  ferait  de  nos  jours  un 
publiciste  de  l'école  libérale  :  irRoyaume  n'est  pa> 
rr hérédité,  mais  dignité,  regardant  toute  l'admi- 
irnislration  de  la  chose  publi(pie.  » 

'*'  Numeroruin  vi(fei>imo  seplimo,  c'eit-à-dire  au 
Lirre  de*  Nombre»,  chapitre  xxvii. 

'''  Gellius,  Aulu -Celle.  C'est  au  chapitre  i"  du 
livre  XX,  et  non  XXII,  dans  la  discussion  entre  le 
jurisconsulte  Sextus  Catcilius  et  le  philosophe  Favo- 
rinus  sur  la  loi  des  Douze  Tables .  que  se  tntuve  le 
passage  reproduit  assez  exactement  ici  :  Quid  uti- 
liut  plebiscito  Vnconio  de  eoereendù  mtJtemm  luere- 
ditntibus?  dit  Sexius  (^ox-ilius.  et  il  ajoute  :  Ommm 
tamen  hiec  oblilerala.  La  loi  \'oconia .  tombée  en  dé- 
suétude au  teinp  d'Aulu-Cdle.  était  ainsi  conçue  : 
Ne  fUM  ceniHt  Jurredem  rirginrm  mmlirremre  insti- 
Ivertl.  Portée  par  le  tnbiin  \ oconius,  l'an  de  Rone 
58&,  elle  avait  pour  but  de  restreindre  k  de  ev- 
taines  proportions  (cent  mille  sesterces)  le  droit  de 
succession  des  filles  et  des  feoiiiies.  Cioëron.  daw 
sa  seconde  action  contreVerris(lib.  1,  4i.  it.&S. 
&&),  l'invoque  [lour  prouver  qa'Anniin.Aseilus.  qui 
n'était  pas  rir  rentu*.  c'e*t^-dire  qui  a'avail  p« 
déclaré  le  chiiïre  de  H  fortnne  am  mmon.  pou- 
vait tester  en  faveur  de  sa  (ille  unique .  et  que .  pv 
cons4iquent.  Verr<>s,  en  faisant  pMwr  l'héritage  i 
un  neveu  dAsellus.  qui  dut  payer  cbèremeot  la  dé- 
cision du  préteur,  avait  conimb  UM  véritable  ap»- 


136  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX, 

chose  est  plus  prouffitable  que  ce  que  femme  ne  succède  pas  a  hérédité"!.  Saint 
Grégoire,  ou  trente  cinquième  chapitre  de  ses  Morales,  dit  que  lusage  de  la  vie 
ancienne  nestoit  point  que  les  femmes  héritassent  avec  les  masles,  pour  ce  que,  si 
comme  il  dit,  que  la  seurté  de  la  loy  qui  a  acoustumé  tousjoursde  garder  la  forte 
chose,  et  non  tenir  compte  des  foibles,  si  sestudia  plus  a  mettre  avant  et  a  sentir 
plus  les  aigres  choses  que  les  bénignes,  cest  a  dire  que  les  hommes,  qui  sont  plus 
habiles  a  défendre  que  les  femmes,  qui  sont  moles  et  fresles  de  leur  nature,  te- 
nissent  les  héritages'*'. 

M. 

DU  SECOND  ROT  CLODIO. 

Apres  régna  Clodio  son  fdz,  ce  fu  ou  temps  de  Theodosius  le  second;  et  fu  le 
premier  roy  de  France  qui  passa  le  Hin  et  qui  transporta  de  ca  le  Rin  le  royaume 
des  François,  qui  par  avant  avoit  esté  en  Germanie,  et  conquist  Cambray  et 
Tournay.  Après  lui  vint  Meroveus,  après  la  nativité  Notre  Seigneur  quatre  cent 
quarante  neuf  ans.  En  son  temps  commença  la  renommée  des  François  et  des  roys 
de  France.  Et  fu  si  vaillant  et  si  puissant  en  son  temps,  que  les  François  furent 
appelez  Merovei  pour  sa  vaillance;  il  commença  a  régner  ou  temps  de  Theodo- 


liation.  L'orateur  romain  revient  sur  cette  quenlion 
dans  l'un  de  ses  ouvrages  philosophiques  (Dejini- 
biu  bonorum  el  malonim,  lib.  li,  17),  à  propos 
d'une  interposition  de  ])er8onnc  entre  Quintus  ¥a- 
dius  Gallus  et  sa  fille.  C'était  en  efTet  le  moyen  le 
plus  souvent  employé  pour  éluder  la  loi  ;  mais  ce 
moyen  offrait  quelque  danger  lorsque  l'héritier  fidu- 
ciaire était  de  mauvaise  foi,  comme  ce  Sextilius 
Rufus  dont  parie  Cicéron.  La  loi  Voconia  a  été  sa- 
vamment discutée  par  Jacques  Pcrizonius  dans  ses 
Animadversione»  hisloricœ  (Amsterdam,  i685); 
Montesquieu  s'en  est  aussi  beaucoup  occupé  {Es- 
prit des  loi*,  liv.  XX VII.  De»  Un*  sur  le*  tuc- 
eestions). 

'*'  L'auteur  abrège  ce  qu'a  dit  Raoul  de  Presles 
sur  la  loi  salique,  dans  son  exposition  sur  le  vingt 
et  unième  chapitre  du  livre  III.  Entre  autres  dé- 
tails il  omet  les  suivants  :  ir  Et  encores  le  voit  on 
iten  plusieurs  parties  tant  du  royaume  de  France, 
ft  comme  dailieurs,  car  entre  les  nobles  ne  suc- 
fr cèdent  point,  mais  ont  tant  seulement  mariage. 
rct  en  Bretaigne  lainsné  prent  tout  et  en  Ver- 
rrmendois  les  mainsnez  tous  ensemble  ne  prennent 
ffque  le  tiers;  la  quele  loy  fu  dicte  salica  pour 
itce  que  les  gens  du  pays  esloient  nobles  et  noble 
(t peuple.  Et  il  appert,  car  ceux  qui  firent  celle 


ffloy  furent  ceulx  qui  premièrement  firent  et  or- 
T donnèrent  les  lois  de  France,  et  furent  a  ce  or- 
ff donnez  et  esleux  des  barons  de  France,  ou  de 
rreux  de  qui  les  François  descendirent,  afin  que 
fria  chose  publique  feust  mieulx  et  plus  puissam- 
nment  deffendue  par  les  masles  que  |>ar  les  fe- 
irmelles.  n  (Voir  l'appendice  à  la  fin  du  livre  de  Guil- 
lebert  de  Metz.) 

'  Voici  le  passage  auquel  Guillebert  de  Metz 
fait  allusion  :  r  L'sus  vite  veteris  non  habebatur  ut  be- 
Tcdilatem  femina;  inter  masculos  sortirentur.  quia 
"•logis  severilas  furlia  Higens,  infirma  conlcmnens, 
fdistncta  potius  sluduit  quam  benigna  sancire.  1 
Celte  rigueur  de  la  loi  judaïque ,  ajoute  saint  Gré- 
goire, a  été  adoucie  par  N.  S.  Jésus -Christ,  au 
moins  en  ce  qui  concerne  l'héritage  céleste ,  auquel 
tous  sont  conviés,  sans  distinction  de  sexe  :  "Sed  pio 
r  nostro  Redemtore  veniente ,  nullus ,  infirmitatis  sue 
•rconscius.  de  sorticuda  ccelestis  patrie  heredilate 
rdesperet  Pater  enim  noster,  inter  masculos  etiam , 
"feminis  jura  successionis  tribuit,  quia,  inter  fortes 
i-atque  perfectos,  infirmes  et  humiles  ad  sortent 
rsupernae  haîreditatis  admittit. . .  Sorores  ergo  cum 
rfratribus  ad  ha^redilatem  veniunt.i  {Sanct.  Greg. 
Papw  Moralium  lib.  XWV,  cap.  xix,  col.  iiCô, 
t.  I,  éd.  Paris.  1706.) 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CIIAItLh.s  M.  137 

sius  le  Jiicnne ,  ou  vin(;t-cinquieme  an  de  son  empire ,  environ  quatre  cenl  cinquante 
jiris  npiV-s  ladvcnonicnt  de  Notre  Sei{jneiir,  si  comme  toutes  ces  chose»  Bernardus 
(iiiidonis'''  mol  en  sa  cronique.  Or  <;st  il  voir  (jue  (juant  les  François  qui  scs- 
l()i(!iil  partis  de;  Sicambre  seu  vindrenl  a  Lutece,  ilz  leur  vouidrent  faire  jjuerre; 
mais  (pianl  ilz  sceurent  (jue  cesloient  ceulx  que  Ybor  y  avoit  amenez  et  que  ces- 
loil  tout  UHjf  peuple,  ilz  scntrefirent  {jrant  feste;  et  demourcrent  ensemble  paisi- 
i)lement  soubz  ung  roy  et  soubz  une  seijjnorie;  et  la  ville  qui  avoit  nom  Lutece  ilz 
ap|)ollerent  Paris,  disant  que  cestoit  lait  nom  et  ort  que  Lutece. 

A  loppinion  qui'*'  parle  de  Francio  et  de  Turcus  sacorde  Naldericus,  eve84|ue 
de  Dol''',  en  sa  cronique  (juil  fist  du  passage  doultre  mer,  ou  tiers  livre,  qui  dil 
(|iie  les  Turcs  tiennent  (pie  eulx  et  les  François  sont  tout  ung  peuple  et  parais 
(lung  pays;  et  que  nulz  nesl  digne  destre  chevalier  sil  nest  François  ou  Turc. 

VII. 

DE   JULIU8  CESAR. 

Encores  pour  demonstrer  de  Paris  lancienneté,  el  comment  elle  est  fondée 
dancienneté,  il  se  treuve  ou  Vl"^  livre  do  Julius  Celsus'*\  De  bello  Gallico ,  du(piel 
.Iulius  Cosar  list  ])artie,  que  quant  ce  Julius  vint  en  France  de  par  les  Hommains, 
Paris  csloit  habiloo  de  gens  grans  ol  ])uissans  qui  sappclloiont  Parisiens;  el  IcnoienI 
la  cité  seulomoiil,  laqiicio  ostoit  si  forte  pour  lors,  el  csloit  tolement  fermée  diaue. 
(pio  lui  inesines  losmoignc  (jue  len  ny  povoit  passer.  Or  est  lout  aterri  par  gra- 
vois,  lions  el  autres  ordures  que  len  y  a  depuis  getté.  11  fu  longuement  devant, 
car  les  Parisiens,  qui  estoienl  environ  Paris  el  jus(|ues  a  Melun,  avoient  une  tele 
coustumc  que  tantost  comme  guerre  leur  sourdoit  ilz  venoienl  tous  a  Paris  a  se- 
<ourspour  estre  plus  fors;  et  neleur  chaloil  du  remenant'*'.  Oravintque,  si  comme 
il  faisoit  siège  devant  Paris  et  que  tous  les  Parisiens  si  estoienl  retrais  et  vuidié 
tout  lo  roinonanl,  il  savisa  de  prendre  Melun;  et  le  print  de  fait.  Et  par  ce  fu 
soigneur  do  la  rivière,  et  povoit  venir  assaillir  de  quehjue  part  que  il  lui  plaisoit. 
Quant  il  ol  esté  longtemps  devant  sans  riens  faire,  il  list  semblant  que  il  se  par- 
tist  ot  de  lover  son  siogo,  el  sen  ala  droit  a  \  illc  juyve,  qui  a  droit  parler  est  aj)- 
poloo  \illr  JhIi/hc  pour  le  corps  saint  do  celle  sainte  qui  y  repose'*'.  Et  comme  ung 
appelé  Camulogonus  qui  esloil  do  Houen,  auquel,  combien  quil  fust  très  ancien, 
estoit  baillé  pour  sa  vaillance  tout  le  gouvernement  des  gens  darmes'" ,  leur  deisl 


'''  fi»-Nnr(/iM(i'uiV/om>;voir,  |>oiirceclironi(]iipiir.  '*'  Et  ne  leur  chaloit  Ju  rememuU,  H  n'avaient 

los  nolps  plac«5e8  au  hn»  du  t«xle  île  Unoul  de  Presios.  aucun  souri  du  reste. 

'*'  Le  loxic  |)oitt>  par  rireur  ^miV.  '*'  1^  coninienlnire  de  Rnoul  de  Pnalo  ronbeut 

'''   Vdldn-iriiK  ou  Italtlniriis .  Itnudi-y,  ev^ue  do  une  note  à  cet  lîjfanl. 
Dol;  voir  dgaicnient  les  notes  ouxquelies  nous  avons  '    Raoul  de  Presles  place  ici  une  réfloion  qiw 

<li-jà  n'nv(iyi<.  (iuilleborl  de  MeUt  a  oiniM<  :  'Lequel,  qoanl  il  vit 

'    Julius  CeLius,  Hc.  Idem.  'la  manière  de  Juliu».  etc- 

HIST.  —   I.  •■ 


138  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

que  ce  nesloit  que  faintise  et  quilz  se  gardassent  bien  que  il  ne  le  poui-suivissent, 
ilz  ne  le  vouldrent  croire,  mais  alerent  apr<'*8  et  latendirent*'';  et  tantost  ses  gens 
quil  avoit  laissic'*  en  embûche  vindrent  et  les  enclorent,  et  y  ot  grant  descon- 
(iture.  El  ce  fu  la  cause  qui  pour  lors  les  fist  estre  tributaires  des  Rommains,  car 
onques  homme  ny  entra  ne  ne  la  prinst  par  force.  Dont  il  fist  le  palais  de  Ter- 
mes, qui  estoit  ainsi  appelle  pour  ce  que  la  se  paioient  les  trchuz  aux  termes  qui 
esloient  ordonnez;  et  adont  les  gens  commenciercnt  a  ediflier  maisons  a  Icnviron 
de  ce  chastel  et  a  eulx  logier'*'.  Et  conmienca  ceste  partie  lors  a  estre  première- 
ment habitée;  ne  encore  ne  depuis  longtemps  ne  fu  lautre  partie  de  Paris  devers 
Saint  Denis,  laquele  est  a  présent  la  plus  grant,  habitée;  mais  avoit  par  tout  forés 
et  grans  bois,  et  y  faisoit  len  mouit  domicides. 

Vin. 

LINTERPRETATIOM  DES   NOMS  DES  RUES  DE  PARIS. 

Le  marchié  des  bestes  estoit  par  de  ca  la  rue  aux  Bourdonnois,  ou  lieu  que 
len  dit  le  siège  au  deschargeur,  et  encores  lappelle  len  la  viez  place  aux  pour- 
ceaux; et  a  la  croix  du  Triouer  se  trioient  les  bestes;  et  pour  ce,  a  proprement 
parler,  est  elle  appellée  la  Croix  du  Triouer  pour  les  bestes  que  len  y  tiroit^".  Au 
carrefour  (luillori  estoit  le  pillori  ou  len  coppoit  les  oreilles;  et  pour  ce,  a  propre- 
ment parler,  il  est  appelle  le  carrefour  Guigne  oreille.  Et  la  boucherie  estoit  ou 
elle  est  a  présent,  comme  tout  hors  de  la  cité;  et  cestoit  raison.  Et  emprés  ou 
Perin  Gasselin  osloit  une  place  ou  len  gettoit  les  chiens  morts,  qui  sappelloit  la 
Fosse  des  chiens;  et  encores  y  a  une  ruelle  (jui  ainsi  est  appellée  W.  Depuis  fu  habi- 
tée et  fermée  Paris  jusques  au  lieu  que  len  dit  a  larchet  Saint  Mcrry,  ou  il  appert 
encores  le  costé  dune  porte.  Et  la  fu  la  maison  Bernart  des  Fossés,  ou  Guillaume 
d'Orenge  fu  logié  quant  il  desconlit  Vsoré,  qui  faisoit  .««iege  devant  Paris.  Ceste 
porte  aloit  tout  droit  sans  tourner  a  la  rivière,  ou  lieu  que  len  dit  les  Planches  de 
Mibray;  et  la  avoit  ung  pont  de  fust  et  sadi-ecoit  droit  a  Saint  Denis  de  la  Chartre, 
et  de  la  tout  droit  parmy  la  cité  sadrecoit  a  lautre  pont  que  len  dit  Petit  Pont. 
Et  estoit  ce  lieu  dit,  a  proprement  parler,  les  Planches  de  Mibras;  car  cestoit  la 
moitié  du  bras  de  Sainne.  Et  qui  auroit  une  corde  et  la  menast  de  la  porte  Saint 
Martin  jusques  a  la  rivière,  a  la  Juyerie,  droit  au  petit  pont  de  pierre  abatu,  et 


'■'  Var.  iret  l'alaindrenl. »  Satiété  des  Anliquaire*  de  France,  et  pnblid  separé- 

'*'  Au  sujet  de  l'expëdition  de  Jules  César,  on  ment;  il  est  relatif  à  la  bataille  qui  eut  lieu  entre 

plutôt  de  son  lieutenant  Labienus.  contre  Paris.  Labienus  et  les  Parisiens;  Paris,  i85Q,in-8*. 

nous  avons  renvoyé   plus   haut   aux  Annale»  de  ''  Les  deux  auteurs  ont  employé  indilTérem- 

Park,  par  Dom  Toussaint  Dupiessis.  et  aux  Mé-  nient  les  mots:  triouer  cX  tirouer,  trier  et  tirer; c'est 

moires  de  Jollois.  Quant  a  la  i)atnille  livrée  sous  Pa-  la  même  racine  trahere. 

ris,  nous  indiquerons  encore  un  mémoire  de  M.  J.  ''  Var.  ^encores  y  a  il  une  ruelle  qui  est  ainsi 

Quicherat,  publié  au  tome  XXI  des  Mémoires  de  In  >r appellée.* 


DESCIUPTION  DE  PARIS  SOUS  CHAHLKS  VI.  139 

(lo  ia  jusqucs  a  la  porte  Saint  Jaques,  elle  yroit  droit  curnme  une  ligne,  sans  tour- 
ner ne  ca  ne  la. 

Après  len  fist  les  cliimelieres'''  ou  lieu  ou  est  leglise  des  Innocens,  qui  pstoit 
lors  tout  liors  et  loing  de  la  ville,  si  comme  len  les  faisoit  anciennement;  car 
len  faisoit  et  les  boucheries  et  les  cimetières  tout  hors  des  citez,  pour  les  punaisies'*' 
et  pour  les  corruptions  eschiver'''.  Prés  de  la  cimitiere  len  commença  a  faire  le 
marchië;  et  lappeloit  len  Charapiaux'*),  pour  ce  que  cestoient  tous  champs;  et  en- 
cores  a  ce  lieu  retenu  le  nom.  Kt  pour  raison  du  marchié  y  commencierent  pre- 
niicreincnt  les  gens  a  faire  loges  petites  et  ordes'',  comme  firent  les  Bourguign«)iis 
(|uaiil  ilz  vindrcnl  prcmierenïent  en  Bourgoigne.  El  puis  petit  a  j)etit  y  édifiè- 
rent maisons,  et  y  fist  len  haies  pour  vendre  toutes  manières  de  denrées.  El  ainsi 
crut  la  ville  jusques  a  la  porte  Saint  Denis.  El  la  fut  fermée  et  fu  ahatue  la  vieille 
muraille,  et  a  présent  sestent  la  ville  juscpies  a  la  bastille  Saint  Denis.  Quil  soit 
vray  il  appert,  car  quant  leglise  de  Saint  Magloire,  laquele  fu  premièrement  en 
la  cité,  fu  transporté  ou  lieu  ou  elle  est  a  présent,  elle  fu  édifiée  aux  champ. 
Et  se  treuve  encore  que  en  la  date  des  lettres  royaux  cpii  furent  faictes  pour 
lors,  avoit  et  par  escript  :  Donné  en  nostre  église  de  Saint  Magloire  de  lez  Cham- 
piaux  prés  de  Paris'"'. 

I\. 

DUNG  CIIASTEL  QUK  JlILtUS  CKSAR  KIST  A  SAINT-MOR  DES  FOSSBZ. 

Encores  se  treuve  il  en  la  vie  de  saint  Babolein,  qui  ou  temps  de  Clodové  fonda 
une  abbaye  a  Saint  Mor,  qui  lors  esloit  appeliez  les  Fossez,  que  ou  temp  fpie 
.Iiilius  César  fu  en  France,  et  quil  lot  ainsi  comme  toute  conquise,  il  sen  vint  de 
Seiiz  a  Melun,  et  de  la  vers  Paris  par  la  rivière  de  [Seine,  entra  en  la  rivière  de] 
Marne,  pour  aler  conquerre  la  cité  de  Meaux;  et  arriva  au  lieu  ou  est  leglise  de 
Saint  Mor  a  présent,  et  la  demoura  tout  liver,  ou(juel  temps  diver  les  anciens  se 
reposoienl  ne  naloient  en  guerre  juscpies  au  printemps.  Il  si  loga  el  tout  son  ost, 
j)endanl  kujuel  temps,  pour  ce  (piil  vil  le  lieu  si  bel  et  la  place  forte,  tant  pour  la 
rivière  comme  pour  la  situation  du  lieu,  il  y  fist  faire  ung  chastel  trop  merveilleu- 

''  l.a  dilTëronce  de  dialecte  ou  plutôt  (le  pinnoii-  "'  Guillet)ert  de  Meti,  en  siipprimanl  b  iellre 

cinliou  se  fait  ici  sentir:  Raoul  de  Prestes,  qui  élait  initiale  du    mot   bordes  employë   par    lUout  de 

ilo  ril(>-en-l'"nince,  iVrit  cimcHticie ;  ('millchprt  de  IV^iles .  change  tout  h  fait  le  sens:  le  MdMianlif.  qui 

Met/,  oripiiuiire  du  pays  messin  ou  de  In  l''landre  signifie  uiaisonnolte .  se  trouve  Iransformë  en  I  «djec- 

wallonne,  orlliogriipliie  le  mot  comme  il  le  pronon-  tif  ord,  sale .  malpropre, 

rail  :  chimetihe.  De  plus  il  le  fait  du  f(<niinin.  '*'    Au  sujet  des  notes  euplieati»»  MuqneHe* 

"  Punaisie,  mauvaise  odeur,  puanteur.  (Voyez  |)onrrait  donner  lieu  ce  ct»«pitre.  nom  mvoyoM, 

le  G/o««ni;p  (le  Hucange  au  mol  Impurirm.)  une   fois   |>our  toutes,  à  celles   que  nous  vnm 

'''  Var.  (teschiever.i  ajouliVs  au  (x>n[imentair«  de  Raoïd  de  PtoIm  rt 

•'■   Au  sujet  (les  linlles  des  Chnmpeaiix.  il  y  a  qu'il  t'Inil  inutile  de  r^p^ter.  Us  variantet  i 

(pielque  inlenH  ii  comparer  la  (lfsrri|)tion  qu'en  a  offraient  (pielque  intt'rèl.  et  BOOt  leiW 

lioimi'e  Jean  de  Jandun  ,  pages  5o  et  5i.  «enienl  indiqua. 

i8. 


1/iO  DOCUMENTS  ET  ÉCHITS  ORIGINAUX. 

seiiieiit  fort,  qui  se  fernioit  des  deux  costez  de  la  rivière  de  Marne,  et  par  de  vers 
Paris,  de  fors  murs  et  de  gransfossez.  Et  fu  ce  cliaslel  appelle  le  Cliaslel  des  Begaux, 
pour  une  manière  de  gens  ausquelx  il  le  bailla  a  garder,  lesquelx  estoient  appeliez 
Begaux.  Ce  cliaslel  dura  jusques  au  temps  de  .Maximien,  appelle  Herculeius,  qui  fut 
envoie  en  France  pour  mettre  a  mort  tous  chrestiens  et  destruire  toutes  les  églises, 
et  y  fu  envoie  par  Dioclesien  lempereur,  lequel  fu  compaignon  de  son  royaume"*. 
Ce  Maximien  Herculeius,  quant  il  vint  en  France,  trouva  que  Amant  et  Holien, 
deus  cliristiens  qui  ne  vouloient  point  estre  subgés  aux  Rommains  ne  aourer  les 
ydoles,  pour  résister  a  Maximien  sestoient  mis  a  garant  en  ce  cliastcl,  acompai- 
gniés  de  pluseurs  de  ces  Begaux.  La  vint  Maximien  et  fist  siège  devant  le  cliastel 
par  longtenqjs;  et  finablement  le  print  et  mist  a  mort  tous  les  Begaux  et  autres 
cliristiens  quil  pot  trouver;  et  arrasa  le  cliastel  telement  «piil  ne  demoura  que 
la  place  vuide.  Des  Begaux  ainsi  occis  par  ce  Maximien,  et  de  Amant  et  de  Helien, 
et  comment  ilz  furent  vaincus  legierement,  parle  Orose  ou  septième  livre  de  son 
Ormesle,  ou  trente  et  uniesme  chapitre'*'. 


DES  (iE>S  NOMMEZ  DRUIDES. 

Kncorc  est  il  assavoir  que  en  ce  temps  que  Julius  Cosar  vint  devant  Paris,  et  pour 
conquerre  France,  elle  estoit  gouvernée  par  certaines  gens.  Si  comme  dit  Julius 
Celsus  en  son  sixième  livre,  il  y  a  voit  unes  gens  qui  estoient  appeliez  Druides; 
et  si  y  avoit  chevaliers,  et  si  y  estoit  le  peuple  duquel  len  [ne]  faisoit  conte,  car 
ilz  estoient  aussi  comme  serfz  :  et  quant  ilz  se  veoient  grevez  ou  oppressez  par 
aucun,  il  se  rendoient  au  plus  fort.  Les  Druides  estoient  aussi  comme  les  souve- 
rains evesques,  (jui  gouvernoient  et  temporel  et  espirituel,  apprenoient  aux  ep- 
fans  science  et  doctrine,  cognoissoient  de  toutes  manières  de  causes  et  jugoient, 
feussent  crimineles  ou  civilles,  personneles  ou  réelles.  Tous  les  ans  assembloit  tout 
le  peuple  devant  eulx  a  certain  jour,  en  «ne  montaigne  consacrée  a  Jupiter,  qui  a 
présent  est  appellée  Montjaou,  en  latin  mom  Jovix.  La  faisoient  droit  a  chacun;  et 
sil  en  y  avoit  aucuns  (jui  ne  voulsissent  obéir  a  leurs  decrés  et  tenir  leurs  jugemens, 
il  lui  estoit  défendu  a  sacrefier,  ne  [ne]  recevoit  len  point  ses  sacrifices,  qui  estoit 
une  très  grief  paine  a  cellui  a  qui  il  estoit  défendu  :  tous  le  fuioient,  ne  ne  par- 
loient  point  a  lui,  ne  plus  que  a  ung  excommenié.  Et  se  il  se  plaignoit  daucun. 
len  ne  lui  en  faisoit  point  de  droit.  Ces  Druides  estoient  quittes  de  tous  treliuz, 
de  tous  ostz  et  de  toutes  chevaucées;  ne  ilz  ne  aloient  en  bataille  pour  quelconque 

'■^  Variante:  iriequel  le  lîsl  compaignon  de  son  frrnsliranonini   manu,  quos  Vacaudas  vocnljanl. 

royaume»  -[wniiciosos  tunniltus  escilavissenl,  Maximianiim, 

'*'  Voici   le  texte  de  Paul  Orose,  qu'on  peut  "cognomenlo   Herculiuin,   Ca?sarem  fecit,   iiiisit- 

égalenient  ajouter  à  la  note  3  de  la  page  iiq.*  ^que  in  Gallias;  qui  facile  agrestium  hominuni 

|)our  le  texte  de  Raoul  de  Presles  :  (rDiocletianus,  "rimperitam  et  confusam  manuni  militari  virtute 

(rquiun   in  Gallia  Amandus  et  Helianus.  collecta  tTCorn|iescuit.i) 


DKSCHIPTION  DK  PAHIS  SOLS  CHAULKS  VI.  H| 

iHîccessilé.  Et  si  estoi«nt  francs  et  quittes  de  toutes  prestacions  et  redevances  que 
les  autres  paioient.  Et  pour  celle  cause  pluseurs  aloient  à  iescolle  et  aprenoient. 

Entre  tous  les  autres  il  y  en  avoit  ung  souverain  qui  avoit  puissance  sur  tous 
les  autres  Druides;  et  ([uaiit  il  estoit  mort,  len  eslisoit  le  plus  soufTisant  apri^s.  Et  se 
il  en  y  avoit  pluseurs  de  pareil  estât,  len  en  eslisoit  [uii{j]  parle  conseil  des  autres 
Druides;  et  aucunes  fois  se  couibatoit  len  pour  avoir  celle  seigneurie,  selon  ce 
quilz  osloieiil  puissans.  Lautre  manière  de  gens  estoit  de  chevaliers;  et  ceuU  cy 
nctitondoiont  a  riens  que  aux  armes  et  a  faire  injure  a  leurs  voisins,  ou  rehouler 
ceulx  (|ui  leur  faisoienl  injures.  Et  selon  ce  (|ue  cliascun  estoit  plus  riches  et  plus 
j)uiHsans,  il  estoit  plus  garny  de  gens.  Quant  il  esconvenoit  armer  <",  il  esconvcnoil 
que  tous  les  juennes  ^'  hommes  se  présentassent  ensemble;  et  se  il  en  y  avoit  aucun 
qui  demourast  derrière,  ilz  le  faisoient  morir  de  tr<5s  cruele  mort.  Hz  ne  soufTroient 
([U(!  leurs  enfants  venissent  devant  eulx  jus(jues  a  ce  que  ilz  feussent  en  cel  eage 
que  ils  se  peussent  armer;  et  disoient  que  cestoit  laide  chose  que  ung  enfant 
avant  son  eage  sapparust  devant  son  père.  Hz  estoient  merveilleusement  enclins 
aux  religions  de  leurs  Dieux''  et  a  leurs  sacrifices;  entre  lesquels  ils  aouroient  sur 
tous  les  autres  Mercure,  et  a|)rés  Apolin,  Mars,  Jupiter  et  Minerve. 

Quant  ilz  estoient  tormentez  dauciines  griefves  maladies,  ou  en  grant  péril  de 
leur  corps  en  aucune  bataille,  ils  sacridioient  a  leurs  Dieux  hommes  vifz,  on  eulx 
mesmes  venoient  sacriiTier'*';  car  leurs  Druides  leur  a  voient  enseigné  que,  pour 
racheter  la  vie  dun  homme,  [len  devoit  donner  aus  Dieux  la  vie  dun  homme],  ou 
autrement  ilz  tenoient  que  le  courroux  des  Dieux  nesloit  pas  soullisament  appaisié. 
Hz  avoient  autres  sacrifices  communs  et  publiques,  cest  a  assavoir  que  ilz  faisoient 
une  très  grant  ydolc  ou  simulacre  dosiers,  et  lenqiiissoient  de  hommes  vifz,  et 
puis  boutoient  le  feu  dedens  et  les  ardoient;  et  mettoient  dedens  communément 
larrons  et  robeurs,  et  gens  convaincus  daucune  mauvaisti»'.  Et  disoient  que  les 
Dieux  avoient  ces  sacrifices  très  agréables;  et  en  estoient  les  Dieux  plus  favorables 
a  ceulx  qui  estoient  ainsi  condempnez;  et  [quant  il  avoient  deffautc  de  telz  gens, 
il  sacreflioient  par]  tele  manière  des  iimocents  mesme;  ils  faisoient  aussi  sacrifices 
•  les  bestes  que  ilz  avoient  prinses. 

Moult  de  choses  y  a  autre  ce  que  dit  encores  Julius  Celsus,  lesquelz  nous  laij^sons 
pour  cause  de  briefté.  Tant  y  a  que  le  principal  de  leurs  temples  estoit  ou  maintenant 
csl  Monliuarlre,  qui  estoit  loi-s  appelle  le  uu)nl  de  Mercure  pour  ce  que  son  temple  y 
estoit.  Le  second  estoit  le  temple  de  Apolin,  et  estoit  dit  Court  Dimenche.  qui  se  dit 
en  latin  Ciiria  Dominica;  et  estoultre  Ponloise,  ou  lieu  que  len  dit  a  présent  la  mer 

'"'  QttaiU  il  e»coiwennil  armer,  (junnd  il  fallait  peut  dire  que,  dan»  l'espace  d'un  dcmi-siide  eti»i- 

|irfîii(lrn  tos  nrnios.  ron,  la  langue  a  sensiblement  varie  :  Raoul  de  Pretici 

'    Itnoiil  <lo  l'ivsles  (^ril  joune»;  rniilIcIxTt  de  (écrivait  encore  bitx,  comme  au  lemp*  dn  Croi- 

Motz  -jiKMines. Il  sades;  Guillebert  de  MoU  dit  Dieux. 

<'>  Iniltipcndnninient  des  dilïï'rences  locales,  on  '*'  Var.  «euh  manette  voooienl  a  sarreâer.* 


142  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

(lAiitye.  Le  tiers  estoit  Mont  Jaoust,  qui  estoil  consacré  a  Jupiter.  Et  en  tous  ces 
trois  se  faisoient  sacrifices  par  tele  manière,  que  quant  len  faisoit  sacrifice  a  Court 
Dimenche,  qui  est  ou  milieu,  len  veoit  des  deux  autres  montaignes  ce  sacrifice. 

XI. 

DE  SAINT  DENIS. 

A  celle  montaigne  de  Mercure  fut  envoie  par  Domicien  Maxence  et  mené  mon- 
seigneur saint  Denis  et  ses  compaignons,  pour  faire  sacrifice  a  Mercure  en  son 
temple  qui  la  estoit,  et  dont  il  appert  encore  de  la  vieille  muraille.  Et  pour  ce  quil 
ne  le  voult  faire,  fu  ramené  lui  et  ses  compaignons  jusques  au  lieu  ou  est  sa  chap- 
pelle,  et  la  furent  décollez.  Et  pour  celle  cause,  ce  mont,  qui  par  avant  avoit  a 
nom  le  Mont  de  Mercure,  perdy  son  nom  et  fu  appelle  le  Mont  des  Marlirs;  et 
encore  est.  Ce  monseigneur  saint  Denis  fonda  a  Paris  trois  églises  :  la  première,  de 
Trinité,  cest  leglise  ou  est  aouré  a  présent  saint  Benoit,  et  y  mit  moynnes;  la 
seconde,  Saint  Estienne  des  Grecs''),  qui  par  corruption  de  nom  est  appellée  Saint 
Estienne  des  Degrez,  et  y  (ist  une  petite  cliappelle  ou  il  cliantoit;  la  tierce,  Noslre 
Dame  des  Champs,  en  laquelc  église  il  demouroit,  et  y  fu  prins.  Et  ces  choses 
avons  nous  dit  pour  monslrer  lancicnne  création  de  Paris. 

Mais  encores  pour  le  monstrer  plus  clcrement,  Guillermm  Momimelenm^^\  en  sa 
cronique  que  len  appelle  le  Brut,  dit  que  ou  lenq)s  que  Brutus  se  parti  de  Grèce  et 
que  il  queroit  pays  pour  habiter,  il  vint  en  Acquilaine,  dont  Golfarius  estoit  roy,  qui 
estoit  Poitevin;  et  après  ce  quil  fu  desconfit  de  Brutus,  il  sen  vint  en  France  pour 
querre  secours.  Et  dit  que  lors  en  France  avoit  douze  pers  qui  estoient  pareilz'^'  en 
dignité;  et  di  que  ce  fu  ou  temps  de  Hely.  Encores  dit  il  oultre  en  ce  mesme  livre  que 
il  y  ot  ung  roy  en  France,  ou  temps  de  Ysaïe  et  dOsée  les  prophètes,  qui  ot  a  nom 
Aganipus,  lequel  ot  espouséla  fille  du  roy  dEnglelerre  appelle  Leyr,  lequel  fu  depuis 
bouté  hors  de  son  royaume  dEngleterre,  et  vint  a  secoursa  Aganipus^,  qui  passa  en 
Engleterre  et  a  force  darmes  le  remist  en  son  royaume.  Par  quoy  len  puet  veoir  que 
la  cité  de  Paris  fu  fondée  merveilleusement  longtemps  avant  lempereur  Valentinien'*'. 

XII. 

DES  ANCIENS  FBANCOIS. 

Es  histoires  et  autres  escriplures  desRommains  et  anciens  escripvains  latins,  et 

'■'  Guiilebert  de  Metz  a  remplace  par  le  mot  texte,  semble  faire  contre-sens.  C'est,  au  contraire, 

Grec»  l'ancienne  forme  Grieux  qu'avait  employc'e  Aganippus  qui  vint  au  secours  de  son  beau-père. 
Raoul  de  Presles.  '*'  Ici  se  termine  le  commentaire  que  l'auteur  a 

<*'  Guillennu»  Monumelensi» ,  c'est  Geoffroy  de  emprunta  presque  littéralement  à  Raoul  de  Prcsles. 

Monmoulh  que  l'auteur  veut  désigner.  (Voirencore  Guiilebert  de  Metz  sujiprimc  tout  naturellement  la 

les  notes  de  Raoul  de  Presles.)  plirase  de  transition  par  laquelle  le  traducteur  de  la 

'''  Var.  frparculx.Ti  Cité  de  Dieu  annonce  qu'il  retourne  «k  l'exposicion 

'*'  La  seconde  préposition  à,  qui  est  dans  le  du  texte.» 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI.  1« 

autres  auclcurs,  est  trouv(^  des  procsccs  et  chevaleries  des  François  qui  coiiquist- 
renl  avant  ladviineauîiit  Nostn;  Sei{jiieur  loiijjtemps  Loinbardie,  Homme,  l'uille, 
Calal)re,  la  terre  de  Labour,  \irri(|ue.  Macédoine,  Grèce  et  prant  partie  dOrient'' . 
Kt  fondèrent  oultrc  les  monts  pluseurs  villes  et  chastcaux.  Et  dit  Justin,  unp  tr*'*» 
notable  historien,  (|uil  fu  jadis  tel  temps  que  les  Roys  dOrient  ne  faisoicnl  nulz 
prans  batailles  sans  la  puissance  des  François,  qui  estoient  partis  bien  trois  cent 
mille  et  espandus  es  parties  de  par  de  la'*'.  Et  mesmes  les  seijjneurs  de  Turquie  el 
autres,  quant  les  François  leur  orent  aidi/î  à  recouvrer  leurs  terres  et  pay»,  ils 
donn(!rent  chois  aux  François  den  prendre  tele  portion  quil  leur  plairoit. 

Or  leray  une  manière  de  somme  de  tous  les  plus  especiaulx  et  haulx  fais  eu 
armes  et  en  conquestes  (juc  je  trouve  des  anciens  François,  pour  abregicr  le» 
liseurs  de  tant  de  croniques  veoir  et  cerchier;  et  que  on  les  puist  savoir  prompte- 
menl  el  dolegier  (^'.  Et  se  on  me  demande  se  tout  est  vray  ce  que  rcciteray,  je 
respons  (pie  pieca  en  send)lable  cas  fu  respondu  par  un  clerc  nomni*;  Crispus  : 
La  veril(!!  en  soit  requise  et  imputée,  ou  le  contraire,  aux  historiens  et  aucteurs  des 
quelx  jay  loyanment  tout  extrait (*>. 

Mil. 

DU  nOY  CLOVIS  ET  DU  «OYAUME  DAUSTRASIE. 

Par  le  contenu  des  croniques  de  Saint  Denis,  je  Ireuve  que  trois  générations 


'''  Giiillcbert  de  Metz  fait  ici  allusiiin  aux  expt'-- 
(lilioiis  (les  (înulnisen  Iloiic,  au  sitigc  de  Clusium. 
h  h  hatdilh;  d' Allia,  ainsi  ({u'ntix  coiirsrs  dos  Cisal- 
pins dans  le  ccnire-et  dans  le  midi  de  la  |)i'csqu'ile. 
Il  l'appelle  également  le  passage  des  Galles  ou  (îalates 
et  des  Kinu'is  eu  (irèce,  leur  première  expédition  en 
Tlu'iice  el  en  Macédoine,  leur  deuxième  expé-dilion 
eu  Thessalic  et  en  Ëtolie,  ainsi  que  leur  descente 
en  Asie  Mineure  pour  rétablir  iNicomède  sur  le  trône 
de  Itilliynie. 

''  Voici  le  passage  auquel  Guillebert  de  Met* 
l'ait  allusion  :  irtialloruni,  ea  tenipcslale.  tonlœ  f(i'- 
rrcundilalis  juvenlus  fuit,  ut  Asiani  onuicm.  veliit 
rrexaminc  ali(|uu,  impleimt.  Denique  nofpic  reges 
"Orienlis.  sine  merccnario  Gallorumexercitu,  ulla 
"Iiello  gesserunt;  ueque  puisi  regnoadalios,  (juani 
iradCiullos,  coidugeriuit."  (Jusl. //i«<.  lili.  \\V,  a.) 

'''  Delegier,  choisir. 

'*'  Un  rierr  nommé  Crixpiin.  Por  ces  mois,  i'ou- 
leur  parait  vouloir  désigner  Sallusle ,  dont  le  surnom , 
comme  on  le  sait,  était  Crispus.  Cependant  on  no 
trouve  rien,  ni  dans  les  ouvrages  entiers,  ni  dans  les 
fragments  liisturi(|ue$  de  Sallusle  parvenus  jus<|u'à 
nous ,  (]ui  réponde  exactenieut  h  la  plirasc  citée  ici . 


sauf  le  début  du  iv'  cliapitre  de  Calilina  :  "  L'rlicni  Ro- 
Tniam,  sicuti  ego  accepi,  condidere  alque  habaere 
ffiiiilio  Trojoni,  qui,  .V.nea  dure,  profugi.  etc.»  Cp 
qu'on  peut  constater,  en  recueillant  Itfs  jugements 
portés  sur  cet  écrivain  par  les  auteurs  latins  eux- 
mômcs,  c'est  que,  pour  la  composition  du  graml 
cor|>s  d'histoire  si  savanmienl  restitué  au  sièclr 
dernier  par  le  président  De  Brosses.  Sallusle  avait 
largement  mis  ses  devanciers  h  contribution  :  £x 
ffTfPco  tmiulala  Salliulu  plurima ,  dit  Quinlilien 
{De  Intlil.  Oral.  iib.  IX,  cap.  ui).  et  il  ajoute  la 
fameuse  épigrammc  : 

Et  Terlui  aoliqui  mullum  furalc  t.aloan 

Critpr (/Mlib.  nil.cap.iii.1 

D'où  il  suit  que  Sallusle  s'appropriait  sans  «cnipale 
les  mois  el  les  choses.  Resterait  le  grave  reproche 
de  compilation  sans  critique,  articuk-  par  Guillobert 
de  Metz.  On  |>eut  l'apiHiyer  sur  un  pasMge  d«  Sué- 
tone :  apn^'s  avoir  rnp|>orlé  le  jageaaieol  Uiêaiyin 
|>orlésurles  mœurs  de  SalluslsparLoiM,  Mmt- 
rhi  de  Pom|)éc,  rhistorien  des  C^aan  achève  le 
l>ortrait  en  ce*  lennea  :  tPimtmm  priteonm  Crt»- 
ir  niiiipie  rerbomm  imtruiitimimmm/unm.  •  (  Dtgrmm- 
matid$  ri  rkHoriku.  )  Le  fraotais  qui ,  ilaM  les  Boia , 


i/j4  documents  et  écrits  originaux. 

principales  ont  esté  ca  arrière  des  roys  de  France"'  :  la  première  des  Merovées,  la 
seconde  de  Pépin,  le  père  Charlemaine,  et  la  tierce  de  Hue  Cappet,  Delà  première 
issi  le  fort  roy  Cloys,  premier  roy  creslien,  qui  après  ce  quil  ot  desconlil  le  roy 
dAlemaigne  en  bataille  et  acquis  Bour(;oin[jne(*',  il  acreulet  estendy  le  royaume  de 
France  jusques  aux  nions  Pirenées  qui  sont  lenfnV  dArragon  et  départent  France 
des  Espaignes'". 

Je  ne  parle  mie  de  tous  les  roys  de  France,  car  ce  nest  pas  mon  propos,  ne  de 
leurs  colateraux  qui  estoient  roys  dAustrasie,  dont  le  principal  siège  estoit  a  Mes 
en  Lorraine,  qui  estoit  appellée  es  croniques  lancienne  France.  Et  sestcndoit 
icellui  royaume  dAustrasie  tout  le  long  du  Rin,  quilz  appellent  la  première  ou  la 
basse  Alemaigne.  Et  par  de  la  comprcnoil  une  partie  de  Honguerie  jusques  aux 
parties  de  Tharse'*'.  Mais  me  reslraindray  a  aucuns  fais  particuliers  daucuns.  Et 
du  remanant  soit  recouru  aux  croniques  qui  plus  en  vouldra  savoir. 

XIV. 

DU  BOV  CLOTilRK  ET  DAGOBEnT. 

Le  roy  Clotaire  dit  le  Granl  et  Dagobert  son  lilz  abattirent  jadis  si  lorgueil  de 
Saxoigne,  et,  comme  dit  listoire,  gasterent  telement  la  terre  par  feu  et  par  occi- 
sion,  quilz  ny  laissèrent  ung  seul  hoir  masle  qui  fust  plus  long  de  lespée  audit 
Clotaire.  Et  pareillement  fist en  Esclavonieledit  Dagobert,  qui  fonda  Saint  Denis'*'. 
Charles  Martel  desconfist  en  deux  batailles  certains  tirans  paiens  qui  vouloient 
seignorir  et  couquerre  France.  Et  estoient  sept  cent  mil  hommes  dont  lune  bataille 
fil  a  Poitiers  et  lautre  dencoste  Nerbonne;  esqucles  il  occist  trois  cent  quatre 
vingt  six  mil  mescreans.  Si  fist  il  plusieurs  autres  grans  fais  qui  long  seroionl  a 


ne  brave  pas  l'honnélclé,  pourrait  bien,  si  le  fait 
ëlnit  prouvM,  appeler  crompilaleiir  sans  critique* 
un  fur  inervdilistimut. 

'''  Les  Chnmifue»  de  Sainl-btnii,  ou  Grande* 
Chronique»  de  France,  ont  été  r(Hlig«*es.  dès  les  |)rp- 
niiers  temps  de  la  monarchie ,  par  les  religieux .  qui 
les  conservaient  dans  le  trésor  de  l'AbLtaye.  Un 
moine  de  Saint-Denis  suivait  la  cour.  aPu)  de  re- 
cueillir les  faits  à  mesure  qu'ils  se  produisaient. 
Lorsqu'un  roi  uioiu'ait,  les  notes  ainsi  prises  ser- 
vaient d'éléments  pour  écrire  l'histoire  de  son 
règne;  et  cette  histoire,  après  avoir  été  lue  et  adop- 
tée en  assemblée  capitulaire,  était  incorporée  aux 
Grandes  Chronique*. 

'''  Allusion  à  la  bataille  de  Tolbiac  et  à  la  dé- 
faite de  Gondebaud. 

'''  Il  s'agit  ici  de  la  conquête  de  l'Aquitaine, 
moins  la  Seplimanie  qui  resta  aux  Wisigoths. 

*''  Il  est  diihcile  de  savoir  ce  que  Guillebert  de 


Metz  entend  par  les  fr|iarties  de  Tharse.»  Tarse, 
aujounlhui  Tarsous,  capitale  de  l'ancienne  Cilicie. 
est  situées  en  Asie  Mineure .  pn'-s  de  lembourhure 
du  Cydnus  dans  la  Médilerranée.  Très^viderament 
le  royaume  d'Auslrasie  ne  s'étendait  pas  jus(pie-ià. 
Quant  au  pays  de  Tharsis,  que  l'Écrilure  Sainte 
cite  h  cAté  du  pays  de  Saba,  c'était  une  contrée 
vague  et  lointaine  où  les  vaisseaux  de  Saiomon 
allaient  chercher  des  métaux  précieux.  Le  royaume 
d'Austrasie  n'ayant  jamais  dépassé  les  limites  de  la 
Bavière  actuelle ,  il  faut  ranger  parmi  les  fables  ce 
que  notre  auteur  en  dit ,  d'après  le  récit  des  chroni- 
queurs. 

''  L'expédition  dont  parle  Guillebert  de  Metx 
est  celle  de  Dagol)ert  contre  Samo ,  roi  des  Wendes 
ou  Tchèques.  Le  succès  fut  loin  de  répondre  aux 
espérances  du  roi  franc,  qui  se  vengea  de  ce  mé- 
compte en  faisant  égorger  neuf  mille  familles  de 
Bulgares  (  63 1  ). 


DESCniI>TI(3N  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  V!.  145 

raconter.  Et  fii  siirnommc'!  Martel  pour  ce  quil  portoit  uii{{  grand  martel  en  ba- 
taille. Il  conquisl  Aiernaifjne,  Bavière,  Saxoiiifjn»;  Frise,  Bourgoin|jne,  et  IJon» 
sur  le  Rosne.  Pépin,  père  Charlernaine,  a])n''s  pluseurs  victoires,  passa  les  mon» 
et  fist  son  tributaire  Ilastulplie,  roy  des  Lombars.  Itollant  aussi  fu  merveilleux 
en  armes,  et  Olivier  son  corapaignon. 

XV. 

DAUCUNS  FAIS   CHAnLEHAINK   EN  BBIBF. 

Je  ne  me  vueil  ja  arrester  de  parler  des  fais  que  Cliaricmaine  fist  avant  quil 
feustroy  en  sa  jiiennesce.  Je  treuve  par  pluseurs  aucteurs  et  cscripvains  notables 
que  la  première  bataille  quil  fist,  puis  (|ue  son  père  mouru,  fu  en  Acquitaine, 
contre  le  duc  Gailïer*'',  quil  fist  son  homme  et  vassal;  puis  passa  les  mons  a  la 
requesle  de  lapostole  Adrien,  et  subjuga  Désir ('",  le  roy  des  Lombars,  quil  envoia 
en  exil.  Si  rendy  au  pape  et  aux  Rommains  ce  quil'''  leur  avoit  osté,  et  bailla  le 
royaume  a  Pépin  son  filz,  qui  le  tint  plus  de  trente  ans.  Pareillement  disposa  il  et 
ordonna  a  sa  voulenté  de  la  duchié  dAquillée,  quil  conquist  en  ce  mesme  volage; 
et  les  Venissiens  aussi,  lesquelz  il  bailla  a  lempereur  de  Conslantinoble.  Puis  guer- 
roia  les  Saxions  ou  Sesnes,  qui  fu  la  plus  grieve  guerre  que  les  François  eurent 
de  ce  temps.  Si  dura  par  trente  années;  mais  entre  deux  ne  laissa  mie  a  faire 
grans  fais  ailleurs  l'.  Kl  linablement  lurent  iceulx  Saxions  tous  desconfis  et  soubsmiz 
a  Cliaricmaine.  De  rechief  conquist  Puille,  Calabre  et  la  terre  de  Labour  contre 
le  duc  Assegée  et  toute  Ytalie'^l  Puis  conquist  Bavière  contre  le  duc  Statille'*'. 


<"'  Gaiffer,  Guaifre  ou  Waïfrc  nvail  eu  le  tort  de 
donner  asile  h  Grifon ,  frère  de  Pépin  et  de  Carlo- 
nian. 

'•'  Désir,  Desiderius,  Didier,  roi  des  Lombards. 

'"  n  (Didier). 

'*'  Mais  entre  deux,  etc.  c'est-à-dire  :  mais  entre 
CCS  deux  grondes  actions  il  ne  laissa  pas  d'en  faire 
d'autres  ailleurs. 

''  Cette  conquête  de  »  toute  Ytalie»  n'est  pas  plus 
ronfornio  h  la  vërilé  historique  que  l'expAlition  de 
(iliarleiMfijjne  eu  Palestine.  Le  capitulaire  de  Tliion- 
villo(8o6),  par  lequel  Charlemagne  divise  son  em- 
pire entre  ses  trois  lils,  détermine  la  portion  de 
l'Italie  conquise  par  l'Empereur  :  elle  comprenait 
tout  l'ancien  royaume  des  Lombards,  depuis  les 
Alpes  jusqu'à  l'Atenms  (Pescora)  et  le  Liris  (Gari- 
Ifliniio),  plus  la  marclie  Trévisane,  colle  de  Carin- 
tbie  et  le  ducbé  de  Frioul.  Quant  au  patrimoine  de 
saint  Pierre,  il  se  composait,  comme  on  le  sait,  du 
duclié  do  Rome,  c'est-h-tlire  de  l'ancien  Latium, 
de  la  Sabine,  de  l'exarcbal  du  llavonne  et  de  la 


Pentapole.  Nous  devons  faire  obser^-er,  en  outre, 
qu'il  n'est  question  nulle  part  de  ce  «duc  Assegéei 
contre  lequel  Charlemagne  aurait  conquis  i*  Puille . 
irCalabre  et  la  terre  de  labour.»  C'est  peut-être 
Aréghis,duc  de  Bénëvent.qui.  en  776, avait  formé 
une  ligue  avec  Adaighis,  prince  des  I/ombard*.  Hil- 
debrand ,  duc  de  S|M)lète .  Rolgaut .  duc  de  Frioul . 
et  Reginald,  duc  de  Clusion.  |>our  rétablir  findé- 
pendanre  lombarde.  On  sait  que  Rolgaut  seul  pé- 
rit en  défendant  la  cité  de  Frioul .  et  que  Charle- 
magne, obligé  de  retourner  prompirinent  à  Womn 
pour  le  champ  de  Mai ,  ne  poussa  |>as  plus  loin  m 
victoire. 

'*'  Le  duc  irStalille*  est  plus  connu  aoas  lenom 
de  Tassile;  il  voulut  réunir  contre  Gharlenugne  les 
Grecs,  les  Awares  et  les  Slaves.  Vainca  avant  d'a- 
voir combattu,  il  fut  forcé  de  reconnaître  «qu'il 
«avoit  |N>ché  en  toulea  chona.»  et  il  dut  remettre 
au  vainqueur  le  duchë  de  Bavière  qu'il  avait  refu 
de  Pépin.  Charlemagne  le  fit  enfenner  à  l'abiwyF 
de  Jumioges. 


>9 


U6  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Après,  Esclavonie,  Honguerie,  Panonie,  le  royaume  de  Dace  et  Derieinarclie; 
Liège,  Flandres,  Haynau,  Brabant,  Guéries,  Juliers,  la  haulte  et  la  basse  Bour- 
goingne,  Prouvence,  Savoie,  Lorraine,  Lucliembourc,  de  Mes,  de  Tboul,  de 
Verdun,  de  Trêves,  de  Couloingne,  de  Maience,  de  Strabourc,  et  pluscurs  autres 
pays  qui  bonnement  ne  se  peuent  expliquier  en  francois,  comme  Suaves,  Sorabes, 
Abrodiciens*'',  et  telz  manières  de  gens,  sans  ceulx  qui  par  son  renom  vindrent 
en  son  amisiic^. 

Puis  conquist  il  toutes  les  Espaignes;  mais  il  ot  premièrement  nettoie  le  Saint 
Sépulcre  des  Païens,  et  osté  les  Crestiens  de  misérable  servitule.  Il  augmenta  et 
acrut  tant  son  empire  quil  fist  lais  et  dons  en  son  testament,  sans  nommer  celles 
d'Espaigne,  à  vingt-deux  arcevescliiés  et  églises  métropolitaines,  comme  Romme,  Ra- 
venne.  Milan,  Acquilée,  Grâce'*',  Couloigne,  Maience,  Taillebourc'^',  Trêves,  Be- 
sançon, Lyons,  Vienne,  Arle,  Nerbonne,  Ambrun ,  Tarentaise,  Bordeaux,  Sens, 
Tours,  Bourges,  Rains  et  Rouen;  et  en  toutes  les  églises  sulTragans.  Et  dit  listoire 
que  le  roy  des  Escoclies  <^'  il  ot  si  a  voulenté  et  en  son  obéissance,  quiiz  lappeloient 
leur  seigneur,  et  euiz  ses  serviteurs  et  subgez;  de  quoy  lacteur'^'  dit  qu'il  en  avoit 
plusieurs  lettres  et  epistres. 

Maistre  Guillaume  de  Laigny,  bistoriografîe  très  esprouvé,  en  parle  en  reste 
manière  :  «r Ung  compaignon  d'armes  a  Charlemaine,  dist  il,  appelle  Guy,  qui  gar- 
doit  la  marche  d'Engleterre,  y  entra  a  grant  puissance,  a  qui  toute  Engleterre  se 
rendy.  Et  les  armes  des  roys  et  des  ducs  qui  sestoient  rendus,  inscripts  les  noms 
de  chacun,  présenta  a  Charlemaine;  et  ainsi  lors  premièrement  fu  conquise  En- 
gleterre des  Francois  (*'.  v 


XVI. 

DU  nOY  PHILIPPE  LE  CONQUERANT  ET  DE  SON  FILZ  LOÏS  DE  MONTPANCIER 


(7) 


Le'  roy  Philippe  Dieu  donné,  appelle  par  sa  proesce  le  Conquérant,  descondst 
au  pont  de  Bouvines  l'empereur  Othon  dAlemaigne,  et  prist  le  conte  Ferrant  de 


'''  1.168  peuples  ainsi  désignes  habitaient  à  l'ouest 
de  l'Empire  :  les  Suaves ,  race  originaire  de  la  Col- 
chide,  s'étaient  arrêtés  sur  les  bords  de  la  mer 
-Noire,  les  Sorabes  entre  le  Danube  et  l'Oder,  et  les 
Abrodiciens  vers  le  Raab  et  la  Theiss. 

'*'  Gratz  en  Styrie. 

'''  Ce  mot  est  évidemment  altéré  :  le  testament 
de  Charlemagne,  conservé  par  Éginhard  .  porte 
Sahibourg,  ville  archiépiscopale  de  la  Bavière. 

>*'  Le  roi  d'Kcosse  dont  il  est  question  ne  peut 
être  qu'Alpin,  père  de  Kenneth  II,  ou  Drusken, 
chef  des  Pietés,  qui,  pendant  le  règne  de  Charle- 
magne, tinrent  les  Scots  en  échec.  Si  les  relations 
dont  parle  Guillebert  de  Metz  ont  réellement  existé , 


c'est  que  la  renommée  du  grand  empereur  avait 
pénétré  jusque  chez  ces  nations  à  demi  barbares. 
Alcuin,  originaire  du  nord  de  la  Grande-Bretagne, 
y  contribua  jjetit-êlre. 

'*'  Laeleur,  l'auteur. 

'*'  Voir  plus  haut  la  notice  surGuillebert  de  Metz. 

'''  Il  s'a<[it  ici  du  roi  Philippe  11,  surnommé,  de 
son  tem|>s .  Dieudonné  et  le  Conquérant.  Ces  deux  ap- 
pellations ne  se  sont  pas  conservées;  Philippe  11  esl 
plus  connu  aujourd'hui  sous  le  nom  d'Auguste . 
parce  qu'il  était  né  au  mois  d'août.  Quant  à  son 
fils  Louis  VIII,  le  nom  de  Monlpentier  lui  a  été 
donné  parce  qu'il  mourut,  en  ia66,  dans  cette  pe- 
tite ville  de  l'Auvergne. 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOIS  CHAULES  VI.  147 

Flandres,  le  conte  Regnault  de  Bouloinjjnc  et  autres  jusque»  a  trente  baniere». 
Et  adjousta  au  royaume  les  contez  de  Vermendois,  de  Clerniont,  de  Pontieu, 
dAlençon,  du  Mans,  de  Tours,  dArijjiers  et  de  Poitiers;  et  fist  fermer  le  bois  d*- 
Vincennes  et  la  ville  de  Paris.  Si  laissa  en  son  testament  a  Saint  Jehan  de  Jheru- 
salem  cent  mille  livres,  aux  Templiers  cent  mille  livres,  aux  Hospitaliers  cent 
mille  livres;  et  a  autres  couvens  et  pluseurs  ejjlises  fist  {jrans  lais  et  beaux  dons. 

Kii  ce  temps,  le  dit  roy  Philippe  avoit  envoie  Loys,  son  (Hz,  contre  le  roy  Jehan 
dl!]n(jlelorro,  quil  doscoiilisl  a  la  Moche  le  Moine.  Et  tost  aj)rt''S  passa  le  dit  l^y» 
en  Kiiglelerre,  et  fu  reccu  de  ceulx  de  Londres  a  fjranl  révérence.  Et  pluseurs 
autres  citez  se  rendirent  a  lui,  pour  ce  quilz  veoit  bien  quilz  ne  povoient  résister 
a  sa  puissance.  Et  comme  dit  listoire,  presque  lous  les  barons  dEnffleterre  lui 
lir<;nl  leaulté  et  hommajfe,  et  furent  sur  le  point  de  déposer  le  roy  Jehan  et  de 
introniser  le  dit  Loys;  mais  assez  tost  apr<''s  le  delaissierent'''. 

Et  pour  faire  lin,  il  me  vient  au  devant  ce  que  Tulles''^'  dit  des  François,  quil 
lu  jadis  en  leur  povoir  de  sauver  ou  destruire  lempire  de  Homme.  Et  encore  autre 
part  dist  il  que  les  Dieux  avoient  fait  {jrant  {jrace  aux  Ytaliens  de  mettre  les  mous 
entre  eulx  et  les  François,  pour  tant  (piilz  ne  les  concjucissent  legierement  quant 
ilz  vouldroient.  Et  Saluste  dit  aussi  que  les  Uommains  se  combatoient  a  toute^ 
autres  nations  pour  leurs  vertus  monstrer  et  exercer;  mais  quant  ilz  se  comba- 
toient aux  François,  cestoit  pour  eulx  défendre  et  non  mie  par  gloire'". 


XVII. 


DE  LEXCELLEISCE  DU  ROYAUME  DE  FRANCE 


(») 


Hecitc  maistre  Haoul  de  Praelles  ou  préambule  quil  fist  au  livre  intitulé  De 
(Àvitale  Dei,  lcf|uel  livre  il  translata  de  latin  en  francois  pour  et  a  la  requeste  du 


'''  I/expë(lilion  que  raconte  ici  Guillebert  de 
Melz  est  celle  que  Pliili|i|)c  Auguste  ordonnn,  en 
iai6,  contre  Jean  sans  Terre,  violateur  de  in 
Grande  charte  et  en  lutte  ouverte  avec  se»  sujets. 
Appuyé  par  les  barons  et  les  pn'lots  qui  lui  avaient 
proposé  la  couronne.  Louis  VIII  pu!  espérer  un 
instant  de  monter  sur  le  trÔMc  d'Anjflelerre;  mais 
la  mort  de  Jean  renversa  toutes  ses  espérances. 

'*'  Tulles,  Mnrciis  Tullius  (licéron.  Il  n'est  pas 
facile  de  retrouver,  dans  la  volumineuse  collection 
des  œuvres  de  l'orateur  romain,  la  phrase  h  la- 
quelle Ciuillehert  de  Meir.  fait  allusion.  On  peut 
en  r(!cueillir  les  éiénienls  eu  parcoiunnt  les  Plii- 
lippiques  et  les  Catilinaires.  Dans  le»  (li>ux  der- 
nière discoure  contre  C.atilinn.  notamment,  ii  pro- 
pos des  (K'pulés  des  Allolirojjes.  envoyés  itbclli 
trTruiisalpini  et  lunudtus  (iallici  evcilandi  causa," 
C.icéron  reconnaît  que  l'appoint  des  (îaulois  pouvait 


amener  le  moment  fatal  :  irFataleni  kunc  esse  an- 
rrnum  ad  interitum  hujus  urbis  atqiie  imperii;*  e( 
que  le  conspirateur  les  avait  ap|>elés  pour  renvenpr 
la  république  <ie  fond  en  comble  :  vhic  ad  e*er- 
irtenda  fundamenta  reipublice  Gallot  areewit» 
{Catil.  III,  IV :  IV.  VI.) 

<''  Même  ditliculté  que  pn<eManinent  |HNir  rr- 
trouver,  dans  ce  qui  nous  r^e  de  Salluste .  U  phratr 
inexaclenienicili'e  el  probablement  mal  traduite  par 
('•iiilleb<>rt  de  .Metz.  Kien  de  semblable  dans  Ju- 
ffurlha  et  dam  les  fragments  de  VHùtoiret 
dans  Qiiilina  souleinent  on  reoconlre  deux  | 
ayant  quelqtie  analogie  avec  la  dlalMNi  de  Min  au- 
teur :  Cap.  XL.  cNator»  gens  GaBJcabeHwmaert;» 
Cap.  LU.  irUaHomm  gentem  inièalissimam  nomini 
ir  Komano.  « 

(*'  Dans  ce  chapitre .  Gailieliert  de  MeU.  ainsi 
qu'il  l'avoue  dès  la  preniit'ïre  ligne,  reproduit  la 


l/i8  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

loy  Charles cinquiesme '''  de  ce  nom ,  surnommé  le  Riche <*'.  Premièrement  que  le  roy 
de  France  est  le  plus  grant,  le  plus  noble,  le  plus  catholique  et  le  plus  puissant 
des  Cresliens;  secondement  que  cest  le  plus  digne  roy,  car  avec  ce  (jue  en  leur 
baptesme  soient  enoings  du  saint  cresme,  comme  est  ung  chascun  bon  creslien. 
encore  par  excellence  sont  ilz  roys  consacrez  et  si  dignement  enoings  comme  de 
la  sainte  liqueur  qui  par  ung  coulon,  comme  nous  tenons  fermement  que  ce  fu  le 
Saint  Esperit  mis  en  celle  forme,  apporta  du  ciel  en  son  bec  en  une  petite  am- 
pulie  ou  fiole,  et  la  mist,  veant  tout  le  peuple,  en  la  main  de  monseigneur  saint 
Remy,  loi*s  arcevesque  de  Rains,  qui  tantost  en  consacra  les  fons  et  en  oingny  le 
roy  Clovis,  premier  roy  crestien.  Et  en  ceste  révérence,  et  pour  ce  très  grant  et 
trt's  noble  mistere,  tous  les  roys  de  France  qui  depuis  ont  esté,  a  leur  première 
création,  ont  esté  consacrez  a  Rains  de  la  liqueur  de  ce  saint  ampulle.  Si  ne  tiengne 
iiulz  que  celle  consécration  soit  sans  très  grant,  digne  et  notable  mistere,  car  par 
icelle  ont  les  roys  tele  vertu  et  puissance  qui  leur  est  donnée  et  attribuée  de  Dieu, 
quils  font  miracles  si  grandes  et  appertes,  quilz  garissent  dune  très  horrible  ma- 
ladie qui  sappelle  les  escroelles,  de  la(|uele  nul  autre  prince  terrien  ne  puet  garir 
fors  lui. 

Item  '"  les  roys  de  France  portent  les  trois  fleurs  de  lys  en  signe  de  la  benoîte 
Trinité,  qui  de  Dieu  par  son  angle  furent  envoyés  au  dit  Clovis  '*'  poursoy  combattre 
contre  le  roy  Caudat^*',  qui  estoil  venu**'  a  grant  multitude  de  gens  es  parties  de 
France,  et  qui  a  voit  fait,  mis  et  ordonné  son  siège  a  Conflans  Sainte  Honorine  *'''; 
dont  combien  que  la  bataille  commencast  en  la  valée,  fu  elle  finée*''  en  la  mon- 
taigne  en  laquele  est  a  présent  la  tour  de  Montjoie,  et  fu  la  pris  premièrement 
et  nommé  le  cry  en  armes  des  roys  de  France,  cest  assavoir  Montjoie  Saint  Denis. 
Et  en  la  révérence  de  ceste  victoire  et  de  ce  que  ces  armes  Nostre  Seigneur  en- 
voia  du  ciel  par  ung  angle'"*,  et  demonstra  a  ung  hermite  qui  se  tenoit  en  icelle 
valée,. dencoste  une  fontaine  en  ung  hermitage,  disant  quil  feist  raser  les  armes 
des  trois  [croissans]  que  Clovis  portoit  en  son  escu.  Et  feist  mettre  en  ce  lieu  les 
trois  fleurs  de  liz,  et  en  icelle  se  combatist;  et  il  aiiroit  victoire  contre  le  roy 


plus  grande  partie  du  prologrie  place  par  Raoul  de 
Presles  en  léte  de  sa  translation  de  la  Cilé  de  Dieu. 
Seulement  le  traducteur,  s'adressent  à  Charles  V, 
emploie  partout  la  seconde  personne,  tandis  que 
(îuillebert  de  Metz  y  substitue  la  troisième.  Nous 
indiquerons  dans  le  cours  du  chapitre  les  variantes 
de  texte. 

'"'  Le  manuscrit  original  porte,  sans  doute  par 
erreur,  VI*. 

<')  Ce  surnom ,  qui  s'explique  par  les  habitudes 
il'ëconomie  que  Charles  V  avait  dû  contracter  h  la 
suite  des  guerres  dësasti'euses  du  roi  Jean ,  ne  lui 
a  pas  ëtë  conserve  par  la  postérité.  Christine  de 


Pisnn,  contemporaine  du  monarque,  l'appelle  déjà 
Charles  le  Sage. 

•''  Var.  iret  si  portez.* 

"'  Raoul  de  Presles  ajoute  :  <t  premier  roy  mt- 
tien." 

'*'  Addition  de  Raoul  de  Presles  :  «rqui  estoil 
Sarrazin  et  adversaire  de  la  foy  crestienne.  » 

'•*  nD'Alemaingne,-  ajoute  Raoul  de  Presles. 

'''  C'est  à  Cuiilebert  de  .Metz  que  sont  dus  les 
deux  mots  ir Sainte  Honorine.» 

*''  Var.  irtoulevoies  fu  elle  achevée." 

'*'  Ici,  comme  plus  haut  et  plus  bas,  Raoul  de 
Presles  écrit  rangre.  ' 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI.  149 

Caudal;  lequfîl  liermite  le  révéla  a  la  femme  Clovis,  sainte  Crolilde'"',  qui  repairoit 
souvent  au  dit  homiilage  et  appoiioit  au  saint  hennile  sa  récréation;  laquele  les 
emporta  et  eflaca  les  [croissans],  et  y  niist  les  trois  fleurs  de  liz.  La  fu  fondé  ung 
lieu  de  reli{jieux  qui  fu  et  encore»  est  appelle  lALbaye  de  Joie'*  en  vaJ,  enlaquele 
lescu  de  ces  armes  a  esté  par  longtemps  en  révérence  de  ce. 

XVIII. 

DE  LORIFLAMBE  ^^K 

Item  le  seul  roy  de  Franco  porte  singulièrement  l'oriflambe  en  bataille'**;  cest 
assavoir  ung  glaive  tout  doré,  ou  est  attacliié  une  Lanière  vermeille,  laquelle  ilz**' 
ont  acoustumé  de  venir  prendre  et  qucrre  en  leglise  de  monseigneur  saint  Denis 
en  grant  solennité'"'  et  dévotion;  car  premièrement  la  procession  vient  au  devant 
du  roy'''  jusques  a  l'issue  du  cloistre.  Et  après  la  pourcession,  sont  attains  le» 
benois  corps  sains  de  monseigneur  saint  Denis  et  de  ses  compaignons,  et  mis  sur 
lautcl  en  grant  révérence;  et  aussi  le  corps  saint  monseigneur  saint  Loys.  Puis 
est  mise  ceste  baniere  ployée  desoubz  les  corporaulx,  ou  est  consacré  le  corps  de 
Notre  Seignour  Jliesucrist;  lequel  le  Roy  reçoit  dignement,  après  la  célébration  de 
la  messe.  Si  fait  cellui  a  (|ui  le;  Hoy  la  esleu  a  baillier  comme  au  plus  vaillant 
prcudommc  et  plus  vaillant  ciievalicr.  Et  ce  fait,  le  baise  le  Hoi  a  la  bouche,  et 
In  lui  baille.  El  la  le  tient  entre  ses  mains  par  grant  révérence,  afin  que  les  barons 
assistens  le  puissent  baisier  comme  relique  et  chose  digne  ;  et  en  [le]  baillant  pour  le 
porter'*'  en  grant  révérence  a  lonneur  du  roy  et  du  royaume.  En  tele  manière  "'le 
prist  ce  souverain  protecteur  et  défenseur  singulier  de  leglise  monseigneur  saint 
Charles,  jadis  empereur  et  roy  de  France,  quant  il  ala  a  secours  a  lempereur 
Constantin,  qui  estoit  empereur  de  Conslantinoble,  pour  délivrer  son  pays  des 
Sarrasins  (jui  locru])oicnt,  et  aussi  la  terre  sainte  de  Jherusalem'"'.  Et  lequel  empe- 
reur d(;  Conslanlinohle  le  manda  par  la  vision  quil  avoil  veuc  devant  son  lit,  qui 
fu  tele  selon  les'"'  ancieiuies  liisloires;  c'est  assavoir  que  devant  icellui  empereur, 
aux  pies  de  son  lit,  il  sapparut  ung  chevalier  armé  de  toutes  armes  et  monté  à 
cheval,  tenant  une  hante  toute  dorée,  du  bout  de  laquelc  hante  yssoit  flambe  a 
merveilles  grande. 


'*'  Kaoul  de  Presles  avait  omis  le  nom  de  sainte  '*'  Raoul  de  Presles  pla«>  iri  le  mot  "i 

Clolil(l(\  et  il  ajoute  :  irsi  ronunc  vous  le  savet. 

'*'  Le  manuscrit  (le  Uiioul  do  Prpsios  porte  Jode,  '''  Var.  fvous  vient  a  leocootre.* 

qui,  sous  la  forme  ^Wr,   ra|)pelle  In  racine  ^on-  ''  Itooul  de  Presles  ajoute  id  m  mois  i 

dium.  tifs  :  "li  faites  faire  serenient  solempnd  de  la  [ 

'''  Nous  faisons,  au  dt'liut  de  ce  chapitre,  la  r et  porter,  etc. « 
même  n>nmnpie  «pie  pour  le  pn^ctUeiit,  et  nous  '*'  Var.  "ainsi  b  print,  etc.» 

renvoyons  en  outre  le  lecteur  h  l'appendice  plac<'  h  '"*'  Voir,  sur  cette  prt'tewlue  oxp^itioa  de  Chax^ 

la  fin  de  cette  description.  lemagne,  ce  que  nous  en  avons  dit  en 

"  \ar.  «et  si  porte»  seul  roy,  etc.-  Raotd  de  Presles. 

'"  Var.  ff vos  devanciers."  '"' Raoul  de  Prcsle»  ajoute 


150  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Si  comme  Constantin  <'>  feust  en  grant  perplexité  de  savoir  quele  signification 
cestoit  et  que  tele  chose  signifioit,  ung  angle  sapparut  a  lui,  (jui  lui  dist  r[ue 
cellui  quil  avoit  veu,  cestoit  cellui  (jui  delivreroit  le  |)ays  de  Sarrasins.  Si  cogneut 
Constantin  par  ce  quil  avoit  veu  que  cestoit  le  roy  Ciiarlemainu,  a  présent  nommé 
monseigneur  saint  Charles***.  Et  tantost  le  manda.  Qui,  entendu  le  mandement  et 
la  vision,  tantost  ala  a  Saint  Denis,  et  print  la  baniere  vermeille  en  tele  révé- 
rence comme  vous  mavez  oy  raconter,  mist  la  couronne  sur  lautel  et  laissa  le 
royaume  de  France  en  la  protection  de  monseigneur  saint  Denis.  Et  ceste  baniere 
ainsi  reveremment  prise,  et  en  tele  dévotion,  se  party  et  ala  a  Constantinoble  ;  si 
vainqui  les  Sarrasins  et  en  délivra  le  pays.  Et  en  ceste  révérence  tant  de  la  sainte 
vision  comme  de  la  noble  victoire  quil  ot,  lont  aussi  acoustumé  a  prendre  ses 
successeurs  roys  de  France  *'*.  Et  j)ortent  hante  dorée,  et  pour  ce  est  appelée  orv- 
Qambe,  pour  la  flambe  qu'ap|)arut  au  bout  de  la  hante**'  dorée. 

Si  est  la  baniere  vermeille  en  la  remembrance  du  {glorieux  martir  ou  martirs 
monseigneur  saint  Denis  et  ses  compaignons,  qui  premiers  apporta  la  foy  en 
France  pourlaquele  il  et  ses  conq)aignons  furent  martirisiés.  Et  doit  estre  atta- 
chée ceste  baniere,  comme  dit  est,  a  une  hante  dorée,  pour  avoir  tousjours  recor- 
dation  et  mémoire  '*'  dicelle  hante  et  noble  vision  de  nostre  foy  et  de  leur  glorieuse 
passion.  Si  ont  tenu  les  anciens*''  qu'elle  ne  doit  point  estre  desployée  sans  1res 
grant  neccessité;  et  qui  plus  est,  la  victoire  eue*'',  qu'elle  doit  estre  rapportée 
a  grant  dévotion  et  révérence  en  leglise  monseigneur  saint  Denis,  et  rendue  sur 
son  autel,  en  remembrance  de  la  victoire,  ainsi  comme  fist  Charlemaine. 

Loriflambe  est  une  baniere  vermeille  a  cinq  frenges,  bordée  de  houpes  de  vert; 
si  doit  estre  portée  plus  haulte  et  par  dessus  les  banieres  royaux  **'.  De  ce  me  croy, 
car  j'en  ay  veu  deux  de  mon  temps  sur  lautel  des  glorieux  martirs,  en  chascune 
partie  de  lautel  une;  et  estoient  enhantées  de  deux  petites  hantes  dargent  dorées, 
ou  pendoient  a  chacune  une  baniere  vermeille,  dont  lune  estoil  appelé[e]  la  ba- 
niere Charlemaine  ;  et  se  portoit  par  révérence  par  ung  des  ofliciers  religieux  a 
certaines  processions**'.  Item  ces  choses  dénotent  et  signifient  par  vraie  raison,  (jue 
par  ce  les  roys  de  France  doivent  estre  *""  soulz  principaulx  protecteurs,  champions 
et  défenseurs  de  leglise,  comme  ont  esté  les  roys  anciens*"'.  Et  ce  tient  le  saint 


'"'  Var.  "Et  comme  il  feiisl." 

'*'  Raoul  de  Presles  et  Giiillebert  de  Metz  ad- 
mettent connue  valable  la  canonisation  prononcée 
par  i'anti-pnpe  Pascal  lUm^ 

'''  Var.  (fvos  devanciers  et  vous. - 

'*'  Le  texte  porte  _^o>nie. 

'''  Var.  iret  vraye  mémoire." 

'*'  Var  itvos  devanciers.". 

'''  Var.  iT  la  victoire  faite.  " 

'*'  Cette  phrase  tout  entière  a  été  ajoutée  par 


Guillebert  de  Metz  ;  elle  ne  se  trouve  point  dans  le 
texte  de  Raoul  de  Presles.  ou  du  moins  elle  est 
conçue  autrement  et  n'occupe  pas  la  même  place. 

'*)  Ici  se  place  la  phrase  originale  de  Raoul  de 
Presles;  elle  est  ainsi  conçue  :  "VA  est  ce  que  Ion 
f  appelle  proprement  loriflanmie,  et  dont  elle  vint 
irde  ce  qui  en  [)eut  estre  venu  a  ma  petite  congnois- 
"tsance." 

''*'  Var.  itvous  estes  et  devez  estre." 

"'  Var.  l' vos  devanciers.  1) 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI.  151 

siège  de  Romnic,  qui  a  acou8turn<5  a  cscrijji-e  aux  roys  de  France  singulièrement 
en  lintitulation  des  lettres  :  au  Ivh  cliristieri  des  princes. 

Et  jusques  cy  descript  maistre  Kaoul  d»;  l'raellc»,  jadis  advocat  ou  Parlement 
de  Paris. 

XIX. 

SENSUIVENT  LES  DOUZE  PERS  DE  FRANCE  <''. 

Lingo^"'.  Remy,  Lau | 

Nor.  Aqui.  Burgundia  suiit (  *  "' 

No.  Catha.  Bciva.  Thol j 

(larn|)ania,  Flaiidria  sunt (  *^"*' 

Les  ecclesiastes. 

Larcevesque  de  Rains 

Levesque  de  Lengres 1  Ducs. 

Levescjue  de  Laon i 

Levesque  de  Noion ■ 

Levesque  de  Cliaalons |  Contes. 

Levesque  de  Beauvais ' 

Les  séculiers. 

Le  duc  de  Bourgoingne,  doyen. 
Le  duc  de  Normandie. 
Le  duc  d'Ac(piitaine. 
Le  conte  de  Klandres. 
Le  conte  de  (^lianipaigne. 
Le  conte  de  Tlioiiloiist'. 


*''  Raoul  de  l'resics  ayant  par\é,  liaim  soii  cotii- 
nioiilnin",  des  Tclniizo  pers  n  un  temps  de  ('.«'snr, 
CiuilIclM'rt  lie  Met/  a  cru  devoir  en  donner  la  liste, 
non  ps  il  cette  dpoqiic  It^gendaire,  mais  au  teinp 
«ù  il  vivait. 

'*'  Voici  coninicnt  on  doit  lire  ces  ipialre  li|pies 
formant  deux  mauvais  vers  mnëmoteclmi(|ues ,  où 


sont  i-cpro<luils  en  at)rég<i  les  nonis  latins  des  ikmir 
|>nirs  :  l,iMffo[nes{.  Ilemi.  Lau{dunum].No(j mania]. 
A(|ui[lnnia|.  Burgundia  sunt  du[ratU8].  ^No(Tio- 
dununij ,  Càllia|launum|.  Belva(aiin].  Tboi(oM]. 
(laiiipania,  KlaiHirin  suni  rom[ilalus].  —  Cert  i 
M.  Jules  (Juiclierat .  professeur  de  l'École fW  rhartn . 
«pie  nous  devons  cette  pxpiicalion. 


152 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


DEUXIEME  PARTIE. 


XX. 


SENSUIT  LA  DESCRIPTION  DE  LA  VILLE  DE  PARIS  DE  LAN  MIL  QUATRE  CENS  ET  SEPT.  LAQUELLE 
DESCRIPTION  EST  DEVISE  EN  CINQ  PARTIES.  LA  PREMIERE  PARTIE  CONTIENT  LA  MOYENNE 
PARTIE  APPELIÉE  LA  CITE,  ENTRE  DEUX  BRAS  DU  FLEUVE  DE  SAINE.  LA  SECONDE  PARTIE  EST 
DE  LA  UAULTE  PARTIE  DE  LA  VILLE  OU  LES  ESCOLES  DE  LUMVERSITÉ  SONT.  LA  TIERCE 
PARTIE  PARLE  DE  LA  BASSE  PARTIE  DE  LA  VILLE  DEVERS  SAINT  DENIS  EN  FRANCE.  LA  QUARTE 
EST  DES  PORTES  DE  TOUTE  LA  VILLE.  LA  CINQUIEME  PARTIE  DEVISE  EN  GENERAL  DE 
LEXCELLENCE  DE  LA  VULE. 


La  première  est  de  la  Cite  '*'. 

La  est  leglise  cathédrale  de  Nostre  Dame,  qui  par  dedens  a  de  long  deux  cent* 
pies,  et  de  large  quatre  vingt  pies'*'.  Si  sont  es  trois  premières  entrées  quarante 
colombes")  que  on  puet  environner;  aussi  y  a  vingt  colombes  dont  il  a  a  chascune 
une  chappelle  que  on  ne  puet  environner'*'.  Entour  le  cuer  de  leglise  sont  aussi 


'*'  Cette  rubrique  est  de  Guillebertde  Meta. 

'*'  Le  calcul  de  Guillebert  de  Metz  n'est  pas  exact. 
Dès  le  cominencemcnt  du  xvii' siècle,  le  P.  Du  Ureul 
citait,  pour  indiquer  les  dimensions  de  Notre-Dame, 
les  vers  suivants  qu'on  lisait  sur  un  tableau  place 
près  de  la  statue  de  saint  Cbristophe ,  au  second  pi- 
lier de  la  nef: 

Si  tu  reux  sfaroir  comme  ett  ample 
De  Notre-Dame  le  grand  temple  : 
Il  a  dans  oeuvre ,  pour  le  seur, 
Dix  et  sept  toise*  de  haoltenr. 
Sur  la  largeur  de  vingt  et  quatre; 
Et  soixante  cinq ,  sans  rabattre , 
A  de  long;  aux  tours  hanll  montas 
Trente  quatre  sont  bien  comptées; 
Le  tont  fondé  sur  pilotis , 
Aussi  vray  que  ie  te  le  dis. 

(  Tktmtn  du  mtifmict  ik  Ptrii,  édit. 
de  i6ti ,  p.  g.) 

Ainsi  Guillebert  de  Metz  fait  erreur  de  cent  quatre- 
vingt-dix  pieds  pour  la  longuetu*,  et  de  soixante  pieds 
pour  la  largeur. 

''*  Colombes,  colonnes. 

'''  Par  ces  mots  :  irque  on  puet,  que  on  ne  puet 
(f  environner,  »  l'auteur  veut  dire ,  sans  doute ,  autour 


desquelles  il  est  |K>ssible  ou  impossible  de  circuler. 
Quant  au  nombre  des  chapelles  que  Guillebert  de 
Met!  égale  à  celui  des  colonnes ,  il  ëlail  de  vingt-cinq , 
en  y  comprenant  sans  doute  le  maltre-autcl  et  l'autel 
dos  pare8>eux,  allare pigtvrum  '"',  dit  Du  Bretd,  qui 
en  donne  la  liste  suivante  :  Saint-Denis ,  Saint-Kemy, 
Saint^Martial ,  Saint-Lëonard ,  Saint-Biaise  et  Saint- 
Geoi^ges,  Sainte-Geneviève.  Saint-Julien-le-Pauvre 
et  Sain  te-Marie-Égyptionne,  Sainte-Catherine,  Saint- 
Nicolas,  Saint-Julien-du-Mans ,  Saitit-Jean-l'Evan- 
gëliste  et  Sainte-Agnès ,  Saint-Eiisladie,  Saint-Jean- 
rÉvangt^liste  et  Sainte-Marie-Madeleine,  Saints- 
Ferr»k)l-et-Ferrution ,  Saint-Miclicl .  Saint-Martin  et 
Sainte-Anne,  Sainte-Foy,  Saint-Eutrope,  la  Décol- 
lation de  Saint-Jean-Baptiste ,  Saint-Louis ,  Saint-lii- 
gobert,  Saint-Nicaise,  Saint-Etienne.  Cette  éninné- 
ration  ne  se  concilie  guère  avec  celle  de  Guillebert 
de  Metz ,  qui  ne  compte  pas  moins  de  quarante- 
sept  chapelles.  Dans  ce  nombre  figurent  peut-^trc 
les  chapelles  particulières  qu'on  a  successivement 
établies  dans  rintérieur  de  l'église. 

<*>  C'était  l'autel  où  se  disait  la  dernière 


DESCIUPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  Vf.  153 

auUiiil  (Jo  coulombes  et  de  cbappolles.  La  place  qui  est  ou  milieu  de  leplise,  cesl 
«•ntre  le  cuer  et  lenliée,  cuulienl  autant  despace  comme  de  douze  colombes;  et  v 
;i  six  cbappciles''*.  Entour  le  cuer  sont  entailliés  de  pierre  les  fais  des  aposlres  et 
listoire  de  Jos(;ph  le  patriarche''''*,  de  plaisant  ouvrage,  et  maistre  Pierre  du  Coin- 
fjtiet  (''.  A  lentrée  est  limage  de  saint  Christofle,  de  merveilleuse  haulteur  et 


''''  il  ne  peut  6tre  queslion ,  dans  ce  iriiiilicu  de 
ffléiflise,»  qiindes  clinpollns  du  jiibd.ddlniilns  |K)ur 
l'accoMiplinsoinonl  du  vimi  do  Louis  XIII,  et  de  celles 
du  traiisc])t. 

'''  Le»  piu-lies  de  has-reliefs  dont  |iarl('  ici  Ouil- 
l<'iiei't  de  Met/.,  et  (pii  n'existent  plus  iuijourd  luii, 
coires|>ondent  «ans  doute  h  l'extréniiti;  nbsidule  du 
cliieurel  au  JmIm'  (pii  en  l'enniiil  IVnIrA».  Les  lirèclica 
(pir  néccssitu  la  déconilion  nouvelle  ordoiuiée  par 
Louis  XIV,  en  ex(!cutiou  du  vœti  de  son  jx>re,  firent 
sans  doute  disparaître  "les  fais  des  aposlres  et  lis- 
'toire  de  Josejili  le  patriarche. d  Du  Breid,  ipii  a 
décrit  »\olre-I)urue avant  cette  nuitilalion,  s'exprime 
en  ces  termes  :  irLo  chœur  est  clos  d'un  nnir  percé 
rù  joui'  autour  du  f[rand  autel,  au  haut  du<pu>l  sont 
'  repifseiitez ,  eu  jrrauds  pei'soniiaijt.'s  de  |)ierre  dorez 
-et  hieu  peints,  l'histoire  du  Nouveau  Testament,  et 
"■plus  lias  riiisloiredii  Vieil  Teslaïuenl,  avec  des  es- 
f  crils  au  dessouhs  qui  explicpient  les  dites  liistoires. » 
(  Théâtre  des  anùquilez  de  Paris,  éd.  de  1 6 1 Q  ,  p.  1 3.  ) 
Jean  llavy,  "Uiasson  de  Notre-Dame  de  Paris,  jMir 
'l'espace  de  xwi  ans.  commença  ces  nouvelles  his- 
~loires,  et  maistre  Jean  le  Bouteiller  l(;s  a  parfaites 
-(iu  l'an  HccccLi.D  Telle  était  l'inscription  qui  se 
voyait  autrefois  pr(>s  de  la  Porte  Itoiijje.  L'ouvrage 
■l'était  donc  pas  achevé  au  moment  où  GuillelMM't  de 
Metz  écrivait. 

*^'  Maistre  Pierre  du  Colngnel.  Pierre  de  Cu- 
gnières,  chevalier,  conseiller  et  avocat  {jénéroi  du 
Parlement  de  Paris,  sous  Philippe  de  Valois,  défen- 
dit \  ijfoureusemenl  i'aulorité  royale  contre  le  clergé 
et  l'université.  Pour  se  venger  de  lui  on  plaça .  dit- 
on.  dans  (pielques  églises  de  Paris,  et  notamment 
à  Notre-Dame,  des  marmousets  de  pierre,  contre 
lesquels  ou  éteignait  les  cierges  en  répétant  ces  mots 
ironiipu's :  Tu  disais  vrai,  du  Coignet.  .M.  Paulin  Paris 
cmit,  au  contraire,  que  longtemps  avant  PieiT«?  de 
Cugnières  il  existait  à  Noti-e-Dame,  au  fond  du 
chœur,  une  pierre  grossièrement  façoiniéf,  et  cpie 
-de  l'haliitude  qu'avaient  prise  les  bedeaux  d'y 
Téteiuilre  les  cierges  en  les  rognant  contre  celle  fi- 
"gure  grolewpie,  on  lui  donnait  le  nom  de  Coffuel. 
If  Im  maie  renommée  de  Pierre  de  Cugnières  onprès 

BIST.  —  I. 


•rdu  clergé,  ajoute  M.  Paulin  Paris ,  fit  qu'on  «e  phit  ii 
'•transfonnerce  Cognel  en  Cngnière*.»  {Mmmteril$ 
français,  t.  IV,  p.  ?>•].)  WaMinn,  au  prologae  de  ion 
IV'  livre,  fait  allusion  au  même  lait  quand  il  dit  : 
irEt  parce  que.  selon  le  pmverlie  des  Limoains, 
ira  faire  la  gueule  d'iing  four  sont  trois  pierrai  n^ 
rrcessaires,  vous  les  associerez  à  niatslre  Pierre  dn 
tCoingnet,  par  vous  jadis  pour  ntesme  caoae  pé- 
irtrifié.  n  Noël  du  Fail ,  seigneur  de  ta  HénsMye,  dan* 
ses  Contes  d'Eulrapel  (c.  i"  de  la  justice) ,  a  rapportéœ 
fuit .  ainsi  qu'Etienne  Pasquier,  liv.  III ,  chap.  ut,  de 
ses  Ikcherches,  etc.  (filons  encore  une  pièce  en  ver» 
français  de  quatre  feuillets  gothiques,  intitulée  Le 
testament  et  épitophe  de  maistre  Pierre  du  Quignel.  En 
voici  la  suscriplion  :  ('.y  finist  le  grant  èpitofkt  — 
maistre  Pierre  du  Quignct ,  —  composa  par  Htau  du 
Gulaphe,  —  en  un  soir  par  ung  matinel,  —  le  cin- 
quantiesme  de  ginet  —  en  l'an  deux  mille  rx  et  dix, 
—  en  biau  papier  blanc  et  bien  net,  —  à  la  requesie  de 
Béutrix.  Pierre  du  Coignet  ou  Jean  du  Coignol. 
comme  on  rup|)elle  vulgairement,  n'est  |kis  moin» 
connu  à  Sens  ;  la  niétro[>ole  prit  fuit  et  cause  pour 
sa  sulTragante.  irL'an  iSag,  dit  Du  Hreul,  inaisUv 
"Pierre  de  Cuneriis  (appelé  par  dérision  du  Cui- 
fgnel),  advocat  du  roi  Philippe  de  Valois,  plaida 
T publiquement  contre  les  privilleges.  imniunilez  et 
«rfranchises  de  l'Iïglise,  tendant  à  letir  oster  la  ju»- 
frtire  temporelle.  Mais,  après  avoir  esU$  réiiitrf  el 
l'remlxirré  |«ir  le  docte  Pierre  Bertrand,  énKfue 
"d'Aulun,  le  Roy  conclud  qu'il  auginenleroit  plus- 
'  tosl  les  droits  de  l'Kjjlise  que  de  les  osipr  ou  dirai- 
t  nuer,  poiu-veu  cpiils  reganlassenl  anssi  de  loiirrost^ 
"h  amender  et  corriger  ce  qui  mérite  aniendemenl 
"et  correction.  Geste  magnanime  rrponce  est  eom- 
•■  prise  en  deux  carmes  (vers),  qui  sont  eacriia  an 
T  portail  de  l'église  cathédrale  de  Sens,  soos  Tefigie 
tde  ce  Roi  armé  et  à  cheval,  comme  il  est  i  notre 
"église  de  Paris,  et  tout  leis  : 

oRagnaalii  ««ri  capMW  fgo  eallar  hakai, 
■Juro  ran  cirri  lilii]rtihaw|a»  iMri. 

"MaisUv  Pierre  du  Cuignet  estant  ainii  dédiea  de 
<rsa  prétention,  on  Ta  comparé  et  donné  le  non  k 
tune  i>olitc  et  laide  figwv  qui  est  i  un  coing  du 

10 


154  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX, 

noble  ouvrage"'.  En  ceste  église  est  le  chief  saint  Philippe  laposlrc,  et  le  cliief 
saint  Marcel,  evesque  de  Paris,  et  divei-ses  reliciues  pluseurs  * .  La  table  du  grant 
autel  dessus  et  celle  de  desoubz  sont  dargent  dorez  '.  Il  y  a  deux  clochiei-s  ou  il 
a  autant  de  degrez  comme  il  a  de  jours  en  lan  *.  En  lun  est  une  cloche  que  len 
puet  a  paine  par  quatre  fois  avironner,  les  bras  estendus  '*),  Il  y  a  une  chappelle 
de  costé  comme  len  va  au  chapitre,  de  merveilleuse  façon;  et  y  est  la  légende 
Job  entaillée  ('^';  et  par  dehors  leglise  sont  belles  y  mages.  Auprès  de  leglise,  est  le 
palais  levesque  dun  costé  :  la  tient  on  les  plais  devant  lollicial  de  leve8<iuc  et 


fjubë  de  l'ëg^ise,  du  costë  du  tiiidy.aii  dessoubsde 
fia  figure  d'enfer,  et  n'est  aucun  rëput«5  avoir  veu 
"•ceste  «église,  s'il  n'a  veu  ceste  griuâace.»  (Tkeatre 
des  antiquitez  de  Paris,  p.  ï6.) 

'"'  Le  saint  Clirislo|>be  de  Notre-Dame,  dont  Bë- 
guillet  a  donn»!  une  Mie  n'<lnilc,  et  <jue  nous  reprodui- 
rons plus  tard ,  en  grand ,  d'npivs  un  dessin  original , 
est  ainsi  décrit  |)ar  Du  Breul:  »A  i'entrëe  de  ladite 
"  église ,  vers  occident .  contre  le  second  pilier  d'icelle , 
fon  voit  l'image  de  saint  Clu-istophle  |K)rtiuit  Notre 
irSauveur  sur  ses  épaules  au  travers  d'un  bras  de 
ffmer;  et  à  l'opposite,  contre  le  premier  pillier  du 
irniesme  costé  méridional,  ou  voit  un  chevalier  re- 
rr  présenté  à  genoux  sur  une  plate  forme  soiistenue 
-rpar  une  colonne  de  pierre,  avec  cet  escril  au  i>as  : 
trc'esl  la  représentation  de  noble  komme  messire  An- 
irloine  des  Essars,  chevalier,  jadis  sieur  de  Tkieure  et 
nde  Glatigni,  au  valde  Gatie,  conseiller  et  ckamhellan 
"du  Boif  nostre  sire  Charles  sixiesme  de  ce  nom  :  le- 
tquel  chevalier  Jit  faire  ce  grand  image,  en  l'honiteur 
<rel  remembrance  de  Monsieur  Sainct  Chrislophle,  en 
f  l'an  l'ii  S.  Priez  Dieu  pour  son  âme.  Ceste  statue  de 
«sainct  Clirislople  est  naïfvement  décrite  \mr  niaistre 
ir Raoul  Hoterey,  advocat  au  grand  conseil,  en  son 
"livre  intitulée  Lulecia.9  (Thealre  des  antiquitez  de 
Paris,  éd.  de  161  a,  p.  6.)  Du  lîreid  aurait  pu 
ajouter  que  les  poètes  Aslosan ,  Stoa  et  Knobelsdorf , 
dont  les  descriptions  feront  partie  de  ce  recueil, 
ont  également  cité  la  statue  du  célèbre  Porte  Christ. 

'*'  Nous  donnons,  aux  appendices,  un  état  des  re- 
liques existant  à  Notre-Dame  à  la  fin  du  xv*  siècle. 
Du  Breul  cite  les  chasses  de  saint  Philipj»,  de 
saint  Mai-cel,  de  Notre-Dame,  de  saint  Lucain,  de 
saint  Côme  et  de  saint  Daniicn ,  de  saint  Justin .  de 
saint  Séverin,  de  saint  Gendulplie,  de  saint  Denis, 
de  saint  Martin,  de  saint  Am.-uid,  de  saint  Avit, 
de  saint  Brice,  de  saint  Prix,  de  saint  Cortc,  de 
saint  Amateur,  de  saint  Didier,  de  saint  Eutro[)e ,  de 
saint  Florent,  des  deux  saints  Germain  de  Paris  et 

'*'  Ce  devait  è(re  une  sorte  de  crécelle. 


d'Auxerre  et  de  sainte  Ursule,  plus  un  fragment 
du  tombeau  de  Notre  Seigneur.  (  Th.  des  aniiq.  édiL 
de  1 6 1 4 ,  p.  .3()  et  suiv.)  i^  |>lu|iart  de  ces  relique* 
ont  été  détruites  à  ré|>o<jue  de  la  Bévolutioii;  il  en 
reste  quelques-unes  au  trésor  de  Notre-Dame. 

''  il  est  diflicile  de  bien  enteiMJre  c<'  |Missage;  la 
table  irde  dessoul>ST!  était  probablement  la  plate- 
forme de  l'autel;  quant  à  celle  "de  dessus, «  c'était 
peut-être  une  sorte  de  surtout  mobile  dont  on  re- 
couvrait l'autel  après  la  célébration  des  saints  mys- 
tères. De  nos  jours,  on  garnit  encore  les  autels  d'un 
lapis  lorsqu'on  ne  doit  plus  y  oflicierdans  la  journée. 

''  Cette  coniparaiMMi  est  restée  |topidairp  :  on  en 
usait  souvent  autrefois,  sans  se  demander  si  elle 
était  bien  juste. 

'*'  Ces  détails  relatifs  aux  tours  et  au  bourdon 
de  Notre-Dame  ne  sont  pas  très-exacts.  Du  Breul 
compte  trois  cent  quatre-vingt-neuf  degrés  pour 
arriver  au  sommet  des  tours.  Il  donne  le  nombre  des 
cloches  qui,  de  son  temps,  y  étaient  placées:  -Il y 
l'en  avait,  dit-il ,  huicl  grosses  :  deux  à  la  tour  qui 
"est  du  costé  de  l'hostel  episcn|>al.  nommez  Marie 
"et  Jaaiuelinc,  desquelles  la  première  fut  refondue 
ren  l'an  «Sgy;  et  en  l'autre  tour  sont  Gabrielle, 
"Guillaume,  Pasqtiier  et  Thibaidd,  et  les  deux  que 
-l'on  nonune  les  Moineaux.  Dans  le  |)etil  clocher, 
-ajoute-t-il,  sur  la  croisée  de  l'église,  sont  six  pe- 
"tites  cloches,  non  comprise  la  cloche  de  Imis  '',  la- 
"cpielle  on  ne  sonne  que  depuis  ra|>rès  disnée  du 
"jeudi  absolut,  jus(]ues  au  matin  de  la  vigile  de 
"Pas(pies.*Quantau  diamètre  du  bourdon ,  il  est  de 
huit  pieds  en  hauteur  et  en  largeur,  au  rap|>ort  de 
M.  Gilbert,  qui  donne  sur  ce  jKiint  quelcjues  ren- 
seignements curieux.  (Voyez  Description  historique 
de  la  basilique  métropolitaine  de  Paris,  Paris,  iSai , 
in-8',  p.  i46.) 

*'  Cette  chapelle  devait  être  très-voisine  des  ins- 
criptions faites  h  la  mémoire  des  "ymagiers»  Ravy 
et  Le  Bouleiller. 


DESCHFPTfON  DK  PARIS  SOUS  CFIARLES  VI,  155 

flovcTrit  ses  auditeurs;  aussi  le  maistre  des  testamens  y  tient  sa  court'",  Dautre 
costi';  fletneurent  les  clianoines;  et  y  est  la  court  de  loflicial  et  de  larcliediacrc 
La  dicte  effiise  de  Nostrc  Daine  est  dexcellcnt  ouvrage  dedens  et  dehors, 
Kii  la  CÂU;  sont  qiiinzo  ejjiises  paroschiales;  cest  assavoir: 

de  Saint  l'ierre  aux  Bcufs'*', 

de  Saint  Pierre  dos  Assis '^', 

de  Saint  ChristolleW, 

de  Sainte  Marie  Magdaleine**', 

de  Sainte  Marine '•', 


<''  Mimlre  des  lenlatncnn.  Officier  de  la  jiiridir- 
lion  ëpisropole  clinr(;i?  du  ju(;er  les  causes  reinlivcs 
aux  testaments.  Ces  causes,  pcndont  le  moyen  âge, 
appartenaient  h  la  juridiction  ecclésiastique.  Du 
Gange  diîfinil  ainsi  le  Mattre  des  testaments,  r/ui 
lites  ad  lestumcnlu  npcclantes  dijiidicaljal ,  et  il  cite 
des  lettres  de  i483,  où  se  trouve  ce  passage  : 
rfPour  lequel  testament  accomplir  icelltii  suppliant, 
fra  esté  convenu  eu  In  court  de  l'évesque  de  l'oic- 
ff tiers,  par-<ievant  son  oflicial  atidict  lieu,  par-<le- 
ffvaut  le  Miiisire  des  testamens. i  (Gloêt.  tned.  el 
infim.  lutin.  6M.  Heusdiel,  t.  IV,  p.  181.) 

'*'  L't'glise  de  Sainl-Pierre-aux-liœufs ,  situde  dans 
lu  nie  de  ce  nom ,  siu-  reiii|)lacement  de  In  rue  d'Ar- 
coleet  de  rim|>as.'ie  Sniute- Marine, cpii  viennent  de 
disparaître,  n'avnit,  dit  Jaillot,rieude  l'euinrqunble 
que  son  nntiquitii.  C'est  une  erreur  :  il  suffit  d'en 
voir  le  portail,  nppliqud  depuis  quelques  nnuA-s  h 
l<i  façade  de  l'église  Sniut-Sëveriii,  pour  se  con- 
vaincre que  le  style  de  Snint-Pierre-aux-Bœufs  np- 
partnnnit  n  In  meilleure époipie.  Elail-<>lle  In  paroisse 
ou  le  si('g<>  de  In  coiifi-érie  des  boiicliere  de  la  Citd? 
Devait-elle  son  nom  à  la  cure  des  bœufs  malades, 
qu'on  y  pratiquait  avec  une  clef  rougie  au  feu,  ou 
à  deux  t(Mes  de  b(euf,  sorte  d'armoiries  d'une  fa- 
mille Le  Beuf,  lesquelles  eu  <l<?coraient  le  portail? 
M.  H.  Coclieris  n  snvnuuuent  discuté  ces  questions 
dans  sou  excellente  édition  de  l,e  Beuf.  L'église  Sniut- 
l'ierr«>-aux-B(i"ufs  a  été  démolie  en  1837. 

'''  Saint-Pierrt  dtê  Assis,  des  Arcis,  des  Arsis, 
et  m/^ine  des  Asmjriens,  était  une  |H'tite  église  s«*- 
partVilu  clievetde  Snint-Bartliélemy  par  ime  simple 
ruelle.  I,es  quatre  noms  qu'elle  n  jwrtés  ont  donné 
lieu  à  aut^uit  d'élymologies  et  d'opinious  sur  son 
origine;  Jaillot  les  énumèi-e  et  les  discute.  (Quar- 
lirr  de  la  Cité,  p.  46.)  Supprimée  en  1791.  elle  a 
été  démolie  vers  1800;  en  1819,  on  n  ouvert  sur 
sou  i-MipIjicerneiit  In  riHievnul  rue  nnx  l'Ieurs. 


''  [/église  Saint-Christophe  ou  Chrislo/h,  élnie 
dons  la  rue  rie  ce  nom,  qui  vient  de  diuparattrr . 
existait  dés  le  vu'  sijfcle;  on  a  même  prétendu  qu'elle 
servait  de  chapelle  aux  comtes  de  l'aris;  inai*  il 
semble  plus  proltable  qu'elle  dé|>endail  d'un  mooa»- 
tère  de  filles.  Devenue  lieu  d'asile  au  coiiunenrenient 
du  ix'  siècle,  puis  érigée  en  paroisse  au  xn',  époque 
où  elle  avait  été  reconstniite,  elle  fut  démolie  en 
17 '17,  pour  l'élargissement  de  la  place  du  Parvis  et 
la  construction  du  IWttiment  des  EnfanU  trouva.  La 
deniif^rc  rét'dilicalion  reiuonlnil  n  lAg'i. 

'*'  F/église  de  Sainte- M adekine  ,»i{née  presque  h 
l'angle  des  rues  de  la  Juiverie,  de  la  VieiUe-Draperie 
et  des  Marmousets,  avait  ét<'  détruite,  en  trè»- 
{frnnde  partie,  antérieurement  à  louvertupe  de  la 
rue  de  Constantine.  M.  Berty  a  raconté  comment 
elle  avait  été  constniite  ven  la  fin  du  xii'siède,  sur 
le  teirain  d'une  ancienne  synagogne,  et  agrandie 
successivement  ;  la  s>  nngogne  eHe-méme  fut  trans- 
formée en  église ,  par  ordre  de  Philippe  Auguste .  se- 
lon le  témoignage  bien  coiuiu  de  Guillaume  Le 
Breton  : 

Eedmiat  fecit  uenri  pro  tjnagogit , 

In  qaocaiiK|M  km  tekola  Tri  tyna|ati  faincl 

Devenue  successivement  éf^  paroÏMiale  et  archi- 
presbytérale ,  la  Maddeine  avait  vu  sacimnMriptioo 
agrandie  ]>ar  la  réunion  des  parowM  deSual-Len 
et  Stiinl-Cilles,  de  .Sninl-Chrittophe  et  <le 
Geneviève  des  Artlents.  Supprima  eo  1 79* ,  \ 
en  1793.  elle  fut  démolie  en  179S. 

>')  Sainte- Marine. liam rimpuae<feeeiioai, ëtail 
encore  del>out,  ipioique  méenoMnmhfe,  en  i86€: 
établie  fort  anciennement,  elle  servait  de  parowae 
pour  K-s  gens  de  févèrhé  et  des  coun;  et  ka  m»- 
riages  ordonnés  par  l'oflScialil^.  c'etlrè-dire  tftit 
cohabitation,  s'y  faisaient  avec  lefiunaaaMHMide 
pille  dont  on  a  tant  parlé.  Le  prévôt  dsi 
Kriini'ni»  Mip>n    v  ;n.nil  été  Ulhum^ 


156  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

de  Saint  Denis  de  la  Chartre'",  ou  Nostre  Seigneur  acommenia  '*  Saint 

Denis; 
de  Saint  Berlclemy<'\ 
de  Sainte  Geneviève  des  Ardans'*', 
de  Saint  Simpliorien'*'. 
de  Saint  Landry'*", 


'"'  Saint -Deni»-de- la -Chartre,  qu'une  ancienne 
tradilion  désignait  connue  avoisinant  le  lieu  où  le 
saint  a|x^tre  fut  emprisonné,  était  une  ancienne 
église,  construite  probahlenient  à  la  suite  des  in- 
cursioiLsdes  Normands  et  près  de  la  prison  publique. 
Desservie  par  des  chanoines  dès  le  commencement 
du  XI*  siècle,  elle  fut  placée  plus  tani  sous  la  dé- 
pendance des  religieux  de  Saint-Marlindes-Chanqw. 
Cette  église  était  double,  selon  un  nnli(pie  usage, 
c'est-à-dire  qu'il  y  avait  dans  son  enceinte  deux  [>a- 
roisses  distinctes  :  l'une  dans  la  nef,  l'autre  dans  un 
bas-côté.  Supprinitîe  et  vendue  à  ré|KKpie  de  la  Ré- 
volution, elle  avait  été  com])létenient  dénaturée,  et 
l'on  n'en  a  retrouvé  que  des  restes  informes  en  1866. 
'*'  i4commenm ,  donna  la  communion.  i^Or  minet 
"Denys,  célébrant  en  la  dicte  prison  le  saint  sacri- 
"lice  de  la  messe  pour  fortifier  les  chrestiens  de  la 
itsaincte  communion .  à  la  fraction  de  l'hostie  Nostre- 
"Sauveur  s'apparut  visiblement  à  tous  ceux  qui  es- 
-rloienten  la  chartre  avec  une  clarté  admirable,  etc." 
(Du  Rreul.  Antiquité:  de  Pari*,  etc.  liv.  I",  p.  1 15.) 
La  vie  de  ir Monseigneur  sainci  Denys.n  à  laquelle 
nous  avons  fait  deux  emprunts,  contient  une  ma- 
gnifique miniature  représentant  celte  scène. 

'''  Saint-Bnrthéletny  était,  aprj>s  Noire -Daine, 
l'édifice  religieux  le  plus  iiiiporlant  de  la  Cité. 
D'abord  simple  chapelle,  fondt?e  et  dotëe  par  les 
Rois ,  puis  église  royale  parce  quelle  était  la  paroisse 
du  l'ulais,  elle  fui  successivement  desservie  par  des 
chanoines,  érigée  en  abbaye,  sous  le  vocable  de 
saint  Barthélémy  et  saint  Magloirc,  et  église  parois- 
siale avec  une  circonscription  distincte.  I^es  religieux 
de  Saint-Benoit  qui  foccupaient.  l'ayant  abandon- 
née en  1 138  pour  se  transporter  à  Saiiil-Magloire , 
elle  ne  garda  que  le  nom  de  Saint- Barthélémy, 
qu'elle  a  conservé  jusqu'à  sa  destruction.  Réparée 
et  agrandie  à  plusieurs  reprises  depuis  1 809 ,  elle  a 
été  reconstruite  en  grande  partie  vers  la  fin  du  sii«le 
dernier.  Sur  son  emplacement,  qui  faisiiit  face  à  la 
Grand'Salle  du  Palais ,  ont  été  disposés  un  tliéàlre  et 
une  salle  de  bal ,  lesquels  ont  été  détruits  lors  de  la 
construction  du  nouveau  Tribunal  de  commerce. 


"'  Smnte-Geneviète-de»-Ardeiu ,  appelée  la  Pedle 
<ians  le  rAle  de  la  taxe  de  1 3 1 3 ,  |>ar  opposition  à 
la  grande  Sainle-Geneviève-du-Moiit.  devait  son 
siiniom  auyhi  tacré  ou  mal  du  ardais,  qui  fit  tant 
de  ravages  au  m*  siècle.  La  châsse  de  la  sainte, 
descendue  à  .Notre-Dame,  ayant  (,niéri.  dil-on, 
nombre  de  malades,  le  pape  lnnor<>iit  II  ordonna 
qu'une  fêle  comnM^moralive  serait  c^le1)rée  chaque 
année,  le  a6  novembre,  dans  les  deux  sanctuaires, 
t^lui  de  la  Cité,  silué  nie  .Neuve-Nolre-Dame .  à 
,  quekpifti  |ias  du  Parvis,  n'était  guère  qu'une  cfaa- 
|)elle,  ipioiqu'il  eût  le  titre  de  |>aroii>se.  \je  |>ortail 
avait  été  reconstruit .  en  1  &oa .  |>arles  libéralités  de 
Nicolas  Flamel.  On  y  voyait  la  statue  à  genoux  de  ce 
généreux  bienfaiteur;  nous  la  reproduisons  aux  ap- 
pen<lices  de  fîuilleljerl  de  Melt.  Sainte-Geneviève- 
des-Anlents  fui  alMllue,  en  17^7,  |H)ur  l'agran- 
dissement  de  l'hApital  des  Enfants  trouvés. 

"'  SaintSyiiiphorien  n'était  sé|)aré  de  Saiiil-I)enis- 
de-la-(iharti-e  que  |iar  la  rue  du  llaut-Moulin.  Ce 
|ietit  oratoire  avait  succédé,  aa  xiii*  siècle,  i  une 
ancienne  cha|¥>l|e  de  Sainte-Catherine,  fondée  sur 
l'emplacement  de  la  Chartre  (Cnrccr  Glaucini),  où 
saint  Denis  a  été  emprisonné.  Dotée  par  Matliieu . 
comte  de  Reaumont ,  Aliénor  ou  Eléonore ,  comtesse 
de  Vemiandois ,  et  Gamier  de  Saint-I^zare,  l'irise 
de  Sainl-Sy mphorien  fut  desserv  ie  |)ar  des  clia|)elains 
et  des  chanoines  jusqu'en  1 70& ,  époque  où  elle  fut 
cédée  à  la  confrérie  des  peintres .  scul|>teurs  et  gra- 
veurs qui  lui  doimèrent  le  nom  de  leur  |)atron.  saint 
Luc.  Apri-s  avoir  été  supprimée  et  vendue,  elle  fiil 
engloUV»  dans  les  vastes  constnictions  de  la  Belle- 
Jardinière,  au  milieu  des<juelles  le  senice  historique 
de  la  ville  de  Paris  l'a  retrouvée  presque  intacte.  L'ar- 
chitecte 'du  nouvel  HAtel-Dieu ,  à  qui  cet  oratoire 
avait  été  recommandé,  n'a  pu.  malheureusement, 
lui  donner  place  dans  le  plan  de  ses  coiLstructions. 

'''  L'église  Saint-Landry,  fondée  avant  le  xii*  siè- 
cle, peq)éluait  le  souvenir  du  pieux  évêque  auquel 
on  doit  la  fondation  de  l'Hôlel-Dieu;  |)eut-étre  était- 
ce  l'oratoire  même  du  saint.  Dès  1171,  elle  était 
placée  sous  le  patronage  de  la  grande  ^ise  Saint- 


I.A  COMMl'NION    1)1'.    SAIM'    l>|-\IS 
il.in.»   I.i  prison   |)iil>li(|tif  ili*  l.tit<T<  ("■Iniintii  ). 


DKSCHIPTIO.N  DE  PAIUS  SOLS  CIIARI.FS  VI, 

de  Saint  Germain  le  Vieil''', 
de  Sainte  Croix'''', 
de  Saint  Jelian  le  Hond'*', 
de  Saint  Massias'*'  et  de  Saint  Michiel'*'. 
En  la  Cité  est  le  prieuré  de  Saint  Eloy  '*', 


157 


Cifirniuin-l'AiixoiTois.  Ellnfut  roconslniite  h  la  fin  du 
vv'  siteli-,  sii|)|)ririi(^(î  en  1791,  vf'ii(Jue  mi  lyga  et 
(l('iii()lio.  Son  ('iii|)luc(>iiK>nl  était  recouvert  par  les 
maisous  ((iii  faisainiit  raii|r|e du (|iiai  .Napoléon,  des 
i-ucsd'ArRoio  et  Saint-Landry.  Quelques  vestiges  des 
l'ondations  ont  été  reconnues  en  i8(»(). 

'"'  Saint- Germain-  le-Vieiu:  (velus)  ou  l'Evietuv 
[iiquonHfi),  selon  la  bizarre  élyiiiolojfie  de  Talihé  Le 
Ueul',  était  situé  entre  les  rues  de  la  Calandre  et  du 
Marché-Neuf,  dans  l'angle  rentrant  formé  par  cette 
dernifVe  voie.  Celte  église,  ancienne  rlia|)elle  bap- 
tismale de  Noti-e-Dame ,  sous  le  titre  de  Saint-Jean- 
Itaptiste,  existait  dès  le  ix*  siècle,  et  servit,  lors  des 
incui-sions  des  .Normands,  d'asile  aux  nîligieux  de 
Saint-Cerniain-des-l'rés,  ipii  y  laissèrent  un  bras 
de  ce  saint,  en  témoignage  de  reconnaissance.  On 
croyait  d'ailleurs  que  saint  Germain  lui-niôme  y 
avait  résidé  au  vi*  siècle,  ce  qui  expliquerait  le  choix 
d'iuie  telle  retraite,  au  ix*,  par  les  religieux  de  ce 
nom.  A)p'andie  en  i/iSS  et  i56o,  elle  a  ët^  sup- 
|)ritiiée  en  17<)1,  et  vendue  en  l'an  iv.  Son  empla- 
cement est  marqué  approximativement  par  le  pa- 
villon sud-est  de  la  nouvelle  casenic  nmniri|>ale. 

''  Stiinte-Croi.r  n'était  qu'une  cha|)elle  occupant 
l'angle  des  rues  de  ce  nom  et  de  la  Vieille-I)raj)erie. 
L'origine  en  est  fort  obscure;  Jailint  croit  qu'elle 
servait,  dès  le  vn* siècle, d'inlirmerie aux i-eligieiises 
de  Saint-Kloi,  qn'elle  reprit  son  nom  et  fut  érigée 
en  |)aroisse  vers  h»  xii'  siècle.  Itéédilié<!  et  agrandie 
de  1  /i5o  il  1 599 ,  elle  fut  supprimée  et  vendue  h  In 
Révolution.  Il  en  subsistait  encoiv  (|uel(pies  murs  eu 
i8()6,  vei-s  le  milieu  de  la  rue  Constantine. 

'*'  Reaucoiq)  d'églises  avaient  autrefois  yxtur  ba|)- 
tistèiv  un  édilice  sépait*,  et  qnclipies-unes  ont  con- 
servé cet  usage;  ainsi  YamioxrpSaiiil-Jean-Buitlùilej 
auquel  succéda  Saint-Germain-le-Vieux ,  contenait 
les  l'onls  baptismaux  de  Notre-Dame.  Kappntcbé  de 
cette  église,  h  une  époque  qu'il  est  dillirile  <le  pré- 
ciser, ce  baplistèn>  fut  construit  en  forme  de  rotonde; 
il  était  très-voisin  de  la  |M)rte  septentrionale  de  la 
cathédrale,  et  lonrhail  presque  à  la  façade;  c'était  la 
paroisse  des  laïques  habitant  dans  le  cloilr<\  Dé- 
moli en  1768,  il  a  donné,  pndant  un  demi-siècle. 


son  nom  h  Sainl-Denis-du-Pas ,  petite  ^iae  Htaëe 
au  chevet  de  Notre-Dame,  où  avaient  éti' tran<if<<réi 
les  fondations  ainsi  que  les  fonts  l>aplismau(.  (iuil- 
leljert  de  Met/  ne  dit  rien  de  ce  dernier  sanctuaire. 

'*'  Saint-Martial ,  que  notre  autPiirap|M-lle,Saml- 
Mouia»,  et  qu'on  trouve  également  indiqué  itons  l«i 
noms  de  Sainl-Maeiel  et  Maeial,  n'était  autre  diow 
(ine  le  chœur  de  l'andaine  ^ise  du  nionattire  Saint- 
Kloi  ,  dont  l'enclos  a  été  oocu|ié  depuis  par  le  cou- 
vent des  Barnahite»,  lequel  était  situé  derrière  la 
partie  méridionale  de  l'hémicycle  faisant  face  k  k 
{p'ille  du  l'alais  de  justice.  Sépré  de  la  wSk  laqnele 
il  avait  apprtenu,  le  clievet  de  Saint- Eloi  devint 
paroisse  distincte  et  subsista  jusqu'au  coimiienre- 
ment  du  xvni*  siècle. 

''  La  clia|)clle  Saint-Michel,  située  entre  la  rue 
de  la  Barillerie  (l)oulevard  du  Palais)  et  la  cour  de 
la  Sainte-Chapelle,  sur  laquelle  elle  avait  son  entrée, 
existait  avant  l'hilip|)e  .Auguste,  puis<|ue  ce  prince 
y  fut  kiptisé.  D'abonl  en  dehors  de  l'enceinle  du 
Palais,  elle  y  fut  conqmse  à  ré|KHpie  où  l'on  en  re- 
con.struisit  la  clôture,  et  Charles  VI  funit,  en  t. 385, 
à  la  Trésorerie  de  la  Sainle-Chopelle.  Elle  a  disparu 
h  la  lin  du  siècle  deniier,  lors  de  l'élargissement  de 
la  rue  de  la  Rarillerie. 

'*'  Ce  que  Guillel)ert  de  Metz  ap|)elle- le  prieuré 
irdc  Saint-Éloy*  est  |>eut-étre  le  plus  ancien  é)abii>- 
sement  religieux  rie  la  Cité.  Le  célèbre  ministre  de 
Dagol)ert ,  ayant  obtenu  du  monarque  un  vaste  ter- 
rain, situé  en  face  du  Palais,  y  lit  cnnstniire  un 
monastère  de  filles,  qu'il  mit  sous  finvocation  de 
saint  Martial.  éviVpie  de  Limoges,  et  dans  lequel  il 
plaça  des  reliques  de  ce  saint.  L'enclos  du  mniiai 
tère,  appelé  la  ceinture  de  Saint-Éloji,  êaà  Kmltf 
par  les  chemins  on  rues  qui  ont  été  nomm^  de- 
puis de  la  Barillerie,  de  la  Cakmin,  mue  Fhm  H 
de  la  Vieille-Draffrie.  On  lui  a  dooorf.  eaocwraK- 
nient  avec  le  nom  de  Saint-Martial ,  eehd  de  %aà 
Éloy,  son  fondateur,  et  de  Sainte-Aure.  M  pn- 
niièrc  abbesse.  Cédé,  dia  le  »i*  aMe,  i  Tabbaye  de 
Saint-Maur-lea-Foaaé»,  ce  monastère  eut  k  subir 
toutes  sortes  de  viciMitndei;  il  tombait  en  minet 
lorsque  M**  de  Gondi .  premier  ardwvèque  de  Paria . 


158 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OHIGl.NALX. 
et  le  collège  nommé  Dix  Huil^". 


XXI. 

DU    PALAIS. 


Le  Palais  Royal  '^'  dure  des  le  Giant  Pont  ou  est  lorologe  ''*  jusques  a  Pont 
Neuf  (*'.  La  salle  du  Palais  a  de  long  six  vingt  pies  et  de  large  cinquante  pies;  il  y 
a  huit  colombes  :  la  est  la  table  de  marbre  de  neuf  pièces^*';  la  sont  les  vmages  des 
roys  qui  ont  régné  en  France;  la  sont  procureurs  de  Parlement  et  advocas**'.  La  sale 
des  merchiers  a  de  long  quatre  vingt  pies.  La  vent  on  divers  joyaux  dor,  dargent, 
de  pierres  précieuses  et  autres*'*. 


le  donna,  en  i6a6,  aux  clercs  rdguliersde  ta  Con- 
grégation de  Saint- Paul,  connu»  sou»  le  nom  de 
Barnabiles.  L*s  nouveaux  |>ossesseurs  firent  re- 
construire les  bâtiments  conventuels  et  l'église,  qni 
a  subsisté  jusqu'en  ces  dernières  années.  Elle  servait 
de  dépôt  d'archives  el  de  magasin  pour  le  mobilier 
de  l'Élat.  Le  portail,  transporté  pierre  |»ar  pierre, 
u  été  appli(pié  à  l'église  des  iSlancs-Mantcaux. 

'"  Ce  collège  des  Dix-Huit  écoliers  consistait  ori- 
ginairemenl  on  une  simple  cband>re  oii  ils  logeaient 
à  i' Hôtel-Dieu.  Achetée  en  1171,  moyennant  cin- 
quante-deux livTCS,  par  Jocius  de  l^ndonna ,  croisé , 
de  retour  de  la  Terre  Sainte,  celle  ehnmbre  fut  l'ob- 
jet d'autres  libéralités,  et  se  transforma  peu  à  peu 
en  une  maison,  sise  rue  de  Venise,  près  la  rue 
!Seuve-!Sotre-Dame.  !>•  collège  des  fUr-Huil,  réuni 
à  la  maison  de  Sorbonne ,  fut  transfert? ,  à  une  époque 
un  peu  incertaine,  dans  la  nie  des  Poirées  (rue 
Restant).  Il  est  certain  qu'au  temps  de  Guillel>ert 
de  Metz  ce  modeste  établissement  n'avait  pas  en- 
core quitté  les  environs  de  flIôlel-Dieu. 

'*'  Le  Palais-Royal,  dont  le  nom  est  porté  au- 
jourd'hui par  l'ancien  Palais-Cardinal,  n'est  autre 
(|ue  le  palais  de  la  Cité;  il  durait  (s'étendait)  et  dure 
encore  du  pont  au  Change  au  pont  Saint-Michel , 
moins  quelques  maisons  appartenant  à  la  me  de  la 
Sainte-Chapelle. 

<'•  Gnillebert  de  Metz  a  vu  «l'orologe»  un  siècle 
et  demi  avant  sa  première  restauration.  Ce  n'est 
qu'en  novembre  1 585 ,  dit  Du  Breul ,  que  n^on  acheva 
ffde  reprendre  et  enrichir  le  quadran  de  l'Horloge 
fdu  Palais,  au  haut  duquel  on  voit  la  figure  d'un 
fcolomb  blanc  (dénotant  le  Sainct-Esprit)  et  les 
itescussons  de  France  et  Pologne,  1  en  souvenir  de 
Henri  UI.  (  Théâtre  des  antiquitez  de  Paris,  p.  aSo.) 

'*'  Cette  appellation ,  appliquée  de  nos  jours  au 
pont  construit  sous  le  règne  de  Henri  III  et  de 


Henri  IV,  à  la  pointe  occidentale  de  la  Cité,  déugnait 
autrefois  le  ])ont  SniiU-Michel,  le  plus  récent  des 
quatre  qui  existaient  nu  temp  de  Cuillel»ert  de  Metz. 

'■*'  M.  Bonnardot ,  dans  les  fragments  qu'il  a  pu- 
bliés de  Guillebert  de  Metz,  ob«erve  avec  raison 
que  cet  auteur  est  le  seul  qui  nous  fasse  connaître 
qde  la  fameuse  table  de  marbre  était  com|MMée  de 
neuf  pièces ,  p.  9  &  des  Etude*  sur  Gilles  Comnet,  tti. 
Paris,  18/18,  in-8*.  (Voir  ce  que  Jean  de  Jandun 
dit  de  cette  fameuse  table  aux  pages  48  et  iig.) 

'*'  La  (îrandSiille  existait  encore  au  temps  de  Du 
Breul ,  qui  nous  en  a  laissé  la  description  suivante  : 
"On  voit,  autour  de  reste  salle,  les  statues  de  tous 
'nos  anciens  Boys,  depuis  Pharamoml  justpies  à 
"Charles  IX,  des<pielles  les  unes  sont  représentée» 
"avans  les  mains  hautes,  et  les  autres  comme  les 
"ayans  basses  on  pendantes,  pour  diversifier  et 
"faire  cognoistre  (selon  plusieurs)  celles  qui  efli- 
"gient  les  infortiinez  et  faynéanU.  d'avec  les  autres 
"Valeureux  et  vertueux,  qui  ont  eu  toiisjours  les 
-mahis  et  asmes  tendues  au  ciel.  Il  y  a  des  escrits 
-gravez  au  Ims  de  ces  statues,  lesquels  contiennent 
-et  déclarent  leurs  noms  et  les  années  de  leurs  rè- 
"gne  et  dece<ls;  ce  que  j'ai  obmis  pour  neslre  pro- 
"lixe.  Ces  statues  et  tout  le  lambris  de  ladite  salle 
"Ont  esté  peincts  d'or  et  d'azur.  »  (  Théâtre  des  anti- 
quitez  de  Paris,  p.  997.)  M.  E.  Boutaric,  notre  sa- 
vant collaborateur,  a  publié,  dans  les  Métmire*  de 
la  Société  des  Antiquaires  de  France  (t.  XXVIl),  de 
très-curieuses  recherches  sur  le  Parlement  et  sur  la 
partie  du  Palais  qui  lui  est  consacrée. 

'''  La  salle  ou  galerie  des  merciers  a  conservé, 
jusqu'au  siècle  dernier,  sa  destination  marchande. 
Une  fort  belle  gravure  d'Abraham  Bosse,  que  nous 
donnerons  dans  un  volume  suivant,  la  repr&ente 
comme  le  siège  d'un  commerce  très-actif  d'objets 
de  toilette.  La  librairie  y  était  également  installée 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI.  159 

En  la  SaiiiU;  Ghappelle  est  fjrant  partie  de  la  sainte  croix,  de  la  sainte  couronne 
cl  autres  hoiioitcs  reliques  a  merveilles.  Et  y  a  ung  jjrant  pié  dun  griffon^". 

Au  i'alais  sont  salles  et  chambres  pour  lopier  le  Hoy  et  les  douze  per»'*'.  Si  est  de 
bel  édifice  a  tours  et  yniages  dedens  et  dehors;  et  y  a  beaujardin.  Au  Palais  sont 
les  seigruîurs  de  Parlement  ou  les  roys  de  France  ont  acousturaé  de  seoir  en  ju- 
gement. La  sont  les  seigneurs  des  requestes  qui  ont  cognoissance  des  causes  des 
officiers  du  Roy.  La  est  la  chambre  des  seigneurs  des  conqites,  des  trésoriers,  des 
receveurs,  du  concierge  et  dautres  odiciers^''.  La  est  laudience.  Et  devant  le  Palais 
demeure  ung  pottier  deslain,  bon  ouvrier  de  merveilleux  vaisseaux  destain;  et 
lenoit  des  rossignols  qui  cliantoicnt  en  yver'*'. 

Le  grant  liospilal,  (jue  le  roy  saint  Loys  fonda,  dure  des  leglise  Nostre-Dame, 
jusqucs  a  Petit  Pont;  si  a  devant  lospital,  en  rue  neufve,  trente  sept  manoirs 
avec  une  boucherie,  et  place  vuide  devant  la  chapelle  de  lospital  (*'. 


<lans  la  partie  qui  confinait  h  la  Suinte-Cbopclle  : 
Burbin  et  les  vers  du  Lutrin  sont  dons  toutes  les 
iiMMiioircs.  I)(!  nos  joMi-sJa  (fnlme  des  inciriers  ne 
l'cnfcrnio  plus  (jiie  les  lMuti((ues  des  rostuniicrs  du 
l'alais;  c'est  le  seul  vestige  qui  lui  reste  de  son  on- 
cienne  spU-ndeur. 

'''  Dans  l'invcnlairc  des  reliques  de  la  Sainte- 
(ihapelle,  dressé  en  1673,  et  publié  par  M.  Douct 
d'Ai'cq,  Revue  archéotofrique ,  année  i848,  d  n'est 
nullement  (picstion  de  ca  grand  pié  de  grijbn ,  men- 
tionné encore  dans  le  poëme  d'Aslesun,  en  i4âi. 
On  trouvera,  aux  notes  (pii  acconquignent  notre  tra- 
duction, (piel(jues  détails  sur  l'onijine  de  ce  débris 
singulier.  Quant  îi  son  exhibition  duns  l'intériinir 
de  la  Sointe-Cbapelle,  c'était  chose  parfaitement 
(•onrorme  aux  idiics  du  Icnips,  ainsi  que  le  fait  jii- 
iliciousonicnt  remarquer  M.  de  Guilherniy.  fLaca- 
f  thédrale,  dit-il,  était,  pour  les  populations  d'alors, 
"non-seideiiioMl  le  lieu  de  la  prière  et  la  demeure  de 
irDieu,  mais  le  centre  tlii  mouvement  intellectuel, 
"le  dé|)ôl  de  toutes  les  Iradilions  d'art  et  de  toutes 
ffics  connaissances  binnaines.  Ce  que  nous  place- 
"fions  dans  les  armoir<<s  d'un  nuisée,  nos  pères  le 
ffconfuiient  aux  trésoi-s  dt!s  é(jlis(>s.  (le  <pie  nous 
f  cbercbons  dans  les  livres,  ils  allaient  le  lire  en  ca- 
"roctî'res  vivantes  sur  les  ébrasures  des  portes  ou 
ffsur  les  vitraux  dt>s  feiitHres.  Et  voilà  |Hiur(pioi,  à 
KcMé  des  scènes  religieuses  et  des  allégories  nio- 
"rales,  nous  reumuli'ous,  en  si  grand  noud)re,  au\ 
" parois  de  nos  cathédrales,  ces  calendriei-s,  ces  en- 
cscigncnienU  de  boUuiiquc  et  de  zoologie ,  ces  détails 
"Sur  les  priM'édés  des  arts  et  des  uiéliei-s,  cesaver- 
irtissements  sur  l'hygiène,  sur  le  lH)n  enqdoi  du 
iflenqw,  sur  ragricultmv,  qui  conqtreud  ime  cn- 


rcyclo]>édie  &  l'usage  et  à  la  portée  de  tous.»  {Iti- 
néraire archéologique  de  Parti,  p.  3o.)  Eo  ee  qui 
concerne  plus  s|)écialciuent  le  ^ed  de  griffon  et  au- 
tres curiositi^s  de  ce  genre,  M.  de  Guilbenny  die 
un  passage  du  lialional  des  divin»  ofieet,  où  Guil- 
laume Durand  nous  apprend  que,  (bins  les  calb^ 
drales  de  Lion,  de  Meims,  de  liayciu,  de  Com- 
niingcs,  à  Saint-Denis,  à  Saint-iiertin ,  connue  i  la 
Saiiite-Cba|>elle .  on  suspendait  des  œufs  d'autruche . 
on  conservait  des  cAtes  de  ludeines,  des  crocodiles 
enq>aitlés,  des  conies  de  licorne,  des  ongle»  de  grif- 
fon, etc.  irafin  que  le  {icuple  en  fût  davantage  attiré 
cdans  le  lieu  saint  et  mieux  dLs|>osé  à  la  piët^.» 

'*'  A  l'époque  où  l'crivait  Guillebert  de  MeU,  le 
palais  de  la  Cité  et  la  forteresse  du  Louvre  n'étaient 
pas  la  demeure  habituelle  d«-s  mis.  qui  résidaient, 
le  plus  souvent .  à  rbôlel  Saint-Paul  et  au  bois  de  V  in- 
cennes.  "Nos  Roys  viennent  y  loger,  dit  Du  Breul, 
'rqtiand  ils  se  marient  et  font  leur  entrée  en  nostre 
irvillc.»  {Theatn  de»  antiquitez  de  Pari»,  p.  998.) 

''>  Voir,  dans  le  Traité  dm  kmâmgtêit  Pmù,  ce 
(pic  Jean  de  Jauduu  dit  de  tout  eet  dignitaires, 
p.  48  et  /19. 

(*i  Nous  avons  donné,  dans  la  notice,  une  expli- 
cation conjecturale  de  ce  fait  (p.  14&). 

'''  irA  r^rd  des  bâtiment  de  l'Hdtel-Dieu .  dit 
itJaillot,  ils  ne  consisloient,  avant  le  règne  de  saint 
ir Louis,  que  dans  trois  ou  quatre  eorps  de  iogit, 
«ravec  l'ancienne  chapelle  da  saint  Ghfntopbe.  Ce 
<r  prince  les  augmenta  eoDMUrabieaientetOttiBlde 
(rbien  à  cette  maison,  qu'il  en  est  n^gardë  1 
<rlc  fondateur.  «  (fiecAsreAat  tritifu»  «v  la 
de  Pari»,  etc.  Quartier  de  h  Cit^.  t  1.)  L'HAtal- 
Dieu  possédait  deux  chapeBw  :  la  principale  availM 


160 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


XXU. 

DES   PONS. 

Granl  Ponl  '"  a  de  lun  costc  soixante  huit  louages  et  de  lautre  costé  soixante 
et  douze;  la  demeurent  les  changeurs  dun  costé  et  orfèvres  dautre  costé.  En  lan 
quatorze  cent,  et  quant  la  ville  estoit  en  sa  fleur,  passoient  tant  de  gens  toute 
jour  sur  ce  pont,  que  on  y  encontroil  adez  ung  blanc  moine  ou  ung  blanc  cheval. 

Pont  Nostre  Dame^^^  :  la  sont  beaux  manoirs;  si  en  y  a  soixante  quatre  qui  appar- 
tiennent a  la  Ville,  et  dix-huit  qui  sont  a  diverses  personnes;  si  y  furent  commen- 
ciés  encore  cinq  maisons  lan  quatorze  cent  vingt-deux,  que  cesle  description  fu 
faite. 

Petit  Pont^^^  est  moult  fort;  et  est  des  le  fondement  de  grans  lames  attaciés 


iTConstniicte  des  deniers  d'un  nomme  Oudart  de 
«rMocreiix,  niaistre  changeur  et  Ijoiirgwois  de  Paris, 
it  comme  il  apjM>rt  jwr  une  lame  de  cuivre  altarliëe 
Tcontre  le  mur  de  ladictc  chapelle,  à  main  gauche, 
T proche  du  grand  autel;»  l'autre  ëtait  voisine  du 
Petit-Pont  et  renfermait  deux  autels,  mais  on  n'y 
disait  pas  hahittielicment  la  messe.  (  Théâtre  de*  an- 
tiquités, p.  yà,  76.) 

"'  Le  premier  Grand-Pont  est  le  pont  de  Cliarles 
le  Chauve ,  dont  une  pile  a  élé  dt'couverte  en  1 855  ; 
il  occupait  l'emplacement  actuel  du  ponl  Notre- 
Dame,  et  avait  certainement  succAld  à  un  pont  ro- 
main. Le  second,  cpii  est  mentionne  en  i55t  et 
i-jyS,  et  qui  s'écroula  en  199O,  faisait  communi- 
quer le  Palais  avec  le  Châtelet;  c'est  celui  cpi'on  re- 
garde comme  le  plus  ancien  Grand-Pont.  Il  fut 
renqilacd  :  1°  par  le  pont  aux  Changeurs,  qui  ten- 
dait de  la  'rue  Saint-Barthélémy  en  la  Cité  k  celle  de 
la  Vieille-Joaillerie  :  c'est  celui  dont  |iarle  Guillebert 
de  Metz;  a*  par  le  pont  aux  Meuniers,  qui  menait 
de  la  tour  de  l'Morloge  du  Palais  à  la  porte  du  Châ- 
telet. Ces  deux  ponts  formaient  un  angle  aigu  dont 
le  sommet  était  occupé  par  im  massif  de  maisons. 
Le  pont  aux  Meuniers  fut  renversé  en  1 5 96,  et  re- 
construit en  1 609  par  Charles  Marchand,  dont  il  prit 
le  nom;  mais  un  incendie  les  dévora  tous  deux  en 
i6ai.  On  en  rebâtit  un  seul  en  solides  pierres  de 
taille.  Achevé  en  j  647,  il  a  subsisté  jusqu'à  ces  der- 
nières années.  (Consulter  farticie  pid>lié  par  M.  Berty 
dans  la  Revue  archéologique.) 

'*'  Par  transaction  entre  l'Échevinage  |Kirisicn  et 
les  religieux  de  Saint-Magloire ,  et  après  lettres  pa- 
tentes de  Charles  VI ,  en  date  du  mois  de  juillet 
i4i4,  le  pont  Notre-Dame,  commencé  peut-être 
quelques  années  auparavant,  fut  constniit  en  bois. 


s'il  faut  en  croire  Rol)ert  Gaguin ,  et  il  ne  supportait 
pas ,  selon  Guillebert  de  Melz ,  moins  de  quatre-vingt- 
sept  maisons.  Celte  énorme  charge  le  fit  écrouler 
quatre-vingt-cinq  ans  après  son  achèvement  (9  5  oc- 
tobre 1&99).  On  «ait  que  cette  chute  donna  lieu  i 
un  long  procès,  où  furent  inqditpiés  le  Prévôt  des 
Marrhantls  et  les  Échevins.  Un  ap|M>l  fut  fait  il 
tous  les  architectes  pour  la  reconsiniction  du  ponl; 
la  ville  acconla  la  pn'-férence  à  Joanue*  Jumndut, 
corddier  de  Vérone,  qui  termina  son  œuvre  en 
i5i9.  Le  pont  Notre-Dame  ainsi  reconstniit  a  Mé 
Tobjet  de  nombreuses  ré|>arations  depuis  ]54o  jus- 
qu'à nos  jours.  Il  avait  probablement  renqilacé  le 
irpont  de  fust,»  dont  (wrle  Raoul  de  Presles. 

<''  Le  Petit-Pont,  dont  il  a  déjà  été  question 
dans  le  Traité  det  louanges  de  Paris,  est  mentionné 
par  Ablion ,  qui  en  raconte  la  chute.  Rigonl  le  cite 
(Clément  pour  dire  qu'il  s'écroula  fan  1 906,  après 
avoir  été  rebâti  en  pierres  par  l'évéque  Maurice  de 
Sully.  Nouvelles  chutes  en  i-iSo.  1996.  i395, 
1 376  et  1 898 ,  à  la  suite  desquelles  on  se  borna  à 
établir  une  passerelle  en  bois.  En  1 896 ,  le  Parle- 
ment trouva  un  moyen  plus  ingénieux  que  juste 
de  le  faire  réédifier  en  pierres.  Il  condanma  sept 
malheureux  juifs,  cou|iables  d'avoir  cherché  à  ra- 
mener au  judaïsme  un  des  leurs  qui  avait  abjuré  : 
1*  à  être  battus  de  verges  irpar  trois  samedis  en 
ntrois  divers  lieux;»  9*  à  payer  dix  mille  livres  pa- 
risis ,  dont  neuf  mille  cinq  cents  seraient  employés 
à  la  reconstniction  du  Petit-Pont  ;  3*  à  être  détenus 
jusqu'à  parfait  jiayement  de  cette  somme;  4*  à  être 
bannis  du  royaume;  5*  à  voir  tout  le  reste  de  letu^ 
biens  confisqué;  ce  qui  eut  lieu.  Le  Petit-Pont  était 
donc  de  construction  toute  récente  lorsque  Jean  de 
Jandun  l'admirait  (t393);  au  tem])s  de  Guillebert 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI.  161 

tMisemblc  a  fer  et  a  plont.  La  est  petit  Cliastelct,  si  espés  de  mur  que  on  y  menroit 
bien  par  dessus  une  charrette.  Si  sont  dessus  ces  murs  beaux  jardins;  ia  est  une 
viz  double,  dont  ceuix  qui  montent  par  une  voie  ne  sapparcoivent  point  des  autres 
qui  descendent  par  laulre  voie. 
Ponl  Neuf^^'>  est  bien  maisonné. 

Les  rues  qui  sont  en  la  Cité  sensuivent  en  tele  manière,  que  on  les  pourroit  aler 
qui  vouldroit^"';  c'est  assavoir  : 

de  Petit  Pont  a  rue  Neufve  Noslre  Dame, 

de  la  es  rues  des  Coulons''*, 

de  Saint  Christode'*', 

la  ruelle  du  Parvis'*', 

le  port  Levesciue'"*', 

la  yrant  rue  Saint  ChristoOe^, 

Saint  Pierre  aux  Beufs'*', 


de  MnU  il  avait  ddjh  âli  rocnnslniit  (l'iog).  Les 
maisons  (ju'il  siipjmrtait  furent  rét'<liliées  syindtri- 
quenient  une  première  fois  en  1 559 ,  et  une  seconde 
fois  en  iGo3.  Hiiiiu!  pur  les  débordements  au  mi- 
lieu du  xvn' siècle,  il  fut  restauré  en  iCâg  et  brûlé 
en  1718.  Heconslniil  alors  sans  maisons,  il  a  sul»- 
sislé  jusque  dans  ces  dernières  années.  Les  détails 
que  donne  notre  auteur  siu-  ré|)aisseur  des  murs  du 
l'elit-CbAlelel,  les  beaux  jardins  qui  les  couron- 
naient et  la  «vis  double»  par  Inipielleon  y  montait  ne 
se  trouvent  pas  chez  les  autres  historiens  de  Paris. 
'"  Le  Pont-Neuf  on  plutôt  |H)nt  Saint-Michel, 
nom  qu'il  devait  h  la  chaplle  voisine,  aurait  été. 
selon  certains  ailleurs,  construit  originairement  en 
pierres,  ou  du  moins  on  oiirait  commencé  à  poser 
de  larges  assises  pour  les  piles.  Du  Broiil,  qui  dis- 
cute le  fait,  croit,  d'après  Du  Haillan,  qu'il  fut 
d'abord  établi  en  bois,  et  on  attribue  la  construc- 
tion Hii  célèbre  prévAt  de  Paris,  llugura  Aiibriol, 
qui  aclicva  l'enceinte  de  Charles  V  et  fit  bâtir  la 
Haslille.  Jaillol  ci-oil  ([u'il  avait  succédé  au  pont  jeté 
par  Charles  le  Chauve  sur  le  |)etit  bras  (hi  fleuve, 
pour  faire  suite  à  celui  qui  existait  sur  le  grand 
bras;  mais  M.  Ad.  Rerty  a  di'iiumiii'  le  conlrain*. 
Au  moment  où  Arivait  Giiilleherl  de  .Metz,  c'est-Ji- 
<lire  environ  un  demi- siècle  après,  il  était  itbien 
maisonné;-'  cependant  il  avait  été  renversé  [Mvr  les 
gloces  en  1607.  Détniit  de  nouveau  par  le  choc 
successif  de  deux  Itateaiix  (i5'i7),  le  pont  Saint- 
Michel  fut  n'tabli  en  bois,  et  emporté  en  1616.  Ré- 
éflilié  pres(pie  iiiim<<dinleiuent,  il  a  sul»sis(é  jus«prà 
rouvcrliire  du  biiulevard  Saint-Michel. 


'*'  C'e8t-Ji-<lire  qu'il  est  facile  de  les  parcourir, 
en  passant  de  l'une  dans  fautre.  tant  elle»  le  loi- 
vent  et  se  corresjmndenl  bien. 

'''  La  rue  de*  Coulant  n'était  ({u'une  ruelle  abou- 
tissant h  la  me  Neuve-Notre-Dame.  Dans  un  titre 
de  t'ihti.  elle  est  ainsi  désignée  :  parca  rutila  ad 
cnput  eccleiiœ  SancUe  Genmefœ  parrte  (Sointe-(ie- 
neviève-des-Ardents). 

'*'  La  rue  Sainl-Chritlophe  commençait  au  coin 
des  rues  de  ia  Juiverie  et  du  Marcb^Palu  (de  la 
Cité),  et  alwntissait  au  Parvis-Notre-Dame.  Klle  a 
été  détruite  tout  récemment  |iour  l'élabhsseinent 
du  nouvel  HAtel-Dieu.  Lne  nielle  du  même  nom 
lui  était  contigiië. 

''  La  ruelle  du  Parri*  était  une  des  quatre  pe- 
tites rues  (pii  aboutissaient  à  ia  rue  Neuve-Notre- 
Dame;  elle  a  été  détruite,  ainsi  que  la  me  des  Coo- 
Ions,  lors  de  l'agrandissement  du  i'oms  et  h  Pépoqne 
de  la  conotriicticHi  du  iWltiment  des  Enfants  trouvée 
On  sait  que  cet  é<iilice,  ipii  sert  aujourd'hui  d'an- 
nexé h  l'ilAtei-Dieu ,  et  qui  disparaîtra  trè»-prodMi- 
nement .  a  été  |)endanl  ipieique  tenip«  le  «^  de 
l'administration  de  l'Assistance  nul>liqui>. 

*'  Getpron  applail  Porf-f  JMfW  était  la  partie 
du  bord  di>  l'eau  située  le  long  du  jardin  de  Tëvé- 
rhé  jusqu'au  remua.  On  y  arrivait  par  la  petite 
rue  du  Port-l'Evèipie.  ipion  nommait  auwi  meda» 
Bateaux ,  riCM  ad  Battlloë. 

<"  Guillel>ert  de  MeU  cile  deux  foi*  b  rw  &mf- 
CArt«iO/)Ae;  il  a  voulu  probabteiiient  parier  de  h 
me  et  de  la  raelle. 

"  La  rue  Smtl-Pitnt-mtx-Bmifi ,  botdée  par 


ai 


163  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Sainte  Marine''', 
de  la  CocalrisW, 
la  Gonfrarie'*', 
Champ  Roussy'*', 
de  la  Pomme  '*', 
de  la  Licorne'"', 
Marché  Palus''', 
la  Juerie''', 
la  Petite  Orberie'*', 
la  rue  des  Fevres  ""', 


l'église  de  ce  nom ,  s'ëlendait  du  Parvis-Notre-Dame 
à  la  rue  des  Maniiousets,  point  où  elle  faisait  face 
à  la  rue  du  Chevet-Saint-Landry.  On  la  trouve  in- 
diquée dès  laoC,  dit  Jaillot,  sous  le  nom  de  rue 
SaiiU-Père-aux-Buefi ;  dan»  le  Dil  de*  rue*  de  Pari*, 
par  Guiliot,  elle  est  appelée  nu  Saint-Pire-i-Beiu. 
Elle  a  fait  place,  en  1898,  à  la  rue  d'Arcole,  qui  a 
disparu  oile-iiiême  en  1 866. 

'*'  L'impasse  Sainte-Marine  portait  au  m'  siècle 
le  nom  de  ruelle;  elle  avait,  en  effet,  deux  iscues. 
puisque  une  ordonnance  de  1  & 1 7,  citée  par  Jaillot, 
ordonne  de  la  fermer  h  l'une  de  ses  extrémités.  Elle 
aboutissait  alors  à  la  j)()rte  du  Cloitre-Notre-Dame , 
près  de  Saint-Jean-le-Rond.  Diminuée  lors  de  l'ou- 
verture de  la  rue  d'Arcole,  elle  a  disparu  avec  celte 
dernière  voie. 

'*'  La  rue  Cocatrix  s'ouvrait  en  face  de  l'impasse 
Sainte-Marine,  et  aboutissait,  en  retour  d'équerre, 
il  la  rue  des  Trois-Canettes.  Son  nom  était  celui 
d'une  famille  considérable  qui  possédait  un  petit  fief 
dans  la  Cité.  L'n  acte  de  i3oo,  cité  |>ar  Jaillot,  in- 
dique ainsi  ce  fief  :  Domu*  Cocatrici*  quœ  coniigil 
domui  Marmotetorum.  Réduite  de  moitié  par  l'ou- 
verture de  la  rue  Conslantine ,  en  i836,  la  rue  Co- 
ralrix  a  dispru  en  1866. 

'''  La  rue  de  la  CMiifrèrie-Nolre- Daine  faisait  pri- 
mitivement partie  de  la  rue  Cocatrix;  on  l'a  appe- 
lée ensuite  Cour-Ferri  ou  Ferron,  puis  rue  de  la 
(Mnfrèrie-Notre-Dame ,  parce  que  la  maison  de  la 
Communalité  des  Chapelains  y  était  située;  inie  en- 
seigne lui  a  fait  donner  au  xvi*  siècle  le  nom  de 
rue  des  Deux-Ilenniles ,  qu'elle  a  conservé  jusqu'en 
1866.  L'ouverture  de  la  rue  de  Constantine  l'avait 
ixâduite  à  quelques  maisons  seulement. 

'*'  La  rue  que  Guillebert  de  Metjs  appelle  de 
Champ-Roussi  a  porté  successivement  les  noms  de 
Champrosai  ou  Champrosé,.  Champron,  Champourri, 


Champrouuier* ,  Ckampjlory  et  Champroty.  Jaillot 
nous  apprend  qu'un  jeu  de  paume,  dit  de  Perpi- 
gnan, y  était  situé  au  xvi*  siècle,  et  qu'elle  en  prit 
le  nom.  Elle  joignait  U  rue  des  Trois-Caneltet  h 
la  rue  des  Mannousets.  Coupée  en  deux  tronçoaa 
par  la  rue  Constantine,  elle  a,  comme  toutes  les 
préoëdoitw,  dispani  en  1 866. 

'*>  La  me  de  la  Pomme  ou  de  la  Pomm^lkmge 
n'était  autre  que  la  rue  des  Trois-Canettes.  à  la- 
quelle alMutissaient  les  rues  Cocatrix  et  <le  Peqii- 
gnan.  Selon  Sauvai,  elle  aurait  dû  son  nom  k  deux 
maisons  appelées  la  Grande  et  la  Petite-Canette.  De 
la  rue  de  la  Licorne,  elle  s'infléchissait  vers  la  nie 
Saint-Christophe,  et  débouchait  sur  le  Parvis,  à 
l'état  de  ruelle  très-resserrée. 

'*'  La  rue  de  la  Licorne  joignait  les  mes  Saint- 
Christophe  et  des  Marmousets,  parallèlement  à  la 
rue  de  la  Juiverie  (de  la  Cité),  en  contournant 
le  chevet  de  la  Madeleine;  il  en  restait  encore  un 
tronçon  en  t866. 

''  La  rue  du  Marchè-Palm  formait  la  continua- 
tion de  la  rue  de  la  Juiverie  et  aboutissait  au  Petit- 
Pont.  Elle  devait  son  nom  à  la  proximité  du  mar- 
ché qui  a  subsisté  jusqu'à  la  construction  de  la 
caserne  de  la  Cité. 

'*'  La  Juierie,  Juerie,  Juyerie,  Juyrie,  Juitcie, 
Jmferie  ou  Juiverie  était  le  milieu  de  la  rue  de  la 
Cité;  elle  devait  son  nom  aux  Juifs  qui  l'habitaient, 
et  dont  la  synagogue  était  située  sur  l'emplacement 
de  l'ancienne  église  Sainte-Madeleine,  i  l'angle  de 
la  rue  des  Mannousets. 

•^  La  Peùte-Orberie ,  qu'on  appelait  aussi  Four 
ou  Cour-Ba**et ,  n'était  qu'un  passage  faisant  com- 
muniquer les  rues  de  la  Juiverie  et  aux  Fèves;  il 
n'existait  déjà  plus  au  siècle  dernier. 

'"'  La  rue  des  Ferre»,  au  Feure,  aux  RtM,  joi- 
gnait les  rues  de  la  Calandre  et  de  la  Vieille-Dra- 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  M. 

la  Calandre''', 
la  Ganterie'-', 
la  Grant  Orberie'*', 
la  Barillerie  '*', 
la  Vieille  Draperie'*', 
la  Saveterie'"', 
Sainte  Croix'''', 
Saint  Loren8^*\ 
(le  la  Lanterne'"', 
des  Marmousez'"", 


tes 


perie,  parallèlement  à  la  rue  de  la  Juiverie;  on  la 
trouve  nommée  via  ad  Fubros,  dënominotion  er- 
poiide,  cl  licm  Vaharum.  Hi'dnile  par  l'ouverture  de 
lu  rue  Coustiuitine,  elle  a  {janlé  jusqu'en  186G  de 
sa  partie  tndridionale. 

'''  La  fameuse  Calandre,  voie  triomphale  par 
où  l'on  se  rendait  du  Palais  à  Notre-Uame,  passait 
pour  une  large  rue  au  xni*  siècle;  elle  devait  «on 
nom  à  un  lialiitniit  rpii  i^tait,  dit  Jaillot.  ou  rJoaii 
de  la  Kal(!ndre,)i  ou  (t.Nieolas  le  Kalendreiu*. n  La 
nouvelle  caserne  de  la  Garde  de  Paris  occupe  l'em- 
placement de  cette  rue. 

"'  La  Ganterie,  la  Canneterie,  la  Carelerie,  la 
Chavalerie  ou  Savaterie  était  (m  composé  de  cinq 
tronçons  formant  une  ligne  brisée,  ce  qui  explique 
les  dilTérenles  appellalions  qu'on  a  données  à  ces 
fragments  de  rues.  Elle  joignait  la  rue  de  la  Ca- 
landre h  celle  de  la  Vieille -Draperie,  traversant 
l'ancien  enclos  Snin'-Éloi,  dont  elle  avait  relemi  le 
nom,  et  contournait  le  monastère  des  Itaniabiles. 
Elle  a  été  absorbée  dans  la  nouvelle  caserne. 

''  La  Grrtn<-OrAcn> ,  ainsi  nonmiée  par  Guillot 
et  Guillebert  de  Metz,  était  la  rue  ou  quai  du 
Marclié-N'euf.  Fermée,  avant  le  xvi*  siècle,  du  eût»* 
de  la  rue  du  Marché-Palu,  elle  rejoignit,  en  iSSy, 
()ar  un  coude,  la  rue  Neuve-Notre-Dame.  Pourvu 
au  siècle  dernier  d'un  marché  aux  herbes  et  au 
poisson,  d'une  boucherie  et  (l'un  coq»  de  ganle. 
le  quai  du  Mnrclx'-Neuf  fut  doté,  en  i8o4.  de  la 
Morgue,  installtH>  jusque-là  dans  la  bas-se  geAle  du 
ChAtelet.  Ce  fiuièbre  établissement  a  élé  transporté 
en  iHd'i  à  la  pointe  orientale  de  la  Cité,  sur  tuie 
|>artie  de  l'euiplacenient  connu  autrefois  sous  le  nom 
de  Terrain  ou  Motte  aux  Papelard*. 

'*'  La  llarillerie ,  ainsi  nonunée  h  cause  des  fa- 
bricants de  barils  qui  l'habilnient.  et  non  la  Habil- 
lerie,  connue  ru[ipellent  Corroxel  et  Robert  Céual, 


par  une  plaisanterie  que  Jaillot  qualifie  de  fade,  lon- 
geait l'enclos  du  Palais  depuis  le  |iont  Saint-Mirliei 
jusqu'à  la  rue  de  la  Vieille- Draperie.  Élargie  en 
1 78'ji.  et  pourvue  d'une  place  senii-drenlaire Guunt 
face  à  la  cour  de  Mai ,  elle  a  conferré  wm  nom  jiu- 
qu'ii  l'établissement  du  boulevard  du  Palais  (1860). 

'''  La  nie  de  la  Vieille-Draperie  alhiit  du  Palai» 
à  la  me  des  Marmousets,  entre  les  Banubites,  les 
églises  Saint-llarthélemy  et  Saint-Pierre-des-Aras; 
habitt^  d'aliord  par  de<(  Juifs,  puis,  après  leur  ex- 
pulsion, |)ar  des  drapiers,  elle  avait  reçu,  dit-on. 
le  nom  de  Judtearia  pannijieerum ,  qui  ne  s'applique, 
en  réalité,  qu'à  la  \  ieille-Dmperie.  Élargie  en  i6«o 
et  1673,  elle  a  fait  place,  en  tSaS.klaruedeCons- 
tantine  et.  de  nos  jours,  à  l'avenue  qui  sucrMe  i 
cette  dernière  voie. 

'•  La  Savaterie,  que  Guillebert  de  Meli  appelle 
la  Ganterie,  était  la  rue  Saint-Éloi. 

'''  |ji  me  Sainte-Croir  n'était  qu'une  melle  aboti- 
tissant  aux  mes  de  la  \  ieille-Draperie  et  Genrais- 
Laurent,  |)arallèlement  k  la  me  de  la  lanterne;  eUe 
longeait  la  façade  de  Féglise  Sainte-Croù. 

'"'  Il  s'agit  ici  de  la  me  Gerrmu-Lmaml .  dont  le 
dernier  tronçon  vient  de  dis[)araltre.  et  qu'on  trouve 
mentionnée  dès  le  xin'  siècle.  Elle  rétinisMit  la  me 
de  la  lanterne  à  celle  de  la  \'ieille-Draperie.  Noos 
avons  imprimé  en  italique  le  nom  de  cette  rue 
ainsi  que  tmiles  les  autre*  dénominalions  de  traÏM 
publiques  altérées  par  Guillebert  de  MeU. 

^')  l.a  rae  de  U  Lutteme ,  ainsi  nommée  k  CMiar 
ti'une  enseigne  qui  s'y  trouvait,  était  rextrémil^ 
septentrionale  de  cette  voie  qui  s'appelait ,  au  midi 
me  du  Marrht^Palu ,  au  centre,  me  de  U  Juiverie. 
an  noni  me  de  la  Lukenm,  et  qui  raostitae  h  rw 
actuelle  de  In  Cité  EBe  •  porté  eBe-niAme  ph 
noms,  que  M.  Ilerty  a  nknét  à  partir  de  1  ti5. 
"    [Mus  heureuse  que  b  plupart  de  ( 


16/,  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

de  la  Colombe^'', 

le  port  Saint  Landry'^', 

de  la  Cage^^\ 

de  Limage'*', 

Glaitigny'^',  ou  est  les  fillettes; 

Saint  Denis  de  la  Cliartre  '*', 

la  Peletterie''',  ou  len  fait  les  châlits,  et  dillec  a  Graut  Pont. 

XXXIIl. 

EN  LA  HAULTE  PARTIE  DE  LA  ViLLB  CD  LES  ESCOLES  SONT. 

Leglise  paroscliiale  de  Sains  Pierre  et  Pol,  que  len  dist  de  Sainte-Geneviève  W. 


nrëcèdent,  la  rue  det  Mannoutel»  gubsisle  encore  en 
partie;  le  tronçon  qui  en  reste  fomie  la  continua- 
tion de  la  rue  Chanoinesse.  Elle  devait  son  appel- 
lation à  une  maison  imjwrtanle  ddsignA>  dans  les 
anciens  titres  sous  le  nom  de  Domus  Marmotelorum. 
C'est  là  que  la  tradition  plaçait  la  demeure  du  pâ- 
tissier et  du  barbier  qui  faisaient  connuerce  de 
chair  humaine.  La  pierre  du  chien,  qu'on  regardait 
comme  un  t<'iiioi(piage  de  cette  sanglante  histoire, 
était  engagée  dans  une  maison  Tonnant  l'angle  de 
la  rue  des  Deux-Ermites. 

'■'  La  rue  de  la  Colombe  est  encore  h  peu  près 
telle  que  Guillebert  de  Met/  l'a  vue;  elle  joignait 
de  son  temps  le»  rues  d'Enfer  (Basse-des-Ursins) 
aux  rues  des  Mannousets  et  Chanoinesse;  lors  de 
l'ouverture  du  quai  Napoléon  en  1808,  on  lui  a 
ménagé  un  débouché  sur  ce  quai. 

'^  Le  port  Sainl-Landry  ou  port  .Voftr-Dawf  était 
situé  au, débouché  de  la  me  Saiut-I.andry  siu"  le 
fleuve,  à  quelques  mètres  en  aval  du  moderne  |)ont 
d'Arcole;  on  y  descendait  par  une  |)eiite  douce  par- 
lant de  la  rue  des  Marmousets,  l^  nwr  de  soutè- 
nement du  quai  Najtoléon  a  fait  disparaître  ce  |)ort. 

'''  M.  Berly  pense  qu'il  s'agit  ici  de  la  rue  du 
Clievet-Saint-Landry. 

'•'  Celte  rue  est  regardée  par  Jaiilot  connne  se 
confondant  avec  la  rue  Haule-des-Ursins.  M.  Berty 
croit  qu'elle  n'est  autre  chose  que  la  rue  Saint- 
Landry,  et  il  se  propose  de  citer,  à  l'appui  de  son 
opinion ,  plusieurs  chartes  qui  étiiblissent  la  syno- 
nymie. 

''  La  rue  de  Ghtigny,  parallèle  aux  rues  Saint- 
Landry,  de  la  Colombe,  et  démolie  poiw  rétablisse- 
ment du  nouvel  Hôtel-Dieu,  n'avait  rien  qui  justi- 
fiât la  gracieuse  appellation  qu'elle  portait  au  moyen 
âge.  Le  Val-d'Amow,  «où  est  les  fillettes,  1  n'a 


jamais  étë,  il  est  vrai,  qu'une  sorte  de  ghetto,  dans 
lequel  la  police  renfermait  les  ribaudes  de  ce  temps. 

'*'  La  ne  Sainl-DeMit-de-la-Charlre ,  vieu*  SoMb 
Diongtii  de  Careere,  a  subsisté  jusqu'en  1866  sons 
le  nom  de  me  du  Haul-Moulin  ;  elle  réunissait  par 
un  coude  les  rues  de  Glatigny  et  de  la  Lanterne, 
débouchant  ainsi  sur  le  pont  Notre-Dame,  dont  elle 
continuait  la  ligne  de  maisons  avant  l'ouverture  du 
quai  Na|>oléon.  Elle  séprait  en  outre  les  églises  de 
Saint-Denis-de-b-Cbartre  et  de  Saint-Synipborien 
nu  Saint-Luc,  dont  les  vestiges  ont  été  reconnus  et 
relevés  en  i86€. 

^  La  Pelleterie  aboutissait  dmie  pari  à  l'église 
Saint-Denis-<le-la-Chartre  et  de  l'autre  h  la  Grand' 
Selle  du  Palais,  sur  inie  partie  de  l'emplacement 
occupé  jwr  l'ancien  Marchï'-aux-Fleurs.  Elle  fut  ha- 
bitée |iar  des  pelletiers  après  l'expulsion  des  Juifs, 
vers  la  fin  du  xn*  siècle,  oe  qui  lui  valut  son  nom. 
Au  temps  de  Guillebert  de  Meti,  on  y  faisait  "des 
châlits, «  c'est-à-dire  des  couchettes  ou  bois  de  lit. 

'•>  Ce  vénérable  sanctuaire  est  anpelé,  par  Gré- 
goire de  Tours  et  Frédegaire ,  È/fli*e  de  Saint- 
Pierre  et  Basilique  de*  SainU-Apôlret  ;  le  nom  de 
Sainte-Geneviève  ne  lui  fut  donné  qu'au  vu'  siède. 
concurremment  avec  ceux  de  Saint -Pierre  et  Saint- 
Paul  ,  sous  lesquels  on  la  désignait  encore  au  temps 
de  Guillebert  de  Metz.  L'église  Sainte -Geneviève 
fut  ruinée  au  ix'  siède  pr  les  Normands  et  com- 
plètement réédifiée  vers  la  fin  du  xn'  siècle.  Détniite 
en  prtie  jwr  la  foudre,  l'an  i/i83,  elle  fut  l'objet 
de  nombreuses  et  importantes  réparations.  La  cons- 
truction du  nouveau  temple  (Panthéon),  qui  dura 
de  1708  jusquà  la  Révolution,  rendait  l'ancienne 
^lise  inutile;  aussi  fut-elle  démolie  en  1808.  et 
sur  son  emplaceiiicnl  a  été  ouverte  la  nie  Clovis. 
Sainte-Geneviève  était  accolée  à  Saint-Etienne-du- 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI.  165 

llciii  (le  Saint  Estienne"',  de  Saint  Scverin^^',  de  Saint  Cosme^",  de  Saint  Mchoias 
au  Cliardoiineict''',  de  Saint  llylaire'*'  et  de  Saint  Benoit**'.  Labbayc  de  chanoine» 


Mont;  il  n'en  reste  qu'une  tour,  coinpriiie  dans  les 
cour»  (lu  lycée  Napoldon. 

'''  iSaiiil- lùimne-du- Monl  n'dtait  priiiiiliveuicnt 
qu'une  chapelle  lidpemlant  de  Sainte -Geneviève, 
et  ddsignéo  successiveruenl  par  les  vocables  de 
Notre-Dame,  Saint- Jean  et  Saint- Klienne.  L'ac- 
croissenient  <le  la  |>npulation,  déteriuind  par  la  clô- 
ture «le  l'Iiilippc  Auf^usU;,  qui  mettait  h  l'abri  les 
clos  «le  la  rive  (jnuclie,  enjfagea  les  reli|jieiix  île 
Suinte-tîeiievif^ve  à  faire  construire  sur  un  terrain 
contigu  à  leur  dglise  un  ëdilice  distinct  devant 
servir  de  paroisse.  Coiniuencé  dans  les  |)retnières 
iinndos  du  xii'  sit'îcle,  Saint-Etienne  dtait  devenu 
insuHisant  à  la  (in  du  xv'  siècle,  et  dut  être  recons- 
Iniit  dans  de  plus  vastes  proportions.  Tout  dtjiit 
lerniind  en  iCny.  Celte  channanle  djjlise,  dont  on 
admire  ù  lion  droit  le  portail,  les  galeries  inté- 
rieures et  le  jubd,  a  étd  soigneusement  restaurée, 
il  Y  a  cpielques  années,  par  M.  Baltard. 

'^'  Lorigine  de  l'église  Sainl-Séferin  est  assez 
«)l)scure.  On  croit  généralement  que  ce  fut  d'aboni 
un  oratoire  bâti  en  l'honneur  d'un  pieux  solitaire 
«pii  vivait  à  Paris  au  temps  de  Childcbert  I",  et 
«pii  eut  saint  Cloud  pour  di.sci])le.  Toutefois  quel- 
«pies  auteui"s  pensent  qu'il  s'agit  pliit«\t  de  saint 
Sdverin,  abbé  «l'Agauiie,  aujourd'hui  Saint-Mau- 
rice-en-Valais  (Suisse).  Jaillot  est  d'avis  que  "il  a 
cpii  se  former  un  monastère,  après  la  mort,  sur 
«•l'emplacement  même  de  la  celhde  de  l'anachorète 
rparisifîu,  et  qu'on  aiu-a  Ixiti  inie  chapelle  sur  son 
iT tombeau.  1  Quoi  qu'il  en  soit,  l'église  Saint-Séve- 
riii  existait  dès  le  xi'  siècle.  Reconstruite  et  agrandie 
en  i.'l'iy  et  liSg,  elle  a  reçu,  en  1837,  le  |)ortail 
«le  Saint-Picrre-aux-Bœufs,  qui  décore  aujounrhui 
sa  l'a«;a«le. 

''  Sailli  Cùvic  et  saint  Daiiiieii,  jialixins  des  chi- 
rurgiens, avaient  donné  leur  nom  k  la  chapelle  des 
Corch'liei-s.  dont  le  couvent  occiqiait  la  plus  grande 
partie  de  rcs|Mice  compris  aujourd'hui  entre  les 
mes  de  l'École-de-MAIecine,  Antoine- Uuiwis  et 
llacine.  Deux  églises  s'élevaient  aux  d(Mix  extrémités 
de  ce  vaste  «>nrlos,  l'une  sur  l'emplaiTment  actuel 
de  la  place  de  ri">ole-de-Médtîcine,  l'autn;  h  l'angle 
«le  celle  rue  et  de  la  me  Racine.  C'est  cette  dei^ 
nière  «pii  porlail  le  nom  «le  Saint-CAme  et  Sainl- 
Damien;  ell«'  avait  été  construite,  ainsi  (jue  Saint- 
André-des-Arls,  au  commencement  du  xui'  siècle. 


et  toutes  deux  avaient  été  cédée»  h  rCnivenitë  en 
i365.  Saint-CAme,  tiége  de  la  coofrérie  det  elii- 
nirgieiis ,  fut  supprimé  en  1 790  et  vendu  en  Tan  \  ; 
l'église  n'a  ét^  détruite  qu'en  1 836  ;  rampbilhëitn- 
de  chirurgie  existe  encore  et  eat  oecupë  pu  rÉcole 
impériale  de  dessin. 

'*'  Ia!  fief  du  (Àardmiut,  ou  du  CJurdomerel . 
avait  donné  son  nom  h  cette  église,  dont  l'origifte 
a  été  fort  disciit«?e  jiar  les  historiens  de  Pans. 
Jaillot  di'uiontre  qu'elle  a  été  fondée  ven  le  miliea 
du  xni*  siècle  :  irL'ancienne  église,  dit-il.  avoil 
i»été  constniitc  vers  l'orient  d'biver  et  le  long  dn 
f  canal  de  la  Bièvre;  mais,  ce  canal  ayant  été  sup- 
iT primé,  et  l'église  commençant  h  tomliereii  ruines. 
(Ton  prit,  en  iG56.  le  parti  d'en  roastniire  une 
ff  nouvel  le  à  côté  de  l'ancienne  et  dans  une  dirertion 
«■opposée.»  [Quart,  de  la  place  Mauberl,  p.  lâo.) 
Les  travaux  ne  furent  achevés  (|u'cn  1 709 .  sauf  la 
façade  principale  sur  la  rue  Saint-Victor,  qui  est 
encore  k  faire.  L'église  .Saint-Nicolas -du- Cbanlmn 
net  a  été  l'objet  de  diverses  ré|>arations  lors  de 
l'ouverture  du  Imulevard  Saiut-G»Tmniii. 

'*'  Il  règne  la  plus  grande  ol)scurité  sur  l'origine 
de  l'église  Sainl-llilaire.  Ce  qui  est  certain,  c'est 
que  ce  |)etit  é<lifice,  situé  h  l'angle  des  nies  de» 
Sept-Voies  et  du  Mont-Saint-ililaire,  vi«-à-m  le 
déirauché  de  la  me  des  Carmes,  avait  été  reoooft- 
tniit  en  i3oo,  augmenté  en  1470,  et  enrichi  de 
divers  omemenLs  au  commencement  du  xtui*  siède. 
Supprimée  connue  paroisse  en  1790,  et  vendue  en 
Tan  rv,  l'église  Saint-Hilaire  a  presque  emnpiéle- 
ment  dispru. 

'•'  Saiiit-llmml  est  encore  un  sanctuaire  d'ori- 
gine très-ancienne.  Une  charte  de  Henri  1"  déclare 
qu'elle  était  déjii  depuis  longtem|is.  anliqmihu,  an 
jwuvoir  des  rois  de  France,  ce  qui  (ait  croire  k 
Jaillot  qu'elle  avait  été  bâtie  «ers  le  n*  tièàe. 
Placée  d'abord  sous  le  vocable  de  saint  Raequ»", 
elle  prit  au  xn*  siècle  le  nom  de  Saiut-Dciiolt ,  ainsi 
que  launuSnerie  ou  hôpital  voisin  oeenptf  depuis 
|)ar  les  Maihurins.  Elle  devait  ce  demi»T  nom.  dit 
lablié  l.e  Beiif,  non  [ms  h  l'illustre  loiidateur  de 
l'abbaye  du  Mont-Cassin,  mais  au  imotM  Dieu, 
benedictu»  Detu,  conmie  on  disait  au  taajta  Ige. 
L'église  de  Saint-Renott  était  orientée  m 
c'est-à-dire  que  la  façade  regartUt  b 
aussi  I  Bp|>el«it-on  Saint-Benoit  le  iestawiwf  ou  i 


166  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

réguliers  a  Sainte  Geneviève,  ou  len  tient  les  plais  devant  labbé  des  causes  dont  le 
pape  se  desmet.  Si  y  est  la  chancellerie  de  luniversité;  et  convient  que  le  chan- 
celiicrsoit  de  lordre  dicelle  abbaye;  et  a  labbé  liaulte  justice,  moyenne  et  basse'". 
Aussi  est  leglise  de  tele  prérogative  que  nul  patriarche,  arcevesque  ne  evesque 
ny  pevent  entrer  en  leurs  propres  habis,  fors  en  labit  de  chanoine'*'.  Item  il  y  a 


tornê,  Beiiediclug  maie  vertu*.  Rebâtie  en  partie 
sous  le  règne  de  François  I",  rdparée  et  auginentëe 
en  1680,  elle  fut  supprimée  en  1791,  et  vendue 
en  l'an  vu  ;  affectée  dcjjuis  aux  usages  les  plus  pro- 
fanes, elle  a  abrité  notamment  le  Théâtre  du  Pan- 
théon, et  n'a  disparu  qu'en  i853,  pr  suite  de 
l'ouverture  de  la  rue  des  Écoles. 

'"'  Les  chanoines  régulier*  de  Sainte -Geneviève 
ont  succédé  en  11 48  aux  chanoines  téeuUert,  qui 
occupaient  d'abord  l'abbaye.  Une  nouvelle  réforme 
V  fut  introduite  en  i695  par  le  cardinal  de  Laro- 
chefoticauld.  Quant  aux  droits  dont  jouissait  cette 
congrégation,  voici  connnent  Du  Breui  s'en  expri- 
me :  ir  L'abbé  de  Sainte-Geneviève  est  juge  et  con- 
iTservateur  des  privilèges  aposlolics,  et  député  |>ar 
irle  sainct  siège  pour  cognoislre  et  juger  de  toutes 
f  causes  tant  ecclésiastiques  que  civiles  et  prophanes, 
irc'est-à-dire  de  deptes  de  matières  décimales,  de 
T portions  canoniques  et  congrues,  de  petitoire, 
fde  bénéfices,  de  pension  créée  et  constituée  par  le 
iTPa|)e  sur  aucuns  bénéfices,  soit  evesché,  abbayes, 
fprieurez  ou  ciu-es.  I>es  appels  de  ses  sentences 
nrcssortissent  immédiatement  au  Sainct  Siège,  sans 
rrque  ny  diocésain,  n)ctro|>olitain  ny  primat  y 
«•puisse  prétendre  autliorité.  attendu  qiieny  l'abbé 
«•ne  les  siens  ne  doivent  de|)endre  que  du  Pape,  et 
«•qu'ils  ont  autant  de  pouvoir  et  d'aulhorité  en  leur 
ffjurisdiclion  que  les  primats  en  ont  es  leur,  des- 
«•quels  immédiatement  on  ap|)elle  à  Rome.»  {Th. 
de*  aniiquitei,  p.  277).  Du  Breul  donne  ensuite, 
d'après  Choppin  (De  *acra  politia ,  hv.  li,  t.  V),  la 
liste  des  corps  constitués,  collèges,  chapitres,  etc. 
«qui  ont  leurs  causes  commises  en  la  dicte  conser- 
«vation  ou  diambre  apostolique  de  Sainte-Gene- 
«  viesve.  »  Quant  à  «•  la  chancellerie  de  1"  Université,  «  elle 
appartenait,  comme  l'on  sait,  aux  deux  chanceliers 
de  Notre-Dame  et  de  Sainte-Geneviève;  «•mais 
«celui-ci,  dit  Du  Breul,  a  esté  seul  jadis  en 
«ceste  charge;  car  nous  trouvons  que  les  premiers 
«collèges  et  plus  habitez  furent  fondez  en  ceste 
«inontaigne,  esquels  il  semble  que  les  chanoines 
«Saincte-Geneviesve  y  commettoient  des  régents 
«cl  précepteurs.  1  Le  chancelier  de  Notre-Dame 


n'était  ëvideniment  ps  de  cet  avis,  et  il  appuyait 
également  ses  prétentions  sur  l'ancienneté  des 
écoles  du  Cloître  de  la  Cathédrale.  L'histoire  de 
leurs  démtiës  occupe  de  nombreuses  pages  dans 
l'ouvrage  de  Du  Boullay.  En  1 953,  le  pape  .Alexan- 
dre IV  reconnaissait  encore  au  chaDcelier  de  Sainte- 
Geneviève  le  droit  «de  donner  licence  en  (ouïe  Ch 
frculté;i  mais  les  chanceliers  de  Notre-Dame,  et  en 
particulier  Pierre  Comestor,  Jean  de  Candelis  et 
Pbitip|te  de  Crève  ne  cessèrent  de  battre  en  brèche 
les  privilèges  de  leur  rival.  Le  pape  Benoit  XI  mit 
lin  au  débat  en  acconlant  aux  Amw  chanceliers 
les  deux  privilèges.  «Par  suite  de  cette  décision,  dit 
«Du  Breul,  les  facilitez  de  théologie,  décrets  et 
«médecine  vont  seulement  à  l'Eveschè  pour  les  li- 
«cences  et  le  bonnet,  et  \vmt  les  arts  sont  departix 
«à  tous  les  deux  chanceliers.» 

Nous  empnintons  encore  à  Du  Rretil  ipielques 
ligues  sur  la  juridiction  temporelle  de  l'abbave 
Sainte -Geneviève  :  «Elle  s'estend,  dit -il,  en  une 
irlxMine  |>artie  de  l'Université,  et  en  la  [tliipart  du 
trfauljoiirg  dit  de  Saiiict-Marcel ,  où  lesdils  .Abbé  et 
«Couvent  ont  les  droicts  de  justice  haute,  moyenne 
«etbasse.de  fa  ire  bnisler,  d'aubeineet  d'espargne-et 
«aulres  belles  |iar(iciilaritez  approprii'es  aux  sei- 
«gneiirs  (|ui  ont  droict  de  plain  haulicrt.  Et  pour  ce. 
«ibonl  leurs  prisons,  juges,  greffiers,  procureur 
«fiscal,  et  autres  officiers  de  justice.»  (  Théâtre  det 
antiquitei  de  Pari*,  p.  979.) 

'*'  La  prérogative,  dont  parle  ici  Guillebert  de 
Metz,  n'est  |>as  mentionnée,  au  moins  explicite- 
ment, par  les  historiens  de  Paris.  Du  Breul,  en 
exposant  le  cèrèiiioiiial  de  rentrée  d'un  nouvel 
évéque  de  Paris  dans  sa  ville  épiscopale,  nous 
appren<l  qu'après  avoir  été  reçu  à  la  porte  de  l'ab- 
baye de  Sainte-Geneviève  jjar  labbé  et  les  cha- 
noines, le  prélat  entrait  au  chœur,  s'agenouillait 
sur  un  carreau,  puis  était  conduit  à  Tautel  oîi  il 
faisait  son  offrande.  Celait  alors  seulement  qu'il 
allait  «au  revestiaire  se  revestir  de  ses  habits  ëpis- 
«copaux ,  et  qu'il  revenoil  se  seoir  en  une  chaire 
«parée  à  costé  du  niaistre  autel. r  [Théâtre  de*  «1- 
tiqùtez  de  Pari*,  p.  385.) 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI.  167 

une  croustc'''  soiibs  la  moyenne  partie  du  cuer,  ou  sont  les  sépulcres  de  Sainte 
Geneviève  et  daulres  sains.  Item  en  la  tierce  basse  partie  du  cuer  ou  les  cha- 
noines chantent;  la  est  la  tombe  du  roy  Cloïs,  le  premier  creslien  ([ui  fonda  celle 
église,  et  de  la  roy  ne  sainte  Crotilde  sespeuse.  Au  collège  des  Bernardins  est  une 
église  de  moult  bel  et  liault  édifice;  et  y  est  une  vis  merveilleuse  ou  il  a  doubles 
«logrez,  que  ceulx  qui  montent  ou  descendent  par  lun  des  degr/îs  ne  scevent 
liens  des  autres  qui  vont  par  les  autres  degr/'s'*'.  Lcglise  des  Matelinsi",  ou  le 


'''  Crouste,  grotle,  c'esl-à-dire  nne  crypte.  A 
propos  (lo  Ih  crypte  de  Sainte-denevièvc,  Du  Hreiil 
s'exprime  uiiisi  :  trL'on  tient  que  la  clinppelle  suus- 
irterrainc,  vulfjnirement  a|>pel('H!  la  cave,  qui  est 
«rencor  dessous  le  premier  cliœur  de  ceste  église, 
«estoit  de  grande  aiiti(|uitc' ,  dos  que  Clovis  list  ele- 
rrver  la  nouvelle  église  ,  et  que  des  lors  elle  esloit 
itdile  des  mcsmes  a[K)strcs  saint  Pierre  et  saint 
Paul.»  {Théâtre  des  anliquitei.  de  Paris,  etc.  1619, 
\i\-U',  p.  968.)  Tous  les  historiens  de  Paris  ont  dé- 
crit ces  tombeaux.  Celui  de  Sainte-Geneviève  a  été 
déposd,  en  179ÏI,  à  Saint-Étienne-du-Monl,  qui  en 
garde  l'enveloppe  extérieure;  lu  châsse  n  été  portée, 
en  1793,  à  la  Monnaie,  et  les  reliques  ont  été  en 
grande  partie  jetées  au  vent.  On  a  cru  reconnaître 
les  reste»  de  Clovis  et  de  sainte  Clotilde  lors  de  la 
destniction,  en  1807,  de  l'ancienne  éjflise  Sainte- 
Geneviève,  pour  l'ouverture  de  la  rue  Clovis,  qui 
en  occupe  l'emplncemeiit. 

'*'  Sauvai  a  donné  la  description  suivante  de  cet 
escalier,  qui  comptait  nu  nombre  des  merveilles  du 
vieux  Paris  :  irOn  y  voit  une  vis  tournante  double 
ih  colonnes,  où  l'on  entre  par  deux  portes,  et  où 
irl'un  monte  par  deux  endroits,  sans  que  de  l'un  on 
"•puisse  être  vu  de  l'autre;  celte  vis  a  dix  pieds  de 
If  profondeur,  et  chaque  marche  porte  de  hauteur 
ffhuit  à  neuf  pouces.  Les  marches  sont  di'Ianh'es  et 
"ne  sont  point  revêtues  d'autres  pierres.  C'est  le 
"degré  de  lu  manière  la  plus  simple  et  la  plus  rare 
"de  Paris  :  toutes  les  marches  sont  par  dessous  dé- 
"lai*dées;  sa  beauté  et  sa  simplicité  consistent  dans 
"les  girons  de  l'un  et  de  l'auti-e,  porliinl  un  pied  ou 
"environ,  qui  sont  entrelacés .  enclavés,  emboîtA, 
"enchufnés.  enchâssés,  entrelaillés  l'un  dans  l'autre 
"et  s'entremonleut  d'une  façon  aussi  ferme  (jue  gen- 
"lille.  Les  marehes  de  l'autre  bout  sont  nppuyAs 
"Sur  la  nniraille  de  la  tour  qui  l'environne;  ces  deux 
"escaliers  sont  égaux  l'un  h  l'autre  en  toutes  leurs 
"iwrties;  la  façon  du  noyau  est  send)luhle  de  haut 
"en  bas,  et  les  marches  pareilles  en  longueur,  en 


"largeur  et  en  hauteur.  L'élite  et  le  degré  furent 
"CoiMMiencés  par  le  pape  Benoit  XII  du  nom.  de 
"l'ordre  de  saint  Bernard,  eontinué  par  un  cardi- 
"ual  du  même  ordre,  nommé  Guillaume.  Cet  d»- 
"grés  n'ont  que  deux  croisées,  l'une  qui  le«  éclaire 
"  tous  deux  par  en  haut  et  l'autre  |Mir  en  bas.  Le  plut 
" petit  fut  fait  |iour  conduire  aux  voùles  dea  Mb 
r  laisses  de  l'église  et  a  cimpiante-sept  marches  de 
"haut;  l'autre  est  imparfait  et  devoit  conduire  lur 
"les  voûtes  hautes.  Il  y  a  des  recrans  dans  les  murs 
"hors  d'œuvre  qui  8up|>ortent  les  marches;  car  les 
"marehes  ne  sont  point  |)osées  dans  les  mm^.  de 
"Crainte  que  le  nmr  venant  à  se  démentir  ne  les 
"rompit,  cassAi  et  entralnil  avec  soi;  si  bien  que 
"par  ce  moyen-là.  le  mur  manquant,  ces  reeraos 
"demeureroient  8us|)endus  sur  le  noyau.  La  façon 
ir véritablement  est  assés  gotlii<|ue  et  |ieu  agréable, 
"et  même  quand  il  s'y  trouveroit  moins  de  mou- 
"lures,  le  degré  n'en  seroit  que  mieux  et  auroit  une 
"grAce  qu'il  n'a  pas.  L'Oise  est  un  gothique,  mais 
"de  la  plus  belle,  de  la  plus  délicate  et  plus  gmde 
"manière  que  nous  ayons  à  Paris,  et  si  la  largeur 
"des  nefs  étoit  proportionnée  à  leur  hauteur,  cese- 
"roit  un  gothique  incomparable.  C'est  un  bAtiment 
"tout  en  l'air,  il  est  haut  et  étroit  ;  mais  c'est  la  ma- 

"  nière  de  tous  les  gothiques  qui  nous  restent • 

(Sauvai.  Antiquité*  de  Pari* ,  i.  I,  p.  &3.'i 

<*'  MattUiu;  c'est  l'Oise  des  Madmnmt,  qui  était 
située  rue  des  Mathurins-Sainl-Jaeqaei.  n*  10. 
L'Université  tenait  efTectivemeiit  set  anamliUMdan 
cette  église.  On  |)eut  contaher  i  ee  «^  :  Parlm 
de*  pièce*  et  acte*  qui  eonetnmU  fatM  fmaU  H 
ancien  d«  tUnivermiè  de  Pttrù,  aiOMtrar  h  ne- 
leur,  qui  en  e*t  et  a  toujomr*  été  k  rkif,  tir.  Pferit, 
i653,  in-&'.  —  En  tète  du  travail  de  M.  Vdkl 
de  Viriville  sur  l'Université  de  Paru, 
le  tome  1"  du  Afioym  4f*  «  db  fa 
on  trouve  le  fÊC-tmik  d'une  miniature  représen- 
tant l'assemblée géoénle  des  docteura de  ILoiver- 
silé  de  Paris. 


168  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

recteur  lient  ses  plais;  et  le  conservateur  et  lofficial  du  chancelier;  aussi  y  lient  on 
les  congrégations  de  toute  luniversité'".  Les  quatre  ordres,  cest  assavoir  : 
Jacopins,  Cordeliers,  Augustins  et  Carmes^''*; 
Les  collèges  de  cardinal  Lenioine**', 
des  Bons  Enfans'*', 
de  Beauvais'*', 
deRains^"', 


'''  Le  consenateur,  c'est-à-dire  le  conservateur 
des  privilèges  apostoliques  et  royaux,  comme  {"était 
le  chancelier  de  Sainte-Geneviève.  (  Voyez  à  ce  sujet 
p.  917  et  suiv.  du  Becueit  des  privilège*  de  l'Uni- 
versilêde  Pari»,  etc.  Paris,  1676 ,  in-4*,  par  Égassc 
Du  Boulay.) 

''  On  sait  combien  fut  longtie  et  acharnée  la 
lutte  de  rUniversité  contre  les  onlres  mendiants,  et 
quel  éclat  ces  derniers  jetèrent,  surtout  au  xn*  siècle, 
sur  l'enseignement  des  écoles  de  Paris.  Une  bulle  du 
pape  Alexandre  IV,  en  date  du  1  -2  mai  1  357,  ouvrit 
les  portes  de  l'Université  à  tous  les  religieux.  Les 
Dominicains  et  les  Franciscains,  qu'on  a  appelés  de- 
puis Jacobin*  et  Cordelier*,  étaient,  dit  Crevier,  les 
premiers  et  les  seuls  acteurs  dans  la  querelle;  mais 
ils  frayèrent  le  chemin  aux  Cannes  et  aux  Augustins , 
qui  s'étaient  formés  et  établis  après  eux. 

'''  Le  collège  du  Cardinal  Lemoine  fut  fondé  au 
conmiencement  du  xrv'  siècle  frpour  les  pauvres 
"maîtres  et  escoliers  estudiant  h  Paris  en  la  maison 
rdu  Chardonnet ,  «  et  on  le  nomma  la  maiton  du 
Cardinal.  On  y  compta  d'aboni  soixante  théologiens 
et  quarante  artiens.  avec  une  cure  attacitée  h  la 
chapelle  ;  mais  la  dotation  étant  devenue  insuflisante , 
on  réduisit,  en  i5/i5,  le  nombre  des  boiu^iers  & 
dix-huit.  L#8  bâtiments ,  reconstniits  presque  com- 
plètement en  1757,  existent  encore  en  partie  et  sont 
adossés  à  l'ancieu  séminaire  des  Bons-Enfants  ou  <le 
Sainl-Firmin  (aujourd'hui  dépAt  du  Domaine  de 
l'Etat  ).  h  l'angle  des  rues  Saint-Victor  et  du  Canli- 
nal-Lemoine.  La  cliaiielle  a  été  détniite  |)endant  la 
Révolution. 

'*'  Le  collège  des  Bons-Enfant*  (écoliers  labo- 
rieux, par  opposition  aux  Mauvai*-Garçon*  ou  étu- 
diants turbulents  et  indociles)  remontait  au  xni' siècle 
et  était  presque  abandonné  en  itiai,  lorsque  saint 
Vincent  de  Paul  en  fut  nommé  chapelain.  Il  y  jeta 
les  premiers  fondements  de  la  Mi*gion,  a?u\Te  à  la- 
quelle le  collège  fut  réuni  en  1627,  ce  qui  en  fit 


un  séminaire.  Transfonnë  en  prison  pendant  la 
Terreur,  le  séminaire  des  Bons- Enfants,  qui  avait 
pris  le  nom  de  Saint-Fimiin  en  1707.  fut  le  tiiéétre 
d'un  affreux  massacre  dans  les  journées  de  s^tenibre 
1794.  Les  bâtiments .  vendus  en  l'an  tv.  furent  affec- 
tés en  1817  k  l'institution  des  Jeunes  Aveugles ,  en 
18&3  h  la  Garde  munici|>ale.  et  dans  ces  dernières 
années  on  y  a  transféré  le  dè|>dt  du  Domaine,  au- 
trefois installé  aux  Bamabites. 

'*'  L,e  collée  de  Dorman*  ■  Bemuai* ,  fondé  en 
'1870  |>ar  le  cardinal  Jean  de  Donnans,  év^ie  de 
Beauvais,  pour  de  fiauvres  écoliers  des  diocèses  de 
Reims  et  de  Soissons,  a  occupé  un  rang  distingué 
dans  l'ancienne  L'niversité;  Rollin  a  été  t'im  de  ses 
prinri|>aux.  On  lui  adjoignit,  en  1597.  le  coll^«> 
de  Presles;  mais  on  l'a  réuni  en  1769  au  collège 
de  I>ouis-le-Grand .  et  l'on  y  a  installé  à  la  même 
épo(pie  le  collège  de  Lisieux.  dont  le  déplacement 
était  nécessité  par  le  percement  de  la  rue  Socifflot 
et  la  formation  des  aliords  de  Sainte-Geneviève. 
Les  bâtiments  du  collège  de  Beauvais,  après  avoir 
servi  en  181 5  k  l'établissement  d'une  école  dite 
à  la  LaHca*lre,  ont  été  convertis  en  magasins 
pour  les  liApitanx  militaires,  et  acquis  enfin,  dans 
ces  dernières  années,  par  les  Dominicains,  qui  y  ont 
transporté  leur  établissement  des  Cannes.  La  cha- 
pelle, charmant  édifice  du  meilleur  style,  a  été  res- 
taurée par  leurs  soins. 

'*'  Le  coU^  de  Reim*,  établi  vers  le  conanence- 
ment  du  xv*  siècle  [wr  (îuy  de  Roze.  arehevè<pie  de 
celle  ville,  fut  pillé  et  pres<pie  détniit  peu  de  temps 
après  sa  fondation.  Relevé  |>ar  Charies  V.  qui  y  an- 
nexa le  collège  de  Rèthel.  il  fut  incendié  en  i55o  et 
re'labli  par  le  canlinal  de  Mailli,  arcbevètpie  de 
Reims.  Réuni  à  l'iniversilè '*'  en  1768,  il  fut  sup- 
primé en  1790,  et  les  bâtiments  ont  été  acquL« 
quelques  années  après  par  le  collège  de  Sainte- 
Barbe.  Ces  bâtiments  se  développent  sur  les  nies 
Chartière,  de  Reims  et  des  Sept- Voies. 


"'  C'est-à-dire  au  collège  de  Louia-le-Grand ,  après  l'interdiction  prononcée  par  le  Parlement  contre  le«  Jèaoile^.  L'annexion 
d'un  certain  nombre  de  petits  établisaements  à  l'ancien  collège  de  Clermonl  continua  la  proapérité  de  cette  maison. 


DESCRIPTION  DK  l'AIUS  SOLS  CIIAHLKS  VI.  169 

de  Saint  Jehan  ''>,  ou  les  doclcurs  de  decrés  sassemblent , 

de  Sorbonne'''', 

de  Navarre'*',  ou  il  y  a  trois  sciences  :  de  ars,  de  gramaire  et  do 

tlieolojjie; 
cellui  de  Cholles'*', 
de  Therouane**', 


"'  (Ifi  rollf^ijn  (In  Siiiiit-Jenn  nn  poiil  Alrn  (|iifi  In 
colk'gn  ri(!  Hi-uiiviiis,  (|iin  (iiiilloi>r>rt  di;  Metz  vient 
(tcpendaiit  de  mentionner,  et  qui  a  pu  porter  dpnle- 
nienl  ret  antre  riDtii,  soit  h  nuise  de  son  fondateur 
ou  do  lo  me  dans  laquelle  il  dtaitsitud,  soit  parce 
que  In  chapelle  fut  (Mdiéî  en  i38o  80us  l'invoca- 
tion de  saint  Jeiui  rÉvnn{ft'liste,  soit  enfin  pnree 
que  la  priîsentation  de  toutes  les  places  vacantes 
dans  ce  coiiéjfe  appartenait  h  l'aiilid  de  Saint- 
Jean-des-Vijjues.  Ce  qu'il  y  a  de  certain,  c'est  (jtie 
la  rue  et  le  colii^jfe  de  Dorinans-Beauvais  «fiaient 
situes  au  clos  iiruneaii ,  m  claiim  llnmelli ,  et  nous 
avons  vu  <pie  Jean  de  Jandun  (  Tratlé  des  louau/ret 
de  Parix,  p.  'lo  et  /ii  )  fait  la  inArne  reninrtpie  (pie 
(iiiillebert  di;  Metz  :  ffLoslecteui-s  de  discrets  y  expo- 
ffsent  leurs  doctrines.  i 

'*'  Le  collf'jje  de  Sorbonne  fut  fond(',  coiiiiiie  on 
le  soit,  par  llohert  Sorbon,  sous  le  règne  de  saint 
Louis,  ])our  de  irpaiivr.'s  niaislres  et  escoliers  en 
t  tlieolojfie.  »  Ce  fut  d'abonl  le  coll(5g;e  de  Calvi  ou 
In  Petite  Sorhonne.  On  y  apprenait  les  liuniaiiit(^s 
et  In  ]iliilosopliie,coiiiiiiepr('[iarntion  à  la  llu'olo(;ie 
qui  y  fut  bientôt  exclusivement  enseiçmfe.  Ln  r(^pu- 
tntiou  de  la  maison  de  Sorhonne  devint  immense 
dans  tout  le  monde  cliri'tieii,  et  ses  docteiii-s  furent 
une  sorte  de  concile  [)ermanent.  Log(?s,  comme  ils 
se  |;;l(>i'if]aient  de  vivre,  "eu  toute  pauvret(',-»  ils 
avaient  cependant  besoin  d'((spaco;  mais  ils  ne  s'a- 
ffraiidirenl  ipi'en  1697.  Leur  protecteur,  le  cardi- 
nal de  llirlielieu,  lit  construire  les  hAlimenLs  (pii 
existent  encore  aujourd'hui.  La  chapelle,  où  il  fut 
iuhnuK?,  n'a  (tt(<  acliev(<e  (pi'en  id.'î,^.  Les  biUiments 
de  la  Sorbonne,  restas  snns  emploi  pendant  vingt 
ans ,  ont  M  compris ,  en  «  808 .  dans  la  dotation  de 
rUiiivei-sil»?  impt'riide,  et  (h'sijfiu's,  en  i8ji,  pour 
être  le  chef-lieu  de  rAcad(!mie  de  Paris  et  le  sii^je  de 
trois  faciilt('s  (Ihifologie.  lettres.  sriences'I. 

''''  Nous  avons  racontt'  la  fondation  du  colK'ge  de 
Navarre  dans  lu  Notice  consncrA»  à  Jean  de  Jandun. 
Nous  ajouterons  (pie  celle  maison.  pii's<|ue  eiiti<^re- 
nient  ruinée  sous  le  r«''ipie  de  Charles  VI,  fut  n'ta- 
lilie.  selon  le  dt'sir  de  Charles  VII .  |>ar  le  roi  lx)ui»  XI 


en  1  hCt'i ,  et  s'afp^ndit .  un  sit'-rle  plus  tani ,  par  l'ad- 
jonction des  colh'jjes  de  Boncourt  et  de  Toiiniay.  L* 
f  noble  collège  de  .Navarre,  comme  l'appelle  W^txni, 
"l'ifcole  de  la  noblesse  françoise  et  rhomutir  de 
f  ri'niversit<?  de  Paris,-'  «fiait  fniquent^  Mirtoul  par 
les  nis  de  famille ,  et  il  avait  coiiserrë  nue  grande  rë- 
piitation.  Sitppriin(f  en  i~<jo,  le  coll^  de  Navarre 
devint  bient(^t  le  si('ge  de  V École  centrak  det  tnmmx 
pulilicê,  devenue  de|iuis  si  ciflèbre  sons  le  nom  d'É- 
cole polytechnitpie.  Lne  grande  partie  des  aneiem 
bâtiments  sultsiste  encore;  mais  on  y  a  (ait,  i  di- 
vei-ses  reprises,  d'iiii|H>rlantes  ad«litions. 

'•'  Le  collège  des  CholUlM  fut  fon«l«f ,  ver»  la  lin  du 
MU*  sifVle,  au  iimyen  des  lilM-rnlit>'s  du  ranliiial 
Jean  (>holet,  h'gaten  France,  et  de  Jean  de  Bulles, 
archidiacre  de  Boiien ,  l'un  de  ses  exëculeurs  leala- 
mentaires.  On  n'y  comptait  d'abonl  «pie  seize  JKMir- 
siers  lh(fologiens,aii\(piels  furent  adjoints  plus  tard 
autant  de  boursiers  grammairiens.  Il  a  éié  rëiini  à 
rUiiiversit(<  en  1763.  Ses  l>Atinienls  font  partie  aii- 
jotii-d'hiii  des  dj'iM-ndances  de  Sainte-Barbe  et  du 
lyci'e  Louis-le-(ïrand,  au  milieu  des<|uelle8  ils  sont 
situes. 

''  On  ne  connaît  sous  le  nom  de  Thèrouanne  ou 
riroi/CHwe  qu'un  ancien  (ief  voisin  de. Saint-Eustaelie, 
et  qui,  par  corruption,  a  laisse  son  nom  k  la  me 
Pirouette.  fiiiillelHîrl  de  Metz  a  proltnbleiiient  voulu 
parler  ici  de  l'un  des  collèges  «leToumay  qu'il  ne  rite 
pas  ailleurs.  De  ces  deux  établissement»  fondé*  au 
xiv*  sit'^le .  l'un .  situ«'  pres<pie  à  l'angle  de»  niesSainl- 
Ililaireet  des  Carmes,  «'tait  plus  connu  toos  le  nom 
de  collrife  des  Lombards  ;  une  partie  dea  hlllBWIlll 
existe  encore.  L'antre  t'tablissemenl  était  rontiga  an 
collège  «le  Boncourt  (emplacement  occupé  par  ITiA- 
tel  du  commandanl  de  ri->ole  |)olyterhiii<|ue  et  le 
Iws  de  la  me  Clovis).  Il  a  èlè  réunie  rc  dentier  eol- 
l(<ge,que  Cuillebertde  Meta  a  po.desoa  tonpi,  dé- 
signer s«)us  le  nom  de  TMvMniM,  coBiniB  WMW  le 
dirons  plus  loin.  Reste  une  d«nnière  bypollièae, 
selon  laquelle  notre  auteur  aurait  voulu  d«UgBer  le 
colli'ge  deMonlaigii.cpii  comptait  au  nombre  de  as» 
bienfaiteurs  Gilles  «le  Monlaigu .  cardinal  de  TW- 


a« 


170  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

de  lAve  Maria'", 
de  Boncourt'*', 
de  Laon  ''*, 
de  Cligny'*>, 
de  Harecourl**', 
des  Trésoriers '*\ 


rouenne,  chancelier  de  Fronce.  Il  e»l  vrai  que(îuil- 
lel)ert  de  Metz  ne  désigne  point  ailleurs  ce  collf'ge 
si  célèbre  par  la  frugalité  de  son  régime;  mais  il 
faut  dire  aussi  qu'où  ne  voit  nulle  pari  le»  -pauvres 
Ta|)ettes  de  VIoiilaigui  considérés  coninte  écoliers 
de  Thérouanne. 

''>  Le  collège  de  VAve-Maria  était  situé  ou  liant 
de  la  rue  de  la  Montiigne-Saiiite-tîeneviève.  près  de 
l'église  Saint-Étienne-du-Monl;  il  devait  son  nom  à 
l'image  de  .Nolre-l)an>e  qni  servait  d'enseigne  <i  la 
maison  dans  laquelle  il  avait  été  fondé,  lies  deux 
j)remiei-s  iiioLs  de  la  Salvlalion  angrllque,  placés  au- 
«lessous  de  In  sainte  image .  servaient  aiitsi .  concur- 
remment avec  le  nom  du  fondateur  Jean  Hubant, 
h  désigner  cecollége,  qui  n'eut  jamais  d'im|>ortaiice. 
Établi  vers  le  milieu  du  xiv'  siècle,  organisé  par  l<> 
célèbre  Pierre  d'Ailly  et  l'abbé  de  SointMienevière, 
il  fut  réuni  au  collège  tle  I»uis-le-(îrniid  en  1767. 
cl  supprimé  à  la  Uévolution.  Les  bâtiments  sont 
devenus  propriété  privée  en  1810. 

'*'  Le  collège  de  Boncourt,  fondé  au  milieu  du 
xiv' siècle,  par  Pierre  de  ISécoud,  sur  l'emplacement 
d'un  hôtel  des  évêques  d'Orléans,  fut  désigné  origi- 
nairement sous  le  titre  de  eoUegium  Becodiaimm  ; 
lîoncourt  n'est  qu'une  altération  du  nom  du  fonda- 
teur. Institué  pour  "huit  pausres  escoliers qui 

-auront  chacun  cpialre  sols  par  semaine,*  et  qu'on 
devait  choisir  -en  le  eves<jiiié  de  Tlierouenne .  -  il 
eut  pour  annexe  l'un  des  deux  collèges  deTouniay, 
et  fut  réuni  lui-même,  en  i638,  au  collège  de  Na- 
varre ,  dont  il  a  suivi  dès  lors  toutes  les  vicissitudes. 

''  Le  collège  de  Laon  était  situé  à  droite,  en 
gravissant  la  rue  de  la  Montagne-Sainle-lieneviève, 
et  ses  bâtiments  étaient  contigus  à  ceux  des  Carmes 
de  la  place  Maubert.  Fondé  au  clos  Bruneau.  en 
1 3 1 3 .  par  Guy,  chanoine  de  Lion ,  trésorier  de  la 
Sainte-Chapelle,  et  Raoul  de  Presles,  père  de  celui 
dont  nous  publions  le  connnenlaire.  il  se  dédoubla 
dix  ans  après,  et  chaque  établissement  eut  une 
existence  distincte.  En  i34o,  le  collège  de  Laon  fut 
transféré  au  lieu  qu'il  a  toujoui-s  occupé  depuis. 
Aux  seize  artiens  pour  lesquels  il  avait  été  institué 


furent  adjoinU,  dans  la  suite,  des  écoliers  en  théolo- 
gie et  en  médecine.  Réuni  au  collège  de  I^uis-le- 
Crand  en  17C3.  il  fut  supprimé  à  la  Kèvolutiou  et 
aliéné  en  1  Bas.  La  me  de*  Ecoles  occupe  une  partie 
de  son  emplacement. 

''  Le  collège  de  -C/^jf,»  c'est-à-dire  CMigny 
ou  UuH^,  qu'il  ne  faut  point  confottdre  avec  l'IiAtei 
abbatial  de  ce  nom,  occupait  presque  tout  l'empla- 
cement circonscrit  aujourd'hui  par  les  rues  Cujas. 
V  ictor  Cousin,  le  lioulevard  Saint-Michel  et  la  place 
de  la  Sorbonne.  C'est  le  long  de  cette  place  que 
s'élevait  la  chapelle  du  collège,  laquelle  a  servi  d'a- 
telier au  |)eintn>  David.  Elle  n'a  été  démolie  qu'en 
1 834  avec  le  beau  cloître  contign.  Le  collège,  fondé 
à  la  fin  du  xni*  siècle  par  les  al>l>és  de  Cluny.  avait 
èlè  supprifnè  dw  1790  et  aliéné  en  l'an  v.  De»  par- 
ties des  liâtinients  ont  subsisté  jusqu'en  1 860. 

''  L'inscription  plar<«  sur  la  magniliquc  façade 
du  nouveau  lycrâ  Saint-lx)uis  ne  lais.se  aucun  doute 
sur  l'emplacement  de  l'ancien  colli^^  d'Harcourt, 
fondé  en  1480  pr  Raoul  d'Harcourt.  cliaooine  de 
Paris ,  pour  les  |)auvres  étudiants  de  Normandie.  Il 
fut  l'objet  de  nond>reuse8  faveurs  et  dut  s'agrandir 
successivement  pour  contenir  tous  les  écoliers  que 
sa  réputation  lui  amenait.  Ix>uis  XIII  fut  un  de  ses 
bienfaiteurs  :  aussi  avait-on  placé  la  cha|)elle  cons- 
truite au  xvii*  siècle  sous  l'invocation  de  saint  I>ouis. 
Reconstruit  en  1673.  agrandi  {lendant  In  Révolution 
et  l'Empire  aux  dépens  de  l'ancien  collège  de  Jus- 
tice et  de  plusieurs  maisons  environnantes ,  le  col- 
lège d'Harcourt  transformé  se  profile  majestueuse- 
ment sur  le  nouveau  boulevard  Saint-Michel. 

'*'  Le  collège  des  Trttorieri  ou  du  Thréêorier. 
eoUegium  Quœntorum,  quodrulgo  Thesaurarionimmm- 
eupatur,  était  situé  entre  les  rues  de  la  Harpe,  des 
Maçons  et  Neuve-Richelieu,  avec  entrée  par  celle 
dernière  me;  il  avait  été  fondé  en  laGS  par  (juil- 
laume  de  Saane,  trésorier  de  l'Oise  de  Rouen, 
pour  douze  théologiens  et  douze  artiens  du  pays  de 
Caux.  Déchu  de  son  ancienne  prospérité,  il  fnt 
réuni  à  l'Université  en  1763.  et  supprimé  k  la 
Révolution. 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOLS  CHARLES  VI. 

de  Norbohne  ''', 
de  Dainpvile  <'^', 
de  Prcmonslré'*, 
de  Bour(;oin{jne''', 
dAutliun  W, 
de  Saint-Gervais^*', 
de  Tours  (^), 


171 


''  Une  des  belles  maisons  de  i'unciennc  rue  de 
lii  IIui'|io  portail,  au-dessus  de  la  |>orlo d'entité ,  une 
Iwiidcnile  riscic'c!  diiiis  lu  pierre  iiver  relie  inscrip- 
liori,  dolle/fiiim  .\iirlwu(e  ;  c'éUiit  i'iilaldisseiiienl 
londi!  en  i?>fj  par  Bernard  de  Fages,  archevêque 
(le  Niiri)oiiiK',  en  fuveur  de  neiiff'eoiiers  de  son  dio- 
cèse, lùirichi  pur  le  pape  Clc'iuenl  VI  (  PicuTC  lloger) , 
ipii  lui  devail  son  édncalion,  le  coildije  de  Nurbonne 
iidniil  suecessivenienl  des  artiens,  des  théologiens, 
des  étudiants  en  médecine  et  en  di'oil.  Il  était  en 
pleine  reconstruction,  lors<{uc  les  lettres  patentes  de 
lyCI,  (pie nous  avons  plus  d'une  fois  citées,  le  réu- 
nirent à  rUnivei-silé.  Les  ijâliuieiiLs,  vendus  à  l'é- 
p(N|n(!  de  la  Révolution .  ont  été  (h'niolis  pour  l'ou- 
verture du  boulevard  Suint-Michel. 

'''  Le  collège  (le  Daiiirillc,  i\' In  ville  ou  de  Dntnp- 
lille,  que  (iniih^bert  tlo  Metz  cite  deux  fois,  était 
situé  enti-e  les  rues  Pierre  Sarrazin  et  des  Corde- 
liers  (de  l'Hcoic-de-Médecine),  très-près  delà  me  de 
lu  llurpe.  Institué  en  i38o  par  Michel  de  Uuinville, 
archidiacre  d'Arras,  (îérard  et  Jean,  ses  frères,  il 
était  destiné  i\  douze  |)auvres  écoliers  des  diocèses 
d'Arras  et  de  Noyon.  Juiliot  nous  apprend  (|ue,  •'à 
"l'angle  de  cette  maison,  dans  les  rues  de  la  Ilar|te 
iret  des  Gordeliers,  on  avait  sculpté  les  ligures  des 
Tois  Jean  et  Charles  V.  et  celles  des  fondateurs, 
"qui  présentaient  il  la  Siiinte  Vierge  le  principal  et 
"les  boursiei-s  du  collège."  (Recherches,  etc.  Quart. 
Saint-\iidit''-<les-Ails,  p.  6i.)  Iléuni  au  collège  de 
Louis-le-(irau(l  en  lytiS,  coinine  pifsque  tous  les 
petits  colh'ges.  il  fui  supprime  à  la  Hévolution,  el 
les  hâtimenl^,  aliénés  en  l'an  xi,  ont  été  démolis  en 
i8ao. 

'''  IjC  collège  des  Prêmonlrès  avait  été  iiislitiié. 
vei-s  le  milieu  du  xin*  siècle,  par  les  chanoines  n'gii- 
liers  de  Saint-Augustin,  dits  de  /Vr'»io«/rc  (  abbaye 
8ilu(<e  dans  la  forêt  de  Coiici).  Im  maison  île  Pierre 
Sarnizin.  ii  l'angle  des  rues  Rautefcuillc  et  des 
{<ordeliei>,  fut  leur  première  acquisition;  mais  elle 
s'agrandit  successivement,  et  les  jeunes  disciples  de 
saint  Norbert  furent  bientôt  largement   bistaUés. 


Prolf^gé  por  le  Pape  et  le  Roi,  le  eoli^  ou  frieurt 
^\(^  Prémuulrés  prospéra,  et  Ms  bâtinienU,  dit  Du 
lireiil,  formaient  un  Ilot  de  maiiton,  int»k.  Il*  uni 
été  vendus  en  i79'J.  L'(^i«c,  qui  a  M  «eule  di^- 
niolie ,  formait  le  coin  des  deux  rue*;  Feiaplaemneiil 
est  occujMf  |Hir  un  café  el  des  magMiiM 

'''  Le  colU^e  de  lluurgttgne  était  très-voiiiii  du 
prieuré  des  Prémonln-s.  puis4|ue  son  euiplaennent 
est  occiqié  de|)iiis  1769  |Mir  l'École  de  médecine.  Il 
avait  été  fondé  en  i3!i9  |>ar  les  exéciiletin  t«si«- 
mentaires  de  Jeanne,  comtesse  de  Bouivogw. 
épouse  de  Philip|ie-le-Long,  -pour  vingt  |iour»  e^- 
"coliers  des  province  et  comté  de  Bourgoigiie.o  IV 
nombreux  règlemenU  cités  |iar  Félibieii  el  l>obi- 
neau  (//ùr.  de  Parié,  t.  III,  p.  635  et  *uiv.)  oui 
été  faits  |)Our  ce  collège,  qui  n'était  ce|M>miant  pu- 
de  plein  exercice,  el  qui  fut ,  en  l'année  1  -jù'i .  nniiii 
h  l'Université.  I.«8  bAtimcnts,  acquis  en  1 769.  ont  éii- 
démolis,  et  rarchilectc  Gondoiiui  a  élevé  sur  leur 
emplacement  l'édifice  où  si^  aujourd'hui  la  Fa- 
culté de  médecine. 

'*'  Le  collège  lïAutyn  devait  sa  fondation  au  cé- 
lèbre cardinal  Pierre  Bertrand,  év^ique  de  celte 
ville  et  adversaire  détriaré  de  Pierre  de  Cuguiére»  : 
il  était  situé  entre  l'Oise  Soinl-Audré-dea-.Arts  el 
la  rue  de  l'Hirondelle,  el  logeait  quinx4>  b<Hir»ioi> 
éliidiaiiLs  en  ttiéologie.  en  droit  el  en  phiki>o|>liie. 
Béuni  en  176&  i  fUniversilé.  il  fut  uccufié  pen- 
dant plusieurs  années  |Kir  une  ëeole  gratuite  de 
dessin.  Les  bâtiiuetits  ont  été  vendua  «n  1 807  H 
démolis  en  iSiiB. 

'*>  Le  collège  que  (iiiilleberl  de  .MeU  appctte  de 
Sainl-Gerraù  n'est  autre  que  celui  de  Mai^  Ginm$ 
dont  nous  |iarlons  plus  loin,  à  l'article  Cit%f  4e 
liayeMJr. 

*''  Fondé  au  conmienfenienl  du  xit*  tiède  par 
Étienne  de  Bourgueil,  archevN|ue  de  Toun,  leeol- 
lège  de  ce  nom  ne  logeait  qu'un  pniici|Ml  et  qua- 
rante iMiursiers.  Insuffiaanuiienl  doté,  il  «^gelait  de- 
puis longues  années,  lorsqu'il  fui  réuni,  «MMMloale» 
les  petite»  maisons  du  même  genre,  «1  eol^ 


at. 


172 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

(le  Saint  Estienne^'', 
de  Saint  Benoit, 
de  Dennemarche'*', 
de  PrellesW, 
de  Cambray  '*', 
de  Dainville '*', 
de  Justice  W, 
dArras  '''', 


Loiiis-le-Ciraiid.  Il  était  situé  au  numéro  7  de  lani«» 
Serpente.  Les  bâtiments,  déclarés  propriété  nationale 
en  1790,  ont  été  vendus  en  1793. 

'■'  Nous  ne  savons  de  quel  établissement  Guille- 
i)ert  de  Metx  veut  ici  paHer;  les  historiens  de  Paris 
et  ceux  de  rCniversité  ne  mentionnent  aucun  col- 
lège du  nom  de  Saint-Etieime.  Il  est  probable  qu'il 
entend  par  là  l'église  colléfriale  de  Saint -Etienne. 
Même  explication  jwur  le  collège  de  Sainl-Benoil , 
qui  vient  api-ès. 

*'  I^  collège  de  "Deunemarehe,*  de  fDampne- 
'tnark  ou  de  À'u««xe,»  comme  on  lit  dans  un  censier 
de  1 38o ,  est  apjwlédans  un  arrêt  de  1 384  ^maison 
irfondée  |>ar  un  docteur  du  jwys  de  Daee  jwur  le» 
•récoliers  de  ce  royaume.^  Du  Roullay  fait  remonter 
au  xn'  sitK-le  la  fondation  de  ce  collège,  qui  était 
situé  rue  de  la  Monlagnc-Sainte-<jaieviève.  Selon 
Jaillot,  il  fut  acquis,  en  1 386,  par  les  Carmes,  dont 
le  logement  restoit  iK-lit  et  arcté,"»  et  devint,  en 
i/i3u,  l'objet  d'une  transaction  avec  le  collt^  de 
Laon,  attendu  qu'il  était  alors  irvuide,  vacque  et 
"Comme  inhabitable.))  On  le  lit  donc  miettre  en 
^criées  et  subhastations  au  Chasteiet ,  «  et  les  écoliers 
de  Dace  reçurent  en  échange  ifune  maison  et  ses 
Tapitartenances,  assise  à  Paris  contre  ie  Petit-Pont, 
l'en  la  rue  de  la  Gallande.n  Cette  transaction  avait 
lieu  au  moment  où  écrivait  (juillel)ert  de  Metz. 

'''  Le  collège  de  Presie»  est  inséparable  du  sou- 
venir d'un  des  historiens  de  Paris,  et  du  célèbre 
Ranms  qui  en  fut  le  princi])al.  Pour  tout  ce  qui 
regarde  la  fondation ,  nous  renvoyons  à  la  \otice  qui 
prècAle  le  Commentaire  de  llnoul  de  Presles;  quant 
à  la  mort  tragique  de  Pierre  la  Karnée,  elle  est  ad- 
mirablement racontée  dans  l'ouvrage  que  M.  Wad- 
dinglon  a  consacré  à  cette  grande  figure.  On  sait 
que  le  collège  de  Presles  était  contigu  à  celui  de 
Dormans-Reauvais,  et  qu'on  trouva  commode  d'al- 
lenier  les  classes  entre  ces  deiLX  établissements.  Cet 
état  de  choses  subsista  jusqu'en  1 699 ,  éjKjque  où 
Rollin  réunit  l'exercice  entier  des  études  au  collège 


dont  il  était  ie  principal.  (  Voir  ce  que  nous  avoiut 
dit  au  coU^  de  Btmuaiê  sur  la  destination  ulté- 
rieure des  bAtiniento.) 

'*'  Le  collège  de  Cambrai  ou  des  Troù-Eeifuei 
avait  été  institué,  en  i3i8,  par  Guillaume 
d'Auxonne.  èvê«jue  de  Cambrai,  dont  l'œuvre  fut 
achevée  par  Hugues  de  Pomard ,  èvè({ue  de  Langres . 
et  Hugues  d'Arcy,  èvéque  de  I^on ,  ce  qui  lui  valut 
sa  seconde  dénomination.  Il  était  destiné  il  loger 
un  maître,  un  cha|>elain  et  sept  boursiers  à  h  no- 
mination du  chancelier  de  l'Eglise  de  Paris.  Les  bâ- 
timents de  ce  coll^  furent  acquis,  en  161a,  pour 
la  reconstruction  du  (^ollt'ge  Royal  fondé  |)ar  Fran- 
çois I",  mais  ils  ne  furent  démolis  qu'en  1 776.  Le 
collée  de  Trégwr,  fondé  en  lôaS,  et  augmenté 
en  1675  du  collège  de  Léon  ou  Karemliert,  avait 
été  acheté  deux  ans  avant  le  collège  de  Cam- 
brai. Les  nouvelles  constructions  du  CoUigt  Bogai. 
connu  aujourd'hui  sous  le  nom  de  CoUêgt  de  France , 
furent  achevées  vers  t775;  elles  ont  été  augmen- 
tées en  i83&. 

'*'  Voir  à  la  page  171,  note  9. 

'**  IjC  collège  de  Justice,  proche  voisin  de  celui 
d'Harcoui't.  faisait  face,  sur  la  nie  de  la  Haqie. 
au  collège  de  Séez.  Il  avait  été  fondé,  vers  le  mi- 
lieu du  xiv'  siècle,  |iar  Jean  de  Justice,  chanoine 
de  l'aris ,  jwur  huit  l»oursiers  de  Rouen  et  quatre 
de  Rayeux ,  diocèse  du  fondateur.  D'autres  bourses 
y  furent  créées  successivement;  mais  en  1761  on 
en  consacra  le  produit  à  la  reconstruction  des  bâ- 
timents, qui  ont  été,  comme  on  l'a  vu,  incorporés 
à  ceux  du  collège  d'Harcourt.  Le  colh'ge  de  Justice 
avait  eu ,  en  1 766 ,  le  sort  de  tous  les  jwtits  collèges 
dits  (Tsans  exercice,»  c'est-à-dire  où  il  ne  se  faisait 
jKis  de  cours  complets.  L'Université,  les  considérant 
comme  de  simples  |)ensioimats ,  astreignit  leurs 
écoliers  à  suivre  les  classes  des  grands  collèges. 

''  Le  collège  d'y^rra»  était  assez  éloigné  du  centre 
universitaire,  jHiisqu'il  s'élevait  dans  la  rue  des 
Murs  (qui  lui  dut  son  nouveau  nom),  presque  à 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI. 

de  Baieux''', 

de  Mignon'-'), 

de  Lisicux'*', 

de  raaislre  GervaisW, 

de  Boncourt'*', 

de  Mercrnonsticr'"', 


173 


I  iiiijfli!  (\(:  lu  rue  Suint-Victor.  Fondd  dnns  In  pre- 
iii'd'vn  nioitit^  <lu  xiv*  sièclo,  par  Nicolas  le  Candre- 
lier,  uliris  Caiiderlier,  abbeî  de  Saint-Waasld'Arras, 
"pro  Msii  et  siistenlatione  paiipeniin  Kcliolariuiii 
ToriiiiKloniiii  de  civitute  vol  dia'cesi  Atrehatensi,» 
il  occupa  d'abord  une  petite  tnaisun  au  mont  Saint- 
llilaire,  et  fut,  après  une  existence  nio<leste,  réuni 
à  r Université  en  ijCy'i.  l-es  hûtinicnts  ont  élé  a\\6- 
n(!s  on  Fan  ii. 

'''  Colle/fin  m  lîajnccnse ,  lisait-on,  il  y  a  (jiiel([ue8 
années,  rue  de  lu  Harpe,  sur  une  porte  ogivale  ù 
demi  ruinée  qui  conduisait  h  la  rue  dos  Maçons- 
Sorbonne.  C'était  le  dernier  débris  du  colléjje  de 
Bayeux,  institué  en  1809  par  (îuillaunie  Bonet, 
évoque  de  cette  ville,  mais  originaii'c  du  di(K-è»edu 
Mans  et  élevé  dans  celui  d'Angers.  Aussi  les  douze 
bourses  (pi'il  fonda  étiiient-clles  réservées  aux 
pauvres  écoliei-s  do  ces  deux  derniers  diocèses.  Il  ne 
faut  pas  confondi-e  ce  collège,  qui  perdit  son  exis- 
tence distincte  en  i7G.'5  et  fut  supprimé  à  la  Bévo- 
lution,  avec  un  autre  collège  de  Bayeux,  plus  connu 
sous  le  nom  do  Mailre-Gervai» ,  et  fondé  en  1870 
par  Maître  dervais  Chrétien,  chanoine  de  Bayeux, 
de  l'aris  et  (rphysicien»  (médecin)  de  Charles  V. 
Cet  établissement  était  situé  rue  du  Foin-Saint- 
Jacques,  presque  h  l'angle  de  la  rue  Boulcbrie; 
plus  considérable  (pie  le  pnkédent,  il  admettait  des 
arliens,  des  thiiologiens ,  des  étudiants  en  droit  et 
en  médecine,  qui  étaient  qualifiés  de  boursiers  du 
liai.  Dirigé  depuis  iG^t)  |)ar  deux  docteurs  de  Sor- 
bomie  et  incorporé  à  l'Université  en  tyCS,  le  col- 
lège de  Mattrc  Gervais  devint,  en  l'un  xin,  une  ca- 
serne d'infanterie.  Il  a  été  démoli  pour  l'ouverture 
du  boulevard  Suint-Cicrmain. 

'*'  Le  collège  Mignon  existe  encore  à  l'angle  de 
la  rue  de  ce  nom  et  de  la  rue  Serpente;  une  im- 
primerie y  est  installc'o  depuis  plusieurs  années. 
Créé  en  i3/i3  par  Jean  Mignon,  arrhidiacro  de 
Blois  et  ninttre  des  comptes  à  Paris,  pour  douie 
èroliei's  de  sa  famille .  il  fut  n^fornié  en  iSSg  et 
donné  en  1  ûH'i  aux  religieux  de  (irandmont  ou  Hiè- 
■■nnymites,  en  échange  des  pnipriélés  que  ces  der- 


niers possédaient  au  boiti  de  Vincennes ,  et  qui  fuivnl 
plus  tard  cédées  aux  Minimes.  Il  prit  dè«  lors  le  noai 
de  collège  de  (îrandmont,  et  fut  occupé  par  wpt  re- 
ligieux de  cet  onire  juMpi'en  1 769 ,  é(io«pie  h  la- 
(pielle  il  perdit  son  existence  propre.  Le»  liâlimeni* 
actuel»  datent  de  17&9;  loués  à  de*  particulien 
en  1770,  déclarés  pmpriété  nationale  en  1790,  ik 
ont  servi ,  pendant  quel(|ucs  années,  de  dépôt  pour 
les  archives  du  Trésor  Royal,  et  ont  été  aliënés 
en  1834. 

'^>  Le  collège  de  Litieux  fut  fondé  en  1 336  par 
Guy  de  Harcourt,  évéque  de  Lisieux.  Environ  un 
siècle  plus  tard,  Guillaume  d'Estouteville,  fun  tk> 
ses  successeurs  sur  ce  siège  èpiscopal ,  et  l'abbë  de  Fé- 
camp ,  frère  du  prélat .  achetèrent  r  proche  l'endostfai 
c monastère  de  Sainte-Geneviève,  quelques  maison» 
(rdè|)utècs  pour  faire  un  collège  iionuiié  k  colUgt  it 
«  Torchi,  auquel  collège  il  y  aura  douze  théologfieos 
fret  vingt-quatre  arliens.  1  La  dénomination  du  ihmi- 
vel  établissement  était  em|)nuilée  h  l'une  des  terre» 
de  la  famille  d'Estouteville;  mais  il  ne  résulta  pa» 
de  cette  création  deux  collèges  distincts;  le  second 
ne  fut  qu'inie  fondation  comprise  dans  le  premier. 
Les  plaiLs  de  SonfUot  exigeant  le  déplacement  du 
collège  deLisieux,  un  arrêt  de  1764  onlonna  qu'il 
serait  réuni  à  celui  de  Louis-le-Grand;  mais  on  re- 
vint bientôt  sur  cette  décision.  Ce  fut  le  coli^  de 
Beauvais  qui  eut  h  subir  l'annejiion .  et  qui  dut  céder 
ses  biUiments  au  collège  de  Lisieux.  (Voir  la  noie 
relative  au  collège  de  Dormant -Bttmrais.)  L'an- 
cienne fondation  des  d'Estouteville  or«i|tait  fent- 
placenient  circonscrit  aujourd'hui  par  FÉcole  de 
droit.  In  mairie  du  \'  arroiHlissenicnt  et  le  péràlyie 
du  Panthéon. 

(*>  Le  cdV^AeUaitrt-Gtnm»  a  M  nMntioDné 
plus  liant,  dans  la  note  relative  an  coH^  de 
Bayeux. 

'*>  Voir  à  la  page  170,  note  9. 

'*'  Le  collège  de  Mmmoiulier,  on  Mn  mtutiii , 
MaJH*  motuuUrmm,  était  situé  me  Saint-JMi|iM>, 
entre  le  odl^  de  Clermont  ou  Louis-le-Gnuid  «t 
celui  du  IHessis-Sorboiuie;  il  omqiait  une  |i«rlie 


17â  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINALX. 

de  Sainte  Geneviève  ('*, 

de  Saint  Denise  et  autres. 
Item  moult  de  pedagoges  a  grant  nombre  descoliers'*.  Item  lez  Petit  Pont  ven- 
doit  on  j)ouIailles,  eufs,  venoisons  cl  autres  vivres;  et  en  la  place  Maubcrt,  le 
pain.  Les  murs  de  la  ville  sont  moult  fors  et  espcs  que  on  y  menroil  bien  une 
cliarretle  dessus <*'.  En  lisle  Nostre  Dame  sont  palais  pour  Initier'*'  et  berseaux 
pour  traire  de  larbaleste  et  de  lare  a  main  '*>. 

Les  i-ues  commençons  de  Petit  Pont  en  la  me  de  la  lluclietle  : 
Sacalie  ''', 


des  bâtiments  aujourd'hui  en  démolition.  Le  nom  et 
k  patronage  de  Saint-Martin  avaient  éié  donnés, 
dès  le  conimeucenipul  du  xiv'  siècle,  à  la  maison 
fondé;  |hu-  Geoffroy  du  Plessis ,  irnotaii'e  de  la  saincte 
ir église  romaine, î<  ou  coin  de  la  rue  du  Cinietière- 
Saint-Benoil ,  et  qui  complail  l'ahbé  de  Mamiuutior 
au  nombre  de  ses  administrateurs.  Les  deux  éta- 
blissements, créés  à  oiue  ans  de  distance,  ayant  la 
même  chapelle  et  le  même  fondateur,  conservèrent 
ce|)endant  une  existence  distincte;  mais  les  Jésuites 
acquirent,  en  16^11,  celui  qui  était  plus  voisin  de 
leur  collège  de  CIcrniont,  et  le  collège  du  Plessis, 
restaui-é  par  ordre  du  cardinal  <lc  Richelieu,  fut 
dès  lors  tout  à  fuit  st'puré  de  son  frère  jumeau. 

'"'  Guilleberl  de  Metz  semble  considérer  ici  l'ab- 
Iwye  de  Sainte-(!eneviève  connue  un  collège;  ce 
n'en  était  \ms  un  dans  le  sens  étroit  du  mot;  mais 
l'antitpie  réputation  des  écoles  de  ce  monastère 
s'était  perpétuée  jusqu'aux  tenq>s  où  vivait  notre 
auteur.  Libraire,  rrtranscripvaini  et  prol>ablement 
élève  de  l'Université.  Guillebert  savait  |M'ut  être  que 
Huboldus  de  Liège  était  venu .  au  x*  siècle ,  enseigner 
à  Saiute-tîencviève;  qu'Abailard  y  avait  eu  de  nom- 
breux diàciples;  que  les  études  y  étaient  très-floris- 
santes au  xii'  siècle,  et  qu'il  y  existait  même,  au 
commencement  du  xni',  une  école  intérieure  fondée 
par  l'abbé  Ëlienue,  afin ,  dit  Crcvier,  que  le  tunmlte 
des  étudiants  du  dehors  ne  troublât  ]>as  la  régula- 
rité de  la  maison;  enfin  l'un  des  deux  clianceiiers 
de  l'Université  résidait  à  Sainte-Geneviève.  Open- 
dant  les  études  classiques  pro|)rement  dites  n'ont 
point  été  organisées  à  Sainte  -  Geneviève ,  comme 
dans  les  collèges  ordinaires. 

'*'  Mathieu  de  Vendôme,  abbé  de  Saint-Denis, 
acquit,  vers  le  milieu  du  xni*  siècle,  plusieurs  mai- 
sons et  jardins  sur  un  emplacement  circonscrit  au- 
joiml'hui  par  les  rues  Contrescarpe,    Dauphine. 


des  Grands-Augustins  et  le  quai  de  oe  nom,  aGn 
d'y  bâtir  un  coli^  pour  les  jeunes  reiigie«ix  de 
son  monastère;  l'hôtel  de  l'ablié  v  était  contigii. 
L'un  et  l'autre  furent  détruits  en  1 607,  et  sur  l'es- 
pace qu'ils  occupaient  a  été  ouverte  la  rue  Chris- 
tine, ainsi  qu'une  partie  de  la  rue  d'Anjou-Dau- 
idiine. 

'*'  Lafêdagtfimoa  pensionnats  existaient  à  Paris 
dès  le  UT*  aiède,  ainsi  qu'il  résulte  d'un  procès 
dans  lequel  figurent  les  écoliers  de  Guillaume  Veulet , 
beendtf  ai  droit,  réunis  efaei  lui  an  nombre  de do- 
quante.  Les  pëdagognes  dèpemlaient  des  .Yab'oM 
de  la  Facohë  dm  arts,  et  entretenaient  des  r^ents 
dans  leurs  maison».  Aux  termes  d'un  décret  {lorté 
le  90  mars  i&58  par  la  Faculté  des  arts,  nul  ne 
|>ou vait ,  sans  permission  expresse  de  ladite  Faculté , 
ouvrir  une  nouvelle  |)è«lag«gie. 

'*'  «J'ai  vu,  dit  M.  Bonnardot,  beaucoup  de  frag- 
fments  de  ce  mur  de  Philippe-Auguste;  quand  il 
irn'a  pas  été  aminci  par  les  propriétaires,  il  forme 
rnnc  terrasse  d'environ  six  pieds  de  largeur,  etc.» 
{Etude$  sur  Cormet,  Oe.  p.  96.)  —  Ou  peut  con- 
sulter aussi  un  travail  curieux  du  même  auteur  : 
DUtertotiom  archèotogiipM  tur  les  ancienne*  enceinte* 
de  Pari*,  etc.  Paris,  1869,  in-à*. 

'*'  Peut-être  faut-il  lire  pâli» ,  pieux ,  [lalissade. 
—  irLuitier. »  luclari,  se  trouve,  dit  Du  Cange 
(Gloêtaire  franeait),  dans  le  Roman  du  Renart  et 
dans  la  Chanson  de  Roland. 

'*'  irDans  les  plans  de  Paris  et  dans  les  gravures 
17  antérieures  à  1 6 1 6 .  on  voit  encore  dans  l'Ile  Notre- 
-Dame des  constructions  de  chaume  qui  servent  de 
f^but  ou  bersault  à  des  tireurs  d'arc.*  (Bonnardot. 
Etude*  tur  Corrozel,  etc.  p.  97.) 

''  Sacalie  ou  laSacalie,  comme  Tappeile  Guillol. 
existe  encore  sous  le  nom  de  Zacharie ,  qu'elle  porte . 
dit  Juillot ,  depuis  le  xvn*  siècle  ;  elle  ne  réunissait 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARrFS  VI. 

Aroii(lelle''>, 

La  nie  Pavée  (''', 

de  labbc';  Saint  Denis  <'*, 

Saint  Germain  '*', 

Saint  Andry  des  Ars  (»*"', 

Poupée  W, 

la  Barre  W, 
aux  l'oitevinsW^ 
la  Serjxsnle  <"', 


I7S 


.•mlrefois  «jim  les  ruos  Soiiit-Séverin  et  de  la  Hu- 
clifillfl;  l'ancienne  ruelle  de»  Trois -Chandeliers  \a 
cnnliniie  mijonrd'iiiii  jiis(|ii'iiii  i|uni. 

'''  La  rue  de  l' lUionddlc ,  (jiii  commence  à  la  rue 
(lll-le-Cœur  (Gilifs-Cœur  ou  Ic-Queiix)  et  se  ter- 
mine nMJoiii'd'iiiii  pnr  mi  passage  (yirauchanl  sur 
la  place  de  la  l''()ntainfvSHinl-Micliel .  est  ap|M'li'e, 
en  laoo,  nw  d'Arnmdnle  eti  Luiis  (ancien  territoire 
dont  elle  faisjiit  partie);  en  laaa,  rue  d'Arondelle; 
en  i';i();i,  rue  d'Ilirondiile.  Guillot  dcrit  Uèrouduk, 
el,  au  milieu  du  xiv*  siit-le,  on  trouve  vicus  de 
Iroiidrlla.  Jaillot  pense  que  c'est  le  nom  d'une  en- 
seijjj-ne. 

'*'  La  rue  Pavée  joint  la  rue  Sainl-Andnî-des- 
.\rlsau  quai  des  Augustin».  Au  xyi*  siècle,  dit  Jaillol, 
on  la  noiriinail  nie  Puvée-d' AndmtiHos ,  appellation 
singulière  dont  on  ne  trouve  |ias  la  raison. 

'^'  Dans  la  note  relative  au  coll(<(je  de  Saint-Denis, 
nous  avons  dit  que  lahbé  Mathieu  de  Vendôme 
avait  fait  conslniire,  en  i  269,  pour  les  jointes  reli- 
jfieux  de  son  ordi-e,  un  rollt'ge  entouré  <le  vastes 
jardins  et  d(^|)endances.  Le  chemin  qui  Iravei-sait  ce 
terrain  fui  ajipelé  rue  A-l'abbé-de-Sninl-Deiiiii ,  du 
Colléifo-Sninl-DcmH ,  des  Ecoles  ou  des  Kcnliers-de- 
Snint-Denis.  C'est  aujoui-d'hui  la  rue  des  (îrands- 
Vujfiislins,  ipii  joint  le  <piai  de  ce  nom  à  la  rue 
Saint -.André-tles-Arls.  Klle  doit  celte  appellation  au 
l'ouvent  des  religieux  ou  ermites  de  Saint-Augustin 
transféras,  vers  la  (in  du  xni'  siècle,  du  clos  du 
(lliardoniiet.au  lieu  qu"occni>e  aujourd'hui  l'ancien 
marché  de  la  \  allée. 

(t.itti.)  j^  |,j|g  Saittt-André-des-Arlt  s'est  appei<fe 
originairement  nie  de  Lans,  ainsi  que  la  rue  de  la 
Hnchette,  dont  elle  forme  la  continuation;  elle  prit 
le  nom  de  Saint- Germain  vers  réjKique  où  l'ahW 
de  ce  monastèi-e  donna  h  cens  le  terrain  sur  leipiel 
lurent  ouvertes  plusieiii-s  petites  rues  environnantes 
[i  179).  Après  la  construction  de  l'église Saint-Andn- 


(1019),  elle  fut  appelée  génévicmenl  roe  SaiiU-An- 
dré,  Sainl-Atidrieu-det-Art ,  Sainl-Atèdrt-tkê-ArltH 
de»  Ares.  (Voir  Jaillol.  Quart.  Saint-André,  p.  7.) 

'•'  I^  rue  Poupée,  «ju'on  a  appelée  Popée,  Poim- 
pée  et  Pompée,  existait  avant  le  xni'  siècle.  Jusqu'à 
ces  dernières  années,  elle  joignait  les  mes  Haiit/^ 
feuille  et  de  la  Har|)e;  niais  l'ouverture  du  brMile- 
vard  Saint-Michel  a  masqué  son  débouclié  de  ce 
côte,  et  ce  n'est  plus  aujourd'hui  qu'une  inipoMc 
ouverte  sur  la  rue  iiaulefeiiille. 

'*'  Au  xv'  siècle,  le  nom  de  la  llarre  était  donné, 
dit  Jaillot,  à  la  partie  de  ia  me  Haiitereiiillc  <pii 
s'étend  de  la  place  Saint-André-des-Arls  à  la  nie 
des  Poitevins,  «apiHiremnientà  cause  de  Jean  de  la 
"Barre,  avocat,  qui  demeurait  rue  Saint-André. 
<Tvis-h-vis  celleH"i.-  (}n  fapitelait  aussi  me  Saint- 
André  ou  du  (^hevet-Saint-Aiidré.  La  |iartie  supé- 
rieure de  cette  voie  était  désignée,  au  xvi'  siècle, 
sous  le  nom  de  Haute-feuillre  ou  Haulffeuille ,  tiewt 
de  llauta  folia ,  ^en  raison  des  arbres  iiMito  e( 
TtoiilTiis  dont  cette  nie  (louvait  être  bordée,  a  Celte 
dénomination  a  été  appliquée  plus  tanl  i  la  rae 
tout  entière. 

*''  I^  rue  des  ou  aux  Poiterins  réunit,  en  for- 
mant équerre.  la  me  Hautefeiiille  à  celle  du  Bat- 
toir, qui  est  alisorlxte  aujourd'hui  dans  b  rue  Ser- 
|ientc;  elle  a  porté,  au  xiii'  siècle,  les  noms  de 
Gui-le-Queur,  Ginurl,  Gérard  011  Gmml-4MX-Pm- 
tevins. 

•'  Ijt  me  Serpente,  rictu  tortuom$$,  aurait  dA  w 
nom  iraux  sinuosités  qu'elle  foraioit  k  TinsUr  des 
«serpents,  avant  qu'ell<>  eât  été  redreHér;*  opimon 
victorieiisemenl  comlnttiie  par  M.  Berly.  Cette  voie, 
ipii  a  toujours  été  rectilijpie,  fut  onverle,  en  1 179. 
avec  les  mes  Saint- André,  Mignon  et  im  Cimetàrt' 
.WN(-.4iu/rr  (Siif^r).  Ri^duile i mn  eitrfaiiK  oriui 
taie  |)nr  le  perrenient du  ImiilevntiSaint-Midiei.file 
s'est  flccnie.  à  l'autre  exlréinilé ,  de  la  rue  du  Balloir. 


17G  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

la  Plastriere ''', 

Haiilte  fuelle^*), 

Champ  Petit'»', 

(lu  Paon  W, 

des  Cordelles  (*', 

de  HarecourtW, 

Pierre  GasseUn'^''^ 

de  la  Harpe  ***, 

la  grant  rue  Saint  Severin'*', 

le  carrefour  Saint  Jaques'"*', 

des  Notaires  et  Escripvains  '"*, 


'•'  La  Plâtrière  est  celte  même  rue  du  Battoir 
qui  faisait  suite  à  la  nie  Serpente;  Guillot  la  déii{riio 
égaletiient  sous  ce  nom.  A  prtir  du  xvi*  siècle,  la 
Vieille-PItîlrih-e  est  appelle  rue  du  Battoir,  dénoiui- 
nation  qu'elle  a  gardi'e  depuis. 

'*'  Pour  la  rue  nllaulle-Jùelle,^  voir  la  note  rela- 
tive à  la  rue  de  lu  Barre. 

'''  irJe  vois  dans  un  papier  terrier,  dit  Sauvai 
"(t.  I,  p.  17*»).  q"e.  devant  le  collège  Mignon,  il 
iry  avoit  alors,  en  la  nie  des  Pelitt-Cliamps ,  un  logis 
-rbâli  dans  le  coin  de  la  nie  Vieilte-Plâtrière  ;  de  là 
"j'inftre  que,  de  ce  teiii|w-là.  In  nie  Mignon  s'appe- 
'loit  apparcmmeiil  rue  des  Petits-Champs,  n  D'autre 
part,  Guillot  nous  apprend  que 

Par  la  rue  de  llaule-reiiille 
Ving  en  la  rue  de  Champ  petit. 

La  rue  Champ-Petit  ou  des  Petits-Champs  est  donc 
représentée  aujounl'hui  par  les  rues  Mignon  et  du 
Jardinet  qui  se  soudent  en  étpierre. 

''  On  distinguait  autrefois  la  rue  du  Paon  et 
celle  du  Petit -Paon,  qui  n'est  plus  aujourd'hui 
qu'une  impasse  terminée  par  les  bâtiments  de  l'Ecole 
de  médt^ine.  Le  nom  de  la  nie ,  connu  dès  l'année 
tûlt6,  provenait  d'ime  enseigne;  on  lui  a  8ul)stitué 
récemment  celui  du  baron  Larreij;  mais  la  voie  est 
restée  la  même:  elle  conduit  de  la  rue  de  l'Ecole-de- 
Médecine  à  la  rue  du  Jardinet. 

'''  Guillot  appelait  déjà  rue  dex  Cordeles  la  rue 
actuelle  de  l'École-de-Médecine,  qu'on  plaça  ensuite 
sous  le  vocable  de  saint  Germain,  de  saint  Came  et 
saint  Damien.  Le  couvent  fondé  en  1280  par  les 
Franciscains,  ou  Cordeliers,  fixa  le  nom  que  cette 
rue  a  porté  jusqu'en  1 790.  On  lui  a  donné ,  pendant 
quelques  amiées,  celui  de  Marat. 

'*'  La  rue  de  la  Harpe,  dont  il  ne  reste  aujour- 
d'hui que  la  partie  inférieure,  était  autrefois  divi- 


sée eu  deux  parties  que  distinguaient  deut  iioiiig 
dilTérentjs;  on  l'appelait  me  de  la  Harpe  ou  de  la 
Ilerpe,  depuis  la  me  Saint-Séverin  jusqu'à  la  nie 
des  Cordeliers  (de  T  Ecole -de -.Médecine),  et  de  ce 
point  à  l'ancienne  place  Saint-Michel,  rue  Sainl- 
(j>sme  ou  rue  aux  Hoirs -d'Hareourt.  Ces  hoirs 
étaient  sans  doute  les  héritiers  ou  boursiers  ins- 
titués par  Raoul  d'Hareourt,  fondateur  du  coli^ 
de  ce  nom.  On  sait  que  la  partie  su|>érieure  de  la 
nie  de  la  Harpe  a  fait  place  au  boulevard  Saint- 
Michel. 

'''  Guillebert  de  Meti  place  ici  une  rue  Pierre- 
GasseUn,  dont  les  historiens  de  Paris  ne  font  au- 
cune mention.  On  ne  connaissait,  sous  le  nom  de 
Perrin-Gasselin ,  qu'une  nie  ou  nielle  appartenant  à 
l'ancien  quartier  de  Sainte-Opportune,  et  réunis- 
sant la  nie  Saint-Denis  à  la  ci-<levant  rue  du  Che- 
valier-du-Guet.  Notre  auteur  a  très -certainement 
voulu  désigner  la  me  Pierre-Sarrasin. 

••'  Voir,  pour  la  rue  de  la  Harpe,  la  note  rela- 
tive à  la  rue  des  Hoirs-d'Harcourl. 

'*'  La  0 grant  rue  Saint  Sererin ,  »  par  opposi- 
tion à  la  nie  des  Prêtres,  qui  était  dite  la  nielle  ou 
ruellette  Saint-Séverin ,  existe  encore  et  joint  la  rue 
de  la  Haq>e  à  la  nie  Saint-Jactpies  ;  elle  ne  mérite 
guère  l'épithète  que  lui  doiwe  Guillelwrt  de  Metz. 

""  On  comprend,  par  la  succession  des  mes 
(prémimère  notre  auteur,  que  le  carrefour  Saint- 
Jac/jues  était  situé  au  |>oint  où  la  me  de  ce  nom 
rencontre  les  mes  Galande,  Saint-Séverin  et  Saint- 
Jiilien-le-Pauvre.  Le  dégagement  du  chevet  de  l'é- 
glise Saint-Séverin ,  o|)éré  depuis  peu ,  rend  à  celle 
ap|)ellation  un  certain  air  de  vérité. 

'"'  La  me  «•rfe»  Notaires  et  Escripvains,''  ticus 
Scriptorum,  est  appelée  par  Guillot  me  "as  Escri- 
ir vains.»  Vers  la  fin  du  \i\'  siècle  et  depuis,  elle  a 


DESCRIPTION  DE  PAllIS  SOIS  CHAHLKS  \\. 

la  ruelelte  Saint  Severin  '"', 

Ronrf  (Ic!  Brie'^', 

(les  l'aiclicMiiiiiiers^'', 

duFoirig(*>, 

Saint  Matliurint''. 

le  cloistre  Saint  Benoit '. 

Sorhonne^'', 

(le  (lllifjny''", 


177 


M  gdn<?roleinent  tioiiinide  rtie  den  Parcheminiert  ou 
(le  la  Piirclieminerie ,  vicu»  Perfjiiineiumorvm ,  np[M"l- 
lalinn  (iiù'llc  a  {fîirtif'c  dqniis.  Elln  tlnvait  élr»;  flori*- 
saiilo  h  r('iM)([ii('  (le  Giiillcborlde  MrU,  s'il  est  vrai, 
(^oiiinie  il  le  dit  au  cliD|iilrc  xxx,  que  irlcn  Houioit 
-estimer  a  Paris  plus  de  soixante  mille  escripvoins.Ti 
Il  l'ant  reconnaître  cjue  cette  grande  industrie  ëtflit 
rf^|>andue  dans  tout  le  quartier  des  Ecoles,  et  que 
rancienne  rue  des  r  Notaires  et  Escripvainst  pou- 
vait l)ien  n'en  être  que  le  centre.  La  me  de  In  Par- 
chemincrie  a  conserve  en  grande  partie  son  ancien 
aspect;  elle  traverse  de  la  rue  Saint-Jacques  à  la 
me  de  la  Harpe. 

"  l'our  In  ruelklle  ou  ru(' «uj  Prêlret-Snlnt-Sè- 
verin ,  qui  existe  encore ,  entre  les  rues  Boutebrie  et 
Sainl-SAerin.  voir  la  note  relative  h  cette  dernière 
rue. 

'"  On  a  écrit  Boure  de  Brie,  Bour/r  de  Brye, 
Bniit  de  Bnje  et  Boiillehrle  ;  ce  sont  niilaiil  d'altt'ra- 
lions  du  nom  vrai,  qui  est  Kreinhoiu'g  ou  Kreni- 
burge  de  Brie,  vicvs  Eremhurgi»  de  Bria  et  Braia, 
au  xui'  siiVIe.  Vers  In  lin  du  \iv'.  on  la  nommait 
aussi  rue  des  Enlumineurs .  ricug  llluiiiinatnnim , 
industrie  qui  (lorissait  h  côtt'  de  celle  des  parche- 
miniers.  La  rue  Boutebrie,  qui  continue  la  me  des 
l'rêtres-Snint-S<Herin  et  aboutissait  rue  du  Foin, 
a  M  récemment  diminuée  de  longueur  et  élargie 
par  suite  de  l'ouverture  du  boulevard  Snint-Ger- 
main. 

''  Voir,  pour  la  rue  des  Parcheminiers ,  qui  n"é- 
toit  probablement  qu'une  section  de  la  rue  des  tNo- 
"taires  et  Esrripvains.  ■»  In  noie  i-elalive  h  celte 
dernièi'e  rue.  La  niellelle  Saint -StWerin  et  la  rue 
Boutebrie  la  coupaient  elTectivement  en  deux  tron- 
çons inégaux. 

*'  [,a  rue  du  Foin  a  été  absorlx'e  |hu"  le  biiule- 
vni-d  Saint-(!ermain.  Dès  la  fin  du  xm*  siècle  on 
Inppelail  rue  Ofnin.  On  trouve  ensuite  les  noms  de 
In  t'ennerie ,  nu  Fnin .  au.r  Moines  de  Cernai,  h 
cause  de  l'IiAtel  des  abbts  de  Vaux-Cernay  qui  s'v 


Irouvoit.  Il  s'y  était  eameni,  au  coin  iIp  la  rue 
Boutebrie.  une  "uioison  de  la  Reine-Blanrlie. « 

''  L'abl)é  Le  Beuf  conrr)nd  la  nie  Sainl-\la- 
ihurin  avec  celle  des  Mathurin*.  iaillol  a  nrleȎ  cette 
erreur,  et  Guillebert  de  Meti  nous  prouve  que  te. 
redressement  est  fondé,  puistpi'il  («rie  jibis  loin 
de  la  rue  des  Matburins  elle-même.  (ïuillot,  ilanh 
son  Dit,  va  de  la  nie  Ofain  i  la  nie  Saini-Malkt- 
lin,  ce  qui  alors  n'était  |ias  |K)ssible,  piiisipie  le  cou- 
vent des  Trinitaires  oti  Mathiirias  et  iencios  du 
palais  d<>s  Themies  se  rejoignaient.  Il  fallait  que 
tîuillot  remontitt  la  rue  de  In  iloqie  qu'il  venait  de 
descendn>,  ou  (|u°il  délioucliât  dans  la  nie  Saiiil- 
Jocques,  laquelle  |)ortait,  entre  autres  noms,  celui 
de  "(îrant  rue  vers  Soint-Mathelùi.*  1^  nie  -Soinl- 
''Matburiii"  était  donc  une  section  de  la  nie  Saint- 
Jacques. 

"'  Le  cloître  Saint-Benoît  existe  encore  en  (lartie, 
entre  la  me  des  Mathiirins  et  celle  de»  Émles. 
dont  le  |(ercement  a  cliangé  Taspert  de  ce  quartier. 
Il  était  situé  derrière  le  chevet  île  r^tse  île  a> 
nom. 

'"  La  niodenic  rue  deSorbonne  ocni|ie  le  même 
enqilacement  qu'autrefois;  on  la  nommait  très-an- 
ciennement me  des  Portes  et  de»  Ikur-Porles ,  riemt 
ad  Portas ,  ad  Ihas  Portas.  La  fondation  du  coU^w 
de  Sorbonneliii  valut,  à  la  fin  du  iiu*  sièHe,  le  non 
de  vievs  de  Sorbonia  ou  Snrbonit;  Guillot  la  noiiinie 
'■rue  as  Hoirs  de  Sorbonoe*.*  Du  Bmil  fa  con- 
fondue avec  la  me  de  Omf9-Gmmk,  et  eeile-ci  avec 
la  nie  dt  Compe-Gorgt.  rueUei  voinm.  (Voir  m 
(pi'en  dit  Jean  de  Jnndun,  pagM  38  M  Sf.) 

*'  Im  me  dt  Clunif ,  que  GuiBebart  de  Meti  ap- 
pelle de  Cligny,  comme  le  coli^  de  ce  nom,  et 
Ciuillot  me  à  l'abbé  de  Clignif,  tcOÊt»  mteon.  CmI 
In  portion  de  la  me  Victor-Cooan  eoBprite  eatre 
la  place  de  la  Sortioane  et  de  b  me  des  Gordien, 
avant  l'ouverture  de  la  partie  inférieure  de  b  me 
des  Gris  (Cujas).  Elle  alioutUsait  au  pa.4Mig«  des  Ja- 
cobins, ainsi  que  le  montre  le  plan  de  La  CaSIe 

«S 


178  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

de  7Wc/('), 

de  Porel, 

des  Cordiers*'', 

des  Jacobins, 

Saint  Estienne  des  Grecs  '*, 

de  Loteraine''^\ 

de  I0spilal^''\ 

la  Charterie  '**', 


(1784).  Sur  celui  de  Jaillol  (1778),  elle  dëbouclie 
dans  la  rue  des  Grès. 

''1  Tliorel  esl  la  rue  lO  Corbel»  de  GuiUot;  c'était 
une  prlie  de  la  rue  des  Grès  (  Cujas  ).  Quant  à  Porel, 
autre  nom  estropié  (Guillol  écrit  Ponel),  il  désigne 
Irès-probablenienl  la  rue  deê  Poiréet ,  noniniée  rinu 
ad  Poretns  en  iqC'i,  vieut  Poretarum  en  137 »,  et 
depuis  rue  Porêt ,  des  Poréei  et  dei  Poiréet.  Elle 
commence  à  la  rue  Saint-Jacques,  point  où  elle  a 
été  élargie  en  1889,  pour  former  la  place  du  col- 
lège de  Loui»-le-Grand ,  et  aboutit  en  contre-haut 
et  par  un  retour  d'équerre  à  la  rue  des  Cordier». 
Cette  seconde  portion  de  la  voie  était  appelée  rue 
Newe-des-Poirèe».  On  a  substitué  récenunenl  à  ces 
deux  anciennes  ap|)cllations  les  noms  du  chancelier 
Gerson  et  du  grammairien  Restaut. 

'*'  La  rue  des  Cordiers,  qui  a  conservé  son  an- 
cienne physionomie,  met  en  communication  la  rue 
Saint-Jacques  et  l'ancienne  rue  de  Cluny.  Guillot 
l'appelle  "rue  as  Cordiers ,"  cl  Jaillol  pense  qu'elle 
devait  son  nom  à  des  flleurs  de  chanvre.  Il  ajoute 
qu'elle  se-  prolongeait  |)eut-^lre  jusqu'à  la  nie  de 
la  Harpe,  sur  remplacement  de  l'ancien  passage 
des  Jacobins,  que  Giiillebert  de  Metz  énonce  à  la 
suite  de  celte  rue.  Le  passage  des  Jacobins  devait 
son  nom  au  couvent  des  Dominicains  ou  frères  Prê- 
cheurs, établis  au  xiu'  siècle,  entre  les  rues  Saint- 
Jacques  et  de  la  Harpe,  et  ainsi  nommés  eux- 
mêmes  k  cause  d'une  chapelle  de  Saint-Jacques  qui 
leur  avait  été  concédée.  On  sait  que  l'ancien  Parloir 
aux  Bourgeois,  qui  était  contigu  à  leur  couvent, 
leur  fut  donné  par  Louis  XII,  en  i5o&.  La  partie 
inférieure  de  la  rue  Cujas  représente  à  peu  près 
aujourd'hui  l'ancien  passage  des  Jacobins ,  qui  était , 
avant  la  Révolution,  fermé  par  une  porte  sur  la 
rue  de  la  Harpe. 

'''  Les  prétendus  Grec*  ou  Grieux  de  Raoul  de 
Presles  se  retrouvent  ici.  Le  Beuf  el  Jaillol  s'accor- 
dent h  dire  que  la  rue  est  désignée  dans  les  an- 


ciens titres  sous  le  nom  de  viau  Je  Greuit,  et 
i'^liise  sous  celui  de  Sanehu  Siepkamu  de  Gres- 
sibus.  Ce  mot  Grei ,  dont  certains  historiens  ont  iait 
degrés,  gradus,  que  d'autres  ont  transformé  en 
Egris,  Egrtssus  urbis,  parait  être,  dit  Jaillol,  un 
nom  de  territoire;  M.  (À>cberij)  en  donne  deux  ëty- 
mologies  nouvelies  :  gret,  pierre,  et  gresium,  col- 
line. La  rue  Saint-Eùeime~deê-Grees  s'étendait,  au 
siècle  dernier,  de  la  rue  Saint -Jacques  au  carré 
Sainte -Geneviève.  Depuis  les  grands  travaux  de 
Soufflot  sur  ce  |)oint,  elle  débouche  sur  la  place  du 
Panlliéon.  Prolongée  vers  la  rue  de  la  Haq)e,  par 
suite  de  la  démolilion  du  couvent  des  Jacobins,  elle 
a  reçu  tout  récenuuent  le  nom  d'un  célèt>re  juriscon- 
Kulle  (Cujas). 

'*'  Nous  avions  d  alionl  [X'nsé  que  (iuiilo|)ert  de 
Metz  désignait  ainsi  la  rue  des  Bernanlias,  au  coin 
de  laquelle  il  existait,  dit  Sauvai,  un  hAlel  de  Lor- 
raine ou  de  Bar,  qui  fonnait  l'angle  du  quai  de  la 
TounicUe;  mais  la  marche  de  l'auteur  s'op|K«e  à 
cette  explication.  M.  .Adolphe  Berty  pense  que  Guil- 
leliert  de  Metz  a  mal  lu,  el  pr  conséquent  mal 
copié  le  Dit  de  (ïuillol;  qu'd  faut  lire  i^rue  de 
rOseroie»  ou  plutAt  wde  la  .N'oyeroie,"  et  que  cette 
désignation  s'applique  à  la  rue  Froid-Mantel,  qui 
constituait  l'extrémité  orientale  de  la  rue  du  Cime- 
tière-Saint-Bcnolt. 

'*'  On  éprouve  d'aboni  quelque  emlwrras  pour 
la  rue  de  /'0«/)i//i/ mentionnée  jKir  Guillol,  qui  y 
fut  témoin  d'une  querelle  de  femmes;  mais,  en  y  ré- 
fléchissant, on  se  convainc  que  celte  rue,  si  voisine 
de  la  commanderie  ou  hôpital  de  Saint-Jean-de-La- 
li-an,  était  In  rue  Saint-Jean-de-Latran  elle-même. 
Elle  est  comprise  aujourd'hui  dans  la  rue  des  Écoles. 

'•'  Ce  qui  appuie  fortement  les  conclusions  de 
la  note  précédente,  c'est  que  notre  auteur  passe  de 
la  rue  de  l'Ospital  en  la  rue  Charterie  ou  CMartière , 
qui  existe  encore  et  conduit  de  la  rue  Saiiil-HilaiiT 
à  la  me  de  Reims.  1 


DKSCUIPTION  DE  PARIS  SOIS  CHARLES  VI. 

Saint  Sirnpiiorien  ('', 

de  Maine  l"^', 

du  duc  de  Bourjjoinijne, 

des  Lavendiers^^\ 

de  Savoie (*', 

Sailli  Ililairc  '^', 

de  Judas  ("),  du  l'olit  Four  ('', 

le  carrefour  Saint  llilaire'"', 

clos  Bruuel  ("',  ou  sont  les  escoles  de  Uecrés; 


179 


'''  La  rue  Sainl-Symphorien-ileii-ViifMi,  ainsi  noiii- 
niL'e  \x  cause  d'une  cliapcllc  voisine,  et  parce  qu'elle 
uvnil  6\ié  ouvoi-tr?  h  travers  dos  vijfnoliies ,  ii  (?((•  iippeitfe 
aussi  y«'(i7c  rue  Saiulc-ltarhe ,  et  (Milin  rue  des  Ckolels. 
Elle  séparait  les  deux  collèges  de  ce  nom  et  longeait 
en  outre  les  iiiiii-s  du  (•oiif'jrc  de  Cleruiont.  En  1 8/i5 , 
le  sol  decetic  ruelle  a  étti  cède  au  coiléjfede  Louis-le- 
Grand  et  à  linstitutioii  de  Saintc-ISarbe.  Guillol  dit  : 

En  la  rue  Sainl-Sypliorieii 

On  inai|;ncnt  li  logiplien  (i^);yplion,  bohémien). 

Tout  ce  quartier  a  étd,  jusqu'à  sa  d(?niolilion  en 
186G,  le  rtkeptacle  des  fflogiptiens»  modernes. 

'*'  Celte  rue  de  Miime  ne  peut  tHre  que  la  rue 
de  lleimn,  (pii  joint  In  rue  (iliarretière  h  celle  des 
Sept-Voics ,  et  doit  son  nom  au  colit'ge  de  Reims , 
aujoiM-d'Iuii  aunexe  de  Siiiiite-Ikrbe.  Guillebert  de 
Metz  la  désigne  ainsi,  sans  doute,  parce  que  les 
ëvéques  du  Mans  y  avaient  une  maison  mentionnée, 
en  1  ,'}8o,  diuis  un  ceusier  de Sninle-Geneviève. Quant 
h  son  troisième  nom  de  rue  du  Duc  ou  au  Duc-tle- 
liourgogne.  Sauvai  nous  np|)rend  que  les  ducs  de 
Rourgogne  de  la  seconde  race  y  avaient  un  hôtel. 

'''  l'jicore  une  erreur  de  copie;  lisez  :  nut  des 
Ainiiitdiers  ou  Alinaiidiers.  luette  voie,  dont  on  n 
beaucoup  discuté  l'étymologie ,  est  mentioimée  dès 
le  xui*  siècle.  Kllc  porte  aujoiirtrimi  le  nom  de  l'as- 
tronome Lapliice. 

'*'  La  rue  de  Savoie,  qu'il  ne  faut  pas  confondre 
avec  celle  du  (piartier  Snint-André-des-Art-s.  et 
t|ui  porte  le  même  nom  <lims  le  Dit  de  Guillot,  est. 
selon  toute  pi-olwbililé,  la  rue  des  Sepl-Voies,  Sefh- 
lem  Vinnim ,  apud  Septem  Via».  Ce  n'est  donc  point 
"pour  la  rime,  n  comme  le  pense  Jnillot.  que  ce  nom 
a  été  ainsi  dédguit^  |)uis(pif(;uillebertde  Metz  t'crit 
en  prose;  il  faut  n'y  voir  qu'une  altération  popu- 
laire. La  rue  des  Sept-Voirs  subsiste  encon"  :  elle 
joint  la  rue  Saint-llilaire  à  la  place  du  i'antbéon. 

*    Voir  les  notes  6  et  7. 


<*'  Là  rue  de  Judo»,  viau  Jtide,  cHëe  dès  Ir  mi- 
lieu du  XIII*  siècle  dans  le»  lilra  de  Sainie-Gene- 
viève ,  joignait  la  rue  des  Carmes  à  la  nie  de  la 
.Montagne Sainte-Geneviève,  et  était  continuée  |>ar 
la  rue  Traventine.  Elle  devait  très-probablement  son 
nom  aux  Juifs  qui  riiabitaient.  Otte  <\éBOuim6cKk 
ayant  |>aru  mal  soimaiit<;,  un  lui  substitua .  m  1 838. 
celle  de  rue  du  CAos-liruneau ,  qui  ap|>artetiait  au- 
trefois à  la  nie  Jean-de-Beauvais  et  rappelait  un 
lieu  célèbre  dans  l'histoire  de  cette  r^ioo.  Par  suite 
de  l'ouverlurf-  de  la  me  des  Écoles,  il  ne  reste  au- 
jourd'hui de  la  nie  Judo*  qu'une  rangiée  de  vietUes 
maisons  perchées  au  sommet  d'une  fidaise. 

'''  La  rue  du  Pelil-Four,  ou  du  Petit-F<mr-Saimi- 
Hilaire,  rieus  ou  niella  Fumi,  est  mentionnée,  dès 
le  milieu  du  xin*  siècle,  dans  le  cartulaire  de  Sainte- 
Geneviève;  elle  devait  son  nom  ù  un  four  banal  qui 
appartenait  à  l'Oise  Saint-Hilaire.  Elle  existe  en- 
core et  continue  la  rue  d'Ecosse  en  retour  d'équeire. 
pour  aboutir  dans  la  rue  des  Sept- Voies. 

'''  L^  rue  et  le  carrefoor  Smml-Hilairt,  point 
culminant  du  clos  Bruneau .  ont  ganlé  leur  antique 
|)liysionomie.  Dès  le  milieu  du  xtii' siècle,  le  carlu- 
laii-e  <le  Sorbonne  indique  la  me  sous  le  nom  de 
rirM«  superior  Satteti-HUarii  ;  on  l'a  conibiidiie  avec 
la  rue  Fromeiilel  ou  Froid  mniilel,  qui  en  est  voisHW. 
et  dont  la  dénomination  a  beauciHip  occupe  les  sc- 
vanLs.  lin  double  carrefour  était  formé,  k  Teit.  par 
In  jonction  des  mes  Sainl-ililaire.  des  Carmes,  des 
Sept- Voies,  la  nielle  aux  Bœuls;  il  Tonest,  par  b 
rtMicontre  des  mes  Saint-Jean-de-Lalran .  Jesa-de- 
Reauvais,  Frnmentel ,  Charretière  et  Saint-Hilaire. 
Ou  y  remarquait  le  fameux  /Vitr^^srÉm,  ooasimil 
pnr  l(>s  soins  et  niix  frais  de  Robert  Certiin,  ev^de 
Snint-liilaire  et  pniKi|ial  du  coU<^  Seinte-Bariie. 

'*'  Le  ve/affinme/,  ousonlles  asBohideDecféi.» 
est  bien  eonmi  par  tout  ce  qui  prMde:  la  voie  <|ai 
le  longeait  était  la  me  Jean-de-Beauvais.  Guillot  le 

aS. 


180  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OUIGINALX. 

Roseau  ('*, 

des  Englois''^',  ou  les  bons  couteliers  demeurent, 

desLavendieres'^', 

a  Toumanl  '*', 

la  graiit  rue  Sainte  Geneviève***  et  la  petite  rueletle'"'  Saint  Marcel, 

ClopinC, 

Traversaine'*', 


nomme  (rClos  15nn)iau;»  Tahbv  Lp  Beufa  voulu  voir 
dans  colle  «Idiioiiiination  un  souvenir  des  chemins 
perrdsou  chaussa  de  Bruiieliaul;  il  est  plus  simple 
d'y  voir  un  nom  de  propriétaire  :  Clausum  Bru- 
nelli,  dil  Jean  de  Jandnn  (p.  lio  et  4 «),  auquel  nous 
l'envoyons  pour  i'enseignemenl  des  décrets  el  décre- 
tales.  M.  H.  (^ocheris  a  donné  une  excellente  note 
sur  les  grandes  cl  |>clites  écoles  de  décrets,  dans  son 
édition  de  Le  Beuf,  t.  Il,  p.  i53.  L^  rue  Jean-de- 
Beauvais,  quoique  coupée  par  la  nie  des  Ecoles, 
suljsisle  encore. 

'''  I>es  historiens  de  Paris  ne  parlent  pas  de  cette 
rue;  on  ne  la  trouve  mentionna»  que  dans  le  Dil  co- 
pié en  )83(j,  par  M.  Teulel.  à  la  hil>lioth('>que  Cot- 
tonienne  de  lx)ndres ,  cl  puhlié  par  Géraud ,  ii  In  suite 
du  l((Me  de  la  Taille  de  i  aga.  Si  l'on  suit  la  mardie 
de  (iuillol .  qui  diflere  |)en  de  celle  de  (îuilleliert  de 
Metz .  un  voit  entre,  le  clos  Bruneau  et  la  rue  des 
Anglais,  paraître  la  me  «du  Noyer,*  vieus  NtKMm, 
de  Nueibut  el  de  Nucerii»,  dénomination  «prelle  de- 
vait aux  noyers  dont  le  clos  Bruneau  était  imrdé. 
puis  la  irrue  à  Plastriere»  ou  me  du  Plâtre,  qui  joint 
encore  aujourd'hui  la  rue  Saint-Jacques  è  la  me  des 
Lavandières.  1^  me  "■Boseau,i  si  elle  a  jamais  existé, 
serait  l'une  de  ces  deux  voies;  peut-^lre  aurait-elle 
dû  ce  nom  aux  roseaux  qui  croissaient  sur  les  limites 
du  clos  Bruneau .  ou  dont  on  se  servait  pour  alimen- 
ter le  leu  des  foure  à  plaire.  Celle  ély  mologie ,  comme 
l'existence  de  la  rue  elle-même,  est  une  pure  hypo- 
thèse. 

"  I>a  rue  de»  Engloi*  que  Guillol  ap|)elle  ras 
irEngloisii  existe  encore,  quoique  tronquée  à  son 
extrémité  nord;  elle  réunit  les  mes  Galande  et  des 
Noyei-s.  On  la  connaissait  sous  ce  nom  dès  le 
xin'  siècle;  Sauvai  croit  qu'elle  le  devait  irau  long 
<i séjour  que  les  Anglois  ont  fait  à  Paris;*  Jaillot 
estime  qu'il  pourrait  bien  «venir  de  la  nation  d'An- 
irgielerre  el  d'Allemagne,  l'une  des  quatre  de  la  Ffi- 
(fcuilé  des  arts.  i  L«  renseignement  fourni  par  Guil- 
lebert  de  Metz  sur  l'industrie  dont  celle  me  était  le 
siège  ne  se  trouve  nulle  pari  ailleurs. 


'*'  Elle  existe  encore  près  de  la  place  Mauhert. 

*'  Nous  pensions  que  ces  niotA  signifiaient  en 
lournanl;  car,  pour  se  diriger  de  la  rue  des  Lavan- 
dières vers  la  me  de  la  Moiitagne-Sainte-(jeiieviève , 
i\  faut  tourner  k  droite;  mais  M.  Berly  inchne  k 
croire  que  l'auteur  a  voulu  désigner  ou  la  me  Perdue 
(Maître-Albert),  qui  lourne,  en  effet,  pour  gagner 
le  quai,  ou  la  mellc  de  VYtore,  qui  tonnait  aussi 
[lour  aller  de  la  me  des  Noyers  à  la  |>lace  Maubert. 

^'  La  «grant  rae>  on  me  de  la  MontoffneSainle- 
Ge»eeiive,  vicut  Genorr/iu,  a  gardé,  malgré  les 
percements  toisins,  une  |tartie  de  son  ancienne 
physionomie.  Elle  existait  déjà  au  xi*  siècle. 

'*'  La  ir  petite  melettc  Saint-Marcel ,  de  quoi  luii 
■rdes  bouts  ciiiet  sur  lelre*  {atrium,  carré  Sainte- 
Geneviève),  irel  lautre  si  se  raporte  droit  a  la  me 
irde  la  Forte  Saint  Marcel .  "  dit  Giiillot ,  était .  selon 
fabbé  Ije  Beuf,  une  melle  qui  altoulissait  k  la  me 
Bordet.  Cette  désignation  ne  peut  s'appliquer  qu'à  la 
me  actuelle  des  Prétres-Saint- Etienne. 

■'  1^  me  (^lopin  exi.stc  encore,  mais  singuhère- 
iiieiil  aiiioimlne  :  en  effet,  |mrtaiit  de  la  me  des 
Eossés-Saint-Victor,  elle  se  termine  au  mur  de  sou- 
tèiieiiient  de  l'h^-ole  polytechnique  et  n'a  d'autre 
almutissanl  que  la  me  d'Arras,  avec  laipielle  elle 
forme  équerre.  L<e  reste  du  parcours  a  été  supprimé 
en  i86â,  et  englobé  dans  les  dé|)endances  de 
l'École.  Il  reste,  sous  le  nom  d'im|>asse  Clopin, 
l'ancien  débouché  de  cette  me  sur  la  me  Descartes. 
Elle  devait  son  nom  à  la  rgrant  niais<jn  Cloiiin.* 
qui  y  fut  bâtie  vers  le  milieu  du  xiii'  siècle.  .Au  xm" 
on  la  trouve  appelée  me  du  Champ  ou  du  Chemin- 
Gaillard;  l'imprimeur  Guyot-Marchand  y  demeurait. 

*'  H  n'existe  plus  aujourd'hui  que  l'emplacement 
de  la  me  Trmer$ine,  Travertaine  ou  Travertière, 
cpii  formait  vers  Pest  la  continuation  de  la  seconde 
me  du  Clos-Bmneau,  elqiie  suq)loiiibaienl  les  ter- 
rasses de  l'ancien  collège  de  .Navan-e.  Elle  était 
bâtie  dès  le  xiv*  siècle,  puisque  Guillot  la  cite  : 

Et  pais  la  rue  Trarenair.e . 

Qui  Cet  en  bani  bien  loin  de  S.iinne. 


DESCRIPTION  DK  PAHIS  SOI.'S  CIIARLKS  VI. 

d(!s  Mathurins"', 
Saint  Victor  (2), 
de  Versailles'", 
du  Bon  PuisW, 
dAlixaridre'*', 
Saint  Nicolas'"), 
de  IJievre'"', 
rue  Perdue'"', 
la  place  Mauhert ''', 


181 


''  On  ne  s'explique  guère  que  GuillelxTl  de 
Metz  place  ici  une  rue  des  Mathurin»;  il  est  en  effet 
«Idiis  lu  n'jjioii  Siiiiil-Victor,  et  ne  peut  ninsi  re- 
lirmisser  clieiiiin  pour  rcjjujjner  le  quartier  Saint- 
Benoit  où  86  trouvait  la  rue  de»  Mathurin.s.  Il  liuil 
prnliahliMMf'nt  lire  rue  des  Mura,  vicun  Murorum, 
iiotn  (pie  la  rue  d'Arras  portait  anciennement,  parce 
qu'elle  lon(;eait  sur  ce  point  l'enceinte  de  l'liilip|)c- 
Auijiist*!.  (îuillot  vn  directement  de  la  rue  Trnver- 
sine  h  la  rue  d'Arras  : 

Km|ires  est  la  rue  des  Murs; 

De  clicniincr  n«  fut  pas  mus  (fotigué); 

elles  se  touolieiit  en  effet. 

'''  La  rue  Sninl-Viclor,  dont  il  ne  reste  plus  au- 
jourd'hui que  le  cMé  septentrional ,  devait  son  nom  h 
\a  C('i(M)n'  ahliayc  dont  elle  diait  voisine.  Kllc  le  por- 
tait prol)al)lcrncnt  dès  le  règne  de  Louis-le-Gros.  Au 
delh  des  rues  actuelles  des  Fossés-Saint-Victor  et 
Saint-Bernard  commençait  le  faubourjf  Saint-Victor, 
aujourd'hui  rues  l.umé  et  (leoffroy-Saint-llilaire. 

"'  La  rue  de  TerMiZ/M  n'existe  plus  depuis  ipiel- 
ques  mois;  elle  {fravissail  le  coteau  depuis  la  rue 
Saint-\'iclor  jus<|u'à  la  rue  Traversine.  (Iuillot  l'ap- 
pelle rrue  de  Verseille;»  elle  devait  son  nom,  dit 
Jaillot,  à  une  famille  distinguée  dont  l'histoire  fait 
mi'iilioii  dès  le  xi'  siècle.  Pierre  de  Ventalii*  y  de- 
ineiirail  en  1S178. 

'  Parallèlement  h  la  rue  de  Versailles  s'élevait 
la  rue  du  Unn-Vuitu .  détruite  aussi  en  1866,  et 
habitée,  selon  Sauvai,  dès  le  milieu  du  xni'  siècle. 
Klli^  «levait  son  nom  h  im  puiLs  pidilic  ipii  existait 
k  cette  éptMpie  et  la  séparait  de  la  nie  du  Paon. 

'"'  Cette  rue  irAlixandre»  ou  Alexandre  avait  la 
même  dirtn-tion  <pie  les  prt'cédentes ,  et  portail,  dès 
les  pnMuièivs  unni'es  du  xni* siècle,  le  nom  <le  vient 
Mrxmulri  Aiifrlici ,  rue  Me.randre-Lttnjjlo'ig.  L'ne  en- 
seigne lui  a  valu  la  dénomination  d<>  rue  du  Paon, 
qui  lui  est  resté  jus4|u'h  sa  destruction,  en  1866. 


"'  1^  rue  Saint-IVieoliu ,  (uiraiièle  aux  Iroi»  pré- 
cédentes, devait  son  nom  i  l'i^lse  voisine  et  «00 
surnom  au  clos  du  Chnrdonnet  qu'elle  Iraveruit.  Lp 
cartidaire  de  Sainte-^îeneviève  l'apiielle,  en  noo. 
vieus  tancti  Nieolai propre  Pitleum;eeslU'  Ihn-Pmiu 
dont  nous  venons  de  jwrler.  Gnillot  déclare  qu'il 
s'y  rendit  sans  peine  en  venant  de  la  nie  du  Paon  : 

En  la  rue  Saiot  McoIm 

Du  Chardonnsi ,  ne  fui  pas  lai. 

Déjà  enbrriée  par  la  nie  des  Kcolos,  elle  a  disparu 
pr  suite  du  percement  de  la  rue  Monge. 

*''  La  rue  de  Bièere  subsiste  encore;  elle  conduit 
(le  la  place  Maul)ert  aux  anciens  (trnndn-Drgrtt  par 
où  l'on  montait  au  «piai.  Ap|iel(>e  au  wiu*  sièdc 
riciM  de  Bevra  et  Bievra ,  elle  devait  ce  nom  à  une 
dérivation  de  la  rivière  de  Bièvre  acconléc  aux  re- 
ligieux de  Saint-Victor  par  (klon .  abbé  de  Sainte- 
Geneviève  ,  et  sur  les  instances  de  saint  Bemanl. 
Ce  canal,  (pii  traversait  l'enclos  de  l'abbave  Sainl- 
V  icior,  le  terrain  des  Bons-Knfants  (angle  des  rue* 
Saint-Victor  et  du  Canlinal-I>>innine)  et  des  Ber- 
nanlins  (casenie  de  la  nie  de  Pobwy,  Foiirrière.ete.). 
(h^hoiichait  dans  la  Seine,  à  l'extrémité  nord  de  la 
rue  de  Bièvre.  C'est  seulement  en  if»74  que  la  ri- 
vière ,  détournée ,  eut  368 .  dans  une  autre  direction . 
a  ('!)'  rapprochée  de  son  lit  priniilir.  Klle  n'a  p«  inbi 
de  (li>riva(i<>n  depuis  c(>tte  é|)nque;  mais  oa  sait  ipi'i 
partir  du  |)oint  où  elle  coupe  la  me  Geoflroy-Sainl- 
llilaire,  elle  sera  jel('e  dans  l'j^ut  de  la  nie  Linn»- 
et  du  boulevard  Saint-tiennoiii ,  |KMir  Mre  conduite , 
|mr  un  grand  collecteur,  ou  |nhiI  de  la  Gxio«tle,  où 
elle  travenera  la  Seine,  se  dirigeant  ven  Asaières. 

*'  I^  nie  Perdue  est  parallèle  h  la  me  de  Bièvre. 
Guillot  et  le  RAIe  de  In  Taxe  de  1 3 1 3  en  inot  mea- 
tion.  On  lui  a  doiim^  n'c(>niiiien(  le  nom  de  Mtàn 
Albert,  (Ml  souvenir  de  ce  cdèbre  dorteur. 

*  L'niitiipieyfte  JÊwtAirt,  thétefdw  prouet» 
de  Villon  et  de  bien  d'autres  "mauvais 


182  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

aux  Deux  Portes*'*, 

la  Calandre  '*', 

des  Ras*'^ 

du  FeurreW,  ou  len  list  des  ars, 

Saint  Julien**', 

la  Bouclierie**', 

la  Poissonnerie*''. 


avant  lui,  doit-elle  son  nom  au  fameux  dominicain 
qui  y  aurait  tenu  dcoie  publique  en  plein  air,  faute 
de  local  assez  vaste  pour  abriter  ses  auditeurs  ;  i 
un  évêque  de  Paris  du  nom  de  Maldebert,  ou  h 
Aubert,  second  obbë  de  Suinte4îeneviève?...  Adhnc 
sub  judice  lu  eil.  L'ouverture  du  boulevanl  Saint- 
Gerniiiin  lui  a  fait  perdre  une  partie  de  son  ancienne 
physionomie;  on  ne  la  recunnait  plus  aujourd'hui 
qu'au  débouche  de  la  rue  Galande. 

'"'  Ijx  nie  iet  Deux-Porles  en  avait  trois  au 
temps  de  Guillol.  et,  si  elle  ne  les  a  pas  consendes 
jusqu'à  nos  jours ,  elle  en  a  du  moins  garde  le  nom. 
Corrozet  est  d'accord  avec  GuillelK-rt  de  Meti  pour 
ne  lui  en  donner  que  deux.  Quant  à  l'oriffine  de 
cette  di'noniination ,  il  faut  choisir  entre  l'opinion 
de  Le  Beuf  et  celle  de  Jaillot.  \je  premier  pense 
que  "Cette  me  étoit  fermde  en  trois  endroits,  et 
irqiie  la  porte  du  c&lé  de  la  rue  (înlande  étoit  au 
(tbout  de  la  rue  Jacintlie;i  le  second  estime  que 
ces  trois  portes  étaient  celles  des  trois  maisons  que 
contenait  la  rue  au  comuicuceiueut  du  xiv'  siècle. 
La  rue  existe  encore  et  a  conservé  un  peu  de  son 
ancien  aspect.  Elle  unit  la  place  Maubert  k  la  rue 
de  l'Hôlel-Colbert. 

•*'  La'voie  que  Guillebert  désigne  ici  très-impro- 
prement sous  le  nom  de  Calandre,  dénomination 
exclusivement  propre  h  la  rue  qui  existait  dans  la 
Cité,  n'est  autre  que  la  rue  déjà  nonmiée,  un  siècle 
plus  tôt ,  Gallande  ou  la  Galtande.  I>a  famille  de  Uar- 
lande  était  célèbre  au  xi*  siècle,  et  le  clos  Mauvoisin 
lui  apjjartenait.  C'est  dans  ce  clos  que  furent  per- 
cées, au  commencement  du  xni'  siècle,  les  rues 
Galande,  des  Trois-Portes ,  des  Rats  (de  l'Hôtel- 
Colbert)  et  du  Fouarre.  Ces  voies,  qui  sultsistent 
encore  presque  entières,  sont  aujourd'hui  l'un  des 
rares  spéciuiens  des  vieux  quartiers  de  Paris. 

•''  La  rue  des  Ras,  que  Guillot  appelle  impro- 
prement rue  d'Aras , 

Od  se  nourissent  maint  grant  ras , 

devait  son  nom  à  une  enseigne ,  dit  Jaillot .  et  non 
pas  à  ces  rongeurs.  Le  nom  d' Hôlel-Colbert  lui  a 


été  donné  en  iSag,  sur  la  demande  des  proprié- 
taires, et  en  souvenir  d'une  maison  qu'y  (Mtssildpit 
le  célèbre  ministre.  Elle  sulisiste  en  entier  et  joint 
la  nie  Galande  à  la  nie  de  la  Bûcherie.  I>~t  an- 
ciennes écoles  de  médecine  occu|>aient  l'angle  de 
cette  dernière  nie  ;  les  bâtiinent«  sont  encore  debout . 
mais  dénaturés  au  dedans  et  défigiirés  au  dehors. 

'  [>a  nie  "du  Feurrt,  ou  len  list  des  ars.i  est 
le  célèbre  rieu»  Straminum ,  où  l'herbe  et  la  paille 
jonchaient,  à  défaut  de  carrelage  ou  de  tapis,  le 
.soldes  écoles. (îiiillot. qui  l'ajificllc  "nie  de  l'Ecole,* 
dit  qu'on  y  vendait  ^et  lain  et  fuerre  ensemble. n 
ce  qui  conduirait  à  une  autre  origine  du  moi  frum 
on  fouarre.  Quoi  qu'il  en  soit,  c'est  le  bereeau  de  la 
Faculté  des  arts.  (Voir  ce  qu'en  dit  Jean  de  Jandun . 
p.  3&  et  35.)  Elle  subsiste  encore  aujourd'hui  et  joint 
la  rue  de  la  ilùchene  à  la  rue  Galande. 

''  Iji  rue  Saint- Julien-le-Paurre  est  un  autre  vé- 
nérable débris  du  vieux  Paris;  elle  subsiste  encore, 
ainsi  (pie  la  |>etite  et  curieuse  église  à  Inquelle  elle 
doit  son  nom. 

<*'  La  Bieherie  ou  Bomekerie,  comme  écrit  notre 
auteur,  est  désignée,  dans  les  titres  de  Sainte^^îéne- 
viève ,  sous  le  nom  de  ri'nw  de  Boucharia ,  Boekeria  et 
Buêekaria,  la  Busekerie  de  Petit-Pont  ;  Corrozet  adopte 
l'orthographe  de  Giiilleliert  de  Metz.  Chemin  limi- 
tant le  clos  de  Garlande  du  côté  de  la  rivière,  elle 
est  devenue  rue  et  s'est  garnie  d'Iiabilations  pen- 
dant les  XIII*  et  XI**  siècles.  La  construction  du 
quai  Montebello  et  des  deux  annexes  de  l'HAtel-Dieu 
a  singulièrement  modifié  l'ancienne  physionomie 
de  celte  rue. 

'''  I^  Poissonnerie  était  une  nielle  qui  descendait 
de  la  rue  de  la  Bûcherie  à  la  rivière,  et  s'appelait 
également  la  place  au  Poisson.  DeChiiyes  et  Jaillot 
l'appellent  nie  du  Cameau  ou  du  Pelil-Carntau ;  et 
1^  Caille,  rue  du  Port-à-Maùre-Pierre.  Il  v  a  toute 
apparence  que  Le  Beuf  s'est  trompé  en  la  confon- 
dant avec  la  rue  du  Petit-Pont  et  l'impasse  (îloriette. 
Jaillot  l'indique  comme  longeant  l'aile  droite  du 
Petit-Châtelet. 


DESCRIPTION  DE  PAHIS  SOUS  CHARLES  VI 


183 


XXIV. 
EN  LA  BASSE  PARTIE  DE  LA  VILLE,  DEÇA  LES  PONTS. 

Les  églises  paroischiales  de  Saint  Jaques  de  la  Boucherie'", 

de  Saint  Eiistace^, 
de  Saint  Germain  dAucerre'*', 
des  Innocens'*', 
de  Saint  Marry '*', 


''*  Saint-Jacfiues-lii-Bouelierie  ëlail  l'une  des  plu» 
uMcienrKis  (^jjiisiw  île  PfU'is.  Lu  |)lii|iiirt  des  iiistorifiis 
ont  |)eiis('  (|ir('lleavuil  r(!m|ilacfi  uii<'aiili(iiiiM-lm|)('lle 
de  Suinte-Anne,  ou  de  Soinle-Aijnès ,  selon  l'ubW 
Le  Bciif.  Ce  point  n'n  pu  Aire  ronipléteiiient  éciuirci 
pur  l'ul)!)!';  Viliiin ,  unteiir  d'une  suvunle  nionojp'upiiie 
de  cette  église.  L'(?difice,  circonscrit  par  les  rues  du 
r.loitre-Saint-Jncques,  des  Écrivains  et  des  Arcis, 
avait  son  ciievet  sur  celle  dernière  rue ,  sa  façade  à 
droite  et  en  aiijpiement  de  la  lour,  perpeiidicuiaire- 
nient  h  la  nie  de  Rivoli.  C'était  probablement  la 
troisième  ('([lise  édiliA;  sur  ce  point;  elle  apparlenuil 
aux  xiv'et  xv* siècles,  etdi-vuit  bcuiicoiipaux  iibiTfi- 
litdsdes  riclies  bourgeois  du  quartier;  la  tour,  coni- 
Mienctk'  en  i5o8,  n'avait  él(!  tenninA?  que  sous  le 
rèjjne  de;  François  I".  Le  voisinage  de  la  tGrant 
Boucherie^  du  C.liâtelet  lui  avait  valu  le  surnom  qui 
servait  à  hnlistinguer  des  autres  c'glises  sous  lemAnie 
vocable  [Saiicli  Jncohi  de  ('itrnijiclna).  Supprimée  en 
1790,  vendue  en  l'an  v,  et  ddniolie  |K)ur  rétablis- 
sement d'un  marché  au  linge  et  aux  babils ,  elle  a 
légué  il  notre  siècle  sa  magnidque  tour,  dignement 
restauré)!  par  M.  liallu. 

<*'  Saint-Eutilnclie  a  son  histoire  comme  Saint- 
Jacques-la-lloucberie;  des  scènes  de  loule  nature  y 
ont  eu  lieu  ;  noMd>re  de  bourgeois  di-  Paris  et  de 
l^rsonnages  illustres  en  ont  été  les  bienfaiteurs  ou 
V  ont  eu  leur  sépulliuv.  L'édilice  qu'on  admire  au- 
jourd'hui a  riMoplucé  une  cha|)elle  de  Sainte-Agnès, 
dont  il  est  fait  mention  dès  le  connnencement  du 
xiii'  siècle  et  (|ui  avait  été  érigée  en  cure  sous  le 
vocable  de  saint  Kuslache.  (]elle  nouvelle  dénonii- 
nalion,  dit  Jaillol,  rrvenoilapparenunenl  deijuelque 
«Tclicjue  de  ce  saint  qu'on  obtint  de  l'abbaye  de 
ff Saint-Denis,  où  son  corps  avoil  élé  di'posé."  Après 
avoir  été  jilusieurs  fois  réparée  et  agrandie,  l'église 
de  Sainl-Euslache  fui  complètement  réédifiéede  i53-i 
à  iG'i'j.  Le  |M)rt«il  qu'on  trouvait  rrde  mauvais 
fgoùt,''  et  (pii  d'ailleui's  n'était  |>as  achevé,  fut  tlé- 
truit  |>our  faire  place  à  celui  de  Mansart  de  Jouy , 


substitution  des  plus  regrettable*.  On  a  depui* 
longtenqw  le  projet  de  remplacer  le  lounl  pérûtyle 
grec,  maladroitement  accolé  à  une  église  de  la  B^ 
naissance,  par  un  portail  en  hannonie  avec  le  (tyle 
de  l'édifice. 

'''  Saint-Germmn-l' Auxerrou ,  églite  royala  el 
paroissiale,  est  des  plus  vénérables  par  mq  ani»- 
quité,  puisqu'il  en  est  fait  mention  dès  le  vu*  siècle, 
et  que  les  iNormands  s'y  fortifièrent,  lors  du 
de  Paris.  irlttUie  et  nïbiîtie  |>ar  nos  rois,  nolamn 
sous  le  règne  de  Charles  VII,  elle  prit  le  titre  de 
royalp,  qui  lui  fut  roiifirmé  lorsque  le  l.ouvre  devint 
la  résidence  habituelle  des  souverains.  »  Sauvai  et 
Le  Beuf  ont  énuméré  les  diverses  recoiistnirlions 
de  celte  église.  M.  J.  Quichenil  a  publié,  en  outre, 
dans  les  Mém.  de  la  S<>r.  den  Antiq.  de  France,  un  très- 
remarquable  travail  intitulé  LeMtroUtainU  Genmmm, 

'*  L'égILse  de»  Sainlu-InnoeeiU»  s'élevait  an  coin 
de  la  rue  Saint-Denis  et  de  l'ancienne  me  aux  Fers, 
vers  l'angle  noi-d-est  du  square  actuel.  L'origine  eo 
est  fort  obscure  ;  ce  qu'on  peut  aflimier .  c'est  qu'elle 
existait  dès  le  règne  de  l^uis-le-Jeune,  puisfpi'il 
en  est  fait  mention  en  1 1 56  dans  une  (ransariinii 
entre  le  chapitre  Saint-Merry  et  Fabbaye  de  Saint- 
Magloire.  Jaillol  croit  qu'elle  avait  iV  coaslniile  sur 
renqilacemenl  de  la  cha|M-lle  des  morts,  dont  Imu 
les  cimetières  étaient  autn'fois  |iourvus.  Réédifiée 
et  agrandie  par  Philip|MvAugusle.  avec  les  denian 
des  Juifs,  l't'glise  des  Saints-Innocents  fut  démolie 
en  1786,  lors  de  la  siipiHvssion  du  cimetière  et 
des  charniers .  et  la  paroisse  réunie  k  celle  de  Saiol»- 
Opjwrtune.  Neuf  confréries  y  avaient  leur  ai^. 

'  Saint-Merry  note  encore;  le  premier  édifice 
de  ce  nom,  bAli  sur  l'emplacement  d'une  anciaMM 
rha|M>lle  dt'ditV  h  saint  Pierre,  reçiil  le  vocalil*  de 
saint  Mt'-déric,  solitaire  qui  vivait  au  ni*  aiède, 
comme  saint  Sévenn ,  à  o6ié  de  Toraloire  qui  devait 
un  jour  être  r»¥difié  et  porter  son  nom.  Ce  sanc- 
tuaire, qui  succéda  i  la  chapelle  primitive  et  qni 
avait  élé  hili  aux  frais  d'Odon  ou  Eudes  le  Fan- 


18/1 


DOCLMEMS  ET  ÉCHITS  ORIGINAUX. 

(le  Saint  Sauveur '", 

de  Saint  Honnoré,  ou  est  Noslre  Dame  de  \ertus 

de  Saint  Pol  «, 

de  Saint  Gervais'*', 

de  Saint  Jehan  <'*', 


coiinier,  dont  on  y  voyait  la  sépulture,  fut  rf- 
constiuil,  une  première  fois  au  coinmenceaienl  du 
xiii*  siècle,  et  une  seconde  fois  sous  le  règne  de 
François  I";  c'est  l'église  actuelle,  qui  ne  fut  ter- 
minée qu'en  1619.  Devenue  Temple  du  Commerce 
en  1793,  et  rendue  au  culte  peu  de  temps  après, 
elle  a  été  depuis  l'objet  de  diverses  n-staurations. 

''  L'église Sain/-6"«u(T«r,  qui  était  située  à  l'angle 
nord  de  la  rue  de  ce  nom  et  de  la  rue  Saint-Denis, 
avait  remplacé,  à  une  époque  iiidélemiinée.  une 
chapelle  dite  de  la  Tour,  ra  cause,  ilit  Jaillot,  dune 
fftour  qui  en  étoit  voisine.»  Quelle  était  cette  tour? 
A  quelle  enceinte  |K)uvail-elle  appartenir?  C'est  ce 
qu'il  est  difficile  de  |)réciser.  Quoi  (juil  en  soit, 
la  paroisse  Saint-Sauveur  existait  dès  la  lin  du 
xui*  siècle;  l'édidce  fut  reconstruit  ai  i56o.  réparé 
et  agrandi  en  1.^71 ,  i0.i'j  et  1718.  Supprimé*'  et 
démolie  à  l'époque  de  la  Révolution,  l'église  Saint- 
Sauveur  a  fait  place  h  un  établissement  de  bains. 

'  L'église  S«iH/-//onorp,  projetée  dès  i9o4  |tar 
Renold  Clierey  et  son  épouse  Sy bille,  qui  la  do- 
tèrent richement,  était  terminée  quelques  années 
après  et  pour\ue  de  vingt  et  une  prébendes  ou 
ehanoinies;  c'était  donc  une  collégiale,  avec  titre 
curial ,  mais  pour  les  maisons  du  cloître  seulement. 
Le  fameux  cardinal  Dubois ,  qui  avait  occupé  l'un 
des  canonicals  de  Saint-Honoré.  y  était  inhumé, 
l^  cloître  Saint-Ilonoré  existe  encore;  l'église,  pe- 
tite et  basse,  avait  été  agrandie  en  1 679  ;  elle  occu- 
pait la  partie  du  cloître  la  plus  rapprochée  de  la 
rue  Saint-Honoré,  à  gauche  du  passage  qui  com- 
munique avec  cette  rue.  Supprimée  en  1790  et  ven- 
due en  179a  ,  elle  a  fait  place  h  des  maisons  privées. 
Quanta  tr.Nostre  Dame  de  Nertus,"  c'était  sans  doute 
une  statue  miraculeuse  de  la  Vierge,  comme  celle 
du  village  d'Aubervilliers  dont  parlent  du  Breul 
et  Le  Beuf.  Sauvai  (t.  111.  p.  hht)  mentionne  "les 
-maistres  et  gouverneurs  de  la  confrairie  Nostre- 
"  Dame-des-Vertus ,  fondée  en  l'i^lise  Saint-Honoré . 
-aux  Boureliers  de  la  ville  de  Paris. - 

■''  L'église  Saint-Paul  avait  succédé  à  une  an- 
cienne chapelle  cimelériale,  dite  de  Sainl-Paul-des- 
CÀamps,  où  furent  inhumés  Sainte-Aure,  abbessc 
de  Sainl-Éloi,  et  l'abbé  Quintilien.  En  1107,  elle 


fut  donnée ,  coiiiiiie  le  monastère  de  Saint-Éloi  et 
tout  ce  qui  en  dé|M'ndait . ii labbayc  de Saint-Maur- 
les-Fossës.  Rebâtie  au  siècle  suivant,  mais  non 
comprise  daits  fenceinte  de  Phili|)[ie  Auguste,  elle 
fut  l'objet  ifagrandissements  et  de  réprations  con- 
sidérables. lors<|ue  Charles  V  eut  fait  bâtir  dans  le 
voisinage  le  fameux  hAlel  rdes  granis  esbals." 
connu  sou»  le  nom  d'Hôtel  Saint-Paul;  elle  devint 
alors  {laroisse  royale.  L'église  Saint-Paul  était  en- 
tourée d'un  cimetière,  «l'un  charnier,  d'une  an- 
cieiuie  grange  dite  de  Saint-Eloi ,  située  presque  à 
l'angle  de  la  rue  Saint-Antoine,  et  cpii  a  longtemps 
servi  de  prison  publique.  L'hâteldesabliésdeSaint- 
'klaur.  placé  entre  l'église  et  l'hAtel  Saint-Paul .  avait 
été  absorln'  dans  les  dé|ten<larice8  de  la  demeure 
royale.  Supprimée  en  1 790 .  \endue  en  fan  v,  et  dé- 
molie en  l'an  vu.  l'c^ise  Saint-Paul  a  complètement 
dis|iani;  son  emplacement  est  occu|>é  |)ar  une  cour, 
des  hangars  et  une  hôtellerie  qui  |)ortent  les  n**  3o 
et  3s  sur  la  nie  Saint-Paul. 

'*'  L'Oise  Saint-Gereai*  est.  dit  Jaillot,  la  plus 
ancienne  dont  il  soit  fait  mention  sur  la  rive  droite 
de  la  Seine;  elle  existait  déjà  sous  répisro|tat  de 
saint  (îenuain.  Dexenue  proisse,  par  8uit<;  de»  ac- 
croissements successifs  de  Paris,  et  comprise  dam 
l'enceinte  antérieure  à  celle  de  Philip|>e- Auguste ,  elle 
fut  rebâtie  au  commencement  du  xiii*  siècle,  consi- 
dérablement agrandie  en  1.S81.  et  décorée  en  1617 
d'un  beau  |)ortail  classique  par  Salomon  de  Brosse. 
Devant  la  façade  de  Sainl-Gervais  s'élevait  le  fa- 
meux orme,  ou  ourmeeiau  (comme  l'appelle  (iuillot). 
(pi'on  voit  encore  figuré  sur  les  plans  du  siècle  der- 
nier. On  a  donné,  au  sujet  de  cet  arbre,  deux  ex- 
plications ('-gaiement  acceptables  :  c'était  ou  une 
réminiscence  de  l'ancien  usage  qui  consistait  à  plan- 
ter des  palmiers,  des  ormes  et  autres  arbres  devant 
les  basiliques  élevées  en  l'honneur  des  martyrs;  ou 
une  application  parisienne  de  la  coutume  i|ui  faisait 
de  l'orme  proissial  le  centre  des  affaires  et  de» 
plaisirs  du  village.  Sauvai  cite  im  compte  de  1  &&3 
où  il  est  <lit  que  certaines  rentes  doivent  être  jiayées 
-à  l'Orme  Saint-Gervais.  " 

'''  Saint-Jean-en-Grèce  était  le  baptistère  extérieur 
de  Sainl-Gervais,   comme  Saint-Jean-le-Rond  était 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOIS  CHARLES  Vf. 

de  Saint  Nicholas  lez  Saint  Martin'", 
de  Saint  Josse  '■', 

de  Saint  Gille'^'  et  de  Saint  Julien'*'. 
Labbaye  de  Saint  Ma{;loire,  dont  labbé  a  juridiction  temporele'^ 


185 


Les  priorés  de  Saint  Martin'*', 

la  cliapcilc  iiaptismole  de  Notre-Dame.  Érigée  en 
niire  vers  le  commencement  du  xiii*  siècle,  par 
suite  de  l'accroissement  de  Paris  et  de  la  division 
de  la  |)oroiss(!  Sninl-CJervnis,  cette  ('glise  devint  une 
collégiale  et  eut  un  cloître;  elle  fut  agrandie  en 
i-àIi^  .  I  .TaG  et  i  ySf).  On  ii|>[iclait  Fillcllen  île  Saint- 
Jean  les  (jualre  coniinunaulés  des  Blancs-.Manteuux , 
des  Carnies-Billettes ,  des  Capucins  et  des  Enfants 
du  Saint-Esprit,  qui  nccoiiipagnaient  dans  les  pro- 
cessions le  clergf!  de  lu  paroisse.  L'église  Saint-Jean- 
en-Grève  et  son  cloître  dtaient  limites  par  les  rues  des 
Vieilles-Ciamisons,  du  Cloître,  du  Monceau-Saint- 
(Jcrvais  et  de  Martrni,  aujourd'hui  disparues;  l'em- 
plucement  (pi'ils  occupaient  est  représente  par  la 
salle  qui  en  porte  le  nom  et  par  la  golerie  dite  des 
fêles.  Supprimée  eu  1790,  l'c-glise  Saint-Jean- en- 
Grève  a  été  démolie  l'année  suivante. 

''*  Saint-Nicolas-des-Champ*  n'était,  dans  l'ori- 
gine, (pi'une  cliapolle  hAlie  |)rès  du  monastère 
Saint-Martin,  pour  les  besoins  religieiu  du  voisi- 
nage; on  trouve  cette  église  mentionnée  dès  l'an- 
née 1 1 1 9 ,  et,  avant  la  (in  du  xn*  siècle,  elle  avait  le 
titre  paroissial.  Réparée  et  agrandie  en  1  Aao  et  en 
157G,  l'église  Saiut-Nicolus  resta,  jusqu'à  l'époijue 
de  la  Révolution,  sous  la  dépendance  des  religieux 
de  Saint-Marlin.  qui  avaient  droit  de  nomination  h 
la  cure.  L'édifice  a  dc'jà  été  dégagé  des  constructions 
vidgaires  ([ui  l'entouraient,  par  l'élargissement  de 
la  rue  Saiul-Maiiiu  et  l'ouverture  de  la  rue  Tur- 
l)igo;  il  le  sera  encore  davantage  par  le  prolonge- 
ment de  la  rue  Réaumur. 

''  L'église  Sninl-Josge  était  située  h  fangle  nord- 
ouest  formé  par  les  rues  Quincampoix  et  Aubry- 
le-Boucher.  D'abord  sirn|)le chapelle,  hors  des  nuirs, 
elle  y  fut  compiise  lors  de  la  construction  de  l'en- 
ceinte dite  de  Philippe  .hifpmte ,  et  séparée  de  la 
paroisse  Saiul-Laurcut,  dont  elle  dépeu(lnit,;)ro/>»fr 
intolerahilem  distnnliam,  disent  les  litres  de  fonda- 
lion.  Celle  érerlion  date  de  taGo.  Reconslruile  en 
1G79,  avec  la  façade  tournée  au  sud,  elle  fut  dé- 
molie en  1791. 

'''  L'église  Sninl-f.pii  el  SniHl-Gilles .  que  notre 
auteur  désigne  seulement  sous  ce  dernier  vocoble, 
existe  encore,  entre  la  rue  Saint-Denis  et  le  Iraule- 


vard  de  Sébastopoi,  et  n'était,  vera  le  milieu  dn 
xni*  siècle,  qu'une  cba|)elle  succursale  de  Saint- IW- 
thélcniy  en  la  Cité.  Reeouiniile  un  siAde  «prêt, 
elle  fut  érigée  en  paroiaae  Tan  1 61 7  sealemenl;  r^ 
parée  et  agrandie  en  1797,  supprimée  en  1790. 
et  vendue  en  ton  v ,  elle  fut  rendue  au  nille  en 
1 8 1  .'1.  Le  chevet  a  été  réduit  du  c6té  du  boulevard , 
niais  les  bas  côtés  ont  été  récemment  iaoUs  et  n»- 
taiirés;  on  a  constniit.  déplus,  un  pretbylère  et 
une  chapelle  des  catéclmmei. 

"  S(tinl-Julien-de*-.MMtrien  était  une  modeste 
cha()elle  située  rue  Saint-Martin,  entre  la  rue  dei 
Petits-Champs  (BrantAmc)  et  la  cour  du  Maure; 
elle  avait  été  fondée  en  i33o  par  des  uiénélrien 
ou  joueurs  d'instruments,  (|ui  fonnèrent  le  pieux 
dessein  d'y  établir  un  hôpital  |M>ur  les  |iauvres  pa*- 
sanUs.  Ils  la  dotèrent  de  seize  livres  de  rente,  s' imi- 
tent i  leurs  confrères  pour  perpétuer  cette  bonne 
œuvre,  et  placèrent  leur  cha|)c||e,  oinsi  <|ue  leur 
hôpital,  sous  le  vocable  de  saint  Julien,  de  laint 
Georges  et  de  saint  Genès.  Le  récit  de  cette  ko- 
dation  est  raconté  pr  Du  Breul  avec  une  simpiialé 
touchante.  I>a  confrérie  de  Saint-Julien  a  joui .  jus- 
qu'au siècle  dernier,  des  privilèges  de  fondation. 
Détniits  à  l'époque  de  la  Révolution,  la  chapelle  et 
l'hôpital  ont  fait  place  h  une  maison  partirulifTe. 

'"'  L'abbaye  de  Sninl-llarlkflemy  el  Saint-Ma- 
ghire,  fondée  au  l' siècle  dans  la  Cité,  fut  transférée. 
en  1 1 38 ,  sur  le  chemin  de  Saint-Denis .  en  luie 
chapelle  de  Saint-Georges,  possédée  par  les  reli- 
gieux qui  avaient  succédé  atu  ancient  ciianoiMa  de 
Sainl-Barthélemy.  Cette  translation  eut  pour  résul- 
tat l'érection  de  l'église  Saint-Bartliélomy  en  pa- 
roisse, de  telle  sorte  que  le  nom  de  Sainl-Magtoire 
resta  au  nouvel  étabbasement  Après  on  s^^r  de 
trois  siècles  dans  ce  nouveau  monastira,  les  re- 
ligieux durent,  en  1Ô79.  se  Irampoiler  m  60- 
boiirg  Saint-Janpies.  La  reine  Catherine  de  Mt^di- 
cis  installa  h  leiu-  place  des  lilies  pénilailei.  (Voir, 
au  suqilus,  la  note  1  de  la  |Mige  m.) 

i"  Le  ffpriorë  de  Saint-Martin*  eat  le cMbre  mo- 
nastère de  Smiu-Martin  4m  Cknmfê,  daot  in  ori- 
gineaet  Texistenee  sont  exposées  da»  fc  anvant  «m- 
vngv  de  Dom  Marner.  Dès  le  ti*  siècle,  smnl  Martin . 

«4 


186 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX, 
de  la  Trinité"'  et  du  Temple <'',  qui  est  aux  hospitaliers. 


dont  \e  culte  a  toujours  été  populaire,  était  honore 
h  Paris  ;  Grégoire  de  Tours  le  dit  foriiiellemenl  ; 
mais  les  historiens  ne  sont  pas  d'accord  sur  rem- 
placement de  ce  premier  oratoire.  Au  commence- 
ment du  vin*  siècle,  une  église  existait  sous  ce  vo- 
cable dans  la  partie  nord  de  la  ville,  et  les  Nonnands 
la  ravagèrent.  Henri  1"  la  litreconstmire,  ainsi  que 
le  clottre  dont  elle  était  entourée,  et  y  plaça  des 
chanoines  sécidiers  qui  furent  i-eniplacés,  peu  de 
temps  après,  par  des  Bénédictins  de  Cluny.  (^lle 
mesure  réduisit  l'abbaye  Saint-Martin  h  l'état  de 
prieuré;  c'était  le  second  de  cet  ordre;  aux  prieur» 
réguliers  succédèrent  les  conimendataires  qui  se 
sont  jwrpétués  jusqu'à  la  Révolution.  L'enceinte  du 
monastère,  qui  i-enfermait,  selon  Du  Breul,  un  ter- 
rain de  quatorze  arpents,  était  formée  de  murs 
flanqués  de  tourelles  ;  il  en  existe  encore  une  i  demi 
Iransformée  en  fontaine  publique,  presque  à  l'angle 
(les  rues  Saint-Martin  et  du  Vert-Bois.  Celte  en- 
ceinte avait  été  bâtie  vei-s  la  lin  du  xiii'  siècle.  I>e 
cloître  fut  reconslruit  de  1709  h  1790,  et  une  par- 
tie de  l'enclos ,  autrefois  consacrée  aux  duels  judi- 
ciaires, servit  de  marché  jusqu'en  176.1.  Supprimé 
en  1790,  le  prieuré  de  Saint-Martin  fut  aiïedé  à 
divers  usages;  on  y  logea  les  bureaux  d'une  mai- 
rie; on  fit  dans  l'église  un  essai  de  Conservatoire 
des  arts  et  métiers,  essai  qui  devait  aboutir  à  une 
grande  institution.  Des  travaux  considérables  ont 
donné,  dans  ces  dernières  années,  un  as|)ect  tout 
nouveau  au  vieux  monastère.  Nous  ne  terminerons 
|)as  celle  note  sans  renvoyer  le  lecteur  k  l'exr/'lleril 
travail  qnp  M.  H.  Cocheris  a  publié  sur  la  gestion 
temporelle  du  prieuré.  [Hitlnirr  du  diocèse  de  Parti, 
t.  n,  p.  333.) 

'''  L'hôpital  de  la  Trinité,  que  (îuillelHMi  de  Meti 
qualifie  de  prieuré ,  fut  fondé ,  vers  la  fin  du  xn'siècle 
ou  au  commencement  du  xui*,  pr  Guillaume  Escu 
h  Col,  ad  opug  paiiperum  rjusdnn  loei;  il  s'a|i[)elait 
l'hApital  de  la  Croix  de  Ut  Heine,  dit  Jaillot,  "à 
rr cause  d'une  croix  ainsi  nommée,  placée  au  coin 
"des  mes  Grenetat  et  de  Saint-Denis,  où  cet  hôpi- 
tf  tal  fut  conslniit.  -^  Quelques  aimées  après,  il  prit  le 
nom  de  la  Trinité  -rqui  étoit  prol)ablenient  le  vo- 
T cable  de  la  chapelle,"  et  il  recul  dès  lors  des  pè- 
lerins de  passage,  peregn'norum  tantummodo  tran- 
seuntium,  aux  termes  d'une  sentence  de  1207.  Au 
xiv'  siècle,  l'hospitalité  n'éliinl  plus  pratiquée  à  la 
Trinité,  les  confrèi-es  de  la  Passion  y  louèrent  une 
grande  salle  pour  y  représenter  les  Mystères;  mais. 


en  1 5&5 ,  ils  durent  céder  la  place  aux  Enfants  pau- 
vres qui,  par  arrêt  du  Pariement,  devaient  y  être 
"hébergés  et  élevés  en  la  religion  chrétienne. n  A 
partir  de  celte  é|Mque,  les  Préniontrés,  qui  avaient 
fait  le  service  de  l'hôpital ,  entrent  devoir  se  retirer. 
L'asile  contenait  trente-six  filles  et  cent  garçons, 
qu'on  élevait  et  h  qui  on  apprenait  un  état  :  c'était 
ce  qu'on  appelle  de  nos  jours  un  orpbeiinal.  C'était 
de  plus  un  lieu  privilégié  où  les  artisans  arrivaient 
h  gagner  la  maîtrise.  I^  Trinité,  dite  hotpùt  im 
EnfanU-llIeH* ,  fut  supprimée  à  l'époque  de  la  Révo- 
lion.  L'enclos,  qui  était  considérable,  puisfpi'il  s'é- 
tendait de  la  rue  (îrenétat  à  la  rue  Guérin-Uoisseau , 
avee  deux  enlré«>8  sur  la  nie  Saint-Denis ,  fut  coiipë 
par  des  passages,  et  l'on  y  établit  des  maisonnettes 
en  bois  qui  formaient  de  |>etiles  mes  à  l'épofjue 
où  écrivait  I>a  Tynna  (1819).  C'est  Tannée  où  fut 
vendue  l'église,  qui  avait  été  réédifiée  en  1698  et 
dont  le  |>ortail  datait  de  1671.  I>es  maisons  cons- 
truites sur  cet  emplacement  ont  été  démolies,  dans 
ces  dernières  années,  pour  l'ouverture  du  iKMilevard 
de  Sébasto|M)l  et  de  In  me  de  Paleslm. 

'"  1^  Temple  a  eu  tous  les  genres  de  célébrité. 
On  comialt  l'origine  de  l'ordre  religieux  et  militaire 
<le8  Templiers;  ce  qu'on  sait  un  peu  moins,  c'est  la 
date  de  leur  établissement  à  Paris;  toutefois  il  en  est 
fait  mention  dès  le  règne  de  1/)uls  le  Jeune.  La  sup- 
pression de  l'ordre  en  i3i4,  le  supplice  du  Grand 
Maître  et  les  divers  inridents  du  long  procès  qui 
précéda  ce  dénouement,  sont  dans  toutes  les  mé- 
moires. L'enclos  que  les  Templiers  |K>ssé<laient  à 
Paris  était  si  considérable,  qu'on  l'appelait  1 1///1 
nota  Tentpli;  il  fut  attribué,  par  amH  du  Parie- 
ment rendu  en  i3t3,  aux  chevaliers  de  Saint -Jean 
de  Jénisalem .  connus  depuis  sous  le  nom  de  che- 
valiers de  Malte.  Cet  ordre  y  a  été  maintenu  jus- 
qu'à la  Révolution ,  el  il  y  faisait  exercer  les  fonctions 
«•uriales  par  des  clia{>elains.  Devenu  la  rf%idence 
du  grand  prieiu-.  le  Temple  fut  le  lliéâtre  de  i^pe- 
-tits  soupers"  dont  on  a  fait  beaucoup  de  bmil 
au  dernier  siède.  Après  la  suppression  de  l'Ordre 
en  1790.  il  eut  la  douloureuse  destination  que 
chacun  sait.  La  tour,  qui  rap|)elait  de  tristes  sou- 
venirs, fut  démolie  en  181 1  ;  dans  l'anrien  enclos, 
autrefois  flanqué  de  tours,  qui  était  lieu  d'asile  et 
de  privilège,  a  été  ouvert,  en  1809,  le  marché  au 
vieux  linge ,  qui  vient  de  faire  place  à  une  élégante 
conslmction  en  fer  et  briques.  L'ancien  liAlel  et  le 
jardin  du  grand  prieur  ont  été,  sous  l'Empire,  la 


DESCUIPTION  Dt  FAltlS  SOLS  CHAKLKS  M. 

liOstel  des  quinze  virifjts  Aveugles'''. 

Les  Heijliincs''''. 

Les  lions  Knfiins'''. 

La  cliappelle  des  bonnes  femmes  Haudry^'. 

Les  églises  de  Saint  Bon(^\ 

de  Sainte  Avoye'", 


187 


résidence  du  Ministre  des  cultes;  puis  on  y  a  ins- 
tullé  un  couvent  de  Bénédictines  de  l'Adoration 
|)er[i(''tii(Jle  du  Saiiit-Sucieinent.  Cedemior  étalilis- 
senienl  a  siihsisté  jusqu'en  «853;  sur  son  «îinpiaci'- 
iiientaété  disposé  un  square;  on  y  a  construit  aussi 
un  lavoir  et  un  étahilKsoincnt  de  bains,  (|ui  ont  fait 
place  à  lu  nouvelle  mairie  du  m'  urrondissomcnl. 

'''  Les  Quinie-Vingtii  de  la  rue  Saint-llonorésonl 
l'ohjet  d'une  rnoni)|,'rapliie  complète  dans  le  tome  1" 
de  la  Topoffrapliie  du  Vietuc  Pari»,  par  M.  Adolphe 
Berty.  Nous  y  renvoyons  le  lecteur. 

'*'  Les  Béifuines  ou  religieuses  de  VAve-Marin 
étaient  primitivement  dos  (illes  ou  veuves  pieuses, 
réunies  volonljiii'enicnt  pour  vivre  en  comnuin  ; 
leur  maison  se  nommait  le  Itéguinage.  Fondé  vers 
le  milieu  du  \m*  siècle,  l'établissement  fut  donné 
par  Louis  XI  aux  religi(nises  du  tiei-s  ordi-e  de 
Saint-François,  dites  sœurs  de  Sainte-Claire.  C'est 
de  celle  (''poque  que  flate  le  nom  d'Ave  Maria,  par 
lequel  on  désijfiui  les  trois  récitations  quotidiennes 
de  la  Salutation  angélicjue.  Le  couvent  de  l'iire- 
Maria,  bAti  r-delez  la  porte  IJarbeel,"  c'est-à-dire 
en  dehors  de  l'enceinte  de  Philippe  .Auguste,  fut 
su])primé  en  1790,  et  les  bâtiments  alfectés  ymi 
après  à  une  caserne  d'infanterie.  Ils  existent  encore 
aujourd'hui,  mais  ils  doivent  prochainement  dispa- 
raître; l'ilot  qu'ils  forment  e.st  circon.srrit  |>ar  les 
nies  des  Barrés,  du  Fauconnier,  Charletnagne  et 
des  Jardins-Saint-Panl. 

Le  nom  de  lions-Enfanls  était  conunun  à  tous 
les  écoliers  pauvres  et  laborieux  élevés  par  churittî. 
(iBUX  donl  veut  parler  ici  notre  aulein-  sont  très- 
probablement  les  Bons-Enfants  Saint-llonoré,  pour 
lesquels  Ftiennc  Belot  et  .\da,  sa  fenunc,  insli- 
luèi-ent,  en  iao8,  un  iu^pilal  ou  c<j|lége  sous  la  di- 
rection d'un  chanoine  de  Sjtinl-Honoi-é.  Jacques 
(Àeur  fut  l'un  des  bienfaiteurs  de  cet  établissement. 
Supprimé  en  1790,  avec  une  cha[)elle  de  Sainte- 
Claire  qui  en  <lé|MMidait,  le  coHége  d'Klienne  Belot 
ocru|Miil  l'emplacement  conqiris  entre  le  débouché 
ocridenlid  de  la  rue  Montesquieu  et  le  passige 
qui  cnnniiiuiiipie  du  cloître  Saint-llonon'  à  la  rue 
des  llnii-i-I'nljnl^ 


'*'  Les  «bonnes  iemmes  liaudry."  vulgauieimmi 
appelées  loi  Itaudrieltt»  ou  les  VieUlf-llawlneUai, 
étaient  primitivement  des  fianmes  veuves  pour  le>>- 
quelles  un  établissement  de  bienfiùnnee  fat  fondé, 
en  i3o(>,  par  Etienne  Haudry.  f^nd  fianetier  de 
l'hilip|)e  le  Bel.  Otte  connnunauté  fut  n  niplinfti 
de|)uis  par  un  véritable  couvent .  qui  fut  IransCM, 
en  iCaa,  au  faubourg  Saint-iloiioré.  et  dont  les 
bâtiments,  oinsi  que  la  chapelle,  subsistent  eoeore 
sous  le  nom  de  YAfsomplirm. 

'''  L'origine  de  la  cba{>>>lle  Snini-ll(m  est  des  plos 
obscures;  Sauvai,  Le  Beuf  et  Jaillot  n'ont  pu  ni  sa- 
voir si  elle  avait  succédé  à  une  clia|><-lle  de  Sainte- 
Coloml)e,  connue  on  fa  prétendu,  ni  pn-ctser  l'em- 
placement de  ce  dernier  édifice.  Le  rapprocbemenl 
de  CCS  deux  noms  a  fait  cn>ire  à  l'abbë  Le  Ikeof  que 
le  saint,  comme  la  sainte,  appartenait  au  dioeise 
de  Sens.  Il  existe,  en  effet,  sur  un  monticule  voisin 
de  cette  ville,  les  restes  d'une  ancienne  clia|M>ile  de 
saint  Bon,  mnetu*  Baldiu;  mais  son  homonyme  pa- 
risien est  désigné  en  latin  sous  le  nom  de  Bomitiu. 
C'est  sous  ce  dernier  vocable  que  la  chapeiie  est 
mentionnée,  au  xm'  siècle,  conune  dépendant  de 
l'abbaye  de  Saint-.Maur-les-Fossés.  Elle  était  {letile. 
d'une  construction  très-ancienne,  et  avait  son  sol 
au-dessous  du  pavé  de  la  me;  son  portail  bisail 
face  h  la  nie  de  la  Lanterne.  Supprimée  en  179». 
la  chapelle  Suint-Bon  a  fait  place  à  un  coqis  de  garde. 
puis  ù  une  maison  |>artiridière  qui  |iortail  le  nu- 
méro 8  et  a  été  démolie  en  1 8.'>.'{. 

°'  Sainte  Hedwige ,  plus  connue  en  France  sons 
le  nom  de  tainfe  Avoù,  était  fille  fie  Bortlmld.  dne 
de  Carinthie,  et  soeur  d'Agnès  de  .Mérauie.  \cuve 
de  Henri,  duc  de  Silésic  et  de  Pologne,  elle  faoda 
dans  son  (uys  une  abbaye  de  l'ordre  de  Citeaux .  \ 
mounit  en  i-i&.l  et  fut  canonisée  en  is6o.  La  niai- 
son  (pii  (tortait  S4in  nom  à  Paris  était  situ^  dans  la 
rue  de  ce  nom .  à  son  point  d'iiilenectioo  avec  la 
me  de  Rambuleau;  die  avait  été  fondée,  en  ia88. 
I>ar  Jean  Séipienn* ,  rhevecier  de  Saint  Meiiy.  et  one 
veuve  nommée  Constance  de  Sainl-Jacqoei,  pour  j 
installer  une  commanaulé  de  panvrea  twn—  m 
iiiiiiii^  i|iiiiii|ii,i(rA)air<>!LC«s  fimme*.  qui  n'apfwrte- 


188  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Les  esglises  de  Saint  Eloy'", 

des  religieuses  appelées  les  Filles  Dieu  '". 
Les  collèges  de  Louvres^**, 

de  Sainte  Oporlune'*', 


naienl  d'abord  à  aucun  ordre  religieux,  suivirent 
en  1692  ia  règle  des  Ursulines.  Ij;  couvent,  sup- 
primé en  1790  et  vendu  en  l'an  v,  a  dié  démoli 
pour  le  percement  de  la  rue  de  Ranibuteau. 

O  II  s'agit  ici  de  la  chapelle  de»  Orfèvre»,  située 
dans  la  rue  de  ce  nom  et  élevée ,  au  xiv*  siècle,  par 
la  confrérie  de  Paris,  sous  le  vocable  de  son  illustre 
patron.  A  cette  chapelle  fut  annexé  im  hâpital  spé- 
cialement consacré  aux  pauvres  de  la  coqwration  et 
à  leurs  veuves  âgées  et  infirmes.  La  chapelle  et  la 
maison  hospitalière  furent  restaurées  et  agrandies 
vers  le  milieu  du  xvi*  siècle ,  aux  frais  de  la  con- 
frérie; Philibert  De  Lonne  et  Germain  Pilon  y  lais- 
sèrent des  traces  de  leur  talent.  Supprimés  en  1790 
et  vendus  dès  l'an  vi ,  hôpital  et  chapelle  sont  assez 
peu  reconnaissables  aujourd'hui.  Toutefois  le  groupe 
de  petites  rues  où  ils  avaient  été  bâtis,  &  quelques 
pas  seulement  de  la  moderne  pince  du  ChAtelet ,  a 
conservé  en  grande  partie  son  ancien  asjiect. 

'*'  Les  Fille* -Dieu  occu|)aient  un  vaste  enclos 
compris  entre  la  rue  Saint-Denis  et  la  Ville  neure 
ou  quartier  Bonne-Nouvelle.  Fondé,  dans  la  pre- 
mière moitié  du  xm'  siècle,  par  Guillaume  d'Au- 
vergne ,  évêqiie  de  Paris ,  l'établissement ,  qui  était  un 
refiige  pour  les  filles  repenties,  fut  d'aljord  placé 
hors  de  la  ville,  en  la  censive  et  près  de  Saint-La- 
ïare;  mais',  lors  de  la  constniction  de  l'enceinte  de 
Charles  V,  qui  l'eût  laissé  en  dehors ,  exposé  h  toutes 
les  attaques,  il  fut  transféré  par  l'évêque  Jean  de 
Meulant  cen  une  maison  et  jardins  sis  hors  la  |)orte 
" Saint-Denis  1  (celle  de  Philippe  Auguste).  I^  les 
repenties  furent  en  même  temps  hospitalières ,  et  re- 
çurent les  pauvres  femmes  maladt»  ;  mais  le  relâche- 
ment ,  la  débauche  même  envahirent  le  nouveau  re- 
fuge ,  et ,  Charies  VIII  ayant  ordonné ,  en  1 483 ,  que 
les  religieuses  réforujées  de  Fontevrault  s'y  installe- 
raient ,  elles  acceptèrent  le  nom  de  Fille»-Dieu ,  sous 
lequel  on  désignait  déjà  la  comiiuinauté.  Au  siècle 
«lernier,  dit  Jaillot ,  on  voyait  encore  au  chevet  exté- 
rieur de  la  chapelle  Sainte-Madeleine,  qui  dépendait 
du  couvent,  un  crucifix  devant  lequel  on  conduisait  les 
criminels  qu'on  allait  exécuter  à  Montfaucon  ;  ils  le 
baisaient,  recevaient  de  l'eau  bénite,  et  les  Filles- 
Dieu  leur  apportaient  trois  morceaux  de  pain  et  du 


vin.  Ce  triste  repas  s'appelait  le  dernier  marne»  du 
patient.  Supprimé  en  1790  et  vendu  en  l'an  vi,  le 
cf)uvenl  des  Filles-Dieu  a  été  démoli  en  1 798 .  et  sur 
son  emplacement  ont  été  ouverts  la  rue  et  les  pas- 
sages du  Caire;  il  en  reste  encore  quelques  déjiefi- 
dances  contiguës  aux  cours  des  Mirades  et  Sainte- 
Catherine. 

'''  Guillebert  de  Metz ,  ainsi  que  nous  l'avons  déjà 
fait  remarquer,  appelle  »collégesi  les  ^ises  cf>llé- 
giales.  Celle  dont  il  veut  parler  ici  ne  peut  être  que 
Saint-Thomas  ou  Saintr-Nicolas-du-Lou\Te,  dont  la 
monographie  se  trouve  dans  la  Topt^aphie  hitto- 
rique  du  Vieux  Pari»,  région  du  Ixiuvre  et  des  Tui- 
leries, I,  p.  96  et  109. 

''  L'origine  de  l'église  royale,  collégiale  et  pa- 
roissiale de  Sainte-Opportune,  conmie  celle  de  toutes 
les  anciennes  fondations  religieuses,  présente  le* 
plus  grandes  ol>scurilés  :  |>amii  les  historiens  de 
Paris,  les  uns  la  font  remonter  h  Charies  te  Chauve, 
les  autres  l'attribuent  à  Louis  le  Bègue,  à  Louis  le 
Gros  et  même  h  Louis  le  Jeune.  Ce  qui  semble  plus 
probable,  c'est  que  le  premier  établissement  date 
de  la  seconde  moitié  du  ix'  siècle;  qu'il  eut  jwur 
auteur  Hildebrand,  évêque  de  Sëei,  chassé  de  son 
diocèse  pr  les  Normands,  et  qu'il  fut  placé  sous  le 
vocable  de  sainte  Op|)ortune,  abbesse  de  .Monlreuil, 
dont  les  reliques  y  furent  transportées.  L'Oise  fut 
dotée  de  vastes  terrains  qui  foniièrenl  plus  lard  la 
ceiiUure  de  Sainte-Opportune ,  et  ac(piirent  une  grande 
valeur.  Le  chapitre  était  composé  originairement  de 
quatre  chanoines  seulement;  on  institua  ensuite  un 
curé  prébendier  et  des  vicaires ,  puis ,  par  la  division 
des  bénéfices,  on  porta  le  nombre  des  prébendes  à 
seiie.  L'église  et  le  cloître  Sainte-Opportune  étaient 
limités  pr  la  place  de  ce  nom ,  les  rues  Coiuialon 
et  de  l'Aiguillerie;  le  chœur  était  de  la  seconde 
moitié  du  xn*  siècle  ;  mais  la  nef,  construite  au  xn^ 
avait  été  répréc  et  agrandie  h  la  fin  du  xv*;  ia 
tour  était  remarquable  pr  les  ornements  qui  la  dé- 
coraient. M.  H.  Cocheris  a  donné ,  dans  sa  nouvelle 
édition  de  l'ahbéLe  Beuf  (t.  II.  p.  189).  de  curieux 
détails  sur  les  redevances  annuelles  de  la  bouque- 
tière de  Sainte-Opportune.  Supprimée  en  1790, 
l'c^lise  a  été  vendue  en  1792  et  démolie  en  1796. 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI. 
Les  collèges  du  Saint  Sépulcre''', 
de  la  Tririil/;, 
des  Billettes(2), 
de  Sainte  Croix*", 
des  Guillcinins**', 


189 


'"'  Le  chapitre  du  Saint-Sépulcre,  qui  devait, dan» 
lu  [lerisëe  de  ses  fuiidutoiii-ii,  Être  uii  liApital  poiir 
le»  |)èlerin8  allant  en  Puinslinfi  ou  revenant  de  (r 
pieux  voyage,  fut  détounii?  lie  celte  destination 
lorsque  les  croisades  cessèrent  d'être  la  g^rande 
pr<?orcupation  des  princes  d'Occident.  Inslitud  pr 
la  irConlrëric  du  Sainl-Sépulcre  d'Outremer,"  au 
moyen  des  libéralité*  de  Louis  de  Bourbon,  comte 
de  Clerniont,  et  enrichi  par  les  untnAnes  des  fi- 
dèles, le  nouvel  dtublissenicnt  compta  hientât  seize 
canonicals  et  dix-sept  chapellenies  ;  mais  les  uns  et 
les  autres  fui-ent  rdduits  plus  tard,  [wur  assiu^r 
un  reverni  sullisant  Ji  ceux  qui  en  relaient  pourvus. 
ConsidtVt^  comme  lM^pil<il  et  nîimi,  j)ar  l'tfdit  de 
1679.  aux  ordres  de  Saint-Lazare  et  de  Notre- 
l)anie-<lu-Mont-Carmel,  le  chapitre  du  Saint-S^ 
pulcre  rwouvra,  en  lOgS,  son  existence  [)ropre  et 
l'administration  de  ses  biens  ;  il  dtait  dans  la  dé- 
pendance lin  chapitre  Noire-Dame  et  formait  |)a- 
roisse  pour  les  liabiUmts  du  cloître.  L'c'glis<>  du 
Saint-Sdpulcre  avait  é\ié  reconstruite  de  i5a3  h 
i655,  et  les  maisons  canoniales  rebâties  en  171 '1. 
Ddclanîs  pro|)ri(U«'  nationale  en  1790,  les  bâtiments 
furent  vendus,  l'annt'e  suivante,  à  une  comjw- 
gnie  hollandaise  qui  y  fit  ouvrir  une  cour  et  un  |)as- 
sajje,  qu'elle  entoura  de  constructions  uniformes. 
Le  nom  de  IhiUirr  fut  domu?  an  |>iiss<ige  et  à  la 
cour,  en  l'hoimeur  de  In  République  batave  nou- 
vellement fondée  (i7()."));  l'un  el  faiitre  ont  dis- 
|)aru  |)ar  suite  du  jK'rceinenl  du  boulevanl  de 
Sébastopol.  La  partie  orientale  de  la  rue  de  la  Coa- 
sonnerie  en  marque  aujourd'hui  l'emplacement. 
M.  H.  Cocheris  a  |)ublié,  dans  sa  nouvelle  édition 
de  Le  Beuf  (t.  Il,  p.  a33),  une  si'rie  de  documents 
fort  intéressants  sur  le  Saint-S<'pulcre. 

'*'  En  cigi),  un  Juif,  du  nom  de  Jonnlhas,  •ha- 
bitant du  lief  des  FLimuiuU  on  de  la  Brelimiurir . 
commit  un  sacrilège;  en  expiation  de  ce  crime,  et 
sur  reinplacenienl  niAme  de  In  maison  où  il  avait 
('lé  arciiuqili,  Ueinier  Flnminjj,  bourgeois  de  Paris, 
fit  construire  une  cha|)elle  qu'on  ap|>*<ln  la  Mainnn 
lies  Mirnclr.1.  el  dans  laquelle  (lui  df  Joinville  <>la- 
lilit  (|uelques  années  upn'>s  un  h(\pitnl  des»<'rvi  |>ar 
les  Unspitalirru  lie  la  charité  Xotrt-Damr.  Ces  reli- 


gieux, qui  suivaient  la  règle  de  laint  Auguttin,  y 
furent  remplacés ,  en  1 633 ,  par  les  Carme*  d«  FOIk 
servance  de  Rennes,  qui  ont  occupé  la  maiioo  m»- 
qu'n  la  Révolulirm.  IjC  cloître,  dont  une  partie  ett 
encore  dans  un  M  état  de  consenation,  date  de 
1 3.')o  ;  l'église  et  le  couvent  ont  été  raeonitniita  on 
peu  plus  tant ,  el  terminés  dans  ks  prcrnihet  mtaém 
du  XV'  Riëcle.  Quant  i  l'Oise,  elle  a  ëU  MJ666e 
en  »  -jhlt ,  sur  les  dessias  de  frère  Claude,  religieux 
dominicain.  L(^  religieuv  Billettet  qui  devaient  leur 
nom  h  de  |)<>lits  scapulaires  appliqués  sur  leurs  v^ 
lenients,  furent  supprimé»  en  1790,  comme  lontea 
les  autres  congrégations  religieuses  ;  les  bâtiments 
qu'ils  occu|Kiient,  vendus  en  l'an  11  el  ui.  ont  été. 
quinze  ans  plus  tard ,  rachetés  en  partie  pr  la  ville 
de  Paris  |K)tir  rétablissement  d'un  temple  et  d'une 
école    destinés  aux   luthériens   de  la   Contnsioa 
d'.Augsbourg.  (^ette  affectation  leur  a  été  cauaerrée. 
'*'  I.«s   chanoines   régtdiers  de  Sainte  -  Croir  . 
proches  voisins  des  Billettes,  furent  institués  en 
1 9 1 1  par  Théodore  de  Celles,  chanoine  de  Liège. 
et  s'établirent  à  Paris,  vers  taâS;  on  les  appela 
Croitier»,   Porte-Croix,  Frire*  de  Sainte-Croix,  à 
cause  de  ce   pieux  end)lème  qu'ils  portaient  sur 
leurs  vêtements.  I^  maison  qu'ils  occupaient  <ren 
ffla  Bretonnerie,^  fief  qu'on  nommait  au.ssi  -Champ 
(Taux  Bretonstet  cTerr<*aux  F^lamands.^  leur  avait 
été  c<!<lé  |iar  fillustre  fondateur  de  ia  Sorbonne. 
Roliert  SoHmmi,  qui  i-eçut  une  imlenmilé  de  saint 
I^uis,  pn)tecteur  des    nouveaux   religi«*ui.  I>>ur 
^ise  fut  bâtie  par  le  célèbre  Kudes  de  Monlreuil . 
architecte  des  Oninze-Vingts.  des  Chartreux,  de 
riiôlel-Dieu .  des  Blancs-Manteaux,  etc.;  elle  avait 
son  entrée  sur  la  rue  Sainte-Croix.  La  caO^iale 
fut  supprimée  en  1 790,  et  les  bAliinenis  vendus  «m 
179.*)  ;  sur  leur  enqilncenient  s'^vent  aujourd'hui 
des  conslnielions  privw-s,  relit**  |>ar  un  pHMgeel 
une  cour  i  l'ancienne  impasse  de  la  me  des  Bil- 
lelles.  Il  existe  encore  sur  ce  point  de  curieuse* 
subslnictions. 

'"  1^  monaslèn'  de  Guillebert  de  Wrix.  appela 
-k-sOuillemins,'  duledu  milieu  du  xni'siède.  Il  fui 
fondé  .en  1  ^  .'>S ,  |tar  |ps  ttifi  4r  Smnit  Mmit,  nou- 
vel ordre  mendiant  qui  avait  adopK  la  rè^  de  sainl 


190 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Les  collèges  de  Sainte  Katherine'", 
des  Celestiens'*', 


Auguslin ,  el  que  le  second  concile  de  Lyon  supprima 
n  1 374.  Aces  religieux,  dont  il  ne  restait  plus  que 
trois  iore  de  la  suppression ,  succédèrent  les  GuiUe- 
mles,  solitaires  qui  avaient  [K)ur  [wtron  saint  Guil- 
laume de  Malevul,  obéissaient  à  lu  règle  de  saint 
Benoit,  et  étaient  déjà  établis  ù  Moiitrouge.  Le  nom 
de  Blanci-Mfinleau.r ,  que  le  peuple  avait  déjà  donné 
à  leurs  prélécesseurs ,  leur  resta,  bien  que  leurs 
vêtements  fussent  noirs;  et  ils  se  maintinrent  dam 
ce  monastère  jusqu'en  l'année  tôt  8,  où  ils  deman- 
dèrent à  être  agrégés  h  la  congrégation  réformée 
des  Bénédictins ,  comme  sous  le  nom  de  Sainl-Matir. 
Cette  incorporation  eut  pour  résultat  de  retremper 
les  Guillemites,  el  la  nouvelle  maison  des  Blancs- 
Manteaux  ne  tarda  |kis  h  se  faire  une  réputation  so- 
lide dans  le  monde  de  la  science.  L.a  première  cha- 
pelle du  monastère  avait  été  bâtie  en  ia58,  au 
moyen  des  libéralités  de  saint  Louis  ;  la  seconde  fut 
construite  de  iSgy  à  i4o8.  Trop  à  l'étroit  dans 
leur  enclos  primitif,  les  Guillemites  s'agrandirent, 
en  1 4o/i ,  aux  dé|)ens  de  l'enceinte  de  Pliilip|)e  Au- 
guste à  laquelle  ils  confinaient ,  et  bâtirent ,  en  1 685 . 
l'église  qui  existe  encore  aujourd'hui.  Cet  édifice, 
tourne  vers  le  nord ,  est  à  quelque  dislance  de  l'an- 
cienne église,  qui  était  régulièrement  orientée  et  lou- 
chait ])res(|ue  h  la  vieille  rue  du  Temple.  Le  monas- 
tère ayant  été  supprimé  en  1790,  les  bâtimenU 
furent  vendus  en  l'an  v ,  mais  l'église  fut  rachetée 
en  1807,  pour  élre  érigée  en  paroisse.  Une  rue, 
dite  des  GuiUnmle»,  ouverte  à  travers  les  jardins  du 
«mvenl,  a  dû  en  couper  les  bâtinienis  pour  débou- 
cher rue  de  Paradis  ;  la  partie  de  gauche  est  deve- 
nue le  presbytère ,  el  celle  de  droite  a  été  transfor- 
mée en  habitations  particulières. 

'*'  Le  Val  de»  Ecoliers,  congrégation  célèbre,  fut 
fondé,  en  moi,  dans  une  solitude  du  diocèse  de 
I^angres.  par  quatre  savants  professeurs  de  l' Uni- 
versité de  Paris,  (]ui  se  mirent  sous  la  protection 
de  sainte  Catherine.  L«s  étudiants,  attirés  par  la 
science  et  la  vertu  des  nouveaux  religieux ,  les  sui- 
virent en  foule,  d'abord  dans  une  vallée  appelée 
ValUs  Barbillorum ,  puis  au  lieu  dit  les  Vannes , 
sur  les  bords  de  la  Marne,  où  ils  furent  transférés 
par  l'évèque  de  Lingres.  Lciu*  établissement  à  Pa- 
ris date  de  laaS;  ils  le  durent  aux  lit>éraiités  de 
Nicolas  Giboin,  bourgeois  de  Paris,  de  Pierre  de 
Brenne.  el  surtout  ù  l'inilialive  de  Blanche  de  Cas- 


tille  et  de  saint  Louis ,  qui  avaient  à  cœur  d'acquit- 
ter le  vu'u  fait  par  les  sergents  d'annes  de  Philippe 
Auguste ,  au  pont  de  Bouvines.  Le  terrain  qui  leur 
fut  cédé  était  situé  près  de  la  prie  Baudet  ou  Bau- 
doyer,  el  en  étal  de  culture,  ce  qui  leur  lit  donner 
le  nom  de  Cktotoines  de  la  Couture.  On  mit  tant 
d'empreaMUMilt  h  activer  leur  installation,  que, 
|)aniii  lean  liieniàiteurs,  les  uns  se  chargèrent  de 
l'^iw,  les  autres  du  réfectoire,  des  écoles,  des 
chambres  d'hAles,  ceui-ci  du  dortoir  et  du  doitre. 
ceux-lù  des  «laites  du  chœur,  de  l'inlirmerie  el  de 
la  clia|ielle,  ainsi  que  de  la  clôture  du  monastère. 
L'institut  ayant  |>enlu  de  sa  ferveur  primitive,  on 
y  introduisit,  en  1699,  les  chanoines  réformés  de 
Sainte-f  ieneviève ,  qui  y  demeurèrent  jusqu'en  1 767, 
époque  où  ils  furent  transférés  dans  les  bâtiments 
précédemment  ocCTq>és  |Mir  les  J^Hiitea  de  la  me 
Saint-Antoine  (aujourd'hui  lycée  Gharlemagiie  ). 
Sur  l'emplacement  du  prieuré,  qui  fut  démoli  en 
177&.  el  de  l'église,  qui  subsista  jusqu'en  1777, 
furent  ouvertes  les  rues  Caron ,  du  Colombier,  Ja- 
rente ,  Necker  et  la  place  du  marché  Sainte-Cathe- 
rine ;  le  prix  des  terrains  fut  employé  k  la  cons- 
truction de  la  nouvelle  église  Sainte-Geneviève 
(Panthéon).  Tout  cet  ensemble  de  voies  publiques 
existe  encore  aujourd'hui. 

*'  Les  CèlesÙHs,  instilui's  en  Italie,  vers  le  mi- 
lieu du  xni'  siècle,  eurent  bienlàt,  comme  tous'ies 
ordres  reUgieux .  la  pensée  de  s'établir  à  Paris.  Iji 
fumille  Marcel,  qui  occupait  un  rang  distingué 
dans  la  Imurgeoisie  parisienne ,  les  y  aida  dès  les 
premières  années  du  xiv*  siècle,  et  le  roi  Charles  V 
se  déclara  leur  bienfaiteur  ;  il  leur  donna  plusieurs 
bourses,  10,000  francs  d'or,  des  liois  poiu-  la  cons- 
truction de  leur  église ,  et  une  partie  des  jardins  de 
rhAlel  Saint-Paid.  (Charles  VI  ajouta  de  nouvelles 
faveurs  h  tous  ces  dons,  et  Ixiuis,  duc  d'Orléans, 
son  frère,  fil  construire  dans  le  monastère  unecha- 
|)elle  où  les  tombeaux,  les  sculptures,  les  tableaux, 
les  vitraux  se  nmlliplièrent  de  manière  à  former 
un  véritable  nuiS(H>  de  fart  français.  L*  poêle  Aste- 
san  énumère  une  partie  de  ces  meneilles  ;  Millin 
en  a  donné  une  description  détaillée  dans  le  tome  I" 
de  ses  Aiiliffuilès  nationales.  liC  cloître,  reconstruit 
en  iSSg,  renfermait  également  de  nombreux  objets 
d'art.  l.es  bâtiments  des  Céleslins  furent  affectés, 
en  1 79 1 ,  au  logement  des  Aveugles  et  des  Sourds- 


si 

î=J.g 


c^ 


^  F 

^  I 
S  ï=^ 

&^ 

il 


^  fi 

|î 


#:^^^  ,?%^^  ^'^-^  >;<  ^K^^:^ 


kl. 


:^jf 


i   = 


l 

s 

i 
3 

■         1* 


■5        •• 

E  3  r- 


DESCRIPTION  DE  PAKIS  SOIS  rUMH.ES  Vl.  191 

Les  (;olh!{j(;s  de  Saint  Anthoine  le  Petit'' , 

du  Saint  Esperit^  et  de  Saint  Jaques,  surnomm/'  de  lOspilal'». 
que  Cliaricniaine  fonda,  et  autres. 


MiKîts.  Quel(jiU!s  !iiini!cs  iipn's,  on  l<«  U'uiisforina 
(Ml  wiserne,  dosliiiatioii  qu'ils  oril  consfTVfio  jusqu'il 
nos  jours,  h  la  suite  de  nombreux  travaux  de  res- 
tauration et  d'affrandisseiiient.  L'éjjlisc,  adievf?e 
<'ii  1^70,  n'a  (U(?  (lénidlie  (|ii'en  18/17;  elle  dtait 
situ»5e  h  l'angle  des  rues  de  Sully  et  du  l'etit-Musc. 

''  La  cruelle  maladie  coiiiiiie  Sfius  le  nom  de 
ffu  sacré,  mat  îles  Ardenls,  mal  Saiiit-Auluine ,  ins- 
pira, vers  la  fin  du  xi*  siècle,  h  quelques  hommes 
l)ieiifiiisaiits,  la  pensive  <ie  fonder  des  hôpitaux  |)our 
les  iiii'orliiiK^s  qui  en  étiiient  alttïints.  Une  comiiiu- 
iiauU^  s«?cidière,  dite  des  Chmmines  ou  Frires  de 
Sniiil- Antoine,  se  consacra  à  cette  œuvre,  d'ahord 
au  diocèse  de  Vienne,  puis  à  Paris,  sous  le  r^gne 
du  roi  Jean.  Le  Dauphin ,  depuis  (iluirles  V,  favorisa 
le  nouvel  (îtaiilissemenl,  en  leur  donnant  »  un  grant 
riiiarioir  appel»'  la  Saussjiie,?»  entre  les  rues  Saint- 
Antoine  et  du  Roi-(le-Siciie  ;  la  maison  qu'on  y 
(tonsiruisit  fut  (-rigde  en  commanderie  de  France; 
elle  rcTiferiiiait  une  cliapelle  el  un  liA|)i(al.  La  eoin- 
maiiderie  do  Paris,  unie  à  relie  de  Itaiileul ,  en  fut 
së|)ai-ée,  l'on  i5q3,  par  l'empereur  Charles-Ouint, 
puis  supprimée  en  1618,  et  transformée  en  sëmi- 
imire  ou  colh'fje  pour  l'instrudinn  des  jeunes  reli- 
Ifieux  de  l'Ordre.  IteiiAlie  en  1  G8()  et  ])resque  iii- 
eendiëe  en  lyoS  .  la  maison  du  Petit-Saint- AiUoine , 
ainsi  nommcfe  pour  la  disliiijrucr  <le  la  grande  ali- 
hnye  située  dans  le  fauliourg  d,.  ce  nom,  fut  sujh 
prinuîe  en  1791  el  vendue  en  l'an  vi.  Sur  son  em- 
placement on  a  ouvert ,  en  1  Soti ,  un  |>ossape  qui 
a  ét('  di'lniit  lors  du  perceinenl  de  la  rue  de  Rivoli , 
et  qui  est  représente  aujourd'hui  por  l'extrémité 
méridionale  de  la  rue  des  Juifs. 

''  liliûpit^il  du  Smnt-Esi)rit  devait  sa  fondation 
à  deux  iiei-sonnes  charitables  qui  achetèrent,  l'an 
1 36'J ,  une  maison  et  une  «rgranche  sise  en  Grève,  " 
pour  y  recueillir  les  orphelins.  Une  confrérie  fut 
instituée  pour  le  piol(!gcr,  et  il  fut  pourvu  d'une 
chapelle,  dans  les  premières  années  du  xv*  siècle. 
Le  voisina((e  de  la  Maison  au.r  Piliers  ne  lui  yor- 
mit  pas  de  s'ajjrandir;  au  contraire,  la  construction 
du  nouvel  Hôtel  de  Ville  exigeant  la  cession  d'un 
terrain  dépendant  de  l'IiApilal,  la  Ville  fut  chargi'e. 
«lit  Jaillot,  "de  l'aire  au  pignon  de  devant  la  clia- 
'•|>elle  un  nrc  de  vingt-huit  pieds  de  haut  sur  nu- 


-tant  de  large,  |iour  appliquer  le  doiouf  k  Faug- 
"inentalion  de  ladite  cha|>eile,  de  iàîreeontniire  un 
-portail  en  |tierreH  de  tailles,  etc.i  Elle  fil  de  plut, 
en  l'année  1  (i  n .  rétalilir  h  neuf  U-s  deux  voùIm  àf 
féglise  el  construire  un  pvillon.  L'hApital  duSainl- 
Kspril  fomiailun  carré  limité,  à  l'ouest  |iar  la  piaer 
de  tîrève,  n  l'est  (Mir  la  rue  des  Vieilles-liamiMNit. 
au  sud  j)or  le  coqw  de  logis  septentrional  de  l'HA- 
lel  de  Ville,  aiupiel  la  citapelle  était  accolée;  od  y 
accédait  jwr  l'arc  tlil  du  Sainl-Etprit ,  qui  faisail 
|)endant  ii  larcode  Saint-Jean.  Cel  établissement 
charitable,  qui,  depuis  1C79,  dé|iendail  de  l'HApi- 
tal  général  et  avait  |>oiir  annexe  le  (iraiid  Imrtn 
des  pnuiret,  fut  supprimé  en  I7gi,e<ie*l 
(pii  en  (lé|)endaienl  ne  tardèrent  pat  k  tin  1 
pour  fagrandisscment  de  l'ilàtel  de  Ville.  Les  eo»- 
truclions  qui  les  avaient  remplacés  ont  di<ipani 
elles-mêmes,  en  |835,  pour  la  fonnalion  du  |H5ri- 
mètre  du  nouveau  Palais  municipal. 

'''  L'Hôpital Saiut-Jari/ues ,enmmPco\mil\i  Saint- 
Sépulcre,  dut  .sa  fondation,  non  ]»»  à  Cbarlemagiie. 
mais  à  une  confrérie  de  |M!lenns  qui  voulurent  nlTrir 
un  o.sile  h  ceux  qui  allaient  h  Saint-Jacquet  de  Coo»- 
postelle  ou  en  revenaient.  Ce  projet  fut  réalise  entre 
les  années  1 3t  7  el  1 39.5,  grâce  aux  libéralités  de 
plusieurs  liauLs  jtersonnages ,  parmi  lesquels  ligurr 
Philippe  de  Valois.  I.'égli.se  était  desservie  |)ar qua- 
torze cha|>elains  qui  prirent  plus  tard  le  nom  de 
chanoines.  L'IiApilal  comptait  quarante  liU,et  doo- 
noit  chaque  nuit  asile  h  quatn^vingts  |Hiu\res.  qui 
recevaient,  en  outre, «les vivres  le  lendemain,  avant 
leur  départ,  itéunie  i  Tordre  de  >otn>-Danie  du 
Mont-Cannel  el  de  Saint -Lifare  par  deux  édita 
de  t6-j-j  et  i7-)9,  puis  rendue  à  son  exiitenep 
propre  |>ar  lettres  patentes  de  fj3k,  la  roaitoa 
des  pèlerins  Saint-Jacques,  qui  avait  peu  à  pev 
|)enlii  son  caractère  hospitalier,  a  été  supprimer 
en  1 790.  el  les  bâtiments  vendus  pr  l'adminuli*- 
lion  des  hospices,  de  tSta  k  1817.  Sur  l'empUcr- 
ment  ipi'ils  ocru|>aienl  ont  été  ouvert»  ka  nm 
Saint-Jacques-l'IIApital  et  des  PfJeiiiia.  ainii  que 
le  prolongement  de  la  nie  Mondétour,  voiea  qui 
viennent  d'être  détruites  en  partie  par  le  ptrCB— t 
de  la  rue  Turbij^o.  I,'»'};li»c  Saint-JacqMB  s'4enil 
h  l'angle  des  mes  Saint- Denis  et  1 


192  DOGLMEMS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

A  Saint  Anthoine  est  ung  oxal^^^  de  bois  entaillié  excellemment. 

A  Sainte  Katcleine  est  le  sépulcre  Nostre  Seigneur  en  tele  forme  comme  il  est 
en  Jherusalemt^h  el  si  est  en  celle  église  limage  de  Bertram  Clakin,  tele  comme 
il  souloit  estre  en  son  vivant'". 

Aux  Gelestins  est  paradis  et  enfer  en  painture,  avec  autres  pourtraitures  de 
noble  euvre  en  ung  cuer  a  part.  Item  devant  le  cuer  de  Icglise  a  ung  autel  est 
painte  yniage  de  Nostre  Dame,  de  souveraine  niaistrise**'. 

A  leglise  des  Innocens  est  ung  innocent  entier  enchâssé  dor  et  dargent'*'.  La 
sont  engigneuseraent  entailliés  de  pierre  les  images  des  trois  vife  et  [des]  trois 


'"'  Le  mot  vrai  parait  être  orcel,  ourcel,  our- 
ceau,  en  latin  ocellus,  oreelbu  et  urceohu.  Du  Cange 
cite  :  w  Ocellus  cuni  ysopo  suo  vel  a'persorio.  "  — 
r  Un  orcel  d'argent  a  eauë  benoisle.  »  (  Glou.  med. 
et  infim.  lai.  ddit.  Henschel,  t.  IV,  p.  694  et  798.) 
L'oxal  serait  donc  un  vase  à  eau  liënite;  cependant 
ocelliu  s'appliquerait  assez  à  un  goupillon,  lequel 
est  percé  de  [«tiLs  yeiu-,  et  le  mol  uneolu*  indi- 
querait aussi  les  poils  dont  on  garnit  cet  instrument. 

'*'  C'est  du  temps  même  de  Guillebert  île  Metz 
que  ce  tombeau  fut  placé  dans  l'église  Sainte-Ca- 
therine, Voici  en  quels  termes  Du  Breul  s'en  ex- 
prime :  irDans  le  chœur,  à  main  senestre  vers  le 
itcloistre,  on  voit  représentée  l'Annonciation  de  ia 
If  Nativité  du  Fils  de  Dieu;  et  de  l'autre  costé  l'on 
ffvoit  comme  une  grotte  souterraine,  dans  laquelle 
«est  représenté  le  sepulchre  où  le  corj»  de  Nostre 
<r Sauveur  fut  mis,  et  cet  escrit  est  au-dessus  :  Ce 
nêépukhre  de  Jêmi  Jvl  faicl  l'an  làso  et  depuis  re- 
itpeintl'an  1.577.11  (Thealre  des  anlùfvilei ,  p.  88a.) 

'*'  Le  fait  d'une  image  de  Bertrand  DuGuesclin, 
placée  dans  l'église  collégiale  Sainte-Catherine  du 
Val-des-Écoliers,  est  d'autant  plus  curieux  que  les 
historiens  de  Paris  n'en  font  aucune  mention. 
M.  Bounardot  l'a  remarqué  dans  ses  extraits  de 
Guillebert  de  Metz  ;  il  croit  que  cet  auteur  a  pris 
pour  une  statue  de  Du  Guesclin  un  des  sergents 
d'armes  fondateurs  de  cette  église,  dont  on  voyait 
la  portraiture  au  portail  (page  97  des  Ehidet  tur 
Gilles  Corrozel,  etc.).  Cette  circonstance  nous  a  dé- 
terminés à  faire  reproduire  l'admirable  ex-voto  de 
la  victoire  de  Bouvines,  qui  fut  placé,  en  1890,  à 
la  façade  de  Sainte-Catherine,  et  qui  est  aujourd'hui 
conservé  dans  la  basiliejue  de  Saint-Denis.  Si  ce 
n'est  pas  Timage  de  Bertram  Clakin,  c'est  du  moins 
un  admirable  morceau  de  sculpture  parisienne,  con- 
temporain de  noire  auteur. 

'•'  Millin,  1. 1,  S  3 ,  de  ses  Antiquités  nationales,  a 


donné  la  descriplira  très-détaillée  des  tableaux,  sta- 
tues, vitraux  qui  ornaient  l'Oise  dea  Câettin*  et 
en  faisaient  un  véritable  musée  de  l'art  français  du 
XIV*  au  xviii*  siècle.  \  propos  du  chœur  de  cette 
^ise  et  du  mattre-autel ,  il  parie  bien  d'un  retable 
curieux  donné  en  1607  par  .Arthur  de  Montaubaii, 
mais  ce  ne  \yeui  être  là  l'image  de  Notre-Dame 
dont  parie  Guillebert  de  .Metz.  On  ne  trouve  non 
plus  aucune  mention  d'une  peinture  représentant  le 
paradis  et  l'enfer. 

'^''  L'Innocent  dont  il  est  ici  question  n'est  pai 
une  des  jeunes  victimes  de  la  fureur  d'Hérode,  bien 
que  Du  Breul  nous  assure  qu'il  existait ,  dans  ceUe 
église,  "la  jambe  entière  en  chair  et  en  os  d'un  des 
«'innocents occis  par  Herode,  laquelle,  environ  d'un 
"demi  pied  de  long,  est  portée  sur  le  bras  d'un 
•range.  ■  Il  s'agit  d'un  de  ces  enfants  chrétiens  que 
lesJuiiii^rgeaient,  dit-on,  en  liaine  de  la  religion 
ou  |>our  se  venger  des  persécutions  dont  ib  étaient 
l'objet.  Les  divers  historiens  de  Paris  ne  r('\o<pient 
{ws  le  Dut  en  doute  :  "Que  tes  Juifs ,  dit  Du  Breul .  dis- 
ir  perses  par  les  r^ons  catholiques ,  eussent  accous- 
"  tiimé  tous  les  ans  de  prendre  un  enfant  chrétien .  le 
ir  mener  en  heu  souterrain  et ,  le  vendredi  de  la  semaine 
"saincte,  le  cruciOer  en  despilet  niesprit  de  Nosire 
"Seigneur  Jésus  Christ,  plusieurs  auteurs  le  certi- 
"ficnt.  .  .  .  .Après  lavoir  lié  en  croix ,  ils  l'estran- 
"gloient  à  demy,  ou  lui  metloient  un  haillon  à  la 
"bouche,  pour  l'empescber  de  crier.  Cela  faict,  ils 
"hiy  faisoient  ouvrir  les  veines,  et  si  de  toutes 
"parts  le  perçoieiit  de  longues  esguilles.  I.«  sang 
"qui  en  distiltoit  estoit  reçu  dans  un  grand  bassin, 
"et  en  goustoient  quelque  peu.  et  le  reste  ils  le 
"gardoienl.i  Le  martyr  cpi'on  vénérait  à  féglise 
des  Saints-Innocents  était  le  jeiuie  Richard,  mis  i 
mort  à  Pontoiseen  1 179.  et  transporté  à  Paris,  où 
il  resUi  jusqu'à  fépoque  de  la  dominalion  anglaise  : 
"Les  Anglois,  dit  encore  Du  Breul.  fayanl  tiré  du 


GUILLEBERT  DE  METZ. 


Gravure  h^lîographiqu*. 


.  Durand  et  La    Hatrt. 


LE  FANAL  DU  CIMETIÈRE  DES  INNOCEUTS 

d'après  un  dessin  original  fail  en  1786 ,  par  l'architecte  C  L  Bermer,  sur  l'ordre  du  lieulenanl  général  de  police 

Thiroui  de  Crosne ,  et  appartenant  à  M.  Albert  Lcnoir. 


p.ijp'  193. 


DESCRIPTION  f)K  F'AHIS  SOLS  CHARLKS  M.  t9S 

mors'";  la  vsl  unf;  cimitieru  iiiuult  {;ruiit,  enclos  t\f.  maisons  appelles  charniers, 
la  ou  leH  os  des  mors  sont  enUissoS'''.  Illec  sont  paintures  notables  de  la  danee  ma- 
cabre et  autres,  avec  escriptures  pour  esmouvoir  les  gens  a  dévotion^'.  Lune 
partie  du  cirnitiere  a|>partieiit  à  Ic^jlise  des  Iniiocens,  lautre  partie  est  pour  le 
grarit  liospitiil ,  <;l  In  lierct*  partie  est  pour  les  églises  de  Paris  qui  nont  [>oint  de 
cimetière.  Item  en  ce  cimetière  est  une  tournelle  en  lieu  dun  tomliel,  ou  il  a 
une  ym!i[;e  de  Nostrc  Dnine  entaillée  de  piern-,  iiirtiill  bien  faicle;  laquele  tour- 
nelle len  dist  que  utif;  lioiiinx'  list  faire  sur  sa  sépulture  pour  ce  quil  sestoit 
vîiiift'  en  son  vivant  (|ue  les  ciiiens  ne  pisseroient  point  sur  son  sépulcre*'. 


-!W|inl<:lire,  If  lnin>|]oitrri'iit  en  Angleterre  pur 
"(levoliou,  et  ne  demctira  KiMilcnicnt  i|ue  le  cbefcn 
"IVgliiie  de*  Sointu-liinrK-ciilii. "  (Thentre  de»  ant'vi. 
|).  83a  ot  »uiv.)  (iiiilIclM'il  il»;  Mfl/,  »  dune  vu  w\U' 
relique  fort  peu  de  teiii|)8  avant  hoii  enlèvement. 

'''  I.ieti  Trois  Vifs  et  les  Trois  Mort*  sont ,  ci-après, 
l'objet  d'un  ap|)endice  spéciid. 

"'  Tous  lu»  liistorieuH  de  Poris ,  depuis  (luillounie 
le  Brutoii ,  tint  pHrl(*  surccssivenifiil  iln  riiiicliort' 
d(!S  Innocents.  Siiuvul ,  entre  autr(>s ,  y  o  vu  l)Uiiuroup 
de  choses  :  d'abord  le  tonil)eou  de  Nicolas  Flaniel 
et  de  IVrnclii'.  s<i  f('iiirrii-,ronleiM|M)niins  de  Guille- 
bert  de  Metz  ,  "•lequel  toniUuui  est  pri-s  de  In  |M)rte, 
ffdu  ciwXi  de  lu  rue  Soint  Denys,  sous  les  charniers, 
"OÙ  il  y  a  plusieurs  ti^'urcs  que  l(>s  rhiiuist(>s  croient 
"renfermer  les  mystères  de  lu  pierre  pliilosophnle;^ 
il  y  n  r(^mnr(|ué  en  outre,  r dessus  l'arcade,  proche 
"de  l'i'glisc,  une  Irès-U'lle  ligure,  jwrchi'e  si  liaul 
"Cl  si  mal  orientëc,  <|u'il  fuut  avoir  l(>s  yeux  très- 
"Ifons  et  très-fins  pour  jujjenpie  c'est  une  d(st  meil- 
"Icures  ligures  de  Paris.»  Souval  cite  encore  enn 
"pleureur  j;/llé  mnlirieusement  |>or  ceux  qui  l'ont 
"luoilell*^,  lopicl  pleure  de  sorte  «pi'en  le  rejjnr- 
"dant  on  a  envie  aussi  de  pleurer v-  {AntiqviU»  de 
Paris ,  I.  I",  p.  ."{.">())  ;  un  s<pielelle,  chefHriiMivre  de 
(ieriiiflin  Pilon,  disent  li>s  uns,  de  Frunçois  (îenlyl, 
assurent  les  autres,  et  un  bas-relief  dit  "du  fou- 
"droyi^- di^  il  Ponce  Trelmlli.  Les  charniers,  au  li<- 
moignage  de  Snuval.  avaient  qunlre-vingt-qunlre 
arches.  Nicolas  Flumel ,  ilil  l'ablx'  Vilain ,  en  lit  cons- 
truire une  en  1 38g ,  "alors  que  l'on  Iwtissoit  succra- 
"sivenient  les  choniiers  nu\  dt'|)ens  des  riches  Immic- 
"1,'fois  de  Puris,  ipii  se  fnisoieiit  un  devoir  «l'y  contri- 
"buer,  comme  à  une  u-uvre  de  religion;»  |Miis  une 
seconde,  en  1A07,  vis-à-vis  de  In  pn'mière,  pour 
servir  h  la  s«<pulturc  de  sa  fenune.  (Ilitt.  critique  dt 
Nieola*  Flamel,  p.  3a  et  10&.)  Du  Bretd,  qui  <<cn- 
vnil  un  demi-siècle  avant  Sauvai,  ne  conqite  que 


quatre-vingts  arcades  et  des  *  galetas  où  Toa  «oit  uoi- 
"  infinité  d'ossements  et  testes  de  I 
"  lielles  et  boon»  giaMws  ii  repréMOtar  k  { 
"<^  iropertiiMoeeifenMtrBvaiiîitf  lHnHUM.*(  71m^ 
des  antiijuiln,  p.  83i.)  La  demièn  deteription  àf 
ce  lieu  funèbre,  avant  m  dartmdiai,  art  «fe  Mar- 
cier,  qui  put  voir,  au-deMoaa  de*  gtWku,  las  aar- 
chandm  de  niodea  et  le*  écrivains  publics  envalu»- 
sant  Tatiie  des  morla  :  «Lo  iqueiettai,  dilril,  sobI 
"entant  au-deasus  de  lent»  iMaa,  dam  eaa  gra- 
"niers  surcharges  de  Icun  poids.  Caa 
"accunndéi  frap|>ent  les  n-gards,  el  c'est  ao  I 
"des  d«^bris  vennoulus  de  tnnle  géo^raliom,  ( 
"n'oiïrent  plus  que  des  os  en  poudre;  e'eatao  1 
-de  l'odeur  fétide  et  cadav^reuw,  qui  vient  t 
"l'odorat,  qu'on  voit  ceHea-d  adieter  das  modea. 
"celles-lù  dicter  des  lettres  unooraoaak*  On  ant 
ipie  les  rlinniiers  (les  Innocents  furent  ( 
I  yKf) ,  et  les  oss<>ments  tran^iorfési 
M.  Bonnunlot  o  publie,  tiana le lonw  10  de  k  j 
unir fr$f Ile  de»  Aru,  une  iria-intdnaaaala  dtade  anr 
le  cimetière  des  Innocenta. 

<'>  Conaoher.  ci-aprèt.  Tappcodiee  wniafré  è  k 
Danae Macabre,  telle  qu'on  la  voyait,  dit  le  niaon»- 
crit  de  Saint -Victor,  au  ctinetière  des  Innocente. 
prwa  kabetwr  aftd  Stmetam  Imotmliim. 

<*'  Ce  serait  là  une  singulière  origine  :  de  at- 
testerait.  dit  M.  Bonnardot.  qne  ka  dnaM  avaient 
alors  l'enlnV  biire  dana  ks  diMiiina  de  fmù. 
Quand  à  la  toumele,  dont  i 
sou»  les  yeux  du  lecteur,  elka  I 
historiens  de  Pari».  PigMMi  «(  Le  Bcnf  y  ont  re- 
connu un  ancien  fanal  émÊitd.  aoit  k  raeeveir  daa 
cierges  bn\ianl  en  llioanenr  dn  tr^paaaés,  sait  h 
ëckiier  I»  fidèka  «pii  se  nmkieiBt  h  Ti^.  et 
même  ka  paMnte  et  ha  niaiilunili  M.  de  CaiH 
mont  (  Gmu«  iTaniifwlw  aMMHMnlaAw ,  t.  VI .  p.  SS6  ) 
eiprinie  k  mène  opinion.  L'abfaé  Le  Benf  déoit 


194  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

La  tour  et  le  chastel  du  Louvre  ou  il  [y]  a  logis  pour  le  Roy  et  les  douze  pers^". 
Item  la  Bastille  Saint  Anthoine,  qui  est  moult  forte'*'. 
Item  lostel  de  Bourbon,  qui  est  de  moult  riche  et  plaisant  ouvrage'*'. 
Les  hostelz  de  Saint  Pol,  ou  le  Roy  et  la  Royne  demouroient'*'; 
de  Petit  Muche,  ou  le  Daulphin  demouroit'**; 
Ihostel  de  Cecille,  appartenans  au  Roy  de  Jherusalem  et  de  Cecille'*'; 


ainsi  ce  fanal  :  »  Cette  turricuie  a,  dans  le  haut, 
rrhuit  ouvertures  quarrées  oblongues,  pratiquées 
(tsous  (les  formes  de  cintres  un  peu  pointues.  Le 
rrbas  et  le  haut  de  la  lanterne  sont  entourés  dune 
T sculpture  en  pointe  de  diamant;  le  sommet  ne 
rrparoit  point  terminé  par  un  globe  mais  par  une 
«•espèce  de  grosse  fleur.  La  croix  qui  surmonte  le 
rr  tout  est  une  chose  ajoutée.  '  (  Hist.  du  dioc.  de  Pari» , 
1. 1,  p.  81.)  Une  statue  de  la  Vierge,  abritée  par  un 
auvent,  avait  été  appliquée  au  fanal  des  Innocents, 
à  une  époque  qu'il  est  difficile  de  préciser;  on  la 
désignait  sous  le  nom  de  iXotre-Dame-des-Bois  ;  ce 
qui  a  fait  dire  h  quelques  historiens  que  le  lieu 
m.  le  cimetière  des  Innocents  fut  établi  avait  été 
autrefois  couvert  par  une  forêt. 

'"'  Voir  la  Topographie  historique  du  Vieux  Paris, 
région  du  Louvre  et  des  Tuileries,  I,  p.  1 13. 

'*'  La  description  de  la  Bastille  est  dans  tous  les 
historiens  de  Paris. 

'''  Voir  la  Topographie  historique  du  Vieux  Paris , 
région  du  Louvre  et  des  Tuileries ,  I ,  p.  33  et  suiv. 

'*'  (tL'hostel  solenniel  des  grants  esbattements ,  " 
construit  par  Charles  V,  occupait  presque  tout  rem- 
placement compris  entre  les  rues  Saint-Paul ,  Saint- 
Antoine,  du  Petit-Musc  et  le  quai  des  Célestins  sur 
lequel  il  avait  sa  principale  entrée.  Quoiqu'il  eût  été 
incorporé  au  domaine  dès  1 364 ,  afin  de  Tu'en  estrc 
'TJamais  démembré  pour  quelque  cause  et  raison 
frque  ce  pust  estre,  n  diverees  parties  en  furent  suc- 
cessivement ahénées ,  et  François  1"  en  consonuna  la 
vente  fan  i5i6.  Les  rues  Beautreillis ,  des  Lions, 
INeuve-Saint-Paul  (Charles  V  )  etde  la  Cerisaie  ont  été 
ouvertes  sur  l'emplacement  de  l'ancienne  demeure 
royale,  dont  il  reste  encore  quelques  vestiges  dans 
les  bâtiments  occupés  par  la  Compagnie  de  l'eau  de 
Seine  purifiée.  Sauvai ,  Félibien  et  Piganiol  ont  donné 
de  l'hôtel  Saint-Paid  des  descriptions  détaillées. 

'*'  tfCent  ans  avant  Charles  VI,  dit  Jaillot,  il 
Texistoit  un  hôtel  du  Petit-Musc,  dont  la  rue  a  pi'is 
fie  nom,  ou  auquel  elle  a  doiuié  le  sien;  il  s'éten- 
rrdoit  depuis  la  rue  Saint-Antoine  presque  jusqu'à 
tcelle  de  la  Cerisaie.  •>  C'est  le  manoir  de  ir Petit 


irMuebe,  où  le  Daulphin  (Charles  VII)  demouroiti^ 
au  temps  de  Guillebert  de  Metz ,  et  qui  fut,  un  peu 
plus  tard,  réuni  à  l'hôtel  Saint-Paul.  11  avait  él^ 
acheté ,  en  1 3 1  a ,  jwr  Louis  I",  duc  de  Bourbon , 
qui  l'agrandit  au  moyen  de  la  maison  dite  du  Pont 
Perrin,  parce  qu'elle  était  voisine  du  jwnt  jeté  sur 
l'égout  de  la  rue  Saint-Antoine.  Charles  V  l'avait 
réuni  à  fhôtel  Saint-Paul  ;  Charles  VI  le  fit  recons- 
truire, ce  qui  lui  valut  le  nom  d'Hôtel  Neuf,  qu'il 
échangea  successivement  contre  ceux  d'hôtel  d'É- 
lampes,  de  Bretagne,  d'Orange,  de  Valentinois,  de 
Boissi,  de  Langres,  et  enfin  du  Maine,  en  l'honneur 
du  duc  de  Mayenne  qui  le  lit  reconstruii-e  sur  les 
dessins  de  Du  Cerceau.  Au  xvii'  siècle,  l'hôlel 
fut  occupé  par  le  prince  de  Vaudémont  et  le  prési- 
dent d'Ormesson  ;  les  bâtiments  qui  en  restent  for- 
ment l'angle  des  rues  Saint-Antoine  et  du  Petit-Musc. 
'*'  L'hôtel  dont  il  est  ici  question  devait  son  nom 
à  Charles,  comte  d'Anjou  et  de  Provence,  frère  de 
saint  Louis,  ap|>elé  aux  royaumes  de  INaples  et  de 
Sicile.  Il  passa  à  son  fils  qui  le  donna ,  en  1  ^99 ,  au 
fils  de  Philippe  le  Ilai'di ,  Charles  de  Valois  et  d'A- 
lençon ,  dont  les  descenilants  le  possédèrent  jusqu'au 
règne  de  Charles  VI.  Le  raoDarc[ue,  en  ayant  obtenu 
cession  de  Pierre,  comte  d'Alençon,  l'an  1890,  le 
donna  à  Bobert  et  Charles  de  Bausson.  L'hôtel  ap- 
partint depuis  aux  rois  de  Navarre  et  aux  comtes 
deTancarville;ilfut  rebâti,  dans  la  seconde  moitié 
du  xvi'  siècle,  par  les  canlinaux  de  Meudon  et  de 
Birague ,  puis  acquis  par  le  maréchal  de  Boquelaure , 
qui  le  revendit  à  François  d'Orléans-Longueville. 
Il  appartint  ensuite  au  ministre  de  Chavigny  et  au 
duc  de  La  Force  dont  il  prit  le  nom.  Dans  les  der- 
nières années  du  règne  de  Louis  XIV,  il  fut  divisé 
en  deux  parties,  dont  fune,  connue  sous  le  nom  de 
Petite-Force,  forma  l'hôtel  de  Bricnne  et  avait  son 
entrée  rue  Pavée,  au  Marais;  l'autre,  applée  la 
Grande-Force,  fut  acquis,  en  1754,  par  le  comte 
d'Argensou,  au  nom  du  Boi  qui  voulait  y  établir 
l'École  militaire.  On  sait  que  ce  projet  reçut  une 
tout  autre  exécution.  Le  roi  Louis  XVI  ayant  sup- 
primé les  prisons  du  For-l'Évèque  et  du  Petit-Chà- 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  LHAHLKS  \  I. 

Ilioslel  (le  TourtMîllcs,  au  duc  dOrleans'"; 
llioslel  ilArtois,  au  duc  de  Bourj;oiupne*'*; 
lostcl  du  Hoy  de  Navarre'*'; 


19» 


lelr-l,  en  1780,  ctb  prison Soinl-Mnrtin ,  en  1785, 
lu  Grnnilf.'-FWce  dwviiil  un  li'-n  «li-  (li-iiMilinu  |iri'U'ii- 
liv«,  nt  1(1  IVtile-Korcr  fui  olli'rti-i'  n  I  cirijin-.ouiic- 
inent  <i<r»  filles  |>uliiir|iim.  Pendant  \a  Terreur,  lo 
Fon'c  fut  le  th<^Atrc  ileHerneH  Minf^lnntes  un  noinlire 
(leH(|iiell(»t  He  ploce  l'aHiuiHHinal  dr-  la  princeHM'  de 
lianiludle.  CeUe  vieille  demeure,  si  iiinfpdièrenient 
IrmiMlbnn^.  tmidiuit  de  vi'tiiHU',  lonM|iie.  en  iH/io, 
nn  di'eri'td  In  conKlriirlioii  de  In  prison  dite<^  Mauu; 
|iar  suite  les  hAlinienls  riu'ent  di'riiolis  en  i85o,  M 
«ur  leur  euiplneement  on  a  ouvert  la  rue  Mollier, 
ainsi  que  le  priilnhfjpuient  de  In  nie  de»  Rosiers. 

'"'  L'IiAtt'l  ou  iMiinis  dm  Tounirllen  ne  fut  d'n- 
l)ord  qu'une  demeure  seif^neuriaie  reconstruite  par 
Pierre  irOrpeuiout ,  clinurelier  de  Krnnre,  el  ven- 
due |)nr  HOU  lils,  en  l'io'j,  nu  dur  de  iierri ,  frère 
de  Charles  V,  qui  In  ri'dn  nu  dur  d'Orléans.  Devenu 
pfu  n|>ri's  u)niHon  roynle.  l'IiAlcl  des  Tournciles  fut. 
jiendanl  rocrupiition  nM|(liiise,  In  rtmilence  du  duc 
de  Bedford,  qui  rnfjrnudilde  manière  h  comprendre 
dniis  les  iii*|H>iid(Hir«<s  tout  le  tfrrniu  rirronsrril  nu- 
jourd'hui  pnr  le  houlevnrd,  In  rue  Soiut-(îilles,  In 
rue  de  Turenne  jusipin  son  débourlu'  dnns  In  nie 
Saint-Antoine  et  relte  derni(''n>ruejusrprnu  i)oint  de 
dè|)nrt.  Dnnn»'  pnr  F^ouis  M  h  son  un'deriu  Jacques 
Coitier,  |K)ur  en  jouir  sn  viedurnut .  il  retleviut  ensuite 
hnliitntion  royole  :  c'est  li  que  mourut  I.«ni8  XII. 
et  (pie  Henri  il  fut  blesse  mortellement.  f>>  plan  de 
Du  Ceicemi ,  di-esséà  pu  près  vers  celte  »'|>oque,  fait 
voir  les  lices  dont  le  terrain  étnit  entouré  pour  les  tour- 
nois, et  les  Kfltiiiieutsdoiit  I'IkMcI  se  r«iu|M>snil  «lors. 
On  suil  qu'un  édil  dt>  1  .")(i5  ordonna  la  dt'inoliliou  rlu 
pninis  des  Tournelles,  que  reUe  œuvre  de  destruc- 
tion fut  assez  l<in(;tie.  cl  que  la  place  Royale,  avec 
les  rues  dont  elle  est  entoun'-e,  ne  fut  rominencée 
qu'on  i6oà.  Au  moment  où  écrivait  (iuillebert  de 
Metz.  l'IiAlel  appartenait  fOU  duc  d'Orléans,  o  re<pii 
date  If  ivcil.  piiisipie  le  dur  fut  ns,sassiné  en  1A07. 
I/es  durs  de  Rourjjojfue  de  la  seconde  race 
avaient  leur  liAtel  au  mont  Snint-llilaire.  et  In  me  de 
Reims  a  |>orl<'  leur  nom  (  v.  p.  171).  note  •)).  Lorsque 
le  durlié  eut  été  uni  à  la  roun>ime,le  manoir  de  la 
rive  (gauche  y  fui  éjralenienl  incorpon' ,  et  Pliilipp 
le  Ifnnii.  eu  i-ecevant  l'iiivesliliin'  du  duché,  dut 
loper  à  I  li<\lel  d'Artois  qui  apjtnrlcnait  n  son  épouse 
Mnrguerile.  duclM>s.s<>  de  Klundre  et  ci«ute»»e  d'Ar- 


tois. Il  recouvra  plus  tard  100  1 
il  aima  iniaai  iiabiter  eein  qui  U  «mmé  da  k  Ah 
ebeiM.  Jean  tana  Peur  at  lat  mrtimmn  Minai  la 
iiiAme  préUnoee.  <rCe  fut  longtemps,  dit  Saaval. 
-une  maison  fcwgiw,  ^traite  el  iionÛe  ifei  mur*  de 
-la  ville,  entrepri*  par  PUlippa  Aogaite.  qni  r^ 
•rgnoienl  entre  U  rue  Maoeooaefl,  k  me  Pavée  et 
"la  nie  du  Petit-Lioo.  dont  il  raile cneoi*  daa  pana 
«daiw  ce*  rue»-Ui  et  qnekpiea  tam.....  On  enk 
"même  que  ee  grand  et  viaos  eoqia  de  lo|pi  qn'on 
fvoit  le  long  de  la  rue  MaiieenaaU  fut  tonilinil 
"  |>ar  quelqu'un  de  ceux  de*  premiei»  comles  d'Ar- 
"tois;  mais  on  ne  doiitp  |Miint  qiiePhihp|M>  le  Hardi. 
ren  étant  devenu  prripriétaire  par  m  mariage,  le 
-port»  nu  delà  des  mur»  de  k  vile  jnaqn'è  k  ma 
»  Pavée  el  i  celle  du  Petit-Lion,  pane  que  eea  mm 
"ne  servoient  plus  de  rien  de|Hiis  qu'on  en  eut  eonn 
~  menré  d'onln>s .  etc.  <  Quant  à  k  part  de  eana- 
Iniction  qu'il  faut  attribuer  k  Jean  tans  Penr.  San- 
val  la  détennine  avec  une  grande  nctlel^  :  cLedne 
-et  sa  femme,  dit-il.  roecmrent  d'aï  grand  eorpa 
-d'hAtel  ^1  tubtUu  encan  m  ftrtie,  et  qui  «1 
«-couronne  de  grandi  fronlom  gotUqnei  de  pierre. 
" rehaussa  <ie  leurs  armes;  et  de  phis  raeconipn- 
"frnèrent  d'un  petit  pvillon  que  Monstrtfcl  al  )m 
r  registres  de  la  Chambre  des  comptes  noaHMal 
-dongeon,  avec  une  chambre  toule  de  pierre  de 
'tnille.  que  Jean  liii-m^ie,  surnomma  sana  Pew. 
«Trassassin  du  duc  d'Orléans,  lit  bAtir  tant  api* 
-pour  sa  sûreté.  U  plu»  forte  qu'il  pot.  et  lemn- 
"iiée  de  macheconlia,  oè  lentei  ka  nniu  il  ma- 
r  choit.  -  t  Ui*t.  H  rttktrtlm  im  màtf.  JbktMtde 
Pari»,  t.  II.  p.  64.  65.)  On  1 
vient  d'èUv  dénMNqué.  et  qn'il  1 
restaiin'.  apr^  avoir  été  dégagé  de 
C'est  le  dernier  reste  de  PhAlel  d'Arlok  et  de  Bonr- 
(jojjiie.  dont  François  1",  jiar  un  édil  de  iSA3.  ar- 
donna  la  démolition .  el  dont  une  partie  fat  aofake. 
en  I  .S48.  par  lea  conMras  de  k  Fmàm.  p«k  «e- 
cu|M<e  par  k  broeine  troupe  de  comédien»  qni  an 
prit  le  nom.  La  nw  au  Oun  protongée.  an  tnm- 
çon  de  la  me  Franfaiae  el  ki  piuyôflé»  «Inéta  k 
droite  et  à  ganrbe  île  cette  me 
d'hm  remplacement  d«a  cnrim 

n  Sauvai  mmple  knl  Mkk  dm  Nk  da  Na- 
varre i  Pari»,  mi  phitAi  huit  demanna  qn'it  an! 

•S. 


1%  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

lostel  de  Flandres,  que  le  duc  Jehan  de  Bourgoingne  donna  au  duc  An- 

thoine  de  Brabant'''; 
les  hostelz  dAlenchon  '■^>, 
de  Hollande'»', 


successivement  habitées.  Au  temps  où  écrivait  Guil- 
lebert  de  Metz ,  trois  seulement  pouvaient  être  con- 
sidérées comme  tr  lostel  du  Roy  de  Navarre  ;i  c'é- 
taient :  1°  iria  grande  maison  qui  régnoit  le  long 
trde  la  rue  du  Cocq  et  de  celle  des  Deux-Portes ,  n 
oïl  logeait,  en  1891,  Blanche  de  Navarre,  veuve 
de  Philippe  de  Valois,  et  qui  fut  vendue, en  1417. 
par  Catherine  d'Alençon,  veuve  de  Pierre  de  Na- 
varre; 2°  fria  maison  de  la  rue  des  Bouchers,  vis- 
r  à-vis  la  chapelle  de  Bracque,  qui  régnoit  le  long 
rrde  la  rue  du  Chaume,  tout  devant  l'hôtel  de  Guise, 
fret  aboutissoit  à  la  rue  de  l'Échelle-du-Temple,» 
laquelle  maison  était  occupée,  dans  la  première 
moitié  du  xv'  siècle,  par  Jean  d'Aragon,  Blanche 
de  Navarre ,  son  épouse ,  et  Charles  de  Navarre ,  leur 
fils;  3°  "le  logis  sis  dans  la  rue  de  Paradis  et  celle 
fdu  Chaume,  à  l'endroit  où  est  à  présent  le  ina- 
.-nége  découvert  et  la  fontaine  de  l'hôtel  de  Guise, 
Tvis  à  vis  le  portail  de  la  Merci  ;i  lequel  fut  oc- 
cupé par  Bernard  d'Armagnac,  duc  de  Nemours, 
et  confisqué  plus  tard  par  Louis  XI.  Ces  deux  der- 
nière hôtels  étaient  presque  contigus,  et  c'est  sans 
aucun  doute  de  l'un  d'eux  que  veut  parler  notre 
auteur.  Ils  ont  été  englobés,  vers  le  milieu  du 
xvi'siècle,  dans  les  dépendances  de  l'hôtel  deGuise, 
qui  passa,  en  1697,  au  prince  de  Rohan-Soubise , 
ilont  il  a  gardé  le  nom  jusqu'à  l'époque  de  la  Bé- 
volution.  Les  Archives  de  l'Empire  y  ont  été  ins- 
tallées par  un  décret  en  date  du  6  mars  1 808. 

'''  fr Lostel  de  Flandres,  que  le  duc  Jehan  de 
r Bourgoingne  donna  au  duc  AnlhoinedeBrabant," 
était  situé ,  dit  Sauvai ,  près  de  l'enceinte  deCharles  V, 
entre  les  rues  Plâtrière  (J.  J.  Rousseau),  Coquil- 
lière,  Pagevin  et  des  Vieux -Augustins;  c'était, 
ajoute-t-il,  fune  grande  isie  que  Gui  de  Dam- 
n- pierre,  comte  de  Flandre,  acheta  de  Pierre  Co- 
ffquiller,  de  Simon  Matiphas  et  de  l'évêque  Buci,Ti 
et  qui  fut  agrandi  de  frtout  le  jtourpris,  manoir  et 
r  terres  des  Augustins ,  1  ce  qui  en  étendit  les  limites 
jusqu'aux  rues  Montmartre  et  de  la  Jussienne. 
Construit  vers  la  fin  du  xiii'  siècle,  l'hôtel  demeura 
propriété  des  comtes  de  Flandre  jusqu'au  mariage 
de  Marguerite  avec  le  duc  Philippe,  fils  du  roi  Jean. 
Dans  le  partage  que  les  époux  firent  de  leurs  biens , 
en  1/102.  l'aîné,  qui  fut  depuis  Jean  sans  Peur, 


choisit  l'hôtel  d'Artois  ou  de  Bourgogne,  et  laissa 
l'autre  à  Antoine,  son  frère  cadet,  duc  de  Brabant. 
de  Limboiu-g,  de  Luxembourg,  etc.  qui  y  fixa  son 
habitation.  Maximilien  d'.4utriche,  après  son  ma- 
riage avec  Marie  de  Bourgogne,  réserva  cette  de- 
meure pour  son  fils  Philippe  et  en  fit  l'objet  d'une 
stipulation  particulière  dans  les  traités  de  1 48a  et 
1693,  conclus  avec  Louis  XI  et  Charles  VIII.  Il  le 
confia  ensuite  à  la  garde  d'Ohvier  de  la  Marche, 
qui,  contrairement  à  ses  engagements,  le  laissa 
tomber  en  ruines.  Les  confrères  de  la  Passion ,  à  la 
recherche  de  grands  logis  abandonnés  pour  y  re- 
présenter les  mystères ,  firent  choix  de  Fhôtel  de 
Flandre,  comme  de  l'hôtel  de  Bourgogne,  et  ils  y 
jouèrent  pendant  quelques  années;  mais  le  même 
édit  de  i543,  que  nous  avons  déjà  cité,  ordonna 
la  démolition  des  deux  hôtels.  François  I",  il  faut 
en  convenir,  n'avait  pas  à  se  louer  de  la  Maison  d'Au- 
triche ,  héritière  des  domaines  de  Bourgogne.  L'hôtel 
de  Flandre  fut  divisé,  dit  Sauvai ,  en  vingt-trois  places 
ou  lots,  et  il  en  resta  deux  gros  pavillons  carrés, 
l'un  sur  la  rue  Coquillière,  l'autre  sur  la  nie  Coq- 
Héron,  où  se  trouvait  l'une  des  entrées  du  manoir; 
ces  derniers  vestiges  disparurent  en  1 6 1 8.  Sur  rem- 
placement de  la  demeure  ducale  furent  élevés  les 
hôtels  d'Épemon ,  de  Bullion  et  plusieurs  autres. 

"'  Sauvai  énumère  un  grand  nombre  de  logis 
ayant  appartenu  aux  comtes  de  Valois  et  d'Alençon 
(t.  II,  p.  69  et  suiv.).  Dans  la  nomenclature  qu'il 
en  donne,  trois  |K)uvaient  porter  le  nom  de  chostel 
-dAlenchon,»  à  l'époque  de  Guillebert  de  Metz  : 
1  "  celui  qui  était  situé  dans  la  rue  rlu  Boi-de-Sicile 
et  fut  vendu ,  en  1 389,  à  Charles  VI  ;  -j"  celui  qui 
s'élevait  vers  le  milieu  de  la  rue  des  Cinq-Diamants 
(  partie  de  la  rue  Quincampoix  comprise  entre  les 
rues  des  Lombards  et  Aiibry-le-Boucher)  ;  3°  l'hôtel 
bâti  par  le  fameux  surintendant  <les  finances  En- 
guerrand  de  Marigny.  qui  fut  ]iendu  à  Montfauron. 
Ce  dernier  manoir,  confisqué  en  1 3 1  â,  fut  donné  par 
Louis  le  Hutin  à  son  (ils  Philip|)e,  comte  de  Valois 
et  duc  d'Alençon.  M.  Adolphe  Berty  en  a  fail  la 
monographie  (Topographie  hisl.  du  Vietu-  Paris, 
région  du  Louvre  et  des  Tuileries.  I ,  p.  88  et  suiv.) 

'''  On  ne  comiaît  aucune  mention  d'un  hôtel  de 
Hollande  à  cette  époque.  Guillebert  de  Metz  aurait- 


■  -X'  .F^'ii-'-miÊne^.it 


OWJitftflo  (ànrtiOhntatt 


re  de  Schulb 


Chcomolrtii£n6elniarn  &Craf 


,^lr 


La  Maison  aux  Piliers  ja  Place  de  Grève  et  une  partie  de  la  Cité  .vers  le  milieu  duXV^Siéci- 

Fac-simûe  d'u/ie  jmrusicire  du  Missel  de  Juvénal  des  ^v%\V\^  .  £jMoihéj  de  JaMe  de  J'ansJbl53,nxi) 


DKSCFUPTION  F)E  PAIUS  SOUS  CHARLES  VI.  197 

Ifis  hostclz  d<;  Monta|;u  ' , 
de  Tournay  ' , 

<lc  riiron''  cl  pliiscurs  aiilres; 
Le  riliuNl:ill<;t,  ou  U;  l'nivosl  il<!  Paris  et  ses  auditeurs  tiennent  les  plais;  et  la 
sont  IcH  prisons  en  merveilleux  nombre'*'  ; 

Loslel  (le  la  Ville  en  la  plac<:  de  Grève,  ou  le  Prévost  des  Marchans  et  les  Ea- 
chcvins  font  loy*'; 

Lostcl  appelé  le  Four  Levesque,  ou  len  plaide  les  causes  du  temporel  de  U 
juridiction  de  levesque  de  Paris;  cest  en  la  rue  de  lEscolc  Saint  Germain  *  ; 


il  Vnlilll    |iiii'|i'l'    <l  un    lli'ili-l    ilr's    iiMili.'iss.'iilriirH    (\p 

llolliindc.  iiiilrrifiir  il  r«'lui  ([iic  <li)ll;iii|  con^lniiiil 
riii!  Vi<»ill('-<lii-T<'tii|)le,  nt  qui  existe  encore  aujotu-- 
il'luii  au  n"  fi-j'!i'Aa  u'cst  point  invrais(>nil)liil)lc, 
cl  jitMil-Ati'c  l'tKlificc,  ('•Ifvi-  au  coinnicnciMncnt  du 
xvin*  BJèclf',  nrcii|Mvt-il  lu  place  de  l'ancien  liAicl. 

''  '"'  l/cnilwHTns  est  plus  )jrnii<l  |W)ur  les  liAli'ls 
(le  Miiiit(ii([ii  et  «le  Toumny.  (îuiileJMTt  fie  Melz 
a-l-il  iliittigiM^  »oiu  ces  deux  noms  une  maison  or- 
(■U|m'i!  leni|K)ruin'inonl  |mr  les  év/kjue»  «leTouniny. 
et  lui  logis  ayant  ap|Mirt)>nii  aux  Montai^pi ,  |RMit- 
Atn'  au  c(<ltM)n'  siirinteiulant  des  Hnonres,  décapité 
en  l'iog,  époque  h  laquelle  notre  auteur  se  trou- 
vait il  Paris?  Veut-il  parler  des  colléjfes  de  ce  nom 
situés  sur  la  inontairne  Sainte4iencvit>ve,  et  dont 
les  bâtiments  servaient  de  n'sidenrc  aux  foixtateurs , 
ovanl  d'Atre  oITeriés  ii  renseignement  ?  On  ne  peut 
énieltri"  sur  ce  point  que  des  ronjeclurt». 

''*  L'hôtel  de  C/imon  fut  construit,  en  i383.  |Mir 
le  ronnélalile  de  ce  nom ,  sur  l'emplarement  du 
grand  cliantier  du  Temple,  qui  s'étendait  au  sud 
de  la  rue  des  Qiiatro-Fils;  il  était  donc  dans  su 
nouveau))'  loi-sipie  Ciiiillelierl  de  Met/  écrivait. 
ApW's  avoir  ap|Nirtenu  ii  divers  propriétaires,  il  fui 
ar(|iiis  (Mir  la  mai.son  de  (îuise,  qui,  sur  son  em- 
placeiiK'iil .  aiigmeiili'  de  relui  qu'orriiimient  les 
lu'ttels  lie  .Navarre,  de  In  lloclie-tiiiytHi  et  pliLsieurs 
logis  de  moindre  im|Hirtanre,  lit  liAtir  la  som|>- 
tiieuse  (lemeiiiv  connue,  depuis  1697,  sous  le  nom 
d'IiAti'l  Sotibise. 

•''  Tous  les  historiens  de  Paris  oui  parlé  du 
ChAtelet  el  de  ses  g«»ôles.  Malingre,  Brice  et  De  l<a 


marn<  en   attrihuent    la    conslriirlioii 


pi-eimei 


tlésjir;  r.orn)i!et  el  Sauvai  en  foiil  Imiuieur  il  Tem- 
|H'n'nr  Julien.  Ce  qui  parall  hors  de  doute,  c'est 
que  le  l'irand  el  le  l'elil-dliiUelet .  rormanl  l^le  de 
|M>nl,  étaient  d'alionl  une  forliliralioii  deslintv  ii 
rouvrir  In  ville.  On  n'est  |>a8  bien  lixé  sur  l'é|M)que 


où  fut  créée  bjumln  tinn  i|iii  i. 
(iraiid-(jhAtelet  :  elle  parait  y  .!• 
XI*  siècle,  ou  du  moins  il  en  n«t  lait  0 
é|toquc.  Le  Grand -ChAtelet,  1 
Louis,  de  iiiia  i  i<66.  prmji/ 
construit  de  1  &85  k  1 5oo ,  agrandi  et  répmré 
\a  flu  du  xvu*  tiède,  a  snbMlé  jw^'cn  t8i3. 
•'■|M>que  à  laquelle  il  a  ét^  démoli.  Sor  M»  eapl*- 
reinent  avait  été  coostraite  U  Chambre  im  ■»- 
taires,  antérieure  à  celle  qui  Ibnne  aufouwriwi 
l'angle  de  la  me  Saint-Denis  et  dn  bouiewwl  de 
S'basto|>ol.  Les  prisona  y  ëtaieot  «eo  oMrfaflm 

-  nombre  1  au  temps  de  (luillebert  de  lleli;  <■ 
effet,  une  ordonnance  dellenri  Vl.rendiieeni&<.S. 
en  énuiiiére  onze. 

'  "Loslel  de  la  Ville*  dont  il  est  ici  question. 
était  alors  la  Mmmm  aux  PiStrt,  dite  Mm»m  de 
(l'rèir  ou  Mmmm  tmx  Dmflmu,  avmt  que  b  ViHe 
en  eiU  fait  l'acquisition  (t3S7K  Nooaeo  iloniwi 
une  vue  prise  vers  le  milieu  dn  tv*  aède,  et  «»- 
|iruntée  au  eâtfire  mannacrit  de  Jomewl  do» 
L'rsins.  Au  moment  où  écrivait  (luillebert  de  Mets . 
rl->lievinag«  puiiieo  venait  «rètre  rétaUi  (i4it). 
après  un  séquestre  de  plus  de  Ircpte  aném;  il 
semble  que  noire  auteur  ait  vonhl  CMtfiatur  et 
fait,  ovec  lo  brièvel^  qui  bi  «Il  ImUm!*.  m 
écrivant  ce»  mot»  ajgiiifiwtift  :  *oà  le  Pl«««sl  des 

-  Marchans  et  les  Eadwvim  faut  loy.a 

*  1>>  For-fÉrifte  (/bnoN  Epitttfi),  qu'oa  • 
eu  le  tort  d'écrire  Fort  «t  Fom-  fiffdfw,  était  le 
iribimal  de  la  juriilictioa  épieropele.  Établi  dTeberd 
ilaiis  la  Cité,  selon  toute eppeteore.  il  fiittnMiM. 
vers  le  milieu  du  xn*  tiède,  tor  le  luiituiie  ém 
Cluini|MN«ux.Kn  i37a,aacnMliteq«*idlMlala<nK 
Saint-Cemiainl'Auxenvit. vi»4-Tia  le  Far  fc  Bm. 
Reeoattmit  pertidhoMat  ca  i6&«. i  eetHi  bialAl 
Il  envie  iw|eau  |Hciwe|nBeBpm,MiCBBienBimvt 
\'«^{\X  de  1676 .  qui  r^oniieeit  tm  CUtalal  testas  let 


198  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Les  halles  des  draps,  de  peleterie,  de  mercerie,  de  cuirs,  de  pain,  de  fruit 
et  dautres  choses,  contenans  lespace  dune  ville  de  grandeur"'. 

Aux  halles,  lez  le  pillory,  est  une  fontaine,  en  la  rue  Saint  Denis  deux,  et  en 
la  rue  Saint  Martin  deux'^l  En  Grève  est  lestaple  des  vins,  du  bois,  de  charbons, 
de  foing  et  autres  marchandises  en  nefz  ;  la  sont  les  porteurs  dafeutrures  et  bote- 


justices  particulières.  Transformé  en  maison  de  dé- 
tention, le  For-l'Évêque  était  plus  particulièrement 
une  prison  pour  dettes,  qui  fut  supprimée  par 
Louis  XVI,  en  1780.  D  était  situé  rue  Saint-Ger- 
main-l'Auxerrois ,  entre  les  rues  de  rArche-Marion 
(débouché  de  la  rue  des  Bourdonnais)  et  ia  rue 
des  Fuseaux  (débouché  de  la  rue  Bertin-Poirée), 
avec  façade  sur  le  quai  de  la  Mégisserie. 

'■'  L'histoire  sommaire  des  Halles  de  Paris  est 
erposée  par  JaiUot  (Recherches  hist.  Quartier  des 
Halles,  p.  20),  depuis  la  première  acquisition  du 
terrain  des  Charapeaux  par  Louis  le  Gros  jusqu'à 
la  fin  du  siècle  dernier.  Au  temps  oh  écrivait  Guil- 
lebert  de  Metz ,  les  Halles  avaient  pris  un  tel  déve- 
loppement, dit  l'auteur  auquel  nous  renvoyons, 
fr  qu'il  n'y  avoit  guère  de  sortes  de  marchands  qui 
(f n'eussent  la  leur.»  De  là  le  nom  des  rues  voisines 
(la  Lingerie,  la  Toilerie,  la  Poterie,  la  Friperie,  la 
Cordonnerie,  la  Chanvrerie,  la  Courroirie,  etc.); 
Sauvai  ajoute  (t.  I,  p.  1^7  et  suiv.)  que  plusieurs 
marchands  forains  avaient  des  halles  particulières 
portant  le  nom  des  villes  qu'ils  habitaient.  Cet  en- 
semble, (t  contenant  l'espace  d'une  ville  de  gran- 
it deur,»  s'est  conservé  presque  intact  jusqu'à  ces 
dernières  années. 

'*'  Guillebert  de  Metz  ne  compte  que  cinq  fon- 
taines publiques  sur  la  rive  droite,  au  temps  où  il 
écrivait.  L'eau  qu'elles  débitaient  provenait  surtout 
de  Belleville ,  et.  était  amenée  à  Paris  par  un  système 
de  conduites  que  Du  Breul  a  minutieusement  dé- 
crit :  (fLes  Prévosts  des  Marchands  et  Eschevins, 
"dit-il,  ont  fait  construire  de  grands  aqueducs  ou 
<r  canaux  composez  de  murs  de  maçonnerie  et  pierre 
tfde  taille,  pavez  de  grandes  noues  ou  esviers  aussi 
(tde  pierres,  contenent  detix  aqueducts,  cinq  cents 
«toises  de  longueur  et  plus,  sans  qu'il  y  aie  aucune 
fr  clarté,  sinon  celle  que  l'on  y  peut  porter  avec  feu , 
fret  de  six  pieds  de  hauteur,  sur  trois  pieds  de  lar- 
(fgeur,  le  long  desquels  les  personnes  peuvent  fa- 
ffcilement  cheminer  la  lumière  à  la  main;  lesquels 
T  aqueducts  sont  accompagnez  d'auges  ou  recep- 
fftacles  pour  faire  rouer  et  purifier  l'eau  desdites 
rr  sources  :  à  l'entrée  desquels  est  une  forme  de  bas- 


fftiment,  auquel  y  a  un  grand  réceptacle  servant 
ffd'acueil  pour  recevoir  les  eaux  descendants  d'une 
tf montagne  sablonneuse,  appelée  la  montagne  de 
"Belleville  sur  Sablon;  au  haut  et  fin  duquel  aque- 
irduct  est  un  regard  en  forme  ronde,  et  au  milieu 
(rd'iceluy  une  forme  de  puits,  servant  d'auge  à  re- 
(Tcevoir  trois  belles  sources,  descendans  en  iceluy 
irpar  trois  divers  endroits;  édifice  voûté  en  forme 
fr  ronde,  appelle  ciel  de  four,  gamy  de  son  ouver- 
irture  pour  une  lanterne  à  jour;  et  en  iceluy  deux 
fr  descentes  de  pareille  forme  ronde,  édifice  artule 
fret  curieusement  bâti  :  desquelles  noues  ou  esviers. 
iten  l'an  1 457,  en  fut  refait  de  neuf  environ  quatre 
rrvingt  seize  toises  de  longueur,  le  surplas  desdits 
rr  aqueducts  ou  canaux  basty  de  grande  antiquité." 
(  Théâtre  des  antiq.  de  Pari»,  p.  1 069.)  Les  cinq  fon- 
taines alimentées  par  ces  conduites  étaient,  selon 
notre  auteur  :  1°  la  fontaine  des  Halles,  qui  était 
contiguë  au  Pilori ,  et  que  les  anciens  plans  mon- 
trent ,  en  effet ,  à  côté  de  cet  édicule,  dans  la  direc- 
tion de  la  rue  de  la  Chanvrerie;  a°  les  deux  fon- 
taines de  la  rue  Saint-Denis,  c'est-à-dire  celle  des 
Innocents,  attenante  à  l'église  de  ce  nom,  et  celle  du 
Ponceau ,  qui  formait  l'angle  des  rues  Saint-Denis 
etdesÉgouts;  3°  les  deux  fontaines  de  la  rue  Saint- 
Martin,  c'est-à-dire  la  fontaine  Maubuée,  au  coin 
de  ces  deux  roes,  et  celle  qui  était  adossée  aux 
murailles  de  l'abbaye  Saint-Martin-des-Champs. 
Toutes  ces  fontaines  ont  été  reconstruites  aux  xvi*, 
xvn'  et  xviii*  siècles.  Du  Breul,  Sauvai  et  Jaillot 
donnent  les  dates  suivantes:  i6o5  pour  la  fontaine 
des  Halles;  i55o  pour  celle  des  Innocents;  lôag 
et  i6o5  pour  celle  du  Ponceau;  1784  pour  la  fon- 
taine Maubuée,  et  1790  pour  celle  du  prieuré 
Saint-Martin.  Toutes  ces  fontaines  remontaient  à 
une  haute  antiquité  ;  il  est  question ,  en  effet ,  de  la 
fontaine  des  Innocents  en  1978,  et  de  la  fontaine 
Maubuée  en  1857.  Quant  à  celles  que  Guillebert 
de  Metz  ne  mentionne  pas,  ou  qui  excèdent  le 
nombre  de  cinq,  fril  y  a  tant  de  temps,  dit  Sauvai, 
tr  qu'on  a  fait  celles  de  la  Croix  du  Trahoir.  de  la 
ff Trinité,  de  Saint-JuUen,  des  Cinq-Diamants,  de 
rrla  Barre-<lu-Bec,  de  la  Reine,  de  la  Porte-Baudets 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI.  IM 

leurs  de  foinf;'').  Le  bel  hostcl  <lo  Bureau  Dampmartiti,  en  la  (lourarie^  ;  lequel  Bu- 
reau, entre  les  autres  choses  de  son  «.-stal,  tcnoit  ung  poëte  de  forant  auctorité, 
appelle  inaistre  Lorens  de  Premier  Fait;  lostel  de  Digne  Ke»|K>nde,  en  la  vieille 
Monnoie'**,  et  autres  pluscurs**'. 


XXV. 

LOSTEL  DE  MAIKTHK  J\QIE8  DtIClué  EN  LA  RIE  DE  PROUVELLES '^. 

La  porte  duquel  est  enlaiilic  de  art  merveilleux;  en  la  cour  estoient  paons  et 
divers  oysuuux  u  plaisance.  I.^  première  salle  est  embellie  de  divers  tableaui  et 
escriptures  don.sei{;ii(;ni(;iis  alacliiés  et  |)endus  aux  parois.  Lne  autre  salle  raemplie 
de  toutes  manières  diiislrumens,  harpes,  orgues,  vielles,  guitenies,  psalterions  et 
autres,  deuquelz  le  dit  maistre  Jacpies  savait  jouer  de  tous.  Une  autre  salle  e»toit 
garnie  de  jeux  deschez,  de  tables,  et  dautres  diverses  manières  de  jeux,  a  grant 
nombre.  Item  une  belle  chappelle  ou  il  avoit  des  pulpitres  a  mettre  livres  deams 
de  merveilleux  art,  lcs(|uelx  on  l'aisoit  venir  a  divers  sièges  loings  et  prés,  a  destre 
et  a  senestre.  Item  ung  estude  ou  les  parois  estoient  couvers  de  pieres  précieuses 
et  despices  de  souefvc  oudeur.  Item  utie  chandire  ou  estoient  foureurcs  de  piii- 
seurs  manières.  Item  pluscui-s  autres  chambres  richement  adoubez  de  lits,  de 


itI  (Io  Mnrlc.  (pio  pcrsniinn  ne  sait  qui  Ira  a  fait 
"faire,  non  pluH  <|ne  la  fontaine  de  Sainte-Avoye.» 
{Hut.  et  recli.  des  nul.  de  l'ari»,  t.  I.  p.  aiS.) 

<''  L.a  miniature  deJouvenel  des  Ureins  montre 
«trestapic  des  vins,  du  lM)i8,  de  cliurbons,  de  îam^ 
"et  autres  nian-liiindises  en  nefi.n  c'est-à-dire  ar- 
rivant pur  lialeaux.  Quant  aux  "afeutnires.n  que 
Du  Caii|[e  enre^rislre  sous  la  forme  i^etUremenl  et 
afeutrècure ,  r't'-laieut  des  ohjeU  de  hanuchement , 
Mn»  doute  (mur  les  rhevaux  de  rhorroi  et  de  ha- 
lajfe.  Presque  tout  le  ronunerre  d'approvisionne- 
ment de  Paris  se  fai.suit  par  eau;  il  a  été  n'^lt'  |iar 
la  {p-ande  ordonnance  de  iftiâ,  et  plus  tard  |>ar 
celle  de  it'iy'j.  (|ue  nous  avons  dt'jù  cil«^'. 

"'  Il  existait  deux  voies  de  rt*  nom.  fune,  aj>- 
|)el('e  irla  Courorie'i  ou  rue  de  la  (limrroirie  ((lor- 
rearii  viau),  est  repr»Wnt<'«  aujourd'hui  jwr  le 
tronçon  de  la  rue  île  Venise  qui  joint  les  rue» 
Sainl-Denis  et  Suint -Martin.  Ildlie  dt'-s  la  lin  du 
\ ni' siècle  et  déugnëe  sous  le  nom  de  rue  Plàirihe, 
elle  enq>runta  aux  rorroyeiirs  qui  l'Iiahitaient  la 
déuoniinalioii  qui  lui  fut  donm-e  au  siiVIe  suivant. 
(Voir  pour  fauln?  "Courarie"  la  note  i.  p.  900.) 

'''  l.a  rue  de  la  Vieill»- Monnaie,  qui  joignait  i 
la  rue  di>s  i.ondiards  celles  des  Écrivains  et  delà 
lleaumerie,  a  dis|iaru  il  y  a  quelques  ann^.  km 


(le  l'ouvertun»  du  boulevard  de  SâMstopol.  et  «si 
alMorlxV»  aujourd'hui  par  la  rtie  de  Rivoli  ;  Te 
ment  en  est  repn-sentt'  par  le*  maisans 
le  long  de  ce  boulevard ,  entre  l'angle  Doni«rtqo'fl 
forme  avec  la  nie  de  Rivoli  et  le  àéboaAi  de  la 
rue  lies  Lombards.  U  est  bit  mention,  dès  k  COlÊt- 
nienccnient  du  xin*  tiède,  de  la  rVie»4laanoie.« 
et  les  maisons  dont  elle  ëtait  botdée  Mol  ditai  «- 
tuéesia  ¥oM(afta.  Au  xvii'siède.oarappdait  rmit 
la  PuMmetOtrie.  sans  doute  k  cause  de  rindastria 
qui  avait  surc«^lé  i  la  fabricatk»  de  h  »niMMii>.  Aa 
temps  de  (îuillel>ert  de  MeU,  «  devait  être  laàéfe 
d'un  riche  ni^^oce,  puisque  Digne  Bespowdt.  dont 
l'opulenn'  élail  proveriNafe,  y  avait  sa  1 

'    Voir,  aux  a|>pnidif«s.  les  1 
nous  avons  pu  recueillir  Mir  Bonaa  < 
Laurent  de  Premier-Fait  et  Digae  Respoadt. 

'"  Voir  aux  appendices  pour  les 
relatifs  à  Jacqura  Duchie.  La  nie  dis  IVaaa«iM,< 
laquelle  ^it  située  la  BHgHl 
|iar  notre  auteur,  aMappeWe  fVAwrsi ,  fVnMmu . 
/VaMmftlrsuaewfCt enfin  IVsuratr*s(f»nM  fm^ 
iyMrsnm  ).  Les  prêtres  de  Saint-Enstache  y  deawi 
raient  d«s  le  ini*  tiMe.  La  piaa  gi— de  partie  de 
cette  vote  est  compriM  ayardlni  daw  h»  Haies 
centraiea.  dont  dla  bnw  ■»  rw  < 


200  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX, 

tables  engigneusement  entaillies  et  parés  de  riches  draps  et  tapis  a  Offrais  (".  Item 
en  une  autre  chambre  haulte  estoient  grand  nombre  darbalestes,  dont  les  aucuns 
estoient  pains  a  belles  figures.  La  estoient  estendars,  banieres,  pennons'^*,  arcs  a 
main,  picques,  faussars'^',  planchons W,  haches,  guisarmes'-'),  mailles  de  fer  et  de 
plont,  pavais(^>,  targes'"'',  escus,  canons  et  autres  engins,  avec  plenté  darmeures; 
et  briefment  il  y  avoit  aussi  comme  toutes  manières  dappareils  de  guerre.  Item 
la  estoit  une  fenestre  faite  de  merveillable  artifice,  par  ia(|uele  on  mettoit  hors 
une  teste  de  plates  de  fer'"  creuse,  parmy  laquele  on  regardoit  et  parloit  a  ceulx 
de  hors,  se  besoing  estoit,  sans  doubter  le  trait.  Item  par  dessus  tout  lostel  estoit 
une  chambre  carrée,  ou  estoient  fenesfrcs  de  tous  costés  pour  regarder  par  dessus 
la  ville.  Et  quant  on  y  mengoit,  on  montoit  et  avaloit  vins  et  viandes  a  une  polie, 
pour  ce  que  trop  hault  eust  été  a  porter.  Et  par  dessus  les  pignacles  de  lostel 
estoient  belles  ymages  dorées'"'.  Cestui  maistre  Jaques  Duchié  estoit  bel  homme, 
de  honneste  habit  et  moult  notable;  si  tenoit  serviteurs  bien  moriginés  et  instruis, 
devenant  contenance,  entre  lesquelx  estoit  lun  maistre  charpentier,  qui  conti- 
nuelraent  ouvroit  a  lostel.  Grant  foison  de  riches  bourgois  avoit,  et  dofliciers  que 
on  appeloit  petis  royetaux  de  grandeur. 

Lostel  de  Guillemin  Sanguin,  en  la  rue  Bourdonnois'"",  dexcellent  édifice,  ou 
il  a  de  sereures  autant  comme  il  a  de  jours  en  lan.  Les  hostels  des  evesques  et 
prelas  en  grant  quantité,  des  seigneurs  de  parlement,  des  seigneurs  de  la  chambre 
des  comptes,  des  chevaliers,  bourgois  et  divers  officiers.  Entre  lesquelx  estoit  lostel 


'•'  Ce  mot  se  trouve  sous  les  formes  suivantes  : 
Orfrais,  orfrois,  orfrays,  orfreis  et  aurfrés;  en  latin 
aurifriffia  et  orfresium;  il  désigne  une  frange  d'or. 

'*'  Le  pennon  était  plus  particulièrement  l'éten- 
dard des  bacheliers,  et  quekjuefois  celui  des  écuyers. 

'''  Le  faussarl,  fausart  ou  fauchon  (Jalsarim) 
était  une -sorte  de  poignard. 

'''  On  appelait  planchon  (plansonus)  une  manière 
de  pique  ou  d'épieu;  le  diminutif  était ///««cAoncAe/. 

'''  On  désignait  sous  le  nom  de  guimrme  une 
hache  ou  demi-pique  dont  s'armaient  les  guysar- 
miers. 

'*'  Pavais  pour  pavois. 

'''  Le  mot  large  avait  cinq  acceptions  :  c'était 
ou  un  bouclier  de  forme  déterminée,  ou  une  arme 
défensive  quelconque,  ou  une  épée  de  Turquie,  ou 
une  monnaie ,  ou  une  embarcation  ;  il  est  employé 
ici  dans  l'un  des  trois  premiers  sens. 

<"'  Voir  dans  le  Traité  des  louanges  de  Paris, 
p.  59 ,  la  note  relative  au  mot  plata.  Quant  à  la 
"  teste  de  plates  de  fer  creuse  -r  dont  il  est  ici  question , 
c'était  un  appareil  en  lames  de  fer,  qui  permettait 
aux  assiégés  d'observer  sans  danger  les  assiégeants. 


■''  Cette  curieuse  description  nous  remet  en  mé- 
moire les  détails  que  donne  Christine  de  Pisan  sur 
la  demeure  d'une  marchande  de  Paris,  récemment 
accouchée,  à  qui  elle  va  faire  visite.  L'ameublement 
y  est  d'une  richesse  égale  à  celle  que  Guillebert  ad- 
mire  chez  Jacques  Duchié.  (Cité  des  dames,  Paris, 
i536,  fol.  107  v°). 

""'  La  rue  des  Bourdonnais,  où  était  situé  l'hôtel 
deOuillemin-SangUin,  existe  encore,  mais  elle  s'est 
augmentée ,  vers  le  sud ,  des  rues  Thibaull-aujc-bés 
et  de  l'Arche-Marion.  Au  temps  oîi  écrivait  Guille- 
bert de  Metz ,  on  y  remarquait  la  grande  maison 
des  Cameaux,  acquise  en  i363  par  Philippe,  duc 
d'Orléans,  frère  du  roi  Jean,  et  vendue  peu  de 
temps  après  à  Gui  de  la  Trémouille,  qui  l'habitait 
en  1898.  Sauvai  constate  que  cette  maison  seigneu- 
riale cessa  pendant  quelques  années  d'appartenir 
aux  Li  Trémouille,  qui  la  rachetèrent  en  i4ai. 
N'aurait-elle  pas  été,  pendant  cet  intervalle,  ha- 
bitée par  Guillemin  Sanguin,  sous  le  nom  duquel 
Guillebert  de  Metz  la  mentionnerait?  C'est  une  con- 
jecture que  nous  nous  permettons.  (Voir  aux  ap- 
pendices pour  la  famille  Sanguin.  ) 


DESCRIPTION  DE  PAIUS  SOLS  CHARLES  VI.  SOI 

de  mre  Mille  Baillet  en  la  Voirrie^*',  qui  estoit  trésorier  du  Hoy;ou  quelhoitel  ettoit 
iiih;  cli!i|)|)<-lle  ou  len  celehroil  ctiuscun  jour  loflice  divin.  Il  y  avoit  Miles,  cliamhret 
el  usludes  en  bas  pour  domourer  en  est*'*  |>ar  terre,  et  en  liauit  tout  |>areilleni(rnt 
ou  len  iiabiloil  en  vver;  si  y  avoit  dos  voirrieres  autant  qui!  a  de  jours  en  lan. 
Avec  ce,  ledit  sire  Mille  avoit  hors  Paris,  de  trois  costez  de  la  ville  ou  ses  héritage» 
estoicnt,  si  (jrans  iiostel/,  a  liaiilte  court  et  basse,  que  unj;  granl  prince  se  y  logoil 
bien.  Au.ssi  |)luseurs  autres  avoient  des  beaulx  liostelz  dehors. 

Entour  Ciiastelet  vendoit  on  sel,  fruit  et  herbes,  et  aussi  y  faisoit  on  tout  lan 
cliappeaux  de  diverses  fleurs  et  verdeurs;  et  devant  Chastelet  estoit  la  {;rant  bou- 
ciieric''^'.  Devant  lostel  de  lamiral,  lez  Saint  Jehan *'\  estoit  une  diverse  grossi* 
pierre  de  merveilleuse  façon,  que  len  nomme  le  Pet  au  Deable'**.  Et  a  la  porl<' 
Baudet  vendoit  on  moult  de  vivres  (^'. 

XXVI. 

LES  RIKS  DE  LA  BASSE  PARTIE  DE  LA  VILLE^'''. 

A  commcncier  de  sur  Grant  Pont  à  la  Pierre  au  Poisson ^''s  de  la  a  la  rue  de  la 

Saiinerie,  ou  len  vendoit  les  saussiches'" . 


'■  I.n  nie  île  In  \  rrrerie  a  ('•(•''  a(i|t«lëe  «uccessi- 
veiiienl  Voirerie,  \oirie,  I  arène  et  Terrene.  Jailiot 
croit  qu'ollo  devait  ce  dernier  nom  à  un  verrier  ou 
vilriiM'  (|iii  riinhilnit.  (Voir  niix  Appendices  les  dë- 
lutU  iviiitii's  ù  1(1  lainille  Idullct.) 

'*'  l.ii  Griiiiile-lloiiriterie  u  ël»!  longuement  dt"- 
ci-ilc  par  les  historiens  de  Pnri»  :  Pijrnniol  en  |»or- 
tirulier  (De»cri[>lion  de  la  rille  de  Pnrii,  t.  II. 
p.  i5i)  et  Jiiillot  ((Juarlier  Saml-JncffurM-la-Bou- 
rlinie,  |i.  17)  ont  donne  des  dëloils  Irès-circons- 
liincii'H  sin-  raiiriennelë  de  cet  étnblisseiiient .  se» 
d<'|HMi(lanrrH,  ses  diverses  reconstructions  el  le 
Moiiihrc  rirs  ('taux  qu'on  y  comptait.  Elle  ëtoit  si- 
dur.  coMiine  on  le  sait.  pn-s<|ue  à  la  naissance  de 
la  ruf  Saint-Denis.  eiiln>  le  (jrnnd  (iliâtelet  cl  la  nie 
Saint -Jan|u<>H- la -lionclicrie.  qui  lui  devait  ce  sur- 
nom. 

L'amiral  dont  il  est  ici  ipicsliou  |H>nrrail  liien 
•MreJean  de  Ik-uil,  comte  de  Saiictin-.donl  le  |H'n' 
perdit  la  vie  à  Azinciiurt.  el  qui  jjnerroya  lui- 
nit^me  ovec  une  |frnnde  énergie  conli-e  les  Anj^lais. 
Sauvai  nous  appivnd  que  son  liôlel  était  situé  rue 
llarir-<ln-llec.  c'est -à-diiT  liV-s-pi-î"*  dn  Pel-au- 
Diiible,  par  «niM^pient  tle».  Saint  Jehan.» 

'*'  Sauvai,  l.  I.  p.  i.''>7  de  ses  llerhrrche* ,  rte. 
cite  un  nrr^l  du  Parlement,  du  lû  novembre  t  liiu. 
on  il  est  parlé  de  la  pierre  dite  du  Pet -oh- Diable. 
M.  Iluiinardul ,  qui  avait  iléjii  rcproiluil  ce  passage 

■l»T.  —  I. 


dans  les  extraits  <|u'il  a  donnés  de  GniUebert  de 
Metx  ( ÉhuU»  *ur  G.  Corroul,  p.  3a).  en  parie piM 
longuement  p.  1 9  de  ses  DiêterUOmm  mar  Im  m- 
ceinte*  de  Pari*.  D'après  ces  mois  *de  meralaHe 
façon ,  "  il  |>enseqne  cette  pierre  était  ornée  de  taàp- 
tures.  Elle  aurait,  en  tout  cas.  donné  aoa  Ma  k  h 
rue  où  elle  était  situiV- .  et  qui  joignait  Tégliae  Sainl- 
Jean-en-(îrève  à  la  nie  de  la  Tiseranderie. 

'*'  C'est  le  marché  Saint-Jean .  établi  sur  rem- 
placement de  l'ancien  cimetière ,  ei  mentionné  daas 
le  RtMe  de  la  Taxe  de  i3i3  Mos  eenon:  «le  1 
ciai  Sainct  Jelian.  1 

-*'  L'auteur  reprend  ici  sa  nomeiidalure  des  1 


de  Paris  ;  l'onire  dons  le<|iiel  il  les  énumère  est 
pres<|ue  idenliqiiement  cdui  qu'a  suivi  Giiiilol.  W 
qui  nous  mnlimie  dans  la  pensée  qw  1 
affaire  à  une  copie  en  prose,  où  tootesks  I 
nécessitées  par  la  rime  ont  été  1 

(^  La  Pierrriim-Poiitom  était  1 
iMiit  le  droïKl-t  ihAleiet  an  coochmrt  e(  alwalamal  h 
la  me  de  la  Saiinerie.  Elle  devait  ce  nom  ma  pirrm 
qui  y  étaient  disposées  el  sur  letquellet  k»  pois- 
sonniers étalainil  leur  marriiandise;  on  k  trouve 
mentionnée  dès  le  xii*  siècle.  L'emplacMMat  ^'de 
ocru|Niil  est  couvert  aujounThni  par  le  tbéltn  dn 
ChAleM. 

'  l.arueA'Jn&nracrWjotgnaakViedle-^Bllée'- 
il<>-Misère  ^|>ar1ir  orienlak  d«  «|Mi  de  k  Még»- 

•G 


202  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

La  A/es^Mtmc'''; 

lescole  Saint  Germain,  ou  en  vent  le  bois'^'; 

la  rue  des  Lavendiercs  '', 

de  Jehan  Lonlier^, 

de  Berthin  Porée(*\ 

de  Guihen^''\ 

de  Maie  Porole'", 

Gosselin  <"', 


série)  à  la  rue  Sainl-Germain-rAuxeiTois;  elle  de- 
vait celte  dénomination  à  l'ancienne  Maison  de  la 
marchandise  du  sel,  qui  en  était  voisine.  Citée  dès 
le  xiii'  siècle,  la  rue  de  la  Saunerie  n"a  dispani  que 
dans  ces  dernières  années,  pour  l'ouverture  de 
l'avenue  Victoria  et  la  construction  du  théâtre  du 
Châtelet.  En  sa  qualité  de  Lorrain,  Guillebert  de 
Metz  n'ouhlie  pas  de  dire  qu'on  y  vendait  des 
trsaussiches.» 

'''  La  Mégisserie  devait  son  nom  à  l'industrie 
qui  s'y  était  étahlie.  Appelée  d'alwrd  quai  de  la  Sau- 
nerie, parce  qu'elle  était  voisine  de  la  Maison  de  la 
tiiarchandise  de  sel,  puis  Vallée -de -Misère  à  son 
extrémité  orientale,  elle  était  connue  vulgairement , 
surtout  dans  les  deux  dei-niei-s  siècles,  sous  la  dé- 
jiomination  de  quai  de  la  Ferraille,  a  cause  des 
marchands  de  fer  qui  y  tenaient  boutique.  C'était 
le  siège  de  l'industrie  des  racoleui-s.  I^  construction 
de  ce  quai  remontait  à  l'époque  de  Philippe  le  Bel; 
antérieurement  le  terrain  descendait  en  jiente  douce 
jusqu'à  la  Seine ,  et  la  rue  Saint-Germain-l'Auxerrois 
('tait  la  seule  voie  de  communication  entre  le  Châ- 
lelet  et  le  Louvre. 

'•*'  Le  quai  de  l'Ecole  fait  suite  au  quai  de  la  Mé- 
gisserie. Un  article  sj)écial  lui  est  consacré  dans  la 
Topographie  historique  du  Vieux  Paris,  région  du 
Louvre  et  des  Tuileries ,  I,  p.  3o. 

'■''  La  rue  de-i  Lavandières  -  Sainte  -  Opportune 
existe  encore,  quoique  coupée  en  quatre  tronçons 
pai-  l'avenue  Victoria,  les  rues  de  Rivoli  et  des 
Halles.  Comme  son  homonyme  de  la  rive  gauche, 
elle  fut  primitivement  habitée  par  les  .Nausicaa  de 
la  capitale  ;  on  la  trouve  mentionnée  dès  le  xin'  siècle. 

'*'  La  rue  Jehan-Lointier  est  mentionnée  dans  des 
liti-es  du  xh'  siècle;  le  nom  de  Lantier,  qu'elle  porte 
aujourd'hui,  est  une  altération  de  la  forme  véri- 
table. Sa  partie  occidentale  joint  encore  la  rue  des 
Lavandières  à  la  rue  Bertin-Poiréeet  constitue,  avec 
quelques  ruelles  avoisinantes,  tout  un  vieux  quar- 


tier caché  au  milieu  des  constmctions  somptueuses 
(pli  l'enserrent  de  toutes  parts.  La  partie  orientale  a 
été  reconstruite  et  aboutit  à  la  rue  Saint-Denis. 

'*'  La  rue  Bertin-Poiréc  ou  de  Berlliin-Porée ,  selon 
notre  auteui-,  devait  ce  nom,  qu'on  lui  donnait 
déjà  dans  la  première  moitié  du  \ui'  siècle,  à  un 
bourgeois  qui  l'habitait.  Raccourcie  à  son  extrémité 
septentrionale  j)ar  l'ouverture  de  la  rue  de  Rivoli , 
élargie  dans  le  reste  de  son  parcours  et  augmentée 
'de  l'ancienne  ruelle  des  Fuseaux,  qui  la  fait  dé- 
boucher sur  le  quai,  elle  a  Iwaucoup  penhi  de  son 
ancienne  physionomie. 

'*'  Cette  rue  Guibert  n'est  jws  indiquée  dans  le 
Dit  de  Guillot  ;  mais  on  la  trouve  dans  celui  que 
(îéraud  a  imprimé  à  la  suite  du  Rôle  de  la  Taille  de 
laga.  Elle  a  du  s'étendre  de  la  rue  Bertin-Poirée 
à  la  nie  Béthisy,  car  Jaillot  a  constaté  qu'en  i  .3oo 
il  existait  sur  ce  point  une  rue  Gilbert-Langlois ,  d'où 
l'on  aura  fait,  en  supprimant  le  nom  patronymique, 
(îilbert  et  Guibert. 

''  La  me  de  Male-Parole  ou  des  Mauvaises-Pa- 
roles se  confondait  autrefois  ou  avait  une  entrée 
commune  avec  la  me  des  Deux-Boules,  quoiqu'elle 
en  soit  reslt'e  distincte  jusqu'à  sa  suppression  pour 
l'ouverture  de  la  rue  de  Rivoli.  Elle  jwrtait  déjà  ce 
nom  dès  le  xn*  siècle,  concurremment  avec  celui  de 
Mauconseil;  j)eut-ètre  formait-elle  une  équerre,  dit 
Jaillot,  car  on  l'appelait,  au  xvi'  siècle,  rue  Guil- 
laume-Porée,  ce  qui  semblerait  indiquer  un  abou- 
tissant sur  la  rue  Bertin-Poirée,  par  où  elle  aurait 
touché  à  la  me  des  Deux-Boules. 

'*'  Gasseliii  ou  Perrin- Gosselin  était  une  meUe 
qui  réunissait  la  me  Saint-Denis  à  la  place  du 
Chevalier-du-Guet,  d'où  elle  était  continuée  par  la 
me  de  ce  nom  jusqu'à  celle  des  Lavandières;  toute 
la  région  se  nommait,  du  xni'  au  xvi*  siècle,  le 
Perrin-Gasseliti.  La  formation  de  la  place  du  Châtelet 
et  l'ouverture  de  la  me  de  Rivoli  ainsi  que  de  l'ave- 
nue Victoria  ont  fait  disparaître  cette  ancienne  voie. 


DESCRIPTION  DE  1>AHIS  SOLS  CHABLE8  VI,  SfS 

la  rue  la  Haubergme'^; 

la  Tablelcrie  <",  ou  len  faisoil  pignes,  œilles,  tables  et  autre*  ou- 
vrages di  voire; 

a  Petis  Soulcrs'", 
le  cloislre  Sainte  Oportuue'^^ 
la  Charoiiiicrie'*', 
lu  Ferronnerie, 
(le  Baudoin  Prenage'*', 
de  Haoul  lngnier^''\ 
des  Deschargeurs**' ; 
la  place  aux  Pourceaux''''*, 
la  rue  de«  Bourdonnois'"*', 


'''  Il  fiiiil  l'oroiinaUrR  iloiis  lu  lltiul>rr/ferie  i\v 
noli'e  iiutciir  In  riip  di;  lu  llnnin/ferie ,  (|iii  u  Hiilii 
d'ailleura  pltisieura  autrot  olU'ratioiM.  Giiillot  écrit 
lléilm/fm'f  ;  iiii  (mIi'I  du  xv' «icrln  iloiiiic  Arongerie , 
('(  l'on  Iroint-  llniiclifrie  «Ion»  Corrozfl.  Elle  devait 
Hoiu  doute  cette  dëiioiuinatioii  au  poiHson  (|u'on  y 
vendait,  et  non  li  un  l'icf  I  lurent,  dit  Jiiillot.  L'ou- 
vcrturr  <lr  lu  rur  dt-s  ilullf-t  l'u  fuit  dis|Mirnttrp. 

'*'  La  Tabletterie  joignait  In  nie  Suinl-Driii»  au 
doitre  Sainlo-()|>|iortuno;  elle  t'tnit  fort  ronrte.  Au 
comnipnrpnirnt  du  \m'  hiMp,  on  In  nonunnit  In 
llauterie;  on  l'u  u|i|><'i)'o  (>nsuit<<  In  Cordouunrrie ,  In 
rue  Saillie-Opportune ,  et  enlin  In  Tabletterie,  dëno- 
minnlion  con-iciNn'  jnH(|n'ù  l'ouvoiinn'  do  In  nie 
d)'s  ilulirs.  dunslui|ucllc  l'IltM^^t  enijIolN'f.  (inillolirrt 
de  Metx  dnumère  les  objets  qui  lui  avaient  volu  ce 
dernier  nom.  et  <|ni  n|)|MirtieniH*nt ,  en  eiïet.  à  Tin- 
dii>lrii'  du  lidtli'lier, 

La  rue  ira  Pelis  Soûlera*  est  d<%i{;iH'e  ii  |)eu 
|>W'S  df  lu  nit^Mio  mnnii'>r<<  dnns  le  Dit  de  (luillot. 
Mais  i|u  etuil-ce  (|iio  celle  rue  ^ a  |>«'tis  soulers  de 
Ixizeiuie?-  Siuival  |M'nrlie  [lour  In  rue  de  l'Mffuil- 
Irrir ,  (|iii  contoiirnuil  IV'|jli»c  Sainlo-O|)|>ortune  nu 
nor<l:  Juillol  rmil.  nu  rontraire,  <|u'il  H'a{jit  de  In 
me  Courldlon,  <|ui  en  lM)nlnit  le  chevet  nu  sud. 
(jes  deux  voies  existent  encore,  mais  elles  ont.  en 
grande  |>nrtie,  |)enlii  leur  nnrien  ns|iert. 

"  Le  cloître  Sninte-OpiMirtime  élnil  fonnt'  |>nr  l«>s 
deux  mes  indi(|u*^  dans  la  note  pn'n'deiite.  <>t 
nvnit  son  enlnv  sur  In  pince  de  ce  nom.  On  |>«'Ut 
enniiv  en  délerniiner  le  |i<Tini^tre. 

'*'  Ln  Charronnerie  (ricm  kiir<mnorvm)  <'t«il  une 
section  de  la  Ferronnerie,  comme  sous  ce  dernier 
nom  dès  le  milieu  du  xm'  sitVIe.  ('.<s  deux  dénomi- 
nations s'nppli(pinient,  l'une  h  la  |Mrtic  orientale, 


louln  .,  ■ ,  |.  1  hc  fircidentale  <!«'  U  vo^.  La  raedr 
lu  Kenoiiiirui  •■-{  ii'li-lriT  diilu  l'bisloife  pw  Tm- 
sassinat  de  Henri  IV  ;  elle  nisl«  encorr  aujoanThai. 
'  U  rue  de  AnM<oM-/V«Myt,  que  GuilkX  a|H 
|telle  Bmdom^-PrtHgmt,  a  doantf  lirâ  k  une  ducu»- 
»ion  assex  vive  entre  les  bisturiem  de  Paris.  Sauvai 
et  l/<  R«>ur  l'ont  confomlup  avec  la  rue  Raoul-Lave- 
nier  («lu  Plat-<r^2tnin);  Jaillot.  en  lui  restituait soo 
vt<rital)le  nom  de  Itollim-pnud-gage ,  soaticBl  oa'de 
était  (Mirallèle  ii  celte  n».  mais  qu'elle  en  est  rt»tér 
distincte;  elle  existe  encore  II  Tétot  d'iniiHiste  entn- 
la  me  des  Fourreurs  et  celle  du  l'Iat-d'btain. 

'''  On  a  écrit  successivement  Haornl-F Àremtrt . 
Ikmland-l'Arenier,  Haoul-le-Vanmtr  et  lUuml'ljm- 
lemier.  Cette  me.  <|ui  est  àUe  dèa  la  lin  du 
xiu*  «iède.  existe  encore  sms  le  nom  de  rue  ^« 
Plal-4'Ètain  :  elle  réunit  les  nies  des  DëclMifMn 
et  des  Lavandiércs-Sainte-Opporluue. 

'''Guillot  mentionne  «lesie^a  I)escaiti>eears.< 
Ce  siège  nux  di'chnrgriirs  était  une  voirie  oa  dé- 
charge puhliipie.  comme  la  'place aux  Po 
et  le  carrefour  Guillorv'.  qui  en  Hnm 
La  me  se  fomin  plus  tanl  |tar  suite  de  Ta 
ment  de  Paris,  el  tes  iiumoadioet  forçat 
plus  loin.  Raccooràe  i  sim  eilrénii^  i 
|>ar  le  perreoienl  de  la  rue  de  Rivoli,  la  nie  «las 
l)<'chaq^urs  vient  li'Mre  entamée  de  iio«v«aa.  k 
l'autre  extn'mité.  |Mir  la  me  des  llaBea. 

<*^  La  plut»  mu  /Wmwax,  dont  il  (■(  i 
dans  la  note  précédmle,  était  k  ca 
par  ht  niea  de  la  FcfTOHMrie  et  des  Dédavfaan. 

"  La  me  dtt  m  «ai-  Bimi aii.  qae  Cail- 
lot «Vril  'S  BonrdnoM»,*  partait,  è  h  fla  da 
xm'  siècle,  les  noms  de  Adm»-MmÊtim  et  de  Sa* 
Gmllimme-Bmritn ,  aotahle*  habitants  qui  v  de- 

«6 


204  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

la  rue  de  Thibaut  aux  Dez''', 
de  Bethissiî^), 
de  Jehan  dOrleans'", 
de  Tirechappe '*', 
la  cave  [sic)  de  Ponthis  '^', 
Gloriette"^), 
lArbre  Sec, 
Cul  de  BaconW, 
la  fosse  Saint  Germain**', 


iiieuraient  sans  doute  ;  ce  qui  explique  la  dënoiiii- 
iiation  plurielle  qu'on  lui  donnait  déjh  au  comnien- 
œment  du  xiv"  siècle.  La  rue  des  Bourdonnais  existe 
encore  aujourd'hui;  seulement  on  l'a  augmenta» 
des  rues  Thibault-aux-D(?s  et  de  l'Arche-Marion , 
i|ui  la  continuaient  au  sud. 

'''  On  a  écrit  de  bien  des  manières  les  mots 
Tliibault-aux-Dés  :  Jaillot  ne  donne  pas  moins  de 
six  variantes ,  sans  compter  trois  traductions  latines 
(Quartier  Sainte-Oppnrtune ,  p.  Sa).  La  rue,  qu'on 
trouve  mentionnée  dès  le  commencement  du 
xni'  siècle,  a  conservé  en  partie  son  ancien  aspect; 
fille  forme,  depuis  quelques  années,  une  section  de 
la  rue  des  Bourdonnais;  mais  son  jjarcours  propre 
est  très-facile  à  déterminer  :  il  s'étendait  de  la  nie 
Saint-Germain -l'AuxeiTois  h  celle  de  Rivoli,  point 
où  la  rue  Thil)aiilt-aux-Dés  aboutissait  à  la  rue  Bé- 
Ihisy. 

'*'  La  rae  Uéthisy,  qui  a  été  absorbée  dans  la 
rue  de  Rivoli,  joignait,  par  un  coude,  la  rue 
Hertin-Poirée  aux  fossés  Saint-(jermain-r.4uxerrois. 
Dès  le  xiii'  siècle,  elle  portait  deux  noms  qu'elle 
devait  évidemment  h  des  habitations  jjarticulières  : 
il  l'est,  c'était  la  rue  Béthisy;  à  l'ouest,  c'est-à-dire 
entre  les  nies  de  l'Arbre-Sec  et  de  la  Monnaie,  on 
la  nonmiait  rue  au  Cums  ou  Qunim  de  Ponthis, 
parce  que  le  comte  de  Ponthieu  y  avait  un  hôtel 
dont  l'entrée  était  sur  la  nie  de  l'Arbre-Sec.  L'édil 
de  1 702  a  donné  à  cette  section  le  nom  de  me  des 
Fossés-Saint-Germain.  La  rue  de  Rivoli  n'a  épargné 
que  l'extrémité  occidentale  de  la  rue  des  Fossés- 
Saint-Germain-l'Anxerrois.  On  sait  que  l'amiral 
Coligny  demeurait  rue  Béthisy. 

'''  Selon  le  Dit  que  Géraud  a  reproduit  et  que 
Guillel)ert  de  Metz  parait  avoir  suivi  assez  exacte- 
ment, cette  rue  fr Jehan  dOrleans."  dont  Guillot  ne 
parle  point,  ne  serait  autre  que  la  me,  Jean-k  Gou- 
tter ou  Jean-Léveiller,  appelée  depuis  ruelle  des 


Troig- Visages.  S'il  n'en  était  point  ainsi,  il  faudrait 
supposer  qu'une  troisième  section  de  la  rue  Béthisv, 
ou  une  partie  <le  la  rue  Tirechape ,  a  pu  porter  le 
nom  de  Jean-d' Orléans. 

'''  La  rue  Tirechape ,  dont  il  restait  un  fragment 
assez  bien  conservé  à  son  débouché  dans  la  nie 
Saint-Honoré ,  vient  d'être  absorf>ée  par  la  me  du 
Pont-Neuf.  Jaillot  a  constaté  qu'il  en  est  fait  men- 
tion dès  la  première  moitié  du  xiii*  siècle,  et  il  in- 
cline à  croire  qu'elle  devait  son  nom  aux  sollicita- 
tions indiscrètes  des  fripiers  qui  l'habitaient. 

'*'  Voir  pour  cette  nie  ce  qui  a  été  dit  de  la  rae 
Béthisy. 

'"'  Gloriclle  ou  Daine-Glorietle  n'était  autre  chose 
que  la  me  Baillet,  qui  existe  encore  (entre  les  mes 
de  la  Monnaie  et  de  l'Arbre-Sec).  On  ignore  l'ori- 
gine de  la  première  appellation  ;  mais  la  seconde 
était  due  à  une  ancienne  famille  parisienne,  qui  avait 
peut-être  sa  demeure  dans  cette  rae. 

'''  I^  Cul-de-Bacon  ou  Col-de-Bacon  est  appelé  le 
Coup-de-Baston  dans  un  Dit  du  xv*  siècle  et  le  Cowt- 
Bâlon  un  peu  plus  tard.  Sauvai  cite  un  compte  de 
confiscations  de  1 4  9 1 ,  où  est  mentionnée  une  <r  mai- 
'sona  estuves»  nommée  le  Co/-rfc-B«con.  C'était  une 
impasse  qui,  réunie  à  celle  de  Sourdis,  formait 
une  rae  alwutissant  il'une  part  à  la  rue  de  l'Arbre- 
Sec ,  et  de  l'autre  aux  Fossés-Saint-Germain-l'Auxer- 
rois.  Jaillot  croit  que  cette  voie  devait  son  nom  à 
Adam  Chardeporc  (Chair-de-jwrc),  qui  possédait, 
au  \m'  siècle,  plusieurs  maisons  dans  cette  région; 
le  mot  Bacon,  que  la  langue  anglaise  a  conservé, 
s'expliquerait  alors  de  lui-même.  Cette  impasse  a 
disparu  lors  de  l'ouverture  de  la  me  de  Rivoli. 

'*'  La  Fosse  ou  le  FosséSaint-Germain  faisait  pri- 
mitivement partie  de  la  rae  Béthisy,  ainsi  que  nous 
l'avons  dit  à  propos  de  cette  voie;  c'était  la  me  "au 
irCuens  de  Ponthis  ^  et  aussi  la  Fosse-aur-Chiens , 
dénomination  moins  pompeuse  qu'elle  devait  à  la 


DESCRIPTFON  DR  PAfUS  SOUS  CHARLES  VI. 

le  trou  Hcrnarl*", 
la  poiio  du  Louvre, 
H;miI(!  Iliclie**'. 
A  la  porto  Saint  Honnori^  demeurent  les  drappiers. 
La  rue  dAvijjnon  '*>, 

de  Jelian  Tison'*', 
la  crois  du  Tliirouer'*', 
la  me  de  Neclle'*', 
du  IW\ 
des  Estuves'", 
du  Four"", 


SfS 


proxiniiU^  ri'iinn  voirie,  l/fklit  de  1709  lui  donna 
lo  nom  (lue  p)rte  encore  iiiijoiirrriiiii  le  (ronçon 
re»|terlr  [>nr  In  nie  do  Hivoli.  On  snil  que  le  Fos§«^- 
Snint-(fennuiu  nvnit  rl(^  creuM^  pnr  lex  Norinandu, 
en  866,  loroqii'ilii  (établirent  leur  ranip  dan»  cH 
endroit. 

'"  Le  If  Trou-Bernard,"  (h^noinination  oltt'r^. 
eut  nientionn(^,  en  1971,  «ous  le  nom  de  TruHcus 
Itfnuinli  (Tronr-Rcrnnnl).  A  pnrtir  du  w*  si(>cle, 
dit  Jiiillot,  on  In  n|>|iel<'  rue  du  Dfmi-Saint,  parce 
«ju'une  statue  h  inoiti('  liri.s('e  y  avait  M  mine  pour 
inlenlire  l(>  pnssnfje  nux  ciievnux.  (letti-  ruelle  fni- 
snit  conuniuiiipier  le  cloilre  Snint-(!erinnin  nvec  In 
me  de»  Fo»s«^s.  l/enipincenient  qu'elle  occupait  est 
ninnpii'  niijourd'liui  par  la  façade  de  la  mairie  du 
1"  nrrnndissenienl. 

'•'  !,<•  Louvre,  la  nie  d'Autriche  et  la  Porte-Stiint- 
Honoré  ont  M,  de  la  part  de  M.  Adolplie  Berly. 
l'ohjel  d'i^tudes  nppmfondies.  (Voir  lo  Topographie 
ImUtrique  du  I  ieu.r  Pari* ,  ii'jfion  du  Louvre  <>!  des 
Tuilerie»,  I,  p.  7,  ii3,  i64,  etc.) 

'''  (îuillel)ert  de  Mcir.  appelle  rue  d'ArigHon  la 
nie  d'Averon,  Arron  n\\  Dnveron,  noms  qu'elle 
devait,  dit  Souval,  soit  au  hameau  d'Evron  ou 
d'Vvrou.  pi-t^  Neuilly-sur-Maroe,  soit  Ji  un  prieun- 
de  I)nYi<i-()ii ,  près  l'oissy  ;  les  seigneurs  d'Evmn  ou 
le  prieur  de  Dnveron  y  auraient  eu  un  liAlel.  Ro- 
l>ert  de  Unilleul.  clerc  des  Ooniples,  y  denieurnil 
l'ii  i/i'j,'t,  et  Jnillot  |>ense  qii(>  {eWp  a  6U''  l'orijjiiie 
de  la  d(<noiniiinlii>n  niiuv(>lle.  Lo  rue  Itnilteul.  qui 
existe  encore,  fnit  rnniiiiiiniquer  la  rue  de  l'Arlire- 
Sec  À  In  rue  du  Louvre  (ancienne  me  des  Poulies  V 

'*'  Ln  rue  Jean-Ti»oH  n'est  plus  qu'un  Ironçim 
de  quelques  nuMres  tenant  h  h  nie  Railleul;  la  me 
de  Hivoli  n  em|)orti!  loule  In  partie  m«'ridionale  de 
celle  voie  qui  aboulissuil  aux   FoM^-Sainl-Ger- 


main.  Elle  devait  son  nom  k  une  noUbie  famille 
parisienne,  dont  il  est  fait  menltoa  dis  le  ui*  tiède. 

'*'  La  ir(}roix  du  Tliirouer^  forme  un  artide 
étendu  dans  la  Topographie  historique  dm  Vieux 
Paris,  rég.  du  l/nivre  et  dei  Tniieriei ,  1,  p.  (9. 

<*>  I^  rue  d'OrUant-Smnl-Himor^,  qui  M  |M«- 
kmgeoil  joaqn'à  la  me  CoqnilKra  avuit  k  cow- 
tniction  de  TliAtel  de  Soiiiooa,  Aait  a|>peiée.  «■ 
xiii'  siècle,  rue  de  S$$U  ou  \teHe,  nmmitllmlk 
ou  Nigelta,  k  caoae  de  rhAtel  que  Jean,  arigaeur 
de  Nesie,  y  possëdait  et  qui  fut  détruit  poor  faire 
|)lare  h  In  demeure  de  C.otlierine  de  Misliris.  Le  a^ 
jour  que  le  roi  de  lloli^me  lit  dam  rhAlcl  de  NmIf 
amena ,  pour  lo  me ,  un  Aaafentall  ie  àfaoaù- 
nation;  enfin,  dans  les  demièrea  amiëea  do  uv* 
si^le,  elle  prit  le  nom  du  duc  I.aa»  d'Oriéma. 
nouveoii  proprii'Uiire  de  l'IiAtel.  Elle  etisie  ewfww 
sous  celte  m^me  appellation. 

^  Celle  me,  que  le  Dit  de  la  iHlilintlx'qae  OM- 
lonienne  ap|M-lle  du  Pet,  ne  aerail-dle  pool  edfe 
((ui  est  menlionnëe  par  Contuet  aont  le  nom  de 
Prmtoir-dm-BrHaaé'Aênl.ktamed^ttahtle^W' 
sin  appartenant  «a  eonnélable  d'.Albrrt?  Dmb  ce 
cas ,  il  faudrait  y  voir,  soit  un  tronçon  de  la  me  daa 
Deux-F^iis,  qui  avait  CMore.  au  wi'  Merle.  Iroia 
np|>rllalious  dilTi^miiM,  aoit  une  rae  Rmmt-ilmim- 
cet,  ou  Hnoul-Vucei ,  que  le  oMaier  de  TMAi  in- 
di(pie  fn  i37«,  soit  enfin  une  portion  de  h  me 
Saiiit-iionoré. 

<*'  Dea  étanê  pmir  damea  niatiitnl  da»  mIIb 
rue  dèa k  eonuMneeneat  dn  tn*iiè(le.EB  i36o. 
elle  se  nommait  d^  rae  das  VitiÊm  Éimm,  appel* 
laiion  ipii  vient  d'Atrc  Muafée  «aalre  k  •«■  d'an 
historien  de  Parts  (Sauvai).  EBe  fait  coaHMMfMr 
la  rue  Saint- Honore  avce  cela  dea  Dan-ficw. 
"'  U  me  dm  Fmr  (fw  Vwn«in)  a 


206  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OHIGINAUX. 

la  rue  des  Escus<", 

du  Chasteau'^', 

des  Pilonnes (^),  a  la  Crois  Neufve***, 

de  Montmartre'*', 

du  Prestre  de  Saint  Eustacet®', 

la  Tonnelerie*''; 
la  halle  au  blé'*',  et  toutes  les  halles  de  draps,  de  pain,  de  farine,  de  vieilles 
robes,  et  dautres  diverses  choses. 


jusqu'à  ces  dernières  années  le  nom  qu'elle  devait 
au  four  banal  situé  dans  la  Couture  de  l'Evêque,  et 
qu'elle  portait  déjà  dès  le  milieu  du  xiii*  siècle.  On 
y  remarquait  l'hôtel  du  duc  de  Berry,  qui  passa  au 
connétable  d'Albret  et  donna  son  nom  à  une  rue 
voisine.  La  formation  du  périmètre  des  Halles  cen- 
trales et  la  comnmniealion  projetée  avec  la  Halle 
au  blé  changeront  la  physionomie  de  cette  rue. 

'''  Nous  voyons  reparaître  ici ,  sous  une  autre  dé- 
nomination, la  rue  du  Pressoir-du-Bret,qui  fait  l'ob- 
jet d'une  note  précédente.  Une  enseigne  des  Eau,  ou 
des  Deux-Ecug,  a  donné  son  nom  à  toute  cette  voie, 
dont  elle  ne  désignait  primitivement  qu'une  partie. 

'*'  Cette  rue  est  désignée  par  Guillot  sous  le 
nom  de  irChastiau  festu.»  I^e  Castellum  festucte 
dont  il  est  ici  question  est  l'objet  d'un  savant  ar- 
ticle dans  la  Topographie  historique  du  Vieux  Pari», 
rég.  du  Louvre  et  des  Tuileries,  I,  p.  5o;  il  avait 
donné  son  nom  à  une  section  de  la  rue  Saint-Ho- 
noré.  Toutes  les  variantes  sont  indiquées  dans  l'ou- 
vrage auquel  nous  renvoyons  le  lecteur. 

'''  Guillot  place  ici  la  rue  ra  Prouvoires,»  et 
il  a  raison;  en  quittant  la  rue  Saint-Honoré  ou  du 
Château-Fétu ,  il  était  logique  de  prendre  la  rue  des 
Prouvaires  qui  conduit  à  Saint-Eustache  et  à  la  rue 
Montmartre.  La  rue  (tdes  Pironnesi  ne  saurait 
donc  être  confondue  avecla  rue  Pirouette,  située  au 
delà  des  Halles  ;  il  y  a  là  une  erreur  de  copie.  Pour 
la  rue  des  Prouvaires,  qui  vient  de  disparaître  en 
grande  partie,  voir  la  note  5  de  la  page  199. 

'*'  Le  plan  de  Dheulland  montre,  entre  l'église 
Saint-Eustache  et  la  rue  du  Jour,  une  ruelle  qui 
était  parallèle  à  cette  dernière  voie,  et  que  Jaillot 
considère  comme  la  rue  de  la  Croit -Neuve  men- 
tionnée par  Guillot  et  Guillebert  de  Metz.  Cette  rue 
aurait  disparu  lors  de  la  construction  de  l'édifice 
actuellement  existant,  et  il  en  serait  resté  le  pas- 
sage qui  fait  communiquer  le  portail  du  nord  avec 
la  rue  Montmartre.  Sauvai  et  Le  Beuf  croient  qu'il 
s'agit  de  la  nie  Traînée,  qui  contournait  l'église  au 


sud  depuis  la  rue  du  Jour  jusqu'à  la  pointe  Sainte- 
Eustache.  Cette  opinion  ne  manque  pas  de  vrai- 
semblance. 

'''  Le  chemin,  qui  est  devenu  la  rue  Montmartre, 
est  une  des  plus  anciennes  voies  de  Paris;  sa  direc- 
tion, qui  tend  vci-s  la  butte  oîi  la  tradition  place  le 
martyre  de  Saint-Denis  et  de  ses  compagnons,  n'a 
|)as  sensiblement  varié.  (Voir  Jaillot,  17'  quartier, 
p.  35  et  suiv.)  La  partie  de  cette  rue  existant  à  l'é- 
poque de  Guillebert  de  Metz  s'étendait  de  la  pointe 
Sainte-Eustache  à  la  rue  des  Fossés-.Montmartre 
(d'Aboukir). 

'*'•  Cette  rue  du  w Prestre  de  Saint-Eustache, i  que 
Guillot  ne  mentionne  point,  si  ce  n'est  sous  le  nom 
de  Raoul  Roissolle,  voie  qu'il  place  immédiatement 
avant  la  Croix- Neuve,  paraît  être  positivement 
l'ancienne  rue  Tramée,  dont  il  est  question  plus  haut. 
Sauvai  affirme  qu'en  i3oo  elle  s'apjielait  la  ruelle 
au  Curé;  et ,  dans  le  Rôle  de  la  Taxe  de  1 .3i  3,  elle 
est  dénommée  ruelle  au  curé  de  Saint- Huijutace.  La 
rue  Traînée  a  disparu ,  il  y  a  quelques  années ,  lors 
de  l'établissement  des  Halles  centrales. 

'''  La  Tonnellerie,  dont  les  derniers  vestiges  vien- 
nent de  disparaître,  était  la  me  ou  le  chemin  rsoubs 
ffles  grands  piliers  des  Halles.  »  Dès  le  xni*  siècle, 
elle  était  connue  sous  ce  nom.  Les  piliers ,  dont  notre 
époque  n'a  vu  qu'une  partie ,  régnaient  encore  à  la  fin 
du  siècle  dernier,  presjpie  tout  le  long  du  |)ourtour 
du  marché,  c'est-à-dire  depuis  la  rue  Saint-Honoré 
jusqu'à  celle  de  la  Cossonnerie.  Ils  ont  eu  leurs 
jours  de  splendeur,  comme  la  Salle  des  merciers  au 
Palais,  les  arcades  de  la  place  Royale  et  les  gale- 
ries du  palais  de  RicheUeu. 

'•'  Guillebert  de  Metz  mentionne  ici  toutes  les 
divisions  du  grand  marché  parisien,  que  Jean  de 
Jandun  et  Raoul  de  Presles  nous  représentant 
comme  un  immense  bazar.  Les  galeries  primitives 
devinrent  des  rues  :  la  Fromagerie,  la  Cossonnerie, 
la  Cordonnerie,  la  Petite  et  la  Grande-Friperie,  la 
Poterie,  la  Lingerie,  etc.  Quelques-unes  de  ces 


DBSCHIPTION  DE  PARIS  SOLS  CHARLES  VI. 

Ln  rue  du  Feurre''',  ou  demeurent  le»  rnercliiere; 
la  Corlionnerie^'),  ou  ien  vent  poullailie<(: 
des  i'resclieurs''', 
de  la  Cliaiiverie'*', 
a  Maudeslour'*', 
au  carrefour**', 
«le  Jelian  PourchfiM' , 


307 


rues  )'\jiit)'iit  encore  à  l'éUil  de  Iroiiroiis.  Ix?h  liis- 
liirieiiH  (le  l'iiriK,  nnlnniineril  Sauvai  (liv.  VII, 
j).  6'i7  cl  Huiv.)  et  Jnillot  (Quartier  de»  llnlkê, 
|).  fio),  nul  rnronli'  les  ori(pnes  el  expniM?  le»  déve- 
li)|i|)enients  des  llnlieg  de  Parii*,  dejHiin  le  niarrlu^ 
Polii,  dnn»  la  CÀlé,  juH(|u'aiix  dernifirn  «(frandintM-- 
nienls  des  (lliani|)eaiix. 

''  l,n  l'iie  du  h'fiirre  ou  au  Feurre  «il  upjtelw!  |Mir 
(iiiillol  frn  r«>vrc.i  Un  documenl  de.  i39t  la  dë- 
sifrne  niiisi  :  vicus  Fabri  juxta  llalas;  on  o  écrit  en- 
suite 'iM.'  Fève*  ot  aux  Fer*.  Celle  voio  dtait  ondenne  ; 
elle  joi|riinil  le  niairli<^  de»  Poin^n  on  du  Jonlinage 
h  la  nie  SniiiUDenis,  et  lK)rnnit  nu  nord  les  rlinr- 
niei-s  des  Innoreiils.  Il  en  rciite  un  câk^  iUius  lo  dt's 
noniinntion  de  me  lleiijer. 

'  (iuillot  de  l'iu'is  ér.ril  Onutonneric;  fîuillelK'rt 
de  Met/.,  e\|iriniiint  sn  prnnoni'ialion ,  dit  -(ioclion- 
"nerie.o  connue  il  fVril  "(lliiniclière;"  Siuivnl  el 
IIoImm-I  Ci'unI  appuient  relie  leçon;  l'un  dit  qu'au 
\\\'  siècle  elle  s'(ip|>elnil  via  Cnrhmmerie,  l'nnlm  la 
désijpie  nous  le  nom  de  lin  Poiriilariii ;  on  Iniuve 
plus  fréquennuent  (}}iocomterif ,  (Mconnerie,  eifinfin 
('.lutiiimiurir.  Celle  voie,  qui  joifpiiiil  nutn-fois  la  rue 
de  In  KniMinfjerie  ï\  In  me  .Sninl-Denis,  a  l'U?  en- 
tièrement trniisforint'e;  raccourcie  du  cAti'  des 
llnlles.  nUjpneiitiV  dnns  In  direction  du  houlevnnl 
de  S'haslopol,  l'Inrjpe  dans  tout  son  p.ircnniN.  elle 
n  tout  il  fait  rlionjr<^  d'as|)ert. 

'''  l,n  me  des  Prrchnim  ou  au  Prèchrur  t-Uiit  po- 
rnllèle  à  celle  de  In  Cossonnerie;  on  In  rnniinissail 
nous  ce  nom  dès  le  \ii*  sitVIe,  el  elle  Ir  ilr\.iii  soit  à 
nn  de  ses  linhitnnts.soit  n  une  hôtellerie  où  |>eudail 
I  eiwijyne  du  IVèclieur.  Di'lniite  en  majeure  |tartie 
Inrs  (le  la  l'ornintion  iln  |MM'iMiè(n<  des  Halles  n>u- 
Irnlis ,  elle  est  resti'e  h  r«<lnl  <le  tronçon  et  n'a  jjiièn' 
conservé  que  son  déitonché  sur  In  me  Sninl-I)«Mus. 

'"  l.a  CÀiiHircne ,  ou  (^hnnrrrir,  ('.hiim-errerie , 
dham-oirie  et  Champroirtrie ,  foisait  rouuuuniquer 
In  me  Saint-I)<<nis  nviT  In  nie  Mondétour;  c'élnil  In 
Cniiurbière  |Nn-isienne,  pnistpron  lo  trouve  dmigiHV 
dans  plusieurs  actes  en  latin  sous  le  nom  de  Cumi- 


Ijeria.  Klle  n'uiail  dét  le  uifnidB.tiït 
(|u'il  s'y  trouvait  au  tt'nkle  us'llattd  d«b  mr- 
nchandisede  poÏMonde  mer.*  Elle  a^alMorii^. 
en  1 8/i& ,  dan*  le  tracé  de  la  me  de  RaniialMn. 

<'>  Guillolëcril.l/M<£r«(o«r;leiRAI«debTaile 
de  i3oo  et  i3i3  donnent  la  roétne  nrthnjrapliii. 
l/oblM^  I^  Deufcniit  que  ce  mot 
détour,  c'cst-à-^lire  uiaiivaùi  paMip,  1 
truattil*  qui  remplissaient  les  deui  rue* 
auxquelles  ils  ont  laissé  leur  nom  ;  maù  de*  lilni 
du  xui*  siiVIe  désifpient  ainsi  la  nie  :  rirai  fw  4»- 
cilur  Momletor,  aliat  MaUeêlor;  et  serait  donc  on 
nom  de  climat  nu  d'Iinliitant.  Avant  l'auvertare  dr 
la  rue  de  Rand>ulcau ,  la  rue  Mondétour  TtniniriH 
çait  il  la  me  du  Cygne  et  aboatiiNil  k  edb  dw 
Prêcheurs.  Raccourcie  de  ce  cAté,  en  i84i,  de  a 
été,  par  suite  de  l'ouverture  de  la  me  de  Tnriiigo. 
considén'-e  comme  une  anneie  de  ceUe  voie  nou- 
velle, élar^e  et  alignée  avec  Tnne  des  mea  coo- 
vertet  des  Halles  centrales. 

'*'  l.e  Carrtfimr  dont  il  est  id  question  était .  dit 
Jaillot.  la  première  entrée  des  HaUea.  et  l'on  y  per- 
cevait les  droits  sur  les  denrées  serrant  k  l'app»- 
visionnement  de  Paris;  (luiilot  TappeUe  Iê  CÊmfmr 
de  la  Tour.  Il  était  situé  è  l'angle  des  detii  nMS  de 
In  Tmanderte.  et  on  y  voyait  un  puits  rrnnmnn. 
dit  Puiu  d'.imour,  qui  fut  rebAli  en  lôsS.  Gniiiol 
dit  que  le  puits  séparait  le  rarreCMV,  e«  qui  s'ar- 
ronlc  bien  avec  la  position  indiquée. 

')  IJi  où  Cuilleberl  de  Met<  placr  nw  rue  de 
Jrhnn  Pomrthfirt ,  (îuilM  dit  simplement  qu'on  «oit 
une  haltilalion  appartenant  è  on  certain  y«fcm  Pitkft- 
clou .  que  le  Dtide  la  biliiiothèque  Cotlouiwr  ap- 
|)elle  JrknH  PoittiKkrc.  Ne  faut -3  paa  COoduv  ds 
celte  circonstance  que  notre  auteur,  copiant  sans erv 
tique  ces  deux  dorumenis.  a  pris,  non  pas  le  Pirée 
pour  un  liomnte.  mais  un  homme  pour  u  aon  de 
met  C'est  la  seule  conjerture  k  I 
snmMer:  à  moins,  lautabsi,  qut . 
ne  soit  autre  que  Mm  Gtlw,  pnoaMgu  sous  la 
nom  duquel  on  désignait .  an  m*  «iérle .  dit  Senvsl . 


208  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

la  rue  de  la  Truanderie''', 
de  Jehan  Vigne''^', 
de  Nicholas  Buée^^\ 
de  Mauconseil**'; 

de  Saint  Denis'^',  ou  demeurent  espiciers,  apoticaires  et  selliers; 
la  rue  aux  Seriez  ^^  ; 
Bourc  Labbé'^',  ou  estoient  femmes  de  legiere  vie; 


la  partie  de  la  rue  Mondëtour  comprise  entre  celles 
du  Cygne  et  de  la  Truanderie. 

<''  La  Truanderie  (repaire  de  Iruands,  ou  lieu 
de  perception  de  l'impôt,  treu,  tru,  Iruaffe)  n'est 
indiquée  par  Guillebert  de  Metz  que  comme  une 
voie  unique;  Guillot,  qui  l'avait  précédé  d'un  siècle, 
est  plus  exact  :  il  en  compte  deux  qu'on  trouve 
mentionnées  dès  le  milieu  du  xiii*  siècle.  Ces  deux 
voies  existaient  encore  il  y  a  quelques  mois;  mais 
l'ouverture  de  la  rue  de  Turbigo  en  a  considérable- 
ment changé  l'antique  physionomie. 

'''  Jean  Bigne,  échevin  de  Paris  en  1 381,  ou 
son  homonyme  ir  valet  de  l'illustre  roi  de  France  1 
et  mentionné  dans  un  acte  de  1381),  a  probable- 
ment donné  son  nom  h  cette  me,  qui  joignait  la 
Grande-Truanderie  aux  piliers  des  Halles.  Dans  les 
titres  du  xv'  siècle,  le  f  a  remplacé  le  A,  et  l'on 
trouve  Vigne  et  Vingne.  Au  xvii',  la  rue  est  dési- 
gnée sous  le  nom  de  la  Réale  (  sorte  de  galère) . 
qu'elle  devait  probablement  à  une  enseigne.  Déjîi 
raccourcie  ])ar  l'ouverture  de  la  rue  de  Randjuteau , 
la  rue  Jean-Bigue  ou  de  la  Réale.  élargie  par  suite 
du  percement  de  la  rue  de  Turbigo ,  ne  sera  plus 
qu'une  annexe  de  cette  dernière  voie. 

'''  Le  -Dit  de  la  bibliothèque  Cottonienne  donne 
"•Nicholas  Unce,i  et  Guillot,  irNicolas  .\rode,n  du 
nom  d'une  riche  famille  bourgeoise  qui  a  fourni, 
en  laSi,  un  membre  à  l'Échevinage  parisien.  Buée 
était  peut-être  un  surnom  du  personnage  auquel 
la  nie  devait  son  appellation.  Quant  à  la  voie  elle- 
même.  Le  Beuf  croit  la  reconnaître  dans  la  rue 
Comtesse-d'Artois  (Montorgueil).  Jaillot  pense  que 
ce  devait  être  la  très-courte  rue  de  la  Pohite-Sainl- 
Eustache,  qui,  continuant  celle  de  la  Fromagerie 
à  partir  des  piliers  des  Halles,  formait  le  tronc 
commun  des  rues  Montorgueil  et  Montmartre.  La 
rue  de  Ranibuteau  finit  à  cet  endroit. 

'*'  La  rue  Mauconseil,  ou  Mal-Conseil ,  en  latin 
ficus  Mali  Consilii,  est  mentionnée  sous  ce  nom  dès 
le  milieu  du  xiii*  siècle;  elle  le  devait  probablement 
à  un  de  ses  habitants.  Elle  vient  de  disparaître  par 


suite  du  percement  de  la  rue  de  Turbigo  et  du 
prolongement  de  la  rue  aux  Ours,  qui ,  en  se  croi- 
sant sur  son  emplacement,  ont  mis  à  découvert  le 
donjon  des  ducs  de  Bourgogne. 

'*'  La  rue  Saint-Denis  est,  comme  on  sait,  l'une 
des  plus  anciennes  voies  de  Paris;  au  xiv'  siècle  on 
rap|)elait  la  Sellerie,  dans  la  partie  désignée  j»ar 
Guillebert  de  Metz ,  et  cette  dénomination  conGrme 
bien  les  renseignements  tpi'il  nous  donne.  Quant 
aux  épiciers  et  aux  apothicaires,  ils  n'ont  jws.  de- 
puis lors,  abandonné  le  quartier.  En  dehors  de  Ut 
porte,  la  voie  se  nommait  "la  grant  ruei  ou  "■la 
"chaussée  Monsieur  Sainct  Denys.» 

'•'  La  marche  de  Guillebert  de  Metz  diflère  ici 
de  celle  de  Guillot  ;  mais  elle  se  rapproche  de  celle 
que  nous  indique  le  Dit  de  la  bibliothèque  Cotlo- 
nienne.  La  porte  Saint-Denis ,  appartenant  à  l'en- 
ceinte de  Philippe-Auguste,  avait  empêché  Guillot 
d'aller  plus  loin.  Notre  auteur  ne  trouve  plus  le 
même  obstacle  :  l'encemte  de  Chartes  V  est  cons- 
truite; aussi  s'engage-l-il  dans  une  rue  aux  Senei, 
qui  le  conduit  au  Bourg-l'Abbé.  Nous  avions  lu  tout 
d'abord  «  sénestre,  parce  que  la  rue  aux  Ouës.-  la 
seule  qui,  de  la  rue  Saint-Denis,  puisse  donner  ac- 
cès au  Bourg-l'Abbé,  est  effectivement  à  gauche  de 
cette  rue ,  et  la  rue  Bourg-l'Abbé  également  à  gauche 
de  la  rue  aux  Ouës;  mais  nous  avons  trouvé  dans 
les  Preuves  de  Félibien  un  arrêt  du  Parlement  de 
l'année  i5oi,  où  il  est  fait  mention  de  la  rue  au.r 
Senes,  sans  autre  indication.  Ne  faudrait-il  pas  |)lu- 
têt  lire  anseres,  traduction  latine  du  mot  oies,  au- 
quel la  rue  avait  emprunté  son  nom? 

'''  Le  Bourg-l'Abbé  devait  son  nom,  dit  Jaillol, 
à  l'abbé  de  Saint-Magloire  dont  il  dépendait,  et 
non  à  l'abljé  de  Saint-Martin ,  qui  n'en  possédait 
qu'une  petite  partie;  il  existait  dès  l'époque  ca- 
roUngienne,  s'accrut  insensiblement  et  fut  englobé 
dans  l'enceinte  dite  de  Charles  V.  La  rue  princi- 
pale joignait  la  rue  aux  Ouës  à  la  rue  Grenétat,  en 
franchissant  l'ancienne  muraille  de  Philippe-Au- 
guste; elle  a  été  supprimée  pour  le  passage  du 


DESCRIPTION  DE  PAIUS  SOUS  CHARLES  VI. 

la  rue  de  Saint-Marlin'^  ou  demeurent  les  ouvriers  darein; 
de  Petis  Champs'*; 

de  Bcaul)ourc<'),  ou  avoit  des  fillelles  en  cul  de  sac; 
de  Griejfron  lanfjevin'*'; 

des  Ménestrels''^',  ou  Icn  tient  escoles  des  ménestrels; 
des  Estuvcs'''; 

la  TveHscillie,  de  Berlraul  qui  Z)or/''''; 
de  Quiquempoit'**,  la  demeurent  les  orfèvres; 


309 


boulevnnl  «le  S(îl»nsl<>(K)l.  I,c«  femmes  «rde  iegiere 
rrvico  qui  l'Ixibilaicnt  au  temps  de  Gnillebert  de 
Metz  lui  ont  lni»»ë  une  imputation  (|ui  «'est  pcr- 
pëtudc  jusqu'au  niècln  dmiier. 

'''  On  ne  »'expli(|uo  {juitc  coiumont  notre  au- 
teur a  |)U  aller  de  la  rue  liourj^-rALIx*  h  \a  rue  S<iint- 
Martin;  il  lui  n  fallu  nécessairement  empmiiter  In 
rue  du  (îrnnd-llurleur  ou  In  rue  (îreni'tat,  <|ui  exis- 
taient dès  le  .\ni'  siècle  et  qu'il  ne  mentionne  [mint. 
Quoi  (|u'il  en  soit ,  la  rue  Saint-Martin ,  dont  l'orifpne 
est  pn)hal)lemi>nt  nussi  anrienne  cpie  relie  de  la  rue 
Soint-Denis ,  élnit  un  centre  industriel  à  l'éjMHpie 
où  il  écrivait  :  Guillot  y  avait  >toï  chanter  en  latin;n 
Guillebert  de  Metz  y  entend  une  autre  nMisi(|ue, 
le  bruit  que  les  «ouvriers  darein "  iiroduisent  en 
frap[>nnt  sur  l'enclume. 

''  Ln  rue  îles  Priils- Champs  (lirantùme)  est 
encore,  à  \ku  de  chose  [)r(''s,  telle  cjue  notre  auteur 
dut  la  voir;  elle  joint  la  nie  Saint-Martin  h  la  nie 
BenidK)ur(f.  On  In  trouve  nientionm'e  dès  le  milieu 
du  xiii'  siècle,  connne  situ<'>e  in  campit ,  ainsi  que 
le  prieuré  dont  elle  était  voisine. 

'''  Le  Beau-Bourff  avait  les  mœurs  légères, 
comme  le  Ilourjj-l'AbW;  c'était  primitivement  une 
région  limitée  par  les  rues  Mnubuée,  (înniier- 
Sninl-Larare,  Snint-Mnrtin  et  Sainte-Avoye,  et  qui 
commençn  h  se  |)eu|iler  vers  la  fin  du  xi'  siècle.  1^ 
voie  principale  en  a  conservé  le  nom  ;  elle  commence 
i  la  joncti  >n  des  mes  Mnobué-e  et  Simon-le-Franc. 
pour  se  terminer  h  celle  des  mes  Michel-le-Comte 
et  (irenier-Sainl-Laznre.  On  lui  a  adjoint  depuis 
|>eu  la  rue  Trnnsnonain,  qui  porte  aujounlhui  le 
même  nom.  Le  ffcul  de  saci  désigne  l'impasse  fiw- 
thavi  ou  celle  îles  Anglait,  qui  existent  encore. 

*'  Lo  rue  Girffroi  ou  Gtojfrwf-l' Angfvin  est  pla- 
ciH>.  dans  le  Dit  de  Cuillot,  après  oeile  des  Mèu*- 
trtU  ;  et  c'est .  en  effet ,  cette  deniière  Toie  qn'on  ren- 
contre en  délKinchant  de  la  rue  de»  Petits-Champs 
«lans  In  nie  llenubourg.  Lo  me  GeolTroy-rAngcvin . 
cpii  joint  les  rues  Beaubourg  el  du  Temple,  est 


mentionnée  dès  le  iiii*  siAde;  eOedoit  i 
cette  ap|>ellation  à  l'un  de  Me  andeoe  d 
hobitants,  dont  ootre  auiear  a  dtfgnré  le  i 

('  Lo  rue  de*  MéiuttreU  ou  Méi 
lo  rue  Ileauboai^  h  la  rue  Saini-Denit,  tt  ëéti 
absorbée  par  la  me  de  Rambuteau.  Elle  devait  aoB 
nom  aux  joueurs  de  vielle  et  jimglMn  qui  llw- 
bitaient;  on  lo  Uvuve  mentiomiée.  dès  la  premièiv 
moitié  du  xiii'siède,  sous  les  noms  de  riau  MtiU- 
torum ,  viau  Joculatomm.  On  a  dit  ensuite  me  des 
Jugleur»  ou  Jongleur*,  et  enfin  rue  im 
ou  MèHitrieri.  L'église  ptronale  de  en 
en  était  très-rapprocfaée  (voir  p.  i85.  noie  A),  et 
leur  eontenatairt  y  ëtoit  installé,  s'il  faut  en  croirp 
(ùiilleliert  de  Meti. 

(*>  La  rue  de*  Étme*,  parallèle  k  la  prdcddeMe. 
existe  encore:  elle  doit,  comme  son  bomonvme  du 
quartier  Suint -Honoré,  le  nom  qu'elle  porte  aus 
bains  qu'on  y  ovoit  établis  dès  le  xm*  nèele.  A  eeUe 
é|K)que,  on  Inpiiclait  rue  Cwj/tay  dm  Bmê,  Wicw 
Gaujridide  Balneolit.  Il  y  o  lien  decroire  que eeGeoF' 
froy  avait  été  le  fondateur  des  ^vee  dont  9  s'agit 

''^  La  "Trefilière,»  dont  notre  auleur  éeordie  le 
nom.  est  accompagnée,  dans  les  titres  do  un*  siède. 
du  nom  de  llauUbotax,  Enrnhmrg  oo  HdnmAmrf: 
Guillot  écrit  SeiuUhour*.  Au  xn*,  elle  quitta  ee  noa. 
qui  désignait  probabiamaot  UM 1 
marchande ,  |>oiir  prendra  ceW  dW  i 
d'un  Iwurgeois ,  Brrlami-^ui-dcrt.  EnGn  an  itn*  siède . 
l'enseigne  de  VEm  d*  Vmm  M  vaiat  one  I 
dénomination  qu'elle  a  tnneerr^e  jaeqnli  Ma  j 
La  rue  d«  Vm**,  aujourd'hui  divisa  m  dan 
çons ,  se  bornait  autrefois  i  la  partie  qui  joint  la 
rue  Saint-Denis  à  la  roeQaincanipQii;ona,dcpnis 
peu,  étendu  cette  dénoaiinnlion  i  randenne  rae 4t 
la  Courroirie.  (Voir  page  199,  nale  t.) 

<*>  Cette  rae,  qni  eut,  an  oannMneMHnl  éi 
xvui*  siède,  nae  si  grande  netarîM,  a  dWaffriie 
Cùt^mpoil,  Qnùmmfil  et  Qmiatwmfmtt.  Ôt  d»> 
vail  son  nom.  dit  Le  Bevf,  k 


aisT.  —  I. 


•7 


210 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


la  rue  de  Aubry  le  Boucliier; 

la  Courarie''',  ou  demeurent  les  ouvriers  de  dyamanset  autres  pierriers; 
de  Amaury  de  Roussi'^'; 
de  Troussevache*''; 
de  Guillaume  Josse**'; 

des  Lombars'^*,  ou  len  fait  pourpoins  devant,  et  les  marchans  demeu- 
rent derrière; 
de  Marivaus^"',  ou  demeurent  les  cloueliers  et  vendeurs  de  fil; 


de  Kiquenpoit  dont  il  est  fait  mention  dans  un 
carlulaire  de  Sorbonne,  à  l'année  t953.  Son  par- 
cours normal,  compris  entre  les  rues  aux  Ours  et 
Aubry-le-Boucher,  a  été  récemment  augmenté  par 
l'addition  de  l'ancienne  rue  des  Cinq-Diamants,  qui 
la  prolonge  jusqu'à  la  rue  des  Lombards. 

'''  La  «Gourarie,i  qu'il  ne  faut  pas  confondre 
avec  la  Courroirerie  ou  Corroyerie,  vicus  Correarii, 
joignant  la  rue  Saint-Martin  à  la  rue  Beaubourg, 
est  appelée  Corrigia  au  xui"  siècle ,  et  Corrigiaria  au 
xiv';  c'était  alors  une  région  plutôt  qu'une  rue. 
Lorsque  cette  région  se  fut  couverte  d'habitations , 
on  appela  Vieille-Couiroirie  la  voie  principale  qui  la 
traversait.  Plus  tard,  une  enseigne  de  joaiiler  lui 
valut  la  dénomination  qu'elle  a  conservée  jusqu'à 
son  assimilation  avec  la  rue  Quincampoix.  On  l'ap- 
pelait encore  rue  des  Cinq-Diamants,  il  y  a  peu  d'an- 
nées. C'est  très-probablement  dans  cette  Courarie,  et 
non  dans  l'autre,  qu'habitait  Bureau  de  Dampniartin. 

'*'  Dès  le  milieu  du  xm'  siècle,  on  trouve  men- 
tionnée la  rue  Amaury-de-Roissy,  vicus  Almeri  de 
Roissiaco,  nom  qui  désignait  probablement  un  pro- 
priétaire ou  habitant  du  quartier  de  la  Courroirie 
sur  les  terrains  duquel  la  voie  fut  ouverte.  Plus 
tard  on  rencontre  la  dénomination  Oignal,  Oignae, 
Hougnard,  Haumar,  Aniac  et  enfin  Oignard,  que 
cette  voie  a  conservée  jusqu'en  1801,  éjwque  où 
elle  fut  réunie  à  l'ancienne  rue  Troussevache ,  qui 
avait,  en  1829,  quitté  sa  grotesque  appellation 
pour  prendre  le  nom  du  lieutenant  civil  de  La  Reynie. 
Elle  forme  la  partie  orientale  de  cette  dernière  rue. 

'''  La  rue  Troussevache ,  seconde  section  de  la 
rue  actuelle  de  La  Ileynie,  est  mentionnée  dès  le 
milieu  du  xm*  siècle  ;  elle  devait  son  nom ,  soit  à 
une  enseigne  de  la  Vache  troussée,  comme  le  pense 
Sauvai ,  soit  à  un  certain  Eudes  Troussevache  qui 
y  possédait  une  maison  et  dont  il  est  fait  mention 
dans  plusieurs  actes.  Cette  rue,  qui  joignait  la  rue 
des  Cinq-Diamants  (Quincampoix)  à  la  rue  Saint- 
Denis,  a  été  supprimée  en  grande  partie  par  le 


boulevard  de  Sébastopol  ;  il  n'en  reste  qu'un  tron- 
çon où  se  voient  encore  quelques  maisons  vermou- 
lues. 

'*'  La  rue  que  Guillcbert  de  Metz  désigne  sous 
le  nom  de  Guillaume  Josse,  personnage  qui  l'habi- 
tait ou  y  possédait  une  maison,  est  ap|)elée,  dans  le 
Dit  de  Guillot,  Vin-le-Roy,  sans  doute  parce  qu'il 
y  avait  là  des  caves  pour  le  service  de  la  maison 
royale.  On  l'a  nommée  ensuite  rue  des  Troi*- 
Maure»,  a  cause  d'une  enseigne  d'auberge  connue 
dès  le  xm'  siècle.  Cette  ruelle,  qui  joignait  la  rue 
Troussevache  à  celle  des  Lombards,  a  él^  absorbée 
par  le  boulevai-d  de  Sébastojwl. 

'*'  La  rue  des  Lombards  existe  encore,  quoique 
coupée  en  deux  tronçons  par  le  boulevard  de  Sé- 
bastopol. Au  xni'  siècle,  on  l'appelait  la  Bujfete- 
rie,  vicus  Bujeleriœ,  peut-être  à  cause  des  bujfetiers 
ou  marchands  de  vin  qui  l'habitaient  et  qui  se 
trouvaient  ainsi  à  proximité  des  caves  où  l'on  gar- 
dait le  vin  le  Roy.  Mais ,  au  commencement  du 
xiv'  siècle,  on  la  trouve  désignée  sous  le  nom  de 
vicus  Lombardorum,  et  ces  Lombards,  qualifiés  par 
les  Olim  de  mercalores  Iransmarini,  étaient,  comme 
chacun  sait,  des  marchands  d'objets  précieux,  des 
banquiers,  des  armateurs,  etc.  Guillebert  de  Metï 
donne,  à  propos  de  l'industrie  établie  en  cette 
rue,  un  détail  qui  trouve  sa  confirmation  dans  le 
nom  de  PourpoitUerie  qu'elle  a  porté  aux  xvi*  et 
xvH*  siècles. 

'*'  La  rue  de  Marivaux ,  qu'il  ne  faut  [wint  con- 
fondre avec  son  homonyme  du  quartier  des  Itahens. 
se  composait  de  deux  voies  bien  distinctes:  l'une, 
qui  faisait  communiquer  la  rue  des  Écrivains  avec 
celle  des  Lombards,  et  qui  s'appelait  la  frGrant 
trrue  Marivaus;»  l'autre,  qui  s'en  détachait  pour 
aboutir  à  la  rue  de  la  Vieille-Monnaie.  Le  terrain 
sur  lequel  elles  ont  été  ouvertes  s'appelait,  au 
xiu'  siècle,  Marivas;  toutefois  Guillot  écrit  Marivaux 
et  distingue  déjà  le  grand  d'avec  le  petit.  L'ouver- 
ture de  la  rue  deRivoh  et  le  dégagement  des  abords 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI. 

la  rue  la  Vieilli;  Moiinoie'"; 

la  llraumcrie'^),  ou  leii  fait  artncuret; 

la  Snunerie^^; 

(le  Jehan  le  Conte (*'; 

la  Savonnoric'*'; 

la  Pierre  au  Lait'*',  ou  len  vendoit  du  lait; 

lez  Icjjlise  Saint  Ja(|ues'''',  ou  demeurent  les  escripvains; 

de  Jehan  Pain  Molet'"; 

des  Areis'''; 


211 


il(>  la  tour  Saint-JaniiiM  ont  lrani<romid  toute  cette 
n'ipoii  :  If  (inin<l-M(irivnint,  pnli^miiiPnt  reooiu- 
Iniit,  porlc  mijoiinriiiii  li>  nom  ilf  Nicolat  Flamtl; 
fit  l<!  Pelit-Mnrivniu ,  rectilié  fl rebâti,  celui  de  Per- 
nrlle,  rfiiiiiie  du  c<*lt>hn!  i^rivain  jiin^. 

''  1,(1  Vieille-Monnaie ,  (jiii  joifriiait  In  nie  de» 
I.oiiibnrdg  au  carrefour  de  la  Heaunierie,  de  la 
Snvotmcrip  ot  di"!»  Krrivnins,  n  Mt',  de  tout  re  quar- 
tier. In  dernière  à  dispnnillre.  L'ouverture  du  hou- 
levord  de  S<4>iisto|>ol  eti  nvnit  re)i[>ectd  d'nboni  le 
ciW  orienlnl  ;  ninis  rarhèvenient  de  cette  grande 
\f)ie  n  ii('re»sil('  la  desirucliou  totale  de  la  rue.  (Voir 
les  noies  .')  el  6  de  la  pnife  a  i  o.  ) 

''  I-n  Heaunierie,  niége  de  l'industrie  des  armu- 
riers, dont  elle  portait  aussi  le  nom.  Taisait  com- 
muniquer In  rue  Snint-|)enis  avec  celle  des  Kcri- 
vains  et  a  ^t<^  absorlnV  dans  la  rue  de  Rivoli.  Elle 
«vnil  pour  di'|MMidnnre  la  Lormerir ,  ruelle  ou  im- 
passe cilf'c  parCiiiillot,  où  demeuraient  les  lormiert, 
labricauLs  de  |)etits  ouvrages  en  fer  et  en  cuivre ,  et 
auviliiiires  naliu')-ls  des  lienuruiers;  les  uns  et  les 
autres  avaient  leur  confrérie  h  Saint-Jac(|ue8-la- 
Houclierie.  La  llenumerie,  mentionnt<e  sous  ce  nom 
dt>s  le  \m'  siècle,  était  sans  doute  connue  de  Jean 
de  Jauduu ,  (pii  énumère  les  diverses  pitVes  d'ar- 
nuu-esipi'on  fabricpiaitsurle  (îrand-Ponl  el  les  nies 
enviroiuianles.  (  Voir  le  Traité  dm  louange»  de  Pari*, 

p.  .'i'i  el  r>r».) 

'  Vu  lieu  de  la  Satmerie,  le  Dit  de  la  biblio- 
thèque C.ollonienne  donne  la  liauaHnerie ,  el  (iifraud 
idenlilie  cette  voie  avec  la  me  Tn)([non.  Des  gi^o- 
graplies  modernivt.  notaïunient  La  (Inille,  écrivent 
Sonnerie  |Hnir  ^nronncnr ,  par  abréviation;  et  l'on 
conipn-nd  qu'un  -transcripxiiin-  du  \\*  siècle  ait 
écrit  Siiunrrir.  Il  ne  jieut  être  (piestion  d'ailleun) 
de  la  Crande  ou  de  la  Petite  Saunerie  situto  de 
l'autre  n\|é  du  ('.lu\lelet  et  déjh  énumén>«  au  com- 
iiieiirement  du  diapitre.  La  me  de  la  Savonnerie 


•  M  dAniite  pour  la  fonnalion  dn 

Jacques- la -Boacbme;  la  griUe  nwiiiilda  i»  m 

jardin  en  marque  k  pea  prie  renpIeeHMal 

'*'  Le  nom  de  rjehan  le  Conte*  a  M  donné  : 
\'h  la  rue  Trognon,  qui  bisaileommaniqner la  ne 
de  la  lleaiunerie  avee  eeHe  d'Avignon;  a*  k  eetle 
dernière  voie,  qui  joignait  la  Savonnerie  k  la  me 
Saint-Denis.  Ces  deu%  radies. qui  aont  nifnlinnnfai 
dès  le  \iii'  siècle,  ont  ^  abmbét»  daaa  la  nw  de 
Rivoli  et  le  boulevard  de  SAartopol;  TeniplMaant 
qu'elles  occupaient  eil  repréaenlé  anjourdlnii  par 
f  intersection  de  cet  deux  grande*  voies. 

<»  Voir  la  note  3. 

'"  La  Pitrrt-«*-Lait  porte  son  ëtymologie  avec 
elle  :  c'était,  comn)e  la  Pierre-an-PoiMon.  on  petit 
marché  d'appmvisionnemeul.  Elle  fonnail  nne  aeo> 
tion  de  la  nie  des  Écrivains  qui  longeait  an  nord 
Féglise  Saint^acquee,  et  te  eoûfon<lit  bienlAt  avec 
celte  rue.  (iuillot  la  meniianneMMis  le  m^me  noaqae 
notre  auteur.  1^  grille  septentrionale  du  square  ac- 
tuel en  marque  i  peu  pW^  rt-mpli 

''  Par  celte  périphrase,  notre 
celte  même  rue  dea  Ètrmmiu  dont  la  Pienv-ao- 
Lait  foraiail  une  partie.  Lea  écrivain  dont  il  e'agit 
étaient  établis  dans  de  petitea  édMppe*  qa'oa  avait 
a<loKs<<cs  aux  murs  de  Pégliae  Saint- JaeifHa-b- 
Roiicherie,  et  qui  ont  dis|Mni  avee  aie. 

"  La  rue  Jean-Pai»-IMItt  s'oinmit  iw  k  nw 
des  Arcis,  au  déboiirhé  de  ceBs  dea  Êcrivaina.  et 
aboutissait  au  carreltHir  Guilbry.  dont  parle  Raod 
de  Presles;  Hie  devait  aon  aaai  k  an  Laigiaii  de 
Paris,  et  on  la  lro«m  ainai  Jfcjgnft  ék  b  aiiea 
du  \ni'  siècle.  Elle  a  M  UMwpIftiwI  Atmhh  pt 
la  nie  de  Rivtdi. 

*'  IjmiedttirMioaylrtMfennailla  conlinaa- 
tinn  des  rues  de  la  Plancke-Mibni  et  Saial-Martia: 
elle  art  repiéientéa  •ojoanl'hui  par  h  p«1ie  da 
«tta  deraière  hm  qoi  va  de  favraw  Vidaria  à  b 


212  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

la  rue  de  Saint  Bon<", 

la  Buffeterie'^',  la  Lamperie, 

des  Bouveries'^',  des  Chevrotins,  de  lestable  du  Cloistre; 

de  Baille  Hou'*',  ou  demouroient  pluseurs  galloises; 

de  Saint  Marry'*'; 
la  court  Bobert'"),  ou  estoient  femmes  de  joie; 
la  rue  la  Bouleric'"', 

de  Simon  le  Franc'*', 


rue  de  la  Verrerie.  Cette  voie,  aboutissant  à  un  pont, 
était  un  ancien  chemin  et  remontait  ainsi  à  une 
haute  antiquité.  Sauvai  en  a  cité  des  mentions  qui 
datent  des  premières  années  du  xn'  siècle. 

'''  Il  a  été  question  de  la  rue  Saint-Bon  dans  la 
note  relative  à  la  chapelle  placée  sous  ce  vocable 
(voir p.  1 87,  note 5).  Raccourcie,  élargieet  abaissée 
dans  sa  partie  méridionale ,  la  rue  Saint-Bon  a  con- 
servé son  niveau  et  son  ancien  aspect,  à  son  débou- 
ché dans  la  rue  de  la  Verrerie. 

<*>  Nous  avons  dit  (note  5 ,  p.  9 1 0)  ce  qu'était  la 
Buffeterie  ;  quant  à  la  Lamperie ,  Le  Beuf  croit  que  cette 
dénomination  s'appliquait  au  carrefour  des  Vieilles- 
Étuves  situé  rue  de  Marivaux.  Jaillot  pense  qu'il 
vaut  mieux  y  voir  une  partie  de  cette  dernière  voie. 
La  rue  de  Marivaux  aurait  donc  eu  originairement 
deux  sections  nommées  la  Buffeterie  et  la  Lamperie. 

'''  Les  Bomeries,  que  Guillot  appelle  crue  à  Bou- 
ffvetins,i  les  Chevrotins,  qu'il  nomme  rrue  h  Cha- 
ir vetiers,»  et  ïEstable  du  Cloistre,  dont  Guillebert 
de  Metz  n'a  pas  modifié  l'orthographe ,  paraissent  dé- 
signer les  diverses  portions  de  la  rue  Taillopain,  qui 
aboutit  au  cloître  Saint-Merry.  Celte  ruelle ,  qui  est 
très  ancienne,  a  contenu  évidemment  des  bergeries; 
puis  il  s'y  sera  établi  des  talmeliers,  pour  fabriquer  le 
fameux  pain  de  chapitre  à  l'usage  des  chanoines  de 
la  collégiale.  Elle  existe  encore  et  a  conservé  quelque 
chose  de  son  ancienne  physionomie.  Jaillot  j)ense 
toutefois  que  les  lieux  désignés  par  Guillot  et  notre 
auteur  étaient  plus  rapprochés  de  la  rue  des  Juges- 
Consuls. 

'*'  La  rue  de  Baille-Uou  trou  demouroient  plu- 
Tseurs galloises,»  c'est-à-dire  plusieurs  femmes  ga- 
lantes, est  mentionnée  à  peu  près  de  la  même  ma- 
nière par  Guillot;  cependant  on  trouve  Bay-le-Heu, 
Baille-Heu  et  Baille-Hoê.  Sauvai  croit  qu'elle  se  con- 
fondait avec  la  rue  Brise-Miche  ;  Jaillot  pense,  au 
contraire ,  quecette  dernière  rue  n'a  été  ouverte  qu'au 
commencement  du  xn  '  siècle.  La  rue  de  Baille-Hou 
touchait  au  cloître  Saint-Merry,  ce  qui  suscita  de 


nombreuses  réclamations  de  la  part  du  clergé  et 
des  notables  habitants. 

"'  La  rue  (t  Saint  Marry,»  à  laquelle  aboutit  en- 
core aujourd'hui  la  rue  Brise-Miche,  est  appelée  par 
Guillot  rue  Neuve  Saint  Mesri ,  dénomination  qui 
lui  appartenait  dès  le  commencement  du  xui'  siècle 
et  qu'elle  a  conservée  jusqu'à  nos  jours.  L'épithète 
de  neuve  servait  h  la  distinguer  de  la  rue  de  la 
Verrerie,  qu'on  appelait  rue  Saint-Merry  dans  sa 
partie  occidentale,  et  dont  l'ouverture  remontait  à 
une  époque  plus  reculée. 

'"'  La  Cour  Bobert,  qui  avait  les  mêmes  habitantes 
que  la  rue  Baille-Hou,  est  nommée  par  Guillot  Cour 
Bobert-de-Paris ;  on  la  trouve  ainsi  désignée  dans  des 
actes  de  la  fin  du  xn*  siècle.  A  cette  appellation .  qui 
était  due  à  un  bourgeois  de  Paris,  fut  substitué 
plus  tard  un  nom  d'enseigne.  Au  commencement  du 
xvi'  siècle,  la  Cour  Robert  était  devenue  la  rue  du 
Betuird,  et  Corrozet  l'appelle  rue  du  Benard-qui- 
prèche,  ce  qui  ne  laisse  aucun  doute  sur  l'origine 
de  cette  dénomination.  Elle  a  été  considérablement 
élargie  de  1887  à  j843,  et  joint  toujours  la  'rue 
Neuve-Saint-Merry  à  celle  de  la  Verrerie. 

'''  Guillot  écrit  ffla  Bouderie,  1  et,  en  effet,  on 
trouve  la  rue  dont  il  est  ici  question  désignée ,  dans 
un  acte  de  1 273,  sous  le  nom  de  Parva  Bouclearia, 
probablement  à  cause  de  l'industrie  qu'on  y  exer- 
çait. Sauvai  a  traduit  Petite-Boucherie,  et  Guillebert 
de  Metz  a  omis  une  lettre,  ce  qui  constitue  une 
double  erreur.  Elle  paraît  avoir  échangé  ce  nom 
contre  celui  de  rue  du  Poirier  qu'elle  porte  en- 
core aujourd'hui  et  qui  provient  d'une  enseigne. 
Ce  n'est  qu'une  ruelle  faisant  communiquer  la  rue 
Neuve-Saint-Merry  avec  les  ruesMaubuée,  Simon- 
ie-Franc et  Beaubourg.  Toute  cette  région  a  con- 
servé quelque  chose  de  son  ancienne  physionomie. 

'*'  Cette  voie ,  appelée  à  tort  ou  à  raison  vicut  de 
Byeria  dans  la  première  moitié  du  xni*  siècle ,  rue 
Simon-Franque  peu  de  temps  après,  puis  Simon- 
Franc  au  milieu  du  xiv*  siècle,  et  enfin  Simon-^ 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI. 

a  riK'  (lu  Temple''', 
(les  Esluves'", 
des  Blancs  Manteaux ''\ 
(le  PeiTonollf!  la  Pastourelle'*', 
du  Piastre'**, 
de  Bon  Puis  '•', 
des  Jufjes  ''', 
la  Hifloiiruirie'*', 
le  carrefour  du  Temple  '", 


Slt 


Franc,  dt^noininalion  qui  n'a  plus  vorië,  contourne 
la  run  Muuhui^  (H  ilt^lNJurliR  ilniis  In  rue  du  Temple 
(ancienne  rue  Soinle-Avoic).  Elle  o  f^anU.  en 
grande  partie  «on  ancien  axpect. 

'''  CVtait  il  pnrlir  des  rui^n  Mirliel-lo-(lonile  et 
des  Vieillcî)-Ilnu<lri('lles  (pie  la  |rrnn<le  voie  d<'si- 
«igD<^,  du  sud  au  nord,  sous  les  noms  de  rues  des 
Coquille»,  Barrenlu-Bec  et  Sainte- Avait,  prenait  le 
noMidenierfi/  Temple,  cpi'elle  portait  autrefois  sur 
une  plus  Jurande  <<tendue ,  et  (pi'on  lui  a  n^ccmnienl 
oppliquc  dans  tout  son  parcours.  Elle  doit  son 
(inni  h  In  f<<lèbre  Comnianderie  (|ui  y  avait  sa  prin- 
dpnlc  ciilrt'e;  aussi  la  lr«)Uve-l-on  appeli^e,  dès  la 
preniièi-e  moitid  du  xni*  siècle,  ricM*  militiœ  Templi 
et  me  de  la  Chevalerie  du  Temple.  Avnnl  i  Ojy,  elle 
se  terminait  a  l'enclos  du  Temple;  mais,  il  cette 
époque,  on  l'a  prolonfjÀ;  jusqu'au  boulevord.  Celle 
partie,  In  plus  moderne  de  toutes,  vient  d'ôtre 
élai^ie  |M)ur  le  dt'l)ouclu5  de  la  rue  de  Turbipo. 

'*'  Entre  la  rue  du  Temple  et  celle  des  Blanc»- 
Mantenux.  on  ne  voit,  ni  dans  le  Dit  de  Guillot, 
ni  «laiis  les  vieux  |ilans  de  Paris,  de  place  |)our  une 
rue  des  ttui-es.  Le.  nombre  de  ces  ('tablissenients 
étant  assez  considi'rable,  puisque  Jnilint  compte  liuit 
rues  ou  impasses  portant  ce  nom,  il  n'y  a  |)as  d'in- 
\niisi-mlilaii('e  à  supposer  qu'il  en  existait  un  sur  ce 
point,  k  l'entrée  des  nies  du  PMtre  ou  des  iilancs- 
Mnnleanx.  et  que  Ciuilleltert  de  Mets  l'ai  est  senri 
|)oui'  désifpier  une  {Mirlion  de  l'une  de  ces  denx  voies. 

<''  Les  religieux  dont  nous  avons  parlé  p.  189. 
note  '1 ,  ont  donné  leur  nom  h  cette  rue,  qui  s'ap- 
pelait, au  XMi*  siècle.  In  Parcheminerie ,  la  Pelile- 
Parcheminerie  cl  la  Petite -Bretonnerie;  Guillot  In 
nomme  déjii  rue  ffdes  Blancs-Mantiaux.  •  Elle 
existe  encore  sous  le  même  nom  et  fait  communi- 
quer entre  elles  le»  deux  rues  du  Temple. 

'*'  Celte  rue  Pernelle-Ia-Pattonrellt,  ou  cPcrre- 
nelle  dn  Saint-Pol.i  ainsi  que  (îuillot  la  désigne. 
parait  devoir  sidcutilîcr  avec  l'inipane  Peotpai, 


que  l'ouverture  de  la  rue  de  Rambotera  a  Ina»- 
formée  en  passage  ou  en  rue  ordinairt.  Stavai  «I 
Le  tieuf  tieiment  |>our  la  rue  de  l'UcMMM^mé: 
nais  Jaiilol  a  fait  obaenrer  avae  raitoa  qw  ecMs 
ruelle  est  désignée  nomménwot  dana  vn  Dk  àa 
XV'  siècle.  Noos  aroni  aaogé  on  infant  k  aépaRr 
par  une  virgule  le  mot  Ptnttle  du  mot  PaMomlk, 
comme  le  manuscrit  semble  l'indiquer;  mù»  alors 
la  marclie  de  noire  anleur  serait  bien  aingulière  : 
il  irait  de  l'inqiasse  Peeqoai  k  la  rue  Pastourei  qui 
est  située  beaucoup  plus  haut,  pour  revenir,  apria 
avoir  nonwné  cette  seule  rue,  Am*  le  quartier  4e> 
Itlancs-Manteaux ,  où  il  continue  son  énuméraiMn. 
Cette  hypothèse  parait  inadniaaibk. 

''  La  nie  du  Plâtre  |M)rtait.  en  uSo.  le  nom  de 
>r Jehan  de  Saint-Pol;t  elle  pourrait  donc,  si  la 
conjecture  de  Jaiilol  relative  an  paaiagc  Peeqnai 
n'était  pas  admise,  être  considérée  eomme  ayant  en 
deux  parties  distinctes,  anxqueile*  ka  deas  épon 
auraient  servi  de  parrain  et  de  inamiae.  On  b  voit 
ensuite  appli^e  la  Platriht  et  rue  im  PUtrt,  déno- 
mination qu'elle  a  conservée  jusqu'à  nos  joan.Ele 
joint  In  rue  du  Temple  h  celle  de  l'Homme  ainié. 

"'  La  rue  du  Pmtt  ou  rde  Bon-Puits*  nnil  la 
nie  Sainte-Croix- de- la-BretooDcrie  k  edfe  dea 
Bloncs-Manleaux.  On  la  eonnaJHMt  «MB  «a  noadèa 
le  xin'  siècle ,  et  il  ne  parait  pas  qa'eile  ( 

'^'  Sauvai  assure  qae  U  nw  da*  Skgm,  «t  1 
des  Jagti  (ee  qui  eanititBe  une  inrie  de  eopie  aeset 
pbusante),  portail,  en  is65.lenamdeftirTW£»- 
tampn.  Une  maison  dite  ém  Smgm,  et,  pwt  Urs. 
une  enseigne  r>pr<atnlenl  qaalqnw-nna  de  ces  ani- 
maux, lui  ont  valu  eelte  dernière 
qu'elle  a  gardée.  EUe  eil  pwelèb  k  la  nw  dn  I 

<■>  Nous  avona  d^  dit.  k  prapoe  de  la 
giaiedeSainte-Crotx(p.  t  i89,aoleS).Mqn'élailb 
firMMMsrw.  Une  aeetion  de  ecMe  me  portait,  an 
uv*  siède,  le  nom  JCÀguU  k  BuMn. 

<*>  Ce  Mrr^ov  da  Ttmfk  doit  «b«  le  peint  «è 


2U  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

les  rues  des  Jardins"', 

du  Tort^-'K 

de  la  Poterie  '*, 
le  carrefour  Guillory  '*', 
la  rue   de  Jehan  de  Lespine'*', 

de  Gracien^^\ 

de  Jehan  Malet  W, 

de  Saint  Jehan  '*\ 


aboutissent  les  rues  Neuve-Saint-MeiTjr  et  Sainte- 
Croix-de-la-Bretonnerie ;  Géraud  le  place,  au  con- 
traire, dans  la  me  Vieille-flu-TempIe,  au  dëbouchë 
de  celle  des  Rosiers.  On  trouve  encore  une  rue 
du  Four  du  Temple,  qui  faisait  communiquer  les 
rues  Sainte-Croix  et  Sainte-Avoie. 

'''  Cette  rae  des  Jardins,  nonmiée,  à  la  fin  du 
xiu*  siècle,  vicus  Jardinorum  et  vicus  deJardinis,  a 
éié  désignée  ensuite  sous  le  nom  de  rue  des  Bil- 
lettes.  Jaiilot  examine  et  discute  {Quartier  Sainte- 
Avoie,  p.  loo)  les  diverses  étymologies  qu'on  a 
données  de  ce  mot,  et  il  incline  à  croire  que  les 
bilktles  étaient  des  scapulaires  que  portaient  les 
Carmes  établis  dans  cette  rue;  d'où  la  dénomina- 
tion qui  lui  a  été  appliquée.  (Voir  p.  189,  note  a.) 

'*'  Ici  se  place  une  rue  du  Tort,  qui  ne  peut 
être  que  la  rue  Barre-du-Bec,  puisque  notre  au- 
teur cite  plus  loin  la  rue  de  la  Verrerie,  et  qu'il  lui 
fallait  absolument  passer  dans  l'une  de  ces  deux 
voies  pour  arriver  à  la  rue  de  la  Poterie.  Tort  vien- 
drait-il de  tortuê,  dans  le  sens  de  bec  recourbé  f 

'''  La  rae  de  la  Poterie  existe  encore,  quoique 
raccourcie  h  son  extrémité  méridionale  par  la  rue 
de  Rivoli':  elle  est  fort  ancienne,  puisqu'il  en  est 
fait  mention  dans  un  acte  de  1172.  sous  le  nom 
de  Figiilaritt.  JaiUot  en  a  conclu  qu'elle  devait  sa 
dénomination  aux  potiers  dont  elle  était  peuplée, 
plutôt  qu'h  Guillaume  et  à  Guy  Potier,  qui  y  possé- 
daient une  maison  vers  la  fin  du  xni*  siècle. 

'''  Nous  avons  parlé  du  carrefour  Guillory,  à 
propos  du  texte  de  Raoul  de  Presles.  (Voir  p.  108, 
note  5.) 

'*'  La  rue  Jean-Lépine  aboutissait ,  d'une  part  au 
carrefour  Guillory,  conune  celles  de  la  Coutellerie, 
de  la  Poterie  et  de  Jean-Pain-Mollet ,  et  d'autre  part 
à  la  place  de  Grève,  sur  laquelle  elle  formait  un 
ang^e  avec  la  rue  de  la  Vannerie.  Elle  a  disparu 
complètement  lors  du  percement  de  la  rue  de 
Rivoli  et  de  la  régularisation  de  la  place  de  l'Hôtel- 
de-Ville.  Jean  de  l'Espine  y  avait  une  maison  que 


le  cartulaire  de  Saint-Maur  mentionne  en  l'année 
198/i. 

'*'  La  famille  Gentien  et  non  Gracien,  dont  un 
membre  fut  prévôt  des  marchands  en  1 3a  1 ,  et  qui 
avait  une  maison  dans  la  Tixeranderie,  c'est-à-dire 
très-près  de  là,  a  donné  son  nom  à  cette  rue.  qui 
porta  successivement  ceux  de  Pierre,  de  Jean,  de 
Jacques,  et  enfin  celui  de  Gentien,  sans  prénom. 
ricHs  Genlianus.  Sauvai  nous  fait  connaître  qu'on 
y  constniisit,  au  xv'  siècle,  un  hôtel  dont  la  porte 
et  les  fenêtres  étaient  ornées  de  coquilles,  ce  qui 
servit  à  désigner  d'abord  la  maison ,  puis  la  rue 
elle-même.  C'est  aujourd'hui  le  débouché  de  la  rue 
du  Temple;  mais,  sous  le  nom  de  Gentien  et  des 
Coquilles,  elle  ne  s'étendait  que  jusqu'à  la  rue  de 
la  Verrerie.  Guillot  l'appelle  irla  raelette  Gencien.- 

'''  La  rae  Jehan  Malet,  nommée  par  Guillol 
ff  Andri  Mallet,  1  était,  dit  Le  Beuf,  la  rae  du  Mouton , 
qui  faisait  communiquer  la  rue  de  la  Tixeranderie 
avec  la  place  de  Grève.  Selon  JaiUot ,  qui  en  donne 
d'excellentes  preuves  [Quartier  de  la  Grève,  p.  i3). 
c'était  la  rae  du  Coq,  qu'on  trouve  mentionnée, 
en  I9'i3  et  1373,  sous  le  nom  d'André  Mallet.  et 
qui,  au  xv*  siècle,  emprunta  à  une  enseigne  la  dé- 
nomination qu'elle  a  conservée  justpi'à  nos  jours. 
L'établissement  de  la  rae  de  Rivoli  en  a  fait  une 
impasse  qui  s'ouvre  sur  la  rae  de  la  V  errerie. 

'*'  Guillot  appelle  cette  voie,  rae  (fdu  Martrai- 
ou  Martroi  Saint-Jean.  Elle  commençait,  à  la  fa- 
meuse arcade  qui  est  représentée  aujourd'hui  par 
la  porte  cochère  donnant  accès  aux  appfirtement» 
du  Préfet  de  la  Seine,  passait  entre  la  Maison  aux 
Piliers  et  l'église  Saint-Jean,  et  venait  aboutir  à 
la  rae  de  la  Tixeranderie.  Guillot  a  donc  raison  de 
dire  : 

Trouvé  la  rue  du  Martrai 

En  une  ruele  tournai 

Qui  de  Saint  Jehan  voie  a  porte. 

La  construction  de  l'Hôtel  de  Ville,  par  Domi- 
nique de  Cortone,  eut  pour  résultat  de  couper  en 


DESCHII'TION  DE  PAItlS  SOUS  CHARLES  VI.  SIS 

la  rue  de  la  Tissa nderie^'^ 

de  la  Voirrie'**,  ou  len  fait  voiiieres, 
du  Cliarlion <", 
du  Franc  M<'urier'*'; 
le  cimetière  Saint  Jehan  (^),  ou  demeurent  les  ouvriers  de  cofres  et  hucbês; 
de  Boulihourc'*', 


(leui  partim  ta  nie  du  Mnriroi  :  cA\e  du  sud  gonia 
l'appellation  primitive;  mai»  celle  du  nord,  dt'jb 
ronniio,  dit  Jnillot,  «ou»  le  nom  d**  rtio  de*  Garin- 
Hons  ou  ilrs  Vivilln-Garmiioiu ,  ne  fut  plu»  autre- 
ment di^si)i;ii<'i>.  dette  Hection  de  l'ancienne  rue  du 
\1nrtroi  nlioiitissnit,  |inr  un  ronde,  ii  In  me  du 
l'et-uu-Dinlile.  L'n^^rnndiitsenientderilAtcl  de  \  ille, 
puin  rouvertnre  de  la  me  de  Rivoli  ont  fait  ditipo- 
rattre  toutes  pm  ruelles.  Il  iiii|K)rte  de  dire,  en  ter- 
minant ,  (jne  le  mot  Maririii ,  marlijrium ,  âlail  dû 
très-proltidilement  à  In  proximitt!  de  In  place  de 
Grève,  où  l'on  ext^utnit  les  rondnnmés. 

'"'  Ln  Ti'ssaiitlerie  joi|>;iiuit  le  rniTcfour  (ïuillory 
«  In  pince  llnudoyer  et  nu  marclu^  Saint- Jean;  h 
demi-di^lmite  pour  l'agrandissement  de  l'Hàtel  de 
Ville  du  cAlé  du  nord,  elle  a  M  romphUement 
absorbée  par  la  me  de  Itivoli.  (IVtait  une  très-an- 
cienne voie,  puisque  Guillot  l'appcUe  irla  viei  Tis- 
"scranderict  et  (pi'on  In  trouve  ninsi  dt^ignëe  au 
xHi'  siècle.  Kllc  devait  son  nom  aux  tiueranda  qui 
l'habitaient. 

<*>  (îuillebert  de  Metz  nous  ramène  ici  h  la  rue 
de  ifla  Voirric"  ou  Verrerie,  qui  communiquait 
avec  la  Tixernnderie  nu  moyen  de  diverses  mes. 
(luillol  va  de  l'une  dans  l'autre  par  la  rue  des 
l)eux-Porles,  ipii  subsiste  encore.  (Voir,  pour  plus 
de  détails.  In  noie  préci-denle.) 

<''  Cette  rue  du  Chartron,  ainsi  dénonmiée  dons 
les  anciens  tili-es.se  trouve  mentioimi'e  nu  xvi*  siècle 
sous  le  nom  de  rue  des  Mawait-Uarçnn* ,  (]u'elle  o 
consorvf!  depuis.  Sauvai  a  fait  un  roman  «ur  l'ori- 
gine fie  celle  nppellnlion  (t.  I,  p.  i.TK).  On  la  re- 
trouve sur  la  rive  gauche,  et  l'on  sait  qu'elle  s'a|>- 
pliquait  aux  écoliers  turbulents,  tondis  que  les 
étudinnls  InUirieux  et  paisibles  étaient  nonunés 
bon»  eii/dHls.  Ilt'duile  de  moitié  par  l'ouverture  de  la 
rue  de  llivoli.  In  rue  des  Mauvais-Garçons  est  n'slife 
à  son  ancien  niveau,  en  contre-haut  de  deux  mètres 
envii-on  sur  celle  dernière  voie,  et  aboutissant  île 
plain  pied  îi  In  rue  de  In  Verrerie. 

'*'  1^  rue  du  Frane-!^euntr  ou  Framc-Mourier, 
ainsi  quel'ticritGuillot.  n'est  |>oinl  la  rue  de  liercy. 


orniiiM  l'a  cm  Le  Beof,  mai*  la 
de  AfoKuy,  qui  est  ainai  éémgoie  dèa  la  fin  du 
xm'  siide.  Sauvai  roentÏMiiM  en  plnMWi  oadroiL» 
une  rue  du  Mdrier  ;  nuna  3  vcot  pvfcr  «k  «fle  qui 
existait  dons  le  quartier  Sainl-Vidor.  Le  iioaiqa*<ia 
porte  encore  aujourd'hui  tateitméthÊnétMaumj. 
conseiller  -  correcteur  dea  tamiftm  et  éAem  m 
i53o,  sous  la  préiM  de  Jeai  Loiiier.  Ouverte 
sur  la  me  de  la  Verrerie,  la  racHe  de  lioiMaj  «1 
fennec  par  une  grille  sur  la  me  Saint»43roii  de  la 
Bretonne  rie. 

"'  La  région  où  se  trouvait  le  timetiirt  SmH- 
JeoH  était,  dit  Jaillol,  un  ancien  lieu  <le  i 
dès  la  lin  du  xui'  siècle  on  l'appeUit  f^Mlm  i 
eiwu(firu,  e(  Guillot  lui  donne  le  méoie  nom.  Aprèa 
l'assassinat  du  corm<'lable  lie  Clisson  par 
de  Craon .  les  biens  du  meurtrier  furent 
et  sur  remplacement  de  son  bAtel  on  ^bKi .  ver» 
la  lin  du  \iv'  siècle,  un  dmetière  que  le*  histo- 
riens ap|)ellent  le  cimetière  rerf.  Plm  de  qaalr»> 
vingts  ans  oupravant,  l'annen  ctnwlière  était  d^ 
converti  en  morclié,  puisque  le  RMe  de  la  Taxe  de 
i3t3  le  désigne  sous  le  nom  de  'marciai  SaiiH- 
" Jehan.  «  .Nonuiië  {lendant  la  Révolution  flat»  4m 
Droilt-He-l' Homme ,  le  marcbë  Saint-Jean  a  repris 
sa  vieille  dénomination  et  la  conacnre  eacoiv  aa- 
jourd'hui;  mais  il  o  été  réduit  de  plfli  de 
par  l'ouverture  de  la  rae  de  Rivoli,  et  les 
maisons  cpii  en  soient  ttaléu  mu  le  i 
sont  en  contre-haut,  comme  erika  de  la  ne  dm 
Mauvois-tiar^ns. 

'*  On  a  orthograpliii-  de  liien  de»  niaaîère»  te 
nom  de  cette  rue:  au  conuncnccnieiit  du  xm* aiède 
on  trouve  fleai  rtaa ,  et  en  leSo  rsnw  twyi  Thi- 
hmli;  Guillot  et  le  Dit  de  la  b«biiotkèi|W  Cotl»- 
nienae  donnent  Btmrf-THotUi  UaiUebfft  de  Meta 
écrit  flaalitaTr.  Cétait  i'vid>mmwil  une  fgfomé- 
ration  de  maiaona  watnùtw  aaceaww— i«t««  de- 
hors  de  renceinle,  ronuae  le  Boa|^Abbé  et  k 
Keau-llourg;  un  certain  pCTMMW^  àê  Mm  ée 
ThilK>ud  y  avait  aans  doute  dea  Imvi  «m  wm  mai- 
son. Lnéerileaui 


216  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

la  rue  de  Anquetin  le  Faucheur  W, 
du  Temple  (2), 
du  Roy  de  Cecille'''', 
de  Robert  le  Fevre'*', 
le  Petit  Muche  (*', 
deThiron(«', 
des  Escoufles '■'', 


''*  Les  plus  anciens  titres  mentionnent  cette  voie 
sous  le  nom  à' Augustin-le-Faucheur,  en  latin  ficus 
sancti  Augnslini  falcaloris.  Diverses  altérations  ont 
produit  les  formes  suivantes  :  Anquetin  et  Anquetil, 
qu'on  trouve  dans  Guillot  et  Guillebert  de  Metz, 
puis  Huguetin,  Annequin,  Hennequin,  etc.  Vers  le 
milieu  du  xv'  siècle ,  elle  est  appelée  rue  de  la  Croix- 
Blanche,  nom  qu'elle  devait  à  une  enseigne.  Paral- 
lèle à  la  rue  de  Bercy  (au  Marais),  dont  elle  n'é- 
tait séparée  que  par  une  rangée  de  maisons  sans 
profondeur,  cette  ruelle,  avec  les  maisons  qui  la 
bordaient  au  sud,  est  comprise,  depuis  1 846,  dans 
le  sol  actuel  de  la  rue  de  Bercy  ;  le  côté  nord  sub- 
siste. Elle  fait  communiquer  la  rue  du  Uoi-de-Sicile 
avec  le  marché  Saint-Jean. 

'*'  Il  s'agit  ici  de  la  rue  Vieille-du-Temple  à  la- 
quelle Guillot,  ainsi  que  notre  auteur,  ne  donne 
pas  d'épithète.  Cependant  les  anciens  titres  portent 
ffVie^  rue  du  Temple, n  et  le  cartulaire  de  Saint- 
Maur  la  désigne  ainsi  en  1270  :  velue  vicus  Templi. 
On  lui  a  donné  également  les  noms  de  Couture  ou 
Culture,  Clôture  et  Egout  du  Temple;  enfin  l'hôtel 
et  la  porte  Barbette,  situés  à  quelques  pas  de  la 
rue  de  ce  nom,  lui  ont  valu  la  dénomination  de 
rue  Barbette,  Vieille-Barbette,  de  la  Porte  et  de  la 
Poterne-Barbette.  Elle  existe  encore  aujourd'hui,  et 
l'on  y  remarque  im  certain  nombre  d'anciens  hô- 
tels des  trois  derniers  siècles. 

'''  La  rue  du  Boi-de-Sicile  doit  ce  nom  à  Fhôtel 
qu'y  possédait  Charles  d'Anjou ,  frère  de  saint  Louis , 
couronné,  en  1266,  comme  roi  de  Naples  et  de 
Sicile.  Nous  avons  donné,  page  igi,  note  6,  des 
détails  historiques  sur  cette  demeure;  quant  à  la 
rue,  dont  le  point  de  départ  à  l'ouest  n'a  pas 
changé,  elle  se  terminait  autrefois  devant  la  fa- 
çade de  l'hôtel  et  communiquait,  en  retoiu-  d'é- 
querre,  avec  la  rue  Saint- Antoine, par  la  ruelle  des 
Ballets.  La  démolition  de  l'hôtel,  le  prolongement 
de  la  rue  de  Bivoli  et  l'ouverture  de  la  rue  Malher 
ont  sensiblement  modifié  l'ancienne  disposition;  tout 
un  côté  de  la  rue  du  Roi-de-Sicile  a  été  reconstruit. 


et  la  rue  Malher  lui  sert  aujourd'hui  de  débouché. 

'''  Cette  rue,  qui  n'était  qu'une  simple  ruelle  au 
xvi*  siècle,  ne  devait  pas  avoir  plus  d'importance 
au  temps  de  Guillebert  de  Metz.  Guillot,  d'accord 
avec  tous  les  anciens  titres,  lui  donne  le  nom  de 
Renaul-le-Fèvre,  personnage  qui  l'habitait  sans 
doute  ou  y  possédait  quelque  propriété;  Boberl 
semble  être  ime  faute  de  copie.  La  rue  dont  il  s'agit 
longeait  le  côté  est  du  marché  Saint-Jean ,  et  abou- 
tissait à  la  place  Baudoyer  (près  de  la  nouvelle 
n;jairie  du  A'  arrondissement).  Toutefois  Jaillot, 
qui  lui  donne  cette  situation  dans  l'un  de  ses  plans 
de  quartier,  assure  dans  son  texte  (Quartier  Saint- 
Antoine,  p.  71)  qu'on  donnait,  au  xiv*  siècle,  le 
nom  de  Renaud-le-Fètre  à  la  rue  Clocheperee. 

'*'  Il  règne  une  grande  incertitude  sur  ce  Petit- 
Muche,  que  Guillot  écrit  Pute  y  Muce.  Ce  ne  peut 
être,  bien  évidemment,  la  rue  de  ce  nom  qui  lon- 
geait les  Célestins  et  qui  existe  encore  sous  le  nom 
de  Petit-Musc.  En  tenant  compte  de  l'étyniologie, 
il  y  a  heu  de  supposer,  comme  le  fait  Jaillot,  cpi'il 
s'agit  d'une  ruelle  habitée  par  des  femmes  de  mau- 
vaise vie,  et  située  entre  les  rues  Tiron  et  (ilocht- 
perce.  Il  n'en  reste  aucune  trace. 

'*'  La  rue  Tiron  ou  Thiron  devait  son  nom  à  un 
hôtel  que  le  cartulaire  de  Saint-Maur  appelle,  en 
1270,  Domuê  de  Tirronio,  et  qui  appartenait  à 
l'abbaye  de  Tiron.  L'ouverture  de  la  rue  de  Rivoli 
l'a  divisée  en  deux  tronçons  «pii  aboutissent .  l'un  à 
la  rue  Saint-Antoine  (François-Miron),  l'autre  à  la 
rue  du  Roi-de-Siciie. 

'''  Cette  rue  est  fort  ancienne;  on  écrivait  au 
xni'  siècle  rue  de  l'EcoJle,  de  l'EscouJle;  au  xiv', 
des  Escojles  et  de»  Escou£les;  plus  tard  on  a  dit 
Ecovffes.  On  y  fabriquait  ou  l'on  y  vendait  sans 
doute  ces  vêtements  de  cuir  qui  se  nommaient  en 
latin  du  moyen  âge  MoJJula  (MoulDe).  Le  roman 
de  Saint-Léocade,  cité  par  Du  Cange,  dit  en  par- 
lant de  certains  évoques  : 

Et  comportant  de  sor  lor  molBes 
Lor  coetes  et  lor  escoffles ,  etc . 


DESCItIPTION  DK  PAIliS  SOUS  CilAHLKS  VI. 
la  rue  Pfîrchi'c ''', 


217 


(J(;s  R 
(IchN 


OHicrs 


(î) 


onnainH 


(D 


de  Jouter  ^*\ 

(le  Fro{ji('r  lasnier'*'; 

la  MorU'lcrie'*',  ou  demeurent  les  inarrliaii8  «le  inerrin; 


La  rup  ()«>«  ErouflVs  n  rnnHi>rv<^  jiiiM|u'i  noit  jour* 
«on  aïK-innim  phyHJdnoniic. 

"'  (îiiilIcIxTt  iliïMWriVrit  rfiiiiiii<>  il  proiionrnit; 
In  nio  l'fici'r  (loiil  il  piirlc!  ici,  cl  <|iii  «il  nppokk? 
I»iir  (iiiillol  nip  Prrcif,  eiitite  rncoro,  et  fait  com- 
iiiiiiii(|iici'  In  rue  Sniiil-Aiiloiiip  (Krniiroi»-Miron) 
nvfc  (•«■lie  (les  IWlroK-Sniiit-i'niil  ((!linr|pma|>;n«>); 
rllo  oxiHlnit  dèti  In  cotniiK'iircnK'iit  <lii  xiv'  xiècle. 
i|U(ii<|ii(>  son  iioin  ituliquo  iiiif  ori|pnp  plus  ino- 
deni«  (pifi  «'llf  lie»  rnox  piivin>tiiiniitp)«. 

'*'  \,a  me  de»  liimer»,  (|ui,  pnr  un  retour  d'é- 
querre,  roniprpnnit  nutrofois  la  rue  des  Juifs, 
fnit  ('()iiiiiiuiii<pi(>r  cHtc  di>nii)'n>  nio  aver  la  rue 
\  it'illiMlii-Ti'iiipl)'.  Qui>i(|u')>ll<->i  fuHiM'nt  rnniiuoti  souh 
ce  nom  dès  19.33,  Guiilot  ne  les  a  nientioiinëes  ni 
l'urif  ni  rnulrc,  r(  «n  ne  l<>s  trouve  pns  citt'-es  dniis 
li'S  litres  du  \u'si<V|e.  On  »"expli(|ue  [k-u  ronuneiit 
tiuillehert  de  Metx  passe  de  In  nie  Perc^.  situi'e 
nu  sud  rie  In  rue  Sninl- Antoine,  h  In  ruedes  Kosiers. 
qui.  nu^nie  «Uf,''nient*''e  de  In  rue  des  Juifs,  ne  d*^ 
iiourlinit  <pie  dans  celle  du  noi-de-Sirile.  Il  faut 
supposer  que,  n'étant  plus  fpiidt'  pnr  (iuillot  et 
voulant  njouter  In  rue  omise,  notre  auteur  l'n  plnnV 
un  peu  nu  linsnni.  On  jx'ut  croire  éj'nlenient  qu'il 
a  voulu  parler  soit  de  la  nie  du  Ki|piier,  soit  de 
celle  du  Fauconnier,  (pii  existnient  n  celte  (<()<i«pie, 
et  (pii  seules  jiouvnient  le  conduire  de  In  rue  l'en-iV 
à  celle  des  Nunnains-<i'Y(>res.  La  me  îles  Rosiers  a 
conservé  vei-s  l'ouesl  son  nncienne  plivsionnniie;  ù 
l'est,  nu  conirnire,  elle  n  i"t<'  élnr);ie  et  di'lxiurhe 
mijounlliui  dans  In  nie  Mnllier.  Il  y  a  peu  d'anm^. 
elle  se  lerniinnil  il  In  nie  des  Juifs,  pninl  ou  s'oii- 
vrnil  une  nncienne  iinpnsse  dite  CoyHrri'ron  (AM/ufrrl. 
''  Ver»  la  fin  du  xii'  sitVIe,  hve,  abliesse  d'YAres, 
nchelo  une  ninison  dnns  celte  rue,  qui  prit.  |»eu  de 
temps  nprt^s,  le  nom  de  rue  rfcv  ;V<)nn(i>'n« ;  tîuillot 
l'crit  "H  Nonnins  d'Iere;»  depuis,  on  n  dit  o  lort 
\oiinintlihfx  et  \onnHilifTtt.  Lo  véritable  ortho- 
jfrnplie  n  été  n'tnhlie  tout  n'cemnient  sur  les 
pinqui's  inilic«lrir<>s.  Celle  voie  n'uvail.  nvnnt  la  lin 
du  xvii* siècle,  ouriine  autre  issue,  au  nonl.  que  la 
rue  de  Jouy.  L'ini|tosse  ou  miellé  sans  chief.-  qui 


existait  sur  ce  point,  ayant  Hé  ouverte  pariePréWH 
des  Marchands,  ileiiri  de  Fourcy,  prit  Ir  Boa  de 
ce  innfpslrnt .  iprelle  a  eooÊené  jusqu'à  mr*  joora. 

'*'  Notre  auteur  dit  «Jooier;*  Guilkit  éeril  rJojr;* 
c'est  la  rue  de  Jouy,  appela,  au  im*  sMe.  *nie 
h  l'Ahb^-de-Joy,*  parée  que  le*  religiens  ife  cp 
nionnslère  y  avaient  un  hbtr\.  f)n  Ta  mm  appelfe. 
pr  romiplion.  rue  des  Juifs;  et,  coaune  elle  se 
pntlongeoil  jus<]u'ii  reneeinte  de  Philippe-Augnttc. 
au  delii  du  |M)int  oii  commence  la  rue  iIm  Houaùut- 
d'Yères,  on  lui  n  donn<- 1<'  nom  de  rue  Je  U  AMmr 
ou  FttHtte -Poterne -Saint -Paul.  Elle  existe  encore 
aujounl'hui;  mais  les  hAteis  qui  la  bordaient  ont 
changé  d'ns|iect. 

'•'  l.es  titres  du  xiv"  siéde  portent  Fngirr  et 
Forgier-V Atnirr  ;  nu  milieu  ihi  \«'.  on  écrit  iîttf- 
Jroy-l'Aniier,  et  1^  lleuf  crtiilecturv  qu'il  y  a  en 
inler|iosition  de  lettres.  Cette  anagramme  eirt  an 
moins  «louteuse.  I.a  me  dont  il  s'agit  doit  sa*  ■■■ 
il  une  ancienne  famille  boui^geoise.  et  a 
en  (rrnnde  partie  son  anden 
phisieurs  beaux  hAiels  dont  queiqae»-um  *ubn»- 
tent  encore. 

'"  La  MmUOim  est  une  des  ph»  iri—w 
mes  de  Paris.  Le  nom  qu'elle  porte  depuis  le 
xii'  siècle,  au  moina,  a  été  expliqué  de  difll^rnilts 
ninnières  :  let  OM  ont  cru  qu'ell<>  le 
meurtres  et  autres  attentats  mortels  qui  s'y  < 
tnient  :  l«a  aatrea  le  <krivent  dea  i 
employant  la  chaux  H  le  piltiv.  qoi  hahitenl  ce 
quartier  de  temps  imm^moriaL  Sauvai  a  fait  ab- 
server  que  Pierre  et  Ilirhard  b  UattUtt  y  doMS- 
roienl  en  t'.ihX.  mais  U  Mm tJh îi  ittk  ammm 
sous  ce  nom  près  de  deux  sièdea  aaparavaoL  Qwti 
qu'il  en  soit,  celle  voie,  qui,  eHHBahi  nwi  deb 
HiWherie.  de  U  lliicbette.  Saipt-Cwiii  TAt 
n)is,  etc.  était  un  paaaiy 
fëtAliieiait  <ba  quais,  a 
partie  son  aneini  aspect.  ni1o«l  vns  Fart,  d  •■ 
|Mirlanl  de  \'Mle\  de  Sens:  cB*  n'a  pvda  q«e  na 
nom.  |iour  prendre,  en  i83S.  «hii  de  rae  dr 
fHM^VUk.  krm*  ramée  1837.  elb  • 

•8 


•218  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

la  rue  de  Ameline  Boyleane^^\ 
de  Garnier '•'*, 

du  Cimetière  de  Saint  Gervais '*', 
de  Fermanleaux^'^\ 
de  Lompont'*', 
de  la  fîîW*'^'; 

de  Saint  Jehan  de  Grève '"'>,  ou  len  vent  le  foing; 
la  Vennerie'*',  ou  len  vent  lavoine; 


sur  le  quai  et  la  plîice  de  (îrève;  raccourcie,  îi 
cette  ëpoque,  pour  l'agrandissement  du  palais  mu- 
nicipal ,  diminuée  une  seconde  fois  lors  de  la  cons- 
truction de  la  caserne  Lobau,  elle  se  termine  au- 
jourd'hui à  l'ancienne  rue  de  Long-Pont  (Jacques- 
de-Brosse). 

'"'  Cette  rue,  que  Guillot  mentionne  également 
sous  le  nom  plus  correct  A'Ermeline  lioiliaiie,  serait 
représentée  aujourd'hui  par  l'impasse  Putigneux, 
qui  s'ouvre  sur  la  rue  Geoflroy-l'Asnier,  et  qui  se 
prolongeait,  autrefois ,  jusqu'il  la  rue  des  Bari-es. 
En  i64o,  dit  Jaillot,  on  y  voyait  un  jeu  de  paume. 
■  Par  cette  i-ue  (rGarnier-  il  faut  entendre  la 
rue  Gienier-gur-l' Eau  ;  Guillot ,  repro<luisanl ,  comme 
Guillebert  de  Metz,  l'ancienne  prononciation,  écrit 
rtGarnier-sur-rVauë.  1  Elle  devait  sans  doute  ce 
nom  a  quelque  entrepôt  situé  près  de  la  rivière, 
qui,  comme  on  le  sait,  a  ét<',  pendant  longtemps, 
presque  l'unique  voie  servant  à  l'appi-ovisiomiement 
de  Paris,  [^'ouverture  de  la  rue  I^uis-Pliilip])e  a 
coupé  la  rue  Grenier-sur-l'Eau  en  deux  tronçons ,  qui 
alwutissent,  l'un  h  la  rue  des  Barres,  l'autre  à  la 
nie  Geoiïroy-l'Asnier. 

'''  La  rue  du  Monceau-Sainl-Gervais  fui  appelée, 
vers  la  fin  du  xui*  siècle,  rue  du  Cimetih-e-Saint- 
(lenmis,  parce  qu'elle  longeait  les  murs  de  ce  lieu 
funèbre  et  se  prolongeait  jusqu'il  la  place  Baudoyer. 
On  lui  a  donné,  beaucoup  plus  tard,  le  nom  de 
me  du  Pourtour,  qu'elle  vient  d'échanger  contre 
celui  du  prévôt  François-Miron.  La  ligne  de  cons- 
tructions qui  s'étend  du  portail  de  l'église  à  la 
rue  des  Barres,  avec  retour  sur  cette  dernière  rue, 
a  remplacé  les  quatorze  maisons  qu'on  éleva,  l'an 
1/178,  en  bordure  sur  le  cimetière  qui  entourait 
l'église.  Ce  cimetière  n'a  été  supprimé  qu'à  lu  Ré- 
volution. La  construction  de  la  caserne  Napoléon 
et  de  la  nouvelle  mairie  du  iv'  arrondissement  a 
fait  disparaître  tout  le  côté  septentrional  de  cette 
nie. 

'"    Là  où  Guillot  parle  de  "•l'Ourmcciau.-  aestr 


à-dire  de  l'Orme-de-Saint-Gervais,  notre  auteur 
place  une  rue  de  Fermanleaux ,  dont  il  n'est  ques- 
tion que  dans  le  Dit  de  la  bibliothèque  Cotlonienne. 
Géraiid  propose  de  lire  :  rue  du  Monceau.  Ferman- 
teaux  est  peut-être  une  faute  de  copie. 

'*'  La  rue  de  Lnmponi  ou  Long -Pont  devait 
son  nom  aux  religieux  de  Long-Pont .  qui  y  possé- 
daient une  maison  au  xni'  siècle;  car  elle  est  dite 
alors  irrue  à  Moines  de  Ixinc-Pont.  i^  Au  commen- 
èemcnt  du  xvi'  siècle,  on  rap|M>lait  rue  du  Port- 
Saiiit-Gerrais.  En  1 8.38 ,  elle  a  pi'is  le  nom  de 
Jacques-de-Brotse ,  le  célèbre  arebitecle  du  portail 
de  Saint-Gervais ,  bnpiel  se  nommait  Salomon.  La 
construction  de  la  ciiscrne  Loltau  a  fait  disparaître 
le  côté  occidental  de  cette  rue. 

'■"'  Cette  rue  de  la  Rive,  qu'on  ne  trouve  point 
indiquée  ailleurs,  ne  peut  être  que  l'une  des  ruelles 
qui  conduisaient  de  la  Mortellerie  à  la  rivière.  Outre 
l'extrémité  de  la  rue  de  Ix)ng-Pont,  on  en  conipl<iil 
quatre  tpii  avaient  nom  Pernelte,  de  la  Levrette, 
des  Plumets  et  dex  Haudriettes;  elles  ont  disparu 
avec  la  partie  occidentale  de  la  rue  de  la  Moi-tel- 
lerie.  Géraud  croit  qu'il  s'agit  du  Port  au  blé. 

'''  irSainl  Jehan  de  Grève,  ou  len  vent  le  foing, •^ 
ne  peut  guère  s'entendre  que  du  quai  ou  bas-port 
qui  était,  en  réalit(5.  le  siège  de  ce  commerce,  et 
que  tous  les  anciens  j)lans ,  d'accord  avec  la  minia- 
ture empnuitée  au  manuscrit  de  Jouvenel  des 
Lrsins,  nous  montrent  couvert  de  marchandises 
amenées  par  les  bateaux.  Le  recueil  des  Ordomuinces 
royauLc  ne  laisse  d'ailleurs  aucun  doute  sur  ce 
point.  Toutefois  Guillot  énonce,  en  cet  endroit.  la 
rrue  .Sain!  Jehan  de  Grève,-'  qui  serait  alors  la 
partie  méridionale  de  l'ancienne  rue  du  Martroi. 

'*'  Sauvai  n'avait  pas  tort,  comme  Jaillot  le  lui 
a  reproché,  de  dire  que  cette  rue  s'ap|)elail,  en 
laôo,  vicus  in  Avenaria,  et,  en  i'.i^6,  rue  de 
YAvoinerie,  puisque  notre  auteur  constate  que,  de 
son  temps,  on  y  vendait  de  l'avoine,  genre  de 
connnerce  en  rapport  avec  celui  qui  se  faisait  sur 


DESCHIPTION  DE  PAHIS  SOUS  CHARLES  VI.  ÎI9 

lii  nn!  la  Tach(M'ie*'', 

la  KoHirif  '''  ; 

de»  CoiiiiiiaridcresHes  ''',  ou  demeurent  femme»  qui  louent  variés  et 
cliarnhcM'icrcs; 

aux  l'Iaiiccs  (!(•  Mibiay, 
la  place  aux  Veaux  ' , 

de  t/Uifrle^''^; 
la  rue  de  lEscorcherie,  ou  demeurent  les  huuchier»; 

la  Corducînnerie '•',  ou  len  fait  soulers; 

de  la  Grant  Boucherie, 

de  la  Triperie, 

de  la  Poulaillerie*''. 


If!  quiii.  On  Irniivc,  du  rmtn,  h  lu  ni^mn  (<|kk|ii>' 
Vaneria,  pl  Giiillnt  f'cril  friii  Viiiiii*>i-io  •<  (IcU»-  voie. 
qui  contiiniiiit  la  nio  S(iint-Jncquo»-ln-B<)Ucherie ,  a 
éU^  alïniivWv .  fil  i8r)5,  pur  l'uvcnue  Viclorin. 

''  l.u  ÏVif/ierie  rluit  ocTiiiMV,  ovonl  le  jnu'iiièdft. 
par  Ira  (^coIps  ou  synn(ro(jtiPs  de*  Juifs,  ce  qui  lui 
«vnit  vnlii  lu  (li'iioiniiiulioii  do  Judirnrin .  et  iiitViie 
celui  (II!  retm  Jiidœariu  en  fxSli.  (iiiillot  lui  donne 
l«  nom  qu'cifc!  |H)rte  nncore  aujourd'hui.  C«U|)^ 
(I  SCS  deux  fxin'niiti's  pur  In  me  de  Hivoli  ni  l'uvi»- 
nu«  Vicloriu,  lu  nio  dt>  In  TiWlicnf,  n'dn'».s('e«tt''lur- 
gie,  se  continue  uiijniird'liiii  jiisqii'nu  quni. 

''  Ce  nom  ne  se  trouve  nulle  part;  il  di'sifpiait 
prolinliIcMiriit  quelque  iinpnssf*  oiivrnnt  sur  la  me 
de  lu  Ti^ciierie,  ciniiiiie  le  l'ul-de-snr  Suint-Uenolt, 
ou  une  nielle  aboutissunt  ii  lu  rivière,  romme  In 
rue  des  Teiiiliiriers.  I/onliv  dniis  le(piel  u  lieu 
l'énuiiitrulioii  ne  |>eriiiet  pus  daiiln;  conjerliire. 

'*'  Guiflebert  de  Met/  donne,  avec  le  nom  de 
celle  rue.  In  di'>liiiilioii  du  mol  ipii  servuit  ii  In  di'- 
Bi([iier.  On  y  n  vu  luntût  lu  rue  de  lu  ^nnnerie, 
tniilAt  celle  de  In  Ooutellerie,  et  l'on  trouve,  en 
ril'el .  des  lexles  des  xv'  et  xvi'  siècles  ipii  l'iden- 
lilienl  uvec  ces  deux  rues.  Jaillot.  ipii  cite  les  pièces 
orij^innles,  n%out  In  dillicultt^  en  iKimniit  l'npiiel- 
lulion  de  Otmmanilfrftxen  ou  llrenminumlrrrtiif*  ù 
in  voie  piil>li(pi)<  qui  jnijpiuil  le  mrrefoiir  formé 
pur  les  deux  rues  ii  celle  de  In  l'innrlie-Miltnii. 

'*'  \ja  Place-au.v-yfaHje  ou  Virillr-Pkcr-nH.r- 
Veau.1-  forninit .  nvec  \' Eicorchrrif  ou  la  Tmrir .  In 
Tripcrir  et  la  PnHiallIerie ,  le  n'si'nu  de  nielles 
(d)sriires  el  innlsaineN  qui  couvraient  l'espace  com- 
pris eiiti-o  le  C.liAlelel.  In  Seine,  les  rues  l'Iniirhe- 
Mibrui  et  Sninl-Jnnpies-<le-lu-ll<)Uclierie.   IV|ien- 


liuiire»  et  annexes  de  la  rirandr- Bouchai*.  rMc» 
nvuient  •Hi-  oiiveiies  u  |>eu  pré*  k  la  même  époque. 
et  quel<|ue»-une8  coiiiniuniquaient  avec  la 


Ct 


par  de!<  caignarda  ou   voùtn.  dont  lea 
restes  ont  r'-ti'  supprim<<s  il  y  a  peu  d'à 
liideux  ensemble  a  fait  place  aux  pramièmmaiMW 
de  la  me  Saint-Martin,  au  Tb^ltre  Lyrique,  à 
l'avenue  Victoria,  ii  une  partie  du  «quare  Sainl- 
Jacques  et  de  la  place  du  CMlelet.  (Voir  p.  «oi 
noie»  7  cl  8.) 

'''  Cette  rae  de  FAngk  ou  de  CAngt,  devait  aé- 
ceMairenient  faire  partie  de*  mellet  ertourant  la 
Grande-lloiicherie.  Le  Dit  publie  parGénind  porte 
me  de  [Irengne;  Guillol  place  au  même  endrail  le» 
mes  StÙHl-Jaeque»  et  du  Peùl-CrmeiJLx. 

'*  Lrfi'Conluennerie.oulen  faitMmlen.vadéjà 
li(jun'  sous  d'autres  nom*  au  oooHMMaaaat  de  M 
rlinpitir  ;  elle  e»t,  en  ootre.  ivpréHBlée p»  Il  nw 
des  Fourreurs ,  qui  portait  ce  nom  dès  le  un'  liMe. 
(Voir  p.  4o:i,  note*  t  et  3.)  Mai*art-w  bifladeeeUc 
voie  i|ue  notre  auteur  veut  parlerTConne  9  rerhal 
à  son  point  de  d4<parl.  il  serait  bien  Anage  qu'il 
franchit  de  nouveau  la  me  Sainl-Deni*  pour  «'en- 
gager doiu  le  quartier  de  Sainte-Opportow,  par  oè 
il  a  cowiiliwiBrf.  Ne  veodrait^l  pa*  oùeu  wppeaw 
qu'il  y  avait  une  "curdueunetie»  prèa  de  TEaeor- 
chérie  et  de  la  Tannerie,  rwUta  oAae  aaMpalMMl 
les  mat ière»  ;ifemi<re»  que  la  Cf mile  Btwwtwiii  piu 
duùait  en  abondanee?  Cert  WK 
l'élude  minutieuse  des  année 
coiiliniier. 

'''  Ici  se  termine,  avec  l'émmération des  nHi  de 
Paris,  la  longue  aérie  de  aelee  qpe  aone  «fw  éè 
Imir  consnrrrr.  Ce  Irrai,  da«l  hé 


•S. 


•î-20  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Somme  des  rues  de  la  basse  partie  de  la  ville  :  cent  quatre  vint  et  quatorze  ''l 
Somme  de  toutes  les  rues  de  Paris  :  trois  cent  et  dix  ^'^\ 

XXVII. 
[des  Muns.] 

Aux  deux  boutz  de  la  basse  partie  de  la  ville,  sur  la  rivière,  sont  très  haulx  et 
fors  murs''*  a  grans  tours'*'  :  Cest  assavoir  au  Louvre  ou  il  sont  a  garites  doubles'*', 
les  ungs  dedens  devers  la  ville,  et  les  autres  du  costé  dehors  la  ville.  Et  aussi 
aux  Celestins,  lesquelz  estora  Hugues  Aubriot,  prevost  de  Paris.  En  lisle  Nostre 
Dame  sont  bersiaux  a  traire  de  larbaleste  et  de  larc  a  main;  si  y  sont  palis  pour 
Initier.  En  la  Cousture  Sainte  Kateline  sont  liches  pour  campiuns'*'. 


ëpars  dans  les  livres ,  n'est  et  ne  pouvait  être  que 
très-sommaire.  La  Topograplùe  hisiorique  du  Vieux 
Paris  donnera  les  détails  et  les  justifications. 

'■'  Ce  chiffre  est  celui  que  donne  Guillot  à  la  lin 
de  son  Dit  : 

Guillot  si  fait  a  tous  searoir 

Que  p.ir  deçà  Grand  Pont  pour  voir 

N'a  que  deux  cents  rues  moins  six. 

Mais  Sauvai  a  fait  remarquer  que  ce  nombre 
excède  de  dix  le  total  des  rues  nommées  par  le  ver- 
sificateur, et  il  donne  de  cette  différence  Texplicfi- 
tion  que  celui-ci  fournit  lui-même  : 

Les  autres  rues  a  mis  hors 

De  sa  rime,  puis  quil  nont  cbief. 

Ces  rues  qui  irnont  chief,ii  c'est-à-dire  les  impasses, 
complètent  le  chiffre  indiqué  par  Guillot.  Quant  à 
notre  auteur,  il  semble  avoir  beaucoup  plus  mal 
compté  que  son  devancier,  puisqu'il  énumère  moins 
de  cent  soixante  voies  publiques;  et  encore  plu- 
sieurs noiûs ,  séparés  dans  le  manuscrit ,  doivent  être 
réunis,  car  ils  ne  désignent  qu'ime  seule  et  même 
rue.  Il  est  vrai  que  le  nombre  des  impasses  ou  rues 
«•sans  chief»  a  pu  s'augmenter  entre  les  années 
i3oo  et  iliSli. 

'''  Ce  total  est  celui  que  donne  Guillot.  L'énumé- 
ration  faite  par  noti-e  auteur  ne  comprend  que 
deux  cent  soixante  voies  publiques,  ce  qui  impli- 
(juerait  l'existence  de  quarante-huit  impasses.  Il  ne 
parait  pas  que  Guillebert  de  Metz  ait  fait  entrer  dans 
son  addition  les  rues  et  les  iiupasses  situées  hors  de 
l'enceinte  de  Philippe -Auguste  et  comprises  dans 
celle  de  Charles  V.  Cependant,  au  moment  où  il 
écrivait ,  cette  dernière  fortification  était  complète 
depuis  plusieurs  années;  et  il  nous  fournit  lui-même 
une  preuve  de  ce  fait,  en  nommant  la  rue  Bourg- 
I  Abbé  que  Guillot  ne  cite  pas ,  ainsi  que  nous  l'a- 


vons fait  remartjuer,  p.  208,  note  7.  Il  faut  en  con- 
clure que,  après  avoir  ajouté  au  Dil  de  Guillot  des 
rues  nouvellement  enfermées  dans  Paris,  Guillel)ert 
de  Metz  s'est  borné  à  reproduire  le  chiffi-e  donné  |)ar 
son  devancier,  sans  en  vérifier  lui-môme  l'exactitude. 

'''  Guillebert  de  Metz  parle  ici  de  l'enceinte  de 
Charles  V.  La  seconde  phrase  du  chapitre  ne  laisse 
aucun  doute  à  cet  égard  :  il  y  est  question ,  en  effet, 
des  Celestins  etde  Hugues  Aubriot,  et  l'on  sait  que 
la  fortification  de  Philippe-Auguste  aboutissait,  sur 
la  rivière,  à  la  tour  Barbeau,  située  à  peu  près  en 
face  de  la  rue  Poultier. 

'•'  I.es  deux  enceintes  abouli.ssant  au  Louvre  et 
h  la  Tour-de-Bois  ont  été  étudiées  avec  le  plus 
grand  soin  par  M.  Berty  (  Topographie  hisiorique  du 
Vieux  Paris,  région  du  Louvre  et  des  Tuileries, 
I.  cb.  v,  p.  129-aoi). 

'•'  Les  «•  grosses  tours  à  garites  doubles»  sont 
figurées  dans  le  plan  qu'a  dressé  M.  Bonnardot  (Dit- 
sertation  sur  les  enceintes  de  Paris,  pi.  IX).  Entre 
les  tours  Barbeau  et  de  Billy,  le  long  de  renclos 
des  Celestins,  elles  sont  Irès-rapprocliées  les  unes 
des  autres.  M.  Bonnardot  figiu-e  dans  la  même 
planche  une  de  ces  tours  à  cheval  sur  la  muraille 
et  se  trouvant,  par  conséquent,  moitié  (rdevers  la 
If  ville,"  moitié  rrdu  costé  dehors  la  ville.n 

'"'  Plusieurs  historiens  de  Paris  ont  jKirlë  de  ce» 
rbersiauxi)  et  ir  palis  pour  Initier;»  l'ile  Notre-Dame 
(partie  occidentale  de  l'île  Saint-Louis)  a  été  pen- 
dant longtemps  le  théâtre  de  ces  exercices.  Le  poëte 
Knobelsdorf  en  donne  une  curieuse  descri|)lion. 
Quant  aux  rr liches  pom*  campiuns,»  elles  ont  existé 
dans  la  tCousture  Sainte  Kateline»  jusqu'à  la  mort 
de  Henri  11 ,  et  même  plusieurs  années  après.  On  le« 
distingue  très-nettement  dans  le  plan  de  Du  Cer- 
ceau, et  l'on  voit  même  les  ir campiuns»  aux  prises. 


—  GtilLLEBEKT  DE  METZ.  — 


Porte  i'.  M\p 


Perle  Montmartre^ 


Porte  Saint-AntoiDe  en  1465 


Page  3  91. 


LES  PORTES  DE  PARIS  AU  XV  SIÈCLE 
d'après  des  iriiniatures  et  d'anciens  dessms. 


DESCRIPTION  DE  PARIS  SOUS  CHARLES  VI. 


ttt 


XXVIII. 

DES  PORTES  ET  PnEMIERElUJIT  DE  IK  IIAILTE  PARTIE  OE  LA  VILLE. 

La  porte  Victor,  an  dcliors  de  la(|iii'ln  est  labbaye  de  Saint  Victor,  prH  d»;  la 
ville;  et  lu  est  uii{;  iiiotill  |;rant  arhn:  de  poniiiics  de  pin"'.  La  porte  Saint  Mar- 
cel'^', au  dehors  de  la(|iiele  sont  les  églises  paroschiales  de  Saint  Marcel'',  de 
Saint  Medarl'*'  et  de  Saint  Ypoiite'''  ;  item  y  sont  la  clianonie  de  Saint  Marcel'  et  la 


'"'  l,n  If  porte  Virlor.i  (|iii  fiiiduil  partie  il«  rcn- 
eeinte  <!)■  i'liiiip|in  Auj'iihU'.  fut  conH(riii(<!  (•iitrc  \p» 
annëm»  laoo  et  laia,  un  pu  h  fourat  limt  rum 
actufllos  (In  (]nr(linni-l,i'riiiiinf>  cl  ilos  FoH!M?)t-Sninl- 
Victor.  Kllc  sul)it  il  (livcrMci*  ri-|iri!t(>>i,(>(tioUiumi(>iit 
im)uhI<>h  mis  JcHii ,  (lliorlt's  VI  et  FronçoJH  1",  dntnio- 
ilifinilinns  qui  nlli'-i'i'rrnt  su  pliysioiioniif  primitive. 
KomuNtmilc  cii  tïtfiH,  elle  fut  (liiniolic  fii  itiH^i. 
Lerruioult  i^rniit  iirlin>  (In  pouiiiiett  do  piun  que 
Mii-iiliiiMUc  (iuiil<>lM-rt  i\f  Metz  a  pour  surcesiieur 
le  faiiicuxciMlrc  du  Mlinii,(pii  xeli^ve  h  peu  de  dis- 
tance sur  le  lluiic  de  in  hutte  (](i|>enu.  V,os  plan- 
tations d'ai'l>rt<tt  vert«  dan»  le  voisinope  de»  |M)rtes 
Itoraissenl  li'iiilleui-s  ii\oir  éti'  en  usage  à  Paris  :  on 
iM>  rap|>ellt-  i|ue  (luilliuiMie  dOrnnge,  à  son  entrii*' 
h  Poriit,  trouva  un  "pin  pleniern  en  avant  de  la 
[Mirte  ou  nrrhei  Siiint-Merry.  (Voir  aux  notes  du 
texte  «le  itnoid  de  l'reslcs.  p.  i  lo.) 

'■'  Lia  porte  &i»i/-^Hrcf/ parait  avoir  ëtc'  appelée 
pridiitiveuient  porte  lUtriMIe»,  nom  que  |M)rt(iit 
('([aleiueiit  lu  rue  qui  y  nlxiutissuil  (rue  I)es<-nrte!i), 
et  qui  lui  venait  de  Pierre  de  llordelles  (  Peint» 
de  HordfUit),  |MTsoiuin(fe  notahie,  ronleMi|H)niin 
de  Philippe- Au{jusle.  On  n  j'rrit  ensuite  llnriUU, 
lionlrl ,  Hourdelle» ,  llardel .  llordet  et  liordrltn  ;  »-l 
enlin,  dit  Andrt^  Du  Cli<>sne,  ^ia  pudeur  lui  a  fait 
<r<|uitter  ce  sale  et  iriipudi(pie  iioui.n  Construite  sur 
le  m^me  mod)!!*'  (|uc  les  nuln-s  portes  de  la  ni^nie 
enceinte,  elle  avait  dû  l'jfolement  ^tre  remaniiV 
dans  le  cours  de»  \i\'  et  \v'  si.i  l.>^  ])•■•<  Iwin-s  pa- 
tentes de  i()86  en  prescrivireul  h\  ii('Miolilion;  la 
date  de  ce  fait  est  consif^nëe  sur  une  plaque  de 
marhrt!  encastriV  dans  In  fncnde  d'une  maison  de 
in  rue  Descarte»,  un  peu  nu  sud  de  la  place 
l^ct'pt'^le,  sur  l'enqilncemenl  même  que  la  jwrte 
occu|>jiit. 

''  l.e  texte  de  CuilleluMl  de  Metz  [Ktrte  Siiiiif- 
Mareel,  mais  il  faut  \w  Sninl-Marliu ,  car  la  "cha- 
"uonie  Snint-Murrel*  est  nientionncV  une  ligne  plus 
ha».  Celte  petite  «'jflise  l'Inil  silu(V  dnns  le  rl(iiln>  de 
C(>  nom .  (I  |MMi  pn'>s  ii  Inn^fle  ipie  roruienl  nrluelle- 


nient  la  rue  et  h  place  «le  la  Odiifgide.  8ia|ile  cIm- 
pelle  dons  la  |)reniière  moitié  du  iii*  iiècfe(««fawli). 
elle  fut  érigée  ea  (larotMe  au  fwiiiiiifiiiMniiililii  lui*. 
I.e  chufur  fut  reconstniit  eti  t!>ih,  e(  la  i 
die  eu  iftyti.  Supprimée  en  1790.  l'i^iari  I 
Martin  fut  vendue  en  Pan  S  et  dteolie  en  1806. 

''  Saint  Médard  aiite  mton;  le  diacra  Plria  H 
les  convulskunaira  Tant  rendu  t^Htn;  mn»  cette 
céldbrit^  eit  bîea  niodenie  relativement  k  rorigine 
de  Idglise  et  du  quartier.  Dis  l'ëpoque  mérovin- 
gienne, deux  bourg»  paraissent  s'être  brméêmukf 
rives  de  la  liièvn*  :  relui  du  sud  ou  de  Saôil- 
Marcel,  celui  du  nord  ou  de  Saint- Médard.  Too» 
deux  eurent  leur  ëgliae  paroisNaie.  i|ui  fut  trè»- 
proliablement  pillëe  parka  Normands,  et  rAaUie 
h  répoque  où  les  biMirg*  eui-niénea  se  n>peu|ik^ 
n-iit.  Au  \u'  siècle.  .Saint-Médard  ëtaitdeaMrviepar 
un  chanoine  de  Sainte  -  Geoeviève.  Agrandie  en 
i56t.  1586  et  i655,  celte  ^giÎM  doit  éde  pr»- 
chninement  dragée,  i  Test  et  à  rouest.  par  Toa- 
vcrture  de  la  rue  Moqga  et  râargiatenient  de  la 
rue  MoulTetanl. 

<*'  L«  petite  %iiae  &iiiil-//9^ir,  dont  Im  der- 
nier» vestiges  dbparaissent  en  ce  moment.  <>'<1e- 
vait  dans  la  rue  de  ce  nom,  ii  Tangle  de  odlr  dp< 
Marmousets.  C'était  primitivement .  eooime  tikiw 
Saint-.Martin.  une  riia|ieile  qui  fut  énftemt  pa- 
roisse h  peu  près  1  la  même  é|iM|ae.  c'ait  k  diw 
au  commencement  du  un*  siicie.  Su|ipriniéie  m 
1 790.  elle  fut  aliénée  trois  ans  aprèi.  et  dÉBoSe. 
en  grande  partie,  dans  Fannéie  1807;  ee  «|M«a 
restait  avait  été  ap|>ro|irié  atu  iaetoina  d'âne  wine. 
l/>  Iran'  du  lM>ulevanl  Arago  paaae  mar  faniilBe^- 
lucnt  de  cet  ancien  édifiée.  II.  H.  Ceeiwrit.  daas 
■a  noanBe  édilioa  de  rabbëLe  BenT (t  11.  p.  So>. 
énumère  le*  aept  confrérie*  qui  avaient  lenr  «^ 
k  .Saint-Hippoiyte.  et  donne  deadélaib  av  an  d» 
pileau  foK  Arange,  qu'on  y  rayait  «Mai*  avant  k 
dénwlitioa  denùire ,  et  qai  a  ëië  rittni  par  k  Ville 
pour  k  Ihiaée  municipal. 

"  U  coikgiale  <Mi  -dtanonie*  de  Smt-Mmnt 


T2-2 


DOCUMENTS  ET  ECHITS  ORIGINAUX. 


noze  des  Cordelières'''.  Item  y  a  fors  bours  moult  grans,  comme  se  ce  feust  une  ville 
a  part'"^';  sy  y  demouroient  ouvriers  de  divers  mestiers,  especialement  bouchiers, 
laiiituriers,  ouvriers  de  tombes  et  de  lames,  et  autres,  La  porte  Saint  Jacques,  ou 
il  a  fonbours'^*;  si  y  est  lospital  de  Saint  Jacjues  de  Hault  Pas<*\  et  leglise  Nostre 
Dame  des  Champs'^'.  La  porte  dEnfer'"',  que  len  appelle  maintenant  la  porte  Saint 


remonte  à  une  h.iute  anliqiiit»'.  Ce  fut  tout  d'abord 
une  chapelle  ék\ée  sur  le  tombeau  du  pieux 
évêqué  de  Paris,  au  centre  du  bourg  qui  s'était 
formé  autour  de  cette  sépulture;  mais,  dès  le  com- 
mencement du  IX'  siècle,  elle  est  qualifiée  d'église, 
et  le  clergé  qui  la  desservait  est  dit  habiter  un  mo- 
nastère ou  abbaye.  Ces  expressions  ont  donné  lieu 
à  une  savante  discussion  entre  les  historiens  de 
Paris;' Jailiot,  le  plus  moderne  d'entre  eux,  croit 
qu'il  ne  s'agit  point  d'iui  couvent  proprement  dit. 
mais  d'une  réunion  de  prèti-es  composant  ce  qu'on 
a  plus  lard  ap|)elé  un  chapitre.  L'église,  à  laquelle 
on  adioignit  un  séminaire  vers  la  fin  du  xu'  siècle, 
avait  été  restaurée,  agrandie  et  reconstruite  à  di- 
verses reprises  ;  on  y  voyait  le  lombeau  du  fameux 
Pierre  Lombard,  le  Maître  des  Sentences,  l'un  des 
successeurs  de  saint  .Marcel  sur  le  siège  de  Paris. 
Supprimée  en  1790,  elle  a  été  détruite  en  i8o4. 
Elle  était  située  sur  le  câté  méridional  de  la  place 
de  la  Collégiale,  vis-îi-vis  la  petite  rue  Saint-Marcel, 
qui  débouche  dans  la  rue  Moulfetaixl.  Les  constiijc- 
tions  qu'on  élèvera  en  bordure  du  nouveau  boule- 
vard couvriront  l'emplacement  de  cette  ancienne 
église. 

'■'  La  frpoze  des  Cordelières,»  ou  Clarisses  de 
Lourcine-lez-Samt-Marcel ,  n'est  autre  que  le  cou- 
vent de  ees  religieuses,  fondé,  vers  la  fin  du 
\m'  sj^de,  à  l'extrémité  du  bourg  Saint-Mareel.et. 
selon jtoute  probabilité,  par  la  reine  Marguerite  de 
Piov^nce,  qui  fit  don  a  ses  protégées  du  fchasteli 
que  snint  Louis  possédait  en  ce  lieu.  L'église,  com- 
mencëè  parla  fondatrice,  fut  achevée  par  Blanche, 
sa  fille,  veuve  du  prince  Fernand  de  la  Orda.  qui 
voulut  y  être  inhumée.  L'expression  dont  se  sert 
Cuillebert  de  Metz,  poze,  posa,  posada,  est  peut- 
être  ime  importation  espagnole.  On  la  retrouve 
d'ailleurs  dans  le  latin  du  moyen  âge,  sous  la 
forme  pausa,  signifiant  lieu  de  repos  et  d'oubli. 
Les  bâtiments  et  dépendances  du  couvent  des  Cor- 
delières étaient  très  -  considérables  ;  ils  étaient 
bordés  par  la  rivière  de  Bièvre.  Vendus  et  détruits 
en  partie  à  l'époque  de  la  Révolution,  ils  ont  été 
affectés  à  divers  usages  industriels;  les  acquéreurs 


ont  dii,  en  outre,  ouvrir  deux  rues  sur  leur  pro- 
priété, et  une  troisième  a  été  percée  en  i8a5.  Ces 
rues  portent  les  noms  de  Pascal,  de  Julienne  et  des 
Cordelières;  le  nouveau  boulevai-d  Arago  les  atteint 
dans  son  parcours. 

'*'  L'importance  des  bourgs  Saint- Médard  et 
Saint-Marcel  est  bien  indiquée  par  Cuillebert  de 
Metz;  les  industries  qu'il  énumère  s'y  sont  perpé- 
tuées. 

'''  La  porte  Saint-Jacques ,  construite  entre  les 
années  laoo  et  i-ji-j,  fut  réparée  plusieurs  fois, 
notamment  sous  les  r^nes  de  Charles  V  et  de 
François  1";  c'était,  du  côté  du  sud,  la  principale 
|)or-le  de  Paris,  et  de  nond>reuses  entrées  rovales 
ou  princières  ont  eu  lieu  par  cette  ouverture.  Elle 
fut  démolie  en  i684;  l'emplacement  qu'elle  occu- 
pait est  situé  un  peu  au-dessus  du  (Hiint  d'intersec- 
tion des  rues  Saint-Jacques  et  SoulHot. 

'*'  L'hô|)ilal  Saint-Jacques-duUuut-Pas  remontait 
au  xu'  siècle.  On  ne  sait  pas  exactement  si  la  congréga- 
tion ,  qui  l'avait  fondé  et  qui  le  desservait ,  était  com- 
posée de  chanoines  réguliers  ou  de  chevaliers  profôs. 
A  l'instar  des  ordres  militaires  de  la  Ten-e  Sainte,  ces 
religieux  recevaient  les  |W>lerins  et  faisaient  diverses 
œuvres  de  charité.  Supprimés  en  1  hh^ ,  par  le  pape 
Pie  II  {^Eneas  Syleius) ,  ils  se  maintinrent  à  Paris 
et  reconstruisirent  leur  église  en  1019.  L'hdpital 
fut  mis.  en  i.55&,  à  la  disposition  du  Roi,  |x>ur  y 
héberger  et  soigner  les  soldats  blessés  ;  mais  ce  pre- 
mier hôtel  des  Invalides  n'eût  qu'une  durée  éphé- 
mère. En  157a,  les  religieux  de  Saint-.Magloire, 
dont  nous  avons  parié  à  propos  de  l'égiise  Saint- 
Barthélémy  (p.  1 56 ,  note  3),  furent  transférés  h  Sainl- 
Jacques-du-Hiiut-Pas,  et,  en  1G18,  la  maison  fut 
transformée  en  séminaire.  Les  Sourds-Muets  y  ont 
été  installés  en  l'an  xi,  et.  depuis  lors,  l'antique 
hôpital  n'a  pas  changé  de  destination. 

•''  Nous  avons  parlé  de  l'église  Nolre-Dame-des- 
Champs,  à  propos  du  texte  de  Raoul  de  Presles. 
(Voir  p.  1 14,  note  5.) 

•''  La  porte  d'Enfer  ou  Saint -Michel,  bâtie  à  la 
même  époque  que  les  précédentes,  a  porté  d'a- 
bord le  nom  de  Gibart,  Gibert  et  Jubeit.  On  n'est 


OKSCHIPTION  DE  PAHIS  SOLS  CHARLES  VI.  «S 

Micliit'l;  la  hoiiI  ;iii  (h'Iioi-»  U'n  Chaitrmix <".  Et  y  est  IokU'1  a|>|>ellée  le  preasoir  de 
IohIcI  Dieu,  (|ui  duif  des  la  dicte  |)orl<;  jiiHqucii  aux  dit»  (îliartrpux'".  Ijt  port»- 
Saint  (îcniiain^^)  :  la  sont  roriioiii-s  ou  rIciiH'un'iil  inoiilt  de  liouchicre''';  la  enl 
lahhayn  de  Saint  Vincent,  que  len  dit  preHentenient  Inliliaye  de  Saint  Germain 
des  l'n''H,  dont  lahhé  a  liaulte  justice,  moyenne  et  ba»»e'*',  1^  porte  dOrIcan»'*, 


lin»  lix('  Hiir  rori|p'iii'  ili-  ci-s  trois  ili-iioiiiinnlinnit, 
iiiiil(fi('  II'»  rcrlicn^lii's  cl  li-s  lij  pollièw'»  iiij;i'"nirMi(t«ti 
i|<>  rci-liiinit  liiAtorii'iiH.  Doniiile.  en  i3i3,  aux  Ja- 
cobiiiH  par  l'liili|»|K^  U-  bni); .  i-llc  roiituTvn  •»•*  ili-ii\ 
fpwtsps  toui-s  rondfH  cl  toiil  soii  i'iiiu<inl>|i'  |ii'iiiiilir 
jiiH(|irii  rr'))(M|iic  ilc  sn  dcHlnK-tion .  qui  ciil  lii>u  on 
iC8/|.  Elle  «^loil  siliii'e  ii  IVinln)i  riiAiiin  où  l'on 
rciiinrqunil.  il  y  n  (|iii>li|ii(>s  iinni^m,  lu  fonbiinc 
illiisln'-c  par  un  (lis(i<|iii'  ilc  Snnleuil,  vi*-ii-vi»  fiin- 
ciennc  pince  Sjiinl-Mirhcl.  l<rttHiibstriirtion»pnHunl 
nncorn  visibles  iliiiis  ri'-|riMil  <lii  iMtiilcviinl. 

'"  iiCS  Charirruj- ,  inHtiliu'-s  pnr  snint  llruno  en 
iu8(),  ot  KolliriU^  pnr  Miiiit  Iam'i*  i\e  venir  tVta- 
hlir  11  Piiris.  ri-riirciit  ilii  pieux  roi,  vers  l'jfiy,  le 
chiUi'iiii  on  IkMcI  (If  Viuivcrl,  silué  sur  le  versnnl 
occiilcnliil  (lu  pldteau  de  .Sninte-(îeneviève.  Il  fnut 
lire  (l»ns  Du  lirciil  (  Th.  des  niiliq.  île  Pnrii,  p.  A.'ty  ) 
le  rt'cit  Iducliiinl  de  rinsliitliilion  des  disciples  de 
«(tint  liruno.  [/('friise  fut  (-(ininiencvc  pn>s(pie  iinni<-- 
diiilenient  sur  le«  dessins  d'KudoH  de  Monlreuil  et 
iirliev(V  en  i3a/i.  I,cs  rcliides.  d'idMtrd  (iii  nondtre 
de  ({iiiitorice,  s'nn|rnienlci°cnl  diins  une  rorti-  pro- 
IMU'lion.  On  distinipinit  ii  In  (Iharlreuse  de  l'nris 
deux  cloîtres:  lej[r;uid.  sur  lecpicls'onvroieiit  viiijfl- 
liiiil  cellules  is(d<'c!<,  et  li>  |>clil,  sur  les  nnirs  dutpiel 
l.cMueur  avait  |>einl  In  vie  de  saint  Bruno.  Il  y 
iivnit.  en  outre,  dniis  une  |»ivuiit're  cour,  une  clia- 
pelle(m  les  fennues.  (pie  la  rèj;le  excluait  nlisotiiiuent 
du  monastère ,  |H>uvnient  venir  prier,  (.es  bAliiuentii 
de»  Cliarlreiix  fun'Ut,  ainsi  ipie  l'église,  «eiidii.s  et 
d('niolis  il  l'i'iMMpie  de  la  lté\oliiliun;  l'avenue  de 
l'Oliserxatoire  cl  la  ri-dcvnnt  me  do  l'Ust  furent 
ouvorlo».  n\  vertu  d'un  dtVrel  de  l'nn  vi.  gur  une 
partie  de  l'enclos,  dont  In  plus  (jrnude  |M)rtion  fut 
riMinie  nu  jardin  du  LuxciiilHiiir|r.  <!c  (pii  restait  di"< 
lM^tinlent»  de  l'ancienne  C.linrtreiise  n  (lis|Nini.  lors 
de  la  reriinstmrtiou  de  l'Krole  des  mines  et  du 
reinanieniciil  de  In  ri-piiU)>r)>. 

f*'  L'UAtel-Dieu  nvail  efferli veinent  sur  ce  point 
une  fenne  et  un  pressoir.  I.n  ferme  (x-ruiKiil  leiii- 
placenienl  couvert  aujourd'hui  pnr  l'Kcole  des 
mines;  le  pressoir  l'tait.  comme  le  dit  («uilleltert 
de  Melx,  plus  rspprocluf  de  la  porte  Soinl-Micliel. 


M.  Rerly  n  di-teniiiiH-  In  Mliiati<»n  rxart»'  <ir  rr« 
l)(\tiliients  dnil<t  l'iiii  de  w<t  |>|jiii<  r<->liliii^  ilo 
Vieux- l'an». 

'''  1^  |)orte  SaiHl-dmunm  était  •iliMV  dam  la  ni»- 
de  rKcoleHle-M)'-<iecine,  h  la  bautrur  Ak  \m  rar  Au 
l'non  (l^rrey).  Aux  tiii*  et  xn*  MèrlM.  elle  ^il 
plus  (;('n<'rnlenieiit  ronniie  sou*  le  nom  de  porte 
des  Otrdrln  ou  Cnrdrlirri ,  Jiorre  (|u'eile  Mul  iW»- 
voisine  du  couvent  fondi-  sur  ce  iminl  par  le» 
Frères  Mineurs.  l'Iiisieiir*  auleurs  Font  eanfaadiie 
avec  la  |iorte  de  lliici.  (|ui  s't'-levnil  a  rextn'mili*  Ar 
la  nie  Snint- Andn--deiv-ArlH.  txinstniilr  en  inio. 
iiKMlifii^  en  i356  et  i368.  elle  Tut  recooitraile  k 
la  fin  du  x^i'  siècle  et  di-niolie  en  167*. 

"'  (les  -forbours  ou  demeurent  moult  de  bou- 
•■chiersK  ont  pris  le  nom  de  me  de»  Itomchtrim 
Sai'tit-Grrmam.  Citait  là.  en  efTet.  qu'iHairat  fa- 
illis les  tueries  et  les  iHaux  du  bouq;  Saint-Gennain- 
des-iV-s;  ils  ont  sul>si8t(>  jusqu'en  180K,  l'poqor 
de  In  constniction  des  abattoirs.  Quant  à  la  rue.  qui 
forme  la  rontiuiintion  de  celle  de  rbcole-dfr- Méde- 
cine, elle  eu  a  pris  le  nom  en  |84A. 

'*'  L'antique  et  illustre  abbaye  de  Saint-tWinaiii 
ne  |ieul  ^tre  fohjet  d'iiiH*  simple  note.  Mieax  traul 
renvoyer  le  lecteur.  |K>iir  les  temps  ancMM.  k  la 
graiid)>  monoj^rapliie  de  l)om  Itoiiillart .  ain«i  qu'au 
tome  111  de  l'excellente  n't^litinn  de  LeBmf.H.poar 
r(>|MMpie  c(mteni|)oraiue ,  à  l'/hnAw»  mtkMtgifUf 
de  Pari»,  par  M.  F.  de  (tuilhermy.  On  sait  qw 
f enclos  de  l'Abltaye.  dont  une  Mie  vue  cavalière 
vient  d'iUre  grav<<e  par  la  Ville,  pour  l'ouvrage  de 
M.  Franklin  (1^  »ntimm»  UUinUpKt  de  /Vwi. 
avait  pour  limites  les  rue*  dn  Gdoinbier  ^Jaralt). 
de  r^ldiaudi'.  Saint)-Mni<gwrile  (Gotlin)  H  Sainl- 
Itenolt.  L'ouverture  des  mes  Bonaparte,  de  t\U- 
baye.  et  en  dernier  lieu  la  eou|Mire  pratiquée  dana 
la  rue  C.bildeliert.onl  fait  di»|>araltrr  ce  qui  rappe- 
lait n>t  niicien  endos. 

'  M.  Ilounnrdol  n'h<Hile  f9*k  luunnallii  dan» 
celte  |M)rte  d°''  '  lie   Ruri.  tfù  éUà. 

en  eff<>t.  voi.siii  '  l'.in*.  i^es  dem  ni- 

MUM  qu'il  en  d'  d'abord  Gnil- 

lebert  de  Meti ,  qui  •  ->rtei  de  la 


22/i  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

emprés  laquele  est  iissue   de    Neele''',  ou  est  au  dehors  le  pré  appelle  aux 

GlersW. 

XXIX. 

DES  PORTES  DE  LA  BASSE  PABTIE  DE  LA  VILLE. 

La  porte  Saint  Anthoiue'^'  :  au  dehors  prés  dicelle  est  une  abbaye  de  Nonnains 


rive  gauche,  depuis  celle  de  Saint-Victor,  ne  parle 
pas  de  celle  de  Buci;  puis  Sauvai  (t.  III,  p.  589)  a 
constaté  qu'il  existait  un  ^  séjour  d'Orléans  en  la  rue 
ffSaint-Andry-des-Arcs,  lès  la  porte  de  Bissi/.ti  Cet 
hôtel,  ajoute  M.  Bonnardot,  s'étendait  de  la  porte 
jusqu'à  la  rue  de  l'Éperon,  et  Valentine  de  Milan  y 
demeurait  lorsqu'elle  alla  demander  à  Charles  VI 
justice  contre  les  meurtriers  de  son  mari.  La  porte 
de  Buci,  qui  ne  dut  pas  conserver  bien  longtemps 
rappcllation  de  porte  d'Orléans ,  avait  été  bâtie  en 
même  temps  que  les  autres;  elle  fut  réparée  vers 
le  milieu  du  xiv*  siècle  et  irrehastie  toute  de  neuf,  r 
dit  Corrozet,  sous  le  règne  de  François  I".  André 
DuChesne,  qui  écrivait  en  1609,  la  cite  comme 
l'Inné  des  plus  belles,  et  sur  le  portail  de  laquelle 
ffs'estendent  les  armoiries  de  la  Ville.  ■»  Elle  fut 
abattue  en  167a  ou  1678.  Du  Breul  et  plusieurs 
autres  historiens  ont  pensé  que  les  Bourguignons , 
introduits  dans  Paris,  l'an  i4i8,  par  la  trahison  de 
Perrinet  le  Clerc,  avaient  diî  franchir  la  portedeBuci. 
'''  L'irissuen  ou  porte  de  Negle  était  très-voisine 
de  la  fameuse  tour  dont  le  drame  moderne  s'est 
emparé.  Celte  tour,  bâtie  au  commencement  du 
xui*  siècle,  fut  appelée  d'abord  irTournelle  de  Phi- 
fflipjie  Ilamelin  sur  la  Seine,  1  puis  tour  de  Neelle 
(Nigella).  Son  premier  nom  lui  venait,  dit  M.  Bon- 
nardot, d'un  prévôt  du  temps;  le  second,  d'un  hô- 
tel contigu.  Elle  formait,  sur  la  rive  gauche,  la  lête 
occidentale  de  l'enceinte  de  Philippe-Auguste,  rôle 
que  jouait  la  forteresse  du  Louvre  sur  la  rive  droite. 
Quant  à  la  porte,  elle  existait  déjà  en  i-iga,  puis- 
que le  Uôle  de  la  Taille  de  cette  même  année , 
publié  par  Géraud ,  cite  une  poterne  de  Philippe  lla- 
melin.  Il  paraît  probable  que  cette  poterne ,  recons- 
truite au  commencement  du  xiv'  siècle ,  fut,  pendant 
assez  longtemps,  à  l'usage  exclusif  des  habitants 
de  l'hôtel ,  ce  qui  expliquerait  l'expression  particu- 
lière Sissue  qu'emploie  Guillebert  de  Metz.  Les 
"places  du  grant  et  petit  Neslci  ayant  été  vendues 
en  1675,  il  ne  restait  plus  que  la  porte  et  la  toiu* 
occupée  par  des  pêcheurs  et  des  blanchisseuses. 
Ces  ruines  majestueuses,  que  la  gravure  nous  a 


conservées,  disparurent ,  vers  1 676,  pour  faire  place 
au  collège  Mazarin  ou  des  Quatre-Nations. 

'*'  Le  grand  et  le  petit  Pré-aur-Cleres  ont  été 
exactement  délimités  par  M.  Berly.  Le  volume  de 
la  Topographie  hiftorique  du  \'ieu.r  Parit,  consacré 
au  faubourg  Saint-Cermain ,  en  donnera  le  plan  et 
la  monograpliie. 

'''  Il  y  a  eu  plusieurs  jwrtes  Saint- Antoine.  La 
première  fut  probablement  la  porte  Baudoyer;  la 
seconde,  bâtie  sous  le  roi  Jean,  à  fexlrémili^  orien- 
tale de  la  rue ,  près  du  boulevard  actuel ,  était  flan- 
quée de  deux  fortes  tours  cylindriques;  ce  fut  ap- 
paremment la  première  que  le  Dauphin  fit  établir 
dans  la  nouvelle  enceinte  (i356).  En  1370,  elle  fut 
incorporée  à  la  Bastille,  et  entra  ainsi  dans  le  plan 
de  celte  forteresse.  On  songea  dès  lors  à  en  cons- 
truire une  nouvelle,  et  l'on  fil  dévier  l'extrémité  de 
la  rue  Saint-Antoine  un  peu  vers  le  norrl.  afin  de 
la  faire  aboutir  à  la  nouvelle  entrée,  et  de  placer 
en  même  temps  la  plus  grande  partie  de  la  rue 
sous  le  feu  de  la  citadelle.  Cette  troisième  porte, 
qu'a  vue  notre  auteur,  se  composait,  s'il  faut  s'en 
rapporter  à  une  ancienne  estampe  de  la  Biblio- 
thèque im|M^riale,  d'un  pavillon  carré,  avec  un  toit 
aigu  et  quadrangtdaire,  percé  d'une  baie  en  plein 
cintre  et  précédé  d'un  ponl-levis.  Considérée  par 
Henri  II  comme  trop  mesquine  pour  la  cérémonie 
de  son  entrée  solennelle  à  Paris,  elle  fui  enil)ellie. 
dit  Du  Breul,  au  moyen  d'un  itavant-jK)rtail  fort 
irriche  et magnifiqucTi  qui  fut  achevé  en  i585.  Jean 
Goujon  y  sculpta  deux  figures  de  fleuve.  Cet  arc 
de  triomphe,  le  premier  qu'on  ail  construit  à  Paris, 
ne  parut  pas,  h  son  tour,  assez  riche  pour  l'entrée 
solennelle  de  Louis  XIV  et  de  sa  nouvelle  épouse 
(1660).  Les  ornements  provisoires,  qu'on  y  avait 
ajoutés  pour  cette  circonstance,  furent,  quelques 
années  plus  tard ,  exécutés  en  pierre  par  farchitecte 
Blondel,  et  l'arc  triomphal  de  la  Renaissance  dut 
subir  ce  remaniement,  comme  il  advint  également 
pour  le  palais  des  Tuileries  et  l'hôtel  Carnavalet.  La 
porte  de  Charles  V  fut  démolie  vers  1G74;  celle  de 
Henri  II  et  de  Louis  XIV,  environ  un  siècle  plus  tard. 


—  CL'ILLEbIRT  Dl  KZTZ.  — 


Porti  loniBiitrr. 


FMfiiit 


Aocwoce  porti  Saint  laitii  M  tounlli  du  Praurt 
(Ane  Mtnneot  ijouti  u  1014.) 


Pm«  Saint  n  TU 


I 


Pi^itt. 


m  POHTIS  Dl  PâRiS  Au  tT    SitCLI 

4'«pil  dll  •IIMBIH  H  i'i 


DKSCHII'TION  DE  PAHIS  SOUS  CHARLES  VI.  99S 

Mpiicll/ïe  (le  Saint  Aiilhoirii>"';  apn-H  vul  la  grandie  aux  Marciiiers'*';  après  lostel  de 
(londanfi'";  it<;m  le  Hejourdu  Kuy'*';  item  le  pont  de  Cliarenton,  ou  il  a  deux  grottes 


'''  On  n'ii  iMiiiit  ctirom  Ctx^  IV|NM|ne  préeiM  de 
In  fiiiidutioii  <lf  (ctlf  iihliiiyc  :  li>tt  liiKloricos  varient 
i>ritre  1181  et  1199.  Sm  preriii/TOH  holiitaiiIcH  fii- 
rpiit  (Ir-H  (illcs  n'|N'iiliiit  <|irriii  «j;r<'}f«a  ù  l'onlre  de 
('.l(<Niiix,  cl  i|iii  fiin'iit  ronibliV'M  (In  hieiu  dèi  le» 
prcniièn-s  iiriiii'-<-H  de  Iniir  proroMion  ;  le  MÏgneur 
lin  Siiiiit-Miituli-  fut  iiii  <l<>  loiirs  principaiix  l>ii>ii- 
fnilciii-H.  I,'iicli<^v(-ni(-iit  des  hAliiiiciilH  ddiislrniu  i*l 
l<i  l'uimlnirtinn  d'une  i''},'liiM!,  (jiii  fut  con»nrn'e  on 
i-j'j3.  altirèrcnl  In  |)opulation  vers  la  iioiivHIc 
iililxiyf*.  <>l  liitMitAt  il  n'y  rorinii  dm  linincaiix  rides 
villn|reH.  coniiiie  In  itii|M'e.  Hi-niJIy.  l'irptis.  l'opiii- 
rourt,  la  Oroix-Kauliin,  etc.  l^e*  Ciftleiriennra  de 
Saint- Aiiloine  ont  orriipi*  l'nlduiye  jn)wpr(i  In  H»^- 
voliilion.  Kii  1770,  l'nn'liitiTt*'  Lenoir  ivninstniisil 
cornpii'ienieiit  IVjfliw  et  le  rloltm;  vin(rt-riM(|  an* 
niin'ft,  ré|fline  élnil  di'-iiioiie.  tnnJH  le  rlnllro  n  «'■ti' 
cniiverti  en  liApitnl ,  et  une  |)ni'tie  de  l'enclos  vendue 
pr  |M>rtionH.  Le  iKiulevanl  Mnzas,  les  nie»  de  (li- 
teaux, Croxntier  et  de  (llinli|^ny  traversent  les  an- 
ciens jurdins  de  l'nltlMiye. 

'*'  l,n  (îriini;(Hiu.r-Mercier*  (finit  ori(^naireinenl 
une  sorte  (ii>  bnzar  où  se  tenaient  les  inarrlinnds 
(pii  suivaient  In  roiir;  aussi  Guillel»ert  de  Met/  dit 
(pi'elle  s<'  triiuvnit  pn'-s  du  ^ séjour  du  Mon.-  De- 
venue maison  de  plaisance,  elle  fut,  dit  Sauvai 
(liv.  VII.  p.  7a),  ndjujff'e  pr  (l(Vrel,  en  i38.î, 
à  Pierre  de  (îiac,  clinnrelier  de  France,  puis  ven- 
due, en  1398,  au  duc  de  Berry,  frère  de  Charles  VI. 
I,es  pi-oprii^lnires  suivants  fun-nl  Louis  de  Lu\eni- 
lKiui-(f .  (>v»^pie  de  Tlit'rouuiine;  le  sieur  de  Snye. 
baron  d'Ivry.  (pii  l'eut  par  confiscation ,  et  Pn^genl. 
seigneur  de  Coëtivy.  nnu'rni  de  Ki-nnre.  Il  s'v  tint, 
sous  l(»  n'-gnes  de  Clinrles  VI  et  de  Louis  XI.  d(; 
nombreuses  conft  rences  |Mtlili(pies  (pii  n'amenèrent 
aucun  n^idUit.  En  i(>m5,  la  (irange-aux-Merciers 
fut  imieà  In  seijfneurie  et  cliAlellenie  de  r.hnrentnn  : 
elle  l'tnit  situiv  dnns  In  rue  (pii  |Mirlnit  encore  ce 
nom,  il  y  a  (piehpies  anmW.  A  pu  près  au  A^ 
boucli<<  de  In  (iriuide-Hue  de  Ilercy. 

'^  Cmifiim»,  dont  l'elynioloijie  (>st  bien  connue, 
est  un  villnj;e  fort  ancien;  dès  le  xi*  sitVIe,  dit 
fabln*  Le  Iteuf,  il  .11  ,-.\  fiii  mention  sous  le  nom 
de  f,'()ii/7Hrnmim.  I,i;;li-.-  .|<'|N<ndait  du  prieur»' de 
S«int-Mnrtin-des-(llmm|is,  (|ui  y  possu^dnit  Indime 
et  un  droit  sur  la  (!mnj;e-nu\-Merciers.  O  (pie 
noire   luiteur   appllc   >rIo»teI  de   Conflaiw  était 


probablement  la  «belle  nmant  dont  il  est  pari^ 
dan«  le  StippUmenI  dn  mUifnlJÊ  4e  Parié,  p.  87. 
ou  tout  au  moins  Fddifice  qui  Tavail  fréeéàé.  Cctir 
rt'sidence,  ipii ,  apW«  avoir  a|ipariaM  è  NÎmIm  et 
Neiifville.  seigneur  deVilleniy.  ^il  paM^  Mcew 
sivenient  h  MM.  d'.AIiiicouri.  de  \'eniiin  et  I^  Jav. 
|t<)uvail  Aire  considt'rrV .  dit  l'auteur  du  Sm/fUmemi, 
comme  une  «des  plus  belles  qui  loil  èa  enviroos 
-de  Paris.  Ses  logemena,  ajoute-t-il.  «ni  (ait 
-mafpiifiques,  entre  autres  une  fort  langue  galène 
-où  sont  frrnnd  nombre  de  tabieaa 
f'tous  les  prinrcK  d'Kiiro|i<>,  det  mIm  c( 
-très-bien  meubliez,  trois  graiMi»  jardin* 
-  |>a([nez  de  lielles  allém,  le»  iifK><  unies  et  lati 
-rouvertes  d'arbres,  qiianlil('  d<-  grands  partCRW. 
"berceaux,  cabinets,  statues  de  relief  de  marbre  et 
-de  pierre,  force  agréalibi  fcalaiiies .  vivier,  groUe». 
'cschuc,  escaliers,  voaatm  M  autres  singularilex 
"très-rares  et  extraordinaires.*  Ceit  eette  oiaiaaa 
(pii  fut  acquise  par  Monseigneur  de  Hariay.  et  qui 
devint  la  villa  des  orrlievèques  de  Paris. 

*>  II  fallait,  dit  l'al)lM<  U  Betif,  que  la  aitnaliao 
de  ConflaiLH  et  du  pont  de  Charenton  *eât  ntétké 
-ratteiition  de  nos  mis.  puisqu'ils  »'<Hiii«nt  rbotsi 
-un  s('jour  tout  auprès.  Il  y  nvoil  encore,  en  1578. 
"une  maison  et  un  jardin  sitiu^s  proche  de  ee  pool. 
-(pi'on  apploit  le  Srjour  eu  Rai.  PmH-iln  ^loil-ii 
-dans  la  place  que  Phi lippe-Augoil»  avait  déagn^ 
<r  pur  la  fondation .  Ia(|uelle  ne  fut  pini  fsile  en  ce 
-lieu.  Mais  c'('toit  aux  Carri<TPs,ajoule-l'4l,qneniM 
fr  niis  n^sidoieut  plus  volontiers.  «  Une  ordaooaiMV 
de  Pliilipp  de  Valois  est  datée  de  Coaaan»4e*- 
Paris.  I^  roi  Jean  y  avait  des  ëcuriea.  et  le  dau- 
phin ChaHes,  assiégeant  Paris  Tau  iSSy,  était  logé 
-(>n  Mm  liostd  dit  Séjour  k  Carrières.*  Le  temua 
(Vi)^'  en  lief  portait  encore,  au  sitifedeiHiw.  le  mnb 
de  Srjimriim  Roi.  A  ces  d«Hails  JonoéiparLe  Beuf. 
il  faut  ajouter  ceux  que  nous  a  tnatmm  Saurai, 
et  desquels  il  nullité  que  ka  coaitw  de  Flandre  et 
letdaci  de  Booifogna  vimmà  ^fifaMal  chacM 
on  ei^our*  i  Coolaw  o«au  Carierai,  ■■  coai- 
BWMceft  du  xi"  aiède;  «pi'fla  ks  ré— imit  et  eu 
firent  un  lieti  de  délirrs.  (  Voir  l>e  BeoT.  t.  V.  p.  10. 
Il  et  1 4  ;  et  Sauvai ,  t.  Il .  p.  1 1  o  et  1 1  s.  )  lie  pa- 
villon dit  Af  U  Bfllt  Gutritlli,  qui  sert  aujoardlau 

blcnicnt  le  dtniar  •••««■ir  4>eaa«ila»  1 


■m.  —  I. 


226  DOCUMENTS  ET  ÉCHITS  ORIGINAUX. 

tours*'',  oultrc  lequel  est  leglise  Nostre  Dame  de  Mets'-'.  Et  dautre  part  lahbaye 
de  Saint  Mor  des  Fossez'*',  esquel  deux  lieux  len  fait  moult  de  pèlerinages.  Item, 
a  une  lieue  et  demie,  prés  de  la  dicte  porte,  est  le  bois  de  Vincennes'*',  lequel  est 
enclos  de  moult  liaulx  murs;  et  est  plus  grant  que  la  ville  de  Paris;  il  y  a  ung 


'■'  Puisque  Guillebert  de  Metz  parle  des  deux 
grosses  tours  qui  flanquaient  le  pont  de  Chai-enton , 
les  historiens  modernes ,  dont  parle  Le  Beuf ,  t'taient 
sans  doute  dans  le  vrai  lorsqu'ils  affirmaient  qu'on 
V  voyait  encore,  en  lôSy,  une  forteresse  inexpu- 
gnable. Le  lieu  est  d'ailleurs  une  position  stra- 
tégique des  plus  naturelles;  et  si,  comme  tout 
porte  à  le  croire,  on  y  a  établi  un  pont  dès  l'é- 
poque gallo-romaine,  ce  pont  a  dû  être  fortifié. 
L'existence  d'un  pont  de  l)ois  est  constatée,  dès  le 
vil'  siècle,  par  les  actes  de  la  vie  de  saint  Merry; 
et  les  Annales  de  saint  Berlin  portent  qu'après 
avoir  été  rompu  par  les  Normands  il  fut  réparé 
sur  l'ordre  de  Charles  le  Chauve.  Ce  qui  prouve , 
dit  l'abljé  Le  Beuf,  qu'une  forteresse  défendait  la 
tête  du  pont,  c'est  que  les  al>ords  en  étaient  con- 
sidérés comme  appartenant  au  domaine  royal,  et 
que  Philippe-Auguste  en  dis])osa  par  son  testa- 
ment. Le  fort  du  pont  de  Charenton  est  cité  dans 
Vllisloire  des  Grandi  Offices,  t.  VII,  p.  433  ;  il  avait, 
en  i38o,  pour  capitaine  particulier  iean  de  l'IlA- 
pital,  auquel  succéda  son  frère  François;  Guillel>ert 
de  Metz  dut  voir  l'un  ou  l'autre  de  ces  personnages. 
Le  pont  de  Charenton  était  h  péage  ;  il  fut  pris  par 
les  Anglais  et  repris  par  les  Français  en  t436; 
emporté  par  Henri  IV  en  lâgo,  et  recouvré  peu 
après  par  les  Ligueurs;  occupe,  en  lô^g,  par  le 
prince  de  Condé,  et  réoccupé  par  l'armée  royale; 
enfin  il  a  fourni ,  en  1 8 1 4 ,  passage  aux  trouj)es  al- 
liées. On  vient  de  le  remplacer  par  une  fort  belle 
construction,  vierge  de  toute  espèce  de  souvenirs. 

'*'  L'église  dont  parle  ici  notre  auteiu"  est  Noire- 
Dame  de  Mescke  ou  du  Miche;  c'était  un  lieu  de  dé- 
votion situé  au  delà  du  pont  de  Charenton,  en  la 
paroisse  de  Créteil.  La  mention  que  Guillebert  de 
Metz  en  fait  n'a  rien  d'étonnant  ;  de  son  temps ,  on 
s'y  rendait  en  pèlerinage.  Le  Journal  d'un  bourgeois 
de  Paris,  sous  le  règne  de  Charles  VI ,  nous  apprend , 
en  effet ,  que ,  en  1 4 1  a  ,  "  le  Roy  estant  hors  de  Paris . 
tr  firent  ceulx  de  Paris  et  ceulx  des  viUages  d'entour 
(T procession,  et  alloient  chascun  jour  par  ordre  en 
«procession  aux  pellerinages  de  Nostre  Dame  en- 
fftour  Paris,  comme  au  Mesche  et  aux  lieux  plus 
irrenommez  de  devocion.i  Le  Beuf  croit  que  cet 


édifice  était  considérable,  ir attendu  que  la  partie 
(f  restante  n'est  pas  tout  à  fait  sur  le  bord  de  la 
rr route,  mais  h  une  distance  qui  peut  permettre 
«qu'il  y  ait  eu  entre  deux,  anciennement,  le  corps 
«de  la  grande  cha|)elle  et  la  croisée  septentrionale.  - 
(Hist.  du  dioc.  de  Paris,  t.  XII,  p.  -jg.)  M.  J.  Qui- 
cherat,  dans  son  savant  mémoire  sur  le  lieu  de  la 
bataille  entre  Labionus  et  les  Parisiens ,  combat  cette 
assertion.  Selon  lui,  le  Mesche.  qui  existe  encore  à 
l'état  de  grange,  et  dont  rorientntion  insolite  a 
beaucoup  embarrassé  l'abbë  Le  Beuf,  serait  un  an- 
cien sanctuaire  élevé  à  la  déesse  Rome,  après  la 
conquête  de  la  Gaule.  (\oir  les  Mémoires  de  la  So- 
ciété des  atUiquairei  de  France,  t.  XXI,  p.  495  et 
sniv.  ) 

'''  Il  en  est  de  l'abbaye  de  Sainl-.VIaur-des- 
Fossés  comme  de  Saint -Gemiain- des -Prés;  une 
sinq)le  note  ne  peut  suffire  à  une  telle  histoire. 
Nous  ne  pouvons  donc  que  renvoyer  le  lecteur, 
p)ur  les  annales  du  monastère,  au  GalUa  chrisliana , 
à  Y  Histoire  de  l'éfflise  de  Paris  par  le  P.  Dubois ,  et 
à  l'article  étendu  consigné  |)ar  Yahln.'  Le  Beuf  dans 
le  tome  V  de  son  Histoire  du  diocèse  de  Paris.  Quant 
aux  btUiments  claustraux  et  h  l'église  de  l'abbaye, 
ils  étaient  situés  à  l'extrémité  orientale  du  village 
de  Saint-Maiu-,  très-près  des  bords  de  la  Marné. 
En  1749,  au  moment  oii  la  collégiale,  qui  avait, 
en  i.'>53,  succédé  au  monastère,  fut  réunie  h  celle 
de  Saint-Thomas  du  Louvre,  on  voyait,  dit  Le  Beuf. 
les  restes  d'un  ancien  |)ortique  «dont  la  structure 
«avoit  paru  être  du  m'  siècle,»  puis  une  ^ise 
dont  les  piliers  «datoient  du  roi  Robert,»  dont  la 
croisée  était  du  xii*  siècle  et  le  sanctuaire  du  xiv*. 
Cette  église,  ayant  été  interdite  par  l'archevêque 
de  Paris,  tomba  bientôt  en  ruines,  et  la  Révolution 
eut  peu  à  ajouter  aux  injures  du  temps.  H  reste 
encore  quelques  débris  de  cet  antique  sanctuaire 
dans  les  jardins  d'une  maison  particulière  qui  en 
occupe  l'emplacement.  Le  pèlerinage  dont  parle 
Guillebert  de  .Metz  se  faisait  pour  la  guérison  des 
épile|)tiques.  Le  Beuf  donne  à  cet  égard  des  dé- 
tails fort  curieux. 

'•'  Vincennes,  son  parc,  sa  chapelle,  ses  dépen- 
dances donneraient  lieu  à  de  très-longs  développe- 


DESCHIPTION  DE  PAHIS  SOUS  CHAKLES  VI.  «7 

chasicl  (I  uiize  grosses  tours  haulx  comme  clocliic*r«,  ou  il  a  une  rhaiioiiie  et 
iujjJH  pour  l<>  itoY.  Kii  Ci!  hois  est  une  «{'li.sc  (iiiiic  manicro  de  liermites  appelles 
Bons  liornmoH;  item  dun  costé  est  uni;  Ix'i  hostei  appRlJ/*  Beaut<^.  En  ce  boit 
ont  aconsliiriié  a  estre  toute»  manières  (l(!  I)cstes  sauvages.  1^  porte  du  Temple, 
on  sont  {;raiis  jardins'*';  la  jiorte  Saint  Martin^  :  la  sont  forlMurcs  ou  enl  ieglise 


nient»;  non»  nou»  iMiniemn»  li  runiniontcr  In  l(>xU! 
de  notm  auteur.  l'L^ii  ir  moult  haulx  iiiunni  cunit- 
tituiinl  l'rnrrintc  ont  élfi  rPMi|ilnri't<  |Mir  une  niu- 
raiii)'  |)luH  ni(Hii>sle,  <|ni  n  suliitiittt'  jnMin'ù  ces 
liernii-i'oi  uJin«V!i ,  cl  n'a  M  dt^lruiti;  (|u'ù  r<'|M>quc 
de  IV-tidilisNrinent  du  rlinmin  de  fer  et  de  la  traii»- 
foniintion  du  liois.  u*  l^es  "onze  grtMRe»  tuun 
"liauU  connue  ('lorliiepoi  hont  ligun^  dans  Le* 
pluM  txceUem  bâtimeim  de  France  de  Du  Cerceau; 
in  pln|Mirt  ont  Hô  nisuV^.  <l(>|)uiH.  nu  nivenu  de  la 
courtine.  ,')*  !.n  irrlinnonie"  l'tnit  nNsez  n^ente  h 
rëpoquc  où  (^vait  (luilleliert  de  Metz.  puiM{u'elle 
nvnil  <'l(*  fondée  |)nr  (Iharjes  V,  en  l'ÎJQ.  |K)nr 
desservir  in  Sninte-(^iin|ieiie,  (|u'ii  avait  ronstmite. 
et  qui  fut  reUtie  par  Franç'ois  1"  et  Henri  II. 
'i*  Le  (rio|ps  |K)Uf  ie  llov"  reniontnit  il  une  *'|Mique 
assez  reciiii'i!  :  une  |ii-eniièn>  ninison  roynie,  manr- 
rium  rrgulr,  y  avait  M  constniilc  |)nr  Pliiii|i|ie- 
Aufpiste,  npWs  l'nciièvenient  de  in  riiJtiin'  de  bois, 
et  nvnit  fnil  pince  ii  une  seconde  denieiire  com- 
mencée par  i'iiiiip|M>  de  Vniois  et  tennini<e  |Mir  ie 
roi  Jenn.  ia(|ueiie  fut  détruite  sous  les  règnes  de 
Louis  \lii  el  de  l.oiiis  \iV.  |>onr  iéiiiticnlion  des 
deux  )[rnii(is  cor|>s  de  io)risipiisiiiisisteiil  encore  au- 
jourd'lnii.  5*  Lin  liom-Uummex ,  ou  religieux  de  l'or- 
dn-  de  (irtuidnionl.  étnienl  l'tniilis,  dès  ie  xii'  siiVIe, 
ou  Imis  de  V  incennes ,  et  leur  couvent  avait  ie  titre 
de  prieuré.  Ils  y  étaient  encore  nu  moment  où 
écrivait  (iiiilieiiert  de  Metz,  piiisipi'iis  ne  fiin-nl 
irmpincé»  (pi'en  i.'ïH.")  par  Iw  Minimes  de  Niffcon, 
inoiiH>s  rniiiciscnins.  iiistnliés  ii  i'iiAtei  de  Ni{^>n, 
pnVt  i'nris,  pnr  (liinri(>s  MI.  Les  Itons-lloninies  du 
iwiis  de  V  incennes  occii|>jiient  i'enipincement  cou- 
vert aiijoiini  liiii  [Mir  ie  inc,  dit  dru  Miiiimrf,  les 
lies  et  les  avenues  envimiuinntes  ;  deux  |Kiviilons 
.  nss<>z  nreiiLs  indiquent  encon-  l'endroit,  fi*  l.c  rliA- 
lenil  de  HeaHlé.  où  inounil  (^linries  V,  était  situé 
à  i'extn'niité  orientale  du  Iwiis,  pWw  de  in  Mnrne: 
un  \mrr  de  rinipinntiMieiix  nriienls  l'entourait.  Il 
avait  dis|Niru  ioii(rtenips  avant  in  llévoiiilion:  le 
lnic»<  du  chemin  de  fer,  entre  la  |iorle  de  Noj^enl 
et  in  p>dniile  de  In  Knisnnilerie,  eu  ninrtpie  il  |ien 
pn's  l"ein|ilaienienl.  7*  lti|<;ord  nou»  apprend  que 


le  roi  Henri  d'Angktam  envoya  k  Philippe -Aa- 
i;u»te,  auMilM  aprèf  h  eonriruetion  de  la  ddian 
de  bois,  tous  le*  eerb, daima  H antrea  bélaa iwvaa 
que  Ton  put  |irendre  dam  lea  '*«—f'—  de  Nor- 
mandie et  d'Aquitaine.  Ooira  eea  aanMMu.  qui  te 
sont  iieriM-tués  dam  le  parc,  on  y  fiihTimail  ea* 
core  une  ménagerie,  eompiM^  de  lioM,  tigna. 
léopards  et  autres  grands  eamaaaien.  Le  tUàtÊm 
de  \  incennes,  d'où  sont  dal^  de  BOMihrMiaBa  or- 
donnances royales  el  où  ont  A4  délOMM  tmià  éa 
l>riso{inier8.  a  toute  une  hîaloîre. 
Auguste  et  «oint  l/oui»  juMpi'i  nos  jour*; 
avons  h  peine  indi(|ué  les  grands  traits. 

"  Ce  que  Cuillebert  de  Mets  appeiie  U 
du  Ttmple,  était  la  aecoade  ceostmclieB  de  ee 
nom.  La  première.  liAtie  par  Philippe- Aogwie. 
vers  l'an  i-ioo.  était  sito^  daM  Fa 
Sainte-Avoye,  un  peu  an-deawotda 
appelé.  A  l'époque  où  écrivait  notre  auteur,  elle  ne 
|)oiivnit  Aire  entourée  de  f^nds  jardina,  car  renrioi 
du  Temple  eu  était  tn'>ft-voisiii.  et  cet  endos,  cou- 
vert de  magnifiques  eooitnidions.  était  désigné, 
dès  le  xin'  siède,  sous  le  nom  de  I7tti  mm  Ttmifli. 
C'est  donc  de  la  seconde  porte  du  Tenipie  qn'fl  est 
ici  question  ;  ronstraite  sous  le  règne  de  Charin  V,  k 
|Mni  |m'-s  il  in  iiniileur  de  in  rue  Mesiay,  ele  eowÏB» 
tnit.  dit  M.  Bonimrdot.  en  un  groa  hiti—wt  on 
bastide  carrée,  flanquée  de  toureiies  avec  hcne  «t 
|M>nt-ievis.  Modifiée  |M>ndant  le  x»r  «ièrle.  et  re- 
coastniite  au  coouneocement  du  xvu*  par  le  eSAn 
pn-vAt  lies  marchands  Pranfoit  Mirai,  ele  fal 
alialtue  vers  i683.  Les  pions  ks  ph»  awieM  b 
repntsentent  flanquée  d'une  hi 

'  Nous  avons  d<*jà  dit  (p.  109) qae la  { 
porte  Saint-Martin  ou  ÀrtkiiSaimt-Mmrf  •Aenà 
h  |M-u  |irès  à  la  hauteur  des  mes  Nemo-Soinl- 
Merrv  <H  Aubry-le-Booeher.  et  qn'efle  finMil  partie 
d'une  encnnie  antérieure  h  cde  de  PhiNppe  Au- 
guste. I^  mur«il>  évrfe  aaat  w  denwr  rsi  tra- 
versait in  me  Sdal-llMlai  an  pan  n-daMana  dn 
iléliouché  de  U  nie  («iiiiiii  Saint  laiMf.  cl  c'eat 
U)  qu'était  «latfe  k  laeowb  porta.  Dtifcni  vlnri» 
.  porte*  pwiaile  de  la  fonatrartian  de  raeâniB  éa 


■228  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

paroschialo  de  Saint  Lorens''';  a  une  lieue  est  Longheville**',  et  a  trois  lieues  est 
Bourjjet,  et  tout  une  chaucée'^l  La  porte  Saint  Denis'*'  :  la  sont  forbours  ou  est 


Charles  V,  elle  ne  fut  abattue  qu'en  i53o.  La  troi- 
sième porte,  qui  ^lait  encore  debout  sous  le  règne 
de  Louis  XIII ,  s'élevait  entre  les  rues  Sainte-Apolline 
et  Neuve-Saint-Denis  (Blondel).  Gomme  plusieurs 
autres  portes,  elle  avait,  dans  son  voisinage  immé- 
diat, une  impasse  longeant  le  rempart,  et  l'on  re- 
trouve encore  aujourd'hui  un  certain  nombre  de  ces 
petites  voies  rrsans  chief.  ji  Les  impasses  de  In  Bou- 
teille (me  Montorgueil ) ,  des  Peintres  (me  Saint- 
Denis),  des  Anglais  {rue  Beaubourg),  Saint-Claude 
(rue  Montmartre),  etc.  sont,  comme  l'impasse  de 
la  Planchette,  un  souvenir  et  une  trace  des  an- 
ciennes enceintes.  Murée,  puis  réparée  dans  les 
premières  années  du  xv'  siècle,  fortiCée  au  xvi' 
par  un  double  bastion  couronnant    la   butte  ou 
voirie  qui  la  dominait  à  l'est,  la  troisième  porte 
Saint-Martin  est  figurée,  sur  les  anciens  plans, 
comme  un  gros  bâtiment  carré ,  flanqué  de  tourelles 
et  précédé  d'un  pont-levis  avec  pont  dormant.  Agran- 
die et  modifiée  à  diverses  époques,  notamment  en 
1 61 4 ,  elle  fut  démolie  vers  le  milieu  du  xvn*  siècle. 
''  L'église  Saint-Laurent  remonte  à  une  très- 
haute  antiquité,  puisque  Grégoire  de  Tours  en  fait 
mention.  Jaillot  n'hésite  pas  à  affirmer  qu'elle  exis- 
tait au  vi'  siècle  et  qu'elle  abritait  déjh  im  mo- 
nastère. Elle  eut  à  subir  les  ravages  des  Normands, 
qui  la  dévastèrent  de  telle  sorte  qu'on  n'en  trouve 
plus  trace  du  ix'  au  xii'  siècle.  Il  parait  probable 
que,  pendant  cette  première  ptfriode  de  son  exis- 
tence, l'église  Saint-Laurent  occupait  l'emplace- 
ment où  a  été  édifié,   depuis,  le  prieuré  Saint- 
Lazare  (maison  d'arrêt  de  ce  nom),  et  qu'on  la 
reconstruisit  ensuite  un  peu  plus  à  l'est,  à  l'endroit 
où  s'élève  aujourd'hui  l'église  placée  sous  le  même 
vocable.    Cet  édifice ,    bâti  au    xv'  siècle ,    aug- 
menté en  i548,  presque  renouvelé  en  1695,  et 
doté  d'un  portail  grec  en  i6-ja,  avait  remplacé 
l'ancienne  église  élevée  vers  la  fin  du  xii'  siècle  et 
à  peu  près  contemporaine  de  l'enceinte  de  Pliilippe 
Auguste.  Une  dernière  restauration,  qui  s'achève 
en  ce  moment,  lui  a  donné  une  façade  et  une 
flèche  plus  en  harmonie  avec  le  style  général  du 
monument.  La  célèbre  foire  Saint-Laurent,  insti- 
tuée par  Louis  le  Gros,  se  tenait  dans  le  voisinage. 
Il  est  étonnant  que  Guifiebert  de  Metz  n'en  parle 
point. 

'*'  Nous  n'avons  trouvé  nulle  part  le  nom  de 


<»Longheville,i  qui  s'applique  évidemment  à  la 
Villelte,  bourg  construit,  tout  en  longueur,  le  long 
des  routes  de  Flandre  et  d'Allemagne.  Ou  le  trouve 
mentionné,  dès  le  xn*  siècle,  comme  une  dépen- 
dance de  l'hôpital  Saint-Lazare,  et  appelé  pour 
cette  raison  la  V illelte-Saint- Ladre ,  en  latin  Villeta 
sancti  Lazari.  Au  xv*  siècle,  on  y  constate  l'existence 
d'une  église  paroissiale,  ce  qui  implique  un  certain 
centre  de  population.  L'abbé  Le  Beuf  croit  ({u'avant 
l'érection  de  cette  église  en  paroisse  la  Villetle 
déj)endait,  religieusement,  du  village  d'Aubervil- 
liers.  On  sait  quelle  importance  a  prise,  depuis  un 
demi-siècle,  cette  ancienne  bourgade  suburbaine, 
par  suite  de  l'ouverture  du  canal  Saint-Martin. 

''  Le  Bourget  est  une  petite conmiune  de  700  ha- 
bitants, appartenant  au  canton  de  Pantin  et  à  l'ar- 
rçndissement  de  Saint-Denis.  La  itchaucée»  dont 
il  est  ici  question  est  une  des  plus  anciennes  routes 
du  royaume;  elle  est  établie  sur  le  parcours  d'une 
voie  romaine  de  Paris  à  Soissons. 

'*'  La  porte  Saint-Denis ,  dont  jwrie  notre  auteur, 
appartenait,  conmie  toutes  celles  tpi'il  mentionne, 
à  l'enceinte  de  Charles  V.  Elle  était  située  au  dé- 
bouché de  la  rue  d'Aboukir,  et  était  nommée  tantôt 
Porte-Boyale ,  parce  que  les  rois  y  faisaient  leur 
première  entrée  solennelle,  en  venant  de  Saint- 
Denis,  et  que  leur  dépouille  mortelle  y  passait 
encore  j)our  être  inhumée  dans  la  célèbre  abbaye; 
tantôt  Porte-de-Paris ,  purement  et  simplement, 
c'est-à-dire  la  porte  par  excellence.  C'était,  dit 
M.  Bonnardot,  un  gros  bâtiment  carré  formant 
une  cour  h  l'intérieur,  terrassé  sans  toiture  et  flan- 
qué, dans  les  angles,  de  tourelles  en  encorbelle- 
ment. Après  diverses  modifications,  cette  porte  fut 
abattue  vers  167a.  Elle  avait  été  précédée  d'une 
ou  peut-être  de  deux  autres  portes.  La  plus  an- 
cienne, correspondant  à  l'Archet-Sahit-Merry,  de- 
vait être  placée  entre  les  rues  des  Lombards  et 
Troussevache  (de  La  Reynie).  La  plus  moderne, 
qui  faisait  partie  de  l'enceinte  de  Philippe-Auguste, 
et  qu'on  ap^telait  la  Porte-aujc-Peintres ,  s'élevait 
près  de  l'impasse  de  ce  nom,  au  jwint  où  se  ren- 
contrent aujourd'hui  les  mes  de  Turbigo  et  aux 
Ours  prolongée.  Devenue,  conmie  toutes  les  autres, 
ctfaulse  porte  après  la  constmction  de  l'enceinte 
de  Charles  V,  elle  fut  d'abord  dégarnie  de  ses 
tours,  puis  démolie  vers  i535.  Les  deux  arcs  de 


DESCUH'TION  l)K  PAHIS  SOLS  CHARLES  VI.  JW 

loglise  Sailli  f.adKî"*;  n  une  lieue  est  l<4{li»e  appoll/'C  ia  Chappdlo  * .  lu-m  a  deui 
lieues  csl  Inhhaiu  de  Saint  Denis''),  laquele  est  dexcellenl  édifice  :  la  sont  les 
corps  de  saint  Denis  et  ses  compnifrnons,  saint  Rnlli  '^'  et  saint  Kleulhere  en  prans 
riches  fiertés''^';  si  y  est  une  niaisoncelte  dessus  appelle  Tegurion,  toute  dargent. 


ti'iii[ii|ilic  (''Icvi'h  en  riioiiiioiirtlf  l<<ini>t  \IV  pwivml 
Atrc  coiisidrn'H  i'iuiiiik-  Ii-h  i|iiii(ni''iMi's  |H)rti-H  Suint- 
Dcni»  (!t  Saint-Martin. 

"'  NouH  uvonH  ilt'jti  t'ilit  n'ssiii'lif  i  niili(|iii(i-  <li' 
Saint- Litiiire ,  ù  |>i'ii|n)H  <Ii>  Ii'hIim'  Siiiiit-l,(iin'<Mil. 
Ce  fut  (l'ulMtril  nii<>  l)'])n>H«'n(>,  conHlniiln  Mir  \n 
nùnm  (Ip  rpttr  itliliayn,  ii  iuk-  «'imhiiio  aiwrz  iiiilô- 
tcrniint'c ;  toud'HtiH  il  «-ii  <■»!  fuit  nir>ntion  diSt  lii  fin 
(lu  xn'  siècle,  pt  cent  an»  apriit  on  In  rite  hoiu  Ip 
nom  il(>  Miiùnii  (le  Sdiiil-I.ir.nir ,  Ihmiin  Simrti 
Laiari.  Htail-cc  nioi-s  nn<<  HiiM|il)>  ilorni-in')'  liiispi- 
laiière,  ou  un  «'Iniilism-niciil  nion<iHti(|ui-?  (iroHs«> 
(|nPHlion  (|np  Ips  liistoripris  <Ip  l'iirin  n'ont  |nih  roni- 
|*li't<'rnpnt  ri'-solup.  An  ronnnpiicpnipnt  du  wi'  »ièc|p, 
in  niniNon  dp  Sninl-I.(iznn>.  n'nynni  plus  dp  Ip|ii-pux 
il  HoiipiPi'.  Ptnit  tonilxV  dons  un  rplArliPuipnl  (|ni 
ii|>|>p|ail  MMP  i-i^fornip;  on  y  inli-oduisit  dps  clin- 
iioinps  rpjfuiiti-s  dp  Siiiiil-\  ictor,  i|ni  n'y  lii-cnl  \m» 
un  bipii  long  w'jour,  (-«r.  rpnl  vinjyt  nns  ii|»W,'s. 
Hiiinl  Vini'pnl  dp  i'nni  pu  |)i-<>nail  |H)!Uu>s.sion  |M>nr 
en  fiiiii'  |p  »i«''|fp  dp  dpux  noiivpnnx  ordrps  (lu'il 
venait  dn  fondpr,  la  congn'galinn  de  la  Mission  pI 
l'instilnt  iIps  lillcs  dp  in  (iliarit)'.  I/pnrlos  Saint-liO- 
ziii'p,  (|UP  tnivoi-spnt  iinjonrd'lnii  lu  niu  [^afoyettept 
le  lioulpvard  dp  Miigpnlii .  pt  dons  l'pnrpinlp  du(|up| 
on  n  ronslrnit  hi  l'iirp  du  Nord  ainsi  (jup  l'IiApital 
de  I.JI  itilMtissi^iv.  n  roni|nis.  dans  nos  dpniiprpfi 
luttes  civilps,  une  rplt'briti'  aussi  Iristp  ([up  la 
maison  ptlt^niènip.  Pilk^  pt  inrpndip  Ip  jour  de  lo 
|irisp  dp  la  Itasiillp.  l'ptalilissenipnt  dp  Saint-l.a/are 
fut,  |N>u  dp  tpinp  apnV,  ronvprli  pu  |irisoii,  pI 
c'est  là  (jUP  Kourlior,  C.lu^nipr.  la  Jpuup  Captivp  ont 
pass<'  Ipui-s  (IpHiipi-s  instants.  |)p|inis  l'anni'p  1811. 
la  maison  d'aritU  dp  Sainl-Lazarp  pst  aArj-ctiV  aux 
feiinups  Pt  lillps  prtWpnues,  ainsi  qu'aux  Tgallois*-»- 
iiisouniis>>s. 

''  La  (iliapelle  n'a  jkis  tonjoun*  i^ltf  sous  rinvr>- 
calinn  de  Saint-Denis  :  Ips  plus  ancipiut  titres  la 
dwijpipnt  ainsi  :  Gtprlla  nmelm  Gtnorr/ie ,  et  Kpli- 
bi«>n,  dans  son  lnstoin>  de  TablMiyede  Saint-lVnis. 
jtensp  (pip  la  viprjfp  de  Nanterre  avait,  &  mi-rlieniin 
de  Paris  et  <lu  tomlieau  des  martyrs.  i<taldi  uup 
ivtrnitp  on  oratoire  qui  a  rnnservt'  son  nom.  Plus 
lai-d  on  a  dit  Ln  ChupelU  Saim-lkm*.  il  raison  de 


In  pmximitf'  dp  TnlilMye.  et  par  alirr'«  iation  1^ 
('.linprllr.  L'nMx'  !>•  Itptir  fait  mno»l<T  au  «mm- 
menceinent  du  xiii'  tiède  rniibswe  de  V*f^ 
paroissiale,  et.  par  eomëqoait,  de  k  nirnJMr 
(iplte  ë^ise.  niiiK<e  par  Im  gnarrei  de  nîgioo.  ■ 
M  relWItie  au  xvi'  liMe;  mai*  resInMaa  du  liMiqi 
l'a  rpndne  iiMuflitantp.  et.  de  no*  jour*,  on  a  dé 
conslmire,  entre  ranripti  tdla|;e  H  la  bulle  Mont- 
martre, un  M  Miivp  ];oliii<|ue  qui  a  Hf^  plarr 
sf>us  rinvrication  de  MÏirt  Bernard.  La  Chapefc  a 
pU'  le  thi<Atre  d'ëvénemenU  imporfaoU.  ■ottoai 
l>pn<lanl  les  xiv*  et  xv*  titde»;  maie  cet  Mmmmità 
np|MirtipiniPnt  i  l'Instnire  gi^n<<rale  philAl  qu'aux 
annales  dp  Paris, 

''  L'illustre  ahbatff  de  Stimi-l)fms,  eOÊÊÊtte  Saîol- 
('■ermain-des-Prfis  et  Soinl-Martin-dea-Champa. 
se  rcrusp  h  UUP  sinqile  note.  Le  OMMMalèfv,  le  Ir^Mir 
et  les  londM>s  n)yale«  qo'eHe  rwfcr— il  ont  donné 
lieu  à  des  travaux  historiques  nombreux.  Voici  le» 
prinriponx  :  1*  Antiipiilè»  H  mg¥krkk  il  ftk- 
baye  de  Saint -Denis,  eimtliin  im  nu  d»  FreaM, 
in -8*.  —  9*  Hitloire  Je  l'abbage  it  Stùm-Dtmê 
en  France,  eontenani  le*  antiqiiilet  i'itette,  etc.  tte. 
ensemble  le*  tombeaux,  ett.  par  F.  Jacquet  Don- 
blet,  etc.  Paris.  1695,  in-V.  —  VU  Trimr  m- 
crè  on  Inrenlairet  Je*  eaincte*  rfliifue*  et  «mirti  prè- 
cietu-  joyaux  fw  jc  Mifenl  en  Vrglitt  et  au  amW 
de  r  abbaye  rvfoh  i»  Sainct-Denit  en  Fnmct,  Ht. 
par  Dom  Germain  Millet,  etc.  k'  Mition.  Par». 
ir>&5.  in  19.  —  h'  Hi*loir*  i»  taUtg*  rijaii  dr 
Saint -Déni*  en  France,  eU.  ett.  par  DlMB  MieM 
Ft'libien .  etc.  Paris.  1 706 .  in-M.  Preaqw  law  laa 
lii>loripns  de  la  villp  de  Paris  ont  I 
à  l'nbbaye  de  Saint-IVnis;  il  bol  ( 
|)olpmpnt  le  tome  III.  p.  173.  de  VUitlairrim  im^ 
tèie  it  Ptng,  de  labbë  Le  Beat  Peran  laa  Inrran 
modemee.  il  Crat  Hgnaier  la  MmtgrwpUt  it  FjgSm 
royuh  i*  Sant-Drm»,  lamiiamx  it/gum  Aàakr»- 
fM«f,  par  le  baron  de  CuMwihi|.  fmù.  i848. 
in-18,  et  tHittoirt  ie  tMmf  il  Saim-Dmii  «• 
Frunei,  par  M"*  F^licie  d'Ayne.  Paria.  iMo. 
a  vol.  in-8*. 

'    l.e  manuscrit  por<«>  Hulk .-  il  (rat  hn  1 

'    fV<Tir.  du  latin /frrfnua. 


■230 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


a  riches  pienes,  hiquele  fist  saint  Eioy.  Si  lu  au  premier  la  couverture  de  le- 
g'-se  dargent,  mais  puis  pour  une  grant  guerre  lu  descouverte,  et  lu  pour  ce 
baillie  a  leglise  ung  des  sains  doux,  une  partie  de  la  sainte  couronne,  une  partie 
de  la  lance,  une  partie  de  la  sainte  croix,  le  suaire  Nostre  Seigneur,  le  destre 
bras  saint  Simeon,  une  chemise  de  Nostre  Dame  et  autres  notables  reliques.  lUec 
sont  moult  de  riches  sépultures  de  roys  et  princes;  la  prent  le  Roy  loriflambe 
quant  il  va  en  guerre  :  cest  un  gonfanon,  dont  la  hante  est  dorée  et  la  baniere 
vermeille  a  cinq  frenges,  ou  len  met  houpes  de  vert'"'.  Entre  Paris  et  Saint  Denis 
est  la  place  du  Lendit '-);  et  sur  la  rue  sont  pluseurs  grans  et  notables  croix  enlail- 
lies  de  pierres,  a  grans  ymages;  et  sont  sur  le  chemin  en  manière  de  Monjoies 
pour  adrechicr  la  voie'*'.  La  porte  de  Montmartre**';  a  demie  lieue  prés  est  le 


'''  Voir  l'appendice  sp«5ciaieiiienl  coiisaci-é  à  l'O- 
riflamme. 

'*'  Le  Lendit  a  été  l'objet  de  travaux  im|K)r- 
tants  :  Guillot  lui  a  consacré  un  dit  que  l'abbé  Le 
Beuf  a  imprimé  et  annoté  au  111'  volume  de  son 
Histoire  du  diocèse  de  Paris,  et  qui  se  trouve  inter- 
calé dans  une  savante  histoire  de  cette  foire  célèbre. 
Sauvai  en  parle  également  connne  des  foii-es  Saint- 
Lazare  et  Saint-Germain  :  il  nous  apprend  que  le 
Lendit  commençait  le  mereredi  après  la  Saint-Bar- 
nabe (i  1  juin),  pour  finir  la  veille  de  I»  Saint-Jean 
(ai  juin),  ffce  qui  pourtant,  ajoute-t-il,  n'est  pas  si 
ffbien  réglé  qu'on  ne  laisse  durer  davantage.'»  Le 
premier  mot  dont  on  s'est  servi  paraît  avoir  été 
indictum,  lieu  désigné  pour  une  assemblée;  d'où 
l'on  a  fait  Vindict,  l'endict  et  onfm  Lendit  nu  Lmidit, 
par  suppression  de  l'apostrophe.  La  chose  n'a  pas 
été  moins  transformée  que  le  mot  :  itLe  commen- 
-  cément,  dit  Le  Beuf,  a  ét^  un  concours  de  piété 
fà  un  endroit  indiqué  {indicatus,  indiclus)  dans  la 
tr campagne.  Mais  l'aridité  du  lieu,  où  il  n'y  a  ni  fon- 
ftaine  ni  ruisseau,  y  ayant  fait  apporter  les  besoins 
rrde  la  vie,  il  s'y  forma  peu  à  peu  mie  foire;  et 
-lorsqu'elle  fut  établie  on  la  continua  plusieurs 
"•jours.  C'était  ainsi  qu'avaient  dégénéré  tous  les 
rr  concoure  faits  autrefois  aux  tombeaux  de  quelques 
ffsaints.i  (Hist.  du  diocèse  de  Paris,  t.  III,  p.  abh.) 
On  peut  juger  de  l'importance  de  la  foire  du  Lendit 
par  la  seule  énumération  des  contrées  d'où  prove- 
naient les  marchandises  qu'on  y  voyait  exposées. 
Guillot  cite,  en  France,  les  Ardennes,  Rouen, 
Provins  ,  Douai ,  Cambrai ,  Maubeuge ,  Avesnes , 
Nogent-le-Rotrou,  Dinan ,  Caen,  Louviers,  Bre- 
teuil,  Vernon,  Chartres,  Beau  vais,  Évreux,  Amiens, 
Troyes,  Sens,  Aumale,  Les  Andelys,  Doullens, 
Montreuil,  Saint-Quentin.  Saint-Omer,  Abbeville, 


Châlons-sur-Mame,  Valenciennes ,  Thorigny.  Dar- 
netal,  Bonneval,  Nogent  -  le  -  Roy,  Châteaudun, 
Mondoubleau.  Corbie,  Aire.  Bayeux,  Lille,  Arras, 
Vervins,  Étampes,  Melun.  Pontoise.  Meaux.  Lagny, 
Cbâteau-Landon ,  etc.  et.  hoi-s  du  royaume,  l'An- 
gleterre, les  villes  de  Gand,  Ypres,  Malines, 
Bruxelles,  Louvain.  Toumay.  Courtray.  Hall, 
Huy,  etc.  C'était  donc  principalement  une  assemblée 
des  marchands  et  fabricants  du  Nord.  On  peut  con- 
sulter encore  sur  le  Lendit  les  deux  grandes  his- 
toires de  Saint-Denis  par  Doublet  et  Félibien. 

'''  Ces  croix  s'élevaient  sans  doute  sur  un  petit 
tertre  ou  au  sonmiet  d'une  plate-forme  h  laquelle 
on  accédait  par  des  degrés,  comme  j)our  tous  les 
calvaires  de  cette  époque;  ce  qui  exjilique  la  locu- 
tion dont  se  sert  Gnillebert  de  Metz  rpn  manière  de 
fT Monjoies»  {mons  gaudii).  c'est-à-dire  comme  de 
petits  monticules.  Quant  ii  l'expression  Tadrechier,») 
elle  est  la  traduction  littérale  du  latin  adreteiare, 
rendre  droit  ou  (hrect,  et,  par  extension .  indiquer. 
(Voir  Du  Cange,  édit.  Henschel,  t.  I.  p.  9-2.) 

'*>  La  première  porte  Montmartre ,  appartenant 
h  l'enceinte  de  Philippe-Auguste,  était  située  un 
peu  au  delà  de  la  rue  du  Jour  ;  on  l'appelait  aussi 
porte  Saint- Eustache;  construite  dans  le  style  mili- 
taire du  xiu*  siècle,  elle  fut  remaniée  à  diverses  re- 
prises et  disparut  vers  la  fin  du  règne  de  Fran- 
çois I".  La  seconde  fut  élevée  à  la  hauteur  de  la  rue 
actuelle  d"  Aboukir,  lors  de  la  construction  du  nuir  de 
Charles  V,  et  on  ne  la  munit  d'un  pont-levis  qu'en 
l'année  i495.  Après  avoir  subi  diverses  modifica- 
tions, tant  dans  sa  structure  que  dans  ses  dépen- 
dances, elle  fut  abattue  vers  i634.  Une  troisième 
porte  Montmartre  fut  édifiée  sous  le  règne  de 
Louis  XIII ,  lors  de  la  réunion  à  la  Ville  du  quartier 
de  Bonne-Nouvelle  et  de  toute  la  région  occidentale 


z 


7. 


<       <■ 


l)KS(;ini»TU)N  DE  PAHIS  SOLS  CHAULES  VL  M| 

muni  on  len  pronl  lu  plaHlrc  dont  len  fuil  ic»  maisons  de  Paris"  ;  sur  lc(|uel  mont 
ost  une  abbaye  de  nonnains'^'.  Item,  au  pi*';  du  mont,  est  legiise  sppell^e  des 
Vlurlii's,  (|U(!  H<iiiit<;  fîiMicvieve  fonda,  on  saint  Denis  et  ses  compai|;non»  furent 
decolez'').  l.n  porte  Saint  Ilonnor*';'*)  :  la  sont  forbours  ou  est  leglise  appellée  au 
Molle '^'.  Item  a  deux  lieues  est  le(;lise  Nostrc  Dame  de  Kouloi{;nc  la  petite,  ou  len 


liiiiili'-t-  ilf|iiiis  |Mir  l<*  cour*  ou  Iniulefard.  Klles'ële- 
viiil  l'iilri-  In  liiiildiiii'  dr  MoiiliiKircnry.  iVtvfiHiiciil 
il)'iiiulii-.  cl  la  ruf  ilcs  Jct'iiu-urH,  |>rpiM{UPPii  f«<-«'  (!<• 
lii  mi!  Suilil-Mnrc;  noln>  nutriir  im  Ta  l'vidpiiiMiciit 

|M»  C()IIIIU<>. 

'''  "La  pluHln'i  n»l  riiciilioniH'o  |Mir  (oiih  l«t(  nn- 
r'ipm  liiHlorioiiH  rlo  I'iiHh  :  on  |M-ut  voir  ri>  (lu'cii  dit 
Jfiiii  (le  Jniiiliin  (  Traité  des  louaugfi  de  Pari»,  p.  76 

'''  l/aliiinyr  de  Moiiliiitirlro  a  •Ui*.  roinnio  loti» 
Iph  }rraii<lH  inoiiaHtt'rrH  île  Parin.  l'objet  d«*  travaux 
Jni|)<irtiiiilH.  MUiHliiire  dr  Siiiiil-\liiilin-dp»-Cli(imfii 
par  |)oiii  Mairit'i'  et  le  (iiilliii  chrMana  en  |inrl)>iil 
fort  loiigurnicnt  ;  Du  lircul.  Sauvai  et  rablx'  \je 
llrurs'i'ii  Hdiil  aussi  l)i-aiii'i)U|>  iiitii|i«<s.  I)<>  mm  jours 
M.  (le  (■uillicriiiy  a  publii-  un  savant  n)6noin>  sur 
ce  sujet  [Mém.  j.rfimtrg pnr  dirrr» tnrani* élrnn/jen 
à  l'Acad.  des  iiitcript.  t.  I".  ji.  178.)  \\.  Mitiiel  de 
TnHaijfne  a  (Ioium'  ('(jaieuient  une  niono([rapliie  de 
Montmartre.  Au  nionienl  on  «'•crivait  (luillelM-rt  de 
Metz ,  i'alibaye  de  Montmartre  iHail  encore  «ur  le 
sommet  de  la  monla|rne;  aussi  dit-il  :  "Sur  le^piel 
itinonl  l'st  une  aliliaye  de  nonnniiis.  «  l.e  nionast)>n> 
d'en  l>as  ne  l'ut  ronstniit  i|u'en  ifi-i-i,  et  la  rom- 
nnnuiuli'  se  dt'-iloidiiii  |Hinr  le  |NMi|>lrr;  mais,  vu 
ifiHi.  elle  s'y  lnins|M)rta  tout  entière.  aiMUidon- 
nant  l'i'fflise  Saint-l'ierre.  qui  n'était  auparavant 
«pi'à  demi  paroissiale,  cl  <pii  le  devint  ainsi  tout  ii 
fuit.  \ai  rue  et  la  place  de  l'AItluiye.  ain.si  ipie  In 
mairie  du  xvni'  arnindissenient  et  ses  environs  im- 
UKMJials  .  manpient  aujourd'hui  remplacement  du 
second  nioiuistère;  «punit  au  premier,  il  toiiciinit  il 
l'éj^lise  Saint  -  l'ieriT.  Sur  l(>  plan  de  La  (iaille,  ipii 
ml  de  1 7 1  & ,  on  aperçoit  une  ligue  de  bAtinH>nts 
escaladant  In  montaf^iie  et  n'unissant  ii  l'nbiMiye 
d'en  lins  l'église  ainsi  ipie  le  ci^i'iir  des  ii>li(jieu»<* 
plnci*  derrière  l'almide.  C'est  sur  ce  point  «pi'on 
n\nit  élevi!  une  tour  eu  clinr|)eute  et  eu  phUre  |)our 
le  si-rvire  du  li'lélé);raplie. 

''  L'(')jlisiMlesMnil\r»,  siluiViimi-cAte,<>»t  mm- 
lioniiée  dt'-s  le  m*  siècle;  on  l'npiielnit  vul|jnin>meiil 
le  Martyre,  rtsnnrtuin  martyriiim.-  Celte  rliii|H'lli'. 
ligun'e  sur  le  plan  de  Du  ('erreau .  est  ci-lèliiv  |Miiir 
avoir  ét<>,  en  1  •'>:{'!.  le  U'ii-eau  de  la  Com|Ni|{nie  lie 


ié»u».  I>>»  guerrm  tin  rpli(pon  b  ruinimil  ;  niMs  WIr 
fut  Nompliieusifiiiiii  riHaldie.  k  U  Miiti*  île  in  «Uieaa- 
vert<>.  faite  en  1 1>  1 1 .  d'un  caveau  que  foo  crul  Mrr 
le  tomJN-nu  de  saint  l)<-nu.  (>t  é^éammàL  Monta . 
ainsi  <{ii''  h' u-.  v)>iion5)  de  le  dire,  la  li amialîtw  dn 
iiioii.i~irr.  .  (jiii  n  sulKiisti'  Mirnon  noavel  empiare- 
iiii'iil.  jiiMpi'n  Ji'jHMpie  lie  la  Révoiutioii. 

''>  Ltt  porte  Sainl-lltmori ,  qu'a  vue  (iuillrlierl  dr 
Met?  '  t'>iiti'rr||.'<piiapparteoaitàreDeniile 
de(.;.  '  '  I 'i<i> 't.iii  «iiu^  entre  les  nMada 
HenqMirt  et  Jimiuh  In  ptMC  Ktade  dn 

Tlii'âtre-Fninçais.  iJie  .si  nii-hre  p»»ur  avoir  »uIh 
eu  lA'ig,  l'attaque  de  Jeanne  d'Arc.  IV«  UtuAU"* 
faites  en  1 860  et  suivie*  avec  le  phi*  gnmd  •uin  par 
le  «enice  des  travaux  liisloriquet.ootpenniadefiirr 
avec  ta  plus  entière  certitude  Pcoqilacenient  et  la 
structure  de  cette  porte.  \jt  réauMat  de  ce  Iravait 
est  cunsigiii'  dans  te  tome  !"  de  la  TtfMfptfUi  kiit^ 
rique  du  Vieux  Pari*  (n'fj.  du  l»urre  H  deaTnife- 
leries,  ap|iendice,  p.  n).  Ou  peut  lire,  dana  la 
ménie  volume,  les  savantes  page*  conaarr^M  k  la 
première  |iorte  Saiul-lioiM>ré.  qui  éUii  tilmée  ri^è- 
vis  rtJraloin-  ^p.  ib'iK  «H  il  la  troiiiét  porte  dn 
même  nom ,  qui  s'élevait  entre  tes  rues  Itovale  et  ilr 
Snint-Florenliu  ,  à  soiiaute-iieu»  métrai  de  eelie 
demièn'  me  (p.  3a«). 

'  U  HoUe  ou  Romh,  RoUmi,  Rotubu.mAwÊm- 
lioiuié  dès  le  conMnencflnMBt  dn  vaf  aiède  :  e  était . 
comme  Saint-I^aiare.  une  léproaerie  lhad<e  par  b» 
ouvriers  de  In  Monnaie  de  l'ario.  et  |i»umie  d*noe 
rlin|ielle  |)our  le  service  de*  malade*.  LliApiial  H 
In  rlin|M>lle  snlisistèrpiii  jusqu'il  b  findn  ytl'  litelt  ; 
ninis  il  urriva  là.  ainsi  qu'au  lanlMtti)f  Snint-Dcnî*. 
que  les  li>preu\  firent  liefiul  et  que  In  bitinifnta. 
lomtNinl  en  mines,  ne  fiin-nt  |ininl  réparte.  Ceil 
alors  que  les  iMiliildiiU  du  faiilxHirg .  ikwt  iei 
s'(-lnit  benuciMip  accru .  demandèrvot  la 
de  Mtir.  de  maniiR  à  joindre  b  Ronb  h  h  Vile- 
l'ÉvAque  (t6S9-i7«t).  L'fflny —Mit  a* il  étawt 
de  Clicfay  et  de  Villi«w  1»  Garenne,  leun  pamtaM>i> 
leur  lit  denMnder  et  obtenir  lui  U'ire  paraiiMi  penr 
l'aiH-ienne dMpde  du  Roule,  qm  tak  remplae^.  à 
la  lin  du  aitde  danMi .  parréjgiiaeactndh  de  Saint- 
Jacques  et  Saint -Philippe,  «nre  de  Ta 


232  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OKIGINAUX. 

fait  raoult  de  pèlerinages"';  illec  prés  est  le  pont  Saint-Clou,  ou  a  deux  fortes 

tours '^'. 

XXX. 

LA  QUINTE  PARTIE  EN  LAQUELLE  EST  DEVISÉ  EN  GENERAL  DE  LEXCELLENCE  DE  LA  VILLE  W, 

Len  souioit  estimer  a  Paris  plus  de  quatre  mil  tavernes  de  vin,  plus  de  (juatre- 
vingt  mil  mendians,  plus  de  soixante  mille  escripvains;  item  de  escoliers  et  gens 
de  mestier  sans  nombre  ;  item  la  compaignie  prelas  et  princes  a  Paris  assiduel- 
nient  conversans,  les  uoblesces,  les  estas,  les  ricliesces  et  diverses  merveilles  so- 
lennitez  et  nouvelletez  ne  pourroit  nulz  raconter  ])arfaitement.  Len  estimoit  lor, 
largent  et  pierreries  estans  aux  relicjues  et  vaissellement  des  églises  de  Paris,  va- 
loir ung  grant  royaume.  On  mengoil  a  Paris,  cliascune  sepmaine,  lune  parmy 
lautre  comptée,  quatre  mille  moulons,  deux  cent  quarante  beufs,  cinq  cens 
veaux,  deux  cens  pourceaux  salés  et  quatre  cents  pourceaux  non  salés.  Item  on 


Clialgrin.  Le  modeste  faubourg  dont  parle  GuU- 
lebert  de  Metz  a  pris,  de  nos  joui-s,  un  dévelop- 
pement immense. 

'■'  Notre  auteur,  ainsi  qu'on  a  pu  le  remarfjuer. 
aime  h  citer  les  lieux  de  pèlerinage;  il  s'y  rendait 
sans  doute  avec  la  foule,  et  le  souvenir  lui  en  res- 
tait. Boulogne  rfla  petite"  dont  il  parie  ici,  pour  la 
distinguer  de  Boulogne-sur-Mer  était,  depuis  le 
conunencement  du  xiv*  siècle,  célèbre  par  l'aflluence 
de  peuple  qu'elle  attirait.  On  connaît  l'origine  de 
cette  dévotion  :  Pbilij)j)e  le  Long  ayant  donné  aux 
()èlerins  de  retour  de  Boulogne-sur-Mer  la  per- 
mission de  consti-uire  une  église  au  village  de  Me- 
nus-lez-Saint-Cloud ,  le  nouvel  édifice,  dédié  à  Notre- 
Dame  comme  l'église  mère,  et  bâti  sur  le  même 
modèle,  fut  achevé  en  moins  de  dix  ans  et  eurichi 
d'indulgences  par  le  pape  Jean  XXII.  Le  terrain 
provenait  d'un  défrichement  de  la  forêt  de  Bobore- 
tum  (Rouvray),  qui  s'étendait  antérieurement  jus- 
qu'aux bords  de  la  Seine.  Les  bourgeois  de  Paris 
s'allllièrent  en  foule  à  la  nouvelle  confrérie  de 
Boulogne-la-Petite ,  et  Nicolas  Flamel,  dit  Moreri, 
déjiensa  beaucoup  d'argent  pour  la  rendre  floris- 
sante. Le  village  s'est  développé  depuis  dans  de 
grandes  proportions,  et  les  pèlerinages  à  Boidogne- 
la-Grande  ont  recommencé  de  nos  jours.  L'église, 
que  Zeiller  a  gravée  dans  sa  Topogrnphia  Galliœ, 
vient  d'être  l'objet  d'une  restauration  complète. 

'^'  L'histoire  civile  et  religieuse  de  Saint-Cloud 
serait  longue  h  écrire  :  il  s'est  passé,  en  elfet,  bien 
des  événements  dans  le  village  de  Novigentum, 
depuis  la  retraite  du  fils  de  Clodomir  jusqu'à  l'as- 


sassinat de  Henri  III.  Guiliebert  de  Metz  ne  parle 
que  du  pont;  nous  nous  bornerons  à  dire  ce  que 
l'on  en  sait.  Il  est  probable,  dit  l'abbé  Le  Beuf. 
(pi'il  y  en  avait  un  dès  l'année  84 1  ;  mais  on  en 
constate  positivement  l'existence  en  1 3 1 8 ,  et  il  est 
dit  que  des  moulins  y  étaient  établis.  Comme  il 
tombait  de  vétusté,  on  fut  obligé  de  le  recons- 
truire dans  les  premières  annt'-es  du  xiv*  siècle.  Le 
Laboureur  (Histoire  de  Charles  VI,  p.  786)  dit 
qu'en  1 4 1 1 ,  année  où ,  selon  le  Journal  d'un  bour- 
geois de  Paris ,  le  pont  fut  trlivré  aux  Arminaz  par 
irun  faulx  traitre  qui  on  esloit  cappilaine,T<  ce  |)ont 
était  partie  en  bois,  partie  en  pierre,  et  qu'on  y 
avait  construit  une  forteresse.  Guillel)ert  de  Metz 
nous  apprend  ((u'elle  consistait  en  "deux  fortes 
"tours,')  qui  dispamrent  probablement  en  i556, 
lors  de  la  reconstniction  onlonnéepar  Henri  II.  On 
a  répété,  à  propos  du  pont  de  Saint-Cloud ,  l'histoii-e 
bien  connue  de  rinter\ention  du  diable,  qui  s'était 
réservé  l'âme  de  celui  qui  y  passerait  le  premier, 
et  qui  n'eut,  en  définitive,  que  Xàme  d'un  chat. 
Sully,  dans  ses  mémoires,  met  l'entretien  du  pont 
de  Saint-Cloud  à  la  charge  de  la  province  de  Nor- 
mandie, probablement  à  cause  du  commerce  qu'elle 
faisait  sur  la  Seine.  Le  Beuf  assure  [Histoire  du 
dioc.  de  Paris,  t.  111,  p.  5o)  qu'on  a  imprimé,  de 
son  temps,  sous  le  titre  de  Petites  annales  de  Saint- 
Cloud,  une  relation  des  événements  accomplis  sur 
ce  pont. 

'''  Les  observations  auxquelles  cet  essai  de  sta- 
tistique peut  donner  lieu  nous  ont  paru  devoir 
excéder  les  limites  d'une  simple  note  ;  nous  en  avons 


IJESCRIl'TION  DE  PARIS  SOLS  CHAULES  VL  233 

y  vcmloit  cliascun  jour  Hcpt  cens  tonneaux  de  vin,  dont  le  Roy  avoit  «on  qua- 
trième, sans  le  vin  des  escoliers  et  autres  <|ui  nen  paioient  point,  comme  les  sei- 
gneurs et  autres  pluseurs  qui  le  avoient  sur  leurs  iieritagiTs'' . 

(îrant  riiose  estoit  de  Paris  (|uant  inaistre  Kustace  de  Pavilly,  maislre  Jclian- 
Jarçon,  frère  Jac(|ues  le  grant,  le  maistre  des  Matliurins  et  autre»  docteurs  et 
clercs  soloienl  jjrescliicr  tant  dcxceltens  sermons;  et  du  beau  s(;rvice  divin  quon 
y  celehroil  lors.  Ilcm  «piant  les  roys  de  France,  de  Navarre  et  de  Cecillc,  plu- 
seurs ducs,  coules,  |)reliis  et  autres  seigneurs  luilaides,  frequeutoient  illec  asKsi- 
duelnienl.  Item  (|uant  y  dcmouroient  maistre  (iillc  des  Cliamfis,  souverain  doc- 
teur en  tiieologie;  maistre  ll<;nry  de  Fontaines,  astrologien;  iabbé  du  Muni 
Saint  Michel,  docteur  en  droit  canon;  levesque  du  Puy,  en  droit  civil;  maistre 
Thomas  de  Saint  Pierre,  en  médecine;  maistre  Gille  Soubz  le  Four,  en  cirurgie, 
et  pluseurs  cxccllens  clei-s  de  plaisant  retiiorique  et  éloquence.  Item  quant  y 
conversoient  maistre  Lorenl  de  Premier  Fait,  le  poète;  le  théologien  alemant. 
qui  joiinit  sur  la  vielle  ;  Guillemiii  Dancel  et  Perrin  de  Sens,  souverains  harpeurs: 
Cresc(!(|ii<!s.  joueur  a  la  rel)('c  ;  Chyncnudy,  le  bon  corneur  a  In  turelurelle  et 
aux  fleules  ;  Bacon,  qui  jouoit  chancons  sur  la  siphonie  et  tragédies.  Item  (îobert, 
l(!  souverain  escripvain  (|ui  composa  lart  descripre  et  de  tailler  plumes;  et  se» 
disciples  qui  par  leur  bien  escripre  furent  retenus  des  princes,  comme  le  juenne 
Flamel  du  duc  de  Berry,  Sicart  d\i  roy  Hichart  dEngleterre,  Guillemin  du  grant 
maistre  de  Rodes,  Crespy  du  duc  dOrleans,  Perrin  de  h-mpereur  Sigemundus  de 
Bomme,  et  autres  pluseurs  (■' . 

Item  pluseurs  arlilicoiix  oumuts,  comme  llermuu,  (|ui  pulmil  tlymiin>  de 
diverses  formes;  Willeim  lorfevre;  Andry,  «pu  ouvroit  de  laiton  et  de  cuivn- 
doré  et  argenté;  le  potier  (pii  Ivuml  les  rossignolz  chanlans  en  y  ver;  les  trxiU 
frères  erdumineurs  et  autres  dengigneux  mestiers.  Item  Flamel  laisné,  escrip- 
vain qui  faisoit  tant  daumosnes  et  hospitalitez  ;  et  (ist  pluseurs  maisons  ou  gens 
de  mestiers  dcmouroient  en  bas,  et  du  loyer  quilz  paioient  estoieni  soutenus 


doni-  fnil  r(ibj<>t  iriiii  n|>|M>ii(lin'  ({non  trouvera  à 
la  fin  (lu  livre  (l<>  GiiillolM>i'l  ilc  Metz. 

''  Le  privil(<gc  dont  |«rle  ici  (hiillebert  deMetx 
existait  en  cITct  |M>iir  lt><t  ikoliers .  I<>s  l>our(][eois  et 
les  grands  soigneurs.  Kn  ce  (|ui  ronccnie  les  éco- 
liers, une  bulle  d'Iimncont  IV,  pulilii^  en  ta&S. 
les  nvnil  exempti's  de  tout  |n<n(fe,  soit  |)our  aller 
à  Pari»,  soit  |Kiur  en  n-vcuir.  Un  denii-siMe  plu» 
tiu-d  (1997),  riiilipiH-  In  Bel  ronlirum  et  nu|Tuicntfl 
celte  iniMiuiiiU';  il  nlTraurliit  de  tout  droit  les  objeto 
npiMirtennul  nux  t'Uuliants  ou  destint^  il  leur  usage. 
!.e  vin  se  Irouvnil  nnturellenieni  compris  dons  cette 
exemption.  (\oir  Du  Koidlay.  Uuloria  Unir.  Paru. 
I.  m  ,  p.  943,  et  Crevier,  t.  il,  p.  «38.)  Quant  aux 


■  ItT. —  1. 


Iiourgcois  et  aux  MM};neur».  ils 
HMtièrc  de  boissons  un  iloulile  }OTvià%e  :  d*ahml . 
ib  ne  devaient  aucun  droit  lie  ^ro«  ni  <f  «lyaMMa- 
lion  |Hiur  le  vin  proveoaol  de  bon  cru*  cl  (ksiinr^ 
il  leur  |>n)|ire  coQsommatioa;  pak  fl  Uut  ébil  Wh 
sible  de  vendre  eox-oitnm  le  via  de  km  vigae»; 
et  les  eommis  du  fannier  iet  Aidet  w  pianaiaat 
|)((m<trer  diei  aoi  qu'avec  une  penHaai»  de  b 
justice.  Lea  iwawhanil»  de  vias  aa  aoMI  saufl 
plaints  de  eet  état  de  rtMses.  (Voir  De  L«mrp. 
Trmili  dr  Js  po&ct,  t  III.  p.  7&«.) 

<"  Pour  lB>a  ha  pfiiwwagta  rilli  il—  e»  para- 
graphe  ei  dans  le  suivant,  voir  les  appmdirrs 
plaeés  è  la  lin  du  tivre  de  GdWMrt  da  MalL 

Sa 


TMx  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

pouios  laboureurs  en  hault<".  Item  la  belle  sauniere,  la  belle  bouchiere,  la  belle 
charpeiitiere  et  autres  dames  et  damoiselles  ;  la  belle  herbiere  et  celle  que  on  cla- 
moit  la  plus  belle,  et  celle  quon  appeloit  belle  simplement (■^>.  Item  damoiselle 
Christine  de  Pizan,  qui  dictoit  toutes  manières  de  doctrines  et  divers  traitiés  en 
latin  et  en  francois.  Item  le  prince  damours,  qui  tenoit  avec  lui  musiciens  et 
galans,  qui  toutes  manières  de  chancons,  balades,  rondeaux,  virelais  et  autres 
dictiés  amoureux  savoient  faire  et  chanter,  et  jouer  en  instrumens  mélodieu- 
sement. 

Longue  et  grant  chose  seroit  de  raconter  des  biens  que  en  y  usoit,  mesmement 
quant  si  pou  de  chose ,  comme  estoit  limposicion  des  chappeaux  de  roses  et  du 
cresson,  valoit  au  Roy  dix  mil  frans  lan'''.  Il  souloient  venir  solacier  a  Paris  lem- 
pereur  de  Grèce  W,  lempereur  de  Romme  '^',  et  autres  roys  et  princes  de  diverses 


'  Nous  donnons  aux  appendices,  d'après  l'abbë 
Vilain,  le  plan  et  la  vue  de  l'une  de  ces  maisons, 
qui  existe  encore  rue  de  Montmorency. 

'''  Notre  auteur  semble  avoir  devancé  les  bal- 
lades de  Villon  en  l'honneur  de  la  belle  heau- 
mière,  de  la  ffente  .laiicissière ,  de  Blanche  la  sava- 
tière,  de  la  belle  gantière,  de  Katherine  l'éperonnière , 
sans  compter  Margot  sa  mie,  dont  la  profession 
ressemblait  beaucoup  à  celle  des  habitantes  de 
Glaligny  et  de  Baille-Hou.  Guillebert  de  Metz  pou- 
vait regretter,  comme  Villon,  les  dames  du  temps 
jadis  et  les  neiges  d'antan;  mais,  ainsi  que  le  poëte 
populaire,  il  rendait  pleine  justice  aux  beautés 
contemporaines,  et  il  les  cherchait  de  préférence 
dans  l'atelier  et  dans  la  boutique.  Cent  ans  aupa- 
ravant, Jean  de  Jaiidun.  personnage  grave  et  tout 
occupé  de  questions  politiques  et  religieuses,  avait 
également  célébré  les  «  charmes  inelTables  i  des 
Parisiennes  de  son  temps.  (  Traité  des  louanges  de 
Paris,  p.  56  et  67.) 

'''  Ce  genre  d'impôt  est  assez  peu  connu,  et  l'on 
ne  saurait  dire  s'il  rapportait  au  Roi  la  somme  dont 
parle  Guillebert  de  Metz;  mais,  en  ce  qui  concerne 
les  tr  chappeaux  de  roses ,  »  nous  voyons ,  par  la  rede- 
vance de  la  bouquetière  de  Sainte-Opportune,  tpielle 
devait  être  l'importance  de  ce  conunerce,  au  seul 
point  de  vue  des  foimiitures  faites  aux  églises.  La- 
dite bouquetière  était  tenue  de  livrer  :  1  °  les  joiu^ 
de  Pâques  et  de  sainte  Opportune,  un  bouquet  des 
plus  belles  fleurs  de  la  saison,  pour  la  quêteuse; 
•!°  à  la  fête  Dieu,  im  chapeau  de  fleurs  d'omnger  ii 
trois  rangs,  pour  le  saint  sacrement;  un  chapeau 
pour  le  curé,  et  six  autres  pour  les  diacres,  sous- 
diacres  et  porteurs  de  ciel  (dais);  trente  chapeaux 
avec  du  vert,  pour  le  clergé  de  la  paroisse;  cinq  bou- 


quets à  branche  pour  les  marguiUiers;  cinq  dou- 
zaines de  bouquets  ronds ,  dont  dix-huit  tout  de  fleurs , 
pour  les  anciens  et  les  porteurs  de  ciel  ;  un  chapeau 
pour  la  croix;  3°  tous  les  matins  de  chaque  jeudi, 
un  chapeau  de  belles  fleurs  selon  la  saison,  pour  le 
saint  sacrement.  [Hist.  du  dioc.  de  Paris,  édit.  Co- 
cheris,  additions,  t.  I,  p.  189.) —  Quanta  f impôt 
sur  le  cresson,  il  n'est  guère  plus  facile  d'en  cal- 
culer  le  produit.  De  I^mare  (  Traité  de  la  police, 
t.  III,  p.  363)  classe  la  plante  parmi  celles  qui  figu- 
raient en  abondance  sur  le  marché  à  la  verdure,  et 
donne  la  série  des  ordonnances  et  r^lemenls  re- 
latifs à  la  production  et  à  la  vente  de  ce  légume. 

'*'  r Lempereur  de  Grèce,»  dont  parle  Guillebert 
de  Metz,  est  Manuel  II  Paléologue,  qui,  après  la 
funeste  bataille  de  Mcopolis,  se  rendit  en  Italie, 
en  Allemagne  et  en  France,  pour  implorer  du  se- 
cours (t/ioo).  Le  maréchal  de  Boucicaut,  qui  l'ac- 
compagnait, raconte  ainsi  son  séjour  :  irL'Empereur 
r  arriva  à  Paris,  auquel  le  Roy  et  tous  nos  seigneurs 
des  ducs  allèrent  alencontre  jusques  dehors  Paris, 
ira  tout  grand  route  de  nobles  gens;  et  a  grand  hon- 
irneur  le  receurent,  et  moult  l'honora  le  Roy,  comme 
rr  raison  estoit.  Car,  sans  faillir,  moult  est  l'erape- 
"•reur  Carmanoli  prince  de  grand  révérence,  bon, 
n  prudent  et  saige,  et  est  pitié  dont  il  est  en  telle 
n  adversité.  Et  se  reposa  et  aisa  a  Paris ,  et  le  Roy 
(flui  entretint  tout  son  estât  et  le  delFroya  de  toute 
ff despence,  tant  conmie  il  feut  ou  royaume  de 
"  France.  1  {Livre  desfaicts  du  mareschalde  Boucicaut, 
1"  partie,  ch.  xixvi.)  Les  détails  de  cette  réception, 
qui  fut  magnifique,  sont  donnés  par  Le  Laboureur 
(liv.  XXII.  ch.  1)  et  Juvénal  des  Ursms  (p.  i43). 

'''  «  Lempereur  de  Rome  1  n'est  autre  que 
Charles  IV,  dont  le  voyage  à  Paris  (1877)  "  ^^ 


DESCRIPTION  I)K  PAHFS  SOUS  CHARLES  VI.  M5 

parties  du  monde^''.  Itern  au  couronruMinMil  d<*  la  Itoync  de  FrancA,  YmBoI  de  Ka> 
viere,  quand  olie  vinl  premièrement  a  Pari»,  si  y  vindront  avec  elle  plus  de  m\ 


longunmnnt  Aéc.ril  pr  Ioiim  loi»  liwlorim»,  «H  enluminé 
par  les  pliu  habilm  ininiatiiriHtm  rie  rMif^  i<|KN{ue. 
Chruline  dn  Piaoïi  cl  Ii-m  <iniii<li'»  Ciironi<|ue«  ra- 
content à  p<ni  prèa  dan»  Im  mémea  tamea  lea  divera 
incidcntH  do.  r<>ttr>  visite  inéfnorable;  noua  indique- 
roDH  Heulcmciit  lu  part  (|uc  l'Eciieviiiage  et  la  boar- 
geoiaie  de  Parix  prirent  il  la  r^eeptkn.  «Vimlrent 
•ra  l»'MW)iilrn  (If  liiy  le  Pravoat  de  Paria  et  le  Che- 
nvalifr  (lu  j^iict,  av(<<!({uea  Ires  grant  quanlitti  de 
"leun  ^,om  a  rlmval,  vectua d'onea  robea,  et  »m>\ 
>ry  efttoil  le  Pr(!vo«t  des  Marcfaana,  et  les  Eaefa»- 
"vina  de  la  ville  de  Paria,  et  dea  boorgoia  bien 
frmontÀ  et  vestua  de  robea  my  pertiea  de  Uanc  et 
"rde  violet  :  et  eatoient  bien  en  nombre,  en  ladite 
irplore,  de  dix  huit  cens  o  dciu  mille  liommeg.  de- 
"quoy  leaditu  IVevos  et  chevalier»,  les  Enclievino 
"et  ({rnnt  quantité  de  autres  bourgois  estoient 
f  moiil('s  sur  Ix-niix  deslriers  et  coursiers  très  no- 
irbleinent,  et  se  inir<>nt  rengi(<s  aux  champ,  selon 
-  le  rlieiiiin ,  en  très  lielle  ordenance.  Lors  ae  depar- 
I» tirent  linver  ien  iui(res  le  Prévost  de  Pari»,  le 
I»  Prévost  (les  Mnrrhnns  et  le  Chevalier  du  (ftiet,  et 
(r»e  nprociiierenl  de  lempreur,  et  prta  le  Prévost 
i»de  Pari»  les  paroles  en  disant  :  Tre»  excellent  prince, 
"noiiH  lex  itffieierx  du  Uoy  a  Pari*,  le  Prevotl  de* 
tiMiirrlmm  el  le*  bourgoi*  de  In  bonne  Ville,  nou* 
t  mon*  faire  la  révérence  et  nou*  offrir  a  faire  vo*lre 
"bon  plaimr,  car  ainsi  le  veull  le  Roy  noitre  leignmtr, 
"et  le  HOU*  a  commandé.  Et  lors,  lesdita  Prevoa  et 
"Eschevins,  avec  les  bourgois,  vimlrent  ensemble 
TJns(|ues  a  Paris,  el  estoient  bien  en  la  compain- 
«gnie.  tant  des  otliriers  du  Hoy  comme  dea  gens 
"de  la  ville  de  Pari»,  quatre  mille  chevaux  et 
"|)liis.»>  l.'arcneil  cpie  la  Imnne  ville  de  Pari»  fit  h 
Charles  IV  ne  se  borna  ps  h  ce»  premières  ddmoiis- 
Iralions  •  i»  I^  mardy  ensuivant,  le  Prévost  de» 
irMairlians  el  les  Esrhevin»  de  Paris,  a  heure  que 
fflempreur  disnoit  en  sa  rhambre.  entrèrent  de- 
«fvers  luy  el  lui  pirsi-iiterenl ,  de  |>ar  lu  Vill»*,  une 
"nef  |)esant  neuf  vins  et  dix  mars  dargenl,  dcm'e 
cet  tn»s  rirheinent  ouvnV,  et  deux  grons  floscnns 
»don'7.  el  esinaillie/.,  du  pis  de  septante  mars 
"dardent.  Et  a  son  filt  (le  roi  des  Romains)  pre- 
"senleivnl  une  fontaine  il,ii;;iiil  clmi'..!  ri' li'im'nl 
"OuviVe,  (lu  jHiis  de  (juiilir  \iii;;l  Inv  in.u- ,  .imt- 
"(jues  deux  gnins  |h>8  dargenl  dore»  très  riclie- 
"  nient  ouvres  de  trente  mars  pesans.  <>  Après  avoir 


si  dignement  tké  rarriv(^  et  le  wfyiur.  il  ne  rntail 
plus  aux  offidert  da  Hoi  K  de  b  Ville  tftk  aaJncr 
ie  déport  de  ieu'  Ute;  c'est  ce  qn'ik  flnnt  :  *Le 
ir  Prévost  de  Paria,  le  Chevalier  du  guet,  le  Prevort 
«des  Marchans,  lea  Eadwvins  et  lea  geoa  de  la 
ir  Ville  estoient  devant  ans  dwnipa.  qn  eatownt  *»>• 
«nus  pur  convoier  lenipirrur  «t  chewydiierent 
«devant.  "  (l^i  (îrande*  (Ikroniftm  il  Frmin,  ééL 
>\'-  M.  Paulin  Paris,  t.  VI.  rfaap.  &S.  &«.  6«.  fh.) 
(juillelx-rt  de  MeU  n'indi(|ue  que  d'une  ma- 
nière vague  cea  viailea  royale*  et  prinaères;  nous 
eiierons  les  prineipalea.  L«  roi  de  Chypre,  lea  data 
de  Brabant.  de  l/xTaine  et  de  itar  aawlènBl. 
en  i.3G'i.  ou  couronnement  de  Chaifea  V.  En 
1 366 ,  Jean  de  Montlbrt  \'uA  k  Paria  pov  Irife 
hommage  au  roi  du  duché  de  Bral^gw.  Dan  aoa 
après,  Lionel,  duc  de  Clamée,  seeoad  (il*  du  roi 
d'Angleterre,  fit  le  même  voyage.  En  1371.  voyage 
du  roi  de  Navarre,  Charles  le  Mauvais,  «deven  le 
«rroy  de  France ,  qui  luy  fist  trea  graal  ddov.  H 
"fut,  le  jour  de  la  Pentlieeousle,  vesta  de  robe  p*- 
"reillc  ou  roy  de  France,  et  ot  bouaoe  ramme  !<• 
«roy  avoit.«  L'une  des  deniièraa  riaiiea  royale*  qui 
aient  précédé  la  démenée  de  Chariea  VI  fut  rrilr 
du  roi  d'Arménie,  Léon  VI.  de  la  famille  de  Iah*- 
gnan,  chaaaé  de  aea  Étala  pr  lea  Turcs.  (>  prino- 
vint  à  Paris  en  i385,  et  fut  fort  bienaomeilli  :  «Knl 
«regardé,  dit  Froissart , qœ  le  roy  dAniK>nie.  pour 
«tenir  un  estai  moym,  aeroit  oaaigiié  d'une  rrnU 
«et  revenue  pr  an  sur  la  Chambre  dea  eompte» . 
«et  bien  pyé  de  mois  en  mois,  et  de  leme  ca 
«terme.  Si  fut  assigné  le  dit  roy  dAraMaàe  de 
«six  mille  francs  pr  an,  et  eoat  cinq  nulle  de  pre- 
«sent.  pur  lui  pourvoir  de  duNskre  cl  «aiiMle 
«et  autres  menues  chowa  nmeaaMrea,  il  ImmIcI  de 
«SaincI  Audoin  (Soint-OMa)  ààa  Soiael-DaM. 
«pur  la  deinourer,  lay  et  an  gow,  cl  y  taàr  son 
«estai.  •  (  L*  (iar*  oeAnne  dr  F^mumi,  dMp.  tu.) 
1^  roi  dédra  vëcat  oînai  do  la  iiiaiiilIfWKr  royale 
jusqu'en  1 393 ,  époque  où  il  moamt.  Il  Ait  inhanë 
en  fpunde  pomp  oox  CAolina.  On  ne  mentioaar 
plus,  avant  les  eatrie*  aoloMdka  de  llmri  V  et  da 
duc  de  Bedibrd .  que  ccie  de  remprmir.SiipMMMl . 
qui  eut  lieu  en  1  i  16;  Monalnicl  (I,  dk  cua)  «1 
Juvénal  des  L'rMns  (p.  3*9)  Mw  ca  oat  tnaa- 
m»  les  flétaik  \jp  duc  de  Beny,  locordiaal  de  Bar. 
le  Conaélahie,  le  OMMKciier.  leaPléi«li  de  Paru  rt 


236  DOCUMENTS  ET  ÉGHITS  ORIGINAUX. 

vingt  mil  personnes  a  cheval  que  la  Royne  paya  <".  Item  lan  mil  quatre  cent  dix 
huit,  en  une  mortalité,  morurent  en  lostel  Dieu,  lez  Notre  Dame,  plus  de  trente 
mille  personnes'-*,  comme  il  apparut  en  la  Chambre  des  comptes''',  ou  len  livre 
les  draps  pour  ensevelir. 

CY  FINE  LA   DESCRIPTION  DE  LA  VILLE  DE  PARIS. 


des  Marchands,  les  ofliciers  de  la  Cour  et  de  la 
Ville  allèrent  à  la  rencontre  du  monarque  qui 
arrivait  avec  un  cortëge  de  huit  cents  chevaux. 
Charles  VI  l'attendait  au  palais,  et  le  reçut  au 
haut  de  l'escaher  de  Philipj)e  le  Bel.  —  Guilleherl 
(le  Metz  ,  qui  avait  vu  ou  entendu  raconter  toutes 
ces  merveilles,  et  qui  n'assistait  plus  qu'aux  tristes 
scènes  dont  Paris  fut  le  thdâtre  depuis  l'assassinat 
du  duc  d'Orléans  jusqu'à  l'entrée  de  Charles  VII 
dans  sa  capitale  (i  /107-1  ^Sy) ,  avait  quelque  raison 
de  s'écrier  :  irGrant  chose  estoit  de  Paris  n  quand 
on  y  était  témoin  de  tant  de  splendeurs  ! 

'''  S'il  faut  en  croire  Froissart,  notre  auteur  au- 
rait singulièrement  exagéré  le  nombre  des  jjersonnes 
à  cheval  qui  assistèrent  à  l'entrée  solennelle  d'Isa- 
beau  de  Bavière.  Les  Iwurgeois  de  Paris,  qui  de^ 
valent  former  une  partie  notable  du  cortège,  n'é- 
taient que  douze  cents  :  rf  Et  estoient  des  bourgois 
tfde  Paris  douze  cens,  tous  a  cheval  et  sur  les 
ff champs,  rangés  d'une  part  du  chemin  et  de  Tau- 
irtre  part.  1  {Le  quart  volume  de  Froissart,  ch.  n.) 
Les  bourgeois,  il  est  vrai,  se  bornaient  à  former 
la  haie;  mais  ils  auraient  fait  une  piètre  figure 
devant  rsix  vingt  mil»  chevaux.  Guillebert  de  Metz 
semble  vouloir  expliquer  cette  affluence  de  cavaliers 
en  assurant  que  rrla  Royne  n  les  ffpaya;j!  mais  il 
oublie  de  nous  dire  que  Charles  VI  l'avait  épousée 
sans  dot,  et  que  cette  immense  cavalcade,  venue  de 
Bavière  ou  d'Amiens ,  n'avait  dû  compter  que  sur 
la  munificence  du  jeune  roi. 

''*  Le  Journal  d'un  bourgeois  de  Paris  domie  sur 
ce  terrible  fléau  les  détails  suivants  :  tr  Estoit  a  Pa- 
f  ris  la  mortalité  si  cruelle  quon  neusl  veû  depuis 
tr trois  cents  ans  par  le  dict  des  anciens;  car  nul 
trneschapoil  qui  fust  féru  de  lepydemie,  especial- 
ffment  jeunes  gens  et  enlTens;  et  tant  en  mouru 
ttvers  la  fin  du  dit  mois  et  si  hastivement,  quil 
iT convint  faire  es  cymetieres  de  Paris  grans  fosses, 
(fOU  on  en  mettoit  trente  ou  quarente  en  chascune. 


nei  estoient  arangez  conmie  lars,  et  puis  un  pou 
f  pouidrez  par  dessus  de  terre;  et  toujoui-s  jour  et 
(fnuyct  en  nestoit  en  rue,  que  en  ne  rencontras! 
cNostre  Seigneur  quen  jwrtoit  aux  malades;  et 
ittretous  avoient  la  plus  l»elle  cognoissance  de  Nostre 
T Seigneur  a  la  fin,  que  on  vit  oncques  avoir  ne 
"•crestiens.  Mais  au  dict  des  clercs,  on  ne  avoit 
"  oncques  vue  ne  ouy  parler  de  mortalité  qui  fust 
"si  desvée,  ne  plus  aspre,  ne  dont  moins  eschapat 
rde  gens  qui  féru  en  fussent;  car,  en  moins  de  cinq 
rsepmaines,trespa8sa  en  ville  de  Paris  plus  de  cin- 
nquante  mille  |)ersonne8;  et  tant  trespassa  de  gens, 
frque  en  enterroit  quatre  ou  six  ou  liuict  chefs 
ffdostel  a  une  messe  a  notte,  etconvenoit  raarchan- 
ff  der  aux  preslres  pour  combien  ils  la  cbanteroient.  1 
{Journal  d'un  bourgeois  de  Paris,  édit.  de  1729, 

P-  h-) 

'''  On  peut  s'étonner  de  trouver  à  cette  occasion 
ime  mention  de  la  Chambre  des  comptes,  grande 
institution  qui  avait  pour  devoir  de  contrôler  les 
finances  du  royaume,  et  non  de  irdéhvrer  des  dra])s 
■rpour  ensevelir.'"  Cependant,  comme  il  s'agissait 
il'une  grande  calamité  |)ublique,  il  n'y  a  pas  d'in- 
vraisemblance à  sup|)oser  que  l'Etat  inter>int  pour 
activer  et  payer  les  inhumations,  et  qu'ainsi  la 
Chambre  des  comptes  eût  à  tenir  un  état  des  four- 
nitures nécessaires  aux  ensevelissements.  Le  funeste 
incendie  de  1787  ne  nous  permet  malheureusement 
pas  de  vérifier  le  fait.  A  côté  de  cette  explication . 
nous  croyons  pouvoir  en  hasarder  une  seconde  :  on 
trouve,  dans  les  Preuves  de  FéUbien,  un  reçu  du 
S!»  mars  i5oi,  signé  des  officiers  et  officières  de 
l'Hôlel-Dieu;  et  parmi  ces  dernières  figurent  Per- 
nelle  la  Carabine,  ainsi  que  Marguerite  la  Messie, 
(luahfiées  de  tdames  de  la  chambre  aux  ceetes,» 
c'est-à-dire  intendantes  de  la  lingerie.  Peut-être  alors 
faudrait-il  lire,  trcomme  il  apparut  en  la  chambre 
«•des  coetes,  ou  len  livre  les  draps  pour  ensevelir;» 
ce  qui  serait  beaucoup  plus  naturel. 


( 


ac  iiroile  ae  ia  d"  page  d  une  Dû scnpUou  ûc 


laïiitcae  fans. par  uut 


APPENDICES 


AUX 


DEUX   DESCUII'TIONS    PK  ÉCÉDKNTES, 


I. LA   LOI   SALIQUK  CHEZ  LES   HISTUBIE>8  DE  i'ARIS. 

II.    —    L'UHIKLAMMB. 

III.  I.KS  CIÙS8ES  DR   NOTRE-DAME. 

IV.  LE   DIT   DES   TROIS   MORTS   ET   DES    TROIS  VIFS,  SCI'LI>TB    Ali   POtTAIL  Dl  L'ÉCLISE 

DBS  SAINTS-l>:<IOCEKTS. 

\  .  —  LA   DANSE  MACABRE,   l'BI>TB  SUR   LES   MIRAILLES  DES  CIIAnNIERS. 

VI.  L.l  HOUHGEOISIE  IMHISIKNNK    V    1.»    Vl\   Dl    XIV'  SlÈCLE   ET  Al:   COMMENCEMENT    Dl     \V*. 

Vil.  LES  LETTRES,  LES   AIITISTK.S    KT    I.K.S   ARTISANS   l'AIIISIEN.S ,    A   LA    MEME   EHOgLE. 

VIII.  ESSAIS  DE   STATISTIQl'E   l'ARI8IE»iE  DU  Xl\'"   AU   XVl'  SIECLE. 

I\.        -  LES  CINQ  LETTRES  DU    NOM  DE   PARIS,  COMPILÉ  PAR  U5  NOTABLE   CLBBC   >ORMt^P. 
BN  L'.AN  M.  CCCC  XVIII. 


NOTICE. 


Si  les  ancinniifH  rhroiii(|U<!H,  (|iii  coiiticiiiicnt  en  ffemie  toute  l'hiBloire  de  France,  lont  giaé- 
ralument  l()n|{U)>N  l't  dilTuoeg,  en  revanche,  les  premi^m  deacriptions  où  il  faut  aller  cbaftber 
livs  traits  et  la  physionomie  intime  du  vieux  Paris  ofTrcnt  trop  souvent  une  krièvel^  et  une  aéch»- 
rcsse  df^sespt^rantcs.  Avec  (|u<'l  hutiheur  ne  retrouverait-on  pas  aujourd'hui,  dans  le  pointe 
d'Abbon,  |)ar  exemple,  l'aspect  de  In  rilé,  <le  ses  deux  ponts  et  de  son  enceinte,  au  moment 
des  invasions  normandes;  dans  la  l'hilijyjiide ,  le  tableau  des  accroissements  qui  déterminèrent 
Philippe  Au|pistc  à  entourer  de  murs  la  nouvelle  banlieue;  chez  les  historiens  de  saint  Loois  el 
de  IMiiiippt*  le  Bel ,  des  détails  rirronslaiiriés  sur  la  vie  parisienne,  si  |»eu  connue  à  esttséponc; 
elle/  les  l)io{rrnplies  de  (ilinrles  V,  l'exposé  de  re  travail  de  longue  et  persévérante  rxiaMltiii 
qui  sut  ramener  à  Paris  le  mouvement  et  la  prospérité,  en  même  temp  qu'il  doublait  retendue 
de  la  ville  désormais  rassurée!  Mais  cette  satisfaction,  que  les  archéologues  et  les  bibliophile* 
éprouvent  (|ue!(|uerois,  lorsqu'ils  nietteiit  In  main  sur  un  monument  ignoré  ou  sur  une  pièee 
inédite,  i(-ur  est  bien  rarement  donnée  dans  toute  sa  plénitude;  l'esprit  topugraphique ,  le  ao»- 
timent  descriptif  manquent  pres(|ue  toujours  aux  auteurs  dont  on  parvient  à  exhumer  ainsi  le» 
écrits;  ils  ne  paraissent  pas  avoir  éprouvé  le  besoin  de  dépeindre  les  lieux  que  leurs  contem- 
porains voyaient  aussi  bien  qu'eux,  d(?  raconter  toutes  ces  choses  de  la  vie  ordinaire  qui  leur 
semblaient  alors  ^nns  intérêt,  et  qui,  aujourd'hui,  ont  pour  nous  tant  d'attrait.  Ce  qu'on  » 
appelé  de  nos  jours  la  couleur  hùtorique  et  locale  n'est,  le  plus  souvent,  qu'un  pastiche  tout 
moderne,  dont  on  a  peine  h  retrouver  les  éléments  épars  en  vingt  endroits  difTénat*.  QwumI 
les  historiens  orijpnaux  de  Paris  ont  été  peintres,  c'a  été  sans  le  savoir  i-t  sans  le  «ouloir;  hea- 
reusement  les  ininialurist(!S  sont  venus  h  leur  aide,  et  nous  devons  à  vos  habiles  auxiliaires  de 
très-curieux  rcnseigncment.s  sur  un  grand  nombre  de  points  laiss(H«  dans  l'ombre  |»ar  le»  narra- 
teurs; le  présent  volume  témoigne  de  l'empressement  avec  lequel  nous  avons  utilise  en  précÎMMn 
ressources. 

Mais  à  côté  des  récits  et  des  miniatures,  il  reste  encore  bien  des  édairriasements  k  donner: 
des  textes  comme  ceux  de  Raoul  de  Presles  et  de  Guillebert  de  Mefi  exigent,  pour  être  in» 
avec  fruit,  tout  un  système  d'annotations  el  d'appendices.  Nous  ooos  MMBmM  cftwcëa  é»  fOUt- 
voir  t\  celle  néressilé,  en  pinçant  au  bas  de  chaque  |>nge  les  notes  rigoorease«MBt  il 
Ouels  (|u'en  soient  le  nombre  et  l'étendue,  surtout  dans  la  partie  lopographiqiic 
(îuillebert  de  Metz  sous  la  forme  d'une  simple  nomenclature,  il  était  im|)ossible,  auM  ioler^ 
rompre  la  suite  du  récit ,  de  donner  à  certains  passages  tous  les  développements  qu'ils  i 
Le  tableau  de  Paris,  à  la  tin  du  xiV  siècle  et  au  romnicncement  du  xv*,  restait  à  l'étal  ( 
il  nous  n  sentbié  qu'une  st'rie  d'appendices  compléterait  celte  intéressante  âMwW.  Ifow  <■ 


r*^ 


2i0  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

avons  puisé  les  éléments  aux  sources  mêmes,  c'est-à-dire  aux  documents  originaux,  de  même 
que  nous  avons  emprunté  toutes  les  représentations  figurées  aux  ouvrages  et  aux  monuments 
contemporains  des  deux  auteurs. 

Désignation  Ces  appendices  sont  au  nombre  de  neuf  : 

des  appendice».  ^o  Lg  Loj  Salique  chez  les  historiens  de  Paris  (voir  Raoul  de  Presles,  ci-de88U8,  p.  106,  et 

Guillebertde  Metz,  p.  i35). 

2°  L'Oriflamme  (voir  Guillebert  de  Metz,  ci-dessus,  p.  147,  note  4,  et  p.  lig). 

3°  Les  châsses  de  Notre-Dame  (voir  Guillebert  de  Metz,  ci-dessus,  p.  i54). 

U"  Le  Dit  des  Trois  Morts  et  des  Trois  Vifs,  sculpté  au  portail  de  l'église  des  Saints-Innocents 
(voir  Guillebert  de  Metz,  ci-dessus,  p.  192). 

5°  La  Danse  Macabre ,  peinte  sur  les  murailles  des  Charniers  (voir  Guillebert  de  Metz,  ci-des- 
sus, p.  193). 

6°  La  bourgeoisie  parisienne  vers  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commencement  du  xy*  (voir  Guil- 
lebert de  Metz,  ci-dessus,  p.  200). 

7°  Les  lettrés,  les  artistes  et  les  artisans  parisiens  à  la  même  époque  (voir  Guillebert  de 
Metz,  ci-dessus,  p.  233  et  a34). 

8°  Essais  de  statistique  parisienne  du  xiv*  au  xvi*  siècle  (voir  Guillebert  de  Metz,  ci-dessus, 
p.  232). 

9°  Les  cinq  lettres  du  nom  de  Paris,  compilé  par  un  notable  clerc  normand  (voir  la  Notice 
sur  Guillebert  de  Metz,  ci-dessus,  p.  129). 

h»  Loi  Salique.  Chacun  dc  ces  appendices  a  sa  raison  d'être,  même  lorsqu'il  ne  parait  point  avoir  un  rapport 

l'Onaamme.  direct  avec  l'histoire  de  Paris  :  ainsi,  la  Loi  Salique  et  YOriJlamme  ne  sont  pas  des  sujets  exclusi- 
vement parisiens,  et  cependant  il  faut  bien  reconnaître  que  les  historiens  de  Paris  s'en  sont 
préoccupés  et  qu'ils  leur  ont  donné  une  certaine  place  dans  les  écrits  relatifs  à  notre  capitale. 
Chaque  grande  application  de  la  Loi  Salique  dans  l'ordre  de  succession  au  trône,  chaque  sortie, 
chaque  rentrée  solennelle  de  l'Oriflamme  était  pour  eux  un  événement  tout  parisien;  les  esprits 
en  étaient  vivement  frappés,  et  les  historiens,  témoins  des  manifestations  qui  se  produisaient 
alors,  interprètes  des  sentiments  de  la  population  au  milieu  de  laquelle  ils  vivaient,  ne  man- 
quaient pas  d'en  consigner  l'expression  dans  leurs  ouvrages.  Nous  avons  eu  soin,  d'ailleurs,  de 
dire,  en  note,  à  quelle  occasion  ont  été  écrits  les  morceaux  que  nous  reproduisons,  et  par  quel 
point  ils  se  rattachent  à  l'histoire  de  Paris. 

Les  châsse»  Notre  troisième  appendice  n'est  que  la  reproduction  d'une  note  inédite,  placée  au  commence- 


de  Notre-Dame. 


ment  d'un  manuscrit  de  la  Bibliothèque  impériale  et  contenant  de  curieuses  indications  sur  les 
reliques  conservées  à  Notre-Dame  de  Paris.  Guillebert  de  Metz  est  très-bref  sur  ce  point;  Du 
Breul  donne,  il  est  vrai,  des  détails  beaucoup  plus  circonstanciés;  mais  il  est  juste  de  faire 
observer  que  deux  siècles  le  séparent  de  l'époque  où  écrivait  notre  auteur.  La  pièce,  qui  nous  a 
été  obligeamment  signalée  par  M.  Léopold  Delisle,  vient  précisément  se  placer  dans  cet  inlenalle, 
à  peu  près  à  égaie  distance  des  deux  écrivains;  en  sorte  qu'elle  sert  de  trait  d'union  entre  la 
simple  mention  faite  par  Guillebert  de  Metz  et  la  description  étendue  donnée  par  Du  Breul. 

i.e  Dit  des  Trois  Morts       11  cst  Hioins  uéccssaire  de  justifier  l'insertion  dans  ce  volume  du  Dit  des  Trois  Morts  et  de* 

la  Danse  Macabre,     ^rois  Vifs,  ainsi  que  de  la  célèbre  Danse  Macabre.  Ces  lugubres  sujets,  oîi  l'esprit  du  moyen  âge 

se  révèle  tout  entier,  ne  sont  peut-être  pas  d'origine  parisienne,  mais  on  les  a  naturalisés  à 


•IMI 


APPENDICES  AUX  DEUX  DESCHIPTIONS  PHÉCÉDK.N'TES.  241 

l'ariii  ;  pciiiU  et  Rculptëi*  ou  |>orUiil  d'une  i-^lUe,  »ur  le»  murailles  d'un  cimetière,  è  T^poqu* 
même  où  ('M-rivait  (luilleburt  de  Metz,  i|ui  h»  a  vuh  daiiH  li-ur  nouvi>aut4^,  rrproduiU  eoMiile 
|)r<!H([ii()  partout,  d'npW'x  li;  typ''  parisien,  iU  n'ont  vu,  la  Ihtue  Macabre  surtout,  qu'une  eiis- 
l(!nr<>  ('ïplii'tnt'rc,  ut  l'on  n't'u  ri-trouvi*  nurune  mention  riiez  lex  liiKtorienit  de  Pari*  po»l^eura  «u 
vv*  giJicIc.  Il  eHt  vrai  qu'on  en  a  niultipli(^,  de  nos  jours,  les  reprodurlions  «^rilea  et  les  représen- 
tations fi);ur(^eH;  mais  l'original  parisien,  texte  et  personnage*,  a  subi  de  graves  all^tions,  el 
iiouK  noiiH  Hommes  fnit  un  devoir  de  placer  sous  le»  yeux  du  lecteur  re  que  ffuillelx-rt  de  Meit 
■I  VII  et  lu  iiti  (-oiiimciM'emiMit  du  kv*  siècle  :  /Vout  habttur  ayud  Sauetum  Innorenlnim ,  dit  le  ma- 
iiiiHcril  que  nous  avons  consulté. 

Les  deux  n|>pendires  qui  suivent  sont  un  rompMmcnt  plus  indispensable  cnrorc  du  teite  de 
mitre  nulciir.  On  iciK-onlre,  en  lisant  la  Description  (|u'it  nous  a  laissire,  des  noms  de  boorgMM, 
de  marrlinnds,  de  lettres,  d'artistes  et  d'artisans  parisiens  du  xv*  siècle,  qui  sont  ou  ignorét  oa 
iiii|)nrrnilement  connus.  De  simples  notes  auraient  ét*^  insuflisantes  |iour  mettre  en  lumière 
certaines  existences  devenues  aussi  obscures  qu'elles  ont  |)U  «Hre  «'datantes  aulrf'fois.  Kl  d'ail- 
leurs les  rensei|;nemeiits  (|ue  nous  avons  |)u  recueillir  euHS4>nt  l>eauroup  peniu  à  iMn-  dispersé*  : 
iiliies,  sans  doute,  au  point  de  vue  biograplii(|ue,  ils  n'auraient  pu  oiïrir,  si  on  le*  avait  di*- 
pos(^s  au  bas  des  poires,  cet  ensemble  que  le  lecteur  recherche  et  que  noire  auteur  iTait  en 
vue  lors(|iril  a  composé  son  tableau  de  Paris.  Nous  les  avons  donc  réunis,  sous  deux  rubrique* 
distiiict(;s,  et,  pour  les  rendre  moins  inromplels,  nous  avons  appelé  à  notre  aidr  le  dcuin  et  la 
miniature. 

L'essni  de  sliilisti(|iie  par  lecpiel  (iiiillehert  il<>  .Metz  termine  sa  Detcription  dr  Paris  est  bien 
ini'orme  sniis  doute,  et  les  cliiirres  qui!  donne  en  nombres  ronds,  un  peu  au  hasard,  ont  grand 
besoin  d'iMn-  redressés.  Néanmoins  l'idée  était  neuve,  et,  pour  répo<|uc,  elle  constituait  onvëri- 
Inble  |iro)^rès.  (lotte  considération  nous  a  déterminés  à  (grouper  autour  des  calculs  de  noire 
auteur  ceux  «pie  (îéraud  n  faits  sur  le  Rôle  de  la  Taille  de  i  riQ)  ,el,  de  plus,  quelqui's  détails  sur 
les  consommations  de  Paris,  consif^nés  dans  un  imprimé  anonyme  de  la  fin  du  xv'  siècle.  Il  est 
résulté  de  ces  divers  cliifTres,  rapprochés  do  ceux  de  l'octroi  de  Paris  en  i86S,  certaine*  oona^ 
qiiences  assez  inattendues.  Nous  les  donnons  sous  toutes  réserves,  sachant  bien  que  la  siatis- 
tiipie,  surtout  lorsqu'elle  rcpom*  sur  dos  évaluations  conjecturales,  est  une  science  des  plu* 
périlleuses. 

Reste  une  dernière  pièce  qui  trouve  sa  place  dans  ce  volume,  ainsi  qu'elle  fa  trouvée  dans  le  u. 

maiiiis(*rit  de  Rnixeiles  conteimnt  l'ouvrai^e  de  (îuillebert  de  Metz.  I^  fait  ne  n'sulte  point,  comme      iSmméff»- 
on  |>ourrait  le  croire,  d'une  simple  jiixtn|iosition;  la  copie  de  ce  singulier  morcMO  e*t  de  U  T*^ 

main  même  de  notro  auteur,  (|ui  en  a  fait,  en  quelque  sorte,  la  prt'face  de  son  livre.  Le  «noUble  wii» 
-clerc  normande  (|ui  l'a  composé  ne  méritait  peut-4$lrc  {uis  un  tel  honneur;  son  arrosticbe  n'e*l 
(pi'nn  tour  de  Force,  et  il  Tant  bien  convenir  que  la  raison  s'y  accorde  assez  mal  avec  U  rime. 
Nous  avons  cherché  toiiterois  ù  découvrir  le  sens  de  tous  ces  mots  cousus  l'un  i  Fautre,  et  licM 
de  deviner  les  rapports  qui  les  unissent;  mais  nous  devons  avouer  en  toute  francliMe  <|ne  le  fil 
conducteur  nous  a  souvent  échappé.  Les  '•cinq  leltn»s  du  nom  de  Paris»  resteront  donc,  axer 
leurs  éni|pnes,  comme  un  hommnfje  rendu  h  noire  capitale,  et,  en  m^nie  temps,  comme  un 
écli.'Mil  Mon  du  goût,  du  snvoir-laire  qui  dislin|;unit  les  >ei>i(icaliMir»  ilit  \»' siiVli- 


Si 


••— f"P" 


^W*  Ml   ♦•••  «^«k 


I. 

LA   LOI   SALIQUE  CHEZ   LES  HIST()RIK\S  DE  PARIS. 

(Vdir  Raoul  de  Preslei  et  Guillebert  deMrIz.  cmIi^mim.  p.  loS  et  i36.) 


Il  n'cnlrc  point  dans  noire  pensée  de  présenter  ici  l'ensemble  de  la  Loi  Salique  ou  de 
disserter  sur  ce  premier  code  de  la  nation  franque.  Kn  lont  que  législation  civile,  la  Loi 
Saiiquc  s'est  fondue  dans  la  jurisprudence  écrite  ainsi  que  dans  les  coutumes  du  pays 
franc;  ses  principales  dispositions  se  retrouvent  dans  les  Capitulaires  de  Cbarlemagne, 
dans  les  Ktablissenienls  de  saint  Louis  et  dans  les  nombreux  coutumiers  qui  ré(p»saient  Tan- 
cienne  France.  Quant  à  récoiioiiiie  iji-nt-rale  de  cette  loi  et  à  l'inteqirélation  détaillée  de* 
articles  qu'elle  contient,  il  n'y  a  plus  rien  h  dire  après  les  savants  travaux  de  Du  Tillel, 
(le  Pilliou,  de  Lindcnbrog,  des  deux  Bignon,  de  Baluze,  et  surtout  de  deux  énidils  mo- 
dernes, MM.  Pertz  et  Pardessus. 

Un  souvenir  unique,  une  impression,  si  l'on  veut,  est  resiée  dans  l'cspril  des  chroni- 
queurs qui  nous  l'uni  transmise  :  c'est  que  la  Loi  Sali(|ue  avait  surtout  pour  but  de  régler 
l'ordre  de  succession  au  trùnc.  Aujourd'hui,  comme  au  temps  de  Raoul  de  Presles  et  de 
Guillebert  de  Metz,  Loi  Salique  e.st  synonyme  de  droit  d'atnesse  dans  la  famille  du  sou- 
verain, et  d'incapacité  politique  pour  les  femmes  nées  sur  les  marches  du  Irôae.  Or,  sur 
soixante  ou  cent  litres  (selon  les  manuscrits)  que  renferme  la  fameuse  loi  des  Saliens,  la 
disposition  dont  il  s'agit  occupe  deux  lignes,  à  peine  la  cinquième  partie  de  l'un  de  ce* 
tilrcs;  et  ces  deux  lignes  ont  sunécu  à  toutes  les  institutions  par  lesquelltts  a  passe  la 
France.  Les  voici  dans  le  premier  des  quatre  textes  que  M.  Pardessus  a  réunis  : 

«  De  terra  vero  ,  iiulln  in  miiliere  luvreditas  non  pfrtinebit,  »td  ai  rirHem  lextum,  qmi  Jirttim 
ffuerint,  Iota  terra  perteneunt.  i 

Par  ces  mois  terni  silira,  les  anciens  jurisles  ont  hmjuurs  eiilenilu  la  couronne,  et  e'eal 
ainsi  que  Ohildebert  en  décida  lui-même  dès  l'origine  de  la  monarchie.  Le  Parlement,  ka 
Klats  généraux  sont  restés  fidèles  à  cette  doctrine,  et  les  historiens  de  Paris  n'ont  pas 
manqué  de  consigner  le  fait  en  leurs  écrits.  Jean  de  Jandun ,  dans  son  ^lagmt  et  dana  aoa 
dithyrambe  en  l'honneur  du  roi  de  France,  fait  allusion  à  l'avènement  de  Philippe  le  Long, 
avènement  dont  il  avnil  été  témoin  el  qui  fut  la  première  grande  application  de  la  Loi 
Salique.  Haoui  de  Prestes  put  assister,  dans  sa  jeunesse,  ou  couronnement  de  Philippe  de 
Valois,  seconde  application  du  même  principe;  et  ce  souvenir  lui  a  dicté  sans  doute  Ir 
commentaire  qu'il  a  reproduit  en  abrégé  dans  sa  Description  Je  iVù.  Guillebert  de  Meti. 

9i. 


244  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

enfin,  qui  vit  s'accomplir  la  plus  flagrante  violation  de  l'antique  loi  desSalicns,  par  le  fait 
de  l'intrusion  de  Henri  V  d'Angleterre,  au  détriment  de  td'Ainsné  de  France,»  crut  devoir 
donner  dans  toute  sa  teneur  Vexposicion  faite  par  son  devancier,  protestant  ainsi,  à  sa 
façon,  et  malgré  sa  qualité  de  libraire  du  duc  de  Bourgogne,  contre  l'usurpation  que  le 
traité  de  Troyes  imposait  à  la  France  épuisée  '". 

Par  une  coïncidence  qui  n'a  rien  de  fortuit,  la  dernière  crise  relative  à  l'application  de 
la  Loi  Salique  a  eu  pour  témoin,  sinon  pour  narrateur,  le  premier  en  date  des  grands  his- 
toriens de  Paris:  Du  Breul,  qui,  du  fond  de  sa  cellule  de  Sainl-Germain-des-Prés,  pul 
assister  à  toutes  les  scènes  de  la  Ligue,  a  voulu  nous  laisser  un  monument  de  la  fidélité 
que  les  Parisiens  ont  constamment  témoignée  au  vieux  dogme,  conservateur  de  la  monar- 
chie française.  Il  est  le  seul  qui  nous  ait  transmis  textuellement  une  longue  pièce  de  vers 
latins,  composée  vers  le  milieu  du  xvi'  siècle  et  placée,  en  forme  d'inscription,  dans  la 
grande  nef  de  Notre-Dame,  au-dessus  de  la  statue  équestre  qu'on  regardait  alors  corann- 
représentant  Philippe  de  Valois.  On  croyait  que  ce  monarque,  vainqueur  des  Flamands 
à  Cassel,  avait  fait  placer  dans  la  cathédrale  ce  singulier  ex-voto;  ce  qui  explique  pourquoi 
l'inscription  que  nous  allons  reproduire  y  fut  appendue  un  siècle  et  demi  plus  tard  :  les 
Parisiens  voulurent  mettre  leurs  sentiments  sous  la  protection  d'un  souverain  qui  avait 
régné  en  vertu  de  la  Loi  Salique. 

Voici  en  quels  termes  Du  Breul  raconte  la  victoire  de  Philippe  et  l'érection  de  la  statue  : 
«Le  comte  de  Flandre  cstoit  entré  en  si  mauvais  mesnage  avec  ses  subjects,  à  cause  des 
«  levées  de  deniers  qu'il  faisoit  faire  pour  s'acquitter  des  vieilles  debtes  de  l'accord  fait  avec 
«le  défunt  roy  Philippe  le  Long,  que,  ses  villes  s'estant  révoltées  et  l'ayant  arresté  prison- 
snier,  il  fut  contraint  de  prendre  loy  de  ses  subjects  pour  recouvrer  sa  liberté.  Dont  pour 
«revanche,  se  voyant  libre,  il  eut  recours  au  roy  Philippe  de  Valois,  lequel  soudain  dresse 
«une  armée,  prend  saccage  et  brûle  Cassel,  où  les  rebelles  avoient  faict  le  gros  de  leurs 
«trouppes,  après  leur  avoir  deffaict  vingt  deux  mille  hommes  en  bataille  rangée.  Et  reve- 
rs nant  comme  en  triomphe  ii  Paris,  il  entre,  tout  armé  et  monté,  dedans  l'église  cathédrale 
«de  Nostre  Dame,  où  il  fait  offrande  de  ses^  armes  et  cheval  à  Dieu  et  à  la  sacrée  Vierge, 
«sa  mère.  En  mémoire  de  quoy,  on  lui  dressa  une  statue  en  la  nef  d'icelle  église,  qu'on 
«veoit  encores  le  représenter  ainsi  qu'il  estoit.  Et  si  Messieurs  de  Nostre-Dame  eu 
«font  tous  les  ans  une  fesle  double  le  17  aoust.  Auprès  icclle  statue  est  un  grand  tableau 
«contenant  les  vers  qui  ensuivent.  .  .  Sur  la  Loi  Salique,  le  royaume  et  empire  viril  des 
«  Francs '^'.fl 

Félibien  raconte  le  fait  à  peu  près  dans  les  mêmes  termes  ;  mais  il  croit  que  Yex-voio 
rappelait  l'entrée  triomphale  de  Philippe  le  Bel  à  Notre-Dame,  après  la  victoire  de  Mons- 
en-Puelle,  et  que  la  statue  équestre  représentait  ce  monarque,  armé  seulement  de  son 

*''  En  reproduisant  dans  ses  Preuves  {Hist.  de  ta  ri-levé  une  seule  voix  en  faveur  de  la  Loi  Salique." 

ville  deParis,  t.  IV,  p.  58a  et  583)  le  procès-ver-  Un  modeste  irtranscripvain,"  qtii  n'avait  pas  voix 

bal  de  l'assemblée  générale  tenue  à  Paris  le  29  avril  au  chapitre,  se  mit  alors  à  copier  le  commentaire 

liao,  où  fut  lu  le  traité  de  Troyes,  et  où  ffious  de  Raoul  de  Presles  où  l'ancien  droit  français  est 

rrrespondirent   m  turba  que  oyl,n  Félibien  écrit  nettement  exposé;  évidemment  ce  n'était  pas  dire 

en  marge  :  f  11  est  bien  surprenant  que  dans  cette  oyl  au  traité  de  Troyes. 
"•rencontre  et  dans  toute  la  suite  il  ne  se  soit  pas  '    Théâtre  des  mùquUet  de  Paris,  p.  ih. 


LA   LOI   SALIQUR  CHEZ  LKS  IIISTORIRNS  DE  PARIS.  345 

riiK(|uc  et  de  ses  ({uiitelet.H,  Mans  brassard»,  tel  «|ii'il  se  trouvait  enfin  au  moment  où  les  FI»- 
inunds  voulurent  le  sur|iri'ndre  dans  son  camp'". 

Nous  tic  |»retidri)ns  |ii)iiil  piirti  dans  cette  (|uestion  d'attriliution,  où  l'on  voit  figuivr, 
d'uni'  |»iirl,  (lorrozel '',  Du  Hn-ul,  Montrauron,  Suint-Koi\,  de  l'autre,  Féliltien,  le  |tra^id<>nt 
llrtiiiult,  l'i|{aniol,  etc.  Qu'il  nous  suflise  de  faire  remarquer  qu'au  xvi*  siècle,  on  regardait 
la  statue  comme  re|)réscntarit  l'liili|i|)e  de  Valois,  et  que  cette  croyance  Mfptimait  l'apiKMition. 
au-dessus  de  celte  même  statue,  du  tableau  contenant  les  vers  que  nous  repnMJuison«. 

Nous  donnons,  avec  le  fac-»imile  <le  la  fp-avure  qu'André  Tbevet  a  |ilacér>  dant  m 
Cotmofpiipfiie  (157.')),  le  texte  et  la  traduction  du  morceau  cotuerrf  par  Du  Breul;  et  nou» 
croyons,  en  outre,  devoir  signaler  au  lecteur  li*  célèbre  arrêt  rendu  par  le  l'ariement  !•• 
a8  juin  i593.  C'est  encore  un  historien  de  Paris  qui  a  popularise  ce  document  :  on  !•• 
trouve  dans  les  Preuve»  de  Félibien,  t.  III,  p.  81 3. 


STATtK  lîgl  KsTIIK  Ot    TROmil 

Ql'OM   VOYAIT  AtTREFOIS  KX   L'icLISK  XOTBi-BlMI, 

AD  DUNIM  PILIER  DR  LA  MRP,  À  DROITE,  VIS-À-VIS  LA  CHAPELLE  DE  LA  T|Eli«B, 

ET  AD-DESSIS  DE  LAQCELLR  ^TAIT  GRAVER  l'XE  nsCRIPTIOX  LATINE 

r.y   L'HO?l?IECR  DR  LA  LOI  SALIQCR. 

'     llisinirr  ilr  In  Mlle  lU  l'nrii.  Ii\.  \     S  i  i  .  i 
liv    XI.  S  70. 


*'  Voir  CorrotH .  Lm  «aftf  aUr: ,  kutmrm  H  i 
gnhrilti  é*  Puri^,  <<<iii.  lii!  lâSo,  T  107  v*. 


2/i(;  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


DE  LEGE  SALICA 

ET  VIRILI  FRANCORUM  REGNO  ET  IMPERIO 
CARMEN  ELEGUCIJM, 
PHILIPPI  VALESII,  QUONDAM  FRAXCOBIM  REGIS  INVICTISSIMI 
STATUjE  EQUESTRI  IMPOSITUM. 


Fœmineo  nunquam  didicit  diadcmale  flecti  : 

Externi  est  Gallus  nescius  imperii. 
Sed  iieque  subjecto  solita  est  duce  et  hospile  Fraiica 

Gens,  virtute  potens,  gens  animosa,  régi. 
Noc  flecti  potuit,  nisi  Franco  noniine,  Francus, 

Ingenito  et  palrio  sanguine  sceptra  tenens. 
Nescius  externi  domini,  atque  aliéna  perosus, 

Imperio,  indoniitus  seque  suosque  fovet. 
Et  veluti  ingenuus  sonipes,  generosus  et  acer, 

Sessorem  stupidura  haud  rite  caballus  habel  : 
Nobile  sic  caput  atque  ferocia  subdere  colla 

Indigno  renuit  Marfia  lurba  jugo; 
Fœniinaque  in  nuilos  arinoruni  nascitur  usus. 

Spem  regni  abjiciat,  inollia  tensa  traliat  : 
Aut  tereti  digito  fusos  torquere  rotando 

Discat,  in  aulaeis  piurima  fingat  acu. 
Instruat  Attalicos,  varioque  colore  tapetes 

Pingat,  qui  vivis  vultibus  aequus  erit. 
Ordiri  et  studeat  radio  percurrere  telas, 

Et  docta  texat  serica  strata  manu. 
His  sese  officiis  exerceat;  artibus  istis 

Ingenii  spécimen  prœbeat  illa  sui. 
Pénélope  sic  casta  olim,  sic  fecit  Aracline. 

Atque  aliae,  quarum  nomina  clara  vigenl. 
Non  est  aequa  feris  muliebris  dextra  lupatis  ; 

Nec  régit  imbellis  frena  superba  manus. 
Non  bene  conveniunt  animis  tam  fortibus  ulli 

Reges,  quos  Francis  extera  terra  daret. 


LA  LOI  SALIQUE  CHEZ  LES  HISTOBIE.NS  DE  PARIS.  J47 

LA  LOI  SALIQUE, 

00 
LE  ROYAUME  ET  L'KMIMRK  VIRIL  DES  fMATICS. 

POëME  ÉLÉCIAQL'K 
VlKci  AU-DESSUS  DR  LA   STATUE  IIqLRSTRE   DU   MOMARQUE   INVINCiBLS, 

riiiLirPE  DE  VALOIS,  noi  des  kra^cs. 


Jamais  In  Gaulois  n'a  su  courber  le  front  sous  le  sceptre  d'une  femme  ;  il  ne  connaît 
pas  (le  niattre  étranger.  Nation  valeureuse,  nation  au  cœur  fier,  les  Francs  n'ont  \ku  l'h.!- 
I)iiii(l(!  (I(!  se  laisser  gouverner  par  un  chef  vassal  ou  étranger  ".  Ils  n'ont  pu  obéir  qu'à  un 
rlipf  de  leur  nom,  ces  Francs  qui  tiennent  le  sceptre  du  pur  sang  de  leurs  pères. 

Non!  il  iH>  (-(iniinît  pas  de  iiiailrc  étranger,  ce  peuple  ipii  déleste  tout  ce  qui  lui  «k-iiI 
(raillnirs,  (■<>  |K>iipi(>  iiidonqité,  assez  puissant  pour  se  proléger  soi  et  les  siens.  El  lïr 
iiiénii'  qu'un  cheval  de  noble  race,  qu'un  coursier  généreux  et  plein  d'ardeur  ne  doit  pas 
Htc  monté  par  un  cavalier  stupide;  de  même  ce  peuple,  enfant  de  Mars,  ne  veut  courber 
sous  un  joug  indi|,'nc  ni  sa  noble  t^te  ni  son  col  superbe. 

La  femme  n'est  pas  née  pour  le  métier  des  armes.  Qu'elle  renonce  à  l'espoir  de  régner 
et  se  livre  à  des  lAclics  plus  douces  :  que  de  ses  doi(;ts  ronds  et  délicats  elle  apprenne  à  tourner 
ses  fuseaux  ;  (|ue  son  aiguille  façonne  en  broderies  mille  rliarmanls  ouvrage»;  qu'elle  pré- 
pare (le  riches  tapis  aux  mille  couleurs  et  brode  des  tableaux  dont  Ira  Hipires  paraissent 
vivantes;  qu'elle  s'ap|>li(pie  à  ounlir  des  toiles  et  à  faire  courir  la  navette  entre  les  fils,  et 
que  sa  main  savante  nous  tisse  des  housses  de  soie  ;  telles  doivent  être  ses  occupations,  tels 
sont  les  arts  qui  doivent  révéler  son  génie.  Ainsi  fit  autrefois  la  chaste  Pénélope  ;  ainsi 
firent  Arachné  et  tant  d'autres ,  dont  les  noms  célèbres  sont  encore  florissants.  I<e  bra» 
(l'une  femme  est  trop  faible  pour  gouverner  nos  mors  sauvages;  sa  main  débile  ne  pour- 
rait retenir  nos  freins  superbes  "". 

Ils  ne  sauraient  convenir  ù  des  cœurs  si  généreux,  les  rois  que  les  Francs  rcrcmient 
d'une  terre  étrangi'TO. 

<*>  Los  raniniontatouni  (io  In  Lui  Snliipie  ont  fait  <■  prince  conM)rt''  piMt'  m  lirbort  ife  foui»  partiri- 

roMKiniuer  que  In  crainte  du  jou|j  élmnffi^r  était  le  |i«li<)n  aux  «iTaire»  {Mil>li<|iir<i. 
I>rin<-i|><il  iiioiif  (le  riiiiiirlioiiit'iit  i|ii<>  le  |)<Mi|ile  rmii-  '  Co  Meood  aipHMat  ■  miia»  «le  fam  ^m  b 

çois  II  tiMijinii-s  eu  pour  celte  lui  roiiiliiiueiitnle.  Nih  premier;  ratre  aalm  prineatMS,  Im  Blnchs  à» 


bons  nuMix  n'nvnient  |mis  ininjriiié  re  roniproini!* .        ( laslille  H  le»  Anne  d«  BnHÎM  «il  pnm%i  (fm  U 
tout  nintlei-ne.  qui  fnil  de  IV|m)Ux  d«  la  reine  un        niain  (Quinine  nr  inangae  p»  tenjaiiri  de  (mwi^. 


:)48  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Ignotos  ita  Gallus  héros  (■'  dorso  excutit  omnes, 

Finibus  expellit,  bella  cruenta  movens; 
Atque  duces  veteri  deduceris  steiiimate  firmat 

Sublimes  solio,  juraque  sacra  subit. 
Obstipa  comice''''  jugum  detrectat,  et  audax 

Excutit  omne,  alio  si  quis  ab  orbe  ferat; 
Et  ramuni  ionga  repetens  ab  origine,  semper 

Indigenas  reges  numinis  instar  habet; 
Praemissoque  rétro  dum  sanguine  clara  coruscat, 

Crescit  perpetuo  nobile  stemma  domus. 
Mascula  vis  animi  perdurât,  et  omine  laeto 

Sceptra  dat,  invicta  jure  tenenda  manu. 
Magna  Pharaniundi  lex  sanxit,  et  inclyta  virtus 

Servari  a  tota  posteritate  jubet. 
Gallica  nomen  erat  primum  illi,  scilicet  ut  lex 

Sit  propria  haec  Galiis,  fortia  corda  decens. 
Mos  fuit  antiquus  Romae,  de  patricioruni 

Ordine,  et  indigenas  elicuisse  vires; 
Hosque  sacerdotes  Marti  sacrare  verendos. 

Hi  dicti  Salii;  Lex  Salica  inde  fluit. 
Nostra  suos  habuit  Salios  et  Gallia.  Nam  Mars 

Semper  apud  Gallos  primo  in  honore  fuit. 
Romanis  etiam  dictus  Mars  Gallicus  olim. 

Expertis  quam  sit  Gallus  ad  arma  ferox. 
A  Saliis  populis,  habuit  quos  Gallia  quondam, 

Aut  Salio  authore,  hoc  nomen  habere  volunt. 
■     Atque  aliis  aliter  visum  est,  sententia  quorum 

A  sale  deduci  eu  m  ratione  refert; 
Et  Salicam  dici  quod  condiat,  et  salis  instar 

Servet  in  aeternos  Gallica  jura  dies. 
Qui  salicam  dixil,  potius  esse  virileiu''* 

Debuerat  :  veros  nam  decet  illa  viros. 
Imperium  muliebre  animis  servilibus,  atque 

Dégénères  alii  mollia  jussa  ferant. 
Nos  quibus  ingenium  est  multa  virtute  superbum. 

Et  partum  est  rigido  nobile  Marte  decus  ; 

'''  Le  versifictileur  a  fait  ici  ce  qiie  l'on  appelle  '''  Comice  pour  cervicc. 

au  collt'ge  une  faute  de  quantité  :  Itéras  (en  grec  '''  T)u  Breul  a  probabicineul  oublié  un  mot  eu 

);p«i)s)  constitue  prosodiquement  un  spondée,  et  il  transcrivant  le  morceau;  il  manque  un  demi-pied  à 

le  transforme  en  iambe.  cet  hexamètre. 


LA  LOI  SALKHH  'WIKZ  LES  HISTOHIKNS  DK  PARIS.  U9 

Oui!  tous  ceux  qu'il  ne  connall  \>'m,  le  lit^ro»  f[auloiit  lf>s  r<>nverM>  k  ittm,  et,  pour  lr% 
riiasscr  de  ses  fronlièros,  il  allume  des  ([uern*»  sanglantes;  mais  il  alTerniit  sur  le  trône 
les  riicfs  sublimes  (ju'il  a  cliuiNis  dans  une  rare  antique,  et  il  sait  ob<''ir  h  leur»  lois  urréfu. 
Rejetant  fièrement  son  rou  en  arrière,  il  refuse  le  joug;  il  le  secoue  avec  audace,  «  quel- 
(|u'uii  vient  le  lui  a|)pflrter  d'une  contrée  élningiTe.  Il  lui  faut  un  rejeton  qui  remonte  i  la 
plus  haute  untii|uité  ;  il  regarde  ses  rois  indigènes  romme  une  image  de  la  Divinité;  et 
liuidis  que.grAre  îi  re  vieu\  sang,  brille  leur  illustre  maison,  la  noble  race  det  rois  gran- 
dit d'Age  en  Age.  Leur  cœur  niÂle  et  vigoureux  devient  plus  ferme  encore,  et  c'est  avec 
jusiirc,  c'est  avec  foi  dans  l'avenir  que  le  sceptre  se  trouve  remis  entre  des  mains  invin- 
riblcs.  Ainsi  l'a  sanclionnt-  l'auguste  décret  de  Pharamond  ;  sa  |;loire  exige  que  la  po»- 
térité  garde  à  jamais  cette  loi. 

Sun  pieiiiiei'  iHiiii  Fut  Loi  (ialliipie,  Mins  doute  iilin  que  cette  loi  fût  particulière  aux 
Gaulois,  rounne  la  seule  convenable  à  ces  cœurs  vaillants"  . 

C'était  à  Rome  un  antique  usage,  de  tirer  du  sein  des  patriciens  des  hommes  n^sor 
la  terre  de  Rome,  et  de  consacrer  à  Mars,  en  (|ualité  de  pr<!lres,  ces  hommes  vénérables.  On 
les  nommait  Saliens  :  de  là  vient  l'expression  fjoi  Snltque,  Kt  notre  Gaule  aussi  a  eu  ses 
Saliens;  car,  chez  les  Gaulois,  le  dieu  Mars  a  toujours  obtenu  les  premiers  honneurs;  et 
jadis  ils  l'appelaient  aussi  le  Mars  gaulois,  ces  Romains  qui  savaient  par  ex|>érience  quelle 
est  la  bouillanle  ardeur  des  fils  de  la  Gaule  au  milieu  des  combats.  Les  |>euples  saliens, 
qui  autrefois  occupèrent  la  Gaule,  ou  Salins,  son  auteur,  donnèrent,  selon  les  uns,  leur 
nom  à  cette  loi.  D'autres  ont  eu  une  opinion  dilTérenle,  et  ils  ont  pensé  avec  raison  que 
ce  nom  vient  de  lal  (sel),  et  qu'on  l'a  nommée  Im  Sallque,  parce  qu'elle  assaisonne,  et, 
comme  le  sel,  conserve  à  jamais  les  droits  gaulois*. 

Elle  aurait  mérité  plutôt  le  nom  de  virUt  que  celui  de  wlique,  car  c'est  la  seule  qui 
convienne  h.  des  honnnes  vraiment  dignes  de  ce  nom.  Aux  Ames  seniles  de  subir  l'aulorilé 
d'une  fenune!  aux  cœurs  dégénérés  de  se  soumettre  i\  des  ordres  efféminés!  Pour  nous 
qui  avons  un  génie  lier  de  noire  l>rillantc  valeur,  nous  dont  la  gloire  s'est  illustrée  dans  de 


*''  Rien  ne  ronnmie  celle  assertion  :  la  Loi  So- 
liqiie  n'est  (M)»  d'orifrinc  gauloise;  elle  ^lait  le 
hmIi'  <!"(inf  (les  Irihiis  rrnii<|iies  i|iii  onvnliiretil  In 
Guulc,  et  fut  lue,  dit-nii,  ou\  Francs  Saliens,  iLuis 
trois  Champs  de  Mai  r(ins<Vulirs,  puis  sonctionmV 
parleur  npimdiatidri.  Parmi  les  *'nidils  qui  se  sont 
orrujM's  de  relie  loi ,  les  uns  nllirmenl  qu'elle  fut 
nklijjtV  avant  Clovis  ;  le»  autres  n'en  croient  jws  la 
«'«larlion  aniérieuiv  nu  n^ne  de  re  prince.  Klle  a 
été  HMunnii'e  h  diverses  reprises,  milanuuent  sou» 
Oagobort  I". 

■  ■•T.  —  I. 


'"  Os  divmra  t^ymoiogim  mot  de  pure  Ua- 
taisie;  les  prMm  Salin»,  le  Saiioa  ganlots.  o'ool 
|Hi  senir  h  désigner  une  l^giahtinB  qai  aaful 
rien  de  rouunun  avec  leslottgaoloiteied 
Quant  au  sul^tanlif  mJ, 
de  l'atljertif  MtHftê,  l'autenr  Ta 
Inxluil  dans  ses  vns  pour  aoMMr,  à  Taide  de 
rex|>rni«ion  jtu .  qui  ^gnîfia  «■  mata»  ta 
et  komUm ,  loi  ou  «me»,  le  jea  de  ■»!■ 
sible  jum  GgKim. 


3« 


250  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

Et  qui  contudimus  Romanœ  rostra  superha 

Alitis,  ut  floruni  fulgeat  aima  Trias; 
Qui  juga  niajjnaniniis  aliéna  rejcciinus  ausis, 

Servili  indociles  conditione  premi  ; 
Ingénies  animos  spiranius  mente  praealta  : 

Viribus  Herculeis  pectora  firina  valent. 
Inclyta  nobilitas  et  clarum  nomen  avorum. 

Virtutum  in  nobis  semina  multa  lerant. 
^neadum  memores,  memores  virlutis  avita* 

Excitet,  et  stiuiulos  addat  origo  potens. 
Jam  longo  indomiti  Fianci  regnavimus  aevo. 

Concordes  sanctae  legis  honore,  diu. 
Majestas  etiam  et  regni  inconcussa  potestas 

Perpétues  armis  est  habitura  dies. 
Hoc  Deus  ipse  animis  praestantibus  imperat.  atque 

Prospérât,  et  solito  cœpta  favore  beat. 
Quid  frustra  nostris  maie  barbacus  insilit  hoslis 

Legibus?  Anti<]iiuni  jus  violare  parât? 
Lilia  num  fulvi  depascent  nostra  Leones? 

Aut  Aquilae  pennis  Gallica  signa  cadent? 
Aut  Aquilae  immixtus  Léo,  monstrum  immane  ligurans, 

Gryps  erit  et  rostre  saevit  et  ungue  fei-ox? 
At  numen  retinent  demissa  insignia  ccpIo. 

Angelicisque  armis  agmina  bruta  ruent. 
Non  Aquilam  aut  Pardos  Gallorum  insignia  geslanf. 

Non  truculcntum  animal,  vel  ferilato  rapax. 
Nil  nisi  candorem  retinent,  et  pulclier  amœno 

Dulcis  flos  spirat  balsama  odore  suo. 
Caesius  ille  color,  toti  gratissimus  orbi, 

E  cœli  nobis  vertice  missa  notât. 
Atque  sua  est  Gallis,  quae  proferit  et  fugat  liosles. 

Ejaculans  ignés  Aurea  Flamma  suos. 
Sit  procul  inde  metus,  timor  exulet  at(|uo  faressat: 

Non  opis  externae  est  indiga  Franca  manus. 
Sat  propria  virtute  potens,  peregrina  repelle 

Imperia;  auxilio  sat  potes  una  tuo. 
Dives,  clara,  ferox,  armis  animosa  potensque, 

Virtutis  propriae  conscia,  fide  libi. 
Natio  nulla  unquam  plures  subiisse  labores 

Pro  Christi  visa  est  relligione  sui. 


LA  LOI  SALlgLE  CilbZ  LKS  HISTORIENS  DE  PARIS.  2S1 

rudes  rnml)nt.s,  noiiR  qui  nvon!i  i^mouMë  le  bec  orgueilli*ux  de  l'Aigle  romaine  pour  faire 
rc8|)l(!iulir  IVclat  aii|;iistf  de  nos  trois  fleurs  de  ii»,  nous  qui,  par  notre  audace  roagnaoïinc, 
avons  n>j(;t<!  \i^  joii|;  d<^  l'i'trnn(;<-r,  indociles  à  subir  la  honte  de  la  Mnritadc,  noof  arou 
une  âme  sublinir;  qu'animent  de  sublimes  instincts,  et  Dieu  a  dou((  nos  robustes  [mitrinim 
d'une  force  herculéenne.  Que  la  noblesse  illustre,  que  le  fp-and  nom  de  not  aïeux  jettent 
donc  en  nous  de  nombreuses  semences  de  vertus  ;  souvenons-nous  des  Troyens,  souvenoiis- 
nous  du  courage  de  nos  pères,  et  que  notre  puissante  origine  nous  excite  et  nous  aiguillonn<* 
sans  cesse'".  Di'jh,  Francs  indompti'-s,  nous  avons  régnt^  lonf;tem|>s  avec  honneur  dan» 
l'union  de  notre  loi  sainte:  oui,  lu  majestt',  la  puissance  inébranlable  de  notre  empire 
aura,  grâce  ù  nos  urines,  des  jours  éternels.  Dieu  lui-même  le  commande  k  des  cœurs  gé- 
néreux. Dieu  (pii  nous  fuit  prospérer,  qui  favorise  et  bénit  à  jamaia  dm  «oireprifet. 


Kt  pounpioi  donc  un  ennemi  barbare  et  criminel  vient-il  faire  de  vaines  menace*  k 
lois?  Pourquoi  se  préparc-t-il  à  violer  nos  droits  antiques?  Quoi!  nos  Lis  seront  la  pâtun» 
des  Lions  sauvages!  Les  ailes  de  l'Aigle  renverseront  les  drapeaux  gaulois;  ou  bien  le  Lion 
s'unira  à  l'Aigle,  et,  monstre  épouvantable,  viendra,  comme  un  vautour,  nous  combattre 
avec  ses  serres  et  son  bec  sanglant'^'!  Non,  non  !  Dieu  n'abandonnera  pas  ces  drapeaux  qui 
nous  viennent  du  ciel,  et  ce  sera  contre  des  armes  célestes  <pie  se  précipiteront  ces  batail- 
lons stupidcs  et  grossiers.  Ce  n'est  pas  une  Aigle,  ce  ne  sont  pas  des  Léopards'"  que  portent 
les  étendards  l'aulois,  ce  n'est  pas  un  animal  cruel,  rapace  et  sauvage!  Nos  étendards  sont 
d'une  blancheur  immaculée;  c'est  une  fleur  belle  et  douce  qui  exhale  les  plus  suaves  par- 
fums :  couleur  chère  à  tout  l'univers,  qui  nous  révèle  la  céleste  origine  de  nos  drapeaux! 
Oui,  les  Gaulois  ont  leur  Oriflamme  qui  frappe  de  loin  les  yeux  des  ennemis  et  les  dis- 
perse, l'Oriflamme  qui  lance  ses  feux  éblouissants. 

Ainsi  donc,  loin  de  nous  la  crainte;  bannissons  toute  frayeur;  la  main  d'un  Français 
ne  s'ouvre  pas  h  l'aumône  d'un  secours  étranger.  Ton  propre  courage  te  rend  asset  pois- 
sante, ô  nation  des  Francs;  repousse  la  domination  d'uutrui;  ta  puissance  n'a  pas  besoin 
d'un  appui  autre  que  le  tien.  Tu  es  riche,  illustre,  fière,  pleine  de  cœur  et  de  force  dans 
les  combats;  tu  as  la  conscience  de  ta  propre  valeur;  aie  donc  confiance  en  toi  seule. 
Jamais  nation  n'a  fait  plus  que  toi  pour  le  Christ,  ton  Dieu;  c'est  U  ton  plus  beau 
titre! 

<"  On  retrouve  ici  la  bvce  des  origines  fnbu-  U  conqntte  des  Trois  ÉvAthéi  (Mete,  Tool  H  Vcr- 
leuses  attribuées  k  In  nntinn  frnncmV  pnr  les  an-        diin)  et  U  victoire  do  Rmti,  poar  aboalir  k  la 


rien»  rlironiqueiim.  Voir,  ii  i-e  sujet,  les  iintos  que  dt^faile  de  Saiot-Qoentio  et  au  traM  ib 

nous  avons  njimtiVH  nu  (]nmniontnir<>  de  Knoul  d<<  CnnibrMs.  Lesft— dësyiwitle<iripw<isifty>' 

Presira,  et  aux  pnMuiors  clin|)itres  do  la  DmrriptioH  Bas  etpagnob,  et  Tmgk  les  éiendwdi  de rEaipirr. 
de  /'(iri't .  |>nr  r.uill<<b*>rl  do  Mi>u .  <*>  Les  Idtfméi,  qui  caracrtris—t  TéemÊm  J*Aa- 


'   l.'nutour  fait  ici  allusion  aux  grandes  guerres       gfctsrre.  iadiquent  iet  b  prise  it  Cahis,  fâ  «al 
que  Henri  II  eut  à  soutenir  contre  In  niai«on  d'Au-        lira  en  i&38.  et  qui  mil  (in  à  b  I 


Irirho.  On  sait  que  ces  ex|Mkii(ion»  débutèreiil  |Nir       territorial»  <bt  Aagins  ea  France. 


252  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Unfle  tibi  ingénies  tituli.  Nam  solis  ah  ortu 

Solis  ad  occasus  inclyta  fama  tua  est. 
Inde  tibi  augustum  nomen  Meotida  adusque 

Famœ  allalura  est  gloria  magna  tuœ. 
Tu  tamen  et  placidœ  serva  pia  niunia  pacis, 

Obsequiosa  fovens  quos  tibi  junxit  anior; 
IJtque  soles  semper,  nunc  illibata  tenebis, 

Inviolata  colens  fœdera  amicitia?. 
Sic  quoque  finitimos  (tanta  est  vis,  crédite,  auioris) 

Goncordi  aHiciet  fœdere  parta  quies. 
Quos  non  ducet  amor,  coget  timor  et  trenior.  Ec({»is 

Horrida  Francoruni  fuhnina  ferre  polest? 
Sed  nianeat  semper  firmis  radicibus  bœrens 

Lex  Salica,  antiqui  quain  coluere  patres: 
Quœ  Francoruni  aiiimos  virtutibus  impb't,  et  astris 

Inserit,  unde  illis  gloria  parta  viret. 
Sit  testis  locuples,  sit  magno  in  bonorc  vetustas  : 

Creditur  ilH;  annis  est  adliibenda  fides. 

Vinculo  amicitiaî  junctis  ut  amabibs,  bosti 

Semper  terribilis,  semper  acerba  fuit. 
Quscumque  in  Francos  gens  induit  arma,  timoré 

Horrescit,  pavido  pectore  tota  frémit. 
Fulminei  sic  sensit  tellus  Flandra  Valesi 

Praelia,  quod  vario  garriit  ore  loquax; 
Mentitum  regem  dum  latrat  stulta  Pbibppum, 

Indignum  sceptris.  Galba  culta,  tuis. 
Exporta  est  tandem  quid  posset  mascuia  virtus 

Galloruni,  atque  malo  docta  tacere  suo  est. 
Quidve  nurus  gallîB  différât''*  ab  éilite  fœtus 

Cristata,  illa  suuni  sensit  in  excidium. 
Hanc  domuit,  mactans  bis  millia  dena  Pbilippus; 

Agnovitque  ducem  Flandria  victa  suum. 
Hinc  spolia  ampla  refert,  statua  sublimis  equestri, 

Deque  triumpbato  bis  boste  trophaea  gerit. 

Ipse  regas  populum,  claro  diademate  fulgens. 
Tam  patriae  cbarus,  quam  tibi  chara  subest. 

'"'  Différât  est  iin  dactyle,  ce  qui  produit  ici  une  faute  de  quantité. 


LA  LOI  SALIQUK  CHEZ  LES  HISTOitlENS  DE  PARIS.  3&S 

Ou  couchant  i!i  l'orient  retipinndit  l'iklat  de  ta  renommée;  et  ta  gloire  irnm<?n«»  vn  porter 
l<;  bruit  de  ton  nom  auguntc  danti  leit  contr«'tei«  l>m  plu»  reculée*. 

Toutefois,  ô  France,  garde  log  dons  prt^cieut  de  la  paix;  réchauiïe  dans  ton  sein  bienveil- 
lant ceux  qui  te  sont  unis  par  ratnour;et,  selon  ta  coutume,  préserve  aujourd'hui,  romme 
toujours,  de  tout  contact  impur  les  nœuds  sacrés  de  cette  amitié.  Ainsi,  crois-moi.  no*  voi- 
sins, tant  l'amour  a  (ii;  force,  se  laisseront  gagner  par  l'attrait  de  ce  doux  repos,  fruit  de 
notre  li<Mir(;us<;  union,  deux  qui  ne  se  laisseront  pas  |;uider  par  l'amour  seront  eo  proie  k 
la  crainte,  ù  l'épouvante.  VA  qui  donc  pourrait  supporter  les  foudres  terribles  dec  Prineak? 

Ah!  qu'elle  reste  toujours  profondément  enracinée  chez  nous,  cette  Im  Salique,  objet 
du  culte  de  nos  vieux  pères;  cette  loi  (|ui  met  le  courage  au  cœur  du  Français,  qui  l'élève 
jus<|u'au  ciel,  et  le  couvre  d'une  gloire  toujours  nouvelle!  Que  cette  loi  lui  soit  un  témoin 
éclatant  !  que  son  antirpiité  lui  soit  toujours  chère  et  vénérée  !  On  croit  à  ce  qui  est 

antique;  on  doit  ajouter  fui  h  ce  <pio  les  siècles  ont  consacré'' 


Autant  la  France  se  montre  bienveillante  pour  ses  amis,  autant  elle  est  terrible  pour^es 
l'nneniis.  Tontes  les  nations  qui  prennent  les  anncs  contre  elle  tremblent  d'épouvante 
dans  l'attente  des  événements.  Ain.si  l'on  a  vu  la  Flandre  vaincue  par  Valois,  dont  les  coups, 
rapides  roiiinie  la  foudre,  ont  puni  cette  nation  vantarde  qui  avait  eu  l'audace  de  s'attaquer 
à  la  personne  du  nioniir(|ue,  de  le  signaler  comme  un  prince  indigne  de  n'jjner  sur  loi.  A 
noble  France!  Knfin  elle  a  connu,  par  sa  propre  expérience,  la  mâle  vigueur  des  Fran- 
çais, et  son  malheur  lui  a  appris  à  se  taire.  Cette  poule  arrogante  a  .«enli,  h  ses  dépens, 
quelle  différence  il  y  a  entre  le  coq  vigoureux  et  le  poussin  débile'*'.  Vingt  mille  de» 
défenseurs  de  la  Flandre,  étendus  sur  le  champ  de  bataille,  lui  ont  fait  connaître  son 
niaitre,  et  Philippe,  tel  que  le  représente  une  imposante  statue  équestre,  est  revenu  vain- 
queur de  ses  ennemis,  dont  les  riches  dépouilles  ont  augmenté  l'éclat  de  son  triomphe'*'. 


Pour  toi'*',  conserve  lungtenq)s  ce  brillant  diadème,  pour  le  bonheur  «Fune  patrie  qui 


''  Noiiii  supprimons  ici  un  très-long  passage 
contoiinnt  riii(]unnlo-liuit  vers  (pii  ne  sont  que  la 
puriiplirosr  (les  idiVs  préaklcniment  exprim(k>s , 
ninsi  qu'un  ix'suni»'  Inslnrùpif  liifi  oxploils  nrconi- 
|)lis  |)nr  l*'s  François  sous  le  n'}pini!  de  la  Lioi  Soliipie. 

''  L'autour  fait  allusion  au  fnnioux  coq  que  les 
Flnninnds  iivnionl  |M>int  sur  un  élinidanl  arlwrd  au 
sounni't  de  l'uni'  d<w  tours  de  (lasacl,  avec  ces  vers 
liii-n  conuus  : 

Quand  ce  roq  cbnnU  •iir* , 
L«  Roi  CmwI  eonqnwltra. 


Ce  coq  oi;giieiile«u  sert  Uvuvèo  étie  qa'a  { 
débile  ./rtM  ;  ie  vrai  eoq  ert  eahù 

'    Nous  avons  cm  devoir  suppia— '  ià 
quault^ipux  vorn.  oà  FaialearéMaBènlM  < 
do  Henri  II  <■(  do  FroÉÇoisI*.  pira  i»  ce  i 
ainsi  que  le*  qnalitét  uétwaim  m 
r^gno  en  vertu  «le  i'aoiiqiw  loi  des  I 

'  Le  poète  •adraaae  •■  roi  Hoari  0,  et  3  «I 
loin  de  prévoir  que  la  Loi  Saliipe  reeefn  «Mwa- 
veiie  appiiortioB  à  h  mort  du  troaièa*  fli  ^  ce 


25'i  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OKICINAUX. 

Tu  sine  vl  solio  sedeas  sublimis  avito; 

Sit  stabilis  cœli  {jloria  régis  ope; 
Perque  maniis  capiaiil  digni  te  pâtre  coronaiii, 

Perpétua  série  filiiis,  inde  nepos! 
Vive  diu  felix,  et  tanto  rejfe  beala, 

Gallia,  quo  nullus  uiajor  in  orbe  régit. 
Audacter  rétine  et  serva,  t'atisque  secundis, 

Exerce  legis  congnia  jussa  tucc. 
Di  faciant  Francos  senipei-.  sub  lege  recepta, 

Libéra  fœnniieo  tollere  colla  jugo! 


LA  LOI  SALiOLK  CMKZ  LKS  iilSTOKlKNS  l)K  l'AKLS.  355 

te  cht-rit  coiniiio  tu  In  chériti  elIc-iiithiK;  ;  reNti*  lonf;t(Mii|)»  sur  ce  Irônv  ((ui>  lu  tien»  du  droit 
et  non  de  la  force;  que  In  |)rotection  du  ciel  oMure  la  |>cr|>ëluit<^  de  ta  f^oire-,  que  la  cou- 
ronne trun.smiHe  par  loi  i^  lex  liU,  |iiir  ceux-ci  h  leum  héritière,  ne  «oit  jamais  le  partage 

que  de  princes  (li|;neH  de  toi  ! 

Reste  ion(;teiii|)s  heureuse,  o  l'riiri<'<',  sous  l»-  srf|»lrc  i|f  ii-  |;riiiiil  mi  i|ui  ii  .1  |ta»  df 
rivnl  dnns  l'univers!  Suis  les  destins  jiropiccs,  exerce  Um  droits  dans  leur  pltfnitude,  et  i|ue 
le  ciel  te  permette;  de  vivre  à  l'abri  d'une  loi  tut<^laire,  toujours  lihre  du  jouf;  a%ili«ianl 
d'une  femme! 


11. 

L'OHIKLAMMK  CHKZ  LES  HISTOIUKNS  l)K  PARIS. 

(Voir  (>uillpi>ert  dr  VIetz.  ei-4i«>»)tu» .  p.  1&9. ) 


l.e  tilrc  (|uc  nous  (loiinoiis  à  cet  appendice  indique  nt'Itftnent  les  limites  dan»  left«|uelle* 
il  doil  se  ronfermiT.  I/Oriflfimme  est  parisienne  d'()ri(;ini'  :  d'abord  simple  hanni^r*-  de  dé- 
vol  ion  cl  enseigne  toute  lorali",  coninie  la  chape  de  Saint-Martin  '  ,  elli-  «"si  devenue,  aver 
!<■  Icni|is,  l'i-tendanl  du  souverain,  le  drapeau  national,  et  son  hinlnire  a  (ini  |iar  m'  cun- 
l'ondri-  avec  celle  de  la  monarchie.  Toutefois  les  historiens  île  Pari.s,  qui  ne  !ië|iaraienl  |mi» 
dans  leurs  rc'cits  les  grandes  affaires  du  royaume  de  celles  de  la  capitale  '*,  n'ont  point 
oiiitlié  que  l'Oriflamnif  appartenait,  avant  tout,  h  l'ahhaye  de  Saint-Denis,  c'est-i-dire  à  U 
Itaiilit'ue  (le  la  ville  (pi'ils  décrivaient.  C'est  à  ce  titre  que  Raoul  de  Presles  et  Guille|H>rt 
de  Met/,  en  ont  parlé,  et  que  leurs  successeurs  les  plus  rapprochés  de  nous,  tels  que  I)» 
Rreul,  Sauvai,  Félihien,  Le  Beuf,  lui  ont  donné  place  dans  leurs  ouvrages.  Lorsqur  et 
liihtirum  vënéré  reposait  au  monastère,  nos  vieux  chroniqueurs  allaient  volontiers  le  con- 
lenipier;  l'un  d'eux  s'écrie: 

El  comment  qtie  l<>n  lait  portée 
Par  n<ition<i  lilnnrheii  H  mores 
Klle  est  ù  Suinl  Denis  encore; 
i.fl  Ini  je  na  goem  vefauë  ' . 

Oiiand  la  guerre  éclatait ,  et  que  le  Hoi  allait  en  grande  pompe  lerrr  la  bannière  de 
Sailli  Denis,  ils  étaient  témoins  de  celte  imposante  cén*monie,  et  le  souvenir  qu'ils  en 
enqiorlaienl  restait  profondément  gravé  dans  leur  mémoire.  Le  retour  de  l'étendanl  virn» 
n'était  pas  accueilli  par  eux  avec  moins  d'enthousiasme,  surtout  si  la  victoire  avait  couronna 
leurs  vrpux,  comme  il  arriva  en  1  3 98,  lorsque  Phili|qie  de  Valois,  vainqueur  des  Flamand» 

'''  {,<•  rnrnctfi'c  liii  i-sl  l'irii  rrcniinii  [mr  Irli-  ylli'tutrt  Je  in  rtiir  nr  imf,  li»re  I»,  p.  ia*.> 
Ihoii,  nui  s'en  oxpriine  en  n-s  termes  :  'Cel  f-lon-  ''  On  en  a  M  ptwvc  oMM  le  litre  méaM  i|«e 

-iliml  élnil  In   Iwiinière  de  Snint- Denis,  que  le  Cuillolirrt  de  Mrli  donne  i  mm  Mvrage:  Lm  4ê»- 

îTomlc  do  Vexiii,  roiniiie  |m'mier  liomme  lijje  de  eriplim  Je   U  rillr  Je  Pmi*  H  àt  Ttt^tmtt  im 

(»rnl>l)nye,  nsoil  (•(uisluiiie  de  |M>rter  (xtiir  In  de»-  lajiaaMf  it  ¥r*»ct, 

"fense  de  l'éijlis»'  de  Sninl-D«>ni»,  dnn»  le»  pe-  '''  Gailhwne  Uaiart.  l»  ImacA»  Jm  rvyrar 

-liles  fjm'rr»'!*  fort  oniinnire»  en  ce   lenip»-li.-  %M^f(«.  année  isyo. 

MUT.  I.  M 


258  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

à  Cassel,  vint  remettre  l'Oriflamme  aux  religieux  de  Saint-Denis  :  Obtulit  olijlamnuimtuam, 
tjufi  contra  Flamiiiffos  ustisfuerat,  dit  un  auteur  contemporain. 

Raoul  de  Presles  était  fort  jeune  à  l'épofjue  où  eut  lieu  celte  rcnlrëe  solennelle;  mais  il 
est  permis  de  croire  qu'il  en  avait  «Jlé  frappé,  puisqu'il  s'écriait  :  w  Et  si  portez  seul,  le  Roy, 
ttioriflambe  en  bataille,  cest  assavoir  ung  glaive  tout  doré,  ou  est  attacliiéc  une  banicre 
«  vermeille,  laquelle  vo/,  devanciers  ont  acoustumé  de  venir  prendre  et  querre  en  l'église  de 
«monseigneur  saint  Denis  en  grant  solennité  et  devocion.»  Comme  Guillaume  Guiart,  il 
était  allé  dans  la  basilique  de  l'abbaye  pour  contempler  cet  auguste  palladium,  et  il  ne 
manque  pas  de  le  dire  :  «De  ce  me  croy,  car  jen  ay  veu  deux  de  mon  temps  sur  lautcl 
«des  glorieux  martirs,  en  cliascune  partie  de  lautel  une;  et  esloient  enhanlées  de  deux 
K  ])eti(es  liantes  dargent  dorées,  ou  pendoil  a  chascune  une  baniere  vermeille.  r>  Les  levées  de 
l'Oriflamme  furent  assez  nombreuses  de  son  temps;  mais  il  ne  lui  fut  pas  donné  de  revoir, 
avant  de  mourir,  le  glorieux  spectacle  qui  avait  enthousiasmé  sa  jeunesse.  Philippe  de 
Valois  avait  levé  l'étendard  de  Saint-Denis  en  i366  et  iSi^;  mais  c'était  pour  aller  se 
faire  battre  à  Crécy  et  échouer  devant  Calais.  Le  roi  Jean  était  allé,  lui  aussi,  quérir  la 
sainte  bannière;  mais  c'était  pour  la  faire  assister  au  désastre  de  Poitiers.  Ce  ne  fut  qu'en 
1882,  après  le  règne  pacifique  de  Charles  V,  et  pour  inaugurer,  par  un  triomphe  éphé- 
mère, le  triste  règne  de  Charles  VI,  que  l'Oriflaùmie  fut  levée,  portée  contre  les  Flamands 
réunis  à  Rosebecq,  et  ramenée  en  triomphe  à  Saint-Denis.  La  bataille  se  donna  le  37  no- 
vembre, et  Raoul  de  Presles  était  mort  la  veille  de  la  Saint-Martin  d'hiver,  c'est-à-dire 
le  10  du  même  mois. 

Guillebert  de  Metz  fut  moins  heureux  encore;  l'Oriflamme  fut  levée  trois  fois  pendant  son 
séjour  à  Paris,  et  toujours  dans  les  circonstances  les  plus  douloureuses  :  en  1  A  »  9 ,  pour 
aller  assiéger  les  Armagnacs  enfermés  dans  la  ville  de  Rourges;  en  iliili,  pour  combattre 
les  Rourguignons  avec  lesquels  le  Roi  marchait  deux  ans  auparavant;  et  en  i/ii5,  pour 
ajouter  aux  désastres  de  Crécy  et  de  Poitiers  celui  d'Azincourt. 

Dejmis  cette  grande  défaite  oîi  disparut  rOriflamme,  selon  la  plupart  des  chroniqueurs, 
les  historiens  de  Paris  n'en  disent  plus  rien,  et  il  faut  aller  jusqu'à  Du  Rreul  pour  en  trouver 
une  simple  mention  :  rC'estoit  à  Sainct  Denis,  dit  le  savant  bénédictin,  que  l'on  gardoit 
B anciennement  ceste  bannière  tant  renommée  que  l'on  appeloit  l'oriflambe,  laquelle  les 
«Roys  alloicnt  quérir  avec  de  grandes  cérémonies,  et  n'encliargeoicnt  qu'à  quelque  prince 
f,  ou  valeureux  seigneur,  quand  ils  alloient  faire  la  guerre  aux  infidelles,  ou  bien  contre  leurs 
«ennemis.  Mais  à  la  fin,  en  abusant  à  tous  propos,  et  la  portant  en  toutes  guerres,  le  Rov 
«  Philippe  de  Valois  la  vint  à  perdre  en  un  voyage  qu'il  fit  en  Flandres,  et  du  depuis  on  n'en 
«  receust  plus  de  nouvelles,  v  (^Tliealre  des  antiquité:,  liv.  IV.) 

Du  Rreul  fait  allusion  à  l'événement  de  Mons-en-Puelle  :  le  sire  de  Chevreuse,  porte- 
oriflamme,  sufl"o(|ué  par  la  chaleur,  tomba,  et  la  bannière 

Cliaï  a  terre,  et  la  saisirent 
Fiamens,  qui  après  senfuyreiit. 

Guillaume  Guiart,  auteur  de  ces  vers  et  témoin  du  fait,  prétend  que  l'oriflamme  prise 
par  les  Flamands  n'était  qu'une  imitation  de  la  vraie.  Cette  opinion  s'appuie  sur  le  témoi- 
gnage de  Raoul  de  Presles,  qui  déclare  avoir  vu  deux  oriflammes  «sur  l'autel  des  glorieux 


L'OKII'LAMMK  CIIKZ  LKS  IIISTOlllKVS  DK  l'AHIS.  ih'J 

'  iiiiirlirs;  <■  <•(,  «|iioii|nVllf  ait  coiitn*  cllf  |)ii  ())iri};c,  hii  Tillt>|,  te  I'.  Daniel  et  iilinkifum  aulr<*» 
liistorieriK,  ollt*  a  été  soiiU'iiiic  \mr  (jiiillaiiiiie  Mnrci»!,  le  I'.  AnM'Inie,  Ooni  I)oiiI>Ih  fl 
i'VIihicri.  Lf  |ircniii'r  de  ces  écrivninii  roiiMuli*  (|iril  «'«istait.  en  tliho,  un  iKirte-oriflamme: 
le  siTdiid  allirriic  (|ii<-  Litiiis  XI  «n-riil,  en  i  'i (!.'>.  rOrinariimo  <le«  niainN  Au  caniitiiil  il'Alln. 
"al)!)!'  (If  Saiiil-I)fi)is,  a|)ri'.s  avoir  ciilffiilu  la  iiKfs.sc  ilaiiH  IV'gli«.e  «le  SainlM^llierine  du 
"Val  (les  Kcoiicrs;»  le  Iroisièine,  aprèn  avoir  «lérlar/*  que  celte  antique  Itannière  eut  men- 
lidniiée  dans  deux  inventaires  de  i  5o/i  et  1 53â ,  ajoute  :  «Je  l'ai  veu  et  tenu  encore  depuiit 
"la  prise  et  rt^duction  de  Paris  en  l'obéissance  du  feu  roy  Henri  le  Grand;»  quant  à  ¥é\i- 
Iticii,  il  Tait  remarquer  qu'en  i  bijft  l'étofTe  de  l'Oriflanirne avait  M  trouviV  -k  demi  mangiée 
n|)ar  les  miles,  n 

Kn  citant  l'un  des  farauds  historiens  de  Paris,  il  e»i  nëcenuire  de  ra|i|>cler  que  les 
t'-dilcurs  de  Sauvai  ont  |)ln<-é  h  la  lin  du  tome  second  de  8<m  ouvrage  une  tuêti  longw 
dissertation  sur  l'Orillamme;  mais  on  sait  aujourd'hui  que  ce  mémoire  a  filé  iVril  |Nir 
(ialland.  Il  nous  reste,  en  outre,  quelques  re|irésentations  lif^urées  du  ct'dèbrc  étendard  : 
Iriiis  inériliMit  surtout  d'iMre  si);nnlées.  La  plus  ancienne  parait  ^tre  celle  (|ui  se  voit  »ur 
(III  vitrail  de  la  liitiii'-dralc  de  (iliartres  (n°  i|;  la  plus  moderne  appartient  à  un  manuscrit  de 
Kroissart  ipic  poss(''de  la  liil>liothi''(pie  impériale  (Ms.  français,  n*  96/1/1);  l'orifpnnl  qu'elle 
repr(Wnte(n''3)a  été  témoin  de  la  délailcd'ArtevelleReinprésIa  villedeKosebecque;iien6n 
Monfaucon  et  Gaigni(-re8  nous  ont  conservé  le  dessin  d'une  troisième  oriflamme,  tiré  de  la 
l»il)liotliè<|iie  des  (léleslins  (n°  u).  Le  sujet  de  cette  peinture  est  Oharles  V  remettant  la  ban- 
iiiiTc  (le  Saiiil-Dc'iiis  à  un  chevalier,  proliahlemeiit  Pierre  de  Villiers,  M'i(jneur  de  l'Ile- 
Ail.'im.  Itieii  de  plus  parisien  ipie  cette  sci^ie  (huit  Haoul  de  Preslesa  dû  être  témoin,  et  qui 
sans  doute  a  été  conliée  au  vélin  par  l'un  des  relifpeiix  du  monastère.  \Ai  lecteur  nous  saura 
);i'é  de  placer  sous  ses  yeux  ces  trois  types  d'un  drapeau  (|u'on  voit  mentionner  partout, 
mais  dont  on  ne  trouve  nulle  |iart  la  repri'sentation  authentique. 


// 


N-  I. 


\*  •> 


OdfluuM  du  iiinil  da  Cbtruu  OnBuuii  du  miniacm  m  ùmnu 


\   1 
J3 


III. 

I.KS  CIIÀSSKS  l)i:   NOïKKDAMi;   l>K  l»\|{|S 

(Voir  ltuilli-lM>il  ili-  MH/.  ri-ili^HiH .  p.  i.î^.) 


" ("j| liasses  (|iii  soiil  à  Noslrc  Diiino  tir  P;iiis  : 

fVA  |)r<>iiiirroin«>nl,  ilerrièn;  cl  au  liaiill  du  imjmkI  ault-j,  mh*  iiii«*  laiiT  IhIj|«-  «If  '**^ 

rr  cuivre,  soiisltMinc  ilc  i|Uiili'c  jjros  cl  forl  liault  iiillicrs  de  nicsiiic  CKloin* .  e^l  ito- 
rrsi'v  |ji  cli.'issc  de  sainrl  Marcel,  neuliesiiie  evesque  de  Pnris.  latiuclle  c?>l  d'ar- 
Tj'ciil  d(H'é,  cMrM'iiie  d'uue  iiiluiilé  de  jrros.seH  perles  pierres  pr«''ricus(>s.  1^  Ui^U' 
"de  ce  j;lorieu\  prélal  se  c(^lèl)r«î  le  i .'{  U))veud)re. 

fflMus  liaull  d'icelle  Rsl  une  l'orl  {'randc  croix  d°ar|;t>iil  «loul  le  cruritik  «>st  d'ar- 
"};enl  doré. 

(T  A  cosli'*  droicl.  sur   l'auiel  de  In  Triuilé,  ilicl  dt>s  \rdiMis.  vsl  la  rliâ&M»  ilc  < 
ffNosIre  Dauie,  d'arjjeul  dur»'*,  eu  hupu-lle  il  y  a  du  laid  de  In  dicle  Vierjje  el  ilc  m»» 
ffvesleuiens;  plus,  des  pierres  desquelles  fui  lapidé  sniuci  Ksiieuiie:  du  ricrfje  cIp 
"saincle  (îeneviefve.  du  cilire  de  sniuci  (leruiniii,  eves«|ue  de  la  dicle  é|»lisp.  do 

"saiiicl   l''l<iv .  de  saiiicl   Denis  e(  de  >;e>i  \,. siciliens. 

ff  A  cuslé  seuoslre  du  dici  aulel.esf  uuo  cluls.se  de  ImiI»  ayeni  s«>uleiiienl  le  ije- 
rrvaul  couvert  d'arj'ciil  doré,  eu  lai|uelle  esl  le  cnrpii  de  sainri  Luraiii  marlyr.  -mi 
rr|ei|uel.  veuu  d'Orieut  en  A<|uilniue,  fui  hnplixé  à  Poiclien*  par  SaincI  llilaire. 
tevescpu'  d'icelle  ville,  el  de  lît.  s'nclieiniuaiil  vers  Orléans,  fnl  appn'lientlé  |Mir 
(fies  j'eus  de  l'euipereiir  Autiioiue;  lescpiels.  le  voyanl  oksliné  de  n'adorer  \vs 
f  idoles,  luy  Irauclièreul  la  teste  le  .'lo''  jour  d'nrinbre;  lni|uelle  il  porta  envinin 
itdeuiy  lieue  jus<|ues  au  lieu  dicI  In  pierre  Lucniu.  couiuie  il  m*  licl  au  livn*  |ms- 
ffsionaire  uiaiiuscript  de  la  lilu-airie  de  Saiuct-deruiaiu-ilos-IVés.  cullé  |Mir  dehors 
ffH  lui.   M).  paj;e  «i.  (^,elte   cliflsse.   couverte  de  «pielqne  drajt  de  «ve  pnVienx. 

I..I  jinrc  i|iir  III11I-.  ii'iuihIiiixiiii-  m'Iis  rr  liln'  iiiMi!.  il  l'ti-  •■{•iiiMMiMim^it  nwiHiir*'  n«r  VI    I^^hmiU 

M>  tnMivo  nii  (iiiiiiiM-ni-i'iiii<iil  il'iiii  iiiiiiiiiHrril  iIp  In         IMislt*.  L'ivrilim-  lurail  MfC  lir  h  ta  du  \«' 
ttitili(i||H'<«|iie  iiii|Hriiilo.  fniids  latin,  n*  i^jo'i.  cl         ou  du  nmiutmmiieul  du  i«r 


262  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OHICIINAUX. 

a  se  porte  en  procession  par  deux  hommes  (r»''{;lise,  (|iiiin(l  on  porle  celle  de  «lincle 
ffGeneviefve,  et  non  aullremenl.  En  ])areil  jour  <|iril  lui  martyrisé,  tous  les  ans 
ffon  célèbre  sa  leste. 

et  Au  dessus  du  dict  autel  de  la  Trinité  sont  plusieurs  châsses;  c'est  assavoir  : 

chUssesdeMinicosme       ff  Les  châsscs  dc  saiuct  Cosme  et  sainct  Damian,  des(pielles  les  deux  rostés 

<■!  saint  Dnniian.  -,  .  .        .  11*' 

ffsontcouvers  d argent  dore,  et  y  a  plusieurs  ossementz  des  dictz  sainctz. 


Chine 
de 


«La  châsse  de  sainct  Justin  ou  sainct  Juste,  natif  d'Auxerre;  à  l'aage  de  9  ans 
liiiijusiin.ninrtvr.  ff eut  la  testc  tranchée,  au  |)ays  de  Beauvoisin,  en  s'en  revenant  d'Anïieiis,  oi^i  il 
ffestoit  allé  pour  convertir  un  sien  proche  parent  à  la  foy  catholicque.  Son  chef  fut 
■r porté  à  sa  mère  à  Auxcrre,  et  le  corps  à  Beauvais,  lequel  depuis  a  esté  trans- 
flaté  en  l'église  Nosire  Dame  de  Paris.  Sa  feste  est  le  huiticsme  aousl.  Vovés  le 
ff  bréviaire  de  Paris,  partie  (estivale ,  au  dict  jour. 


Oïdsso 
(II!  soinl  Sëverin. 


(fLa  châsse  de  sainct  Severain  moine  à  Paris,  lequel,  pour  mieux  vaccjuer  à  la 
ff  contemplation  des  choses  cielestes,  se  retira  en  une  celle  ou  chambrette,  fuiant 
ff  l'aspect  et  société  des  personnes.  C'est  luy  qui  bailla  l'habit  de  religion  à  sainct 
reCloud,  lilz  (le  Clodomire  et  neveu  ou  |)etil-(ilz  de  (llovis,  j)remier  roy  chres- 
fftien,  et  l'instruict  à  vivre  sainctement  en  lestât  monastique.  Sa  feste  est  le 
(f  26  novembre. 


de  soiiif  C(iiiitul|ilii 


((La  châsse  de  sainct  Gundulphe  (en  françoys  sainct  Genaul,  Boinain),  créé 
revesque  par  le  pape  sainct  Xiste,  premier  de  ce  nom,  et  envoyé  en  France  pour 
frprescher  le  saiuct  Kvaiigile  aux  payens,  où  il  souifrit  beaucoiq)  jus([ues  à  estre 
tr jette  dans  un  four  ardent,  dont  il  sortit  miraculeusement,  sans  lésion,  connue 
tf  il  est  en  la  seconde  partie  {estivale  du  nouvel  bréviaire  de  Paris,  souhz  le  1  3'  no- 
trvembre.  11  avoit  construict  en  Berry  un  monastère  où  il  décéda  au  dit  join-,  el. 
trdepuys,  son  corps  et  son  chef  ont  esté  apportés  à  Nostre  Dame  de  Paris,  où  tous 
(fies  ans  il  est  honoré  d'une  feste  double. 


pJohannes  Molanus,  en  ses  additions  ad  nutrlyrologimn  Vsimrdi,  (îscript  qu'au 
ff  mandement  de  saint  Xiste  il  resuscila  le  lilz  dun  Gentil. 

Reiiqurs di.fr!,,.,.  (f  Uh  grand  tableau  d'argent  doré  fort  riche  dict  de  sainct  Sébastien,  au  milieu 
fr duquel  est  enchâssé  une  dent  de  la  Mère  de  Dieu,  el  à  l'entour  plusieurs  osse- 
(f  mentz  de  saincts  et  sainctes  avec  des  escriptaulx. 


Vraie  croii.  ffLa  grande  croix  d'argent  doré,  formée  de  plusieurs  grosses  perles,  dans  la- 


LKS  CHÂSSES  UK  NOTHK  DAMK  DK  PAHIS.  J63 

r(|ii<'ll<'  il  y  II  |)lii.Hiciii's  |)i^>r(!H  de  la  vray**  croix  t|ii«>  \iiwllc  ou  AiiM'Inif.  Parisien 
r  i\v  luilioii,  t'I,  «>iivii'i»ii  l'an  iioo,  cliaiitri-  ilii  SHiiid-S'iiiiIrhi-f  en  lli<''riiHal<Mii . 
f'f'iivoya  à  l'eveHquc  et  aux  rlianoiiu*»  «If  NohIi'p  Danii*  (i**  i'ari»,  du  iioudirc  i\f^ 
-'i|iii-ls  il  «voit.  t'uU'  avant  <|n«-  d'alln-  «-n  ili)*nisal«Mn,  avec  l'ariii/'i'  d<*»  r\irf*ù»'U*> , 
rHoiibz  la  |;niilf  <>t  conduirl**  il)>  (lotlffriiy  d*>  Bituillon  «•(  auli(*'>.  K.«t|  |«*||i*  i|u'il 
'•dfsci'ipt  fil  s<>s  i<>lln's  ti'ans(-i'i|)l(*saii  (inind  Pastoral,  liv.  ao,  rliarlf  3 1 .  d<>)M|u<'llt*« 
'•  Cl!  suit  l<'  |ii'iii<-i|)al  iiari'»'.'" 

ji-i  sont  transcrit)!»  I<'s  <lvii\  lettr*>s  du  doiialfur.  MiMilion  en  <'»t  faiti*  dain>  !••  rarliildin- 
(If  Notrc-Dniiic,  |Miltlii'  |iar  fi-ii  (îni-ranl  (t.  Il,  |t.  Ao8),  vl  sou;*  ci'lti-  rul»ri<|u<'  :  KyuUÀtt 
ilmv  :\hxvHi  ,  ntiiUmx  Sniirli  Seintlcn ,  iiuilmii  iid  (iiilom-m,  l'ari»ini»em  rptêcopum,  rt  Sfe/ifuiiium , 
m'chiHiitcimum ,  frnjpttCHlum  li/^iii  Cruci»  Ihmiiiica-  mitlit,  eirta  annum  itoH.  !>•  lexle  d»*  rw 
dcii\  l(>ltres  a  ët«i  nublii^  dans  \c  (iallia  rhrUtinnn,  I.  VII,  inslruiiifnla,  coi.  kh  el  hh. 


IV. 

LES  TROIS  MOHTS  KT  LKS  TROIS  VIFS. 

( Voir  tiuiliebert  de  Metz,  ri-(lc«>»uii .  |>    ttj>  d  193.) 


Guillcbcrt  de  Metz  nous  opprond,  avec  sa  brièvct*^  liabituolle,  que  -a  leglise  de*  Inno- 
•^rcns  sont  cn([i(}ncuscmcnt  entailit^cx  de  pierre  les  yniai|,'es  des  (rois  vifz  el  trois  nHMV.* 

(letto  simple  mention  ne  snurnit  sntisfairn  la  curinsiti^  du  lecteur  :  m^me  en  avant  sous  \e» 
veux  la  ri'pn'senlation  de  ce  lujjubre  sujet  el  les  vers  dont  elle  était  arcompafpK^,  on  vou- 
drait tpieltpies  détails  sur  IVpoque  ot^  cette  composition  fut  sculptée  au  portail  de  l'église; 
on  se  demande  cpielle  a  pu  âtre  l'origine,  la  signification,  la  portée  morale  de  la  légende  ainfl 
traduite;  on  attend  enfin  un  commentaire  d'autant  plus  long  (pie  le  texte  de  notre  auteur 
est  plus  court.  Malheureusement  les  historiens  de  Paris  ont  été  très-sobres  sur  ce  point  : 
Du  Breiil  et  (îodefroy  sont  les  seuls  (pii  nous  fournissent  <|uel(|ue8  explications;  encore 
oiil-ils  omis,  «pour  n'ennuyer  le  lecteur,')  une  partie  des  choses  qu'il  serait,  pour  nous,  si 
intéressant  de  connattre. 

Voici  d'abord  le  passage  de  Du  Breul  : 

«Au  porl.lil  (le  IV'{jlisc,  qui  esta  main  droicio,  h  costiî  (l'irelle,  Ion  voit  le» 
f  (i|;nres  en  l)oss(>  de  trois  Chevaliers  passaiis  par  dedans  un  bois  el  trois  Morts  à 
r-l'opposile  aussi  dans  un  bois.  L(>(|iicl  lit  faire  et  origor  Monsieur  Jean,  duc  de 
ff  Bory,  en  l'année  1  /io8,  pour  rornomenl  de  ce  lieu,  au(]uel  il  voulut  esire  enlem* 
-apri'>s  sa  mort;  ainsi  (juc  les  vers  suivants  le  lesnioigneni.  gravex  le  long  de  la 
r  corniche,  qui  soubslicnl  lesdilcs  liffures  : 

Kn  l'an  mil  quatre  cents  el  huiri, 
Jean,  duc  de  Bcrry,  1res  puissant. 
En  toutes  vertus  bien  instruit . 
Kl  prince  en  France  florissant. 
Par  liumain  cours  lors  cojfnoissanl 
Qu'il  convient  toute  creatiin'. 
Ainsi  que  nature  consent. 
Mourir  el  lendn*  n  pourriliin». 
Fit  Iniller  cy  sa  sepullun> 
Des  trois  Vifs  aussi  des  trois  Mon: 
El  de  ses  deniers  la  facture 

■  WT.  I.  ^S 


266  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Et  paya  par  justes  accords, 

Pour  monstrer  que  tout  humain  corps, 

Tant  ave  biens  ou  grand  cité. 

Ne  peut  éviter  les  discords 

De  la  mortelle  adversité. 

Donq',  pour  avoir  félicité, 

Ayons  de  la  mort  souvenir. 

Afin  qu'après  perplexité 

Puissions  aux  saincts  cieux  parvenir. 

Prions  pour  le  prince  susdit, 

Et  ensuivons  son  intendit. 

tAux  quatre  coins  dudit  portail  sont  peintes  les  armes  de  la  maison  des  ducs 
trde  Berry.  Plus,  sous  une  chacune  desdites  figures,  est  attachée  dans  le  mur  une 
tr  grande  pierre  remplie  d'un  nombre  de  vers  François,  comme  si  lesdites  figures 
ff  parloient  ensemble  et  respondoient  l'une  à  l'autre;  lesquels  j'obmets,  pour  n'en- 
ff  nuyer  ie  lecteur  '■'.  -n 

11  est  bien  regrettable  que  Du  Breul  ait  eu  ce  scrupule  :  les  vers  qui  remplissaient  la 
grande  pierre  attachée  dans  le  mur  nous  auraient  servi  à  contrôler  les  indications  que  four- 
nissent quelques  livres  devenus  fort  rares;  nous  pourrions  aujourd'hui  reproduire  littérale- 
ment la  leçon  que  le  duc  Jean  de  Berry  voulut  donner  à  ses  contemporains,  et  «ensuivre» 
de  point  en  point  son  «inlendil.w  Mais,  si  nous  ne  sommes  absolument  sûrs  ni  de  la  com- 
plète identité  des  personnages,  ni  de  la  rigoureuse  uniformité  des  textes,  nous  avons  du 
moins  recueilli  et  nous  soumettons  plus  loin  au  lecteur  tout  un  ensemble  de  présomptions 
d'oti  résulte,  pour  nous,  une  véritable  certitude  morale. 

Voici  maintenant  le  témoignage  de  Godefroy. 


.  .  .(cEt  ne  semble  hors  de  propos,  puisqu'on  est  sur  sa  mort'*',  de  rapporter  ce 
tt  qu'il  fit  de  son  vivant,  en  mémoire  de  la  mort  de  Louys,  duc  d'Orléans,  son  ne- 
fc  veu  **'.  Car  il  fit  représenter  sur  la  grande  porte  méridionale  de  l'église  des  Saincts- 
fflnnocens,  où  est  le  grand  et  commun  cimetière  de  la  ville  de  Paris,  l'Histoire 
cf  des  trois  Morts  qui  apparurent  à  trois  Vifs  chassans  dedans  une  forest.  Ce  que  l'on 
ff  apprend  de  quelques  vers  François,  qui  se  voyent  encore  dessus  la  sculpture  des 
«figures  en  la  frise,  ainsi  que  s'ensuit'*'. d 

Viennent  ensuite  les  vers,  tels  que  Du  Breul  nous  les  a  transrais. 

'''  Théâtre  des   antijmtez   de  Paru,    édit.   de  Milan,  assassiné  près  de  la   Porte -Barbette,  en 

i6i9,p.  835.  iioy,  par  ordre  de  Jean  sans  Peur. 

'*'  Il  s'agit  de  la  raort  du  duc  Jean  de  Berry,  '*'  Hittoire  de  Charles  11,  par  Juvénal  des  Ur- 

oncle  de  Charles  \'I  et  du  duc  d'Orléans.  sins,  avec  Annotations  par  Godefroy.  Paris.  j65.3, 

'''  Godefroy  parle  de  l'époux  de  Valentine  de  in-folio,  p.  674. 


LES  TROIS  MORTS  KT  LES  THOl.S  MKS.  M7 

Il  V  II  (|iicli|iic  chose*  (le  toiirliant  d.ui.s  un  !tini|ili'  dt-lnil  que  donne  God<froy,  et  qoe 
Du  lirciil  m:  laiNfiait  pnit  itouproiincr  :  li;  |iic-iix  duc  de  Itcrry  lit  t>rul|)t«>r  an  portail  dcf 
Sainls-liinorcnls  l*;  Dit  de*  Trot»  Mort»  et  de»  Trot»  Vif»,  ren  m<^inoir«-  dp  la  mort  de  Lotnri, 
"(lue  d'Orli'iins,  son  neveu ;n  de  sorte  que  l'nsKaHMnnt  de  la  vieille  rue  du  Temple  avait 
liiiss<^  Kn  trace  sur  la  façade  de  lY^^lixe  vouëe  plu»  Kp/fcialement  au  ruile  des  ti^pass^.  Le 
sujet  dont  nou.s  nouH  occupons  se  rntlnclic  donc  à  l'une  des  plus  tristes  pages  de  Tbistoire 
|)îirisicrinc;  non  venu  motif  pour  le  [)la(rT  à  In  suite  d'une  description  de  Pnri«.  écrite  aa 
iiiomciit  iiK^rnc  où  .s'accomplissaient  ces  lu|,'ul)res  événements. 

Nous  connaissons  maintenant  les  circonstances  dans  lesquelles  le  Dit  de»  Troi»  Mort»  et  de» 
Trot»  Vif»  est  venu  pr(>n<lre  place  au  cimetière  des  Innocents;  il  nous  reste  k  recueillir  ce 
que  les  auteurs  modernes  les  plus  compétents  ont  écrit  sur  l'origine,  le  sens  et  le  but  moral 
de  (l'Ilf  funi'-bre  léjjende.  (jonlraircmful  à  notre  attente,  nous  n'avons  trouvé  aucun  ren- 
sei)piem(>nl  à  cet  éjjard  dans  la  curieuse  correspondance  qu'érhanf^èrent  dans  le  Journal  Je 
Pari»  (août  1785)  trois  personnes  désireuses  d'élucider  les  questions  se  rattachant  à  la 
Danse  Macabre.  L'article  que  Cliampollion-Figeac  inséra,  en  i8t  1,  dans  le  JMi^mm  «irycfo> 
in'ditiuc,  et  (pii  a  servi  de  point  de  départ  à  des  travaux  considérables,  ne  noos  a  pas  iti 
d'une  plus  (grande  utilité.  Il  nous  a  fallu  aller  jusqu'il  Gabriel  Peignol  pour  trouver  des 
données  exactes  et  une  discussion  sérieuse.  Le  savant  auteur  des  Recherche»  »ur  le»  Jamam 
de»  mort»  consacre  h  la  léj^ende  qui  nous  occupe  (picl(|ucs  pages  que  nous  reproduisons: 

«On  nous  permettra  ici  une  petite  digression  sur  la  pièce  de  vers  intitulée  le»  Troi» 
ftMort»  ft  les  Troi»  Vif»,  mentionnée  dans  la  souscription  de  l'édition  de  i486,  et  qui  se 
«retrouve  dans  beaucoup  d'éditions  de  la  Danse  Macabre,  dans  les  livres  de  prières  du 
«temps,  et  <pii  même  u  été  imprimée  séparément.  Cette  pièce  doit  être  très-ancienne. 
«Nous  présumons  qu'elle  remonte  au  xiii*  siècle,  et  nous  fondons  notre  opinion  sur  un 
-passage  du  catalogue  de  M.  de  la  Vallière,  de  1783,  t.  II,  p.  a3S-a36.  Le  savant 
«rédacteur  y  rapporte  les  titres  de  trois  pièces  de  poésie  manuscrites  du  xni*  siècle,  ayant 
«pour  objet  le»  Troi»  Mort»  et  le»  Troi»  Vif».  Les  auteurs  de  deux  de  ces  pièces  sont  noro- 
«més;  la  troisième  est  anonyme.  Heste  à  savoir  i|uelle  est  celle  qui  fait  partie  de  l'édition 
rde  la  Danse  Macabre,  ou  si  on  n'v  en  a  pas  inséré  une  de  nouvelle  rédaction.  N^avanl 
-sous  les  yeux  ni  cette  édition  (de  1/186),  ni  les  trois  pièces  en  question,  nous  ne  poo- 
«  vons  porter  de  décision  è  cet  égard.  Ce  qu'il  y  a  de  certain,  c'est  que  le  sujet  a  élé  adopté 
«par  les  éditeurs  de  la  Danse  Macabre;  et  nous  ne  nous  écartons  |Miint  de  notre  objet  en 
«pariant  des  trois  i)iè((>s  mentionnées  dans  le  catalogue  de  M.  de  la  Vallière.  \oiri  com- 
«ment  elles  y  sont  annoncées.  La  première  est  intitulée  :  Ce  »otii  h  lll  mor»  et  It  lll  ri»  fw 
«  Baudouin»  de  Cottdé  fi»t. 

«Cette  pièce  est  en  169  vers,  dont  les  deux  premiers  sont  : 

Ensi  fon  II  ninlere  ronle 

Il  furent  si  oini  «lue  et  ronle. 


«et  les  deux  derniers 


Tout  iij  de  lioin  ruer  p<  de  lin 
Que  Diex  \nu8  prrng^  à  boiite  fin. 


268  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

K Cette  pièce,  qui  fait  partie  d'un  Recueil  de  poésies  et  de  prose  du  xii'  siècle,  in-folio, 
«annoncé  sous  le  n°  2786  du  catalogue,  est  suivie  de  l'explication  suivante  : 

«Trois  jeunes  seigneurs  riches  et  puissants  reçoivent  de  trois  corps  morts  rongés  de  vers, 
«dont  ils  font  rencontre,  des  leçons  terribles  sur  la  vanité  des  grandeurs  humaines.  Ce  Dit 
«était  fort  en  voguo  dans  les  xni°,  xiv'  et  xv' siècles.  Notre  manuscrit,  ajoute  le  rédacteur, 
«en  contient  trois  versions  différentes;  chacune  y  est  accompagnée  d'une  miniature  dans 
«laquelle  se  voient,  d'un  côté,  les  trois  seigneurs,  dont  le  premier  porte  sur  le  poing  un 
«faucon,  marque  de  sa  puissance,  et,  de  l'autre  côté,  les  trois  morts  debout.  On  retrouve 
«ce  sujet  représenté  dans  des  monumenis  anciens,  ainsi  que  dans  quelques  Heures  manus- 
«crites  du  xv' siècle,  mais  avec  une  différence,  c'est  que  dans  celles-ci  les  trois  seigneurs, 
«au  lieu  d'être  à  pied,  le  faucon  sur  le  poing,  y  sont  représentés  à  cheval,  sans  cet 
«oiseau. 

«On  ne  trouve  pas  seulement  ces  figures  en  miniature  dans  des  Heures  manuscrites;  elles 
«ont  été  aussi  gravées  pour  des  Heures  imprimées,  comme  nous  le  verrons  par  la  suite. 

«La  seconde  pièce  est  intitulée  :  Chi commence  li  III mors  et  li  III vis,  ke  maistres  Richoles 
«</(•  Marginal fist.  Elle  a  ai6  vers,  dont  les  deux  premiers  sont  : 

Trois  damoisels  furent  jadis ,    - 
Mais  qui  partout  queroit  jadis, 

«et  les  deux  derniers  : 

Si  ken  ae  glore  pure  et  fine 
Soions  ki  on  nul  Lins  ne  fine. 

«La  troisième  pièce,  qui  est  anonyme,  est  ainsi  annoncée  :  Chest  des  III  mors  et  des 
tf  III  vis.  Elle  a  19a  vers  et  commence  ainsi  : 

Diex,  pour  trois  peccours  retraire, 
Monstra  un  signe  dont  retraire 
Vous  voel 

«  Elle  finit  par  ces  deux  vers  : 

Kanemis  ne  nous  tourne  envers, 
Kant  sera  no  caroigne  en  vers. 

«Ce  sont  ces  sortes  de  poésies  que  les  anciens  appelaient  un  Dit.  ils  entendaient  par  ce 
«mot  une  pièce  qui  renferme  un  enseignement,  une  instruction,  ou  le  récit  d'une  belle  ou 
«d'une  mauvaise  action.  Le  Recueil  de  poésies,  etc.  in-folio,  où  étaient  les  trois  pièces  ci- 
«dessus,  avec  4i  autres  de  même  genre,  a  été  vendu,  chez  M.  de  la  Vallière,  3oo  liv. 
«en  178/1. 

«  Il  a  été  dit  ci-dessus  qu'on  retrouve  le  morceau  des  Trois  Morts  et  des  Trois  Vifs  dans 
«différents  livres  de  prières;  c'est  ce  que  prouve  encore  le  catalogue  de  M.  de  la  Vallière. 
«On  y  voit,  sous  le  n°  29^,  des  Preces  piœ,  cum  calendario,  in-8°  de  i48  feuillets,  en- 
«richi  de  1  9  belles  miniatures.  Celle  qui  est  en  tête  de  l'oITice  des  morts,  dit  le  rédacteur, 
«représente  un  sujet  qu'on  voit  rarement  dans  les  livres  d'Heures,  c'est  celui  du  Dit  des 


LES  THOiS  MOUTS  ET  LES  TROIS  VIPS.  969 

"trois  Mort!)  (|ui  apparoisHcril  à  trois  Vifs.  Ce  manuscrit  a  M  vendu  36  liv.  en  178'!. 
"Sous  le  n"  39Q  (nu\  additions,  P.  17)  «e  trouve  un  OJicium  B.  Virginie,  ele.  in-S*  de 
t  I  K/i  foiiillfts,  qui  a  dfjaleincnt  l'histoire  des  Trois  Morts  et  des  Trois  Vifs,  repréMOtée  en 
"miniature  en  léte  de  l'Onicc  des  morts.  Vendu  mj  liv.  19  s.  en  178^^.  Nous  dieroM 
"(;ticnrc  le  n"  uS/i,  sous  l)M|u«>i  est  nnnonii^  le  superbe  manuscrit  intitul<^  liemtt  it 
•> Ijoui»  II,  dur  d'Anjou,  roi  de  Jih-utnlem  et  de  Sicile,  in-fl'  de  ajjo  feuillets,  om^  de  1 13 
f  rniniulun's  d'une  beaulti  iiarfiiitc.  Parmi  les  pièces  que  ce  volume  rcnfennc,  on  en  trouve 
-  tiru!  intitult^c  Cy  après  commence  uiu  moult  merveilleute  et  horrible  histoire  que  ten  dit  des 
'iij  Mor»  et  de»  iij  Vis.  Ce  volume  a  élé  vendu  /i5o  liv.  en  178Â.  Nous  les  trouverons 
K également  dans  deux  livres  de  prières  imprimi^s  l'un  en  i5a4  et  l'autre  en  iS3i, 
nin-8%  que  nous  avons  sous  les  yeux,  et  dont  nous  aurons  occasion  de  parler  dans  la 
"Suite  '". » 

L'homme  qui  a  rrcus<^  le  plus  profondément  le  lugubre  sujet  dont  il  s'agit  est  incon- 
teslabiemf'nl  feu  K.  II.  Langlois,  du  Ponl-dc-l'Arche.  Précédé  par  un  chercheur  tel  que 
Gabriel  Peignot,  il  a  pu  aller  plus  avant  et  découvrir  des  (lions  érhapin'-s  au  premier  tra- 
vailleur. Son  étudi!  sur  le  Hit  des  Trois  Morts  et  des  Trois  Vifs  nous  a  paru  trop  complète 
|)uur  (|ue  nous  hésitions  à  la  reproduire  in  extenso. 

rDans  le  cours  du  xin*  siècle,  il  parut  un  ouvrage  français,  en  vers,  sous  le  titre  de 
«  Li  trois  Mors  et  li  trois  Ki*"'  (les  Trois  Morts  et  les  Trois  Vifs).  Il  en  eiistait  trois  esem- 
«plaircs  apparemment  contemporains  dans  la  noble  bibliothèque  du  duc  de  la  Vallière. 
rmais  (pii  présentaient  quel(|ues  différences  et  fournissaient  le  nom  de  deux  auteurs: 
«Baudoin  de  Condé  et  Nicolas  de  Marginal"'.  Ces  antiques  poèmes  racontent  que  trois 
(t  nobles  jeunes  hommes,  chassant  dans  une  forêt,  furent  arrêtés  par  un  pareil  nombre  de 
"spectres  hideux,  image  de  la  mort,  desquels  ils  reçurent  une  leçon  terrible  sur  la  vanité 
"  (les  grandeurs  humaines.  Une  très-aneienne  allusion ,  la  première  peut-^tre,  à  cette  vision . 
R  parait  se  présenter  dans  une  peinture  d'André  Orgagna"',  dans  le  Campa  Samlo  de  Pise.  et 
R  représente  évidemment  le  même  sujet ,  quoique  avec  quelques  légères  diffcrences. 


'•'  Betkercheit  historiques  et  littéraires  sur  tes  doHses 
dm  morl.1.  Dijon  et  i'aris,  i8'i6,  in-8*,  p.  9g  et 
suiv. 

'*'  Francis  Douce,  The  Hante  0/  l>ealk ,  Ix>n(lon, 
i8:j;i.  in-8",  |).  .Ti  cl  sniv. 

"''  (]ii((ilo}jn(!  (le  In  Vnllit>re,  n*  •J736-9a,  «3  et 
«5.  Il  |wrfllt  que  clinrune  de  ces  pitWs  nvnil  été 
n>ni|)()s<'e  jwr  un  auteur  différent.  M.  IVijpiol  fait 
(ihserver  que  le  nom  d'un  des  trois  aut(nirs  est 
r<>sU'  inroiuui. 

'*  Andréa  OqfOjfnn ,  |)eintr«\  sculpteur  et  nrrlii- 
ItTte,  nni|iiit  i^i  Flonnioe,  en  i3'j(j.  et  travailla 
|in'M|(ii'  toujours  de  ronrerl  avec  sou  fn^n'  nint', 
ll<>riinrd  Orjfiijjnn ,  notainiiiont  aux  n'Ièbres  fresipio» 
(1(1  l'nradis  et  de  l'Iùtrer.  au  Cam|io  Soiilo  (clianip 


saint,  terre  bénite  pour  rinwlière)  ie  Pue  H  à 
Sainle-Marie-Moveiie.  Il  niounit  h  MoRnee,  tm 
1 389.  Les  biognphn  ne  •ool  point  iTaceanl  msr 
rortbogra|ihe  du  nom  «k*  cH  illuttrp  artvte.  q«r 
Vasari ,  suivi  par  M.  Dnur(> .  ap|M>ili>  Aadrsa  di  Cioar 
Orgagna  ;  mais  dans  l'Àiition  de  FloraMe,  de  1 770. 
une  note  extraite  d'une  Milioa  de  Rmm  fait  ob- 
server que  Baklinucct  aaalient .  d'après  f— Iwitf 
d'un  litre  coulraiporain  de  rartitle.  ^'il  faaiécrirp 
Orcagna.  Ce  ipii  n'rmpèdw  pas  TéXimÊr  riMMa 
de  pr('lendrp  qu°Oi|pigna  e*l  b  «^éritafale  91Û0- 
graphe,  et  que.  d'aiil«u<s.  ka  litres  aMaes  ae 
nomment  ce  |H>iulre  qu'Aiidm  di  Cioae.  Les  aa- 
teura  de  la  BMgrwfkit  msmtmts  oal  adopte  Top»- 
nion  de  I 


270  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

«Le  peintre  a  figuré  trois  jeunes  gens  à  cheval,  avec  des  couronnes  sur  leurs  toques; 
c?  environnés  de  plusieurs  varlels,  ils  se  divertissent  à  chasser  avec  leurs  faucons.  Saint 
f  Macaire,  anachorète  égyptien,  près  de  la  cellule  duquel  ils  se  trouvent,  leur  présente 
is d'une  main  un  phylactère  chargé  d'une  inscription  où  se  lisent,  autant  qu'il  est  possible 
«de  les  déchiffrer,  les  mots  suivants  :  Le  nostra  mente  fa  ben  morla  tenendo  risa  qui  la 
r^vista  afRUa,  la  vana  gloria  ci  sara  sconflta  la  superbia  è  sara  da  morte.  Ce  qui  signifie 
«à  peu  près  :  «Si  notre  esprit  se  mortifie  à  cette  vue,  notre  orgueil  et  notre  vaine  gloire 
«s'anéantiront  dans  la  pensée  de  la  mort.»  De  son  autre  main,  le  saint  ermite  dirige 
«l'attention  des  nobles  cavaliers  sur  trois  cercueils  ouverts,  sur  lesquels  sont  un  squelette 
R  et  deux  cadavres  dont  l'un  est  celui  d'un  roi. 

«Une  semblable  vision,  qui  n'a  pas  une  connexion  si  intime  avec  le  sujet  en  question,  et  à 
«laquelle,  jusqu'à  présent,  on  n'a  pas  fait  attention,  se  trouve  à  la  fin  des  vers  latins 
«attribués  à  Macabre,  dans  l'édition  de  Goldasti  du  Spéculum  omnium  statuum,  a  Roderico 
tx Zamorensi '^^K  Trois  personnages  apparaissent  à  un  ermite  endormi,  dont  le  nom  n'est  pas 
«mentionné.  Le  premier  est  décrit  comme  un  homme  revêtu  d'habits  royaux;  le  second 
«comme  un  notable  bourgeois,  et  le  dernier  comme  une  belle  femme  ornée  d'or  et  de 
«joyaux.  Tandis  que  tous  trois  préconisent,  pleins  de  vanité,  leurs  conditions  respectives, 
«surviennent  trois  horribles  spectres,  sous  la  forme  de  cadavres  humains,  dévorés  par  les 
«vers,  qui  les  réprimandent  sévèrement  de  leur  arrogance.  Ceci  est  évidemment,  pour  le 
«texte,  une  autre  version  des  Trois  Morts  et  des  Trois  Vifs.  Mais,  quant  à  l'antériorité  de 
«l'une  ou  de  l'autre  de  ces  deux  versions,  c'est  ce  qu'il  e!>t  impossible  de  décider.  Celle  dont 
«nous  venons  de  parler  est  composée  de  rimes  alternées,  dans  la  manière  et  probablement 
«par  l'auteur  de  la  vision  de  Philibert  ou  Fulbert,  touchant  le  Débat  du  corps  et  de  /'âme'*', 
«  ouvrage  attribué  à  saint  Bernard ,  et  quelquefois  à  Gautier  de  Mapes.  11  en  existe  des  tra- 
«  ductions  en  français  et  en  anglais. 

«  C'est  à  Vasari  '^'  que  nous  sommes  redevables  de  savoir  que  l'ermite  de  la  peinture 
«d'Orgagna,au  CampoSanto,  est  saint  Macairc,el  lorsque,  dans  la  vie  de  cet  artiste,  ilcon- 
«  signe  ce  fait,  on  ne  peut  douter  qu'il  ne  possédât,  à  cet  égard,  des  documents  tradition- 
«  nels.  Il  nous  apprend  même  qu'on  a  voulu  représenter  Andréa  Uguzzione  délia  Fagivola , 
«  dans  le  personnage  à  cheval  qui  se  bouche  le  nez.  Au-dessus  est  une  figure  noire  et  hideuse 
«de  la  Mort,  abattant  sous  sa  faulx  les  hommes  de  tous  les  rangs  et  de  toutes  les  condi- 
«tions.  Vasari  ajoute  qu'Orgagna  avait  rempli  son  tableau'*'  d'un  grand  nombre  d'inscrip- 
«  lions  pour  la  plupart  effacées  par  le  temps.  Il  en  rapporte  cependant  une  dans  son  ou- 
«vrage;  elle  s'adresse  à  quelques  vieillards  estropiés.  Il  paraît  que  là,  comme  dans  la  Danse 
«Macabre,  les  différents  états  de  la  vie  étaient  apostrophés  par  la  mort.  Baldinucci,  dans 
«sa  notice  sur  Orgagna'*',  fait,  en  parlant  de  cette  peinture,  mention  de  l'histoire  des 
«trois  rois  et  de  saint  Macaire;  et  Morona'^',  dans  sa  Pisa  illmtrata,  adopte,  en  décrivant 
«également  ce  sujet,  le  nom  du  même  saint.  Les  figures  de  cette  composition  sont  toutes 

'''  Hanov.  iCi3,  iii-4°.  '''  Il  est  bien  peu  de  personnes  qui  ne  sachent 

'*' Cette  pièce,  traduite  en  vers  français,  se  trouve  que  ces  peintures  d'Orjjagna  furent  exdculées  à 

fréquemment  à  la  fin  des  Danses  Macabres  pu-  fresque. 

bliées  dans  la  même  langue.  '*'  Baldinucci,  Dltegno,  If,  65. 

''■  Fitede'PiHon,  t.l,p.  i83,  éd.dei568,m-4°.  '*■  Morom,  Pisa  illustrata,l,  Sog. 


LES  TROIS  MORTS  KT  LES  TROIS  VIFS,  571 

"(les  portraits  dont  on  trouve  les  noms  tant  duos  VaMri  que  dans  Morona,  avec  (pielf|u<^ 
-variantes,  n('iiiiinoins,  dutis  les  dci>cri|itiuns. 

"  L'ilistoin;  des  Trois  Vifs  et  des  Trois  Mort«  faisait  partie  des  |>einlures  de  la  Daii*« 
f< Macabre  du  cimetière  des  Saints- Innocents  de  Paris;  et,  sur  le  portail  de  r<^i»e  du 
-in^nie  nom,  elle  avait  <^t(^  sculpt^-e  par  ordre  de  Jean,  duc  de  Bcrry,  en  lAoS'".  On  la 
«trouve  dans  un  (jrand  nombre  d'Heures  manuscrites,  et  dans  d'autres  livres  liturgiques, 
"  à  l'odire  des  morts  '".  » 

Feu  E.  II.  Lanfjlois  ne  s'est  pas  contentti  de  cette  première  <^tude  de  notre  l^eode  :  il 
a  voulu  traiter  le  c6të  icono{;riiplii(|iie  de  la  cpiestion  aussi  complètement  que  la  partie  re- 
ligieuse, littéraire  et  bibliographique.  I^s  détails  très-circonstanciés  dans  lesquels  il  entrr 
nous  ont  [tarii  inérilcr  une  reproduction  intégrale.  Après  avoir  fait  graver,  d'après  les  vieux 
bois  (les  éditions  de  Troycs ,  les  deux  sujets  dont  se  compose  le  DU  det  TroU  MorU  et  dt$  Troii 
Vif»,  il  ajoute  : 

"Ces  deux  planches,  dont  la  première  représente  trois  jeunes  seigneurs  à  la  cbaMe,  •« 
<< livrant  au  divertissement  du  vol  du  faucon,  et  dont  la  seconde  représente  trois  morts 
«debout,  auprès  d'une  croix  de  ciin(>tière,  avec  racconq)agncnient  d'un  ermite  assis  dans 
«une  grotte,  se  rencontrent  dans  la  |ilupart  des  anciennes  éditions  françaises  de  la  Danse 
«Macabre,  depuis  celle  de  1&86,  iniprim(k*  par  Guyot-Marcbant,  et  dont  la  souscription 
'f  mentionne  le  beau  DU  de»  Trois  Mort»  et  de»  Troi»  Vif»  ensemble»,  jusqu'aux  plus  r^ente» 
«éditions  de  Troycs  qui  font  partie  de  la  Bibliothèque  Bleue.  Elles  senent  d'illustration  & 
«cette  légende  dont  nous  avons  déjà  parlé  dans  la  première  partie  de  cet  ouvrage  (p.  107- 
«iia),  et  les  i\iiu\  fdc-slml le  ipie  nous  oiTrons  ici  sont  tirés  de  l'édition  de  la  Daiut 
•^Macabre  publiée,  en  t5a8,  à  Troyes,  par  Nicolas  Le  Rouge. 

«  Ces  planches  sont  toujours  accompagnées  d'une  pièce  de  vers  trop  longue  pour  être 
«citée  en  entier,  et  qui  forme  une  espèce  de  dialogue  entre  les  divers  acteurs  de  relie 
«scène'.  L'Anachorète  égyptien,  saint  Macaire.  que  l'on  voit  dans  la  fjn)lte,  prend  le  pre- 
"mier  la  parole;  il  dit  aux  seigneurs,  en  leur  montrant  les  trois  s(|uelctles  : 

Ouvre  les  yeux,  crenlnre  rhetive. 

Viens  vcoir  les  failx  de  In  mort  excessive,  ele. 

«et  raconte  (ju'il  a  vu  en  songe  trois  Morts  qui  lui  ont  montré  di'sgens  de  conditions  difl'»'- 
«  rentes  (|ue  le  trépas  a  rendus  égaux.  Ces  Morts  interviennent  ensuite  eux-mêmes  dan» 
«le  dialogue  pour  faire  de  terribles  remontrances  aux  trois  Vivants,  qui  répondent  en- 
«semble,  en  témoignant  de  leur  frayeur  et  de  leur  repentir. 

«Ces  vers  furent  retouchés,  comme  les  huitains  de  la  Danse  Macabre,  dans  les  édilions 

<''  Du  Itroul,  Théâtre  ilft  nntiqmtM  il  Pari»,  teiirilela  biblioth^ue  de  Rooen.  K  AUred  Baadry. 
I (il a ,  in-h',  p.  8.3/i  ;  on  y  tmiive  les  vers  qui  ae-        Rouen ,  1 85« .  •  vol.  ïd-M*.  1 1 .  p.  i 07  et  i 


roiii|N)({urnt  relie  sculpture.  <''  M.  Achille  Jiibinal  ■  rooslat<  qae.  oain  Ir 

*'  £«MH  hUUtriqme,  fkHotofiaqmt  et  piiiorrtipie  DitémTrm*  Vwtt,  il  existe  nn  Dit  dm  7Vm>  Mmlm 

lur  h»  lAnuw  Jm  mort»,  pablitf,  après  In  mort  dn  et  in  Trm»  Yitm  dans  k  ni*.  198  et  kmà»  Nalr»- 

K.  !l.  |jiii(jlois,  pr  MM.  André  Pollior.  cons«Tvn-  Dame  (BiW.  iin|iéri«le). 


'272  DOCUMENTS  ET  ECHITS  ORIGINAUX. 

«postérieures  de  Troyes,  qui,  du  reste,  reproduisent  exactement  les  mêmes  dessins;  dans 
«ces  dernières,  l'Ermite  commence  en  ces  termes  : 

Ouvre  tes  yeux ,  ô  créature  ! 
Regarde  dans  cette  peinture , 
Mais  avec  admiration, 
Le  sujet  de  ma  vision  : 
Trois  morts  avecqiies  leurs  suaires 
Sortis  de  l'ombre  de  leurs  bières. 
Tous  ddfigurds ,  tous  hideux , 
Se  sont  présentés  à  mes  yeux. 
Leur  cliair  à  demi  déchirée 
Des  gros  vers  étoil  la  curée. 
Et  leurs  os  presque  décharnei 
M'alloient  empuantir  le  nez. 
Si  je  n'eusse  de  celte  place 
Aussitôt  détourné  ma  face. 

«  Il  expose  encore  sa  vision  des  Trois  Morts  qui  lui  font  passer  en  revue  fout  le  personnel 
«d'une  Danse  Macabre,  en  désignant  d'une  façon  assez  burlesque  la  qualité  de  chacun  : 

Celui  que  je  le  montre  adhuc 
Porta  la  qualité  de  Duc; 


Celui-cy  fut  un  gras  Moine, 
Et  cet  autre  un  riche  Prieur, 
Toujours  beuvant,  toujours  rieur,  etc. 

-? Parfois,  les  planches  offrent,  .suivant  les  éditions,  une  certaine  différence.  Ainsi  la 
«ligure  de  l'Ermite  a  été  supprimée  dans  quelques  reproductions,  comme  dans  quelques 
«peintures  que  représente  celte  légende,  ainsi  que  le  prouvent  les  fresques  de  Fontenay  et 
«de  Saint-Riquier. 

«Il  est,  pour  ainsi  dire,  superflu  d'ajouter  à  tout  ce  qui  précède  que  le  sujet  des  Trois 
«  Morts  et  des  Trois  Vifs  est  très-fréquemment  représenté  dans  les  livres  d'heures  et  d'offices 
«manuscrits  ou  imprimés,  dont  M.  Douce  (p.  398)  a  donné  une  liste  incomplète'".  Cet 
«auteur  (p.  34)  fait  remarquer  que  la  plus  ancienne  gravure  que  l'on  puisse  citer  comme 
«se  rapportant  à  cette  configuration  est  celle  qui  se  trouve  dans  un  très-rare  volume  xvlo- 
«graphique,  ou  d'impression  tabellaire,  imprimé  vers  i43o,  décrit  par  Dibdin,  dans  le 
<!.Bihliotheca  Spenceriana  (t.  I,  p.  3o),  et  qui  a  pour  titre  :  Quindemn  signa  exlremi  judicii 

'''  Dans  ces  livres,  les  deux  gravures  ne  sont  Pour  les  trois  Vifc  : 
plus  accompagnées  d'une  longue  pièce  de  vers.  Nous  sommes  «n  gloire  et  bonm-ur 

mais  seulement,  en  général ,  de  quatrains  souvent  Remplis  de  tous  biens  et  cbevancc, 

insuflîsante ,  comme  ceux-ci  :  *"  """'''^  ■"""«"'  "»''™  "=""■•• 

p.         ,  .    ,,  En  T  prenant  iiosire  plaisance, 

rour  les  trois  Morts  : 

ou  d'inscriptions  morales,  telles  que  :  Viffilate  ergo. 

Nous  avons  bien  esté  en  cliaiîce  .  ••      ,•  .  ij         •       •.   i  -i- 

quw  netcttis  atem  née  horam.  —  Mors  xnevitabtUi 

Autrefoj s,  comme  estes  a  présent; 

Mais  vous  viendrez  a  notre  danse ,  «*'  '  «'  A'"'"  ^"«  '«^ "•'«•  ^»  P*""!  comparer  ces  vers 

Comme  nous  sommes  maintenant.  avec  ceux  de  la  peinture  de  Saint-Hiquier. 


LES  mois  MOUTS  ET  LES  TROIS  VIFS.  «1 

f^diempreetéentia.  Dans  un/ac-timile  que  Dihdin  a  fait  graver  à  l'apiiui  de  m  de»cn|>lioo, 
«on  voit,  en  cfTct,  trois  Kquolcitcs  sortant  d'une  fosse  ouverte,  dans  laquelle  l'un  d'entre 
«eux  est  même  encore  en  partie  englouti,  se  prc^'cipiter  vers  deux  hommes  qui  s'enfuient 
«avec  tous  les  signes  de  l'ciTroi.  Nous  pensons  toutefois  qu'il  y  a  1&  ressemblance  fortuite, 
cniiiis  non  nnalojpo  n-ellc.  Ce  sujet  rrprc'-scnle  le  dixième  signe  qui  doit  annoncer  aui 
"  liiiMiaiiis  i'approclwr  du  jugement  dernier  :  les  morts  sortant  de  leurs  tomlieaus  et  venant 
<r  elTruyer  les  vivants.  Or,  entre  ce  sujet  général,  s'applicpiant  à  tous  les  humains,  et  le  sujet 
«on  quelque  sorte  local  et  spécial  de  saint  Macaire,  il  n'y  a  )K>int  de  rapport  direct  oi 
«éloigné;  il  n'y  a  qu'une  sini|)lc  coïncidence  d'action,  une  analofric  purement  pittoresque.* 

«Nous  ferons  remiinjucr  en  terminant  que,  contrairement  à  l'usage  adopté  par  preiM|ue 
«  tous  les  artistes  du  moyen  âge  qui  clienliaierit  leurs  inspirations  dans  la  Légende  Dorée,  les 
«artistes  qui  ont  créé  le  sujet  des  Trois  Morts  et  des  Trois  Vifs  ne  paraiss<>nt  |»oint  avoir  eu 
«recours  à  cette  source  féconde.  La  légende  de  saint  Macaire,  d'après  Jacques  de  Voragioe, 
«ne  contient  aucune  allusion  à  une  rencontre  de  la  nature  de  celle  que  nous  venons  de 
«décrire.  Nous  pouvons  en  dire  autant  de  la  vie  de  saint  Macaire  l'Kgjptien  et  de  celle  de 
«saint  Marnire  l'Alexandrin,  publiées  pnr  Bollandus,  au  1 5  et  au  o  janvier  (AcUt&neit- 
Krum);  de  sorte  que  nous  ne  saurions  indiquer  la  source  oii  légendaires,  peinlret  etMill|^ 
«tcurs  ont  puisé  l'idée  de  la  vision  de  saint  Macaire.» 

«Nous  devons  pourtant  ne  pas  laisser  ignorer  que  (|ucl(|ues  écrivains  ont  cru  rencon- 
«trer  dans  l'hagiographie  de  saint  Macaire  rapportée  par  la  Légende  Dorée,  ou  dans  des 
n actes  plus  oncieiis,  une  circonstance  (|ui,  selon  eux,  a  pu  fournir  aux  artistes  Pidée 
«qu'ils  auraient  exploitée  en  la  transformant;  nous  voulons  parler  de  la  trouvaille  que  fit 
«un  jour  saint  Macaire  de  la  télc  d'un  païen  mort,  qu'il  interrogea  sur  sa  destinée.  Or 
«cette  tôte,  en  lui  faisant  connaître  que  l'àmc  qui  l'avait  jadis  animée  était  aux  enfers,  lui 
«révéla,  sur  ce  lieu  de  tourments  et  sur  la  gradation  des  supplices  qui  sont  infligés  aui 
«mécréants  et  aux  pervers,  queirpies  détails  (|ui  rappellent  les  cercles  infernaux  du  grand 
«poëme  dantesque.  Mais  celte  siuqtlc  analogie  ne  nous  parait  pas  sudisante  pour  conclure 
«à  une  imitation  formelle,  et  nous  pensons  que  l'on  rencontrerait  facilement  dans  la 
t  Légende  Dorée  une  foule  de  visions  funèhres  qui,  bien  mieux  que  le  colloque  dont  nous 
«venons  de  parler,  pourroicnt  suggérer  l'apparition  comminatoire  des  Trois  Morts  aoi 
R Trois  Vifs.  Nous  citerons,  comme  exemple,  cette  ciïirayantc  objurgation  adressée  par  tous 
«les  morts  d'un  cimelitïre,  sortis  de  leurs  tombes,  h  l'enconlre  d'un  évoque  qui  avait  sus- 
«Ijcndu  certain  prêtre  de  ses  fonctions,  parce  qu'il  célébrait  chaque  jour  le  saint  sacrifice 
«  en  faveur  des  morts.  Cette  mystérieuse  apparition  est  racontée  dans  la  UgutJk  Jk  U  Csn- 
nmémoration  de»  JiMrs  défunt».  Au  reste,  il  est  inutile  de  chercher  à  faire  absolument  sortir 
'•dv  l'ouvrage  de  J.  de  Voragine  le  mythe  des  Trois  Morts,  puisque,  d'après  la  citation  que 
«  nous  avons  faite  de  trois  poèmes  du  xiii*  siècle  sur  ce  sujet,  ce  mythe  parah  plus  ancieB 
«(|ue  la  légende  elle-même '".  n 

Après  le  granil  travoil  de  feu  E.  H.  Langlois,  nous  n'avons  plus  k  citer  qu'une  char- 
mante élude  d'amateur  publiée  par  M.  Anatole  de  Monlaiglon  et  traitée  avec  un  goût  dîgM 

")  EMni  hùtoriqHf ,  philomfUq^i*  H  /tl/erMfue  nr  k»  imim  dm  mmit,  Reoca ,  1 8St ,  a  ««L  ia-S*.  L  11 . 

|>.  .'ifi  et  siiiv. 

■itT.  —  I.  3S 


27i  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

de  ce  bibliophile  émérite  :  nous  voulons  parler  de  V Alphabet  de  la  mort  entouré  de  bordure$ 
du  xvi'  siècle  et  suivi  d'anciens  poèmes  français  sur  le  sujet  des  Trois  Morts  et  des  Trois  Vw"). 
Cette  curieuse  réédition  de  Hans  Holbein  est  précédée  d'un  avant-propos  où  xM.  de  Mon- 
taiglon  résume  les  antécédents  de  notre  légende  et  indique  la  provenance  des  pièces  qu'il 
imprime.  La  plupart  des  renseignements  qu'il  fournit  sont  empruntés  à  E.  H.  Langlois; 
cependant  il  signale  une  peinture  très-ancienne  que  ce  dernier  n'a  pas  connue,  et  que 
M.  Georges  Boulangé  a  décrite  avec  soin  dans  ses  Notes  pour  servir  à  la  Statistique  monu- 
mentale de  la  Moselle  :  on  la  voit  dans  l'église  de  Sainle-Ségolène  à  Metz.  Quant  au  texte. 
M.  de  Montaiglon  a  réuni  cinq  variantes,  dont  quatre  sont  inédites;  la  cinquième,  -qui 
K figure,  dit-il,  à  peu  près  dans  toutes  les  éditions  de  la  Danse  Macabre'*',  se  trouve  cga- 
R  lement  dans  beaucoup  de  manuscrits  '".  » 

Ces  dernières  paroles  de  M.  de  Montaiglon  ajoutent  encore  aux  probabilités  dont  nous 
avons  parlé  au  commencement  de  cet  appendice  :  le  Dit  ^qui  figure  à  peu  près  dans  toutes 
«les  éditions  de  la  Danse  Macabre,»  et  qui  «se  trouve  dans  beaucoup  de  manuscrits,» 
était  évidemment  le  plus  populaire;  c'est  de  celui-là  qu'a  dû  s'inspirer  l'imagier  qui  l'en- 
tailla si  s engigneusenient  »  au  portail  des  Saints-Innocents.  Réciproquement,  il  est  permis 
de  penser  que  «Guyot  Marcbant,  demorant  a  Paris  au  grand  hostel  du  collège  de  Navarre 
«en  champ  Gaillard,  »  trouva  plus  facilement  son  texte  à  la  façade  de  l'église  que  dans  les 
manuscrits'*'.  Quant  aux  deux  sujets,  on  peut  adirmer  qu'il  n'alla  les  chercher  ni  à  Fonte- 
nay,  ni  à  Saint-Ricquier,  ni  à  Metz,  et  croire  qu'il  mit  à  contribution  les  «rondes-bosses» 
exécutées  par  l'ordre  du  duc  de  Berry.  En  toute  hypothèse,  l'œuvre  peut  être  revendiquée 
à  bon  droit  par  la  ville  de  Paris  :  si  elle  n'est  pas  la  reproduction  des  sculptures  du  portail 
des  Innocents,  on  ne  peut  du  moins  nier  qu'elle  soit  l'un  des  plus  anciens  et  des  plus  re- 
marquables produits  de  la  gravure  et  de  la  typographie  parisiennes. 


'''  Paris,  1 856 ,  in-8°,  imprimé  par  Firmin  Didot 
pour  Edwiii  Tross. 

'*'  On  trouve  le  Dit  des  Trois  Morts  et  des  Trois 
Vifs  même  à  l'état  d'enseigne  servant  à  designer 
les  maisons.  M.  Berty  cite,  dans  la  Topographie  his- 
torii/ue  du  Vieux  Paris ,  région  du  Louvre  et  des  Tui- 
leries, I,  p.  60,  une  maison  dite  des  Trois  Morts 
et  des  Trois  Vifs;  elle  était  située  rue  Saint-Honoré, 
entre  les  rues  Saint -Thomas  et  Sainl-.Nicaise. 

'''  L'Alphabet  de  la  mort  de  Hans  Holhein,ip.  10 
et  suiv.  M.  de  Montaiglon  place,  en  tête  des  cinq 
versions  qu'il  donne,  les  deux  vers  suivants  : 

Cy  s'ensieveiit  cinq  moult  biaus  dis, 
Que  orent  Trois  Mors  od  Trois  Vis. 


'•'  C'est  d'après  l'édition  de  i486  que  nous  re- 
produisons le  texte  et  les  planches  du  Dit  des  Troix 
Morts  et  des  Trois  Vifs.  La  Bihiiolhèque  impériale 
en  possède  un  exemplaire  à  la  lin  duquel  on  lit 
cette  mention  :  irCy  finit  la  danse  macabre  hysto- 
irriée  et  augmêlée  de  pleuseurs  nouveaux  parson- 
r nages  et  beaux  dis,  et  les  Trois  Mors  et  Trois  Vis 
"■emschles,  nouvellement  ainsi  composée  et  irapri- 
^mée  par  Guyot  Marchant,  demorant  a  Paris  ou 
"grant  hostel  du  collège  de  Navarre  en  Champ 
rrGaillart,  lan  de  grâce  mil  quatre  cent  quatre 
Tvingz  et  six,  le  septième  jour  dejuing.  r,  (Voir  plus 
loin,  p.  590,  \e fac-similé  de  cette  mention.) 


LE  DIT 

DES   TROrs   MOHTS   KT   DKS  TROIS   VIFS 


RKPHonilT    TRXTIKLLKMKXT 


D'KPIIKS    l.-KI)ITIO\    l>RI>CF.PS   DR   (ilYOT   M^RCIIATT. 


pARlii.     |/|86. 


3». 


276  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

jScnsniDcut  les  hs  îres  trois  mors  et  trois  oifs.  €1  ÎJoit  on  pmierement  lire 

le  proefme  î>e  lerraite. 

ÏX  ermite. 


nure  tes  genx  erealnre  cl^ctioe 
/^Ml')iens  oeoir  les  fais  ïie  la  mort  ex 
Be  qui  laj  eu  en  ee  lien  nision     [cessioe 
Pensée  nest  si  treseonlemplatme 
One  îianoir  en  nne  l^enre  ^astme 
"Dnng  tel  regarîi  nenst  aîimiration 
'De  trois  eorps  mors  mcst  lapparition 
l^enne  leg  anecqnes  lenrs  snaires 
pareillement  lenrs  terribles  maires 
"Deffignres  et  lenrs  eorps  kseonoers 
les  trons  î>es  genx  et  îin  nés  onners 
les  os  tons  sers  ïambes  bras  pieîis  et  mains 
îTons  bemengies  et  partnises  be  ners 
(Test  le  tribnt  qne  mort  boit  anx  bnmams. 

€C  Cerrible  mort  snr  tons  antres  terribles 
©n  te  boit  bien  par  tes  ennres  l^orribles 
*£)ire  et  elamer  pnis  qne  par  sa  morsnre 
€l  par  assanlx  sonbams  impereeptibles 
Par  eonps  mortel;  bioers  irrémissibles 
îTelle  tn  fais  l^nmame  creatnre 
ï)e  tes  ennres  an  nen  la  ponrtraictnre 
ÎTant  bmerse  tant  ernelle  et  bibense 
Deffignree/I&orriblemerneillense 
!S)enant  mes  nenx  en  ee  ponre  ^ermitage 
©ni  mont  tronble  tellement  le  eorage 
(Une  pins  ne  pent  be  telle  ennre  eôgnoistre 
!25ien  boit  penser  a  la  mort  qni  est  sage 
Car  en  la  fin  il  nons  eonoient  tel?  estre. 

C  Or  ne  sert  on  si  ees  trois  antresfois 
0nt  este  bncs  barons  contes  on  rogs 
Papes, abbescarbinanlx  on  cbanomes 
Jle  qni  estoit  le  pins  noble  bes  trois 
■Sil;  ont  este  bossns  borgnes  on  brois 
éiU  ont  este  preuosts  on  capitaines 
/ors  qnil;  ont  en  tons  trois  faces  ^nraames 


Cîni  ont  este  en  la  terre  ammnrecs 
ïa  on  les  ners  les  ont  beffignrees 
•$1  qnil  ng  a  pins  rien  qne  lossement 
Oni  est  a  tons  granb  esbabissement 
(ft  est  bien  fol  a  qni  point  nen  sonoient 
(S5rans  et  petis  nnmersellement 
IDne  fois  tel?  estre  nons  connient. 

C  "De  lantre  part  sont  nenns  nis  a  ois 
^nr  m-  e^ieoanx  -m-  bianx  ^ômes  tons  nis 
ft)ais  en  nojant  reste  cl^ose  abmirable 
Jl  a  semble  qnils  ont  este  ranis 
Crop  long  seroit  a  conter  le  beois 
"Des  trois  nmens  pitenx  et  lamentable 
Celni  nent  benx  qni  ne  fnst  bonbtable 
*9e  neoir  les  mors  et  non  pas  sans  raison 
Car  qniconqne  noit  fen  en  la  maison 
"De  son  noism  prochain  mettre  et  getter 
"De  la  sienne  par  canse  boit  bonbter 
"Dont  les  ninens  qne  les  mors  apcrcenrent 
A)erneiUc  nest  si  be  fort  sespouenfer. 
2l  celle  Ibenre  canse  raisonnable  enrent. 

CEïesmors  anx  ms  lesnisanx  mors  parlèrent 
Crt  anx  mnens  les  m-  mors  renellerent 
"De  mort  les  grans  et  terribles  assanlx 
<f  t  tellement  les  mnens  cspoenterent 
Une  a  bien  petit  qne  tons  ne  trebncberent 
3  la  terre  be  bessns  lenrs  c^fûnlx 
ïnng  laissa  cl^iens  et  lantre  ses  onseanlx 
Orn  reqnerrant  a  bien  grâce  et  mercn 
une  reqnerir  nous  Ini  benons  anssi 
Ctn  Ini  priant  par  la  samcte  puissance 
Onil  nons  bonne  faire  nrag  pcnitance 
<$»i  qne  an  monbe  qne  nons  sômes  mortel? 
J?ons  façons  tant  qne  anons  la  lojssance 
Zpres  la  mort  bes  règnes  immorteU. 


LES  DIS  DES  TROIS  MOUS  ET  TROIS  VIFS. 


277 


XCf  premier  mort. 


"^Ittlc  nons  uons  aportons  nonudirs 
"wfÊOni  ne  sojirnt  bonneâ  on  belles  : 
H  plaisance  on  a  besplaisanee 
Prenbre  nons  fanlt  en  pacience 
CTar  eslre  ne  penf  anfremenf. 
X^eanx  anus  (ont  premièrement 
./?on  obslanl  qneleonqne  nebessc 
Pnissiiee  bonnenr  force  on  lenncsse 
J?ons  nons  bcnocons  tonl  île  noir 
Onil  uons  connicnt  mort  recepnoir 
X'^ne  mort  las  si  îionlonrense 
•îpi  amere  si  anjjoissensc 
One  les  mors  qni  en  sont  belmre 
J?e  nonlbroient  lamais  reninre 
Ponr  monnr  encor  be  tel  mort. 
Crn  après  qnant  oons  seres  mort 
Cont  ainsi  qnc  ponores  trnans 
Z.'^ons  scrcî  bibeux  cl  pnans 


"Des  nostres  et  be  noE  liorccs 

<èl  nos  amcs  seront  liorecs 

Je  ncn  bis  pins  mats  crst  bn  pirr. 

Jl  me  sonffril  asseï  be  bire 

"De  nos  mcsc^ans  corps  la  misrrr 

Ont  ne  sont  pas  bantre  matrrr 

4!>aicbes  le  be  nran  qne  nons  sbmn 

Jla  Qncvc  estions  pnissans  t»omf9 

Crt  sommes  tcU  corn  nons  ncn 

•îpe  nons  nonles  en  ponroea 

<èl  bien  s  benei  ponrncotr 

Onant  m  nons  nons  ponoet  vrotr 

Comme  be  nons  il  aboienbra 

Cft  qnel  loner  mort  nons  renbra 

Par  nos  corps  qni  sont  plains  borbnrr 

2111er  sera  a  ponrntnrc. 

CeU  coine  nons  nn  temps  aau  fkmrs 

CrU  seres  nons  comme  nous  9$mn. 


278 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Xtc  scconïi  mort. 


Hinrcefî  5  se  oons  vonUi 
Znfrcmcnt  qne  mm  ne  sonlet 
(Tar  ccrtfs  la  mort  Dons  cspic 
Pour  tjons  ostcr  ïin  corps  la  vie 
pins  brtcfmcnf  qnc  nons  ne  rniîic; 
(fim  estes  sg  onltrecnibe? 
One  ponr  nng  pon  be  toge  naine 
Dng  pon  Ire  plaisance  monbame 
Gm  est  ïie  si  conrte  îinree 
ÎTost  nenne  et  pins  tost  allée 
Ironie;  perbre  la  loge  fine 
'De  parahs  qni  point  ne  fine  : 
lit  qni  pis  est  bampnes  seres 
2lnltrement  nen  escl^apperes 
ft)ais  ce  sera  sans  beliorance. 
Comment  ane;  nons  tel  plaisance 
"Dictes  mog  mesc^ns  orgneillenx 
<Ên  ce  monbe  si  perillcnx. 


Onil  na  qne  binistons 
"DiDcrses  tnbnlacions 
Pnis  gnerre  pnis  mortalité 
^onsionrs  nonoelle  abnersite 
Venient  anant  qnc  lantre  faille  : 
lOom  ne  saoe?  bomme  sans  faille 
t^ant  soit  pnissant-nenllc  on  ne  oenlle 
Oni  ne  senffre  et  qni  ne  se  benlle  : 
3lillenrs  boncqnes  repos  qneres 
Car  cg  point  ne  le  Ironneres- 
Vepos  anrcî  en  parabis 
^e  croire  nons  nonle?  les  bis 
"Des  saigcs  qni  conseillent  faire 
Ce  qne  faire  est  nécessaire 
Ponr  lacqnerir  et  ponr  lanoir» 
Fien  millcnr  nnl  ne  penlt  anoir 
jTiictes  bes  biens  pins  qne  ponrres 
2lutre  cbose  nemporteres* 


Xte  tiers  mort. 


efolle  gent  mal  abuisee 
tQne  le  m^  ainsi  besgnisee 
*9e  bmers  l^abit;  et  be  robes 
dtt  bantres  choses  qne  tn  robes 
ÎTa  pnante  cbarongne  a  ners 
<èl  prens  be  tort  et  be  traners 
i?e  il  ne  te  cbanlt  bont  ce  oiengne 
_fors  qne  ton  estât  se  raamticngne. 
Qnant  le  congnogs  tes  fanlx  belit< 
les  grans  excès  les  gras  onltrages 
■©ont  cenlx  qni  font  les  labonrages 
2lnx  cbâps  et  ponr  tog  se  tranaillenl 
ÎTons  nnî/be  fam  crient  et  baillent 
Qnant  le  nog  tel  gonnernement 
Je  bonbte  qne  sonbbamement 
Celle  nengance  ne  sen  face 
©ne  tn  nanras  ne  temps  nespace 
Reniement  be  crier  mercg- 


Cmbes  nons  tonsionrs  régner  cg 
jTols  mcscbans  be  maie  benrc  nci 
Oni  en  tel  point  nons  bcmene?? 
i?ennil  nennil  nons  g  monrre?. 
Jïiictes  bn  pis  qne  nons  ponrre? 
lors  anrcî  parbnrable  me 
25onne  on  maie  nen  bonbte?  mie  : 
"Dien  est  mste  il  paiera 
^elon  ce  qne  cbascnn  fera, 
gaietés  bes  biens  natenbe;  pas 
Qne  cenlx  après  nostre  trespas 
ponr  nons  en  facent  qne  anies  c^er 
Qni  ne  nons  nonlbrôt  approc^ier 
<in  la  terre  nons  porteront 
<èl  tost  après  nons  obliront 
<èl  teU  cnibe?  nos  bons  amis 
Qni  sont  noî  pins  grans  ennemis. 


LES  DIS  DES  THOIS  MORS  ET  TIIOIS  VIPS. 


Î7« 


XLc  premier  nif. 


\ndc  croix  par  ta  ptiissancf 
Vint  ic  uoti  en  la  rcmcmbrancc 
(i'\nî)c  mon  corps  cl  ne  consens 
One  le  perbe  anionrli|inj>  mon  sens 
Ponr  cesle  flcnl  l^nbense  et  morte 
Ont  teU  nonnelles  nons  apporte 
i?onoelIes  linres  et  peruerses 
ïas  entre  les  ct^oses  bmerses 
Concbans  nostre  fragilité 
"De  qnojî  nons  ont  bit  oenle. 
l^^on  poore  cnenr  bc  paonr  tremble 
Onât  trois  mors  ainsi  oont  ensemble 
"Deffignres  bîîbenx  biuers 
Cons  ponrns  et  menijcs  be  ners. 
ïe  premier  bit  :  bien  men  sonuienl 
One  mort  recenoir  nons  conoient 
7L  (jrant  anjjoisse  et  grant  bonlenr 
"Dont  il  me  fist  mner  conlenr 


*Sl  bes  âmes  bist  nne  cbose 

One  beclairer  ne  nenlt  ne  nose 

Je  cron  cest  be  lenr  bampnement 

<rn  enfer  parbnrablemcnl 

CeU  nonnelles  ne  sont  pas  bànn. 

lasses  nons  cbetisoes  personne» 

Ponr  qnop  nons  fist  oneqnei  bien  ncstrr 

<rn  et  mescbant  monbe  ponr  estrr 

■*i  tost  linre<  a  tel  orbnrr 

"De  ma  me  nan  lamais  cure 

Car  le  non  qne  les  gens  qni  oipcnt 

Cant  be  malenrtr  ensninent 

One  tf  prise  trop  mienlx  bâssn 

le  ponorr  estai  brs  trespassrt 

Car  tonsionrs  sans  fin  bnrera 

*9n  celnn  bes  oifi  fmera 

Crt  en  lestât  qne  tonionr»  bnre 

Cbasenn  oipre  boit  nectrr  rirr. 


280 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


XCf  secont  mf. 


5f  ce  toïic  à  bon  cscianï 
sQne  là  mort  nous  m  cspianï 
(£t  qm  nons  fanlf  ainsi  morir? 
Jlesi  il  l^omme  qni  scconnr 
*èn  pnisf  ponr  or  ne  ponr  argent? 
ïjelas/conoifnt  il  icnnc  gcnï 
2t  ïcl  l&orribletc  ncnir  ? 
One  mes  ne  men  penlï  sonoenir 
tï)ai$  te  tjog  bien  jjne  eest  a  eerles 
Je  nog  les  enseignes  apertes. 
^e  mort  passerons  les  bestrots 
<il  koenrons  comme  ces  trois 
Cest  la  fin  be  nostre  besongne. 
Ijelas/^elas  mescbant  cbarongne 
0)ai5  qne  In  faces  tes  plaisirs 
Ces  nolentes  tes  fanlx  ïiesirs 
Jl  ne  te  cl^anlt  bn  remenant. 
0x  néons  nons  bien  maintenant 


Qne  par  ton  sommes  îiecen 
Qni  msqnes  cv  te  anons  cren  : 
Car  be  nos  âmes  pon  te  c^anlt 
•belles  anront  on  froit  on  cbanlt  : 
J2  cbarongne  qni  rien  ne  oanlx. 
ÎTn  anmes  mienlx  les  grans  cbenanlx 
les  beanx  ^abi;  si  pon  bnrables  : 
<^t  telles  choses  corrnmpables 
Ponr  ton  manne?  corps  et  rebelle 
Une  tn  ne  fais  nne  ame  belle. 
<il  SI  sceî  bien  qne  tn  monrras 
<ii  en  la  terre  ponrnras 
"On  lame  parbnrablement 
"ï^inra  en  lone  on  en  torment. 
pensons  boncqnes  si  bien  fmer 
(3nen  loge  nons  pnissons  régner 
Bon  p  fait  penser  qnant  on  penlt 
'$»onnent  on  ne  penlt  qnât  on  nenlt. 


XXe  tiers  nif. 


ertes  cest  bien  bit  mais  an  fort 
ijl  ng  a  point  be  besconfort 
îTons  nons  connient  passer  ce  pas 
et  crog  qne  bien  ne  nons  bait  pas 
rt)es  beanx  seignenrs  et  beanx  amis 
Qnât  ces  trois  mors  nons  a  transmis 
Gni  bône  nons  ont  congnoissance 
"De  la  mort  et  be  la  mescbance 
Qni  nons  nient  fmer  nostre  logc 
ï)elas  lamats  le  ne  cniboge 
©ne  ce  temps  cg  nons  benst  faillir 
J2e  qne  mort  osast  assaillir 
Celî  gentil?  gens  comme  nons  sommes 
ft)ais  le  nog  bien  qne  ricbes  bômes 
•Sont  tel;  et  be  nnlle  naine 
Jle  pins  ne  mains  qne  gent  menne 
J2en  parlons  plns/cest  tont  néant 
(ï)aintenanî  le  sng  clerneant  : 


One  la  loge  bn  monbe  est  briefne 
«£t  la  fin  belle  point  et  griefne 
(in  enfer  est  borrible  pamc 
<tn  parabis  a  loge  plaine 
^nr  tontes  loges  belitable 
(ii  Inné  et  lantre  est  parbnrabl^. 
Or  élisons  le  nons  emprie 
"Désormais  la  meillenr  partie  : 
^ol  est  qni  choisit  on  bepart 
Onant  il  eslit  la  pire  part  : 
"Denx  noies  anôs  beoât  nos  genx 
J?ons  qni  omons  lennes  et  mcnx 
X^ne  a  loge  et  repos  mamne 
ïantre  a  torment  et  a  peine. 
Ponr  loge  et  repos  anoir 
25icn  fanlt  faire  boit  on  sanoir  : 
Oni  mal  fait  et  ne  se  repent 
Jl  anra  peine  et  torment. 


LES  DIS  DES  TIIOIS  MORS  ET  TROIS  VIFS 
as  ef  ponr  qnop  prrns  f n  si  granf  ptatstr 


981 


l)ommc  abnsc  plein  bcprcsnmpcion 
i2n  et  fanlx  monbr  ou  na  qnr  brsplatstr 
i^nnic  orgncil  guerre  el  bisccusion. 
25ifn  maleurensc  est  ton  affection  : 
One  pense  In  ds  tn  pins  gnint  ennnie 
"De  oiure  en  bonbte  en  ceste  conrte  oif 
Oni  les  monbams  a  la  mort  benfer  mainr ? 
Cest  bonne  cbose  îie  oiure  en  oie  certauine 
Cn  le  sces  bien  si  tn  nés  insensible 
Qne  cest  cbose  forte  noire  impossible 
"Daooir  c&  ms  ton  aise  entièrement 
<èi  après  mort  la  sus  pareillement, 
lielas  ponr  tant  ebange  conbicion 
(fl  te  rauise  on  tn  es  antreiuent 
l)oinine  beffait  et  a  perbicion. 

Cle  qnel  oenx  tnon  nie  on  mort  cboisir.' 
Cboisn  îles  benx  tn  as  biscrecion 
^tmes  tn  mtenlx  be  ton  corps  le  besir 
Ponr  ton  ame  mectrc  a  bamnacion 
One  uiore  nng  pen  en  Iribnlacion 
vft  qne  après  mort  ton  ame  soit  raone 
<tn  gloire  es  cieulx  qni  be  uni  beseruie 
*^8lre  ne  pcult  en  reste  me  bniuamne 
•îpil  ne  lesse  terre  aooir  et  beinainne 
C:t  père  et  mère  el  tont  sil  est  possible 
<èl  mure  en  peine  cl  en  labeur  terrible 


<in  srroant  birn  (onstonrs  pannsanil. 
Crst  le  cbrmin  qui  conbnpt  srnrnnnit 
^prrs  frrspas  lommr  a  salnâcion 
^t  qui  oa  antrcmenl  il  oa  a  bampnrarat 
l)ommc  bcffatt  et  a  pcrbicton. 

ITCntbe  In  cv  (onsionrs  anotr  Umt 
'Daooir  parbon  sans  sattsfacion 
Crf  tonte  unit  en  blanc  ht  mol  grsir 
Puis  a  ce  lonr  sans  operacion 
Passer  le  temps  en  brlrctacton 
Canf  qne  bn  tout  la  cbar  soit  assoDgr 
Pense  tn  point  qnil  faille  qnon  bevte 
Crt  qne  prrngne  fin  puissance  monbatnie 
l)elas  oup  car  mort  ntenbra  sonbatnne 
Due  beure  a  ton  atout  son  bart  bomblr 
4!»t  très  a  coup  comme  cbose  luotsible 
One  pas  nauras  loisir  ancnurment 
'Oe  bire  a  bien  peccaoi  senlcment. 
^tnst  mourras  tost  sans  conincfion 
T^out  tn  seras  par  biotn  lugement 
liomme  beffait  et  a  pcrbicton. 

C  l)ommr  eu  péril  sacbe  certainuemrnt 
One  se  tn  nas  autre  oonloir  bnrfmenl 
"De  tamcuber  uaullre  beoocion 
Cn  fe  oerras  nng  lonr  subitement 
ï)omme  beffait  et  a  perbicion. 


Cs  fine  les  bis  bes  trois  mors  et  trois  uifi 


HIM.    I. 


M 


V. 

LA  DANSE   WACABRK 

AUX   CHARMERS  DES   SAINTS- 1  N  \OCR\TS. 

(Voir  (iiiiltelM>rt  de  Metz,  d-deisu*,  p.  laS  «t  *o3.) 


"WU'A-  sont  paiiitures  iiotablos  <!«■  la  Daiicf  Maralir»-  •»(  aiili«"i,  »v«»#-  <H.rri{)hir(>ii 
ff  pour  csniouvoir  les  j'otis  a  (li'voiioii.  •■ 

(iVst  dans  rrs  tcriiio  i|iif  GiiiIIi-IxtI  (!*■  Mclz  ron.statc  l'ctiitloiire  des  célètire»  rrt'iMiup* 
(lu  cimclirn'  des  IntiDccnls;  ineiilion  |irf''cieiisp,  mais  d'une  brièveU'  foi >*regïeHab|p .  pui»- 
<|u'ell(>  nr  nous  fournit  aucun  r<>ns(>i);m>ni<>nl  sur  IVpoqucoù  res  |>einlures  furent  <>iiVul<^ 
(>l  sur  la  place  (pi'elles  occupaient. 

Deux  autres  mentions,  un  peu  moins  laconitpies,  viennent  heureusement  compléter 
celle  de  noire  auteur.  Le  lionrjreoi»  aucpiel  on  doit  le  Journal  He  Pari»  aoma  le  rignr  Je 
Cliiirlfx  \  I  y  consigne,  à  la  lin  de  l'année  i/iq6,  les  faits  suivants  : 

fflteni,  Iflii  ihuh,  lu  faite  la  Daiice  maral re  mi\  innoren».  et  fii  comincnr«*c 
(f  environ  le  moys  daoust,  et  achevée  en  kare.sme  eiisuyvanf.- 

ffltcin,  lan  i/i'ji(),  un  rordolicr  nouim<^  fr(*re  Hichart,  prcsciioit  le  lundy.  le 
trnianly.  le  nierrredy,  le  joudy.  le  vendredy.  le  saniedy,  le  dimanrlie  aux  Inno- 
(Tceiits —  et  <>$(oil  ntonlé,  (|uai)d  il  presclioit,  sur  umj;  liault  «n^cliafTault.  qui 
rresloil  près  de  toise  et  demie  de  liaull,  le  dos  tourn»'*  vers  lesOliarniers.  enronln* 
rla  (Wiarronncrie,  a  lendroil  de  la  Dance  Macabre.  ■»< 

Voilà  donc,  en  ipiehpies  mots  seulement,  deux  points  mis  hors  de  doute,  ou  |iour  em- 
ployer la  lanfjue  du  palais,  deux  faits  accpiis  aux  déhals  :  i*  la  Daue  Macabre  était  un«* 
|>einture;  q°  celte  peinture  aurait  M  exécutée  nu  cimetière  di's  Innoeenls,  enlr*  le»  anntk^ 
i6q6  et  i/ia5.  (les  textes  nous  aideront,  d'une  part,  à  circonscrire  une  question  que 
l'érudition  moderne  a  si  fort  étendue;  de  l'autre,  à  écarter  certaines  hy|»oth»*ses  fort  inj»é- 
nieuses.  auxipielles  le  .silence  ou  l'ambii^uïté  des  historiens  avait  laissé  jusqu'ici  libre 
carrière. 

A  ('!'>  (It'iix  li'iiiiii<|ii,'ij|i~'.  ronicniitorains.  il  liui(  eu  jniniin-  un  iioi^K-iiie,  liunl  on  n«  um» 

34. 


284  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

tenu  jusqu'ici  un  compte  suffisant,  parce  qu'il  émane  d'un  auteur  peu  sérieux,  et  qu'il  se 
produit  sous  une  forme  qui  contraste  singulièrement  avec  la  tristesse  du  sujet  :  nous  vou- 
lons parler  de  certain  passage  des  Contes  et  discours  d'Eulrapel,  où  la  Danse  Macabre  est  citée 
comme  une  peinture  remontant  à  une  date  très-rapprochée  de  celle  que  lui  assignent  Guil- 
lebert  de  Metz  et  le  Bourgeois  de  Paris.  Lupolde,  un  des  interlocuteurs  mis  en  scène  par 
Noël  du  Fail,  rapporte,  en  parlant  des  alchimistes,  «avoir  veu,  de  son  temps,  que  le  grand 
c  rendez-vous  de  tels  Académiques  estoit  à  Notre-Dame  de  Paris,  ou  aux  porlaux  d'églises 
wque  Nicolas  Fiamel,  grand  et  souverain  arracheur  de  dents  en  ce  mestier,  avoil  fait  cons- 
Klruire.  Et  surtout,  continue  Lupolde,  on  les  voit  par  bandes  et  régiments,  comme  estour- 
«  neauv ,  se  promenant  aux  cloislrcs  Sainct  Innocent  à  Paris,  avec  les  trespassés  et  secrétaires 
«des  chambrières,  visilans  la  Daiice  Marcade  (sic)  poète  parisien,  que  ce  savant  et  belliqueux 
vroi,  Charles  le  Quint,  y  fit  peindre,  où  sont  représentées  au  vif  les  ejfijries  des  hommes  de  marque 
^de  ce  temps-là,  et  qui  dansent  en  la  main  de  la  Mort'".  » 

En  faisant  la  part  de  la  superstition  populaire,  il  reste  un  fait  matériel,  palpable,  que 
Noël  du  Fail  enregistre,  et  dont  il  ne  paraît  pas  permis  de  douter  :  c'est  qu'il  existait  au 
cimetière  des  Innocents  une  danse  macabre,  peinte  par  ordre  d'un  roi  de  France  vers  la  fin 
du  xiv"  siècle  ou  au  commencement  du  xv*.  On  peut  se  tromper,  avec  la  multitude  cré- 
dule, en  parlant  des  apparitions  nocturnes  que  faisaient  aux  Innocents  les  alchimistes, 
c'est-à-dire  les  sorciers  de  ce  temps-là,  et  qu'on  a  cru  apercevoir  à  la  clarté  douteuse  de  la 
lune,  ou  à  la  lueur  vacillante  du  fanal  de  Noire-Dame  des  Bois;  mais  on  no  saurait  se 
méprendre  sur  l'existence  d'une  série  de  fresques  qu'on  visite  en  plein  jour,  que  les  «  cham- 
brières» et  leurs  «secrétaires»  ont  sans  cesse  sous  les  yeux,  qui  sont  l'œuvre  d'un  «poète 
parisien,»  et  dont  l'exécution  a  été  ordonnée  par  un  souverain. 

Un  second  et  précieux  renseignement  nous  est  fourni  par  le  texte  de  Noël  du  Fail  :  c'est 
que  les  partenaires  de  la  Mort,  dans  cette  terrible  danse,  étaient  ^les  effigies  des  hommes 
«de  marque  de  ce  temps-là;»  en  sorte  que  les  petits  et  les  faibles  voyaient  entrer  dans  la 
funèbre  sarabande  ceux-là  même  qui  les  avaient  opprimés,  et  qui  regrettaient  amèrement, 
dans  les  vers  placés  au-dessous  d'eux,  les  exactions,  les  violences  dont  ils  avaient  pu  se 
rendre  coupables.  Il  y  a  là  un  énergique  souvenir  du  fabliau  populaire  qui  a  tant  ridi- 
culisé, au  moyen  âge,  les  puissants  du  siècle,  une  vigoureuse  réminiscence  de  la  satire  sur 
pierre  et  sur  bois  qui  les  a  cloués  aux  murs  et  aux  stalles  des  églises,  comme  à  autant 
de  piloris.  Et  si  l'on  voulait  remonter  un  peu  plus  haut,  on  y  verrait  une  trace  de  cette 
comédie  ancienne,  comœdia  prisca ,  qui  traduisait  sur  le  théâtre  les  «hommes  de  marque» 
de  Rome  et  d'Athènes,  et  plaçait  sur  le  visage  de  l'acteur  le  masque  même  de  ceux  qu'elle 
voulait  bafouer. 

On  comprend  que  des  historiens  éminenls,  n'ayant  sous  les  yeux  que  le  texte  du  Journal 
de  Paris,  aient  pu  l'interpréter  dans  le  sens  d'une  danse  véritable,  ou  d'une  procession  fort 
extraordinaire;  mais  cette  interprétation  ne  saurait  tenir  devant  le  commentaire  inattendu 
que  nous  apporte  Guillebcrt  de  Meiz.  «Illec  sont  painlures  notables,»  dit  formellement 
notre  auteur,  d'accord  avec  Noël  du  Fail;  dès  lors,  Gabriel  Peignot,  MM.  Fiorillo  el  Achille 
Jubinal  sont  dans  le  vrai,  tandis  que  Du  Gange,  Félibien,  Villaret,  Dulaure,  MM.  de  Ba- 

'''  Contes  et  discours  d'Eulrapel,  etc.  Rennes,  iSgy,  chapitre  Des  bons  larrecins,  p.  ôi. 


LA  DANSE  MACABRE  AIX  CHARMEHS  DES  SAINTS-INNOCE^TS.  MS 

rutitc,  Miclidel  et  Villcncuvcdc  Barf^cmont  se  trouvent  convaincut  d'ineiacliludc,  au  moina 
en  ce  qui  concerne  la  danse  du  cimetière  des  Innocentai'".  Nous  ne  citerons  point  les  Iroia 
iiiitciirN  avec  lesquels  nous  sommes  en  pleine  confomiitd  de  si>ntimenls  "';  leur  convidioa 
repose  d'ailleurs  sur  les  deux  passages  du  Journal  Je  Paru  et  sur  l'eiistcnce  d'un  grand 
iioiiihrc  (le  |)oititurcs  analo^pies  à  celles  «pii  nous  occupent '*';  mai^  il  noua  flemUe  utile 
i\v  placer  sous  les  yeux  du  lecteur  les  pa^jes  en  oppo.silion  avec  le  tc\te  de  notre  aatear,  or 
fiU-ce  que  pour  montrer  ce  que  vaut  une  simple  phrase  jetëe  au  hasard  dans  un  manuscrit 
i||;n(M-(',  lor.s(|ue  celui  qui  l'a  écrite  a  vu  lui-m<$mc,  iptiuimiM  oeulù,  les  choses  dont  il 
parle. 

Du  Can|;e,  dont  l'immense  savoir  ne  saurait  Aire  mis  en  question,  a  vu  surtout  dans  la 
Danse  Maruhre  un  exercice  choréjjrapliique  exécuté  par  des  personnages  vivanla.  A  l'arlide 
MailKilurovum  rlwren  '■'",  il  la  définit  ainsi  :  <•  DatuedesMaehab^,  vulgairement  Dame  Maeahn, 
-cérémonie  en  forme  de  divertissement,  instituée  par  les  ecclésiastiques,  dans  une  inten- 
-  lion  rcli|;icuse,  et  dans  laquelle  les  gens  de  tous  les  ranfpt,  tant  de  l'Rglisc  que  de  rEm- 
R  pire,  menant  ensemble  une  danse,  disparaissaient  l'un  après  l'autre,  signifiant  par  lit  que 
"la  Mort  vient  saisir  chacun  îi  son  tour."  La  Danse  Macabre,  telle  que  l'entend  l'illustre 
inileiir  du  dlosmire,  ressemblerait  fort  à  celle  des  femmes  de  Souli,  que  la  littérature 
ruodernc  a  |>opulariséc;  mais  ce  genre  d'exercice,  cette  t cérémonie  en  forme  de  divertis- 
sement, «  n'a  (pi'un  rapport  éloigné  avec  les  'rpaintures  notables  n  des  Charniers  parisieiu. 

L'im  des  continuateurs  de  Velly  a  cru  sans  doute  se  rapprocher  davantage  de  la  vérité 
liislorique  et  locale  en  raltarliuiit  rori||;ine  de  la  Danse  Macabre  à  l'occupation  do  Paris  par 
les  Anglais.  S'inspiranl  toujours  de  la  plirasf  ambiguë  qui  avait  égaré  Du  Cangc.  il  écrit 


''  M.  l.<'l(or,  (Inns  une  loiiffiic  pI  snvnnlo  Irllrt- 
iidrfsstV  il  K.  II.  I.{iii|r|()is,  raillr  fort  n}fn''ablomciil 
los  linhitndes  iriiinplification  qui  ont  anioiié  de  so- 
vnnls  liisloriens  à  fnire  dt*  petits  roiiiniis  nvoc  quol- 
(|ues  iiffiii's  nnpninli'es  niix  rlir<iiii(|iiourK  :  rl)"où 
fpst  sortie,  dit-il,  relie  trop  fameuse  Prncefxioii  de 

-  In  Mort .  d<'>filnnt  en  (fronde  |M)mpe  dnns  les  rues 
^désertes  de  Paris?  Si  l'on  remonte  nux  sources, 
l'on  Irnuye,  dnns  un  journal  du  temps .  deuj-  liiriirt 

-  qui  soiil  loin  de  dire  toutes  les  Mies  rlioses  qu'on 
«■y  n  vues  depuis;  mois  ces  doux  li([nes  ont  pros- 
'ix'n*  sous  In  plume  de  Villnret,  lequel  n  t'l»<  nni- 
-plilié  pnr  un  lionune  d'esprit,  le<piel  a  été  n-nm- 
-plilié  pnr  un  historien  poi-le.qui  n  fnit  pnjje  |)our 
-lijfiie;  et  si  le  mmanlisiue  s'en  nuMe,  le  rommen- 
-Iniredu  Journal  de  Parh  vn  devenir  un  drame 
-en  eiiK]  ou  six  nrles,  nu  moins.»  (I.ettre  puliHiV 
pnr  M.  Lnufflois,  t.  I.  p.  fi.) 

'''  (lonsuller  :  i*  liffkerfhr^  hixioriifuet  tt  /«tfrf- 
riiirfi  .inr  Ifi  (/«(nex  det  mnrt.i.  Dijon  el  i'nris.  1846, 
in-8",  p.  8'i;  -j*  fc"«ni  bislDriqHf .  philompkùjiie  rt 
fiittorrsquf  sur  Irx  dHiisfn  des  uiorix.  pnr  K.  11.  I.nn- 
(flnis,  llouen,  i8.Î!i,  in-8*,  t,  I,  p.  içfi.  [wur  le* 
ritntions  de  Fiorillo;  3*  ErpHeatio»  4»  h  immM  4m 


mort»  de  la  Umte-Dien.  par  M.  Aciiiilc  Juliinal. 
Paris,  iii-4'. 

'*>  E.  H.  Langfio»  ne  cite  pas  nioin*  de  quarantr- 
trois  villes  ou  monastères ,  tant  en  Franee  qu'en  Ale- 
mngiie ,  en  Suisse  «i  en  Angleterre,  oà  la  aeiilptied 
la  peinture  ovaieni  consacré  b  Danae  Maeahfe.  Ba 
Fronce  seulcinent ,  il  nmipte  qualarte  loealH^ .  qu'il 
éninnère  ainsi  dnns  l'onlre  rhroQala|iqM  :  Vienae. 
Paris,  NnUv-Dnnic  de  Dijon.  SafaHe-Ckapele  dr 
Dijon,  Sb-nsboorg,  la  ChaiM-Diea.  Chubaig. 
Itlois,  Roofo,  Angers,  IMie,  AaiiaaB,  Ptaup. 

<*'  Gloum-ùm  mid.  H  m/bi.  IêL  ééà.  HcMcM. 
t.  IV,  p.  168.  A  la  (in  dr  i'arlidr.  on  Inmvecrtlr 
mention  :  Ditrium rtgmi C»mli  Vll.mAmimmm  ti^k, 
fol.  ôog  :  -Celle  «nm'e  fui  fniip  la  Panoe  Macabre 
-nux  lnnor<*n:s.*  Feu  E.  II.  Langlois  ptase  qa>> 
Du  Can(je  a  vu  dans  le  paMa|peda  /aanM/irlVrài 
la  ronfirutalion  de  Topùika  qs'B  trenail  ttmMn. 
Le  savant  lexiotgraplte  éà»  m  aA(  et  pMiage.  H 
il  le  eoBuneate  k  Faide  da  aMMMcrit  éb  BaMUfoa. 
diéperir ¥«rr«rrdlrFnm(»(aMife  tyâa.p.  19&&.) 
Il  est  dit  dans  riHIe  pièce  qu'on  devra  dawHrfHli* 
de  vin  au  gêna  qw  ont  fait  la  Danae  des 

SB  FCKSM  SMHBlnMflB«  MpVM  Hl  MISMu 


286  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

ceci  :  «En  lAaA,  après  la  bataille  de  Verncuil,  on  donna  un  spectacle  anglais.  Le  cime- 
«tière  des  Innocents  fut  choisi  pour  le  lieu  de  la  scène.  Les  personnages  des  deux  sexes,  de 
!<tout  Age  et  de  toutes  conditions,  y  passèrent  en  revue  et  exécutèrent  diverses  danses  ayant 
tin  Mort  pour  coryphée.  Cette  triste  et  dégoûtante  allégorie  s'appelait  Danse  Macabre.» 
Viilarct  ajoute  en  note  :  ir  Cette  expression  Macabrée  vraisemblablement  vient  du  composé 
«des  mots  anglais  to  make  (faire)  et  to  break  (rompre,  briser)'".» 

Félibien  est  certainement,  après  Du  Gange,  la  source  où  Villaret  a  puisé  le  renseigne- 
ment qu'il  nous  donne;  trompé  par  le  texte  ambigu  du  Journal  de  Paris,  et  trouvant 
dans  les  registres  du  Parlement  la  relation  d'un  certain  exercice  dramatique  qui  eut 
lieu  vers  la  même  époque  à  l'hôtel  de  Nesle,  le  savant  bénédictin  a  écrit  le  passage 
suivant  :  «Le  même  journaliste  (le  Bourgeois  de  Paris)  rapporte,  comme  une  chose 
«digne  de  remarque,  qu'on  fit  cette  année-là,  aux  Innocents,  la  Danse  Macabrée.  C'es- 
«toit  une  représentation  publique  de  dilTérens  personnages  de  tout  âge,  de  tout  sexe 
«et  de  toutes  conditions,  qui  paroissoient  les  uns  après  les  autres  sur  le  théâtre,  acom- 
«pagnez  de  la  Mort,  pour  monslrer  que  le  genre  humain  est  soumis  à  son  empire.  Cette 
«sorte  de  spectacle  paroît  avoir  commencé  en  Angleterre;  et  dans  les  bibliothèques  des 
«curieux  on  en  conserve  la  représentation  et  la  description  en  vers  du  temps,  soit  manus- 
«crits,  soit  imprimez.  En  i/iao,  on  avoit  représenté  à  l'hoslel  de  Ne.sle,  en  présence  des 
«rois  Charles  VI  et  Henri  V,  et  de  toute  la  cour,  une  autre  pièce  à  personnages,  qui 
«  avoit  pour  sujet  la  vie  de  saint  George  '*'.  7t 

C'est  à  une  exhibition  de  ce  genre  que  M.  de  Barante  rattache  également  la  Danse  Ma- 
cabre :  après  avoir  raconté  les  fêtes  qui  eurent  lieu  à  Paris  lorsque  Philippe  le  Bon  y 
vint  en  1/12^,  l'historien  des  ducs  de  Bourgogne  ajoute  :  «Il  n'y  avait  point  des  diver- 
«tissements  pour  les  seigneurs  seulement  :  le  peuple  avait  aussi  les  siens.  Durant  six  mois, 
«depuis  le  mois  d'août  jusqu'au  carême  "',  on  représenta  au  cimetière  des  Innocents  la 
«  DrtHse  des  Morts,  qu'on  nommait  aussi  Danse  Macabrée.  Les  Anglais  surtout  s'y  plaisaient, 
«dit-on;  c'était  des  scènes  entre  gens  de  tout  état  et  de  toute  profession,  où,  par  grande 
«moralité,  la  Mort  faisait  toujours  le  principal  personnage'".» 

Jusqu'ici  nous  n'avons  eu  que  trois  variantes  :  la  Danse  Macabre  était  soit  une  cérémonie 
religieuse,  soit  un  exercice  chorégraphique  proprement  dit,  soit  une  représentation  scé- 
nique;  on  y  officiait,  on  y  dansait  ou  l'on  y  jouait  son  rôle  sur  le  théâtre.  M.  de  Ville- 
neuve-Bargemont  propose  une  quatrième  interprétation  :  dans  son  Histoire  de  René  d'Anjou 
se  trouve  le  curieux  passage  que  nous  reproduisons  ici,  et  qui  se  rattache  à  l'époque  cala- 
miteuse  dont  nous  nous  occupons  (  i  /iaii)  : 

«Après  la  bataille  de  Verneuil  ,  dit  M.  de  Villeneuve,  le  duc  de  Bcdford,  surpris  sans 
«doute  du  succès  inespéré  de  ses  armes,  célébra  cette  victoire  par  une  fête  qui  parut  plus 
«étrange  même  que  les  revers  des  Français,  et  il  en  plaça  le  théâtre  au  centre  de  la  capi- 
«lalc,  dont  les  habitants  commençaient  à  peine  à  oublier  l'horrible  famine  qui  venait  d'en 

'''  Villaret,  Histoire  de  France,  t.  XIV,  p.  3oo.  qiienl  la  source  où  a  puisé  M.  de  Barante  :  c'est 

'*'  Félibien  et  Lobineau.  Histoire  de  la  ville  de  toujours  la  phrase  équivoque  du  Journal  de  Paris, 

Paris,  t.  II.  p.  807.  servant  de  texte  aux  commentaires. 

'''  E.  H.  Langlois  a  fait  observer  que  celte  durée  <*'  Histoire  des  ducs  de  lioiirgontie.  t.  V,  p.  «82. 

de  six  mois  et  ces  deux  dates  bien  précisées  indi-  édit.  de  tSa.ï. 


LA  DANSK  MACABHE  AUX  CiiAltNIEHS  DES  SAIiNTS-INN0CE3iTS.  S87 

«moiHsonncr  la  plus  grande  partie.  Nous  voulons  parler  de  cfUe  faineuM  procMMOO  qu'où 
«vit  dédier  dans  les  rues  de  Paris,  sous  le  nom  de  DariM  Maeabrie  ou  iufenuile,  épouvaotabtf 
(t divcrtisHcnicnt  auquel  prt^'sidait  un  squcicllo  ceint  du  diadème  royal,  tenant  un  tcopirr 
tdans  ses  mains  décliurnécs,  et  assis  sur  un  trône  resplendissant  d'or  et  de  pierrerim.  Ce 
«spoctiiclo  repoussant,  m<^lan(,'C  odieux  de  deuil  cl  de  joie,  inconnu  jusqu'alors,  et  qui 
"  ne  s'(!sl  jamais  renouvi-li-,  n'eut  guère  pour  ti:moins  que  des  soldat»  étrangers,  ou  quelque» 
- iiiiillieureux  échappés  à  tous  les  fléaux  réunis,  et  qui  avaient  vu  descendre  tous  leur» 
"  parents,  tous  leurs  amis,  dans  ces  sépulcres  qu'on  dépouillait  alors  de  leurs  ntMiBUDli 
"  Tandis  que  cette  hideuse  fête  témoignait  d'une  manière  si  indécente  le  barbare  orgneil 
-^di'-s  vainqueurs,  les  événeini-nts  successifs  de  la  guerre  avaient  forcé  Charles  VII  i  errer 
''de  ville  on  ville,  pour  en  réclamer  des  renforts"'.» 

Aux  différentes  versions  ipic  nous  venons  de  rapporter  sur  la  nature  de  la  Dante  Ma- 
cabre, il  parait  assez  naturel  de  rattacher  les  diverses  élymologics  auxquels  ce  nom  sîngn- 
licr  a  donné  lieu.  Kemar<|uons  d'abord  que  Guillebert  de  Metz,  dont  l'afTirmation  |>o»ilive 
nous  a  permis  de  fixer  le  sens  des  expressions  employées  par  le  Bourgmt  d»  Btrù,  et  de 
prendre  au  sérieux  les  divogotions  a[q)arentes  de  Noël  du  Fail ,  n'a  pas  altéré  le  root,  étrange 
pourtant,  qui  sert  encore  aujourd'liui  ii  désigner  les  peintures  du  cimetière  des  Inoocenis. 
Le  Journal  de  Paris  porte  maràlre,  ce  (|ui  pourrait  bien  être  une  épilhèie  malveillante 
.'q)|)lii|uée  h  \a  Mort,  laquelle  est,  en  ciïct,  une  assez  mauvaise  mère.  L'auteur  des  CmIm  H 
discours  d'Eutrapel  fait  de  Marcade  un  t^ poète  parisien»  dont  il  n'est  question  nulle  pari. 
Peut-^tre  ce  Marcade  est-il  tout  simplement  le  fameux  Macabre,  rximius  Macabrus,  auquel 
l'édition  de  Guyot  Marchand,  imprimée  en  l 'itjo,  attribue  la  publication  ou  la  traduction 
du  livre  en  langue  allemande''";  ou  ce  Macliahray  tlie  doctoure  que  le  moine  anglais  John 
Lydfj'ale,  traducteur  des  versets  qu'on  lisait  aux  charniers  de  Paris,  nous  représente  comoe 
le  grand  moralisateur  de  l'ancien  cimetière  de  Saint-Puul  de  Londres;  ou  le  Viennois  Marc 
Apvril,  dont  les  libéralités  servirent,  dit-on,  ù  faire  peindre  la  Dans»*  Macabre  dans  sa  ville 
natale.  Viennent  ensuite  les  étymologies  élrongèrcs  :  le  make,  errait,  de  Villaret;  le  hm^- 
haralt,  macbourah  ou  magabir  (mots  arabes  qui  signifient  cimelièn"),  de  M.  Van  Praêt  *: 
le  tnarheriœ  rhorea  (danse  du  mur),  le  macrorum  choren  (danse  des  maigres,  des  décharnés). 
le  Mararii  cliorea  (danse  de  saint  Macaire),  et  enfin  le  Machabttornm  chort«  (danse  des 
Machabées),  des  lexicograjdics  Du  Gange  et  Gompan'*'.  Celle  dernière  élymologie  s'appuie 
d'abord  sur  plusieurs  textes  inqirimés,  puis  sur  le  passage  bien  connu  du  livre  des  Ma- 
rliabéos,  que  IKglise  ralholi(|ue  place  aux  portes  des  cimetières  et  dans  l'oflice  de»  Morts  : 
Sancta  et  sidubris  est  coiptatio  pro  defunctis  exorare,  ut  a  peeeatU  JO&MNfNr  ^ . 

Nous  n'avons  point  h  prendre  parti  dans  celle  discussion;  les  chercheurs  les  plus  intré- 
pides ne  l'ont  pas  encore  épuisée,  et  leurs  successeurs  n'en  diront  peut-être  pas  le  dernier 
mot.  Il  en  est  de  même  de  l'origine  de  la  Danse  Macabre  et  de»  diverse»  formes  qu'elle  a 
pu  revêtir.  L'ancienne  liturgie,  qui  laissait  faire  riiHice  des  fous  et  célébrer  ta  messe  de 

(')  Hinioire  de  Unir  dWnjou .  t.  I .  p.  54  et  &S.  '■  Nous  «rans  àéj/k  tàU  Du  Uage ti  k  i 

'"  I.C  titre  |M)rto  :  Chorea  ab  esimio  Mêtmiro  ait  de  BtnDÇOO,  iv  le  Inla  èiqad  b  ( 

vertihut  alrmanirit  édita,  etc.  iexieograplM  s'ert  appij^  CooMdIer  en  Wrtn  b 

''    MM.  tl(<  Loiigpërieret  Étiounni  Fniimiercon-  Diciiomnmrt  Je  épue,  de  Coapaa,  1787,  ia-i«. 

siUireiit  cette  étymolope  coiiiiiu*  In  plus  probable.  *'  LiUr  Mafkth.  Il,  es|t.  U,  T.  tC 


288  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

l'âne,  a  bien  pu  tolérer  des  cérémonies  ou  exhibitions  d'un  autre  ordre,  en  faveur  du  but 
moral  qu'elles  se  proposaient  d'atteindre.  D'un  autre  côté,  des  clercs  de  la  Bazochc,  des 
membres  de  certaines  confréries  ont  pu  s'entendre  pour  organiser,  en  dehors  du  clergé, 
des  représentations  scéniques  où  la  Mort  jouait  le  principal  rôle.  Enfin  il  n'est  point 
invraisemblable  de  supposer  qu'à  une  époque  où  tous  les  fléaux  semblaient  s'être  donné 
rendez-vous  pour  accabler  l'humanité,  alors  que  les  guerres  sans  cesse  renaissantes,  les 
pestes  reparaissant  pres(jue périodiquement,  les  famines  achevant  de  moissonner  ceux  que 
le  fer  ou  l'épidémie  avait  épargnés,  avaient  jeté  les  esprits  dans  une  terreur  folle  et  verti- 
gineuse, il  se  soit  organisé,  comme  en  un  jour  de  funèbre  carnaval,  des  processions  où 
les  morts  figuraient  à  côté  des  vivants  devenus  aussi  pâles  qu'eux.  Qu'il  nous  suffise  de 
constater,  avec  les  historiens  originaux,  que  les  fresques  du  cimetière  des  Innocents  ont 
réellement  existé;  qu'elles  constituaient  un  ensemble  de  «paintures  notables,»  et  qu'elles 
formaient  le  pendant  des  cymaiges  en  ronde  bosse»  dues  à  la  pieuse  munificence  du  duc 
de  Berry.  Sans  doute  ces  fresques  eurent  une  origine  semblable  :  quelque  grand  ou  riche 
personnage  (Noël  du  Fail  nomme  Charles  V)  aura  voulu,  comme  le  dit  notre  auteur,  «es- 
K mouvoir  les  gens  a  dévotion,  »  ou,  pour  emprunter  le  langage  de  Du  Breul,  fournir  à  ses 
contemporains  de  «bonnes  glasses  à  représenter  la  grandeur  et  impertinence  de  notre  va- 
«nité  humaine.»  Ce  but  essentiellement  moral  a' été  atteint,  s'il  faut  en  croire  le  Journal 
de  Paris  :  le  cordelier  Bichard,  pr<?chant  au  cimetière  des  Innocents,  «encontre  la  Char- 
«ronnerie,  a  lendroit  de  la  Dance  Macabre,»  prenait  sans  doute  texte  des  lugubres  images 
qu'il  avait  sous  les  yeux;  et  il  faut  que  l'impression  ressentie  par  les  contemporains  ail  été 
bien  profonde,  pour  que  le  poète  Villon,  ce  vaurien  de  génie,  qui  a  essayé  de  sourire  à  la 
mort,  dans  une  ballade  restée  célèbre,  ait  partagé  à  cet  égard  le  sentiment  populaire.  Le 
poète  mauvais  sujet  qui,  à  la  suite  d'escapades  pendables,  s'est  peint  lui-même  pendu  à 
Monlfaucon,  en  compagnie  de  garnements  comme  lui  '",  quitte  ce  ton  tristement  enjoué, 
pour  nous  dire  combien  sa  mère  était  touchée  en  voyant,  dans  les  églises,  les  images 
peintes  ou  sculptées  afin  d'sesmouvoir  les  gens  a  devocion.»  L'honnête  Parisienne  s'écrie  : 

Femme  je  suis  povrelte  et  ancienne, 

Qui  riens  ne  sçay,  oneques  lettres  ne  leuz. 

Au  nionstier  voy,  dont  je  suis  paroissienne. 

Paradis  paint  ou  sont  harpes  et  luz , 

Et  un  enfer  ou  damnez  sont  boidius. 

L'ung  me  fait  paour  ;  l'autre  joie  et  liesse . . . 

En  ceste  foy  je  veuilx  vivre  et  mourir'*'. 

Si  la  bonne  femme  sentait  sa  foi  se  raviver  ainsi  à  la  vue  du  paradis  et  de  l'enfer  en  pein- 
ture, quelle  impression  ne  devait-elle  pas  éprouver  en  face  de  ces  fresques  d'une  vérité 
saisissante,  qui  avaient  pour  accompagnement  les  ossements  entassés  dans  lesgaletis,  pour 
cadre  une  ceinture  de  charniers,  et  qu'elle  ne  pouvait  aller  contempler  qu'en  foulant  aux 
pieds  les  cendres  de  vingt  générations  ! 


'"  La  pluie  nous  a  dcbuez  el  lavez 
Et  le  soleil  desséchez  et  noircis; 
Pies,  corbeaux  nous  ont  les  yeux  cavez 
Et  arrachez  la  barbe  et  les  sourcils . . . 


'''  Œuvres  de  François  Villon ,  Prière  à  la  Vierge , 
La  Haye,  ijia,  in-8°,  p.  94.  —  là.  édition  de 
1882,  p.  169. 


]A  DANSE  MACABHE  AIX  CHAHMKKS  DKS  HAINTS-INNUCENTS.   389 

Il  ne  nous  reste  plus  qu'une  quoslinn  h  r<'-so(ulrc  avant  de  laiiter  la  parole  à  «rad«>ur» 
cliur|,'é,  coiniiie  dans  la  (comédie  anlirjuc,  du  prologue  de  la  pièce  :  les  »ujet«  peint»  au 
cimetière  des  Innocents  sont-ils  idcnti<|ueincnt  les  mêmes  que  ceuf  que  nou»  reproduisons 
d'apn^'s  rexenq)laire  unique  de  IVdition  de  Guyot  Marchant?  L'imprimeur  avait-il,  en  i  485, 
les  fresques  sous  les  yeux,  et  a-t-il  (;ravé  ses  Iwi»  d'après  les  peintures  de  i&a^T  La  ré- 
ponse ne  semble  pas  douteuse  :  les  frtfstpieK  se  conservent  assez  longtemps,  et  celtes  dea 
Innocents,  cpii,  selon  M.  Kdouard  Fournier,  existaient  encore  au  xvii*  siècle,  devaient  ^re 
assez  conserv»''es  soixante  ans  a[)rè»  leur  ex/'cution,  [)our  «itre  reproduites,  comme  on  l'a  fait, 
|iar  un  simple  trait.  Guyot  Marchant  avait  donc  les  sujets  sous  les  yeux;  de  plus,  le  manuscrit 
<lu  fonds  Saint-Victor  n°  i  i  aa,  dont  sa  première  /idition  est  la  reproduction  textuelle,  porte 
cette  mention  significative  :  Enl  lu  Ihtnre  Mnrahre,  prouf  hnheturupuil  Sanctum  Innotenùum;  et 
un  autre  iiianuscril  (pupitre  T.  T.  n°  la),  cité  par  M.  Paul  Lacroix,  donne  i^  pru  pn'-*  le 
même  litre  :  DuUimimi  cliorre  Macabre,  prout  sunl  nputl  Imiorentea,  Pariniu  '  .  M.  I^rroix 
pense  (|ue  ces  dicUimina  sont  l'œuvre  du  célèbre  Gerson,  et  ils  sont  dignes,  en  eflel,  du 
philosophe  chrétien  à  qui  l'on  attribue  Vlmitalion  de  J/tiuCliriil  ;  mais,  sans  entrer  dans  cet 
examen,  qu'il  nous  suffise  de  dire  avec  K.  II.  Langlois  :  cNous  croyons  fermement  que  le* 
-éditions  primilives  de  la  Danse  Macabre  et  les  éditions  couM'cutives  de  Troyes  ne  font 
-  (|ue  reproduiri'  la  peinture  et  les  vers  du  charnier  des  Innocents  de  Paris  '*.  » 

Nous  ne  terminerons  point  ce  préambule  sans  dire  quelques  mots  de  ces  «éditions  pri- 
-Miilives  et  consécutives»  qui  nous  ont  servi  h  établir  le  texte  et  les  planches  de  la  nôtre. 
Sans  doute,  il  n'entre  point  dans  le  plan  que  nous  nous  sommes  tracé  de  dresser  la  biblio- 
graphie exacte  de  la  Danse  Macabre,  si  complètement  élaborée  par  MM.  Peignol,  Douce. 
nrtinet,  Massniann  et  Langlois;  mais  les  travaux  de  ces  érudits  ne  nous  dis|H-nsenl  point 
d'indicpicr  uu  lecteur,  à  côté  des  sources  où  nous  avons  puisé,  celles  où  il  pourrait  lui  con- 
venir de  puiser  lui-même.  E.  H.  Langlois,  le  dernier  venu  de  ces  bibliographes  de  la  .Mort. 
compte  deux  éditions  allemandes  antérieures  à  celles  de  Paris,  cl  trois  qui  sont  à  peu  pn>s 
de  In  même  époque.  Les  éditions  anglai.ses,  au  nombre  de  huit,  sont  postéricun»s  de  pK•^ 
d'un  siècle.  Qiiaiil  aux  éditions  françaises,  elles  ont  pour  point  de  départ  le  volume  de  (iin 
ou  (îuyot  Marchant,  exemplaire  uni(|uc  qui  appartient  à  la  bibliothèque  publique  de  Gre- 
noble (n"  i6,oao),  et  que  M.  le  Maire  de  cette  ville  s'est  cmpress»'  de  mettre  i  la  dis|>oM- 
lion  de  M.  le  Préfet  de  la  Seine.  Ce  volume,  signalé  en  1811  par  M.  Champoliion-Fij^'ar . 
est  un  petit  in-folio  gothique  de  dix  feuilles  et  vingt  pages,  comprenant  dix-sept  sujets  et 
trenle-trois  gravures.  Le  premier  feuillet  a  été  lacéré;  au  recto  du  dernier  >e  trouve  la 
nienlion  suivante  : 

€v  finit  la  bâfc  macabîc  fmpn'mf  c 
par  l)!ï(j  nomme  giiv  marchant  ôc 
moîant  au  grât  boiî-cl  ^u  rollcgc  bc 
nauarrc  en  ctiamp  aaillart  aparig 
Xc  'bintlmitifmc  lour  bc  fcptcmbîc 
0)i\  quatre  cet  quattetring3  et  cinq 

">  iL<>//i7*/i«;fA<7#,publiéhLoiHire>,n'du  iSmai  ^  Emm  kùnripu,  fkthmfkifm  tt 

iHtii.  p.  l'fj.  mr  Im  ému»  é*»  wmrit,  L  I.  p.  197. 

■UT.  —  I.  *7 


290  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OHIGINAUX. 

L'état  incomplet  dans  lequel  se  trouve  ce  précieux  exemplaire  nous  a  obligés  de  recourir 
à  celui  que  possède  la  Bibliothèque  impériale,  et  qui  appartient  à  une  édition  ()ostérieure 
de  neuf  mois  seulement  à  celle  que  l'on  regarde  jusqu'ici  comme  la  première.  Les  mêmes 
bois,  ainsi  que  les  mêmes  caractères,  y  ont  été  employés  par  Guyot  iMarchanl;  mais  on  y 
trouve  six  nouvelles  gravures,  le  Dit  des  Trois  Morts  et  des  Trois  Vifs,  et  des  sentences 
latines  en  vers  ou  en  prose,  prises  généralement  dans  les  livres  saints.  Voici  le  litre  de 
l'ouvrage  : 

«Ce  présent  livre  est  appelle  Miroer  salutaire  pour  toutes  gens  et  de  tous  estât»,  et  est  de 
w  grant  utilité  et  recreacion  pour  pleuseurs  ensengncmens  tant  en  latin  comme  en  francoys 
«les  quelx  il  contient.  Ainsi  composé  pour  cenlv  qui  désirent  acquérir  leur  salut,  et  qui  le 
«  voudront  avoir.  La  Danse  Macabre  nouvelle.  » 

A  la  fin  du  volume,  petit  in-folio  gothique  de  seize  feuilles,  se  lit  la  mention  suivante  : 

C^fiTUtlabanfetnacabîe^^tttJZieciattsmê 
tec  be  pleuCeurâ  notmeau^c-paxTomiaâeô  ti 
beaiy^biô.  et  lt$  trois  mois  et  troif  iDif  emfié 
bits,  nouudlemem  alnti  compofte  et  fmpti 
rme  par  gugot  tnarcbant  bemorant  a  pariç 
oujortant  hor^elDu  cotteâ^î)?  naiiarce  en 
èamp  ââiUart  1  an  èe^race  Tnil  quatre  cent 
quatre  njins^et  fiic  le  Teptieme  tour  î)e  (um^ 

Le  succès  de  cette  lugubre  publication  encouragea  Guyot  Marchant  à  la  continuer  :  en 
cette  même  année  i  /i86 ,  il  donna  la  première  édition  de  la  Danse  .Macabre  des  femmes,  et 
successivement  quatre  rééditions  de  l'une  ou  de  l'autre  danse  (1^90-91-99).  C'est  en 
1Z199  que  les  deux  danses  furent  éditées  en  un  seul  volume  par  un  imprimeur  de  Lyon. 
Depuis  on  les  trouve  généralement  réunies,  surtout  dans  les  éditions  de  Le  Rouge  (Troyes, 
i5  .  .,  1698,  1  53i),  de  Guillaume  de  la  Mare  (Rouen,  1  5  .  .),  d'Olivier  Arnoulel  (Lyon, 
i5.  .),  de  Noury  (Lyon,  i5oi),  de  Genève  (i5o3),  de  Nicolas  Oudot  (Troyes,  io3., 
16/11),  de  Denis  Janot  (Paris,  1 533),  de  Pierre  de  Sainte-Lucie  (Lyon,  i537),d'Estienne 
Groulleau  (Paris,  i55o),  ainsi  <jue  dans  les  nombreuses  réimpressions  du  xvii*  et  du 
wiii'  siècle.  Le  libraire  Baillieu  a  tout  récemment  remis  en  œuvre  les  vieux  bois  de  Troyes, 
et  M.  Silvestre  a  donné,  chez  L.  Potier,  une  charmante  édition  en  caractères  gothiques, 
avec  des  vignettes  soigneusement  exécutées;  seulement  les  limites  du  format  ont  exigé  la 
division  des  planches  qui,  dans  les  éditions  primitives,  contiennent  deux  sujets.  Pour  nous, 
qui  tenions  moins  à  faire  une  œuvre  absolument  complète  qu'à  donner  une  idée  exacte 
des  peintures  et  des  textes  que  Guilleberl  de  Metz  a  vus  dans  leur  nouveauté ,  nous  avons 
dû  nous  borner  à  la  Danse  Macabre  des  hommes  :  c'est  la  seule  d'ailleurs  que  renferment 
les  deux  plus  anciennes  éditions  de  Guyot  Marchant. 


LA    DANSE    MACABRE 

■  CPKODUITR  TRtTtlKLLRME^T 

I)  APRÈS  I/lJMOl'E  EXEMPI.AIHE  COIMVI,  DE  I/ÉDITIOÎS  PRI>CEI»S 

Dli   GLYOT    MMJCHVNT 

(Pamk.  I&8&). 

■  T    COMPLiTil   AVKC    L'iolTIO»   DR    I  &86. 


r,\  OANSR  MATABriB  AUX  CIIAHMKHS  f)KS  SAI\TS-|\Nnr:F\TS  MJ 


Km^ouI*  h«ii»gr«pJu<^a« 


ÏXacIrnr 


crralnrc  ronsonnablc 
[Oui  bi'sircs  luc  i-tcrncllc 
Cn  as  Cl»  îioflnui'  nolablc 
Pmtr  bifu  fmcr  me  morfcUf/ 
la  liaucc  maCiUirc  sappcllc 
One  cbascnn  a  bansrr  apprant 
2l  ^ommf  i*t  femme  est  nalnrcllf 
iX)oxl  nespargiif  petit  ne  grant. 


fL<èn  et  mtroer  cbasrnn  prnt  Itrr 
Oni  le  eonnient  ainsi  îianser 
^aige  est  relnn  qni  bien  si  mirr 
Ir  mort  le  oif  fait  aoanerr. 
Cn  nois  les  pins  grans  eommanerr 
Car  il  nest  nnl  qne  mort  ne  fterr 
Cest  pitense  ebose  v  panser 
Cont  est  forgie  )nne  matirrr. 


294 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Xtc  premier  mort 

^otts  qni  par  cômnnc  orîiônancf 
['Vives  en  estât?  tant  tioers 
Cous  bansercs  a  reste  ÎJansc 
X'^ne  fogs  et  bons  et  peroers. 
Cet  SI  seront  menges  be  ners 
lOoi  eorps.  î)elas  regarbes  nons 
Alors  ponrris/pnansîiesconners 
Comme  sommes  telx  seres  oons. 

Xîe  seront  mort 

ftcte?  nons  par  qnelles  raisons 
!X')ons  ne  pense?  point  a  morir 
Onât  la  mort  oa  en  no;  maisons 
l)ng  Inng/bemam  lantre  qnerir 
•Sans  qnon  nons  pnisse  seeonrir. 
Cest  mal  ninre  sans  g  penser 
Cft  tronp  grant  banger  be  périr 
Jbree  est  qnil  faille  ainsi  banser. 


c. 


Xte  tiers  mort 

'ntenbe?  tons  qne  le  oons  bis 
cnnes  et  menx  petits  et  grans 
"9e  lonr  en  lonr  selon  les  bis 
"Des  sages  oons  aie?  monrans 
Car  nos  lonrs  sont  bimmnans 
ponr  qnog  tons  sere?  trcspasses 
X'ons  qni  nine?  beoant  rent  ans 
las  cent  ans  seront  tost  passes. 

Xlc  qnart  mort 

ffijât  qml  soient  cent  ans  passes 
;Zons  les  omans  comme  tn  bis 
"De  ce  monbe  seront  passes 
Orn  enfer  on  en  parabis 
lV)on  compagnon  mais  le  te  bis 
pen  be  gens  sont  qni  aient  cnre 
"Des  trcspasses  ne  be  noî  bis 
le  fait  benlx  git  en  abnentnre. 


LA  DANSK  MACAHHK  ATX  CIMHMKIIS  DRS  SAIXTS-INXOCKM^  295 


Xic  mort 

'0115  qui  uiua  ccrtainncrarnt 
Oiioii  i|nil  tarbc  ainsi  îianccrcs 

(V)rti5  iiuaiit  îiu'n  le  srct  seulement 

i?llini5e{  eomnie  «uns  feres. 

Vaux  pape  nons  cnmmenceres 

Comme  le  pins  bigne  seignenr 

<èvi  ce  point  (lonore  seres 

^n.\  (jrans  maistres  est  ben  lonnenr. 

Xit  pape 

^ipf'f  '  f'^nll  il  im*  l'^  lianee  mamne 
JLcie  premier  qni  snis  bien  en  terre 
Jati  en  bignite  sonueramne 
Orn  leglise  eoinine  saint  pierre  : 
<r\  eômc  antre  mort  me  oient  qnerre 
vfncor  point  monr  ne  entbasse 
d)ais  la  mort  a  tons  inaine  gnerre 
Pen  nanlt  bonnenr  qni  si  tost  passe. 


Xie  mort 

^f  nons  Ir  non  pareil  bn  monbr 
^  Prince  et  seigneur  grât  rmpcnrrf 

laisser  fanlt  la  pomme  bor  ronbc 

>i?lrme$  crptre  timbre  banierr. 

Je  ne  oons  lairan  pas  bcmrrr 

X'^ons  ne  ponet  pins  scignorir 

Jenmamne  tont  cest  ma  manière 

les  filt  abam  fanlt  tons  monrir. 

X^empcrenr 

r  ne  scan  bcoant  qni  laprllr 
|LlDr  la  mort  qnansi  me  bcmaianr 
^2lrmer  me  fanlt  bc  picbr  prllr 
Crt  bnn  linsrnl  rr  «ni  grant  patiir. 
^nr  tons  an  en  granbrnr  monbamr 
Crt  monr  mr  fanlt  pour  tont  %i%t 
Onrst  ce  br  cr  mortel  bemainne 
les  grans  ne  lont  pas  baoantagr. 


'296 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Xle  tnort 

Ipons  fatîfi  Icsbag  ce  scrabif 
jGarbinal/sus  Icgicrcmcnt 
•^moons  les  antres  tons  ensemble 
Fien  ng  nanlt  esbaxssement. 
X'otts  ane;  oesen  ^anltemcnt 
^l  en  ^nnenr  a  granl  bems 
prene?  en  gre  lesbatement 
<in  grant  ^onnenr  se  pert  laîiois. 

Xie  earhnal 

as  bien  canse  be  mes^air 
jOnât  te  me  non  be  cj  près  pris 
ri^là  mort  mest  nenne  assaillir 

|)Itts  ne  nestirag  nert  ne  gris. 
!    C^apean  ronge/robbe  be  pris 
/    Oi)e  fanlt  laisser  a  grant  bestresse 
|e  ne  lanoge  pas  apris 
Conte  loge  fine  en  tristesse. 


XCe  mort 

^mpenet  noble  rog  ronronne 
'^SMIVenomme  be  forée  et  proessc 
Jabis  fnstei  ennironne 
"De  grant  pompe?  be  grant  noblesse.   • 
Cï)ai5  maintenant  tonte  bantesse 
ïesseres  oons  nestes  pas  scnl 
Pen  anres  be  oostre  ricbesse 
le  pins  riebe  na  qnn  lineenl. 

XLc  rog 

e  nag  point  apris  a  banser 
i.2l  banse  et  note  si  sannaige 
|ïas  on  pent  bien  ueoir  et  penser 
One  nanlt  orgneil  forée  lignaige. 
(ï)ort  bestrnit  tont  eesl  son  nsage 
/    2ln5si  tost  le  grant  qne  le  mcnbre 
Oni  momg  se  prise  pins  est  sage 
<tn  la  fin  fanlt  benenir  eenbre. 


LA  DANSE  MACAKHE  AUX  CMAHMERS  DES  SAINTS-INNOCENTS.         997 


Xle  mort 

cgnt  oons  tski  arrcstc 
"Drbors  nr  ixca  xe  oons  affic 
Ccna  uous  scnr  et  aprrstc 
Pour  mourir  \e  oons  ccrhffic 
One  mort  amonrbnn  oons  bcffic 
»f  ntcnba  v  ccst  oostrc  fait 
<èvi  oif  longnc  nnl  nr  sr  fie 
Tr  Donloir  bien  boit  rsfrr  fait. 

X^e  Irgat 

^^^pçkn  pape  if  aoonc  puissance 
«fl^^c  nr  fnst  crst  rmprscticmcnt 
"Daller  comme  leflal  en  france 
iDais  faire  me  fanlt  antrement 
Car  morir  oois  unanl  on  comment 
J?c  en  qnel  lien  le  ne  san  pas. 
"9icn  est  qni  le  seet  senlcmenl 
C)^)ort  snit  lomme  pas  après  pas. 

nuT.  —   1. 


XC(  norf 

rrs  noble  bnc  renom  aoei 
,*9aooir  fait  par  ooslre  prorssr 
Par  tont  on  oons  estei  tronoei 
^eanlx  fais  barmes  et  be  noblrssr. 
(Dr  monstres  oostre  arbiesse 
Crt  banseï  ponr  gaigner  le  pns 
^pres  tont  bomme  la  mort  rtiAMf 
les  pins  grans  sont  les  premiers  prts. 


"B: 


:t  mort  snis  assatllu  trrsforf 
Crt  ne  san  tonr  ponr  me  brffrnbrr 
je  imu  qne  la  mort  le  pins  fort 
Comme  le  feiblr  tenb  a  prrnbrr  : 
One  ioç  le  faire  il  fanlt  Urtra^rr 
Pacienment  et  be  bon  cnenr 
21  bien  be  ses  biens  grarrs  mbrr 
"banlt  estât  nrst  pas  le  pins  srir. 

3« 


2!)  8 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Xie  tnorf 

fatriarc^e  pour  basse  c^icrc 
Dons  ne  pooe;  estre  qmtte 

li^ositc  trouble  erois  qnaoes  c\fiexe 

lOiis  anlfre  aura  eest  eqnite. 

S7e  pense;  pins  a  hgnite 

J&  ne  seres  pape  ïie  rome 

Ponr  rentre  eonipïe  este  cite 

J"oUe  espérance  ïrecoit  lomnie. 

r^  Xxe  patnarcl^e 

a  M  ^  *"'^^  ^^^^  1^^  monîiatn  bônenr 
If  A)a  beceu/ponr  bire  le  notr 
pjCar  mes  loges  atornenl  en  îrolenr 

(f  t  qne  nanlt  tant  îionnenr  anoir 
I    ^rop  l^anlt  monter  nest  pas  saooxr 
/    ï)anlx  estas  gaitent  gens  sans  nombre 
(^axs  pen  le  oenlent  parceooir 
3  l^anlt  monter  le  fai;  encombre. 


XCe  mort 

d|fiSest  be  mô  îiroit  qne  te  oons  mamne 
^^^mb!2l  la  îiancegent  connestable 
le  pins  fors  comme  cbarlemaigne 
t»ort  prent  cest  cbose  oentable. 
Vien  ng  nanlt  civière  esponentable 
Jle  forte  armenre  en  cest  assanlt 
*9nn  cop  labas  le  pins  establc 
Vien  nest  ïiarmes  qnant  mort  assanlt. 

Xlc  cônestable 

anoge  encor  mtencion 
."©assaillir  cbastean  forteresse 
l(ftmenerasnbicction 
1  ^n  aqnerant  l^onnenr  ricbesse. 
A)ais  le  nog  qne  tonte  proesse 
/    Cï)ort  met  a  bas  cest  grant  bespil. 
Cont  Ing  est  nng  bonlcenr  rnïresse 
Contre  la  mort  na  nnl  respiî. 


LA  DANSE  MACAHHK  AUX  CHAHMKHS  DKS  SAINTS-INNOCEKTS. 


W9 


ÏXc  mort 


Ai 


ne  mm  lirrs  la  teste  arrière 
Plrclieuesqne  tires  oons  près 
2l»e5  wons  penr  qiioii  ne  oons  fiere 
Jh  îionbtei  oons  uenres  après. 
.(?e6t  pas  tonsionrs  la  mort  einprrs 
Conl  bomme  snnoant  eoste  a  eosle 
Fenîire  eonoient  bebtes  et  preste 
l^ne  fois  fûnlt  compter  a  loste. 

Xiarrbeoe5i]ne 

«s  le  ne  sean  on  regarber 
Cât  snis  par  mort  a  gràt  îiestroit 
On  fniran  le  ponr  mon  garber 
Certes  qni  bien  mort  eongnoistroit 
liors  be  raison  lamais  nistrott. 
pins  ne  gerran  en  ebambre  pamle 
OÎ)or\x  me  eonnient  eest  le  broit 
Onât  faire  fanlt  eest  grât  eontrainte. 


XXr  nort 

ons  qni  entre  les  grans  barons 
'>9i«^  2loei  en  renon  ebeoalier 
Obliei  trompettes  clarons 
<Sl  me  sntnes  sans  sommeiller, 
les  bames  solies  resoetllier 
«£n  faisant  banser  longne  pièce 
21  antre  banse  fanlt  neillirr 
Ce  qne  Inn  fait  lantre  beptrrr. 

Xit  cbroahrr 

Oran  le  este  antonse 
Cfn  pinsenrs  fats  et  bien  faoïr 
"Des  grans  et  bes  petits  prise 
2lDee  ce  bes  bamrs  amr. 
J7c  oncqnes  ne  fns  btffaou 
21  la  eonrt  be  setgnrnr  nottbU 
i))ats  a  ce  cop  snis  tont  pasar 
X^essonbt  le  ctrl  na  nrn  esUklr. 

M. 


300 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Xie  mort 

!  antost  mntti  uatllant  ce  pic 
'ô=5J^'S)es  biens  ïin  raonïie  et  ïie  nature 
Cinesqne/îie  nons  il  est  pic 
i?on  ostant  noslre  prelatnre. 
IDostre  fait  gist  en  anentnre 
Be  nos  snbges  fanlt  rentre  compte. 
H  cl^ascnn  bien  fera  îiroictnre 
J?e5t  pas  assenr  qne  trop  ^anlt  monte. 

Xcenesqne 

:  e  cnenr  ne  me  penlt  esioir 
t|.*3)es  nonnelles  qne  mort  maporte 
Dien  nonlka  îie  tont  compte  oir 
Cest  ce  qne  pins  me  besconforte. 
ïe  monbe  anssi  pen  me  conforte 
(Uni  tons  a  là  fin  besl^erite 
JI  retient  tont/nnl  rien  nemporte 
Cont  ce  passe  fors  le  mente. 


Xie  mort 

'^MP'iiances  nons  gent  escnier 
yRBIkOni  sanes  be  banser  les  tonrs 
lance  porties  et  escn  l^ier 
(ft  ^ttg  nons  finircs  nos  lonrs. 
Jl  nest  rien  qni  ne  praigne  conrs 
"Sanseî/et  panses  be  snir 
"ZDons  ne  pooes  anoir  secours 
Jl  nest  qui  mort  puisse  fuir. 

Xc  escnier 

'^^^Mfcnis  que  mort  me  tient  en  ses  las 
3dB!F2ln  moins  que  le  puisse  nu  mot  bire 
3lbien  bebnis  abien  solas 
2lbien  bames  plus  ne  puis  nre. 
Pense;  be  lame  qui  besire 
Veposue  nons  cisaille  plus  tant 
!Dn  corps  qui  tons  les  lonrs  empire 
îTons  fanlt  morir  on  ne  scet  quant. 


LA  DANSE  MACABHK  A[JX  CHAHMKIIS  DES  SAINTS-INNOCENTS. 


sot 


Xir  mort 

Hhhc  vcnn  tusf  uons  fnnci 
.  J?aiic{  la  lit  (\f\crc  csbagc 
Jl  lonoicnt  qnc  la  mort  smoci 
Combiru  qnc  munit  laon  banc. 
(Tommaiibn  a  hcn  lûbbanc 
Ont  (jros  et  gras  oons  a  nonrr5. 
^ost  ponrrtrn  a  prn  ha^t 
1c  pins  gras  est  premier  ponrrp. 

Xlabbe 

r^p%f  reen  nensse  point  enuic 
c-ïi^Q\iis  il  conuicnt  le  pas  passer 
las  or  nan  le  pas  en  ma  otc 
Cr>arlic  mon  orbre  sans  casser. 
Q?arliei  oons  be  trop  embrasser 
X^ons  qni  nioei  an  bemorant 
^e  uons  nonlei  bien  trespasser 
On  sauise  tarb  en  monrant. 


XCe  mort 

ffttlltf  qm  9a»n  qnrsf  tnshcf 
?^l^;f  Crt  banlte  et  basse  en  mainte  giisf 
Ponr  gonnerner  tonte  police 
X>enei  tantosl  a  ccstc  assise. 
Je  Dons  abionrne  be  mainmise 
Ponr  renbre  compte  be  dos  fais 
2ln  grant  inge  qni  tont  nng  prise 
19n  cbasenn  portera  son  fais. 

Xlt  bailhf 

^^ÏKtee  bien  nern  bnre  lonmce 
*jP[v^(  (f  of  P^s  °f  inf  garbope 
(Dr  est  (a  c()anse  bien  tornee 
Crntre  tnges  bonnenr  anojie 
Crt  mort  fait  ravaler  ma  tofe 
Oni  ma  abionrnc  sans  rappel. 
Te  nu  non  pins  ne  tonr  ne  nope 
Contre  la  mort  na  point  bapprl 


302 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


XXc  mort 

îatstrc  pour  mslrt  rcgarîicr 
b<fn  l^attlf  ne  ponr  oosfrc  clcrgic 

Jlt  pooe;  k  mort  refarïicr 

Cg  ne  canif  non  astrologie. 

ÎLontc  la  gcncalogtc 

"Daîiam  qni  fnt  le  premier  ^omme 

(ï)ort  prenf  ce  bit  théologie 

ÎTous  fanlt  monnr  ponr  nne  pôme. 

Xîastrologten 

ljg^_?onr  science  ne  ponr  ïiegret 
W^Jh  pnis  anoxr  prooisxon 
Car  maintenant  tons  mes  regre? 
^ont  morir  a  confnsion. 
Ponr  fmable  conclnsion 
Je  ne  scag  rien  qne  pins  îiescrioe 
Je  pers  cg  tonte  aîinision 
Qni  tjonlka  bien  morir  bien  oioe. 


tCe  mort 

lonrgois  ^aste?  oons  sans  tarîier 
fX^ons  naneî  aooir  ne  ncbesse 
Qni  nons  puisse  be  mort  garîier. 
^e  tes  biens  ïront  enstes  largesse 
3lnes  bien  nse  cest  sagesse 
"Dantrng  nient  tont  a  anlrng  passe 
Jfol  est  qni  bamasser  se  blesse 
On  ne  scet  ponr  qni  on  amasse. 

XXe  bonrgois 

<^|b|ttfrant  mal  me  fait  si  tost  laisster 
c^BP  Ventes/maisons/cens /norritnre 
rt)ais  ponnresnc^es  abaissier 
Cn  fau  mort  telle  est  ta  natnre. 
^age  nesî  pas  la  creatnre 
"Damer  trop  les  biens  qni  ïiemcnrent 
2ln  monbe  et  sont  sien  be  broitnrc 
Genlx  qni  pins  ont  pins  enni;  menrent 


r,A  F)\NSK  MU;UUIK  MX  CHAHMKHS  DES  SAIVTS-IWOCFVT»^  303 


Xie  mort 

[irc  rbanoinc  prcbcnbci 
'pins  ne  ûnrcs  hstnbnnon 

Jle  gros  ne  uons  v  arlcnîia 

Prcncî  en  ronsolacion. 

Ponr  tonlf  rdribncion 

U)onrir  nons  conoicnt  sans  îicmrnrr 

Ta  nn  Anxei  hliitum 

Ta  mort  nient  qnon  ne  flarbe  lenrc. 

lie  ebanoine 

aeen  jnere  ne  me  eonforte 
Piebenbe  snis  en  mainte  église 
Or  est  la  mort  pins  qne  mon  forte 
One  tont  emniauine  cest  sa  gnise. 
ï>lanr  snrpelis  anmnsse  flrise 
iT^e  fanlt  laissier  et  a  mort  renbre. 
One  nanll  gloire  sn  tosl  bas  mise 
^  bien  morir  boit  ebasenn  tenbre. 


XC(  mort 

marebant  regarbet  par  brra 
pinsenrs  pans  aoei  errebif 
2i  pie  a  ebeoal  be  pieea 
'Dons  nen  seres  pins  empese^tr. 
I^ccv  Dostre  bernier  marebif 
Jl  eonntent  qne  par  en  passn 
"De  tont  somg  seres  bespesebir 
Ce!  eonnotte  qnt  a  assrt 

Xlt  marr^aiit 

an  este  amont  et  aoal 
ponr  marebanber  on  te  pononr 
Par  long  temps  a  pie  a  ebenal 
UTais  maintenant  pers  tonte  to|r. 
"Ot  tont  mon  poootr  aeqnmrjr 
Or  a;  ir  asset  mort  me  rontrataf . 
fait  aller  monrnne  nogr 
trop  embrasse  pen  estratnl 


( 


Oni 


304 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


XCc  mort 

gommes  plusenrs  sont  cl^crs  tcnns 
l^u  siècle  et  en  religion 
lesqnelx  tontesfois  sont  nenns 
"Se  gens  be  basse  conbition. 
Ja  boetrine.  et  correction 
De  nons  maistre/telx  les  a  fait. 
(Dr  monrre;  nons/conclnsion 
ïlôme  par  mort  est  tost  kffait. 

XCe  maislre  bcscole 

frammaire  est  saence  sans  fable 
^"De  tontes  antres  onnertnre 
2i  lennes  enfens  connenable 
Car  sans  elle  le  nons  assnrc 
(Elne  antres  sciences  nont  cnre 
De  entrer  en  entenbement. 
2liinsi  le  nenlt  bien  et  natnre 
Par  tont  il  fanlt  commencement. 


Xie  mort 

■^'Ulnr  conrsier  ne  cbeoal  be  pris 
«lHPÏ)omme  barmcs  ne  monteres 
pins  pnis  qne  la  mort  nons  a  pris 
2lbDiseî  comment  nons  feres. 
le  monbe  la  tost  laisseres 
J?actenbe?  pins  conrir  la  lance 
Fegarbcî  mog  tel  nons  seres 
ÎTons  lenx  be  mort  sont  a  onltrance. 

Xt^omme  barmcs 

=biett  le  seroice  bn  roj 
»Gne  sologs  faire  soir  et  main 
De  mort  snis  prins  en  besarroj 
"éans  rcspit  msqncs  a  bcmam. 
2l  ceste  banse  par  la  main 
Je  snis  mcncî  pilcnscmcnl 
CV)ort  B  contraint  tont  bôme  bnmam 
ft)onrir  fant  on  ne  scet  comment. 


LA  UANSF'    M\r.\ltHK  AIX  CII\llMFnS  DF*?  SUNT^  IWOfFNTS.  SOS 


X^r  mort 

\fommc  ïiûrmrs  pins  cv  mrrcsU 
f0c)i\\5  rarnrl  sans  faire  rcsistcnrc 

Car  pins  ne  pcnt  faire  eonqnesfc 

X^ous  anssi  lioiume  bastmencc 

Cliartrenx  prcnei  en  paeience 

"De  pins  more  mvn  mémoire. 

Jfaietes  uons  oaloir  a  la  banse 

•îpnr  font  Iiomme  mort  a  mctoirc. 

Xcc  f^artrenx 

e  snis  an  monbe  pieca  mort 
Par  qnon  be  niire  an  moinjjs  ennie 
W\  Ja  soit  qne  tont  ^ôme  rramt  mort 
f/?  pnis  qne  la  e^ar  est  assonoie. 
piaise  a  bien  qne  lame  rame 
^oit  es  eielx  après  mon  tressas. 
Cest  tont  néant  be  eesle  me 
Cel  est  \fi\v  qni  beniam  nest  pas. 

«I»T. I. 


Xcr  nort 

ergenf  qni  porfrt  rrllr  maer 
'JI  semble  qne  oons  rebrlln 
Ponr  néant  fûietej  la  grimarc 
^e  on  oons  grene  si  apprllrt. 
X'^ons  estes  be  mort  appellrt 
Cm  Inp  rebelle  il  sr  brcotf 
les  pins  fors  sont  tost  raoaltft  : 
jll  nest  fort  qnanssi  fort  ne  soti. 

X^r  srrgrsf 

on  qni  sais  ro^al  offteirr 
Comme  mosr  la  mort  frâjiprr 
Je  faisons  mon  offtee  ^irr 
«£t  elle  me  ment  bnn  ^t|pprr. 
}t  ne  srap  qnel  part  rsr^tpprr 
Je  snis  pris  be  ra  et  br  la 
l))algre  moii  me  laisse  attrapprr 
«fnnu  mrnrt  qni  appns  ru  là. 


C5 


300 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Xie  mort 

'à  maistre  par  la  passcrcs 
Ulaici  i&  somfl  î)c  oons  kffcnbrr 
Jle  tamais  abbc  ne  scrcs 
A)onnr  vous  fanlt  sans  pins  acïcnbre. 
On  pense?  »ons  cg  fanlt  cntenbre 
ÎTantost  anreî  la  bone^c  elose 
ï)ômc  nest  fors  qne  oent  et  eenbre 
X>ie  tsbvxc  est  nionlt  pen  ïre  e^ose. 

Xce  motnne 

amasse  bien  mienlx  encore  estre 

%<tn  cloistre  et  faire  mon  seroice 

1  Cest  nng  lien  îienost  et  bel  estre. 

Or  ag  le  comme  fol  et  nice  [nice 

1    On  temps  passe  commis  maint 

/    "De  qnog  nan  pas  fait  penitance 

•éonffisant  îiien  me  soit  propice 

C^scnn  nest  pas  logenx  qni  îianse. 


Xxe  mort 

rsnrier  be  gens  îiesrengles 
X^enr?  tost  et  me  regarbe? 
"Dnsnre  estes  tant  aoengles 
Qne  targent  gaigncr  tont  arbe;. 
tV)ais  Dons  en  fere;  bien  larbe; 
Car  se  bien  qni  est  merneillenx 
Jla  pitie  be  nons  tont  perbe? 
2l  tont  perbre  est  cop  perillenx. 

XXnsnricr 

<^^^fe||  e  conment  il  si  tost  morir 
J}^uLt  Ce  mest  grâl  peine  et  gre 
Crtnemcponrroitseconrir  [nance 
Q)on  or  mon  argent  ma  c^enance. 
Je  DOIS  mortr  la  mort  mauance 
d)ais  il  me  besplait  sôme  tonte 
Qnest  ce  be  maie  aconstnraance 
Cel  a  beanx  genx  qni  ne  noit  gonte. 


Xic  poorc  ^ôme 

X^snre  est  tant 
manloais  pec^ie 

Comme  cbascnn 
bit  et  raconte 

Crtcest  ^omme 
qni  approcbie 

•èe  sent  bêla  mort 
nen  tient  conte. 

ft)csme  largent 
qne  ma  main  copte 

iïncore  a  nsnre 
me  preste. 

Jlbcorabe  retour 
an  compte 

J?est  pas  qnitte 
qni  boit  be  reste. 


LA  DANSE  MACABMK  ALX  CHAHMKHS  DKS  SAJNTS-IWOCKXTS. 


107 


Xit  mort 

chcm  a  fonl  voslxe  onnnc 
.l^oifs  vons  \cv  qnamanbfr 
jlaîiis  scrutes  bc  rncbirinc 
2l55r5  pour  pouoir  l•omman^fr. 
Or  oons  uicnt  la  mort  bcmanbrr 
Ciunc  antre  uons  conuicnl  monr  : 
"Unns  in'  pours  contrcmanbcr 
Z^on  imrc  est  qnt  se  sert  gncnr. 

Xic  mfhnn 

"^ÊÊj^  OH  temps  a  qnt'n  lart  br  p^tisiqnr 
^^IBm.  laji  mis  tmitc  mon  rslnbic. 
liUUMti'  scirurf  rt  pnitiqnr 
Ponr  flnmr  mainte  malaïnc. 
Je  ne  seau  qne  ic  rontrrbir 
pins  un  uanlt  berbe  ne  racine 
J?antre  remebe  qnon  quon  îiic. 
Contre  la  mort  na  niebicmc. 


Xxr  nort 

feutil  amorfnx  gag  rt  fnqnc 
93ir^'Oni  nous  cnibn  îic  grant  oalrnr 
l^ons  rstrs  pris  la  mort  oons  ptqnr 
le  monîic  lairrs  a  bolmr. 
Crop  lauei  amc  ccst  folrnr 
'De  nons  mort  est  prn  rrgartirr. 
Ja  tost  uons  cbangcrrs  rolrnr 
Z^rante  nrst  qntmage  farbrr. 

Xitmomx 

;rlas  or  nv  a  il  srconrs 
fContrr  mort  abirn  amonrrffrs 

(t)onlt  tost  oa  unncssr  a  brronrs. 

^tiien  cbapeanx  bonqnrs  f  Irnrrttrt 

^bien  amans  rt  pncrlrttrs 

'^onpirnne  nons  br  mo|  ««iirif 

Crt  nous  mirn  sr  %ê%n  tttn 

Petite  plnie  abat  grant  onit. 

39 


308 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


ïie  mort 

boocaï  sans  long  procès  faire 
.X)cne;  uostrc  cause  plaibier. 
25iett  ânes  scen  les  gens  actraire 
De  pieca/non  pas  ïing  ne  bier. 
Conseil  cg  ne  nons  peuï  aibier 
2lln  granî  mge  nons  fanlt  nemr 
Manoir  le  bencs  sans  cniher 
2$on  fait  mshce  prenenir. 

Xiaîrnocat 

'  esl  bien  broil  qne  raison  se  face 
•iJle  le  ng  scag  mcctre  îieffence 
Contre  mort  na  respit  ne  grâce 
J2nl  nappelle  be  sa  sentence. 
Jag  en  be  lantrng  qnant  le  g  pence 
"©e  qnog  le  bonbte  estre  repris. 
211  crambre  est  le  lonr  be  ncngence 
■©len  renbra  tont  a  mste  pris. 


tCe  mort 

enestrel  qni  banses  et  notes 
•^aoe?  et  aoe?  bean  maintien 


Ponr  faire  esioir  sos  et  sotes 
Qnen  bictes  nons  alons  nons  bien  ? 
ft)ontrer  nons  fanlt  pnis  qne  nons  tien 
2lnx  antres  cg  nng  tonr  be  banse 
le  contrebire  ng  nanlt  rien  : 
t>)aistre  boit  raonstrer  sa  science. 

Xie  ménestrel 

fc  banser  ainsi  nensse  cnre 
'Certes  tresennu  le  men  mesle 
Car  be  mort  nest  painne  pins  bnre 
Jag  mis  sons  le  banc  ma  nielle, 
pins  ne  cornerag  santcrelle 
J?antre  banse  mort  men  retient. 
Jl  me  fanlt  obéir  a  elle  : 
Cel  banse  a  qni  an  cnenr  nen  tient. 


LA  DANSE  MACAHKK  AUX  CIIAK.MKRS  DRS  SAINTS-INNOCENTS.  S«f 


Xie  mort 

l^ftssfe  cnrf  sans  pins  sonocr 
)(  sens  qncsta  abandonne 
le  mf  le  mort  solies  mcnflcr 
iVlais  Bons  scres  anx  ucrs  bonne. 
X^ons  fnstei  laliis  orbonne 
lï)iroer  banlrnn  et  exemplaire 
"De  nos  fais  seres  gnerbonne 
Il  tonte  pamne  est  ben  salaire. 

île  cnre 

'enlle  on  non  tl  fanlt  qne  me  renbe 
Il  nesl  liomme  qne  mort  nassaillc 
l)ee  be  mes  paroissiens  offrenbe 
./?anrai!  lamais  ne  fnneraille 
"Denant  le  inge  fanlt  qne  le  aille 
Venbre  eouiple  las  bolorenx 
Or  an  le  (jrant  penr  qne  ne  faille  : 
Oni  bien  qnitfe  bien  est  enrenx. 


îîr  morf 

abonrenr  qni  en  sotng  et  pamar 
^oe{  oescn  tont  oostrr  temps 
Û)ortr  fanlt  cest  ebose  eertamnr 
Fernllcr  nn  oanlt  ne  conteod. 
"De  mort  beoes  estrc  eontens 
(lar  be  grant  sonssn  nons  brliorr 
^pproebet  oons  te  oons  actens  : 
JoU  est  qni  cnibe  tonsionrs  oiDrr. 

X^e  Idbonrenr 

'^^^f^r  a  mort  ag  sonbaite  sonnent 
,A-X  i>1a»s  oolentirr  ir  la  fnissr 
Jamasse  mienlx  fist  plnge  on  oent 
Cfstrr  es  oignes  on  tr  fouisse 
Crneore  pins  grant  plaisir  v  prisse 
Car  te  pers  be  penr  tont  propM 
Or  nest  il  qni  be  ee  pas  |S>r  : 
2ln  monbe  na  point  be  rtpM. 


310 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


XCc  morï 

l^romotcnr  ocnc;  a  la  conrf 
tS^Canïosteï  sopc;  abcisc 
Vcsponïtrc  le  long  on  le  conrt 
"Dn  cas  qni  nons  est  impose. 
Cest  car  nons  este?  accnsc 
i?aiiotr  pas  tonsionrs  msfement 
*9e  nostre  office  bien  nse 
*in  mal  fait  gist  amenïiemcnf. 

XXe  proraotenr 

ensse  bemam  rccen  six  sol; 
l'Dnn  l^ommc  qni  est  en  sentence 
pjponr  consentir  qml  fnsl  absonU 
Il  ^e  lensse  este  a  lanîiience. 

pins  ne  me  fanlt  penser  en  ce 
/    ft)ort  ma  sonpru  en  son  embncl^e 
Prcnbre  me  fanlt  en  pacience  : 
25ien  c^arie  qni  ne  trebncl^e. 


XCe  mort 

^r  sonssj  peine  et  traneil 
;2li)eî  garlie  prisons  geôlier 
donnent  on  oons  a  fait  rcsneil 
Cniîiam  ïiormir  on  sommeiller. 
X'ons  nen  serc?  pins  traneillier 
X^encî  ïianser  sans  pins  be  plaît 
€g  est  on  nons  bene?  oeillier 
Jl  fanlt  morir  qnant  a  bien  plaît. 

ÏXe  geôlier 

e  tenojs  be  bons  prisonniers 
l'Desqnclx  latenbogs  rccepooir 
ipienne  ma  bonrsc  be  beniers 
Ponr  bespence  et  ponr  anoir 
les  garbe  et  fait  mon  bcooir 
/    'De  les  penser  bien  lojalment. 
Onant  on  menrt  on  boit  bire  ooir  : 
"Dien  scct  qni  bit  nran  on  qni  ment. 


LA  DANSE  MACAHIIK  AUX  CIIAUNIKHS  DES  SAI\TS-I\N0<:ENTS.  ;jll 


X^c  mort 


D 


"^clcnn  oons  aon  assa 
"De  allfv  fu  pflcnndQf 


Craocillu*  rsf«  cl  Ussa 
ï>icn  rtpparl  a  uostrc  oisaoc. 
Ccst  en  onstrc  bcrrciucr  ooiagc 
One  bon  nons  soit  faicta  bfnoir 
la  fin  coronnc  tont  onuragc  : 
•5î»clon  cnnrc  panmcnt  aooir. 


Xi-C  prl 


crin 


Tn  tont  temps  nncrs  cl  este 
Wnagcr  csloit  mon  îicsir 
Or  snis  ic  par  mort  arrcstc 
Jcn  lonc  bien  qnant  ccst  son  plcsir 
Crt  liin  prie  qni  me  îiomt  loioir 
"Oe  tons  mes  pesebeî  confesser 
Ponr  mon  ame  en  repos  jjesir 
Vr\Q  lonr  me  fajoit  tont  lesser. 


Xit  mor! 

icrgier  îianseï  Icflieremenl 
Jet!  nest  pas  qnon  boit  songrr 
lOos  brebis  sont  eertamemenl 
C\)aintenant  en  antrnn  bangrr 
Car  uons  serez  ponr  abréger 
Cost  passeiplns  ne  ponei  niorr 
lestât  be  lomme  est  tost  ebangrr  : 
Oni  menrt  be  mamti  malx  est  briiprr. 

X^r  brrgier 

'^^^^  às  or  bemenrcnt  n  grât  bangrr 
JMt  cDes  brebis  anx  c^âps  saas  fulnt 
loups  effames  ponr  (r»  «rigrr 
Il  reste  benre  sont  alentour. 
Ou  ponr  lenr  faire  aucun  fauLx  tour 
loups  sont  maloats  br  leur  nalarr 
•*on  crn  fnicnl  puis  fout  retour 
A  tons  oioaus  la  mort  court  sure. 


312 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Xîc  mort 

faictcs  Doge/oons  avci  tcrt 
i^ns  bcrgicr.  2lprcs  corbchcr 
^onocnî  ûufs  prcsc^ic  î>c  mort 
^i  oons  kocî  moings  tncrocilhcr. 
|a  ne  sm  fault  csraag  balUcr 
Jl  ttfst  SI  fort  qnc  mort  narcste. 
^i  fait  bon  a  monr  ociHifr  : 
H  tonte  ^tnve  h  mort  est  preste. 

Xit  eorbeher 

nest  ce  qne  bc  more  en  ee  monte 
U^xd  ^mrne  a  senrte  ng  îicmenre 
ÎEonte  nanite  g  l^abonbe 
Pnis  nient  la  mort  qna  tons  eonrt  snre. 
(I)euhcxte  point  ne  massnre 
"Des  meffais  fanlt  paier  lamenbe 
<fn  petit  bl^enre  bien  labenre  : 
^age  est  le  pec^enr  qni  samcnbe. 


tie  mort 

'^^Htoreitt  enfant  na  gnere  ne 
sJil^^ln  monbe  anra  pen  be  platsanee 
2[  la  banse  seras  mené 
Côme  anltrecar  mort  a  pnissanrc 
#>nr  tonsbn  lonr  be  la  naissance 
Conoicnt  r^ascnn  a  mort  offrir 
Jol  est  qni  nen  a  rongnoissance  : 
Oni  pins  oit  pins  a  a  sonffrir. 

ïî  enfant 

'a.  a.  le  ne  scan  parler 
,(înfanf  snis  lag  la  langne  mne 
î)ier  naqnis  ^ng  men  fanlt  aller 
Je  ne  fan  qnentree  et  gssne. 
Vien  nag  mesfaïf  mais  be  penr  sne 
Prenbre  en  grc  me  fanlt  cest  le  raicnlx 
ïorbenance  bien  ne  se  mne  : 
2lnssi  tost  mcnrt  lenne  qne  nienlx. 


LA  DANSK  MACAHHK  AUX  CHAHNIKRS  DES  SAINTS-INNOCENTS.  SU 


Xit  mort 

«mbci  vom  bf  morl  csc^appcr 
CIrrc  cspcrlin  ponr  rccnler 
Jl  ne  scn  fanlt  u  bcfnppcr  : 
Cfl  cmbc  sonufnt  lianll  aller 
Onon  Doif  a  cop  fosl  raoallcr 
prcnci  en  gre  aluns  ensemble 
Car  nen  nn  oanlt  le  rebeller  : 
*Dien  pnuit  tonl  qnanf  bon  Inu  semble. 


Xxr  cirrr 

l'unit  il  qnn  lensne  elere  semant 
lOni  en  sernice  prent  plesir 
Pnnr  cnilier  nenir  en  anant 
i\)envc  SI  tost  eesl  besplesir. 
Je  snis  qnilte  be  pins  eboisir 
^nltre  estât  il  lanlf  qnamsi  îianse  : 
la  morl  ma  pris  a  son  loisir 
O)onlt  remaint  be  ce  qne  fol  pense. 


X^r  mort 

(ère  pott  ne  fanlt  faire  refns 
VV:^  "î?e  baser  faiete  oons  oaloir 
X*>ons  nestei  pas  senl  leocs  sns 
Ponr  tât  moins  oot  en  boit  ebalotr. 
'X'^enet  après  eest  mon  oolotr 
T^omme  nonrrg  en  bermitaigf 
7a  ne  oons  en  ronoient  boloir  : 
"Dic  nest  pas  senr  bcritaige. 

Xxbfrtnitc 

onr  oie  bnre  on  solitaire 
(.>')ortnebonebeoiore  espace 
Cbascnn  le  ooit  si  sen  fanlt  lâitf 
Or  reqnier  bien  qnn  bon  me  face  : 
Cest  qne  tons  mes  pecbies  efface 
ï»ien  snis  côtens  be  Ions  ses  bien» 
T^esqnelx  lap  nse  hc  sa  grâce  : 
Ont  na  sonefftsance  il  na  riras. 


Xit  marf 

Cest  bien  btt 
ainsi  boit  on  birr 

jll  nest  qnt  sot! 
ic  mort  briivrr 

Ont  mal  bit 
tl  anra  bn  pirr  : 

^i prose  cbâsriB 
br  bien  oisrr 

"Dien  prsrrâ 
tont  a  là  Itvrt 

l^onn  fdtIprBsrr 
sotr  rt  matti 

i)ViUenrr  sctrvt 
na  en  Itorr  : 

JI  *t%t  qii  ait 
f  oui  br  Inuti. 


314 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Xit  mort 


ces  bonnes  gens  ie  tJiIIagfs 
ê»2lor;  mcngifî  la  ponlaïUe 
23nt  le  om  cf  fatf  grans  onltrages 
•éans  paicr  bcnier  ne  maille. 
2lfont  oostre  cl^appean  ï>e  paille 
ï)anebarher;oeneî  anant 
iil  banseres  oaïUe  qne  oaïUe  : 
2lintant  oanlt  berner  qne  benanï. 

Xle  ballebarîiier 

e  cram;  îie  passer  le  passage 
l'De  mort  qnant  bien  le  g  regarde 
I  (£i  qui  ne  le  eramt  nesf  pas  sage 
Vien  ng  nanlbroiï  ma  ballebarbe 
Jle  feroit  pas  nne  bombarîre 
"^e  le  me  cniboge  ïieffenîire 
Cbascnn  se  tienne  sns  sa  garîre  : 
©uât  mort  assanlt  il  se  fanlt  rendre. 


Xce  mort 

ne  51  banse?  nest  pas  nsage 
'^\->^  (.Don  amg  sol  bien  oons  aboient 
"De  g  bauscr  comme  pins  sage 
îTonl  bomme  banser  g  conoient. 
lescriptnre  si  men  sonoient 
"Dit  en  nng  pas  qni  bien  lentenb 
Comme  sen  oa  point  ne  reoient  • 
Cbasenne  ebose  a  sa  fin  tenb. 

Xit  sot 

^^^|||kr  sont  maintenant  bons  amis 
^^^^îM^t  bansent  leg  bnn  aceorb 
piensenrs  qni  estoient  ennemis 
Qnant  ils  oiooient  et  en  biseorb. 
d)ais  la  mort  les  a  mis  baeorb 
la  quelle  fait  estre  tout  nng 
•^ages  et  sot;  :  quant  bien  lacorb 
Cous  mors  sont  bnn  estât  cômnn. 


\A  DANSR  MACAHMK  MX  CHARNIERS  DES  SAl!STS.INNOCBI«TS. 


SIS 


Xit  rov  mort 

^ons  qni  en  cfslc  portrailnrc 
j'Dm  bansrr  estas  biocrs 
pcnsci  qnc  timnauinc  natnrc 
Ce  ncsf  fors  qnc  Dianbc  a  ocr». 
3c  le  monstre  qni  gis  cnocrs 
4î>i  an  xt  este  ron  ronronne? 
cel  seres  nons  bons  et  peroera  : 
Cons  estas  sont  a  uers  bonnes. 

ïlartenr 

^MKien  nest  bomme  qni  bien  n  pense 
^KvCest  tont  uent  ebose  transitoire 
C^iascnn  le  ooit  par  reste  banse 
Ponr  ce  nons  qni  oeei  listoirf/ 
Veleuei  la  bien  en  mémoire 
Car  bôme  et  femme  elle  amonesle 
"Danoir  be  parabis  la  flloire  : 


tinrent  est  qni  es  cienix  fait  festf. 

tr^on  V  fait  penser  soir  et  main 
le  penser  en  est  profitable 
Cel  est  bnp  qni  monrra  bemam. 
Car  il  nest  rien  pins  oentable 
One  be  morirne  momg  establr 
One  oie  bomme  on  laparcoit 
2,  lenl  ponr  qnon  ce  nest  pas  fabif  : 
foU  ne  croit  msqnes  il  reçoit. 

CiV^ais  ancnns  sont  a  qni  nen  cbanlt 

Comme  si  ne  fnt  parabis 

fie  enfer  bêlas  lU  auront  cbanlt 

les  Imres  qnc  firent  labis 

les  sains  le  monstrent  en  brtix  lu. 

^cqnitci  Dons  qni  en  poss» 

<f\  faita  bes  biens  pins  wn  lu  : 

Q^ienfail  oanlt  monlt  r«  fntpaM». 


316 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


xsqncamsxcsfqnc  la  mort  soit  ccrtamnc  CDclcsscr  boit  tonte  logc  monîiainnf 
pinsqncanltrcncntcrriblcctbonlonrcnscCct  mener  oie  l^nmble  et  religiense 


lit  (jne  cl^ose  ne  penlt  estre  mcertamne 
Pnis  qnc  en  est  lenre  l^orrible  et  angoissense 
<il  soil  SI  briefne  et  par  tant  perillense 
ïas  ttosire  vie  en  ce  nal  misérable 
Jl  mest  aïims/jjonr  le  pins  conoenable 
Qnt  nons  tenons  îin  tont  entièrement 
d)ectre  sonb;  pie  ce  montre  ïiecepuable 
Ponr  bien  morir  et  more  longnement. 
^^î  messe  onir  qni  tant  est  profitable 
Ponr  bien  morir  et  oiore  longnement. 


Oni  monter  oenlt  a  la  très  sonoeramne 
Cite  îles  cienlx  qm  tant  est  glonense. 
ïa  contempler  boit  tonsionrs  lame  enrense 
Oni  agme  bien  et  \}&xl  enore  be  biable 
•Sniore  les  bons  estre  a  tons  cbantable 
^og  confesser  sonnent  beootement. 


lECronp  abnse  est  ll^omme  qni  bemamne 
Orgneil  en  Ing  et  oie  ambiciense 


LA   DANSE  MACABFIK   AUX   CMAHMKHS  DKS  SAINTS-INNOCENTS.         317 

Onan!  il  srrt  birn  qnc  la  mort  tonf  cmmainr  'Drnfrr  sans  fin  qni  ni  xntnenthU 

ûniuicutdouucntsoniiauuicct  mrrorillrnsr.  Ir  lonr  (lalif  bn  bioin  ingrmrnt 

($)ai9  boit  prnsrr  la  passion  pitrnsr  Crt  srs  prc^irs  rommr  satgr  rt  notablr 

^n  rrbrtnptrnr  rf  la  prinr  bontablr  ponr  btrn  morir  rt  oiprr  longnranit. 

CO  mortel  bonimr  rf  amr  rotsonnabfr 
^f  aprrs  mort  nr  nrnlx  rsfrr  tiampnabir 
en  bois  le  lonr  nne  fois  senlement 
Penser  bn  moins  ta  fin  abbommable 
pour  bien  morir  et  oiore  longnemrnt. 


Cg  finit  la  banse  maeabre  brs  bontmrs. 


VI. 

LA   BOUFUiEOISIK   PARISIENNE 

VERS  LA  Fl>   DU  XIV"  SI&CLE  ET  AU  COMME?(CEIIB^T  DO  XT*. 
(Voir  Guillebert  de  MeU,  ci-deMOs,  p.  900.) 


rrGrant  foison  de  riches  bourgois  avoit,  et  dotTicicrs  que  on  appcloit  petis  rove- 
ff  taux  (lo  jjrandeur.  « 

(j'est  dans  ces  termes  que  Guillebert  de  Metz  constate  l'importance  Hunirriquc,  la  for- 
lune  et  l'influence  de  la  bour(;eoisie  parisienne  h  l'ëpoque  où  il  écrivait.  D'où  lui  venaient 
donc  cette  richesse  et  ce  pouvoir?  Comment  ces  petits  marchands,  ces  nwmbret  oiMcart 
des  confréries,  ces  simples  (jardes  des  métiers,  ces  humbles  agents  de  l'Échevinage  et  du 
ChiUelet,  préposés  au  commerce  et  à  la  garde  de  la  capitale,  ces  «officiera»  enfin,  dépo- 
sitaires d'une  si  faible  part  d'autorité,  étaient-ils  parvenus  h  un  tel  degré  de  prépondé- 
rance sociale?  Question  complexe  à  la(|uelle  on  ne  pourra  répondre  qu'en  écrivant  l'histoire 
du  gouvernement  municipal  à  Paris,  c'est-à-dire  en  racontant  comment  s'est  développée 
chacune  des  forces  dont  la  réunion  a  formé,  avec  le  temps,  le  faisceau  de  la  puissance 
bourgeoise.  Obligés  de  nous  circonscrire  dans  les  étroites  limites  d'un  appendice,  nous 
nous  boriKTons  .\  rappeler  ici  quelques  faits  bien  connus,  qui  serviront  de  commeolaitM 
au  texte  de  notre  auteur. 

La  bourgeoisie  de  Paris,  considérée  comme  institution  marchande,  remonte  à  l'origine 
même  do  la  cité  :  les  Nautte  ParUiaci  en  ont  formé  le  noyau;  la  hanse  féodale  n'a  fait  que 
continuer,  sous  une  autre  forme,  les  traditions  du  commerce  gallo-romain,  et  ie*  laëtieri, 
en  se  constituant  à  l'élat  de  corporations,  ont  soumis  au  même  régime  toute*  iea  iadi 
tries,  tous  les  genres  do  rii'gocc  qui  ne  relevaient  pas  naturellement  de  la  MardiaiMitM 
de  l'eau.  Il  est  résulté  de  ce  fait  un  monde  bourgeois,  tout  occupé  de  travail,  de  trafic. 
profitant  des  occasions  qui  lui  étaient  données  de  faire  fortune,  et  s'enrichissent,  en  effet. 
malgré  les  droits  royaux  et  seigneuriaux,  les  dons  grittuitt  qu'il  lui  fallait  faire,  et  le* 
exactions  de  toute  espère  (|u'il  avait  <\  subir.  C'est  cet  ensemble  de  marchands  4|M  k*  plat 
anciens  titres  désignent  sous  l'appellation  collective  de  Bwrgmum,  les  Beurgenii.  On  le* 
voit,  en  celte  qualité,  se  réunir  dans  leur  Parloir,  vendre  et  acheta  an  non  de  la  eoauBa- 


320  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

naulé,  assister  aux  fêtes  et  cérémonies,  faire  des  cadeaux  au  Roi  et  lui  adresser  quelquefois 
des  remontrances,  haranguer  les  souverains  étrangers  de  passage  à  Paris,  et  prendre  enfin 
leur  petite  part  de  pouvoir  et  d'honneurs,  lorsque  les  circonstances  le  permettaient. 

Ces  privilèges  étaient  la  conséquence  naturelle  de  la  situation  que  les  mœurs  du  temps 
avaient  faite  à  la  bourgeoisie  :  la  fortune  ne  va  jamais  sans  quelque  influence,  et  les  bour- 
geois seuls  étaient  en  mesure  de  s'enrichir.  Les  gentilshommes,  qui  ne  pouvaient  ni  tra- 
vailler ni  trafiquer  sans  dérogeance,  couraient  les  grands  chemins  ou  demeuraient  dans 
leurs  manoirs,  sans  toucher  au  commerce  et  à  l'industrie  autrement  que  par  les  péages 
qu'ils  leur  imposaient  et  par  les  redevances  de  toute  nature  dont  ils  avaient  coutume  de  les 
grever.  Les  paysans,  attachés  au  sol  soit  par  le  servage,  soit  par  une  longue  habitude,  ne 
songeaient  point  à  venir  à  Paris  pour  demander  aux  chances  du  négoce  les  moyens  de 
devenir  riches;  ils  y  eussent  trouvé,  d'ailleurs,  dans  les  règlements  qui  défendaient  chaque 
profession ,  une  barrière  presque  infranchissable.  Les  familles  bourgeoises  se  perpétuaient 
donc  dans  la  paisible  possession  d'un  métier  ou  d'un  comptoir,  que  les  mœurs,  d'accord 
avec  les  lois,  protégeaient  contre  toute  concurrence,  et  qui  devenait  ainsi,  entre  leurs 
mains,  un  véritable  monopole.  C'est  là  tout  le  secret  des  vieilles  fortunes  bourgeoises,  à 
Paris  comme  ailleurs. 

Le  Livre  des  Sentences  rendues  en  l'auditoire  du  Parloir-aux-Bourgeois,  les  Rôles  de  la 
Taille  de  laga  et  i3i3,  les  Comptes  et  ordinaires  de  la  Prévôté  de  Paris,  nous  ont  con- 
servé les  noms  de  plusieurs  notables  commerçants  qui  vivaient  dans  la  seconde  moitié  du 
xiii'  siècle  et  au  commencement  du  xiv';  c'étaient  les  grands-pères  ou  les  grands-oncles 
de  ceux  que  Guillebert  de  Metz  a  connus.  On  voit  figurer  parmi  eux  plusieurs  centaines  de 
bourgeois,  tous  bien  posés,  tous  «ayant  pignon  sur  rue,"  tous  arrivés  à  cette  notabilité 
qui  a  été  de  tout  temps  la  condition  de  l'entrée  dans  les  charges  municipales.  A  première 
vue,  ces  bourgeois  semblent  de  petites  gens;  on  rencontre  dans  le  nombre  non-seulement 
des  changeurs  et  des  orfèvres,  mais  des  drapiers,  des  pelletiers,  des  merciers,  des  épiciers, 
des  huchiers,  des  talmeliers,  des  poissonniers,  des  bouchers,  des  tisserands,  des  fripiers, 
des  tanneurs  ,  des  «cordouanniers»  et  jusqu'à  des  taverniers.  Les  marchands,  sans  autre  dé- 
signation, constituent  l'aristocratie  bourgeoise;  ils  répondent  à  nos  modernes  négociants, 
aux  armateurs  et  aux  commissionnaires  d'aujourd'hui.  Des  clercs  et  des  scribes  de  tout 
ordre,  des  procureurs  et  gardes-notes  du  Châtelet,  des  courtiers,  mesureurs,  porteurs- 
jurés,  etc.  etc.  des  sergents  et  autres  agents  de  la  prévôté  royale  et  de  la  prévôté  bour- 
geoise complètent  cet  ensemble  de  population  moyenne,  du  milieu  de  laquelle  se  détachent 
les  grosses  fortunes  qui  ont  toujours  eu  le  privilège  d'émerveiller  la  foule  "'. 

La  Au  moment  oii  nous  sommes  arrivés ,  c'est-à-dire  à  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commen- 

Iwurgeoigie  parisieniie 


au  UT*  siècle. 


'"'   Pour  donner  plus  d'intérêt  k  cet  appendice,  patronymiques  déjà  formés;  la  seconde,  renfermant 

nous  avons  recueilli  dans  les  Comptes  royaux,  les  les  noms  de  raétiere  qui  se  sont  transformés  plus 

Comptes  de  l'Hôtel  et  les  états  de  la  maison  de  tard  en  noms  propres;  la  troisième,  embrassant  les 

Bourgogne,  les  noms  des  bourgeois  notables  do-  noms  d'origine,  qui  étaient  toujours  précédés  du 

niiciliés  à  Paris  vers  la  fin  du  xni*  siècle  et  au  nom   de  baptême  et  qui    sont  devenus  patrony- 

commencement  du  xiv*.  Nous  les  avons  rangés  en  miques  à  leur  tour.  En  donnant  cette  liste,  nous 

trois  catégories:  la  première,  comprenant  les  noms  n'avons  point  la  prétention  d'exposer  une  théorie 


LA  BOUIIGKOISIE  l'AHISIENNE  AUX  XIV'  ET  XV  SIÈCLES.  321 

comenl  du  xv*,  la  boui-f^coisie  de  PanH  a  di^jà  eu  hc»  allernalive*  de  grandeur  et  de  d^a- 
dcncc.  KIorisKantc  à  rëpo(|u<!  de  IMiili|t|ie-Auguiilc,  de  saint  Louis,  de  Philippe  le  B<'l  > 


(|ii(:l(;oiii|iii'  sur  riiri);iiic  lies  iioiim;  nolro  m-iiI  ImiI 
fst  «l((  |)l(i(i-j-  HiiMs  1rs  yeux  (lu  Iccleiir  uim?  lislc 


auMi  complu  qne  ponibli»  iln  boM  booigwi» 
<ift  l*ari«  à  l'ëp<N|u«  <ie  Pliilipfie  le  Bel, 


PHEMIÉBE  CATll(;ORte. 


Aalip*. 

BoliB. 

CboeiMi. 

Aejirl. 

Bonajvite. 

CbofMrt 

idciiot. 

Bonaviate. 

Cboprtain. 

\i;nci'. 

Bon-dix. 

Coeart. 

AIndcnt. 

Bone-««enture. 

Coralrii. 

Alsfumi'. 

Bon*-ride. 

Cocbin. 

Alain. 

Hone-TODic. 

Conehol. 

Aligol. 

Bonne-eile. 

AlUirr. 

Bonnefuy. 

Comaill*. 

Amadonr. 

Bonloa  ou  Bourdon. 

Cort(Dela). 

Amiol. 

DonoWa 

Coudir. 

Aiii|iin(in. 

Boucel. 

Courbueil. 

Aiii|iiiil. 

Boucliard 

Conmm. 

Antenne. 

B<Mirhe. 

Coarrat. 

Anniaii. 

Bourrin. 

Croiaena(l>e). 

An»yauiuc. 

Bourtier. 

Croiaic  (U). 

Arrude. 

Boual. 

Atcelin. 

BoDvet 

Danet 

Aiiberl. 

Bouvclin. 

Dayre. 

Aiirevra. 

Braclicrort. 

Dsan  (Le). 

AiigitT. 

Braiiuelle*. 

Denii. 

Aumoiiton. 

Braiin'. 

IKiilac. 

Aiii»iiiip|m. 

Brvcuurt. 

Dapré. 

Anigans. 

Brenfet. 

Deaebaops. 

Aveline. 

Briee. 

Daakana. 

Briehart. 

D««MI. 

■tablUine. 

Briwebe. 

Deaprei. 

Barbeau. 

Briao-moaliu. 

Deaaoïl'inu. 

Darbe-dOr 

BroMc(Dela). 

Dert. 

Rarbelte. 

BuhL 

Oanmt 

Ilarbou. 

UuncM. 

DoboTaa. 

lloriH-be. 

BurMD. 

Doanin. 

Rniidoiii. 

DroMt 

ïioM  (l.«). 

Cabot. 

Du  Boii. 

Ili-loup. 

Cailloè. 

Durelier. 

Ilcqilel. 

CaUin. 

Dujanlin. 

ll'Tli-Irniy. 

Camprimol. 

Dapio. 

Bcsnart. 

Caœna. 

Ili-ndii^rtv 

Carlier. 

Eaart. 

lli-'yii. 

Canrile. 

Krmboait. 

niandrtinr». 

CalbMnr*. 

Baeat. 

Iliaumarrbe  (Qui). 

Cbambeli. 

E*eor«l(L'). 

Iliauniunt. 

Cbinrl. 

Eapi. 

Iliaurallrl. 

Cbantariau. 

Eato. 

liittn-ViHtir. 

Cbapon. 

Ilirhp. 

Cbarliaa. 

BatiMM. 

IIi|;ui<  ou  Rigne. 

Cbarlain. 

Baii«M. 

RIanr. 

r.baachet. 

Eurre-l'uriN. 

ni;inc  (  U  ). 

Cbancon. 

ErrouU 

Bloiidel. 

Chtaid. 

Rorhrr 

CbeviannL 

Faiiw. 

RoiU'iii  (I.P). 

CbieMo-Fer. 

FaHaM. 

Rnl.lr 

Cbinarl 

Faaaar. 

Figuirr  I  Du  ).  Hnlia. 

Font-Vielle.  IngfMl. 

FoniMM  M  4as  far- 


r«wML 

jMa(U). 

Fown. 

Fraoqa*. 

LMtwpifT. 

Fr«iM|aaa. 

LaFoamink 

Laiiar. 

Friatont 

liK»wal. 

Fr«it(D«). 

Uai. 

Fmoo  oa  la  Friaoa. 

»■«>«_ 

Uném. 

GalaL 

l^aabraL 

Gaiiliar. 

UCmét. 

Carniar. 
Gandin. 

LdaiL 

tirti. 

Cmliar. 

I.a«iNL 

«•y. 

Gigon. 
Cira ri 
Gobin. 
(Mriian*. 


GeotaoL 

Cuaaai|iil«. 

GoTioom. 

Gracian. 

Griaent 

Graa(U). 

Gwtwt. 

GaaraL 


LvyiHfti 


L||iar. 
Maei. 


Haaay». 


liM(U). 


aat<aC»ar. 


MÉfNL 


Ma»rM. 
èl 


322  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

enrichie  et  rendue  plus  puissante  par  suite  des  expéditions  d'oulre-mer,  elle  a  eu  plus  lard  de 

grandes  crises  à  traverser,  surtout  depuis  l'avènement  de  Philip()e  de  Valois.  Les  désastres 


Mégret. 

Mélanes. 

Meliet. 

Menuet. 

Mercoleis. 

Meresse. 

Mesonceles. 

Meulant. 

Mtngot. 

Mocart. 

Moinnet. 

Moilel. 

Morcl. 

Moreton. 

Moriau. 

Moucbet. 

Moulin. 

Mout-cuïr. 

Mouton. 

Mulot. 

Naguet; 

Nevelon. 

Neveu. 

Nicolas. 

Noysi. 


Apostoile  (L'). 
ArcIiiei'(L'). 
Aumônier  (L'). 

Barbier  (Le). 
Beigle  (Le). 
Bourelicr  (Le). 
Brieuf  (Le). 
Burier  (Le). 

Cavetier(Lc). 
Cervoisier  (Le). 
Chambellan  (Le). 
Charpentier  (Le). 
Chaucicr  (Le). 


Ableges(D'). 
Achies  (D'). 
Acis(D'). 
Acre(D'). 
Allemand  (L'). 
.Allemant  (L'). 
Ambliguy  (D'). 
Amiens  (IV). 
Ancre  (D'). 
Anglois  (L'). 
Antborgin  (D'). 


Obîce. 

Pistoye. 

Roullou. 

Orlant. 

Piidoë. 

Rous(Le). 

Poeberon. 

Roussel. 

Paelée. 

Poil-de-Serf. 

RousseleL 

Paien. 

Pointlasnc. 

Rustiquel. 

Palestrel. 

Poitevin. 

Saoson. 

Saromele. 

Sarrazin. 

Sauaevert. 

Sente. 

Serouges. 

Set-mois  (De). 

SoreL 

Soteriau. 

Spifame. 

PandoufBe. 

Paon. 

Papelart. 

Paquet. 

Paradia. 

Passe. 

Passe-Avant. 

Pastorcl. 

Paton. 

PeisanL 

PolarL 

Popin. 

Porcbcron. 

Poogery. 

Poule. 

Prévost. 

Quenabre. 
Qncsnel. 

Rameau. 

Pépin. 

Rannibaut. 

Tape. 

Pequin. 

Rat  (Le). 

Taye. 

Perret. 

Raviau. 

Taupin. 

Perrot. 

Recloses. 

Telier. 

Petit. 

Restore. 

Tentre. 

Petit-Pas. 

Retore. 

Tonet. 

PetiU-Crocbé». 

Revel. 

Toriii. 

Picart. 

Romaniol. 

Turpin. 

PIcheron. 

Ronce. 

Termes. 

Piépou. 

Ruulier. 

Tibert. 

DEUXIÈME  CATÉ( 

30RIE. 

Cordier  (Le). 

Masoier  (U). 

Paumier  (Le). 

Cordouaniar  (Le) 

M'rcier  (Le). 

Peintre  (Le). 

Coutier  (Le). 

Merrenicr  (Le). 

Pelletier  (Le). 

Mestrc(Le). 

l'erricr  (Le). 

Dieu  (Le). 

Mortelicr(Lc). 

Pcvrier  (Le). 

Moutardier  (Le). 

Plastrier  (U). 

Escuelier  (L'). 

Muet  (Le). 

Poissonnier  (Le 

E»cuicr(L'). 

Poivrier  (Le). 

Espicicr  (L'). 

Orfèvre  (L'). 

Porteur  (Le). 

Oublaicr(L') 

Potier  (Le). 

Feutrier  (Le). 

PanoUer(Le). 

Prestr«  (U). 
Priarl  (Le). 

Gainier(Le). 

Parmentier  (Le). 

Passeur  (Le). 

Queux  (Le). 

Maréchal  (Le). 

Pat«ar  (Henri  Le). 

Quiète  (Le). 

TROISIÈME  CATÉGORIE. 


Autoigny  (  D'  ). 
.\rde(D'). 
Argenteuil  (D'). 
Arsis  (D"). 
Ascele  (De  1'). 
Asnières  (D'). 
Ateinvilie  (D'). 
Aties  (D"). 
Auceurre  (D'). 
Aultiac  (D"). 
Auxonne  (D'). 


Avenues  (D'). 

Baieux  (De). 
Baigneux  (De). 
Ballenval  (De). 
Baran  (De). 
Baubigny  (De). 
Beaufort  (  De  ). 
Beuzeville  (De). 
Bezannes  (De). 
Biauboer  (De), 


Biaudez  (De). 
Biaumenis  (De). 
Biauvez  (De). 
Bocage  (  Du  ). 
BonUlu(De). 
Bougival  (De). 
Bourges  (De). 
Boui'guignon  (Le). 
Bray  (De). 
Breauté  (De). 
Brebançon  (De). 


Tiais. 

Thierry. 

Thibout. 

Toma. 

Toussae. 

Travado. 

Tristan. 

Troismoulins. 

Troterel. 

Troas.1. 

Trousseviebe. 

Tybost 

Tygier. 

Viart. 

Videlait  ou  Verdelay. 

Viel. 

Tillain. 

Tillers. 

Vinage. 

Warroquier. 
Willecoq. 

Ysaac. 
ïsembart. 


Quoquiller  (Le). 

Regrattier  (Le). 

Savant  (Le). 
Sergent  (Le). 
Somuieliez  (Le). 
Soudan  (Le). 

Telier  (Le). 
Tisonneur  (Le). 
Tommelier  (  Le). 
Tuiliert  (Le). 

Usurier  (L'). 

Vachier  (Le). 


Breton  (Le). 
Brianron  (De). 
Broiselles  (De). 
Brje  (De). 
Bureville  (De). 

Caan  (De). 
Cacichule  (De). 
Caours  (De). 
Carbeul  (De). 
Casteles  (Oas  ). 


LA  BOIJHGEOISIK  l'AHISIKNNE  AUX  XIV  ET  XV  SIÈCLES. 


SM 


de  Oécy  v.l  de  Poilicr»  Tonl  appauviiv,  car  il  lui  a  fallu  payer  d'énorme»  cunlribulioiH  d« 
guerre;  mais  il»  ont  ou  pour  elle  un  autre  résullat  pluH  fune«le  encore  :  en  afTaibltManl  la 
royauté,  iU  ont  contribué  à  poUHScr  hru)t(|ucnieiil  au  dcli^  de  m»  limite»  naturelle»  rrUe 
même  influence  man-linnde,  qui  avait  tout  intérêt  à  m;  déwlopper  dans  de*  conditions 
norriinlcs.  La  prévale  d'i'iliciiii)!  Marcel  est  une  «laie  considérable  dan»  rhitloire  de  la 
bourgeoisie  parisieime  ;  nun-seuienienl  elle  arrêta  le  dévelop|M-meal  régulier  dM  damm 
moyennes,  mais  encore  elle  amena  le  recul  de  i383,  c'est-à-dire  le  léqaMlrB  do  pouvoir 
municipal  pendant  une  période  de  trente  années. 


Notre  auteur,  il  est  vrai,  ne  semble  pns  soupçonner  ces  intennittences;  il  n'a  nul  sou- 
venir des  Maillotins  et  des  Chnperoiis  blancs;  pour  lui,  les  bourgeois  de  Paris  sont  des 
g(;ns  riches,  fort  bien  vêtus,  soinplueusemenl  logés,  entourés  de  nombreux  serviteurs  et 
donnant  une  hospitalité  royale  aux  lettrés  de  ce  temps-là  :  véritables  Mécènes  dont  il  se 
rornpintt,  en  sa  qualité  de  «transcripvain,»  h  chanter  les  louanges.  On  s'étonne  bien  un 
peu  de  la  prodigieus(>  fortune  ipi'il  leur  attribue;  mais,  tout  en  faisant  la  |>art  de  l'exagé- 
ration qui  parait  avoir  été  dans  ses  habitudes,  on  parvient  à  se  rendre  compte  de  cette 


4>bl 


Cbaaiii  (Do). 
ChnlIoimiDn). 
Chmnpcnaii  (Le) 
Cb«iii|>i*iu  (De). 
CbaniivicrM  (  De). 
Chani(D<i). 
Cbapclle  (Delà). 
Cbormaio  (De  la). 
Clianiy  (De). 
i:harlrea(De). 
(ihaatrnuiluo  (De). 
(:baalill<m(De). 
Cbileau-FcUi  (De). 
Cbellea(Di>). 
Cbennevierea  (De). 
Cbifle  (De). 
Cbieti>(De). 
Chiiiirry  (De), 
r.lairvaiix  (De). 
Claniarl  (De). 
CIvvn  (De). 
CliMid  (DcSniiit). 
Coinpai»(Dp). 
('oinpiiigne  (De). 
Coiicbea  (De). 
C<>n<M(D«). 
Curmeillet  (De). 
Cormialle  (De). 
Couluingne  (De). 
Courcalln  (De). 
Courunne(De  la). 
Court  (Delà). 
Cra«anl(De). 
Cretpy  (  De). 
Critrul  (De). 
Croiaeua  (De). 

Daiuan  (  De). 


Damoiarlin  (De). 
Douay  (De). 

Eaco((L'). 
lapernoo  (D'). 

Bll«D|Ma(D'). 

Kerrierea  (De), 
nament  (La). 
naarana(De). 
FlaraDe«(De). 
Flori(De). 
FonUine(Dela). 
Foolaionaa  (De). 
FriM»(Le). 

Gareonea  (De). 
Garit(Da). 
Camay  (De). 
GarooM  oa  Cbaronoe 

(De). 
Ganny  (De). 
Giaon(De). 
Gooeaae  (De). 
GoaTamea  (De). 
Grancbet  (De«). 
Graod-TBble(Dela). 
Greil  (  De). 
Grolaa  (De). 

Ilarrrt  (De). 
Hedine  (De). 
Hoban  (De). 

Jardina  (Dea). 
JeTr«a(De). 
JoTin  (De). 


l.aigni  (De). 
l.ainballe(De). 
Lande  (De). 
Larroi  (De). 
Laye  (De). 
Lille  (De). 
Limoge*  (De). 
Liooa  (De). 
Linle  (De). 
Lorrain  (La). 
Loabt«aac(Da). 

M4N((D*). 

Maaiaa  (De). 

Ma>aaù(De). 

MMH(Da). 

M«clM(nela). 

MarlT(De). 

Menatereal(D«). 

M«|«l(Da). 

HoidoB(Da). 

Mi>iwllea  (De). 

Montbar(Dc). 

Montdidier(De). 

Moallbrt  (De). 

MMMgimi(Bt). 

MoMieriau  (De). 

Mooleanin  (  De). 

Maalaier(De). 

MoMilDa). 

llwn«l(I>e). 


KMqr(Da). 
R«7*n(De). 


Ofii(D*). 
Orliena  (D'). 
Orange  (D*). 
Oanllaa(Daa). 

PlMl(D*). 

Pnia(De). 

iVniaM(De). 

Petit-Pont  (De). 

PkartIL*). 

Piemtea(De). 

Pteqdjny  (De). 

Pia(Da). 

Poat(Dn). 

PMloi*e(Da). 

PaolraaU*  (De). 

Pmu(0*). 

PMdMinf{lie(De). 

FNl*(DeU). 

nM«aa(Dea). 

PMdi«(Dea). 

ProTiM  (  Dr  ). 

Prally(De). 

Paia(Da). 

QiriMa(De). 


(De). 


(De). 


(DeV 


(De). 

(De). 
(D*V 


(D-). 


m 


KDn). 

HO»)- 
»éKà4:ir  {9»). 


i(D»). 
KDn). 
MM4i(D»). 
tiit  Maaii  (De). 
Saiat.Part  (De). 
litat  Qeintin  (Dn). 
•(De). 

I  (!>•). 
r(D.». 

'(0«). 
i(De). 
'(De). 
>(D*). 


(••K 


T»n.(rv 

Tirenhtr). 

TeHtr). 


324  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

richesse  qui  IVblonit.  Vingf-cinq  années  de  paix  non  interrompue  onl  permis  aux  mar- 
chands de  Paris  de  rétablir  leurs  affaires,  et  quarante  ans  de  folles  dépenses  ont  achevé 
de  remplir  leurs  escarcelles.  Le  gouvernement  prodigue  d'Isabeau  de  Bavière  a  même  beau- 
coup plus  contribué  à  l'enrichissemenl  des  bourgeois  que  la  sage  et  parcimonieuse  admi- 
nistration de  Charles  V.  Kn  effet,  si  le  monarque  économe  n'a  fait  que  de  rares  appels  à 
leur  bourse,  il  ne  leur  a  point,  en  revanche,  ménagé  les  moyens  de  thésauriser,  tandis 
que  la  reine  dissipatrice,  en  multipliant  les  fêtes  et  les  entrées  solennelles,  en  s'entouranl 
d'une  troupe  de  femmes  luxueuses,  en  favorisant  à  Paris  l'établissement  de  plusieurs  cours 
aussi  brillantes  que  celle  de  l'hôtel  Saint-Paul,  est  arrivée  à  faire  passer  une  partie  des  for- 
tunes princières  et  seigneuriales  dans  les  coffres  des  marchands  de  Paris.  Voilà  pourquoi 
Jacques  Duchié,  Digne  Responde ,  Bureau  de  Dampmarlin ,  Miles  Baillet,  Guillaume  Sanguin 
sont  wde  petis  royetaux  de  grandeur,»  el  pourquoi,  autour  de  ces  sommités  de  la  finance, 
notre  auteur  remarque  encore  «grant  foison  de  riches  bourgois»  qu'il  ne  nomme  pas. 

On  objectera,  il  est  vrai,  que  le  Bourgeois  de  Paris,  auquel  nous  devons  le  Journal  écrit 
sous  les  règnes  de  Charles  VI  et  de  Charles  VII,  crie  misère  presque  à  chaque  page;  mais, 
outre  que  ses  Mémoires  ne  commencent  qu'en  iio8,  il  convient  de  faire  observer  que  le 
narrateur  parle  surtout  du  pauvre  peuple,  vivant  au  jour  le  jour  et  subissant  toutes  les 
conséquences  du  renchérissement  des  denrées.  Quant  aux  bourgeois,  ils  ont  encore  telle- 
ment de  ressources  qu'on  les  voit,  en  i/j36  ,  c'est-à-dire  après  un  règne  désastreux,  après 
les  longs  déchirements  des  Bourguignons  et  des  Armagnacs,  après  seize  ou  dix-sept  ans 
d'occupation  anglaise,  réunir  des  sommes  considérables,  reconstituer  le  trésor  du  roi 
Charles  Vil  el  remettre  ainsi  la  royauté  à  flot. 

«Quant  les  Francoys,  dit  le  Journal  de  Paris,  furent  affermez  avec  le  Parlement,  el  les 
vgrans  Bourgois  et  le  Conseil,  ils  se  plaignirent  (pie  le  Roy  esloit  Ires  poure  et  toute  sa 
Kgenl,  et  quil  convenoit  avoir  de  largent,  ou  quil  fust  prins.  Si  leur  fust  dit  :  il  faut  faire 
Rung  emprunt;  el  ainsi  fust  fait  especialment  1res  grief  sur  ceulx  quon  cuidoit  quils 
«amassent  niieulx  les  Angloys  que  les  Francoys;  et  fust  leinprunl  1res  grant,  et  se  monta 
«a  1res  grosse  somme  dargent  et  dor,  car  ils  furent  pou  a  Paris  de  mesnaigers  qui  nen 
«payassent  pou  ou  granl  '".» 

Ces  «mesnaigers,»  qui  apportent  tous  leur  quote-part,  et  arrivent  ainsi  à  faire  ce  que 
le  clergé  el  la  noblesse  eussent  été  impuissants  à  réaliser,  nous  donnent  la  mesure  de  la 
puissance  marchande  appliquée  à  la  formation  de  la  richesse  publique.  Voilà  de  grands 
et  de  petits  bourgeois,  qui  onl  eu  à  fournir  sans  relâche,  depuis  plus  d'un  demi-siècle, 
des  chevauchées,  des  prestations  militaires,  des  logements  pour  les  gens  de  guerre,  el  des 
corvées  de  toute  nature;  qui  ont  dû  faire  aux  rois,  aux  reines,  aux  princes,  aux  souve- 
rains étrangers,  aux  chefs  des  partis  alternativement  victorieux,  toute  sorte  de  «dons 
«gracieux»  et  de  «cadeaux  de  joyeux  avènement;»  pour  lesquels  tout  a  été  occasion  de 
dépense,  arrivées  et  départs,  visites  el  excursions,  mariages  princiers,  naissances  royales, 
fêles  el  deuils,  guerres,  famines  et  mortalités,  et  qui,  cependant,  trouvent  encore,  au 
fond  de  leurs  coffres,  de  quoi  doter  le  nouveau  règne  :  preuve  manifeste  de  la  puissance 
de  l'épargne,  et  de  cette  merveilleuse  facilité  avec  laquelle  la  bourgeoisie  parisienne  a 
toujours  su  reconstituer  sa  fortune,  même  à  la  suite  des  plus  grands  revers. 

''■  Journal  d'un  bourgeois  de  Paris,  édit.  de  17-29,  p.  170. 


LA  BOURGEOISIK  l'AHISIENNE  Al\  Xl>'  ET  XV-  Slftcr.KS.  855 

Mais,  si  vcUo.  intelli|;<^nt<>  hoiirijr-oikin  a  pu  In  lalont  (h  faim  lourncr  à  la  profpénlë  de 
Kon  coiiiiiKTcc  les  inullicurs  (in^iiies  do  la  patrie,  <;ll<;  n'a  \>u  olil<>nir  ce  rëfullat  qu'au  prit 
(l'une  <';conomin  sév^tro  cl  par  dt.-s  lialiitiidcM  d'ordre  qui  sont  résilies  cbex  elle  i  TëUt  il<' 
lr:i(li(ion.  (in  livre  fort  curieux,  le  Memagier  de  Parii'''\  nous  donne  k  cet  égaré  leidëUiU 
icH  plus  intércHsunts  :  c'est  le  lï'perloirc  de  tout  ce  qu'une  riche  bourgeoise  doit  savoir 
pour  bien  diriger  sa  maison,  se  fairt!  honneur  de  sa  forlune  H  arriver  à  l<?nir,  à  p<>u  de 
frais,  un  l'int  aussi  honorahle  (|uc  les  grands  sei||ncunt  avec  tout  leur  faste.  Ce  traita 
dV'cononiie  d()inesli<pie,  composé  par  un  Parisien  à  répo<|ue  même  dont  nous  nous  occtt- 
[lons,  révèle  les  habitudes  et  les  tendances  de  ces  marchands  à  qui  ne  «uOit  plus  la 
possession  d'une  grande  fortune  lé|ritimemenl  acquise,  mais  qui  veulent  y  joindre  Ir 
décorum,  h;  savoir-vivre,  l'instruction  même  à  un  de(rré  plus  élevé  que  la  noblewe,  et 
<|ni  mcir(|uent  d'nvanre,  ainsi  que  l'a  judicieusement  fait  observer  J.  I.e  Clerc,  la  place 
qu'il  faudra  bientôt  leur  accorder  '-'.  Le  bourj^eois  auteur  de  ce  traité  n'est  |H)int  étranger 
aux  lettres  sacrées  et  profanes;  il  cite  des  romans  et  des  livres  de  dévotion,  fait  des  em- 
prunts h  Cicéron  et  h  Tite-Live,  et  manie  sans  trop  de  gène  cet  idiome  des  fabliaut  et  des 
l)alla(les  qui,  en  moins  d'un  siècle,  sera  notre  langue  française.  Dans  son  livre,  tableau 
(idèlu  de  la  vie  des  classes  moyennes  d'alors,  on  conçoit  de  la  bourgeoisie  parisienne  une 
bien  meilleure  idée  que  ne  peut  nous  en  donner,  sur  la  noblesse  de  celte  époque, 
l'ouvrage  du  chevalier  de  Li  Tour-Landry.  La  réserve  et  la  délicatesse  du  langage,  en 
particidier,  témoignent,  chez  les  bourgeois  de  Paris,  d'une  civilité  qu'on  chercherait 
vaineiiKMit  alors  chez  les  gentilshommes,  dont  les  guerres  incessantes  entretenaient  la 
rudesse  et  la  j^Tossièrelé. 

Il  est  vrai,  ajoute-t-on,  que  les  menus  détails  contenus  dans  le  Mftnnjrirr  île  Ports. 
ainsi  que  les  descriptions  des  somptueuses  demeures  de  Jacques  Duchié,  de  Miles  Baillel, 
de  (îiiillaumo  Sanguin,  etc.  nous  révèlent  surtout  l'amour  du  chez-soi,  qui  a  toujours 
<'aractérisé  le  bourgeois.  Ce  soin  extrême  de  la  maison  était  tourné  de  préférence,  il  faut 
bien  l'avouer,  vers  ce  qu'on  appelle  de  nos  joui-s  le  «confortable.»  Le  charme  qu'y  trouvait 
le  marchand  enrichi  tenait  surtout  aux  soins  qu'il  y  recevait,  aux  aises  qu'il  |>ouvail  s'v 
donner,  à  la  satisfaction  intime  (pi'ii  éprouvait  en  faisant  à  ses  amis  les  honneurs  de  son 
hàtel;  mais  ce  sentiment,  si  vulgaire  (|u'il  puisse  paraître,  a  son  l>eau  et  honorable  côté: 
et  M.  Renan,  après  en  avoir  souri,  n'a  pas  résisté  au  désir  de  reproduire  une  page  du 
Mcxmgier  où  celte  félicité  domestique,  si  éminemment  honnête,  est  peinte  au  naturel*'. 

*"  Lt  MrsHOffier  de  Pari»,  traité  de  momie  p(  rgrcsics,  une  fois  mouilii'.  aulrr  fois  mv.  nue  fat» 

«l'éroimniie  (ioinmtiqHn,  a  été  coni|>n<Hi  vers  i^iij.'),  «suant,  «uUv  fois  tinnbiaut.  nwlpra.  mal  Mter- 

pnr  un  Piirisii'ii,  et  piililii'  pnr  M.  le  Ihicdii  Jén\lii(!  ''K'^<  '»'<l  rliaulT)',  mal  coudtiéi  tl  loat  M  hù  fait 

l'idi)ii,  pour  lu  Swcidté  de.4  Itilillopliilis  riiuii-iiis.  "uinl.  jwur ce  que  il  est  recoafcrt<  «h  Ta 


(Paris,  18^17,  9  vol.  in-8'.)  »  qu'il  a  aux  eorea  qae  la  faauiie  |a'awlra  ck  hn  ii 

"    Dixeour»  «tir  l'èiat  dm  leHrt»  au  xtt'  *ièclr,        «son  reiniir,  aux  aiaet,  m\  joies  H  au 


dans  le  tnnio  WIV  de  illittoire  liuàwt  de  ùt  pijirpllc  lui  fora  ou  fcfB  faire  devant  cUe  :  iTertre 

France,  p.  4. 18.  »dccfaaux  k  bon  faa,  «Tertre  hv^  !«•  fit»,  avoir 

<'   irEt  |)our  ce  i|un  niix  lumimes  osil  la  cure  et  «rfluniaes  et  toaier*  frav.  bien  peu.  bioaakrMnë. 

'•soiiif;  (Ira  lN<HonjT|i(>s  du  dehors,  et  ni  doivent  les  •bien  servi,  bien  MigMwri,  bien  conduV  —  Uaa» 

-ninris  soinipiiir.  uler,  venir  et  racouiir  <le  Çii  et  'drapi  ei  rueavrt  cUrfl  UaM.  bin  eoavaH  à» 

-de  Ih.    |Mir  pluies.   |>ar  vens.  |>ar   iie^,  par  •bonnes  buireore»,  et  moun  des  autres  joies  el 


3-26  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

D'ailleurs,  le  bourgeois  de  Paris  savait,  quand  il  en  était  besoin ,  s'arracher  aux  délires  de 
Capoue;  on  le  voyait,  au  premier  signal,  descendre  sur  la  place  publique,  aller  tenir  sa 
place  au  «  Parlouer,  n  prendre  son  rang  dans  les  milices  urbaines,  et,  s'il  le  fallait,  son  poste 
sur  les  remparts.  Un  peu  frondeur  de  son  naturel,  il  aimait  à  garder  son  franc-parler; 
il  s'exprimait  quelquefois  assez  librement  sur  le  compte  des  grands  seigneurs  et  des  gens 
de  cour,  dont  il  voyait  de  près  les  prodigalités  et  les  désordres;  mais  il  restait  dévoué  aux 
grands  principes  de  conservation  sociale;  et,  si  on  l'a  vu,  dans  les  temps  calamileux  où 
vivait  notre  auteur,  se  rallier  d'abord  à  la  cause  bourguignonne,  puis  à  la  dynastie  anglaise, 
c'est  qu'il  croyait,  en  maintenant  la  couronne  dans  la  descendance  féminine  de  Charles  VI, 
n'adhérer  qu'à  un  changement  de  personnes  et  mettre  un  terme  aux  malheurs  du  pavs. 

Le  bourgeois  de  Paris  ne  savait  pas  seulement  gagner  de  l'argent,  tenir  sa  maison, 
mettre  l'ordre  dans  la  cité  et  subvenir  aux  charges  publiques;  il  contribuait,  en  outre,  et 
par  son  luxe  même,  à  développer  le  goût  des  arts;  il  aimait  à  fonder  des  chapelles,  à  cons- 
truire des  églises,  pour  apaiser,  a-t-on  dit  malignement,  les  inquiétudes  de  conscience 
qu'une  longue  pratique  du  commerce  avait  dû  lui  laisser.  Deux  des  principaux  édifices  de 
Paris,  Saint-Jacques-la-Boucherie  et  les  Charniers  des  Innocents  ont  été  élevés  ainsi,  pierre 
à  pierre,  par  la  riche  et  intelligente  population  qui  se  pressait  dans  ce  quartier.  Quant  aux 
gens  de  lettres,  sans  les  avoir  à  sa  solde  comme  les  grands  seigneurs,  ou  dans  sa  domesti- 
cité comme  les  rois,  le  bourgeois  les  hébergeait  libéralement  et  leur  permettait  de  vaquer  à 
l'étude,  sans  nul  souci  du  lendemain.  Laurent  de  Premier  Fait  rend  témoignage  de  cette 
généreuse  protection,  dans  des  termes  qui  font  le  plus  grand  honneur  à  son  hôte  :  tt  Je  suis, 
(?  dit-il,  depuis  longlems  demouranl  avec  noble  homme  Bureau  de  Dampmartin,  cscuier, 
^  conseiller  du  Roy  et  citoien  de  Paris,  auquel  requis  et  demanday  secours  et  provision  pour 
r-ceste  chose  faire  (la  traduction  du  Décaméron  de  Boccace).  Et  il,  de  joyeux  visaige, 
^administra  a  maistre  Antoine  de  Aresche  (Antoine  d'Arezzo,  son  collaborateur)  et  a  moy 
r- toutes  nécessités,  tant  en  vivres  que  en  quelconques  autres  choses  convenables  pour  des- 
«  pense  et  salaire  de  nous  deux,  qui,  comme  dictest,  translalasmes  ledict  livre  de  florentin 
«en  latin,  et  de  latin  en  francois,  a  Paris,  en  lostel  du  dicl  Bureau  de  Dampmartin'".» 

i.n  iKJurgeoisic  Nous  ne  terminerons  pas  ces  considérations  générales  sans  consigner  ici  le  jugement 

eiiesciioyen.  quG  M.  E.  Rcnau  a  porté  sur  les  bourgeois  de  Paris  comparés  aux  citoyens  des  républiques 
rfpuMiquoritaiicnncs.  italiennes,  principalement  au  point  de  vue  de  l'art.  «En  ce  siècle,  dit-il,  la  bourgeoisie 
«parisienne  était  rangée,  sérieuse,  pleine  de  justes  aspirations  à  la  vie  politique;  mais 
«elle  n'avait,  heureusement  peut-être,  aucune  des  qualités  brillantes  de  la  bourgeoisie 
«italienne.  La  naissance  de  l'art  est  accompagnée,  d'ordinaire,  d'une  certaine  facilité  dans 
«les  mœurs.  Conduite  par  l'austère  Université,  notre  bourgeoisie  ne  voyait  dans  le  luxe, 
«fort  critiquable  à  la  vérité,  des  princes  du  sang,  que  des  dérèglements  et  une  augmen- 
«  tation  des  taxes.  En  Italie,  tout  était  pardonné  à  celui  qui  embellissait  la  cité  et  créait  des 

«esbatemens,  privetés,  amours  et  secrets  dont  je  {Le  Mexna/rier  de  Paris,  édition  publiée  par  M.  le 

"me  tais;  et  lendemain,  robes,  linges  et  vestemens  baron  Jérôme  Pichon,  tome  I,  pages  i68  et  sui- 

rr nouveaux  :  certes,  tels  services  font  amer  et  dé-  vantes.) 

ftsirer  à  homme  le  retour  en  son  hostel,  et  veoir  '''  Bibl.  imp.  nià.  n'  6798,  signalé  par  M.  Pau- 

ttsa  prude  femme,  et  estre  estrange  des  autres.»  lin  Paris. 


LA  BOUIIGHOISIE  PARISIENNE  AUX  XIV'  ET  XV  SIÈCLES.         f57 

n  tnotiumonls  dignes  d'un  peuple  libre.  Kn  France,  cela  s'ap|>elail  Ae*  prodigalité,  de 
nl'arjjenl  perdu,  et  le  droit  de  prise  n'c\plir|uait  que  trop  cette  impopularité ''. «  Cette 
dilTt-rence  de  sentiment)*,  un  peu  nioin.s  tranchée  peut-être  que  ne  le  pen»e  M.  Renan, 
tenait  surtout  h  l.i  disscnihlnnco  d<>s  institutions  politiques  et  des  situntions  rommercielet. 
Le  houijjcois  di:  l'iiris,  (|ui  (levait  d'ahord  "acliapter  le  mestifr  au  Hoy,»  voyait  toutes  les 
fantaisies  artistiques  des  princes  se  traduire  pour  lui  en  impAts  arkitraireii,  et,  conOM  MW 
trafic  était  loin  d'être  aussi  étendu  (|ue  celui  des  marchands  de  Gênes  ou  de  Venise,  de 
Pisc  ou  de  Lucqucs,  il  n'avait  pas  la  ressource  de  faire  payer,  par  ses  correspondants  de» 
pays  levantins,  les  tailles  qu'il  plaisait  au  Roi  de  lui  impos(>r.  Il  aimait  Part,  mais  à  Téglise 
ou  chez  lui,  par  cette  (nrellente  raison  ipi'il  ne  vivait  point  sur  la  place  publique,  comm>* 
les  citoyens  des  républiques  italiennes,  et  que,  en  dehors  de  sa  maison,  il  ne  connaissait 
(j[uèrc  que  sa  chapelle  ou  son  banc  d'œuvrc.  Au  demeurant,  le  bourgeois  de  Paris  est  un 
type  fort  curieux  h  étudier,  et  nous  n'avons  pu  qu'esquisser  à  grands  traits  les  lignes  prin- 
cipales de  cette  intéressante  physionomie.  I^  peu  que  nous  en  avons  dit,  était  nécessaire 
pour  éclairer  certains  passages  de  notre  auteur;  mais  le  sujet  reste  entier  et  appelle  uni- 
étude  approfondie.  Pour  notn;  part,  il  ne  nous  reste  plus  qu'à  faire  connaître  les  cinq  ou 
six  bourgeois  opulents  auxquels  Guillebert  de  Metz  a  consacré  une  mention  particulirre. 
L'ordre  dans  lequel  il  les  énum^re  amène  précisément  le  .Mécène  dont  nous  venons  de 
parler,  ce  Bureau  de  r)anq)martin,  dans  la  maison  duquel  les  gens  de  lettres  avaient 
libéralement  le  vivre  et  le  couvert. 

BLIIEAU  DE  DAMPMARTIN». 


La  famille  Bureau  était  originaire  du  village  de  Sémoine,  dans  le  comté  de  Chaoïpagm: 
on  ignore  ù  quelle  époque  précise  elle  vint  se  fixer  à  Paris;  mais  il  parait  certain  qu'elle  y 
était^''  représentée  dès  la  seconde  moitié  du  xiv*  siècle,  puisque  les  registres  de  TandeaM 
paroisse  de  Saint-Jncques-la-Boucherie,  consultés  par  l'abbé  Vilain'",  mentionnent  nn 
liiirifiii  dv  Ihimpmnrtiii ,  paroissien  de  cette  église  et  dëcédë  avant  l'an  i  &07.  L'  P.  AnaeliBe 

'  Dùcvur*  «vr  /V(ii<  de*  b«aiu--<irU  m  Fntnrt  rempli  île  aabie,  acieofwign^  de  Irais  baîras  d'or. 
n»  tfi'  tihlr.  iliiiis  le  luinn  WIV  <le  Xllintmrt  liuè-  '''  Ce  «iUagt  fiùt  aojiMnriMii  pallie  da  < 


rairt,  «  In  itiiile  liu  discours  sur  rélat  des  ioUres,        H  de  l'arrondiMaaMnt  d'Aràs-sar-Aafa»  (Aabe). 
p.  ()8.'>  et  suiv.  ''  fjuMi  d'mM  kùlmr*  et  h  pttmtm  ér  SmS* 


''   Les  Itumiii  de  Dnmpinaiiiii   prlairnl  dV        Jmtfm* -it'U- BnAtri* .  Pari*.  ijâS.  in -18. 

(iir   nu    rlievmii    piitenn'  el  crtiilm-polonct?  d\ir,         p.  175. 


328  DOCLMENTS  ET  ÉCUITS  ORIGINAUX. 

a  donc  commis  une  erreur  en  nommant  Simon  Bureau  Yaîné  comme  le  premier  membre  de 
la  famille  établi  à  Paris  <'';  les  pièces  que  nous  reproduirons  dans  le  cours  de  celte  notice 
biographique  démontrent  pleinement  que  les  Dampmartin,  auxquels  les  Bureau  s'étaient 
sans  doute  alliés,  comptaient  parmi  les  grandes  familles  parisiennes  des  xiii'et  xiv" siècles. 

On  distingue  trois  branches  principales  des  Bureau  :  les  La  Rivière,  les  Montglal  et  les 
Dampmartin;  les  branches  secondaires  sont  celles  des  Villemonble,  des  Saint-.Souplex,  des 
La  Houssave,  etc.  La  famille,  en  se  multipliant,  en  étendant  ses  alliances,  dut  naturelle- 
ment prendre  ou  recevoir  divers  noms  de  seigneuries;  mais  le  nom  patronymique  resta 
toujours,  et  on  le  retrouve,  entouré  d'honneur,  jusqu'à  la  fin  du  xrn*  siècle.  Parmi  les 
nombreux  membres  de  cette  famille,  nous  nous  bornerons  à  citer,  avant  d'arriver  au  per- 
sonnage qui  nous  occupe,  ceux  qui  sont  qualifiés  de  bourgeois  de  Paris,  ou  qui  ont  eu  leur 
sépulture  soit  dans  une  église,  soit  dans  un  cimetière  de  notre  capitale.  Le  P.  Anselme, 
l'abbé  Vilain  et  les  épitaphiers  de  Paris  donnent  les  indications  suivantes  : 

Ont  porté  simplement  le  titre  de  bourgeois  de  Paris  : 

r  Pierre  Bureau,  f  avant  i/i35; 
2°  Simon  Bureau,  f  en  i434; 
3°  Méry  Bureau,  |  en  i  53 1 . 

Ont  été  inhumés  à  Paris  : 

1°  Jeanne  Hesselin,  femme  de  Jean  Bureau,  trésorier  de  France,  f  liaS: 

9°  Simon  Bureau,  l'aine,  que  le  P.  Anselme  regarde  comme  le  chef  de  la  famille,  -j-  i  435: 

3°  Hélène femme  de  Simon  Bureau,  f  i44q; 

li°  Jean  Bureau,  seigneur  de  Montglat,  f  i  463; 

5°  Jean  Bureau,  successivement  grand  archidiacre  de  Reims,  évêque  de  Béziers  et  abbé 
de  Morigny,  f  i4()o; 

6°  Pierre  Bureau,  trésorier  de  France,  |  1692; 

7°  Isabeau  Bureau,  femme  de  Geoffroy  Cœur,  maître  d'hôtel  du  roi  Louis  XII,  |  i4.  .  ; 

8°  Tliierrie  Bureau,  femme  de  Jean  de  Saint-Romain,  contrôleur  général,  ■\  1  4.  .  : 

9°  Méry  Bureau,  seigneur  de  Saint-Souplex  et  de  la  Houssaye,  f  1  53i  ; 

1  0°  Jflspard  ou  Gaspard  Bureau,  archidiacre  de  Coutances,  f  i53a; 

1  1°  Jean  Bureau,  aumônier  de  l'Avc-Maria,  j"  1  536; 

1  2°  Louise  Bureau,  femme  de  Simon  de  Machault,  auditeur  en  la  Chambre  des  comptes, 
ti553; 

i3°  Jean  Bureau,  chanoine  de  Poissy,  f  i555; 

i4°  Jean-Baptiste  Bureau ,  seigneur  de  la  Queue,  f  «699; 

i5°  y^rôme  fiureou,  auditeur  des  Comptes,  f  1599. 

Les  Comptes  et  ordinaires  de  la  Prévôté  de  Paris,  recueillis  par  Sauvai ,  donnent  en  outre 
les  noms  de  : 

Hugues  Bureau,  receveur  ordinaire  de  Paris,  en  1478; 

Simon  Bureau,  conseiller  du  Roi  et  maître  des  Comptes,  en  i48i; 

Robert  Bureau,  écuyer,  prévôt  et  garde  à  Corbeil,  en  1  496. 

'"'   Histoire  ffénêahffique  et  chronohgijue  de  la  maison  royale  de  France,  Paris.  1783,  in-f",  t.  VIII,  p.  i.35. 


LA  IJOIJHGEOISIK  PAHISIKNNE  AUX  XIV  ET  XV'  SIÈCLES.         S99 

On  voit,  par  cette  Keiile  ënuriK^-ration,  que  la  famillf  Bureau  occupait  un  rang distiogiM 
il  Paris;  quatre  de  sck  membres  ont  ciercë  des  fonctions  importantes.  Pierre  a  M  trésorier 
(le  Kniiinc,  et  c'est  en  cette  quaiittlf  qu'il  a  frappii  le  jeton  dont  nous  reproduisoiu  ici  la 
l'ace  et  le  revers. 


L'un  des  Jaspard,  ou  Gaspard, a  «^té  maître  de  l'artilli-riodu  Roi;  l'autre  s'est  ru  élevéèb 
dignilt!  dpiscopale.  Enfin  Jean  est  ontrt^  dans  l'Eclievinafje  parisien;  il  remplisMil,  en  i  &5o, 
les  fonctions  de  PrévAt  des  Marchands.  Son  ëpitaphc,  que  l'ablni  Vilain  a  relevée  dans  la 
clia|iollr>  de  Saint-Simon  et  Saint-Judc,  à  Saint-Jacqucs-de-la-Boucherie,  le  qualifie  de 
«noble  homme,  chevalier,  conseiller  et  chambellan  du  roi,  maître  de  la  Chambre  des 
«comptes,  ln''sorier  de  France,  et  maire  perpétuel  de  liourdeaux.n  II  s'était  signalé  à  k 
prise  de  Bcr(;erac,  de  Blaye,  de  Libournc,  de  Saint-Kmilion,  de  Bourg,  de  Fronsac,  de 
Oastillon,  de  (iadillac  et  de  Bordeaux.  C'est  lui  qui  fit  bâtir  dans  cette  dernière  ville  le 
fort  du  HA  et  le  chAteau  Trompette'". 

La  hrniirhe  de  Dntiiptnarlin  qui  nous  inl»  resse  plus  particulièrement  a  été  négligée 
pur  le  P.  Anselme;  mais  les  indications  de  l'abbé  Vilain  comblent  en  partie  cette  regrettable 
lacune.  L'historien  de  Saint-Jacques-de-la-Boucheric  nous  apprend  que,  dès  l'année  i  S/ig, 
une  dame  Maheut  ou  Malhilde,  veuve  de  Jean  de  Damptnarlin,  avait  fait  une  importante  fon- 
dation dans  l'église  Saint-Jacques  :  elle  y  avait  institué  «un  annuel  de  messes  et  desserriees 
'en  la  rha|H'lle  de  Sainte-Anne.»  Celte  fondation,  véritable  bénéfice  pour  le  titulaire,  fut 
approuvée  par  unv  bulle  du  pape  Clément  VI  et  favorisée  par  le  roi  Pbilip|>e  de  Valoi». 
La  fondatrice  eut  le  droit  d'établir  un  chapelain  «à  tel  autel  qu'elle  voudrait  prendre  et 
«élire,»  à  la  condition  de  lui  assurer  vingt-cinq  livres  tournois  de  rente  annuelle  et  per- 
pétuelle. 

(iel  exemple  fut  imité  par  Simon  de  Dampmarlin  et  Marguerite,  sa  femme,  qui  fon- 
dèrent également,  A  Saint-Jac(pies-la-Bourherie,  «un  salut  de  Nostre-Dame.»  cl  obtinrent 
une  bulle  pontificale  approuvant  cette  fondation.  Ce  .salut  se  donnait  dans  une  chapelle  de 
la  Vierge,  construite  aux  frais  des  deux  époux  et  destinée  A  recevoir  leurs  dé|>ouilles  mor- 
telles. Il  était  bien  juste  que  ces  pieux  paroissiens  y  eussent  leur  sépulture,  car  ils  y  avaient 
fondé,  en  outre,  un  annuel  de  me.sses  pour  lequel  ils  con>tituèrrnt  une  rente  de  trente- 
ipinlre  livres  di\-sept  sols  et  quatre  deniers.  L'abbé  Vilain  nous  a  consené  l'inscription 
suivante,  qui  se  lisait  sur  un  des  piliers  de  celte  chapelle  : 

"Simon  de  Dampmarlin,  varlet  de  chambre  du  Roi  nostre  sire,  changeur  et  bowgeoi» 
«de  Paris,  et  Marguerite,  sa  femme,  meus  de  grande  dévotion  a  la  gloire  et  louange  de 
-Dieu,  et  a  Ihonneur  el  révérence  de  la  benoistc  Vierjje  Marie,  firent  édifier  teste  dup- 

ili\li>iif  ,!,■  l,ijHiroiMeSmHt-JnriMr»-(le-{it-Honrkrrif,  y.  xyh. 


330  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

K pelle,  en  laquelle  ils  fondèrent  une  messe  perpétuel  chacun  jour,  cellebrée  de  Hequiem, 
«pour  leurs  âmes,  a  heure  de  grant  messe,  laquelle  feront  célébrer  les  marguillicrs  de 
R céans,  et  seront  tenus  de  quérir  perpetuelment  vestemens,  livres,  galices  [sic)  et  toutes 
«autres  choses  appartenantes  a  celle  messe.  Item,  lesdits  Simon  et  Marguerite  ordonnèrent 
«chanter  en  ceste  chappelle  un  salut  de  Nostre-D.ime,  cesl  a  scavoir  une  antiepne  chacun 
«samedy  au  soir,  perpetuelment,  a  nolte,  par  chantres  et  orgues  solemnelment,  a  cinq 
«cierges  de  cire  ardans;  et  seront  tenus  les  dis  marregliers  [sic)  de  payer  les  chantres, 
«chapellains,  orgues  et  cierges.  Et  pour  tous  les  services  dessus  dis  faire  célébrer,  les  dis 
«Simon  et  Marguerite  donnèrent  a  leuvre  et  fabrique  de  céans  plusieurs  rentes  et  sonmies 
«de  deniers  comptans,  et  trespasserent  de  ce  siècle,  cest  a  savoir  la  dite  Marguerite  le 
«cinquiesme  jour  de  juin  de  lan  m.iii.xciv,  et  le  dit  Simon,  le  cinquiesme  jour  de  juillet 
«M.m.xcix.  Priés  Dieu  pour  leurs  âmes'".» 

Peu  d'années  après ,  une  pieuse  dame ,  nommée  Agnès  de  Dampmartin ,  bourgeoise  de 
Paris  et  propriétaire  du  chastel  ou  hostel  que  les  inscriptions  de  la  Croix  des  Bureau  assignent 
comme  ayant  été  la  maison  patrimoniale  des  Dampmartin,  eut,  dit  l'abbé  Vilain,  la  pensée 
d'y  réunir  un  certain  nombre  de  femmes  veuves  et  dénuées  de  ressources;  on  les  appelait 
«les  bonnes  pauvres  femmes  de  la  rue  des  Arsis. »  On  ne  sait  pas  combien  de  temps  ces 
nouvelles  Haudriettes  habitèrent  la  maison  de  la,  charitable  Agnès. 

Toutes  ces  bonnes  œuvres  avaient  rendu  le  nom  de  Dampmartin  jtopulaire  à  Saint-Jacques- 
de-la-Boucherie;  les  inscriptions,  du  reste,  le  rappelaient  partout.  On  distinguait  encore, 
au  xvii'  siècle,  dit  l'abbé  Vilain,  sur  une  tombe  placée  dans  la  grande  nef  de  l'église  Saint- 
Jacques,  les  mêmes  armes  que  celles  qui  se  voyaient  au  bas  de  l'épitaphe  de  Simon  de  Damp- 
martin :  écartelé  de  gueules  à  une  bannière  fascée  de  six  pièces  d'argent ,  d'azur  et  d'or,  au 
papegault  de  sinople.  Nous  donnons  ici  cet  écusson,  relevé  sur  l'armoriai  de  l'Hôtel  de  Ville. 


Les  épitaphiers  donnent  encore  quelques  inscriptions  relatives  aux  Dampmartin  et  re- 
cueillies tant  sur  les  dalles  de  l'église  Saint-Jacques  qu'au  cimetière  des  Innocents;  il  nous 
a  paru  intéressant  de  les  reproduire  : 

«Gy  gissent  sous  cette  tombe  les  corps  de  feu  honorable  personne  Jean  de  Dampmartin, 
«marchand  drapier  et  bourgeois  de  Paris,  qui  lrespas.sa  l'an  de  grâce  i58i,  le  mardi 

"rCette  inscription,  ditl'abbë  Vilain,  est  sur  une  Jacques-la-Boucherie ,  p.  170.)  La  conjecture  mise 

''lame  de  cuivre,  dont  on  a  creusé  le  fond  pour  en  en  avant  par  l'abbé  Vilain  n'est  pas  sans  quelque 

f faire  des  lettres  de  relief.  On  remarque  que  cette  fondement,  et  nous  ne  refusons  pas,  pour  notre 

•^ forme  a  pu  donner  l'idée  des  planches  qui  ont  part,  de  compter  les  (jraveurs  de  Paris  au  nombre 

r servi  aux  premières  impressions,  avant  que  l'on  des  précurseurs  des  Gutenbergf,  des  Faust  et  des 

(reîit  l'usage  des  lettres  mobiles. 'i  {Hisl.  de  Saint-  Schaeffer. 


LA  BOURGEOISIE  PAHISIENNE  AUX  XIV'  ET  XV'  SIÈCLES.         S31 

-  I  a' jour  do  janvier,  et  de  hod  â(;e  le  71*,  et  Marie  Cuvellier,  sa  femme,  qui  tmtptan  Tiii 
«do  non  â{5c  69  ans,  le  dimanche  iH'  jour  de  «eptembrc  i58o.  Priez  Dieu  pour  eni,  mt 
'  requietcnnl  eorum  corpora  a  liltorihuê ,  et  anima  requiiKont  in  paee.  Amen.  Par  permiMMMI  40 
-MM.  do  Snint-Germoin-rAuxerroi». » 

"Cy  pist  honor —   sire  Jean  de  Dampinartui ,  >,,   -on 
jF  "f  vivant  marchand  drapier  et  hourgois  de  Pari»,  qui  trcMiaij.41 

Ji.  «le  99*  jour  d'octohrc  i5...  et  dame  Magdcleioc m 

"'^^T^^^^  "femme,  qui  trespasfla  le  3o  avril  i5. ..» 

«Cy  repose  sous  cette  tombe  le  corps  de  feu  honorable 
■•  [)cr.sonne  Jacques  de  Dampmartin,  vivant  IwurjjeoU  de 
r  Piiris;  l'àmc  duquel,  pour  ses  vertus,  siège  au  ciel,  lequel 
"dticéda  le  8*  jour  de  janvier  161a,  Agé  de  76  ans.  Et  de 
«Marie  Charpentier,  sa  femme,  laquelle  décéda  le  a&*  jour 
n  de  juin,  l'an  iSaA,  Agée  de  68  ans.  Priez  Dieu  |>oureai. 
!T  Animœ  eorum  requietcant  in  jtaee.  Anun.Jt 

Les  familles  Bureau  et  de  Dampmartin,  dont  la  n^union 
a  formé  la  branche  à  ln(|uellc  appartenait  le  Mécène  Imur- 
geois  cite  par  Guillebcrt  de  Metz ,  étaient  donc  parfaitement 
représentées  à  Saint-Jacques-la-Boucherie,  la  paroisse  bour- 
geoise par  excellence.  Elles  y  avaient  fondé  la  chapelle  de  la 
Vierge,  colle  de  saint  Simon  et  saint  Judo,  le  béguin*^ 
contigu  h  l'église,  et  les  saluts,  messes  et  annuels  dont  nous 
avons  parlé.  Un  monument  plus  simple  rap|>elait  leur  sou- 
venir aux  visiteurs  du  cimetière  des  Innocents  :  c'était  ta 
Croix  des  Bureau,  qui  a  subsi.sté  jusqu'à  la  suppression  de 
cette  nnlicpie  nécropole,  et  que  M.  Albert  Lonoir  a  ropro- 
duito  d'après  des  dessins  ori(pnaux.  Elle  était  en  fonte  et 
assez  élevée;  trois  épita[ihes  y  avaient  été  gravées  :  celle  de 
Jeanne,  épouse  de  Jean  Bureau,  trésorier  de  France,  celles 
de  Simon  Bureau  l'aîné, que  le  P.  Anselme  considère  comne 
le  chef  de  la  famille,  et  do  Ilelaine.n/iVî*  Adenettc,  sa  femme, 
les  voici,  en  regard  de  la  croix,  sur  le  piédestal  de  laquelle 
on  les  lisait  : 

-Gy  gist  Jeanne  Hcsselin,  femme  de  noble  homme  sire 

-Jean  Bureau,  conseiller  du  Roy  noslre  sire,  trésorier  de 

«  France,  maistre  en  sa  Chambre  dos  comptes,  laquelle  Ire»- 

-  passa  en  son  chaslel,  en  la  rue  des  Arcis,  le  lundy  ai*  jour 

-^_,  _^  .  -.  du  mois  de  may  1 A  3 8,  le  lendemain  de  I.-1  Pcnlecoste.  Dieu 

«en  ait  lame. >< 

«Cy  gist  noble  homme  Simon  Bureau  laisné,  bourgois  de  Paris,  qui  IrespaiMienaon  boslel. 

«en  cesto  ville  de  Paris,  le  99* jour  de  juillet,  lan  de  grâce  1 A38.  Dieu  lui  fasM  mercy.* 

«Cy  gisi  Ilolotio...  jadis  la  femme  dudit  Simon  Bun'au,  laquelle  trtqwwa  ■  PwM  l« 

"91'  jour  il(>  iKivomliro,  Inn  1  '\  '10.  Dieu  ail  lami>  dollo  ol  de  tous  les  tre^pMMI.* 

4*. 


332 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Nous  arrivons  au  personnage  que  Guillebert  de  Metz  a  connu,  cl  qui  est  désigné  dans 
les  écrits  du  temps  sous  le  nom  de  Bureau  ou  Bureî  de  Dampmtirlin,  sans  aucun  prénom. 
Le  compte  des  confiscations  de  Paris,  pour  i/iQi,  nous  révèle  sa  filiation  :  «Bureau  de 
«Dampmarlin,  y  est-il  dit,  tenoit  le  parti  du  Dauphin;  il  etoit  fils  de  Simon  de  iJanq)- 
«martin  '".  »  Changeur  et  orfèvre,  comme  son  père,  il  devint  l'un  des  fournisseurs  habituels 
du  luxueux  époux  de  Valentine  de  Milan.  Entre  autres  mandements,  l'argentier  du  duc 
reçut,  le  28  février  tlioli,  l'ordre  de  payer,  tant  à  Bureau  de  Dampmartin  qu'à  neuf 
autres  de  ses  confrères,  la  somme  considérable  de  dix-huit  mille  neuf  cent  quatre-vingt- 
dix-sept  livres  un  sol  et  sept  deniers  tournois,  «pour  achat  de  joyaux  et  vaisselle  dor 
set  dargent;  quelques  images  dor,  deux  cent  chapeaux  dor,  en  mnnihe  de  chappenux  de  fer, 
wdes  pierreries  et  un  grand  nombre  de  hanaps'*',  »  Les  comptes  de  la  maison  d'Orléans 
doivent  fournir  plusieurs  autres  pièces  de  ce  genre;  mais  celle  que  nous  reproduisons  suffit 
pour  indiquer  l'une  des  principales  sources  de  la  fortune  de  Bureau  de  Dampmartin,  en 
même  temps  qu'elle  nous  révèle  les  somptuosités  de  cette  époque. 

Bureau  de  Dampmartin  n'était  pas  seul  à  élever  l'édifice  de  son  opulence  :  sa  femme  y 
travaillait  aussi,  et  probablement  avec  autant  de  succès  que  lui-même.  Sa  principale  cliente 
avait  une  réputation  de  prodigalité  non  moins  justifiée  que  celle  du  duc  d'Orléans  : 

c'était Isabeau  de  Bavière  en  personne.  La  dame  Bureau  de  Dampmartin  paraît  avoir 

été  la  parfumeuse  en  litre  de  la  Reine  :  elle  lui  fournissait  des  eaux  roses  et  autres  odeurs 
en  vogue.  M.  Vallet  de  Viriville  cite,  d'après  Jean  Charlier  et  les  Comptes  royaux,  des 
pièces  qui  constatent  le  fait  '". 

Cette  situation  des  époux  Bureau  devait  amener  un  double  résultat  :  elle  ne  pouvait 
d'abord  manquer  de  leur  susciter  des  envieux  et  des  détracteurs;  puis  elle  les  engageait  for- 
tement dans  le  parti  royal  ou  armagnac,  et  les  désignait  ainsi  aux  haines  de  Jean  sans 
Peur.  Monstrelet  ne  nous  laisse  aucun  doute  à  cet  égard;  dans  des  remontrances  faites  au 
Roi,  en  i/iia.  Bureau  de  Dampmartin  est  signalé  nommément  coumie  l'un  des  bourgeois 
qui  ont  le  plus  favorisé  le  luxe  de  la  cour  et  se  sont  enrichis  aux  dépens  du  trésor  public. 
L'accusation  est  grave;  mais  elle  ne  semble  pas  dénuée  de  fondement  :  «El  quant  est  atix 
«autres  officiers,  disent  les  auteurs  des  remontrances,  cest  assavoir  au  gouvernement  des 
«finances  et  au  clerc,  il  est  assavoir  que  toutes  lesdites  finances  sont  passées  par  leurs 
«mains,  tant  quils  en  ont  acquis  innumerables  et  hautes  possessions,  comme  il  appert.  Et 
«tous  les  conseillers  pour  le  présent  :  Adrien  Giffart,  Bureau  de  Dampmartin,  Renier  de 


•''  Comples  et  ordinaires  de  la  Prévôté  de  Paris , 
dans  Sauvai ,  t.  III,  p.  985. 

'*'  Voici  la  pièce  dans  son  entier;  elle  appartient 
au  British  Muséum,  n°  3ii4,  et  a  été  reproduite 
par  M.  le  marquis  de  Laborde  dans  son  ouvrage 
intitulé  Les  Ducs  de  Bourgogne,  Preuves,  t.  III, 
p.  9i5  :  (tLoys,  fils  de  roy  de  France,  duc  dOr- 
(tleans,  a  nostre  amé  et  féal  conseiller  Jean  Le 
ffFlaraent,  salut  et  dilection.  Nous  voulons  que  vous 
irpaïez  a  Anllioine  Follet,  Jehan  Hehert,  Herbin 
"Coquelet,  Jehan  Le  Coule,  Nicolas  Le  Charron, 
rr Bureau  de  Dampmartin,  Gilet  Saget,  Thoniassin 


«Orient,  Hance  Croist  cl  Simon  .\llais.  Unis  cliaii- 
ttgcurs  el  orfèvres  demeurant  a  Paris.  la  snnune  de 
irde  dix  huit  mille  neuf  cens  quatre  vins  dix  sept 
«livres  ung  solz  sept  deniers  tournois,  en  quoy 
«nous  leur  sommes  leau  pour  les  jnyaulx  et  vai>- 
irselle  dor  et  dargent  que  nous  avons  fait  prendre 
«et  achalter  diceulx  pour  donner,  de  par  nous, 
«aux  estrainnes  du  premier  de  ce  mois  de  janvier 
«ian  de  grâce  mil  cccc  el  quatre. i»  Suit  l'inventaire 
des  objets  fournis. 

''  Voir  Y  Histoire  de  Charles  VII  et  de  non  époque, 
t.  I,  p.  73. 


LA  BOUHGEOISIK  PAHISIENNE  AUX  XIV  ET  XV  SIÈCLES.         333 

-Houligny,  Jehan  Gur-rin,  et  le  gouverneur  Nicole  Bonnet,  qui  fut  clerc  de  Jehan  Chauf. 
«son  prédécesseur,  et  le  clerc  maistre  Gui  Brocher,  qui  »ont  inutiles  et  coupablei  du  mao- 
ffvais  ri'ijirne  devant  dit'",» 

Ci'  lati|;a(;c  f,6\hre  était  tenu  an  roi  (iliarles  VI  par  «sa  très  humble  et  tret  d<wii«-  tnie 
"ilJniver.Mlé  de  Paris,  se»  Irea  huinhios  cl  oheissans  suh);clz  le  Prévost  de»  Marchan», 
«les  Kschcvins  et  bour(rois  de  sa  bonne  ville.»  On  promettait  au  pauvre  monarque  en 
dëmencc  de  lui  r bailler  confort,  aide  et  advis  pour  son  proiillit,  honneur  et  bien,  et  |)our 
«la  chose  publique  du  royaume.»  Les  remontrants  concluaient  à  ce  que  le  Roi  «pour- 
nsiiivist  dili);cnini<>nt  los  rhosscs  dessus  dictes,  sans  quuhpie  dilacion,»  et  reqtténieot  le<t 
princes  et  sciijncurs  de  -rniellrn  et  faire  mettre  toutes  les  besonj'nes  dessus  dides  a  pleine 
«  éxecution,  n  Monstrelel,  qui  nous  a  conserve  le  teitc  de  ces  dok-ances,  ajoute  que  «ceui 
-qui  avoient  eu  le  (rouvernement  des  finances  furent  fort  esmerveillez,  et  eurent  grant 
"donble  (piiiz  ne  feussent  arrestez  personnellement.»  Le  chancelier  Henri  de  .Marie  »e 
lira  (l'afTairc  en  pronu-tlatil  de  payer  à  bref  délai  une  fjrosse  somme  d'argent;  Andrv 
(Jiffarl  fui  mis  dans  les  prisons  du  ChAlelel,  el  Jean  Gut'rin  se  réfugia  dans  une  ëglise. 
Quant  à  Bureau  de  Danipniarlin,  qui  n'avait  probablement  fait  que  vendre  à  bon  prii  son 
orfèvrerie,  il  ne  parait  pas  qu'il  ail  été  inquiété. 

Nous  le  retrouvons,  trois  ans  après  (iâi5),  toujours  dévoué  au  parti  royal,  et  par  con- 
séquent hostile  aux  Bouri'uignons.  Une  forte  taille  avait  été  ini|>osée  aut  habitants  de 
Paris  après  le  di'-part  (h;  l'emperenr  Sigismond,  et  il  en  était  résulté  une  grande  émotion 
dans  la  ville.  Jean  sans  Peur,  toujours  aux  agueLs,  s'était  bâté  de  profiter  de  l'occaMon. 
et  ses  émissaires  avaient  reçu  l'ordre  d'exciter  encore  le  mécontentement  populaire.  Les 
partisans  du  duc,  dit  Monstrelet,  «conclurent  et  jurèrent  conspiracion  entre  eali.  Et 
«avoient  intention  que  le  jour  du  grand  vendredy,  après  disner,  tous  ensemble  prendroient 
«cculx  (pii  csloienl  a  culx  contraires,  el  premièrement  le  Prévost  de  Paris,  el  sil  nestoit 
«a  eux  consentant  comme  juge,  ils  locciroicnl.  Kl  .sans  mercy  prendroient  le  Bov  et  le 
«mcclroient  en  chartre.  Après  ils  meclroient  a  mort  la  Boyne,  le  chancelier  de  France  et 
«autres  sans  nombre,  avcc(|uc8  la  roync  de  Cécile.  En  outre,  ils  vestiroient  de  vielz  et 
«  honteux  habilz  le  roy  do  Cécile  et  le  duc  de  Berry,  et  leur  fcroient  rere  leurs  testes 
«et  menez  par  la  ville  de  Paris  sur  deux  ors  lumbereaulx,  et  après  ce  lesferoient  mourir... 
«Mais  ce  fut  révélé  par  une  femme  a  .Michault  Lalier,  le(|uel  le  fi-st  .savoir  a  Bmrtam  dt 
K  Dampmttrtin ,  .son  Ires  cher  ami,  par  leclres,  lui  con.»eillant  quil  .sen  alast  bien  tost  hors 
«de  Paris,  ce  quil  fist.  Et  celui  Bureau  le  (îst  savoir  au  chancelier,  ainsi  quil  devoit  aler 
«disner.  Lequel  prestement  sen  fouy  au  Louvre,  et  fist  dire  aux:  seigneurs  du  sang  royal 
«et  aux  autres  quils  se  sauvassent  et  aiïuissent  audit  Louvre.  Laquelle  chose  ili  firent 
«prestement,  excepté  le  Prévost  de  Paris,  qui  .se  arma  el  les  siens,  jusqucs  au  nombre  de 
«cinquante  hommes  darnies,  et  .saisit  soudainement  les  llales,  et  print  en  son  chemin 
"  aucuns  des  consentans  qui  encore  nesloient  point  armez,  en  leurs  mai.sons,  et  les  bouta  en 
-Chaslellett*'.» 

Bureau  de  Dampmartin  venait  de  rendre  un  grand  service  au  Roi,  k  la  Reine  el  aut 

'    l.n  i  Urnmjued'  Etiirurnan  de  \ltm.sli.l,t .  idil.  M.  !..Douê(d'.4rcq.  l8Si  .io-^M.  il.p.  SodctMllt. 

|ml)liiV  pour  in  Socit'U-  do  IliisloiR^  de  l  riui.-.',  (i;ir  '   MonsUtiet,  t.  111.  p.  i|o  et  lii. 


334  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

princes;  il  en  fut  probablement  récompense  par  un  redoublement  de  faveur;  car  nous  le 
voyons,  deux  ans  après,  en  i^iy,  attaqué  plus  violemment  que  jamais'". 

En  réponse  aux  griefs  que  Charles  VI  avait  fait  exposer  au  duc  de  Bourgogne  par  Aubert 
de  Chauny,  Jean  sans  Peur  déclare  «que  ce  qui  est  cy  dessus  dict,  et  moult  dautres 
r.  choses  innumerables  et  qui  seroient  moult  longues  a  réciter,  est  tout  notoire  que  les  gou- 
rverneurs,  cest  assavoir  messire  Henri  de  Marie,  ievesque  de  Paris  (Pierre  d'Orgemont), 
«messire  Taneguy  du  Chastel,  messire  Burel  de  Dampmartin,  sire  Estienne  de  Mauregard, 
p  maistre  Phelippe  de  Corbie  et  plusieurs  autres ,  ont  esté  principaulx  promoteurs  et 
«conducteurs  desdictes  iniquitez,  a  la  perturbacion  de  paix  qui  est  en  ce  royaume,  et 
r  dautres  grans  excès  et  crimes  qui  cy  après  seront  declairez.  »  L'orgueilleux  duc  traite 
avec  une  grande  hauteur  les  bourgeois  de  Paris  et  autres  petites  gens  qui  formaient  le 
conseil  de  Charles  VI  :  «Hz  ne  sont  point,  dit-il,  telz  hommes  quils  doivent  avoir  telle 
r  aucthorité;  ne  pas  leur  est  deue  pour  lignage,  science,  loyauité  expérience  ou  autre  bonté. 
«Mais  est  une  grant  ordure  ou  desrision  que,  par  gens  de  si  petit  fait  et  condition,  la 
«puissance  des  Anglois  soit  reboutée  et  enchacée,  et  a  ce  doivent  bien  avoir  regart  les 
«seigneurs  et  les  nobles  de  ce  royaume  et  tous  autres  preudhommes,  de  souffrir  telle 
«besterie  et  ordure,  de  se  laisser  ainsi  destruire,  suppediter  et  deshonnorer  par  telz  gens 
«qui  riens  ne  scevent,  ne  riens  ne  pevent,  ne  vajent  '*. î» 

Jean  sans  Peur  avait  sans  doute  moins  de  mépris  pour  la  faction  cabochienne  que  pour 
Bureau  de  Dampmartin  et  ses  amis  politiques,  quoique  les  bouchers  fussent  certainement 
gens  de  plus  petit  fait  que  l'opulent  changeur  du  Roi  et  du  feu  duc  d'Orléans;  mais  l'am- 
bitieux duc  montrait  autant  de  morgue  aristocratique  quand  il  se  trouvait  en  face  des 
«  Arminaz,  »  qu'il  aflichait  de  basse  popularité  devant  ses  compères  de  la  Grande  Boucherie. 
Nous  ignorons  ce  qui  advint  de  ce  nouveau  réquisitoire  contre  Bureau  de  Dampmartin: 
mais  il  est  à  croire  que  Jean  sans  Peur  ne  l'eût  point  épargné,  si  l'assassinat  du  pont  de 
Montereau  n'était  pas  venu  changer,  pour  un  instant,  la  face  des  choses. 

De  i4i  7  à  1  /i 9  t,  on  ne  trouve  plus  de  traces  de  notre  personnage.  Il  est  probable  que, 
pendant  ces  tristes  années.  Bureau  de  Dampmartin  s'abstint  de  toute  participation  aux 
choses  publiques,  et  se  renferma  dans  les  affaires  de  son  commerce.  Il  n'avait  plus,  du 
reste,  à  favoriser  les  prodigalités  de  l'hôtel  Saint-Paul,  oii  Isabeau  de  Bavière  se  consumait 
dans  la  tristesse  et  la  pauvreté.  Quant  à  la  maison  d'Orléans,  elle  avait  disparu,  et  les 
fils  du  duc  n'étaient  point  en  état  de  soutenir  le  luxe  de  leur  père.  La  cour  de  Henri  V 
eut  naturellement  pour  fournisseurs  les  Bourguignons,  les  Flamands,  les  Italiens  attachés 
à  la  maison  de  Philippe  le  Bon,  ou  les  bourgeois  de  Paris  ralliés  à  la  dynastie  anglaise. 
Au  témoignage  de  Guillebert  de  Metz,  Bureau  de  Dampmartin  avait  usé  noblement  de  sa 
fortune;  en  soutenant  la  cause  royale,  il  croyait  sans  doute  faire  acte  de  bon  et  fidèle 
sujet;  mais  le  parti  victorieux  en  jugea  autrement  :  il  employa  contre  le  vaincu  l'arme  or- 
dinaire de  ce  temps,  la  confiscation.  Les  Comptes  et  ordinaires  de  la  Prévôté  de  Paris,  recueil- 
lis par  Sauvai ,  portent  les  mentions  suivantes  :  i°  Du  vingt-quatrième  cahier  des  confiscations 
de  Paris,  du  ao  décembre  i4q3  à  la  Saint-Jean  1697  :  ^Maison  sise  rue  de  la  Couroierie, 
V  qui  fut  a  Bureau  de  Dampmartin ,  fut  donnée,  avec  les  autres  maisons  dudit  Dampmartin ,  par  le 

'''  Le  Journal  d'un  bourgeois  de  Paris  appelle  fr  ceulx  de  la  Bande,  i-  —  '*'  Monstrelet,  t.  III,  p.  aoi 
Micbaud  Lalier,  Bureau  de  Dampmartin  et  autres.        et  aoa. 


LA  BOlinOKOlSIE  PARISIENNK  AUX  XIV  ET  XV'  SIÈCLES.  SS5 

"  Hoi  a  M'  Raoul  de  Neuville,  chevalier,  a  eavie  teulemtM.  »  9*  Du  treote-buitième  cahier,  de 
la  Saint-Jean  1/107  &  Noël  tltZlt:  «De  M' Jacquet  Viart,  pour  ww  wunmm  qui  fut  »  Burmu  ée 
t  Dampmartin ,  tci»e  rue  Saint-Martin,  devant  le  chaiteau ,  laquelle  inaiMon  fui  iaimêê,  rntte  IMM 
•'le»  autre»  Iterita/re»  dudil  fiureau,  ici»  en  la  Couroierie,  a  M'  Raoul  de  NeuvUle,  ckeeaUer,  a  m 
" vie. ri  3"  Du  (|iiijrant<!-(|iia(ri<^nic  cahier  :  nMaimm  et  lerrt$  a  Gorge»,  qui  lui  a  Bureau 
t  de  Damjmmrlin  cl  »<i  femme,  n  La  domination  angtaise  ruina  donc  le  f^^n^ui  bAle  de 
Laurent  de  Premier  Fait,  et  nous  ne  savons  s'il  vécut  assez  longtcm|>s  |iour  obtenir  réfiara- 
tion  du  roi  Charles  Vil.  A  une  époque  aussi  agitée,  il  faut  faire  la  part  des  piMont  poli- 
tiques et  des  réactions  violentes  qu'elles  provoquent.  Si  Bureau  de  Dampmartin  eut 
quol(|ues  torts  i^  se  reprorlu-r,  s'il  ne  s'érigea  point  en  censeur  du  Roi,  de  la  Reine  et  des 
princes,  dont  le  luxe  l'enrichissait ,  on  peut  du  moins  invoquer  en  sa  faveur  deui  eireoil*- 
lanrcs  IriVs-atténuantes  :  de  l'aveu  de  son  ennemi,  il  a  tout  fait  pour  que  «la  poianiiet 
«des  Anglois  fût  rehoutéc  et  cncbacéo;»  et  un  témoin  contemporain  nous  apprend,  en 
outre,  qu'il  aimait  et  protégeait  les  lettres.  C'était,  en  somme,  un  Armagnac  dont  le  parti 
n'eut  point  à  ron|;ir,  et  un  bourgeois  (|ui  méritait  d'être  moins  rigoureiuement  traité. 

Nous  n'avons  pu  découvrir  (|ue  trois  documents  (p-aphiques  se  rapportant  Ji  Bureau  de 
r)anq)niarlin  :  les  deux  |>remiers  sont  des  jetons  qu'il  frappa  à  une  épo<|ue  indéterminé, 
et  dont  un  exemplaire  nous  a  été  obligeamment  fourni  par  M.  d'Aiïry  de  la  Monnoye;  le 
troisième  est  le  sceau  qu'on  trouve  apposé  ht  un  aveu  rendu  à  l'abbé  de  Sainte-Geneviève, 
pour  des  terres  situées  à  Antony.  Ce  sceau  est  rond,  en  cire  rouge  et  sur  double  (|ueue. 

Nous  reproduisons  ces  trois  intéressantes  pièces  : 


mm. 


DIGNE  RESPONDE. 
(dINO  ou  JODI:hO  BAPOSDI,  DIRUS  de  BAP0MDI9.) 

Inc  des  rues  de  Paris,  Irès-voisinc  de  la  «Courarie»  où  demeurait  Bureau  de  Damp- 
martin, a  conservé  le  nom  de  ces  riches  marchands  italiens  (|ui  trafiquaient  de  tout,  prê- 
taient aux  rois,  alimentaient  le  luxe  dos  grands  s<'ignour»  et  formaient ,  avecle»  changeur» 
et  orfèvres,  une  sorte  d'aristocrotic  dans  la  bourgeoisie  parisienne.  Souvent  inquiété» dan» 
leur  négoce,  plus  d'une  fois  rançonnés  pour  leurs  pratitjues  usuraire.*,  taié»  arbitratmaest 
et  d'après  leur  fortune  présumée,  lorsiju'il  s'agis.sait  de  dresser  le  réle  de  la  Taille,  le» 
Lombards  n'en  avaient  pas  moins  prospéré,  et  leur  commerre,  déjà  floriwant  au  iiu*  «iWe. 


336  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

avait  pris,  vers  le  fin  du  xiv',  des  proportions  considérables.  Trois  circonstances  principales 
contribuèrent  à  ce  développement  :  d'abord  les  cours  de  France  et  de  Bourgogne  se  mirent 
à  afficher  une  somptuosité  jusque-là  sans  exemple;  puis  les  visites  royales  et  princières  se 
multiplièrent  pendant  près  d'un  demi-siècle,  entraînant  avec  elles  des  exhibitions  de  toilette 
et  des  cadeaux  dont  notre  parcimonie  s'étonne  aujourd'hui;  enfin  le  mariage  de  Louis 
d'Orléans  avec  ValentineVisconti  vint,  à  ce  moment  même,  ajouter  à  toutes  ces  tendances, 
en  naturalisant  à  Paris  le  goût  des  élégances  italiennes.  La  jeune  duchesse  apportait  de 
Milan  l'amour  des  choses  d'art,  des  habitudes  de  magnificence  prises  à  la  cour  de  son  père, 
et  une  riche  dot  pour  satisfaire  à  toutes  ses  fantaisies.  Ces  causes  réunies  amenèrent  en 
France  de  nouveaux  Lombards,  et  y  fixèrent  ceux  qui  déjà  y  faisaient  bancjue  et  commerce. 

Parmi  ces  derniers,  que  la  perspective  des  grandes  clientèles  avait  attirés  dans  notre 
pays.  Digne  Responde figure  au  premier  rang.  Né  à  Lucques,  avant  i35o  ,  il  avait,  paraît- 
il,  la  vogue  pour  ces  riches  tissus  de  soie  et  de  velours,  brochés  d'or  et  d'argent,  qui  ne  se 
fabriquaient  que  dans  les  villes  italiennes,  et  dentelles  conservèrent  le  monopole  jusqu'au 
règne  de  Louis  XI.  Il  possédait,  dit  M.  Vallct  de  Viriville,  trois  maisons  principales,  à  Mont- 
pellier, à  Bruges  et  à  Paris.  Celle  de  Montpellier  était  l'entrepôt  d'un  vaste  trafic  maritime 
qu'il  entretenait  avec  le  midi  de  l'Europe  et  les  échelles  du  Levant.  Il  devint  bientôt  le  plus 
riche  Lombard  de  son  temps.  Fournisseur  du  Roi,  de  la  cour  et  des  princes,  il  leur  ven- 
dait ces  précieuses  étoffes  dont  nous  avons  parlé,  les  fourrures  précieuses,  les  joyaux,  les 
curiosités  d'outrc-mer,  telles  que  l'ambre,  la  corne  de  licorne,  etc.  les  livres  somptueuse- 
ment enluminés  et  reliés,  et  mille  autres  denrées  ou  marchandises.  Il  faisait,  en  outre,  le 
commerce  des  métaux  précieux,  le  change  et  la  banque.  Dès  iSSg,  étant  à  Bruges,  il 
prêta  une  grosse  somme  au  duc  de  Bourgogne,  Philippe  le  Hardi,  qui  devait  épouser 
Marguerite  de  Flandre.  Il  était  déjà  maître  d'hôtel  et  conseiller  du  duc;  on  le  voit  figurer 
en  celle  qualité  sur  les  états  de  la  maison  de  Bourgogne.  Les  rapports  que  créait  cette 
situation  devinrent  encore  plus  étroits,  ajoute  M.  Vallct  de  \iriville  :  Responde  aida  puis- 
samment le  duc  à  construire  son  Saint-Denis,  la  célèbre  Chartreuse  de  Dijon,  enrichie  par 
le  ciseau  de  Claux  Sluter,  et  la  Sainte-Chapelle  de  la  même  ville,  rivale  de  celle  de  Paris. 

De  pareilles  relations  ouvraient  à  Digne  Responde  les  portes  de  l'hôtel  Saint-Paul  :  aussi 
y  trouva-t-il  un  accueil  non  moins  empressé  qu'à  la  cour  de  Philippe.  La  première  pièce 
qui  le  constate  est  une  r sauvegarde,  avec  quelques  privilèges,  pour  le  seigneur  Responde  et 
Rses  frères.  »  Voici  la  traduclion  de  ce  document  :  Charles,  etc.  savoir  faisons  que,  désirant 
«favoriser  les  bons  et  fidèles  bourgeois  et  habitants  qui  résident  en  notre  royaume,  et  leur 
K  permettre  d'y  négocier  et  étendre  loyalement  leur  trafic;  ayant  reçu  bon  cl  louable  lémoi- 
«gnage  de  nos  amés  Dyne,  Jacques  et  André  Raponde  frères,  fils  de  feu  Gui  Rapondo  de 
«Lucques,  ainsi  que  de  leur  neveu  Jean  Raponde,  fils  de  feu  Guillaume  Raponde,  aussi  de 
«Lucques;  ayant,  en  outre,  égard  à  l'affection  qu'ils  ont  toujours  eue  pour  noire  royaume, 
«et  sachant,  par  grande  expérience,  qu'ils  y  résident  honnêtement  avec  nos  autres  sujets, 
«Nous  avons  jugé  et  nous  jugeons  digne  et  convenable  que  lesdits  frères  Dyne,  Jacques 
«et  André,  ainsi  que  leur  neveu  Jean,  jouissent  des  mêmes  faveurs,  privilèges  et  libertés 
«que  nos  sujets  regnicoles.  Par  conséquent,  sur  les  instances  desdits  frères  Dyne.  Jacques 
«et  André,  ainsi  que  de  leur  neveu  Jean,  voulant  leur  faire  une  grâce  spéciale,  de  notre 
«autorité  royale,  de  science  certaine  et  par  grâce  spéciale,  comme  il  est  dit  ci-dessus. 


-  LA  BOURGIOltU  PARUIIIIK  iDI  IIV  IT  XV  IlICLU.  — 


DINUS     DE    RAPONDIS 
DE  LA  VILLE    DE    LVQVESEN   JTALIE 


lUliograi'hi*. 


«f^*»s  -i  :«  K^  •« 


DICIK  RISPOIDI 
ttfik  U  «un  qn  II  dne  di  BonnM  hu  inii  tiu  in|KàH  II 


àDqn. 


r»  ëmU»  k«t«grtpt>ti)*«  4>M  «Mtta  M.  «•  U  ■nHWtHn  4*  r*M«l  (H  T  l<t«  V 


LA  BOlJr{(;KOISIK  PAHISIENNE  AUX  XIV'  ET  XV'  SIÈCLES.         $87 

-  nous  IcH  recevons,  eux  et  leur  posti^rit^,  née  et  à  naître  en  l<^fptime  mariage,  au  oooibre 
"(le  nos  bourf;eois  de  Paris,  citoyens  de  notre  royaume  et  habitants  de  notre  ville d«Pam, 
>■  ainsi  (|ue  de  tout  notredit  royaume.  A  eux  donc ,  ainsi  qu'à  tous  leurs  enfanta  né»  et  à 

-  (lattro,  nous  accordons  gracieusement  la  prmission  de  choisir  et  faire  leur  demeure  par- 
f  loiil  (lù  ils  le  jiif'cront  à  propos,  ('■tant  n'f;ard<'s  d'ores  et  dZ-jÀ  et  k  toujours  comme  no» 
n  bourgeois  de  Paris  et  citoyens  de  nuiredil  royaume.  Dofiné  à  Paris  le  cinquième  jour 
cdu  mois  de  janvier,  l'an  du  seigneur  m.ccc.  lxxxiii  "'. '^ 

Devenus  bourgeois  do  Paris  et  citoyens  français,  les  frères  H(r»|>onde  donnèrent  un  plu» 
grand  essor  k  leur  commerce,  r^t  leur  atii)^,  sur  lequel  tous  les  honneurs  paraissent  avoir 
t^U'  roncenirés,  suivit  (anlôl  la  cour  de  France,  tantôt  celle  de  Bourgogne.  En  iSSq,  il 
acconi|)agna  (iliarles  VI,  en  ipialitt^  de  marrliand  allacht''  h  la  cour,  durant  le  voyam  que 
ce  ni()nar(|iic  fit  dans  le  midi  de  la  France.  Arrivé  ù  Avignon,  le  Roi  siMitit  les  premièfM 
atteintes  de  la  terrible  maladie  (|iii  afni|,'ea  le  reste  de  son  existence;  Digne  Res|><inde  (il 
alors  exécuter,  par  son  ordre,  une  statue  de  cire  qui  représentait  le  Roi,  de  grandeur  natu- 
relle, et  la  plaça,  en  manière  A'ex-volo,  sur  la  tombe  du  bienheureux  Pierre  de  Luxem- 
lioiirg.  pour  obtenir  la  guérisoii  de  l'auguste  malade.  Il  lui  fut  compté  |}ource  travail  cent 
soixiuile  francs  d'or. 

De  tioinbreux  articles  de  dépen.se  figurent,  au  nom  de  Raponde,  tant  dans  lea  comptea 
(le  la  maison  de  Bourgogne  que  dons  ceux  de  l'argenterie,  de  l'hAtel  du  Roi  et  de  la 
Heine"".  Tantôt  c'est  tun  dyamant»  que  Jean  .sans  Peur  "a  fait  prendre  et  arhapler,  et 


"  Voici  le  texte  lalin  : 

"Sdlvaffnrdin,  ciim  qiiibusdani  privilegiis,  pm 
''iloiiiiiio  lifti>oiiilf  pi  nliis  rriitriliiis  ejiis.  —  Knro- 
'■liiH,  etc..  Noliiin  fnriiMus  tiiiivcniis  prcseutibus  ri 
"rutiiris  <|iio<l  Nos,  regnum  nodlnitii  l>onis  et  (ide- 
^Ijixis  litirucnsihiis  et  linliilolorilms  (|iii  in  illo  ri>- 
«rsiiler»',  morcnri  cl  ncgorinri  leifiililor  voleniil. 
cnmpliare  et  popiilori  nireclanlcs.  audito  laiidiiliili 
'loslimoiiio  dilecloniiii  noslrimim  Dyni,  Jaeobi  et 
ir  Andrée  Hiiimiiilr  rrntnirii.  lilioruin  qiiondain  (îiii- 
''<loilis  ltH|ioiid<>  de  I.ucn,  et  Johannii  Itiipomir, 
Tiicpolis  ipsnriini  Dyni,  Jaeobi  cl  Amiret,  lilii 
^quniiilnii)  (■iiillelini  Itnpondf.  erjnin  de  I.ucn;  nt- 
'rtentii  insiipiT  nUbcliuiic  (piiiiii  nd  idem  i'i>)[ii(iiii 
rtiustniiii.  el  conimoroiidi  in  eo  cuni  aliis  ncislris 
-rejjnirolis.  niidio  e\|M'i'iiiienlo.  prefnlos  Dijniim , 
-Jncobum  el  Aniirrnm  frniivs,  JolinniienKMie.  ip- 
•'sonim  nepolem  predictnm,  lialnTc  comproJKi- 
"vinius.  dereiis  el  rnndijpiiim  n>pulj)iiuis  iil  iinn 
iTuin  eisdeiii  n'jjiiicolis ,  rondifpu.s  ravorihus,  pri- 
'vilegiis  oc  lilierlnlilins  pnlinnliir.  Igitur,  od  in- 
"Slanteni  siipplirnlinnem  ipttonini  Dyni.  Jaeobi  el 
l'Andrée  fralruni ,  el  Julijinnis  eoruiii  ne|M>li». 
«cindeni  vnlenles  gmlinm  fnren»  s|>e<'inU'ni ,  i|KM>s 
-el  (pienililM-l  ipsonini ,  cnm  |K>slerilnle  sun  el 
-fiijiislilx'l  eorunidein  nnln  el  in  fiiliiniin  oli  ei» 


"légitime  procreanda.  in  nostros  bafgOMta  Pari- 
"sius  et  socio*  regni  nostri.  lanquaiii  nocirM  regai- 
rroloH,  cives  et  mansioDanoa  civilalia  ParinaoMi  c( 
flociiis  regiii  nustri.  anioriiale  noatra  ragia.  a 
-certa  Kcienlia  ac  speriali  grutia  mpradkia.  reri- 
-  pimus ,  etc.  et  eindcni  et  ruililiet  ipsomm  ar  pri^ 
-dicte  sue  poeteritati .  el  cujutliU-l  ( 
"et  impoatenim  nasciture.  graeioMW 
"Ut  ipsi  et  qiiiliiiet  ipsoruni.  inlra  pndidaai  rtf- 
"num  nostniin.  iiiHrunque  et  quaiMloeaM|W  «o- 
"luerint  sive  volueril.  Miani  postiol  •«•  poiàl  ali- 
"gere  et  facere  niaimionem.  et  quod  ex  Bone  àal 
-el  censeonliir  in  p<>rp<>tuiini  lmrg»uaea  naatri  P»- 
"risien«c8  el  rvgiii  nosth  |iredicti.  etr.  —  Aftaa 
iret  daluni  l'arisiu»  v*  die  nenais  jannarii.  aaao 
"Doniini  l'ccc*  ortogerâno  Irrrio.*  (Anii.  «fe  rEaa- 
pire.  JJ.  I4&,  n*  3«.) 

'   1^  ('.ompte»  de  rargeatarie,  pgor  Tmmie 
1 .187.  contienneot  b  pièce  aonaala  : 

"Denien  palet. en  acqmt  (h  Itojr. a D^gM Rap- 
-|ionde,  marcliaml  «leinouranl  a  Paris,  pow  d»- 
"niers  a  ln<  paiet,  qui  dcaba  lai  niaiart  poar 
"Unîtes  k»  partie*  de  drap  dor  al  da  aoia  ca»- 
"daulx  «t  aatraa  dnaet  de  aserrrrie.  par  lai  I 
-el  délivre!  |iniir  le  Roy  auitn  mn  el  poar  1 
"seigneur  le  due  de  Tl-""-—i^,  dtpais  W  | 


338  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

(^ycellui  donnera  Anthoine  Forestz ,  grenetier  de  Paris,  pour  ses  estrainesdujourdelan"  :  •: 
tantôt  c'est  «  ung  baldaquin  vermeil ,  brochié  dor  de  Lucques ,  que  mondit  seigneur  a  donné 
«a  leglise  de  Saint  Pierre  de  Gand,  pour  sa  joyeuse  entrée  en  icelle  église'**;»  tantôt  en- 
fin ce  sont  de  simples  fournitures  de  toilette  et  de  ménage,  telles  que  ?<ung  chappel  de 
r, plumes,  de  rouge  cler  et  dazur;  ung  volet  a  la  meismc  façon;  une  paire  de  templettes; 
«r  trois  aulnes  de  cuvrechiefz;  une  chainture  sur  un  tyssu  vert,  garni  de  boucles  morjant 
«et  clouz  dargent  dorez  esmaillez;  un  estuy  et  toille  cyrée,  pour  le  mieux  perler,  etc.*.» 
Dans  cette  énumération  figurent  généralement  les  damas ,  satins,  r  veloux ,  velueaux ,  »  draps 
d'or,  d'argent  et  de  soie  «brocbiés  a  grant  cbine  et  grant  feuUes  dor,»  tissus  merveilleux 
(|uo  Tours  et  Lyon  apprirent  plus  tard  à  fabriquer;  ce  qui,  au  témoignage  de  Boiicau, 
frustra  nos  voisins 

de  ces  tributs  serviies 

Que  payoit  h  leur  art  le  luxe  de  nos  villes'''. 

Mais  voici  venir  le  moment  des  grandes  réciprocités  :  si  les  ducs  de  Bourgogne  avaient 
aidé  à  la  prospérité  de  Digne  Responde,  celui-ci,  à  son  tour,  leur  rendit  les  services  les 
plus  signalés.  A  la  suite  de  la  funeste  bataille  de  Nicopolis,  plusieurs  princes  français  étaient 
restés  prisonniers  des  Turcs,  et  parmi  eux  se  trouvait  le  comte  de  Nevers.  Le  duc  Pbilippe, 
pour  délivrer  son  fils,  invoqua,  dit  encore  M,  Vallet  de  Viriville,  l'aide  du  puissant  arma- 
teur, dont  les  navires  étaient  en  communication  constante  avec  les  ports  du  Levant.  Grâce 
aux  comptoirs  des  Lombards  établis  dans  les  échelles,  grâce  aux  correspondants  génois  de 
Digne  Responde,  à  l'or  et  aux  promesses  prodigués  en  son  nom,  le  futur  Jean  sans  Peur 
fut  rendu  à  la  liberté. 

Le  marcband  lucquois  ne  se  montra  pas  moins  magnifique  dans  l'ordonnance  des  funé- 
railles du  duc  Philippe  le  Hardi,  mort,  l'an  i4o4,  à  Notre-Dame  de  Halle  en  Brabant. 
Responde,  (jui  présidait  à  cette  pompe,  fit  donner  une  pièce  de  drap  d'or  ou  de  soie  à 
chaque  ville  où  séjournait  le  corps  du  duc,  dans  le  long  trajet  qu'il  fallut  faire  pour  arriver 
à  la  Chartreuse  de  Dijon.  •'. 

On  éprouve  quelque  répugnance  à  croire  qu'un  serviteur  si  fidèle  soit  descendu,  tout 
italien  qu'il  était,  au  rôle  de  hrnvo,  même  par  procuration;  néanmoins  le  fait  semble  éta- 
bli. Du  moins  M.  Vallet  de  Viriville  n'hésite  pas  à  l'affirmer  :  «Deux  acteurs  du  drame  de 
«la  Vieille-Rue-du-Temple  ont  laissé,  dit-il,  quelques  traces  de  leur  rôle.  L'un,  qui  exécuta 
«l'acte,  Raoul  d'Oclonville,  est  connu  pour  un  gentilhomme  normand...  l'autre,  moins  cé- 
«lèbre,  se  nommait  Dino  ou  lodino  Rapondi;  les  chroniqueurs  français  le  nomment  Digne 
«  Responde.  C'était  un  marchand  de  Lucques,  fournisseur  de  la  cour.  Probablement  il  avait 
«été  dans  ses  intérêts  commerciaux  la  victime  du  noble  et  insolvable  débiteur.  Italien  et 

"jour  (le  juillet  m  ccc  ini"  et  v,  jusques  au  derrain  scxviu  iiv.  \ii  s.  |)arisis.-'  (Archives  de  l'Empire. 

rjour  (le  décembre  aprës  ensuivant,  cxvui  Iiv.  xu  s.  KK.  18  fol.  86  v*.) 

"parisis.  Il  estoit  mis  en  debte  par  le  xiui' coraplc  '''  Les  ducs  de  Bourgogne,  par  M.  le  marriuis 

fdu  dit  argentier,  feny  au  derrenier  joui-  de  de-  de  Laborde,  Preuves,  t.  I,  p.  47. 

rrrembre  dessusdit,  pour  ce,  par  lettre  de  recon-  '*'  Id.  1. 1.  p.  180. 

Tgnoissance  du  dit  Digne  donn(?e  le  vin' jour  de  ''  Id.  ibid.  p.  101. 

"janvier,    lan  mil   ccc   nn"  et  vi,  la  somme  de  *'  EplU"e  au  Roi. 


LA  BOUHGKOISIK  l>AHISIEN.\E  AUX  XIV'  ET  XV'  SIECLES.         St9 

p  iiiiiri-htirui ,  il  voulut  sans  dout«*  ^trn  \Myé  par  ira  hériitirn  du  prince  ou  M  ftOfltr^.» 
M.  Vaiict  <Ir  Virivillc  o.ni  plus  explicit«>  encore  dan«  l'article  qu'il  a  donné  h  ta  NouhOi Uogrmfkii 
générale.  «En  i  A07,  dit-il,  lorscjuc  le  meurtre  de  Louis,  duc  d'Ori/'an»,  fut  r^tolu,  Jean, 
c auteur  de  cette  machination,  oita  s'en  ouvrir  au  vieux  confident  italien  de  «•  famille.  Ra- 
T  pondi  prAt»  son  concours  h  cet  odieux  coup  dr-  main  avec  un  dt^-voucmenl  bien  rare  clies 
run  niiircliiind,  car  ce  coup  devait  le  ruiner.  Pendant  que  l'asMissinat  «'exécutait  k  Paris, 
<■  Dino  avait  Hé  dép^cln';  à  Brufjcs.  Il  y  recruta  une  trou(>e  de  F'lamand.<t,  destinée  k  prêter 
"  main-forte  au  duc  pour  retourner  sain  et  sauf  dans  tes  Etats  de  Bourgogne.  Dino  Rapondi 
"et  les  siens  étaient  fournisseurs  de  I^ouis  d'Orléans,  l'un  des  prince*  Im  plus  riches  et 
-surtout  les  plus  dépensiers  de  son  siècle.  L'annaliste  du  petit  Etat  de  Lucque»  atteste  que 
f  lu  perte  de  Louis  causa  un  dommage  mortel  au  commerce  de  cette  ville''.» 

Il  ne  parait  point  que  la  participation  de  Digne  Responde  k  cet  acte  odieux  ait  eu  pour 
lui  les  m^mcs  conséquences;  et,  à  supposer  même  que  ses  intérêts  eussent  M  compromis  k 
Paris,  SCS  deux  maisons  de  Montpellier  et  de  Bruges  auraient  suffi  largement  k  maintenir  sa 
position  financière.  C'est  dans  celte  dernière  ville  »pi'il  termina  ses  jours,  en  1  4 1 'i  ou  1  4 1  S. 
Il  fut  iniiiitné  à  Saiut-Donat,  où  sa  familltr  avait  une  chapelle  et  où  l'on  a  vu  sonépilaphe 
pendant  plusieurs  siècles.  Dans  la  Sainte-Chapelle  de  Dijon,  dit  Dom  Plancher,  on  remar- 
quait encore,  vers  fjao,  la  figure  en  pierre  d'un  homme  à  genoux,  vêtu  d'une  longue 
robe  et  ceint  d'une  ceinture  à  laquelle  pendait  sa  jjrande  l>ourse  carrée.  Celle  slalae, 
adossée  h  gauche,  en  entrant,  contre  un  pilier,  représentait  Digne  Responde.  Un  dessin  du 
xviii* siècle,  qui  subsiste  aujourd'hui,  retrace  l'efligie  de  ce  personnage:  on  le  trouve  dan» 
les  Mémoires  pour  serrir  f\  l'Iiixtoire  tien  duc»  de  Bourgogne,  par  J.  du  Tilliot,  parmi  les  ma- 
nuscrits de  la  bibliothèque  de  l'Arsenal  (Hist.  n*  aSa,  p.  a3).  La  reproduction  que  nous 
en  donnons  est  de  la  plus  parfaite  exactitude. 

Ses  frères  Jacques  et  Philippe  lui  survécurent,  et  la  faveur  des  cours  de  France  et  de 
Uoiirijogne  paraît  leur  avoir  été  conservée.  On  en  juge  <|ii  moins  par  les  lettres  qui  leur 
fiireiil  accordées  en  mai  i/iai,  pendant  la  domination  anglaise  et  peu  de  temps  avant  la 
mort  de  Charles  VI.  Ces  lettres,  écrites  sans  doute  sous  l'inspiration  du  jeune  duc  Philip|H* 
If  Hon,  contiennent  un  ridimu»  d'une  ordonnance  du  Roi,  de  l'an  lAoy,  rendue  en  faveur 
de  Digne  Responde,  et  placent  ses  frères  sous  la  protection  royale,  donl  il  avait  été  rouvert 
hii-méme'". 


'"   lênbeau  de  liaiièrt,  Aude  historique,  pr        "iiHHiraiit  a  Paris.flwl  JB  pitea  < 
M. Vollel  deViriville.  Paris,  1809,  in-8',  p.  lyet  18.         'Di/if,  exorwlonr  de  1 

\nurrlle    bm/rrapkie   générale,    pilhiii'o    pnr         -île  «terrailM'  voiilentf  ■ien|Ma  WÊttm,  wpM  M 


MM.  Firniin  Didot  frères,  t.  XLI ,  col.  65;.  "quelle  onloniiaiice  le  dit  fc«  mùân  Gfles  «il  al* 

'''  Voiri  le  texte  de  ce  dnciinieiit  :  ««le  vie  •  Irwpaiiwnrnl ;  H  pnv  c»  (|«e,  éi  Ul  4e 

-Clinrles.  pnr  In  fp-ure  de  Dieu.  Hoy  de  Kmnn'.  "k  dite  cxéeutiM,  le  dit  fcn  Dyae.  tant  paw  le 

"snvoir  fnis')iis  n  (dus  pr(<sens  et  n  venir  Nous  nvoir  «grant  aageci  la  fiAkaw  «le  a  peraaaaa,  nmmK 

•rereu  lumlile  siipplicncion  de  Jaquei  et  Pkelipfe  irpoor  iagranl  et  conlinacfeocBpadMqvlavnrt  Jr 

"Huponde  Treres.  iieriti-i^  (!•'  Hii  Dynt  Rufcmit,  vDoaimdk  eoaiia,caauMaa(raMal,< 


teii  son  vivant  rtniseillii  ,-\  nMi-^ire  dofltd  de  feu  *taiMtmsa«tmleltm  adrMMt  a  1 

-  noslre  très  cliier  et  très  anx' cousin  le  dur  de  itour-  "de  Paris,  qui  lor»  estait.  pMtf  ertl* 

"{[ongne,  ronsors  en  reste  jwrlie.  ritntennnt  que  «du  fait  de  b  dite  waCMtiuil.  SBas  W  <pa  ••  ■■ 

Toinnic  fi'o  iiinisiri>  ('.lli'^  ('diiKui.  |ilii'iiri>>ii    di--  -lonmMt  o«  limps  s  venir  a  avna  pnJMHe;  le 


340  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Nous  n'avons  pu  recueillir  que  peu  de  documents  graphiques  relatifs  à  Digne  Res- 
ponde.  On  conserve  à  la  Bibliothèque  impériale  (Cabinet  des  titres)  quelques  quittances 
signées  de  lui;  nous  en  reproduisons  une  à  laquelle  est  appcndu  un  sceau  formant 
écusson. 

GUILLKMIN  SANGUIN. 


La  famille  Sanguin  était  probablement  originaire  de  Paris,  ou  bien  elle  avait  dû  s'y 
fixer  à  une  époque  assez  reculée;  le  P.  Anselme  .n'indique  ni  le  lieu  qu'elle  aurait  habité 
primitivement,  ni  la  date  de  son  établissement  dans  la  capitale,  ce  qui  tend  à  fait  croire 
qu'elle  appartenait  d'ancienneté  à  la  bourgeoisie  parisienne.  Le  premier  membre  dont  il 
soit  fait  mention  est  Guillaume  ou  Guillemin  1",  changeur  et  bourgeois  de  Paris  sous  le 
règne  de  Charles  V;  il  fut  père  de  Guillaume  II,  qui  exerça  la  même  profession  que  lui , 
de  Jean  Sanguin,  seigneur  de  Brethencourt,  et  de  Jeanne  Sanguin,  qui  épousa  Thomas 
Le  Mercier. 

Après  la  mort  de  son  père,  Guillemin  II  devint  chef  de  la  famille.  Il  n'avait  point  à 
élever  l'édifice  de  sa  fortune,  car  le  métier  lucratif  de  changeur,  exercé  hérédilairement, 
avait  dû  la  fonder  sur  des  bases  solides;  mais,  comme  tous  les  riches  bourgeois  d'alors,  il 
songea  aux  titres,  aux  honneurs,  et  obtint  du  roi  Charles  VI  des  lettres  d'anoblissemenlr. 
Le  préambule  de  ces  lettres,  qui  portent  la  date  du  92  décembre  i4oo,  ne  mancjue  pas 
d'un  certain  intérêt.  rLa  clémence  royale,  y  est-il  dit,  élève  volontiers  aux  honni'urs  et 


itquei  nostre  Prévost,  par  vertu  de  nos  dites  lettres, 
ffeue  considération  au  contenu  dicelles,  et  qnp  1p 
rrdit  (eu  Dyne  oneques  ne  sentremist  ne  not  au- 
(fcuns  bâiias  entre  mains  du  fait  de  la  dite  execii- 
(Tcion,  les  autres  exécuteurs  ap[)ellé8,  et  les  saleni- 
fuitez  par  lui  en  tel  cas  ncoustuinez  gardées,  des- 
(f  chargea  et  desmist  du  tout  le  dit  Dyne  dicellp 
ffpxecucion;  ce  non  obslant,  les  héritiers  ou  ayans 
T cause  du  dit  feu  maislre  Giles,  tiennent  ou  seffor- 
iTcent  de  tenir  et  mettre  eu  procès  le  dit  suppliant, 
fOU  nom  que  dessus,  par  devant  la  garde  de  la  jus- 
rrtice  de  Lucques  pour  le  seigneur  flu  dit  lieu, 
ffpour  avoir  compte  et  reliqua  de  {administration 
"et  gouvernement  de  la  dite  execucion,  dont  le  dit 


"feu  Dyne  oneques  ne  sentremist,  mais  en  fut  des 
-lors  deschargié  et  tlesmis  comme  par  les  lettres  de 
r- nostre  dit  Prévost,  dont  la  teneur  ost  telle  et  peut 
'apparoir.  —  IJniversis  et  siugidis  jiisticiariis  in 
"partibus  ultramontanis  et  Vtalie  et  alibi  ubilibet 
-oonstiUilis,  ant  eorum  locatenensibus,  (luillelmus, 
-dominusde  TignonviUu,  miles,  serenissimi  prinri- 
"pis  et  domini  nostri,  domini  Karoli,  Dei  gracia, 
-Francoruni  i-egis  illustrissimi.  consiliarius  et  cam- 
-'l)ellanus,  ])ro  ipsoque  cuslos  prcpositure  Pari- 
"siensis.  salutem  et  dilectionem.  Cum  nu|)er  cer- 
•flarum  virtute  litterarum  formani  que  sequilnr 
iT rontinentiutn ,  etc.  »  (Archives  de  l'Empire,  JJ.  1 7 1 . 
n-  389.) 


■ 

1 


s  i  i 

2    !    î 


•:      \ 


I 


LA  BOUIKJKOISIE  l'AHISlKNNE  AUX  XIV  KT  XV  SIÈCLES.         3h\ 

toiiiIiIk  (I(!  favRiirs  nt  (1<;  (^râce»  ceux  que  leur»  mœurtt,  leur  vie,  les  bon*  etulile*  «ervicM 
"Itrodif^iii-s  h  l;i  Mi-ijest/*  Hoynic  rcridcnt  di);n<><*  (|<>  «tUc  distinclion.  -  Ijk  monaniue  recon- 
iinft  ctisiiili;  (|u<!  les  San|,Miin  l'ont  fort  hieii  .servi  eu  toute  occasion  (de  leur  l>our<e  pro- 
i)!d)l<-rnent),  et  il  leur  confèn-  à  eux  et  à  leur  pcxt/Titt;  tou.s  les  |irivil<'-};e<i  inliérenU  i  l« 
iiolilesHe,  notamment  celui  de  porter  h-s  armes  ''.  (Juoi(|ue  ?  nohie  homme,  n  Guillemin 
Sjui|;uin  n'en  continua  pati  moins  son  fructueux  négoce;  mais  il  usa  du  privilège  militaire 
(|ue  le  Itoi  lui  avait  accord)';,  car  nous  le  voyons,  di^s  ifiia,  figurer  dans  la  nuUMO  de» 
ducs  de  Bourgogne  avec  l(!  titre  dY-cuyer  et  commander  un*'  troupe  de  soldat*.  Le  eofflpte 
de  Jean  de  l'récy  nous  apprend  qu'il  (it  partie  de  l'expédition  tentée  contre  Bourse*  par 
(iliarles  VI  et  Jean  sans  Peur;  qu'il  avait  «en  sa  compaingnie  dix  neufccuiers,»  et  qu'il  fui 
reçu  en  cettfl 4|uali(é,  le  'tU  mai,  k  Montereau,  et,  le  98  juin  suivant,  à  Dun-le-Roi.  avcr 
sept  écuyers  et  quatre  archers  ■''■. 

Sa  maison  de  rtmiinerce  ne  paraît  point  avoir  souffert  de  ces  chevauchées  :  en  cett«» 
inthiie  aiini'-e,  il  n-ievail  du  duc  de  Bourgogne  "  lu'  xxxvii  frans  x  solz  |»our  ung  ruhy  que 
Rmondit  seigneur  donna  au  Roy  notre  sire,"  plus  «cent  escus  d'or, 9  plus  rtuu"  ri  frans 
^\i  sol/  et  III  deniers  tournois,»  plus  tcent  xi  escus  demi^  pour  divers  acbala  dont 
l'énuméralion  est  des  plus  curieuses.  Nous  reproduisons  en  note  les  trois  pièces  de  compla- 
Inlité  relatives  h  ces  fournitures,  telles  qu'elles  ont  été  pdevécs  aux  Archives  de  Lille  par 
M.  Il'  iii!n(piis  de  Laborde*. 


'  NnliiliUirio  pro  Giiilleimo  Sanguini,  Johamu 
San/fuiiti  et  Thomii  Le  Miirlirr  («V )  frnlrilmH.  Kn- 
r(iliis,ctc.  Itr-|[nli<4  clfriK'iHMO  lil)<>nt*T  illiMiittollit  lii>- 
iiorilxis  cl  fovorp  |iroHe(|iiitur  grocioso,  quo»  ad  i<l 
mon's  p|  vilii ,  (jrnin  ft  iitiliii  sercnitali  i-epip  iin- 
Iteiisa  servicid  re<liliiiit  ilijpioH,  ptc.  iNntuiii  i){iliir 
fncirnus  iiniversis  prcsonlihiiH  et  fiitiiriH  qiiod.  iil 
tentis  vitn  lniiilnl)ili .  iiinriiiii  lioncsliitc  r<t  aliis  )|iiaMi 
|iliiril)iis  virtiiliiiii  iriMicriliiis.  (pii>  diloctis  iiosiri.s 
(îiiillerinu  Sniijpiini,  Juliiinni  Sangtiini  et  Tlmiiin 
le  Mortier  rnitrihiis,  lil)ere  rondicionis,  noviniiiH 
»ulTm(fnri,  nec  non  lyrolis  nrri>|itis  et  iitilii)n>i  ser- 
viciis  que  ipsi  nni)isl(iiiilaliilitiM'|in>sti(oriint  i>t  iin- 
pciiilcnint,  proipiilHis  non  ininierito se nohis grains 
nHliiidi'i'iint  i|iiiiin  pliiririiiini  i<t  ncceptos ,  nos  iitso- 
niin  iiiMxmim  lioiiiiriin-  xolonli-s,  siirque  sil>i  ne 
|)iKtmtati  ol  proli  r>nruni  [M'ciieliiiini  eodeni  vnlonni 
11(1  honoroin,  i<i)stl(>in  riuillolmiini.  Jolinnnoni  ni 
TluMiiiini  nr  lotnin  iHiriiin  |M)sliTil4it)Mii  H  pmlciii 
iilrinsqiicsexus  in  légitime  inatrinmnio  prnrn'ninni 
t'I  |)i-(irrpiiii(liun .  de  noslrc  picniliidino  rt^gic  |H>le<i- 
tfllis  i-orlii(|ii(>  sriiMiliii  fl  gnilia  speriali,  nohililuvi- 
inus  et  nol)ililanius  nol>il<>s(|ue  rnciiniis  ol  Iinl)iie4 
iiMldiinns .  |M<r  pn'sciilt's .  ixl  oninin  et  sinjpiln  quiltiis 
cclcri  iioliili.>s  ivgni  nostri  iilunliir  i>t  iiti  |Missunl 
et  rniisiii'voriiiit.  Itnqiie  dirli  (înillelinns  Jolinnni's 
et   TlioMins.   nr   loin  mnini  |)<)«>leritnH    ninDriiliiM 


in  legiljino  malrimonio  proawata  «I 
i|iiantiinicuinque  et  a  qnotmaqne  orifita  ' 
inilicie  valeant  deeorari,  etc.  ete.  Dalum  Pari- 
sius  die  xxii*  deoembris.  anno  Domini  millMinio 
qnodringentesiino.  (Archives  de  l'Empire,  JJ.  i.îC. 
ir  .75.) 

//(•toir*  gimMagifu  H  cirowstyi'ft  Je  U 
mai$0H  de  France,  1.  VIII,  p.  a64. 

<''  "  A  (iuillntime  Sanguin ,  marcksotet  bowgwii» 
''de  Paris,  |>our  iing  niby  que  M  d  S  doona  le  dil 
-jouroiiKoy  noslre  sire. .  .m'txwu  fr.  x  *. (i&i  1- 
'\-]i.)  —  A  Guillaume SmgmM ,  «Muier.  eschanoM <fe 
'■M.  d.  S.ic  Duc,  lasomniedeceseasdar,  «aifaojr 
"ledits,  esloit  leiiii  a  hii  |M>ur  uix*  ffaayiie dai'gtt 
-qui!  a  fait  prendre  et  acbeter  dudil  GmilUmm, 
-|M>s«nl  on\in>n  i\';  et  yeeRe  dnaoëa  a  BOH^  Ir 
•conte  de  Cliarrolais,  son  (ib. 
•et^  pai^  par  vertn  des  kttres  de  1 
-M.  d.  S.  doiuiteleTtii*joar  deasay  I 
ojesquelle»  il  a  voulu  r<  ntand*'  la  diela 

•  louer  es  comptas  da  payant  par 
•minpira  quil  appertnAa  saaaeoatredit.  ea  rap- 

•  portant,  avec  mu  didn  lettres,  qailt«iir<>  diidil 
- 1  iuillaiiiM  tant  seidaawt.  Pa»  ce.  par  ha  btira» 
-lie  niandcaMiil  dessus  dictas  «I  «piiltsaew  dml- 
•lui  ft'wVAwair  Sayma,  faicle  le  danvnier  joar  dp 
•juing  lan  dessus  dto.  tout  cy  1 


de  mm 


342  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Indépendamment  des  bénéfices  que  devait  lui  procurer  un  commerce  si  florissant,  si  l'on 
en  juge  par  la  seule  clientèle  du  duc,  Guillaume  Sanguin  recevait,  comme  tous  les  autres 
officiers  de  la  maison  ducale,  les  émoluments  attachés  à  son  titre  d'échanson.  Le  compte  de 
Jean  de  Noidenl,  pour  1608,  porte  que  «mondit  seigneur  le  Duc  luy  donna  mil  frans,  le 
r:  1  2°  de  mars  de  lan  1 4 1  a  '".  «  Il  n'est  point  étonnant  dès  lors  que  sa  fortune,  déjà  considé- 
rable, se  soit  accrue  chaque  année,  et  qu'il  ait  mérité  l'honneur  d'être  placé  par  Guilleberf 
de  Metz  au  nombre  des  cinq  ou  six  bourgeois  opulents  dont  la  richesse  était  proverbiale. 
Le  P.  Anselme  nous  a  conservé  les  noms  des  terres  et  seigneuries  qu'il  acquit  pendant  le 
cours  de  ses  prospérités  :  c'étaient  les  domaines  de  Maffliers,  de  Bethemont,  de  Chauvry, 
dans  la  riche  vallée  de  Montmorency,  d'Ormesson ,  près  des  bords  de  la  Marne,  de  Bcaumont 
en  Tlnérache,  de  Meudon  et  de  la  Malmaison,  résidences  qui  devaient  être  plus  tard  si  cé- 
lèbres. Il  devint  encore  propriétaire  de  la  vicomte  de  Neufchâtel-sur-Aisne ,  ainsi  que  des 
terres  de  Rademont  elCroquetaine,  situées  dans  les  environs  de  Brie-Comte-Roberl.  Enfin 
il  possédait  de  nombreuses  rentes  sur  des  maisons  de  Paris®,  et  une  grande  quantité 
d'espèces  monnayées,  puisqu'il  prêta,  comme  Digne  Kesponde,  de  très-grosses  sommes  d'ar- 
gent au  duc  de  Bourgogne. 

A  cette  époque  de  troubles,  son  attachement  bien  connu  pour  Jean  sans  Peur  devait 
l'exposer  à  des  réactions  violentes.  Après  la  découverte  de  la  conspiration  ourdie  en  1 4 1 5 
contre  le  parti  royal  et  révélée  par  Michault  Lalier  à  Bureau  de  Dampmartin  '^\  il  fut  for- 
tement inquiété;  on  prononça  même  son  bannissement,  ce  qui  donne  à  penser  qu'il  était 
l'un  des  instigateurs,  et  probablement  l'un  des payettrs  du  complot;  Monstrelet,  que  nous 
avons  déjà  cité  à  cette  occasion ,  le  déclare  formellement.  Toutefois  il  ne  paraît  point  qu'il 
ait  été  compris  dans  les  arrestations  faites  par  le  Prévôt  de  Paris  ,  et  «bouté  en  Chastellet,» 
où  il  eût  trouvé,  d'ailleurs,  bonne  et  nombreuse  compagnie,  caries  conspirateurs  n'étaient 
pas  Kgens  de  petit  fait.»  Monstrelet,  qui  en  nomme  quelques-uns,  raconte  ainsi  la  triste 
issue  de  cette  affaire  :  «Lors  furent  moult  csbahis  le.sdiz  conspirateurs,  et  toute  leur  enten- 
Rcion  fut  corrompue  et  frustrée.  Toutesfoiz  ledit  Prévost,  garni  de  grant  nombre  de  gens 
«darmes,  assaillit  tantost  plusieurs  maisons,  esquelles  il  trouva  plu.sieurs  hommes  darnies, 
«tous  embastonnez  et  mucez  pour  acomplir  ladicle  occision.  Entre  lesquelz  fut  prins  sire 
«Amaulry  dOrgemont,  larchidiacre  dAmiens,  doien  de  Tours  et  chanoine  de  Paris,  lun 
«des  presidens  en  la  Chambre  des  comptes  et  maistre  des  requestes,  Robert  de  Bellay, 
«  très  riche  drapier,  le  sire  de  lostel  de  lOurs  a  la  porte  Baudet  et  plusieurs  autres  notables 
«  hommes ...  Et  le  samedy,  second  jour  de  may,  furent  amenez  des  neuves  haies  les  des- 
«susdiz  prisonniers,  ou  ils  eurent  les  testes  tranchées  comme  traistres.  Mais  ledit  Amaulry 
«dOrgemont,  comme  homme  deglise,  par  lordonnancc  du  grant  conseil  du  Roy,  fui 
«rendu  par  le  Prévost  de  Paris  au  doien  et  chapitre  de  Notre  Dame  de  Paris,  a  faire  son 
«procès  et  sa  condempnalion.  Lesquels  prestement  firent  son  dit  procès,  en  condenipnant 
«icelluy  au  pain  et  a  leaue  en  chartre.  ...  Et  le  vi*  jour  du  mois  de  may  ensuivant,  a 
«Amiens,  par  la  vertu  dun  mandement  royal ,  furent  bannis  du  royaume  de  France  messire 

f  de G  escns  dor.  —  Suit  un  autre  paiement  ducs  de  Bourgogne,  1. 1.  p.  99,  56  et  5a,  part.  IL) 

"de  rai"  VI  fr.  xi  s.  lu  d.  tournois  potir  une  chayne  '*'  Joumald'un  Bourgeois  de  Paru,  é^\i.  deiyag, 

f-dargent  blanc  destinée  au  Duc  pour  mettre  sur  état  de  la  maison  de  Bourgogne,  p.  i4A. 

fses  plates  lorsquil  chevaurliait  en  armes.»  (/.««  ■''  Voir  àrarlicleBi/reflu  rfe  Ofl«(/);flrtr/i«,  p.  899. 


■Jh  i-irSut.    de 


i..\    roi'H  Dl".  liOUl'vC.ocxi'. . 

ic'slil  ciii-i-    lie   ,1  l'.iM  -  sans -l'iMii-   à    l'aris. 


/'  :i^i 


I.A  HOLIUIKOISIK  l'AItlSIKMNE  AUX  XIV  ET  XV'  SIÈCLES,         SAS 

njennet  de  Poix,  Jaqucn  (ii*  KoKhciit,  le  Hvigneur  de  Ssint  L^r,  Binet  dAufl«u,  llur  de 
'Sailli,  messin;  Pliclipi»-  <le  Morviiler,  (îuilLiume  Sanguin,  et  aucuns  «nlre»  de*  gem  du 
'duc  de  Bourfj'oiifjne ;  et  fut  pour  le  Houspecon  dextre  coulpables  de  la  coiupiraeion  faitr  a 
T  Paris  cofitn;  les  royaulx ,  dont  dessus  est  faicte  iiienrion  '".  n 

(les  ('ivétietneiits  su  passaient  (pieiques  mois  après  la  funeste  bataille  d'Aziocouri.  c'«»l> 
à-dire  au  moment  où  le  parti  royal  était  au\  abois.  Nous  ne  savons  si  la  sentence  de  ban- 
nissement fut  exécutée  en  ce  qui  concerne  Guillaume  Sanj^uin;  il  semble  plu»  probable 
que  II!  banni  se  réfuf^ia  soit  sur  les  terres  du  duc,  soit  dans  l'armée  Itouq^uigiMMUM,  qui 
occupait  alors  l(!s  environs  de  Paris.  Peut-i^tre  trouva-t-il,  sans  sortir  de  Pans,  un  refufje 
assuré  dans  ce  redoutable  donjon  d'où  l'on  faisait  de  si  terribles  sorties  contre  l<'« 
-  Arrriinaz  '''\  «  Ce  qui  paraît  certain  ,  c'est  qu'il  dut  rentrer  ù  Paris  en  l 'i  i  H ,  avec  le»  Iloiir- 


'''  La  ( .hrnniiiue  tl' lùi/ruerran  de  MniiiUrelel ,  |>ij- 
blié'  pour  lu  Sofit'ld  ile  rilistoirc  de  Kruiic*',  |inr 
M.  Doiiël «l'Arc»! .  t.  III ,  p.  i  ^i  i  cl  «uiv.  —  l.e  Journal 
d'un  l!i)ur/[ri)ii  dr  l'aris  rnroiile  les  fniUs  h  [wii  pr^ 
roiiiiiD!  In  cliroaiqiii'  dn  Moiistrelut  ;  cr-p<>mlaiit  il 
iijiiiil<>  (|iir>lqii(>M  (Ir-tfliJH  et  des  noms  propres  qu'il  nous 
(I  poni  lK)n  de  reproduire ,  |Miur  coinpli^ter  le  tniileau  : 

fflleni,  coiniiieiii-niit  In  scpinniiic  |)enricus<!  en- 
''suivant.  qui  fut  enirniit  le  treisiesine  jour  dovril 
"lAift,  onlrepriiidrenl  aucuns  de»  bourgeois  de 
-Pari»  de  prendre  reulx  qui  ninsi  tenoient  Poris  en 
"su^ijuclidii,  et  duvoient  ce  Tnirc  lu  jour  du  l'nnpies 
"qui  furent  le  (lixneuviesmc  jour  dopvril,  mais  ils 
frue  le  firent  |>oint  pnr  scuh,  rnr  il  fust  sreu  |>iir 
-reuK  de  In  Unnde  qui  les  prinrent  et  les  nuMlrenl 
fen  prison,  et  le  vinjjtipinlriesme  jour  dudil  mois 
-dnpvril  l'iiT».  fut  niem'  en  un/;  tionlierel  » 
-Iniue  le  Doien  de  Toui-s,  rhnnoine  de  Paris,  frère 
"de  lcv(!8<pic  de  Paris,  de  devant  cclluy  qui  |>our 
fflors  estnil  ninistro  \icolle  d()r|;eiM<int .  liix  de  feu 
it  Pierre  dOrjfetnonl.  Kn  ce  |M)int.  veslu  dun(;  (jnuil 
l'mAntei  de  viollet  et  rlinp|)eron  de  niesnie.  fut-t 
"'niesiH^  es  Unies  de  i'nris.  et  en  une  chnrrellc  de- 
-vnnt  estoicnl  deux  hommes  de  honneur  sur  deuz 
-nii,  chacun  une  eroix  de  Imis  en  sa  mnin.  et 
"ovoit  Innjf  est»*  Kschevin  de  Paris  cl  loutre  esloit 
-Imnune  d'honneur,  et  estoit  en  Ars  nommé 
-inoislre  Ue|;nuull.  et  IRschevia  ilobert  de  llelloy. 
"et  a  ces  deux  on  coiq)pa  les  testes,  voyant  le«lil 
-dOrj^i'monl.  leipiel  nnxoit  qmm  |)i<';  et  npn's 
'In  justice  fut  rnmeiié  snns  osier  iludit  lumlterel 
"en  prison  ou  rhnstel  Sninl  Antlioine,  et  environ 
-quatre  j(iui"s  npn's  fust  pn-srlii'  nu  pnr>is  Nosin' 
"Dninede  Pnris.  (-undanqmé  en  chartn'  pcqielucllc 
-nu  pnin  el  n  lenue.  —  ileni.  le  premier  sabuMdy 
-lie  niny  ensuivnnt  furent  di-collei  |M>ur  r«>  foici 
-trois  iiKiidl  lionnestes  honnnes.  el  de  riixoll  Uinne 


-renomma  :  c'art  asM voir  le  seigneur  d*- 1  '  i  i- 
-In  Porte  Baudet,  uQg  laiotorier  ikmiuim  Dutuut 
'de  Vry,  ung  nurdMiit  de  litoa  el  espingiHV 
-nonimt^  Jelum  Penpiin.  H  esloit  Ip  dirt  laintaner 
"maistn*  de  la  soiiontaim  des  arbaJeilhef*  do  F*- 
-ris.  1  (Journal  d'wt  Btmrgmii  é»  Pmrù.  Aiilion  im 
1799.  p.  a«j  et  3o.) 

*  l,e  Journal  d'im  BoargeMs  de  l'mru  omiK-iu . 
à  c<>l  tiganl.  une  page  ektrémemeatenrieaae.  Le» 
journée  de  juin  1  ^  1 8  y  sont  d<<peiatei  mmi  dn 
couleurs  ipii  rnp|M>llcnt.  i  s'y  méfmtin,  k»  aas- 
sacresde  iw.-ptendire  1799.  Le  iMgafB al^goriqiie 
i(ue  l'auteur  emprunte  au  Borna»  de  la  Bmt  offre 
d'nilleurs  la  plus  frmn*le  analogie  avee  les  aptw- 
sions  nlislrailes  et  emphatiques  qu'on  empioyail  A 
celte  dernière  ^potpie.  Voici  cet  inti^waat  paaMg»  ; 

-  «I^rs  se  leva  la  IMeMP  de  DÏMorde.  qw  1 
-en  lo  Tour  Moucoiiseil.  et  esveiBa  Ire  la 

-  el  Convoitise .  el  iùiragerie  et  Vengeance .  cl  prin- 
-drent  ormes  de  toutes  manieras. el  bonleraalhan 
-davec  eulx  raison .  jostiee.  Mémoire  de  Wm  H 
-alrem|>enre  moult  bantaiaenMal.  El  qiMnl  Irr  el 

•  llonvoilise  virent  l«>  commun  de  kar 

-  les  esrlHnifTa  plus  H  plus .  H  vindrenl 
-du  Hoy.  I»rs  In-  la  desviV  leur  jelU  sa  1 
-tout  anlanl  sur  leurs  lestes;  km  fumil  < 
-oullre  niesare,  el  rrmipirrnl  poftas  al 
-entrèrent  es pHsons dwlit  Palaf*  a  nm 

•  nMHill  esbabissanl  a  homme  snurpnns.  H  (>». 
-voilise  qui  ealoil  Inr  ofpilMW.  et  portail  la 
-Kanniere  devant  qm  a««e  M  ■annit  Tlwjfaan  et 
«Vengeance,  qui  commaMtmlaaierliaulliMfnl. 
rtaet,  latttm  tkmm Irtit^m Armmai  'Jermi  he«. 
-se  ja  pie  en  ascfceppe  en  erik  nnyt.  Lor*  Knree- 
-nerie  la  desv^  el  Martre  et  OecsHon  abalir^t. 
-luerent.  nwrtnrml  iont  eeqvi  tronvermi  ••«  |irin- 

MHM  merey.  insl  de  lort  o«  de  diwi   •«n" 


34/i  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

guignons  qui  y  pénétrèrent,  comme  on  le  sait,  par  la  porte  de  Buci,  grâce  à  la  trahison 
de  Perrinet  Leclerc. 

Guillaume  Sanguin  avait  été  wau  danger;»  il  était  juste  qu'il  fût  «à  l'honneur»  lorsque 
viendrait  le  triomphe  de  son  maître.  La  mort  de  Jean  sans  Peur  ne  diminua  point  son 
crédit  :  le  jeune  duc,  le  considérant  comme  un  des  fidèles  serviteurs  de  son  père,  lui  confia, 
en  i420,  une  véritable  mission  diplomatique.  Le  samedi  3  février,  «messire  Jehan,  sei- 
Kgneur  de  Toulongeon,  Guillaume  de  Champdivers,  chevaliers,  et  Guillaume  Sanguin, 
wvindrent  en  la  Chambre  de  Parlement  présenter  les  lettres  closes  du  duc  de  Bourgongne 
wescriptes  a  llsle,  du  xxiii'  jour  de  janvier  dernier  passé,  par  la  teneur  desquelles  il  si- 
Rgnifioit  a  la  cour  de  céans  que,  dedans  le  xii  de  ce  mois  de  febvrier,  il  avoit  intention 
ttdestre  a  Troyes,  par  devers  le  Roy,  pour  entendre  ez  besongnes  et  matières  pourparlées 
«sur  le  faict  de  la  paix  de  ce  royaume,  en  priant  ladicte  cour  que  voulsist  audict  lieu, 
«pour  ceste  cause,  envoyer  les  ambassadeurs  et  députez.»  Le  même  document  nous 
apprend  que  «les  autres  gens  du  conseil  du  Roy,  les  Prévost  des  Marchans  et  Eschcvins 
«  de  la  ville  de  Paris  avoient  receu  semblables  lettres  dudict  duc  de  Bourgongne  '".  »  Il 
s'agissait,  comme  on  le  voit,  du  traité  de  Troyes,  et  Guillaume  Sanguin,  sans  être  précisé- 
ment l'un  des  négociateurs  de  cette  triste  aiTaire,  contribua  du  moins  à  en  préparer  la 
conclusion.  Il  devait,  quelques  années  plus  tard,  recevoir  le  prix  de  ce  service  :  les  ducs 
de  Bourgogne  et  de  Bedford  se  souvinrent  des  tribulations  (|ue  lui  avait  values  son 
attachement  à  leur  parti,  et,  sur  leur  recommandation,  le  banni  de  i/ii6  fut  élevé,  en 
1/499,  à  la  ''■ij"''*^  "l*^  Prévôt  des  Marchands.  sCeuIx  de  Paris,  dit  le  Bourgeois  auteur  du 
"Journal,  changèrent  le  Prévost  des  Marchans  et  les  Eschevins,  et  firent  ung  nommé  Guil- 
wlaume  Sanguin  Prévost;  et  les  Eschevins  furent,  cest  assavoir  Imbert  des  Champs,  mer- 
«cier  et  tapicier,  Colin  de  Neufville,  poissonnier,  Jehan  de  Dampierre,  mercier,  et  Bemon 
«Marc,  drappier;  et  furent  faicts  et  instituez  la  première  sepmaine  de  juillet,  et,  le  dixiesme 
r-jour  dudict  mois,  vint  le  duc  de  Bourgongne  a  Paris  a  ung  jour  de  dimenche,  environ  six 
K heures  après  disner. ..  et  y  ot  moult  grant  conseil"".» 


rr cause  ou  a  cause,  et  Convoitise  avoit  les  pans  a  la 
irsaincture  avec  Rapine  sa  fille,  et  son  filx  I.arrecin , 
irqui,  tosl  après  quils  esloienl  mors  ou  avant,  leur 
r^ostoient  tout  ce  quils  avoient,  et  ne  voulut  pas 
tt  Convoitise  quon  leur  laissast  leurs"  brayes ,  pour- 
"tant  quils  vaulsissent  quatre  deniers,  qui  cstoit 
trung  des  plus  grans  cruaultés  et  inhunianiU^s  clires- 
ir  tiennes  a  aultre  de  quoy  on  peust  parler.  Quant 
ffMurtre  et  Occision  avoit  fait,  ce  revenoit  tout  le 
ffjour  Convoitise,  Ire,  Vengence,  qui  dedens  les 
ir  corps  humains,  qui  mors estoient,  bouttoienttouttes 
"manières  dannes,  et  en  tous  lieux,  et  tant  que 
ff  avant  que  Prime  fut  de  jour,  orent  de  cops  de 
T  taille  et  destoc,  ou  visaige,  tant  que  on  ny  po- 
trvait  homme  congnaistre  quel  quil  fust,  et  ne  fut 
tfle  Connestable  elle  Chancelier  qui  furent  cogneus 
ffou  lictou  tuez  estoient.  Apres  allèrent  ce  dit  peu- 


»rple  par  lenoitement  de  leurs  Déesses  qui  le»  mes- 
fT noient,  cest  assavoir  Ire,  Convoitise  et  Vengence, 
(rpar  toutes  les  prinsons  publiijues  de  Paris  ;  cest 
ir assavoir  a  Saint  Eloy,  au  petit  Cbastcllet .  au  grant 
■rChastellet,  au  Four  levesque,  a  Saint  Magloire.  a 
ir Saint  Martin  des  Champs,  au  Temple,  et  partout 
f  firent,  comme  devant  est  dit  du  Pallays ,  et  nes- 
ff  toit  homme  nul  qui,  en  celle  nuyl  ou  jour,  eustosë 
(f|)arler  de  raison  ou  de  justice,  ne  demander  ou 
welle  esloit  enfermée.  Car  Ire  les  avoit  mises  en  si 
<rj)rofonde  fosse,  quon  ne  les  pot  oncques  trouver 
"•toute  celle  nuyt,  ne  la  journée  ensuivant.-  (Jour- 
nal d'un  Bourgeois  de  Paris,  édit.  de  1739,  p.  4o.) 

'''  Félibien ,  Histoire  de  la  ville  de  Paris ,  Preuves , 
t.  IV,  p.  58i  b. 

'■'  Journal  d'un  Bourgeois  de  Paris,  édition  de 
17-29,  p.  19.3. 


.1  LAN  -  SA.NS-  l'KlK 

•l"i.na.u  audu-n.v.lnn,  imr  «hnml.rr  H.-  In  Tour  dr  |i..„,  «^..v^nr  (, 


^»> 


/•    -»*# 


LA  bOLliGEOISIE  PAHlblE.\iNK  Al\   \l\    Kl    W*  SIÈCLES  !« 

Pliili|)|)<;  lo  Bon  pouxiit  rorii|it(T  itur  Guillaume  Sanguin,  dunt  I«hi  rooM-iU  nu  lui  lirtml 
sans  (luul)!  pats  plus  dt-faul  (|uc  la  buuriii;;  niaiM  les  Armagnac»  ne  virent  itn»  mos  une  es- 
lr()niu  irritalion  leur  ancien  ennemi  devenu  chef  du  gouvernement  municipaL  L'ano^ 
royale  sY-tait  alors  portée  Kur  Paris,  à  la  suite  de  la  Icvde  du  siège  d'Orléans,  et  Jeanae 
d'Arc  était  dans  ses  rangs.  Guillaume  Sanguin  fut  le  premier  k  recevoir  de  iee  nooTelle». 
"  Kn  icelluy  tems,  dit  le  Journal  de  Purin,  les  Arniinaz  firent  escriprc  lettres  teelMes  do  Kcl 
■^du  comte  dAlençon,  et  les  lettres  disoient  :  A  voua  Prevotl  de  Parié,  et  Ptevo$t  dm  Mtt- 
ncltan»,  et  Eschevini;  et  les  noniiiioient  par  leurs  noms,  et  leur  niandoient  de  salus  par  bel 
1"  langaige  largement,  pour  cuider  esmouvoir  le  peuple  lung  contre  lautre;  mais  on  aperçut 
«bien  leur  malice,  et  leur  fust  mandé  que  plus  ne  gettassent  leur  papier  |>our  ce  faire,  et 
«nen  tint  onques  compte"  .  ^  Guillaume  Sanguin  eut  donc  i  soutenir  l'assaut  de  Jeanne 
d'Arc  le  S  se|ttr'mbr<'  i/iuy;  et  il  était  encore  en  charge  lors(|ue  Henri  VI  eiigea  la  pres- 
latioii  de  seruieiil  de  tous  les  personnages  constitués  en  dignité.  Il  est  désigné  nommé- 
ment dans  le  procès-verbal  de  cette  .séance,  avec  Hugues  Rapioult,  maître  des  requêtes 
de  l'Ilûtcl,  qui  devait  lui  succéder,  et  il  entendit  lire  la  formule  suivante  :  «Vous  jures  et 
K  promettez  que  a  nostrc  souverain  seigneur  Henri,  par  la  grâce  de  Dieu,  roy  de  France 
^et  dAngletorre,  cy  présent,  vous  obéirez  diligenunent  et  loyalement,  et  serei  ses  loyauli 
«officiers  et  vrais  sngiez,  et  de  ses  hoirs  perpétuellement,  comme  vray  roy  de  France,  et 
«que  jamais  a  nul  aultre  pour  roy  de  France  ne  obéirez  ou  favori.sere2.  Item  que  enlen- 
«drez  et  employerez  tous  vos  pouvoirs  a  la  garde,  tuition  et  deffence  de  sa  bonne  ville  de 
«Paris.»  Et  fut,  dit  le  document  que  nous  citons,  «le  serment  faict  par  les  dessusdicls '' .  i* 

A  partir  de  cette  époque,  il  n'est  plus  question  de  Guillaume  Sanguin  dans  la  vie 
publique;  mais  ses  affaires  privées  ne  cessèrent  point  de  prospérer,  malgré  le»  malheurs  du 
lemps.  On  le  voit  acheter  les  rentes  des  seigneurs  appauvris  et  vendre  de  richi*s  joyaut, 
comme  à  l'époque  des  splendeurs  racontées  par  Guiliebert  de  Metz.  Les  archives  de  Lille 
contiennent,  à  la  date  de  tliZn  et  t/i35,  deux  articles  constatant  que  notre  |><>r8on- 
nage  était  resté  le  fourni.sseur  des  princes'^'.  C'est  vers  cette  époque  qu'il  maria  les  deui 
enfants  naturels  (|u'il  avait  eus,  dit  le  P.  Anselme,  de  deux  mères  différentes;  ces  enfants 
étaient:  i"  Jean,  bAtard  de  Sanguin,  seigneur  de  Villeneuve,  Maflliers,  Bethemoot,  la 
Malmaison,  Ormes.son,  etc.  né  vers  iSgu,  légitimé  en  lAoi  et  anobli  en  i4i4;  a*  Per- 
rettc  Sanguin,  léjptimée  en  i/iaS  par  Henri  VI,  mariée  en  i  636  h  .Mathieu  de  Longueil, 
puis  avec  Jean  de  Thieuville. 

Jean  Sanguin,  frère  de  Guillaume,  n'ayant  point  eu  d'enfants  mAles,  la  famille  ne  se 


"  Journal  d'un  Rnur/rroin  de  Paru,  p.  i  ad.  donne  par  le  duc  à  (^Madame  la  Jaihiaw  sa  < 

'    Vi'-\'i\t'u'i\.  Ilitioirr  ilr  la  \  ille de  Paris .  l'roiiv<>!i.       paigne,  le  premier  joor  de  iaa  dwraÎB  paM^al 
I    IV,  p.  .^9.3  b.  Mn'swii.  pour  h*  ettrain».  du  pris  de  r'  1 


''' Suit  l)>  piiiciiit'iil  Tnit  ^(1  ^'uiV/fiHMM  Sui^iN  (H  —   Suit  le  |Mii<>niPiil  fait  >a  GuiUtmm 

aullr(>s  iiinrrliniilsdiino  soiiiiiiodcseiecent  soixniitf  conïwiler  ri  uioitre  dmtel  du  duc,  pour  prix  de  la 

<)ii»>  salus  dor  rt  vin)rt  deux  livres  dis  sols,  du  |iri\  vriitc  dun  ridw  tableau  dor,  garai  de  piuiuiu.* 

de  M.  (jr(«  uiounaio  il(>  Klnmlrm  In  livre,-  iwur,  fnilo»  quand  le  Roy  NS  p(  la  Royae  la}  •■!  I 

nuilit  (iuilluuni(>  Sniijpiiii,   irun    tableau  dor  In»  que  i>u  »on  nom  ils  ont  lait  leiw  d 

rirlif.  goruy  de  v  Ixuis  Uniaix.  vi  jpins  saphirs  et  l«Mir  iiiffcnt  inasie  dont  elle  fpA  a 

de  \u\  perles  |)csaut  un;;  marc  sept  oitces  dor.»  vi' solu»  dor.  • 

«■"T.  I.  il 


346  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

perpétua  que  par  le  bâtard  de  Sanguin.  C'est  donc  de  ce  dernier  que  descendaient  :  i°  An- 
toine Sanguin,  dit  le  cardinal  de  Meudon,  évêque  d'Orléans,  archevêque  de  Toulouse,  grand 
aumônier  de  France,  qui  parvint  aux  plus  hautes  dignités  par  le  crédit  de  sa  nièce,  ia 
duchesse  d'Étampes,  favorite  de  François  1";  2°  Jean  et  Christophe  Sanguin,  qui  furent 
Prévôts  des  Marchands  sous  Henri  IV  et  Louis  XIII. 

Guillemin  Sanguin  mourut  le  i4  février  i44i,  quatre  ans  après  l'entrée  solennelle  de 
Charles  VII  à  Paris.  Il  fut  enterré  à  l'église  des  Saints-Innocents,  dans  la  chapelle  Saint- 
Michel,  qu'il  avait  fondée  avec  son  frère  Jean,  laissant,  dit  le  P.  Anselme,  une  valeur  de 
plus  de  cent  mille  écus  en  meubles;  on  sait  d'ailleurs  que  ses  biens  territoriaux  étaient 
extrêmement  considérables.  Sa  succession  donna  lieu  à  de  nombreux  procès,  sans  doute  à 
raison  de  l'illégitimité  de  ses  enfants;  mais  ses  petits-enfants  finirent  par  la  recueillir,  et 
elle  suffit  à  les  pourvoir  très-largement,  quoiqu'ils  fussent  assez  nombreux. 

Par  suite  de  leur  anoblissement,  les  enfants  Sanguin  ne  prirent  plus  le  titre  de  bourgeois 
de  Paris ,  ou  du  moins  le  P.  Anselme  ne  le  leur  donne  pas.  Les  membres  de  la  famille 
inhumés  dans  les  églises  ou  les  cimetières  de  la  capitale  sont  : 

1°  Jean  Sanguin,  f  ihab; 

9°  Guillaume  Sanguin ,  II'  du  nom,  1 1  44  i,  inhumé  dans  la  chapelle  Saint-Michel,  dans 
l'église  des  Innocents; 

3°  Jean,  bâtard  de  Sanguin,  père  de  Louis  Sanguin,  f  i468,  et  inhumé  dans  la  cha- 
pelle Saint-Michel,  à  l'église  des  Saints-Innocents; 

4°  Justine  Sanguin ,  femme  de  Guillaume  Aguenin,  |  i5o3,  et  inhumée  à  Sainl-Merry; 

h"  Guillaume  Sanguin,  IIP  du  nom,  écuyer,  conseiller  du  Roi  et  trésorier  général  de  ses 
écuries,  f  iSig,  et  enterré  à  Saint-Nicolas-dcs-Champs; 

6°  Catherine  Sanguin,  femme  de  Christophe  Le  Picart,  ■\  i544,  et  inhumée  à  Saint- 
Nicolas-des-Champs  ; 

7°  Antoine  Sanguin,  cardinal  de  Meudon,  qui  fit  commencer  le  château  de  ce  nom, 
I  1559,  et  enterré  à  Sainte-Catherine  du  Val  des  Écoliers; 

8°  Jacques  Sanguin,  seigneur  de  Livry,  Ëchevin  en  1067,  sous  la  prévôté  de  Nicolas 
Legendre,  et  Conseiller  de  Ville  en  167  j,  inhumé  à  Saint-Merry; 

9°  Jacques  Sanguin,  seigneur  de  Livry,  conseiller  en  la  Grand'Chauibre  du  Parlement, 
Conseiller  de  Ville  en  i  58i,  Prévôt  des  Marchands  de  1606  à  1611,  inhumé  à  Saint-Mcrrv; 

10°  Christophe  Sanguin ,  seigneur  de  Livry,  conseiller  d'Etat,  président  aux  requêtes  du  Par- 
lement, Prévôt  des  Marchands  dei698ài63i,|i64i,  et  enterré  également  à  Saint-Merry. 

Les  listes  de  l'Echevinage  parisien  portent  encore  les  noms  de  : 

Claude  Sanguin,  qui  fut  Echevin  en  iSaS,  sous  la  prévôté  de  Guillaume  Budé; 

Jean  Sanguin,  secrétaire  du  Roi,  Conseiller  de  Ville  en  1  555,  et  Echevin  en  1  56o,  sous 
la  prévôté  de  Guillaume  de  Marie; 

Pierre  Sanguin,  conseiller-mattre  des  requêtes  du  duc  d'Anjou,  en  157a,  et  élu  Con- 
seiller de  Ville  l'année  suivante; 

Gudlaume  Sanguin,  secrétaire  du  Roi,  Conseiller  de  Ville  en  1607. 

Enfin  les  Comptes  et  ordinaires  de  la  Prévôté  de  Paris,  recueillis  par  Sauvai,  mentionnent, 
à  la  fin  du  xv°  siècle,  deux  Simon  Sanguin  :  l'un  marchand  drapier,  chanssetier  et  bour- 
geois de  Paris;  l'autre  gruyer  de  la  forêt  de  Livry  en  Lannoy. 


LA  BOl  li(;EOISIE  PAHISIENNE  AUX  XIV'  KT  XV'  SIÈCLES.         S47 

A  partir  de  16/11,  date  de  ia  mort  de  Cliri»tO|ihe  Sanguin,  ce  nom  ne  reparaft  iilu» 
duiis  li.-s  iinnalcs  |ifiri.si(>nnc>s.  Nous  devons  faire  remarquer,  en  oaire,  que  les  anamnm 
des  Sanfjiiiii  de  IJvry  n'ont  rien  de  commun  avec  celles  (|ue  portaient  les  praaûcn  Sao- 
f{uin,  chanfjcurs  et  bouri^cois  de  l'aris.  Les  /•pitaphieni  des  bililiothèquec  de  niAtel  de 
Ville  et  de  l'Arsenal  donnent  pour  blason  aux  Sanguin  de  Livr)-  :  d'azur  i^  la  bande  d'or. 
aci-ompa(;ML-e,  en  chef  h  sencstre,  de  trois  glands  du  m^mc,  pofée  deux  et  un.  et  en 
pointe  h  dcxtre,  de  deux  pattes  de  griiïon  d'or  passives  en  orie  h  la  pointe  de  l'ëcu. 


JACQUES  DtCHIÉ'  . 

Ce  personnage,  sur  lequel  Guillebert  de  Metz  donne  les  détails  \e»  plus  circonslaocié*, 
est  précisément  celui  qui  nous  était  le  moins  connu.  Jusqu'au  dernier  moment,  malgré  le 
7.èle  et  l'expérience  des  érudits  (|ui  nous  ont,  en  cette  circonstance,  prêté  fort  obligeamment 
leur  concours,  les  recherches  n'avaient  pu  aboutir:  imprimés  et  manuscrits  demeuraient 
é|;«lenu'nl  muets.  .Nous  avions  bien  rencontré  un  Ihiclié  dans  le  Rôle  de  la  Taille  de  1  399  ; 
un  seigneur  du  Cbier,  en  Sainlonge,  qui  existait  au  commencement  du  xiv*  siècle,  et  dont 
la  présence  à  Paris  pouvait  ^tre  constatée''";  un  Ducher,  mattre  d'hôtel  ordinaire  du  Roi 
sous  le  rAgne  de  Henri  III''';  un  Iterlhelot  de  Duchy,  qui  vivait  plus  tard  mcore**';  bmm 
aucun  de  ces  personnages  ne  pouvait  <!tre  le  Ducliié  dont  nous  cherchions  la  trace.  Ri 
cependant  il  s'ngi.ssail  d'un  homme  considérable,  d'un  des  cinq  ou  six  bourgeois  les  plus 
opulenis  de  Paris,  puisque  notre  auteur  le  place  sur  la  même  ligne  que  Bureau  de  Dam|»- 
mnrlin,  Digne  He.sponde,  (iuillaunie  Sanguin,  Miles  Baillet,  etc.  qui  formaient  alors  ia 
haute  aristocratie  bourgeoise.  L'hôtel  qu'habitait  cet  heureux  mortel  indique  même  une  for- 
lune  supérieure  ou  du  moins  des  goAls  plus  artisli(pies  et  plus  luxueux.  Convaincu  que  la 
ipiestion  ne  pouvait  iHre  ré.solue  que  par  l'étude  attentive  des  documents  financiers  et  topo- 
graphiques  <les  xiv'  et  xv'  siècles,  nous  avons  exploré  les  censiers  et  comptes  de  l'époque, 
ain.si  que  les  archives  de  l'A.ssistancc  publiipie,  si  riches  en  indications  de  toute  nature. 


'  Nous  nvoiw  roiiscn'i'  rncrciil  nifpi.  |>onr  ne 
jHiiiU  (It'Iijfuirr  le  nom  sous  lc(|iirl  ro  |M>rsonnage 
est  rnniiii  (li>|niis  In  première  piililiralion  du  texte 
(le  CiiiilIclH'rl  (le  Metz;  ninis  In  prtWiilo  iiolior.  en 
clflhlissnnt  riilciilili'  du  |iivtoiidu  JnrquiN  Ducliié, 
•'\|di(|uo  i'nU<<rnlii)n  que  »on  nom  u  subie  el  it'la- 
l)lil  rniirionno  or(hn|<;rnplii-. 


"  (.onsuller  le  P.  Aiueinie.  I.  V.  p.  364.  H 
LVm.p.  819. 

')  NotM  «ton»  entre  le  laaiai  — »  yiUate  ori- 
(pnale  lignât  de  lui. 

"  Aieyvcade  r.AMHUnee  pufaiiqae.  /arminrw 
1111  wVw  Jt»  trrlùrf»  4t  CHM-Din,  p.  i«l. 
n"  1667. 


348  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Ce  dernier  dépôt  nous  a  révëlé  l'existence  d'un  certain  Jean  de  Douclii,  clerc  du  Roi  en  la 
Chambre  des  comptes,  qui  vivait  en  t356,  et  possédait  une  maison  à  Paris,  rue  Geoffroy- 
l'Asnier'''.  Par  une  coïncidence  des  plus  heureuses,  les  Comptes  de  l'Hôtel,  que  M.  Douët 
d'Arcq  a  publiés  récemment  pour  la  Société  de  l'histoire  de  France,  nous  ont  fourni  le  nom 
de  «maistre  Jaques  Ducy»  ou  s  de  Ducy,  »  également  clerc  de  la  Chambre  des  comptes, 
et,  selon  toute  probabilité,  fils  de  Jean  de  Douchi,  dont  il  aurait  eu  la  survivance. 

Ces  premiers  résultats,  bien  vagues  encore,  avaient  besoin  d'une  double  confirmation  : 
il  fallait  s'assurer  d'abord  que  l'unique  manuscrit  de  l'ouvrage  ne  portait  pas  Duchié,  mais 
Duchie,  sans  accent,  et  se  rappeler  que  Guillebert  de  Metz  emploie  généralement  le  dia- 
lecte picard,  puisqu'il  écrit  chimetiere;  puis  il  était  nécessaire  de  constater  la  possession  d'un 
hôtel  dans  la  rue  «des  Prouvclles»  par  ce  r  maistre  Jaques  Ducy,  »  dont  la  qualification 
et  le  prénom  s'accordent  si  bien  avec  le  texte  de  notre  auteur.  Or  le  manuscrit  consulté  ne 
porte  pas  la  moindre  trace  de  l'accent  aigu,  qu'on  ne  trouve  d'ailleurs  dans  aucune  pièce 
de  la  même  époque ,  et  renferme  en  outre  plusieurs  exemples  de  l'emploi  du  ch  pour  le  c. 
D'autre  part,  la  prononciation  picarde  semble  avoir  été  employée  concurremment  avec 
l'autre,  si  l'on  admet  avec  nous  que  Jaques  Ducy  ou  de  Ducy,  clerc  du  roi  Charles  VI  en 
la  Chambre  des  comptes,  est  le  fils  et  le  successeur  de  Jean  de  Douchi,  qui  remplissait  les 
mêmes  fonctions  sous  le  règne  de  Charles  V.  Enfin  le  Rentier  temporel  de  l'Evesché  de  Parit, 
pour  l'année  i5^p'*,  contient  une  mention  décisive  :  Jaques  Ducy  y  est  cité  comme  possé- 
dant, dans  cette  même  rue  «des  Prouvelles,»  trois  maisons  dont  on  indique  les  proprié- 
taires antérieurs,  les  abornements  et  la  cote  censitaire.  En  présence  de  cette  dernière 
découverte,  le  doute  n'est  plus  permis  :  maistre  Jaques  Ducy,  Douchi  ou  Duchie,  clerc  du 
Roi  en  la  Chambre  des  comptes,  est  bien  le  personnage  que  Guillebert  de  Metz  a  connu 
et  dont  il  a  décrit  la  magnifique  résidence. 

Après  cette  importante  identification,  il  y  aurait  à  expliquer  l'immense  fortune  de 
Jacques  Ducy  et  la  construction  de  son  hôtel  ;  mais  nous  ne  connaissons  ni  les  biens  que 
lui  laissa  son  père,  ni  ceux  qu'il  put  acquérir  par  alliance  ou  successions,  ni  les  bénéfices 
plus  ou  moins  licites  que  lui  procura  sa  charge.  On  sait  qu'à  cette  époque  le  trésor  public 
était  dilapidé  de  la  façon  la  plus  déplorable,  et  que  les  prodigalités  les  plus  ruineuses 
étaient  passées  en  habitude.  Sans  suspecter  la  gestion  de  notre  personnage ,  on  peut  sup- 
poser qu'il  a  reçu  de  nombreux  cadeaux,  de  riches  «étrainnes,»  comme  on  disait  alors, 
tant  du  roi  Charles  VI  que  des  princes,  seigneurs  et  souverains  étrangers  avec  lesquels  il 
fut  mis  en  relation.  Les  Comptes  de  V Hôtel  nous  fournissent,  à  cet  égard,  de  précieuses  indi- 
cations. La  première  se  trouve  dans  un  état  présenté  au  Roi  «pour  le  terme  de  Penthe- 
«couste  lan  m.ccc.iiu"  et  i,  le  Roy  estant  a  saint  Pol»  :  Jacques  de  Ducy  y  figure,  avec 
douze  autres  clercs  des  Comptes;  il  a  droit  à  deux  manteaux  de  clerc  valant  chacun  cent 
sous  parisis'^'.  Une  mention  analogue  existe  dans  un  état  dressé  «pour  le  terme  finant  a 
«la  saint  Jehan  lan  m.ccc.iui"  et  m,  le  Roy  estant  au  LouvTe  a  Paris;»  Jacques  de  Ducv 


'"'  Archives  de  l'Assistance  publique, /«««itairc*  '''  I"  compte    des  despens  de  Ihostel    le  Roy 

sommaires  des  archives  de  l'Hôtel-Dieu,  p.  aao,  Charles,  du  premier  jour  doctobre  lan  mccciui".  . . 

n°  9954.  jusques  au  premier  jour  de  juillet  ensuivant,  lan 

'"'  Archives  de  l'Empire  S,  i  a54 ,  f"  a8.  n.ccc.nu"  et  un.  (Arch.  de  l'Enip.  Reg.  KK.  5o.) 


LA  HOLlUiKOlSIK  PARISIKNNE  ALX  XIV  ET  XV  SIÈCLES.  349 

y  occupe  le  tn^mc  rnnf',  et  il  lui  e^t  ncconli'ï  un  manteau'".  Enfin  le«  archive*  de  l'Empire 
(Re|;.  KK.  •i'],  f"  1  fiij)  contiennent  l'nrticle  de  d<?|»cnitc  que  voici  :  i  A  Mathe  Crutth<Halo. 
R  trésorier  de  IKnipereur  de  (lonstantiiiople  ''',  (lour  deniers  a  lui  baillez  coin|itan»  par  ledit 
? arf,'entier,  pur  vertu  de»  lettre»  du  Roy  nostre  sire,  dont  cy  dcMUs  est  faide  meodoo, 
'pour  et  ou  nom  dudit  Empereur,  données  le  xiii*  jour  daoust,  lan  mil  quatre  ceiu,  ey 
n  rendue  a  court;  laquelle  quictancc  fut  veue  et  leue  en  la  Chambre  des  comptes  le  uil* 
«jour  de  Keplemltre  ensuivant,  ou  dit  nn,  et  escrit  au  dos,  mmtn  k  taiiig  wuonti  iwifr» 
ttjaquei  Ducy,  quelle  tendra  lieu  audit  aq^entier  en  la  despense  de  ses  eomple*,  il*  fraiu 
«valent xvi  I.  p.» 

Notre  pcritonnage  eut  donc  divcrxcs  occasionn  de  devenir  riche,  s'il  ne  rëleildëjà.  Quant 
h  son  liAtel,  il  y  a  tout  lieu  de  .supposer  qu'à  l'exemple  de  plusieurs  bourgeois  et  seigneurs 
de  la  m^nie  (époque,  il  le  lit  bâtir  sur  l'emplacement  des  trois  maisons  qu'il  avait  acquise*. 
Or,  conmie  il  les  possédait  encore  en  iSrjg  et  que  Guillebert  de  Metz  écrivait  entre  le» 
années  1/107  ''^  t^i3/i,  il  parait  probable  que  la  construction  fut  achevée  dans  les  pre- 
mières années  du  xv*  siècle;  qu'elle  était  alors  dans  toute  sa  nouveauté,  et  qu'on  la  citait 
comme  une  merveille.  M.  Berty  constate,  à  chaque  page  de  la  Topographie  hiitorûfHe  eu 
Vieux  Pnrin,  ces  transformations  d'une  ou  de  plusieurs  maisons  de  bourgeoia  et  d'artisan* 
en  hAtels  seigneuriaux;  et  les  ('randes  fortunes  qui  se  firent  ou  se  défirent  sous  le  règne 
de  Charles  VI  expliquent  ces  nombreuses  «folies.»  C'est  le  nom  qu'on  donnait  alors  et 
qu'on  a  continué  de  donner  aux  fantaisies  architecturales  des  riches  particuliepi. 

Il  nous  eât  été  agréable  de  terminer  cette  notice  par  la  reproduction  du  «saing  manuel 
t*  maistrc  Jacpies  Ducy,  n  a|>posé  sur  la  «  quictancc  veue  et  leue  en  la  Chambre  des  compte»;  > 
mais  ce  document  peut  élre  considéré  comme  introuvable  :  s'il  n'était  point  détruit  à 
l'époipie  (le  l'imendie  de  I  737,  il  a  dû  disparaître  dans  ce  regrettable  sinistre. 

MILES  BAILLKT. 


Sauvai  semble  considérer  la  famille  Bnillet  comme  fort  ancienne,  car  il  lui  attribue  la 
dénomination  d'une  des  rues  de  Paris:  «La  rue  Bnillet,  dit-il,  vis  à  vis  la  porte  de  la 
«Monnoie,  se  nommoit,  en  «397,  la  rue  Dame  Gloriette.  Peut  être  l'appelle-l-on  la  m^ 


C'  II'  compte  dos  <lm|M>ns   de  Ihoslel   le  Roy  '-  Il  «'agit  de  l'eapcrar  MaMci  III 

(ilinries,  du  premier  jour  de  juillet  Inii  Mxr.c.iiii"  qui  lit  Mm  entrer  k  Paris  le  S  JMI  i4oo.  (Vatr  la 

et  uu.  juMjiK's  mi  piviiiiiTJour  de jnnvier  eiisiiiviint  nionlioii  qu'eu  iaitliuili«lMrtdall*iB,t(lBaaled*al 

"MceUn.  (Arch.  derEnip.  Keg.  KK.  fol.  «51  47.)  ettta  aMBlkn  Ml  aeeoaipifnfc.  p.  «3*  alMte  k.) 


350  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

«Baillel,  parce  que  (juclqu'un  de  la  famille  des  Baillet  y  a  demeuré"  .»  Même  conjecture 
j)our  une  ruelle  de  l'ancien  quartier  Saint-Antoine  :  r  11  se  pourroit  faire  encore  que  du 
«nom  de  cette  même  famille  vint  celui  de  la  rue  des  Balets,  et  que  sans  doute  le  peuple 
«a  dit  la  rue  des  Balets,  au  lieu  de  la  rue  des  Baillets  ®.  » 

Nous  ne  discuterons  point  ces  deux  origines;  mais  nous  constaterons  avec  Sauvai  que  la 
famille  Baillet  comptait  parmi  les  plus  anciennes  de  Paris.  11  est  fait  mention,  en  i3go, 
d'un  Jean  Baillet,  écuyer,  qui  portait  d'argent  à  trois  chardons  de  gueules,  feuilles  et 
soutenus  de  sinople.  Sous  le  règne  de  Philippe  de  Valois,  Henri  Baillet  possédait  déjà  la 
charge  de  trésorier  de  France,  qui  devint,  en  quelque  sorte,  héréditaire  dans  sa  fumille. 
Il  eut  de  Jeanne  des  Essarts,  sa  femme,  Jean  Baillet,  que  le  Dauphin,  depuis  Charles  V, 
nomma  trésorier  général  de  ses  finances  en  iS^y,  et  qui  fut  assassiné  en  t358,  dans  la 
rue  Neuve-Saint-Merry,  par  un  changeur  nommé  Perrin  Marc.  Il  avait  épousé  Jacqueline 
d'Ay,  tante  de  la  vicomtesse  d'Ay,  femme  de  Jean  du  Drac '•'".  De  ce  mariage  naquit  Miles 
Baillet,  que  Guillebert  de  Melz  a  connu  et  qu'il  place  au  nombre  des  plus  riches  habitants 
de  Paris  à  l'époque  oii  il  écrivait. 

Si  la  fortune  de  Miles  Baillet  n'était  point  attestée  par  notre  auteur,  elle  le  serait  par  un 
document  de  l'année  i4o4,  qui  appartient  aux  archives  de  l'Hôtel-Dieu,  et  constate  une 
vente  importante  des  fiefs  et  fermes  situés  sur  le  finage  de  Créteil.  Le  vendeur  y  est  qua- 
lifié de  conseiller  et  maître  des  comptes  du  Roi,  et  l'acheteuse  doit  lui  payer  la  somme 
énorme  de  sept  mille  livres  tournois'*'.  Lorsque  Miles  Baillet  fit  cette  aliénation,  il  était 


'''  Histoire  et  recherches  des  antiquités  de  la  nlU 
de  Parix,  l.  I,  p.  i  i-j. 

'■''  Id.  ibid. 

'''  La  Roque  [Traité  de  la  noblesse,  p.  69)  cite 
(les  lettres  d'anoblissement  données  à  Gisors,  le  9  5 
mai  1357.  par  Charles,  (ils  de  Franco,  duc  de 
Normandie,  en  faveur  de  Jean  Uaillet  et  de  Jeanne 
Le  Coq.  sa  femme.  S'il  s'agit  du  père  du  Miles 
Baillet,  il  faudrait  en  conclure  qu'il  était  alors  marie 
on  secondes  noces. 

''  Voici  le  sommaire  de  ce  document  :  ir  Vente 
-par  Miles  Baillet,  conseiller  et  maître  des  comptes 
"da  Roi,  a  Marie  la  Guerine,  moyennant  7,000 
"•livres  tournois  a  compter  en  escus  dor  a  la  cou- 
Tonnepour  dix  huit  solz  ])arisis,n  de  divers  biens 
ci-après  désignes  :  un  hôlel  avec  un  colombier  et 
ses  dépendances  et  trois  quartiers  de  vignes  et  de 
jardins;  un  autre  grand  hôlel  situé  en  face  du  pre- 
mier, avec  colombier,  pressoir,  granges,  bergeries 
et  jardins,  contenant  environ  six  arpents,  aboutis- 
sant par  derrière  au  chemin  trqui  va  au  Mesche;» 
un  hôtel  et  un  jardin  conligus  au  clos  de  six  aqients 
ci-dessus  désignés  ;  vingt  arpents  de  saussaie  en  la 
rivière  de  Marne;  un  arpent  et  demi  de  vigne  au 
lieu  dit  cren  Rouge  Oeul;i  neuf  arpents  de  prés 
vers  la  Seine  et  la  Marne;  environ  quinze  arpents 


de  bois  à  Sacy,  tenant  aux  bois  de  Notre-Dame; 
environ  trois  cen(«  arpents  de  terre,  tenus  tant  en 
fief  qu'en  censive;  frdeux  gors  a  j)escliier  en  la 
(T rivière  de  Marne,  appelez  les  gors  de  Brisepain, 
"ainsi  comme  ilz  se  comportent ,  avecques  les  deux 
"pars  de  la  maistre  arche  qui  est  emprés  lesditz 
"gors,  chargiés  de  soixante  cinq  solz  parisis  de 
(Trente  par  an  envers  labbé  de  Saint  Mor  des  ¥m- 
iTsez,  et  des  deux  pars  des  reparacions  de  ladicte 
cgrant  arche  ;'^  de  sept  livres  deux  solz  quatre 
deniers  parisis  de  rente  annuelle  et  de  six  deniers 
parisis  de  cens;  quatre  arpents  et  demi  de  prés  et 
quatre  arpents  et  demi  de  terres  lal)0urables,  pris 
à  ceux  des  Filles-Dieu  de  Paris.  Celte  transaction 
est  du  8  juin  i4o4.  (Intentaires  sommaires  des  ar- 
chives de  l'Assistance  publique,  Hôtel-Dieu,  p.  198. 
n°  3599.)  Il  résulte  de  ce  document  que  Guillebert 
de  Metz  était  parfaitement  informé  lorsqu'il  écri- 
vait: ((Avec  ce,  ledit  sire  Mille  avoit  hors  Paris,  de 
"trois  costez  de  la  ville  ou  ses  héritages  estoient,  si 
(Tgrans  hostelz  a  haulte  cour  et  basse,  que  ung 
ffgrant  prince  se  y  logoit  bien.»  Nous  connaissons 
ses  trois  hôtels  de  CréteU;  restent  donc  deux 
autres  (r costez  de  la  villes  où  le  riche  financier  de- 
vait posséder  des  maisons,  fiefs  et  fermes  d'égale 
importance. 


LA  BOUHGKOISIK  l'AHISIEN.NE  ALX  XIV-  ET  XV'  SIÈCLES.  SSi 

(j(.'|)uis  |ilii!«i(Mtr8  annf^CK  déjà  chargé  de  l'adinini*tration  des  financef  |>our  tou»  I«h  iNijr*  àf 
laiifpK!  d'oïl,  c'cttt-à-diro  pour  la  moitié  dt;  la  France.  Il  avait  pour  collègue,  dan*  le»  pat* 
(le  liitigued'oc,  Guy  Clirélien,  qui  exerçait  également  cette  fonction  depui»  un  certain  lemp*. 
(ii-llf  douille  !situiilion  résulte  d'une  ordonnance  du  roi  (iharle<«  VI,  en  date  du  7  janvier 
\holi,  porlnril  les  dispositions  suivantes  :  «Item  avons  ordené  et  voulons  que,  |>our  le 
r|rouveriictiH;nl  de  toutes  nos  finances,  venans  en  quelque  manière  que  ca  «oit  <le  ooalre 
'•domiiitic  de  tout  nostre  royaume,  tant  des  parties  de  langue  doyl,  conuM  oeHaa  lie 
«  langue  doc,  nous  aurons  seulement  deux  trésoriers,  ainsi  comme  anciennemeol  wuloil 
"estru,  et  avons  ordené  (|uc  nos  amez  et  feaulx  Mile  Raillet  et  maistre  (îuy  Gnatico,  qui 
"pfir  aviml  esloient  ou  dit  oUicc,  y  demeurent  '.« 

Il  résulti;  (le  la  lecture  de  celle  pièce,  d'abord  que  le  nombre  de»  trévin-r^  -"t.iit  luul- 
liplié  ahusiveiiieiil  dans  les  dernières  années  du  xiv*  siècle;  puisque  Mile»  Baillet  et  wn 
collègue  étaient  déjà  en  charge  avant  l'année  tâoo,  carie  Roi  ne  fait  que  les  confirmer 
«lans  l'exercice  de  leurs  fonctions.  Les  historiens  du  temps  ne  disent  rien  de  Miiet  Baillel 
et  de  sa  gestion;  à  une  époque  où  les  récriminations  étaient  si  vives  et  les  réaction»  «i 
pronq)tes,  ce  silence  est  une  jirésonqttion  en  sa  faveur.  Il  est  toujours  bon,  quand  on  e»t 
fenunc  ou  conqitable,  de  ne  pas  faire  parler  de  soi.  Quant  à  la  vie  privée  de  notre  per- 
sonnage, nous  n'en  connaissons  rpie  très-imparfaitement  les  détails  :  on  sait  seulement 
qu'il  épousa  Denise  Boucher,  qui  ne  lui  donna  pas  d'enfants,  et  qu'il  institua  |H)ur  héri- 
tiers ses  neveux,  fds  de  sire  Arnoul  Boucher.  Il  était  mort  en  i&ai,  puisqu'il  est  ap|M>lë 
H  celle  époque  "feu  sire  Miles  Hnillel''^'.  »  Si  l'on  ignore  la  date  précise  de  son  décès,  on  a 
du  moins  la  cerlilude  «pi'il  fut  inhumé  à  Saint-Merry,  où  la  famille  avait  sa  sépulture. 
L'épilapliifM'  iiiaiiiiscril  de  la  hibliolhè(|ue  de  l'Ilôlel  de  Ville  ilonne  les  épitaphi-s  de  Jeanne 
litiilli-t.  femme  d'Aubert  le  Virle,  de  Thibault  et  René  Baillft,  présidents  au  PaHcment.  et 
A' André  linillet,  bailli  du  Palais;  puis  il  ajoute  :  «  Les  autres  prédëeeaseurs,  savoir, //ean  et 
« /Wi7c.i  Itfiillrt,  trésoriers  de  France,  Jean  Baillel,  général  de  France,  Pierre  et  Jtiut  BniUei. 
«maîtres  des  roqutîles ,  et  leur  autre  frère  Jean  liaillet,  évt'que  d'Auxerre,  sont  entern^  -ni 
«chd'ur  de  celle  église  de  Sainl-.Médéric.»  On  ne  trouve  qu'un  membre  de  la  famille 
Baillel  inhumé  hors  de  Saint-Merry  :  c'est  Isabelle  Baillet,  femme  de  Nicolas  Potier  de 
Blanc-Mesnil,  président  du  Parlement  et  chancelier  de  France,  enterrée  aux  Sainls-lnno- 
renls,  où  se  trouvait  probablement  la  sépulture  de  la  famille  de  Blanc-Mesnil. 

Miles  Baillel  eut  deux  frèri's,  Pierre  et  Oudart  Baillel,  ce  dernier  conseiller  au  Parlement. 
On  trouve  le  nom  d'Oudart  Baillet  au  bas  des  lettres  patentes,  en  date  du  'i  octobre  1  ^iS. 
par  lesquelles  Charles  \  1,  à  la  suite  de  la  funeste  bataille  d'Axincourt,  commit  le  soin  de 
la  sûreté  et  Irantpiillité  de  la  ville  de  Paris  aux  présidents  du  Parlement,  Mn»  pn'judire 
de  l'autorité  du  Prévôt  des  .Marchands  et  des  Echevins.  Deux  ans  auparavant,  il  e»| 
question,  dans  des  lettres  d'abolition  données  par  le  Roi,  d'un  Guillaume  Baillel  qui. 
avec  un  certain  nondire  d'autres  individus,  est  nommément  exclu  du  bénéfice  de  la  rlé- 
mence  royale,  pour  avoir,  dit  le  dncumont  original,  «commis  divers  taxé*  <lans  Pari». 
"extorqué  argent  et  meubles  daucuns,  tant  de  ladite  ville  que  autres,  les  aucuns  noyex. 


'    Archives  <lc  IKiiipire.  J.  ^68,  n*  10.  —    '    f^oa^lM  «<  Qr*Mir«i  àt  Im  Pm*â  4t  NrU, 
Sauvai,  t.  III,  |).  989. 


352  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

«autres  occis  et  faits  prisonniers,  et  les  dicts  excès  commis  entre  autres  par  aucuns  ayant 
Rladministration  de  la  ville'".» 

Il  paraît  probable  que  ce  Guillaume  Baillet  n'appartenait  pas  à  la  famille  du  trésorier 
«des  parties  de  langue  doyl;»  car  il  avait  certainement  pris  part  à  l'émeute  cabochienne 
des  Chaperons  blancs.  Miles  Baillet  et  ses  deux  frères  furent,  au  contraire,  fort  dévoués  à 
la  cause  royale,  puisqu'après  le  traité  de  Troyes  ils  eurent  à  subir  les  représailles  du  parti 
anglo-bourguignon.  On  exerça  même  contre  Miles  Baillet  une  sorte  de  confiscation  pos- 
thume :  les  Comptes  et  ordinaires  de  la  Prévôté  de  Paris ,  pour  les  années  i  i  9  i  et  1 4  a  3 ,  portent 
les  mentions  suivantes  :  i°  «De  M'  Germain  Rappinc,  lieutenant  civil  du  Prevot  de  Paris, 
«pour  une  maison  rue  de  la  Warrerie,  qui  fut  a  feu  sire  Miles  Baillet,  et  depuis  aux  en- 
«fants  de  feu  sire  Arnoul  Boucher*^';»  a°  «Maison  qui  fut  a  sire  Miles  Baillet,  rue  de  la 
«Voirerie,  etc.'"»  3°  «Maison  qui  fut  a  sire  Miles  Baillet,  scise  rue  de  la  Voirerie,  chargée 
«envers  W  Pierre  du  Boz,  chapelain  de  Saint  Martin  des  Orges,  fondée  en  leglise  Saint 
«Germain  des  Prés,  de  vingt  solz  parisis  de  rente;  M"  Germain  Rapine,  avocat  au  Chastelet 
«de  Paris  '*';  »  k"  «Terres  scises  a  Mitry,  qui  furent  a  Denise,  veuve  de  sire  Miles  Baillet, 
rx  absente,  données  a  James  Houtar,  Anglois'**;»  5°  «La  terre  et  seigneurie  du  Tremblai,  qui 
«fut  a  sire  Miles  Baillet,  et  depuis  a  ses  hoirs,  absents,  et  ne  doit  pour  relief  que  la  bouche 
«et  les  mains,  avec  le  quint  denier,  si  ce  nest  personne  privilégiée;  lesdits  héritages 
«donnés  par  le  roi  a  James  Houtar,  Anglois ''''. »  Ces  mentions  sont  éloquentes  dans  leur 
brièveté  :  elles  prouvent  que  les  vengeances  politiques  atteignaient  le  défunt  dans  la  per- 
sonne de  sa  veuve  et  de  ses  héritiers;  elles  attestent,  en  outre,  que  l'émigration  était  déjà 
une  nécessité,  puisque  Denise  Boucher  et  ses  deux  neveux  Pierre  et  Bureau,  qu'on  appe- 
lait les  Boucliers,  sont  déclarés  absents.  Enfin,  s'il  est  permis  de  hasarder  une  plaisanterie 
dans  un  aussi  grave  sujet,  on  est  tenté  de  sourire  en  lisant  le  nom  de  l'homme  de  loi 
chargé  de  poursuivre  cette  œuvre  de  spoliation  :  il  se  nommait  l'avocat  Rapine.  Peut-être 
méritait-il  mieux  que  son  presque  homonyme,  le  commissaire  ordonnateur  du  Directoire, 
les  honneurs  de  ce  quatrain  bien  connu  : 

Le  pauvre  Suisse  qu'on  mine 
Voudrait  bien  qu'on  examinât 
Si  Hapiitat  vient  de  rapine. 
Ou  rapine  de  liapinat. 

Les  Comptes  et  ordinaires  de  la  Prévôté,  où  nous  avons  recueilli  ces  mentions  affligeantes, 
en  contiennent  heureusement  une  d'oiî  il  semble  résulter  que  Charles  Vil  répara  les  torts 
faits  à  ses  fidèles  tenants.  A  l'année  lA^S,  sous  la  rubrique  «avantures,»  on  lit  :  «Les 
«hoirs  sire  Miles  Baillet,  jadis  trésorier  de  France,  pour  le  jardin  de  la  Barre  du  Bec,  ap- 
«  proprié  a  Ihostel  dudit  trésorier,  et  a  Ihostel  feu  Arnoul  Bouchier,  en  son  vivant  notaire 
«et  secrétaire  du  Roi,  et  conseilleur  en  son  audiance '"'. »  Les  hôtels  dont  il  s'agit  repré- 

'"'  YéVibïen ,  Histoire  lie  la  ville  de  Paris,  Preuves,  '*'  Comptes  et  ordinaires  de  la  Prévoie  de  Paris, 

t.  V,  p.  3a9.  dans  Sauvai,  t.  III,  p.  3o5  et  5-jli. 
''    Comptes  et  ordinaires  de  la  Prévôté  de  Paris,  '*'  Id.  p.  3a5. 

ans  Sauvai,  t.  lil,  p.  58a.  «  Id.  ibid. 

"  W.  p.  298.  1')  Id.  p.  4a5. 


LA  BOURGEOISIE  PARISIENNE  AUX  XIV»  ET  XV-  SIÈCLES.         35S 

MMi(iiictit-ils,  apri^s  plus  d'un  (lemi-siècle,  la  magnifique  r<fKidonce  sise  «eo  la  Voirie,»  et 
(ic'fcriti;  |iar  (<uillcl)crl  d*;  Metz?  C'est  une  question  dont  l'csaincn  appartient  i  la  Topof[nMt 
liiêtoriijuf  lin  Vii-itx  Paris,  et  que  le  dé|)Ouillciiicnt  des  censier»  permettra  certaineDeot  de 
résoudre. 

A  pirtir  d(;  l'année  t/ï^B,  on  suit  facilement  les  traces  de  ta  famille  Baillet.  En  i5i  i, 
le  janliii  de  la  ISarre-du-Ber  est  dit  n|)|iartcnir  raux  hoirs  feu  Miclicl  Baillet.»  En  i5i9, 
Tiiibaull  Baillet,  |)iv.si(lt'iit  en  lu  Cour  de  Parlement,  est  délégué  avec  Roger  Barme,  avocat 
à  ladite  cour,  «pour  publier,  décréter  et  arrester  les  coustumes  généralea  et  locales  de  la 
<t  prevosté  et  vicomte  de  Paris  '".  »  C'est  ce  même  personnafje  qui  fut  charf;é  d'une  misaioa 
analof^uc  à  Poitiers,  et  dont  Jacques  Capel  fait  l'éloge  dans  son  discours  en  l'honneur  de 
Paris.  Les  Haillcl  rontiiiuArent  d'ailleurs  i!isié(;er  au  Parlement  pendant  lesxTi*et  svii* siècles, 
et  Félibien  cite,  dans  ses  Preuve»,  de  nombreux  documents  où  leur  nom  est  mentionné*. 


Pour  rendre  un  peu  moins  incomplet  le  travail  qui  précède,  nous  aToni  eok  penaéeiTy 
ajouter  deux  documents  importants  :  i*  une  liste  des  bourgeois  notables  de  Paris,  soigneu- 
.semcnt  relevée  dans  les  pièces  authentiques  et  dans  les  meilleurs  ouvrages  d'érudition; 
9°  un  état  des  habitants  de  la  capitale  c^ui  |)rêt^rcnt,  en  lAiS,  serment  de  fidélité  h  Jean 
sans  Peur.  Ce  dernier  document  nous  a  été  obligeamment  communiqué  par  M.  Guilbault, 
juge  honoraire  i!i  Saintes. 

LISTE  DES  BOURGEOIS  NOTABLES  DE  PARIS 

À  L4  FIN  DD  IIV*  SliCLB  ET  AU  C0MMB<<CKIIE7IT  DO  XT*. 

PREMIÈRE  CATÉGORIE. 

BOOIIGEOIS  ET  MIRCUAMOS  81XS  KVlKt  OClLIFICiTIO!*. 


Airoery. 

Ausacl  d'I*ry  (Renaut). 

Bu4iol  (Pierre). 

B«rifud(Pi«n«).ikVi 

Agode  (Robert). 

Aiixcn  (Guillemin). 

Bareau  (Gailbume  <le). 

BfWlL 

Alart  (Jacques). 

Bameu  (GuiilaanM). 

Bairiz  (Jeu). 

Allas  (Syiiionin). 

Barhelier  (Jarques). 

Bim7(MiUHde). 

Vm[lmmig). 

Allt>nval(Ji'nii). 

Karliolier  (Jean). 

Baugù(D«wad«). 

HtmI  (GmI). 

Alluart  (Pierre). 

Riijpioni'o  (OuiHatinic). 

Baaier  (Jehumin). 

BilirdL 

Ainienii  (Pierre). 

ttaigniaux  (Jean  de). 

Baortn  (Jean). 

WÊmmi(imm). 

Amiul  (Jean). 

Bùile  (Pierre). 

Batille  (Guiliaoïne). 

mmmULmmy 

Apolliirnirv  (Rirhard  Y). 

Baillet  (Guillaume). 

BMCkMl(J«M). 

Arryo»  (Jean  d'). 

Baillet  (Milles). 

BMiqaa  (GuiUiyiÉi). 

Biais  (Jaw  4a). 

Arofiier  (Lmis). 

Baillcl  (Oudart). 

BM<iMt(J«n). 

BlMchal(nafrt). 

Arrode  (Nicola.i). 

Bairon  (Jean  de). 

Mut  (Ptiiiippe). 

mÊmimm(Um). 

Arloi.<  (Jean  d'). 

Baiasclac  (Hugueiin). 

Baio((N...). 

nmiâ{mémi). 

Anodin  (Jean). 

Btjard  (TouaHinl). 

B<Mil(Lu<M). 

BlOWiol  (PBfWJ* 

Auhriol  (Regnaull). 

Bdi;  (RegMult) 

Bam^v  ((MHmmm). 

tm^mm^mmé,). 

Auger(Jein). 

B«r(>elle(L«ur«lll). 

Ban«kr(Hi«««iB). 

témi(lim1mé,y 

Aiinel(G.  d"). 

Barbottp  (Piem). 

BaHMot 

BaM(MaalB*). 

''   Comptes  et  ordinairtt  de  la  Pmoli  dl  P»n», 
dans  Souvai,  l.  iU,  p.  553. 


(*>  tfùletrt  ifc  fa  aOb  A  Avw,  Pna««,  L  IV, 
p.  699,  791.  8o3;  L  V.  p.  Sê7,  «te. 


354 

Bon  (Jean). 
Boncel  (Baudoin). 
Bonier  (Perrin  le). 
Bonpain  (Jean). 
Boquet  (Jean). 
Bordes  (Leurens  des). 
Borgne  (Thomassin  le). 
Boucel  (Jacques). 
Boucher  (Bureau,  dit  le). 
Bouclier  (GuiJ>ert). 
Boucher  (Pierre,  dit  le) 
Boue  (Guillaume). 
Boudin  (Guillaume). 
Boujou  (Jean). 
Boulard  (Nicolas). 
Boulet  (Ayraon). 
BouUn  (Jacques). 
Boulon  (Jean  de). 
Bourdin  (Guillemin). 
Bourdon  (Pierre). 
Bourdon  (Simon). 
Bourgeois  (Michel). 
Bourgne  (Thomas  le). 
Bourgogne  (Jehan  de). 
Bourrelier  (Pierre  le). 
Boursier  (Alexandre  le). 
Boursier  (Régnant). 
Boutillier  (Guillaume  le). 
Boyau  (Baudet). 
Bragelonne  (Piquet  de). 
Brandin  (Jean). 
Braque  (Amoult). 
Braque  (Bernard). 
Braque  (Nicolas). 
Bras  (Robin  de). 
Breban  (Pierre  de). 
Bred  (Jean  le). 
Brehier  (Jean). 
Brisse  (Guillaume). 
Brode  (Mahiol  la). 
Broquet  (Moriset). 
Brunel  (Adam). 
Bruncl  (Jean). 
Bruny  (Simon). 
Bruquin  (Jean). 
Bruy  (Jean  de). 
Bulcu  (Bernard  de). 
Burgault  (Jean). 
Bury  (Jean  de). 
Bute  (Jean  le). 
Buymont  (Guillaume  de). 
Cachier  (Jean). 
Caignel  (Laurens). 
Caignol  (Laurens). 
Caillier  (  Jaquet  de). 
Callot  (Laurens). 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Canart  (J.). 
Cardon  (Jacques). 
Carnavalet  (Thomas). 
Cathon  (Nicolas). 
Caulers  (Jacques,  dit  de). 
Caulers  (Martin,  dit  de). 
Cepay  (Louis  de). 
Cevoisier  (Nicolas.) 
Ccvaule  (Jean). 
Chalemart  (Jean). 
Chaligaut  (  Miles). 
Cbahvaly  (Jacquet). 
Challart  (Jean). 
Charohes  (Guillaume  de  la  ). 
Chambre  (Simon  de  la). 
Chambrier  (Gilot) 
Cbampeaux  (Simonin  de). 
Chanteprime  (Evrart). 
Chanteprime  (Philippon). 
Chapon  (Simon). 
Chardon  (Ancel). 
Charpentier  (Cassement  le). 
Chaq)enlier  (Yvonnct  le). 
Charretiers  (Jean). 
Chastigner  (Jean). 
Chaussetier  (Sylvestre  le). 
Chesnard  (Jean). 
Chevalier  (Thomas). 
Choart  (Michel). 
Cboisy  (Jacques  de). 
Chresticn  (Pierre) 
Chuffart(Jean). 
Cignc  (Robert  le). 
Cirier  (Jean  le). 
Clarcy  (Jean  de). 
Clavillc  (  Guillaume  de  ). 
Clerc  (Jean  le). 
Clerc  (Pierre  le),  dil  Per- 

rinel  le  Clerc. 
Clizain  (Guillaume). 
Cochet  (Sanson). 
Cochetier  (Jean  le). 
Coignet  (Claude). 
Coingnier  (Simon  de). 
Coisne  (Guillaume). 
Colin  (Jean). 
Comin  (Roger). 
Conant. 

Gonche  (Guillaume  la). 
Conignon  (Jean). 
Coquatrix  (Bernart). 
Corbeiller  (Gilles  le). 
Cordonnier  (Geoflroy  le). 
Corneille  (Thomas). 
Cornet  (Jean). 
Corps  (Jean  de). 


Correl(Oudart). 
Cossart(  Jean). 
Cotin(Andrë). 
Coullart  (Teasin). 
Courand  (Jean  le). 
Courmenil  (Michel  de). 
Courtillier  (Jean). 
Couloingue  (Guillaume  de). 
Coulommiers  (Martin  de). 
Courtin  (Thevenin). 
Courtois  (Philippe). 
Couste  (Jean  de  la). 
Coustellier  (Benoist  le). 
Coustcllier  (Pierre  le). 
Coulellier  (Simon  le),  dil 

Caboche. 
Croix  (  Simon  de  la  ). 
Croquet  (Jacques). 
Cuiret  (Perrin). 
Cuiaelle  (Pierre  de). 
Culant( Guillaume  de). 
Culdoc  (Loys). 
Cuvilier  (Jean). 

Damnoy  (Hutin). 
Dampmartin  (Hue de). 
Danes  (Guillaume). 
Dangerville  (Guillaume). 
Dangeul  (Pierre). 
Daniel  (Philippe). 
Dapoigny. 
Dappo  (Augustin). 
Dargeuse  (Pierre). 
Daricn  (Yves). 
Darmentieres  (Jean). 
Dassigny  (Jean). 
Dalhys(Bethon). 
Dauphin  (Guichart). 
Dauneel  (G.). 
Dauquans  (Raoul). 
David  (Avioajf). 
Depreaux  (Jean). 
Desgrès  (Guillaume). 
Deslandes  (Pierre). 
Despinay  (Marque!). 
Desquay  (Henri). 
Dieu-le-Fist  (Jean). 
Dieu-le-Part. 
Dieu-Part  (Jean). 
Digoyne  (Louis  de). 
Dionis  (Allain). 
Dionis  (Charies). 
Domont. 
Dorches  (Jean). 
Dozio  (Balthaxar). 
Dozio  (Nicolas). 


Drac  (Bertheiotdu). 
Drouais  (Hervé  le). 
Dubois  (Félix). 
Dubois  (  Nicolas). 
Dubreul  (Miles). 
Dubuiason  (Richard). 
Duc  (Guillaume  le). 
Duc  (Laurent  le). 
Duchcsne  (Denisot). 
DuTruit  (Raoul). 
Dujardin  (Regnault). 
Dupuis(Adam). 
Dupuis  (Jean). 
Dupuis  (.Nicolas). 
Dupuis  (Philippe). 
Dutraix  (Jean). 

Emery  (Pierre). 
Empire  (Olivier  de  1'). 
Epine  (Jean  de  t'). 
Emand ,  dit  DambcUe. 
Errand  (Jean). 
Esmeré  (Robin). 
Eslobert  (Jean). 
Eugenin  (Estienne). 

Farcy(Deny8). 
Faucheux  (Hauquetin  le). 
Fay  (Pierre  du). 
Febvre  (Godefroy  le). 
Fedeau  (Jean). 
Femel  (Jean). 
Ferrebouc  (Grégoire). 
Fessart  (Helgol). 
Feuillet  (Jean). 
Feurgeret  (Colin). 
Fevre  (Jean  le),  dit  \eij\is. 
Filonnet  (Perrin). 
Floisemer  (  Estienne). 
Floury  (Jean  de). 
Fol  (Jean). 

Foletemps  (Guillaume  de). 
Foleville  (Jean  de). 
Fossoyeur  (Rémi  le). 
Furo  (Jean  du). 
Fourhis.seur  (Jean  le). 
Fournier  (Jean). 
Français  (Dominique). 
François  (Y'ves). 
Franuche  (Barthélémy). 
Fresncl  (P.) 
Freville  (Estienne). 
Fruitier  (Oudin  le). 

Galande  (Jean). 
Galichicr  (Richard). 


LA  nOLUGtUJislE  l'AUlSlENNE  AUX  XIV  ET  XV  SIÈCLES. 


SIS 


(îulupiM'  (Ji-an  ). 
(iaiiiliaiill  (J<-nii), 
(jar(;atli!  (Tlimmu). 
UiaU-lili!  (i'vrriu). 
Gaucli'  (Jean). 
(iiiiiliiT  (J<!an). 
(jayant  (l'icrre  le). 
Gedouyn  (Juquel). 
(lencivn  (Ji-an). 
(ienlill)  (Hi'nriel  de), 
(icrfjniit  (Simon). 
(jilMicrt('riievenin). 
tiiraull  (Pierre), 
(ïmlmillo  (Oiiilart). 
Goia  (<iiiillaiimo  le). 
Goni-ao!  (Joan  de). 
Gortml  (Maliiet). 
Goupil  (J<>an). 
(iouvprnco  (liuilinunK'). 
(irandvillv  (Jean  de). 
Gra*  (Jran  le). 
Gni»(Pi<'rr<>lo). 
Grcnvtoiit  (dolin). 
Grouin  (Gucrin  le). 
Guerart  (Jean). 
Unin^^anl  (  Im)»  de). 
Giiiot  (  Giiillminw). 
tiiivot  M!lnude). 

Ihil  (l.iiiiniirl). 
Ilnllit'i-!!  (  llii|,'uel  de«). 
Hardi  (Jean). 
Ilaudry  (Jvan). 
IloauniiiT  (Nicula*  le). 
Henri  (Jean). 
Henry  (Klienno). 
Hérault  (Jean). 
Herbert  (Etienne). 
Hcron  ((iuillaumc). 
Héron  (Maci'). 
Ilocbororne  ((^olin). 
Hola  (Mnlliieu). 
Ho(|iielil  (  Holiort). 
Ilonllifi  (Philippe  de). 
Hulierl  (Maurice). 
IIuKon  ((Guillaume). 
Iluiie  (Ktiennc). 
ll»re(P.) 
H<ii|.i  /\..n„\ 

JailUrI  (Coiiu). 
Jarret  (Pierre). 
Jars  (Henri  le). 
Jnhanni  (Jaquct   et   h'ran- 

chin). 
Juniaull  (Jean). 


Jumeauli  (Guillaume  de). 

KafjonJel  ((iujniard  de). 
KaUlin  (Uinbert). 
Koux  (Alain  le). 

LabM(FMilqiiM). 
Laboorebiaa  (Pierre). 
LabaSIe  (Girtrd). 
Laillier  (GuilUame). 
Laleinant  (Girart). 
Lalement  (Mac;). 
Laliur  (Jacquet  de). 
Lamliau  (JaeqiMf). 
Lambert  (Jacquet). 
Lan);lai«  (Richard). 
Langluia  (Guillaume). 
Lan|;loi«  (Jaci|uin). 
Langioia  (Mathieu). 
Langnet  (Pierre de). 
Langueil  (Tbomaa). 
Lapie  (Jehannio). 
La  Poterne  (Jean  de). 
Liquele  (Robert). 
Larche  (L4m«D(  de). 
Lallivier«(llidi«lde). 
I.a  .Sale  (Henri  ie). 
I.a  Tour  ( Guillanme  de). 
L.aval  (Pierre  de). 
Lajtié(  Michel). 
LeReau(ieao). 
Le  Boucher  (Jehan). 
Let^lerc  (Nicolas). 
Le  (^oniis  (Giloe). 
Le  Comi»  ((luillaume). 
Le  Comiii  (Simon). 
Lecomte  (GuillauDie). 
Lefer  (Pierre). 
Lefeure((hidart). 
Lefevre(Jean). 
Le  FUinenl  (JotH>). 
Lcgrot  (Caain). 
Leiicur  (Claude). 
Lemaire  (Jehan). 
LeMay  (Kremin). 
Lemoine  (Michiel). 
Lenjoy  (Jean). 
Lepider  (  Romi  ). 
Le  Queux  (Jacques). 
Umg»{ifn). 
LeachBva!i(Thiluut). 
Letcrivnin  (Holicrt). 
Leeenyer  (Robert). 
LetoarMar(J«u). 
L*VigMroa(J«ui). 
Licier  (Guillaïune). 


Lioot  (Jean  de). 
lxMr(Jacq«Mtd«). 
LoUy(Y.de). 
Uli«e  (J«ta). 
biuibard  (BatlidM). 
LoaibMii(Pi«rt). 
LembMt(ErtMaM). 
LyoiM(YniNloiat). 

Ma(on(Midielle). 
Mailbrd  (Jean). 
Mainfroi  (Gnillauaw). 
Maidre  (imn  U). 
M«loii«ia(R«Mrft). 
Marwloa  (P.). 
Marcel  (Andrj). 
MmwI  (EiHwme). 
Mirai  (GMraiw). 
Marcel  (JeM). 
Marche  (Am;  h). 
Maratchal  (JeHi  W). 
MarMii(J«aa4e). 
Maria  (Biehart). 
Marquade(Jeao). 
Manon  (Jean  de). 
Mwtelet(G.). 
Martin  (Bartheéamy). 
Marittocb  (Henri). 
Maitin(Mar<ài). 
MaliitoB  (MidMl). 
ManduH  (0«Mtrt). 
Maugier  (Pierre). 
Meaui  (Pierre  de). 
Mande  (Gadifer  de). 
Merder  (Jean). 
Michiel  (Guillaume). 
Mivray  (Jean). 
Moi«oo  (Jean). 
Moniag  (J.  de). 
Moalibrt  (Guillemia  de). 
Morcau  (Jean). 
Morean  (  Pierre). 
Meral  (Jean). 

Moulina  (OUkadea). 

Naotran  (Pierre). 
Naqva  (Jean). 
NemiaM  (Oadtitr). 
I»M(Jaank). 
Nair(Baodb). 
NeiNl(Jeaa). 
Noraw«d(PaRteb). 
Nan7((MiiMMM). 

NwUIICNf  {mm  m}* 

Nua(I 


Ogier(PlNlin»). 

OiiTt«r(ilMri). 

Of{m«(PiafT«r). 

PifHrt  (PifTW). 

Paiitf  (Manda). 
Pabdar  (G.). 

r(Ptma). 
r< 
i«Mh>w4>). 
Paria  (Jean). 
PiaM(MidMl  aa). 
rda  Van. 
i(Ufi). 

Ptalart(Pian«). 
PM«n(Ltgiar). 

r(Jaa.). 

r(Piarr.). 
Pec  (Sisoiini  le). 
P«k^(J'an). 

.(SiManb). 

r(MailMriale). 
reVTtciion. 
Panier  (Jfln  le;. 
PMil  (Bernard). 
Petit  (taaid). 
Pattt-MaAre  (GnOaMM 
Petil-P«irt(  Richard  da). 
Picard  (Jean  le). 
Pi<nrt(Gnilinwile). 
Pidalal(Banaiit). 


b). 


Pidoé(Ga 
Pilot  (Pwm). 
Piaaortn  (Jean). 
PiniBat(Jean). 
Pinçon  (Jean). 
Piajan  (Lanrent). 
PUMOQ  (AdfMn). 
Pinmi(Hug>et). 
Pion  (Girard). 
Piet  (Michel). 

l(Jaan). 

r(Ja>i). 

|(J4M). 


da). 
l(Pitrra). 
N%MI  (Gnrfyar). 

r(Aliin). 

•  (SiM). 
r(Jaan). 

•  (P«Rte4ni).dyiBa- 


M. 


356 

Potin  (Nicolas). 
PoudeLon  (Etienne). 
Poulain  (Liger). 
Poulite  (Etienne). 
Poussin  (Jean). 
Présent  (J.). 
Prête!  (Pierre). 
Pretrelle  (Pierre). 
Prince  (Guillaume). 
PruncroUe  (Pasquier). 
Purgeret  (Jean). 

Quesnoy  (Nicole  du). 
Quinepuet  (Etienne). 
Quiquet. 
Quoquerel  (Jean  de). 

Rabay  (Regnaull). 
Raguier  (Jean). 
Raguier  (Raimond). 
Raina  (Jean). 
Ravenel  (Jean  de). 
Rebours  (Jean). 
Regnaull  (Mahiet). 
Régnier  (Thierry). 
Renier,  dit  Toussac. 
Renvoisié  (Jean  le). 
Reseï  (J.  de). 
Reuil  (Pierre  de). 
Richart  (Philippe). 
Riche  (Guillaume  ie). 
Richer  (Pierre). 
RobilJart  (Simonnel). 


DOCUME^TS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Roger  (Robert). 
Rolempont  (Laurens). 
Ronghy  (Nicolas). 
Roquemont  (Robert  de). 
Rosengardin  (Albert). 
Rouen  (Jacques  de). 
Rouen  (Jean  de). 
Roussay  (Aimery  le). 
Roussay  (Jehan  de). 
Rousseau  (Andry). 
Rousseau  (Guillaume). 
Rousseau  (Mahiet). 
Rousseau  (Pierre). 
Roy  (Nicolas). 
Ruelle  (Guillet  de  la). 

Sac  (Rartlielemy). 
Sacrice  (Perrin). 
Saillembien  (Jacques). 
Saint-Renoist  (Michel  de). 
Saint-Bcnoist  (  Jean  de). 
Saint-La  urens  (Jacques  de). 
Saint- YlUer  ( Nicole  de). 
Sandemer  (Nicolas). 
Sandubois  (Jean). 
Sanguin  (Jean). 
Sausoy  (Simon  du). 
Sauvage  (Jean) 
Sauvaige  (Cohn). 
Scelleur  (Aubert  le) 
Sens  (Loysde). 
Simon  (Tliomassin). 
Sore  (Etienne). 
Sore  (Jean). 


Soutif  (Louis). 
Spifame  (Barthélémy). 

Tabours  (Jean  aux). 
Talence  (Jean). 
Taranne  (  Loyset  de  ). 
Taranne  (Perinetde). 
Tassin  (Renard). 
Tessart  (Thibaut). 
TesUrt  (Jean). 
Thadelin  (Edouard). 
Tliaisy  (Jean  de). 
Thibert(Mirbel). 
Thiboutot  (Thomas). 
Thison  (Jean). 
Thomin  (Jean). 
Thurel  (Belhommet). 
Tliyer(B.  de). 
Tixerrand  (Adenet). 
Tondeur  (  Nicolas  le). 
Tort  (Geoffroy  le). 
Toussac  (Guillaume). 
Toussac  (Jean). 
Toutin  (Jean). 
Traehy(Tliibault). 
Tremblay  (Louis  de). 
Trenebus  (Jean). 
Trenon  (Henri  du). 
Trente  (Bauduche). 
Triconnct  (Jean). 
Triquedy  (  Morice  ). 
Troyes  (Henry  de). 
Troye8(Jeande). 
Tuerchieure  (Jean). 


TuilIier(Beraut). 
Turquant(Jean). 

Vachère  (Bertrand). 
Valée  (Guillaume). 
Valet  (Colin). 
Valin  (Jean). 
Valher  (Maclou). 
Vanhouier. 
Varlet  (Jacques). 
Vaudetar  (Gontier). 
Velon  (Nicolas). 
Verdun  (Hugues  de). 
Verdun  (Jean  de). 
Vemal  (Pierre). 
Veref,  (Raoul). 
Verou  (Joseph  de). 
Viart  (Jacques). 
Vigneron  (Pierre le). 
Vilaines  (Jehan  de). 
Villesurasse  (Gilet  de). 
Vinier  (Guillaume  du). 
Viole  (Aignan). 
Virgilles  (Jean). 
Vilry  (Nicolas  de). 
Vivian  (G.). 
Vivier  (Thibault  du). 
Voitron  (Jehan  de). 
Volot  (CoUu). 

Winnemare  (Hennequin). 

Yvon  (Jean). 


DEUXIÈME  CATÉGORIE. 

APOTHICAIHES ,  CHIRORGIEKS,  CLERCS,  GARDE-KOTES,  MAGISTRATS,  MioECIHS,  PROCURE DRS,  8ERGE5TS 

ET  AUTRES  PROFESSIO:iS  LIBÉRALES. 


Acart  (Girard),  médecin. 

Aci  (Phibppe  d'),  payeur 
de  la  ville. 

Adam,  clerc. 

Adam  (Jean),  cliirurgien. 

Aguenin  (Guy),  avocat. 

Aguenin  (J.),  procureur  du 
roi. 

Aguenin  (N.),  président  au 
Parlement. 

Aladent  (Bertaut),  rece- 
veur des  aides. 

Aleaume  (Pierre),  exami- 
nateur. 

Alegret  (Simon) ,  physicien. 

Alespée  (Pierre),  avocat. 

Amer  (Pierre),  clerc. 


Amourette  (RaouUin  d"), 
sergent. 

Andreiel  (Jean),  barbier 
juré. 

Anseaulme  (N.),  médecin. 

Archer  (Jean  1'),  recteur 
de  l'Université. 

Archières  (  Robert  d'),  clerc 
du  trésor. 

Argies  (  Franç.oi8  d'  ) ,  ser- 
gent. 

Aubel  (  Guillemin  ) ,  barbier 
juré. 

Aubelet  (Jean),  sergent. 

Aubespin  (N.),  procureur. 

Aubry  (Jacques),  clerc. 

Auge,  physicien. 


Aumont  (Pierre  d"),  dit 
Hulin,  chambellan  du  roi. 

Aunay  (Hutinde). 

Avesnes  (Guillaume  d') ,  ser- 
gent à  cheval. 

Babœuf  (Mabies),  barbier 
juré. 

Bacquot  (Henriet),  garde 
des  joyaux. 

Baigniaux  (Macy  de),  no- 
taire. 

Baillet,  conseiller. 

Bailly  (Jean de), président. 

Baisclat  (Etien°*de),  notaire. 

Bar  (Guy  de),  prévôt  de 
Paris. 


Bar  (Jean),  examinateur 
au  Châtelet. 

Barrau  (Guillaume), secré- 
taire du  roi. 

Bataille  (Denis),  notaire. 

Bataille  (Jean),  notaire. 

Bataille  (Odart),  notaire. 

Ba  ugis  (Pierre  ),  herboriste. 

Baumes  (  Denis  de  ) ,  avocat. 

Bayard  (Jean),  sergent. 

Beaumonie  (Jean  de),  phy- 
sicien. 

Beaumont  (Jean  de),  phy- 
sicien. 

Beauvais  (N.),  notaire. 

Bec  (Guillaume  du),  maître 
de  la  Chambre  aux  comp'". 


LA  BOURGEOISIE  PARISIENNE  AUX  XIV'  ET  XV'  SIÈCLES. 


Rcgiii!  (Anilri!  le),  noUiirc 

Hofriji-  (Jean  In),  noUiire. 

Hfiffiin  (IMiiiijipo  |p),  con- 
M'illiT  (lu  roi. 

B)!|;tift  (llol>prt  le),  maître 
(In  l'll('>t>-l-l)icii. 

Bo(juinol  (Jean),  noUir(-. 

llcf;iiinot  (N.),  notain-. 

Bclloi  (Donin),  protiircur. 

Ilclloy  (Joan  de),  (5ch(!vin. 

Hclon  (  Nicolas) ,  liomnie  de 
loi. 

B(-nard  (Claude),  procu- 
reur au  l'oriirment. 

B«raut(h'aliien),  contrôleur. 

Bernard  (Pierre),  barbier 
juri^. 

Berni  (Françoii  de),  chi- 
rurgicH. 

Borlaucourt  (Rticnnc  do), 
clerc, 

Rcrtliniit  (Jean),  maître 
rlerr  iks  comptes. 

B(Tt]il(-niy(I.ouis),  notaire. 

Bi-rtin  (Nicolas),  examina- 
teur. 

B«r(ran  (Jean  ),  juré  du  roi. 

Bene  (G.  de),  con.willcr. 

Bioncourt  (  Nicole  de  ),  con- 
«'illf'r. 

Binot  (Ktienne),  procureur 
au  Chttelel. 

Blancliet  (Hugac*),  notaire 
du  roi. 

BInncliet  (  Loys),  notaire  du 
roi. 

Blanchet  (Pierre),  lecrë- 
laim. 

Rois  (J(>an  du),  notaire. 

Bois  (Symonnet  du),  ca- 
pilain(<. 

B»isrnti(T  (Guillaume),  maî- 
tre (les  n<(pi(Ucs. 

Boia(>elet  (Nicolas),  clerc. 

Boii  (Jacques  du),  avocat 

Bonne  (J(>nn),  maître  de» 
iMifauLi  du  Palais. 

Rurdos  (  llnude  des),  tecré- 
Uiiro  du  roi. 

Botin  (Jean  de),  rommis- 
sain». 

Boucher  (Arnouh.secn^lsim 
du  roi. 

Boucher  (Gnillnume),  phy- 
sicien. 

Boudant  (Pierre),  sergent. 


Boiidart  (Colin),  iOiwJw- 
d(!au  (\i;  la  nation  de 
France. 

Boudrac  (  Bureau  ) ,  clerc. 

BoueO.'  (J(;an) ,  notaire. 

Bougis  (Nicaiae),  notaire 
du  roi. 

Boulanger  (Pi«m),  Mer4- 
taire  du  roi. 

Boulengier  (Noël),  exami- 
nateur. 

Boucpielon  (Jean  de),  dit 
VigtK^te,  sergent. 

Bourc  (Jacques  du),  chi- 
rurgien. 

Bourdon  (Laurent),  eon- 
trAleur. 

Bourieau  fJean),  receveur. 

Bourlccat  (GuiUaume),  por- 
tier de  la  porte  Saint- 
Jacques, 

Bousoulart  (Hugues),  exa- 
minateur, 

Bouasac  (  Philippe  de) ,  apo- 
thicaire. 

Boute  (Jean),  notaire. 

Boulin  (Jean),  physicien. 

Boys  (Jacques  du),  notaire. 

Braulart  (Jacquet),  con- 
seiller. 

Bray  (Etienne  de),  correc- 
teur des  comptes. 

Bré  (E.<tionne  le),  maître 
de  la  haute  justice  du  roi. 

Brcban  (  Philippe  de) ,  pré- 
v&t  des  marchands, 

Brebion  (Guillcmin),  bar- 
bier jur^. 

Breason  (Reraut),  (^lu  aux 
aidée, 

Breteau  (Guillaume),  re- 
ceveur de  Paria. 

Briseul  (  Raoul  ) ,  notaire 
du  roi, 

Brochier  (Guy), greffier  du 
tn^orier. 

Brode  (Jean),  poursuivant 
de  Guyenne. 

Broichier  (Guy),  clerc  d(<s 
comptes, 

Bnmeau  (Etienne),  con- 
trôleur do  la  reine. 

Bnmeau  de  Saint  -  Cler, 
jin-vAl. 

Bruoy  (Jean),  notaire  du  roi. 

Bnahird  (Pierre),  aoUirr, 


Bmjere*  (Girart  i»),  m- 

crélaira  dn  rai. 
tnU  (GidUiMM).  maître 

AmgÊnJÊÊimiênaéi  roi. 
Badé  (iata).  tmMhm. 
BdMaM  (Jan),  *d«t  d« 

cliâDumdtt  rai. 
BuSerea(Pi«rra).e«Mflr. 
Bweaa  (Eliemie).  nelaira. 
Bujmml  (C.  ai  b.  de). 

hniiaiera. 
Boynard  {Bttgam),diK. 

Caclientr<e(AJMmM),e)«K. 
Cabotm  (Jaanda),  { 

reur  au  Parlement. 
Caille  (Gillebart), 
Cailler  (MicM  de). 

seiller, 
Caloire  (  Pierre) ,  dait. 
Calot  (Laurent),  notaira. 
Camart  (  Jean  ) ,  avocat 
Cambiers    (Jacqoet    de), 

sommelier  du  roi, 
Cantelcu   (Pierre),  tr<*o- 

ricr  de  France, 
Canu,  conseiller. 
Canlonnel    (  Guillaume  ) , 

phytideo. 
Caret ,  prooMitour  de  la  cmir 

der<Mqnc 
CeiMU (Jean de),  mMedn, 
CaMtnel  (GailiMirae),BMi- 

tredliAlddekraM. 
Castellain  (Raoul  le),  au- 
diteur des  comptea. 
CaDchoii(Rogiarie),*«il|'*'. 
Ourhon  (Pierre),  maître 

es  arts, 
Cauthelet  (M.),  CMUmna- 

teur, 
Celaoy  (G,  de) ,  eomeiller. 
CeaNeres  (Jean),  notaira 

an  Parlement 
Chambre  (Guillaume  de). 

phjfsician. 
Chandelier  (Jean  le),  pra- 

eureor. 
Chanteprime  (Fran(«ia), 

reeeveur  dea  aide*. 
Qmaltfrmm  (Jean),  raea- 

veof  oeanidca. 
r.hanteprime  (J«an  de),  Ir^ 


SS7 


aN|Mfl«(J«Md«la).«lHC 


amiU(S.4»h),dmt. 
CMkr(%Mmk).  «trw 


(imm). 


). 


•). 


GhMvaraa  (AwloM),fwia 
delaprivM. 

duq— rt  (?!.).  pria  wrJMrt. 
aMart(JeMi).ci«c 
Gkonrt    (J«Mi).  eaiMMa- 


damecy  (Cille  det.  ^*M 

de  Paris. 
ClMMlra  (GmU(anie>.avec-'. 
Oera  (Mathien  le).  Mdi. 

tenr. 
Cio€iw(Jend«la).l 

riar  de  France. 
ClMei  (Jeu  da). 


Cofli7  (Guillaume),  prac»- 

ranr  anCMtaiet 
Coin  (nebift).  cwc  ora 


CoignM  (J«mi).  muikku 

dnrai. 
Col  (Gonlier).  aiwétairadn 


(Girard). 


Calmar  (Jai).! 


(H«|nea  da). 
derc  dra  timplii 
Cilarai  M  (  Jann  de),  aracnt 
Caaa(i(Jaandn).MlBira. 
Caole  (  RitiMri  le  ) .  baièàw. 
Canli  (Evrard  da).i 
CaHM  (JaM  da). 


*). 


CafMia(II.), 
( 


ClMMa(NieilM). 
lew. 


(Mb  ( 


h 


358 

Coucy  (Evrard  de),  physi- 
cien. 

Couiombe  (Renaut  de), 
maître  des  comptes. 

Coulombel  (Guillaume),  élu. 

Couraut  (Jean  le),  huissier. 

Courtevacbe  (  Andry) ,  maî- 
tre de  la  Chambre  des 
comptes. 

Cousiiiot  (Guillaume),  avo- 
cat au  Parlement. 

Courrau  (Jacquemin),  tré- 
sorier. 

Coutroy  (N.),  sergent  à 
cheval. 

Cramette  (Pierre),  notaire 
du  roi. 

Cresecques  (Hennequin), 
sergent  à  vei'ge. 

Crespy  (Guillemot  de),  bar- 
bier du  roi. 

Crespy  (Jean  de),  notaire 
du  roi. 

Crestien  (Guy),  secrétaire 
du  roi. 

Crète  (Jean),  clerc. 

Croix  (Jean  de  la),  con- 
seiller à  la  Chambre  des 
comptes. 

Cadoé  (Charles),  prévAt 
des  marchands. 

Culdoë  (Jean),  prévôt  des 
marchands. 

Daigny  (Jean),  contrAleur. 

Daire  (Pierre),  conserva- 
teur des  privilèges. 

Damoda  (Phelipot),  sei^ 
gent. 

Dampmortin  (J.),échevin. 

Dangerel  (Pierre),  secré- 
taire du  roi. 

Dangeul  (Miles) ,  conseiller. 

Dannoy  (Thomas),  con- 
seiller. 

Danois  (Jean  le),  juré  du 
roi. 

Dareth( Pierre),  physicien. 

Dargies  (  Estienne  ) ,  ge6her 
du  Cbâtelet. 

Dargis  (Enguerrand  de), 
faucomiier  du  roi. 

Dars  (Jean),  notaire. 

Daugeul  (M.  de),  clerc. 

Daunnoy  (Jean ) ,  secrétaire 
du  roi. 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Dausson  (Pierre),  physicien. 

Dauvet  (Jean),  président 
des  requêtes. 

Debien  (Guillaume),  pro- 
cureur. 

Delacroix  (Jean),  conseiller. 

Delanoue,  notaire. 

Delatre  (Baudet). 

Delespine  (Jean),  greffier. 

Delcy  (Jean),  avocat. 

Denis  (Guillaume),  mar- 
guillier. 

Dcrian  (Martin),  conseiller. 

Deschamps  (Adam),  notaire. 

Des  E.ssarts  (Pierre),  pré- 
vôt de  Paris. 

Desmarais  (Jean),  avocat. 

Desmarets  (  Denys) ,  procu- 
reur. 

Desmoulins,  huissier. 

Desnier,  clerc 

D'Espemon  (J.),  chauffe- 
cire  du  roi. 

Desporie  (Simon),  maire 
de  la  terre  de  Saint- 
Martin-des-Charopu. 

Degpy  (J.),  apothicaire. 

Dicy  (Jean  de),  conseiller. 

Dohau  (Jean),  notaire  du 
roi. 

Dol  (Evain  de),  conseiller. 

Dole  (Jean ) ,  échevin. 

Dormans  (  Amoult  de) ,  no- 
taire du  roi. 

Double  (Martin),  avocat. 

Douché  (Jean de),  clerc. 

Douloire(Jean),  procureur. 

Dove  (Jean  ) ,  sommelier  du 
roi. 

Drac  (Jean  du),  avocat. 

Drouart  (Guillaume),  lieu- 
tenant du  prévôt 

Du  Bois  (Jean),  notaire. 

Dubois  (Jean),  garde  du 
scel. 

Duclos  (Bertrand),  con- 
seiller. 

Ducy  (Jacques  de),  clerc 
des  comptes. 

Du  Drac  (Jean),  président 
au  Parlement. 

Dufosse,  notaire. 

Duisseau  (Regnart),  rece- 
veur. 

Dujardin,  notaire. 

Durant  (Jean),  physicien. 


Dur  (Nicole le),  maître  dea 
requêtes. 

Dure  (Laurent),  examina- 
teur. 

Duval  (Andry),  notaire. 

Duval  (Jacques),  notaire  du 
roi. 

Duval  (Jacques),  homme 
de  loi. 

Dycy  (Pons  de) ,  notaire  du 


Emar  (R^^nault),  barbier 

juré. 
Empereur    (  Jacquet     T  ) , 

garde  des  coffrets  du  roi. 
Evrart  (Jean),  sergent   à 

verge. 

Faconeau ,  notaire. 

Falc  (Jacques),  garde  des 
joyaux. 

Fassicr  (Jean),  clerc. 

Faucher  (Collin),  sergent. 

Femidc  (Jean),  notaire. 

Ferron  (  Pierre  ) ,  secrétaire 
du  roi. 

Ferry  (Guillcmin),  lieute- 
nant du  prévôt. 

Filleau  (Guiot),  sommelier 
du  roi. 

Flament  (Jean  le),  secré- 
taire du  roi. 

Fleuret  (Carré),  clerc  des 
comptes. 

Fleury  (Jean  de),  prévôt 
des  marchanda. 

Flouriot  (  Pierre) ,  clerc. 

Foison  (  Simon  ) ,  président 
au  Parlement. 

Folie  (Jean  de  la),  receveur. 

Fontaines  (Henri  de),  as- 
trologien. 

Fontenay  (Jean  de) ,  notaire. 

Fontenoy  (Jean  de),  fau- 
connier. 

Fontenoy  (Oudartde),  exa- 
minateur. 

Forestier  (Jean  le) ,  sergent. 

Forget  (Jean) ,  barbier  juré. 

Fortier  (Jean),  conseiller. 

FouUier  (Guillaume  de), 
notaire. 

Fourcy  (Jean),  conseiller. 

Foumier  (Régnier),  ser- 
gent. 


François  (Jean),  notaire. 

Freron  (Maeé),  notaire  du 
roi. 

Freron  (  Régna  ult),  physi- 
cien. 

Fresne  (Gilet  de),  procu- 
reur. 

Fretin  (Sausset  de),  huis- 
sier d'armes. 

Fromont  (G.),  procureur. 

Froment  (  Jean  ) ,  clerc. 

Front  de  Buef  (Jean),  «ei^ 
genL 

Galye  (tterre),  échevin. 

Garet  (Jeannin),  sergent. 

Gart  (Jacques  du),  con- 
aeiller. 

Gasconnet  (Jean),  procu- 
reur. 

Gaucher  (Jean),  sergent. 

Gaucher  (N.  ),  payeur  de  la 
ville. 

Gaugain  (Jeannin). 

Gauthier  (Pieire),  dàrar- 
gien. 

Gaye  (Jean  de),  sergent 

Gazeau  (Jean),  sergent 

Gazel  (Martin),  physicien. 

Gehe  (Jean),  notaire  de 
roi. 

Gelu  (Jacques),  physicien. 

Genden  (  Uudart  ) ,  con- 
seiller. 

Gencien  (Pierre),  maître 
des  monnaies. 

Gendre  (Jean  le),  sergent. 

Gente  (Guillaume),  leeré- 
laire  du  roi. 

Gervais  (Renaut),  homme 
de  loi. 

Geuffron  (Guillaume),  pro- 
cureur. 

Geurre  (  Jean) ,  maître  clerc 
des  comptes. 

Giac  (Pierre  de),  chancelier. 

Giffart  (Adrien),  trésorier. 

Giffart  (Jean),  contrôleur. 

Gilbert  (Pierre),  examina- 
teur. 

Gilles  (Jean),  sergent 

Gilon  (Jean),  prieur. 

Girard,  avocat 

Girard  (Jacquet),  clerc. 

Girault  (  Pierre),  procureur. 

Godeschaut  (Jean),  garde. 


LA  BOUROROISIK  PARISIENNE  AUX  XIV    KT  \V    SIÈCLES.         359 


(iufitorna  ((îuilUume  di-), 

dore, 
(ioijjoii  (Niraiw),  Molaire, 
(joiiriiny,  iMfrjji'iil  d'aniM». 
Uouteur   ((iiiillaniiio    le), 

ncr/jcnl. 
(fiiylK!  ( (jwiffroy  ) ,  ciaini- 

nalviir. 
<>raridrii(!  (Ji'an  d>t),  clrrc. 
liraiidrui'  (l'iam-),  écli«»in. 
(irani]!'  (  l'^iitii'iino  de  U), 

ciiiiMtiller  du  roi. 
(imnl  (Henri  le),  procu- 

mur. 
(ircxle  (Jean),  maître  clerc 

de»  comptes, 
(iroi  (Iloger  le),  (crgent. 
Gucrin  (Jean ) ,  conaeillpr. 
<îu<'rin    (IVrrin),   fermier 

de  la  voirie. 
Uuiant  (Pierre  le),  clerc 

criminel, 
(îiiillebot  (Ouy),  (réiorier 

<lii  duc  (le  Hniir(;o([ne. 
I iuingaiit(  Hugues  et  (iiiy), 
maltroii  clerr»  dc<  comptai, 
'iiiiot  (Andri!),  homme  de 

loi. 
(iiiiri  (Rxtienno  de),  con- 
seiller. 
Uiiimelela  (Pliilippot  de), 


icrgenl. 


('.va; 


'] .  ciniseiller. 


ll.i(;iieiioHljilill<iiiiiiej ,  ser- 
gent. 

Ilaiily  (Jean  d'),  notaire  du 
roi. 

Halle  ((luillaume  de  la), 
Molnin". 

Hay  (Jehan),  nergent. 

Hehalterne  (Robert  de), 
ganle  de  la  voirie. 

l|einiHelico(|,  l'on  du  roi. 

Ileloys  (Jean),  sergent. 

Hcmory  (Guill.),  commis- 
Mire. 

Hemonnet  (Guillaume  ),  no- 
taire. 

Hennequin  (Gilles),  maître 
clerc  de»  comptes. 

IlerlN's  (  llaoul  des),  physi- 
cien. 

Héron  (Marc),  a|>olliicaire. 

Hocie  (Thiehaut),  clerc  du 
roi. 


Houel  (Robert),  conseillrr. 
Hun  (Guillaume),  eonieiller, 
lluriidt  fJea  II),  notaire. 
HuaiMiie  ((iuillaumedela), 
maître  clerr  de*  compte*. 

Jse<|uet  (Pierre),  notaire. 

Jengoiileur  (  Hye*  le  )  , 
avocat. 

JoOiron  (Estienoc),  con- 
seiller. 

Joly  (Merlin),  barbier  du 
roi. 

Jouvelin  (  Alexandre ) ,  clerc 
de  l'bAtel  du  roi. 

Judas  (  Henri  ) ,  mtltr*  dere 
des  compte*. 

Justine*  (Raoul  de),  phy- 
sicien. 

Juvénal  de*  Ursins  (Jean), 
avocat. 

Labat  (Gile«),  procureur. 

Lachapelle  (Jean  de),  avo- 
cat. 

Lacombe  (  Gérard  de  ) ,  phy- 
sicien. 

Lailler  (Midiel  de),  con- 
seiller. 

Laiiné  (Etienne),  sergent. 

Laisné  (Michel),  échevin. 

Laitre  (Eiistacbe  de),  con- 
seiller. 

Lalemant  (Hennant),  fa- 
milier du  roi. 

I.aleuc  (Hennequin),  som- 
melier du  roi. 

I.aml>an  (Jacques),  prévAt 
de  Paris. 

Lamiiert  (Jean),  rectonr. 

La  Mich*  (Baudouin),  no- 
taire du  roi. 

Lamntle  (  Pierre  ite  la  ),  no- 
taire. 

Lamy  (Guill.),  derc  de  la 
Cliambre  des  compte*. 

Landes  (Guillaume),  phy- 


Labwiwur(IUdMwl).c«». 


LaDde*(Pien«de*),  mailre 

particulier  de  U  monnaie 

de  Paris. 
Lautier  (Jean  de),  proci»- 

reur. 
Lobeau  (Gilles),  clerc. 
Leboucher      ((iuilUume), 

physicien. 


Lebreton  (nebiii). 
Le  Breton  (Y«aMMl), 

mviier  dn  roi. 
I^echaron  (J«Mi), 
Lederc  (<> 


L«cief«(H«tm).  oalain  «Im 

roi. 
Lecocq  (  Girard  ) ,  notai. 
Lccont/-  (Jean) ,  dùrorgiM. 
l.eccM(  (Hugue*),  écberin. 
Lecomu  (Gillc*),  notaire. 
Lecoosteus     (GntUemin), 

clerc 
Le  Cra»  (  Jean  ) ,  i  irgMt  ém 

eaux. 
Lefebvre  (Junien),  avoeat. 
Lefevro    (Robert),   maître 

clerc  de*  tumftm. 
Leforl  (Tbevenin  ) ,  somnM* 

lier  du  roi. 
Le  Gendre  (Jean),  wigiMt 

Le  Hougre  (Oudart),  roatire 

d'bMel  de  la  reina. 
Lelierre  (Jean),  pliyraden. 
Leniaire(PheJipo(),  iei|(eiii 
Lemallre  (  Geoflro;  ),  licen- 
cia en  droit. 
Lemire  (  Rogier) ,  recerenr. 
I^emoine  (Renault),  garde 

du  scei. 
Lempereor  (  JaofMa) ,  ■•!• 

treenqnMMrdeaeMO  et 

forêts. 
l.e  Muet  (Jean),  recpreur. 
Lenfant  (Guillemin),derc. 
Lenfant  (Henri),  sargenL 
Lcpoivre  (Raoulin),   kt- 

genU 
Leponitier  (Jean), 

rear. 
URo«(Gaillib«Q,i 

badaMdek  mUm  «k 

Franw. 
Leroy  (Andr<),  cwteclww 

de*  compta*. 
L«  Roy  (Jean),  dcrc  ém 


Leroy  (Piarra),  avocat. 
Leadal  (Piem  ^).  pré*M 

de  Pari*. 
U  TMMtaa.  {(Mkmm), 

dan  4«  lit 


Uml(Rati«ft;.ci«te. 
LMm*n(J«a«d«X4dMii. 

t(i««).| 


MarinJe,dewdetafhiwlii 


llalBUe(Ada«).afMaL 
Utktfâm.mtgmditwm 
MaKiro  (Rabart). 


MaileMMe  (MicU),  «m»- 


ll«ilMe(K«T«), 

darai. 
Mammiy  (An«4ini>^ 


MmcmM  (Jacque*).  soa»- 
mékrimwwL 

l(IGdMi).aTCML 


(Hwi  d.   h\. 
(IMmidela).  to- 


MarwU(J«MiW),l 
dalat. 

l(I»Hnli).«n- 


360 

Marescol  (Jean),  chauffe- 
cire  du  roi. 

Marescot  (Guillaume) ,  gref- 
fier. 

Hareul  (Etienne  de),  con- 
seiller. 

Margon  (Jean  de),  scelleur 
de  l'Université. 

Marie  (Jeannin),  somme- 
lier du  roi. 

Marie  (Henri  de),  avocat. 

Marie  (Thevenin  de),  apo- 
thicaire. 

Martin  (Jean),  maître  des 
garnisons  de  la  reine. 

Massart  ( Gilles) ,  bedeau  de 
la  nation  de  Picardie. 

Mathelin  (  Lambert  le  ),  avo- 
cat. 

Maucler  (Girard),  notaire. 

Mauger  (A.),  président. 

Maugier  (  Robert) ,  notaire. 

Maulain  (Jean),  clerc  des 
comptes. 

Mauloue  (Henry),  mattre 
clerc  des  comptes. 

Maupoint  (Guillemin),  clerc. 

Mauregard  (  Pierre  de  ),  tré- 
sorier des  chartes. 

Mercier  (Denis  le),  avocat. 

Merlet  (Jean),  promoteur 
de  la  cour  de  l'évéque. 

Meseray  (Thibaut  de),  se- 
crétaire du  roi. 

Métis  (De),  clerc. 

Michiel  (Oenisot),  huissier 
du  roi. 

Michiel,  (Pierre),  notaire 
du  roi. 

Miette  (Jean),  procureur. 

Mignon  (Michiel),  notaire 
du  roi. 

Milet  (Jean),  notaire. 

MireviUe  (Pierre  de),  ser- 
gent. 

Misery  (Maciot),  barbier 
juré. 

Monceaux  (Jean  de),  clerc. 

Monceau  (Jean),  échanson 
du  roi. 

Monchauvet  (Oudart  de), 
avocat. 

Montagu  (Gérard  de),  tré- 
sorier des  chartes. 

Montagu  (Jean),  maître 
clerc  des  comptes. 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Montagu  (Pierre  de),  tré- 
sorier des  chartes. 

Montbehy  (Phiiippot  de), 
sergent  à  verge. 

Mention  (  Pierre  de  ),  maître 
clerc  des  comptes. 

Montnantueil  (Jean),  phy- 
sicien. 

Moranl  (Pierre),  procureur 
au  Chàtclet. 

Morel  (Regnaudin),  apo- 
lliicaire. 

Moreuil  (Hugues  de),  con- 
seiller. 

Morlet  (Jean),  sergent. 

Moulet  (Jean),  promoteur 
des  testaments. 

Moulins  (Oudart  de),  pré- 
sident de  la  Chambre  des 
comptes. 

Moursin  (Jean),  exami- 
nateur. 

Mourier  (Guillaume  de), 
notaire. 

Moustereul  (Jean  de),  se- 
crétaire du  roi. 

Musnier  (Jean),  clerc  des 
comptes. 

Myre  (Alphonse  le),  valet 
de  chambre  du  roi. 

Myre  (Jean  le),  chauffe-cire 
du  roi. 

Nanterre  (Philippe  de), 
conseiller. 

Nanterre  (Simon  de),  con- 
seiller. 

Nasse  (Thibautde  la),  mar- 
gaillier. 

Neauville  (Hervé  de),  se- 
crétaire du  roi. 

Neuville  (Guillaume  de), 
sergent. 

Noé,  notaire. 

Noë  (Jean  de  la),  notaire. 

Noy  (Thierry) ,  essayeur  de 
la  monnaie. 

Ono  (Denisot),  sergent  à 
verge. 

Orenge  (Simon  d'),  ser- 
gent. 

Orgemont  (Pierred'),  éche- 
vin. 

Orgeries  (Gervaise  des), 
sergent. 


Origné  (Pierre  d'),  physi- 
cien. 

Pacy  (Robert  de),  exami- 
nateur. 

Palluau  (Denis),  chirur- 
gien. 

Pardrier  (Raoul),  notaire. 

Parent  (Jean),  contrôleur. 

Parent  (Pierre),  notaire. 

Paris  (Pierre),  notaire. 

Pastourel  (Jean),  conseiller. 

Pastourel  (Jean),  maître 
des  comptes. 

Pastourelle  (Jean) ,  sergent. 

Patin  (Jean),  notaire. 

Pèlerin  (Jean),  sergent. 

Pelletier  (Guillaume  le), 
physicien. 

Pendret  (  Galeran  de  ) ,  phy- 
sicien. 

Penneverre  (Pierre),  ser- 
gent. 

Perdrier  (  Guillaume  ),  maî- 
tre de  la  Chambre  aux 
deniers. 

Perdrier  (Jean  le),  clerc. 

Perière  (G.),  conseiller. 

Perrier  (Nicolas),  notaire. 

Peruce  (Geoffroy  de),  maître 
des  requêtes. 

Petit  (Jean),  der«. 

Petit  (Robert),  clerc. 

Petit  (Thomas), procureur. 

Petil^lerc  (Robert),  exa- 
minateur. 

Petit-Mouton  (Jean),  ser- 
gent. 

Petitsaine,conseillerdu  roi. 

Piart  (Guiot),  sergent. 

Piel  (Jeannin),  sommelier 
du  roi. 

Pince  (Robert),  sergent. 

Pippon  (Rlainot),  sergent. 

Piquart  (Jacques) ,  sergent. 

Piquet  (  Simonnet),  homme 
de  loi. 

Pisselcu  (Jean  de),  maré- 
chal du  roi. 

Pitancier  (Guillaume  le), 
sergent. 

Plancy  (Nicolas),  clerc. 

Plateau  (  Guill.  ) ,  homme  de 
loi. 

Poinsonnel,  huissier  d'ar- 


Poilcvin  (Jean),  sergent  i 
verge. 

Poligny  (Jean  de),  con- 
seiller. 

Pons  (Michel  de),  procu- 
reur. 

Porchier  (Dreue),  maître 
clerc  des  comptes. 

Porchier  (Etienne),  maître 
des  garnisons. 

Porchier  (Jean) ,  conseiller. 

Porel  (Guilbume),  con- 
seiller. 

Poret  (  Guillaume  ) ,  notaire. 

Porte  (Guillaume  de  la), 
notaire. 

Porte  (Jean  de  la),  exami- 
nateur. 

Portes  (Estienne  des),  con- 
seiller. 

Portes  (Pierre  des),  no- 
taire. 

Praesles  (Raoul  de),  con- 
seiller. 

Prestrel  (Thomas), barbier. 

Preudhomme  (Jean),  ma- 
réchal du  roi. 

Preux  (  Andry  le) ,  procu- 
reur. 

Preux  (Henri  le),  commis- 
saire. 

Prei  (Nicolas  de»),  con- 
seiller. 

Prez  (  N  icolas  de»  ) ,  correc- 
teur des  comptes. 

Prince  (Andrieu  le),  barbier. 

Prud'homme  (Jean),  no- 
taire. 

Pucheviller  (Honoré),  phy- 
sicien. 

Pumyon  (Jean),  physicien. 

Queurel  (Robin),  fermier 
lie  la  voirie. 

Raat  (Théo.),  huissier. 

Rabay,  conseiller. 

Rabigois  (Guillaume),  avo- 
cat. 

Raguier  (Hemonet),  tré- 
sorier. 

Raimbaud(Jehan),  sergent. 

Rallart  (Gantier),  chevalier 
du  guet. 

Ralle  (Thomas  le),  maître 
des  chaussées  de  Paris. 


LA  BOLRGEOISIK  PARISIENNE  AUX  XIV  ET  XV 

SIÈCLES.         Ml 

R«in«  (Arnoulat),  roaitre  de 

.Sains  (Perrio  de),  ÊtrgtUL 

Soodutt  (Jeu),  «MM»- 

Tare  «Mk«a  la).  ^ 

Il  monnaie  de  Paru. 

Sainl-Dixier(GMrni«r<k), 

taur. 

caL 

Raoul  (  Hi');naul(  ) ,  clerc  dei 

clerc  des  eompics . 

8oarif(H«iiri).bomiM<b 

Torpia  (Ram).  iHmim 

comptei. 

Saint-Fuideii  (Enguemnt). 

M. 

imdmtm. 

Rapiaut  (Jean),  avocat. 

SaioULeger  (CMin),  ter- 

8ow-I^Poiir(GUI«a.JaM 

Rapine  (Gvrinain),  avocat. 

gonl. 

et  Denis). 

▼adMria  (Giraid  da  la). 

Rappiut  (  Hugues) ,  ronieil- 

Sainl-Merry  (Jactjues  de), 

SoutiJ(JMn),i«igeiil. 

IfWil, 

ler. 

clerc. 

Spire  (Andi7  de),  prMt 

^ëfmm{lmt).tk,Mm. 

Ilnviii,  clerc. 

Saint- Pierre  (Tbomas  de) , 

dMiMidiMd*. 

fMmHtmm),mtmà. 

Itayiiiondct  (Armant),  maî- 

physicien. 

TaBy(J«a«da),aiMaL 

tre  dea  comptes. 

Saint-Rommain    (J.    de), 

Tabari,  clerc  du  roi. 

Variy((Hranida),Da(aii«. 

Regnard  (fClienne),  avocat. 

conM-ilIcr. 

Taboue,  gtnie  de  b  pré- 

Vaniar  (Rabart).  aif|Mt 

Regnaud  (  Mathieu  ) ,  physi- 

Saint-Yun    (Garnier  de). 

vMé. 

▼.Mlfai(Rafc.H)..ai|..t 

cien. 

érhevin. 

Vaucouleur  (Jaaa  da),  a»- 

Reillac  (Clcmonl),  avocat. 

Saligny  (Jean  de),  apotlii- 

Tartre  (Gcrvaiae  du),  aer- 

tmt 

Rely  (Jean),  sergent. 

caire. 

gent 

ymii  (Piam  da).  plijai. 

Riche  (  Auliry  le),  médecin. 

Salmoii  (Jean),  procureur. 

Tetnlnritr  (  HmMqain  le) , 

dm. 

Rieux(Jean  de),  maître  du 

Saimon  (N.),  secrétaire  du 

aergenl. 

Tanaal(Ba«Uda),cW- 

Pont. 

roi. 

Tenance(Je*n  de), songent 

vaiier  du  giieL 

Riolc  (Jean),  procureur  du 

Sauli  (Guillaume  de), ser- 

TeiMm (  Etienne) .  notaire. 

Va..bl(Elia«.).Mtaira. 

roi. 

gent. 

TeaiaH  (Mareelot),  Mt». 

Tarifa;  (BaueMda),i«. 

Ri9<|ue  (Désiré  de),  huiarier. 

Satigny  (Jean) ,  maître  clerc 

rier  de  la  reioe. 

eavaar. 

Robin  (Pierre),  maître  des 

des  comptes. 

Tbumery  (Gobert),  maître 

VidfyCC  1 da).ca- 

œuvres  du  roi. 

Savigny  (Nicole  de),  avo- 

clerc dea  cooiptea. 

aaSar- 

Robin  (René),  sorf^ent. 

cat. 

Thurocry  (Regnault),  mallr* 

Tidat  (lifMal).  bartitr 

Rogier    (Guillnunu-),   soi^ 

Savin  (Regnault),   procu- 

particulier de  la  monnaie 

jnré. 

gent. 

reur  au  Chitelet 

de  Paris. 

Viet^)f^  (GaiUawM).  va- 

Rosier (Nicolas),  sergent. 

Saus!iel  de  Fretin,  huissier. 

Tignonville(Guill.),prévAt 

let  da  chambra  da  rai 

llo«ny  (Pierre  de),  notaire 

Savoie  (Thomas  de),  no- 

do Paris. 

Vignaa  (Ada»  daa),  h^âê- 

du  roi. 

taire. 

Tillard    (Jean),   examina- 

iiar. 

Rougin  (Guillemin),  ser- 

Srepeaui (  Garnier  de) ,  se- 

teur. 

Vilel«(J«M),aargaaL 

gent. 

crétaire  du  roi. 

Tipbaine  (Jean),  eiécuteur 

VillebresBie  (Jeu  da).  la- 

Roussel  (Henri),  ovoral. 

Seguier  (  G  uillaume  ),  garde 

de  la  haute  justice  du  roi. 

crélaire  do  roi. 

Roussel  (  Jacques) ,  clerc. 

des  biens  du  roi. 

Tirevaige  (Guillaume) ,  ron- 

Villers  (Araoaldde),«M- 

Roiia.«igneul  (Jean),   apo- 

Selvet (Jean),   sergent  à 

trilenr. 

minatrar. 

thicaire. 

verge. 

Trapct(PhUibert  de),  ser- 

Viliien(UnatGhartei). 

Rouvroy  (Mile*  de),  com- 

Senlis (  Robert  de  ) ,  homme 

gent. 

maKna  nM   da    la 

missaire  BU  Chdieict. 

de  loi. 

Tregny  (Oudari  de),  clerc 

raiM. 

Rovroy  (Miles  de),  exami- 

Senlii (Girard  de),  mar- 

deacmptaa. 

VHiT.  iiiiiHir. 

nateur. 

guillier. 

Trefllea  (J«aa  des),  capi- 

TaaMa(1licaiada).aaattr« 

Roy  (Denis  le),  barbier. 

Sens  (Guillaume  de),  con- 

taine. 

dawdaamii|lii 

Rosières    (Kouquet),    no- 

seiller. 

Troillart  (Thevenin),  valet 

Vaiiiaaa  (Jaaa  da).  malin 

taire. 

Sente  (Guilkume),  procu- 

de chambre  du  roi. 

Ru  (Nirola.H  du),  huissier. 

reur  du  roi. 

Troyea  (Jeand«),ciiirw||^. 

Vaalala  (».).  pm*»  da 

Ruiiiy  (Philippe  de),  con- 

Seris (G.  de),  conseiller. 

Tniqwim(Jean).litaleg«iL 

PMW. 

seiller. 

Seurre  (Jean  de),  maitre 

Tuant  (Vineenl),  bomoM 

d'hAlcl  de  la  ndne. 

de  loi. 

Wilqwa  (km),  a««eaL 

Sablon  (Michel  du),  secnS- 

Siuin   (Guillaume),    con- 

Tuiliina (Jaaa  da),  «»- 

tairc  du  roi. 

seiller. 

ainalaar. 

Yiaafaart  (N.  ),  cMÉMr  Ai 

Sablonnier  (  Jean  ) ,  scrg(>nt. 

Sorel  (Denisot),  queux  de 

Tttaiièr«a(ltalNHde),aia- 

lai. 

Sailly  (Nicolas  de),  clerc. 

la  reine. 

minalear. 

Ta«M(A«laiM),Mlaif«. 

Abeville  (Jeand'). 

UIMT.   I. 


TROISIÈME  CATÉGORIE. 

CaUOICM.  LANSilUS,  OM^mM. 

.\bieni(JalMiiniadai).  Ag«HaH(  Rabart). 


M 


362 

Ajart  (Pierre). 
Allais  (Simon). 
Andry. 

Arragon  (Simon  d'). 
Arro  (Guillaume). 
Arrode  (Guillaume). 
Asniercs  (Jean  d'). 
Aubert  (  Robert). 
Aubert  (Robin). 

Bachellier  (Kegnault). 
Barbedor  (Guillaume). 
Barbier  (Thevenin). 
Barrois(Jeanle). 
Basin  (Guillaume). 
Baslras  (Pierre). 
Baudevart  (Amoul  do). 
Baulmes  (Albert  de). 
Bavilliers  (Jean). 
Bel  (Symonnct  le). 
Belly  (Philippe de). 
Benoisse  (Guillaume). 
Benoisse  (Jean). 
Beranger  (Poncelel). 
Berlhelemy  (Jean). 
Berlhelcmy  (Pierre). 
Berthelot  (Jean). 
Besson  (Robert). 
Betbisy  (Raoulet  de). 
Biardelle  (Jean  de). 
Bienvenu  (Guillaume). 
Biterne  (Perrin). 
Blanc  (Jean  le). 
Blondel  (Pierre). 
Bochetin  (Oudenex). 
Bocy  (Guillaume). 
Boileau  (Jean). 
Boillefeves  (Aubertin). 
Boinville  (Jean  de). 
Boissevin  (Robert). 
Boivilliers  (Jean  de). 
Bondelle(Jensien). 
Bonhomme  (Perrin). 
Bonnet  (Nicolas). 
Bordier  (Pierre). 
Boucher  (Arnoul). 
Boudant  (Guillaume). 
Bougis  (Jean). 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Boumautot  (Jean). 
Brailler  (Jean  le). 
Breton  (  Denisot  le). 
Breton  (  Richarl  le  ). 
Briadel  (Jean). 
Broutin  (Jean). 
Brun  (Jean). 
Brunel  (Guillaume). 
Bullot  (Jehan). 
Bureau  (Simon). 
Bureau  (de  Dampmartio)  '". 

Carat  (Hance). 
Carré  (Jean). 
Catin  (Audebert). 
Chabot  (Jean). 
Chappeiu  (Pierre). 
Charles  (Perrin). 
Charmain  (Pierre). 
Charon  (Nicolas  le). 
Charon  (Robin  le). 
Charpentier  (Jehan  le). 
Charron  (Pierre le). 
Charron  (Thomaasin  le). 
Chartiers  (Simoo). 
Cliassy  (Pierre  de). 
Chastehn  (Jean). 
Chaussée  (MatheUn  de  la). 
Chelle  (Christoffle  de). 
Chenart  (Pierre). 
Chesne  (Guillaume  du). 
Cheval  (Pierre). 
Cbevarl  (Jean). 
Chevart  (Perrin). 
Chevrier  (Nicolas). 
Choart{Thiery). 
Choisy  (Pcrin  de). 
Cbtelle  (Robert). 
Clarrebourl  (Jean). 
Clément  (Jean). 
Clichi  (Jean  de). 
Clulin  (Henri). 
Commode  (Geoffroy). 
Compains  (Alain  de). 
Gompans  (Jean  de). 
Compère  (Jehannin). 
Comte  (Adenelle). 
Comy  (Cosme). 


Conte  (Jean  le). 
Coquelet  (Ilarpin). 
Gordien  (Evrard  le). 
Cosme  (Henri). 
Coasart  (Perrin). 
Cotsart  (Simon). 
Courtillier(Jean). 
Croist  (Hance). 

Dampmartin  (Bureau  de). 
Dampmartin  (Simon  de). 
Daniel  (Pierre). 
Dans  (Jacquemet). 
Danscnal  (Girard). 
Deboulan  (Simoa). 
Dedcuil  (Thibaut). 
Demanerois  (Jean). 
Demanerois  (Nicolas). 
Demanlc  (Adam). 
Demeries(PhiUherl). 
Demest  (Jean). 
Demcst  (Pierre). 
Demonereun  (Nicolas). 
Des  Barres  (Pierre). 
Desmarrest  (Joase). 
Desme  (Jean). 
Desmc  (Richard). 
Despemon  (.\udry). 
Despinal  (Oudart). 
Dcsture  (Josset). 
Dompmart  (Jocet  de). 
Doriac  (Regoault). 
Dory  (Jean). 
Dossenal  (Girard). 
Dubour  (Noël). 
Ducy  (Jacques). 
Dadeuil  (Godefroy). 
Duhamel  (Geoffroy). 
Dumartray  (Oudart). 
Dumolin  (,\lbert). 
Dupont  (Cohn). 
Dupont  (Guillot). 
Dardant  (Thomas). 
Duval  (Robert). 
Duviel  (Jean). 
Duvivier  (Hennequin). 

Enguerrant  (  Jean  ). 


Enode  (Guillaume). 
Esmery  (Jelian). 
Espernon  (Etienne d'). 

Fanlomare  (Jean  de). 
Fanonel  (Jean). 
F'eodric  (Hance). 
Fevre  (Clément  le). 
Fevre  (Jean  le). 
Fevre  (Simonie). 
Follet  (  An  thpine). 
Forestier  (Jean  le). 
FouUon  (Jean). 
Four  (Gautier  du). 
Fourbeur  (Jean  le). 
Foumier  (Jean). 
Fremaulet(Jean). 
Freset  (Perrin). 
Fusre  (  Lorens  Fufre  ou  ). 

Galandon  (Thibaut  de). 
Gallois  (Jean  le). 
Gargouille  (Guillaume). 
Garnier  (Félix). 
Gamier  (Ferry). 
Gamier  (Jean). 
Gamier  (Saillot). 
Gaullier8(Jullien). 
Genillac  (  Marcellin  de). 
Geoffroy  (Ferrant). 
Giffart  (Guillaume). 
Giffart  (Nicolas). 
Gilbert  (Jean). 
Godart(Jean). 
Gonnesse  (Jean-Nicolas  de). 
Guerrin  (Jean). 
Guiardct(Jean). 
Guillemet  (Etienne). 
Guinet  (  Simon  ). 
Guyart  (Colin). 

Hadin  (Jean). 
Hasart  (Jean). 
Hasart  (Pierre). 
Hasquin  (Jean). 
Hébert  (Jean). 
Hébert  (Nicolas). 
Hébert  (Pierre). 


"'  Bureau  de  DampmarUn  était-il  fils  de  Simon 
Bureau,  orfèvre  et  changeur,  mort  en  i4,34,  ou 
de  Simon  de  Dampmarlin,  également  orfèvre  et 
changeur,  décédé  en  iSgg?  C'est  une  question  que 
nous  n'avons  pas  voulu  résoudre  dans  la  notice 
biograpliique  consacrée  à   ce  personnage.  Après 


avoir  ënuméré  aussi  exactement  que  possible  les 
ascendants  et  les  descendants  des  deux  familles, 
nous  le  rattachons  à  lune  et  à  l'autre,  faisant  ainsi 
du  mot  Bureau  soit  un  nom  patronymique,  soit  un 
nom  de  baptême. 


LA  BOURGEOISIE  PARISIENNE  AUX  XV  ET  XV  SIÈCLES 


||cl.<rt(n(jl.(;rt). 

l|c'nrioi|iiiii. 

ili'rliiiiit  (Ji.-tn). 

iliTiJin  (Jean). 

Uori>(Jt'Bn). 

iliiriun  ((;liri!tt«|>licde). 

Ilomiant. 

Kerrnrd  (l'ierro). 

llrTvion. 

Iliilivrt  (llernmnl). 
Iliict  ((iillc). 
Iluct  Injiruiifî  (Jean). 
Hucl  (l'icrre). 
itiK-t  (Tliiliaut). 
IIiicllc  (l'i('iTe). 
ilurnot  (  Pierre). 
lliitK!  (Jean). 
lliiiH'  (l'i'rrjn). 
Iliiniril  (Jfiiii). 
Huvt-  (Ji'aii). 
Huvi-  (Piorre). 
ilysnarl  (Jean). 

Ivrj  (Jean  d'). 
Jolly  (linirv). 
Jully  (Jriin). 
JuniLs  (itolivrl  de). 
Journii  (Jeun). 
Jourdain  (Tliuiiias). 

LaLoiMicrs  (Thomas). 
Ladeliors  (Guillaume  de). 
Lidi'honi  ( Picrn»  de). 
Lafuntainc  (Uoiirliard  de). 
I^ronliiinc  (Ktionne  de). 
Lafuutaine  (  llicliartl  de). 
Landro  (  Bcrllivlot  de  la). 
Uiiifn>y  (Hobcrt). 
Lan|;i'  (Jean  de), 
l.niijjrc  (Jean  de). 
Lapclonay  (Roger  de). 
La|H)itltTic  (  llogor  de). 
Lipolonic»  (E»nart  do). 
La|Milerne  (Roger de). 
Laurier  (Pierre). 
Le  ItlonI  (  Pierre). 
Li'bn't  ((luillaumc). 
l.wlfrc(Jean). 
Lwler»  (Pierre). 
Lefevro  (  Hi<rtlii>lul). 
LefevM'  (.Siiloinon). 
Lefcirtîde  Mante  (Jean). 
Lenamenc(Jt>an). 
Leninmon  (Jean). 


LcnuMon  (MaKin). 
Lemeiitrc  (Pierre). 
Lemeigniand  (Jeeii). 
LeiMMmant  (Jeen). 
Lequeui  (Pierre). 
Leroy  (Simon). 
LeeeJliera  ((iuilbume). 
LeMllicr*  (Simon). 
Lm^dI  (Jeen). 
Leitare  (Jeen). 
Levachet  (Mathieu). 
Leveaque  (Jean). 
Leveeque  (Philippe). 
LcveM)ue  (Thomu). 
Lieur  (Jehan  le). 
Lille  (Jean  de). 
Liiy  (  Raoul  de). 
Loyi  ((iauvain  dee). 
Lur  (Jean  du). 
Luillier  (Perrin). 
Lyens  (Jean  de). 

Maillart  (Katienno). 
Maillo  (Jean). 
Mainrroy  (Jean). 
Maire  (Pierre). 
Malaquais  (Lorena). 
Manidiens  (Eslienne). 
Manne  (Perriu). 
Manie  (Simon  de). 
Marcs  (Alexandre  de»). 
Mariete  (Denis). 
Mariol  (Gérard). 
Marolle  (Nicolas). 
Martin  (Jean). 
Martin  (Simon). 
Marirail(Oudin). 
Martray  (Jean  de). 
Martray  (Simon  de). 
Ma»le(Jean). 
Maubusot  (Jean  de). 
Maucruix  (Jean). 
Maylfl  (Perrin). 
Melliers  (Jehan). 
Merry  (Adam  du). 
Hignion  (André). 
Mignion  (Guillaume). 
Mignion  (Jean  le). 
Mignon  (Martin). 
Molle  (Jeen de). 
Muntreuil  (Guillaume de). 
Moreau  (Florent). 
Houlliers  (Jean). 
Mouton  (Guilleniain). 


Mooloa  (Jem). 

MlMl(GliaiMNMU). 

Moilre  (Hanroy  de;. 

NaiMm(IUoal). 
Nandeky  (Jeen  de). 
Ningif  (Jean  de). 
Nanteuil  (Jeen  de). 
Neavee  (Ferria). 
Neveu  (Melbnrin). 
Ni<olaf(Jeen). 
Nicotai  (Mdncr). 
Nicolei(Rioa). 
Nyvarl  (Perrin). 

Oblet  (JeMi). 
Offroy  (  Robert). 
Oger  (Pierre). 
Uriari  (PhiUppol). 
Orient  (Henry). 
Orient  (Tboma>sin). 
Ostrevant  (Conrart  d'). 

Papillon. 
Parent  (Jean). 
Pasquier  (Simon). 
Pelleraint  (Jean). 
Perlant  (AmauU). 
Perrier  (  Ferry). 
Perrigny  (Jean  de). 
Petit  (Ginirdin). 
Petit  (Jean). 
Pijart  (Denis). 
Pijari(Je«n). 
Pijart  (Philippe). 
Pijart(Regnault). 
Pinct  (Simon). 
Pisdoye  (RegMdt). 
Ponlaudemer  (Jean  de  V 
Polclle( Pierre  de) 
PoupaK  (Chariot). 
Poupclin  (Jean). 
Prévost  (Thomas). 
Proyart  (Gilliel). 

Quesnel  (Richard). 
Quoniaro  (Andriet). 
Raguier  (Heinan). 
Raina  (Girart  de). 
Rains  (Henryet  4e). 
Raony  (Perrin). 
Raoul  (Jean). 
Raoulin  (Pcfin). 
Retour  (Robpri). 


Reail(TUbaut<J?j. 
RidM  (Jma  U). 
RodM<wt(Jeaada). 
Rooea  (  Girard»  4t). 
i(J«a.). 

99    HHMHI  ^fpM^ 


(Pmfa). 


8iifil(GaM). 
Sdirt-Dari»  (Piam  a*). 
Mal-DiiMr(Parrw4e). 

8aiBt.||M»(Pi«i«4e). 
SaiVri.  ((MlMM). 
Sarraiifl  (Obvier). 
[(BabaHde). 

i(Jaii«a). 
i(Picn«aa). 
Sm«y(RiciMrtde). 

Tatleaieiit  (i«Hi). 
Tapicier  (iaaa). 
Tar«a«e(J«ia). 

Timboonal  (Raè««}. 
Toei^  (GniHeme). 
Tounjuetil  (GuilUonK; 
Toutin(Ad»ai). 
TroUet  (Jean). 
Tnmael  (Jeaa). 
Turgis  (Jean  dt). 

VailUnl  (Jeaa). 

Vallien(Ni<aiaa). 

Vally  (Philippe). 

TadUiay(Jea«). 

TaaderRaaea(Jea«). 

Vawee(GawW4e). 

Varna  (Picm). 

VaRia(Piam). 

Vaoperria  (Perha;. 

Venielay(Jeaadt>. 

Vilua  (Jeaa). 
Vilain  (Jeaa  de). 
ViDaMttv«a(J«aa4e). 
Vi!lHto(Pr«a(aia). 
Viliin  {kèÊmy. 
ViUin  (Jeaa). 
VilKn  (Piam). 
Vivier  (Jaaa  Ai). 


I«. 


36i 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


QUATRIÈME  CATÉGORIE. 

ECRIVAINS,  ENLUHmEDRS,  IMAGIERS,  JOKGLEDBS,  LIBRAIRES,  MENESTRELS,  PARCHEMntlEKS ,  PEINTRES,  RELIECU. 


Albelin. 

Andrë  (Piètre). 
Angevin  (Etienne  1'). 
Angevin  (Thevenin  i'). 
Araines  (Pierre  des). 
Areemalle  (Jean). 
Arrode  (Huguenin). 
Avignon  (Jean  d'). 

Bacon. 

Barbier  (Jean  le). 
Beauneveu  (André). 
Beauvais  (Jean  de). 
Beliart  (Gancher). 
Benart  (  Denis). 
Biterne  (Jean). 
Blainneteau  (Girard  de). 
Bianchet  (Jean). 
Blois  (Jean  de). 
Bourgeoi.s  (Colinetle). 
Braellier  (Jean  le). 
Brebant  (Hennequin). 
Brescian. 
Briois  (Jehannin  le). 

Cahersaous  (Yvert). 
CaiUet  (Guillaume). 
Callemadin  (Hennequin). 
Cardet  (Regnauit). 
Carvanet  (Oudin  de). 
Catenal  (X.) 
Cauver(  Pierre). 
Caux  (Jean  de). 
Cliampdivers  (Huguelin). 
Chartres  (Jacques  de). 
Chastaigne  (Jean). 
Chastillon  (Jean). 
Chauraont  (Jean  de). 
Chausse  (Johannin). 
Chose  (Geffroi). 
Chynenudy. 
Clericii  (Martin). 
Ciosier  (Rogier). 
Colin  (Jean). 
Compicgne  (Antoine  de). 
Constance  (Hanse  de). 
Conte  (Guillaume  le). 
Corbie(N.). 
Cossigny  (Geoffroy). 
Coste  (Jean). 


Courtet  (Robin). 

Courtiller  (Denysle). 

Couste  (Jean  de  la). 

Cresccques. 

Crespy. 

Croix  (André  de  la). 

Croix  (Tassin). 

Dampmartin  (Drouet  de). 
Dampmartin  (Guy  de). 
Dannyan  (Gilet). 
Daucel. 

Davignon  (Jean). 
Deschampg  (Eustache). 
Deschamps  (Guillaume). 
Dijon  (Perrinde). 
Dole  (Foucault). 
Donnedieu  (Pierre). 
Drun  (Yvon). 
Du  Boys  (Jean). 
Duflle  (Jean). 
Dure  (Jean). 

Essars  (Antoine  des). 
Esturion  (Jehannin). 
Eustache  (Guillaume). 
Faverel  (Colin). 
Fêvre  (Jean  et  Jacquemart). 
Flacian  (Jean). 
Flamel  (Nicolas). 
Flamel  (le  jeune). 
Fontaine  (Colin  de). 
Fontaines  (Robin  de). 
Foubert  (Hugues). 
François  (Jean). 

Gandent(Copio  de). 

Garel(Jean). 

Garineau  (Charles). 

Gastcblë  (Germain). 

Gauchy(Jean  de). 

Gautier  (Roland). 

George. 

Gingonneur  (Jean). 

Gobert. 

Godefroy  (Hannequin). 

Godion  (Gefroi). 

Grant-Dent  (Copin  do). 

Gubozo. 

Guillemin. 


Hance. 

Hanin  (Guiot  de). 

Hermant  (Jean). 

Hervi  (Guillaume). 

Herlant(N.). 

Hesdin  (Jacquemart  de). 

Hoden  (Jean  de). 

Honsleu  (Jean  de). 

Huart  (Nicolas). 

Janequin. 
Joui  (Jean  de). 

La  Marche  (Jean). 
Lami  (Thevenin). 
Laon  (Colartde). 
Larribaut  (N.). 
Launay  (Jean  du). 
Lavenant  (Jean). 
Le  Héraut  (Jean). 
Le  Lièvre  (Gauthier). 
Lempire  (  Olivier  de). 
Le  Picart  (Jean). 
Lescouvet  (Guillaume). 
Lescuier  (Robert). 
Lesueur  (Nicolas). 
Lesueur  (Robert). 
Lhuiilier  (Martin). 
Liège  (Jean  du). 
Linfol  (Pierre). 
Lombard  (Nicolas). 
Lomme  (Yvon). 
Loyseau  (Guillaume). 

Mahieu  (Denys). 
Malet  (Giles). 
Maristoch  (Henri). 
Marict  (Jean). 
Maulin  (Jean). 
Ménestrel  (Lyonnel  l«). 
Merles  (Jean). 
Millon  (Simon). 
Milon  (Simonet). 
Monachi  (Jean). 
Monlet  (  Regnauit  du). 

Neufmuer  (Jean  de). 
Noir  (Jean  le). 

Orléans  (Agnès  d'). 


Orléans  (François  d'). 
Orléans  (Girard  d'). 
GHeans  (Raoul  d'). 
Orliens  (  François  d'). 
Orliens  (Jean  d'). 

Parcheminier  (  Poncet  le  ). 

Parchet  (Jean). 

Parent  (Colinet). 

Paris  (Jean  de). 

Peleret  (Pierre). 

Perrin. 

Petit  (Jacquinot). 

Plauxob  (Henri). 

Poitevin  (Jean). 

Poncet. 

Porte  (Jean  de  la). 

Portier  (Pierre). 

Postel  (Jean). 

Prévost  (Jean  le). 

Prévost  (Simonnel). 

Remiot  (Pierre). 
Richier  (Jacques). 

Sage  (Jean  le). 
Saillant  (Jean). 
Saint-Cloy  (Jean  de). 
Saint-Éloi  (Jean  de). 
Saint-Romain  (Jean  de). 
Saint- Y'on  (Garnier  de). 
Santigny  (Jean  de). 
Sens  (Jean  de). 
Sens  (Perrin  de). 
SicarL 

Tainguy  (Raoul). 
Temple  (Raymond  du). 
Thomassin. 
Thuri  (Pierre). 
Tillart  (Perrin). 
Trévoux  (Henry  de). 
Triboun. 

Vadis  (Jacques  de). 
Viezmaire  (Julien  le). 
Vilain  (Gilet). 
Villiers  (Guillaume  de). 

Yvrenage  (Jean). 


LA  BOURGEOISIE  PARISIENNE  AUX  XIV  ET  XV-  SièCLES. 


3«S 


CINQUIÈME  CATéGORIK. 


Aleundre  (Nicolu). 
Anccurre  (Guillaume  J'). 

Barre  (Pierre  de  U). 
BaUille  (Colin). 
Bazin  (Jarquc*). 
Beaumct  (Pierre de) 
Bccqiii-t  (Ciinrim). 
Bfllloy  (HolMTtdc). 
Bertrand  (Guiot). 
Bipurro  (E«licnnp  do). 
Boili'auc  (Piorrp). 
Boinpuiii  (Kationnc  de), 
Bonpn^  (Kstionnede). 
BoMU  (Ganont  le). 
Roiiaynrt  (Nniidin). 
Bourgne  (Tliomas  le). 
Bouadrach  (  Bernard  ). 
Brirquet  (lluct). 
Broutille  (llnliin). 
Bnin  (Antoine). 
Rrunol((itiiilnunio). 
Buignet  (  Aulwlet). 

Carrrf  (Gillcl). 
Chalona  (Thomas). 
Chambre  (Jean  delà). 
Champ  (Inihert  de). 
Changeur  (Jehan  le). 
Chevalier  (  Itemondin  ). 
Cirole  (Jean). 
Clarry  (Guillenii»  de). 
Clarcy  (Jean  de). 
Compana  (Jean  du). 
Compan»  ( Pheliaol  de). 
Comptant  (Jean). 


Co«(er<rlle  (Robert  de). 
CourliMe  (Philibert  de). 
Courtneuve  (  Pierre  de  la  ). 

Dimpierre  (Jem  de). 
Dampnoia  (  Guillaume  le). 
Dourdin  (Jean). 
Diennya  (Abio). 
Dordin  (Jaquet). 
Doura  (  Nycholaf  de  ). 
DniM>n  (MnhicI). 
Uuhan  (Pierre). 

Ecuyer(Jeinr). 
Eslanfort  (Jean  d'). 

Flament  (  NycoUt  le). 
Flamunt  (  Pierre  le). 
Kournicr  (Etienne). 

Gabel  (Etienne). 
Gagneron  (Guillaume). 
Galande  (Guillaume). 
Gautier  (Jean). 
Gendre  (Jean  le). 
Genest  (Jean). 
Genlien  (Pierre). 
Girouat  (Jean). 
Godefroy  (Henry). 
Godin  (Deniaot). 
Godin  (Guillaume). 
Granchicr  (Guillaume.) 
Guerdo  (Guillaume). 
Guerin  (Jean). 
Guimier  (N.) 


HMqoafflb  (Jem  de). 
HeurUull(PeiTin). 

Jaui  (Jaquet  de). 
Jay  (Robert  le). 
Jondoingoe  (Jem  de). 

Lùni  (NieolM). 
LangioM  (Giiahomi). 
LaMOM(GiUeede). 
Ug»ï(i««n). 
Lenoble(Jfleii). 
Limeaqae  (GuilUane  de). 
LiOiiiim(  Pierre). 
Loniiiar(Jeen). 
Lorrin  (Perrin  le). 
Louret  (Robin). 
Louvree  (Jeu  de). 

Mare  (Colin). 
Marcd  (Jean). 
Maaaecher  (Jarquee). 
Mercaty  (Micbiel). 
Midoulx(Droûe<). 
Monnarl  (Symon). 
Mont  (Phihppoidu). 
Monf7  (  Pierre  de). 
Monlfort  (Jean  de). 
Myolte  (Perrin). 

Neauville  (Jean  de). 
Neauville  (Martin  de). 
Nisy  (Robert  de). 
Noir  (Pierre du). 

Pari* (Jean  de). 
Parii  (Martin  de). 


(JaM). 
PaRiar(JaMla). 
PMPriar(Jan). 
Pilliot  (J<M). 
Piaaaget  (JeM). 

P^(TlMM*b). 

Priy(JeM). 
Ptal(C*K«d«). 
Porta  (JcMidab). 
Po<i«r(PUIipa(). 
Mi«r(  Pierre). 
Poiilart(Siiiiaa). 


(Mare). 
I  (laa  Mn*). 

Ra«|der(!liealwdy). 

Sdut-BaMll  (Jean). 
Saiot-Martia  (J«wi  de) 

SaHa(Awiri«deb). 


Tart«nu(Miclùal). 
Tartarin  (Stomi). 
Tburel(Bellioaiael). 
TroodiaT  (EolicMedc). 
Troofoo  (Pcfria). 
Tufpa(J«an). 

Vai««Ma(llabartde). 
V«aaar(IUbwk). 
?a^riMt(Catti4a). 
T«|«'(Gajalb). 


SIXIÈME  CATÉGORIE. 
BOur.iiRRs ,  nrrrKTiF.ns,  cii\mu>x>ikrs,  cntRci'Tin.s,  cimias,  cuisiiiitu,  ipiciiis,  raomnu 

MED^IIRIIS,  PÀTIiOUKRIl,   POISSU^MIERS,  RdTI«Sll'M,  tOUMUtM»,  TiUlKLIUK     T>rra\t(a«. 


Ancelot(N.). 
\n|uansy  (Jnquel), 
Auliert  ((ïuiilaunw). 
Aulinil  (Jour  Inin). 
Aujugel  (  Perrin  ). 
Autel  (Tliouins). 
\\ii'niiii  I  l.'liiitid'). 

Ilan'  ((iiijou). 


Baril  (Jean). 
Batinet  (Renoial). 
Delon  (Colin). 
Benoche  (Robert). 
Beranger(Gaaaul). 
Bergierea  (Jacquea  de). 
Bernard  (Jean). 
Rerte  (Jean). 
Bertier(Jean). 


Biearait  (Jeao). 
Bielri*. 
Biaet  (Jean). 
Boi«in  (Jean). 
Bordel  (Colinrt). 
Boaaa  (J«Mi  la). 
Bourber  (Jean). 
Boudard  (Mabiea). 
BoalM  (Gilet). 


Booidia  (G«anM). 

BMIfM(MiB4«). 

%mni(immm). 

•NM(Glal). 

hmpt(hm). 

•N(ai(Dr.^). 

Rrrt(Jac^Male). 

BR«(Miale). 

366 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Breton  (Guiot  le). 
Breton  (Yvonnel  le). 
Bretoys  (Jean). 
Bricon  (Jean). 
Bridel  (Colin). 
Broulart  (Guillaume). 
Brûle  (Denisot). 
Brun  (Colin). 
Buiren  (Godefroy). 
Buiren  (Pierre). 
Buisson  (Lorin  du). 

Caboche  (  Denisot  ). 
Caboche  (Jeanninot). 
Caillot  (Lorin). 
Carbonnel  (Philippot). 
Carnouet  (Etienne). 
Carré  (Simonnet). 
Cassanoye  (Jeannin). 
Caudecote  (Cardot). 
Chanteau  (Jean). 
Charron  (Jean  le). 
Charron  (Robinet  le). 
Chaumont  (Denisot  de). 
Chaumont  (Jean  de). 
Chien  (Jacques  le). 
Clerc  (Colin  le). 
Clousier  (Rogier  le). 
Coignet  (Jean). 
Colot  (Laurent). 
Compère  (Jacques). 
Compiegne  (Guyot  de). 
Coquaigne  (Jean). 
Coulicrs  (Jacques  du). 
Cousin  (Colin). 
Croix  (Jean  de  la). 
Cude  (Perrin). 

Dampont  (Simonnet  de). 
Daniau  (Gillet). 
Danson-la-Villc  (Jean). 
Daugc  (Remon). 
Debaudis  (Michelel). 
Desauges  (Robert). 
Dieppe  (Martin  de). 
Dijon  (Phelipot  de). 
Dinan  (Colin). 
Dize(Jean). 
Doue  (Jean). 
Doulcet  (Guillaume). 
Dournans  (Thomas). 
Dubois  (Jacques). 
Duprc  (Jean). 
Duprë  (Perrin). 
Durant  (Philippe). 


Everarl  (Gillot). 
Eustasse  (Guillaume). 

Ferrant  (Jean). 
Fevre  (Jean  le). 
Filleau  (Guiot). 
Forestier  (François). 
Forestz  (Antoine). 
Fortel  (Raoulet  du). 
Fortin  (Girard). 
Fouques  (Jean). 
France  (Jean  de). 
François  (Jean). 

Galent  (Jean). 
Ganne  (Esclabot). 
Garnier  (Thomas). 
Garnol(N.) 
Gat  (Jacquemin). 
Gaucher  (Jean). 
Gellaut  (Jean). 
Genre  (Colin). 
Gois  (Jean  le). 
Gois  (Thomas  le). 
Gouppil  (Robin). 
Grandrue  (Pierre). 
Grenon  (Martin). 
Grimaut. 

Grosselin  (Girardin). 
Gruyer  (Denisot). 
Guerard  (Ainsul). 
Guerard  (Gill>ert). 
Guerard  (Jeannin). 
Guiblain  (Jean  de). 
Guitasse  (Guillemin). 

Haussecul  (Guillaume). 

Uenin  (Jean). 

Hcnnequin. 

Heraumont. 

Hirondal  (Guillaume  de). 

Hubert  (Thomas). 

Jencourt  (Sauvai  de). 
Juut  (Boin). 

Labbé  (Jean). 
Laignelot  (Jean  de). 
Lalemant  (Michault). 
La  Marche  (Henry  de  la). 
La  Mare  (Jean  de). 
I>anglois  (Mahiel). 
Lapersonnc  (Régnier). 
Le  Caron  (Robert). 
Lecharpcntier  (Jean). 
Le  Clerc  (Jacques). 


Leclerc  (Tassin). 
Lecontois  (Richard). 
Lecourt  (Jean). 
Le  Gay  (Raoulet). 
Legrand  (Jean). 
Le  Gras  (Jean). 
Le  Huchier  (Jean). 
Lene  (  Hennequin  de  la). 
Lerecouvreur  (Etienne). 
Le  Roy  (Adenet). 
Lescrivain  (Jean). 
Lestuveur  (Jean  de). 
Lommede  (Colinet). 
Louée  (Colin). 
Lyon  (Jean). 

Maçon  (Guill.  le). 
Madré  (Guillaume  le). 
Maille  (Jean). 
Maire  (Colin  le). 
Malaquis  (Jean). 
Marceau  (Jehannin). 
Maretz  (Jean  de). 
Marie  (Jeannin). 
Marre  (Jean). 
Heelle  (Jeannin). 
Mercier  (Gautier  le). 
Mercier  (Thomas  le). 
Mes  (Jean  du). 
Michel  (Jacques). 
Michel  (Jean). 
Midiicl  (Guillemin). 
Midiiel  (Jeannin). 
Milet  (Poncelet). 
Mire  (Jean  le). 
Morel  (Jean). 
Moucy  (Mathieu  de). 
Moulin  (Robin  du). 
Mugornie  (Philippot). 
Mulart  (Pierre). 

Nau  (Jean). 
Nepveu  (Jean). 
Neufport  (Pierre  de). 
Neuville  (Nicolas  de). 
Neuville  (Richard  de). 
Noble  (Jean  le). 
Noé  (Gilet  de  la). 
Noê  ( Guillaume  de  la). 

Ogier  (Jehan). 
Olivier  (Rrgnault). 

Paage  (Guill.  le), 
l'aille  (Jaquet). 
Pale  (Jacques). 
Panne  (Esclabot). 


Pannetier  (Pierre  le). 
Pannier  (Jean). 
Paris  (Poncelet  de). 
Pasquier  de  Sauli. 
Paste  (Etienne). 
Pelé  (Jourdain  le). 
Pellerin  (Cardin). 
Pellcrin  (Jean). 
Perrier  (Jean). 
Perrin  (Freonin). 
Piant(Michant). 
Picart  (Perrin  le). 
Piel  (Jeannin). 
Pigacbe  (Thomas). 
Pilet  (Joannin). 
Piot(Paulet). 
Porte(Rortauddela). 
Porte  (llenriet  de  b). 
Potier  (Richard). 
Pré  (Jean  du). 
Pré  le  Jeune  (Jean  du) 
Puel  (Jehan). 

Quarré  (Jean). 
Quetin  (Jean). 
Quincy  (  Etienne  de). 
Quolentin  (Mayet). 

Racinet  (Benoit). 
Rains(Jean  de). 
Ravenel  (Pierre). 
Regnault  (Jean). 
Ressous  (Gaultier). 
Ribouillet  (Hagar). 
Richar  (Lorin). 
Rigncui  (Jean  le). 
Robert  (Etienne). 
Rolin  (Jean). 
Roquet  (Jean). 
Roucignol  (Guyot). 
Rousseau  (Guyot). 
Rousseau  (Pierre). 
Rouyer  (Ricliart). 
Roy  (GuiU.  le). 
Rozé  (Jacques). 

Sagol  (Perrin). 
Saint-Yon  (Denisot  de). 
Saint-Yon  (Jehan  de). 
Sahastre  (Pierre). 
Saulnier  (Pierre  le). 
Sauli  (Jacques  de). 
Savoisy  (Henry  de). 
Segraye  (Simon  de). 
Seneschal  (Gilles  le). 
Sesve  (Guill.  la). 
Sissc  (Jehan  de  la). 


LA  BOURfiEOISIK  PARISIENiNK  AUX  XIV  ET  XV  SIÈCLES. 


M7 


Tanlinii  (  GoolTroy  ), 
TcDtanl  ((Guillaume). 
Thilmult  (Michel). 
Tliil)ert  (Ktiftnni-). 
TliilM!rl  (l'ierrii). 
Tliiiilmiifit  (Thoinan). 


Toii  (Tlioma*  l«). 
Tonnelier  ( Majct  In). 
Toumctnpntier  (Guill.). 
Toulillanl  (Ivan). 
Tronchny  (<lo). 
Tjflier  (Thomaf  ). 


Valoii  (ViYim  Ar). 
Viftrj  (Ji-liande). 
Vi<l>-t(Guill.). 
Viln|uar(  (Jran). 
Vir  (Klienni-  de). 
Vivian  (Jehan). 


VoMiM^OiM). 
Votilo  du  Ri>  'lU  I 
ViuMi- 


(vaui). 


SEPTfËlfE  CATÉGORIE. 

AnMI.'RIRRD,  «RTILLrBRS,  BALARCIRRS,  CIIADDROXHIERI,  CODTELIEM,  CUOnTItM,  nUOIKIIU ,  ■UCIin*. 

LOMIIUUI,  POTIBRD  D'iTÀlil. 


Adam  (Jacqnei). 
Alidry. 

Bnillnmcr  ((luyol). 
Bainc!  (Ancpl). 
Balancier  (Lorin  le). 
Barbier  (Oill<>»  lo). 
Becquot  (Jean). 
Bflrnarl  (Pierre). 
Boeniel  (Arnoul  de). 
Boi»(Bobcrl  du). 
Bonr|];ui|;nnn  (Jehao). 
Bouyr  (Jean). 
Boys  (Jehan). 
Breton  (Michelet  le). 
Briquet  ((iiiorin). 
BriiDol  (Guillaume). 
Bruxcllc!)  (Jehan  do). 
Busay  (Jean  de). 


Caict  (  Bobin  ) , 

guif^nn. 
Callnl  (Jehan). 


flil  !<'  Itoiii 


Charretier  (Martin  le). 
Coilly  (Jehan  de). 
Courtin  (Thevenin). 
Coutelier  ( Rennal  le). 

David  (  Pierre). 
Durhesne  (Jean). 

Earoerilloa  (Perrin). 

Fieuvillier  (Thoau»  de). 
FoMO]f«as(N.  le). 

Gantier  (Jetn). 
Goupil  (Jehan). 
Grei  (Henri  de«). 
Griaean  (Jehan). 
Guemier  (Guillaume  ). 
Guiet  (Jean). 

Henri. 

Laif^ny  (GuiHaame  de). 

Lalemant  (Tliierry). 


Le  Cigne  (Robert). 
Le  Fevre  (Jebui). 
Le  Pevre  (Midialet). 
Le  Franc  (Collin). 
Le  Marinier  (Simoo). 
LeMeigner. 
LeMortdiM'(Gali«). 
LeTeaiier(Pldiifot). 
Lohier  (Jean). 
Lorrain  (Jehan  le). 
Loup  (Glaux  le). 

Marchant  (Guillaume). 
Marchant  (Olivier). 
Marchant  (Pierre),  <£(De»- 

préaux. 
Manon  (Jehan  de). 
Mauvaia  (Jean  le). 
Meaay  (CleoMot  «le). 
Moncel  (Oudin  de). 
Monirousti  (Jean  de). 
Moriaae  (Regnault). 
Momoi»  (Guillaume). 


Ifaim. 
ttMlk{imné$). 

dimt  (TWaM  #). 

RipiM  (Cdhi  «I 
la.). 

li«|>iM(HMt). 

Kékihmm{tmmit). 
Sùnl>Omr(J«Mik). 


(Twt). 
Tiiw(t(( 
TowMj  (Mafli.  dt). 

Veny. 

Villeqnin  (Pian). 

Villien(Pi«rr>4a). 

Yvori  (Jeaa). 


HUITIÈME  C.ATÉGORIL 

RARII.LIKRS,  BR0SSIER8,  CHARPEMTIKRJI.  COrrRETIERS,  kRA^IIEM,  HrcHIRM.  UTBTinH,  ■BmniM. 

0I8BI.IKRS.  VA^<lir.RS. 


AU'aux  (Jehan  le). 

Baste  (Colin  de  la). 
Bernard  (Jehan). 
Iti|;iiiin  (Jean). 
Bonlinii  (Nicolas  de). 
Boite  (Camin  la). 
BiHichier  (Jaripics). 
Boullcnot!!  (dilbert  de). 
Bourimndu  lliiusscli't  (Jean) 
Brelianl  (Jehan  de). 
Bri(piet(||uel). 
Bue  (Jean).  </i«  PiiTBrl. 


Cannctel  (Bemart). 
(^uville. 

Chapelle  (Jacquin). 
Cirier  (Simonet  le). 
(À)q  (Pasquier  le). 
Coquin  (Jehan  ). 
Cyras»*  (Guillaume). 

Di^haje  (  Jean  ). 
Deaaus  le  Moustier  (Simon). 
Dufour  (Pierr*). 
nujardin  (Philippe). 
Duque  (Raoul). 


Ecranier  (Moêl  P). 
Fou  (Pi«n<a«la). 


Gr«MiMa(AnoaldM). 
Guerel  (Colin). 
Guct(Raoale(du). 


liait  (UoNMdM). 

Jarret  (Pi«m). 

Lat«lli(0rini4i). 
Laiidt(MM). 


>(ll«ri^ 
UBM«MhM»). 
LwBl(Jaeqta). 

t(GdlMM). 

.(ÎWl). 

.(JdM). 

(Oaiii). 
Lanmi(AfHtl>). 
LiiirMU  (GiiSÊimàÊ\. 


HmI  (Jeu  4m). 


*')• 


368 

Monlrevain  (Reray  de). 

Natier  (Jehan  le). 
Navin  (Jacquet). 

Pourcei  (Hue). 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


nennelier  (Perrin  le). 

Regnault  (Guill.) 

Remy. 

Riant  (Urbain). 

Robert. 

Robin. 


Rocbelord  (Jean). 

Roquier. 

Rousselet  (  Robin  le). 

Sore  (Jehan). 

Thiais  (Jean  de). 


Tourneur  (  Noël  le). 

Vannier  (Geoffroy  le). 
Veau  (Pierre). 
Vinot  (Jean). 


NEBVIÈME  CATÉGORIE. 

BONNETIEHS,  CHAPELIEBS,  CHAC88ETIERS,  CORDODAnNIBRS ,  COCTCHIERS,  ^TDVEDBS,  FRIPIERS,  TAILLEURS. 


Andry  (Jean). 
Auclarin  (Robert). 

Raudran(Jean). 
Raugis  (Denis  de). 
Reauvez  (Jehan). 
Belleteau  (Martin). 
Belot  (Guillaume). 
Berangicr(  Robin). 
Bernier  (Jehan). 
Biseau  (Robert). 
Bon  (Pariset  le). 
Bonnault  (Laurent). 
Bourguignon  (Martin). 
Boursier  (Mace  le). 
BruUe  (Eustace  du). 

Carrouge  (Guillemin). 
Champaigne  (Jean  de). 
Champy  (Henry). 
Chapelain  (Guillaume). 
Chasions  (Pierre  de). 
Chartel  (Thiery  du). 
Clémence  (Guillaume). 
Cochet  (Gieffroy). 
Colin  (J.). 
Connihs  (Jacquet). 


Conseil  (David  de). 
Coulon  (Drouet  de). 
Coussi  (Martin  de). 
Courtois  (Guillaume). 
Crocquemeure  (Barthel.). 

Dane  (Martin). 
Diguet  (Colin). 
Dourdin  (Jacques). 
Dufour  (Jean). 
Dumoustier  (Jean). 

Ferrebaut  (Pierre). 
François  (Jean  le). 

Gourdin  (Colin),  dit  Lar- 
moyé. 

Hailes  (Jean  de). 
Hardy  (Robert). 
Haye  (Guillaume  de  la). 
Haye  (Jean  delà). 
Hollande  (Jean  de). 
Homo  (Denisot). 

Laillier  (  Yvonnel). 


Laneur(Jean  du),(^'(  Savoye. 
Langlois  (Guillaume). 
Langlois  (Simonoet). 
Lefevre  (Jacques). 
Legra8(Jean). 
Le  Leu  (Jehan). 
Lemaire  (Pierre). 
Leseure  (Jean). 
Leureui  (Andry). 
Lienard  (Hugues). 
Loisel  (Guillaume). 
Lombard  (Sylveitlre). 

Maçon  (Clément  le). 
Maguelarl  (Gilequin). 
Maillard  (Jean). 
Maistre  (Roulct  le). 
Marceau  (Jehan). 
Martin  (Guillaume  le). 
Haupertuis  (Jean  de). 
Michel  (Jean). 

Orfèvre  (François  T). 
Orléans  (Jeand'). 
0»  (Pierre). 

Paray  (Pierre  de). 


Pasquier  (Pierre). 
Perdriau  (Guillaume). 
Petit  (Jehan). 
Picart  (Philipot  le). 
Pillot  (Perrin). 
Pois  (Jean  de). 
Poix  (Pierre  de). 
Poulette  (Pierre). 
Prevostel  (Jean). 

Quatre-en-Vaut  (Nicolas). 

Raoulet. 
Raynal(Jean). 
Regnault  (Jean). 
Riche  (Geoffroy  le). 
Roye  (Jean  de). 

Saumur  (Jean  de). 

Thorion  (Mahiet). 
Tremblay  (Jean  du). 
Troyes  (Guillaume  de). 

Varcnnes  (Henry  dé). 
Vauquelin  (Guillemin). 
Watcure  (Pierre). 


DIXIÈME  CATÉGORIE. 

CHARBONS,  écODTIERS,  FONDECRS,  MAÇONS,  MAItiCHADI,  SERRURIERS,  TDIUERS. 


Alban  (Jean). 
Alemaigne  (Jean). 
Alixandre  (Vincent). 
Anguerrand  (Pierre). 
Aubelet  (Jean). 

Raujart  (Simonnet). 
Berneval  (Alexandre  de). 
Brecy(Jeande). 
Briquet  (Guerin). 
Bruncau  (Bertrand). 
Brunneau  (Simon). 

Caville  (Thomas  de). 


Chaalons  (Jehan  de). 
Chantcraine  (Laurencin). 
Chelant  (Jean  ). 
Corbillois  (  N.  dit). 
Conseilles  (Jean  de). 

Denis  (Perrin). 
Dourdan  (Colin). 
Doger  (Philippe). 
Droart  (Jean). 

Filleul  (Jean). 
Fontaine  (Jehan  de). 
Forest  (Uuguelin  de  la). 


Foase  (  Simonet  de  la  ). 

Galian  (Jean). 
Gillequin  (Jean). 
Gillel  (Guillaume). 
Gonet  (Amaury). 

Han  (Jean  de). 
Hery  (Simon  le). 

Jaquet  (Amaury). 

Le  Cornu. 

Ledru  (Guillaume). 


Lilleex  (Hennequin). 
Le  Thuil lier  (Nicolas). 
Loquet  (Marin). 

Mahault  (Jean). 
Maurepas  (Perrin  de). 
Maynart  (Dronin). 
Montroti  (Gamier  de). 

Nycholas  (Henry). 

Osmont  (Jean). 

Pesteron  (Robert). 


l'util  (Jean). 
Piermt  (  Jean  IWiedii). 
l'riiniloiil  ((iiloqiiin  ). 
Prier  (Jiiliiin). 

Ilidraii  (Germain). 


LA  BOUnOEOISIE  PARISIENNE  AUX  XIV'  ET  XV  SIÈCLES 

Rouuin  (Perrin). 


369 


.SalebruM  (Adam  d<>). 
Saiii*on(N.) 
Stvoye  (Benoit). 
Serrurier  ((xillin  le). 


Serruiiei  (lehwinin  le). 
Semner  (  ilMBMt  le)* 
Sifflet  (GoOmm). 
Souej  (l«n). 

Tliibault(Jean). 


Thawt(H^jiirfi). 
TUMi(LMM«^k). 
TromM(MMa). 


V«Us(GiM). 
V«aln(MM4e). 


ONZIÈME  CATÉGORIE. 

BOURRKLIKM,  IliGlMIlM,  TâmriOM,  TItlITOUnu. 


llarhiUc  (Jenn  le).  Cotele  (Jean). 

Hlondel  (Guill.  Ooulombel  (Jean). 

Boni('-r(>ii  (Jaqiiet  il<-).  (iourtoii  (Jean). 
Roiir|{ut  (Jean). 

Bourrelier  (Giiillemin  le).      Drouart  (Michiel). 

Bourrelier  (Perriii  le).  Durand  (Jean). 

Boy  vin  (Pierre).  Durant  (Gautier). 

(laeii  (Pierrcde).  Finet  (Simon). 
r.aillart(Tasêin). 

C.liierdeville    (Jean),  (/■(      (iarnier  (Moliin). 

Noël.  Grancliier(Micliaut). 


Han  (Tbomatdu). 
Ilalin(Je«n). 
ilebert  (Jetn). 

Jumeauli  (Guillaume  de). 


( 


P«aiMtier(PirrTe). 
llaiMH(j4M). 


Landry  (lieberl). 

I/>Klan|;er  (lîuillauroe). 

Lorillart  (Jean),  dà  llerly.      TbioR  (PInItppal). 

Luat  (Pierre). 

Lyont  (Ymlwlot).  Vhkr  (Piwrerf*). 


DOUZIÈME  CATÉGORIE. 

CIUBARTIERS,  CUKVADCHKDRg,  ^DYIIg,    FOORRIRR!),  uéRADTH,  lIMAGtU,   ULtnKttlM.  POCTIIR». 


Aciiedin  (Jean). 
Acier  (Reijiiaull). 
Aguenot  ((îuilliiume). 
Ambroise  ((luillcmin),  dit 

Moreau. 
Amouni  (Jacques). 
Aoiut  (Jean  d'). 
Ardcnlun  (Rnlx'rt  d'). 
Aucellemin  (Tlievenin). 
Audelin  (Jean). 
Auvillicr  (Raoulet  d'). 
Ave-Mnrin. 

Bacquct  (Olivier). 
Baillet  (Colin). 
Biirl)ette  (Jean). 
Barcntoii  (Colin  de). 
Barreau  (Jean). 
Rasanton  (Caiain  de). 
Baudet  (Jean). 
Baveui  (Guillaume le). 
Benuver  (Jean  de). 
Borjfiies  (llinrelin  de). 
Berunnl  (Jean). 
Bernier  (Uef;naull). 
lU-nillc  (Robin). 
Benset  (Rainiliaut). 
Bideliouiil  (l'errin). 
Bij^is  (Jean). 


Blonde!  (Guillaume). 
Ronnet(Jean). 
Roudier  (Mirhelet). 
Rounlon  (Jean). 
Rouyn  (Symonnel). 
Rrachet  (Jean). 
Breton  (Perrin  le). 
Rrexiile  (Jean). 
Brom  (Roger). 
Bruges  (Jean  de). 
Bnilé  (Jean). 
Huidiea  (Jean  de),  dit  Ixi 

Gras. 
Rure«(Mil(dde). 
Rurgaut  (Colin). 
Rurguevin  (Colin). 

Came  (Symon). 
Chalmary  (Jac<|uet). 
Chapelain  (Jean). 
Charron  (Germain  le). 
Charron  (Jean  le). 
Chevreuil  (Pierre). 
Clergcau  (Guiol). 
Clique  (Guillemin). 
Conte  (Jean). 
Coste  (Jean). 
Coulle  (Jean). 
(AMirtin  (Giraul). 


Courlin  (Tlierenin). 

Dacbeu  (Pierre). 
Dandretel  (GuillauDie). 
Darfon  (Perrin). 
Dariioles  (Jean). 
David  (Rertrand). 
Deaquay  (Girard). 
Deaqueulet  (Jean). 
Deuran  (Tliommin). 
Deve  (Jean). 
Diger  (Symoaneau). 
Diasy  (Jean  de). 
Dooge  (Perrinet). 
Du  Puii(Renaot). 
Dyniandie  (Jean). 

Eapine  (Jean  de  1'). 
EateiMUrt(Gaillauiiier). 
Eiloulerille  (Jean  d"). 

Kalet(J<<*n). 
Kouquaut  (Guillaume). 
Kreppier  (Jehannin). 

Gallera«  (Bdot). 
Otddri  (Tkiam). 
GamiMCIMot). 
GiMi«(l«BaMMik). 


(Guillaiiw*). 


.(GdfaM). 

Hay«(PMmdtk). 
HetteH  (Jeu). 
HciliMi»  (J«M). 
IIeriay(naMMi4e). 
Hennanl(TliiMiwin). 
Hura(Deaii«l). 


(Uhmt). 

U  M«tk*  (J«M  it). 

LMib«tMr(JaM). 

LaartMw. 

U  ■atgu^a». 

UDMipr(PiaR«). 
U  Hidi»  (i— )■ 
LMfaMCnNeMMi). 
UHmmmiCnmmàm}. 

U  Pria»  (MidMbt). 

l(J«M). 


370 

Leurs  Maisons  (Eliennot). 
Logue  (Thomas). 
Lohier  (Raoulcl). 
Lorfevre  (Raoulet). 

Maire  (Bemart  le). 
Mamerot  (Jaquin). 
Marcadé  (Jean). 
Mareschon(Tboniassin  de). 
Martin  (Philippol). 
Matlielot  (Jean). 
May  (Jean). 
Meserot  (Guillaume). 
Merdieu  (Symon). 
Merlin  (Jean). 

Noël  (Colin). 
îVorroant  (Jean  le). 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OHIGINAUX. 


Page  (Colin  le). 
Paignon  (Thomas). 
Paillart  (Jean  de). 
Paris  (N.). 
Parisi  (Henry). 
Pausseverl  (Colin). 
Pelletier  (Guillaume  le). 
Piel  (Martin). 
Ploys(Huetdu). 
Poli  le  (Jean). 
Porteur  (Jean  le). 
Pouillet. 
Poyrier  (Ligier). 
Préaux  (Perrin  de). 
Prés  (Guillaume  des). 
Puis  (Jean  du). 

Rançon  (Mirhelet). 


Régnier  (Regnault). 
Ricart  (liennequin). 
Riche  (Guillaume  le). 
Rigaut  (Jean). 
Roiche  (Symon  de  la). 
Rouen  (Jacquet  de). 
Rousselet  (Jehannin). 
Ruelle  (Jean  de  la). 

Sassier  (Robinet  le). 
Sauberlicr  (Huguelin). 
Selcrion  (Guiot). 
Sens  (Jean  de). 
Sevestre  (  Blandiche  de). 
Simon  (Martin  le). 
Soissons  (Pierre  de). 
Spifame  (Jean). 
Strain  (Jean). 


StrampI  (Jean). 
Tabary  (Jean). 
Tenque  (Colart  de). 
Tboloiijon  (Andry  de). 
Tranchant  (Michelet). 

Vair  (Robert  de). 
Vauchers  (Colin). 
Vaodry  (Regnault). 
Verrai  (Pierre  le). 
Vigne  (Jean  de  la). 
Villeneuve  (Michelet  de). 
Voe  (Jean  delà). 
Voirier  (Perrin  le). 

Wasmes  (Hennequin  de). 
Watelin  (Hennequin). 


TREIZIÈME  CATÉGORIE. 

FACTION  CABOCHIBIIHE. 


Baiart  (Toussains)  ou  Bau- 

gars. 
Baillet  (Guillaume). 
Baivart  (Simone!). 
Ralery  (Jean  de). 
Rarrau  (Guillaume). 
Barruyer  (Vincent  le). 
Baujart  (Toussaint). 
Bausart  (Simon). 
Bertrand  (Jean). 
Boieue  (Jean). 
Boileaue  (Mahiet). 
Rois  (Félix  du). 
Bois-au-Ren  (Jean  du). 
Bon  (Jean). 
Bordés  (Baude  des). 
Bourbon  du  Rousselet  (Jean) 
Bourdin  (Guillaume). 
Bout  (Jean). 
Boyvin  (Jean). 
Rrelueil  (Jean  de). 

Caboche  (Jean). 
Calot  (Laurent). 
Cauchon  (Pierre). 
Chaumont  (Oenisot  de). 
Chausse  (Jean). 


Choisy  (Jacques  de). 
Conseil  (David  du). 
Coulommiers  (Martin  de). 
Coustellier   (Simonet  le), 
dit  Caboche. 

Errault  (Jean). 

Forest  (Antoine). 
Fort  (  Jean  le). 
François  (  Dominique  ) . 

Gamier  (Thomas). 
Gente  (Guillaume). 
Goix  (Guillaume  le). 
Gouez  (Thomas  et  Jean  le) 

ou  le  Goy». 
Gouppil  (Robin). 
Gourguichon      (  Fremynot 

de). 
Gras  (Jean  le). 
Guerin  (Jean). 

Harioy  (Cointinet  du). 
Hurtevant  (Guillaume). 

Jossequin  (Philippe). 


Laistre  (Eualache  de). 
Lamban  (Jacques)  ou  Laltan. 
Lignage  (Jean). 
Lombart  (Pierre). 
Lombert  (Jean  de). 

Maçon  (Jaquet  le). 
Maille  (Jean). 
Mainfroy  (Jean). 
Maire  (Denisot  le). 
Maire  (Jean  le). 
Malart  (Jean). 
Malatrait  (Jean  de). 
Martin  (GuilUume). 
Mauvais  (Colin  le). 
Miote  (Pierre). 
Moreau  (Estienne). 
Mousire  (Jean). 

.Vauville  (Martin  de). 
Neufville  (Colin  de). 

Orfèvre  (François  I'). 
Orlart  (Philippot). 

Parent  (Jean). 
Paumier(Jean). 
Piniorin  (Jean). 


Polin  (Ligier). 
Potier  (  H  ugoel). 
Provendier(Guillemin  le). 
Pudiin  (Raoulet). 

<.)uesnoy  (Nicolas  du). 

Rapiot  (Jean). 

Regnault. 

Rouen  (Jacques  de). 

Rouen  (Jean  de). 

Rous»el(Andry). 

Saint-Laurens  (Jacques  de). 
Saint- YUer  (Nicole  de). 
Saint-Yon  (Gamier  de). 
Sueur  (Jaquin  le). 
Sueur  (Thomas  le). 

Tillart(Jean). 
Tours  (Jean  de). 
Troye»  (Henri  de). 
Troyes  (Jean  de). 

Valée  (Colin). 
Verdun  (Hugues  de). 
Vignier  (Guillaume). 


.  u 


^ 


u 

z 

o 

o 

o 

s: 

3- 

o 

ss 

u 

e 

c/: 

^^ 

^N 

3 

ce; 

a 

^ 

m" 

Û_ 

3 
—  . 

i^ 

V2 

•^ 

!^ 

Z 

^ 

-«; 

" 

'j'. 

s 

ir. 

z 

OC 

■X. 

1-^ 

*^ 

1 

O 

à 

-^ 

Ç_l 

.5= 

w 

ï; 

^ 

ri- 

— 

■fi 

■'= 

es 

z 

1 

i-.^ 

-< 

■S. 

1^ 

(—V 

S 

c 

/• 

rr> 

v; 

S 

~ 

— 

w 

^ 

— 

-^ 

™ 

y: 

u: 

! 

Z 

jf 

c/: 

f_ 

1^ 

Z 

C 

S 

;^ 

■T. 

KT\T 


BOUH(iKOIS  l)K  PVHIS 

gui  i»nKTKnK\T  skumknt  k\trk  les  mai.^s  de  jeam  sa^s  pblr. 

DU<:  DE  BOLRr.OG.^E. 

Ail  MOIS  D'AOL'T  Ul«, 

naui  DMPflàs  un  doclmbkt  onioisti. 


L'iippcndicc  qiiu  nous  avons  consacre  ù  la  i>ourg(>oisie  parisienni*  se  li>rmine  par  la  re- 
production d'un  document  pri'cicux  et  probablonipnt  iini(|Ui>.  (iftti>  pièce.  «|up  M.  Guiiliaiill . 
ju|[i'  honoraire  à  Saintes,  n  bien  voulu  coii)iinini(pier)i  M.  le  IVt^fet  de  la  Seine,  porte  avec 
l'Ilr  loiis  les  caradj-res  de  raulhenlicilé  :  le  parcliemin,  l'écriture.  In  disposition  des  noBM 
et  (les  titres,  la  suture  des  l'euilles  de  vi^lin,  tout  rappelle  les  rAles  qu'on  élahlissait  à  rHIe 
i>po<pie  et  qui  sont  bien  connus  des  paléofjrapbes.  Pour  mettre  en  relief  un  document  au*»! 
inipiirlanl  au  point  de  vue  liislori(|uc,  ce  n'eât  point  été  assez  de  l'imprimer;  nous  avon» 
voulu  en  li{;urer  exactement  l'aspect.  La  plancbe  ci-jointe  reproduit  le  pr«>ambule  el  le» 
noms  placi's  en  léle  de  la  liste.  \u  verso  de  la  première  feuille,  «.e  trouNe  une  mention 
écrilc  au  xvT  siècle  et  qui  sert  de  litre  au  document:  nous  l'avons  placée  dans  notre /nc- 
■limilr  au  lieu  même  «[u'elle  occupe  dans  l'orif^inal.  La  pièce  mesure  onze  mètres  douze  centi- 
mètres de  loii|;ueur;  elle  se  compo.se  de  di\-buit  feuilles  de  vélin  cousues  bout  k  bout  et 
ronlient  seize  cent  deux  noms.  Klle  débute  par  le  préambule  suivant  : 


( 


niains 


><K  sont  les  noms  de  ccuh  de  In  ville  de  Paris  (|ui  ont  fait  le  scr^inent  os 
À  nion.scijjiHMir  le  duc  de  Bour{;oifTiip  que  ilz  seront  bons,  vrai»  el  loyaiiU  au 
lloy,  a  nionsei(]neur  le  dur  de  Bourjjoijjne,  leur  ra|)itaine'",  et  a  la  ville  de  Paris, 
que  bien  el  loyaunienl  iiz  lendroiil  le  parti  du  Hoy  el  de  monseigneur  de  Boui^ 
{{oijjne;  qne  les  persoiuies  du  Roy  et  de  mon  dirl  seigneur  de  Bourgoigiie  el  de 

'    Ce  litit'  <li'  rn|)ilniiio  du   [itMiple,    on   ii-.i  ■  "  uii!|.ii.    iéh  ■l-m;- 

iliins  l<~i  \illfs  IIiiiiiiiihIiw.  t'Iiiil  l'iiiiii iinnl  il'iu  ,  ,  ,        •   ."iv  r..iiMrt.» 


372  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX 

leurs  gens,  officiers  et  serviteurs,  ilz  garderont  comme  leurs  propres  corps;  que, 
se  ilz  scevent  ou  s'il  vient  a  leur  congnoissance,  par  oïr  dire  ou  autrement, 
chose  qui  soit  ou  puist  estre  aucunement  ou  deshonneur  ou  dommaige  du  Roy, 
de  mon  dict  seigneur  le  duc  de  Bourgoigne  ou  de  la  ville  de  Paris  ou  d'aucun  des 
gens  et  serviteurs  de  mon  dict  seigneur  de  Bourgoigne,  ilz  le  diront  et  révéleront 
incontinant  a  mon  dict  seigneur  de  Bourgoigne  et  a  ses  gens,  officiers  et  serviteui-s, 
les  en  adverliront,  et  avecques  ce  y  résisteront  et  obvieront  de  toute  leur  puis- 
sance; et  ilz  ne  seront  seront  («»V)  consentans,  ne  souffreront  faire  aucune  assem- 
blée de  gens  en  la  ville  de  Paris  sans  le  congié  et  licence  du  Roy,  de  mon  dict 
seigneur  le  duc  de  Bourgoigne,  leur  capitaine,  ou  du  Prévost  des  Marchans;  que, 
s'ilz  scevent  ou  s'il  vient  a  leur  congnoissance  aucunement  que  aucuns,  de  quelque 
estât  qu'ilz  soient,  facent  ou  veuillent  faire  aucune  assemblée  de  gens  sans  le 
congié  et  licence  des  dessus  dis,  ilz  le  diront  et  révéleront  incontinent  a  mon  dict 
seigneur  de  Bourgoigne,  leur  capitaine,  et  au  Prévost  des  Marchans,  et  résisteront 
de  tout  leur  povoir  contre  ceulx  qui  telle  assemblée  vouldroient  faire;  que  toutes 
les  foiz  et  a  toutes  heures  que  mon  dict  seigneur  de  Bourgoigne,  leur  capitaine, 
les  mandera,  ou  le  Prévost  des  Marchans,  ilz  vendront  et  obéiront  a  leur  man- 
dement sans  delay,  feront  et  accompliront  tout  ce  qu'il  leur  sera  ordonné  pour  le 
bien  du  Roy,  de  mon  dict  seigneur  de  Bourgoigne  et  de  la  ville  de  Paris,  et  y 
emploieront  corps  et  chevance.  Le  dict  serement  fait  par  eulx  en  l'an  mil  cccc  et 
dix  huit,  es  jour  cy  après  declairez. 


Et  premièrement  l'an  dessus  dit,  le  mercredi  vingt-quatrième  jour  d'aouat. 


Noël  Marchant ,  prevost  des  marchans  de  la  dicle 
ville  de  Paris. 

Pierre  Le  Voyer,  eschevin  d'icelle  ville. 

Maistrc  Nicolas  Rolin,  conseillier  de  mon  dit  sei- 
gneur de  Bourgoigne  et  de  la  dicte  ville. 

Messire  Michiel  Le  Maçon ,  preslre. 

Robin  Le  Doien , 

Tomas  de  la  Croix , 

Lambert  Catelin , 

Regnault  Le  Clerc, 

Jehan  de  Vennes . 

Liiquin  du  Pleiz , 

Germain  Ulvien , 

Guillaume  Le  Graix , 

Henriet  Dufroy, 

Evrat  de  la  Poeterne, 

Erart  Rousseau , 


quarleniers 

de 

la  dicle  ville 

de  Paris. 


Jaqiies  de  Livet, 
Jehan  de  Damas, 
Guillaume  Bourdon . 
Alixandre  des  Mares, 
Pierre  de  Serviller, 
Jehan  Regnault, 
Pierre  Molart, 
Garnier  de  Saint- Yon , 
Pierre  de  Grant  Rue, 
Jaquet  Sale , 
Jehan  Le  Graix , 
GieufTrin  Thoronde, 
Pierre  Cordier, 
Jehan  de  la  Fosse , 
Maislre  Jaques  de  Rouen, 
Yiiibert  Deschamps, 
Robert  LeCaron, 


cinquanteniers 

de 

la  dicle  ville 

de  Paris. 


bourgois 

de 

la  dicte  ville 

de  Paris. 


LA  BOL'UGEOISIE  PAniSIENNE  AUX  XIV*  ET  XV  SI 

ècLEs.       a 

Pierre  Corlin. 

1          hoorgon 

f               de 

Guillemain  liourdio , 

bourgoH 

de 

hdictoville 

Denio  Guliot, 

Innocent  Le  Main. 

l'icrrel»  Clerc. 
Moistrc  Jcliati  Cariiuii . 

'        la  dicte  viHe 

1                        J        t>        ' 

Maiitn  Denis  de  Le». 
Jehao  du  bois  Annan. 

Theveiiin  l'oiidelioti , 

de  Van*. 

JdiaD  d«  Lorie. 

dePteis. 

Du  jeudi  inHfjt-ciiiifuieme  jour  du  moi»  d'uDUât  mil  ecec  dix-kmt. 

Maistrc  Jciion  de  Troic« , 

««cheviru  de  la  dicte 

Jaqoot  PoilemoyM. 

MichinlThilKîrl, 

ville  do  Parif. 

Jehan  Boudie. 

Jeliaii  Marcel, 

1      jadig  eschcvina 

Symun  Ansoult . 

Jpliiin  do  IxMivicrK . 

i        d'icelle  ville. 

R^gnaolt  d'AvesiM. 

Roiicrl  h)iiv(îl,  clerc  de  la  dicte  ville  de  Pari». 

CoKnYsambert. 

Piorrt!  Ilriii/iult, 

quartenien 

Jehan  Veret. 

Jaqiicl  «le  Roye , 

de 

Guillaume  Ridault. 

Jehan  OsHcnt . 

la  dicte  ville 

Jehan  Levois, 

(iuillaumc  Cnillcaii. 

'          de  Paris. 

Jehan  Charol, 

(iohriel  Cloiticr. 

Bernart  Lebreton , 

Joqiiel  Ai(ir(feiil. 

cin(|unntenier8 
de 

Jehan  I,efevre, 

Jehan  M()ri»e, 

Jehan  do  Thouara. 

Robin  de  l'isseleu, 

la  dicte  ville 

Oudinet  de  Neufville , 

Rirhnrl  de  .Sninl  Yon , 

do  Pari». 

Jehan  Ramboiut, 

Perrin  Rnoulonl. 

Mahiot  do  l^voyne. 

Robin  Thonet. 

Rossequin  Lederc, 

Porrin  Hcnoiiiii'l . 

Rémi  de  Boucaeoq , 

Simon  Frnniin, 

Jehan  Sans  Raison , 

Jehan  (longit', 

Phelippot  des  Forges, 

Pierre  Pinarl , 

Jehan  d'Estaufort . 

Anthoinc  do  Conipans. 

Jehan  d'Aubigny , 

botugois 

Jt'linii  lliirt?. 

Jehan  de  Saint  Yon , 

de 

Lambin  de  Lornie, 
Ciirarl  Vlifier , 
Kslicnne  Rrodier. 

dixenien 

Jehan  Ros|K>nde. 
Jehan  de  Beloy, 

kdicte*ile 
dePte». 

Henon  Boulet. 

Jehan  Polin . 

la  dicte  ville 

Girard  Perrot. 

KsIiiMinr  J<i!ii'|ili. 

de  Pari». 

Pierre  do  Dreux . 

l'ieriT  Ho(|UHrt, 

Jehan  Trolol. 

Jehan  Fouquerc . 

Colin  Hudegot. 

Ji'linn  Roiloniic. 

Pierre  Sermon , 

Kslienne  do  Monry. 

Pierre  Losle. 

Amoulel  de  Roiir  lo  Duc, 

Colin  Piraiill, 

Synioii  l'iilciil , 

Jehan  de  Melloir. 

Onsin  de  Lciijjres.                  ' 

Thibault  Gamin. 

Mnisilro  Jolinn  Le  Roy.            . 

Muguelin  Gmwet. 

Mnislie  (îuillnunic  Rrument. 

Jehan  de  Grainvitle . 

Moislrt»  Rnoiil  (iargnt . 

l)oui;gois 

de 

la  dicte  ville 

Denis  de  Ciunawiol, 

Maisiro  Lniirons  (iitlot. 

Pierre  Betanert 

Maislrc  (iiiillniunc  Diivnl . 
Maisttro  Ciuillnume  (în^slo. 

Jehan  Marcel,  drapier 
Jehu  de  k  Pute. 

Maistro  Jn<|Ufs  VsnniborI . 

de  Paris. 

JelMoDanl. 

Maisln*  Ji-hon  |)ti|ilo».t<>y». 

Piem  Preteia. 

Jaques  do  S<iinl-Lorons . 

Jehan  Brifault. 

r7s 


RichartLe  Galois, 
Jehan  Mellin, 


DOCUMEMS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


bourgois  de  la  dicte 
ville  de  Paris. 


Jaqiiel  de  La  Roe , 
Pierre  Scale , 


bourgois  de  la  dicte 
ville  de  Paris. 


Du  vmdredi  vingt-sixième  jour  du  dit  mois  d'noust  mil  cccc  et  dix-hmt. 


Pierre  Hune,  quartenier  de  la  dicte  ville  de  Paris. 

Pierre  Rousseau,                   ' 

Pierre  Toussains, 

Jehan  le  Breton,                   1 

Jehan  Le  Senescal ,                ) 

cinquanteniers 

.Maistre  Denis  Bonhomme, 

Jehan  Paris,                           1 

de 

Maisire  Jehan  Rcmon, 

Estienne  Forcetier,                j 

la  dicte 

Jehan  de  Mouzon , 

Pierre  de  Bobigny,                ' 

ville  de  Paris. 

Jehan  de  Liste , 

Jehan  Guillet ,                        j 

Maistre  .Macé  Freron, 

Regnault  deCompiegne. 

Gaultier  de  Tremblay. 

Jehan  le  Noir, 

Jehan  Clodon, 

Pierre  du  Boys, 

Jehan  de  Meyon , 

Pierre  Druelle, 

Adam  Brunel, 

Jehan  du  Pays, 

Jehan  Faresseau , 

Gervaise  Buisson, 

Philipol  Daniel , 

Phelipot  Potier, 

Thomas  le  Dartre, 

Maciot  Teslars , 

dixeniers 

MiclieletFolastre. 

Guillaume  Plateau, 
Henry  le  Toinneur, 

de 

Pierre  Gaslellier, 

la  dicte 

Colin  de  Buiche, 

Jehan  le  Cauchois, 

ville  de  Paris. 

Herlin  de  l-acre. 

Robin  Chavin , 

Jehan  Vaillant , 

Gilet  le  Nain , 

Robert  de  Hors, 

François  d'Angueil, 

Guillaume  d'Aire, 

Simon  Laisnë, 

Jehan  Roty, 

bourgois 

Jehan  de  la  Varente. 

Guillaume  de  Rouvres. 

de 

Richart  des  Grés, 

Maistre  Estienne  de  Nomant, 

la  dicte 

Jehan  le  Chaussier, 

Maistre  Thomas  Petit . 

ville  de  Paris 

Maistre  Denis  de  Paillart. 

Girart  Acquart, 

Baudet  de  Calais , 

A  moult  du  Trait , 

Jehan  de  Galande, 

Jehan  de  Louvier»,  l'ainsné. 

Jehan  Papilon . 

Jehan  Klanchart, 

Oudinet  Marchant, 

Piene  deChaalons, 

Estienne  de  Baubrib»! , 

Pierre  de  la  Rue. 

Denisot  Tartarin, 

Henriet  Lombart , 

Colin  l'Estoffe, 

Colin  Lambelin , 

Jehan  de  Troye», 
Jehan  Dailly, 

bonrgois 
de 
'            la  dicte 
ville  de  Paris. 

Jehan  Regnault, 
ClarinDanië, 

Jehan  le  Changeur, 

Gilet  Taulier, 

Guillaume  Pelotin, 

Guillaume  Broessin. 

Symon  Alain , 

Jehan  Lefort, 

Jehan  le  Roy, 

Jehan  Valëe, 

Pierre  Anthoine, 

Michelet  de  Fougiercs, 

Jaquet  Mesnart, 

Jehan  de  Lolive, 

Anthoine  Foumier, 

Rogier  de  Boineel, 

Audriet  de  Trassy, 

Henry  le  Briant, 

Perrin  le  Borgne, 

! 

Perrin  de  Garmeny, 

Jehan  Chastellain, 

Colin  Bernardon, 

Jehan  de  Compans,  drapier. 

Henry  Turby, 

LA  BOIIKJEOISIE  l'AHISlENNE  AUX  XIV  ET  XV'  SIÈCLES.         37S 


Pierre  Baudouin ,                   \ 

Raoulel  le  Roy, 

l'icrrc  lo  (îarîtonnol, 

HemuDl  de  l^udort , 

Jehan  LuI)Im'\ 

Girui  Hepart, 

l'crrin  le  Mesureur , 

Jehan  du  Creui , 

Jchnn  lînrel. 

MaiiU«  Robert  CodwraMi, 

Mnrliii  Arbif , 

Roheri  Loillier, 

fjuilldiii  Doré, 

Jehan  le  (bonite. 

(iuillrniuin  le  Leu, 

Jehan  IWlault, 

Maixlre  Anpc  Jouen . 

Jehan  le  Moyne. 

lt<>f;llUUll  I)US8<'  , 

Ja*|>ar  de  Milan. 

Henry  Oivnin, 

Clément  Raoul, 

Guillcniiiin  Morlin . 

Andry  d'Eapamon . 

Colin  Vivini, 

hourgoi» 

TfaoroasBouUon. 

bni|wi 

Piem?  (iencii-n.  drapier, 

de 

Rnijert  Voidië. 

àt 

Piorr»!  de  KIcury.                                U  dide 

(îicniïrin  l'Ialenu. 
JuMwt  de  l)ani|iriiart. 

hdiete 

Tlieveniii  li'  llorliicr. 

ville  de  Pari*. 

viBedePark 

ilaudct  le  Itonx . 

Huf^net  Moyiieau, 

J«(|not  (iliuiidcron, 

Pierre  Mohiel. 

Henry  de  ViuU  Moiitieu. 

Martin  (>)uan. 

Gilel  Honnet, 

François  Pastoureau . 

Jehan  le  Poly, 

Perrin  Mnlart. 

Synion  Cayn, 

Pasquier  du  Me!inil . 

Jaquel  le  Maçon, 

Pierre  le  Flanient, 

Jehan  Malurt, 

Jehan  Basin, 

Jehan  de  in  Hue, 

Jelia»  le  Foumier, 

(iiiillnnine  Ti-epus, 

Jehan  de  Iteauvais. 

Jaquin  Langlois , 

Adoni  Mardor, 

Jelian  Conseil , 

Du  dimanche  xxviii'  jour  du  dit  mois  d'août!  mil  eeec  et  dix  kmt. 


Jelian  Petit , 
Jehan  d'Aswigny, 
Jeliim  d'Klhenf, 
ilicliart  le  Cnvelier. 
(luillaiinie  Aiireiiii . 
Jehnii  Seiidrin , 
Jehan  ilefriinull, 
Jehan  de  Va  Iles. 
Jehun  (ioiipil , 
Jelian  de  (  iyem  , 
Jehan  de  llar(|iieville . 
Jehan  Petit. 
Jehan  de  la  l'nrriei-p . 
Jehan  Maille,  le  jeune. 
Pierre  l'Evesqne, 
Yvonnet  Itioiil  , 
Jehan  Mareel . 
Colin  Sébile, 
Mahiet  V'iioirin , 
TouMoins  Vemere, 


cinquanteniers  de  la 
dicte  ville  de  Paris. 


dixeoîen 
de 

la  dicte 
ville  de  Paris. 


bourgoi* 
de 

la  dirte 
ville  de  Pari». 


Machelin  Nepveu, 

Perrin  de  Fricana, 

Maistre  Baude  de  SieaiMt, 

Jehan  Hemart, 

Jehan  Belot, 

Jourdain  de  Baulgnnx 

Ja(|uet  Creupin. 

Lambin  l/>nrant . 

Jehan  le  Mercier. 

Sire  Jehan  Fale. 

et 

Jehan  Sac.                              , 

hdicla 

Guy  de  Ra|>onde, 

ville  de  Pana. 

Maistre  Jehan  Gadifer. 

Guiot  l^inbert , 

Henriel  de  CouloygM, 

Courart  Friië. 

Maistre  Nicole  PleMelwis , 

Mnintrc  Jehan  Bissrtil . 

Maiatra  Piem  de  itrabM. 

liaialreGailbaM  QH^Ui, 

376 

Maistre  Jumen  Lefevre, 
Maistre  Phelippe  de  Ruilly , 
Maistre  Pierre  de  la  Rose , 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


bourgois 

de  la 

dicte  ville  de  Paris. 


Maistre  Oudart  le  Conips-j 

seur,  I 

Maistre  Mahieu  Duboc,         ) 


Itoiirgois 

de  la 

dicte  ville  de  Paris. 


Du  lundi  xxix'  jour  du  mots  d'aoust  mil  cccc  et  dix  huit. 


Cassin  CouUarl , 

Loys  Eudeline, 

Pierre  de  Thoury , 

Jehan  de  Lafontaine, 

Jehan  Rebours , 

Jehan  le  Faucheur , 

Climent  d'Oigny, 

Jehan  le  Barbier, 

Jehan  le  Pôle, 

Jehan  de  Chambely, 

Guillaume  de  Chalon , 

Colin  Sauvaige , 

Jehan  Billoys, 

Jehan  Carré, 

Jehan  Mouchon, 

Jehan  d'Asnieres, 

Raolin  Forgeret, 

Jehan  Guillemet, 

Maistre  Regnault  Valet, 

Guillaume  Desprez, 

Guillaume  de  Linot, 

Jehan  Foumier, 

Michault  le  Maçon , 

Eliot  Fessart, 

Raoulet  Blandin , 

Huet  Foubert , 

Maistre  Jehan  Fleury. 

Maistre  Guillaume  Intrant . 

Colin  Villefroy, 

Odin  Musnier, 

Audriet  Moreau, 

Jehan  d'Autnn, 

Pierre  de  Tremblay, 

Yvonnet  Petit-Bas, 

Gamier  du  Moustier, 

Girart  de  Vaubelon , 

Colin  Julien , 

Jehan  le  Perrier, 

Oudinet  du  Doit , 

Cardin  de  Genestes , 

Jehan  Richart, 

Thomas  Phelippe, 

Mahiet  le  Liegois , 

Maistre  Thibault  du  Vivier,    j 

Maistre  Jehan  du  Ceau ,         / 


cinquanteniei-s 

de 

la  dicte 

ville  de  Paris. 


dixeniers 

de 

la  dicte 

ville  de  Paris. 


iMurgois 

de 

la  dicte 

ville  de  Paris. 


AudebertCantin, 
Andriet  Perrineau, 
Estienne  Fillon , 
Maistre  Jehan  le  Fevre , 
Guillemain  Jouen, 
Jehan  du  Bois, 
Robin  Cahou , 
Raoulet  Bazin , 
Perrin  le  Fort , 
Jehan  de  Crespy, 
Pasquier  Priraerole, 
Maistre  Euslasse  Harengier, 
Maistre  Bcgnault  d'Orliens, 
Pierre  Barat, 
Maistre  Pierre  Bufleteau . 
Jehan  d'Artois , 
Maistre  Giles  Locque, 
Gilet  Berthou , 
Guillaume  Harengier, 
Guillaume  du  Meuchy. 
Marceau  de  la  Rretaigiie . 
Maistre  Mcole  Baudoyn , 
Maistre  Pierre  de  Chastillon 
Maistre  Nicolas  Bappin, 
Jehan  GifTart, 
Jehan  de  Lastre . 
Adam  le  Clerc, 
Hugues  de  Champignoles . 
Jaques  Mcreaul, 
Jaquet  d'Orpy, 
Jaquet  Bourderay, 
Philipot  Richart , 
Jaquin  de  Vergieres, 
Messire  Guillaume  Hequet . 
Cassin  Boynel, 
Jaquet  Lescuier, 
Gilet  de  la  Fontaine , 
Girart  Daucamps , 
Maistre  Giles  Hordre , 
Jehan  Vincent , 
Nicolas  du  Pont, 
Jehan  Fournier, 
Pierre  Moriset , 
Gieuffroy  Queslier. 
Henry  de  Bresnes, 


iMurgois 

de 

la  dicte 

ville  de  Paris. 


LA  BOUHGEOISIE  PAHISIKNNE  AUX  XIV'  KT  XV-  SifccLKS. 


377 


lioiidctcln  Ooloniltin, 
Pr-rrifi  de  S<'<|iir'll('H. 
MniHln-  Jii((ui'M  Anjoiicro, 

MlMKln-  Jl-llllll  (itKTill, 

MuJHti'i!  [(oIh'iI  itoiirori, 
Miiintrc  Ji'liiiii  il<-  (/liiiiiliiii.i, 
Muistro  Jcliiiii  l'iiiilnit, 
MnJHlrc  Jnlian  Uoudm; , 
(îilillciiiiiiii  de  Frosiifs, 
Maistrc  DcniH  dr.  Suint  Lo, 
MuiHtrc  (fiiilhuiiiK'  (liHiitoii, 
Mfliitln'  (îtiillauine  de.  la  (ilirv 

vnl. 
Mnislrc  Hurenu  IJoiiMlnir. 
Mnislro  Pierre  Aliiiil , 
(îiiilliiiiriic  de  liOiii'ii. 
Itiiitin  de  lii  (^lioyiif, 
Muislre  Dmis  de  la  Porte . 
Jelinii  di'M  Cliniii|is . 
Itdliiii  du  Chnsleuii. 
Yvonnet  (îodnrl , 
lliiliiii  Pèlerin. 
Miiistre  lli.'iiry  de  Monstreul, 
Maistre  Aiidry  du  Ceau . 
Synionnet  Poiiet, 
Colin,  le  peitchcur, 
(îilet  Transie, 
Andry  du  Moulin . 
Denisol  .M(ui|fier, 
Ja(|uet  de  Tiuiry, 
Pierre  llnaull, 
Phelipot  Syron , 
Denisot  \)del, 
Perrin  de  Saint  Michiel. 
(loliii  de  Torey, 
Moistre  Pierre  de  Veronne 
Miegeot  I.aleniont. 
Jelian  de  \i>elle. 
Sinininiet  de  In  Mole, 
(inillanme  du  Ituiïiudl. 
Perrin  de  Beuf. 
liniileinnin  de  Frise. 
Jelion  fiilleberl . 
l'iieulTrin  de  rirnieeluin. 
Htiliin  de  Sept  Maisons. 
Jehan  (]|iani|tiii{rne. 
(îtiiilniune  Qnicjnet. 
Perrin  l.ieimrt, 
(lirarl  de  Fleur. 
Jelian  Prevosteau, 
lluf^uciin  du  Chier, 


bourgoiit 
de 

la  dicte 
ville  de  Pari». 


Pierre  Oi, 

Maifire  Pierre  de  Sergj,      \ 

Maistre  Ciiillaume  «TEepiaie. 

Thomas  Front  tf  Arier. 

Robin  .Merlin, 

Jehan  dea  Champ* . 

Jcitan  Coart«lier. 

(îiict  de  SanMii . 

Perrin  Foumier. 

Regnault  Nepveu, 

TliomiM  Pbelippe, 

Joqupt  Pierre. 

Pierre  de  Poii , 

(îimrt  GaMot, 

Jehan  de  Chaeoiie, 

Pierre  le  Clerc, 

(iaullier  Denis, 

Jehan  Carot,  barliier. 

Moliiet  le  Conlier. 

Perrin  Janict , 

Jehan  Jouin . 

.Moistre  Jeiinn  Ve^jninnt. 

Maistrc  Eslienne  de  Frr'\  die . 

Moistre  Elstienne  de  llray.  le 

jeune, 
Colin  (îrossier. 
Ji>han  Mourlerc. 
(îirort  de  Mully . 
Jehnn  (ïillel>ort . 
Guillaume  de  Itullel . 
Mahiel  de  Calen . 
Ciaurher  Cotdlort . 
Muiiitre  Henry  Dinnis. 
Ouiot  de  Conipiegiie . 
Martin  Anioul. 
(îimrt  Ouairelou . 
François  Pinel. 
Rend  Fmiiçoi». 
Jehon  Gucrart, 
Jehan  Laurony. 
Pierre  Cjillier. 
Syinon  de  Laniarp. 
Jehan  Duclieniin, 
Jehan  de  Tort. 
Jehan  de  Laporte. 
Maistre  Jelian  Cajmei, 
Jehan  Merle! . 
TaHin  de  Meaaicna. 
Jehan  Tnffigrt. 
Ileniieipnn  Regnart, 
Colin  Hemiite. 


bouq|OH 

de 

bilirte 

ville  de  Pari*. 


i« 


378 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Jehan  Rondeau . 

Jehan  Dorellarl. 

Perrin  Genevois. 

Denis  Maupertuys. 

Michelet  du  Foss(<, 

Colin  Galot. 

Olivier  du  Puys , 

Josset  de  Puissereis. 

Estienne  Gourdet, 

Jehan  le  Goue. 

Maislre  Jehan  Josseaume. 

Pierre  Povecte. 

Perrin  Huguelet, 
Jehan  le  Cauchois, 

hourgois 

de 

la  dicte 

ville  de  Paris. 

Henry  l'Evesque. 
Jehan  de  Beaulien. 
Pierre  Bourdier. 
Pierre  de  Mante. 
Husson  Perchai . 

bourgois 

de 

la  dicte 

»ilie  (le  Pari 

Vincent  le  Fourbeur. 
Arnoulet  Gisoye, 
Denisot  Courtillier, 

Michelet  de  Savoure, 

Pierre  Hubert. 

Mahiet  Laborde , 

Jehan  Boutelievre. 

Jehan  deCondé, 

Jehan  Aubouit, 

Regnault  le  Moyne. 

Jehan  Lebergier. 

Jehan  Michiel. 

Jehan  Guy. 

Martin  Houguier,                   j 

Maistre  Jehan  Dole .               ; 

Du  mardi  xxnf  jour  du  dit  moist  d'aoust  ml  cccc  et  dix  huit. 


Colin  Baille  Guerre , 

\      cinquanteniers 

Jehan  le  Paige. 

Vincent  Dury, 

1                 de 

Benoist  le  Damoisel . 

Jehan  Carpin , 

.            la  dicte 
f       ville  de  Paris. 

Jehan  Yves. 

Baudouin  de  Hastat. 

Jehan  Duplesseys. 

Colin  Olivier. 

Thomas  le  Moyne. 

Andriet  de  Danipont , 

Jacquet  le  Coustelier. 

Jaquet  Béguin, 

Jehan  delà  Piètre. 

Gilet  Boileaue. 

Ricliarl  Bise. 

Jehan  Pellot, 

Jelian  de  Saint  Aubin 

Raynion  Guillon. 

Loys  Foucault. 

Jehan  le  Riche, 

Jacot  Cardon . 

Henry  l'Enfant, 

Gobin  de  Fontaine. 

Pierre  Chenat, 

Erardin  le  Renvoisié . 

Simonnet  de  Dommiers, 

Thevenin  Henry, 

Colin  Belon , 

Guillaume  de  Fouille. 

Jehan  Nicolas, 

i:     .  *^ 

Guiot  Lambert. 

Jehan  Daulphin. 

ilizeniers 

A,. 

Jehannin  le  Lorrain . 

Pierre  Portier, 

<ie 
'            la  dicte 
ville  de  Paris. 

Guillaume  Teubert. 

Huet  Fossart, 

•Michelet  le  Lait, 

Estienne  Girart. 

Lubin  Charpentier. 

Anglebin  Morel. 

Hanse  Requise . 

Jehan  Guesdon . 

Mathieu  Petit. 

Adenel  de  Mei-y. 

Gieuffroy  Courant. 

Olivier  Ploenneour. 

Girart  le  Charpentier. 

Arnoulet  Bouvier. 

Pierre  Boulart. 

Pierre  Blondeau . 

Guillaume  Noël. 

Thomas  le  V' oirrier. 

Jehan  de  Fontenay. 

Macin  de  Froraont. 

Jehan  du  Conseil . 

Guillemain  le  Comte. 

Mahiet  le  Cordieu . 

Regnault  le  Seclier. 

Girart  Lallemand, 

Robin  Beson,                        ; 

Pierre  Marcel, 

Imurgois 

de 

la  dicte 

ville  de  Paris. 


LA  |{()I'h<;k()I.sik  I'\iiisik\ne  aux  xiv-  kt  \\   mu.i.i.n 

(iill!l  le   lioKHII, 

Jn(|ti«(  ()(ï  In  (llimniiic.  \ 


379 


(îiiiot  (II!  niiilli 
(ilnriiRiit  (II!  lu  Mnrcli*;, 
Jiïlinn  Di!8ul)i!a(u , 
(ïiiillmimu  Muiigloul. 
(îirnril  Diilioiiit, 
Colliii  d"'  M.iiivy, 
Jolwiii  IIcIkh'I, 
(iiiilliiiiiiK'  II!  Dny'ii. 
(iiiillutitiii!  II!  Itoy. 
Pierre  Conovelic. 
Olivier  Ho  Chuill). 
l'iM'i'iii  (II!  (>liuiii|ie(iiilx . 
l'iTrin  (îaiilli(!r. 
(îicITmy  de  In  l'ortc 
Jncol  II!  l'cr» , 
l'urriri  Biet. 

Collill  ii(li.SH(!l'llll  . 

Piemi  l'o(jiict , 

Jelinii  (lu  ii(iiivillici>. 

IVrrin  do  Sniiil  Digicr, 

Jclmii  ('.i>iii|)iiiritt. 

Ji'huii  (II-  lii  l''uiituino, 

l'crrin  de  Failloii. 

Ji'iioii  du  1,11/, 

Jclinii  KdIh'i'I. 

Iticcm  de  Dist . 

Itdhiii  lidiiiicl. 

Ji'liim  d'Aoïist, 

llciiriel  des  0», 

Jrlinii  liniioiMt, 

lioiirict  de  iluiivruy. 

J(>hnn  du  (îon!<eil,  araiurier. 

Jnhnii  de  l'isli'. 

TlioriiasMnrtincuti. 

Heiiriot  le  l'oint  Cuiiveim . 

Jeliflii  de  Coiircelles, 

<iiiilii<lol  Délit. 

Ilnyinon  de  Sovove. 

Ileririet  Delil, 

Perrin  de  Mous. 

Jelinii  de  l'Isli-.  rscri|ivniii. 

Jehiiti  Luillier. 

Mnislri"  Ji'Ikiii  Fniin-ois. 

Il(}iiiii<i|iiiii  Di-iidiMiiinle. 

(îiiillniiiiif  iti>j|()iirt . 

Mnci-  SoliiiT, 

•  iiiillniiiiicli!  Miuvschiil . 

Jclinii  Diiisicrs, 

Miiiittre  Olivier  Gohier. 


lH)ui');uiM 

de 

ht  dicte 

ville  de  Pnris. 


Jehan  Garnier, 
Miebdet  d«  Laval , 
PbdipotNi<p>(, 
Thomaf  de  Villearanv" 
Jehan  Bernier, 
Colin  Itoutefovre, 
Regnauil  Mathieo , 
Mautra  GaiHanme  Ajrniery, 
Godefroyllale. 
JaquetPenneau. 
Jehan  Bout. 
Mirhault  Clianu . 
Ilciiimil  Pijart. 
Jtïlian  Diini. 
Amoult  Machtrol. 
Jolion  Mniiferait. 
Lstienne  de  Dampuiart . 
Michelet  .Moreau. 
Guillaume  Dulioi». 
(^Iirixtollc  Martin. 
Guillaume  .Mouton . 
Maisire  Thomas  le  Jay. 
I..aurcng  Guiart . 
Jelian  le  Fevrv. 
Jehan  de  Dampierre. 
Girani  Vannier. 
Simon  du  .Moulinet . 
Mahiet  Ciiapelain . 
.Maistrc  Jeiion  Chopine . 
Tiicvenin  Bric. 
Guillemain  de  Savoii 
GervaÏM  Germain. 
Pierre  Chausse*. 
Jehan  de  Chauvigny 
Jehan  Fcrqueval. 
Colin  Gousset. 
Laurens  Bourguignon. 
YMml>ert  de  Caux . 
Jehan  de  Mooaay, 
Bertaall  kl  Charpentier. 
Jehan  le  Granl . 
Henry  Picart, 
Jclian  de  Feupoux . 
Jehan  de  Royc. 
Jehan  le  l^vendier, 
Herpin  Flobcrt. 
PiemdeSagMae. 
Andriet  d«  Vaiaoee. 
PiemdeChoMjf, 
P«rrin  de  MandiM, 
Gieuffitt>y  Chappoa. 


koui]pii» 

de 

ladidi- 

ville  de  Paria. 


M. 


380 


DOCUMK.NTS  ET  ÉCRITS  OHKJINAUX. 


François  Poneiii . 

Viiillequin  Régnier, 

Pierre  Duvivier. 

Thomas  Durant, 

Jehan  Chastellain . 

Bonne  Adventure  de  la  Ferlé 

Jacquet  le  Vaillant . 

Jehan  Jaquet, 

Jehan  Nior, 

Second  Falet, 

Denisot  de  l'Espine, 

Ohvier  des  Ruelles. 

Andriet  Sohier, 

Jehan  Breuzé , 

Jehan  Mariez, 

Jehan  Coulon. 

(jiles  Luquot, 

MahietleCoint. 

Pierre  Charles. 

Rerlhelot  Deschanips. 

Jehan  de  Conqwins. 

Maistre  Thomas  Bnstanguier. 

Jehan  Ferniault, 

Colin  Rrelesche. 

Mahiet  Veret, 

Jehan  de  Grain . 

Jehan  Mahiet. 

Jaquet  de  Mery, 

Jehan  Rouyn , 

Raoulet  Jone, 

Jehan  Buyer. 

Jehan  Rogner. 

Gilet  le  Barhier. 

Jehan  Daniel, 

Jehan  Erart. 

Jaquet  Dove. 

Guillaume  de  Condé. 

Jehan  Minguot, 

Pierre  d'Amiens. 

Jehan  Pèlerin . 

Phelippon  Cove. 

Jehan  Balle. 

Oudin  le  Foulon . 

Perrin  de  Fresnes , 

Alain  Chasteinier. 

Jehan  Sabot. 

Jehan  de  Rueil , 

Huet  le  Large. 

Hehot  du  Pont . 

Jehan  le  Conte. 

Colin  Hébert, 


IlOIII-gOIS 

de 

la  dicte 

ville  de  Paris. 


Maistre  Philippe  de  S'-Ger- 

main . 
Laurens  de  Bouleduc . 
Sinionnet  Crespin , 
Guillaume  Benoist, 
Casin  Labole. 
Chariot  Gillebert. 
Estienne  Gaurre. 
Jaques  Resjwnde, 
Guillaume  Sevesine. 
Richart  le  Trésorier. 
Colart  de  Sens, 
Guillaume  de  nuynionl. 
Maistre  Jehan  du  Bois. 
Maistre  Jehan  Labbal . 
Maistre  Jehan  Jarrouceau , 
Colin  Maçon, 
Thomas  le  Raaie, 
Guillaume  Garnier, 
Denis  le  Charron, 
Maistre  Jaques  Phelip|)e. 
Philibert  de  Lourme . 
Jehan  de  Haynault. 
Casin  Poret . 
Regnault  de  Vendelle . 
Guillaume  de  .Malines. 
Perrin  Sireul. 
Maistre  Marc  de  Beauvoir. 
Nicaise  Raoul. 
Maistre  Jehan  Paris. 
Colin  Dennevers. 
Guillaume  Beaunieps. 
Maistre  Jehan  de  la  Porte , 
Richart  de  Cauchy, 
Robin  Sergent . 
Maistre  Jehan  Lami . 
Jehan  Morelet, 
Jehan  de  la  Valée. 
Maistre  Jehan  David . 
Maistre  Jehan  Colombe. 
Jaquet  Dichen . 
Jehan  Rigault, 
Guillemain  Alarl. 
Gilet  de  Fresnes . 
Gilet  le  Fevre, 
Gilet  Coiret . 
Perrin  Barbel . 
Jehan  le  Fevre. 
Domien  Mercat, 
Perrin  Vallet, 
Pierre  Ragueneau, 


Imurgois 

de 

la  dicte 

ville  de  Paris 


I.A  l{()l  IKWIOISIK  IMIÎISIF'NNK  Al  \   \l\     Kl    W     n|I,(  I 


-.9^ 


NicaiiM;  Moiinourry. 
(liriinliii  ItoiisHcIcl , 
Jaqupl  M(!»c|iiri . 
Jiilinii  (^aillior. 
Jcliiiii  Loiivcl. 
Mdislr'î  Joliori  do  Viiniry, 
Ji'limi  lloci<'. 
Thotiius  (irim'Ilc, 


Simonrrf>l  r.i-^.n t. 

IImiiI'I    \ii;;'.I..Tl. 

Ixxir^roiH 

Ilciirif!(  llouvre. 

.1» 

Olivier  ili!  Tliiiry, 

In  <]ii't'! 

Jeliaii  Fioqiint. 

villp  (l<;  l'nrJH. 

Picrn;  IW.'mnrl. 

Hegiiauldiii  du  Mi-snil 

Jehan  de  llariii. 

U  (lirtr 
tiib*  ib*  Pari*. 


Du  mercredi  xxxi'  et  dernier  jour  du  moi»  d'aoutt  mil  cecr  et  dis  huit. 


MaiHti'c  Hnoiil  l.icjart. 
Miiislri'  Jcliiiii  Voi|pi()ii . 
Moisti'i!  Jdiuii  (iirnrdiii. 
Maistrc  Jclioii  (^ourtccuiatu*. 
Vlnislii"  Vicoliis  de  DoIp, 
Miiislrc  Ji-liaii  (iliiiri'i>t(iii. 
Mnistre  l'icrrc  d'Orifcriiont . 
Mnistrc  Ji'linii  de  PIcsscns. 
(iliiirlol  (îiiiM'iii. 
Mcssirc  llii|,'iiR8  (]hur|H>n(ier, 
Mossire  Mirliicl  lirutir! . 
Mnssirn  l'ierrc  MtTcicr. 
Mn»»in<  Joluiii  liiiys. 
Meg»irp  Jclion  \p  .Main;. 
McjisiiT  (îtiilIniiiiiR  l'icort. 
Messirn  Malliiiriii  H(d)i'it . 
Mo8«iro  Henry  rEwolier. 
Messiro  Vilal  Arcliinr. 
MrHiiirc  (itiillmiiiic  Alciuinn'. 
Mcssirc  Jaqiiut  llai'i< 
Messin>  Ji'liaii  i'li<'li|ioii . 
Mosaii-o  (iiiillciiiaiii  (layi)i . 
Mcssiit*  Jvlinn  Maiinnr<>. 
Messiiv  l'iorrr  Valcl . 
Messii"*'  ('■uillaiiiiie  Cassot. 
Mfssiro  l'iorrti  In  (iliarron . 
Messire  Jehan  Dufour, 
Mi'ssirc  l*liili|)|M>  l,i(jirr. 
Ilaoni  |{oul('ii(piT. 
Gleinonl  Mcllol. 
Jaqui'l  Dcspini-ul. 
Adam  l.cffviv, 
Thomas  le  Fort . 
nnilliMMain  du  (ii'i>eil. 
(Inlirii'l  Hai-i'iijjipr, 
Jflian  l'oele,  dit  (îarttinois 
l'icrro  Maillart . 
Jf'haii  Ik'aupnndn' . 
(iiiillaumo  Fri|ion .  oDicicr  de 
Dame  de  Paris. 


rliarioin)!8 

de  l'esgliHC 

.Nfwtre  Dame 

de  Paris. 


vicaires 

de 

lu  dicte  eogKse 

Noslre  Daine 

de  Paris. 


cure/,  et  chanoines 

de 

Saint  Jehan  le  Rond 

en  In  dicte 

(■«iulisi'ili-  i'aris. 

chanoines 

de 

Saint  Denis  du  Pas 

en  la  dicte 

esglise  de  Paris. 


iiiarier!<  et  ckrs 

de  matines 

de    In    dicte 

••si'ji*!'  ili'  Paris. 


In  (iicle  eagliM  Noain 


\ 


Jehan  l^ng;lois,  oilicier  «le  U  (iirtp  nif(W  ,\ailf« 
Dame  de  l'ans. 

Mcssirc  Hol>ci-t  Dupoitis. 

Mcsoin!  Roltcrt  Itonnet, 

Messire  ilu(;ii<ii  {/-utier, 

Messirc  iticiiart  de  Trebeivt. 

Messire  Giles  Jubinot, 

Mewire  Jehan  le  Delië. 

Messire  Lanrens  des  (linie<i. 

Messire  Jehan  Dciuchin . 

Messire  Pierre  Cardonnel . 

Messire  Pas4|uicr  Jossel . 

Messire  Jehan  Tibout. 

Messire  Pierre  Bon'e . 

Messire  Guillaume  Lesglen- 
lier, 

Messire  Jehan  Bonne . 

Messire  Jehan  Lefcron. 

Messire  Pierre  f.4irar^e. 

Messire  Jehan  Gaillier. 

Messire  Jeiian  IWmart . 

Messire  Jcliaii  Diiniouliu . 

Messire  Jeiian  Baligtui . 

Messire  (luillaiime  Aali(>s. 

Messire  Richart  Raalart 

Messire -Jehan  Privé. 

Messire  Raoul  Rouli'' 

Mesure  Jehan  de  Clioniy . 

Messire  Guillaume  le  Mari- 
nier, 

Messire  Guillaume  Joye . 

Messire  Yves  Maocourl . 

Messire  Nicole  Le  Sellier. 

M«sir«  Jehan  Gambier. 

Messire  Jehan  Lefevre. 

Messire  Jehan  Blein . 

Me«ir)<  Richart  Bonami. 

Meanrc  Jehan  liuet. 

IleaHreJebaiiCotarei. 

Meaura  Guillaoïne  Bardel , 


rlM|i|M!Uaiiw 

en 

la  Airif  eagiiie 

No«tre  Dame 

lie  Pari». 


382 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


chapelains  en  la 

dicte  esglise  Nostre 

Dame  de  Paris. 


Messire  Jaques  Hernart, 

Messire  Guillaume  Jambeforl , 

Messire  Jehan  Doche , 

Maistre  Bureau  Luissier, 

Messire  Jehan  Boulart, 

Messire  Guillaume  Gourlay, 

Maistre  Pierre  Olier, 

Messire  Jehan  Louvet. 

Messire  Jehan  Potier,  chanoine  de  Saint  Benoist 

Paris. 
Messire  Almaurry  Nicole. 
Messire  Jehan  Paien , 
Messire  Olivier  Dacre , 
Messire  Jehan  Bochet, 
Messh*  Jehan  Martin . 
Messire  Thomas  Roussel , 
Messire  Pierre  Anseaume, 
Messire  Jehan  de  Cbasteau- 

vilain. 
Messire  Pierre  de  Villiers. 
Messire  Jehan  de  Villiers. 
Messire  Pierre  de  Raye . 
Maistre  Regnault  Le  Roux . 
Maislre  Thibault  Luillier. 
Maistre  Jebau  Fatiuaut. 
Messire  Jehan  Caslel . 
Messire  Henry  Langlois. 
Messire  Estienne  Grossin . 
Messire  Jehan  Audebert , 


chanoines 

de  Saint  Estienne 

des  Grés. 

a  Paris. 


vicaires  de  la  dicte 

esglise  Saint  Benoist 

a  Paris. 


chapelains 

en  ladicte  esglise 

Saint  Benoist, 

a  Paris. 


chanoines  de  l'église 
SaintMarry.a  Paris. 

cha|)etains 

en  la  dicte  esglise 

Saint  Marry. 

a  Paris. 


Jehan  Brisson , 

Jehan  des  Mares . 

Nicolas  Grenon, 

Jehan  Chreslien, 

Pierre  des  Mares , 

Jehan  de  Couvers, 

Nicolas  de  Dun. 

Guillaume  Forget, 

Messire  Jehan  Dufour. 

Messire  Giles  Estieime , 

Messire  Jehan  Le  Clerc . 

Messire  Jehan  Lambert . 

Messire  Pierre  Clément , 

Bon  Alixet, 

Messire  Guillaume  Hecquet,  fermier  de  la  cure  de 

la  Magdelaine,  a  Paris. 
Messire  Jehan  Lefevre,  curé  de  Saint  Landry,  a 

Paris. 
Messire  Jehan  Le  Roy,  curé  de  Saint  Denis  de  la 

Chartre,  a  Pai'is. 
Messire  Jehan  Morin,  fermier  de  la  cure  de  Saint 

Germain  le  Vielz ,  a  Paris. 


rhauniiies 

de  l'esglise  du 

Sépulcre . 

a  Paris. 


chapelains 

de  la  dicte  esglise 

du  Sépulcre . 

a  Paris. 


Messire    Clément  Mahault,    fermier   de   la   cure 

Saincte  Geneviefve,  a  Paris. 
Messire  Bichart  Agnez,  vicaire  de  Sainct  Pierre 

aux  Btt'ufz,  a  Paris. 
Messire  Jehan  Boileart,  cure  de  la   cure  Saincte 

Croix,  a  Paris. 
Messire  Ynbert  Leprouvier.  curé  de  la  cure  Saincl 

Nicolas  du  Chardonneret ,  a  Paris. 
Messire  Jehan  Colonibel,  fermier  de  la  cure  Saint 

Leu  et  Saint  Gile ,  a  Paris. 
Maislre  Jehan  de  Champbon ,  chantre  de  la  Saincte 

Chapelle. 
Maislre  Guillaume  Relier. 
Maistre  Philippe  Aymenon, 
Maistre  Pierre  de  Dierre . 


chanoines 

de  la  dicte 

Saincte  Ch8|ielie. 


chapelains 

de  la  dicte 

Saincte  Chajielle. 


Maistre  Nicole  Charreton . 

Maistre  Jehan  de  Paris, 

Messire  Jehan  Prestat. 

Messire  Hugues  Ferrel . 

Messire  Beguault  de  Diron , 

Maistre  Paul  de  Aquosis . 

Maislre  Bertault  Lecousturier, 

Messire  Jehan  Lepellelier. 

Messire  Estienne  Lebecque. 

Messire  Pierre  Ganelot, 

Messire  Jaques  Duvivier, 

Messire  Guerart  Lavieille. 

Messire  Jehan  Quiraere . 

Messire  Guillaume  Legoaix . 

Messire  Nicole  Couslier, 

Messire  Jehan  Nepigue . 

Messire  Henry  Leremer. 

Robin  Le  Carpentier, 

Jehannin  Le  Conte. 

Jehannin  de  Latour. 

Jehannin  Taquetot, 

Robin  Le  Coq , 

Colin  Bordin. 

Jehannin  Michel, 

Frère  Pierre  Louvet .  abbé  de  Saint  Magloire .  a  Paris. 

Frère  Denis  Clément .  prieur  de  la  dicte  abbaye  de 

Saint  Magloire,  a  Paris. 
Frère  Jehan  Guerin . 
Frere  Jehan  Euchyavine, 
Frère  Hugues  de  Tarresin . 
Frere  Guillaume  Baymond, 
Frere  Regnault  Denis, 


Clers 

de  la  dicte 

Saincte  Cha|)elle. 


religieux  de  la  dicte 
abbaye  S'  Magloire. 
religieux  de  l'abb'' 
S' Germain  des  Prés 
lez  Paris. 


Frere  Henry  Melian,  religieux  de  Saint  Anthoine 

le  Petit  lez  Paris. 
Frere  Guillaume  de  Corbigny,  prieur  de  Saint  Eloy. 

a  Paris. 


LA  BOIJIUJKOISIK  PAHISIK.\ 


Vrrro  Jftlion  <le  l,oiittr« . 

religieux 

Frci'c  Jrîli.'iii  Tiirlnriti, 

dn  dirl  (>ricur<< 

FrfTc  l'ciriii  <!<•  Viirsy. 

Saint  Eliiy. 

Ficn-  n<Mtlwl()t  lli-nry. 

'            a  Pari».. 

KrrTf  V'wvro  Dmiifi-i'H, 

Krcre  'ilinrli's  ili-  \  illinrit. 

relifficux 

Fivrc  llii|rii<-s  lloiir];oin|^. 

de 

Fi-*"!»'  hUaii  (îiiidnt, 

Saint 

Fi'fTi'  Jii<|ii(<(i  Arifriiiilarit . 

Mnrtindr>«Champt, 

FriTc  Denis  fie  l(i  (ilidruiil . 

»  Pari». 

Frcie  lîcriianl  (iiiiiy. 

l'icrrc  Itliirirhoiilie. 

rhnn()in"dcrcs|^!i.>w 

Jcliuii  )l<!  Niiiitcrrc. 

S'dcnn"  rAu%)'n'oi» 

McsHirc  Jfliun  l<'  (Uuiiij|M-nniB, 

McHsiiT  Jclinn  Diinint . 

Ml'Hxir»;  JrlmM  Mmilifr. 

Mi'siiiro  Nicole  Diivol. 

Mpssirc  l'ii'irc  Surlriiioiii , 

viniin-s 

VIpHxirc  (ïiiiiiniiinc  Mulliii'ii. 

et  cliniieiaiiu  de 

M(>s8im  Denis  Sollemont. 

ta  dicte  eagiùe 

Messin;  (iiiillniiinc  Martin. 

'      Saint  Gonnain 

Mcssirc  Simon  Tcrol . 

rAuxeiTfù». 

Mossire  l'irrrc  llousscini . 

a  Pari». 

Mcssirfi  Simon  l'rnclion . 

Mcssirn  Jiiqni's  l.c  (Itnnus, 

Mcssirc  Ji-linn  ilcnry. 

Mcssire  Andry  Ia'  Moynn. 

Mcssirc  Jolinn  Doiild. 

t-iinnoiii  '  (i<-|  l's^ise 

Mf>ssirf  (iilfs  l.oinlwu-t.           ' 

Sninctc  Opirtune. 

Mnistrc  l'ii-ire  Olinndfs,  clinn 

r>iiM>  de  Saint  Thomas 

<lii  l.onvrc,  h  l'nri». 

Mnislrr  |)i'iiis  de  Itonville, 

chanoines 

Mnistrc  Jclinn  IliciinrI . 

de  l'esgJigR  Saint 

Miiislif  Nicole  do  Hibavs, 

llonor(<,  a  Paris. 

NR  AUX  XIV  ET  XV- 

Meiwra  Jeluiii  Arnoul . 
Mewire  Jefam  BoHMowt 
MoMire   Pereeral  à»  la 

Saint  MmrtA  in  Pari*. 
Metwire  dément  llugiu»* . 
Meaiire  Jehan  Penlile . 
Meiaira  Thoma*  lluUri . 
MeMirn  (îuillaume  l/<>bon . 
Metaire  Guillaume  CjoaUtn . 
IMeaure  Eitiennc  de  la  f  JUMi<- . 
MeMJrc  Mar(|uet  Rogier. 
Metaire  Jehan  AMclin. 
Meaaire  Jehan  (ùiillotin . 
Meaaire  Jehan  GItcvalier. 
Metaire  Grégoire  Sy  tnon . 
Meaaire  Guillaunie  Muktl . 
Metwirn  Eslienne  Petiot . 
Meaaire  Niooiaa  de  Baaay. 
Metaire  Richart  ChevaliT 
Meatirc  Erart  Itavinel 
Metaire  («iciïroy  Olivier. 
Metaire  Roltert  AmengiM-. 
Metaire  Deni«  de  Fontaine», 
Metaire  Itoltert  de«  Joncherel, 
Meaaire  Robert  de  I^touclie. 
Metaire  Pierre  Romare. 
Mc»sire  Gtiillanme  Danget, 
Meaaire  Euatace  de  Laibotaioe, 
Metaire  Eatieone  Fkmrian . 
Meaaire  Jehan  Heney 
Metaire  Guillaume  UinpiM-nni 

Saint  Euatace,  a  Paris. 
Metaire  Jehan  Rul>e, 
Metaire  Olivier  Roosiel 


SIKCLKS. 


383 

cbaiHiiii"der«i|{iitr 

S'  Honora,  k  Pari». 

IjMk*.   rhaiww]  de 


•l»-  l'eagW 

Sdiiil  tactfm-* 

de  la 

l(<)iir|i<-rv 

a  l'an». 

j         dMpdaiai 
(         deFeiiii.» 

)     Saint  .\iealaa  de» 
Chanpa.aPana. 
\  cbape^*  ée  ff^gjtit^ 

(S*  Jehan  en  (irete , 
a  Pari». 

Iia|«e|ain» 

de  l'etgUar 

Saint  Jaque» 

derO>|iilal. 

a  Pari». 


riuiiH'liiiii- 

de  I  <-«|;li«4' 

de»  \\". 

«l'an». 

fermier  de  la  i 


|ire»tfea 
aP< 


Ih  vendredi  »ecfmil  jour  de  sejilembre  mil  crée  et  dix  huit. 


Pieriv  de  Nantes, 
Jehan  de  C.hennevieres. 

Jl>llilM    liolM-|T()is. 

(lillclH-rt  (losle, 
Jehan  (Ihnpelnin . 
Jn(|uemin  de  linillon. 
Denis  Itenulils. 
Jeiinn  Milion, 
Mirluiull  Perchemn. 
Pierre  l.iret, 
Jelinii  (liddoë, 
lienriet  l)u|Minl. 
Iiuillnunie  de  Itenuvnis. 
Aduiii  Torilion. 


('in(|unntcuicrs  de 
ladicte  ville  de  Paria. 


de  In  dicte  ville 


deP) 


iMiurjfois 

de  lu  dicte  \ille 

de  Paris. 


Jehan  de  Fontenay. 
Guillaume  Cheanl, 
Jehan  DubtiiMon. 
Jaqnet  Denis. 
Colin  Vitarl. 
Perrin  de  Mouy. 
(îirart  il'Auliepine. 
Jehan  C.haqientier. 
Goultier  Rate. 
Hennequin  de  Reucourt . 
Jehan  de  Ghartre». 
Thomas  Riou . 
Perrin  Martine. 
Jehan  Le  Doten, 


dela<lie«0«ile 
de  Pana. 


384 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Jehan  Petit.                          \ 

Onyvel  Prévost,                    \ 
Henry  Lemer,                       \ 

Colin  Haudry.                       \ 

Guillaume  AçuUon , 

Jehan  de  Sully, 

Perrin  Aube, 

Jaquet  Pollin , 

Martelet  de  Gevillac, 

.\udriet  OUvier, 

Pierre  Duval, 

Gaultliier  Bcrault. 

Jehan  Neel , 

Pierre  Augarl, 

Baudet  Noque, 

Michault  Basset. 

Hanse  Vilain, 

Jehan  Alissant,  dit  le  Bour- 

Jehan Hodebcrt,  dit  du  Mans, 

guignon, 

Yvonnet  de  Trichy, 

Gieuffroy  de  Martigny. 

Perriji  Lefevre, 

Guillemain  Lefevre, 

Jehan  Gloria, 

Colin  Ernoul, 

Guillaume  Nonfaut. 

Jehan  Sirol, 

Berlrant  Bemarl. 

Jehan  de  Cabour. 

Pierre  Dufour, 

Perrin  Le  Maresohal . 

Colin  Emere, 

Jehan  Maiguarce, 

Hennotin  de  Martin . 

Jehan  Chevalier, 

Bichart  Le  Moyne. 

Colin  Drouet, 

Jehan  Martin, 

Lambert  Dinoys, 

Jaquet  Courget, 

Jehan  Bniyant, 

Jehan  Bougon, 

Estienne  Poilet, 

Ydier  de  Versailles, 

Jehan  Baudoin, 

Guillaume  de  la  Halle, 

Colin  Hâve, 

Jehan  Bourdin,                        1            bourgois 

Jehan  Giroust, 

bourgois 

de  la  dicte  ville 

de  Paris. 

Jehan  Labbé ,                           \      de  ladicte  ville 
Milet  Chaligaut,                      /           de  Paris. 

Beriran  du  Moulin, 

Copin  de  Jellande, 

Maislre  Guillaume  Viniot, 

Jehan  de  La  mer. 

Jehan  Le  franc  boucher. 

Simon  Mounart, 

Maistre  Herny  Moyse. 

Guillaume  Nicolas, 

Guiot  Blondel, 

Godefroy  Gatebrese, 

Perrin  Fortier, 

Bemon  Godart, 

Jehan  Begnart, 

Guillaume  Paillart. 

Jehan  Trois  Deniers. 

Laurens  Aufroy, 

Perrin  Michiel, 

Jehan  Miette, 

Jaquet  Synion, 

Pierre  Foulon, 

Laurens  Bequet, 

Simon  Guillaume, 

Guilleniain  de  Gravier. 

Jehan  Lemaistre, 

Jehan  Bertault, 

Oudinet  Raimbout. 

Jehan  du  Bois, 

Noël  Le  Caron, 

Guilleniain  Bemarl. 

Jehan  Foucauld, 

Henriet  Mariavale. 

Thomas  Rohez , 

Guillemain  Labatenr. 

Gilet  Lemercier, 

Jourdain  de  Larivière. 

Maistre  Jaques  Couiliart . 

Jehan  Le  Chaqientier, 

Jehan  Thomassin . 

Huet  Bonne  Veyne, 

Bertran  Seguin , 

Gilet  Pastoul, 

Simonet  de  Melly, 

Yvonnet  Karmon, 

Sùnonnet  de  la  Haye, 

Guillaume  Prévost. 

Estienne  Bonnet, 

1 

Perrin  Grandin , 

Jehan  Naingault,                    . 

Danyau  Mauneuf,                  / 

Regnault  de  Brencourt ,         / 

LA  BOUIUJKOISIK  PAIUSIENNE  AUX  XIV  KT  XV  SifecLKS. 


tu 


Du  Inmli  v'  jour  du  ilil  moi»  de  âtpltmbn  mil  ecee  et  dix  huit. 


Jrîhon  lie  Tillny, 
Dniiiirl  lliiii)riii.'lot, 
(iiiiilaiiiiii!  tlo  Tiiillii'ich 
TlioiiiOH  Syriion . 
(iiiillniiriic  Loiicl», 
Siiiiiiii  Filiful, 
l.iiiirciiH  (',liniii|iiuit. 
JfliiiM  l-<'ri>y, 
Ji'linri  Honiu-ijciit . 
Ili'iiilin  \à'.  Cli<it'|ii'iilii'i 
J<>linn  Syiiini) , 
l'ieriT  «IfH  Mnr(|iii'>< 
(loliii  Niiurliicr. 
Todsin  riodiirl, 
l'crriii  S(irin, 
.SiriMiiinrt  (^essors, 
jRhnii  HniKloiilt, 
Itdoiilin  <li>  Niiilly, 
(itiillniiiiiu  1,1'liuuc. 
(■o<lii)  llnpol, 
Vivien  l.cvnloy», 
(iii'IlVoy  Syriiun, 
Ji-linii  CInpidas, 
Jr'liiili  Vnlf't, 

(iilrl  (le  MnlincH 
Simon  Bcroaii , 
JpIiiiii  Piiillarl, 
lliMiMinnrt  Jnqiiin, 
llnnnlcl  l'siiloino, 
(iiiillminic  de  Foiriw's , 
(îiiilliitinie  Aiidry. 
Ji'liaii  Tlionins, 
l'licli|>»  de  l.iirlia|)oll<' . 
Jcli.iii  TonnoliiT, 
liiiilliiiiiiic  IN'Icrin. 
Ji'liiin  Oouverno, 
l'i'rrin  l'iiris, 
ili'Ijniiiilt  <l<>  Lainiirclif. 
Jclinn  Mnulniio . 
Jcliaii  di>  (lodiMuiii, 
l'i'rriii  de  I.ajjanlt». 
l'iiTii-  IVnniiii's. 
^  voiiiict  (jiiilay, 
Joliaii  lliirl(>v(Mil. 
iflinn  de  Itossoii, 
Culin  Itoiist, 
Jehan  hioUix, 
Ja<|iinl  Lejjerel, 


/     riu<|uaiiU'nient  de 
I   Indicicvilledel'nri», 


dixenieni 

de  lu  dicte  villi' 

de  i'ariK. 


lM)nr|;ois 

di'ln  dicte  ville 

de  Pori». 


l'lieli|K>l  Aubert, 
Jehan  de  Bmihh, 
HBotdet  Le  Saige, 
Coiin  Autre, 
Jehan  de  Moncon, 
Guillaume  lUvel, 
Jehan  (icnuret, 
Jehan  Segongnet , 
(luilbunie  I>>front. 
Ilemidlin  de  Planque*. 
Ji^inn  Itadoire. 
Perrin  [a:  Moire. 
Yvonnel  David . 
Jehan  Jolont. 
Adam  dn  Mann, 
Jehan  d'Annay. 
Jdian  de  Saint  (ifrinnin 
Renier  Vérin . 
Jehan  Le  Sellier, 
Jehan  de  Villcr*, 
Jehnn  l/'|)eM, 
Mahiet  l^n([lois. 
Eiitiennc  Foumier. 
Jehan  de  llnrt|neville. 
Pierre  (îencien ,  dm|>ier. 
Jehan  fiirnrl. 
Maiiitre  Jehan  Smla» , 
Lucas  Ix!  ('hnr|)enlier. 
Bertbelemi  l/>  (iharpentier. 
Symon  Mau\LHs<-. 
Jehan  Dufour. 
Jehan  l,e  Sueur. 
Jehan  Durant . 
Jehan  Lahere. 
Jehan  de  Boiii.<i!<eville. 
Jdian  Paila . 
Henneqiiin  de  M<-ilin<>« 
Jehan  Carheleu . 
Jdian  Saulnier. 
Ijiuren  >  (Jilelier: . 
Guillaume  Turpin, 
Jehan  Lebeague, 
Pierre  Hdiert. 
Thomas  Dobeo. 
Jehan  de  QameriaM, 
Jelian  (laultirr. 
Jehannin  Petit, 
Danier  Auchier, 


bourgois 

la  diète  v3« 

de  PaH«. 


386 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Jaquet  Falot, 

\ 

Jehan  Lestofe, 

Audriet  Psaimon , 

Jehan  Larcher, 

Jehan  Poquet, 

Estienne  Monsart, 

Perrin  de  Douay, 

Guillemain  Andry, 

Maistre  Hugues  Le  Coq , 

Colinet  de  Neufville, 

Maislre  Girart  Le  Coq , 

Simon  de  Gagy, 

Guillaume  Berthe, 

Thomas  Garnier, 

Jehan  Lemercier, 

Regnault  Sucy, 

Jehan  Niort, 

Germain  de  Vapres, 

Philipol  Vadou, 

Jehan  Dupré, 

Rogerin  du  Boessel , 

Jehan  Abraham , 

Colin  Vincent, 

Jehan  de  Lesmes, 

Henry  Tanguy, 

bourgois 

de 

la  dicte  ville 

de  Paris. 

Jehan  de  Valecourt, 

bourgois 

Jehan  de  Saint  Araour, 

Jehan  de  Pareul, 

de 

Jehan  de  Vienne, 

Baudet  Michel, 

la  dicte 

Michelet  le  Meneslreil , 

Regnault  Louvart, 

ville  de  Paris 

Jehan  de  Momery, 

Jaquet  Le  Moyne, 

Pieret  de  Ligny, 

Mahiet  de  la  Fontaine , 

Guillaume  Le  Vasseur, 

Jehan  aux  Beufz, 

Jehan  de  Lisie , 

Jehan  Queru, 

Loyset  Lequeux , 

Jehan  Michiel, 

Jehan  Elyas, 

Saudrin  Dupont, 

Drouyn  Valet, 

Michault  Guerout, 

Thierry  Borbet, 

Adenetle  Picart, 

Jehan  Crone, 

Jehan  Lecoq, 

Guillemain  Le  Barbier, 

Thomas  Le  Gorrelier, 

Jehan  Blanchet, 

Jehan  Letillay, 

Colin  Drouart, 

Jehan  iNoë,                            ./ 

Paulot  Rosignol ,                    / 

Du  mardi  s 

ixieme  jour  du  mois  de  septembre  mil  cccc  et  dix-huit. 

Symon  Bayart,  cinquantenierdi 

3  la  dicte  ville  de  Paris. 

Emoulct  Bemart,                   ' 

Jaquier  Amole, 

dixeniers 

Perrin  Macaniguc. 

Jaquet  Macheclier, 

de  la  dicte  ville 

Jehan  de  Crespy, 

Guillaume  Granchier, 

de  Paris. 

Perrin  Ponec  te, 

Jaquet  de  Poitiers,                ' 
Denisot  Guiart, 

Jaquet  V^ualet, 

Jehan  Lepetit, 

Henriet  Blanchet, 

Benoist  Desrus, 

Perriehon  Dilyes, 

Jaquet  Duval , 

Jehan  Hauron , 

Jehan  Acoille, 

bourgois 
de 

Jaquet  Rousseau, 

Colin  Brisset, 

Josse  Clutin, 

bourgois 

Thomas  Bame, 

la  dicte 

Jehan  Legrain , 
Franchequin  Jouen , 

de 

Gauvain  Trante , 

ville  de  Paris. 

la  dicte  ville 

Berthelemi  Martin , 

Jehan  Content, 

de  Paris. 

Perrin  Vuarin , 

Jehan  de  Moucy, 

Robin  Drouart, 

Jehan  Gaultier , 

Perrin  Le  Grant, 

Jehan  Bobe , 

Balthasar  de  Milan . 

Audriet  deTolenart, 

Guillaume  Prevosteau , 

Jehan  Hodon, 

Jehan  Soucliel,                       ' 

Jehan  Noblet,                         / 

Guibert  d'Eslanel , 

LA  BOURGEOISIE  PARISIENS 

lE  AUX  XIV  ET  XV  SI 

ÈCLES.          S( 

Jf'liHii  (le  I.i([nef ,                 V 

GuiUeiiiandelaCoildw.     . 

Thierry  l'élit.                       \ 

MmBigiiÉrt.                  \ 

Colin  Aiwoult, 

Jehan  Bi^mr, 

IVniy  l,(;l>loiil, 

GuiikmdnNokt. 

Colin  Viinonl. 

Copin  rE»chovin , 

Jehan  Maùtricoie, 

Ciiillpfnnin  (Jrovelle, 

Jehan  CbieffWiOé. 

JiflinntiiiiCncri!t, 

GailleniaulGodin, 

(iilot  Vilnin, 

Jehan  de  Mowa. 

(înillanirie  llnrily, 

TbouMMleChaTon. 

Julian  d'Aniouville, 

Gilet  Gobert, 

l'iorre  MiniOInslre, 

Henry  du  Boit, 

rmijlnninin  I,P8ronil>crt, 

Jehan  Valier, 

lIcMiry  FiiKiiit, 

Marquelin  Gueroiut. 

Simon  (>lieron, 

Henrift  du  Carrefour, 

llecliin  (lAcliy, 

Gotlefroy  l»vain , 

Tliiliaiill  Itduqiiut, 

Jehan  l^mUirt. 

Pnnin  l'nier, 

Godefroy  de  iiliquesiot. 

Jehan  de  rKsipinc, 

Messire  Jehan  Leuto,  prealHre , 

Jcusson  Cosseniart . 

Robin  Bertier, 

Goilefroy  dp  llonlcinoins, 

Michiel  Tocy, 

Jehnn  KiiiKjuel, 

Jehan  Colas, 

JosfH't  l!russe|)ont, 

Jehan  Vaiiet, 

Jehnn  Lelpjier. 

Robin  Egret, 

Simonnet  de  l'Ost, 

bourgoi» 

Nicolas  Dionis, 

boorgma 

Cnsin  de  Ncurvillc,                  \               '•*' 

Dominique  Ferrel>ouil 

de 

Jehnn  le  Dnngorcux ,              /            '■  "*^^ 

Pierre  le  Comte. 

/          bdide 

i(c)^nnnlt  (<oniment, 

ville  de  Pari». 

Robin  Belemengart. 

ville  de  Paris. 

Pierre  Mirhiel, 

Pierre  des  Moiaeiles, 

Jehnn  CIcinhoiit, 

Déniant  le  Voyer, 

Thierry  Housse , 

Jehan  de  la  Barre. 

(inillnume  du  Ifiunol. 

Raoul  du  Dit. 

Ilnnse  le  (îns, 

Lorain  (iauvain. 

Mnrcolrt  Cornel, 

Jehan  Perreau, 

Jelinu  Uni, 

Perrin  Alart, 

Jeiinn  Bondli!, 

Guyot  d'Arras, 

Pierre  Mnrlin , 

Adam  de  Salebrache, 

Thierry  di-  (iuerles , 

Perrin  de  la  Vatine. 

Pierre  le  Couslurier, 

Thoninssin  Cotart. 

Gnillemain  Moraan, 

Perrin  le  Mnron , 

Jaqoet  Piqaes. 

Jehnn  Conslellier. 

Perrin  le  Doc. 

Simonin  llaron , 

Jehan  Foiiquaull. 

Simon  Policr, 

ThomnH  Dndial. 

('lemeiil  Lnrs, 

Jehan  des  Rus, 

Chnriot  Mnlo8|>ert . 

Jehan  Mareode, 

Jelinn  Pèlerin. 

Perrin  du  Fay. 

(iieuiïroy  Krenihnnlt 

Jehan  Vergnat. 

Mnrlin  Counn, 

Jeiwn  Bonhomme, 

llniduilie  Tivnte 

Robert  le  Bobefier. 

Anlhoine  Mnrtin, 

Jehan  de  SràHfkhiel, 

388 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OUKJINAIX. 


Du  samedi  x'  jour  du  dit  mois  de  septembre  mil  cccc  et  xviii. 


Pierre  Breleau,  quarleiiier  de  la  dicte  ville. 
Arnoulet  Turgis,  cinquaiitenier  de  la  dicte  ville. 
Simonnet  Lainsné, 


Regnaiilt  Videl, 
Nicolas  Duchesne , 
Thevenin  Fé, 
Colin  de  Meluson , 
Malinet  le  Barbier, 
Pierre  de  Villiers , 
Pierre  Allart, 
Regneault  Jolis , 
Denisot  de  Saint  Martin , 
Robert  Gompains , 
Guinarl  Reniorin, 
Odouin  Charpentier, 
Ciles  Desprez, 
Robin  Bordië, 
Denisot  Rolant, 
Jehan  de  Montmartre, 
Adam  Ade, 
Thomin  le  Charretier, 
Robin  Cormere, 
Berthelenii  Gaude , 
Loys  le  Breton , 
Gilet  Croichet, 
Jaquel  Paillart, 
Gilet  Bruyant, 

Yvonnet  de  la  Fosse , 

Berlran  Pineau , 

Perrin  de  Bourseville , 

Raoulet  Guerin , 

Estiehne  Cotoin , 

Robin  du  Tertre, 

Thomas  de  Saintigiiy. 

Perrin  Cuer  de  Roy, 

Macé  Morrau, 

Perrin  le  Charpentier. 

Perrin  Bourbereau. 

Robin  le  Queux , 

Perrin  Beloche , 

Olivier  Brenon . 

Jehannin  le  Tavernier. 

Guillaume  Martin, potierdes- 
tain, 

Perrin  Bruyère, 

Gieffrin  le  Charpentier, 

Robin  le  Gaultier, 

Jehan  le  Tondeur, 


dixeniers 

de 

la  dicte 

ville  de  Paris. 


bourgois 

de 

la  dicte 

ville  de  Paris. 


Raoulant  le  Gros, 
Drouet  de  Saint  Cler, 
Oudinel  do  Saubeaulx , 
Guillaume  Esuret , 
Jehan  d'Estas, 
Raoulet  Dugué, 
Ymbclet  de  Neus , 
Guillaume  Bordicr. 
Jehan  de  Franc, 
Jehan  Guinaut, 
Guillemain  Fouquct , 
Jehannin  Buseau , 
Regnault  Lescripvain . 
Gilet  Charles, 
Jehannin  Pillart, 
Robinet  leFevre, 
Robin  le  Tirant , 
Simonnet  Moreau . 

Lanrcns  le  Tissier, 
Jehan  le  Cervoisier, 
Chrestien  de  Couloigiie , 

Hennequin  de  Brucelles. 
Jehan  Cadion , 

Bertran  Babillon, 

Thibault  Petereau , 
Jehan  dOissel, 

Perrin  Cardon, 

Jehan  Dufour. 

Maistre  Guillaumo  du  Solier, 

Phclippol  de  Massiloigne , 

Loys  le  Lièvre, 

Guiot  le  Camus. 

Maisf'GirartdeGraut  Champ. 

Erart  Paslourel, 

Phelipot  Muugier. 

Jehan  Colcrel , 

Guillemain  le  Pelletier. 

Jehan  Corberant, 

Jehaimin  François, 

Guillaume  le  Dru , 

Jehannin  le  Vachier. 

Jehan  Thion, 

Jehan  de  Berry, 

Colin  de  Nouy, 

Huguenin  Montfault . 

Guion  Monfault.  < 

Raoulet  Aubin ,  1 

Jehan  la  Vache.  ' 


liourgois 

de 

la  dicte 

ville  de  Paris. 


r,\  it()iJH(;(:oisiK  l'AHibih.s.sh  .\ij\  \i\-  kt  w  sjkclk 


:$»9 


(iiiliii  lii|;i)l 

Maùtre  Jehan  Heilly. 

Miiisli'i'  (miiIIiiiiiiir  \aivui. 

Mabire  Raw  Panirr. 

Siinoiincl  (le  Mraly. 

KftlHfirH*  lif  VtiMHur 

Mih'hIi'i-  l'liili|>|ie  Arcarl , 

(Aiiati  ViiitaMo. 

SitiKiniii  <'t  Itilict. 

Injnrgoiit 

Jehan  Villain . 

booigow 

VlidiuiiU  Itdiiloii, 

de 

'             In  ili.lp 

Jehan  ly>no( . 

\               <fe 

l'ctriii  (liinstjiriliii. 

Itlllltol  1  nviMMIUI' 

'             la  dide 

l'rtTin  Iti'iiiiriiciir. 

\'i\\f  «II-  l'iiris 

Miihaiill  l(<>n-U)(<'r. 

«ili»"  d»-  l'.iri». 

Mnigtmtîuy  llotinequiii . 

Julien  Jouan. 

I'li)'li|i(it  Cnrlionnct . 

MuiKlrc*  Ju<|ii<M  le  Frr. 

l'iiTH^  hnviil. 

Jehan  Sorif^uin , 

Thierry  Kperlfnl. 

Sire  Midiiel  de  Laillier«. 

VII. 

LES  LETTRÉS,  LES  ARTISTES  ET  LES  ARTISANS  \   PARIS 

VEns  LA  FIN  DU  XIV  SIÈCLE  ET  AU  COMNENCKMKNT  DO  XV. 
(Voir  Guilleiierl  de  Mnlz,  ci-deMu--'.  p.  933  et  «SA.) 


ff  Grant  chose  esloit  de  Paris  ({uant  niaislre  Eustace  de  Paviily,  inaislre  Jehau- 
r  Jarcon,  frère  Jacques  le  grant,  le  niaislre  des  Malhurins  et  autres  docteurs  aC 
r  clercs  soloient  |)ruscliier  tant  dexcellens  s<irmons;  et  du  beau  service  divin  qaon 
(ry  celebroit  lors.  Item  quant  les  roys  de  France,  de  Navarre  et  de  Cecille,  plo- 
rrseurs  ducs,  contes,  prelas  <;t  autres  seigneurs  notables,  frequcntoient  illec  aan- 
r  (Ululaient.  Item  (|unnl  y  deniouroient  niaislre  Gilie  des  Champs,  souverain  doc- 
rteur  en  theolojrie;  niaislre  Henry  de  Fontaines,  astrologicn  ;  labbé  du  Mont 
"Saint  Michel,  docteur  en  droit  canon;  Icvesquc  du  Puy,  en  droit  civil:  maistre 
(f  Thomas  de  Saint  Pierre,  en  médecine;  maistre  Gille  Soubz  le  Four,  en  cirurgie, 
(fetpluseurs  excellens  clei-s  de  plai.sant  rethori«[ue  et  éloquence.  Item  quant  \ 
«conversoient  maistre  Lorent  de  Premier  Fait,  le  poète;  le  théologien  alemant, 
nqui  jouait  sur  la  vielle;  Guillcmin  Danccl  et  Pcrrin  de  Sens,  souverains  harpeurs; 
(TCresc<'t|ues,  joueur  a  la  rebec  ;  Chynenudy,  le  bon  corneur  a  la  turelurette  el 
(Taux  ileute.s  ;  Bacon,  qui  jouoitchnncons  sur  la  siphonic  et  tragédies.  Item  Gobert, 
(fie  souverain  escripvain  (|ui  composa  larl  descripre  et  de  tailler  plumes;  et  «es 
(f  disciples  qui  par  leur  bien  escripre  furent  retenus  des  princes,  comme  lejaeniM» 
<T  Flaniel  du  duc  de  Berry,  Sicart  du  roy  Richart  dEngIcterre,  Guillemin  du  granl 
ff  maistre  de  Rodes,  Crespy  du  duc  dOrlcans,  Perrin  de  lempercur  Sigemundus  d«* 
ffBonnne,  et  autres  jiluseurs. 

(rltem  pluseurs  arliliceux  ouvriers,  comme  Herman,  qui  polioit  dymaos  de 
iT diverses  formes;  Willelm  lorfevre;  Andry,  qui  ouvroit  de  laiton  et  de  cuivrf 
ffdorti  et  argenté;  le  potier  (|ui  tenoit  les  rossignolz  chantans  en  y  ver;  le»  Irow 
iT  frères  enlumineurs  et  autres  dengigneux  inestiers.  Item  Flamel  laisné,  eserip» 
(t  vain  <|ui  fuisoit  tant  dnumosncs  cl  hospitalilez  ;  et  fist  pluseurs  maisons  ou  gens 
ffde  mcsliers  deniouroient  en  bas,  et  du  loyer  quilz  paioiont  cstoient  soutenus 

(rpoures  laboureurs  en  liault Item  damoiselle  Christine  de  Pizan,  qui  dicloil 

ff  toutes  manières  de  doctrines  et  divers  traitiés  en  latin  et  en  François,  liera  Ir 


392  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

ff  prince  damours,  qui  tenoit  avec  lui  musiciens  et  galans,  qui  toutes  manières  de 
ffchancons,  balades,  rondeaux,  virelais  et  autres  dictiés  amoureux  savoient  faire 
ffct  chanter,  et  jouer  en  instrumens  mélodieusement.  11 

A  l'occasion  du  curieux  passage  que  nous  venons  de  transcrire,  il  ne  faudrait  point  s'at- 
tendre à  trouver  dans  cet  appendice  un  tableau  complet  du  mouvement  intellectuel  et  artis- 
tique à  Paris,  pendant  les  cinquante  années  environ  qu'embrasse  le  récit  de  Guillebert  de 
Metz;  une  telle  œuvre  excéderait  manifestement  les  limites  du  cadre  qui  nous  est  imposé. 
Les  savants  continuateurs  de  YHistoire  IxHéraire  de  la  France  n'ont  pas  employé  moins  d'un 
volume  m-h°  à  présenter  une  vue  générale  des  lettres  et  des  arts  au  xiv'  siècle,  et  nous  ne 
pouvons  consacrer  que  quelques  pages  à  celte  longue  et  dilTicile  étude.  Oiî  en  était  alors 
l'esprit  français,  et  plus  particulièrement  l'esprit  parisien?  Dans  quelles  conditions  lui  fal- 
lait-il se  mouvoir  et  chercher  son  développement?  Quels  hommes  sont  parvenus  à  sur- 
monter les  obstacles  que  leur  opposaient  les  idées,  les  préoccupations  du  temps,  et  quels 
genres  littéraires  ont-ils  cultivés  de  préférence?  Pareillement,  où  en  étaient,  à  la  même 
époque ,  l'art  et  le  métier,  ces  deux  formes  du  beau  et  de  l'utile  ?  Quels  représentants  de 
distinction  comptaient-ils  à  Paris,  et  quel  rang  faut-il  assigner  aux  œuvres  qu'ils  nous  ont 
laissées  ?  Autant  de  questions  qui  sont  en  germe  dans  les  dernières  pages  de  Guillebert  de 
Metz  et  que  nous  allons  dégager  pour  essayer  de  les  résoudre. 

caracière  général  Le  xiv"  siècle  et  la  première  moitié  du  xv*  constituent  évidemment  une  période  de  Iran- 

la  liiimiore français.,  sitiou.  L'âgc  précédent  a  donné  toutes  ses  fleurs  et  tous  ses  fruits.  Dans  l'ordre  des  études 

iiv'  eiTv'sièries.  sériouses ,  les  grands  travaux  de  l'Université  de  Paris,  les  Sommes  théologiques  des  domi- 
nicains et  des  franciscains,  ont  rempli  tout  le  cycle  des  sciences  sacrées,  tandis  que  les 
commentateurs  d'Arislote,  en  poussant  la  subtilité  jusqu'à  ses  extrêmes  limites,  ont  fini  par 
épuiser  toutes  les  ressources  de  la  dialectique.  Dans  le  domaine  des  lettres  profanes,  les 
poètes  et  les  prosateurs  populaires  ont  atteint,  avec  les  fabliaux,  les  ballades,  le  Roman  de 
la  Rose,  les  naïves  chroniques  de  Villehardouin  et  de  Joinville,  le  plus  haut  degré  de  la 
satire,  du  gai  savoir,  de  l'allégorie  et  du  naturel.  Quant  aux  choses  d'art,  on  peut  dire 
que  les  architectes,  les  sculpteurs,  les  peintres,  les  liturgisles,  ont  livré,  dans  cent  chefs- 
d'œuvre,  le  dernier  mot  de  leur  science,  en  sorte  que  leurs  successeurs  sont  condamnés,  ou 
à  l'imitation  servile,  ou  aux  arrangements  maniérés.  Il  faut  absolument,  en  art  comme  en 
littérature,  travailler  sur  un  autre  fonds  et  inventer  de  nouvelles  formes,  sous  peine  de 
déchéance  ou  d'infériorité  relative. 

Mais  cet  autre  fonds,  ces  formes  nouvelles,  où  les  rencontrer?  Le  xui'  siècle  a  vécu  de  foi 
et  d'enthousiasme  :  il  croyait  profondément  à  la  Rsaincle  Eglise ^5  et  au  «^Roy  nostre  sire;» 
le  xiv'  et  le  xv'  n'auront  pas  les  mêmes  motifs  pour  y  croire,  car  l'Eglise  sera  déchirée  par 
le  schisme,  et  la  royauté,  humiliée  par  la  défaite,  la  rébellion,  la  démence,  ira  jusqu'à 
vendre  le  pays  à  l'étranger.  Ce  n'est  donc  ni  vers  le  passé,  ni  vers  le  présent,  que  les  arts 
et  les  lettres  peuvent  tourner  les  yeux;  l'avenir  seul  les  inspirera,  et  l'avenir  c'est  la  Renais- 
sance. Malheureusement  de  longues  années  doivent  s'écouler  encore  avant  cette  époque 
de  résurrection  ;  la  Renaissance,  qui  commence  à  poindre  en  Italie,  n'aura  qu'à  la  fin  du 
xv'  siècle  son  aurore  en  deçà  des  monts.  Les  idées  nouvelles  ne  sont  pas  nées,  et  les  formes 


LES  LETTUÉS,  LES  AUTISTES  ET  LES  AKTISAÎSS  A  PARIS.        S9S 

ancienne»,  (|iie  l'esprit  moderne  doit  rajeunir,  semblent  encore  entachée»  de  paouriflM. 
De  li!i  un  temps  d'arr'^t  nécessaire  entre  les  splendeurs  du  xiii*  siècle  et  \et  nouvesalés  au 
XVI*  :  abaissenurnt  des  lettres  françaises  et  de  l'art  français,  ont  dit  (|up|(|ues  crilifiUM  lévèrM: 
/•puisemcnt  ci  repos  des  iiitelli(;ences  après  une  loufpje  production,  rt'-pondent  aujoardliui 
des  jiiijes  plus  ('(piilnl)les.  L'esprit  a  ses  jachère»  comme  le  soi  lui-même;  lorM|u'il  reste 
improductif  et  semble  sommeiller,  c'est  pour  se  réveiller  plus  jeune  et  plus  fécond.  V.  Le 
i'.U'rc  il  exprimé  la  m^me  idée  au  début  et  à  la  fin  de  son  savant  Duetmn:  «C«  âMt, 
Ro-t-il  dit,  dont  les  traces  sont  moins  brillantes  dans  l'histoire  des  lettres,  a  cependant 
-Lonlribiu',  piir  ses  eiïoris  et  ses  souffrances,  ;ni  profjrès  de  la  pensée  humaine;  la  FranCf 
•tu  eu  su  piirl  duiis  un  luouvement  intellectuel  (pii  n'a  pas  encore  fini  le  moyen  Age,  mai» 
"fpii,  du  moins,  a  préparé  laborieusement  les  Ajjes  nouveaux  ''.  » 

L'esprit  français  était  donc  arrivé  à  l'une  de  ces  périodes  de  lassitude  ou  trinertie  qui 
précèdent  toujours  les  {grands  réveils,  ce  qui  le  condamnait  d'avance  ou  à  ne  rien  produin* 
de  ),'rnn(i,  ou  à  exprimer  moins  bien  ce  «pii  avait  été  mieux  dit,  mieux  traduit,  un  siècle  au- 
pnnivaiil.  (iette  situation,  déjà  si  défavorable,  le  devenait  davantage  encore  par  suite  des 
ii|;i(ali(iiis  polili(|ues  et  des  calamités  qui  ont  [lesé  si  lourdement  sur  cette  triste  épo<|ue. 
Les  lettres  aiment  le  calme,  le  silence  :  umbraùle»  litlerœ,  disaient  les  Latins;  ou,  quand  il 
se  fait  du  bruit,  du  mouvement  autour  d'elles,  il  faut  que  ce  mouvement  et  ce  bruit  tes 
enivre.  L'art  lui-même  a  besoin  ou  de  se  recueillir  pour  trouver  de  nouvelles  combinai- 
sons, ou  de  se  laisser  emporter  par  ces  grands  courants  cpi'on  a|ipelle  les  révolutions.  Or 
jaiuais  ces  conditions  nécessaires  à  toute  production  intellectuelle  n'ont  fait  plus  complète- 
ment défaut  aux  littérateurs  et  aux  artistes.  Quelle  voix  eAt  pu  se  faire  entendre  au  milieu 
du  fracas  des  armes  et  parmi  les  gémissements  des  peuples?  Quel  chef-d'œuvre  aurait  eu 
assez  (le  puissance  pour  attirer  les  regards  de  tant  de  malheureux  et  susciter  quelques  imi- 
tateurs? Et,  d'autre  part,  ce  tumulte  qui  remplit  presque  tout  le  xiv*  siècle  et  le  premier 
tiers  du  xv"  n'a  rien  d'inspirateur  :  on  ne  lutte  pas  pour  des  idées;  on  s'égorge  pour  de» 
ambitions  el  des  intérêts.  Kniin,  à  défaut  de  ces  grands  enthousiasmes,  qui  sont  l'ëlënieol 
propre  de  la  littérature  et  de  l'art,  il  est  une  médiocrité  dorée  que  les  lettrés  aiment,  que 
les  artistes  acceptent,  et  que  ré|)oque  dont  nous  nous  occupons  ne  pouvait  guère  leur 
offrir.  Qu'attendre  de  ces  princes  écrasés  de  dettes,  de  ces  grands  seigneurs  appauvris,  de 
ces  bourgeois  taxés  arbitrairement  ou  ruinés  par  les  confiscations,  de  ce  pauvre  peuple  famé- 
lii|ni'  ipii  ne  savait  plus  (|ue  souffrir  en  maudissant  ses  maîtres,  ou  mourir  en  criant  merci 
à  Dieu?  Knire  les  deux  (pierres  d'extermination  qui  commencent  à  la  bataille  de  Crécy  el 
se  terminent  à  la  reddition  de  Paris  (i  /i36),  les  lettres  el  les  arts  n'ont  qu'un  moment  de 
répit  ;  c'est  le  règne  de  (Iharles  V.  De  cette  éj)oque  datent  la  première  description  de  Pari» 
en  langue  vulgaire,  et  l'élaboration  des  splendides  manuscrits  dont  nous  l'avons  oroëe: 
c'est  vers  ce  même  temps  que  se  re|inrli'nl  les  souvenir>  de  tiuillebert  de  MetJ  et  les  r^rrt» 
de  Christine  de  Pisan. 

Cependant,  malgré  ce  concours  de  circonstances  anti-littéraires  et  anti-artistiqMBv  oa  ■ 
beaucoup  écrit,  beaucoup  travaillé  pendant  les  cinquante  années  qu'embrassent  le  règne  de 
Charles  VI  (>t  la  domination  anglaise.  Cette  époque,  a  dit  V.  Le  Clerc,  était  une  prison 

'    Hitloire  Uttrmirtdt  la  Franct,  i.  XXIV.  p.  i. 

uni.  —  I.  5« 


Genres  lilU^raires 

cultivas  Ji  Paris 

aux  iiv'  et  XV*  siècles, 


394  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

pour  les  intelligences;  mais  notre  âge  doit  quelque  reconnaissance  à  ceux  qui  ont  lâché 
d'en  sortir,  ou  qui,  du  moins,  ont  ménagé  à  des  esprits  plus  fermes  les  moyens  d'en  briser 
les  portes.  Jean  de  Jandun  est  l'un  de  ces  précurseurs  dans  le  domaine  des  idées,  et  nous 
avons  cherché  à  faire  ressortir  la  part  d'initiative  qui  lui  revient.  Son  écrit  révèle  en  théo- 
logie, en  philosophie,  en  politique,  des  tendances  d'une  extrême  hardiesse  ;  à  ne  le  consi- 
dérer qu'au  point  de  vue  littéraire,  il  constitue  un  progrès  réel  dans  le  genre  descriptif. 
Jusque-là,  en  effet,  on  s'était  tenu  dans  de  vagues  généralités  qui  ne  disaient  rien  ni  aux 
yeux  ni  à  l'esprit;  Jean  de  Jandun  commence  à  peindre,  et  son  Tableau  de  Paris  est  encore 
reconnaissahle  après  cinq  siècles  et  demi.  Raoul  de  Presles  fait  un  pas  de  plus  ;  la  langue 
lui  paraît  assez  formée  pour  qu'il  se  hasarde  à  lui  confier  sa  pensée;  de  plus,  il  connaît  l'his- 
toire du  pays  et  les  antiquités  de  la  capitale  ;  les  vieux  chroniqueurs  lui  sont  familiers  ;  l'état 
ancien  de  Paris  n'a  pas  de  secrets  pour  lui,  et  son  modeste  commentaire  est  aujourd'hui 
le  point  de  départ  des  éludes  topographiques'".  Quant  à  Guillebcrl  de  Metz,  son  livre  est 
surtout  un  résumé  et  un  témoignage  :  il  a  compilé,  il  a  vu,  il  se  souvient,  et  c'est  dans  ses 
souvenirs  surtout  que  se  trouve  le  chapitre  abrégé  d'histoire  littéraire  dont  ses  éditeurs 
cherchent  à  donner  aujourd'hui  les  développements. 

Le  modeste  «  Iranscripvain  »  ne  nous  a  pas  parlé  de  la  langue,  alors  en  voie  de  formation; 
mais  il  nous  a  laissé  son  texte,  dont  les  variantes,  surtout  dans  la  partie  empruntée  à  Raoul 
de  Presles,  fournissent  de  curieux  éléments  de  comparaison.  Le  familier  de  Charles  V  est 
plus  parisien;  son  langage  est  le  pur  dialecte  de  l'Ile-de-France  :  Guillebert  de  Metz,  au 
contraire,  est  un  provincial  ;  il  a  des  locutions  wallonnes  et  une  prononciation  qu'il  emprunte 
à  la  Picardie.  L'un  représente  le  français  de  la  ville  et  de  la  cour;  l'autre  le  patois  des  pro- 
vinces du  nord  et  de  l'est,  qui  entrera,  pour  une  certaine  proportion,  dans  celte  langue 
d'oil ,  où  se  résument  toutes  les  influences  de  la  France  littéraire.  Ce  n'est  point  à  dire  que 
le  français  ait  beaucoup  gagné  depuis  le  moment  oiî  les  religieux  de  Saint-Denis  l'ont 
substitué  au  latin  pour  la  rédaction  des  Grandes  Chroniques;  il  a  moins  de  pureté  peut- 
être,  à  cause  du  mélange  des  races  et  de  cet  entre-croisement  d'Anglais,  de  Flamands, 
de  Rourguignons,  d'Armagnacs  qui  remplissent  tout  un  siècle  et  parlent  tous  à  la  ma- 
nière de  leur  pays.  Mais  il  en  sera  de  l'élaboration  de  notre  idiome  comme  de  la  formation 
de  notre  nationalité  :  chaque  province  y  apportera  son  contingent,  et  Paris  aura  la  part 
prépondérante. 

Si  l'on  cherchait  maintenant,  d'après  les  seules  indications  de  notre  auteur,  quels  ont 
été,  pendant  la  période  qu'il  décrit,  les  genres  littéraires  les  plus  cultivés,  on  éprouverait 
d'abord  quelque  embarras.  Guillebert  de  Metz  a  vu  fleurir  à  Paris  des  théologiens  et  des 
philosophes,  des  juristes  et  des  médecins,  des  chirurgiens  et  des  astrologues,  des  prédica- 
teurs et  des  «clercs  de  plaisant  rethorique , ?)  enfin  des  traducteurs,  des  poètes,  des  mé- 
nestrels et  des  «transcripvains.  »  On  y  composait,  dit-il,  r,  toute  manière  de  doctrines  et 
R  traitiés;  »  de  telle  sorte  que,  malgré  les  scènes  tumultueuses  dont  Paris  était  le  théâtre ,  les 
genres  les  plus  divers  y  seraient  restés  en  honneur.  Sans  contredire  absolument  un  témoi- 

'"'  Les  savants  qui  se  sont  occupes  du  vieux  taii-e  de  Raoul  de  Presles  comme  Tune  des  prin- 
Paris,  et  en  particulier  M.  Adolphe  Berly,  qui  en  a  cipales  sources  de  la  lopographie  parisiemie  ant^ 
fait  une  étude  approfondie,  considèrent  le  commen-        rieurement  au  xv'  siècle. 


LKS  LETTRÉS,  LES  ARTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS.        S9S 

gnn(;n  rontcmpornin  dont  nous  avons  plus  d'iinr!  foLs,  dans  le  conn  de  ce  travail,  affirma 
In  vuleur,  il  c-st  iir-rniis  de  fuiru  observer  hxt  MM.  Lu  Clerc  cl  Paulin  Paru,  que  le*  travaui 
litléraircs  de  ce  temps  sont  surtout  des  traductions  et  des  imitations.  Jean  Golein  et  Nico- 
las Orcsmc  ouvrent  la  voie;  Hnoul  de  Prcsies,  Christine  de  Pisan  et  Laurent  de  Prenûer-Kail 
y  entrent  après  eux;  on  translate  pour  les  rois,  pour  les  princes,  pour  les  grands  Kigneur», 
pour  les  riches  boiirfjeois,  et  ce»  translations  alimentent  l'industrie  t'fniineniment  pari»ir>nn<- 
des  ('(Tivains  et  des  enlumineurs.  On  imite  pour  plaire  au  plus  grand  nombre;  on  hahilh- 
l'antitpiiti'  classirpic  à  la  mode  du  moyen  âge,  et,  par  un  adroit  conipromij,  on  amène  le<i 
admirateurs  A'Anuidi»  de  Gaule  ou  du  Roman  Je  la  Rote  à  goûter  Virgilius  et  Arisloleli», , 
grands  clercs  du  temps  passé.  C'est  par  voie  de  translation  que  procèdent  Jean  CoriMchon, 
Jnccpics  Hauchans,  Pierre  Ik-rcheure,  Simon  de  llesdin ,  Kvrart  de  Conlv,  Cuillaume  de  Ti- 
gnonville,  Henry  de  (îauchy,  Philippe  de  Vitry,  Jean  Lefcvrc,  Denis  Soulerhal,  elr.  etc. 
Iradurleiirs  (^mérites  de  celte  <^po(pie;  tandis  (|u'ù  c6lé  d'eux  l'esprit  d'imitation  produit  le» 
Romans  ik  Troijes,  de  Tlu'he»  et  d'Eneas,  le  Pèlerinage  de  la  Toiton  d'or,  Oihéa  ou  la  dirue  /Vn- 
dence,  le  Roman  d'Alexandre,  et  autres  arrangements  destinés  à  faire  accepter,  par  les  lec- 
teurs de  la  l)il)li«)thè<pic  hieue,  Homère  et  Stace,  Virgile  et  Valerius  Flaccus,  Cic«'ron. 
Sc'nèipie  cl  Quinle-Curce,  (ielte  grande  drolc  de  Iraduclion,  qui  siège  à  Paris,  pr<^pare. 
par  une  iiiiliiilion  graduelle,  les  esprits,  encore  indécis  entre  l'avenir  el  le  pasM^,à  la  pleine 
connaissance  de  l'antiquité  classique. 

Mais  le  [tlaisir  de  commercer  avec  les  écrivains  d'autrefois  f'>l  réservé  aux  princes,  aui 
grands  seij,'neurs  et  h  quelques  riches  bourgeois  qui  peuvent  se  donner  le  luxe  d'un  tra- 
ducteur à  leurs  gages;  c'est  morceau  de  rois  et  de  délicats.  Au-de.ssous  de  ces  rares  privi- 
légiés s'élend  une  classe  moyenne  considérable  (jui  n'en  est  pas  encore  arrivée  à  goùlcr 
les  Grecs  et  les  Komains,  mais  qui  prend  un  vif  intérêt  aux  choses  du  temps  présent,  parce 
qu'elle  les  voit  et  les  touche.  C'est  pour  elle  que  les  chroni(|ueurs  racontent  les  faits  et 
gestes  des  princes,  que  les  topographes  d'aloi-s  composent  leurs  Diu  et  leurs  Critriea,  que 
Haoïil  de  Presles  et  Cuillebert  de  .Metz  décrivent  le  Paris  de  leur  temps  el  rt'sument  les 
anciens  récits.  Knfin  au  dernier  degré  de  l'échelle  .sociale  sont  placées  les  masses  populaire» 
conqtlétement  illettrées,  cl  n'ayant  pour  ressource  inlcllectuelle  que  les  prédications  el  les 
harangues  de  la  rue,  ainsi  que  les  manifestations  extérieures  de  l'art.  Voir  et  entendre, 
c'est  liii  toute  leur  éducation  littéraire  :  voir  ce  que  les  artistes  tradui.seni  i  leurs  yeux, 
entendre  ce  que  leur  disent  les  trouvères  ou  les  harangueurs  populaires,  el  ce  que  leur 
prêche  l'Kglise,  à  qui  seule  appartenait  alors  le  libre  exercice  de  la  parole.  Cest  pour  celte 
nniltitude  .sans  nom  cpi'on  a  peint  la  Danse  Macabre,  qu'on  a  .sculpté  le  Dit  des  Trois  Morts 
et  des  Trois  Vifs,  qu'on  a  « engigneuscmenl  entaillé-»  les  figures  de  l'Ancien  el  du  flouTeau 
Testament  i\  Notre-Dame;  c'est  pour  elle  que  déclament  Charles  le  .Mauvais  el  Jean  Huu 
Peur;  |ionr  elle  que  les  ménestrels  -canlent  de  geste»  el  font  entendre  leurs  refrain.*  sali- 
riipies;  pour  elle  que  prêchent  frère  Richard,  frère  Jacques  Legrand,  Eu.slacbe  de  P«>lll>. 
Jean  (îerson  et  «  le  maislre  des  .Maihurins.  ^ 

11  semble  qu'il  y  ait  peu  de  place  pour  le  gai  savoir  dans  des  temps  si  calamiteux;  ce- 
pendant Cuillebert  de  Metz  nous  apprend  qu'on  jouait  nchancons  sur  la  siphoaie  et  Ira» 
"gedies;»»  il  ajoute  qu'on  voyait  h  Paris,  comme  h  la  cour  du  bon  roi  René,  un  !>priilM 
«damours  qui  tenoit  avec  lui  musiciens  et  galons,  qui  loules  manières  de  chancons,  b»- 


396 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


«lades,  rondeaux,  virelais  et  autres  dicliés  amoureux  savoient  faire  et  chanter.»  Maia  ces 
troubadours  devaient  se  trouver  un  peu  dépaysés  sous  le  ciel  brumeux  de  l'Ile-de-France, 
et  leur  faible  voix  avait  peine  à  se  faire  entendre  au  milieu  des  cris  de  guerre.  Ils  furent, 
d'ailleurs,  sans  action  sur  la  foule,  car  ils  représentaient  la  chevalerie  et  les  cours  d'a- 
mour, c'est-à-dire  le  passé,  au  moment  môme  où  la  poésie  d'avenir  allait  se  personnifier 
dans  Villon,  le  chantre  de  la  rue,  et  dans  Blanchet,  le  père  de  la  comédie  moderne. 

La  poésie  de  château  ne  sera  pas  seule  à  disparaître  :  un  autre  art,  un  métier  si  l'on 
veut,  métier  de  luxe,  comme  celui  des  jongleurs,  jette  alors  son  dernier  et  son  plus  vif 
éclat.  En  moins  d'un  siècle  les  écrivains  et  les  enlumineurs  auront  fait  place  à  l'imprimerie; 
les  rois  et  les  princes  se  donneront  un  imprimeur  breveté,  comme  ils  avaient  autrefois  un 
calligraphe  et  un  miniaturiste  à  leurs  gages;  l'art  «descripre  et  tailler  plumes,»  si  prisé 
par  Guillebert  de  Metz,  ne  sera  plus  qu'une  recelte  à  l'usage  des  greffiers.  Nous  assistons 
donc  à  la  dernière  phase  de  cette  profession  éminemment  littéraire,  qui,  après  avoir 
commencé  à  l'ombre  des  cloîtres  et  tenu  boutique  dans  les  rues  de  Paris  '",  sous  la  tutelle 
jalouse  de  l'Université,  a  eu  ses  dignitaires  dans  toutes  les  cours  de  l'Europe,  et  a  peuplé 
de  ses  plus  modestes  représentants  les  échoppes  de  Saint-Jacques-la-Boucherie  ou  les 
galetas  du  cimetière  des  Innocents. 


Artisles 

arlisaos  parisiens 

aui 
tiï*  et  11*  siècles . 


Notre  auteur  tient  ce  métier  en  haute  estime,  sans  doute  parce  qu'il  faisait  lui-même 
partie  de  l'honorable  corporation  des  «transcripvains;»  mais  il  faut  lui  rendre  cette  justice, 
qu'il  accorde  également  un  souvenir  aux  «artificeux  ouvriers»  qu'il  a  connus,  et  aux  «engi- 
Rgneux  mestiers»  qu'il  a  vus  fonctionner  à  Paris.  On  lui  a  reproché  avec  quelque  raison  ses 
admirations  irréfléchies  et  les  calculs  exagérés  qui  semblent  avoir  été  dans  ses  habitudes; 
c'est  un  défaut  dont  nous  n'entendons  point  le  justifier  absolument.  Que  la  critique  moderne 
s'en  tienne  rigoureusement  à  la  maxime  d'Horace  :  Ai7  admirari;  qu'elle  soit  amenée,  par 
un  travail  de  rapprochement  minutieux,  à  déprécier,  au  profit  d'une  époque  ou  d'une  con- 
trée, ce  qu'un  autre  temps  et  un  autre  pays  ont  trouvé  merveilleux,  c'est  son  privilège  de 
dernière  venue;  mais  Guillebert  de  Metz,  qui  ne  pouvait  comparer,  et  à  qui  les  principes 
de  notre  esthétique  étaient  parfaitement  inconnus,  avait,  lui  aussi,  le  droit  d'exprimer 
librement  son  enthousiasme.  M.  Renan  a  donc  pu  trouver  l'art  du  xiv'  siècle  bien  bour- 
geois, bien  lourd,  bien  dépourvu  d'idéal  :  il  a  écrit,  sans  rencontrer  de  contradicteurs,  cette 
phrase  qui  a  sa  justesse  :  «L'art  du  xiv*  siècle  n'est  au  fond  que  celui  du  siècle  précédent, 
«perfectionné  dans  le  détail  pour  tout  ce  qui  demande  de  la  patience  et  de  la  pratique, 
«  mais  abaissé  sous  le  rapport  de  l'inspiration  générale  et  de  l'originalité  '^'.  »  Mais  il  a 
reconnu  en  môme  temps,  comme  V.  Le  Clerc  l'avait  fait  pour  les  lettres,  que,  si  cet  âge 
n'a  point  su  réaliser  de  progrès  en  élévation  et  en  grandeur,  il  en  a  du  moins  accompli  en 
étendue  et  en  variété.  «Des  formes  jusque-là  négligées  ont  acquis  de  l'importance;  des 
«classes  sociales  qui  étaient  restées  presque  étrangères  au  goût  des  belles  choses  ont  com- 
«mencé  à  s'y  intéresser,  et  l'art  profane,  jusque-là  relégué  à  un  rang  secondaire,  a  pris 
«  un  essor  remarquable  '".  » 

C'est  précisément  ce  côté  de  l'art  parisien  que  Guillebert  de  Metz  semble  avoir  eu  le  des- 

'"'  Voir,  dans  Guillebert  de  Metz,  les  noies  relatives  aux  rues  des  Notaires  et  Écrwaint,  de  la  Parchemi- 
nerie,  etc.  p.  176,  177,  an.  —  '*'  Hisl.  littér.  de  la  France,  l.  XXIV,  p.  606.  —  '''  Ihid. 


LES  LETTRKS,  LKS  ARTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS.    J»7 

sein  (le  faire  ressortir.  Il  [)ar\c  bien  un  peu  des  objets  curieux  que  renfermaient  tes  palaù 
et  les  églises;  il  dit  (|uclques  mots  assez  brefs  sur  les  hâteis  des  prince*  et  det  gnndt 
sci(;neurs;  mais  il  réserve  toutes  ses  admirations  pour  les  résidences  bourgeoitet,  pourTart 
bourgeois,  pour  tout  ce  qui  se  voyait  alors  dans  les  rues  et  dans  les  boutiques.  Au  aide 
précédent  il  se  fût  borné  à  conduire  son  lecteur  de  Notre-Dame  à  la  Saiole-(JbapeUe,  ou  de 
la  nie  du  Kouarre  au  Clos-ltruneau,  comme  fait  Jean  de  Jandun;  mais  Paris  est  devenu 
moins  exclusivement  religieux,  moins  pédant;  la  Ville  grandit  en  importance,  et  elle  offre 
aux  visiteurs  des  attractions  plus  fortes  que  l'Univertité.  C'est  sur  la  rive  droite,  dans  le 
quartier  dos  Lombards  et  des  ricbes  marchands,  qu'on  polit  «dymans  de  diverses  format, ■ 
qu'on  "ouvre  do  laiton  et  de  cuivre  doré  et  argenté;»  c'est  dans  la  Cilé  qu'on  tieat  ém 
«rossignol/  clinntans  en  yver. "  Les  cnlunnncurs  restent  seuls  aux  abords  des  écoles;  owit 
ils  tendent  également  à  se  séculariser,  et  sur  les  manuscrits  des  splendides  bibliotbAqow 
laïcpies,  aux(iuols  ils  travaillent,  on  voit  plus  souvent  représentées  «de*  leèllM  d'amour  6t 
«de  guerre,  des  scènes  bouffonnes  ou  grotesques,  que  les  légendes  des  saints  et  les  mystères 
t(lu  christiiuiisnie.  n  fie  (|ui  paraît  avoir  été  le  trait  distinctif  de  cet  âge,  dit  .M.  Renan. 
c'est  lu  furmulion  d'un  art  profane,  et  le  développement  graduel  du  luxe  descendant  de» 
palais  et  des  châteaux  dans  le^  maisons  privées,  qu'il  n'avait  point  encore  embellies. 

Avant  de  terminer  ce  court  aperçu,  nous  voudrions  résumer  en  quelques  lignes  l'histoire 
littéraire  et  arlislitpie  des  cinquante  années  qu'embrasse  le  récit  de  Guillebert  de  Mel<. 
Elaboration  de  la  langue  par  le  mélange  intime  des  dialectes;  épuration  graduelle  du 
goût  par  les  traductions  et  les  imitations  des  auteurs  classiques;  formation  de  la  science 
liistori(ptc  par  cette  série  de  cbroni(pieurs  qui  aboutit  à  Froissart,  à  Georges  (]hastelain  et  à 
(ioinincs,  on  passant  par  Christine  de  Pisan;  apprentissage  de  l'éloquence  par  les  prédi- 
cations en  plein  air  et  les  harangues  à  la  foule,  aux  jours  des  grandes  émotions  populaires; 
vulgarisation  de  la  poésie,  do  la  musique,  du  drame  et  des  manifestations  artistiques  de 
tout  genre,  restées  jusque-là  plaisirs  de  rois  et  de  grands  seigneurs  :  tel  parait  avoir  étël« 
caractère  de  cette  époque,  au  moins  dans  les  limites  où  s'est  renfermé  notre  auteur.  La  me 
générale  que  nous  venons  de  présenter  est  fort  incomplète,  sans  doute,  mais  elle  per- 
mettra d'apprécier  un  peu  moins  vaguement  le  rAlo  qu'ont  pu  jouer,  sur  la  scène  du 
XIV*  et  du  \v*  siècle,  les  lettrés,  les  artistes  et  les  artisans  parisiens  dont  Guillebert  de 
Melz  nous  a  conservé  les  noms. 


1*  LES  THÉOLOGIENS  ET  LES  CANOMSTES. 

(giLLBS  deschamps,  L'ABBE  DU  MONT-SAIHT-MICIIEL,  L'évÉQl'B  DC  PCT.) 

La  llu'ologie,  qui  a  régné  en  maîtresse  absolue  pendant  le  xui*  siècle,  exerce  encore 
dans  l'Age  suivant  une  très-grande  influence  sur  les  intelligences;  aux  outt^c*  qu'elle  a 
déji\  produits  s'ajoutent  incessamment  ceux  qu'inspire  l'élude  des  mêmes  matières  et  Tadop- 
tion  d'une  méthode  identique.  A  Paris  surtout,  où  la  Sorbonne,  les  écoles  de  Décrets,  Im 
monastères  et  les  nombreux  collèges  de  la  montagne  Sa  in  te -Geneviève  abritent  un  per- 
sonnel nombreux,  actif  et  savant,  on  voit  se  multiplier,  pendant  la  période  dont  nous  i 


398  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

occupons,  les  commentaires  sur  le  Maître  des  sentences,  les  apostilles  sur  l'Écriture  sainte, 
les  gloses  sur  les  Décrétales,  les  traités  de  controverse  et  de  dévotion,  et  ces  amplifications 
scolastiques  sur  un  sujet  quelconque,  que  l'on  a  appelées  depuis  questions  quodlibéliques.  En 
temps  ordinaire,  ce  mouvement  était  considérable  ;  mais,  dans  les  grandes  occasions,  où  le 
ban  et  l'arrière-ban  de  l'Eglise  de  France  étaient  convoqués  pour  connaître  de  quelques 
points  de  doctrine  ou  trancher  quelque  différend  disciplinaire,  il  le  devenait  bien  davan- 
tage ;  les  théologiens  et  les  canonistes  étrangers  affluaient,  et  les  docteurs  parisiens  avaient 
souvent  à  lutter  contre  les  rudes  jouteurs  que  leur  envoyait  la  province.  Alors  la  ville  en- 
tière prenait  part  aux  discussions  que  soulevaient  ces  doctes  assemblées  ;  les  talents  ense- 
velis dans  l'ombre  des  cloîtres  se  faisaient  jour,  et  les  réputations  nouvelles,  une  fois  éta- 
blies à  Paris,  étaient  bientôt  acceptées  par  toute  la  chrétienté. 

C'est  à  une  circonstance  de  ce  genre  que  se  reportent  les  souvenirs  de  Guillebert  de 
Metz.  Sur  les  instances  de  l'Université,  toujours  très-désireuse  de  mettre  un  terme  au 
schisme  qui  désolait  l'Eglise,  Charles  VI  convoqua  l'assemblée  générale  du  clergé  de  France 
pour  la  Saint-Martin  d'hiver  de  l'an  j  4o6.  Les  prélats,  les  abbés  et  les  députés  des  chapitres 
se  rendirent  en  foule  à  Paris,  et  cette  réunion,  qui  coïncidait  précisément  avec  l'arrivée  de 
notre  auteur,  paraît  avoir  fait  une  grande  impression  sur  son  esprit.  Les  trois  docteurs  qu'il 
cite  figurent  au  premier  rang  parmi  les  Pères  de  ce  concile  provincial,  et  le  renom  de 
science  qu'ils  ont  conservé  prouve  que  le  libraire  du  duc  de  Bourgogne  ne  s'est  point  trompé 
dans  ses  appréciations. 

Gilles  o«ciiamp..  GilIcs  Deschamps,  que  Guillebert  de  Metz  qualifie  de  «souverain  docteur  en  théologie,» 
et  à  qui  le  chroniqueur  Juvénal  des  Ursins  donne  un  titre  à  peu  près  identique,  puisqu'il 
l'appelle  «un  solemnel  docteur  en  théologie,  »  paraît  avoir  été  mieux  connu  par  Du  Bouilay 
et  les  auteurs  du  Gallia  christiana  que  par  les  rédacteurs  de  la  Nouvelle  biographie  générale. 
Ces  derniers  le  disent  fils  du  poète  Eustache  Deschamps,  lui  font  suivre  les  cours  de  la  rue 
du  Fouarre  et  l'envoient  à  l'université  d'Orléans  pour  prendre  sa  licence  in  utroque  jure  ;  de 
plus,  ils  inclinent  à  croire  qu'il  n'a  «point  occupé  de  postes  émincnts  dans  la  hiérarchie 
«ecclésiastique.»  L'historien  de  l'Université  dit  expressément,  au  contraire,  qu'il  fit  ses 
études  au  collège  de  Navarre,  et  devint  l'un  des  plus  célèbres  docteurs  de  cette  maison  sous 
le  rectorat  du  fameux  Pierre  d'Ailly.  Les  auteurs  du  Gallia  christiana  ajoutent  qu'il  eut  pour 
père  Robert  Des  Champs,  seigneur  de  Tourville  et  maire  de  Rouen,  et  pour  mère  Tho- 
masse  de  Maudélour.  Nommé  cbanoine  de  Rouen  en  1 38o  et  principal  du  collège  de  Navarre 
en  1889,  puis  confesseur  du  Roi,  il  fut  envoyé  une  première  fois  à  la  cour  d'Avignon  pour 
essayer  de  ramener  l'unité  dans  l'Eglise;  mais  cette  démarche  fut  sans  résultat,  puisque 
nous  le  voyons  chargé,  en  iSgS,  de  reprendre  la  négociation  avec  plusieurs  personnages 
éminents,  tels  que  les  ducs  de  Berri,  de  Bourgogne  et  d'Orléans.  Choisi  pour  porter  la 
parole  dans  le  consistoire,  il  le  fit,  dit-on,  avec  une  grande  énergie,  et  le  pape  lui-même 
crut  devoir  répondre  au  théologien  de  Paris.  Après  une  mission  analogue  près  de  l'empe- 
reur Wenceslas  IV,  il  fut  nommé  grand  aumônier  du  Roi,  puis  admiinstrateur  du  diocèse 
de  Senlis  pendant  la  vacance  du  siège ,  et  enfin  évêque  de  Coutances.  Cette  dernière  nomi- 
nation eut  lieu  peu  de  temps  après  la  tenue  du  concile  national  de  1&06,  auquel  Gilles 
Descbamps  dut  certainement  assister,  à  côté  de  Pierre  d'Ailly,  évêque  de  Cambrai ,  son 


LES  LETTRÉS,  LES  AUTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS.        S99 

coinpafjnon  de  voyage  à  Avignon,  en  1387.  Enlrc  Bcnoll  XIII  (Pierre  de  Luna)  el  Inno- 
cent Vil  (dôme  de  Meliorati),  c'est-à-dire  entre  Avignon  et  Home,  Im  dodeun  de  Paiis 
M;ii'd!;rciû.  l/UiiivcrHitr  rc|inus.siiit  H<>nntt  conini**  anti-pape;  ce  M>ntimen(  était  défendu  par 
le  cordeliiT  l'icrrc-aïu-ito-iifs,  ii>  fiiniciu  Jean  IVtil,  un  autre  lli<^olo(pen  nommé  Plao«i,el 
l'iil)!))';  du  Monl-Saiiil-Mirlicj,  Pierre  Le  Huy,  dont  nous  parlerons  plus  loin.  L'opinioa  eo»> 
(raire,  h  ln(|uellc  adli^-raient  Simon  de  Cramant,  patriarche  d'Alexandrie,  Du  Breuil,  artb^ 
v^ipic  de  Toulouse,  Guillaume  Fillastre,  doyen  de  l'églife  de  Reims,  Pierre  d'Aiily  et 
(iilles  Descliamps,  proposait  de  maintenir  provisoirement  l'ohédienccà  Benoit  XIII,  et  de- 
iii.'indnil  la  convocation  d'un  concile  gf-n«^*ral.  Après  bien  des  tergiversations,  ce  concile  M 
ri'diiit  à  Pisc,  en  1  /109,  et  Gilles  l)cscliamps  y  assista;  toutefois  le  schisme  (|u'on  M  propofdl 
d'éteindre  ne  lit  (|uo  s'accrottre  par  la  nomination  d'un  troisième  pape  (Aleiandre  V),  lequel 
eut,  a|)rcs  un  an  de  pontificat,  Jean  XXIII  pour  successeur.  Gilles  Deschamps  fut  fort  bien 
traité  par  l'un  et  |)ar  l'autre;  le  dernier  alla  même  jusqu'à  lui  oiïrir  la  pourpre  romaine; 
mais  la  légitimité  de  cette  nomination  eût  6lé  probablement  fort  contestée  par  les  Père»  du 
cuMcile  (le  (Constance  et  le  papo  Martin  V,  .si  le  nouveau  cardinal  n'était  |ias  mort  avant  m 
prise  de  pos.scssion.  Jean  XXIII,  en  effet,  emprisonné  par  ordre  du  concile,  dut  résigner 
ses  fonctions,  et  la  plupart  de  .ses  actes  furent  considérés  comme  entachés  de  nullité. 

Gilles  Descliamps,  décédé  le  5  ou  le  1 5  mars  i&i3  (vieux  style),  fut  inhumé  dana  la 
I  alliédrale  de  Houen  ,  derrière  le  cluetir  et  dans  la  chapelle  de  la  Vierge.  Son  tombeau,  la 
statue  (pii  le  surmontait  et  l'inscription  «pi'on  y  lisait  furent  détruits,  en  grande  partie, 
dans  l'année  1  56a.  Du  Boullay  et  les  auteurs  du  Gallia  chrittiana  nous  ont  conservé  l'épi- 
tuphe  dont  voici  le  texte:  t^ln  bac  .sepultura  jacet  bonœ  memoris  quondam,  eminentîflânUB 
«scientiœ  nobilis  vir,  magister  i£gidius  de  Gampis,  de  Botomago  oriundus,  .sacrv  théologie 
f  eximius  profes.sor,  episcopus  Constantiensis,  ac  sacrosanclo*  Romans  ecclesie  preabytar 
"  cardiiialis  (lonstantiensis  nuncnpatus,  rpii  obiit  anno  Domini  1  &  1 3,  die  1  S,  alias  S  martis, 
"ipia  die  iundalus  est  suusobitus,  et  in  bac  ecclesia  celebratur.  n 

L'abbé  du  Mont-Saint-Micbel,  qui  se  montra,  dans  l'assemblée  de  1&06,  oppoaé  aa 
sentiment  de  (lillos  Descliamps,  était  cependant  son  diocésain  d'origine,  car  il  était  né 
près  (le  Goutanres,  dans  la  paroisse  d'Orval  ;  mais  ses  fonctions  abbatiales  l'eiemptaient 
de  la  jnridicliun  de  l'ordinaire.  Pierre  Le  Hoy,  c'est  le  nom  de  ce  savant  religitu,  fut  \r 
restaurateur  de  la  discipline  et  des  belles-lettres  dans  l'antique  abbaye  normande;  il  y 
fonda  une  bibliothèque,  eut  soin  de  faire  Iran.scrire  les  chartres  et  les  registres  du  niona»- 
tère,  et  compo.sa  lui-même  un  cartulaire.  Pour  inspirer  à  .ses  moines  le  goût  des  lettres. 
il  se  fit  le  profes.seiir  des  plus  Agés,  auvquels  il  donna  mission  d'instruire  les  plus  jeanes- 
Kniin  il  restaura  ou  reconstruisit  la  plus  grande  partie  «le  celte  forteresse  cuibre,  i  deail 
séparée  du  continent,  et  que  les  chroin'(|ucurs  latins  désignent  toujours  sou»  le  non  de 
SaucU  Michiieli.i  in  jurintlo  maris. 

Au  milieu  de  toutes  ces  occupations,  Pierre  Le  Roy  avait  trouvé  le  temps  d'enseigner  à 
Paris  le  droit  caiioniciue,  et  les  fameuses  écoles  du  Glos-Brunean  gardaient  encore,  au 
temps  (le  (iuillebert  de  Met/,  le  .souvenir  de  son  éloquente  parole.  La  nature  de  sas  vtati- 
gnrment.  qui  avait  pour  base  le  texte  des  Dt'crélales,  l'amena  forcément  i  prendre  parti 
dans  le  grand  différend  (pii  désolait  l'H^glise;  et  l'iniversité,  dont  il  était  la  lumière,  lui 


400  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

confia  plusieurs  missions  relatives  à  l'cxtinclion  du  schisme.  Charles  VI,  ou  plutôt  ceux 
qui  gouvernaient  en  son  nom,  n'avaient  pas  moins  d'estime  pour  ie  savant  canoniste;  aussi 
fut-il  appelé  à  la  cour,  à  la  suite  du  voyage  que  ie  Roi  fit  au  Mont-Saint-Michel,  et  em- 
ployé à  diverses  négociations,  tant  en  Angleterre  qu'en  Italie,  en  Hongrie  et  en  Espagne. 
Il  jouissait,  en  cette  qualité,  d'un  traitement  annuel  de  mille  francs  d'or  que  l'argentier 
du  Roi,  Alexandre  le  Roursier,  reçut  l'ordre  de  lui  payer,  à  dater  de  l'année  1898. 

Trois  ans  auparavant,  l'abbé  du  Mont-Saint-Michel  avait  reçu  du  Roi  et  de  l'Université 
la  mission  de  se  rendre  dans  la  Grande-Rretagne,  afin  d'implorer  le  secours  du  monarque 
anglais  pour  ramener  l'unité  dans  l'Eglise.  Le  mémoire  qu'il  était  chargé  de  présenter,  et 
dont  la  rédaction  lui  avait  été  confiée  comme  au  plus  capable,  n'occupe  pas  moins  de  vingt 
pages  in-folio  dans  le  recueil  de  Du  Roullay;  c'est  à  la  fois  une  dissertation  scolastique 
très-serrée  et  un  sermon  des  plus  touchants  sur  les  maux  de  l'Eglise.  L'orateur  débute  par 
ce  texte  :  Da  nohis,  Domine,  auxilium  de  tribuhlione;  il  décrit  ensuite  le  triste  état  de  la  Chré- 
tienté, rappelle  les  graves  devoirs  qui  incombent  à  la  Papauté,  et  se  prononce  contre  les 
quatre  moyens  indiqués  jusque-là  comme  devant  mettre  un  terme  au  schisme.  Ces  quatre 
moyens  étaient  :  un  compromis  entre  les  prétendants;  des  remontrances  à  celui  des  deux 
qu'on  regardait  comme  le  moins  fondé  en  droit,  la  réunion  d'un  concile,  et  enfin  la 
guerre.  Il  faut  dire,  à  la  louange  de  l'oratçur,  qu'il  écarte  résolument  cette  ultima  ralio,  en 
rappelant  que  Pierre  a  reçu  du  Christ  lui-même  l'ordre  de  remettre  l'épée  au  fourreau'". 
Henri  IV,  roi  d'Angleterre,  fut  fort  embarrassé,  dit  Du  Roullay,  après  la  lecture  de  ce  long 
factum;  pour  gagner  du  temps,  il  répondit  qu'il  allait  soumettre  la  question  aux  universités 
du  royaume,  et  se  borna  à  écrire  une  courte  lettre  aux  docteurs  de  Paris. 

Malgré  l'insuccès  de  cette  ambassade,  Pierre  Le  Roy  fut  envoyé,  en  iSgg,  à  Avignon  et 
en  Espagne;  mais  il  n'obtint  rien  ni  de  Renoît  XIII ,  ni  de  Ferdinand  I".  Nous  le  retrouvons 
encore  à  l'Assemblée  générale  de  i4o6,  discutant  avec  un  incontestable  talent  sur  les 
droits  des  papes  et  des  conciles,  mais  n'obtenant  en  définitive  aucune  espèce  de  résultat. 
L'opinion  à  laquelle  il  adhérait  était  favorable  à  ce  qu'on  appelait  alors  «la  soustrac- 
tion,» c'est-à-dire  le  refus  d'obédience.  Renoît  XIII  et  Innocent  VII  auraient  été  déclarés 
sans  aucun  pouvoir  dans  l'Eglise,  en  attendant  la  décision  du  concile  général.  La  réunion 
tant  désirée  eut  enfin  lieu  à  Pise,  en  \liO(j,  et  le  cordelier  Philarel  de  Candia,  ancien 
professeur  de  théologie  dans  l'Université  de  Paris,  fut  élu  Pape  sous  le  nom  d'Alexandre  V. 
Pierre  Le  Roy,  son  ancien  collègue,  aida  puissamment  à  cette  élection  :  aussi  fut- il, 
comme  Gilles  Deschamps,  comblé  des  faveurs  du  nouveau  pontife.  Jean  XXIII,  qui  suc- 
céda, au  bout  d'une  année,  à  l'élu  du  concile  de  Pise,  montra  les  mêmes  sentiments  envers 
l'abbé  du  Mont-Saint- Michel,  et  le  garda  près  de  sa  personne.  Mort  à  Rologne  en  i/iio 
ou  i4ii,le  docteur  parisien,  qui  s'était  fait  en  Italie  la  même  réputation  qu'au  Clos- 
Rruneau,  fut  enterré  au  couvent  des  Dominicains,  et  la  commune  renommée  lui  décorna, 
disent  les  auteurs  du  GaUia  christiana,  les  titres  de  noUibUis  prœlatus  et  de  clericus  oplimus. 
Pour  Pierre  Le  Roy,  comme  pour  Gilles  Deschamps,  Guillebert  de  Metz  n'a  été  que  l'inter- 
prète de  l'opinion  publique  :  tous  les  contemporains  sont  d'accord  sur  le  mérite  de  ces  deux 
personnages,  dont  il  a  consigné  les  noms  dans  son  livre. 

'"'  llistoria  Unitergitalis  Parisiensis,  t.  IV,  p.  7 56  et  seq. 


LES  LETTHI-S,  LKS  AUTISTES  ET  LES  AIITISAXS  A  l'AKIS.         401 

Il  est  bifii  rcf^rcUabic  qu'il  n'ait  pas  dt^.sijjn*^  pluH  claireiiii>ii(  -l<t\OM|uc  du  Vux."^  A-l-il  L<>*tM4>N 
voulu  parler  du  fanicux  Pierre  d'Ailly ,  le  iiiallre  de  Gcrson,  qui  fui,  en  «-(Tel ,  nonioé  1  ctt 
6v6cM,  mais  (|ui  n'ucccpln  <pie  celui  de  Cambrai?  Kn  ce  cas,  le  modeste  •  IranMrripvain « 
jiurntt  onnore  (-tii  l'éclio  de  la  coniniune  rcnonimt^'C ,  car  la  rf^'pulatioo  de  Mvoir  et  d'ëlo- 
(|u<>ucc  (!<■  Pierre  d'Ailly  s'est  p<'rp)''lui'e  jusqu'à  nos  Jours,  malgré  le«  r^rve*  faîles  par  la 
(■rilir|ue  moderne.  Mais  la  qualification  dont  il  s'agit  peul-flle  être  appli(|u<k!  au  célèlire 
chancelier  qui  occupait  le  Nié|;c  de  Cambrai  dès  tSc)^,  et  ne  faut-il  pas  plutôt  l'atlribucrà 
l*;!!*'  de  Leslranfje,  prélat  d'un  (jrand  talent,  qui  fut  Iransft^ré  de  l'évéchi^  de  Saintes  à  celui 
(lu  l'uy.  après  le  refus  de  Pierre  d'Ailly?  Quoirpie  moins  connu,  Klie  de  l*e»tmnj;c  n'en  a 
pus  moins,  de  >oii  vivant,  joui  d'un  );rand  renom  de  science  et  de  talent  oratoire.  L'estime 
qu'on  avait  de  son  caractère  et  de  ses  lumières  le  fit  mander  ù  Paris,  avec  les  membres  les 
|)ius  disllnfru(;s  du  clerg/;  séculier  et  ré(;ulier  de  France,  pour  y  traiter  i'inleniiinablc 
i|ucstion  du  retour  à  l'unité  relijjieusc.  Plus  heureux  que  ses  dcut  collè|;ut'S,  il  viVut  ju*- 
(|u'à  In  réunion  du  concile  de  Constance,  auquel  il  assista,  et  il  put  voir  l'inlii  '  n  de 
M.irtiii  V.  Il  rcviiil  ensuite  mourir  dans  son  <li«<èse  et  fut  enterré  r!,.'  t.-  I  .  ;ains 
du  P.iy. 

Les  trois  honunes  dont  nous  venons  d'esquisser  la  bio(,'rapliie  iiersonnifienl  de  la  ma-  **  '  J*"' 
nière  la  plus  conqdèle  le  corps  doclorni  de  Paris  h  l'époque  où  se  place  le  récit  de  Guillebcrt  ta»»fci» 
de  Mel/.  Ces  lliéolojjiens,  que  Jean  de  Jundun  nous  représente  comme  enseignant  avec  une 
gravité  imperlurl)id)le  in  vico  tjuiellxsimo  Sorbonœ,  ces  canonistes  vénérables  (|ui  disser- 
taient si  |;aisiblement  sur  les  Décrets  apud  clatnum  Brunelli,  sont  devenus,  par  suite  des 
déchirements  de  i'Kglisc  et  de  l'airuiblissemenl  du  pouvoir  royal,  une  véritable  puissance, 
la  seule  qui  soit  alors  pres<|ue  universellement  incontestée.  «  Hors  d'Avignon,  dit  V.  Ix* 
"Clerc,  les  docteurs  de  Paris  étaient  écoutés  partout,  et  \h  où  ils  ne  parlaient  point,  rirru- 
-laienl  en  Kunqjc,  depuis  l'année  i3{)G,  leurs  lettres  et  leurs  mémoires  pour  recueillir 
"des  suffrages  en  faveur  delà  cession  des  deux  anti-papes.  S'ils  échoui-renl  devant  fopi- 
"tiiAtretéde  l'un  et  de  l'autre,  ils  ne  se  rebutèrent  pas,  et,  en  faisant  prévaloir,  an  bout 
«de  trois  ans,  le  parti  hasardeux  d'une  neutralité  complète,  ils  préparèrent,  du  moins,  le 
-concile  t!e  Con.'^laure,  où  l'nhdicalion  fut  imposée  à  trois  papes,  un  nouveau  [MfC  élu 
"et  le  sthisnic  terminé.  D'où  vient  cet  ascendant  d'une  simple  compagnie  de  maîtres  cl  de 
"disciples,  qui,  pendant  si  longlcm|)s,  délibère  avec  les  Rois,  dirige  les  Conciles,  fournil 
-  des  négociateurs  aux  Papes  et  aux  Princes,  envoie  elle-ni^mc  des  ambassadeurs  aux  na- 
'-tions  étrun|;ères,  et,  dans  le  cours  troublé  de  .ses  annales,  atteint  alors  son  plus  haut 
-ile;;ré  de  puissance  et  «l'iiulorité"  ?" 

A  celle  question,  le  savant  historien  des  lettres  françaises  ré|)ond  lui-mènie,  en  indi- 
quant pour  motifs  d'une  iiillucnce  aussi  considérable,  non  pas  l'excclience  de  l'enarigae- 
ment  universitaire  de  ce  temps,  non  pas  même  la  supériorité  morale  des  homme»  cl  l'im- 
porlance  du  rôle  i|u'ils  furent  appelés  h  jouer,  mais  la  constitution  intime  de  rUniveniië, 
conslitutidu  égalilairc,  rij,oureusement  exclusive  de  tout  privilège,  uniquement  fondée  sur 
la  base  de  l'éleclit  n,  et  (|ui  donnait  ainsi  une  force  immen.se  h  l'humble  professeur  oéflgDé 

'  fiiiroirr»  nr  télat  de*  Irttrts  au  m' tikh,  dan*  le  toow  XXIV  de  17/Mlwrr  Uoirmrt  th  h  Fimi*, 

p.  -jCf)  et  suiv. 

■  HT.  —  I  t» 


i02  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

par  le  suffrage  de  tous.  La  force  de  cohésion  qui  résidait  en  ce  corps,  et  que  le  mot  univer- 
«ùrts  exprime  si  bien ,  explique  le  succès  des  Gilles  Deschamps,  des  Pierre  Le  Roy,  des  Elie  de 
Lestrange,  comme  elle  rend  raison  des  hautes  renommées  auxquelles  s'élevèrent  alors  les 
Pierre  d'Ailly  et  les  Jean  Gerson. 

2°  LES  PRÉDICATEURS  ET  LES  HARANGUEURS  POPULAIRES. 

(jEAN  GERSON,  JACQUES  LE  GRAND,   LE  MAITRE   DES  MATHCRINS ,   EL'STACHE  DE  PAVILLY,  ETC.) 

A  la  théologie  dogmatique  et  morale  se  rattache  ce  que  les  classificaleurs  ont  nommé  la 
théologie  parénétique,  ou  le  sermon;  et  le  lien  qui  les  unit  est  d'autant  plus  intime  qu'on 
retrouve  dans  l'une  et  dans  l'autre  non-seulement  les  mêmes  idées,  mais  encore  la  même 
manière  de  procéder,  c'est-à-dire  un  texte,  des  divisions,  des  subdivisions  et  des  arguments 
enchaînés  selon  les  règles  de  la  plus  sévère  dialectique.  Au  commencement  de  la  période 
qu'embrasse  le  récit  de  Guillebertde  Metz,  les  sermonnaires  parisiens  prêchaient  avec  celte 
ligueur  toute  scolaslique,  et,  pour  qu'ils  n'en  perdissent  pas  l'habitude,  les  maîtres  de  l'art 
oratoire  leur  traçaient  la  marche  à  suivre  dans  des  petits  traités  qui  sont  parvenus  jusqu'à 
nous.  On  en  connaît  deux  qui  sont  intitulés:  Arsdmdendi  lliemata,  Ars  dllaUindisermoite»;  un 
troisième,  qui  a  pour  litre  Ars faciaidi  sermoties,  a[H)rend  à  \yrèchcr  secunduinfonnainsyllogi$- 
ticani,  ad  quant  omnes  alii  modi  sunt  reducendi.  Toutefois,  dit  V.  Le  Clerc,  à  qui  nous  devons 
ce  détail,  on  n'avait  pas  tardé  à  s'apercevoir  que  ce  n'était  point  assez,  pour  attirer  et  retenir 
l'attention  du  grand  nombre,  que  de  citer,  de  diviser,  d'expliquer,  et  toujours  en  lalin. 
Quelques  proverbes  français  se  glissèrent  timidement  d'abord  dans  le  texte  lalin,  puis 
vinrent  les  comparaisons  et  les  dictons  populaires;  enfin  le  sermon yàrci,  comme  les  épitres 
et  les  séquences  farcies,  devint  d'un  usage  général.  La  prédication  d'apparat  demeura,  jus- 
(ju'à  Lingendcs,  fidèle  à  la  langue  latine;  mais  l'homélie  en  plein  air  poussa  l'émancipa- 
tion jusqu'à  se  faire  exclusivement  française,  La  seconde  moitié  de  la  période  qu'embrasse 
le  récit  de  notre  auteur  marque  précisément  celte  révolution  dans  l'art  ou  plutôt  dans 
l'habitude  de  la  parole. 

Parmi  les  «docteurs  et  clercs  qui  soloient  preschier  tant  dexcellens  sermons,  n  Guillebert 
de  Metz  nomme  en  première  ligne  «maistrc  Jehan  Jarcon.»  L'illuslre  chancelier  de  l'Uni- 
versité méritait  assurément  cet  honneur  :  homme  d'enseignement  et  de  controverse,  prédi- 
cateur habile,  pasteur  plein  de  dévouement  pour  ses  ouailles,  philosophe  chrétien  assez 
avancé  dans  la  vie  intérieure  pour  qu'on  ait  cru  pouvoir  lui  attribuer  Ylmitalion  de  Jésus- 
Christ,  il  a  servi  encore ,  à  ne  voir  en  lui  que  le  sermonnaire,  de  trait  d'union  entre  l'avenir  et 
le  passé.  Ses  discours  destinés  aux  clercs  sont  écrits  en  lalin;  mais  ses  prônes  à  ses  parois- 
siens de  Sainl-Jean-en-Grève,  aussi  bien  que  ses  sermons  à  la  cour  de  Charles  VI,  ont  été 
prononcés  en  français.  Quand  on  les  parcourt,  on  s'aperçoil  bien  vite  que  le  docte  chance- 
lier puise  aux  mêmes  sources  que  les  prédicateurs  de  son  temps;  mais  ce  qui  lui  donne  sur 
eux  un  grand  avantage,  c'est  la  science  immense,  la  conviction  profonde  et  l'admirable  bon 
sens  dont  il  fait  prouve  dans  l'examen  de  toutes  les  questions  qu'il  aborde.  Réformalion 
des  études  théologiques,  rétablissement  de  la  paix  dans  l'Rglise  et  dans  l'Elat,  retour  du 


,  * 


il 


•  1 


» 


*   s»   * 


1 


LES  LKTTIIKS,  LES  AHTISTKS  ET  LES  AHTISAXS  h  FAHIS.        MS 

|)(ni|iii;  clirt'^ticn  h  In  foi  de  hch  père»,  r<2rutation  de»  doctrine»  pcnrenc»  eoaua»  cbIIci  lia 
cordclior  Jean  Pclil,  lii'n  n'arrélc  »a  verve  et  ne  le  prend  au  dépourvu'". 

L(ï  .HclilHine  d'Occident  étnit  lu  f^rnnde  prt^occupntion  religieuM  de  ce  tempe;  prAthw  le 
doj^mp  et  In  morale  Kernblnit  chose  preM|ue  »up«-rfliie  tant  qu'on  n'aurait  pa« 
pni\  )!l  riitiilé  dun>i  le  monde  clinllicn.  TierRon,  (|ue  koii  talent  et  m  r4''putalion  a|i 
i'i  |ii'e(i(lre  part  à  ceH  Iriste»  déni^lés,  pri'duda,  dès  i  3^0 ,  au  rôle  de  médiateur  «lull 
V  joiK-r.  Voici  comment  il  s'en  exprimait  en  prt^'sence  du  roi  (>barlea  VI  tt  àtê  : 
de  sa  cour  : 

- . . .  .  0  roi  très  crislien,  o  roi  par  miracle  consacré,  ne  souflTrei  |ioinl  qu'eo 
-temps  cesle  chose  ne  si>  fnce;  ne  laissiez  point  «pio  l'honneur,  le  mérite  et  la  gloire  n'en 
-niez!  Knstiivcz  vos  prédécesseurs,  qui  tous  jours  a  faire  cesser  le  scisme  de  aaiocte  EgllM 
^onl  mis  tout  leur  esliide  singulièrement  sur  toux  nnltres,  quelque  autre  beaoûigM  aftwre 

-  mise.  Et  se  pnrfinir  ne  se  povoit  en  vostre  temps,  ce  que  je  ne  rroy  pas,  au  BoilM  gfMl 
-chose  seroit  de  reiicommancier;  car  le  commencement  est  le  plus  furl,  diril  Oratius  : 

-  nimiiltHiii  nui  rcjiil  liiihrl. 

-0  se  (;iiarli'tiinj;iic  jr  (;rnnt,  se  Roland  et  Olivier,  se  Judas  Machabeus  et  fî-':----, 
-se  Mnlatliie  et  les  utillirs  jirinces  esloient  maintenant  en  vie,  et  sainct  I^ys.  _  ^ 
''vpisscnt  une  telle  division  en  leur  pueple,  ils  aimeroient  mieli  cent  fois  mourir  qa<>  la 

-  Iiiissier  ainsi  durer,  et  que  par  nef^lif'enrc  tout  m'  perdist  si  maleureusemenl.  El  lotttaiMi 
.  "en  ce  faisant,  il  est  certain,  sire,  que  vous  ferez  o-uvre  plus  glorieuse  et  plos  platMUII  a 

f  Dieu ,  |)lus  dij^ne  de  mérite  et  de  renommée  perdurabic,  que  se  vous  vainquiMief  oo  grani 
!•  pueple  (le  Sarr.'izins  pnr  hutaille... 

rr  Très  nobles  |)rinces  et  fils  de  roi,  messcigneurs  d'Orléans,  de  Berri,  de  Bourgoigne  H 
■^(le  Touroine,  daignez  entendre  a  cestc  besoingne,  par  laquelle  vous  |>ovet  faire  BM  pw 
«•seulement  souverain  service  a  Dieu,  a  la  cristienlé  et  au  Roi,  mais  avecque»  ce  mettrez 
pvosire  pueple  en  plus  fjrnnl  union  cl  plus  (jrant  obéissance  que  ne  pourroit  vraiscrobU- 
«blenient  eslio,  se  ce  discorl  ne  fine.  0  nobles  et  vnillans  chevaliers,  qui  e«tes  plains  de 
~  toutes  franchises  et  convoiteurs  de  vraie  honneur,  pour  Dieu,  ne  vous  oabliei  pas  ra 
-(•este  mulicre,  exposez  vous  en  bataille  volontiers,  et  de  cuer,  voetn>  vie  et  tout  voMrc 

-  estai,  pour  servir  vostre  Seigneur  et  pour  avoir  honneur,  y 

Le  sermon  (jiil  conlienl  celle  solennelle  adjurnllon  nu\  prinres  rhrélirn»,  ri  ipn  mpp'iie 
les  vifs  niouveineiils  en  usn;;e  chez  les  pr('di(a leurs  des  croisades,  fut  pronoocé  k  Paris  »le 
»^jour  de  In  Tiphaine,  presens  le  Roy  et  pluseurs  aultres  seigneurs  de  son  rang,  a  L'oratear 
n>nil  pris  pour  texte  ces  pnroles  :  Adorabunt  eum  nmneM  rrgtt.  Ce  n'es!  pas,  d'ailleon,  la  leale 
fois  que  (îerson  ail  interpellé  ain.si  son  royal  auditoire  :  il  le  lit  quelques  aaa^  *pf^t 
(pioi(pie  avec  plus  de  mesure,  lors(|u'i)  eut  h  exposer  les  propositions  de  rUmvwwli  pour 
la  n-formallon  du  royaume.  Celle  hnran^juc,  forl  lon|;uc,  a  été  analysée  par  le  rsll|ieax  de 
Saint-Denis,  in)prinK-e  dès  le  xvi*  siècle  par  Durand  Gcriier  cl  Gilles  Corroael,  el  Maxenl 
réimprimée  depuis. 

Ln  mission  de  l'Université  de  Paris,  telle  que  Gcrson  la  conçoit,  est  pleine  de  gran- 
deur :  «Kn  (|uelquc  lieu  (ju'elle  regnnic,  dit  le  courageux  chancelier,  die  voit  |Mrtoul 

"  Voir  n  ecl  (<(jnnl  les  enivres  de  (îerson,  (édition  n«i|Mn.  «in»i  que  ba  «Mis  biognfU^pas 4s  l^cay. 

(le  Scliiiiitll  et  (le  II.  ThoniMsy. 

Si. 


/lO/l  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

r,  tribulalion,  partout  meschef,  tourment  douloureux  partout.  Elle  voit  en  plusieurs  lieux 
«oppression  du  peuple  pour  jusiice,  violence  pour  miséricorde,  rapine  pour  protection, 
«destruction  pour  souslenance;  pour  défenseurs,  persécuteurs;  violation  de  pucelles,  pros- 

«titution  de  femmes  mariées,  boutemcnt  de  feux  en  aucuns  saints  lieux et  a  hrief  dire, 

ff  elle  voit  honteuse  et  misérable  dissipation  de  ce  royaume.  En  face  de  ce  spectacle,  ajoute 
«Gerson,  la  fdle  des  rois  ne  peut  que  s'écrier  au  milieu  des  pleurs  et  des  soupirs  :  Vive  le 
«/?oj"'  !  n  Dans  cette  éloquente  et  trop  longue  harangue,  diserto  et  prolixiori  sernione,  dit  le 
moine  de  Saint-Denis'-',  Gerson  recommanda  quatre  choses  :  la  guérison  du  Roi,  la  réfor- 
mation de  la  cour,  l'apaisement  du  schisme  et  le  maintien  des  privilèges  de  l'Université. 
«Et  si  on  eust  voulu,  ajoute  Juvénal  des  Ursins,  garder  le  contenu  en  icelle  proposition, 
«en  bonne  police  et  gouvernement  du  royaume,  les  choses  eussent  bien  esté  ;  mais  on  avoit 
«beau  prescher,  car  les  seigneurs  et  ceux  qui  estoient  autour  d'eux  n'en  lenoient  compte 
«et  ne  pensoient  qu'a  leurs  profits  particuliers'^'.» 

C'est  dans  ces  mêmes  remontrances,  faites  au  nom  de  l'Université,  que  se  trouvent  ces 
paroles  hardies,  pleines  de  compassion  pour  les  malheurs  du  peuple:  «Las!  un  poure 
«homme  aura-t-il  payé  son  imposition,  sa  taille,  sa  gabelle,  son  louage,  son  quatriesme, 
«les  esprons  du  Roi,  la  saincture  de  la  Royne,  les  treuaiges,  les  chaucées,  les  passaiges, 
«peu  lui  demeure;  puis  viendra  encore  une  taille  qui  sera  créée,  et  sergent  de  venir  et 
«engager  pots  et  poilles.  Le  poure  homme  n'aura  pain  a  manger."  Et  ailleurs  l'avocat  du 
peuple  ajoute  à  l'adresse  de  Charles  VI:  «Toy,  prince,  tu  ne  faicz  de  telz  maulx,  il  est 
«vray,  mais  tu  les  souffres;  advise  si  Dieu  jugera  justement  contre  toy  en  disant:  Je  ne  le 
«punis  pas  ;  mais  si  les  diables  d'enfer  te  tourmentent,  je  ne  les  empe.scherai  point.  •/> 

Quatre  ans  après  nous  retrouvons  l'infatigable  chancelier  sur  la  brèche.  Les  maux  de 
l'Eglise  et  de  l'Elat  étaient  arrivés  à  leur  comble  ;  c'était  comme  une  inondation,  comme  un 
incendie,  et  Gerson  s'écriait  :  «Crions  tous,  les  plus  grants  et  les  plus  petits,  crions  a  la 
«paix  ainsi  que  l'en  crie  au  feu  et  a  l'eau,  r,  Et  dans  un  sermon  sur  la  justice,  commentant 
ce  texte  du  Décalogue  :  Non  occides,  l'ancien  aumônier  du  duc  Philippe  le  Hardi  ne  craint 
pas  de  repousser,  au  nom  de  la  société  comme  au  nom  de  l'Eglise,  l'impudente  théorie  du 
régicide ,  qu'il  combattit  plus  lard  avec  tant  de  vigueur  au  concile  de  Constance. 

Nous  ne  suivrons  point  le  chancelier  de  Notre-Dame  dans  ses  longues  et  infructueuses 
pérégrinations.  Son  existence  parisienne  se  termine  à  l'année  i  4  i  5,  et  les  dernières  années 
de  sa  vie  s'écoulent  loin  de  ses  chers  paroissiens  de  Saint-Jean-en-Grève.  Qu'il  nous  suffise, 
après  avoir  analysé  quelques-uns  des  «excellons  sermons  qu'il  soloit  preschier, »  de  rappeler 
(|u'il  donne  à  Charles  VI  le  nom  de  roi  très-chrétien;  ([u'il  le  loue  d'avoir  chassé  les  juifs  et 
les  usuriers,  d'avoir  défendu  les  jurements,  d'avoir  ordonné  «que  confession  sacramentelle 
«ne  fust  pas  denyée  aux  jugés  a  mort;  et  que  feussent  données  lettres  conlrc  les  abomi- 
rnacions  maudites  et  comme  ydolalriques  qui  se  font  en  l'Eglise  de  France  sur  l'ombre  de 
«la  feste  aux  fols  '*'.  ■» 

Ici  encore  le  jugement  de  Guillebert  de  Metz  ne  s'est  point  égaré  ;  Gerson  occupe  toujours 
dans  le  Paris  des  xiv'  et  xv'  siècles  la  place  que  lui  avait  assignée  le  modeste  «  transcripvain .  » 

''  Lecuy,  Vie  de  Gerson,  t.  1,  p.  876.  '  Juvénal  des  Ursins,  ddit.  Godefroy,  p.  191. 

'"'    Chroniques    du    relifrieur    de    Saint- Denis,  '*'  Les  manuscrits  français  de  la  bibliothèque  du 

liv.  XXXVI,  cliap.  x\i.  Hoi,  par  M.  Paulin  Paris,  t.  VU,  p.  afiS  et  suiv. 


LKS  f.KTTHÉS,  LKS  AHTrSTKS  RT  l,KS  ABTISANS  A  PAMI  ..)5 

Moi'h  Joari  Gcnion  tétait  tro|>  dixcrt  cl  tro|>  lii/'oloijifn  jiour  avoir  une  forUi  adion  for  la 
iiiassoH  populaircH.  C'est  tlaoN  icii  rnrifjs  du  cU'r\'/;  i^^pilier,  riiez  la  augiifUiis  on  Im  eor- 
(inliorn,  par  cY<.>mpln,  qu'il  faut  chcrclicr  le  type  do  i'«;lo<|ucncc  chr^ieaiM  appropriée  è 
iclli-  Irislf  <1po<|uo.  Les  rclijjicii»,  |)lu.s  rapprorln'ii  du  peuple  par  l'orifjin»  H  le«  liabilode». 
iihrcs  d(>  tout  souci,  ulFrunciiis  de  toute  ambition,  coutractaient  nioin»  didicilenicnl  qoe 
le!)  di|;nit(iire.s  de  l'IJniversiti^  ou  dcfi  prt^latureu,  de»  liabituile»  de  rranc-|Mirier  et  de  verf* 
Mirra»<tiipie.  Frère  Jacques  Le  Grand,  (|ue  Guillebert  de  Metz  n'a  eu  garde  «ToaieUfe,  en 
fst  un  rra|)paril  exemple.  Ce  rude  discoureur  triait  pourtant  un  lettre  :  il  avait  compoaé 
<!t  Inidiiit,  dit-on,  kous  le  litre  d'.lrc/ii7o,'»e  loplile,  un  Iraili'  -mr  la  nafiCMe  et  un  Lirrt  im 
hoiinen  mœurs;  mais  ces  travaux  d'érudition,  faits  h  l'ombre  du  cloître,  itéraient  rortét  dan* 
une  ëternellc  obscurité  sans  l'éclat  que  fit  en  pleine  cour  le  bardi  prédicateur.  Voici  dan* 
tpiels  termes  Juvénal  des  Ursins  raconte  cet  incident  : 

«En  ce  temps,  on  pnrioit  fort  de  la  ileyno  et  de  monseigneur  d'Orléans,  et  disoil-on  nue 
"c'osloil  p.ir  eux  r|ue  les  Tailles  se  faisoicnt  et  <|ue  les  Aides  couroient  et  levoienl,  lann  ce 
Ripie  aucune  chose  en  fust  mise  et  enq>loyée  au  faict  de  la  clios<.>  publique,  et  wftrf  hau- 
tlement  par  les  rues  on  les  maudissoit,  et  en  disoit-on  plusieurs  paroles.  La  Revne  en  un 
RJour  de  Teste  voulut  ouyr  un  sermon,  et  y  eut  un  bien  notable  homme,  lequel  ace  faire 
«fut  commis.  Le(|uel  commença  a  blasiner  la  Reync  en  sa  présence,  en  parlant  des  eiac- 
'  lions  qu'on  faisoit  sur  le  peuple  et  des  excessif»  estais  qu'elle  cl  ses  femmes  avoieni  cl 
-leiiiiii-nl ,  et  comme  le  peuph-  en  parloit  en  diverses  manières,  et  que  c'estoit  mal  fait . 

-  dont  la  lleyne  fut  1res  mal  contente.  Kl  le  dit  prescheur,  en  s'en  retournant  de  la  prvdi- 
«  cation,  fut  rencontré  d'aucuns  honuncis  cl  femmes  de  la  cour,  et  luy  dirent  qu'ils  estoienl 

-  Iiien  esbahis  comme  il  avoil  ozé  ainsi  parler.  El  il  respondit  qu'encores  estoit-il  plus 
-<'sl),ilii  comme  on  osoil  faire  les  fautes  et  péchez  qu'il  avoit  dit  et  déclaré.  El  en  s'en  allant 
■'oulre,  il  rencoiilrn  encores  un  autre  homme,  qui  luy  dit,  en  jurant  le  sang  de  .\olrc.Sei- 
!•  ijiieiir,  (pie  <|ui  le  croiroit  (pi'on  I  envoyeroit  noyer.  Et  le  bon  homme  dit  :  Il  n'en  faudruil 
-qu'un  autre  de  telle  volonté  (pio  lu  es,  avec  toy,  pour  faire  un  grand  mal.  La  dite  prrdi- 
r  cation  vint  a  la  co);noissancc  du  Roy,  et  luy  rapporla-t-on  plus  pour  mettre  a  indignation 
"  II-  hon  homme  cpie  autrement.  Et  dit  le  Roy  qu'il  le  vouloit  ouyr  prescber,  et  fut  ordonné 
"que  le  jour  de  l;i  Pentecosle  il  prcscheroil.  Lequel  |)rcscha ,  et  prit  son  thème:  Spirtim* 
"Mitrlu»  dorchit  ros  omiiem  verihilem.  Et  le  déduisit  bien  grandement  et  notablement.  Et  s'il 
«avoyl  parlé  en  la  présence  de  la  Reyne  des  grands  péchez  qui  couroient,  encore»  en 
-parla-t-il  plus  amplement  et  largement  en  la  présence  du  Roy,  cl  fit  tant  que  le  Rov  fat 
-content,  et  si  luy  fit  donner  aucune  légère  somme  d'argent  '  .  - 

Les  mémoires  du  siècle  de  Louis  \IV.  et  en  [Kirliculier  les  l.-tlres  de  M*  de  iMviime,  n- 
coutent  une  aventure  de  ce  genre  dont  le  Iu'tos  fut  Bourdaloue  :  mais  ce  grave  moralisU  resta 
dans  la  dignité  de  son  rôle  cl  ne  se  mi^la  point  aux  intrigues  du  temps.  Fr^re  Jaeqnes  Le 
Grand,  ou  contraire,  engagé  fort  avant  dans  le  parti  annagnac,  accepta  la  roisuion  d'aller 
portera  Henri  IV,  r>i  d'An;;leterre,  les  propositions  des  chefs  de  ce  |»arli,  ceqai  lui  valut  les 
haiiio  de  la  faction  opposée.  Le  Joiininl  d'un  liourgtoiê  de  /Vnit  nous  apprend  qoe  cette  éi- 
oiiii  I  Iii>  lil  perdre  tout  crédit  nu  prédicateur  et  lui  attira  m^me  les  censures  de  PEglise  :  •  Fut 

'''  llitlaire  (h  ('Ànrltt  17,  {xir  Juv<(n«l  «les  UrMDS.^iiL  (îmk'fmv.  |>.  171. 


406  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

wce  jour,  y  est-il  dit,  faicte  procession  générale  a  Nostre-Danie  de  Paris,  et  la  devant  tout 
ttle  peuple  fut  maudite  et  excommuniée  toute  la  compaingnie  des  Arminaz  et  tous  leurs  ai- 
cdans  et  confortans,  et  furent  nommez  par  nom  tous  les  grans  seigneurs  de  la  maldite 
«  bande  :  c'est  assavoir  le  duc  de  Berry,  le  duc  de  Bourbon ,  le  comte  d'Alençon ,  le  fauix  comte 
«d'Arminac,  le  conneslable,  l'arcevesque  de  Sens,  frère  du  devant  dit  Monlagu,  Robert  de 
«Tuillieres,  lieutenant  du  Prévost  de  Paris, /rere  Jacques  le  Grant,  auguslin,  qui  le  pis  con- 
tfseilloitde  tous,  et  furent  excommuniez  de  la  bouche  du  Sainct  Pcre,  tellement  qu'ils  ne  po- 
R voient  estre  absouls  par  prestre  nul,  ne  prélat,  que  du  Sainct  Père  en  article  de  mort"  .» 

Le  MîDisire  Gcrsou  et  frère  Le  Grand  ne  furent  pas  seuls  à  mêler  les  affaires  publiques  aux  choses  de 

oi  unns.  j_^  1-eligion;  la  parole  était  alors  l'unique  puissance  morale  qui  pût  agir  sur  les  esprits,  et  l'on 
conçoit  que  les  prédicateurs  du  temps  aient  eu  recours  à  cette  supnîmc  ressource;  mais  ils 
y  mirent  sans  doute  peu  de  mesure,  et  leurs  auditeurs  ne  furent  pas  toujours  aussi  bénévoles 
que  le  roi  Charles  VI.  L'un  des  plus  célèbres  orateurs  de  ce  temps,  Renault  de  la  Marche, 
que  Guillebert  de  Metz  appelle  «  le  maistre  des  Mathurins,  v  en  fit  un  jour  l'épreuve.  C'était 
aux  environs  de  la  Toussaint  de  l'année  1609.  r  Un  peu  devant,  dit  le  Bourgeois  de  Paris, 
wavoit  presché  devant  le  Roy  le  Ministre  des  Mathurins,  très  bonne  personne,  et  monstra 
t^la  crualilé  que  ilz  (les  Armagnacs)  faisoient par  deffaull  de  bon  conseil,  disant  que  il  falloil 
«qu'il  y  eust  des  traistres  en  ce  royaulme;  dont  ung  prélat  nommé  le  cardinal  de  Bar'"^', 
r  qui  estoit  audit  sermon ,  le  desmentit  et  nomma  villain  chien,  dont  il  fut  moult  hay  de 
«l'Université  et  du  commun. 75  Le  Gallia  chrisliana  ne  ratifie  pas  complètement  l'éloge  du 
Bourgeois  de  Paris  :  Renauld  de  la  Marche,  loin  d'être  une  «très  bonne  personne, n  est 
qualifié  de  homo  majpianimus  et  honoris  appeteiis.  On  lui  reproche  d'avoir  recherché  et  obtenu 
plusieurs  bénéfices  à  la  fois,  dépouillé  certaine  de  ses  abbayes  au  profit  d'une  autre,  et  de 
n'avoir  racheté  que  quarante  captifs  pendant  une  administration  de  dix-neuf  ans.  Nous 
n'entrerons  point  dans  ces  démêlés  de  couvent  qui  n'ont  de  rapport  ni  avec  l'histoire  de 
l'éloquence  à  Paris,  ni  avec  les  discussions  sans  cesse  renaissantes  que  soulevait  la  ques- 
tion du  schisme.  A  ce  double  point  de  vue,  nous  nous  bornerons  à  mentionner  un  incident 
qui  fit  grand  bruit,  et  ou  Renauld  de  la  Marche  joua  un  certain  rôle. 

On  sait  que  l'anti-pape  Benoît  XIII  (Pierre  de  Luna),  averti  que  l'Université  sollicitait 
depuis  longtemps  la  soustraction,  c'est-à-dire  le  refus  d'obédience,  et  que  le  Roi  avait  publié, 
à  la  date  du  i5  mai  iio8,  ladite  ordonnance  de  soustraction,  «y  pourveul,  dit  Félibien 
«d'après  la  chronique  de  Le  Laboureur,  par  une  bulle  (|u'il  glissa  dans  un  pacquel  qui  fut 
«présenté  au  Roy  à  l'hoslel  de  Saint-Paul,  le  1  /i  de  mai,  par  Sanche  Loup,  arragonnois,  et 
«un  courrier  ou  chevaucheur  d'écurie  de  Benoist.  Cette  bulle  portoit  excommunication 
«  contre  tous  ceux  qui  favoriseroienl  la  soustraction ,  de  quelque  qualité  qu'ils  fussent ,  cardi- 
«  naux ,  roys,  empereurs.  Un  coup  si  hardi  révolta  contre  lui  les  esprits  des  bons  François"',  n 
Les  orateurs  parisiens  se  donnèrent  alors  libre  carrière;  l'un  d'eux,  Jean  Courtecuisse, 
docteur  en  théologie,  «y  parla  avec  beaucoup  de  force  contre  Pierre  de  la  Lune  et  contre 

'''  Journal  d'un  Bourgeois  de  Paris,  éA\t.  de  f]iQ,  d'Edouard,   troisième  du  nom,   tué  à   la  bataille 

p.  3  et  A.  d'Azincourt,  et  devint évêqiie  de Châlons-siir-Marne. 

'*'  Il  s'agit  ici  du  cardinal  Louis  de  Bar,  de  l'il-  '''  Histoire  de  la  ville  de  Paris,  par  Félibien  et 

lustre  famille  des  comtes  et  ducs  de  Bar:  il  était  fils  Lobineau.  t.  11,  p.  jhh. 


LES  LKTTWkS,   LES  AUTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS.    M? 

im  bulle,  (|u'il  prouva  élrn  injurieuse  au  ftoy,  à  la  nation,  et  tendante  k  oerpéUttr  !• 
RHcliiHiiin.  »  Ce  ne  fut  pan  la  seule  vengeance  que  les  docteun  de  Paris  tirèrent  de  Tawl»» 
ricux  |)()titir(;  :  aprèit  avoir  lacer/;  m  bulle  et  fait  emprisonner  ïen  membre*  du  clergé  qa*!!* 
snvaifrit  lui  ^trc  ravoralilcs,  ils  obtinrent  que  les  deux  porteurs  de  la  bulle  feraÎMrt  pobtt- 
i|U('riii'iil  iirntMidi:  lioiinruble.  -On  Ifs  conduisit,  dit  r>ncore  Félibien,  dans  deai  lombërami 
«à  la  cour  du  Palais,  rcvcstus  de  dalnintiqui's  de  toile  noire,  aui  armes  de  Pierre  à$  la 
"  Lune,  renversées,  avec  de»  mitres  de  papier  en  leste,  où  estoil  escrit  :  Ceux  tout  JmlafUÊl» 
<^ii  CEfrlm  et  au  ftoy.  On  les  lit  monter  en  cet  écpiipnije  sur  un  (khaffaut  dressé  au  milieu 
'■  de  In  cour,  pour  les  exposer  nux  bui'-es  du  peuple.  1^'  dininncbo  suivant  on  les  montra  «hffff 
■*  le  riK^ine  appan-il  uu  parvis  Notre-Dntne,  où  l'un  d)'s  cumniissaires,  qui  estoil  i^  Mimtin 
vdea  Malliurins  de  Paris,  leur  fit  un  sermon  plein  d'invectives  et  d'indignitet  eoBtfe  eoi  él 
«contre  leur  mattre  Pierre  de  la  Lune'".»  Co  sermon  fut  probablement  l'un  des  dcmien 
que  prononça  Itenauld  de  la  Marche:  les  rédacteurs  du  (Jallia  chr'uùana  placent  »a  mort 
i>n  raiiiiL'u  lAio,  et  l'oti  voit  (ju'cn  cette  mdme  année  il  avait  déjà  un  •oeeaMear  ".  Oo 
trouve  (pielipitjs  autres  iiienlions  de  son  élui|uence,  mais  elles  se  coalbndMlt  avec  celles 
ipii  sont  relatives  à  son  émule  Kustacbe  de  Pavilly. 

Ce  nouveau  pcrsonnnfje  appartenait  i^  l'ordre  des  Carmes  et  était  docteur  en  théologie. 
On  ne  le  voit  a|>parailr(!  sur  la  sc*\ne  qu'en  i  A  i  t ,  et  dans  des  circonstances  purement  poli- 
li(|ucs,  ce  qui  ronslitue  une  sorte  de  nouveauté.  Jusipie-là,  en  effet,  les  docteurs  de  l'Uni- 
versité n'étaient  intervenus  dans  les  choses  du  gouvernement  que  pour  y  défendre  les  in- 
térêts de  la  religion  ou  ceux  de  leur  corps;  mais,  à  partir  do  ce  moment,  ils  entrent  dans 
la  voie  des  remontrances  et  des  objurgations;  nous  sommes  en  pleine  éloquence  parlcuMB- 
taire.  Ce  n'est  pas  (pic  les  oreilles  des  Parisiens  fussent  complètement  étrangères  aui  lilma 
accents  des  discoureurs  poliliipies  :  un  deuii-siécle  auparavant,  la  voix  de  Charlw  le  Maa- 
vais  avait  plus  d'une  fois  retenti  dans  les  carrefours,  et  le  souvenir  de  set  «preedieiMlls* 
était  encore  présent  ù  toutes  les  mémoires '''.  Eustache  de  Pavilly  n'eut  qu'à  en  réveiller 
l'écho.  Il  dt'bula  par  couqioscr  des  mémoires  pour  justifier  les  actes  que  le  parti  aoglo- 
bourgiiij;n(>n  imposait  à  Charles  VI.  rKi  avecques  ce  qu'on  fai.soit  cscrirc  au  Koy,  dit  Ju- 
<« vénal  des  Ursins,  pareillement  escrivoient  ceulx  de  l'Université,  dont  estoient  priiKi|Kiult 
■rw\  i-nniie  iioiniué  niaislre  Kustache  de  Pavilly  et  le  Ministre  de5  .Mathurins  ^.»  Eahardi 

'    lliiitiiiir  de  la  ville  de  Parié,  par  FL'Iilticn  et  varrc,  on  rite  le  ilisrvMir*  du  49  novenlire  i3â7. 

I^obinniii .  t.  Il,  p.  7^1.  pronoiir<<  Ain  le  point  «lu  jour  du  haut  d'uaa  Itk 

'    \a^  Tnit  ri'siiilt!  iriiiio  adhésion  h  un  fonnuiaire  liunc  t'IeviV;  et  devant  dix  milie  penoaaas.  Ce  'sar* 

(le  iluririnu  tlrcssi'  pur  iicrsnn.  Celle  pièce  porto  le  mon.*  qu'on  ne  se  lassa  poial  d*teal(r,  Mmk  n 

mn\n  inoniiel  de  fn'^ro  Etienne,  ministre  des  Mo-  long,  dit  la  chronique  de  S«iiit4)eui.  «qw  fm 

thiinii-'  il<<  l'iiiis,  )!l  In  ilnlc  de  l'iio  (vieux  style.  ^avoildisiM^par ParisquandilcMsa.*  La) 


!<nns  dotitc^;  mois  on  ivtrouvc  en  lAi-j  et  i4i3        il  est  ici  qufsUoo avait  liea  aa  Pré  ani-€Ww ; <B» 
'le  ministre  dos  Mutliurinso  ntsocitf  Ji  diverses  me-       sa  naotneia aux  HaNes,  i  la  GWKre  «I  sor  1 


tiiiri<s  p<iliiii|ti<<s  ut  n>li)p*<use!i  et  pn^lnnt  son  i^lo-       autres  pointa  de  la  capitale;  Ckarias  le  Maevais  sal 
<pioiico  m\  pards.  Il  rmit  on  c«>iicluri<  ipiil  n'y  nvnit        |Kirtuut  enlever  les  safti^gas  de  la  baie ,  griee  à  sas 


I  ilonnult.  »iiM,  ^t  aaaetéepar  Daaia Gedrfr^.  Paris  ittS. 

kintre  auUw  succès  oratoires  du  roi  de  Na-        ÏD-folio,  p.  a«8. 


niors  choi  les  Triiiilnires  (prtin  nom  de  cliiuigi^  et        linltiles  1 

Iqiir  TWmv  bticnne  rnarchsit  sur  les  (races  de  frire  '    liitioin  dr  Qarlie  F/,  par  Javiaal  dta  Mf 


408  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

par  le  succès  de  sa  première  tentative,  Eustache  de  Pavilly  obtint,  grâce  au  crédit  de  i'Uui- 
versil(^,  une  audience  pour  porter  jusqu'au  pied  du  trône  les  griefs  des  bourgeois  et  des 
docteurs.  Benoît  Gentien,  docteur  en  théologie  et  religieux  de  Saint-Denis,  avait  exprimé 
les  sentiments  du  parti  modéré  ;  le  fougueux  carme  crut  devoir  réfuter  le  discours  de  son 
collègue  et  accentuer  plus  fortement  les  plaintes  du  j)euple  contre  les  malversations  des 
financiers:  «11  recita  en  bref,  dit  encore  Juvénal  des  Ursins,  ce  qu'avoif  dit  Gentien,  et, 
(«  pour  particulariser,  il  exhiba  un  graut  rôle  qui  fut  baillé  a  lire  a  un  jeune  maisire  es  arts, 
tt  lequel  le  lut  bien  grandement  et  hautement  '".57 

De  la  parole,  Eustache  de  Pavilly  passa  aux  actes;  sans  vouloir  le  suivre  sur  ce  nouveau  ter- 
rain ,  qui  n'a  rien  de  littéraire ,  nous  ne  pouvons  omettre  la  part  considérable  qu'il  prit  à  la  sé- 
dition dite  des  Chaperons  blancs.  Voici  en  quels  termes  Juvénal  des  Ursins  raconte  les  faits  : 

•tCes  manières  desplaisoient  a  aucuns  qui  avoicnt  esté  consentans  de  les  mettre  sus, 
«comme  au  Ministre  des  Mathurins,  a  maisire  Eustache  de  Pavilly,  carme,  et  aux  autres 
«de  l'Université,  qui  délibérèrent  de  s'assembler  secretlement  aux  Carmes,  en  la  chambre 
cdudit  Pavilly,  pour  imaginer  a  quelle  fin  ces  manières  pouvoicnt  venir.  Et  pour  ce  qu'ils 
rsavoient  que  ledit  seigneur  de  Traignel  estoit  bien  notable  homme,  et  cjui  avoit  eu  le  gou- 
«vernement  de  la  ville  de  Paris  longtemps,  et  avoit  toujours  montré  de  son  pouvoir  avoir 
«amour  au  Roy,  au  royaume  et  a  la  chose  publique,  ils  luy  prièrent  qu'il  luy  plust  d'v 

«estre.  Et  s'assemblèrent ,  et  y  eut  plusieurs  imaginations Ils  s'enquirent  quelles  per- 

r  sonnes  dévotes  et  menans  vie  contemplative  y  avoit  a  Paris,  et  trouvèrent  des  religieux  el 
«autres,  et  aussi  des  femmes.  Et  alla  Pavilly  jiarler  a  eux,  en  les  priant  qu'ils  voulussent 
«prier  Dieu  qu'il  leur  voulust  révéler  a  quelle  fin  et  conclusion  ces  divisions  pouvoient 

r venir Or  se  départit  ainsi  l'assemblée.  Toutefois  ledit  Ministre  des  Mathurins,  et 

«autres  presens  confessèrent  que  le  droit  remède  estoit  d'entendre  a  bonne  paix.  Ce  qw 
«ledit  Ministre  desiroit  en  faveur  de  messire  Pierre  des  Essaris,  dont  il  estoit  seniteur. 
f- Lequel  estoit  au  Chastcllel,  et  en  danger  de  sa  personne.  Mais  ledit  de  Pavilly,  qui  ten- 
«doit  fort  au  profit  de  .sa  bourse,  et  s'inleressoit  avec  les  Gois,  Saintyons,  et  leurs  alliés, 
«fit  une  proposition  en  voulant  montrer  que  la  prise  des  personnes,  dont  de.ssus  est  faite 
«mention,  estoit  bien  deuement  faite,  et  qu'il  falloit  ordonner  commissaires  pour  faire 
«leur  procès,  et  qu'ils  eussent  puissance  d'en  prendre  des  autres,  de  faire  du  criminel  civil, 
«el  d'emprunter  argent  de  ceux  que  bon  leur  sembleroit.  Et  ainsi  fut  fait  et  ordonné, 
«et  V  eut  commissaires  destinez,  ausquels  on  bailla  la  puissance  dessous  dite,  et  a  chacun 
«d'eux  un  chapperon  blanc'-.» 

Après  avoir  joué  son  rôle  dans  celte  comédie  politique,  Eustache  de  Pavilly  revint  à 
l'exercice  de  la  parole,  qui  était  sa  principale  force.  Juvénal  des  Ursins  nous  fournit  à  cet 
égard  un  renseignement  très-précieux  sur  la  rhétorique  dont  tous  les  orateurs,  même  les 
tribuns  de  la  rue,  faisaient  alors  usage.  «Derechef,  dit-il,  le  carme  de  Pavilly  fit  une  pro- 
«  position  a  Saint-Paul  devant  la  Reyne,  monseigneur  le  Dauphin,  el  autres  seigneurs.  Et 
«prit  sa  matière  sur  une  fiction  d'un  jardin,  ou  il  y  avoit  de  belles  fleurs  et  herbettes,  el 
«  aussi  v  croissoit  des  orties  '■''.  » 

Eustache  de  Pavilly  n'avait  point  inventé  une  nouvelle  forme  oratoire:  l'allégorie,  (|ui 

'''  Histoire  de  Charles  VI,  par  Juvënal  des  Ht-  ''  "  •'  Histoire  de  Charles  VI,  par  Juvénal  des 

sins,  édit.  Godefroy,  p.  248.  Ursins.  édit.  Godefroy,  p.  955  et  suiv. 


LKS  LKTTHÉS,  LES  ARTISTES  ET  LES  ARTISAN*^   \  l\l!|s         h09 

\'i}Mi\i  II-  fonds  (I)-  Kon  (iiftrours,  rc  retrouve  chez  tous  les  prt^dirati-ur'i  ilu  u-ium,  vl  V.  L^ 
(^Icrc  cil  coiiht.-ili;  reiii|il<)i  dès  le  xiii*  siècle '".  On  com|)rcrid  ce  langage  dam  l'Iioai^lie  ou 
seriiiun  {)0|)uluire;  c'est  un  genre  a|i|)ro|)n«^  aux  inlcIligencM  eoniDone*,  qoi  goèlcnl 
mieux  les  comparaisons  (|ue  les  raisons;  mais  le  rarme  parisien,  en  libre  discoureur  qu'il 
(Unit,  III!  changeait  [tns  sa  manière  avec  le  Roi  et  les  grands.  Le  Laboureur  eile  encore 
dciu  circDiistaiircs  où  il  eut  j^nin  d<*  cause,  m  ciiiployniit  les  méfliM  moyens:  «Le  reoooiiBé 
••  Kiistiii'lic  (\i-  l'iivilly,  (lit-il,  (|u'oii  avoit  cliargr  du  soin  de  certaine  coaroiMion,  s'en  «e- 

Ri{uitta  le  niercri'dy  suivunt  par  un  beau  et  grund  discours 1^  duc  repondit  fort  doa- 

«(  ccincnt  et  accorda  tout  ce  (pii  estoit  deman'l('-.  n  Oucl(|ues  pages  plus  loin ,  nouvel  hooHBaM 
r(>n(lii  <^  r(-lo({ueiiC(>  de  notre  personnage  :  «  b;  t  a*  de  may  de  l'an  i  /ii  3,  maislre  Eiutacbe 
"(le  l'nvilly,  nilijjioiu  de  l'ordru  des  Carmes  (.-t  docteur  en  tli«k»l(igie,  (pi'une  Miigulière  éio- 
•ri|uence ,  jointe  u  une  profonde  doctrine,  rcndoit  cajtable  de  tout  persuader,  tint  a  l'bMtel 
'iU'  Sainl-1'ol,  et,  pour  r('|iondrc  aux  vœux  des  chtsfs  de  la  sédition,  (]ui  l'avoient  choili 
«pour  leur  orateur,  il  fit  un  fpaiid  discours  au  Hoy,  pour  les  justifier  de  ce  qui  s'etloil 

R  pass(;  ({'('inoute  des  (ibuperons  blancs) il  se  servit  pour  cela  de  la  comparaUon  du  jar- 

■rdiiiier '^'.  1  L'oral(>iir  populaire  ne  variait  pas  ses  moyens,  mais  le  goât  du  temps  en  Ju»- 
liliait  l'eniploi.  iiahilui-.s  de  longue  date  ù  l'allëgoric  jtar  le  Hoinan  Je  k  Ho$e  et  les  noni- 
l)reu>>(.s  roiiiposilions  de  la  même  (^-cole,  les  contemporains  d'Ku.sluche  de  Pavilly  n'atait-nl 
rien  ù  objecter  à  ses  berbcttes,  ù  ses  fleurettes,  à  tout  son  jardinage  oratoire. 

V  partir  do  i  Ai3,  l'(^lo(|uence  se  tait;  les  actes  ont  succédé  aux  discours,  et  le»  fleurs 
de  rli)'lori(pie  ne  sont  plus  de  saison.  Cependant,  soit  lassitude  des  combattants,  soit  tita- 
lili-  du  |;eiire,  le  .sermon  réparait  a|)rès  seize  années  de  .silence,  et  les  Parisiens  s'aban- 
donnent plus  que  jamais  aux  entraînements  de  la  parole.  La  plus  grande  puiaMnee  ora- 
loire  de  cette  époque  parait  avoir  été  un  cordelier  nommé  frère  Richart,  dont  Guillebert 
de  Metz  ne  parle  point,  sans  doute  parce  que  son  livre  était  écrit  au  moment  où  le  ter- 
rible franiisi-ain  laiiniit  les  foudres  de  son  (Mo(|Ucnce.  I^  prodigieuse  action  que  ce  Savo- 
iiarole  parisien  exerça  sur  la  multitude  tenait  à  plusieurs  rau.ses  :  il  avait  le  geite  et 
l'accenl  hardi;  il  o.suil  tout  dire,  tout  |>révoir,  et  son  langage  apocalypli(]ue,  trie-conle»- 
Inhle  au  point  de  vue  de  l'orthodoxie,  remuait  profondément  les  foules  ignorantes,  qui 
aspiraient  d'autant  plus  à  lire  dans  l'avenir  que  le  présent  leur  était  plus  odieux.  Frère 
Hirliart  avoit  encore  un  autre  talent  :  pour  employer  une  locution  un  peu  moderne,  ilMvail 
parfaileiiient  soigner  sa  mise  en  scène.  Choisir  |iour  enceinte  le  funèbre  enclos  du  cirocti^ 
des  Innocents,  .s'ado.s.ser  h  une  croix  (celle  des  Bureau,  |K'ut-^tre)  et  prendre  |»our  Iule 
les  lugubres  peintures  de  la  Danse  Macabre,  que  ses  auditeurs  avaient  sous  les  veut  et 
qui  servaient  ainsi  de  commenlaire  it  an  parole,  c'était  à  coup  sûr  une  grande  halMieté,  et 
l'on  .s'evpli<pic  aisément  le  succ«-s  (|u'il  dut  obtenir.  Le  Jonnal  iTim  Bomgtmê  iê  BêtÙ  000» 
a  transmis  de  pnVietix  renseignements  sur  ce  grand  agitateur  populaire  :  nous  y  appre- 


'    Il  s'nfpt  iriin  somioii  d'Hlionnc  Langton.  clin-        vertu*  chnMienaei.  et  diM  le 
iioinr  (lt>  Notre-Diinic.  nù  le  pnmirnliMir.  pn'iinnl        ipi'eilc  en  fit.  la  maroane  d'or  rtervle  à  la  VHi|t 


|)our  lo\l«>  lo  iiiriiiier  couplet  tluno  ronde  |)0|m-        .Marie,  etc.  (\oyet  f/Mtoir»  StÈlnirê  Jt  Iê  Fn 

laire:  Bêle  Alii  matin  Itta,  Ht.  trouve,  dan*  les        I.  XXIV,  p.  366  timm.) 

"Cinq  iloiireltes"   que  In  dnnioiselle  cueillit,  cinq  "'  Hmlikt  iiOmim  17,  L  II.  p.  "«'«S 


r>*Mi 


410  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

nons  qu'il  était  en  relation  avec  Jeanne  d'Arc  et  plusieurs  autres  femmes  se  disant  inspi- 
rées, qu'il  les  gouvernait  et  se  faisait  appeler  leur  «beau  pcre;»  cnlin  que,  «le  jour  de 
«Nouel ,  en  la  ville  de  Jargiau,  il  bailla  a  celte  dame  Jebannc  ia  Pucelle  trois  foys  le  corps 
«de  Nosire  Seigneur'",  w  Le  Rourueois  de  Paris  trouve  qu'il  «estoil  moult  a  reprendre;» 
mais  la  postérité  en  a  jugé  autrement;  ce  dont  elle  sait  gré  à  l'observateur  parisien,  c'est 
d'avoir  consigné  sur  plusieurs  pages  de  ses  épbémérides  le  récit  des  merveilles  oratoires  de 
frère  Richart.  Voici  les  passages  les  plus  saillants  de  cette  intéressante  relation  : 

«Vint  a  Paris  un  cordelier  nommé  frère  Richart,  homme  de  très  grant  prudence, 
wscevant  a  oraison,  semeur  de  bonne  doctrine  pour  ediflier  son  proxime,  et  tant  y  labou- 
«roit  fort  que  enviz  le  crevoit  qui  ne  l'auroit  veu;  car  tant  comme  il  fut  a  Paris,  il  ne  fut 
«qu'une  jornée  sans  faire  prédication,  et  commença  le  sabmedy  seizième  jour  d'apvril  i  Aag, 
«a  Sainte  Geneviève,  et  le  dimanche  ensuivant  et  la  sepmaine  ensuivant,  c'est  assavoir  le 
«lundi,  le  mardy,  le  mercredy,  le  jeudy,  le  vendredy,  le  sabmedy,  le  dimanche,  aux  Inno- 
«cens,  et  commençoit  son  sermon  environ  cinq  heures  au  matin,  et  duroit  jusques  entre  dix 
«et  onze,  et  y  avoit  toujours  quelques  cinq  ou  six  mille  personnes  a  son  sermon,  et  estoit 
«  monté  quand  il  preschoit  sur  ung  hault  eschaffault  qui  estoit  près  de  loise  et  demie  de 
«hault,  le  dos  tourné  vers  les  Charniers,  encontre  la  Charronnerie,  a  l'endroit  de  la  Danse 
«  Macabre » 

«/toH,  le  cordelier  devant  dit  prescha  le  jour  de  S.  Marc  ensuivant  a  Roulongne  la 
«petite,  et  la  ol  tant  de  peuple,  comme  devant  est  dit,  et  pour  vray  celle  journée,  au 
«revenir  dudit  sermon,  furent  les  gens  de  Paris  tellement  tournez  en  devocion  et  esmeus, 
«qu'en  moins  de  trois  heures  ou  de  quatre  eussiez  veus  plus  de  cent  feux,  en  quoy  les 
«  hommes  ardoient  tables  et  tabliers ,  des  cartes,  billes  et  billards,  nurelis  et  touttes  cho.ses, 
«a  quoy  on  ce  pouvoit  courcera  maugrer  a  jeux  convoiteux.  Les  femmes,  celluijouret  lan- 
«  demain,  ardoient  devant  tous  les  attours  de  leurs  testes,  comme  bourreaux,  trulTaux, 
«pièces  de  cuir  ou  de  baleine  qu'ils  mettoient  en  leurs  chapperons  pour  eslre  |)lus  roides 
«ou  rebras  d'avant;  les  damoiselles  laissèrent  leurs  cornes  et  leurs  queues  et  grant  foison 
«de  leurs  pompes,  et  vrayement  dix  sermons  qu'il  fist  a  Paris,  et  ung  a  Roulongne ,•  lour- 
«nerfint  plus  le  peuple  a  dévotion  que  tous  les  sermoneurs  qui  puis  cent  ans  avoient  presché 
«a  Paris.  Il  disoit  pour  vray  que  depuis  ung  pou  il  estoit  venu  de  Cirie  comme  de  Hie^ 
«rusalem,  et  la  rencontra  plusieurs  tourbes  de  Juifs  qu'il  interrogea,  et  ils  lui  dirent  pour 
«  vray  que  Messias  estoit  né,  lequel  Messias  leur  devoit  rendre  leurheritaige,  c'est  assavoir  la 
«terre  de  promission,  et  s'en  alloient  vers  Rabilone  a  tourbes,  et  selon  la  Sainte  Escriture 
«celui  Messias  est  Antéchrist,  lequel  doit  naislre  en  la  cité  de  Rabilone,  qui  jadis  fut  chef 
des  royaulmes  des  Persans,  et  doit  estre  nourri  en  Retsaaida,  et  converser  en  Corozaim...  » 

«/tem,  ledit  frère  Richart  prescha  le  darrain  sermon  a  Paris  le  mardy,  landemain  de 
«S.  Marc,  9 6°  jour  dudit  apvril  1^29,  et  dist  au  départir  que  l'an  qui  seroit  après,  c'est 
«assavoir  l'an  trentiesme,  que  on  verroit  les  plus  grandes  merveilles  que  on  eust  oncques 
Rveuës,  et  que  son  maistre,  frère  Vincent,  le  tesmoigne  selon  l'Apocalipse  et  les  Escrip- 
«tures  Monsieur  Saint  Paul,  et  aussi  le  tesmoigne  frère  Rernart,  un  des  bons  prescheurs 
«du  monde,  si  comme  on  disoit,  cestui  frère  Richart;  et  en  icellui  temps  estoit  cellui 

'''  Journal  d'un  Bourgeois  de  Paru,  édit.  de  1729,  f.  i4a. 


LES  LKTTUÉS.  LKS  AHTISTKS  ET  LES  AllTISANS  A  PABIS.         «Il 

"  fnTi'  Hcrnarl  en  iircdicalion  |>ar  delà  \cs  AI|m*»  on  llolitf,  ou  il  avoil  ulut  eomwftî  de 
>•  |)cii|)lc  a  devocion  que  tou»  lett  prenchcurN  qui,  (icpuis  di*ut  cirnU  ans  devant,  y  «voiMt 
o  pH'Hcht';;  et  pour  vriiy  le  nwirdy  que  cestui  frère  Hirlinrt  m*  party  do  «on  wrinon.  que  plu» 
-n'iivoit  (-(iiif^ii'  ilVii  fiiire  n  Piiris,  «piant  il  ronimanda  sa  bonne  recoinmandacion,  Hqn'il 
-rotiiiiiiniia  »  Dieu  ou  pr-upie  de  Paris,  et  i|u'iU  priamcnt  [tour  luy,  et  il  prierml  Dim 
-pour  eulx,  les  |;enN  f;ran.s  et  pctiz  plouroient  M  piteusement,  comme  s'il*  vetMent  poH«r 
"en  terre  leurs  meilleurs  amys  et  lui  ousMi,  et  a  tant  cellui  jour  ou  landemain  »e  cuidoil 
>  partir  le  [)r(iudomme,  et  s'en  alla  vent  le»  parties  de  Itourgoufpie;  mais  ses  frérot  firent  tant 
"pur  prirres  ipie  encore  denioura  il  a  Paris  pour  confermer  par  prédication  le  bon  rdiiïir-- 
"  ruent  qu'il  avoit  coniruanré.  " 

.\i)ii>  ne  savons  si  la  seconde  station  de  frère  Hiiliarl  fut  ouftsi  fruclueuM'  que  la  pre- 
mière; mais  il  est  évident  (|uc  l'esprit  de  parti  animait  le  prédicateur  aussi  bien  que  l'au- 
(liloire,  et  qu'il  n'y  avait  alors  d'autres  moyens  de  remuer  la  foule  que  de  mêler  les  ctHMca 
ilu  temps  aux  vérités  éternelles,  (iet  élément  de  succès  devenait  en  même  temps  un  motif 
(II-  défaveur,  et  frère  Hicliart  ne  fut  pas  lon|;temps  sans  en  faire  l'expérience:  «Kn  ce 
'IrnipK,  dit  encore  le  Bourgeois  de  Pari»,  s'en  alla  frère  Hicliart,  et  le  dimanche  devant 
"qn'il  s'en  devoil  aller,  fut  dit  parmy  Paris  qu'il  dcvoit  presclier  au  lieu  ou  bien  près  oa 
"  le  l'Iorieux  martyr  Monsieur  S.  Denis  avoil  esté  descollé  et  maint  autre  martyr;  »i  y  alla 
"plus  de  six  mille  personnes  de  Paris,  et  party  la  plus  grant  partie  le  sabmedy  au  soir  a 
"  i;ranl  tourbes  pour  avoir  meilleure  place  le  dimanclie  au  malin .  et  couchèrent  aux  champs, 
"en  vieilles  maznres  et  ou  ils  |)orent  mieulx;  mais  son  fait  fut  empesché.  (^mrocnt  ce  fut 
-a  tant  m'en  tais,  mais  il  ne  presclia  point,  dont  les  bonnes  {p>ns  furent  moult  troubles, 
-ne  plus  ne  presclia  pour  celle  saison  a  Paris,  et  lui  convint  partir.* 

Krère  Hicliart  avait  sans  doute  des  motifs  pour  quitter  Pari»  :  envoyé  par  les  Arma- 
jpiacs  afin  di;  remuer  la  libre  religieuse  et  de  ramener  ainsi  les  boiir^^is  anglo-boargui" 
ipions  à  l'obéilience  du  Danpbin,  il  n'avait  réussi  qu'i^  moitié  et  s'était  rendu  suspect  aux 
cli(-fs  du  parti  qui  iloininait  dans  la  ville.  Knipéclié  de  parler  à  la  foule  qu'il  savait  si  bien 
exciter,  il  n'avait  plus  (pi'à  rejoindre  les  Armagnacs  :  c'est  ce  qu'il  lit  quebpies  semaine» 
après  l'incident  de  Montmartre.  Le  Journal  auquel  nous  avons  empninté  les  détails  qui  pré- 
cèdent annonce  en  ces  termes  la  fin  de  la  mÎMion  confiée  à  frère  Kicbarl  : 

''Pour  vrny  le  cordelier  cpii  presclia  aux  Innocens,  <pii  tant  assembloit  de  jM-upIc  a  son 
■t sermon,  connue  devant  est  dit,  pour  vrav  cbevaulchoit  avec  eux  (le»  Armagnacs),  et  aiusi 
«tost  que  ceulx  de  Paris  furent  certains  qu'il  cbevaulchoit  ainsi,  et  que  par  son  laogllge 
«il  faisoit  ainsi  tourner  les  citt^i  qui  avoient  fait  les  sennans  au  regiMil  de  Kranee  on  a 
«ses  commis,  ils  le  maudissoient  de  Dieu  et  de  ses  saints,  et  qui  pis  est  ces  jeux  de  table», 
«de  boiiles.de/,  brief  tous  autres  jeux  qu'il  avoit  deffendu .  recommencèrent  en  de*pit  de 
■'  luy,  et  inesmes  iing  merian  d'eslaing  ou  estoil  empraint  le  .Nom  de  Jesas,  qu'il  leur  avoit 
tfuit  prendre,  laissèrent  ils,  et  prindrent  Iretous  la  Croix  S.  Andry  "••  tlVlait  la  ban- 
nière de  bourgogne. 

Sans  nous  pi-éoccuper  davantage  de  l'échec  oratoire  de  fK»re  Kicharl.  nous  devons  Wre 

'      JiiHrnitl  (l'un  linHr/rmi*  ilr  Pnrin .  l'fVU.  •!>>   )7->i|    |>     i  l'^-iiV 


412  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

remarquer  avec  quelle  facilité  l'éloquence  religieuse,  en  temps  de  troubles,  glisse  sur  la 
pente  de  l'agitalion  politique.  Frère  Le  Grand,  Eustache  dePavilly,  frère  Richart,  n'ont  pu 
résister  à  cet  entraînement  :  les  prédicateurs  de  la  Ligue  y  résisteront  moins  encore,  et 
nous  aurons,  à  ne  considérer  les  choses  qu'au  point  de  vue  littéraire,  le  déplorable  spec- 
tacle du  mélange  des  genres  les  plus  distincts.  Ces  confusions  ne  sont  heureusement  que 
passagères;  elles  n'ont  point  empêché  l'art  de  la  prédication  d'atteindre,  trois  siècles  plus 
tard,  son  plus  haut  point  de  perfection,  et  l'éloquence  parlementaire  de  se  révéler  avec 
éclat  dès  les  premiers  jours  de  la  vie  parlementaire  en  France.  «Grant  chose  estoit  de 
R Paris,»  pour  employer  le  langage  de  Guillebert  de  Metz,  quand  on  y  entendait  les 
Bossuet  et  les  Bourdaloue;  quand  on  y  recueillait  les  fières  paroles  des  Mirabeau  et  des 
Barnave. 

3°  LES  TRADUCTEURS  ET  LES  POETES. 

(lAURENT  de   premier-fait,   CHRISTINE  DE  PISAN ,  ETC.) 

On  sait  que  le  roi  Charles  V  créa,  pour  alimenter  sa  «librairie,  n  une  école  de  traducteurs 
qu'il  chargea  de  translater  les  Saintes  Ecritures,  les  Pères  de  l'Eglise,  les  auteurs  grecs  et 
latins,  et  qui  préparèrent  ainsi  l'avènement  de  la  Renaissance.  Ce  fait,  qui  est  du  do- 
maine de  l'histoire,  est  attesté  par  les  livres  éux-mémes  et  par  les  miniatures  dont  ils  sont 
ornés.  «Avecques  l'aide  de  Dieu,  dit  l'auteur,  et  au  commandement  de  très  excellent 
r prince  Charles  le  Quint,  je. ..  ai  translaté  en  langaige  francois,  etc..»  Vient  ensuite  la 
miniature  de  présentation  qui  montre  le  traducteur  offrant  son  livre  au  royal  protecteur 
des  lettres.  C'est  à  cette  première  école  qu'appartiennent  Jean  Golein,  Nicolas  Oresme, 
Jacques  Bauchans,  Pierre  Bercheure,  Simon  de  Hesdin,  Philippe  de  Maizières,  Denis 
Soulechat,  et  plusieurs  autres.  Après  la  mort  de  son  père,  le  jeune  Charles  VI,  amoureux 
du  plaisir,  oublia  les  traditions  littéraires  qui  auraient  dû  former  la  moitié  de  son  héritage; 
heureusement  ses  oncles  avaient  les  mêmes  goûts  que  leur  frère,  et  ils  continuèrent, 
pendant  quelque  temps,  à  favoriser  les  lettrés.  Sous  leur  patronage,  il  se  forma  une  se- 
conde école  de  translation  à  laquelle  appartient  Laurent  de  Premier-Fait,  que  Guillebert 
de  Metz  appelle  «ung  poète  de  grant  autorité,»  et  qui  n'était  en  réalité  qu'un  traduc- 
teur. 

La„,eiit  Laurent  était  originaire  du  village  de  Premier-Fait,  au  diocèse  de  Troyes  et  dans  l'ancien 

Premicr-Fdi  comté  de  Champagne '•',  à  peu  de  dislance  de  Semoine,  berceau  de  la  famille  Bureau.  Il 
est  probable  que  ses  relations  avec  celte  généreuse  famille  dataient  d'assez  loin,  car  l'opu- 
lent changeur,  retrouvant  à  Paris  un  compatriote  et  probablement  un  protégé  de  son  père , 
n'hésita  pas  à  lui  offrir  l'hospitalité.  Le  pauvre  clerc  accepta  et  fit  accepter  par  son  colla- 
borateur italien,  Antoine  d'Arezzo,  le  gîte  et  le  couvert  qui  lui  étaient  offerts  avec  tant  de 
libéralité.  Pendant  trois  ans ,  de  i  ^i  i  i  à  i  6 1  i ,  c'est-à-dire  à  une  époque  extrêmement  agi- 

'''  Premier-Fait  est  aujourd'hui  une  petite  coin-  leiifernie  une  fort  remarquai)Ie  chaire  à  prêcher  du 
inune  du  canton  de  Méry-sur-Seine  et  de  l'arron-  \vi'  siècle,  en  bois  sculpté.  I^'un  de  nos  habiles 
dissemenl  d'Arcis-sur-Aube.  L'église  de  ce  village        auxiliaires,  M.  Fichot,  en  possède  le  dessin. 


LKS  LKTTHÉS,  LKS  AUTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PAKIS.        AfS 

t(^e<",  ](>«  (Jeux  traduct<!iir)t  purent  travailler  |)aiNihl«;mcnt  daiuU  tfimAiàe  demeure  de  la 
ruf!  (I(!  la  (Inurroierin;  et,  tandis  quo  leur  protecteur  était  violeamM»!  incriminé  par  le» 
Rnur|;ui|^nonH,  ilit  s'occupaient  en  toute  (|uiétu(le  k  translater  Boccace,  l'un  du  florentin  en 
latin ,  l'iintn'  «lu  Intiii  en  friiiirai».  La  traduction  du  Déeamérm  eat,  en  effet,  le  produit  de  c« 
(iouldi*  travail ,  (;l  l'on  conçoit  ipie  le  texte  ait  dâ  y  perdre  quelque  cboM  de  fon  origioalité. 

L'ffîiivre  achevée,  il  fallait  en  tirer  parti,  et,  comme  les  princes  seuls  étaient  alors ea 
situation  de  ri'rmuni'rer  des  travaux  de  ce  f^enre,  c'est  h  l'un  d'eux  qu'on  s'adn*ssa,  probable - 
nient  d'apriNN  le  conseil  de  Bureau  de  Dampniarlin.  qui  vit  dans  cette  démarche  un  mnven 
de  conserver  son  crédit.  Telle  est  du  moins  l'opinion  de  M.  Paulin  Paris,  qui  a  fait  de« 
traducteurs  de  cette  époque  une  étude  toute  particulière.  Voici  en  quel*  termes  le  savant 
coiiserYateur  des  manuscrits  de  la  Bibliothèque  inqtériale  insinue  que  riio«pi(nlité  nfTerlr 
par  Bureau  de  Dampmarlin  pouvait  bien  cacher  quelque  arrièn^-pcnséc  ; 

-T'était  une  attention  délicate  de  la  part  de  certains  courtisans  qui.  |K>ur  flatter  I' 
d)>s  princes  leurs  patrons,  demandaient  aux  clercs  et  aux  artistes  des  rnanusrrits  dont  ir 
prolojjiie  fi^t  adressé  à  ces  princes.  <•  Pourtant  donc,  dit  Laurent,  excellent,  noble  et  pui»- 
'siiiit  pritice  td  duc,  (pie  u  vostre  notice  est  parvenue  la  renommée  du  livre  des  Ont  No- 
uvelles, qui,  comme  j'ai  dit,  est  cscript  en  lan|;af;c  florentin  par  Jehan  Borcace.  acteur  du 
«  livre  des  malheureux  cas  des  nobles  hommes  et  femmes,  contenant  seulement  histoires  ap- 
><  prouvées  et  choses  sérieuses,  lequel  livre,  de  vostre  commandement  naguère»  fut  translaté 
■<par  moy,  et  lecpiel  livre,  comme  je  croy,  avez  beni;;nement  reccu  et  colo<|ué  entre  vos 
■^autres  nobles  et  précieux  volumes.  Vous  nouvellement  avez  délibérément  (ichié  vostre  bo- 

•tnesle  plaisir  a  lire  ou  escouter  le  dessus  dit  livre  des  (lent  Novelles et  si  avet  eu 

Kai'renble  le  long  et  grief  labour  de  la  translacioii  qui  surmonte  les  forces  de  mon  engin 

"  et  industrie 

(t Kt  pour  ce  (pie  je  suis  François  par  naissance  et  conv<>r!>ation,  je  ne  .«cay  pleinement 

«langaige  florentin  qui  est  le  plus  précis  et  plus  esleus  qui  soit  en  Ytalie,  je  ai  convenu 
«avec  ung  frère  de  l'ordre  des  (iordeliers  nommé  maisirc  Antoine  de  Aresche.  homme 
ntres  bien  sachant  vulgar  florentin  et  langaige  latin.  Ocstui  frcrc  Antoine,  bien  instruit 
nen  deux  langaiges,  maternel  et  latin,  pour  condignc  et  juste  salaire,  translata  prrmiere- 
'rment  ledict  livre  des  Cent  Novelles  de  florentin  eu  langaige  latin,  et  je  l^aurens,  assi»- 
«tniit  avec  lui,  ay  s(>condenient  converty  en  francois  le  langaige  latin  rereu  dudict  frer* 
'■  Antoine,  ou  au  moins  mal  ipie  j'ay  peu  ou  en  gardant  la  vérité  des  paroles  et  senteoees, 
"uiesmenient  selon  les  deux  langaiges;  fors  que  j'ay  estendu  le  trop  bref  en  plus  lonRetl** 
■^obscur  en  plus  cler  langaige,  alin  de  legierement  entendre  les  matières  du  livr< 
(t  Kt  pour  ce  (pic  la  dc|>ense  de  cestiii  livre  ainsi  deux  fois  translaté  estoit  griesve  et  im|K>r- 
f  table  a  moy,  je,  en  la  confiance  de  vostre  libtTalilé  qui  vout  et  peut  et  seeit  r>  -   ' 
•«digne  et  juste  loyer  aux  ouvriers  selon  leurs  bons  mérites,  je,  qui  depuis  ioO({  m  mi 
■^  deniourant  avec  noble  linmine  Bureau  de  Dampmartin,  escuier,  conseillerdu  Roy  el  <  i 
<*de  Paris,  reipiis  et  demanday  audit  Bureau  secours  et  provision  pour  ceato  cboae  faire. 


('.elle  date  résulte  de  la  déclnintioii  niAine  de  'quelles  «Itn  InmiadaM.  par  trais  ans  biito,  Ib- 
l^iirtMil  lit!  Proini<<r-Fnil .  tell(M|u'nn  In  tniuve  dons  ^rent  aeeomplisB  le  x«' jour  de  JMy  la*  ■xeacet 
iVxplirit  (le  sa  tradiiclioii  du  DrcamrrvH  :   *L<b-         » xim. »  (BiModrfiqiie  iinpér.  Ma.  ■* #798 .  T  sSy.) 


41/1  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

«Et  il,  de  joieux  visaige,  administra  au  dit  frère  et  a  iiioy  toutes  nécessités  tant  en  vivres 
«que  en  quelconques  autres  choses  convenables  pour  despense  et  salaire  de  nous  deux, 
«qui,  comme  dit  est,  translatasmes  ledict  livre  de  florentin  en  latin  et  de  latin  eri'francois, 
«a  Paris,  en  l'ostel  dudict  Bureau  de  Dampmartin.  Mais,  afin  que  par  ingratitude  ou 
ttaulrement  je  ne  taise  mon  large  bienfaiteur,  je  confesse  vraiement  que,  ainsi  comme  Ir- 
«dessus  nommé  livre  est  translaté  et  escripl  en  latin  et  francois,  selon  vostre  acceptation 
«qui  assez  vault  exprés  commandement  a  moy  faict  par  vostre  vive  voix,  aussi  toute  la  re- 
«Iribution  du  labour  et  de  la  despence  dudict  livre  depuis  a  esté  libéralement  par  vous 
«faicte  et  administrée  en  tant  que  vous  estes  le  vray  et  seul  médiateur  par  qui  ledicl  livre 
«est  ainsi  compilé  et  escript  en  deux  langaiges.  Et  pour  ce  que  ceslui  livre  ou  temps  futur 
revendra  par  advenlure  entre  les  mains  et  aux  oreilles  de  pluseurs  hommes  qui  ont  divers 
«sentements,  et  qui,  espoir,  seront  plus  enclins  a  reprendre  ou  dampner  moy  et  mon 
«œuvre,  qu'ils  ne  seront  a  pardonner  ou  a  excuser  mes  vices,  je  mets  en  vostre  giron  cesle 
«présente  œuvre.  Je  transporte  en  vous  la  desfense  d'icelle,  et  a  vous  je  humblement  sup- 
«plie  que,  pour  toutes  mes  justes  escusations,  vous  veuilliez  alléguer  moy  eslre  subject  au 

«vice  de  ignorance,  laquele  je  encouruzpar  le  pecbié  commis  de  nez  premiers  parents 

«A  vous  donc  excellent,  noble,  puissant  duc  el  prince,  souvent  dessus  nommé,  je  attribue 
«et  dédie  cette  présente  mienne  œuvre  de  long  et  grand  labour » 

«Cette  dédicace  est  habilement  faite  et  m'a  semblé  curieuse,  ajoute  M.  Paulin  Paris. 
Laurent  n'avait  pas  reçu  du  duc  de  Berry  l'invitation  de  faire  cet  ouvrage;  mais  sans  doute 
on  lui  avait  dit  que  ce  prince,  généreux  toujours  en  paroles  et  fréquemment  en  réalité, 
souhaitait  la  traduction  du  chef-d'œuvre  de  Boccace;  il  avait  donc  demandé  à  son  patron, 
messire  Bureau  de  Dampmartin,  les  moyens  de  se  livrer  à  un  travail  qui  semblait  devoir 
être  avantageux  à  son  avenir.  Laurent  ne  dissimule  pas  son  ignorance  du  florentin ,  mais 
il  savait  très-bien  le  latin;  il  s'associa  donc  un  cordelicr  nommé  Antoine  d'Aresche,  ou 
plutôt  d'Arezzo,  qui  dut  sans  doute  partager  les  profils  supposés  de  la  spéculation  littéraire. 
Dans  la  seconde  vignette  de  ce  manuscrit  (n°  GygS),  on  voit  les  deux  traducteurs  appuyés 
sur  les  deu\i  revers  parallèles  du  même  pupitre.  Antoine  écrit  dans  un  livre  placé  au-dessous 
d'un  autre  livre;  Laurent  semble  seulement  avoir  devant  les  yeux  le  registre  qu'il  reriiplit. 
Ainsila  double  traduction  aura-t-elle  été  faite,  chaque  phrase  française  rédigée  un  instant 
après  la  phrase  latine  correspondante  '".  » 

La  miniature  dont  nous  donnons  ici  \e  fac-similé  représente  avec  une  grande  naïveté  les 
deux  phases  de  cette  entreprise,  que  M.  Paulin  Paris  qualifie  un  peu  sévèrement  peut-être 
de  «spéculation  littéraire.»  Dans  le  compartiment  de  droite,  les  deux  traducteurs  sont  aux 
prises  avec  l'original,  et  dans  celui  de  gauche,  le  livre  parachevé  est  offert  au  duc  de  Berrv 
par  Laurent  de  Premier-Fait,  qui  paraît  en  avoir  eu,  sinon  tout  le  profit,  du  moins  le  prin- 
cipal honneur. 

Giuguené  a  fait  remarquer  que  cette  traduction  à  deux  degrés  était  en  soi-même  un 
fait  remarquable,  et  qu'en  outre  elle  ouvrait  la  voie  aux  translations  d'ouvrages  modernes. 
Jusque-là,  en  effet,  c'était  surtout  aux  classi(|ues  latins  et  grecs,  ainsi  qu'à  l'Ecriture  .sainte 
et  aux  Pères  de  l'Eglise  que  les  traducteurs  s'étaient  adressés.  Laurent  de  Premier-Fait  lui- 

'''  Les  mammcrits français  de  la  Bibliolliètfue  du  Hoi ,  par  M.  Pfiulin  l*aris,  t.  1",  p.  ûSd-ilth. 


■•.■*; 


i^: 


a; 


yz^ 


yi 


iN 


«Mttnii?»  Cfi  ma  (rurfV  notituri^:^ 

nul  ptiiftic  ^»î  HHi  rnam  cfh»iu<tf| 
tt^fHti  fiutv  ^c^  Octif  iwtiuci'ci^ 


a] 


,^^^_j)' roiiiMicncC  ^cv^^totfll- 
-l3ot\\^C  v*t)  |»>»»  iiuvV  nome   c>t*^mmOî 
autivi»ic»it-  fi4r»i»>m»tiC  itf^vnucc  c) 
iVot- t)tu  r\»me»it-  Cctif  itotiuCHVcî? 

If*  *  '* 

IccCC  V»»»|  r<^  vV'3<'*w*^»*  mo^jfc;"^* 


LY 


4 


.Jt\ClMi  Ut,  rlUiA- 


^■ccjiscrsj:  ce 


LES  LKTTHKS,  LBS  ARTISTES  KT  LES  ARTISANS  A  PARIS.        4I& 

ni<imc  confinera  la  |tliiH  f^randi;  parti**  «le  ses  soins  i  ce  genre  de  travail.  Il  traduisit  i'aboM 
jpg  (U'in  Irniti's  do  C'irhon  Ih  ntiiiritia  et  De  uHeetMle ,  et  il  les  dédia  «■  In»  eteellenl,  gto> 
«Houx  et  nol)li-  prinrc  Loyn,  oncli!  de  ruy  de  France,  duc  de  Bourbon,  conte  de  CleniKinl 
«et  de  Forol,  scifpD'iir  do  H(!Uiij<!U,  f;rant  rliainhricr  <!t  ppr  de  France.*  Il  nous  apprend. 
dan!<  m  dédicace,  que  le  duc  avait,  entre  autres  ouvrages,  «cfaoisy  et  eslu  le  livre  deVieil- 
«lesHe,  lequel  dicta  et  escrivi  le  noble  pliilozophe  et  prince  de  l'éloquence.  Tulle,  cohmiI 
«  romninin ,  dedans  In  poitrine  dui|uel  philosophie  naturelle  et  morale  eslut  son  domicile  "  ,  •• 
Peu  d(!  tenq)s  nii|iiiniv<int ,  Lniircnt  de  Prcniier-Fuil  nvnit  Induit  pour  le  duc  de  Bemr  le 
livre  de  Boccacc  intitulé  De  amu  nol/ilinm  virorum  et  Jeminarum.  On  sait  que  ee  nognlter 
ouvrage  CKt  divist^  en  neuf  livres,  et  i|u'il  contient  une  multitude  d'hiMoires  trsgtqOMf  «kml 
la  première  est  celle  d'Adam  et  Kve.  cl  la  dernière  celle  de  l'hilip|>a,  dame  carthagiaoïat. 
Non  content  de  trnnhlnler,  Laurent  de  Pn-mier-Knit  amplifia  et  emheilit  l'original,  et  eml 
prohiililcnieni  (-elle  piirt  d'anleur  qui  lui  a  valu  de  son  temps  le  renom  d'«'>crivain  original 
et  de  (^pocle  de  gnirit  aulorilé.  n  11  ne  nous  est  rien  resté  des  écrits  qui  lui  ont  mérita  retlr 
dernière  qualification  :  c'éluienl  apparemment  des  œuvres  légères,  qui  n'ont  ptiint  eu  le» 
honneurs  de  In  transcription  et  de  l'enluminure,  et  (|ui,  pour  ce  motif,  ont  |ii'ri  avec  tant 
d'autres  poésies  fugitives  de  la  même  époque. 

La  vie  littéraire  de  Laurent  de  Premier-Fait  paraît  avoir  embrassé  une  période  d'eo- 
viron  (piarunle  années  (  i  38o-i  A-jo),  pendant  luquelle  il  dut  séjourner  constamment  k 
Paris,  pour  se  maintenir  dans  les  bonnes  grâces  des  grands  seigneurs  et  obtenir  d'eu»  des 
commandes,  (le  fnmilier  des  princes  et  des  riches  bourgeois  vécut  dans  une  studieoie  re- 
traite, et  ne  prit  nulle  part  aux  événements  de  cette  époque  agitée;  son  nom  ne  se  trouve 
point  dans  les  écrils  conlenq)orains.  Oomme  traducteur,  il  a  eu  sa  part  d'influence  dan» 
i-e  travail  de  longue  préparation  qui  devait  aboutir  à  la  Renaissance.  N'ei)t-il  fait  qu'o- 
béir à  l'iuqiulsion  donnée  par  (iliarles  V,  et  conduire  les  lettres  saines  et  sauves  jusiju'au 
delà  du  règne  de  Charles  VI,  il  aurait  encore  bien  mérité  de  la  langue  et  de  la  littéraiurr 
franraises. 

(ie  genre  (II-  iin-rile  appiirlieni  plus  ronq)lélemenl  encore  à  (Jinstmr  ilr  I'isud.  -qui  dicloii. 
«lit  (îuilleberl<le  Mclz,  toutes  manières  de  doctrine  et  divers  trailiésen  latin  ri  en  franroy».  * 
Depuis  les  travaux  des  Naudé,  des  Boivin,  des  Gauthier,  des  Poujoulat  et  di>»  Thoniass}. 
la  vie  de  celte  femme  célèbre  est  trop  connue  et  sa  valeur  littéraire  a  été  trop  souvent  ap- 
préciée pour  (|u'il  soit  nécessaire  de  revenir,  dans  un  ap|)endirp,  sur  un  sujet  épuiM>.  On 
sait  niainlenant,  grAce  aux  Irnvaux  d'une  judicieuse  critique,  que  cette  Italienne,  natura- 
lisée Française  et  bourgeoise  de  Paris,  a  enrichi  notre  idiome  par  l'introduction  de  tour- 
nures el  d'expressions  nouvelles  enqtruntées  à  la  langue  d«'  Oicéron  et  de  Dante:  qu'elle  a 
t'ontriliué,  par  ses  innombrables  poèmes,  rondeaui,  virelais  et  ballade»,  k  Tuer  le  rhylhme 
et  les  lois  de  notre  poésie;  qu'elle  a  ébauché,  dans  plusieurs  de  MS  épttre*,  aa  genre  s^ 
rieux  que  nos  moralistes  ont  plus  tard  développé  avec  succès;  enfin  qu'elle  a  entrevu,  fians 
sa  biographie  un  peu  louangeuse  de  (iharles  V,  le  véritable  caradère  de  U  composition 
hislon(|ue    (iliri>liiie  de  Pi>iiii  iipparliemlrait  donc  pr«>s<pie  exclusivement  à  (llîiloirr  litlé- 

'    l.cf  mamucril»  Jirtinfoi*  (If  U  Bihli'tlhi^Ht  Hh  Roi ,  ptir  M.  \'»ultn  \'an->    i    1'     p    4t6. 


t  k..*»'.-  *-  9^ , 


/il6  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

raire  de  notre  pays,  s'il  n'y  avait  dans  son  existence  si  pleine  de  «mutations  de  fortune» 
un  côté  parisien  qu'on  n'a  peut-être  pas  suffisamment  fait  ressortir. 

Et  d'abord  la  fille  de  Thomas  de  Pisan  n'a  jamais  voulu  quitter  sa  ville  adoptive;  dans 
les  moments  les  plus  difficiles,  après  la  mort  de  Charles  V,  son  protecteur,  après  la  perte 
de  son  père,  de  son  mari,  accablée  de  chagrins  domestiques,  blessée  dans  ses  affections 
et  dans  ses  souvenirs,  elle  a  constamment  résisté  aux  avances  du  roi  d'Angleterre,  aux 
sollicitations  du  duc  Galeas  Visconti,  et  s'est  obstinée  à  vouloir  vivre  de  sa  plume,  là  où 
tant  d'autres  en  ont  vécu  après  elle.  La  seule  absence  qu'elle  ait  faite  est  ce  voyage  à 
Poissy  et  cette  retraite  à  laquelle  elle  se  condamna  en  ilitS,  après  la  fuite  du  Dauphin, 
pour  ne  pas  être  témoin  des  malheurs  de  la  capitale.  Encore  ne  s'éloigna-t-elle  que  de 
quelques  lieues;  et  du  couvent,  où  elle  vivait  près  de  sa  fdle  qui  avait  pris  le  voile,  elle 
suivait  avec  une  douloureuse  anxiété  la  marche  des  événements.  Tout  ce  que  nous  savons 
d'elle,  tout  ce  qu'elle  nous  révèle  dans  ses  ouvrages,  prouve  qu'elle  aimait  Paris,  où  la  vie 
lui  était  pourtant  si  rude.  Il  est  peu  de  ses  livres  où  elle  ne  nomme  sa  chère  cité  :  dans 
les  Fais  et  bonnes  meurs  de  Charles  V,  elle  s'étend  avec  complaisance  sur  les  nombreux  tra- 
vaux de  défense  et  d'embellissement  que  le  sage  monarque  y  avait  fait  exécuter  '•'  :  en 
plusieurs  passages  de  la  Cité  des  Dames,  des  Trois  Vertus,  du  Livre  de  mutation  de  fortune, 
elle  décrit  les  constructions,  les  ameublements,  les  mœurs  et  les  coutumes  de  Paris,  flétrit 
les  vices  et  exalte  les  vertus  des  Parisiens  ®  ;  dans  son  ouvrage  intitulé  le  Corps  de  po- 
litie,  elle  retrace  en  quelque  sorte  le  tableau  de  la  société  d'alors  et  consacre  le  tiers  de 
l'ouvrage  à  moraliser  les  bourgeois,  les  marchands  et  les  gens  du  peuple;  enfin,  dans 
son  Livre  de  la  vision,  elle  se  représente  Paris  comme  la  capitale  d'un  empire  idéal,  le 
qualifie  de  seconde  Athènes  et  s'en  déclare  la  réformatrice.  11  n'est  pas  jusqu'aux  écrits 


'"  Ces  curieux  détails  se  trouvent  dans  le  cha- 
pitre XI  intitulé  :  itCy  dit  comment  le  roy  Charles 
(restoit  droit  artiste  et  apris  es  sciences,  et  des  beaux 
rr  maçonnages  qu'il  (ist  faire.  i 

'1  Elle  reproche  notamment  aux  Parisiens  leur 
grossièreté  envers  les  femmes,  tant  en  paroles  qu'en 
actes  :  elle  se  demande  ce  qu'il  faut  penser  de 


Ceulx  qui  tant  dicnt  villenie 
A  femmes ,  comme  pourroit  dire 
l.c  plus  oit  villain  de  l'empire? 
Que  dis-je,  dient?  Mes  leur  font. 
Tesmoing  d'un  que  je  congnois. 
Mes  il  baty,  n'a  pas  trois  mois, 
Ifne  femme  dessus  le  pont 

De  Paris 

A  son  saoul  la  baty  d'une  aulne 
Devaut  cbaecun  et  de  la  paulme, 
Pource  que  ele  ne  vouloit 
Fere  pour  luy  ce  que  ne  doit 
Fere  a  quelconque  preude  femme. 


Ceci  est  probablement  le  fait  de  quelque  bour- 
geois mal  appris  ou  de  quelque  courtaud  de  bou- 
tique, quoique  Christine  dise  que  le  brutal  restoit 


irhome  de  renom.»  Heureusement,  ajoute  Chris- 
tine, irne  sont  tous  telz;»  et,  pour  opposer  à  ce 
Parisien  discourtois  un  chevalier  français ,  comme  il 
s'en  rencontrait  encore  à  Paris  de  son  tenips ,  elle 
fait  l'éloge  d'un  personnage 

Qui  reTenehe  le  fait  des  femmes 

En  fait ,  en  dit  et  en  diffames , 

Ne  il  soufferroil  pour  riens 

Que  l'en  disi  rlUenie  en  riens 

A  femme  aulcune  grande  ou  mendrc. 

Christine  dit  à  tout  le  monde  son  fait,  et  les 
grands  seigneurs  parisiens  ont  également  leur  part 
dans  les  réprimandes  de  la  gente  moraliste.  Elle 
blâme  surtout  les  habitudes  de  luxe  et  d'indolence 
de  ces  sybarites  du  xv'  siècle  qui 

Ne  se  leveroient 
Devers  le  matin ,  s'ils  n'avoient 
En  y  ver  le  feu  bien  a  point. 
Et  que  on  cbaufTast  leur  pourpoint , 
Et  de  variés  grant  tas  autour 
Pour  les  servir. 


LES  LKTTHi:;S,  LES  AHTfSTKS  ET  LES   ARTISANS  A  PABIS.         4!7 
«ir'circuiiMtancf,  commn  lu  Lettre  a  la  Hoyne  Yiahel  «•!  li;  IHtAePoiêty,  qui  n'oiïrt'ni  uueliiur 


intérêt  ou  point  de  vue  parisien  :  ici  clli>  décrit  avec  Im  |iIuii  grand»  détail*  la 
(ihhayc  rfvowirmU-,  \\»r  Pliili|)|H;  le  Bel  ;  \lk  elle  iuéna(;e  une  récoodiulioa  cotre  l« 
ducs  d'Orli'ari^  il  <l<-  Wonr^u^iu:,  et  clicrclie  ainiii  à  ramener  la  paii  dans  Im  roca  de  k 
capitale  '". 

Mais  l'ouvraj^c  dans  lequel  (iliriKtine  de  Pisan  a  le  niicui  |>eint  l'état  de  Pari»  «Mia  le 
règne  calarniteux  de  Cliarle»  VI ,  et  apprécié  avec  le  plus  de  liberté  le*  doctrine*  ainsi  qœ 
IcK  acte»  polili(|ueN  de  «on  temps,  c'est  le  Livre  de  lu  Paix,  horie  de  rameau  d'oliriernue  la 
courai^euse  fi'iiiiii'-  tendit  iiirriictueusenir-nt  h  tous  les  parti*.  Elle  v  décrit  au  vif  Iw  c^aAa 
du  temps;  elle  fruiide  Itts  prétentiMiis  parlementaires  des  houliquiers  cl  artiMin*  de  Paru, 
et  se  prunonce  en  définitive  pour  le  gouvernement  de  la  hourgeuivie  notable  et  «d'audenae 
«lignée.»  Nous  détachons  du  manuscrit  une  page  cttrémement  curicu*e,  qu'on  dirait, 
sans  l'arcliaïsme  du  langage ,  empruntée  aux  mémoire*  d'une  émigrée  de  Coblenli.  Voici 
le  lilre  du  chapitre  :  Cij  dit  cummi-iit  1/  n'appartient  que  le»  menu:  populntrea  toitnt  mia  m  ttifcw 
et  e»ttiz  de  In  citi'. 

(Christine  dévehippe  sa  thèse  eu  ces  termes  : 

«  Quel  mule  adventure  aroit  enseigné  a  ung  homme  de  mestier  qui  toute  sa  vie  n'ara 
<T  exercé  autre  chose,  ne  mais  son  labour  nu  de  bras  ou  de  main*,  sans  se  mouvoir  de  mm 
nastellier  pour  gainguer  sa  vie,  n'avoir  fre(|uanté  gens  légiste*  ou  coustumicn»  en  choaea 
«de  droit  et  de  justice,  n'ara  vcu  honneur,  ne  sara  que  est  sens,  n'a  aprins  a  |>arler  ordoo> 
«  neement  par  raisons  belles  et  cvidens,  ne  les  autres  savoirs  et  choses  (|ui  alTierent  a  gew 
«propres  a  eslablir  es  gouvcrnemens!  Kt  ung  tel  fol  qui  a  paine  sara  sa  pater  nosire  aeaey 
«mesmes  gouverner,  fors  par  ses  tavernes,  voudra  gouverner  autruy!  Dieu,  du  goaveroe- 
«ment  (lu(|uel  pour  ce  (|ue  le  sens  est  petit  communément  de  telx,  et  que  naturellement  le» 
«folz  sont  orgueilleux,  quclz  que  chctifz  qu'ilz  soient,  n'est  plus  de  mescbief  que  leur  gou» 
«vernement;  car  que  cuidcs  tu  que  ce  soit  d'un  malostru  qui  tout  a  coup  cuide  devenir 
«maistre?  Il  n'est  subjcction  si  pcrvercc;  mais  que  il  se  harice  bien  ou  visaige  a  tout  ung 
«pic  en  sa  main,  jurant  laidement  en  menaçant  chacun,  trop  bien  cuide  faire  la  besongne. 
«  Mois  que  est  ce  a  voir  es  consaulx  île  leurs  assemblées?  (l'est  tout  pour  rin\  mai*  qu'il  n'y 
«eiist  péril  leur  ouir  dire  leur  raison,  ou  le  plus  fol  parle  premier,  a  tout  son  tabler  de> 
Rvatit  soy.  Ce  semble  ung  droit  jeu  de  personnage  fait  par  mocquerie.  El  mr  ee  ae 
R  fondent  ilz  en  leurs  contenances  et  parler*,  pour  ce  que  ilz  les  ont  ouy  en  ses  farces  que 
nont  fait,  cuident  (|ue  on  doye  par  tel  moniere  prononcier  et  asseoir  son  iangaige,  ung  fié 
«avant  et  autre  arrière,  tenant  les  mains  au  costé.  Il  n'est  plus  de  galle!  1^  n'a  laeslier  droit; 
cvoluiité  y  euvre  assez,  et  de  fol  juge  briesve  sentence;  y  sont  les  conclu-oioot  Cuctes  aailB 
«avis,  dont  très  mauvais  elTaiz  s'ensuivent.  0  mes  quel  orrcur  est  ce  a  voir,  au  partir  de  la 
«selle,  <lialioli(|ue  assemblée  de  innombrable  menu  gent,  suivant  l'un  l'autre  comme 


*'*  On  n  cité  les  pnrolcs lourhaiiles  par  leMpielle*        'l'un  a  l'aulre,  et  Iran  { 
Clirutiiio  adjure  la  rriiie  dovoir  pilit'  de  Pori»  et  de        «et  disperser,  et  pn»  qu'il  veoMt  par  de  eaatf  «»- 


Ifl  FrniKc:  "liolnit!  <liiiii-(|iii>s  t|ui !u>niil «i  iliiro  mère        •Irange*  eoneoH*  qni  da  tout  lat  psfwealaaMal  «t 
rqiii  |i<'(ist  soullrir.  si  l'Ile  nDMiit  le  cucr  (li>  pierre.        ir(ai»iMenllennlMrilagas.(L«er»a  II  Aiyw/aaM. 


•vtH>ir  sfs  1-iirant.H  eiilru  (Kcirc  rt  i>s|>niidr<>  le  Miig        Bibl.  iuip.  iminaserit*.  n*  7073,  s,  Mia  &3.) 


IIIST.    I. 


418  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

«prests  et  appareillez  de  touz  maulx  faire.  Mes  que  l'un  encommence;  car  oncques  fureur 
«ne  cruaultë  de  sangler  ne  si  acompara,  sans  savoir qu'ilz  se  demandent;  et  quant  ilz  s'en- 
«charnent  sur  quel  que  soit  ou  sur  aucusnes  gens,  la  n'a  resve,  tenue,  ne  honneur  gardée 
«a  prince  ne  princesse,  a  seigneur  ne  a  maislre,  ne  a  voisin  ne  voisine.  Noblesse  y  est  en 
«grant  vileté;  bien  y  est  menaciée;  tout  sera  mis  a  mort,  plus  n'en  souffreront.  Adonc  sont 
«si  aises,  quant  ilz  tuent  ou  massacrent  gens,  rompent  coffres,  robent  tout,  effoncent  vin 
«a  ces  riches  gens;  ha  comment  c'est  bien  besongné!  dont  vraiement  a  tout  dire  en  brief 
«tant  y  font  de  maulx  que  bien  savoit  l'aucteur  qu'il  se  disoit  quant  il  disoit  que  ung  petit 
«ruissel  desrivé  fait  plus  de  grief  que  une  grant  rivière"';  ce  n'est  pas  bourde!» 

Dans  le  chapitre  suivant,  qui  a  pour  titre  Cy  parle  du  péril  que  c'est  de  donner  a  menu 
peuple  plus  nuctorké  qu'il  ne  leur  ajfiert,  Christine  insiste  encore  sur  les  inconvénients  et  les 
dangers  sociaux  que  présente  l'immixtion  de  la  populace  dans  le  gouvernement  des  villes  : 
«Ceulx  qui  sont  poures  es  citez,  dit-elle,  ont  tousjours  envie  sur  les  riches;  et  pour  ce 
«  eslievent  ilz  voulenliers  et  exaulcent  les  mauvais  ;  si  vouldroient  nouveles  seigneuries  et  mu- 
«  lacions.  Et  comme  jamais  ne  leur  souffise  quclz  que  bons  gouverneurs  qu'ilz  aient,  voul- 
wdroient  tousjours  que  estât  de  cité  se  rechangeast;  et  que  ceste  sentence  soit  vraye,  le  nous 
«  aprent  l'expérience  des  choses  de  nouvel  pas.sées.  Car  pour  ce  que  telz  gens  sont  poures  et 
«  indigens,  et  ne  pevent  avoir  riens,  se  de  jour  en  jour  a  leur  labour  ne  le  gaingnent,  voul- 
«droient  tousjours  guerre  civille,  affin  de  courir  sus  aux  riches,  pour  ce  que  ilz  se  voient 
«en  plus  grant  quantité  que  euix;  et  n'est  autre  chose  leur  donner  auctorité  et  les  enbeson- 
wgner  de  fait  de  guerre,  ne  mais  donner  licence  aux  larrons  et  murdriers  qui,  paour  des 
«fourches,  se  seullent  tapir  es  bois,  que  ilz  facent  hardiement  leurs  murdres  et  larrecins.  b 

Après  avoir  dénié  ainsi  toute  capacité  politique  aux  «raenuz  populaires,»  et  déclaré 
que,  dans  l'état  d'ignorance  passionnée  où  elle  les  voit,  il  convient  «qu'ilz  n'aient  auctorité 
de  «quelconque  office  ne  prérogative  de  gouvernement  de  cité  ou  ville,»  Christine  conclut 
en  disant  que  «  ces  choses  sont  perlinens  aux  bourgeoys  notables  et  d'anciennes  lignées  de 
«degré  en  degré  selon  la  faculté  tant  desdits  offices  comme  des  personnes  '■^'.  » 

Guillebertde  Metz,  libraire  du  duc  de  Bourgogne,  et  homme  des  plus  prudents,  ne  nous 
a  pas  laissé  soupçonner  la  couleur  politique  de  Christine  de  Pisan;  il  lui  fallait  ménager 
à  là  fois  son  puissant  protecteur  et  l'une  de  ses  meilleures  clientes.  L'inépuisable  fécondité 
de  Christine  alimentait,  en  effet,  l'industrie  des  scribes  parisiens,  et  le  libraire  de  Jean 
sans  Peur  mit  lui-môme  sa  plume  au  service  de  cette  dixième  muse.  Le  manuscrit  de  la 
Bibliothèque  royale  de  Bruxelles,  où  se  trouve  la  Description  de  Paris,  et  qui  est  écrit  tout 
entier  de  la  main  de  Guillebert  de  Metz,  contient  l'épître  ou  roman  d'OtWa'",  le  Livre 

'''  Christine  fait  allusion  à  la  citation  latine  sui-  '''  Labibliotlièque  impériale  (manuscrits  anciens, 

vante  qu'elle  a  mise  en  tête  du  chapitre  auquel        fonds  français,  n°  7089)  possède  un  exeraplaii-e  de 

nous  empruntons  ce  passage:  cet  ouvrage,  enrichi  d'une  splendide  miniature  re- 

„  ,      ..  présentant  Christine  offrant  son  livre  au  duc  Louis 
INe  quo8  b^imiles  natura  jacere                                 ^ 

Precipit ,  exaita  ;  nain  qui  piu.ialibus  undis  d'Orléans.  Un  édilice  parisien  semble  foi-mer  la  pers- 

Ininmuit  torrcns  actrior  (»ic)  fluitamne  perfaenni.  pective.  Le  temps  nous  a  manqué  pour  reproduire 

(GiLTHiis  il!  Aiexandride.)  cgtte  belle  page  en  or  et  en  couleurs.  Nous  la  don- 

'*'  Le  livre  de  la  pair,  liv.  Ili,  ch.  xi  (Bibl.  irap.  nons  en  noir  avec  toute  la  fidélité  que  comporte  la 

manuscrits ,  fonds  français ,  n°  1 1 89  ,  fol.  8 1 ,  v°).  gravure  héliographique. 


l.ol    IS    Die     DOUI.KANS 

'■i-vanl  Hf*  mains  il<- ('(icisliiir  ili-  l'iKanliiiMirarr  drxMt  ^W/n- «/"/♦i«i<  i  Mpvr»r 


LES  LKTTHÉS,  LES  AUTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS,         419 

de»  Vertu»  in)ité  de  S<!-nè<{ue  fft  Irt  Débat  du  Homtm  de  la  Roa  eatrt  Cbrutine  de  l'tMo  H 
Gautier  Col'". 

Il  n«!  nou8  reste  plus  qu'à  mentionner  le  plus  beau  titre  que  Christine  de  PiMn  ait  k 
l'e.Htirne  et  h  la  rerotiriHis.saii<-e  des  Parisiens  :  nous  voulons  '  lu  interne  qu'elle  eOM- 
posa  à  la  louan^^e  de  Jeanne  d'Arc,  au  moment  mthne  où  I'Ik  ;^,.;.:  .•naît  MO  MOgMW  Im 
murs  de  la  capitale.  Il  y  avait  onze  ans  que  cette  coura|;euse  veuve,  fidèle  au  etdledM  •OV- 
venin*,  s'était  enfermée  au  monastèn;  où  sa  fille  avait  pris  le  voile, et  qu'elle  pleurait  »ur 
les  malheurs  de  Paris  et  de  la  France,  lorsqu'elle  apprit  que  la  Pucelle  apprucbail  et 
ipie  le  «degetë  enfant  n  de  son  ancien  souverain,  dont  la  fuite  l'avait  profoodéaMOt  aflli- 
({ée,  venait  de  recevoir  l'onction  royale  à  Keims.  Alors  son  enttiousianM  édtto  ;  ellr 
se  fuit  l'interpnHe  des  «bons  Parisiens»  et  souhaite  la  bienvenue  à  Jetniie  non  qa'aa 
(ils  de  France.  Lors(|u'elle  composa  ce  dithyrambe  où  respire  toute  la  vigueur  de  la  jeu- 
nesse, (Ihristine  de  Pisan  avait  soitantivsept  ans,  et  il  s'en  était  écoulé  ioiiante>deui 
depuis  qu'elle  était  naturalisée  parisienne.  Cette  longue  existence,  passée  au  milieu  d'une 
ville  où  elle  ovait  vu  se  produire  tant  d'événements  indignes  de  l'histoire,  lui  donne  !•• 
droit  de  parler  haut  et  ferme  aux  bourgeois  qui  tenaient  encore  [Kiur  Ib-nri  VI  : 

0  Paris,  très  mal  conseillé! 
FoU  linhilnns  sans  conliance! 
Aymé  tu  iniculx  estre  essiilië 
Qu'a  ton  prince  fnirc  acconlonwT 

Klle  connait  à  fond  le  cu'ur  humain  ut  ses  faiblesses:  elle  n'ignore  |H>inl  que  le  parti 
anglais  n'est  (|u'une  minorité  violente,  et  clic  gourmande  les  modérée  qui  sont  de  tous  le» 
temps  et  qui  laissent  faire,  tout  en  ayant  les  meilleures  intentions  : 

Gens  a  dedans  mauvais  ;  car  bons 
Y  a  maint,  je  n'en  fais  pas  doubtr  : 
Mais  parler  n'osent,  j'en  respons. 

Cet  intéressant  poème  a  été  découvert  en  1 838 ,  à  la  bibliothèque  de  Berne,  par  M.  AditHc 
Jubinal,  et  publié  h  la  suite  d'un  rapport  adressé  au  Minisire  de  l'instnirlion  publique. 
M.  J.  Quichernt  lui  a  donné  place  dans  son  savant  ouvrage  sur  le  pmrès  de  la  Purelle.  Nous 
ne  le  reproduirons  point  en  entier;  mais  nous  croyons  utile  d'en  détacher  le^  nombreuike» 
strophes  dans  lesquelles  Christine  de  Pisan.  apn^s  avoir  dé|)einl  l'étal  de  la  rapilalr.  adjun- 
les  l*;irlslins  d'accueillir  Jeanne  d'Arc  et  d'ouvrir  les  portes  à  leur  souverain  léfplime 


'    (li'i-Miii  prit  ptirl  il  relti'  discussion;  il  roiii-         «nir  les  poebitfs  aaas  booto ,  al  i 
|)tisii.  |i(mr  vciiii-  vu  aide  <i  (ilirislinc  de  Pisan,  sa        *vergmi§M  i|W  wt  M  JMHMi  gM*  h  friÊéfÊÊt 


VmoH  mniie  le  mman  de  Jehan  de  Mttmg.  Dan*  Mt  "ganit  de  laaiea  km* 

ii|iiisruli' .  l'crit  ni  français,  il  fait  rnniparaltre  les  »towmatih.  J< 

IMirtisiiiix  du   Hnmnn  de  ta  [io»e  dexant  irla  conrt  »perdne.» 

"sniiicto  de  la  rliriesticnlé. • —  "CnV*  nioy.  dil-il.  M.  R.  ThniiMasy.  qwi  cite  w 

"iiiin  pas  nioY.  mais  ra|Mistn>  sainrl  Poi.  et  Se-  outre .  par d'in(;éniea\ 

-neipii'.  t<t  i<\p)Tirnrr.(|ti<<  niniivais<>s  paroietetfl^  M  Chriatiiw  domt  m 

'TcriptiiriN  r<>ri'i>iii|H>iit  iKiiinii»  iiiount.  etfoatdev»-  eaundubo»  ga4l<(  dt  la 


U 


4-20  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

APOSTROPHE   DE    CHRISTINE   DE   PISAN    AUX    PARISIENS 

DANS 

«UNG  BEAU   DITIÉ   FAIT   L'AN   M.  GGCC.  XXIX.  rt 
A  LA  LOUANGE  DE  JEANNE  D'ABC. 


Je  Christine ,  qui  ai  plouré 
XI  ans  en  abbaye  close 
Ou  j'ay  toujours  puisdemouré 
Que  Charles ,  c'est  estrange  chose . 
Le  filz  du  roy ,  je  dire  l'ose, 
Sen  fouy  de  Paris  de  'tire  ; 
Par  la  traïsou  la  enclose , 
Or  a  prime  me  prens  a  rire. 

A  rire  bonnement  de  joie 

Me  prens  pour  le  temps  porverunge 

Qui  se  départ  ou  je  souloie 

Me  tenir  tristement  en  cage  ; 

Mais  or  changeray  mon  langage 

De  pleur  en  chant  quant  recouvré 

Ay  bon  temps 

Bien  ma  part  avoir  enduré. 

I/an  mil  cccc .  xxix 

Reprint  a  luire  li  soleil  ; 

Il  ramené  le  bon  temps  neuf 

Que  on  avoit  veu  de  droit  cil 

Puis  longtemps,  dont  plusieurs  en  deuil 

Orent  vesqui ,  j'en  suis  de  ceulx  ; 

Mais  plus  de  rien  je  ne  me  deuil 

Quant  ores  voy  ce  que  je  veulx. 

Si  est  bien  le  vers  retourné 
De  grant  duel  en  joie  nouvelle. 
Depuis  le  temps  qu'ay  séjourné 
La  ou  je  suis,  et  la  1res  belle 
Saison  que  printemps  on  appelle, 
La ,  Dieu  merci ,  qu'ay  désirée , 
Ou  toute  rien  se  renouvelle 
Kt  est  du  sec  au  vert  temps  née. 


LKS  LKTTHÉS,  LKS  ARTISTKS  KT  LES  ARTISANS  A  PAHIS.         491 

C.'iml  qiiff  l«  tlt-gnif:  enfmit 
Du  n)y  «le  Kraiire  l<>giliiim, 
Qui  loiif;;l<>ni|M  a  nié  toufTmit 
Mojim  |;ran«  mauu,  qui  or  a  pniuf>, 
Se  lieva  aiiui  qun  vont  itrime , 
Venant  comnic  roy  coronri^ . 
Kn  piiiiaance  Iret  grande  et  fine 
Eld'eaperons  d'or  eoperonn^. 

Or  feioiM  feato  a  noalre  roy. 
Que  tret  bien  soit  il  revenu  I 
lte»joïz  de  m  noUe  arroy 
Alonn  treatoiM,  grant  el  mena. 
Au  devant,  nul  ne foil  tenu. 
Menant  joie  le  saluer, 
IxHiant  Dieu .  qui  l'a  maintenu  : 
Criant  noel  !  en  liault  liuor. 


Kt  tu,  Charles  roy  dos  François. 
Se])tieiiin  d'irelliii  liaiill  nom , 
Qui  si  fpraui  guerre  os  eue  ainçois 
Que  bien  l'en  preniiat,  se  peu  non  ; 
Main  Dieu  grâce,  or  voiz  ton  renon 
[lanlt  eolevë  par  la  Purelle 
Qui  a  souhzniis  Hoiihz  Ion  penon 
Tes  etinemis ,  chose  est  nouvelle. 

En  |>eu  de  ten)|M,  que  l'en  ciiidnil 
Que  ce  Teust  coin  chose  in)|>ossible 
Que  ton  pays,  qui  se  penloit. 
Reusses  jamais  ;  or  e4  visible 
Mcnction ,  qui  que  nuisible 
C'ait  este ,  tu  l'a»  rccoiivn'  ; 
C'est  par  la  Pncelle  sensible. 
Dieu  mercy,  qui  y  a  oxnrf. 


Et  toy,  Pucelle  beneunH?, 

Y  (lois  tu  estre  oblifV, 

l*uis«{uc  Dieu  t'a  tant  honortie 

Que  as  la  corde  dejtlitV 

Qui  lenoil  France  et  esloil  liéeT 

Te  |>ourroit  on  a»s»>z  louer 

Quant  ceste  terre  huniilii'e 

Par  guerre  as  fait  de  paix  donerT 

Tu,  Jehanne,  de  bonne henra née. 
Benoist  soit  cil  qui  le  cn'a  I 
l*u(elle  de  Dieu  ordonna. 
Kn  qui  le  Saint  Eaprit  ni* 


422  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

Sa  grant  grâce,  en  qui  ot  et  a 
Toute  largesse  de  hault  don 
Nonc  requeste  ne  te  véa  ; 
Que  le  rendra  assez  guerredon  ! 

Que  peut  il  d'autre  estre  dit  plus 
Ne  des  grans  faiz  des  temps  passez  ? 
Moyses  en  qui  Dieu  aiilus 
Ravist  grâces  et  vertus  assez  ; 
Il  tira  sans  estre  lassez 
Le  peuple  de  Dieu  hors  d'Egipte . 
Par  miracle  ainsi  respassez 
Nous  as  de  mal,  Pucelle  eslile. 


Considérée  ta  personne 
Qui  es  une  jeune  pucelle 
A  qui  Dieu  force  et  povoir  donne 
D'estre  le  champion ,  et  celle 
Qui  donne  a  France  la  mamelle 
De  paix  et  douice  nourriture , 
Et  ruer  sus  la  gent  rebelle  ; 
Véez  bien  chose  oultre  nature. 

Car  se  Dieu  fist  par  Josué 

Des  miracles  a  si  grant  somme. 

Conquérant  lieux  et  sus  rué 

Y  furent  maint.  Il  estoit  homme 

Fort  et  puissant  ;  mais  toute  somme 

Une  femme  simple  bergiere , 

Plus  preux  qu'onc  homs  ne  fut  a  Romme  : 

Quant  a  Dieu  c'est  chose  legiere  ; 


De  Gedeon  en  fait  grant  compte , 
Qui  simple  laboureur  estoit, 
Et  Dieu  le  fist,  se  dit  le  conte, 
Combattre,  ne  nul  n'arrestoit 
Contre  lui  et  tout  conquestoit. 
Mais  onc  miracle  si  appert 
Ne  fist.quoy  qu'il  ammonestoil. 
Com  pour  cesle  fait  il  appert. 

Rester.  Judith  et  Gelbora  (Déborah) 
Qui  furent  dames  de  grant  pris. 
Par  lesqueles  Dieu  restora 
Son  pueple ,  qui  fort  estoit  pris , 
El  d'autres  plusieurs  ay  apris 
Qui  furent  preuses,  n'y  ot  celle 
Mains  miracles  en  a  porpris  : 
Plus  a  fait  par  cesle  pucelle. 


LKS  LETTHftS.  LES  ARTISTES  ET  LES  AUTISANS  *  PUH^ 


l'or  inirade  fut  «ivom^ 

Kl  iliviiii-  aiiioiiiti'  1 

iJe  l'illtgr  ilr 

hi-, 

Aa  roy  pour 

Son  bit 
Car  bi<'j> 

Ml 

''■•■ 

Par  coiuK>il 

i^iim  ; 

A  Ffiflei  la  c 

nmv^ 

Et  bjpll  llu  r. 

Et  ains  que  l'en  l'ait  voulu  croira 
Devant  derea  el  aagea  ummim 
Pour  enaerdter  m  dioae  voire 

Di«oit ,  ainfois  (|u'ii  fuHt  notiiin- 
(}w  DiiMi  l'eust  viTH  l)>  n)\  truiMiu- 
MaJH  ou  0  trouve  on  histoire 
Qu'a  CR  faire  elle  eatoit  rnnmiiM'. 


01  comment  lor»  hien  y  |»ani 
Quant  le  aiege  est  devant  Orieona, 
Ou  premier  «a  force  a|i|)aru  : 
One  miracle ,  ti  conuiie  je  tieiu» . 
Ne  fut  pluii  cher  ;  car  Dieu  oux  »\fii> 
Aidn  lollctiicnt  (|u'ciinemis 
Ne  s'ulili^n'iil ,  ni<  que  mors  chien»  ; 
La  furent  prison  et  a  mort  mis. 

Hëel  quel  lioiuiour  an  fenienin 
Sexe!  que  Dieu  l'aynie,  il  a|>|M>rt. 
Quant  tout  re  granl  peuplf  rA«Hiii 
Par  qui  (oui  In  |K>uple  est  )l<>5«>ii . 
l'nr  foninie  est  sours  el  rpctuivcrl . 
Ce  que  paK  homme  fait  n'eusM'nl . 
Et  les  train  rr^  niiita  (l<-!M>rt; 
A  peine  devant  ne  le  rniSMMil. 

Une  liilelte  de  xvj  ans. 
(Neat  ee  pas  chose  fors  nalureT^ 
A  qui  amies  ne  sont  pesans, 
Aios  semble  que  sa  n<>rrilun> 
Y  soit,  tant  y  est  fort  cl  dure 
Et  devant  elle  vont  fusant 
Ijb»  ennemis  ne  nul  n'>  dun- . 
Elle  fait  a  mains  yculx  «uiatit. 

Et  d'eulx ,  de  France  de»roinbrani . 
En  recouvrant  chasleaiu  et  ville* 
Jamais  force  ne  tu  si  grant . 
Soient  ou  a  cens  ou  a  mile*. 


42/1  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX 

Et  de  noz  gens  preux  et  abiles 
Elle  est  principal  cbevetaine  : 
Tel  force  n'ot  Hector  ne  Achiiles , 
Mais  tout  ce  fait  Dieu  qui  le  menne. 


Si  rabaissez,  Anglois,  vos  cornes. 
Car  jamais  n'aurez  beau  gibier  ; 
En  France  ne  menez  vos  sornes  : 
Malez  estes  en  l'escbiquier. 
Vous  ne  pensiez  pas  l'autrier. 
Ou  lant  vous  monstrez  périlleux  ; 
Mais  n'estiez  encour  ou  santier 
Ou  Dieu  abat  les  orgueilleux. 

Ja  cuidiez  France  avoir  gaignëe 
Et  qu'elle  vous  deult  demeurer  ; 
Autrement  va,  faulse  mesgniëe, 
Vous  irés  ailleurs  tabourer. 
Se  ne  voidez  assavourer 
La  mort  comme  voz  compaignons , 
Que  loups  porroient  bien  devourer. 
Car  mors  gisent  par  les  sillons. 

Et  sachez  que  par  elle  Anglois 
Seront  mis  sus  sans  relever. 
Car  Dieu  le  veult  qui  oit  les  voix 
Des  bons  qu'ilz  ont  voulu  grever. 
Le  sanc  des  occis  sans  lever 
Crie  contre  eulz;  Dieu  ne  veult  plus 
Le  souflrir,  ains  les  reprouver 
Comme  mauvais;  il  est  conclus. 

En  chi-eslianté  et  l'église 
Sera  par  elle  mis  concorde. 
Les  mescreans  dont  on  devise 
Et  les  hérites  de  vie  orde 
Destruira ,  car  ainsi  l'accorde 
Prophétie  qui  l'a  prédit; 
Ne  point  n'aura  miséricorde 
De  li  qui  la  foy  Dieu  laidit. 

Des  Sarrasins  fera  essart 

En  conquérant  la  Sainte  Terre  ; 

La  menra  Charles  que  Dieu  gard , 

Ains  qu'il  muire  fera  tel  erre. 

Cilz  est  cil  que  la  doit  conquerre  : 

La  doit  elle  fmer  sa  vie 

Et  l'un  et  l'autre  gloire  acquerre  : 

La  sera  la  chose  assovye. 


LES  LKTTH^:s.  LES  ARTISTES  ET  LES  UJTISAXS  A  PABIS.         A» 

Donc  (ln*iir  (oui  les  preui  patM» 
Oole  doit  |K>rter  In  couronue. 
Car  lun  failli  ja  inoniir«>nl  amet 
<}m  plu»  iirouMM  Diea  lui  (loniM> 
Qu'a  tous  cmiU  de  ({ni  l'en  raiioaiie: 
Kl  n'ai  |ioi  i-neor  tout  |Mirfail, 
Si  croy  que  Dieu  f«  »u«  leur  donne. 
Afin  que  paix  toit  par  ion  fait 

Si  eit  tout  le  moins  qu'aiïaire  ail 
Que  (ledniire  l'Engletliarëe, 
Car  elle  a  oilieun  plus  son  liait . 
C'est  que  la  foi  ne  soit  parif-e. 
Quant  des  Anglois  ,  qui  que  s'en  vie , 
Au  parier,  il  on  est  sué; 
Lu  temps  a  venir  moquerie 
Kn  sera  lait  :  sui  sont  rué. 


>'«  elle  le  roy  iiiend  au  sacre 
Que  toujours  lenoit  pnr  la  main? 
Plus  grant  chose  onc<|ucs  devant  Acre 
Ne  fut  faite;  car  |M)ur  certain 
Des  contredis  y  ot  tout  plain. 
Mais  maulgrë  tous ,  a  grant  noblesse 
Y  fu  receu  et  tout  a  plain 
Sacré,  et  la  ouy  la  messie. 

A  très  grant  triomphe  et  puissance 
Fu  Charies  couronné  a  llains 
L'an  mil  cccc.  sans  doubtance. 
Du  mois  de  juillet,  sauf  et  sains. 
Droit  ou  .wii'  jour. 
Ou  gens  d'nrmes  ot  barons  mains. 
Et  la  fu  V  jours  a  séjour  "'. 

Avecques  lui  la  Purelle , 
En  retournant  par  son  |>aïs, 
Cilt'  ne  chnstcl  ne  villele 
Ne  rcmaint ,  nmoz  ou  liays 
Qu'il  soit,  ou  soient  rsluii-s 
Ou  asseurez  les  hnliilnn;). 
Se  rendent,  |k)u  sont  env.ihis. 
Tant  sont  !>n  pniitanro  douhlans. 

Voir  est  que  nuruns  de  leur  folie 
CuidenI  résister,  mais  peu  vaull . 
Car  au  dcrrain ,  qui  que  cnntmlie 
A  Dieu  rom|>er«  le  defnuit. 


"Il  manque  un  ver»  à  celte  strophe  dans  le  maniiscriL 


/,i6  DOCUMEMS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

Cest  pour  néant;  rendre  leur  fanlt. 
Veuillent  ou  non  :  n"y  a  si  forte 
Résistance  qui  a  l'assault 
De  la  Pucelle  ne  soit  morte. 


Ne  sçai  se  Paris  se  tendra , 
Car  encoures  n'y  sont  ilz  mie , 
Ne  se  la  Pucelle  attendra  ; 
Mais  s'il  en  fait  son  ennemie. 
Je  me  doubt  que  dure  escreniie. 
J>ui  rende,  si  qu'ailleurs  a  fait; 
S'ilz  résistent  heiu^  ne  demie. 
Mal  ira ,  je  croy,  de  son  fait. 

Car  ens  entrera ,  qui  quen  groingiie  ; 

La  Pucelle  lin'  a  promis. 

Paris,  tu  cuides  que  Bourgoigiie 

Défende  qu'il  ne  soit  ens  mis? 

Non  fera ,  car  ses  ennemis 

Point  ne  se  fait  ;  nul  n'est  puissance 

Qui  l'en  gardast ,  et  tu  soubmis 

Seras  et  ton  oultrecuidance. 

0  Paris ,  très  mal  conseillé  ! 
Folz  habitans  sans  confiance  ! 
Aynie  tu  mieulx  estre  cssillié 
Qu'a  ton  prince  faire  accordance? 
Certes,  ta  grant  conlrarianee 
Te  destruira  ,  se  ne  t'avises  : 
Trop  mieulz  te  faust  par  suppliance 
Requérir  mercy  :  mal  y  vises. 

Gens  a  de  dedans  mauvais;  car  bouii 
Y  n  maint,  je  n'en  fais  pas  doubte; 
Mais  parler  nosent ,  j'en  respons . 
A  qui  moult  desplaist;  et  sans  double 
Que  leur  prince  ainsi  on  déboute. 
Si  n'auront  pas  ceulz  deservie 
La  punition  ou  se  boute 
Paris,  ou  maint  perdront  la  vie. 


Si  pry  Dieu  qu'il  niecle  en  conrajje. 
0  vous  tous  qu'ainsi  le  faciez . 
Afin  que  le  conseil  orage 
De  ces  guerres 'soit  effaciez. 
Et  que  vostre  vie  passiez 
En  paix  soubz  votre  chief  greigueur. 
Si  que  jamais  ne  l'effaciez  . 
Et  que  vers  vous  soit  bien  Seigneur. 
Amen. 


LKS  LKTTHKS.  LKS  ARTISTKS  ET  LKS  AIITISANS   \  IMIIIS  ^27 

DcHin*'  ce  ditjé  |iar  Cluiiline 
l/an  «ietiiu»  dit  mil  ooec 
R(  )i\u.  In  jour  ou  fine 
l>>  moi*  do  juillet  ;  mai»  J'cnt«af 
(}w  Bucunt  «c  iMidroiit  mal  ooni«M 
(><•  rc  i|u  il  nmtimt,  Mr  f|ni  duere 
A  emhrunche  et  le*  yeuk  {leMm 
Ne  puet  regarder  la  lumière. 

itPLictT  iim  TiM  KL  DiTié  ftiT  H*  r.tmt*ri%t. 

</<■  ii'i'.il  pns  un  (lfs  iiiiiiriilifs  litic>  de  (Jtirixlini'  de  l'i^aii  ii  It-lun.  r|.  j.i  |,.,-i.  ut-'  (in' 
(l'avoir  lu  |>r*'tiii<T<'  compris  tout  n>  i|u'il  y  avuit  de  !>ublinR>  duii.s  i.i  llu^^tl>ll  dr  Jimiuk  d  Air. 
Si  tiolrc  lan(;uc  nvail  «^ti*  moins  jeuiin;  m  Christine,  par  un  défaut  contraire.  nVâl  |K>inl 
alors  atteint  les  derni('>reH  limites  de  son  eiistencc,  la  France  aurait  eu  rct  admirahle  »|M>r- 
larle  de  deux  fenmies  se  comprenant  l'une  l'autre,  et  réalisant  l'idéal  <|ue  la  lilt^nlurc  ■ 
toujours  rosé  :  un  liéros  (|ui  fait  de  jurandes  choses,  un  poète  «jui  \if  chante  à  mesure 
iiu'elles  s'aiTomplinsenl,  une  nation  enthousiaste  (pii  applaudit  tout  À  la  fui»  aut  nohh-* 
iiclions  et  aux  beaux  vers.  Mais  il  n'en  devait  point  cMre  ainsi  :  ior!tr|uc  la  ian|;uo  fut  arrivée 
;i  sa  pleine  maturité,  il  ne  se  trouva  pour  reprendre  le  sujet  rsquiiué  par  Cbrislioe  de 
Pisan,  (pi'un  versincnteur  pédant  et  un  homme  d'infiniment  d'esprit,  dont  le  moindre  ilé- 
laiil  était  le  man(|ue  absolu  d'enthousiasme.  L'occasion  était  man(|uée;el,  depuis*.  |M>rM>nne 
Mil  siippiét-  à  rinsufl'isanre  de  (ihapelain;  personne  n'a  réparé  la  faute  de  Voltaire. 

(iliiisline  ne  dut  vivre  (|ue  fort  peu  de  temps  après  avoir  composé  ce  poêmr.  Nous  ne 
Mivons  si  elle  existait  encore  lors  de  l'exécution  de  la  Pucellc;  mais  il  parait  certain  qu'elle 
l'Iail  morte  avant  l'entrée  de  Charles  VU  à  Paris.  Ce  triomphe,  qu'elle  avait  ap|>elé  de  Inos 
ses  vœux,  lui  aurait  sârement  inspiré  un  autre  «Ires  bel  ditié,»  et  nous  le  retrouverion» 
dans  ses  œuvres.  Nous  y  rencontrons  en  échan(;e  une  fort  belle  miniature  que  tous  les  cri- 
liques  s'accordent  à  reconnaître  comme  son  portrait.  Klle  appartient  à  un  manuscrit  >ur 
M'Iin,  in-folio,  maroquin  rouge,  faisant  partie  de  l'ancien  fonds  français  à  la  Bihliolbiqm 
impériale,  n'  79  17.  Nous  n'avons  point  hésité  à  reproduire  en  or  et  eo  couleur  celle  re- 
nianpiable  œuvre  d'art ,  (|ui  complète  les  indications  données  |Nir  ta  miniature  en  noir 
lin'-e  du  iiianiisrril  (YOtlii'a. 

Avant  de  prendre  con^jé  de  Christine  de  Pisan ,  nous  devons  exprimer  un  regret  :  c'ettt 
'jue  Guiilebert  de  Metz,  de  qui  elle  devait  être  bien  connue,  puisqu'il  était  l'un  de  Ms 
opistes  et  qu'il  la  fait  figurer  ovcc  honneur  dans  son  Tablrau  Je  Pmrit,  n'ait  cite  d'elle  que  w* 
-ilortrines  cl  (railiés  en  latin  et  en  francois,-  sans  dire  un  seul  mot  de  ses  nombreui  «^ 
>ais  poétiques.  Le  fait  semble  d'autant  plus  singulier  que  notre  -^  transcripvain  »  mentioan» 
précisément  les  «balades,  rondeaux,  virelais  et  autres  ditiés  amoureux  que  savoieni  faire 
-  et  chanter'»  des  poètes  d'un  ordre  inférieur,  tels  que  Bacon ,  le  prince  d'Amoan  et  tttmé- 
nestrels.  Ces  derniers,  représentants  du  gai  savoir,  ne  nous  ont  rien  laissa  qui  permette 
iPapprécier  leur  mérite  littéraire  ;  mais  il  y  a  lieu  de  croire  que  leun  improviaation»  ne 
Miiaient  ni  les  />iW.i  mornux  que  Christine  écrivit  pour  son  fils,  ni  les  Cmt  UUL$  ifi'Mta 
dédia  i^  son  t^doulx  amy, n  ni  sa  touchante  contilène  de  veuvage:  wSeaietteMÛt  et 

M. 


i-28  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

sletle  vcuil  estre. »  Pour  rendre  raison  de  cet  oubli,  il  faut  supposer  que  Guilleberl  de 
Metz  n'a  eu  à  transcrire  aucun  des  poèmes  de  Christine  de  Pisan ,  et  qu'il  a  ignoré  l'exis- 
tence de  ses  nombreuses  fantaisies  rimées.  Quant  aux  autres  poètes  plébéiens  ou  titrés  qui 
remplissent  la  première  moitié  du  xv' siècle,  tels  qu'Eustache  Deschamps,  Alain  Charlier, 
Villon,  Charles  d'Orléans,  Philippe  le  Bon,  etc.  le  «transcripvainn  ne  les  a  pas  men- 
tionnés, sans  doute  parce  qu'on  n'en  parlait  point  alors  et  que  les  réputations  littéraires  ne 
se  font  qu'avec  le  temps.  C'est  l'imprimerie  et  la  critique  moderne  qui  ont  mis  en  lumière 
les  ballades  du  Bon  capitaine,  du  Bachelier  d'armes,  des  Dames  du  temps  jadis,  le  rondeau 
de  la  Pucelette  et  tant  d'autres  charmantes  choses  condamnées  autrefois  au  demi-jour  du 
manuscrit.  Toute  la  poésie  savante  du  xv'  siècle  est  restée  enfouie  dans  les  «  librairies  w  des 
grands  seigneurs,  à  qui  elle  servait  de  passe-temps,  jusqu'au  jour  oîi  Ulric  Gering,  .Michel 
Friburger  et  Martin  Kranlz  sont  venus  installer  en  pleine  Sorbonne  une  petite  presse  amenée 
de  Mayence  (1^69).  A  partir  de  ce  moment,  les  chanteurs  de  geste  et  les  transcripvains, 
jusque-là  seuls  interprètes  de  la  pensée  du  poète,  n'ont  plus  eu  le  privilège  exclusif  de  la 
traduire,  les  uns  pour  l'amusement  du  peuple,  les  autres  pour  les  joyeux  ébats  des  princes 
et  des  rois;  la  poésie  et  la  science  étaient  devenues  le  patrimoine  de  tous. 


Lft  m^nestrandU 
au  xv'  siècle. 


4"   LES  TROLVERES,  LES  JOINGLEliRS  ET  LES  MENESTRELS. 

(bacon,    le    prince     D'AMOUBS  ,    LE     THÉOLUGIEN     ALLEMAND     QUI    JOUAIT     DE     LA     VIELLE. 
GUILLEMIN    DANCEL    ET    PERRIN    DE    SENS,    CRESCEQUES,    CHYNENUDY,    ETC.) 

Pour  que  notre  auteur,  oubliant  les  vrais  poètes,  fît,  au  commencement  du  xv'  siècle, 
une  mention  expresse  des  chanteurs  de  la  rue  et  leur  accordât  une  place  d'honneur  dans  .sa 
Description  de  Paris,  il  fallait  que  la  poésie  et  la  musique  populaires,  la  «menestrandie,  « 
comme  on  les  appelait  alors,  eussent  conquis  leur  droit  de  cité  et  fussent  arrivées  à  celle 
notabilité  qui  est  le  caractère  propre  de  tout  ce  que  cite  Guillebert  de  Metz.  Or  plusieurs 
causes  avaient  précisément  contribué  à  leur  donner,  vers  cette  époque,  une  certaine 
importance.  D'abord  elles  avaient,  en  grande  partie,  renoncé  à  la  vie  errante  qu'elles  me- 
naient depuis  plusieurs  siècles  :  par  le  fait  de  la  confrérie  de  Saint-Julien,  fondée  en 
i33o,  la  plupart  de  ces  rhapsodes,  qui  promenaient  de  château  en  château  leur  muse 
vagabonde,  s'étaient  vus  Iransforniés  en  gens  AiWw'".  Devenus  bourgeois  de  Paris,  comme 


•''  L'origine  de  cette  corporation  et  les  dévelop- 
pements successifs  qu'elle  a  reçus  sont  l'objet  d'un 
travail  fort  intéressant,  coiu-onné  en  iSlit  par 
l'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres.  L'au- 
teur, M.  B.  Bernhard .  en  a  donné  deux  extraits  con- 
sidérables dans  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes 
(1"  série,  1.  III  et  IV^).  Il  les  a  fait  suivre  de  la 
copie  des  statuts  que  la  Prévôté  de  Paris  imposa 
aux  jongleurs  et  ménestrels  en  1821  et  i34i.  Aux 
termes  de  ces  statuts  et  (ta  l'acort  du  commun  des 
(tmenestreux  et  menestrelles,  jongleurs  et  jongle- 
(t  resses  demeurant  en  la  ville  de  Paris ,  »  la  profes- 
sion de  jongleur  et  ménestrel  est  réputée  métier, 


et  comme  telle  assujettie  aux  règles  ordinaires  (jui 
régissent  les  corporations,  c"est-à-<lire  l'apprentis- 
sage, le  serment,  la  prudbomic,  etc.  Cet  acte,  qui 
a  le  caractère  d'une  convention,  est  signé  des  noms 
suivants  :  Parisot,  ménestrel  ;  Le  Roy,  |)our  lui 
et  ses  enfants;  Gervaisot  la  guele,  Renault  le 
Chastiguier,  Jehan  la  guete  du  Louvre,  Jehan  de 
Biaumont.  Jehan  Guerin,  Thibaut  le  Paage,  Vuy- 
nant,  Jehannot  de  Chauniont,  Jehan  de  Biauvés, 
Thibaut  de  Chauniont,  Jehanot  Langlois.  Huet  !e 
Lorrain ,  Jehan  Baleavaine ,  Guillot  le  Bourguegnou , 
PeiTot  l'Estuveur.  Jehan  des  Champs,  Alexandre 
de  Biauvés,  Jaucon  filz  le  Moine,  Jehan  Coquelet. 


«Ti  cc»n>ino»\«vnr.\rciit-.  oiHiUijfcv  .1 . 

aiitf  loGruf  citiunv* 
lar  fil  fttiirf 
fuiv-^»  Ile  I Wuinv . 


rutjTQ-TTvn 


r^yw  ^/ 


—Mi  4;; 


LES  LKTTHÈS,  LBS  AHTISTKS  KT  LKS  AHTiSAv.,         'Ml-  '  ••• 

lis  (IrnpicrM  cl  los  orfèvres,  chanteurit  et  mu»icii>n*  cureni  uncMlii"'-' 
le  rf'fjnf;  nust^n;  et  |iiircitiionicux  de  Charles  V  :  le  roi  littérateur  .1  ■ 
(iijcteur!*  et  non  dex  méncKtreU.  Main,  lorsque  le  jeune  Charlc*  VI  et  le  |irmii];ue  Ijnm* 
i\'()rU'.ans  curent  donn*^  le  »i(;iial  du  luxe  et  de»  plaisirs;  lorM|ue  Valenline  de  Milan  •■! 
Isiilx'tiii  (K<  Biiviùre,  herc<^<>s,  l'uri)!  <ivec  Ich  vers  du  Dante,  l'autre  avec  les  sirnribc»  doi 
N ieheluni^r» ,  eur<*iit  introduit  le  ({rxU  de  In  |)0<'*!<i(*  et  de  In  uiuf(ii|ue  de  leur  |Miys,  le*  tfoufèRs, 
les  jonfjicurs,  Ioh  rn/'neHtreJH  se  virent  f^tréinenient  reclicrclit'fn  ;  le  gai  savoir  ml  eomiiM  ■ne 
rerrudesrçncc  qui  rnppcla  le»  beaux  jours  du  xiii*  siècle.  Cette  seconde  floraiMin  porta  •«• 
fruits:  une  cour  d'nmour  fut  institui^e  >i  l'IiAti-l  Snint-l'aul  ;  les  Icnsons,  Ira  ji-ux-parli»  ri 
autres  doux  propos  s'y  échauffèrent ,  et  Guillehert  de  Metz  n'a  eu  garde  de  nous  lainrr 
i||nr)nT  relie  rin-onstniice. 


Ou'élait-ce,  en  ptirticulier,  que  ce  Bacon  dont  il  nous  |»arlc.  qui  «jouoit  cliaoeoii»  sur 
tr  lii  siplionie  et  trafrcdies?»  Sans  doute  un  de  ces  chanteurs  de  geste  qui  avaient  consmi^ 
ii-s  (riidilions  de  l'épopée  chevnlerosipii»  et  qui  représentaient,  au  commencement  du 
\\"  sii'icl»; ,  les  trouvères  du  cycle  carolingien",  l/instrunienl  dont  il  s'arcomtMifjnail . 
sorte  de  vielle  ou  de  niiindolinc,  n'était  pns,  à  ce  qu'il  parait,  de  première  distiorliun. 
\oici,  en  effet,  ce  qu'on  lit  dnns  \'Hi*toire  df  Du  (iueâclin,  par  Ménard  :  'Sifiiàg  ott  oMmt, 
"le  mesmo  que  rhiphonie,  appelle  instrument  Irmind^".  (Itjfoinra  sont  insirumeni*  dr  mu- 


Ji'liiili  l'i'til,  Mli'liici  i|i>  |)iiuii\,  lliiiiiil  (le  ISfielc. 
TJKiriKissiii  lti)iiss(Niii .  (îicITroy  l<i  (jiiete ,  Vyiiol  l«? 
Hour^picipion .  (luillaunie  de  l.amias,  llnoiiliii  \àw- 
l'Iinrt,  Olivier  le  lto(ii-)piefriH)ii ,  ImiIh-IcI  lu  Itoiis- 
sello,  Miiiri-I  In  (ilini'tiiine,  Liegni'l  rmiie  tlieiivio- 
Ipiaiil,  Mor)>iierite  la  faine  an  Moine,  Jeliane  In 
Kcrpiere,  Alipsoii  fnine  Gnilint. (înoriri,  Vilelinerniiio 
li.  I.anj^lois.  ^suliiiin  in  Lorraine.  J[i(|ne  li;  Joiij^leiir. 
On  piMit  njonter  h  ces  noms  ccnx  qni  sont  n|i|Mi 
-lis  nn  Ims  du  prncès-verlinl  île  iioiiiinnlinn  ili^Hpiv- 
iiiieii)  ailiiiinislralnnrs  lii)  riios|iirc  Saiiit-Jnlien.  et 
l'on  anro  nn  élnl  îi  |)€ii  priSi  coiii|)let  du  io  niéne;)- 
Iriinilie  |iflrisienne  an  iiiilieii  iln  viv*  stitVIo.  Ont 
si|(né  ce  prorAs-veritnl  :  (iiiillannie  lliiniel.  |<;uet  ilii 
|ialflis  (In  lloi;  Jarqti(<s  Lanf;lois ,  l'erot  de  Kouen. 
l'nol  au  petit  (ilialelet;  (!uillatnne  le  Kn)inn)(ier. 
I.0YS  le  (ilnnsti(*r,  |[iiet  du  |>alnis  du  lloi;  Jolinnnin 
II'  l.iirnin,  Jacques  le  Masjtier,  Jehan  le  Vidaiilx. 
Loirnl  l.i*Kuicr,  ThoniasKin  Chevalier,  (iilles  DiMi») . 
I.ande  de  Connna.  (inillnt  de  Soissun;*,  Thilwiullde 
(ihaiiiniint,  (iiiilleniin  Kronc.  (iuillnniiie  de  la  Ciue- 
(airne  et  Sinionet  .Nornios.  tous  jongleurs  et  nién<^- 
(riers  de  la  ville  de  i'nris,  lewjiiels,  i»nvec  le  roni- 
-innn  desdilN  iiienestriem,  nonnneient  ilenriet  de 
-  Monldidicr  et  (iniliaunic  Aniy,  flenlenrs.  niaistrvs 
'i-l  ({iMivi'rnenrs  de  l'hospilnl.t  (JVlibien,  Uni.  Jt 
In  lille  ilr  l\in»,  l'ivnves.  I.  III.  p.  ();>4.) 


On  <uMt  i|p|i'  |i->  rliiHi'XilM  lie  gi*»!»  fUmiiI  ilr 
ViVilahles  fra(jiiii  iil>  d  .im.j»»*,  rt  oa  b»  a  rtmipa- 
rdes,  non  Haiis  raiMm.  aiu  riMi|Madiei  dn  pivaiifT» 
%s  de  la  Grixi-.  \jp  joqgleBr  qui  M  Aail  Tioln^ 
pr^le  les  rhaninit  en  x'aeeoaipagnaal  de  b  rôle  m» 
de  la  viole,  ei.  <|uoique  1rs  cfaanaons  filial  onl»- 
nnireiiienl  de  InVIougs  poiaies  diatrilarfi  «  cm- 
pleLs  de  dit  a  dooie  syllabes  aar  daas  o«  liais 
rimes,  re  qui  m  rendait  la  drfHaialw  eiaH  i|ar 
rarconi|Migneiiirnl  des  plus  monotoMe,  IrdHMriaar 
de  gi<»le,  iptaiid  il  rlail  habile,  avait  le  lalnl  de 
pn'vefiir  IVnnni.  lanl>M  en  variant  Ir»  1 
et  en  coupant  «on  rédt  en  rtanew  de  1 
due.  lantAt  rn  passanl  rspidmmvt  sur  les  slraplH» 
ddniH'e!!  d'inli'réi,  et  m  cppoidaiMat,  sans  mtr 
fonne  un  |m<ii  dilTérenle,  les  paaaaf*»  i|iii  atawiil 
fait  inqirvMioii.  A  la  fin  de  cba^  eafilBl.  le  jg»- 
gleiir  n>prenait  liairinr,  iuliiiineail  da  fffard  1 
auditoire,  et  lui  rrd«nMndail.  par  ua 
une  inflexion  de  vni\,  |Mir  une  rih 
nn  nonveoii  tnl>ut  d'alliiUion  et  dr  I 

'  Sainte- Palaye,  daa 
elle  une  baUade  d'Bartaehe  I 
raiB  de  Baeoa<  ^ui  caHmc  leMaa< 
«ytwii'r.  Jean  CoritedwB,  qni  vivait  è  pnt  pris  i  U 
mémerfpoqae.a'eqpriawaiaMdnaia  traÉMliea  dn 
Km  Or^  ip  iilaliias  m  i,  déJMaèOariiaV:  >fi« 


430 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


(tsique  portez  au  col à  l'usage  des  aveugles  et  dés  mendians,  et  on  les  appelloit  iiis- 

r  (rumens  truans"*.  » 


UfhanieurJcgMi.-.  \\  faut  croiVe ,  pour  l'honneur  de  Bacon,  dont  l'existence  nous  est  restée  d'ailleurs  com- 
plètement inconnue,  f|ue  ses  vers  avaient  quelque  chose  de  moins  t^ truand»)  que  l'instni- 
mcnt  qui  lui  servait  d'orchestre.  C'étaient,  sans  doute,  des  chansons  de  geste,  souvenirs 
éloignés  des  poèmes  de  la  Table  ronde,  ou  quelques  couplets  satiriques  issus  en  droite  ligne 
des  fabliaux  railleurs  du  moyen  âge.  Arlus,  Lancelot,  Tristan,  Gauvain,  la  belle  Oriane, 
devaient  être  les' héros  privilégiés  du  rhapsode  |)arisien;  et  les  mulli|)les  incarnations  du 
Renard,  sujet  inépuisable  pour  la  malice  populaire,  fournissaient  probablement  une  ample 
matière  à  ses  piquantes  allusions.  Un  peu  attardé  au  commencement  du  w' siècle '-',  le 
trouvère  Bacon  avait  sans  doute  plus  de  succès  avec  ses  couplets  satiriques  qu'avec  ses  chan- 
sons de  geste.  Le  Parisien,  railleur  de  son  naturel,  croyait  peu  aux  prouesses  accomplies 
loin  de  lui,  et  d'ailleurs  le  canon  de  Crécy  et  de  Poitiers  avait  tué  la  chevalerie;  les  der- 
niers paladins  venaient  de  succomber  à  Nicopolis.  Quant  aux  chansons  satiriques,  on  peut 
nlïirmer,  sans  crainte,  que  le  commun  populaire  y  prétait  l'oreille  ;  encore  quelques  années, 
et  les  échos  de  la  place  Maubert,  qui  ont  tant  de  fois  redit  les  chansons  des  jongleurs, 
retentiront  des  vigoureux  accents  de  Villon  '". 


r  appelle  en  France  cymphonie  iing  instruraenl  dont  les 
«•aveugles  jouent  en  chantant  les  chansons  de  geste, 
(Tel  a  cest  instrument  beau  doux  son  et  bien  piesant 
ra  entendre,  se  ne  se  fust  pour  Pestât  de  c«ulx  qui 
tren  jouent.  ^^  Il  faut  en  conclure  (jue  la  vieille  épopée 
chevaleresque  était  tointiée  dans  un  bien  gra:id  dis- 
crédit au  XIV*  siècle,  et  que  la  rsiphonic  méritait 
d'être  appelée,  en  elTet,  irun  instrun)ent  truand. i 
\I.  Bottée  de  Touhnon  (Disserl.  sur  Jes  insirum.  de 
inusi'jue  employés  nu  mot/en  âge)  la  considère  comme 
une  sorte  de  vielle;  mais  il  faut  admettre  qu'elle 
constituait  un  perfectionnement  d'origine  récente, 
puisque  Eustache  Deschamps,  aussi  bien  que  Guil- 
lebert  de  Metz,  la  distingue  de  la  vielle,  et  que 
Guillaume  de  Machault  les  cite  l'une  et  l'autre  dans 
La  prise  d'Alexandrie  (Ms.  La  Vallière,  n°  90 ,  Bibl. 
imp.)  et  Li temps pastour {}Hs.  franc.  n°  yaai,  Bibl. 
imp.).  Enfin  M.  Paul  Lacroix, dans  son intt'ressante 
étude  sur  les  Instrumenls  de  musique  (Paris,  i858, 
in-18,  p.  899),  raconte  ainsi  les  vicissitudes  de  la 
siphonic.  trAu  v*  siècle,  la  symphonie  avait  été  l'ins- 
f  trument  à  percussion  que  nous  nommons  aujour- 
trd'hui  tymhales.  Mais  la  chifonie  ne  figura  jamais 
rdans  les  concerts,  et  fut  dédaigneusement  aban- 
iT  donnée  aux  aveugles  et  aux  mendiants  qui  s'en 
"allaient  viellant  de  porte  en  porte  pour  émouvoir, 
rpar  leur  nmsique  criarde,  la  charité  des  bonnes 
trames  :  on  les  appelait  chifonieux.' 

'''  Claude  Ménard ,  Histoire  de  Bertrand  Dugves- 


clin,  etcrile  l'an  t38j,  Paris,  1618,  in-/i°.  p.  -j-ig. 
Le  roman  rimé  en  l'honneur  du  même  héros  parle 
de  la  première  siphonie,  dans  les  mêmes  termes 
que  l'histoire  en  prose  : 

Ainsi  vont  li  aveogle  t-t  li  pauvre  trnant. 

De  si  fais  Insirumeiis  les  bourf^is  esbatani; 

En  ]°appel,i  de  la  un  insiriiment  truant. 

Car  ils  vont  d'buis  en  buis  leur  instrument  portant. 

'*'  On  ne  rencontre  que  peu  de  traces  de  la  pré- 
sence des  trouvères  et  chanteurs  de  geste  dans  la 
seconde  moitié  du  xiv'  siècle.  V.  Le  Clerc  en  cite 
deux  mentions  seulement  à  la  date  de  1 368 -et  de 
1396.  En  i368,  les  échevins  delà  ville  de  Valen- 
ciennes  font  remettre  xii  gros  à  Colart  de  Mau- 
beuge  f  pour  jouer  de  son  niestier  et  canter  de 
^geste,''  et.  en  139(1,  le  prédicateur  Jean  de  Va- 
rennes,  arrêté  près  de  Troyes,  s'exprime  ainsi  dans 
sa  défense:  irSi  un  chanteur  des  gestes  de  Charles, 
rde  Roland ,  d'Olivier,  avoit  chanté  sur  cette  mon- 
irtagne  autant  cpie  moi  indigne  y  ai  chanté  la  pa- 
rrole  de  Dieu ,  et  qu'on  les  eust  fait  saisir  comme 

(rmoi je  ne  doute  pas  que  cela  n'eust  déplu  au 

(T  peuple,  n  (  Hist.  litt.  de  la  France ,  t.  XXI V,  p.  4  4 1 .  ) 

'''  Dans  les  châteaux  et  les  palais,  c'était  la  salle 
d'armes  ou  la  galerie  des  festins  qui  servait  de 
théâtre  au  chanteur  de  geste;  dans  les  villes,  et  à 
Paris  notamment,  la  place  publique  pouvait  seule 
recevoir  le  jongleur  et  l'auditoire.  Il  est  probable, 
dit  Daunou ,  qu'on  nous  proposerait  vainement  au- 


LBS  LKTTHKS.  LKS  AHTISTKS  KT  LK.S  AIITIS4NS  A  PARIS.  431 
Ce  f;oât  porticulicr  du  |)<mj|)Ic  du  Varia  |K>ur  \e»  dianton»  frondeusM,  el,  u»r  «utlr, 
ci'lU'  r|/Ta(i(>nce  de  la  (-lian.Hon  de  };<-8l<;  ù  IV|)0<|uc  où  nou»  Komm«>»  orrtvé»,  «ont  un  fait  al- 
IcKti';  |mr  tous  Ich  criti(|UC!t  littéraires.  Au  tiv*  «{•'•clé,  dit  M.  Bornhnrd.  le  clianl  di*  IVimiM^r 
(!h<;v)ilcrcK(|iic  coiiiiii«*iii;.'iil  à  d<'<-|ini*r  ;  le  f;oAt  |>our  ces  grandes  coni|Kwiiioa«  »e  perdait  H 
le  inénrlrier  cessiiil  de  \vs  cliiiiiter.  Au  récit  dett  merveilleut  ci|doits  t\es  |taladins  H  d(** 
liiiiil.H  fiiilH  d'Arthur  ou  de  Churl(Miiu|pu>,  on  préférait  la  ballade  d'amour  et  la  roinnlainli* 
sur  les  roué»  cl  les  pendus.  Le  poêle  de  cour  avait  fait  place  au  rtianleur  de*  rueo ,  •■( 
l'iiIrMindrin  aristocroli(|ue  au  petit  vers,  au  mètre  populaire.  Cc|tendant  la  chanson  du 
(reste  retentissait  ipielipiefois  encore  sur  les  places  puldiipies,  et  l'on  cite  un  rompic  dr 
l'ioi  où  il  est  payé  une  somme  de  cini|  sous  à  -Jelinn  Torne,  chanteur  i-n  place,  lur 
"l'ourloisie  ii  ii  faite  pour  sa  poine  el  travail  ipi'il  eut  d<'  canti'r  en  son  romans  desi>loin>» 
-des  seifjneurs  onchiens  le  jour  de»  (|uaresmiaux '".«  Avec  la  rhanson  de  grsie,  ajoutr 
M.  Bernhard,  on  entendait  encore  (|uel<piefois  la  grande  chanson  |tuliti<|ue  «-t  salirinue  : 
l'est  ù  cette  dernière  espèce  cpie  se  rapporte  l'ordonnance  de  septembre  i3<|â,  en  vertu  de 
lai|in'llc  il  fui  crié,  dans  les  rues  d<'  Paris,  ilr  par  le  Uni  el  montieur  le  iWrott,  défense,  mmi» 
peine  (raniendc  arbitraire  et  de  prison  au  pain  el  à  l'eau,  tn  tous  meneslriers  de  bouche  el 
~  recordeurs  de  dits  i|ue  ilz  ne  faccnt,  dyent  ne  chantent,  en  place  ne  ailieur».  aucun*  dili . 
"r\nies  u<-  chansons  (|ui  facent  mention  du  pape,  du  Itoy  et  di>s  seifpeun  de  France,  au 
>ri'|;ard  de  ce  qui  touche  le  fait  de  l'union  de  l'Kfjlise,  ne  les  voyaj;es  ipie  ils  «ni  faits  ou 
-feront  pour  cause  de  ce"".»  dette  ordonnance,  <|ui  se  réfère  évidemment  au  (jrand 
sciiisine  d'Occident,  et  pcut-^tre  à  la  démence  du  roi  Charles  M,  constate  qu'à  la  fin  du 
\iv'  siècle  la  chanson  satirique  était  toujours  populaire,  et  que  les  ménétriert  continmiirnl 
à  s'en  faire  les  cfdporleurs. 

lies  Haynouard,  les  KauricI,  les  Daunou,  el  tous  les  critiques  ipii  se  sont  occupa  de  la 
poésie  popidaire,  ont  renianpié  ipie  la  voix  des  chanteurs  de  geste  s'arrête  avec  \e*  pre- 
miers accents  des  clironii|ueurs  en  lan(;ue  vulgaire  :  ces  poêles  populaires  comprennent 
instinctivement  ipie  l'histoire  n'est  plus  leur  domaine,  et  ils  se  n'>fu){ienl  dans  la  salin*,  ju»- 
ipi'îi  ce  (|ue  ce  |;cnre,  en  se  formant  ù  son  tour,  leur  dcvieime  inaccessible.  Aucun  des  trou- 
vères ne  semble  avoir  eu  la  pensée  de  chanter  les  (iroisades,  parexempb*.  où  s'accomplirent 
rependant  de  si  hautes  prouesses.  C'est  que,  grâce  i^  Villehardonin,  ù  Joinville,  i  Bandoain 
d'\v('siies,  au  traducteur  de  (îuillaumc  de  Tyr,  la  prose  française  s'était  vailiuBmtal  n»- 
parée  de  l'histoire,  et  avait,  |)ar  l'exactitude  <b'  ses  récits,  diswpé  n  demi-jour KffBlhirB  oA 
les  jongleurs  aimaient  n  placer  leurs  paladins.  Hamenés,  par  une  narration  vraie,  aux  pro- 
portions ordinaires  de  l'humanité,  les  Baudouin  de  Flandre  el  les  saini  lx>uis,  les  Philippe- 
Auguste  et  les  Bichard  Cœur  de  liion  n'étaient  plus  que  des  personnojjfs  historiques.  H 
il  fallait  aux  chanteurs  de  geste  des  héros  d'épopée.  Kn  outre,  à  l'éjKwjue  où  vivait  fiuil- 
lelierl  ili>  Met/,  les  rlironii|iieMrs  l'-laieiit  devenus  des  historiens  ;  Bourirnul.  ('brisline  de 


jiuiril  liiii  il  (H-outcr  sur  un  rarrefour  un  roman  lie  uni  rendus  indifcwnis  i  re «|IH  chanaail  M*  | 
ilix   mille  vers  divisés  eu  couplets  monortnios  el  ''   Hitimrei'AUi9iMe.\mrM.\jamaÊéni.f.^if' 

>'|iniiU>s  |MU'  un  seul  liouune  nrnié  li'un  violon  |>lu«  imlo. 
ou  moins  ilisconlani;  ninis  les  hnliiludes  il'n  '    (UJIertion  l.aanigMa  (iMMMMacw  4r  ^v- 


riiUt'  plus  i''lé|rnute  cl  li>s  jeux  viiriés  «lu  ili'    :  I.  III.  fol.  19S.  rtelo^.  Mit  •rclN««»4e  la  Prr- 

|iri'si|iie  i-iiiièi-enient  iiiotininis  nu  moyen  Ag>v  u 'itn>  lie  imbcp. 


432 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Pisan,  annonçaient  Froissard  et  Comines,  et  la  chanson  de  geste,  ne  pouvant  plus  récla- 
mer pour  les  hauts  faits  qu'elle  célébrait  cette  confiance  illimitée  qu'on  lui  avait  accordée 
jusque-là ,  était  par  là  môme  condamnée  à  disparaître.  C'est  ce  qui  nous  autorise  à  consi- 
dérer Bacon  comme  le  représentant  attardé  d'un  genre  à  peu  près  éteint  '". 


umgéMe.  Mais  le  dernier  des  rhapsodes  ne  se  bornait  pas  à  «canter  de  geste»  et  à  chansonner 

les  clercs  ou  les  grands  seigneurs;  il  jouait  encore  «tragédies,»  dit  Guillebert  de  Metz. 
Que  faut-il  entendre  par  ce  mot?  Evidemment  toute  autre  chose  qu'un  drame  classique  en 
cinq  actes  et  en  vers:  la  tragédie  date  de  la  Renaissance;  il  n'en  est  point  question  avant 
Jodelle  et  les  poètes  de  la  Pléiade.  Bacon  aurait-il  été  un  acteur  en  renom,  un  premier 
sujet  pour  les  sotties,  les  mystères  et  les  moralités?  Les  tragédies  qu'il  jouait  n'étaient-elles 
pas  plutôt  quelque  aventure  bien  noire,  bien  lamentable,  quelque  complainte  sur  le  triste 
sort  d'une  jeune  damoiselle  enclose  dans  une  tour  obscure,  d'un  page  surpris  dans  ses 
amours  avec  la  châtelaine,  ou  d'un  écuyer  mis  à  mort  pour  félonie?  Ne  faudrait-il  pas  y 
voir  encore  quelque  événement  contemporain,  un  récit  d'une  palpitante  actualité,  tel  que 
le  supplice  de  Jean  Des  Marets  et  de  Pierre  Des  Essarts,  le  meurtre  du  duc  d'Orléans  ou 
l'assassinat  de  Jean  sans  Peur?  Si  les  tragédies  que  jouait  Bacon  avaient  ce  caractère,  elles, 
offraient  alors  la  plus  frappante  analogie  avec  nos  complaintes  modernes,  et  le  fameux  Dit 
de  Fualdès  ne  serait  que  la  continuation  d'un  genre  fort  ancien'^'.  Dans  celte  hypothèse, 
on  comprend  que  Bacon  ait  joint  la  chanson  à  la  tragédie  ;  un  couplet  héroïque  ou  quelque 
refrain  assaisonné  de  sel  gaulois  formait  la  petite  pièce  et  ramenait  la  gaieté  chez  les  au- 
diteurs. 

Il  n'est  point  étonnant  que  le  tragédien  du  xv'  siècle  n'ait  pas  laissé  dans  l'histoire  litté- 
raire d'autre  trace  que  la  courte  mention  que  lui  a  consacrée  Guillebert  de  Metz.  Près 
d'un  siècle  plus  tard,  Coquillart  et  Gringoire,  les  Baron  et  les  Molière  de  leur  temps,  ne 
faisaient  encore  dans  le  monde  qu'une  assez  modeste  figure.  Sans  aller  chercher  dans  le 
roman  moderne  des  témoignages  fort  contestables,  il  suffit  d'ouvrir  les  Comptes  et  ordinaires 
(le  la  Prévôté  de  Paris,  pour  se  convaincre  que  l'auteur  d'une  pièce  de  théâtre  était,  au  com- 
mencement du  xvi"  siècle,  assimilé  à  l'ouvrier  chargé  de  dresser  l'estrade  où  elle  devait  se 
jouer.  Voici,  en  effet  ce  qu'on  lit  dans  Sauvai  (t.  111,  p.  533  et  534),  à  l'année  i5o9: 
5 A  Jehan  Marchant  et  Pierre  Gringoire,  compositeurs  et  charpentiers,  qui  ont  fait  et  com- 
«posé  le  mystère  fait  au  Chastelet  de  Paris  à  l'entrée  de  M*'  le  Légat,  ordonné  des  per- 


''  L'influence  littéraire  de  \a  chanson  de  geste 
se  continua  toutefois  jusqu'au  xvn*  siècle.  L'école 
p'pique.donl  Boileau  s'est  tant  moqué,  se  rattachait, 
par  (les  liens  assez  étroits,  au  cycle  carolingien,  et 
le  ff poète  ignorant,» 

Qui  de  tant  de  héros  choitùtait  Childebrand, 

était,  à  certains  égards,  une  sorte  de  rhapsode 
égaré  dans  les  temps  modernes. 

'"'  Après  avoir  émis  cette  opinion,  nous  avons 
constaté  avec  une  satisfaction  véritable  qu'elle  était 
partagée  par  le  savant  auteur  du  Discours  sur  l'état 
des  lettres  en  France  au  iiv'  siècle,  f  Depuis  la  chute 


itda  théâtre  antique,  dit  V.  Le  Clerc,  un  récit  dia- 
fflogué  se  nommait  comédie  lorsqu'il  était  gai  ou 
«satirique,  tragédie  lorsqu'il  était  triste.  Dès  le 
rix*  siècle,  une  histoire  de  la  famille  des  Atrides, 
ffCn  vers  hexamètres,  a  pour  titre:  Oresiis  tragœ- 

trdia Au  xv',  un  récit,  avec  dialogue,  de  la  mé- 

rsaventure  de  deux  hommes  qui  étaient  tombés 
rdans  un  piège  à  loups ,  porte  encore  le  même  titre, 

"Tragadia En  prose,  une  complainte  sur  le 

«désastre  de  Poitiers  et  la  prise  du  Roi  s'appelle 
rr  Tragœdia  super  captione  régis  Franciœ  Johannis.  " 
{Hist.  litt.  de  la  France,  t.  XXIV,  p.  436.) 


LES  LETTni::.S,  LES  AHTLSTES  ET  LES  ARTISANS  A  PABIS.         4S3 

«HorinafjcN,  iccux  revc«tUR  cl  )iabill(!'!*,  ainsi  que  audit  myd^re  Mtoit  raquii,  et  pareilkaBeot 
«(l'iivoir  fait  len  «chafuultft  (|ui  estoient  à  ce  nécessaire,  et  pour  ce  faire  fourni  le  boif,  eMt 
R  livre»,  n 

«Item,  à  Jehan  Marchant,  rhnrprnùi'r  dr  la  ip-amCeoigaét,  et  Pierre  Griogmre,  mm»- 
"xili-ur,  cent  livres,  |)our  avoir  fait  cl  roiii|(Osé  le  mystère  fait  au  Cbattelel,  è  faotrée  àt 
«M'  l'Archiduc,  ordonné  des  pcrsotinafre»,  iceut  revestus  et  hahilléa  aiiM  <|a'ra  mptin 
RC.Htoit  rcquix,  et  |iarcillcincnt  d'avoir  fait  les  echafaui  qui  estoient  k  ce  noccwMrM,  s 

«A  eux  la  somme  de  cinquante  livres  parisis,  pour  accomplir  le  mystère  qui  te  deroît 
"  faire  h  l'entr^^e  de  In  Heine  de  France,  lesquels  ont  fait  et  préparé  la  plus  grande  partie  du 
«mystère,  pour  iiiirr.'iire  et  accomplir  quand  le  bon  plaisir  sera  à  ladite  dame  faira  ladite 
«  entrée,  ainsi  que  Icsdil.s  Marchant  et  Gringoirc  se  sont  obligés  par  devant deus  noiairaa"*.* 

Plus  heureux  ([ue  les  drarnntur(;es  et  les  charpentiers  «  de  la  grandVoignée,  n  le*  poAea  et 
les  musiciens  populaires  avaient  du  moins  cet  avantage,  que  leur  art  n'eiigeait point  deaiae 
en  scène  et  (|u'il  leur  était  loisible  de  récréer  à  toute  heure  les  rois,  les  prince*,  le*  mar- 
chands et  le  peuple.  Que  rc  fAt  au  palais  des  Tournelles  ou  à  l'hôtel  Saint-Paul,  aux  HaUea 
uu  à  la  (îrève,  chez.  Miles  Buillet  ou  chez  Bureau  de  Dampmartin,  qu'il  s'agit  (rAi«<onin>  an 
entremets  ou  d'é);ayer  une  noce  bourgeoise,  la  ménestrandie  avait  son  personnel  tout  prêt 
et  mettait  h  la  disposition  de  qui  la  payait  tous  les  éléments  d'un  concert  ou  d'une  repré- 
sentation. Klle  fournissait,  en  effet,  non-seulement  des  instrumentiste*  et  des  chanteur*. 
mais  encore  des  lecteurs  et  des  récitateurs  de  vers,  des  improvisateurs,  des  autears  de  pièce* 
à  personn.'i|;cs,  enfin  des  danseurs  et  des  faiseurs  de  tours.  11  est  probable  que  les  noms 
cités  pur  (iuillel)crt  de  Metz  étaient  ceux  des  premiers  sujets;  domiciliés  k  Paris  et  libres 
de  tout  engagement,  ils  appartenaient  au  public,  et  c'est  sans  doute  |>our  cette  raison  qn'on 
ne  les  retrouve  ni  dans  les  Comptes  de  l'Hôtel,  ni  dans  les  étals  des  maisons  priadèrM. 


Il  inqmrte  de  faire  remarquer,  avant  d'en  finir  avec  les  ménestrels,  par  quelle  sétie  de 
Iransforniations  ils  arrivent  ù  n'être  plus  (}ue  des  instrumentistes,  et  comment  il  se  fait  que 
notre  auteur,  mentionnant  à  peine  le  dernier  chanteur  de  geste,  accorde  dans  son  récit 
une  |)lace  distincte  à  un  vielleur,  h  un  joueur  de  rebec,  k  deux  ftsouverains  barpean*"*,*  A 
un  «bon  corncur  a  la  turelurette  et  aux  fleutes. »  Aux  époques  primitives,  tous  les  arts. 


'"'  Les  (joiiiple»  ri  ordmaim  de  la  /Vero/rf  di 
Paria ,  |>our  l'on  1 5 1 5 ,  inenlioiiiient  encore  les  deux 
asHuciës  :  Jenn  Mnrcliniui  rat  toujours  noinni(^  le 
lireniier;  iiini»  (in'jfoire  est  (jualilii'  d'Iiixlnrien  ot 
<le/(ir/f«r,  ce  qui  wiul)!»'  in(li(|uer  <|u'il  nvoit  iir- 
(|ui!i  un  peu  plus  de  cnnsidt'ration.  Il  leur  est  al- 
loué ront  (juinte  livres  jinrisis  ir|>our  Imir» 
'tsaloircset  viicntiuns  d'iivoir  fuit ,  devisé  et  ( 
•rie  iiiystt'n'  i|iii  n  enté  fait  à  la  porte  de  Paris,  et 
"IHJiu-  li's  roconipiMiscr  do  frais  par  eux  faits  en 
l'flrroustrcuii-ns  lio  iliiqis  detoye,  echabux,  engins 
iret  autres  choses  qui  leur  a  convenu  avoir  |)our 
«ogrAîr  ledit  mystère.*  (Sauvai.  Ilitioire  dr  /W», 
I.  III.  p.  luj'i  .  ï>(fh.) 


o  L'usage  de  h  barpe 
restait  eoeore  qoelqae  chose  de  T( 
de  geste,  car  h  harpe  était,  par  eiealmee.  riMlra 
ment  noUe  et  épique.  vLes  traevèras  «t  hs  joa 
-gieurt  de  la  hâi(|iiB  d'oïl,  dit  M.  Pad  Lacroii 
«s'accompagnaient  sur  b  harpe  M 
•baHadet  etUiliBia,flB 
veomme  lea  rhuisnihe  grses  rfpftaiit  hs  «en 
«d'Homèn  et  dHésiode  ae  son  de  k  iyra.  Dms  ks 
Tomaos  de  chevalerie,  dans  las  i 
-des  \m'  et  xn*  wtclss.  an 
«tentir  la  harpe;  sans  eeMS  la  I 
«on  lai  de  gncfre  et  d'anaor.*  (M.  ftaà  Laaraii, 
QrissM  d(  ftiHiiri  dw  arm,  p.  4eo.) 


43/»  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

comme  toutes  les  sciences  sont  complexes;  le  même  homme  en  représente  dix.  Mais,  à  me- 
sure que  les  sciences  s'étendent  et  que  les  arts  se  développent,  il  s'y  fait  un  travail  de  dé- 
membrement qui  a  pour  résultat  d'isoler  chaque  branche  de  connaissances,  de  la  détacher 
du  tronc  commun  et  d'en  faire  une  chose  à  part.  Un  seul  homme  n'embrasse  plus  alors  dix 
spécialités;  il  en  choisit  une,  s'y  adonne  tout  entier  et  la  fait  avancer  vers  une  perfection 
qu'elle  n'aurait  jamais  atteinte.  Ainsi  en  a-t-il  été  des  trouvères:  d'abord  historiens,  poètes, 
instrumentistes  et  baladins,  ils  ont  dû,  avec  le  temps,  se  dépouiller  de  quelques-unes  de 
leurs  attributions  et  abandonner  tout  ce  qui  n'était  pas  l'essence  même  de  leur  art.  Les 
chroniqueurs  se  sont  emparés  de  l'histoire;  les  faiseurs  de  «beaux  ditiésn  ont  pris  pour  eux 
la  poésie;  l'Eglise  s'est  réservé  les  meilleurs  chantres  pour  le  lutrin,  lorsque  les  princes  ne 
les  gardaient  pas  pour  leur  chapelle;  il  est  resté  les  joueurs  d'instruments  qui,  par  un  sen- 
timent de  dignité  facile  à  concevoir,  se  sont  séparés  des  baladins  dès  qu'ils  se  sont  vus 
élevés  au  rang  de  confrères  et  de  bourgeois.  A  Paris  donc ,  plus  promptement  que  dans 
les  provinces,  la  ménestrandie  devait  aboutir  au  métier,  à  la  corporation  :  Saint-Julien- 
des-Ménélriers  est  le  dernier  terme  de  la  chanson  de  geste,  la  dernière  transformation  de 
la  vieille  épopée. 

M.  Bernhard,  qui  a  fait  de  la  confrérie  de  Saint-Julien  une  étude  approfondie,  distingue 
deux  périodes  dans  son  existence.  La  première,  qui  commence  à  l'année  i33o,  est  mar- 
quée par  trois  actes  importants  :  la  formation  même  de  la  corporation,  la  construction  d'un 
hospice  et  l'établissement  de  la  royauté  des  ménétriers.  La  seconde  a  pour  point  de  départ 
le  règlement  de  1^07,  qui  assimile  pleinement  la  ménestrandie  à  toute  autre  profession  et 
multiplie  les  épreuves  destinées  à  constater  la  «suffisance».  C'est  alors  que  disparaissent 
les  dernières  traces  de  l'ancien  ordre  de  choses  ;  les  ménestrels  ne  sont  plus  que  des  joueurs 
d'instruments.  Gulllebert  de  Metz,  dont  le  livre  a  été  commencé  en  celte  même  année  1  Uo'j, 
a  pu  suivre  ces  deux  phases;  il  a  vu  le  passé  représenté  par  Bacon,  le  dernier  des  chanteurs 
de  geste,  et  l'avenir  personnifié  par  les  cinq  habiles  insirumentisles  dont  il  nous  a  con- 
servé les  noms. 

Bfa««> do  métier.  Comme  toutc  cliose  sc  résume  en  honneurs  et  en  profils,  il  n'est  pas  sans  intérêt  de  re- 
chercher ce  que  la  ménestrandie  parisienne  pouvait  donner  de  considération  et  de  béné- 
fices à  ceux  qui  l'exerçaient.  Sans  [)arler  des  trouvères  et  des  jongleurs,  toujours  assurés 
de  trouver,  au  milieu  de  leurs  pérégrinations  vagabondes,  la  somptueuse  hospitalité  des 
châteaux,  et  pour  nous  en  tenir  aux  chanteurs  et  aux  ménestrels  domiciliés,  nous  consta- 
tons d'abord  qu'ils  étaient  en  possession  d'un  certain  renom,  puisque  Guillebert  de  Metz 
les  mentionne  comme  l'un  des  ornements  du  Paris  de  son  temps;  nous  les  trouvons  ensuite 
couchés  sur  les  états  de  maison  des  rois  et  des  princes,  soit  comme  constitués  en  titre 
d'office,  soit  comme  parties  prenantes  aux  grandes  occasions.  On  les  traite  largement,  et, 
si  l'argent  est  le  signe  de  l'estime,  il  faut  croire  qu'on  appréciait  fort  leur  talent.  Nous  avons 
relevé  dans  les  Comptes  originaux  une  série  d'articles  de  dépenses  relatifs  aux  ménestrels 
de  bouche  et  d'instruments,  et  nous  les  plaçons  sous  les  yeux  du  lecteur. 

Le  19  décembre  1889,  Colinet  Le  Bourg,  Johannin  son  frère,  Colin  Marquedante,  mé- 
nestrels, et  Brasseur,  trompette  du  duc  d'Orléans,  reçoivent  lxxx  francs  «pour  plus  ho- 
«nestement  estre  avec  ledit  seigneur,  -n 


SAINT-.IlM.tKN-DK.s   MKNKSTUIKU- 
nw     MM,, 


r  4M 


LES  LETTRÉS.  LES  ARTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS.        AS6 

Le  iC  novembre  iSrja,  Jehan  Poitevin,  roi  de*  mëoëtrien.  reçoit  pour  lui  ei  m*  m- 
bordonndtt,  i.  fraticH  d'or,  (|iie  lui  verse  le  trésorier  du  duc  d'Origan»  'pour  une  foM  It 
(•jour  ({ue  le  roy  N.  S.  diiina  en  i'oxtci  dudit  M.  S.  le  duc.  ' 

La  mémo  unn/ic,  Gillet  Viluin,  Jacquemart  le  Fèvre  et  auln->  •••ni  i;ratiri^  p«r  le  i 
seigneur  de  «vint  flourinador,')  pluitxii  escaa.n  plu*  «un  livre*  &  mmw,»|» 
«esbutcmentH  de  personnaf^es  que  ilz  avoient  fait  devant  luv.» 

Le  t  1  avril  i  •t(jO,  il  est  donné  à  J{ic(|ues  de  Savilliant  et  Cbristopbe  d'AlemaigM,  Mé- 
nestrel* du  comte  de  Ncvcr*,  «vingt  franz  d'or  pour  une  foix,  et  à  Senail  <fe  Cooloiagne, 
«  leur  compaignon ,  xx  franz  d'or'",  » 

Les  ménestrels  à  traitement  fne  ne  sont  pas  moins  bien  traités  par  le  duc  d'OrléuM. 
Dans  le  cours  de  cette  ni/lmc  année  i^<jC),  Aibelin,  Oolinct  le  Bourgeois  et  Goàdnj  le 
Fèvre  sont  inscrits  sur  les  registres  de  l'argentier  du  duc  pour  une  pension  de  Soo  fraaes 
chacun,  ce  qui  n'empôche  pas  les  grosses  sommes  données  'iniur  une  fois»  è  des  iselni- 
mcntistes  et  chanteurs  anglais,  flamands,  bavarois,  italien*,  que  le*  pièeee  de  < 
lité  ap|iellent  InImUtre»  et  jtijftirii  [les  jnjferiiri  d'autrefois).  Viennent  ensuite  Im 
les  harpeiirs,  les  vielleurs,  les  joueurs  de  luth,  les  organiste*  et  facteur*  dlnstin—ilt, 
qui  figurent  tous  |iour  des  sommes  importantes. 

Les  ducs  de  Bourgogne,  aussi  prodigues  et  plus  riches  que  ne  l'était  la  maison  d'Or- 
léans, traitent  leurs  ménestrels  avec  la  même  générosité  :  les  Comptée  de  recettes  de  Henri 
Lu|)|)in,  de  Jean  Chousat  et  de  Hobert  de  Baillcux,  contienncnt.à  cet  égard,  de  noml 
et  si|;nificntives  mentions.  En  voici  (|uelqucs-unes  : 

<f  A  Henri  Josse  et  Josscquin,  menestreux  de  mondit  seigneur,  pour  dons  a  euli  faits  i 
«foix  XX  franz»  (i/io5). 

«A  Claux  le  tabourin,  jadis  ménestrel  de  feu  mondit  seigneur,  xx  frana^  ("'•)■ 

«  Aux  lieraulx  et  ménestrels  de  Hollande  et  de  Liège,  la  somme  de  c  francs  d'or  •  (id.). 

«A  Henri  du  Houx,  ménestrel  de  mondit  seigneur,  lxvi  francs  xiii  sols  iv  deoien,  sar 
(t  ce  (|ui  esloil  et  povoit  estre  deu ,  a  cause  de  sa  pension ,  qui  est  de  ix  escus  par  an  •(  i  A 1 1  ). 

«Aux  menestrez  de  corde  qui  avoient  joué  devant  M*' de  Charolois,  xuiiliv.  ii  s.  «  (i&iej. 

«A  trois  compaignons  ménestrels  . . .  pour  avoir  corné  et  meeuestrandé . . .  aoi  feelee 
rde  Noël,  de  jour  de  l'an  et  des  roys,  it  escus»  (i  A  16). 

n  A  Jehan  Waneze,  Thiebaut  de  Strasbourg  et  Guillaume  Caillct,  meoestrels,  et  Heone- 
«quin  Coppi'Irippe,  trompette  de  mondit  seigneur,  la  somme  de  cocci  francs  OMMUoie 
n royale"  (  1  /i  1  y). 

«Aux  heraulx ,  trompettes  et  ménestrels  du  roy  d'Engleterre,  la  soanM  de  oav  fr.  poar 
«estre  venus  devers  mondit  seigneur,  le  xi*  jour  d'avril  m.cccc.xx,  a  uog  disner  qu'il 
Rou  conte  de  Warwich  et  autres  ambas.sadeurs  du  Roy  d'Engleterre»  (i&ao). 

Lestlomples  de  (iuv  Guilbnut  mentionnent,  à  l'année  i^a».  «une  pension  de  c 
«d'or,  en  (pialre  lernus,  aux  ménestrels  de  mondit  seigneur,  a  condition  qu'il»  1 
R  deronl  rien  pour  robes,  vestenient,  chevaux.  "  Pareille  pen*ion  est  aceordéeaui  IronpeUea 
des  ménestrels  et  aux  trompettes  de  guerre,  sous  la  même  condition. 

Les  libéralités  des  ducs  d'Orléans  et  de  Bourgogne  s'étendaient  aux  «riiMos  d-   in-  l<-< 

"  Ut  Diut  dt  Utmrgognt,  par  M.  to  iii.ii.j.i.^  »v  Labonle,  Pr«av«s.  L  II! .  f*Hia. 


i36  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

pays,  et  avaient  surtout  pour  but  d'assurer  le  décorum  et  l'éclat  de  leur  service.  C'est  ainsi 
que  nous  voyons  «  Jehan  Facien  l'ainsné ,  roy  des  ménestrels  de  France ,  »  recevoir  xxii  francs , 
«pour  le  aidier  a  monter  et  abillier  pour  plus  honorablement  le  servir;»  Josse  Régnier, 
«roy  de  respinelte,a  Lille,»  être  gratifié  de  cent  francs,  «pour  lui  aidier  a  soustenir  les  frais 
«  et  missions  que  mondit  seigneur  lui  commanda  faire  »  (  i  4  a  6  ).  L'année  suivante ,  nouveaux 
dons  aux  ménestrels  de  Paris,  de  Cologne,  de  Clèves,  de  Bruges,  etc.  Près  de  cinq  cents 
livres  sont  consacrées  à  ces  générosités  '". 

Moins  riche  que  ses  oncles  et  cousins ,  le  roi  de  France  ne  pouvait  se  montrer  aussi  ma- 
gnifique. Cependant  il  avait  ses  ménestrels,  et  on  les  voit  figurer  assez  fréquemment  dans 
les  Comptes  de  l'Hôtel.  En  i38o,  Jehan  le  Sage,  Guillemin  et  Lyonnet,  «lesquelx  avoient 
«joué  de  leur  meslier  devant  le  Roy,»  reçoivent  8  livres  i6  sous  parisis.  Vers  la  même 
époque,  «Hennequin  Callemadin,  ménestrel,  lequel  a  dit  diz  de  bouche  devant  le  Roy,» 
est  gratifié  de  dix  francs.  Le  même  compte  mentionne  également  «les  heraux  et  menestriez 
«qui  ont  esté  devers  le  Roy,  le  jour  de  Penthecouste,»  et  auxquels  on  accorde  «iiiixx  livres;» 
«les  menesterels  Colinet  Parent,  Germain  Gasteblé,  Jehan  et  Lyonnet  le  Prévost,»  qui  en 
reçoivent  seize.  L'année  suivante,  des  fêtes  ont  lieu  en  diverses  résidences  royales,  et  les  mé- 
nestrels y  sont  conviés,  avec  ce  qui  restait  alors  de  trouvères  et  de  jongleurs.  Les  Comptes 
de  l'Hôtel  ont  gardé  trace  de  ces  réjouissances  et  des  libéralités  du  Roi. 

«Les  menestriez  du  duc  de  Guelles,  lesquelx  avoient  esté  et  joué  devant  le  Roy  en  sa 
«court,  par  xii  jours,  xxiv  liv.  parisis. '? 

«A  trois  ménestrels  qui  avoient  joué  d'entreget .  .  .  devant  le  Roy,  par  m  jours,  lxiv  sols 
«paris..  .  » 

«  Les  menesterels  du  duc  Auberl  qui  ont  joué  de  leur  mestier  devant  le  Roy  a  Com- 
«piengne,  lxxx  sols  par . . .  » 

«Jacques  Daubenton,  faiseur  de  diz,  lequel  avoit  fait  par  plusieurs  fois  diz  devant  le 
«  Roy .  .  .  xxxii  sols  par. .  .  » 

«Nycholas  leViellare,  menesterel  de  bouche  de  M*'  le  duc  d'Anjou..  .  xvi  sols  par..  .'*. 
Ces  diverses  gratifications  se  réfèrent  à  la  période  heureuse  du  règne  de  Charles  VI; 
mais  les  malheurs  sont  venus,  et  le  Roi,  qui  n'a  pas  toujours  dans  son  hôtel  Saint-Paiil  de 
quoi  «soustenir  son  estât,  »  en  est  réduit  à  être  le  débiteur  de  ses  ménestrels.  Il  faut  qu'une 
confiscation  lui  fournisse  le  moyen  de  se  libérer,  et  c'est  avec  les  biens  des  Armagnacs  ou 
des  Bourguignons,  selon  l'occurence,  qu'il  acquitte  sa  dette.  En  i4i8  (n.  s.),  la  succession 
de  Nicolas  d'Orgemont,  dont  nous  avons  raconté  la  disgrâce**,  sert  à  payer  les  arrérages 
dus  à  Jean  d'Avignon  :  «Considérés,  dit  le  Roy,  les  bons  et  agréables  services  que  nous  a 
«faiz  ledit  Jehan  d'Avignon,  lui  avons  donné,  cédé,  quictié  et  transporté  pour  lui,  ses  hoirs 
«et  ayant  cause,  a  toujours  perpetuelment  et  hereditablement,  lx  sols  parisis  de  rente  que 
«prenoit  chascun  au  feu  maistre  Nicole  d'Orgemont  .  .  .  laquelle  rente  estoit  a  nous  appar- 
«  tenante  parla  confiscation  des  biens  dudit  maistre  Nicole,  lequel  a  esté  condempné  en 
«chartre  perpétuelle  pour  crime  de  lèse  magesté  par  lui  envers  nous  commis '*\  » 

'''  Les  Ducs  de  Bourgogne,  \>aT  M.  \e  marquis  de  de   France,  par  M.  Douet  d'Arcq  ,  t.  l,  passim. 
Laborde,  Preuves,  t.  I,;>fl*si»i.  '*'  Voir  ci -dessus,  p.  343,  à  l'article  biogra- 

'''  Choir  de  pièces  inèdiles  relatives  au  règne  de  phique  de  Guillaume  Sanguin. 
Charles  VI,  publiées  pour  la  Société  de  l'Histoire  '■''  Choix  de  pièces  inédites,  etc.  t.  Il,  p.  i66. 


LES  LETTRÉS,  LES  ARTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS.         4S7 

Il  ne  reste  aucune  trace  dcrite  de»  lil)<'-ralitës  que  les  PrëvAts  des  narebaiidf  «C  EdicnM, 
les  hourf^eoi»  et  les  corpH  Je  ni<^licr  ont  pu  faire  aui  méaetlnh  «de  boodbe  al  de 
pendant  la  pc^riode  (|ui  nouii  occupe.  ToutefoiK  l'eiamen  det  diven  «rtielw  dei  i 
que  la  Confrérie  de  Saint-Julien  n'imposa  vers  la  fin  du  siv*  siède  et  ao 
du  XV'  |)(>ruiL't  de  rroim  (pie  les  b<^n<^fice8  réalises  par  les  menbrM  de  la  eoqMration  ^iml 
assez  corisidi;rul)lus.  Les  amendes  pour  désobéissance  au  roi  des  inénestrab,  iofraction  aat 
lois  du  inëticr,  insuflisance,  etc.  ne  sont  pas  inférieures  k  vingt  sols.  La  réeeplioa  k  la  maî- 
trise emporte  une  taxe  de  pareille  somme.  Les  preuves  de  capacité,  de  «saffisaoee,»  eomMe 
on  disait  alors,  sont  nombreuses  pour  les  aspirants  qui  se  destinent  i  l'enMigMaanl  de  la 
iiniHicpie  (ït  du  chant,  et  (pii  ont  l'ambition  de  paraître  chez  les  riches  bouigaaia,  daos  les 
noces  opulentes,  aux  foires  du  Lendit,  de  Saint-Laurent,  de  Saint-Germaill,  mtlîêlm  et 
pèlerinafjes  des  environs  de  Paris;  ce  qui  fait  présumer  qu'un  instmineoUfte  et  on  chaalesr 
de  mérite  |ra(piaient  de  bonnes  journées.  Mais  il  leur  fallait  partager  avec  leur  roi,  doal  le 
privilège,  restreint  d'abord  h  la  capitale,  tendait  k  rayonner  sur  tout  le  royaume;  avec  la 
Confrérie,  qui  avait  d)>s  veuves  et  des  enfants  h  soutenir,  et  enfin  avec  l'hApitalSaiol-Julieo. 
qui  était,  pour  In  corporation,  une  sorte  d'hdtel  drs  Invalides. 

Un  lien  naturel  rattache  les  cours  d'amour  aux  trouvères  et  aux  méoealreb,  i|ai  es 
étaient,  avec  les  dames,  le  principal  ornement.  On  sait  que  ces  tribunaux  galants  s'étaient 
formés  dès  le  xii'  siiVIe,  au  midi  de  la  Loire,  et  particulièrement  dans  le  Languedoc  et  la 
Provence.  Présidés  lanlAt  par  des  dames,  tantôt  |>ar  des  rois  et  des  grands  aeigneafs  ipii 
prenaient  le  titre  de  Prinret  d'amour,  ils  ne  se  bornaient  point  k  composer  oa  k  fiure  com- 
poser des  chansons ,  des  tensons  et  des  jeux-partis  :  ils  rendaient  de  véritables  arrêts,  revotas 
de  toutes  les  formes  judiciaires.  On  peut  voir  dans  le  Traité  de  l'art  d'aimer,  rédigé  en 
1 170  par  le  chapelain  André,  sous  ce  titre  Liher  de  arte  amatoria  et  iffnkatimt  mmana,  ce 
qui  se  passait  dans  ces  cours  amoureuses.  On  y  proposait  un  point  à  résoudre,  et  c'était  le 
plus  souvent  quelque  question  d'amour  railiné,  quelque  problème  de  haute  galanterie,  dont 
la  solution  ne  pouvait  être  donnée  qu'en  vers.  La  plaidoirie,  dit  Daunou,  était  une  imi- 
tation des  combats  chevaleresques,  des  procédures  judiciaires  et  des  disputes  aigatieoses 
des  écoles;  triple  sinfjcrie,  ajoute-t-il,  qui  ne  pouvait  manquer  d'égarer  et  de  dégrader  les 
talenls  littéraires  dont  elle  était  l'npprenlissafje.  L'arrêt  h  rendre  devait  être  conforme  au 
dispositions  d'un  code  amoureux  en  trente  articles,  qui  fail  partie  de  l'opuscule  du  cha- 
pelain André. 

Par  un  sin^^rulier  anachronisme  qui  contraste  douloureusement  avec  les  OMlbeurs  de 
celle  époque,  une  cour  amoureuse,  cabpiée  .sur  le  modèle  de  celle»  qui  florissaieni  depuis 
lon|;letiips  dans  le  midi  <le  In  France,  fut  créée  vers  l'an  i4io,  i  l'hôtel  Saint-Paul,  au- 
tnnt  pour  distrniro  le  pauvre  roi  aliéné  que  pour  satisfaire  aux  galants  caprices  d'isaheaa 
et  de  ses  femmes.  Cette  institution  était  dans  toute  sa  nouveauté  au  moment  où  écrivait 
Giiillebert  de  Metz,  et  il  semble  probable  qu'il  a  voulu  la  désigner,  k  moins  loDlefois  <|«e 
son  '  prince  damours  "  ne  soit  tout  simplement  le  roi  des  ménestrels  ou  de  l'épuMttei  eomme 
on  l'appelait  en  Flandre,  tenant  provision  de  virelais,  rondeeni,  ballades,  laqoel  élail, 
comme  on  le  sait,  nonuné  par  le  souverain  pour  exercer  une  sorte  d'autorité sw sas coafrèraa. 


438  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Dans  le  doute,  il  n'est  pas  sans  intérêt  de  consigner  ici  quelques-uns  des  détails  que 
fournit,  sur  la  cour  d'amour  de  Charles  VI,  un  manuscrit  copié  au  xvii"  siècle  sur  un 
original  plus  ancien  et  commenté  au  xviii"  par  Lancclot  et  Moreau  de  Mautour.  Ce  ma- 
nuscrit, qui  nous  a  été  obligeamment  signalé  par  M.  Douet  d'Arcq,  comprend  les  noms, 
les  titres  et  les  armoiries  enluminées  des  principaux  officiers  de  la  cour  amoureuse.  Dans 
la  première  catégorie,  dont  le  manuscrit,  lacéré  en  cet  endroit,  ne  donne  pas  la  désigna- 
tion, figurent  les  plus  beaux  noms  de  l'aristocratie  française  :  on  y  voit,  entre  autres, 
les  Craon,  les  Hangest,  les  d'Angennes,  les  La  Rochefoucauld,  les  Chabannes,  les  d'Estou- 
teville,  les  d'Ailly,  les  La  Trémouille,  les  Chastillon,  les  Mouchy,  les  de  Rieux,  les  Lannoy, 
les  Longueval,  etc.  etc.  Viennent  ensuite  les  grands  veneurs  de  la  court,  puis  les  thrê- 
soriers  des  chartes  et  registres  amoureuses,  au  nombre  de  cent  quatre-vingt-huit,  appar- 
tenant, pour  la  plupart,  à  la  riche  bourgeoisie  ou  à  la  petite  noblesse.  Aux  trésoriers  suc- 
cèdent les  auditeurs  de  la  cour  d'amour,  où  l'on  voit,  avec  quelque  surprise,  figurer  un  maître 
en  théologie,  des  chanoines  de  Paris,  de  Tournay,  de  Cambrai,  de  Saint-Omer,  des  maîtres 
des  requêtes  et  des  conseillers  au  Parlement.  Au-dessous  de  ces  dignitaires  sont  placés 
les  chevaliers  d'homieur,  conseillers  de  la  cour  amoureuse,  au  nombre  de  cinquante-neuf,  les 
chevaliers  trésoriers,  les  maîtres  des  requêtes,  parmi  lesquels  se  trouve  le  nom  de  Charles 
CuWoë,  prévôt  des  marchands,  et  celui  de  Cousinot,  riche  bourgeois  qui  joua  plus  tard 
un  rôle  important.  La  liste  se  termine  par  lés  secrétaires  et  les  substituts  du  procureur  gé- 
néral près  la  court  amoureuse,  les  concierges  des  jardins  et  vergiers  amoureux,  et  enfin  par  les 
veneurs  ordinaires  de  la  court  amoureuse  '". 

Une  telle  énumération  dispense  de  tout  développement:  la  cour  d'amour,  qui,  à  une 
autre  époque,  aurait  pu  devenir  l'un  des  ornements  du  palais  et  l'une  des  splendeurs  de 
Paris,  n'était  plus  alors  qu'une  douloureuse  antithèse.  Elle  représentait  d'autres  cieux, 
d'autres  mœurs,  un  passé  disparu;  aussi  n'a-t-elle  exercé  aucune  influence  littéraire  sur 
les  écrits  de  ce  temps.  Une  mention  incertaine  dans  l'ouvrage  de  Guillebert  de  Metz,  et 
une  liste  de  noms  enfouie  dans  un  manuscrit,  voilà  tout  ce  qui  reste  de  cette  institution 
dépaysée,  à  laquelle  il  aurait  fallu  les  douceurs  de  la  paix,  le  climat  de  la  Provence  et  la 
langue  des  troubadours. 

5°   LES   MÉDECINS,    LES   CHIRURGIENS,   LES   ASTROLOGUES. 
(tHOMAS  de  PISAN,  THOMAS  DE  SAINT-PIERRE ,  GILLES  SOUS-LE-FOUR ,  HENRI  DE  FONTAINES,  ETC.) 

En  groupant  sous  une  même  rubrique  les  médecins,  les  chirurgiens  et  les  astrologues, 
nous  entrons  dans  la  pensée  de  Guillebert  de  Metz ,  qui  paraît  avoir  rapproché  leurs  noms 
à  dessein,  et  nous  indiquons,  dès  le  début,  le  lien  étroit  qui,  au  moyen  âge,  unissait  l'art 
de  guérir  à  la  pratique  des  sciences  occultes.  La  mauvaise  physique  de  Pline  avait  fait 
école  ;  les  hypothèses  d'Aristote  étaient  prises  au  sérieux ,  et  les  rêveries  des  docteurs  arabes , 
compliquées  des  arguties  de  la  scolastique,  se  joignaient  aux  ténébreux  calculs  des  tireurs 
d'horoscopes  pour  égarer  complètement  la  médecine  du  bon  sens.  Deux  livres  étaient  cons- 

'"'  Consulter  le  manuscrit  (Bibliothèque  impé-  de  l'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres,  t.  Ml, 
riale,  supplément  français,  n°  626)  et  les  Mémoires        p.  287  et  suiv. 


LES  LETTRÉS,  LES  ARTISTES  ET  LES  AHTISAXS  A  PARIS.        4S9 

(animent  ouvert»  :  la  nature,  ie  corps  de  riioinmo;  et  l'on  •'obrtiiiait  à  n'y  point  lire.  Au 
lieu  (l'i^tudier  Ion  siinplex,  d'intcrrof^nr  ror^^aniitmr;  humain,  d'eipMaMatflr  «  mÊmmtX,  H 
de  rccunillir  patinniniont  U'h  oliscrvationii  raite»  au  lit  dn  malades  poor  en  (orner*  avec  le 
tnnips,  un  corps  de  doctrine,  on  s'opiniAtrait  à  commenter  Hippoerate  et  GalieB,  k  di»» 
ciller  sur  CcUo  et  Aviccnno,  h  chercher  le  len*  d'un  paMage  obteor  plotAt  qv'i  Vffi*' 
foiidir  le  mystère  de  la  vie  et  à  découvrir  les  «eereU  du  nul.  On  g^oaait  amr  ie»  testea. 
alor»  (|u'il  aurait  falhi  voir  de  ses  yeux  et  palper  de  ses  mains.  Le  teol  livre  qa'on  n'aurait 
pas  (U\  consulter  /ttait  précisément  celui  dan»  lequel  on  croyait  tout  lire  :  la  eonjondioB 
de  Mars  et  de  Vénus  sous  un  certain  sif^nc,  l'éloif^ncment,  le  rapprochenent  de  Jupiter  on 
de  Mercure,  valaient,  pour  un  cas  de  maladie,  le  teitc  le  plus  clair  et  rarganwnt  le  plus 
siihtil.  Les  observations  les  plus  justes  et  les  plus  rigoureuses  dMuctions  ne 
devant  la  découverte  vraie  ou  prétendue  d'un  des  areanes  du  grand  < 


Il  serait  injuste,  cc|)cndant,  de  ne  point  reconnaître  les  quelques  progrès  Ciita  |>ar  l'art  -(  m  i, 
de  guérir  dans  le  cours  du  xit'  sitkle.  Sans  parler  de  l'école  de  Mont(*«llier.  et  pour  nous  w^HT 
en  tenir  au  Studlum  Pariiinixe,  nous  constatons  qu'en  t3oi  l'LniverMté  fait  un  statat 
contre  les  médecins  i|;norantit  et  cncoura|{e  de  tout  son  pouvoir  l'étude  des  srieaees  Médi- 
cales. Vin{;l-deux  ans  après,  cette  mesure  avait  déjà  porté  ses  fruits,  puiM|ue  Jean  de 
Jandun,  en  voyant  passer  dans  les  rues  de  Paris  les  praticien»  de  M)n  temps,  revétos  de 
riches  habits  et  coiffés  du  bonnet  doctoral,  s'écrie:  «Oh!  qu'il  faut  aimer  ces  boas  miàt' 
(teins  (pii  se  conforment  philosophiquement  h  la  pratique  de  leur  profession,  aux  régit* 
r d'une  .savante  physiipu'  et  d'une  lon|;ue  expérience"'."  Il  est  im|>oMible,  ainsi  que  nous 
l'avons  fait  remarquer  en  commentant  ce  texte,  de  mieux  apprécier  le  rôle  de  la  médermr 
et  les  procédés  qu'elle  doit  mettre  en  usage.  S'il  faut  en  croire  Jean  de  Jandun,  un  |ien 
louangeur  de  son  naturel,  le  bon  sens  tendait  alors  k  se  débarrasser  des  entraves  d'un*- 
fausse  science  et  il  substituer  la  pratique  t\  une  vaine  théorie  :  ousm  ^e^time  des  ëtrangen 
était-elle  la  récomp<'nse  des  efforts  tentés  et  des  progrès  accomplis  dans  cette  voie.  Ver» 
i3^io,  le  médecin  italien  Gcntilis  de  Foligno  conseille  à  Ubertino  de  Carrare,  seigneur  de 
Padoue,  d'envoyer  à  Paris  douze  étudiants  :  hommage  impartial  rendu  aux  fortes  éludn 
(pi'on  y  faisait  à  cette  éj)oquc.  Quehpies  années  après,  un  praticien  de  Montpellier,  qui 
avait  composé  un  traité  sur  l'épidémie,  ne  trouve  rien  de  mieux  à  faire  que  de  le  dé'î 
la  ilorissante  école  de  Paris  et  h  l'Université  tout  entier»»  :  HnrrMli  BluJio  meJim  Ptr 
lie  (où  l'iiiiTriltnii.  Knfin,  l'année  même  où  Guillebert  de  Melx  termine  son  livre,  le  .1 
gien  Lanfranc  ou  Alenfranc,  de  Milan,  dans  son  ouvrage  de  ■^ciroqîie.  escript  a  Monl- 
tpi'llier  au  mois  d'avril  l'an  m.cccc  et  xxxiiii.')  remercie  la  Providence  de  l'avoir  tnu»»|»orl«- 
<ta  Paris,  terre  de  pai\  et  d'estude.  0  Paris,  ajoule-l-il.  |>our  le  siège  de  la  majeslé  nualr. 
«pour  l'excellence  de  lov,  jiour l'abondance  de  biens,  pour  rinle|ligenc««  de»  filntofrs.pour 
n  la  seurmontaiice  des  théologiens,  lu  peux  eslre  dicte  Paradis:  Paris,  royale  cité  sans  prr; 
«  Paris,  ne  scarhant  point  de  part,  car  tu  octroyés  également  au  vTay  roy ;  Pari»,  c'est  a  dire 
ajuste,  car  tu  sces  treuver  le  juste  en  toute  science,  car  en  tny  rhaseon  ose  de  son  droirt; 
R  Paris,  engendrant  les  clers,  car  toujours  conceps  les  Mf^igeos  en  Ion  «eatre  ao  darreaaer 

''   Traite  Jti  huoHfftt  ilf  P-'r!*    il  il.-vin» ,  p,  'i-j  *>l  hH. 


ààO 


DOCUMEINTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


«sage.  De  mal  a  moy  qui  tant  de  temps  ay  perdu  sans  veoir  ton  honorable  et  très  saincte 
«estude. 51  —  «Certes,  dit  M.  Paulin  Paris,  qui  nous  a  fait  connaître  ce  curieux  passage, 
«voilà,  dans  la  bouche  d'un  étranger,  le  plus  magnifique  éloge  de  la  ville  de  Paris  et  de  son 
enseignement  médical,  suavissimum  et  honorabilissimum  stitdium'^'K  »  Non  content  de|ce  témoi- 
gnage, Lanfranc  nous  apprend,  à  la  fin  de  son  cinquième  traité,  qu'il  a  été  parfaitement 
accueilli  par  la  Faculté  de  Paris,  que  les  docteurs  régents,  le  doyen  Jean  de  Passavant  et 
des  bacheliers  rccommandables  l'ont  prié  non-seulement  de  faire  des  lectures  sur  ses  pro- 
cédés opératoires,  mais  encore  de  composer  un  livre  en  forme  sur  les  règles  de  l'art  et 
toutes  ses  appartenances,  cum  suis  mljacenlits.  Très-honoré  d'une  pareille  demande,  le  chi- 
rurgien milanais  s'est  empressé  de  prendre  la  plume  ®. 

Des  encouragements  d'une  autre  nature  arrivent  en  même  temps  à  la  Faculté  de  Paris  : 
les  bourses  des  collèges,  réservées  jusque-là  aux  artiens,  aux  théologiens  et  aux  cano- 
nistes,  commencent  à  être  données  aux  étudiants  en  médecine,  et  la  royauté,  qui  s'était 
bornée  jusqu'alors  à  avoir  un  «fizicien»  au  palais,  témoigne,  par  de  nombreuses  ordon- 
nances relatives  à  l'étude  et  à  l'exercice  de  l'art  médical ,  qu'elle  veut  enfin  arracher  cette 
science  à  une  routine  séculaire  '".  Mais  les  obligations  de  la  médecine  parisienne  s'ac- 
croissent en  même  temps  que  les  honneurs  dont  on  l'entoure  et  les  règlements  qu'on  lui 
impose.  La  guerre  de  cent  ans,  la  peste  noire  et  les  épidémies  qui  se  succèdent  pendant 
plus  d'un  siècle  multiplient  les  malades  et  lés  cas  à  observer;  la  démence  de  Charles  VI 
ouvre  un  vaste  champ  à  l'expérimentation,  et  les  médecins  de  la  capitale  ont  désormais  à 
se  mesurer  avec  les  docteurs  italiens,  flamands  et  anglais,  qui  font  partie  des  maisons 
d'Orléans,  de  Bourgogne  et  de  Bedford. 


Tbouiaa  de  Pisan , 
Thomas  de  Saint-Pierre. 


C'est  à  ce  moment  qu'apparaît  une  légion  de  magislri  in  physica^'^\  parmi  lesquels  se  dé- 
tachent deux  personnages  connus  de  noire  auteur,  Thomas  de  Pisan  et  Thomas  de  Saint- 


''>  Bien  que  Lanfranc  ait  lui-même  traduit  le 
passage  que  nous  venons  de  reproduire,  il  faut  le 
lire  dans  le  texte  latin  pour  juger  de  l'enthousiasme 
du  chirurgien  milanais  et  pour  y  voir  tous  les  traits 
raflinés  qu'il  y  a  mis  :  ir  Pater  omnipotens ...  me . . . 
irParisius ,  in  terra  pacis  et  studii . . .  transplantavil. 
irO  Parisius,  propter  regiae  majestatis  sedem,  prop- 
ffter  curialis  speciei  excellentiara ,  propter  honoris 
irhabundantiam,  propter  philosophorum  intelli- 
ffgenliam,  nierito  paradisus  nvincupan  potes.  Ore- 
trgalis  civitas,  Parisius  sine  pari!  0  Varisius partis 
tinscius,  nam  faves  unanimiter  vero  régi  !  0  Pari- 
frsius,;)an'««cju«,  nam  scis  justum  in  scientiis  om- 
irnibus  reperire,  et  in  te  quisquis  fruilur  juste  jure 
rfsuo.  0  Parisius,  scientes  pariens,  nam  quotidie 
rr  négligentes  tuo  concipis  in  utero,  demumque /«jris 
rreosdem  sapienles.  Vae  mihi  quod  tantum  tempus 
irperdidi,  tuum  suavissimum  et  honorabilissimum 
n-studium  non  videndo.i  (Bibl.  imp.  mss.  latins, 
n°  7139.)  Nous  avons  souligné  quelques  jeux  de 


mots  sur  le  nom  de  Paris  :  on  peut  les  rapprocher 
de  ceux  de  Jean  de  Jandun  et  du  Dit  qui  fait  l'objet 
de  notre  dernier  appendice. 

<*'  Biblioth.  imp. manuscrits  latins ,  n"  7 1 99 ,  cité 
par  M.  Paulin  Paris  (if«  manuscrits  françoi»  de  la 
bibliothèque  du  Roi ,  t.  V,  p.  9  43). 

'''  Voir,  entre  autres ,  les  ordonnances  de  i35a, 
i353  et  1890,  dans  Du  Boullay,  t.  IV. 

'*'  V.  Le  Clerc  cite  notamment  Jean  Hennequin, 
Henri  de  Hermondaville,  Robert  Fabri,  Ermen- 
gard,  Ernouf  Quiqempoist,  Geoffroi  de  Courvot. 
Guillaume  Aymardi,  Gilbert  Hamelin,  Gilles  de 
Semiville ,  Gervais  Chrestien ,  Evrart  de  Conty ,  Jean 
de  Guisley,  Jean  Boutin,  Jean  de  Toumemire, 
Jacques  Du  Bourg,  Jean  Jacobi,  Jean  de  Nesie, 
Regnault  Fréron,  Jean  Tabari,  Guilbert  de  Gelsoi, 
Jean  Pitard,  Guillaume  Racine,  Arnaud  de  Ville- 
neuve, Pierre  de  Saint- Flour,  Richard  de  Paris, 
Vital  Du  Four,  Jean  de  Rassoies,  Pierre  Fremont,  etc. 
(Histoire  littéraire  de  la  France,  t.  XXIV,  p.  470.) 


LKS  LKTTIIÉS,  LES  ARTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS.        ill 

Pi(!rr<;.  (juilltihcrt  de  M(.-tz  nr^  ritf  que  l<!  B<>con(i,  mais  il  avait  cerUineuieotMilaoda  parler  do 
père  tic  (ilirixtirie;  l'un  <'t  l'nntn;  r<-|)r*>j*cnt<!nt  d'ailleurf  et  personnifient,  k  («rtaiiM  égsrdi, 
;<;  qu'oïl  |iouvuit  appclfr,  vers  la  fin  du  xiv'ftièrie,  la  médecine  de  l'avenir.  TbouMtde  P'uma, 
|U))  sa  fille  nous  dit  avoir  étë  «dortorifit^,  a  Bolonf^nc  la  Gnuae,  en  la  aeienee  de  OMd^ 
cin(!,»  est  inari<^>,  uxoraltu;  il  n'appartient  [>oint  h  i'V,\^iw,  comme  preiqae  tout  lecanw 
m/'diciil  (l<-  Pari»,  et  constitue,  en  Tare  de  la  médecine  cléricale,  un  eiemple  virant  da 
doctorat  laii|uo.  (]'est  dans  ce  Kcns  qu'il  est  le  prëeoneur  d'un  nouvel  ordre  de  choaca, 
tandis  que,  d'autre  port,  il  tient  au  pa«sé  par  les  chalnet  de  l'aslrolofpe.  Thomae  de  Saint- 
Pierre,  au  contraire,  est  un  homme  d'église  ;  prêtre  et  chanoine,  il  semble  unir  lai 
h  la  tln'olofpe;  mais  il  se  rattache  h  l'école  observatrice  de  Guy  de  Chauliac,  et  ana 
mil'  rii[itiin'  décisive  aver  les  vieux  errenH-nU, 

Qiioi(|iif  l'existence  de  Thomas  de  Saint-Pierre  ait  été  fort  longue,  m  biographie  est  de» 
plus  courtes,  comme  celle  de  tous  les  grands  praticiens  de  cette  époque:  elle  M  borna  i 
ipichpies  faits  dont  la  plupart  nous  ont  été  siijnalés  par  M.  le  docteur  Chéreau,  l'un  de  no* 
<<i||iil)orateurs"'.  On  suit  (|u'il  était  chancelier  de  l'église  de  Baveux  et  physicien  du  roi 
(iliarles  VI,  ainsi  que  de  "sa  1res  améc  suer  Katherine.»  Ces  titres  lui  sont  donné* dan» 
deux  lettres  patentes  datées,  l'une  du  a  a  moi  i38/i,  l'autre  du  7  février  iSSy.  Selon  le 
|ireinior  d*;  ces  documents,  l(>  Hoi ,  ayant  été  informé  (|ue  les  maisons  de  <  Henri  Pbaramos, 
nprehsire  chapelain  de  maistre  Thomas  de  Saint  Pierre,»  avaient  été  rasées  par  le  fait  de 
la  guerre,  et  voulant  réparer  les  dommages  causés  au  pauvre  chapelain,  lui  fait  don  d'une 
maison  «  assise  en  la  ville  de  Bayeux,  devant  Nostrc  Dame,»  laquelle  avait  appartenu  à  un 
sieur  Klienne  ()ha|>pelain,  mort  sans  héritiers,  et  pouvait  bien  fournir  quatre  livres  de 
rente  ^''K  Dans  la  seconde  pike,  il  s'agit  du  testament  de  Guillaume  de  Saint-Gcrmaio,  li- 
cencié es  lois,  procureur  général  du  Koi,  et  de  Désirée  (lulduë,  sa  femme.  Les  teslalean, 
désirant  laisser  tous  leurs  biens  pour  de  pieuses  ftmdations,  confièrent  l'exécution  de  leurs 
dernières  volontés  à  «honoiirable  homme  et  discret  maistre  Thomas  de  Saint  Pierre. 
"chancelier  de  l'église  de  Hayeux  et  fisicien  du  Roi.»  Sur  la  demande  de  son  nédadn, 
(iliiirles  \l  amortit  les  rentes  provenant  dudit  testament ''*. 

Tliumas  de  Saint-Pierre  est  frécpiemment  mentionné  dans  le  premier  volume  de  la  séné 
des  registres  (|ui  appartiennent  à  la  bibliothèque  de  la  Faculté  de  médecine  de  Paris.  Doc- 
teur régent,  c'est-iVdire  professeur  À  la  Faculté,  il  figure  en  cette  qualité  dès  1379.  En 
i.'{()'i,  il  fut  nommé  chanoine  de  Paris  et  prévôt  de  la  prébende  d'André^,  en  eouarvanl 
toutefois  son  titre  de  chancelier  de  l'église  de  Baveux.  L'année  suivante,  on  la  voit  anister 
à  une  assemblée  tenue  aux  Malhurins  [tour  donner  la  licence  k  un  certain  noabfe  de  Mh 
cheliers.  L'un  d'eux,  Joanne»  de  IHsù,  était  uxoratus,  et  la  Faculté  hésitait  i  Tadmeltre.  Ce- 
pendant on  fit  réflexion  qu'il  avait  ganlé  le  célibat  |>endant  le  cours  des  étodes  prépara- 
toires au  baccalauréat,  qu'il  ne  s'était  marié  que  depuis  peu,  et  qu'ainsi  il  était  eicoaabie. 
Le  candidat  obtint  ses  licences,  et  il  est  permis  de  croire  que  Thomas  de  Saint-Pwrre, 

'*>  M.  le  (iorteur  Cliéreau ,  qui  a  rnUrpris  d'écrire  mas  de  Sainl-Piane  daas  fUmm  miàtmk  (1  Ma ). 
|K)iir  YHùtoire  générait  dt  Paru  les  annalea  de  la  ">  Archives  de  rEmpire,  JJ.  1  «8.  charte  mi. 

iMédecine  et  de  la  chirurgie  parisiennes,  ou .  pour  ki.  M  v*. 

|Nirlcr|iliise\nrloiiient,lflnioiiogra|)!iieilelaFaniilé  '*'  Ardùvet  de  TEaipàe,  JJ.  1S8.  charte  tH. 

•le  im<<i(<f  ine .  n  donné  tic»  rcnseijpienjonl»  sur  Tho-  fol.  33  v*. 

■18T.  —  I.  *• 


442  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

régent  éclairé,  ne  lui  fut  pas  hostile"'.  En  i/ioi,  notre  chanoine-docteur  avait  atteint  un 
âge  si  avancé  qu'on  le  revêtit  de  la  dignité  d'antiguissimus  ou  doyen  d'âge  ;  il  était  le  vé- 
téran de  l'école.  Cependant,  malgré  le  poids  des  ans,  il  faisait  acte  de  présence  à  toutes  les 
assemblées  :  Du  Boullay  le  constate  et  les  registres  de  la  Faculté  en  fournissent  la  preuve 
écrite.  C'est  ainsi  qu'on  le  voit  assister,  en  i  iog,  à  une  réunion  où  il  s'agissait  de  trancher 
le  différend  qui  s'était  élevé  entre  les  régents,  c'est-à-dire  les  professeurs  de  l'Ecole,  et  les 
non-régents  ou  médecins  libres.  On  déniait  à  ceux-ci  le  droit  de  suffrage  dans  les  grandes 
affaires  de  l'Université,  et  l'on  ne  voulait  pas  surtout  que  les  deux  mots  cœteris  paribu» 
(toutes  choses  égales  d'ailleurs)  fussent  pour  eux  une  sorte  de  compensation.  Du  Boullay, 
qui  nous  fait  connaître  la  présence  de  Thomas  de  Saint-Pierre  à  cette  assemblée,  ne  nous 
dit  point  dans  quel  sens  il  se  prononça  '*. 

Ce  vénérable  régent  mourut  le  3o  octobre  lûao  ;  il  était  sans  doute  plus  que  nonagé- 
naire ,  puisqu'il  portait  depuis  dix-neuf  ans  le  titre  d'antiquissimus.  Le  registre  de  la  Faculté 
ajoute  à  celte  qualification,  déjà  très-significative,  les  deux  mots  valde  senex^^K  Voici  dans 
quels  termes  le  doyen  du  chapitre  de  Notre-Dame  mentionne  la  mort  de  son  savant  con- 
frère :  «Die  jovis,  xxx' oclobris  h-mu^xx.  Postea  venit  ad  notitiam  quod  magister  Thomas 
«  de  Sancto  Petro  decessit  in  curia  '*'.  »  Qu'il  faille  entendre  par  ce  mot  curia  l'Ecole  de  mé- 
decine ou  la  cour  des  chanoines,  c'est-à-dire  le  cloître,  Thomas  de  Saint-Pierre  n'en  se- 
rait pas  moins  mort  dans  l'exercice  de  l'une  ou  de  l'autre  de  ses  fonctions.  Homme  d'église 
et  homme  d'enseignement,  il  paraît  n'avoir  connu  d'autre  chemin  que  relui  de  Noire-Dame 
et  celui  de  la  Faculté. 

Gilles  Sous-ie-Fogr.  11  Semble  que  l'existence  de  Gilles  Sous-le-Four  ait  été  moins  paisible.  La  chirurgie,  en 
effet,  loin  d'être,  comme  la  médecine,  en  pleine  possession  de  ses  droits  et  privilèges,  avait 
à  lutter,  d'une  part,  contre  le  préjugé  du  sang  [Ecclesia  abhorret  a  sanguine)  et  le  respect 
excessif  qu'inspirait  la  dépouille  mortelle  de  l'homme  ;  de  l'autre,  contre  les  tendances  en- 
vahissantes des  barbiers,  dont  l'immixtion  dans  le  domaine  chirurgical  abaissait  la  pro- 
fession de  l'opérateur.  Gilles  Sous-le-Four  s'identifia  avec  le  corps  dont  il  faisait  partie,  et 
réclama  avec  persévérance  contre  les  préventions  dont  la  perpétuité  condamnait  la  chi- 
rurgie à  une  longue  enfance.  Il  fallait  d'abord  la  séculariser  complètement,  afin  de  faire 
tomber  ce  préjugé  du  sang  inhérent  aux  hommes  d'église,  ce  qui  n'était  pas  le  point  le 
plus  malaisé,  car  la  majorité  des  chirurgiens  était  laïque'*'.  La  permission  de  travailler 
sur  le  cadavre  était  une  bien  autre  difficulté  :  ici  on  se  heurtait  à  un  sentiment  des  plus 
honorables,  et  le  respect  qu'on  avait  pour  les  morts  faisait  périr  les  vivants.  En  tAgS, 
c'est-à-dire  près  de  cent  ans  plus  tard,  on  faisait  encore,  à  titre  de  réparation,  célébrer  une 
messe  pour  le  repos  de  l'âme  d'un  homme  dont  on  avait  osé  ouvrir  le  cadavre  dans  les 

'''  Voyez  Du  BouHay,  Histor.  Univ.  Paris,  t.  IV,  qui  souscrivaient  annuelienient  les  statuts  du  corps 

p.  894.  ne  comprend  que  trois  ecclésiastiques:  Robert  Mo- 

'*'  Du  Boullay,  Histor.  Univ.  Paris,  t.  V,  p.  196.  rillon  el  Gilles  Des  Moulins,  cbanoines  de  Paris. 

'''  Rostre  ms.  de  la  Faculté  de  médecine  de  Jean  Le  Conte  ou  Le  Cointe,  chanoine  d' A vranches 

Paris,  t.  I,  p.  936.  et  de  Saint-Marcel.  (Voyez  Recherches  sur  l'origine 

'*'  Archives  de  l'Empire,  LL,  an,  fol.  aaa.  de   la  chirurgie,  Paris,    1746,  in -8°,  Preuves, 

'''  La  liste  générale  des  prévôts  des  chirurgiens  p.  388.) 


LES  LKTTUKS,  LKS  ARTISTKS  KT  LKS  ABTISANS  a  PA8I8.        A43 

t^colcH  (le  la  rufl  de  lu  BûrliL'ric  Ia-h  prof^ri;»,  m>u>  ck  rn|tp<>rt,  fuririil  ai  lasto,  qu'an  ttfti 
[iidiiif  au  XVII*  tttècle  lo»  occaiiionit  de  diiisi'-(|uer  nVitainnt  ni  moiiu  nn»  ni  moins  racbcr- 
<-h('M>fi  '".  (iilIcK  .Sou»-lc-Fuur  ne  |iut,  mju»  ce  rapport,  que  hâter,  non-teulement  deutfami, 
mai»  de  .s<>k  parolex  et  de  geit  ëcriltt,  l'heure  où  la  rhirurgie  lierait  comaUtaHMOl  éauuKMAe. 
Nous  nt*  |)i)Uvr)iiN  alliriucr,  mai»  nous  inrlinon.»  h  rroirc  qu'il  fut  uoar  qaalqiM  rhwr  din» 
la  iV-ièlirc  ordoiiiiancf  <!<■  (iliiirl<-^  VI  relative  au\  travaux  de  diaMctioo "*.  «Le  jour  où  l« 
«  Hdi,  dit  V.  Le  Clerc,  donna  ou  confirma  la  |N!ruiiMion  de  délivrer  annuellemeol  un  ca- 
"davre  de  HU|i|ilicii'  h  la  Faculté  de  médecine,  et  reconnut  ainsi  que  le»  études analoaHqa« 
f  valent  mieux  pour  un  médi;cin  que  lejt  arguments  hubtils  ou  Im  aeents  ramalureU,  ce 
"jour-iii  il  avait  rerouvr/'  la  raison '".»> 

NouN  soiiiiiie.s  plus  cerluins  d<-  la  part  que  Gilles  Sou»-le-Four  prit  i  la  réhabilitation 
de  l'art  chinirgical,  d'abord  prè«  de  la  Faculté  de  médecine,  puis  devant  l'opiaion  pu- 
liliijue.  Voici  dans  quel»  termes  l'auteur  des  Recherche»  lur  rorigmt  dt  la  ekirmrgie  parle 
de  la  démarche  faite  par  la  communauté  des  chirurgiens  pour  arriver  au  résuilal  qu'elle 
désirait  si  vivi'iiiciit. 

~Mal),'ré  la  jalousie  des  médecins,  les  Facultés  adoptèrent  enfin  les  chintrgiens.  IMs 
"  1390,  elles  s'éloient  assemblées  pour  examiner  les  représentations  du  coUëge  de  SainU 
"  Louis.  Gilles  de  Souiphour,  maître  es  arts  et  en  chirurgie,  parut  dans  celte  aMMabMe  & 
"  la  tête  des  matlrcs  et  d<>s  licenciés  de  son  art  ;  il  parla  avec  l'assurance  d'un  hoouni*  qui 
«  n'allfudoil  pas  des  refus.  Au  comm<>nci-ment  de  son  discours,  il  prodiipia,  suivant  l'usagr, 
"des  litres  respectueux  que  la  iiiodeslii'  des  sçavans  n'a  jamais  rebutés;  il  s'adressa  aux 
"chefs  des  Facultés,  en  leur  donnant  le  nom  de  Messieurs  et  de  Maîtres;  il  leur  repré- 
-senta  ensuite  que  les  chirurgiens  n'étoient  pas  étrangers  à  l'Université,  que  leur  art 

'  Le  u-j  mars  1696.  les  r^gsnts  de  la  nio  de  dans  l'ampbitlM^tredelanMilelaBédMrie,  Itea- 

1(1  lliVIierir  etirt-nt  In  joie  de  di«<qner  le  corps  d'un  davre  d'une  fciiime  qai  avak  Hé  pandas  fasl^aas 

|ifluvi'o  8ii|)|>lioio  uotiunë  Jean  Despatures;  mais  jours  auparavant.  L'histoire  «le  ee  eadavn  ail  asMS 

ces  bonnes  forliiaes  leur  arrivaient  ataoi  mreiiicnt.  MOgnlièfe.  ConeMë  d'abord  par  le  boarrean  k  Jeoa 

La  Fiiculté  n'nvnii  pus  de  local  où  elle  put  fain»  de  Lorroe,  mMsein  ordinairs  de  Lmw  XIII.  pa» 

npportcr  les  catluvrcs  et  les  ouvrir  chei  elle;  de  réclamé  par  la Pacnllë,  qnî.asals,  avait ledraîl  dr 


si)rtc  que,  comme  cela  se  fit  en  mars  lôfi^  |iar  profiter  de  eesboaaasoeeanoas,  il 

Jiircpies  (ioii|>il,  sur  le  c(>r|>s  d'une  feniiiie  morte  le  doyen  et  leiroavé  dans  la  aMÎna  arfassds  es  1 

en  travail  puer|H'ral,  elle  dtait  oblif^éc  de  faire  ces  dedn  royal.  De  là .  pr  oc^s- verfisl .  ( 

rnn's  (léMionslrulions  dnns  les  raveaiu  de  riiôtel»  lier,  etc.  S'appayaul  sur  *oa  titre  de  I 

Dieu  ;  ou  bien  les  maîtres  réfrents  era|Kirtaient  les  noire  du  Roi ,  et  ne  rssaaaaianal  ponr  chsf  <pe  1» 

riirps  rhez  eux  et  m>  livraient  avec  anleiir  h  l'étude  premier  nH<deda  deSs  Hsjsrié.qaiélsîlslsn  Jaa 

lie  In  nature.  (î'cst  avec  un  nulile  sentinienl  d'orgueil  lli'rouani .  Jean  deLonaerdassdsivrer  iseadavi*. 


que  l'illusln;  Joripies  Sylvius  roronic,  dans  son  /•••        Le  lendemain,  secoode  ienlative  de  i 

/^oj^f,  imprimé  en  i.^S.')  (fol.  rm  il  xi'(|      ipi'il  |iiil  1  nmpagint  fslis  fcii  da  linalnasat  lia  ftMt 


dis.Ht'tpier  dans  hoii  propre  cobimi .  iioii  M'ulrnirn!  'Iix-sapt anhsn.  Ls cadavrs  sM  salsvf,  jalf 

des  sin)[es.  des  hreliis,  di>s  roeliori'i,  lui  chien,  un         dans  une  thsrwitlS  St  porté 


eerf,  une  truie,  mais  enrore  un  ninrun  qui  s'était       éeoies  ds  la raedelaBAeharia.(iViliiiesar fcsdnlia 
tué  en  londiant  du  faite  d'une  niais<in.  une  femme        Jt  oïdfcnai  dt  ii  nw  di  ii  Mrtirw .  par  le  1 


morte  en  rourlies  et  une  jeune  tille  qui  avait  sur-        Achffle  Qiéreaa,  p.  16  et  18.) 

rondié  il  une  nlTirtion  squirrheuse <^  Oritnumtu  dm rm dt  f^mM ,  L  VIII .  p.  -^ 

Le  30  décembre  iCjo,  lliolau  put  disséquer.  ''  flMfcireli**wr»d»iifVBa«»,tXXIV.p.  4;:» 


ààfi  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

«n'avoit  été  confié  qu'à  des  mains  éprouvées;  que  les  rois  avoient  excité  et  récompensé 
t^  l'émulation  des  chirurgiens  par  divers  privilèges  ;  que  ces  droits ,  en  honorant  le  mérite , 
«écartoient  l'ignorance;  que  l'inobservation  des  lois  ruinoit  la  chirurgie,  cet  art  si  utile 
«aux  hommes  ;  qu'elle  éloit  en  proye  à  tous  ceux  qui  étoient  assez  hardis  pour  l'exercer; 
r^que  des  charlatans  abusoient  de  la  crédulité  du  public,  en  se  travestissant  en  maîtres  de 
«l'art;  qu'ils  avilissoient  une  profession  honorable;  que  la  vie  d'un  nombre  infini  de 
«malheureux  étoit  exposée  aux  pièges  de  l'avidité  et  de  l'ignorance.  Ces  chirurgiens  si  in- 
«  dignes  d'un  tel  nom,  ces  chirurgiens,  dis-je,  contre  lesquels  Gilles  de  Soulphour  s'éle- 
«voit  avec  tant  de  force,  étoient  surtout  les  barbiers,  qui,  sous  les  auspices  des  médecins, 
Rvouloient  s'ouvrir  l'entrée  de  la  chirurgie.  S'il  ne  nomme  point  les  auteurs  de  tant  de 
«troubles,  il  veut  ménager  leurs  protecteurs;  mais  il  les  accuse  tacitement,  et  ils  n'osent 
«se  défendre. 

«Après  avoir  exposé  les  malheurs  de  la  chirurgie,  les  députés  tâchèrent  d'exciter  le 
«zèle  de  l'Université  ;  ils  demandèrent  à  ce  corps  célèbre  des  défenseurs  de  leurs  privilèges. 
«En  lui  recommandant  leurs  droits,  ils  crurent  lui  recommander  ses  intérêts  propres,  un 
«art  qui  lui  appartenoit,  le  progrès  des  sciences,  la  sûreté  publique.  L'affaire  fut  d'abord 
«renvoyée  aux  maîtres  es  arts  et  aux  nations;  mais  leurs  délibérations  furent  précipitées; 
«elles  se  réduisirent  à  en  demander  de  nouvelles.  Toutes  les  Facultés  furent  convoquées 
«ensuite  par  le  recteur;  mais  elles  demandèrent  de  même  un  examen  plus  approfondi. 
«Toutes  décidèrent  qu'on  nommeroit  des  commissaires,  que  les  représentations  de  Soul- 
«phour  leur  seroient  communiquées,  qu'ils  vérifieroient  les  titres  et  les  droits  de  la  chi- 
«rurgie.  Enfin,  après  un  examen  sévère,  non-seulement  on  ne  rejeta  pas  les  chirurgiens, 
«mais  on  vit  clairement  la  réalité  de  leurs  droits;  on  adopta  leurs  titres,  c'est-à-dire  ces 
«  lettres  patentes  où  ils  sont  expressément  déclarés  licenciés ,  oti  leur  société  est  érigée  en 
«Faculté.  Il  est  vrai  que  les  commissaires  ne  parlent  ni  de  licence  ni  de  doctorat  ;  mais,  si 
«les  chirurgiens  n'avoient  dû  leur  titre  qu'à  l'usurpation,  n'auroient-ils  pas  été  dépouillés 
«  de  ces  ornements  étrangers  à  leur  profession  ?  Les  Facultés  ne  se  seroient-elles  pas  révoltées 
«contre  de  tels  abus?  Du  moins  n'est-il  pas  certain  que,  dans  des  actes  pleins  de  ces  titres, 
«elles  n'auroient  pas  trouvé  des  motifs  de  protection.  Cependant,  sur  la  foi  de  ces  mêmes 
«actes,  elles  offrent  un  appui  aux  chirurgiens,  elles  se  déclarent  ouvertement  contre  les 
«barbiers  et  contre  leurs  protecteurs;  elles  reconnaissent  dans  le  collège  de  Saint-Louis 
«des  élèves  dignes  de  l'Université.  Les  chirurgiens  restent  donc  en  possession  des  titres  de 
«licenciés,  de  bacheliers  et  de  membres  de  la  Faculté  '".  » 

Jean  La  louguo  citatiou  que  nous  venons  de  faire  prouve  que  les  chirurgiens  avaient  un 

Denis Sous-ie-Four.  exccllcnt  avocat,  puisqu'ils  obtinrent  gain  de  cause  :  mais  tout  n'était  pas  terminé,  et  les 
difficultés  devaient  renaître  encore.  Il  semble  alors  que  la  mission  dont  Gilles  Sous-le-Four 
s'était  personnellement  chargé  devienne  héréditaire  dans  sa  famille.  En  i&36,  son  fils  Jean, 
venerabilis  magtster  Joannes  de  Sub  Fumo,  dit  la  Faculté  de  médecine,  est  député  par  ses 
collègues  pour  demander,  non  plus  un  secours  temporaire  contre  les  charlatans  cl  les  em- 
piriques, mais  une  assistance  et  une  protection  permanente  contre  les  intrus.  La  Faculté 

'■'  Recherches  sur  l'origine  de  la  chirurgie,  p.  i64  et  suiv. 


LKS  LKTTn|::S,  LKS  ARTISTKS  KT  LES  ARTISANS  A  PARIS.        éU 

xe  rt'iunit  pourontcmln;  Ich  nMnontranc(>«  thm  chirurgîeofl^".  «Jean  de  Soulphour  paial  daw 
-cette  (isN(>rrihl(^(',  accom|iaf;n<^  de  piusinura  de  »et  confrères.  Nom  m  mnntUmnm  M  dbi» 

-  riir|;i(!n ,  dit  i'ntiti'ur,  qiio  par  son  ziile  pour  la  gluire  de  m  profeetion;  conne  u  c»  lèb  eAl 

-  /tlfi.  aHiicM  il  Hon  norn ,  il  Riiivit  toiijoure  les  tracée  de  Gillee  de  Soulphour Il  cbeitlui 

-  m^nio  lin  ii|i|iui  plus  anNurf^  cpin  la  protection  an  Facultf^,  rar  il  le  cberdia  6am  le  m6- 
-rit*!  (le  Noii  iirt'^'.n  Ce  mi^rite  est  ntlest/;  par  le»  di(;nil«'fH  dont  Jeao  SoM  U  Four  était 
revAtij  :  il  était  rliirurgicn  du  (^liAtelct,  et  avait,  en  c<;ttc  qualité,  à  viatler  lee  m#*filf  de 
riIôlcl-Uimi  '''.  Df^nis  Sous-l<^Four,  fils  de  Jean  et  petit-fiU  de  Gillc»,  te  montra  digoe  de 
MU  père  et  de  son  aïeul  :  il  appartient,  dit  M.  Achille  Ch/'reau,  k  U  brillante  pléiade  dw 
dorleurs-rëgenU  de  la  Farultéde  médecine.  Candidat  en  i  Itfnj,  licencié eo  l&&t,éla  dojfOB 
trois  fois,  en  i/ir>/i,  i/iSf)  et  1^180,  il  mourut  dans  l'eterrire  de  «on  troiaiAne  déCHMl, 
laissant  une  réputation  au  moins  égale  h  celle  que  ses  aM;endants  lui  afaieot  légnée. 

Los  astrologues,  dont  il  nous  reste  à  parler,  sont  nomhreut  au  tif*  siècle,  et  l'Italie 
ronliiiiiera,  pendant  deux  siècles  encore,  à  en  fournir  h  la  France.  On  ignore  aaset  géo^ 
raictiieiit  aujourd'hui  (|ue  les  prédictions  chimériques  fondées  sur  l'obserration  des  astre* 
avnieiil  pour  elles,  nu\  xiv*  et  xv*  siècles,  outre  les  tendances  crédules  de  res{»nt  humain, 
l'autorité  de  suint  Thomas  d'Atpiin  et  de  plusieurs  aulrt>s  céh'^bres  docteun.  «  Cette  science 
«est  vraie,  disait  Gerson,  mais  elle  est  dégénérée;  qu'on  travaille  h  la  rétablir.*  Il  faut 
croire,  |)oiir  l'honneur  du  docte  chancelier,  tpi'il  voulait  la  conduire  h  ses  deux  abouliMianls 
niitiin<ls,  l'iistronomie  et  l'almannih,  et  l'arracher  ainsi  aux  habitude»,  de  vaine  prédiction 
qui  la  déconsidéraient  ''.  Il  fut  aidé  dans  cette  tAche  par  Jean  de  Lignières,  l'auteur aoonviuc 
de  l'ouvrage  intitulé  De  temjtore  pharnuieandi.  Arnauld  de  Villeneuve  publia  des  canons  des 
Tables  alphonsincs,  une  Théorie  des  planètes,  la  description  d'un  instrument  astronomique 
des  Arabes  et  mérita  le  renom  de  grand  astrologien  (en  bonne  part)  que  Trithemiu*  lui 
donna  dans  l'Age  suivant.  Jean  de  Li);nières  fut  le  précurseur  de  ces  ingénieux  Cuseon 
d'almanachs  (pii  averti.ssenl  encore  aujourd'hui  nos  paysans  du  jour  où  il  fait  «bon  pour  se 

''  1.»  supplique  dtM  cliinirgiens  débutait  oiiioi  :  ''  Hetkerthei  nr  Vitngimài  U  dtinÊrgm,  p.  1 68. 

irRectnr,  et  vos  alii  domini  moi  et  iiiagistri  niei  ">  Uililiolh.  imp.  IMpartaBcal  des 

''priinttniitiMimi ,  nos  huiiiilos  vnslri  scliolnres  ol  di»-  Kcnux ,  vol.  I .  fol.  iS&  »*. 

-ri|>iili  veniinus  nd  venei-nliiles  doiiiinnlionra  vos-  "  Il  parait  rcrtain  qm  GerHW  a 

finis,  hiiniiliori  qiin  possiimus  modo  siipplicjiliiri,  guer  une  vraie  et  une  fausw  istiolugîs,  SSS»  y'— 

-ciinsiiliraiiti's  i|uod  iiioiloriiis  t<<m|Miriliiis  coiilra  puiwe  bien  diJmiier,  après  Tavoir  la.  ce  <|M  psal 

"Imiiiuiii    ri'ipiibline    piiircs   insur^pint  idxisores.  Atrc  l'astrologie  vMtabie.  En  iSçS,  la  CmiiIi^  de 


•  ralsj  i>i  lirtirliinir|[i.  venembihiii  rhinir);in' scion-        tbëoiqpe  iaoça,  k  son  iastigaliaB.  aa  iéuvt  tm 
r'Iiiini  iiiiixiino  dotiirpiiiitt^. o  Après  un  dolnil  rir-        TÏngi-sepI  arlidei  «|ai  eoadsanait  li  aH^pa i|aaS- 


roiisliMirié  i\n  d(^o^ln<s  qiio  C4iusflient  les  char-        (>ée  par  lui  d'erreor  eootre  la  fai,  la 

latnns.  los  d(<pllll^  ronriureiit  ainsi  :  oQuarc   in        nalareiie  et  l'astrologie  *nie,  aattkgmutrm  (Or 


"subsidium  n-ipublirv  ia»(a*.  et  levonicfl  gravami-        tmritm  tinm  mtim  wêagiemm).  UtHÊtn  pstt.  ioa 
■  iium  nobis  illalonim ,  nos  0  studio  dislmbentium .        tniié  Dt  rtmtttu  tmimtmm  mdtrwm  H  le 


'rot  nosiriiriini  privili>);ionim  rnnsor\n(ionpm,  di);ne-        0mlnèifi0  l4«sly'isas  eoatîsaMal  MBa  esaiplilacl 
"iniiii  nos  pro  nssortioiio  liiijiisiiiodi  reparatioois        solide  rAiiatÎM  éss  1 


'vobisciiin  ndjim);rn<.  ot  sivniidum  discretioMs  qui  n'a  pss  sipéché  Syaseo  de  Phsws  <b  h 
irvoslnis  nos  jiiMiro.  -  l/aiïuii'o  nin^i  pro|)osée  fut  lar,  luietSM  BMtIn  PicRvd'Aflj.paraN  ks 
ronvoyiio  iiiix  Fnciiitt's  ot  nti\  .\atious.  kgwsdees 


àà&  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

-ç saigner,  bon  pour  prendre  médecine.»  On  doit  savoir,  en  effet,  disait  l'astrologue  auteur 
(le  ce  traité,  «quand  H  lune  passe  parmy  les  douze  signes  du  firmament,  a  quoy  elle  est 
wboine  ou  maie.» 

Presque  tous  les  renseignements  qu'il  est  possible  de  recueillir  sur  les  astrologues  de  la 
fin  du  xiv'  siècle  et  de  la  première  moitié  du  xv'  sont  consignés  dans  un  catalogue  que 
Simon  de  Phares  rédigea  sous  le  règne  de  Charles  VIII.  Nous  avons  vainement  cherché  dans 
ce  document  le  nom  de  Henri  de  Fontaines,  lequel  est  peut-être  le  même  personnage  qu'un 
certain  Jean  de  Fontaines  qu'on  trouve  mentionné  assez  fréquemment  dans  les  registres  de 
la  Faculté  de  médecine,  de  iSgô  à  ilioo;  mais,  en  revanche,  nous  y  avons  recueilli 
certains  détails  curieux  sur  la  protection  accordée  aux  astrologues  et  à  l'astronomie  par 
Charles  V,  ainsi  qu'un  certain  nombre  de  noms  propres  correspondant  à  l'époque  dont 
parle  Guillebert  de  Metz.  Voici  le  passage  relatif  au  royal  protecteur  de  Thomas  de  Pisan  : 

«Charles  le  Quint,  dit  le  Sage,  vertueux,  débonnaire,  bien  amé  de  tout  son  peuple  et 
r  craint  des  estrangiers.  Cestui  ayma  tant  la  science  de  astrologie  qu'il  fist  translater  tous 
«les  livres  qu'il  peut  trouver  de  la  science  des  estoilles,  et  entre  autres  fist  translater  de  latin 
«en  françois  le  Quadripartiti  Ptholomei,  le  Cmlillogue,  Abraham  Avennerze,  Guido  Bonati, 
v^Hali  Abenragel  et  plusieurs  autres.  Il  eut  en  merveilleuse  recommandation  les  astrolo- 
«giens,  et  se  gouverna  par  eulx,  et  par  especial  par  ung  nommé  maistre  Gervaiz  Chres- 
«tien,  qui  fut  grant  et  proffond  astrologién  et  médecin,  comme  dit  est.  A  la  requeste 
«duquel  et  autres  de  son  sang  aymanl  la  dite  science,  et  par  grande  deliberacion  de 
«son  grant  conseil  et  de  toute  l'Université  de  Paris,  il  voulut  construire  (et  de  fait  le  fist) 
«et  ediffier  et  a  Paris  fonder,  ou  meilleur  lieu  de  l'Université  de  Paris,  ung  collège  de 
«  astrologie  et  médecine  ou  il  mist  plusieurs  livres  singuliers  des  dites  sciences  en  grant  et 
«merveilleux  nombre,  et  telz  et  semblables  livres  que  la  court  de  Parlement  me  a  renduz 
«et  des  semblables  de  ceulx  qui  sont  en  différant  et  que  l'en  maintient  superstitieux 
«contre  vérité;  y  mist  aussi  plusieurs  astralabes,  equatoires,  speres  et  autres  inslrumens 
«  comme  saphées ,  désirées  et  semblables ,  laquelle  fondation  il  fist  confermer  par  le  pappe 
«Urbain  V^  etc.'"» 

Vient  ensuite  la  liste  des  principaux  astrologues  qui  vécurent  de  la  fin  du  règne  de 
Charles  V  jusqu'au  terme  de  la  domination  anglaise.  Nous  avons  extrait  de  ce  catalogue 
les  noms  les  plus  marquants. 

«Maistre  Marc  de  Gennes,  grant  astrologién  et  médecin  résidant  a  Paris. 

«Alexis  Volant,  docteur  a  Paris  en  médecine,  souverain  astrologién. 

«Jehan  de  Marisi,  maistre  es  arts  à  Paris,  fist  une  prenostication  environ  ce  temps. 

«Gilles  de  Louviers,  chanoine  de  Paris,  fut  moult  expert  astrologién. 

«Maistre  Jehan  Petit,  docteur  en  théologie  et  grant  astrologién,  fist  une  terrible  propo- 
«  sition  a  Paris '^'. 

«Maistre  Phelippe  de  Montoire,  docteur  a  Paris  en  médecine  et  souverain  astrologién, 
«fut  en  ce  temps  a  Paris  prenosticaire 

«  Maistre  Aubert  de  Phares ,  docteur  a  Paris  médecin  et  astrologién . 

'''  Recueil  des  plus  célèbres  astrologién»,  par  Sy-        soutenue  après  l'assassinat  du  duc  Louis  d'Orléans. 

mon  de  Phares.  Cette  doctrine  était  particulièrement  odieuse  aux  as- 

'*>  Allusion  à  la  fameuse  doctrine  sur  le  régicide ,        trologues ,  dont  elle  réduisait  les  horoscopes  à  néant. 


LES  r.ETTllÉS,  LES  ARTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS.        UT 

"  Fctriis  (If!  Monto  Allinn.  Iïh.-ui  Ii-s  ara  a  Paru,  fouffisamnient  iiutruit  eo  la  aàtÊm  im 
"jUfjf'iTUînH  (le  nslrolo}jir. 

«Charles  (rOr([emonl,  docteur  a  l'«ris. 

"MuiHtre  Jehan  Genton,  chancelier  de  l'eglicc  de  Paria,  doetoarm  UmoIo^,  dwiiiih 
"(lu  (iil  rnriliii.'il  (Pi<-rri-  «l'Ailly,  qui  crut  ëgalemeot  à  l'astrologie). 

'•■  Miii.slri!  Uenis  de  Suzennes  fut  en  ce  tffmpfl  a  Pari*  MuffiMOt  MiroloaMI. 

«  McKHire  l'ierre  de  Saint  Vullerien,  chtinoine  de  Piiriil  fiipnrl  nn  ■imfcwiMOiMMllilllagia. 

«En  ce  temps  fut  a  l*ari.s  niui»tre  Hollande  Srri|itori«,  deans  aomni,  boaaiIrologiM, 
"lerpiel  eut  différend  avecq  niaistre  Laurens  Musce  our  la  calcullalion  de  ion  afaMMcfc 
■•|M)ur  l'an  mil  cco:  wxvii,  le(|uel  fut  mis  es  mains  du  recteur  de  l'Univenil^  de  Paria  poar 
"  i'ti(|uiTir  (le  la  vent(>  du  dit  dilferend  ;  et  furent  esleuz  par  le  dit  racteur  et  «irmntif  poar 
xre  l'aire  maistre  Symon  de  iioesmarre  et  maistrc  J(!han  de  Treda,  ■irtaHfi  ér»***"*'  i*«i 
"  llieolo(;iu  et  i^rans  astrologiens,  lesquelz  en  discutèrent  hien  et  verlMManaol"'. 

\ .  Le  Clerc  a  fait  olMervcr  avec  raison  (|ue  le  catalogue  de  Simon  de  Phares,  quoique 
fort  étendu,  est  assez  incomplet,  puis(iu'on  n'y  trouve  ni  L<;on  de  BagnoU,  ni  Jean  de  Ba»- 
>i|;ni.  célèbres  pronosticnleurs  du  milieu  du  \iv*  siikle.  Il  n'y  e>t  |>as  qu(>«lion  non  ploa  de 
(înillaiime  de  Louri,  (|ui  résidait  ù  iiour|;es  et  '■  fut  envoy*^  quérir,  pour  Mm  j^anl  seu  et  nn- 
'■|;uliere  expérience  de  la  science  des  étoiles,  par  les  Anj^loys,  et  y  alla  volontien,  poar  cr 
t(|ue  c'cstoit  pour  desennuyer  le  bon  roi  J(>lian  (|ui  fut  pris  a  Poidicrs  le  lundi  m  de  *ep- 
Tlemhre  h.cxc.lvi,  comme  il  avoit  prédit.»  Simon  de  Phares  passe  éfjalemeat  lona  alaMe 
Pierre  de  la  Bruyère,  «qui  fist  plusieurs  instrum(>ns  servant  a  la  thi>orie  et  plusieun  beani 
njuf^eriieiis;')  Jacqu(>s  de  Saint-André,  Ri|ui  pronosli(|ua  la  délivrance  du  roi  Jehan  et  la 
"victoire  de  Bertram  (^lakin  a  Cochcrel '^'. n  Ces  omissions  ou  ces  oublis  prouvent  qae  le 
iiond)rc  des  astrolo|;u(>8  était  fort  considérable,  et  que  leur  vaine  science  avait  le  privilège 
d'amuser  (piand  elle  n'effrayait  pas.  Elle  persista  h  garder  ses  entrées  k  la  cour  de  France 
jusfpie  vers  le  milieu  du  xvi*  siècle  :  il  n'est  personne  qui  ne  connaisse  le  monument  enoorr 
debout  (|uc  lui  ébtva  la  reine  Catherine  de  Médiris,  et  l'horoscope  tiré  lors  de  la  naiwaiirf 
de  Louis  \IV '').  Depuis,  les  «astrolojpensn  ont  cessé  de  lire  dans  le  ciel  les  deattoéet  de* 
princes ,  et  les  poètes  leur  ont  succédé  dans  cet  emploi.  La  poésie ,  qui  «  vil  de  OMiitariM,  •  a 
pronosti(|iié,  elle  aussi,  des  règnes  d'or  et  de  soie  ;  mais  cette  astrologie  rimée  M  troiBpe 
personne,  et  les  événements  ont  pu  lui  donner  impunément  plus  d'un  dénieati. 

6°  LES   ÉCRIVAINS   ET   LKS   KNLL'MI!«IEURS. 

(lBS  DEt'X  FLAMEL,   (iOBERT,   SICARD.   CRBSPY,   Gl'IU.B>l!<l ,  PRRRn. 
LBS  TRUIH  FRÈRES  E:hLIIII:«BUR8,  ITC.) 

Au  moment  où  fiuillebert  de  Metz  vint  exercer  h  Paris  son  métier  de  t  InuMcripvain ,  * 
l'art  de  la  ralli|;ra|)bie  et  de  la  miniature  était  arrivé  h  un  haut  |Miint  de  perfection.  Leale- 
riient  élaboré  dans  les  cloîtres  où  on  le  cultivait  avec  amour,  sécularisé  ver»  le  milieu  ém 
xiti*  siècle  par  les  universit(Vs  qui  en  (in>nt  l'auxiliaire  de  leur  enaeiglMaent,  adopta  par  le» 


<■>  Btema  dm  fba  cUrbn»  aUnl^pmê.  '^  D  t'i^it  de  k  eoloiiBe  adwrft  ai^nwdTwi  è 

>'>  HUloirt   liuérmn  4»  la  Fimtt,   L   XXIV.        la  H«lk*  au  bi<f.  «H  .{ui  iuMl  pwlie  de  II1MI  dt 

p.  hM  et  A8Ô. 


'  ààS  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

rois  et  les  princes,  dont  il  ennoblissait  le  luxe,  ainsi  que  par  la  riche  bourgeoisie,  qu'il  ini- 
tiait peu  à  peu  aux  jouissances  de  l'esprit,  il  était  alors  l'une  des  gloires  de  la  capitale,  et 
devait  nécessairement  figurer  avec  honneur  dans  le  tableau  de  la  vie  parisienne  que  notre 
auteur  s'était  proposé  de  tracer.  Témoin  des  splendeurs  que  faisait  éclore  la  plume  de 
l'écrivain  ou  le  pinceau  de  l'enlumineur,  et  juge  compétent  des  œuvres  accomplies  par  leurs 
soins,  Guillebert  de  Metz  nous  a  conservé  des  noms  inconnus  aujourd'hui,  mais  dignes 
d'être  placés  à  côté  du  sien.  Ce  qu'il  a  omis,  et  ce  que  l'érudition  moderne  a  retrouvé,  ce 
sont  les  antécédents  de  cet  art,  les  pères  de  ces  artistes,  les  procédés  qu'ils  employaient  et 
les  merveilles  qu'ils  ont  enfantées. 

Les  copiste  La  copie  des  livres  est,  comme  on  le  sait,  d'origine  monastique.  Dès  le  iv"  siècle, 

ans  es  menas  ères.    ^^.^^  PauliH ,  évêquo  do  Nole,  eu  intcrdisaut  toute  autre  occupation  à  ses  moines,  leur 
recommandait  les  travaux  de  transcription  : 

(r  Exercera  artem  prohibet;  conceditur  unum 
fScribendi  studiuin,  quod  mentem  oculosque  manusque 
TOccupet » 

Guignes,  cinquième  prieur  de  la  Grande -Chartreuse,  non  content  de  copier  lui-m4me 
avec  une  grande  perfection,  apprend  son  art  à  ses  jeunes  religieux  :  «Nous  voulons,  dit-il, 
R  conserver  les  livres  comme  étant  l'éternelle  nourriture  de  nos  âmes.  »  Osberne ,  abbé  de 
Saint-Evroul ,  pousse  l'humilité  et  le  zèle  jusqu'à  fabriquer  lui-même  des  écritures  pour 
les  copistes  ;  Arnaud,  abbé  de  Sainte-Colombe-lez-Sens,  passe  sa  vie  à  faire  transcrire  des 
ouvrages  historiques;  Robert,  abbé  du  Mont-Saint-Michel,  ne  fait  pas  copier  moins  de  cent 
quarante  volumes;  Théodoric,  abbé  d'Ouche,  copiste  éminent,  fonde,  dit  Orderic  Vital, 
une  école  de  calligraphie  d'où  sortent  un  grand  nombre  de  scribes  du  plus  grand  mérite. 
MM.  Paul  Lacroix  et  Edouard  Fournier,  à  qui  nous  empruntons  une  partie  de  ces  détails, 
citent  dans  leur  curieux  ouvrage  '"  les  paroles  d'un  religieux  de  l'abbaye  de  Saint-Victor, 
d'où  il  résulte  que  les  monastères  parisiens  étaient  à  la  tête  de  ce  mouvement  de  trans- 
cription :  «Il  y  a  dans  notre  abbaye,  dit-il,  des  moines  à  qui  l'abbé  a  confié  le  soin  de 
«  transcrire  des  livres.  Le  bibliothécaire  est  chargé  de  leur  donner  des  ouvrages  à  copier  et 
w  de  leur  fournir  tout  ce  qui  est  nécessaire.  Les  copistes  ne  peuvent  rien  transcrire  sans  son 
w consentement.  Une  salle  particulière  leur  est  destinée,  afin  qu'ils  soient  plus  tranquilles 
«et  qu'ils  puissent  se  livrer  à  leur  travail  loin  du  trouble  et  du  bruit.  Là,  les  copistes  sont 
«  assis  et  doivent  garder  le  plus  grand  silence.  Il  leur  est  défendu  de  quitter  leur  place  pour 
«se  promener  dans  la  chambre.  Personne  ne  peut  aller  les  visiter,  excepté  l'abbé,  le  biblio- 
«thécaire  et  le  sous-prieur.» 

La  salle  dont  parle  le  religieux  de  Saint- Victor  était  le  scriptorium,  lieu  sacré  qu'on  bé- 
nissait comme  un  sanctuaire  et  qu'on  honorait  presque  à  l'égal  d'une  église  ®.  On  y  gagnait 

'''  Histoire  de  l'imprimerie  et  des  arts  qui  s'y  rat-  irhoc  scriptorium  famtJorum  tuoruni  et  omnes  ha- 

tachent,  Paris,  iSSa,  in-8%  p.  16.  frbitantes  in  eo,  ut  quidquid  divinaruin  scriptu- 

'*'  On  trouve  dans  les  rituels  monastiques  la  for-  trrarum  ab  eis  lectum  vel  scriptum  fuerit,  sensu 

mule  de  bénédiction  usitée  pour  le  scriptorium;  ircapiant,  opère  perficiant,  per  Dominum  nostrum 

elle  est  ainsi  conçue:  sBenediceredigneris,  Domine,  trJ.  G.» 


LES  LETTHÉS,  LES  AKTISTES  ET  LES  AHTISANS  A  PABI8.        449 

Ui  cid,  en  ciïet,  tout  aum  Wwii  qu'au  pied  <Ivs  autd»  :  «hcrivex,  dÎMil  Théodoric  k  m» 
"  moinoti  ;  une  lettre  tracée  dan»  ce  monde  vous  sauve  uo  pëcbé  dans  l'autre;»  et.  à  Teppiu 
de  ccM  consolante»  paroles,  l'uhbi!'  d'Ouciic  leur  racontait,  dans  «on  lèle  naïf,  !■  y^eode  de 
vv.  rcli|;icux  copiste  tpic  les  anges  et  les  démons  conduisent  après  ta  mort  devant  le  lr6M 
(ii>  l'Eternel,  cein-ri  caiculuiit  les  fautes  innomhralile.H  du  défunt,  ceui-lik  comptant  i« 
lettres  (|u'il  avait  tracées  pciidunt  su  vie  dans  le  silence  du  icriptorium.  Kntin  le  nombre  de* 
caractères  écrits  sur  le  vélin  dépassa,  d'une  seule  unité,  celui  des  fautes  <|ue  le  cailigrapbe 
uvnit  sur  lu  conscience,  et  Dieu  lui  fit  miséricorde"'.  De  (tareils  récits  ne  pouvaient  qu'eo- 
tlununcr  le  z(Me  des  copistes  dans  les  monastère»,  sartout  lorMpi'il»  avaient  |Kiur  les  sti- 
muler un  al)l)i'  cotnine  Trillieniiiis  (voir  ri-dessus,  p.  iu5.  note  3  ) ,  ronteni|Mrain  de  notre 
auteur.  Kn  plaçant  ses  moines  dans  les  salles  du  icriptorium,  Tritbcmius  leur  disait:  ^Que 
<■  l'un  corrige  le  livre  «pie  l'autre  o  écrit  ;  (ju'un  Irnisième  fasse  les  ornements  à  fencre 
"rou|;o;  (|uc  celui-ci  se  charge  de  la  ponctuation,  un  autre  des  pcinturi?*;  que  relai-ià 
'  rolle  les  feuillets  et  relie  les  livres  avec  des  tablettes  de  bois  ;  vous,  prépaies  ces  lableltes; 
"VOUS,  apprête/  le  ruir;  vous,  les  lames  de  métal  qui  doivent  orner  la  reliure.  Que  l'un  de 
Tvous  tnille  les  feuilles  de  parchemin;  qu'un  autre  les  poliss«> ;  qu'un  troisième  y  trace  au 
•f  crayon  les  lignes  (|ui  doivent  guider  l'écrivain  ;  cnnn,  qu'un  autre  prépare  Tencre  et  ad 
«outre  les  plumes '''.»  C'est  le  principe  de  la  division  du  travail  appliqué  dès  le  tt*  siède 
au  plus  littéraire  de  tous  les  métiers. 

L'atelier  moua8li(|ue  embrassait  donc  la  fabrication  complète  du  livre  :  il  comprenait 
surtout  la  clirysographie  et  la  miniature,  que  l'antiquité  avait  léguées  au  moyen  Age,  et 
dont  l'art  clirélicn  s'était  empressé  de  prendre  possession.  Il  faut  lire  le  «avant  traité  de 
Goltlieb  Schuarz  pour  savoir  jus(|u'ù  quel  point  les  anciens  avaient  poussé  le  luie  de  la 
copie  et  de  l'enliuninure'''.  Klevés  i\  leur  école,  les  copistes  et  les  miniaturistes  du  moyen 
tige  imitèrent  d'abord,  plus  ou  moins  servilement,  leur  manière  et  leurs  procédés,  de  telle 
sorte  rpi'il  y  eut  lii,  comme  en  architecture  et  en  peinture,  un  art  roman  et  byzantin.  Le* 
progrès  de  cet  art  se  mesurent  au  développement  que  prit  successivement  la  lettre  initiale  : 
tracée  d'uhord  au  niveau  des  autres  et  sans  plus  d'ornement,  elle  fut  ensuite  coloriée  en 
cinabre,  pour  lu  distinguer  des  lettres  ordinaires.  Au  vi*  siècle,  on  la  voit  s'agrandir  el  re- 
cevoir cpielques  ornements  ;  au  vu*,  elle  envahit  les  marges,  étale  des  découpures  en  treillis. 
des  entrelacs  démailles,  des  tresses  de  chaînettes,  auxquelles  succèdent,  dons  l'âge  suivant. 
(les  aral)es(pies  historiées  (pii  déroulent  de  toutes  paris  leurs  gracieuses  volutes.  Mais  l'abus 
est  bien  près  de  l'usage  :  du  xiT  au  xiv*  siècle,  les  enlumineurs,  donnant  libre  carrière  è 
leur  fantaisie ,  arrivent  ii  produire  des  bizarreries ,  de»  extravagances  que  le  bon  goAl  réprouve. 
Toutefois,  vers  ré|>oque  dont  nous  nous  occupons,  cette  exubérance  de  détails  se  leaipère  : 
les  lilig'ranes  luxuriants  de  l'Age  précédent,  ramenés  sur  eux-mêmes,  ne  serrent  plu» 

S .  l,<'t,l('iTrn|ip(irl«'.  (!'n|>r<>s  !•>>  inun  ^imi.s,  offirsienten  cooip«w»»tion  in»  miUMrvilr  Irtursu»- 

It's  IWliifuiie  mitiqmrvi  in  (ilmiiiii|U('  il'Onlii  ic  \  ii.il,  céss  SOT  le  pardiMniB  par  Inn  pral^géL  (miM«rr 

In  \ipillo  It^cnde  du  démon  Tilirilitiinmi  (le  Nétil-  liltrrmrr  et  I»  Fmmcr,  I.  XXIV,  p.  »8«.^ 
i<ni\),  i|iii  rMi|)orlnil  tniis  les  ninlins  en  iMiftT  un  ''  UUtoirt  4*  Fm/timini 9i ém mU ^  t y  rm- 


plein  suc  des  s>lliil)rs  que  1rs  moines  avnient  pas-  Inckml,  p.  |8. 

M'i-s  dniis  leur  pMiliniNlie.  C'est  pour  ces  syllolios  '  D*  onmrnniiê  Khmum  tl  imria  ni 

omises  (pic  les  mgv»  {ranliens  des  rrlifpoux  mpistes  rfUnua  isyrifcrtili,  Lcipnck ,  17SS.  m-A*. 

■lut.  —  I.  57 


/t50 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


qu'à  encadrer  des  vignettes  et  des  rinceaux  d'où  jaillissent  des  fruits  et  des  fleurs.  C'est 
alors  que  les  peintures,  rattachées  autrefois  aux  lettres  par  toutes  sortes  de  liens,  s'en 
détachent  tout  à  fait  et  forment  des  ornements  isolés.  Les  figures  s'animent  et  prennent 
de  la  réalité  ;  leurs  groupes  se  dramatisent  et  grandissent  jusqu'aux  proportions  d'un  vrai 
tableau,  autour  duquel  la  vignette  serpente  en  légère  bordure.  De  ce  moment,  disent  les 
érudits  auxquels  nous  empruntons  la  plupart  de  ces  détails,  la  grande  enluminure  est 
née,  et  c'est  bientôt  l'une  des  branches  les  plus  brillantes  de  l'art  du  peintre  '". 


Les  copistes  laiqu-».  Mais  ces  illumiiiutioiies ,  trop  splendides  pour  le  cloître,  excitèrent  les  récriminations  des 
rigoristes  et,  en  particulier,  des  ordres  mendiants;  elles  contribuèrent  ainsi,  dans  une  cer- 
taine mesure,  à  faire  sortir  des  monastères  les  copistes  et  les  enlumineurs'-'.  Aussi  bien 
les  universités  avaient  le  plus  grand  besoin,  pour  répandre  leur  enseignement,  du  secours 
des  copistes;  elles  les  attirèrent  pai*  l'appât  du  privilège  de  cléricaturc,  qui  était  à  cette 
époque  le  meilleur  de  tous  les  passe-ports.  Tandis  que  les  docteurs  s'attachent  les  scrip- 
Inres,  les  rois  et  les  princes  encouragent  les  pictores,  et  la  sécularisation,  déjà  commencée 
à  la  fin  du  xni'  siècle,  est  presque  complète  au  xiv'.  C'est  alors  que  les  livres,  conservés 
jusque-là  avec  un  soin  jaloux  dans  les  bibliothèques  et  les  scriptoria  des  monastères,  com- 
mencent à  se  montrer  au  dehors.  A  Paris,  oiî  l'on  savait  mieux  que  partout  ailleurs  exécuter 
les  diverses  opérations  par  lesquelles  devait  passer  un  manuscrit,  depuis  la  préparation  du 
vélin  jusqu'à  l'assemblage  des  ais  et  à  la  ciselure  des  plaques  d'orfèvrerie  pour  la  couver- 
ture, les  livres,  soit  qu'ils  fussent  en  cours  de  transcription  et  d'enluminure,  soit  qu'on  les 
vint  admirer  chez  les  librarii  dont  ils  remplissaient  les  boutiques,  faisaient  l'admiration 
et  excitaient  au  plus  haut  point  le  désir  des  lettrés  qui  affluaient  de  toutes  parts  dans  le 
quartier  des  études  <".  Les  étrangers  eux-mômes,  attirés  par  la  réputation  de  la  science  et 
de  la  librairie  parisiennes,  venaient  acheter  leurs  livres  aux  scribes  de  l'Université,  et  se 
croyaient  trop  heureux  de  laisser  leurs  trésors  dans  les  boutiques  de  la  rue  Saint-Jacques, 
en  échange  de  ceux  qu'ils  recevaient.  Richard  de  Bury,  évêque  de  Durham  et  chancelier 
d'Angleterre,  dont  nous  avons  déjà  cité  les  paroles  enthousiastes,  à  propos  du  jeu  de  mots 
de  Jean  de  Jandun  (P«risius,  Paradisus),  s'écrie  à  la  vue  des  nombreux  volumes  qui  s'étalent 
auxabords  des  collèges:  <xO  Dieu  de  Sion  !  C'est  là  que  nous  aurions  désiré  demeurer 
ft  toujours,  à  cause  de  la  grandeur  de  notre  amour  pour  celte  belle  ville,  où  il  nous  semblait 

-^  que  les  journées  fussent  trop  courtes Dans  celte  cité  est  la  serre  chaude  de  l'esprit; 

"là  sont  des  bibliothèques  dans  des  cellules  embaumées  d'aromates  intellectuels;  là  fleu- 


'''  Histoire  de  l'imprimerie  et  des  arts  qui  s'y  rat- 
tachent, p.  i3. 

'^'  C'est  à  ces  récriminalions  que  fillustre  Gerson 
ontreprit  de  répondre  en  écrivant  son  livTe  De  laude 
scriptorum.  Il  y  justifie  les  Chartreux  et  les  Céles- 
tins,  tous  occupés  de  copie,  rappelle  le  mot  qui 
amena  la  conversion  de  saint  Augustin,  Toile,  lege, 
et  fait  comprendre  (pie  la  transcription  devient  ainsi 
un  moyen  de  salut. 

'''  La  supériorité  des  scriplores  parisiens  est  attes- 
tée par  de  nombreux  témoignages.  Dès  1227,  dit 


Tirabosclii  {Storia,  etc.  t.  IV,  p.  "jlt,  279),  dans  le 
catalogue  d'une  collection  de  manuscriLs,  on  pla- 
çait en  première  ligne  la  (rlellre  parisienne.  1  Le 
franciscain  anglais  Adam  de  Marsh  envoie  à  Paris , 
ad  corri/fendum ,  un  traité  écrit  dans  son  monastère. 
Enfin,  raconte  le  jurisconsulte  Gdofrède,  un  père 
donnant  à  son  fils  le  choix  d'aller  étudier  à  Paris 
ou  à  Bologne ,  celui-ci  opte  pour  Paris ,  afin  de  faire 
enluminer  (babuinare)  ses  manuscrits  de  lettres 
d'or.  (Voyez  Histoire  litt.  de  la  France,  t.  XXIV, 
p.  284  et  suiv.) 


LES  LETTHKS.  LES  AKTISTES  ET  LES  ARTISAKS  A  HAHIS.        A&l 

sriiuimit  toute»  «ortPN  de  voliimoii CW  ]it  qu'en  v^riti^,  ouvrant  notre  trésor  «( 

«InN  cordons  de  notre  hourM*,  nouM  avonx  r<-|)iiMdu  l'arf;ent,  d'un  rœur  jojreof ,  poor i 
R  ter  et  tirrncher  h  la  pouMièro  et  à  la  fange  de»  livreu  ineHtimablea  "',  » 

La  pouNdière  et  la  fanf^e  dont  |)arle  l'illufiln!  hililiopliilc  ne  doivent  pas  ^Ire  eoMHMfée» 
ici  comme  une  Himple  m('la|(liore  :  la  rue  de  la  l'arclieinincrie,  autour  de  laquelle  rayoQiiM«ai 
le»  diverses  indiislries  se  rattachant  it  la  fabrication  du  livre,  i^'iait  loin  de  repréMalcr  Um 
f  i^uzons  ocad/'uiiriiies,  v  les  "  promontoires  du  Parnasse  r  et  lem  •>  |torti<{ues  du  itoltHaMaqaff 
le  po*';ti(pie  chancelier  croyait  apercevoir  sur  la  monla);ne  Sainti^îenevi^e.  Pauvre*  comme 
r(]niversit('>  dont  ils  dépendaient,  les  /-crivains,  enluuiincum,  relieun,  librairenet  parrheoN» 
niers,  étaient  lofjésplus  ipie  modestement:  ils  |,'af;nai<>nt  peu,  (Kirtaienl  le  poid»  d'une  lourde 
respnnsnhilité,  et  n'avaienl  jtns.  comme  les  docteurs  dont  ils  aidaient  h  vuigariierleioaTran», 
la  perspective  d'une  hrillante  renommée;  mois  en  revanche  ils  ne  reconiMMMMOl  poar ]«{>«• 
ipie  le  Prévôt  de  Paris,  conservateur  de  leurs  privilé^je».  lecpiel  faisait  apposer  aon  ^nd  m-i-I 
••n  cire  rouf^csur  le  parchemin  de  leur  caution  :  ils  étaient  exempts  de  péage*, aides,  gueU 
et  autres  corvées.  Quand  venaient  les  (grandes  f^tcs  de  i'L'niventité,  iU  avaient  rhonnear 
d'être  convorpiés  dans  l'éj^lise  des  Malhurins,  appelés  à  haute  voit  |»our  prendre  raog  dan» 
In  procession  (générale  avec  tous  les  autres  ordres  du  corps  imiversituire,  et  on  le*  vorail 
marcher  fièrement  kouk  la  hunni6rc  de  leur  patron  saint  Jean  devant  la  Porte  latine  - . 

Kn  échauffe  do  ces  faveurs,  l'Université  exerçait  sur  tout  le  jrroupe  de  cette  indui4ne  une 
snrveillancf  des  plus  séviVes.  Il  suflil  de  citer  les  rè|;lemenls  de  i  ayâ,  de  i  SaS.  de  tZho. 
el  les  lettres  patentes  de  i  A  i  i ,  |H>ur  se  convaincre  tpi'on  ne  transcrivait  et  qu'on  ne  ven- 
dait (les  livres  h  Paris  «pie  sous  le  ré^pme  du  hon  plaisir.  Du  commencement  k  la  lin  di- 
l'opération,  directement  ou  indirectement,  le  pouvoir  universitaire  |M>Mil  de  tout  son  |ioid* 
sur  la  fiihricalion  du  manuscrit  :  it  la  foire  du  Lendit,  nul  ne  |»ouvait  acheter  le  parchemin 
avant  que  l'Université  eût  fait  sa  provision;  en  cours  de  copie,  la  corporation  des  <fcrivain<> 
s'assurait,  par  de  frétpicnles  visites  dans  les  xcriptoria  laïtpies,  que  les  r^es  du  méti«"r 
étaient  bien  et  dilment  observées.  Le  manuscrit,  une  fois  achevé,  commençait  alors  la  m'ch' 
des  expositions,  des  examens,  des  corrections  et  des  approbations,  libère  juir  laquelle  devail 
passer  tout  ouvra|je  aspirant  »i  l'honneur  (l'^^lre  exposé  en  vente  dans  les  boutique?»  |wn- 
sienncs.  Les  pièces  ollicielles  du  temps  nous  ont  conservé  i|uelques  noms  de  lihrmrii  el  de 
sldlioitiirii,  c'est-ii-dire.  pour  employer  le  lan|;a);e  moderne,  les  (^dileurs  e(  iesélaiagtBles"'. 
On  les  trouve  notamment  dans  les  rôles  de  la  taille  de  tar^'J  et  de  i3i3,  daaa  le  fègle- 
nient  de  i3/ia,  dans  l'ordonnance  de  i3G8  et  dans  les  archives  de  rUniversitf '*'.  Ils  ne 

/'Ai7r)M/ioN,  édili' et  traduit  par  II.  Cochcris.  Minl  Jean  devant  la  Porte  Islias,  pane  ip'cib 
l'iiris,  i8.^>G,  in-M,  rh.  vin.  Im  demiiV  phrase  IniiMcrivail  et  «codait  Mtrtont  des  euirys  ialuk. 
lin  pnssn|;e  que  nous  citons,  e(  que  V.  Le  Clore  '"  \^  vitrilabie  MM  da  awt  «tMisMrM ert  cn- 
Iroiive  obscur,  iloiiiie  lieu  à  une  vnrionte  de  sens.  Irqiosilaire.  Les  aartinarn  le  bwaaHal  pritilite- 
M.  C.oilirris  riulcrpriMc  niusi  :  "W  uous!M<nilile  que  nient  i  recevoir  en  d^pôt  dee  Kvrrsdoat  k>  parti- 
elles livres  inn|i|)n'rinl)l<sue  nou-scoAleiil  qu'un  |m<u  culieri  voolsient  se  débir*  at  A  (■  opérer  b  \ 


r  lie  siihle  et  de  poussièn'.  «  moyennant  une  reaùse;  pha  lard  ib  flnM  ( 

'    MM.   l'aul  l.<irroix  el  MouanI  Koumirr.  à  oulumiiMT  et  relier  poor  iearprspevsaafla. 
qui  nous  cnqinnilons  ces  curieux  détails,  pensent  '   <)n  y  pmt  relever,  poar  In  liffuifn»  mimi<i» 

i|iii>  l'industrie  <!«»  livres  avnil  choisi  |>our  patron  du  mt'  sièdr.  le»  naas  de  Ikari  CwileU.  Itou 

5- 


ImIkm* 


452  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

devaient  pas  dépasser  le  chiffre  de  vingt-huit.  Quant  aux  enlumineurs,  ils  entrèrent  les  der- 
niers, dit  Crevier,  dans  la  famille  universitaire;  ce  fut  en  iSSg  seulement  qu'on  les  vit 
payer  une  taxe  comme  les  écrivains,  avec  lesquels  on  les  confondit  dès  lors,  «  parce  que  leur 
K travail  se  rapportoit  pareillement  aux  livres  qu'ils  ornoient  de  miniatures'".» 

Les  scriptores  et  les  tlluminatores  des  couvents  étaient  soumis  à  un  régime  un  peu  moins 
sévère  en  apparence;  cependant,  si  les  travaux  s'organisèrent  partout  comme  au  monastère 
de  Spanheim,  le  système  de  correction  mutuelle,  appliqué  avec  la  môme  rigueur  que  celui 
de  la  monition  dans  certains  ordres  religieux,  dut  produire  des  entraves  au  moins  aussi  gê- 
nantes que  les  règlements  universitaires  et  les  statuts  de  la  corporation.  Ici  encore,  nulle 
compensation  n'était  offerte  à  la  vanité  :  r.  Pour  horizon  quotidien ,  une  page  de  blanc  par- 

«  chemin  à  remplir;  pour  avenir,  pendant  plusieurs  années,  un  in-folio  à  achever 

r-Et  quels  souvenirs  ont  laissés  ces  laborieux  copistes?  Aucun,  pas  môme  leur  nom  pour 
!«la  plupart.  Ce  nom,  d'ailleurs,  quand  il  est  écrit,  ne  dit,  ne  rappelle  rien;  c'est  la  seule 
tr  lettre  morte  du  manuscrit  dont  il  est  la  signature.  Qui  s'enquerra  jamais,  par  exemple, 
«de  ces  religieux  modestes  dont  les  noms  se  retrouvent  au  bas  de  quelques  manuscrits  grecs 
«  de  la  Bibliothèque  impériale  ?  Heliis,  presbyler  et  monachus;  Abraham,  monachus;  Methodiug, 
rf^presbyter;  Arsenius,  Basilius,  ete. '*?»  Ce  que  le  lecteur  aperçoit,  c'est  une  fonction,  un 
état,  un  ordre  religieux,  jamais  une  personnalité  distincte:  Ab  uno  e  congregatione  Sancti 
Mauri,  écrivaient  encore  les  Bénédictins  avant  le  xvni'  siècle. 

Deux  catégories  d'écrivains  jouissaient  d'une  liberté  plus  complète  :  c'étaient  les  lettrés 
pauvres,  qui  copiaient  pour  leur  propre  compte,  et  les  scribes  de  luxe  aux  gages  des  grands 
seigneurs.  Les  premiers  usaient  d'un  droit  inscrit  dans  les  règlements  universitaires  : 
K Aucun  libraire,  est-il  dit  dans  le  statut  de  1 3 28,  ne  refusera  les  exemplaires  d'un  livre 
^a  quelqu'un  qui  voudra  le  transcrire,  moyennant  honnôte  rétribution  et  satisfaction  aux 
K  règlements  de  l'Université '".  n  En  conséquence,  les  étudiants  et  les  amateurs  qui  avaient 
des  loisirs,  «une  belle  main»  et  peu  d'argent,  empruntaient,  ou,  pour  parler  plus  exac- 
tement, louaient  chez  les  libraires  les  ouvrages  dont  ils  désiraient  enrichir  leur  biblio- 
thèque. Un  poète  du  xiv"  siècle,  Hugues  de  Tunberg,  possesseur  de  deux  cents  volumes, 
trésor  rare  pour  l'époque,  déclare  en  avoir  copié  douze  de  sa  main.  Il  dut  se  faire,  dans  les 
nombreux  collèges  de  la  montagne  Sainte- Geneviève,  plus  d'une  transcription  de  ce  genre 
à  la  lueur  de  quebjue  chandelle  fumeuse  et  pendant  le  sommeil  des  maîtres  et  des  écoliers. 

1,1-5  ôcrivaiiis  cit«  L'aristocratic  du  métier  se  composait  évidemment  des  «  transcripvains  »  et  des  enlumi- 
Ouiiifiiert  <ie  M<.ii.  neurs  aux  gages  du  Roi  et  des  princes.  Guillebert  de  Metz,  fidèle  à  la  règle  qu'il  semble  s'être 
tracée  de  ne  citer  que  les  premiers  sujets  en  tout  genre,  nous  donne,  avec  le  nom  de  Flamel, 
ceux  d'un  professeur  de  calligraphie  et  de  quatre  scribes  hors  ligne  attachés  à  des  maisons 
princières.  Nous  avions  espéré  que  cette  mention ,  éclairée  par  des  recherches  dans  les  pièces 
du  temps,  jetterait  ([uelque  jour  sur  tant  d'existences  modestes  ensevelies  dans  l'oubli 

Drun,  Jean  Gare),  Yvert  de  Cahei-saous,  Martin  '''  Hiitotre  de  rUnircrgilé de  Parin ,  l  11,  p.  387. 

Clericii,  Jean  de  Gaucliy,  Jean  Monachi,  Jean  Pos-  '*'  Histoire  de  l'imprimerie  et  des  arti  qui  s'y  rat- 

tel,  Jacques  de  Vadis,  Simon  Millon,  Robert  Les-  tachent,  p.  16. 

cuier,  Jean  Favorë,  Charles  Garineau,  Nicolas  Le-  '''  Du  Boullay,  Hist.  Universitatis  Paris,   t.  1\, 

sueur,  etc.  p.  978. 


-S 


LKS  LKTTHÉS,  LES  AHTISTKS  KT  LBS  AHTI8ANS  A  PAHIv     ,3 

du  icriplorium ;  innis  nos  inv<wti(rntionN  sur  ce  point  ont  été  eomplétemenl  infructueiiM». 
NoiiH  n'avon.H  pu  savoir  ce  quVtaicnt  Gobcrt  et  son  art  v  dWriprr  et  tailler  ploma».*!!»- 
niuum/n'.  profossionnellt;  ol  toutf  parisienne,  la  gloire  de  Gobert  et  de  ton  livre  dot  mm 
(loiit(!  sVtondn;  dn  Suint-Jactpiits-ln-Hourhpri''  h  Saint-S<^venn,  en  |MUMnt  par  tatroM  de 
l.'i  l'îircliiîtnitK'iii'  i-l  di-s  l'>riviii(i>>.  ^}uan^  à  Sirnrt,  (ircspy,  Guillcmin  et  Perrin  '•',  il  n*»*l 
|)jis  /ftoiinniit  i|ii'(iii  n'itn  trr)uvc  iiucunc  trace  dann  les  doruiuents  do  cette  époque  :  iU  étaient , 
(lit  (îuill('l>cTt  d<!  Metz,  au  service  de  divers  souvcniins  étmngen,  e<  ils  ont  dâ,  p«r  codm^ 
i|ui'nt,  laisNer  en  Italie,  en  Aileniajpie,  les  produits  de  leur  talent.  rJlev^  i  ParutdoolM 
IIS  ot  coutumes  universitaires,  ils  ont,  c'est  li^  leur  v<'-ritahlo  gloire,  port<^*  au  loin  le»  tr»- 
diliotis  di>  leur  art  et  propnf^t^  cet  amour  des  livres  parisiens  que  Richard  de  Bury  eipn- 
iiiait  si  vivement  un  siècle  plus  tAt 

Plus  heureux  (|ue  ses  confn^res,  Fhimel  est  en  poMeMion  d'une  grande  notoriété:  il  la 
doit,  il  est  vrai,  moins  h  sa  profession  d'<krivain  et  de  libraire  jure  qu'4  ta  réputation 
d'ali-liimiste,  h  sa  (p-ande  fortune  et  h  ses  bonnes  œuvres.  On  se  représente  plutAt.  en  eiïet, 
le  inîiri  de  Pernolle  cliercliant  à  surprendre  les  secrets  du  grand  œuvre,  fondant  dea  cba- 
polies  et  (les  hospices  nu  construisant  une  arcade  au  charnier  des  Innocents  ;  ^eat  le  Flamei 
I6{[en(lnir(^  et  le  Flamei  bourgeois.  Quant  au  Flumel  écrivain  et  libraire,  on  le  eonnalt  «i 
peu ,  (pie  les  deux  chercheurs  dont  nous  avons  mis  le  curieux  livre  à  contribution  ont  rni 
pouvoir  consigner  dans  les  tenues  suivants  l'expression  de  leurs  doutes  :  «La  raystérienae 
•e\istenc(>  de  FInmel  n'a  pas  encore  *'t(>  iVlaircie  par  la  d)'couv<>rle  d'un  seul  manoscrit  de 
i^sn  main.  Nous  en  sommes  ù  nous  demander  si  (îahriel  Vaudi'*  lui-même  n'était  paa  dopr 
t (l'une  erreur  (piand  il  a  écrit:  Ce  Flnmcl  était  véritablement  éericain ; fai  m  A  Home,  ému 
t  II  hililiotlu^que  du  cardinal  liauiiy,  un  roman  de  la  Hoze  écrit  de  $a  main.  i  \je  texte  de  Guilli*- 
hert  de  Metz  vient  heureusement  confirmer  l'assertion  de  Naudé  et  lever  tous  les  srntpuli*» 
(le  conscience  de  MM.  Lacroix  et  Fniirnier  :  Flamcd  appartenait  bien  et  dûment  i  la  cor- 
poration des  écrivains  et  libraires  jun's.  C'était  d'ailleurs,  il  y  a  un  .siiVIe,  l'avis  de  l'abbé 
Niilain,  h  qui  l'on  doit  une  (excellente  monographie  de  Saint -Jacque.s-la-B<iucliene  et  une 
liisloire  r<;ellement  criti(pie  de  Nicolas  Flamei.  Voici  en  quels  tenues  ce  savant  ecrlé»ia»- 
tiquc  s'exprime  h  cet  égard  :  «Flamei,  jeune,  laborieux,  économe,  joignit  à  sa  fortune  \r 

-  [iroduil  de  ses  .soins  intelligents  et  de  son  industrie  dans  son  art.  L'art  de  l'érrilure,  bi«*n 
-loin  d'fMre  un  mi'tier  peu  lucratif,  devait  alors  être  tnVs-avanlagi>ux Il  suffit  de  fain» 

-  allention  aux  seules  ('critures  n(5cessaires  pour  le  cours  de  la  justice,  mémoires,  re<|uélr». 
-comptes,  etc.  Combien  maintenant  certains  imprimeurs  ne  sont-ils  pas  employi%  quand 

-  les  aiïaires  se  suivent  avec  chaleur  devant  les  tribunaux  !  Toutes  ces  pièces  étaient  porté<>* 
"  chez  les  écrivains ,  qui  souvent  en  rendaient  des  copies  mulliplii^  ;  nombre  d'article»  apé- 

''  \,i's  Cmnfifi  de^  dut»  dt  Uouripgnr  {wwK  wviW'  ineiil  <]ucstioo  d'un  pMDlre  aalamiaear  MaMi^ 
tion  d'un  certain  (îuillniinic  ou  (iiiilleinin  lic  la  l'errin  de  Dyoa.qai  fildsaoaifcnnlnnaudem 
(llinrit)',  copiste  qui  Iriivaillnit  pour  le  dur  Jenii  en        nh'lier  pour  les  doei  PhSippe  It  Hardi.  Jaan  mm 


i^oij.  et  d'iui  oiilro  iVrivnin  nniniiii'  (luilliMniii        l'««ir  et  Phffippa  le  Bm;  BMÏt  3  serait  péribw  ér 

Kiol.  (pii  reçut,  en  i^tH.  -insomnie  de  \\n  escii*.         vouloir  id 


-|K)ur  pnyrr  pnrrlieniins ,  encre  et  cire  eniploy((s        liuilIrlMTt  de  Mail  ■eOMsa  eoM(f«é<fH  hspré- 
-l'ii  |)lii-iii>ur»  li'liriN  ei  «>4criplurw.  "•  Il  j  est  légsle- 


45a 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


f-cifiés  dans  les  anciens  registres  comme  ])ayés  à  ces  écrivains  en  font  foi Ajoutez  à  cela 

w  les  autres  branches  de  leur  profession,  comme  copies  de  livres  ou  autres  pièces  d'écritures 
«pour  le  grand  nombre'"." 

Les  assertions  de  l'abbé  Villain  ne  sont  pas  gratuites  :  elles  reposent  sur  le  testament  de 
Nicolas  Flamel  et  sur  les  nombreuses  pièces  dépendant  des  registres  de  la  paroisse  Saint- 
Jacques-la-Boucherie,  que  l'auteur  déclare  avoir  soigneusement  compulsés;  elles  ont,  en 
outre,  l'avantage  de  fournir  une  réponse  aux  desiderata  de  MM.  Lacroix  et  Fournier.  Il  est 
fort  possible  que  Nicolas  Flamel  n'ait  pas  été  un  «escripvain  de  fourme,"  c'est-à-dire  un 
copiste  de  livres  soignés.  Le  quartier  qu'il  habitait  semblerait  indiquer  qu'il  travaillait  plus 
spécialement  pour  le  Parlement  et  pour  le  Ghâtelet;  et  l'abbé  Villain  fait  remarquer  avec 
raison  que  les  écritures  judiciaires  ont  toujours  été  nombreuses  et  bien  payées'-'.  Enfin 
Nicolas  Flamel  avait  une  pédagogie,  c'est-à-dire  un  pensionnat,  et  il  enseignait  évidem- 
ment la  calligraphie  à  ses  élèves  "'.  Tous  ces  motifs  réunis  expliquent  l'extrême  rareté  des 
manuscrits  qu'on  peut  raisonnablement  lui  attribuer,  et  le  maintiennent  en  possession  du 
titre  d'écrivain,  qu'on  ne  saurait  désormais  lui  contester,  surtout  après  la  publication  du 
texte  de  Guillebert  de  Metz. 


bourgeois 

cl  conslnirtciir. 


Il  n'est  pas  possible  de  parler  de  Flamel,  dans  un  ouvrage  consacré  à  l'histoire  de  Paris, 
sans  rappeler  que  ce  riche  bourgeois  fit  construire  une  arcade  des  charniers  au  cimetière 
des  Saints-Innocents,  ainsi  que  le  petit  portail  de  l'église  Saint-Jacques-la-Boucherie,  et 
qu'il  contribua  à  la  restauration  de  divers  autres  édifices  religieux.  L'arcade  était,  dit  l'abbé 
Villain,  située  du  côté  de  la  rue  de  la  Lingerie,  près  d'une  voûte  du  mOme  genre  élevée 
par  les  soins  d'un  autre  riche  bourgeois  de  Paris,  Nicolas  Bouinrd;  elle  datait  de  1889, 
époque  où  les  marchands  opulents  se  disputaient  l'honneur  de  bâtir  une  chapelle,  une  nef, 
une  travée  dans  l'une  des  églises  privilégiées  de  la  bourgeoisie,  ou  tout  au  moins  d'ap- 
porter leur  pierre  à  la  funèbre  enceinte  du  cimetière  des  Saints-Innocents.  On  voyait  sur 
l'arcade  dont  il  s'agit  les  initiales  du  fondateur,  N  et  F,  ainsi  qu'une  peinture  représentant 
un  homme  tout  noir'*'.  L'abbé  Villain,  qui  a  vu  la  construction  et  la  peinture,  nous  ap- 


*''  Histoire  critiiue  de  Nicolas  Flamel,  Paris,  1761, 
in-18,  p.  8. 

'*'  M.  Vallet  de  Virivilie,  dans  l'article  qu'il  a 
donné  à  la  Nouvelle  bioffraphie  générale,  fournil  les 
mômes  explications:  "Le  nom  de  Nicolas  Flamel, 
itdil-il,  ne  se  trouve  pas  parmi  ceux  des  artistes  en 
iT  écriture  qui  ont  signé  les  beaux  manuscrits  du 
iT temps;  mais  la  pratique  des  tribunaux,  à  cette 
rr époque  de  légistes  et  de  procédure,  put,  avec  la 
r littérature  courante,  offiir  à  son  industrie  un  large 
ff débouché.  "  {Nouvelle  biographie  générale ,  publiée 
pai-  MM.  Didot,  t.  XVII,  p.  818.) 

'''  Nous  trouvons  également,  dans  l'article  bio- 
graphique dû  a  la  plume  de  M.  Vallet  de  Virivilie, 
la  confirmation  de  ce  fait,  qui  explique  en  partie  la 
rapide  fortune  de  Flamel.  (rEn  sa  qualité  de  calli- 
(T graphe  agrégé  à  l'Université,  il  enseignait  à  de 


f  jeunes  écoliers  externes  l'écriture  et  les  premiers 
rréléments  littéraires  ;  d'autres  écoliers  y  demeu- 
nraient  en  bourse,  c'est-à-dire  à  titre  de  pension- 
f  naires  ;  quelques-uns  de  ces  jeunes  gens  étaient 
fcfils  de  famille  et  appartenaient  à  des  gens  de  cour.  - 
[Nouvelle  biographie,  etc.  t.  XVll,  p.  819.) 

'*'  E.  H.  Langlois,  dans  son  £"«««1  historique  sur 
les  danses  des  morts  (t.  1,  p.  126),  a  donné  le 
dessin  de  cet  homme  tout  noir  :  on  le  retrouve  dans 
les  vieilles  gravures  de  la  Danse  Macabre,  figuré 
comme  un  nègre,  coiffé  d'un  tortil,  vêtu  d'une  tu- 
nique courte,  les  jambes  et  les  bras  nus,  brandis- 
sant un  javelot  d'une  main,  et  de  l'autre  élevant  un 
cor  (pi'il  lient  et  dont  il  appelle  les  hommes  à  leur 
danse  tinale.  Cette  allégorie  roulait  peul-^lre  siu"  le 
jeu  de  mol  more,  mori,  et  offrait  en  outre  un  em- 
blème de  deuil. 


NICOLASFLAMLL.ETPEB. 
RENELLE    SA    FEMME 


COMMENT  LES  INNO- 
CENS   FVRENT  OCCIS 
PAR   LE  COMMANDEM 
ENTDVROY  HERODES- 


I    AKCADE  DR  XICOr.AS  flAMKI.  AI    t  IMKIir.HK  UtS  SAINTE  INXntT.VTS 


rtrn  l'oKHii  DK.  H.l.u\>^r^  I>^  ia  m»t  imkiu»  n»\^îm  n  \i\ik\imu:  ^u  KL.v»«ii 


LES  LETTKKS,  LES  ARTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS.         4S5 

prnnd  que  l'arcade  fut  ré<!'(lifi<$e  ver»  1760'".  Quant  au  petit  portail  de  Saint  Jtfnw, 
cY-Uiit  encore; ,  dit  ral)l)(<,  Villaiii ,  une  construction  modeste,  qui  ne  méritait  |im  «félrv  riartfa 
R  duiiH  la  cloHse  de»  ttuperhes  bâtimentM  fjotliiqucs.  »  l/ablM^  Le  Bcuf  le  eroyaîl  de  1 3qQ,  «1 
l'iiistorien  do  Suint-Jncques-lu-Bniichcrie  avait,  par  déférence, adopté  cette  date;  umiê,  «1 
raisarit  nettoyer  les  Hculpture»  qui  rernplittfiaient  «tout  le  rircuit  de  l'ogive,* afin  d*obl0air 
un  nifillcur  dessin  pour  sa  vi(;nelte,  il  parvint  â  lire  l'inKription  •uivanta:  £*  /hmmr  i* 
huu  fu  fuit  ce  portai  et  donné  par  un  de»  paroû$imM H  mfimmt,  Im  i$  grat$ m  OKitU  MM 
et  riii.  Priez  pour  le»  bienfaicteuri  de  la  dicte  egUie  et  ptmr  tom$  mutrm  fù  wmlm  m  ml,  m 
vou»  plaint.  Le  sujet  (|ui  ornait  le  tynq>ande  ce  portail,  et  que  nou<t  reprodniMMU  avw  Tar- 
cnde  du  cimetière  des  Innocents,  d'après  les  dessins  orifpnaut,  était  uo  BoneM  deaealp- 
(lire  pi'inte  et  dorée  du  plus  heureux  eifet.  L'abbé  Villain,  qui  a  pu  encore  M  ÛMBr^, 
le  décrit  ainsi  :  RL'iniu|;(>  de  la  sainte  Vier|,'e,  cpii  est  au  milieu  de  ce  petit  monanenl,  a 
nélé  sculptée  avec  assez  do  délicatesse  pour  le  tcms.  Kllc  porte  de  M  droite  l'enfant  Jé*u». 
«et  de  sa  gauche  elle  tient  une  grappe  de  raisin.  Cette  image eat  tootenae  par  dwiï  Mgca 
N  assis,  que  le  constructeur  peut  avoir  voulu  faire  représenter  comme  chantant  un  cantique 
neti  l'honneur  de  la  sainte  Vierge  ;  cantique  dont  on  lit  ces  paroles  sur  un  rouleau  qu'il» 
-  étendent  : 

-  I.i      -      IM.IIIT    l)l'l  .    I  .     ; 'lllilUtll  , 

"  Ut.i  lalu.H  liiiiiiiiiii  ;j'  >!•  1 1^. 

f^lluit  an|;es  sr>nd)li>nl  acconipaj^ner  ces  deux  premiers  des  dif^)•rl■n^  ill^t^l^n•■nt^  qu  lU 
«  portent,  (ieux-ci  entourent  rurradc  (jui  |)résente  à  sa  pointe  une  tel*-  ipii  paroU  tigurcr  le 
•^  Père  éternel.  Uuns  les  angles  formés  par  l'ogive,  doux  autres  anges  élèvent  chacun  un 
«encensoir. 

-Suint  Jac(|ues,  patron  de  la  paroisse,  est  du  côté  droit,  et  Fland  te  voit  à  genoni  1 
Rses  pieds.  Pernelle  est  de  l'autre  c(Mé,  aux  |)ieds  du  saint  Précunteur,  qui  eat  étàgaé  par 
ttun  cercle  où  est  (ij;uré  l'afineau*  nvec  lequel  on  représente  ce  saint.  Le  laart  et  b  iemae 
ninvixpiont  lu  suinte  Vierge  ;  le  uinri  par  ces  paroles  :  Saaete  Maria,  àUenade  pro  popmh;  tt 
«  lu  femme  en  disant  :  Sancta  Virgo  Maria ,  ora  pro  nobi*. 

«Quatre  petites  figures  vêtues  de  long  se  voient  en  dehors  et  sous  le  linteau  de  la  porl<>. 
n  Klles  tiennent  aussi  des  rouleaux  dont  on  n'a  pu  lire  que  l'érriiure  de  deux,  les  auln*« 
'■étant  très-pctils  et  dans  l'obscurité.  Il  parott  que  tous  ces  rouleaux  contiennent  caseaMr 
-les  deux  premiers  articles  du  symbole  des  .Apôtres.  Le  premier  commence:  Cnd»  i» 

-.  Deum et  le  dernier  porte  :  Domiuum  nottrum  ;  ceux  du  milieu  contiennent  sans  doute 

•^ce  qui  est  entre  deux. 

«Sous  le  linteau  .sont  écrits  de  cha(|ue  côté  deux  avis  donnés  i  ceux  qui  entrent  dans 
«l'église.  On  leur  dit  d'une  part:  Tenez-wui  m  dévotion  ;  et  de  l'autre  :  ijfss  sraif  wirttiaa*.» 

Iluioirr  critique  de  Mirolat  Flamel .  p.  'ih ,  qu'il  gardait  ehsB  iaî  et  sar  iaipslt  Aail 

iiole  n.  soo  épjtapbe.  Api 

')  lliftmrf  fin,/;,  ,t,   \, „  i,„„„,.  |..  .•,ji.  m»  dernière»  velnB 

Ninilos  FIniiD'l  nvnil.  de  son  vivant.  nH'nagé  pilier  |irtednlMMd'«Hra«.C«il«lttB 

uni*  nutn*  lii'corHlioii  h  l'éf^lise  $aiiil->iaf«|ue»-l»-  qui  fut  aei|aiH  «n  i8io  par  M.  b 

KoiirliiM-ic  :  il  s°ii);it  d'une  table  île  pierre  préparée,  bateau,  prAt  de  la 


456  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Flamel,  ajoute  l'abbé  Villain,  demeurait  en  face  de  ce  petit  portail  et  s'était  tout  natu- 
rellement plu  à  le  décorer.  De  son  échoppe  d'écrivain ,  dans  les  instants  de  loisir  que  lui 
laissaient  ses  travaux  calligraphiques,  il  aimait  à  contempler  cet  ouvrage,  oii  la  sculpture, 
la  peinture  et  la  dorure  formaient  un  harmonieux  ensemble.  Il  l'avait  fait  fermer  d'un  vi- 
trage dont  le  châssis  subsistait  encore  au  siècle  dernier,  et  à  travers  lequel  on  voyait  les 
traces  de  la  décoration  polychrome  '". 

Il  y  avait  treize  ans  que  Flamel  avait  bâti  son  arcade  et  son  petit  portail ,  lorsque  la  dé- 
votion, quelque  grain  de  vanité  aidant,  le  détermina  à  contribuer  aux  frais  de  reconstruc- 
tion de  la  façade  de  Sainte-Geneviève-la-Petite,  dans  la  Cité*-'.  L'inscription  qu'on  y 
voyait,  avant  la  démolition  qui  eut  lieu  en  1747,  indiquait  que  le  travail  avait  été  fait  des 
aumônes  de  plusieurs.  Comment  donc,  se  demande  l'abbé  Villain ,  «la  figure  de  ce  bour- 
ra geois  a-t-elle  été  placée  en  gros  module  au  côté  occidental  de  la  porte? Il  est  cer- 

«tain,  répond-il,  qu'on  voyait  à  Sainte-Geneviève-des-Ardents  une  figure  de  Flamel  placée 
«vraisemblablement  sur  la  partie  à  laquelle  il  avoit  contribué.  Il  ne  faut  pas  s'arrêter  à  la 
fT quantité  de  portraits  que  cet  homme,  trop  curieux  de  se  montrer,  a  exposés  à  la  vue  du  pu- 

nblic C'étoit  le  goût  de  l'homme  ;  il  se  joignoit  à  un  usage  Irès-prafique  alors.  Gom- 

«bien  de  sculptures  de  particuliers  n'a-t-on  pas  remarquées  et  ne  voit-on  pas  encore  dans 
«  les  églises  ?  Une  travée  de  la  clôture  d'un  chœur  a  mérité  autrefois  la  représentation  en 
"Sculpture  de  toute  une  famille.  Faisoit-on  présent  d'un  tableau,  d'une  verrière,  on  s'y 

«faisoit  peindre Quant  à  Flamel  et  aux  bourgeois  de  cette  sorte,  ajoute  l'abbé  Villain, 

«répondant  à  certaines  observations  de  Fréron,  c'est  l'usage,  le  goût,  la  facilité  d'en  faire 
«  la  dépense  qui  leur  a  permis  d'orner  et  quelquefois  de  remplir  nos  églises  de  portraits 
«  ou  de  figures  posées  à  genoux  et  dans  une  posture  humble.  La  dépense  par  laquelle  on 
K  satisfaisoit  à  ce  goût  n'étoit  pas  considérable  dans  le  bon  vieux  temps.  Peut-être  le  tailleur 
«d'images  qui  a  fait  celle  que  nous  avons  vue  à  Sainte-Geneviève  n'eut-il  de  Flamel  pour 
«son  salaire  que  quatre  à  cinq  livres '".n 

Il  paraît  à  peu  près  certain  que  l'opulent  écrivain  contribua  encore  de  ses  deniers  à  la 
restauration  de  quelques  autres  édifices  religieux,  tels  que  Saint-Côme,  Saint-Marlin-des- 
Champs,  l'hôpital  Saint-Gervais,  etc.  et  qu'il  y  lais.sa  quelques-unes  des  marques  aux- 
quelles on  reconnaissait  ses  libéralités,  c'est-à-dire  des  inscriptions,  des  initiales,  des  figures 
de  saints,  etc.  Ce  qu'il  nous  importe  le  plus  de  bien  connaître,  c'est  la  part  qu'il  prit  à  la 
construction  de  diverses  maisons  ouvrières,  devançant  ainsi  de  quatre  siècles  et  demi  une 


identiquement  celle  que  décrit  l'abbé  Villain.  M.  de 
la  Villegille  en  a  fait  l'objet  d'un  article  intëressant 
dans  le  tome  V  des  Mémoires  de  la  Société  des  An- 
tiquaires de  France,  p.  879. 

-''  Voir  ci-{lessus,  p.  i56,  note  4,  pour  la  des- 
cription et  l'histoire  abrégée  de  cette  église. 

'^'  Histoire  critique  de  Nicolas  Flamel,  p.  i34  et 
suiv.  L'abbé  Villain  compte  les  statues  de  Flamel 
existant  encore  vers  le  milieu  du  xvm'  siècle  et  dé- 
truites aujourd'hui  :  il  y  en  avait  une  à  Sainte-Ge- 
neviève-Ues-Ardenls.  ime  au  petit  portail  de  Saint- 


Jacques-la-Bouclierie ,  une  siu*  le  pilier  de  la  maison 
dudit  Flamel  rue  des  Ecrivains,  une  au  charnier 
des  Innocents ,  une  à  l'ancieime  église  de  l'hôpitaj 
Sainl-Gervnis  et  une  à  la  façade  de  la  maison  sise 
rue  de  Montmorency.  Contrairement  aux  assertions 
de  Fréron  dans  X Année  littéraire,  le  biographe  de 
Flamel  pense  qu'il  n'existait  pas  de  statues  du 
même  personnage  à  Saint-Côme ,  ni  à  Saint-Martin- 
des-Champs. 

'''  Histoire  critique  de  Nicolas  Flamel,  chap.  m . 
p.  i35  et  suiv. 


LES  LKTTHÉS.  LES  AUTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS.        467 

im-.'iun;  dont  on  a  ftiil  honneur  à  notrn  <^|MM|ue,  ni  rt^soivant  h  m  nuuuire  le  prabliaMdfli 
loyers,  (|ui  a  toujours  M;  à  Vima  une  Irifn-gronne  question. 


'  i'  A4mi;*  )i4llcgT*;  b;  ivi« 


£*>■»!  rt  U  V**« 


PLtR  KT  VUK  PERSPECTiVK  M  LA  lAISOI  SITUlK  Rl'K  Dl  lOITIORlICT,  T  SI. 
d  aprti  b  pliKht  dpnaii .  «o  IIM.  fu  Xtàkk  ViUus 

Ht  d'itljont  le  fait  est  constant  :  (iuill<<l)i>rt  de  Metz  déclare  furmellenieni  que  FUnipl 
liiiinit  t^  |iri\  réduits.  -  FInmel  hiisné,  escri|»vain  «|ui  faisoit  tant  daumosnes  H  ho»|iiia- 
-  liiez,  cl  (isl  plusieurs  nwiisons  ou  |jcris  de  niesliers  denioumient  en  has,  et  du  loterquib 
-|iaioi(>nl  esloieul  soutenus  poures  laboureurs  en  liauit.  «  Le  charitable  «krivain  établis- 
sait donc  une  sorte  de  conipensalion  entre  les  <rluuogesv  du  nu-de-cbauaaée,  c*c*t-i-ilirr 
les  bouti(|ues,  et  ceux  des  études  supérieurs  qu'il  avait  divisés  en  rhambm  et  petits  log^ 
nienls.  Les  bénéfices  réalisés  sur  les  commerçants  lui  penneltaient  de  dégrever  d'autant  le» 
petits  journaliers  qui  n'avaient  ipie  leur  salaire.  Ce  mode  de  ré|Nirtilion  des  cbwigesloca- 
lives  est  tout  au  moins  fort  in},'éin°eu\.  M.  Vallel  de  Virivilie,  dans  une  éîuAf  e»c*ll«llte 
d'ailleurs '",  l'a  juyé  un  peu  sé>»'remenl  peut-être:  il  y  a  vu  «l'esqirit  de  »|>éculaliun  coo»- 


Dn  »N('rn/;r.<  alckimiiine»  allrilmm  i  \koiiu  FUumtt,  dan*  le  tome  XXIH  <ie*  jtf< 

(/m  {Hlii/Mnirr*  dt  francf,  p.  17Ô. 


■f  M  dwiffir 


IIIST.  —  I. 


M 


«58  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

«biné  avec  le  sentiment  de  la  charité'".»  L'esprit  de  spéculation  est  un  bien  gros  mot  : 
Flamel  achetait  des  maisons  et  les  faisait  bâtir  dans  les  «places  viiidos;»  il  acquérait  des 
rentes  et  prenait  des  hypothèques  sur  des  immeubles,  toutes  opérations  parfaitement  licites 
et  qui  ne  semblent  point  entachées  d'un  aveugle  amour  du  lucre.  Quant  à  ses  loyers,  il  les 
exigeait  moitié  en  argent,  moitié  en  prières,  combinaison  qui  serait  fort  goûtée  de  nos 
jours,  s'il  prenait  fantaisie  aux  propriétaires  de  la  remettre  en  vigueur.  Voici  d'abord, 
d'après  l'inscription  même  qu'on  lisait  au-dessous  de  la  frise  sculptée  de  la  maison  sise 
rue  de  Montmorency,  et  qu'on  y  Ht  encore  aujourd'hui  quelle  était  ta  redevance  pieuse 
inqjosée  par  Flamel  à  ses  locataires  : 

Xlom  )}om5  et  femcs  labonrctirs  kmonrans  on  porcine '"^^  î>-  cette  màiton  qni  fn 
ftë  en  lan  ïie  grâce  çail  quatre  cens  et  sept  somcs  tcnns  c^afcn  en  î>roit  S05 
ïiirc  tons  les  lonrs  nue  païrenoCfre  et  x-  aoe  maria  en  priant  bien  qne  Ta  grâce 
face  parîiô  anx  ponres  pesc^enrs  trespaffeî.  amen'". 

Il  resterait  ensuite  à  déterminer  la  part  de  loyer  exigible  en  argent,  afin  de  savoir  si 


<''  M.  Bernard,  dans  un  niëmoiresur  la  maison 
de  la  rue  de  Montmorency,  exprime  la  même  opinion 
que  M.  Vailet  de  Viriville  :  (tNicolas  Flamel,  dit-il, 
irne  fiit  pas  si  généreux  qu'il  l'avait  fait  espérer  à 
rr  l'abbé  de  Sainl-M arlin-des-Champs ,  de  qui  il  ob- 
T  tint  presque  pour  rien  ramortissemenl  du  terrain 
ffsiu-  lequel  il  fit  édifier  sa  maison.  L'acte  d'amor- 
cf  tisseinent  porte ,  en  effet ,  (jue  l'acquéi-eur  pourra 
«élever  des  édifices  de  telle  ordenaiice  qu'il  lui  plui- 
vroil,  soit  maison  d'aumosne  par  manière  d'hospital 
trou  autrement.  Flamel  fil  construire  un  corps  de 
([logis  où  l'on  n'était  adjuis  qu'en  payant,  el  il  int- 
erposa même  à  ses  locataires  l'obligation  d'acquitter 
rrsa  dette  pieuse  en  priant  pour  les  trépassés  dont  le 
ff dernier  asile  était  tout  proche;  je  veux  parler  du 
frcimelière  de  Saint-Nicolas.  i  (W/«.  de  la  Société 
des  Antiquaires  de  France,  t.  XXI,  p.  38o.) 

M.  Kdouard  Fournier  ne  se  rend  point  aux  ob- 
servations critiijues  de  \IM.  Bernard  et  Vailet  de 
Viriville:  t Flamel,  dit-il,  était  trop  bienfaisant  de 
ft lui-même  pour  faillir  à  la  detle  d'aumône  (pi"il 
ffHvait  contractée  en  devenant  propriétaire  du  ter- 
train  sur  lequel  s'était  élevée  cette  maison.  Il  était 
ffde  ces  âmes,  facilement  généreuses,  qui  n'ont 
tpas  besoin  qu'un  contrat  les  oblige  à  la  charité, 
(fet  qui  vont  aux  bonnes  œuvres  de  leur  propre 
rrélan.Ti  Quant  à  l'inscription,  dont  on  s'est  fait  une 
arme  contre  lui,  voici  la  réflexion  quelle  inspire 
à  M.  Fournier:  ifLa  pieuse  modestie  du  proprié- 
iT  taire  avait  voulu  qu'il  y  fut  parlé  seulement  de  ce 
"(pie  ses  hôtes  devaient  à  Dieu ,  et  |)oint  du  tout  de 
rla  reconnaissance  qu'ils  lui  devaient  à  lui-même.  i 


(Énigmes  des  rues  de  Paris,  pages  3  46  et  a 48.) 
'*'  Le  mot  porche  s'entendait. au  xv' siècle,  non- 
seulement  d'u  I  vestibule  ou  portique  précédant  un 
édifice,  mais  encore  de  l'édifice  lui-même,  et,  par 
analogie,  de  l'ensemble  d'un  corps  de  logis  réunis- 
sant plusieurs  locataires.  (Voir des  leltn-s  de  rémis- 
sion de  i4io,  citées  par  Carpentier,  Gloss.  med. 
et  inf.  latin. é^\L  Henschel,  t.  V,  au  mot  Porchetus.) 
'''  L'inscription ,  que  nous  avons  relevée  sur  place . 
rh^e,  en  une  seule  ligne,  tout  le  long  du  linteau 
des  baies  à  rez-fle-chaussée.  L'abbé  Villain ,  qui  Ta 
omise  dans  sa  planche  et  reproduite  inexactement 
dans  son  texte,  s'en  exprime  ainsi  :  irCette  inscrip- 
rrtion  et  quelques  autres  que  l'on  lit  à  cette  maison. 
T(le  même  que  les  bas-reliefs  et  gravures  qui  y  sont , 
-désignent  encore  le  caractère  dévot  de  Flamel.  Il 
"y  a  au-dessus  de  la  porte  du  milieu  un  bas-relief 
irqui  représente  l'adoration  des  mages;  au-dessous 
rron  lit  ces  paroles  :  Sainte  Marie,  priez  jmur  nous 
rtpoures pécheurs.  Une  grande  |)ierre,  qui  fait  le  fond 
-de  deux  boutiques,  est  chargée  de  gravures.  Au 
"■milieu  se  voit  le  Père  éternel, qui  tient  entre  ses 
"bras  Jésus-Christ  en  croix.  Aux  deux  côtés  sont  un 
-grand  nombre  de  figures  à  genoux,  en  babil  du 
-temps,  parmi  lesquelles  on  distingue  Flamel  et 
T  Pernelle.  Les  jambages  de  la  maison  sont  chargés 
rrde  lettres  gotliiques  majuscules  qui,  rassemblées, 
«forment  ces  mots  :  Deo  gratias,  avec  une  N  el 
-  une  F.  On  ne  peut  que  conclure  de  tout  cela  que 
f  ce  bonhomme,  tout  occupé  delà  dévotion,  ne  son- 
ngeoit  guère  îi  la  pierre  philosophale. '^(//«•v/oircrfc 
Saint-Jacques-la-Uoucherie ,  p.  3o5.) 


LES  LKTTHÉS,  LKS  AUTISTES  ET  LES  AKTISAKS  A  PARLS.         4S9 

KlaiiK!)  ('-tiiit  r(;('lli'iiii'nt  un  .s|)iViiliitiMir  ou  un  huninif  charttiibli;;  maia  le»  ii«m  origioaui 
oîii  il  conHif^nait  ho»  recctlt^tt  nViÏHtcnt  plus,  et  il  faut  ftVn  r<^f<^rer  aui  eoaptoide  k  b- 
l(rii|ui'.  IcIn  i|ui!  Ich  (ionnc  l'iiiilx'  Villnin.  C<>»  docuiii(>nU  <>inlir8M<.>nt  ane  période  <!<•  dit 
iiiini'')-s,  <|i- 1  /i/j/t  ù  1  ft')fi  ;  le  (liifFri-  (l<'*i  locntioriH  dr*  la  maison  me  me  de  MlHftflwrflKj  * 
f",t  iiidiqu/-,  l'I  il  y  u  lieu  de  rroin-  t|uc  lr<.  iiiurfpjilliiT!»  <l<>  Saînl^ae<|OM  avaient,  en  etf- 
I  iitioii  di'M  v(doiitëH  du  dotiali'ur,  continué  le  Hy»l^ni«-  df  luudi'nitiun  ap|di«)u<^  au  lotrr  de» 
-  |H)iii«'s  lahoiin'urH.  »  Voici  le  n*l«'vé  df  cp»  rompie»  : 

Rtir.  DE  MOIITMORE.'ICT  OULTHK  LB  COIXG  01  U  KLLr  IHtbE. 

l'iemier  louage  par  bas.  I^lil  lieu  Uiué  a  Jehan  Frwftn,  par  m  .  ■  .  .      ift' 

Second  louage  par  ban.  I><<lit  lou(<  |M>ur  i  h  Mtl»  par  an,  |Nii»  ii  Gtrtrdd»  Laaaoy 

On  |ioitIi('  «le  lii<lit<'  |iri'iiii)'r<-  iiinison  où  il  y  n  i|iiutrp  liiiiagnt. 

IWmier  bmnge pur  liaull.  I,c<|it  loiii!  ù  Debm  la  fiole 

Second  louage  par  haull.  l^-tlil  \o»f  pour  8  «ol»,  puiit  à  la  veuve /«Aaa  ftnaim».  . 

Troisième  louage  par  liauli.  I.c<li( (ictiioura  inlinbilr!  «Ippuis  thhh  juMin'k  la  Hainl  tnan 

I  fili-j.  |)iiis  loin;  à  Jehanne  Dn-auLr ,  jior  an lo' 

(Jualrirme  louage  par  hault.  Ledit  lifii  liiii<<  |Hiur  8  koU  |Hiriii»  l'an.  |iuia  iana^  iku  an»  ém 
siii((>;  fiiNiiito  loui^  h  Jetiane  de  In  Porte,  qui  un  |Miya  pat  ... 

Sramdf  maiion  en  ladite  rue,  etc. 

\a^  boti  lou(<  pour  iC  Kols  par  an,  pui»  ii  Jehau  Julioil 

,(ii/rr  louage  par  biu.  l^-tlit  loue  i*  iti  Dok.  piiiit  à  Lynmrd»,  veuve  lir;  •f     I,  "if 

Ou  |H)rrli(<  <li>  ladite  ninison ,  oucpiH  a  (|untre  louage»: 

Premier  louage  par  haull.  l/'dil  loit<'>  ji  (lirnrd  d»  Lannoy,  |Mir  an 

Second  louage  par  haull.  I.i'ilil  Jehanne  Loiielle,  par  an 

Troi»ieme  louage  par  haull ,  liiiii  i    ij  sols,  puis  ù  Jehanne  Le  Sëgt,  qui  ne  pnjn  m».  .......      i  " 

tjualrieine  louage  par  hniilt.  I.iilil  t'  ij  sols,  puis  iii|inliili<.  pnrt  h  JektmMtte  I*  ConUtre ,  qni 
iif  |N)yii  \m» .  pnr  iiii. 

Tifrre  iMiii»on  on  sun.uil.  (jni  est  {ji.iiil  pi^pioii.  dr\uiii  le  |itiil>. 

Premier  louage  pnr  li,i\.  |,.dil Imii^  i*  |6  snU.  ymi^  h  (iuillemmn  Strinett.  Varltl,  cordoo- 

iiier,  |«r  nnufV. .  i'  I* 

.Serond  louage  pm   Ihix.  I.rilit ii  l'uni    Midcniiil .  |' 

Ou  |M»rrlic  di!  indicto  jjriuit  maison .  olc. 

Premier  louage.  I^lil h  DenUot  Honore,  i"  lo  m\\*.  pui». 

Second  louage.  A  Alùion  l.abrorque •«' 

Troiiiiemr  louage.  A  Jaripielot  ht  llnurhere ,  i  •!  sol»,  puis  inhabili'.  pu».  •"* 

(Juatrirair  louage.  A  Amrlot  la  Lere,  \-i  »ols.  puis  h  Jehanne  Laboulnui  \'' 

Ciaifuirme  louage.  liOud  i*  8  itob  et  i|  sois,  puis  inhaliili'  p-ndaiil  Iroi»  ans.  put»  à  Jeitmmm  h 
Trisiur ,  pnr  nu lo" 

.Si.rirmr  limage.  I^il par  an,  h  Jehanne  t.nhoulnrde  .  lo* 

Septième  limage.  A  Deaite  Dupont,  par  ou 

(('.t's.sH  ^[Mr^'  iout' il  1»  .Siiiil  Jcuii  i^iôo.  ronimn  Imp  hiini  "'i  |wiiiiii''  ji  iin'iii«T  ■ 

Kii  iadit-l*-  ni)*,  elr.  la  uinisoii  où  (>sl  li>  puits. 

I*remier  bmage  idt  »tt  le  puil*.  Loui<  li  JehannetI*  U  Snetue,  par  an. 

Second  louage  tenant  en  tatmal,  A  la  GtiiitonM,  par  an. .  ' 

Li's  n)iii|il»'s  d»«  la  rabriqnt'  de  Sainl-Jar«|ucs-la-lloiiili<Ti'   <•   >       p|>ri'im<iit.  en  outre, que 
Nicolas  Klaimd  avait  des  renies  annuelles  et  |K?q>éliiell—  <  lo  iuamhmi 

Hue  d*  AfarrMNM-,  hAlcl  de  l'Imaf^e  Minl  MirM: 
Hue  Qrnnemfoùr,  liAtel  de  l'Étoile: 


/IGO  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Clottre  Saint-Merry,  rrostel  qui  fu  à  feu  Hemon  Boulet;" 

Rue  Satnt-Marlin,  hôtels  (le  l'Autruche  et  des  quatre  fils  Aymon; 

Rue  des  Gravilliers,  rrostel  qui  fu  Jehan  Feuillet,"  plus  une  (rmazure  et  lieu  en  ruines, ^i  maisons  qui 

rrfiu-ent  à  Simon  de  la  Chambre,  Jehanne  Quin  et  Bernard  de  Buleu;'i 
Rue  du  Temple,  six  hôtels  ayant  appartenu  h  Robin  Violette,  à  Philippe  Villol.  h  Guillaume  le  Biche, 

à  Robin  Pesteron,  à  Guillaume  Béranger  et  à  Michel  de  Gousmf^nii; 
Rue  Beaubourg,  hôtels  du  Lion  d'argent  et  de  la  Fleur  de  lys  ; 
Rue  des  Blancs-Manteaux,  hôtel  de  l'Image  saint  Christophe; 
Porte  Baudotjer,  hôtel  appartenant  à  Gillel  le  Barbier; 
Rue  de  Jouy,  hôtel  du  Château;  hôtel  ayant  appartenu  à  rr Jehanne  la  Herbelotle ;»  hôtel  à  t Jehan  Piguet . 

dit  Simplet.» 
Rue  Saint-Antoine ,  maisons  de  la  Croix  de  fer  et  de  l'Homme  sauvage; 
Rue  Sninle-Croix-de-la-Bretonnerie ,  rrplace  en  ruine  faisant  le  coing  de  la  rue  du  Puis;i 
Rue  Saint-Jean-en-Grève ,  hôtel  appartenant  à  Colin  le  Roy; 

Place  Maubert,  hôtel  du  Cheval  rouge,  frfaisant  presque  le  coing  de  la  rue  des  Quatre  Portes;- 
Rue  Saint-Jacques,  hôtel  du  Dieu  d'amour; 
Rue  Saint- André-des- Arts ,  hôtel  du  Barillet; 
Pont  Saint-Michel,  hôtel  du  Croissant  ; 

Rue  de  la  Charpenterie  ''*,  place  en  ruines  et  maison  de  l'Image  sainte  Catherine; 
Rue  Saint- Honoré ,  hôtel  ayant  appartenu  h  Jean  Labbë; 
Rue  de  Richebourg  ou  du  Coq,  hôtel  du  Plat  d'étain;  * 

Rue  Guérin-Boisseau ,  six  hôtels  en  ruines; 
Rue  Chapon,  hôtel  et  jardin  en  ruines; 

Rue  Saint-Denis,  hôtel  du  Berger,  en  ruines;  hôtel  du  Boisseau;  ti-ois  hôtels,  louages  et  jardins  ayant 
appartenu  à  .Michel  Piot  et  autres. 

Nicolas  Flamel  avait,  de  plus,  diverses  rentes  a.ssises  sur  des  imnieubles  situés  l'i  Sainl- 
Laurent-iez-Paris ,  ia  Villette  Saint-Ladre,  la  Chapelle  Saint- Denis,  Olheuil  (Auteuil), 
Suresnes,  Nanterre,  Rueil,  Chatou,  Houilles,  Vry  et  autres  villages.  Les  maisons  qui  lui 
appartenaient  en  propre  n'étaient  pas  moins  nombreuses  que  celles  sur  lesquelles  il  perce- 
vait des  rentes.  Les  registres  de  Saint-Jacques-la-Boucherie  en  donnent  la  liste  suivante  : 

Rue  des  Ecrivains,  une  échoppe; 

Rue  Marivaux ,  maison  de  la  Fleur  de  lys;  hôtel  du  fDalphin,»  comprenant  trois  louages;  hôtel  de  l'Imîige 

saint  Jean  ; 
Rue  des  Etuves ,  maison  de  la  Nef  d'ai^ent  ; 
Rue  Quincampoix ,  maison  de  l'Image  saint  Christophe; 
Rue  auMaire,  maison  de  l'Image  Notre-Dame;  hôtel  joignant  le  Plat  d'étain; 
Rue  du  Temple,  hôtel  de  l'Image  sainte  Catherine,  ci-devant  de  la  Ooix  de  fer,  "faisant  le  coing  de  la 

rue  Pastourelle;" 
Rue  des  Gravilliers ,  hôtel  de  l'Ane  rayé;  masure  et  jardin  en  ruines; 
Rue  Saint-Martin,  maison  de  l'Image  saint  Christophe;  hôtel  de  la  itHenstîi;  maison  de  la  Belle  image; 

hôtel  de  la  Pomme  rouge,  f  au  coing  de  la  rue  an  Maire;»  hôtel  de  la  Croix  blanche,  frdevant  la 

rrpissotle  saint  Martin;» 
Rue  de  Montmorency,  maison  dont  il  est  question  plus  haut. 

La  fortune  représentée  par  ces  diverses  sortes  de  propriétés  ('lait  considérable,  sans 
doute;  mais  elle  ne  justifie  pas  la  réputation  de  Crcsus  qu'on  a  faite  à  Nicolas  Flamel,  et 
M.  Vallet  de  Viriville  a  raison  de  soutenir,  avec  l'abbé  Villain,  qu'il  n'était  pas  besoin 
d'avoir  recours  aux  secrets  du  grand  œuvre  pour  acquérir  ce  qu'on  ne  doit  regarder,  après 


LES  LKTTHÈS,  LKS  AHTISTKS  KT  LES  AHTISANS  A  PARIS.         «fil 


tiiiit,  (|Uir  i-ointnc  un*;  boli«>  aisuiirt;  ïu>urgiioi»e.  Au  (iècle  \treeedtrnl,  le*  Popin,  Ur»  Armdr. 
I«H  Gr>nticn ,  et,  à  IVt|i(*i|U(!  iln  Flfinu;! ,  le»  Bureau  de  r)aiii|(rii.irtiii ,  \en  Miles  BailUrl.  le»  («uil- 
inmiii  Satifruiii,  Ura  Dif^ric  HcHpondc  i^taiont  arrivt'n  à  un  ëlat  de  fortune  bcaoeoup  plu* 
itiiposniit;  (înillrhcrl  <lir  Mi-tz,  (|iii  roruiiii.HKait  iii*>n  l<*tt  riciien  de  «on  temps,  ne  •  jf  trompe 
|Miiiit.  Si  l'avoir  (l)>  l'Iaiiiol  a  t'-Afi,  Hurfait,  cVst  qu'on  l'avait  vu,  pendant  longoes  ann^. 
a.HHis  (iaiiH  son  ('rliop|ir!  de  la  ru*;  <l(>s  ÊrrivainH,  tandis  «pie  leit  tniurf^eoi»  opulent*  dont  nou» 
vcnon»  de  ra|i|)(>l«>r  \i's  noms  habitaient  de  beaux  bAtels  et  menaient  grand  train.  Hamel 
avait,  en  outre,  la  vanité  de  se  faire  peindre  ou  sculpter  partout,  avec  de*  cbiffrea  et  de» 
altrihiils  (|ue  l'iijnorance  transforma  bir-ntôt  en  lofjojjripbes  lierméiifpies.  Knfin  *»  fortune. 
iiii  lieu  <|f  se  diviser  discrètement  entre  des  héritiers ,  fut  recueillii-  en  bloc  par  la  fabni|u>- 
de  .Saint-Ja(-(pies  et  donna  lieu  i!i  de  nombreux  prociVs  qui  en  divulguèrent  le  cbiffire,  iequd 

fut  bicnli^t  amplifii'  par  la  rumeur 
publique.  \ji  fortune  de  Nirola* 
Flamel  n'a  donc  pas,  leloa  lente 
ap|iarenre,  dépa«é  le»  bernes 
d'une  aurta  wttSocnÊÊ»  :  c'est  la 
conclusion  à  laquelle  »ant  arnv«^ 
tous  |e<i  érudils  qui  en  ont  M^rieu- 
scuK'nt  recherché  leu  origine». 


Klamel  «le  juenne*  est  beau- 
coup moins  connu  que  son  illustn- 
homonyme.  On  sait  qu'il  était  ha- 
bile copiste,  et  qu'il  travailla  long- 
temps pour  la  -librairie"  du  dur 
de  Berrj.  Plusieurs  manuM-nl« 
splendidcs  portent  son  nom,entr«- 
autres  la  Hibir  hùloniJ»  traduite 
par  (îuyart  de*  Moulins,  les  /M- 
riuiea  de  TiU-lÀrt ,  tradoctioa  de 
Pierre  Bercheure.  le  Ammm  ér  Im 
l{oMf  et  le  livre  de  Boccace  De  etm- 
rit  el  nobilihiu  wuJierAm.  Le  pre- 
mier de  ces  ouvragée  porte  une 
note  que  M.  le  comte  Angoele  de 
BasianI  a  fait  calquer  dans  son 
excellent  ouvrage  (Le  fiuitaf*  4m 
Biemumls),  et  que  MM.  Lacmit 
et  Foumier  ont  reproduite  comme 
un  mo<IMe  de  b  calligraplue  de» 
uv'et  tv' tiède».  Noos  en  piacoa» 
le  jbcxsnmXr  aoos  Ica  yeot  de  ses 
lecteurs. 


hr  :■ 


/i62  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

L'individualité  de  Flamel  «le  juenne,»  dont  le  prénom  était  Jean,  a  beaucoup  embar- 
rassé les  érudits.  wll  est  fort  douteux,  dit  M.  Paulin  Paris,  que  les  deux  écrivains  fussent 
«parents,  puisque  Nicolas,  dans  les  actes  nombreux  que  son  historien  nous  a  conservés, 
rtne  fait  aucune  mention  de  Jean  '''.  y  MM.  Lacroix  et  Fournier  écrivent  de  leur  côté  :  ctLe 
"  copiste  aux  gages  du  duc  de  Berry  n'a  aucun  rapport  de  parenté,  ni  même  de  temps  avec 
«le  mari  de  Pétrenelle '"^J. »  C'est  peut-être  pousser  un  peu  loin  la  circonspection  histo- 
rique, au  moins  en  ce  qui  concerne  l'époque. 

La  conteinporanéité  des  deux  Flamel  est  attestée  par  le  texte  de  Guillebert  de  Metz 
et  par  la  date  de  la  mort  du  duc  Jean  de  Berry,  qui  précéda  de  deux  années  seulement 
celle  de  Nicolas.  Il  s'agit  bien,  en  effet,  du  frère  de  Charles  V,  si  connu  par  son  goût  pour 
les  beaux  livres;  les  diverses  mentions  consignées  par  Jean  Flamel  sur  les  manuscrits  qui 
ont  appartenu  à  son  illustre  protecteur  le  désignent  toujours  sous  ces  noms  et  qualités  : 
t^ Jehan,  fds  de  roy  de  France,  duc  de  Berry  et  d'Auvergne,  comte  de  Poitou,  d'Estampes, 
«de  Bouloingne  et  d'yVuvergne.  n  Ce  qui  est  un  peu  plus  douteux,  c'est  la  parenté,  quoi- 
([u'elle  paraisse  résulter  des  expressions  mêmes  que  notre  auteur  emploie  pour  désigner 
les  deux  écrivains:  il  les  appelle  tout  simplement  Vaisné,  \ejuenne,  comme  s'il  s'agissait  de 
deux  frères.  Cependant  un  fait  semble  s'opposer  assez  brutalement  à  cette  induction  :  l'hé- 
ritage de  Nicolas  Flamel  fut  déclaré  vacant  faute  d'héritier  au  degré  successible.  «Comme 
«personne  ne  se  présentoit  pour  l'hérédité,  le  magistrat  crut  pouvoir  regarder  comme  uni- 
«aubaine  une  succession  estimée  si  considérable,  et  tous  les  biens  du  défunt  furent  arrêtés 
«et  scellés  à  la  requête  du  procureur  du  Roi  du  Cbâtelet,  comme  vacans  et  appartenans  au 
«Roi,  par  défaut  d'héritiers  au  moins  qui  s'apperçussent '*. »  L'abbé  Villain,  à  qui  nous 
empruntons  ce  passage,  écrit  un  peu  plus  haut  :  «Il  semble  que  Flamel  craignoit  ce  qui 
«pensa  arriver,  en  effet,  que  ses  biens  ne  tombassent  dans  le  fisc  par  droit  d'aubaine.  Il 
«n'appercevoit  pas  sans  doute  de  parenî;  qui  pussent  se  présenter  pour  hériter  :  néanmoins, 
«en  cas  qu'il  en  parût,  il  fait  un  legs  de  ko  livres  parisis  en  argent  à  ses  parents,  »i  aucun» 
«  en  a  qui  se  voudraient  dire  ses  héritiers,  pour  une  fois  à  tous  ensemble;  mais  il  ne  s'en  présenta 
«pas  vraisemblablement,  puisque,  onze  années  après  la  mort  du  testateur,  il  n  estait  encore 
^apparu  aucuns  se  disant  parents  de  Flamel,  pour  recevoir  le  legs  de  ào  livres  parms^'.'n'  On 
peut  donner  de  ce  dernier  fait  une  explication  assez  naturelle  :  Jean  Flamel  aurait  été 
célibataire,  et  il  serait  mort  avant  Nicolas,  ne  laissant  point  d'héritier,  ce  qui  explique- 
rait pourquoi  il  n'est  fait  aucune  mention  de  lui  dans  le  testament  du  riche  écrivain ,  el 
pourquoi  la  succession  fut  déclarée  vacante.  Dans  cette  hypothèse,  le  décès  de  Jean  aurait 
précédé  de  fort  peu  de  temps  celui  de  Nicolas,  car  il  résulte  d'une  note  de  Godefroy  que 
«Jehan  Flamel  fut  habillé  de  deuil  pour  la  mort  de  son  maistre  '*',  laquelle  arriva  en  i  i  1 6.  tj 
Ce  serait  donc  entre  les  années  1/116  et  i4i8  que  Flamel  «le  juennen  serait  décédé,  et 
Flamel  «laisné»  n'aurait  eu  naturellement  aucune  disposition  testamentaire  à  faire  en  sa 
faveur.  Néanmoins,  on  s'étonnera  toujours  qu'il  ne  l'ait  pas  associé  aux  fondations  pieuses 
dont  son  testament  est  rempli  ;  c'eût  été  là  une  sorte  de  legs  religieux ,  tel  qu'en  devait  faire 

'''  Les  manuscrits  français  de  la  bibliothèque  du  ^''^  Histoire  critique  de  Nicolas  Flamel,  \>.  a  1 8,  a^. 

roi,  t.  II,  p.  11  et  12.  '''  Idem,  p.  aoi.  9o5. 

'*'  Histoire  de  l'imprimerie  et  des  arts  qui  s'y  rat-  '''  Histoire  de  Charles  V],  par  Juvénal  des  Ursins, 

tachent,  p.  45.  avec  annotations  de  Godefroy,  in-folio,  p.  779. 


LKS  LKTTHÉS,  LES  AHTISTKS  KT  LES  ABTISAXS  A  PAIIIS.         4U 
un  homtrin  nuKsi  diWol  que  Nicola»  Kluiiiel.  Kii  r«'-«uin«K  la  question  de  psronlé 


tRiifin,  ninl|;r('f  l«'s  nxpntsKiori»  dont  m;  mt!  (ïiiilIrlM^rt  d»  Miftz,  ifl  bien  qu'il  ttn  cuiUf  âê  m» 
voir  qu'une  coînridcnn;  |iiir<'nii-nt  rortiiilc  dan»  l'ntiittenc«>  «iniullanée  de  deiu  houtfpti» 
(|i>  l'iiris,  l'-rrivains  l'un  <'t  raiitrt',  |ii)rt<in(  h*  inAnif*  nom  fl  atani  joui,  en  l«*ur  l<>iiip«.  iTnni' 

n'iioiiiiiii'i'  à  |)iMi  [iri's  ('•ijiilf. 

Aviinl  de  («Tniinor  ccllo  étude,  il  nous  a  paru  util»  de  cun»i(;ner  ici  quelque*  article»  d- 
ri)rii|ites  tiré»  de  dorunients  iiulli<'ntii|iies  et  ('•tiiblis.tant  le  prit  inoten  de«  Iravaut  de  coptr  *" 
<'l  d'i'nliitiiiniire  à  l'i'poque  des  deux  Kiiimej.  Os  eitraits  Muniront  à  établir,  au\  \it*  el 
XV'  Nielles,  le  bilan  d'une  des  plus  célèbres  industries  parisiennes,  et  aideront  à  eomprcndrr 
la  l'orniation  d'une  fortune  <|ui  n'eut  rien  it  dém<Mer  avec  l'airbimie.  Non*  lea  eiBpniBloiw. 
pour  la  plupart,  aux  savantes  publications  do  (iabricl  Feignot  et  de  M.  le  marquis  de  Ijt- 
bnrde,  rpii,  seules,  jettent  un  peu  de  jour  sur  les  travaux  d'art  exécutés  i  cette  é|MN|ue. 

De  i38'j  ù  liJjjH,  Pliilippe  le  Hardi  fait  payer  à  llenriot  (iarnier  Bretin  -jt  franc». 
"pour  iin(j  livre  appeli-  les  Cnmufue»  iIcm  miM  tie  France  •,it  aux  Chartreux  35  franc».  «DMiir 
"acliaiil  (I  une  Bible;  "  à  frère  Philippe,  son  confesseur,  loo  francs,  (tour  "  ung  Catboliron 
"pour  mcctre  en  sa  chapelle; n  à  Pierre  Donnedieu,  «cscripvain  demourant  a  Paris,  |iour 
"  l'escripturc  de  deux  {[rands  Antiphoniers  par  lui  escriptz  et  notez,  60  francs.  ..  et  |Niur 
"enluminer  et  llorir  d'azur  et  de  vermillon,  coler,  tnire  et  relier  iceulx,  80  fraiir». «  \jr* 
fournitures  et  accessoires  coi^taienl,  à  ce  qu'il  parait,  plus  cher  que  le  Inivnildes  co|MKle»  ••! 
fies  enlumineurs,  car  nous  voyons  un  sieur  (iillel  Daunai,  -esrripvain  a  Dijon, «  ne/ecevoir 
que  ih  sols  6  deniers  par  «quayer  d'cscri|iturc,n  tandis  qu'on  dé|>en<(e  plus  de  90  franc» 
pour  «achat  de  parchemin,  velin,  chevrolin,  froncine,  fenneils  de  cuivre,  bounlont,  doux 
"de  Rouen,  doux  de  laton  et  de  cuivre,  soyc  de  pluscnrs  couleurs  |>our  faire  cbapilaux. 
"et  cuvr  de  vaches  pour  faire  (irouers  pour  convertir  eu  façon  de  livre"  .» 

Les  chilircs  (pii  précèdent,  et  (pii  s'nppli(|uent  probablement  à  des  livres  ordinaire»,  ne 
sont  rien  i^  cAté  des  sonnnes  payées  aux  fournisseurs  A-i  manuscrits  précieux,  et  en  |Nirti- 
cidier  aux  frères  Ha|)(inde,  qui  avaient  l'habiliide  de  les  rechercher  et  de  le»  offrir  aux 
ducs  de  i{ourf;o(pu>.  De   i3()8  i^   l'ioi.  Philippe  le  Hardi  fait  donner  à  Jacques  Ra|iondr 

-  ()0(>  escus  d'or  pour  une  Bible  escriple  en  francovs  de  lettres  de  forme.  Ires  bien  ystoriée 
-dedans  et  dehors,  armoyée  aux  armes  du  du'-,  couverte  de  drap  cranioisy  rt  garnie  de 
"(jros  fermaulx  d'arjjent  dorei;»  )\  Dyne  Baponde.  âoo  livres,  ■< parce  que  il  avoil  envoyé 
-en  boiuies  estrennes  un  très  bel  livre  de  l'/Zùtoire  df  Titus  Lirltu.  enluminé  de  lettre» 
•'d'or  et  historié  d'ymaifjes  en  pluseurs  et  divers  lieux  '.»  Jacques  Raponde  reçoit  encorr 
500  éciis  d'or  î^pour  uu(j  livre  appelé  la  l^efrrnde  dortff.  esrripte  en  franroy»  de  lettres  de 
"forme,  ysloriée  de  belles  ysloires,  a  chacun  son  ysloire,  et  par  deb«r»  une  Annonciation . 
" saint  i'aul  et  suinte  Oatheiine,  fermant  a  clous  d'ar|>enl  don<z,  armoyéau  armes  du  dur. 
-et  couvert  ce  livre  de  vclueau  en  vermeil  teint  en  grains,  et  ung  bel  asloj  garni  d'une 

-  tn>sse  de  soye  a  deux  mordants  armoyés  aux  onnes  du  duc  ;  '  plus  &00  éro»  d'or  ^pour  la 

-  \endue  et  délivrance  d'un  livre  nommé  Dr  lu pmpritlé  Jti ekcm*.  tout  neuf  et  yslorié.  coii- 

-  vert  de  veliu'l  en  (jrains.  a  fermouer  d'ar(;ent  dorei:  •  plus  3oo  francs  |M>ur  un  livre  fran- 

'  (Mtnhgm  (h  lu  hihlioïk^tif  lU»  Antt  d»  tfwwyyw  «■  ir'  êiMr.  [>  iÀtm.  p.  49. 


àU  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Rcois  de  plusieurs  histoires  des  Femmes  de  bonne  renommée,  que  ledit  Raponde  lui  présenta 
'r.en  estrennes;»  plus  3oo  livres  d'or  «pour  trois  livres  appeliez  La  Jleur  des  istoires  de  lu 
r  terre  d'Oriant,  escripts  en  parchemin  de  lettres  de  forme,  historiés,  couverts  de  velueau  et 
p  fermoyés  d'argent  doré  esmaillé,  et  armoyés  aux  armes  de  mondict  seigneur  ;  »  plus  /i  o  o  francs 
d'or  et  pour  avoir  fait  un  grand  livre,  tant  du  Roman  de  Lancelot  du  Lac  et  du  Saint  Greal, 
w  comme  du  Roy  Artlius,  ystorié  de  plusieurs  belles  histoires  "'.  n 

On  peut  supposer,  avec  quelque  raison,  que  les  frères  Raponde,  familiers  des  ducs  Phi- 
lippe le  Hardi  et  Jean  sans  Peur,  recevaient  un  peu  plus  que  ne  valaient  les  manuscrits 
achetés  et  revendus  par  eux.  Toutefois  les  comptes  de  Jean  Chousal  et  de  Jean  de  iNoident. 
pour  les  années  lioo  et  ikiU,  enregistrent  une  somme  importante  (600  livres)  délivrée 
à  Jean  Durand,  physicien  du  duc,  «pour  employer  es  escriplures  et  perfection  d'une  très 
ttbelle  et  notable  Bible,»  dont  étaient  chargés  les  enlumineurs  Polequin  et  Joncquin  Ma- 
nuel; plus  une  somme  de  5oo  livres  wpour  une  Bilile  toute  neuve  a  grandes  ystoires 
r.  d'ymages  enluminées  du  large  de  toute  la  page. ...  et  cousta  a  faire  plus  de  700  francs  '^'.  v 
En  faisant  la  part  de  la  magnificence  habituelle  des  ducs  de  Bourgogne,  il  reste  encore  une 
somme  importante  sur  chaque  achat  ou  indemnité,  pour  représenter  le  travail  des  écrivains 
et  des  miniaturistes;  et  en  tenant  compte  des  variations  qu'a  subies  la  valeur  monétaire, 
on  demeure  convaincu  que  l'enluminure  et  la  copie  étaient  aussi  largement  rétribuées  aux 
XIV*  et  xv'  siècles  qu'elles  pourraient  l'être  de  nos  jours. 

On  arrive  à  la  même  conclusion  en  parcourant  les  comptes  de  librairie  du  duc  d'Orléans"'. 
En  1895,  Thevenin  Angevin  confesse  avoir  reçu  3oo  francs  «pour  achepter  parchemin  a 

«escrire  le  livre  nommé  le  Mirouer  historial et  pour  paier  les  escripvains  et  enlumineurs 

«qui  escripvent  et  enluminent  ledit  livre,  »  plus  Ito  francs  d'or  «pour  achepter  parchemin  et 
«pour bailler  aux  escripvains  qui  escripvent  pour  ledit  seigneurie  livre  de  la  Citéde  Dieu,  les 
p  livres  des  Ethique  et  Polithique,  le  livre  du  Ciel  et  du  Monde  et  la  grant  Bible  '''.  v  11  importe 
de  faire  remarquer  que  ces  sommes,  quoique  considérables,  ne  sont  que  des  à-compte  :  The- 
venin reçoit,  en  effet,  à  diverses  reprises  et  pour  la  continuation  des  ouvrages  susénoncés, 
plusieurs  autres  provisions  qui  doublent  les  premiers  payements.  Le  même  personnage 
reconnaît,  en  outre,  avoir  reçu,  en  1  898 ,  100  écus  d'or  «pour  acheter  parchemin  et  payer 
«les  escripvains  et  enlumineurs  qui  escripvent  et  enluminent  pour  mondit  seigneur  la 
'xgrant  Rible  glosée,  les  Croniques  de  Rurgues,  les  Lamentations  de  saint  Rernart,  etc.  »  Ce  premier 
crédit  est  également  suivi  de  plusieurs  autres  applicables  aux  mêmes  travaux.  Le  catalogue 
de  Joursanvault  (n°  609)  indique  une  pièce  que  M.  le  marquis  de  Laborde  a  relevée,  et 
qui  donne  le  détail  des  prix  payés  pour  un  travail  d'enluminure.  Angelot  de  la  Presse  v 
déclare  avoir  reçu  :  1°  1  9  livres  10  sols  tournois  «pour  avoir  fait  vingt  histoires  aux  Heures 
Ten  françois  de  Madame  la  duchesse,  au  prix  de  10  sols  tournois  pour  chacune;  9°  pour 
«deux  lettres  a  vignettes,  10  s.  t.;  3°  la  liv.  i5  s.  8  den.  t.  pour  trois  cent  quatre  lettres 
«a  deux  points  et  enternellées  ;  4°  8  s.  4  den.  t.  pour  avoir  fait  relier  lesdites  Heures  de 
«  ladite  dame  et  relier  le  Traiclié  de  l'âme  et  du  cuer.  v 

Nous  ne  pousserons  pas  plus  loin  cette  énuméralion,  qui  offre  de  nombreuses  analogies 

'■'  Catalogue  de  la  bibtiothè'ine  des  ducs  de  Bour-  '''  Consulter  le  mémoire  de  M.  Le  Roux  de  Lincv 

gogne  au  xv'  siècle,  p.  33.  sur  la  bibl.  de  Cliarles  d'Orltians.  Paris.  in-8°,  i843. 

<*'  Idem,  p.  36.  '•''  Les  Ducs  de  Bourgogne ,  Preuves,  t.  III,  p.  1  jo. 


LES  LKTTItKS,  LKS  ARTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PABIS.        M» 

avec  les  compte*  d«>  la  mai.Hon  de  Dourfjognc.  Le  duc  de  Beny,  graotl  aiuteur  de  Uirrei  •! 
(J'ohjirtH  d'art,  payait  Hans  doute  auNsi  f>6nht;u*emcut  (]ue  Mt  deux  frères,  et  ooiu en  atOM 
jioiit'  preuves  troid  urticleM  qui  semblent  devoir  se  r(!'f)5rcr  aui  «Iroi*  frère*  enlnminears • 
(lotit  puric  (iuiliebort  de  M<-tz.  (les  artichm  sont  extraits  de  la  prù^  des  bien*  laÎMés  «a 
I  /i  I  fi  pnr  le  dur,  prisr^c  dont  ir-  tiianuscrit  est  consente  h  la  bibliothèque  Saint»Ctaariè»<. 

Fol.  y. '5.  "  li'uncs  ixtljr-s  llruros,  1res  bien  et  richement  historiées,  cl  au  col 
nest  le  kulendricr,  lesquelles  Heures  iMgr  a  fait  faire  par  ses  ouvriers,  et  oalest^ 
«(avec  quelque»  pierres  précieuses)  876  livres.» 

Fol.  867  v°.  «Item,  un  livre  contrefait  d'une  pièce  de  bois,  {«ainle  en  lembUoee  «Ton 
(•livre,  ou  il  n'n  nulz  feuiliez,  ne  riens  e.script,  couvert  de  v(.-luvau  blanr  a  deux 
"d'itri^cnt  dorez,  esniuillt!'  aux  armes  de  M);r,  l(;(|uel  livre  Pol  de  Liinboure  et 
"  frères  doimerenl  a  mondit  sei);neur  aux  estraines  m  .cccc  et  s,  prisé  5o  sols  tournois. 

((Item,  en  une  layette,  |)lusieur8  cayers  de  très  riches  Heures  que  faisoienl  Pol  et  ses 
((frères,  très  richement  historicz  et  enluminez,  pris(*es  5oo  livres"  ." 

De  ces  donn(>CN,  dit  M.  le  marquis  de  Labordc,  il  résulte  que  le  duc  de  Berry  avait, 
parmi  ses  ouvrin-s,  trois  |)eintres  venus  des  Pays-Bas  et  originaires  du  Limbourfj;  que  ces 
nrtistt's  (•tnient  occupés,  lorsque  sa  mort  survint  en  1^116,  h  orner  les  fcuil|ft.<t  d'ua  livre 
(rileiir(>s,  qu'on  réunissait  dans  une  layette  jusqu'à  ce  que  l'achèvement  du  travail  pernitt 
de  les  livrer  au  relieur.  Il  y  a  (jrandc  apparence  que  «les  trois  frères  enlumineurs n  dont 
parle  (iiiiliei)(>rt  de  Metz,  sans  les  désigner  |)lus  explicitement,  sont  ces  mêmes  omrrien,  re- 
présentiiiits  ilistinj;ii('s  de  l't'cole  flamande  (pii  rommenç.iit  alor>  h  |>oindrc  et  que  leseocoo- 
ragena-nts  des  ducs  de  Bourgogne  devaient  biontijt  porter  au  plus  haut  point  de  spkodwir. 
Nous  avons  vainement  cherché  à  retrouver  la  trace  de  ces  artistes,  qui  comptaient  aasarënent 
parmi  les  meilleurs  de  Paris,  puisque  notre  auteur  les  cite  sans  indiquer  leur  nom.  Sur  i'iii- 
dicatjon  di>  M.  le  iiinnpiis  de  Laborde,  nous  nous  sommes  en  outre  adressés  aux  archives  de 
lii  province  de  Liiiii)oiir|^,  iifin  d'obtenir  (jucKpies  détails  sur  leur  origine  et  leur  existence; 
mais  noire  appel  est  resté  sans  écho.  Comme  tant  d'autres  peintres  de  la  même  époque,  les 
(rois  fn^res  enlumineurs  n'ont  probablement  pas  d'histoire  :  leurs  travaux  accomplis  obsca- 
rénient,  à  c6té  de  ceux  des  écrivains  dont  ils  étaient  les  auxiliaires,  révèlent  une  époque,  un 
style,  une  école,  mais  ils  ont  à  peine  sauvé  leurs  noms  de  l'oubli. 

A  cAté  des  honoraires  payés  par  les  grands  seigneurs  à  leurs  enlumineurs  et  k  leurs  écn-  n,, 
vains  en  titre,  il  n'est  pas  sans  intérêt  de  placer  le  prix  de  vente  et  de  location  des  livres 
mis  dans  le  commerce,  soit  qu'ils  appartinssent  en  propre  aux  êlntitmmmm  qui  les  eipo- 
saicnt  ù  leur  étalage,  soit  (]u'ils  fussent  simplement  en  dépùt  cbei  eux  pour  être  vendu».  Vvn 
le  milieu  du  xiv*  siècle,  le  libraire  (îeofl'roy  de  Saint -Léger  cède  i  noble  homme  Géfwtl 
(le  Montagu,  nver  hvpothi^cpie  sur  tous  ses  biens  et  garantie  corporelle,  un  livre  intitalé 
Si>eculuin  histonale  in  coiisuctudiiie  Varisiente,  mo\ennant  la  somme  de  Aoo  livres  parisis.  En 
I  38i,  le  psautier  de  saint  Louis,  mis  à  l'enchère,  est  acheté  «(par  messirv  Jehan,  derc  de 
'  la  chapelle  de  la  reine  Blanche,  vu"  et  un  francs.»  En  iSgA,  Jean  Bonhomme,  libraire 
juré  de  l'Cnivcrsité,  cède  ii  Jean  (lueiilette  un  e\emplain<  de  la  Cité  it  Ditu, 

I  ■  -  liiir.<  ,/,•  Bviirgvgne,  freuves,  I.  I,  introduction,  p,  tx\i 


466  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

tion  de  prix,  mais  en  promettant  de  garantir  la  vente  «envers  et  contre  tous.»  Ces  sortes 
de  dispositions  étaient  prises  pour  assurer  à  l'acheteur  la  pleine  possession  du  livre  vendu . 
et  le  mettre  à  l'abri  de  toute  revendication  de  la  part  du  propriétaire  déposant.  En  1897, 
le  libraire  Robert  Lescuicr  reçoit  du  duc  d'Orléans  vingt  écus  d'or  «pour  la  vendicion  d'un 
«livre  ou  est  le  faict  des  Roumains,  escript  en  francois,  compilé  par  Ysidoire,  Suetoine  et 
«Lucan.»  Le  même  duc  avait  payé  deux  cent  cinquante  écus  une  Rible  latine  achetée  au 
libraire  Olivier  de  Lempire,  vingt  francs  d'or  les  épîtres  de  saint  Paul ,  et  quatre  cents  francs 
une  Bible  en  français. 

La  cherté  des  manuscrits  et  les  prétentions  toujours  croissantes  des  libraires  détermi- 
nèrent l'Université  à  taxer  non-seulement  la  vente,  mais  encore  la  location  des  livres  qui, 
sans  celte  précaution,  seraient  devenus  inabordables  pour  la  bourse  de  la  plupart  des 
écoliers.  Clievillier  a  donné,  d'après  le  76'  feuillet  du  Livre  rectoral,  une  liste  curieuse  de 
quelques  ouvrages  tarifés  en  assemblée  générale  de  l'Université'";  voici  certains  articles  de 
cette  liste  : 

Les  Homélies  de  saint  Grégoire,  q8  feuillets,  taxé  18  deniers; 

Les  Sacrements  de  Hugues  de  Saint-Victor,  aie  feuillets,  3  sols; 

Les  Confessions  de  saint  Augustin,  ai  feuillets,  li  deniers; 

La  Somme  de  saint  Thomas  d'Aquin,  1*  livre,  56  feuillets,  3  sols  ; 

VApparalm  des  décrets,  6  sols  ; 

Le  texte  ô'Infortint,  h  sols. 

Le  Digeste,  5  sols,  etc. 

Il  résulte  de  ce  tarif  que  les  livres  de  droit  étaient  les  plus  recherchés  à  la  fin  du 
XIV*  siècle;  et  ce  fait,  dit  V.  Le  Clerc,  est,  à  lui  seul,  l'annonce  d'une  tendance  nouvelle 
qui  devait  faire  déserter  les  vieilles  écoles  de  théologie.  Nous  n'avons  point  à  entrer  dans 
l'examen  des  questions  de  doctrine  que  soulève  la  librairie  parisienne.  Qu'il  nous  suflise 
d'avoir  esquissé  à  grands  traits  le  tableau  de  la  fabrication  et  du  commerce  des  livres,  à 
l'époque  où  Guillebert  de  Metz  les  a  vus  s'exercer  à  Paris. 

7°  LES  ORFÈVRES  ET   tf  ARTIFICEILX   OUVRIERS.  1» 

(hEBMAN,  WILLELM,  AKDRY,  le  potier  (t  QUI  TENDIT  LES  ROSSIOOLZ  CHANTANS  EN  YVEB  ,  fl  ETC.) 

M.  Paul  Lacroix  a  écrit,  en  tête  de  son  intéressante  Histoire  de  l'orfèvrerie  française ,  les 
lignes  suivantes  :  «  De  tous  les  arts,  le  plus  ancien  est  peut  être  l'art  de  travailler  l'or,  c'est- 
«  à-dire  l'orfèvrerie  :  on  la  trouve  déjà  florissante  aux  époques  héroïques  des  dilTérents 

«peuples  du  monde Les  autres  métaux  dormaient  dans  le  fond  des  mines,  que  déjà 

«l'or  avait  fourni  aux  premiers  habitants  du  globe,  non-seulement  des  ustensiles  et  des 
«armes,  mais  aussi  des  objets  de  parure  et  des  insignes  religieux.  Il  est  donc  permis  de 
«regarder  les  orfèvres,  les  ouvriers  qui  travaillaient  l'or,  comme  les  initiateurs  de  tous 
«les  arts  manuels''''.» 

Guillebert  de  Metz  semble  avoir  devancé  l'opinion  de  M.  Lacroix  :  parmi  les  nombreux 


'''  Archkeg  de  l'Université,  cart.  II,  sec.  dossier  '''  Histoire  de  l'orfèvrerie ,  etc.  Paris,  i85o,  in-8*, 

B,n°  1.  et  1808,  in-j8,p.  1  et  i83. 


LES  LKTTHKS,  LKS  AUTISTES  ET  LES  AHTISAR8  A  PARIS.        467 

orti.sans  (|ue  rertfcrriiuit  l<;  Parin  do  Hon  (om|>!t,  «arlificcult  ouvriena  de  UnHm  Im  un- 
TeiiNionH,  liommcM  n <lun(pi,'noux  iiicstient»  i|iril  a  vu»  n  l'cpuvre,  H  qu'il  ril«  aa  méoM titra 
f|u«  \m  ^ens  du  lellrcN  ou  les  bourf^eoÏN  opulnnl»,  Iroin  seulement,  Willelm,  Hefan  d 
Andry,  lui  ont  puru  dif;ne!i  d'étru  dt'rttifjnés  nuinm<^nicnt ,  et  ce  sont  préciit^^ment  un  orfèvre, 
lin  l.i|iiiliiiri',  un  Itijoutii-r  en  (ilif^nine,  c'est-à-dire  les  trois  priocipale*  variétéi  dfl» 
iiuri/icn  oit  aurifiihri  du  moyen  A|j(;.  Lu  rai.son  de  cette  mention  uninue  est  bieo  HOiple  :  M 
w*  siècle,  comme  oux  â|;es  primitifs,  le  trovail  de  l'or  résumait  toutes  les  aulm  OMiniliB»- 
talions  de  la  pensée  industrielle;  il  entretenait  ie  sentiment  du  beau,  et  entait  entre  l'art 
et  le  métier  un  lien  intime  (|ue  les  siècles  n'ont  point  encore  rompu.  Sirur  de  Parcbiterture 
et  de  la  sculpture,  rorfévrerie  marchait  de  concert  avec  elles,  leur  prêtant  plus  qu'elle  ne 
leur  empruntait,  et  offrant  dans  ses  cliAsses  et  ses  reliquaires  plutAt  le»  maaiÊMm  deaédi- 
lices  à  élever  cpie  les  diminutifs  des  monuments  dijà  construits.  InlineiDeol  liée  à  la  e^ 
rnmiipie  et  à  la  poterie  d'étain  (pi'elle  transformait,  k  la  menuiserie  d'art  dont  elle  avait 
besoin  |)our  ses  dressoirs,  h  la  serrurerie  et  à  la  ferronnerie  qui,  sana  ton  aide  et  son  ina- 
piration,  fussent  restées  pcul-t^tre  it  l'état  de  |;ros  et  lounis  métiers,  elle  entrait  ainsi  dan» 
la  vie  privée  et  s'associait  à  toutes  les  nécessités  doniesti(|ues,  tandis  que,  par  ses  rapporta 
avec  la  peitiliire  sur  verre  et  l'art  de  rémailleur,  elle  étendait  |>eu  à  peu  le  domaine  de 
la  chimie  et  faisait  avancer  cette  science,  attardée  à  la  recherche  du  grand  œuvre.  Enfin, 
par  l'usa^je  habituel  de  la  forge  et  du  marteau,  elle  contribuait  puissamment  k  perfection- 
ner lu  métallurgie,  à  donner  de  la  légèreté  au  travail  manuel,  à  introduire  l'art  partout 
où  il  pouvait  se  glisser.  Il  serait  fort  intéressant  de  suivre  à  travers  le*  siècles  cette  influence 
(le  rorfévrcrie  sur  les  diverses  professions;  mais  une  telle  étude  eiigerait  de»  développe- 
ments (|ue  notre  cadre  ne  comporte  point.  Le  récit  de  Guillebert  de  Metz  ne  comprend 
d'ailleurs  qu'une  période  de  cinquante  ou  soixante  années,  et  se  renferme  étroitement daw 
riiistoire  de  l'art  parisien;  notre  commentaire  ne  doit  point  aller  au  delà. 

Paris  Minble  être,  dès  les  premiers  siècles  de  la  monarchie  franque,  la  tem-  claaM«|ur  >-^«i— >i*N~ 
de  l'orfèvrerie.  Son  lerriloire  ne  possède  pas,  comme  les  montagnes  de  l'Auvergne,  des 
lii'vennes  et  du  Limousin,  des  mines  d'or  et  des  gi.semenis  de  pierres  précieuses;  la  joail- 
lerie, l'émaillerio  n'y  sont  point,  comme  à  Limoges  et  à  Montpellier,  une  sorte  de  produit 
spontané;  mais  les  rois  y  résident,  les  ofliciers  de  la  couronne  y  étalent  leur  luie,  et  les 
;;raiids  feudataircs  viennent,  en  rendant  hommage  au  suzerain,  y  faire  leurs  acqunitiona. 
I)e  plus,  Paris  a  dans  son  voisinage  les  métropoles  de  Heinis  et  de  Sens,  les  antique* 
sièges  de  Soissons,  de  Senlis,  de  Laon,  de  Noyon,  de  Meaui,  de  Beauvais,  etc.  dont  le» 
l'véques  sont  en  relations  continuelles  avec  la  royauté;  les  monaatères  opalenls  se  multi- 
plient dnns  les  environs,  et  l'nrt  de  travailler  l'or  reçoit  de  toutes  ces  circonstances  réunies 
une  vigoureuse  et  durable  impulsion.  Le  fameux  vase  de  Soiaaooi,  les  plèna  d'orfèvrerie 
trouvées  dans  le  tond)eau  de  (ihildéric  à  Tournay,  les  riche*  basain*  qne  nMntratent  or- 
gueilleusement C.hilpéric  et  (îontran.  dit  (ïn'goire  de  Tours,  appartiennent  à  cette  preaièw 
épo(|ue,  et  se  rattachent  h  l'art  gallo-romain .  qui  fut  le  pn'mier  maître  des  Francs.  BientM  aae 
école  nationale  se  constitue,  et  c'est  à  Paris  qu'elle  établit  le  siège  de  sa  fabrication  :  Por- 
févre  Kligius.  originaire  du  Limousin,  apporte  dans  la  capitale  du  royaume  franc  le*  tr»- 
cillions  il  les  procédés  de  son  puvs:  devenu  l'nmi  de  (ilotaire  II  et  le  ministre  de  DugiK 


468  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

bert  T",  il  dirige  la  monnaie  royale,  renouvelle  la  vaisselle  du  palais,  les  vases  sacrés  des 
églises,  couvre  d'or  et  de  pierreries  le  tombeau  de  saint  Denis,  et  crée  à  Paris  deux  nou- 
veaux centres  d'activité  :  le  monastère  dit  de  Saint-Martial,  et  le  suburbium  de  Saint-Paul- 
des-Champs.  Dans  la  Cité,  en  face  du  Palais,  sous  la  direction  de  sainte  Aure  [Aurala), 
dont  le  nom  indique  en  quelque  sorte  la  pieuse  profession,  les  religieuses  tissent  la  soie, 
l'or,  et  font  des  broderies  pour  les  vêtements  ecclésiastiques,  tandis  que  les  orfèvres,  groupés 
dans  la  culture  Saint-Eloi,  autour  de  la  chapelle  qui  fut  plus  lard  l'église  Saint-Paul, 
continuent  les  traditions  artistiques  du  savant  évêque  de  Noyon.  Il  ne  nous  reste  rien  mal- 
heureusement des  chefs-d'œuvre  que  durent  enfanter  alors  le  génie  et  la  foi.  L'orfèvrerie 
carolingienne  n'a  pas  laissé  plus  de  traces,  quoiqu'elle  ait  eu  le  même  éclat  et  qu'elle  ait 
produit  autant  de  merveilles  que  les  ateliers  mérovingiens.  Ce  qui  explique,  à  tous  les  âges, 
la  disparition  des  pièces  artistiques  formées  de  matières  précieuses,  c'est  la  guerre,  le 
besoin  d'argent,  l'indifférence  pour  les  vieilles  choses  et  l'amour  de  la  nouveauté  :  à  toutes 
ces  causes  de  destruction  se  joignent,  pour  la  période  carolingienne,  le  transfert  du  siège 
de  l'empire  de  Paris  à  Aix-la-Chapelle,  et  le  long  séjour  que  durent  faire  en  Allemagne  la 
plupart  des  joyaux  formant  le  trésor  de  la  couronne. 

La  fabrication  de  l'orfèvrerie  s'interrompt  à  Paris,  comme  ailleurs,  pendant  le  règne  des 
faibles  successeurs  de  Charlemagne  et  sous  les  premiers  Capétiens.  Hommes  de  fer,  ne 
connaissant  d'autres  joyaux  que  le  casque  et  l'èpèe,  les  rois  de  la  troisième  race  n'étendent 
point  leur  protection  sur  les  arts  de  luxe,  et  l'Eglise  seule  entretient  encore  les  ateliers  où 
l'on  travaille  l'or.  Mais  voici  venir  l'an  mil  et  les  terreurs  dont  cet  âge  fatidique  est  ac- 
compagné :  tous  les  trésors  s'accumulent  dans  les  monastères;  tous  les  métaux  précieux  sont 
portés  dans  les  églises,  et  l'orfèvrerie  religieuse  prend  alors  un  développement  inouï.  Le 
moine  Théophile,  témoin  de  ce  grand  mouvement,  nous  en  a  laissé  le  tableau  dans  son 
curieux  ouvrage"'.  Voici  en  quels  termes  ce  religieux,  orfèvre  comme  saint  Eloi,  proba- 
blement peintre,  verrier  et  èmailleur,  exprime  ce  qu'on  pourrait  appeler  l'esthétique  de 
l'orfèvrerie  au  xi°  siècle  :  «0  mon  cher  fils,  dit-il  à  son  disciple,  tu  t'es  approché  avec  foi  de 
«la  maison  de  Dieu;  tu  l'as  décorée  avec  magnificence,  parsemant  les  voûtes  et  les  murs 
^de  travaux  divers  et  de  couleurs  variées;  tu  as  en  quelque  sorte  exposé  aux  regards  une 
«image  du  paradis,  et  son  printemps  diapré  de  fleurs,  verdoyant  de  gazon  et  de  feuillage, 
«et  les  immortelles  légions  de  saints,  et  les  couronnes  qui  les  distinguent;  tu  as  forcé  la 
«créature  à  louer  Dieu  son  créateur,  à  le  proclamer  admirable  dans  ses  œuvres.  L'œil  de 
«l'homme  ne  sait  d'abord  où  se  fixer:  s'il  s'élève  vers  les  voûtes,  il  les  voit  fleurissant 
«comme  de  brillantes  draperies;  s'il  considère  les  murailles,  c'est  un  tableau  du  ciel;  s'il  con- 
«temple  les  flots  de  lumière  versés  par  les  fenêtres,  il  admire  l'inestimable  éclat  du  verre, 
«la  variété  du  travail  le  plus  précieux.  Qu'une  âme  fidèle  voie  la  passion  de  Jésus-Christ 
«représentée  par  le  dessin,  elle  est  pénétrée  de  componction;  qu'elle  regarde  les  supplices 
«que  les  saints  ont  supportés  ici-bas,  et  leurs  récompenses  dans  l'éternité,  elle  revient  aux 
«pratiques  d'une  vie  meilleure;  qu'elle  songe  aux  joies  du  ciel,  aux  tortures,  au  feu  des 
«enfers,  elle  est  animée  d'espoir  pour  ses  bonnes  actions,  et  frappée  de  terreur  à  l'aspect 
«de  ses  péchés.»  Et  s'adressant  à  son  disciple,  orfèvre  comme  lui,  Théophile  ajoute  : 

'"'  Ji'ouvrage  de  Théophile  est  intitulé  Ditersarmn  artium  schedula. 


LKS  LBTTRÈS,  LKS  AHTISTKS  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS.        469 

«Krifliinirnc-toi  désormoifi  d'une  ardeur  pluH  laliortcuse;  ce  qui  manque  eoeote  parmi  In 
R  instrumonlfi  dn  la  pasHion  du  Seigneur,  viens  le  compléter  dan*  tout  TeMor  de  la  peuée; 
«•lan»  ton  HecourH  le»  divins  mystères  ni  les  services  des  auleb  ne  peuvent  s'accomplir.  Ce 
«.sont  les  ciiices,  les  cnndélahres,  les  encensoirs,  les  vasea  des  tainies  huiles,  Im  bar«4tes. 
••lot)  rliàssc!)  dos  reli(|ue.H  sainleii,  les  croix, les  missels  et  autres  objets  qu'um-  utili-  n^ces- 
«siti^  rt^clame  pour  le  service  de  IV'glise'".  » 

A  vtiU-  du  livre  de  Tli<!-ophilc,  consacre  presque  exclusivement  à  I  orfi^vrene  religieuse, 
il  eonvi(;nl  de  placer  l'œuvre  plus  modeste  et  plus  parisienne  de  Jean  de  Garlaode,  qui 
arrivait  à  |icii  près  h  la  nuViie  époque,  et  qui,  dans  un  tahleau  d'ensemble  dea  l 
Paris,  arconii;  une  place  des  plus  importantes  aux  rliangcurs  et  orfèvre*  >  «Les 
«taires,  dit-il,  qui  fabriquent  les  monnaies,  semblent  riches,  mais  ils  ne  le  sont  pas. —  Lee 
«deniers  qu'ils  frappent  ne  sont  point  &  eux;  on  envoie  ces  deniers  au  l'onl-au-ChaBM, 
t  pour  (|u'ils  soient  (!lian|;és  par  les  ban(|uiers  <;t  les  Lombard-H,  qui  s|M>culent  sur  lee  eMlèeaa 
"  monnayées.  —  Les  fermailleurs  offrent  des  fermoirs  grands  et  petits,  de  plomb  et 
'•(IVtairi,  de  fer  cl  de  cuivre;  ils  font  aussi  de  beaux  colliers  et  des  grelots  sonores.  —  Le* 
"artisans  ipi'on  appelle  riplmrii  (lianapicrs)  décorent  les  vases  de  lames  d'or  et  d'argent,  el 
f  montent  les  coupes  sur  des  pieds;  ils  les  entourent  de  cercles  pour  les  rendre  plus  belle», 
<(  plus  solides  et  plus  durables.  —  Les  orfèvres  se  tiennent  asitis  devant  leurs  fourneaux  et 
«leurs  tables  sur  le  Grand-Pont.  Ils  fabrirpient  des  banaps,  des  fermait,  dea  eoUien,de* 
«•épinijles,  des  af;rafes  en  or  et  en  ar|;ent;  ils  préparent  pour  les  anneaux  des  turonoises, 
«des  niliis,  des  saphirs  et  des  émeraudes.  Le  métier  de  ces  orfèvres  consiste  k  battre  avec 
«de  petits  marteaux  sur  l'cnrlumc  des  lames  d'or  et  d'argent,  et  à  enchAsser  les  pierres  pré- 
«cicuses  dans  les  chatons  des  bagues  ù  l'usage  des  barons  et  des  nobles  dames*".* 

Los  deux  ouvra(;es  que  nous  venons  de  citer  résument  exactement  les  tendances  de  Tor- 
févrerie  au  \i'  si<Vle,  et  nous  indiquent  les  deuv  principaux  courants  auxquels  elle  obëia- 
sait.  Kn  province,  même  après  les  tiTreurs  de  l'an  mil,  nn  avait  continué  à  fabriquer, dans 
une  plus  grande  propnriicm,  les  chAs.ses,  les  reiic|uaires  et  les  vases  sacr^;  k  Paris,  où  lea 
forliMies  étaient  plus  considérables  et  les  goi^ls  plus  luxueux,  oà  la  cour  el  les  gruida  aei- 
gneurs  donnaient  l'exemple  de  toutes  l(>s  magnificences,  on  s'était  promptemenl  raamré 
sur  la  fin  du  monde;  le  besoin  d'ostentation  avait  bien  vite  reparu,  et  le^  orfèvres,  lëmoios 
d(>  ce  retour,  n'avaient  point  tardé  à  le  mettre  à  profil,  (l'est  ce  qui  explique  poun{Uoi  Jean 
lie  Garlande  n'aperçoit  dans  les  oflirines  du  (îrand-Pont  que  des  pièces  d'orfèvrerie  civile. 
tandis  que  le  moine  Théophile,  dont  l'atelier  est  situé  au  fond  d'un  monastère,  M  préoc- 
cupe exclusivement  de  la  fabrication  des  objets  servant  au  culte. 

Dans  les  deux  siècles  suivante),  .sous  l'inllucncp  des  froi.sa<les  et  des  grandes  excitations 
religieuses  (pii  en  sont  le  principe,  la  proportion  change  :  le  luxe  des  parlirulier^  diniinu<>. 
et  l'orlévrerie  d'éd'li.se  prend  des  dévelop|)ements  inouïs.  La  n^gence  de  l'abbé  .Suger  H 
le  règne  de  saint  Louis  marquent  h  Paris  cette  épotpie  privih^èe  pour  l'art  religieux  : 
«Suger,  dit  M.  Lacroix,  eut  une  largo  part  aux  proférés  d'un  art  qu'il  aimait  et  daas  teqael 
«il  avait  des  connaissances  spéciales.  Il  se  proposait  |K>ur  modilea  le*  beaux  ouvrages  de 


O    Diitriiimm    arùnm   »ekf<liila ,   prologue   du  '*'  Magiêtri  Jtimmiê  il  Gmhmim 

livi-e  m,  i<<lil.  <!••  M.   le  comte  ilc  I/»ic«k)pier.        éiiit.  doonëa  par  H.  ùénmà.  Avtt  mm  PUifft 
I  H^i:t .  iii-.V.  <r  &/,  p.  59A  «t  S9&. 


470  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

«saint  Éloi,  surtout  le  célèbre  crucifix  d'or  qu'il  avait  sous  les  yeux  dans  sa  basilique  de 
«^ Saint-Denis,  ainsi  que  l'autel  d'or  donné  par  Charles  le  Chauve.  11  fit  faire  non-seulement 
«un  retable  en  or  incrusté  de  pierreries,  des  candélabres  d'or  du  poids  de  vinyl  marcs, 
«mais  encore  un  nouveau  crucifix  pesant  quatre-vingts  marcs  de  l'or  le  plus  pur,  tout  flam- 

«bovant  d'émaux  et  de  pierres  précieuses On  sait  que  le  crucifix  fut  fondu  par  les 

«ligueurs,  en  tSgo'".  n  Louis  VII,  excité  parle  zèle  de  son  minisire,  couvrit  aussi  d'or  et  de 
pierreries  le  tombeau  de  saint  Denis,  et  bientôt  la  royale  abbaye  devint  le  plus  riche  musée 
du  royaume.  Saint  Louis  fit  plus  encore  :  l'Orient,  qui  lui  fournissait  d'insignes  reliques, 
lui  donnait  également  les  moyens  de  les  enchâsser  avec  une  richesse  inconnue  aux  âges 
précédents.  C'est  de  l'Orient  qu'on  importait  en  France  les  pierres  précieuses  et  l'or  le  plus 
pur;  de  l'Orient  que  venaient  ces  merveilleuses  arabesques  dont  l'imitalion  enfanta  une 
architecture  nouvelle  :  de  l'Orient  encore  qu'arrivait  en  droite  ligne  cette  nouvelle  variété 
d'orfèvrerie,  le  filigrane,  dont  l'art  religieux  fit  un  si  utile  emploi.  Dès  lors,  la  Sainte-Cha- 
pelle et  ses  reliquaires  font  école  "^'.  L'orfèvrerie  de  table  elle-même  emprunte  à  ces  grands 
modèles  les  motifs  principaux  et  les  données  générales  qu'elle  applique  aux  nefs,  aux  dra- 
geoirs,  aux  hanaps,  à  toute  la  vaisselle  de  cérémonie;  il  en  est  de  l'orfèvrerie  d'église 
comme  de  la  société  religieuse  :  elle  domine  complètement  le  monde  civil.  C'est  à  cette  fer- 
vente école  qu'appartenait  la  magnifique  châsse  de  sainte  Geneviève,  exécutée  vers  le  milieu 
du  xiii' siècle  par  un  orfèvre  parisien,  nommé  Bonnard,  qui  y  employa  cent  quatre-vingt- 
treize  marcs  d'argent  et  sept  marcs  et  demi  d'or.  Elle  figurait,  dit  .M.  Lacroix,  une  église 
d'or  et  d'argent  toute  rehaussée  de  reliefs  et  toute  garnie  de  slaluettes.  Sacrifiée,  en  «  792 , 
sur  «l'autel  de  la  patrie,»  elle  a  disparu  comme  tant  d'autres  monuments  du  même  genre 
dans  le  creuset  des  iconoclastes. 

Le  règne  de  saint  Louis  est  une  époque  doublement  remarquable  dans  l'histoire  de  l'or- 
fèvrerie parisienne  :  c'est  à  ce  moment  qu'elle  se  constitue  en  corporation  religieuse  et 
charitable  sous  le  patronage  de  saint  Eloi,  cl  qu'elle  règle  ses  rapports  avec  l'aulorilé 
civile  par  l'intermédiaire  du  prévôt  Etienne  Boileau.  La  charte  qu'elle  se  donne,  fondée  sur 
d'antiques  traditions  orales,  est  désormais  immuable  dans  ses  principaux  articles.  Se  limi- 
tant volontairement  à  ce  qui  est  l'essence  même  de  leur  art,  les  orfèvres  se  séparent  des 
monétaires,  des  hanapiers,  des  fermailleurs,  des  cristallicrs  ou  lapidaires,  des  batteurs  d'or 
et  d'argent,  ainsi  que  des  brodeurs  et  des  patenostriers.  Le  change  est  la  seule  attribution 
qu'ils  ont  la  prétention  de  conserver,  afin,  disent-ils,  de  contrôler  la  pureté  des  monnaies 
et  de  ramener  ce  commerce  aux  habitudes  de  loyauté  qui  sont  traditionnelles  dans  l'orfè- 
vrerie; mais  c'était  compter  sans  les  rois  et  les  ministres  allérateun  de  monnaies,  et  il  leur 
fallut  bientôt  renoncer  à  cette  prétention.  En  revanche,  comme  confrères,  les  orfèvres  ne 
se  sont  pas  laissé  entamer;  ils  ont  subsisté  jusqu'à  la  chute  de  l'ancien  régime,  tels  que  le 
xiii°  siècle  les  avait  organisés,  gardant  avec  un  soin  jaloux  la  maison,  la  chapelle  et  le  sceau 
du  métier. 

Au  xiv"  siècle,  la  royauté  met  la  dernière  main  à  l'édifice  de  la  corporation,  en  pres- 
crivant l'usage  du  poinçon,  en  établissant  la  garde  ou  «preudhomie.n  en  donnant  aux 
orfèvres  de  Paris  le  premier  rang  parmi  les  six  corps  de  marchands,  en  leur  confiant  la 

'■'  Histoire  de  l'orfèvrerie,  édit.  de  1 858 ,  p.  9 1 9  '    Voir  Le  che/de saint  Louis,  p.  67,  et  la  minia- 

et  aao.  lure  dont  nous  avons  orné  le  texte  d'Aslesan. 


LKS  LETTHI^:S,  LKS  AUTISTKS  KT  LES  AHTISANS  A  PARIS.         .:i 

(Tarde  (les  joyaux  et  moublnn  prt'fcicux  di;  la  couronne,  ph  leur  concédant  des 
nnurdclis/teii,  en  d«^clarant  (>nlin  <|ur  l'cxerrico  de  l'orft^vrcrii;  n'ett  pM  îiieonui«tibl«  i 
In  noblesse  :  Orfikre  ne  déro/re  pas.  (]i'.^n:m\nnl  IvH  honneurs  qu'on  leur  proiiigue  a'emfiAmt 
pas  ces  artisans  priviléjjiés  de  recevoir  le  rontrc-coup  des  niallieun  public*.  Atoe  Im  deas 
premiers  Vidois,  tous  les  métiers  de  lu\e  «ubissenl  un  temps  d'arnU  IrH-atuané  :  \m  àt- 
sustres  do  Crécy  et  de  Poitiers,  In  ninçon  du  mi  Jean ,  li-s  troubles  de  la  r^f{«oe«  fnnt  rhftniar 
les  forf^es  et  Huspendre  le  travail  du  marteau.  Im  cor|ioralion  a  birau  voir  un  des  Mens  h  h 
tétc  du  mouvement;  les  achats  et  les  comninndi*s  disparaisM>nt  avec  KUeiine  Martel  et 
Cbailes  le  Mauvais,  pour  ne  revenir  qu'avec  la  pai»  et  le  roi  Cbarlm  V. 


(.ie  renouveau  est  lu  (grande  époque  de  rorfévrerio  civile.  Ia^  quatre  fil»  du  roi  l 
dit  M.  Lacroix,  (Charles  V,  Philippe  le  Hardi,  Louis,  duc  d'Anjou,  et  Jean,  duc  de  Bcrnr,  muf-f 
furent  la  providence  des  orfi'vrcs  de  leur  temps  et  les  |>^res  nourriciers  du  luxe  païuîen. 
On  se  convainc,  en  elTet,  du  rAle  providentiel  «pt'ils  jouèrent  alors,  quand  on  |tarcourt  le* 
inventaires  descriplirs  qu'ils  nous  ont  laissés.  L'imafpnation  reste  confondue  devant  celle 
nomenrlatun;  sans  lin  de  pièces  d'orfèvrerie  d(*  toute  nature,  de  toute  dinieiuioa  cl  de  luut 
usa|;e.  Le  poids  de  l'or  et  de  l'arfjent,  la  profusion  des  diamants  et  des  pierres  pr^deoM», 
la  bizarrerie  des  dessins,  la  hardiesse  des  conceptions,  l'habileté  industrielle  et  artistique 
dont  tous  ces  chefs-d'œuvre  renilent  ténioijjnajje,  transportent  le  lecteur  dans  un  inondr 
absolunieiil  nouveau,  bien  loin  de  notre  lu\e  mes<piin  et  de  nos  petits  intérieurs  bourgpot». 
Les  maj^iiilirenres  des  Mille  H  une  iiuitx  semblent  de  l'histoire  vraie,  quand  on  voit  défiler 
tant  lie  rirliesses.  \  oici  d'abord  (pK'l<|ues  extraits  de  l'inventaire  fait  en  i368.  e'wt  4  dire 
d«!s  les  premières  années  de  Charles  V,  pour  l'arijenterie  du  duc  d'Anjou.  i'.n  pièces,  loulet 
fastidieuses  (pi'elles  peuvent  paraître,  ont  leur  éloquence, et  .M.  le  nian]uis  de  Laborde,  dont 
l'esprit  lin  et  délicat  sait  si  bien  s'arrtMer  en  deçà  du  su|)ernu,  n'a  pas  hësit^  h  composer 
Irois  ipds  volumes  des  menus  articles  de  In  dépense  des  ducs  de  Bourgogtw.  Les  eitndU 
que  nous  donnons  ici  sont  enqirunlésà  son  e\c.'||.'iile  ^otice$urU»émaiur  Ji  Ijntrrelt  i*|uir- 
tie,  documents  et  ijlossaires). 


5.  —  Un  yinage  de  saint  Mulirl  (r,ir;;i'Mi  •l<>iv.  .^^^•■^  ;;i.Mit  :  et  ml  anné  par  drMoax  un  manld  qu'il  »,, 

Il  veslu.  et  a  ses  II  pioz  sur  une  ■ii'r|M'iil ,  lin|in'lli'  Mr|i.Mii  ,i  -••s  n  «lies  esnMilWt  d'aïur  itcbon  rtiMnit  : 
et  «ont  icelles  esie*  entre  les  \wi  et  jomlies  d'icelui  saint  Mirliel.  El  tient  ledit  saini  Michel ,  ea  m  bimi 
ilcNtiv.  iiiK'  Iniiipio  riiii/.  (l'nrjfcnt  l)lnii<",  lni|iii<lk*  il  lioute  en  la  (fiirlie  «imlil  iir.rpwt,  d  S  SB  jCiifecrM. 
par  !)■  Iiiitit,  un  |M-tit  |Mion  n  iiim-  rroiz  vcrim'ille.  Et  en  sa  main  liestrc  tient  ledit  Mial  MiclMl  oMpati!* 
|Miiiiine  il'iir)p>nt  donV,  sur  la<|iii-l|i>  n  une  |)clite  crois.  Et  sietiedkMàalMklwl  wat  sa  gnini  pt^  qaun'  a 
M  i|iierr(<.  Ht  iMi  |)l»t.  |Nir  le  liuiit  (rirclles  qiierres,  a  eamaai  ou  il  a  as  ans  gaas  qn  dwvaadMal  sar 
iM'stfîi.  cl  lo  fninl  «le  dovont  est  «■sinnilli-  (wr  lodan™"  "'  «"«ni  les  flUMMU  dsiHaMS,  MB  aw  OS  asar  • 
lli'iirelU's ,  cl  les  niitn>9  de  vcrl  i«  liesti-lli-s ,  l'I  sont  h  -  «le»  dicias  NMaBgSi  OS  ganss.  H  Ml  Mii 

pié  Hur  VI  |M<tilz  l}ons  ipMiiiz.  Ht  jinise  on  lout,  aN'  >.  qui  «ont  granaei,  aorte  4  ■adési.  d 

poino  en  timl.  nu  ninrc  do  Troyi«s,  i.wiiii  m. 

'l'\.  —  l!nlal)l<MU  ilarip^nldoiv.  «mih- |»ar  dnl^ii/  .|.  .  -  ;ruuel|i«tilas,  Wak^gvaaart  |ir4u. 

cntnnliieiix  ('rnur.  et  |M>(iz  ot  menues  iierlos  |;rnnt  quantité.  Kl  ou  milira  dwiil  Uhltaaai 
liicu  vermeil,  ihi<|u<'I  n  Nosln-  iLmir  (MviuI  \o~iii'  Snjjneur  en  la  craMbe,  st  Isi  aagaHS  IsaA i 
itestHui/,  n  Noslir  Haiiie  ipii  lMiiii{]ii''  -on  imI.miI  .  >  !  derrière  elle  a  saial  JoKH  MSal,  al  i 

"  VnritHi<  de  ruhis. 


M*mf%mim 


472  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

sur  un  souageC'  qui  est  semé  de  esraeraudes,  de  rubis  d'alisandre '*'  et  petites  perles.  Et  entre  ledit  souage 
et  tabernacle  a  un  chapiteau  de  maçonnerie  a  fenestrages ,  et  dedens  yceulz  a  ymages  entaillez.  Et  poise 
en  tout  xnii  mars  vi  onces  et  demie. 

25.  —  Une  crois  longue  etgrelle  d'argent  doré,  et  y  est  Nostre  Seigneur  en  la  dicte  croiz  tout  eslandu , 
et  est  l'arbre  d'icelle  croiz  semé  de  perles  et  de  pierreries.  Et  a  ou  bout  du  bras  de  la  croiz,  par  en  haut, 
im  camahieu  ou  quel  a  ii  chevaux  «jui  mènent  un  chariot  et  les  mené  un  home.  Et  es  ii  boux  du  travers 
de  la  croiz  a  ii  testes  d'homme,  et  est  l'une  blance  et  l'autre  vermeille  Et  ou  bout  d'icelle  crois  a  un  autre 
camahieu,  ou  cpiel  a  une  femme  qui  se  siet  en  une  chaire.  Et  sur  ii  branches,  qui  sont  aux  costez  d'icelle 
crois ,  a  sur  l'une  Nostre  Dame  et  sur  l'autre  saint  Jehan  l'euvengeliste.  Et  siet  sur  un  pié  entaillé  bien 
joliement ,  et  y  a  un  bien  grelle  souage  tout  entour,  et  dessus  ycelui  pié  a  ini  esraaux  d'azur,  et  a  en 
chascun  un  euvangeliste ,  et  le  baston  qui  est  entre  la  crois  et  le  pié  est  de  fenestrages  a  piliers  de  maçon- 
nerie, et  sont  les  fenestrages  esmaillez  de  noir,  et  poise,  pié  et  tout,  xi  mars  v  onces  et  demie. 

62.  —  Un  tabernacle  de  très  grant  façon,  assis  sur  un  entablement,  lequel  entablement  portent 
au  lyons  passans,  et  est  chascun  lyon  sur  un  petit  entablement  a  souages,  et  le  plat  dudit  entablement 
devant  est  a  plusieurs  souages  dessus  et  dessouz ,  et  ou  dit  entablement  a  douze  esmaux  de  la  vie  Notre 
Seigneur,  depuis  l'annunciationjusques  la  ou  Judas  le  beza,  et  est  le  xu*  esmail  est  de  l'assumption  Notre 
Dame,  et  est  ycellui  entablement  semé  sur  les  hors  de  saphirs,  esmeraudes  et  pelles,  et  dessus  ledit  enta- 
blement a  un  piliers,  dont  les  n  devant  boutent  contre  le  tabernacle  et  les  u  derrière  n'y  boutent  point, 
et  est  ledit  tabernacle  semé  de  plusieurs  pelles ,  esmeraudes  et  grenaz  devant  et  derrière  et  sur  les  bouz  des 
piliers.  Et  aus  deus  costez  a  deus  piliers  sur  lesquelz  devers  le  bas  a  ii  balais,  et  dessus  l'un  est  la  nou- 
velle loy,  et  dessus  l'autre  la  vieille  loy,  et  sur  les  bouz  des  diz  piliers  a  ii  très  grosses  pelles  cornues,  et 
ou  devant  dudit  tabernacle  a  portes  esmaillées  dehors-  et  dedenz  ouvrans ,  et  dedens  est  le  crucefiement  et 
Notre  Dame  et  saint  Jehan,  et  dessus,  par  dehors,  est  le  couronnement  et  le  jugement,  et  par  derrière  du 
tabernacle  est  Notre  Seigneur  que  l'en  bat  en  l'ostache ,  et  autres  ymages  plusieurs.  Et  poise  xxv  marcs. 

71.  — Unhanap'''  couvert,  sans  pié,  esraailliez,  hanap  et  couvercle,  a  girons  par  quartiers,  dont  les  uns 
sont  esmailliez  d'azur,  semez  d'estoilles  d'or,  et  les  autres  quartiers  sont  vermaux ,  semez  de  rozetes  d'or, 
desqueles  le  boutonnet  est  vert,  et  les  autres  quartiers  sont  esmailliez  de  vert  a  petites  marguerites,  et  est 
le  hanap  et  le  couvecle  par  dedens  dorez  et  cizelez  a  fueillages,  et  ou  fons  dudit  hanap  a  un  esmail  d'azur. 
et  ou  dit  esmail  a  un  homme  a  cheval  qui  ist  d'un  chastel,  et  tient  en  sa  main  désire  une  es|)ée  nue  pour 
ferir  sur  un  homme  sauvage  qui  emporte  une  dame,  et  ou  couvecle  par  dedens  a  un  austre  esmail  azuré, 
ou  quel  est  une  dame  qui  tient  en  sa  main  une  chayenne  dont  un  lyon  est  lyez ,  et  sur  ledit  lyon  a  un 
homme  sauvage,  et  sur  ledit  couvecle  a  un  haut  fretel  a  fueillages,  duquel  fretel '*'  ist  un  bouton  esmailléde 
la  devise  dessus  dicte.  Et  poise  tout  v  marcs  v  onces  xu  d. 

76.  —  Un  hrouete  '°'  séant  sur  ou  pié  cizelé  a  fueilles  de  vigne .  et  siet  sur  iiir  lyonceaux .  et  est  pointu 
ledit  pjé  devant  et  derrière,  et  y  a,  a  un  des  bouz,  un  homme  qui  maine  ladite  brouete,  qui  a  les  pans  a 
la  ceinture,  et  son  chaperon  en  fourure,  et  la  comète  du  chaperon  vient  sur  le  front,  et  devant  a  une 
femme  qui  en  sa  main  désire  tient  la  brouete,  et  en  la  senestre  tient  une  hache  danoise,  et  a  un  chaperon 
d'une  vielle,  lequel  chaperon  est  a  la  façon  de  Picardie,  et  ladite  brouete  a  un  tonnel,  lié  de  plusieurs 
souages,  et  les  deux  fons  sont  esmailliez  de  vert  et  d'azur  a  plusieurs  bestelettes,  et  le  fons  de  la  brouete  et 
le  siège  du  gobelet  sont  de  cellui  mesmes  esmail,  sanz  différence,  et  en  l'un  des  fons  dudit  tonnel  a  une 
clef  aussint  comme  d'une  fontaine,  et  ledit  siège  dudit  gobelet  est  a  créneaux,  a  nu  fueilles  plus  hautes  que 
les  créneaux ,  lequel  siège  est  assis  dedens  le  bondounail  dudit  tonnel  et  ne  se  oste  point.  Et  le  gobelet  qui 
siet  sur  ledit  siège  est  du  mesmes  esmail  dessus  dit,  et  ou  fons  aussint  et  le  couvercle  est  de  mesmes 

'''  Moulure,  sorte  de  boudin  enroulé  autour  du  servée  au  principal  convive.  Le  chevalier  et  le  poète 

pied  des  pièces  d'orfèvrerie.  la  vidaient  fréquemment  dans  les  festins. 

'*'  Il  s'agit  de  rubis  achetés  à  Alexandrie,  ville  '*'  Frelel ,  fretelet  ou  fruitelei,  bouton  en  forme 

qui  était  alors  le  principal  marché  des  pierres  pré-  de  fruit  dont  les  couvercles  étaient  surmontés, 
cieuses  en  Orient.  '*'  Les  brouettes  étaient  des  supports  de  gobe- 

'''  Le  mot  hanap  désigne  en  général  un  vase  h  lets  et  de  salières,  affectant  la  forme  de  ce  véhi- 

boire.  C'était  ordinairement  la  coupe  d'honneur  ré-  cule. 


LKS  LETTHÉS,  LKS  AHTISTKS  KT  LRS  AHTISANS  A  PABIS.        47J 


•■itinail .  <>(  Il  lin  |M;tit  {ivla\  >ur  Imlit  oiuvtfdff  <1<>  et'  iiimiimii  mrnail.  Kl  poiie  fe  fii.  TummÊ  «I  b 

Mil  m.  I  oiicn.  Et  la  lirou«!t«,  l<!  loiiiwl  H  ]i>  lùcfin  «iuilil  f^obHel  iiii  m.  f  oacw  al  dam*.  El  b  nfcabt  H  fcp 

(viiivftrclt;  |M)iHcnl  m  m.  ii  oiinit.  l'oiM-ii(  loiil  tu  riiorot  i  once. 

7K.  —  \jw  iluiiti-  (|iii  II  lu  iiioitii;  du  mqM  lir-  fifiiiaia  e(  l'aulre  iiwlieMldalMMtetMnMta  ii  om.  wr 
iiiio  t«'rraM!  rttmuilli'!**  (J'ozur.  a  |»<!(iit  orbrat  et  a  een  et  levriert  et  MNiaga»  dewmi.  al  au  cirai  et  Itiàf 
iliiiiii'  |ifirl  iiiK-  l'nitn  (le  Imi-iiT  dont  elle  lii-iit  le»  coroM  ao  lea  mail»,  et  ao  iaditalaalea  aa  bAcns,  al  ■■• 
ori-ilict  il)>  luditf  Umie  au»  caiiU'-H  df  liidil<*  dame  et  au  bout  de  aea  gifww  pfwilmi  a  ftwjBallaa  aacMaaM 
di-t  iiriiien  d<>  l'orcevc«M|iie  dt;  lloaii  «•!  d<-  Mun(fny,  et  eat  ladite  dame  eMMalaUe  iTm  palil  aifllri  ftada  a 
di-iih  rosti^ii ,  i-t  (1  tiii  rliii|M-iiu  loiic  Kiir  fa  leate  eNiioilli*' .  lo  nMoiel  et  k dbapal  de OMaaaa. al  ifaiieie  irlrtr 
diiiiif ,  »ur  le  doH  d<'  liidiiti;  Im>!<U!  ,  n  le  «iege  d'un  gobelet  foit  a  oriiMvoiaa"',  al  annrailacrialid  a  UN  ehamaa 
Moriiit.  pt  l(!  coiivnrcU'  rat  de  rrwlal  bordi^  d'argent,  a  loaagw  et  orfiaafviaa,  et  b  finlal  ail  a  Cnflaa  de 
vifriH- .  t!t  diiTilui  esl  un  JMiuton  a  troia  cattiê  e«roaillié«  d'oiur  et  de  «ert,  et  potae  ladite  daaa  al  b  vii. 
le  j;iiiwlfl  et  I»?  coiivi'i'clo.  v  iiiarcH  vu  oncnt  xu  il. 

N9.  —  L'nf>  fontaine,  dont  In  pië  «ict  sur  (|ualn!  |>alea  dortfea.  et  detaoa  anMterraea*artiHiMicnbtf. 
dont  l'cuniail  etit  v«*rt,  nt  Im  {loiiiMinii  Hont  violez  et  jauncu.  El  ou  niilÎMi  de  ladide  lerran  a  ua  arl**  daal 
il  mi  une  Herfieiit  voinnt,  et  du  lioiit  de  lu  ti.-!itv  d'icnllo  iit  un  tuiau  et  la  def  da  b  frittaÏT  par  M  Tjmm 
inl.  Kl  un  un  de»  Ihjux  de  ludicle  tvrrau>  n  un  |ietit  orlirc,  itur  leipiei  a  i  hom  veate  daaoalaal  da  aaanal 
bien  lor);eit,  et  a  un  clmppel  »iir  m  teste,  dont  la  fourreure  e«t  de  violet,  gouli de goulea  de  Uaae.  al  b 
di-xHiiz  est  d'azur.  (rniil<<  de  blonc  et  de  ronge,  et  Mir  le  Imut  o  une  perie,  et  tieol,  bdîl  aôna,  en  ■  aMai 
seiieHtre  un  |i(inier  a  mettre  jioistioii ,  et  en  la  désire  tient  une  lingne  dont  iia  pria  m  harbiaa.  El  ea  Paali* 
bout  de  ladite  terroce  a  un  nuire  iiiii(rc,  en  estant  veslu  et  enchapeilë  de  metoie  Tautre.  Et  lieatde  naMW 
dratre  le  liiiiit  tiiiiiii  de  la  foiituiiie  et  \  Iniit.  Et  e<tt  le  liarin  d'en  liant  de  iadicle  fcalaiaa  eaaMfltf  de  «rrl 
»  ciinnilz  et  cliieiiii.  Et  est  Miuatenii  ledit  barin  de  m  brnnclies.  dont  les  fiieillea  toat  enMâMaa  de  «ert. 
d'oiur  et  de  jaune.  Et  dctwuz  ledit  bunsin  Kiet  un  |;ol>elet  r»niaillt'  |iar  dehors  de  vert  et  iTaaar.  a  i 
iiienz  et  .n  enfiiiiz  i|ui  rboHHent  nux  |tn|ieillonH.  et  i-«t  l'esniail  de  de«lenz  le  gobelet  et  le  dehors  da  4 
l'ouverlc  i-Hninillû  ilc  vert  n  enbinz  <{ui  rliosMMit  aux  papillonii,  et  o  »ur  le  rtHirerrIe  un  frétai 
d'uziir.  Et  poisecn  tout,  fontaine,  f^obelet  et  roiiverrie.  viii  niant  n  once». 

ll>5.  —  Un  tre!)  |;nuit  llosron  don'  et  esinnilli'* .  sur  le  ventre  dui|uel  n  i\  eMiiaut,  et  relui  da  I 
};rniit .  en  mnnien*  d'une  roze,  et  >  a  une  diinie  séant  en  une  cltaiere.  qui  a  en  mmi  giroo 
n  llorins.  et  a  cliasciin  conté  d'icelle  n  il  feninies  au»  (|ueloi  elle  donne  florin»,  et  desamu  les  pies  dlerib 
ilnmc  e»t  cscript  librritliiat,  et  es  autres  csmaux  sont  les  vu  pechiei  morteb.  et  b  viu*  esaHÙl  portrait' 
laiw  ffloriti ,  et  aussi  y  a  viii  demi  compas  "  es  quelz  n  ilivenea  beatea.  Lea  coatM  anal  aeaKs  da  | 
e!4niau\  n  coni|ias  et  b(«te»  sauvages,  et  ou  plat  diidit  flaaeoa  a  un  graal 
est  une  dame  ancienne,  Hcant  en  une  grant  rliaierc,  et  deaaooa  MB  piat  a  eacript  Amhgi»,  et  cnnroo  a 
VII!  esiiwiuv ,  ex  ipielz  sont  les  \  ii  vertus  runlinaux.  et  a  dunciin  aoQ  MOI  aapna  aoj 
un  pii'  haulelel,  rizele,  bellonc,  Ncim'  de  un  e<tiiiau\  ea  queb  a  hooMBea jouana  de  | 
Le  col  dudit  floscon  est  en  nioniere  d'une  tour  a  vi  piliers,  et  entre  deux  a  esmaux  aturct.  et  b  wwi««de 
est  lonc  en  nianien*  d'un  rloeliier  n  exuinn\  aziirez.  et  ou  Imut  d'en  haut  lient  naa chaiaaae qni «al i 
a  In  riiiirniie  devcra  In  Iniurle,  le;)  roiirn>ies  sont  de  tissus  vers,  semëes  de  grana  aaBMat  atans.  al  < 
•loiix  esnieux  n  n  aulnw  esmaux  fais  en  manière  du  J  tourne,  et  tianneat  bnliclea  tuMiieiai  a  n 
telles  ipii  mit  esles  nzur('<\s.  et  poi.seiit  \\\  niarr»  vi  once». 

1 7M.  —  Lu  |M>t  d'nr);ent,  dort-  et  esniaillié,  dont  b  pté  est  a  doabbi  aoaagwgraaalat.  aleatac  b  i 
et  lu  |)atc  a  un  i>sniuil  d'azur  a  un  rliaveiine  breaaaronnfc  tout  aaloar,  al  daaaaa  al  daaaoa*  jwla  a  i 
\erl  et  vermeil  eiHlenti'.  Et  ou  commenrenient  du  ventre  a  une  ceinture  a  lettres  de  daaaa  anaés,  d  aa- 
toiir  du  ventre  u  vi  nindelle.s  esinailli)'»  d'azur,  en  (pioy  il  a,  c'est  aaavoir.  sar  Faaa  aa  SariaiJa  a  j 
sur  un  lion .  qui  lient  une  dunle  en  lu  main .  et  siel  le  lion  «ur  une  petite  terraee  ml;  aa  Faalre  I 
a  un  liomnie  qui  hc  siet  sur  uite  |wntere  et  tient  une  bnce  en  sa  main,  et  c»  anina  raadalai a  I 
d  estran||(>!i  devises  et  »iir diverses  bestcs .  tenant  ciiOM-un  une  bace  aa  sa  UMin.  et  aa  i 

'    Ouvertures  en  forme  d'nrrudes  ou  de  feiMMres  '   Ciayai  signifie  carde  daa»  b  b^gaa  da  Tar- 

-iimil»<os. 


474  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

délies  a  une  sainture  de  lettres  de  damas  azurée,  pareille  a  la  dessuz  escripte.  Et  entour  le  col  dudil  pot  a 
VI  rondelles  azurées,  es  quelles  il  a  oiseaux  de  plusieurs  coulours,  et  dessouz  la  gueule  a  une  chayenne 
dorée,  brasseroniiée''',  assise  sur  azur,  et  entour  le  couvercle  a  un  souage  de  fueillages,  et  est  le  couvercle 
esmaillié  de  vei't,  semé  de  liz  et  de  roses,  et  autour  des  liz  a  une  estoille  dorée  assise  sur  azur,  et  a  un 
Iretel  par  le  milieu  duquel  est  un  bouton  a  vi  quarrés  sur  le  roont  et  dessuz  vi  fusilles  a  une  pierre  esmail- 
liée  d'azur,  et  lanse  dudit  pot  est  esniaillé  d'azur  par  dehors,  et  y  a  un  liz  qui  va  tout  du  lonc,  ou  il  a 
liz  blanclies  et  en  couleur  de  violete,  et  ou  bout  de  l'anse,  par  dessuz,  a  une  teste  de  lyon  azurée,  et  est 
ladicte  anse  d'un  costé  et  d'autre  endentée  de  vermeil,  et  poise 

293.  —  Une  petite  nef',  dont  le  fons  est  de  cristal,  et  les  hors  en  sont  d'argent,  a  esmaux  deliore.  et 
dedens  a  créneaux  et  a  souages  et  a  plusieurs  esmaux,  et  aus  deus  bous  de  ladite  nef  a  deus  tourelles,  et 
en  chascun  tourelle  a  un  sergent  d'armes,  et  derrière  chascun  a  un  angele  assis  sur  une  feuille,  et  sur  les 
hors  de  ladite  a  deus  hommes  sauvages  a  genoux  devant  deus  femmes  dont  l'une  fille  et  l'autre  deswide; 
et  siet  ladite  nef  siu-  un  piller  entaillé ,  esmaillié  d'azur  par  dessus ,  et  ledit  piller  siet  sur  une  terrace  vert , 
et  a  chascun  coing  de  ladite  terrace  a  un  homme  d'armes  tenant  un  escu  en  une  main  et  une  mace  en 
l'autre,  et  aus  deus  bouz  de  ladite  terrace  a  deus  arbrisseaux  dont  les  fueilles  sont  vers  et  a  pepeillon» 
dessus,  et  siet  sur  vi  lyonceaux,  et  poise  en  tout  xnii  marcs  ini  onces. 

/t28.  —  Un  1res  grant  pié  d'argent  doré,  séant  sur  sis  lyons  gisans  sur  leurs  pâtes,  et  les  hors  dudit 
pié  sont  a  plusieurs  souages,  et  milieu  d'iceux  souages  a  orbesvoies,  et  dessus  lesdiz  souages  est  le  bord 
semé  tout  autour  de  chaatons  de  ini  pelles  a  un  petit  grenet  ou  milieu ,  et  d'autres  chaatons  a  grenes  et 
saphirs,  et  dessus  est  une  grant  terrace  vert,  et  sur  ycellea  deus  bergiers,  dont  l'un  joue  d'une  fleute  de 
sans,  l'autre  d'un  cprnet  sarrazinois,  et  y  a  une  femme  qui  fille,  et  si  y  a  m  chiens  et  ix  brebis,  et  sont 
les  bergiers ,  la  femme  et  les  chiens  dorez ,  et  les  brebis  sont  blanches ,  et  est  encores  ladite  terrace  semée 
de  conins,  entrans  et  issans  en  taisnieres,  et  sur  ladite  terrace  est  un  très  grant  piller,  esmaillié  d'azur  et 
d'or,  contrecheveronné ,  et  entour  ycellui  a  trois  grans  piliers  de  maçonnerie  de  très  grant  ouvrage,  et  en 
chascun  piller  a  ir  hommes,  l'un  armé  et  l'autre  desarmé,  et  entre  les  piliers  a  m  bergiers  dont  chascun  a 
sur  sa  teste  un  chapeau  esmaillié  d'azur,  et  jouent  les  deus,  chascun  d'une  cornemuse,  et  l'autre  du  tal>our 
et  d'une  fleute,  et  sm*  la  teste  de  chascun  bergier  a  un  grant  chapitel  de  maçonnerie,  et  sur  le  bout  du 
piller  a  un  grant  siège  d'un  grant  hanap  couvert,  et  est  ledit  siège  quamelé ''' a  souages  et  orlxîsvoies ,  et 
dessouz  ledit  siège,  au  dessus  des  chapiteaux ,  est  ledit  piller  esmaillié  d'azur  a  fueilles  de  chesne  enlevées, 
et  le  fons  dudit  siège  est  esmaillié  d'azur,  et  y  a  un  homme  et  une  femme  seans  sur  une  terrace  vert,  et 
donne  ladicte  dame  un  anel  a  l'omme,  et  ou  milieu  de  eulz  deus  a  un  arbre  vert.  Et  le  hanap  siet  sur  un 
souage  a  orbesvoies,  et  est  le  dehors  d'icellui  hanap  de  vin  esmaux  azurez,  et  en  chascun  esmail  a  ii 
chevaliers  armez,  tenant  leurs  espées  et  leurs  escus  de  leurs  armes,  et  y  sontceulz  qui  furent  au  pas  Sale- 
hadin,  et  quatre  autres  chevaliers,  et  sont  les  lyeures  des  esmaux  semées  de  plusieurs  cliaatoDS,  les  uns 
de  nil  petites  pelles  et  les  autres  de  petis  saphirs  et  de  grenés,  et  y  a  entour  le  bort  dudit  hanap  par  de- 
hors escript  ainsi  :  loyaumenl  veil  estre  démenez,  quar  de  loijaulè  est  on  Iwnnouret;  quiloijaus  est  toute  sa  vie, 
hotmourez,  est  sans  villeiUe.  Et  ou  fons  dudit  hanap,  par  dedens,  a  un  esmail  d'azur  ouquel  est  Salhadin  a 
cheval  et  plusieurs  Sarazins  derrière  lui.  Et  est  ledit  hanap  par  dedens  cizelé  a  fucillages  enlevez.  Et  le 
couvercle  dudit  hanap,  par  dehors,  est  a  viu  esmaux  d'azur,  et  en  chascun  esmail  a  un  des  preus,  et 
siéent  chascun  sur  terrace  vert,  et  la  lyeure  '*'  desdiz  esmaux  est  semée  de  chaatons ,  comme  lo  hanap,  sanz 
différence,  et  le  bort  est  a  souages  crénelez  et  a  orbesvoies.  Elle  fretel,  qui  est  dessuz  ledit  couvercle,  est 
a  l\ieillages,et  dedens  yceux  fueillagesa  jielles  d'escoce,  et  desdiz  fueillages  ist  un  bouton  esmaillié  d'azur 
a  petiz  conins,  et  dessus  ycellid  bouton  est  assis,  en  une  chaiere,  l'emjjereur  Challemaine.qui  fait  le  ix'des 
diz  preux,  et  en  sa  main  destre  tient  son  espée  et  en  sa  senestre  son  escu,  et  dessouz  ses  piez  a  im  lyoncel 
gisant,  et  dedens  ledit  couvercle  a  un  grant  esmail  d'azur,  ou  il  a  les  xu  bannières  de  ceux  qui  furent  audit 

'''  Ce  mot  eàt  synonyme  de  noueux ,  formé  de  et  mis  à  i'abri  des  tentatives  d'empoisonnement, 

nœuds.  Elle  occupait  le  milieu  de  la  table  ou  du  dj-essoir. 

'*'  La  ne/"  ou  navire  était  la  plus  grande  pièce  de  ''  Crénelé, 

l'orfèvrerie  de  table.  Elle  contenait  les  épices,  les  *'  Lien  qui  fixait  les  émaux  d'applique  sur  la 

vins,  les  vases  à  boire,  les  cuillers,  le  tout  enfermé  pièce  d'orfèvrerie  et  leur  servait  d'encadrement. 


LES  LKTTUKS,  LKS  ARTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  PARIS. 


/I7S 


|>(iH  Sullintliii,  H  mt  l'><lit  couvcrrie  rizcli'  |iar  (iMlcrut  a  rui-illag<^  ni\net,  et  fmm  b  fié  (Im 
i-l  le  liniia|i  rtt  le  rouvirrln  en  tout  wtii  marc»  l  MiCe. 

/i'i2.  —  Iji  |,'ratit  riir,  (;anii  (rurfrcnt  dore,  dselé  «t  Mme  ifeiiDnu,  c'mI  mmtiiir  h  _ 
ronuti  i-Mt  il»ri<i!  H  cixeb^,  Hi  y  a  viti  ntmaux  en  eompM,  et  eit  rua  eHoul  a  not  «naca  d  FaHli*  an 
nrinoH  <lii  |mi|h-  (ilcirinnt,  et  entre  chaitruii  Mmail  a  une  fiidlle  de  fhupt.  Et  parai  le  eor|a  dadit  «OfMt  a 
(\mx  hauiU-n  (|iii  l«-  lii-iit,  t-t  (r<tt  l'iiiic  f«niaill^  de  b  devba  da  b  gwfle,  «t  a  loilai  Miialei  mmm  ana 
difleranco,  et  en  oiiltre  en  itl,  d'irelle  liand«,  ii  grau  jaMbei  loogiiei  piqwlte  ^  «MalfaMaat  b  car 
dwMir.  (lit.  Kl  riiiilrc  liniiile  e*t  Mnëe  de  palis  amiauiTan,  eaqneb  apelil«naMlM«laa  btaHâéMn 
()etiz  |iii-7..  Ht  au  Ixiiit  ilii  ror  a  il  etetiMOM  aiaei  graodai.  dont  roi  art  aanK  da  aaa  araiia  al  raaiiv 
aux  arrnra  il<-  licaiifTori,  et  mi  deMuz  d'iceulz  cmomom  a  m  graa  pomnel.  ooqwl  a  un  petit 
dont  IcH  (li-ii\  siiiit  (le  ir  l'DcuMOiu  de  not  arme*  el  ba  aolni  il  du  |Mipe  CfaaMBt,  al  d'inlui 
ist  un  fi-ctcl  u  rucilliH  ilc  rh<>«n«  et  a  oisinux  qui  ont  ambi  penlaiu  eu  bm  bec*.  El  b  «■«« 
mv  eot  f-HiuiiilM  de  vert  a  |tlui<ieura  iKwIe»  itauvagw,  et  y  a  un  grau  aUMMB  pfaa.  dont  ea  Tm  a  ■■ 
iiiiriinie  en  une  chaire  (|iii  a  une  rroiz  noire  en  ion  eepanb,  en  TaDlre  euuil  j  a  uw  aaira  Imnmm  «■ 
inie  rhaire,  et  m  autres  il  esniaux  a  M  hoinnies  a  cheval  tou  armet.  et  eat  b  frétai  dndît  cuBwda  d'an 
hynunii',  a  un  timbre  Hur  lequel  a  un  flanel  plat.  (|oi  eat  de  Fui  de*  eeatea  frmfitté  a  Ml  aiM  da  Ma 
arine» .  et  de  l'autre  a  un  eocu  deit  arnira  de  iieauiïurt.  Et  pobe  eer  et  couwatban  tout  «ui  awrca  u  aont. 


lies  iiia|;iii(i<-en<'es  du  duc  d'Aiijuii  sont  encore  df'pasA^  par  relie  de  soo  neveu  Looia 
(rOrii'.'in.H.  Le  prodifriie  i^poux  de  Valentine  de  Milan  veut  poaaéder  iiiie 
argenterie  inroinparnble  :  il  fait  fabricpier  |>arluul,  achète  de  loutr  main 
et  coinple  la  inoitit;  des  orfèvres  de  Pari»  pvnt  aes  foumi!UM*urs.  Lea 
revenus  de  l'Orléanai.s  et  de  la  Tourainc,lc  produit  du  comlt'  d'Asti,  ri 
pnibaMeinent  une  partie  du  In^r  ijaspilli^  par  la  reine  Isaiieau,  »'al>- 
sorbenl  dans  res  dépenses  toujours  renaissante».  Sans  parler  de  l'orfè- 
vrerie appliipièe  n  In  couverture  des  livn's  '",  aux  vélemenLs  et  iiarur»'* 


'"'  Dans    un    article    d^^ 
roniptcs  de  la  Chambre  de 

Hlllois,  iwurl'ann^iiio.on 
lit  In  (lesrription  suivante  d'un 
cadeau  fait  à  -  Madame  d'Ar- 
"mifjnac"  :  Unea  Heuir»  de 
•rN.  D.  a  l'uMige  de  Rome, 
-  toutes  neuves .  (>nluminèe<i  d'or,  les  deux  couvescles 
rd'icelles  d'or  massif;  sur  une  des  couvescle».  N.  D. 
-droite  et  l'anjfo  en  manière  de  l'annunciation ,  es- 
-levf's  et  esmaillt's  de  blanc,  de  nmjje  et  de  pers: 
-unj;  |i(it  plaiii  île  Ileui-s  (h>  lis  entre  l'auf^e  et  .N.  D.; 
-aux  pie/:  et  au  dessus  de  N.  I).  ung  auj;»'  tenant 
-une  couroiMie,  et  au  dessus  de  l'ange  .N.  S.  en  nue. 
-lenani  une  pomme  d'or  et  une  croix  dessus  en  sa 
•■iiiain  seneslre.  esmailhf  l'un  et  l'autre.  En  l'autre 
-i-ouvi'scic,  Kainl  l.oys  de  Mnrreille.  tenant  une 
-couninneel  une  mitiv  en  sa  leste,  et  saint  Iajvs, 
!•  roi  de  France ,  tenant  unes  heures  et  le  scejitre  royal 
-eu  l'nutiv;  couronné  ledit  saint  Loy»,  et  esievtî  et 
-l'smaillé.  et  dessus  leilit  saint  l,oys  une  main  de»- 
'•-en<lant  d'iUH'  mie.  donnant  la  bciie<iiclion  ;  et  au 


'dessus  des  capitaux  «le  rharun  ile>  i|m\  mu*»». 
«tcles.  tnii»  anges  cslevejt  d'or  mus  cMiiod:  et  an 
<rdos  de  la  lienre  desdicles  berne»,  deni  i 
irtailliës  sur  or.  a  plat,  l'un  tenant  un 
«l'autre  une  viclk;  Cemiaiu  feMliles  bema  a  dus 
'bras  et  deux  maiu  d'or  yanu  da  dan  awa. 
irfermans  Icsdiles  mains  iceUea  Inarta.*  {Lm  Awa 
dt  BoHTgagne,  Preuve*,  t,  III,  p.  t48.) 

<*)  La  Chambre  dea  eoBaplaa  de  Bkb  (labhgi 
de  CotireeOea)  Ibomit,  h  cet  égard,  on  arlicb  dai 
plus  curieux.  En  i&i(,  c'nt-i-dire  un  an  avaai 
d'être  défait  et  prisa  Aiiocourt .  le  jeune  du<  f  Turbi 
d  Orléans  doiuie  dea  btlres  i  fin  de  payemeald'au 
s<inunede  -i^Alitm  jaouôl 
prix  de  <^<i(i  |ieHea  daflMaa  è 
"Sur  les  OMOMèaa  ert  «aoript  de 
'long,  le  dit  de  la  rhanaoa,  JfadaaM,  jêmmpim 
rjoytulr,  et  noIU^  tout  an  baf  aar  dMuaaa  daa- 
•rdilles  deux  maacbei —  SM  perba  poar  farmcr  lai 
■natta*  de  ladite  dHaaaa.  oa  d  a  1 4«  aaUe*.  cert 
»a**avoirpoar  charani  watlii  4  perbaea  naaw^.ete.  « 
{LmIhuilBmrftgm,  Pmma.  L III . p.  a*;. ) 

Ca. 


476  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

de  cérémonie,  aux  chevaux  de  parade  '",  aux  voitures  de  gala,  etc.  etc.  le  seul  service  de 
table  exige,  comme  achat  et  comme  entretien,  beaucoup  d'argent,  beaucoiij)  de  temps  et 


Dressoir  du  XV'  siècle,  restitué  par  M,  VioUet-le-Duc 


une  recherche  assidue  des  nouveautés  que  la  mode  fait  naître.  Lorsqu'une  pièce  déplaît  ou 


'''  Il  faut  lire,  dans  rl'Inventoire  de  l'armeurerie 
-rtiouvée  en  la  chambre  des  joyaulx  de  l'ostel  du 
tfduc  de  Bourgoigne  1  (Philippe  le  Bon)  en  liao, 
la  description  de  difft'rentes  pièces  de  harnache- 
ment surchargées  dorfëvrerie ,  qui  formaient  le 


fliarnois  blanc, fl  leirhamoisde  niaillei  el  le  -har- 
fnois  de  jouste.»  (Voy.  Les  Ducs  de  Bourgnffne, 
Preuves,  t.  II,  p.  276. )  Martial  d'Auvergne  avait 
donc  raison  de  dire  que  hommes  et  chevaux  citaient 
ffenharnachés  d'orfaverie.  s 


ê  I 


LES  LETTHÉS,  LES  AUTISTES  ET  LES  ARTISANS  A  IMHIS.         \ 

vieillit,  on  lu  refond;  (|ijnti(l  rurf^cntier  n'a  plu»  (Tespèce*  «onnantmi,  on  n\f\  t'ti  {>a)M-  un»- 
nef,  lin  liannp,  un  flacon,  de  (elle  .sorte  qui!  len  dresMin  du  duc  «ont  bien  M<u«rnt  di-);ar- 
ni»;  mais  les  inventaireH  se  taisent  sur  res  |H;lit«  mystères  dn  la  vi<'  inli-ritrure,  »•{  ne  noii> 
iHulent  que  les  Hplcndeun*  apparentes  de  ce  lutc  princier. 

I^es  munies  besoins  d'ostentation  rr<^ent  une  situation  M>mblalile  à  la  rour  d<«  itour- 
f{o{{ne  :  Philippe  le  Hardi,  on  se  le  rappelle,  ('•lait  aver  se»  trois  frères  la  providence  des  4,. 
orft^vres  parisiens,  et  le  luxe  du  due  d'Anjou  l'enipiViiait  de  donnir;  Jean  sans  Peur,  posaw 
seur  de  rirlies  provinces,  ne  pouvait  consentir  à  pasiMT  après  son  cousin  d'Orléans;  el  cHle 
émulation,  funeste  pour  le  |iays,  mais  féconde  pour  l'orfèvrerie  [Kirisienne,  lit  allumer  Im 
forfi'es  et  retentir  les  marteaux  pendant  les  plus  mauvais  jours  de  cette  ralamileusc  é|KN|u«f. 
On  pourrait  facilement  (glaner  dans  les  comptes  de  Hlois,  de  Lille,  de  Bniiellcs,  de  Dijon. 
de  quoi  faire  u\w  énorme  (jerbe;  nous  nous  contenterons  de  citer  quelques  étirait»  d'un 
inventaire  fait  en  i/iao,  quelques  mois  après  l'assassinat  du  duc  Jean.  On  jugera  de  rr 
qu'avait  él*^  rargentcrie  de  cette  puissante  maison,  en  voyant  rc  qui  en  restait  encore 
après  toutes  les  sonunes  jetées  aux  gens  de  (jucrre,  aux  Anglais,  aut  Caborhiens.  pendant 
plus  de  vin),'t  uns  de  discordes  civiles.  Le  document  auquel  nous  empruntons  les  eitrails  <|ai 
suivent  appartient  à  la  collection  dite  des  ciinj  cents  Colberi  (Bibl.  im|M^ria|e)-.  il  rnrD> 
mence  lier  ces  imils  : 


(.If  snisuil  l'iiii'rnloirr  ilin  jnijaiil.r  tl'or  ri  (l'iirijrriil.  rfliquea,  aowntnunl»  et  atdtrm  1 
lie  rlitipflle  (ijiarteiMiis  a  M  S  le  duc  de  Bourgotffiw,  tk. 

l'reiiiicriMiiciil  :  lu  lionne  llctir  de  lit  d'or,  {piniie  environ  de  xxiii  balaii.  île  txi  napliir*.  de  m  • 
rniides  et  de  xlvi  trorhes'''  de  perles,  cIuihcuiip  iIo  iiii  perles,  et  ou  milieu  de  rliawiinr  (radie  y  a  nngd}»- 
iiiniit  n  pointe.ety  fiiult  une  |)<>rle  on  une  tnK-lipdu  lleuron  delà  main  seiip»tre ,  et  dedans  le  granl  I 
liniilt  y  n  une  croix  et  iiii);  crurotiz  cntniliié,  loiit  de  la  vraye  crois,  e(  y  a  sur  la  leste  dndit  ( 
une  IriK-iic  de  (rois  |N>rles,  uiij;  |H>(it  niliiz  ou  milieu  et  deux  dyamans  a  pointe  aux  deux  costai.  flt  trais 
nutr<>s  dyomens  es  pie/  et  es  mains  en  lieu  de  doux  dudit  crucefix,  et  environ  trois  balaii.  nu  Mphin  rt 
M  IrdclioH.  rliiiHciiiie  de  ipinli-e  |ierles,  et  un  dyninent  n  |Kiinle  ou  milieu.  Kl  dedans  le  fleon»  destre  y  a 
une  croix .  du  f'osl  de  In  >  niye  rniix ,  gnniie  nux  un  Imiiiz  de  ipiatre  iMilait ,  et  M  flema  SOMatfe  y  a  unr 
iin|riiele,  estmitc  pièce  dudit  fuste  de  la  vraye  croix,  el  ou  fleiimn  moyen  y  a  une  longue  pir«cde  la  nba 
N.  S. .  et  on  lleiirnii  d'eiiilins  y  n  un  des  sains  doux  dont  N.  S.  fui  cmoefieB,  garni  au  lioul  banlt  dadm 
bniniz  et  de  11  trorhes  de  |mtI<s,  chacune  de  un  |>eries  el  ung  dyament  on  niSien.  \  laqueUe  Ssor  de  Kl 
sert  une  couronne  au  dessus  |rnmic  de  l>onne  piererie,  qui  est  en  gaige,  etc.  <' . 

F.t  sur  le  milieu  liiiiilt  dicelle  lleiir  de  lix  el  coronne  sert  un  jKirie  Dieu ,  mi  Ten  |K>rte  te  .Sitmi  SMmwnl . 
lui!  de  deux  i-ons  iM-riques  '',  linnh-/.  d'or,  gnrnix  environ  de  v  luilait  ojour.  v  saplun  cl  dexxuu  perles.  El 
11  ) celle  fleur  de  lit  sert  une  maiiien>  de  |miuiiie  a  lleurs  de  cliesne,  iTaigent  doré.  CMHthié  denns,  paar 
lu  Tnire  servir  et  se<iir  sur  un  |ii('  de  une  croix  ou  autre  pié  estrange  en  attendant  que  la  sita  famt  fini. 

In  yuin|;e  de  salut  Jlierosine,  canliiial,  d'argent  don'.  |>aiul  de  noir,  seani  en  une  cliajere.  A 
|M-iid  un  chu|>eau  muge  de  cardinal.  Kt  devant  lui  a  uii  lion.  |wint  d'un  enM,  etdeasenhl 
el  de  l'austrt*  costé .  devant  lui ,  a  une  roe  d'estude  >*',  sur  laipielle  a  plusieurs  livres  en  n  ' 


'    Trousseau,  n'union  de  piemti  porienses  ou  '    \jf  mol  itri^r,  kmrU,  on  ( 

de  |ierles  en  ImiuIoiis,  fleurs,  etc.  le  rrisia!  dont  on  faisait  les  TC(m  de  I 

'*'  Les  plus  (p-ands  soigneurs  enipninijiient  ainsi  '"  C'est  le  pupitre  da  noyen  âgei,  Li  prsniifv 

sur  nantisseuiont;  leurs  plus  Ix-lles  |iit'>ces  d'orfô-  figure  de  la  Dmaa  Macahes  («air  page  *^^  •■ 

vH'rie  l'Iaient  souvent  diex  le  changeur.  donne  un  fort  I 


/i78  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

sur  un  bas  entablement  quarré,  d'argent  dore,  armoyé  par  devant  a  ni  escussons,  aux  armes  de  M  d  S, 

pesant  tout ■"""  m-  "  "• 

Une  ymage  de  Nostre  Dame,  d'ivoire,  séant  en  une  chayere  noire,  qui  est  de  corne  ou  de  os  noir.  Et 
est  ledit  ymage  coronné  d'une  coronne  d'or,  garnie  de  un  saphirs,  de  ii  baiaiz  et  xxix  perles,  et  en  sa  pi- 
Irine  a  un  fermeillet''>  d'or,  garny  de  i  balay,  m  dyamens  et  m  perles. 

Un  tableau  d'argent  doré,  ouvrant  en  façon  de  porte,  garni  ou  milieu  par  dedans  d'un  assez  grant 
camahieu,  ou  est  l'istoire  de  la  gesine'''  Nostre  Dame,  plusieurs  autres  camahieux,  saphirs,  esmeraudes. 
p^renaz  et  plusieurs  menues  perles,  de  laquelle  pierrerie  le  champ  dudit  tableau  et  des  deux  fueillez 
ouvrans  sont  tous  semez,  auquel  n'a  point  de  pié,  pesant  tout xi  m. 

Une  riche  et  ancienne  table  d'autel  de  brodeure,  que  on  dit  que  la  première  emperreriz  cbreslienne  fist, 
de  laquelle  le  champ  est  tout  semé  de  perles,  et  ou  milieu  d'icelle  table  est  l'istoire  de  la  nativité  N.  S.  et 
plusieurs  vmages  environ,  tous  faiz  de  brodeure,  dont  les  diadesmes  et  les  robes  de  plusieurs  sont 
pourphilez  de  perles ,  et  plusieurs  autres  histoires  entour,  des  grans  festes  de  N.  S.  et  de  la  passion .  de 
brodeure,  et  des  yniages  d'iceulx  histoires;  les  diadesmes  sont  comme  dessuz  pourphilez  de  perles,  et 
(lessoubz  sont  x  prophètes  de  brodeure,  pourphilez  de  perles  sur  champ,  fait  d'ortrait. 

Une  chappe  de  brodeure  d'or,  façon  d'Engleterre ,  a  plusieurs  histoires  de  N.  D.  et  anges  et  autres 
vmages,  estans  en  laceures  escriptes,  garnie  d'un  orfroiz'''  d'icelle  façon,  fait  a  apostres,  desquelles  les 
iiianteaulx  sont  tous  couvers  de  perles,  et  leurs  diadesmes  pourphilez  de  perles,  estans  en  manière  de 
tabernacles,  faiz  de  deux  arbres,  dont  les  tiges  sont  toutes  couvertes  de  perles,  et  a  ladite  chappe  y  a 
une  bille'''  desdictes  armes,  garnie  de  perles  comme  la  dessus  dicte. 

Un  fermail  d'or,  fait  d'un  serf  gisant,  esmaillé  de  blanc,  sur  une  terrace  esmaillée  de  vert,  sur  lequel  a 
ung  jietit  rubiz,  et  entour  icellui  serf  y  a  ni  bons  saphirs,  ung  bon  balay,  qu'on  ditruby,  et  quatre  grosses 
perles,  et  es  cornes  dudit  serf  y  a  xiiii  moindres  perles. 

Ung  doitier'''  qui  a  x  signez  en  anneaulx  d'or;  —  ou  premier  a  ung  saphir  entaillié.  qui  fait  signet,  a 
une  teste  d'omme;  —  ou  second  y  a  un  balay  d'un  eosté  et  une  croix  de  reliques  dessoubz.  et  de  l'autre 
costé  fait  signet,  entaillié  a  or;  —  ou  tiers  a  un  gros  saphir  a  viii  qiiarrés,  ou  est  entaillié  une  leste  d'une 
dame;  —  ou  quart  a  un  balay  rond,  ou  est  entaillée  la  teste  d'un  homme  barbu;  —  ou  v'  a  ung  balay 
quarré,  ou  est  entailliée  une  petite  teste  coronnée  escripte  environ;  —  ou  vi*  a  ung  saphir  sur  le  rond,  ou 
est  entaillée  la  teste  d'une  dame  a  un  \w  d'escripture  aux  deux  coslez:  —  ou  vu*  a  une  csrneraude  quarrée. 
ou  est  entaillée  la  teste  d'un  roy;  —  ou  mu'  a  une  ronde  pierre  de  cassidoine,  ou  est  entaillée  ung  ymage; 
—  ou  IX*  a  une  comanine  bien  bellongue,  ou  il  y  a  entaillié  une  teste  d'un  homme  et  une  teste  d'une 
femme;  —  et  le  x*  est  ung  annel  tout  d'or,  gravé  a  ung  escusson,  ou  est  ung  poisson  et  est  escript 
environ. 

Ung  hault  gobelet  de  cristal  ou  de  berique,  en  manière  de  coupe,  séant  sur  un  pié  d'or  cizelé.  el  le. cou- 
vercle bordé  d'une  manière  de  couronne  d'or,  garni  tout  environ  de  six  bons  saphirs  et  six  troiches  de 
perles,- en  chascune  trois  perles,  et  sur  le  frelelet  a  un  saphir  a  jour,  et  une  jjerle  dessus,  armoyé  par 
dedans  ledit  couvescle  des  armes  d'Engleterre  et  autres  armes,  pesant  tout  ensanible un  m.  xv  e. 

Une  salière  d'or,  assise  sur  un  rocs,  en  manière  de  chariot,  ou  il  a  un  perles,  dont  le  corps  d'icelle 
salière  et  le  couvescle  sont  de  pierre  de  cassidoine,  et  est  le  fretelet  garni  d'un  Iwilay  a  jour,  pesant  tout 
ensamble ii  m.  v  e. 

Cet  inventaire,  dont  nous  ne  donnons  que  de  courts  extraits,  renferme  près  de  trois 
cents  articles;  et  il  est  hors  de  doute  que  la  plus  grande  partie  de  l'argenterie  du  duc  était 

"'  Le fermail,fermoir, fermillet  on/ermillère  éluil  '''  Vorfroit  ou  orfraiz  était  une  broderie  em- 

une  agrafe  destinée  à  réunir  les  deux  parties  du  ployée  en  bordure ,  comme  le  galon  moderne, 
vêtement  sur  la  poitrine,  le  cou  ou  l'épaule.  H  avait  "'  Agrafe  ou  fermail  en  forme  de  boule, 

beaucoup  de  ressemblance  avec  le  morg  de  chape.  '''  Le  doitier  ou  doit  paraît  avoir  été  une  sorte 

<''  Vieux  mot  qui  est  synonyme  de  couches,  et  d'écrin.  Du  Gange  le  définit  ainsi  :  Digitale,  theca 

qu'on  trouve  encore  dans  I.afontaine.  in  modum  digiti  confecta. 


LKS  LICTTHÉS,  LKS  AKTISTKS  KT  LKS  AHTISANS  A  PARIS.        479 

fondii);,  i-ti{;ii{;iM-  ou  vcnclufî  ii  IVpoqtic  «ic  xn  mort,  l'hilippe  le  Bon,  aai  priM*  tfte  l« 
l'riili.'unis  <{iir;  lui  lof^uait  son  pèri;,  dut  certainement  Tain!  comme  le*  enfanU do  dac LooM 
(rOrl<:un.s ,  c*cst-ii-<lir(!  cé«ler  i!i  (1)ïh  orft^vres,  avec  facult*^  de  Jeu  revendre  oa  de  letUpettr, 
U:h  f;r(in(J(!s  [lièce.H  (|ui  encornliraii;nt  Ml  dreaaoirs  et  avec  lcM|uelle«  il  fallait  bien  batlfv 
iiioiiiniie.  Tel  n  Mé  le  Hort  d'une  nef  monumentale,  vi'ritalde  chef-d'œuvre  de  l'orfévrerM 
parisienne  nu  xv'  siècle,  »i  l'on  en  juf;e  par  In  deitcription  qu'en  fait  l'inventaire,  ('.onsirwte 
pour  le  (lue  Louis  nu  temps  de  sn  splendeur,  elle  ne  pouvait,  apnS  la  mort  de  la  ducbéate, 
(^Irc  conscrvtie  par  «es  enfants,  dont  le  patrimoine  dtait  bien  réduit.  AuMi  la  firent-ik  e*ti- 
mer  en  octobre  i  ^lotj  par  l'orfi'^vre  Aubertin  Biiillefèves,  et  vendre  en  «eplembre  tkto,  è 
Jean  Tnrenne,  cbanijcur  et  bourgeois  de  Paris.  Le  procèi^verltal  de  pri>^  appartient  aui 
arrliives  de  Dijon  et  n  étf:  ronitnuni(|ué  pnr  M.  Kossi|;nol  au  (lomité  de  ItiiMoire,  de  la 
l(ui|;ue  et  des  arts  de  la  France;  (juanl  ù  l'acte  de  vente,  il  est  con*erv4  k  la  BibiioUiiqae 
impériale  (cabinet  gc^nt^alogique),  et  a  élé  reproduit  par  M.  le  marquis  de  Labofde.  Ea 
voici  la  teneur  ; 

(lij  apret  t'eruuil  la  vente  de  pltuieur»  joyaulx  et  vaiuelle  d'or  et  ftrgmt  gtntk  it 
vendus  par  Pierre  Renier,  trésorier  ijeneral  de  M.  S.  le  due  JtOrIttUkê,  far  Mrta  iê 
lettre»  patente»  diidit  »eigneur,  présent  maistre  Denis  Martelé,  teeretmre  ttauditmetim 

l't  Aubertin  Ifuillefeves ,  orfèvre  dudit  sei/pieur 

\  Ji'linii  Tiirrnni',  rlinnj[)>iir  et  lMMir|;c<iis  <]<'  l'nris.  une  |[mriil  nef  d'or,  |Mir  piaeai,  CMt  aMavaîr  :  k  Ua( 

citr\H  il'in'lli-  )r<iriiy  ntitoiu-  (i'yiii(ii|;cs  de  hniilte  tnille.  et  uuloiir  d'icelle  tu  yna^gw  dt*  m 
•wiiiiiill<'-t!s  di>  ditn-si's  couleurs,  (ivi'n|ucs  deux  riuist<>aulx  servont  aux  deux  bout  d'icdh  wt  Sur 
rlinsleiiiiU  (I  deux  yiii(ii|;es,  liiii  de  N.  I>.  et  l'iuitre  d'un  on);e,  |M<Mnl  ensonililc  iii'n*.  Ueai,  da  ladMte 
ni'i°,  une  croix  m  iiinnicre  de  voste  sur  la(|ii<>||f  u  nu  evaufrelUleii  esmaillex  et  un  anlm  WMI  enMflei,  M 
sus  Indictc  voste  une  );rant  croix  fairte  en  ninnicre  de  voillc,  esinailk<e  d'azur  et  netnie  da  lavda  !}•  d*ar 
•'t  un  cruxcfdz  et  vni  nnges  d'or,  esumillcz  de  blanc;  nutnur  dudit  mixelils  et  deMH  la  bo«t  dadil  voik 
t't  croix.  Dieu  le  IVre,  r>sinnilM  de  plusieurs  couleurs,  tennnt  uih'  |)nmnie  d'nr  m  M  naîa.  •!■■  fiwri 
ilyndcnie  tout  d'or,  tout  ce  jM^ans  ensendtle,  iivi>c  l<-s  contes  d'or  servant  audit  voiHe,  m*  vii*var  d'or. 
item,  de  indirte  nef,  plusieurs  outr(>s  |)ersi>inia);cs ,  r  cnt  assavoir  un  eni|iereur  et  an  roy  amm,  dooi  ha 
liiiniois  d'ireidx  sont  d'arf[cnt.  lui  ange  nnni'  dont  le  liamoyz  e*t  d'er^eai,  dem  aatm  yaM^gai  «■  fa(aa 
de  Dion  le  l'ère,  esniaille/  de  |dusieura  couleurs,  et  vui  ymaigei  da  Adam  at  da  Bva,  aMHflka  da  khat 
rnnirni'  nuz,  et  un  piliier  d'or  servant  a  lodicte  nef,  tout  parant  aarnihlii  u*  vni*  vi*  ok  Ittai  de  ladicla 
iii-r,  M  ijriuis  |iiiT(>s  de  pliisicin-s  fi'ulies  d'or  on  il  »  |ioiiimi<><'  ••«madléai  de  riNIgedlR, 
(irl)riss<'nu\  il'ornon  csninillez,  une  |MHilf  stT|M'nl  esMinilii'i'  di-  vert,  lanaattai 

esniaillt'ede  rou([e  clerc,  avec  plusieurs  pièces  d'or  de  menu  irelin.  —  El  la^OfUe  MfaiiM  ganiy.  apraa  ce 
qu'cllo  II  esté  remise  sus,  connue  dit  est,  a  estt^  vendue  audit  Tarenne,  du  eotaaalaaMal et  arcnrd  delL& 
le  l'Iiiinrellier  et  de  M.  S.  de  Fonlaiues,  comme  le  plu*  prouililablc  pour  MOS.  va"  §aaei.  —  Le  tn*janr 
de  se|iteMdirc  l'an  mil  cccc  et  dix '''■ 

be  premier  document,  encore  in<5dit,  est  iHMuruup  plus  complot  que  le  aecond  :  nooa 
l'itiiprimons  en  entier,  comme  un  tiWnoignage  de  la  hauteur  arti.stJque  à  laquelle  I  orfdnane 
s't'tnit  é\p\^c  vers  le  temps  où  «écrivait  Guillcbcrt  de  Meli. 

I.E  COMPTE  DE  LA   NEF  Ql'l  SE  DOIT  r«IR>  AVEC  AiaSaTM. 

I.><  mardi  xxn'jour  d'octobre,  l'an  mil  nu' et  netif.  en  la  préwnct  de  Baril  Mairtia .  «eep^air»  H 
'    Lh U<sc* à» Bmrgngmi ,  t.  Ili.  p.  «ôi.  La  pièce  on^pnale  e»t  un  lai]pr  wtaaade  l'.io  ^ 


Â80 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


des  comptes  de  Monss.  le  duc  d'Orléans,  furent  pesëes  les  choses  qui  en  suivent  par  Auberlin  IJoiifcvos . 
orfèvre  dudit  seigneur,  en  l'oslel  dudit  Auberlin.  C'est  assavoir  : 

Le  corps  d'une  grant  nef  d'or  ouvrée,  a  rondeaux ,  ou  il  y  a  image[s]  de  liaulte  taille;  en  laquelle  nef, 
autour  d'iccUe  avoit  xii  petiz  ymages  d'or  des  xn  apostres,  csniaillées  de  plusieurs  couleurs. 

Item,  y  avoit  une  croiz  d'or  en  manière  de  voulte,  sur  laquelle  a  nu  ymages  d'or  esmaillées  de  plusieurs 
couleurs  et  les  un  evangelistes. 

Item,  aux  n  bouz  de  ladite  nef  deux  roys,  l'un  vestu  aux  armes  de  France  et  fautre  parti  de  France, 
et  sur  les  chasteaulx  d'ieelle  nef  un  y  mage  de  Notre  Dame,  sur  l'un  et  sur  l'autre  ung  ange  par  manière 
d'annonciation ,  lequel  corps  de  ladite  nef  et  les  chasteaulx  estoient  garnis  de  xxvi  ballaiz  en  leurs  chaalons. 
de  un  xxiin  perles  rivez  deux  et  deux  et  de  clvi  perles  rivez  en  trois  et  trois  surfeullage  dor,  pesant  tout 
ensemble,  pierreries  et  tout,  et  poisent  xlv  marcs  vu  onces  ii  est. . .  ob. . . 

ftem,  plus  vn  est. .  .  ob.  . .  d'or  pour  deux  filiez  d'or  qu'il  a  faiz. 

Item,  une  croiz  d'or  servant  sur  ladite  nef,  en  laquelle  a  un  crucifiz esmaillé  de  blanc,  dont  le  diasdeme 
est  garni  de  quatre  perles,  et  un  ballay,  et  ung  voyile  et  les  coities  dudit  voille  esmaillés  d'asur  semé  de 
fleurs  de  lis  d'or,  et  y  a  viii  petiz  angelloz  esmaillés  de  blanc  dont  les  unz  tiengent  un  pillier  d'or  esmaillé 
de  noir  et  les  autres  une  lance,  et  en  hault,  sur  le  bout  de  ladite  croix.  Dieu  le  Père  esmaillé  de  plusieurs 
couleurs  et  garni  de  nn  groz  ballayset  de  vni  grosses  perles,  rivez  deux  et  deux. 

Itein ,  VIII  ymages  d'or  nuz  esmaillés  de  blanc. 

Item ,  deux  autres  ymages  de  Dieu  le  Pare  esmaillés  et  ung  ange  d'or  armé  et  esmaillé  de  plusieurs 
couleurs. 

Item,  XII  petiz  abrisseaux  servant  sur  la  terrasse  de  ladite  nef  avec  les  pointes  d'or  pour  les  river. 

Item,  VI  granz  pièces  de  feullage  et  deux  petites,  sur  lesqueulx  a  xxmi  pommes  d'or  en  manière 
d'orenges ,  avecques  une  petite  serpente  d'or  esinaillée  de  vert  tenant  en  sa  geulle  une  autre  pomme  d'orenge . 
et  VIII  petites  pointes  d'or  pour  les  river;  tout  pesant  ensemble  et  poisent  xx  marcs  d'argent  xv  est. . . 

Somme  de  l'or  et  pierreries  lxvi  marcs  v  est. . . 

Item,  fentablement  d'argent  doré  auquel  a  vi  lonelles  et  une  terrasse  esniaillée  de  vert  et  une  grosse 
tige  d'arbre  qui  doit  soustenir  ladite  nef  avecques  xxiiii  claveaux  d'argent  pour  fermer  ladite  tige  et  les 
ymages  d'or  sur  ladite  terrasse,  avecques  deux  longues  verges  rondes  d'argent  blanc  pour  fermer  ladite 
terrasse  sur  ledit  entablement,  et  aussi  ung  groz  tuiau  d'argent  blanc  qui  se  doit  bouter  dedans  ladite 
tige  pour  river  a  l'un  des  bouz  ladite  tige  au  corps  de  ladite  nef  et  la  viz  d'argent  [wur  la  fermer  par 
embas.  Tout  ce  pesé  ensemble  et  poisent  xxiu  marcs  ii  ob. . .  d'argent. 

Le  remarquable  objet  d'art  que  nous  venons  de  décrire,  et  qui  défie  le  crayon  du  dessina- 
teur, fut  vendu  moyennant  7,000  francs,  valeur  du  temps,  et  l'on  n'en  trouve  plus  trace 
dans  les  comptes  et  inventaires  ultérieurs.  Le  changeur  Jean  Tarenne  en  tira  sans  doute 
parti,  comme  on  a  su  depuis  utiliser  les  vastes  domaines  seigneuriaux  :  dans  la  nef  du  duc 
d'Orléans  il  y  avait  de  quoi  tailler  cinquante  pièces  d'orfèvrerie  bourgeoise"'. 


A  l'époque  même  où  ce  chef-d'œuvre  disparaissait,  et  comme  pour  en  compenser  la 
s'-Germ»in-dc»-Prés.   pcrle ,  unc  autfc  merveille  se  construisait  par  les  soins  de  trois  orfèvres  parisiens,  et  sous 


La  cliÂssi 
de 


<"'  M.  Paul  Lacroix ,  en  exprimant  le  regret  de 
ne  pouvoir  donner  la  description  de  cette  merveil- 
leuse pièce,  qui  n'était,  selon  toute  apparence,  ni 
terminée  ni  payée  à  la  mort  du  duc ,  nous  apprend 
que  Louis  d'Orléans  en  possédait  plusieure  autres. 
En  1894,  il  en  avait  fait  faire  deux  en  argent  doré, 
l'une  ayant  aux  bords  deux  loups  enchaînés  sur 
une  terrasse  émaillée.  et  l'autre  ornée  de  deux  dra- 


gons à  ses  extrémités.  Trois  ans  plus  tard,  il  com- 
manda à  Hans  Croist,  l'un  de  ses  orfèvres,  la  fa- 
meuse nef  dite  du  Porquepy  (Porc-épic),  laquelle 
pesait  quarante-deux  marcs  quatre  onces  et  onze 
eslellins.  Elles  ont  disparu  comme  tout  le  reste. 
L'usage  de  la  nef  s'est  conservé  h  la  cour  jusqu'au 
siècle  dernier,  sous  la  forme  réduite  d'un  étui  ren- 
fermant le  couvert  du  Roi  et  de  la  Reine. 


LES  LKTTHKS,  LKS  AMTISTKS  KT  LES  AHTISAXS  A  PABIS.    481 

la  direction  de  Vuhhé  de  Saint-Gcrriiaia-deH-l'réK  :  il  s'a(jiMaitde  créer  pour  les  reiiqoMda 
huiiit  une  châHsc  difjne  d'elle»  et  de  la  riche  abbaye  qui  les  |KM«4^dail.  Don  Bouillarl  nous  a 
conserve  le  devi»  de  ce  curieux  travail,  le  niarrh<$  |>aW-  avec  les  trois arti^lM  qui  m  cImu^ 
i;èrerit  de  l'exc'M'uter,  et  le  dessin  de  lu  châsse  ellc-ni/^iue,  telle  qu'elle  ciinUit  encore  au  si^lr 
dernier,  (i'est  pour  nous  une  bonne  fortune  de  pouvoir  reproduire  le*  pîice*  H  U»  Mo- 
nument, dont  lu  date  concorde  si  justement  avec  l'/'iMMiue  où  écrivait  GaHMieri  àê  Metx. 

MARCHE  FAIT  AVEC  LK»  ONFKVRKH  POIK  L*  ChIssB  Dg  8.  CnHAIJI. 

A  tout  ceux  qui  ces  lettres  verront,  (îuiiiauiiie.  [xir  in  |teniiiiMaa  divine  luinibli>  Ma  de  ttfàm 
(le  S.  (îertiiain  dos  Prez  Iro  l'aris,  et  tout  te  couvent  de  ri*  iiiAiiuf  lieu,  laiiit  en  Httn  StMOMar.  5mhm 
raisoDH  (jiK-  iioiiH  iriiii  coiiiiiiiiii  ncciinl  l't  consentciiient,  et  |MHir  le  dair  •!  avidoit  pnflt  et  mm  tt  ^ 
nôtre  église,  confrsHtiiiH  avuir  fuit  iiiarclii<$  et  coiiveoanees  a  Jean  de  dichi,  Gaotier  du  Koor  H  GnlamM 
](<K>y,  (irr<'vroM  liciiiciiniiis  a  l'iiris,  (l<!  fairr-  iiii<>  cIiAmu*  iror  et  «raivenl,  OU  tara  mie  aa  plaÎMr  de  DÏM  le 
(■(ir|>.s  ili-  Monsieur  saint  (ierinain.  I,a<|iii-ll(!  rliâiiM'  niim  ileiu  pieds  et  demi  et  qnativ  pewtsda  bar.  •( 
lie  liaiiteiir  et  largeur  telle  roinine  il  a|)|Mirtient  a  la  longueur  flessus  dite;  et  lM|iiril(>  rlUiae  lera  de  k  hm* 
niere.  rnroii  et  (elle  (|iie  l<tMliU  nrrevi-e<*  n<iUM  ont  iMiilIt^  la  pourlmilure  et  |Mtr(Hl. 

Ilem,  la  liante  et  la  Imssv  couverture  île  ladite  rhAsse  sera  fuite  dur  »  flitirti  ili-  U*  i-iilt-ti'fv  ■!<•  Tnr  qui 
est  eu  lu  cliAssi-  ou  i>st  a  présent  le  cuqw  de  nionilit  sieur  S.  (îennain. 

Item,  la  pierrerie  qui  est  en  lailite  rliAsse  ou  n'|HiS4>  a  preM<nt  le  i-(ti'|n  liiiilil  M  .. 
MTa  iMée  et  si'ra  inis«>  et  employée  |>ur  li-silits  orre\res  eu  ladite  cIiAsm»  qu'ils  n<»>-  ■' 
la  meilleure  manière  que  luire  se  pourra  ou  profit  ilc  luilite  cIiAsm-. 

Item,  les  images  et  le»  grands  pilliers  et  Ii>h  |iilliers  t>outtereN,  |e«clui|>il' 
verrières,  les  flaires  voies  et  le  clorliier.  et  tout  ce  qui  upjiarticnt  a  ladite  i:iiu>.-»-.  ^■.•m  ■>  «j^rut  ■!»■'-  l'i-  u 
et  siiullisameut  au  regard  de  l'or  au  din;  d'orfèvres  et  gens  a  ce  ronnoitsans ;  réserve  loalM  suie»  (r> 
iiiiagi-s  qui  soutienilront  ladite  cIiAs!m\  qui  seront  de  cuivre  bien  lioré  d'or  bien  et  soulBaMMit,  et  »u**i 
risi-rvé  le  l'onils  île  ladite  i-liAsse.  qui  si<ra  d'ar);eut  tout  blanc;  et  faM|Uelle  efalsM  leidila  orimua  Mus  «r- 
rout  tenus  et  promettent  faire  du  poids  de  reul  cinipiaute  niarc*  d*ai^gent.  en  ce  non  eonipria  le  Ibad» 
d'irelle  cliAsst'  qui  seront  d'aq;eut  hinnc,  connue  dit  est.  et  ou  cas  que  bMlite  chlae  p aurait  |ilns,  non 
rompris  ledit  fonils,  que  cent  et  cinquante  marcs  d'ar^gent.  nous  ne  leroos  tenus  de  payât  aacane  chose 
ilii  surplus  lie  l'or  et  façon  iliiilit  siuplus.  fors  seulement  la  valeur  de  raigeot  dodit  sntplaa. 

Ilem,  ipieipiuud  les  ouvragen  de  ladite  cliAtae seront  bits,  lesdilsorfe^m  seront  leaas  de  lesdanr  bien 
et  soullisament  romme  il  appartient  ;  et  ii-eiix  ouvra|^>s  regnniei  et  visites  par  oHevres  et  gens  SOnSsa» 
ment  et  en  ce  ronuoissans.  Kt  s'il  y  u  faute  en  la  dun'ure.  lesilits  orfèvres  seront  tenus  de  les  redonr.  Et 
aussi  seront  tenus  un  chacun  pour  le  tout  de  ouvrer  en  icelle  chAsse  bien  et  deôenenl  en  prrMmw  dm 
nuiintennnt  jusques  n  re  que  lailite  rlidsse  soit  faite  et  [xirfaite.  Kt  pour  re  faire  serons  tenus  de  hwbailv 
l'or  et  l'argent  que  a  re  faire  appartiendra.  Kt  si  si-nint  tenus  lesdils  orievres  et  chacun  ponr  le  tant  de 
nous  rendre  ladite  rluWe  faite  et  [Mirfaite  bien  et  souflisunienl  et  bien  dorée  par  la  manirre  demuad.  de- 
iliUis  la  .Saint  \  incenl  prochainement  venant.  Kl  aussi  serons  teiui*  de  leur  quérir  H  livnr  en  nAlredile 
église  lieu  Itim,  s<'ur  et  ronvenahie  |M)ur  fairt*  lailite  riuU.se.  et  leur  |MiYrr  pour  rbacun  marr  d'or  qu'ik 
nu-ttniut  en  a-UMr  |>oiir  faron  seulement  six  escus  d'or  a  In  couronne  de  18*.  par  la  pierr:  et  |iar  cIb- 
cun  niorc  d'argent  qu'iceux  orfevn's  livreront .  |NNir  arjrent .  or  et  façon ,  serons  tenus  de  payer  doaae  aaeas 
il'or  de  iaiiite  monnoye;  pour  chacun  marc  d'aqient  hianc.  dont  le  fonds  de  ladila  châiae  sera  bit.  SipI 
esrus  li'iir  de  ladite  valeur;  et  pour  rhariui  nuire  de  ruivri*.  dont  le^i  images  <|W  SOUlMIienl  MM.  < 
seront  faitis.  |Mmr  cuivre,  or  et  façon,  quatre  esrus  d'or.  I.<>s4|uels  prix  nous  nauni  tenu»  pajer 
orfèvres  aussi  et  toute  |vour  la  forme  et  manière  qu'ils  le  cOBUuenceront  Ct  dsswiwnl  n  ladite  I 
Kt  si  senms  tenus  a  eux  et  a  leurs  ([cns  et  aydes  en  faisant  MMa  dilaie  de  Icnr  qnmr  \mtn  dipena  par 
la  manière  qui  s'ensuit.  O'est  ossavoir.  pour  chacun  jour  qu'il*  vaqueront  en  ladite  bcaagnr.  cl  tant  a 
jours  ouvrables  i-omuie  fiMes  et  iliuianrhe!i.  il  leur  M-ra  Iwiilk'  ri  livré  a  dejCOMr  OU  boire  a  HNlM  a  dMS 
personnes  un  pain  de  roiivcnl  el  nui'  |H-iiilo  de  vin     \  l'Iieiin-  de  disUcr  a  dnu  peiMUM*  dMU  puino  do 

iii>t.  —  1.  t% 


482  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

couvent ,  une  peinte  de  vin  et  une  pièce  de  chair  de  buef  ou  du  mouton  de  quatre ,  ou  quartier  de  mouton , 
et  le  buef  a  la  vallïie  et  du  potage  bien  et  souDisament  ;  et  au  souper  pareillement  comme  au  disner.  Et  aux 
jours  que  l'on  ne  mangera  point  de  chair,  nous  baillerons  a  chacune  personne  trois  oefs  ou  deux  harens 
pour  pitance  et  du  potage  a  disner;  et  au  souper  a  chacune  personne  deux  oefs  ou  un  harent  et  un  four- 
mage  pour  toute  la  semaine ,  tels  que  nous  avons.  Et  aussi  serons  tenus  de  leur  Iwiller  bûches  bien  et  con- 
venablement pour  eux  chauffer,  chandelle  pour  eux  coucher  et  souper  bien  et  convenablement,  quand  ils 
en  auront  nécessité.  Avec  ce  serons  tenus  de  leur  bailler  et  livrer  un  bon  coffre  en  lieu  seur  comme  dessus . 
ou  seront  mises  les  parties  et  ouvrages  de  ladite  châsse  bien  et  seurement.  Auquel  coffre  aura  deux  clefs , 
dont  lesdits  orfèvres  en  auront  l'une,  et  nous  l'autre. 

Toutes  voies,  si  ladite  châsse  n'estoil  faite  et  parfaite  dedans  ladite  fête  saint  Vincent  prochainement 
venant,  nous  ne  serons  tenus  de  quérir  aiLxdits  orfèvres  aucims  dépens  de  \b  en  avant  s'il  ne  nous  plaist, 
si  ainsi  n'estoit  que  la  faute  fust  ou  soit  venue  de  par  nous.  Si  promeltons  en  bonne  foy  et  sur  l'obligation 
des  biens  de  nous  et  de  nôtredite  église  avoir  agréable  et  tenir  ferme  et  stable  ce  présent  marchië,  conve- 
nances, promesses,  et  tout  le  contenu  en  ces  lettres,  les  enterriner  et  accomplir  de  point  en  point  selon  ce 
<|ue  dessus  est  dit  et  non  venir  contre  jamais  a  nul  jour  par  quelque  voye  que  ce  soit.  En  tesmoln  de  ce 
nous  avons  fait  mettre  nos  sceaux  a  ces  présentes  lettres  ce  dix  huitième  jour  du  mois  de  février  l'an  mil 
quatre  cens  huit. 

OBLIGATION  DES  ORFEVRES. 

Je  Gaultier  du  Four  et  Jean  de  Clichy  et  Guillaume  Boey,  confessons  avoir  eu  et  reçu  de  Monsieur 
l'abbë  de  Saint  Germain,  présent,  le  quint  prieur  nommé  Pierre  Hachette,  et  Jean  de  la  Crute,  chevecier,  et 
Michel  Prevot,  trésorier,  et  Messire  Régnant  Denis' et  Messire  Bontet  de  la  Budiniere,  c'est  assçavoir: 
1  o  1  saphirs  ;  item  i  It  o  esmeraudes  entières ,  et  des  despessées  35 ,  qui  font  en  somme  cent  soixante  et  quinze 
pièces;  item  If]  gamats  entières  et  quatre  pièces,  qui  font  en  somme  cinquante  et  un  gamats;  item 
a5  amalistes;  item  3o  cassidoines;  item  aao  perles;  item  une  petite  croix  d'or  où  il  y  a  des  reliques;  item 
a6  marcs  a  onces  i  a  ostrelins  d'or,  pareil  a  une  pièce  d'or  que  ledit  Monsieur  l'abbé  a  pardevei-s  lui;  item 
d'argent  a  ouvrer  tout  net  sept  marcs  cinq  onces  cinq  estrelins'"'.  Tesmoins  nos  noms  mis  en  cette  cedule  le 
•jo.  jour  d'aoust  i^og.  J.  deClichy.  Gaultier  du  Four.  G.  Boey. 

Les  trois  orfèvres  dont  on  vient  de  lire  l'engagement  tinrent  parole  :  ils  exécutèrent  la 
merveilleuse  châsse  qui  décorait  le  maître-autel  de  l'église  abbatiale  et  dont  nous  repro- 
duisons l'élégante  silhouette.  En  présence  de  ce  chef-d'œuvre,  tout  commentaire  est  super- 
flu, toute  biographie  est  sans  intérêt;  Jean  de  Clichy,  Gaultier  du  Four,  Guillaume  Boe\, 
après  avoir  accompli  leur  tâche ,  sont  restés  aussi  inconnus  que  les  trois  personnages  dont 
Guillebert  de  Metz  nous  a  conservé  les  noms.  Ce  (jue  les  contemporains  ont  admiré,  c'est 
l'œuvre;  ce  qu'ils  ont  volontairement  laissé  dans  l'oubli,  c'est  l'ouvrier.  Faut-il  dès  lors  per- 
cer le  mystère  qui  enveloppe  ces  existences  d'artiste  et  chercher  à  savoir  ce  qu'étaient,  par 
exemple,  Andry,  Herman  et  Willelm?  Quelques  lignes  de  biographie  incomplète  et  dou- 
teuse n'ajouteraient  rien  à  leur  gloire. 

Andry,  Willelm  et  Herman  ne  sont  que  des  prénoms  :  il  y  aurait  donc  péril  évident  à 
identifier  avec  tels  ou  tels  orfèvres  des  xiv"  et  xv"  siècles  les  personnages  dont  parle  Guille- 
bert de  Metz,  et  qui  portaient  ces  trois  noms  de  baptême.  Qui  pourra ,  par  exemple,  affirmer 

'''  Cette  profusion  de  matières  précieuses  qu'on  ^largent  et  pieiTeries  estans  aux  reliques  et  vais- 
remarque  dans  toutes  les  grandes  pièces  d'orfé-  rrsellement  des  églises  de  Paris,  valoir  ung  grant 
vrerie  d'église  des  xiv'  et  xv*  siècles  justifie  l'as-  »  royaume."  (Voir  ci-desus.  p.  a  3  a.) 
serlion  de  Guillebert  de  Metz  :  ttLen  estiraoit  lor. 


I  A  illASSK   DK    N  \l\  I    11  HMAIN-|)KS-JM\KS 

i-\.'i'ii ti-r   .-11   140-    jinrlrai»)' 


/m^»*  '«^.A*.«*>/.«rw 


LES  LKTTHÉS,  LES  AHTISTKS  KT  LES  ARTISANS  A  PARIS.        iêi 

(|iii:  l'orr/'vrv  (;anti)i)i  Andri*'»,  l'un  de»  fournÎMCunt  des  duc»  de  Bourgogne,  en  t  ^oo.  ioil 
If  iii^iiic  )|u<!  le  l)ijouti(;r  parisir'n  AndryT  Comment  reconnaître,  d«n»  le  prénom  «llentand 
Williiliii,  (iiiiiluuiiic  Hoey,  l'un  de»  coniitructeun  de  la  cIiAmm!  de  Saiol-Gemuiin .  ou  loui 
tiiitrc  (iuillaiiiiK!  ii|)|mrlenanl  à  la  coqioration  de  l'orfèvrerie?  Kniin  osenM'On  dire  que 
lltTiiian,  "iiiii  polioil  <luiiiinN,»  est  cet  orf<''vre  dont  parlent  le»  archives  niuniri|»«|i>«  d'Or- 

It-diis ,  (|iii  (it  "  iiii|;  loliicr  d'or ovecque»  une  touezun  |>endanl  aa  collier  de  l'ordre  du 

"(lue  dt'  Hoiir|;oin|;nc"'T»  Non,  UMiur/rment ;  mieux  vaut,  |)our  le  dernier penoOMge  Hir- 
tout,  rappeler,  avec  M.  le  marquis  de  Laborde.  que,  dès  le  tiv*  siècle,  il  eiistait  dans  le> 
Flandres  et  (>n  France  un  corps  de  métier  pour  la  t«ille  du  diamant;  que  le  lute  yriâ*» 
avait  attiré  dan»  la  capitale  les  plus  célèbres  ouvriers  en  ce  fjeiire.  et  que  Hennan  en  Mmil 


iiri 


Le  potier  d'étaiii  est  plus  dilFicile  encore  à  identifier,  puis(|u'il  n'est  iéngoi  par 
nom  ou  prénom;  Guillt^bert  de  Metz  t'a  cité  d'abord  pour  sa  singulière  industrie",  puis 
pour  iri(li(|uer  en  passant  l'orfèvrerie  bourgeoise  dont  l'étain  était  ordinaireoMill  la  ma- 
tièri'.  Traitée  nver  outant  d'nrl  et  de  soin  rpie  son  orgueilleuse  rivale,  l'orfèvrerie  d'étain. 
qu'on  ne  retrouve  plus  aujourd'iiui  que  dans  les  collèges  et  les  liôpitaui,  s'étalait  aui  tit' 
et  XV*  siècles  sur  les  dressoirs  des  plus  ricbes  bourgeois.  L(>  Metmfrier  de  Paru  n'oublie  pas 
d'en  prescrire  l'achat  ou  renq)runt  lorsqu'on  doit  donner  banquets  et  festins  :  -Et  aOMi 
-marchandera  t'on,  dit-il,  de  la  vaisselle  d'cstain  :  c'est  assavoir  dii  douzaines  d'escuelleit . 
->i\  douzaines  de  petits  plats,  deux  douzaines  et  demie  de  grans  plas,  huit  quartea,  deu 
-douzaines  de  pintes,  deux  pos  a  aumosnes'". n  Avec  ce  modeste  (erricc,  la  boorgeom* 
parisienne  organisait  ses  diners  d'épousailles  et  de  cérémonie;  et  \efMàawminm,  destiné  i 
recevoir  lu  part  des  pauvres,  figurait  toujours  sur  la  table  ou  sur  le  dressoir.  Les  polien> 
d'élain  étaient  donc  les  frères  cadets  des  orfèvres  :  |>our  les  pièces  importantes,  ils  se  mo- 
ilelaieiil  sur  le  travail  de  leurs  aînés,  et  maniaient  souvent  aussi  bien  qu'eut  le  marteau  du 
ri'jiousseur.  Dans  leur  sphère  modeste  ils  ont.  eux  aussi,  bien  mérité  de  l'art,  et  (judleln-rt 
de  Metz  a  fait  preuve  de  bon  goiU  en  leur  donnant  une  petite  place  dans  sa  description  d<- 
l'aris. 

'    Um  Duc»  ilr  tiour/fogut.  l'n-uvcH.  I.  III .  'iij  i.  la  notice  qui  prëoèdefe  leUs  de  GaiUdicct  de  Mali 

'    \(>ir  les  kmaiu-  du  Loutre  (II,  Cilossain-  et  (voir  p.  ii&). 
n'|>ortoire ,  p.  g'19).  *'  Le  Mnmgier  de  P*n$,  iàUaù  pafcMa  par 

''  Il  sa|;il  des  rr rossignol z  cliontiin»  rn  vvcr.»  M.  le  baron  PidKMi.   1847.  m-9'.  I    II.  p    11& 

Nous  (ivoiis  liosank'  une  cx|ilirfltioii  île  ro  fait  dans  et  if3. 


61. 


VIII. 
ESSAIS    DE    STATISTIQUE    PARÎSÎF\>F 

DU   XIV  AL   XVI'  SifeCLE. 
(Voir  Guillcbert  de  MeU,  ci-<i«iM»,  p.  «St.) 


irLcn  souloit  nstimcr  a  Paris  plus  de  quatre  mil  tavernes  de  vin,  plus  de 
!r(|ualiT  viiii'l  mil  tnoiuliaiis,  plus  de  .soixaiit«>  riiilif  csr ri p vains;  item  de  e«coliers 
(f<'t  g(Mis  de  iiicslicr  sans  nombre 

If  Ou  riK'iijroil  a  Paris  cliasruiip  sppmaiiir»,  juru*  parmv  lauJn*  roinpti-i-,  «pialn- 
(r mille  moutons,  deux  cent  (]uarant<>  heui's,  rini]  cens  veaux,  deux  cens  pour- 
(Tccaux  sal('>s  et  quatre  cens  pourceaux  non  salés.  Item  on  y  vendait  cbasrun  jour 
(rse])t  cens  tonneaux  de  vin,  dont  le  Roy  avoit  son  quatrième,  sans  le  vin  dr» 
(fescoliei's  et  autres  qui  nen  paioient  point,  etc. «^ 

(ici  rssai  (II-  statistique ,  jinr  le(|ii('|  (iiiillelifrl  de  Metz  lernnne  xi  Drtrrtyltnn  de  l'itnt. 
est  sans  duiite  l)i(>n  informe;  l'nuteur,  qui  n  des  habiUidcs  d'eiagi'ralion  irèW-vidi-nli-«. 
t?crit  d'npnVs  des  «uï-dire  et  procède  par  nonilire.s  ronds,  ce  qui  IVxpoî*  k  de  )jrandf>  ••r- 
retirs.  Mais  il  faut  lui  savoir  gré  d'avoir  cherché  h  se  rendre  compte  du  mouvement  di*  i« 
population  et  de  la  consommation  parisiennes,  genre  de  rensoignemenU  qui  est  d'unr 
(•xtri1inc  rareté  chez  les  historiens.  On  peut  mi'me  ajouter  qu'il  y  a.  chei  (iaillebrrt  de 
Met/,  (piebpie  chose  de  plus  qu'une  bonne  intention.  Ses  quatre  mille  taverne»  MMMit  pa» 
iibsoluinciit  invraisemblables  à  une  époque  où  Pari*  était  plein  de  Mudards,  H  oà  k  po- 
pulation normale,  sans  cesse  en  haleine,  vivait  pre.si|ue  .sur  la  place  publique.  Quant  «ut 
ipiatre-vingt  mille  mendiants,  c'est  sans  doute  un  chilTrc  tr^»-considénble  ;  mais  le»  indi- 
gents de  la  capitale  y  figurent  peutnUrc  pour  moins  de  moitié.  Les  dësulfc»  d«  la  gocrre 
d<'  ('.ont  Ans,  les  ravages  des  Bourguignons  et  des  Armaj^nacs  dan.o  la  banlieue  de  Paris. 
les  déprédations  des  Anglais  tout  le  long  de  la  Seine,  depuis  Harfleur  jujtqu'à  la  capilair. 
avaient  di^  multiplier  le  nombre  des  familles  ruinées.  Paysans,  gens  de  métier,  petits  bour- 
geois .s'étaient  donc  repliés  sur  Paris,  autant  pour  y  chercher  un  abri  que  pour  y  vivre  de 
la  charité  publiipie  ;  et  comme  les  couvents  y  étaient  nombreux ,  norobretiae  «mn  «la  cook 
«pnignie  prehis  et  princes  a.ssiduelmeni  conversans.-  il  y  a  tout  lieu  de  rroire  qu'il  *'« 
faiNaii  ir;ili.>mlaiilt's  aumônes,  ce  cpii  contribuait  encore  à  y  attirer  une  multitude  famé- 


^86  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

lique.  Les  «soixante  mille  escripvains»  sont  infiniment  plus  contestables,  et  V.  Le  Clerc 
s'est  refusé  à  les  admettre  "';  même  en  comprenant  dans  ce  nombre  les  «transcripvains»  et 
libraires  des  princes,  les  religieux  travaillant  dans  les  monastères,  les  scribes  et  greffiers 
du  Parlement  et  du  Châtelet,  les  parcheminiers,  les  enlumineurs,  les  relieurs,  les  orfèvres 
en  livres,  enfin  tout  le  groupe  de  celte  industrie,  on  n'arriverait  peut-être  pas  au  quart  du 
chiffre  énonce  par  notre  auteur  '■'^l  II  y  a  là  sans  doute  une  petite  gloriole  de  métier  :  Guil- 
lebert  de  Metz  faisait  partie  de  cette  honorable  corporation,  et  il  a  tenu  probablement  à 
y  figurer  en  nombreuse  compagnie.  Restent  les  chiffres  de  consommation ,  que  nous  exa- 
minerons plus  tard.  En  attendant,  il  nous  a  paru  intéressant  d'élargir  un  peu  le  terrain 
de  la  discussion  et  de  rechercher  ce  qui  a  été  fait  ou  tenté  jusqu'ici  dans  le  même  ordre 
d'idées. 

Lorsque  les  érudiis  ont  voulu  savoir  ce  qu'était ,  au  point  de  vue  économique ,  le  Paris 
du  moyen  âge,  ils  n'ont  eu  à  consulter  que  deux  ordres  de  documents  :  les  uns  très-confus, 
très-incertains,  et  dont  les  vagues  indications  fournies  par  notre  auteur  peuvent  donner 
une  idée  :  ce  sont  les  récits  des  chroniqueurs  ;  les  autres,  plus  précis  en  apparence,  mais  dont 
il  est  tout  aussi  difficile  de  tirer  parti ,  si  l'on  veut  aller  au  fond  des  choses  :  ce  sont  les 
censiers  et  les  rôles  de  la  Taille.  Dans  les  deux  cas  il  faut  interpréter,  c'est-à-dire  ouvrir  la 
porte  à  l'erreur. 

Popuiaiion  Kt  d'abord,  en  ce  qui  concerne  la  population,  sans  remonter  jusqu'à  l'hagiographe 

les rhroni>f"re  Hilduiu ,  abbé  de  Saint-Denis,  qui  vivait  dans  la  première  moitié  du  ix'  siècle,  et  qui  nous 
représente  Paris  comme  regorgeant  d'habitants '**,  sans  citer  les  passages  oii  Abbon'**  et 
Aimoin  '*'  déplorent  le  dépeuplement  de  cette  immense  cité,  qui  était,  avant  les  ravages  des 
Normands,  le  marché  des  peuples'^',  on  peut  se  faire  une  certaine  idée  du  nombre  d'ha- 
bitants qu'elle  renfermait  au  xiii"  siècle,  époque  où  la  vérité  historique  commence  à  se 
faire  jour.  Joinville  raconte  que,  pendant  la  minorité  de  saint  Louis,  lorsque  le  jeune  roi 
et  sa  mère  résidaient  à  Montlhéry  et  n'osaient  se  rendre  à  Paris,  alors  occupé  par  les  ba- 
rons en  révolte,  «ceulx  de  la  ville  les  vindrenl  quérir  en  armes,  en  moult  grant  quantité  ; 
«et  me  dist  (le  saint  Roi)  que  depuis  Monllhery  jusques  a  Paris  le  chemin  esloit  plain  et 
«serré  des  coustes  de  gens  d'armes  et  autres  gens  '''.r  Or  il  y  a  de  Paris  à  Montlhéry  en- 
viron 3o  kilomètres,  et  une  double  haie  de  Parisiens,  échelonnés  le  long  de  ce  parcours, 
représente  une  population  assez  considérable.  Moins  d'un  siècle  plus  tard ,  un  autre  chro- 
niqueur parle  de  la  multitude  des  habitants  de  Paris,  non  d'après  ce  qui  lui  a  été  dit, 
mais  pour  l'avoir  en  quelque  sorte  comptée  lui-même.  Il  s'agit  d'une  montre  ou  revue  passée 

"'  Discours  sur  l'état  des  lettres  en  France  nu  H.  Gëraud,  Paris  sous  Philippe  le  Bel,  p.  672.) 

xir'  siècle,  p.  980.  '*'  Liv.  I,  vers  19,  cité  par  H.  Géraud,  p.  li'jh. 

"'  H.  Géraud  en  compte  à  peine  cinq  cents  à  la  '*'  Miraail.  S.  Germ.  dans  Du  Chesne,  cité  par 

(in  du  xiu*  siècle.  (Voyez  Pan»  sous  Philippe  le  Bonamy  et  par  H.  Géraud,  ibid. 

Bel,  p.  5o6  et  507.)  '''  Emporium  populorum,  est-il  dit  dans  le  livre 

'''  Parisiorum  civitas.  . . .  constipatn  populis ,  re-  intilu]é  De  miraculis  S.  Benedicii,  c\ié  far  les  mêmes 

ferla  eommerciis  et  commeatihus.  [Areopagitica ,  cité  écrivains. 

par  Bonamy,  Mcm.  de  l'Académie  des  inscriptions  et  "'  Collection  des  mémoires  relatifs  à  l'histoire  de 

belles-lettres,  t.  XXIV,  p.  86,  édil.  in-ia,  et  par  France,  édit.  Pelitot,  t.  H,  p.  190. 


ESSAIS  UK  STATISTIOUE  PARISIENNE  1)1  XIV  AL  XVI*  .SIÈCLE.     487 

par  Philippe  le  Bel,  à  l'occaition  des  fêtes  qu'il  donna  |>our  la  promotion  du  roi  de  Na- 
varre, son  fils  atn«^-,  h  la  dif;nit<i  de  chevalier.  Le  roi  d'Anglet<?rre,  t^oin  de  rHii>  pthibi- 
tion,  sVtonnait,  dit  Godefrny  de  l'aria. 

Que  tant  de  geim  rirlw!  et  nobfle 
Povut  (HiiJIir  (le  une  vQle. 

Tout  Paris  <U»it  dehors  : 

Et  deux  a  dans  OMeniUe  •loieni 
Kt  Irotous  Im  DMstiav  inangoienl. 

Vii'tii  frisiiii'-  r<'viiliMiliori  i|iiir  le  chroniqueur  foi'  d.m»  lo«  t«>rm^  saivants  : 

De  o-lr.  (If<  i'nriH,  (an»  rctraile, 
A  cb'-vnl  biun  funnit  vinf^t  mille 
Et  a  pi<^  riiiriit  tr<>nli!  iiiill<>. 
Tout  nu  pliM  aiMM  Ira  trouvèrent 
Gel»  qui  dn  la  le»  entimereiit  '"'. 

Knfin,  pour  IVpo(|ue  même  dont  parle  fîuillebert  d<>  Mdz,  Kroissart  nous  fournit  de* 
cliifFres  qui,  nialf^rf^  leur  caractère  approxininlif,  confirment  a.ssez  la  «moult  ^nt  quan- 
'iiU'rt  (^nnnriV  pur  Joinville,  et  les  cinquante  mille  hommes  de  mëtier  comptai  iiar  (kMle- 
Iroy  de  Piiris.  \m  révolte  des  Maillolins  avait  mis  sur  pied,  dit -il,  "gens  d'arme»  p|u«  d«- 
-soixanle  mil!»',  l'I  plus  de  cirniiiaiilf  mille  maillets  et  mitres  jjens.  rniuiui-  ;irli;ili>lri.p.  ••! 
ff  archers  "'.  n 

H.  Gi'rund  a  tin'î  parti  de  ces  trois  textes,  et  s'est  montré  fort  modrr.  I  ■ 
lions:  «Faisons  largement,  dit-il,  la  part  de  l'exagi^ration  et  de  l'erreur,  et  réduisons,  si 
(t  l'on  veut,  (li^  mollit'',  le  nombre  des  r<>bellcs  donm'  |)ar  Froissart;  il  restera  toujours  itour 
c  Paris,  vers  la  lin  du  xiv*  siècle,  cimpiante-cinq  mille  hommes  d'armes,  et,  m  »up|K>»anl 
Rque  le  rapport  de  ceux-ci  h  la  population  entière  soit  de  un  k  cinq,  nous  aurions,  (mur 
-la  même  époque,  dans  Paris,  environ  deux  cent  soixante  et  quinze  mille  habitant*  '.• 

Ce  rhiiïre,  qui  parait  raisonnable,  est  sinijulièremenl  dépassé  |)ar  ceux  que  donne  un  Ifii 
iinoin  me  imprimé  à  la  fin  du  xv*  siècle  ou  au  commencement  du  x«i*'''.  L'auteur  de  cH  Arril, 
où  l'on  remarque  un  essai  de  statistique  loul  aussi  vafjiie  que  celui  de  fioillebert  d«  MeU. 
N'exprime  en  ces  termes  :  <rllem.  y  a  en  l'enclos  des  murs  de  Paris  ccclxxi  mille  memgîer» 
«du  moins,  sans  les  prestres,  escoliers  et  autres  exlrava|;ans  qui  sont  sans  nombre,  car  da 
-temps  du  roi  (iharles,  sixiesmc  de  ce  nom,  les  escoliers  furent  nombres  jusque*  ■  us  et 
-  i\  mille  escoliers  '*'.  "  Après  une  telle  évaluation ,  il  n'y  a  pas  lieu  de  s'étonner  du  nombre 

Chronique  métrique  de  Qodtfroy  de  Paris,  Mii.         I,'ex<>ni|ilaire  de  U  liililindi^iiH'  im(i<<naip  i  rf^nr 
<!<■  M.  Hiirlion,  p.  t9&,  igS-  «st  roté  l.'K.  5980 


'    Chronique  de  Fmi$*ttri,  édit.  de  Lyon,  i&58.  *'  L'esenphire coaaaM  par  M.  h  I 

viijunio.  p.  1 7.').  parla,  è  ee  qn*3  panft,  87t.o«o.  ca  q«  iàl  4m* 


Pmriê  mm»  Philippe  le  IM,  p.  A  69.  aa  «nnat  édiliar  da  Mmutgiw  dr  IWw  ^  r'nl 

'*■  Plaqtieitf  iinpriiiii^'  h  Paris  r\wt  Jean  Trep-       U  un  teiaai  de  ilaliitiqae  ridicala.*  (Vajei  labre- 
Itorel  et  n'tslil«i«  on  iStiy  pnr  le  libraire  Railtieii.        duelioa,  p.  xtv,  note  ♦.> 


aullicntique». 


488  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

«des  belles  filles»  que  notre  statisticien  compte  dans  la  capitale:  «Il  y  a,  dit-il,  a  Paris 
«  trois  mille  belles  filles  sans  celles  des  faubourgs  ''',  »  ce  qui  ne  ferait,  en  définitive,  si  tou- 
tefois il  s'agit  bien  de  filles  honnêtes,  qu'une  beauté  pour  cent  vingt  familles  environ, 
et  ne  justifierait  pas  précisément  le  renom  de  suprême  élégance  dont  les  Parisiennes  étaient 
déjii  en  possession  au  temps  de  Jean  de  Jandun®. 

l'opuiaiioii  Le  savant  auteur  de  Paris  sous  Philippe  le  Bel  n'a  pas  connu  ce  renseignement  et  n'en  au- 

i<»  iTumeni.  rait  probablement  pas  tenu  grand  compte.  Après  avoir  demandé  aux  chroniqueurs  et  aux 
poètes  tout  ce  qu'on  pouvait  attendre  de  leur  témoignage,  il  s'est  adressé  ensuite  aux  do- 
cuments réputés  officiels,  et  a  cherché  à  en  extraire  des  indications  un  peu  plus  précises.  Les 
censiers  qu'il  a  négligés  lui  auraient  fourni  une  base  d'évaluation  qui  n'est  point  sans  impor- 
tance ,  puisque , en  adoptant  une  moyenne  pour  chaque  maison ,  il  serait  arrivé  aune  certaine 
approximation,  seul  résultat  qu'on  puisse  raisonnablement  espérer.  H.  Géraud  n'a  proba- 
blement vu  dans  les  censiers  que  l'assiette  de  la  propriété  foncière;  et,  d'ailleurs,  l'ab- 
sence d'indications  sur  le  nombre  des  étages  et  des  corps  de  logis  lui  a  fait  regarder,  sans 
doute,  toute  supputation  des  habitants,  par  maison,  comme  impossible.  Mais,  d'autre 
part,  les  rôles  de  la  Taille,  qu'il  a  mieux  aimé  consulter,  et  notamment  celui  de  i  29Q  ,  dont 
il  a  donné  une  fort  bonne  édition,  lui  ont  causé  quelque  embarras.  D'abord,  en  parcou- 
rant la  liste  des  contribuables,  il  ne  distingué  pas  toujours  les  véritables  chefs  de  famille, 
parce  que  leurs  noms  sont  souvent  accompagnés  de  ceux  de  leurs  enfants  et  suivants  sou- 
mis à  la  Taille,  et  payant  chacun  leur  cote;  puis  il  ignore  absolument  le  chiffre  de  la  po- 
pulation placée  au-dessus  et  au-dessous  de  l'impôt,  les  privilégiés  et  les  exempts.  Que 
d'habitants  compris  dans  ces  deux  catégories  !  En  haut  le  clergé  séculier  et  régulier,  les 
seigneurs,  les  officiers  et  gens  de  service  des  maisons  du  roi  et  des  princes,  les  fonction- 
naires de  tout  ordre,  l'Université,  ses  suppôts,  maîtres  et  élèves,  et  tous  ces  habitants  non 
domiciliés  que  le  statisticien  du  xv'  siècle  appelle  «  extravagants;?)  en  bas  les  artisans  ré- 
fugiés dans  les  enclos  et  lieux  d'exception,  tels  que  les  commanderies  du  Temple  et  de 
Saint-Jean  de  Latran;  les  «gaigne- deniers,»  gens  «de  petit  fait»,  truands,  etc.  et  cette 
masse  de  mendiants  que  Guillebert  de  Metz  évalue  à  quatre-vingt  mille.  Où  il  n'y  a  rien, 
dit  un  vieux  dicton,  le  roi  perd  ses  droits;  or  il  les  perdait  à  Paris  pour  un  quart  au 
moins  dans  les  rangs  du  bas  peuple,  et  ne  les  exerçait  point  sur  un  second  quart  d'ha- 
bitants protégés  par  des  immunités  séculaires;  en  sorte  que  les  rôles  de  1292  et  de  i3i3 
ne  comprenaient  guère,  en  réalité,  que  la  moitié  de  la  population'". 

Convaincu  que  la  Taille,  ainsi  décomposée,  ne  pouvait  lui  fournir  que  matière  à  con- 
jectures, H.  Géraud  a  cherché  une  autre  base  d'évaluation,  et  il  a  cru  la  trouver  dans  un  ma- 
nuscrit de  1828  intitulé  :  «  Les  paroisses  et  les  feux  des  baillies  et  senechaucées  de  France.  " 
En  ce  document,  la  ville  de  Paris,  augmentée  du  bourg  Saint-Marcel,  figure  pour  Irente- 

'*'  Ces  chiffres  varient  avec  Tépoque  des  réédi-  '''  C'est  en  négligeant  tous  ces  éléments  de  calcul 

lions  :  un  exemplaire  imprimé  au  commenccmenl  et  en  s'attachant  uniquement  au  texte  du  rôle  de  la 

du  xvn*  siècle  donne  (fsix  mille  belles  filles.  1  La  Taille  pour  l'an  1 299 ,  que  Dulaure  est  arrivé  à  un 

population,  la  beauté  (ou  peut-être  le  libertinage)  chiffre  manifestement  inférieur  à  la  réalité:  il  trouve 

avait  doublé  en  un  siècle.  moins  de  cinquante  mille  habitants  à  Paris  vers  la 

'*'   Traité  des  louanges  de  Paris,  p.  56  et  57.  fin  du  xm'  siècle. 


ESSAIS  DE  STATISTIOIE  l'AHISIË.NNE  DU  XIV*  AL  XVh  SIÈCLK.     439 

cin(|  |)arois8<!H  et  mixatiU:  ni  un  tiiille  (|uatre-vin^t-dii-buit  fvui.  l'uur  tirer  parti  d«  ce  do- 
ciimenl,  deux  cIioncs  ëlaii^nt  uftc.cxsatre»  :  i*  déterniiner  eudeoMOl  le  tta»  da  moi  fem  ; 
3*  fix(>r  le  nurnl)re  moyen  dos  |)LTKonrie!t  kc  réuniiManl  autour  de  chai|Ufl  feu,  en  iTaalra» 
tr>rnir>.s,  les  [n(!iiil)n;!«  (le  (:lia<|ii(!  fnmilln.  En  ri;  i|iii  ronrrTiie  le  len*  du  nMfm  au  point 
di;  vue  .slati.sti(|u<.-,  Uu  (ian(;e  ne  Iui.sm;  .sul).Hi>tcr  auruii  doute,  et  H.  Géraud  a  eu  raiaoa  de 
n'fn  point  avoir  :  feu  chI  Hynonynie  An  famille.  (Juant  à  lu  |)opulatioo  mojreBoe  de  dMMiae 
feu  ou  maison,  Gu(^*rard,  danx  un  mt^moire  .sur  le»  divitionn  territoriales  de  la  Gaole,  coo- 
ronn*^  par  l'Intititut  en  i83o,  aini>i  que  dan»  le»  notes  dont  il  a  aceompegné  le  l'olvpttqur 
d'Irriiinon,  <i  foriiiuli'  deux  moyennes  :  l'une  de  5,^0,  l'autre  de  5,3o.  En  prenant  le  chiffre 
iiiteniiédiaire  ô.^o,  et  en  l'appliquiint  aux  »oitante  e|  un  mille  quatre-vin(;t-4iii-huit  feui 
du  Piiris  de  i.'iaH,  on  arrive  à  trois  cent  quarante  et  un  mille  habitant»,  c'e>>t-ÎMlire  i  un 
niiriihre  peu  dloi^jné  de  celui  qu'indique  approximativement  l'auteur  anonyme  du  /Al  qu<> 
nous  avon.s  cité  plu»  haut.  Il  est  vrai  que  cette  presque  concordance  ne  s'obtient  qu'au 
prix  de  deux  liypollièses,  (|ui  consistent,  l'une  ù  entendre  le  mot  numiagmààt»  le  sens  d'ha- 
bitant et  non  de  clieF  de  roinille,  l'autre  à  prendre  pour  une  population  urbaine  la  movpnn<> 
r),r)o  qui  s'appli(pie  n\i\  ftux  ih'  l'ulaiseau  et  d'r]pinay-s»r-Or|je,  c'est-À-dire  à  une  i»opu- 
lation  rurale.  La  proportion  semble,  en  elTel,  trop  forte,  et  il.  Gt^raud,  après  avoir  cons- 
taté (|u'à  Noijenl-l'Arlaud ,  par  exemple ,  dan.s  le.s  environ»  de  (ibâteau-Thierry  ,  la  moyenne 
de.Hcendait  à  lx,'ùo  habitants  par  feu,  propose  de  la  réduire  à  h  pour  Paris,  ce  qui,  sur  la 
base  (lu  dorumont  de  t.3-jK,  doimerait  deux  cent  .soixante  et  quinze  mille  Ames"'. 

Désireux  de  .savoir  s'il  arriverait  nu  même  résultat  en  suivant  une  autre  «oie,  H.  (féraud 
a  pris  un  point  de  départ  tout  moderne,  le  rapport  de  la  superficie  à  la  |K>pulation.  et  il 
a  été  conduit  à  donner,  comme  approximation  dernière,  un  total  de  deux  cent  quinze  mille 
huit  cent  soixante  et  un  habitants,  (le  nouveau  chiffre  repo.se  sur  une  assimilation  plu»  ou 
imiiiis  coinplèle  du  Paris  df>  i'Hjq  ou  de  i.TqS  avec  les  \illes  de  guerre,  close»  de  mur«. 
telles  (pie  nous  les  voyons  aujourd'hui.  II.  (îéraud.  qui  constate  l'extrême  densité  de  la  |>o- 
pulation  dans  les  villes  de  (juerre,  réduites  par  leurs  fortifications  ik  se  développer  en  hau- 
teur, n'a  |)ns  songé  aux  nombreux  couvents  de  Paris,  aux  enclos  que  renfennait  la  rive 
gauche  et  aux  «grants  vuidesn  que  les  historiens  mentionnent  sur  la  rive  droite  :  particula- 
rités (pie  n'offrent  point  les  pinces  fortes  de  nos  jours.  Cette  circonstance  nous  engagerait  à 
réduire  encore  le  nombre  obtenu,  surtout  pour  l'époque  dont  |>arle  Guillebert  de  Mefi,  et 
nous  regarderions  volontiers  le  chiffre  de  deux  cent  mille  âmes  comme  npréMQtaat  iMei 
exactement  le  chiffre  delà  population  parisienne  entre  t&oy  et  t&3&. 

FiU  dernit're  analyse,  après  H.  Géraud,  après  les  calculs  auxqueU  nous  veoooa  de  aoiu 
livrer  nous-mêmes,  la  question  reste  entière,  c'e.st-à-dire  qu'elle  n'est  pas  sortie  de*  I 
lie  l'ap|iro\itnation ,  et  (pie.  selon  toute  apparence,  elle  ne  les  franchira  pa«:  h 
lonlefois  <pie  la  d(>couverte  d'un  document  authentique  et  rigoureusement  précis  ne  per- 
mette de  substituer  des  chiffres  positifs  aux  évaluations  hasardeuse»  qu'on  a  jusqu'ici  mises 
en  avant. 

"'  Dun'dii  tic  la  Malle,  (Ifliis  son  int'nioire  sur  la  devoir  Télever.  M  i  évahw  è  Irais  «■  fHin  cnl 

|Mi|)iiiii(iun  (le  In  France  nu  xn*  siècle  (.icm/.  été  niilie  le  nombre  «1rs  kabiUals  de  Phîb  Mat  b  rtgae 

iMcrifti.  t.  MV.  -l' iNirt.  p.  .'UiK  nrrivr  i)  un  rhiffre  de  Charles  VI.  Ce  duflbt  aees  para 

l'iirl  riipprorlié  de  relni-l"   M   I-'  l^ii-..ii  Piclion  (Toil  exajpW. 

«IIT.  —  I.  4* 


Lfi  roasoiiiiualioii 

(le  Paris 

d'après 

Guillpherl  Ae  MeU. 


490  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OUIGINAUX. 

Le  mouvement  de  la  consommation  parisienne  est  encore  plus  difficile  à  déterminer  : 
ici,  en  effet,  on  est  absolument  dépourvu  de  ces  documents  si  nombreux  et  si  détaillés 
i|ue  produisent  les  administrations  modernes.  Il  n'y  a,  au  moyen  âge,  ni  octroi,  ni  régie, 
ni  contributions  indirectes,  ou,  du  moins,  la  perception  des  droits  sur  les  denrées  n'a 
laissé  dans  les  registres  du  temps  que  des  traces  imperceptibles.  Tout  au  plus  connaît-on 
le  nombre  des  impôts  de  consommation,  les  variations  qu'ils  ont  subies  avec  le  temps  et 
les  artifices  ingénieux  à  l'aide  desquels  on  savait  les  multiplier.  On  peut  même  dire  que, 
sous  ce  dernier  rapport,  la  fiscalité  contemporaine,  si  inventive  cependant,  n'a  pas  une 
supériorité  bien  marquée.  Nous  en  sommes  donc  réduits  aux  évaluations  très-approximatives 
des  historiens,  et  c'est  après  les  avoir  combinées  avec  le  chiffre  de  la  population  parisienne, 
qui  n'est  lui-même  qu'une  approximation,  qu'on  parvient  à  se  rendre  un  certain  compte 
de  l'alimentation  de  Paris  aux  xiv*  et  xv"  siècles. 

En  acceptant  les  chiffres  de  consommation  donnés  par  Guillebert  de  Metz,  et  en  suppu- 
tant par  année,  on  obtient  à  peu  près  les  résultats  suivants: 

Moutons  consommés  k  Paris  en  un  an 308,000  têtes. 

Bœufs ,  idem 1 3,5oo     — 

Veaux ,  idem. 36,000     — 

Porcs  salés,  idem io,5oo     — 

Porcs  frais ,  ùfem 31,000     — 

Vin 1 00,000  heclolilres. 

Si  l'on  prend,  d'autre  part,  les  chiffres  de  l'octroi  de  Paris  pour  1 865 ,  et  si  l'on  réfléchit 
((ue  la  population  actuelle  est  à  peu  près  décuple  de  celle  que  la  capitale  pouvait  renfermer 
aux  xiv'  et  xv'  siècles,  on  se  trouve  en  face  d'un  résultat  assez  surprenant  :  le  mouvement 
de  la  consommation  parisienne,  au  lieu  de  s'être  accru  dans  une  proportion  considérable, 
ainsi  qu'on  le  pense  généralement,  serait  resté,  depuis  cette  époque,  à  peu  près  station- 
naire.  Voici,  en  effet,  les  chiffres  de  l'octroi  de  Paris  ramenés  à  des  nombres  ronds: 

Moutons i,5oo,ooo  tètes. 

Bœu&  et  vaches 3&o,ooo     — 

Veaux sSo.ooo     — 

Porcs  salés 1 90,000     — 

Porcs  frais 1 5o,ooo     — 

Vins  en  cercles  et  en  bouteilles 3, 900,000  hectolitres. 

Avec  ces  données,  l'opération  à  faire  est  des  plus  simples  :  elle  consiste  à  multiplier  par 
dix,  c'est-à-dire  à  augmenter  d'un  zéro  les  chiffres  fournis  par  Guillebert  de  Metz,  cl  à  les 
rapprocher  de  ceux  qu'a  relevés  l'octroi  de  Paris  en  i865.  On  arrive  alors  à  cette  singu- 
lière conclusion,  que  l'usage  de  la  viande,  par  habitant,  serait  resté  à  peu  près  le  même,  et 
qu'il  aurait  plutôt  diminué,  puisque,  d'un  côté,  la  population  flottante  prenant  part  au 
mouvement  général  de  la  consommation  parisienne  est,  relativement,  bien  plus  considérable 
qu'autrefois,  et  que,  de  l'autre,  le  carême,  les  vigiles,  jeûnes  et  autres  jours  d'abstinence 
étaient  très-rigoureusement  observés  aux  xiv'  et  xv'  siècles.  Le  seul  point  sur  lequel  l'aug- 
mentation est  manifeste,  c'est  la  consommation  du  vin  :  le  chiffre  de  i865  est,  proportion 
gardée,  triple  de  celui  que  donne  Guillebert  de  Metz.  Cependant,  s'il  faut  l'en  croire,  il 


ESSAIS  DE  STATISTIQUE  PAHISIENNE  DU  XIV'  AL  XVH  SIÈCLE,  éfl 
existait  de  noii  tefnpM  "  (juntrc  mil  tavernes  de  vin ,  •  et  le  Paru  modwM,  doot  la  papublÎM 
CHt  di';cu|jle,  ne  renferme  i|iie  (juinze  cenltt  marchand»  de  vin  en  groa,  tix  mille dibittall  aa 
détail ,  Iroi»  mille  limonadier»  et  douze  ou  treize  cents  restouraleurt.  11  faut  donc  admettr*' 
(|ue  les  (juatre  mille  tuvernier.s  d'nutrefoi.H,  s'ils  ont  réellement  exista,  veodaieat  ininimint 
moins  de  vin  que  leurs  successeurs  d'aujourd'hui ,  et  qu'il  s'en  cooMHDnwil  daranlage  h 
domicile.  Ce  résultat,  conforme  h  ce  que  l'on  croyait  déjà  savoir,  ne  serait  |mi>  prëtis^fnl 
il  l'avantiif^e  de  lu  (génération  contemporaine. 

Le  Memajjicr  de  Paria,  écrit  peu  d'année»  avant  le  livre  de  Guilleh«Tt  de  Net<,  donne 
également  (juelques  détnils  stntisticpies  dont  M.  le  haron  Picbon  a  esaayé  de  tirer  parti,  H 
qui  ne  sont  pas  sans  itrIénH,  surtout  au  point  de  vue  de  la  comparaison  h  élahlir.  Cea  rm- 
sei|;riements  sont  evrlusivement  reinlifs  i^  la  consommation  de  U  viande  par  la  popwlalMMi 
parisienne,  la  maison  du  Hoi,  les  maisons  de  In  Heine  et  des princea.  Nom  les  tnnaerivom 
d'après  l'édition  publiée  par  la  Société  des  Hililiophilts  français  : 

ffA  In  porte  (le  Paris'"  a  dix  neuf  hoiichiers qui, par ctitimaliun  commune,  ven- 
aient, pour  sepniaine,  eulx  tous,  l'un  temps  parmi  l'autre,  et  la  forte saisoo  poi^ 
irtanl  la  foihle,  dix  neuf  cens  moulons,  (jualre  cens  beufs,  quatre  cens  ponreeaaU 
(tel  deux  cens  veaulx. 

ffSaincte  Geneviefve '^'  :  cinq  cens  moutons,  seize  bœufs,  seize  porcs  et  sii 
veaulx. 

(rLe  Parvis'*'  :  quatre  vingt  moulons,  dix  bcufs,  dix  veaulx,  huit  porcs. 

r  A  Sailli  Germain  '*)  a  treize  boucliicrs  :  deux  cens  inouluns,  trente  bculs,  trente 
^veaulx,  ciiH|uaiitc  porcs. 

r  Le  Temple'^;  deux  boucliiers  :  deux  cens  moutons,  trente  deux  beufs,  tn'nte 
rdeux  veaulx,  vint  deux  porcs, 

"Somme  des  boucheries  de  Paris,  pour  sepniaine,  sans  le  fait  du  Koy  et  de  la 
-Hoyiic  et  des  autres  nos  seigneurs  de  FVance,  trois  mille  «juatrc  vint  moutons, 
r*riii(|  cens  quatorze  beufs,  trois  cens  six  veaulx,  six  cens  porcs.  Et  au  vendredi 
-absolut  <*'  sont  vendus  de  deux  mille  a  trois  mille  lars'"'. 


'''  On  (i|i|M'lnit  niiisi  l'cspncc  compris  entre  h*        main  datait  prolialilenMnl  àm 
nicii  Sniiil - DciiIh .  I'i)>rn<- h- Poisson  et  la  (.■raiuli>-        l'olilMye  :  (lr|Mis  le  xiu*  tiède,  ki  Aaas< 
Hoiirlicrio,  jusqu'à  la  rue  l'ie<i-<le-ll<euf.  C'est  nu-        noHilwv  de  »«*iie  et  MPipaiaal  k  ta*  fV  <•  a  «••- 


joiuilluii  In pinre  du  (^liAtelet.  mné  le  non  jitM)m>  daos  tas  àaniènt 

'*'  !.)>s  lH)urli<<nes  de  In  Mi>utngm>-Sainte-Geo»-  BBe  fanne  aujounlhui  ht  coattMMlîaii  ik  b  nw 

Nii've  (Hairtit  fort  anciennes;  élira  avaient  éii  Ibo-  de  Ffook  4a  MëJscMW. 
<l>'<'s  jNir  une  énii);rnliiiu  des  l>«urliera  de  Saint-  **'  L«  boodwrie  da  Tmiplp avaii  rte  ctaUip  par 


Miiivi'l.  Los  (loix  ou  i.e  (înis.  ciilMtrhiens  boMiox.       Im  TcmpiHn  daaa  k  nMck  Braqwiak  tt^Êm- 
iivnicnl  leurs  «'toux  h  SninliMieneviève.  prenait  que  «ka  Aaw. 


'''  Leti  Iwuclicries  du  l'nrvis  ivuiontiiieut  l'i  la  **'  lIs'agildB' 

|du»  limite  antiquité.  Cobocbo  y  rcmpUssail  les  fonc-  ■"  Ce   passag*  ^itiif^  énitÊÊmmà  la 

liniis  d'(<corrlieur.  (bire  aui  jambaos.  4|w  s'est  perpébMk  jaiqa'à  m» 

I*'  l.'élablissenient  des  boucheries  de  Saint-Oei^       jours. 

•a. 


r*fW> 


492  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

ff  Le  fait  de  l'ostel  du  Roy  en  office  de  boucherie  monte  bien,  pour  sepmaine,  six 
trvints  moutons,  seize  beufs,  seize  veaulx,  douze  porcs;  et  par  an  deux  cens  lars. 

tfLe  fait  du  pouHaillier  :  par  jour,  six  cens  pouHailles,  deux  cens  paires  de 
(fpigons,  cinquante  chevriaux,  cinquante  oisons. 

ffLa  Royne  et  les  enfans  :  boucherie,  pour  sepmaine,  quatre  vins  moutons, 
tr douze  veauix,  douze  beufs,  douze  porcs;  et  par  an  six  vins  lars. 

crLe  fait  du  pouHaillier:  pour  jour,  trois  cens  pouHailles,  trente  six  chevreaulx, 
ffcent  cinquante  paires  de  pigons,  trente  six  oisons. 

r  Orléans  aussi  '*'. 

r  Berry  aussi  (''. 

rLes  gens  de  Monseigneur  de  Berry  dient  que  aux  dinienches  et  grans  festes 
ttil  leur  convient  trois  beufs,  trente  moutons,  huit  vins  douzaines  de  perdris,  et 
ffcoruiins  a  l'avenant,  mais  j'en  doubte.  —  Avéré  depuis.  —  Et  est  certain  que 
(f  plusieurs  grans  festes,  dinienches  et  jeudis,  mais  le  plus  commun  des  autres 
rr  jours  est  a  deux  beufs  et  vint  moutons 

frBourgoingne'"',  de  parisis  a  tournoi  du  Roy'^'. 

ff  Bourbon  <'',  la  moitié  du  fait  de  la  Royne  <**.  n 

iM.  le  baron  Pichon  a  commenté  ce  curieux  passage,  el,  malgré  son  désir,  il  n'a  pu  en 
tirer  des  inductions  positives.  «Selon  l'auteur,  dit-il,  la  consommation  de  Paris,  en  y  com- 
«  prenant  les  animaux  tués  pour  les  maisons  du  Koi  et  des  princes,  s'élevait,  à  l'époque 
(^où  il  écrivait,  à  3o,3i6  bœufs,  i  88,55a  moutons,  80,79^  porcs  et  19,604  veaux.  Ce 
«passage  semblerait  devoir  fournir  un  nouvel  élément  propre  à  déterminer  le  chiffre  de  la 
«population  parisienne  à  la  fin  du  xiv'  siècle;  mais  les  renseignements  donnés  en  cet  en- 
«  droit  du  Mesnagier  sont-ils  exacts?  Je  ne  m'arrêterai  pas  à  une  première  difficulté,  celle 
«que  je  remarque  au  sujet  du  nombre  des  bouchers  de  la  Grande  Boucherie  que  l'auteur 
«fixe  à  dix-neuf.  Quoique  un  boucher  pût  tenir  et  tînt  (juelquefois,  mais  assez  rarement, 
«plusieurs  élaux,  il  me  parait  difficile  que  les  Sa  étaux  de  la  Grande  Boucherie  fussent 
«tenus  par  19  bouchers  seulement.  Mais,  en  outre,  est-il  croyable  que  la  boucherie  de 
«Saint-Germain,  composée  de  19  étaux  (i3  bouchers  suivant  l'auteur),  ne  fournît,  par 
«semaine,  à  la  consommation  de  Paris,  que  6  bœufs,  i  veaux  et  18  porcs  de  plus  que  la 
«boucherie  du  Temple,  composée  de  a  étaux  seulement?  On  peut  concevoir  que  l'auteur  ne 
«nomme  pas  la  boucherie  de  Saint-Benoît,  destinée  peut-être  exclusivement  au  chapitre'^'; 
«mais  comment  ne  cite-t-il  pas  celle  de  Sainl-Eloi,  établie  en  i358,  et  qui,  approvision- 
«nant  le  riche  quartier  Saint-Paul,  devait  nécessairement  avoir  un  important  débit?  Com- 
«ment  a-t-il  négligé  celle  de  Saint-Marcel?  ou,  s'il  l'a  confondue  à  dessein  avec  celle  de 

'■'  Orléans ,  Berry,  Bourgogne  et  Bourbon  dési-  moins  à  l'hôtel  Bourlwu  qu'au  logis  de  la  reine 

gnent  les  maisons  des  ducs  de  ce  nom.  fsabeau  de  Bavière. 

''  C'est-à-dire  comuie  a  o,  valeur  du  parisis,  p.sl  '*'  Le  Mestwgier  de  Pnik,  édition  publiiH?  par 

à  a5,  valeur  du  tournois;   eu    d'autres    termes,  la  Société  des  Bibliophiles  français,  l.  II.  p.  80. 
un  cinquième  en  moins  que  le  Roi.  '*'  Elle  est  citée,  en  i388,  dan.s  une  plaidoirie 

'^'  L'auteur  veut  dire  que  l'on  consommait  moitié  au  Parlement. 


KSSAIS  IJK  STATISTIQLK  1>AHISIK.>NK  DU  XIV'  \t  \Vh  SIÈCLK.  49S 
'■SHinl(>-Gcnevièv<',  |)our(juoi  n'en  prévicnt-ii  pas  le  lecteur  T  Commeot  enfin  etl-il  «n 
" (It^sacronl  avec  lui-ni^mo,  h  (l«*ut  ligne*  de  ilistance.  »ur  la  coMOOnMlîon  dn  dnc  de 

"  li'Trv  ? Je  croi»  que  les  (tl)Hervalion)i  |)n''c<^dent4*K  sont  dee  pi^éeonplione  gravCi  conlrv 

"la  fid«!*lil<^  de  CCS  renseignements  htatisti(|U)'s;  mais  il  est  encore  dee  dificalté»  d'un  aulrr 
■■  i;ciirc  r|ui  .s'n|i|)().Hornicnt  h  iv  qu'ils  pussent  être  consultes  fàrement  pour  la  fitalion  dn 
' (liiirn;  (!<;  lii  |M)|iulati<iii  |iiirisieiini'  '".  Il  est  certain  qu'à  la  fin  du  tif*  liMe,  l'alwlinonct 
«de  viantle  <iia  joiini  tiiai|;r)-K  i-tail  plus  gi'nt'raleroent  et  plu»  strictement  obaervée  qu'eut 
" /qwques  où  la  |iopulatioii  de  Paris  nous  est  connue,  et  qui  |>ourraient  servir  de  tenue  dr 
"  comparaison.  Nous  ignorons  si  les  bœufs  amenés  alors  i  Paris  étaient  plus  ou  moins  pe- 
"sants  qu'aujourd'hui;  nous  ignorons  en  outre  combien  de  livre*  de  viande  pouvait  con- 
'ïtornuKtr  iuituD'Ilemcnt  cliaqu)-  habitant  d<:  Paris,  car  la  consommation  individuelle  auo» 
-Mii>nt(;  ou  «liniinue  trum-  manière  Irèi^-seuMble  en  raison  inverse  du  prit  de»  dcnrém;  et 
-  Il-  chiirre  actuel  de  cette  consommation  ''',  fort  inférieur  k  celui  qu'elle  atteignait  en  1 789, 
"lie  saurait  servir  de  base  pour  la  lin  du  xiv*  siècle •''.i 

Les  réflexions  de  M.  le  baron  Pichon  sont  fort  sages  assurément,  et  se*  féaenre»  on  w 
|)<'ut  |)lns  motivées.  Toutefois,  ses  conclusions,  formulées  en  note  et  conformes  d*aill«-ura 
à  ri;llcs  ([<>  Ht'uoiston  d<-  (iliAteauneuf '^',  tendent  à  établir  que  la  cunsommatiun  de  la  tiande 
à  Paris  aurait  plutôt  diminué  <|u'augmenté;  c'est  à  ce  résultat  que  nous  avaient  déjà  con- 
duits les  chiffres  de  (ïuillel>ert  de  Melz,  avant  que  nous  eussions  connaissance  de  ceui  du 
]lciiiiifper.  Ileureu-sement,  l(>s  di'tails  fort  précieux  donnés  sur  l'étal  de  maison  du  Roi,  de 
la  Iteirio  et  des  primes,  nous  periuetleiit  d'échapper  au  re|irocbe  de  paradoxe  iiue  b*»  stati»- 
lirii'us  luoderncs  ne  mau(pii>raieiit  pas  d'arlicuh-r.  Non,  la  consommation  individuelle  de  la 
viande  n'a  pas  diminué;  nniis  une  partie  de  l'énorme  chifTn*  que  repn'sentail  l'apprimeion- 
iiement  des  cuisines  de  l'hAtel  Saint-Paul  et  du  Louvre,  des  hôtels  de  Berrj-,  de  Bourgogne. 
d)>  Hruirbon,  d'Orléans,  et  de  tant  d'autres  manoirs  princiers,  s'est  divisée,  après  la  di*|ia- 
rilioii  (le  toutes  ces  cours,  «uitrc  un  plus  grand  nombre  de  lM>urgeois,  de  marchands  et 
d'arlisans.  Kl  comme  le  gaspillage  effréné  dont  ces  hôtels  étaient  le  théâtn!  a  fait  placv  i 
une  réparliliun  sage  et  éconouiiipie  des  denrées  alimentaires,  il  en  est  ri'sulté  un  certain 
abaissement  de  la  consommation  pri.se  dans  son  ensemble,  bien  que  chaque  habitant  ail  eu. 
avec  le  temps,  une  part  proporlioruielle  plus  large  et  surtout  plus  équitable  dans  le»  aise» 
el  jouissances  de  la  vie  matérielle.  Il  faut  se  rap|)clcr,  en  outre,  que  la  consommation 
uriiaine  se  faisait  aux  dépens  de  la  population  rurale,  et  que  la  vie  des  champs,  si  mis<'rable. 
uiènie  au  temps  de  La  iiruyère,  i'<'-tait  biiMi  davantage  encore  troLs  siècles  au|>anixant. 
Sous  le  bénéfice  des  observations  qui  précèdent,  nous  croyons  |>ouvoir  joindre  nos  conclu- 
sions à  celles  d(>  Benoiston  de  CliAteauneuf  et  de  M.  le  baron  Pichon. 

Il  peut  y  avoir  qucbpie  intérêt  à  tenter,  sur  les  chiffres  donnés  |>ar  le  statisticien  uonynw 


'*'  b>  point  de  départ  de  M.  le  Itomn  l'irlioii  |Mir1  dr  rliiM|ue  habitant  daw  TmHft  de  k  ^ 
i-hI  «lilTt'ri-iit  (lu  iiAlro  :  l'hoiuiralili*  pn-sidfiil  de  la  '    M.  !<>  baron  Pidioa  ^crivail  en  tSkj. 

S<M-ii-ti-  (1rs  ltilili(i|)liil(>s  n-niirais  vodi  jndiiin^  le  -''  Ije  Mmmfiir  di  RÊn* ,  intredactian .  p.  UM 

cliiirrv  (le  In  pii|it(lnli(>n  |inrisi(>iiiic  de  relui  do  la  et  suiv. 

ronsoniiiintiun .  Uiiidis  que  nous  reclirrchoas .   an  <*'  Cert  en  iM«i  que  Bfnoiatande 

roiitriiiiT.  d'niins   un  nTlniii  chilTre   adopte,  la  a  pohlirf aw  Hitkiwtin 


'•»- 

«■»•«• 


à9à  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

de  la  fin  du  xv'  siècle ,  une  opération  identique  à  celle  que  nous  venons  de  faire  sur  ceux 
de  Guillebert  de  Metz  et  du  Mesmgier  de  Paris.  Voici  d'abord  le  passage  relatif  aux  con- 
sommations : 

tr  La  despense  de  Paris,  du  plus  nécessaire  qui  se  fait  par  chascun  jour  du  mois  : 
fcpar  extiniation  au  plus  prés  du  vray. 

ffEt  premièrement,  il  faut  ce  qui  s'ensuyt, 

ff  C'est  assavoir  : 

ff  Cent  cinquante  beufi  le  jour  du  moins; 

(f  Item,  huit  cens  moutons  le  jour  du  moins; 

rltem,  cinq  cens  soixante  muys  de  vin  du  moins,  sans  les  bières,  servoises  et 
sydres  ; 

trltem,  trois  cens  muys  de  blé  le  jour  du  moins. 

r  Item.  Il  faut  au  sextier  de  blé  mesure  de  Paris  xxix  milliers  sept  cens  quatre 
rrvings  douze  mille  grains  du  moins,  tant  peussent  estre  les  dits  grains  gros. 

trll  fault  a  Paris  en  chapeaux  de  fleurs,  bouquetz,  herbe  et  maiz  vert,  pour 
ttnopces  et  fraries,  enfans  baptiser,  ymages  d'église,  audiences  de  parlement, 
r  chambre  des  comptes,  chancellerie,  les  generaulx  des  aydes,  requeste  du  palais, 
ff  le  trésor  du  Chastelet,  et  aultres  juridictions  estans  enclos  en  Paris,  comme  pour 
tries  festes  et  banquetz  qui  se  font  en  l'Université  des  clers  et  escoliers,  en  fai- 
ffsant  les  gradués  et  autrement,  chascun  an  pour  douze  mille  escuz  du  moins. 

ffltem.  En  offertoire  de  chandelle  de  cire  a  voûter,  devant  raaistre  Pierre  du 
cfQuignet,  a  deux  cens  frans  et  plus. 

trltem.  Il  y  a  a  Paris  trois  mille  belles  filles,  sans  celles  des  faubourgs. 

ffltem.  En  saulce  verte,  cameline,  moustarde,  troys  mille  quatre  cens  frans 
trou  environ. 

tfjtem.  On  dit  plus  de  messes  et  biensfaitz  en  Paris  que  l'en  ne  fait  depuis 
trhors  des  murs  de  Paris  jusques  a  Rome,  ainsi  que  l'a  preschié  feu  maislre 
ff Berthelemy,  en  son  vivant  docteur  en  théologie,  homme  de  1res  dévote  re- 
ff  nommée. 

ffltem.  Et  pour  ce  que  aucuns  dient  que  en  ceste  despence  n'est  point  faicte 
rde  mention  des  jours  maisgres  que  l'en  mengue  marée, 

tr  Responce. 

ail  y  a  de  marée  a  Paris,  tant  fresche  que  sallée  et  puante,  et  de  macquereaulx 
ff  frais  et  salez,  de  grans  raies  et  petites,  tant  fresches  que  puantes,  et  en  arrive 
ff  par  chascun  jour  en  si  grant  quantité,  qu'il  est  impossible  d'en  savoir  le  nombre. 
ff  Et  est  un  abisme  que  Paris,  n 

L'auteur  de  cet  essai  a  beau  dire  qu'il  procède  «par  extimation  au  plus  prés  du  vray,  n 


ESSAIS  DE  STATISTIQUE  PARISIENNE  DU  XIV  AU  XVI»  SIÈCLE.     IfS 

uc  approximatiori.s  nont  encorn  bien  vague».  En  Uiaunt  de  cAt^  le  nombre  dt»  fçnim  it 
\)U'.  qui  coinpoHcnt  le  «ocptior, i  celui  des  «chandelles  de  cire  a  voûter"'»  et  aairea  uoéri- 
li((';.s  KtiitislirpieH,  pour  K'en  tenir  aux  objotn  de  grande  consommation,  on  arriverait  encore 
h  des  chiffres  qui  |)nrni.s)>cnt  hors  de  proportion  avec  la  population  proliable.  .San*  duuti- 
Paris  uvnil  <\i\  j^raiidir  bouh  le  {jouvernenicnt  réparateur  de  Charleii  Vil  et  de  Loui»  \i. 
et  ce  n'est  peut-être  |>as  s'éloigner  beaucoup  de  la  vérité  que  de  compter  trois  cent  mille  êoM» 
dans  la  capitale  vers  l'époque  de  (Iharles  VIII  et  de  Louis  \ll.  il  faudrait  donc  trouver 
dans  les  chiiïres  de  consommation  environ  un  tien  en  sus.  Or  la  pro|>ortion  est  plus  fort*-. 
infinie  en  défalipiniit  "les  jours  mais^rres  que  len  menfjue  marée.»  Ln  débit  quolidico  de 
rciil  cifi(|uante  bceufs  produit,  pour  trois  cents  jours  seulement,  un  abata^je  de  qwninlff- 
citi(|  niill<>  t(^tes,  et  Guillebert  de  Metz  n'en  conqite  guère  que  le  quart.  Huit  cents  mooliHi» 
par  jour  donnent  deux  cent  <|uarantc  mille  têtes  pour  dix  mois  de  régime  gras;  et  ici  noua 
nous  trouvons  plus  rapprochés  des  chilTres  consignés  dans  la  Deteriptim  d$  Parié.  Il  o'aat 
ipiestion,  chi;z  le  statisticien  anonyme  de  la  fin  du  xv*  siècle,  ni  de  veaoi,  ni  de  porea 
frais,  ni  de  |)orc  salé,  ce  (|ui  rétrécit  encore  le  terrain  de  la  comparaison. 

Quant  i^  la  ronsomnialion  du  vin,  on  peut,  jusqu'à  un  certain  point,  la  déterminer  avec  la 
mesure-type  adoptée  par  le  même  statisticien.  Quelle  était  la  contenance  du  muid  qu'il  a 
pris  pour  unité?  Du  Cangc  énumèrc  toutes  les  variétés  de  modius,  réglées  par  les  jai^ears 
(le  Paris,  et  il  donne  conmie  la  mesure  la  plus  généralement  usitée  «te  lonnel  de  Biauni* 
"OU  nourgoi(;ne  contenant  vi  muis  a  la  moison  de  Paris,  et  la  queue  ni  muis.aOn  sait. 
(l'autre part,  ipie  la  (jtieue,  encore  en  usage  aujourd'hui,  contient  environ  quatre  hectolitre» 
et  demi,  co  qui  permettrait  de  n-duire  en  mesures  modernes  les  cinq  cent  soixante  muids 
(pii  formaient  la  boisson  quotidienne  des  Parisiens.  En  eiïet,  la  capacité  du  muid  onii- 
nairc  paraissant  avoir  été  de  cent  cinquante  litres,  la  multiplication  donne  un  total  de  huit 
cent  (piiinuile  hectolitres  par  jour  et  de  deux  cent  (piatre-vin}]t-neuf  mille  huit  cent*  her- 
lolitres  |)ar  un:  accroisstMiient  très-considérable,  même  en  tenant  compte  du  développe- 
ment de  la  population. 

Si  la  stalisticpie  n'était  pas  une  science  éminemment  périlleuse,  surtout  lorsqu'elle  opér 
Mir  (les  bases  aussi  incertaines,  on  pourrait  tirer  quelques  inductions  des  chiffres  qui  |in>- 
cèdeiil;  insinuer,  par  exemple,  que  la  consommation  du  vin  à  Paris  a  suivi  une  progre»- 
^^ion  graduelle  depuis  le  xiv' siècle  jusqu'à  nos  jours,  et  que  cette  progmsion,  déjà  srn- 
sihle  à  la  lin  du  w' siècle,  l'est  devenu<>  bien  davantage  depuis.  Ce  raisoDOenenl  n'aurait 
rien  de  bien  hasardeux  :  un  plus  grand  usage  du  vin  s'explique,  non  aealeiBiial  par  la 
recherche  et  la  diffusion  du  bien-être,  mais  encore  et  surtout  par  l'amélioration  des  an- 
ciennes voies  de  communication,  la  création  de  voies  nouvelles,  les  progris  de  l'induMne 

On  Miit  que  ïenvoulummit  ODOBistait  h  fobri-        Hfigie.  Du  Gange  (GIm*.  mid.  H  imfm.  IêU  iàà. 
i|iicr  (le  |K<tite8  images  de  cire  représentant  plus  ou        llenachcl,  I.  VI.  p.  898)  éàt  divan  paaMgc»  rrl»- 


iiioins  |rr(issii'ri>iiiciit  \ph  trnits  dm  pcrsontiagi»)  (ifs  au\  r«/fiMlioafabrieanbd*iangasde  CM| 

({u'on  voiinil  ii  une  nmlmlio,  ù  un  fléau,  à  la  mort  cet  objet.  L'<«M«àiaMif  Aait  d'ofigiae 

in^nio.  Un  pi(|iiiiit  ces  lifriires  avec  des  épingles,  Virgile,  daM  T^glqgM  inliliitfe  PimwmuÊtim,  H 

•Inns  In  conviciinn  qii<<  le  penoiuMge  représenta  Ovide,  dans  sas  Héroiilas. 

ii>ssi<ii(flit  liii-nu'^nic  IuuIpk  les  blessures  bitaa  è  son  manl  est  1 


A96  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

viticole,  etc.  Les  statisticiens  d'autrefois  n'en  cherchaient  pas  si  long;  leur  curiosité  et 
celle  de  leurs  lecteurs  était  satisfaite  lorsqu'ils  avaient  dit,  en  forme  de  conclusion  der- 
nière :  «Et  est  un  abisme  que  Paris'"." 


(1) 


C'est  ie  dernier  mot  du  Dit  anonyme  cité  plus  haut. 


IX. 

LES   (;i\0    LKTTnKS   DU    NOM    Î)E    fMRfS 

COMPILA 

PAH    l>    NOTABLK   CLERC   NORMAND, 

EN   L*AN   DE   (SRÀCE   M.CCCC.XVlll. 


La  pit'ïcc  que  Giiillebert  «l«>  Mclz  «est  donné  la  peint-  de  tramcrire,  el  dont  il  «  faii,  en 
(|iHl(|ue  soile,  lu  |»ri'face  de  son  livre,  n'était  sans  doute  pas  digne  d'un  tel  honneur:  elle 
n|)|iiirtii-iit  à  celte  catégorie  de  productions  qu'une  saine  critique  a  toujours  qualifiéfli  de 
lours  de  force,  et  dont  tout  le  mérite  consiste  dans  la  difllcullé  vaincue,  (l'est  quelque  ehoM 
nNSiin'monl  que  de  s'imposer  dos  lois  prosodiques  sévères,  et  de  se  mouvoir  rependanl  en 
toute  lilicrtf'  diuix  li"  ciKlri'  t'tioit  iin'oii  a  volonLiinnicnt  choisi.  I^  poël'-  l'n  dit  : 

l)f  1(1  coiilrainli!  rigoureuae 
Où  l'esprit  semble  resserre. 
Il  reçoit  cette  force  lioureuM 
Qui  IVIèvp  au  plus  haut  degr^. 
Telle  clans  des  canaux  pnmét , 
Avec  plus  lie  forre  «'lancée, 
i/ondu  s'élève  dons  les  airs  : 
Et  lo  règle  qui  seiulile  austi'n* 
iN'ett  qu'un  nrt  plun  (u.Tlain  ili*  plaire 
Inséparalilu  des  \>vau\  vers. 

(''est  lii  lutte  du  fond  contre  les  exigences  de  la  fonue  ;  c'est  l'étemel  combat  de  la 
raison  et  de  la  rime;  el  lorsque  l'esclave,  comme  l'appelle  Boileau,  a  été  réduite  i  obëîr, 
lorsque  les  canaux  dont  parle  La  Paye,  loin  de  ralentir  la  courte  de  la  pensée,  n'ont  «««rvi 
qu'à  en  activer  l'élan,  il  y  a  pour  le  poêle  un  véritable  irioaqihe. 

Mais  le  succès  des  \rais  poêles  n  toujours  tenté  les  versifirateurs  médiorres:  tb  «e  mmiI 
(lit  (ju'exagérer  In  dilliculté  c'était  augmenter  le  mérite,  cl  cette  fausse  vue  jet  a  jeté*  daM 
les  divn|;ations  prosodicpies  auxquelles  nous  devons  les  anagrammes,  les  aniisirophes.  lea 
niTostiches,  les  taulogrammes.  les  vers  rétrogrades,  les  bouts-rimës  et  autres  puérilités  m*- 
tri(pii>s  ou  syllahiques.  Ils  n'ont  pas  compris  que  tout  exercice  de  venificatiiNi  eatjosli- 
rial)l(>  de  la  raison  et  de  l'oreille,  et  qu'il  faut,  ou  ne  |>as  s'imposer  des  eatravca  illogM|Ma, 
ou  satisfaire  ù  tout  prix  l'esprit  el  le  goi\l,  quand  on  a  volonlaireneat  aCMplé  des  i 
nisT.  —  I.  63 


498  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

En  dehors  de  ces  deux  conditions,  il  n'y  a  que  gène  gratuite  et  enfaolillagc  de  la  pensée  : 
on  n'arrive  pas  même  à  produire  ces  niaiseries  harmonieuses,  nugœ  caiiorœ,  auxquelles 
Horace  consentait  à  faire  grâce,  en  faveur  du  plaisir  qu'elles  lui  causaient. 

L'effet  auquel  visent  surtout  les  chercheurs  de  difficultés,  c'est  la  surprise,  sentiment 
d'un  ordre  inférieur,  et  contre  lequel  l'esprit  ne  manque  jamais  de  réagir  après  la  première 
impression.  Aussi  ne  voit-on  qu'aux  époques  de  décadence  littéraire  fleurir  le  genre  au- 
quel appartient  le  morceau  que  nous  reproduisons.  Les  anthologies  grecques  en  contiennent 
un  certain  nombre  ;  les  poètes  de  la  moyenne  et  de  la  basse  latinité  en  ont  beaucoup  pro- 
duit ;  YHermes  romanus  et  le  savant  ouvrage  de  E.  Du  Méril  '"  en  donnent  de  nombreux 
échantillons.  Quant  à  la  langue  française,  M.  Meyer,  archiviste,  auquel  nous  devons 
d'utiles  indications,  a  très-judicieusement  remarqué  qu'elle  se  prête  peu  à  ces  sortes 
d'amusements  :  idiome  essentiellement  analytique,  embarrassée  dans  sa  marche  par  l'em- 
ploi obligatoire  de  l'article  et  des  prépositions,  elle  ne  saurait,  comme  les  langues  synthé- 
tiques, pourvues  de  désinences  variées,  et  riches  de  flexions  de  tout  genre,  se  plier  aux 
exigences  d'une  prosodie  véritablement  impossible.  Il  lui  faut,  pour  arriver  à  produire  un 
acrostiche  doublé  d'un  tautogramme,  comme  l'est  celui  de  notre  clerc  normand,  supprimer 
la  moitié  des  parties  du  discours  et  former  une  sorte  de  liste  où  les  mots  ne  sont  liés  que 
par  le  sens,  quand  il  y  en  a  un.  C'est  donc  chez  les  Grecs  d'abord,  puis  chez  les  Latins, 
de  goût  ou  d'origine,  qu'on  a  le  plus  de  chances  de  rencontrer  les  règles  et  les  modèles  du 
genre.  C'est  parmi  eux,  en  effet,  que  Tabourot,  seigneur  Des  Accords,  l'un  des  premiers 
chercheurs  de  curiosités  philologiques,  a  trouvé  les  rébus,  les  équivoques,  les  amphibologies 
ou  «entend-trois,»  les  antistrophes  ou  «contrepetteries,»  les  vers  léonins,  coupés,  rétro- 
grades, les  lettres  numérales  cl  cent  autres  fantaisies  d'un  goût  |)lus  que  douteux. 

Le lauiogramme.  Le  soigueur  Dcs  Accords,  de  plaisante  mémoire,  nous  apprend,  en  outre,  que  les  gram- 

mairiens grecs  et  latins  appelaient  paranoèmes  ce  que  nous  nonunons  aujourd'hui  vers 
leltrisés  ou  tautogrammn tiques ,  c'est-à-dire  commençant  par  la  même  lettre  "'.  Un  autre 
écrivain  dijonnais,  Gabriel  Peignot,  après  avoir  renouvelé  la  définition,  ajoute  que  les 
meilleurs  tautogrammes  ne  valent  rien,  ce  qui  ne  l'empêche  pas  d'en  citer  un  assez  grand 
nonrbre.  L'un  des  plus  connus,  dit-il,  est  celui  que  Hucbald  de  Sainf-Amand,  versifica- 
teur et  musicien  célèbre  de  la  (in  du  ix'  siècle,  dédia  à  l'empereur  Charles  le  Chauve. 
C'est  une  sorte  de  dithyrambe  en  l'honneur  des  crânes  dénudés;  il  a  pour  titre  :  Hucbaldi 
monacln  carmen  mirabile  ad  Curolum  imperatorem  calvum;  tous  les  mots  y  commencent  par  la 
lettre  C.  Voici  le  début  du  poëme: 

C  armina  clarisona;  calvis  cantate  Camœnac  ; 

C  omere  condigno  conabor  carminé  calvos, 

C  outra  cirrosi  crines  confundere  colli. 

C  anlica  concélèbrent  callentes  clare  Camœnae; 

C  ollaudenl  calvos;  collatrent  criinine  claro 

C  arpere  conantes  calvos  crispante  cacbinno. 

Elc. 


y) 


Poésies populaircilalinesanlérieuret  au  xif  siècle ,  Paris,  i843,  in-8°. 


LES  CINQ  LKTTHKS  DU  NOM  DK  PAHI8. 

I^ii  loUi'f  C  ht'iiiltlc  avoir  le  privili>f;c  du  Uutograninm  ;  depois  II  RenuMMCe,  «Ha  • 
ol)t(;iiii  It'H  honneurs  dt!  Irois  nutn^s  pot'-incit.  L;  premier,  qui  te  eom\nm'  lU:  doMB  CtaU  v«n 
et  n  pour  tilre  Chrutui  rrurlfxuê,  est  l'œuvre  d'un  versificateur  allemand  nomiaë  Chm- 
tianuM  PieriuN.  Tabourol  en  cite  les  (|ualre  vers  suivants: 

C  urn(«!  (.onUilidi!*.  Cliriito  comlUnU;.  CanvMwr 
C  onrrlclirattirii-  cunrtoriini  camiinii .  n^rtum 
C  onrugiiiiii  ci>llii|Mioruiii ,  coiicurnl«,  canUi* 
C  onririiialiirn-  n-lclinii  nHrliraMjue  eolbumo*. 
Kir. 

Le  .sfcoiid,  (|ui  a  lu  même  (^tcn<lue,  est  une  œuvre  de  polëmique  reliKieiue;  nou»  n'en 
citerons  (|U(!  le  titre  :  Certamen  ratholirum  atm  CahinutU  continua  taratlen  C  ctmmfÊÊm, 
Ouimt  au  troisième,  il  est  infiniment  moins  si^rieui  :  on  y  chante  les  luttes  domestiques 

des  chiens  et  des  chiils  ; 

Callnnim  roniiiiiiii  rcriamina  clâra  canumque, 

Etc. 

liii  lettre  P  n'est  pas  moins  ctMèlire  dans  les  fastes  du  tautogniuime.  On  connaît  le  poème 
hiirlrsqiie  fait  en  l'Iionneur  des  compni'nons  d'Kumée  ou  de  saint  Antoine;  l'auteur.  osMIt 
du  pi'i\ih-|^e  i|iii  iipparlieiil  à  la  lnn|[Ui>  Inliiie,  n'a  pas  eu  recours  ik  la  moindre  p^ri^ihrase: 

il  ii|i|icllc  ses  lii'i'os  par  leurs  noms: 

I'  Iniidite,  poi-cclli;  porcorum  pigra  propago 
}•  rogrwlitiir  ;  |tliires  |M)iTi  |iiri{;iir<line  pleoi 
P  U|^ianto!i  |i<>qriint  ;  pociiihiiii  |Mini  prodi|poM 
l'erliirbat  pc<lf<  |>clnMta8  pleniniqiM»  pial«as; 
i'  ars  |>ortPnto!u>  p)|iiilonim  prala  profana) . 
Etc. 

\  la  suite  de  cette  sin|;ulit>re  épopée,  qu'on  |)cul  considérer,  ain.Hi  que  la  précédeale, 
ciimme  une  imitation  de  In  Hatrachomyomarhie  (avec  la  circonstance  aggravante  du  lanto- 
i;niiiiMii>),  se  Iriiiive  une  pièce  de  vers  dédiée  nu  prince-év^quc  de  Li^ge,  sous  le  palrooa^ 

ilMi|n<'l  I'miiIimii'  plarr  les  Iii'tos  de  SOU  poi~iiii>  :  t>||i>  i-ommcncc  aiiwi  : 

I'  cri;!',  |t(il(T  |inlrii>';  |in(i-inruiii  poHirc  pm-piii 
I'  miiMMTHrf  [xilnin  |>ahiiaai.  plocidi^i^iiiii'  |iriiM>'|i> 
Kir. 


L'(Mma|;f  i^l  ImniiK    | m  inorceau  intitulé   Pnertitiunrtila  P.  Porrii  forUr.  •!■ 

le  déhut  : 

I'  nrre.  prrror.  |)in(;(ii  pagaUs.  parée  prud«nii 

i'  ii(piantiiiiii  paroBÛB; 
I*  arre  pariiin  piilchnr  pirturahH|iM  poasï 

I'  rn-senlp  pirlir .  po|iiilo . 
KJc. 


.ni    ,  ,1 


500 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORiGINAlX. 


Le  poëte  implore  l'indulgence  du  lecteur:  il  en  faut,  certes,  beaucoup  pour  encourager 
de  tels  enfantillages  ou  plutôt  de  telles  vanités.  Les  versificateurs  de  la  Renaissance,  qui 
se  sont  adonnés  à  ce  genre  de  composition,  avaient,  en  effet,  pour  but  principal  d'étaler 
leur  parfaite  connaissance  de  la  langue  et  de  la  prosodie  latines  ;  c'est  leur  science  philo- 
logique et  leur  dextérité  grammaticale  qu'on  admirait,  en  les  voyant  jongler  si  aisément 
avec  les  mots  d'une  langue  morte.  Le  même  motif  n'existe  point  pour  les  versiliraleurs 
français  :  il  n'y  a  pas  grand  mérite  à  prouver  qu'on  possède  le  vocabulaire  de  sa  langue 
maternelle  ;  et,  d'autre  part,  ainsi  que  nous  l'avons  fait  remarquer  plus  haut,  l'absence  de 
flexions  casuelles,  l'emploi  obligatoire  de  l'article  et  des  prépositions,  doublent  pour  nous 
les  difficultés  d'un  genre  déjà  si  ardu.  Aussi  ne  renconire-t-on  dans  notre  idiome  (pi'un 
petit  nombre  de  \crs lettrisés.  Tabourot  n'en  cite  point;  Gabriel  Peignol  donne  celui-ci,  (|ui 
n'est  qu'un  tautogramme  imparfait  : 

Didoii  dlnn,  dit-on. 

Du  dos  d'un  dodu  dindon . 

et  cet  autre,  qui  a  quelque  parenté  avec  celui  que  nous  reproduisons: 

Miroir  mondain,  madame,  mag'nifiquc. 
Ardent  amour,  adorable,  angëlique, 

Etc.  ";. 

On  ne  va  pas  loin  dans  cette  voie,  si  l'on  veut  continuer  à  offrir  un  sens  intelligible  ;  il 
est  plus  facile,  en  effet,  d'aligner  des  mots  que  des  idées.  C'est  précisément  ce  (|u'a  fait 
notre  clerc  normand;  mais  il  a  rendu  son  tautogramme  encore  plus  énigmalique  en  le 
doublant  d'un  acrostiche. 

i.'ocrœiichc simple.  ^^  "'cst  pas  un  écoHcr  qui  ne  sache  en  quoi  consiste  l'acrostiche;  tous  en  ont  commis 
ou  vu  commettre:  «Acrostiches,  dit  le  seigneur  Des  Accords,  sont  vers  (pii  en  leurs  pre- 
«mières  lettres  contiennent  quelque  nom  propre  ou  autre  mot  de  chose  intelligible.!'  ;  ■? 
et  il  ajoute  que  les  sibylles  en  faisaient,  (ju'Rnnius  en  a  conqiosé,  et  que  Cicéron  l'atteste 
dans  son  livre  De  divinatione.  L'acrostiche  a  donc  ses  quartiers  de  noblesse.  Il  paraît  surtout  à 
sa  place  dans  la  comédie  latine,  car  le  rire  ne  lui  messied  pas,  et  les  grammairiens,  (pii 
nous  ont  conservé  les  pièces  de  Plaute,  lui  ont  donné  une  place  d'honneur  dans  leur  tra- 
vail; tous  leurs  arguments  .sont  des  acrostiches.  Voici,  par  exemple,  celui  d'Amphitnjon  : 


'''  Gabriel  Peignot  ajoute  :  f  On  ne  s'est  pas  con- 
fftenlé  de  faire  des  vere  lellrisds;  on  connail  aussi 
irde  la  prose  du  même  genre.  Un  nommé  Guillaume 
ffHéris,  Liégeois,  de  l'ordre  des  (larmes,  a  publié 
«•un  volume  de  4oo  pages,  composé  de  panégy- 
«riques  des  saints  de  son  ordre,  loués,  dit-il,  cum 
textraordinnria  inethodo ;  et  cette  méthode,  qui  ef- 
ffectivement  n'est  pas  fort  usitée,  consiste  à  com- 
rniencer  tous  les  mois  d'un  panégyrique  par  la 
tflettre  initiale  du  nom  du  saint  qui  en  est  l'objet. 


"Voici  comment  l'auteur  débute  dans  suri  éiogu  de 
fr  saint  Louis  :  Ludovicut  Luietianonim  legklntor  Inu- 
Tdatissimus,  l.utetiam  liherati  lumine  Lugdunuimiw 
rlocuplelnvil,  Upore  Imidihilis,  lilleriilura  liiudnhilior, 
(T liberalilule  laudabUissimus. ■^  {A musemeiUs  philolo- 
giques, p.  to4.) 

*'  Le  seigneur  Des  Accords  cite  d'autres  exemples 
d'acrostiches  latins  et  grecs.  (Les  Bigarrures  et  tou- 
ches, p.  280  et  suiv.) 


Li:S  Cli\g  LKTTHKS  DU  NOM  DE  i'AHIS.  i^\ 

>■  moK  capliu  Alruni«nM  Jupiter 

sSiilavit  lUMU!  in  <^ii«  forriiam  caiiju(pi. 

•v  m  pulria  .\iii|iliitniu  dum  e«roilciun  1 

=  nl)ilu  Mi'iTiil'iliii  iti  *ul>iH'rvit  SoMB  : 

—  M  a<lvuiiinrili-iii  iwrrviim  ne  dominiiiii  fniatra  I 

H  iirliiiH  iixori  ciH  Vtiipliilnm:  ab|ii<T  inx'mtn 

SD  opliiiit  prt)  iim-chi».  Illn|iliurfi  rapluit  aritil>T 

c:t4>r  *it,  non  c]uit,  Ampliitruo,  decenM>r< 

O  mmm  rein  (pioHcunI  :  (jcininM  Alemetw  «niliiur 

Mlliiimii  romiiHux  \{>YTm\m{  un  acrusticlit;  du  poète  Commodinnii- .  <|<ii  >it.iM  .m  m  «if-m- 
(le  IV>r(5  cliD'lieniM;  ;  ce  iiioriimii  U-iumy^nv  «Iv  lu  foi  d*;  l'auteur  et  ronlr:i<it<"iiiiguli)Tfni<'nt  avec 
lii  (lontii^i*  riKr|U(^i>  di*  l'AinpIiili-yon;  il  e»!  intitulé  De  diejudieii,  f*tionlieol  doun! vrn «ur  Ir 
paradis  (>t  t'enfer.  C'étuit  une  rncominandalion  aux  yeux  des  vrrsifiralvuru  du  niutp»  iff--. 
aussi  vuit-on  l'acrostinlic  s<'  produin;  dès  la  lin  du  xn*  siècle  et  choisir  de  pr<^réreiic(>  jp*  mijH» 
lit' (|r''votiiin.  M.  Mi')fT  <il«!  parmi  les  faisi'urs  de  cpIIc  époipie  fr»*rn  Renault  di*  Ixuli.ui». 
Iradurti'iir  du  livre  de  la  Conmialion  de  Uoitu.  (iuillaunic  de  l)r|;uillevilli!,  auteur  du  l'rlr- 
riutiire  de  In  rie  humaine,  Co(|uillart ,  (|ui  a  trouvé  in(;ënicuv  de  placer  un  acro»tirli<*  à  la  »uili' 
de  sa  translation  de  Joifplie .  <.*t  plusieurs  autres  dont  les  Béni'dictins  nous  ont  conservtf  \*-%  noni>. 
Il  en  est  nii^nie  cpii  ont  fait  servir  l'arrostirhe  h  l'expression  de  la  foi  rhn>ti<>nne.  niHIanl 
jiinsi  un  vain  jeu  de  mois  sur  les  lèvres  îles  personnes  pieuses.  L'Oraison  douiinirajp  H  la  Salin* 
lalion  an),n-li(|ue  ont  siihi  relie  Iransformalion  :  des  maximes  de  sainlelr  sont  ali)^t-«>>  hori- 
zontalement, en  forme  de  prière ,  tandis  (|u'on  lit  dans  le  84>ns  vertical /'afrrMosIrr  et /Irr  l/nrwi. 

Il  est  vrai  de  dire  que  l'acrostiche  n'a  pas  toujours  été  si  relijpeux;  U  poésie  profiinr 
s'en  est  promptenient  emparée,  parce  qu'il  oITre  au  versificateur  un  moyen  ingénieux  de 
dissimuler  son  nom  tout  en  l'écrivanl.  de  cacher  et  cependant  de  metln;  en  relief  le  n<Mn 
d'iiiir»  personne  aimt'-e,  enlin  de  renfermer  sa  pensée  dans  des  ho^ne^  pn'cises.  Le  nombre 
(le  pièces  de  vers  (pii  ont  éliî  coulées  ilnns  ce  moule  est  incalculahie,  et  si  noua  en  ciloos 
deux,  d'après  le  sei^rncur  Des  Accords,  c'est  parce  que  l'acrostiche  y  est  double  et  triple, 
conqiliration  fort  f,'oi)lée  de  certaines .  .  .  gens.  Voici  donc  l'acrostiche  initial  ••!  final  : 

>•  inoiir  nii  rn'iir  le  nom  d'Anne  iinprini  >> 
:<r!nni  In-»  imimuix  d'une  qup  j'aime  Itio  ^ 
'^i  de  nous  deux  cet  amoureux  lie  ^ 
>-ntrc  que  mort  défaire  ne  pourra- 

L'acrostiche  triple  que  donne  Tahourot  est  initial,  iutermédiain-  et  final.  r'e»t-i-«lir* 
(pie  la  lellre  (|iie  li>  poêle  n  voulu  melire  en  relief  est  nu  commencement,  nu  milieu  et  à  la 
lin.  Le  lalin  seul  pouvait  se  prêter  à  ces  exigences,  et  encon*  a-t-il  fallu  le  torturer  pour 
arriver  à  un  résultat  '' .  Voici  les  premiers  vers  de  cette  singulière  runipusilinn  : 

0  cnix  (>xccllens  loi  0  dominari*  OiympO 
(i  oelc«lM  piciM<s  et  Claro  acceplor  ilii(< 
R  egnn  n>|(cii(in  |H>li  cR  uciOxi  nianus  et  anloH 
(Indique  le  <diiiilic«l  rUbeoscunitangainiattaU 
\  risti  quapropler  «X  raga  «ocabere  la  duX 


l'Iimti  comiril.  ddit.  Letnaire .  1. 1 .  p.  h.  dosbie  an  aagtaii  H  an  (nmçm 

"    M.  (ii^nin.  dans  ses  llrcmiiinHM  /lAi/o/iyt^nex       MBgnlier  nwitf  a  Hé  tumfnttftfrCStmJkVim. 
/p„n<    <>^'i'-    "' \ol.  |)  :<-7\.  ni"  lin  neroslicbe       nalli*  d«  franfait  dn  rai  Hanri  Vm. 


502  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

La  seigneur  Des  Accords  est  en  admiration  devant  ce  morceau  :  «Si  lu  considères  ces 
«vers,  dit-il,  il  y  a  autant  de  lettres  en  chacun  qu'il  y  a  de  vers  en  longueur;  de  sorte 
Kque,  si  ces  lettres  estoient  séparées  l'une  de  l'autre,  il  y  auroil  un  parfait  (|uarré  de  trenle- 

Rcinq  lettres Item,  il  y  a  quatre  angles,  au  milieu  et  aux  quatre  coings  de  la  Croix, 

«  tousjours  un  0 ,  etc.  '".  51  11  est  à  croire  qu'il  ne  connaissait  pas  lo  fameux  acrostiche  com- 
posé par  Fortunat,  évéque  de  Poitiers,  le  plus  habile  versificateur  de  son  temps.  Il  se  com- 
pose de  trente-trois  vers,  chacun  de  trente-trois  lettres,  en  l'honneur  des  trente-trois  années 
de  la  vie  de  Jésus-Christ.  Ces  vers  sont  disposés  de  telle  façon  que  les  lettres  initiales 
forment  un  vers  et  les  lettres  finales  un  autre  vers.  De  plus,  toutes  les  dix-septièmes  lettres 
de  ces  trente-trois  vers,  lues  verticalement,  forment  aussi  un  vers.  Enfin,  en  lisant  diago- 
nalement  de  gauche  à  droite  et  de  droite  à  gauche,  on  trouve  encore  deux  vers  qui  se 
croisent  et  forment  sautoir.  La  pièce  entière  a  un  aspect  géométrique  :  elle  forme  un  paral- 
lélogramme divisé  de  haut  en  bas  par  une  ligne  droite  et  coupé  par  deux  diagonales.  C'e.st 
à  cette  variété  que  se  rattachent  les  vers  français  simulant  un  arbre,  un  verre,  une  bou- 
teille, etc.  avec  cette  différence,  toutefois,  qu'ils  ne  sont  ni  tautogrammali(|ues,  ni  acrosti- 
ches, et  qu'ils  offrent,  par  conséquent,  beaucoup  moins  de  difficulté. 

Ldf.osiichcieiirisé,  Nous  arrivons  à  l'acrostiche  lettrisé  ou  compliqué  de  (autogramme.  E.  Du  Méril  en  cite 
deux  exemples  :  l'un  est  un  petit  poëme  en  huit  vers  conq)osé  par  Jean  Diophvlax®  en  l'hon- 
neur de  la  Flandre;  l'autre,  qui  a  le  plus  grand  rapport  avec  le  factum  de  notre  clerc 
normand,  est  une  sorte  de  dithyrambe  à  la  louange  du  Christ.  Tous  deux  sont  en  latin. 
Voici  d'abord  le  petit  poëme  qui  a  pour  objet  les  louanges  delà  Flandre,  et  qui  les  exagère 
un  peu. 

F  œcundo  florens  florum  dos  Flandria  fructu 

L  ucida  lal)cnti  liimina  liico  ligat. 

A  rdentcs  abigens  adamas  astricUis  ainores. 

N  ubifero  nardus  nuinine  nata  nitet. 

D  ulcisonis  dotala  dalis  deilale  décora. 

R  egia  robiisto  régna  rigore  régit. 

I  ngenuis  intenta  iocis,  iucunda  iuventus 

A  ereas  amplis  artibus  ardet  aves. 

Le  second  a  pour  litre  Corona  Jliesuper  litteras  ejtis.  Nous  aurions  hésité  à  le  reproduire, 
à  cause  de  son  étendue,  s'il  n'était  le  modèle  exact  sur  lequel  notre  cierc  normand  paraît 
avoir  taillé  son  Dit.  E.  Du  Méril  l'a  emprunté  à  un  manuscrit  de  la  Bibliothèque  impériale, 
fonds  Saint-Victor,  n°  iya,  folio  17^  recto.  H  existe  au  verso  de  ce  feuillet,  dans  le  même 
manuscrit,  une  autre  pièce  du  genre  taulogranimalique,  sur  le  nom  de  Marie,  et  au  folio 
175  verso,  un  petit  poëme  alphabétique  en  sixains  lettrisés. 

'*'  Bigarrures  cl  touches,  p.  209  et  suiv.  passion  du  Clirisl.  Diophylaxapiiblié.  en  outre,  un 

'*'  Jean  Diophylax  ou  Dëmophylax,  poêle  latin  grand  nombre  de  poésies  latines,  où  il  fait  preuve 

moderne,  né  à  Gand  en  i5oa,  mort  à  Lyon  en  d'une  merveilleuse  souplesse  d'esprit  et  de  plume. 

1.198,  était  religieuxdu  mont  Camiel.  On  a  de  lui,  Il  est  regrettable,  disent  ses  biographes,  que  de 

sous  le  titre  de  Chrislomachia  (Gwid,  in-h°,  sans  in-  précieuses  qualités  aient  été  employées  à  des  puë- 

dication  de  date) ,  un  poëme  en  acrostiches  sur  la  rilités  prosodiques  :  ^uga-  difficiles. 


LKS  CI\0  LETTRES  Dl  NON  DE  PAHIS,  MS 

Voici  le  Ictlc  de  l'arrosliclic  tau(ogramnia(i(|uc  en  «iro|)li<-!i  : 

COBOMA  JlieSl    PER  LITTKRAS  EJU8. 
J  ut\n  jtMiuf ,  jnip<-riilor. 
J  iiriiiiii  juftificaUir 
J  iiHliMiiiio  judicio. 
J  inpiiirum  jutlicalor, 
J  iiliiir.  jlluiiiiiiado, 
J  iiliiliiK,  jiibilalio, 
J  uliil<ri  jncpptio, 
J  niliiiin ,  jiirlioiitor. 

J   lllllll'lUtUit  jll  jlll|MTio, 

J  iilinitii*  juiiirio, 
J  ritelli.'ctiiii  jlliiitlrator. 

il  )iiiiiriiiiii  liir  liuiiiilliniiis . 
Il  aheii»  liabuiiilonliithiiiiiiii 
il  orrca  iuilmmluntio  : 
Il  orno  liononilisliiniiis  ; 
il  oiii>!»laiii>,  lioii<^tift»iiiiUh , 
il  onorabili»  lioslia; 
Il  og|>e)t,  lionornbiiiu 
il  oiiMlotis  lii>i>|)iria 
il  abildiis;  liiluriMiiniiK, 
H  iiaresUinH  iiuniilia  ; 
Il  uiiiiliaiiit  liiislilia . 
H  (wlibuii  iiO!tlili»8iiiiu«. 

E  leetos  e(  eligcniM 
E  uni ,  ejus  usequcnle» 
E  dicta ,  et  exaudiens  ; 
E  lisoM,  cgroji,  pgpiilc^, 
E  lapsM,  eHiirienli*!) 
E  \  criiniiii!!  cripioiis; 
E  xtiliilo»  ciiutrieii»  ; 
E  rrore*  exculieiKi  ; 
K  xtcniinntt  cxtollfrilni  ; 
K  railirnits,  enudiciu, 
E  iiniinaiM,  rjiriens 
E  qiiitalem  cvertentet. 

S  ua«  Roliis  Mnclifloaiw, 
S  aiularis.  !wlvirtcaiM, 
S  nivalor,  Mcrilictoa 
S  mielipaiim  McrificaiM  ; 
S  limnin  salvari  siipplicans 
S  pirilii  siip|ilicaiiliuiii 
S  nncinruni  se  soquaritim: 
S  oliis  sola,  !ili|H<ti<liiiiii. 
S  niipiria  siin  sirrnn»  ; 
S  tan»  sivo  srandens  soliuiii  ; 
S  iiiiinuini  sumiMniBMiiiuni. 
S  iiliMii  Mi.-ini  I 


504  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

V  clans ,  vindex  vanitalis , 

V  terum  virginitatis 

V  enustare  vberlale 

V  nionis  ;  ventilalis 

V  erus  viis,  voce  valis, 

V  «lit  venians  veritale. 

V  ectus  vnctuositate  ; 

V  elum  vehens  vltimale  ; 

V  enerande,  vnitatis 

V  niens  verificata; 

V  erbum  virtuosilale 

V  eraii,  vasi  vilitalis. 

S  alvare ,  salviflcare , 
S  anare,  sanclificare. 
S  ibi  subest  singulari 
S  uperbos  suppeditare  ; 
S  upplicantes  supportare, 
S  uper  sanctos  sublimari. 
S  erviri ,  soIemniKari . 
S  pe  sincera  supplicari  ; 
S  ursum  sedens ,  solet  stare , 
S  ervos  sciens  suflbcari  ; 
S  ollicitus  suffragari . 
S  ulTundendo  salutare. 

Pour  clore  ici  ce  long  préambule,  il  ne  reste  plus  qu'à  présenter  au  lecteur  le  texte  et 
la  paraphrase  de  l'acrostiche  «des  Cinq  lettres  du  nom  de  Paris,  compilé  par  ung  notable 
«clerc  normand.»  Compilé  est  le  mot,  car  le  rimeur  qui  a  sué  sang  et  eau  pour  le  produire 
a  dû  recueillir  partout  les  rébus  et  les  anagrammes  (|ue  le  nom  de  Paris  avait  depuis  long- 
temps fait  éclore. 

On  retrouve,  en  particulier,  dans  ce  long  délayage,  le  Parinius  Paradisux  de  Jean  de 
Jandun  et  de  Richard  de  Bury,  ainsi  que  les  jeux  de  mots  du  chirurgien  Lanfranc  de  Milan , 
que  nous  avons  cités  plus  haut  (voir  p.  43()  et  Itlio). 

Avec  un  peu  d'attention,  on  y  découvre  encore  le  Parisius,  partis  inscius,  le  Pnrisim, 
paris  scius,  l*"  Parisius,  scientes  pariens ,  et  beaucoup  d'autres  subtilités  de  ce  genre  qui  sont 
enfouies  dans  les  manuscrits.  Peut-être  jugera-t-on  que  ce  factum  ne  méritait  pas  les 
honneurs  de  cette  préface  et  le  travail  d'une  glose  explicative.  C'est  un  peu  notre  avis  à 
nous-mêmes.  En  pareille  matière,  les  morceaux  les  plus  courts  sont  les  meilleurs,  et  le 
sonnet  d'Oronte  ne  vaut  pas  la  simple  chanson  d'Alceste.  Aussi  plaçons-nous  une  petite 
pièce  après  la  grande  :  le  Blason  de  Paris,  simple  sixain  acrostiche  et  composé  probable- 
ment vers  la  même  époque,  fera  passer  les  cinq  lourdes  strophes  du  clerc  normand. 

Il  est  un  autre  rébus,  familier  aux  anciens  historiens  de  Paris,  et  qui  s'accommod<^ 
également  de  ce  voisinage:  c'est  le  ix  Paris  sans  pair  y>  (Parisics  snsE  pare).  On  a  rendu  ce 
vieux  dicton  plus  sensible  en  le  faisant  brocher  sur  le  vieil  écusson  de  la  Ville. 


LES  CINQ  LETTRES 


DU   NOM    f)K   PARIS 


iai8 


i  %>f 


£ 


t^ 


■l*T.  I. 


M 


506  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


SCS  Cinq  lettres  ïin  nom  î)e  Pans  compile  par  uug 
notable  clerc  uormant  lan  be  grâce  mil  quatre 
cens  ÏJtx  l^mt. 


w  ar  plnsenrs  poms  pnct  parts  pre ccllence 
]D  artoiit  porter  ponr  puissance  pronoee. 
P  remier[eraeut]  p  présente  pmîrence 
P  arfaite  paix  proesce  préférée 
P  ont  precxenx  pleine  place  parce 
P  nnce  ponroen  preste  p^ilojopl^ie 
P  akis  prisie  parfonÎJc  policie''* 
P  enple  pitenx  près  parahs'^'  pose 
P  ags  plaisant  plantnrense  pastnre 
P  aoiUon  pamt  proprement  propose 
P  arïion  pnrgant  promptement  ponrretnre. 


près  aoons  aonmce  apparance 
}ï  nis  appert  anrif  ïambe  asscnree 
B^  rbre  apportant  arrestee  assislencc 
B^  nx  anncrais  asprement  accree 
}i  rraes  agns  atrcmpancc  aîi^eree 
1^  ri  aome  antentiqne  armonie''* 
y^  tjoir  aibant  aliance  anoblie 
}î  igle  abonlci  2lristote  alose 
)^  rgns  atamt  anraosnierc  alitnrc 
y^  raonrcnx  air  amplement  arronse 
^  ncnnement  angeliqne  aoentnre. 

'■'  Policie,  du  grec tîroAiTe/a,  science  de  la  chose  Noire-Dame,  du  cimetière dts  Innoceiils,  ou  du  Pa- 

publique.  C'est  vers  le  même  temps  que  Christine  rarfi», danslesenschrétien?Lechoixàfairedépenddu 

de  Pisan  publiait  Le corp«<iePo/«(ie.  (Voir  ci-dessus,  sens  matériel  ou  moral  donne  à  la  préposition  près. 

à  l'Appendice  VII,  p.  4 16.)  '''  Dans  la  musique  du  moyen  âge.  on  désignait 

'*'  Paradigus,  parvis  et  cimetière.  Du  Gange  par  mode  authentique  celui  où  la  quinte  de  la  tonique 

(édit.  Henschel,  t.  V,  p.  79)  donne  de  nombreux  était  au  grave  et  la  quarte  à  l'aigu,  contrairement 

exemples  de  ces  deux  acceptions.  S'agit-il  du  parvis  à  ce  qui  se  pratiquait  dans  le  mode  plagal. 


LES  CINO  LETTUES  1)1    NOM  DE  PAlilS.  Sf7 

liKS    CINQ    LETTRES    DU    NOM    1)1.    PvHIS, 

TAIITOORAMMK  DITIIYitAMItigi  K .   COMI'II.K  l'AR   I  >    NOTUtLE  CLUC  M)RMAND. 
L'AN  Oe  (iHÀCK  MIL  OUATIE  CtM  DU-IIUIT. 

P  ar  pliisiciirs  points  Paris  peut  pr/'cellenco 

P  arloiit  pr/ïtoixlrr,  pour  (comme)  puitutaiire  prouvée  (droit  étaUi). 

P  r«niièr[<'mcnl  j  I'  [rc|pr(''.s«rile  prudence, 

P  niTaite  paix,  prouesse  |)r('>(loniinante, 

P  ont  pr/'cieux,  pleine  (xpiineuiie)  place  parée  (bien  orn^), 

P  rince  (bien)  pourvu,  preste  (Hubtile)  pliiiosophie, 

P  alais  prisé  (grandemnti  oxlime),  profonde  policie  ($àene9  du  gowMnttmtBt). 

P  euple  |)lein  [dej  pitié,  placé  proche  (ou  «e  rapprorhani  du)  Paradis, 

P  ays  plaisant  (affràible) ,  plantureuse  |)i1turr. 

P  avillon  peint  (éclatant),  proprement  (nchement)  [dittjposé, 

P  ardon  (alitolulum)  puq^eant  proinptenient  [la|  pourriture  (du  prché). 

A  prés  (mm)  avons  (A  reprétentê)  apparence  [adjornée  (ejetdnêur  brilkitt), 

A  vis  a«lroit  (ingénietur) ,  auridamme  (oriflamme)  assurée  (mvimàhlr) . 

A  rbre  apportant  assistance  arri^tée  (solitlr)  ' . 

A  ux  (pour  les)  adversaires  <lprenient  acérée  (terrible  H  HMirlniârv) , 

A  rnies  aijjuës'"',  alrenipance  adhérente  (d'une  trempe  terrde), 

A  rts  [en  |  activité,  [li|armonie  (teloti  le  mode)  authentique, 

A  voir  (richesse)  aidant  (secotn-abir) ,  alliance  anoblie  (noble,  distinguée), 

A  igle  apprivoisé'",  Aristote  applaudi  (en  hottneur), 

A  rpus  atteint  (égalé  en  perspicacité),  auniAniére  aiilure  (nomrriture  dm  pmKrra). 

A  moureuse  atniosplu'^re.  amplement  arrosée  (par  de  dourea  plme$). 

A  ucunesfois  an|;éli(|ues  (aiprables)  aventures. 


('.<<ri  ne  ra|)|M<llcrnit-il  point  le  proverbe  :  Se  dere  noraMod  «Ml  pMl-lii*  dé^gMT  I 

tenir  an  gro»  dn  l'arbre  ?  dvrcaoet  pkM  inlnMa  mÊn  la  FrvMc  «t  rEaprv. 

'*'  I^esforniMniifUt-s.-ninsiqnolfSB'jnstpitin.ilni-  Ls  VMtedtraifVSvClMricilVMllMiai  l^TT- 

irmenl8*(lontilc8tqiir!itiuii  |>ltisloin.s«ral)riqiMiieiit  eleefle  daSjgMawdoi  liit.MnMSMMaol 

i  Pari»  et  <<laicnt  nlors  on  grande  réputation.  (Voir  avant  la  coaipiMtiaa  i»  et  ■««M.  GMMMrloe 

ci-deMus .  p.  {>9-r>3 .  rc  qu'rn  dit  Jean  de  Jaadun.)  Meti  n'a  pat  ut^Hgt  dt  mmeimam  tm 

'"  Par  ce»  mot»  miglt-  adoulci»  («ffrirwW).  le  dent».  (Voir  €i-d*««».  p-  «S» -^ 

S4 


508  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


[rjeoxent  rcmonstrant  reswtencc 
JE?  aisott  régnant  Vonie  resnscifee 
B  oster  rcngte  rogale  resibencc 
I?  cnom  rassis  ricl^esse  recitcc 
I?  nbis  raian!  rencontre  reîionbtee 
B  egle  rogal  renerenî»  recfone'" 
JE|  ehgton  retoriqne  raoïe 
B  mssel  rempli  registre  repose 
JE?  efm  '^'  reqms  roiïre  reformatnre 
JE?  obenr  repris  reraeîie  reglose 
B  amentenant  rmnense  raptnre. 


cg  J^estts  imposa  innocence 
}  nstitnant  logense  mbihte 
}  enx  infinis  mtroîinite  lonnence 
}  rapenal  mstice  mtitnlee 
}  oel  '"  mfns  image  moiolee 
}  nterhsans  laïiis  lîiolatrie 
}  arbins  lolis  impareiUe  mbnstne 
}  onr  impngnant  mif?  mtercise 
}  nste  mstrnment  moisible  lomtnre 
}  sore  ms  lonstenr  intronise 
}  aspis  lettant  infernal  mfcccnre. 


l  sensnit  signifiant  scilence 
JB  ante  sanenr  simplesce  snblimee 
JS  ens  snrmontant  sonneramc  science 
J9  oleil  sonef  seignoric  somee 


'"'  Reçu»  te,  dignité  de  recteur  dans  l'ordre  ecclé-  '''  Du  Gange  doiuie  yoiW,  Jouet  et  Joiielle  jwur 

siastique  et  universitaire.  La  dernière  acception  pa-  joyau.  Ici  li  et  lu  manquent  absolument.  Ne  fau- 

raîl  ici  préférable.            '  drail-il  pointliretoutsimplemenl  <rJoëlinfus,iic'esl- 

*''  Probablement /io/iVp«se,  wianiVe,  comme,  en  à-dire,  magistrat  ayant  toutes  les  vertus  infuses. 


anglais,  refinemenl.  comme  était  le  célèbre  juge  d'Israël? 


LES  CINQ  LKTTHKS  DU  NOM  |>K  FAHI8.  S«9 

|{  vient  (emuilej  rév<';laiit  {Jorce  de)  rvMMiaiUf, 

\\  iwmw  lYfj/iiaiil  [mumraim),  Hoin»;  rnsHUMcit/fe  (une  leeonde  Hnme), 

H  osier'"  [ar|raiif»«^  {bien  cultivé),  royale  réHideiic**, 

H  ciiorii  n'stiln»'',  rirlieHHt-  iV'pul/n»  (nitlinre), 

\\  iiltis  rfiilit'ux,  reiicoiitn*  {de»  P<trinetu)  r«'«loiiUV  {/Mir  tennemi). 

Il  ^ijle  {aulttrité)  royale,  reHpertahlf  reclorerie  (linirirnité ) , 

\\  t'Iijjioii  rli<'>lori(|ue  {préchA;  avec  uw  éltMfuence)  ravitiMinU;'", 

H  iii.s.s<'>iii  l'fiiipli  (Jlt'uvc  tihondttnt) ,  rejpslre  replact-  {wdrê  r^bH)^, 

l\  aliiiMMiH'iil  [de  iiueurn)  r«'cln'rrli('',  rif^oiireiiHe  r«''formp. 

\\  avisseurs  {larrom)  repris,  remi^ide  reromiiiaiiilr, 

Il  appelant  (/«<r/()  ruineii.ses  rapines. 

.1  ci  Jésus  iiilnidiiisil  [l'Jinnocence, 

J  nstiliiant  {uiiwnant  avec  elle)  joyeuse  jubilation. 

J  eux  irinnis,  jeunesse  instruite, 

J  ustice  intildlée  ini|)ériale  {rendue  au  nom  du  touverain). 

J  oyaux  infinis  (rtfandiiK partout), iinaf^e  {du  l'Àrint)  inviolée  [nonprtiftMétfar lêfÊrymn). 

J  ntenlirtion  |  faite  j  jadis  [Je  rjidol/llrie, 

J  ardins  jolis,  industrie  inroni|)arable, 

J  our  indi(pié  [pour  l'Jimniolation  [des|  Juifs. 

J  nstruineiil  juste  {j^réàti)  [avec]  jointure  {mudure)  invisible. 

J  soréyisant  {jacens,  abattu)  [et  son|  jouteur  {raitujueur)  inInMiisi'  {ininufthaMt)'* . 

J  aspe  [rejjelanl  infection  infernale  {nt'utralimnt  le  fmison)  '•" . 

S  suit  [viciil  rusitite),  si{Tniiiant  silence. 

S  anté,  saveur,  sublime  simplicité, 

S  eus  {bon  itetui)  surpassant  .science  souveraine, 

S  oleil  suave  {dmix),  seigneurie  [élevée  au  |  sommet. 


•''  L(>»  coiiiiNiraisoiiH  oiiipninU-w   aux  jonlins        («le .  aprin  resëenlioii  de  Cafidncbr  H  b  { 
(>t  aux  ttmn  étnirnt  très-rn<<]U(<nte9  k  It^poque  où        lUf  Mmwnl  faite  pur  \n  Raai|WM  4t  tttm  «k* 


<•(•  morcpnu  fui  l'rril.  (Voir  ri-<lessus,  p.  609.)  \e»  main»  du  Ane  <!.•  HuwgagMtCMl 

'"  Voir.  |>.  •):):{  ot  6o'i.  des  dt'lails  sur  les  «exceJ-        s'accMnpIisiaieiit  au  maatal  mém  oA  dérivait  Ir 


"Ions  s(<rMinu!f<  quo  les  dodeonet  les  derct  »»o-  dere  NorroaiHi.  (Voir  ci  d«Ni.  p.  97 1 

»loi('ul  |>rottcbi(T. -  nu  tonips  do  clerc  normand.  '"  Vuii  lidi— i.p.  lO^.oojorRanaldtPreJ» 

''>  l,i>  "rmom*  ot  io  "registre*  rdUblis  u'iiidi-  dit  du  gtel  Yiorë  H  de  GwHaanw  dX 

i|uont-iU  \mi\i  le  retour  de  l'ordre  daiM  la  capi-  '"  Au  moyen  Agr.  ha  picm» 


510 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


J9  ate  saphir  snbtthte  semée 

JS  ermon'')  sotgnenx  supplantant  sorcene 

J9  olas  sncre  sobalite  senc 

B  acnftce  sonnent  solennue 

JB  onrse  sans  si  stngnliere  samtnre  ''^ 

B  ctsme  seîre  ^atl^an  snpense 

J9  on^î  éarap^m  saintisnie  sepnltnrc. 

IDons  qni  noies  pans  anctori;e''> 
(£n  cinq  lettres  contraintes  a  log  linre 
'ê>ans  resmner  et^iraologue 
(£)arïieî  laetenr  '*  non  pensans  a  laiÎJnre. 


saient  pour  avoir  divei-ses  propriétés;  on  prisait 
surtout  les  substances  qui  étaient  considérées  comme 
des  antidotes.  I.e  jaspe,  ainsi  que  la  corne  de  li- 
corne, avait  peut-être  cette  vertu. 

'''  Le  mot  irsermon»  paraît  avoir  ici  le  sens  du 
latin  sermo ,  parole.  Les  exorcbmes  et  autres  céré- 
monies de  ce  genre  consistaient ,  comme  les  incan- 
tations, en  paroles  qu'il  fallait  articuler  très-dis- 
tinctement, sous  peine  d'ineflîcacité  dans  les  deux  cas. 

'''  Du  Gange  donne  le  mot  Bainturier,  fabricant 


de  ceintures;  ce  qui  im|)lique  le  mot  nainture  écrit 
avec  la  même  initiale. 

'''  Auctoriié,  bien  établi .  bien  déduit.  (  Du  Gange , 
Glos».  français.) 

'*'  L'acteur,  c" est-à-dire  l'auteur,  disait  toujours 
son  mot ,  soit  au  commencement .  soit  à  la  lin  de  son 
œuvre,  sous  forme  de  prologue  ou  d'apologue.  (Voir 
ri-dessus,  p.  ayCagSet  3i5.  les  réflexions  que  font 
l'Ermite ,  dans  le  proesme  du  Dit  des  Trois  Morts  et 
des  Trois  Vifs,  et  Y  acteur  de  la  Danse  Macabre.) 


LES  CINQ  LKTTHKS  DU  NOM  l)K  PAHIS.  S11 

S  iipcrbe  (agréable)  Haphir,  Huktiiité  («OMcr)  Mmée  (répandu  partout), 
S  ennoiiH  suignuux  {paroleH  Inen  artieuléeê)  Hupplanlanl  (eoHfwaat)  ■oreellerie. 
S  oulageiinail«  suav««,  solidarité'  {ctmJraUmilé)  (térieuM*, 
S  acrific(>  (de  la  meiim)  hou  vent  Hok'iiiiifH*, 

S  oiircf*  saiiN  si  '"  (de  toun  biens  tan»  ejccefititm) ,  Hiriguliën;  Miiitura  (aimiraHi  WfW»), 
S  cliisriK!  Hiiriiioiitr*  (apaùé)^^',  Satan  HurpaMë  (lemuêé), 
S  ouK  I  la  protection  dt-Hj  S«'*rapiiinH  m'-pulture»  [très-jsainti*» " . 

Vou»  ({ui  voyi'Z  Paris  ici  représenU^ 

En  cinq  lettre»  ainsi  Noumues  à  une  loi  dure. 

Sans  transposition  étyruolofps/*  {expliqué  dans  ton  élifmolagie) , 

Favorisez  l'auteur,  et  ne  pensez  à  mal. 


Cl 


"Sam  ni.'  coiiiiiM  tâMaMw.e'ert-k-dinMM       (Voir  d-detMM,  Appwdiw  VII,  p.  397  d  tan.) 
n^'.r\e .  Mtm  exo^plion.  Il  existe  le  roman  de  la  ">  !,«  dadièrw  it  PiWM  AmmI  tiaeéê  nw  la 


Dame  moh*  <i  ,  c'eiit-àHlirc  de  lu  rcriiiiii!  iinrfuite.  (  )ii         iiroteclioo  éu  MBDil.  Cflinî  dw  SMnto4MHCMto ,  it 
(lit  encore  :  un  lininnie  sanx  ni.  plu*  eoniiiUrable  de  Unm,  afak  pour 


'*'  l;«  clerc  iKirinoïKl  fnil  ici  iilliiiitin  aux  con-  JMUm  vidilliM  de  h  fiawr  dUérads.M» 

cil<!H (lfl'iiM!(i/io(j)ctil<' (>oiiHtjimc (i/ii/i-i/!ii8),  hooan  enoMM  dM  tofm.tà  4B'il< 

i|ui  mirent  fin  au  grand  schinnie  d'Occidoit  Le»  par  wniéqueMl,  coqmm  |iiiitiTgi— t  le 

docteur»  de  Pari»  y  jouirent  un  rAle  important.  Pi 


•^ 

mtiilt  immu 

^ 

mourrux  sn-gitr 

ti 

tfttt  «mu  iongin 

^ 

UBttn  ctrtohu 

^ 

cinue  ^niUainc 

^      C'(«t  yari<  mtitr.      J 

PARIS 

i:t  lks  IMn^cIl»ALES  villes  de  fka.xce 

SOIS  LE  RÈGNE  DE  CHARLES  VII. 

POiÎME  DESCniPTIP  EN  VERS  LATIN» 
eomroêt 

V\\\    A\T()I>E    ASTESAN. 
1451. 


NOTICE 


Antoine  Astesan  n'i^tail  <onnu  (|ue  |>ar  un  |>o«iue  intitulé  Dt  wariaMn ftrtmm ,  impriiaé 
(iuns  le  Hetum  iutlicarum  »cripU)re»  de  Muratori  '",  lorsque  la  découverte  d'un  OMlMMcnl 
ciinti-iiiint  1)1  plus  );riindc  partie  des  œuvreh  de  cet  écrivain  vint  apiieler  sur  lui  rtttenlioB 
(In  rnoiulc  siiviint.  Dnns  un  ouvrafjo  «péciulement  consacré  à  Jeanne  d'AfC '',  et  publié  en 
iHi'y,  M.  licrriiit  Saint-Prix  fit  connaître  (ju'il  existait  h  la  biMiotb^oe  publique  de  U 
ville  de  (îrenoblc  un  recueil  de  poéhies  latine»  portant  le  nom  d'^nlomiif  AummÊê,  A»- 
U'imi».  Parmi  ces  poésies,  il  avait  renianjué  la  relati<m  d'un  voyage  fait  en  KraiiM  mn  le 
milieu  du  xv*  siècle,  et  une  description  de  Paris  aM>ez  af^réablement  versifier.  A  partir  de  et 
iMoriient,  A>tesan  put  <^tre  placé  nu  nondire  des  historiens  ori^pnaux  de  notn-  capitale,  mais 
son  poenie,  (|ue  M.  Berriut  Saint-Prix  a\iiit  cependant  eu  soin  d'analyM-r,  demeura  inédit. 
et  c'est  seulement  après  un  d<>n)i- siècle  <|uc  les  indications  fournies  par  ce  savant  ont  pu 
^tre  utilisées.  Si  la  justice  a  été  tardive  pour  le  poète  d'Asti,  en  revanche  un  heureux  mn- 
rours  de  circonstances  lui  a  niénn^^é  l'honneur  d'éln-  traduit,  commenté  et  publié  |iar  U 
ville  même  (pi'il  a  chantée.  Son  ouvraf^c,  simple  exercice  de  versification,  destiné  k  cbarmer 
les  loisirs  (lu  comte  d'Annouléme  et  du  mar(|uis  de  Montferrat,  sera  lu  avec  intérA  par 
l(>s  descendants  de  (!es  Parisiens  (|u'il  a  admirés  et  qui  lui  ont  paru  être  «un  |»euple  de 


La  lamille  d'Astesnn  était,  comme  son  nom  l'inditpie,  orif^naire  d'Asti,  |N>tite  «ille  du 
Milanais,  l'ancienne  \xtn  Pnmpein  de  la  (îanle  cisalpine,  et  la  |>atrie  d'un  de»  |>l«»  gruifl» 
poètes  (le  l'Italie  moderne,  Alli(>ri.  Klle  y  occupa  pendant  liin);tem|ts  un  rang  dutingaé.  et 
parait  même  avoir  donné  à  l'Kf^ise  et  aux  lettres  des  hommes  éminents'*.  Mais,  par  soiu» 

'    Hrrum  ihiliraruiM  tcriptom .  prifci/mr  «h  mmo        mm,  uamiae  ktiimm  uttinédialaaHal  ttfti 
h.  ml  iiiiiium  1/.  I).  Milnn.  i7'M)-i7.')i  .  •)<)  vol.  in-       <i«  Césène,  ifù  étaiA  abn  fiaéni  éi  ForA* 


Fulin.  I.  \IV.  p.  1007  avaiil  pioaaiin  aair» dadaon jwtMBHtf  < 

*'  Jeaiiiir  tl'Arr.  nu(,<iui>  liinl  nui  lis  iriulniiims  tris  (|ur  (lufllaaaM  OkaM.  BaHiMa  ot  la  Toar. 

de  Fraurr  mi  lemp»  ilr  Charlt»  VI  et  </•  (Mml.s  I  //.  IMiili|>|M<  île  diililaii.  Caailirr  BaH*}.  Raod  li»- 

IWis.  1817,  in-X  .  k<<!iiey.  (iuillaume  (?uigweoart.  WÊkfft  ir  fV 


">  \ers  le  i<>iii|»  où  Joflii  (lo  Jnmliiii  profesMii        pence .  Fiantuii  <li  Mayteai».  DwaBd  da  Saiat-IW- 
lie  \<i\nrn>.  «11  nliiil  |inniii  le*  frAiw        rien .  iaaa  da  Liguièiai,  «le  (MifMr.  L* 


a\\  nillt'i;!'  île 

\l iir>  1rs  pliiH  en  i-t'piilalion  le  tiocleur  AtkêmtM»  l.  IV.  p.  174).  Naas  n'< 

'/''  .l«(r.  Du  Itoiiliny.  ipii  rr|iroilnit  la  liste  donnëe  nier  que  le  aial  AttmmimàUi^m  ■énam  h  b- 

|i;ir  l.iiki'  WiMJiliiijr  1I1111-.  si>s   tiiim/rir  arAmS*  Mim^  mille  <ie  notre  poMe. 

«S. 


516 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


de  ces  dissensions  intestines  dont  les  villes  italiennes  eurent  tant  à  souffrir,  elle  fut  obligée, 
en  1829,  de  s'expatrier,  et  elle  alla  chercher  un  refuge  à  Villanova  d'Asti,  bourg  fortifié 
situé  à  onze  milles  de  distance  sur  la  route  d'Alexandrie  à  Turin.  Il  y  avait  près  d'un  siècle 
qu'elle  y  était  fixée,  s'amoindrissant  d'année  en  année,  comme  toutes  les  familles  d'exilés, 
lorsque  notre  poëte  vint  au  monde  (  i4i9).  Son  père,  Pierre  Astesan,  avait  en  outre  trois 
autres  fils,  plusieurs  filles,  et  ne  possédait  qu'un  modeste  emploi  pour  subvenir  à  toutes 
les  charges  :  il  était,  dit  M.  Berriat  Saint-Prix,  «scribe  public,  c'est-à-dire  chancelier  ou 
K  notaire  de  l'université  de  Villeneuve,  et  il  y  professait  en  même  temps  la  grammaire  et 
r^les  mathématiques'".»  Un  tel  cumul  prouve  que  Yuniversité  de  Villeneuve  (nom  bien 
pompeux  pour  une  simple  bourgade)  était  peu  fréquentée  par  les  étudiants;  et  le  père  du 
jeune  Antoine  comprit  que  son  fils  ne  pourrait  y  terminer  convenablement  son  éducation. 
Aussi,  après  lui  avoir  enseigné  tout  ce  qu'il  savait  lui-même,  il  l'envoya  en  1  497  à  Turin, 
et  en  liag  à  Pavie,  pour  y  apprendre  le  latin  et  la  rhétorique  '^'.  Antoine  Astesan  eut  pour 
maîtres  dans  ces  deux  villes  Valla  et  Veggio,  qu'on  regardait  en  leur  temps  comme  de  sa- 
vants docteurs,  et  le  carme  Antonio  Ferrari,  qui  devint  évêque  de  Torlone. 

Le  séjour  d'Astesan  à  Pavie  ne  fut  que  de  deux  années;  en  1  43 1 ,  il  quitta  cette  ville  par 
crainte  de  la  peste,  dit  M.  Berriat  Saint-Prix,  et  il  se  rendit  à  Gênes,  d'où  le  même  fléau 
l'éloigna,  après  un  séjour  peu  prolongé.  C'est  alors  que,  suivant  le  conseil  de  son  père,  il 
alla  se  fixer  à  Asti,  où  ne  dominaient  sans  doute  plus  les  ennemis  de  sa  famille,  car  il  put 
y  enseigner  publiquement  la  langue  et  la  littérature  latines.  Il  y  a  lieu  de  croire  que  notre 
poêle,  contrairement  au  proverbe,  fut  prophète  dans  son  pays,  car  il  y  séjourna  pendant 


'''  Jeanne  d'Arc,  ou  Coup  d'œil,  etc.  p.  a 83.  —  '*'  Antoine  Astesan  paraît  avoir  beaucoup  a|)précié  le 
mérite  modeste  et  le  dévouement  de  son  père  :  i'épitaphe  qu'il  a  composée  pour  lui  est  digne,  quoique  un 
peu  vaniteuse.  On  voit  que  le  fils  avait  bonne  opinion  de  son  père  ;  mais  il  était  convaincu  ([ue  la  famille 
n'avait  pas  dégénéré. 


EPITAPIIICM  HAGISTRI  PETBI  ASTESAfll  DE  VILLA  NOVA 

ASTESSI,  PATRIS  IPSICS  ADCTORIS. 

Hoc  Astesanus  tegitur  Petrus  ille  sepulchro , 

Qui  docuit  multos  instiluitque  viros. 
Cujus  erat  virlus  palriœ  notissinia  loti; 

Cujus  per  patriam  nobiie  nomen  erat. 
Vir  fiiil  humanus,  prudens,  pius.  integer,  aequus. 

Dodus,  facundus,  consilioque  gravis. 
Tante  reipublicae '"'  fuit  illi  cura ,  quod  instar 

Fabricii  aut  Curii  mortuus  ipse  fuit. 
Sed  potuil  rerum  solamen  habere  suarum , 

Quod  post  se  prolem  liquit  is  egregiam. 
Liquit  enim  doctos ,  ciara  et  virtule  célèbres , 

Ut  natas  taceam ,  quatuor  ille  mares. 
Leclor,  ab  his  paucis  multas  inteilige  laudes  ; 

Pressa  dolore  manus  scribere  plura  nequit. 

(F*  i58  du  manuscrit.) 


épiTAPHE  DE  MaItBE  PIERRE  ASTESAN    DE  VILLEXErVE 
D'ASTI,  pi;RE  DE  L'AUTEUR. 

irSous  ce  tombeau  est  couché  ce  Pierre  Astesan 
-qui  a  formé  et  instruit  beaucoup  d'hommes;  dont 
-le  mérite  était  très-connu  de  tous  ses  concitoyens; 
f  dont  le  nom  était  illustre  dans  sa  pairie.  C'était 
ffun  homme  bon,  sage,  pieux,  honnête,  juste,  sa- 
uvant, éloquent  et  influent  par  le  conseil.  Il  piit 
Ttant  de  soin  des  affaires  publiques,  qu'il  mourut 
T  aussi  pauvre  que  les  Fabricius  et  les  Curius.  Mais 
-ce  qui  put  le  consoler  de  l'état  de  ses  affaires,  ce 
rful  de  laisser  après  lui  une  descendance  distinguée. 
itII  eut,  sans  parler  des  filles,  quatre  fils  instruits 
«•et  illustres  par  l'éclat  du  mérite.  Lecteur,  com- 
frprends  par  ces  quelques  mots  tous  les  éloges  qui 
"lui  sont  dus;  ma  main,  saisie  par  la  douleur,  ne 
tpeut  en  écrire  davantage.?) 


Riïpûhlïcœ ,  faute  de  quantité. 


PAins  ET  LKS  VILLES  DE  PHANCE  SOUS  CHARLES  VIL  SI7 

(|uinzfi  an»  environ,  et  la  r/fpulation  que  son  emeignaaMOt  lui  avait  lopiiae  datnl  mmi 
ron.sidt'jrabJc  [tour  adirer  »ur  lui  lo«  rcgord»  du  duc  Charles  (TOriéam,  <|ai  tenait  tofio 
d'/ltro  rendu  ii  la  libi-rl)^,  n|)rf!M  vingt-cin<|  année*  de  captivité  eo  Angleterre.  Le  fib  »fai 
d(!  Vdlnntino  Visconli  cliorriia  vainement,  comme  on  Mit,  k  recoatrrer  la  dot  de  m  mère. 
r|U);  lui  (li>>|)iit;iit  Ludovic  Sforza  ;  le  coniti^  d'A»li  fut  la  leule  portion  de  ce  riche  patri- 
moiru;  (|ui  |iut  lui  lUn-  rendue  Désireux  de  s'attaclicr  «et  nonveaoi  sajelâ,  il  choiait  parmi 
eux  quel(|ueK-unii  de  si^h  olliciera,  cl  AH(e»an  dut  san»  doute  &  «a  bonne  rnnOBinÉWi  rboo- 
ncur  que  lui  lit  le  duc  en  le  di-stinf^uanl '".  il  le  nomma,  dit  Munitori,  «on  premier  Mcr^ 
taire,  et  lui  confia  la  garde  du  cliiitcau  de  Mont-Ilaynier.  (ielte  meaure  honore  k  la  foi*  le 
|irole(teur  et  le  prctZ-gi^  :  il  np|i(irtenait  h  un  prince  ami  de*  lettre»,  et  poète  lainnéoM,  de 
témoif;ner  puljli(|uument  son  estime  pour  les  lettrés.  Astesan  parait,  du  reate,  avoir  M  Irà^ 
reconnaissant  des  faveurs  dont  on  le  comblait,  et  il  s'en  exprime  en  tennee  fort  niU  dam 
plusieurs  endroits  de  ses  ouvrages,  notamment  ou  IV*  livre  de  lea  éMgiea  et  daaa  aeeiettna 
lnîroïciues. 

La  garde  du  rliAtenu  du  Mont-ltaynier  était  sans  doute  une  sinécure,  car  nooa  coaatn 
tons  (|u'au  mois  de  r<'vrier  i  Vi<j  Astesan  se  trouvait  à  Tours  et  recevait  du  doc  rwont 
nécessaire  pour  payer  ses  frais  d'hôtellerie.  On  trouve,  en  elTct,  parmi  ie9*piècea  jaaiilicn- 
tives  publiées  par  M.  Champollion-Kigeac,  la  mention  suivante  :  «Du  vui*  jour  de  février 
-  M .  cccc .  xux  ,  a  maistre  Anthoine  Astazen,  Lombart,  secrétaire  de  mon  dict  sdgneor. 
''la  somme  de  nu  livres  xiu  solz  tournois,  pour  don  a  lui  faict  par  mon  diel  aeignear, 
''pour  soy  dcffraycr  de  l'ostellerie  |>nreillemcnt  au  dict  lieu  de  Tours"'. «  Prolooga>>i»il 
son  séjour  en  France  pendant  les  trois  années  suivantes,  ou  y  revint-il  à  divenearepriaee. 
c'est  ce  que  Muratori  et  M.  lierrial  Saint-Prix  n'ont  pu  éclaircir.  Ce  qui  parait  probable. 
c'est  (|u'Anloine  Astesan,  attaché  comme  son  frère  Nicolas  h  la  personne  du  duc,  le  suivit 
dans  toutes  ses  résidences  et  eut  ainsi  le  loisir  de  bien  voir  les  contrées  qu'il  a  décrite*.  Son 
pdëtiie,  écrit  <\  Hlois,  porte  la  date  de  l'i.Si  ,  et  tout  semble  indiquer  que  Fauteur  ne  re> 
tourna  pas  iuiinédiutenient  en  Italie,  car,  avec  la  prolixité  qui  lui  est  habituelle,  il  n'eAt 
pas  manqué  d'annoncer  son  prochain  départ.  M.  Berriat  Saint-Prix,  en  analysant  qodtjM»- 
unes  de  ses  épttres  héroï(|ucs,  a  constaté  d'ailleurs  qu'il  était  encore  en  France  dans  le  roo- 
ranl  de  l'année  i/i5q. 

En  regagnant  Asti,  Antoine  laissait  près  de  Charles  d'Orléans  son  frère  Nicolas,  qui 
faisait  également  partie  de  la  maison  ducale,  en  qualité  de  calligrnphe,  mais  qui  nepuidl 
pus  avoir  cultivi-  la  poésie.  Nicolas  figure  dés  i  '1/18  au  nombre  des  familiers  et  COOIOMP- 
saux  de  Charles,  et,  dans  un  compte  de  l'argenlenc  qui  |K)rte  la  date  de  1&&6,  il  cet 
compris  parmi  les  cent  vingt  oflTiciers  qui  reçurent  la  livrée  annuelle  du  duc,  c*est-i-dire 
une  robe  et  un  chaperon  de  drap  noir.  Ses  travaux  de  Iranscj-iption  |>arwa*eat  avoir  M 


>  Dnii!)  In  pr(>nii6n<  ('plbv  hônûquc  du  livre  III'.  !'•  com\M  de  largeMBi.  et  a  ftii  par  ratlMlWr  h  m 

\<li'snn  dit  i  Tht'minre  tic  .Moiitfcrrot  qii'ii  nvnil  |«rr»nne. 

-wci-n.  uHgrmditomirtàB'nnkim  ^  Compta J»ii<ptBnangiMld»UBJto<Hi|t 

>li<  iM-rsonnm  de  GAne*.  pour  se  finre  inpériai»,  niprodoit  par  M.  AM  CkaipaB**- 

noMimpr  [tniresscur  do  rlR'Iorique  en  cette  viDe.  Figeai.  Aut»  l'ouvrage  iatilaK  ;  Lm  ywhiw  A  ém 

("est  alors  (pic  le  duc  d'OrMao*  est  vont  beureose-  Clmrk*  d'OiUmu .  yallMw  «ar  h  wiiTif 

iiicnl  ilni)!!  ce  poyii;  il  n  entendu  pflHer  du  poète.  i*  Gnmkb,  Paris.  18I*.  »-i«.  p.  \\n. 


518 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  OHIGiNAUX. 


considérables  :  on  cite,  entre  autres,  le  manuscrit  latin  de  la  Bibliothètjue  inipériale 
n°  i865,  un  autre  manuscrit  du  môme  fonds  intitulé  Devenenis,  et  une  histoire  abrégée  de 
Milan,  qu'il  dédia  à  Charles  VII  dans  les  premières  années  de  son  séjour  en  France'". 
Enfîn,  dit  M.  Vallet  de  Viriville '"^',  ce  fut  lui  qui  transcrivit  le  manuscrit  de  la  Biblio- 
thèque de  Grenoble. 

La  biographie  de  notre  poëte  demeure  forcément  incomplète,  faute  de  renseignements 
qui  puissent  s'ajouter  à  ceux  qu'il  a  consignés  dans  quelques-unes  de  ses  pièces,  et  qui  ont 
été  relevés  par  M.  Berriat  Saint-Prix.  Nous  savons  seulement  qu'il  vivait  encore  à  la  fin 
de  )'i6i,  puisque  le  manuscrit  de  Grenoble  contient  plusieurs  morceaux  sur  la  mort  de 
Charles  Vil,  survenue  le  22  juillet  de  cette  même  année.  Le  duc  Charles  d'Orléans  mourut 
lui-même  en  i465,  et  nous  ignorons  si  son  fils,  qui  fut  depuis  Louis  XII,  garda  près  de 
sa  personne  l'un  ou  l'autre  des  deux  frères,  au  cas  oij  ils  auraient  survécu  à  leur  protec- 
teur. Dans  cette  hypothèse,  Antoine  Astesan  aurait  plus  probablement  offert  ses  services  au 
comte  Jean  d'Angoulême,  troisième  fils  de  Louis  d'Orléans  et  de  Valentine  Visconti,  prince 
éclairé  et  bienveillant,  auquel  il  a  dédié  le  poëme  descriptif  que  nous  allons  reproduire  '''. 


.M^rile  littéraii'«> 


Après  avoir  recueilli  dans  Muratori  et  dans  le  manuscrit  de  Grenoble  les  principaux 
traits  de  la  vie  de  notre  poêle,  M.  Berriat  Saint-Prix  déclare  qu'il  croit  devoir  «hasarder 
«son  opinion  sur  le  mérite  littéraire  de  l'auteur  et  du  livre.  1  II  le  fait  dans  les  termes 


'''  Ce  manuscrit,  que  M.  Berriat  Saint-Prix  n'a 
|)as  connu,  porte  le  n°  6166  du  fonds  latin  à  la 
Bibliothèque  impériale.  Il  est  en  double  exemplaire, 
et  se  compose  de  plusieurs  extraits  de  diverses  chro- 
niques sur  l'origine  et  les  jjouvernements  successifs 
de  la  ville  de  Milan.  Le  catalogue  imprimé  le  dé- 
signe sous  ce  litre:  ir Codex  chartaceus,  olim  D. 
r-Dufresne.  Ibi  conlinentui-  Antonii  Astesani,  civis 
ffAslensis,  illustrissinii  Aurelianensium  Mediola- 
ffuensiumque  ducis  Caroli  secrelarii,  libri  quatuor 
(rde  origine  et  vario  regimine  civitalis  Mediolani. 
ffis  codex  anno  i448  exaratus  est.'!  Outre  la  dé- 
dicace principale  faite  au  roi  Charles  VII,  on  en 
trouve ,  au  r  68 ,  une  seconde  en  l'honneur  de  Jean , 
comte  d'Angoulême:  trDans  voire  sagesse,  illustre 
ffjirince,  vous  désirez  voir  un  exemplaire  de  lou- 
f  vrage  dans  lequel  j'ai  retracé  brièvement  l'origine 
"  de  Milan,  ses  divei-s  gouvernements  et  ses  malheui-s  : 
"recevez ,  très-illustre  comte ,  celui  que  j'ai  écrit  pour 
"VOUS  de  ma  propre  main,  h  cause  de  ralTeclion  que 
ffje  vous  porte,  n  Ces  mots  semblent  indiquer  que  le 
manuscrit  d'Astesan  est  autographe. 

L'autre  exemplaire  du  même  ouvrage  que  pos- 
sède la  Bibiiotbèque  impériale  (  fonds  latin  n°  1 1 087  ) 
est  écrit  sur  parchemin  et  se  compose  de  2  3  folios. 
Il  est  dédié  à  Philippe,  duc  de  Bourgogne,  c'est-à- 
dire  à  Philippe  111,  dit  le  Bon,  mort  le  19  juin  i/iGy. 


'*'  Nouvelle  tnographie  universelle,  publiée  jwr 
Firmin  Didot,  l.  III.  col.  h-jù. 

'''  Le  comte  d'Angoulême,  né  le  aC  juin  ikoh 
et  mort  le  3o  avril  liCy.  ne  survécut  que  deux  an» 
à  son  frère  aîné.  Sa  vie  0  été  écrite  avec  les  plus 
grands  détails  dans  le  livre  intitulé  La  rie  de  trh- 
illuslre  el  rertttcujc  prince  Jean  d'Angoulesme,  aïeul 
du  grand  roi  Françoin,  dédié  à  M"  le  duc  d"Es[)er- 
non  par  Jean  Du  Port,  etc.  Angouléme,  iSSg,  in-4°. 
1^  biographe  attribue  au  prin(;e  une  traduction  des 
distiques  moraux  com|)osés  uu  moyen  âge  sous  le 
nom  de  Caton .  et  que  le  poëte  (îrognel  publia  en 
i53o-i53.3.  in-ia  et  in-8''.  Si  le  comte  d'Angou- 
lême a  réellement  traduit  les  distiques  ou  vers  dorés, 
ce  n'est  pas  le  seul  ouvrage  qui  ail  occupé  ses  loi- 
sii-s.  Dans  un  extrait  de  l'inventaire  de  ses  livres, 
on  trouve  l'indication  de  plusieurs  volumes  écrits 
entièrement  de  sa  main:  1°  un  psautier  sur  par- 
chemin ;  '1°  quati-e  méditations  de  saint  Boiiaven- 
ture,  en  latin,  sur  parchemin;  3°  les  (Chroniques 
martiniennes .  id.  li°  le  Traité  de  la  consolation  de 
Boëce,  id.  h°  Fr.  Pétrarque,  avec  la  division  el 
profil  d'oraison,  el  le  Donat  contemplatif;  0°  le 
Traité  d'Alain,  sur  papier;  7"  le  Dialogue  d'An- 
selme ;  8°  des  prières  extraites  des  œuvres  de  saint 
Augustin.  Les  d'Orléans  étaient  donc  aussi  lettrés 
que  leurs  secrétaires. 


JK.W.  (OMTi:    l)AN(;()i;i.KMK 

Kl),   ilii    Ilii.-    I,nu|>    d'Orlr..n>   'I    .....I     ,1.    k ,     |- 


l'AItlS  KT  LKS  VILLES  DE  FRANCE  SOUS  CHARLES  VIL  ii9 

suiviints  :  -Aiilnzan  iiou.h  a  pnrii  un  bon  et  facile  ver>iric«(«ur,  maU  un  poHe  au 
"  mi-diocrr?.  S«>m  (iiivnif^r-.K  hoiiI,  <;n  y,én^;ra\^  ausM  abondants  en  moU  que  pammi  00 
"  Il  se  |)latt  Hiirtout  h  roproduin-  sout  un  f^rand  nombre  de  fomesla  nftâlMpWMée.  qaHqne 
rconiriiuno  qu'flte  Noit.  Il  nVniploiu  pas  avec  moins  de  romplaiiMlM  Iw  eoaiiKir.ii«<>iM . 
«  Nanti  s'inquiéter  ni  elles  sont  ou  ridicules,  ou  diiparatM,  oo  boMM;  et  iat  «wan 
«presque  toujours.  Un  citoyen  obscur  ou  tout  h  fait  inconnu  de  GéoMMn. 
"mis  bien  nu-dessus  des  l'ompëe,  des  Scipion,  des  Crascoa;  \m  ven  da  duc  d'Of 
"vaudront  mieux  que  ceux  d'Ovide;  les  pcinturet  du  premier  barliouilleur  dt*  «iiraui 
-  (i'é|,'lises  sont  nu  moins  di(;nes  d'Apelles,  etc.  Malgré  ce*  défauts,  nous  pensons  avec  Mu- 
•-  ratori  qu'Astezan  est  un  (écrivain  recommandnble  pour  le  temps  où  il  vivait. 
"aussi  qu'il  «^toit  versé  dans  la  littérature  latine;  les  ouvrages  des  poètes  lui 
f  surtout  très-f;itnilier»  '".  « 

(^ette  np|iri'>(iation.  quoii|ii>- jush-  dans  son  enscmbif,  nVtt  cependant  m  ronipieti-  ni 
sulli.saiumeiit  iiir)tivée;  elle  a  en  outre  le  tort  d'attribuer  au  poêle  les  défauts  de  son  lemii*. 
de  son  pays,  do  sn  profession,  et  de  ne  pas  lui  tenir  compte  de  l'influence  heai—ae  uu'ii 
dut  exercer  sur  les  lettrés  avec  lesquels  il  fut  mis  en  relation  {tendant  son  t^joaren  France. 
Astesnn  est  un  esprit  facile,  enjoué,  un  versidraleur  de  l'école  d'Ovide  ou  de  Claudien  :  il 
ne  faut  lui  dciiiaiider  ni  In  tendresse  de  Vir|;ile,  ni  l'énergie  de  Lucain;  mais  il  nmhmt 
n^rrahli.'iucnt  les  dactyles  et  les  spondées  ;  il  écrit  en  vers  presque  auaai  puremeot  OM  MM 
compatriote  Auj'c  Politien,  et,  sous  ce  rapport,  il  a  pu  contribuera  aotëliorer  la  prow  et 
la  poésit!  é|;alement  barbares  des  latinistes  du  moyen  âge.  Italien  et  professeur  de  rhéto- 
rique, il  est  naturellement  amplificateur,  défaut  qui  devient  prcMjue  une  qualité  dnw  le 
genre  descriptif,  et  (pi'on  lui  pardonne  d'autant  plus  aisément  qu'il  nous  a  valu  piu»  d'an 
détail  intéressant.  M.  Iterriat  Saint-Prix  reprocbe  surtout  à  Astesan  son  goAt  |>our  lea 
paraisons,  et  les  rnpprocbements  continuels  qu'il  fait  des  bommes  et  des  afTairea  de 
temps  nvcc  les  personnes  et  les  choses  de  l'antiquité.  C'est  peul-^tre  une  vaine  ostentation 
de  savoir;  mais  à  coup  sAr  cet  étalage  a  eu  son  utilité  :  les  Valois-Orléans,  par  leurs  rela- 
tions suivies  avec  l'Italie,  ont  préparé  la  Renaissance,  et  les  lettrés  qu'ib  aineoèraiit  en 
France  doivent  (Mre  comptés  pour  (|uel(|ue  chose  dans  ce  travail  de  lente  initiation  qaî  a 
fini  par  réj'énérer  l'art  français.  Cependant  Antoine  Astesan  a  été  juste  pour  l'art  du 
moyen  âge  :  lui,  dont  les  yeux  étaient  habitués  aux  merveilles  de  l'arckiledara  et  de  la 
sculpture  romaines,  a  eu  des  admirations  pour  toutes  les  grandes  et  belles  choaM  de  répoqae 
ogivale.  M.  Berriat  Saint-Prix  lui  reproche  même  son  enthousiasme  pour  les  «barbouilleur» 
nde  vitrnuv  d'église.  «<  Or  de  quels  vitraux  s'agit-il?  Des  splendides  verriàres  de  la  duh> 
pelle  des  Célestins,  dont  Millin  nous  a  conservé  les  dessins,  et  que  tous  les  UlloneM  de 
Paris  ont  con.sidérées  connue  une  merveille.  Il  est  donc  permis  de  penser  (|Mle  jngMMBt 
porté  en  1817,  sous  l'influence  des  idées  du  temps,  ei\t  été  moins  sévère,  an  ■oins  sens 
le  rapport  artisticpie,  s'il  eût  été  formulé  un  demi-siècle  plus  tard. 

Au  point  de  vue  parisien .  le  poème  d'AsIesan  ne  nous  apprend  rien  d'absolument  oou 
veau;  mais  il  confmne  et  développe  les  détails  donnés  par  Jean  de  Jandun,  Raool  4>' 

*'>  Jetmm  d'An,  tte.  Pièces  justitkativet.  p.  «86. 


520  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Presles  et  Guillebert  de  Metz,  en  faisant  connaître  les  changements  qui  s'étaient  opérés 
dans  la  capitale  depuis  le  commencement  du  xv'  siècle.  Il  a  donc  sa  place  marquée  dans 
ce  volume  ;  c'est  d'ailleurs  le  dernier  ouvrage  manuscrit  dont  nous  ayons  connaissance  et 
qui  soit  plus  spécialement  consacré  à  la  description  de  notre  capitale.  L'imprimerie  mul- 
tipliera bientôt  les  œuvres  de  ce  genre;  mais  elles  deviendront  de  moins  en  moins  intéres- 
santes, à  mesure  qu'elles  se  rapprocheront  des  temps  modernes,  et  qu'elles  auront,  par  con- 
séquent, à  peindre  des  mœurs  plus  récentes  et  un  état  de  choses  plus  voisin  du  nôtre.  A 
ce  titre,  le  livre  d'Astesan,  dont  nous  allons  donner  une  rapide  analyse,  était  digne  d'être 
traduit  et  commenté  ;  il  a  d'ailleurs  le  double  mérite  d'être  entièrement  inédit  et  de  clore 
brillamment  la  série  des  écrits  originaux  antérieurs  à  la  Renaissance. 

C'est  au  troisième  livre  de  ses  EpHres  héroïques  que  l'auteur  a  placé  la  relation  de  son 
voyage  en  France.  Il  la  dédie  au  comte  Jean  d'Angoulême,  dont  nous  avons  déjà  parlé,  et  à 
Jean  IV,  marquis  de  Monlferrat,  l'un  de  ses  prolecteurs'''.  La  première  dédicace  est  en 
distiques  ou  vers  élégiaques,  et  la  seconde  en  hexamètres.  Il  y  déclare  qu'il  se  propose  de 
décrire  les  choses  admirables  qu'il  a  vues  en  France;  elles  sont  tellement  nombreuses, 
dit-il,  que  ni  Homère,  ni  Virgile,  ni  Cicéron  ne  pourraient  les  raconter.  Après  cet  exposé, 
il  aborde  immédiatement  la  description  de  Paris,  à  laquelle  il  consacre  969  vers;  puis  il 
parcourt  successivement  les  divers  monuments,  les  ponts,  les  hôtels  des  grands,  le  Palais, 
la  Bastille  Saint-Antoine,  les  églises,  la  Sainte-Chapelle,  Notre-Dame,  les  Célestins  et 
l'Hôpital.  Chemin  faisant,  il  paye  un  juste  tribut  d'éloge  à  deux  institutions  qui  faisaient 
alors  la  gloire  de  la  France,  l' Université  et  le  Parlement,  dépositaires  de  la  science  et  de 
la  justice.  Enfin  il  ajoute  quelques  remarques  curieuses  ou  piquantes  sur  les  Parisiens 
eux-mêmes  et  sur  la  population  de  la  ville  à  cette  époque.  Nous  suivrons  l'ordre  adopté  par 
Astesan,  en  nous  attachant  surtout  à  montrer  ce  en  quoi  son  récit  diffère  des  descriptions 
précédentes. 

Ansiïso  Pour  lui,  Paris  est  la  plus  belle  ville  du  monde.  Cinéas,  ambassadeur  de  Pvrrhus,  di- 

dii poemc dAsiPKin.  ^.gjj  ^^g  j^  §^^3^  romaïn  était  une  assemblée  de  rois;  notre  poète  fait  de  Paris  le  même 
éloge. 

Les' ponts  avec  les  maisons  qui  les  garnissent,  les  nombreuses  officines  qu'on  y  a  établies, 
et  qui  les  font  ressemblera  des  rues,  excitent  au  plus  haut  point  son  admiration.  On  oublie 
la  rivière,  dit-il,  au  point  que,  si  l'on  n'était  pas  prévenu,  on  ne  se  douterait  pas  que  l'on 
passe  sur  les  eaux  d'un  fleuve.  Astesan  ajoute  que  le  commerce  qui  se  faisait  de  toute  anti- 
quité par  la  Seine  était  alors  très-florissant  :  on  voyait  la  rivière  sillonnée  de  barques 
innombrables,  qui  remontaient  même  de  la  mer  et  entretenaient  l'abondance  à  Paris. 

Sur  les  bords  de  la  Seine  s'élève  le  palais  des  Rois  de  France.  En  parlant  de  cet  édifice, 
Jean  de  Jandun  y  avait  vu  surtout  la  résidence  des  rois  et  le  siège  du  Parlement.  Astesan 

'"'  Jean  IV*  du  nom,  fils  aîné  de  Jean-Jacques,  liance  avec  Charles  d'Orléans,  qui  avait  à  revendi- 

marquis  de  Monlferrat,  et  de  Jeanne.  (ilJe  d'Ame-  quer  ses  Étals  usurpés,  et  connut  ainsi  Antoine 

dée  VII,  duc  de  Savoie,  succéda  à  son  père  en  1 445,  Aslesan,  auquel  il  léraoigna  beaucoup  d'atlache- 

et  eut  des  guerres  à  soutenir  contre  plusieurs  de  ses  ment.  Le  poëte  s'en  souvint  et  se  montra  recon- 

voisins,  notamment  contre  Charles  de  Gonzague  et  naissant,  en  dédiant  au  marquis  le  troisième  livre 

François  Sforza,  duc  de  Milan.  En  i447,  il  fit  al-  de  ses  Épîtres  héroïques. 


i'AHIS  KT  LKS  VILLES  DE  FRANCE  SUUS  CHARLES  VIL  S21 

se  contente  de  dire  que  iii  H'o);it(!nt  le»  procèit,  main  ii  ne  franchit  pM  le  amU  àm  mHm 
d'audience ,  et  il  H'arréte ,  en  v<!*ri(ahlc  curieux ,  dans  la  Galerie  de$  menitn,  pour  Aiavn  Tn- 
[Ktsilion  (les  iiKirrhiindiKeH  de  toute  sorte  (|ui  fnisnient  aloni  du  l'alai*  une  lorte  <!•  gRud 
ixizar  df  l'iiKliistri)-  |)!irif>ienne.  Ce  (|ue  notre  auteur  y  voit  fut  fort  »euiblaJ)le  A  M  (|M  J«M 
de  Jandun  conli'uiplait  un  itiècle  auparavant  aut  Malle»  de;*  Cliam|ieaut.  Il  temble  m»  de- 
puii)  cette  époque,  le  commerce  de  luic  Hâtait  d<-|dacé,  ou  du  nioin»  qu'il  avait  (Ma4  iea 
f;alerieK  du  Palai»,  sans  toutefois  abandonner  coni|ilétement  mu  ancien  quartier.  On  lira 
aviM-  iiilt'rét  la  riirii'UKe  description  (pu-  nous  donne  AsteMD  des  objets  de  toulr  nature  qui 
.soiliiilaictit  les  r<-|;ard.s  du  passant.  Dans  la  tjrand'Salle,  l'auteur  nous  montre,  tuspeiMlile 
aux  murailles,  la  dépouille  d'un  reptile  |;i|;antesque  tué  par  Gudefroi  de  Bouillon, 
invincible,  (|u'il  compare  pour  ce  fait  à  Hercule,  et  même  à  A|Hfllon,  vainqueur  du 
Python. 

Kn  (piitlant  le  Palais,  Astesan  se  rend  à  la  fiaslillc*  Saint-.Antoine,  dont  la  force  le  fnipp* 
d'i'tonn)-ni)'ri(,  et  par  où,  rions  ilit-il,  lu  Hoi  pouvait  entrer  secrètement  i  Paris,  et  as 
sortir  de  jour  fl  dt-  nuit,  sans  (lire  aperçu.  Cette  forteresse  jouait,  en  effet,  depoîs  |rfiis  «fu 
demi-siècle,  un  rôle  important  dans  nos  discordes  civiles,  et  elle  avait  abrité  bien  des  lAtos 
nienacée.s. 

Astesnn  consacre  ensuite  une  centaine  de  vers  à  la  description  des  édifices  religieux.  I<r» 
églises  excitent  son  admiration  par  leurs  statues,  leurs  richesses  intérieure»,  leur»  vitram 
et  les  reliques  (|u'elles  renferment.  La  |)lus  ornée  est  la  Sainte-(iba|>elle  du  Palais.  Les  r^ 
liques  (|u'on  y  conserve  sont  de  deux  espèces:  les  petites  (|u'on  expose  sur  Tautel,  et  iea 
('rondes  (pii  demeurent  enfermées  sous  trois  clefs.  L'une  de  ces  clefs  est  dans  les  maioa 
du  (rrand  (hamlirier  du  Hoi,  (pii  était  ^  cette  époque  le  comte  de  Dunois,  frère  du  dac 
Cliarles  d'Orléans;  la  seconde  est  confiée  au  trésorier  de  la  Sainte-Clia|H'lle,  qu'.AsIeaaa 
nomme  Hector  Siirelli ;  la  troisième,  enfin,  ù  l'orfèvre  du  lloi,  cliaq^  de  vLiiter  de  tcinpa  i 
autre  les  reli(|uaires  et  d'y  foire  les  réparations  nécessaires.  Après  ce  curieux  renseigna 
ment,  l'auteur  donne  l'énumération  détaillée  des  {grandes  reliques,  morceau  d'une  impor- 
tance histori(|ue  réelle.  Nous  l'avons  rapproché  des  inventaires  de  répoi|ue,  afin  de  coos 
toler  la  |iarfaite  véracité  du  poêle,  et  nous  avons  reconnu,  non  sans  surprise,  que  raotear 
est  resti'  pInlAt  au-dessous  qu'au-<lessus  de  la  vérité.  On  retrouve  encore  le  ioavcair  dt 
Godefroi  de  Hoiiillon  h  la  Sointe-Chapelie,  où  s«'  conservent,  dit  Astetao,  qackpiei 
d'un  oiseau  (;i(;ontes(pic  tué  par  cet  illustre  guerrier.  Guillebert  de  .Metx  avait  déjà 
ce  détail,  et  son  témoi|jnojje  se  trouve  oinsi  confirmé. 

Si  la  Sainte-Chapelle  est  le  plus  orné  des  tenqdes  de  Dieu  à  Paris.  Notre-Dame  en  est 
le  plus  beau  et  le  plus  admirable.  Astesan  loue  l'harmonie  de  son  arrbit(>ciure.  ranciennelé 
de  sa  construction,  (pii  a  résisté  au  tenqis;  mais  ce  cpii  l'étonné  le  plus,  c'est  la  »uile  daa 
sujets  taillés  dons  lo  |)ierreet  richement  eiduminés,  qui  retracent  les  scènes  de  l'Ancien  et  du 
Nouveau  Testament.  Il  n'oublie  pas  non  plus  la  ({i|5anli'S4jue  statue  de  saint  Cbrislopbe,  dtée 
déji\  par  (iiiillebert  de  Metz,  statue  qui  avait  été  élevée,  en  i&i3,  par  Antobe d«* EMUto, 
frère  du  surintendant  des  finances,  et  qui  était  placée  prè»  du  premier  pilier  de  la  nef  «■ 
entrant. 

Le  poète  nous  conduit  ensuite  aux  Céleslins.  En  sa  qualité  d«  «eerétaire  du  duc  QMvlaa 
d'Orléans,  il  ne  pouvait  manquer  de  décrin>  lo  cha|>elle  de  la  famille  et  le  riche 

lll»T.  —  I.  W 


522  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

de  marbre  blanc  élevé  à  la  mémoire  du  dernier  duc.  Louis  d'Orléans  n'était  pas  seulement 
le  bienfaiteur  du  couvent  des  Géiestins;  pour  Astesan,  c'était  l'époux  de  Valentine  de  Milan 
et  le  père  de  son  protecteur. 

Avant  de  quitter  les  établissements  religieux,  Astesan  nous  introduit  à  l'Hôtel-Dieu;  il 
le  trouve  si  beau  et  si  riche,  qu'on  peut,  dit-il,  y  recevoir  toute  espèce  de  personnes,  en 
quelque  nombre  et  de  quelque  rang  qu'elles  soient.  Tous  les  jours  on  y  dit  la  messe  et  les 
offices  pour  les  malades.  On  y  emploie  un  physicien  (médecin),  un  chirurgien  et  un  phar- 
macien; personnel  assez  restreint  et  qui  semble  attester  le  peu  de  ressources  médicales 
que  présentait  Paris  à  cette  époque. 

11  ne  faut  pas  s'attendre  à  trouver  dans  le  poëme  que  nous  analysons  une  description 
complète  des  facultés,  comme  celle  qui  est  donnée  par  Jean  de  Jandun.  Astesan  déclare 
qu'il  n'en  parlera  pas ,  parce  qu'il  vaut  mieux  se  taire  que  de  ne  pas  en  dire  assez.  Toute- 
fois il  chante  les  louanges  de  la  faculté  de  théologie  et  de  celle  des  décrets,  qui  font  de 
l'Université  de  Paris  la  colonne  de  la  foi  dans  le  monde  entier.  Il  remarque  ensuite  que  les 
Parisiens  n'ont  pas  de  faculté  de  droit  civil ,  parce  qu'ils  sont  affranchis  de  la  souveraineté 
de  l'empereur  d'Allemagne  :  remarque  déjà  faite  par  Jean  de  Jandun.  En  revanche,  Astesan 
nous  apprend  qu'il  existait  de  son  temps  quatre-vingts  collèges  fondés  par  des  rois,  des 
ducs,  de  puissants  seigneurs  ou  par  leurs  femmes,  et  que  ces  établissements  étaient  pourvus 
de  bourses  destinées  à  l'entretien  de  pauvres  étudiants.  Guillebert  de  Metz  en  a  énu- 
méré  un  grand  nombre,  et  nous  avons  eu  soin  d'en  faire,  par  voie  d'annotations,  l'histoire 
abrégée. 

Comme  ses  devanciers,  notre  poète  parle  de  la  grandeur  de  cette  cour  politique  et  judi- 
ciaire nommée  le  Parlement.  Le  nombre  des  conseillers  était  dès  lors  fixé  à  cent,  et  il  les 
compare  au  Sénat  romain.  11  rappelle  ensuite  qu'ils  ont  le  pouvoir  de  rendre  la  justice, 
avec  impartialité,  contre  tous  et  contre  le  Roi  lui-même.  Depuis  Jean  de  Jandun,  le  renom 
de  cette  cour  s'est  encore  étendu.  Ce  ne  sont  plus  seulement  les  adorateurs  du  vrai  Dieu . 
mais  encore  les  peuples  païens,  les  sectateurs  des  fausses  divinités  qui  envoient  leurs  causes 
au  Parlement,  et  qui  révèrent  ses  arrêts  comme  ceux  du  Tout-Puissant, 

Après  cette  revue  des  principales  merveilles  de  Paris,  le  poète  s'occupe  des  habitants 
de  cette  splendide  cité.  Les  artisans  y  sont  toujours  les  plus  habiles  de  l'univers;  le  peuple 
l'étonné  par  sa  multitude,  et,  tout  italien  qu'il  est,  il  compte  avec  admiration  les  prêtres 
de  tout  ordre  qui  y  pullulent.  Il  paraît,  d'après  ce  qu'il  nous  dit,  que  le  luxe  de  cette  époque 
avait  multiplié  les  chevaux  dans  les  rues  trop  étroites  alors  pour  les  carrosses.  On  ne  peut 
pas,  dit-il,  en  répétant  une  observation  déjà  faite  par  Guillebert  de  Metz,  passer  une  fois 
sur  les  ponts  habités  par  les  changeurs  et  les  orfèvres,  sans  rencontrer  un  cheval  blanc  ou 
un  moine  noir,  et  souvent  l'un  et  l'autre  à  la  fois.  Le  poète  donne  ensuite  un  souvenir  aux 
jeunes  filles  de  Paris,  dont  il  admire  la  beauté,  les  ajustements  coquets  et  l'esprit  enjoué. 
Sa  conclusion  est  qu'il  faut  avoir  vu  cette  ville  pour  s'en  faire  une  idée.  Avant  de  termi- 
ner l'éloge  de  la  cité,  il  rappelle  que  la  nature  lui  a  donné  un  sol  fertile  en  fruits,  en 
céréales,  en  vins,  et  généralement  en  toutes  les  productions  de  la  terre,  de  telle  sorte  que 
la  banlieue  est  digne  de  la  capitale. 

La  description  de  Paris  occupe  deux  cent  cinquante  vers  dans  le  poème  d'Astesan  ;  le 
reste,  soit  à  peu  près  six  cents  vers,  est  consacré  aux  environs  immédiats,  aux  diverses  rési- 


^  lij?*  et  vdcoif^  cor 
m  en  hVm  iwHt  .'^..imr 


^^— T^^   "    -^  - 'VtritCip*Vvi:çvUM^(tv«<u 


^Ç.nccvmcut?'n^  ^T-f^tA  wcr^tc  vcu^lud 
tVc^e^t'  «^lîfîi  mvtV^i  UçTvtiv:?  d\>"\)vl>e 


OU\0  t>tt^  cwcit>€^  '^octtt5^iMi>4t(t><wte^? 
\t  L  iua<^^  dtigJO  n^iolû  tnroptti?  4worcn>    _| 

Hj>n^^ett>ynAtu  mtc^t lit -^» vc^^mvmm'      0-wi  mYte  t^n»tnAi*»^c^t^pUovtS>vljê^ 

<\'>eYruo;  (y  tzinh  t>n npv^  ^m  P<'f*Wi:'*li  J         ^Vtt Wniô  •  />v/i  qni«j»  blvâlcat"  î^m$  xWos 

Qnn  twi»  yt<^  »  yi  ^ytvAn»  orV^tctig  :     ^  J\y(>v  Ar<vna»rn  yAaxa  vaUcia  xrcgiw . 
^#cÇYij  A<fccp^  vShU p^  '  f^tm  >iiçu  et comiiiî  xzyi\\ -iWc lAtcTw-  '^ 


Poème  descriptif  d'ANTOINE  ASTF.SAN.    ^    ïxmi    Ms.de  laBiblioth  de  Grenoble  col. 146  V 
Fa.c-simile  de  M  première  paoe  et  de  I  ecusso/i  du  Duc  d' Orléans  ^ 


ChromoMh.En^elmann  &  6r*f, 13, ru«  de  l'Abbaye  «*  G".  Peru 


I>AHIS  ET  LES  VILLES  DE  KHANCE  SOUS  CHAHLKS  VU.  iU 

dunroK  de  lu  fnmillr*  d'OrUam,  i-t  i-n  parliciilicr  ou  château  de  CoucY,  qui  lient  aiM  laive 
|ilace  dan»  le  r)'>rit.  IA)iivrii|;e  mc  lermine  |iar  la  relation  de  diven  royaiM  (uU  k  Lviw. 
Hoiirf;<-s,  RIoIm,  (hUann,  Tour»,  Noyon,  Senli»,  Compi^gne.  Laon,  SoitMM  «I 
Notre  |ir<>iiii(''Te  pensée  nvnit  Mé  ou  de  Hiipprlnicr  relie  partie  du  poëai«  on  de  la  i 
en  Inlin  MMiIntnent  ;  mnis  il  nous  a  paru  «pic  l.i  ville  de  Pari»  ne  devait  pat  ^atKagar  fal 
part  du  lion,  et  tpi'ii  (-(ail  <!•■  lion  ),'oùt  pour  elle  de  foin*  aut  ciléa  fhantfai  par  liltmwB 
\t>n  honneurs  du  livre  «pi 'elle  puhlie.  L'ouvra|;e  est  d'ailleun  cotapUtenaal  'uMk,  et  la 
Miutil.-ition  que  nouH  lui  aurions  fait  subir  en  aurait  certainement  diminué  le  mérile. 

Il  nous  reste,  iiv.-iiit  dr-  li-rniiner  relie  nolire,  h  «lécrire  le  niantttrrtt  onginal.  qui  apIMir- 
tient  à  lu  hihliolhècpie  pul)li(pie  de  (irenohie,  et  que  M.  le  maire  de  cette  ville  «ait  ea^ 
preKs*';  de  mettre  à  In  disposition  de  M.  le  Sénateur  Préfet  de  la  Seine.  Ce*t  ni 
iii-/i*,  en  vëlin,  composé  de  cent  cin(|uanle-huit  feuillets  numërol^at  ërrit  »ur  deni 
et  ré|[lé  à  l'encro  noire.  Le  commencement  do  chaque  livre  de  poétiee  att  dëeefé  d*) 
drenient.s  éléf^nnlH,  avec  des  fleurs  et  des  oiseaux  pour  motifs,  ainsi  qu'un  grand  noi 
de  lettres  majuscules  en  or  et  en  couleur.  On  y  trouve  encore,  répétées  plusieon  (m>,  la» 
armoiries  de  Louis  d'Orlénns  écartelées  avec  celle»»  de  Valentine  de  Milan.  An  folio  Q,  oà 
rouunerice  la  traduction  latine  des  poésies  de  Charles  d'Orléans,  cea  amoirias  toot  repré- 
sentées a\cr  un  an|re  pour  support.  Pour  donner  une  idée  etarle  de  l'etécotion  de  ee  na- 
nuscrit,  nous  avons  fait  reproduire  par  la  chromolithographie  la  preauèra  p^B  da  potoa 
descriptif,  et  nous  l'avons  pincée  en  re/jnrd  du  teite  imprimé. 

A^te.san  déclare  n'avoir  connu  les  (i-iivres  poé-tirpies  de  son  maître  que  pendant  son  se» 
jour  en  France.  Il  n'a  donc  pu  les  traduire  (pi'ù  son  retour  en  Italie,  c'c^t-i-dire  vers  i  &6u. 
Ce  travail  achevé,  il  eut  la  pensée  de  faire  écrire  par  son  fr^  le  volume  que 
sous  les  yeux,  et  qui  ne  fut  vniisi>niblahlemenl  achevé  que  vers  la  fin  de  lÂSt  oa 
le  cours  de  rniinée  suivante,  puiscpie  l'on  trouve  sur  le  dernier  feuillet  trois  épilapbeaaa 
l'honneur  de  Charles  \II,  mort,  ainsi  (|ue  nous  l'avons  dit  plus  haut,  le  99  juillet  i46i. 
Ce  (|ui  pnrntl  cerlain,  c'est  que  l'ouvrnd'e  était  dans  l'état  où  nous  le  voyons  aujourtThui 
avant  le  déc^s  du  duc  Charles,  arrivé  en  janvier  1^65,  car  il  n'y  est  fait  aucune  mrniMNi 
de  cet  événement.  Pendant  que  le  travail  de  transcription  s'e&écutait  en  France,  Aatena 
était,  selon  toute  np|inrence,  dans  sa  ville  nntnie,  préparant  de  longue  main  lea  BMjraaa 
d'exécution  pour  renlrejirise  militaire  que  le  fds  de  Valentine  méditait,  à  ealU  époqae. 
contre  ses  provinces  rebelles.  Le  voliune  fui  remis  nu  prince  deai  aaoéaa  plw  twd,  C^Cil-' 
à-dire  en  1  li('ù\ ,  et,  sans  nul  doute,  trè.s-hien  accueilli.  Charles  d'Orléans  t'emprwia  de  Ir 
faire  rouvrir  d'une  belle  reliure,  qui  est  ainsi  décrite  dans  un  ordre  de  payement  an  bom 
de  la  veuve  de  Jenn  Fouffère,  relieur  à  Blois,  lequel  avait  exécuté  ce  travail:  «Pour  avoir 
«relié  de  cuir  \ermeil  en  (jran<l  volume  un);  livre  en  |>archemin.  en  quel  livre 
«tenus  le  livre  des  Unliades  de  monseigneur  le  duc  d'Orléans,  tant  en  franeois 
«en  lutin,  et  nuire  livre  en  icelui'" " 


'>  OiiiM-iiiiKMit  nini'ii\.  in(li<|ii)(|iurfll«loguede  Mmw;  kmr  ia/ww sir  Iw mU,  kêalnÊmtai Fm- 

inrollifiiiHiCoiirrellos  iiii|iriiiii'i><<i)  1 8.3& .  p.  5o,  est  fni  Je  hwr  mkk,  d'après  ha  daeaaHali  «i^iaam 

repnMluit  |>nr  M.  \inié  ('.linn)|><)ili<)n  ii  In  |Migr  .t8&  et  ks  psiilfas  des  a— wrili.  fie.  Plm.  iMI. 

(ir  siiii  livn-  iiililiilé:  l.ouit  rt  C.knrlrt.  dufi  H'()r-  iB-8*.  I.'aaiear  M s'«il  paâ 


52/4  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Sur  le  premier  feuillet  de  ce  manuscrit  on  lit  ces  mots  :  Ex  libris  Claudii  Expillii  tSoj. 
Le  volume  provient  donc  de  la  bibliothèque  de  Claude  d'Expiliy,  président  du  Parlement 
de  Grenoble,  qui  l'a  peut-être  rapporté  d'Italie  lorsqu'il  y  fut  envoyé  en  1606  en  qualité 
de  commissaire  pour  le  règlement  des  limites  de  la  France  et  du  Piémont,  du  côté  du 
marquisat  de  Saluces'".  Claude  d'Expiliy  compte  au  nombre  des  meilleurs  bibliophiles  de 
la  première  moitié  du  wn"  siècle  :  «Feu  M.  Claude  d'Expiliy,  dit  le  P.  Jacob,  étoit  avocat 
«général  au  Parlement  du  Dauphiné,  puis  président,  homme  sçavant  comme  le  témoignent 
«ses  œuvres,  et  curieux  en  la  recherche  des  bons  livres,  desquels  il  avoit  fait  sa  biblio- 
«thèque,  qui  est  à  présent  conservée  par  M""  la  présidente  de  Brion,  sa  fiHe'^'.  » 

Il  n'est  pas  douteux  que  le  volume  tout  entier  ail  été  dédié  au  duc  d'Orléans,  bien 
qu'il  en  soit  fait  mention  seulement  dans  la  première  colonne  de  l'ouvrage  placé  en  tête 
du  manuscrit.  Voici  le  texte  de  cette  dédicace  :  Ad  illustrissimum  principem  et  excellentissi- 
mum  dominum,  dominum  Karolutn,  duceni  Aurelianensein  et  Medtolanensem ,  Antonh  Astezani 
civis  Astensis  libellus  incipil  de  admirabili  terre  motu,  qui  in  regno  Neapolitano  accidit,  anno 
Christi  miltesimo  qtiadringentesimo  quinquagesimo  sexto,  die  quarto  decembris,  nec  non  de  appa- 
ritions crucifixi  apud  Capuam,  dicti  regni  civitatem. 

Le  volume  renferme  les  ouvrages  suivants,  tous  écrits  de  la  même  main,  et  se  suivant 
sans  interruption  : 

I.  Un  livre  sur  le  prodigieux  tremblement  de  terre  qui  arriva  dans  le  royaume  de  Naples, 
le  4  décembre  i456,  et  sur  l'apparition  d'un  crucifix  à  Capoue  ;  adressé  à  Charles  d'Or- 
léans (f  i)W. 

II.  Epîtrc  de  félicitation  adressée  à  Charles  VII  au  sujet  de  l'acquisition  de  Gênes,  et 
datée  d'Asti,  le  q3  mai  1 /i58  (f  6)<«. 

est  en  opposition  avec  l'opinion  émise  par  lui-même  rr  avant  l'année  1601,  dans  la  bibliotlièque  du  pré- 
dans  son  édition  des  poésies  du  duc  Charles  d'Or-  irsident  d'Expiliy,  célèbre  jurisconsulte  du  Dau- 
léans  :  selon  M.  Cliampoliion,  en  effet,  Astesan  (rphiné;  car  c'est  de  cette  dernière  bibliothèque  que 
n'aurait  pas  eu  la  possibilité  d'offrir  au  duc  Charles  <rle  volume  passa  dans  celle  de  M.  de  Caulel ,  évêque 
le  recueil  qu'il  avait  composé  pour  lui,  parce  que  ret  prince  de  Grenoble;  et  c'est  de  ses  héritiers 
la  mort  de  ce  prince ,  qui  eut  lieu  en  1 465 ,  devança  "quelle  fut  acfpiise  pour  être  rendue  publique ,  par 
l'achèvement  du  volume.  (Voii-  la  notice  historique  ffle  seul  effet  d'une  souscription  qui  lut  généreu- 
de  M.  Champollion,  p.  xxv.)  trseraent  remplie  par  les  notables  habitants  de  la 

'"'  L'opinion  que  Claude  d'Expiliy  avait  rapporté  «ville.  « 

ce  manuscrit  d'Italie  a  été  émise,  en  1817,  par  '*'  Traiclè  des  plus  belles  bibliothèques ,  etc.  Paris, 

M. Berriat  Saint-Prix.  M.  Aimé  Champollion-Figeac,  i64/l ,  in-8°,  p.  647. 

dans  la  notice  déjà  citée,  explique  autrement  la  pré-  '''  Il  n'y  a  point  eu,  dit  Astesan,  de  si  grand 

sence  de  ce  manuscrit,  d'abord  dans  la  bibliothèque  désasti-e  depuis  le  déluge;   cinquante  villes  ont 

du  président  d'Expiliy,  puis  dans  celle  de  Grenoble  :  péri ,  vingt  autres  ont  éprouvé  des  donmiages  cou- 

<t  Quelques  années  après  la  mort  de  Charles  d'Or-  sidérables,  et  plus  de  cent  mille  hommes  ont  perdu 

trléans,  un  des  princes  ses  gendres,  Jean  de  Foix,  la  vie.  De  tous  les  auteurs  qui  ont  écrit  sur  ce  su- 

«comte  d'ÈlamjMîs,  oblint  du  Roi  le  gouvernement  jet,  aucun,  dit  M.  Berriat  Saint-Prix,  n'a  donné 

trdu  Milanais,  puis  du  Dauphiné:  il  est  possible  des  détails  aussi  étendus  qu'Astesan. 

rque  le  manuscrit  d'Astesan  lui  ait  été  alors  offert  ''  Dans  cette  épîlre,  Astesan  constate  que  les 

ffconime  un  des  ouvrages  les  plus  dignes  de  iinté-  Français  ont  été  appelés  par  le  vœu  des  Génois, 

rrresser.  Cette  circonstance,  si  elle  était  réelle,  ex-  et  qu'ils  se  sont  montrés  aussi  humains  après  la 

ffpliquerait  suffisamment  l'existence  de  ce  manuscrit,  victoire  que  braves  pendant  le  combat. 


i  ilAlU.I.S      DDIM.r.AN. 

KiU  du  Dur  t.auU  H  dr  Vulrnlinv  ér  MiUm 


l'AItlS  KT  LKS  VILLRS  DE  FRANCK  SOUS  CHARLES  Vil.  iii 

III.  Traduction  on  vent  latin»  des  poMaf  du  duc  d'OrUant,  arec  le  leste  fraaçaie  es 

rcffnrd  (f"  9  à  ta)'". 

IV.  Kléfpns.  Livre  !"  (f*  1 1 3);  no  contient  (|uc  dm  piiees  fngiinret. 

V.  KI(;(,M(*H.  Livre  II*  (1^  1 17  ver»o,  9*  col.).  On  y  trouve  plusieurs  pointa 
(Ips  r('-rits  (|iii  ne  xont  [toinl  indignes  de  Boccacc. 

VI.  Kli;f;i)-s.  Livre  III*  (P  taa  verso,  1"  col.).  C'est  U  que  rautaor  a  réoai  iae 
bnïuse.s  pièces  de  vers  adrcMëet  à  d'illustres  Gënois  pour  obtenir  un  rnnploi  d« 
(Hi  de  lecteur  dans  leur  ville. 

VII.  Mf'frios.  Livre  IV*  et  dernier  (f*  1  98  recto,  a*  coL).  Ce  livre  reoferaM  d 
rciiierctiiiciits,  protosliilions  d'omitit^,  demandes  d'argent  &  diven  penoawigaa.  La  ét^ 
nu'ri'  |>ii'-(:(;  l'ut  lue  ù  VilJciDMjvc  d'Asti,  devant  le  duc  (^barlirs  d'Orl^M. 

VIII.  Lettres  bdroï(|urs.  Livre  I*  (f*  t35  recto),  contenant  une  d^dieaee  aa  rot 
Charles  VIII,  une  longue  pi^ïce  de  vers  adraeeëe  au  duc  d'OrléaiM  et  cooMcrée  aa  rtctt 
des  exploits  de  Jeanne  d'Arc,  une  <^|ittre  à  l'amiral  génois  Blaiw  d'Afireo. 

IX.  Lfllres  lit'roûpies.  Livre  II*  [t'  1 '10  verso),  renfermant  rinq  pîèeet  doot  OM  ail 
adressé)-  aux  Milanais,  pour  les  engagera  se  soumettre  h  l'autorité  de  Charlei  dtMélM, 
et  une  autre  ù  Juvénal  des  Ursins,  pour  lui  proposer  un  projet  d'épopée  en  rhomwr  dae 
Français  c(5lèbres. 

\.  Livre  III*  et  dernier  (P*  i  ^16  verso,  i**  col.).  C'est  celui  qui  renferme  le  r^t  du  tojagt 
flAslesnii  en  France. 

M.  Livre  sur  rn|(pnrilion  de  la  croix  à  Bayonnc,  dédié  i  Charles  Vil  (C*  tSS). 

Ml.  Livre  hr  rv  funeren  (1^  1 55-i  58  verso).  C'est  là  que  se  trouvent  les  Iroia  ëpitaphae 
de  (Charles  VIL 

A  la  suite  de  ces  pièces,  un  demi-feuillet  et  un  feuillet  entier  sont  restés  en  blanc,  ce 
(|ui  semblerait  in(li(pier  que  le  poëtc  voulait  .se  ré.<ierver  un  peu  de  place  pour  aea  deroièrea 
inspirations.  IVut-cUre  avnil-il  l'intention  d'in.srrire  l'épitaphe  de  son  protecteur  ik  h  fin  de 
ce  méiiic  manuscrit  dont  la  première  page  lui  était  consacn^e.  Peut-être  aussi  ctait-ce  la 
sienne  [tropre  qu'il  méditait,  comme  notre  illu.stre  fabuliste.  Nous  ne  poavoM,  à  cal  %anl, 
émettre  que  des  conjectures. 

'''il  iiVsl  pas  sans  inl<<i^t  de  birc  voir  avec  quelle  lidélil^  Antoine  AstetMt  •  inàaSi  «1  «en  I 
pièce  la  plus  justement  rauiarquée  des  poésies  de  QiariM  d'OrMans: 

Le  tomp*  ■  UiHié  wn  nMDleaa  TiMpM  <|Md  l«|Ml  danUMl  HmUt  MMk 


Da  vMl,  d*  (hiidBra«td«pia|t,  T«atarMi,aMaMM(H<*M|la«i(; 


Da  Miltit  niant  dar  ai  l>a«a.  Fm 

Il  n'y  a  baaia  na  oùmo  ,  Mm  «M  ■ 

Qai  an  ion  jargon  iw  diaala  on  «f7«  :  CaaM 

La  lampa  a  laiaaM  ion  manlMi  Ta*^  ^«4  r«|Ml  4mMmi  AaM  mmA» 


Da  Tant,  de  froidure  el  da  ploya.  TaaItnM,  aaa  mm 


Riviara.liNiUinaalnriaaaaa  lianttaltalMaliM.ia 

Partent  an  livrée  joi}«  ImWHm,  faria**  BNa 


GMllaa  d'argant  d'orferrarie.  AifaMi  «aria  IhIm  m 

Ckaacaa  t'aUHa  da  aaavaaa.  A«aaM  «aalM  aaaa  aM 


La  laaipa  •  UmM  aaa  aaalaaa 

Da  »aBl ,  de  froidure  et  de  pluyr.  Imtmmt ,  »»*  aa* 

Fauta  da  <|nanlil4  :  *4né  aal  an  Ihbra^aa. 


526  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

En  terminant  celte  notice,  il  nous  sera  permis  de  faire  remarquer  que  tout  est  inédit 
dans  lepoëme  descriptif  que  nous  publions  :  texte,  traduction*"  et  commentaires.  Nous  avons 
fait  en  outre  au  chantre  de  Paris  les  honneurs  d'une  Ulmlrntion  splendide  :  les  deux  plus 
belles  miniatures  du  célèbre  missel  de  Juvénal  des  Ursins,  écrit  et  enluminé  vers  la  même 
époque,  ont  été  reproduites  avec  un  rare  bonheur  pour  éclairer  le  récif  du  poëte  milanais; 
et  des  gravures,  figurant  exactement  les  lieux  qu'il  a  décrits  ou  rappelant  les  traits  de  ses 
protecteurs,  s'ajoutent  encore  aux  deux  pages  inestimables  dont  nous  avons  enrichi  son 
œuvre.  Comme  ses  (rois  devanciers,  Antoine  Astesan  n'a  donc  point  à  regretter  le  demi- 
jour  du  manuscrit  :  il  est  douteux  que  son  frère  Nicolas,  même  avec  l'aide  des  meilleurs 
miniaturistes,  ait  fait  davantage  pour  la  gloire  de  l'auteur  et  pour  l'intelligence  du  livre. 

'''  La  traduction  et  une  partie  de  la  notice  ont  été  l'objet  d'un  premier  travail  confié  à  M.  Bnipl,  ar- 
chiviste-paléographe. 


POËME  LATIN 


Dl 


AINTOIINE   ASTESAN. 


(TKXTB  BT  TRAbltTlUK  ) 


528  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

ÉLOGE  DESCRIPTIF  DE  LA  VILLE  DE  PARIS 

ET  DES  PRINCIPALES  VILLES  DE  FRANCE 

EN  1451, 
PAR  ANTOINE  ASTESAN 


ANTONII   ASTENSIS 

EPISTOLABUM   HEROICARUM  INCIPIT  PBOLOGLS  LIBRl   TERCII , 
AD   ILLUSTREH  ET   l>CLITL'H  PRINCIPEM  DOMINliH  JOBANNEM,   COMITEM  ANGOLISHE>SEM. 

Cum  me  non  fugiat,  cornes  illustrissime,  quod  lu 

Et  legis  et  relegis  carmina  nostra  libens, 
Hoc  ego  constitui  carmen  tibi  mittere,  quod  nunc 

In  patria  cecinit  nostra  camena  tua, 
5  In  quo  descripsi  quœ  plurima  digna  relatu 

Gallorum  in  terris  visa  l'uere  milii. 
Quod  misi,  princeps,  idcirco  libentius  ad  te, 

Gui  res  est  omnis  Gallica  nota  magis. 
Ut,  si  fortassis  fuerim  deceptus  in  illo, 
10  Cernera  et  id  valeas  significare  niihi, 

Quo  prius  emendem  quani  doctas  tendat  ad  aures, 

Quam  divulgetur  carmen  in  ora  virura. 
ïd  facias,  quaeso,  non  solum  propter  amorem 

Quo  me  prosequeris,  sed  bonitate  tua  : 
i5  Quo  non  est  melior,  quo  non  bumanior  aller, 

Nec  mage  virtutis  seu  probitalis  amans. 
Non  bene  lornatum  mihi  sit  fas  reddere  carmen 

Incudi,  et  limœ  supposuisse  tuae, 
Quem  non  solura  ornai  rerum  prudenlia,  sed  qui 
ao  Doclus  es,  et  doctas  excolis  usque  deas. 

Non  vereor  ne  quis  possit  reprehendere  nostros 

Versus,  si  tanti  principis  ora  probent. 
Quod  si  forte  meo  faciès,  ut  spero,  rogatu, 

Pro  magno  ascribas  munere  deinde  mihi, 
a  5  Qui  tuus  existo,  qui  viribus  ardeo  lotis 

Eflicere  acceptam  rem  tibi  posse.  \  aie. 


PAHIS  KT  LES  VILLES  DE  FHAPfCE  SOIS  CHARLES  VM.  tS9 

ÉLOOK  DKSCrUPTFI    l)K  LA  MLLE  DE  PARIS 

ET  DES  PIIINCII'ALE.S  VILLES  DE  FHA.>CE 
KM  1451. 
PAR  ANTOINE  A8TKS*> 


l'ItOLUGlF.  DL  LIVRK  III  DKS  ÉPItRLS  HÉROIOLBS 
D'ANTOINE  D'ASTI 

À  ILLVftTBB  BT  C<I,iBBE  PRINCR  MOl^KBICNEtB  JBA.1,  COMTB  PAMOOLÉIK  '. 

(ioriimc  je  sais,  très-illustre  roiiitc,  que  vous  lisez  et  relisez  volootien  OMB  ver»,  j'ai 
r/'solu  de  vous  (ulresser  ce  poëtne ,  que  ma  muse  vient  de  chanter  dans  vo(r«  pairie,  el 
(Inns  lc(|uel  j'ai  décrit  un  très-jrrand  nombre  de  choses  qui  m'ont  paru  digncB  d'être 
remar({ué<'s  au  pays  de  France.  Je  le  dtklie  avec  d'autant  plus  (rempresceroent  k  un  prince 
(|ui  connait  si  bien  toutes  choses  en  France,  que,  si  j'oi  commis  quelque  erreur  dan»  me» 
vers,  il  pourra  la  remur(|uer  et  me  la  signaler,  afin  que  je  la  corrige,  avant  que  li  iiofiwii 
arrive  aux  oreilles  des  savants,  et  qu'il  coure  sur  les  lèvres  des  homme». 

Faites-le,  je  vous  prie,  non-seulement  pour  l'aiTcction  que  vous  me  portez,  mait  par 
hnnté  naturelle;  car  nul  n'est  meilleur  que  vous,  nul  n'est  plus  humain,  ni  plus  amott- 
reux  de  la  vertu  et  de  lu  probité.  Qu'il  me  soit  permis  de  remettre  sur  l'enclume  dea  ver» 
«pii  ne  seraient  pas  bien  façonnés'*',  après  les  avoir  soumis  i  la  critique  '  (fun  prinrr 
qui  ne  brille  pas  seulement  par  la  sagesse,  mais  qui  est  aussi  un  savant  el  qui  cultive  sao* 
cesse  les  doctes  sœurs '^'.  Je  ne  crains  pas  que  personne  puisse  trouver  i  redire  à  bcb  vers, 
s'ils  obtiennent  le  sulTra^re  d'un  si  f;rand  prince.  Si  vous  exaucez  ma  prière,  comme  je  Fet- 
|ière,  vous  aurez  ajouté  un  f^rand  bienfait  h  ceux  dont  vous  asci  déjà  comblé  un  bomnir 
i|ui  est  tout  à  vous,  et  qui  déploie  toute  son  nnli»'  >'>n  de  faire  une  truvre  qui  tou«  »oil 
Jiljréable.  Adieu! 


'    Voir,  p.  5t8,  quelques  détoilAbi(>gni|iliii|ui>!t  la  liiiN'.  ^ùmp  bW,  et  ha 

sur  ro  |M<r8()niin{^ ,  dont  non»  lioiuioiis  le  |Mirtmità  mnlla  lihm.  i  [h  (tri.  fmt.  «.  191-93. t 
rAU<  (le  rrliii  ili>  Charles  (rOrli^anii.  '    Le  conte  d'AngooMa 

'    Allusion  nii  vers  irilnrnre  :  n'Iigieai  M  oUi|faaal;  il  MMJI  d 

Kt  mal*  tom«UM  incinli  mltlfr.-  >rrMii».  lelln».  Jean  Do  Port,  son  biognplw.  lai  ( 

\i).,rt.fmH  ,.  kki  )  une  Iraduclioa  des  dalifHs 

I^  texto  porto  limiTi  c'est  in  roiiliiuiiilioii  de  inoyea  Ige  Mw  le  Bon  de  Gmm,  d  1 

lii  iiiein|)liim-:  nn  lime  le*  vers  après  les  avoir  lôr-  laire  de  m  Kvn*  «e  Intove  fiadieaiiM  de  | 

);;)■>.  Ilnnir*<  recommoiMle  aux  Pisoiis  le  travail  <l<'  volunM«écriiBdeaaMàB.(Vair«i<dMaB.pkSi(.) 

«HT.   —   I.  §7 


530  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

ANTONII  ASTENSIS 

EPISTOLARUM    HEROICARUM    LIBER   TERCItS    ET    ULTIMUS   INCIPIT , 

AD  ILLUSTREM  PRINCIPEM  DOMIMJM  JOHA^^EM,  MARCHIONEM  MONTISFERRATI. 

NonnuHos  ad  te  cupienti  scribere  versus, 
Ulustris  princeps,  ut  me  cognoscere  posses 
Esse  tuî  memorem,  certe  mihi  carminé  dignum 
Nil  magis  occurrit  scribendum  hoc  teinpore,  quam  res 
5  Quas  vidi  egregias  Gallorum  nuper  in  oris. 

Nec  tamen  hoc  omnes  iilas  me  scribere  libre 
Posse  putes;  siquidem  pra;slantuni  copia  i-erum 
Tanta  est,  quas  vidi  Gallorum  vectus  ad  oras. 
Ut  neque  Virgilius  neque  carminé  possit  Honierus'"' 
10  Scribere,  nec  verbis  Gicero  proferre  solutis. 

PARISIUS. 

Namque  (ut  prœfeream  memoratu  plurima  digna), 
Vidi  Parisius,  qua,  tenipestate  sub  ista, 
Nulla  urbs  in  toto  ferlur  praestantior  orbe 
Esse,  nec  immérité;  nam  dum  sua  mente  revolvo 
i5  Ornamenta,  meum  subit  admiratio  peclus; 

Atque  ita  regaiem  me  cernere  suspicer  urbera, 
Régis  ut  Epiri  Pirrhi  '*'  legatus  ab  urbe 
Homana  rediens  visam  sibi  rettulit  illam. 

PONTES  SEOANiî. 

Miror  enim  pontes  quos  Secana  sustinel  amnis, 
ao  (}ui  parte  in  gemina  mediam  perlabitur  iirbem, 

Diversa  capiens  oneratas  merce  cariiias, 

lHuc  interdum  vicino  ex  aequore  vectas; 

Pontes  tam  multis  munitos  aedibus  at(|ue 

Artificum  manibus,  nusquam  apparenlibus  undis 
95  Fiuminis,  ut,  si  quis  pertranseat  inscius  illos. 

Se  transire  aliquas  ignoret  (luminis  undas; 

Quod,  ne  vera  negem,  priinum  michi  contigit  ipsi. 

DOMUS  PRINCIPtlM. 

Miror  Francorum  praeclara  paiacia  regum, 
■''  Le  texte  donne  Omenu.  —  '■  Astesan  a  recherché  l'assonance  Epirhi  Pijrrki. 


PAHIS  ET  LES  VILLES  DE  PHANCB  SOUS  CHARLES  VII. 


SS1 


UVRK  III-  ET  DKItNIKR  DES  ÉPhlBS  HtmWJlt» 

h'ANTOliNK  b'ASTI, 

À    11.1,1  Mil).  l'IUM.k  MU.>SKI(iKBL'H  JKA.>,   MtROCIS  DE  1io:«TrB«*AT '*'. 

Illiislrn  prince,  dan»  mon  désir  d«  vous  adresser  quelipies  vers  poarvwM  praover 
l)icn  je  i^ardc  votre  Houvonir,  rien  ne  m'a  paru  piux  di);ne  de  fournir  aujourdliai  l«  m^ 
d'im  pocriir-  (|U('  les  l)flles  choses  fjiie  j'.ii  vuM  IMgllAfV  dans  le  {Mjr»  de  France.  V 
I  royc/  piis  ('i-|)<>ii(lunt  (|iic  je  pourrai  les  renfermer  loatet  en  ee  livre;  car  le  nombre  de» 
merveiljeti  (|ue  j'ai  admirées  dans  mon  voyage  de  France  est  si  grand,  que  ni  Virfrile  ni 
ll(iiii)'>re  ne  pourraient  les  décrire  en  vers,  ni  Cicéron  lui-même  lea  neooter  en  pr»»' 


PAHIS. 


Kn  eiïel.  sans  parler  de  tant  d'autres  lieu»  mémorables ,  j'ai  vu  Paris,  cette  ville  i|ui 
est  regardée  comme  la  plus  belle  (|u'il  y  ait,  de  nos  jours,  dans  l'univers,  et  ce  n'est  pn» 
•«atis  raison.  0>i<>i>d  je  repasse  en  ma  pensée  toutes  ses  beautés,  l'admiration  s'eMMW  de 
mon  Ame:  il  me  semble  voir  une  cité  de  roi»,  telle  qu'à  son  retour  de  Home  1 
denr  de  Pyrrhus,  roi  d'Kpire,  dén-rivait  la  ville  qu'il  venait  de  visiter"'. 


LES  PO^TS  DE  LK  SEnC. 

J'admire  ces  ponts  jetés  sur  la  Seine,  tpii,  partagée  en  deui  bras,  travene  le  milieu  de 
la  ville,  recevant  dans  son  cours  des  barr|ues  rharf^ées  de  marchandises  divenea  aaeaéea 
parfois  jusi|ue-lù  de  la  mer  la  plus  voisine'^'.  Les  [tonts  sont  si  couverts  de  maisons  et  de 
troupes  d'artisans;  les  eaux  du  fleuve  sont,  par  suite,  si  bien  cachées,  que  relui  qui  le» 
traverse,  sans  ()lre  prévenu,  ne  se  doute  pas  qu'il  franchit  le»  eaui  d'un  fleuve;  ce  qui.  je 
dois  l'avouer,  m'est  arrivé  à  moi-même  lu  première  fois. 

LES  HÔTELS  DES  (ilU^MOS. 

J'admire  les  superbes  palais  des  rois  de  France,  ceux  des  ducs  e(  dea 
royale,  palais  ornés  et  embellis  chacun  d'une  manière  différ>.>nte. 


Voir.  |).  .'>-)o,  i|iiel(|iii^  (i«<l«ils  liiii|rni|)liii|ii<-> 
sur  Joon,  iiinii|uis  de  Mnnircrrnt. 

*'  Il  s'n)pl  iri  dii  riiUD'iix  Ciiii'ns.  dniit  les  sages 
coiiHoils  ne  TiinMit  |mis  suivi»  |tar  Pyrrhus.  Envoyé 
de  TaiTulc  où  raiiipail  le  roi  d'Epire.  et  reçti  «vfc 
liiiuti'ur  |iiir  A|i|)ius  C.lnudius  (',n>ru<i.  dont  l'iii- 
llucuret'Uiit  |ir<<|i()ndénui|p  nu  Séiinl,  (".iiM<n>i  n'>iiil . 
dit  i*lti(nrf]UR.  rnp|>or(nnl  h  son  maître  cp»>  Bhum' 
lui  iiMiit  |Nini  uu  tiMiipl)',  cl  |i>  Snint  une  n»!teiid>l«V 
di>  rois  ou  di<  (Icnii-ditMix.  \a'  uiiu'(|uis  de  MniilfiTml 
u'étnit  |H>iu(  uu  PwTlnis.rt  Vslt>sjiu  ue  saumil  iMrr 
<-i)ui|>.in<  à  (linéas;  mais  relie  n'uiiiiisrenr»'  hi'tlo- 
ii(|uc  li'ni(>i|;u<'  dw  r<>un«ifisflnr«><i  d«»  l'nuleur. 


'    Les  barques  de  h  Haose 
dninil  oni<ctiirniriil  jiuqu'à  la  i 
sitioa  de  la  Haaw  norBMHbélaUia  à  Rmmi.  «I M 
revenaient  dunte d»  iMnhaMliHB.  Diaraaélo. 


a  nais  pv  la  ^ 

de  r^^SMl- 

n  avMl  rsfv  ee  IrH 

il  b  Itin.  ftà 

whSsàw 


on  voit  DagoiMft  I" 

lliivinle  et  —arilMne  ha 

llilaire  «le  PttîlMra.  Le 

desrettdit  le  Clain.  puis  b  V 

il  (li'tmurhn  dan*  rOcëaa.  «t 

iju'd  rciiiuaU  juaqa'k  Paris,  tle  «ojag*  ■•  fc*  ■•» 

dooie  pas  la  scoL  AsImm  ne  dk  painl  qae  hs  aa»- 

bartatioM  wiil  u  parle  nsann  pwuKunss;  pvi* 

II,   ■   At,aw^i4tfflk^MMâ.rfJlMK  ^H  «Wa^M^VMS  -_g-— _^^|^     flB| 

•7 


532  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Atque  ducum  et  comitum  regali  stirpe  satorum, 
3o  Quae  vario  rerum  sunt  ornatissima  cuitu  ; 


PALACIUM. 


Illud  prœsertiin  publicis  quod  servit  abunde 
Ofliciis,  in  quo  lites  agitantur,  et  in  quo 
Quisque  potest  doctum  causœ  reperire  patronuni. 
Comperies  illic  quicquid  vénale  requires 

35  Et  magni  et  vHis  precii,  veteresque  novasqiie 

Vestes,  et  quales  quaevis  a  Pallade  docta 
Femina,  vel  quales  doctissiina  fecit  Aragne, 
Quae,  praeferre  Deae  sese  audens,  crimine  fastus 
Damnata,  in  siccis  nunc  pendet  aranea  tignis. 

/lo  Utque  brevi  expediam,  génère  in  quocumque  niinistras 

Palladis  egregias  credas  hic  vendere  nierces, 
Tantum  vel  lana;  vel  lini  venditur  illic; 
Nec  bombicis  opus,  nec  deest  ibi  purpura  fnlgens. 
Nec  quicquid  teneras  solet  exornare  puellas, 

45  Aut  maires,  pulclirasve  nurus,  puerosque,  viros(jue; 

Non  opus  argenti,  nec  opus  preciosius  auri, 
Nec  cupri  aut  ferri,  deest,  alteriusve  metalli, 
Nec  quicquid  solet  in  varios  convertier  usus 
Pellibus  ex  variis  animantum  tergoribusque. 

5o  Quin  etiam  gemmas  illic  reperire  valebis, 

Diversosque  libros  diversis  artibus  aptos: 
Cunctaque  quœ  miseris  possunt  morlalibus  ullas 
Ferre  voluptates,  illa  venduntur  in  aula. 
Non  desunt  scachi,  tallive,  aut  allea  ludus, 

55  Omnia  praîstantis  dextra  confecta  magistri. 

Non  desunt  puppae,  gratissima  dona  tenellis 
Virginibus,  miro  cultu  formaque  décor*. 
Non  desunt  quaecumcjue  velis  ludive  jocive 
Instrumenta,  viris  seu  pulcliris  apta  puellis. 

<>o  Illic  sunt  eliani  moninienta  insignia  |)alma' 

(Juam  tulit  ex  victo  Gothoi'redus  i'ortior  angue. 
Kxtulit  Alcidem  non  parva  laude  vetustas, 
Quamvis  ex  magno  natum  Jove  diceret  illum, 
Quod  potuit  geniinos  infans  superare  dracones, 

65  Quodque  in  forma  anguis  Aciieloum  vicit  et  Hydram'*'; 

'''  Le  texle  porte  Idrnm. 


I'\HIS  ET  LES  VILLES  UE  FHANCE  SOIS  CHARLES  VIL 


sts 


LB  PALAIS. 

\.i-  |)lu!t  reiiiur(|Uiible  eut  lu  (lalais  qui  eut  «limtinit  aux  aflairm  |>ublii|ue»,  daiu  I 
|tliiideiit  l<!H  proc^H ,  où  chacun  peut  trouver  un  «avant  clt^fpnkeur  (lour  «oateair  «  ri«w"',  Oa 
y  nuunuln- cnrorr;  tout  ce  que  l'on  veut  acheter  avec  beaucoup  ou  pea  ifinplt  *"  '  dw  lUê 
ments  vieu\  on  neufit,  ouvrnf^eK  (ju'on  «lirait  fuçonnt'H  par  uneéi^ede  PsUm,  i 
inainx  do  cette  industrieuse  Arachné  (|ui ,  jadi» ,  ayant  oaë  m  mettre  m  dfiMUi  d'à 
lui  i;on(lfiinnée,  pour  «on  orjjucil,  à  vivre  di^toraïaÏA  «oui  la  forme  d'une  anigl 
iiiix  solive»  desst^chéeH.  Pour^^tre  bref,  je  dirai  que  dans  chaque  genre  fow  croirici  roir  de* 
servante»  de  Pallas  vendre  ici  leur»  superlies  tiuus,  tant  oa  y  débite  de  laine  et  de  fil.  Il 
n'y  manque  ni  soie,  ni  pourpre  <!clatante,  ni  rien  do  ce  qui  {n'uttervirà  parvr  Ice  jeance 
filles,  les  mères  ou  les  jeunes  femmes,  les  enfants  H  les  hommes.  On  j  voit  de»  olMto 
d'iirf^ent,  d'iiutres  plus  pnkicux  en  or,  d'autres  de  cuivre,  do  fer  ou  de  (oui  «utre  méUl,  de» 
fourrures  et  des  peuux  d'iuiiniau\  approprii^  h  une  infînit((  d'usage».  On  y  traove  eacaiv 
des  pierres  prt^cicuses  et  les  divers  livres  qui  ont  rapport  oui  divenee  nrnfnwiow  Eafia, 
tout  ce  qui  peut  .qiporter  quelque  joie  aut  malheureux  mortels  se  vaad  dlM  celle 
salle.  Il  n'y  manque  ni  «échecs,  ni  di's  ou  autres  jeux  de  hasard,  tous  façooadt  par  lee  waim 
(l'un  mnttre  habile.  On  y  trouve,  présents  si  doux  pour  les  {letites  Tdles,  de  belles  poupëee. 
(|ui  sont  des  merveilles  de  travail  et  d'habillement'*'.  Il  y  a  tout  ce  qu'on  peut  déeirar < 
jeux  et  annisemenUs,  s(»it  |)our  les  hommes,  soit  |H>ur  les  tielles  jeunes  filles.  On  y  voit  ( 
les  i^iorieiix  témoij'nages  de  la  victoire  que  le  courageux  Godefroy  (de  Bouillon)  remporta 
sur  un  serpent  <*'.  l/antiquilé  a  prodi);u«'^  les  éloges  à  Hercule,  bien  qu'elle  le  criil  fils 
du  grand  Jupiter,  pour  avoir  dans  son  enfance  étouffé  deux  dragons,  pour  avoir  vaincu 
Achéloù.s  sous  la  forme  d'un  serpent  et  triomphé  de  l'hydre  (de  Leme);  elle  a  loué  égal*^ 
ment  IMiébus.  vainqueur  du  serpent  Python  '^'.  Je  ne  parlerai  pas  du  prodigieux  seipeal  «me 


le»  e\|M<<linit  i\  l'iiris  en  vertu  d'un  ncponi  ovw  \n 
Msrclinndiso  (le  l'eau. 

'*'  l.a  chicane  ne  roiiniissant  |nis  nioti^  nux  <lé- 
velopiwnieiits  |MM<(i<|um,  à  innins  de  |M>in(lre  l'Antre 
où  elle  H<<  cnrlio.  Aslrsan  |)nHse  ininHMinU'iiieiil  nu 
hftjinr  (lu  l'nliiis.  (|ui  se  iiitVjiit  inioii\  ii  In ili>!)rri|)li)ih. 

'  Il  est  intéressant  de  roni|Kin'r  l'énuniérntioii 
■  |iii'  fuit  \slt><wiii  <li>s  ohji'ls  i'\|i<>sé!(en  vente  (Inu;!  In 
(inlcrie  nuirriiiinile  ilu  l'nluis,  nvix-  relie  qu'un 
trouve  (Ions  le  livre  de  Jean  de  Jandun  tkni  plus 
d'un  sitVlc  iiiipnrnvnnl.  (Voir  |>.  .">o  et  ôi.) 

'''  Jenii  de  Jnndiui  et  (inilleliert  de  Meti  (p.  S*- 
53  et  a3<3)  avaient  constaté  de  leur  temps  l'habi- 
let((  dont  faisaient  prenve  les  fnhrirnnls  de  jouel» 
parisien».  I.e  potier  d'élain  i-qui  trnnit  ih's  n>Mi- 
"gnols  rhnntans  en  yver*  était  |)eut-^tn'  le  Vaii- 
cansiin  «le  celte  i'|)<M|ne. 

''    On  se  rn|i|M'll(>  que  (iudlelM-r(  il<>  Mclji  uien- 


lioniie  un  «utrr  irnpbëe  de  GoéAvi  de  I 
liendu  aux  vodie»  de  k  Sainto-Ciwpdk.  (Veirct- 
deasos,  p.  1S9.)  Le  serpent  qe'IHiiiea  v  daasb 
I  iraml' Salle  doit  lire  k  poMlâl  de  «pi^  de  gritM  :  • 
Micrait^oe  poiotae«i  «pMlfMeanaaM  de  sawini 


'«pu  I» 


de  ParisT  Corroset  park  d'un 

-  nnurri-woit  «Uns  les  eignals  ftmm  tm 

-<H  qui  fut  trtHivd  et  tn<  tmdk  fm  Tm 

•  fendations  de  k  (inuMT  Sale.*  C»  prêts» 

dik  qu'on  voyail  oneere  «1 1&&0  ne  «ennl-d  pa» 

ansai  k  asrpeat  oMnlkané  par  AalaHnT 

*'  .tstesan  panill  avoir  hil  MM  4kide  par  tu  ■ 
li^  des  MUâmwfhm  dXKide:  1  a  ganil  an 
souvenir  Irèa-vîf  de  k  lythokgw  freafae.  et  I  a 
pris  au  poMe  klin  sm  ^adMiil  sm  Mbals.  lise 
montre,  k  l'nailatiaa  de  ( 
quefoia  ailfifi. 


534  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Laudavit  pariter  Phœbuni  Pithone  perempto  ; 
Ne  dicam  immensum  quein  perfida  protuiit  angueni 
Affrica  Romanis  infestum  genlibus  oliin, 
Cujus  delatum  est  corium  mirabile  Romam, 

70  Quem  lanien  haud  potuit  solus  superare  Quirituni 

Consul;  sed  multus  juvit  sua  praelia  mile?. 
Gur  ergo  a  nobis  non  magna  laude  feretur 
Princeps,  qui  .solus  potuit  superare  draconem, 
Cujus  pellis  adhuc  muro  est  affixa  palatî''' 

7Û  De  quo  verba  tibi  facio,  clarissime  princeps? 

BASTILLIA  SA^CTI   ANTOMI. 

Miror  tam  forma  praestans  quam  robore  castrum, 
Quod  Sancti  Antonii  vulgo  Bastillia  fertur  ; 
Per  quod  secrète  Rex  urbem  intrare,  vel  illam 
Nocte  dieque  potesl  exire,  et  tendere  quo  vult. 

ECCI.ESI/f:. 

80  Miror  templa  Dei  miro  fabricata  décore, 

Marmoreis  statuis,  argenlo  dilia  et  auro, 
Atque  figuratis  vitro  splendente  fenestris, 
Nec  non  relliquiis  sanctorum  fulta  virorum. 

GAPELLA  BEGIS. 

Praecipue  comptum  forma  pra'stante  sacellnm 
S.";  Quod  vulgus  Sanctam  solet  appellare  Capellam, 

In  quadani  dicti  fundatuni  parte  palatî  ; 
In  quo  (ne  referam  nunc  cetera  digna  relatu 
Quae  sunt  multa  illic)  patinam,  qua  sanctus  ad  aliua.>< 
Ipse  calix  tegitur  missae  in  sollemnibus  aras, 
90  Ex  auro  tanta  fabricatam  vidimus  arte. 

Ut,  tanquam  vitrum,  visu  penetrabilis  esset. 
Vidimus  et  multas  publicam  quas  semper  ad  aram 
Relliquias  monstrant  :  verum  servantur  in  arca 
Majores  aliae  quae  ternis  clausa  tenentur 
95  Clavibus  assidue;  quarum  servarier  unam 

Rex  facit  a  magno  sibi  qui  camerarius  extat, 
Quale  habet  oflicium  nunc  praestantissimus  armis 

''  Le  texte  porte  palacii;  mais  il  y  a  syncope  pour  éviter  une  faute  de  prosodie. 


l'AHIS  BT  I.KS  VILLKS  |)K  FRANCE  SOUS  CH4HLKS  VII  ,3S 

lii  |ii;r(i(J(;  Airiqu»  NUHrita  jiidiH  nouit  Ut»  pa«  ilc«  légions  roinainM,  el  dont  la  peau  fut  portée 
("i  Koiiie  comme  une  merveille;  car  le  consul  romain  ne  put  seul  en  venir  h  bout,  et  il  fut 
iii(l<^  (lanH  Hu  lutte  pur  plusieunt  de  ses  soldais'".  Pourquoi,  à  notre  tour,  M 
puH  IVIoge  (lu  prince  <|ui,  lui  kouI,  a  pu  vaincre  le  dragon,  puis(|ue  la  pMU  de  es 
«•si  encore  suspendue  aux  murailles  du  palais  dont  je  vous  eotretiena  m  re 
Irès-illiistre  seigneur' 

U   H\MU,l,fc  î»U.>T-»JITOIJtB. 

J'iidiiiin-  le  iliAleiiti  ;iiissi  remarquable  par  sa  forme  que  |Mr  «a  sulidilc.  Un  i'jp|irllr 
('oiiiiniirii-inciit   la   Haslillr  de  Saint-. \nl(>itic.  \a:  Hdi   peut  serrèlenient ,  par  \k,  ou  bien 

•'(ilnT  l'd  ville,   ou   1)10(1  <■()  sortir  (|(>  jo(((-  i-t  de  ((((il.  i-t  m-  rt>(idn>  où  il  «i-ni  ^. 

l.K!>   hi.l.i»K>. 

J'ad(((in;  les  leuiplcs  de  l)ie((  lOKstruitH  avec  ((lie  iiieneiileuse  beauté,  enririn*  d*- 
stal(()>s  de  marbre  '^',  d'objets  d'or  et  d'ar|;eiil ,  di>  fcniUn'H  bistonV^  aiit  vilraui  étimeUnU, 
et  i>('(  se  (((((servent  les  reli(|i(('s  des  saints. 

I.A  CHAPELLK  OU   ROI. 

Au  premier  raii|;  se  place  le  sanrliiaire,  tUknré  d'une  si  belle  nrcbitrriure,  «|up  If  peupir 
a  coutnnie  d'appeler  la  Sainlc-Cbapelle,  sanctuaire  élcv)^  dans  une  partie  du  palai*  dont 
nous  venons  de  jiarler.  On  y  voit  (  laissant  de  cdté  pour  l'instant  une  multitude  d'autre» 
((bjetsdijpies  de  iii(Wnoire)  une  patine  qui  sert  h  rouvrir  sur  l'autel  le  saint  calice  diatlas 
cérémonies  de  la  messe,  et  qui  est  d'un  or  façonné  avec  tant  d'habileté,  qu'elle  eat  IruMp»- 
rente  oux  regards  comme  du  verre'*'.  Nous  y  ovons  vu  un  grand  nombre  de  reliques.  «|ur 
l'on  montre  d'ordinaire  sur  l'autel.  Mais  on  conserve  dans  une  rhâaae  les  grandes  relique». 
(Uii  sont  toujours  tenues  enfernu^es  sons  trois  clefs.  Le  Roi  confie  la  garde  de  la  premi«Tr  à 
son  l'caiid  cl(i(n(l(rier  ',  ollice  occupé  en  ce  moment  par  le  tnVillustre  et  valeiiretix  comte  de 

t'    Ol  exploit  ([  ot  jpii'iv  ((«lios  fali((l<M(\  que  (((«mis  <!(>  la  .Ssinle-ClMpdle.  drané  «  %»^3  H 

relui  qu'ii((  ((tl(ili((e  ii  iliiililrni  di-  IWmill()((.  Aul)^  piiblit' par  M.  Dooet d'Ami daas  la  Aw» mtkittt 

son  |im((l  les  li'|;ciii|i-s  rciniiijin's  |iiiur  de  l'iiislnir^  ffi^  (luui^  18&8,  p.  80),  iMalieaw  •■■(  bna 

>raie.  'caiice  d'or.  fef<  ridie.  avec  sa  patiwr.  laqwili  tti 

*'  Il  sngit  ici  d'oKo  rii(((iiiuiiimliuii entn; l'Iiôtel  "(ouïe  euiailée  d'eauMoh  de  fttBftt.  /mr  aè  Tm 

Sai((l-I'n((l  cl  li(  ItKsIille  |>iir  les  jiinlids  el  les  1er-  -etoit  kjmm:* 

raiiis  (In  r Arsenal.  Astesaii  veut  dire  que  le  Roi  •*'  Cet  emploi,  dit  le  I'.  \iMrtiiir ,  ^lail  Fim  das 

(('nvait  |ins  [MS(ii((  de  ps(H>r  |Mir  In  r((e  Saint-An-  cinq  grandes  duige»  de  k  CniiiaMii,  L> 


loidc  el  la  |H>rle  de  ce  non(.  nage  qui  M  était  pourm  méfjmâ  av*e  ks  pain  de 

I.Vi((|ili)i  di(  (nn(lin>  n  éU<  |ieti  rrépieol  ou        Fraiire.  Il  tignail  le*  chailm  a««r  les  ( 


((((»\eii  rt('e.  Les  ii(Ti(ilecles  el  li<s  i(((a(;iers  n'en  oflirieri,  et  avait,  vàcamede  sa  (kaafcrane.*  6ef 

avaie((i  pas  ('(  le((r  «lisposiiion.  el  ils  le  reijanlnienl ,  et  jnstiee  RMMÎèn,  avee  eoH,  natas  H  droila  «•»- 

en  nuire,  coninic  une  (noli('^re  pntfnne  e(iii(ciii<f>  de  giimiriain  dans  Paris  H  mu  flivimM,  Il  avait.  •« 

pa|rai(isi(ie.  F.'épillièle  mitnniirms  dixd  s«>  »erl   \»-  oiilre .  jnndlCUaB  (Wf  | 


lésa  m'a  tnVt-priilmlihMdent  cp('((((e  \aloi(r  |MM>li(|iie.  ilè|H'((d«iinitahaBhni«ll  dehù.  ' 

et  ilé,ij{((e  les  no((iiin<((ses  slnt((es  «le  pierre  blanclH'  ( Oroit*  roif»mr .  ««dil.  de  1 70I)  «(  Ita Caap  ( CiMi. 

(Innl  l.>s  if(r|is.«sde  l'nris  élaienl  ivn(plios.  «W.  H  ù^m.  hlin.  ««dil.  HemrM.  I   II.  p.  il  .  «1 

''    L'in\enlain>  ili*s  roliqnaires.  livres  et  ame>  mot  Camtr^nut. 


536  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Et  virtule  cornes  Dunensis,  principis  hujus 
Aurelianensis  frater;  lectorque  sacelli 
100  Clavem  aliam  servat;  postreinam  continet  auteiii 

Regius  aurifaber,  quo  gemmas  possit  et  aurum 
Thesaurosque  oranes  aliquando  revisere  secum, 
Ut  restauret  eos  dum  restaurare  necesse  est. 

BELLIQUIjE  SANCT/E  capell*. 

Dicitur  esse  illic  ferrum  quo  lancea  caeci 

io5  Longini  munita  fuit,  dum  vuliiera  Christo 

Intulit,  et,  sacro  respersus  sanguine  tangens 
Mox  oculos,  visum  semet  mirante  recepit. 
Dicitur  esse  etiam  vestis  non  sutilis  illic 
Quam  Jésus  a  puero  gessit,  quae  Virginis  almae 

no  Facta  manu  occulte  (dictu  mirabile)  tantum 

Crescebat,  quantum  corpus  sublime  gerentis; 
Nec  non  et  panni  quibus  illuni  infantia  texit; 
Iliaque  quae  Christo  sitienti  spongia  durum 
Perfusa  in  liquido  potum  porrexit  aceto. 

lia  Illic  esse  ferunt  et  clavum  de  tribus  unum 

Qui  cruce  pendentis  foderunt  duriter  agni 
Artus,  et  factam  spina  ex  pungente  coronam, 
Qua  caput  infixum  positi  fuit  in  cruce  Christi. 
Dum  nos  aeterna  pius  ille  a  morte  redemit: 

J20  Quae  ne  forte  queat  non  illa  corona  putari. 

Tali  nempe  die  quali  nos  credimus  ipsum 
Occisum  Christum  Judaea  a  gente  fuisse, 
Floruit  interdum,  floresque  reliquil  ibidem. 
IHic  esse  ferunt  etiam  sudaria  sacra, 

13.")  Illa  quibus  Christum  tumulandum,  impulsus  amore, 

Involvit  Joseph,  partem  aut  (ne  fallar)  eorum  : 
Linteaque  illa  quibus  fuit  is  praecinctus  in  aula . 
Quando  pedes  comitum  lavit  mitissimus  agnus: 
Et  sceptrum,  et  partem  tumuli,  diramque  cathenam 

>3o  Quœ  Christi  insontis  purissima  membra  ligavit: 

Et  lignum  verae  crucis,  et  lac  Virginis  almap, 
Ac  partem  pepli,  Praecursorisque  capillos. 
Atque  caput  Blasii,  démentis,  Simeonisque  : 
Et  quae  praeterea  nimis  esset  dicere  longum. 

i35  Quae  sacra  ex  victo  fidei  quam  credimus  hoste 


îitofâlufctto  rdtgwî 


Vue  intérieure  delà  Sainte  Chapelle  et  Exposition  des  Insignes  Reliques, (XV^Siecle) 

Fac-simik d'une mmaùjpe  du  Missel  de  Jouvenel  des  Ursms . BMoiAeg de k  Me  de /ims  fo/âJ.verso 


l'AHIS  KT  LKS  VILLKS  DK  FHANCE  SOUS  CHABLES  VIL  Ul 

Diinuix,  frère  «lu  (liicd'OrlénnK'':  l<>  tr/'Mirier ''  de  l'églbe  eooMrve  la  weoode;  ladflnùèfv 
est  ontrc  Irh  niairiN  (if  l'orfi'-vre  du  roi,  afin  qu'il  paiMe,  de  Imb|»  k  autre,  euniner  k 
loisir  leo  pierroK  \tr/ic'wu»en,  l'or  cl  tousi  les  trétora  de  la  Chapelle,  {wur  faire  le»  l^pa- 

rntions  n«?(:e»snir»'t<. 

LES   HKM(M  KS  DK  l\   SWMt-i.HKPtlLt  ^. 

On  y  conserve,  Kuivaril  la  Iradilioii,  le  fer  qui  artnait  la  lance  de  Taveugle  Ijoogm, 
quund  il  en  hlessn  iémin-CÀmsl,  et  que,  tout  arrosé  de  ce  tang  divin,  il  porta  la  naio  k 
«es  yeux  et  recouvra  la  vue  Hur-le-<:lianip,  ëtonné  de  ce  miracle,  il  y  a  aum,  dit-on.  la 
robe  sans  couture  «juc  Jéxus-Clirist  porta  dans  »on  enfance,  et  qui,  faite  de  la  main  d«  la 
sainte  Vier(]e,  |rranilis^.-ii(  (ô  |iri)(ligc!)  d'une  manière  insensible  avec  le  corps  divin  qui 
la  portait;  les  lanfjes  qui  ont  enveloppe  Jésus  enfant;  l'éponge  qui,  tremti^  daaa  It 
viiiiiii^rc.  offrit  au  (llirist  altéré  une  boisson  anière.  On  rapporte  qu'on  y  voit  auMÎ  Toa 
(les  trois  clous  qui  Iranspcrcèrent  cruellement  les  membres  de  l'agneau  crucifié,  et  la  cou* 
roniie  faite  d'épines  déchirantes,  qui  fut  placée  sur  la  tête  du  Christ  ailacbé  k  la  croù. 
tandis  que,  par  sa  bonté,  il  nous  rachetait  de  la  mort  étemelle.  Et,  pour  que  l'on  nepAl 
douter  que  ce  fôt  bien  la  vraie  couronne  de  Jésus-Christ,  le  jour  où  nous  crojoaa  qu'il 
a  été  crucifié  par  la  nation  juive,  ce  jour-là  a  vu  fleurir  plusieurs  fois  la  couronne,  qui  m 
laissé  (les  fleurs  dans  son  relii|uairc.  On  y  conserve  encore  le  saint  suaire,  dana  leqoal 
Joseph  (d'Arimalhie),  poussé  par  son  amour,  enveloppa  le  Christ  au  tombeau,  on  do 
moins  une  partit!  de  ce  suaire;  le  lin(je  dont  Jésus  se  servit  le  jour  oi^,  agneau  plein  de 
(loiiceiir,  il  lava  les  pieds  de  ses  disciples;  le  roseau  dont  on  lui  fit  un  sceptre;  un  frag- 
ment du  tombeau;  la  rliaine  cruelle  (|ui  lia  l(!s  membrt^s  sacrés  du  Christ  innocent;  du  bois 
de  la  vraie  croix;  du  lait  do  la  Vierge;  un  morceau  de  sa  robe;  des  cheveui  du  Précur- 
seur, et  les  chefs  des  saints  Biaise,  Clément  et  Siméon,  ainsi  que  d'aulrps  reliques  qu'il 
serait  trop  long  d'énumérer.  Ces  objets  sacrés,  enlevés  par  la  victoire  aui  enoraîa  de 


Il  s'(i(;it  du  célèbre  bAtanl  d'Orléans ,  Tiis  n»-        -</«  Smtlmit  étmmi,  Fsipoaf».  du  SMf 
lurel  (lu  dur  Lnuis  ut  ilc  Mariette  ilKiif^liien .  (|iii        'l^u,  4t  lattt  Vi^mm,  et  mmgmm  Orùli.  h> 


nida  si  |niissamiiionl  Charles  Vil  à  r(iiH|ii«'rir  son  -r«n|nnn.  prpiitm  ilrgmU,  k  veq|»  de  Mojw.  b 

rnvniune.  Au  nninicut  où  «'crivail  A«lr»uii,  Diinois  «-fer  ilc  la  laacp.  la  pMiTC  du  SépuUrB,  b  Vér»- 

vpiinil  diHrc  revcHu  do  In  dijfiiilé  de  (Îrand-C.bam-  »niqur.«  A  la  suit»'  de  celte  ble m  Iraave  b  «d*- 

lirier  :  c'élnil  la  rt'r(mi|M'ns<'  de  la  virloire  de  For-  »rlanicion  <i«<»rrDix.reliefMS.jo]raalicli 

inifpiv  el  de  lu  ron<|utVc  di'  la  (înyenne.  »l«it  d'or  que  d'à 

'    C'iSloil  le  titre  nllrilmé.  depuis  In  lin  du  lui"  "««lOS  «ii  tn*»»  dm  haak  de  I 

siècle,  nu  |iromipr  des  chanoines  de  la  Sninle-Cha-  -|M'llr,  <|u<<  Ion  a|i|iell<>  tr  R4^p«liain> .  rt  dr  la  pbr 

|»el|.>.  (|uiditio  .'([nlenienl  d«iTliifhn|M«lain.  (Voyex  'nrie  «i  ieeul».*  (lalto  dwfanKwa  rMi|dil  «Migl- 

!..•  I$.'uf,  lllnioirr  du  ,lH»-he  île  IWi$ ,  etc.  !,  Sâg.)  cinq  pi^^  dam  b  trwrafl  dt  M.  Iburt  dhtf^.  Ôb 


L'inventaire  de   iSy.T  donne  l'énuménition  wt  suivie  «l'une  aulre  «dwbrafWU  aa  CW  i 

inw\iile  des  -Snincl.-s  ni>liipi)t«(|in'  soaten  bgrani  -»aii»d  l/>y».  eu  b  éufm  •MUtsurr* 

-dulsse  Hii-dessus  du  j;iniii  nulel  :  la  saiocte  ct>ii-  -du  grani  aniel.  gMmy  de  sa  canaM  «•  «uricky 

rronne,  lu  soinctecruix  doubl>>.  la  rohlwde pouqin- .  Tonune  il  mMijrt.»  (Suiteal  dis  pagas 

••In  croiv  do  victoin',   1rs  drn|i|>enu\  d'enfance,  le  raliou  de |IM ICf MS.) Ce Virte fWfMVt mUt  «i 
■clii-r  siiini'l  JiOi.iii     II'  -.ci'iiliiv    II-  s.'iiiirl  liiirieidx 


538  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Ad  Gallos  Magnus  portavit  Karolus  olini, 
Aut  alii  reges,  dominive,  ducesve  vetusti 
Gallorum,  in  toto  quos  virtus  extulit  orbe. 
Ne  inirere  ergo  si  Sancta  Capella  vocalur. 

lào  Est  etiani  in  dicto  res  non  reticenda  sacello, 

Quae  facit  antiquae  moninienta  perennia  palmœ, 
Tibia,  pesque  ingens  cuni  sœvis  unguibus  ejus 
Alitis  immensœ,  quam  vix  Gotliofredus  et  acer 
Et  fortis  pugna  valait  siiperare  feroci, 

i45  Ut  rear  Arpias  diras,  fœdasque  volucres, 

Mneam  tanto  non  affecisse  labore. 
Transeo  quod  tanta  duplicatuin  est  arle  sacelluin. 
Ut,  quantum  supra,  tantum  celebretur  id  infra. 


KCCLESIA  SANCT^Ï  MARI,«. 


Quid  referam  magnum  praestans  super  omnia  templum 
i5o  Virginis  intactae  sancto  sub  nomine  diclum? 

Quod  licet  ex  cunctis  factum  sit  partibus  apte 
Et  mirabiliter,  nec  adliuc  longaeva  vetustas, 
Quae  res  paulatim  solita  est  consumere  cunctas. 
Laeserit  in  minimo,  tamen  hoc  prajstantius  oinni 
i55  Est  michi  re  visum,  quod  sculptas  ordine  pulcliro 

Ex  lapide,  ac  magni  depictas  arte  magistri, 
Testamenti  omnes  veterisque  novique  figuras 
Continet,  historias  quo  possis  cernere  sacras. 
Ut  taceam  sancti  specie  praestante  figuram 
ifio  Christofori,  ex  petra  tam  grandi  corpore  (ictam, 

Quantum  vel  ciclops  Galatlieae  captus  amore, 
Vel  férus  oppugnans  superos  liabuisse  Typliœus 
Dicitur,  Encheladusve  ferox,  aliusve  gigantum. 

CELESTINI.   CAPELLA  DUCIS  AlHELIANENStS. 

Praetereo  dictum  Celesli  a  nomine  tenq)lum , 
i65  In  quo  lam  forma  quam  relligione  colendo 

Aurelianensis  ducis  est  insigne  sacellum, 
Permulto  argento,  permulto  dives  et  auro, 
Ac  praestans  tanta  depictis  arte  figuris. 
Ut  pinxisse  illud  priscus  videatur  Apelles, 
"70  Solus  Alexandri  formam  depingere  dignus. 


l'AlllS  KT  LKS  VILLKS  DE  FRANCE  SOL.S  «-IIARLKS  VII,  539 

iiotri-  foi,  ont  ('•ti;  jnrlix  npportés  en  France  par  (IhaHcmafynif ,  ou  |Mr  dci  roi»,  im  m- 
jjiiciir»,  (l'(iiicir>ii!«  duc»  des  Francs,  (|uc  lr>iir  coura{;i!  a  rendu»  eéiihnê  daof  le  nomlr 
entier.  Ne  vous  (!'tonnez  donc  pas  si  Ton  appelle  ce  Mincluaire  la  Sainlo  fkaptilh.  Il  }  a 
cnrore  dans  le  même  lieu  un  objet  h  sif^naler,  qui  runstilue  un  momUÊMA  ëterael  «Tsa- 
tiipie  victoire  :  c'est  l'os  et  la  pntte  ënorme,  armée  ifonglM  radealaUee,  de  ToieeM 
i;i|;antes(|ue  que  Goderroy  (de  nouillon),  tout  vaillant  et  coura({eu(  (|u'ii  Mê'tt,  ml  prise 
à  vaincre  dans  un  combat  nrbarnt^,  auprès  ducpiel  parait  facile,  à  OMNI  mm,  la  lulli> 
(|u'KiM'e  .soutint  l'onln-  les  terribles  llar|>ieK,  ce»  uiseaus  immondes"'. 

Je  ne  vou.s  dinii  pas  «[ue  la  rbupelle  est  répt*t4^e  au-dessous  avec  tant  d'art,  qu'oo  v  lrou«i- 
.'Hitnnt  (le  merveilles  ù  (b^crire  (ju'ii  l'éliiije  su|i(Tieiir''. 

L'ÉtiLISK  XlTIIE-DiUE. 

(.)ue  dire  du  temple  (|ui  est  dédite  sous  l'invocation  de  la  Vierge  immaculée,  et  qui  dé- 
passe par  sa  beuutt^  tous  les  autres?  Cette  «'({lise  est  construite  dans  louto  ses  parti»  aver 
une  admirable  ordonnance;  une  longue  antiipiité,  qui  d'ordinaire  détruit  peu  à  iieu  loul» 
clioses,  ne  l'a  encore  atteinte  en  rien,  dépendant,  ce  qui  m'a  paru  le  plu»  rrnian|uablf> . 
i-'esl  qu'elle  renferme  une  belle  suite  de  sujets  taillés  dans  la  pierre,  et  enluminés  avec 
(nient  par  un  |;rand  artiste:  ils  représentent  toutes  les  scj-ne»  de  r\iii-irii  ■•(  lin  \iiiiti<aii 
Testament,  et  cbucun  peut  y  voir  de  ses  yeut  l'bisloire  sainte'^'. 

Je  ne  parlerai  pas  d(!  la  belle  statue  de  saint  (Jiristopbc,  sculptiN»  en  pierre,  ri  d'une 
(aille  romparable  ii  celle  que  l'nntiipiité  attribuait  au  cyclope  amoureut  de  Gnl.itre,  au 
faroucbuT\|)bée,  qui  combattit  les  dieu\,ou  h  l'audacieux  Kncelade,  et  aut  antrett  gi'anls'". 

LES  céLESTI^S.  U  r.MAPELLE  01!  DL'O  D'ORLét^S. 

Je  ne  décrirai  pas  l'église  dite  des  Célestins,  aussi  remarquable  par  son  arrbilrrturr  que 
par  la  dévotion  dont  elle  est  l'objet,  (i'est  lîi  que  se  trouve  la  superbe  rbap<-lle  du  duc  d'Or- 
lt'*ans,  enricbie  à  profusion  d'or  et  d'nr|;ent ,  et  embellie  de  iijpjres  peinte»  avec  lanl  d«  Uleol 
qu'on  les  croirait  sorties  du  pinceau  d'Apelles,  le  peintre  jugé  seul  digne  par  Aleiandre 

(le  reproduire  ses  traits'*'. 


■ili'-i(|iicls  l'un  |M)rte  en  sn  iiiiiiii  iiii];  |;i.iiiil  li.i-lin  v.ini-       '.imi|I 

-il'arfpMit  iliin'.  au  lioiit  il^'ii  limit  ilii(|iiel  >  n  lui;;  île  In  iief.  et  caaAv  Ir  piid  éê  jfi  ifim.  • 

-sceplrc,  et  rniilre  (IoîmIIIx  aiigeix,  qui  est  en  la  '"^  Aateian  tenaine  ton  énaaiéraimi  sans 

-|inrlie  ilo  di-viiiit  de  rniitre  msté.  tirnt  un  |M-lit  ilii  citer  de  S'  LooM,  qw  datait  éa  tammmtmmà 

-lii}aii<riir[jciit  don' il  !«i  main  nem'sln'.  Icelliu  chef  du  vn'iiWe.HqnMWBliDaBerwwBlaiwAiiyJ. 


-  nssii  sur  un  (jmiU  onlnliletnetit ,  noubilwssenieiil  ou  '*'  (îiiilWieH  de  Mila  avait  dqi  < 

i'nliv-|>icd.  |Mirlé  par  quatre  liouremdv  Ji  doiil''  '  '  ■•»■  (»<Mr  p.  |S3  et  BOlc  a.) 


-|tilliors  |>ar  je»  oncojjncure»,  et  dix  piilirrsd'nr' ■  '■"  ^'f^*  mealioane  (««r  p.  %»i 

•pnr  voyc.  etc.»  (Voir,  p.  S7.  une  rcpnWnlolion  >\)h  stalne  de  «Ml  Cfch^ 


de  ce  chef,  d'npn-s  Du  ('..v\fr  cl  M.  \  iollej-le-Duc. )  lo\tlw.  l^c» autre»  :  '   ^'ri». 

'•'   \oii-.  p.  i;"i<(.  note  1.  ce  <jue  (niilleliert  de  notamiiMllt.  «■  on'       „  j>«fW. 

Met»  dit  de  ce  siu^dier  ddiris.   L'iu\eulnin-  de  "'  Voir,  p.  1 90  ei  irte  1 .  ee qw  «it  (St  •  •••- 

irty.l   en  constate  l'cxistenre  dans  !•  >ui-  vent  df« 


540  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

SEPULCHRUM  LODOICI ,   DCCIS  AUBELIANE?iSI.S. 

Hic  jacet  in  facto  regum  de  more  sepulchro, 
Cujus  materia  est  alabastrum  marnior  et  auruiii, 
Aurelianensis  dux,  régis  filius  olim, 
Et  pater,  et  genitor  Lodoycus  principis  hujus, 
175  Qui  dictuni  tanta  donavit  dote  sacellnm, 

Idque  monasteriuni  tam  muitis  aedibus  auxit, 
Ut  monaci  cuncto  teneantur  tempore,  more 
Solemni,  missas  illic  canlare  precesque 
Pro  se  quottidie  cœlorurn  fundere  Régi. 

HOSPITALE. 

»8o  Miror  et  hospicium  sanctum  pro  suscipieiidis 

Pauperibus  factum,  tantum  et  tam  divite  cullu. 
Purpurea  lodice,  logis  et  veslibus  aureis, 
Ac  suffulturis  quibus  haud  preciosior  uHa  est, 
Argenti  vasis,  vasis  et  pluribus  auri 

i85  Ornatum,  ut  dominos,  magna  comitante  caterva. 

Ut  quoscumque  viros  queat  acceptare  decenter. 
In  quo  quottidie  pro  strata  tenentibus  aegris 
Pauperibus  missae  sacrae  cantantur  et  horae. 
Pliisicus  est  etiam,  nec  non  cirurgicus,  ambo 

190  vEgrotis  illis  medici  succurrere  jussi, 

Annua  pro  tali  capientes  praemia  facto  : 
Sic  et  qui  polus  et  qui  medicainina  condit. 
Ceteraque  aegrotis  medicorum  jussa  ministrat. 

CNIVERSITAS. 

Miror  item,  miror  doctorum  midta  virorum 
tgS  Milia,  gimnasium  quae  Parisiense  décorant; 

Namque  viri  instituunt  juvenes  puerosque  magislri 
Artibus  in  seplem,  quarum  de  laudibus  amplis 
Dignisque  a  magno  celebrari  vate,  silere 
Esse  puto  melius,  quam  paucula  dicere,  sicut 
soo  De  bello  clara  sensit  Cartagine  Crispus. 

Thëôlàgià  pari  divina  scientia  more 
Sacraque  pontificum  summorum  jura  legunlur 
A  muitis  illic,  adeo  ut  studiosius  ulla 
Urbe  facullatum  dictarum  nulla  légat ur: 


i'AItlS  KT  LES  VILLKS  DE  FHANCE  SOUS  CHARLES  VIL  S4I 

LE  TOMBEAi;  DE  LOMS,  DlC  D*OlliA!l$. 

IJi  n-|>M»(5,  (lanH  un  tombeau  vraiiiit-nt  royal,  où  il  nnl  tnlri  connue  aal^rinu  qur 
rlii  tiiiirhrc  Maiir  <'t  (!«  l'or,  Loui»,  duc  (l'Orl/'anii,  (il.t  de  roi,  et  luinnéoM  père  de  M  priaet 
i|iii  ti  fiiil  Innl  d(!  larf;(!»ftOH  à  cette  clia|M'ili!  et  augmenli^  le  couvent  de  tant  de  bAtiaMoto! 
Les  moines  sniil  leiiiis  en  tout  tom|ts  d'y  chanter  des  menct  loieiioeUet,  el  «TadreMar 

i|iii(|iii-  jour  (les  |irii''rcs  au  Hoi  du  rit-l  pour  le  repM  de  rime  dn  d>f" 

I.MI('ll>ITAL. 

J'adriiin-  iiusxi  la  .sainte  maison  établie  pour  recueillir  le«  pauvres;  elle  etl  ai  gnode. 
ornée  avec  tant  de  ricbeHxe  et  de  luxe,  pourvue  de  tapi»  de  pourpre,  de  naataMU  el  de 
v(Uements  brodés  d'or,  do  couvertures  des  plus  précieuses,  de  vases  d'or  et  JCtugml  ea  ai 
fjrnnd  tiond>rc,  (|u'clle  peut  recevoir  soit  des  seigneur»  accompagnt^»  d'une  suite  ooai- 
breiise,  suit  toutes  autres  personnes,  d'une  manière  di)pie  de  leur  rang.  ClMM|iie  jovr  oa  ]r 
célèbre,  pour  les  pauvres  malades  (|ui  occupent  les  lib,  la  toe»94>  ft  le»  heures.  Il  y  aaWM 
un  pliysici)-n  (médecin)  i-t  un  rliirur|;ien,  cliarfjés  tous  deux  de  fournir  aut  malade»  laa 
secours  de  la  médecine.  Ils  reçoivent  pour  leurs  services  un  traitement  annuel,  aioai  «|ae 
celui  qui  est  chargé  de  |>réparcr  les  boissons  et  les  médicaments,  el  qui  exécute  auprie  de» 
malades  les  autres  prescriptions  des  médecins'^ . 

L'tMVERSITÉ. 

J'admire  aussi,  j'admiri'  ces  milliers  d'hommes  savant>  qui  font  la  gloire  de  ILnivemle 
de  Paris.  Des  hommes  passi'-s  maîlres  inslrui.sent  la  jeunes-se  et  l'enfance  daoa  Ica  aaptart». 
Quant  h  l'éloge  de  ces  arts,  dignes  d'élre  célébrés  par  un  grand  |K>ête,  j'anne  nûen  m'es 
laire  que  d'en  dire  trop  peu,  imitant  rexenqde  de  Salluste,  à  pro|M»  do  Pilluslre  el  belli- 
(jueuse  Corthage.  La  science  divine  de  la  théologie  et  le  droit  sacré  de»  souverains  pontife» 
y  sont  de  ra^me  enseignés  par  de  nond)reut  profes«?ur»,  au  point  qu'il  n'est  aucune  ville  oà 
ces  facultés  soient  étudiées  avec  plus  de  zèle;  ce  qui  a  valu  avec  raison  k  TLaivenilA  de 
(.es  (nnilM'nin  des  ('.<!lesliii«  ont  t^l<'  rpprwlHil»        ifiiortjinl  le  voflle  aoir  d  habit  é» 


l>.>i  Milliii  et  |inr  M.  AIImmI  l.enoir.  <'Mlrw  qaaraile  sont  fiHa»  | 

'    Tons  les  iiistiirieiis  île  l'nri».  el  en  |iartifulier  «acteadeat  ledit  voilk  : •  <|ae  le  | 

Sniivnl.  Kéliliieii.  Pi|;niiinl,  ont  dimm'  de»  déUils  liqite  roniprenail  'xn|»vrtn«i 

cirmiislniicii^  sur  les  lnWiriieiits  de  rilAtei-Dieii.  ^  |Miiir  Cure  le  divia  senrie»  et  les  I 

leur  iiniéiinijeineiil  inlérieiir  i-l  le  service  hospitalier  «et  Ir  terviM  OIS  IraipataM.  laal  a  i 

qui  s'y  TnisAit.  Ov»  divers  reiiseijfnenienl»  ont  éld  »jo«r.  et  Iroy» aMMes  a  BMle caaaMS.  raaei 

n'unis  el  (•«inipit'ii's  pnr  M.   \rniaiid  Ihissoii  dnn»  «et  les  deax  aaties  de  Ktfmm,  poor  ImÎ 

le  {[rond  ouviii}fe  iiitidili'  hitidi»  tur  le*  hôpiUitJr,  «leors  dadit  hnrtal ;•  enfin  que  le 

l'nri».  i8(Î4,  iii-/i*.  np|)emiiren* 6.  Il  résulte d'nn  n»Alinil»efooi|ioMit  de»|" 

doriuiient  eiii|irunt<'  niiv  nrrhivf*»  de  l'Asaistanre  «bief»,  atadacuis,  laas  aai  gagw  et  > 

p(d)li(|iie  et  riié  |Nir  M.  Ilussim  que  l'IlAlel-Diev  •Ho«leW)i««.  poar  ravÎMlar  «I  ganr  par  > 

rKiilemnt .  ii  ri^pinine  où  Asiesnii  le  visita .  cinq  salle»  «jour  le»  aiaiade»  <pn  ««t  haatia  ne  eyn 

Gublées  de  So.l  lits  ;  (pie  le  s«'rvice  y  l'Inil  fnil  |>nr  (  Arrhiveade  TAliiilaaw  pallifH.  pkeiapaAaAi 


I»  nu"  feniines ,  di<s«pielles  qnnmnle  sont  n>lijjieu»e»        aux  pages  kfh  et  I9S  de  r«Niiiage  pvfeNr.) 


5/i2  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

3o5  Unde  nec  immerito  fidei  firniissiina  nosirac 

Parisius  sludium  reputatiir  ab  orbe  columna. 
Hic  studia  existunt,  ea  quae  collegia  vulgus 
Appellare  solet,  numéro  octoginta,  per  altos 
Reges  atque  duces  doniinosque  virosque  poleiilcs 

aïo  Uxoresve  suas  fundata,  et  dotibus  amplis 

Donata,  ut  muiti  qui  paupertate  premuiilur 
Dotibus  ex  illis  studiis  iiicombere  possint, 
Omnia  discentes,  prœter  civilia  jura  : 
Nam  quia  se  Galli  dicunt  non  esse  sub  alto 

2i5  Imperio,  minime  jura  imperialia  curant. 

PABLAMENTL'M. 

Miror  deinde  patres,  Romani  more  Senatus. 
Quem  primo  instiluit  fundalor  Romulus  IJrbis: 
In  numéro  cenlum  ;  (juibus  est  commissa  j)otestas 
Jura  ministrandi  contra  quoscumque,  vel  ipsum 

aao  Francorum  regem,  minimo  cuicumque  faventes. 

Quorum  justiciae  tanta  est  vulgala  per  orbem 
Fama,  ut  non  solum  cultores  Régis  Olimpi 
Quem  colimus,  causas  cunctis  ex  partibus  orbis, 
Verum  etiam  vanos  divos  divasque  colentes, 

a«5  Quorum  restât  adliuc  in  magno  copia  mundo. 

Interdum  miltant  noscendas  patribus  illis, 
Judiciumque  suum  vereantur  numinis  instar. 

ARTIFICES. 

Miror  et  artifices,  quibus  est  urbs  ipsa  referla 
Tarn  doctis,  ut  plus  non  inveniantur  in  orbe. 

POPIILI   MILTITUDO. 

aSo  Miror  et  innumeram  turbam  juvenuuKjue  senumque 

Atque  sacerdolum,  quibus  omni  ex  ordine  plena  est. 
Ne  dicam  quam  magna  illic  sit  semper  equorum 
Copia  praestanlum,  quorum  ut  vulgaria  tangam 
Argunienla  tibi,  nunquam  transire  per  illos 

a3ô  Pontes,  quos  habitat  pêne  argentarius  oinnis 

Urbis  et  aurifaber,  potui,  quin  obvius  illic 
Albus  equus  monacusve  niger  milii  protinus  osscl  : 
Quoque  magis  stupui,  non  nunquam  occurril  ufenpie. 


1 

il 


l'AIIIS  ET  LES  VILLES  DE  KBANCE  SOUS  CHARLES  VU.  US 

l»iiris  lii  r.'|Hitjition  univen«'ll«  lï'Hris  la  plus  ferme  c«ilonne  de  noire  foi.  U  y  adaw  Ht» 
(IcH  iiiiii.totiii  d'Htiide  (|ue  l'on  nomme  coil<if;eit,  au  nombre  de  quaUe-nosU'",  fnndto  pf 
dc8  roit  puissants,  dc8  durs,  dcH  neii^meur»,  des  homme»  riche*  ou  leurs  faoïM,  ol  iijiiu 
vues  dif  hir{;es  do(atir)ns  (jui  |ierniei(eiil  à  heauroup  de  jeunei  |;en<  pauncs  d«  te  Umr  à 
WHuiU'.  iivec  le  .Hficour»  de  (es  hourses.  On  y  appn^nd  (oule«  Im  KMoeM,  ntepté  le  droit 
rivil;  nir  It-s  FranvaiH,  qui  se  disent  tout  h  fait  indit|iendanU  de  renpirv,  nW 
souci  (lu  droit  romain'*'. 


LK  PABLKME^T. 

J'adniirc  les  conseillers,  semblables  au  Sënal  de  Rome,  éiaUt  à  l'origine  fier  Romulua,  le 
rondatcur  de  la  ville  ('femelle.  Ils  sont  au  nondirc  de  cent;  k  eux  »  M  eonfié  le  poavoir 
de  rendre  la  justire  contre  qui  que  ce  soit,  m^mc  contre  le  Koi,  et  de  protéger  Ion*  ee«k 
(|iii  réi'Ianicnt  leur  appui.  Leur  renom  de  justice  est  tellement  répandu  dans  le  monde,  que 
l'on  voit  nori-si>uiem<>rit  |i>s  peu|)l(>s  fidèles  au  Dieu  que  nou»  honorons,  maii «Niveot  aMn 
les  adorateurs  des  faux  dieux  et  déesses,  encore  nondireut  daiu  l'imioeaM  Ulûven,earwer 
de  toutes  les  parties  du  fjlobc  leurs  causes  |>our  les  soumettre  à  ce*  eoiueinen.  et  ivspeeter 
li'iir  décision  comme  celle  de  la  divinité"*. 


I.KS   ARTISANS. 

J'admire  les  artisans  qui  remplissent  la  ville  et  qui  sont  si  habiles  qu'on  n'm  trooirerail 
pas  de  meilleurs  dans  le  monde. 

LA  MLLTITIDE  Dt   PEIPI.E. 

J'admire  la  foide  innond>ral>le  des  hommes  jeunes  et  vieui  et  des  prêtres  de  tout  onire 
ilont  la  ville  est  pleine.  Je  ne  vous  dirai  point  (picl  nombre  on  y  voit  »ans  cesse  de  rberaui 
de  luxe;  mais,  |>our  vous  en  citer  un  exenqile  bien  connu,  je  n'ai  jamais  pu  traverser  le  pool 
où  habitent  presque  tous  les  chan);eurs  et  les  orfèvres  de  la  \  ille,  sans  y  rencontrer  auistlAt 
un  cheval  blanc  ou  un  moine  noir;  et  ce  qui  m'a  le  plus  étonnt^.  c'est  que  souvent  j*v  ai 
trouvé  l'un  et  l'antre. 


'    Asiesan  exonère!  le  nninlire  de  ces  ('lablù 
monts,  iloiit  011  Iroiive  une  liste  a»M'T.  roiniilMe  dans 
rDiivrnifc  do  (iuillolM<i-t  de  MoU  [  v.  p.  t(»M  et  suiv.). 

'  O  lusiuifro,  riipprorlii*  <lii  texte  do  Joon  de 
Jnii(liin ,  il  (loaiu!  lieu  à  une  oliservatinn  coiisignde 
|i.  l'i.  1.0  fSiiiut  oinpire  romain*  mnnidi'rait  les 
liitiiiuirt  ot  lo  l)ifrf»ie  oiuuuie  son  ro<ie  |>artirulier, 
ot  il  l'iinposail  nux  |ieuple8  qui  lui  l'iaient  noumis. 
Los  iiiitiiiMH  «pii  no  ilii|)oniliiioiit  |Miinl  (li>  rKni|Hrp 
iillinntiioiit  nu  ronlniirt'  jour  inilo|ionilanro  |Mir 
rélu<lo  ot  la  pruliqiio  du  «Iroil  cnutuniier. 

'''  Si  lo  fuit  iirtirnli'  pnr  Vstosau  n'c»t  |ta!i  une 
iiin|>lili>i>iiiiii  •!•'  rlit'toiii.  il  doit  en  resta- trace  dan* 


les  adM  du  Parlement.  Auiii  ava 

les  deux  vahunes  |iulili^  |iar  M.  Baularic.  mm» 

MM»  snoeis.  1,'n  seul  pMtage  de  la  tevaal»  lmt^4&t 

lim  Mie  par  M.  le  maniais  de  lisfcsrdi  (p.  «7) 

a  quelque  rapport  Soigui  avec  ratOTtioa  de 

poile:  «Las  ArMftn,  dit  M.  ki 

'des  Afduvss,  rassariîMMal  sm 

cauqiiel  étaient  «MMsi  isara  tnasartioa*. . .  (^ 

'passe  en  revae  toas  hs  npréisalials  4t  k  Mar- 

'cfaaadise.  Loaibank.  GëDois.  VéàlHas.  Haisa 

-tins,  GasIiHam.  Flsaisarli.  Alnaaa^.  «le.*  B 

n'e»l  rien  dit  des  £«aaaaw,  di 

UenienI  vouhi  ji»rtrr 


544  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

PUELL-E. 

Miror  et  innumeras  forma  praestante  puellas, 
a/io  Tam  lascivo  habitu  cultas,  adeoque  facetas, 

Ut  Prianium  aut  veterera  succendere  Nestora  possiiit. 
Miror  praeterea  variarum  plurima  rerum 
Ornamenta  urbis,  quae  dicere  longius  esset. 
Quam  nisi  vidissem,  vix  possem  credere  noslro 
a45  Tempore  posse  usquam  tantam  reperirier  urberii. 

Ut  taceani  (juant«  sit  fertilitatis  agrorum, 
Omne  genus  frugum,  fœnunique  et  vina  lerentuiii, 
Diversasque  nuces,  et  poma  gravantia  ramos, 
Cunctaque  fecundae  largissima  munera  terrae. 

SILVA  VICEMARCM. 

a5o  Adde  quod  bac  ipsa  non  longe  distat  ab  iirbe 

Castrum  appellatuni  vulgo  Vicenia  silva, 
Quod  reges  pulcbre  sibi  construxere,  volentes 
Interdum  variis  requiem  interponere  curis, 
Quando  fatigasset  sese  mora  loiigior  urbis. 

355  Idcircoque  illic  est  omnis  paene  voluptas  : 

Nam  seu  forte  velint  seu  delectabile  castrum . 
Illud  babenl  miris  vallatum  turribus,  atque 
Praevabdis  mûris,  et  magnis  undique  fossis. 
Nec  semel  aut  iterum  sed  terque,  quatenjue  décore 

a6o  Cingitur  hoc  castrum  fossis  et  mœnibus  altis, 

Divisum  in  multas,  dictu  mirabile,  partes, 
Ut,  cum  prima  fero  fuerit,  vel  capta  secunda. 
Tercia  pars  bosti  capienda  et  quarta  supersit. 
Nec  tamen  egregio  caret  hic  pars  ulla  nitore  : 

3fi5  Quaeque  domos  pulchras  et  magno  principe  dignas 

Pars  habet.  Hic  eliam  templum  est  a  regibus  ohm 
Fundatum,  et  lantis  donalum  dotibus,  ut  ter 
Quinque  sacerdotes  ex  iilis  vivere  possint. 
Adjacet  ipsius  lateri  pulcherrima  silva, 

370  A  qua  taie  putem  castrum  illud  nomen  habere, 

Mixta  tamen  pratis  et  multis  vepribus  atque 
Agris,  murali  circumvallata  corona; 
Quam  dicunt  parcum  vulgari  nomine,  qualem 
Me  memini  juxta  castrum  Papiense  videre. 


l'AHIS  |;t  LKS  VILLKS  DE  KHAXCE  SOLS  CIIAKLES  VII. 


âki 


LKS  JEIBIES  riUK.S. 


.railiiiin-  la  niullilude  dt»  jeunet  (illes,  si  belle»,  vêtues  avec  Uwt  de  eo<|>i»iiM^.  i^l  «î 
t'iijout^cH,  (|u'cllcH  KHiiraiiMit  sëduire  Priain  ou  le  vieui  Nestor  lui-aiéflw'". 

J'ndniiro  encore  nornhn.-  de  nieneilIcH  en  tous  genres  t\m  ornenl  l«  Ville,  et  qu'il  «eratl 
lr()|>  loiif;  (l(>  dt^'crire.  Si  je  ne  l'atain  vue,  je  me  refuserais  k  croire  qu'il  fât  poMtblc,  k 
notre  •'•poque,  de  trouver  nullf  |)<irt  une  aussi  grande  ville.  Je  ne  dirai  pas  roBibiwi  art 
ri-rtiic  son  territoire,  qui  produit  toiitif  espèce  de  moissons,  du  foin  et  du  vin,  plusiear* 
v.iriiUi-s  d<>  noix,  des  fruits  ù  faire  plier  les  branches,  et  enfin  toute  Pabondaaee  das  i 
«l'iMX'  terre  fertile. 


I.K  ItOIS   DK  VIIICB.'«MIS. 

Ajoutez  que  non  loin  de  Paris  8'<^li>vc  le  château  que  l'on  nomme  communément  le  bois 
(le  Vincennes,  construit  avec  luxe  par  les  rois,  pour  s'y  reposer  de  temp  en  l«in|W  île  leora 
soucis  niu!(i|)lcs,  lorsrprun  Irop  long  s(^jour  dans  la  ville  les  aurait  fatigua;  auwi  j  tnn- 
ve-l-on  ù  |)eM  près  tous  les  agréments  possibles.  Veut-on  un  château  fort  ou  un  château  de 
plaisance?  Il  est  entuiir)'*  de  tous  côtés  de  tours  énonnes,  de  solides  murailles  et  de  larges 
fossés,  (le  rliAtcaii  n'a  pas  senlenicnt  une  ou  deux  belles  enceintes,  mais  trois  et  (pMtre. 
avec  fos.sés  et  liantes  murailles;  et,  chose  admirable,  il  se  divise  en  plusieurs  parties,  en 
sorte  que,  (piand  m^me  la  première  et  la  seconde  auraient  été  enlevées  d'assaut,  il  resterait 
l'iMvire  i^  l'ennemi  à  prendre  la  troisième  et  In  quatrième'*'.  (Ie|H'ndnnt  rhaqu<>  |tartie  de 
ce  château  est  ornée  avec  une  renianpiable  splendeur:  chacune  a  de  beaux  bâtiments  dignes 
d'un  grand  prince*".  Il  y  a  aussi  une  église  fondée  jadis  par  le»  roi»  de  France,  et  pourvue 
lie  si  riches  dotations  qu'elles  peuvent  faire  vivre  jusqu'à  quinze  pnMn«s  * . 

Aiq)rès  s'étend  un  bois  magnilique.  d'où  le  château  a,  je  pense,  tiré  son  nom,  et  qui 
est  eiitrnuiAlé  de  prés,  de  «pianlité  de  taillis,  de  champs,  et  entouré  d'une  muraille  con- 
tinue. On  le  nonnne  vulgairement  le  parc;  il  est  tel  que  je  me  souviens  d'en  avoir  vu  un 
près  (lu  cliAleau  de  Pavie'^'.  (le  parc  est  subdivisé  à  l'intérieur  en  plusieurs  parties,  peor 


\  oir  «>  (|iie  (lit  ù  cet  éjfunl  l'auli'iir  du  Trailr 
lies  liiuniigt»  dr  Pari»,  p.  .'id-.^j,  i>l  iidles  •>  et  'i. 

Astpsjin  vpul  wiius  tloiile  «liif  qin'  In  duiijoii 
roiiHlitue  une  iionvrlIcforlens.'M'  |M)iir%'iiP  de  ses  Ibs- 
m!8,  tniiniillespt  |M)iils-l('Yis.  I.n  Iniisiôiiie  <■(  l<i  qiio- 
tri^nioi'iic<'inles()iil|>ii)l>nl>ipmpnluiu>iiiu|ililirnlioH. 
'  (>  <|irAstes)iii  <i  Ml  el  lulinin'.  re  n'est  |M>int 
rmirien  mnnrrium  rrffnle  de  Louis  VII,  nuiis  le 
rliAlcmi  roiiinioiioi'  |>flr  Pliili|»|ip-\u(5iisln.  ronlimn? 
|>nr  l'liili|)|M>  de  Vdlnis  et  le  roi  Jeiui,  et  ti-niiin<< 
|UU'  (llinrles  \  .  Il  est  eiiror»»  (IpImiuI;  divenws  re- 
i-(iiislni(iions  y  ont  eu  lieu  isniis  les  rognes  de 
(■.luul.>s  l\.  Louis  Mil  et  Louis  \IV. 

'*'  L'i'jjlise  qu'Asleson  n  vue  n'est  \h»  la  r ItiqH'lle 


actuelle.  eomaMwÀ  en  1 379  par  CliriM  V.  H  ttr- 

miner  ««ilpiiienl  jwr  llrnri  II  «1  1  hâ-  ;  r"i>«l  fAti- 
liw  ronslniit  m  i.lSy  par  ordre  de  itulippe  de 
Vaio».  dons  larnurmyale.  pris  de  Is Toor  da  Roi. 
el  d<i<niil  Mpiv«  J'adièveaKat  de  ttkâ  fd  émmà 
le  rpni|>Ucrr.  tibarles  V  avait  afwK  è  sa  asasdb 
fondalion  un  reraw  de  i.&oo  livras,  et  fai.  k 
100  livm  par  an  et  par  léte.  peaiail.  aa  cftt. 
entretenir  qainie  riwpebins. 

<*>  Ce  pasM^  Imdrail  il  AiMir  qa»  ha  pans 
sont  une  iinportalion  itsiifaat.  Cdai  de  Viariami 
a  M  pnidant  fciaglaaips  le  «cal  qui  c\i*Ut  «1 
France.  liCS  giaadsa  cMtarai  afpkqurr»  mt\  boit 
el  Ibréts  de  plaiisaw  toat  d*«i%taa  anai  renais. 

H 


iG  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  OHIGINAUX. 

,75  Hic  locus  est  multis  divisus  partibus  in  se, 

Ut  maiieant  illinc  acres  in  dentibiis  apri, 
Hinc  timidi  damœ,  cervique  in  cornibus  alti; 
Inde  levés  habitent  lepores,  capreaeque  fugaces; 
Cuniculorum  etiam  reperitur  copia  tanta, 

s8o  Ut  simul  aspicias  aiiquando  inilia  multa. 

Ergo  venandi  non  deest  hic  ulla  voluptas. 
Est  etiam  in  parci  fundatum  parte  décorum 
Castelium,  quod  habet  forma  cognomen  ab  ipsa. 
Praeterea  in  parco  nonnuHa  sacrata  Tonanti 

•85  Templa  sacerdotum  multorum  plena  videntur. 

Ut  reliqua  obticeam  quœ  sunt  ingentia  dicto 
Ornamenta  loco,  quae  vix  expromere  possem. 
Hœc  igitur  magno  digna  est  habitatio  rege. 


BURGUS  SANCTI   DIOMSII. 


Estque  sacri  praestans  Dionisî  burgus  ab  iHa 

S90  Urbe  parum  distans,  ubi  templo  nominis  ejus 

Ipse  jacet  sanctus,  niiro  translatus  eodem 
Auxiiio  superum  :  nam  dum  pro  noraine  Chrisli 
Missus  Mercurio  tanquam  bona  victima  divo, 
Cujus  adorabant  Galli  illo  tenipore  numen, 

agB  Truncatus  sociis  caput  is  cum  pluribus  csset 

Monte  super  parvo,  cui  nunc  est  nomen  ab  ipso 
Martirio,  sed  tune  a  divo  nomen  habebat 
Mercurio,  geminis  qui  distat  abinde  leucis. 
Res  mira  est,  caput  ipse  suum  Dionisius  illuc 

3oo  Truncatum  portans  templo  requievit  in  illo. 

Hoc  etiam  templum  sacratum  credilur  aima 
Esse  manu  Chrisli,  quoniam,  dum  tempore  quodam 
Id  templum  dextra  sacrandum  praesulis  esset, 
Pauper  leprosus  cupiens  bene  cernere  factum 

3o5  Venturum,  metuensque  tamen  ne  mane  futuro 

Posset  inire  sacras  aedes,  proliibente  virorum 
Innumera  turba,  noctu  se  contulit  intro, 
Hicque  morans  Christum  manifestis  vidit  ocellis 
Sacrantem  plénum  cœlesti  lumine  templum. 

3io         Post  quod  opus,  Christus  leproso  dixit  :  ft  Adito, 
ff  Pontificem ,  certoque  sibi  die  nomine  Christi, 
et  Ne  sacret  ulterius  mortali  templa  sacrata 


l'AHlS  ET  LES  VILLES  DE  FRA.NlE  ftULîJ  LM.UtLK-   \ll  ',S1 

y  i^anliT,  d'un  c6l<^  Ich  Mfiglicrii  aiit  dt^fcriMMi  roenaçaiiira,  iri  le»  (iaim*  tifiitil<«.  !•-«  «-rrf. 
il  l.-i  {;riiii(li'  rariiiin>,  nillf^iini  Ipn  lit^vnit  rupidcs  H  les  clièvresMulvage»:  on  t  renronin-  .iij<m 
iiik;  t)'li(>  (|Uiiiilité  de  iu|iiii!t,  (|iiv  l'on  cii  voit  <|Ui-l(|ucfois  planean  niillien  r^uoi».  Aikm 
Iroiivf-t-on  dans  ci;  bois  tons  les  plaisirs  de  la  rhasM.'.  Dans  une  |*artie  du  mit,  m  timiw 
i-ncorc  un  beau  rliâtelet  qui  a  pris  son  nom  di>  !•  Uanêi  mém»  i»  n  eoiMlnidioo'' .  On  t 
voit,  en  outre,  plusieurs  sanctuaires  consacres  h  Dieu,  et  rempli»  d'une  fuule  de  prâtm"''. 
Je  garde  le  silence  sur  les  autres  merveilles  (|ui  ornent  magnifiipieiiienl  ce  li<fu  H  qur 
je  pourrais  h  |)eine  inum^ror.  Voilà  certes  une  résidence  digne  d'un  grand  roi. 


LK   UUCilU  DE  SAnT-DEXIS. 

\  peu  de  distance  de  Paris  est  situ<^  le  beau  bourg  de  Saint-Denk '*,  oà  i 
ri't;lise  du  même  nom,  le  corps  du  saint  trans|Mirt«<  en  cet  endroit  p»r  un  «eeoni*  ■iraah- 
leux  du  ciel.  Envoyé,  en  qualité  de  rbrélien ,  comme  une  victime  agréable  au  dieu  Merawe, 
dont  les  Gaulois  révéraient  alors  la  puissance,  il  fut  décapita,  avec  pluMPur*  de aei «MBM- 
i;nuns,  sur  une  petite  inonta|,'ne  (jui  a  reçu  depuis  le  nom  de  son  martyre,  mai*  qui  ainn 
portait  celui  du  dieu  Vlerciire,  et  <|ui  est  située  h  deui  lieues  du  bour;g  ' .  0  prodige!  Denis. 
portant  Ini-niénie  .sa  tt^te  détacliée  de  son  corps,  vint  chercher  sa  sépulture  dans  celle  ^is**. 
On  croit  aussi  que  ce  sanctuaire  a  été  consacré  par  la  main  divine  de  Jésu»-Chri«t.  C^lail 
l'épotpie  où  cette  église  devait  <^tre  consacrée  par  la  main  du  |Nintife.  (n  pauvre  liJpreat , 
curieux  de  bien  voir  la  cérémonie  qui  allait  avoir  lieu,  mais  craignant  de  ne  [louvoir,  le 
matin  du  jour  même,  entrer  dans  l'édilice  sacré,  à  cause  de  la  foule  innombrable  dea  aiat»- 
lants,  s'y  rendit  la  nuit.  Pendant  (|u'il  s'y  trouvait,  il  vit  le  Christ  se  mani'ealer  à  aeajreai 
et  consacrer  le  tenq)le  renqdi  d'une  lumière  céleste.  Quand  le  (ihri>t  eut  arhe«4(,  il  dit 
au  lépreux  :  f\'a  trouver  le  pontife,  et  avertis-le,  au  nom  dej(^u»4>hrist  lui-in^me,  de  ne 
"  pas  consacrer  de  nouveau ,  d'une  main  mortelle,  un  temple  consacre  de  DM*  OMiins  divines. 


'  (itiillcbert  <lc  Met/,  n'a  pniiit  oublié  île  ineiilinn- 
iier  (voir  p.  917)  irunjf  Ih"!  Jutslei  np|)ell<'  iJennti'.  ■ 
(icllc  (Iciiiftirp.  où  imtiiriit  Cliorles  N.  cl  dont 
flliiirlcs  VII  lit  lioiiiinngc  h  .\);n^!i  Son»!,  élail.  dit 
If  Jounml  d'un  Dourfffoi»  de  /'arM(élit.  «le  1799. 
|>.  !io4),  fflc  plus  In'I  linslcl  cl  jolis,  ot  le  iiiieuh  assis 
•iiui  fust  en  toute  l'Ulo  île  Kniiire. •  Au  timnienl 
iii'i  \s(rsiin  levUiln.le  rliAteaii  de  IWaiilé  |M)rlait  le 
■Iciiil  (le  sn  (lame,  morte  en  1  hîto;  mais  il  était  en- 
l'ore  dans  loiil  wm  Mal.  Alwndonm'  \Mr  l.(Hii»  XI 
•'I  !i4*s  siirn<s.H(Hirs ,  iiinl)[n'l(- rliariiicdi*  sa  siliialioo, 
il  ne  se  coMi|MiMit  plus,  au  xvi*  sitVie,  que  d'une 
Hinipic  tour  h  \a  |;anl)>  do  latpit'lle  \r*  rois  eommet- 
liiiiMil  un  ('ii|iiliiiue.  ('elle  (our.  (pii  ôlail  carrëe.iab- 
■•islait  encore  au  couuuencement  du  xvn'  siide; 
Claude  (lliillillou  l'n  gravée  dons  sn  Tofngrafki* 
\  iii-l'ol.  I  (i  I  oV  II  lie  reste  plus  du  rliAlenu  de  Iteoulé 
ipic  (|ucli|ui>s  siibslnirtions. 


"'  Asienn ,  avec  ses  Ubiliidcs  (TampMkalian , 
uiit  "plusieurs  lanctaaîn**  H  «ane  foule  île 
^pr#Ut«*  Uk  oè  il  «allait  iwibiiwl  on  rmnrni.i,. 
religicuideGnndaMnl.i|BeGwhfcaH<<r  Mhi  «l^ 
•igné  ainsi  :>  une  maniaie  de  homiilis  appelé*  Bel» 
'Hommes.*  Ces Kiigieai.4|aia«aiaBl  àé 
en  1 1 6&  an  boit  «le  Vincmms.  par  lisait  I»  J 
riireiit  renq>ise^.  en  1S8I.  par  las  MiniaMa  et 
Ni||eon.  que  Henri  111  )  inlrodaiiit  t'a  arrll  •!■ 
Conseil  «rÉl«l.en«ialeilu  17  mariiySI.  sappriaw 
le  monastère. 

(')  ToasleBaaMwaalnnao«MlkSaiM4l»> 
ni*  le  nom  de  bourg,  hmfmt.  La  vile  s'wl  îtmi* 
Irtilemenl  sulour  de  roUwjv. 

\  nir.  p.  •  1 1  H  1 1« .  le  rM<  que  Rasul  «le 
l>re»lfs  al  GnilibcH  de  liste  (mI  du  wmAjn  4» 
•ainl  Denis,  d'après  hs  Upagraplm  t«  lis  aarMM 


,/,8  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

ctCœlesti  dextra;  quod  ne  tibi  credere  pnesul 
rcAhnuat,  hoc  illi  signum  monstrabis  apertuni.-^ 

Si6         Inde  suam  faciem  tangens  Deus,  abtulit  omnem 
Ex  illa  leprani,  quani  niuro  aJTixit  ibidem. 
L'nde  est  sanati  leprosi  Iradita  verbis 
Plena  fides,  et  lepra  inanu  collecta  sacroruni 
Tempus  ad  hoc  niagni  servatur  numinis  instar. 

330         Tempus  ad  hoc  etiam  moniinenta  perennia  lacti 
Mathiae  festa  celebiantur  luce  quotannis, 
Qua  peccatorum  venia  est  concessa  per  alluni 
Pontificem  cunctis  lemplum  visentibus  illiid; 
Unde  die  tali  tantus  concursus  ad  ipsuni 

3a5         Fit  templum,  ut  nemo  possit  nuineiare  quoi  illuc 
Milia  continue  sexus  utriusque  feiantur. 
Non  mirum  est  igitur  si  tam  mirabile  tciuplum 
Post  mortem  reges  cupiunt  habita le  sepulti. 
Hic  etenim  plerunique  jacent  clarissima  regum 

33o  Corpora,  marmoreis  pulchre  tumulata  sepuichris, 

Quae  varia  exornat  cujusque  insignis  imago 
Sculpta  super  tumulis,  alabastro  dives  et  auro. 
Inde  reliquerunt  rex  magnus  Karolus  atque 
Rex  Lodoycus  ei  teniplo  diademata,  nec  non 

335         Multa  alii  reges  thesauri  munera  magni 
Ac  sunimi  precii,  gemmas  et  talia  rerum 
Plurima,  et  argenti  non  parvum  pondus  et  auri, 
Multaque  quae  nuper  nostro  cum  principe  vidi, 
Admiranda  magis  quam  laude  ferenda  poetae. 

34o  Quoque  magis  stupeas,  hac  tempestate  l'ueruiit 

Omnia  per  superos  hostili  abstracla  rapina'  : 
Nam  dum  Majores  superassent  rura  Britamii 
Gallica,  fortuna  tune  adversante,  minister 
lUius  tempii  nietuens  ne  carperet  hoslis 

345  Thesauros,  ipsum  si  burgum  subderet,  illos 

Abdidit  in  terris;  quos  dum  peiquireret  hoslis 
Effodere  accepto  burgo,  privatus  utroque 
Mox  fuit  effodiens  oculo;  tum  pulsus  ab  ipso 
Cœpto  thesauros  intactos  ille  reliquil. 

ANGLORUM  VITUPEHU. 

35o         Ex  hoc  ergo  patet  Majoribus  esse  Britannis^, 


1 1 


l'AHlS  Kl  LtS  VILLhS  DK  PRA^tli  ftUta  uil  vliLfcS  Vil. 
-.")i  I  rvc(|iic  n'fiis*!  (I(!  U'  rroins,  tu  lui  nionlrcras  en  «igné  ntanifmte. «  AimmIAi  Iii«  w 
iiii|)i)siint  l.'i  rii.'iiri  sur  l:i  fi|;iinï,  itii  i-nl<>vu  toii(<r  la  IA|irc  ni  la  fita  lui  mur  dr  t'    ' 

îijoiilii  iloiic  i)\i;\w  coiiliiiiice  nu  r<5cil  <lu  It-pn-ut  jjud-ri,  cl  la  l^pre,  r«ruifiUie  j»» »..< 

(InH  iirôtres,  a  ét/f  consnrvi^i*  juM]uu  nous  comm**  un  objH  divia'''.  Jusqu'à  nous  ^^aicmeal 
In  Kuuvfnir  /itcrnnl  du  rv  miracle  m*  \Hsr[}/rlut',  rlia(|u«  ann((<>,  le  jour  6b  la  fêle  de  — ifff 
MiitliiiMi,  durant  la  cnl/'liralion  de  Inqucllt*  li>  jiouvffrain  |M)nlif«  accorde  une  indalMM*  1 
tous  c<ui\  (|ui  visitt'iit  cotlft  t'irlinv..  Aussi,  (■«>  j»ur-IA,  il  y  a  un  tel  concoura  à  ce  fuirtuaîrp, 
(|iril  <-s(  impossible  de  compter  combien  il  s'y  rend  d<>  milliers  deuenoaSM  dcsdavi  setc». 

i-'iinl-ii  s'i-torincr,  après  cela,  si  les  rois  di>  France  ont  cbois  cette  nerveilleiMe  4^m 
pour  Ifiir  (it'ruièrc  ileuirurr!?  lÀ  reposent  la  plupart  des  corps  des  rois  les  plus  illuflm. 
rouilles  dans  de  maf'ninipies  tond)eau\  de  marbre,  surmonti's  de  leurs  slalur*  idanCrs 
<laiis  (liviTsfs  attitudes  et  srulpttW  en  albâtre  rebaussi*  d'or.  Ce»!  |>ouniuoi  le  roi  Char- 
leina|,'ii)-  d  saint  Louis  ont  b^gué  leur  couronne  à  celle  l'glise;  les  autrva  •oQverains  lui 
ont  laissé  une  foule  de  présents  d'une  (grande  ricbesse  el  de  la  plus  banle  valeur,  des  pierre» 
précieuses  et  autres  objets  de  ce  |;enrc,  do  (p^ndes  sommes  d'or  cl  d*argenl,  ainsi  que 
b(!aucoup  d'autres  trésors  que  j'ai  visités  naguère  avec  le  prince  que  je  sers,  Ir^fsor»  qu'il 
vaut  mieux  admirer  de  ses  yeux  que  sur  l'éloije  fait  par  un  p<H'le  - . 

(je  <pji  i>xci(era  davantaj^e  votre  étonnement,  r'i><it  que.  de  nos  jour»,  cet  ttéton  oot  M 
soustraits,  par  la  protection  divine,  à  l'avidité  des  ennemis.  Alors  que  lea  Anglak  vaioqaeiin 
étaient  maitres  du  sol  de  la  France,  et  que  la  fortune  ëlait  contraire  à  ce  paya,  le  mîniitfv 
du  tenqtle,  craignant  que  l'ennemi  ne  pillât  ses  trésors  s'il  s'emparait  du  boaig,  le*  cadia 
dans  la  terre.  Après  la  prise  de  Saint-Denis,  un  Anglais  qui  chcrcbail  h  lea  déterrer  fui  loul 
h  coup,  en  creusant  le  sol,  fnqipé  de  cécité  complèle,  el,  ainsi  forcé  d'abandonner  son 
dessein,  il  laissa  les  trésors  intacts. 

BLÂME  ADRESSÉ  M\  KW.LMS. 

(îeci  montre  que  les  bnbitants  de  In  (jrau<le-Breta|;ne ,  que  les  Français  appellent  lul- 

'''  Du  llt'cul  rii|i|)<irlc  le  iid'iik-  iiiiiin  I<-,  sur  \a         'de  lmlilrronsi(riiMi-'  ' '''^..XaatrvSwimif 

loi  (11!  Mrol*>  (hIIoi  :  fr  II  (iilviiil,  (lit-il.  (|ti'uii  |uiiivn>         "ilirl  audit  Imlrr  qiiil  4  H  «iéaaaçMt  I» 


ff  Indre,  si  iiinindu  cl  dciïiiil  di;  fnrr  (|uc  plus  ne  |mni-  « Iciidriitain  fe  qu'il  atoil  vm,  H  dll  «m  < 

fvnit,  i|ui  iiviiit  siiifruliiTc  ilévolinii  i>l  ilôsirile  voir  -cl  |in'lat»  qu'il  n'crtnit  phn  bcMm  de  li  < 

"le  iiiyst<<rc  de  In  dédiriicc  d'ioi'llo  c^jlisf,  itrarhnnl  -  Kt  nilin  (|u'il*  l'co  tnwlaanl  croàa,  il  i 

i^quc  le  lendcninin.  quaixl  il  sentit  jour,  on  n«  le  "de  luy.  H  lut  pMM  la  ohmi  tar  h  «itage.  et  b} 


ff  liiiss4-roil  cnlivr  nvor  k^s  niiln's  |M>ur  cause  de  m        -nsU  UM  raphe  de  la  Maladie  é»  Mpv  qu'il  avait 
iTiiinhiilif.  dès  |i>  soir  pn'ct'dent  .se  nuissn  derriiV        -au  visage.  H qw  la  faea  hâi 


l'Une  de»  |iorles  d  icclle  é(jlis<<.  tellement  que  •< I  nrtle,  et  le  mtitM  ca 

l'Ile  rii|>ert'eiii  poini.  el  Tiii  enreriiii'  dedniis.  Kt  en        «est CBcorvganUeaiwmiqMire.aa  laiil» 
-iivllc  imiri,  ledit  lndn>.  /i;-<i/»im  orHli\.  vil  venir        •Sainl-IWfm.*  {Le  7%tam ém millfmlK  4t  ^irù 


"N.  S.  Jésus-Christ,  tout  habillé  de  lilnnrs  veslc^        liv.lV.)l.'>lib<UB«af.awiiaViluhyii  DiiBrwd. 
'iiiciils.  n<niiii|in|pié  de  ses  n|>oslres ,  et  de  grande        n'béMiepasàqnaliliar  defaU•i•rMl<lefl(lla•a■- 


-nulllilllde  de  innrlym,  d'nu(ro3  et  d'nrrhaii,<y~  «■«Talian  nùramlewe.  (tfJMMrr  Aiéarhr  AIWw. 

"qui  liii-mènie  consacra  el  dtMia  ladite  é(rtis<  III.  p.  i8o.) 


'contre  Im  pnrois  d'icelle  iui|M-inia  le  sigite  évi«iml  '*    Dn  Bmd  daMa  de  Mahem  dAadi  aar  la» 


550  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Quos  dicunt  Anglos  vulgari  nomine  Galli, 
Aut  paulum  aut  certe  nil  relligionis  in  altum 
Cœlorum  Regem,  cujus  non  aima  verentur 
Templa,  manu  si  quando  queunt  violare  nefanda, 

355  Quœ  Galli  exornant  ingenti  semper  honore, 

Ut  potes  ex  nostro  deprendere  <■'  carminé,  princeps. 
Non  igitur  miror  si  tandem  Rector  Olympi, 
Exaltare  solens  justos  etlaedere  pravos, 
Auxilii  tantum  Gallorum  contulit  armis 

36o  Et  tantus  saevis  fuit  adversarius  Anglis, 

DE  BELLO  NORMAND.  DE  BELLO  AQUITANO. 

Ut  rex  Francorum,  quo  relligiosior  aller 
Non  est,  in  solo  Norraanos  vicerit  anno 
Karolus,  et  saevi  subtraxerit  unguibus  liostis, 
In  quibus  exaclo  vincendis  tempore  fama  est 

365  Quadraginta  annos  Anglos  posuisse  féroces; 

Ut  quoque  Aquitanos  po])ulos  multosque  ferosque, 
Assuetos  bellis,  œstate  subegerit  una, 
Quos  Angli  prope  tercentum  tenuere  per  annos. 
Cur  non  ergo  putem  tam  mulla  laude  canendum 

370  Hoc  bellum,  quanta  priscorum  aetatc  fuerunt 

Praelia,  quœ  Magnus  felicia  Karolus,  aut  quae 
Gessit  Alexander  Macedo,  vel  Julius  ipse 
Caesar,  vel  quivis  priscorum  denique  regum; 
Ne  tangam  ;Ëneœ,  ne  Turni  forlia  bella. 

375  Quœ  Maro,  flos  vatum,  divino  carminé  dixit  ; 

Neu  pertractorum  Tliebana  in  praelia  regum, 
Quae  pulchro  vales  cantavit  Statius  ore? 
0  utinam  tantam  michi  dent  aliquando  quietem 
Ingenioque  meo  tantas  pia  numina  vires, 

38o  Ut  possim  heroico  mirabile  scribere  bellum 

Carminé,  quod  nostro  gessit  féliciter  aevo 
Karolus,  aeterno  vatis  rex  carminé  dignus! 
Verum  ut  propositum  répétant  mea  carmina,  dicti 
Prœtereo  formam  burgi,  quae  propter  iniquos 

385  Hostes  a  prisco  muta  ta  est  tempore  multum  : 

Namquc  ut  Parisius  cunctarum  urbs  prima  solebat, 

'"'  Le  manuscrit  porte  deprehendere ;  pour  la  mesure  du  vers,  il  faut  deprendere. 


PAHIS  ET  LES  VILLES  DE  PHANCE  SOUS  CHARLES  VIL  S&l 

i;fiirnni<tiit  Anglaii»,  n'ont  que  peu  ou  même  point  de  riïligion  |>our  le  aouveraio  Roi  ém 
cici;  ilK  ne  respectent  point  ne»  temples  aogoftes,  quand  iU  peuveol  j  porter  «M  ■«• 
sacrilt^'f^e,  tandis  ipie  Icit  Françaiii  les  diÇcorent  toujours  avec  une  grande  défoUoD,  eosaw 
vous  pouvez,  illustre  prince,  le  remarquer  dans  met  vert.  Je  ne  in'^toMM  dooe  dm  «  «ifia 
le  Mfiitre  du  cii-l,  (|ui  exalte  les  justes  et  humilie  le*  métkaaU,  a  dooaé  lut  àt  ibcioti 
luu  iirnies  des  Français  et  s'est  montr«^  si  ennemi  des  miels  Anolais'". 

LA   GtlERAK  DE   KORMA^DIE.  —  Lt  GlERRB  OUQIITAI.U. 

(înke  ù  Dieu,  le  roi  de  France,  Charles,  le  plus  reli|petn  d«  lom  iea  rois,  a  vaincu 
les  Normands  dans  une  seule  année,  et  a  retiré  des  griffes  d'un  ennemi  terrible  ealto  pro» 
vince  (pie  judis  les  farouches  Anglais  ont  mU,  dit-on,  quarante  ana  i  eoBooërir;  gréec  1 
Dieu,  il  u  soumis  en  une  campagne  les  Aquitains,  peuples  nombreai  al  6en,  hahit»fa  i 
la  ijiierre,  et  (|ue  les  An(;lais  ont  domint^s  pendant  environ  trois  ceota  ans'*.  CéU»  gwrra 
iKï  doit-elle  pus  être  ci^li-brée  pur  uutunt  d'i'-loges  que  l'ont  été,  an  (empa  jadâi,  la* 
heureuses  victoires  de  (]harleniu|;iie,  d'Alexandre  le  Macédonien,  ou  de  Jules  Cter,  en 
enfin  de  tout  autre  héros  parmi  les  anciens  rois?  Je  ne  veut  point  parler  ici  de*  rude» 
combuls  d'Knéo  et  de  Turnus,  que  Virgile,  la  fleur  des  poètes,  a  chaolÀ  dan*  ses  vers 
<livins,  ni  des  rois  entraînés  h  la  guem;  de  Thèbcs,  que  Stace  a  célébras  dans  son  beea 
poëme.  Puissent  les  divinit<^s  fuvorablcs  m'accorder  quelque  jour  assex  de  loisirs,  et  donner 
h  mon  esprit  assez  de  forces,  pour  écrire  en  vers  héroïques  la  guerre  adoMrable  aoe  noos 
avons  vue  conduite  à  une  heureuse  fin  par  Charles,  ce  roi  si  digne  des  chants  étemels  da 
poêle"'! 

Mais,  pour  en  revenir  au  sujet  de  mes  vers,  je  passe  sous  silence  l'asperl  du  bourg  de 
Saint-Denis,  qui,  parla  méchanceté  des  ennemis,  est  bien  changé  de  ce  qu'il  était  aulrefoi»: 

l'icliusscs  (|ue  io  bosilique  do  Saint- Denis  roiifer-  It'ans.  qui  fui  |iris 

tiioileiiore  au  coMiiiicncenient  du  xmi'  siècle,  mal-  vingt-rinq  ans,  k  U  «aile  de  la  i 

i;ré  K'A  ({•■viiiitjiiioii.s  roiiiinisos  par  lis  \ii)rlais  cl  d'Asineoort;  il  savait  m  mân  ifÊ»  \m 

l*!s  lliiipit-nnu.  Un  y  admirait  iinianiiiimt  la  Table  alliés  aux  Boorguignoas.  ■viiwt  Isaa,  danaN  la 


il'nr,  dans  Io  couslrurtioii  de  laquelle  l'ablM'  Siijer        même  espace  de  iMups.  le*  Armagnacs  «a  AlMr  : 
avait  riii|iloy<'>  (|iiaraiilc-iioux  iiian-s  d'or  servant  à        dnulilp  aïolif  poar  ne  las  point  i 


i-nriiAs!*iT  uii)>  |)r<>di);iiMi!ic  <|uantité  de  |)erlcs  et  de  ''  Asiesan  Grtt  alasim  aas  dans  gnndn  wpé 

l>ii>rr<>s  |ir<M'iciiscs  ;  lu  clii'isso  dt>  saint  Denis  et  de  dition*  que  Dunoù  venait  de  tansànv  hmnM»- 

s«>8  (-<)ni|Miunons,  toute  couverte  do  |)irrreriet;  Ir  nient:  cefie de  Xanwandie.  eonroanée  par  la  iir- 

Crucifix  d'or  [lesanl  (|uatre- vingt»  niorr»,  otivr»'  loire  de  Fotmgnj,  Cl  edk  de  Gvjennr,  «pu  staii 


de  ffscpt  lorrains  orfi'M-es,- qui  y  travoilli'rent ron-  pr^ré  la  «iManssiaa  de  etila  |vavinee.  Ikm  «m 

tiiuiellunicnt  |H>n<luut  deux  ans;  une  seronde  talile  plus  laid,  la  liataille  de  Caaiiha  achevai  raaiii 

d'or  donni'<>  |)nr  C.liarles  le  Cliauve;  deux  chnnde-  de  Dunois. 

Jii'iN  de  viii);!  niairsd'or,  oITerU  \wr  Louis  le  (în>s:  ''  Ce  projet  aépop^  na  pas  M  nt  MMe.  Il «4 

plusieurs  toliles  d'outel  doiuu't's  p«r  divers  son  ntarquabie.tnulefctt.de  mirdMX  paAnpfTM|iir 

vcrains;  la  (i-lèliiv  rroix  de  s^iiut  Kloi;  le  vaisseau  coolanmnM».  Ckrisinie de  Fisan et . 


cuve  de  porplijn'  provenant  de  Téglise  Sant-       prcodrt  d'instinct  <pii  y  avait  aMiibre  k  patoe 
llilaire  dn  l'oitiers;  la  fameuse  rhnise  de  Dago-        ^liqoe  dma  la  gmd»  kile  i  Uqwflr  psireal  pati 


l>erl.  etc.  ( Le  Tkentre  de%  Ahiiif.  dr  VnrU ,  liv.  IV.>       Jeanne  d'Are.  Iknois,  La ilire.  \ainiraba.  "^ 
"'  Le  iwëlc  l'toit  secn'toire  du  dm- f.li;irl<'<d'Or-       k-dire  Ica  dfnHcn  4as  pnm. 


552  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Sic  hic  a  Gallis  burgorum  prinius  haberi. 

Nunc  auleni  illius  tarn  grandis  diruta  pars  est. 

Ut  grave  sit  lacrimas  homini  retinere  videnti, 
390  Quanquam  ob  prœsentis  felicia  tenipora  régis 

Incipit  ad  veterem  paulatini  accedere  formam. 

Sed  vix  longa  dies  poterit  donare  quod  illi 

Abstulit  hora  brevis  :  veluti  quem  torrida  febris 

Affecit  macie  vel  parvo  tempore  tantuni, 
Sgf)  Quamvis  a  morbo  liber  sit  redditus  acri, 

111e  tanien  solito  raptim  pinguescere  more 

Non  poterit,  sed  eum  paulatim  tempore  longo 

Vix  primo  gradui  valitudo  prospéra  reddet. 

Sic  illi  burgo,  [templis]'"'  sic  accidit,  alque 
ioo         Multis  quas  dederant  villas  fera  bella  ruinœ. 

COUCIACDM. 

Vidi  prœterea,  quo  nullum  fortius  usquara, 
Aurelianensis  ducis  admirabile  castrum 
Couciaci t'^',  quod,  ne  faiso  me  dicere  credas, 
Institui  nostro  formam  tibi  scribere  versu. 
4o5  Couciaci  castrum  est  inter  confinia  gentis 

Picardse  positum,  super  uno  monte  decenti 
Fundatum,  quinis  munitum  turribus  atque 
Maenibiis  egregiis  miro  cum  robore  factis. 

TL'IiniS  MAJOR. 

Major  enim  lurris,  qua  non  invictior  ulla 
iio  Gallorum  in  regno,  certe  est  altissinia  visu; 

Quam  super  ascendi  fessus  numerando  ducenlos 

Vigintique  gradus  adjunctis  inde  duobus; 

Sic  alta  est  tensas  très  et  triginta  per  ulnas, 

Nec  minus  in  terras  dicuntur  tondere  mûri 
4i5         Fundamenta  sui.  Quorum  argumenta  patere 

Hinc  puto  :  cum  puteus  situs  bac  in  lurre  snb  imum 

Terrœ  plus  quam  ulnis  sit  quadraginla  profundus, 

Ex  quo  lucidior  cristallo  elîunditur  unda, 

Qua  nec  frigidior  nec  in  illis  suavior  oris 
''30         Ulla  est;  quae  rairam  trahitur  super  alta  per  artem. 

'■'  Le  manuscrit  porte  tempi.  —  "'  Le  manuscrit  porte  Conciaci.  Il  en  est  de  même  plus  has. 


PARIS  ET  LES  VILLES  DE  FHA.SLh  SOLS  CHARLES  VII  SSS 

nir,  (le  iri/lmc  (|uo  Paris  <^tnit  rt'f'ttrtU  pnr  Ict  Franraitt  comme  la  première  de  loaloi  la  nlk», 
nitifii  Siiiril-iicriis  pnHNait  pour  li-  pn.-minr  deti  l>ourf;s.  Aujourd'hui,  il  y  en  a  WM  m  giroili 
partie  à  IVlat  d<*  ruinas,  «pi'il  i-nl  dillicile,  en  le  voyant,  de  retenir  te*  lame*'";  et  powlnl, 
frr&cc  h  la  f«!*li(;it(-  du  pri^'sent  ri'ïf^ne,  ci;  Imurf;  revient  |ieu  i  peu  à  mn)  aodeooe  proepéritf. 
Mai»  de  ïon^ti  jour»  pourront  à  peine  lui  donner  ce  qu'une  heure  rapide  lui  ■  rnle«4. 
Aimti  celui  ({U(t  la  lièvre  brillante  a  Tait  niaifjrir  dan!>  un  court  espace  de  tempe,  bieo  aall 
soit  d/flivrf^  de  la  cruelle  maladie,  ne  [leut  pan  cependant  reprendre  rapidemeot  foo  «Bboo- 
point  ordiiinire  ;  mais  ce  n'est  «pie  peu  à  peu  i|uc  la  boooe  aant^é  le  replacera,  aa  bout  d'un 
Ion);  temps,  dans  son  premier  Mai.  Ainsi  en  est-il  arrivé  poor  ce  boorg,  poar  cea  if^im»  et 
pour  heaiicoup  de  villes  que  la  (guerre  cruelle  avait  Iitn5es  à  l.i  d/^vaikliitinn 


COliCV. 

J'ai  vu  en  outre  la  forteresse  la  plus  solide  qui  soit  au  monde,  le  château  admirable  du 
duc  d'Orléans  h  Coucy  ;  et,  pour  que  vous  puissiez  juger  de  la  vérité  de  me»  paraka,  je  veu 
vous  en  décrire  la  fornit»  dans  mes  vers.  Le  château  de  Coucv  est  situé  surlea  eoofinada  la 
Picardie,  Mti  sur  une  belle  colline,  forlilié  de  cinq  tours  et  de  superbes  maraîllea «Totta 

iiierveillfiise  solidité'''''. 


LE  DO>ijn>. 

Ce  donjon,  le  plus  fort  qu'il  y  ail  dans  le  royaume  de  France,  parait  lrèa-41e«4.  J'en  ai 
fait  l'ascension,  non  sans  fali),'ue,  en  comptant  deux  cent  vingt-deux  marcbes;  il  est  baul 
de  trente-trois  brasses,  et  l'on  dit  (|ue  les  murs  descendent  dans  la  terre  à  une  égale  pro- 
foiidiMir.  La  preuve  s'en  découvre  aisément,  suivant  moi,  puisqu'il  y  a  dans  cette  tour  un 
puits  d'une  profondeur  de  plus  de  quarante  brasses,  d'oîi  l'on  tire  une  eau  plus  claire  que 
le  rristul,  la  plus  fraiclie  et  la  plus  a|;réalile  au  goAt  qu'il  y  ait  dans  ce  pavs.  Klle  cal 
montée  à  la  surface  par  un  mécanisme  admirable.  Ajoutez  un  moulin  que  l'on  |>eul  tourner 


"'  Le  Journal  d'un  Itourgenit  de  Pari*  conslale 
dnns  les  (eniics  suivants  la  dëvostation  de  Saint- 
I))<iii.4|iflrle8  Anglais  (t&36):  ni.»  Angloysesloienl 
'-d'Mlaiis  Sniiirt-DeiiYS  <|iii  |)illoiont  lu  ville,  sans 
"riiMi  y  laisser  ii  leur  iiovair;  ainsi  fit  la  \ill(<  de 
~Sainrl-|)enys(l)>striiili>:  <*t  (|uanl  ilz  oreni  loiil  |iilli' 
•-Il  If'iir  povair,  si  KnMil  alMittre  les  |K)rlrs  et  le* 

-iiim-s  l'i  en  lirent  ville  rlianiftestre (i'i.1(>) 

-!,<•  mardy  d»"*  feslcs  de  Pas<|iirs,  les  Cmuvrniciire 
'de  Paris  tirent  partir  de  Paris,  environ  inynuil. 
•i>i<'n  six  ou  liiiit  cents  Anj^loys  poiiralor  IwiiUt  le 
"It'ii  en  tons  les  pelis  villaiges  et  (jraiis  ipii  sont 
-l'ulre  Paris  cl  Pnntoise  sur  la  rivit'n-  df  Sein»';  ft 
-i|unMd  ils  furent  h  .SninrI-IVnvs,  ils  |)ill<'rrnl  IbIk 
-Imye,  et  \ray  est  qui»  Inhliave,  auruii\  prrnoienl 
-les  ndirques  |Kuir  rarjfenl  avoir  qui  autour  esloil 
->'l  di'fait.  1,'ung  n>gardn  ung  pn^slre  qui  riianloil 


-la  niTMe.  et  pour  et  qae  «le  iaj  MaMoil  inf 
-longue,  qiianl  le  pnslre  «al  dit  Agam  Dm,  K 
-qu'il  lUMiii  le  pncÎMili  toag.  aag  grand 
-saul  avant,  et  lanlost  priai  I»  taSee  et  ki  i 
-raux  cl  s'en  va.  Ij*  autm  primlirnl  nappai  dt 
-tous  les  aulrls.  H  Imil  te  qu'il»  |Mirml  Irsaw 
«dan*  r^gliw  de  Saint-IVnys.»  (Jmrmié'm  Anr- 
gm$  df  P»n$,  éàt  de  i7«9.  p.  i6i  et  ii&.) 

<*>  .Le  chltaaa  de  Cmmj.  dit  M.  VtJkt  k  D». 
-esl  aa  édifiée  vaste,  caafa  d'oMay*  et  ébid  d'an 
•  M>al  jet.  son*  ans  ««knié  pninsnle  ati 

-dr 


-  blenimt  (hoitie  <t  tts 

rart  dootla  deacription  ae 

•  BAli  à  ralrénM  d'an  plalaaa  d*  I 

'gtili^.  il  donna 

-qui  s'4i««nt  de 


ilrtsind 


55â  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Adde  molendinum  nianibus,  si  tempus  adessel 
Urgens,  volvendum,  furnumque  in  turre  locatuin. 
Circuitus  vero  turris,  dimensus  ab  extra, 
Qui  tereli  forma,  qui  puichra  est  conditus  arte, 

1)30         Non  secus  ac  reliquae  quas  dicam  in  tempore  turres, 
Sexaginta  viri  tensas  amplectitur  ulnas. 
Murus  at  illius  nimirum  est  densus  ubique 
Quinque  et  viginti  pedibus  seu  quatuor  ulnis, 
Adjuncta  média  ;  qua  re  ne  fallerer,  ipse 

430  Mensurare  meo  volui  cum  corpore  totam. 

Et  tamen  interius  satis  est  spaciosa  :  pedesque 
Quinquagiuta  duos  tam  fundo  turris  in  imo 
Quani  mediis  spaciis  habet;  ast  in  parte  suprema 
Latior  est  multo,  nam  sex  et  continet  in  se 

435  Octoginla  pedes;  ita  plumbo  tecta  tenaci 

Extrêmes  inter  cingentes  undique  muros, 
Ut  super,  infusis  iilic  fluvialibus  undis, 
Servati  fuerint  tanquam  in  vivaria  pisces. 
Ergo  videntur  ibi  miracula  :  qualia  quondam 

44o  Deucalioneo  mirata  est  ipsa  vetustas 

Tempore,  dum  pisces  sunt  capti  in  turribus  allis. 
Praeterea  turrim  circumdant  undique  fossa» 
Praecipites,  denso  fultae  circumquaque  muro , 
Ex  quibus  apparet  quod,  quamvis  hoslis  iniret 

445  Castri  alias  partes,  tamen  haec  invicta  nianerel. 

Non  reticendum  hic  est,  puto,  quod  super  ostia  turris 

Sculpta  est  efiigies  illustris  principis  ejus 

Qui  primus  fuerat  castri  fundator,  et  idem 

Qui,  cum  magnanimus,  cum  praestantissimus  armis 

45o  Esset  vir,  fulvum  memoranda  in  bella  leonem, 

Vastantem  patriam  non  paucis  caedibus  illam, 
Perculerat  sœvo  mediumque  ceciderat  ictu. 
Cnde  monasterium  princeps  fundavit,  et  illi 
^terna  a  domito  posuit  cognomina  monslro. 

455  Gujus  adhuc  palmae  monimentum  vidimus  ensem, 

Tarn  longum  quantum  potui  complectier  ulnis 
Extensis,  cujus  satis  est  quoque  lamina  lata. 
Quo  perhibent  ejus  dextra  cecidisse  leonem. 
Hinc  est  victoris  victique  leonis  imago 

46o  Gaelata  in  dura  turris  super  ostia  petra. 


PARIS  KT  LKS  VILLES  DK  FRANCK  SOLS  CIIAHLES  VII.  SSS 

h  linift,  dans  un  nioinifnt  d'urgence,  et  un  four  placé  dan*  la  tour.  Ia!  dooioii.  qai  «al  d« 
forme  ronde  et  Irnvaillé  nvec  art ,  de  même  que  !e«  aulrc»  (ours  dont  je  Mffarai  ea  l$mr 
lieu,  a  soixante  braitHfH  de  circonférence.  Le  mur  du  donjon  a,  dan»  tovl«  «M  partiea, 
une  épaisseur  de  vin({t-(:in(|  pieds  ou  quatre  bras»e«  et  demie;  |iour  en  Mit  dus  tàr,  j'ai 
voulu  mesurer  moi-ruéme  tout  ce  donjon  de  mes  propres  main».  Kl  cependant  k  fiaU^ 
rieur  il  est  assez  spacieux  :  il  a  cinquante-deui  pied»,  tant  k  ta  liaae  qiM  dans  la  partir 
moyenne;  mais  il  est  beaucoup  plus  large  k  son  •oromet,  qui  mcaorv  qMlf»>Ttagt-«it 
pifd.s  (le  diamètre.  Il  est  si  bien  couvert  de  plomb  entre  le»  muraillea  qni  r«BlOWvnl  tir 
toutes  parts,  que  l'on  a  pu  amener  de  l'eau  sur  la  piate-form«  et  y  conserver  de*  poiMton» 
l'omuie  dans  un  vivier.  Ainsi  l'on  voit  dans  ce  château  de»  merveilles,  telle»  que  ranliquil/ 
eu  a  admiré  jadis  au  temps  de  Deucalion,  quand  des  |ioiMons  étaient  pri*  au  haut  dr» 
tours.  Kn  outre  le  donjon  est  environné  de  toute»  |>art»  de  fotaëa  praCiNMia,  défendu»  tout 
autour  nu  moyen  d'épaisses  murailles;  par  où  l'on  voit  que,  quand  même  Peasam  «Btahi- 
rait  les  autres  parties  du  château,  celle-ci  resterait  inaccessible  '  . 

Il  est  une  chose  que  je  ne  dois  pas  taire  :  au-dessus  de  la  [M)rlf  di-  \»  lour  «-.l  «rulplrf 
rima{;e  de  l'illustre  |)rin(-e  (|ui  fut  le  premier  fondateur  du  château  ' .  t^uuo«  c'était  en 
même  temps  un  homme  niajrnauime  et  très-puissant  par  le*  armes,  il  frappa  dans  une 
lutte  mémonihie  un  lion  à  la  fauve  crinière,  qui  répndait  la  dévastation  et  le  meurtre 
dans  ce  pays,  et,  d'un  coup  terrible,  coupa  ce  monstre  en  deux.  Kn  souvenir  de  cet  n- 
ploit,  le  prince  fonda  un  uionostère,  et  lui  donna  pour  jamais  le  nom  du  monstre  «ainrii. 
tiomme  second  monument  de  cette  victoire,  j'ai  vu  l'épée  du  héros;  elle  est  »i  longue  qur 
j'ai  pu  à  peine  In  mesurer  avec  mes  bras  étendus,  et  la  lame  en  est  asseï  large  :  c'est  l'épée 
aviT  la(|uelle  le  lion  tomba,  dit-on,  frappé  par  In  main  du  prince.  Cest  pourquoi  refTigir 
(In   vairirpieur  et  du   li<>n  vaimu  -c  vdIi  s(iiI[iIi'i'   iI.ims   I;i   [iliTf  dur»'    «ur  la  porte  de  la 


■•ili>s-.iis  d'une  riche  vaiié»,  tpriiiini^  ou  iionl-ouesl 
'|iiii-  In  villr  (li>  \oyi>ii.  l'I  im  iioni-rsl  | m r  relie  île 
"(lliniuiy  ;  il  rouvro  une  surfiiri'  «If  «iix  niillo  mètre» 
"i-nvii-oii."  (Deseription  du  chAlea»  de  (Miey,  par 
\l.  Viollol-lo-Diir,  ntrliilctic  du  (îouvcnieni«Mit . 
•j'.idil.  l'nris,  Unnce.  tSC.i.  in-8'.) 

"'  l.e  donjon  de  Concy,  qu'Aslesan  ih'cril  n\tv 
Iwiinronp  dr  dt'luils,  |K)rle,  dit  M.  Violicl-le-lhic. 
-;{i  rnt'li'ps  de  dinniMt-e  hors  (i-nvn'snrO/i  nuMrra. 
-ilcpnis  le  fond  du  l'uss»-  dnll<'  jn.>M|n'nu  ronroniie- 
'•nienl.  Oulro  non  l'ossi'.  re  dnnjon  |)o«M'^ie  une  ei>- 
«•(••niili-  rirrnliiiiv  on  rhemi»e  qui  le  |in)|i*jfi'  rontre 
-  Ifs  diOiors. . .  -  l'oin-  liien  fnin-  «ppn'rier  ia  r«r«>  de 
<-rtt(>  rcdontnlile  rilniieile.  M.  Violiet-ie-Ihic  expose 
diuiH  ifx  liTnies  siiivnnU  la  série  d'elTori»  qu'aurait 
l'vijft's  un  sit'jjp  en  ri>}{ie  :  irl/a»sii'){eiinl  devait  Iran- 
iriiir  la  preniièn*  |M)rle  el  «on  |)onl-ievi«.  traverser 
^nn  rlioniin  sons  les  |in>jerlil)~>  iancés  dt  la  partie 
""iiiu'i'h'oro  de  la  ckemUe  cl  du  < 


«deux  vantaux  et  aflronter  on  akMNcaaIk   It  «r 

•  Ironvnit  alors  ra  IJMe  de  h  kene  daaaaal  tar  le 
"fond  du  bMsé  de  la  ritmiw.  ayant  k  sa  gaadw  b 
»|iorti>  ferr^  qui  fnrnuàl  le  bas  ifa  Teicalisr  4r  Is 
•niisine.  et  arrêté  dans  la  galgia  wâkiimn  par 
•'une  sourrr  qui  est  un  vérilays  prils  daw  aa soa- 

•  terrain  obanir.  S'A  lbr(«it  la  kvse.  i  fémittà 
•'dan!<  io  frmd  du  fo<i<  ialÉiiar.  laqasi  est  éJÊi  at 
*»aii»  coniiwmiiftioa  avae  b  sal  de  la  coar:  Utta 
•par  les  dëbaaas  mpéritaia»  da  dsiiaa.  qw  bi 
l'envoyaient  de»  projwifle»  d'âne  barisar  d»  (• 
«mHn*.  et  par  le  ciM«nin  de  rende ds  b  «aartiaF; 

•  il  éiail  perdu,  d'aoiaai  que  les  kaaMMi  aecapnt 
«es  cheniiB  de  ronde  pouvait  dsteadre  par  roHa- 

•  «ener  b  sauna  sar  ans  phatha  at  fai  eaapr 
•b  retraite,  «  lyaiamt  b  poterne  déniera  laL* 

m  Ei^wmnd  Dl.  sc%nenr  de  Caacy.  qai  It 
bitîr  b cUisan  de  issSi  i«So. 


7«- 


556  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Nostra  aetas  igitur  sese  vidisse  leonis 
Victorem  gaudere  potest,  velut  Herculis  aetas 
Gavisa  est  ab  eo  NemeaeaW  mole  subacta. 

MIE  TUBBES. 

Quatuor  bac  aliae  non  multo  turre  minores 
A65         Hoc  sunt  in  Castro,  vario  raunimine,  turres. 

In  quaruni'*'  existunt  thalami,  non  parva  decoris 

Ornamenta  sui,  très  unaquaque  locati, 

Sub  pulchra  egregie  facti  testudine,  sicut 

Est  turris  major  parsque  ejus  maxima  castri. 
470         Est  et  in  illarum  fundo,  super  humida  terrœ, 

Humanis  carcer  parvo  pro  crimine  factus; 

Carcer  at  horrendus  tetro  pro  crimine  faclus 

Turrium  in  ima  jacet  vasto  telluris  biatu. 

CAPELLA. 

Hoc  Castro  est  factum  divino  in  honore  saceliun?, 
475  Dives  imaginibus  petrae  variisque  figuris; 

Aurea  cui  superest  non  parvo  l'acta  décore 

Testudo,  variis  varie  insignita  figuris. 

Sed  nichil  hoc  vidi  praestantius  ipse  sacello, 

Quamvis  mulla  forent  pulcherrima  digna  relatu. 
48o  Quam  varia  in  vitreis  posita  ornamenta  fenestris, 

Ditia  imaginibus,  vario  preciosa  colore, 

In  quibus  intégras  veteris  spectare  novi(|ue 

Testamentoruni  vel  nostra  œtate  licebat 

Historias.  Heu!  Heu!  Sed  longi  tempore  belli 
485  Hostiles  illam  non  parva  ex  parte  prophana» 

Diripuere  manus;  namque  illo  tempore  castrum. 

Quod  capere  armorum  potuisset  nulla  poteslas. 

Perfidia  interior  crudeli  subdidit  bosti. 

Quanti  autem  fuerint  dicta  ornamenta  valoris, 
490  Dux  Bituricensis  regali  e  stirpe  Jobannes, 

Qui  pro  prœdictis,  quae  longe  optabat  babere, 

Aurea  scutorum  voluit  dare  mdia  bissex, 

Atque  illas  iterum  puro  redimire  fenestras 

Vitro,  monstravit,  aliis  ne  testibus  utar. 

"'  Nemeœa.  Le  manuscrit  porte  Netnea;  mais  le  vers  serait  faux.  —  '  Sic,  pour  ijuibvs. 


IMHIS  KT  LBS  VILLKS  DE  FRANCE  SOUS  CHARLES  VIL  M7 

tour.  Notn;  tcm|)ft  peut  donc  »e  flatter  d'avoir  vu  le  vainqueur  d'un  lioo,  eoMM  Tifvmt 
d'Herculi!  n'est  r(^jouie  de  la  victoire  qu'il  remporta  tur  te  lioo  de  Héiaie. 

LBS  AUTKKS  TOIM. 
Quatre  autres  tours,  qui  ne  sont  guère  plus  petite*  que  celle-ci.  et  dont  Im  iHamm 
Hont  (liiï/'nntes,  ne  trouvent  dan»  co  château;  dên»  ces  loan  sont  établi*  trois  apparte- 
ments qui  en  niigmentent  benurnup  In  heauifi  et  (|ui  tonl  adioirableflieol  HiipOi<h  au<da^ 
sous  d'uni>  helle  voille,  roninie  est  In  f^rnndf  tour,  la  partie  principale  de  rtrrhêlw"'  Il  v 
a  dans  le  fond  de  ces  tours,  sur  la  tern-  humide,  une  prison  faite  pour  Im  Immbw  coa- 
pnbles  de  fnutes  iéjjères;  mais  un  horrihle  cachot,  réservé  aui  crime*  affrcoi,  «at  pratiant 
dans  In  profoiidcur  des  tours  et  dans  les  entraill«>8  de  la  terre. 

I.\    IIIAI'KLLC   '. 

Dnns  i;e  chAlenu  est  construite  une  chapelle  en  l'honneur  de  Dieu.  enncliK  <iim.i(j.-. 
de  pierre  et  de  diffi'rentes  slnturs;  elle  est  surmontée  d'une  voâle  faite  avec  beaacoopde 
ningnilicence  et  diversement  décorée  de  ligures  vari)><*s.  Mais  nen  dans  c«tto  chndlt. 
malf^ré  le  nombre  des  merveilles  qui  la  décon>nl,  ne  m'a  paru  si  beao  qo»  lai  difcn 
ornements  des  vilrniix,  riches  d'ima);)>s,  endirllis  de  mille  couieun.  sar  Iflaquel*  oa  po«- 
vait  encore,  de  nos  jours,  conlenq>ler  Ira  sct^nes  de  l'Anripn  et  du  Nouveau  Tealanwol. 
Ilélns!  Iléins!  Pendant  la  durée  d'une  lon};ue  guerre,  les  mains  profanai  daa  <wwi» 
l'ont  dépouillée  (>n  grande  partie.  A  cette  époque,  aucune  force  armée  n'aurait  pn 
réduire  le  rhîllenn;  mais  la  trahison  intérieure  l'a  livré  à  un  cruel  ennemi.  Quant  à  la 
valeur  de  cette  décoration ,  le  duc  Jean  de  Berry .  de  la  race  royale,  a  monln»  ce  qu'elle 
était  :  pour  ces  vitraux ,  objets  do  ses  plus  ardents  désirs,  il  avait  voulu  donner  douie  mille 
écus  d'or,  et  avait  oITt-rl  en  outre  de  faire  garnir  les  fenêtres  de  verre  blanr.  J.»  m-  wm 
point  invoquer  ici  d'outrés  témoignages. 

'''  1*9  Imirs  ili'  (.iini-y.  ilil   'n..!.'   M    \  lollol  -iiL-iiiirirn-».  •.•■«  [m.'O'^  «..ni  «"Ol»-»-».  t^  In  rtH-tr^ 

le-Duc,  ■prt'scntfiil  doux  rlii|;i'^  .Ir  i,i\.^   .lli>'i-         -«•■cIi<'\uui-1m>iiI  à  (-iM<|ii«*>H«gp.  In  iiininrUiil  m> 


"ëlagcs  do  salle  ainhrssus  du  sol.  san~  <    mij.i  ■  «denaadn  videset  fMVNvw.etsMiiNailfcàlpaar 

Ki'ëtnf;!'  des  (-«iiiiiiii's   l'ilr^  smit  saillnni  ' voir  Unm  kl poïala 4a dilMn  •( aartoal  paar Ari- 

iT courtines,  de  miimiii'ii' .1  les  hicn  |]nii<|  'ter  let  léMrdai  vartkaht  qai  at 

"  n'ont  |>ns  moins  de  18  niMrrs  do  diamètre  bon  *eea  aorifla  de  MailradMNH,  lonoi 

"anivrn,  sur  .lli  miMn^s  onvinm  oii-<l<>!t!ius  du  sol  -loos  au-deMat  las  aaa  da aalna.  Daai 

"cxti'ricur.  (.es  («cnliers  à  vis  ne  mnntont  |his  d<>  '«ont  pratiqua  daaa  lai  sain.» 

irfond,  mais  s'interrom|N>nt  h  |)ar(ir  du  premier  *'  fjicliaptledncyiMadeCaw^iilailapfa)^ 


'•ëlagc.  |)oiirre|ir(>ndn'  d(<  Inutrc  raté  de  TenUvcdp        h  b  graad'tale  daal  la  dtaariptiaa  va  laiiii .  H 
"la  tour;  c'était  lui  moyLMi  d'i'vitiT  les  trahisons,  en        eHe  looeiiaît  aa  doi^jea  par  aaa  cknaL  Bit  4kil. 


"forçant  les  |iri-sonnes  qui  voulaient  mouler  sur  li-«        dit  M.  Viflllii4»Dae.  eoaçat  <t  ( 

"IMirsiMïls  de  |>asspr  |>ar  l'uno  di<  sjdk-s.  .  .  -  <,>unnt  l>jHrille.(iroa  ea  j^ge  par  Iti  ft^ 


h  leur  distrihution  iuléricurr.  I<<  savant  archited»        uruIo  •!•->  uir^Maai  dis  faallrai  fû  Itachnl  b 
la  diVrit  aiii^i  :  fT('.lini|ii<<  rhaiidire,  i  |Mirtir  du  m-        loL  Oa  y  anhail,  eaaMBt  à  b  i 


'de-chaua«ëe,  se  compoM  k  l'inldriciir  de  ùx  pan*.        palais,  ptr  le 

"avec  niches,  dont  queique»-unos  sont  pareëttta        II  n'en  rctb'  anjoarinHii  fm  b 


558  DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


SALA. 


495  Aula  est  praeterea  castri  pulcherrima,  iiamcjue 

Quinquaginta  pedes  lata  est,  et  longa  ducentos; 
Quam  super  alta  manet  testudo,  cuique  fenestrîB 
Et  multœ  et  magnae  clarissima  lumina  praestant. 
Quatuor  haec  in  se  forma  praestante  caminos 

5oo  Continet,  in  varia  murorum  parte  locatos; 

Quorum  sunt  bini  fabricati  ex  ordine  pulcbro 
In  capite  ipsius  aulae;  quibus  imminet  alla 
Orchestra,  exiraiam  mire  confecta  per  artem, 
Et  variis  signis  variisque  ornata  figuris. 

505  Quodque  magis  miror,  tam  docti  facta  magistri 

Cuncta  fuere  manu,  quod,  ni  michi  lumina  testes 
Essent,  vix  unquam  potuissem  credere  frondes 
Arboris  et  fructus,  uvas  et  plurima  parvi 
Corporis,  in  petra  sculpi  sic  posse  rigenti. 

5io  Illinc  cum  nymphis  dorainique  virique  potentes, 

Semoti  a  populo,  possunt  spectare  choreas 
Et  iudos,  si  qui  tota  celebranlur  in  aula. 

NOVEM  PROBI. 

Adde  noveni  veterum  fama  prapstante  virorum , 
Nomen  apud  Gallos  clarae  probitatis  habentum, 

5i5  IHic  compositas  ex  petra  albente  figuras. 

Ex  quibus  existunt  Judea  ab  origine  nati 
Très  domini  :  Josue,  Judas  Machabaeus,  et  ipse 
David;  très  autem  gentilis  sanguinis  :  Hector 
Trojanus,  Caesar  Romanus  Jullius,  atque 

5ao         Magnus  Alexander;  très  vero  Régis  Olimpi, 

Qui  fuit  ob  nostram  passus  tornienta  salutem, 
Excoluere  fidem,  certe  meliora  secuti  : 
Arturus  rex,  et  rex  Magnus  Karolus,  atque 
Is  qui  pro  Christo  postremus  subdidit  urbem 

025         Jérusalem,  aeterno  Gothofredus  nomine  dignus. 

LODOYCUS,  DUX  AUBELIANENSIS. 

Addidit  bis  genitor  nostri  bujus  principis ,  héros 
Summae  virtulis,  Lodoycus,  munera  longe 
Promeritus  famae,  qui  non  mediocriter  auxit 
Hoc  castrum, 


l'AitlS  ET  LES  VILLES  DE  KHANCE  SOUS  CHARLES  VII  iif 

LA   GR*?rD*<iALLE  "  . 

Lu  fjrandValIc  <r^t  lu  [tliiH  Ix-llu  du  chdUsau,  car  elle  «at  large  de  ctiM|aaaie  fiaiê  et 
loii);uc  d<f  (U'Aix  c(MiU.  Au-<l'-ssiis  ri-ffut  une  voâte  élevai  det  feoéiraa  ■oadNWMaa «I  giWidM 
y  foiiriiiH.H<'iil  une  JuiniiT)!  Ir<-!^briilanle. 

(1(>U<>  sdiln  renferme,  dan.H  diverses  parties  des  munidlim,  uiuitr?  di«nauwn  d  une  (orne 
ri!nian|ual)le;  deux  de  ces  rlierninées  sont  d'un  bel  eiïut,  pUe4ea  M  luHrt  bcwl  de  la  mII*. 
Au-dessus  sVIi^ve  une  haute  tribune  admirablement  ronstruito,  d*aoe  ridM  afdntadw* 
et  orni^e  de  statues  et  li|;ures  variées.  Vtti  que  j'admire  \e  plus,  c'est  que  loutn  le»  partie* 
en  sont  faites  de  la  main  d'un  artiste  si  habile  <|ue,  si  met  yeut  n'en  avaient  éli 
je  u'uurais  jamais  pu  croire  que  les  feuilles  des  arbres,  les  fruits,  le*  raknaaet 
d'objets  si  délicats  pouvaient  être  ainsi  sculptés  dan»  la  pierre  dure.  Catt  du  haut  de  ( 
tribune  cpie  les  sei|;neurs  et  les  personnages  puiaaants,  en  compagnie  de* 
assister,  séparés  de  la  foule,  aux  danses  et  aui  jeui  qui  ont  lieu  dans  la  salle. 

LES  Stir  PRKt \. 

Ajoutez  à  cela  les  ligures  des  neuf  guerriers  anciens,  d'une  gloire  édatanle ,  qui  onl( 
les  Français  le  renom  d'une  illustre  prud'humie,  figures  sculptées  en  pierre  Uandw 
cette  même  salle.  Parmi  eux  sont  trois  Preux  nés  de  la  race  juive,  Joeu^,  Judas  Madiabée 
et  David;  trois  du  sang  païen,  Hector  de  Troie,  Jules  César  le  Romain  H  le  grand 
Alexandre  ;  trois,  au  contraire,  ont  suivi  une  meilleure  voie  en  embrassant  la  (bi  au  Roi  da 
ciel,  qui  n  souiïert  le  <lernier  supplice  pour  n<ilre  salut,  savoir  :  le  roi  Arthur,  le  roi  Cbar- 
lemaji'ne,  et  celui  qui,  le  dernier  de  tous,  a  triomphé,  pour  le  (Ihrist.  de  la  ville  de  Jéru- 
salem, (jodefroy,  digne  d'une  gloire  éternelle. 

LOUIS,  DUO  D*OHLKA!«S. 

Aux  statues  des  ni;uf  Preux,  le  père  de  notre  prince,  I^uis,  ce  béroe  de  si  grande  terta, 
digne  d'une  éternelle  renommée,  Louis,  qui  a  tant  augmenté  eacbâlean**,  en  a  ajonté  une 

dixit'^me,  qui  appartient  à  la  nation  française. 

'"  \m  grand'sallc  étnit  |ios(drieun>  à  la  conutntc-        porUnlas.  El»  avait  pour  v«Al»  la»  i 
(ion  du  donjon  :  elle  fiiisait  pnrtie  iIoh  iMÏiinieiiN        Imi».  avM  berceao  «gival «■  bwdtao. 
njout(fs  pnr  l.niiiH  d'Orli'nns  |>oiir  reixire  l'hnl)ilnli«n  ''    Cfld  eonCrM»  ropÙMNI  d»  M.  VidhM»4hK  ; 


(lu  cliiUcmi  |iliis  l'iiiiiiiiiHlt;.  Kllc  iM-cii|>nii  un  \asii'       •IxMii*  d'Orléafw,  i|M  It  Ulir  b  «hil»»a  d» 
••s|iii(v<<)m|iiis  entre  doux  tour»  d'angle,  et  n"!;!!»!!        -  Picfrrfopd» .  yartJail  aiesi  sli»  Paris  H  h  Fka» 


nu-detisiis  do  vnsli's  in.'i)^iisins  ipii  foruinioiit  le  n-/-        -dre  deox  piaeas  d'en»  gnMM»  MipartaM».  C»  fal 
di'-rlinus!«'<Miii  luUiinenl.On  rn|i|H'lnilln(irnnd'Sflll<'         -lrts-|VobahlnMaltBII|ailll 


ou  lt>  TriJHuwd  di-s  l'rrux.  porce  cjuc  les  «Utue»  di-  'partie  les  bâliMtnls  dliaiMtoiMNi  ihi  drflMa  dt 

rcs  ucufjfucn'iris  \  l'ijruriiirnl  dsiisdcs  niclH*».  Kllr  -Coaey,l»tgiWMWS»assdlBrlOTi4a»inmB»s. 

t'Uiil  rcloiity  II  sou  i'\ln'uiil<'  niéridionnie  par  mu-  -etqaïBt  torAvMflssaMJinMseNHiassMlHips 

({roiido  verrièn'  ou  verte  diii)»  le  |ii^non ,  oi  rhauiïtV .  -  d  hngiHTiaaa  ill .  D  apAs  Mr  «araslln  snas»- 

uons  dit  VsteMin,  pnr  (luiiirv  rlniiiiiH'i-^   M   \  i"ll''l  -iUgil|B»,  CS»  COHlnMllSas  WÏVMl  appaiHMr  à 

le  l>uc  n'en  ron»|iteiin.'d.Mi\    ■    i  -  ilus  un  -r^|io«|«#d»raeifByiiao«kidMMi«»d»Ca»ry  |Mr 


560  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

BERTRANDUS*"  DE  CLASCHIN. 

Decimani  Gallorum  ex  gente  figuram, 
53o         Militis  insignis  Ciaschina,  proie  Britanna 

Nati,  Bertrand!,  quo  nullus  major  in  armis 
Tempestate  sua  fuit,  aut  prœstantior  omni 
Virtute,  et  toto  fama  prœclarior  orbe. 

NOVEM  PROB*. 

Est  et  in  lioc  castro  thalamus  pulcherrimus,  in  quo 
535  Mira  novem  veterum  mulierum'*)  prostat  imago, 

Quas  solet  appellare  Probas  gens  Gallica  vulgo. 

Hic  est  œterno  memoranda  Semiramis  aevo. 

Assiriorum  habitu  quondam  regina  virili, 

Quae  prima  excelsam  muro  circumdedit  urbem 
54o  Coctili,  ubi  magnus  Macedo  mala  pocula  sumpsil, 

Primaque  femineo  tulit  arma  v^rilia  dorso. 

Hic  est  illa  ferox  Thomyris'^',  regina  Scytharum'^, 

Quae,  privata  suo  per  Cyrura*^'  acerrima  nato, 

Regem  intra  montes  astu  produxit,  et  ense 
545  Stricto  biscentum  comitatum  milibus  illurn 

Femina  truncavit,  penitusque  superstite  nullo. 

Hic  est  Deyphile,  quœ  cum  virtute  virili 

Prœstaret,  validis  Thebanam  dicitur  urbem 

Exsuperasse  armis  violentoque  igné  cremasse. 
55o  Sunt  et  Amazonidum  reginœ,  nomine  claro 

Notae,  Lampedo,  Menalippe,  Marpesia  atque 

Orithia,  suo  prœclari  nominis  œvo; 

Quœque  suum  auxilium  Trojanis  praestitit  armis, 

Penthesilea  ferox,  doctis  célébra  ta  poetis; 
555  Necnon  Hippolyte,  quae,  quanquam  Thesea  pugnans 

Straverat,  Alcidem  comitantem  in  praelia  magnum. 

Dein  tamen  Hippolytum  castuni  concepit  ab  illo. 

Hae  tanta  ex  petra  fictae  sunt  arte  ligurae, 

Quantam  unquam  credam  quemquam  novissc  magistrum. 
56o  Non  secus  antiquos,  Eufranora,  vel  Policletum. 

Aut  Phidiam,  artifices  veterum  simulacra  deoruni 

'''  Le  manuscrit  porte  Beltrandus,  et  de  même  "'  Le  texte  porte  Thamiris. 

au  vers  53 1 .  i)  Le  texte  porte  Sithurum. 

''  Mûltèrvm;  faule  de  quantité.  '>  Le  texte  porte  Cyrrum. 


l'AItlS  KT  LES  VILLKS  DK  PItANCE  SOUS  CHARLES  VII 


Ml 


HKItTRANO  01'  G0K8CLIN. 

(i'i'st  Ih  hIhIuv  (lu  rilliiitln*  rliuvalior  H<-rtraii«l.  ni  de  la  maiMi)  lirvioniie,  l)u  GurtHin, 
l«!  plus  ijnind  |t(ir  h;»  anncH  (|ui  TAt  <lc  tuiii  li-iii|>s,  le  plus  f8iiH>ui  par  lOMlci  In  tmiis 
f;ii<Tri<'T<'R,  et  l<*  plu»  illiiNtn*  par  ita  rfiioiiiiii<'>c  dan»  le  monde  «olier. 


I.KS  MCI  K  l'IlKlSKH     . 

Il  y  »  encore  duiiH  ce  château  une  Mille  iiiaf;nili(|ue,  dans  laquelle  ae  tiMneol  fêàm- 
r-iilili'N  imn^jes,  le»  statues  de  neuf  feiiunes  de  ranlii|uité,  que  la  nation  fraaçaHe  iiwill» 
(irditiaireinent  les  neuf  Preuses.  lÀ  est  S/'inirniiiis ,  jadis  reine  d'Awyrie,  retle  fratine  à  la 
déiuarclie  virile,  et  dont  la  int^nioire  vivra  dans  tous  les  âge»;  «jui,  la  preouèra,  rnloura  il*» 
niiirnilles  de  liri<|ucs  la  ville  «Mevëe  où  le  fp'and  Mac^Monien  alisorba  une  rou|»e  nnpotMMH 
n«W>,  el  (|ui,  la  première,  porta  sur  ses  épaules  féminines  des  annea  viriia».  LA  eat  la 
fnninrlie  Thoriiyris,  reine  «les  Scythes,  qui,  privée  de  son  fils  par  Cyrus.  <^||pu«  le  roi.  par 
luif  ruse,  jiu  milieu  des  nionta),'nes,  et  dans  sa  fureur,  le  friaiti-  à  la  main,  le  lua,  loulr 
femme  i|u'i'lle  était,  ainsi  que  deux  rent  mille  de  ses  ronipa|;nons ,  prrai|ue  tam  eo 
laisser  é(-hap|)er  un  seul.  lÀ  est  Déiphile,  célèhre  par  sa  vertu  guerrière,  qui  dompta. 
dit-on,  par  la  puissance  de  ses  armes,  la  ville  de  Tlièbes,  et  la  livra  à  la  riolcoce  de» 
t1amm(>s.  Il  y  a  aussi  les  reines  des  Amazones,  Lam|M'-do,  Mënalip|>e,  MarpMe  H  Orilhyr . 
connues  par  leur  illustre  nom  dans  un  temps  de  ri'nomniée  «Tlatanie;  et  relie  qui  a  frété 
son  secours  aux  armes  des  Troyens,  la  ilèr*>  l'enthésiléc,  chantée  par  les  Mfaola  poétoa;  H 
cntiii  lii|)polyte  qui.  après  avoir,  dans  un  combat,  vaincu  TliiWe,  le cofflpipMMI  du  grand 
Hercule,  eut  cependant  de  lui  le  chaste  Ilippolyle.  Toutes  ce»  statues  de  pierre aoal  bile» 
avec  tant  d'art,  que  je  croirais  qu'aucun  maître  n'en  a  jamais  autant  déployé**.  Ceat  aioai 
que  les  sculpteurs  antiques,  Kufranor,  Polyclète,  ou  IMiidias,  ont  dû,  j'imagine,  fafoiiaer 


co  prince,  c'esl-à-iJire  aux  |iicnii^i-e»  oiin<*»  dti 
XV'  siècle."  (  nr^criptioH  du  château  de  Loury ,  p.  «•».) 

'"  l,»>s  iifiif  i'iciix  cl  les  neuf  l'riMiscs  étaient  en 
ffriiiMl  ln)iincur  au  moyen  Age;  la  décorolion  ilu 
iliiWenu  <le  Coucy  en  foiiinit  In  preuve.  Ou  le»  foi- 
Huil.  fil  oiitrt'.  Ii(;urt'r  il.iii»  leslii^lp»  et  njonissonc»-*. 
l,ors  de  l'enln^e  solciiiiclle  de  Hnnri  VI  h  l'nri». 
-ilfvmit  liiinviiit  les  neuf  IViix  il  les  neuf  IVlict 
-ilniiics."  {^Journal  d'un  llourgeoit  de  l'un*  .  t^\.  de 
1749.  p.  I&4.)  On  trouve  leurs  armoiries  et  liur> 
loiiniiji^es.  ou  épijp-nphcs  en  vers,  dans  divers  ma- 
Miiscrits  do  In  liililiotliè<|ue  im|M'rinle,  et.  do  pins, 
lions  ÏArmorial  du  héraut  Berrif  (Par»,  in-8*. 
|i.  VU,  note).  Les  Preux  ol  les  Preuses.  dit  M.  Nallet 
de \  iiiville. ont  limnii ili-s  é|i'inenl»icoiK>};rn|iliii|iii>^ 
pour  les  cartes  n  jmicr. 

f*'  On  s'étonne  de  ne  jmis  voir  lijpin'r  ici  l«  ilivn'im- 
Prcti«c,  roniiiie  Du  (liic^clin  vii-iil  ii  In  -i"'-  •'•'-  '■•'"' 


ancicM  Preui.  ieaaoe  d'Are,  qw  aéntail  «it  !■•- 
neur  au  ntêne  titra  que  k  bén»  bnlaa,  ae  Tavail 
sana  doute  point  owora  obleM.  car  b  graoïliriii 
minëe  de  la  lalb  de  ÙMcy.  laie  qw  Du  Cunmm  Ta 
rqirésenlée.  m  porte  que  I»  mmt  IVauaa  de  Ta»- 
liquiié.  A  l'f'poqneoA  Aliéna  éeriveil  (i4(iK  b 
iiMimnin'  de  la  Pucelle  n'élail  pojal  OMar 
de  I  oppmbr*  :  la  réviaion  de  mm  peeb  par  1 
de  Cliarie»  VII,  rt  b  iftiliaimiia  par  b  pape 
('.«iixte  m.  ne  iblml  que  de  lAM.  Cerf  pMV  ee 
mnlirqu'il  n'art  pool  qiwlio»  de  llrirriM  daaa  Im 
fléiaib  c|ue  doMM  Mirv  pnMe  nr  ha  gMmacaaIr» 
le»  Anglais.  M.  ValM  de  Virivile.  •■  mni  àtf- 
Tmuâ»Hmlmnéi  Omim  VU (L  II.  p.  S«).  r»- 
«oole  aae  partkuhfild  des  plu»  tmmmÊn  m  mft 
deladixi^melVMmeldadùiteahvm.  «JeaMw 
-d'Arr.au  débot  deia  farritf*.  «abadilparlardr 
-l.nnix'  d>>  ljt\a\    ifiii  «armait  k  hw  épout  b 


562  DOCUMENTS  ET  ÉCIUTS  OHIGINAUX. 

Magnorumquo  virum  credo  fmxisso  figuras, 
Ex  (juo  perpetuum  meruerunt  nomen  habere. 
Hune  gemini  mira  fabricali  ex  arle  camini, 
565  Supposili  dictis  laudando  more  tiguris, 

Exornant  thalamum;  nec  non  in  robore  niuri 
Abditus  egregius  locus,  in  quo,  nemine  quic(|uaiii 
Advertente,  potest  princeps  cumulare  suoiuni 
Conciiiurn  proceruni,  vel  scribere  dum  placet  illi, 

570  Aut  facere  occultus  quicquid  velit  atque  reinolus. 

Sunt  alii  niulti  tbalami  multoque  décore 
Et  vario  ornati,  quos  est  mora  longa  relerre. 
Transeo  praestantem  dignamque  Nerone  coquiiiain. 
Et  stabula  in  castro  pro  niultis  apta  caballis. 

575  Transeo  permultas  scalas  in  robore  nuiri 

\dmiiabiliter  factas,  et  nuUa  ferentes 
Impedimenta  locis,  tamen  illis  sudicientes. 
Ti'anseo  et  ingi-essus  castri  cui;n  roboie  lanto 
Factos,  ut  nullo  valeam  describere  versu. 

•')8o  (Juid,  quod  sub  terris  varia  ornanienta  iocique 

Munimenta  jacent?  Nam  quadraginta  prolundus 
Is  locus  est  gradibus,  condunlur  ubi  optima  vina, 
Forti  et  miranda  totus  tesludine  tectus; 
Cujus  parle  iatens  est  subterianea  castri 

585  Tutela,  hostili  cupiens  obsistere  fraudi. 

Est  etiam  puteus  sub  cœlo  factus  aperlo 
Parte  alla  caslri,  quem  subterraneus  iiil'ra 
Est  thalamus,  miro  fabricatus  more  lalenter, 
In  quo  Couciaci'''  dominus  consueverat  aurum 

5i)o  Abdere  vel  gemmas,  prcciosaque  lalia  reruiii. 

Praetereo  quanto  sit  praedita  robore  porta 
Ipsius  villae,  qua  vix  est  fortior  alla. 
Possem  praeterea  varia  ornamenta  referre 
Nec  non  illius  castri  munimina,  nec  non 

595  Quam  sit  l'rumento,  (juam  vino  l'ertilis,  alque 

Fructibus  et  reliquo  telluris  munere;  sed,  cuni 
Multa  meis  restent  alia  exprimenda  camenis, 
Ha>c  satis  esse  veiim  de  lanto  carmina  castro. 


'''  Le  texte  porte  Coneiaci. 


l'UllS  KT  LKS  VILLES  I)K  FRANCE  SOUS  CilAHLES  VII.  MS 

h'n  NtaliiitH  (IcR  nncicfis  A'tnn  cl  h"»  li/;ijr«'H  dt'n  ^imiuU  lionimi»*.  n-mn-^  <iin  four  «■ni  •»'^(/ 
lin  rciKiin  iniinorli'l. 

I)<ii\  (•lifriiiiM''«'.s,  coriKlruilt'K  avec  unarl  atiiiiir{il)i«'.i>u|i|Mtr(i'nt  ■  .   ., 

<l  (If'con'iit  nllf  s(illr'">.  ||  y  a  auui.  dnti»  IV|*ai»i>eur  du  mur,  un  ml  .  rH  i^  birn 

construit,  diiiiH  li-(|itr>l,  nana  (|uc  |i(>rHonrii*  i-n  sache  rien,  ji*  prince  peut  réuoir  le  tamtU  éf 
ai's  ip-iindH,  (Ml  tVrin'  i|ii(iii<l  il  lui  |>laii.  <•!  Tain'  tout  rc  i|u'il  vpui  «n  tecni  et  k  Téeart'*. 

Il  y  a  l)ciiii(-()ii|)  H'aiitrcH  rlniriilircK  orn^>>i  d'olijflii  noitil>r<Mu  et  tariéi,  et  du'il  «evaîl 
lr<i|)  li)ii(;  (If  ra|)|)orl<T  ici.  Ji-  \mnnt-  sou.s  Mlcnri-  une  cuiMnv  niagnifii|ue  H  digne  de  N^fWl . 
iiiiiHi  <|ii<-  dos  iViirii-H,  duiiN  j'inti^rifur  du  rliâlfau,  |N>ur  rorevoir  un  fjnind  nombre  de  étr^ 
\iiii\.  J<-  ni>  dis  rii>n  do  Iouh  h-h  escaliers  ailinirnblemenl  plac^  dan*  P^ÏMeur  du  nur. 
ne  cHu.Hnnt  aucune  ^dne  aux  chambre»  et  ituiTiunt  {lourlant  à  tee  deHenrir"'.  J'omeU  enfin 
les  entrées  du  château,  iti  Hidideii  et  si  bien  diM|*oM(e»  (|ue  met  ven  se  Miumienl  \r% 
décrire.  Dirai-je  que  ju.s(|ue  dans  le.s  profondeurït  de  la  terre  m>  trouvent  dceomeawnl*  va- 
riés el  des  fortiflcalions?  L'endroit  où  l'on  con»erve  |i>h  vin»  le»  meilleur»  eal  profond  de 
(|iianuite  ninrches;  il  est  foriiié  tout  entier  d'une  solide  e|  nierveilleune  voitle;  el  r'cvl  dans 
celle  partie  (|ue  se  trouve  lu  défense  cachée  et  souterraine  du  château .  tiui  a  pour  bal  de 
résister  aux  surprises  de  l'ennemi.  Il  v  a  alls^i,  dans  une  autre  partie  du  cbitaaa,  on  pails 
à  ciel  ouvert,  nu  fond  du(|ucl  est  une  chambre  souterraine,  construite  •eerètcnenl ,  d'âne 
manière  merveilleuse,  et  dans  laipielie  le  siMf^neur  de  Couc}  avait  coutume  de  cadMT  Ma 
ni-  <■!  ses  pierreri«>s,  ainsi  (pie  tous  se5  objets  pri*cieu\  '^'.  Je  païae  son*  liicoce  la  solidil''  dp 
la  porte  de  la  ville,  la  plus  forle  (pji  existe.  Je  pourrais  encore  dArrin*  des  onwwb  diver» 
et  d'autres  défensis  du  chAleaii,  dire  combien  les  environs  sont  fertile*  eo  bMi,  en  no*.  en 
Iriiils  e|  autres  biens  de  la  terre;  mais,  comme  il  reste  encore  à  ma  muse  beauroup  d*aulrr« 
<  liiiM-s  à  retracer.  j(>  voudrais  (|iie  celle  description  d'un  si  f^rand  chAlean  pAl  vihi« -iiflîr<>  ' 

-||i'iii|il  l'ciiiiii-Uilili'  |lii  (tii>'-<i  lin.  I.ii  l'(ir>-ll<- i-(iMl  •■Il  M.  \  ic>lli-l-|r'|)iii  ' 

-  l'ii|i|i<irl.s  iiv(>c  II- jfiiiic   \niliV  lie  l.(i«al.  |M-lil-lil«  liei>(liirliAleeii(lf>(]4iii' :.{,.j.-.., 

■file  rillustrc  veuve,  qui  fut  depuis  le  morérb,*)!  «le  Ir    rn  irlrrnjqinrlriiinili  iiiiiuJifcrhli  i 

-l.oliénr.  Klle  ilélnrliii  lic  sa  iii.'iin  nu  |H>lil  uiinpou  et  à  iiMtcrlmMfcBWUf»defapheeeBWS<lr  • 
-(riiri|ir(>ll)*  |M>r(nil.et  loreiiiitii  Aiiilr>^  en  jerlinr-  '    Ce  poils  sahsisle  nmni  auis  la  ri' 

-([(■ont  (le  le  Iransiiicltrc  de  so  port  h  Mfldnnie  de  MMilermine  n's  |)eul-Are  nmté  tfm  das  I 

-  {.iiviil.  C'élnil  l'lioniiMn}[e  de  la  dixième  l'reuM'  à  la  nation  de»  bisteha».  Des  Ufmtim  mmàiiktm,  «U 


M.  \i<>llp(-l»-Diic.  sallaAwt  an  nma*  ^  hMM 
'    Du  (iciTcnu,  dans  son  ouvrage  inlilul<'  />»        le«  chAirmix  du  mojrca  Ige. 
jilux  r.rrrllenln  liiislimml»  dr  h'nnin- ,  n  ilonné  le  d(<»-  *     *Tottl  est  rolossal  ësos  cHIe  fiiiliiMW;  H—l 

Mil  lie  ces  deux  cliiMuiii)'<-'<  •'  'I" *'  ''' '"-  '|<ii        "que  exécul^  «ver  graed  SMi.  la  niasInirtMi  « 


l'ii  );nniiss(iiont  le  ninnleiin  -  quelque  cboM  de  mdectdesaava 

'    Voiri  ce  que  dit  de  ce  caliiiicl  M.  \  lollrt-le-        'l'Itonime  de  notre  leai|M.  Il  siaïUi  ^ae  ks  bah»» 


Duc  :  'In  Imudnir.  pris  aux  d<'|ien!t  do  ri<|>ais.<pur         •lanl»  de  relie  dsawwie  thdsis  dws 

-de  la  rourtine.  arci)ni|Ni)piiiit  lu  imllu  dra  Pretisi-s.         -•  une  racedtgéMls.  Car  iaat  W  ^ai  liât  A  raM|e 


-(ieltepitVcërlainie  par  une  (grande  et  large  tendre        •habituel  ed  k  wmt  <diJs  si|ii^»iniii  t  Is  attie. 
'donnant  sur  In  rnnipn)pic  du  nMé  de  Noxnn.et.iit        'LesBiarciM»de»fMali«».ksil%n4n( 


iN'Iaiiii'iui-n!  le  lieu  le  plus  ii|;n'>nl>l(-  du  rlutlenu  :  *les  liaBca  SMt  Mis  pow  dw  haaMMS  (faae  taBr 
•  une  |)elile  riieniintV  la  riiniilTail .  et  elle  éloil  voAti'e  -«iMlewm»  de  l'onliMiirp.  -  t  IWnflMa  Jm  liimtu 
-avec  t'N'gonrc  par  dt*  voAIn  d'orale».  »  ^r  ^Jwwy.  p.  »  i .  • 


56â  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

LIJGDUNUM. 

Ergo,  ul  seniotas  a  dictis  vertar  ad  oras, 

600  Vidi  Lugdunurn,  prisco  sub  tempore  firinam 

Rhetoricœ  sedeni,  mediam  qiiam  séparât  iiihem 
Lucidus  amnis  Arar;  cujus  quoque  md'iiia  pra'ter 
Labitur  exundans  Rhodanus,  qui  dividit  ipsam 
Galliam  ab  Imperio,  cui  non  ea  libéra  paret. 

6o5  Unde  ferax  terra  est  propter  duo  flumina  frugum. 

At  latere  ex  ab'o  defendunt  undique  montes 
Urbem,  parte  tamen  fructus  et  vina  ferentes. 
Is  nions  praecipue  cui  Decollatio  nomen 
Praebuit  :  hic  etenini  sanctorum  rnulta  virorum 

610         Milia,  martirio  pro  noniine  dedita  quondanï 
Proque  fide  Ghristi,  caput  obti-uncata  fuere. 
Quorum  sanguis  iens  subjecti  ad  fluminis  undas, 
Hiarumque  rubrum  reddens  (ut  fama)  coloretn, 
Fecit  ut  a  toto  dicatur  Saugona*''  vulgo. 

6i5  Qui  prideni  fluvius  ab  arando  *  nomen  habebat, 

L'tque  a  truncato  teneat  mons  nomina  collo, 
In  quo  templa  duo  digne  fundata  l'uerunt; 
In  quo  tanta  jacent  illorum  corpora  sancta; 
In  quo  sacratae  pars  est  inflxa  columnae 

«ao  Ad  quam  passurus  Christus  fuit  ipse  ligatus; 

In  (|uo  praBterea  sunt  plurima  longa  relatu. 
Adde  quod  banc  urbem  juxta  est  memorabib;  bustum 
Qui  vulgo  Tumulus  geminorum  lertur  amantum. 

HERODES. 

Herodes  siquidem  jacet  hic  cum  conjuge  cara, 
6is5  Propter  quam  caedi  jussit  caput  ille  Jobannis; 

Qu*  fuit  hune,  niagno  stimulata  ab  amore,  secuta . 
Donatum'*'  extern*  propter  sua  crimina  terrae. 

PILLATtS. 

Dicitur  bac  eliam  generatus  in  urbe  fuisse, 
Quamvis  ex  coitu  damnato ,  callidus  ille 
63o         Pillatus,  nomen  retinens  ab  utroque  parente  : 

'''  Le  manuscrit  porte  Sangoiin.  —  ''  Allusion  au  mol  latin  Anir.  —  ■''  Ihimnnium? 


PAKIS  KT  LKS  VILLES  l)K  FitANCK  SOUS  CIIAHLKS  VII. 


&«S 


LVO.%. 


^m 


l'our  parliT  d'un  |iiiyM  *';loif{né  di;  odui  (|ue  j<f  vii;n)t  de  diicrin*.  j<*  dirai  donc  nue  i 
Ml  Lyon,  tiutn>foiK  st^jour  aNHiiri^  d<>  tVlor|U)*nas  \\\\i'  i|u<'  diviiM?nl  fii  deut  lr«  raut  lÎMi- 
|ti(l)>s  (le  In  SnAiH-.  Kll<-  il  tlfs  inurailli-H  le  long  doMiuflUw  eoale,  «a  boailioanuit,  le 
nii^iiio,  i|ui  »t<^|)arc  lu  Frano!  di-  rKiii|)ir<!  ' ,  dont  cette  contrée  ne  veirtpMw  rwMNMlb» 
siijtilti'.  Lt'  voiHiiiugf  di'H  d(MU  fleuviis  rtfnd  If  pays  fertile  en  moilMMM.  I)a  eàU  oppOM^.  b 
villf  t'Hl  (l)'-ri-ndiif  |»ar  di>!«  iiiontaf^neH ,  dont  une  partie  cependant  |Mirte  de*  fruit»  ri  d» 
vinH,  priiicipali'iiient  li;  mont  i|ui  a  reçu  son  nom  de  la  Dt^collation.  Ce*t  là,  en  eflrl.  une 
|iliisi<Mirs  milliers  de  xaints,  livrés  aulrefoin  au  martyre  |>our  le  nom  et  |iour  la  foi  da 
(ilirisl ,  eurent  In  Itlte  (rarirhi'e.  Leur  »anf(  coulant  juM|u'aui  vaui  du  fleuve  qui  bainir 
lii  iii(iii(<i|;mc  •■!  reiiiiuiit  leur  couleur  rou|;e  (suivant  In  tradition)  a  M  csnte  que  Uwt  le 
|ie(i|)li;  ii|)|iflie  SiiôiK*  ce  lleiive  i|ui  d'ubord  avait  reçu  Min  nom  dc  Faction  de  labeuffr**. 
(i'est  cet  événement  i|ui  a  fait  donner  le  nom  de  la  Décollation  à  cette  montagne,  «ur  U- 
(|uel|e  ont  été  fondées  richement  deut  églises,  oîi  re|N)sent  les  corps  de  tant  de  saint»,  oà 
est  phicé(>  une  partie  de  la  colonne  sacrée  h  la(|uelle  Jéitus-Christ ,  avant  sa  pawinn .  fat 
lié  en  personne,  où  sont  eniin  beaucoup  de  choses  qu'il  serait  fort  long  de  ra|>|iort«r. 
Ajoutez  <|u'nii|irès  de  cette  ville  est  le  mémorable  monument  que  l'on  np|M-l|p  vulgairement 
je  Tnmhpiiu  lie»  l)eux-t\miiiit». 


Hénooe. 

Ib-rode  y  est  enterré  avec  sa  chère  épouse,  |iour  laquelle  il  lit  coujwr  la  tête  de  sninl 
Jean-Bnptiste;  poussée  par  un  violent  amour,  elle  l'avait  suivi  tur  la  tem-  étrangère,  etîi 

iiiKpiel  fut  condamné  ce  roi  pour  prix  de  ses  crimes  '*  . 

PII.ATE. 
On  (lit  iiiissi  que  dans  cette  ville  naquit  d'une  union  illinle  tr  niM-  l'ilatr.  qui  rrrot 


'•'  Dons  In  |nirlii'  sii|M'rieurt*  de  son  roun. 

'•'  Asiesnn  fnit  ici  (illusion,  non  |>oinl  h  ta  per- 
si'>ciilioti  (If  l'on  177  «lonl  fnivnl  viclinii's  l'olliin. 
Illniidim;.  AtUilc  cl  une  cinquonlaine  d'autres  chré- 
lit'iis.  mois  à  celle  de  l'on  -loW.  Il  n'y  ont  pas  rniiinii 
fil  177,  un  vnin  Hiiniilorrc  de  jiifp'nifiil;  l>'  iii.i~ 
soeri;  fut  instontnné.  On  comptn  l<>s  viclinics  |Mir 
inillifcs,  dilM.  MimPiilroii  :  -Kninnies.fnranI».  vieil- 
-  lords,  clinHif  IIS  df  louif  condilion  pirinMit  <'jj'>rfp*s 
-don»  leur  demeure,  sur  Ifs  places  publiques,  don» 
-Im  rlianips.  porlmit  où  l'on  poiivnil  Ifs  nllfindn». 
"vi  tout  pitifii  <*lnil  Iwiirreoii.  \a\  snng  de*  \icliiui"s 
"joillis.snit  il  Ilots  dons  les  mes.  et  leignnit  do  ta 
-roiileur  les  eaux  d»>s  doux  lleiivos.-  iHulotrtdf 
Lyon.  I.  I.  p.  tX  •  '  M    Monfslron  ojoiitoon  iiolo  : 


-if  M  croM  pas  qa'ii  soil  aéeaaawv  dv 
•  l'opinioa  de  eau  qpn  bal  dèmr  k  «NI  de  la  nie 
-du  (joarguilioa  î»  Mng  das  — rt)n  eoelHl  h 
-  flou  la  long  de  caHe  peele.  •  —  U  ngal  dt  h  Dé- 
mlUtion  est  piiibiM— I Poarnèna {fmwm mém). 
<>unnt  nr<'tyiiiolagiedaanl&iy«H,«|«'Mln««v 
diin«  Aimniealiawaline>daB>Cr<giwi«de  T— n. 
nous  en  laiwMi  la  napaaMMM  k  AiIiiib.  Cm»- 
•ahar  k  cal  digard  h  mémmnà»  CX.Gnmàmt 
/^  MMM  W  la  «Mm  ifc  fa  SiAw.  (  If «I 
fUifm,  aanéa  i8m.  I.  V.  p.  •  j^> 

'*•  \m  fmliw  dts  Dmx-AwmHê  HmI  1 
la  eaotpagne  dt  Lyen.  sar  b  m»  droit»  dr  b 
SsAoe.  su  Kw  appaM  Jiigai^.  Célail  at  s^fat- 

titre  gallo-mmaiar. 


566  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Nam  pater  illustris  Tus;  mater,  femina  vilis, 
Pilla,  molendino  fuit  ilii  assuela  paterno. 
Urbe  hac  Baptistse  sunt  inclita  templa  Joliannis, 
Centum  canonicis  et  ditia  dotibus  amplis; 

(isr.  Ut  taceam  vasto  castrum  insuperabile  saxo 

Fundatum,  toti  dominans  excelsius  urbi. 
HiEC  igitur  fortis,  formosa  et  fertilis  urbs  est; 
Nec  minus  est  omnis  ludique  jocique  referta, 
Atque  voluptatum  cunctarum,  ut  possit  in  illa 

tiào  Urbe  suas  rredi  sedes  Epicurrus  habere. 


BITURIS. 


Vidi  urbem  Bituris,  in  qua  fundaverat  olim 
Dux  Bituricensis,  fama  praestante,  Johannes, 
Quod  mira  ornarat  forma,  perluslre  sacelliiin. 
Id  tanta  docti  pictum  fuit  arte  magistri, 

645  Ut  ferme  vivens  omnis  videatur  imago. 

Ne  dicam  fultas  vitro  lucente  fenestras. 
Ornatas  multis  varioque  colore  figuris. 
Hic  ego  relliquias  quae  conservantur  in  auro 
Argentove  sacras  vidi,  quas  dicere  longuni 

65o  Esset,  praecipue  puerorum  ob  nomina  Christi 

Caesorum  partes,  integraque  brachia  totis 
Cum  manibus,  totosque  pedes  eu  m  cruribus  ipsis; 
Ut  taceam  gemmas  et  niagni  ponderis  auruni 
Quo  crux  est  illic  precio  fabricata  supremo. 

655  Transeo  quam  magnum,  quamquc  omni  parle  décorum 

Sit  Stepbani  templum,  quod  toti  pra-sidet  urbi, 
In  quo  sancti  hujus  fertur  requiescere  corpus. 
Hic  etiani  dignas  illustri  principe  vidi 
^des,  quas  summo  studio  argenlarius  alti 

66o  Régis,  tantum  animo  quantum  ditissimus  auro. 

Non  secus  ac  notus  pneclaro  nomine  Crassus, 
Construit;  et,  quamvis  nondum  finiverit  illas. 
Jam  tamen  absumpsit  scutorum  milia  centum 
Aurea,  dum  pulchras  fabricare  enitilur  aedes, 

665  Percupidus  ne  quid  speciei  desit  earum. 

BLESIS. 

Verum  ut  de  Blesis  aliquid  quoque  dicere  non  sim 


PAKIS  KT  LKS  VILLBS  I)K  KHANCE  SOUS  CilARLKS  \il.  M7 

i(>  nom  (le  hkk  dciu  paronU;  car  »qn  |ièrn  <^tail  l'illuatre  Tui;  u  mère,  une  feaiiii«>  d*  «ni» 
ilitioii  vil<',  Pilla,  habituée  à  tourner  le  moulin  |)aU>rncl"'.  Oani  cette  ville  m  Iroute  rArfÎM 
Snint-J<'an-B(i|>tiMte,  ci'>lùbre  par  ne»  cent  chanoine»  et  |Miurvue  de  ricbe*  revf>mw**.  Je 
ni'  iiiirlcnii  [hih  du  chAleau  impreniiblc,  i^tabli  *ur  un  vatte  rocher  et  dominant  de  m 
liaulfur  toute  In  ville.  Cette  cité  eut  donc  forte,  belle  et  fertile;  elle  n'eet  dm  omno»  pletor 
d'af^r/'Hient»,  de  jeux  «t  de  plaisirs  de  toute  aorte,  au  |)oint  de  faire  rroirr  qu*^irur 
élnlili  son  séjour. 

BOlRUes. 

J'ai  vu  la  ville  di-  Uourf;es,  diins  laquelle  le  duc  Jean  de  Berry,  d*illii»tre  mtommée. 
avait  fondé  autrefois  une  tn^s-célèbre  chapelle  qu'il  avait  ornée  avec  un  art  menreilleui  ' . 
Klle  a  été  peinte  avec  tant  d'habileté  par  un  artiitte  savant,  que  toutes  le»  image» •ool  poar 
ainsi  dire  vivantes,  sans  parler  des  fenêtres,  ornées  de  vitraut  ëtineelant*  et  décorécade 
tioiiibrciises  fii'ures  de  couleurs  variées.  J'y  ai  vu  de  saintes  relique*,  qui  sont  tOMun^w 
ilaiis  l'or  et  l'ard'cnl ,  et  iju'il  seriiit  trop  long  de  décrire,  prinripalenwot  les  realaa  dcae»- 
lants  massacrés  au  nom  de  Jésus-(^hrist  ''',  les  bras  entiers  aviH-  let  naina,  lea  pied*  ea 
entier  avec  les  jambes;  sans  citer  les  pierreries  et  la  grande  quantité  d'or  qui  a  servi  à 
ral)riipier  une  croix  d'un  prix  infmi.  Je  ne  dirai  pas  coudtien  e»l  grande,  combien  r»t 
belle  dans  toutes  ses  parties,  l'église  Saint- Ktienne,  qui  domine  toute  la  ville,  et  dana 
hupielio  on  dit  (pie  repose  le  corps  de  ce  saint'^'.  \À,  j'ai  vu  encore  un  hôtel  digne  d'un 
i;ran(l  |>rincc,  que  fait  bâtir,  av(>c  un  soin  extrême,  l'argentier  de  notre  paiaaant  roi,  cet 
lidinnie,  aussi  |;rand  par  l'esprit  ipie  riche  par  ses  trésors,  (|ui  l'égalent  au  oMbre  CraaM». 
(l'illustre  rcnoiiiiiii'>e;  el,  (juoiipril  n'ait  pas  encore  achevé  son  hAtel,  il  a  déji  dépensé  cent 

mille  écus  d'or,  tant  il  déploie  d'elForts  |>our  se  construire  uni-  Im-IIi-  <I un'    iani  il 

d('sire  (lue  rien  nt;  nian(|ue  à  la  splendeur  de  celte  résidence  ' 

RI.OIS. 
Je  ne  veux  pas  oublier  de  din-  ipielque  chose  de  Biois.  Là,  tout  près  dea  eaux  de  la 

'"'  Celli' i''l_vmol(n;if  iM'îtl  |>iis  stirieuMV  prix  iiiinn  ■  ■n-    > ;   '■  I'.  i, 

<"  Coiisullor   roiivrnjfo  intiltilé   L'iglue  prima  ilniis  le  li. -•■  ■;    ;.,..•.,,. .li..i.  .i.    I. -. 

imU  ilf  hjnn  elimu  chapitre,  |>ar  M.  l'ahlH'  Jor(|ii<>«  '   CoiMuller  roavnge  iatilaM  Dnmftmm  km- 


Lyon.  18.37,  in-K\  lorifM H  mmmmmitlt  dt tJjgSm fUnmtkwk  «  mé- 

(')  I,n  Soinlp-C.hnpelle  <ie   Bourges  a  <lis|)arii        ittfUtaùu  àt  Btmrgm.  par  te 


r.iMiiiie  (Hille  lie  Dijon.  L'une  et  l'oulre  avaient  t'Ir  i8«4.  ii»-8*. 

Ik'iIhn  |uir  lies  r (ils  di;  my  <!•' Krance .  •<  4  fimiUitioii  "  Jacqur»  tlonir  avaii  rvnnartK<é  la  conttnt' 

lie  lii  Sjiiiilo-Clin|idl<'  liii  i*alnis.  titm  de  «on  Mti>i<m  iHS.el  AstoMO oom apiNTad 

<"  \.\^\\M>  lies  SainU-InnocpiiU .  h  Paris .  cniyail  qtril  n'éiail  pnial achève  lanl  ans ph»  lanL  ùm  m* 

aussi,  (iii  l)iiilr(Mil.|i:is!H^ioril<-sn>li<|iiesiiesjeuiM<!t  qiM  es  eorinu  anaaMart  sabsisls casai*,  sc qall 

virliiiios  ili>  la  fiiiviir  ililérude.  Ces  reiOea  ëUi«al  a  été.  après  an  baf  sbsadaa.  raèfsl  d*MM  rsa 

ip'ni'rnl.'nioiii  .lô|M)iirviis  (i'aalhentidlé.  La  cbèns  ration  iiiliWigiBis.  Los  «■AliaMS  al  h  «Isnw 

(|iii  conlfiiait  les  i-rliquos  dont  |Miric  Vslesan.  et  qui  eAèfan  aigSBlMr  S  y  nmibsal  pssipal  :  I 
|M>sait  plus  ilo  ().*>  niaiTs.  ninsi  que  In  croix  «li 


I  un 


i68  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Immemor:  hic,  Ligeris  non  longea  fluminis  iindis, 
Parvo  in  monte  situm  est  spaciosum  forteque  castrum . 
Et  tantis  domibus  munitum,  ut  multa  virornm 

670  Accipere  hospiciis  et  milia  possit  equorum. 

Estque  ejus  castri  conciusum  robore  templurn 
Tam  magnum,  ut  nuHum  castrum  dicatur  in  cris 
Gallorum  templurn  spacii  majoris  habere; 
Idque  est  canonicis  ornatum  clericulisque 

675  Tarn  multis,  ut  quottidie  canlentur  ab  illis 

Non  solum  misscc,  verum  et  sollemniter  hora* 
A  niatie  Ecclesia,  divino  in  honore  statuta". 
Organa  praeterea  sunt  illic  tanta,  quod  ipse 
Nec  majora  illis  vidi,  nec  posse  putavi 

680  Usquam  exerceri,  nam  stamni  mille  sonoras 

Et  quadringentas  virgas  dicuntur  habere, 
Quarum  aliquas  vidi  tantas  (mirabile  dictu), 
Ut  mediocris  homo  possit  transire  j)er  illas. 
Ex  quibus  egreditur  sonitus  tam  vocis  amœnae, 

685  Tam  dulcis  cantus,  ut  non  Amphiona  mûri 

Thebani  auctorem,  nec  cantus  talis  et  artis 
Pana  repertorem,  nec  qui  requiescere  fecit 
Orpheus  infernas  repetita  conjuge  sedes, 
Nec  Phœbum,  quamvis  Trojae  struxisse  canendo 

690         Mœnia  dicatur,  melius  cecinisse  putarim. 
At  burgi  medio  nitidis  argenteus  undis 
In  petra  fons  est,  ex  omni  parte  venustus, 
Sufficiens  toti  (si  fas  est  dicere)  villa-, 
Qui  merito  posset  Gaii  cognomen  habere, 

695  Instar  Senarum  fontis,  cum  semper  ad  illum 

Magna  puellarum  concurrat  copia  fontem, 
Quas  tam  formosas  ego,  tam  veroque  colore, 
Quem  non  fucus'''  eis,  natura  sed  optima  donal, 
Pêne  omnes  vidi  comptas,  cum  proximus  essem 

700  Hospitio  fonti  (liceat  michi  vera  fateri), 

Has  ut  Lombardis  ausim  prieferre  puellis. 
Prœtereo  quantum  sit  opimis  fertilis  agris 
Terra  haec,  quara  tantum  prudens  ait  ille  virentem. 
Et  ditem  silvis,  et  ditem  vitibus  esse, 

705  Et  pratis  et  aquis,  ut  nil  aliunde  requirat. 

'"'  Le  texte  donne fnccus. 


PAHIS  ET  LKS  Vli.LKb  i>b  FRANCE  SOLb  LHAHLk!»  Vil.  K9 

lioire,  nVI^vc  kut  une  pctilc  rollinn  un  ■pacieoi  et  fort  cbâieao,  pottnm  de  hâliiimli  « 
f'rands  (|iril  peut  n^cfvoir,  dan»  net,  diven  corp«  de  iogit,  ploiiean  BiiUivn  dliMHMe  «1 
d)-  clinvaux  "'.  On  y  voit  auxsi,  renfenoée  dan»  l'enceinte  de  ce  dlêleui,  noe  HwMJIff  « 
(gronde  qu'elle  paN.sc  pour  la  pluN  vaste  (|ui  eiîste  daiu  un  cfaâleaa  de  FcMM**.  Cette 
chapelle  est  »i  bien  pourvue  de  clianoine»  et  de  clerc*  infi^neun,  que  dMOM  jow  ib  y 
chantent,  avec  solennilë,  non-neulement  des  meswa,  mais  le»  benrea  étaUiea  par  nolrr 
nitVc  rKglisc  en  l'honneur  de  Dieu.  Il  y  a,  en  outre,  des  orguea  ai  grudea  me  je  s'e*  m 
point  vu  (pii  les  Nurpusscnt;  et  je  ne  |>ense  pas  que  l'on  puisae  en  trouver  nulle  pari. 
car  elles  ont ,  dit-on ,  quatorze  cents  tuyaux  sonores,  dont  quelqueft-uns  m'ont 
(j'runds  (chose  merveilleuse!)  pour  laisser  passer  le  corps  d'un  homme  de 
seur.  Il  en  sort  un  son  de  voix  si  ugri'ahle,  un  chant  si  doux,  que,  loiTant  moi,  ni . 
constructeur  des  murs  de  Thèhes,  ni  Pan,  inventeur  de  l'art  du  chant,  ni  Orphée,  mi 
sut  calmer  les  dieux  infernaux  (|Uond  il  alla  redemander  son  épooae,  ni  Apollon,  qui  ^eva. 
dit-on,  aux  accents  de  sa  lyre  les  murailles  de  Troie,  n'ont  fait  entendre  de  ploa  amtea 
accents. 

Au  milieu  du  hour),'  est  une  fontaine  de  pierre,  aux  eaux  argentées  et  bhilanlea,  es- 
tit^rcment  belle,  (|ui  sulFit,  s'il  est  permis  de  le  dire,  h  toute  la  ville,  et  qui  aurait  droit  de 
liortcr  le  surnom  de  (iaja,  à  l'instar  de  la  fontaine  de  Sienne  "'.  Autour  de  cette  Ibntaiaeaa 
rassemblent  sans  cesse  une  foule  de  jeunes  filles,  que  j'ai  vues  si  belles,  si  fralcbea,  pe«r 
lu  plupart,  de  couleurs  vraies,  que  la  nature  bienfaisante,  et  non  le  fard,  leur  donnait,  car 
ma  demeure  touchait  h  la  fontaine,  que  j'oserai  (s'il  m'est  permis  de  dire  la  vérité)  les 
mettre  au-dessus  des  Lombardes.  Je  ne  dirai  pas  combien  est  fertile  en  champs  eieelleata 
cette  contrée,  qu'un  homme  sa(jc  se  borne  à  nommer  pays  verdoyant,  riche  en  forêts. 
riche  en  vignobles,  en  prés,  en  rivières,  sans  qu'il  soit  besoin  de  rien  demander  ailleon. 


">  Le  rliAtonii  de  Rlois  ost  (InrigiiK*  fort  an-  (aire  de  l'aotique  aiaaoir  an  chMtaa  (b  j 

cieiine,  piii!W|u'ii  a  n'>!iiMté  (ui\  ntt<i(|iifs  «les  ^or-  Louis  XII.  Pi«d(ms  I"  M  GaslMI  #OlrUiM 

iiiunds.  Aprj>s  avoir  ap|>art('im  siirrossiveinent  aux  vèrenl  la  traiislbniMtiaa.  Apre*  m  haf 

cointra  de  ItloJH .  des  innisons  lie  Krniirc  et  do  Chain-  et  des  ravage*  mahipiiéi,  le  chlleae  da  Mms  a  éM. 

|>«(jiic,  il  fut  ncqiii»,  en  i3(j7.  nar  If  dur  l.onis  dans  ce*  deraièrci  aonées,  i 

d'Orli'nus,    qui    y   fondu   uno    U'Ilc  hibliothWpK'.  |tar  M.  Dttbwi. 

Chri-stint'  dt>  l'istin,  Knstnrlio  Drsriinnips  et  (iilli-s  '*>  La  diapaila  qu'a  vwléa  Aslmn  était  j 

Mnllot,  dit  M.  do  la  Sniissayc  (llùloire  du  ckiteau  bleoMOt  c«la  dite  et  Sanl-Giiw,  qua  M.  dt  b 

(/(•  liloit,  Paris,  i85o,  in-i8).  y  arT()ni|Mignèn'nl  SaMSaya  ttfÊgé»  «MMM  ayaal  étf  i 

souvent  le  duc  cl  la  dnrlicsse;  lo  snvonl  bibliolhë-  ix*  »iWe.  et  queLowa  XII  II  dUrair 

rnirt»  de  Charles  VI  se  rhnrgenit  du  soin  d'arranger  celle  qui  eiiila  aufourd'hai. 
h-s  livre».  Valentiiic  s'y  n'fugio  opnS*  le  meurtre  de  **'  PHil-lUod  oécnl  aÏMi  h  tMkn  ImtÊÊÊ»  ér 

son  époux,  cl  elle  lit  placer  sur  tous  les  nuirs  de  Gaja  :  «Elle  «s*  sMaés  dan*  b  haal  de  b  pbae 

ses  a|>|>Hrlenieiiis ,  tendus  de  noir,  sa  touchante  d^  «firfh  Stgmna,  et  rsfait  saa  aHMal  m  i 


ise  de  veionje  :  irSMUtlia  ifUt  lOB  a 

Rira  M  mtx  pla*.  »!>«»■■  de  iNte b  viUe.  Hb m^ 

riu>  ne  m'Mt  ràu ,  tcork  <■  bia-f«lMb  «I  slatMk.*  (  Vtftgt  m 

ii\ee  une  fkanleplmrr  entre  deux  S.   initiale»  de  t.   III.  p.  tfA.)  Quant  è  b  Halaiw  vue  k 

ji>iN;)ir  et  de  «QHr^.  Ce  nVtait  alors  qu'une  forteresse.  |iar  Atlasan.  e'ail  prahaUsuMnl  «la  ^ 

Charles  d'Orl»'an».  de  retoiu-  d'Angleterre,  vmdut  «ujwinThMi  b  aeni  da  Loub  XII. 


570  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

AURELUNUM. 

Aurelianenseni  quid  dicam  his  versibus  urbem? 

Cui  taie  Augustus  nomen  dédit  Aurelianus  : 

Nam  Genabum  veteres  illam  dixere  poetae*''. 

Qua  nullam  vidi,  quantum  sua  mœnia  possunt 
710         Cingere,  majori  populo  aut  majore  refertam 

Artificum  numéro,  et  generis  cujusque  virorum. 

Hic  est  gimnasium  praesertim  in  legibus  amplum. 

Suppléât  ut  studii  defectum  Parisiensis. 

Hic  ut  de  sanctis  aliquid''^'  quoque  carminé  tangani 
715         Ejus  relliquiis,  cultellus  que  Jésus'''  agnum 

Incidit,  nec  non  ea  sunt  quae  dira  Johanni 

Pocula  non  sonti  dirum  tribuere  venenum; 

Quem  tamen  adjuvit  divina  potentia  tantura, 

Ut  nichil  obfuerit  magis  illi  potio  dira, 
790  Quam  Mitridati  régi,  quem  mille  periclis 

Leti  suppositum ,  tentatum  et  fraude  veneni , 

Plurima  servarunt  caute  medicamina  sumpta  : 

Unde  ab  eo  relinent  medicamina  talia  nomen. 

Hune  fortuna  ideo  credo  servavit,  ut  hostis 
7*5         Esset  Romanis,  quo  vix  fuit  acrior  aller 

Inventus,  quoniam  quamvis  is  victus  ab  illis 

Bis  foret,  inde  tamen  surrexit  atrocior  hostis. 

Ad  muros  urbis,  cui  large  munera  Bacchi, 

Cui  large  Cereris,  cui  sunt  et  poma  nucesque, 
780  Cui  prata  et  silvae,  cui  prisco  nomen  in  aevo 

Fertilitatis  erat,  Liger  ornatissimus  aninis 

Non  secus  ac  Blesis  illabitur  atque  Turonis 

Et  Balgensiaci,  et  multis  quas  transeo  villis; 

Amnis  tam  pulcher  quam  terris  utilis  illis , 
735  Quem  super  ex  petra  facti  sunt  undique  pontes. 

Forma  prœstantes  et  turris  robore  fulti: 

Aurelianensem  praesertim  pulcher  ad  urbem 

Pons  est,  quo  nullus  tolo  est  formosior  amni; 

Qui  persœpe  rates  perducit  ad  aequor  onustas, 
7*0         Optatas  pariter  revehens  ex  aequore  merces. 

''  L  ancien  nom  d'Orléans  était  Genabum.  Le  *'  Ali^d;  on  lit  dans  le  manuscrit  aliquit. 

texte  donne,  probablement  par  erreur,  Gebanum.  '''  Jësûi,  faute  de  quantité.  Même  faute,  v.  109. 


l'A  IMS  KT  LKS  VILLES  DE  PBANCB  SOUS  CHARLES  VII.  $71 


Que  dirft,  dnris  ci'»  ver»,  de  la  ville  d'Orié«n«T  Ce»l  reiD|MT»-ur  Aur^lirn  i|ui  hn  a 
donné  en  nom ,  car  lett  anciens  poêle»  l'appelaienl  Genabuni.  Je  n'ai  »a  aoctine  ville  dont 
lu  vaste  enceinte  soit  plus  remplie  do  (leuple,  d'une  plus  graode  mullilude  ifutMMa  H 
d'hommes  de  toute»  i  oridition.s<".  U  est  une  uoivenilë  où  Fétude  du  droit  eai  corlool  dé- 
veloppée, pour  suppléer  au  déraut  de  l'Univenil^J  de  Pari***.  Pour  dire  ici  dan»  OMCvan 
quelques  mots  des  saintes  relique*  de  cette  ville,  «n  v  w.it  I.  .ouleaa  avec  i«qMl  Mm* 
découpa  i'af^neau  pascal,  et  la  coupe  dans  laquelle  fut  venë  à  laiot  Jeu,  rionoccnl  apMrv, 
un  terrible  poi.son.  Mais  la  puissance  divine  le  protégea  si  bien,  que  ce  crad  hnatamf 
ne  lui  fit  pus  plus  de  mal  qu'il  n'en  cât  fait  ou  roi  Milbridate,  eipaaé  k  aille  ptfrib  àe 
mort'''.  On  sait  (|ue  ce  monarque,  éprouvé  par  la  nue  «'t  par  le  poison,  fnl  sauvé  plitsieuf» 
fois  pur  des  médicam<>nt.s  «ju'il  savait  prendre  h  propos,  ce  (|ui  fait  que  caa  aalidolcs  «ûl 
f'ardé  son  nom.  La  fortune  le  conserva,  je  crois,  pour  qu'il  fût  l'enoeni  dei  SoSMÛM,  «ri 
n'en  trouvèrent  point  de  plus  acharné,  puisque,  mal(;ré  deui  ncloirea  nannuft/àm  nir  Ini 
par  les  Homains,  il  se  releva  cependant  chaque  fois,  plus  indomptable  daaa  son  hoaûlilé. 

Les  murs  de  cette  ville,  cpii  jouit  en  abondance  des  dons  de  Baccbos  et  de  Céiis,  qui 
produit  des  fruits  de  tout  genre ,  qui  est  entourée  de  prés  et  de  bois,  e(  qui.  dans  Tanliquilé. 
avait  un  ([rand  renom  de  fertilité,  sont  baignés  par  la  Loire,  fleuve  magnifique,  qui  coule 
également  h  ISlois,  h  Tours,  ù  Beaugency,  et  baigne  beaucoup  de  villes  que  je  pMM  too» 
silence;  fleuve  aussi  beau  (|u'ii  est  utile  à  ce  territoire,  et  sur  lequel  sooljeléi  de  loin  es 
loin  des  ponts  de  pierre,  remarquables  par  leur  architecture  el  protégea  par  de  lorte» 
tours'^'  :  tel  est,  en  particulier,  celui  d'Orléans,  pont  superbe,  le  plus  beau  qui  soit  sar 
tout  le  fleuve'^';  fleuve  dont  les  eaux  conduisent  à  la  mer  les  barques  cbargéea,  et  rinifafl 
pareillement  de  l'Océan  les  marchandises  que  l'on  désire'*.  (l'est  sur  les  rive»  de  la  l^roirr 
qu'est  fondée  Orléans,  superbe  demeure  du  duc  et  digne  d'un  si  grand  prioer. 

'  L'IIniversitë  d'Ori«kins  nvail  rendu  cette  ville 
l'Xlr^iiu'iiient  |(ro»|»èrc;  on  y  complaii,  dit  M.  de 
lliizonni^n-  (llitloire  nrchilecluralr  de  la  viUe  d'()r- 
Ifim»,  t.  I.  |).  7()).  do  quatre  il  rinq  inilli' étudiants 
au  coniinonremenl  du  w'  siècle.  Pct-Miiie  tous  les 
jiirisriiiisidtns  rrnnçuis  du  moyen  Age  sont  sortis  de 
(■('tli'  rt'lèltrc  ('rôle. 

'  On  nVnsei|rnait  à  Paris  que  les  DieréUtlm, 
i''i'st-îi-(lirt>  le  droit  ranoniqiie.  (Voir  h  cet  égard 
Jmin  do  Jiiiidiiii.  p.  ^lo-'ii.) 

'  Asii'siiti  rroil  facilenimit  aux  légendes  que  lui 
nu-ontnirnt  sans  doiito  \v»  gardiens  des  IréMirs  H 
des  é);lis(>s  (|iril  visitait;  ici,  il  saisit  avw  eraprts- 
sctiitMit  l'o<T<i!iioii  de  faire  étalage  de  son  savoir  : 
riiisloin-  d<>  siiint  Jenn  amène  oeBe  de  Milhridale 

*  Le»  ponts  de  la  l^ire,  de  même  que  ceti\ 
de  Paris,   de  Cliareutun.  de  Ssint-Cioud.   etr. 


étaient  dtfmdii*  par  des 

'*>  Le  pool  dXMéMs  l'iiiiiili  è  la 
aotiqnil^.  M.  de  Biiinnaiir»  piaae  qal  m  < 
un  dès  rttpoque  gslin  rawiiai.  tUtnà  par  ha  War- 
roand*.  cr  pont  fui  nHabli  «m  880  par  Tévéqar 
Gaultier,  et  nrani.  dn  etU  ia  la  vile,  fwm  fcrts- 
raae  qui  serrait  de  palais  an  rai*,  gainé  Is  réii- 
daicnl  à  OrWaas.  Une  baMiHe  le  banail  an  dan 
tiers  de  sa  iaugumar,  at  an  lart.  dit  ém 
le  proiéieMt  ver*  la  ean 
les  Aagiais.  an  1(19.  il  avait  été  ripari 
AaleaaaleviHla. 

<^  Aalasaa  ripèla  id.  k  prapaa  da 
fluvial  d'OrMsn».  n  qu'il  a  dit  da  la  tmtiftum 
parÏMMW.  Las  balaan  dncaadaicBl  la  Lsîra  iaa- 
qa*k  son  eadMachare  o«  piaa  prabaUaaant jaaqa'k 
Nantes,  et  m  munaianl  chaiféi  dt  1 


572  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

In  cujus  rippa  fundala  est  Aurelianis, 

Pulchra  ducis  domus,  et  tam  magno  principe  digna. 

TURONIS. 

Hujus  et  in  rippa  fundavit,  in  urbe  Turonis, 
Majestate  sua  dignas  rex  Karolus  aedes, 

7i5  Quas  plerumque  habitat  postquam  migravit  ab  urbe 

Parisius,  justa  forsan  perculsus  ab  ira. 
INam  pênes  bas  régis  fundatum  est  nobile  castrum. 
Huic  urbi  Cereris  sunt  large  et  dona  Lyaei''>, 
Et  prata,  et  reliqua  fecundae  munera  terra;. 

75o         Quae  propter  regem  praesenteni  redditur  arapla 
Quottidie  magis  urbs,  ac  re  locupletior  omni. 
Hac  jacet  urbe  sacrum  Martini  corpus,  et  ensis 
Quo  fertur  cblamydem  (^'  truncasse  in  pauperis  usum. 
Hanc  apud,  in  teraplo  quo  vix  formosius  ullum 

755         Vidi,  sancta  jacent  iliorum  corpora  septem, 

Quos  perhibent  mire  tôt  dormivisse  per  annos, 
Relliquiaeque  aliœ  quas  longum  effarier  esset. 
Si  vellem  cunctas  quas  Gallia  continet  urbes 
Egregias  a  me  visas  atque  oppida  versu 

760         Hoc  canere,  et  dignas  illis  ascribere  laudes, 

Conficerem  magnum,  princeps  excelse,  volumen, 
Atque  indigna  tuae  generarem  taedia  menti. 

NOIONUM. 

Ergo,  ut  diversas  iterum  traducar  ad  oras, 
Transeo  Noionum,  qua  sanctus  Eligius  urbe  est, 

765         Cujus  fabri  olim  nuper  micbi  visa  fuerunt 
Instrumenta  :  incus  et  parvi  maliens  usus, 
Nec  non  ille  sacer  qui  post  fuit  annulus  ejus 
Praesulis  effecti,  manuum  et  chirotheca  (''  suarum. 
Ne  tibi  nunc  alias,  quarum  est  hic  copia,  dicam 

770         Relliquias,  magna  quae  relligione  coluntur. 

SILVANECTDM. 

Et  Silvanectum,  quod  silva  nectitur,  urbem, 


'■'  Le  texte  donne  Liei.  '''  Le  texte  porte  cirotheea. 

'*'  Texte  :  clamidem. 


FAItlS  ET  LES  VILLES  DE  FRANCE  SOUS  CHARLES  Vil. 


&7S 


TOOBS. 

C'est  au«ai  sur  los  bords  de  ee  fleuve,  dans  la  villn  do  Toun,  que  le  rai  CiMrlet  a  hAli 

un  polain  digne  do  la  majefll*^  royale,  palais  qu'il  habite  le  plu»  souvent  depais  qo*!!  a 
(|uitt<'!  1»  vi!l<-  (\o  Pnri.H,  inâ  sans  doute  par  un  juste  courroux'";  car  dMM  eettedannén 
villr-  (I  (Hr  ronili-  un  superbe  chAtcaii  pour  le  roi'*'.  Tount  posaMo  im  tlriMMlaft  lai  6am  éa 
(iZ-rès  et  ceux  de  Hncclius,  des  prés,  ainsi  que  les  autres  liston  d'une  lem  CvlSe.  La 
ville  devient  elia(|ue  jour  plus  grande  h  cause  de  la  présence  du  roi,  et  plus  riche  en 
loutt's  choses.  Dans  cette  ville  sont  conservés  le  corps  sacré  de  saint  Martin,  et  Fépée  nrr 
lii(|iiellc  on  asHurc  (|u'il  partagea  son  manteau  pour  en  couvrir  un  pauvre.  DaM  la  nhue 
ville  et  dans  une  (église  qui  est  peut-être  la  plus  Ix'lle  que  j'aie  «œ,  repoteot  lea  eeqia 
saints  des  sept  jeunes  gens  qui,  à  ce  que  l'on  rap|H)rtP,  dormirent  pendant  de 
anni'-cs,  ainsi  que  d'autres  reliques  qu'il  serait  trop  long  d*<'num(Crer  "l.  Si  je 
chanter  dans  mes  vers  toutes  les  superbes  villes  et  tous  les  cbÂteaut  de  Fraoce  me  j*ai 
vus,  et  leur  consacrer  une  louange  proportionnée  h  leur  mérite,  j'écrirais,  illwife  prise*. 
un  gros  volume,  et  je  ferais  naître  dans  votre  esprit  un  ennui  qu'il  ne  mérite  pat  de  subir. 


IIOYON. 

Aussi,  |)our  me  trans|)orter  encore  dans  un  |>ays  diiïérent,  je  ne  fais  que  traverser 
Noyon,  la  ville  de  saint  Éloy,  dont  j'ai  vu  nafpière  les  instruments  d'orfèvre,  savoir  :  Ten- 
cliime  et  le  petit  marteau,  comme  aussi  la  bague  sainte  qui  fut  depuis  aoo  anneau  pa*- 
toral,  et  enfin  les  gants  (]ui  couvrirent  ses  mains,  sans  parier  ici  des  autres  reliques  fort 
numbreuses  cpii  sont  conservées  dans  cette  ville  avec  grande  dévotion''*'. 


8RNLIS. 


Je  passe  sous  silence  la  ville  de  Senlis,  ainsi  nommée  parce  qu'elle  est  entourée  d'une 

for^l'»>. 


'"'  Le  irjuslc  courroux  »  de  Charles  VII  se  coni- 
|iri>n(l .  aprôs  In  l<iii|;iic  olisliiintion  des  Parisiens  k 
iliMiieiirer  sous  In  iloiiiiiintion  nii)riais(>.  I.e  Botirgmtii 
lie  Pari»  ne  ilissiiiiuli'  pns  los  innuvaioes  dispositions 
ilu  inonaniiie  h  l'omlroit  de  tui  rnpitaie.  Arrive  i 
l'nri»  II?  il  iioviMiiliri'  l'i.'JH.  Charles  VII  n'y  »ë- 
jounia  (|ue  jus<|it'nu  '.\  (U'coniltre  :  "Ia)  itoy.  est-il 
-dit,  se  ilivs|>nrtit  de  Paris,  sans  ce  que  nul  bien  y 
-lisl  h  In  ville  de  i'nris  [xiiir  lors,  et  lembloit  qu'il 
-iu>  fiisl  verni  seulleiiiiMit  (|ue  |Miur  veoir  la  ville. 
-Kt  vrnynicnt  sa  prinsc  de  Muntereau  et  m  venue 
" cousin  plus  de  soixniUe  mille  Tmiirs  A  la  ville  de 
"  I'nris ,  où  qu'ils  fussent  |irins.  i  (Jonmat  d'un  BiMr- 
/rroin  Je  Paru,  «klit.  de  lyïtj.  p.  178.1 

'    Astesan  veut  snns  doute  |>arlcr  du  chiiaaa 
de  PIcssis-lcx-Tours,  qui  ne  fut  tenuiiiti  que  sous  k 


règne  de  l/rab  XI,  et  dont  ilnenate  piaa  fMd» 

Riehe,  i  na  kaoarilieda  Tmhb. 

■u  moyen  Ige.  Arlssaa  ay  croit  qa'i  émm :  oa 
repporia.  dit-fl.  firtAitt. 

<*>  Le  poète  a'afcit^travenarRejraa.awaw 
Ntimmmi  il  aa  dit  hm  da  b  eathééM».  4aM 
M.Vitetafaitrtrwtlaaiiipiiiii.atar*- 
•erre  loatasaa  adaùratii 
Éloi.  M.  Psni  Lacrois.daassoa  i 
dr  Fmfèmni  (p.  19),  parie  das  dan  craaaas  épia- 
eopales .  Ai  seaaa  «t  daa  aaaaaaa  es  saiaL 

*<  Voir  la  disanpiiaa  da  Sairfbdaw  b  ivrt  ér 
Jeaa  de  Jandaa.  p.  74-7S.  aiaâ  fM  b  piM  al  b 
vue  eavaBIre  qua  noaa  1 


574  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

COMPE\DIUM. 

Et  burgum  taceo  cui  dant  Compendia  nonien, 
Cujus  agros  pingues  bona  copia  reddit  aquarum. 
Hic  est  ex  pauco  factus  sacer  annulus  auro 
775  Qui  Christi  matris  digitum  circumdedit  almae, 

Quodque  caput  sanctum  texit  vellamen  eidem, 
Multae  et  relliquiae  quas  est  mora  longa  referre. 

LANUM. 

Transeo  Lanensem  niirandi  roboris  urbem, 
Quœ,  quamvis  iHarn  circumdent  undique  canipi 

780  Fecundi  et  rerum  cunctarum  pêne  feraces, 

Est  fundata  tamen  mediocri  in  monte,  decenter 
Vitibus  et  patris  munito  munere  Bacchi. 
Unde  nichil  mirum  si  prisco  tempore  sedem 
Gallorum  reges  iHic  habuisse  ferunlur. 

785  Hic  est  praeclarum  teniplum  quod  prœsidet  urbi, 

Cujus  mirandam  non  possem  expromere  formam. 
Nec  procul  hinc,  onines  Gallorum  nota  per  oras, 
Laeticiae  matri  sunt  templa  dicata  Mariae, 
Quae  facit  assidue  miracula  clara  per  orbem. 

SUESSIO. 

790  Urbem  praetereo  cui  suavis  sessio  nomen 

Prœbet,  et  banc  placidus  mediam  perlabitur  amnis, 
Quem  reor  illius  fecundam  reddere  vallem. 
In  cujus  rippa,  quod  loti  praesidet  urbi, 
Quamvis  exiguum ,  tamen  est  mirabile  castrum 

795  Aurelianensis  domini,  tara  robore  mûri 

Quam  forma  praestans,  et  magna  laude  ferendum. 
Ut  siieam  templum  formae  prestantis,  et  almi 
Sebastiani  corpus,  quod  babetur  ibidem, 
Et  tôt  relliquias,  ut  possit  nemo  referre. 

AMBIANUM. 

800  Praetereoque  urbem  cui  clarum  nomen  ab  amnis 

Ambitu  positum  fuit,  in  qua  nil  magis  ipse 
Egregium  vidi,  quamvis  non  pauca  relatu 
Digna  et  laude  forent,  quam  templum  antistitis  urbis 


PARIS  KT  LES  VILLFS  PF  FR*>TF  SOUS  Cfî^RIFS  VII  S7ft 


COMfW.r.Mi. 


}(>  m  (IIh  rien  de  cet  autr<>  l)ourg  (|ui  tire  «on  nom  dn  chemin*  de  Invene''',  rt 
une  1,'rnndR  ubondance  d'eaux  rend  le»  rliaiii|i»  fertile».  lÀ  m  voient  et  Ttmamm  êteté  Cul 
d'une  petite  lame  d'or,  i|ui  entoura  le  doif,><  de  l'augUfte  mère  du  Cbrial.et  le  ««ib  ^ 
couvrit  Ha  iHe  sainte,  ainsi  que  beaucoup  de  relii|ue«i  qu'il  serait  trop  long  jfimumtttf  *. 


U0!«. 

Je  passe  la  citt^  de  Laon,  admirablement  forte,  qui,  au  milieu  de  rluimp*  fertile*  Hi 
dants  presque  en  toutes  sortes  de  productions,  est  fondée  cependant  Mir  une  pdile  OMS- 
taf;ne  ai'rt^ablcmcnt  pourvue  de  vignes  et  des  don»  du  dieu  Baeehaa*.  AiMM  M  bot-il 
pas  s't'ttonncr  si  l'on  rapporte  que,  dans  les  lempf  aoeieiM,  iea  rois  de  France  y  avaienl 
(Uabli  leur  capitale.  Là  est  une  céb^bre  ëglise  qui  domine  la  ville,  et  dont  je  ne  pourrais 
dépeindre  l'admirable  architecture'*'.  Non  loin  de  cette  cit<(  s'élève  une  église  conoM 
toute  la  France;  elle  est  dédiée  à  i\otre-Dame-de-Liesse ,  qui  ne  ceaw  do  Un  doi  i 
célèbres  dans  le  monde  entier  '*'. 

SOISSONS. 

J<>  passe  sous  silence  la  ville  à  laquelle  son  agréable  site  donne  «on  noa"*,  et  «pùoil 
traversée,  dans  son  milieu,  par  une  calme  rivière  qui  semble  fertiliser  toute  cette  vallé*. 
Sur  ses  bords,  dominant  toute  la  ville,  s'élève  le  petit,  mais  admirable  châtcoo  do  doc 
d'Orléans,  aussi  beau  par  la  solidité  de  ses  murs  que  par  sa  forme,  et  digne  de*  plu* 
jrrands  élof;es.  Je  ne  dirai  rien  de  l'église,  qui  est  d'une  belle  architecture,  ni  dn  eoqw  dr 
saint  Sébastien,  qui  y  est  conservé,  ni  des  reliques  en  si  grand  nombre  que  nol  ne 
|)()urniil  les  énumérer. 

MltKSS. 

J'omets  aussi  de  décrire  la  ville  qui  a  tiré  son  nom  illustre  de  ce  qu'elle  Mt  oaloarée 
par  un  fleuve  ''",  et  dans  laquelle  je  n'ai  rien  vu  de  plus  beau ,  quoiqu'il  y  eût  d*aillear* 
beaucoup  de  choses  )\  raconter  et  h  célébrer,  que  l'église  cathédrale  de  cotte  tille.  Cf*l  là 


<'>  Le  mol  la(ii)  de  Conipit^gne ,  Compmdimn ,  m-  M.  Rorawilwaid .  •  M  chaifé  de  la  rialiawi.  G 

([iiiflc  ni)rt'||;é ,  et  |Nir  Rxicnsion  roule  ou  chemin  de  solter.  pour  la  (kacriplMO  déiaflëe  de  Ti 

iraxi'i-sc ,  <|ui  «lin'go.  ruuiiagBiiilitwIé  utifmiHm  Mw.parM. llrf^- 

'"  C.i's  r.'li(iue«  étaient   conservées  au  célèbre  ville.  Paris,  iM6,  im^. 

monnstcrr  di'  SniiiMiorucilIc.  '*'  L'égiisa  O*  PMlMMM-OMMMa,  à  là  kt^ 

^   1,0  rott'nii   plniité  tif  vi^yiK-s  iloiii  parie  le  mitres  de  Laoo,  mMOH  ooa  tfahw  aMaedoaaa 

poôlp  |H)rti'  encore  onjoiinl'litii  lo  nom  de  Omt  de  la  Vierge.  i|«i  était,  k  Tifft^m  eè  AalaMB  b  n- 

SmH(-Viiicfn(.  nt» .  TvhfA  dNm  pMràaft  tièsaoivi. 


*'   Lfl  cntliédrnlr  (li<  l.ndi).  ntiiittruilo  il  In  Cm  du  '**  .isleaan  ftàt  délivM   saos  daole  jbSMM  ér 

xu*  sitVIc  (>l  nu  roiiiinoiiri>ini>n(  du  \iu',  se  rap- 


pn>rli(>  iH'niiroup.  dit  M.  Yiollet-le-Dur.  du  style  ^  Le  Rom  hlài  d* t 

d<!  Nnlrt>-niiinc  de  Paris;  un  nrdii(ccle  distingué,        an  aflst  k  v«W  i 


576  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

In  quo  Baplistae  faciès  est  sacra  Johannis, 

8o5  Aut  pars  iHius,  ne  te  mea  carmina  fallant, 

Cum  caput  in  multas  septum  sit  nobile  partes. 
Nam  Lugdunensi  mentum  servatur  in  urbe; 
Pars  autem  capitis  suprême,  ut  publica  faraa  est, 
Sacra  Angelini  servatur  in  aede  Johannis; 

8io         Corpus  at  in  cineres  conversum  Genua  servat. 

Hoc  templum  tantum  magnum,  tantumque  venustum, 
Altumque  et  clarum  est,  ac  omni  parte  décorum, 
Ut  Galli  in  patria  nulluni  formosius  omni 
Esse  ferant  penitus,  licet  illi  Virginis  almae 

8i5         Templum  Carnoti  quidam  praeponere  tentent. 
Nonnulli  vero  quos  Itala  miserai  ora  '■' 
Viderunt,  quorum  fuit  haec  sententia,  quamvis 
Templum  flnitum  cunctis  ex  partibus  esset 
Quod  Mediolani  média  fabricatur  in  urbe, 

8ao         Sed  dubitare  tamen  quod  pulchrius  esset  eorum. 
Ex  hoc  ergo  potes  templi  deprendere '^'  formam. 
Nec  tibi  sit  mirum,  si,  princeps  inclite,  dixi 
Plurima  de  templis  Gallorum  relliquiisque, 
Quod  non  est  moris  fieri  per  carmina  vatum, 

8a5         Unde  meos  versus  reprehendent  forte  poetae; 

Sed  feci  id,  quoniam  visa  est  michi  Gallia,  solo 
Templorum  ornatu,  Lombardas  vincere  terras, 
Quanquam  etiam  fluviis  et  stagnis  vincere  fertur, 
Unde  sibi  plures  ferme  sunt  undique  pisces. 

83o         Plurima  praeterea  varias  michi  visa  per  urbes 
Gallorum  patriae  possem  ornamenta  referre; 
Sed  plus  quam  cuperem  jam  crevit  epistola  ionga , 
Ut  verear  générasse  tibi  fastidia  verbis. 
Ergo,  vale,  et  nostras  venia  dignare  Gamenas, 
Marchio  :  si  nimiis  tecum  sunt  versibus  usae, 

836         Cum  nequeant  paucis  narrari  plurima  verbis. 

Ex  Blesis ,  anno  Christi  m.cccc.li. 
'*'  Le  texte  donne  par  erreur  hora.  —  '*'  Texte  :  deprehendere. 


l'AHlS  KT  LES  VILLES  DK  FHAIVOK  SOIS  CIURLKS  VII  S77 

ijiK!  l'on  contterve  Ip  chef  df  itaint  Joan-Bapliste,  ou  du  moin*.  pour  qui*  im«>*  %t^  «omsi 
|(liis  pW;»  ii<!  in  v/'Hlt'-,  un»  parlii!  de  ce  chef,  puisque  la  nobi*  léte  du  Vr^ant-ur  ■  (M/ 
piirtuf;)**-  l'ii  un  f^nind  nombre  de  partieM.  Kn  effet,  le  menton  e«t  eomen^  dam  la  *UI« 
de  Lyon;  la  partie  HUp/^rieure  de  In  lAle,  suivant  la  renommée  publique,  te  troM»  duM 
ri'i;lise  de  S<iirit-Jean-<r/\ii(;ély,  et  le  corp»,  r<^duil  en  cendre»,  e*t  gard^  h  GlMi<".  1^ 
ciith('-drnle  d'AmienK  ml  si  grande,  n't  bien  pmportionni'e ,  »i  haute,  û  OMMuioM,  M 
orn<'-<>  (InnH  toutes  Hex  piirtieti,  que  \n  Kranrai*  n'en  connaiaMmt  dm  de  ploabaHtdlw  ImiI* 
IVlr-ndue  dr'  leur  pays,  bien  (pi(>  (pielqueit-unti  esMvenl  de  lui  prHénr  T4J6m  Notr»- 
Danie  de  (ibartreH*'' .  Quelques  personnes  venue»  de  l'Italie  ont  vu  cette  ^gBw  H  oalM 
du  m^rne  avis;  et,  quoique  la  ratliZ-drale  que  l'on  ronstruit  au  milieu  de  la  ville  de  Hft» 
soit  la  perfection  tn^m»  dans  toutes  m*»  partit*»,  elles  hi'Kiiaient  k  dire  quelle  était  la 
plus  belle  des  deux'^'.  D'après  cela,  vous  |iouvet  conqirendre  quelle  est  la  oiafMiMaw  de 
cette  «église. 

Ne  vous  ëlonncz  pas,  illustre  prince,  si  j'ai  proiiigut'  les  dt^tails  sur  les  ^gli»r*  H  \r% 
relirpies  de  la  France;  ce  n'est  pas  l'usage  en  jMM^ie,  par  ce  motif  peut-être  les  poélea  limi- 
vi-iiint  il  re<liri>  h  mes  vers;  mais  je  l'ai  fait,  parce  que,  sous  le  ra|iporl  de  la  BMgBÎfiMBM 
des  églises,  la  Kranre  m'a  semblé  déjà  l'enqiorter  sur  les  pays  lombards.  Au  reale.  la  France 
leur  est,  dit-on,  bien  supérieure  par  la  beauté  des  fleuves  et  de«  étangs,  d'où  elle  tif«  «a 
plus  grand  nombre  de  poissons  pour  tout  le  pays'".  Je  |»ourrais  en  oatra  vOMneoalcrbMS- 
coup  de  merveilles  que  j'ai  vues  dons  les  diverses  villes  de  la  France;  mai»  ma  longMépItev 
s'est  accrue  déjà  plus  (|uc  je  ne  voulais,  et  je  crains  que  mes  paroles  M  vow  caawai 
de  l'ennui.  Adieu  donc,  et  daignez  pardonner  à  ma  muse,  illustre  marquis,  si  elle  a 
abusé  av(>c  vous  de  sn  rnrilili'  à  versiiier;  mais  pour  raconter  beaucoup  de  choses,  il  faut 
be.uHOup  (le  mois. 


De  Rlois.  l'nn  du  Seigneur  l 'i.')  i . 


"  Celte  dis|)er8ion  du  corps  de  saint  Jean-Bap- 
tixlo  <>st  ntissi  |)eii  rpHninr  (|ii<<  In  |)lii|)«rl  des  aii- 
trt>s  faits  inerv<>ill<>ii\  rili'-s  |inr  AsteMii. 

'*'  Voir  la  \oHvelle  deicription  de  la  twtKUrmh 
d'imienii,  |>ai-  M.  (îozr.  Amiens,  18A7,  in-A*. 

'''  Aslesan  fait  ici  pnnivo  d'unf  rrman|uabie 
iin|)artialiti'  :  h  r)'|)uquo  uù  il  écrivait,  lo  iK'niic  (i7 


anaëes.  H  des  sièdts  iivsirt  s't 


t*>  Ce  parslU».  ioal  k  TwmÊÊf»  de  la  FrsM». 

prouve  qne  le  petriatMM  a'AoaAJI  pa  «1  lai  b 
(entinieni  de  la  véM» 


IMIUS 
SKLON    LKS    MIMVTIJIUSTKS 


DU  XV  SIÈCLE. 


PARIS 
SELON   LES  MINIATURISTES 

DU    XV*  SIÈCLE. 


Les  urtistos  (le  iiHs  jours  se  préocciipcnt ,  avec  raiion ,  de  donner  au  moindre  dema  la  cou- 
leur liistori(|ue  et  lorale.  Un  tel  souci  ne  venait  |>oint  à  l'etiprit  de*  enlumioeors  du 
A)[e  :  (|u'ils  eussent  ;i  lifpirer  un  di^pnrt  de  troupes,  une  bataille,  un  sii^fjf.  une  enIrfeliK 
|)liale  ou  tout  autre  Tnit  du  j;uerre,  ils  rom|)osaii'ul  une  localité  de  fantaisie  ou 
priaient  au  sujet  le  lieu  (ju'ils  liahitaicnt  eu\-ni^ines.  Dans  le  preoiier  •yatiow ,  une  porto 
entre  deux  tours  repn^scntiiit  une  ville  ;  une  route  ser]>entanl  entre  dcut  monUgnea  iodi- 
(|uait  un  dt^fili^;  (|ucl(|ues  maisons  et  des  bourgeois  aux  fenêtres  suffMaient  pour  foriMV  lr 
décor  d'une  réception  princiènî.  La  serondf  nianiJ^re  cxi(p*ait  encore  moin«  t\f  frai*  d'in- 
vention :  l'enluinineur  plaçait  un  peu  nu  hasard  les  édifices  d'une  ville  qui  lui  était  ronnuc. 
iijoulait  un  paysage  de  convention  et  faisait  ainsi  une  sorte  de  compromis  entre  la  v^li'  H 
la  fantaisie  "'. 

On  constate,  ver»  la  fin  du  xv*  siècle,  une  tendance  i  se  rapprocbrr  du  réd  :  la  minw- 
lure  se  transforme  peu  h  peu  en  un  vrai  tableau.  Toutefois  \cs  enlumineurs,  même  le*  plu» 
illustres,  p(>rsév^rent  dans  l'anachronisme  de  temps  et  de  lieu,  surtout  lorsqu'il  s'agit  de 
conlrées  et  «l'époques  lointaines  :  le  célAbre  peintre  Jean  Foucquel,  par  exemple,  avant  à 
représenter  Job  sur  son  fumier,  donne  pour  perspective  i^  son  dessin  le  donjon  de  Nioecawa. 
M«l(;ré  ces  bizarreries,  il  ne  faut  pas  blAmer  trop  fortement  cet  abus,  puUqu'il  nou»  a  «alu 
des  vues  de  lieux  et  de  monuments  «pi'on  ne  tnnive  pas  ailleurs,  cl  qui.  aujourd'hui,  nou» 
feraient  sin|;uli<^remenl  défaut,  si  les  miniaturisti>s  d'autrefois  s'étaient  astreinU  rigourwi- 
«iemetil  à  la  vé'rité;  liistori(pie  et  locale. 

l'en  dilHcile  sur  la  figuration  exacte  des  lieux,  l'enlumineur  l'était  bi«a  mtim  cacaf» 
Mir  le  costume  des  porsoinjages  (pi'il  avait  à  représenter.  Eo  gén^l,  il  leur  donnait  le» 
vêtements  de  son  temps  et  de  son  pays ,  ceux  qu'il  portait  lui-même  ou  qu'il  voyait  |»or!ef 
par  les  gens  de  distinction.  (]et  anachronisme,  plus  choquant  que  le  prMiier.  «'éleodail 
à  loules  les  pièris  d,.  l'Iiabillemenl  ••!  d.'  l'armenienl.  ii  tous  le»  aeeesâoirea  du  mobilier  el 


''  V.  Le  C.leiT  |t«'iis.   i|u 11.'  inam.Tn  il'lw-        »S«lon«o«i.  il  y  ■*«it  liew d»  cniindw  ye  U  tierar» 

liilliT  les  Hiirieniips  rlii>-.  ~  ,i  l.i  ih.mI.tiic  (lovait  iii»-        «n'alUt  plu*  loia. »  ( llitt. Ck.  ib  II  F'mii  ,  I.  WH  . 


|iiifr  (|ncl(|iics  rniiiilos  ,1  i  K,;li--- il  ii  lu  SirlioiieH»  :         p.  àS5.)Cc|iandaaAil  Mpann|IMI|M  Ml 

"  l.orsfjiH'  «inns  le  livre  des  Hoi»,  dil-il,  on  »<•  jm'i         ou  lea  igwmMndn  ■MHatanAw  MMrt  lualiiliiii 


-iiH'Iliiil  (le  siilisliliier  «iiio  rnlIiAIrnIo  nii  Iciiipl»'  «le       k  faira  nallr»  It  kImm  al  rMraM. 


582  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

de  la  vie  ordinaire.  Les  peintres  les  plus  éminenls  des  écoles  italienne  et  flamande  l'ont 
commis  sans  le  moindre  scrupule,  et  on  l'a  vu  se  perpétuer  au  théâtre  jusqu'au  siècle  der- 
nier. Voltaire  et  Lekain  en  ont  eu  raison,  mais  non  sans  quelque  didiculté;  car  la  recherche 
(lu  costume  est  une  affaire  d'érudition ,  et  l'insouciance  des  artistes  s'accommode  assez  des 
usages  qui  les  dispensent  d'étudier.  11  n'y  avait  guère  que  le  Christ  et  les  apôtres  qui  fussent 
en  dehors  de  ces  habitudes  de  modernisation  :  on  les  représentait  assez  généralement  d'après 
certains  types  consacrés  et  imités  de  l'antique  ;  leur  costume  ordinaire  était  celui  des  phi- 
losophes grecs,  tel  qu'on  le  voit  sur  les  bas-reliefs  des  monuments  de  Rome  et  d'Athènes. 

ijg„.  Les  deux  miniatures  que  nous  reproduisons  sont  conçues  dans  cet  ordre  d'idées.  Nous 

>pvimcns  de  l'an  j^^  avoHs  choisics  cntro  plusieurs  autres,  non-seulement  parce  qu'elles  sont  traitées  selon 
au5v-sMe.  ig  manière  du  temps,  mais  encore  parce  qu'elles  peuvent  être  considérées,  l'une  et  l'autre, 
comme  de  véritables  peintures,  où  le  fini  de  chaque  détail  produit  un  ensemble  des  plus 
harmonieux.  La  Ville  de  Paris  s'v  montre  sous  deux  aspects  différents.  Dans  le  premier 
tableau,  elle  est  vue  d'assez  près,  et  les  édifices  y  sont  groupés  un  peu  confusément.  Le 
fait  de  guerre  qui  s'accomplit  sur  le  premier  plan  a  été  manifestement  la  grande  préoc- 
cupation de  l'artiste.  La  seconde  miniature  présente  la  Ville  dans  le  lointain,  à  l'état  d'acces- 
soire au  milieu  du  paysage;  une  scène  religieuse  et  pastorale  occupe  la  plus  grande  partie 
de  la  planche.  Dans  l'une  et  dans  l'autre  peinture,  l'ancien  Paris  se  reconnaît  facilement; 
mais  les  artistes  y  ont  introduit  divers  éléments  de  pure  fantaisie,  qui  se  concilient  mal 
avec  l'exactitude  topographique. 

l'remiiieiiiiuiatare;        C'cst  à  M.  Holtrop,  couservatcur  de  la  Bibliothèque  royale  de  la  Haye  et  bibliophile 
Va  siège         distingué,  que  nous  devons  la  connaissance  de  la  miniature  représentant  un  siège  au 


XV*  siècle,  avec  une  vue  de  Paris  sur  le  second  plan.  En  la  plaçant  sous  les  yeux  du  lecteur, 


vers 

le  milieu  du  xv*  siècle  , 

avec 

une  vue  de  Paris     flotrc  dcvoir  cst  dc  lui  faire  connaître  le  livre  dont  elle  constitue  le  principal  ornement, 

-m  second  plan.  *  * 

l'auteur  de  ce  livre,  et,  autant  que  possible,  les  circonstances  dans  lesquelles  l'enlumineur 
a  dû  travailler. 

Le  manuscrit  de  la  Haye  est  un  exemplaire  de  la  chronique  de  Jean  de  Courcy,  sorte 
d'histoire  universelle  divisée  en  six  livres,  et  comprenant  le  temps  qui  s'est  écoulé  depuis  le 
déluge  jusqu'au  siècle  d'Auguste. 

<r.he  premier  livre  (est-il  dit  dans  le  prologue  que  l'auteur  a  composé  pour  servir  de 
«préface  à  son  ouvrage)  fera  mencion  comme,  après  le  déluge  qui  fu  au  temps  Noé,  fu  la 
«  terre  de  Gresce  première  restaurée,  et  des  hauts  histoires  des  anciens  Gregois.  Le  deuxiesme 
«  livre  si  fera  mencion  de  l'ancienne  création  de  Troyes  et  comme  elle  fu  destruite.  Le  troi- 
t^siesme  livre,  du  peuple  de  Troyes  qui  eschappa  de  la  destruction,  et  comme  plusieurs 
«règnes  furent  peuplés  de  ceste  lignée.  Le  qualriesme,  des  Assiriens  et  de  leur  grande  do- 
«  minacion.  Le  cinquiesme  nous  desclairera  des  Macédoniens  et  des  grans  fais  du  grant  roy 

«Alexandre.  Et  le  sixiesme,  de  Mathalhias  et  des  Machabiens Cy  après  aura  en  chascun 

«de  ces  six  livres  plusieurs  histoires  et  de  plusieurs  manières,  et  chascune  histoire  partie 
«  par  chapitres.  » 

Tel  est  le  cadre  que  s'est  tracé  Jean  de  Courcy.  Son  travail,  terminé  en  liaa,  n'a  ja- 
mais été  imprimé;  mais  il  en  existe  de  nombreux  exemplaires  manuscrits  en  France,  en 


ns^"''  \^. 


Un  iiiége  vers  le  milieu  du  XV'  Siècle 


<'  /W  mtt*àfft  éi  .y 


PAHIS  SELON  LES  MINIATURISTES  DL  XV  SièCLE.  SM 

Aiifi'l'it'.'rrc,  (!ti  ilolliindc,  etc.  Nou»  nou»  borneront  à  ifMlii|aer  eeai  om  now^Jç  b  BiHj»- 
th(H]ue  iin|>i''ri<ilc,  );t  dont  M.  Paulin  Pari*  a  dntêé  la  liste. 

Le  manuscrit  portant  le  n*  633  ancien  a  été  fait  pour  l^uiji  de  BrogM,  mmtmr  et  la 
firolliiiysti,  et  a  pour  titre  gt^nt^rai  :  Ijt  IJvre  de  la  Uou^mtkarMn.  Ct  étnûer  mM  panil 
avoir  rté  un  surnom  |iroveniint  du  (ii-rde  Boiirf,'-Arliard  que  la  roaisoa  de  Coarry  ptmiiml 
en  Normundie.  L'ciciiiplaire  esl  ('nni|>os«'  de  deia  toluniM»  in-folio  matiino  v^ia,  k  4m% 
colonnes,  avec  des  vignettes,  des  initiales  et  de  fort  Ixdleik  uiinialure*.  Il  a  M  etuiê  #a 
I  /173  par  Jean  Paradis,  écrivain  ordinaire  du  »ei|;neur  de  la  (irutliuvie. 

Dans  le  fonds  li<';tliune,  la  chroniqui;  de  J<!an  de  Courry  occupe  dent  volsoMs  io-foliif 
rninimo  v/'lin,  à  deux  colonnes,  enrichis  d'une  miniature,  de  tignettM  H  fuûliêlm. 

Vicntn-nt  ensuile  les  exemplaires  suivants  :  1°  un  vol.  in-fol.  mai.  vâîo  Aden  coImmm, 
six  ntiniiituros,  vi|;nettes  et  initiales,  xv*  siècle  (n*  968S  du  fond»  françiis);  «'  ■■  «•!.  m» 
fol.  papier,  li|,'nes  louf^ues,  initiales,  xv'  «ècle  (ancienne  bibliolkèque  da  duc  dOiUam, 
n°  17);  3*  un  vol.  in-fol.  mediocri  de  a&3  feuillets  vélin,  ligOM  kNl|piM,  troi* minialurv». 
vignettes,  initiales,  xv*  siècle  (  Fontainebleau,  ancien  n*  4 1  9);  h'  un  vol.  iu-h'  mediorn  de 
•joo  feuillets,  papier,  lifjnes  lon|;ues,  xv'  siècle  (fonds  Baluze,  n*  th't);  h*  un  »ol.  io-M. 
maijno  de  11.17  f'-uilieLs,  papier.  Iij;nes  lon^pies,  xv*  «iècle  (fonds  BaluM.  n*  tkiï. 

Les  nombreuses  copies  (|ui  ont  été  faites  de  la  chronique  de  Jean  de  (lourrr  l^aMi||M«l 
d'une  certaine  estime  |H)ur  l'auteur  et  pour  le  livre.  Nous  avons  dit  plus  haut  que  l'ouvr^ 
est  une  compilation;  quant  au  compilateur,  il  a  consifjné Iui-ni4me  dans  M>n  prtdogt, 
les  raisons  qui  l'ont  enfra|;é  h  écrire,  les  seids  détails  que  l'on  pntafirfc  Mr 
Voici  en  quels  li-rmes  il  parle  de  lui  et  de  son  entreprise  : 

n  \u  nom  du  benoist  Père,  du  glorieux  Filz  et  du  Saint-Esperil,  Irau 
"substance,  moy  Jehan  de  Courcy,  chevalier  nonnant,  plain  de  jours  cl  vuidr  dejrai 
«désirant  Testât  de  paix  et  de  repos,  content  a  Dieu  des  biens  de  sa  gnwe,  de  ceuk  dr 
«nature  et  des  dons  de  fortune,  en  lui  rendant  grâces,  loenges  e(  merey,  et  poarcadùtiT 
RU  vie  o>seuse  et  moy  occuper  en  aucun  labour,  me  suis  remembré  des  andeas  fiûl  en 
«estudiant  les  vieb.  histoires ,  ay  commencié  conqiilacions  prinses  sur  le  retour  dci  coairéa» 
«de  Grèce,  en  l'an  de  la  bcnoiste  incarnnrion  mil  cccc  et  seiie,  el  depuis  celui  lempu  ar 
«suis  entendu  a  Iraicicr  ces  matières  selon  l'intencion  que  j'ay  entrrprinse,  parce  que 
«  povoir  n'a  pas  esté  si  fort  que  je  aye  peu  mou  corps  exposer  ou  fait  de  la  ffutm, 
«de  tous  estas  et  en  toutes  manières  se  doit  on  occuper  en  re  mondais  labow, 
«selon  ce  ipi'il  est  ordonné,  ainsi  que  dit  suint  Augustin  :  les  cbetalien 
«guerre,  les  clercs  pour  l'église,  les  lays  pour  le  labour.  Kl  doncques  |KMir  b  caMt  i|«e 
r.  nécessité  m'a  donné  si  grant  charge,  que  je  ne  puis  plus  (tour  la  guerre  serrir,  ajr  mi»B  mm 
«plaisance  a  traicterces  matières  tout  au  mieux  que  j'ay  peu,  etc.  '  •> 

(les  renscigni-menls  aulobiogrnpliiques  ont  besoin  de  complément.  M.  Paulin  Fan».<|ui 
a  fait  une  élude  |>arliriili<ii'  df  Jeim  de  (ioun>  et  de  sa  rhr<>mi|ii>'.  »  ajnMle  tr»  détail» 
suivants  : 

«Jean  de  (lourcy  appartenait  n  l'une  des  familles  les  plus  illustre»  de  la  ? 
Tandis  (pie  l'un  de  ses  membres  s'établissait  en  Angleterre  a»er  (Guillaume  le 

•'•    Lti  ,VlUia»critM  JrimfQU  lir  l<t  litblutlhi  jm  liu  /,'  i .   1.  I,  ji.  j. 


584  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

les  autres  restaient  fidèles  à  la  province  qui,  deux  siècles  auparavant,  les  avait  reçus  dans 
la  compagnie  du  Roi.  Jean  de  Courcy,  écuyer  en  1899,  était,  comme  le  prouve  le  préam- 
bule de  son  histoire  ,  chevalier  en  i4i6.  S'il  était  le  signataire  d'une  quittance  de  tliliS, 
mentionnée  par  tous  les  généalogistes,  il  faudrait  en  conclure  qu'il  mourut  dans  une  ex- 
trême vieillesse;  car  il  était  déjà  svuide  de  jeunesse»  quand  il  entreprit  de  rédiger  la  chro- 
nique universelle  en  1Z116.  Il  vaut  mieux  s'en  rapportera  l'autorité  d'une  note  contempo- 
raine placée  à  la  fin  du  superbe  manuscrit  de  la  Vallière,  aujourd'hui  coté  n°  6  dans  la 
collection  du  Roi.  La  voici  :  sCelny  qui  composa  ce  livre  trespassa  à  Caudebec  le  pénul- 
Rtieme  jour  de  octobre,  l'an  mil  quatre  cens  xxxxi.  Priés  Dieu  pour  lui.  Amen." 

«Cette  bonne  maison  de  Courcy  n'est  pas  encore  éteinte;  elle  a  fait  ses  preuves  généa- 
logiques peu  d'années  avant  la  révolution,  et  porte  de  toute  ancienneté  un  écu  d'azur  fretté 
d'or  de  six  pièces.  Mais,  si  les  derniers  neveux  de  notre  Jean  de  Courcy  ont  rappelé  le  plus 
scrupuleusement  du  monde,  dans  leurs  recherches  généalogiques,  les  mariages,  les  bap- 
têmes et  les  charges  de  leurs  ancêtres,  ils  ont  ignoré  l'un  des  plus  glorieux  titres  de  leur 
famille  :  le  travail  historique  que  nous  avons  sous  les  yeux.  Ce  n'est  pas  que  la  chronique 
de  la  Bouquechardière  (et  non  pas  de  la  Boucassière,  comme  l'écrit  l'abbé  Le  Beuf")  soit 
aujourd'hui  pour  nous  d'un  intérêt  véritable.  La  critique  a  balayé  toutes  ces  compilations 
historiques  du  moyen  âge  qu'on  avait  faites  sans  jamais  la  consulter.  Mais  un  vieux  guer- 
rier se  consolant,  par  de  sérieuses  études  historiques,  de  ne  pouvoir  combattre,  tandis  que 
la  France  entière  était  en  proie  aux  discordes  civiles,  ce  guerrier,  dis-je,  forme  un  glorieux 
contraste  avec  le  tableau  des  passions,  des  ambitions  et  des  calamités  contemporaines. 
Nos  vieilles  familles  françaises  sont  toutes  assez  fécondes  en  pourfendeurs  d'ennemis,  en 
courtisans  de  rois,  en  possesseurs  de  grands  domaines;  mais  toutes  ne  réunissent  pas  à  la 
gloire  des  armes  celle  des  lettres,  qui  laisse  pourtant  derrière  elle  les  souvenirs  les  plus 
ineffaçables'"^'.» 

Grâce  aux  savantes  recherches  de  M.  Paulin  Paris,  Jean  de  Courcy  est  donc  un  person- 
nage connu  :  on  sait  qu'il  vivait  à  l'époque  même  où  se  place  le  récit  de  Guillebert  de  Metz, 
et  qu'il  couronna  une  existence  de  soldat  par  un  travail  de  bénédictin.  Il  est  bien  rcjgret- 
tablc  que  la  science  n'ait  pu  mettre  en  lumière  la  biographie  de  l'habile  enlumineur  qui 
consacra  son  talent  à  enrichir  le  manuscrit  de  la  Haye,  et  dont  le  nom,  comme  celui  du 
chroniqueur  lui-même,  méritait  assurément  d'être  sauvé  de  l'oubli.  Selon  toute  apj)arence, 
il  était  Français  et  même  Parisien  ;  on  peut  du  moins  le  supposer  en  voyant  Paris  et  ses 
environs  figurer  sur  l'arrière-plan  de  la  miniature  que  nous  reproduisons.  Quant  à  l'époque 
où  il  dut  exécuter  ce  splendide  travail ,  on  désigne  généralement  la  seconde  moitié  du 
xv'  siècle  :  les  costumes,  les  armes,  la  poliorcétique  indiquent,  en  effet,  la  fin  du  règne 
de  Charles  VII  ou  le  commencement  du  règne  de  Louis  XI.  Celte  considération  nous  a 
déterminés  à  placer  noire  fac-similé  à  la  suite  du  poëme  d'Astesan,  qui  est  de  i/i5i. 

Le  lecteur  se  demandera  naturellement  à  quel  endroit  de  la  chronique  de  Jean  de  Courcy 
se  réfère  cette  miniature,  et  quel  rapport  elle  peut  avoir  avec  un  texte  où  l'on  ne  parle  point 
de  Paris.  La  réponse  à  la  première  question  est  facile  :  c'est  au  sixième  et  dernier  livre  que 

'''  Mémoires   de  l'Académie   des   InscripUons  et  '*'  Les  Manuscrits  françois  de  la  liibliothhque  du 

Belles-Lettres,  i.  XVIt.  Roi,  t.  Il .  p.  3.39  et  8iiiv. 


m'^^m.fmm^M 


qtmàtmmt 


Vue  de  Pans ,  vers  le  milieu  du  XV™ siècle. 

Fac-simile  d'une  minmture  du  Missel  de'  Jouvenel  des  '^v%\v\^.£>bliotheq é  h  VjJJc  de  Pam.MJ4,  verso . 


PARIS  SKLON  LRS  MINIATURISTES  Dl  XV*  SIÈCLK.  iSi 

le  iiiiiiialuristo  inconnu  a  placé  koh  chef-d'œuvre ,  en  regard  du  dM|Mln  îoltlalé  :  mCf 


traicte  de.  Jimm  qui  print  par  nuiiut  In  cité  de  Jhenualem.  n  C»  préteoda  fait  d*anMi  Ml  i 
rncontt^  pur  li>  (.-limniriuciir  :  "Adonc  vini-il  dcvnnt  Jhéru»alem,  et  de  ncM  priai  b 
«cité  d'nHsault ,  et  lorsqu'elle  fut  prinse,  commanda  a  lea  ebevaliena  teat  tuer  le  people. 
-tiiiit  (|u<-  «Ti  iri  jours  (|n<'  dura  crsto  peniecucion,  oit  de<  Juîfz  un"  mil  otci»,  tut*  afl 
rpriii.s  et  \xxx  mil  (|ui  furent  v-nduz  pur  l<«  fjenii  Anliocbe  ''.«  Par  le  mot 
Jean  de  Courcy  dëHi{;nc  Anliocliu.s,  lieutenant  de  JaM>n.  Cmt  donc  ieai^gede. 
i|ue  le  niiniaturixte  a  voulu  représenter,  et  ce  Mint  les  soldats  d'AnliodiM  tfaH  aPW  MNlIra 
escaladant  les  remparts  de  la  cité  .sainte.  Pour  arriver  k  ce  rénUtat,  il  a  inuigwé  «M  J^- 
salern  corn|)osée  de  la  réunion  de  divers  édifices  de  Pim,  et  il  Ta  dut 
f^uerrii.Ts  tels  (pi'il  li'-  v'>\.iil  di-  K»fi  («-mp». 


La  seconde  miniature,  conçue  dans  la  même  manière,  a  ^gdament  la  prétention  de  i 
transporter  en  Palestine,  à  peu  île  dislance  de  Jérusalem.  Dans  un  vallon  oà  aerpente  •■ 
ruisseau,  (pii  pourrait  liien  étn*  la  Hi<\vre,  de  braves  payum,  d'Areueil  on  de  Geolifly, 
sont  II  fp'uoux  dans  l'attilude  de  la  suq)riseet  de  l'adorniion ,  tandis  que  lei  aagea  dépUîenl 
dans  l(;s  airs  une  liaiideroie  sur  laquelle  on  lit  :  Gloria  in  txttln»  Dm.  La  fflle  Misle 
apparaît  dans  la  perspective,  et  cette  Jénisalem  est  encore  Paris,  vu  un  peu  plu»  è  Teat 
que  dans  la  miniature  précédente.  La  tour  du  Temple,  Saint-Je«n-en-Grève,  le  Petit- 
(Ihiitelet,  la  liutte  Montmartre  se  distinguent  facilement  au  milieu  dea  afrangeMeata  da 
miniaturiste.  L'ensemlde  forme  un  tableau  véritable,  où  la  ricbeaw  do  eolonB  ^gnle  la 
nellelé  dus  lijjnes  et  in  naïve  expression  des  physionomies. 

Cette  remarquable  œuvre  d'art  est  empruntée  au  célèbre  mi.ssel  dit  de  Jutàmldm  Unim^, 
récemment  acheté  par  la  Ville  de  Paris  el  si  bien  décrit  par  M.  Firniin  ()ido(,  finleraié- 
diairc  désintéressé  de  cette  précieuse  acqui.sition.  ''Il  révMe,  dit  cet  honorable  bibliophile. 


«•«>M» 


'"  llil)liollièqiie  ini|M''ri.il.      m.mii'ifrilH  frniirni». 
n"  o68ô,  fol.  407. 

'  l,'ori(jine  prcinit-re  <lo  col  odiiiirultlc  ninnii»- 
i-tit  n  ('l«'  fort  (lisnilf'c  pnr  It-s  SAvaiiU.  M.  Finnin 
Diilot  nllirin»'  (iii'il  fui  l'xiViili- .  de  thhf)  à  i^iiy, 
pour  Jnc(|iie8  Juvénal  ou  Jouvi-ncl  Ae»  IJ rsin» ,  dernier 
fils  du  ct'U'îbre  (jnrdc  de  la  IWvAli'  des  Marchands 
(ilJHH-i  /ioo).  M.  Vallcl  de  Mriville  croit,  nu  con- 
traire ,  qu'il  a  eu  pour  premier  poMesseur  le  duc 
(le  BiMlfurd;  qu'il  n  di^  ^Ire  commeneé  vers  thtk, 
continué  cl  remanié  npr^  le  dëpart  des  AogiaM,  <l 
converti  en  un  pontifical  à  l'usage  du  diooèse  de 
Pnitiom.  Celle  opiiiinn  s'nppiiio  5iir  rexisteoca  des 
armes  et  des  nllriltiils  du  duc  de  Betlfnrd,  inpar- 
liiitemeiit  dissimulés  pnr  le  secoml  propriétaire,  sur 
l'importniice  donnée  n  In  fêle  de  snint  Kdouard  et 
uiilres  sniiils  du  rnleiidrier  nnglais,  et  cutùi  sur  la 
dilTéroiicedes  peinliiri's  qui  indiquant dsoi  ifOlfÊÊê 
distinctes.  Ce  (|ui  u'eat  (NH  oootesté,  e'esl  que  Jac- 
ques Juvénal  di>s  IJrsins .  «ucccssiTcment  conseiller 


du  Roi .  avocat  au  Pariaawat  de  Paris. 
de  \otrr-Dane.  préMdaat  *  la  Cour  das 
Iresoner  de  la  Saaile'Caa|MM , 
et  évtque  de  Poiiian,  a  ea  b  1 
nmion  dm  las  dstaièws  aaaéas  de  sa  «ie.  Oa  aa 
sait  |ias  an  jasie  i  qaafc  épo^  »  bm»  frtâmn 
pasM  ealra  sas  aisias  M.  Vdbt  de  VimiBt  iaduM 
è  croira  que  ea  fat  «a  i4*9.  krooMsiaa  delà  «isile 
des  imLsaiidaan  dteaasa.  Jacquas  Jasdaal  dai 
Unias,  ayaat  aa.  M  sa  fasMK  da  todaarisr  da  la 
Saiala-awpla.*laafawatwrhsiiialiiiiab- 
jeU  d'art  al  de  dévatioa  que  raafanaail  cet  ( 


(Voir,  poai 
idapiii  I  iiir.laha«hawd>M.r— àa 
Didot.  MM  dt  Jbsfass  JMial  d»  (Mas.  edW  A 
h  sdb dk  ftni.  «a.  PMis.  iMi.  ia-8*.  ««  a* 
da  M.  Vdkl  da  ViritSa.  ^Mr  dr . 
ers» /rMaur.  f«r.  Pam    18M.  io-«<*  ) 


■  l»T.    —  1. 


586  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

«l'histoire  intime  d'une  époque  tout  entière.  A  lui  seul  il  est  un  véritable  musée,  où  cliaque 
«tableau  est  encadré  d'ornements  qui  le  rattachent  arlistement  aux  marges  du  livre;  et 
«l'habile  emploi  de  l'or,  dont  l'éclat  rayonne  au  milieu  d'une  guirlande  de  fleurs,  offre  un 
«  aspect  plus  séduisant  que  la  bordure  monotone  des  tableaux  de  nos  musées.  Depuis  la 
«peinture  la  plus  large,  jusqu'aux  peintures  les  plus  microscopiques,  tous  les  genres  s'y 
«trouvent  réunis,  et  les  couleurs  y  brillent  d'un  éclat  si  vif,  que  quatre  siècles  n'ont  pu 
«l'altérer 

«On  peut  considérer  ce  manuscrit,  ajoute  M.  Firmin  Didot,  comme  une  encyclopédie 
«des  monuments,  des  costumes,  des  meubles,  des  armes  et  des  instruments  de  toutes 
«espèces  de  son  époque.  On  y  voit  figurer  la  société  dans  ses  diverses  conditions,  avec  les 
«costumes  et  les  armes  de  l'époque.  Les  châteaux,  les  forteresses,  les  édifices  avec  leurs 
«tuiles  vernissées,  l'intérieur  des  habitations,  les  meubles,  les  ustensiles  de  la  vie  privée, 
«y  sont  fidèlement  reproduits.  Les  fonds  présentent  une  ordonnance  variée,  remarquable 
«surtout  par  l'élégance  et  la  profondeur  de  la  perspective;  les  détails  et  les  ornements 
«d'architecture  sont  traités  avec  une  délicatesse  infinie,  et  reproduisent  probablement,  soit 
«en  totalité ,  soit  en  partie,  quelques  monuments  de  l'époque.  Le  dessin  des  grandes  lettres 
«historiées,  dans  lesquelles  sont  encadrées  les  cent  quarante  miniatures  ou  tableaux  de  ce 
«musée,  mérite  aussi  une  attention  toute  particulière.  Le  goût  qui  préside  à  leur  ornemen- 
«tation  offre,  dans  les  enroulements  et  fioritures,  une  variété  pleine  d'élégance,  dont  l'éclat 
«est  heureusement  adouci  par  de  petites  compositions  qui,  occupant  les  quatre  angles,  sont 

«peintes  quelquefois  en  camaïeu,  ce  qui  ajoute  à  l'harmonie  générale Quant  aux 

«grandes  lettres  qui  ne  sont  pas  historiées,  le  dessin  en  est  toujours  varié,  et  souvent  des 
«fleurs  viennent  charmer  et  reposer  la  vue  éblouie  par  l'or,  l'azur  et  le  carmin  dont  ces  let- 
«tres  étincellent.  Les  marges  du  livre  sont  couvertes  de  rinceaux,  dont  les  ramifications 
«figurent,  comme  dans  un  charmant  parterre,  un  joli  feuillage  émaillé  de  fleurs,  de  fruits, 
«de  personnages  et  quelquefois  d'animaux  bizarres,  de  figures  capricieuses  ou  même  gro- 
«tesques.  Ces  arabesques  devançaient  les  chefs-d'œuvre  qu'on  admire  dans  les  Loges  de 

«Raphaël Chacune  des  cent  quarante  grandes  miniatures  qui  ornent  ce  manuscrit 

«est  un  tableau,  où  l'on  reconnaît  le  concours  de  plusieurs  peintres  d'un  vrai  talent.  Ce- 
«  pendant,  au  premier  abord,  l'ensemble  frappe  tellement,  qu'on  croirait  toute  l'œuvre 
«exécutée  par  la  même  main.  La  naïveté  et  la  simplicité,  exempte  de  l'exagération  que  l'on 
«peut  souvent  reprocher  à  l'école  allemande,  donnent  à  chacune  de  ces  miniatures,  ou  plutôt 
«de  ces  tableaux,  un  caractère  tout  spécial  qui  constitue  le  style  français,  genre  qui  nous 
«est  tout  à  fait  propre,  où  la  nature  est  reproduite  dans  toute  sa  vérité,  et  où  la  foi  reli- 
«gieuse  inspire  toujours  le  peintre ,  profondément  religieux  lui-même.  Vers  la  fin ,  le  pinceau 
«de  l'un  des  éminents  artistes  qui  ont  concouru  à  l'exécution  de  ce  chef-d'œuvre  devient 
«encore  plus  fin  que  dans  la  première  partie,  dont  \e  faire  est  en  général  plus  libre,  et 
«l'expression  des  têtes  plus  caractérisée,  ainsi  qu'on  en  peut  juger  par  la  grande  miniature 
«représentant  V Annonciation  aux  Bergers^^\n 

La  peinture  que  nous  avons  choisie,  parce  qu'elle  donne,  sur  l'arrière-plan ,  une  vue 

'■'  Missel  de  Jacques  Juvénal  des  Ursins,  cédé  à  la  Ville  de  Paris,  le  3  mai  1861,  par  Ambroise  Finnin 
Didot,  Paris,  1861,  broch.  iii-8°,  p.  io-i4. 


PAHIS  SELON  LKS  MIM\TIHISTKS  DU  XV'  SIÈCLE.  S»7 

partitïllc  (lo  Paris,  ne  trouv*;  être  \}rénniment  rcll«  qiiis  M.  Finnin  HMot  tnwMin  ru— i 
l'une  (1(>8  [Ans  [iniex  et  de*  plus  ciprcuivoit  de  ca  ntanuKrit-roiM^e;  de  plat,  dit  •  A4 
rcriiiuu  avec  beaucoup  de  Koin  par  le»  artùtai  charg<^  de  la  reproduire,  «1  tfl*  lOMlitlIi 
Il  elle  seule  un  vrai  tahleau.  Au  ini';n(e  iopofp-apliique,  que  noui  wcherchioM  Mntoul,  w 
jiiiiil  donc  une  valeur  <-irli-<tiipie  iippnViire,  comme  on  tient  de  le  voir,  par  un  JM»  ém 
|)lus  couipiUcnts  :  I'  Ink/in' »i/i.»i  ,iux  llcr/jer»  mnnpi'*  uiio  phaae  dao*  lliMtoirs  d«  Is  p'W- 
ture  françuiH». 


Au  point  (le  vue  de  la  couleur  lii»torique  et  locale,  le*  deut  IhtIIm  ptgM  QOC  IMW*  n»- 
protliiisonH  Inisscnt  rerlainemiMit  beaucoup  à  df^ircr:  elle*  donnent  ni/me  lim  &  dat  pt»' 
blènx's  lopof^nipliiipicH  fort  dillicile»  ù  résoudre.  Toutefois,  il  coovteot  de  faire  reairastf 
i|u<'  les  miniiiluristcH  <lu  \v*  siècle,  dont  IVrudition  et  le»  connalMinrM  géodéApMe  toift 
riatiirellenieni  assez  bornées,  ne  pouvaitrnt  guère  procéder  autrement.  .Sam  doate  rautcar 
(lu  Sié|;e  de  jérusnlem  aurait  pu  relever,  ne  fât-c«  que  tur  len  spinilea  de  la  eolooo»  Tm- 
jane,  les  armes,  les  vêtements  des  soldais  romains  cl  orientaui,  «1  nott*  épafjgBCr  aiati  l« 
spectnci)!  (le  ces  nrcbers  du  w*  sitVIc  attaquant  la  cité  Miinte,  deus  ceaU  aoe  arani  Thm 
chréti)ïnn(.'  ;  mais  il  est  probable  ipie,  n'ayant  |»as  sous  les  yeui  le  jeu  de  la  Udi«pM  al  4e  la 
balisti(|ue  anciennes,  il  ne  serait  point  parvenu  h  donner  k  «a  conposition  le  ■oateaMll 
l't  la  vio  (|u'on  y  admire.  Il  en  est  de  mt^me  de  la  page  emprunta  an  ni«el  «le  Jaf ëaal  im 
llrsins  :  les  bergers  de  Betbiéem,  représcntt^s  d'imagination  et  avec  toalea  Ice  riebaMee  «le 
In  i-oul(Mir  orientale,  oiïrii'aient  sans  doute  qiiebpie  rliose  de  moins  naif  et  de 
(|U(;  ces  braves  paysans  (li>  la  baidieiie  de  Paris,  auxquels  les  anges  annoncent  U 
du  (ibrist.  L'anacbronisme  a  donc  son  bon  cAté,  même  au  point  de  vue  de  Part,  et  il  nr 
nous  sied  pas,  ainsi  que  nous  l'avons  dit  plus  haut,  de  lui  reprocher  dee  «rranaoto  qui 
enrii'bissent  aujourd'liui  l'histoire  des  mœurs  et  des  coutumes  panàaaoae. 


VUES  GÉINÉRALES  RESTITLÉES 

ou 

PLANS  CAVALIERS  DE  PAIUS  ET  DE  SENLLS 

AU  XIV*  SIÈCLE. 

(  NOTICES   KXVLiCATIVBf.) 


I. 

PLAN  CAVALIEK 
ou 

pofinrinicr  de  p\w\s 

EX  laM 

*CCOMr*(iNAIIT  CI  fOIGHI. 


Kii  |)iii)liiiiit  l«.H  (BuvrRM  de»  historiens  ori^jinaux  (jui  uni  ^rtt  sur  Para,  ea  a  atati  la 
n<^ces.sit*^  d'ërluirer  les  textes  par  de  nombreuse»  re|irodurlions  ou  far-mmiU ,  qui  révélaïaaal 
aux  yeux,  comme  h  l'esprit  du  lecteur,  IVpo«|ue  mAme  qu'il  s'agunail  de  faire  mitre.  De  là 
les  [iiiniatures,  les  |;riiviires  anciennes  et  les  vieux  boit  dont  m  volume  e»l  illu»tré.  Ilal^p^ 
lit  jjiri^esse  avec  liu|uelle  on  a  sem<^  ccfl  utiles  et  curieux  documeoif,  il  (allait  v  ^oMn 
une  pièce  capiliil<>,  ipie  les  auteurs  du  temps  ne  donnent  point,  qne  les  ardiivMtc»  n'ool 
|ms  encore  d(Vouvertc ,  et  qui  aidera ,  mieux  (pic  toutes  les  descriplioiu  éerilee,  k  coMpreoJrf 
le  Paris  des  xiv'  et  xv'  siècles  :  nous  voulons  parler  d'une  de  im  niw  rf rnanniblii .  «fm  4e 
ces  n  pourtrairts  de  cités,»  comme  on  les  appelait  autrefois.  Un  tel  plan  n'exùtanl  pas  pov 
r(*po(|ii<'  h  la(|ii<'lle  se  rfTère  le  prissent  volume,  on  s'est  ri'solu  à  lern^rde  toute*  pièces. 
cil  prenant,  comiiie  base  du  travail  à  faire,  le  plus  ancien  document  graphique  connu  joaqv'à 
ce  jour,  et  en  proc^'dant  par  iMimination,  h  mesure  que  Ton  remontait  le  ciNini  de*  i 


I 


On  a  choisi  une  date  pri^cise  :  celle  de  i,')Ho.  La  raison  di^lerminanle  de  re  dwii  ail. 
>ir|iiii  nous,  faeile  à  romprendre.  Il  y  a,  dans  l'existence  des  ville»,  rertaiiMa  ëpOMMi  rv< 
inanpiables.  où  leur  asjiiTl,  leur  physionomie  gt'nérale  cbang<>nt  d'une  OMMÛAre  appré- 
ciable. Les  traces  de  ces  changements  [leuvent  se  suivre  sur  un  plan  cavalier,  liiea  ■•en  <|ae 
sur  un  plan  ichno^yrapbique  ou  en  simple  tract'.  Mais  il  est  certain  aussi  qu'il  faut  eaMr  «l 
momiuit  précis  et  bien  arrêté,  si  l'on  veut  piuvoir  justifier  la  repr^eeaUlioa.  dans  le  plaa 
de  telles  ou  telles  parties,  de  tels  ou  tels  édifices  dont  l'etisteace  M  date  par  des  doCMBaaIi 
cbroïKilogiipies.  Ainsi,  l'achèvemenl  de  l'enceinte  de  l'hilippe-AvgMle  (lei  i)flat  WHtim 
ces  époipies;  l'enceinte  de  Charles  V  (i  38o)  en  indique  une  autre.  Pour  la  pmmère,  il  bmH 
siiisir  la  date  de  cet  achèvement,  si  l'on  veut  faire  voir  les  partie*  noa  aocMV  Mliee  ^ 
liippait  l'enceinte,  parties  plus  t4ird  couvertes  de  maisoiM,  et,  en  ovtre,  lei  terraïae 
hors  des  iiiiirailles.  Li'i  s'élevèrent  bientAt.  surtout  dans  levcMM^dl 
Iriirlions  destinées  ik  des  aubertp>s  ou  hôtelleries,  ainsi  qu'k  dei  dépoli  de 
ou  bien  encore  des  bourgs  dans  lesipiels  se  réfugiaient  ceu\  qui  troalaieflt  aei 
charges  assez  nombreuses  ({u'entratnait  la  ré'sidence  à  l'intérieur  d'une  ville.  Cee 
rences  d'aspect  exigent  quel(|ues  détails.  Les  même*  raisoiM  M  préeesleot  pour  PeMaiBled» 
(iliarles  V.  Afin  de  justifier  le  choix  de  l'année  i38o,  au  lieu  de  1&80,  par  > 


r,02  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

(lirons  nue  celle  date  a  l'avantage  d'être  une  date  intermédiaire,  à  cheval  sur  les  deux 
siècles,  et  qu'elle  se  trouve  plus  rapprochëc  de  l'époque  de  Jean  de  Jandun.  Quant  à 
Guillebert  de  Metz,  un  plan  de  la  seconde  moitié  du  xv*  siècle  conviendrait  peut-être 
davantage  à  sa  Description  de  Paris;  mais  il  se  composerait  d'éléments  différents,  et,  con- 
séquemment,  ce  sortaient  deux  plans  distincts  à  établir.  D'ailleurs,  il  pourrait  mieux  trouver 
sa  place  à  côté  d'autres  auteurs,  et  servirait  de  transition  entre  celui  de  j38o  et  les  plans 
originaux  dressés  par  les  topographes  des  xvi*  et  xvii'  siècles. 

Voici  maintenant  les  motifs  de  la  préférence  donnée  au  plan  cavalier  sur  un  plan  en 
simple  tracé  : 

Avanuges  Quelle  que  soit  l'cxactilude  des  j)lans  géométraux,  on  arrive  toujours  à  constater  que, 

lu  Plan  cavalier,  ^j  j.^^^  pouvait  obtenir  un  plan  cavalier  exact  comme  mesures  et  dispositions,  et  aussi  fidèle 
que  possible  comme  image  des  édifices  et  des  constructions,  ce  serait  incontestablement 
le  meilleur  moyen  de  faire  passer  dans  l'esprit  du  lecteur  les  idées  qui  ont  dû  inspirer  les 
historiens  originaux  à  l'époque  oii  ils  écrivaient.  Il  en  résulterait  une  véritable  résurrection 
de  la  ville,  au  moment  où  ces  écrivains  ont  rendu  témoignage  de  ce  qu'ils  voyaient.  Telle  a 
été,  du  reste,  la  pensée  de  presque  tous  les  topographes  parisiens  îmtérieurs  à  De  I^grive. 
Goraboust  même,  le  plus  justement  estimé  de  tous,  n'a  renoncé  qu'avec  regret  à  la  vue 
cavalière,  dite  à  vol  d'oiseau,  et  il  a  en  quelque  sorte  combiné  les  deux  systèmes.  L'habi- 
tude de  ce  mode  de  figuration  était  tellement  enracinée,  que  la  plupart  des  plans  visuels 
ou  croquis  cotés,  dressés  par  les  anciens  arpenteurs,  sont  de  véritables  plans  cavaliers, 
avec  le  croquis  grossier  des  bâtiments,  des  arbres,  des  haies,  etc. 

11  ne  faut  pas  penser  toutefois  que  les  auteurs  de  ces  images  aient  eu  la  prétention  de 
faire  une  chose  rigoureusement  exacte ,  comme  on  l'exige  aujourd'hui.  Le  topographe  an- 
cien traçait  le  réseau  des  voies  et  des  rues;  sur  ce  réseau  il  relevait  les  édifices,  avec 
leur  apparence  par  à  peu  près.  Quant  aux  maisons,  il  donnait  à  toutes  le  même  aspect, 
comme  à  celles  qu'on  place  sur  les  cartes  pour  indiquer  l'importance  du  lieu  signalé  :  par 
exemple,  des  animaux,  des  navires  ou  des  personnages,  destinés  à  figurer  aux  yeux  les  pro- 
ductions, le  commerce,  l'industrie  des  lieux  où  ces  objets  se  trouvaient  dessinés.  Au  com- 
mencement du  xvii'  siècle,  Quesnel  alla  plus  loin  :  il  compléta  son  plan  avec  l'image  de 
constructions  projetées,  qui  n'ont  pas  été  exécutées  depuis;  il  fit  entrer  dans  son  cadre  trop 
étroit  des  localités  intéressantes,  en  rapprochant  les  distances  qui  les  séparaient  des  limites 
adoptées  pour  le  plan.  Un  siècle  et  demi  plus  tard ,  le  tracé  géométral  était  beaucoup  plus 
respecté;  mais  un  autre  vice  s'était  perpétué.  On  remarque  facilement,  par  exemple,  dans 
le  plan  dit  de  Turgot,  avec  quel  soin  le  dessinateur  évite  de  passer  sur  les  lignes  du  tracé,  et 
cette  préoccupation  l'amène  souvent  à  déformer  les  édifices  d'une  manière  choquante.  Malgré 
ces  défauts,  il  est  certain  que  ces  plans  ou  « pourtraicts , »  comme  on  les  appelait  autrefois, 
exercent  une  sorte  de  séduction  sur  le  spectateur,  et  lui  donnent  immédiatement  une  idée 
vive  et  saisissante  de  l'aspect  général  de  la  cité,  au  moment  où  il  veut  en  étudier  l'histoire. 

Conditions  Toutcfois,  établissons  en  principe  que,  pour  exécuter  un  plan  de  ce  genre,  il  ne  faut 

lece  ra^al.        p^j^t  s'astreiudre  à  l'exactitude  mathématique  qu'exige  le  plan  en  simple  tracé.  Dans  ce 

dernier  système,  en  effet,  on  peut  indiquer  par  des  pointillés,  ou  même  par  des  lacunes, 


PLAN  CAVALIK»  l)K  PVIllS  A  LA  VIS  Df  XIV'  SIÈCLE.  MS 

les  points  doutcu)i  ou  inronnu»,  .<tu|)<.T[M>fi!r  diventei  ëpoqiMS  ea  tmAetHmA,  l»  matai 
conriisrincril  (in'il  chI  puoNibli*,  les  trari!-»  (Ira  lignes  (|ui  m>  ioni  tuteééé  daM  un  mttmm  Utm. 
\jC  plan  cavalitir  doit,  au  ronlrairt>,  aceuncr  tout,  suppléer  k  ce  qui  fait  défaut  H  f«MHdt«r 
r;nfin  la  ville  (iii  le  lieu,  h  un  moment  donn/-.  Cettt  un  parti  i  pr«>ndrr  H  k  faira  anrrpltr. 
nous  crovons  cpie  c'est  le  mmjI  qui  puisM*  aider  iii  l'intelli^^encc  de» ailtettnaaCMm.fCnNl^ 
raison  de  particularitëit  souvent  inrompréhensibleit.  C.oUe  létilâ  •  Mé  neumm  éam  I» 
siècle  dernier,  et  des  tentatives  sérieuses  ont  été  faite*  pur  amentpr  le  plan  ttyrfwf  i  im 
dc|,'ré  satisfaisant  d'exactitude  f;éométri<pje.  Si  clic»  n'ont  |»as  abouti,  e'eal  que  la  nMta 
(|ui  dessinait  ou  |;ravai(  n'était  pas  celle  qui  écrivait;  et  puis  auui,  il  faut  Ir  dirv.  ftipnl 
positif  et  iinidyli(|u<>  du  temps  présent .  qu'on  pousse  peut-être  à  l'estréoM,  éUÛA  aaiw  cn> 
('cant  au  tenqis  des  Le  lieufel  des  Juillot.  Aujourd'hui,  pour  meltw  iéri— M— tè«to<IW 
cette  pensée  persistante  d'une  ima^je  de  Pari»  ù  diiïérenles  ipoaut»,  il  laHail  mmw  reu^ 
titude  des  relevés  de  la  topo)^rapliie  en  sinqde  tracé,  et  oe  liAtcr  de  ù\er  l*iMig«^  vinn 
Paris  :  car,  si  jus(|u'à  la  lin  du  siècle  dernier  on  ne  procédait  que  |>ar  dea radtfeatiew  d'sli- 
Ipiement  et  de  nivellement.  <|iii  ne  détruisaient  pas  les  témoim  ou  repèraa  lacieM  liât  par- 
celles bâties  ou  cncliises,  nujourd'liui  les  (grands  travaux  de  voirie  font  dirigea  de  telle  bfwi 
qu'une  surface  plane  renq)lacera  bientôt  les  dé|iressions  et  le»  saillie»  de  l'aocMMI  PHm. 

Déterminé  à  donner,  dans  les  limites  du  |>ossible  et  du  raisonnable.  tatMiCMtioa  è  m 
besoin  si  vivement  senti,  nous  avons  pris  pour  date  lu  dernière  moitié  du  xn*  aiAde,  pé- 
riode à  lacpielle  appartiennent  les  écrivains  dont  ce  volume  repro<luit  lea  oairrea.  El  h 
nous  avons  choisi,  pour  l'inscrire  en  léte  de  ce  pian,  la  date  précise  de  i38o,  C^catm'eUe 
précède  pres(pie  innnédiatement  le  règne  malheureux  de  (ibarles  M;  e'eat  motion,  ea 
efFel,  l'enceinte  de  (Iharles  V  vient  d'(}trc  terminée,  que  plusicure  palais  se  bàlisaenl.  e< 
que  diiïércnls  iptarliers  s'achèvent.  Le  pont  Notre-Dame  n'est  |K>int  eoeora  racenalniit ,  ri 
le  passa);c  du  jpand  bras  de  la  rivière  s'elTectue  toujours  par  une  paMMvtte  ea  bois  mû 
se  nomme  Im  Planclu'n  de  Mihriiy  et  qui  aboutit  ù  la  rue  de  ce  nom;  le  pdais  <lea  ToafBilke 
n'est  (|ue  l'iiôlel  ou  le  logis  d'Orgemonl  '  ,  etc.  C'est  aussi  vers  ce  lenpa  que  ae 
la  vie  brillante  de  l'ilnivcrsité.  que  les  collèges  s*élablis.sent ,  et  que  le»  rues 
se  remplissent  de  maisons  ou  d'hôtelleries  pour  rerevoir  les  étudiants  '^ .  Tandis  4|ae 
qucs  vieux  hôtels  (len)curent  encore,  avec  leur  caractère  particulier,  rooinie 
témoins  du  passé,  on  voit,  dans  In  Oité  et  dans  la  Ville,  les  grands  tlols  s 
petites  maisu[is  de  produit.  Ce  morcellement  se  conqirend  :  au  niomeut  oà  il  ae  El.  le 
revenu  immobilier  était  tout,  qu'il  se  pré.sent4U  sous  fonue  de  loyer  ou  de  caaa;  le  mar- 
chand et  l'artisan  étaient  ou  «en  louaigc»  ou  en  ccnsivc.  La  bourgeoise,  toataiM,  a'ean 
prcssa  d'acquérir,  dès  que  les  propriétaires  terriers  commeneèreat  i  aliéaer  pear  payer 
leur  luxe.  Ia's  croisades  avaient  provoqué  ce  mouvement;  les  goerres  ctvtlea  et  la  léàtimc» 
dans  les  villes  le  précipitèrent.  On  comprend  qu'un  siècle  aprèa  la  ville  ail  pria  aa  aalre 
aspect  :  des  quartiers  nouveaux   avaient  recouvert  les  raAarsi  et  lea  aMunus;  Taaci 

''  Au  roinmiMirerneiil  du  \\'  siiVlf  n»  n'l«'%.nil 
le  |ionl  Notre-Dnine,  celui-là  inènu'  <|ui  jumMiln 
on  I '•<(();  le  poloi»  de»  Toumelle»  roniiiiençMit  h 
M'  fiirnier  de  diviM'ses  |in)|>rii'li>s  rmilij;ii 

'*     l,'K»|»0(fllc,  <|ni  •••il  re..|.'.'-.l.ili"iii-  ^u- 


594  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

enceinte  élait  envahie  par  les  maisons  voisines,  et  se  trouvait  même  démolie  en  certains 
endroits.  Les  collèges,  qui,  en  i38o,  occupaient  simplement  les  hôtels  ou  les  maisons  (|ui 
leur  avaient  été  donnés,  et  se  distinguaient  à  peine  des  autres  îlots,  devenaient  des  édi- 
fices à  j)art,  plus  réguliers,  munis  chacun  de  sa  chapelle  plus  ou  moins  monumentale. 
L'aspect  change  donc,  abstraction  faite  du  style  architectural  des  édifices  que  notre  échelle, 
nécessairement  réduite,  ne  permettrait  pas  d'apprécier. 

Afpeci  de  Paris  La  structurc  et  les  dispositions  des  villes  changent  avec  les  besoins  généraux  ;  mais  ces 

an  moyen  âge.  (.Rangements,  nous  le  répétons,  s'opèrent  par  périodes  :  on  approprie  avant  de  démolir 
et  de  rebâtir.  Ainsi,  Paris  commence  par  un  noyau  de  palais  et  d'hôtels  fortifiés,  en- 
tourés de  murailles  élevées,  sans  ouvertures  extérieures,  mais  ayant  au  dedans  des  jardins, 
des  bosquets  et  des  galeries  bien  aérées.  11  n'y  a  de  maisons  d'artisans  ou  de  marchands 
que  ce  qu'il  faut  pour  le  service  de  ces  palais  et  de  ces  hôtels:  et  elles  appartiennent  auv 
seigneurs.  Chaque  maison  est  occupée  par  le  maître  et  ses  ouvriers  et  apprentis,  ou  par  le 
ménage  et  sa  famille.  Plus  tard,  les  seigneurs  bâtissent  dans  leurs  clos,  ou  se  resserrent 
dans  le  centre  de  leur  propriété,  partageant  et  divisant  en  habitations  les  parties  qui 
bordent  les  voies  publiques;  plus  tard  encore,  ils  divisent  leurs  hôtels  du  centre,  parce  que 
la  valeur  locative  augmente,  et  ils  vont  habiter  dans  les  faubourgs  ou  autour  du  palais  des 
rois.  En  même  temps,  des  clos  entiers  deviennent  des  espèces  de  ruches  :  l'école  au  milieu 
avec  ses  collèges  et  ses  boursiers,  et  tout  à  l'entour  les  hôtelleries  remplies  d'étudiants 
libres.  Ailleurs,  ce  sont  des  communautés  religieuses  avec  leur  ceinture  de  maisons  de  produit, 
dont  les  dispositions  se  sont  maintenues  jusqu'à  nos  jours.  Certaines  rues  et  certains  quar- 
tiers sont  consacrés  à  certaines  professions;  de  là  une  physionomie  particulière  à  chaque 
portion  de  la  Ville  et  à  chaque  époque.  Le  lit  de  la  Seine  lui-même  change  d'aspect,  soit  à 
cause  des  érosions  des  eaux,  soit  par  suite  de  la  construction  des  ponts,  des  quais  ou  des 
têtes  de  ponts.  Au  temps  de  Philippe-Auguste,  par  exemple,  outre  les  îles  que  notre  plan 
accuse,  il  y  avait  encore,  dans  la  traversée  de  Paris,  plusieurs  îlots  dont  les  historiens  ou  les 
topographes  font  mention  spéciale,  notamment  celui  qui  était  placé  devant  la  tour  de  Nesle. 
On  a  dit  que  l'architecture  et  les  arts  d'un  peuple  écrivent  son  histoire  vraie,  et  expliquent 
ou  jiistifienl  certaines  parties  obscures  de  la  vie  publique;  cette  vérité  tend  à  devenir  de 
moins  en  moins  contestable;  et  plus  on  entrera,  sans  système  préconçu ,  dans  les  détails  de 
la  période  du  moyen  âge  (période  qu'on  peut  appeler  de  la  propriété  à  outrance,  et  du  res- 
pect souvent  exagéré  de  cette  propriété),  plus  on  comprendra  l'existence  prolongée  d'une 
telle  société.  Un  côté  de  l'histoire  nous  la  présente  comme  livrée  à  une  agitation  perpé- 
tuelle; mais  les  hases  mêmes  de  l'édifice,  tel  que  le  moyen  âge  l'avait  constitué,  c'est-à- 
dire  la  famille  et  la  proj)riété  dans  l'ordre  moral,  la  perpétuité  de  la  possession  dans 
l'ordre  matériel,  n'étaient  nullement  ébranlées.  Rien  ne  rend  le  fait  plus  sensible  que  la 
persistance  avec  laquelle  le  vieux  Paris  s'est  conservé  jusqu'à  notre  temps.  C'est  une  der- 
nière et  décisive  raison  de  donner  la  préférence  au  plan  cavalier. 

Travail  Mais,  si  un  plan  de  ce  genre  a  l'immense  avantage  de  retracer,  mieux  que  toute  autre 

«le  rcsliliilion.  r  i*  1»  *  1'  'il  i  *•!  i        /  /     l» 

liguration,  I  aspect  ancien  d  une  ville,  surtout  lorsqu  il  est  relevé  sur  un  trace  d  une  exac- 
titude rigoureuse,  en  revanche,  il  faut  convenir  que,  sauf  pour  les  édifices  importants,  il 


-( 


PLAN  CAVALIKH  I)K  PAHIS  A  LA  FIN  Dl  XIV  SIÉCLK.  SfS 

icslc  loujonis  (|ii(l<|iio clio»e  «l'hypolhi^tiqmMlarw  la  rcpriWntalion .  mhaeHaiiét,  den». 
ties  cl/flruilcs ,  dont  on  n'a  con»crv<î  que  de»  (raffamU.  Il  i-»!  «rni  Hi-  dire  qiw  Nm,  dia* 
si's  trois  f{randt's  divi»ionji,  conw'rvait  encore,  il  y  a  |ieu  d'anmW.  d..  nmobrrui 
(le  r<>t  ('•lut  ancien.  Ïm  où  co8  traccK  noux  Tont  défaut,  nou»  li^  rrlroavow  dao» d« 
iiiiiniiiibli's.  coiiirn<'rAllcni;i|;ii.-  et  rivKpajjne  en  poMèdeol encore  aujounitiai .  oè  l«i 
besoins  cl  i(!s  mêmes  liiibiliides  ont  ijié  de»  dii^ilions  aMénMf  fnt^ur  idirntM)aM.  L« 
to|)0|;ni|)liie  rompan'ie,  Irailée  avec  prudence,  noiuparatt  appelée  è  Mairer  bien  dn  poinU 
resti^H  doiiteu\  juNcju'ici.  Pour  tracer  un  plan  de  Paris  au  iiv'  lièclr.  non*  OOM  atmmtm 

rvi  avec  Truil  des  excellents  plans  partiel»,  enrorv  inédiu,  de  fru  A.  Berty.  eo  romal 
tant,  iiii  |)oinl  d<!  vue  purement  ^p'^ouK^trique,  le  grand  et  admirable  travail  de  Venu<|Wl. 
Tous  leH  anciens  plans  ont  été  étudiés  par  nous,  aiuM  (|ue  le»  noinbreOM*  i 
l<->  dates  (les  percements  et  de»  l'rande»  construction»;  enlin  notre 
>|uartier8  de  Pari»  encore  cxi-stunt»  en  i83/i,  et  no*  Mtuveniri,  renonUnl  i  1896, 
ont  permis  de  reconstituer,  de  mémoire,  certains  aspects  particuliers  aujourd'hui 

Kn  ce  (|ui  concerne  la  physionomie  des  rues  cl  des  maison»,  noo»  devons  (aire  ■■• 
observation  {générale.  Les  constructions  antérieures  au  it*  siMe  ont  loujoan en  pea  d'onr- 
menls  à  l'extérieur.  .Sans  aucun  doute,  les  maisons  d'artisans  étaient,  roi— e ctMei  am'M» 
voit  encore  dans  les  vieux  quarlieni,  conqiosées  de  moellon  et  de  plitre  sur  1 
i>n  pierre  de  taille  relié  par  un  poitrail;  la  Iwutique  se  fermait  par  un  cblam  à 
bori/ontales  ou  verticales,  avec  un  auvent  se  re|>lianl  par  en  haut.  A  Paris,  oA  le»  i 
sont  en  pierre,  on  rabat  rarement  le  bas  du  ronireveni,  comme  nn  le  fait  dans  1rs  vflle»  k 
maisons  en  bois.  Les  baies  .sont  percées  à  nu  dans  le  mur,  sans  chambranle  ni  nMolm*. 
(l'est  encore  la  mélliod*!  usitée  aujourd'hui  dans  une  certaine  cal^|one  de  aaÎMNW  i  bon 
marché.  Ce  n'est  que  plus  tard,  (|uand  l'artisan  ou  le  marchand  e»|  devenu  le  vrai  pra» 
priétaire,  (pi'il  orne  sa  façade  et  ses  appartements.  Il  faut  ajouter  que  la  séroril^  daa  mm 
a  contribué  beaucoup  11  faire  ouvrir  et  décorer  le»  façade».  Les  chemilléae  doBIWl  taM 
un  aspect  tout  particulier  aux  diverses  époques.  Ainsi,  avant  le  xv*  siide,  inatÊitÊm,  M 
•  oiileiianl  (ju'une  seule  famille,  n'ont  (généralement  qu'un  ou  deux  corptde  dMaméa».  Le 
maître  reçoit  la  famille  autour  de  .son  foyer,  et  l'on  se  couche  de  bonne  heore,  souvent  mm 
lumière.  Plus  tard,  on  perfectionne  le  mobilier;  on  rt'frr  les  fenêtre*;  on  veiUe;  on  nulliplir 
les  corps  (le  cheminées.  Knfin,  arrive  le  moment  où  chacun  veut  être  cliet  aoi.  oà  l'on  te 
parcpie.  dans  un  élajje,  puis  dans  un  coin  de  maison,  et  les  corps  de  cheminée*  te  ran^m, 
romme  (les  créneaux,  aux  pi|;nonset  aux  refends  principaux  de»  maisons.  Cca divan aapeds, 
lin  le  voit,  traduisent  à  peu  pr(>s  exactement,  |>our  le  dehors,  le*  coutume*  et  le*  HOfe» 
(lu  dedans;  ils  servent  donc  h  expliquer,  pour  l'homme  de  nos  jours,  bien  des  fait*  ^ne 
nos  babiludcs  actuelles  sembleraient  rendn-  improbable»,  sinon  tout  k  fait  impwnbla*. 

On  s'est  souvent  ('tonné  de  l'absence  de  pavajje  dans  Paris,  k  une  certaine  époqne;  il  |a 
encore  bien  des  villes  populeuses.  rt'pul('es  belle»  et  civilisApi,  qui  sont  peu  ou  poinl  pavé**. 
et  (pii  ne  l'ont  jamais  été  davantuj;e.  Valence  et  d'auln**  ville»  d'Etpafpie  *onl  dan»crras>". 


'    On  snil  (|(ie  le  pn-niier  |>n\npe  ordonné  pnr  prinapa!»  de  la  nJle  '.JttUfmmi 

l'liiii|>iH'- \ti);(isli'  ne  conipmiwil  (|(ie  la  troit*t.  dit  ««e dml»  é»  1  «M . cilé*  par  l«  fcy  ( 

1  es|-ii-<lire  les  deux  voie»  qui.  en  *t  rroiMnl  an  loliaasw f«%i»»  A  TfHlr/ *  fïfr 

Ma  (Iti  (ii^ixi-Ponl,  formoicnl  Ir»  (|ualre  me»  ntjvas,  p.  ov). 

7* 


(In  |)l.in. 


.59f)  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

Paris,  à  l'époque  dont  nous  parlons,  était  entouré  de  marais  cultivés,  exactement  comme  la 
plaine  de  Saint-Denis.  Nous  pensons  donc  qu'on  n'avait  pas  besoin  d'affermer  l'enlèvement 
des  boues.  A  Valence,  les  maraîchers  enlèvent  toutes  les  nuits  les  immondices,  et  vont 
même  chercher,  dans  les  maisons,  les  détritus  de  toutes  sortes  dont  ils  font  un  excellent  en- 
trais. A  Paris,  comme  dans  toutes  les  villes  du  même  temps,  les  voies  publiques  se  divi- 
saient en  rues  principales  destinées  aux  charrettes,  en  voiries  et  routes  pour  les  approches, 
en  rues  ordinaires  pour  les  cavaliers  et  les  piétons,  avec  des  dalles  le  long  des  maisons  (les 
nceras  d'Espagne),  et  enfin  en  ruelles  pour  les  piétons  seuls.  Il  y  avait,  en  outre,  des  allées 
ou  des  percées  pour  le  dégagement  des  îlots,  ou  pour  l'exercice  d'une  servitude  créée  au 
profit  des  enclaves,  dans  les  anciens  enclos.  Ainsi,  dans  la  seconde  moitié  du  xiv*  siècle, 
quelques  artères,  des  rues  étroites,  mais  de  grands  massifs,  excepté  au  centre,  avec  des 
jardins  ou  de  grandes  cours  plantées  et  remplies  d'air  et  de  lumière;  tel  était  l'aspect  gé- 
néral de  Paris  au  xiv'  siècle.  On  vient  de  démolir,  de  la  rue  Lacépède  (ancienne  rue  Copeau) 
à  l'église  Saint-Médard ,  tout  un  quartier  oii  les  masures  bordaient  des  intérieurs  vastes, 
pleins  de  fraîcheur  et  de  verdure. 

ixMiid  dëiails  L'échelle  très-réduite  de  notre  plan  ne  permet  d'apprécier  que  l'effet  d'ensemble  ;  mais  il 
pourra  se  rencontrer  une  occasion  de  publier  «ne  portion  de  quartier,  dans  une  dimension 
plus  développée,  avec  des  détails  absolument  indispensables  à  la  complète  intelligence  du 
plan  parcellaire  dressé  avec  tant  de  soins  et  d'exactitude  par  feu  M.  A.  Beriv.  Quant  à  pré- 
sent, le  «pourtraict»  placé  en  tête  de  ce  volume  nous  paraît  remplir  suffisamment  le  but 
qu'on  se  propose ,  c'est-à-dire  aider  à  l'intelligence  des  textes  curieux  qui  y  sont  reproduits  et 
commentés.  Nous  répétons  encore  que  le  dessin  adopté  pour  l'image  des  monuments  qui  .s'y 
trouvent  ne  doit  point  être  considéré  comme  une  copie  ou  fac-simiU  de  tel  ou  tel  dessin 
d'un  des  anciens  plans  qui  nous  restent.  Il  suffit  de  comparer  la  représentation  de  l'un  des 
édifices  encore  existants,  pour  se  convaincre  que  les  anciens  artistes  en  ont  souvent  altéré 
profondément  les  formes  et  quelquefois  l'aspect.  Lorsque  la  destruction  était  complète,  nous 
avons  dîl  reconstituer  les  apparences  anciennes  à  l'aide  de  renseignements  de  diverse  nature 
et  d'origine  variée.  Quant  au  chiffre  des  maisons,  il  ne  faudrait  pas  le  supputer  en  comptant, 
par  exemple,  sur  les  portions  du  plan  restitué  de  M.  Berty,  le  nombre  des  parcelles  bâties. 
Notre  plan,  en  effet,  représente  un  étal  antérieur  d'environ  un  siècle  à  l'époque  choisie  par 
M.  Berty  pour  sa  division  parcellaire,  et  il  est  certain  cpie  bien  des  lots  de  maisons  ont  été 
divisés  depuis  en  plusieurs  parties  :  on  voit  encore  aujourd'hui  des  pignons,  coupés  en  deux 
par  des  divisions  de  ce  genre,  qui  datent  presque  toutes  des  xv*  et  xvi*  siècles.  Nous  avons 
tenu  compte  aussi  des  églises  alors  inachevées,  et  nous  ne  devions  pas  appliquer  à  ces 
édifices  une  façade  construite  un  siècle  après.  II  ne  faut  pas  s'étonner  non  plus  de  voir  à 
l'intérieur  des  murs,  notamment  du  côté  du  Temple,  de  vastes  espaces  «vuides.  "^  Cet  état 
donne  l'explication  toute  naturelle  d'un  fait,  celui  du  genre  d'administration  de  certains 
ordres  et  de  certaines  congrégations;  et  d'ailleurs,  le  terrain,  très-productif  en  légumes, 
n'offrait  pas  toujours  un  grand  avantage  à  être  bâti.  Nous  constaterons  ainsi,  par  cette 
exactitude  spéciale,  une  foule  de  points  qui  trouveraient  leur  explication  dans  des  considé- 
rations historiques  étrangères  à  notre  sujet.  Nous  avons  placé,  par  exemple,  la  planche 
iMibray  au  lieu  du  pont  Notre-Dame,  reconstruit  plus  tard  en  \hih;  mais  nous  rappelons 


VUE  UESTITIJÈK  DK  SENLIS  AU  XIV  SièCLE.  *»7 

»|uo  cVhI  binn  sur  cffltf-  (jriinde  urthn  de  Pari»,  du  midi  au  ««plentrion.  qM  ^mà  êat* 
(i'iilionl  l<;  fîrnnd-Ponl.  (Ici  (;(n|>|,ir(>mi-fil  fnt  lo)ri(|iic  i-t  tou(  k  fait  «f accord  avec  \m  deca- 
tncrits  lii.s(iiri(|iii>s  :  la  |;riiii(l(;  voi*;  «Huit  la  lifjiif  droite  de  la  rue  SaioiJaamM  «I  d«  b 
rue  Siiint-Murtiii,  (>t  non  cdlu  do  la  ruoSaint-DcniK,  «|ui,  è  cette  éfMN{n«.  venail  rt^twnâr- 
lii  voie  derrière  Saint-Laurent. 

Les  considf^ralions  qui  pri^cèdent  HulTuM'ut  |K>ur  faire  ronnallre  fëcoBOaHe  cteéral«  dr 
ii(itr<>  tnivuil  cl  les  idéos  qui  ont  |irésidë  à  sa  confection.  U  légende  enlicalife  dont  il  «I 
a(Totii|)ii|;n<-  doiitic,  à  cliar|iii;  renvoi,  les  obœrvations  «pëcialmi  que  dwdW  peial  a  para 
e\i(jer. 

11. 

VLE  RESTITIKE  DE  LA  MLLE  DE  SE>LIS 

AU  XIV  SIÈCLE. 
(VoireHiM«..p.7«.) 

(i'ost  r>n  lai.saiil,  à  Senljs,  <l(>s  recherches  sur  l'état  de  cette  ville  au  lenii»  où  Jeau  de 
Jandun  y  résida,  sur  le  lieu  probable  et  les  causes  de  re  M'jour,  uue  la  découverte  du  dImi 
i-l  (les  tablettes  de  cire  dont  il  est  question  plus  loin  nous  amena  à  leuler  une  mtitutioo 
(le  celle  [telile  cité  vers  le  milieu  du  xiv*  siècle,  ^uus  avons  voulu  réaliaer  grapbM|ne«Dnil  rr 
(|ue  l'aiileiir  a  fait  d;ins  son  Traité,  sous  une  forme  littérnin*  pnqire  à  Min  lemp».  r*es|-i-difT 
une  (les(-ri|)li()ii  |ir(;sentant  l'aspect  d'un  plan  cavalier,  (pii  pill  devenir,  auv  veindu  lecteur. 
lin  |)iiiiit  de  (-omparaison  avec  le  plan  de  Paris  à  la  mt^nie  époque,  et  eipliquer  en  i|nel<|Ue 
sorte  le  paralbMe  établi  |>ar  les  deux  documents  de  i3a3.  Les  runsidéralion»  qui  Miiirnl. 
et  que  suggère  l'examen  de  ces  plans,  sont  d'autant  plus  utiles  {wur  l'inlelligeon  du  letlr 
aiii|iiel  on  les  ap|)li(pie,  (pie  Senlis,  comme  les  petit**»  villes  de  relie  épmpie,  a  changé  bira 
lenleinent.  et  conserve  nii^me  encore  beaiintiip  de  marques  indiscutables  de  MM  état  ancien. 
(Tesl  donc  une  |;araiilie  de  l'exacliliide  probable  de  noin*  travail. 

Le  plan  de  la  ville  de  Senlis,  dressé  à  la  lin  du  xvn*  siècle,  et  publié  dana  iaa  fiwiiriii 
années  du  \\\\\\  avec  la  carte  du  diocè.se  de  Senlis,  indique  l'état  de  cette  place  et  de  m 
furtillcalions  i\  cette  époque,  ain.si  que  le  tracé  des  rues  qui  la  lraver»aicnl  avant  le  perte- 
inenl,  fait  en  17.^0,  pour  le  pas.sa(;c  de  la  route  royale  de  Klandnv  II  est  facile  de  voir 
ipie  les  forlilicalions  élevées,  ou  pour  mieux  dire  relevée.^  durant  le»  dernier»  aooécs  du 
x\i*sitVle,  ont  suivi  exactement  le  tracé  de  relies  qui  existaient  auparavant.  L'encciate  dr 
In  ville  n'aurait  donc  point  varié  .sensiblement  du  xiii*  au  iviii*  siècle;  aoM  dtano»  du  »IH*. 
parce  (|ue  c'est  vers  cette  époipie  qu'une  mesure  générale  lit  construire,  réparer  ou  agrandir 
la  plupart  des  enceintes  de  villes  et  de  cbftienux.  Il  n'entre  pas  dan*  notre  pias  de  délaiHer 
les  causes  de  ces  travaux;  il  sullil  d'indi(pier  le  fait.  Kn  ce  qui  concerne  le  tfneé  de  ce» 
enceintes,  et  notamment  de  celle  (pii  nous  occupe,  noua  nrona  reoMrqncr  que,  de»  le 
xiv*  siècle  et  antérieurement,  on  avait  l'habitude  de  protéger  le*  porta*,  ou  mlae  le» 
poternes  inq)ortantes ,  par  des  barbncane<i  ou  des  lice»  placées  en  dcMf»  OM  NM>,  et 


598  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

affectant  la  forme  triangulaire  ou  semi-circulaire.  Cette  observation  a  pour  but  de  justifier 
le  maintien  de  ces  ouvrages  extérieurs  dans  un  plan  au  xiv'  siècle,  restitué  sur  un  tracé  du 
xvn'.  Leur  forme,  dans  le  plan  cavalier,  indique  bien  celle  des  épaulements  et  palissades 
en  usage  à  cette  époque,  et  remplacés  |)lus  tard  par  les  escarpes  destinées  à  résister  aux 
effets  du  canon. 

Aspct  d..  seniis  SeuUs  s'éleud  sur  une  sorte  de  mamelon  incliné  vers  la  rivière  et  vers  Paris ,  lequel  se 

rattache  au  plateau  du  Valois  par  la  route  de  Crespy.  Aussi  la  disposition  des  enceintes  et 
des  rues  est-elle  celle  de  toutes  les  villes  fortifiées,  dont  l'origine  remonte  au  temps  des 
Romains  :  la  cité,  ou  castellum,  se  trouve  dans  la  partie  culminante,  et  la  ville,  qui  est 
aussi  fortifiée,  s'étend  sur  la  déclivité  jusqu'aux  fossés  et  à  la  rivière.  Cette  disposition 
subsiste  bien  clairement  dans  les  vieilles  villes  à  demi  abandonnées  du  midi  de  l'Europe, 
en  Espagne  surtout  et  en  France.  Toujours  on  trouve  le  château  protégeant  la  ville,  et 
toujours  il  est  placé  à  l'une  des  extrémités  de  l'enceinte.  Notre  opinion ,  fondée  sur  l'examen 
de  beaucoup  de  ces  oppida  encore  habités  ou  abandonnés,  est  que  la  ville  a  été  bâtie  en 
même  temps  que  le  château,  et  que,  dans  la  suite  des  temps,  elle  a  pris  plus  ou  moins 
d'importance,  selon  les  avantages  du  lieu  ou  la  puissance  de  l'évêque  qui  en  était  le  seigneur 
féodal.  L'étude  des  transformations,  ou  pour  mieux  dire  des  accroissements  de  ces  agglo- 
mérations à  côté  des  châteaux  et  des  monastères,  serait  fort  intéressante  pour  l'histoire 
de  la  propriété  foncière,  notamment  dans  les  villes  d'oii  sont  sortis  les  privilèges  et  les  liber- 
tés des  communes.  On  y  verrait  la  marche  progressive  des  aliénations  faites,  à  divers  titres 
et  pour  diverses  raisons,  par  les  seigneurs,  d'abord  possesseurs  uniques  du  sol,  aux  reli- 
gieux, aux  tenanciers,  aux  marchands,  aux  artisans;  on  sait  d'ailleurs  que  le  principal 
développement  de  ce  mouvement  a  eu  lieu  vers  l'époque  des  croisades. 

Il  nous  semble  que  c'est  surtout  dans  la  topographie  d'une  ville  qu'on  peut  suivre  peu  à 
peu  toutes  ces  transformations  ;  car,  jusqu'à  la  fin  du  xviii' siècle,  les  limites  des  propriétés, 
surtout  des  propriétés  bâties,  ont  bien  peu  varié;  ces  limites  étaient  sacrées,  et  l'on  en 
conservait  toujours  les  témoins,  non-seulement  dans  les  écrits,  mais  surtout  sur  le  terrain. 
C'est  sans  doute  à  cette  coutume,  dont  les  traces  existent  partout,  qu'il  faut  attribuer  le 
laconisme  de  certaines  désignations  des  vieilles  chartes  :  les  détails  étaient  inutiles,  puisque 
les  choses  existaient.  Dans  les  développements  qu'exigera  le  texte  descriptif  de  la  Topojp-n- 
pliie  du  vieux  Paris,  ces  considérations  pourront  avoir  leur  place. 

Kaciiiiés  Senlis  présente,  pour  la  justification  du  parti  pris  dans  l'exécution  du  plan  cavalier,  des 

et  avantages  ,  .        .  i-zï^    •,  •!,  .  r-t  ^,  .•■ 

que  présente  Senlis  avautages  qu  OU  rcucontrerait  plus  dimcdement  auteurs ,  au  moins  en  Prance.  C  est  une  ville 
un  purTovaiier.  T^i  est  deuieurée  stationnaire  depuis  un  temps  très-long.  Les  substructions  de  ses  maisons  et 
de  ses  édifices  n'ont  pas  varié:  il  n'y  a  donc,  même  pour  aujourd'hui,  que  bien  peu  de 
changements  apportés  à  l'état  des  rues.  L'enceinte  elle-même  de  la  ville  existait  encore  au 
commencement  de  ce  siècle,  et  celle  de  la  cité,  du  castellum,  subsiste  encore,  quoique 
ruinée  presque  entièrement.  On  comprend  qu'il  en  soit  ainsi,  puisque  les  habitations  que 
le  seigneur  permettait  d'élever  auprès  des  murs  de  ce  château  intérieur  étaient  d'abord 
très-légères  et  toutes  provisoires,  et  que  ce  ne  fut  que  plus  tard,  après  différentes  formes 
d'aliénation,  qu'enfin  la  propriété  en  fut  acquise  aux  habitants,  sous  diverses  conditions. 


Vl'R  HKSTITrf^lK  DE  SK.VMS  Ali  XIV  SIÈCLE.  SM 

Le  miimc  travail  s'o|>/;rant  pour  toute*  Im  aulret  grandM  divwioM  ftmàkm  tmtt  *dU. 
UtWcH  (|u(>  couvent»,  liAtelfi,  etc.  In  iiliynionomii!  de  eM  viIIm  rlmngtiMl  m  alat  Mam. 
<>t  il  y  a  cortairiKH  ('rpoquo»  où  li>!t  iMt-n-ncnn  mmi  bien  tranrhéM.  A  S«oli»,  M  pMl  Miivrr 
■M»07.  farilcmcnt  cns  traces,  et  l'on  |)<'ul  din;  i|U<>  rliniuip  Ilot  reor^Mato,  poar  MM  *-r*tfTr 
(•|)0<|ui;,  soit  un  clos,  Hoit  un  couvont,  Mtit  tin  liAtel ,  daiu  leMoeb  OU  ■  tMMMÎlMMal iMié 
lie  |>etite«  habitntioiiH  pour  Icn  |ri*nit  allarli/w  au  terviee  dm  wigncttn  «•  d«  { 
A  l'iiris,  je  ni<^mi>  rnouvnincnl  ost  hicn  rarili>  à  «uivre,  et  eetie  eepilale  fenM 
r<'suni<''  (^i';n<'>ral  d<-  ci;  i|ui  m;  passait  dans  toutea  let  egiHoBl^wtioa»  BeoaUw. 

Ainsi,  In  ville  df  Si-niis  est  roup/»*-  p(>r|M>ndicutnirem<*nt  par  dmi  graodeivoiw  rroor, 
ipii  Irnvorsein  ville  et  In  (lit/-,  constitue  une  ancienne  voie  romaine  tr^^r/qMaléetdiittl  la» 
restes  se  retrouvent  |>artout  dans  le  Valois;  l'autre,  qui  conduit  de  Vleaut  à  BeMWMa»ae In- 
versait pas  la  (lil)^,  mais  seulement  In  place  du  March^^.qai  s'étend  aoitt  reacarpeanit  de» 
tours  de  l'enceinte  inti'Tieun>.  Ces  deux  voies  donnent  quatre  porlea,  les  wmIw •■  «Art MÎ 
existassent  avant  le  xiv'  ou  le  \iii'  siècle,  et  qui  étaient  :  i*  la  porte  de  Paria,  «*  ia  porte 
Saint-Hieiil ,  ."5"  la  porte  de  (Ireil ,  et  'i*  In  jwrte  de  Meaux  (aujourdliui  |>orte  Billoa).  Il 
existait,  avant  le  xiri' siècle,  à  l'anj^le,  du  cAté  de  Suint-Vincent,  un  faubourg,  et  l'efioetnlr 
se  fermait  sans  doute  de  la  poti>rne  ;>  à  la  porte  Billon,  inarqui'e  m.  Le  bit  réB«lted*aar 
indication  des  Tablette»  de  cire  du  \it'  siècle,  conservées  à  l'hAlel  de  ville  de  Sealia.  Depai» 
lors,  et  encore  aujourd'hui,  la  porte  dite  Je  Mmux  «e  trouve  i  l'angle  da  quartier  Saiai- 
Vincenl  et  dans  l'enceinte  extérieure.  An  reate,  ee«  nooMtèra  umiiuuirot— i ,  eeaMar 
Sainl-Vincent,  étaient  en  (jénéral  jtlacés  à  proximité  de  Teaceiirte  daa  viUe»,  ylapeK 
i;eaient  :  Saint-Germain,  Saint-Martin,  Saint-Victor,  etr.  i  Paria, 

A  l'extérieur  des  portes,  et  sur  les  routes,  s«<  trouvaient,  comme  partout,  le»  faal 
composés  d'auber^ies,  de  chapelles  et  de  jjranges.  Les  ville»  se  fermant  del 
les  temps  de  troubles,  ces  fniil)Our|;s  servaient  ^  héber|;er  ceux  qui  ne  | 
la  ville,  et  les  chapelles  leur  permettaient  d'entendn*  la  messe  du  i 
Tort  rép.indiie.  il  ipii  existe  encon*  en  Kspagn<'  dans  des  condilioaa  as 


Les  Jlols  sont  composés,  pour  la  ville,  à  partir  de  la  porte  de  Paris:  l'eoOet  M,  < 
couvents  contijjus  des  (larmes  et  des  Conleliers;  u*  en  /.  de  Saint-Vincent  et  ai 
.!"  en  A',  du  couvent  des  Capucins  e|  dépendaaeea;  k'  tn  U,Ab  Saial^Pierra  «I 
(lances;  5°  en  K  et  /i,  de  In  coinmunderie  de  Saint-Jeaa  et  de  Saisla  GuMllMa.avec  MW 
ruelle  de  (lé(ja|;enient  (ici,  il  est  à  remarquer  que  le  côté  qui  regarde  le  tUÊtAi  et  la  i'jté 
esl  garni  de  petites  maisons  propres  au  commerce,  et  MMH  aaOB  daota  hiuaa  pov  Hi» 
louées  aux  marchands  et  aux  artisans);  6*  en  F  et/,  de  Saint-AlgOBB  el  de  la  llaiaaa  de 
\  ille  nu  centre  et  du  marché,  où  se  trouvent  les  changea.  Ceat  «■  e,  et  daaa  la  paHw^ 
rei'nrde  la  roule  de  Creil,  ipie  se  iroiiv-"'  i--  '■•nWiènw  el  gfeaîen  pMNMa,  lanraïaa  a»> 

Irei'ois  peu  liAlis  et  qui  aujotinritui  in  ni  l'uèn  flM.  Dans  la  t.lte  elle  Meair . 

les  îlots  sont  encore  bien  distincts:  le  cAWle/se  It  (,  atee  le  fMÎewé  de  Saiat>\laarK<- 

et  divers  hôtels  séparés  seulement  par  des  ruelles,  i  nt  Mtmmmmmtmktmmff^ 

(le  soldats  et  des  majfasins.  De  l'autre  cAlé  de  la  rue  il.  J'arw,  s'ëWreol  b  calUdrale  e«  4 
el  l'évérhé  en  /» .  avec  Saint-Krnnd)our|î  el  l'ancien  h«Mel-Dieil  en  Cet  f.  (.onMne  pnv^ae 
pnrli>iii,  \.\  ciiili.'ilrnle  ii  son  chevet  touchant  m  l'enceinte,  ainsi  qne  celai  de  Seint-Fia»- 


600  DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

bourg.  Ces  grandes  divisions  suffisent  pour  faire  comprendre  la  destination  des  bàlimenls 

et  édifices  qui  figurent  sur  le  plan  cavalier. 

Ce  plan  indique,  autant  qu'il  a  été  possible  de  le  faire,  la  largeur  des  rues,  bien  que 
celles  qui  se  présentent  transversalement  aient  dû  être  laissées  un  peu  plus  spacieuses,  pour 
être  visibles  derrière  les  maisons.  Ce  parti  pris  se  trouve  dans  toutes  les  représentations  de 
ce  genre,  où  il  est  facile  de  voir  que,  sauf  la  direction  des  rues  et  l'aspect  des  principaux 
édifices,  tout  le  reste  est  dessiné  arbitrairement.  Nous  avons  cherché  ici  à  reproduire  la  phy- 
sionomie de  Senlis  au  xiv"  siècle;  si  nous  avions  dû  prendre  une  époque  antérieure,  celle 
du  ix'  ou  x°  par  exemple,  les  îlots,  tout  en  conservant  leur  configuration,  n'auraient  pu 
offrir  les  mêmes  constructions,  puisque  les  maisons  n'avaient  alors  ni  la  même  importance 
ni  la  même  destination.  Les  îlots  excentriques  auraient  été  fermés  de  hautes  murailles, 
et,  dans  les  rues  principales  seulement,  on  aurait  vu  des  lignes  de  maisons  d'artisans  et  de 
marchands  appliquées  aux  murs.  Au  marché  encore,  au  lieu  de  la  suite  de  maisons  à  pi- 
gnons qui  s'adosse  à  l'enceinte  de  la  Cité,  il  n'y  aurait  eu  que  des  échoppes  en  bois  laissant 
libre  le  pied  de  cette  enceinte.  Cette  indication  suffit  pour  donner  une  idée  des  différences 
capitales  qu'un  plan  cavalier  offre,  suivant  les  époques,  quand  le  plan  en  simple  tracé 
n'en  présente  réellement  aucune.  A  Senlis,  le  plan  cadastral  actuel  n'est  pas  bien  différent 
de  celui  du  xvn'  siècle. 

On  sait  que  Senlis  a  toujours  été  entouré  de  forêts;  son  nom  latin  Sylvanectum  l'indique 
surabondamment;  et,  quoique  de  nombreux  défrichements  aient  eu  lieu,  ce  voisinage  lui 
donne  encore  une  salubrité  incontestée;  mais  cet  avantage  est  compensé  par  l'inconvé- 
nient des  mouches  dont  parle  le  manuscrit  du  xiv*  siècle.  Le  nom  de  Fontaines  des  mines, 
donné  à  la  partie  basse  vers  Paris,  où  coule  la  Nonnette,  fournit  la  preuve  que  les  fossés 
de  cette  portion  de  la  ville  étaient  habités,  alors  comme  aujourd'hui,  par  des  grenouilles. 
Si  donc,  comme  il  est  probable,  Jean  de  Jandun  était  logé  chez  les  Carmes  et  les  Cordeliers, 
0  et  M,  ou  chez  les  Capucins  N,  on  voit  qu'il  était  placé  convenablement  pour  apprécier  les 
concerts  de  la  gent  marécageuse.  Si  l'on  considère  d'ailleurs  l'immense  horizon  dont  on 
jouit  du  haut  do  Senlis,  l'abondance  et  l'excellente  qualité  des  matériaux  de  construction, 
pierre  ou  bois,  que  le  sol  produit,  la  proximité  de  Paris  et  le  voisinage  de  plusieurs  mo- 
nastères riches  et  célèbres,  tels  que  Chaaiis,  la  \ictoire,  Royaumont,  etc.  on  conviendra 
sans  peine  qu'un  Parisien  pouvait  en  vanter  les  avantages,  et  ne  pas  trop  se  plaindre  de. son 
repos  relatif,  puisqu'il  se  trouvait  au  milieu  de  moines  savants  et  disputeurs,  qui  devaient 
lui  rappeler  les  collèges  de  Paris,  alors  si  agités. 

En  rapprochant  cette  vue  cavalière  d'une  petite  ville  de  province,  du  plan  de  Paris  à  la 
même  époque,  on  pourra,  en  quelque  sorte,  suivre  sur  le  papier  le  récit  de  Jean  de  Jandun. 
Certaines  parties  pourront  soulever  quelques  objections,  bien  qu'elles  aient  été  conscien- 
cieusement étudiées  et  restituées;  nous  croyons  néanmoins,  avec  les  artistes  topographes 
des  siècles  derniers,  que  cette  forme  de  reproduction,  même  avec  les  incertitudes  de  détiiil 
qu'elle  comporte,  est  encore  celle  qui  donne  le  meilleur  commentaire  graphique  des  docu- 
ments historiques  relatifs  aux  vieilles  cités. 

Hexrï  legrand. 


LÉGENDE 
DKS    Lli:i  \    DITS,   ÉDIFICES   ET   KLES 


umpHin 


DANS  LE  PLAN  CVWLIKIl  DE  PARIS  EN  1S80*". 


1.    LA  CITÉ.  III.  LA  \ILLK. 

IL  L'UNIVKHSITK.  IV.  LUS  FU  nOIRCS 


Nota,  l'our  éviter  la  confinion ,  on  «  indiqu)* ,  en  In  ({roapMrt  mm  m  ml  drifea  é»  witi,  la»  boirtii  tswH 
011  mnniitncnU  si(;nal««.  —  Lm  cancUrM  iUli<|u«*  dMfMnl  Im  pwto  itnamMmfÊrQmêihmt  é»  I 


L  L\  CITl 

(Voir  page  iSa,  Dncription  de  Pari$  mu«  Charlea  Vi.  ) 

1°  LIBUX  RT  ÉDIFICES  REII^RQL'iaLn. 

A.   \utre-l)ame,  la  cathëdrale  et  son  cloHn*;        G.  Saint-Aignaii ,  i^litM». 
on  avant  (l(!  la  rnvadt*.  In  plarc  (lu  Panis        H.  Saint-Lméj,    iffim  n 

(i..  .r,.i).  (p.  «56). 

H.  .S'(iin(-y(>aN-/e-/{onW,  ancien  Rnptislt-ro  fie  lu  I.  L'h<^l«l  dm  Urrioa. 

(^n(li('(iralc  (p.  iâ7).  J.  S«ùu-Pierrt-mu-BmifÊ,  4(^6»,  H  la  thm- 

C.  ,Saint-l)(>ni.4-(ln-Pns.  p<'lle  5awl»-.¥ciii»  (p.  iSS) 

I).    I^   PahU  lie  rAVn/»r   <<t   Ir   /'»r(-/'/'(r./M<-  k.  Siùttlkmi  é$  Iê  QU»,<|liw.HU  HWlfc» 


(p.  lâ'i  et  iGi),  ocrupnnt  lout  le  (erraiii  ce  nom  «ne la  ckapcU* 5mI-5 

compris  entre  la  façade  miVidionalc  de  In  (p.  i&6). 

(inlliédrale  et  le  petit  liras  de  la  Seine,  L  Séiml-Gtrwtaim  k  tiiwir^p.  1Â7). 

juscpiii  rniijfnemenl  des  Tours,  pW?s  de  M.  Smiml'BéiAHimf,  ^Kat  niyal<>.  «■•.  dri- 

ril.\lel-l)i(«u.  ritra.r^gliaeyiâl  fiwrw  *■  Jr«M(p.  1&6 

K.   l.'llM-IHeu,  avec   In  ruelle  des  Sablons  cl  i&â). 

(p.  159).  N.  UPMȈiBm{i>.  ii>* 

!•'.  .Sfli«f-arM(o/>Ar,t:}{liseelsaruellelp.  lâô).  O.  U SniaU  CkftUt  Jw  Pal^i- .  1 


<'>  On  rnp|M<l!e  ici  que  relie  date  a  M  éM»  enoMM  élanl  «ela  «k  Ti 
tic  ('.liiiries  V.  (Vesl  IV|Hiqui>  iinmiMlinl«>nH!Ot  anIÀieura  k  la  eowtrMiian  aie  la 
imporlonls,  ninsi  qu'il  IVtflhliHîtenieiit  de  noavaaox  qwulkn. 


602 


P.  Le  Trésor. 

Q.  Saint-Michel  du  Palais,  chapelle  (p.  i57). 

R.  Le  Moulin  de  Buci,  ou  à  la  Gourdaine. 

S.  Le  Pont  Saint-Michel  (j).  161). 

T.  Le  Petit-Pont  {p.  160). 

U.  La  Planche- Mibray  {p.  109,  160  et  219), 

emplacement  de  l'ancien  Grand-Pont  et, 

depuis,  le  pont  Notre-Dame. 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

V.  Le  Pont-au-Cliange ,  nommé  aussi  le  Grand- 


Pont  {]).  160). 
X.  Le  Ponl-aux-Meuniers. 
Y.  Le  Terrain. 
Z.  île  de  yotre-Dame  (p.  174). 

a.  Ile  aux  Vaches. 

b.  Ile  de  Buci ,  ou  du  Pasteur-aux-Vaches. 

c.  Ile  du  Patriarche,  ou  aux  Bureaux. 


1. 
2. 
3. 


i. 


2°  RUES. 


12. 


Rue  du  Marché-Pah  (p.  162). 

—  de  la  Juiverie  (p.  162). 

—  de  la  Lanterne,  et  église  Sainte-Marie- 
Magdeleine  au  coin  de  la  rue  des  Mar- 
mousets (p.  i55et  i63). 

—  Neuve-Notre-Dame,  et  Sainte-Geneviive- 
la-Petite  ou  des  Ardents ,  avec  le  cul-de- 
sac  appelé  le  Porche ,  et  le  Collège  de* 
Dix-huit,  les  ruelles  des  Coulons  et  du 
Parvis  (p.  161,  i56  et  i58). 

Saint-Christophe,   et  quatre  ruelles 

(p.  161). 

des   Marmousets  et    le   fief  Cocatrix        j6 

(p.  162  et  i63). 

de  Glatignij  (p.  i6i). 

Saint-Landry  (p.  i64). 

de  la  Colombe  (p.  i64). 

10.  Le  Port  Saint-Landry  [p.  16 4). 

11.  11,  11.  Le  cloître  Notre-Dame   et   rue 

Chanoinesse  ou  du  Chapitre. 


3. 


itt. 


la. 


9. 


»7- 

18. 

20. 


Rue  de  la  Pelleterie  (p.  i64),  et  nielle  du 
Port-aux-Œufs  avec  la  Tour  RouUant 
ou  Marquefas. 

delà  Vieille- Draperie,  et  chapelle  de 

Sainte-Croix;  rue  Saint-Pierre-des-Arsis , 
et  de  Gervèse-Loharenc  {Gervais-Lau- 
rent)  (p.  i55  et  i63). 

de  la  Calandre  (p.  1 03) ,  et,  vers  l'Or- 

berie ,  le  porche  Pierre-Lapie  et  la  ruelle 
Porte-Bûche. 

de  la  Grande-Orherie  ou  du  Marché- 
Neuf  (p.  i63). 

— ■  aux  Fèves ,  et  Sain  t-Macias  ou  Martial , 
et  la  ruelle  Cour  ou  Four-Basset  (p.  162 
et  157). 

de  la  Ganterie  ou  de  Saint-Éloy,  avec 

le  Prieuré  Saint-Eloy  (p.  i63eti57). 

de  la  liarillerie  (p.  i63). 

de  Saint-Barthélémy. 

de  l'Abreuvoir. 


II.  L'UNIVERSITÉ. 

[La  haulte  partie  de  la  viUe  ou  les  escolestont)  (p 
1°  LIEUX  ET  ÉDIFICES  nKHARQL'ABLES. 
I 


i64). 


A.  Sainte-Geneviève,  abbaye  et  église  (p.  i64). 

B.  6'a»»-£fte«ne-du-Mont,  église  (p.  i65),  et 

le  collège  de  YAve-Maria  (p.  170). 

C.  Saint-Séverin ,  église  (p.  i65). 

D.  Saint-Cosme,  église  (p.  i65). 

E.  Saint-Nicolas-du-Chardotmet,  église  (p.  i65). 

F.  Saint- Hilaire-du-Moal,  église  (p.   i65); 

collèges   du    Pkssis    et    de    Marmoutiers 
(p.  173). 

G.  Saint- Benoît  (p.  i65),  son  cloître  et  col- 

lège de  Cambray  (p.  172). 
II.  Les  Bernardins,  couvent  et  collége(p.  1 67). 


Les    Mathuritis ,    ou     Matelins ,    couvent 

(p.  .67). 
J.    Les  Jacobins,  couvent,  et  la  rue  de  ce  nom 

(p.  162). 
K.  Les  Cordeliers,  couvent,  et  la  rue  de  ce 

nom  (p.  168). 
L.  Les  Carmes,  couvent,  et  collège  de  Laon 

(p.  170). 
M.  L,es  Augustins,  couvent  (p.  168). 
N.  Collège  du  Cardinal  Lemoine,  ancien  clos 

du  Chardonnet  (p.  168). 
0.  des  Bons-Enfants  (p.  168). 


w. 


s. 

T. 

IJ. 
V. 
X. 
Y. 
Z. 

H. 
h. 
C. 
(I. 

e. 
I. 


LÉOt-NDh:  Dl   PLAN 

(Collège  de  SMfmiu(p.  iC8),  av«c  m  clia- 

pellr.',  et  le  coll<''(je  de  l'reilea  (p.  17a). 
de  Iteinu,  ancien  liôlel  de  Bour- 


gogne (|..  «(i«). 

de  Sorhonne  (p.  169),  et  U  cha- 


pelle; le.H  colt)'|reit  de  Uuny  cl  det  Tréao- 
rier»  (p.  170). 

de  Smarrr,  uiicieii  licWel  (p.  169). 

— —  dAmtê  (|).  17a). 

de  lloncourt  (p,  170). 

Snint-Aiirlr('-<lcs-Art«,  église. 

Le  citiictière  Saiiil-AndnMes-Art». 

Siiiiil-Jiilit'ii-le-Pnuvre,  égliite. 

Suinl-BlaiHe ,  rlmpelle. 

Sdint-Vve»,  rlinpelle. 

(^(iniiiKiiidcrie  de  Siiiiit-Jt'<iii dt-I^tran. 

Xa'h  TliiTineM,  ancien  pnlaitt  roniniii. 

Saint- l'htenne-deë-Gre: ,  »'j{li»e  (  p.  1 78  ) ,  col- 
liffKH  de»  dhollettvi  de  lÀ$ieux{[>.  169, 173). 

llrUei  d(!  Nesie. 

Ln  Tour  de  Nenle,  anciennement  de  Phi- 
lippe llamelin. 

Hôtel  de  Sancerrc  et  d'Ilcrrules. 


CAVALIKH  DK  PAKIS  êM 

h.    llàUiï  de  Ninr<>n. 

i.         —  de  Reims. 

j.      de  CnaMolL 

k.   — —  dU  Fflaounp. 

I.    de  Minutinioni. 

m. d'Aligr*. 

n.  tttim  de  Piendi*. 

a.   Ancienne  ÉmIc  de  IMaciMrvtiMM  ju- 
lien. 

p.  La  Tourneile  H  la  Porte  J 

q.   La  Porte  &MK-t'ic«sr  (p.  •«•). 

r,    Bordeile. 

Saitt-MmtÊl  (p.  t«  1). 
Papale  de 


a. 

I. 
u. 

V. 
X. 

y- 

1,1,1.  Enceinte  de  Philippe- A^gwleelfaHli 

du  roi  Jean. 


murée. 

-—^^—~  Sauii-jiuamn  ^p.  til  j. 

L'ancien  Parioir  aiu  Bourgiwîa. 

La  Port<>(;il)artoai».'!i«nf-Jfi(W(p.«flt). 

d»  Smml-Gtrmmm,  on  TAkheye 

(p.  «3). 
———'  de  Boci. 


a"  RUM. 


Le  Pelil-Cliâlelet  et  rue  du  Petit-Pont. 

Ln  grattde  rue  Saint-Jacque$  (p.  176),  ou 
Sninl-Benoft. 

Hue  (les  (irez,  ou  rue  ThorrI  (p.  1  78). 

de  la  Uûrherie  (p.  i8a). 

—  des  Def;n''8 ,  et  le  Port-aux-Tripe». 

des  Rat  (p.  i8a). 

du  Feurrt  (p.  t89)ou  du  Fouarn*, 

et  les  Écoles. 

de  Saint- Julien-U'-PaH\Te  (p.   18a). 

de  Garlntide  ou  Galande  (de  la  Ca- 
landre, p.  iHa). 

du  Pavé  de  In  Place  Maultert. 

La  Place  Mnuhrrt  et  son  Marché  (p.  181  ). 

Hue  (les  Pli^triers. 

de»  Ànfriais  (p.  180). 

de»  Larandih-e»  (p.   180), 

des  Noyer». 

La  Croix  lléinon. 

Hue  TratTTtaine  {p.  180). 

Ln  grande  rue  Sainte-denenitt  (p.   180). 

Hue  Saint-  Victor  (p.  181),  elles cuWe-sac. 


90. 
SI. 

99. 

93. 

aà. 

95. 

96. 

'7- 

98. 
3o. 


Si.  — 


3«. 
33. 

3A. 
35. 
36. 


Rue  Ardw  (p.  181). 

—  det  Bernardin». 
deBitm{p.  181). 

de  la  Porte-Bofdelle. 

—  Cbpwd' 

—  du  Moasli«r. 

i$  Saml-Étieme^»- p.  t?*)- 

—  dm  SifhVmm  (p.  179)  •*  *  Z^- 
Foer. 

La  Croix  el  le  Puil*  aux  BottdMra. 
Rue  des  Cannea  et  dr  AJaa  (  p.  17}). 

—  Sainl^een-de-Beeaf«iB,  «m  é»  dee- 
Bmaeen  { Bruni)  (p.  179). 

Saint  Jean-da  UtWÊÊJim 
Jean-de-Latren ,  eam 
rue  OUrrtilr*  (p.  179). 

-  dn  CWiiim  (p.  178). 

-  dea  Por<M,  dai 
(p.  178). 

Saint-Tlieiae. 

-  de  Ghniy  o«  Ohrnf  H  de  ! 


604 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


37.  Rue  (fc/a//flrpeouSaint-Cosme(p.  176), 
et  les  collèges  iTHarcourt  (p.  170), 
de  Justice  (p.  172),  de  Séez,  de  Bayeux 
(p.  173),  de  Narbonne  et  de  Daimville 
(p.  171). 

des  Mathurins  ou  des  Thermes. 

du  Fain  ou  du  Foin  (p.  177),  et  le 

collège  de  Maitre-Gervais  (p.  171). 

des  Ecrivains  ou  des  Notaires  (176), 

ou  de  la  Parclieniinerie,  ou  des  Par- 
cheminiers  (p.  177);  et  Routebrie  ou 
Bourc-de-Brie  {p.  177)- 

de  Saint-Séverin  (p.  176),  cl  rul-de- 

sac  de  Sallembrière. 

de  la  Huchette  ou  de  Laas  (p.  17^). 

Sacalie  ou  Zacharie  (p.  174). 

Place  Saint-Michel  et  Justice  de  Saiut- 
Germain-des-Prës. 
/i5.  Rue  du  Hurepoix. 


38. 
39. 

4o. 


43 


46.  Rue  des  Augustins. 

47.  —  Gi7/c»-le-Cœur  ou  le  Queux,  et  de 
l'Arondak  (Hirondelle)  (p.  175),  el 
collège  </'/!«(«»  (p.  171). 

48.  Pavée  (p.  176). 

49.  de  la  Barre  et  à  V Abbé-de-Sainl-Denis 

(p.  175). 

50.  Wnc  Saint- André-des- Arts  [1^.  175). 

5i.   La   grande  rue   de    Saint-(îermain-Ach- 

Prés  (p.  176). 
69.  Rue  Haulefeuille  (p.  176). 
53. Plaslrière  ou  du  Rattoir  (p.  17C). 

54.   de  la  Serpente  (p.   175),  et  collèges 

de  Tours  et  Mignon  (p.  171  et  «73). 

55.  du  Jardinet. 

56.  du  Paon  (p.  176). 

57.   des  Cordeliers  ou  Cordèles  (p.  176). 

et   collèges   de  Prémontré  et   de  Bour- 
gogne {^.  i7t). 


III.  LA  VILLE. 

[La  basse  partie  deçà  les  pont»)  (p.  i83  j 

1°  LIEUX  ET  ÉDIFICES  REMARQUABLES. 


A.  Le  Château  du  Louvre  (\).  194). 

R.  La  Tour  du  coin  (p.  194). 

G.  S'-Germain-T Auxerrois  (d^ Aucerre)  {^.  i83). 

D.  Saint-Honoré  et  son  cloître  (p.  i84). 

E.  Le  For-l'Evêque  (p.  197). 

F.  Saint-Eustache  ou  Iluitace,  église  (p.  i83). 

G.  Sainte-Opportune,  collégiale  (p.  188). 

H.  Les  Sainls-Innocents  et  le  cimetière  avec  les 

charniers  (p.  i83). 
1. 1. Les  Halles  et  les  Piliers  (p.  198). 
J .    Le  Pilori  des  Halles  et  la  Fontaine  (  p.  1 98  ) . 
K.  Sainle-Marie-rÉgyptienne,  chapelle. 
L.  Saint-Sauveur,  église  (p.  i84). 
M.  La  Trinité  {p.  i85). 
N.  Saint-Leu  et  Saint-Gilles ,  église  (p.  i85). 
0.  S'-Magloire  et  son  cloître,  abbaye  (p.  i85). 
P.  Saint-Jacques-de-VRàpitai  {f.  191). 
Q.  Sainte-Catherine,  chapelle. 
R.  5aw(-yac5fues-la-Roucherie,  église  (p.  i83). 
S.  Saint-Leufroy,  chapelle. 
T.  Saint-Memj  ou  Saint- Médéric  (p.  i83)  et 

V Archet  Saint-Merry  (p.  109). 
U.  5ain(-Ju/îen-des-Méneslriers,église(p.  i85). 


V. 
X. 

Y. 
Z. 

a. 
b. 
c. 

d. 
e. 
f. 

S- 
h. 


m. 
n. 


Samt-Au;o/<i»-des-Champs,  ègli.se  (p.  i85). 
L'abbaye  de  Saint -Martin -des -Champs  (Je 

prioré,  p.  i85). 
Le  Temple  (p.  186). 

La  culture  ou  Couture  du  Temple  (p.  186). 
Sainte-Avoie ,  chapelle  (p.  187). 
Saint-Bon,  chapelle  (p.  187). 
Sainte  -  Croix  -  de  -  la  -  Rretonnerie ,   église 

(p.  189). 
Le  couvent  des  Billettes  (p.  189). 
5ainf-/efl»-en-Grève ,  église  (p.  i84). 
5ainl-Gen)aw,  église  (p.  i84). 
Le  cimetière  Saint-Jean  (p.  qoi). 
Saint-Paul,  église  royale  (p.  i84). 
Le  couvent  de  YAve-Maria  {les  Béghines, 

p.    187),  et  une  tour  de  l'enceinte  de 

Philippe-Auguste. 
Le  Petit  Saint-Antoine,  couvent  (p.  19»). 
Sainte-Catherine  du  Val-des-Ecoliers  (p.  1 90), 

couvent,  et  sa  Culture  (p.  aao). 
Le  couvent  des  Célestins  (p.  190). 
La  Bastille  (p.  194). 
La  Porte  Saint-Antoine  (p.  224). 


li^:(;kni)K  di  pka.n  cavalier  dk  paris. 


0.  Im  l'ttrte  (lu  'fnnple{p.  937). 

|i.  -  Saint-Martin  (p,  99"/). 

(\. Saint-henii  (p.  358), 

|-.     Monliiuirtir  (p.  a3o). 

s.    Saint- lloturré  (p.  a3i). 

1,  t,  l,  t.  L'enceinte  de  (ilinrles  V. 
II.    I^n  Tour  de  Uoiit. 

V.  -  Rurbeau. 

—  deBilly. 
).    L'ile  (le  Jnviaux  (L<JUvierH). 
/,  z,  z,  /..   L'fiirciiilc  de  Philippe-Auguste. 
Aa.   Ln  Poilf  Kui'bette. 
Bb.   Le  L)gitt  d'Orgeniont,  pluM  lard  lei  Tour- 
nelles  (p.  196),  et  IVgoul. 


Ce.  LtiAH  i»  Samt-Pml  (p.  194). 
I)d.  Jm/UiétSiaLip.  t^h). 

F>.  U  (x>urtill»-B«rb«lt«. 
¥f.    UI1aeeJ»thèm»tl» 

(P-  «97)- 

U  CrmU-atéidil {f.  197;.  «I  la  ffar**- 
au-Poiêim  (p.  soi). 
Hb.  Le  coaveiit  iw  fab-Aw  (p.  iM).  ti 
•M  jardina  bon  dM  mmn. 
VhM  et  Btmrgtgm  (p.  if&). 

/ilr«Ma(p.  1)6). 

d*  Bmrhm  (p.  19&  .. 

lAUafm  (p.  196). 


«g 


U. 

Jj. 

Kk 
U. 


Mm.  Le  couveol  de* 


9°  ROIS. 


I.  Rue  Saint-Uonori  (p.  ao5). 
9.  Lef  Quime-Vingt*  (p.  187). 
3.  Saint-Tlionias-du-Luuvre,   ëgiise  {le* 

collèges  de  Louvre»)  (p.  «88). 
h.  Rue    de    l'Autriche,   ou  d'Haute -liiche 

(p.  9o5). 

5.  des  Poulies. 

6.  des  Foss«$s-Sainl-Geriiiniii-rAii\i'r- 

rois. 

7.  La   Croix   du   Trahoir   ou    du    Ttrourr 

(p.  906). 

8.  Rue  de  FArbre-tec  (p.  90&). 

9.  det  liourdomtaiê  (p.   9o3),  et  rue 

Thibault-aux-Dez  (p.  9o4). 

«  0.  de  .S'-^Vniinin-rAuxerroi.s  (p.  nos). 

1 1 .  dei  hifiiiiililrrM  -  Sainte  -  Opportune 

(p.  909). 

1 9.  des  Petits-Clianips. 

1 3.  de  (îiieriielleou  de  (îrenelle,  entn^ 

deux  du  i'uilauron  (Pëlicau). 
\U. (tOrléan*,  et  hôtel   de    »\esle   ou 

Neele  (p.  9o5). 
i5.    des  Prourelle*  (p.  199). 

1 6.  (loquillière. 

17.  Pagevin. 

18. Ouo(|Ufhéron. 

•  9. de  In  lM)îlri«'>re. 

9  0. Montmartre  (\}.  ^06). 

9 1 .  de  la  Comtesse-d'Arloi». 

99. de  Montorjfueille. 

93.  Saint-Sauveur. 


3&. 

Neele  du  Pelil-Lioo;  ktéU.m  Ttmn 

ou  Tirfboudin. 

i&. 

Rue  Pavée. 

96. 

iraMwwi7(p.  «08). 

»7- 

dt  U  TnuuJirm  (p.  «08). 

98. 

Jm  Fitm  (p.  107). 

99. 

ir  fa  F» II— il  (p.  fo3). 

3o. 

La  grande  nie  .^mm^-Ami  fp.  «08). 

3i. 

Le  Ponceao. 

39. 

Rue  SmKt-Mmiim  et  rae  ds  /\li>  Cliiyi 

(p.  «09). 

33. 

3&. 

TnuMOOMin. 

35. 

àaTmplt{p.  9i3). 

36. 

Bane-da-Beee(^-^«awVP->i^J- 

37. 

-Vieille-db.r«ii^(p.  «16). 

38. 

deaBama. 

39. 

60. 

Rue  Saint-Antoine. 

61. 

Saint-Paul. 

&9. 

drbJ«tr«Am(p.fli7). 

&3. 

Le  Port  au  Bled 

hà. 

Rue  da  Mar*«i  (p.  nà;. 

hh. 

AiA»<aiH0ié4l»(p.  901). 

&6. 

defa7u<nndim(p.9i&^ 

47. 

48. 

—  HmnSmê-MrniycnStiM-maht 

(p.«n). 

M 

Sainte  -  Croii  -  d»  -  la  -  Bnmmimi 

(p.«i3). 

60. 

daChMM. 

606 


DOCLMEiMS  ET  ECRITS  ORIGINAliX. 


5i. 

Rue  de  t Homme-armé {^.  2i3). 

76. 

52. 

Sainte-Catherine. 

77- 

53. 

du  Figuier. 

54. 

des  Prêtres-Saint-Paul. 

78. 

55. 

des  A'onnatVw-d'Yères  (p.  217). 

79- 

56. 

Pavée. 

80. 

57. 

Fauconnier. 

81. 

58. 

des  Rosiers  (p.  217). 

82. 

59. 

de /'u(e-y-Jluce  (Petit-Musc)  (p.i  9^ 

et  216). 

83. 

60. 

de  Joui  (p.  217). 

84. 

61. 

Tiron  (p.  216). 

85. 

69. 

des  Escouffes  (p.  2 1 6  ). 

86. 

63. 

des  Juifs. 

87. 

64. 

du  Roi-de-Sicile  (p.  216). 

88. 

65. 

de  Paradis. 

89. 

66. 

Maubu^  et  fontaine  de  ce  nom. 

90. 

67. 

Simon-le -Franc  (p.  912). 

9«- 

68. 

du  Plâtre  (p.  21 3). 

92. 

69. 

Aubry-k-Botuher    (p.    3 10),     et 

93. 

l'élise  Saint- Josse  {\>.  i85). 

94- 

70. 

des  Cinq-Diamants. 

95. 

71- 

Quinquempoix  (p.  209). 

96. 

72. 

des  Lombards  (p.  2 1 0). 

97- 

73. 

Troussevache  (p.  210). 

98. 

74. 

de  la  Limace. 

99- 

75. 

des  Déchargeurs  (p.  2o3). 

100. 

IV.   LES  FAUBOURGS   (1 

Rue  de  la  Vannerie  (p.  218). 

de  la  Coutellerie  ou  des  Comnuinde- 

resses  (p.  219). 

Jean- Pain-Mollet  (p.  211). 

de  l'Espine. 

de  la  Poterie  (p,  21 4). 

Saint-Bon  (p.  219). 

des  Arsis  (p.  211). 

Planche -Mibray,    et    la    Mégisserie 

(p.  209). 

des  Ecrivains  (p.  9 1 1  ). 

Saint-Jacque$-la~Rmichene  [\t.  9 1  j). 

du  Cygne. 

Place  du  Chevalier-du-fJuet. 
Rue  aux  Ouës. 

Bourg-VAhhé  (p.  208). 

Grenëtat. 

Guérin-Boissuau. 

de  l'Egout. 

Qui(|uelonnp. 

des  Cordiers. 

Béthisy  (p.  9o4). 

Tirechappe  (p.  9o4). 

des  Deux-Boules. 

Jean-Tison  (p.  2o5). 

du  Ceri'  {de  la  Monnaie,  p.  9 1 1  )■ 

du  Séjour. 


991 


-93l). 


1°  LIEUX   ET  EDIFICES  REMARQUABLES 

A.  L'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés{p.  993). 
R.  Le  Séjour  de  Nesle  (p.  224). 

C.  Le  Pilori. 

D.  La  Foire  Sainl-Germain. 

E.  Saint-Sulpice,  église. 
La  Grenouillère. 

Les  Chartreux,  couvent  et  enclos  (p.  293). 
Le  Fief  des  Tombes. 

Notre-Dame-des-Champs ,  église  (p.  922). 
Saint-Jacques-du-Haut-Pas  (p.  922). 
L'Hôpital  de  Saint -Jacques  (p.  222),  clos 

des  Francs-Mureaux. 
L.  Le  Pressoir  de  l'Hôtel-Dieu  (p.  923). 
M.  Le  Séjour  de  Valois. 
N.  Le  couvent  d^s  Cordelières  (p.  922). 
0.  Saint-Hippolyte ,  église  (p.  921). 


F. 

G. 

H. 

L 

.1. 

K. 


P.  Saint-Marcel,  collégiale,  et  son  cloître  (291). 

Q.  Saint-Martin,  chapelle  (p.  221). 

R.  Le  Séjour  dOrléans. 

S.   Saint-Médard,  t'giise  (p.  991). 

T.  La  maison  du  Patriarche. 

U.  La  Butte  et  le  Moulin  des  Coupeaux. 

V.  L'abbaye  de  Saint-Victor  (p.  991)  et  la  tour 

dite  d'Alexandre  (?)  à  l'angle. 
X ,  X ,  X.  La  rivière  de  Bièvre. 
Y.  Les  terres  d'Aletz. 
Z,  Z.  Le  Petit  et  le  Grand  Pré -aux -Clercs 

(p.  994). 

L'abbaye    de    Saint -Antoine -des -Champs 

(p.  995). 
Lieu  dit  plus  tard  Pincourt  ou  Popincourl. 
La  Courtille  et  la  chaussée  de  Belleville. 


a. 


LÉGKNDK  DU  PLAN  CAVALIKIt  DE  PARIS. 


80? 


(I.  Saint-lMurent  (p,  aa8). 
I'.  \ja  Foire  Saint-Liureiit. 
I.    Sn'ml-Laiare ,  «on   cfilombicr  et   «on   clo» 

(|).  -j-jf,). 
I{.    La  (îraii|{<!-Ualclit're, 
h ,  II.  \m  butte  (l<!N  Moiiliiiit  et  le  Marche  aux 

l'ourceaux. 
i.     Li-s  iiiilt'i'it's  (In  i'nubouri;  Saint-Honoré. 


j.     \ji  r|ia|i«||H  in  Martyr»  (p.  93 1 , 

k.    L'aliliaye  royalf  tU  Mtmtmmtn  (p.  sJi). 

1.1,1.  Im  niÎMMU .  et  plo*  lard  r^pwl  à» 

MéoilaioaUoI ,  Invenaal  le*  janlUw  ■•- 

nleben. 
m,  m.  Le*  moulin»  i  «rul  àm 

le*  rarriiTM  à  pliln-. 
n.    Lieu  dit  plu»  lard  let  PordMrow. 


•j"  Rt'EH. 


I .  L<!  ilioiiiiii  Ai'M  VaclicM. 

■i.   L«  cliiMiiin  <li!  Vnu|[inird. 

3.   L<i  nie  Awjauhnurfr  Saiiil-Jacqueê  (p.  999). 

h.  Rue  de  Ijourcine,  et  le  fiel' du  même  nom. 

5.   Le  (ilos,  ou  l'n^  dit  pluH  tard  de  l'A- 

\()('al. 
0.   La  jjiaiitle  rue  Saint-Marcel. 

7.  La  rue  Moufetard. 

8.  des  Fossés  Saint-Marcel, ancienne 

fortilicnlion  du  bourg. 

9.   Suinl-llippolyte. 

10.  des  Sopt-Voies,  plus  lard  de  l'Ar- 

baltMe.      • 

11.  -  lie  la  Iteine-UInncItc. 


19.  La  rue  de  (Irouiebarbe,  et  l«  UiMilin. 
i3.  lliWel  Paillard,  puis  àe  CoapMMs  et  da 

Claroarl  :  plus  Urd  eUm  M  eimMlèn  d» 

Clamarl. 
ik.  Le  canal  de  la  Bie«rr. 

1 5.  Le  chemin  de  Cbareoloû. 

16.  de  l'ablMiye  Swal-ABloitM>  ■( 

du  rliAleau  de  Vincenu)  - 

17.  Le  Champ- rÉf^iue.    plu*   lard    Muai- 

Looiff  el  le  Père-Lacliaiae. 

18.  Le  chemin  de  Savies  et  Poilmn«îlii>.  i^ 

puiit  Belle«illp-Mr-Hablou. 

19.  L4>ti  bulle»  CbaunionL 
90.  Le  gibet  de  MonlCiucoQ. 


TABLE    ALPHABftTIOlE 

DES  MATifcHES  . 


ABAILtRD.    17&. 

AiBAri  (Itufîdc  t'),  9a3. 

ABBArK  (Rue  cl  place  de  1').  h  MonUnartn,  «3i. 

Xtiti  (!<'),  dans  la  Dame  Macabre,  t3ui. 

.\ni-Dt-ior  (Hue),  voir  Joor. 

Abb^-de-Sai^it-Dknis  (Riietie  1'),  17&. 

Abbi!vii.lk  (Mlle  d'),  g3,  98,  108. 

Abbo^.  niilciir  du  poënie  intituld  Ik  Lulelin  Pa- 
ri finrum  n  AontMMM  oitfMa,  iGo,  q.'Ii).  AHtî. 

Abirok.  Hrlireu  puni  por  Uieu,  i35. 

Aboi  kin  (llur>  d').  anrieniipment  des  h'uurâ-Mimi- 
marlre,  ao(>,  !n8.  •i3o. 

\nnoDicioH,  |)i>iipladc  de  in  famille  Slave,  |46. 

AcHiRr  (D"),  auteur  du  SpiciUge,  to. 

Acrobticbrs,  fioo  jl  âoQ. 

AcTEO  (L'),  dans  la  Dante  Macabre,  M93,  3i&. 

Ada,  femme  d'Élienne  llelol,  187. 

AuAi.GHi.s.  prinre  t\on  l^ondiordit,  l'iô. 

Adam-IIoi  Rno:«  ii(uc),  ou  Sire-GuilbwNW-Bcmréoii, 
voir  Boi:rdo:«?iai!i. 

Adam  dr  Marmi,  fraiiriticain  anglai«,  4ôo. 

Adriem  I",  p(i|)e,  serouni  |>nr  Cbarlemagne.  ii&> 

Adrien  IV,  {Nipe,  99. 

ArrRT  DE  LA  MoKiioTE  (M.  d'),  33». 

ArRiuDE,  t/i3,  535. 

AoANippDfi,  prêt,  roi  de  France,  9S,  11  S,  119,  lia. 

AciAijiE  (Abbaye  d').  on  de  StÙMl-Mmuiet-en- 
Valai»,  i65. 

A(i:<b-u-HoiiciikRE  (Bue),  section  de  ta  rue  de  la 
Rretonnrri»,  91 3. 

Aigle  (L),  emblème  delà  maiton  d'Autrich<>.  ').'<t 

AiouiLLERii  (Bucdei'),  188,  <o3. 


•H. 


Autv  (Kem  •  ).  cvCmI.  tfrl^  d*  CMéni. 
i«6.  898.  S99.  —  0  miiiii  i*  «■%•  éi 
r^M-Jfaria,  170.  —  8w  fMttaJI  (fn««M). 
Aoi.  —  Qaaitioa  Msbvit  i  m*  a^.  I«t.— > 
n  Ogurt  dM  Ht  Krii  4'1nli|— .  44S.  447. 

AiaoïR,  chna^M».  4M. 

Aii-it-Oiimu  (  Vifle  d"  ) .  468. 

Alai^a.  ici.  loa.  iSa. 

ALBiuc  M  iMMa-Pontma.  lèmifMHr,  100. 

Albibtm  Buacu,  19. 

Albert  de  Hoainan».  11. 

Albbbt  de  PaA«ca.  n. 

AiaBBT  Ll  GtAR».   I  I. 

AtaaiT  ( La  ciiwiirflaMe  a').  aoS.  aeC 
Aut  (La  «nliMl  •').  aUitf  de  ! 
Auanani 

caDla,  «84. 
AicaiM  Anna.  èrlipH  de  \  1 
Atcmi.  i46. 

AuȂM(Coat4d').  147. 
ALa(M  (C— taa  •').  196. 
AuiiÇHi(BMiid').  198. 
Auiçoii  (Le  eoate  •'),  mm  «ak* 

346.  4o8. 
Aunçeii  (PiarM.eaarte  •').  194. 
kixuoMM  IV,  papa;  il  adaal  laa  pdIaaIiaaB  da  h 
dt  SaiMl9*4NMaMW.  188.  -~  H 
I  raabda  dva  rOaiaanild*  Ina  h»  « 

radian.  188. 
Alkii^me  V.  pape,  4««. 
ALttA«ME(Rue).  «ida  ABa»<SaBR*-fMlv.  181. 
Ueia«»«r  uGus».  SS9.  &&I.  &&9.  S81. 


a8. 


U  prApartiion  de  catte  UMt  rtl  dJM  tai  «mm  4*  M. 
■l»t.  —  1. 


Aa|Mtt  Pmm  ,  111— m  •■  9tmm  4h  iranMi  i 


n 


610 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Alfiebi,  5i5. 

Alincour  (  D'),  possesseur  de  l'hôtel  de  Conflans ,  a  a  5 . 

Allemagne,  io5,  106,  i34,  i44,  i45,  a34. 

Allemands,  109,  io5,  i3a,  i34. 

Allia  (Bataille  d'),  i43. 

Allobroges,  liy. 

Almanachs,  37. 

Alpin,  roi  d'Ecosse,  i46. 

Ahand,  prétendu  martyr  chrétien,  96,  11a,  i4o. 

Amandiers  (Rue  des),  actuellement  rue  Laplace, 
improprement  appelée  rue  des  Lavandiers,  179. 

Amasias,  roi  de  Juda,  io3,  i33. 

Amadry-de-Roissï  (Rue),  plus  tard  Oignard,  -210. 

Ameline-Boyleade  (Rue),  voir  Ermeline-Boiliaue. 

Amiens  (Ville  d'),  a36,  aGa,  593.  —  Magnifi- 
cence de  sa  cathédrale,  675,  677. 

Ammien  Marcellin,  historien  latin,  io3. 

Amoobedx  (L'),  dans  la  Dame  Macabre,  307. 

Ampodle  (La  sainte);  son  origine,  i48. 

Ahpsivares,  peuplade  germanique,  100. 

Anchise,  io3,  i35. 

André,  prêtre,  auteur  du  Liber  de  arte  amatoria  el 
reprobalione  amoris ,  UZ"]. 

Andresy  (Ville  d'),  44 1. 

Andries,  orfèvre  gantois,  483. 

Andry,  bijoutier,  i24,  a33,  467,  489,  483. 

Angers  (Comté  d'),  147. 

Angers  (Ville  ou  diocèse  d'),  173. 

Angevin  (Thevenin),  copiste,  464. 

Anglais,  lao,  lai,  199;  aoi,  aaô,  394.  — 
Leurs  dévastations  en  France,  lat,  485,  547, 
549.  —  L'origine  de  la  Danse  Macabre  est  rat- 
tachée à  l'occupation  de  Paris  par  leur  armée, 
985,  a86,  987.  —  Résistance  de  Bureau  de 
Dampniartin  à  leur  domination  en  France,  334 , 
335.  —  Sarcasmes  qui  leur  sont  adressés  par 
Christine  de  Pisan,  499,  423.  4a4,  495.  — 
Blâmés  par  Astesan,  549,  55 1. 

Anglais  (Impasse  des),  998. 

.\nglais  (Rue  des).  180. 

Angle  (Rue  de  1'),  a  19. 

Angleterre,  i  i5.  190,  1  '49,  1  46,  i  67.  199  ,  4oo. 

Angoolême  (Jean,  comte  d),  aïeul  de  François  I", 
protecteur  du  poète  Astesan,  5i5,  5t8. —  Gra- 
vure qui  le  représente,  5 18. —  Astesan  lui  dédie 
son  poème  sur  Paris,  ôag. 

Angrivares,  peuplade  germanique ,  io5. 

.4NJon  (Charles  d"),  voir  Charles. 

AîijoD  (Le  duc  d'),  l'rère  de  Charles  V,  86.  97. 
—  Inventaire  de  son  argenterie,  471  à  475. 

Anjou-Dauphine  (Rue  d),  174. 


Ajinoxciation  (Tableau  de  1'),  dans  l'église  Sainte- 

Cntherine  du  Val-des-Ecoliers ,  199. 
Anonyme  de  Senlis,  nom  donné  d'abord  à  l'auteur 

du  Deturième  éloge  de  Paris,  3. 
Anquetin-le-Fadchecr  (Rue),  916. 
.\nselhe,   augustin  déchaiis.sé,    auteur  de   I'/Zm- 

toire  généalogique  et  chronologique  de  la  maiton 

royale  de  France,  909,  397,  399,  33i,  34o, 

345,  346,347,  535. 
Anselme,  chantre  du  Saint-Sépulcre  à  Jérusalem, 

963. 
Anselme  de  Gemblocx,  chroniqueur,  109. 
Anténor,  101,  i3a. 
Anti-Papes,  voir  Schisme. 
Antoine,  bâtard  de  Bourgogne,  85. 
Antoine,  prétendu  empereur  d'Occident.  961. 
Antoine  d'.Arezzo,  cordelier  italien,  collaborateur 

de  Laurent  de  Premierfait.  3a6,  4ia.  —  Il 

traduit  Roccace  en  latin,  4i3,  4i4.  —  Fae- 

siiiiile  d'une  miniature  qui  le  représente,  4i4. 
Antoine-Dlbois  (Rue),  i65. 
Antony  (Village  d'),  335. 
Anvers  ( Ville  d').  loa. 
Apelles,  539. 
Apollon ,ii3,  ii4,  i4i. 
Apothicaires;  leurs  principales  résidences,  45,  ao8. 

—  A  la  fin  du  xiv'  siècle  et  au  commencement 

du  XT*,  356  à  36i. 
Appexdices;  nécessité  d'y  recourir,  xi,  xvi,  989. 
Apl'lée , écrivain  latin,  93. 
Aqueducs,  198. 
Aqoilée  (Duché  d'),  «45. 
Aquitaine,  ii5,  i49,  i44,  961. 
Arago  (Roiilcvard),  aai,  aaa. 
Aragon  (Province  d'),  i44. 
Arbalète  (  Exercices  de  F  ) ,  en  l'Ile  Notre-Dame .  aao. 
Arbre-Sec  (Rue  de  1),  108.  9o4. 
Arc,  voir  Arbalète. 

Arc  de  Triomphe,  pour  l'entrée  de  Henri  II.  994. 
Arche-.Marion  (Rue  de  1"),  198,  900, -9o4. 
Arcuevâqce  (L'),  dans  la  Dame  Macabre,  999. 
Archevêques  de  Paris;  leur  villa  a  Conflans.  995. 
Archives  de  l'Empire,  196,  337  ,  338  ,  34o.  34i. 

348,  349,  35 1.  —  De  I' .Assistance  publique. 

347,  348, 54i.  —  Delà  ville  de  Lille,  34i ,  345. 
Abcis  (  Rue  des) ,  109,  1 83 ,  9 1 1 ,  33o ,  33 1 . 
Arcole  (Pont  d),  i64. 
Arcole  (Rue d'),  i55, 157, 169. 
Arcueil(  Village  d"),  109. 
Arcy  (Hugues  d),  évèque  de  Laon;  il  contribue  à 

la  fondation  du  collège  de  Cambrai,  179. 


TABI-K  U,PHUJKTIO 

\ iiuiiNTM  (  Mal  de*) ,  1 56 , 1 9 1 . 
Ahkghi»,  duc  de  li<^névcnt,  t/i5. 

AbKOPAOK,  <)1  . 

ARUE^fHox  (Lt:  comte  d'),  194. 

Aristote,  6,  tG.  37,  53,6o,6i,6&,6â.66.7«. 
73,. "{oQ.  39.'.,  438. 

A111.M (  Ville  d').  1/16. 

Armaumac  (licriKird,  comte  d'),  etuf  de  la  ftelioa 
de»  Armn{;iiacM ,  /io6. 

AiiMAriMtcM,  191,  ■j33,  958.  394,339,  334,343, 
.'l/i.').  :Uyi,  /io5.  /106,  fut,  436.  485. 

Arnks  rui)rii|ii)<i-8  il  Poris,  03,  911,  807.  —  Rm- 
Hcmlik-eii  dan»  l'IiAli-l  dn  Jnc(|ii(>if  Diirliy,  9  ou. 

Armoiribh  de  lu  Belgique,  1 9H.  —  De  la  Tomille  1^ 
ileuf,  1 55.  —  De  la  Ville,  9  9  4.  —  De  r.An^ 
twri-,  909.  —  Det  duc»  de  llcrry,  969.  —  De 
llun.-au  de  l)ani|)mortiii  ((p-avure),  397.  —  De 
la  famille  Dauipmartiii  (iV/.),33o. —  De  Uuillc 
min  SuMfpiiri.  9'  du  nom  (m/.),  34o.  —  DeaSao- 
jfuiu  de  Livry  (iV/.),  347.  —  De  Miiei  Baillet 
(iW.),  349.  —  De  Jeun  llailict,  ëcuyer,  36o. — 
De  Loui»  d'Urlénns  et  de  Valentine  de  Milan, 

.'■)93. 

\hki;bier»,  63.  —  Siëge  de  leur  induitlrie.  41 1. 

—  I,eur  conWrie,  an.  —  A  la  Hn  du  \i\'  »Mf 

et  au  commencement  du  w*.  367. 
.AR\Atu.  ohlx-deSainle-Colombe-lex-Sens,  448. 
Uikvo  DR  ViLuiniuvB,  médecin  ailrologue.  445. 
Arnould,  aldu!  de  nonvaux.  94. 
AnoDE  (Komillc),  908. 
Arordkllb  (Rue  de  !'),  voir  Hiiio^iorlle. 
Arbas  (dolii'jje  d'),  179. 
Arras  (Hue  d'),  ou  de»  Muri,  180,  t8i. 
Arra»  (Ville  nu  diocèse  d'),  171. 
AH.sE!iAL(Bil>l.der),98, 196,198, 199,339.347. 
Artevkluk,  •i.")9. 

Arthur,  personmige  li'gendoirc ,  ii5,  43i,  ,^69. 
Artikas  du  colli'ge  de  iNavarre,  5. 
Artillikrs.  Il  la  lin  du  \i\'  sitVIe  et  au  w.  Joj. 
Ahtisaks,  dans  lu  |ireini^re  moitii'  du  xiv' siMe. 

16,  53,  55.  —  Sou»  le  règne  de  Charles  VI. 

933.  —  Liste  dm  |>lus  notables  d'entre  eux  k  In 

lin  du  xiv'  siiVlo  et  nu  roinmencenieni  du  i«'. 

.'ir>  1  h  369.  —  Au  milieu  du  xt*,  Sai ,  63i ,  543. 
Artistes,  dniis  In  première  moiti<<  du  xn*  ntàe. 

53.  —  Sou»  le  règuc  de  Cliarie»  VI .  1  •■  \    «-I.T 

399  4  397. 
Artois  (IIAleld'),  195.  196. 
Arts  (Kacult»!  des),  dans  l'Université  de  Tan».  9. 

i3,  35,  37,  39.  19G.  166,  174.  180.  i8«. 
Arts  et  Métiers  ^Conservatoire  dea).  186. 


L<R  DES  matière;? 

Aan  uaàuet  (Lea  «r  ' 
An  aaicBuiu;  wni 

4  riavoeatioa  dat  > 
Aaviasia,  io<. 
AsELiva  (AiMMoa).  dtojraa 
Aa».  io5. 

A«a  Umnm,  teS.  liS. 
Aankua  (Vl^i*  4*).  181. 
Aaaaofa.  panoMM^ 

Malt.  tkh. 
AaHtruwi  ataupra.  161.  SA7.  StS.SAi 
AaaMmos  (Coavaol  de  T).  187 
AsTiata  (AntoàM).  tirtar  d'à 

Pbria  et  laa  priaripdaa  vilaa  da  Pi 

77.  lae.iSA.  iSç.  190.— 

lirnÎMina  lar  aoa  foiam,  m .  \n.  — 

sur  son  origine,  sa  faadW.  aa  «ie  et  aaa 


lA.  iS. 


5i5i5e«.  —  Far liawh da  h 

de  son  poiaaa,  SaS.  -  Sa*  fwlaaa.  ht»  k  (77. 
Aaraau  (l^icolas).  ra%ra|ifa  de  OMaa  iOt- 

léana.  617.  fie6.— Saa  traaan.  S18. 
AtTtsia  (Piene).  pin  das  ftiMmÊÊ.  fiiC. 
.AsTi(VUIed').&iS.fiai. 
AsTOLPBi.  rot  dea  Loaharda.  lAâ. 
Aeraoioan  (L').  daoa  la  OiaMa  Mmmkn.  Sot. 
AanaMaaaa,  A4S.  —  Lm  plw  nalaU»  aaas  la 

rigMdeaHriaaVI.A48.A47. 

rUnivenilé  de  Pkria,  37.  A46. 
Aoaaar.  abbé  de  Soinie-Geaenèse.  18s. 
ADBaBviuiaas  (Village  d*).  lei,  18A.  ea8. 
AFBamT  (Hngnea).  PrMl  de  Paris:  0*  Im  alInUr 

la  eonslnidion  dn  ftt  Kanf  —  pal  Sainl  Ms- 

cM.  i«i.  — ncoMindilaa 

Célestins.  eao. 
.AoBaT-u-BoeaiBa  (Rw).  18&.  196.  ii 
Aopui:  (Biaet  a'),  partisan dadnr  dp  I 

343. 
Aoaaaovaa^l^tlKneaaiie  la  eonirismii  <  j.  i»^ 
AMe8Tta8(0rdrades),  t88. 4oS.  —  ! 

4  Paria.  196. 
Ano-riEua,  amcarlaiHi.  9^.  tâi. 
ArvAiRR^Rne),  A€o. 
Aeaiun. 

^t  RELies  Vktw  (Saslna). 
VmRAsa.  lAA. 
ViTRicaa  (lUad').  aoS. 
\rtr^  (Coflégv  d").  171 
Vins  (Mer  d*). 

ItHmM,  iiA.  i4a. 
\c«ta«n.  i46.  487. 


77 


612 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


AnxERRE  (Ville  d'),  969. 

Ave-Maria  (Coil(?ge  de  1'),  rive  gauche,  170. 

Ave-Mabia  (Couvent  de  1'),  rive  droite,  187. 

AvERROËs,  philosophe  arabe,  5. 

AvEDGLEs,  logés  aux  C^lestins,  190. 

AvicENNE,  médecin  arabe,  /ISg. 

Avignon  (Rue  d'),  ou  d'Avron,  actuellement  Bail- 

leul,  3o5. 
Avignon  (Ville  d'),  887,  SgS,  /toi.  —  Sa  cour 

pontificale,  898,  899,  4oo. 


Avocat  (L'),  dans  la  Danse  Macabre ,  3o8. 

Avoine;  transport  de  cette  denrée  sur  la  Seine  ,17, 
67.  —  Endroit  où  on  la  vendait,  a  18. 

AvRON  (Hameau  d'),  9o5. 

AwARES,  peuple  d'origine  tartare,  i45. 

Ar  (Jacqueline  d'),  femme  de  Jean  Baillet,  35o. 

Ayzac  (M**  Féiicie  d'),  auteur  de  YHittoire  de  l'ab- 
baye de  Saint-Denis  en  France,  229. 

A ziNcouRT (Bataille d'),  901,  ^58,  343,  35i,  606. 

Azoïi  (Mer  d'),  ici. 


B 


Bacon,  poëte  et  chanteur,  lai,  988,  497,  ûag, 
48o, 439,434. 

Bagaddes,  ou  Bégaïuc ,  paysans  gaulois  révoltés 
contre  Rome,  119,  i4o. 

Bailie-Hod  (Rue  de),  919,  934. 

Baillet  (Guillaume),  partisan  du  duc  de  Bour- 
gogne, 85i,  35a. 

Baillet  (Miles),  trésorier  du  Roi;  son  hôtel,  198, 
901.  —  Sa  richesse  proverbiale,  39  4. —  Ses  ar- 
moiries (gravure),  849.  —  .Notice  sur  ce  person- 
nage, 349  à  358.  —  Sa  famille,  85o  à  353. 

Baillet  (Rue),  anciennement  Gloriette,  9o4,  849. 

Baillets  (Ruelle  des),  ou  des  Ballets,  916,  35o. 

Bailledl  (Robert  de),  clerc  des  comptes,  9o5. 

Bailledl  (Rue),  primitivement  d'Averon,  9o5. 

Bailleul  (Ville  de),  191. 

Balanciers  ,  h  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commence- 
ment du  XV*,  867. 

Balderic,  voirBAUDRY. 

Baldinucci,  auteur  du  Disegno,  969,  970. 

Balld  (M.),  architecte,  chargé  de  la  restauration 
de  la  tour  Saint-Jacques,  188. 

Baltard  (M.),  architecte  de  la  Ville,  i6ô. 

Baldze  (Etienne),  éditeur  des  Capitularia  regnm 
Francorum,  86,  87,  99,  101,  943. 

Balynin  (Jacques  de),  écrivain  en  i883,  19. 

Bar  (Le  cardinal  de),  évêque  de  Châlons-sur- 
Marne,  935.  —  Sa  sortie  violente  contre  le  pré- 
dicateur Renauld  de  la  Marche,  4 06. 

Bar  (Leduc  de),  935. 

Barante  (  De  ) ,  auteur  de  V Histoire  des  Ducs  de  Bour- 
gogne, 985. 

Barba  (Richard),  soupçonné  d'avoir  traduit  le  De- 
fensorpacis,  8,  19. 

BARBEAD(Tour),   990. 

Barbette  (Porte),  187,  966. 
Barbette  (Bue),  ou  de  la  Porte-Barbelte ,  actuelle- 
ment rue  Vieille-du-Temple ,  a  16. 


Barbiers;  ils  exercent  indûment  la  chirurgie,  444 

Barbin,  libraire  fameux  du  xvii"  siècle,  159. 

Barcelonnette  (Ville  de),  i35. 

Barillerie  (Rue  de  la),  157,  i63. 

Barilliers,  à  la  fin  du  xiv'  siècle  et  au  commen- 
cement du  XV*,  867,  368. 

Barme  (Roger),  avocat  au  Parlement,  353. 

Barnabites  (Couvent  des),  167,  i63,  168. 

Barnave,  orateur  français,  4 19. 

Barre  (Rue  de  la),  175. 

Barre-du-Bec  (Fontaine),  199. 

Barre-duBec  (Rue),  comprise  actuellement  dans  la 
rue  du  Temple,  901,  9t3,9i4,  35a ,  353. 

Barrés  (Rue  des),  187,  9 «8. 

Barrière  (Pierre),  évêque  de  Senlis;  ses  sym- 
pathies pour  Jean  de  Jandun,  1  o ,  11. 

Barrois,  auteur  de  la  Bibl.  prolijpogrnphique ,  197. 

Barthélémy,  docteur  en  théologie,  494. 

Baribélemy-Saint-Hilaire  (.M.),  58,  60. 

Bassk-des-Ursins  (Rue),  ou  d'fi'n/ér,  dans  la  Cité, 
i64. 

Basse  partie  de  la  Ville  .  ou  rive  droite;  ses  églises , 
i83  h  198.  —  Ses  principaux  édifices  et  ses 
hôtels  les  plus  somptueux.  194  à  901.  —  Ses 
mes,  901  à  990.  —  Ses  murailles,  990.  —  Ses 
portes  et  ses  faubourgs,  9a4  à  aSi. 

Bastard  (M.  le  comte  Auguste  de),  auteur  de  La 
peinture  des  manuscrits,  46 1. 

Bastille,  161,  194,  9a4.  999,  5a t,  535. 

Batave  (Cour),  189. 

Bateaux  (Rue  des),  ou  du  Port-V Evêque ,  161. 

Batteurs  de  cuivTe  ou  d'airain  ;  siège  principal  de 
leur  industrie,  909.  —  D'or,  voir  Orfèvres. 

Battoir  (  Rue  du  ) ,  quartier  S'-André-des-Arts  ,175. 

Bacchans  (Jacques),  traducteur,  895,  4ia. 

Baudet  (Porte),  voir  Baudover. 

Baddoin-Prenage  (Rue),  voir  Rollin-prend-gage. 

Baudouin  d'Avesnes,  chroniqueur,  48 1. 


TABLE  ALI'HABKTIQ 

lUuiKiDiKi  DE  Co5iDé,  aut«ur  ri'un  dit  nur  la  Trois 
Morlf  et  les  Troit  Vi/i,  067, 

Hai'iiovi.ii  ukFi.axdrk,  43t. 

IUi;i>i)TKii  (l'Iucd),  tiiS,  9i6,  aiS. 

Kaudoykr  (l'(ii-t«-),  ou  Baiulel,  190,  901,  9*k, 
W.\,  Mo. 

lUi.DRr,  ou  lialilerie,  ou  llaldericHê,  abbé  deBoor- 
guuil,  (;liroiiir|iu>ur,  9/1,  106,  idy. 

IhiifutoN  (Charlmt  et  Robert  oi),  igi. 

l)AviJ!iie,  i/|/i.  1^5.  i/i6.  aSe. 

HAViut  ((lolk'gi?  (In),  171,  179,  173. 

Raykiix  (Villi!  (In),  i5(),i7<i,  Ail. 

Bayokni!  (Ville  (Ji)),  5-j5. 

ItAZociii!  (Clernidc  lo),  988. 

llr.MJRouiKi  ({tu(;), 'jog,  910,  9i9,9i6,46o. 

\h.KVLt  (IVovincf!  dn),  t-ii. 

Ukadjed  (Anne  dr),  lillcdt;  Ix>uùXI,  97,  947. 

Rkaumont  (Dotnainc  de),  "Mti. 

IkAi'MONT  (Mathieu,  comte  db),  166. 

IkAUTK  des  l'urisicnnes ,  .S7,  934,488,  4g4,&99, 
SAS.  —  DcH  jcuncti  nilm  de  Blois,  S69. 

Beait*!  (H(Melde),  0^7,  S/l?. 

Kkai;treillis  (Itiic),  igA. 

IlEADVAlfi  ((^olit'i'i!  de),  ou  de  Dormam-Beautait , 
1(18,  tCg,  fj-x. 

Bkauvaih  (Ville do),  119,  969,  467. 

llRAOvoisn  (Poyt  de),  969. 

IIkooci)  (l'icrre  de),  rondateur  du  coll('|;i!  de  0om- 
court,  170. 

llKbroRD  (Le  duc  de),  nagent;  il  transporte  en  An- 
gleterre la  l)ililiotli('fiuc  myale  du  Ix>uvre,  gli. 
—  Ses  portisans  diuis  la  bourgeoisie  poriiiienne. 
191.  —  Sa  nÇi«idence  à  Pari»,  19.^.  —  VMe  lu- 
gubre ordonn('c  par  lui  après  «es  victoires,  986, 
987.  —  Il  fait  obtenir  h  Guillemin  Sanguin  la 
charge  de  PixW(\l  des  Mnn-liandt,  344. 

B^GAi)\  (ChAteau  des),  9S,  1 1 1. 

B^dvlLi.RT,  dessiiintiHir.  t,^4, 

Biir.vi^iAc.E,  ou  foniiniiiiauli'  de  ArJ^HMCf,  dp  l'Art- 
Maria,  187. —  De  S'-Jac<|ue»-la-Bunrbcrie,  397. 

|(t:i.KviK('.!iii!,  nom  fi|;in'nMt  nu  bas  d'une  note  con- 
cernant Booul  III  (le  l'ivsles,  89. 

IIkloes,  io5,  i34. 

llKi.i.r.'(ÎARRiKi.l.E  (Piivill(indeln).àrbnreiiton.  44S. 

Bellk-Jardimiire  (Anciens  bâtiments  de  la  l:  leor 
cnipinrement,  1S6. 

Belleville  pri^s  Paris,  198. 

Beli.oy  (HoImm'I  de),  ÉclHivin.  |iartisnn  du  dur  de 
Bouq;(>j;ne.  349.  —  Son  esMition,  34.1. 

Bklot  (Ktienne).  fondateur  de  la  romnHuianté  des 
Boii»-EH/iml*-S<ml-lloHor«,  187. 


UE  DES  MATIÈRES.  fit 

BaohXI.|Mf>«;aflOMfel«i 

Gmmvww,  ivS. 
Bnoh  XU,  pape.  19. 
BnolT  XMI.  «w  /Vtrrv  et  Lmm,  ftf»  tkvfmm. 

fmtàÊeà,  Sfç.  —  fmtm  odMa  ptr  m  Ui» 
mHalive  m  tém  ttkiiimm,  Aoé.  ioy. 

BEar.aEtti(Picn«),  bidMlMr.  S87.  ii«.  ICi. 

BiacT(RMa«).«iS.  cii. 

Bnon  (Le).  <kw  k  Aimt  ilMakn,  Ztt. 

Btasni  (Rm).  toS. 

BnM>iau:(ViBede),  S«9. 

Bernard  (M.  Aog.).  Minr  #«  MÉMm  ar  h 
waiaaa  debnta  4e  MoataaroKy  apiMftaMal  k 
NïmImPImmI.  «S7. 

BEa^tioiM  (CoB^  ém),  1A7.  —  DMchpliaa  4r 
son  escalier.  1A7.  —  Seacadas.  i"; 

BnaMMRs  (Roe  dca).  178. 

BtaxitMrs  GciMMH,  hkfÊ»  <k  Larfètt.  mMktm  et 
nombrem omi r^gw . yg .  106.  i3i.  1S7. 

BtR^ART  (Frère). prédieriaor,  éio.  4ii. 

Berie  (BibliolUquade).  419. 

IUr^harb.  atéMagm,  498.43i.  494. 

Berriat  Sun-Pui .  wAmt  <b  itÊmm  4^  Ait,  m  Cssf 
d'ofU  nr  kê  nYiititni  ii  Frmt»  m  to^e  ir 
Omrh,  VI  H  il  Omtm  VU,  &i&.  &i«.  S17. 
Sig.  S19.  S94. 

Béret  (Jean,  due  •■),  ft^  et  Ckmàm  V.  laS. 
195,  99S.  398.  4o3.  4o«.  4<i.  4«t.  471. 
—  Soo  hiHUà,  «06.  tS3.  fl3».  —  B  fait  tàif^ 
1er  an  portail  de  fi^  àm  laiorirt  le  aq|îl 
de  la  U^Mde  deelroM  Marti  al  des  Trais  Vis. 
96S.  iM,  1C7.  «71. 173.  «88.  — 
{onà  eo«ir»  hn.  S3S.  —  Lavent  de 
fait  lui  «Mir  sa  Iradadiaa  4m  IMtieei^ia  de 
BoccMc*.  4i3,  4i4.  —  ileeMHMieoa  paile 

vn^  de  Boeeaca.  4tS.  4iS.  —  .Iftidn  nrlaiifi 

isaliibBollièqw.4U.— ( 

naliire  de  aa  naeeei.  âgt.  —  D  ' 

ka  vttreos  da  cUUeaa  de  Canty.  ii^.  —  Ow- 

pelie  Ibiidéa  pw  hn  k  BewfM.  M7. 
BasaT  (Prenaee  de).  %%%. 
BEataoL».  dae  de  Cariadàe.  187. 
lUsTi^-Poiiie (Raa).  198.  ta*.  «oA. 
Hertrai»  (Pierre),  Mi^aa  d*Aalaa. 

Piem  de  Cogaiiree.  i&S.  —  1 1 

d'Iafaa,  171. 
BcBTtAa»  Ml  Car.  éadieat  h  < 


61i 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Bebtr*ndi  (Pierre),  professeur  à  l'université  d'Or- 
léans, 6. 

Berty  (A.),  auteur  de  la  Topographie  du  Vieux- 
Paris,  108,  i55,  161,  i63,  175,  178,  180, 
187,  188,  196,  2o5,  233,  9194,  974,  3/19, 
595,  596. 

Besançon  (Ville  de),  i46. 

BÊTES  FAUVES  cuvoyées  par  le  ivi  d'Angleterre  à 
Philippe-Auguste,  227. 

Betuemont  (Domaine  de),  349. 

Béthisy  (Rue),  909,  9o4. 

Bethmann,  109. 

Bibliothèque  impériale  de  Paris,  i5,  18,  19,  56, 
88,  99,  96,  97,  126,  127,  198,  924,  24o, 
961,  990,  34o,  4i3,  4i8,  43o,  438,  44o. 
477,  479,  487,  5o9,  517,  5i8.  56i,  583, 
584.  —  Impériale   de   Vienne,   19,   18,  19. 

—  Royal;  de  Bruxelles,  6,  128, 4 18.  —  Saint- 
Viclor,  19.  —  De  Mazarin.  56.  —  Du  Louvre, 
ou  Librairie  de  CÀarles  V,  83,  90,  96.  — 
Sainte-Geneviève.  85,  98.  —  Des  Visconti,  97. 

—  De  l'Arsenal ,  98 ,  126,  128,  199,339,347. 

—  Cottonienne,  100,911,918.  —  Des  ducs  de 
Bourgogne,  196,  127,  128.  —  Des  Célestins , 
969.  —  De  Saint-Germain-des-Prés ,  961.  —  De 
la  Vallière,  967,  968,  969.  —  De  Grenoble. 
989,  5i5,  593,  594.  —  De  IHôtel  de  Ville. 
347,  35i.  —  De  Berne,  419.  —  De  Claude 
Expilly,  594.  —  Royale  de  la  Haye,  589. 

BiÈvRE.  rivière,  ifi5,  181,  921. 
BiÈvRE  (Rue  de),  181,  299. 
BiGDE  (Jean),  Lclievin,  908. 
BiGUE  (Jean),  valet  du  roi,  908. 
BiGNON(Les),  famille  de  littérateurs,  243. 
BiLLETTEs  (Eglise  collégiale  des),  189. 
HiLLETTEs  (Rue  dcs),  189. 
BiLLv  (Tour  de),  920. 
BiRAGCE  (Le  cardinal  de).  194. 

BlTHVSIE,  i43. 

Blaise  d'Asireo,  amiral  génois,  595. 
Blanche,  veuve  de  Fernand  de  la  Cerda,  999. 
Blanche  de  Castille,  reine  de  France,  190.  947. 
Blanche  de  Navarre,  épouse  de  Jean  d'Aragon .  196. 
Blanchet  (Pierre),  poète  satirique,  396. 
Blanc-Mesnil  (Nicolas  Potier  de),  chancelier  de 

France,  mari  d'Isabelle  Baillet.  35 1. 
Blancs-Manteaux,  nom  donné  successivement  aux 

Serfs  de  Sainte-Marie  et  aux  Guitlemites,  190. 
Blancs-Manteaux  (Église  des),  157,  i85.  189. 
Blancs-Manteaux  (Rue  des),  9i3,  46o. 
BiAïE  (Ville  de),  399. 


Blé;  transport  de  cette  denrée  sur  la  Seine ,  17,07. 
—  Halle  où  il  est  vendu,  906. —  Chiffre  de  sa 
consommation  sous  Charles  VI,  494. 

Blois  (Ville  de),  475,  517,  593.  — Sa  descrip- 
tion par  Astesan,  567,  569. 

Blondel,  architecte,  9  9  4. 

BoccACE,  196,  198,  t3o,  33G.  4i3,  4i4.  4i5, 
4Ci. 

Boesmarre  (Symon  de),  astrologue,  447. 

BwuFs  (Buelleaux),  179. 

BoEV  (Guillaume),  orfèvre;  son  marché  avec  l'abbé 
de  Saint-Germain-des-Prés  pour  l'exécution  d'une 
châsse,  48i,  482. 

B01LEAD  (Etienne),  Prévôt  de  Paris,  auteur  du  Liere 
des  métier»,  53,  55,  470. 

BoiLEAu  (Nicolas),  poète,  338,  497. 

BoiLLEFÈvEs  (Aubertin),  orfèvre,  479,  4 80. 

Bois;  son  transport  sur  la  Seine,  57,  198,  199. 

BoiviN,  membre  de  l'Acad.  des  inscriptions,  4i5. 

Bollandistes  (Les),  99,  111. 

Bollandus  (Jean),  auteur  des ^cteSnnctorun»,  273. 

Bologne  (Ville  de),  4oo,  44i,  45o. 

BoNAHY,  historiographe  de  la  Ville,  91.  93. 

Bonaparte  (Rue),  293. 

BoNCOL'RT  (Collège  de),  169,  170,  173. 

Bonet  (Guillaume),  évêque  de  Baycux,  fondateur 
du  collège  de  Bayeux,  173. 

Bongars  (Jacques),  auteur  des  Getla  Dei per  Fran- 
cos,  106. 

Bonhomme  (Jean),  libraire  juré,  465. 

Bo.mface  Vlll  ;  sa  lutte  contre  Philippe  le  Bel ,  6 ,  90. 

BoNiFACE  IX ,  pa|)e ,  9. 

BoNNARD,  orfèvre,  470. 

Bonnardot  (.m.),  Parisien,  collectionneur,  éditeur 
dune  partie  de  la  Description  de  Paris  par  Guil- 
lebert  de  Metz,  et  auteur  d'une  Dissertation  sur 
les  enceintes  de  Paris ,  193,  i58, 174,  199, 193, 

301,  390,  223,  224. 

Bonne-Nouvelle  (Quartier),  188,  sBo. 

Bonnet  (Nicole),  333. 

Bonnetiers,  à  la  fin  du  \i\'  siècle  et  au  commen- 
cement du  XV*,  368. 

Bon-Puits  (Rue  du),  actuellement  du  Puits,  quar- 
tier Sainte-Avoie,  91 3. 

Bon-Puits  (Rue  du),  quartier  de  la  place  Mau- 
bert,  181. 

Bons  enfants,  ou  écoliers  laborieux ,  91 5. 

Bons-Enfants  (Collège  des),  168,  181. 

Bons-Enfants  (Rue  des),  187. 

Bons-Enfants-Saixt-Honoré  (Les),  187. 

Bons-Hommes  du  bois  de  Vincennes,  997,  547. 


TAIM.K  AI.PMUIKTI 

ItoBOEADx  (Ville  (le).  |/|C,  3iij. 

KoiiDtLLK«(l'icrTODK),  bourgeoU  <Jfl  Parif,  941. 

ItoRDKLLEH  (IWle),  OU  Bcrdelltt ,  plut  tard  Saim- 
Mareet,  a  ai. 

lioRou,  1 10.  —  Sigiiiliration  de  ce  mot,  t3o. 

RoROET  (Rue),  nctiiellcmeot  Dtêetarle»,  180. 

RotwH'ET  (  François  K  «-véiiue  de  Lodive,  90. 

Rome  (Abraham),  (graveur,  i58. 

RuiwiiET,  /lia. 

Roi'(:iiRR(Ariioul,  itiironii  et  Pierre),  bourgeoi*  de 
i'uriii,  35 1,  3r><i. 

ilovuiiKR(IK>iiiiM*),  ferniiiede  Miliit  Raiile(,  3Si,  35«. 

Roi  CHERIE  (Hue  de  In),  voir  R^ciierir. 

RoiciiKHiKH,  «j.'>.  110,  i3(j.  —  Du  porvis  Notre- 
Dame,  i5g,  'igi.  —  Du  quai  du  MordM^Neuf, 
i63.  —  Du  Châlelet,  i83,  aoi,  -juj,  ^i.^gti. 

—  Du  hourjf  Soiiil-(»eriiioin,  !in3,  /191.  — De 
la  iiionlnipie  Sainte-Geneviève,  Agi.  —  Du 
Teni|iic,  /191,  '199.  —  De  Snint-Reimtt,  Aga. 

—  De  Sniiil-Kloi ,  h^n.  —  De Saiut-Morcel ,  4g«. 

RolCIIERIE>-SAINT-GERMAn  (Rlie  des),  3)3. 

R0UCHER8,  il  !<i  fin  du  \ IV*  siècle  et  au  commence- 
ment du  XV'.  3C5,3()«.  367. 

RouciiKRs  (Rue  den).  (|uartier  Sainte-Avoie.  ig6. 

RoucicAUT  (1^  sire  de),  morr'rhnl  de  France  et  au- 
teur de  Mrmoireê,  a3'i,  43 1. 

RoiiCLERlR  (Ruelle  de  la),  9l<l. 

RoviLi.ART  (Dom),  auteur  de  l'Iluloire  de  /'attajf» 
de  Saml-Gennnin-dei- hég ,  'it^. 

RoiilLLET.  aiit.  de  \'[Hdf!.r  in  Srnrcam  pliiloêopkum ,  (ÎG. 

RuitiLLOT  (L'abtM<),  auteur  de  la  Biograpkit  itrden- 
natte,  h. 

RonLANoÉ  (Georges),  auteur  des  Noiu pour  êtrvir  à 
la  Slalulif/HC  monumentale  de  la  MouBe,  ayi. 

RotLAxuERs.  iG.  53,  55.  a  19. —  A  la  lin  du 
Mv*  siècle  et  au  coromeiicement  du  x^'.  ^f>'\. 
ilGG.SGy. 

Hoi'LARD  (Nicolas),  bourjjeois de  Pnris .  'i5'i. 

R<ii  Lii^NV  (Renier  de),  roiiseillerdedliarles  VI, 3.13. 

Roi'Lor.xK  |>ivs  Paris,  93^1,  Aïo. 

RovLOGXi  (Reliant,  rnnite  de),  1^7. 

Roll.o^.^E-sl;R-MER  (Ville  de).  939. 

Roi'Qi'KT  ^Doiii).  autour  du  Heeueil  det  kùloheiu 
drt  Gaule»,  gg,  111. 

RonuDETi^RK  de  Sainte -0|t|M)rtuni>;  se*  redevancm 
annuelles,  188,  9  3'!. 

Roi'RBOM  (HAlel  de).  ig4. 

RoiiRn<»  (Louis  II,  dur  de).  Ho*'>.  —  {^.aurenl  de 
Preinierriiil  lui  diklie  sa  traduction  de  deui  ou- 
vro(;o!<  de  C.iréron ,  A 1 5.  —  CooaoMMlMm  jour- 
iinlièn!  de  sa  maison,  iga. 


01  R  DK.S  MATIÈRES. 


«IS 


91- 


Bocaaoa  (Piem.  due  m),  gmd  1 
BonMMn.  ioS.4i«. 
llanMmiM(RM4M).94.  teS.itJ.  iM.  ift, 
•00,  aoS.  toi. 
i(Viltdt).Sa9. 

>  (Le).  daM  la  Dmm  Mm»^.  S»a. 

BMMMia  •■  P«M  (  JmmmI  #■■) .  I  «  I .  t«« .  tM . 

•8S.  t84,  ttf .  tSé.  ^»^.  S««.  ISt.  Sl«. 

343.3iS.  «o6.4o<.S«i. 
BovaaaoM  roauM.  laS.  léi.SiçàMi Itm 

origiM,  S19.  ~  MMfaflM 

aoaa  OMile»  VI.  S19  h  ta&.  —  Imn  1 
leun  eaataM  «1  lawt  iààm.  !•».  >•«.  %wj. 

—  Laqp(t  luMlaM  taM  par  Jaa  hh  Bmv  * 

regard  de  wot  d'eaira  •«  ^pi  m*!  aOadrf»  k 
U  cause  royale.  334.  —  liitt  daa  ftmàftn 
d'entre  eut  à  r^|KN|M  da  Plvlippa  la  M.  Ut 
k  3«8.  —  Une  daa  priiirip ai  tmtnmik  la 
fin  du  ut*  Mkie  a(  aa  MHMMMMal  4m  vf. 
353  k  370.  —  Lialedaganyi  pdlÉlaw^ 
meot  è  Jaaa  aa«a  PHw.  S?*  k  M9.  —  Fa». 
timle  du  1"  r6le  di>  la  Ktla  cMaataa.  S^t. 

Bovaau  (Ville  dr).  ii6.e&8.  S4i,  II7.  SaS.— 
Sa  daacriptioo  par  AilMaa.  M7. 

BooBSiT  (Le).  p(«a  Plwia.  aa8. 

BoaasHi'Aaii  (Rne).  ao8.  et&.  aao. 

Bowwoaaa,  110,  iSy.  i44,  i4&.  i46 

Boraaoain  (Col<ga  da).  171. 

BMmeooaa  (Doea at),  179.  i9&.ao«.  jj«.  Mi. 
463.  —  LaorUblialbèipa.  laf.  it7.  itS.  — 
Articles  des  d^pwiaaa  de  laar  aaisa*  wlaiii 
aaxaéi«*«ia.4Sfi.4M. 

Bocaaoaa*  (Jaap  sa«  Pmt.  dac  aa).  iti.  ••;. 
19S.  a44.  3Sa,  417.  — Sas  Mute.  333.  — 

ewfaw  aaa  «liai  laiiaa .  334.  —  Mcabaadatpil- 
<|uca«Ma  da  ses  dépaam.  3S7. 338 .  34 1 .  S4s. 

—  Il  sa  fait  aîdir  |iar  Dïm  Rafaadi  daw  saa 
projet  d'asaaasÙMT  le  dac  Laos  dXMtea.  338. 
339.  —  Lisia  daa  Lsargaais  da  Pm  i|ai  las 
prMinal  aaiwal.  37a  è  389.- far«aMbda 
i-rAiedelalialadaecBKiailai  pèlèil  sar> 
nient.  37t. — SaslMt«tgaasaasflHiisaaa.S9â. 

saalwl  aaa  dMiaa.  343.  -  !*■  d'aaa  MM- 

—  Saa  aai|Mliaaa  d'etjMs  tm'jhime.  \-,i 
477.  —  Bilnili  da  rianalaira  das  jvfaaa  ai 

I  da  sa  clMpla.  177. 178. 
(WMlffi   dt  Fnam  aa  tUfp»  k 
Hméi,  dac  aa).  t9&.  198.  398.  4o3.  4*4. 


616 

4.J1.  —  Services  qui  lui  sont  rendus  par  Dino 
Rapondi,  338.  —  Articles  des  comptes  de  sa 
maison  relatifs  aux  travaux  de  copie  et  aux  ac- 
quisitions de  manuscrits  ,463,464.  —  Son  luxe , 
477.  —  Consommation  journalière  de  sa  mai- 
son, 492. 

Bourgogne  (Philipppe  le  Bon,  duc  de),  85,  986, 
334,  339,  498,  5i8.  —  Ses  lettres  au  Parle- 
ment et  à  l'Échevinage  de  Paris,  344.  —  Ses 
embarras  financiers,  479. 

Bourgogne  (Jeanne,  comtesse  de),  fondatrice  du 
collège  de  ce  nom  ,171. 

BoDRGUEiL  (Etienne  de),  archevêque  de  Tour»,  fon- 
dateur du  collège  de  Tours  ,171. 

Bourguignons,  191,  9a4,  358,  394,  333,394, 
4i3,436,485. 

BotRRELiERs,  à  la  fin  du  \i\'  siècle  et  au  commen- 
cement du  iv',  369. 

Boursiers  du  Roi,  173. 

BoiRTIBOURG  (Rue),  9  1  5. 

BoDTARic  (M.),  éditeur  des  Actes  du  Parlement  et 

auteur  de  recherches  sur  les  sources  du  Miroir 

histortal,  100,  i58. 
BouTEBRiE  (Rue),  173,  177. 
Bouteille  (Impasse  de  la),  928. 
BouTRAïs  (Raoul),  auteur  de  Lutecia,  i54. 
BouvERiEs  (Rue  des),  919. 
B0UVINES  (Bataille  de),  i46,  190. 
Brabant  (Antoine, duc  de),  196. 
Bradant  (Le  duc  de),  sans  autre  désignation, 935. 
Bradant  (Province  de),  i46. 
Braque  (Chapelle  de),  196. 
Braque  (Rue  de),  491. 
Bray;  signification  de  ce  mot,  1 10. 
Brenne  (Pierre  de),  190. 
Bretuencourt  (Jean  Sanguin,  seigneur  de),  34o. 

34 1. 
Bretonnerie  (La),  ou  Fief  des  Flamands,  ou  Champ 

aux  Bretons,  189,  91 3. 
Brial  (Dom),  savant  bénédictin,  100. 
Brice  (Germain),  nyxiauT  à' wne  Description  de  Paris, 

197- 
Brie,  lai. 

Brienne  (Hôtel  de),  194. 
Brion  (La  présidente  de),  594. 
Brise-Miche  (Rue),  919. 
Brocher  (Gui),  333. 

Brossiers,  à  la  fin  du  xiv'  siècle  et  au  commen- 
cement du  jv'.  367. 
Bructères,  peuplade  germanique,  io5. 
Brijel  (M.),  archiviste-paléographe,  17,  5a6. 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


BRDGEs(Ville  de),  336,  339. 

Brcnehaut,  reine  de  France,  180. 

Brutos,  héros  du  roman  de  Brut,  ii5,  i49. 

Bruxelles  (Ville  de),  199,  i3o. — Sa  bibliothèque 

royale,  6,  198,  4 18. 
Bbuvs  (François),  aut.  de  Y  Histoire  des  papes,  86. 
BAcHERiE  (Rue  de  la),  35,  189 ,  917,  443. 
BucHON ,  éditeur  de  la  Chronique  métrique  de  Gode- 

froy  de  Paris,  487. 
Bnci  (Porte  de),  993,  994,  344. 
Buci  (Simon  Matiphas  de),  évêque  de  Paris,  196. 
Bude  (Ville  de),  101,  i39. 
BoDÉ  (Guillaume),  Prévôt  des  Marchands,  346. 

BUFFETERIE  (La),   910,   919. 

Buffetiers,  à  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commen- 
cement du  xv',  365,  366,  367. 

Bulgares,  peuple  de  TEurope  orientale ,  i44. 

Bulle  d'Honorius  111 ,  interdisant  en  France  l'étude 
du  droit  romain,  6.  —  De  Jean  XXII,  condam- 
nant les  doctrines  de  Marsile  de  Padoue,  7.  — 
Du  même  pontife,  en  faveur  de  l'Université,  10. 

—  Du  même,  réprimant  les  abus  de  l'Université, 
10.  —  De  Benoit  Xlil,  défendant  aux  universi- 
taires d'outre-passer  leurs  privilèges,  10. —  De 
Jean  XXII .  portant  condamnation  des  Fratricelles, 
63.  —  D'Innocent  IV,  exemptant  de  tout  péage 
les  écoliers  allant  à  Paris  ou  en  revenant,  933. — 
De  Clément  VI.  upprouvant  des  fondations  pieuses 
dans  l'église  Saint-Jacques-la-Boucherie ,  399. 

—  De  Benoit  XIII,  menaçant  d'excommunication 
ceux  qui  refuseraient  l'obédience,  4o6,  ioy. 

Bulles  (Jean  de),  archidiacre  de  Rouen,  169. 
BcLiET,  auteur  de  l'Histoire  de  l'établissement  du 

christianisme ,  4i. 
BuLLiON  (Hôtel  de),  196. 
Bureau  (Famille),  397,  3a8.  399.  —  Liste  de  ses 

membres  inhumés  à  Paris.  39  8. 
Bureau  (Gaspard),  archidiacre  de  Coutances,  398, 

399. 
Bureau  (Gaspard),  maître  de  l'artillerie  du  Roi. 

399. 
Bureau  (Jean),  trésorier  de  France  et  Prévôt  des 

Marchands,  399.  —  Ëpitaphe  de  sa  femme, 

Jeanne  Hesselin ,  33 1 . 
Bureau  (Pierre),  trésorier  de  France,  398,  399. 

—  Jeton  frappé  par  son  ordre  (gravure),  399. 
Bureau  (Simon),  l'ainé,  398.  —  Son  épitaphe  et 

celle  de  sa  femme,  au  cimetière  des  Innocents, 

33 1. 
Bubgondes,  oa  Bourguignons ,  110.  iSg. 
BoRLEY  (Gauthier),  docteur  en  théologie.  5i5. 


TABLE  ALPIIAH|:;TI01'E  DES  M^TIJnF<î 


ei7 


IJabocrk,  clicf  i1«;  faction,  /kji. 

CilocHiiiHii;  Miitinienlft  de  Ji«ii  miw  Peur  ii  leur 

(<gnr<l,  .'I3<).  —  l.islc  <lo  ceit  factieux ,  370. 
Cadillac  (Ville  de),  .'Imij. 
CiKcn.iuN  (S<>xIuh),  jiiriitcoiuiulte,  |35. 
Caui!  (Kur  il<t  lu),  i(i/«. 
Caillku  (l'icm;),  iW^|ii(!  du  Seiili»,  10. 
Cairk  (Hue  et  paHiuifjo  du),  188. 
ClLAIRE,  |/|3,  |/|.'>. 
CALAfiDim  (l\\M  de  la),  appeltutioti  inexacte  de  la 

mu  (laliimle,  18a. 
CiLiis  (Ville  de),  9.58. 

Calk^drk  (Mue de  la),  en  la  (liti!,  tb-j,  iG«.  iG3. 
Calu  ((;i)lié(;e  de),  ou  Petite  Sorbonue,  1(19. 
Cambrai  ((l<ill<(ge  de),  ou  dos  Troi»-kré^iie$,  179. 
Cambrai  (Ville  du),  io-j,  ioG,  i3f),  'loi. 
Campbell  (M.),  DouH-bibliotlit't<-iiiri!  11 1»  IIum'.  it^. 
Campo-Santo,  voir  Pibe. 
CamilouIïmi!,  di^fcnHeur  du  Pum.  K17,  137. 
Camdklabrrh  du  l'ApocalyiHtc,  n!|>n'-seiit4k  par  U% 

sept  nrU  lilx'rnux,  ti3. 
Caiidklib  (Jean  du),  chanceliur  de  Notru-Daiiie.  iGCi. 
Ca^omistrm,  nous  le  rè([nu  de  CliiirleH  V 1 ,  397  ii  'lo  1 . 
Capel  (Jacquett),  auteur  d'un  discourt  en  riidiiiieiii 

de  Paris,  3&3. 
CAPiiriK^!);  virissiludcH  de  l'orlcvrene  u  partir  de 

leur  (ivi'iieiiieiit,  'itiH  et  siiiv. 
Capbttu,  ou  ëcoliem  du  rollt'ije  de  Mi>ntni(pi .  170. 
Capoue  (Ville  de),  SsA. 
Capucim»,  II,  i8â. 
CA>A>iiii(Pemellela),93G. 
Cardi:«al  (Lk),  dans  lii  Ihnte  Moetàn,  996. 
Cardixal  Lemoinr  ((^olli'gu  du),  168. 

CARDIlAL-liEMOME  (Rllcdu),   I  G8  ,   l8l,   <«l. 

Carintiiik.  I  '1.5. 

Carlomam,  fri^re  du  Pi'pin  le  Bref,  1&6. 

Cahma?ioli,  voir  Mamiel  I'aliIolocui. 

Cabmem;  leur  ordre,  t68,  179,  607.  —  Leonoou- 

ventM,  170.  189. 
Carmrb  (Riiedcs),  (65,  1G9,  179. 
Carmib-Dillettes  (Conimiinautë  des),  i8ô,  -iih 
Carnavalet  (HAlel),  qqA. 
Carreau  (Itiic  du),  ou  de  la  l\)i»»oniitrH ,  i8*. 
Carmraux  (Grande  maisoD  des),  *oo. 

Carom  ^^^^leK  190. 

Carpextikr.   uuleur  d'un  suppk'iiient  eu  GhiM- 

rium  de  Du  Cange,  458. 
CARRKrouR  (Ituc  au).  907. 


CAMuiua  (Ui).  mr  b  tefJL  et  filial  m.  ««S. 

Cunm  mmdàf^itk  CM.  1S7.  ift«.  —U.  4» 
iaratUat-Viclar.iftS.— lk«pMi»f«apm 
imknmithiiÊÊf,  181.  —  priiiliiiirii  4. 

ligne  d>M  Iw  hàUmmmiÊtÀté-Mmm.  187 

Ibaàipikàm  CékiÙm.  191.  —  Uèn.  «18. 
—  NipoUaa.  tiS. 

Cuni  (Bttoila  ife).  g^ntf»  pw  PU^pa  ik  V>. 
loMmrksFlMBMMk.  9i4.9SS.tS7. 

Gitrat.,  éàWtm  it  atémm'mm  ém  wiimm  et 


CtmuM  (Vile  de).  S99. 

CiTHERn*  bAudiçm.  4po«e  é»  Pian  à»  .Natam. 

19G. 
Catnk«i!ib  m  Frarcs.  fiUede  dwk* 
Cathrbixs  m  Uimm,  immit  ftimm.  % 

Catov  ,  1)3. 

Cattu.  peopiade  fmHHwpe.  loS. 

Catclli  (Baar)g  H  haeilifM  de),  f  1. 

Cacbat.  préiaidu  roi  MmMii  ceaballi  par QenB. 
1&8.  149. 

Cacut  (D>),  Mif»  M  ftime»  de  GmaUe.  S«4. 

CAtiHorr  (M.  le  eoale  m),  Mlav  4a  Cmn  fam- 
li^mléi  mmtUÊumlak* ,  193. 

Calx  (Pays  de).  170. 

Cave  di  Posthh  (Rue  i  la).  «o4. 

CàoRi  du  Lil>an  .«11 

Ciuenn  (Couvait  dei);  canoMUB  <|ad  minMii 
k  Tipogae de (ImkM  VI .  itt.  190. 19e.— 1»- 
hiiniation  du  rot  d'AméMe  dMa  aoa^yfae.  tU. 
—Se  liiMietfcèTii.  9&9.— flifdii  tÊmihftr 
la  faniledrOritea.  S19.  Sti.  S39.  S4i. 

CiuMnn  (Foriifiealiaa  4ai).  «m. 

Ciutarin  (Qiwi  4m).  194. 

CiLM»  (ConMliM).  ffciiiiifli  et  iiHirii  .  499. 

Cua«t(JdNn),  airtaw  4*»  fdviMa  è 


tarrt*  d(  Cmr,  9S.  94.  1 
i4o.  i4i. 
CiML  (Ruitert).  ou 
!  >>u«ntg»  itituM  X* 
I.  itS.  907. 

MM.  iSS. 

CiaiwMiAi.  obMnd  4  b  le«de 
—  /d.  4  fabdi  4m 
dwaMT^e^pMefalp.  tM 
CauMn(ilw4eh).  19^ 
CiaTADi  (Robert),  cari  4e 


•J7. 


9VVMW  wê  nw 


*7r 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


G18 

César  (Caius  Julius),  Sa,  gi,  107.  io3,  111, 
11-2,  187,  i38,  lûo,  i5i,  197,  55i ,  559. 

CÉVEMiiES,   467. 

Chalgrin,  architecte,  aSa. 

(.HALIGNY  (Rue  de),  225. 

Ghambly  (Adam  de),  évêque  deSenlis,  10. 

Chambly  (Gautier  de),  ëvêcpie  de  Senlis,  10. 

Champ  de  Mai,  i45,  969. 

Champdivers  (Guillaume  de),  chevalier,  envoyé  du 
duc  de  Bourgogne,  344. 

Champeau.v  (Halles  des),  voir  Halles. 

Champ-Gaillard  (Le),  274. 

Champollion  (M.  Aimé),  067,  817,  593,  5a4. 

Champ-Petit  (Rue),  ou  des  Petits-Champs,  176. 

Champ-Roussi  (Rue  du),  162. 

Chamaan  (Terre  de),  i35. 

Change  (Pont  au),  voir  Grand-Pont. 

Changeurs,  160,  469.  —  A  la  fin  du  \i\'  siècle  et 
au  commencement  du  xv',  36 1 ,  862 ,  363. 

Chanoine  (Le),  dans  la  Danse  Macabre ,  3o3. 

Chanoinesse  (Rue),  16^. 

Chanvrerie  (Rue  de  la),  198,  207. 

Chapelain,  auteur  de /a  P««efle,  497. 

Chapelains  (Maison  de  la  communalité  des),  dans 
la  Cité,  16a. 

Chapeliers,  h  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commen- 
cement du  xv",  368. 

Chapelle-Saint-Denis  (La),  229. 

Chapelle  royale,  voir  Sainte-Chapelle. 

Chaperons  blancs  (Émeute  des),  3a3,  352.  4o8, 
409. 

Chapon  (Rue),  46o. 

Charbon;  transport  de  cette  denrée  sur  la  Seine, 

57. 198.199- 

Charbonniers,  h  la  fin  du  xiv'  siècle  et  au  com- 
mencement du  XV*,  365,  366,  367. 

Charcutiers,  à  la  fin  du  xiv'  siècle  et  au  commen- 
cement du  xv',  365,  366,  367. 

Chardeporc  (Adam),  bourgeois  de  Paris,  9o4. 

Chardonnet  (Clos  ou  fief  du),  170,  181. 

Charenton  (Pont  de),  2a5,  226. 

Charenton  (Seigneurie  de),  aa5. 

Charité  (Communauté  des  filles  de  la),  instituée 
par  saint  Vincent  de  Paul,  229. 

Charlemagne,  roi  de  France  et  empereur  d'Ocx:i- 
dent,  82,  119,  120,  i44,  i45,  »46.  149, 
i5o,  191,  943,  43i,  539,  55i,  559. 

Charlemagne  (Lycée),  190. 

Charlemagne  (Rue),  187. 

Charles,  comte  d'Anjou  et  de  Provence,  frère  de 
saint  Louis,  194  ,  216. 


Charles,  duc  de  Valois  et  d'Alençon,  194. 

Charles  U,  dit  le  Chauve,  roi  de  France,  9a,  160. 
161,  188,  aaô,  470. 

Charles  IV,  dit  le  Bel,  roi  de  France,  Sa.  — 
Louanges  qui  lui  sont  adressées  par  Jean  de 
Jandun,  61,  63.  —  Tableau  synoptique  de  ses 
vertus,  63. —  Il  favorise  Raoul  I"  de  Pi-esles,  84. 

Charles  V,  dit  le  Sage,  roi  de  France,  84,  88,  90, 
95, 97,  to4,  191,  i48, 178, i84,  191,  aaa, 
aa4,  a3S,  339,  a58,  aSg,  4i5,  4i6,  34o. 
348.  —  Il  fonde  la  bibliothèque  du  Louvre,  83 . 
96.  —  Il  accorde  diverses  faveurs  à  Raoul  III 
de  Presles,  85,  86.  —  Ses  confesseurs,  89. — 
Il  relève  le  collège  de  Reims,  168.  —  Son  por- 
trait sculpté  à  l'un  des  angles  du  collège  de 
Dainville,  171.  —  Il  fonde  la  Sainte-Chapelle 
de  Vincennes,  997.  —  Il  fait,  dit-on,  peindre 
la  Dante  Macabre  sur  les  murs  du  cloître  des 
Innocents,  a84,  988.  —  R&ullat  de  son  gou- 
vernement pour  la  fortune  des  bourgeois  pari- 
siens, 894.  —  Etal  des  lettres  et  des  arts  sous 
son  règne,  895.  —  Il  fonde  une  école  de  tra- 
ducteurs, 4i9,  499.  —  Il  encourage  l'étude 
de  l'astrologie,  446.  —  L'orfèvrerie  sous  son 
règne,  471.  —  Son  enceinte,  voir  Enceinte. 

Charles  VI,  roi  de  France,  87,88,  96,  191,  196, 

l54,     157,     160,    169,   190,    194,    196.    991, 

aa4,  aa5,  926,  985,  986,  394,  896,  84i, 
407,  4i9,  417,  499,  43i.  —  Son  règne  s'i- 
naugure par  la  levée  de  rOriflamnie,  958.  — 
Il  assiste  k  un  exercice  dramatique  donné  à 
l'hôtel  de  Nesles,  986.  —  Remontrances  qui 
lui  sont  adressées  par  l'Université,  l'Èchevinage 
et  la  bourgeoisie,  388.  —  Complot  tramé  contre 
lui  par  la  faction  bourguignonne,  833.  —  Ré- 
ponse faite  k  ses  griefs  par  le  duc  de  Bourgogne, 
344.  —  Il  accorde  des  privilèges  à  Dino  Ra- 
pondi  et  à  sa  famille,  336,  387.  —  Ex-voto 
pour  sa  guérisoD,  887.  —  Extrait  des  comptes 
de  l'argenlerie  de  sa  maison,  887.  —  Ses  lettres 
en  faveur  des  frères  de  Dino  Rapondi,  889.  — 
Ses  lettres  portant  anoblissement  de  Guillaume 
Sanguin,  deuxième  du  nom,  34o,  34i.  —  Ar- 
ticles des  comptes  de  sa  maison  concernant 
Jacques  Ducy,  348,  849.  —  Son  ordonnance 
maintenant  Miles  Baillet  et  Guy  Chrétien  dans 
leur  office  de  trésorier  des  finances,  35 1.  — 
État  des  lettres  et  des  arts  sous  son  règne,  894 
el  suiv.  —  Il  convoque  l'assemblée  générale 
du  clergé,  898.  —  Il  appelle  à  sa  cour  le  ca- 
noniste  Pierre  Le  Roy,  4 00.  —  Sermon  pro- 


TABLK  ALIMIAUKTK^ 

nouer  il<;\ nul  lui  |iur  Jeun  (îi>rM>n,  /lo,!.  —  Dm 
ilotéunci.it ,  rriAI)!i!H  il*!  loiiaiigi-x.  lui  «uni  ailn-»' 
tée»  par  J«'aii  (iftDMin,  4o4.  —  Il  entend  un 
Hwniori  fie  J(ir(|ucH  \i;  (imnil  el  rdconi|H'nM>  c»< 
|in-<lirnU>ui-, 'io5. —  Il  aiwiitei  une  baraugue  lif 
itr-nould  lie  la  Marche,  4o6. —  Kiutaelw  de  l'o- 
villy  nHMiy  lin  justilier  devant  lui  la  lëdilion  dm 
Chaperimn  hlaiiri  Ai)().  —  Arliclof  def  dt^pOMM  de 
non  liAtel  relntiv'Nt  aux  mëncutreb,  436. — Sa  cour 
(l'amour,  /137,  438.  —  Etat  de  l'art  mi'tiioil 
sous  M)fi  r^jfne,  /l'io  ji  4'i5.  —  StatJHtique  de  la 
|>ii|iiilatioii  et  (le  la  coimoininalion  de  Paris  mmu 
non  rèffne,  48.'»  h  4 9 F). 

(JHAiLED  VII,  roi  d(*  Kranrj'.  i-ai,  tftt).  i83,  ig4. 
•197,  •ilU'i,  uSy,  3.t.'».  340.  'ih^ ,  447,  htjît . 
.'itS,  SaS,  5!i4,  SaS,  ByS.  —  Son  irétor  e»t 
r(!ConHtilu(<  par  les  bourgeoin  parisiens,  3t4. 
—  Appel  ndressd  aux  Parisiens,  en  bveur  de  sa 
coiiite,  par  Cliriiitine  de  Pisan,  4ao  k  4a0.  — 
l,()uan|reH  (pii  lui  sont  (IdiuM'en  par  Astesan,  hhi. 

(in^HLKsNill.    riii    île   l''i'iince      |SK      («,r.      '•',!'■ 
4(j.'.. 

(iiiAnLK.s  IX,  roi  île  Krnnc»,  i58. 

(iiiARLES  II,  dit  le  Miiurai»,  roi  de  Navarre.  i3Iy. 
■'17 1 ,  471.  —  S«>»  hnnuijpics  aux  Parisiens.  '.Ujît. 
407. 

(îiitRLEs  1\ .  empereur  (rAllema{jne.  menlioiini- 
comme  empereur  (le  Home,  par  (îuiilelM>rl  de 
Metz ,  190,  934.  —  Sa  r<^eplion  à  Paris,  «35. 

(Iharlks  dk  Louvirrs.  un  des  auteurs  auxipielii  on 
attribue  le  ,S'om>iiM»i  Mritlarii,  ((o. 

(ÏHARLIS  DR  NavaRRK,    KjI) 

('.hari.es  Martrl,  maire  du  palais.  i4'i.  t4.'i. 
(iHARLUi-QuiKT,  emj)ei-eur  d'Allcniafrne.  igi. 
(jHar^iers.  voir  In^ocemts. 
(Iharolais  (Le  comte  de),  (ils  de  Jean  sans  Peur. 

34t. 
Charpemerie  (Rue  de  la),  4f>o. 
Cbarpemtikrs,  k  la  lin  du  xiv'  siècle  et  au  coinnien- 

cenienl  du  xv'.  3(17,  368. 

(iHARRKTIKHK  (Hue).    |68,    I78,    1 79. 

C.iikRRKTiKHs.  Il  la  (in  du  xiv*  siide  et  au  eoiumen- 

cenienl  du  \\'.  36i),  370. 
(^iiARRONiF.RiR  (Uiie  (le  la),  section  de  la  rue  de  la 

Femmnerie,  9o3,  983,  988.  610. 
(JHARRONH.  fl  la  lin  (lu  \n'  siède  et  au  cammemr- 

iiienl  du  x\'.  368.  369. 
CiiARTiKR  (Alain),  |)oële.  4<i8. 
('•HARTIER  (JcanK  rlinniiipieiir,  339. 
(4IIARTRKS  (('.alli(Mralc  de),  909.  977. 
CiiARTREi'SE  de  Dijon,  336 ,  33H. 


I  K  DKS  MATIKKKS. 


«19 


CiuBTRtix  (Coavail  ém).  k  Fw».  tSf .  ««S. 
CHtRTREL't  (U).  itm  k  Dmm  Misiim,  !•&. 
CaiBTtoR  (Rm  éa). 

(Ittrçcmt,  91  S. 
i'Munitm  ((ieorfas).  énaiftim.  997. 
CnItub  (Rm  du),  m  éi  Oàlmm-Fim.  •••. 
<^HÂTi40«n)r  (BenoJilM  m).  < 

tMMftn,  49S. 
CalTBir-TBuaat  (Vile  de).  tSy. 
CalTBLBT  (Grand).  160.  iM.  171.  tfj.  mi. 

104 .  9  11.  «  1 9,  333 .  3&« .  4o8. 
(^aUstiT  (Petit).  161,  i8«,  içè.  1^. 
CmItblit  (Place  du).  188.  10-1    119.491. 
CbItkut  (ThMiiv  da);  bm  ««flaeanflM.  ««1. 

909. 

CNAOBBOT^itas.  i  la  fin  da  sn'  siècle  et  as  tam- 

nteMBOMat  da  it*.  367. 
CBAitr  (Jean).  CMMhr  de  Ckvfas  Vt    :tM 
Ca*D»  (Rueda),  196. 
CaAcaoKT-n-VBin  (Vie  de).  1 1«. 
Chai  !«T  (Albert  Ba).SSi. 
OHicsssmas,  i  la  fla  do  m'  «ècie  el  aa  OBaMaaH 

canMDtdatT'.  S68. 
CHArrBT  (Dooiaine  de).  34«. 
<<HA«ic»T  (Ds),  ministre.  194. 
CRixiia  (André),  poile.  «19. 
CniEsue  (M.  Adidie),  aalear  dane  noiiee  mr  b» 

ancieaneB  ^eoice  de  ■édwine  de  b  rae  de  b 

Bâdierie.i4, 43.  441.41.1 
(^REBET  (Renoid).  biedâibar  de  r^ghae  aoai-Ha- 

norë,  i84. 
CasvAusa  (Le),  daas  b  Oaaar  MmÊkn,  «99. 
Cbivalieb  Bff  «BIT  (Le):  il  prsad  part  k  b 

tion  de  reoperear  Cbariea  fV.  «3S. 
CaivAUBa-ao-GsBT  (Pbee  da).  to«. 
(îa(VAU(B-ao-<jCBt(Raeda).  108.  176. 
CastAUsas  (Les),  daoa  b  Gaab.  9^    • 

i4i. 
CaiTSDaama.  k  b  fia  da  m' ékàm  m  ( 

ceaMBt  do  iv'.  389.  S70. 
CnrBrSAiirr4aMav  (Rae  da).  i8«. 
CasTiuiBa.  Mb»  de  XWfim  ér  ta 

/Ww.468. 
CamBsaB(LeMreae),| 
(^■traonm  (Raedn).  «i« 
Cam  (U  pierre  da).  dav  b  t^.  iM. 
CBnaanT(llM).t«S. 
CaaaBBBiT  I".  rai  de  PWaee.  it&.  «48. 
CaiU(iMe.raifraae.487. 
CanrtfMc.  rei  de  FnMe.  487. 
CanmMBM.  k  b  la  da  u«*  sikcle  H  m 


<4o. 


•M. 


620 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


cément  du  xv',  356  h  36i.  —  Enseignement  et 
exercice  de  leur  art  au  moyen  âge,  438  à  445. 

GiioLET  (Jean),  légat  en  France,  169. 

CnoiETs( Collège  des),  169,179. 

CiioLETs  (  Rue  des  ) ,  anciennement  SaintSymphorien- 
des-V ignés ,  179. 

Ciioppix  (René),  jurisconsulte,  166. 

CiiousAT  (  Jean  ),  receveur  du  duc  de  Bourgogne  ,464. 

Chrétien  (Guy),  successeur  de  Raoul  III  de  Presles 
dans  les  fonctions  de  maître  des  requêtes ,  88. 

Chrétien  (Guy),  trésorier  des  finances,  35 1. 

Chrétien  (Maître  Gervais),  chanoine  deBayeux, 
fondateur  du  coll.  de  Maître  Gervais,  173,  446. 

Chrétiens,  persécutés  dans  la  Gaule,  iiq,  i4o, 
565. 

Christine  (Rue),  174. 

Christine  de  Pisan  ,  voir  Pisan. 

Choyés  (Georges  de),  auteur  du  livre  intitulé  La 
Guide  de  Paris,  etc.  189. 

Chynen0dy,  joueur  de  cornemuse  et  de  flûte,  i94, 
933,498. 

Chypre  (Le  roi  de),  935. 

CicÉRON,  4i,  75,  93,  i35,  i36,  147,  3a6,  896, 
4 10,  5oo. 

Cilicie  (Province  de),  i44. 

Cimetière  des  Innocents ,  voir  Innocents.  —  Saint- 
Gervais,  918.  —  Saint-Jean,  9i5.  —  Saint- 
Nicolas,  458.  —  Saint-Paul,  i84.  — Saint- 
Paul  de  Londres,  987. 

Cimetières  en  général,  95,  110,  193,  189,  193,- 
987,  5io. 

Gimetière-Saint-André  (Rue  du),  o\i  Suger,  175. 

Cimetière-Saint-Benoît  (Rue  du),  174. 

Cimetière-Saint-Gervais  (Rue  du),  voir  Monceau- 
Saint'-Gervais. 

Cimetière-Saint-Jean  (Place  du),  ou  du  Marché- 
Saint- Jean  ,  9 1 5 ,  916. 

CiNÉAs,  ambassadeur  de  Pyrrhus,  59o.  53 1. 

CixQ-DiAMANTS  (Rue  des) ,  anciennement  la  Courarie, 
actuellement  comprise  dans  la  rue  Quincampoix , 
196 ,  210. 

CiRiERs,  à  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commencement 
du  XV',  365,  366,  367, 

Cisalpins,  i43. 

Cistercienne  (Bibliothèque),  recueil  de  diverses 
chroniques,  100. 

Cité  ;  églises  contenues  dons  celte  partie  de  Paris, 
i59  à  157.  —  Ses  autres  édifices,  i58,  159. 
—  Ses  rues,  161  à  i64.  —  Fae-simik  d'une 
miniature  qui  la  représente,  197. 

CÎTEAcx  (L'abbaye  de),  11. 


CîTEADx  (Ordre  de),  187,  aaS. 

CIteadx  (Rue  de),  aa5. 

Clakin  (Bertram),  voirDn  Gdbscliït. 

Clamanges,  théologien,  9. 

Clarence  (Lionel,  duc  de),  935. 

Clai-de,  dominicain,  chargé  de  la  réédification  de 

l'église  des  Billettes ,  1 89. 
Clément  VI,  pape,  19.  — 11  enrichit  le  collège  de 

Narhonne,  171.  —  Il  approuve  une  fondation 

pieuse  de  la  veuve  de  Jean  de  Dampmartin  ,399. 
Clément  VII,  pape,  9. 
Clerc  (Le),  dans  la  Danse  Macabre,  3i3. 
Clerc  normand  (Le  notable),  auteur  anonyme  d'un 

acrostiche  tautogrammatique   sur   le  nom   de 

Paris,  24 1.  —  Texte  et  interprétation  de  cet 

acrostiche,  5o6  à  5ii. 
Clercs  ,  à  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commencement 

du  xv',  356  h  36i. 
Clermont  (Collège  de),  plus  tard  Louis -le-Grand , 

168,  173,  179. 
.Clermont  (Comté de),  147. 
Clermont  (Louis  de  Bourbon,  comte  de),  189. 
Clichy  (Jean  de),  orfèvre;  son  marché  avec  l'abbé 

de  Saint -Germain -des -Prés  pour  l'exécution 

d'une  châsse,  48i,  489. 
Clichv  (Paroisse  de),  981. 
Climat  de  Paris,  17,  59,  61. 
Climats;  leur  influence,  58,  59,  60,  61. 
Clisson  (Hôtel  de),  197. 
Clisson  (Le  connétable  de),  9t5. 
Clocheperce  (Rue),  916. 
Cloches  de  la  cathédrale  Notre-Dame,  i54. 
Clodion,  roi  franc,  106,  i36. 
Clodomir,  roi  franc,  969. 
Cloître  des  Innocents,  984.  —  Notre-Dame,  169. 

Saint-Benoit,  177.  —  Saint-Germain,  9o5.  — 

Sainte-Opportune,  188,  9o3. — Saint-Honorè, 

i84,  187.  —  Saint-Merry,  919,  46o. 
Cloître  (Rue du),  i85. 
Ci.oîtbe-Saint-Jacqoes  (Rue  du),  i83. 
Clopin  (Impasse),  i8o. 
Clopin  (Rue),  180. 

ClosBrunead,  169,  179,  180,  897,  899. 
Clos-Brdneau  (Rue  du),  ou  de  Condè,  4i. 
Clos-Brl'nead  (Rue  du),  ou  Judas,  179. 
Clos-Brdneau  (Rue  du),  oa  Saint-Jean-de-Beauvais, 

4i,  7». 
ClotaireII,  roi  de  France,  i44,  667. 
Clodtiers;  siège  principal  de  leur  industrie,  910. 
Clovis ,  roi  de  France ,  106,  111,189,  i44,  i48, 

149.  — Son  tombeau,  167. 


TABLE  ALI'HABKTIOLE  DES  MATI^^RES. 


•SI 


CLOvu(Rue),  166,  167,  169. 

Clu^ty  (fWn«^(lictin»  de),  i8f}. 

Ciuîir  (ColMgc  de),  170,  177. 

Clonv  (Ruo  de),  177,  178. 

CLU«ii;M(VillRdo),  t/i3. 

COCATKU  (Kiin),  169. 

CocHHEi,  (BoUiilIc  de),  Ith'j. 

CociiKaiH  (M.  lli|)|M)lyto).ë<litcurdeL«Beaf,  i5S, 

178.  180,  18G,  1H8,  1H9.  m,  hht. 
CoiTM  (Chambre  aux),  nu  de  la  Lingtrit,  «36, 
CoÏTivY  (Prëgent,  «eigneur  or.),  oinirol  de Pmiee, 

995. 

CoBDR  (Jarquc*),  argentier  de  Charte*  Vil;  mm 

hAtel  il  Hourgea,  5(17 . 
CorrRETiKRH,  il  la  fin  du  %t\'  ni^le  et  ao  eotniMD- 

ceiiient  du  \\',  .Kiy,  .168, 
CoiatiM  (Henri  du  Cuinbout,  due  oi),  évéqne  de 

Metz.  98. 
CoiTiER  (Jacques),  m<klccin  do  Louif  XI.  195. 
Col  (Matlro  (îautier),   conwitler  du  Roi,  199. 

/m  9. 
CoLtRTDR  Maubkoce,  chantcur  degealc,  63o. 

COLIEET,    97, 
COLCIIIOE,    lflf>. 

Coi-DE-H^coN  (Kuc  du),  toh. 
CoLitiMY(  L'amiral ).  90/1. 

CoLLABORATKI.'nS  EXT^RIECRil    DD   HSRVICE   HWTOMQl'l; 

ils  pr^tetil  leur  roncoiirs  h  la  poblication  du 

prëitenl  volume,  wiv. 
Collège  Royal,  arluollemr'nl  Collrgt  de  France, 

179. 
Collèges,  t68h  17/1.  .'>99,3'i3. 
Collégiale  (Place  de  la),  itt,  laa. 
CoM.^r.ui.r.  (Iluo  de  la).  991. 
CoLOGMR  (Ville  de).  io5,  i3&.  i&C. 
Colombe  (Iluo  de  la),  16&. 
CoLOMBiKR  (  Ituc  du),  acluollenient  Jaeoi,  qnartier 

Sainl-(î<>rmain.  19.1. 
Colombier  (Rue  du),  quartier  Saint- \utoine.  190. 
Colonelle ,  99. 

CÔME  DE  MELmRATI.  Voir  l>Mti:K1T  \  11. 

C0MB8TOR  (Pierre).  rhanfelii-rdeNolro-Damo.  il><». 
CoMiNss,  chroniqueur.  897,  &3i. 

COMMANDEEEMES,  Voir  RECOMMA^nKaOBB. 

CoMMA!<DERiE  du  TcmpIc.  I Hti .  -iiS,  488.  —  De 
Kranre,  191.  —  De  Sainl-Jean-de-l,atran.  488. 

(Commerce  (Temple  duK  destination  donni^e  en 
1793  ji  IVjjlisc  SaiHl-Merry,  i8\. 

CoMMiMCES  (Ville  de),  159. 

CoMHIMIOn    ET    SntlH-COMMIMIO!!    bE.I    TRAV  \t\    HKIO- 

aigoEs;  elle»  occonicnl  leur  npprohaliim  et  |>r^ 


r  fwiwwi  >  k 

itut 

CenMMMM.  poito  klai.  S«i. 
CowM.  MlMr  et  DittÎÊmÊin  iê  h  Oaw*.  «#7. 
CMHkn  (VOt  d»),  S«}.  Iji. 
Camnrn  (CfcwAw  ém).  «34.  M8.  SAf. 
CoOT—i  a'Atwai(llt). 


iM. 
ttt. 


CoMutc  prorraaai  d  Av^gMo .  1 1 . — M.  4t  MarcMc . 
it.-/£4a  IMh.  II.  - /i.  4a8i*.  (I, 

—  Id.  à»  ToaioMe,  11.—  Id.  4»  Qrnmm. 
io«.  —  M  da  Ljfw.  tS$.  ^  Mwi  à» 
Paria.  S98.  ioo.— GliM4«na«,S«f .  «o*. 

—  D«  Cooataan.  399,  4ei .  Ae4. 
CoMowt  (PMt  d*  b  ).  181. 
CoM<(L«  prfaM  ■•).  ««<. 
CoeiruRa(H«laid«).t«&. 
C4Mnua(Vili^da).t«6. 
Coiiruw-SâWW-HwwMH .  liS. 
Co^roaTABU  dta  MMiaM 

«S*.  3«S. 
Comiiau  daa  pcialna  al  di 

—  0»  SdaUdiM.  m  di 
i«8.  i34.tS7.  — DiaU 
196.— Deaorffnw.  188.— D«^iiam>|Éni 
d'ooIreHnar.  189.-0»  Nalft>DMw-d»4h^ 
logne,  93*. 

Cosnian-Nom-Dun  (Rm  dt  la),  i*a. 
CosaiTUU  (La),  daaala  DlaM«  Ifanair*,  «98. 
CoaaiTAau  (  Le) ,  aana  aalff  déa^gaaliaa .  «Si.  4«(. 
CoMaaTATisi  daa  fnfwifÊê  apaalan^MaalMyast . 

168. 
Coaaraaai  (Caadbda).  S99,  4ei.  4o4. 
CaaariivTn  u  Gu^a.  uuipi  laiir.  7.  94. 
CiHMTim^  VI ,  «aBpcraar  d'Orint.  149.  lâe. 
CoaBTt:«TiiiR(Rueda).  i&&,  1&7.  iC«.  18S. 
CoRaTiBTtaona.  i4&,  149,  iSo. 
Coi«TtB«iuBn  (Roe),  174. 
CoKTT  (Évrart  aa),  tradactaw.  S9â. 
Conio(B«ila),  «ai. 

Co«  (  Raa  da  ) .  qaaHicr  da  Lflanra ,  «air  RoMBai». 
Coq  (Rb«  da),  ywrtiaa  da  b  Cf»«».  19c.  «it. 
CoQ-lliaMi  (Raa).  198. 
CaQeB«u(la|iaaaa).  aa  Cfii*».  tt;. 
CognuAar,  palla.43«.  Soi. 
Cooatuaa  (Raa  daa).  «a  5Maar-4aaw,  aaaifràr 
■a  la  raa  da  Taa^.  «iS, 
i(Kan«X  ptaiméBM  d-aa»  part»  de 

Icmà  aar  lH|ad a«m rhélai da  riMdra.  198. 
:  (Raa),  19e.  «•(. 
(itmy  tfdartaw.  S9S.  4*9. 


622 


DOCUMENTS  ET  ECKITS  ORIGINAUX. 


CoRBiE  (Maître  Philippe  de),  334. 

CoRDELU,  fille  du  roi  Lear,  1 15. 

CoKDEUER  (Le),  dans  la  Danse  Macabre,  3 12. 

Cordelières  (  Prioré  des) ,  ou  couvent  des  Clarigses  de 
Lourcine-lez-Saint-Marcel,  2  a  2,  el\o'\rV Errata. 

Cordelières  (Rue  des),  222. 

CoRDELiERS  (Couvent  des),  i65,  923. 

CoRDELiERs  (Opdpe  des),  168. 

CoBDELiERS  (Porte  des),  ou  Saint-Germain,  223. 

CoRDELiERs(Ruedes),  ou  de  Y  École  de  Médecine, 
171 ,  176. 

CoRDiERs(Rue  des),  177,  173. 

Cordonnerie  (La),  dans  le  quartier  Sainl-Jacques- 
la-Roucherie ,  219. 

Cordonnerie  (Rue  delà),  aux  Halles,  198,  aoG. 

Cordonniers  ,  à  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commen- 
cement du  XV*,  368. 

CoRÉ,  Hébreu  puni  par  Dieu,  i35. 

C0RMEILLES  (Village  de),  io4,  i3i. 

CORROYEURS,    I99. 

CoRROZET  (Gilles),  auteur  des  Antiquitez  de  Paris, 
gh,  199,  i63,  182,  192,  197,  3o3,  2o5, 
212,  224,  244,  4o3,  533. 

CossoNNERiE  (Rue  de  la),  189,  206,  207. 

Costumiers  du  Palais,  169. 

GoTTARD,  architecte,  197. 

CoTTONiENNE  (Ribliothèqne),  100,  211,  218. 

CoucY  (Château  de),  résidence  de  la  famille  d'Or- 
léans, 523.  —  Sa  description,  553  à  563. 

CoDCY  (  Enguerrand  III ,  seigneur  de)  .  fondateur  du 
château  de  ce  nom,  555,  559. 

CoucY  (Enguerrand  IV,  sire  de),  83. 

CouLON  [GiWes) ,  physicien  ou  médecin,  339. 

Coulons  (Rue  des),  161. 

CoDPE-GoRGE  (Rue),  177. 

Codpe-Gdeule  (Rue),  177. 

CoDRARiE  (La),  ou  rue  de  la  Courroirie,  ou  de  la 
Vieille -Courroirie,  actuellement  comprise  dans 
la  rue  Quincampoix ,  1 23 ,  2  »  o ,  334 .  335 ,  4 1 3. 

CoiRcv  (Jean  de),  auteur  d'une  chronique;  notice 
sur  ce  personnage  et  son  œuvre.  58 1  à  587.  — 
Fac-similé  d'une  miniature  de  sa  chronique,  584. 

CotiR  o'amodr  instituée  à  l'hôtel  Saint- Paul.  429. 
437.  —  Son  organisation,  438. 

CouRDiMANCHE  (Village  de).  95,  ii4,  i4i.  i42. 

CocRBoiRiE  (Rue  de  la),  aux  Halles.  198.  199. 

Courroirie  (Rue  de  la),  primitivement  appelée 
Plàtrière,  actuellement  comprise  dans  la  rue  de 
Venise,  199.  209. 

Courroirie  (Rue  de  la),  ou  de  la  Vieille-Courroirie , 
voir  CouRARiE. 


CouRTALON  (Rue),  188,  2o3. 

ConRTEcnissE(Jean),  docteur  en  théologie,  4o6. 

CoDsiN  (Victor),  philosophe  français,  89. 

CousiNOT,  bourgeois  de  Paris,  438. 

CocTANCEs  (Ville  de),  398. 

Couteliers;  siège  principal  de  leur  industrie,  180. 

—  A  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commencement  du 

XV',  367. 
Coutellerie  (Rue  delà),  108,  2i4,  219. 
Couture  (Chanoines  de  la),  190. 

CoDTUBE-t'ÉvÉQUE  (La).  2o6. 

Couturiers,  à  la  fin  du  xi\*  siècle  et  au  commence- 
ment du  xv',  368. 

Crahaut (Simon  de),  patriarche  d'Alexandrie,  399. 

Craon  (Pierre  de),  2i5. 

Crécy  (Bataille  de),  958,  393,  898,  43o,  471. 

Cresceques.  joueur  de  rebec,  i24,  a 33,  4 28. 

Crespy,  écrivain  de  Louis,  duc  d'Orléans,  126, 
laS,  933, 453. 

Cresson;  impôt  sur  cette  denrée,  234. 

Cbessonsabt  (Rol)ert  de),  évèque  de  Senlis,  10. 

CaiTEiL  (Village  de),  35o. 

Crevier  ,  auteur  de  Y  Histoire  de  l'Unirersité  de  Paris, 
8,  168.  174.933.  459. 

Criminels  conduits  au  gibet  de  Montfancon;  usage 
suivi  à  leur  égard,  188. 

Crispus,  voir  Salluste. 

Croist  (Hans),  orfèvre  du  duc  d'Orléans,  48o. 

Croix  tumulaire  des  Bureau  au  cimetière  des  lono- 
cents,  33i ,  409.  —  W.  (gravure).  33i. 

Croix-Blanche  (Rue  de  la),  d'abord  nommée  An- 
quetin-le-Faucheur ,  916. 

Croix-de-la-Reine  (Hôpital  de  la),  plus  tard  de  la 
Trinité,  186. 

Croix-dd-Tiroir  (Fontaine  de  la),  ou  de  la  Croix- 
du-Trahoir,  198. 

Crolx-du-Tiroir  (Ruedela),  94,  to8,  i38,  ao5. 

Croix-Neuve  (Rue  de  la).  206. 

Croquetaine  (Terre  de),  349. 

Crout  ,  rivière  ,121. 

Crozatier  (Rue),  225. 

Grdcifii  (Le  grand),  dans  la  cathédrale  Noire- 
Dame,  45,  47. 

Cruxthesalo  (Mathe),  trésorier  de  l'empereur  de 
Grèce,  349. 

Crypte  de  l'église  Sainte-Geneviève-du-Mont.  167. 

CuGNÈREs  (Pien-e  de),  conseiller  au  Parlement  de 
Paris,  i53,  171,  494. 

Cuisiniers  ,  à  la  fin  du  xiv' siècle  et  au  commencement 
du  XV',  365,  366,  867. 

CnjAS  (Rue),  voir  Grès. 


TABLE  ALIMIABÉTIOUK  DES  MATIÈRE». 

Ct!ti{ljt),àimêiêDmm 
C«ul(RM«eM),to«. 
CtMM.  rMàra.  thk. 
Cnn  (Rm  da).  «07.  m6 
Ctmm.  rei^  Parw.  S4i. 


C1J1.DOB  (Cliarl««),  Pr<?¥At  de»  Marebamlf,  438. 
CvuDoi  (Défini),  femme  <!(•  Guillaume  de  Saiot- 

(jeriimin,  lihi. 
(>i;ltk  ileii  Gauloi» ,    ii'j,  ti.'S,   n'i,   lio,  i&i. 


en 


D 


Dacc  (Pay»  de),  i46.  179. 

Dagoirrt  1".  roi  de  France,  gt,  99,  ihh,  tSj, 

/i«7,r)3i. 

Dm^imui  {Co\léf(e  lif),  ou  ilu  Damptille,  171,  174. 

Dainvillr  (i'iérartl,  Jiron  et  Micin'l  bK),  romlolviint 
(lu  rollqre  <l(!  IhiinviUe ,  171. 

l>«\ii>ir.nnK  (Jnon  dr).  i'iolii-viii,  ',\lil%. 

l)AMi>MM\Tn  (A(;n)!ti  dr).  iKiurfjeoiM*  de  Pari»;  IM 
lilx'rnliU'tt,  33o. 

DAMPMtRTi^  (  llranche des),  dans lo  loinilli'  Itunim. 
3a8. —  Kondutions  pieuses  dues  à  t]u*'li|ii<>»-iiii« 
de  iu>8  membres,  33o,  33t.  —  Ses  (inii<>irii>« 
(gravure).  33o. 

Dampmarti'*  (Bureau  di),  changeur  et  orfèvre;  son 
hâtei,  193,  196,  199,  910. —  Hospitalité  qu'il 
acconle  &  Laurent  de  F'rcniicrfait ,  i93,  196, 
197,  3'iti,  /|19,  '11 3,  ^ii^i.  —  Ses  armoines 
(gravtire),  397.  —  Sa  famille,  397  il  339.  — 
RenseiKncmonIs  sur  sa  vie,  339  à  335.  —  Sa 
femme .  3  3  i .  —  A  ppnicitttion  de  son  caractère  et 
de  sa  conduite  |Militi(|ue,  336,  335.  —  Jetona 
frappés  pr  son  onlre  (gravure),  335.  —  Son 
sceon  (frravure),  335. 

Damphartim  (Bureau  dr),  {Mmiasien  de  Saint-Jac- 
(]ueit-la-B«)ucherie ,  397. 

DaMPMaRTIN  (Jnn|llO!t  dr).  Iioiiqjroiii  de  l'nrii;  sou 
•>|)il<i|iliiT(  ri'llr  ili"  Miiric  (iiinrp«-nlii-r.  *4i  riinme. 
33 1. 

DwpMtiiTix  I  MnlJjiMi'.  voiivo  de  Jran  dr^:  «« 
rondiidiin  dans  IV)[lis<>  Siiiiit-Jnn|ii<^-ln-ll<Mi- 
clierie,  399. 

l)»xf»iAiiTi^  (Jf'iiu  i>K).  tlrn|>i('r:  •«m  «■pilnplic  ri 
celle  de  Mnrie  (ùivellier,  sa  fenuno ,  33i> .  .13 1 . 

I)\mpmartifi  (Sire  Jean  DR).mnrrhand  dr.ipipr:s«n 
é|)ilnplie  et  relie  de  NLii^nleleine .  !tn  femme.  33 1. 

DAMPMkHTH  (.SiiiKiii  DR ) ,  volet  dp  rhamlire  du  roi. 
rhnngeur  il  l'aris;  il  fonde.  mnjoinlenH'nl  aver 
sa  fnnnne  Mor(;uerile.  une  rlin|M'lle  dan«  l'i'glise 
Saint-JnripieH-ln-Bourlierie.  399.—  .\mi«'»  ligii- 
ranl  diui!)  son  épitaplie.  33o.  —  Question  mmi- 
levdk;  il  son  sujet.  369. 

Dampvillr  (Coll(<gcde),  voir  DinviLLi. 


Dtsctt  (GdlMm).  harpiM*.  %*\.  «3.!    k«h. 

DtsKataa,  i46. 

0<«iu  (Gabrial).  fkmàt.  Mlaw  île  j'i  r  .1    m- 
«ragM  hiHariqjim.  «S9. 

Dtaaa  Mmmu.  i«S.  193.  aA«.  «ii.  a*;,  aji. 
•7t.  «73.  4&t.  —  Fiftwlii  mm  m  mImv 
at  aoB  mgm.  aM  t  tS».  --  fay  linii  é» 
aoB  no».  189.  —  Rtpwikrtiw  éê  pilai  bm 
poaë  sur  ce  sujel.  ayj  à  S17.  —  GtanMta  i» 
lai  paMMwda  aHt^M«Mr  Im 

\)un%  Auauiai,  (i&.  («9. 
DiavH,  flaatre.  101.  io«.  im.  ikh. 
bkmuxnà,  aniear  île  roanigr  wiiiitW  r^iWi. 

judititnum  iê  aana  iiiaislw,  '• 
Dathai,  Hëbfw  pHi par  Dim.  13*. 
Dacxoii,  aaraal  frmfaia.  100.  43o,  4Si. 
DACpaia  (Le),  roi  plwlani  somleMM^aCWIest. 

«<&.  35o. 
DiDP«ia  (I^).  m  plw  iarë  aaw  la  MB  4t 

Chariea  VII,  «08.  Ai«. 
DAOPaiiii  (Rue),  174. 
Davrros  (  Prievré  da),  «oà. 
Da«i».  roi  de  Jnda.  io3.  i33.  &&f. 
Da«id.  peintre,  17a. 
DiBaoai»(Le|iliili«l).  i43. 
Di  BMiaaM  (Salowa).  iRldlwla  da  paHad  San*. 

lîervaia.  i84.  918. 
DRcaARctca*  (Ruedaa).  \o> 
DicasTS  tt  aicairar*  {F»<iitt.  •bo..  «Uim  1 1  m 

venilè  de  Pan-  iM.  3f7.  3fS. 

âaa.  â4i.  —  .Itactnt^àa  de  aaa 

eiMa^  9MM''Jaatt«  iv^  •■"  9as 

tiana  le  doa  BrwNaa.  179.  i8«.  3ff. 
Damaoa  ruaa.  oa  Ùiftmmmm  fam,  aMMaga*» 

Maniit  da  Mom  «  de  JaM-4 

h  lapiiwatii  lin     ■  da  Ptft.  «.  7.  8. 
Dtaciuinua  (GwlBMBe  at),  m 

Mya  dt  4i  fàr  4BMaia'    '^~> 
MiMRU.  aaaaaoM,  &61 
Dit  lasaaa .  ddiliT  daa  il»aMsrM  jmm  mrm  i  fis»- 

IMT*  dr  il  /Vawa  «  dr  la  BmÊwmm,  i«8^ 


624 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


De  Lagrive,  géographe  de  la  ville,  59-2. 

De  Lamabe,  auteur  du  Traité  de  la  police,  53,  59, 
197,  a33,  a34. 

Delisle  (M.  Léopold),  membre  de  l'Institut ,  biblio- 
thécaire au  département  des  manuscrits  de  la 
Bibliothèque  impériale,  127,  960,  a6i. 

De  Lorme  (Philibert),  architecte,  188. 

Demi-Saim  (Ruelle  du),  primitivement  du  Trou- 
Bernard,  20  5. 

Denis  (Michel),  auteur  de  l'ouvrage  intitulé  Co- 
dices  manuscripti  theologici  Bibliolhecœ  Palatinie 
Vindobonensis ,  h,  18,  99,  3i,  79. 

Dennemarche  (Collège  de),  ou  de  Danemark,  17a. 

Denys  de  GJteadx  ,  ou  Dionygius  Cisterciensig ,  auteur 
du  Principium  in  prima  Sentenliarum ,  4 1 . 

Dépôt  du  domaine  de  l'État,  168.  —  Des  archives 
du  Trésor  royal,  173. 

Des  Accords  (Tabourot,  seigneur),  498  à  5o9. 

Descirtes  (Rue),  aai. 

Deschamps  (Eustaclie),  poète.  SgS,  498,  499. 
43o,  569. 

Deschamps  (Gilles),  docteur  en  théologie,  a33.  — 
Notice  sur  ce  personnage,  398.  399. 

Des  Champs  (Hubert),  Échevin,  344. 

Deschamps  (Pierre),  cardinal,  professeur  à  l'uni- 
versité d'Orléans,  6. 

Des  Champs  (Robert),  seigneur  de  Tourville  et 
maire  de  Rouen,  398. 

Des  Essabts  (Antoine),  chevalier,  sieur  de  Thieure 
et  de  Glatigny,  i54,  52i. 

Des  Ëssarts  (Jeanne),  femme  de  Henri  Baillet,  35o. 

Des  Essarts  (Pierre),  surintendant  des  finances,  4o8. 

Des  Fossés  (Bernard),  pauvre  bourgeois  de  Paris. 
109,  110,  i38. 

Désir,  Voir  Didier. 

Des  Moulins  (Guyart),  traducteur  de  la  Bible  hi»- 
toriale,  46l. 

Des  Portes  (Marie),  ou  Des  Vertus,  mère  de 
Raoul  ni  de  Presles,  85. 

Des  Ursins  (Jacques  Jouvenel  ou  Juvénal),  arche- 
vêque de  Reims;  son  missel  enrichi  de  minia- 
tures, 197,  199,  918,  596,  585,  586,  587. 

Des  Ursins  (Jean  Jouvenel  ou  Juvénal).  prélat  et 
historien,  934,  935,  398,  4o5,  407, 4o8,  595. 

Deuï-Boules  (Rue  des),  aoa. 

Decx-Ecus  (Rue  des),  9o5,  906. 

Deux-Ermites  (Rue  des),  162,  i64. 

Deux-Portes  (Rue  des),  dans  le  quartier  de  la 
Grève,  196,  91 5. 

Deux-Portes  (Rue  des),  ou  des  Trois-Porles ,  dans 
le  quartier  Saint-Benoît,  189. 


Devise  ornant  un  manuscrit  de  la  traduction  de  la 
Cité  de  Dieu,  par  Raoul  III  de  Presles,  98.  — 
De  Valentine  de  Milan .  au  château  de  Blois ,  569. 

Dhecllano  (Plan  de),  906. 

DiBDiN,  antiquaire  anglais,  979,  973. 

Dictateur  (Le),  nom  donné  par  Jean  de  Jandun  à 
l'auteur  anonyme  du  Premier  éloge  de  Parit ,  3, 
i3,  17,  19,90,95,  99,  33,  35,  57,  64,65, 
67,  68,  70,  71,  74.  —  Son  ouvrage,  99  à  99. 

Didier,  roi  des  Lombards,  i45. 

DiEUDONNÉ ,  un  des  premiers  surnoms  de  Philippe- 
Auguste,  »46. 

DiEP  rncoNBO  (Le);  son  autel  dans  l'Aréopage,  90. 

Dijon  (Ville  de),  193,  .336,  338,  389. 

DiocLÉTiEN,  empereur,  111,  119,  i4o. 

DioNYSiDS  C1STERCIEI18I8,  voir  Denys  de  CIteaox. 

DioPHiLAx  (Jean),  poëte  latin  moderne,  5o9. 

Dissections;  difficulté  de  les  pratiquer  au  moyen 
âge,  443. 

Dix-Huit  (Collège  des),  157. 

Dol  (Ville  de),  106. 

Dominicains;  les  confesseurs  de  Charles  V  appar- 
tiennent à  cet  ordre.  89.  —  Ceux  qui  demeurent 
près  de  la  rue  Saint-Jacques  prennent  le  nom 
de  Jacobin»,  168,  178.  —  Leurs  travaux  .  399. 

I)oMiNi(}UE  DE  CoRTONE,  coustnicteur  de  l'Hôtel  de 
Ville,  9  1 4. 

DoRMANs  (Guillaume  de),  un  des  auteurs  auxquels 
on  attribue  le  Somuium  Viridarii,  90. 

DoRMANs  (Jean  de),  év^ue  de  Beauvais,  fondateur 
du  collège  de  Beauvais,  168. 

Doublet  (Jacques),  bénédictin,  auteur  de  ï  Histoire 
de  l'abbaye  de  Saint-Denys  en  France,  ga,  999. 
93o, 959. 

Douce  (Francis),  auteur  de  The  danse  of  Deatli, 
969,  979,  987. 

DoucHi  (Jean  de),  clerc  du  roi  en  la  Chambre  des 
comptes,  348. 

Docët  d'Arcq  (M.) ,  sous-chef  de  section  aux  Archives 
de  l'Empire,  159,  333,  343,  436,  438,  535. 

Docze-Tables  (Loi  des),  i35. 

Drach  (Barthélémy  de),  contemporain  de  Jean  de 
Jandun,  52. 

Drapiers,  à  la  fin  du  xiv'  siècle  et  au  commence- 
ment du  xv',  365. 

Dressoir  au  x\'  siècle  (Gravure  représentant  un), 
476. 

Droit  civil,  enseigné  à  l'université  d'Orléans,  6, 
1 4. —  L'étude  en  est  interdite  en  France  par  uni' 
bulle  pontificale,  6. —  Inconnu  à  Paris  pendant 
le  moyen  âge,  i4,  592.  543,  571. 


TABLE  ALI'IIAIJÉTIOIK  DES  MATIRHg». 


l)ioiT»-DR-L'lioMiiNe  (Plaee  <!«•),  ou  du  Martht- 
Saint-Jean,  ai 5. 

Drciuch  ,  g/i ,  n  9 ,  i  1 3 ,  I  /io. 

DHL'Kke.^,  chi-rd(!it  l'icUw,  i/|G. 

Ditoifi  ([y;  caniinal),  iBA. 

I)i HOIR  (Le  I'.),  auteur  de  MlUtoirt  eceléMtaitiqMi  de 
l'ariH,  no,  su 6. 

De  BotiLtr  (CëMr-ÉgnH!t<-),(;r(5lli«rdcllIni*awK, 
aiiti-iir  (l<>  rou\i-a)|i>  iiitiliili'  llittari»  Vmurm- 
liilis  l'armenni» ,  h,  fi,  7,  8,  84,  I90,  iM, 
168,  179,  a33,  398,  399,  4oo.  4io,  hk%, 

DvBoi'Bu  (Aiiiip) ,  (-orisoilliT  uu  i'urieiiiiiit .  (>. 

f)u  Roz  (l'icrrc),  rlinpuloiii  de  Soiiil-MarlitHlr»- 

Orges,  'ia-i. 
Du  Breuil,  orclK>v«^|u(!  de  Toulouse,  399. 
Di;   Breol,  ouleur   du    Theatrt  dii  antùpàltt  et 

l'an»,  fl8,  44,  47,  94,  tii,  \h%,  i63,  164. 

i.'ifi,  iiJ8,  j5(),   161,  166.   167,   171.  177. 

|84,    18C,    KJ-J,    193,    198,    993,    994,    93i, 

■i4o,  944,  945.  95o,  987,  9S8,  96S,  966, 

•167,  971, -iSS.  .'i4<).  .')67. 
I>i'c  ((>k),  (latut  une  (iditiou  du  Uil  de»  Trois  Morlt 

et  tien  Troit  Vif»,  <fj9.  —  Dan»  la  Amm  llm- 

enhrr ,  997. 
Di;  (Iamik,  auteur  <lu  Glouarium  médite  et  iitfmtt 

Intinitatii,    3,  94,  96,  49,  5o,  5<,  58,  70. 

MU,    190,    139,   l55,    174,  900,    9l6,   93o, 

■j59,  984,  985,  986,  489,  495.  535. 
Du  ChItel  (Tanneguy),  334. 
Di'  Cerceau  (Plan de),  91,  195,  990,  997,  93i. 
De  CiiE8!<E  (Andrë),  historiographe  de  France, 

lof),   991,  994  ,   486. 

DucHi^  ( Mnllre  Jacques) ,  ou  Ihuchy,  ou  Ihry,  rlerr 
ilu  roi  en  In  Chambre  des  romples.  rirlie  liour- 


éttm 


geottdo  Paria.  igS.lti.  ~ 

hAtol,  199.  too.  —  Ndiw  mm  « 

Si;.  ih6.  Si*. 
OvDuc(J«m).SSo. 
Dm-m-Bmmmi  (Rm  et),  m  éê  Mmm,  fm 

d«  tUkm,  179. 
DvPuL(Ne«).««ëL< 
Do  Po«B  (GmUmt). 

■v«erabW«h 

roémlioa  ima  éàm,  48i .  48«. 
Do  GoMcua  (B«lfw4).  90. 447.— 8* 

r^giiMS«iM«-CiliwiM  da  Vd-4»-tcdim. 

i««,  199.  —  lém m  riiHiiii  et  C— «f.  tii. 
Do  ticLtnu  (Ham).  aataw  Ai  fartMaf  et  ffi- 

Utfkê  iê  tmêm  Pimn  ài  Cm/mil,  1&:; 
lhtàtnt,»ttlearJimmHùtmnàt  Burm,  ta,  «iv< 
Do  HàtUM  (Bmmtiit  Gkmi.  iiigai»).  hwto- 

rHigni|itw<feaMri«IXc(d«ll«nlll.  i«i. 
Do  Miro.  (ÈiAmlmi).  artf  ém  ftAw  ^y 

inrw  Mm  ■K*'iw  «  xifmiA,  498.  &•«. 
Dc«-u>RM(Vflk<b).  34i. 
Dom>h(Lb  contoM),  Sai.  M;.  &5i. 
DoPuMi(CoMfo).  179.174. 
De  PutaMt  (Dont  ToMMl).  tmàrn  ém  Amm*> 

Aimalm  il  Pwiê ,  107,  1I8. 
De  Plewr  (G«o<lra;).  aatMradtrÉfiw.  174. 
Do  Port  (Jen).  bwgraplw  im  tmkt  km  thm- 

goul^me.  5i8.  Stg. 
DsRiio  (Uuiikaa»).  «otaorda  Aatiasa/  d«  4iMw 

^bw.  159. 
Dr  TiLLRT,  943.  •&9. 
Du  TiLUOT.  MlaHr<i«  MàÊmtmpmÊtmniritk»- 

De  \erdier  (  Gilbert  Saninier.Mar). 
de  Kraiice.  i9o. 


hlciiAUD^  (Hue  de  1),  993. 

É<:helle-du-Tehple  (  Rue  de  1'),  196. 

Ki:iii:\ixi(iK  parisiem;  il  transigo  avec  le»  rrligieux 
de  Sniht-Mngloire,  itio.  —  Il  est  iuipliqui'  dans 
un  prortS  îi  l'ornisionde  la  rhute  du  |>onl  Notre- 
Dame.  160. —  Son  sit'gc  hohiluel  est  l'HAlei  d« 
\illc.  197.  —  Il  fait  ronsiruirc  des  aqucdoca, 
198.  —  Il  prend  part  4  la  nVeptiou  de  l'om- 
|>ereur  Charles  IV.  9,35.  —  Set  doMancei  4 
Chaiies  VI,  ;<:t:i.  —  Il  est  rhangë  pendant  la 
doniinalion  anglaise,  3V'(.  —  Il  refoildoltUrai 
du  duc  d'Aleufon,  345. 

rxiiEvn  EX  cHEr  de  Meta,  19&. 


Êcou  impériale  de  daaMi.  ttS.  — 
Iravaiu  pobii».  piw  taid  &eale  fÊtyttémÊ^. 
ir>9.  180.  —  DeMMactM.  171.  — Da< 
17.1.  —  Rovalé  aâilaire.  lot  —  Dm 


i(BMdcr>.  I' 

£c0Ui (iMda»),  i7«.  177. 17^.  > ;.i 
£o»u-&inT4inn*n  (Qmï  de  T).  •o^ 
Èn»*Simt4kmun  (9m  da  T).  197. 
toouMmi\mtmmknmmkHvmét(hmim\l 

487.  —  Vair  a— iCauéRaaal  W ■! 

ÊcMKiinu  (RmIo  da  r  ) ,  aa  dt  la  TWm,  1 19. 
.i4«. 


7» 


626 

ÉcossK  (Rued'),  179. 

ÉcouFFEs  (Rue  des),  91C  ,  217. 

ÉcRAMERs,  à  la  fin  du  xiV  siècle  et  au  commence- 
ment du  xv',  367,  368. 

Écrivains,  dans  la  première  moitié  du  xiv'  siècle, 
16,  54,  55.  —  Sous  le  règne  de  Charles  VI, 
195,  933.  —  Siège  de  leur  industrie  à  la 
même  époque,  176, 177,  911.  —  Leur  nombre 
et  leur  importance,  177,  939,  486.  —  Liste 
des  personnes  de  cette  catégorie  h  la  fin  du 
xiv"  siècle  et  au  commencement  du  xv*,  364, 

—  Notice  sur  l'exercice  de  leur  industrie. 
447  à  453.  —  Articles  de  dépenses  relatifs  h 
leurs  travaux.  463  h  466. 

Écrivains  (Rue  des),  appelée  aussi  Lez-éffli»e-Sainl- 
Jacques,  109,  i83, 199,  aïo,  911,  456,  46o, 
46i. 

ÉcRODELiES;  pouvoir  de  les  guérir  attribué  aux 
rois  de  France,  i48. 

Écus  (Rue  des),  voir  Deux-Kccs. 

ÉcDYER  (I/),  dans  la  Danse  Macabre,  3oo. 

ÉcuyERS,  à  la  fin  du  xiv'  siècle  et  au  commence- 
ment du  xv',  369,  370. 

Kdilité  parisienne  ;  elle  fonde  VHùtoire  générak  de 
Paris,  V.  —  Elle  remet  en  lumière  les  anciens 
écrits  relatifs  à  ses  Annales,  v.  —  Libéralité 
avec  laquelle  elle  soutient  ces  diverses  entre- 
prises, XMI. 

Éginhard,  chancelier  de  Charleinagne,  i46. 

Kgi.ises,  45,  535,  577.  —  De  la  Cite,  i59  à  107. 

—  De  Y  Université ,  ou  haute  partie  de  la  Ville,  ou 
rive  gauche,  i64  à  168.  —  De  la  basse  partie 
de  la  Ville,  ou  rive  droite,  i83  h  igS. 

Égoutiers,  à  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commen- 
cemefit  du  xv',  368  ,  369. 

Égodts  (Rue des),  198. 

Egyptiens  (  Vagabonds  dits  ) ,  logés  dans  la  rue  Sainl- 
Symphorien-des-Vignes ,  179. 

Eue,  prophète,  95,  ii5,  i49. 

Elien,  prétendu  martyr  chrétien.  gS.  119.  i4o. 

EnGins,  voir  Saint-Éloi. 

Elmham,  auteur  de  la  Vie  de  Henri  V,  roi  d'Angle- 
terre, 96. 

Éloges  de  Paris  par  un  anonyme  et  par  Jean  de 
Jandun,  ix.  —  Reproduction  de  ces  documents, 
99  à  99,  39  à  75. 

Embrun  (Ville  d'),  i46. 

Empereur  (L'),  dans  la  Dame  Macabre,  995. 

Emprunt  forcé,  levé  sur  la  bourgeoisie  parisienne 
par  le  gouvernement  de  Charles  VII ,  39 1 . 

Enceinte  de  Philippe-Auguste,  108.  tio,  i65. 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


174,  181,  i84,  i85,  187,  195,  908,  917, 

990,  991,  994, 997,  998,  93o,  sSg    —  De 

Charles  V,  161,  188,  196,  908,  990,  994, 

998,  93o,  93i,  593. 
Énée,  fils  d'Anchise,  io3,  i33. 
Enfant  (L'),  dans  la  Danse  Macabre,  'i\-i. 
Enfants-Bieus  (Hospice  des),  auparavant  hApital 

de  la  Trinité,  t86. 
Enfants  pauvres,  186. 

Enfants-Trouvés  (Hospice  de»),  i55,  i56,  i6j. 
Enfer  (Porte  d'), auparavant  Giharl  et  enfin  Smnt- 

Michel,  999. 
Enlumineurs,  16.  54,  55,  taS,  198,  SgS.  hltj  à 

459,  463  à  466,  58i.589,  587. 
Ennios,  poëte latin,  5oo. 
Ensis  (Ciaudius),  on  Claude  {de  l'Epéel') ,  auteur  de 

l'opuscule  intitulé  Pueliarum  Avenionensium  ad- 

versus  Parrhisianas  de  formœ  prœstantia  concer- 

tatio,  57. 
EpENTiièsE;  emploi  de  cette  figure  dans  l'élymologie 

du  mot  Paris,  97,  57. 
Épernon  (Hôtel  d'),  196. 
Éperon  (Rue de  1'),  994. 
Épiciers;  si^e  principal  de  leur  commerce.  908. 

—  A  la  fin  du  xiv'  siècle  et  au  commencement 

du  XV*,  365,  366,  867. 

fipiCURE,   36. 

Epileptiqdes;  pèlerinagtis  entrepris  jiour  leur  guë- 
rison,  996. 

Epinav-sur-Orge  (Village  d"),  489. 

Epitapue  de  Jean  de  Dampmartiii  et  de  sa  femme . 
33o,  33 1.  —  D'un  autre  Jean  de  Dampmarlin 
et  de  sa  femme,  33 1 .  —  De  Jacfjues  de  Daih[>- 
martin  et  de  sa  femme.  33 1.  —  De  Jeanne 
Hesseliii,  femme  de  Jean  Bureau,  33 1.  —  De 
Simon  Bureau  l'aîné  et  de  sa  femme,  33 1.  — 
De  Cilles  Deschanips,  399.  —  De  Pierre  Aste- 
saii ,  5i6. 

ërmeline-Boiliaue  (Rue),  318. 

Ermite  {L'),  dans  le  Dit  des  Trois  Morts  et  des  Trois 
V^s,  970,  971,  979.  976.  —  Dans  la  Dmise 
Macabre,  3i3. 

Escalier  du  collège  des  Bernardins,  167.  —  Dit 
de  Philippe-le-Bel ,  au  Louvre,  936. 

Esclavonie,  i44,  i46. 

Escu  (Guillaume),  fondateur  de  l'hôpital  de  la  Tri- 
nité, 186. 

Ésope,  68,  69,  75. 

Espagne,  i44,  i46,  4oo,  598,  095,  398. 

Espaulabd  (Ruelle),  probablement  Pierre-Aulard , 
habitée  par  Raoul  111  de  Presles,  86,  88. 


TAinj;  Ai,PM\r5f:;TiQiJE  des  matières. 


fit? 


uoe 


l']itT(Kue(ler),  993. 
KHTir-iiJiiî  (Henri),  imprimeur,  loa. 
KHTooTr.viLLK  (rûiillouiDe  d),  ëvAqa«  de  Unmi 
fondateur  «In  colliîge  de  Tonhi,  173. 

KTABLK-DU-CLOtTRR  (llue  de  1*).   919. 

Ktampkh  (Je«n  iln  Foix,  ctjintp  d'),  59$. 
Ktamhe»  (  Lu  (lucluwsc  o').  .'{'ifi. 
ÈtAHPta  (Villcd'),  109. 

Etienne  ,  ubbë  de  Sainte-Geneviève ,  fondati-nr  d 

école  daiiï  ce  monastère,  17/1, 
Ktirx.iie  ,  suco/wKcur  du  Kr-naidd  de  la  Marche 

miniêtrt  det  Matkurini,  4  07. 
Ktolie,  contrée  de  la  Grèce,  t/i.*). 
Ktiïeh  (Rue  de«),  ou  de»  Vieille»- ^Jueei ,  (|uartier 

Sninl-Eustiirlie,  -joS. 
Etives  (llue  de»),  quartier  Suint-.Martin ,  909.  &r>n 
Étuveh  (Rue  de»),  quartier  Sointe-Avoie,  91:1 
KTuvmTKs,  b  la  /iii  du  xiv*  liècie  et  au 

ruent  du  x\',  308. 
Eudes,  roi  de  France,  99. 
EinES  DE  MoMTREViL.  architerte.  iH<j,  q-j.T 


Éviori  d«  Pari»;  m»  pMa.  tU.  — 

Mjaridktioa.197. 
Éfloet  (L).  dM b  Am  Ihaair».  Sm. 

HÊn  MmMw  Pb- 

.9.— MLtoiriwhipH»- 

eipaui  nMorima  Ai  parti  onMfMK.  loi.  — 

Portéapar  BaMM  MU 


ri» 


Etnrrmi  4a  la  laia  Mr  la»  «ÉB.  «II. 
BnMHai  da  TarMèta.  4»  Tai*.  aie 

NobW-OMM.  17t.  99». 

R>a»mo«  de  divan  abiato  daa*  b 
iVrira-fiao»  al  phMÎaan  aiMi«  4|lbM.  ifif. -. 

i:\-votodab  tieloiw  da  BnavèMa  (frwraw).  19*. 

191,    199.  —  Potir  ahmir  b  gafciw  4» 

ChaHei  VI.  SS;. 
ExmxT  (Cbode).  préwfaM  da  riifirwl  dt  fW^ 
I.  594. 


l'AHHU.as,  l>ibliojjru|>liu  ulleiiiuiiil .  '1.   ii>>  '. 

190,  i35. 
Fac-similé  (  Liste  des  1 .  \  v  1  \ 
Fages  (llernonl   de).    (UTli'.'vn|ii(!  de    .NarUmne. 

loudateiir  du  colléye  de  \nrbfiiiite,  171. 
Fagivola  (Andréa  L'jruzzione  délia),  970. 
Famal  du  cimetière  dm  Innocents.  193,  19^.  «K'i. 

—  Gravure  qui  le  reprëacnle,  193. 
Farixe.  vendue  aux  Halles,  906. 
Faisoi  Br.s  de  Wniv.riilt,  ou  Affuir  parti»  de  h  Ville. 

ou  rire  /riiiiche,   -j'ji    h   gai.   —  Oeb  i»ui 

partir  de  lo  Ville,  ou  rire  droit»,  99i  k  93i. 
FAtcoTiKiEn  (Hue  du).  187.  917. 
Fauriel,  savant  Français,  A3i. 
Fai°!>t.  inventeur  présumé  de  l'inipriinene,  33o. 
Favorixvs,  sophiste  grec,  i3ô. 
F^cAMp(  L'abbé  do) .  fondateur  du  collège  de  Torrlu , 

.7.3. 
FiLiRiEK,  historien  de  Paris.  99.  17t.  19&.  908, 

999,  93o,  9&&,  9&5,  987,  959,  986.  3hh. 

3&5.  359.353,  &06.  407.  «99. 
Fer  (Morchnnds  de);  «^  de  bur  commarce. 

909. 

Firmailleors,  AGq. 
Fermaxteacx  (Rue  de),  ai 8. 
FritHAiLLE  (Quai  de  la),  voir  Miewiait. 


Fr.RRkRi  (AoloDw).  évéi|wdaTartgM.6ii. 
I  rR*o.vaaHB  (Rm  da  b).  108.  ••!. 
FuaosMtas.  i  b  fin  do  uv*  âiab  al  aa  aMaaa»- 

camaot  da  it*,  SC7. 
Fiu(Raaaas).qaartiardaiiUbi.  «airfMaoï. 
FHn  (Gabria  dea).  h  THM  da  Vila;  aoa  tm- 

placement.  18S. 
FECRHR(Ruedii).oa  auifibai.aa  «a>F«a,  daaa 

b  quartier  dae  Haloa.  907. 
Fivn  (Rue  aai), dawb Cild.  1&7.  ifia.  —  Ohm 

b  qaarliar  daa  Haloa.  voir  Paaaaa. 
Fkoot  (M.).  liiiiiiilHr  awiiinhfa».  4i«. 
Fi<;i°itR(Roedu).  917. 
Fil  (MordModa  de);  H%a  pnoopl  da  bar  om- 

mcrea.  910. 
Famrat  (GaiBaoaw).  daji  da  t4ffim  da  !■■». 

S99. 
Fiui»-Din  (CaHMoaMK  da).  lU.  S&o. 
FioBiuo.  Hlnr  de  aataa  nblivai  k  b  AoHt  d* 

morts.  984.  98&. 

FiRUi^  Dwff  (M.).  iiiliiiiflTi'iii  da  faafMiiMi 
da  oMMii  da  Joefaaa  Jiaiwii  daa  lUaa.  al 
aolaar  d-oaa  kadM*  aw  «  ««M,  M».  iM. 
—  Hnalktai 


rfdtiaMdab 


19 


628 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Klaccids  (Mathias),  surnommé  Illyricus,   auteur 

du  Catologus  testium  verilatis,  h. 
Flamands,  aii  ,  257,  958,  896. 
Flamands  (  Fief  des) ,  ou  de  la  Breionnerie ,  ou  Champ 

aux  BreloHs,  189. 
Flamel  (Jean),  ou  le  jeune,  écrivain  du  duc  de 

Berry,  laS,  a33.  —  Notice  sur  ce  personnage, 

i6i,  469,  463.  —  Fac-similé  d'un  ex  libris 

écrit  par  lui,  46 1. 
Flamel  (Nicolas),  ou  ïaîné,  écrivain  et  bourgeois 

de  Paris,  iu4,  laS,  i56, 198,911,939,  933, 

284.  —  Notice  sur  ce  personnage,  453  à  46i. 

—  Son  portrait,  453.  —  Sa  statue  au  portail 
de  l'église  Sainte-Geneviève-des- Ardents  (gra- 
vure), 453.  —  Gravure  représentant  une  de  ses 
maisons,  457.  —  Question  soulevée  au  sujet  de 
sa  contemporanéité  et  de  sa  parenté  avec  Jean 
Flamel,  46a,  463. 

Flaming  (Reiuier),  fondateur  de  la  Maison  des  Mi- 
racles, 189. 

Flandre,  197,  i46,  949,  953,  958.  —  Acros- 
tiche tautogrammatique  en  l'honneur  de  ce  pays, 
5o9. 

Flandre  (Ferrand,  comte  de),  i46. 

Flandre  (Guy  de  Dampierre,  comte  de),  196. 

Flandre  (Hôtel  de),  196. 

Flandre  (Le  comte  de)  ,  sans  autre  désignation  ,944. 

Fleurs  ;  consommation  qui  s'en  faisait  à  Paris  sous 
le  règne  de  Charles  VI,  494. 

Fleurs  (Rue  aux),  i55. 

F'leurs  de  Lis;  origine  de  cet  emblème,  i48,  149. 

—  Vers  latins  en  leur  honneur,  95 1. 
Florence  (Ville de),  269. 

Florus,  diacre  de  Lyon,  9  4. 

Florus,- historien  latin,  98. 

Foin;  transport  de  cette  denrée  sur  la  Seine,  17, 
57,  1 98 ,  1 99.  —  Siège  de  son  commerce.  9 1 8. 

F^oin-Saint-Jacqdes  (Rue  du).  173,  177. 

Foire  Saint-Laurent,  998.  —  Du  Lendit.  280, 
45i. 

Fondeors,  à  la  fin  du  xiv'  siècle  et  au  commence- 
ment du  XV*,  368,  869. 

Fontaine-Saint-Michel  (Place  de  la),  175. 

Fontaines  de  Senlis,  77.  —  De  Paris,  dans  la 
basse  partie  de  la  Ville,  ou  rive  droite,  198. 

Fontaines  (Henri  de),  astrologue,  288.  446. 

FoNTENAY  (Fresques  de),  représentant  les  Trois 
Morts  et  les  Trois  Vifs,  279,  978. 

FoNTEVRAiiLT  (Rellgieuscs  de),  188. 

FoRETz  (Antoine),  grenelier,  338. 

Forez  (Le  comte  de),  87. 


FoRT-LE-Roi  (Le),  197. 

FoRT-L'hviQDB  (I..e),   I94,  I97,    I98. 

FoRTDNAT,  évêque  de  Poitiers,  5o9. 

Fosse-aux-Chiens,  ou  Fossé-Saint -Gennain,  dans 
l'enceinte  de  Philippe-Auguste,  108, 109,  9o4, 
9o5.  —  Hors  de  l'enceinte  de  Phihppe-.\ugu8te, 
94,  108,  i38. 

Fossis-MoNTMARTRE  (Ruc  des),  actuellement  d'A- 
boukir,  906. 

Fo8s£s-Saint- Victor  (Rue des),  180,  181,  aai. 

FossEUx  (Jacques  de),  partisan  du  duc  de  Bour- 
gogne, 843. 

Fou  (Le),  dans  la  Datue  Macabre,  3i4. 

FouARRE  (Rue  du),  ou  du  Feurre,  dans  V Univer- 
sité; ses  écoles ,  1 3 ,  35 ,  87,  41,71, 182,  897. 
398. 

Foucault  de  Rociiechoiart,  évêque  de  Noyon,  11. 

FoucQUET  (Jean),  enlumineur,  58i. 

FoDciRE  (Jean),  relieur  h  Blois,  5a3. 

FoDR(Ruedu),  actuellement  Vauviltiers,  9o5. 

FocRcv  (Rue  de).  917. 

Fobr-du-Te«ple  (Rue du),  ai 4. 

Fournier  (M.  Edouard),  un  des  auteurs  de  V Histoire 
de  l'imprimerie  et  des  arts  qui  s'y  rattachent,  987. 
448,  45i,  453,  454,  46i,469. 

Fodbreurs  (Rue  des),  3o3,  919. 

Fourriers  ,  à  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commence- 
ment du  xv',  869,  870. 

Français;  ce  qu'en  pense  Jean  de  Jandun,  61.  — 
Leur  origine,  94,  100,  loa,  toô,  i3i.  iSa. 
—  Leur  établissement  dans  les  Gaules ,  94 ,  1  oa . 
iSa,  i36.  —  Leurs  conquêtes  vraies  ou  pré- 
tendues. 119,  120,  i46,  147.  —  Leur  cou- 
rage et  leur  attachement  à  la  l^i  Salique,  a47 
à  a55. 

Française  (Rue).  195. 

France;  louanges  données  h  ce  pays  dans  le  Pre- 
mier éloge  de  Paris,  -ih.  —  Idem  dans  une 
pièce  de  vers  latins  sur  la  Loi  Salique,  a 46  à 
aô5.  —  Idnn  dans  le  poënie  d'Aslesan.  099. 
531,577. 

Francion,  personnage  légendaire,  109,  108.  106. 
182,  i33,  187. 

Franciscains,  appelés  plus  lard  Cordeliers ,  168. 

176,  892. 
Franc-MOrier  (Rue  du),  actuellement  Jeau-de- 

MOUSSIJ,   9  1  5. 

François  I",  roi  de  France,  fondateur  du  Collège 
Royal,  179.  —  Édifices  construits,  modifiés, 
démolis  ou  aliénés  sous  son  règne,  188,  i84. 

194.    195,  921,   299,  994,   997,  280. 


TABLE  ALIMIABI^.Tlg 

KuARçoig  DiVeitiK,  (Kiunuivi  |miir  avoir  aidé  Mar- 
lilr;  (In  l'odoue  et  Jean  de  Jandun,  9,11. 

KiANvoiH-Miiiosi  (Rue),  voir  MoRcitihSiiiiT-GcariM. 

Fraikcokii,  106,  t35. 

Friikun  (M.  AlfrwJ),  aatearde*  Aneùmut  bMm 
tl^uei  de  l'arii,  9%d. 

PitTRiciLLU,  ieete  iMue  du  lien  ordre  dea  PraiH 
ciscoins,  6,  7,  fi.l. 

VnioiakiM ,  niitiMir  (!<•  l'Kpilnme  et  Ckroninm  ,  t  A  V 

VnioiMv.  d'Althiciik,  99. 

PiiiEro:<i,  critiqiii!  friinrniM,  khCt. 

Frirurokr  (Vlicliol).  iiii|iriiiiciir.  ViK. 

Frioui.  ,  iG5. 

Friprrir  (Kiicdc  la),  ig8,  «07. 


Ul  DIS  MATIÈRES. 


•Sf 


Kairnaa,  k  la  8a  da  uf  iiMi  «  1 

menl  du  tt*.  SM. 
Faua.  \ki. 

Faoaoiaa,  (bwri^Har.  107. 
FaMtaa-L'Aams  (>••).  «air  Qtmmmi-t'i 
FaotaataT  (JMi).ciM«aMpMr.  97.  eSS.  «Sf .  St7. 

PlMUMHS  (Rm  dt  il).  ••7.  mS. 
Paminm  (Rm).  17J. 
K»..uM(V«ed*).St9. 
rMMtn,  éuvnkk  laln.  al. 
Pacimu.  k  la  la  da  m*  aède  al  a 

miaildai*',  StS.IM.M;. 
Feauat  (Raait  daa).  19S.  eo«. 


G 


(ÎAirrRR.on  (Fai/rf,  itiic  d'Ai|iiitaitifl,  i45. 
(ÎAioiiiiiRr.N  |'Françoig-Au{^nr  or.),  gouvermur  d«> 
Joinvillo.  roll<;rtionmnir,  96,  97,  itïny 

(■AL«*IDK  (itilc),  ,'1.">,    I7'i,  176,   180.    iH'l. 

(ÎALATEH,  |i«ii|ilc  d'origine gauluJM!,  l'i.l. 
(lALFRiDDH  ARTiiniis,  voir  (iROrrROY  DK  Mo^aovTM. 

(ÎALIRfl,  /i.Iq. 

(ÎALLKH  (I/O  |irinc(<  ur).  (j.3. 
(lALLUs  (QiiintiiH-FnltiiiH),  \',\ft. 
(iARD  (Ville  de).  V 

(lAi^Tr.Rir  {\m).  Hortiiiii  lii;  lu  rtiu  .Saiiiihlui ,  i63. 
(lARDK-NOTKs,  il  lii  liii  (lii  \iv' siMc  et  «Il  ciiiiimen- 
ceniniit  du  w',  .').M)  l'i  .IG-i. 

(ÎARI('il.UM(>,   fl(MIV<>.   |/|,'). 
(■ARLAMDK  (Flllllilll!  Ur),   iSl. 

(lAtLANDR  (Jnan  dr),  auteur  de  i'ouvragi*  intitule 
Magiêtri  Jnhniinu  di  Cariant  DùtioHoritu ,  h6g. 

(fAlRlRR  (Rue),  voir  riRR|iilRR-SDR-l.'Rt|;. 
GÂTINAIt,    19  1. 

(ÎADCHY  (linnri  dk),  Iniihicleur.  ;(9.'i. 

(îadloir;    leur   gouvernement  et  leurs  rouluuie». 

119,  n3,  1 14,  lAo.  i&i.  —  l.«ur  culte,  1 1«, 

1 1.1.  1 14,  i4o,  lAi,  1^9.  «ig.  .îi-.  — Leur 

courage,  «'«7,  9 4 9. 
(ÎAUTiKR  DR  MtPE».  cité  connue  auteur  <le  la  Kmmm 

de  Fulbert  ou  Dêbot  du  torf€  el  d»  tdmt,  «70. 
t;*jiR8  (Ville  de).  .197,  .iifi.  517.  hth.  577. 
(ÎRfikvR  (l^r  de),  104. 

Ctimi* ,  outeur  des  Rènratiim»  pkibdagi^im ,  h»  1 
Crktik"!  (Renoli).  dorleur  en  Ihéotogia  al  raiigwnx 

de  Saint-Deniii,  4oH. 
(iiNTiRR  (Pierre.  Jean  et  Jocqura).  baufgaoia  da 

Paris .  -M  ^1 . 
UR.iiTirx  illiii'V  iiii|irii)iri'iiii>nlnp|M>li(>>  (>ntftrti.9l4. 


(!nrm(Fraa(MR).ica^ilaar,  193. 
Gaanuaaa  Pouam.  ai^dacîa  Miaa.  439. 
(iiRTiuaMSRa,  ta  oMyaa  Iga.  3ao.  Sa&. 
tiaorrROT  aa  Moaaotia.  aalaar  da  plafliaan 

l^eodaina.  94.96.  iiS.  119.  i4*. 
GaerraoT  aaa  BtMa(Raa).|daatordrwedaaAawa. 

ao9. 
Gawmwt-t'AiWfu  (Raa).  ao9. 
GaorraoT-t'Aana  (Raa).  ai7.  aie.  34â. 
GRorraoi4>AnT-{Iti.AiaR(Raa).  181. 
GaAuB«(Le).daiia  la  Oaai»  Manàn,  3io. 
GfaAaaaaCooBTiMrat.M^dtMRaan.  ii. 
GÉhuo»,  éditear  dn  R4le  de  la  TaSa  da  ia9«.  al 

aatear  de  Pmfi» »mm PtiKffi k  Bd,  an.  ai 4. 

ai8. 119.  ta4.  a4i.4e9.464. 4S7.488. 4S9. 
t'iRRRBicaa,  pidlaada  cW  trayaa.  laS.  iS4. 
GnuM  (Uirie).  iaipriiw.  4*8. 
Gaauaa  (DotMd).  iaipriaMar.  4aS. 
Gnuiina.  loa,  loS.  loS.  106.  iSa,  lU.  tll. 
Gnnoa  (Jeaa).  AaatJiir  da  rUananM.  9.  ii. 

ia4.  ia6, 178,  #89,  S9S.  407. 419. 4Î*.  — 

Soa  portrait  (gnvara).  4ei.  —  ISaHfa  faa 
aanaoa  praaoacé  par  lai  d>fMlClM4ai  VI  al  aa 
eov.  4oS.—  OfciaiiHaai  aar  ■»  aalra  U- 
rangw  priawar^i  par  hn  drtaal  b  «aar  dt 
(SaataaVI.  4oS.  4o4.  —  D  eahiw  Fartralagir. 
445.  447. 

<;iAc  (Pien«aa).ckaMaiiardt  Fnaer.aa». 

«iiaon  (Nkalaa).  baaifaaia  da  Raria.  190. 

GirvART  (  Adriaa).  iiimiMii  daQMria*  VI.  »%. 
333. 

GiiaaBT-L4aouH  vRaej>  *«"'  *•«*•«*. 

.amdatTiiiilPMii.i». 


630 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


GiNGUENÉ,  littérateur  français,  4i4. 
GisoBS  (Ville  de),  35o. 
GÎT-LE-CoEDR  (Rue),  175. 
Glatignï  (Rue),  iC4,  334. 
Gloriette  (Impasse),  182. 
GLORiETTE(Rue),  actuellement  Bailtet,  ao4. 
GoBERT,  scribe,  auteur  d'un  traité  sur  l'art  dV- 
crire,  196,  233,  453. 

GODEFROID  DE  BoDILLON,  203,  521,  533,  539,  ^^9- 

GoDEFROY,  SOUS -prieur  de  l'abbaye  Saint -Victor, 
,  4 .  —  Ses  vers  latins  sur  le  Petit-Pont ,  1 4 ,  1 5. 

GoDEFROY  (Denys),  éditeur  et  annotateur  de  {'His- 
toire de  Charles  VI,  de  Juvénal  des  Ursins,  et 
auteur  de  l'Histoire  de  Charles  VII ,  265,  q6C, 
2C7,  407,  4o8,  462. 

GoDEFROY  DE  Paris,  Buteur  de  la  Chronique  métrique , 
487. 

Goix,  membre  de  la  faction  Cabochienne,  4o8. 

GoLDAST  (Melchior),  érudit  du  xvn'  siècle,  4,  270. 

GoLEiN  (Jean),  soupçonné  d'avoir  traduit  le  De- 
fensor  pacis,  8.  —  Il  ouvre  la  voie  aux  tra- 
ducteurs, 395,  4 12. 

GoLFABius,  prétendu  roi  d'Aquitaine  figurant  dans 
le  roman  de Br«<,  ii5,  i42. 

GoMBonsT,  auteur  d'un  plan  de  Paris,  Sga. 

GoNDEBADD,  roi  dcs  Burgondes,  i44. 

GoNDi  (Jean-François  de),  premier  archevêque  do 
Paris,  167. 

GoNDom,  architecte,  constructeur  des  bâtiments  de 
l'École-de-Médecine  ,17». 

GoNERiLiE,  fille  du  roi  Lear,  11 5. 

GoNTiER  (Alain),  maître  de  théologie  au  collège  de 
Navarre,  5. 

GoNTRAN,  roi  des  Burgondes,  467. 

GossEUN.(Rue),  voir  Perrin-Gasselin. 

GoTHS,  peuple  germanique,  106. 

Gocjo.v  (Jean),  sculpteur,  224. 

GoDPiL  (Jacques),  chirurgien,  443. 

Gracier  (Rue),  voirGENTiEN. 

Grammo.m  (Ville  de),  126,  127. 

Grand  bureau  des  pauvres,  191. 

Gra^d'chambre  (La),  voirGRAxoE  salle. 

Gbande-Bodcherie  (Rue  de  la),  219. 

Grande-Bretagne,  i46. 

Grande  charte  (La),  147. 

Grande-Force  (La),  portion  de  l'hôtel  <le  La  Force, 
194,  195. 

Grande-Orberie  (La),  ou  rue  du  Marché-Neuf,  i63. 

Grande-Rde  de  Bercy,  99  5. 

Grande-Rue  Sainte  -  Geneviève  .  voir  Montagne- 
Sainte-Geneviève. 


Grande  salle  (La),  au  Palais,  i5,  iG,  i56,  iC4. 
—  Au  château  de  Coucy,  559. 

Grandes  compagnies  (Les),  90. 

Gbaxd-Hi'Rleir  (Rue  du),  209. 

Grand-Maître  de  Rhodes,  i25,  233.  — Des  Tem- 
pliers, 186. 

Grandmont  (Collée  de),  ou  Mignon,  173. 

Grandmont  (Religieux  de  l'ordre  de),  ou  Hiérony- 
miles,  ou  Bons-Hommes,  997. 

Grand-Pont, ou  Pont-au-Chan(fe ;  il  est  occh|K;  prin- 
cipalement par  les  orfèvres  et  les  changeurs,  16, 
54 ,55,1 60,  469.  —  Gravure  qui  le  représente . 
54.  —  Très-fréquenlé,  122,  160,  529.  —  Sa 
situation  par  rapport  au  Palais,  i58.  —  Sa  situa- 
lion  par  rapport  à  la  Pelleterie,  i64. 

Grands-Augustins  (Rue  et  quai  des),  174,  175. 

Grands-Degrés  (Les),  181. 

Grands-Ébats  (Hôtel  des),  voir  Saint-Padl  (Hôtel). 

Grange-aux-Merciers  (La),  2a5. 

Gbatien,  empereur  d'Occident ,  99. 

(ÎBATz  (Ville  de),  i46. 

Gravilliers  (Rue des),  46o. 

Gravures  (Liste  des),  xxix,  xix,  xxxi. 

(îrèce,  ii5,  i4a,  i43. 

Grecs,  i45. 

Grégoire  VII,  pape,  102. 

Grégoire  XI,  pape;  il  dénonce  au  chancelier  de 
Notre-Dame  la  traduction  française  du  Defensor 
pacis,  8.  —  Une  députalion  du  Roi  fengage  à 
prolonger  son  séjour  à  Avignon,  80 ,  87.  88. 

Grégoire  DE  Tours,  historien,  io5,  i64,  186,  aa8. 

Gresétat  (Rue),  186,  ao8,  209. 

Gremer-Saint-Lazare  (Rue),  209,  227. 

Grenier-sdr-l'Eac  (Rue) ,  ou  Gamier-sur-t'Eau ,  a  1 8. 

Grenoble  (Bibliothèque  de),  989,  5i5,  5 18,  533. 

Grenouilles  ,  mentionnées  ironiquement  comme 
fun  des  agréments  de  Sonlis,  1 3. 

Grès  (Rue des), actuellemenlC«/"(i»,  170. 177, 178. 

Gresset,  auteur  du  Méchantcl  de  ler-Vert,  etc.  12. 

Grève  (Place  de),  191, 197, 198,  ai 4,  91 5.  a  18, 
407.  —  Fac-similé  d'une  miniature  qui  la  re- 
présente, 197. 

Grève  (Quai  de).  218. 

Grifon,  frère  de  Pépin  le  Bref  et  de  Carloman,  i45. 

GRiNGOiBE,poël«  dramatique,  43a.  —  Articles  des 
Comptes  de  la  Prévôté  le  concernant ,  439,  433. 

Grognet,  poète,  5 18. 

Grdn  (A.),  auteur  d'une  notice  sur  l'organisation 
primitive  du  Parlement  de  Paris.  5i . 

Gruthuvse  (L.  de  Bruges,  seigneur  de  la),  97.  583. 

Guénebadlt  (M.) ,  auteur  du  Dictionnaire  iconogra- 


TABLE  AM'IIABKTIOIK  DES  MATIÉKES. 


SS1 


phiffue  dei  mommUHlê  4$  tmniqmli  chrtùeniie  rt 

du  tnmjen  âge.  ol  d«  phtoeun  aulrai  ouvn^ 

mlntifH  h  l'archëologM,  iS. 
(iuéBiiit),  MiUmr  it  la  CoOteiim  du  CÊrtaUrm  Je 

France,  <>(i3,  48«j. 
(ici^iii<i  (irait),  noiiwiller  de  CbariiM  VI.  333. 
(iir.nin-\Um»r.\v  (itim),  186,  46(1. 
Vtvinnr.  (Marin  lo),  35o. 
(■ur.iii.r.ii  (l'ayH  do),  ou  de  (îueldm,  thù. 
(iuET  (OliRvnlinr  du),  voir  (iiiivtLiu  ou  cutr. 
(îuuiiT  ((juillaunin),  auteur  d«  la  Bnmeki  aux 

lloi)iitij:  Lignagu,  «57,  9S8. 
liijiBKHT  (Rue),  90t. 
(ÎDiDONia,  voir  Bernarduh  Guiooru. 
(îuicKr.couRT  ((îuillniniu'),d(>ctrareii  tliëoione,Si6. 
(itji(;>K-oiiP.ii.i.K  (I.<!  c(irntfotir),  voir  (ioauMU. 
GurLBADLT  (M.),  ju(^  lionornlm À  Sainint,  371. 
(înii.HKHMV  (M.  I<>  linron  dk),  auUnir  dp  l'/ft'iMÎrairr 

nrekéoln/riiiur  de  l'arin,  tS*),  yaS,  aao,  93l. 
(■L'n.i.Ai'iiK,  nitl)*-  do  S(iiiit-(i(>nnaiu-<le»-t'réi;  aon 

marché  nvnr  trois  orfi'vrcH  paimeiH  pov  Vaé' 

culiori  d'une  (•Iiiks4',  liHt,  /iSa. 
(iuiLi.«i<'MK  ii'AuvKRd^K,  évètiun  (lo  Pari*,  foodatoor 

d'une  cnmnmnauli!  connue  plus  tard  «ou*  le  noni 

df!  FilUt-Dieu,  i8«. 
(iini.i.ABMF.  d'Adxom^ik,  tfvèquR  de  Cauil>nii.  fnndn- 

Ifiir  du  rolMge  de  (Àimbrai,  17a. 
<ïiiii.i.ai;mi!  dr  Comko,  profegiteur  k  l'univentiti'  d'Or- 

lilnns,  (). 
(iuiLLADMR  DR  I^iGiiir,  liiHtono(p-aplie  nieutioiim'  par 

(îuilleliert  de  Molz,  14»,  i6(i. 
(îuii.ui>HB  DR  Màcoh,  ëvA<]ue  d'Aniien».  ti. 
(îniLLAOMR  DR   MALMRHRi'Rr,   clironiqueur  anf^ais. 

lOU. 

(ÎDiLuuiiR  DK  TvR,  archevN]ue  et  hi»toneu.  &3i. 
(iuiLLAiiHK  d'Oraxcr,  pnlndiu.  vnii)<|ueur  du  f^nt 

Ysorë,  109.  t  to,  i38,  aai,  S09. 
Gdillauiir-Jobbb  (Rue),  ou  des  Trm-iliam*,  aiu. 
GuiLLAOHR  I.E  Rretok,  OU  (iuiUtnmu  Armeriemmu, 

auteur  de   la  PhUifipidt,  <jA.  luo.  xnh.  i3i. 

i3;j.  iâ5. 


GmuHBr  M  ll»n.  taitm  it  k  Dmir^Êm  éi 
/Wiaaw  OUri»  W.  iS.  M,  M.  ,1.  ^  ^ 
1 04.  «44 .  •(7.  S«  I .  UJ. — OlMnMfaw  piaift. 
nmétmmgimmnÊfit.x.u.'-'kmipméÊtm 
«m^fi.  ttçèitS.  — 8M«f%iw.  ••&._ 

Pnûuikàv» filw M  4» XttfUt it 

pnariin  pifft  4*  ■■■■•arjl  et  m  ùmmftim 
éaPmriê,  tSo — iêDmmfUmétNné.ilt 
i  «M.  —  Fit  iiiiiTi  àt  b  dniin  f^  é» 

■iiiiigril  dt  m  ff iptfn  4>  IWi»,  tM.  ~ 

OiiMrvatiMH MT  4mn  |rwRy  im  Ifcwiy 
IMH  i(  Parif,  «37  è  49S.fMiéik 

Gmunu.éermfaiMMrriai  «h  fmJ  Mdb*  <lr 
RlMMiai.  i«5.  «M,  4St. 

(icairarm,  190. 

GnumTia(ilM4«).  190. 

Gnuiaio*  Aaaouusw,  «otrGauMMU  I 

GmuMmn  MoaManHa,  ma  4i 

meRlh  C«<(Wfci  M    1    m  'i  -  Ga^hy  4r 

Mtmmtnà,  Il  S. 
GsuuMi,  OMvtcM.  108. 
GmLUNu(C«rT«CMr),  oaG^fa»-0«iar.  94    lalt. 

1S8,  9o3,  *  il.  ai  4. 
(iciLioT,  anienr  dn  Dit  in  rmm  éê  Ptrm,  ••4. 

16*,  i63. 17&.  17S.  177, 178.  i8«.  181.  i8«. 

aoi,  «09,  9o3,  9o4.  908.  907. 908.  taf.«ie. 

911,  919.  9 13,  9i4.tifi.  918.  917.  918.91^ 

«90.  93o. 

Gcn»  (Jen  al  Eiyr wil  m).  81. 

Gnai(FMB3edM).  197. 

Gn«(H4yde).i98. 

Gmmm,  iinlw  é»  Xm^namm,  U« 

Gdt.  eompagiMMi  «TanMa  it  CkvfaaagB».  ttfHm 

GoiiiatNrtdelkli.  i4«. 
GtT.  IrèMfMr  oa  h  SaMto-ChapiH 

eal%ade  Lmm,  170. 
Gdt  BaCaAnuc.MUaoa.  44i. 


H 


ilÀ  (Kurt  du),  il  Bordeaux,  'i%i^. 

IIai^iaut,  i&6. 

Hu,i.K  (Ville  de),  ttS. 

llti.LKB^BDiKR  {\.f),  Adxw  la  DtMÊ*  Mac»bn ,  3i4. 

IIaii.f..»  (I.es),  priniitiveinenl  appela  Hatm  4m 

Ck»mpe«uj-,  16,  60,  5i.  53.  gS.  iii.  i3f). 

197,  198,  906,  907,  &07. 


HtuM(PaalMM4M).  196. 
HAUas(RM  48a),  aoa.  aeS. 
Htat«t<.  penptada gv«HMfW.  i*& 
llixiuMi1ubppe).PN«4t4aParà.  9«4. 
Hina   pariMHW.   8if .   &Si.  <— > 

53i. 
lUacacn  (CdU|*4').  170  >7« 


632 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 

évêque  de  Lisieux,  fondateur        Henri  IV,  roi  d'Angleterre;  il  reçoit  le  tl«?olo{jien 


Harcodrt  (Guy  d 

du  collège  de  Lisieux,  178. 
Harcourt  (Raoul  d'),  chanoine  de  Paris,  fondateur 

du  collëge  (ïHarcourt,  170,  176. 
Harcodrt  (Rue  d'),  176. 

Harlay  (François  de),  archevêque  de  Paris,  aaS. 
HARPE(Ruedela),  170,  171,172,175,176,  177, 

178. 
Hartnock  (Christophe),  lexicographe,  59. 
Hattewares,  peuplade  germanique,  io5. 
Haubergerie  (Rue  de  la),  ou  plutôt  de  la  llarnn- 

gerie,  2o3. 
Habdriettes  (Communauté  des),  ou  Vieilks-Hmi- 

driettes,  187. 
Haudriettes  (Ruelle  des),  918. 
Haudry  (Etienne),  grand  panetier  de  Philippe  le 

Bel ,  fondateur  de  la  communauté  des  Haudrieltes, 

187. 
Hauréad  (M.  Barthélémy),  100. 
Hadte-des-Ubsins  (Rue),  i64. 

HADTEFEUILLE(Rue),   I7I,    175,    1  76. 

HaDTE   PARTIE   DE    LA    ViLLE,   OU   TOC  gOUChc ,    VOir 

Université  (L'). 

HADTiL(Le),  11 4. 

Haut-Modli.n  (Rue  du) ,  ou  Saint-Denit-de-la-Char- 
tre,  i64. 

Heaumerie  (Rue  de  la),  199,  an. 

Headmiers  ,  à  la  fin  du  xiv'  siècle  et  au  commence- 
ment du  IV*,  367.  —  Voir  aussi  Armuriers. 

Hector,  fils  de  Priam,  io3,  i33,  559. 

Heidelberg  (Ville de),  11 5. 

Helenus,  fils  de  Priam,  io3,  i33. 

Hélinand,  moine  de  Froidmont,  poële  de  cour  et 
auteur  d'une  chronique,  94,    100,  102,  i3i. 

Hélinand,  religieux  de  l'ordre  de  CUeaux,  auteur 
d'un  Commentaire  sur  l'Apocalypse,  100. 

Hénai't  (Le  président),  auteur  de  ÏAbrégé  chro- 
nologique de  r Histoire  de  France,  2  45. 

Hendebourc,  ou  Sendebourg,  surnom  de  la  rue 
Trejilière,  209. 

Hennin  ,  auteur  de  l'ouvrage  intitulé  Les  manus- 
crits de  l'Histoire  de  France,  etc.  96. 

Henri,  duc  de  Silésie  et  de  Pologne,  187. 

Henri!",  roi  de  France,  i65.  —  Il  fait  recons- 
truire le  monastère  de  Saint-Martin-des-Champs , 
186. 

Henri  II,  roi  de  France,  igS,  220,  224,  282. 
953. 

Henri  III,  roi  de  France,  i58,  282,  847. 

Henri  IV,  roi  de  France,  2o3,  926,  959,  346. 

Henri  II,  roi  d'Angleterre,  297. 


Pierre  Le  Roy,  qui  implore  son  secours  pour 
mettre  fin  au  schisme,  4oo. — Jacques  le  Grand 
est  chargé  de  lui  porter  les  propositions  du  parti 
armagnac,  4o5. 

Henri  V,  roi  d'Angleterre,  235,  244.  — Fournis- 
seurs de  sa  cour,  334. 

Henri  VI,  roi  d'Angleterre;  il  vient  dîner  à  la 
table  de  marbre  du  Palais,  49.  —  Il  a  de  nom- 
breux partisans  dans  la  bourgeoisie  parisienne. 
131,  192,  419.  —  Son  ordonnance énuméranl 
les  prisons  du  Grand-Châtelet,  1 97.  —  il  assiste 
à  un  exercice  dramatique  à  l'hôtel  de  Nesle. 
a86.  —  Il  exige  qu'on  lui  prête  serinent.  345. 
—  Les  neuf  Preuses  figurent  dans  les  réjouis- 
sances de  son  entrée,  56t. 

Henri  IV,  empereur  d'Allemagne,  102. 

Henri  de  Hesse,  1 1. 

Henri  de  Mindrn  ,11. 

Hensciiel,  éditeur  de  Du  Gange,  94.  58. 

Héracts,  à  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commence- 
ment du  XV*,  369,  870. 

Hercule,  533. 

Hebcynie  (Forêt),  io5. 

Héris  (Guillaume) ,  carme ,  auteur  d'un  panégyrique 
des  saints  de  son  ordre,  5oo. 

Herman,  polisseur  de  diamants.  i24.  288.  467, 
489 ,  488. 

Hérode,  199,  565. 

HÉRODARD(Jean),  médecin  de  Louis  Mil.  443. 

Hesselin  (Jeanne),  femme  de  Jean  Bureau;  son 
épitaphe  au  cimetière  des  Innocents,  33 1. 

Hildebrand  ,  duc  de  Spolète ,  i45. 

Hildebrand,  évêque  deSéez,  188. 

Hilddin,  abbé  de  Saint-Denis,  auteur  de  ÏAreopa- 
gitica,  486. 

Hippocrate,  98,  489. 

Hippolyte,  reine  des  Amazones.  56 1. 

HutONDELLE  (Rue  de  1'),  171,  175. 

Historiens  de  Paris  oubliés  ou  inconnus;  ils  sont 
importants  au  point  de  vue  des  Annales  de  la 
ville,  VI,  vu.  —  Ils  appartiennent  à  trois  périodes 
distinctes ,  ix ,  x ,  xi.  —  Ils  doivent  être  lus  avec 
des  éclaircissements  de  diverse  nature  et  des  re- 
présentations figurées,  xi  à  xxii. 

Holbein  (Hans),  peintre,  auteur  de  fresques  repré- 
sentant la  Datise  des  morts,  274. 

Hollande  (Hôtel  de),  196. 

HoLTBOp(M.) ,  conservateur  de  la  bibliothèque  royale 
de  la  Haye,  582. 

Homère.  88,  io3,  895. 


TABLE  ALI'MABr^rnOliB  DES  MATlèKES. 


iloMMK-AnM^  (  Itijo  de  r),  9 13. 
iliiMMK  u'*HMf'.it(I/),  dam  ia  Daiut  Maeabrt,  3oi. 
lloxiHiK.  loj,  io3,  i3a,  i33.  i44.  i46.  /loo. 
IIi»oiiii;h.  cmjMTCiir  d'Occident,  106,  i34. 
iloMORiuH  III ,  |ui|)«;  il  iiiU-rdil  en  FranM  I'oimmi»- 

ment  du  <lroit  roniuin.  fi. 
HAi>iTAL(Hii(!dfji'),  DU  Siiint-Jean-dê-Lalnm,  178. 
lloRACK,  \)oï'Xn  latin,  93,  39O,  igS,  699. 
ll(iiii.o<;Kdii  l'iilnis,  i58,  i(îo. 
llosi-iTALums.  1/17.  —  De  la  Trinilë.  186.  —  Ih 

\a  (iliaritë- Notre-Dame,  i8(j.  —  De  Saint-Joe 

(lueg-du-llaut-l'ai .  m 9 a. 
ii(Wi!L-(^oLBiiKT  (Hue  do  I'),  ou  de»  RaU,  189. 
IIAtkl  de  Ville,  191,  197,  91&.  916,  33u.  — 

Su  l)il)liiilli^(|iie ,  '.\ffj  .  35 1. 
HùTEL-Di.- Ville  (Hue  de  1").  anriennein«nt  ilc  la 

Morlellerie,  ifj,  •118. 
HrtTKL-DiEU,  «99,    i58.    169,    189,  189.  993, 

•j.'t(),35o,  D/i3,  &A5,  &99.  TiAi.  —  Nouveau, 

tûO.  tCi .  tf>i. 
HôTEL-NEur,  on  liôtel  du  Petit-Mute,  igi. 
H<Welh,  11.  53,  .'>3i.  —  Knumt^ralioii  dm  princi- 

|Miux  duiiit  lu  biiëne partie di-  lu  Ville.  19^  il  197. 


•SI 


—  DeMriirtiM  d»  eHnipri 
piuaricUibMMfMi».  laS.  iff .  m»,  toi, 
llocTui  ( JflMM).  ik»\âim  MfWi.  SS«. 


HttMLtii»  lie  l.iù.t,  174. 
llicuL»  utHun-hutn, 

Milfliird*M 
HocMTn(llMd«k),  17t.  17S.  ti; 
HcauiM.  à  b  flo  Al  an*  «Mt  M  m 

■Mldatt'.  S67.S«S. 
HMMwt-CiMj.màtfnaBÊ.  tkk. 
Hacuu  M  fiMn.dmmftim.  «4.  iia. 
llMun  M  FoeuiM.  dMwiiqwar.  leo. 
Hnoh  m  Sinr-ViciM.  rluiiminMi.  ^ 

loi.  109.  io3.  i3i.  iSfl.  lis,  4M. 
iicccu  M  Tv% 
IId^iuclo, 

luIë  //• 


4,8. 


HcM 
H 


pote.  4&t. 

mlmr  i»  Tmnrwfgt  mt»- 

SiriXVIll.  .oS. 


109. 

(M.). 


dal 


Parii .  anlaur  des  jfiUu  mt  Im 


.  S4i 


I 


ki-DE-FRAficE;  dialecte  de  ce  paya,  39^. 

Illustrations;  leur  importaiiro  dans  la  publiratiim 
du  prissent  volume,  xviii,  \u,  x\.  —  Leur»  di- 
vers modes  d'eM^rtitionmolériclle,  xxi.  xxii.  wiii. 

—  Sources  où  elle»  ont  t'ti^  puiities.  tiiii,  m», 

XXV. 

Illyrik,  lui. 

Image  (Rue  de  1),  probableiiH'nt  rue  du  CJttrH- 
Suint-  l.imdnj .  1  (1 4 . 

Imagiers,  h  lu  lin  du  xiv*  siècle  et  au  cunioMMeinent 
du  xV.  3GA. 

hcoMsilquR?i(:R.H  repnH^lii'e»  par  Jean  île  Jondiin  à 
son  udverHuiiv.  17,  (ï5  h  75. 

hoosTRiEs  de  Paris  dans  la  pn>iiiière  nioitit'  du 
xiv  siiVIc .  I G .  53 ,  54 ,  55.  —  /W.  >oa»  le  règM 
de  Clinrles  VI,  909.  910.  9ii,  919.  919,  — 
Des  hotirifs  ou  rniihoiirg»,  919.  998. 

Im.kriri;!:.  tîpoilsi'  de  l'liilip|ie-.Vllguste,  100. 

l.NXOCKNT  II.  |MI|ie.    ibH. 

Inrocent  IV,  pnpe,  lo. 

Nnocetit  VII,  pn|)e:  srliisine  ù  son  oornsiim.  3<|)). 

Irrocemts  ((iiuictitVe  desK  (j.'>,    110.  i-j3.  'io;  . 

967,  971.  —  Ses  prinriiMile!!  curii>»ili>s .  n3. 

193,  —  (îrovun»  n'pn's<'nlanl  son  fanal,  ly^ 

—  Se»  charniers  ronstmits  jwr  de  riche»  Imur- 


193.  uê,  kik.— 

préMotenl  la  Dmm  MatÊtn,  tyS.  «83  4  «89. 

—  Viiitot  ^'j  kal  )m  MiÊmtkm.  «84.  — 
Sépwliman  BwMiAHaaMaMMlt.  33 1.^ 

lie  BiMe-lkwI.  S&i.— PtMmliMM^  ;  9«i 
fiHtei  pw  b  tméâkr  Bkkart.  4of .  4i«.  — 
Gravure  rcprtnalMl  hm  araaia  à$  n»  dMr- 
nien,  4S4. 

hMcc^ia  (figiiw  da»).  o«  dw  Smm-lwmmiÊ»i. 
199,  i83,  193.  —  La  £Mt  d*  Trm  Hmm 
«  dii  7Vw  ¥ffi  acdpK  lar  b  partai  é»  aMa 
<l|iMa.  a(S.aM.a87.  871.  «73.  — I 
de  ptmiewa  ■•■hna  da  b 
346. 

IiiMica)n8(PoMlaiMdia).  if8. 

loM»(&abd).a«|li1  iiflli.  \'> 

Iruxc^e  (Ruada  f),  919. 

Uiauo  »a  Btviiaa,  tmm»  da  PiiMa 
4  aoa  aalida  daM  fmk.   lao. 
936.  —  Sm  bahitadai  da 
339.  —  Sa  aMtt  4  b  lu  d»  aa  9ia. 

—  On  In  aUribw  Ti 
H  JacfMa  b  Gaand  b 
dam  ma  aanna .  4o&.  —  BMlaifca  dr  IMif 


laS.  «U. 
S«4. 
334 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


C3/1 

prononce  nne  harangue  devant  elle,  4o8.  — 
Elle  institue  une  cour  damour  à  Ihôlel  Saint- 
Paul,  437. 

IsAÏE,  prophète ,  95 ,  ii5,  iSa. 

IsT/KVONEs,  on  Germains  occidentaux,  io5. 

IsTF.R,  fleuve,  aujourd'hui  le  Danube,  101. 


Italie,  101,  io3,  i63,  i45,  a34,  4io,  4ii. 
Italiennes  (Républiques);  leurs  cilovens  comparés 

avec  les  bourgeois  de  Pari»,  3-j6. 
Italiens,  ili-j. 

Ivoire  (Ouvrages  en);  leur  fabrication,  3o3. 
IvBY  (Le  sieur  de  Saye,  baron  d'),  aaS. 


Jacinthe  (Rue),  18a. 

Jacob  (Le  P.),  5a4. 

Jacobins  (Ordre  des),  168,  3a3. 

Jacobins  (Passage  des),  177,  178. 

Jacques  de  Saint-André,  astrologue,  447. 

Jacques  d'Euse,  élève  de  l'université  d'Orléans,  pape 
sous  le  nom  de  Jean  XXII ,  6 ,  87.  —  Voir  aussi 
Jean  XXII. 

Jaillot,  auteur  des  Recherches  critiques ,  hittoriiut» 
et  topo/fraphiques  sur  la  ville  de  Paris,  108,  109, 
110,  i55,  159,  169,  i63,  i65.  171,  17a. 
174,  175,  177,  178,  179,  181,  18a,  i83, 
187,  188,  191,  194,  198,  901  à  ai6,9i8. 
919,  99a. 

Jandun,  village  de  Champagne,  lieu  de  naissance 
de  l'auteur  du  Deuxième  éloge  de  Paris ,  5. 

Jardinet  (Rue du),  176. 

Jardins  (Rue  des),  actuellement  des  Billettes,  ai  4. 

Jardins-Saint-Paul  (Rue  des),  187. 

Jabente  (Rue),  190. 

Jargeau  (Bourg  de),  4io. 

Jean,  maître  de  philosophie scolastique à  Paris,  i4. 

Jean  II,  roi  de  France,  i48,  171,  191,  aai,  997. 
447,471.  —  H  va  chercher  l'Oriflamme  à  Saint- 
Denis,  908. 

Jean  XXII,  pape,  adversaire  des  gallicans,  7,  8, 
9,  10.  11,  19  ,  87,  99.  —  Il  accorde  des  indul- 
gences à  l'église  Notre-Dame  de  Boulogne,  a3a. 

Jean  XXIII,  pape,  emprisonné  par  ordre  du  con- 
cile de  Constance,  399.  —  Il  ganle  près  de  sa 
personne  le  canoniste  Pierre  le  Roy,  4oo. 

Jean-Bigue  (Rue) ,  ou  de  la  Réale,  908. 

Jean  d'Aragon,  époux  de  Rlanche  de  Navarre,  196. 

Jean  d'Avignon,  ménestrel  de  Charles  VI,  436. 

Jean  de  Chàteauvillain,  évêque  de  Ghâlons ,  83. 

Jean-de-Goulier  (Rue),  nommée  plus  tard  des 
Trots-Visages ,  cl  paraissant  être  la  même  que  la 
rue  Guibert,  9o4. 

Jean  de  Jandun,  auteur  du  Deuxième  éloge  de  Paris, 
3,  Sa,  34, 35, 99, 101, lao, i3o, iSg, 169, 
160,  169,  177,  180,  906,  aSi ,  934,  943, 
439, 397,  4oi,  45o,  5o4,  5i5,  599,  533. 


—  Observation»  préliminaires  sur  son  Éloge  de 
Paris,  IX.  —  Notice  sur  sa  vie,  ses  doctrines 
et  ses  travaux,  4  à  90.  —  Foc-siV/u'fe partiel  de 
deux  folios  des  manuscrits  de  son  Éloge  de  Paris , 
91.  —  Son  Éloge  de  Paris,  3a  375.  —  Sa  jus- 
tification des  louanges  qu'il  a  adressées  à  la  ville 
deSenh8,74  à  79.  —  Son  mérite  littéraire,  394. 

Jean  de  Launot,  auteur  de  Tllisloire  du  collège  de 
France,  5. 

JeandeLignières,  théologien , astrologue .  445, 5i5. 

Jean  de  Marigny,  évêque  de  Beauvais,  11. 

Jean  de  Meulan,  évêque  de  Paris,  188. 

Jean  de  Mednu,  auteur  du /?o»uin  de  la  Rose,  Ittg. 

Jean-de-Moussy  (Rue),  anciennement  du  Franc- 
Mùrier,  91 5. 

Jean  de  Passavant,  doyen  de  la  Faculté  de  méde- 
cine, 44o. 

Jean  de  Pise  .  ou  Joannes  de  Pisis ,  licencié  de  la 
Faculté  de  médecine  de  Paris,  44 1. 

Jean-de-Saint-Pol  (Rue),  ou  du  Plâtre,  91 3. 

Jean  de  Varennes,  prédicateur,  43o. 

Jean-d'Obléans  (Rue),  9o4. 

Jean  du  Vignay,  traducteur  du  Spéculum  hislorinte, 
100. 

Jean-Gilles  (  Rue),  section  de  la  rue  Mondélour,  307. 

Jean-Jacques-Roo-sseau  (Rue),  voir PiÂTRiiiRE. 

Jean-le-<>oiite  .  nom  porté  conjointement  par  la 
rue  Trognon  et  la  rue  d'Avignon,  ai  1. 

Jean-Lépine  (Rue),  ai 4. 

Jean-Lointier  (Rue),  aoa. 

Jean-Malet  (  Rue) ,  ou  André-Mallel ,  a  1 4. 

Jeanne  d'Arc  iai,a3i.  345.  4ao,oi5.  5a5.5Gi, 
563.  —  Elle  reçoit  la  communion  des  mains  du 
cordelier  Richarl,  4 10.  —  Poëme  coni[)osé  à  sa 
louange  par  Christine  de  Pisan .  49o  à  4a6. 

Jeanne  de  Navarre  .  épouse  de  Philippe  le  Bel ,  fon- 
datrice du  collège  de  Navarre,  5. 

Jearnisson  (Rue),  a3i. 

Jean-Pain-Mollbt  (Rue),  an,  ai4. 

Jean-Pourchelet  (Rue).  907. 

Jean  sans  Peur,  voir  Bourgogne. 

Jean  sans  Terre,  roi  d'Angleterre,  147. 


TABKK  Af,PII\R^:TI 

Jkan-Tiho!!  (Hue),  toS. 
jR*n-Viuïii!  (Itiio),  voir  Jea!I-Bicdi. 
iiMmtm,  roi  il<;  Jiida,  io3,  i33. 
JiRDBiLKM,  i/ig,  9G3,  S5g,  f>85,  587. 
J^.MtJiTEH,  168.174,  igo. — BercMiii do  leur (oni- 

|)(i{rni<>,  u'ii. 
Hhvh;  ncriwticlK!  laiilu|[rniii(ii(iti(|ue  itiir  «on  iiuiii, 

5o3,r>o/|.  —  Seit  r«liijiien .  bH'jiUêh,  h-jt.— 

(.«•({nnilt!  8iir  lin  do  mm  iniraclct,  5&7,  5^9. 
Jr.To>H  d<!  l'iniTr  lliin-nii,  In'xiripr  de  Franm.  .Tïg, 

—  I)e  Bureau  di;  l)aiii|tiiiarlin,  335. 
Jeu  de  paume  dn  Perpifptan,  \('fi. 
JKt)>iEi;iu(lttin  doH),  u.'ti. 
J()t\>K  (Adol|ili*!),  auUiur  du  Uiclumimrt  4*ê  «om- 

muiteë  de  France,  83. 
Jon.  1.5^1. 

JociDH  DE  LoNiX);<i«A .  rroi«ë.  i5H. 
JoDELLE,  poiito.  /l3-i. 

JoA?i^rj)  (Maître  Jean),  prdvAt  de  l'Ile,  itg. 
JoiK  (Ahhnyn  dn  lu),  |/ig. 
JoiMviLLE,  chroiii(|iieur,  i&,  53,  Sga,  43 1.  &86. 
Joiwii.LR  ((iiii  de);  il  établit  un  Mpilal  danit  la 

Maimm  lien  Miracle*,  189. 
JoLi.ois,  auteur  d'un  Mémoire  tur  te»  aiUiquUé» gatto- 

rmnainen  de  Pari»,  107,  i38. 
Jo"(*TIIA».  juif,  18g. 
Jd^clkurs,  Il  la  liii  du  :iiv*  siècle  et  au  eommence- 

iiient  du  xv',  36/i.  — Voir  auMti  MtiiEiiTREi.o. 
Joseph  d' \himatiiik.  .'>37. 
Joseph,  lils  de  Jaroli,  t3.'>,  i53. 
JoHoé,  hb\). 

Joi'iKR  (hue  de),  voir  Jour. 
Jour  (  Uni'  du).  •Jor>. 


QLK  DES  MATlhHBS.  Ut 

JoOTr(B-<l>).i|i|illiiiiiiirMAi.i«^.«i7.  é<«. 

Jo«»Ai.  (AcUlb).  mÊ»mu  éa  rfTfff  lûiiii  «r  la 
Dmm  im  wmU  é»  k  Ckâmttim;  amtim  Mk 
nfmdméétkgm.  i«i.  171.  «S4,  «St.  Iif 

JocftiMi  (Jommm),  roHdiir.  dHW|é  d«  b  f«n»- 
tmdiM  Al  pM(  Hatn  B— 1.  léo. 

JoMi  Utmtwh,  U^ 

Jn*a(RMib).  179. 

JiwnnaT  Ma<iE«  (  lj>);  m  npnteaMÎM  4aM  mm 

JoMi  (Rm  dw).  nniifcliwi  iMMri»  àÊlm  tm 

imSmgm,  9» 
Ji)M»-CoM«u(flM  det;.  tit. 
inu».  tvj.  --CmiÊmakk  êmnm  fiimm  pm  Ir 

dHMhCM.  ii4.~U 
rMU^ibaniMi.  tSS.— AMMbd>n>r< 
(yriMT  dat  enCMrtt  cMliaw,  if«.  —  Oa  bal*- 
lenlb  raede  bTifhwia.aif.  —ImmGrrtam 
boe  rj»rb>  VI  de  k*  unir  tkmk.  knk, 

JoivEua  (Rnede  b).  110.  ilê.  i&S.  iCt .  i6«. 

JcuAm  (GwImmm).  «Hihn*.  47. 

Jdubsm  (Rue),  att. 
JoucM  (Paya  de).  1  hi. 
Jcai<«u  (Abbaye de).  i«S. 
Jonria.  lia.  iiS.  ii4.  i4o.  i4i. 
JoaanmiB  (Rue  de  b).  196. 
JeeTKi(Coll%Bde).  170.  17a. 
Jwnei(J««i  m).  duMine  de  Paria. 

eafi%e  de  yiutief ,  fj*. 
Jwmi,  hialoriaa  Mm,  gS. 
JgtAiu,  poMi  ktiê,  fi. 


Kr!<!(ETH  II.  roi  d'Écoaae,  1&6. 
KiMRis ,  |K!uple  du  noni ,  101,  1 43. 


aw  Paria,  77,  iSl.  aae,&Sf. 
Kaum  (Martis).  imriww,  l«S. 


d-M 


La  IUrrr  (Jean  de),  avocat.  175. 

Larre  (Pliilippe),  jt'suite,  auteur  de  piiMaon  on- 

vro(r)<s  liisloriipii's,  gg. 
Larie?ius,  lieuteuiml  deWsar  dan»  le*  fianba.  107. 

1.18,446. 

La  Borde  (M.  le  iiianpiis  de),  ganle  g^tH^I  de» 
arfliives.  fn  .  ij8.  33«,  338.  3ài.  435.436. 
463,  464,  465,  471,  479.483,543. 

Larodr  (Pays  du),  i43,  i45. 


Uaomm  (Le),  diaa  b 
La  Bacrias  (Pierre  aa). 
LM«aMR  (M.). 
U  Citiui 

177, 18e,  en.  eSi 
LtcMwB  (Pbee).  aai. 
LMM»a(RM) 
La  Cmauc*  (Jaaa  aa), 

dM|<<riMlnirari 


036 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


L*  Chapelle  (Jean  de),  ëciiyer,  Sa. 

La  Chapelle  (Village  de),  près  Paris,  lai. 

Lacroix  (M.  Paul),  conservateur  de  la  bibliothèque 
de  l'Arsenal,  ia6,  197,  199,  989,  43o,  433, 
448,  45i,  453,  454,  46i,  469,  466,  469. 
470,  471,  48o, 573. 

La  Croix  do  Maine  (François  Grudé,  sieur  de),  83, 

89,    190. 

liA  Croix-Fadbin  (Hameau  de),  990. 

La  Paye,  poëte  français ,  497. 

Lafayette  (Rue),  999. 

La  Force  (Hôtel  de),  194,  190. 

Fi*  Force  (Le  duc  de),  194. 

La  Haye  ( Bibliothèque  royale  de),  589. 

L*  Hérissaye  (Noël  du  Fail,  seigneur  de),  auteur 
des  Contes  etdiscours  d'Eulrapel,  1 53 ,  984 ,987. 

Laiin,  rivière,  voir  Lands. 

La  Hodssaïe  (Branche  des),  famille  Bureau,  SaS. 

La  Houssaye  (Robert  de),  évêque  de  Senlis,  10. 

Laitage,  à  Senlis,  77. 

La  Kalendre  (Jean  de),  i63. 

LALLiER(Miehault),  trésorier  de  France;  il  prévient 
un  complot  tramé  par  le  parti  bourguignon .  333 . 
349.  —  Il  est  odieux  à  ce  même  parti,  334. 

La  Malle  (DureauDE),  489. 

La  Marche  (Olivier  de),  196. 

La  Marche  (Renauld  de),  plus  connu  sous  le  nom 
de  Maître  des  Mathurins,  Sgb.  —  Jugements 
contradictoires  portés  sur  son  caractère,  4o6. — 
Sa  harangue  furieuse  contre  les  porteurs  de  la 
bulle  de  Benoît  XIII,  407. 

Lamballe  (La  princesse  de),  195. 

Lammens,  délégué  du  roi  des  Pays-Bas,  197. 

Lampédo,  reine  des  Amazones,  56i. 

LAHPERiE'(La),  région  de  Paris,  91  a. 

Lancastre  (École  à  la),  168. 

Lascelot  (Antoine),  auteur  de  plusieurs  ouvrages 
d'archéologie, 83,  84,85,  87,  88,  89.  90,  9a, 
93,  96,97,  438. 

Lanfranc  ,  ou  A  lenfranc,  chirurgien  italien  ;  louanges 
qu'il  adresse  à  la  ville  de  Paris,  439,  44o,  5o4. 

Langlois  (Hippolyte),  auteur  de  ï Essai  historique, 
philosophique  et  pittoresque  sttr  les  danses  des 
morts,  969,  974,  985,  986,  989,  454. — 
Extraits  de  son  ouvrage,  969  à  973. 

Langres  (Ville  ou  diocèse  de),  190. 

Langton  (Etienne),  chanoine  de  Notre-Dame;  sin- 
gulier texte  d'un  de  ses  sermons,  409. 

Lanterne  (Rue  de  la),  i63,  187. 

Lands,  rivière,  probablement  \aLahn,  109,  i39. 

Laon  (Collège  de),  170,  179. 


Laon  (Ville  de),  169,  467,  SaS.  —  Sa  situation 
avantageuse,  675. 

Lapidaires,  ouyoai7/ier«;siégedeleurindustrie,  9 1  o. 
—  A  la  (In  du  xiv*  siècle  et  au  commencement  du 
xv',  36 1,  369,  363.  —  Voir  aussi  OBrévBRs. 

La  Râpée  (Hameau  de),  aaS. 

La  Riboisière  (  Hôpital  de)  ;  son  emplacement,  aag. 

La  Rivière  (Branche  des),  famille  Bureau,  398. 

La  Roche-Flavin,  auteur  des  Treize  livres  des  Par- 
lements de  France,  5 1 . 

Labochefoucal'ld  (Le  cardinal  de),  réformateur  des 
religieux  de  Sainte-Geneviève,  166. 

Li  Roque,  auteur  du  Traûé  de  la  noblesse,  35o. 

Labbey  (Rue),  anciennement  du  Painn,  176.  993. 

La  Saobsaye  (M.  de),  auteur  de  ï  Histoire  du  châ- 
teau de  Blois,  569. 

Latilly  (Pierre  de),  évêque  de  Cbâions,  membre 
du  concile  de  Senlis  qui  condamne  les  doctrines 
de  Marsile  de  Padoue,  11.  —  Soupçonné  d'un 
attentat  contre  la  vie  de  Philippe  le  Bel,  83. 

Latii'h,  contrée  d'Italie.  i45. 

La  Tour  (  Bertrand  de  ) ,  docteur  en  théologie ,  5 1 5 . 

La  Todb-Landry  (Geoffroy  de),  auteur  de  l'ouvrage 
intitulé  Le  chevalier  de  la  tour  et  le  guidon  de* 
guerres,  3a5. 

La  Tr^moille  (Gui  de),  900. 

La  Tynna,  topographe,  186. 

Laurent  DE  Premierfait,  traducteur  et  poëte .  i93. 
196,  138,  933,  335,  395. —  Hospitalité  qu'il 
reçoit  chez  Bureau  do  Dampmartin,  199.  396. 
4 19,  4i3,  4i4.  — Ses  travaux,  4i9  à  4i5. — 
Fac-similé  d'une  miniature  qui  le  représente.  4 1 4. 

LaVallière  (Biblioth.  duducDE),  967,  968,  tùg. 

Lavandières  (Rue  des),  180. 

Lavandières-Sainte-Opportcne (Ruades),  aoa,  9o3. 

Lavendiers  (Rue  des),  voir  Amandiers. 

La  Villegille  (.M.  de),  archéologue,  456. 

Layetiers;  siège  de  leur  industrie,  ai 5.  — A  ta 
fin  du  xiv'  siècle  et  au  commencement  du  xv'. 
367,  368. 

Lear,  roi  d'Angleterre.  90,  ii5,  i49. 

Leber  (M.) ,  auteur  d'une  lettre  concernant  la  pro- 
cession de  la  Mort  à  Paris,  980. 

Le  Beit;  armoiries  d'une  famille  de  ce  nom.  i5ô. 

Le  Bedf  (L'abbé),  auteur  de  l'Histoire  du  diocèse 
de  Paris,  i4,  1 5,  84,  87,  88,  95,  io4,  107, 
109,  111,  lia,  ii4,  ii5,  i34,  157,  160. 
177,  J78,  180,  189,  i83, i84,  187,  188, 
189,  193,  9o3,  906,  907,  909,  9i3.  917, 
9a3,  aa5,  aa6,  998,  999.  93o.  93i.  939, 
957,  455,  537,  549. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE  DES  MATIÈRES. 


en 


Le  Boi  iMiRR  ( Alex.),  ■rgenlier  He ChariM  VI, 4ao. 

Lr  Boutrillkr  (Jean),  KutpUnir,  i53.  i54. 

Lr  CtNDRRURR  (Nicolos),  OU  Le  ftmdtrUir.  tkhé 

(ie  Soinl-Wattt  d'Arroa,  foodateor  dn  colMffa 

(i'Arrat,  178. 
Lr  Tr.KRC  (Victor),  doyen  ilc  In  Fonill»'-  ilim  IfrUn*» 

(In  l'iiris,  l'un  des  conliuuateun  de  l'Ilùioirt 

litlmtire  de  la  France,  6,  7,  8,  1 1,  i3,  17,  35. 

.•17,  f)!,  86,  87.  88.  i.j.=i,  395.  .39.3,  396,  897. 

/ioi,/io'j./i3!J,/j4.'J.4/'i7.yiy,  'i.'m   'i(>f>  S«i 
Lrcoiktr  (  Cliaric*) ,  historien.  111. 
Lr  Comou^hant,  un  dcM  prcniierH  Htiriiniii-.  ili-  l'bi- 

lip|)e-Anf[ii!ite.  i/i<>. 
Lr  ('<)•)  (Jcnnnc).  fenimc  d'un  Jean  Haillet.  35o. 
Lr  Favcoxihkr  (Odon  ou  Kudfl«),  i83. 
LRriiVRR  (Jean),  traducteur.  .Ig.^. 
Le  Klamaxd  (J.).  aq^criticr  du  duc  d'()riëaD«,33«. 
Lr  Fort  (Hoffcr).  dit  Taillefer,  profeMeur  i  l'uni- 

versit<?  d'Orlt^on»,  iirclicviViuc  de  llourgei.  6. 
L^OAT  (Le),  dons  la  Ihniie  Macabre,  597. 
lAotnnn  DORéi(La),  973. 
Lrgrakd  (  M.  Henry  ) ,  architecte  archéologue .  oulpur 

des  notices  sur  les  plans  cavalien  de  Paris  et  de 

Scnlis,  79.  5gi  à  607. 
Le  Grand  (Jacques),  prédicateur,  i-iCinS.  «qS. 

—  Hanliessc  de  ses  semions,  Ao5.  —  Il  eal  hai 

du  |)arti  l)our{[ui(;non.  'io5.  &06. 
Lrgrand  d'Aussy,  auteur  do  la  Vie  privée  dt»  Fron- 
çai*,  56. 
LtcDHRs;  transport  de  cette  denrée  sur  la  Seine, 

57.  —  Lieu  où  on  les  vendait,  voir  MARCHi. 
liR  Hardi,  un  des  |)i-cniiere  surnoms  de  Philip|M>- 

Auguste,  n)l>.  i.'J.'J 
Lribnitz.  6. 

Lr  Jov.  iK)s.sessenr  de  l'IiAtel  de  (/inllans.  ss». 
Lr  Kai)i.  trag(<<lien,  5H'i. 
Lr  Kalr5drror  (Nicolas),  i63. 
Lr  Labodrrdr  (Jean),  auteur  d'une  //wtotrr  de 

Ckarlee  VI,  aSa.  a34.  ^06.  4o(j. 
LRi.o!«(i  (Le  Père),  outeur  de  In  HihlioiUfm  de  k 

France,  89. 
Lr  Mkrcirb  (Thnmns),  l>our}^is  de  Paris,  34o, 

Ut. 
Lriiaiinu»,  fleuve.  prolMiblemenl  le fl*«W,  lOi.  iSt. 
Lr  Mortrlirr  (Pierre  et  Hichnnl).  117. 
Lr  Mortirr  (Thomas),  voir  Lr  Mrr<:irr. 
Lrhpirr  (Olivier  dr),  libmire,  ht\ft. 
Lficis,  nffriirirlii  de  Pom|MV.  i43. 
Lkîidit  (Pince  tlu).  i."{(>. 
Lrroii»,  architecte.  char}f»<  de  la  reconatnirtioo  du 

couvent  des  Cisterriemies  de  Saint- Antoine.  »«5. 


I.BMaj'M.  Alwt).  Moétafa»  4*  h 

de  IXeole  impérmk  im  baMn-««.  Ui.  léi. 
liM  (Celé|t  4»),  M  é»  f  1  miIi  i.  17e. 
LéM  VI.  rai  4'Am«rie;  «M  «§Mv  k  rtoia.  «tt, 
I  Jortaa  (  Le) .  dat  Im  wwMriM  d*  Aafbtai* ,  •&  • . 
L«  Pet,  ville  de  Pmee.  ioi. 
La  Rowi  (NiedM).  inniii dTam  --"ri 

ëdilioa  de  le  Dmm  Mmaln,  rjt. 
Le  Ror.  coBlrAlaar.  ealear  d***  Dineemem  em 

rerigine  de  rHM  de  VOe,  K96. 
Lr  Rot  (Pien«).  eoMM  aaw  la  mm  tUU  en 


t33.  —  Notiee  aar  ee 
LeaciueiM  (Le  ee«le  et). 

ioliloK  Dieennn 
I.,ucDTia  (Robert).  Kbrait*,  4M. 
L'Em»  (Jeea  ••).  eit. 
L'EaroiLi  (  Pienv  m)  ,  |nad  aadh 
I  de  PrMee.  9. 


«9» 
H9. 


èMi. 


Mivdeh 


LamtMM  (tee  m),  éréqve  de  ! 


eel. 


k  aaa  n^.  4oi. 


). 


duPuy: 
Lrscrcr  .  peiaire, 
Iji  Tru-iib  (( 

de  Reina.g7. 
\àni,  fleove,  98. 
Limi8periiiaHMiaaleri|M^CherW«1    ••& 

leS.  eS3,  «34.  fl4i.  391  4  3e4. 
Lr  Virtr  (  Aubert).  aieri  de  JeeMW  Beflat.  1*1. 
I^arrri  (RoeHe  de  le).  atS. 
I.A-éetisihSâi]rr-JM9ni  (  Rw).  voir  I 
L'HAnriL  (Jean  et  Pnaçeje  m), 

liculien  da  fort  de  Ckerartn.  ««<. 
IjicisiiRR  (Jeeo),  neevMT gditfral  dai  «idaB:  er- 

tide  de  aee  eaaiplae  Hnwt  Rm>I  RI  ^ 

Prailee,  80. 
Ltaovm  (VBe  de),  3*9. 
LiiaAtaai,  è  la  fin  da  u«*  aiède  H  m 

niml  du  tv*.  3C4.  —  Voir  1 
LiRBAUUR  periatane  •■  ■•;•■  l|*.  S9.  (7.  ie4. 

168.  «Se.  4So.  4&I.  4&t.  4tt.  4M. 
Ijm  pov  hi  iMmeii.  éa*  h  «ritaie  SeMle- 

CalbaiM.  «to. 
LnNra  (Rae  de  b).  i(«. 
Liiea  (Pajeoa  «Se  de).  i4t.  189. 
I^ionma.  ««6.  4i«,  470. 
LIi^Amui  (Pinrp  de  VWbn,m^ÊÊm  ea).  •% 
iMxn  (Ardùre*  de);  patae  de  ee  dlfH  iiaiir 
I  S«^.  «' da  MM.  S4i.  S4i. 
i(PN<iMede)J 
LnMee(Vflbde).4«7. 
1,467. 


638 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Limousins,  i53. 

LiNDEXBROG  (Erpold),  historien,  a43. 

LiNGENDEs,  prédicateur,  'loa. 

Lingerie  (Rue  de  la),  198,  207,  454. 

Linné  (Rue),  181. 

Lions-Saint-Paol  (Rue  des),  194. 

LisiEiix  (Collège  de),  168,  173. 

Littérature;  rëflexions  gënërales  sur  son  état  h 

l'époque  de  Charles  VI,  383  à  389,  391  à  397. 
Livre  des  Seutexces,  39,  3ao. 
Livres  des  Rois  (Traduction  des  quatre),  commen- 

céo  ou  projetée  par  Raoul  III  de  Presles,  89.  — 

Publiée  par  M.  Le  Roux  de  Lincy,  90. 
Livry  (Les  Sanguin  de);  leurs  armoiries,  347. 
LizY  (Seigneurie  de),  donnée  à  Raoul  I"  de  Presles, 

83. 
LoBiNEAU,  continuateur  de  Félibien,  171. 
LoGOGRiPHE  formant  le  tableau  des  vertus  du  roi 

de  France,  63.  —  Composé  avec  les  noms  des 

douze  pairs  de  France,  lao,  i5i. 
Loire,  fleuve,  571. 

LoKESLEV  (Raoul),  docteur  en  théologie,  5i5. 
Lombard  (Pierre),  évêque  de  Paris,  connu  sous 

le  nom  de  Mailre  des  Sentences ,  38,  aaa. 

LOMBARDIE,  i43. 

Loubards,  peuple  d'Italie,  i45. 

LoM  BAR  Ds  (Collège  des) ,  l'un  de»  collèges  de  Toumay , 

169. 
LoMHARDs  (Marchands  et  banquiers  appelés  les), 

a  10,  389,  469. — Etendue  et  prospérité  de  leur 

commerce,  335,  336,  338. 
Lombards  (Rue des),  196, 199,  a  10,  an,  aa8, 33a. 
LoMPONT  (Rue  de),  voir  Long-Pont. 
Lomdrës  (Ville  de),  ii5,  147,  387. 
LoNGiN,  soldat  romain,  537. 
LoNG-PofiT  (Religieux  de),  a  18. 
LoNG-PoNT  (Rue  de),  actuellement  yac^iw-i-rfe-firosse, 

ai8. 
LoNGL'EiL  (Mathieu de),  345. 
LoNGDEviLLE  (Rourg  dc),  aa8. 
LoRME  (Jean  de)  ,  médecin  ordinaire  de  Louis  XIII , 

443. 
LoRHERiE  (Ruelle  de  la),  an. 
LoRHiERs,  an.  —  A  la  fin  du  iiv*  siècle  et  au  com- 
mencement du  xv',  367. 
Lorraine,  i46. 
Lorraine  (Hôtel  de),  ou  de  Bar,  dans  la  rue  des 

Bernardins,  178. 
Lorrains,  io5,  i34. 
LoTERAiNE   (Rue  dc),    vrnisemblablenient    la  r;ie 

Froid-Mantel  oa  Fromentel,  178. 


LoDANORE  (  M.  Ch.  ) ,  auteur  de  \ Histoire  d'AhbeviUe , 
43i. 

I^uis  II,  dit  le  Bègue,  roi  de  France,  188. 

LoDis  VI,  (lit  le  Gros,  roi  de  France,  188.  —  Il 
acquiert  le  terrain  des  Champeaux,  198.  —  Il 
institue  la  foire  Saint-Laurent,  aa8. 

LoDisVll,  Aille  Jeune,  roideFrance,  186, 188,  470. 

Louis  VIII ,  dit  de  Monlpengier,  roi  de  France,  1 00 , 
1 46.  —  Il  est  envoyé  par  son  père  contre  Jean, 
roi  d'Angleterre,  147. 

Louis  IX,  voir  Saist-Ix)cis. 

Louis  X,  dit  le  Hutin,  roi  de  France;  il  absout  cl 
gratifie  Raoul  I"  de  Presles,  84,  87. —  Il  donne 
à  son  fils  Philippe  un  hôtel  confisqué  sur  Enguer- 
rand  de  Marigny,  «96. 

LoDis  XI,  roi  dc  France,  97,  aaS,  336,  49S.  — 
Il  rétablit  le  collège  de  iNavarre,  169.  —  Ses 
libéralités  à  l'égard  des  sœurs  de  Sainte-Claire, 
187.  — Il  donne  l'hôtel  des  Tournelles  h  Jacques 
Coitier,  igS.  —  Il  confisque  l'hôtel  du  duc  de 
Nemours ,  1 96. —  Il  reçoit  l'Oriflamme  des  mains 
du  cardinal  d'Alby,  369. 

Louis  XII ,  roi  de  France ,  5 1 8.  —  R  donne  aux  Do- 
minicains le  ParLjir-ûux-Bourgeoii ,  attenant  à 
leur  couvent ,  1 78. —  Il  meurt  au  palais  des  Tour- 
nelles, 19a.  —  Evaluation  de  la  population  de 
Paris  sous  son  règne,  495.  —  Édifices  trans- 
formés ou  détruits  à  Rioissous  son  règne,  569. 

Loois  XIII,  roi  de  France,  47,  i53,  443. —  Il  dole 
le  collège  d'Harcourt,  170.  —  Monuments  anté- 
rieurs h  son  règne,  937,  aa8.  —  Il  fait  cons- 
truire la  troisième  porte  Montmartre,  a3o. 

Louis  XIV,  roi  de  France,  57,  397,  447.  —  Il  ac- 
complit un  vœu  fait  par  son  père,  i53.  —  Arc 
de  triomphe  construit  pour  son  entrée  à  Paris, 
a  a  4.  — Changements  apportés  sous  son  règne 
au  château  de  Vincennes,  337. — Portes  triom- 
phales élevées  en  son  honneur,  a3o. 

I>ODis  XVI,  roi  de  France;  il  supprime  la  prison 
pour  dettes  du  For-fÉvèque,  198. 

Louis  DE  Baviidre;  il  protège  Jean  de  Jandun,  11,99. 

Louis-LE-GBiNo  (Collège  ou  lycée  de),  84,  168, 
169,  170,  171,  173,  178,  179. 

Ix)nis-PiiiLiPPE(Uue),  a  18. 

LoDP  (Sanche),  porteur  d'une  bulle  de  Benoît  XIII , 
4o6,  407. 

Lourcine-lez-Saint-Marcel  (Religieuses  de),  aaa. 

LouRi  (Guillaume  de),  astrologue,  447. 

L'Ours  (Le  seigneur  de)  ,  partisan  du  duc  de  Bour- 
gogne, 34a.  —  Son  exécution,  343. 

LoDVBE  (Château du),  159,  j83,  194,  aoa,  3o5, 


TABLK  ALPHABÉTIOUB  DES  MATIÉRIS. 


9ig,  399,  3/18. —  Sa  bil)iiolhA({u« ,  dite  Uind' 
rie  de  Charlc»  V,  83 ,  yo  .  96. 
liODVRK  (hffliitf  C()ll(<);illii-  (lu),   1H8. 

LoDVRR  (Hue  (lu),  ancimiiioiiH'nt  tloi  Poutia$,  90&. 

l.oiivRKH  en  l'oridiit,  io/|,  i3A. 

Ldcam,  pocti!  latin,  93. 

f/Oiuix  (i^n  pierre) ,  961. 

Ldcqdrh  (  Ville  de).  397,  336.  338,  33g. 

iMv.Kkr.K,  iKMttn  latin,  36,  93. 

LiiiLLiKH  (Jean),  PrëvAtd«  MardiMMb.  916. 

Ldpolde  ,  |M>i»oimage  de*  Omsê  m  dùeamn  d'Eutr»- 

pel,  ySA. 
Lutkck;  dlyinolo|fiR  de  ce  mot.  io3.  10&.  i33. 


•tf 


àêPmk.tot,  1S7, 
\jmn,  9. 
l.cTNiain9. 189. 
l^tRaiMM  {imikt  èi).  993. 
Louaioi.      •  ■■),MfMd 

■e(|iii«rt  ^  r  ir  Ifii  tMi 

LciisRocRa  (Paya  4e).  1 V 
Usun  (Ma).  fcifcKiin  4»  U 

9S7. 
Lfoa  (Via  da).  i46.  1I6.  SM.  StS 

dMcriptiaa  par  AtlaMi.  M&.  M7 
LniQCB  (TUAtra):  aaa 


S77.-8a 


M 


Marillom  (Jean),  bënëdictin,  auteur  des  Acia  SS. 
ordinis  S.  Henedicti,  9a ,  111. 

MtCABRK  (DulISC).  voir  Da^HK  MtCARRE. 

Mac^  (Rond),  moine  de  Vend/tme,  1 10. 

MAciSnoi^rR,  163. 

MACiiAHi''r.s  (IjC   livre   dcii);  rituluiii    <riiri  de  *n 

poiwoifi'H .  ()3,  aSy. 
MACMABéKs  (Dnnsn  des),  986,  987. 
MArii«i;i.T  ((înilinnme  dr),  auteur  de  la  /Vim  d'A- 

Uixandrie,  A  .'{<>. 
Maçor8,  à  la  fin  du  xiv*  siède  et  au  conio 

dn  w.  .3fi«.  369. 
MAfo?!8-.SoRBoi^R  (Rue  dea),  170.  173. 
Macrobe.  écrivain  latin,  93. 
MAmiRRH  (l)nniniri<>  dr>),  34a. 
Mauknta  (  l!onlr>vnrd  de).  <fiv). 
Ma<.i8tr\ts.  il  lu  lin  du  xiv'  siMeet  au< 

ment  du  xv*.  3.Î6  ë  36 1. 
Mai  (doiir  d)>).  dans  la  Cil*'.  i63. 
Mailli  (l.c  raidinnl  dk).  archevêque  de  Kfim«.  168. 
Maillotims  (Les).  393.  687. 
Mai>r  (RiiimIii),  appelée  aum  nie  du  lhir,lr  llmr- 

ffOffiir  et  humIi*  AaHNt,  179. 

Mairir  dn  V'  arrondinewent;  Ron  einplifiin.ni . 
173.  —  Du  I".  jo.').—  Du  IV,  iifi.  ii«. — 
De  la  cuiumiiiie  de  (ibarenlon.  mmô. 

Maim^i  aux  Piurrs,  191,  197.  ■»*!>■  —  Fat-*tmitt 
d'niu'  tniniiiliire  qui  la  rfpnWiite,  197. 

\Iaiiu>:<is  de  l'nris  t>ii  (jt'néml.  h'i,  It^h,  SgS,  396. 
—  !)e  Senlis,  77.  599.  600.  —  Sur  le  pnni 
Notre-Dame.  i6o.  —  VfmMém  par  ^ifola» 
Plamcl  ou  ([revëea  de  renlea  à  loa  proAt,  ft&g . 
&60.  —  Sur  lee  ponts,  Seo.  53i . 

MaItri-Alrkrt  (Rue),  voir  I'rrdik. 

MklTKK  KiicoLR  (1^).  daiis  In  Dmm  Mumkx i .  3oA. 


MilTU  aasSMiMcai.  sOTMideHié  è  Ai«rr«  tta». 
kmi,  MifÊB  de  Paris.  S8.  «ce .  I98. 

lUlrai  Bas  Turanm  (Le).  199.  i&&. 

Mâfnn  Omtm  (Gel%e  de).  17t.  17' 

Mihan  ec  Pâaianar.  16.  iy 

MAiiiisH  (PUfpt  ■■).  «air  Pmjm  M  MuolM» 

MALDianf.  dviqâe  de  Péris.  i8«. 

M4LMRa(Rae).  196.  eié.  «17. 

Malmcri  .  hislseian  de  fmm.  197. 

MALLtT((;iiles).Mie*deeiR»da  lai.97.  M9. 

Uuumm  (DoaeaiM  de  b).  lia. 

Malts  (CbevelierB  de).  tffU»  aaparavaal  Ckr*»- 
liera  de  Swmt  Itm  ik  ikmtlmi    «M 

MMs(Coaléda).  1*7. 

MâM  (Év4i|MS  àê)',  lew  mmi  de*  la  rw  dr 
RrioM.  179. 

MtM(Vileoadiaelsada).  173. 

MtRUBT  ae  Jo«r.  «dMiact».  18S. 

lUaaBi  PuiaMOTt,  tmftrmr  pm:  saa  a^sar  k 
Pim.  98«.Si9. 

MiUMcan  de  râyt  dt /Wi»  par  Jasa  de  JaadM 
sniertmsBt  t  h  Billiiiy  |ai  ■ipiriili  drPw* 
i8.i9.eo.S«.4«.4e.««.Se.M.««.M. 
68.  78.—  Um.  i|inrtniat  *  le  tii H  >  | 
iaspérWe de  Visne.  18.19.  90.  99,  3«.  31 
8<.S8.Ao.4«.U.M.&e.69.&«.«o  «9 
64.  M.  68. 70.  79. 74. 78.  — De  Is  litanf- 
iomdtP^mm  Oarib  Vt,  par  Ciiilil  H  dr 
MeU.  198.199.18».  »*4. 419.— PsJiBiiaai 
dsUniae.  197. 199.  ai8.  (a«.  S8i.  Mi.  &»; 
-  ÊNaièBal  des  nifHS  deas  r^ 
Daaie.  94o.  9<i.  —  De dhwssa pjèap 
sar  *e  IV«ii  ihm  if  1»  IMs  Pî|b.  9*7.  •«•. 
969.  —  DesflbraidiLaaRsXN.dBed'A^. 
969.— CaatsaaalaiOirdsilWN*  U-^^mJm 


640 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Trois  Vives,  971.  — De  Besançon,  contenant  un 
passage  relatif  à  la  Danse  des  Machabées,  aSS, 
387.  —  Du  poëme  de  la  Danse  Macabre,  289. 

—  Fournissant  des  détails  sur  la  cour  d'amour  de 
Charles  VI,  i38.  —  Contenant  un  acrostiche 
tautogrammatique  sur  le  nom  de  Jésus,  5o9.  — 
Contenant  le  poëme  d'Astesan,5i5,  5i8,  593, 
Sai,  596. 

Mandscrits  divers  de  la  traduction  de  la  Cité  de 
Dieu,  par  Raoul  de  Presles,  gC,  97,  98.  —  De 
Nicolas  Astesan,  5 18.  —  De  la  Chronique  de 
Jean  de  Courcy,  589,  583. 

Mabc  (Perrin),  assassin  de  Jean  Baillet,  le  tréso- 
rier général  des  finances  du  Dauphin,  35o. 

Marc  (Raymond),  Échevin,  344. 

Marcel  ;  une  famille  de  ce  nom  contribue  à  l'établis- 
sement des  Cëlestins  à  Paris,  190. 

Marcel  (Etienne),  Pi-évôt  de  Paris;  il  est  nuisible 
à  la  bourgeoisie  parisienne,  39  3,  471. 

Marcel  (Guillaume),  auteur  d'une  Histoire  des 
Gaules,  aôg. 

Marchandises  exposées  dans  les  halles  des  Cham- 
peaux,  16,  5i,  198,  206.  —  Id.  sur  la  place 
de  Grève,  198.  —  Id.  dans  la  galerie  des  Mer- 
ciers, au  Palais,  5'Ji,533. — Voir  aussi  Marché. 

Marchands  parisiens  au  moyen  Age,  3i5,  3 16, 
390.  —  A  la  fin  du  xiv'  siècle  et  au  commence- 
ment du  xv",  353  et  suiv. — Voir  aussi  Lomrards. 

Marchant  (Charles),  maître  charpentier  delà  Ville, 
160. 

Marchant  (Guyot),  imprimeur  de  la  plus  ancienne 
édition  de  la  Danse  Macabre ,  971,  973,987,989. 

Marchant  (Jean),  charpentier,  439.  433; 

Marché  aux  bestiaux,  à  la  Croix-du-Tiroir,  108. 

—  Au,\:  herbes  et  au  poisson,  dans  la  Cité,  iC3. 

—  Auxfleiu^,  dans  la  Cité,  i64. — DelaF«//e«, 
175.  —  Au  linge  et  aux  babils,  sur  l'emplace- 
ment de  Saint-Jacques-la-Boucherie ,  1 83.  —  Au 
sel ,  aux  fruits  et  aux  légumes ,  autour  du  grand 
Châtelet,  901.  —  Au  poisson,  près  du  Châtelet, 
901,  911. —  De  diverses  denrées  alimentaires, 
à  la  porte  Baudoyer,  901.  —  Au  bois,  sur  le 
quai  de  l'École,  909.  —  Des  Poirées,  907.  — 
Au  lait,  dans  la  rue  des  Écrivains,  911. 

Marché-Nedf  ( Rue  ou  quai  du ) ,  157. 

Marché-Pald  (Rue  du),  appelée  plus  tard  rue  de  la 
Cité,  161,  169,  i63. 

Marcile  d'Inghen  ,  11. 

Marcomir,  prétendu  chef  troyen.  io5,  i34. 

Maréchacx,  à  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commence- 
ment du  xv',  368,369. 


Marginal  (Nicolas  de),  voir  Nicolas  de  Marginal. 
Marguerite  de  Flandre,  comtesse  d'Artois,  195, 

336. 
Marguerite  de  Provence,  reine  de  France,  299. 
Marie  de  Bourgogne,  196. 
Mariete  (Denis),  secrétaire  et  auditeur  des  comptes 

du  duc  d'Orléans,  479. 
Mabigny  (Enguerrand  de),  surintendant  des  finances, 

196. 
Marivaux  (Grande  et  petite  rues  de),  quartier Saint- 

Jacques-la-Boucherie ,910,911,919,  46o. 
Marivaux  (Rue  de),  quartier  des  Italiens,  910. 
Marle  (Fontaine  de) ,  199. 
Marle  (Guillaume  de),  Prévâtdes  Marchands.  346. 
Marle  (Henri  de),  chancelier,  333,  334. 
Marmousets  (Rue  des),  dans  la  Cité,  i55,  169, 

i63,  i64. 
Marmousets  (Rue  des),  dans  te  faubourg  Saint- 
Marcel,  991. 
Marmoutier  (Collège  de),  178. 
Marmoctier  (L'abbé  de),  administrateur  du  collège 

du  Plessis,  174. 
Marne,  rivière,  111,  i4o,  996,  349,  35o. 
Marpésie  ,  reine  des  Amazones ,  56 1 . 
MARRiER(Dom  Martin),  bénédictin ,  auteur  de  l'ou- 
vrage intitulé  Hiitoria  monaslerii  S.  Martini  de 

Campis,  110,  i85,  93i. 
Mars  (Le  dieu),  ii3,  i4i,  949. 
Marsile  de  Padoue,  4,6,  9.  —  Ses  propositions 

hétérodoxes,  7,  8,61. 
Martène  (Dom),  bénédictin,  auteur  de  plusieurs 

ouvrages  historiques  et  théologiques,  99. 
Martin  V,  pape,  399,  4oi. 
Martroi  (Rue  du), ou  Saint-Jean,  i85,  9i4,3i5, 

918. 
Martyrs  (Église  des),  93 1. 
Martyrs  (Mont  des),  voir  Montmartre. 
Massacres  des  journées  de  juin  i4i8,  343.  344. 
Mathieu  L.ensrergu,  astrologue,  37. 
Mathurins  (Le  maître  ou  ministre  des),  voir  La 

Marche  (Regnauld  de). 
Mathurins  (Les),  10,  i65,  167,  177,  44i,45i. 
Mathurins-Saint-Jacqurs  (Rue  des),  167,  177. — 

Improprement  placée  par   Guillebert  de  Melz 

dans  le  quartier  de  la  place  Maubert,  181 . 
Matiphas  (Simon),  cité  à  tort  par  Sauvai  comme 

distinct  de  l'évêque  de  Paris  De  Buci,  196. 
Maueert  (Place),  170,  i8i,  189,  43o,  46o.  — 

Principal  siège  de  la  vente  du  pain,  174. 
Maurcée  (Fontaine),  198. 

MaUBUÉE  (Rué),   909,  919,  9  1  3. 


TABLE  ALPHABÉTIQ 

MAUvonitKiL  (Rue),  don»  lu  qniirtier  Sainl-Deni», 

no,  191,  195,  •loH. 
Mituconsmi,  (Kuc),  ou  An»  Mauvoisei-PmvIiÊ ,  dan* 

l(!  (|iittrlifir  SainUvO|i|>ortuno,  tos, 
M«ubéToi)n  (TlioiiiflHMc  nr),  nière  de  (iille*  Dw- 

r:liaiii|)H,  '.ii)H. 
Mavm.  (Cour  <lu),  dani  lo  nie  Saint-Martin,  186. 
Mavhkuard  (Ktieiiiic  de),  conseiller  de  <ibaH<>s  VI, 

:\'Mi. 
M«uv*iHKH-PAROLrjt  (Rue  des),  aos. 
MAuvAis-GARçom,  168,  181,  -nS. 
MAt>vAis-(ÎAn(;oiiH  (Rue  des),    aneienneinent  du 

Quirtron,  ai 5. 
Mauvoinim  (CIo»),  189. 
Maxknck  (Miirc-AiirMe),  improprement  appela  Do- 

mitien,  1 1 /i ,  itfi. 
Ma%imikn  Hkrcole,  em|icreur  romain,  i).>     111. 

lia,  I  '10. 
Maximilikn  n'AuTUiciiE,  196. 
Maye;«ck  (Ville  de),  100,  166,  iaS. 
Mavk^^k  ((ilinrlrti  do  Lorrniiic,  duc  de),  19&. 
Maïrosiih  (Knmrois  i>e),  thëulof^iun ,  i^l'»    ">ir>. 
Ma7,ahi>  ( ltil>lio(lii'-(]iie  d*>),  ,'><i. 
Ma7.ariv  (Colk'ije).  ou  de»  (JuatreSahont,  tth. 
M*/.A!t  (Boulovnrd),  aaS. 
Mai\s  (Prinoii  de),  19.'). 
Meai'\  (Ville  de).  111,  1.I9, /I67. 
MiÎDKciK  (l-e).  <lniis  in  l)»Me  Moeahr»,  .107. 
Mf-okciik  (FncuUt'  de),  dans  l'Univeniilé  de  Paria, 

'1.'! .  1 1)6.  —  Son  enseignement.  &38  à  hhh. 
Mkdkcins,  (Inns  lii  première  moitii*  du  xiï*  Mècle; 

(?lo({e  de  leur  siovoir  et  de  leur  diWoucmenI ,  ^.1, 

ftït.  —  A  la  (In  du  xiv*  siècle  et  au  rommence- 

lueiil  du  w".  ;5.î6  h  .'16 1.  — Knseignefueiil  et 

exercice  de  leur  art  au  moyen  Age,  4.18  è  44.î. 

—  Le»  plus  notables  d'entre  eux  sous  le  règne 

de  Charles  VI,  44o. 
VW,Diris  (dntherine  de),  ^oii  (.itiir.Ri5iR  DiMiaiCM. 
MKHiTERnA^n^K  (Mcr),  i4&. 
M^r.issERiR (Quai  delà),  198.901.  "<' ' 
\Hr,is.iiERs,  h  \a  Hn  du  xiT*  liède  et  au  roiiniienre- 

iiicnt  du  x\',  ,'ll'x). 
Meld!»  (Ville  de),  107,111    \  ■'>- .  iSg. 
M^vAiiKRiK  du  piirr  de  V  iiicemii-    ■'■<- 
Wiwaieti  hk  Paris;  exlniils  di  rii  ivinr.ijM-,  .ii.i, 

396.  483.  &91.  &99. 
MiS^vuerK,  reine  di*s  Aniiixoues.  .'>t>i. 
NUmard,  outeur  d'une  histoire  de  Du  GuettSn,  &«9. 

&3o. 
Mkjidumts;  leur  noinhre  h  Pari»,  n4,  laS,  «S». 
Me!«dia!«ts  (Onin»);  leurs  dispoMtkmi  btrorabk* 


Mt 


U    11      MATIÈRES. 

II.  —  LMrhltoenlf*rU«««iM.  tM. 
MiMmuL  (U).  imm  U  Dmm  Mttdn.Ut. 
UÉnmmu  fmiikm.  1  ti .  1  tt.  Mf,  «tt.  —  4  b 

0a  <ln  iiV  aiide  et  m  eoMMMMMal  im  %*'. 

36A.  —  Euraeede  lear  i 

6t8  k  AS7. 
Miawmu  (Rœ  im).  m  im  MUty  1.  m  im 

JtKfhmt,  tof. 
MniPMnM.  k  k  tmèê  ufmkàa  «I  m  tammimm- 

ment  du  1%'.  3*7.  SéS. 
Mn«Mj»&in*4kot»(Vlmtde).  sSs. 
Hàw.  eomenfiUar  deb  Miliaiyi9iM  rwafc-  n- 

i3o. 
MéiniMi,  voir  P*uw  lUvnM*. 
Màuiitt  (Agnèi  de).  187. 
Mna  (Convint  de  le),  196. 
MBMani(SAiitiai).MieardKr«Um>d^lWit.  19B. 
Mnona;  ùi§t  priaeipii  de  km  tmmamm.  «07. 

—  B«w  de  eeu  qâi  emwl  b  caw  k  I 

9«â.  —  A  le  fiada  tiv^àèdeat  aai 

aieal  du  >V.  S(&. 
MBMaw  (Sale  «•  galme  dai).  ea  Mm».  1&8. 

&9I.S33. 
Mnaat  (l^edien).  ii3.  ni.  i4i.  ii«.  Mj. 
Mncru  (Moat  de),  voir  Vovraievet. 
Mnin  (  L'mchentHir 

Mianuiei,  prélenda  gouverneur  dr»  PanNra».  99. 
MiaovÉï.  roi  freae.  toC,  iM.  1  kk. 
MiaoTneie»;  d^vebppaaHal  de  TmU*mm  mm 

leur  dyaMiie.  4<7,  468. 
MiuuH  (Mardumd*  deh  «^  feiaufy  de  bar 


MiMenMi  (Qow  de  b).  votr 

MouT  (Rae),  et?. 

MmeaMaa.  à  b  aa  da  uf  aièeb  et  ea 

aieat  da  xv*,  SCg.  370. 
Moan  (Margacnb  b).  tS«. 
Mmm  (Pejf.),  i3«. 
Mm(ViDede),  left.  i«l.  it6.  e73. 
Ma>aM(rkNMàMde).SIe. 
Mmoa  (U  lerdiael  aa).  19I. 
MuM-en^Leoui  (ViHe  de).  io«. 
MarMiM.  k  b  lada  uv'aiieb  al  aa  < 

du  IV*.  ses.  8M.  3«7. 
Maamaat  (Poal  aax).  iCo. 
Mme  (M.),  anlmil».  «98.  &«i. 
lUtnuT.  hhlBrii.  189. 
Mi-Raâi  (PbMhM  de).  ^.  109. 1 10.  1S8.  ei  ». 

59S.S97. 
llicaiLMCiBkn.  lWeh|ba.  •.9.&1I. 

•1 


642 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


MicHELET,  historien,  a85, 

MicHEi.-LE-CoMTE(Rue).  sog,  9l3. 

Mignon  (CoHëge),  lyS. 

Mignon  (Jean),  archidiacre  de  Blois,  fondateur  du 

coilége  Miff non,  178. 
Mignon  (Rue),  175. 

Milan  (Ville  de),  1/16,  336,  518,  677. 
Millet  (Germain),  auteur  du  Trésor  sacré,  etc.  de 

l'abbaye  royale  de  Saint-Deiiig  en  France,  939. 
Millin,  auteur  des  Antiguilés  nationales,  190,  19a, 

519. 
Minerve,  90,  ii3,  i4i. 
MiNUTDREs  (Liste  des),  xxviii,  xxn. 
Miniatdristes,  voir  Enlumineurs. 
Minimes  (Lac  des) ,  au  bois  de  Vincennes,  337. 
Minimes  (Ordre  des),  178. 
Miraeeaii,  orateur  français,  4ia. 
Miracles  (Cour  des),  188. 
Miradlmont  (Pierre  de),  auteur  de  l'ouvrage  intitulé 

De  l'origine   et  establissement  du  Parlement  et 

autres  juridictions  royales  estons  dans  l'enclos  du 

Palais- Royal  de  Paris,  61. 
MiRON  (François),  Prëvôt  des  Marchands,  inhumé 

dans  l'f'glise  Sainte-Marine,  i55.  —  Il  fait  re- 
construire la  deuxième  porte  du  Temple,  397. 
Mission  (Congrégation   de  la),    fondée  par  saint 

Vincent  de  Paul   au  collée  des  Bons-Enfants, 

168,  999. 
MiTiiRiDATE,  roi  de  Pont,  671. 
MocREux  (Oudart  de),  changeur  et  Inturgeois  de 

Paris,  160. 
Moeurs  et  coutumes  des  Gaulois,  119,  ii3,  ii4. 

—  Des  bourgeois  parisiens,  395,  896,  897. 
Moine  (Le) ,  dans  une  édition  du  Dit  des  Trois  Morts 

et  des  Trois  Vifs  ,979.  —  Dans  la  Danse  Macabre , 

3o6. 
Moïse,  législateur  des  Hébreux,  i35. 
Molands  (Jean),   théologien  de  Louvain,   auteur 

d'additions  au  Martyrologium  Usuardi. 
Monceau-Saint-Gervais  (Rue  du),  ou  du  Ciinetière- 

Saint-Gervais ,  ou  du  Pourtour,  et  actuellement 

François-Miron ,  i85,  918. 
Mondétocr  (Rue),  191,  907,  908. 
Monfalcon  (M.),  auteur  de  Y  Histoire  de  Lyon,  565. 
Monge  (Rue),  181,  991. 
MoNGLAT  (Branche  des),  famille  Bureau,  898. 
Monglat  (Jeanne  de  Chastel,  dame  de),  femme  de 

Raoul  1"  de  Presles,  84. 
Monmouth  (Geoffroy  de),  voir  Geoffroy  de  Mon- 

mouth. 
Monnaie  (La),  166. 


Monnaie  (Ouvriers  de  la),  fondateurs  d'une  lépro- 
serie au  faubourg  du  Roule,  981. 

Monnaie  (Rue  de  la),  9o4. 

MoNs-EN-Pi'ELLE  (Bataille  de),  944,  958. 

Monstrelet  (Enguerrand  de),  chroniqueur.  190, 
335,  959,  334,  349. 

Montagne-Sainte-Gen«i4ve  (Rue de  la),  1 70. 1 79 . 
179, 180. 

Montagu  (Gérard  de),  465. 

Montaiglon  (M.  Anatole  de),  auteur  de  YAlphnbel 
de  la  Mort,  978 ,  974. 

Montaigo  (Collège  de),  169. 

Montaigo  (Gilles  de),  cardinal  de  Thérouenne,  bien- 
faiteur du  collège  de  Monlaigu ,  1 69. 

Montaigc  (Hôtel  de),  197. 

Montauban  (Arthur  de),  199. 

Mont-Cassin  (Abbaye  de),  i65. 

MoNTEBELLo  (Quai),  189. 

MoNTEREAD  (Pierre  de),  architecte  de  la  Sainte- 
Chapelle  du  Palais,  46,  47. 

MoNTEREAO  (Ville  de),  198,  34i. 

M0NTESQ01ED,  58,  i36. 

Montesquieu  (Rue),  187. 

MosTFAUcoN  (Giliet  de),  188,  196. 

MoNTFAUcoii  (Bernard  de),  bénédictin,  auteur  de 
plusieurs  ouvrages  historiques,  945,  959. 

MoNTFERRAT  (Jeau  1 V ,  marquïs de),  5 1 5 .  59o.  53i. 

MoNTFEBRAT  (Théodore,  marquis  de),  517. 

MoNTFORT  (Jean  de),  duc  de  Bretagne,  980. 

MoNTJAVocLT  (Village de) ,  9'! ,  1 1 9, 1 1 4, 1 4o.  1 49. 

MoNTJOiEs;  explication  de  ce  mot.  980.  —  Gra- 
vure représentant  celles  qui  étaient  placées  sur 
le  chemin  de  Paris  à  Saint-Denis,  980. 

Montjoie-Saint-Dems;  origine  de  ce  cri.  1  48. 

MoNTLiiéRT  (Bourg  de).  486. 

.Montmartre,  95,  91,  99,  95,  ii4.  t94.  i4i. 
1 4 9,  99g.  981,  4 11,  547. 

Montmartre  (Abbaye de),  981. 

Montmartre  (Porte);  1",  ou  porte  Saint-Eiislache, 
appartenant  à  l'enceinte  de  Philippe-Augustf. 
980.  —  9',  appartenante  l'enceinte  de  Charles  V. 
980. 

Montmartre  (Rue),  196,  906,  908. 

MoNTMORENcv  (Fonlainc  dite  de),  981. 

Montmorency  (Rue  de),  934,  456,  457  à  46o. 

Montmorency  (Vallée  de),  849. 

MoNTORGUEiL  (Rue),  9o8. 

Montpellier  (Ville  de), 336,  889,  489,  467. 

MoNTPENsiER  (Gilbert,  comte  de),  dauphin  A'Ui- 
vergne,  98. 

Mont-Raynirr  (Château  de),  517. 


TABLE  AIJMIUJÉTlg 
MoKTRouoB  (Village  de) ,  190. 
MoNT-SimT-MicHEL  {\.'a\>\tè  (lu),  voir  Li  Ror. 
Mont-Smxt-VIiuiki.  (Villfidu),  399.  Huo. 
MoiiKAn  i)K  .VUiJTttim.  iiiiUmr  de  pluiieun  ouvnigM 

il'Hrcli(1«lo(p(',  /i.'tH. 
MiiHKRi  (LoiiiK).  iiiitiMir  dtï  la  IhienpiHm  éê  k 

France,  uJJu. 
MoHGUK  (l<a),  i63. 

M(»Ko\A,  iiiiliMir  d<!  /'m«  illuttrata,  1170. 
Mort  ;  1  ",  diiim  Ik  />i(  </m  7'roM  it/or(4  «I  in  Traw 

Fi/i,  uyy.  —  a*,  «78.  —  3',  379. 
MoHTAijTé  ((iroïKlv),  à  Paris,  mmm  le  règne  ia 

ClinrlpR  VI,  a;iC. 
MoHTKiiKns;  leur  sw^jour  principal,  917. 
VlonTKM.KRiE  (Rue  de  la),  «rtuellement  de  fHéld- 

ile-Vilk,  917,  91  H. 
Mort»  (Diinse  diw),  voir  Dame  Macabre. 
Morts  (l-es).  dann  In  Danse  Maealtre,  -194  i  3i5. 


UE  DES  MATlfeRP-^^ 

(i«ap«M*da8aiii. 
MoorrtTiu  (Rne).  1 . 
MiNMn  (J«w  M).  Éd«rtn.  ,ia 
NocTM  (Rw  (!■).  fli4. 
MoatiuinM  (Philippe  ••) 

OoMigufM,  SéS. 

de  la  bihliotli>yM  Atgmi»  Nkâm. 
Msmm(VaBib),  t«t. 
MoBâiMi.  awMologue  italM.  70.  SiS 
M£un(Riieilu 
Mm  dt  b  Vile.  tao.  —  Vmt 
Mna(RMdM).  oa^ilmw.  174    •«• 
Men  (LMraw).  artralagaa.  U7 
MoiitBMaiainI,  lai. 


«U 


186.  196. 


IV 


Naples  (Koyaumede),  6a4. 

Napol^ox  (Lyc«'e),  iftS. 

NAi>oLéoN  (Quai),  1S7,  16&. 

Narboiiinr  (Oolli^ge  de),  17t. 

N*RRo?i?(K  (Ville de).  i44.  i46. 

Nashaii  (Uuclirf  de),  109. 

NATioi<iji(  1^8 quatre),  dans  r(JniversiU<  de  Pari*,  1 1. 

3<),  l'iC),  /i'i.">. 
Naud^.  l)il>liolh)!caire  de  Matarin,  90.  &16,  453. 
!Nautr8  parisiens,  319. 
Navarre  (Coll<^e  île),  ."1,   \(uy  i-n     iX,.    398, 

axït. 
Navarre  (Grand  liAtel  du  collai;.  .1.       174, 
Navarre  (Hôlel  de),  197. 
Navarre  (Le  roi  de),  i-jo. 
Navarre  [Vx  roi  de),  plus  lanl  roi  de  France  aow 

le  nom  de  Louis  X,  487. 
Navarre   (  Hois  de);  leur*  bôleb  k  Pari*.  194, 

Nrcker  (Rue).  190. 

Nemours  (Beninrd  d'Arniagniir.  duc  de),  19t. 

Nexle  (HiUel  de);  r\(>rrici<!<  ilrHuiatii]ues  dan  ee 

lieu,  986. 
Nksle  (Jenn.  seigneur  de).  90d. 
\ksi.k  (Porte  de).  9 9 4. 
Neub  (Rue  de).  actuellenH>nt  A'OrlêmuSmitili 

Horr,  9(>r>. 
Neslb  (Tour  de).  994. 
NEnrcaiiEL-suR-AisiE  (Viromli'  deK  propriété  <ie 

Guillemin  Sanguin.  9'  du  nom.  34t. 


Nser  Pnaoa  (Lea):  laan  iWaaa  m  éàkÊm  «la 

Cooey.  &«i .  ses. 
Nier  Paast  (Lea);  lean  ftataee  a«  «Utan  4» 

Cooey.  S59. 
NicfTou  (Colin  m;,  fcdip«iii  -ISt 
Nnmtu  (Nîeoba  m),  voir  \  mcaoi 
NEPiuT-ae»-M*m  (  ViBagr  ilr  <.  1» j 
Niinra-«as4>Qute  (Bac),  aedm  de  la  im  4aa 

ntntÊp  1^8* 
Niova-NonuhDuii  (Rae).  iS«.  lU.  i«i.  lU. 
NHvn-JImmni  (Rne).  170. 
Nnvȉ4i]iT4)ma  (  Une) .  on  BLmM  ..K 
Nnnra-Stnrr-llinHnr  (Rne).  109 
NnT»44iii»-Pi>i  (Rw).  en  GUiM  l,  194. 
Nanntia  (Raad  h),  «keealiar.  33S. 
Nami  (Le  coarte  ••).  pina  lard  dnr  de  lanr- 

fp(ne  aow  le  Bam  de  /ta*  aaw  hm.  3M.  — 

Vur  a^M  Roooaaau. 
NwobUHAwM  (Rm).  toS. 
Nieoue-Roit  (Rat).  to8. 
Nmous  m  Mtaanu.  aalear  i»tm  ymn  de  mn 

wmtlmTmiMmUtlImTmtffi,  «% 
Nnoua-Fuaat  (Roe).  «1 1. 
NnariM.  ni  de  Bilkjaie.  1 U. 
Niowai«(Bitfbd»).  «S4.9S8.  «S«. 

i(LMlliMMid(}.  tt;.»;. 
I  (CkilM).  «an»  di  riK*AvdM  «if«e  f- 
^afarw  aa  4r  h  blintm  db  «a^aMy .  ^- 
NoMn^'Airae»  (Vlife  de),  ktf. 

■1 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGflVAUX. 


NoiDENT  (Jean  de),  receveur  du  duc  de  Bonr(jogne, 
34a, 464. 

Noire  (Mer),  lot,  t46. 

NoNNAiNs-D  YèRES  (Rue  des),  917. 

Nord  (Gare  du);  son  emplacement,  aag. 

Normandie,  170. 

Normandie  (Charles  de),  35o. 

Normandie  (Guillaume  duc  de),  lao. 

Normands,  106,  !56,  167,  i83,  186,  188,  ao5, 
aai,  296,  928,  55i,  571. 

Notaires  (Chambre  des),  197. 

Notaires  DU  Roi,  16,  69,  5i. 

NoTAiRES-ET-EcRivAiNs(Rue  des),  176,  177. 

Notre-Dame;  sa  châsse  dans  la  calhëdrale  de  Paris, 
i54 ,961.  —  Son  image  dans  l'église  des  Céles- 
tins,  192. —  Sa  statue  dans  le  cimetière  des  In- 
nocent», 198,  194,  284.  —  Ses  reliques,  280, 
537,  575.  —  Son  image  sculptëe  au  petit  por- 
tail de  l'ëglise  Sainl-Jacques-la-Boucherie ,  455. 

Notre-Dame  (Cathédrale),  i5,  159,  i63,  i85, 
389,  44i,  5ai,  539.  —  Sa  description  par 
Jean  de  Jandun,  i5,  45,  46.  — Sa  description 


par  Guillebert  de  Metz ,  laa,  laa,  i53,  i54. 

—  Prétentions  de  sa  chancellerie,  166.  —  Statue 
équestre  de  Philippe  de  Valois  dans  sa  nef,  a44 , 
245. —  Description  des  châsses  qu'elle  renferme. 

—  Son  cartulairc,  263.  —  Hille  est  visitée  par 
les  alchimistes,  a84.  —  Procession  générale  qui 
y  est  faite  par  la  faction  bourguignonne.  4o6. 

Notre-Dame  (lie),  théitre  des  exercices  du  tir  îi 

l'arc  ou  à  l'arbalète,  174,  220. 
Notre-Dame  (Pont),  160,  597. 
Notre-Dame-de-Boulogne-la-Petite  (Église).  a3i. 
Notre-Dame-de-Halle  en  Brabant,  338. 
Notre-Dame-de-Liesse  (Église),  près  Laon.  570. 
Notre-Dame-de-Mesciie  (Église),  aaô. 
Notre-Dame- DEs-Bois,  ou  statue  de  la  Vierge  dans 

le  cimetière  des  Innocents,  194 ,  984. 
Notre-Dame-des-Ciiamps  (Eglise),  96,  ii4,  i42. 

92a. 
Notre-Damk-de-Vertd8,  i84. 
Notre-Dame-dd-Mont-Carmel  (Ordre  de).  189,  191. 
-Noyers  (Rue  des),  180. 
NoïON  (Ville  de),  171,  467,528,  578. 


0 


Observatoire  (Avenue  de  1'),  998. 

OcTON ville  (Raoul  d'),  l'un  des  assassins  du  duc 
d'Orléans,  338. 

Oder,  fleuve,  i46. 

Odofhède,  jurisconsulte,  45o. 

Odon,  abbé  de  Sainte-Geneviève,  j8i. 

OiGNARD  (Rue),  primitivement  'Amaury-de-Roissy, 
puis  comprise  dans  la  rue  de  La  Reytùe,  910. 

Oiseliers,  à  la  fin  du  xiv*  siècle  et  au  commen- 
cement du  xv',  367,  368. 

Okah  (Guillaume),  ou  Oecam,  franciscain,  auteur 
d'ouvrages  relatifs  au  pouvoir  temporel,  9,  5i5. 

Oleriks,  chants  religieux,  97. 

Olivier,  compagnon  de  Roland,  t45. 

Oratoire  (L'),  i3i. 

Orderic  Vital,  moine  de  Saint-Évroul,  448,  449. 

Oreshe  (Nicolas) ,  professeur  au  collège  de  Navarre, 
soupçonné  d'avoir  traduit  le  Defensor  pacù ,  8. 
—  Auteur  présumé  d'une  translation  complète 
de  la  Bible,  89.  —  Regardé  par  quelques-uns 
comme  l'auteur  du  Somniitm  Viridarii,  90.  — 
Il  ouvre  la  voie  aux  traducteurs,  895,  4i9. 

Orfèvres;  siège  de  leur  industrie,  16.  909,  469. 
— Leur  confrérie ,  188,  470,  471. — Mentionnés 
dans  un  mandat  de  payement  donné  par  le  duc 
d'Orléans,  339,  333.  —  A  la  fin  du  xiv'  siècle 


et  au  commencement  du  xv*,  36i,  869.  363. 

—  Leur  industrie  au  moyen  âge,  466  à  483. 
Orgagna  (André),  peintre;  ses  fresques  représen- 
tant les  Trois  Morts  et  les  Trois  Vifs,  969,  270. 

Orgagna  (Bernard),  peintre,  frère  du  précédent. 

269. 
Orgemont    (Aniaury   d'),   archidiacre    d'Amiens. 

doyen  de  Tours,  chanoine  de  Paris,  partisan 

du  duc  de  Bourgogne,  342,  343. 
Orgemont  (Nicolas  d'),  évêque  de  Paris,  334,  843, 

486. 
Orgemont  (Pierre  d'),  chancelier  de  France,  ujâ. 

348. 
Orgues  de  la  chapelle  du  château,  à  Blois.  569. 
Oriflamme,  119.  201.  —  Son  origine.  i4y.  i.">o. 

—  Cérémonial  observé  à  sa  réception  et  à  sii 
rentrée,  lig,  i5o.  —  Importance  qui  y  est  at- 
tachée, 267.  —  I^evéesqui  en  sont  faites.  a58. 

—  Perte  de  cet  insigne,  258,  259.  —  Trois 
types,  aux  xiii',  xiv*  et  xv*  siècles,  959. 

Orithve,  reine  des  Amazones,  56 1. 

Orléans  (Charles  d'),  comte  d'Angoulême.  498, 
475,  517,520,591,528,  569.  —  Gravure  qui 
le  représente,  5 18.  —  Astesan  lui  dédie  un  de 
ses  ouvrages,  594.  — Texte  et  traduction  latine 
d'une  de  ses  poésies,  095. 


TABLE  ALI'IIAHKTI 

OniiA>is(HAU!l«r).9a3,  ai4. 

(hi.y.x'iH  (l/tiiig  duc  d'),  ri>ère  de  CbariM  VI,  96, 
fjî),  190.  Mj»,  io5,  933,  «30,  «06,  987, 
33/1,  .'lijH,  4o3,  Ittj.  'iiij,  /mj,  5«t.  — 
Mandat  dnriti/'  |iar  lui  en  faveur  de  piusiminar- 
ri'vrcH,  .'{.'{•j.  —  Influence  do  lon  mar^ga  rar 
je  d)->i'li>|i|M!iii<!iit  du  eominerw  det  Loadunb. 
336.  —  Corliri potion  de  Dino  Itapoudt  i  m 
mort,  338,  33(j.  —  ]j>n  Pariiiem  ■Uribocot  i 
M'H  ninwàJH  ru);frrttvation  de*  intpAt*.  hoh.  — 
AKirlcH  d<-8  d('|M>niM»  do  m  nuiMin  rrlatib  «ut 
nifMicsIrclH.  It'.ift,  fi'.iîi,  li'.\f).  —  Arlirlrii  n'Ialif» 
il  dim  Inivanx  de  copie  et  dVnluniinurt',  'ili'i. — 
Vlii(;ni(iccnccde  «on  orgontmi,',  h-jb,  676.  A77. 
/171J,  /iK(t.  —  (iunfionnnalion  joiinialii-n!  de  M 
maison,  tuyi.  —  Son  tondtcau  aux  C^b-stini, 
."ia-j,  54 1.  —  lilriii  (gravure).  .'>4i.  —  Aw- 
timile  dn  Hon  ëcuMton,  .'i'jS.  -  Il  enrichit  de 
nouvrIIcti  ronKtnictions  le  rliAteau  de  (ioury. 
ï)!)"].  —  Il  fond)!  uni'  liihliolliiVpm  nu  rliAlrau 
de  iilois,  5(i(j. 

()ri,i!anh  (l'liilip|H'.  duc  u').  hi-ri'  du  roi  Jfnn. 
auo. 


QliK  DES  MATIÈRES. 

OuÀu»{fmtti).  t«S.  i^k. 

()iUm*  (Viik  d").  109.  t«i.  Ui.  S«)i 

enpliMiwr  AriMM.S;!. 
thiiim  Umtmnu  (Pnîiçai*  •').  tft. 
Uui«>»ë*Mfll«MMé  (Rm  #). 

Smh,  «oS. 
Oui  de  JÊktCtmm,  tU,  eiS. 
OunwM  (Dnwiim  d*).  S4«. 

UuMMiUprMdMlO.  ••*• 
Omm>  (Pkd).  aoiev  de  fi 
ne,  iSi.  i4o. 


6U 


OntL(PanMBed').a«< 

(Hmumi.  ebUdeSeiMUÈvrad.  kW. 
(Ml.  propUle.çS.  iiS.  i4«. 
Orem.eiqMnwd'AleMfw.  1(6. 
Otmw  •■  PMnsn,  (lMMJi|Miir.  io«. 
Oeea  {('munit),  «nenl  tnmfm,  4,  &,  6 
Ovii  (Rue  ma),  voir  Oeee. 
Ovencuo,  «flir  OiM. 
OvM(llaeedi).  196,  coA.  tto  ee9. 
Oovunw,  voir  AenuM. 
()tt»k.  |ioéte  leliii,  9S.  V, 
()»«••  ^  Ville  d*).  i3&. 


I'adour  (Ville  de),  101. 

I'akkvi^  (Hue),  i()(). 

I'ai.i  fabriqué  h  l'orii;;   sa  Immum-  tpialiti',  16.  — 

Kndroitsoù  il  s«>  vendait,  174,  ao6. 
I'airs  iik  Franck;  ns.sertion  fabuleuse  de  Geolfroy 

deMonnionth  il  leur  ^l'aril,  1 1.'>.  —  Liste  de  ces 

dignitains  uu  temps  dedbarle»  VI,  110,  lâi. 
Palais  (!.e),  dons  la  (;itt',i5,  16, 47,Jl«j.  nia,  i.'>7, 

i63,  407.  —  Sa  description  par  (îuilltdiert  de 

Metz,  1 58,  i5(). —  Sa  description  pr  tslesan, 

5!io,  591,533,535. 
!'Ai.AiHr\ti  (Villoffi*  del.  489. 
pALKrHK^iKns,  ù  la  lin  du  \iv'  siècle  et  «a  oonuMO- 

cenient  du  xv*,  36y.  370. 
I'ai.kstiik,  i45  ,  t8(). 
Palk.ht»o  (Hue  de),  i8(). 
Palu  (Morrli<<),  voir  MARCH^-PALt). 
Palus  MiioTinn,  lot.  io3,  loft,  i3«.  i33. 
Pammojiik,  lui,  i33,  i46. 
pANTHioit,  i64,  173,  179,  190. 
Paon  (Hue  du),  octiiellinient  Lmrty,  176.  ««3. 
Papk  (l.e),  dons  la  Ihinir  Muettirt,  «96. 
Par«dis;  com|Miraison  de  Ports  k  ce  Itea  de  iMim. 

43,  «5,  97.  57,  439,  44o,  4tto, 
Paradis  (Jeon),  ^rivnin,  583. 


PAaAMa(RMde).ea  Marais.  19e.  19*. 
pARcHcentaia  (Rnede  le),  mefawhe. 

U  rue  des  Mtmirm  m  ttwmmmÊ,  177. 4&i. 
PAKumisma  (lhMdela),medrail».  aaiwdtls 

PHtÊ^ttntÊimtnÊ t  ei«. 
Pâacnamaw,S4,S&,  177.—  A  btadiuVëialt 

et  aa  eeMMMewMda  t**,  a«4.  3tt.->Ve» 

aoaai  Êcbituw  et  lifimi 
PAaainmiaa(Raedra).  177. 
pARSoeae.  mkmr  de  k  TMê  rlrmlypi  ém 

orémmÊmtm  im  ni»  d»  Ftmtm,  e4S. 
PU».  fibdeMM.te4. 
Paiu  (Gerioa).  aaiew  de  XlUmàt  r^fm  S 

Pisis  (I^Âmtc).  aai. 

pAtt*  (M.  Padia).  Mndwede  llMliM. 

aaCoMfedePr 

crile  de  b  KUiallilfW  iafdriile.  U.  88. 9ai. 

97.  109,  iSS.  tSS.  Sei.  I9&.  4»4.  4iS. 

4i4.44o.  4ee.  US.  U4. 
fém (Phi*  de),  iiliili  1     I  plese  da  UMrf. 

49.. 
pAa»  (  PeHe  de).  M  S*  perte  Stàt-Omm,  aeS. 
pAa»  (Vae  de).  ^essM.  — TeUi  al 

d'an  eweelirhi  le1e|W— lifw eari 


fi/jÔ 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


5o6  à  5j  1.  —  Jeu  de  mots  sur  son  nom  (gra- 
vure), 5 10.  — Vue  partielle  {fac-similé  d'une 
miniature  de  la  chronique  de  Jean  de  Courcy), 
582.  —  Idetn  [fac-similé  d'une  miniature  du 
missel  de  Jouvenel  des  Ursins),  586.  —  Plan  ca- 
valier en  i38o  (notice  et  légende),  691  à  607. 

Parisiennes;  leurs  mœurs,  56,  57.  —  Leur  beaulë, 
57,  a3i,  488,  496,592,  545. 

Parisiens;  leur  ignorance  du  droit  civil  au  moyen 
âge,  i4,  5a2,  543.  —  Appréciation  de  leur 
caractère,  16,  17,  55,  67.  —  Leur  portrait  au 
physique,  57.  —  Accueil  qu'ils  font  aux  Francs, 
io5. —  Leur  résistance  aux  Romains,  137,  i38, 
996.  —  Leurs  pèlerinages  dans  les  environs  de 
leur  ville,  926.  —  Leur  attachement  à  la  Loi 
Sahque,  944.  —  Effet  produit  sur  eux  par  les 
prédications  du  cordelierRichart.  4to.  —  Chris- 
tine de  Pisan  leur  reproche  leur  grossièreté  en- 
vers les  femmes,  4 16.  —  Apostrophe  qui  leur 
est  adressée  par  Christine  de  Pisan,  49o  à  496. 

—  Leur  condition  physique  et  morale,  5o6  à 
509. 

Parisis  ;  description  de  plusieurs  bourgs  et  villages 
de  cette  région,  94.  —  Résistance  opjwsëe  par 
ses  habitants  aux  invasions  des  Francs ,  1 06. 

Pabisios;  observation  sur  ce  mot,  66. 

Parlement  de  Paris,  16,  48,  49,  5 1,  i58, 160, 168, 
186, 9  43, 394,344,  35 1,  353,  59o,  599,  543. 

Parloir-adx-Rodrgeois ,  178,  390,  396. 

Parvi-Ponti^is,  ou  AaJiVnnte  rfu  Petit-Pont,  i4. 

Parvis  (Place  du),  i55,  161,  169,  407,  4gi. 

Parvis  (Ruelle  du),  161. 

Pascal  (Rue),  999. 

Pascal  III,  anti-pape,  100. 

Pasqdier  (-Etienne),  auteur  des  Recherches  sur  la 
France,  5i,  88,  i53. 

Passementerie  (Rue  de  la),  plus  tard  de  la  Vieille- 
Monnaie,  199. 

Passion  (Confrères  de  la);  ils  louent  une  salle  à  la 
Trinité  pour  représenter  les  Mystères,  186.  — 
Ils  acquièrent  une  partie  de  l'hôtel  d'Artois,  1 95. 

—  Ils  donnent  des  représentations  dans  les  bâ- 
timents de  l'hôtel  de  Flandre,  196. 

Pastourel  (Rue),  91 3. 

Pâtissiers,  à  la  fin  du  xiv"  siècle  et  au  commence- 
ment du  XV',  365,  366,  367. 
Patriarche  (Le),  dans  la  Danse  Macabre,  298. 
Paclmy  (Le  marquis  de),  bibliophile,  196. 
Pavée  (Rue),  175,  195. 
PAviE(Villede),5i6. 
Pavilly  (Eustache  de)  ,  carme,  docteur  en  théologie , 


933,  390.  —  Se»  efforts  en  faveur  du  parti 
bourguignon,  407.  —  Sa  participation  à  la  sé- 
dition des  Chaperons  blancs,  4o8.  —  Apprécia- 
tion de  la  forme  de  ses  discours,  4o8,  609. 

Paysans,  au  moyen  âge,  Sao. 

Pecqoai  (Impasse),  9i3. 

Pédagogies,  ou  Pensionnats,  176. 

Peignot  (Gabriel),  auteur  des  Recherches  sur  les 
danses  des  morts ,  etc.  193,  967,  969,  384,  463, 
498,  5oo. 

Peintres,  53.  —  Leur  confrérie.  1 56.  —  A  la  fin  du 
xiv'  siècle  et  au  commencement  du  xv',  364. 

Peihtres  (Impasse  des),  110,  aaS. 

Peintres  (Porte  aux),  ou  9'  porte  Saint-Denis ,  aaS. 

PÉL4GE,  hérésiarque,  101. 

Pèleriî»  (Le),  dans  la  Danse  Macabre,  3i  1. 

Pèlerinage  de  Saint-Jacques-de-Compostelle.  191. 
—  De  Saint-.Maur-les-Fo8.ses,  996.  —  De  Notre- 
Dame-de-Mesche,  aaô.  —  De  Nolre-Dame-de- 
Roulogne-la-Petile,  939. 

Pèlerins  (Rue  des),  191. 

Pelleterie  (La),  dans  la  Cité,  i64. 

Pelletiers;  leur  quartier,  16A.  —  A  la  fin  du 
XIV*  siècle  et  au  commencement  du  xv',  365. 

Pénélope,  reine  d'Ithaque,  947. 

Pentapole  (La),  en  Italie,  i45. 

Penthésilée.  reine  des  Amazones.  56 1. 

Pépin,  fils  de  Charlemagne,  i45. 

Pépinière  du  Luxemlxturg,  993. 

Pépin  le  Rref,  roi  de  France,  i44,  i45. 

Percée  (Rue),  917. 

Percy,  ëvéque  anglais,  1 15. 

Pebdde  (Rue),  ou  Maître-Albert ,  180,  181. 

Perizonids  (Jacques),  auteur  des  Animadiersiones 
historieœ,  i36. 

Pernelle,  femme  de  Nicolas  Flamel.  193.  911, 
455,458. 

Pernelle  (Rue),  quartier  Saint -Jacques-la-Rou- 
cberie  ,911. 

Pernelle  (Ruelle),  quartier  de  la  Grève,  918. 

Pernelle -la -Pastourelle  (Rue),  ou  Pemelle-de- 
Saint-Pol,  quartier  Sainte-Avoie,  ai 3. 

Perpignan  (Rue  de),  169. 

Perquin  (Jean) ,  marchand  de  laiton ,  exécuté  comme 
partisan  du  duc  de  Bourgogne,  343. 

Perrin,  écrivain  de  l'empereur  Sigisniond.  ia5, 
933,  453. 

Perrin  de  Sens,  harpiste,  lai,  a33,  4a8. 

Perrin-Gasselin  (Rue),  108,  i38,  909. 

Perrinet  le  Clerc,  fils  d'un  quartinier  de  Paris, 
9a4,  344. 


TABLK  ALl'HABKTKi 

PKRItE,  |)0ëtC  lotiii,  (j't. 

I'eiitz,  ëiliU-iir  (l'un  recueil  (lf>  (lapilulaim,  toi. 

•j/i3. 
l'r.RfiHiNO»,  lunioin  im|iro|irciii'>iit  iIhiiim-  à  Jran  <lf 

Jondiin,  h. 

I'P.T-*U-I)URI.K  (l'tfflTC  (iitc  (lu),  !il)l,   •tio. 

I'mit  (J«an),  (lu^il(i)[ieii ,  39«j.  —  Il  ligure  lUm 
une.  IIhIc  (i'n»tiï)l()|rii(>« ,  /|&6. 

FuTIT-CiRUCIKU  (IWhmIii),  «HJ. 

I'etitk-I'ohck,  iiortion  (!(>  \'\it>Uà  Av  Im  t'oni ,  t^k, 

I'ktitk-Ohrrrik  (l>n),  169. 
l'rTiT-FoiiR  (lliip  (lu),  t7(j. 
Pktit-Lion  (Uuiïdu),  110,  19&. 
I'ktit-Muciik  (IIu(>II(^  du),  91G. 

I'kTIT-MiSC  (IliUcI  (lu),    l(j/|. 

I'rtit-Mi.w:  (Uu<;  du),  191,  19/1. 

Pktit-I'ont  ( Le) ,  liid)il('  |Mir  de»  prorcMeur»  de  plii- 
JoHophic  8C(iiaiiti(|uc  et  icura  élèves,  tk.  —  Sa 
(l(!8criplion  iiertiiMlofroy,  i.'>.  —  Il  mI  \tté'fMT 
d'un  i^riuid  niiiiilirc  d  ii|Hitiiiciiin*it,  /i.'l. —  Fae- 
«i/n(7r  d'iiiK'  iiiiiiiiitun!  (|iii  le  tcpràMnitc,  44.— 
(îrovun!»  (|ui  lo  repr('-<MMiti'iit.  '.tk.  —  On  y  vcihI 
t()ut(!x  Horlti)  d(>  d(>iiri'<-M,  109,  17&.  ^Solidilt' 
de  HO  coiiKtnirtion,  iGo. 

I'ktit-I'ont  (llu(!  du),  184. 

Petit -Saint-Antoinr  (lldpilal  du),  voir  StiiT- 
Axtoi!(e-i.e-Petit. 

pKTiT!HCHAMI>!(  (llut!  (!(■!*).  OU  Ilrnnl6mt ,  iSÂ,  «O9. 

Petits-Souliers  (Hue  aux),  9o3. 
Pkscab»,  rivi)\n>  d'Italie,  iA5. 
I'kiipi.k  ^l<(*),  doiiH  In  (inidc,  <jh,  1 1  ■( ,  ■  k>. 
Pharamoxd,  io5,  t34,  iS8,  «49. 
Pharamii!*  (Ilpiiri),  pr^ln?,  44i. 
PiiAREN  (Syiiion  (le),  iisintlogue,  outcur  du  HtamI 
lien  jilu»  cflèhre»  axtmktgient ,  445,  446,  4(7. 

Pll\HMACIKN!),  voir  ApOTIIICAIREa. 

PiiJiuRF,,  |MM>t(>  Inliii,  .'18. 

l'iiii.AHKT  DE  Camiia.  voïr  Alrxardrr  V. 

Philippe,  comte  d(>  Valois  H  duc  d'AIru^tn,  fil»  if 
Louis  l)>  llutin.  196. 

Phiupce  II,  dit  Auguêtt,  roi  de  Fraiire,  61.  too, 
i46,  147,  i65,  167,  i83, 190.  «aS,  4«6.  «17, 
•j3(j,  .'I'j  I,  4.1  i ,  5(j6,  —  Son  enteinle,  voir  Rv 
cbiihte. 

Philippe  lil ,  dit/r  Hardi,  roi  de  France.  io4,  194. 

Philippe  IV.  dit  /c  /W.  roi  do  France,  ii.  fi .  8.  1 4 . 
•1."»,  (il.  •loi.  -j.'Uj.  ;{-ii.  '117,  487.  —  Il  (ail 
lnMis|Mnt('r  l'i  In  Sniiili>-t'.lin|ii>lle  la  tête  et  ami 
Louis.  47.  —  Il  confinm et Mi||nanla  h» «Maip* 
lions  do  taxe  aoear«Maa«u  fcoliaca.  •SS.<— LmI* 


LK  DKS  \IATIKRE.S.  #47 

àm  piMripi  tiH|iih  daPbmt  mméf,^. 
3ai  k  SiS.  ~  Éinlnitfi  éê  b  |i|iilii  ■  ^ 
Paria  taMoaarlfM.  «57. 

PaiLirrt  V.  dil  b  Lm^,  m  éa  fnmmx  à  mmtéf 
piwiaiin bvMinè  RMd  r*  (la  rmW.  M.»;. 
—  Il  doM  m  jMafcJM  kfmyftiâm  m 
HaiolMidHl.  ««S.  -^  U  tam4»  la 
da  floaHidn  «M  ^iia  *  BNiagw  p«» 
•Sa.  —  CaM*|MWM  da  rawapi  ImI  «ft*  Im 
a(ieee«tadaPkadn.ta. 

Paium  VI ,  dil  d*  VM$,  nida  Vnmm.  » 
iea  piéààmàê  et  PhiImuI.  «9.  ■.  U 
daa  latlna  de  f^M^aa  à  RMd  U  da 
84.  —  Saa  rnnrliiim  •  fe«M>  4t  f^^W 
iSJ.  ~  0  «ontriUa  k  b  fcUaliM  da  rUfM 

tioo  d'une  nowMfla  aaiM*  ivjrab  m  Um  ^ 
VineenHa.  9tj.  —  Sa  riataa  éfmtn  da»  b 
calbAinb  NMi*-Dmm.  «44 .  %ki.  —  «A» 
(gravure),  «tS.  —  Sat  fklaîni 
«44.  aS3.  t6^,  *M.  —  H  bmm  mm 
(ialioB  pitoia  da  b  «•■«•  da  Jaai  da 


lin,  3*9. 

pHium  M  (lalntUM,  4 

kwbfaȃM|i  .h,i 

Paaipra  at  Funums.  de 

teitarmilklàipi.ith 

Païufpi  M  fiaiva,  ebt 

meà»  da  Nak».lli» 

i6r> 

pMurw  p«  Mmiuw.  c 

Jhi  d»Uw»<i»»  1 

dMMaiitrda  tvjmm 

a  d»  Chypn.  97.  M.  — 

()n  lui  aUriliae  b  Sm 

wmm  rwidÊfii,  90.-11 

«t  aa  MMBbn  dia  1 

HiAiibwi  fctariy»  par 

Ciiarka  V.  4i«. 

Païupvt  aa  Vriav.  tradudaar.  39Â. 

Philippe  Ihacux  (TaanMflpda).  phaiard  afpMa 

tour  de  Smk,  ««4. 
pHiuppt  La  Boa.  dw  da 


l'UunanMda  Pkria.  U.  «7.  4«. 

MB  daMtf  *  jMadr 
diwb«d^|*d>llaMn».  C 
hoitau:  dbbab  da  «Ma  prafàm.  394. 
PmimM  (JaaB).  107. 

pKaod  (M.  b  bana  JdrtM).  dfib»  dv  Jb-» 
fNT  dp  /Ww .  Sa&.  4M.  487. 491 .  49« .  49S. 
Picaca  (Hanaaa  da).  aa&. 
Pkti*.  aoEM»  halàlaala  d*  b  tiiinl  n    .  ■«• 
hill.pap».  aai. 

(■■a).49i. 

1).  iMi^otaw  aaMaad.  499. 
Puata-M-LuT  (Iw  d»  b).  ai  1. 


6/18 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


PiERRE-A  u-PoissoN  (  Ruelle  de  la  ) ,  ^  o  1 ,  911,491. 
PiERBE-Aux-BoEUFs,  cordelicr,  898. 
Pierre  de  Luna  ,  voir  Benoît  XIII. 
Pierre  de  Luxembodrg.  333. 
PiERREFONDs  (Ghâtcau  (le),  557. 
Pierre-Gasselin,  appellation  inexacte  de  la   rue 

Pierre-Sarrazin ,  176. 
Pierre-Sarrazin  (Rue),  176. 
PiET  (Rue  du),  ou  du  Pressoir  du  Bret,  section  de 

la  rue  des  Deux-Ecus,  9o5. 
PiGANioL  DE  LA  FoRCE,  autcup  de  la  Description  de 

Paris  et  de  ses  environs,  198,  igi,  901,  9Û4. 

PiLATE,  565.   567. 

Piliers  des  Halles,  908. 

Piliers  (Maison  aux),  voir  Maisos  adx  Piliers. 

Pilon  (Germain),  sculpteur,  188,  198. 

Pilori  du  carrefour  Guiilori,  108.  —  Des  Halles, 

198. 

Piv  de  l'abbaye  Saint-Victor,  991.  —  De  l'arobet 
Saint-Merry,  991. 

PiNCHART  (M.),  conservateur  des  archives  à  Bruxelles , 
198. 

PiRONEs  (Rue  des),  appellation  inexacte  de  la  rue 
des  Prouvaires,  906. 

Pirouette  (Rue),  906. 

PisAN  (Gliristine  de),  femme  poëte,  98,  lai,  199, 
i48,  900,  934,439,  44i.  —  Son  dévouement 
à  la  cause  royale,  191,  419,  497. —  Notice  sur 
ses  travaux,  4i5  à  419,  497,  498.  —  Son 
poëme  en  l'honneur  de  Jeanne  d'Arc,  490  à  496. 
—  Gravure  qui  la  représente  oflrant  le  roman 
A'Othea  au  duc  d'Orléans,  4 18.  —  Fac-similé  en 
couleur  d'une  miniature  qui  la  reprëseiilc  com- 
posant ses  ouvrages,  497. 

PisAN  (Thomas  de),  médecin  et  astrologue,  4 16, 
44o,  44i. 

PisE  (Ville  de);  fresques  de  son  cimetière,  969. 
970.  —  Extension  de  son  commerce,  897.  — 
Son  concile  général,  899.  4oo. 

PisEL  (Robert),  1 10. 

PiTHou  (François),  auteur  d'un  glossaire  des  Capi- 
tulaires  et  de  la  Loi  Salique,  948. 

Placement  (Maisons  de)  pour  domestiques,  919. 

Plailly  (Guy  de),  évêque  de  Senlis,  10. 

Plans  cavaliers  de  Paris  et  de  Senlis,  74,  691  à 
600.  —  Légende  des  rues ,  etc.  de  celui  de  Paris , 
601  à  607. 

PLANCHE-MiBRAi(Rue  de  la),  911,  919. 

Plancher  (Urbain),  bénédictin,  auteur  d'une  His- 
toire de  Bourgogne,  889. 

Planchette  (Impasse  de  la),  998. 


Plaod,  théologien,  899. 

Plat-d'Ktain  (Rue  du),  anciennement  Raout-l'A- 

veitier,  908. 
Platon,  4i,  98. 
Plâtre,  employé  pour  la  construction  des  maisons 

de  Paris,  77,  93 1. 
Plâtre  (Rue  du),  dans  le  quartier  Saint -Benoit. 

180. 
Plâtre  (Rue  du),  ou  la  Plâlriire,  dans  le  quartier 

Sainte  Avoie,  91 3. 
PLÀTRiiiRE  (La),  ou  Vieille -Plâtrière,  actuellement 

rue  du   Battoir,  dans  le  quartier  Saint-André- 

des-Arts,  176. 
Plâtrière  (Rue),  actuellement  Jean- Jacques-Rous- 
seau, dans  le  quartier  Saint-Eustacbe,  71,  196. 
Plâtrière  (Rue),  plus  tard  rue  de  la  Courroirie, 

dans  le  quartier  Saint-.Marlin ,  1 99. 
Pladte,  poëte  latin,  98,  5oo. 
Plessis-lkz-Toi'rs  (Château  de),  578. 
Plessis-Sorbonne  (Collège  du),  voir  De  Plessis. 
Pline,  surnommé  l'Ancien,  438. 
Plumets  (Ruelle  des),  918. 
Poètes  parisiens  sous  le  règne  de  Charles  VI ,  988. 

—  Voir  aussi  Pisan  (Christine  de)  et  Laurext 

DE  PrEMIERFAIT. 

Pointe-Sainte-Eustache  (Rue  de  la),  908. 

PoiRÉEs  (  Rue  des  ) ,  178. 

Poirier  (Rue  du).  919. 

Poisson;  son  abondance  à  Senlis,  77.  —  Lieu  ou 
on  le  vendait  h  l'aris,  901.  —  De  mer;  maison 
de  la  marchandise  de  cette  denrée,  907. —  Idem; 
sa  consommation  sous  Charles  VI,  494. 

Poissonnerie  (Rue  de  la),  ou  place  au  Poissoji, 
189. 

Poissonniers,  à  la  lin  du  xiv'  siècle  et  au  commen- 
cement du  \v*,  865,  866,  867. 

Poissï  (Ville  de),  4i6. 

Poitevins  (Rue  des),  170. 

Poitiers  (Bataille  de),  958,  898,  43o,  471. 

Poitiers  (Comté  de),  147. 

PoiTiEBs  (Ville  de),  i44,96i,  353. 

Poitou  (Philippe,  comte  de),  régent  du  royaume, 
plus  tard  roi  sous  le  nom  de  Philippe  le  Long , 
87. 

Poix  (Jennet  de),  partisan  du  duc  de  Bourgogne. 
348. 

Pomard  (Hugues  de),  évéque  de  Langres;  il  con- 
tribue h  la  fondation  du  collège  de  Cambrai  ,179. 

Pomme  (Rue  de  la),  169. 

PoNCEAU  (Fontaine  du),  198. 

Ponce-Trebatti  (Paul),  sculpteur,  198. 


TABLK  ALIMIAK^:T1oUK  DES  MATIÈIIES. 


PoNT-AoClUNOB,  VOÎr  GuilD-PoKT. 

Po^t-Kbxi^,  101 . 

PoMTIIIBi;  (OlIllU?  (Ifl),  tifj. 

PoNTUiEij  (liC  comte  de),  ao&. 

PojiT-N Eur  (onricn),  voir  SjtruT-MiciEL. 

PoNT-NEur  (nouveau),  la-i. 

PoNT-NEur  (Rue  du),  aoi. 

PoinTOME  (Ville  de),  ni,  lai,  tht,  igs. 

Pont-Peeeim  (Mai«on  du),  igA. 

Pont*,  5-io,  5.3 i.  —  Voir  bum!  CM*igtntM,  Co»- 

COHDE,   (î«»JII>-P0MT.  iN0TRE-|)«lE,  PrtIT- Po«T, 

PoKT-NErir,  SaIIT-CIlOB»,  S*IKT-Mlr.HRL. 

PoPiMcoiiAT  (Ilnrncau  <le),  ooB. 

PopvLtTio<t  (l(!  Paris;  son  chiiTre  mmu  ChariM  VI. 
■i3a,  fiHïi  h  /189. 

PoREL  (Kue  de),  voir  Poir<h. 

Port  aublë,ai8.  —  Au  foin ,  <  1 8. 

PoRT-A-MttTRK-PiERRE  (Ruc  du),  OU  de  la  Poùêim- 
nerie,  iSa. 

PoRTR-lliODET  (Fontaine  de  la),  198. 

Portes  de  [Uiiireniilf,  ou  haute  parlirAc  \a  Villi".  ou 
rive ifmirhe,  gai  h  9 a 6.  —  De  la  battt  parité 
de  la  Ville,  ou  rive  droite,  99&  à  93i.  —  Gra- 
vures qui  les  représentent,  991,  996. 

Portes  (Hue  des),  ou  des  Deiur- Portée ,  acUielle- 
luenl  de  Sorbonne,  177. 

PoRTE-SAnT-MARCEL  (Rue  de  la).  180. 

PoRTKiRs,  h  la  (in  du  \x\'  siècle  et  au  nu nirr- 

inenl  du  w',  .ICg,  .370. 

PoRT-t'EvÉgUE,  161. 

PoTKHiR  (Rue  de  la),  quartier  dus  llnlies,  198, 

•loO. 

Poterie  (Rue  de  la),  quartier  de  la  (Wve.  91&. 
PoTRnNE-SAi<iT-PADL  ( Ruc  de  la),  actuellemeni  de 

Joui/,  «117. 

PoTiF.H  ((îuillauuieetGuy),  9ii. 

Potiers  de  terre;  sit'(;n  prinripnl  dr  leur  iiidiistri»*. 
•il /t.  —  DVlnin.  ii  la  fin  du  xiv'  tiède  cl  au 
cominencemcnl  du  xv*,  .367.  —  Mm;  leor  hâ- 
l)ilH<<,  48.3. 

PouiLLE,  contrA»  d'itnlie.  i43,  i45. 

PoujootAT,  A;rivnin  fninçais,  4i5. 

PoDLAiLLBRiE  (Ruede  la),  919. 

Poiii.iEs(Une  des),  ocluellement  du  Ltmrrr,  loâ. 

PoiLTIER(lllie),   9Ï0. 

Poi;p^E(Rue),  176. 

PoiRi :K*r\  (MnrrhiÇ aux),  dit auau  YitiUe-pket^**' 

Vourcfau.r,  Pinct-anx-Ckatt  fi  Fo»J*^«»-Ok»«M . 

94,  108,  90.3. 
PorRroiNTERiE(I,nK  \oir  Liiirari»  t  Hoe  d«). 
Poi'Ri'ui>Ts.  fabriqu«fs  rue  des  LomWd*.  «10. 


Pai-APt-CtaM».  If.  «té.  4*7. 

PiÉBnvM  (Rm  ém),  «07. 

PMkv  (Jmhi  m).  «IraltgM.  Sii. 

PiiMeATma  pwWaM.  mMbrl|M4tCUilain. 
•SS.  S9S. -.  OhwralinaH»  b bnw4t Un 
fcnBow.  4of .  —  V«irmw  Cwm.  UGww. 
La  llAaau(ibaMU  m).  Pânu*.  Inuar. 

?umamut  (\JÊÊ^4»).mQmmf»pm.  4i«. 

pR<>09Tti(AU«ytd>).  171. 

P>i«u«TRÉi(CoM||t4«).  171. 

Rama»  (ColUfa  <it).  M.  9e.  17c. 

PuKM  (JaMNM  M).  Ut  ia  iMd  U  ^  PMrfa. 
85. 

Prm.»  (RmmI  h),  ait  da  Lit;.  1  1  lu  a»  fwr- 
iesMOl,  8S,8A,8S.  88.  117.  iSi.  17*. 

PwLM(RMdll).M«MAi  piiliiil.  84.88. 

Pâma  (RwmI  III).  Indadav  at  la  CM  A  Ow. 
83.  1 19.  t43.  9S7.  —  OfcHnviini  piW- 
naira»  aar  aa  Otav^plMi  4»  Pmi»  mm  CkeHm  f, 
II .  1.  —  S«  faonb.  83.  84 .  84.— IMlMb «r 
■a  vie.  85  à  89.  —  IMk»  em  mUnmn.  89 
h  98.  —  Fmtimile  tmm  lawiifii  ^  la  i*- 
préaaote.  98.  —  Sa  Deemftim  ée  fmà  «w 
OUriM  F.  99  4  I  iS.  —  VariMto  4a  aa  Hk» 
myiiwii^ffariidaûarwwry  <afwiiiirt4» 
M<te.nirlaiMl«4*iSo4  i48.  — SMM^- 
ritolitMrairc.  394.  S9S. 

PaiMNB  de  riMlal-Dita.  ««3. 

P>Haon-a«-BuT  (Rw  Ai),  ««r  Pv. 

PalîM  wi Sinr-BatAoïa  (Rae  dv).  908. 

PainM-SAnT-PAn.  (Rw  d«).  1 
Imugm.  917. 

P»éT«T»aPAaii(Lff).aHH« 
339.  S4o.  —  Pnwl  iMrt  4  la 
rmayiiM  Oafai  HT.  «Sfi.  — 
pmimm  de  Jm  m»  Ptar.  S3J.  334.  34«. 
-Cuiia«>alafdeapiia%wd»4uiii^.48«. 

PaifAt  Mi  MâMuna  (U).  aM  MtoedÉifM- 
lioa:  MtariM  <|W  W  en  dA%««»  pr  Jim  «» 
pMr.  379.  -  Voir  ««rf  ficMtiuM. 

PaïAi.  io3.  iSS. 

Punm  (Le),  dma  «w  ddttMi  di  M  dv  IV«* 
Ifwtt  «t  dM  7M(  f^.  •7«. 

Pinca  a  Amm  (U).  «34.  398.  4«7.  487. 

Pmsom  de  b  P«Ne.  198.  -  D«  CMirfrt.  197. 
333.  —  De  Uêêm,  198.  —  iÊàm-lmm*. 
«98.  999.  -  SeÉrt-Martà.  198.  —  Cdbaea 
mmà  Vm  ba  ■iim  twi  de >■■  a4i8.  844. 

Pioceu— .4b8idMW«i*rfei«w  III 1 

Idai**.  3&8  4  3«t. 

fëbi 


■ItT.  —  I. 


650 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


exerçaient  à  la  fin  du  xiv'  siècle  el  au  comnien- 

ceraent  du  xv",  356  à  36i. 
Promotedh  (Le),  dans  la  Dame  Macabre,  3io. 
Propositions  de  Marsile  de  Padoue ,  condamnées  à 

Rome,  7.  —  Idem,  à  Paris,  7. 
Prostituées,  208,  909,  aia,  a34. 
PRODVAiREs(Rue  dcs),  193,  199,  906,  348. 
Prouvelles  (Rue  des),  voir  Procvaires. 
Provence,  i46. 


Prud'hommes  (Conseil  des), à  MeUs,  laa. 

Psaumes  de  David,  a3. 

Pcits-Gertaih  (Le),  179. 

Pdits-d'Amodr  (Le),  907. 

PoTE-y-MccE  (Ruelle),  voir  Petit-Mochb. 

Pdtigkedx  (Impasse),  a  18. 

Pdy  (L'évêque  du),  docteur  en  droit  civil.  933. 

—  Question  soulevée  à  son  sujet,  4oi . 
PrniKÉES,  1&&. 


Q 


Qdatre-Fils  (Rue  des),  197. 
Quesnel,  auteur  d'un  plan  de  Paris,  59a. 
Qdicherat  (M.  J.),  professeur  à  l'École  des  chartes, 
107,  i38,  i5i,  i83,  aa6,  ^19. 


Qliscampoix  (  Rue),  1 1 1,  i85, 196,  ao9,9io,&6o. 
Qci!ite-Cdrce,  historien  latin,  395. 
Odiktilie!»  (L'abbé),  i84. 
Qdiuze-Viîiots  (Hospice  de»),  187,  189. 


R 


Raae,  rivière,  i46. 

Rabelais  (François),  i53. 

Rademont  (Terre  de),  34a. 

Racine  (Rue),  i65. 

Racoleurs;  siège  de  leur  industrie,  aoa. 

Ragad  ,  fille  du  roi  Lear,  1 1 5 . 

Ragdeau,  auteur  de  ï Indice  des  droits  royaux,  535. 

Ramboteau  (Le comte  de),  Prdfet  de  la  Seine,  455. 

Rahbdteac  (Rue),  111,  187,  ao7,  908,  ai 3. 

Ramds  (Jean),  11,  17a. 

Raodl-l'Asnier  (Rue),  ou  Raout-l'Avenier,  actuel- 
lement du  Plat-d'Etain,  9o3. 

Raodl-Mdcet  (Rue),  aoo. 

Raodl-Roissolle  (Rue),  ao6. 

Rapinat,  commissaire  ordonnateur  sous  le  Direc- 
toire, 359. 

Rapine  (Maître  Germain),  avocat  au  Ckâtelet,  359. 

Rapioclt  (  Hugues) ,  maître  des  requêtes  de  l'Hôtel  ; 
il  prête  serment  à  Henri  VI,  345. 

Rapondi  (  Dino  ),  ou  Digne  Respondc ,  marchand  lom- 
bard et  bourgeois  de  Paris;  son  hôtel,  laS, 
199,  3a4.  —  Son  origine,  336.  —  Ses  pa- 
rents,  336 ,  337,  339,  463,  463.  —  Privilèges 
qui  lui  sont  accordés  par  Charles  VI,  336, 337. 
—  Sa  complicité  dans  l'assassinat  du  duc  d'Or- 
léans, 338,  339.  —  Gravure  représentant  sa 
statue,  338.  —  Ordonnance  royale  qui  le  con- 
cerne, 339,  34o.  —  Fac-similé  d'une  quittance 
à  laquelle  sont  apposés  son  sceau  et  sa  signa- 
ture, 34o.  —  Article  d'un  compte  de  dépenses 
qui  le  concerne,  463. 

Rats  (Rue  aux),  ou  de  YHôtel-Colbert,  189. 


Ravenne  (Exarchat  de),  i45,  i46. 

Ravt  (Jean),  sculpteur,  auteur  de  bas-reliefs  dé- 
coratifs de  l'église  Notre-Dame,  i53,  i54. 

Raïnocard,  auteur  français,  43i. 

Réale  (Rue  de  la),  ou  Jean-Bigue,  ao8. 

Réalistes  et  Nominaux,  4o. 

Réaumur  (Rue),  i85. 

Recommanderesses  (Carrefour  des),  108,  919. 

Recteur  de  l'Université  de  Paris,  167. 

Reginald,  duc  de  Clusion ,  i45. 

Regnaclt,  raaitre  es  arts ,  partisan  du  duc  de  Bour- 
gogne; son  exécution,  343. 

Reims  (Collège  de),  168,  179. 

Reims  (Rue  de),  168,  178,  190.  •■ 

Reims  (Ville  ou  diocèse  de),  i46,  i48,  iSg,  168, 
419,  467 

Reine  (Fontaine  dite  de  la),  199. 

Reine-Blanchb  (  .Maison  de  la  ) ,  dans  la  rue  du  Foin . 
177. 

Relieubs,  16,  54,  55.  —  A  la  lin  du  \iv' siècle  el 
au  commencement  du  xv*,  364.  —  Voir  aussi 
Ecrivains  el  Librairie. 

Reliques,  dans  la  cathédrale  Notre-Dame.  i54, 
961,  969,963.  —  Dans  la  Sainte-Chapelle ,  lôg, 
591 ,  537.539. — Dans  l'abbaye  de  Saint-Denis, 
93o.  —  A  Lyon,  565,  577.  —  A  Bourges,  567. 

—  A  Orléans,  571.  — A  Tours  el  à  Noyon,  073. 

—  A  Compiègne  et  à   Soissons,  575.  —  A 
Amiens  el  à  Saint-Jean-d'Angély,  577. 

Remèdes,  exposés  dans  des  vases,  45. 

Rempart  (Rue  du),  a3i. 

Rbnak  (M.  E.),  47,  53,  335,396,  397,396,  397. 


TABLE  ALI>ilAltt^:TI 


an- 


Kenard  (nue  (lu),  ou   <lu 

rÀMmi'wcul  cour  IMiert,  919. 
Ren*ui>-i.e-K1!vre  (Run),  916. 
RiN«uLT  DE  LuuiiAXH  (1/! frère),  venifleirtMir,  601. 
Kk^^  d'Xhioo,  roi  de  Provence,  3g5. 
\\r.i)vhr.H  { Motlrn  de*  ) ,  au  Parkniipnl  de  Paria,  16 . 

lit).  Tm.  159. 
Respomde,  ou  Reponde,  m  Baponde,  voir  Rim^m. 
Rehtacit,  f;rnmirioirien ,  178. 
R(ÏTHEL((;oll(!j;cd«').  «08. 
REncHLiN,  philologup  Allemand,  6. 
nKiiu.r.Y  (llnmcflu  dr).  qa.S. 
ItiiiN,  fleuvn,    toa,  lo.l.  io5,  i"<'.     »*<■•     t3.1. 

i3i,  i36,  \hh. 
ItiiODKH  (1,0  (rrnnd-mnitn*  de),  i-i;').  'i^l-'t. 

HllrtNE,  llr'UVC,  ïi(t'.\. 

Itir.iiAHii.  jrunr-  onront  niartyriw^  |uir  k-H  Juifit,  igi. 
Richard  I",  dit  Gettr-de-Litm ,  roi  irAiiglrterrf.  4.1 1 
Richard  II,  roi  d'AnfjJplorro,  ii.'i,  ^X\. 
Richard  de  IIi'Ry,  i'vi^<|iip  dt>  Diirliain,  f^mml  rhan- 

celier  d'AnijIrtfiTc  ;  «ou  «ilmiratioii  pour  In  villr 
d<'  Pari»,  .'>7,  hho.  Iitu  .  ïtoh. 
llicHAHT,    conleliiM';  m*»   pn'dirationR  au  ciiiwtièw 

des  InnocenLs,  «83,  988,  396,  409,  4to.  — 

Se»  Rerinon»  mi  divers  endroits,  '110.  fin.— 

Résultat  n(^|;atir  di-  ses  eflorl!)  dans  l'inlérfl  di>  la 

cause  royale,  4i  1. 
Riche  (l,e),  iiii  des  siininms  de  Clinrles  \.  l 'iH. 
RicHER0UR(i  (Rue),  ou  du  fiM/ .  dnri'.  Ir-  <|iinrlirr  dit 

Louvre,  46o. 
RiCHEi.iRi)  (Le  rnnlinnl  de),  169,  174.  toti. 
RicoKD,  inoiiio  de  Sniiit-Denis,  auteur  d'uiir  hio- 

|rrn|iliie  de  Pliili|)|>(<-Au(piRte,  100.  if»o,  -n-j. 
RioLAN,  chinii^ien.  443. 
Rive  (Rue  île  lu),  918. 
Rivet  (  Antoine)  Ix'iH^ilirlin  .ni. 
Rivoli  (Ruede),  108,  i83,  191,  199,  «09.  9n3. 

•Jo4  ,  -J  I  O  .  111.914.  •»  I  ,*» .  •>  1  fi ,  «  1 9. 
RoRKRT,  nlib(<  du  Monl-Snint-Mirhel.  448. 
RoRERT  (Ooiir),  actuellement  rue  du  limard.  4 11. 
Robert,  roi  de  France.  99,  9»t). 
RoRERT-LE-FàvRE  (  Ruelle) ,  voir  Rir>»m-ir-Fi»ii«. 
RocHE-CiiivoM  (HAlel  de  la),  197. 
RocHK-i.E-MoiNE  (  Rnlilille  de  la),  147. 
Rocher  (M.  Rarl)eu  du),  |ialiV>graphe.  90. 
RooER  (  Pierre),  voir  ('.l<iieit  VI. 
RoHAfi-SouRisi  (l/<  prince  pi).  196. 
Roi  (l,e).  dans  In  OatMf  Mât«hrt,  *^.—  MoH, 

ihid.  3i,'>. 
Roi-DR-SiciLE  (Rue  dn),  191.  196,  «tG,  917. 
Rois  dk  Fra<ici;  leun  lataM  (Um  la  Gnndt  Sdb 


OLE  DES  MATI^.RES.  «f 

au  Palaét.  16,  49.  tM.~l 
•Cm^B  |Mr  JcM  4a  JaMin.  Cl . — I 

pootrair.  88.  —  MMb  i^tlk  k  km  mfié. 
miAt,  iik.  —  Lian  mrktÊémm.  i48.  ik. 
I S I .  —  I.IWI  ÎMigMi.  I  «8 . 1 49.  —  CAte». 
mk  tkmm^fmmn  h  h  iliiplfn  é>  fOX- 
flMMW,  1*9.  — Uar  4r«l4t  ri%»a«  Nr- 

Véigka^tbà  fwrii  fAwwia.iga^ti— 

Roiaar(ViHag»ib).  ie4.  iS4 

Roua».  BÊ-WtàtOtHkÊmfptt.rimmmmtfu  pvv 

iMMM.  iflo.  —  Set d^laila.  ilS. 
Rotm.  prinopal  et  eal%t  ée  R«— t— .  iM. 
RoLLiv-Mini»-«4ai(Rae).M  Bmimm-^mtf».  «•(. 
Roiitm.  101.  to«.  ••7.  it«.  lia.  184.   187. 

18.  i49.  i45.  147.871. 
ll<><iE{UiUeiM>).  «a6. 
ll..aE(ViHe  de).  108.  i4S,  i4S.  i4«.  888.— 

Sa  mur  pnntifcda.  iSi. 
RoqviuMui  (U  awiihii  m).  194. 
Rattcader^lBRHlIafevJlMie.  iS.  44.  47. 
Roaue  (Rne).  180. 
RuaBMCQ  (Baiaflb  et),  t&é. 
Rona:  inptl  aar  «s  iMn.  «84. 
Ratiiac(Riidkaa  «i|MMdab).  «19. 
RiMt««»(Riiedea).dwwlt^—<wf  Srit-4lBf . 

t9&.  ti4.  917. 
RawwMM.  (M.),  mtém  miimlir  ém  anèàm  k 

Dijoa.  479. 
RoaiMHmu  dMBlMl  fMadMt  ry«ar.   ■•«.    it4. 

i&9.tSS.397.48S. 
Rotsirr.  dae  de  Fimri.  i4&. 
RAnatana.  4  k  8a  dn  tn*  màd»  H  m  cmbm»- 

CMBMI  da  iv.  3«6.  S««.  887. 

de  riavanv»  o. 
Roaonai.  paMr,  «9f|. 
Rom  (VOe  •!  •.  187.  i4«. 

17a.  S98.  399. 
Roau  (U  PMe).  è  r^giaa  llalf»4laaM> ,  1*8. 
R«tLi(CkifA«lMrtelda).  «-li 
Roeaaate  (liaa  linaw).  71. 
RorratT  (FarM  d>).  *i*. 
tUnuM  (Plam).  19&.  ao8. 
RotAUt  (PorteK  oa  8*  part»  Smaê-lkmÊÊ,  «aS. 
RoTtii  (Rae).  aSi. 
Roi  irri:  idéaa  da  tea  dt  laadaa  mt  m  mj/ti, 

49.88. 

Raar  •'^-•^ --V  anhaflfwdrllaia».  i«t. 

•a. 


652 


Rdeil  (Village  de),  io4,  i34. 
RoEsde  la  Cité,  161   à  i64.  —  De  VUniversité, 
ou  haute  partie  de  la  Ville,  ou  rive  gauche,  f]>t 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 

à  1 8a.  —  De  la  batte  partie  de  la  Ville,  ou  rite 
droite,  aot  à  390. 
Refus  (Sextilius),  citoyen  romain,  i36. 


Saane  (Guillaume  de),  trésorier  de  l'église  de 
Rouen,  fondateur  du  collège  des  Trésoriers,  170. 

Saba  (Pays de),  i44. 

Sabine,  province  de  l'État  pontiOcal,  i/i5. 

Sacalie,  voir  Zacharie. 

Sacrifices  humains  chez  les  Gaulois,  ii3,  i4i. 

Sailly  (Hugues  de),  partisan  du  duc  de  Bourgo- 
gne, 343. 

Sawt  Amand,  i54. 

Saint  Amatedr,  i54. 

Saint- André-des-A RTS  (Eglise),  i65,  171,  175. 

Saint-André-des-Arts  (Place),  176. 

Saint-André-de3-Arts  (Rue),  175,  223,  224, 46o. 

Saint  Anselme,  archevêque  de  Cantorbéry,  100. 

Saint-Antoine  (Chanoines  ou  frères  de),  191. 

Saint-Antoine  (Faubourg),  191. 

Saint- Antoine  (Grande  abbaye),  191. 

Saint- Antoine   (Porte);    i",  ou  porte  Baudoi/er, 

224.' 9%    924.    3*,  994. 

Saint-Antoine  (Religieuses  de),  924,  22». 
Saint-Antoine  (Rue),  190,  191,  194,  195,  916, 

917,  924,  46o,  535. 
Saint-Antoine-le-Petit  (  Eglise  collégiale  de  ) ,  191, 

192. 
Saint-Asaph  (Diocèse  de),  11 5. 
Saint  Augdstin,  83, 86,  88,  96,  101 ,  io4,  1 14, 

119,  189,  466. 
Saint-Acodstin  ( Religieux  de ) ,  171,  176,  189. 
Saint  Avit,  i54. 
Saint  Babolein,  premier  abbé  de  Saint-Maur-les- 

Fossés,  111,  119,  139. 
Saint -Bacqde,  vocable  primitif  de  l'égb'se  Saint- 

Hilaire,  i65. 
Saint-Bauthélemy  (Église),  i55,  i56,  i63,  i85, 

999. 
Saint-Barthélemy  (Rue),  160. 
Saint  Benoît,  fondateur  de  l'ordre  qui  porte  son 

nom, 95,  ii4,  i49,  190. 
Saint-Benoît  (Cloître),  177. 
Saint-Benoît  (Collège),  179. 
Saint-Benoît  (Cul-de-sac),  919. 
Saint-Benoît  (Église),  ii4,  i65. 
Saint-Benoît  (Ordre  de),  111,  i56. 
Saint-Benoît  (Rue),  99  3. 
Saint  Bernard ,    95,    100,    181.    —    Mentionné 


comme  auteur  de  la  Vition  de  Fulbert  ou  Débat 

du  corps  et  de  l'âme,  970. 
Saint-Bernard  (Église),  à  la  Chapelle-Saint-Denis, 

999. 
Saint-Bernard  (Rue),  181. 
Saint  Bertin,  auteur  des  Annales  de  ce  nom,  396. 
Saint-Bertin  (Abbaye  de),  159. 
Saint  Blaise,  ëvêque  de  Sébaste,  587. 
Saint-Bon  (Chapelle),  187. 
Saint-Bon  (Rue),  187,  919. 
Saint   Bonaventdhe,  étudiant  de  l'Université   de 

Paris,  98. 
Saint  Brice,  ëvêque  de  Tours,  i54. 
Saint  Bruno,  fondateur  de  l'ordre  des  Chartreux, 

993. 

Saint  Christophe;  sa  statue  dans  l'église  Notre- 
Dame,  i59,  i53,  154,591,539. 

Saint-Christophe  (Chapelle),  i55,  159. 

Saint-Christophe  (Rue),  161,  169. 

Saint-Christophe  (Ruelle),  161. 

Saint-Claude  (Impasse),  928. 

Saint  CLéMENT,  537. 

Saint  Cloud,  (ils  de  Clodomir,  i65,  939.  969. 

Saint-Clodd  (Pont  et  village  de),  232. 

Saint  Cômb,  i54.  —  Sa  châsse  dans  la  cathédrale 
Notre-Dame,  262. 

Saint-Côme  (Rue),  anciennement  section  de  la  rue 
de  la  Harpe,  176. 

Saint-Côme-et-Saint-Damien  (Église),    i65,  456. 

Siint-CAme-et-Saint-Da«ien  (Rue),  actuellement  de 
YÉcole-de-Médecine ,  176. 

Saint  Cortb,  i54. 

Saint  Damien,  i54.  —  Sa  châsse  dans  la  cathé- 
drale Notre-Dame,  262. 

Saint  Denis,  martyr,  premier  ëvêque  de  Paris,  91, 
93,  95,  ii4,  ii5, i4a,  i54,  106, 206.229. 
93 1,  4 11,  468,  470,  547.  —  Fac-similé  d'une 
miniature  qui  représente  son  ensevelissement , 
11 4.  —  Gravure  qui  représente  le  Christ  lui 
dounant  la  communion  dans  sa  prison.  i56.  — 
Son  cilice  et  ses  vêtements  conservés  dans  la  ca- 
thédrale Notre-Dame,  961. 

Saint-Denis  (Abbaye),  91,  109,  121,  199,  i44, 
i5o,  159,  i83,  957,  958,  470.  —  Sa  des- 
cription par  Guillebert  de  Metz,   929,    93o. 


TABLE  ALPIIARÉTIQUE  DES  MATIÈRES. 
Pa«Mg«  do  poème  d'A^tenan  relaiift  i  lea       Sun  PuNHBrr.  i64. 


MS 


(«(jlidf,  5/17,5/19.  5St,'653. 

S4iNT-I)r.iis  (iiaklillede),  gS,  no,  t3g. 

S*mT-Di!^i»  (lioni-g  de),  91,  99,  108,  191,  t «4. 
13/1,  138,5/17,  549,651,553. 

Saisit-Dmis  ((lolld)(o  dn),  17/1,  176. 

S.tnT-DKMiM  ((iliroiiiqucit  ilc),  119.  tH3.  ihh, 
935,  396,  /io3,  Itoh,  &07 

Saii«t-Dei«ih  (Porte);  1",  antifncurc  a  Icnceiolede 
l'hili|i|>e-Augu!*te,  toH.  —  9*,  appuiaMiit  k 
l'nnreiiitn  de  Pliilip[ie-Au(pMte,  1 10,  iSg,  188. 
938.  — 3',  appartenante  i'eDceiiito  de  ChariMV, 
aa8.  —  /i',  contemporaioe  de  Looia  XIV,  aag. 

Saint-Deni8  (Rue),  108,  m,  i83,  i84.  t85. 
t8ii,  188,  193,  197,  198,  199,  901,  aoa, 
907,  9o8,  909,  aïo,  9tt.  919,  46o,  491. 

697- 
SAiRT-DEiiia-oE-Lt-CHAaTRE  (Égliie),   109,    |38, 

i56,  16&. 
Saint-Dbiii§-de-la4)iiartbe    (Rue),  voir  Haot- 

MooLirr. 
Saint- DEfus-Dt-PAB  (Éf^lisc),  157. 
Saixt  Demis   i.'ArAopagitk,    premier  dvique  d*A- 

tlièncH  ,91. 
Saint  Didier,  i5/i. 

Saint-Donat  (Église),  à  Bruges,  339. 
Saint  ÉLEUTiiiRE,  iiinrtjr.  roiiipogiion    de    Mint 

Denis,  91,  •i-iij. 
Saint  Éloi,  patron  di's  ordévrea,  108,  a3o,  &70. 

—  Ses  reliques,  963,  671.  — Sea  travaux d'or- 

fôvrerie,  /167,  /iG8,  /170. 
Saint-Eloi  (Kglise),  on  rlio|)elle  des  Oi^tfrrM ,  188. 
Saint-Éi.oi  (MonaHltV  de),  en  la  Cit<f,  167,  i63, 

i84. 
Saint-Éjiii.ion  ( Ville  de),  S-jg. 
Saint-Esprit  (An-ndedu),  h  l'Hôtel  de  Vdie,  191. 
Saint-Esprit  ((îoinniuiiniit)'  des  Enfantji  du).  18&. 
Saint-Esprit  (  ilApituI  du).  19t. 
Saint  Etiknmk;  pien-es  qui  ont  servi  à  son  martyre 

conservées  dans  la  calliAlmleNotre-Dainc.  a6i. 
StiNT-^TiKN^K  (ColkÇge  ouëgiiae  coiWgiaie),  17a. 
Saint-Ktievnk  (^Iglise),  k  Booi^,  566. 
SAiNT-ÉTiENNR-DE»-('iRàs  (Église),  96,  M*,   lit. 
Saint  ÉTiENNK-DE»-riRk8( Rue),  voir  fiai». 
Saint-Étibnne-ou-Mont  (Église).   iti4.  i6S.  170. 
Saint-Edstache  (Église).  i83,  199,  aoti. 
Saint-Ehstache  (Pointe^.  906. 

SaINT-EusTACHE  ( Porte),   ou   l"  porte  Momlimmrlrt. 

93o. 
Saint  Eiitrope,  thh. 
Saint-Kirmin  ((k>lk^).  voir  Bo»»-lùirum. 


.  «44. 


4»).«« 


SaisT-FuNumn  (Rat),  «S  ■ 

S4MT-Foa(PoNiWBM).l 

StMT^aAMÇota  (RaKgMMi  di  1 

■ttiirt  de  .Saiafc  Owin,  187. 
SuNT  Gnan.  o«aa«t  Gmàifkt,  Mrtyr:  MCÉÉm» 

'Umh«ÊAiirdt%iâi*1km.  i&4.  aia. 
SAisT-GaoMB  (CiMpalb).  186. 
Saint  G(aa*ni.é«lfwdiPliria,i44. 1&7.  iM.— 

SfMi  ctliee daa  k  tÊétUnk Httn  H—,  ttt. 
Su»T-Gnam{imàKmû).  léS.  17S.  177.  i9t. 
SiiiT-tianin  (G«il.  ••).  pncwwr  ét9d.  44(. 
StuT-GauAn  (Parte).  aa8. 
Sânr-GaaaAn  (Roe).  «air  Suw-Aaati  a»  Aw». 
SAPrf-GiaHiia»m  Paéa(Atfcqf).  1&7.  i7&.««l. 

3&a.  -  Sa  hilKoAiyi.  ««i.  ~  iMm»  4, 

aoa  palTM.  48i.  48«.  —  Mna  (gravm).  48«. 
S«iNT-(;EaaAiN-»B»-l*a4a(Raaif  Mfaéavf  ).  ««I. 
!uMT-<iaaaA»-i'Acuaag«  (CÛbv).  aoi. 
SAisT-Gaaun-t'Aasnaaa  (Cgiat).  iM.  18S. 
Suw-Gaama-t'AaiiMBM  (Rt).  tfj.  198.  a««. 

•os,  ao4.  817. 
Sâiirr4iBaaâiiHL»Vim  (Igliat).  1S7. 
Siiar-GaavAia  (Calage),  voir  Mahaa  Gaa*  • 
SAi]iT-€aav*M(É(Kaa).  t84. 186.  —Oam  fmtr 

devant  aa  façada.  i84. 
Sii»T4<nvtia  (HApiial).  4M. 
SAm-r.iLua  (ÊgliN).  i&&. 
SAiNT-TiiLLa  (Rm).  19S. 
SAiatGataonui,  1S6,  46<> 
Saint  GniLiciR  »(  Muxavtt. fawidalanf  drlaea» 

gr^tioo  da»  GiiiH»«iili .  190. 
Saint  Hiuiaa.  étèfÊÊ  à»  tMm.  ait. 
SAiNT-HiLAïaa  (Camfear).  179. 
SAiNT-iiiLuaa(Égiiw).  i(S.  179. 
Saint-Hiuibe  (Mool).  17S.  if&. 
Saint  HiLAiRE  (RneK  169.  178.  179. 
SAiNT-HiraoïTTa  (Égitie).  aai. 
SàiNT-HoMNii (Clallrc).  i84.  187. 
SAm4ioaoiii(figiia»).  i84. 
SiiNT-HoMiai  (PaabMHf  ).  187. 
SAiNT-HoiMMii  (Parte):  1*. 

daPIgppe-A^MH.ali.— aMii    iiiii4 

raMMlada aMiaaV. toS.  «Si.  —  S».  «Ji. 
Stm  Bmoti  fRne>.  to8.  i84.a»4.  aoS.a^. 

97*.  4». 
Sus?  JMWaa.  apMre,  4a». 
SuarJM«Mi(Caffainr).  178. 
SAorvslAoqna  {Cmmàmet  m),  I 

moaaalidaSaialKjlaaw.  187. 
Saint-Jm**»  (PaaUMif  >.  iS&. 


kl 


65/1 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


Saim-Jacqdes  (Hôpital),  191. 
Saint-Jacqdes  (Porte),  110,  189,  aaa. 
Saikt-Jacques  (Rue),  178,  180,  aaa,  45o,  46o. 

SAIïVT-JACOnES  DE  CoMPOSTELLE,   19I. 

Saint-Jacqdes  DE  WuRTZBouRG  (Abbaycdc),  io5. 

Saikt-Jacodes-dd-Hadt-Pas  (Hôpital),  aaa. 

Saint-Jacqces-et-Saist-Philippe  (Église),  aSi. 

Saint-Jacqces-la-Bobcherie  (Eglise),  i83,  an, 
339,896,  459,  46o,46i. — Elle  est  construite 
aux  frais  de  plusieurs  bourgeois  de  Paris,  896. 
—  Fondations  qui  y  sont  faites  par  des  mem- 
bres de  la  famille  Dampmartin,  Sag,  33o.  — 
Épitaphes  de  plusieurs  membres  de  la  famille 
Dampmartin  inhumés  dans  son  enceinte,  33o, 
33 1.  —  Son  petit  portail  construit  aux  frais  de 
Nicolas  Flamel,  454,  455,  450.  —  (Iravure 
représentfmt  son  petit  portail,  454. 

SAlMT-JiCQDES-LA-BoDCHEBIE  (Ruc),  301.   alQ. 

Saint-Jacqdes-la-Bodcuerie  (Square),  an,  a  19. 
Saint-Jacohes-l'Hôpital  (Rue),  191. 
Saint-Jean  (Arcade),  à  l'Hôtel  de  Ville,  191. 
Saint-Jean  (Cimetière,  puis  marché),  9i5,  ai6. 
Saint -Jean  (Collège),  probablement  le  même  que 

le  collège  de  Beauvau,  169. 
Saint-Jean  (Eglise),  à  Besançon,  a85. 
Saint-Jean  (Église),  à  Lyon,  567. 
Saint-Jean  (Fillettes  de),  i85. 
Saint-Jean  (Rue),  ou  du  Marlroi,  i85,  ai 4. 
Saint  Jean-Baptiste,  587,  565. 
Saint-Jean-Baptiste,  vocable   primitif  de   l'église 

Saint-Germaln-le-Vieux ,  iS"]. 
Saint-Jean-d'Angély  (Ville  de),  577. 
Saint-Jean-de-Beadvais  (Bue),  179.  180. 
Saint-Jean -de-Jérdsalem   (Chevaliers  de), 

Maltb. 
Saint-Jean-de-Latran  (Hôpital),  178,  488. 
Saint-Jean-des-Vignes  (L'abbé  de),  169. 
Saint  Jean  devant  la  Porte  latine,  45 1. 
Saint-Jean-en-Grève   (Église),    i84.    i85, 

2i4,  4oa,  4o4. 
Saint-Jean-en-Grève  (Rue),  ai8,  46o. 
Saint-Jean-le-Rond  (Eglise),  157,  169,  t84. 
Saint-Jean-l'Évangéliste  (Chapelle),  dans  le  col- 
lège de  Beauvais,  169. 
Saint  Jérôme,  docteur  de  l'Église,  101. 
Saint-Josse  (Église),  i85. 
Saint -JnLiEN  (Confrérie  de),  ou  des  Ménestrels, 

i85,  498,  434,487. 
Saint-Julien  (Fontaine  de),  198. 
Saint-Julien-des-Mé\étriers  (Chapelle  et  hospice), 

i85,  909,  499,  434,  487. 


voir 


901, 


Siint-Jolien-le-Pauvre  (Église),  189. 

Saint-Julien-le-Pauvre  (Rue),  176,  189. 

Saint  Justin  d'Adxerre;  sa  chisse  dans  la  cathé- 
drale Notre-Dame,  i54,  aôa. 

Saint-Ladre,  voir  Saint-Lazabk. 

Saint-Landry  (Charte  de),  gs. 

Saint-Landry  (Église),  i56. 

.Saint-Landry  (Port),  i64. 

Saint-Lanobt  (Rue),  167,  i64. 

Saint-Ladbent  (Église  ou  paroisse),  i85,  998. 

Saint-Ladrent  (Foire),  998. 

Saint-Laurent  (Rue),  ou  Gervais-Laurent ,  i63. 

Saint-Lazare  (damier  de),  i56. 

.Saint-Lazare  (Hôpital),  998,  aag. 

Saint-Lazare  (Ordre  de),  189,  191. 

Saint-Lazare  (Prieuré  de),  998. 

Saint-Léger  (Geoffroy  de),  libraire  parisien,  465. 

Saint-Léger  (Le  seigneur  de),  partisan  du  duc  de 
Bourgogne,  343. 

Saint-Led  (Église),  111,  i55. 

,Saint-F.,eu  et  Saint-Gilles  (Église),  »85. 

Saint  Louis,  roi  de  France,  47,  65,  100,  iSg, 
169,  189,  190,  194,  197.  916.  999.  aaS, 
997,989.948,891,  43t,  5oo.  —  L'orfèvrerie 
sous  son  règne,  469,  470.  —  Évaluation  de  la 
population  de  Paris  sous  son  r^^e,  486. 

.Saint  \,vc  ,  patron  des  peintres ,  des  sculpteurs  et 
des  graveurs,  i56. 

Saint  Lucain,  martyr;  sa  châsse  dans  la  cathédrale 
Notre-Dame.  i54,  961,  969. 

Saint  Macaire  l'Alexandrin,  973. 

Saint  Macaire  l'Égyptien,  anachorète,  représenté 
dans  les  peintures  ou  les  gravures  ayant  [Knir 
sujet  les  Trois  Morts  et  les  Trois  Vifs,  370, 
971,  378. 

.Saint-Macloire  (Église  ou  abbaye).  95,  111.189. 
i56,  160,  i83,  i85.  908.  999. 

Saint-Magloire  ( Impasse) ,  111. 

Saint-Mandé  (Le  seigneur  de),  9a5. 

Saint-Marc  (Rue),  981. 

Saint  Marcel,  évoque  de  Paris,  333.  —  Sa  châsse 
dans  la  cathédrale  Notre-Dame,  i54,  961. 

.Saint-Marcel,  appellation  inexacte  de  l'église Sff»n(- 
Martin  du  faubourg  Saint-Marcel  ,991. 

Saint-Marcel  (Bourg  ou  faubourg).  166,  991. 

Saint-Marcel  (Église collégiale),  991. 

Saint-Marcel  (Petite  rue),  939. 

Saint-Marcel  (  Buelle  ) ,  actuellement  rue  des  Prèlres- 
Saint-Elienne ,  180. 

Saint  Martial,  évêque  de  Limoges,  i5'; 

Saint-Martial  (Église),  157. 


'/• 


TAHLK  ALI'HABÉTIQ 

Saint  Mabtm,  i5&,  17/i,  18').  —  S<w  r<!li<|ue«  k 
Tount,  57.3. 

Sai"it-M*ktii  ((Iiinnl),  'juX. 

SArKT-MABTH  (  Fonlaini!  du  primiré),  njH. 

Saikit-Mabtin  (Porte);  t",  ou  arclict  Saint-Mtrry, 
antérieure  à  l'Iiilippe-Augunte,  109,  110,  iSS, 
■jai,  a  a  7.  —  -j*,  ap|Hirlciuiiit  k  l'enMiol*  (k 
PhilipiMî- Auguste,  337.  —  3*,  appOTteont  k 
l'enceinte  do  Charleo  V,  918.  —  V,  eonttniite 
HOUX  LouiH  XiV,  -jag. 

.S\MT-VlABTm  (l'riiion),  lyf). 

Saint-Martiki  (Kuc),  109,  i85,  186,  198,  199. 

OOt),  911,   OKJ,   Afto,  597. 

Sai(»t-Marthii-di»-Ciiaiipii  (IVieurd  de),  t  lo.  i56, 

i85,  186,  908,935,  /t56,/iS7. 
SArMT-MATHiiiiiM  (Rue),  177, 
SAiMT-MADn-Le»-Fo«wé8  (  Village  ou  abbaye  de) ,  9Ô , 

108,  111,  1*1,  laA,   189,  167,  18&,  187. 
996 ,  3.')o.  —  Son  rnrtulaire ,  a  1  '1 

Saixt-Mkoaro  (llourg),  aai. 
Saimt-Mkoard  (KgliKc  poroiMiale).  a9i. 
Sai:«t  M^d^ric,  ou  mint  Merry,  iM.t,  996. 
Saint-Merrv  (Archet),  ou  1"  porte  Sotal-Martia , 

109,  1 10,  i38,  991,  997. 
Saint-Merrï  (dloitrc),  919,  A60. 
Saint-Merrv  (K([lise),  i83,  919.  —  Liai  desi'pul- 

tiire  de  Hiioul  III  de  IVeoles,  88.  —  Id.  de  plu- 

«ieuni  ineiiibres  de  la  fuinille  Sanguin.  3&li.  — 

Id.  delà  riiniillelluillet.3.'>i. 
Saint-Mehry  (Une),  voir  NBDvB-SAnT-MiaaT. 
Saint-Miciikl  (Ancienne  place),  393. 
Saixt-Michel  (Boiilevunl),  170,  176. 
Sai.m-Miciiei.  ((ilinpellc),  157. 
Saint-Miciirl  (Orotoire).  116. 
Saim-Mh'.iiki.  (Pince),  176. 
Saimt- Michel  (Porte),  ou  d'&'ij^,  933. 
Saint-Miviiei.  (Pont),  appelé  anewaMmenl  /Wf- 

Seuf,  199,  i58,  i5g,  i6t,  i63.  &60. 
Saim-Nicaise  (Rue),  973. 
SAl'<T-^u:oLA»  (Cimetière),  458. 
SAiNT-NicoLA»-DKs-CiiAaP!i(Kglife),  18Ô,  346. 

SAI>T-NlCOI.A»-BU-('.IIAR0O:<JltT  (Rgli»),    16.S.  168. 

Saht-Nicola!i-di)-(1iiarih»\>iit  (Rue),  181. 
Sai«-Nicola»-du-Locvrb  (Église  coll(<giale),  188. 
Saint  Norrert,  Tondaleur  de  l'ordre  dea  Prérao»- 

tr»%,  171. 
Saikt-Odën  en  Pori«i».  iti. 
SAiMT-OuitN  (IIAlel  ou  cItAteau  <le),  aSâ. 
Saimt  Pabl,  38. 

Sawt-Paol  (Cimetièn»),  ù  Pari».  i8V 
Saint-Pavl  (Cinielière),  h  Londre»,  387. 


lE  DES  MATIÈRES. 


«& 


Siiin-Pm(égl«e).  i8«.4«8. 

tgl.Saé.  m.  SM.  ItS.  k»ê.  4*9.  4*,. 
437.  bSi. 
Sai>i^m(RM).  i84.  igA. 

18V 
Saist  P*eua.  Mqw  à»  Nalat  i  1 
moinra  [m  InmMn  da  I 


St»T  Paium;  taa 

No(i«-Daiae.  tih. 
StiMT  Piaaaa,  itS. 
StwT-Pinai  (Égtiae).  i  GaU,  9U. 
SM%T-Pii»a»-Aes.BflnfB(ËgiM).  tU.  itt 
SAurr-Fuaaa-ut-Bsafa  (9m),  1(1. 
SAWT-Piiaii  aa  IfcwiBiafaa  (t|iia).  aSi. 
SAmPima-aaa-Aaoa (tigliaa).  tU.  iM. 
Suir^Pnaaa  kt  Snvr-Ptat  (t^).  a« 

awJaa  èi  Mmu,  thi,  iM.  i«7. 
SAoïT-Poactaa  (Dwawi  aa).  tUahfiaa.  &i&. 
Saiht  Pbi<  .  ou  tmmi  l^iftH,  tik. 
Suar  Rsai,  é«éi|iM  da  R«mb»,  i48. 
SAiiiT-RiQciaa (FiaaqMada).  iipMirti  1  i» Tr** 

MurUH  tn  Trviê  Yifê,  <»i%,  «7). 
Surr  Rtanori.  inailjr. 

91.  919. 
S»irr  Rct»  ,  voir  Saot  I 
Sinrr-SAwaaa  (ÉgliBa).  iM. 
StaiT-SwTBaa  (Rw).  iM. 
Samt  Siaurm:  laUaaad'argaal  daréfM  lanfBi^ 
■M  régba  Nalra-DMH>.  a««.  —  Saa 
kSaiMM.&7&. 
SiurrSércuaa.  1 46.  e63.  —  Sa  nptaàHliaa iaM 

régiiaa  S"-CaliHriw  et  Val  <ai  ttaKi».  19*. 
%Mn^hnam{if(kmtMfpÊl0ét).  •■■    i^ 
SiHTSivnn.abbéd'AfaMH.  itt. 
Stcrf  Sitaaw.  aniilaira  paiMw.  iS4.  iM.  ••«. 
S*nT-SéTBBn  (£gliM).  lU.  16&. 
StixT-SifBBn  (Raa).  17&.  tT^.  177- 
S*i!n>âtfTa8M(lhHla).< 

ofMnRf  ^77* 
Su»TSn<aa;aaai«lifNa  «bw  faltaj*  4»  ! 

DcMa.  aSo.  —  Dawb  SaiMa-Ckaf*.  &>7. 
Swrr  Snra.  i"d«  aaa.  pap».  «ê«. 
Sânr^hMinjs  (BnaclM  4a»).  badb  ■■«■■.  San. 
&trr-xSiarMMUBa  (ÊgliM).  iM.  i*4. 
SâWT-Siwaaww  ■■  Vwaa  (>■»).  179. 
Sun>TMM(iw).  aTS. 
Smkt  TaMua  a'A^an.  AaAaal  4r 
aS.  38.  444.  4M. 


656 


DOCUMEMS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


188, 


S\int-Thomas-du-Lodvre  (Église  collégiale), 
926. 

Saint- Victor  (Abbaye),  1/1,  181,  i2ai.  —  Sa  bi- 
bliothèque, 19.  —  Son  scriptorium,  448. 

Saist- Victor  (Chanoines  de),  229. 

Saint-Victor  (Faubourg),  i8). 

Saint- Victor  (Porte),  221,  22/1. 

Saint-Victor  (Rue),  168,  178,  181. 

Saint- Vincent  (Abbaye),  voir  SAiNT-GERMAiN-DES-PRfe. 

Saint  Vincent  de  Paul,  168,  229. 

Saint-Yon  ,  membre  de  la  faction  Cabochienne ,  4o8. 

Sainte-Agnès  (Chapelle),  i83. 

Sainte-Anne  (Chapelle),  i83. 

Sainte-Apolline  (Rue),  228. 

Sainte  Adre,  première  abbesse  de  Saint -Éloy, 
167,  i84,  468. 

Sainte  Avoie,  ou  sainte  Hedivige,  187. 

Sainte-Avoie  (Église),  187. 

Sainte-Avoie  (  Ancienne  rue) ,  ou  des  Coquilles,  com- 
prise actuellement  dans  la  rue  du  Temple,  209, 
2i3,  2i4, 927. 

Sainte-Avoie  (Fontaine),  199. 

Sainte-Avoie  (Passage  ou  nouvelle  rue),  297. 

Sainte-Barbe  (Collège),  168,  169.  179. 

Sainte  Catherine,  vierge  et  martyre.  190. 

Sainte-Catherine  (Chapelle),  i56. 

Sainte-Catherine  (Cour),  188. 

Sainte-Catherine  (Culture  ou  Couture),  920. 

Sainte-Catherine  du  Val-des-Écoliers  (Église  col- 
légiale), 199,  190,  269,  346.  — Curiosités 
qu'elle  renferme,  192. 

Sainte-Chapelle  de  Paris,  1 5, 47,  122,  157,  169, 
397,  470. —  Idem;  sa  description  par  Astesan, 
62 1 ,  535 ,  537 ,  539.  —  Idem  ;  fac-similé  d'une 
minialure  qui  représente  son  intérieur,  537.  — 
De  Bourges,  99,  567.  —  De  Vincennes,  927. 

—  De  Dijon,  336,  339,  567. 
Sainte-Claire  (Chapelle),  187. 

Sainte  Clotilde,  seconde  femme  de  Clovis,  149. 

—  Son  tombeau,  167. 

Sainte-Croix  (Chanoines  réguliers  de) ,  ou  frères  de 

Sainte-Croix,  189. 
Sainte-Croix  (Chapelle  de),  dans  la  Cité,  167. 
Sainte-Croix  (Église  collégiale  de),  sur  la  rive 

droite,  189,  21 3. 
Sainte-Croix  (Rue),  dans  la  Cité,  i63. 
Sainte-Croix-de-i.a-Bretonnerie  (Rue),  189,  9i3, 

9i4,  2i5,  46o. 
Sainte  Geneviève,  patronne  de  Paris,  999.  —  Son 

cierge  conservé  dans  la  cathédrale  Notre-Dame, 

261. — Sa  châsse,  269,  470. 


Sainte-Geneviève  (Abbaye),  108,  179,  181,  335. 

—  Ses  prérogatives,  j66.  —  Sa  chancellerie, 

166,  168,  173,  174. 
Sainte-Geneviève  (Bibliothèque  de),  85,  98. 
Sainte-Geneviève  (Carré),  178. 
Sainte-Geneviève  (Montagne), 35, 1  j5, 197,393. 

397,  45i,  491. 
Sainte-Genevièvb-des-Ardent8  (Eglise),  ou  Sainte- 

Genemkve-k-Petite ,  i55,  i56,  161,  456. 
Sainte-Geneviève-dc-Mont  (Église),  voir  Sairt- 

PlERRE  et  SaINT-PaKL. 

Sainte  Julitte,  ou  sainte  Julive,  patronne  de  Ville- 
juif,  137. 

Sainte-Madeleine  (Chapelle) ,  quartier  Saint-Denis, 
188. 

Sainte-Madeleine  (Église),  dans  la  Cité,  1 55, 169. 

Sainte-Margberite  (Rue),  ou  Gozlin,  223. 

Sainte-Marie  (Serfs  de),  religieux  mendiants  de  la 
règle  de  Saint-Augustin ,  1 89. 

Sainte-Marine  (Eglise),  i55. 
.Sainte-Marine  (Ruelle),  162. 

Sainte-Marthe  (Les  frères),  auteurs  de  plusieurs 
ouvrages  historiques ,  90. 

Sainte  Opportune,  abbesse  de  Montreuil,  188. 

Sainte-Opporthne  (Cloître),  188,  9o3. 

Sainte-Opportune  (Collégiale),  188,  9o3,  934. 

Sainte-Opportune  (Place),  2o3. 

Sainte-Opportdne  (Quartier),  176,  919. 

Sainte-Oppoetone  (Rue),  voir  Tabletterie. 

Sainte-Opportune  (Terrains  dits  Ceinture  de),  188. 

Sainte-Palaye,  auteur  du  Glossaire françoit ,  499. 

Sai!vte-,Sécolènb  (Église),  à  Metz,  973. 

Sainte  Ursule,  i54. 

Saintonce  (Province  de),  347. 

Saliens,  tribu  franque ,  943,  944. 

Saliens  (Prêtres),  249. 

Salique  (Loi),  io5,  106,  119.  i35,  9  4o.  —  Son 
origine  et  son  but,  943,  944,  945. —  Piècede 
vers  latins  sur  ce  sujet,  946  à  955. 

Salius,  prétendu  chef  des  Saliens,  949. 

Salle-au-Comte  (Rue),  m. 

Salldste,  auteur  latin,  93,  i43,  147,  539. 

Salomon,  roi  des  Hébreux .  1 44. 

Salphad,  Hébreu,  i35. 

Saltzboorg  (Ville  de),  i46. 

Samo,  roi  des  Tchèques,  i44. 

Sancerre  (Jean  de  Beuil,  comte  de),  amiral,  901. 

Sanguin  (Antoine),  archevêque  de  Toulouse,  grand 
aumônier  de  France,  346. 

Sanguin  (Christophe).  Prévôt  des  Marchands,  346, 
347. 


TAHLK  ALPHAHKTK^UE  DES  MATIËBBS. 


Saiwiuin  ((îuillomin  ou  (Hiillaumn).  i"  du  iknii. 
nhnn((ciir  (!l  iMuirgwiit  ilo  l'arju.  34o. 

SAJKium  ((Jiiilleiniii  ou  (ntillaunM^).  t'  ilu  nwii. 
chorigpur,  ^-niypr  du  dur  di>  Itourgogiw  H  Pr^ 

vAl   de»  Miirrlinml»;   hou  hfitfl,   i<i3,  «oo. 

Sa  rHlir-ss4!.  3-i/i.  -  Se»  annoinM,  34o.  —  Son 
oriipun,  3/io.  --  flenMifpiemniU nr  m  vie  pa- 
l)lii|uo  cl  HO  vie  privée,  34o  k  3i-j.  —  Sa  e». 
IJiiils,  .1/1.'),  346.  —  Liste  de*  metubm  de  m 
riiMiilli-  iidiumàt  il  Pdns,  ou  figurant  mU  dânt 
iii»  li.HieH  d)!  IKclievinage,  «oit  dans  les  eompto» 
de  In  TnivAli*  d«  Pnrin,  3'i(>. 

Sahodw  (Jean),  frèn-  do  Cuillimiiu  II,  .llut,  34». 

Sahooii»  (Jeanne),  fmniiip  di-  TliouiaH  1^  Maiticr. 
3'u). 

SaMTKUIL,  \HM'll},   Oï.'t. 

SaA^ik,  riviiVn,  fj!),'). 

SARRt.siiiis,  ou  Arabn ,  149,  i5(>. 

Sabrazin  (Piorm).  >)our([ooiit  de  Pnri».  171. 

.Sausikiiik  (Li).  ou  Sonnerie,  voir  SAvn!«)riiiiK. 

Sadkrrik  (Rue  de  la),  «01,  <o<. 

Saushaik  (  Mnnoir  <|e  la).  igi. 

Sauvai,,  niilciir  dn  l'oiivrnffn  iiitiluM  Hùtoire  et  rt- 
eherrliei  île»  nndr/uilù  de  la  Ville  d»  Parié,  108, 
ia3.  ifj.j,  178.  180.  >8i,  i83,  i84,  187. 
«1)3.  «94.  195.  196,  197,  198.  SOI.  ao3. 

•JOS,    906,  307,   910.   919,    9l3,   9l4,    9l5. 

917,  9t8,  <iiio.  994.  995,  93i,  «57,  aSg. 

339,  334.  34().  34g,  .1.5o,  3.'i9.  431.  433. 
Savarom,  auteur  de  |ilu.tieur8  ouvrn;|e<>  lii»toriqiM», 

90. 
Savatbrik  (Im),  sorlion  de  la  m.-  \<,„i  hUoi,  i63. 
Savrtikr,  im|iriniciu-  de  IVdiliou  de  Pari*  (iâ3i) 

de  In  traduction  de  In  Cité  Je  Dieu,  |Kir  lUnul  III 

de  Presles,  97. 
Savoir  (l)iirW  de),  i46. 
Savoir  (Hue  de),  ou  plutôt  (\ea Sepl-l'oiet .  dans  !•• 

ipiartier  Sainl-llenolt,  179. 
Savon^rrik  (^Hiio  de  In),  91 1. 
Saxonir  (Pays  de),  toi,  iSa.  i44,  |4S. 
.Saxons,  10,'),  i3'i ,  i4.'). 
.ScRAO  de  lliireaii  de  Danipniiirtiii  1  gravure),  33.i. 

—  De  Dino  Itnpomli  {/ac-tlmile  en  noir).  34o. 
SciiisHR  caiis<s  |Mir  U-*  pn^lenlionH  rivalen  des  dent 

papes  d'Avi}|ii(>ii  et  de  Home,  398,  399,  4oo, 

4 09,  5i  I,  —  Sermon  pHinone»*  h  ce  «iijet  par 

Jean  Gerson,  4o3. 
Sr.iinRrFKn,riiiidesiiivenli'ui's(l>-i  iiii|m:ni'  1 1  ■.  .13o, 
SciiwvRz  ^(iollliehK  auteur  de  roiiM.i^j''  ui:i:ii!<> /V 

omnmeMi»  lilirorum  el  nui»  rei  IHmri»  rtlmm 

*»prlleclile,  hh^. 


Wi 


•4*    -  Va» 


Scnaw,  voir  Écai««aM. 
.ScoLPTRcw,  S3.  ~    \jmr  nàbinm. 

atuai  iMMina. 
!MuaioMi(Bo«l«m«ldr  'j.  i«t.  if?. 

199.  *o^,  «09.  «10. «II. 
Sé»(Colk^da).  17a. 

SowwM  pwWm:  OwMliMdb  Km*  Ulwbw* 
balMladaa hnoMMi.  4i6. 

iinm.  8eaiw.  17.  io3.  110,  lii.   ia«.  ilS. 
181.  919.  «3«.3&o.  694. -Saa 
»7.  198.  199.  «18,  «Sa.  h;  &Ji. 

SéjocB  ta  Rot  (La),  t  C«ilMa.  «ai. 

Su;  aoa  tranapod  aar  la  SaM»,  67. 

I«  vendail.aoï.       "-'---  fr  f    iiim  il  ni"  1  |. 
ertia  «ienrée.  aoa. 

StuniB (La),  ««dioo  di>  la  f«»  .Ww-tJ^wii  UiMiM> 
par  kl  iiHiwa.  ao>< 

ScaiRtaM.  raÎM  «TAaijna.  à6i. 

SraoMR  I  Vilaga  de),  ca  fhiwpaga  .  3*7. 

S<aè9«a.36.  38.6«.»7.9S.  199.  3«i.  Ai«. 

Si4u  iRiieauA).  *o8. 

Smui  (ViJleda).  S.  9. 10.  11.  i«.  iJ.  1;.  «^. 
33.  S&.  69.71.398.467.  &93.&73.  ria* 
el  vue  mtàini»  ao  m*  riida.  74.  —  9aa  êaft 
dau  roovn^  da  Joh  et  Umim,  7S  4  79.  — 
Notice  mr  la  Tw  ntùtaé».  (97  4  •••. 

.Sc«4(llAleide).9i7. 

SBas(Villeou(fioeèaede).  m.  ii6.  t's-    - 
467. 

.SRrTi«tiiR(ProviMaib).  i44. 

SBrT-Voia8(Riiedea).  16S.  168.  179. 

SénmcM  (Jeao).  Omnàm  it  Sain  Minj.  f«rfa. 

Don  de  SaMia-Jaaar.  187. 
Sonar  (La),  daaa  la  ÛMar  Varaérr.  SoJi 
SaaaKins.  4  la  fia  da  in*  àMe  H  aa  < 

■toi  du  «V*.  3S6  i  36i. 
SaaanTR  (Rue).  179.  i7.'>. 
.SiTi«ti(yadaiMaa).  4o4. 
Sroiit  (  l^idonr).  dar  de  Mim.  •17. 
SuutseckBi.  Il  S. 
.SH;t«aaB(Ville  de),  loi.  toi 

i3«,  i33.  i34.  137. 
.SKuaMW.  Iriba  ftiafta.  km. 
SiciRT.i<mvdBdelUciMrdll.  i«&.  «U.  4Ja. 
Smju  (lUMelde).  194.916. 
Skilr  (Le  rai  da).  it».  —  Saa  t^par  4  I^Mi». 

933.  —  CaaiplBt  lraai<  (lailn  ht  H  im  ^law . 

331 
SwaaaRT  m  iiukocv,  rlwimiwwi.  ••»«.  ti*. 

«3 


■6. 


058 


DOCUMENTS  ET  ÉCRITS  ORIGINAUX. 


SiGEK,  philosophe,  87. 

SiGisMOND,  empereur  d'Allemagne.  i-iS,  a33,  Soy. 
—  Son  entrée  à  Paris,  a35,  aSC. 

Simon,  prétendu  chef  troyen,  io5,  i3â. 

Simon  de  Hesdin,  traducteur,  398,  4 1  a. 

Simon-le-P'raivc  (Rue),  a  09,  ai  a. 

SmGEs  (Rue  des),  ou  Pieire-d' Etampes ,  at3. 

SiPHONiE,  instrument  de  musique,  a33,  ^ag,  43o. 

Slaves,  peuples  de  l'est  de  l'Europe,  i45. 

Sldter  (Claux),  sculpteur,  336. 

SoissoiiNAis  (Le).  106. 

SoissoNs  (  Hôtel  de) ,  aoS ,  4/47. 

SoissoNs  (Ville  ou  diocèse  de),  168,  aaS,  467. 
5a3,  575. 

Soldats  blessés;  leur  premier  hospice,  a  sa. 

Sommeliers,  à  la  fin  du  xiv"  siècle  et  au  commen- 
cement du  xv',  365,  366,  367. 

SoRABEs,  ou  Serbes,  peuple  slave,  i46. 

SoRBON  (Robert),  fondateur  de  la  Sorboniu,  169, 
.89. 

SoRBONNE(La),  7,  108,  169,177,  189,410,397. 
4a 8.  —  Sa  décision  dans  l'affaire  du  Defensor 
pacis,  8,  9,  1 1,  a5,  4i.  — Sa  fondation.  169. 

SoRBONfiE  (Place  de  la),  170,  177. 

SocBisE  (Hôtel).  197. 

SouFFLOT,  architecte,  173. 

SouFFLOT  (Rue),  168,  aaa. 

SoL'LECHAT  (Denis) ,  traducteur  français,  896 ,  4  1  a. 

SocLi  (Les  femmes  de).  a85. 

Souliers  ;  siège  de  leur  fabrication .  u  1 9. 

SoDRDis  (Impasse  de).  ao4. 

Souhds-Mcets  ,  logés  aux  Célestins ,  1 90.  —  -  Installés 
dans  l'hôpital  Saint-Jacques-du-Haut-Pas,  aaa. 

Sous-le-Fodr  (Denis),  doyen  de  la  Faculté  de  mé- 
decine 'de  Paris,  445. 

Sous-LE-FocR  (Gilles),  docteur  en  chirurgie,  ia6, 
a33. — Notice  sur  ce  personnage,  443, 4 'i  4 ,  445. 

Sous-LE-FouR  (Jean),  chirurgien  du  Châlelet,  444. 
445. 

Spanheim  (  Monastère  de) .  io5.  45a. 


Stace,  poète  latin,  98,  887,  55 1. 

Statille.  ou  Tunsile,  adversaire  de  Charlemagne. 

i45. 
Statistiqde  de  la  population  et  de  la  consommation 

de  Paris  sous  Charles  VI,  a3a,  a33,  a4i,  486 

h  495. 
Statue  de  Bertrand  Du    Guesclin,   dans   l'église 

Sainte-Catherine  du  Val-des-Écolier»,  laa,  19a. 

—  Idem,  au  château  de  Coucy,  56i  —  De  saint 
Christophe,  dans  l'église  Notre-Dame,  lôa, 
i53,  iô4,  53g.  —  De  Nicolas  Flamel.  dans 
l'église Sainte-Geneviève-des-Ardents,  i56.  456. 

—  De  Philip|)e  de  Valois,  dans  l'église  Notre- 
Dame,  i53,  a44,  a45.  —  De  Notre-Dame, 
dans  le  cimetière  des  Innocents,  iy3,  194.  — 
De  Dino  Rapondi  dans  la  Saiute-Chapelle  de 
Dijon,  339. 

Statues  des  rois  de  France,  dans  le  Palais,  i5. 

49,  i58.  —  Hem,  dans  l'abbaye  de  .Saint-Denis . 

549.  —  De  Nicolas  Flamel,  érigées  dans  divers 
,  endroits,  456.  —  Des  neuf  Preux,  au  château 

de  Coucy,  559.  —  Des  neuf  Preuses.  ibid.  5(ii, 

563. 
Stoa  (Jean-François  Conti ,  surnommé  1 .  auteur  d'un 

poënie  sur  Paris,  77,  i54. 
Strasbourg  (Pays  de),  i46. 
SuwES,   peuplade  habitant  le   littoral  de  la  mer 

Noire,  i46. 
Sd^tonk.  historien  latin,  98,  i43. 
Sdger,  abbé  de  Saint-Denis,  109,  469. 
Sully,  ministre  de  Henri  IV,  a 3a. 
SoLLY  (Maurice  de),  évêque  de  Paris;  il  fait  re- 
construire le  Petit-Pont,  160. 
Sdlly  (Rue  de),  191. 
SuHius,  hagiographe,  99. 
Sybille.  femme  de  Reiiold  Cherey.  i84. 
Sylvids  (jEneas),  voir  Pie  II. 
Sylvios  (Jacques),  auteur  de  Vlsagoge,  443. 
Sykagogies  dans  la  Cité,  i55,   i63.  -     Dans  la 

rue  de  la  Tâcherie,  a  1 9. 


Tableaux  de  l'église  des  Célestins,  laa,  19a. 

Table  de  marbre,  au  Palais,  i5,  16,  49,  i58. 

Table  ronde  (Romans  de  la),  110,  43o. 

Tabletterie  (Rue  de  la),  ao3. 

Tabourot,  voir  Des  Accords. 

Tàcherie  (Rue  delà),  ai  g. 

Tacite,  historien  latin,  5a,  io5. 

Taillebourg  (Ville  de),  ou  plutôt  Sallzbouig,  1 46. 


Taillepain  (Rue),  aia. 

Tailleurs,  à  la  (hi  du  xiv'  siècle  et  au  commence- 
ment du  XV*,  368. 

Talheliers,  voir  Boulangers. 

Tamaïs,  fleuve,  102. 

Tancarville  (Les  comtes  de).  194. 

Tanneurs,  à  la  lin  du  xiv'  siècle  et  au  commence- 
ment du  xv',  369. 


TABLE  ALI'IIAHÈTIQUK  DES  MATIÈRES. 


TiiANNE,  l'un  des  dditcun  du  Inle  origiiiol  de  Jmo 

de  Jandiin,  3,  17,  ao. 
Tabeixjii!  (Jean),  cliaiig*!!!!  |,..éi-..ii,  /i^y.  'iHo. 
Taresitaihk  (l'rovincfl  de),  i4C. 
Tame  (Ville  de),  thli. 
T\Mii.r. ,  voir  Statili-k. 
TAVTonRAMMKs,  DU  win  lettrifét,  A98  à  âoh. 
Tavkrkrh;  Iniir  nombre,  laS,  939,  491, 
Taverxikhh,  Il  In  lin  du  xi\'itiècl»  et  au  i»niinenci>- 

nimil  du  w',  •'iG'»,  300,  3O7.       Voir  autsiTi- 

VER<IEN. 
TcHfcQUEH,   |>CII|lllllll-  hI<i«<>,    |/|/|. 

Teintueiehh,  it  lu  lin  du  m\'  Hit^cli-  rt  mi  rmunieii- 

cenient  du  xv',  3Gij. 
TKi^TmrKiHi  (Huf!  dru),  -jnj. 
Tkmi'lk  (1(!  IVf^liso  rdrorniiH!,  rue  diw  BillelU»,  189. 
Temple  ( liouclicric  du),  ^91,  '199. 
Tkmi'I.k  ((Carrefour du),  9i3. 
Tempi.k  ((lonnnunderic  du),   186.  -^tS     ^88. — 

Son  endos,  9117. 
Temple  (Porte  du);  1".  ytie  |tarl'liili|i|M'-Augu«l«. 

997.      -  9*,  hâtio  |Mtr  (Jliarlett  V.  997. 
Templk  (iluti  du  lii  Cuutun,  de  lo  Culture  ou  d«> 

YHffniU  du),  actuellement  Vieille-du-Temple,  9  iC. 
Tempi.k  (Ww  du),  9i3,  9i4,  ^itio. 
Temple  (Vicillo-llue  du),  voir  Vieille-oi-Temple. 
Templiers,  1&7,  186. 
TsHCTàREs,  |icuplado  (rermuniqui*.  io5. 
Terrah  (Le),  dans  In  (^it(',  itii.  iC3. 
Tertullien,  Père  de  l'Eglise,  Ai. 
Teoderodi;,  clironi<|uour,  10)). 
Tharsr  (l'nys  ilc),  i6/i. 
Tharsls  (Pnys  de),  lUh. 
Tiii^.ÀTRK-Kn\>çAis  ( Place  dn),  aSi. 
TiiEi!)8,  rivii^rc,  i&G. 

Théodore  df.  BàzR,  docteur  de  la  Rt'fomie,  6. 
Théodore  de  Celle-h,  rlianoinc  de  Litige,  fondateur 

de  In  rommunouli!  di'  SfiiMle-(^roijr ,  189. 
Thkodohu'.,   nhU'  d°()ui-lu-;  il  fonde  une  ecule  lie 

calligm|)hie,  â&8. 
TuÉoDosE  LK  Jei^^b,  eni|>ereur  d'Orieiil ,  106,  137. 
Théodosie^  ((^ode),  70. 
THéoLosiE  (Faculli^  de),  dans  l'Univentil»^  «le  Pan». 

9,  i3,  35.  3(j,  /io,  lOO.  &45.  i>9o,  ôSi. 
TiiKOLociEMs,  danx  In  |ireaiièn!  inoili<<  du  u\'  tiède. 

39,  /il.  -    S0U8  le  règne  de  Charles  VI.  «33. 

397.    /|09. 

TiiÉoiMiM.K.  nuti'ur  de  l'ouvrage  inlilulé  Dittrmnum 

tirlium  ichrtluln,  &08,  h(i<Q. 
THÉopiiRAiTTE.  |iliilo!u>|ilie  grwc.  93. 
Thermes  (Pninisdes),  107,  108,  i38.  177. 


UMB«ir« 


•7" 


TMàMltE««l  (OMpt  é»),  flWM 

d«  «•!%••  4c  TmrwÊf,  169. 
Uiêi:niêkÙkm,U$. 
Themaue  .  cMrtrëe  it  b  Ciém.  t  U. 
Thevet,  MUimir  de  k  ÛÊimagnfim,  tki. 
TNi*»et.*-«eviM»  (RtieJ,  mo.  —k. 
TnitcT.  eeatrécdtriaieeHlnlt.  lol. 
TNiaock.  boMiyui»  de  Piti».  •  •  û 
TiiOTim  (Jew  M).  |wdw  deGwfc—  Il  îie« 

goia,  Sea. 
TMio«tiu.B  (Ville  de).  i4â, 
Tmobas  m  Guw.  dodear  m  ifciiligii  de  Tm»- 

«eniltfd'Oiaefd.  itt. 
Thomas  m  Sior-PiiaH.  dHMHalHr  de  tiffk»  dr 

B«]rMs  <d  dediir  ea  adéttim.  «M.  —  W»r 

tnr  ce  poMMeg»,  44i.  44«. 
Tmomamt.  fbilel^e  friaçeis.  éift.  Iif 
TMoarue.  reiae  des  MisaigtlM.  Mi 
THo«u.(Raede).sertia«dehrMdn<«r«i.  17S. 
Tnchot,  raleor  de  Tmtttwft  Mlilalé  FOtgmmÊÊim 

i*  TnmtgMma*  dmu  rVmmrmli  it  hmm,  Sf. 
Ti«.^o!«nLu  (GoîImmhh).  InéNtar.  Sfi. 
TiRAsoMai.  lililiinfipliiiUlM.  ét«. 
TiREcMAPE  (Rue).  108,  «o4. 
TiRo%  (Rue),  «16. 
TiTE-U«E,  hirterisa  Um,  é«,  !•&. 
TiiERtxsiau  (Rm  de  la),  aoi.  «lA.  «ib. 
Tmlemi  (Rue  de  la).  198. 
Toujtm  (Oljate  de),  opeés  daw  lai 

Cbaaspaam,  fio.  Si.  —  Idsa.  daas  h 

dea  Maràen,  a«  Pirini,  Ul. 
TouMc  (Balaie  de).  i44. 
Tonaio  de  saiala  CiMaiiiw.  daas  Té^bm  de  er 

00».  i«7,  —  De  Cbm  al  de  aairte  CMUr 

dan  r^iM  ci-dteeM,   it7.  —  0» 

membres  de  la  hnfle  Bmaa  daas  le  < 

dnlnnoteoU.SSi.  —  DaGBaaOaaihaaifadaa» 

b  caiydrala  da  Raan.  Iff.  —  ll«ii«M  de 

Fraacc  das  Tabbaj*  de 

DeUàsd-Oritest 

ToMB(-l«aiRt.   109,  IlS. 

Tu^^EusaiR  (R«e  de  la),  aat. 
Taacai(Col%ede).  17S. 
Tos^i  (Jcaa),  dMalear  de  | 
ToaT(Rwda),  ai4. 
T«>vi.(VillaMpapdeK  leS.  i44. 
TocuMM  (M.  BelMe  aa).  aalav  d'à»  < 

swiniM^aaMMaidti 
TonttMwas  (Jaaa.  sc^aaarH).  ( 

da  dae  da  B«Hnae.  S44. 
TanMit  (VSada).  fy. 

U. 


Saa.Ui. 


1.431. 


660 


DOCUMENTS  ET  ECRITS  ORIGINAUX. 


Tour  (Chapelle  de  la),  i84. 

ToDRAiNE  (Le  duc  de),  4o3. 

TouR-DE-Bois  (La),  isao. 

Tournant  (Rue  à  ),  180. 

TouRNAY  (Collèges  de),  169,  170. 

TooRNAY  (Hôtel  de),  197. 

Tournât  (Les  évéques  de),  197. 

TouRNAY  (Ville  de),  loa,  106,  i36,  667. 

TocRNELLE  (Quai  de  la),  178. 

ToDRNELLES  (Palais  des),  igS. 

Tours  (Collège  de),  171. 

Tours  (Comte  de),  1/17. 

Tours  (Ville  de),  i46,  338,  617,  SaS.— Sa  des- 
cription par  Astesan,  873. 

Traducteurs,  Sgô,  4ia.  —  Voir  aussi  Laurent  de 
Premierfait  et  Antoine  d'Arezzo. 

Traînée  (Rue),  ao6. 

Transnonain  (Rue),  acluellement  comprise  dans  la 
rue  Beimbourj,  a 09. 

Travaux  historiques  (Service  des);  il  collabore  à 
la  préparation  et  à  la  publication  du  présent 
volume,  xxiii. 

Traversine  (Rue),  179,  180,  181. 

Trecis  (Jean  de),  astrologue,  447. 

Trefilière  (La),  ou  rue  de  Berlaut-qui-Dort ,  ac- 
tuellement comprise  dans  la  rue  de  l'enise,  aog. 

Tréguier  (Collège  de),  173. 

Treize  (Conseil  des),  à  Metz,  ia5. 

Tremhlai  (Seigneurie  du),  35a. 

Trésoriers  (Collège  des),  170. 

Tresseillie  (La),  voir  Trefilière. 

Thétaigne  (M.  Michel  de),  auteur  d"une  mono- 
graphie de  Montmartre,  a3i. 

Trêves  (Ville  ou  pays  de),  i46. 

Trévisane (Marche),  i45. 

Tribunal  de  commerce;  son  emplacement,  i56. 

Tribunaux  ecclésiastiques,  laa. 

Tricines,  mot  signifiant  la  distance  de  Paris  à  Saint- 
Denis,  91,  9a. 

Triel  (Village  de),  11 5. 

Trinitaires,  voir  Mathurins. 

Trinité  (Église  de  la),  98,  ii4,  lia,  189. 

Trinité  (Fontaine  de  la),  199. 


Trinité  (Hôpital  de  la),  186. 

Triperie  (Rue  de  la),  a  19. 

Tritheim,  ou  Trilliemiug,  abbé  de  Spanheim  et  de 

Saint-Jacques  de  Wurtzbourg,    io5,  445.  — 

Impulsion  qu'il  donne  aux  travaux  des  copistes 

de  son  monastère,  449. 
Trognon  (Rue),  an. 
Troie  (Ville  de),  io3,  i3a,  i33. 
Thoïld8,  fils  de  France,  io3,  i33. 
Trois-Canettes  (Rue  des),  16a. 
Trois-Chandeliers  (Ruelle  des)  176. 
Trois  frères  enlumineurs  (Les),  a33,  465. 
Trois-Maures  (Rue  des) ,  ou  Guillaume-Josse ,  a  10. 
Trois  Morts  et  les  Trois  Vifs  (Les),  19a,  193, 

a4o.  —  Notice,  a65  h  974.  —  Leur  Dit,  377 

à  a8i.  ■ —  fdem,  gravures.  377  à  379. 
Trois-Mobts  et  des  Trois-Vifs  (Maison  des),  374. 
Trompette  (Château),  à  Bordeaux,  3ag. 
Troubadours  ,  voir  Trouvères. 
Trou-Bernard  (Ruelle  du),  ou  du  Tronc-Iiernard , 

ao5. 
Troussevacue  (Eudes),  bourgeois  de  Paris,  a  10. 
Troussevache  (Rue),  actuellement  de  La  Reynie, 

910, 9a8. 
Trouvères,  4a8  à  437. 
Troyens,  i33,  i34,  95i. 
Troyes  (Traité  de),  944,  344,  359. 
TaoYEs  (Ville de),  971,  979,  344. 
Truanderie  (La),  907,  908. 
Toileries  (Palais des),  a94. 
Tuillères  (Robert  de),  lieutenant  du  Prévôt  de 

Paris,  4 06. 
TnRBico(Rue),  iio,i85, 191,307,308,313,398. 
Turcs,  io3,  106,  i33.  137,  935,  338. 
Tdrcds,  prétendu  petit-Tils  dePriam.  io3.   loO, 

i33,  137. 
TuRENNE  (Rue).  190. 
Turgot  (Plan  de),  593. 
Turin  (Ville  de),  5i6. 
TuRiNGiENs,  peuple  de  Germanie.  io5,  i34. 
Tdrkestan,  contrée  de  l'Asie,  io3. 
TuRNUs,  i33. 
Tdrpin,  chroniqueur,  loa,  130. 


u 


Ubertino  de  Carrare,  439. 

Ulpien ,  jurisconsulte  latin,  34. 

Urbain  VI,  pape,  9. 

Ulrich  d'Augsbourg,  11. 

Université  de  Paris,  10,  11,  i3,  i4,  33,  63,  71, 


196,  i65, 166,  167,  168,  169,  170,  173,  173, 
174, 190,  336.  333,393,398,  399,  4oi.  4o3. 
4o3,  4o4,  4o6,  407,  439  à  444,  446.  45o. 
45 1,  453,  494,  5 30,  53  9, 54 1,543,  571,593. 
—  D'Orléans,  6.  14,398,  571. 


TABLE  ALI'HAB(^:TI<^I  K  DES  MATIÈKE.S 


UHivtuni  (I/).  ou  haute  partie  de  la  Vilk>:  ttm 
ëgliiet.  i6Ab  iA8.  -rSHCoiUgM.  t68i  t;*. 
—  Sei  rues,  176  à  lëa.  —  8«  portai  H  mi 
faubourg»,  991  h  ah. 


l'iMM,  voir  Dm  Umhm. 
Vmnnm.  on  fîÊm  4t  k 


Vantn  (L").  iêm  la  OaaM 


fit 

iM. 


,  !•&. 


Vtn.i.v  (Tprrn  de);  une  |iartie  de  MO  ravcott  «al 

RoiicAItU  niiriul  1"  (le  Prmlea,  86.  89. 
Val-d'Amoln,  iioiii  |Mirt^  autreloi*  par  la  rue  di> 

(llntiffiiy,  ifi'i. 
Val-dkh-Kcoi.ikhs  (Cuiijji^fation  du),  190. 
Valemi;»:  (  Villi*  île),  en  Kitpa(;rif' .  ^iiiC>. 
Vti.Kicir.NM»  (Ville  de),  h'A<> 

VaLK>TIM!    or.    Mll.A!*,    «'IKHIM'   lli'    l,<>»l-    'l'Ii!.    ,|„, 

■j-ji^i,  -jOt),  339,  ii.'iti,  &9(j,  ô-j3.  it'jij. 
Valkmtinien,  empereur,  g.'>,  99,  101,  109,   i<<'i 

I  ifi,  t3a,  t3/i,  iht. 
V\LJ!RK-MA\iaK,  (écrivain  Inlin,  ()3. 
Valebioh  Fi.Arxr!<,  |km'>Ic  latin.  3().'i. 
Valla,  Hflvunt  ilniien,  Sifi. 

VALI.éE-DE-MlNJiBK  (1^),  901,  909. 

Vallet  de  Viriviixe  (M.),  profeiiear  kJ'Éeoie  daa 
rhorteti ,  auteur  de  Yllùloin  dt  Clurb$  VII  «f  d» 
non  époque,  itiy,  339,  336,  338,339,  ^^^> 
/1.Î7,  /i,58,  /161,  5i8,  5Gi,  585. 

Valoi«  (Conite«  de),  196. 

Vais>ehik  (Rue  d«'  In).  to8,  i\h,  918,  919. 

VAN>r.s  ^liP»),  en  Cliauipagne,  190. 

Và!<xiehs,  à  la  lin  du  xiv*  uècle  et  au  conunenrr- 
nionl  du  w*.  3(17,  368. 

Vax  I'haet,  liilili<i|[mplic,  97,  987. 

Va8ARI,  auteur  des  litede'  Pillori,  969,  970. 

Vaudemoiit  (Le  prinre  de),  19A. 

Vai'veet  (Château  de),  993. 

VAt\-('.EBj(Aï  (AblHi.Hde);leurhAlel  d«n»  la  nie  du 
Foin,  177. 

Veac\  (Pince  aux),  919. 

Vi(;kcE,  ('rrivdin  iuilitniii>  lotin.  -iii. 

Veggio,  Mvont  italien,  5i(). 

VemMme  (Mathieu  i)K),ahb<>  de  .Nnnl-K'iiiv  17'!. 

VéniTR*.  p>uple  de  in  VéntHie.  lui. 

Venise  (Rue  de).  i58,  199,  909. 

Ve^iise  (Ville  de).  397. 

Vénitiems.  ihâ. 

VtND»  (Ceinture  de),  56,  U- 

VKmir:^  (DE),poa8eM«urde  l'IiAlcId'ClonlInnt.  ii'.^ 

\  FRi)t\  (Ville  ou  pay»  de).  190,  1  i6. 

Vkr!u\mkii!<;  rnuipte  du  liailliage  de  ce  pey*,  eoo- 
rernant  Hnoul  III  de  Pn<«le«,  88.  89. 

Vr.B9*>m)is  (  Kli'on 'n\  nmileswBE^,  1&6. 


«m     «i«     «fi 


US. 


ViMMM.(BalMk4a).«M. 

ViMiwn(Plaa4e).t9S. 

Vtem(Vilaik).t<«. 

Vnu  (Omngm  aa)s  «%a  db  am 

VKaaaa»(R«a  •>••  1<!    oS 

VK«iuiuai(lliwdrj.  i«i. 
VEanAuw  (Karreaa),  i8i. 
VEarBonfRoeda).  186. 
VèraiEm  npoté»  diM  la»  1 

w  I  •^-uuHia|pHnaQW  lltfcwra. 
Visun  (GoSbmiw).  KmM^««<lf<nii«(  I 

•7». 
Vnn  (Le  ciMnhr  nr 

Saîa^-DcMB.  «$7 

CbarhaVl.flSa.IçoàigS. 
Vun  (Jaa|iie»).  SSS. 
Vierca  (PMa).  ^nmSutn-Vmm. 
Vicn^Cotm»  (Rw).  177. 
Vicioau(A9«aM)^.  •e«,  tii.  tiy. 
VinLU-av-TiafU  (lUe).  190,  197.  *■■ 

917.  967.  388. 
ViiiLui-bumn(llM<leb).  1&6. 1  ■- 
Vinu»JoiaLBHi(llaa  delà).  160 
Vinui-V  'tiwdela).  laS.  i99,ci«kMt. 

VllILLC»-! -  ,.antfc«W'  dBe).«l9. 

V»iua»-«Aa«wx»  (  Rw  da»).  tMtiaB  dp  h  n»  4i 

Mmirm,  18S,  191.  «iS. 
Viiiixi»-HAcaaicTT»  (  Rw  dr<  '   -  ■  ^ 
Vinxi  (JoHnin  de).  «09. 
\ttxa(MbiAàfÊrmfénÊk4t).t*.  18.  if. 
Vmn  (Vile  de),  «n  Hiii|iliil.  i««. 


Vun-Ammntm  {Dm  àm).  198. 

V»;  l'.dawblNrdM  TnmMmlÊmém  Tnm  fff», 

t79.  —  «*,  tW.  t8o.  —  3*.  Mi.  «S». 
VwMaiai  de  S«Ke,  77. 
ViLUn  {VéJbt),  mÊtm  de  TEmai  tinryiir  »m 

rJ^Un  îTiwl  lai|aii  k  BtmimûiâètrHimmw 

mtifvdtiKralwfkaMl.18S.19S.tS4.Sv7. 

3t8.  S«9.  SSo.  4&S  i  4M.  IM.  4«i.  4êt. 
Vouas**  D'km  (BNig  de)»  «a  de 

&18,  Seâ. 


662  DOCUMENTS  ET  ECRITS  OHIGINALX. 

ViLi-ARET,  continuateur  de  Y  Histoire  de  France  de        Vixce.nt  (Frère),  cordelier,  liio. 


Velly,  a85,  a86,  287. 

ViLLEHARDOuiN,  chroniqueuf,  899,  43 1. 

ViLiEJuiF  (Village  de),  J07,  187. 

Ville-l'Evéque  (  La  ) ,  2  3 1 . 

ViLLÇMONBLE  (BrBnche  des),  famille  Bureau,  398. 

Villeneuve-Bargemont  (De),  auteur  de  YHisloire  de 
René  d'Anjou,  285,  986. 

ViLiEROY  (Nicolas  de  Neufville,  seigneur  de),  995. 

Villes  de  France  et  de  l'étranger  expédiant  des 
marchandises  à  la  foire  du  Lendit,  93o.  —  De 
France  possédant  des  sculptures  et  des  peintures 
l'elalives  à  la  Danse  Macabre,  985.- —  De  France 
décrites  ou  mentionnées  par  Astesan,  565  à  577. 

ViLLETTE  (La),  ou  VUletleSaint-Ladre ,  998. 

Villiers-la-Garenne  (Paroisse  de),  981. 

Villon  (François),  poète,  181,  934,  a88,  Sgô. 
498,430. 

Vm;  transport  de  cette  denrée  sur  la  Seine,  17, 
57,  198,1 99.  —  Principal  siège  de  son  com- 
merce à  Paris,  910.  —  Statistique  de  sa  con- 
sommation à  Paris  sous  Charles  VI,  a33,  490, 
491,  494,  495.  -  De  Senlis;  éloge  qu'en  fait 
Jean  de  Jandun,  77. 

ViNCENNES  (Bois  de),  147,  169,  178,  aaô,  937, 
545,  547. 

VmcENNEs  (Château  de),  aaô,  545,  547,  58i. 


ViscENT  DE  Beauvau,  dominicain,  auteur  du  Spécu- 
lum majus,  100,  i3i. 

Vis-LE-RoY  (Rue),  voir  Goillacme-Josse. 

Viollet-le-Ddc  (M.),  architecte  du  gouvernement, 
inspecteur  des  monuments  historiques,  553, 
555,  557,  559,  568,  575. 

Virgile,  poêle  latin.  68,  98,  101,  io3,  3gb,  hgh, 
55i. 

ViscoNTi  (Bihiiothèque  des),  97. 

ViscoMi  (Valentine),  voir  Valektinb  de  Milax. 

Vitrdve,  auteur  latin,  aa. 

VivHEs;  leur  ahondance  à  Paris,  09.  —  Statist.  de 
leur  consommation  sous  Charles  \  1 ,  490  à  495. 

Voco!(u(Loi),à  Rome,  i35,  i36. 

Voco.MDS,  trihundu  puple,  i35. 

Voirrie  (Rue  de  la),  voir  Verrerie. 

Volaille;  lieu  où  on  la  vendait,  907.  —  Sa  con- 
sommation dans  l'hôtel  du  Roi  et  les  maisons 
des  princes  du  sang,  499. 

Volga,  fleuve,  109. 

Voltaire,  497,  589. 

VopiscDs,  historien  latin,  98. 

Voracike  (Jacques  de),  auteur  de  la  légende  de 
saint  Macaire,  978. 

Vry  (  Durant  de  ) ,  teinturier  (mrisien  ,  exécuté 
comme  partisan  du  duc  de  Bouigogne,  343. 


w 


Wace,  auteur  du  roman  du  Brut,  1 15. 

Wadding  (Luke),  auteur  des  Annale»  ordinis  mino- 

rum,  5i5. 
VVaddington  (M.),  auteur  de  Ramut,  sa  vie,  ses  écrits 

et  ses  opinions,  179. 
VVarwick  (Le  comte  de),  485. 
VVenceslas  IV,  empereur  d'Allemagne,  898. 


\VE?iDE8,  voir  Tchèques. 

WÈ8(GillesDE),  maître  de  françaisde  Henri  VIII,  5oi. 

VVestphalie  (Province  de),  109. 

Whartox,  critique  anglais,  4,  190. 

WiLLELM,  orfèvre  parisien,  »94,  aSS,  467,489. 

WlSIGOTHS,  i44. 

WoRMs  (Ville  de),  i45. 


Ybor,  prétendu  chef  des  Tioyens,  io4,  io5,  106, 
i84,  187. 


YsoRÉ (Le géant),  tog,  i38,  609. 
YsoRE  (Ruelle  del'),  180. 


Zacharie  (Rue),  174. 

Zeiller  (Martin),  auteur  d'une  carte  de  France, 


d'une  Topographia  éditée  par  Gaspar  .Meriau,  et 
d'autres  ouvrages  de  géographie,  989. 


COIIIUICTIONS  KT   M)hfTîO\S. 


Page  !nj,  iouii-ti(m  du  chapitre  vu .  litei  :  Du  uiat«Tfl  a«  m»  vnrtw. 

!%(>  iQf).  lifrtic  :if,,liift:C^iie  villi!  (|iii,  «u  \«i'  «iècb.  U  fÊtÛê  Ai Owmnmwm .KTr*»»  ttàd^ 
I  Mi't/.  Tout  et  VVrdiiii),  relevait  alont  direrleiiirni  île  rRmfMreor.  aie. 

i'ii(;<!  160,  note  1 ,  li|[iiR  5,  au  Ueu  de  :  16B1,  lue:      1  1  1 1 

l'a(;i!  )i)i),  iioti>  !i,  "liTtiiArclijjne,  nu  liru  de  :  100.  luei  :  «10. 

I'a|;e  xi',\,  riol*'  H ,  lijpi»!  -j ,  au  lieu  de  :  n  89 .  /Mt{  ;  189. 

I>fl|;(!  •]  ■)  -i ,  ligne  I ,  ail  lieu  de  :  la  ;Mt«  de»  Corddiiraa.  bn ,  aeioa  rofMMM  iem  inià  é^à  b  mm  fait 
iiutoriti*  :  In  prinrr  dcH  (ionMii^rcs.  Un  tigni>  olin'viaiif  placé  mtt  loi  dan  wnmiàim  blkw  4a  ail  «■  • 
rendu  in  Icttun'  fort  dillicile;  le  premier  éditeur  d<!  (iuilleLert  «k  Mali  avail  iaipîné  :  la  fmtt  4a»  CwJa 
lient  ( /JMm/)/iVin  (/« /il  Ville  de  Pari»  m  xv"  êikie .  Paru,  18S6.  M-iS.  Aabnr.  p.  76).  Cane  bi{«i«a4la 
nécesoainMiiRnt  Ioïi  annolaiiona  tuggéréea  par  la  laetim  <in  hmI  pata.  D  «al  i  tmam^mr  fw  «a  «mI  .  fM 
doit  être  lu  prioré ,  se  trouve  dans  an  poMaga  oà  raotaur  parta  <laa  pariM  4a  Paria  al  4a  laal  aa  fa  ha 
(■voisine. 

Pflge  34 G ,  ligne  -jO  ,  /àei  ;  Il  convient  d'ajoolar  fc  ealta  liala  q««lq«ai  mméHm  4a  h  fMdk  SaagaÏB 
(li>  l.ivry,  nynnt  eu  leur  si-pulture  à  Paris. 

l'ngr  :i  '1 7 .  li),Mie  7 ,  nyoïKr;  ;  avec  IroM  roses  isMnl  de  U  poinla  al  da  flaae  4aitf*  4a  Xim. 

I'ng)>  hWA ,  planche.  DauH  la  ii<gpnde  du  portrait  île  \icalaa  PlaaaI.  aise:  :  ralxrtwa  4p  Pnd.  lUUi.  m 
Uni  de  :  Witrh. 

I'aj;i>  ûo^i,  ligne  .19,  et  5i9,  na  lieu  de  :  composé  probablaifiit  van  la  wémtltfafÊÊ.  Sik  :  iimfhmé 
par  Jelinii  Trf'p|M>rel  h  In  fin  de  l'optiitciile  inlituM  l.ee  Hue*  et  leu  Sg^m  i»  fa  stil  ée  /Wi*.  mem  It  4ai- 
Itennr  i\m  »e  faii  par  chauruH  jour  (sans  date,  inaia  ronianaiH  daa  déladi  aMirfiqMa  nirtili  à  té 
vivait  le  cicn-  imriiiond).  Voir  ri-daasas,  page  AgS  et  k^. —  ÂJÊeitut  La  wàÊÊ»  maà 
trouve  dans  Icsimivres  de  Pierre  (îrosnet.  on  Gmgnei.  poM»  4*  caMMWaaaal  4a  nf  aiMi- 

Page  573.  note  3.  au  lieu  de:  Artesan,  /mm;  Astesan. 


TABLK  GÉNÉRALE. 


I.    AvANT-PHOPOS t 

II.    SoMMtIRKH  DC  TrXTK  KTDM  PI.(NCHRll.  .  Itlt 
m.     DkIIX   Ki.cii,)^  IiK   l.t    UI.I.K   l)K   PiRIK,   eom|KW^  CO  |Dl1  I 

IV.  (loMMK?iTURK  i)K  R«oiji.  DR  pRMLiM.  conteOMl  UD«  detCTiptioa  ik  Par»  MNit  IMahm  ^ 

V.  DiiiCRiPTioii  OR  L*  viLLR  DR  ISri!!  MiiH  CHtRLRi  V|,  par  (fuiilitbart  dt  Mata.. 

VI.  VppKIiTDIURiI  AUX  DRUt  ORRCIIPTIOJIIt  PRiriDRVTR.«.  .  «S7 

VII.  Parin  rt  lrs  PRIXUIPALR.S  VILLR1  DR  Fruicr  «ont  (latRU*  VII  JtS 

VIII.    l'vRU  gRI.O^   LK.S  «MUTURIIITKS  Ul   w'  MÉCLR.  .  '^"f 

l\.  \vK  RRSTiTvéR  DR  Parik  Rf>  i38u.etPLtti  ctvtuRR  M  :miu»  a  la  tatwetpoqae  -'**• 

\.    I.KliK^DR  DU  PLUI  CAVALIRI  DR  PtRI-  (w  1 

TaRI-R  ALPIURIItIVUR  dru  «ITIRRRIt  6of 

(ioRlUtUTIOI»  RT  AODITIU^ii W3 


oc  Lown  ém  LUw] 

725  fietor 

U7  Paria  ,t  Ml 

aux  ZI?«  ot  ITt 


PLEASE  DO  NOT  H 
CAROSOR  SUPS  ntOM  1 

UMVBsnrr  op  toroni